''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Un Orc dans la ville [PV Mel']

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Tridd Erogdish

L'orc élevé parmi les hommes

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Race : Demi-Orc
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Métier : Apprenti menuisier
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Âge : Une vingtaine d'années

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Fiche de Personnage : Ma Fiche


MessageSujet: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Sam 15 Oct 2011 - 20:00

HRP:
 


Tridd n'avait vraiment pas l'habitude des grandes villes. Lui qui avait grandi dans un petit village, isolé et perdu au milieu de nul part, cette ville lui était bien étrangère … D'ailleurs, il se demandait encore ce qu'il faisait ici et il lui arrivait par moment de vouloir fuir, loin, très loin d'ici et retourner vivre comme il l'avait toujours fait, en se débrouillant avec les ressources que lui offrait la nature. Mais maintenant, il était là, et il y resterait. Le voyage lui avait coûté extrêmement cher et les routes étaient trop dangereuses pour pouvoir espérer rentrer seul. Et l'argent, c'était bien ce qu'il manquait à Tridd. Depuis qu'il était arrivé, il avait appris une chose très importante ; tout tournait autour de l'argent ici. Aussi bien pour se loger que pour acheter de quoi se nourrir, il fallait de l'argent. Et le seul moyen d'en obtenir, c'était de travailler …

Dans ce but, il avait commencé à fréquenter les lieux de vie de la ville, c'est à dire, les tavernes et les auberges. Et justement ce soir là, Tridd était à l'auberge pour chercher du travail. Ses réserves d'argent et de vivres commençaient à baisser fortement et la chambre qu'il louait serait bientôt donnée à un autre s'il ne payait pas l'avance nécessaire pour les prochains jours. Souvent dans ces moments là, il regrettait la vie simple qu'il avait quitté, mais il n'avait pas eu le choix, il n'était plus le bienvenu dans son village natal. Quand il y repensait, ça le faisait déprimer. Il n'avait jamais été aussi malheureux que ces jours là, mais il ne devait pas se laisser abattre.

D'habitude, il y avait beaucoup de travail pour les gens comme Tridd. Il avait accumulé pas mal d'expériences professionnelles depuis son arrivée ici et pouvait réaliser à peu près tous les petits travaux possibles et inimaginables dans les maisons des habitants de cette ville. Il portait néanmoins une grande attention au travaux de menuiserie, ceux qu'il préférait car cela lui rappelait son ancienne vie. Mais ce soir, il n'y avait pas grand chose, que des boulots mal payés ou alors des travaux qui dépassaient ses compétences. Cette situation n'avait rien pour arranger le moral de Tridd. Histoire d'améliorer un peu sa soirée, il décida de s'installer seul à une table, éloigné des autres et de commander à boire. Depuis qu'il était en ville, fréquenter les tavernes et boire lui arrivait de plus en plus souvent. Tridd ne prêta qu'une attention minime aux autres personnes présentes au bar. Il y avait beaucoup d'habitués, des gens comme lui qui cherchaient du travail le soir pour le lendemain. Ils se regroupaient par trois ou quatre et buvaient toute la soirée en parlant fort et riant. Les soirées étaient rarement très animées ici. Pourtant, ce soir là, quelque chose le perturba, quelque chose ne collait pas avec l'environnement. Puis soudain, il la vit. Une femme, d'apparence humaine, des longs cheveux blancs, la peau claire, les yeux gris, il était impossible de la manquer et pourtant, personne ne semblait la voir. Et pourtant, elle était jolie … Si Tridd n'avait pas été un orc, il aurait même pu la trouver à son goût. Elle était à l'autre bout de la salle, et buvait sans se soucier des autres plus que ça. Bizarrement Tridd ne pouvait détacher son regard d'elle. Au bout d'un moment, elle leva les yeux et leur regard se croisa une demie-seconde. Tridd baissa immédiatement les siens et se concentra sur sa choppe pleine, il ne voulait pas attirer l'attention sur lui. Au bout de quelques minutes, il osa relever la tête et s'aperçut que la femme n'avait pas cherché à en savoir plus sur lui et était retourné à son occupation, boire.

Au bout d'un moment, un homme entra dans l'auberge et interrompit toutes les discussions en cours.

« Bonsoir à tous ! Les nouvelles affiches pour les têtes mises à prix viennent de paraître. S'il y a des chasseurs de primes, des mercenaires en mal d'aventures, des suicidaires ou simplement des gens en manque d'argent, c'est par ici que ça se passe ! »

Il posa les affiches sur le comptoir et repartit. Tout de suite, beaucoup de gens se précipitèrent vers celles-ci pour voir s'il n'y avait pas d'argent facile à se faire. Tridd lui n'avait jamais pensé à devenir chasseur de prime. Son père lui avait appris à ne jamais tuer inutilement et surtout, éviter de tuer des humains ou des gens de sa race. En fait, il ne tuait que des animaux et ce, uniquement dans le but de se nourrir. Mais en ces temps de crise pour lui, Tridd se demandait si finalement, tuer pour de l'argent ne serait un moyen efficace de se refaire un peu de réserve et pourquoi pas une occasion pour lui de repartir de cette ville vers un village plus petit et plus accueillant. La femme non plus ne s'était pas levée et continuait à boire sans se soucier des autres.

*Après tout, je pourrais quand même aller voir les affiches, ça ne m'engage à rien, je ne fais que regarder … Et puis, l'argent commence à manquer, je ne peux pas cracher sur une opportunité d'en gagner. Tant pis pour les principes de mon père, je sais qu'il comprendrait ma décision. Et puis, il est mort maintenant, je n'ai plus aucun lien avec son ancien clan, je peux faire ce que je veux.*

Le temps de cette réflexion, tout le monde avait déjà regardé les affiches et était retourné s'asseoir, jugeant inintéressantes les mises à prix, ou trop dangereuses. Tridd en profita donc pour aller voir, discrètement. Au moment où il arriva au comptoir et qu'il tendit la main pour prendre quelques affiches, il cogna une autre main qui apparemment était aussi intéressé par celles-ci.

« Oups, désolé, je ne vous avais pas vu venir ... »

Et quand il leva la tête, il vit à qui appartenait cette main et eut du mal à déglutir. C'était elle, la femme de tout à l'heure …
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Melpomène d'Ambre

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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Dim 16 Oct 2011 - 0:59

Belle journée en Venill. Arpenter Feleth de long en large à la recherche de cette proie qui pourtant s’est défilée à chacune de mes tentatives pour l’acculer m’a épuisée. Ce n’est pas parce que j’ai enfin récupéré cet étrange talisman que je vais pouvoir me reposer. Bien au contraire, cette aventure, pour surprenante qu’elle fut, m’a laissée perdue aux confluents de diverses émotions qui se disputent l’empire sur ma raison, tentant par leurs retorses manipulations de contrarier mes capacités de réflexion.

Pur instinct qui pourtant s’alimente de doutes ancrés profondément dans mon être, rendant complexe la moindre tentative de les contrer. Marionnette animée de diverses ficelles toutes rattachées à des innombrables faisceaux que le plus infime souffle de vent peut manipuler… Me laissant hagarde et éperdue, ballotée telle des gréements dans la tempête, telle un pantin entre les mains d’un profane ou d’un fou…

Impossible de fermer l’œil depuis. Une conscience morte pendant des décennies ramenée à la vie est un fardeau par trop lourd. Je n’ai trouvé jusqu’à présent qu’un seul moyen de la faire taire quand ses lancinantes aspirations d’humanité. L’ivresse…

Une auberge que je connais déjà. Une configuration de la salle pas trop mauvaise en cas de coup dur. De quoi m’abandonner aux affres de l’inconscience bienfaitrice le temps de panser quelques plaies encore vives dans mon amour propre. J’ai choisi un coin reculé dans la pièce qui m’adosse au mur. Je peux observer chaque angle, chaque ouverture, chaque nouvel arrivant… Mais à vrai dire, je suis un peu inattentive aux faits malgré tout, comptant sur la garde de mon Ebène laissée en évidence à mon côté pour dissuader tout imprudent. Bien sûr, j’ai croisé quelques regards intéressés, d’autres vaguement lubriques, mais un instant passé à rencontrer la froideur du mien les a convaincus de vaquer à d’autres occupations moins mordantes…

Je peux imaginer sans peine les cernes qui ornent mon minois fatigué tandis que je tente en vain de noyer mes problèmes dans la choppe mousseuse qui me fait face. Même pour ça pourtant le cœur n’y est pas. Quelques petites gorgées m’ont déjà rendu plus vaseuse que légère… Et je crois qu’il n’est pas une idée raisonnable de chercher à aller plus avant en ce domaine. Néanmoins, aucune meilleure idée ne s’offre à moi pour le moment, et je demeure avachie dans ma pathétique débandade sentimentale espérant un signe qui enfin me sortirait de mon apathie.

Les minutes s’égrainent lentement, me plongeant plus profondément dans cette inaction qui m’encroûte à chacune qui tombe sur le sol de marbre blanc avec un bruit fracassant dans mon crâne douloureux. Mes yeux épuisés tentent de se stabiliser sur un mouvement intéressant mais demeurent fixement ancrés dans le liquide ambré qui révulse mon estomac. Pas le courage d’en avaler une gorgée de plus à la vérité pour ce soir, le résultat tiendrait d’un carnage que je ne suis pas encore prête à m’infliger.

Mes pensées sont interrompues par le fracas de la porte qui résonne longuement dans le silence de mon esprit brumeux. Je plisse les yeux sous l’impact fulgurant qui vrille ma tête, relève mon attention vers l’homme qui se dirige d’un pas décidé vers le comptoir.

« Bonsoir à tous ! Les nouvelles affiches pour les têtes mises à prix viennent de paraître. S'il y a des chasseurs de primes, des mercenaires en mal d'aventures, des suicidaires ou simplement des gens en manque d'argent, c'est par ici que ça se passe ! »

Encore une vulgaire proposition. A tous les coups, les contrats seront irréalisables ou bien payés une misère, voire les deux. Il ne fait pas bon être chasseur de tête indépendant dans les alentours, j’ai eu l’occasion de le vérifier en bien des circonstances. Cela ne me dérange guère personnellement puisque je recherche plus l’aventure que l’argent, mais cela a du causé bien des déconvenues à certains
jeunes fougueux voulant se faire les crocs.

J’attends que les gens défilent. Ils finiront bien par se rendre compte que rien n’est à leur niveau en ces lieux, qu’aucun contrat ne vaut la peine de joueur leur peau. Et je n’ai pas le courage de me lever immédiatement… Il me faut rassembler mes esprits de meilleure façon avant de tenter quelque mouvement que ce soit. Enfin, après une longue observation de ma propre choppe et de multiples tentatives pour me vider l’esprit, me voilà sur pieds, me dirigeant vers le comptoir avec la ferme intention d’y trouver de quoi me changer les idées.

Ma main se lève arrivée sur place pour attraper quelques papiers mais entre en collision avec une de ses congénères à la peau verte. Immédiatement, une voix s’élève :

« Oups, désolé, je ne vous avais pas vu venir ... »

J’envoie un œil vers la source de cette excuse, toisant un orc un peu étrange plus grand que moi. Ma pupille avertie s’appuie un moment sur son visage, s’y attarde, puis glisse le long de sa gorge jusqu’à toiser son être entier. Ce n’est pas un guerrier, son corps entier le dégage. Un certain talent martial, mais sûrement pas de quoi mener à bien la moindre de ces missions. Et puis qui s’excuse encore ainsi de nos jours ?...

Je termine mon geste pour m’emparer de quelques feuilles, m’accoude au comptoir, et parcourt les offres du regard, ignorant ostensiblement mon interlocuteur. Rien de bien passionnant comme je m’y attendais. Et toujours cette tempête qui gronde quelque part au loin dans mon esprit. Mon attention toujours ailleurs, quelques mots glissent pourtant hors de mes lèvres avec une suffisance affichée.

« Il n’y a aucun contrat pour toi gamin. Passe ta route, tu ne tiendrais pas une seule seconde. »

J’attends une seconde qu’il digère l’information puis me tourne face à lui, le défiant ostensiblement de me contredire.
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Dim 16 Oct 2011 - 12:24

La jeune femme ne se formalisa pas de l'incident et ignora même les excuses de l'orc. En même temps, vu l'heure avancée de la soirée et l'endroit où il se trouvait, faire des excuses devait paraître bizarre, voire suspect. Ici ne traînaient que des hommes des bas-quartiers, venant chercher de la boisson pas chère et à volonté. La plupart devait déjà être ivre. En y regardant de plus près, certains étaient même déjà en train de s'endormir sur leur table alors que d'autres continuaient à s'enfiler bière sur bière. Le lendemain allait être difficile pour beaucoup d'entre eux … En tout cas, les excuses n'étaient pas de mise ici, et Tridd se demanda même si une seule fois dans l'histoire de cette auberge quelqu'un avait prononcé de tels propos.

Quoiqu'il en soit, la femme prit les affiches après avoir observé l'orc sous toutes les coutures. Tridd se demandait bien ce qu'elle était en train de penser. Pendant qu'elle lisait les affiches, il en profita pour l'observer de plus près également. Si de loin, il l'avait trouvé plutôt jolie, de près, c'était une toute autre histoire. Des cernes sous les yeux, un visage totalement inexpressif, elle devait s'accouder au comptoir et avait du mal à concentrer son regard plus que quelques secondes sur la même image, sans doute à cause des effets de l'alcool … Finalement, elle était comme tout le monde ici ; quelqu'un qui venait chercher ici le réconfort plus qu'éphémère de l'alcool. Elle avait juste attendu un peu avant d'aller voir les offres de têtes mises à prix, sans doute pour éviter la foule. Après tout, c'était une femme, elle devait vouloir éviter les bousculades.

« Il n’y a aucun contrat pour toi gamin. Passe ta route, tu ne tiendrais pas une seule seconde. »

Cette phrase interrompit l'observation et la réflexion de l'orc. Il se reconcentra sur ce qu'il l'intéressait avant tout et ce qu'il était venu chercher ; les affiches. La femme les tenait encore dans ses mains et ne semblait pas vouloir les abandonner à l'orc. A vrai dire, son attitude ressemblait plus à du mépris et à de la suffisance qu'à un comportement du à l'alcool. Cette phrase en révélait beaucoup sur son caractère et Tridd savait qu'il ne fallait généralement pas cherché de noises à ce genre de personne. Il savait très bien à force de traîner ici ce que pouvait entraîner un tel état d'esprit couplé à une soirée passée à boire et ce n'était pas du tout le genre de Tridd de déclencher une bagarre ici. C'était souvent quelqu'un d'autre qui s'en occupait et quand elle se déclenchait, Tridd en profitait pour partir. Il n'aimait pas ces rixes de bar, tout pouvait dégénérer en quelques secondes et se finir en drame. Il tenait trop à la vie pour la risquer pour une simple question d'honneur ou à cause d'une histoire d'ivrognes. Tridd aurait donc du s'effacer. Mais ce soir, il ne voulait pas. Peut être parce qu'il en avait marre de se faire marcher dessus à chaque que quelqu'un le provoquait, peut être parce qu'il faisait ce soir face à une femme et qu'il ne prenait pas au sérieux la menace qu'elle représentait, ou peut être parce qu'il avait particulièrement forcé sur la boisson ce soir et qu'il commençait à être un peu soûl. Il décida donc de ne pas se laisser faire et de répondre à la provocation de la femme.

« Je peux savoir ce qui vous permet de dire ça ? Nous ne nous connaissons même pas et vous osez me traiter d'incapable ? Si je ne me retenais pas ... »

Tridd avait conscience que sa réplique était à la limite du ridicule. Le fait de vouvoyer une personne que l'on est en train d'essayer d'impressionner en diminue fortement l'effet. Cela se voyait tout de suite que ce n'était pas son genre de répondre au provocation. Mais c'était à cause de l'éducation que lui avait fourni sa mère, une éducation basée sur la douceur maternelle et la compréhension de l'autre. Sa mère jugeait nécessaire d'être éduqué avec les valeurs de bonté et de tolérance, surtout lorsqu'elle essayait d'apprendre un peu de magie blanche à Tridd. Elle lui disait que ces sentiments décuplaient les effets des sorts de soin. Mais à cause du sang orc qui coulait dans ses veines, il n'avait jamais vraiment pu comprendre ces sentiments qui étaient trop humains à ses yeux. Cette éducation lui permettait néanmoins de tempérer son penchant naturel pour la violence et lui permettait de garder la totale maîtrise de soi-même. Sauf quand il avait bu une certaine quantité d'alcool …

Tridd en avait assez d'attendre que la femme lise les affiches, surtout qu'elle semblait prendre son temps uniquement pour le faire enrager. Il décida d'agir et de profiter du fait qu'elle soit légèrement soûle. Il tenta de lui prendre les affiches des mains. Malheureusement, la femme tenait apparemment plus fermement les affiches que ce que Tridd pensait et en tentant de lui arracher les feuilles des mains, la plupart furent déchirées en deux. Seuls quelques unes étaient encore entières. La femme ne réagit pas tout de suite, peut être encore surprise que l'orc ose lui tenir tête, ou alors l'alcool ralentissait fortement ses réactions. Tridd fut en tout cas le premier à réagir.

« C'est malin ça. Comment vais-je faire maintenant pour consulter les offres ? »

Sans le vouloir, Tridd avait haussé la voix et à présent, les quelques personnes encore conscientes levèrent les yeux vers eux. Tridd se demandait comment allait réagir la femme ...


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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Lun 17 Oct 2011 - 3:05

Orc d’opérette… Non assurément, il n’est pas dans ses habitudes de jouer au méchant, il n’y a aucun doute à ce propos. Il n’y a qu’à voir les émotions qui se disputent sur son visage, entre la colère qui le ronge à ma provocation, et une autre plus indistincte qui semble calmer ses ardeurs. Il bascule finalement tandis qu’il tente de se rendre acerbe.

« Je peux savoir ce qui vous permet de dire ça ? Nous ne nous connaissons même pas et vous osez me traiter d'incapable ? Si je ne me retenais pas ... »

Indifférence affichée que je lui oppose. Je retourne à mes lectures, tentant de déchiffrer l’intérêt de chaque proposition, en passant la plupart après un premier regard, m’attardant plus sur d’autres, le sentant bouillir d’impatience, à deux doigts de m’étrangler je le crois bien. Qu’il ait la bonne idée de commettre le moindre geste aventureux, et je lui démontrerai la stupidité dont il a fait preuve…

Mais les orcs ne savent pas lire dans les pensées apparemment. D’un geste brusque, il tente de m’arracher les affiches des mains, mésestimant je le crains de ma force. Ce n’est pas parce que j’ai l’esprit sérieusement embrumé et les jambes en coton que je ne suis pas capable de veiller sur quelques malheureux morceaux de papier. Cet incident déchire sur toute leur largeur une bonne majorité desdits papiers. Je reste bêtement quelques secondes à les regarder, tentant de rassembler mes idées, hésitant entre une hilarité irrépressible qui guette et entrer dans le jeu de l’ire pour mieux le suivre.

Sa réaction me fait choisir.

« C'est malin ça. Comment vais-je faire maintenant pour consulter les offres ? »

Le rire broie mon estomac tandis qu’il s’élève dans l’air. Son air outré, sa voix qui se hausse selon des accents irrités, tout cela en est trop pour ma propre fatigue tant physique que nerveuse. Devant tout le monde, face à tous ces ivrognes, je lui ris au nez sans le moindre souci, n’y éprouvant aucune gêne. Au contraire, je sens mes muscles se détendre peu à peu alors que je laisse libre cours à cet irrépressible besoin qui a pris possession de tout mon corps. Point trop longtemps néanmoins, il serait regrettable de laisser passer cette occasion.

Déjà, une idée déploie ses tentacules dans mon esprit. La perspective de rosser cet orc dans cette taverne en public est certes séduisante, mais le goût de la victoire serait amer tant la difficulté est infime. Bien au contraire, je veux lui faire regretter amèrement d’avoir osé me défier, tout en lui donnant un moyen de prouver que je me suis trompée. Je n’y crois guère, mais après tout, qu’ai-je à y perdre ? Il peut être un excellent moyen de détourner mon esprit de ses sombres pensées. Se pourrait-il que ?...

Mon attention se porte sur le bout de papier le plus au dessus dans ma main. Un nom, un lieu, une somme. Parfait. J’abandonne les reliquats déchirés sur le comptoir, me redresse de toute ma hauteur pour faire face à l’orc. Mon index pointé rencontre son torse alors que j’ai avancé d’un pas vers lui.

« Tu me suis dehors tout de suite. On a un contrat toi et moi à remplir. »

Je rajuste ma cape déjà parfaitement en place, lui jette un regard dédaigneux, laisse glisser mon doigt sur son torse avant de me retourner brusquement. Il n’appréciera sûrement pas cet ordre frontal. Il risque de se vexer. Probablement qu’il ne me suivra pas. Pourtant… J’ai espoir que les graines de la colère germent en lui et lui intiment de venir à ma rencontre.

La porte de la taverne claque tandis que je sors dans la fraicheur de la nuit. Je rabats les pans de ma cape avant de m’adosser rapidement au mur de la taverne, attendant la sortie de mon nouvel ami orc. Dans la pénombre, je patiente, ombre fantomatique à la peau de nacre.

Lui et moi avons encore une longue nuit devant nous…
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Lun 17 Oct 2011 - 19:52

Tridd avait envisagé par mal de réactions possibles pour la femme. Malgré son état, il avait pu les classer de la moins probable à la plus probable. Il ne faut pas se voiler la face, Tridd savait qu'il était très peu probable que la femme soit intimidée par son pseudo état d'énervement. Elle n'était apparemment pas une vraie habituée, à venir tous les soirs ici, mais elle savait tenir l'alcool et Tridd avait grandement sous-estimé la force de son interlocutrice. Pensant qu'un petit geste brusque suffirait à arracher les pages de sa main, il fut étonné de voir qu'elle les tenait fermement. Voyant cela, il sut pertinemment que l'intimidation n'aurait aucun effet sur elle. Il s'attendait alors à ce qu'elle s'énerve elle aussi et qu'une bagarre éclate. Et ce n'était évidemment pas ce qu'il souhaitait, déjà que le fait d'avoir attiré quelques regard le gênait énormément … Il se préparait néanmoins à recevoir un coup. Il hésitait même à porter le premier coup, histoire de garder l'avantage de la surprise. Frapper une femme sans répondre à une provocation physique de sa part, ce n'était pas dans les habitudes de Tridd, mais il avait le pressentiment que s'il la laissait faire, il le regretterait. Il mit cependant trop de temps à réfléchir et l'expression sur le visage de la femme changea. Tridd se prépara au pire.

Mais rien n'aurait pu le préparer à cette réaction. Aussi étonnant que celui puisse paraître, la femme se mit à rire. Un rire nerveux certes mais un rire quand même. On aurait dit que c'était la première fois qu'elle riait depuis longtemps et que Tridd lui avait raconté une bonne blague. Toute la pression qu'elle avait sur les épaules et que Tridd avait pris pour de l'énervement disparut, c'est comme si cette petite accroche l'avait totalement détendue. Tridd fut décontenancé pendant quelques instants. A présent, tous les regards étaient sur eux. Le rire de la femme avait attiré l'attention de toutes les personnes encore éveillées et ils attendaient avec une sorte d'impatience la suite des événements. Tous devaient espérer une bonne bagarre, histoire d'égayer un peu leur lugubre soirée. Et effectivement, elle cessa de rire d'un coup, reprit son sérieux et jeta un coup d’œil à l'affiche du dessus. Le temps sembla s'arrêter, tout le monde stoppa sa conversation, certains assis à l'autre bout de salle s'approchèrent même pour mieux voir ce qui se préparait. La femme fit alors un pas en avant et planta son doigt dans le torse de Tridd. Tout le monde retint son souffle. Mais, elle ne fit que prononcer une phrase, que seul Tridd entendit.

« Tu me suis dehors tout de suite. On a un contrat toi et moi à remplir. »

Elle rajusta sa cape, geste inutile vu qu'elle était déjà parfaitement en place, ce devait être pour l'effet dramatique. Elle jeta un dernier regard à Tridd, fit glisser son doigt sur son torse et se retourna brusquement pour quitter l'auberge. Tridd resta pendant un long moment debout, le regard fixe regardant encore l'endroit où était la femme il y a quelques instants, à essayer d'analyser ce qu'il venait de se passer. D'ailleurs, beaucoup dans la salle se posaient les mêmes questions, essayant de savoir pourquoi la bagarre n'avait pas éclaté, pourquoi la femme était partie sans se défendre de l'affront, pourquoi elle avait rigolé et enfin, qu'est ce qu'elle avait dit à l'orc. Quand ils se rendirent compte, après de longues minutes, car oui, l'alcool ralentit grandement leur capacité de réflexion, qu'il n'y aurait pas d'action ce soir, ils furent déçus, voire passablement agacés. Certains commencèrent à grommeler, d'autres exprimèrent leur frustration à voix haute et enfin, quelques uns entreprirent de mettre eux même un peu d'ambiance. C'est ainsi qu'un verre vola et vint s'éclater tout près de Tridd. Heureusement que le lanceur avait déjà bu quelques verres en trop, car sinon, l'orc se le serait pris en pleine tête. Le bruit du verre brisé eut pour effet de sortir Tridd de sa torpeur. Il se ressaisit rapidement et conscient qu'il était au milieu de l'attention de tous, il retourna à sa table, au fond de la salle, caché des autres. Il reprit la choppe qu'il avait laissé à moitié pleine.

*Mais qui est cette femme ? Et comment ose-t-elle me donner des ordres, à moi, Tridd, fier descendant de la race orque ? Il faut que je prenne une décision, et vite, elle ne va pas m'attendre éternellement dehors … Si je refuse son invitation, elle aura tout gagné. Je passerai pour un lâche à ses yeux et aux miens, alors que c'est moi qui ait commencé les provocations. Elle m'a bien piégé, je n'ai plus trop le choix … Mais en même temps, je ne sais pas trop ce qui m'attend avec elle. Elle peut très bien m'être utile ou alors, elle pourrait très bien m'entraîner dans un piège ou se venger en me ridiculisant … Que faire ? Que décider ? *

Tridd prit une grande inspiration, vida son verre d'une traite, et prit une décision. Il allait suivre cette femme, aussi étrange qu'elle puisse être. Cette invitation était peut être pour lui une opportunité, une opportunité de se faire de l'argent, mais aussi celle de découvrir un autre monde qu'il avait toujours refusé de visiter. Mais il devait d'abord quitter l'auberge sans attirer plus l'attention sur lui. Heureusement pour lui, l'ambiance du bar, bien échauffé par l'histoire entre l'orc et la femme, n'avait fait qu'empirer et plusieurs groupes de personnes se disputaient à présent à vive voix. Cela permit à Tridd de passer tout à fait inaperçu, malgré son physique d'orc très reconnaissable. Il put sortir sans incident et une fois à l'extérieur, il la vit tout de suite, elle était encore là, adossée au mur, elle semblait l'attendre. Tridd encore une fois prit les devants. Il se positionna devant la femme et commença à poser les questions qui le taraudaient depuis qu'il l'avait rencontrée.

« Qui êtes vous ? Pourquoi m'avoir proposer cette entente alors qu'on se connaît même pas ? Et surtout, comment puis-je vous faire confiance ? Qui me dis que vous n'allez pas vous venger, là, ici, dans cette ruelle, à l'abri des regards ? Je commence déjà à me demander si je n'ai pas eu tord de vous suivre dans cette aventure ... »

Après avoir sorti cette longue tirage, Tridd s'arrêta pour respirer, ce qui permit à la femme d'intervenir.
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Mar 18 Oct 2011 - 12:49

Adossée dans la pénombre, attendant un orc qui semble finalement s’être défilé, je rumine de biens sombres pensées. Des images de la nuit se succèdent dans mon esprit fatigué, me donnant l’envie sérieuse et réelle de me fracasser la tête contre le mur, avec la certitude pourtant que cela n’arrangera pas les choses. Les bras croisés, je patiente en maugréant, maudissant sur de multiples générations les orcs et leur stupidité quand enfin la porte s’ouvre. Un regard rapide vers mon nouveau compagnon de jeu à la peau verte. Il semble chiffonné, le pauvre fiston.

Mon crâne résonne du claquement du battant de bois. Je ferme les yeux un instant, guère ragaillardie par l’air frais malgré mon espoir à ce sujet, mais n’en voulant rien montrer à l’orc, le temps qu’il arrive devant moi je me suis redressée et parée de toute ma superbe. L’horrible grondement en arrière plan dans mon esprit n’a cessé, mais je le bride de mon mieux, accusant pourtant difficilement l’horrible croassement qui s’échappe des lèvres vertes dans une mélopée incessante de questions. Si je m’écoutais, je lui ferais avaler mon poing tout de suite, mais cet écart de conduite lui ferait bien trop plaisir.

« Qui êtes vous ? Pourquoi m'avoir proposé cette entente alors qu'on se connaît même pas ? Et surtout, comment puis-je vous faire confiance ? Qui me dit que vous n'allez pas vous venger, là, ici, dans cette ruelle, à l'abri des regards ? Je commence déjà à me demander si je n'ai pas eu tort de vous suivre dans cette aventure ... »

Un arrêt dans lequel il reprend son souffle. J’hausse un sourcil que je tente amusé, une moue ironique aux lèvres, commentant sa tirade d’un simple :

« Tu es l’orc le plus bavard que j’ai rencontré. »

Guère ce à quoi il s’attendait je le crains pour lui. Je l’observe un moment, oscillant de nouveau entre hilarité et sérieux. Puis me décide finalement à être un peu conciliante. Après tout, vu ce que je compte lui faire endurer, il vaut mieux le ménager encore un peu, je n’aimerais pas qu’il me claque de suite entre les doigts… Je suis un peu plus douée que ça pour garder mes victimes en vie normalement…

Observant avec un détachement certain la pénombre qui nous entoure, je reprends d’une voix monocorde dénuée de toute chaleur, teintée peut être un peu de menace :

« Si j’avais voulu te tuer, tu n’aurais pas mis un seul pied hors de cette taverne. »

Comme pour appuyer mes dires, la Neigeuse apparait soudain dans ma main nue, courant entre mes doigts fins d’une pirouette élégante avant de s’arrêter pointe en équilibre sur mon index tendu. Une lame juste parfaite… Son effet d’affiche la rend absolument fière, et l’étincelle du jeu vibre avec force dans son attitude, me tirant un sourire. Fidèle compagne…

Ragaillardie vraiment cette fois par ce comportement, ma voix se fait plus joueuse, enjôlant mon nouveau compagnon sans pour autant cacher le trait mortel sous jacent. Satin qui cache acier. Les orcs moyens ont tendance à être dépassés par ce genre de menace, mais celui-ci semble bien avoir une intelligence pratiquement normale, bien qu’une naïveté certaine. Bah, pour ce qu’il servira à la mission de toute façon…

« Bien, si tu n’as plus d’objection, on va peut être voir à y aller. Nous avons des choses à faire. »

Et sans attendre plus longtemps une quelconque réaction, je range la Neigeuse à ma ceinture, quitte le mur pour m’enfoncer dans la nuit, l’invitant à me suivre d’un geste de la tête. Quelques pas dans la nuit absolue sans même chercher à savoir s’il me suit ou pas. Peu importe au fond… Mon esprit embrumé calcule déjà tout ce qu’il faut pour organiser au mieux la fin de cette aventure. Une chose est sûre, nous ne pouvons pas nous mettre à la recherche de notre proie de suite. Même si mes réflexes dépassent encore celui de n’importe quel homme des environs de même que ma force, je veux être en possession de tous mes moyens… Je crois que le compagnon que je me suis infligé est plus un fardeau qu’un soutien, mais cela ne rajoute qu’au piment de l’aventure.

En conséquence, trouver un lieu où nous reposer me parait la meilleure chose à faire en priorité. La suite des opérations se déroule déjà à la lisière de ma conscience mais je suis trop fatiguée pour chercher à la comprendre maintenant. Laissons à mon esprit le soin de régler ces détails.

M’inquiétant de la présence ou non de l’orc qui modifiera mes plans, je m’arrête soudain et tourne la tête en arrière pour voir où il en est.
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Tridd Erogdish

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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Dim 23 Oct 2011 - 0:42

Pendant toute la longue tirade de Tridd, celui-ci observa cette femme qui l'avait entraîné dans cette ruelle. Elle n'avait pas du tout l'air intéressée par ce que l'orc racontait, à la limite de vouloir le faire taire. Mais elle l'écouta néanmoins poser toutes ses questions, patientes. Quand il dut reprendre son souffle, celle-ci changea d'attitude, son visage changea. Tridd s'arrêta alors, et attendit la réaction de la femme, bien que beaucoup d'autres questions continuaient de le tarauder. Elle haussa un sourcil et fit une moue ironique. Cela ne plut pas à Tridd mais il se garda bien de le lui faire savoir, il ne savait toujours pas pourquoi il était là, et de quoi était capable cette femme. Il se tut donc et attendit sa réplique.

« Tu es l’orc le plus bavard que j’ai rencontré. »

Cette remarque, bien que très courte et simple, eut l'effet de faire taire Tridd. Certes, celui-ci ne s'attendait pas à ce qu'elle réponde à cet interrogatoire, elle n'avait pas encore montré le moindre signe de faiblesse, ce n'est pas maintenant qu'elle allait commencer, mais il aurait espéré qu'elle lui décline au moins son identité. Mais même pas … Il devait faire avec, ou plutôt sans … Il n'aimait pas ça du tout, suivre une inconnue dans une mission dangereuse, déjà qu'il avait du suivre une quasi-inconnue rencontrée quelques mois plut tôt jusque dans cette ville pour honorer une dette et que c'était à cause d'elle qu'il se retrouvait dans cette situation, mais voilà qu'il allait devoir recommencer. Cela le replongeait dans de mauvais souvenirs. Tridd soupira, la nuit allait être longue. Mais il ne pouvait plus reculer, maintenant qu'il était sorti, il ne s'enfuirait pas. D'ailleurs, la femme ne le regardait même pas, elle regardait négligemment aux alentours, comme si elle pouvait voir dans le noir. Elle reprit d'une voix encore plus froide et sans émotions.

« Si j’avais voulu te tuer, tu n’aurais pas mis un seul pied hors de cette taverne. »

Et comme pour appuyer ces dires, elle sortit de nul part une dague. En fait, lorsque Tridd eut le loisir de la voir de plus près, il reconnut la forme d'un petit kriss, blanc. Il en avait déjà vu, mais jamais de cette couleur là. Il fut totalement hypnotisé par cette lame, par la rapidité à laquelle la femme l'avait sorti, et par l'usage qu'elle en faisait. Elle le fit courir entre ses doigts et s'arrêter en équilibre sur son index. En fait, il ne l'avait même pas vu sortir cette lame mais il mit ça sur le compte de sa fatigue et de son état après avoir un peu abusé de la boisson. Puis soudain, il se rendit compte du sens de la phrase, et de la menace qu'elle comportait. Tridd eut du mal à déglutir. Maintenant qu'il avait assisté au petit spectacle de la femme, il la prenait un peu plus au sérieux et prit un peu peur sur le coup. Il eut un petit mouvement de recul, totalement imperceptible dans la pénombre. Mais en y réfléchissant un minimum, Tridd comprit qu'elle ne lui ferait pas de mal, ou pas pour l'instant tout du moins, il n'y avait aucune raison de le prévenir, elle aurait pu également le tuer ici sinon, sauf si elle voulait l'impressionner, auquel cas ça avait bien fonctionné. Le pire pour Tridd fut d'apercevoir un sourire sur le visage de son interlocutrice, comme si elle prenait du plaisir dans ce petit manège, comme si il n'était que son jouet.

« Bien, si tu n’as plus d’objection, on va peut être voir à y aller. Nous avons des choses à faire. »

La situation venait de s'inverser. Tridd avait pour l'instant prit l'initiative de la conversation mais cela venait de changer. La femme avait l'air un peu ragaillardie après cette démonstration de force, plus en forme. D'ailleurs, elle n'attendit même pas la réaction de l'orc. Elle rengaina sa lame et s'enfonça dans la nuit. Tridd lui semblait abasourdi. Toujours un peu apeuré et impressionné par ce qu'il venait de voir. Complètement tétanisé une fois de plus, il ne fut sorti de sa léthargie que par un homme qui sortait de l'auberge, totalement ivre et qui avait bien du mal à marcher droit. L'homme reconnut Tridd malgré son état et commença à bredouiller des insultes incompréhensibles. Il tenait encore une bouteille dans la main et eut l'idée de la jeter dans sa direction. Tridd l'évita sans trop de problèmes et regarda dans la direction dans laquelle était partie la femme, dans l'espoir de voir où elle était mais la pénombre était trop grande, et l'éclairage de l'auberge ne suffisait pas à y voir si loin. Il prit alors une décision en une demie seconde. Il courut dans cette direction, sans se retourner, pour la rejoindre. Au moment où il arriva à sa hauteur, elle tournait la tête pour voir si elle était suivie ou non. Tridd en profita pour lui lancer une petite phrase, tout en sachant pertinemment qu'elle n'y prêterait même pas attention.

« Vous auriez pu m'attendre tout de même, j'ai failli me faire agresser par un ivrogne à la sortie de l'auberge. »

Tridd se rendit compte mais trop tard que cette plainte le faisait passer pour une mauviette, alors qu'il était à priori parti pour une mission de capture de quelqu'un recherché avec une récompense sur sa tête. Cela n'allait pas être une partie de plaisir et il ne fallait absolument pas qu'il commence à montrer des faiblesses à sa future compagnone de route. Il tenta donc de se rattraper.

« J'aurais pu me défendre mais cela aurait inévitablement attiré l'attention sur nous, ce qui ne nous aurait pas été utile ... »

Tentative pitoyable, Tridd espérait que cela fonctionnerait au moins un petit peu, mais il n'avait pas grand espoir. Pour éviter que la femme pose des questions embarrassantes, Tridd prit de nouveau la parole le premier, sans lui laisser le temps de réfléchir ou de se rendre compte de ce qu'il venait de dire.

« Alors, quelle est la suite des opérations? Traque, capture et mise à mort ? »
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Lun 24 Oct 2011 - 12:55

Comme je m’y attendais, voilà l’orc qui arrive à mes côtés dans un fracas digne d’une discrétion avoisinant le zéro. Toutefois, alors que je pensais l’avoir calmé, le voilà qui se met à geindre sur la possibilité d’une agression sur sa petite personne…

« Vous auriez pu m'attendre tout de même, j'ai failli me faire agresser par un ivrogne à la sortie de l'auberge. »

Ravalant la remarque incisive qui effleure mes lèvres, je reste coite. L’envie de me moquer de lui une nouvelle fois pour lui apprendre la vie réelle me taraude mais je suis trop fatiguée pour me lancer dans une telle joute immédiatement. Le peau verte doit s’en rendre compte d’ailleurs car il rajoute avec rapidité :

« J'aurais pu me défendre mais cela aurait inévitablement attiré l'attention sur nous, ce qui ne nous aurait pas été utile ... »

Je réprime le rire amusé qui grandit dans ma gorge. Non vraiment, le tourner en dérision ne servira qu’à m’attirer ses foudres, et si je veux effectivement le voir en colère pour mesurer son potentiel à ce moment là, ce n’est vraiment pas le moment. Considérant mes nerfs à vif, cela ne ferait que provoquer une situation délicate de laquelle il ne sortirait pas forcément entier… Ce qui perdrait de l’intérêt de l’avoir gardé en vie jusqu’ici.

Déjà perdue dans mes pensées, tentant de me remémorer une localisation, j’ai laissé tomber ses remarques, mais il semble n’en avoir pas fini avec moi pour sa part. Il reprend avec rapidité, comme pour tenter de cacher quelque chose qui le gênerait.

« Alors, quelle est la suite des opérations? Traque, capture et mise à mort ? »

Surprise de prime abord, je relève le regard vers lui et éclate d’un délicat rire cristallin. Le voilà qui déjà s’emballe, la fièvre du sang est contagieuse… Mais non, nous ne traquerons pas de suite… Il nous reste tant de choses à faire… Dont une plus importante que toutes les autres. Restant sur quelques mètres sans lui répondre, je finis par prendre le parti de l’ironie.

« Dans ton état, tu ne tiendrais pas cinq minutes… Il va falloir que tu décuves gamin avant que nous n’entreprenions quoi que ce soit ! »

Le regard qu’il me lance en dit long sur sa pensée. Effectivement, je ne suis pas moi-même dans ma plus resplendissante forme… Toutefois, même ainsi, je vaux toujours une quinzaine d’hommes moyens, mes connaissances martiales étant bien trop ancrées dans mes veines pour que la fatigue en vienne si facilement à bout. Un sourire acerbe aux lèvres, je rétorque avant qu’il n’ait le temps de faire preuve du moindre signe de rebellion.

« Mais si tu as des doutes à ce sujet, nous pouvons toujours régler ça ici et maintenant. »

Je ne prends même pas la peine de voir s’il relève, convaincue qu’il n’en fera rien, déjà toute concentrée sur les images qui défilent dans ma tête des rues de cette ville. Si j’en crois ce que je vois, nous ne devrions pas être loin du point que je recherche. Me glissant dans l’ombre d’une venelle en tirant l’orc par la main derrière moi au passage de la garde, je passe ma face blanche hors de notre abri quand leurs bruits de pas s’éteignent, estimant les alentours. Faisant un signe à l’orc lui intimant le silence, je pars au pas de course vers une rue adjacente, disparaissant une nouvelle fois dans les ténèbres impénétrables d’un porche. Dans ces quartiers plus aisés, des lumières dansent derrière les hautes fenêtres, accompagnées des rires et des chants. Débauche délicieuse dans laquelle j’étais immergée la nuit précédente, je passe du côté des marauds et des scélérats, milieu dans lequel assurément je suis plus à ma place bien que tout autant à mon aise.

La porte que je recherche est enfin repérée, et je m’y dirige avec souplesse, n’entendant pas l’orc se déplacer du fait des bruits inondant la rue mais espérant qu’il me suit toujours. Arrivée à la porte, je teste le loquet qui m’annonce qu’il va falloir que je fasse preuve de tout mon doigté dans cette affaire. Reculant d’un pas, avisant l’orc qui attend sagement à mes côtés, j’envoie mon pied et tout mon poids contre le battant de bois. La serrure explose sur le coup dans un fracas épouvantable qui semble n’alerter personne… Jusqu’au moment où un petit homme râblé apparait dans l’ouverture avec une lanterne. Son exclamation meurt dans le coup de poing que je lui décoche dans le ventre avant de passer derrière lui, verrouillant ses poignets derrière lui tandis que mon autre main sert de bâillon.

Je le pousse vers l’orc, plongeant mon regard translucide dans celui de mon compagnon avec sérieux. Je peux sentir ma victime trembler dans ma poigne de fer, tentant de s’échapper, résignée à ne pouvoir le faire après avoir testé ma force. Mon souffle effleure son épaule, caresse sa nuque tandis que je respire l’odeur de sa peur sur sa peau.

Il est temps de commencer l’initiation.

Un accent inflexible dans la voix, aucune possibilité d’échappatoire, l’ordre claque dans l’air frais de la soirée.

« Tue le ! »

Voyons voir ce que cet orc a dans le ventre.
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Tridd Erogdish

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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Mer 26 Oct 2011 - 0:12

Tentative très maladroite de rétablir la situation … Tridd en avait conscience et même ses dernières questions n'arrangeaient rien, il se rendit compte qu'elles le faisaient passer pour un excité, pressé d'aller chasser, trop pressé, ce qui la conduirait elle, à penser qu'il était inexpérimenté, qu'il serait un fardeau pour elle. Et cela ne manqua pas. Tridd regretta immédiatement de s'être laissé emporter. La femme ria, d'un rire mélodieux, agréable à l'oreille mais qui blessa Tridd au plus profond de lui-même. Il venait de rater une occasion de se taire et elle venait de lui signaler de la manière la plus dure qu'il soit, en ironisant la situation et en tournant l'orc au ridicule.

« Dans ton état, tu ne tiendrais pas cinq minutes… Il va falloir que tu décuves gamin avant que nous n’entreprenions quoi que ce soit ! »

Tridd lança un regard mi-furieux, mi-amusé à la femme.
*Et c'est elle qui me fait une remarque à propos de mon état … Il y a à peine cinq minutes dans le bar, elle avait du mal à marcher droit et à se concentrer sur les affiches, et là, elle me dit que je dois décuver … Mais pour qui elle se prend elle ? Elle cherche à m'énerver ou quoi ? Si je n'avais pas tant besoin de cet argent et si je n'étais pas si curieux, je crois que je l'aurais planté sur place ...*
Un sourire se dessina sur les lèvres de la femme et, comme si elle savait que Tridd était sur le point de se rebeller, elle en rajouta une couche.

« Mais si tu as des doutes à ce sujet, nous pouvons toujours régler ça ici et maintenant. »

Cette phrase mit directement fin au début d'énervement de Tridd. Celui-ci ne savait pas encore de quoi était capable la femme, mais il sentait qu'elle ne bluffait pas, qu'elle gardait quelques atouts dans sa poche dans le cas où justement, il n'obéissait pas ou essayait de se confronter à elle. Tridd trouva plus intelligent de s'écraser pour l'instant, de faire profil bas et de continuer à la suivre. Il réprima donc son envie de répondre et se tut. D'ailleurs, la femme ne prit même pas la peine de regarder l'effet de sa remarque. Elle prit l'orc par la main et le tira dans une ruelle. Et en effet, cinq secondes plus tard, une patrouille passa. Même s'il ne faisait rien de mal, rencontrer une patrouille dans ce genre de quartier n'est jamais bon. Lorsque les bruits de pas s’estompèrent, Tridd poussa un soupir de soulagement et remercia dans sa tête les réflexes de la femme. Mais elle ne s'arrêta pas, et continua à avancer dans ce dédale de ruelles étroites, faisant signe à l'orc de la suivre, ce qu'il fit sans rien demander cette fois. Très vite, ils passèrent d'une zone assez bourgeoise à des taudis miséreux. Tridd ne savait pas du tout où il allait, il ne faisait que suivre mais la femme elle semblait chercher quelque chose et enfin, elle le trouva, ou plutôt la trouva. Une porte banal en apparence mais elle avait l'air de savoir ce qu'elle faisait. Elle prit le loquet dans la main, recula d'un pas et balança son pied dans la porte, ce qui la fit s'écrouler directement. Le fracas de la porte qui tomba à terre n'attira personne mais souleva tellement de poussière que Tridd fut obligé de fermer les yeux un instant. Le temps que la poussière tombe, soit quelques secondes plus tard, Tridd aperçut un homme, sûrement l'habitant de ce taudis, les deux bras coincés dans le dos par la femme, le souffle coupé sans doute à cause d'un coup donné par celle-ci. Il essayait de se débattre mais en vain, elle le tenait fermement. Tridd sentit la peur dans les yeux de l'homme et l’inflexibilité dans le regard de celle qui le tenait. Elle semblait d'ailleurs s'en amuser. Un moment, elle releva les yeux et planta son regard dans celui de Tridd.

« Tue le ! »

L'ordre cingla dans la nuit et Tridd fut surpris. Il ne s'attendait pas à ce retournement de situation. Il regarda de nouveau l'homme qui était à présent totalement résigné et désespéré puis la femme, dont l'expression n'avait pas changé d'un poil. Tridd ne savait plus quoi faire, il était totalement dépassé par la situation, complètement tiraillé entre ce qu'on lui demandait de faire et le sentiment de pitié qui l'envahissait. Ce n'était pas dans ses habitudes de tuer sans aucunes raisons, juste pour tuer. C'est ce que son père lui avait appris, c'est ce qu'il avait mis en pratique durant ces dix dernières années, c'était son mode de vie. Et là, en quelques secondes, cette femme lui demandait de tout balayer, d'un seul coup …

« Je … Je … Je ne peux pas. »

Tridd ne put se résoudre à le tuer, mais il ne put se résoudre à partir non plus. Il continuait de regarder l'incroyable scène présentée sous ses yeux, cette femme tenant sous sa domination un pauvre homme, qui n'avait rien demandé à personne et qui allait probablement mourir ce soir, quoique Tridd fasse. Dégoûté, Tridd se dirigea vers la porte. Au moment où il arriva au niveau de l'endroit où se tenait la porte quelques minutes plus tôt, il se retourna vivement, dégaina le couteau qui ne le quittait jamais, et le mit sous la gorge du malheureux, à quelques centimètres de son cou, à quelques centimètres d'une mort certaine … Il regarda alors fixement la femme. A bien y réfléchir, il est vrai que s'ils voulaient se lancer dans une mission ensemble, chacun devait être sur que l'autre ne serait pas un trop lourd fardeau. C'est en tout cas ce que Tridd comprit ... mais il n'approuvait pas. Il savait qu'il devait être capable de tuer de sang froid, la situation l'exigerait bientôt, mais tuer un criminel recherché est très différend de tuer un sinistre inconnu qui n'a rien demandé à personne. Tridd était face à un cas de conscience mais il choisit de répondre à la provocation pour une fois.

« Si c'est un test, considérez que je l'ai réussi ... »

Tridd fit alors glisser la lame sur le cou du pauvre homme et le sang coula. Il perdit rapidement connaissance et mourut quelques secondes plus tard. Tridd contempla le sang sur ses mains et eut quelques secondes d'hésitation, se demandant si ce qu'il faisait était bien … Tridd jeta un dernier coup d’œil au cadavre et à la femme qui l'avait poussé à tuer cet homme et sortit prendre l'air. Il avait besoin de s'éclaircir un peu les idées après ce début de soirée assez éprouvant pour lui.
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Sam 29 Oct 2011 - 0:57

La panique submerge l’orc avant qu’il ne me fasse goûter à son ire. Ses yeux roulent dans ses orbites, il s’affole. La surprise l’a frappé de plein fouet, le rendant blême et affolé devant celle qu’il considère à coup sûr comme une tortionnaire désormais. Je chéris ce rôle dont il m’affuble et tente de l’y pousser plus encore, me délectant de son moment de flottement. Une misérable plainte s’échappe de ses lèvres, un faible mais convaincu :

«Je … Je … Je ne peux pas. »

Alors que je m’apprête à lui répondre avec morgue je le sens se ressaisir. Pour la première fois depuis que nous avons commencé cette initiation, je vois le défi danser dans ses yeux, de même que le doute. Jamais j’en suis persuadée il n’a été si proche de me gratifier d’une remarque acerbe. L’homme sous mon emprise n’a plus aucune importance, je veux voir jusqu’où je peux amener cet orc. Révéler sa pleine potentialité, et lui donner enfin les attributs naturels de sa race au lieu de me retrouver face à une fillette apeurée pétrie de bonnes manières. Nous sommes dans un monde où la violence est de mise, et qu’il croit y échapper défie toutes les lois de la nature. Je n’aurai nulle considération sympathique pour lui, mais le pousserai jusqu’à ce qu’il me haïsse à un point tel qu’enfin il se résoudra aux extrémités nécessaires.

Son regard s’affermit, sa lame trouve la gorge de ma victime, et la première vraie trace de défi luit dans sa voix.

« Si c'est un test, considérez que je l'ai réussi. »

Je sens soudain ma proie devenir flasque entre mes mains et elle s’effondre à mes pieds misérablement. Un sourire satisfait étreint mes lèvres, mais déjà l’orc est sorti avec précipitation. Pauvre petit père, il n’a pas supporté la réalité de la fin d’un homme. J’attrape le cadavre par le col pour le jeter dehors, l’abandonnant derrière un tas d’immondices à quelques pas de la porte dont l’odeur cachera la présence d’un macchabé pour quelques temps encore. Quand enfin quelqu’un s’apercevra de cette morbide découverte, nous serons déjà repartis bien loin d’ici.

Profitant au passage de la proximité de l’orc dos tourné à moi, je lance en toute légèreté :

« Joli coup, il n’avait aucune chance. Tu es prometteur, tu laisses déjà une veuve et huit orphelins. Je prépare l’intérieur. »

Après tout, peut être que c’est vrai, je ne connaissais pas ce maraud. Sa généalogie m’est donc étrangère, mais qu’il croit à ce que je lui dis suffit à provoquer l’état vers lequel je veux l’emmener. L’excitation du sang passée chez moi, la fatigue abat de nouveau sa chape de plomb sur mes épaules, et il me faut au plus tôt venir à bout des quelques préparatifs restants.

L’intérieur de l’écurie délabrée attenante à la misérable bâtisse dont j’ai enfoncé la porte sent le fumier et l’animal. Une douce chaleur y règne de même qu’un silence épais, troublé seulement par les bruits paisibles des bêtes somnolentes. Le fracas d’un sabot raclant le sol ou bien le son fouetté d’une queue chassant un quelconque importun perturbe seulement la quiétude de la salle. La douce somnolence baignant les lieux réveille la mienne, m’entrainant peu à peu vers un délicieux abandon que pourtant je réprouve.

La fatigue resserre sa prise sur mon esprit, obscurcissant les alentours d’un voile vaporeux. Je dépasse plusieurs stalles, jetant un œil curieux à l’intérieur pour jauger de la qualité des occupants. La plupart sont des carnes cagneuses et efflanquées à l’œil éteint. Pas une seule bête qui vaille le coup de sacrifier sa peau dans le coin. Considérant leur état, personne ne passera avant plusieurs jours s’en soucier, voilà qui nous assure de quoi passer une nuit tranquille.

Continuant à avancer, je tombe sur une stalle vide au sol à la propreté relative. Un rapide tour d’horizon m’avise de la présence de bottes de pailles à proximité. Les soulevant à bout de bras, laissant échapper un grognement de fatigue sous leur poids, je tranche une fois arrivée à notre lit pour la nuit les liens retenant les bottes en forme avec la Neigeuse, tâchant d’étaler au mieux la paille pour nous constituer des couches à peu près confortables.

Sur deux mètres sur deux, voilà de quoi dormir dans des conditions à peu près respectables. Bien entendu, cela ne vaut pas un bon lit, mais il n’est pas question que je lui fasse le plaisir de se reposer convenablement malgré la nuit que j’avais déjà réservée dans une auberge respectable dans les beaux quartiers de la ville. Il sera tellement plus amusant de le retrouver demain matin couvert de paille pestant contre la précarité du lieu que frais et dispo après une bonne nuit de sommeil.

Il n’est toujours pas revenu alors que j’ai achevé ma préparation… Et la fatigue commence à se faire plus forte. Aurait-il finalement décidé de fuir ? Après tout, il fait bien ce qu’il veut…

Je trouve au fond de ma besace un morceau de parchemin traitant d’un contrat quelconque que j’ai oublié depuis longtemps. Ma plume, mon petit pot d’encre, en quelques lettres appliquées, je griffonne un message à sa destination que j’abandonne à l’endroit où il est censé dormir. Je n’ai pas le courage de l’attendre. Baillant avec une conviction certaine, je m’enroule dans ma cape, sortant au passage l’Ebène que je pose à mes côtés, serrant fermement mes doigts sur sa garde. Au moindre souci, elle m’aura réveillée avant qu’on n’ait le temps de me porter préjudice… Rapidement, les limbes de l’inconscience m’accueillent, même si une étincelle de lucidité demeure en périphérie de mon champ de réflexion, prête à mettre en action tout un corps encore engourdi. Les délices de l’abandon repaissent mon être de leurs bienfaits salvateurs.

J’espère que tu ne verras pas d’inconvénient à partager ma couche.
Si tu tentes quoi que ce soit de regrettable, tu le regretteras…
Dors bien, le réveil risque de moins te plaire.
M.
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Jeu 3 Nov 2011 - 21:31

Il l'avait fait … Tridd n'en revenait toujours pas … Il avait tué un homme de sang-froid, un pauvre homme qu'il ne connaissait pas, un pauvre homme qu'il n'avait jamais vu, un pauvre homme qui n'avait sûrement rien demandé à personne, qui venait de s'endormir en ayant certainement pour seul angoisse de savoir comment il survivra le lendemain … Au moins, il n'aurait plus à s'en faire maintenant, c'est le seul point positif que trouvait Tridd, il achevait sûrement une vie pleine de peur, d'angoisse et sans aucuns plaisirs … Mais cela ne l'empêchait pas de se sentir mal, tuer quelqu'un sans raisons, c'était contre ses valeurs, c'était contre tout ce que son père lui avait appris. Encore, si l'homme avait eu une mise à prix sur sa tête, il aurait pu se justifier, il aurait pu alléger un peu sa conscience, mais là, il n'avait qu'obéit à une pulsion meurtrière, il n'avait fait qu'obéir à l'ordre donné par cette femme rencontrée plus tôt dans la nuit, au bar de cette auberge, une femme dont il ne connaissait rien, même pas le nom … Il savait pourtant que, s'il voulait continuer ce qu'il avait entrepris, c'est à dire, gagner de l'argent rapidement en prenant peu de risque, il devait jouer le jeu de cette femme et la suivre, où qu'elle l'emmène … Justement, alors que Tridd était en train d'essayer de comprendre les actions de cette femme, elle passa derrière lui et jeta quelque chose derrière un tas d'ordure. Tridd n'y prêta pas attention pour l'instant, il ne voulait pas se retourner et montrer son état de doute et de faiblesse à cette femme avec qui il allait devoir cohabiter jusqu'à ce qu'ils aient rempli la mission et qui le prenait sûrement déjà pour un être faible. Heureusement, elle ne chercha même pas à le regarder, elle ne fit que lui lancer une phrase, anodine pour elle, mais qui toucha l'orc.

« Joli coup, il n’avait aucune chance. Tu es prometteur, tu laisses déjà une veuve et huit orphelins. Je prépare l’intérieur. »

*Une veuve ? … Huit orphelins ? … Serait-ce possible ? …*
Tridd se sentit encore plus mal. Il ne savait même pas si elle disait la vérité, d'ailleurs, il s'en fichait pas mal, elle aurait très bien pu inventer cette histoire de veuve et d'orphelins de toute pièce, Tridd se sentirait tout aussi mal. Il se sentait souillé par le sang qu'il y avait sur ses mains. La femme était déjà rentrée, sans se préoccuper plus que ça de l'effet de sa réplique, occupée sans doute à d'autres choses qu'aux états d'âme d'un orc qu'elle ne connaissait pas plus que ça. Et plus Tridd y réfléchissait, moins il ne comprenait comment il en était arrivé là. En fait, plus il y pensait, et plus la solution lui paraissait évidente, il n'y avait qu'une seule responsable à sa situation … Elle. Il ne l'avait pas rencontrée depuis longtemps, à peine quelques dizaines de minutes, et pourtant, elle l'avait déjà obligé à bafouer l'héritage de son père et à renier ses valeurs. Peu à peu, la tristesse de Tridd se transformait en colère, puis en haine envers cette femme. Une haine complètement irrationnelle, il aurait très bien pu refuser de faire ça, il aurait pu partir sans tuer ce pauvre homme, il aurait même pu ne pas la suivre en dehors du bar. Au lieu de ça, sa curiosité l'avait poussé à la suivre, à ne pas partir et à tuer cet homme. Finalement, il était aussi fautif, à croire qu'il avait ça dans la peau, que le sang orc qui coulait dans ses veines refaisait de temps en temps surface et qu'à ce moment là, le meurtre était une seconde nature chez l'orc. Tridd reprenait peu à peu le contrôle de ses émotions, il se calma et put à nouveau réfléchir normalement. Pour l'instant, il devait savoir où était partie la femme et ce qu'elle comptait faire pour le reste de la nuit. Il ne lui semblait pas l'avoir entendu repartir dans la rue, c'est qu'elle devait être retournée à l'intérieur. Il se retourna et vit enfin ce qu'elle avait jeté tout à l'heure … Le corps de l'homme qu'il avait tué gisait là, au milieu des ordures, comme un simple détritus. Malgré l'odeur nauséabonde qui se dégageait et le dégoût qu'il ressentait, Tridd s'approcha du corps, le remit dans une position plus décente pour un mort, et lui ferma les yeux, en signe de respect, malgré le fait que ce soit lui qui l'ait assassiné un peu plus tôt. Une fois ce petit rituel accompli, Tridd rentra à nouveau dans la maison dans le but de rejoindre la femme.

Il n'avait pas encore vu l'intérieur de la maison, enfin, il n'y avait pas prêté une grande attention, trop absorbé par la scène qui s'y été déroulée il y a quelques instants. En réalité, Tridd était en dessous de la vérité lorsqu'il pensait avoir mis fin à une vie misérable. La maison était dans un état de crasse épouvantable. Il se demandait même si le tas de détritus dehors n'était pas plus propre que l'intérieur. Comment un homme pouvait-il vivre la dedans ? N'en supportant pas plus, Tridd se mit à s'enfoncer dans la maison, à la recherche de la femme. Ce qu'il n'avait pas vu de l'extérieur, c'est que ce qu'il prenait pour une maison n'était qu'une ancienne écurie dont l'entrée avait été aménagée pour ressembler à un habitat pour cet homme. Tridd commença donc à parcourir les stalles une à une. La plupart des box étaient vide, dans certains vivaient encore des chevaux, maigres, fatigués, plus très vivaces. Certains étaient même sûrement morts, en train de se décomposer sur place, sans personne pour évacuer les corps. Tridd ne s'arrêta pas pour vérifier leur état, il ne voulait pas attraper une quelconque maladie en restant trop longtemps trop près d'eux. Finalement, il tomba sur le box qui avait été aménagé pour la nuit par la femme qui semblait assoupie pour le moment. Cependant, Tridd ne se risquerait pas à la déranger, il ne voulait pas envenimer la situation et s'il tenait un tant soit peu à sa vie, il faudrait éviter de faire des bêtises avec elle. Il remarqua néanmoins le petit mot qu'elle lui avait laissé. Malgré l'obscurité ambiante, il put lire l'avertissement qui confirmait ses soupçons, il ne fallait pas la déranger dans son sommeil. Par curiosité, il retourna la feuille. Il s'agissait d'un vieux contrat, effacé par endroit. Il put pourtant déchiffrer un nom, et celui-ci ne lui était pas inconnu ; Lyhanàell Nokt … *Lyha … Cette personne avec qui je suis venu jusque Venill ... cette personne à cause de qui je ne suis plus le bienvenu chez moi … cette personne qui m'a sauvé la vie dans la forêt … cette personne avec qui j'ai déjà partagé pas mal d'aventures … Serait-ce possible que ce soit elle sur cet avis de recherche ? Est-elle dangereuse ? Surtout, est-elle en danger ? Est-elle notre cible de ce soir ? Non, ce n'est pas possible qu'il ait été pris ce soir au bar vu l'état du contrat …* Beaucoup de questions se bousculaient dans la tête de Tridd et il ne pouvait en faire part à personne, il n'arrivait pas à y réfléchir correctement non plus à cause de la fatigue qui le tenait. Finalement, après s'être inquiéter plus que nécessaire, il se décida à se coucher, de l'autre côté du box par rapport à la femme. Il s'installa aussi confortablement qu'il put dans les couches de paille qu'elle avait installées et tenta de s'endormir, malgré ses inquiétudes. Son état de fatigue et le trop plein d'émotion ressentie ce soir eurent raison de son mauvais pressentiment et il s'assoupit.

Jusqu'à ce que ...
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Dim 27 Nov 2011 - 20:04

Des bruits à la lisière de ma conscience, des sons indiquant une présence qui ne semble pourtant pas hostile. L’apathie demeure, délicieuse et mystérieuse, et je ne quitte cette agréable sensation.

Quatre heures de sommeil. Quatre parfaites heures de sommeil. Pas une seconde de plus. Mes yeux s’ouvrent soudain sur l’obscurité ambiante et l’instant infime suffit à me replacer dans le contexte. Une écurie miteuse, le souffle régulier d’un endormi à mes côtés dont pourtant le goût ne demeure pas sur mes lèvres, indiquant sans nul doute qu’il ne fut pas un amant… L’image de l’orc, ou du moins de celui qui en a les traits, s’impose à mon esprit.

Me voilà sur pieds dans le silence le plus complet. Je parcours les stalles assoupies du regard, réfléchissant à la promesse que j’ai faite la veille de lui offrir un réveil mémorable… Mon Ebène est rengainée avec un léger bruit de métal qui ne suffit pourtant à réveiller les lieux. Je souris, rassérénée par ces heures d’abandon, et déjà plongée toute entière dans la perspective de la nouvelle provocation d’une colère chez le peau verte. Les idées se bousculent et je cherche laquelle me procurera le plus de satisfaction. L’odeur et le crépitement des flammes me bercent un instant, me faisant envisager une pyromane occupation qui le réveillerait dans un état d’affolement proprement délectable… Mais je l’écarte rapidement, craignant que cet imbécile ne panique réellement et ne finisse cuit à point… Je n’ai certes jamais rechigné sur un peu de viande orc, mais là n’est pas le but du moment.

L’idée de quelques sympathiques gentlemen venus lui faire les poches de bon matin me séduit un instant, mais je rechigne pour l’heure à risquer l’abimer un peu trop. Il est bien trop… divergent des standards classiques que je connais, pour rester polie. Comment prévoir sa réaction ? Comment savoir s’il ne va pas se jeter sur eux, drapé dans son honneur et sa fierté plutôt que de tenter de sauver sa peau ? L’aléa est trop important pour que je me résolve à cette situation. Les possibilités défilent dans mon esprit, mais aucune ne me satisfait pleinement… Trop de danger ou trop de bienveillance… Il va falloir envisager un traitement bien plus intéressant.

En silence, j’arpente les allées de la bâtisse, cherchant de quoi me servir dans cet entourage. Mon attention est attirée soudain par un léger bruit dans le mur. Immédiatement interpellée, je colle mon oreille contre la construction, laissant échapper un petit cri de satisfaction insuffisant à déranger mon compagnon. Une brèche repérée à quelques mètres m’indique ce que je recherche. Je m’accroupis devant. Mes dents s’enfoncent dans ma paume jusqu’à trouver le sang. Il perle doucement aux bords de la blessure, puis coule avec plus de vigueur, son fumet attirant parvenant à mes narines frémissantes. Je laisse ma langue goûter un instant à ce délice avant de le plonger dans la brèche, en attente.

Une douleur aigue broie soudain ma main, me tirant une nouvelle exclamation conquise tandis que la lente souffrance remonte le long de mon bras jusqu’à combler mes sens. Je retire la boule noire et la jette dans le seau le plus proche, recommençant l’opération à plusieurs reprises, jusqu’à avoir une petite dizaine de furies couinantes entassées dans le récipient métallique. La proximité et l’impossibilité de fuir les perdent complètement, et rapidement j’entends des manifestations de douleur dans la boite.

Satisfaite, j’observe ma propre main, couverte de petites marques rouges, et jubile par avance du spectacle qui va m’être réservé. D’un pas déterminé, je traverse l’allée en sens inverse, mon seau ballottant au bout de mon bras dans un vacarme qui réveille plusieurs hôtes des lieux. Je n’en ai que faire, pratiquement persuadée que l’orc est encore dans une phase où son abandon est suffisamment profond pour que je n’aie pas un tel souci. Effectivement, lorsque je parviens jusqu’à lui, il ronfle toujours du sommeil des bienheureux. Parfait.

Dans un mouvement élancé, je renverse au dessus de lui mon chargement. Une dizaine de rats pour lequel le sang a déjà coulé chute en même temps sur la peau verte, et affolé, entreprenne de se défendre contre ce qu’il considère comme leur agresseur. Satisfaite, j’abandonne le seau métallique au sol dans un fracas épouvantable qui renforce encore le sursaut gigantesque de l’orc qui se réveille. Quel spectacle mes amis !
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Tridd Erogdish

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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Lun 28 Nov 2011 - 0:05

Dormir … Rêver … Voilà deux choses que Tridd avait bien du mal à faire en ce moment. Il avait du mal à s'endormir depuis quelques années déjà, mais encore plus depuis quelques jours, depuis qu'il avait commencé son voyage hors de son village, depuis cet incident dans la forêt. Depuis, les journées et les nuits avaient été difficiles pour lui, toujours obligé de courir à droite à gauche, de fuir son passé, sans voir aucun échappatoire dans son futur. On pouvait dire que Tridd commençait à en avoir marre de son train de vie actuel, et que sa petite vie dans son ancien village avec son petit train-train habituel lui manquait presque. Quant à rêver, Tridd ne le faisait que très rarement ou alors il ne s'en souvenait jamais. Mais ce soir là, c'était différent. Sûrement excité par le souffle de nouveauté et par cette femme qu'il avait rencontré, il n'avait eu aucun mal à s'endormir, totalement épuisé après cette longue journée. Mais ce n'était pas la même fatigue que d'habitude, due à de la lassitude, cette fatigue là était totale, physique et mentale. Et aussi bizarre que celui puisse paraître, cette nuit là, Tridd rêva, un rêve intense, vivant, il aurait presque pu y croire réellement. Il se voyait dans les grandes plaines, chevauchant un de ces chevaux de pure race, fort et élancé, fier et indomptable. Il revivait une des histoires que son père lui racontait étant petit, une de ces histoires qui se passait dans la tribu uniquement et qui racontait l'épopée d'un des héros du clan. Tridd chevauchait, cheveux au vent, galopant droit devant lui. Mais soudain, quelque chose interrompit cet agréable rêve, un bruit sourd qui cognait à la frontière de son esprit. Tridd n'y prêta pas attention et préféra se rendormir immédiatement, sans chercher à comprendre d'où venait le bruit. Il se sentait tellement bien qu'il se croyait chez lui, en sécurité, avec ses parents encore à ses côtés. Une nouvelle fois, un bruit sourd se fit entendre, plus fort cette fois, plus près de Tridd encore. Une sensation bizarre et désagréable se fit également sentir. Cette fois-ci, Tridd allait être parfaitement réveillé d'ici quelques instant.

La première chose que Tridd vit, c'est qu'il faisait encore noir dehors. La deuxième chose dont il se rendit compte, c'est que la sensation désagréable qu'il avait senti dans son rêve, c'était des morsures, des morsures de rats ! A présent parfaitement réveillé, la douleur s'éveilla en lui, malgré sa peau d'orc plus épaisse que celle des humains, les morsures de rats le transperçait. Il cria, non pas parce que la douleur était trop forte, mais à cause de la surprise. Il devait y en avoir une dizaine, et étaient particulièrement énervés, comme si quelque chose ou quelqu'un les avait excité juste avant. Il se leva d'un bond, avec autant de grâce qu'il pouvait avoir tout en ayant autant de rats sur lui. La plupart des rongeurs tombèrent lorsqu'il se leva et disparurent immédiatement dans un recoin de la pièce, mais certains mordaient plus fort et s'accrochaient à la peau de l'orc. Avec une plus grande douleur encore, Tridd arracha les quelques bestioles encore agrippés à lui et les balança avec rage contre un mur. Ils s'enfuirent tous dès qu'ils retombèrent sauf un qui avait du mal atterrir et qui agonisait au pied du mur. Tridd s'approcha lentement de lui et l'écrasa sous son pied. Il sentit les os craquer et le sang couler sous son pied. Petite réjouissance que de pouvoir exercer sa vengeance sur l'un de son espèce …

Tridd reprit peu à peu conscience de l'endroit où il était. Le retour à la réalité fut assez rude. Alors que son rêve était si agréable, cet endroit était lugubre, à la limite de l'insalubre. Des souvenirs de la soirée de la veille revenait peu à peu dans la mémoire de l'orc, des mauvais souvenirs qui le firent grimacé. Il se demandait si tout ça était réel et ce qu'il avait bien pu faire hier pour se retrouver là. Enfin, quand à peu près tous ses souvenirs étaient revenu, il fit un tour sur lui même, la cherchant du regard. Et il la vit, elle était bien réelle. Cette femme qu'il avait rencontré hier, qui l'avait forcé à faire ce choix et qui l'avait entraîné ici. Elle était bien là, et à y regarder de plus près, elle riait … Oui, elle riait de le voir se ridiculiser, ou bien, elle rigolait de la cruauté dont Tridd avait fait preuve envers la bestiole survivante. Tridd ne s'en souciait guère, il voyait juste ce rire comme une provocation. Il n'était pas vraiment du matin, surtout après une telle nuit. Il n'avait dormi que quelques heures d'après ces approximations et elle l'avait réveillé en plein milieu d'un rêve tellement agréable. C'était suffisant pour lui pour justifier une agression verbale.

« Ca t'amuse hein ? Me voir me débattre contre ces bestioles. Je suppose que de toute façon, ces rats ne sont pas arrivés seuls ici ? Tu n'y serais pas pour quelque chose par hasard ? »

Questions purement rhétoriques, Tridd le savait, elle n'y répondrait pas. Elle ne s'était pas montrée très bavarde depuis leur rencontre et n'avait jamais répondu aux questions que lui posait Tridd, pourquoi ça changerait … D'ailleurs, Tridd se détourna d'elle sans même attendre de voir si elle répondait. Il était temps pour lui de lui montrer qu'il n'avait pas toujours besoin d'elle, et qu'il n'avait pas besoin de ses directives et qu'il pouvait penser et agir par lui même. N'ayant pas dormi à l'auberge, Tridd ne pouvait pas se changer, il se sentait un peu sale après avoir dormi dans la paille et surtout, il voulait nettoyer un peu les blessures qu'il avait reçu ce matin grâce au réveil en douceur de son compagnon d'aventure. Il la contourna donc et sortit, à la recherche d'un point d'eau. Heureusement dans une ancienne étable, il n'eut pas de mal à trouver un abreuvoir encore rempli. Il s'en servit pour nettoyer du mieux qu'il put les morsures et se rafraîchir un peu. En examinant d'un peu plus près son torse, il se rendit compte qu'une des blessures était infecté et que la rincer à l'eau ne suffirait pas. Il n'avait alors pas le choix. Il se concentra, fit le vide dans sa tête et imposa ses mains sur la blessure. Il repensa à sa mère et aux leçons qu'elle lui avait données. Après quelques secondes, une lueur blanche émana de ses mains et une douce chaleur se répandit en lui. Celle lumière s'arrêta quelques secondes plus tard. Tridd réexamina son torse et constata que toutes les blessures s'étaient refermées et que la plupart avait totalement disparues, laissant juste quelques marques rouges ça et là. Il se retourna et vit que la femme était juste derrière lui et l'observait. Il ne savait pas si elle avait vu ou pas sa magie. Il ne préféra pas lui demander, il ne savait pas quelle était son point de vue concernant la question de la magie. Il lui reposa la question qu'il lui avait posé hier soir.

« Quelle est la suite des opérations ? »
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Sam 3 Déc 2011 - 17:17

Les résultats dépassent de loin toutes mes espérances… L’orc se lève et s’agite et se débat contre la vermine dans une attitude tout à fait intéressante. Le sourire à mes lèvres se transforme en franc rire lorsque pris d’un instant de folie, il envoie avec violence ses désormais victimes sur le mur, laissant résonner dans les lieux des couinements de douleur et des craquements fort délectables… amplifiés encore par sa façon d’achever une créature déjà blessée. Je demeure en retrait, attendant patiemment qu’il me resitue, espérant croiser de la haine enfin dans son regard jusqu’alors si calme malgré mes crasses successives… espoir largement récompensé par la réalité.

Une mine furieuse me toise, un état furibond me fait face, et je ne peux empêcher mon hilarité de prendre le dessus tant la satisfaction de le voir dans cette situation me réjouit, hilarité qui atteint son comble lorsqu’il se décide à une remarque haineuse.

« Ca t'amuse hein ? Me voir me débattre contre ces bestioles. Je suppose que de toute façon, ces rats ne sont pas arrivés seuls ici ? Tu n'y serais pas pour quelque chose par hasard ? »

Le passage au tutoiement indique son état d’esprit assassin, et je me délecte de ces mots. Il a enfin craqué, il m’a laissé entrevoir la barrière de sa constance se fendre sous l’assaut répété de mes provocations. Désormais, je ne le lâcherai plus à ce sujet. Il sera tout bonnement exécrable lorsque j’en aurai fini avec lui, peut être enfin se débrouillera-t-il mieux… Je n’ai pas le temps de lui affirmer ma culpabilité qu’il a déjà, bille en tête, quitté les lieux sans un regard pour ma personne. Avec un soupir amusé, je jette un coup d’œil à notre couche pour voir s’il n’a rien oublié avant de lui emboiter le pas, intriguée tout de même.

Il nous conduit à une vieille étable dans laquelle il trouve de l’eau. Je lui aurais volontiers proposé les baumes que je transporte toujours dans ma besace, mais il ne m’écouterait pas je le crois en cet instant… Autant le laisser n’en faire qu’à sa tête, je suis peut être tortionnaire, mais non pas tyrannique. Quelle n’est pas ma surprise lorsque je le vois se retourner parfaitement guéri de toutes les blessures que j’ai pu apercevoir précédemment. J’hausse un sourcil surpris, intriguée par cet état de fait, prêtant à peine attention à sa question.

« Quelle est la suite des opérations ? »

Je la repousse d’un haussement d’épaule désabusé dans un premier temps, m’approchant de lui, les yeux plissés, cherchant trace de ses plaies. Mon visage à quelques centimètres du sien, je le scrute plusieurs secondes, cherchant à le mettre mal à l’aise, jette un dernier regard à son torse, avant de passer dans son dos. Régénération ou magie blanche, c’est une aptitude en tout cas excellente qui pourrait nous ouvrir d’intéressantes possibilités…

« Alors comme ça tu m’as fait des cachotteries petit orc ? Voilà qui est passionnant… Tu me permets d’essayer ? »

Avant de lui laisser le temps de répondre, ma Neigeuse est dégainée et court dans son cou sur quelques centimètres pour une blessure légère mais piquante. Je la range immédiatement, réagissant dans une pulsion en laissant ma langue caresser la plaie un instant, sentant l’orc se figer complètement. Un rire cristallin m’échappe, tandis que j’observe la plaie toujours parfaitement sanguinolente.

« Bon pas de régénération. Des soins ? Ca pourra toujours être utile. Bonne recrue petit orc. »

Je tapote son épaule avec satisfaction avant de me diriger vers la sortie d’un pas chaloupé. La journée promet d’être encore longue, et si nous voulons trouver la trace de celui qui nous intéresse dès maintenant, il ne faut pas tarder. Je réfléchis un instant à l’endroit où nous nous trouvons, cherchant dans la ruelle un point de repère. A quelques venelles de là, se trouve un repaire d’Ambre dans lequel nous pourrons trouver les éléments nécessaires à la poursuite de notre aventure.

Un regard vers l’arrière pour voir où en est le peau verte, je remonte la rue à grands pas. Dans l’aube naissante, les gens sont encore rares, et le bruit de mes pas sur le pavé résonne avec une agréable certitude que nul ne pourrait me surprendre en ces instants. J’entends le mâle derrière moi, ignorant ce qui peut bien se passer dans sa tête et m’en moquant bien au fond. Mes motivations demeurent troubles en l’état… Un peu de pitié ? Assurément, c’est par pitié que je l’ai emmené avec moi. Un pauvre hère trainant dans cette ville comme tant d’autres… Alors pourquoi celui-là spécifiquement ? Je l’ignore, le hasard probablement, le fait aussi que j’avais besoin de passer des nerfs qui couraient bien trop à fleur de peau à ce moment là. La solitude… Longue solitude que je réprouve… Besoin d’un compagnon, même s’il me déteste, puisque c’est là le seul schéma dans lequel je sais m’inscrire si l’on oublie la passion… Passion qui n’aurait certainement pas convenu en l’espèce.

Mes pas m’ont conduit devant la grande bâtisse blanche que je recherchais. Nous sommes en périphérie des beaux quartiers, dans un lieu calme. L’orc m’a suivie sans dire un mot, et je me demande s’il rumine toujours ce qu’il a du considérer comme une agression physique. Peu importe au fond, rien n’est envisageable de plus de toute façon. Mes doigts toquent un code établi sur le battant de bois sombre qui réveille instantanément le domaine. En quelques secondes, la porte s’ouvre, laissant apparaître un petit bonhomme couvert de fourrure aux oreilles et aux pupilles étonnamment félines. En me voyant apparaître, sa mâchoire se décroche.

« Maitres… Maitresse Melpomène ! Qu’est-ce que… ? »

Je pousse la porte avant qu’il n’ait le temps de finir sa phrase, attrape l’orc par le bras et le force à entrer, claquant le battant sans ménagement.

« Nous n’avons pas le temps Meeka. Je t’en prie, accorde-moi cinq minutes, et je disparais d’ici. A ce moment là, tu avertiras Ambre, tu n’auras qu’à prétendre que je t’ai violenté pour que tu te taises. »

La créature couche ses oreilles en signe de gêne mais se tait, consciente qu’elle n’aura pas le dessus de toute façon. Je pourrais en quelques secondes la réduire au silence, et elle ne le souhaite pas, pas plus que moi. Elle nous a toujours servi fidèlement, nul n’est besoin qu’elle pâtisse de mes propres… Problèmes.

J’ouvre un placard, jauge le peau verte du regard, et sort une tenue impeccable de gentleman. Je la lui fourre dans les bras en lui intimant de s’habiller avant d’ouvrir un autre rangement pour trouver une belle robe rouge à l’allure impériale. En un instant, j’ai décroché mon fourreau, et commencé à défaire les lanières de ma tenue de cuir qui s’effondre au sol avant d’enfiler le vêtement pourpre.

« Meeka, viens m’aider ! »

Nous n’avons pas de temps à perdre ici.
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Sam 3 Déc 2011 - 22:09

HRP:
 



Malheureusement, elle ne répondit pas à la question, elle se contenta de hausser les épaules, apparemment intrigué par autre chose. Comme Tridd le craignait, son tour de magie avait attiré l'attention. Il aurait du y penser plus tôt, l'absence de blessures sur son torse ne lui échapperait pas. Elle se rapprocha de lui, très près, trop près même à son goût. Son visage à quelques centimètres du sien, Tridd pouvait sentir son souffle mais aussi son regard qui le scrutait. Si elle cherchait à le mettre mal à l'aise, elle remplissait parfaitement cet objectif. Tridd ne savait plus quoi faire ni comment réagir. Il était comme paralysé pendant qu'elle continuait à regarder successivement son torse complètement guéri et ses yeux, cherchant à le déstabiliser. Après un dernier regard à son torse, elle passe dans son dos.

« Alors comme ça tu m’as fait des cachotteries petit orc ? Voilà qui est passionnant… Tu me permets d’essayer ? »

Tridd n'aimait pas le ton de cette question, il avait comme qui dirait un mauvais pressentiment. Et effectivement, à peine quelques secondes plus tard, il sentit une lame courir sur son cou. Il sentit une légère douleur. Elle l'avait coupé sur à peine quelques centimètres, blessure qui n'aurait aucun mal à cicatriser avec le temps ou qu'il pourrait guérir assez aisément. Mais il devait à présent faire attention, il ne savait toujours pas ce qu'elle pensait de la magie, et ne savait pas ce qu'elle allait faire dans les prochaines minutes. Elle pourrait très bien voir ce talent d'un mauvais œil tout comme elle pourrait décider de le rendre utile en temps voulu. Tridd se figea soudainement, d'un coup. La femme, toujours dans son dos, venait de caresser la plaie avec sa langue. Le sang de Tridd se glaça. Ce geste le répugna, il ne le comprenait pas du tout. Elle ria et cela eut pour effet de renforcer le dégoût de Tridd. Cette femme était vraiment étrange, il commençait à se poser des questions sur sa santé mentale et se demandait s'il était sage pour lui de rester avec elle. Mais de toute façon, comme il était là, autant qu'il y reste, il devait finir ce travail pour lequel il avait déjà tué un innocent et passé une nuit dans une vieille étable. Il pourrait de toute façon partir si ça dégénère plus tard.

« Bon pas de régénération. Des soins ? Ca pourra toujours être utile. Bonne recrue petit orc. »

Elle avait évidemment vu juste. Si la blessure ne s'était pas refermé seule, c'est que c'est lui qui contrôlait ce pouvoir. Même si d'autres méthodes de guérison existaient, les sorts de soin et la régénération en étaient les deux principales formes. Et Tridd avait la chance de maîtrisait les bases d'une des deux. Apparemment, la femme trouva cela utile et ne condamnait pas ce genre de pratique. Tridd s'en trouva soulagé, il n'allait pas mourir, pas tout de suite en tout cas et pas de ses mains. Elle lui tapota l'épaule et se dirigea vers la sortie. Tridd était toujours figé, encore mal à l'aise de son face à face avec la femme et encore sous le choc de son geste. Il se reprit bien vite lorsqu'il se rendit compte qu'elle avait quitté la pièce. Il remit rapidement sa chemise qu'il avait quitté pour guérir ses blessures et se demanda s'il devait guérir la blessure qu'il avait dans le coup également. De toute façon, maintenant qu'elle était au courant de son pouvoir, il pouvait très l'utiliser sans réelle crainte. Il se permit donc de prendre quelques secondes supplémentaires pour refermer cette plaie et effacer la cicatrice. La blessure étant très légère, cela ne lui prit que quelques secondes et ne lui coûta quasiment aucun effort. Il put donc rejoindre rapidement la femme qui était encore dans la ruelle, devant l'ancienne étable.

Même pas le temps de souffler ou de lui adresser la parole, elle était déjà repartie. Sachant apparemment où elle allait, Tridd la suivit. Après tout, elle devait connaître la ville mieux que lui, il n'y étais que depuis quelques semaines et elle … Tridd ne savait pas du tout depuis combien de temps elle pouvait bien y être. En réalité, il ne savait rien d'elle, à peine une initiale, M. Cela faisait très peu mais il se rassurait en se disant qu'elle non plus elle ne savait rien sur lui. Malgré cela, elle avait constamment l'avantage sur lui, psychologiquement, mentalement et cela troublait Tridd. Elle avait l'air jeune, enfin, relativement jeune pour l'espèce humaine mais d'un autre côté, elle semblait aussi avoir vécu beaucoup de choses dans sa vie. Quelle était sa véritable nature, Tridd n'en avait aucune idée, il se contentait pour l'instant de la suivre, aveuglément. Si elle lui avait voulu du mal, elle l'aurait déjà fait, depuis longtemps. Tridd avait l'impression que ça faisait déjà des jours et des jours qu'ils avaient quitté l'auberge mais cela ne faisait qu'une dizaine d'heures. Ils remontèrent une rue. Elle marchait à grandes enjambées, et il devait presque courir pour pouvoir la suivre. Elle faisait claquer ses talons sur le sol, comme si la rue lui appartenait et qu'elle mettait au défi quiconque de la surprendre et de l'attaquer dans le dos. Tridd la suivant quelques pas derrière elle, il pouvait bien voir que les rares personnes dehors à cette heure-ci ne prêtaient aucune attention à ce drôle de couple qu'ils formaient. Il était encore trop tôt pour qu'il y ait de l'agitation dans la rue.

Elle s'arrêta enfin devant un grand bâtiment blanc, celui qu'elle cherchait de toute évidence. Elle s'approcha de la porte et ne la défonça pas cette fois-ci. Ils devaient être devant la maison de quelqu'un qu'elle connaissait, elle ne ferait sinon pas tant de manières. Cette hypothèse fut renforcée par la manière étrange qu'elle eut de frapper à la porte, comme un code secret permettant de s'identifier. Malgré l'heure bien matinale, la porte s'ouvrit à peine quelques secondes plus tard.

« Maîtres… Maîtresse Melpomène ! Qu’est-ce que… ? »

Tridd ne vit pas tout de suite qui avait prononcé cette phrase et n'en eut pas le temps. La femme le prit Tridd par le bras, le fit entrer de force et claqua la porte derrière lui.

« Nous n’avons pas le temps Meeka. Je t’en prie, accorde-moi cinq minutes, et je disparais d’ici. A ce moment là, tu avertiras Ambre, tu n’auras qu’à prétendre que je t’ai violenté pour que tu te taises. »

*Melpomène ? Meeka ? Ambre ? Qu'est ce que tout cela signifie ?* Il aperçut enfin le fameux serviteur qui leur avait ouvert la porte. Un petit bonhomme qui eut l'air déconfit dès qu'ils rentrèrent dans la pièce mais ce qui choqua le plus Tridd, c'était la touffe de poil qu'il avait aux oreilles et la pupille de ses yeux, plus fines que celle des autres personnes que l'orc avait croisé dans sa vie. Ce personnage n'était certainement pas humain, il tenait plus du félin que de l'homme. La femme l'avait appelé Meeka, ce qui devait certainement être son nom. D'ailleurs, celui ci avait appelé la femme Melpomène, ce qui correspondait bien à l'initiale M qu'il avait trouvé hier soir avant d'aller se coucher. Si seulement c'était la seule chose bizarre que Tridd avait appris. Apparemment, elle connaissait ce lieu, elle connaissait ce personnage, elle savait parfaitement où elle était et ce qu'elle faisait là ce qui n'était pas le cas de l'orc. Mais Tridd comprit qu'elle ne devrait pas être là, un certain Ambre était à sa recherche. Peu importe qui il était ou ce que c'était, cette entité avait assez de pouvoir pour effrayer un peu la femme qui n'avait alors montré aucun signe de faiblesse. Cela fit peur à Tridd, il se trouvait peut être en danger en restant à ses côtés. Elle se dirigea vers un des placards qu'elle ouvrit sans aucune hésitation. Elle lança un regard à l'orc puis sortit des vêtements qu'elle mit dans les bras de l'orc en lui demandant de les enfiler. En les examinant de plus près, il se rendit compte que c'était des vêtements assez classes de gentleman. *Que dois-je faire de ça ? Pourquoi devrais-je mettre ces vêtements ?* D'après ses dires, ils n'avaient que très peu de temps avant qu'ils soient embêtés par cet Ambre, il ne posa donc pas ces questions à voix haute et décida de lui obéir aveuglément, encore une fois … Alors qu'il allait demandé où il pouvait se changer, il la vit prendre une robe rouge très classe aussi. Elle décrocha son fourreau et commença à délacer sa tenue de cuir. Tridd voulut détourner le regard mais il ne fut pas assez rapide et le vêtement qu'elle portait sur le dos tomba au sol. Sans le vouloir, il la fixa et ne put s'empêcher de remarquer son tatouage sur la hanche droite, un tatouage en forme de château. Celui-ci rajouta au mystère qu'était cette femme. Que pouvait donc signifier ce tatouage ? Encore une fois, Tridd n'en savait pas grand chose.

« Meeka, viens m’aider ! »

Le son de sa voix le fit redescendre sur terre. Il se tourna et commença lui même à enlever sa chemise. Après tout, elle l'avait déjà vu torse nu et cela ne l'avait pas choqué et le dénommé Meeka était trop affairé à aider la femme pour le remarquer. Il enfila les vêtements qu'elle lui avait tendu. Il n'avait jamais été vêtu avec des habits aussi raffinés et il se demandait de quoi il avait l'air dedans. Lorsqu'il se retourna, elle avait aussi enfiler sa robe. Malgré les critères orcs qui étaient très différents de ceux des humains en matière de femme, et peut être à cause du fait qu'il avait passé toute sa vie auprès d'hommes et non d'orcs, il ne put s'empêcher de penser qu'elle était magnifique dans cette robe rouge élégante. Il aurait voulu lui faire une remarque gentille mais il pensa que cela aurait été très déplacé dans ce contexte et préféra donc se taire sur ce sujet là.

« Melpomène ? C'est votre nom c'est ça ? Je m'appelle Tridd. Enchanté de connaître enfin quelque chose de vous. Bon, c'est bien beau d'avoir enfiler ces beaux vêtements mais pourquoi ? Quel est le plan ? J'imagine que nous ne retournerons pas dans les quartiers pauvres avec ces vêtements, j'en conclue que vous connaissez un peu notre victime ou au moins le quartier dans lequel le rechercher. Mais dites-moi, pourquoi sommes-nous si pressés ? Qu'est ce que c'est que cet Ambre qui semble vous effrayer ? Et puis, qui est ce Meeka ? Il n'a pas l'air humain mais vous semblez bien le connaître … »

Tridd se tut, pour reprendre son souffle et permettre à la femme de répondre, même si elle n'avait pour l'instant pas répondu à énormément de ses questions, il avait l'espoir qu'elle lui explique au moins la suite du plan. S'il devait l'accompagner, il aimerait bien connaître les détails de la future mission qu'ils les attendaient, quitte à passer pour un impatient. Les questions la concernant elle et son passé était moins importante, même s'il apprécierait de savoir quelle menace pesait sur elle et sur lui tant qu'il restait à ses côtés.
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Dim 4 Déc 2011 - 21:13

Meeka s’agite avec précision, laçant le corsage dans mon dos d’une main experte tandis que je me charge de changer ma Neigeuse de place pour lui trouver un endroit plus accessible que ma cuisse avec cette longue robe. Pendant ce temps, je relève mes cheveux, les disciplinant dans une élégante coiffure avant de récupérer une gemme pourpre accrochée à une élégante chainette d’argent que j’accroche sur ma nuque. Diverses parures suivent avec application, et mes avant bras deviennent soudain le spectacle d’élégants reflets.

C’est ce moment de préparation que choisit l’orc pour repartir dans ses babillages inutiles.

« Melpomène ? C'est votre nom c'est ça ? Je m'appelle Tridd. Enchanté de connaître enfin quelque chose de vous. Bon, c'est bien beau d'avoir enfiler ces beaux vêtements mais pourquoi ? Quel est le plan ? J'imagine que nous ne retournerons pas dans les quartiers pauvres avec ces vêtements, j'en conclue que vous connaissez un peu notre victime ou au moins le quartier dans lequel le rechercher. Mais dites-moi, pourquoi sommes-nous si pressés ? Qu'est ce que c'est que cet Ambre qui semble vous effrayer ? Et puis, qui est ce Meeka ? Il n'a pas l'air humain mais vous semblez bien le connaître … »

J’écoute le début d’une oreille distraite, ne comptant pas plus lui répondre que d’habitude, mais me fige lorsque le mot Ambre franchit la barrière de ses lèvres. Il poursuit sans se rendre compte du regard glacial que je lui envoie. Sa voix s’éteignant, je me rapproche immédiatement, l’attrape par le col d’une poigne de fer et plante mes yeux translucides dans les siens, animée d’une froide colère. Il n’a nul droit de chercher à comprendre ! Il n’a nul droit de me rappeler mon exil ! Tout ceci est une perte de temps pour lui, comment pourrait-il seulement envisager ce qu’il se passe ? Ridicule.

La voix qui m’échappe refroidirait une pierre tant ma haine perce.

« Tu n’es pas là pour essayer de comprendre, tu es là pour obéir, est-ce bien clair ? Crois-moi, tu n’as aucune envie de savoir ce qu’est Ambre, tu pourrais en mourir. Pour le reste, peu importe, ne crois-tu pas ? »

Pure rhétorique. Qu’il m’affirme le contraire, et le sang coulerait, je pense qu’il est conscient de cet état de fait. Sans le lâcher hors de l’emprise de mon regard, je récupère mon Ebène abandonnée au sol, passe la ceinture autour de sa taille et l’attache d’un geste habitué, laissant son fourreau pendre le long de sa jambe. Reculant d’un pas, j’observe l’ensemble, presque satisfaite, avant de reprendre un pli sur sa chemise, l’ajustant afin qu’il soit impeccable. Un dernier regard sur sa tenue générale, je fais demi-tour et gagne la porte, invitant l’orc à me suivre.

« Nous partons Meeka. Dis à Ambre que je suis passée. Dis-lui que je ne me reproche rien. Prends soin de toi. »

Le félin s’incline en une révérence de circonstance tandis que je sors pour de bon. Le peau verte à mes côtés, nous remontons la rue rapidement afin de s’éloigner de l’endroit tout de même. Mon cœur accélère dans ma poitrine à l’idée du défi que je viens de lancer ostensiblement, mais bientôt, lorsque nous aurons supprimé la cible, les choses n’en seront que pire. Nouvel acte de rébellion qu’Ambre me fera payer chèrement, mais l’honneur est maitre de toutes les vertus, et ils ne pourront m’accuser de ne pas y faire face la tête haute. Un jour il me faudra régler cette histoire, mais point n’est la question pour le moment.

Tandis que nous avançons en direction du centre des hauts quartiers, je me dirige à rompre le silence installé. Les ordres tombent, sans appel.

« Fais le fier tant que tu veux avec l’épée dont je t’ai ceint, mais ne la dégaine sous aucun prétexte, me suis-je bien faite comprendre ? Elle n’est là que pour mes propres besoins, mais ne serait guère seyante avec ma tenue, et renforce l’image de garde du corps que tu es censé renvoyer. Je t’appellerai Tridd, tu m’appelleras Madame, et me vouera un respect infini que si tu n’éprouves pas, tu feras au moins semblant de manifester. Je suis une dame de haute lignée, tu es l’orc élevé depuis toujours pour me servir, et à défaut d’être très malin, tu as le mérite de la loyauté. Nous cherchons quelqu’un de bien particulier dont la description nous a été donnée à défaut du nom, et nous le trouverons dans une des auberges de cette place. »

Nos pas nous ont conduits sur une place parcourue d’arcades que plusieurs tavernes ornent. Je me place en son centre, jetant un regard amusé à mon compagnon de route.

« Je te laisse faire. Ouvre moi dignement la route vers celle de ton choix, ce n’est pas un travail qui sied à une dame de ma qualité. »

Mon menton se rehausse de quelques centimètres en signe hautain de dédain. Ma bonne humeur est toute entière rétablie par l’idée de le voir se fondre dans un rôle que je lui ai imposé de telle sorte. C’est sa chance.
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Lun 5 Déc 2011 - 19:28

Non seulement elle n'avait pas répondu à ses questions encore une fois mais son expression avait changé en plein milieu de son monologue. Son regard se fit plus froid, glacial même. Même Tridd, qui n'était pas très doué d'habitude pour deviner et prévoir les sentiments et réactions des autres, put sentir la colère monter en elle. Le pire, c'est qu'il ne savait même pas ce qui avait déclenché cette fureur, il ne savait pas pourquoi elle était si énervée d'un coup. Elle prit la parole d'une voix si froide et si haineuse que Tridd prit peur immédiatement.

« Tu n’es pas là pour essayer de comprendre, tu es là pour obéir, est-ce bien clair ? Crois-moi, tu n’as aucune envie de savoir ce qu’est Ambre, tu pourrais en mourir. Pour le reste, peu importe, ne crois-tu pas ? »

Tridd avait envie de répliquer, de lui répondre qu'il lui fallait connaître un peu la cible s'il voulait être efficace et qu'il lui fallait aussi connaître sa partenaire vu qu'il allait s'engager dans une mission dangereuse. Qui plus est, ces déguisements voulaient dire qu'ils allaient devoir jouer aux nobles ou en tout cas, aux gens de bonnes conditions. S'il ne la connaissait pas bien, il aurait du mal à bien jouer son rôle. Mais bon, Tridd sentait que le moment n'était pas venu de protester, quelque chose dans son regard le lui interdisait. La perspective de mourir n'effrayait pas Tridd tant que ça, mais le fait que ce soit juste à cause d'une information qu'elle lui donnerait, ça le refroidissait un peu quand même. Il n'aimait pas trop le ton qu'elle employait mais il faisait et ferait avec. Pendant qu'il avait lancé sa salve de questions, elle s'était ornée de bijoux et colliers mais n'avait pas repris son épée. En même temps, une épée à la garde d'une femme si élégante aurait fait tâche, Tridd le savait et elle devait penser la même chose. Elle prit alors le fourreau et l'accrocha d'une main experte à la taille de Tridd qui n'était pas du tout habitué à porter ce genre d'arme. Il se sentait plus à l'aise avec un arc dans le dos plutôt qu'avec une lame à la taille. Là encore, il ferait avec, il ne pouvait pas exiger qu'on retourne à l'auberge pour récupérer son arme fétiche et il ne pouvait pas non plus refuser l'arme qu'elle lui accrochait à la ceinture sans lui avouer son inaptitude très prononcée dans le combat rapproché. Heureusement, s'il y avait tout de même des échauffourées, il avait sa petite dague qu'il avait pensé à aiguiser il n'y a pas longtemps. Il se sentirait plus à l'aise avec sa dague habituelle plutôt qu'avec cette épée qu'il trouvait trop encombrante à son goût. Elle se recula d'un pas et l'observa, reprit un pli de sa chemise, fit un demi tour et se dirigea vers la porte en l'invitant à la suivre.

« Nous partons Meeka. Dis à Ambre que je suis passée. Dis-lui que je ne me reproche rien. Prends soin de toi. »

Tridd ne comprit rien à ce qu'elle avait dit, encore une fois, mais il ne se risqua pas à l'interroger, d'autant plus qu'elle sortit rapidement du bâtiment et que Tridd dut la suivre. Le serviteur à l'air félin Meeka fit une dernière référence et ferma rapidement la porte derrière eux. Ils commencèrent alors à remonter la rue et à s'éloigner de la bâtisse blanche, hâtivement, comme s'ils fuyaient ce lieu. Peut être était-ce vraiment le cas … Alors qu'ils arrivèrent dans les quartiers riches, elle se décida à prendre la parole pour donner ses ordres. Tridd allait enfin savoir ce qu'elle attendait de lui et ce qu'il faisait ici, déguiser ainsi.

« Fais le fier tant que tu veux avec l’épée dont je t’ai ceint, mais ne la dégaine sous aucun prétexte, me suis-je bien faite comprendre ? Elle n’est là que pour mes propres besoins, mais ne serait guère seyante avec ma tenue, et renforce l’image de garde du corps que tu es censé renvoyer. Je t’appellerai Tridd, tu m’appelleras Madame, et me vouera un respect infini que si tu n’éprouves pas, tu feras au moins semblant de manifester. Je suis une dame de haute lignée, tu es l’orc élevé depuis toujours pour me servir, et à défaut d’être très malin, tu as le mérite de la loyauté. Nous cherchons quelqu’un de bien particulier dont la description nous a été donnée à défaut du nom, et nous le trouverons dans une des auberges de cette place. »

*Première nouvelle, j'ai une épée mais je n'ai pas le droit de m'en servir. Ça ne me dérange pas plus que ça vu que je ne saurai pas me battre avec mais en cas de réel danger pour moi, je n'hésiterai pas à la dégainer, juste pour essayer de faire peur aux assaillants. Cette épée a vraiment l'air impressionnante et si elle ne s'en sert pas au moment de combattre, moi je l'utiliserai. En plus, ma dague est presque inaccessible avec ce costume. Si je n'arrive pas à la sortir, je devrais faire avec cette épée. Deuxième nouvelle, je suis censé être son garde du corps, un orc idiot mais loyal au service d'une dame de haute lignée. Et moi qui pensait qu'on allait jouer aux nobles tous les deux, je me retrouve à nouveau dans le rôle du larbin alors qu'elle prend le beau rôle. En tout cas, elle ne va pas être déçue de la performance, je suis pas du tout un garde du corps, j'ai passé ma vie seule sans avoir à me préoccuper de la vie d'autrui. Comment pourrai-je bien jouer ce rôle alors ? Elle ne va pas être déçue du voyage … Dernière nouvelle, je n'ai toujours aucune information sur la cible, elle fait exprès de garder sa description pour elle ou bien elle me juge vraiment trop bête pour que je puisse le reconnaître dans une des auberges ? *

« Je te laisse faire. Ouvre moi dignement la route vers celle de ton choix, ce n’est pas un travail qui sied à une dame de ma qualité. »

*Tiens, la voilà qui me fait assez confiance pour ouvrir la route maintenant. Non, en fait, elle veut juste jouer son rôle jusqu'au bout. Cet argument tiendrait la route si les rues n'étaient pas aussi vides. Elle veut juste me tester encore une fois, voir comment je réagis lorsque je dois prendre les décisions. Malheureusement pour nous, je ne connais pas la ville, et encore moins ces quartiers de riches, je ne suis là que depuis quelques semaines et je crèche dans une auberge des bas-fonds de la ville. Non vraiment, elle a peut être fait une erreur là, mais je ne vais pas lui montrer, elle en serait trop contente, je vais faire de mon mieux pour la mener comme il faut vers la cible. Bon, une auberge au hasard ... Vu que je n'ai aucun moyen de connaître l'auberge et de reconnaître la cible, je n'ai que ça à faire ... *

« Bien … Madame. »

Il joignit le geste à la parole en mimant une petite révérence, signe de soumission feinte.
Tridd fit un tour sur lui-même. La place était immense et le nombre d'auberge impressionnant. Il n'était vraiment pas habitué à ce genre de lieu et était un peu perdu, surtout qu'elle comptait sur lui et qu'elle le testait. Après un deuxième tour sur lui-même, il se décida. Il choisit une auberge, complètement au hasard ou presque. Pas la plus éloignée parce qu'il se sentait vraiment trop mal à l'aise dans ce rôle pour pouvoir parcourir une si longue distance mais pas la plus proche non plus pour ne pas lui faire croire qu'il l'avait choisi par soucis de se ménager. Il n'avait pas non plus choisi la plus grande, si la cible voulait se cacher, elle préférerait certainement une petite auberge, à moins que la cible ne soit une grande figure du quartier et qu'il n'ait pas besoin de se cacher mais comme il n'avait aucune information, il devait faire des suppositions. Il se dirigea donc vers cette auberge choisie au hasard. Au bout de quelques pas, il se rappela du rôle qu'il avait à jouer, celui de garde du corps. Il se redressa pour se grandir un peu, il arrêta de marcher à pas discret et essaya de prendre un air suffisant et sûr de lui et enfin, il posa la main sur la garde de l'épée. Même si elle lui avait interdit de la dégainer, il devait quand même faire croire que cette épée lui appartenait et qu'il savait s'en servir s'il voulait être un bon garde du corps en apparence. Il ne savait pas de quoi il avait l'air mais il sentait qu'il avait l'air ridicule. Il se retourna pour voir si elle le suivait. Et effectivement, elle le suivait, un sourire moqueur aux lèvres et l'air hautain qui sied à une dame de sa prétendue importance. Elle jouait son rôle à la perfection. Tridd faisait semblant de surveiller à droite et à gauche tout en veillant à la sécurité de la dame qu'il escortait. Il était encore tôt dans la matinée et les seuls personnes dehors à cette heure-ci était des commerçants qui commençaient à mettre des articles en vitrine et dans les étals à l'extérieur. Il y a avait aussi quelques clients, insomniaques ou lève-tôt et quelques ivrognes, venus s'égarer ici après une nuit de beuverie dans une des auberges des bas quartiers. Ils seraient évacués par la garde dans pas longtemps, il ne faudrait pas que ces gens nuisent à la bonne réputation de ce quartier. En tout cas, la place était immense et assez vide. S'il était là en tant qu'observateur externe, Tridd aurait sûrement trouvé que les gens les plus louches de ce quartier étaient ce couple qu'ils formaient, la dame de la haute société bien habillée et le serviteur orc à l'air protecteur mais élégant quand même. Mais de toute façon, il n'était pas là en tant qu'observateur, mais en tant qu'acteur cette fois. Ils arrivèrent enfin devant l'auberge choisie. Le chemin lui avait paru plus long qu'il ne l'avait prévu, sans doute à cause de ce rythme exagérément lent qu'il devait adopter pour s'adapter à la vitesse de marche de Madame qui, prenant son rôle de noble très au sérieux, ne se pressait pas du tout.

Tridd ouvrit la porte de l'auberge, la retint pour lui permettre d'entrer et s'inclina dans une nouvelle petite révérence à son passage. Elle ne le remercia même pas, ne le regarda même pas. Elle se contenta de conserver son air hautain. Il entra directement à sa suite et put enfin voir l'intérieur de l'auberge. Elle était … chic, très belle mais aussi très vide. Le sol était recouvert d'une moquette rouge très classe qui changeait agréablement du bois pourri auquel il était habitué dans les auberges qu'il fréquentait habituellement. Les murs étaient tapissés d’œuvres d'art qui devaient sûrement être la dernière mode dans ce quartier. Du feu ronflait dans de jolies cheminées bien décorées accolées aux murs de l'auberge. Le tout renvoyait une image de luxe et de bien-être absolu. Par contre, il n'y avait pas énormément de monde. Il n'y avait que quelques personnes accoudés au bar qui servait principalement des boissons chaudes et des petits déjeuners et il y avait encore moins de monde aux tables. Il était encore trop tôt pour le petit déjeuner, et surtout, les gens de ce quartier avaient pour la plupart des tas de serviteurs qui leur servaient tout ce qu'ils voulaient. En bon garde du corps, Tridd prit le temps de regarder la tête des clients mais aucun ne lui parut réellement suspect. Tridd remarqua un escalier qui montait au premier étage de l'auberge. Il voulait monter voir mais il ne savait même pas ce qu'il cherchait et devait de toute façon attendre qu'elle fasse un mouvement pour pouvoir lui-même bouger. Il se contenta de lui glisser un mot à l'oreille.

« Si la cible n'est pas là, il y a un premier étage à vérifier. Mais je ne pense pas que nous le trouverons ici, l'endroit est trop bien fréquenté pour quelqu'un de recherché. »

Cette remarque était inutile, Tridd le savait. Elle était très observatrice aussi et avait sûrement déjà vu l'escalier et comparé la tête de tous les clients à celle de l'avis de recherche. Tridd s'attendait donc à recevoir une réprimande bien mérité. Ça lui apprendra à dire des choses débiles en sa compagnie.
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Dim 11 Déc 2011 - 22:05

L’orc se décompose à mon annonce. Il n’était certainement pas préparé à ce que je lui laisse la main, se complaisant dans mon commandement constant qui, s’il a le don de l’irriter, lui assure néanmoins probablement un doux confort de n’avoir qu’à suivre puis de pouvoir railler en cas d’erreur. Le rôle de sous-fifre est le plus aisé à tenir, quoi que l’on puisse en dire.

Il recherche un instant, jauge les auberges, ayant un choix à faire sur lequel il n’a aucun critère défini. Ce que je ne lui ai pas dit, c’est que peu importe sa décision, nous ne chercherons pas notre cible, les moyens viendront à nous d’eux-mêmes. Toute cette mise en scène n’est en rien vaine, elle nous assure la publicité que j’espère. Pour le reste, je fais confiance à son raisonnement que j’imagine obtus pour nous choisir un établissement confortable. Il semble enfin faire son choix et se dirige vers un lieu d’un air décidé, me laissant le suivre. Immédiatement, mon attitude de noblesse ressort. La démarche altière et lente de la dame qui veut être mise en valeur prend tout son sens. Je connais par cœur la psychologie de telles donzelles, et il est aisé d’entrer dans leur peau de petite pimbêche suffisante. En outre, le peau verte ne peut que développer d’autant plus de sentiments néfastes à mon égard en raison de cette hautaine attitude.

A sa suite, je traverse la place d’un air magnanime, surveillant pourtant chaque coin dans l’éventualité d’un maraud un peu trop intéressé. Même à mains nues, je pourrais maitriser la majorité des habitants de ces terres, il serait toutefois stupide de se laisser surprendre. Nous sommes en territoire ambrien, ma famille doit avoir des contacts aux alentours.

L’orc joue son rôle plutôt bien, paradant avec l’Ebène. J’ose espérer qu’il suivra mon ordre à son sujet, il serait regrettable qu’il ne se transforme en machine de guerre en une demi seconde… Je n’ai jamais réellement constaté les effets de ma lame sur un esprit moins aguerri que le mien à sa tentation, mais je préfère éviter toute volonté sanguinaire dans un tel territoire où la moindre erreur nous mettrait dans une situation délicate. Nous marchons au bord du gouffre, et un faux pas de mon compagnon nous entrainerait dans le vide. Délice de l’excitation le long de ma colonne… Mieux vaut qu’il n’en soit pas informé pourtant.

La porte s’ouvre devant moi sous l’action de mon garde du corps. Dans la plus parfaite indifférence à son égard, je pénètre dans le bâtiment, jetant un regard circulaire à la pièce calme encore à cette heure-ci. Un aubergiste endormi astique ses choppes derrière le comptoir, tandis que quelques clients à l’air cotonneux roupillent au fond de leur boisson. L’orc semble être arrivé à une conclusion intéressante. Il me glisse à l’oreille ce qui lui parait important, me tirant seulement un sourire amusé.

« Si la cible n'est pas là, il y a un premier étage à vérifier. Mais je ne pense pas que nous le trouverons ici, l'endroit est trop bien fréquenté pour quelqu'un de recherché. »

Je ne prête aucune attention à sa remarque, salue l’aubergiste d’un signe de tête discret, avant de me diriger vers une alcôve un peu à l’écart mais pourtant visible de tous. Sur un ordre de ma part, bien qu’apparemment surpris, le peau verte me rejoint, s’asseyant sur la banquette en face de moi. Je me suis volontairement mise dos à la porte malgré le danger, entendant par là renforcer l’image de mon compagnon. Je doute qu’il tienne bien longtemps face à une observation plus approfondie, mais autant laisser un semblant d’illusion pour quelques instants.

L’aubergiste renfrogné s’approche de notre table, tentant un sourire affable alors que toute son allure clame sa mauvaise humeur manifeste. Un défaut de serveuse ou bien une nouvelle regrettable, toujours est-il que le grognement qu’il émet semble être la question de savoir ce que nous souhaitons consommer. Avec mon sourire le plus mielleux, je lui offre une œillade charmeuse qu’il ignore magistralement. Goujat. Me renfrognant ainsi qu’il l’est nécessaire, ma voix s’élève, cassante, commandant.

« Deux de vos meilleurs petits déjeuners, et rapidement. Mon garde du corps a faim. »

Il grogne de plus belle, n’aimant guère je le crains cette attitude, mais je n’en ai que faire, le congédiant d’un signe de main hautain. Le silence s’installe, et nous attendons. Les minutes défilent et je demeure dans la plus parfaite morosité, contemplant la table dans un mutisme habituel. Mon esprit s’évade, et je perds le compte des instants, ignorant parfaitement l’univers dans lequel j’évolue lorsqu’un frisson soudain me parcourt la nuque au bruit de la porte qui s’ouvre. Je sens littéralement le regard qui se pose sur moi, années d’expériences.

Helicon d’Ambre est arrivé.
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Tridd Erogdish

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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Mar 13 Déc 2011 - 21:15

Finalement, elle ne répondit pas à la remarque et esquissa un sourire. Comme Tridd l'avait deviné, elle l'avait ignoré. Il avait été idiot de croire qu'elle ne l'avait pas remarqué ou que cela l'intéresserait vraiment, elle avait ses propres informations qu'elle n'avait pas partagé avec lui, il était donc normal qu'elle en sache plus que lui. Elle ne répondit pas, comme à son habitude, mais aussi pour jouer à la perfection son rôle de noble se baladant avec son garde du corps attitré. Altière, hautaine, voilà les qualificatifs qui convenaient le mieux à celle-ci en ce moment. Tridd ne s'en formalisa pas, il avait accepté de jouer ce rôle. Il avait accepté tout ça au moment où il avait décidé de la suivre dans cette mission, il ne pouvait plus faire marche arrière. Elle se mit enfin en mouvement et alla s'asseoir à une table, un peu à l'écart mais pas pour autant à l'abri des regards. Tridd ne comprenait pas ce qu'elle faisait. Elle l'invita à la suivre par un petit geste et il s'exécuta non sans pour autant arrêter de se poser des questions. *Pourquoi elle ne cherche pas la cible ? Pourquoi elle va s'asseoir à cette table ? Ne sommes nous pas censés prendre notre cible en chasse maintenant ?*

Peu de temps après l'avoir rejointe à la table, l'aubergiste daigna les remarquer et s'approcha. Il fit d'abord semblant de saluer poliment alors que même Tridd vit qu'il était de mauvais poil ce matin. Dans un grognement assez évocateur, il sembla demander la commande. Tridd vit alors une chose qu'il n'avait pas encore vu, un sourire angélique sur le visage de sa partenaire de mission, d'habitude toujours inexpressif, un sourire presque trop faux pour être crédible. D'ailleurs, l'aubergiste l'ignora totalement. Elle reprit alors son expression habituelle. Elle répondit sur un ton plus glacial qu'elle ne l'aurait voulu.

« Deux de vos meilleurs petits déjeuners, et rapidement. Mon garde du corps a faim. »

Il est vrai que Tridd n'avait rien mangé depuis la veille, depuis le moment où il l'avait rencontré. Il pensa pendant quelques secondes qu'elle avait commandé par gentillesse mais il se rendit compte qu'en fait, c'était juste pour maintenir une image normale de clients normaux. Elle avait sûrement autre chose en tête. L'attente des petits déjeuners se fit dans le silence le plus total. En même temps, ils n'avaient rien à se dire, rien qui collerait vraiment à la situation. Les seules choses que Tridd avait besoin de savoir ne pouvaient être dites ici, en public. Il se contenta donc de se murer également dans son silence, en faisant semblant de surveiller à droite à gauche de temps en temps. Au bout d'un moment, la porte de l'auberge s'ouvrit et un homme entra. Tridd n'y fit pas attention sur le coup, puis se rappela son rôle de garde du corps qu'il était censé jouer. Il reporta son regard sur l'homme qui venait d'entrer et eut du mal à déglutir. L'homme ressemblait trait pour trait à la femme qu'il avait devant lui. La même chevelure blanche qui les vieillissait de plusieurs dizaines d'années, les même yeux gris qui les faisaient paraître froid et insensible et ce corps, mince et élancé, athlétique malgré une apparence assez frêle. Il était son portrait craché, elle au masculin. Il repéra tout de suite Tridd et la femme déguisée en noble qu'il accompagnait. Il fixa Tridd tout de suite. Il s'avança directement vers la table qu'ils occupaient et s'assit à côté d'elle sans même la regarder, en continuant à fixer l'orc. Tridd commençait à s'inquiéter. Cet homme ne lui inspirait pas du tout confiance. Les deux se regardaient dans les yeux, Tridd parce qu'il était tellement impressionné par sa présence qu'il ne pouvait pas détourner les yeux et l'homme sûrement pour le tester. Tridd ne savait pas qu'il était mais il sentait que lui et la femme se connaissaient. Au bout de quelques dizaines de secondes qui parurent des heures aux yeux de Tridd, l'aubergiste revint avec les deux petits déjeuners dans les mains. A la vue de la troisième personne qui s'était installée et des regards insistants qui ne présageaient rien de bon pour le mobilier de la petite auberge, il émit à nouveau un grognement sourd qui exprimait son mécontentement. L'inconnu quitta Tridd des yeux quelques secondes pour fixer l'aubergiste et lui faire sentir qu'il ne fallait pas qu'il vienne s'en mêler. Il joignit le geste à sa pensée en dégainant un peu son épée, juste histoire de montrer quelques centimètres du tranchant de cette lame immense qu'il avait posé à côté de lui. L'effet fut immédiat. L'aubergiste s'éloigna en laissant les assiettes sur la table, allant se réfugier derrière son comptoir et jetant un regard presque apeuré vers la table. Il se tiendrait tranquille pour quelques temps et allait éviter de chercher des problèmes à cette tablée désormais. Une fois l'incident passé, les regards se croisèrent à nouveau. Tridd se sentait de plus en plus mal à l'aise et se demandait quand est ce que quelqu'un allait enfin briser ce silence. Lui ne pourrait pas. Si lui et cette femme se connaissaient, ils avaient sûrement le même comportement et dans ce cas, aborder une discussion raisonnable serait juste impossible. Il préféra donc se terrer dans son silence et continuer à fixer ses yeux en espérant pouvoir y déceler toute trace d'agressivité avant que celle-ci n'ait lieu. Il pensait à se protéger d'abord puis s'inquiéta dans une moindre mesure de la vie de la femme qui était juste à côté de cet inconnu. Après tout, il estimait nulles les chances de s'en sortir en combat face à lui, même s'il avait eu son arc avec lui, alors, s'il y avait quelque chose qui dérapait, il n'hésiterait pas à se sauver la vie. Même si la femme paraissait forte, il ne la voyait pas lui tenir tête en combat régulier. Par précaution toutefois, Tridd posa la main sur la garde de l'épée qu'on lui avait confié, non pas pour espérer s'en servir pour se défendre mais pour pouvoir la donner rapidement à sa partenaire si, par hasard, elle devait et pouvait s'en servir. L'inconnu remarqua ce geste. Tridd comprit, mais trop tard, que cela pourrait être considéré comme un geste agressif.
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Lun 19 Déc 2011 - 23:07


Excitation se pare d'inquiétude que pourtant je tais. Il est absolument hors de question que l'orc connaisse le moindre des tourments qui parent mon âme. Gardons chacun nos problèmes car notre parcours ensemble touche bientôt à sa fin je le crois. Il sera temps alors pour les deux solitaires que nous sommes de reprendre nos chemins propres, faisant totalement fi de cette aventure commune. Pour son bien, il faut qu'il m'oublie rapidement, je suis bien trop dangereuse pour lui. Helicon achèvera j'en suis certaine le sympathique portrait que j'ai pu dresser de ma personne. Laissons la famille régler nos petites histoires.

L'Ambrien s'avance. Avec la décontraction la plus parfaite, il prend place à mes côtés. Des années passées ensemble nous ont donné une connaissance telle que nous fonctionnons mieux que n'importe quelle équipe. Helicon. Le plus doux des Ambriens, le plus compréhensif à mon égard. Probablement celui qui m'aime le plus… Comment va-t-il réagir ? Je l'ignore complètement. Plus nous aimons, plus intransigeant nous sommes… Je doute faire exception à la règle, ainsi ma punition peut être très sévère pour ce qu'ils estiment comme une trahison. Peu importe. Mon compatriote surveille avec attention mon nouveau camarade de jeu. Son regard s'attarde, détaille chaque centimètre du peau verte. Cette intensité… Je m'en souviens très bien. Impossible d'oublier ce qui fut notre première rencontre. Encore enfant en bas âge, je tentais de m'entrainer aux arts du combat. Il m'avait observé un long moment, avant de me mettre au défi. Il a été le premier à me dire que je serai décevante pour une Ambrienne. J'ai eu beau lutter jours et nuits contre cette implacable prophétie, elle s'est réalisée, de telle sorte que je suis aujourd'hui une piètre combattante pour Ambre. Mais là n'est pas la question.

L'aubergiste choisit cet instant de lourde tension pour revenir avec nos commandes. Son humeur ne semble pas s'être améliorée si j'en crois le grognement sympathique qu'il nous offre, mais Helicon le dissuade de poursuivre plus longtemps dans cette voie. Il dégaine de quelques centimètres à peine sa Fureur, suffisamment toutefois pour indiquer très précisément son état d'esprit. Le pauvre homme se carapate à toutes jambes, abandonnant les repas sur la table. Je demeure dans mon immobilité, très amusée par cette ambiance. L'orc semble de moins en moins l'apprécier pour sa part, et sa main trouve la garde de mon Ebène. Evidemment, ni mon parent ni moi ne manquons ce geste d'agressivité. Un léger sourire étreint ses lèvres, et son regard enfin daigne se poser sur moi sans qu'il n'ait bougé son visage, toujours face à l'orc.

"Tu les prends au berceau désormais ?"

Son enivrant parfum embrume légèrement mon esprit. Les senteurs d'Ambre collent à sa peau, couplées à sa fragrance mâle qui me fait tourner la tête… Une virilité si exacerbée alliée à un peu de la droiture des Seïrdans, cette touche d'honneur que trop prennent pour de la faiblesse… Cette arrogance familière aux personnes de nos rangs. Cette marque particulière de fierté… Immédiatement, me voilà de nouveau sous le dangereux charme qu'il dégage, consciente pourtant qu'il est peut être le plus dangereux pour moi à l'heure actuelle… Même ce charisme, je n'ai su l'amener à un tel degré, je n'ai pu le maitriser de telle manière… Si pratique pourtant… Si intéressant l'attrait du prédateur sur sa proie…

"Nous ne sommes pas là pour jouer. Je doute que ma présence t'enchante.

Son visage change du tout au tout en un instant. Son regard s'étrécit, et l'étincelle joueuse disparait dans l'instant pour laisser la place à la perfection du tueur.

"Tu as intérêt à être concise dans ton explication. Tu connais mes… châtiments, et j'ai horreur que l'on m'oblige à me lever tôt. Tu imagines bien qu'après ton apparition chez Meeka, Ambre a été immédiatement alertée…"

J'esquisse malgré moi une moue contrariée avant de piquer dans l'assiette face à Helicon, et grignote du bout des lèvres l'aliment sans goût qui me permette de l'identifier.

"Tu te doutes bien que je ne serais pas là si je n'avais pas quelque chose à te proposer. Effacer…définitivement le différend qui nous oppose."

Il jette un oeil à l'assiette sans grande conviction, me regarde de nouveau avant de reporter son attention sur l'orc avec un sourire qui ne présage absolument rien de bon. Mes lèvres sous l'instinct suivent le même chemin que les siennes.

"Et si avant toute chose ton ami se présentait ?

J'étouffe l'éclat de rire qui menace, portant mon regard sur mon compagnon orc. Qu'il s'amuse face à Helicon. Pour le moment, il ne craint rien. Dans tous les cas, je réponds de lui. Il ne sera pas blessé.

Il n'est juste pas au courant.
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Tridd Erogdish

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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Mar 20 Déc 2011 - 15:00

C'était une erreur. Faire semblant de vouloir paraître impressionnant face à ce genre de personne, c'était quelque chose d'insensé, Tridd le comprit après réflexion. Il regretta son geste immédiatement mais ne pouvait enlever sa main, pas tout de suite. Heureusement, le nouvel arrivant ne sembla pas prendre au sérieux ce geste. En fait, il ne sembla pas prendre du tout l'orc au sérieux. Seul la femme, sûrement quelqu'un de sa famille, l'intéressait, Tridd étant alors relégué au second plan, voir même au troisième ou au quatrième plan.

« Tu les prends au berceau maintenant ? »

Cette phrase eut finit de confirmer ce que Tridd pensait. L'homme ne s'adressait même pas à lui directement, il s'était tourné vers elle. En réalité, seul son regard s'était tourné vers elle, son visage était toujours face à celui de l'orc qui lui n'avait pas bougé depuis que l'inconnu s'était assis en face de lui. Une conversation s'en suivit entre les deux. Tridd n'y comprit rien, il avait la même impression que lorsqu'ils étaient arrivés dans la grande bâtisse blanche et qu'elle avait parlé avec ce serviteur à moitié félin, cette impression d'être complètement mis à l'écart, d'être une quantité négligeable en face de laquelle on peut parler sans crainte. Il apprit de nouvelle chose au détour de la conversation mais il ne comprenait toujours rien, il n'avait pas tous les éléments en main. Apparemment, un conflit les opposait et la femme qu'il accompagnait n'était pas sûre d'avoir le dessus en cas d'affrontement direct. Cela ne rassurait pas l'orc qui commençait à vraiment avoir peur que la situation tourne mal pour lui. En cas d'accrochage, il ne savait pas se défendre, il ne saurait pas survivre. Pendant toute la conversation, les deux piquaient de la nourriture dans l'assiette. Tridd avait faim également. Timidement, lentement, pensant que les deux autres à la table ne le regardaient plus, il avança sa main vers un des plats et piqua un morceau de nourriture. Il le porta à sa bouche. Elle n'était pas fameuse mais c'était mieux que rien, il n'avait rien manger depuis hier. Au moment où il reprit de la nourriture, au moment où il avait la bouche pleine, l'inconnu daigna enfin s'intéresser à lui.

« Et si avant toute chose ton ami se présentait ? »

Ce n'était pas vraiment le moment rêvé, Tridd n'écoutait plus la conversation vu que, de toute façon, il ne comprenait rien. Il ne savait donc pas ce qu'ils se disaient. Il regarda la femme qu'il accompagnait depuis hier. Son sourire amusé et son rire étouffé ne lui inspirait pas confiance. Il allait devoir choisir ses mots avec grande attention. Il ne savait pas de quoi il était capable, et il ne voulait pas le savoir. Il prit donc son temps, quitte à la faire patienter un peu. Il termina sa bouchée. Il n'avait toujours pas décidé de ce qu'il allait dire. Il ne savait pas plus quoi faire. Il ne savait même pas si la femme serait de son côté s'il faisait une erreur dans ce qu'il disait. *Que faire ? Jouer la carte de l'assurance et essayer l'intimidation ? Autant se suicider directement. Il n'a pas l'air de se laisser marcher sur les pieds. Mais il ne faut pas non plus que je m'écrase totalement, je perdrai toute crédibilité, et ce n'est pas le but, nous devons toujours mener une mission à bien elle et moi, j'ai besoin de cette argent et je suis allé trop loin pour faire marche arrière maintenant. Autant rester prudent tout de même, il serait bête de perdre la vie sur une parole malheureuse.* Finalement, l'orc répondit.

« Je ne crois pas qu'il soit nécessaire que je me présente à vous. Je ne vous connais pas, je ne pense pas vous revoir un jour, me connaître ne vous servirait à rien. Je peux cependant vous donner mon nom, cela ne m'engage à rien. On m'appelle Tridd. Le reste ne vous regarde pas. A présent, j'aimerai aussi avoir quelques renseignements, des questions qui me trottent dans la tête depuis quelques heures. Qui êtes-vous, vous deux ? Même un borgne mal-voyant pourrait voir que vous venez de la même famille. Qu'est ce que Ambre ? Quelle est ce différend qui vous oppose ? Melpomène et moi avons une affaire en cours et je compte bien la mener jusqu'au bout. Êtes-vous ici pour nous aider ou pour nous mettre des bâtons dans les roues ? »

*Ai-je bien fait d'employer ce ton ? Je ne pense pas qu'il était judicieux d'utiliser ce nom, Melpomène, mais je devais quand même lui montrer que je la connaissais un minimum, même si je n'ai aucune autre information ! Quant au fait de lui parler de cette affaire, je ne sais même pas de quoi je parle, je n'ai même pas vu ce contrat de mes propres yeux … Pourvu qu'il ne continue pas l'interrogatoire, il se rendrait vite compte que je ne suis qu'un tocard, enfin, tant que je n'ai pas mon arc avec moi. Je pourrai toujours faire illusion avec cette épée qu'on m'a confié, elle a l'air assez impressionnante, même si elle n'a l'air de rien face à sa propre épée. Je ne saurai même pas comment tenir cette épée sans me couper ...*
Tridd ne parlait que par long discours, comme d'habitude. Une fois terminé, il reprit un morceau de nourriture, pour faire comme s'il était en confiance, même si ce n'était pas du tout le cas. Tout n'est qu'apparence de toute façon dans ce monde.
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Mar 20 Déc 2011 - 23:05

« Je ne crois pas qu'il soit nécessaire que je me présente à vous. Je ne vous connais pas, je ne pense pas vous revoir un jour, me connaître ne vous servirait à rien. Je peux cependant vous donner mon nom, cela ne m'engage à rien. On m'appelle Tridd. Le reste ne vous regarde pas. A présent, j'aimerai aussi avoir quelques renseignements, des questions qui me trottent dans la tête depuis quelques heures. Qui êtes-vous, vous deux ? Même un borgne mal-voyant pourrait voir que vous venez de la même famille. Qu'est ce que Ambre ? Quel est ce différend qui vous oppose ? Melpomène et moi avons une affaire en cours et je compte bien la mener jusqu'au bout. Êtes-vous ici pour nous aider ou pour nous mettre des bâtons dans les roues ? »

J'étouffe de nouveau, mais cette fois-ci un hoquet de stupeur. J'aurais du me douter qu'il ramènerait sa graine au moment le moins opportun pour notre affaire, mais après tout, voilà tellement longtemps que je le travaille… Pour une fois qu'il répond exactement comme j'aurais souhaité qu'il se rebelle en temps normal, je ne peux le blâmer… Pourtant, à l'écoute de toute sa tirade, j'observe Helicon, prête à m'interposer en un instant si cela s'avérait nécessaire. Il a pris la parfaite impassibilité de l'écoute, propre aux Ambriens, et lire la moindre expression sur ses traits serait bien malaisé pour l'imprudent qui s'y essaierait.

Le silence s'impose sur le lieu, et je sens le regard pesant de l'aubergiste sur notre table. L'inquiétude est palpable dans son maintien et dans la ride soucieux qui barre désormais son front. Pauvre homme, voilà une bien mauvaise nouvelle pour lui que deux Seïrdans dans son auberge, même s'il ignore tout de notre nature profonde. Mieux vaut pour lui d'ailleurs je le crains. Il serait déjà étalé raide sur le plancher dans le cas contraire.

Mon attention se report sur Helicon. Il détaille intensément mon compagnon de route. Il réfléchit. Il pèse les possibilités. Un coup d'oeil furtif dans ma direction, je demeure parfaitement immobile, lui laissant le choix de la conduite à adopter. Peu m'importe ce qu'il fait, l'orc quittera ma vie dans quelques heures, avec quelques souvenirs en moins si cela s'avère particulièrement nécessaire. Quelques bons instants de torture suffiront à réduire sa mémoire à l'état de charpie sanguinolente, je ne m'inquiète guère à ce sujet. A voir l'inspiration que prend mon démon de parent, je sais que la réponse va être longue. Le peau verte a voulu savoir ? M'est avis qu'il risque d'amèrement le regretter d'ici quelques instants, alors je me laisse choir contre le dossier, attendant patiemment.

Une voix goguenarde s'élève, amusée, provocatrice, qui très vite tourne à la glace. Les bises d'Ambre résonnent dans la froideur du ton. Les étendues glacées à la nudité parfaite. Les ombres efflanquées arpentant les lieues étroites du domaine, jouant au gré du vent de quelques accords assourdis. Les tours infinies déchirant le ciel bas de leurs pointes perdues. Ambre. Quel doux nom à mon oreille. Que le domaine me manque… J'entrevois toutes ses vertus au détour des mots de mon parent, et le mal du pays s'empare de mon être. Lorsque tout ceci sera terminé, j'espère pouvoir goûter à nouveau à son impossible quiétude, à son refus permanent de repos. Le Vein est une douce terre pour qui sait s'y perdre.

« Je me nomme Helicon d'Ambre, jeune impertinent. Ambre est une terre du Vein, le pays des démons. Nous sommes des Seïrdans, démons supérieurs passés maître dans l'art de donner la mort de quelque manière que ce soit. Je pratique ces tendances depuis plus de quatre siècles tandis que ma cadette vient seulement de fêter ses deux cent ans il y a quelques années, ce qui fait d'elle l'une des plus jeunes représentantes de notre race. Nous aimons le sang. Nous aimons la mort. La vie qui s'échappe en quelques instants ou en quelques heures d'un corps transi, traumatisé tragiquement par notre impulsion terrible, nos jeux sans fin, notre connaissance parfaite du souffle, de la douleur, de la tolérance physique.

Melpomène a malencontreusement… contrarié disons quelques plans de la famille. Le différend est minime, mais nous cherchons à le laver dans le sang. A moins bien sûr qu'elle ne nous offre de quoi nous faire réfléchir. Si sa vie vaut la peine, elle retrouvera sa place. J'attends donc de savoir ce qu'il en est avant de décider si je la défie en duel ou si je vous apporte mon aide. La réduire en charpie me peinerait, mais je n'hésiterai pas une seconde si cela doit être nécessaire. »


Je demeure impassible à cette tirade, ne confirmant ni n'infirmant ces paroles dans mon attitude, tenant à laisser l'orc à ses propres réflexions sur la question. Il ne trouvera nulle aide de mon côté pour se faire un avis sur si délicate question. Il a voulu savoir, Helicon l'a choqué, les choses sont désormais à leur place.

Mon parent reprend avec un léger sourire et un ton plus enjoué.

« Tu as peut être d'autres questions ? Je serais ravi de t'éclairer jeune orque.  »
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Mer 21 Déc 2011 - 19:30

Tridd voulait des réponses. Il en avait marre d'être dans le vague, de la suivre sans savoir. Il ne s'attendait cependant pas à ce qu'il donne des réponses. S'ils paraissaient appartenir à la même famille, ils avaient certainement le même caractère, la même propension à ne pas répondre aux questions qu'on leur posait. Tridd posait ces questions sans véritable espoir qu'il y réponde, juste pour combler la conversation, histoire de ne pas être silencieux sans raison. Là au moins, il pourrait faire semblant d'attendre sa réponse. D'ailleurs, il attendait la réponse. L'homme le fixait intensément, on pouvait presque voir ses méninges travailler.*Il doit sûrement se demander ce qu'il peut répondre à de telles questions sans en dévoiler trop.* Enfin, sa voix s'éleva, dure, glaciale, encore pire que celle de la femme. Aucun sentiment dans la voix, rien, il ne laissait rien paraître.

« Je me nomme Helicon d'Ambre, jeune impertinent. Ambre est une terre du Vein, le pays des démons. Nous sommes des Seïrdans, démons supérieurs passés maître dans l'art de donner la mort de quelque manière que ce soit. Je pratique ces tendances depuis plus de quatre siècles tandis que ma cadette vient seulement de fêter ses deux cent ans il y a quelques années, ce qui fait d'elle l'une des plus jeunes représentantes de notre race. Nous aimons le sang. Nous aimons la mort. La vie qui s'échappe en quelques instants ou en quelques heures d'un corps transi, traumatisé tragiquement par notre impulsion terrible, nos jeux sans fin, notre connaissance parfaite du souffle, de la douleur, de la tolérance physique. 

Melpomène a malencontreusement… contrarié disons quelques plans de la famille. Le différend est minime, mais nous cherchons à le laver dans le sang. A moins bien sûr qu'elle ne nous offre de quoi nous faire réfléchir. Si sa vie vaut la peine, elle retrouvera sa place. J'attends donc de savoir ce qu'il en est avant de décider si je la défie en duel ou si je vous apporte mon aide. La réduire en charpie me peinerait, mais je n'hésiterai pas une seconde si cela doit être nécessaire. »


Tridd ne s'attendait pas à cela. Il avait beaucoup trop d'informations à digérer. Il avait son nom, Helicon d'Ambre mais cela n'avait pas vraiment d'importance en comparaison avec les autres informations qu'il lui avait révélé. Il n'avait même pas relevé l'insulte, trop abasourdi par la suite. Il ne savait pas ce que c'était que le Vein, il avait toujours été mauvais en géographie malgré les leçons de son père. Il ne pourrait donc pas de toute façon situer Ambre, mais il savait à présent ce que c'était ; leur terre d'origine. La suite par contre, il eut du mal à la comprendre ou à l'accepter. 'le pays des démons', des 'Seïrdans', des 'démons supérieurs' … Tridd n'avait jamais entendu parler des démons, il n'était pas au courant de leur existence ou de celle du Vein. Et là, voilà qu'un homme débarqué de nulle part lui racontait tout ça, sans détour, sans imaginer une seule seconde le choc que cela pourrait créer pour Tridd. L'orc d'ailleurs cru à une mauvaise blague ou qu'il essayait de le faire marcher. Mais un regard vers la femme lui indiquait qu'il ne s'agissait pas d'une plaisanterie. Elle avait gardé un visage sérieux, impassible, confirmant implicitement ses dires. Tridd était estomaqué. Le reste de son discours, il l'écouta, mais ne put réagir.

« Tu as peut être d'autres questions ? Je serais ravi de t'éclairer jeune orque.  »

L'orc arriva à bégayer une réponse.

« Des … démons ? Quatre … quatre cents ans et deux cents ans ? Je … ne peux pas le croire. Pourtant, vous avez l'air sincère, et elle n'a pas infirmé ces informations. Vous êtes donc vraiment des … démons assoiffés de sang, de mort et de violence … Je suis désolé mais, il va me falloir un peu de temps avant de m'y habituer. Un peu de temps aussi pour me rendre compte … A QUEL POINT JE SUIS EN DANGER AVEC VOUS ! »

À ces mots, Tridd se leva en précipitation en bousculant un peu la table. Son intention première était de quitter rapidement cette auberge, sans les quitter des yeux une seconde. Pour se rendre plus impressionnant et menaçant, il dégaina l'épée qu'on lui avait confié et la pointa vers les deux démons. C'était une erreur mais il ne le savait pas encore. Aussitôt, une sensation bizarre s'empara de lui, une sensation comme il n'en avait jamais ressenti avant. Toute sa haine remonta, tous les coups qu'il avait contenus pendant toute sa vie, tous les coups qu'il n'avait pas porté, toute la violence qu'il n'avait pas exprimée, tout ça refit surface en lui et explosa dans sa tête. Une envie monta en lui, sourde, puissante, incontrôlable. Il n'avait plus envie de s'enfuir, plus envie de faire le lâche, il avait envie de faire couler le sang, de le voir recouvrir le sol, recouvrir les murs, d'en avoir sur les mains, de littéralement baigner dedans. Il voulait voir du sang partout et il n'y avait qu'un seul moyen d'assouvir cette envie ; tuer, tuer en faisant le plus de mal possible, en faisant souffrir, en faisant durer le supplice. Sa vision était obscurcie par cette envie, il ne voyait plus rien devant lui, il était seulement guidé par ce nouvel instinct qui montait en lui. Il sentit une présence à côtés de lui, un homme recroquevillé sur lui même. Il ne le voyait pas, il ne l'entendait pas, il savait tout simplement qu'il était là. Il défonça le comptoir derrière lequel se réfugiait l'homme d'un coup d'épée bien placé. L'homme sursauta et continua à trembler. La peur … Tridd se délecta de ce sentiment, il apprécia d'en être à l'origine. Un sourire sadique se dessina sur son visage. Il anticipa le plaisir qu'il allait prendre à le tuer, un frisson lui parcourut le dos. Il se sentait bien, il répondait enfin à cette envie ... si profonde, si intense … Il pointa son épée sur la gorge de l'homme. *Non, trop rapide. Amusons nous un peu plutôt !* Il descendit la pointe de l'épée vers le torse de l'homme et commença à lacérer ses vêtements sans toucher pour l'instant à la peau de l'homme. Il se régalait de la peur de l'homme, elle semblait même attiser son désir de sang et accroître son emprise sur son esprit. Cette épée qu'il ne pensait pas pouvoir manier, cette épée qui n'était même pas à lui, il la maîtrisait maintenant, il la sentait comme une extension de sa main, son maniement était naturel, comme une seconde nature. Il dessinait à présent sur le torse nu de l'homme avec la lame, dessin en lettre de sang. L'homme criait de douleur, une douce mélodie qui parvenait aux oreilles de Tridd. Le sang coulait sur le sol, créant une petite marre à ses pieds. La victime criait de moins en moins, elle agonisait, à moitié mourante … déjà. Sentant la vie quitter l'homme, il décida de mettre fin à ses souffrances, de l'achever d'un bon coup. La lame se leva une dernière fois, la tête de l'homme roula sur le sol. La marre de sang s'agrandissait encore et le plaisir de Tridd augmentait à chaque seconde. À ce moment là, il aimait ça plus que tout, l'odeur du sang frais, la sensation de s'être libéré, d'avoir répandu la souffrance … *Non, quelque chose ne colle pas !* Un mal de crâne horrible s'empara de lui. Sa vision redevint claire un moment et il put voir ce qu'il avait fait. Il regarda ses mains pleines de sang, dégoûté. *Non ! Tu dois continuer à faire le mal, nous voulons du SANG !* Cet instinct meurtrier reprit le dessus. Il en voulait plus, encore plus de sang, encore plus de souffrance, encore plus de cris de douleur … *Non, je ne suis pas comme ça !* Une intense douleur lui vrilla la tête, si intense que ses muscles se paralysèrent. Il lâcha l'épée qu'il tenait dans sa main et l'instant d'après tout redevint clair dans sa tête. L'épée se planta dans le sol. L'orc se tenait la tête dans les mains, la douleur s'amenuisant tout de même au fur et à mesure. Il reprit totalement conscience de soi et de ce qu'il avait fait. Il jeta un regard paniqué aux deux démons.

« Que … qu'est ce qui s'est passé ? »
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Ven 23 Déc 2011 - 18:18

L'orc semble digérer ses informations avec un peu de peine. Son regard devient fuyant, se révulse. Helicon y a été fort. Helicon a touché au but. Voilà que mon camarade de sang renforce mes propres attaques sur le pauvre peau verte pour le rendre plus fou encore. Qu'il me déteste. Qu'il me haïsse. Je vis dans le reflet de cette peur que j'inspire, me délectant de cette horreur qui m'est due. Nul moyen d'y échapper, une fois ma proie ferrée, elle peut se débattre à l'envie, je ne cèderai pas à ses récriminations.

Pourtant lorsqu'il se lève en hurlant, je réagis immédiatement, prête à entrer en mouvement si notre sécurité est mise en danger. Sa main flirte avec la garde de mon épée, et ma protestation meurt dans ma gorge au moment où le tranchant de la lame apparait aux yeux de tous. Helicon est sur pieds dans la seconde, prêt à répondre à cette provocation, à désarmer immédiatement cet impertinent, et à me rendre une épée qu'il sait meurtrière sans en connaître les exactes raisons. Je le retiens par la main. Son regard surprise croise le mien, mais déjà le peau verte s'est détourné de nous. Navrée, je le suis du regard, déçue, expliquant d'une voix morne à mon compatriote :

« Laisse le faire ses propres apprentissages… Je l'avais prévenu. Peut être comprendra-t-il enfin comment obéir.  »

Helicon se rassoit, me laissant de toute manière régler les différends avec mon protégé. Nous n'interférons jamais dans les rapports entre Ambrien et felethien, ce n'est en rien de notre ressort. Chacun est garant vis à vis des autres des mortels qu'il prend sous son aile, et seule la menace peut remettre en cause cette vérité. Pour le moment, nous ne sommes en rien les cibles de l'ire du peau verte. Il semble bien avoir une dent contre l'aubergiste si peu prévenant… Qu'il s'amuse un peu…

Le comptoir explose sous la force du coup, me faisant hausser un sourcil intéressé. L'Ebène a vraiment des propriétés incroyables… Comment croire qu'une telle lame décuple de telle manière les capacités pourtant moyennes d'un être ? Son absence pourtant me pèse. La voir manier en d'autres mains me trouble, me rappelant les détails d'une rue sombre une nuit de violence. Le vertige saisit mon esprit, et je m'appuie un instant contre le mur, ne quittant pourtant pas des yeux l'orc et ma lame. Il semble prendre une joie immense à cette torture, et je me demande si le même plaisir coupable défigure mes traits de telle manière dans l'excitation de la chair tranchée… Voilà qui serait tout bonnement effroyable et expliquerait la crainte que j'inspire aux alentours…

Mais au delà de cette prise de conscience, c'est celle plus inquiétante de la réelle jalousie que je sens poindre en moi qui m'inquiète. Cette lame vicieuse et détestable, cette compagne d'infortune, cette sadique incitatrice… fait partie de ma vie et de mon être plus sûrement que tout ce que j'ai rencontré jusqu'à présent… J'en suis profondément amoureuse, au delà même de toute raison. Passionnément attachée, indéfectiblement liée. Nous ne sommes plus qu'un, et si nous nous haïssons toujours autant, nulle possibilité pour l'une de vivre sans l'autre. Besoin et tourment, souffrance et passion, déraison…

Le pauvre homme hurle de douleur. Il se tord, il souffre. Il meurt lorsque sa tête roule proprement au sol. Folie. L'orc semble retrouver empire sur sa raison. L'Ebène se plante dans le sol. Le peau verte cherche à retrouver sa réalité, nous observant, hagard, perdu, fou… Il veut des réponses.

Helicon se lève. Je le suis. Nous nous approchons du corps raccourci et du peau verte dégrisé. Il pose une main sur son épaule, tentant une voix rassurante mais implacable pourtant.

« Hum effectivement, il est tout ce qu'il y a de plus mort. L'instinct du sang, la folie de la décadence… »

Je retire mon Ebène du sol, l'essuyant amoureusement sur les frusques du cadavre. Sa lame vibre de reconnaissance dans ma main. Mes vêtements un peu trop… ordonnés m'empêche de la remettre à mon flanc, et je la garde en main, me tournant avec Helicon et le peau verte.

« Peut-être serait-il temps de décamper d'ici avant que nous n'attirions plus l'attention, ne crois-tu pas ? Il me semble que les petit monsieur là bas n'attend que notre départ pour courir avertir la garde. »

Se faisant, je montre du doigt un petit bonhomme à l'air offusqué qui nous fixe sans aménité. Helicon acquiesce, attrape l'orc par la manche pour ne lui laisser aucun choix, et se dirige vers l'arrière de la boutique. Derrière un épais rideau de brocart rouge, une porte se dérobe sur un couloir sombre. Sans mot dire, il y pénètre. Je pousse le peau verte à l'intérieur sans aucune douceur, profitant de le bousculer pour déboucler d'une main habile le fourreau à son côté pour l'attacher autour de ma taille. L'Ebène y retrouve sa place, se perdant dans les tissus pourpres de ma robe.

Le boyau est éclairé de quelques torches faiblardes. Helicon en tête prend la direction des opérations. Nous marchons quelques mètres en silence avant qu'il ne brise de nouveau le silence.

« Maintenant que vous avez créé un tel grabuge en mon domaine, qu'est ce qui m'empêche encore de vous tuer ? »
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MessageSujet: Re: Un Orc dans la ville [PV Mel']   Sam 24 Déc 2011 - 16:00

*Qu'est ce que j'ai fait ? Que suis-je devenu ?* L'orc jeta un coup d’œil au cadavre encore chaud de l'aubergiste qu'il avait froidement torturé puis décapité. *Ce n'est pas moi qui ait pu faire ça, ce n'est pas possible !* Il leva ses mains et les mit devant ses yeux. *Et pourtant … Tout ce rouge … Tout ce sang … C'est sur mes mains qu'il est, c'est moi le responsable, ou en tout cas, c'est de mes mains qu'il est mort.* Tridd ne savait toujours pas ce qu'il s'était passé, il ne comprenait toujours pas comment cela avait pu arriver. Il se souvenait distinctement de tout le discours d'Helicon, il se souvenait du choc en l'écoutant, il se souvenait avoir bousculé la table et dégainé l'épée mais ce qu'il s'était passé ensuite, c'était flou dans sa tête. Ce massacre de sang-froid, cette séance de torture, ça par contre, il n'en gardait pas un souvenir exact, il n'en avait que des images et il valait peut être mieux comme ça. À côté de lui, les deux démons parlaient mais Tridd ne les entendait plus, encore trop abasourdi par ce qu'il avait devant les yeux. Il sentit qu'on le tirait par la manche et se laissa faire, il n'avait de toute façon pas la force de résister. Alors qu'on l'emmenait à travers l'auberge, il tenta de reprendre conscience de ce qui l'entourait. Il le fit assez tôt pour voir qu'ils passèrent derrière un épais rideau rouge qui se trouvait dans l'arrière boutique et qu'une porte s'ouvrit devant eux. Il se sentit poussé par la femme qui en profita pour reprendre le fourreau qu'elle lui avait confié un peu plus tôt dans la journée. Tridd ne s'en rendit même pas compte sur le coup mais il sentit le coup d'épaule et avança à la suite d'Helicon.

Ils étaient dans un long couloir, sombre, humide. Seules quelques torches émettaient une lumière faiblarde, arrivant à peine à dissiper l'obscurité ambiante. Tridd ne voyait pas grand chose devant lui, il repérait son chemin à l'aide de la lumière de la prochaine torche. Pour un peu, il se serait cru dans une grotte ou une caverne des montagnes alentours. Cependant, il savait qu'il n'était pas sous terre. Après réflexion, il pensa à un passage secret. Il ne savait pas pourquoi, il ne savait pas où ça les menait mais c'était de toute évidence un passage secret. Au vu de l'air peu surpris de la démone quand ils l'empruntèrent, le passage devait aussi lui être connu. *Encore un des nombreux secrets d'Ambre, tout comme le repaire avec ce Meeka. Décidément, il y a beaucoup de choses à Venill que je ne connais pas … pas encore.* Tridd était en train de regarder au sol pour faire attention où il marchait, le sol étant très inégal dans ce couloir, il aurait été dommage qu'il se casse la figure maintenant, les deux démons ne l'auraient sûrement pas relevé et l'aurait même abandonné sur place, voire même achevé ici et maintenant, à l'abri des regards indiscrets ce qui leur aurait évité d'avoir à le faire plus tard. C'est ainsi que Tridd voyait la situation au moment ou Helicon brisa le silence au bout de quelques mètres parcourus dans le couloir.

« Maintenant que vous avez créé un tel grabuge en mon domaine, qu'est ce qui m'empêche encore de vous tuer ? »

Tridd releva la tête et faillit trébucher. Il ne savait pas à qui cette question était adresser, à lui ou à l'autre démone. Après tout, c'est avec elle qu'Ambre avait un problème mais avec la scène de tout à l'heure dont Tridd était l'auteur, il avait aussi une raison légitime d'être tué. Melpomène fermait la marche et garda le silence. Tridd était entre les deux démons et se sentait au milieu de toutes les attentions. Il n'aimait pas ça. Il ne savait pas quoi répondre et de sa réponse justement dépendrait peut être non seulement sa vie mais aussi celle de la femme. La menace englobait aussi bien l'un que l'autre. Ils parcoururent encore quelques mètres dans ce silence tendu, pesant. Tridd prit la parole, faute de mieux, la démone ne semblant pas décidé à parler.

« Je … je ne sais pas. Je n'étais pas conscient de ce que je faisais, enfin, je ne crois pas, ce n'était pas vraiment moi. C'est à cause de cette épée je crois. Elle m'avait dit de ne surtout jamais la dégainer, de ne pas l'utiliser mais elle ne m'a rien dit d'autre, elle m'avait prévenu de rien. Si elle m'avait dit que je deviendrai complètement fou en la tenant dans ma main, je ne l'aurai même pas prise ! Croyez-moi, je ne voulais pas faire tout ça, je ne voulais pas créer de problèmes, je ne voulais pas le tuer de cette manière. Je ne voulais même pas le tuer. »

Cette explication ne valait rien. Tridd était pathétique et il le savait. Mais il n'y pouvait rien, ses capacités de réflexion n'était pas encore tout à fait revenues, il ne pourrait donc de toute façon pas argumenter contre ça. Il s'était montré cruel et selon lui, il méritait la mort, même s'il ne la réclamerait pas, il ne la souhaiterait pas non plus. Il voulait vivre, pas mourir. Mais dans son cœur, il ne se sentait pas comme avant, il se sentait souillé, impur. Il ne pourrait plus jamais se regarder dans un miroir sans y repenser. Le silence perdura. Helicon ne devait sûrement pas avoir été convaincu par les belles paroles de Tridd. Melpomène restait derrière eux, ruminant son silence, perdue dans ses pensées. En tout cas, personne ne prit la parole durant le reste du trajet. Le couloir enfin s'arrêta devant une porte fermée. Helicon toqua selon un code convenu et la porte s'ouvrit immédiatement. Tridd hésita un peu mais derrière lui, Melpomène le poussa à l'intérieur. Ils découvrirent ensemble la pièce … qui n'était qu'un vestibule. Le serviteur qui leur avait ouvert était déjà reparti par la porte opposée. Helicon hésita une seconde puis passa à son tour le pas de la porte, faisant signe aux deux autres de le suivre. Tridd toujours derrière lui et Melpomène dans son dos. Ils pénétrèrent dans la pièce. Tridd fut ébahi. Il savait qu'il était en sous-sol mais vu la taille de la pièce, il avait bien du mal à le croire.

« Bienvenue dans mon repaire et veuillez ne pas créer le même grabuge ici ! »
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Un Orc dans la ville [PV Mel']

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