''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]

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Tridd Erogdish

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MessageSujet: Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]   Ven 30 Déc 2011 - 0:13

« Clairières, Feleth. »


C'était la première fois que Tridd se perdait en forêt, la première fois de toute sa vie. Quelle idée d'aller se balader dans un coin qu'il ne connaissait pas aussi. Surtout qu'on l'avait prévenu que la jungle était un endroit dans lequel on ne pouvait pas se repérer. Il avait eu trop confiance en ces capacités, trop confiance en son sens de l'orientation. Mais ici, dans la jungle, le soleil n'était pas visible à cause de la densité de la végétation, et tous les arbres se ressemblaient. Non, vraiment, il était impossible de se repérer ou de garder un cap constant dans cet océan de verdure. Qui plus est, tous ces buissons, toutes ces branches, tout l'empêchait de garder une allure constante, tout l'empêchait de progresser dans cette forêt, tout se liguait contre lui. Il était venu pour le plaisir de se balader en forêt mais il se retrouvait perdu dans cette même forêt. Il n'avait plus qu'une seule envie maintenant ; quitter cette jungle atroce pour retrouver la ville, environnement qu'il détestait d'habitude, mais pour lequel il aurait tout donné en ce moment. L'humidité, la chaleur étouffante, la multitude de petites griffures laissées par des plantes urticantes, la fatigue, la soif. Tridd avait juste envie d'en finir avec cet univers inhospitalier. Jamais il n'aurait cru vouloir ça un jour. La forêt avait toujours été un refuge pour lui, un abri lorsque le monde civilisé lui semblait trop étranger, trop pénible à supporter. Mais voilà qu'à présent, c'était cette forêt qu'il ne voulait et ne pouvait plus voir. La vie ne cesserait donc jamais de le surprendre … Enfin, la végétation s'éclaircit, le soleil réapparut dans le ciel, la demie obscurité disparut pour laisser place à une lumière tamisée agréable, qui permettait d'y voir devant soi et au loin mais qui n'agressait pas les yeux pour autant. Finalement, Tridd tomba sur une clairière. À peine quelques mètres de diamètre, celle-ci faisait comme un trou vide de verdure au milieu de la jungle foisonnante. Vu du ciel, cela aurait du paraître étrange mais pour Tridd qui parcourait cette jungle depuis plusieurs heures, cette clairière était une bénédiction, il pouvait enfin respirer un peu d'air frais, sentir le soleil frapper sa peau, ne plus avoir à lutter pour faire ne serait-ce qu'un pas. Il s'avança, content d'être là, même s'il ne savait pas ce qu'il allait faire ensuite, vers où se diriger, où était la ville la plus proche. Il fallait qu'il improvise maintenant, mais ce n'est pas vraiment ce qu'il l'inquiétait, il avait l'habitude de ça.

Il atteignit le centre de la clairière et l'instant d'après, il disparut.


______________________________________________________________________________________



« Partout et nulle part à la fois. »

Une sensation inqualifiable, voilà ce qui, paradoxalement, qualifierait le mieux les quelques instants durant lesquels Tridd se retrouva partout et nulle part à la fois. Il n'avait jamais ressenti ça, et il ne savait même pas qu'il était possible de ressentir ça. Ce sentiments de plénitude, se sentir tout petit dans l'immensité du monde, avoir pleinement conscience de son corps, de son esprit, de leurs limites, et tout ça, en même temps. Toutes ces sensations étaient si intenses, si puissantes que Tridd aurait presque pu en souffrir mais la douleur n'existait plus pendant ce moment, lui-même n'était même plus sur d'exister à cet instant. En plus de ces sensations, des hallucinations lui faisaient perdre tous ses repères. Un brouhaha assourdissant, comme s'il pouvait entendre toutes les pensées de tous les gens du monde sans en discerner une seule précisément pourtant. Des odeurs et des goûts de plats qu'il avait mangé depuis sa naissance. Des visions de gens qu'il ne connaissait pas, venant des quatre coins du monde, de créatures, connus ou inconnus, et même des images de démons avec des formes inimaginables. Et puis soudain, le retour à la réalité.


______________________________________________________________________________________



« Clairières des sages, Adiryl. »


La chute fut rude. Tridd tomba d'un bon mètre. Encore sous le choc de ce qu'il venait de voir, sentir, ressentir et entendre, il ne put réagir à temps et s'étala de tout son long. Heureusement, il tomba sur une espèce de coussin de mousse, moelleux et assez épais pour amortir la majorité du choc. Il fut tout de même sonné, assez pour être désorienté quelques minutes. Il essayait de réfléchir à ce qui venait de lui arriver mais il n'y arrivait pas. C'était trop étrange. Il était dans cette clairière, au milieu de la jungle, en train de se demander comment il allait rentré chez lui et l'instant d'après, il se retrouvait à un mètre du sol. Entre les deux, rien de vraiment clair dans sa tête. Tout n'était que flou, incohérence et choses sans queue ni tête. Il n'avait jamais pris de ces drogues que certains médecins prescrivaient et que les herboristes confectionnaient à partir de plantes rares mais il avait entendu parler de leurs effets lors de ces longues soirées dans les auberges et cette expérience qu'il venait de vivre y ressemblait beaucoup. Des hallucinations, des délires, des sensations bizarres. C'était ce que les drogués ressentaient et c'était ce que Tridd venait de vivre. Quant il reprit à peu près conscience, sa première hypothèse fut une attaque dans le dos, d'une bête sauvage ou d'un individu qu'il n'avait pas entendu arriver. Il essaya de se relever mais sa tête lui tournait encore trop et il retomba aussi vite. Ne pouvant de toute façon pas se mettre debout, il resta allongé et se mit à réfléchir. Il était encore en vie et n'était apparemment pas blessé. Ce n'était donc pas une bête sauvage. De plus, il avait beau tourner la tête et regarder tout autour de lui, il ne voyait personne dans son champ de vision. Il élimina donc également l'hypothèse de l'agression par un poursuivant. Il ne comprenait toujours pas ce qu'il s'était passé.

Après quelques minutes, il eut assez de force pour s'asseoir. Il put alors examiner avec un peu plus d'attention les alentours et il se demanda s'il était encore sous le choc ou si ce qu'il voyait était réel ou pas. Il ne reconnaissait pas du tout la clairière dans laquelle il était il y a seulement quelques minutes. Il se frotta les yeux puis regarda à nouveau. Il voyait toujours la même chose, toujours cette même clairière inconnue. Les différences étaient notables. Plus de chaleur étouffante ni d'humidité ambiante, le temps était ensoleillé mais le soleil ne brûlait pas la peau et l'air était frais sans pour autant que l'on ressente le froid. La végétation également était changée. Bien que luxuriante aussi, elle n'était pas aussi oppressante que dans la jungle et était même plutôt agréable, apaisante. De toute évidence, le climat n'était pas le même ici qu'à l'endroit où Tridd était auparavant. Cela repoussait d'autant plus l'hypothèse d'une attaque, personne n'aurait pu le porter ou le tirer depuis la jungle jusqu'ici. Tridd n'avait pas la bonne explication, et celle-ci, quelle qu'elle soit, demeurait un mystère pour lui. Il put enfin se lever. Il fit quelques pas pour se dégourdir les jambes puis il examina tout son corps pour y repérer une éventuelle marque de blessure ou d'agression mais évidemment, il ne vit rien de suspect. Il avait également encore tout son équipement avec lui, dont son fidèle arc duquel il ne séparait qu'à de rares occasions quand il allait en forêt. Reconnaissant enfin quelque chose dans cet environnement inconnu, il le prit dans ses mains, presque affectueusement. Il repensa brièvement à son père. Du coin de l’œil, il aperçut un mouvement derrière un arbre. Son carquois était à terre, encore rempli de flèche. Il en prit une, tendit la corde et se retourna vers l'origine de ce mouvement. Il se trouva face à face avec un cerf, grand et majestueux. La bête, nullement effrayée par l'arc, s'approcha de l'orc, lentement, en prenant tout son temps comme un monarque le ferait avec ses sujets. Tridd n'avait aucune raison de tuer cette bête ; il n'avait pas besoin de chasser et celle-ci ne semblait pas être agressive. Il baissa donc son arc et laissa sa flèche se planter dans le sol. Le cerf arriva à son contact et Tridd se surprit même à lui caresser le museau. Un deuxième mouvement lui attira l'oeil mais il n'y prêta pas vraiment attention, pensant qu'il s'agissait d'une autre bête sauvage non agressive. Et pourtant …


Dernière édition par Tridd Erogdish le Ven 3 Fév 2012 - 17:21, édité 1 fois
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Denoth l'Ange



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Fiche de Personnage : Un songe éternel.


MessageSujet: Re: Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]   Sam 31 Déc 2011 - 16:20

« Dans le silence de ma personne, j’ai cru y voir ton regard »


Songe torturé, mouvementé. Mouvement imperceptible du vent dans le silence qui régnait ici. Le bruissement des feuilles, la caresse du nouveau jour qui se levait. Le ciel teinté de rose et de violet est totalement dégagé. Pas un nuage ne trouble l’horizon chaotique d’un monde parfait. Tout est parfaitement à sa place, tout est parfaitement rangé. La rosée laisse ses fragrances envoutantes prendre possession de tout les lieux, tout les recoins. Tout est si beau que s’en est écœurant. Et le vent qui passe et repasse sur l’herbe fraiche et rase donne des reflets d’or et d’argent de partout. C’est un beau jour que voilà. Un beau jour comme on en voit souvent, trop souvent, en Adiryl. Le soleil, dans sa lente course, pointe à peine au dessus de la colline. Il ne fait pas froid mais il ne fait pas chaud. Une tiédeur réconfortante d’une mère à son enfant. Enfant de la nature, enfant du renouveau. Aujourd’hui, serait un jour de plus vers la décadence, vers l’échéance suprême d’un jour meilleur. Et l’on se demandait quand est-ce ça arriverait. Et on disait « Qu’elle belle journée ». Et on vantait le parfum exquis des fleurs tout aussi dégoutantes que le reste de ce paysage immobile. Immobile et imperturbable. Tant de fois, on pria pour voir la pâle lueur de l’aube, et tant de fois on la vit. Toujours la même, cette aube. Une aurore qui sonne à la lie, qui donne le glas, l’anéantissement d’une nuit plus belle que nulle part ailleurs. Mais c’est normal, de nos jours, on tue ce qui est beau et ce qui ne l’est pas survit. Tel est le prix à payer pour vivre en paix très longtemps. Être hideux à la vue, au gout, à l’odorat et au touché. Être monstrueux à la vision de tant de pureté. Insensible, le cœur rembrunit par une amère déception : l’espoir vain de voir un jour nouveau se lever. Il se lève, certes, mais il n’est pas mieux qu’hier et pourtant, il n’en ai pas pire. Inchangé, tout simplement. Les yeux s’ouvrent sur cette beauté enchanteresse et les oiseaux commencent à chanter. Tout gazouille, tout est bien à sa place. Et dans leur lit simple et froid, les soldats se préparent. Encore une journée à se battre pour une chose qui dépasse bien des savants et les libres penseurs. Jour de repos. Aujourd’hui, je délierais mes muscles encore un peu meurtris et tendus. Aujourd’hui, cet aube est pour moi le jour de grâce. Il est différent des autres jours et pourtant si familier. Les choses se répètent souvent lorsqu’on sillonne le Monde depuis 7000 millénaires. Et ce gazouillis insupportable et le vent qui joue sur ma peau ; intolérable. Plus envie de rien et même lorsqu’on voudrait prendre du bon temps, on ne le peux. « Il fait trop beau pour que tu ailles quelque part aujourd’hui, c’est ton jour de repos ». Et bien, justement. Il fait presque toujours beau, et c’est le jour sacré où je peux me passer de mon arme qui trop souvent tranche et mutile des corps innocents.

Et en me levant, je vois. J’ouvre les yeux sur un monde que j’aurais mieux fait de ne jamais connaitre, de ne pas prendre cette main tendu vers ce qui est bon. Sur le balcon de marbre, la vue est bien dégagé. A son pied, un jardin en fleur où il n’est pas rare de voir se balader quelques notables du coin. Mais aujourd’hui, ce n’est pas des hauts fonctionnaires que j’aperçois mais bien une femme. Belle de simplicité, je ne l’avais jamais vu. De là, ses ailes blanches reflètent avec malice les rayons encore faibles de l’astre, la transformant en une entité si belle qu’elle aurait pu être le Paysage. Elle ne portait sur elle que le même jeu savant de tissu presque transparent, à l’égal beauté que celui de ma Rose. Elle lui ressemblait. Envoutante, invisiblement invincible. Accepterait-elle un peu de compagnie ? Nul ne le sait, puisque nul ne lui a encore demandé. Mais le spectacle vomissant de suprématie dans l’art d’être sublime écourte toute réflexion. Je retourne dans la petite chambré que je partage avec 3 collègues. Assoupis, ils ne se doutent surement de rien. Ils ne pensent certainement pas à ça. Jour de repos. Après un bain en bonne et due forme, je m’apprêtais un peu, comme si, dans le hasard le plus chanceux, je tomberais sur la Beauté qui plutôt m’avait éblouit. Je sanglais à ma taille l’épée, d’une orfèvrerie rare que l’on m’avait offerte. Donnée comme un grand nombre de privilèges auxquels j’avais renoncé il y a bien longtemps. La nostalgie est un précipice où il est rare de pouvoir en ressortir indemne. J’oublie et m’envole, rapide et silencieux. En me posant sur l’herbe si belle, je n’ai qu’une envie : m’allonger, rester là, juste en silence à observer le ciel toujours et pour toujours immobile que rien de viendrait jamais troublé. Être serein et trouvé en ce lieu une source inépuisable de bien-être. Alors, comme pour répondre à une attente très longue, je m’allonge, je reste là, juste en silence à observer le ciel. Calme et presque assoupis. Lorsqu’une main effleure ma joue… Je ne bouge pas, j’ouvre simplement les yeux. Il me semble l’avoir reconnue. Elle lui ressemble à ma rose. Elle lui ressemble tellement. Puis la main sur ma peau se transforme en corps à corps. Le soleil caresse le pauvre corps transit d’une douce lumière. La mère berce son enfant. Si bien, si bien que le temps s’efface, les gazouillis cessent. Extase et admiration. Tout est si clair… Tout est si proche. Je suis tout est rien à la fois. Partout et ici, je vois, je ressens, je suis bien. Oui, je suis bien, la première fois depuis longtemps. Puis tout disparait dans un craquement sinistre. Son corps s’envole, le temps coule de nouveau. Il est presque l’heure de déjeuner. Mais, ce craquement, je sais ce que c’est. Et une vois résonne encore une fois dans ma tête. « Silencieux ».

Je vole de nouveau, le cœur en miette. Arraché à la quiétude et à l’extase, plus rien ne met important. Aujourd’hui, c’est mon jour de repos. Je survole les clairières qui bordent le bel étang aux eaux limpides. C’est tellement parfait vu du ciel, tellement magique, tellement superficiel. Et je vois l’origine du bruit. Une faille. J’en prend tout les jours des failles, il est donc normal que je reconnaisse leur bruit si particulier. Puis, en regardant bien, un homme… J’approche, lentement, sans bruit. Il est dans une semi-inconscience. Le voyage a dû le bousculer un peu. Peut-être était-ce la première fois pour lui. Et il n’y avait rien de plus troublant que de traversé le placenta entre deux mondes. C’est un endroit, un instant, un but, une vision. Chacun à son propre ‘voyage’ et chacun son interprétation. Je me pose dans le couvert des arbres, toujours muet, je veille à ne pas signaler ma présence. D’ailleurs, il est très réactif, ce nouvel arrivant. Le Roi des Cerfs sort de sa cachette. Étonné d’abord, l’animal s’approche prudemment de lui. Les animaux ne vont jamais vers le danger, c’est l’instinct naturel. Et il me semble que ce beau cerf à raison. Le voyageur semble juste vraiment perturbé. Pas dangereux. Perturbé, ébahit et respectueux.

-Les animaux ont une sorte de 6ème sens. Il vous aime bien, je sors de ma cachette lentement, veillant à ne pas abimer mes ailes en passant entre deux troncs. Bien que mon ton soit sans animosité aucune, je serais capable de le tuer avant même qu’il n’ai pensé une dernière fois à ceux qu’il aime.


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Tridd Erogdish

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MessageSujet: Re: Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]   Dim 1 Jan 2012 - 18:56

Tridd avait appris à ne jamais baisser sa garde, à toujours se méfier où qu'il soit, dans une ruelle d'une grande ville peuplée de brigands, dans l'auberge malfamé d'un village reculé de campagne ou bien dans une forêt dangereuse ou inconnue. D'ailleurs, c'était son père lui-même qui lui avait inculqué cette leçon et il avait particulièrement insisté sur la nécessité d'être toujours prêt au pire, surtout dans les forêts, même s'il la connaissait comme sa poche. Et celle-ci remplissait toutes les conditions. Il ne savait pas comment il était arrivé là, il ne savait pas où il était, il était totalement perdu … Qui plus est, elle dégageait quelque chose d'étrange, pas quelque chose de mauvais, bien au contraire mais cela en devenait étrange. Tout était si calme, si serein, si tranquille, ça en devenait presque inquiétant aux yeux de Tridd. Et puis il y avait ce cerf. D'habitude fiers mais craintifs, les cerfs ne se laissaient pas approcher de si près, ils fuyaient toute présence humaine et ne se montraient même pas. Celui-ci s'était montré, approché et se laissait caresser sans soucis. Il était très docile et Tridd avait du mal à y croire, il était subjugué par l'animal. Quand il vit un deuxième mouvement dans son champ de vision, il ne s'affola même pas. Une voix retentit soudain.

-Les animaux ont une sorte de 6ème sens. Il vous aime bien.

Tridd n'avait pas réagi, il n'avait même pas tourné la tête. Cela ne servait à rien de toute façon, si le nouvel arrivant lui voulait du mal, il aurait très bien pu le faire sans lui parler, en le prenant par surprise. Mais cette clairière et la forêt environnante avait un effet apaisant sur lui, comme une aura magique. Il ne s'inquiétait pas, il était en confiance et ne voulait pas que ça change.

-Pourtant, ce n'est pas moi qui ai fait le premier pas.

Alors qu'il prononçait ces mots, il continuait de flatter le cerf, toujours aussi doux et calme. Cela le relaxait. Il se sentait bien. Cela lui faisait penser à son père, à tous ces moments qu'il avait passé avec lui, toutes les après-midis passées à tout apprendre sur la nature, les instants en communion avec celle-ci. Tout cela remontait en lui. Il se sentait nostalgique à présent. Ses parents lui manquaient un peu, il se sentait seul. Cela faisait trop longtemps qu'il parcourrait le monde à la recherche de quelque chose de familier, d'un point auquel s'ancrer définitivement ou du moins, assez longtemps pour se sentir chez soi quelque part. Depuis que ses parents étaient morts, tués par les villageois intolérants, il ne se sentait plus chez lui nul part. Le cerf, lassé de ses caresses lui passa devant et alla à la rencontre du nouvel arrivant. Tridd en profita pour se retourner et enfin regarder de quoi il avait l'air. S'il n'avait pas vécu autant d'aventures ces derniers temps, il aurait presque pu être surpris. Il le détailla du regard. Plutôt grand, musclé mais sec, pas du genre gros balèze avec des bras comme des cuisses. Il semblait aussi sur de lui, les pieds bien plantés dans le sol. Son visage était à moitié caché par ses cheveux, on ne voyait que ses lèvres, qui formaient un rictus que Tridd prit presque pour de la moquerie. Il ne s'en formalisa pas car ce n'est pas ce qui attira le plus son regard.

-Jolie votre paire d'ailes.

L'homme en face de lui avait effectivement des ailes dans le dos. Tridd ne pouvait en détacher son regard. Cela lui paraissait fascinant. Il avait souvent entendu les humains parler de créatures mythiques, bonnes et ailées ; les anges. Certains croyaient même en avoir vu mais tout le monde les prenait pour des illuminés, ou des originaux voulant attirer l'attention sur eux. Jusqu'à il y a quelques temps, Tridd les prenait aussi pour des fous et ne voulait pas en entendre parler. Mais maintenant qu'il avait vécu toutes ses aventures, il ne doutait plus de rien, il savait que le monde lui réservait encore plein d'autres surprises et que se borner à ce qu'il connaissait déjà était une erreur. Néanmoins, voir cet homme ailé comme ça devant lui, c'était une vraie surprise quand même et sa remarque bénigne concernant ses ailes n'était qu'un moyen pour lui d'évacuer un peu son étonnement et la pression. Après tout, malgré les légendes sur la bonté de ces êtres, Tridd ne savait pas quelles étaient ses intentions. Le cerf s'était approché de lui et l'ange le caressait machinalement, sans doute habitué à sa présence ici. Tridd refit un tour sur lui même mais ne reconnaissait toujours pas le décor.

-Sais-tu où nous sommes ? Il me semble que je me suis perdu … Si tu sais où se trouve la ville la plus proche, je suis preneur de l'information.

Tout en lui demandant cela, il reprit la flèche qui s'était planté dans le sol, la remit dans son carquois et accrocha le tout dans son dos.
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Denoth l'Ange



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MessageSujet: Re: Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]   Mer 4 Jan 2012 - 17:26


« Comme la caresse d’une feuille morte sur ta peau »


Je sais comment ce lieu agit sur les gens. Cette tiédeur réconfortante. Adiryl, l’empire de la perfection a beaucoup de travers. La paix qui règne en ces lieux n’a rien de naturel. C’est un moyen que la Nature à développé, au fil du temps, pour calmer les mœurs, même les plus dures. Je me souviens du temps où je me promenais ici, où flânait sur ces terres d’abondances était moins douloureux. Aujourd’hui contempler tant de pureté fait mal aux yeux, abime l’esprit. Personne ne se rappelle du temps où les failles se faisaient rare, du temps où marcher sur l’herbe n’avait rien de dangereux. Maintenant, on se sent pervertit, immondice, car au sillage de nos pas sur cette même herbe, nous détruisons ce qui est bon, ce qui est beau. De toute façon, les temps ont changé. Ce qui est laid vit, ce qui est amené à disparaitre peu à peu. Il n’est pas meilleur exemple que nous, séraphin. Quoi que le nous serait mal placé. Alors que nos femmes, toutes plus magnifiques les unes que les autres, à l’image du Monde du Dessus. Pourtant, les hommes n’y prêtent pas attention, trop absorbés à détruire. Saccager, mettre à sang. Le laid vainc toujours la Beauté et l’attrait que tous lui porte devient de plus en plus préoccupant. Pas seulement pour nous, mais pour tous. La folie arrive et ronge peu à peu chaque être. Mais personne ne s’en inquiète, pourquoi le devrai-je alors ?
La biche quitte la main de son ami, venant à moi. Je le connais bien cet animal. Il fut longtemps le compagnon de mes craintes et mes attentes. A tel point que l’on pourrait se demander s’il n’est pas apparut en même temps que la création du Monde. Il est beau ce cerf. Il est libre, si libre… Il ne dépend de personne. Pourtant, c’est vers les âmes esseulées qu’il prête une quiétude, une certaine écoute qui réchauffe le cœur. L’homme qui vient d’arriver a-t-il besoin d’aide ? Besoin de parler ? Il l’a choisit, il s’est approché. Ses pas ralentissent, il est près de moi. Je n’avais plus rien à lui dire… Je n’avais plus rien à expier. Puis, dans un geste mécanique, je pose ma main sur son dos, comme je l’ai si souvent fait. Et comme à chaque fois, extinction.

La lac. Si beau. Il ne bouge pas, aucune brise ne vient troubler son calme. Sa force n’inspire que le respect. Sur ces bords, il y a des petits galets. Des galets froid qui, sous le soleil se prélassent lentement. Il fait toujours cette tiédeur accablante, ce ciel azur magnifique. Et l’endroit repose dans un calme sans défaut. On s’y sent bien près de ce lac immobile, il nous réconforte. Il n’y a pas un bruit, si ce n’est la respiration aléatoire de la Nature. La forêt s’étend doucement dans le calme hivernal. Tout est à sa place et les peupliers étendant leurs longues branches aux maigres feuillages nous accueillent. Tout semble vieux aussi. Démesurément âgé, le paysage respire la sagesse de l’esprit et la gentillesse de la parole. Jamais le Lac n’aurait insulté, même sous une tempête apocalyptique. Merveilleux paysage qui s’entend, vers un infini défini. Et toi. Toi, ton sourire… Ton visage. Les doigts entrelacés et tes yeux bleus. Tu es là, dans ce tableau et pourtant, je t’y trouve à ta place. C’est là que tu dois être. Un gouffre de sagesse, une beauté inégalable. Mon souffle, coupé. Je ne vis plus, tes yeux me font vivre. Je n’inspire plus, ton sourire et tes joues pâles le font pour moi. Tu m’emmènes vers les galet, vers le bord du lac. Docile, je te suis. Docile et naïf mais qu’importe. A ton approche, tout se réveille, tu éclaires par tes pas le chemin. Tu fais souffler la bise un peu fraiche que tu apprécies tant. Tu es belle, belle comme jamais tu ne l’as été. Mais tu me lâches la main et t’approches de l’eau. Regardes dedans et dis moi ce que tu vois. « Viens ». Murmure étouffé par la contemplation muette. C’est une utopique idylle. Une feuille frôle ton bras et ton sourire s’efface. Comme le temps passe, tu le suis, tu t’en vas et je ne suis pas venu.

La biche a raison. Il faut que je parle de nouveau. Combien de temps s’est écoulé depuis ma dernière conversation avec quelqu’un ? Une éternité. Mes seules paroles brièvement échangé furent des ordres, des ‘Oui chef’. Je ne parle pas plus aux femmes que je croise. Elles me sont d’une fadeur ignoble, j’ai peur que personne n’égale la Rose. L’homme –dont j’ignore encore le nom- semble perdu. C’est donc bien sont premier passage vers Adiryl. Je le regarde avec curiosité. Je n’ai jamais vu d’humain ainsi fait. Sa peau, verdâtre, s’allie parfaitement avec le personnage qu’il est. Il ramasse une flèche sur le sol, celle planté plus tôt. C’est donc un archer… Est-il venu pour attaquer. S’il y a bien des gens dont je me méfie, ce sont les humains, qui plus est s’ils ont la peau comme l’herbe. Dans un battement d’aile, ne lui laissant le temps à rien, je me place derrière lui, lui attrapant le bras et le tenant fermement pour ne pas lui laisser une quelconque chance. L’épée à la taille, le serrant avec un rictus, j’attends des explications.

-Une ville ? Que fais-tu ici ? Qui es tu pour me demander quoi que ce soit ? Tu te dis perdu, mais tu mens ! Tu mens comme tout les humains, le mensonge coule de ton corps comme l’eau de la rivière ! Cesse d’essayer de me tromper, je ne prend pas.


Dernière édition par Denoth l'Ange le Mer 25 Jan 2012 - 18:22, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]   Mar 10 Jan 2012 - 23:19

Un instant de flottement, un silence de quelques secondes à peine. Tridd ne se méfiait plus. Pourquoi le ferait-il ? Tout n'était que pureté où qu'il regarde. Tranquillité, calme, paix. Son cœur était serein, chose qui ne lui était pas arrivé depuis quelques années. Après toutes ces rencontres, toutes ces aventures, toute cette agitation, ce lieu était reposant. Rien n'aurait pu le préparer à ce qui allait se passer. Apparemment, l'ange lui ne ressentait pas ce calme. Ou alors, il le ressentait différemment et ne l'appréciait pas. En tout cas, la situation s'inversa en à peine quelques secondes. Tout s'accéléra. D'un mouvement trop rapide pour que Tridd puisse réagir, l'ange passa derrière lui, attrapa son bras et le lui coinça. Tridd ne pouvait plus bouger du tout. Tout changea. Alors qu'il ne s'inquiétait plus de rien, une bouffée de stress monta en lui, il ne comprenait plus rien et encore une fois, il avait perdu la maîtrise des événements. Tout n'était pas si parfait ici, et Tridd s'en rendit compte de la plus mauvaise manière qui soit, en rencontrant un ange complètement en dehors des clichés de la bonté et de la gentillesse. *J'ai le chic pour tomber sur des psychopathes moi, quelque soit l'endroit où je suis.* Alors que l'ange posait tout un tas de question dont Tridd ne comprenait pas le sens, il essaya de se débattre un moment mais l'autre savait bien ce qu'il faisait et la prise était assurée. Qui plus est, l'ange était beaucoup plus musclé qu'il ne le laissait paraître et ce n'était pas la présence de l'épée que Tridd sentait qui le rassurait. Tridd avait malgré tout écouté les questions.

-Une ville ? Que fais-tu ici ? Qui es-tu pour me demander quoi que ce soit ? Tu te dis perdu, mais tu mens ! Tu mens comme tous les humains, le mensonge coule de ton corps comme l’eau de la rivière ! Cesse d’essayer de me tromper, je ne prends pas.

*Mais qu'est ce qu'il raconte lui ? Il n'est pas bien ou quoi ? Il y a quelques instants, il était tout calme, le cerf s'était même approché et laissé caresser. Pourtant, il semble avoir totalement perdu la raison maintenant.*

-Hé, mais ça ne va pas ou quoi ? Qu'est ce qui vous prend !?

Alors qu'il disait cela, Tridd essaya une nouvelle fois de se débattre pour se libérer de cette prise qui l'immobilisait mais sans succès. L'ange ne faiblissait pas et ne semblait pas décidé à relâcher sa proie. Tridd n'avait pas cinquante milles possibilités, à vrai dire, il en avait que deux. Soit se taire tout en sachant que ça ne plaira pas à celui qui posait les questions ou alors répondre. Dans des situations précédentes, c'est toujours la parole qui l'avait sauvé ou qui avait prolongé son sursis. Il ne pouvait clairement pas compter sur sa force physique. Même si celle-ci n'était pas ridicule comparé à la plupart des humains normaux, elle n'était rien en comparaison de celle de l'ange ou même de celle d'autres personnes, démones, humaines, elfes ou orques qu'il avait rencontré jusque là. Le monde était rempli de gens plus fort que lui et il s'en rendait particulièrement compte en ce moment. L'ange n'avait pas répondu aux provocations, laissant Tridd se débattre encore un peu. Le silence ne s'éternisa pas.

-Oui, je recherche une ville ! Je me suis perdu, comme je vous l'ai dit il y a à peine cinq minutes. Je me baladais dans la forêt comme j'en ai l'habitude mais en m'aventurant trop loin, je suis tombé sur cette jungle luxuriante. Après plusieurs heures de marche, je suis tombé sur cette clairière et à partir de cet instant, je ne me souviens plus du tout de ce qui m'est arrivé. J'ai eu d'étranges sensations, des hallucinations assez puissantes, intenses, puis, je me suis réveillé ici, dans cette clairière au milieu de cette forêt. Le problème, c'est que je ne la reconnais pas du tout. De luxuriante et étouffante, elle est maintenant paisible et calme. Alors non, je ne sais pas ce que je fais ici. Et je ne vois pas pourquoi je mentirais, quelle raison aurais-je de faire ça ? Tout ce que je veux, c'est rentrer chez moi, retrouver un semblant de normalité quelque part.

Tridd s'était tenu tranquille pendant qu'il s'était justifié devant l'ange mais il ne savait pas comment celui-ci allait réagir. Après tout, même lui ne croyait pas à son histoire. Tout cela lui paraissait invraisemblable aussi. C'était comme s'il s'était téléporté dans un endroit étrange. Un moment, il s'était même demandé s'il n'était pas en train de rêver, ou de cauchemarder. L'illusion aurait pu être possible mais elle était trop réelle et les sensations bien trop intenses. Tout cela était bien vrai. Tridd ne comprenait rien. Alors que l'ange ne répondait toujours pas, Tridd en profita pour rajouter quelque chose.

-Qui plus est, je ne suis pas un humain ! Je ne sais pas où vous êtes aller piocher cette idée mais vous vous trompez. Une peau verte, des dents pointues, je suis un orc ! Et fier d'en être un ! Mais vous non plus je ne sais pas qui vous êtes. Je n'ai pas choisi de venir ici, la moindre des choses serait de m'indiquer la route du retour au moins ! Qui êtes-vous ?

*Il ne répondra pas … Mais au moins, ça l'occupe et ça ne lui donne pas l'envie de me tuer … Tout ce qui compte, c'est de rester en vie pour le moment, ensuite, il faudra penser à retourner chez moi.* Tout en y pensant, Tridd resta calme et testa quelque chose. S'il devait fuir ou se battre pour survivre, il devait savoir si sa magie fonctionnait ici aussi. Ne pouvant pas bouger ses mains, les sorts de soin étaient exclus. Ils n'étaient de toute façon pas assez discrets, à cause de la lueur blanche qui passait par ses mains. Il se concentra donc et tenta de contrôler la petite brise agréable qui soufflait sur cette forêt. Par chance, la magie de l'air semblait encore être active ici. Le vent changea légèrement de direction et d'intensité. Tridd espérait que l'ange ne s'en était pas aperçu. *De toute façon, il ne peut relier ces changements infimes à moi. Il ne peut savoir quelles sont mes capacités.*
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Denoth l'Ange



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MessageSujet: Re: Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]   Mar 31 Jan 2012 - 16:05

"La mélodie est ce qu'est les larmes pour les yeux"

Un son étrange. Puissant, profond. Récurant, enivrant, suppliant. Une trêve dans l’angoisse. Deux mains et la douceur d’un automne, d’une feuille qui s’envole, qui survole. Légère et impuissante dans la grandeur du monde. Et pourtant cette mélodie, douce et mélancolique. Et pourtant, elle transporte, on oublie. On ferme les yeux et on sent de nouveau la caresse du jour sur sa peau. La caresse qu’on avait fuit, qu’on avait occulté. Le bonheur. Le cœur léger et la feuille qui s’envole, toujours plus loin, toujours plus haut. On la suit, crédule et naïf, on la suit sans se poser de question. La musique résonne et les notes se suivent, succinctes. D’abord, on n’aime pas cette air las puis, on s’y habitue, on commence à l’apprécier, on en tombe amoureux. Amoureux comme le Couchant face à nous. Le jour et partit, l’automne aussi. Pourtant, reste dans la tête cette mélopée, douce et vertueuse. La menteuse elle nous berce. Les yeux fermés que l’on veut ouvrir. Puis elle se fait insolente, violente, destructrice. On prie, on pleure, on a mal. On essaie de la faire taire. Mais nous sommes amoureux et l’amour toujours fait mal. La mélodie s’apaise et nous reprend dans ses bras, nous console. Le cœur serré, nous sommes sont jouet, elle est notre maitresse. Dur et impitoyable que le sentiment d’aimer. D’aimer l’immatériel, de ne pas pouvoir aimer. La chanson nous a trompé, elle n’est pas a nous. Le temps de nous en apercevoir et elle rit. Elle rit aux éclats devant notre crédule stupidité. Elle se marre, la mélodie, car nous n’avons pas su. Nous nous sommes laissé charmer, bercés par nos tendres illusions. L’automne est partit et le jour aussi. Le cœur à nu, nous mourrons. Nous crevons la bouche ouverte sans dignité car le temps est passé bien trop vite et nous avons été idiots de croire. Ainsi, c’est le temps qui nous fait toujours défaut. On court après, on le cherche, il nous rattrape, on le fuit. Le temps, toujours le temps. On ne jure que par lui si bien que son nom est devenu un tabou. On le voit passé impuissants. File, file les années. Et comme le temps nous a manqué, on repense au passé, pour le vivre plus longtemps, omettant le présent. Nous sommes faibles car en somme, on ne tire aucune conclusion de cela. Et les enfants entendront la mélodie, il la suivront et l’Automne passé, ils mourraient. Est-ce là la fin qui nous est à tous programmé ? Il faut croire que cela n’a aucun intérêt pour personne. Nous n’interprétons pas, trop compliqué pour nos cerveaux étriqués. Ainsi, l’Araignée tisse sa toile sur les plaies de nos erreurs, les comblant. Voir nos os, nos muscles, notre sang ne nous importe plus, Écorchés que nous sommes. Objet de science sans conscience. Le savoir que l’on transmet sans réellement connaitre la raison. Alors, dans un dernier geste de lésinerie, nous levons nos têtes agonisantes vers le soleil et nous le regardons : « Ô Bel Astre, fais-toi mien et je t’offrirais ma vie ». Mais le soleil n’en a rien a faire et dans sa paresse, se couche sur vos souffrances et s’assoit sur vos beaux principes. Ainsi va la vie. Gagner du temps pour finalement le perdre avec fracas. Le perdre dans les néant du silence. Et parfois, on se sent heureux de ne pas entendre de mélodie. Seulement, si ce n’est une mélodie, c’est un chant, une voix cristalline et pure qui vous hante, vous ensorcèle, vous attire. Mon cœur vole au-dessus des nuages, avec elle mais mon corps est résolument ancré à la Terre.

-Rentrer chez soi est un périple que l’on veux tous accomplir, l’Humain. Rare sont ceux qui y parviennent.

Une question sort de sa bouche. Pourtant insignifiante, ses conséquences n’en sont pas moins lourde. Qui sommes nous ? Dans les tréfonds de mon esprit tourmenté, je cherche, incapable de me rappeler. L’Ange. L’Ange ou celui qui perdit sa race, sa femme, son rang, son honneur. Je ne suis rien, Rien et pourtant, je suis plus. Abstrait, informe et indifférent. Je suis ce que chacun est, je suis ici mais pas là bas. Qui suis-je ? Je ne suis pas moins que les autres si je ne suis pas plus. Nous –bien que le nous face rédhibitoire- sommes tous pareil. Cet homme vert est comme moi, perdu, entre le réel et l’irréel. Il rêve, il dort, il mange, il pense, il se soumet, il domine, il se balade. Malgré cela, personne ne cherche de véritables réponses. S’il veux rentrer chez lui, il faut d’abord savoir où est chez lui. Je suis presque sûr que ce n’est pas à l’endroit où il pense. Oui, pour chercher des réponses, il faut savoir se poser les bonnes questions et ça, je l’ai appris avec le temps et les évènements. Et quelquefois, il ne vaut mieux pas les connaitre. L’ignorance est parfois un allié. Parfois un ennemi. Il suffit de le jauger en conséquence, de savoir quand utiliser l’un et quand utiliser l’autre. Ça aussi, nous en sommes tous capable lorsqu’on s’en donne les moyens. Réfléchir et agir. Chaque personne reçoit à sa naissance un stock, il suffit pour lui de piocher dedans quand bon lui semble. Les avares seront ainsi punit : s’ils en prennent trop d’un coup, leur stupidité naissante les amènera à leur perte. Et la vie est ainsi. La Nature est ainsi. Elle régule lentement les trop peu et les trop pleins, les mauvais et les bons pour que l’équilibre soit maintenu. Tout doit être équitable, même si l’Homme à une fâcheuse tendance à détourner les dons des autres. C’est pour ça que je suis. Je suis là pour aider, pour nettoyer ce qui est souillé, pour purifier ce qui a été damné. C’est pour ça que je dois maintenir l’ordre et resté ici même si mon cœur n’est plus à la vie. J’ai promis et Adiryl ne promet pas impunément. Ici, tout est magique. Lorsqu’un souhait, une requête, un contrat et établit, la magie Ancestrale veille à ce que l’on observe la parole faite. Pas de possibilité pour fuir, pris au piège dans l’étau de notre propre bêtise. Il est vrai que régulièrement je me demande ce qu’il m’a prit, pourquoi j’ai accepter la main tendu. Mourir dans mon monde d’origine est beaucoup moins pénible, beaucoup moins douloureux qu’une vie dans cette Parfaite Harmonie. Tout est beau mais les apparences sont parfois bien trompeuses. Doucement, je relâche l’étreinte presque passionnelle, la bise soufflant les effluves sanglantes de Feleth. Il serait midi et nos bras armées ont bientôt finit leur mission. Bientôt, on verrait cet être vert et déboussolé, on se demandera d’où il sort. Et je ne saurais que répondre. Enfin si, je saurais. C’est mon jour de repos. Je reste figé derrière lui, sans un mot, le silence de ma personne espérant croiser son regard.
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Volac Nénavist'



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MessageSujet: Re: Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]   Ven 3 Fév 2012 - 16:42

Après de longues heures de marche j'y étais enfin. Devant une faille. Ou plutôt devant LA faille qui me permettrait de remettre les pieds chez les miens depuis un an déjà. Une année entière pendant laquelle j'avait quitté ma patrie bien aimée afin de semer mort et désolation dans les plaines Felethiennes. J'avais répandu le sang dans les villes, j'ai annihilé tout être s'opposant à moi, sans critère de race, d'ethnie, d'apparence, d'âge, de conditions... Tous sont morts dans l'espoir d'un monde meilleur dirigé par la seule race véritablement méritante.
Et pour la première fois depuis tant d'années, je me retrouvais en face de mon passé. Sous les rumeurs de mercenaires qui m'avaient permis de profiter de leur campement, insouciant de mon état, que de nombreuses disparition avait été signalé aux abords d'une forêt. Pour de futiles humains tel qu'eux, ce n'était que des racontars. Pour moi, c'était un moyen de me dresser contre ce qui hantait chacune de mes nuits.

Mes dents se serraient au son même que faisait la faille. Je n'avais aucune assurance qu'elle me mènerait en Adyril, si ce n'est que les rares personnes à en être ressorties été considérées comme illuminées par leurs pairs. Leurs soit-disantes divagations leur faisaient se souvenir de forêts éclairées par un astre brillant qui dominait toutes choses de sa splendeur. Des hommes ailés à la l'allure majestueuse et des femmes dont la beauté éradiquait tout autre sentiment que celui de l'admiration à leur simple regard.

Nuls doutes qu'il s'agissait d'une faille menant vers le monde d'en haut et non vers les profondeurs du monde où vivent les pires ignomités que l'existence n'ait jamais connu.

Maintenant, il fallait franchir le pas. Ce royaume n'était plus le mien et la dernière fois que j'eus foulé son sol, l'écoeurement accablé mon coeur sans relache jusqu'à ce que je le quitte. Cruelle destinée pour un enfant des cieux de ne plus pouvoir vivre auprès des siens.
Qu'auriez-vous fait à ma place ? Rester ? Non, non... Je ne pouvais pas... Je ne peux pas... J'ai... Oubliez!

Mais il fallait que j'y retourne. Même si je ne pouvais plus y rester, un simple pélerinnage en son sein me permetterait de retrouver un calme et une sérénité que je ne saurai jamais trouver à Feleth. Même si le voyage devait m'en couter. Même si je devais être reconnu et solicité. J'irai et je repartirai. Ma place n'est plus ici. Partout et... nulle part...

Mes pas se faisaient lents et lourds. L'amertume me plombait les jambes jusqu'aux cuisses. Le temps n'était plus rien pour moi, ni les saisons, ni le vent. Tout n'était plus qu'un brouahah incessant. Une bande sonore sans image, plongée dans un noir complet que même la lumière céleste n'arriverai plus à dispercer. Mais ce chant m'était de l'ordre en moi. Ce scintillement permanent et grandissant à mesure que je m'approchais m'invitait à le suivre tout en me mettant mal à l'aise. Je savais ce qui allait m'attendre de l'autre coté mais je ne pourrai pas le voir. Il me manquait définitivement un sens pour ce voyage...

Et... Je... Vois... Des lumières! De grandes lumières blanches! Le ciel... Je vole. Je peux sentir l'air frais frôler l'ensemble de mon corps. C'est encore un peu flou mais je vois le sol. Je me retourne et voit d'autres anges. Leurs visages sont durs. C'est normal, la guerre est là! Sous nos pieds. Nous piquons. L'atterissage est mouvementé. Cela faisait tellement longtemps que je n'avais plus volé. Quel bonheur! Quelque chose de lourd dans ma main... Mon épée, c'est vrai! Aussi étincellante que... Enfin, passons. L'heure est à l'attaque. Ces humains périront par ma lame ou par celles de mes frères! Je taillade, le sang gicle, m'arrose, souille la terre, je continue, encore, j'ôte les vies, intouchable, puis je m'arrête. Une chose me trouble. Je regarde autour de moi. Ca m'est familié. Comme tous les champs de bataille mais... J'ai mal au ventre. Je respire mal. Les soldats d'Adyril accourent autour de moi. Je leur dis que je vais bien mais la douleur augmente, incessante, et ils se pressent. Leurs visages se troublent légèrement. Cette douleur... ! Puis le noir.


- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

Je venais de me réveiller. Avais-je comaté ? Combien de temps ? Et cette douleur. Je sentais les larmes humidifier mon bandeau jusqu'à rouler pour échapper au tissu saturé de liquide lacrimal. Je me souvienais ! C'était ce jour. L'effet des failles ne me faisait plus d'effets quand j'étais encore valide de part le fait que j'en empruntais souvent. Et aujourd'hui... Cela devient un supplice. Comme pour n'importe quelle espèce condamnée à aller sur ses deux pieds.

Je hoquetais en essayant de reprendre mon souffle. Les souvenirs affluaient sans que je ne puisse les stopper. Rien n'existait autour de moi à part cette douleur dans mes ailes absentes et ces fausses visions de juste avant ma "mort". Je ne savais même pas où j'avais atteri. Si seulement je pouvais faire exploser ma tête comme je le faisais avec les gens. Tout serait plus simple...
Je posais mes deux mains tremblantes sur mes tempes et, avec toutes la volonté du monde, j'essayai. Sans succès... Mes muscles se relachèrent, je cessai de pleurer et de trembler. Plus un hoquet ne vint soulever ma poitrine. Je gisais là, assis, seul, la tête tournée vers le sol plutôt que vers le ciel car après tout, c'est ce qui m'était destiné.
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Tridd Erogdish

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MessageSujet: Re: Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]   Mar 7 Fév 2012 - 18:36

L'Ange ne semblait pas vouloir relâcher sa prise. Il semblait complètement perdu dans ses pensées. Tridd ne savait absolument pas à quoi, et ne savait pas non plus ce qu'il devait faire. Il avait répondu bien sagement à ses questions, enfin, sans vouloir paraître trop agressif même si l'énervement commençait à pointer chez lui. Il ne savait toujours pas où il était, ni qui était cet ange, ni pourquoi il se retrouvait bloqué ainsi. Il n'avait même pas eu le temps de se défendre, pas le temps d'expliquer clairement ce qu'il voulait. Tridd se retrouvait piégé, sans pouvoir rien faire. Cependant, il n'avait pas voulu ça. Cette situation, il ne l'avait pas cherchée. Il s'était perdu dans cette maudite jungle et après un étonnant voyage sensitif, il s'était retrouvé ici, complètement paumé, à la merci de cette personne qui ne s'était même pas présentée. Il voulait juste rentrer chez lui. Au lieu de ça, il devait affronter cet ange.

-Rentrer chez soi est un périple que l’on veux tous accomplir, l’Humain. Rare sont ceux qui y parviennent.

L'ange lui avait parlé, mais encore une fois, en éludant les questions que Tridd lui avait posées. *Jamais il ne répondra aux questions. À croire qu'il est sourd ou quelque chose dans le genre.* Tridd en avait marre. Marre de ne pas être écouté, marre de ne pas être pris en compte, marre de ne pas pouvoir bouger à cet instant. Il allait craquer, dans pas longtemps. La rage commençait à monter en lui. Elle allait éclater s'il ne faisait rien pour la contenir. Tridd n'aurait certainement pas l'avantage physique sur son adversaire. La facilité déconcertante avec laquelle l'ange s'était glissé dans son dos et l'avait bloqué, ce n'était pas de très bonne augure. Il lui fallait un plan et rapidement. Mais ce n'était pas facile pour lui de réfléchir alors qu'il n'était même pas libre de ses mouvements. Se libérer. C'était la seule chose qu'il voulait faire. Il n'avait pas beaucoup de possibilités. Il savait qu'il pouvait encore utiliser sa magie de l'air, mais celle-ci n'était pas très puissante. Le mieux, ce serait de pouvoir s'éloigner et pouvoir se battre à distance, avec son arc. Cependant, la vitesse de déplacement de l'ange était un frein à ce plan. Peut être que s'il parvenait à se libérer et à immobiliser assez longtemps sa cible, il pourrait lui décocher une flèche qui le blesserait et lui permettrait de s'enfuir, assez loin pour pouvoir se cacher et chercher sérieusement où il était et comment rentrer chez lui. Finalement, l'ange le relâcha, sans aucun raison. Tridd ne comprenait plus rien. Un instant avant, il ne croyait pas s'en sortir dans se battre, et l'instant d'après, il pouvait de nouveau bouger. Il s'éloigna de quelques pas immédiatement, se retourna et regarda l'ange dans les yeux. Tridd ne lisait absolument rien dans ses yeux, aucune pitié, aucune férocité, aucune agressivité. Il y voyait que de la tristesse et peut être un peu de mélancolie. Même si l'ange était sur de sa force physique et de ses possibilités, il réfléchissait beaucoup, pensait tout le temps, au temps passé supposait Tridd, sans vraiment avoir envie de savoir ou d'aborder le sujet. Pour briser le silence de nouveau établi, Tridd se mit à lui répondre, tout en sachant qu'il ne l'écouterait de toute façon pas, encore une fois.

-Ils sont peut être rares, ceux qui ont réussi à rentrer chez eux, mais j'y arriverai, peu importe les sacrifices que je dois faire. Je ne finirai pas mon voyage ici, je n'ai pas encore parcouru tout le monde. Et, sans vouloir me répéter, je ne suis pas humain, mais orc.

Tridd ne savait à présent pas quoi faire. Fallait-il qu'il reste ici, avec cet ange, malgré le danger qu'il représentait de part son apparente instabilité ? Ou alors, Tridd avait-il plus de chance en partant seul dans cette forêt qui lui était totalement étrangère, au milieu d'une contrée qui lui paraissait de plus en plus inhospitalière malgré la bonne première impression que lui avait laissé le lieu et le cerf ? L'une ou l'autre de ces solutions comportait sa part de risque. Il ne savait absolument pas ce qui l'attendait dans cette forêt. Les créatures pouvaient être dangereuses, agressives, féroces et mille fois plus fortes que lui. Mais à côté de ça, il était déjà en présence d'un ange, qui était dangereux agressif et beaucoup plus fort que lui. Entre un danger potentiel et un danger déjà existant et devant lui, tout semblait indiquer que le danger potentiel, de part son caractère potentiel seulement, était préférable. Mais pourtant, Tridd espérait, en son for intérieur, que l'ange l'aiderait. Il n'y avait aucune pitié aucune dans ses yeux mais Tridd avait une confiance naïve en la bonté des autres, malgré les expériences qu'il avait vécu auparavant avec des démons ou d'autres créatures tout aussi dérangés et pourtant à l'air plus qu'humaine au premier abord. Il tenta le tout pour le tout.

-Allez-vous m'aider ou non ? Si vous ne voulez pas, je m'en vais, je n'ai aucune raison de rester auprès de vous, surtout après ce que vous avez fait.

Pas de réponse. Aucune réponse. Comme d'habitude. Les gens bizarres étaient les moins bavards. Tridd commençait à le savoir. Il allait se retourner et s'éloigner lorsqu'il entendit quelque chose au loin. Un bruit étrange, ainsi qu'une sensation dérangeante. Quelque chose approchait, il ne savait pas quoi, mais il allait se passer quelque chose. Il se mit sur ses gardes. Si c'était un autre ange dans le même genre qui approchait, il serait bien embêté. Deux pour le prix d'un, c'était trop. Un humain, ou en tout cas, une forme humaine, apparut non loin d'eux. Tridd resta à distance, par prudence, au moins le temps d'identifier le danger, si cette nouvelle apparition en représentait un quelconque. Elle était apparemment inconsciente. En tout cas, rien ne bougeait. Tridd se demanda s'il avait aussi été comme ça, s'il était apparu de rien. Cela expliquerait beaucoup de choses, et notamment, pourquoi il ne se souvenait de rien et pourquoi il ne savait pas du tout où il se trouvait à l'instant. Il ne lui restait plus qu'à savoir le comment du pourquoi. Ce supposé homme se trouvait-il également dans la jungle avant d'apparaître ici ou non ? Connaissait-il un moyen de rentrer ? Pourquoi pas … Tridd devait lui demander. C'était peut-être sa seule chance. L'arrivée de cet inconnu était finalement peut-être une bonne chose … Ses pensées furent interrompues assez rapidement.

-AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

L'inconnu venait apparemment de se réveiller, et en criant en plus. Tridd gardait ses yeux fixés sur lui. Ses premiers mouvements seraient déterminants pour savoir s'il était hostile ou pas. Tridd put enfin voir la tête de celui-ci. La seule chose remarquable, qui lui sauta aux yeux immédiatement, c'était un bandeau, qui recouvrait les siens justement, de yeux. Il restait assis par terre, se frottant les tempes, voulant évacuer un mauvais mal de tête sûrement. Tridd n'avait pas esquissé le moindre mouvement. Il se contentait d'observer. Il ne voulait pas faire le premier pas vers l'inconnu cette fois, il attendrait que l'inconnu vienne vers lui. Ce serait moins dangereux pour lui. Il aurait le temps de voir venir, de réagir au lieu de prendre les initiatives. Il attendrait … et saurait tirer avantage de l'effet de surprise pour une fois.
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Denoth l'Ange



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MessageSujet: Re: Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]   Ven 2 Mar 2012 - 21:13


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Le silence étrangement bruyant. Déroutant, entêtant. Les Hommes ont une faculté énervante pour parler afin de ne rien dire. Jamais leur parole ne sert, jamais elle ne les guide. Vide. Des palabres fébriles emportées au vent de midi. Rien de plus qu’une immense toile de vide dans lequel cette race s’est prise et éprise. Tout les hommes brassent de l’air finalement. Aucun d’entre eux n’ouvre la bouche pour dire la vérité. Mensonge et faux-semblant. Tous des hypocrites, ils se cachent et s’assomment à coup d’insanité et d’ignominie. Est-ce donc ça qui les fait vivre ? Jamais, non jamais je n’ai comprit le véritable sens de la parole. Celle-ci même qui pourrait être considérée comme une traitresse. Sans Elle, les guerres n’existeraient pas. Les sous races non plus. Seul le bien et la paix domineraient en maitre absolu, les êtres en harmonie, écrasés par tant de sublimation spirituelle. Mais ce n’est pas le cas et ainsi, l’Humanité et les Sous Races continuent inlassablement à polluer le monde de phrases parfaitement inutiles et dangereuses. Ils ne savent pas non plus observer le silence. Non, le calme leur fait peur. La paix leur fait peur. Ils font tout pour le briser, l’anéantir. Mettre un humain mal à l’aise est assez aisé pour les Créatures Supérieures –celles qui ont enfin comprit qu’il valait mieux se taire que parler pour ne rien dire. Ces êtres de toute puissance n’ont juste qu’à rester de marbre. Et puis, n’est ce pas dans le silence qui mène à la réflexion ? Cette chose que beaucoup ont oublié au profit de la destruction. Quels ignorants… Ils courent à leur propre perte et se réduise déjà eux même : une personne qui parle et qui ne réfléchit pas est aussi morte qu’un condamné de l’Armée Blanche. C’est tellement triste tant de stupidité. A présent, on élève les enfants ainsi, comment se ferait-il qu’il en soit autrement ? Leurs mères les allaitent d’idioties, les gorgeant d’absurdités monstres qu’ils ne remettront bien sûr jamais en question. Mais ce n’est pas la faute du fils, c’est uniquement celle de la mère. Leur progéniture batarde, fruit de l’union d’un soir pour le plaisir d’un heureux couillon, n’est souvent pas désiré. Aussi, ces vipères avides de vengeance se mettent à mentir comme nul ne le peux. Oh oui, elles sont fortes ces Catins humaines. Elles ont tellement peu d’estime d’elles-mêmes qu’elles s’offrent aux premiers venus. Elles deviennent alors des pantins, mes cibles préférées. Aussi manipulable qu’influençable, nombres d’entre elles ont pêché avec moi, à l’insu de leur mari, amant, parents… Elles sont devenues un divertissement sans odeur ni gout. Fades. Plus inutiles encore que la parole. Le jeu n’est même plus drôle. Lassant. Alors maintenant, pour rendre mes visites intéressantes, je blesse, je mutile, torture, tue sans une once d’amour, de compassion ou bien pardon. Elles ne méritent rien d’un être supérieur si ce n’est la mort. Elles devraient d’ailleurs s’en réjouirent mais au lieu de ça, elles crient toujours comme des putains, brisant leurs cordes vocales.

-AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH

Un cri. Déchirant l’air et le temps. Le cri d’un voyage douloureux, je le sais. Je sens encore la faille. L’air est calme, une douce brise souffle inlassablement comme pour chasser toute les impuretés. Dans ce paysage si magique, seul l’Homme Vert fait tâche, détonne dans la clairière. Les beaux arbres nous entourent et dans un silence tombé en même temps que le cri on peut entendre leur plainte balayée par la bise fraiche. Si quelqu’un me trouve en présence d’un étranger, il ne me restera plus qu’à supporter la déchirure d’une aile que l’on brise, que l’on arrache. Nombreux sont ceux qui ont vécus ce calvaire. Nombreux sont ceux à qui je l’ai fait enduré. Il faut dire que le général Sentencia ne lésine jamais. Intransigeant. Sales sont ses mains et coupante son arme. Il n’est plus qu’une ombre. Quand le Mal insinue dans le Paradis… Adyril n’a plus la saveur d’antan et peu à peu, toute ses couleurs se ternissent. Tel est, surement, le destin de mon monde, si beau et si puissant soit-il. La déchéance. Les années, les siècles s’enchainent, devenus monotones et insipides. Ils n’ont plus aucun sens, même plus la peine d’être vécu. Et moi, dans tout ça, je me dois de rester là, regardant lentement le monde se morcelé. « Une promesse est une promesse ». Comme j’aimerais la rejoindre, là où elle est, elle doit être si bien. Petite Rose, attends moi encore. Un jour je saurai me délivrer de mes liens qui inexorablement m’enchaine à cette terre sans plus aucun arôme pour moi. Une tête se lève, pourtant, elle ne semble pas regarder. Ce petit laps de temps me permet de mettre l’homme Vert à terre, lui envoyant mon genou dans le ventre pour le plier puis le jetant à terre. Je tire lentement l’épée de son fourreau. Souple et si légère… Symbole de mon allégeance aux empereurs pour une infinité de temps. La note métallique suit rapidement un mouvement de ma main libre qui saisit les cheveux du ‘Visiteur’, plaçant ma lame sous sa gorge. « Pas d’affolement, je te renverrai chez toi si tu nous sauves la vie ». Ne le prévenant aucunement pour m’assurer de l’efficacité de la mise en scène. Je n’ai absolument aucune intention de le tuer, seulement il ne faut pas qu’on nous trouve bavassant alors que j’aurais dû lui ôter la vie dès les premières secondes de notre rencontre. Il n’a pas l’air hostile et pour un homme –bien que trop bavard- il semble beaucoup plus intelligent. De la compassion ? Ce sentiment, je l’ai oublié il y a bien longtemps. Non, finalement, c’est simplement mon jour de repos. Lassé de tuer. Lassé de voir du sang rependu inutilement. Je le tiens fermement appuyant ma jambe sur son dos pour l’empêcher de trop bouger, fixant toujours la tête. Soudain, le bandeau du nouvel arrivant me saute aux yeux. Je sais enfin de qui il s’agit… Effectivement, bien que déchu, un soldat Adyrilien, qui plus est un lieutenant de son niveau, a toujours autant d’influence. Peut-être même étions nous frère d’arme dans une quelconque bataille…

-
[color=#6495ED]Que faites-vous ici Sous-lieutenant Nénavist ? Vous n’êtes pas vraiment le bienvenu , mon ton est toujours calme, posé et assez audible pour qu’il l’entende comme si je me trouve près de lui.
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MessageSujet: Re: Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]   Sam 17 Mar 2012 - 17:30

Une voix... Quelqu'un parlait... Je n'étais donc pas seul... Je sortais peu à peu de mon état de dépit. Je relevai la tête vers la source sonore de laquelle je commençais seulement à analyser les paroles. Cette personne savait qui j'étais et connaissais même mon grade. Enfin, celui que j'aurai dû avoir si je ne m'étais pas détourné des cieux... Je sentis alors autour de moi les choses.

L'air frais emportant à chaque brise les parfums voluptueux de la clairière des Sages. J'étais donc bien revenu en Adiryl. La caresse du soleil était également différente de celle en Feleth. Elle me parut presque étrange. Aurai-je séjourné aussi longtemps dans les bas-fonds du monde pour ne plus me sentir ici chez moi ? Ou est-ce que ce sentiment était déjà là quand j'ai quitté ces terres, puis s'est estompé avec l'accoutumance du monde des humains ? Cela m'effraya un peu. Je trouvais l'atmosphère inhabituelle alors que j'appartiens à ce monde.

Je perçus enfin une aura, angélique et assez caractéristique des Séraphins. Chose qui me rassura. Je n'avais jamais pu faire de différences entre les auras des autres races d'Adiryl sauf pour les Séraphins. Peut-être parce que cela était un avantage sur les champs de bataille.
Il n'était pas seul. Mais je n'arrivais même pas à définir la puissance de cette seconde aura. Soit elle était si minable que je ne pouvais correctement la percevoir ; soit mon congénère est si puissant qu'il la masque entièrement.
Nombres d'anges incroyablement forts parcouraient ces terres. Il n'aurait pas été surprenant qu'il en soit un.

Je décidai finalement à me relever. Toujours silencieux. La précipitation était un trait de caractère que je n'arborai jamais, même quand j'étais encore... entier. Sauf lors des assauts contre l'ennemi. C'était, cependant, une précipitation maîtrisée, juste et dévastatrice pour nos adversaires.
Je me tins debout, toujours tourné dans la direction d'où émanait la voix. J'attendis que le silence s'installe un peu plus. C'était pour moi un excellent moyen d'assimiler le fait que j'étais de nouveau au royaume céleste, avec ce que cela impliquait comme conséquences.
J'inspirai à fond et, prenant la posture des gradés Adiryléens, je lâcha :


- Qu'y a-t-il ? Est-ce parce qu'il ne peut plus voler qu'on ne doit plus le respect à un militaire ?

J'évitais pertinemment la question, tout en revendiquant mon autorité par mon ton de voix, sec et ferme. Je sentais revenir en moi cet esprit de hiérarchie. En quelques minutes, je passais de Volac l'assassin de Feleth au Volac militaire, rigoureux et intransigeant.
Je n'osais même pas imaginer l'état dans lequel devait être mon uniforme. Moi qui était si peu soucieux de ce qu'il advenait sur Feleth, j'aurai pu rougir de honte de me présenter dans un ensemble aussi délabré. Quel tailleur Felethien aurait l'audace et le savoir faire pour accepter d'entretenir les vêtements d'un ange considéré comme l'ennemi publique numéro un. Sans compter que j'étais persuadé que le savoir angélique était, de loin, en avance sur celui des autres races. Même en matière de couture.

Ma main glissa lentement à mon coté, frôlant le pommeau de ma lame. Elle ne représentait plus, pour moi, qu'un symbole de mon passé. Je ne comptais pas m'en servir et n'en avais pas non plus besoin pour me battre. C'était plus... instinctif. Une sorte de réflexe accompagnant les souvenirs du temps jadis où je m'en servais pour ôter la vie aux sous-races du monde du milieu.
Si j'avais eu ma vue, j'aurai certainement toisé d'un regard de défi ce Séraphin qui semblait, pour le moins, si peu ravi de me voir.

Il y avait une odeur autre que les effluves floraux que transportait le vent. Une senteur nettement moins agréable à mes narines. Qui me rappelait, d'ailleurs, le monde que je venais de quitter pour arriver ici. Y avait-il eu quelqu'un pour emprunter ce passage avant moi ? Même si le vent était faible, sa visite ne devait pourtant pas dater...
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Tridd Erogdish

L'orc élevé parmi les hommes

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Race : Demi-Orc
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Fiche de Personnage : Ma Fiche


MessageSujet: Re: Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]   Sam 24 Mar 2012 - 20:22

Trop occupé par le nouvel arrivant, Tridd en avait presque oublié l'autre personne, la première, celui qui l'avait accueilli ici et déjà agressé un peu auparavant. Il n'aurait pas du tourner la tête et être si peu vigilant. C'était totalement de sa faute. Au moment où il s'en rendait compte, il était trop tard, encore une fois, comme d'habitude en fait. Il n'apprendrait donc jamais rien. En une demie seconde, Tridd se prenait un coup de genou dans le ventre. Il se tordit de douleur. La douleur était venu bien avant qu'il ne voie l'ange tout proche de lui. Il était si rapide qu'il n'aurait pas pu l'éviter. Il n'était clairement pas au même niveau. Tridd se retrouva à terre juste après, récoltant au passage quelques égratignures au visage et sur les bras. Une goutte de sang perla sur son avant droit bras. Il n'eut même pas le temps de se soigner que l'ange revint et repassa à l'attaque. Prenant Tridd par les cheveux et lui arrachant un grognement en prime, il le releva et plaça l'épée qu'il avait tiré quelques instants plus tôt sous sa gorge. Le contact de la lame froide contre sa gorge … Le bruit du métal sorti de son fourreau … Tridd commençait à avoir des sueurs froides. Il savait à quel point l'ange était instable ou plutôt, il en avait vu une grande partie. Et le savoir si menaçant, avec son épée si proche de lui donner la mort, cela ne le rassurait pas du tout. Cependant, l'Ange se voulut rassurant et lui expliqua de ne pas s'inquiéter … Comme si Tridd pouvait faire autrement, comme si la situation n'était pas si inquiétante que ça. Par contre, la promesse de le ramener chez lui, cela lui plut tout de suite. Il ne savait pas vraiment ce qu'il devait faire, mais un signe de coopération, c'était une bonne chose. Il ne savait toujours pas pourquoi il avait besoin d'être menacé, mais si cela lui permettait de rentrer chez lui … Il fallait juste qu'il leur sauve la vie, la sienne et celle de l'Ange. Tridd n'avait pas compris de quoi il fallait qu'ils se sauvent mais tant pis. De toute façon, il était bel et bien coincé et pourrait mourir dans la seconde s'il faisait un faux mouvement. Autant rester calme.

La deuxième personne était alors encore assise. Tridd était bloqué, une jambe contre le dos, la gorge toujours sous la menace d'une lame. C'est finalement le premier, l'Ange qui rompit le silence. Ils se connaissaient apparemment, et faisaient tous les deux partie d'une armée. Le deuxième qu'il avait prit pour un homme était finalement un autre Ange. Tridd ne savait pas grand chose sur les grades militaires, mais le Sous-lieutenant voulait dire que c'était plutôt un haut-gradé selon lui. Mais après tout, il n'en était absolument pas sur. Si ça se trouve, le premier Ange était encore plus haut-gradé que ça. Il n'y avait aucun signe distinctif. Tridd apprit aussi que l'autre ange s'appelait Nénavist et n'était pas le bienvenue ici. Pourquoi ? Pour quelle raison un ange ne serait plus le bienvenue parmi les siens ? Peu importait au final …

L'ange Nénavist mit du temps avant de réagir. Le voyage avait du mal se passer, ou alors, il restait éprouvant pour tout le monde de voyager à travers une faille, même en étant un ange. Tridd lui-même avait eu du mal à s'en remettre et se sentait toujours un peu affaibli. Alors, pourquoi pas pour lui … ?

Finalement, il se rendit compte de la présence des deux autres personnes, l'orc et l'ange. Sa manière de se tenir, son bandeau sur les yeux … Tridd ne saurait pas dire pourquoi, mais cet ange lui semblait assez bizarre, différent. Il se releva enfin, après un petit moment d'attente, comme s'il lui fallait assimiler son environnement. Tridd le comprenait, il avait aussi mis du temps pour faire cela. Se rendre compte de la beauté des choses qui l'entouraient, de la nouveauté des lieux. Voilà ce dont il avait été question pour Tridd. Pour Nénavist par contre, s'il était bien un ange, c'est qu'il était déjà venu ici, vraisemblablement. Ce n'était pas donc pas une découverte. Mais s'il venait par ce même moyen de transport que Tridd avait emprunté, c'est qu'il devait se trouver dans un lieu sensiblement différent. Il fallait sûrement donc un petit temps pour s'habituer. Après un bon moment, il se redressa totalement, comme s'il prenait une pose, droite et digne, militaire presque. Il cria presque. C'était effectivement un militaire, et aussi un ange, par rapport au fait qu'il parlait de ses ailes disparues. Cela confirmait ce que pensait Tridd. L'ange porta la main au pommeau de son épée, le frôlant juste. Il y avait beaucoup trop d'épée dans le coin selon Tridd qui lui, était désarmé et impuissant dans ce genre de combat.

Tridd se sentait un peu un étranger. Les deux se connaissaient et étaient armés. Ils semblaient également dangereux, tous les deux. Ils savaient apparemment manier l'épée à la perfection. L'un était un militaire, ou un ancien militaire. L'autre n'avait plus à prouver sa puissance auprès de Tridd vu qu'il le menaçait à l'instant même.

Tridd se demandait ce qu'il faisait là. Il regardait l'ange Nénavist, n'ayant pas trop le choix. L'autre ange le bloquait et l'empêchait de bouger. Son attitude restait digne. Il se tenait droit. Comme s'il défiait l'autre ange de lui interdire quelque chose. Malgré son bandeau, il cherchait presque l'affrontement visuel, ce qui était plutôt dérangeant. Tridd ne pouvait s'empêcher de fixer ce bandeau. Il se demandait qu'est ce qu'il pouvait bien cacher. Des cicatrices ? Des orbites vides ? Des yeux scintillants dans le noir ? Curiosité quand tu nous tiens …

Cependant, Tridd n'osait pas prendre la parole. Ce n'était pas à lui de le faire, il le sentait. Lui, était un intrus, juste un visiteur qui n'aurait pas du venir ici. Il ne sentait même pas le droit de parole. L'ange au bandeau ne semblait même pas l'avoir remarqué en plus. Quoique …

Tridd souffla alors à voix basse, pour que juste l'ange qui le prenait en otage l'entende.

« Que voulez-vous que je fasse ? Et qui est-ce ? Est-il dangereux pour nous ? »

Tout en disant cela, Tridd gardait son regard rivé sur l'autre ange, Nénavist.
Il se demandait ce qu'il allait pouvoir faire, ce que ça allait donner avec lui.
Encore un fou … Il n'espérait pas.
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Denoth l'Ange



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MessageSujet: Re: Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]   Dim 26 Aoû 2012 - 16:32



Souvenir lointain, avenir incertain ?



Je me souviens. Il y a une jour, une éternité. Le temps n’a plus beaucoup de valeur pour moi. Je me souviens des tambours de l’Adiryl qui résonne, plus fort à chaque seconde. Je me souviens de ces hommes partis chercher le salut. Partis se battre pour la gloire, pour l’oubli, pour l’Eternité. Car voilà ce que tout le monde veux. Voilà en quoi le Monde se résume depuis quelques siècles. Toute personne n’aspire plus qu’ a laissé une trace indélébile. D’être reconnu des années durant comme Celui. Pourtant, il est parfois préférable de sombrer dans l’oubli, de se terrer pour ne pas que son nom soit souillé. Je savais cela, oh oui, je le savais mieux que quiconque. Et les tambours cessent, les rangs tressaillent. De peur, d’impatience. Mais au-delà de ça, c’est la Stupidité qui coule de leur yeux, sort de leur bouche et transpire de tout les pores de leur peau. Je fais partit de ce là, je le sais, je ne l’ai pas oublier. Je n’oublie rien. Puis, dans le silence qui entourent ces personnes, un craquement. D’abord fébrile puis fort et enfin, un tourbillon renversant de couleurs, d’odeur et de bruit. Des rires cristallins, des sourires tendres. Des voix que l’on aurait cru enfouit mais qui ressurgissent, soufflant quelques encouragement inutiles. L’Armée Blanche était en marche, voilà de cela quelques années pas si lointaines. Nous sommes une centaine. Pas plus. Les races inférieures sont si faible qu’il est inutile d’envoyer plus de monde. La guerre de purification avait été entamée depuis peu mais déjà, les esprits n’avaient plus que ça en tête. Loin d’eux les beaux jours où l’on rêvait paix et bonté. A présent, tout n’est plus que carnage et destruction dans leurs esprits formatés. Et moi, Stupide, je me suis tu. Je suis du monde du dessus depuis plus longtemps que n’importe quel être, plus longtemps que beaucoup de haut gradés. Pour certains, j’ai connu arrière-arrière grand-père, pour d’autre, ils ne sont pour moi qu’enfants. J’avais vu. Je sais ce qu’est le vrai Adiryl, au temps où l’Empereur ne siégeait que pour mieux rependre la vertu. Et à présent, je regarde ces hommes qui oublient de là où ils viennent. Ils oublient les fondement et les principes. Mais si tel est le prix de l’Ignorance et de la Mort, alors je l’accepte sans broncher. Si il faut que j’affronte cela pour la rejoindre, je le ferais. Devant moi, se tient un séraphin. Il se tient droit, il semble fort. Quelqu’un plus loin le hèle : « Sous-lieutenant Nénavist, nous sommes tous prêt. »…

A présent, je regarde l’homme qui se tient devant moi. Son uniforme autrefois rutilent n’est plus qu’haillons. De sa splendeur rayonnante, sa stature, il ne reste qu’une vague ombre. Bien qu’il essaie de se donner un air, il ne trompe personne. Ce n’est plus le même, il a, dans son être quelque chose de changer. La position dans laquelle je me trouve devient plutôt inconfortable. Il y a des choses dont on ne veux pas se souvenir, et d’autres que l’on ne doit pas. Le temps m’écrase comme un poids sur mon corps, sur mon cœur, et ressasser le passé ne sert à rien de plus que de vivre une lente agonie. Pourtant, je le vis toujours… Là, dans le champs pas plus tôt que ce matin. C’est à ma Rose que je pensais, à ma Rose que je l’ai comparé… Elle me manque… Une larme roule de ma joue pour s’écraser sur le crâne de l’être vert. De toute façon, personne ne peux me voir. Je ne suis pas faible. Je ne suis pas un faible. Je ne peux pas être un faible, je suis moi. La main serré sur la poignée de mon arme, j’enfonce un peu la lame dans la chair. Il ne saignerait pas de suite mais dès qu’elle ne sera plus une menace pour lui, il sentirait un chemin poisseux. La blessure ne le tuera pas, mais lorsqu’il se regardera dans l’eau, il verra que nul est infaillible, et que parfois la soumission n’est pas un mal. Je l’avais fait, je m’étais incliné, effacé pour survivre. Cela me réussit. Les yeux brillants, je lui intime le silence en appuyant mon genou sur son dos. La parole, toujours la parole. Alors que le Silence est tellement plus bénéfique. Plus propice à la réflexion. De plus, en temps qu’humain et qu’hôte, il n’a pas à intervenir alors que nous parlons. Nénavist est plutôt maigre, en comparaison à la dernière fois que je l’avais croisé. Plus sec, les muscles toujours aussi saillant. Son bandeau semble sale, usé. Tout comme lui. Fourbu par le temps et le voyage qu’il venait d’accomplir, peut-être par erreur. Malgré son absence de visibilité, il semble me toiser. Un air de puissance… Même ainsi diminué, il reste d’une étrange beauté, caractéristique des séraphins. Peu à peu, il semble retrouver sa splendeur d’antan, son intransigeance et le calme militaire. Tout en lui respire l’apaisement, aussi étrange cela apparait. Sa main glisse lentement vers son arme. Je laisse cependant mon regard fixe sur lui. Il ne semble pas vouloir attaquer. Plutôt… ressentir de nouveau ce qu’un jour il avait pu éprouver. Doucement, j’intime à l’homme de ne pas bouger, sinon à peine de respirer puis, d’un battement d’ailes, me retrouve auprès de l’ancien militaire, à une distance honorable par prudence. Dans un bruit métallique, je rengaine l’épée.

- Je ne dois de respect à personne. Militaire ou pas et vous le savez. Le respect s’obtient et jusqu'à preuve du contraire, c’est votre lâcheté que j’ai vu. Vous n’êtes plus ce que vous avez été. Alors maintenant, sous-lieutenant Nénavist, que faites-vous ici ? Le Pays vous manque ?

Ma voix est toujours aussi calme. Comme l’eau du lac, elle n’émet aucune vague. Même pas un ton de reproche. Tout cela n’est qu’affirmation placide et questions simples. Je n’ai en tête que la volonté de comprendre et non de le provoquer. Mes yeux le regardent, observent chacun de ces mouvements. Peut-être a-t-il dans son exil compris certaines choses que le Monde actuel essaye vainement d’enfouir. Sans même me retourner, je fais un petit signe à l’homme vert de venir nous rejoindre.

- Il y a des choses qui doivent se régler en temps voulu. Monsieur, je vous présente mon invité du jour que je compte reconduire chez lui sous peu.
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Volac Nénavist'



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Race : Séraphin
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Fiche de Personnage : L'histoire d'un ange


MessageSujet: Re: Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]   Sam 1 Sep 2012 - 21:59

- Je ne dois de respect à personne. Militaire ou pas et vous le savez. Le respect s’obtient et jusqu'à preuve du contraire, c’est votre lâcheté que j’ai vu. Vous n’êtes plus ce que vous avez été. Alors maintenant, sous-lieutenant Nénavist, que faites-vous ici ? Le Pays vous manque ?

Je fus saisi par ces paroles. Mon cœur se serra fort, d'une douleur partagée entre la colère et l'amertume. Certes le respect n'était jamais acquis d'instinct mais n'ai-je jamais travaillé pour l'obtenir ? Ai-je, un jour, déçu mes hommes et mes collègues soldats ? Mes supérieurs ? Ma famille ? Tout ce à quoi j'aspirais était d'être un citoyen exemplaire. Peut-être pas sur tous les plans car beaucoup de qualités me manquaient mais j'avais décidé de donner ma vie pour ma patrie. De tout faire pour préserver les battements du cœur d'Adiryl, sa gloire, son honneur et sa prestance. Je ne faisais plus qu'un avec mes paires, autant dans les combats qu'au quotidien alors pourquoi ?

Tout en me faisant submergé par ces émotions dont mon cœur était la proie, je défaisais mon bandeau sali par les voyages et les meurtres. Puis je laissai tomber mon bras le long de mon corps, le morceau de tissu écrasé dans ma paume.

C'était parce que je n'avais plus d'ailes ? Parce que je n'avais plus mes yeux ? Je n'ai plus le droit au respect malgré mon sacrifice, condamné à errer, essayant de racheter une faute que je n'ai pas commise en continuant, solitaire, le combat d'Adiryl contre l'imperfection. Quel Séraphin oserait renié sa place au sein de sa famille pour mener une vie dans des contrées maussades où vivent des races impures se souillant chaque jour un peu plus avec leur ivresse de connerie ? Aucun ! Mais moi je ne le suis plus, c'est ça que les gens se disent en me reconnaissant... J'ai été Séraphin et je ne le suis plus car trop attaché à ma patrie. J'ai laissé mon ancienne vie sur les champs de batailles quand d'autres conservent leur place dans leurs doux foyers, regardant passer les nuages, se demandant quel temps radieux il fera pour le lendemain, s'interrogeant sur ce qu'ils aimeraient faire et soupirant devant le panel de choix s'offrant à eux, n'ayant même pas conscience de ce qui se passe sur les autres mondes. Alors pourquoi ne suis-je plus alors qu'eux le sont...

Je sentais peu à peu se durcir les traits de mon visage. Même sans mes yeux je pouvais voir les visages enjoués des braves et bons vivants du royaume du dessus vivre paisiblement leur existence pendant que je traînais dans la boue pour un honneur qu'on ne m'accorde même plus.
J'affichais mes orbites vides, cicatrisées mais encore noires des séquelles de brûlures. Des cicatrices de toutes tailles les traversaient jusqu'à s'étaler sur mes joues, mon front et mes tempes pour les plus grandes. Je le savais car je les sentais au bout de mes doigts, ses orbites creuses que j'ai si longtemps caressé dans les ténèbres de ma cécité et dans la tristesse de ma solitude, espérant qu'un jour je me réveillerais de ce cauchemar qu'était devenue ma vie.
Je n'écoutais même plus les paroles de mon interlocuteur. Les seuls paroles qui résonnaient dans ma tête étaient « votre lâcheté !».


- Ma... lâcheté... ma... lâcheté... m... a...

Elle était donc là cette vérité. Celle qui m'a toujours nargué sans jamais se montrer. Celle qui était la cause du dégoût de moi-même. C'était ça...
Les battements de mon cœur s’accéléraient à chaque nouvelle pensée. La colère m'envahissait de plus en plus. Je comprenais de nouveau ce qui m'avait poussé à partir, cette vérité oubliée dans le sang des autres races. J'ai eu raison... Mais... Pas ici... Pas comme ça... Je ne pouvais pas retourner ma colère contre mes semblables car sinon, mon sacrifice n'aurait plus le moindre sens. J'aurai définitivement tout perdu...


- Je sais que je n'ai plus le droit au respect... Quel importance ? Je n'ai plus d'yeux, je n'ai plus d'âme, je ne suis plus qu'une des nombreuses incarnations de la colère d'Adiryl pour les autres mondes et ici, je n'existe plus. J'étais venu trouver le capitaine Sentencia pour affaires personnelles.

Je remettais mon bandeau et essayais de contenir la rage qui me rongeait. Cette rage si particulière qui m'avait enlacé la première fois que je compris ce qu'allait devenir mon destin.
Soudain, un souvenir me frappa comme un électrochoc. Je me souvenais d'une lettre que j'avais écrite à ma mère au début de ma dernière mission. Les phrases qui la contenaient étaient floue dans ma tête sauf un passage :


...Le général m'a appelé, c'est « sans quartier » qu'il m'a nommé. J'y acquis un beau ruban. Il m'a dit : boute ça sur ton habit, et combat toujours l'ennemi ! Il faut que ça soit quelque chose de précieux pour que les autres m'appellent Monsieur. Ma mère si je meurs en combattant, je vous enverrai ce ruban. Dîtes à mon père, à mon cousin, à mes amis que je vais bien...

Le lendemain, je mourrais... Ma main se pressa sur mon torse, au dessus d'une broderie effacée par le temps. J'inspirai profondément, la colère laissait place à la mélancolie et la tristesse. Peut-être était-ce là le dernier acte représentatif de ce que j'étais par le passé que je pourrai faire. Me sentir encore une seule fois ce que j'étais. Je releva la tête vers le Séraphin et demanda :

- Puisque vous semblez vouloir rendre service à ceux qui n'ont pas leur place ici, pourrais-je vous charger d'une simple course ?
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Balade au pays des anges [PV Denoth & Volac]

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