''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]

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Haocia Nerini

Le Corbeau

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MessageSujet: Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]   Mer 1 Fév 2012 - 23:05

Il faisait nuit. Les ondulations de la mer reflétait une lune pleine et blanche, qui soulevait l'eau en vague par sa magie et sa puissance. Une vague était un bruit d'eau calme et apaisant, car il donnait l'impression de balayer l'esprit de tous les soucis, en un bruit brutal et rapide. C'en était fini des problèmes, la vague les emportait tous dans son mouvement de rétractation. On entendait au loin quelques mouettes et autres oiseaux des mers qui piaillaient. Puis, les criquets vinrent aussi ajouter leur touche personnelle à ce calme imposant, faisant grésiller leurs ailes dans un petit bruit aigu et régulier. C'était la symphonie de la nature à l'état pure. Il fallait écouter, et savourer ce spectacle magique qui se déroulait innocemment tous les soirs, tandis que les Hommes s'affairaient à s’entre-tuer. Parfois, on entendait aussi quelques bruits d'éclaboussure, c'était simplement quelques poissons qui bondissait dans l'eau qui s'étalait à perte de vue, et qui creusait bien plus loin la terre jusqu'à ces entrailles, des entrailles dont même les plus valeureux explorateurs, ou les plus puissants mages, n'auraient pas pu entrevoir. Ils ne pouvaient pas entrevoir un monde lent et simple, qui ne vivait pas sans se soucier du temps. Car là-bas, sous la surface, le temps était figé, voir même inexistant.

Inexistants, comme les sentiments de cette femme qui levait les pieds dans le sable fin qui semblait pourtant lourd sous ses semelles. Des milliers de petits grains qui s'unissaient pour engloutir les pieds de la silhouette, de l'ombre qui se dessinait parfaitement dans la couleur claire du sable. Le fantôme s'étala sur les marques que les vagues avaient laissé derrière elle sur le sable sec. Elle posa ses mains sur le sable, caressant l'union des cailloux. C'était une sensation agréable. C'était à la fois doux et granuleux. Un paradoxe, un miracle de la nature. Elle prit une poignée de sable dans le creux de sa main, et ferma le poing, pressant sur le sable qui s'enfuyait furtivement par tous les trous possibles de son poing. Quelque soit l'étreinte, la nature réussira toujours à s'échapper de l'Homme. Mais Haocia n'était pas une rêveuse, elle n'était pas là pour admirer cette beauté que les hommes croient éphémères, alors qu'elle est plus vieille qu'eux. D'un coup, et envoya valser une quantité importante de sable à côté d'elle. Elle se releva d'un coup, frottant le sable qui s'était collé sur sa cape. C'était un torrent de sable qui tombait sans bruit. Elle se tourna et prit une pelle qui était plantée derrière elle, puis elle commença à creuser.

Elle envoyait valser le sable loin devant elle, mais quelques grains se rebellaient en se faufilant sous son masque de corbeau, dans les trous des yeux. Elle ferma les yeux en marmonnant, et passait quelques fois sa main sous son masque pour frotter ses yeux. Cette nature n'était vraiment pas son élément. Elle était issue de la lignée des Nerini, d'une famille de noble, et cette nature ne lui convenait pas. En plus, elle redoutait beaucoup la mer, car elle ne la maîtrisait pas, elle échappait à son contrôle. Elle ne voulait pas tout maîtriser, et avoir la toute puissance, mais elle voulait avoir au moins une issue pour survivre et avoir un avantage. Avec l'océan, il n'y avait aucune issue. Elle voulait laissait ou vous emportait. La vie dépendait de son caprice. C'était un peu comme Haocia avec ses prisonniers quand elle les torturait. Elle agissait selon son humeur, elle était vraiment elle-même. Alors sommes-nous nous-même seulement quand nous faisons du mal ? Le mal définirait la nature humaine ? Les questions existentielles tourmentaient l'esprit de la jeune femme malgré elle. C'était une perte de temps, mais elle cherchait à tout comprendre.

Voilà, elle avait fini de creuser. Elle observa la profondeur. Elle n'aimait pas ça, elle avait l'impression d'être confrontée à son propre néant. Elle préférait quand le néant était à l'intérieur d'elle, et qu'elle ne le voit pas en face. C'était beaucoup plus simple à supporter, quand on ne le voit pas, quand on met un masque. Un masque qui symbolise la puissance, qui plus est. Arrachez lui son masque, et vous lui arrachez son visage. Ils ne faisaient qu'un. Elle sortit de sa besace une boite en bois, et la posa délicatement dans le trou. Cette boite contenait des cristaux rares qui avaient des dons exceptionnels. Mais elle savait que ces cristaux étaient aussi très convoités par les autres sorciers, alors elle s'était dit qu'il fallait les cacher pendant qu'elle ne les utilisait pas, ou qu'elle n'en avait pas besoin. Elle sortit ensuite une petite planche en bois pour couvrir le coffre, et ajouter de la solidité contre ce sable mou et fluide qui s'infiltrait partout. C'était agaçant pour Haocia. Elle referma le trou bien vite, et jeta la pelle plus loin. Sur l'emplacement où était caché les cristaux, elle traca un rond rempli de quelques symboles incompréhensibles. Après ça, elle posa son sceptre dans le sable, préférant se servir de ses mains pour incanter. Elle les leva tendu en oblique vers le ciel qui se tenait devant elle, et commença à réciter des paroles. Les symboles et le rond s'illuminèrent dans une lueur sombre et bleutée, qui se confondait merveilleusement bien avec la nuit. Puis la lumière s'éleva et se dissipa jusqu'au ciel. Le sort était scellé. Elle reprit son sceptre, et ramassa la pelle, et observa les alentours.

Tout était calme, et il n'y avait personne, à première vue. Mais en pivotant, elle observa une falaise assez proche, où se dressait une ombre. Cela ressemblait à un arbre. Un arbre fin, grand et gracieux. Elle se fit la remarque que laisser la pelle là-bas serait une bonne idée. Alors elle commença à marcher dans ce sable toujours aussi ensevelissant. Mais au fur et à mesure, elle sentait une présence différente de celle d'un arbre. Comme un sentiment de déjà vu. Ce sentiment de lien magique. Elle fronça les sourcils, intriguée par ce ressentit. Sa curiosité guidait ses pas. Elle montait la pente bruyamment. Les cailloux dures provoquaient comme un bruit de broiement sous ses chaussures. Là, la sorcière appréciait ce bruit. Cette intonation de destruction. C'était le bruit qu'il y avait en elle. Elle était bientôt arrivée au sommet, et elle sentait que le lien se solidifiait, se concrétisait. Était-ce vraiment un arbre qu'elle avait aperçu ? Elle commençait à douter. Mais un humain, bien qu'il soit doté de pouvoir surnaturel, n'échappe pas à la loi de la visibilité. Ils ne pouvaient pas voir dans la nuit, sans avoir une prédisposition à cela. En somme, il fallait être un être inhumain pour cela. Mais quel genre d'humain pourrait ressembler à un arbre si fin et si grand ?

Plus elle avançait, plus elle sentait le vent qui s'élevait en altitude. Les bruits de vague se faisaient plus violent, comme si la lune avait décidé de les briser sur les falaises, pour se débarrasser de ce calme trop dérangeant. Il y avait deux humains, ils ne méritaient pas ce calme, et ce spectacle de la nature. Au fur à mesure qu'elle montait la pente, elle aperçut mieux distinctement la silhouette. Le lien magique la poussa à lâcher la pelle en cours de route. Elle gardait juste son sceptre en main. Une petite tête se distinguait, et des cheveux noirs. Noirs et emmêlés, qui bougeaient dans le sens du vent qui changeait régulièrement. Tantôt la sorcière était poussée par le vent, tantôt ce dernier le ralentissait. Elle devait se conformer aux caprices de la nature, une fois de plus. Et voilà qu'enfin elle était arrivée. A l'apogée de la falaise, et à l'apogée d'une nouvelle rencontre. Il fallait aussi s'assurer que cette dernière ne l'avait pas vue creuser le trou qu'elle avait fait. Elle ne pouvait rien voir d'elle, elle était de dos, au bord de la falaise, où des barrières avaient été construises à la va-vite par des hommes pour ne pas être bêtement emporté par le vent. Quand le vent était calme pendant quelques minutes, la barrière restait plantée dans la terre rocheuse, et quand le vent s'amusait à se promener dans tous les sens, la barrière balançait en avant et en arrière dans un grincement qui réconfortait peu l'ambiance légèrement sinistre qui s'installait sur le sommet de cette falaise.

Elle était face à la lune, elle semblait avoir les yeux rivés sur elle, mais Haocia ne voyait pas son visage. Elle ne pouvait pas déterminée son âge, mais elle avait quelques indications sur son état par ses vêtements qui étaient dans un piteux état. Sale, ensanglanté, déchiré un peu partout. Et ses bras, ses jambes, elles étaient si fines. Comme des branches qu'on peut casser d'une main. Ses membres étaient si maigres et hâves, qu'elle venait à s'en demander comment cette personne réussissait à tenir debout et à résister contre le vent sans être emporté comme une feuille égarée loin de son arbre. En somme, la sorcière avait l'impression de rencontrer un mort qui venait de sortir de sa tombe. Mais ce n'était qu'une impression, peut-être qu'elle serait démentie quand celle-ci se retournerait à ces mots :


Bonsoir. Voici une belle lune pour une nuit partagée entre le calme et l'émoi.

C'était une phrase un peu bateau, mais elle voulait montrer à l'individu qui se présentait devant elle, que ses intentions n'étaient pas mauvaises, du moins pas pour le moment. D'autant plus qu'il y avait toujours ce lien magique qu'elle ressentait. Elle ne voulait pas l'effrayer, mais son apparence pouvait être effrayante aux premiers abords : Haocia n'était qu'une longue silhouette noire, avec un masque en porcelaine blanc en forme de bec de corbeau qui recouvrait son visage, et même ses cheveux étaient dissimulés par une cagoule et un chapeau qui ne tarderait pas à rester sur sa tempe si le vent continuerait de souffler.
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Seïren Nephtys

Les Songes Hurleurs.

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Songe de sombre.


MessageSujet: Re: Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]   Jeu 2 Fév 2012 - 10:09

Fouler les chemins de l'ennui. Des images, aux effluves brûlées, hantaient sa mémoire. Cette nuit, les souvenirs avaient décidé de torturer son esprit. Creusant un gouffre de terreur au fond de ses yeux humides. Pleurs de panique. Terreur en heures noires. La nuit s'était étendue sur le monde, comme un voile bleuâtre. Laissant les ombres de son règne semer le trouble dans les esprits. Mais au travers de cette obscurité grandissante, la lune était venue imposer sa lumière blafarde. Rassurante. Ainsi, Seïren continuait sa marche aveugle, ignorant seulement où elle allait. Se rongeant les ongles férocement. Elle sentait l'odeur du feu, dans sa tête. Elle voyait des images de flammes dévorantes. Maison calcinée. Peut-être aurait-elle dû brûler avec elle. Questions sans réponses, dépourvues de sens. Silence intérieur. Pourquoi l'autre ne parlait-elle plus ? L'adolescente craignait qu'elle soit partie à nouveau. Parle moi... Rien. Un sanglot s'étouffa au bord de ses lèvres. Elle avait froid, et entendait le bruit répétitif des vagues, plus loin. Le froid venait d'elle. L'étendue d'eau lointaine, qui tentait désespérément de bercer la nuit. Mais la nuit avait décidé d'être sinistre, ce soir. Chant aux horreurs. Il n'y aurait que peur. Ça, Nephtys l'avait comprit. Pourtant, elle continuait de s'engouffrer sur le chemin graveleux, ignorant totalement où cela la mènerait. Mais elle continuait. Inlassable. Elle sentit un morceau d'ongle se défaire de son doigt. Un trop gros morceau. Elle cracha, en tournant la tête. Mais son doigt saignait. Brûlure. Sa mâchoire se serra. La peur grouillait au fond d'elle. Cache ton visage pour toujours. Sursaut. Elle n'était pas partie. Soulagement malsain. Rêve et cherche, pour toujours. Elle ne comprenait pas. Cacher mon visage ? La nuit s'en était chargée. Rêver et chercher ? Les mots de sa seconde mère se perdaient. Elle ne les saisissaient pas. Mais cela finira par venir. Elle ne disait jamais rien dans le vent. Ô grand jamais. Lorsque sa voix résonnait, c'était pour une bonne raison. Même quand c'était pour taraudait celle qui la supportait depuis très longtemps. Seïren avait perdu la notion du temps. Elle ne savait plus si cela faisait des jours ou des années, qu'elle avait fui l'incendie. Laissant Vipère à son sort. Maman... Elle a eu ce qu'elle méritait. Non je... Tu désirais son Mal fut un temps, non ? C'était légitime. Légitimité. Deux larmes s'écoulèrent sur les joues de Nephtys. Au moment même où elle semblait être « arrivée ». C'était une falaise. Une des falaises qu'elle aimait tant observer, de loin. Elle était sur l'une d'elles. Le bord n'était qu'à quelques pas. Ses pas se firent hésitants, mais elle s'approcha petit à petit du ravin. Le bruit des vagues s'intensifiaient. Son cœur tambourinait trop fortement contre sa poitrine. Il rata quelques battements. Euphorie vertigineuse.

D'ici. Elle voyait la mer dans toute sa grandeur. Elle était éclairée par la lune. Dotée d'une teinte bleue nuit. C'était un spectacle envoûtant. Sous la mer, il y avait un autre monde. Seïren aurait tant aimé pouvoir le découvrir. Pourquoi ne pas le faire ? Question sans réponse encore une fois. Elle pouvait y aller, quand elle voulait. Gare à toi. Ignorante petite adolescente. L'océan est calme mais en son sein repose le monstre des eaux. Car l'eau n'a pas d'air. Et ignorante petite adolescente a besoin d'air pour vivre. Mais elle était Ignorante. Elle n'en savait rien. Alors qu'elle contemplait l'océan, elle aperçut une silhouette sur la plage. Mais son esprit était irrémédiablement attiré par l'eau, qui dansait, calme et sereine. Sans vraiment savoir pourquoi, ce bruit de vagues lui rappelait quelque chose. Datant d'il y a certainement longtemps. Après tout, durant son enfance dans la demeure de Venill, elle n'avait jamais vu la mer. Mais cette étendue bleue, ces vagues qui s'échouaient sur le sable, dans leur chant silencieux. Elle était persuadée de l'avoir vécu. Fascination. Son cœur continuait de frapper contre sa cage thoracique. L'altitude et le rêve avaient dominé la peur. Elle se terrait désormais elle-même au fond du trou. Tremblante sous le poids du rêve et du souvenir. Mais Seïren voulait savoir d'où venait ce souvenir aveugle de l'océan. Le jour tant regretté. Elle ne comprit pas non plus. Et la silhouette aperçue plus tôt avait disparu. Peu importait. Son regard aussi foncé que le paysage, observait l'eau scintillait. Si elle s'y penchait, verrait-elle son reflet miroiter ? Cela lui rappela le cauchemar, avec Pantin de rêve, et ses larmes de feu qui avaient brûlé ses joues. Nuit du souvenir. La lune comprenait tout. La complainte torturée de son esprit meurtrie. Elle comprenait tout. Rien qu'en posant son regard glacial sur le monde. Sur elle. L'astre nocturne voyait tout. Entendait tout. Il était celui à qui l'on confiait ses secrets les plus noirs. Car il est celui qui jamais ne les révèlera. Larmes.

Quelque chose se rapprochait. Discret. Silencieux. La silhouette peut-être ? Sûrement. Mais elle n'avait pas peur. Pas vraiment. Ne parvenait même plus à détacher son regard de l'eau. Elle ne s'était pas rendue compte qu'une brise froide avait fait valser ses cheveux et ses vêtements abîmés. Pas seulement. Tout avait été touché. Le sable et l'océan. Il tanguait légèrement sur la gauche. Son silence viscéral n'était accompagné que par les vagues. Délectable. Elle ne voulait pas que cela cesse. Elle voulait rester ainsi, pour toujours. Les mots de l'avorteuse prenaient leur sens. Cacher son visage du monde. Rester sous l'aile de l'ombre, et ne plus en sortir. Rêver et chercher. Rêver du monde que son imaginaire avait crée. Chercher le bonheur sans jamais l'atteindre. Espérer et trouver la force aux creux d'un ciel dégagé. Pourquoi ne pouvait-elle pas vivre aussi simplement ? Pourquoi fallait-il vivre avec les autres. Pourquoi les autres faisaient-ils tant de mal autour d'eux. Futilité. Seïren voulait juste. Rêver. Paisible. Elle voulait revoir le Peintre, elle voulait trouver le réconfort dans ses peintures. Dans ses bras. Peut-être revoir Prunelles. Revoir ceux avec qui elle avait était sereine. Seïren. Tu ne portes pas ce prénom pour rien. Tandis qu'elle allait répondre, dans sa tête, pour ensuite retourner à sa contemplation, une voix interrompit tout. L'adolescente ne s'y attendait pas. Elle sursauta, et d'autres larmes se hâtèrent de geler son visage. Ses yeux s'arrachèrent à l'océan. La nuit avait revêtu le manteau. Elle ne voyait plus rien.

- Bonsoir. Voici une belle lune pour une nuit partagée entre le calme et l'émoi.

Elle resta un long moment. Immobile, sans rien dire. Les poings serrés. Le corps secoué par les tremblements de tristesse. Sérénité envolée. Pourquoi... Elle voulait juste contempler l'océan. Seule, dans sa tranquillité. Mais à chaque fois qu'elle s'évadait aussi profondément dans ses rêves, quelque chose venait tout détruire, d'un pas de géant. Elle sentait la colère, mêlée à la tristesse, vriller son cœur et ses lèvres. Elle voulait vomir la déception, et cracher à la figure de l'inconnue qu'elle, car sa voix était féminine, qu'elle venait de briser un rêve. Un rêve si viscéral que jamais elle ne pourrait le revivre. Elle lui en voulait à mourir. L'océan était un souvenir. Un souvenir qu'elle essayait de retrouver. Mais c'était fini maintenant. Le jour tant regretté. La ferme.
Seïren se retourna, pour essayer d'apercevoir celle qui avait déchiré son rêve. Elle ne voyait qu'une silhouette noire, mais elle portait un masque blanc. Effrayante. Le masque lui donnait un air de corbeau blanc. Déglutition. Une perle de sang, puis deux, glissèrent des poings serrés de la petite. Elle avait tellement contracté ses doigts, que les ongles avait pénétrés sa chair. Ses yeux descendirent sur ses mains, qu'elle ouvrit. Meurtries. Brûlures, encore. Mais elle refoula les souvenirs de flammes. Celui qu'elle voulait, c'était le souvenir de l'océan. Elle se fichait du calme et de l'émoi dont parlait celle au masque de porcelaine. Ce qu'elle avait dit n'avait pas réellement de sens. La lune n'est pas belle aussi rarement. Porcelaine ne savait pas ce qu'elle disait.

- La lune est toujours belle. Mais aussi, toujours laide. Avança t-elle, d'une voix murmurée.

Oui. Car l'astre lunaire écoutait tellement de complaintes, plus macabres les unes que les autres, qu'à force, ces dernières avaient souillés sa beauté. La dotant d'une laideur morbide. Qui pourtant ne retirait rien à la force de sa présence. La lune était une entité. Il fallait le comprendre, pour réussir à se faire comprendre d'elle. Sinon elle n'apportait que mauvaise augure. Seïren laissa planer ses mots, serrant les dents sous les brûlures de ses paumes. Elle fixait un point dans le noir. Le regard vide.
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Haocia Nerini

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MessageSujet: Re: Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]   Sam 4 Fév 2012 - 16:50

Après avoir parlé, la femme était restée figée, comme si elle ne l'avait pas entendue. Seuls ses cheveux bougeaient. Après tout, le bruit violent des vagues et du vent couvrait aisément sa voix, bien qu'elle portait loin. La sorcière s'apprêtait à parler plus fort, mais celle-ci fit enfin volte face. La sorcière fut stupéfaite, mais l'obscurité faisait un voile devant ses yeux, comme le masque faisait un voile devant son visage. Haocia resta longtemps debout sans rien dire, à simplement l'observer. Elle était si...maigre, si dépouillée, et en même temps si jeune. Elle était toute pâle, toute frêle, et le visage si stoïque, déshumanisé. On aurait dit qu'elle venait de subir une séance de torture. Elle ressemblait en tout point aux prisonniers qu'elle torturait. Elle était comme une coquille qu'on avait lentement vidée. La sorcière commençait à douter de cette sorte de lien magique qui, pourtant, subsistait. Comment une sorcière pouvait-elle être aussi sale et pouilleuse ? Les yeux de la sorcière suivirent ceux de la jeune fille, sur ses poings fermés, signe de colère et d'animosité refoulée. Elle resta perplexe. Sa colère était telle qu'elle s'en faisait saigner les mains. Et...elle n'avait plus d'ongle à son pouce. Mais elle ne grimaça pas de dégoût, car elle avait déjà vu bien pire dans les geôles, elle avait fait bien pire. En tout cas, Haocia en était persuadée, cette jeune fille avait subi une séance de torture. Pour être aussi défigurée, il n'y avait aucun doute. Des bleus et des griffures partout, un corps anormalement maigre, toutes les preuves étaient là. Qui avait bien pu faire ça à une sorcière ? Ce devait être quelqu'un de fort, car une sorcière est assez forte pour se défendre. Un démon alors...peut-être.

Elle prit alors la parole, en faisant quelque pas et c'est à peine si Haocia put comprendre ce qu'elle disait. On aurait dit qu'elle avait les cordes vocales atrophiées, ou bien qu'elle était intimidée. Cela pouvait être une bonne hypothèse, car elle lisait le mépris sur son visage. Elle voulait paraître détachée et supérieure, comme une sorte de protection peut-être. On faisait semblant de mépriser l'autre pour le le placer inexorablement dans une position inférieure à soi. Mais la sorcière connaissait les ficelles des comportements, elle restait simplement en recul à toutes ses réactions, et elle ne s'emportait pas. Ses pas étaient lents, elle se traînait, et la tortionnaire en était presque impressionnée de voir qu'elle arrivait à marcher avec une physionomie squelettique, mais elle avait déjà vu un nécromancien à l’œuvre : les squelettes savaient marcher. Ils avaient la même marche que cette femme défaite. Elle ressemblait en tout point à un automate. Le mot était particulièrement bien choisi. La sorcière ne savait pas vraiment comment réagir, sachant qu'elle était déjà en colère. Lui donner à manger ? Lui donner sa cape ? L'inviter dans une auberge au chaud ? Il était encore trop tôt pour évaluer comment l'aborder. Alors elle continua simplement la discussion :


Toute chose est ambivalente et surtout, tout est relatif.

L'ambivalence, elle était aussi dans la discussion qui s'entamait. C'était la tortionnaire qui parlait à la suppliciée. Elle se tut quelques secondes, puis rajouta :

Qui êtes-vous, et que faites-vous ici ?

Haocia gardait un ton aimable et tentait de cacher son inquisition, car elle n'oubliait pas qu'elle avait caché ses cristaux, et elle voulait s'assurer que cette dernière n'avait rien vu. Elle pouvait très bien être arrivé juste avant qu'elle n'est scellé le coffre, ou bien être là depuis le tout début et même bien avant. Elle restait ses gardes, et surveillait ses arrières, même si elle ne représentait pas de grands dangers. Elle était handicapée au corps à corps, mais avec elle, il serait aisé de la mettre à terre avec un coup de poing. Elle ressemblait à une poupée en sucre, qu'on pourrait détruire simplement en mettant une chiquenaude. Elle se retrouvait dans cette femme. En fréquentant le palais, elle ne voyait que des femmes toutes aussi parfaites les unes que les autres. Bien charnues, le teint frais et les joues roses, de belles petites boucles soyeuses, un sourire charmant et sain. La beauté était devenue une banalité, et au final, on ne regardait plus ce qu'il y avait derrière. C'était aussi la chance que lui procurait son masque, on ne s'intéressait pas à son visage en tant que tel, mais bien à sa personne. Elle était immunisée contre le superficiel, tout comme son interlocutrice. La présence des deux femmes ajoutaient la touche morbide qu'il manquait à l'ambiance hostile et sinistre que le vent et l'eau s'acharnait à créer.

Car oui, le vent continuait de souffler, et Haocia devait poser sa main sur son chapeau pour ne pas qu'il s'envole, ce qui, d'ailleurs, l'agaçait au plus haut point. Elle fit quelques pas pour s'éloigner un peu de la falaise, mais elle ne restait pas loin de la jeune femme. De toute façon, la sorcière préférait garder une certaine distance au début, car elle était toujours méfiante. Elle avait le sentiment qu'elle était instable. Quelqu'un qui refoule ses émotions est toujours instable. Haocia l'était. Elle déversait toute son instabilité dans ses plaisirs sordides et sa cruauté à toute épreuve dans les sombres géôles du palais royal. Le roi était arrivé au bon moment pour justifier ses envies de massacre.

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Seïren Nephtys

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MessageSujet: Re: Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]   Sam 4 Fév 2012 - 17:29

Plus les minutes s'écoulaient, plus les rêveries s'amenuisaient. La brume de souvenirs qui hantait l'esprit de l'adolescente se dissipait petit à petit. Elle reprenait conscience. La réalité était là. Toujours aussi cruelle. Mais quelque part, elle s'y était préparée. Son cœur abîmé se secoua une ou deux fois sous les caresses acerbes de la tristesse, et bien vite, Seïren remonta ses yeux vers l'inconnue qui était toujours non loin d'elle. Elle aimait beaucoup son masque. Il lui rappelait les médecins dans certains villages, qui cachaient le visage après avoir testé leur remèdes sur eux-même. Leurs faciès avaient tellement soufferts, qu'il valait mieux les dissimuler aux yeux malades. Elle avait toujours eu peur de ces médecins. Mais là, cette femme au visage masquée ne l'effrayait pas plus que cela. Après tout. De quoi fallait-il avoir peur ? Seïren tendait les bras à la mort depuis longtemps. Tu n'as pas le droit.. Je fais ce dont j'ai envie. Tu ne dois pas l'appeler.. Ses sourcils se froncèrent. Elle se répété plusieurs fois qu'elle n'était qu'un débris, souillée et malade qui ne savait que pleurer. La mort viendra, pas maintenant. Tais toi. Sa mâchoire grinça. Elle voulait lui crier qu'elle préférait crever que de continuer à vivre de la sorte. Elle aurait tant aimé Vivre, et non se contenter de respirer, d'exister. C'était trop fragile, trop factice, comme vie.

- Toute chose est ambivalente et surtout, tout est relatif, la voix de l'inconnu la ramena encore une fois à la réalité. Qui êtes-vous, et que faites-vous ici ?

Une chose interpella alors Nephtys. Les gens posaient toujours les mêmes questions. Quand ils tombaient sur une personne qu'ils ne connaissaient pas. Ils demandaient toujours qui était cette personne, et ce qui l'amenait à l'endroit où l'échange avait lieu. Pourquoi ? Quelle importance au fond, de savoir qui est qui ? Puisque ils ne se connaissent pas, ils ne reconnaîtront pas les noms. Réfléchissant à cela, l'adolescente fronça les sourcils et porta un doigt à ses lèvres, mordant la peau. Il était rare qu'elle ait ce genre de réflexion, mais désormais, elle voulait la réponse. Un rire résonna dans sa tête. Rire creux. Pourquoi ris-tu ? [color=white]Parce que tu es intelligente.[:color] En quoi cela est-il drôle ? Elle ne comprenait pas bien. Cela ne t'aidera pas à connaître la raison de ces questions. Elle avait raison, encore. « Qui êtes-vous ? » Que pouvait-on répondre à cela ? Son identité. Un prénom, un nom. Un surnom. Mais quel intérêt ? La réflexion de Seïren s'énervait. Elle ne comprenait pas l'utilité, ne trouvait pas d'explication. Cela l'énervait. Elle grinça à nouveau des dents. Peut-être que lui poser la question directement à elle, l'aiderait. Elle devait le savoir, savoir ce qu'elle attendait de ces questions, puisqu'elle les posait. Tu penses trop vite. Elle l'ignora.

- Pourq.. Pourquoi ces questions ? Sa gorge se noua à l'entente de sa voix, mais elle reprit. Qu'attendez-v..vous de mes réponses ?

Elle espérait vraiment avoir une réponse, justement. Elle voulait comprendre ces questions. Peut-être y répondrait-elle mieux, ainsi. En réalité, elle ne savait pas vraiment quoi dire. Qui elle était... Une poupée de chiffon.. Ce qu'elle faisait ici... Contempler l'océan en cherchant un souvenir qui se rattachait à lui. Mais cela ne concernait pas cette inconnue au masque de corbeau blanchâtre. Elle ne voulait pas partager ses pensées avec elle. Tu viens de comprendre le Mensonge. Le mensonge. Ne pas dire ce que l'on pense vraiment ? Non. Tu viens de définir l'Hypocrisie. Seïren comprenait difficilement. Mais elle comprenait. Mentir c'était dire quelque chose qui n'était pas totalement vrai. Un mensonge permettait de garder certaines pensées pour soit. Voilà.. Alors elle allait mentir. Mais elle voulait ses réponses aussi. Dilemme inutile. Et légèrement excitée par cet élan de réflexion, elle se mordit la lèvre avec ardeur en tournant les yeux vers l'océan. Des nuages venaient voiler la lune, recouvrir le manteau d'étoiles qui décorait le ciel. Se perdant une énième fois dans cette mer de lumières, oubliant sa funeste réalité.
Un vent côtier naquit. Il était froid, glacial. Sifflant, entre les quelques bosquets. Sifflant dans sa chevelure noire. Ses vêtements étaient dénoués, abîmés. Depuis plusieurs jours, elle les traînait dans ses propres tortures. Elle avait froid. Mais elle continuait d'observer le ciel. En repensant à Venill, inexorablement. Sans pouvoir s'en empêcher. Le froid faisait renaître ce mal cuisant au fond de son ventre. Alors, naturellement, sa main se releva pour venir gratter son cou. Elle gratta, sans trop forcer. Mais lorsqu'elle posa ses iris sur ses ongles, elle y trouva ses petits vers. Ses yeux s'écarquillèrent, et elle recommença à gratter avec férocité cette-fois pour chasser les insectes mais ils étaient partout sur son cou et dans sa nuque. Elle les sentait glisser sur sa peau. Alors elle s'énerva et gratta des deux mains en étouffant des cris d'horreur. Partez ! Partez ! Mais ils ne sont pas là ! Elle ne l'écoutait plus. Elle s'arrachait la peau, elle ne voulait plus sentir les vers. Elle voulut appeler à l'aide, mais ses mots restèrent coincer dans sa gorge. Seuls des sanglots en sortirent tandis qu'elle griffait la peau. Aide moi... Supplique intérieure. Ils ne sont pas là...

- Aidez-moi...
Murmure. Elle avait murmuré ces deux mots entre deux sanglots, et continuait à gratter.
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Haocia Nerini

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MessageSujet: Re: Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]   Sam 4 Fév 2012 - 21:30

Une fois de plus, la jeune fille semblait détachée, ailleurs. Sa coquille était réellement vide. Son regard n'était animé par rien. Ses deux yeux sombres faisaient comme deux trous qui laissaient directement voir ce qu'il y avait à l'intérieur d'elle : le néant. Puis, ses pupilles bougèrent, et tout son corps aussi. Une tristesse envahissait son visage, avec de l'incompréhension aussi. Il était étrange pour la sorcière, d'observer les différentes vagues qui changeaient son visage. Elle semblait hésitante, fronçait les sourcils, puis les haussait, pinçait ses lèvres, et ramena son index à sa bouche. Tous ses gestes révélaient l'instabilité que Haocia avait noté auparavant. Elle avait devant elle un personnage haut en couleurs et haut en colère. Et enfin, elle répondit. Ses lèvres bougèrent faiblement, tandis que son visage continuait de s'agiter dans tous les sens pour exprimer une explosion d'émotions. Elle esquissa un sourire sous son masque, car celle-ci répondait à sa question par une autre question. La tortionnaire prenait conscience que son ton inquisiteur s'était trop fait voir, et que même la plus faible des coquilles avait saisi le ton de ses questions. Ou bien, était-ce dû aussi aux tortures qu'elle avait subi. Si on torture quelqu'un, c'est souvent pour avoir des informations, donc on pose des questions. Ces questions lui rappelaient peut-êtres des mauvais souvenirs. Sur les différentes questions de Haocia, elle ne put s'empêcher de sortir avec un ton sarcastique :

Pour connaître les réponses, j'attends qu'elle réponde à mes questions.

Logique. Contrairement à ce que l'on pouvait croire, la sorcière aimait beaucoup l'humour. Ou, disons plutôt qu'elle avait son propre humour. L'ironie et l'humour noir. Ne jamais dire réellement ce que l'on pense, rester dans le flou, car beaucoup ne comprenaient pas les sarcasmes, et prenaient ça au pied de la lettre. Ces gens-là étaient stupides et étroits d'esprit. Mais il semblait que sa réponse n'ait pas atteint son interlocutrice, car de nouveau elle était repartie dans son monde. Elle se mordillait la lèvre inférieure, elle avait un profond mal-aise. Était-ce son passé ou bien la présence de la sorcière qui suscitait ce malaise ? Peu importe. Pourquoi donc cherchait-elle à ce point là à observer et comprendre cette jeune fille ? Après tout, il fallait juste qu'elle s'assure que celle-ci n'avait rien vu. Elle frissonna tandis qu'une nouvelle bourrasque venait se faufiler entre les deux femmes. Haocia glissa ses mains dans ses manches amples, car elles commençaient à être glacée par le vent du large. Qu'il y avait-il au loin, pour que ce vent ramène un froid pareil ? Si les mains de Haocia étaient glacée, elle ne voulait pas s'imaginer dans quel état était l'autre jeune sorcière. Elle ne devait pas être humaine pour supporter un froid pareil.

Tout à coup, son interlocutrice commença à se gratter violemment sous le menton. Elle fut assez surprise de ce spectacle. Elle se grattait à ça, gémissant de douleur, les larmes aux yeux. C'était insensé. Elle se ferait du mal à elle-même ? Toutes ces marques, ce serait elle ? Elle ne voulait pas y croire, c'était impossible. Du moins, pour une humaine, de se faire autant de mal. A moins...d'être folle ? Sans doute. Elle se débattait comme une furie contre son cou, qui devenait ensanglanté. Et Haocia restait là à la regarder, haussant les sourcils. Mais elle n'était pas affolée, car elle avait déjà vu beaucoup de choses étranges en ce bas monde pour paniquer. Elle contrôlait la situation, et ses émotions. Mais quand celle-ci se mit à pleurer et à la supplier de l'aider, elle fit quelques pas rapides, et attrapa ses poignets pour la stopper dans ses mutilations. Elle avait la peau complètement abîmée, non, déchirée. Elle n'avait plus de beau, elle était complètement à vif. Celle-ci se débattait, mais elle arrivait facilement à garder l'étreinte de ses mains autour de ses poignets complètement squelettique. Elle passa son pied derrière sa cheville pour la faire tomber à terre, et mieux la maîtriser. Elle cria d'un coup, avec une voix ferme et autoritaire :


Calmez-vous !

Elle sortit une fiole et un mouchoir de sa cape, puis versa un peu du contenu sur le tissus, qu'elle plaça sous le menton. Elle n'était pas très forte en magie blanche, et elle était plus à l'aise avec les plantes et les médicaments, car son père lui avait enseigné l'alchimie. Elle relâcha ses mains, et posa sa main sur l'épaule de la jeune fille. Elle était complètement glacée, et elle tremblait de froid, ou peut-être de douleur, car le liquide qu'elle avait posé pouvait piquer la plaie. Le liquide était en train de stériliser la plaie. Car vu l'état de ses ongles, elle ne pouvait qu'attraper des infections, voire même une infection générale du sang. Quoiqu'il en soit, la température de son corps était vraiment basse, c'est pourquoi elle décida d'enlever sa cape épaisse pour recouvrir le corps de la jeune fille. Elle murmurait des paroles apaisante à la jeune fille pour qu'elle se calme, puis elle posa ses mains sous la cape pour la soulever. Elle était légère comme une plume, ou plutôt comme la pelle qu'elle avait laissé sur son chemin auparavant. Le bec de son masque passait au dessus de son corps, comme une sorte de protection. Haocia s'éloignait du bord, où le vent du large s'élevait trop.

Elle descendait lentement un petit sentier bien dégagé et sécurisé, avec la jeune fille dans ses bras, pour rejoindre une grotte qu'elle avait repéré la veille. Elle entra enfin dans la grotte, assez proche de l'endroit où elles étaient. C'était impressionnant de voir le contraste. Tout était subitement plus calme, le vent n'était qu'un chuchotement lointain. Bien que la grotte était sombre, elle était chaude, et elle protégeait les deux femmes du vent. Elle posa la jeune fille, et se tourna pour incanter. Une boule de feu jaillit de nulle part, et se mit à flotter dans le centre de la grotte pour l'éclairer et la réchauffer. L'ambiance était alors devenue beaucoup plus chaleureuse et apaisante. Deux atmosphères totalement différentes au même endroit : quelle merveilleuse prouesse de la Nature.
Après cette petite réflexion, elle ne tarda pas de se tourner. Elle s'accroupit pour se mettre à la hauteur de l'inconnue, et la fixa avant de demander :


Vous sentez-vous mieux ?
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Seïren Nephtys

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MessageSujet: Re: Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]   Lun 6 Fév 2012 - 18:49

Panique. Une émotion néfaste. Froide, glaciale. Elle s'immisce, comme un poison, à travers les veines gelées. Elle s'étend, comme une fumée. Elle obstrue les respirations. Puis, cette horreur immatérielle, psychique, s'engendre elle-même. La panique engendre une autre panique, qui en engendre une autre. Cercle vicieux, qui mène aux crises de colères, aux crises de larmes. Aux violences physiques, retournées contre les victimes. Panique est presque une entité. Si puissante, et pourtant totalement insignifiante. Dans l'esprit, si envahissante. Dans le cœur, si pourrissante. Panique si possessive, finit par posséder un corps tout entier. L'enlaçant comme une seconde peau. Seconde peau, que l'on ne peut plus arracher. Vivre dans la panique. Alors panique laissera son trône à la paranoïa. Mais toutes ces réflexions étaient bien loin de Seïren désormais. Ses pensées n'étaient plus faites de mots ni d'images. Elle se brouillaient, entre la panique et la douleur. Son cou la brûlait. Elle sentait les vers continuaient à fouler sa peau. Puis, dans son esprit résonnait un grattement, un craquement insalubre. Comme si l'on écrasait des criquets entre ses mains. Elle avait froid. Tellement froid. Le calme avait déserté. Elle n'entendait que des cris de panique. L'autre n'arrangeait rien à lui hurler qu'elle était idiote. Que rien de tout cela n'existait. Mais l'adolescente avait juste peur. De quoi ? Nulle idée. La solitude avait fini par la ronger.
Pourtant, bientôt, elle sentit une force la retenir. Des mains froides saisirent de ses poignets. Son corps tomba au sol sans qu'elle ne comprenne comment. Elle n'avait plus conscience de rien. Des larmes creusaient des sillons obscurs sur ses joues maigres. La fatigue, la peur et la douleur reprenaient leur place initiale sur ses traits. Mais la présence qui cherchait à la calmer la rassurait. Bien qu'elle avait cet aspect de corbeau. Inquiétante. Elle la rassurait. Sa voix était lointaine. Légèrement agressive. Ses gestes à moitié secs, faisant des choses que Seïren peinait à voir. Ses yeux embrumés par les larmes, sa vue obstruée par le chagrin. Une brûlure la saisit alors au cou. Là où sa peau s'était fendue, lacérée par ses ongles. Une brûlure vive. Électrique. Attisée par le froid mordant. Le froid, qui lui s'insérait, fourbe, dans tous les pores de sa peau fine. Elle crevait de fatigue. Hypothermie autant physique que mentale. Ses paupières vacillaient au bord de l'oubli.

Les deux silhouettes encapuchonnées descendaient l'escalier, de leur démarche lente et hésitante. Leur deux visages étaient dissimulés sous l'ombre du tissu. Des bougies éclairaient le début du couloir. Il faisait clair. Clair et froid, entre les murs de pierre. Pierre abîmée et vieille. Qui avait pourtant affronté les âges, et était restée intact. Forte et froide. Les deux silhouettes descendaient, lentes. Mais peu à peu, l'obscurité faisait son apparition. Les torches comportaient de moins en moins de bougie. L'escalier ne se finissait pas. Mais les silhouettes continuaient de marcher. Faisant fit de la noirceur des murs. La pierre semblait refroidir elle aussi, de plus en plus. Tout devenait plus froid. Comme si le cœur du monde cessait peu à peu de battre. Comme si le monde était mort soudainement. Son cadavre, devenant rigide au fil des minutes. Tout était désespérément froid. L'une des silhouette avançait toujours de la même façon. L'autre tremblait. De froid et d'effroi. Car bien qu'il fasse sombre, on pouvait apercevoir une porte en bas de l'escalier. Une porte qui n'était pas ouverte, mais pas totalement fermée non plus. Aucune lumière ne filtrait à travers le fin espace. C'était noir. La silhouette qui tremblait avait peur d'y entrer. Mais elle ne faisait aucun bruit. Elle se contentait d'avancer, aux côté de sa sœur qui elle, restait totalement la même. Qui savait ce qui se cachait derrière ces capuches ? Des femmes, des hommes ? Des monstres, des fantômes ? Rien ? Le vide peut-être. On ne pouvait savoir. Mais elles avançaient. Lentement. L'une assurée, l'autre apeurée. Bientôt, elles arrivèrent à la porte. L'impassible ne fit pas un geste. Elle cessa juste d'avancer. Ses manches amples le long du corps. L'autre, tendit le bras. Tremblant. Une main gracile en sortit. Une main fine, mais masculine. La capuche tomba, laissant voir une chevelure châtain sombre et des yeux mielleux. Sa main se pose sur la porte de bois et la pousse. Il n'y a rien derrière. Le noir. Bientôt troubler par une vive lumière. Il ferme les yeux. Les murs tombent.

Seïren fut surprise par la flamme qui crépitait au milieu de la... Où était-elle ? Aucune idée. Elle s'était subitement évadée au plus profond d'elle-même. Elle pensait observer le noir, le vide. Elle avait cru faire un étrange rêve. Mais non. Elle était assise sur la roche, un manteau étrangement chaud sur les épaules. Une brûlure dans le cou. Et une femme tout près d'elle. Sa mémoire remit les évènements dans l'ordre. La falaise, l'océan, le masque de porcelaine au bec de corbeau, les vers. Affolée, elle porta sa main à son cou, mais ne sentit que les plaies. Les vers n'étaient plus là. Ils étaient partis. Elle déglutit péniblement. La voix de l'inconnue s'amenant à nouveau à ses oreilles. Bien moins agressive que plus tôt. Seïren ne savait pas trop où est-ce qu'elle avait été mené. Mais elle avait moins froid, moins peur. La femme au masque lui avait demandé si elle allait mieux. L'adolescente ne savait quoi répondre. Elle se contenta, en guise de réflexion, de lever ses yeux pleins de larmes vers le visage masquée, et effleura le bac de porcelaine, avec précautions, de ses doigts graciles et squelettiques à la fois. Il était si beau, et fascinant. Parle lui. Elle sursauta à l'entente de cette voix. Elle l'avait presque oublié. Baissant alors les yeux sur ses jambes repliées, elle prononça, peut-être trop doucement...

- Il fait.. chaud ici.. Merci..
Elle dut retenir sa voix, qui s'emballait, pour parler des vers qui avaient infesté son cou peu avant. Mais quelque chose lui dit que ce n'était pas une bonne idée. Que c'était une très mauvaise idée. Je n'ai même plus besoin de parler...
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Haocia Nerini

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MessageSujet: Re: Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]   Jeu 9 Fév 2012 - 23:02

Un grand silence s'était installé dans la grotte. Il se répandait comme un écho du plus profond de cette catacombe qui leur servait d'abris contre l'acharnement des éléments. Les yeux de Seïren s'agitait dans les sens, regardant partout autour d'elle. Mais elle restait immobile, les yeux mi-clos, et seuls ses pupilles s'agitaient. Comme si son corps était enfermée dans une poupée de cire. Il semblait qu'elle cherchait à savoir où elle était, comment elle avait atterrit là, et même qui était Haocia, cette silhouette au masque imposant et impassible. La sorcière se demandait si elle avait oublié ce qui s'était passé. Elle avait déjà eu un aperçu de sa folie, peut-être que ces moments étaient automatiquement effacés de sa mémoire ? Elle était persuadée de cette hypothèse quand celle-ci posa les doigts sur son masque froid et blanc. Haocia eut un léger réflexe et recula la tête, mais elle se laissa finalement faire, se rendant bien compte qu'elle ne représentait pas un réel danger. Quoique la question de ses pouvoirs magiques restaient toujours dans l'ombre. Ses larmes étaient sur le point de couler sur ses joues, mais elles étaient retenues...par quoi ? Par la fierté ? Ou peut-être la honte, l'intimidation. Même si elle était plutôt forte pour deviner certaines émotions, celle-ci lui échappait. Elle eut comme une sorte de frisson, qui la réveilla de ce moment de vide. Elle se rétracta rapidement, comme si elle voulait oublier ce qu'il venait de se passer.

Son moment d'évasion venait de s'arrêter net, comme si quelque chose l'avait empêché de devenir elle-même. Car oui, Haocia avait eu l'impression d’apercevoir un instant qui elle était. Même si elle ne savait rien d'elle, elle avait l'intuition que c'était son vrai visage qu'elle lui avait montré. Un privilège que la sorcière ne lui rendrait malheureusement pas. Puis enfin elle parla, toujours avec cette voix atrophiée, amoindrie. On aurait dit que cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas parlé, et que ses cordes vocales s'étaient figées à force de ne pas être utilisé. Et comme pour un vieux moulinet, il faut le tourner plusieurs fois avant qu'il ne recommence à mouliner rapidement. Un moulinet d'émotions. Elle comprit qu'elle voulait la remercier de l'avoir emmené dans un endroit plus chaud. Elle eut un sourire sous son masque. Un sourire qui valait mieux d'être jamais vu de la sorcière, car celui-ci reflétait la bienveillance. Qu'est-ce qu'un sentiment d'humanité viendrait faire dans un corps si dépouillé de sentiments ? Pour elle, ce n'était qu'un sourire poli, rien de plus. L’amabilité était juste une politesse à avoir avec ceux qui n'étaient pas ses ennemis. Elle s'arrêta un moment à fixer et à jauger la jeune fille, toujours si frêle malgré la lumière apaisante et chaleureuse qui illuminait les parois de la grotte, ainsi que son visage pâle et morne. La lumière mettait encore plus en évidence ses cernes qui soulignait ses yeux d'une fatigue incessante.

A ce moment-là, en revoyant l'état un peu mieux de cette coquille, elle voulait demander ce qu'elle avait enduré pour être dans un si piteux état, mais ses lèvres restaient scellés. Pourquoi se taisait-elle si elle se fichait éperdument de la fragilité des humains ? C'était sûrement de la pitié, et non de la compassion. Elle ne pouvait pas partager sa souffrance, car elle n'avait jamais été que la tortionnaire, celle qui infligeait les souffrances. Pourtant, pourtant, elle ne la considérait pas comme son inférieure, car au plus profond d'elle même, si profond qu'elle l'ignorait, elle était poussée à agir par un désir de l'aider et de l'élever à un état plus digne de ce qu'elle était. Un désir caché, qui entrevoyait cette adolescente dans de belles robes somptueuses, qui mettrait en valeur sa silhouette élancée, le teint frais et rosé, rayonnante et souriante de fierté et de force. Et derrière elle, se trouverait alors une silhouette qui semblerait moins sombre. Mais les rêves sont des songes lointains, trop lointains et irréels pour que Haocia n'y croit. Un rêve est éphémère, il finit par s'évanouir dans les méandres de l'esprit, il ne vaut pas le coup d'être réalisé. Surtout s'il ne s'intéresse qu'au but, et pas aux moyens de la transformer ainsi. Tout ce qui est révélé ici n'est pas révélé à Haocia.

Car la sorcière était persuadée d'avoir la noirceur innée en elle, incrustée dans chaque pore de sa peau, chaque geste qu'elle fait, et chaque mot qu'elle prononce. Elle ne faisait jamais rien au hasard, et tout allait dans son intérêt. Si elle voulait connaître et protéger cette jeune fille, c'était uniquement dans le but de découvrir ses pouvoirs, et de gagner un peu plus de puissance, pour son but final et pourtant sans limites : être forte en magie. Être impassible face à son humanité, pour ne pas plier sous la force maléfique et obscure qu'elle utilisait. Oublier son humanité, pour se convaincre qu'elle aimait les horreurs qu'elle commettait. Les prisonniers pleuraient et criaient pour elle.

Elle secoua sa manche pour dégager sa main droite, et vint la poser sur l'épaule squelettique de l'adolescente. Elle vérifiait la température de son corps, et remarqua qu'elle était revenue à une température normale. Elle s'écarta un peu d'elle, et par un geste de la main, car elle avait le don de télékinésie, elle fit virevolter la boule de feu près des deux femmes. Elle sortit de sa besace plusieurs mouchoirs remplis, une écuelle fermée, ainsi qu'une gourde bien remplie. Elle posa le tout à terre, et poussa l'écuelle vers la jeune fille. Elle ouvrit celle-ci, qui contenait une purée de pomme de terre mélangés à des bouts de côte de porcs. Haocia observa la jeune fille pour l'inciter à manger. Elle voulait la mettre en confiance. Puis en mangeant un pain garni de poulet. Elle souleva son masque sans rien laisser voir à son interlocutrice, et croqua dans son casse-croûte. Elle mâcha longuement, sans rien dire, tandis que le silence continuait toujours de battre son plein. Oui, de battre son plein, comme une fête. C'était la fête du silence. Mais un silence qui ne tarderait pas à être troublé par la sorcière. Après avoir avalé sa bouchée, elle finit par dire :


Que s'est-il passé sur les falaises ? Vous vous êtes subitement mise à vous gratter le menton comme une furie.

Peut-être qu'elle ne se rappelait pas de ce qui s'était passé, ou peut-être qu'elle voulait l'oublier. Mais Haocia voulait comprendre, et elle n'oublierait pas. Si elle ne répondrait pas maintenant, la sorcière ne se gênerait pas pour lui redemander plus tard. Pour elle, c'était un bon moyen de briser la glace. Face à une tortionnaire qui assouvit ses plaisirs sordides, la folie n'était pas quelque chose d'anormale, bien au contraire, c'était une part de sa personnalité à elle-aussi. Ou une part de celle du masque ? Si c'est porter un masque plus vrai que son visage*...
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Seïren Nephtys

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MessageSujet: Re: Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]   Dim 12 Fév 2012 - 11:49

Le vie s'était comblé. Dans la chaleur ambiante, un trou béant s'était comblé d'étoffes aux couleurs chaudes. Formant un manteau invisible, cette fois-ci, dépourvue d'épines et de griffes. Un manteau de réconfort, tiède et doux. La douleur assoupie, ne se sentait plus. Seïren pouvait respirer pleinement, tandis que cette chaleur interne l'envahissait petit à petit. Dans son esprit, de multiples teintes défilaient. Pourpre. Un pourpre qui pour une fois, ne faisait pas penser au sang. Un magnifique rouge carmin, se fondant dans une pierre brillante. Rubis de l'âme. Elle rêvait, fixant ses mains. Elle rêvait, pensant au masque blanc, et à cette femme toujours tout près d'elle. Pensant à l'océan dont elle n'avait pas encore percé le mystère. Toutes ces choses douloureuses qui ne l'étaient plus désormais. Qui s'adoucissaient dans son cœur et son ventre. Comme si l'eau s'était étendue. Volant le poids des tourments pour en faire des songes légers et bienfaisants. Elle rêvait, rêvait. Son monde à elle, dans son esprit, tandis que le vrai monde tombait tout derrière elle. Les murs s'écroulaient, le sol se dérobait, le ciel se fendait. Mais rien ne pouvait plus briser sa forteresse de rêves intérieure. Renforcée avec les années. Même l'Autre ne pouvait plus y entrer. L'adolescente parvenait à la rejeter, elle ne voulait pas d'elle dans ses rêves. Car elle pensait bien aux rêves. Les cauchemars étaient une tout autre chose. C'était sûrement l'Autre elle-même qui les créait. Elle lui laissait ce privilège. Parce que c'était la peur et l'horreur de ses cauchemars qui avaient engendré les rêves qu'alimentait désormais Seïren. Dans le creux de son cou, elle sentit une caresse froide. Rappelant les brises gelées qui soufflaient entre les sapins enneigés. La neige, blanche et intact, qui ne gardait en elle que les traces de pas des animaux. Son monde était vaste, les créatures, les êtres aussi. C'était Son monde.
Tandis que son imaginaire affluait, brûlait d'un feu de joie, une odeur lui parvint aux narines. Une odeur tiède et appétissante. Dégoûtante. La ramenant à la réalité, là où les murs n'étaient pas tombés, elle vit cette écuelle brune, remplie de nourriture. Ses yeux s'ouvrirent en grand, tandis que l'odeur continuait d'emplir son odorat. Faisant gronder son estomac vide depuis plusieurs jours. Mais son cœur vibrait de dégoût. La nourriture finissait toujours par ressortir de son corps, tant il n'y était pas habitué. Elle régurgitait toujours. Mais elle avait si faim cette nuit-là. La femme la regardait, sans animosité, comme si elle voulait que Seïren mange. Trop d'appétit ma fille. C'est alors que le visage de Mère se dessina dans sa tête. Le souvenir se reformait, comme un retour en arrière psychique. Elle se voyait, elle, beaucoup plus jeune, manger dans le grand champ de blé près de la demeure. De la viande séchée et des fruits. Le souvenir était vivant. Seïren sentait la sérénité de ce moment qu'elle avait vécu. Alors, posant à nouveau son regard sur l'écuelle, elle la saisit, ainsi qu'un petit objet en bois, et avala une première bouchée.

Tout son corps sembla soudain moins faible, même avec une simple bouchée. La nourriture avait grandement manqué ces derniers jours. Ignorant la peur de tout recracher, elle continua de manger, observant la femme qui avait relevé le masque de porcelaine blanc. Son visage n'était toujours pas visible. L'adolescente se mit à imaginer qu'elle n'en avait pas. Que si l'on retirait le tissu qui la recouvrait, on ne verrait ni yeux, ni nez, ni rien. Alors comment faisait-elle pour voir et parler ? Elle le faisait avec son esprit, car son esprit était fort. Elle parlait grâce à lui, sentait, et voyait grâce à lui. Sans visage. Cela me ressemble n'est-ce pas ? Un peu. L'Autre avait raison. Mise à part ce funeste jour avec la vermine blonde, l'Avorteuse n'avait jamais vraiment eu de visage. Un corps, oui, tout. Sauf le visage. Elle aussi parlait avec son esprit. Troublant ses pensées, et le silence ambiant, la femme qui mangeait elle aussi, parla à nouveau.

- Que s'est-il passé sur les falaises ? Vous vous êtes subitement mise à vous gratter le menton comme une furie.

Elle ne pouvait répondre à cette question. Elle ne pouvait pas lui parler des verres, des asticots qui avaient même incrustés ses ongles. Elle ne le pouvait pas. Cela lui était presque trop propre. C'était un trésor, horrifique mais si précieux. Toutes ces choses qui lui venaient d'Elle. Qui sortaient tout droits des cauchemars qui hantaient ses nuits. Cela faisait parti des propres nuits de son monde. Son monde qui le jour, était d'un calme jamais rompu, disposait de nuit d'horreurs. Tel était le prix à payer pour pouvoir s'évader de l'intérieur.

- Dém.. Démangeaison...

Ce n'était qu'à moitié faux, et cela suffirait. Elle n'avait pas besoin d'en savoir plus. Seïren buta sur un morceau de viande, et l'avala avec difficulté. L'appétit venait de la perdre. Pourtant, l'écuelle était encore pleine. Le visage triste, elle déposa l'objet sur le sol, et enchaîna, une question qui venait de naître dans ses pensées, et qui la tenait à cœur.

- Quel pré..prénom avait-choisi.. vo..votre.. Mère.. pour vous... ?
Porcelaine. Cela lui allait bien.
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MessageSujet: Re: Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]   Jeu 23 Fév 2012 - 1:10

A chaque mot qui sortait de sa bouche était un marteau qui frappait la jeune fille. Elle n'était pas habituée à ce qu'on lui parle avec douceur, ou bien qu'on lui parle tout court. Les mots se bousculaient sûrement dans sa tête, pour se remettre dans l'ordre et former un ordre compréhensible, et puis la réponse venait. Elle fermentait dans ses yeux ébahis et effarouchés, sombres qui sortaient comme deux trous noirs dans sa peau pâle et creuse. Et puis, un mot finit par sortir. Un mot qui avait du mal à sortir. Comme si elle essayait de trouver la consonance qui allait avec les lettres qu'elle avait assemblé, comme si cette consonance, cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas entendue. Au moins, même si elle bégayait, elle avait confiance. Elle mangeait, c'était un bon signe de confiance, ça. Lorsqu'un morceau trop gros défia la carnivore...peu combattive. Elle semblait triste. A cause d'un bout de viande. Haocia observait toute la scène d'un air amusé.

De sous son masque, elle regardait ce magnifique spectacle. Une jeune fille emprunte à des émotions différentes, des vagues qui l'emportait, puis la ramenait. Elle était complètement sous le joug de ses émotions, et tout son visage aussi. Elle semblait très sensible, émotive même. Quelles atrocités avait-elle vécu ? Le moment n'était pas encore venu de le lui demander. Le serait-ce un jour ? Pour le moment, elle se contentait de la regarder, en tailleur et en mangeant quelques fois son pain en soulevant son masque, toujours aussi hermétique et impassible. Ce court moment de réflexion porta ses fruits, quand elle réussit à sortir plus d'un mot. C'était un exploit. Chaque mot semblait l'assassiner, elle aurait aimé prendre son pouls pour étudier son accélération à chaque mot exprimé, à chaque consonance entendue, raisonnant dans la grotte avec le bruit du feu qui crépitait. Si l'écho n'avait pas existé, elle n'aurait pas entendu un mot de ce qu'elle avait dit. La sorcière laissa échapper un petit rire à la tournure de sa question, et fit en articulant très bien, d'un ton sûr mais bienveillant, de la condescendance en somme :


Haocia Nerini. Néanmoins, il me semble que j'ai posé la question la première toute à l'heure, et donc je vous retourne maintenant la question : quelle nom votre mère vous a-t-elle donné ?

Mère. Ce mot disait tout, mine de rien. Il n'y avait pas que la mère qui donnait le nom à l'enfant, sauf si c'était seulement la mère qui l'avait élevée. Elle en déduisait donc qu'elle était née sans père, mais ce n'était que des suppositions, pour tenter de cerner le personnage qu'elle avait devant elle. Au même moment, elle se fit qu'elle n'arriverait jamais à faire le tour de cette personne, surtout si c'était une sorcière. Car, en y repensant, des « démangeaisons », tout d'un coup comme ça, c'était impossible pour quelqu'un de normalement conçue. Ce n'était pas une allergique, car elle n'avait pas de brûlures. Les démangeaisons, c'était seulement ses ongles qui rentraient dans sa chaire. Elle espérait au moins percer ses quelques secrets. Franchir quelques barrières de sa vie. Elle venait de finir son pain, et mâchait sa dernière bouchée. Elle prit la gourde, et rinça son gosier rapidement. Il fallait toujours tout faire rapidement, et agilement, pour que son interlocutrice ne voit pas même un bout de ses lèvres roses. Elle l'observa, toujours à chercher ses mots, à reprendre sa lutte contre ses cordes vocales.

Puis elle repensa à sa mère. Elle n'avait jamais été proche d'elle, et elle avait même tendance à l'oublier, à se dire qu'elle n'avait jamais existé. Seul son père avait été là, elle, elle n'était qu'une génitrice, voilà tout. Mais ce n'était pas vrai pour elle, elle n'adulait pas son père. Et pourtant, son cœur bondissait de joie à chaque cri, à chaque pleur, à chaque boucherie de rebelle. Un cri, un pleurs, un hymne à sa vengeance. Le Roi ne pouvait pas mieux faire que de créer une guerre civile dans son propre royaume. Elle pouvait plus facilement traquer tout ceux qui représentait le problème à sa source. Un bête rebelle qu'elle avait pris plaisir à dépecer. Un sort qui lui avait pris tout ses pouvoirs, mais ça en valait la peine. De le voir respirer, les yeux écarquillés. Sa mort fut rapide, peut-être parce-qu'il n'avait pas supporté la douleur trop intense ? Son sort de dépeçage était une tapette à rat. Le rebelle était le rat. Elle secoua légèrement la tête, elle était perdue dans ses pensées et dans ses images horribles qui lui servent de rêve pour la rassurer. Elle espérait vraiment que celle-ci n'était pas une rebelle. Ou elle lui ferait bien pire qu'elle n'avait sûrement subi. Mais il ne fallait pas anticiper ce qu'elle lui ferait, elle préférait l'improvisation. Elle balaya ses idées tandis qu'elle allait enfin parler. Elle espérait vraiment aussi que sa décision fut enfin de dire son nom. ...Le savait-elle au moins ?
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Seïren Nephtys

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MessageSujet: Re: Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]   Lun 12 Mar 2012 - 16:31

Ce souvenir évasif s'obstinait, dans sa mémoire réchauffée. Ce petit souvenir d'un repas silencieux aux creux des blés garnis dans un été chaud. Elle revoyait la chevelure ondulée de Mère, dans ses tons bruns violacés. Elle revoyait son visage de porcelaine, parfaitement sculptée. Comme ciselée dans un marbre sans défaut. Elle revoyait ses vêtements bruns, chauds, qu'elle confectionnait elle-même. Seïren se revoyait, tout près d'elle, dans sa robe pourpre favorite, qu'elle avait toujours aujourd'hui dans son vieux sac. Une robe autrefois resplendissante, de ce pourpre sauvage et somptueux. Ses cheveux, noirs du Père, glissaient, ondulant aussi, dans son dos. Elles ne se ressemblaient pas énormément. Presque pas. Sa Mère avait la beauté des terres nordiques, elle, avait cette beauté écœurante. Cette perfection dégoûtante qui lui venait du Père.
Le soleil les baignait toutes deux, dans ce souvenir presque figé. Les yeux d'Alessandrä étaient noisettes, avec ces reflets jaunes. Mais Seïren, une fois noyée de soleil, avait des iris grises, translucides. Elles ne se ressemblaient pas du tout. Même leur grain de peau était différent. Et pourtant.

- Haocia Nerini..

La voix de Porcelaine lui fit rouvrir les yeux encore une fois. Se replonger dans a réalité. La grotte, l'écuelle, et la femme au masque. Elle l'observait. Seïren se sentait bien. Porcelaine n'avait pas été agressive. Elle était calme. Presque bienveillante. Son feu sans nature lui réchauffait l'âme, le corps et le coeur. Les minuscules bouchées de nourriture qu'elle avait avalé lui avait fait du bien. Son corps allait mieux. Son esprit était quasiment en paix. Elle ressassait ce bien-être, pour s'en imprégner jusqu'à ses os. Son ossature faible et rongée. Ses os grinçaient souvent lorsqu'elle bougeait, tant ils étaient frêles et déjà abîmés.

- ...Je vous retourne maintenant la question : quelle nom votre mère vous a-t-elle donné ?

Seïren repensa au nom qu'elle avait prononcé. Haocia. Nerini. Son prénom était comme un sifflement. Sifflement dans la brise glaciale. Haocia. C'était une très belle appellation. Nerini. Elle ne put s'empêcher de comparer ce nom au sien. Nerini. Nephtys. Consonance étrangère. Pourtant, même aura. Tout cela pour un nom. Mais maintenant, elle devait lui donner sa propre identité. Ce prénom qui ne lui allait pas si bien. Seïren comme Sereine. Mais elle n'était sereine que très rarement. Ce prénom si précieux que lui avait offert Mère. Et ce nom, qu'elle tenait du Père. Nephtys. La famille de Venill. Seïren ne se souvenait plus de l'ancien nom de Mère. Il était beau. Il allait bien avec elle. Avec les histoires qu'elle lui racontait sur son enfance. Mais elle l'avait oublié.

- Mère a choisi.. Seï.. Seïren.. Comme la sérénité.. Elle voulait ça. Seïren Nephtys.

Éternellement teintée d'hésitations, sa voix mourut dans le silence factice de la cavité éclairé. Tu ne mange plus alors ?.. Seïren baissa les yeux sur l'écuelle encore pleine. Elle avait peur désormais. Peur de tout recracher. De ne rien garder. De perdre ces petites forces vitales dont elle manquait tant. Son appétit était fugace, mais tout de même présent. Elle hésitait. Prend des risques.. Je ne sais pas... Aller, fais le. Sa main se tendit vers le bol pour le saisir à nouveau. Étonnée par cette.. Douceur.. de sa part. Bienveillance malvenue encore. Elle n'était pas là pour être douce. Elle devait l'aider à survivre. Sans douceur. L'Avorteuse n'avait rien de doux. Peut-être qu'elle s'était simplement moquée d'elle en l'encourageant à manger, après tout.. Elle l'affamait chaque jours, l'assoiffait.. Elle lui faisait du mal. Et du bien en même temps. Pourtant, Seïren se risqua à prendre une nouvelle bouchée de viande. Ses dents s'enfoncèrent dedans, mordant fort. C'est alors qu'une douleur cuisante la frappa. Aux gencives. Elle sentit une brûlure se répandre dans toute sa mâchoire. Un râle qui mêlait peur et douleur sortit de sa gorge, elle avala sa bouchée tant bien que mal et attendit quelques secondes. La douleur ne cessait pas. C'est quand elle voulut geindre une seconde fois qu'une gorgée de sang sortit de sa bouche. Le goût de fer emplit sa bouche et son œsophage. Elle ne comprenait pas ce qu'elle avait. Quand elle ne comprenait pas, elle pleurait.

Alors, ses larmes coulèrent comme d'habitude. Tandis que l'écuelle se renversa sur le sol humide, non loin du crachat de sang. C'était comme si ses dents s'étaient enfoncé dans ses gencives. Pourtant le sang ne venait pas de ses dents. Il venait bien de sa gorge. Seïren avait peur. Elle n'avait encore jamais craché, vomit, de sang. Jamais. Cracher le liquide vital. Cela avait toujours été vu comme une mauvaise chose. Un mauvais présage. Maladie, souvent. Seïren avait certainement été malade de nombreuses fois sans s'en rendre compte. Mais là..
Par automatisme, sa main se posa sur son ventre. Rien ne grouillait, rien ne bougeait. Elle ne sentait rien. Seules ses gencives lui faisait mal. Alors, elle remonta sa main à sa bouche et serra pour amortir. Cela marchait, un peu.

- ...Pardon...


Post-scriptum:
 
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MessageSujet: Re: Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]   Mer 14 Mar 2012 - 21:46

Sa voix retentissait comme une goutte qui s'écrasait dans les entrailles de la grotte. Un son lointain mais sinistre. Un son lointain et bref, mais pourtant d'une information capitale. C'est fou, tout de même, tout ce qu'elle pouvait deviner dans l'utilisation des mots de Seïren. Elle confirma son hypothèse sur le fait que sa mère devait être un personne importante pour elle, et en plus, qu'elle était sûrement morte car elle parlait d'elle au passé. Elle répétait ce qu'elle avait dit au début, comme pour s'assurer que c'était bien ça, s'assurer ou bien...se rassurer ? Enfin, la sorcière se contenta d'un simple hochement de tête pour répondre à la jeune fille, et se contenta de l'observer. Elle regardait timidement son écuelle encore pleine. Haocia avait du mal à comprendre son comportement, mais cela ne rendait le personnage que plus intéressant. Ses yeux bleus perçaient son masque de corbeau pour tenter de cerner Seïren.

C'est là que lui vint le regret de n'avoir jamais appris la télépathie. Elle savait envoyer un message sans parler, mais elle ne savait pas être directement dans les pensées de son interlocuteur. En plus, cela aurait facilité la rencontre, elle n'aurait plus à poser toutes ses questions pour en apprendre plus sur elle. Évidemment, elle pouvait toujours utiliser ses pouvoirs pour voir et en même temps raviver, ses souvenirs les plus douloureux de la jeune fille, mais elle lui semblait trop fragile, trop instable pour oser se servir de ce sortilège plus que sordide. Haocia était donc en un état d'impuissance. Elle devait juste attendre, et c'est avec le temps qu'elle finirait par la connaître.

Mais scientifique et mage dans l'âme, elle ne pouvait s'empêcher de se répéter plusieurs fois à elle-même, « mais que t'est-il arrivée petite sorcière, mais que t'est-il arrivée ? ». Cette question lui brûlait les lèvres. Elle ne se souciait plus de savoir si elle avait été témoin de ses gestes sur la plage, elle voulait juste connaître la vérité, aussi macabre soit-elle. Un silence s'était installée pendant que les deux femmes étaient perdues dans leur pensées. Mais ce n'était pas un silence glacial et distant, car étrangement, Haocia sentait qu'elle n'avait pas besoin de lui glisser quelques paroles aimables pour apprécier un moment. Partager un repas avec un feu chaleureux, un petit bout de lumière dans cet environnement hostile, c'était un moment de qualité. Un moment de sérénité, un moment qui revenait donc de droit à cette jeune fille.

La voilà qui, enfin, ré-aventurait ses doigts dans l'écuelle. Elle le porta à sa bouche, toujours sous les yeux curieux du Corbeau. Mais cette fois-ci, ce n'est pas une sorte d'illumination sur son visage blafard. Non, tout son visage se décomposait et harmonisait ses muscles dans une grimace de douleur. La première réflexion qui vint à la sorcière, fut qu'elle avait sûrement des caries, vu l'état de son corps déjà dans un piteux état. Elle poussa un gémissement, bien plus vifs que les mots qu'elle avait prononcé auparavant. Elle se tenait la bouche. Et soudain, tout son corps, dans un spasme qui fit bascula sa tête en avant, elle cracha beaucoup de sang. Haocia ne sursauta pas, elle restait en tailleur. En fait, elle avait simplement froncer les sourcils sous son masque, intriguée par ce nouveau symptôme. Voyant que la jeune fille était totalement paniquée, elle s'accroupit et contourna rapidement le feu pour se tenir devant elle. Elle posa la main sur son torse, et une dans son dos, et la força à s'allonger sur le dos. « Mais que t'est-il arrivée petite sorcière ? » Non. Elle se forçait à ne rien dire. Elle se pencha et d'une main lente et délicate elle l'avertit :


Laissez-moi voir ce que vous avez.

Plusieurs idées défilèrent alors dans la tête de Haocia. Cela ne pouvait pas être la tuberculose, car il n'y avait aucune épidémie en ce moment. Elle se tourna alors vers l'hypothèse de l'hémorragie interne. Généralement, quand un humain crachait du sang, c'était qu'un organe était touché. Vu son état, il était possible qu'elle fut récemment libérée d'une séance de torture, ou bien qu'elle se soit échappée, et qu'elle avait donc des séquelles. Elle penchait pour les poumons, car c'était en général cet organe qui faisait cracher du sang. Elle ouvrit donc la cape, et posa sa main, sa main froide, sur le haut de la poitrine de Seïren, tout en penchant au plus près son oreille de sa bouche, pour écouter son souffle. Elle vérifia son pouls. Tout semblait normal. Elle ne comprenait pas. Elle voulut tâter son ventre, mais elle n'osa même pas la toucher tellement elle était maigre et recouverte d'hématomes. Alors elle leva la main, et d'un geste de la main, elle fit voltiger sa besace jusqu'à elle. Après ça, elle fouilla dans sa besace, et sortit une fiole de soin. La sorcière avait remarqué qu'elle avait du mal à manger, alors elle la força à boire l’élixir de soin. Puis elle s'assit en tailleur à côté d'elle en disant :

Que t'est-il donc arrivée, petite sorcière ?

Ses yeux s'écarquillèrent brièvement, quand elle s'aperçut que la question était sortie toute seule, elle n'avait pas pu contrôler ses mots. Une spontanéité qui était plutôt rare chez Haocia. Elle commença alors à avoir des soupçons quant aux pouvoirs de Seïren : c'était sûr, elle était capable de manipuler ses émotions. Car jamais la sorcière n'aurait pu perdre sa maîtrise de soi, d'autant plus qu'elle ne pouvait ressentir des sentiments pareil à l'égard de la jeune fille. Non, pour elle c'était purement et simplement impossible de ressentir ne serait-ce que de la bienveillance. Elle ne pouvait pas être bonne.
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Seïren Nephtys

Les Songes Hurleurs.

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Songe de sombre.


MessageSujet: Re: Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]   Dim 1 Avr 2012 - 9:38

Brûlure. Atroce brûlure. Mâchoire engourdie. Gencives endolories. Soupe de sang. Seïren avait toujours la main crispée sur sa bouche. Ses yeux voilés de peur observaient la trace de sang au sol. Je bois et déguste mes dents. Blessure interne. Chaleur menaçante. Peur, douleur. Panique. Avec cette hideuse sensation de dents qui s'enfoncent dans les gencives. Mais ce n'était qu'une impression. N'est-ce pas ? Qui sait ?... Elle ne l'aidait pas. Ne le voulait pas. Ne le voulait plus. Mais pourquoi ? Pourquoi se taisait-elle quand Seïren avait besoin de sa voix ? Pourquoi intervenait-elle dans les moments où le silence était d'or ? Aucune réponse. Rien. Son corps crispé fut secoué, sans qu'elle ne comprenne ce qu'il se passait. Haocia. Elle était toujours là. Porcelaine obscur. Ses mains, froides. Son odeur, silencieuse. Contre la pierre gelée, désormais allongée. Elle lui parla, doucement. Mais à nouveau, l'esprit de la gamine se brouillait, se perdait, dans des méandres faites de cendres et de trous noirs. Sa bouche était enflammée, elle avait affreusement mal. Sans comprendre, sans chercher à savoir. Comme une douleur chronique.
Quelque chose fut posé sur sa bouche. Quelque chose en verre, contenant un liquide. Liquide qui vint bientôt humidifier ses lèvres. Elle la forçait à ouvrir la bouche pour ingurgiter le liquide. Mais elle ne voulait pas. Mixture. Force. Un souvenir, un autre souvenir, s'immisça dans sa tête, terriblement vide de lumière, de sérénité. Un souvenir saturé en douleur. Une atrocité psychique.

Passage susceptible de contenir des propos dérangeants.
Il a ouvert la porte.
Une seconde fois. Après le massacre. Il était resté, en haut de l'escalier. Écoutant les pleurs qui s'élevaient du noir. Elle était misérable, avachie, recroquevillée sur les draps froissés et sales. Le visage entre ses mains, la gorge folle de cracher autant de sanglots. Les sanglots n'étaient pas seuls. Tout avait été secoué dans son corps, alors elle avait vomi sur le sol froid. Maintenant, elle sentait la douleur déchirante dans son ventre et dans sa peau. Une salissure. Une blessure. Terrible plaie. Seïren pleurait tellement fort, elle n'arrivait plus à se taire. Elle avait mal. Elle avait froid. Elle sentait l'odeur humide de la Bête sur sa peau fracassée.
Le Roi déshonore sa Reine.
L'escalier avait grincé. Il descendait, doucement. Pas par pas. Respirant fort. Son corps à elle, faible et abîmé n'arrivait plus à bouger. Pourtant, elle ne voulait pas boire, elle ne voulait pas avaler. Comme un petit animal enfermé, terrorisé, elle essaya de descendre du lit pour se cacher. Mais elle ne pouvait pas. Le noir était partout. Il la trouvait toujours. Jamais il ne l'avait perdu de vue. Personne ne l'avait protégé. Il ne se passait rien. Il arrivait, passait sa folie bestiale sur elle et venait la démolir encore un peu plus. Contempler la déchéance d'une fillette. D'une petite putain en devenir. Sans faillir à la règle, il attrapa son bras, d'une douceur nauséabonde.
L'écume de son effort et bue par ma bouche...
Sa main se saisit de la chevelure sale et pleine de nœuds de la gamine. Tirant dessus pour la retenir. Il l'obligea, dans des gestes fermes, secs et dur, de poser la tête sur son genou. Il pouvait la regarder ainsi. Il pouvait regarder ses yeux pleurer, ses lèvres trembler. Il pouvait voir son visage se tordre, sous la peur, le mal, le dégoût. Alors il sourit, un sourire fissuré par une peine ironique. Il leva son autre bras, et approcha sa main. Contenant une petite chose d'immondice. Il approcha sa main oui, de la bouche sanglotante de sa petite putain.
Qu'il entrouvre, et qu'il force.


- Que t'est-il donc arrivée, petite sorcière ?
Le liquide resta dans sa bouche. Elle cherchait le goût ce qu'elle buvait auparavant, mais ce n'était pas le même. Dépourvue de la moindre force pour le recracher, elle l'avala. Se rappelant cette impression d'avaler une sphère pleine d'épines, et de la laissait percer chacun de ses organes. Dans sa tête, les images tournaient, tournaient et ne cessaient de tourner. En boucle. Avec les sons, les odeurs, les sensations. Tout lui vrillait le crâne. Indéfectiblement. La douleur du souvenir. La fente mémorial. Déchirure. Déchirure. Déchirure.

- Déchirure... Déchirure...
L'adolescente se redressa brusquement, saisissant les deux bras d'Haocia. Elle n'était plus. Seïren était restée dans les draps sales, pour pleurer et pleurer jusqu'à ce que la lune l'entendre. Alors, elle fixa l'autre humaine de son regard blessé, brisé, et pourtant si sévère. Ses lèvres trembler, comme avant. Les larmes ruisselaient sur ses joues. Comme si elle montrait le passé, dans ses iris grisées par la lumière du feu artificiel. Pourquoi... Il fallait qu'elle voit. Regarde ce qu'il m'a fait.
Sa poitrine s'incurva, elle bascula en avant, et laissa des sanglots acerbes résonner contre les parois de pierre de l'endroit où elles se trouvaient. Elle essayait de respirer, son souffle se mêlant aux larmes. Son cœur avait mal. Douleur mue par le besoin de cracher sa peine. Elle avait mal, à pleurer ainsi. A pleurer autant. Mais la souffrance partait avec les larmes.

Nouveau souffle.


Post-scriptum.:
 
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Haocia Nerini

Le Corbeau

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MessageSujet: Re: Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]   Sam 7 Avr 2012 - 12:32

Définitivement non, elle ne pouvait pas l'avoir vue tout à l'heure. Elle semblait vraiment en dehors du monde. Où était-elle ? Haocia pouvait simplement répondre « ailleurs ». Après lui avoir fait boire la fiole de soins, elle eût l'impression d'avoir fait un erreur. Elle s'étaitdébattue contre la douleur en gesticulant dans tout les sens, et maintenant, plus aucun de ses muscles ne réagissaient, et son regard semblait s'être vidé de toute lumière. Entre temps, elle vérifia que son pouls était toujours normal, et il l'était. Mais cela ne dura que quelques secondes à peine.

Et puis soudain, elle murmura quelques mots complètement décalés du contexte. Sûrement étaient-ce les seuls mots qu'elle avait gardé de son voyage ailleurs. Ou bien, elle cherchait à lui dire quelque chose. Elle voulut l'inspecter, mais elle la saisit par les bras. Ces mains fragiles et osseuses l'attrapait. Elle baissa les yeux sur ses mains, et en les relevant, elle remarqua qu'elle avait repris sa part de lumière. Une lumière pas forcément régénératrice. Qu'avait-elle subi ? La question à laquelle Seïren n'avait pas répondu, restait donc en suspens.

Si la sorcière s'était vue dans un miroir, elle l'aurait brisé. Elle n'aurait pas aimé voir ce qui se passait dans ses yeux. Un soupçon de compassion, de tristesse, qui tout de suite retournait sa veste pour se transformer en colère. En colère contre ceux qui avaient fait ça à une de ses consoeurs sorcières. D'ailleurs, il fallait que cette femme soit vraiment brisée, pour ne les avoir jamais utilisé depuis le début de leur rencontre. Peut-être Haocia était-elle trop impatiente, et qu'elle-même se servait parfois trop de la magie. Sur cette personne secrète et étrange, elle ne pouvait émettre que des hypothèses, même si peu à peu elle comprenait qu'elle était en souffrance. Autant physiquement, que moralement.

Quand elle se mit à pleurer, et c'est le cas de le dire, ce fût la goutte qui fit déborder le vase. Elle sentait qu'elle devait prendre ce fardeau d'amertume sur ses épaules. En plus de l'aigreur de toute la lignée des Nerini, elle devait s'accorder cette souffrance. Ce n'est pas exactement ce qu'elle pensa, mais c'est exactement ce qui se produisit. La magie était sa famille, sa sœur, alors les mages noires l'étaient aussi. Impuissance, indignation, colère, voilà tout ce qui tourmentait Le Corbeau au moment où elle la voyait pleurer. Voilà ce qui fit entrer une nouvelle part de noirceur, ou nouvelle part d'énergie destructrice. Toutes ses émotions dites « négatives » ; étaient son moteur principal pour continuer. Juste continuer.

Elle retira une des mains de la jeune fille, et fit quelque chose que personne n'aurait pu espérer. Elle le faisait sans y être forcée, simplement par choix, ce qui était une grande première. Elle arracha le Corbeau pour un temps, l'étouffa pour laisser place à l'humanité. Ce vieux démon qui la perturbait tant. Elle posa le masque à terre, et laissa voir alors un visage pâle, les joues légèrement rougies par le froid. Elle retira sa cagoule noire, pour laisser dégringoler sur ses épaules des cheveux noirs et épais, mais avec des boucles qui semblaient enfin respirer. Plus que jamais ses yeux bleus, eux aussi, semblaient renaître sur le vrai visage de la sorcière. Ou plutôt, de Haocia. Ce n'était plus la tortionnaire, ou Le Corbeau qui se dressait devant Seïren, c'était tout simplement l'humaine Haocia.
Évidemment, elle n'alla pas jusqu'à admettre sa fragilité et ses faiblesses, la spécificité de la race humaine.

Elle glissa sa main dans le dos de Seïren, et la colla contre elle pour l'enlacer, la consoler. Il n'y avait personne, alors elle se permettait ce geste. C'était là toute l’ambiguïté de la jeune femme. Avec toute cette noirceur et ce Mal en elle, comment pouvait-elle montrer encore un peu de douceur et de tendresse. Chaque sanglot résonnant dans la grotte, était un coup porté au cœur de Haocia. Cœur à vif sans sa chaire de porcelaine. Elle tentait de la calmer, en la serrant d'une étreinte douce et délicate. Elle agissait comme une mère voulant réconforter sa fille. Ou du moins, comme une grande sœur voulant réconforter sa petite sœur. L'humanité, c'était comme les kilos, plus on tentait d'en perdre, plus ils revenaient nombreux quand on se laissait un peu aller. Tandis que la sorcière s'adonnait à un peu de compassion, son masque la fixait.Son regard vide se posait sur elle inévitablement. Le Corbeau reviendrait tôt ou tard.
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Noirceur un peu plus près des cieux [PV Seïren Nephtys]

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