''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]

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Camelle Elwhang

♘ | Elh

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Race : Séraphin-Démon Commun
Classe : Archère.
Métier : Intendante de l'Alliance- Assassin perdue.
Croyances : Déesse de l'Equinoxe.
Groupe : Alliance- Alliance des Ombres.

Âge : 23 ans.

Messages : 542

Fiche de Personnage : Ne clique pas

Histoire de Personnage : "L'Ambition est née de rêves brisés":
- Diffusion
-Proposition



MessageSujet: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Dim 5 Fév 2012 - 16:39

Le seul mot qui pouvait convenir était bien. Seule et bien. Oui, pour une fois, je me sentais incroyablement forte, puissante, intouchable. Voilà ce que j’étais : inaccessible. Seule dans un monde de verre et seule dans un monde que je savais bientôt lointain. La force me manquait, la force m’abandonnait et pourtant, le plus paradoxal dans tout cela, c’est que je ne m’étais jamais sentit aussi capable. Comme si, par je ne sais que miracle, tout me devenait possible, réalisable. Comme si partir voir Papo aux champs était facile, comme si me ramener auprès de Lilith était logique. Peut-être est-ce le jour qui se lève qui me donne cet impression erronée et monstrueuse de la situation. Effectivement, ma conscience criait, hurlait dans ma tête, hurlait à ma folie. Moi, étendue, je riais, du sang commençant à couler de ma bouche. Je contemplais avec une admiration soumise le ciel grisâtre, épais de nuage menaçant qui me faisait penser à ma vie. Grise et morne. Le soleil bruant d’une journée d’été perçant difficilement dans cet amas vulgaire. Et moi, dans tout ça, j’oubliais. J’oubliais qui j’étais, ce que j’avais fait, pourquoi, comment j’étais arrivée ici… Bientôt, j’oublierais de respirer et inévitablement, je mourrais dans de joyeuse circonstance. Une toux grasse et emplit de sang me ramena un peu sur terre. Tu es poussière et tu redeviendras poussière. Ici, il n’y avait que la nature, la nature et, ô surprise, la nature. Rien. Il n’y avait pas de chemin, juste des pierres et des petites pousses. Il y avait aussi un vent maritime chargé d’effluves salines qui chatouillait les narines. Dans mon chaos cérébral, j’entendais à peine le fracas des vagues contre les rochers. Si je venais à mourir ici, je serais bien. Enfin aussi bien que je l’étais maintenant. Un peu plus loin, j’entendais le tonnerre qui grondait déjà sur les terres. *Quel temps fabuleux*.
Songe altéré par le simple pêché d’ hybris : la femme voulait dépasser la déesse.

L

Plus tôt dans la journée, dans la semaine ou le mois…

Pourquoi fallait-il toujours que je tombe sur des demeurés ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi… Je marchais droit sur les pavés inégaux de Beolan, ruminant tout ce que je savais. La mission était pourtant simple : trouver, tuer. Ce que le contrat ne précisait pas, c’est qu’il s’agissait d’un prêtre voué à Equinoxe, reclus dans le temple dédiée à la déesse, ma déesse. Je savais pourtant que cet homme d’église n’était pas un saint, loin de là mais je ne pouvais m’ôter de l’idée que c’était là un affront pour celle qui, en de rare occasion, devenait ma protectrice. Passablement énervée, je ne disais ni bonjour, ni ne souriais, tout comme la plupart des gens de notre époque. Tous obnubilé par leur personne, monstres d’égoïsme et d’avidité. Plus de place pour un geste tendre, plus de place pour une parole douce. Tout était tellement mieux quand tout était vite accomplis. Ainsi, rapidement, les femmes aimaient les hommes, les hommes aimaient leur dot, les femmes voulaient une famille, les hommes leur faisait l’amour, les femmes élevaient et les hommes devenaient pauvres, s’acharnant dans leur labeur. Peut-être étais-je trop jeune pour comprendre en quoi la précipitation était bénéfique. Je laissais volontiers ces questions de cœur et de cul à ceux qui le désiraient, moi, je n’attendais plus rien de ce côté-là. Les maisons de Beolan était serrée, les rues étroites et les axes principaux bondés. Le brouhaha individuel donnait à la ville une allure de grande Gueularde, un bourdonnement incessant. Pourtant, je savais que c’était le berceau des plus grands penseurs, mages et guerriers. Au moins ici, l’influence de Madorass et du Roi était moins fort. Lui et ses capes blanches… Leurs idéaux dépassaient tout mot assez violent pour exprimer ce qu’ils infligeaient. Nombreux sont les corps que j’ai vu mutilé et torturé par ces êtres sans cœur…

Le temps se couvrait encore, l’été s’annonçait pluvieux dans cet région de feleth. Lorsque j’arrivais au temple, quelques gouttes perlèrent le bout de mon nez, mes joues et mes cheveux. Mes yeux brillèrent d’un éclat nouveau lorsque le beau bâtiment en pierre blanche et en marbre se trouvât là, sous mes prunelles. Tout les lieux de cultes se ressemblait dans leur architecture magnifique. Tout était pur. Les lignes se mariaient avec une perfection humaine avec les courbes du péristyle, dont le centre découvert donnait sur un bassin à l’eau clair et à peine troublée par la pluie. Et ce silence. D’habitude, le fait qu’il n’y ai pas de bruit m’affolait mais là, rien. Juste une paix intérieure. Je venais de franchir la maison d’Equinoxe pour troubler cette paix intestine par du sang. Le prêtre en question ne rejoindrait certainement pas la déesse. Ses agissements avec les enfants laissait à penser qu’il n’irait nulle part. Qu’il ne serait plus rien. Juste rongé lentement par des vers de terre. Les informations que j’avais réussit à collecter étaient qu’il faisait enlever des enfants entre 2 et 7 ans à leurs parents et qu’on ne les revoyaient jamais. Les enlever pour les éduquer à prier pour un dieu qu’il n’aimait surement pas me révulsait mais le pire était qu’un de ses confrères l’avait balancé. Il ne les éduquait pas qu’à la prière et ça, rien que pour ça, je prendrais mon temps et un plaisir certain à le saigner comme un cochon. Toujours est-il qu’il fallait le trouver sans se faire repérer. Nombreuses fois j’ai dû me cacher dans l’urgence, ma taille relativement petite me permettant de passer in extrémis. Je parcourais tant bien que mal les lieux que je n’avais vraiment pas évalué si grands. Plus je m’enfonçais dans les méandres des couloirs, plus ceux-ci devenait mal éclairé et humides. Sans réfléchir, on savait que c’était là. Logique, il se cachait de ses confrères.

L

Un cri étouffé et la vision qui se troublait. Me revoilà, toujours allongée, il devait être 10 heures. La pluie avait repris et essuyait doucement le sang qui coulait encore et toujours. Le mien avait un gout sucré d’abord, puis il devenait amère. Mon corps tremblait, la chaleur, le feu dans mes veines me quittait. Quoi de pire pour une pyromancienne que d’être privée de chaleur ? Ainsi était venue l’heure des soupirs et des regrets, ma dernière pensée allait pour moi-même puisqu’au fond, j’emmerdais tout les autres.
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Théobald le Tancrèdien



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Race : Humain
Classe : Prêtre-Guerrier
Croyances : Culte de Tancrède
Groupe : Solitaire

Âge : trente-deux hivers

Messages : 15


MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Dim 5 Fév 2012 - 19:47

Le destin. Jusqu’à récemment, Théobald n’y croyait plus. En Tancrède non plus. Les mois durant lesquels il arpenta Feleth, du nord au sud et d’est en ouest, l’avaient confronté à de nombreuses épreuves. La solitude tait la première d’entre elles. Et les échecs successifs, les absences de réponses, et les questions qui se multipliaient en étaient autant d’autre. Et à mesure que la frustration, la peur et le doute prenaient de l’ampleur, sa foi en son Guide s’amenuisait. Comme en tout ce qui l’animait, au commencement.
Au commencement, son avenir était plein de promesses, et sa vie se devait être faste et lumineuse, contrastant avec la souffrance de sa jeunesse. L’arrachement brutal à son cocon familial, l’isolement dans un Temple reculé et austère, et la solitude. Oui, tout commença ce jour où une jeune novice du Temple appelée à devenir Augure eut une vision et la partagea avec Théobald, alors promis à entrer dans l’Histoire, en participant à la chute de Sa Majesté le Roi Kaull Hendermark. Mais pour ce faire, il dut parachever son éducation jusqu’à devenir un Prêtre-Guerrier. Ce qu’il fit. Vint alors l’heure de mettre en marche le destin et d’écrire l’histoire. Théobald le Tancrèdien, dernier des siens, partit en quête. En quête d’avenir, et d’espoir.
L’espoir. Le premier pas vers la déception. Une hypothèse qui, avec le temps, devint une vérité dans le cœur du dernier Tancrèdien. Au fil des mois, ce qui était une quête, avec ses projets et ses énigmes fit place à une errance, sans objet ni but. Pourtant, le prêtre persistait et refusait à croire qu’il était une feuille morte porté par un torrent. Non, il était une bille d’argile, légère et fragile roulant sur une sur le pont d’un navire, perdu en pleine tempête. Nulle échappatoire, aucun avenir… Et un risque considérable de passer par-dessus bord, emportée par les vagues, puis dévorée par la mer agitée, avant de s’abîmer dans les tréfonds obscurs et froids. Obscurs et froids comme la Mort. Mort avant d’avoir accompli la tâche à laquelle il était prédestiné. Pourtant, si sa déception avait été moins intense, alors sans doute se serait-il souvenu que toutes les prophéties sont soumises à interprétation, et que, si par chance l’interprétation que l’on prend en considération est la bonne un allié de poids doit demeurer à son côté : la patience.
La patience. Théobald en était dépourvu, bien que n’étant pas le plus impatient des hommes, sans pour autant en avoir souffert. La chance intervenant en sa faveur... à moins que le destin n’en fut le réel responsable, car le prêtre fit une découverte à laquelle il ne s’attendait plus…

* * *

Cinq jours plus tôt, alors qu’il se réveillait dans une auberge à Venill, il découvrit sur le seuil de sa porte une enveloppe, cachetée, accompagné d’un mot. Il n’y avait pas d’auteur, pas de signature, mais elle s’adressait explicitement au prêtre-guerrier.

Dernier des Tancrèdiens,
Messager du Destin, guidé par un Dieu qui ne vit plus qu’en toi,
Livre cette missive à qui va de droit.
Nul besoin de nom, de temps, ou de lieu,
Tu trouveras la réponse en toi. Ne ferme pas la porte à ton Dieu.

Les indices étaient minces, mais Théobald dut se contenter de ceux-ci. C’est alors qu’il pria, dans le but avoué de se rapprocher de sa divinité. Tancrède devait avoir libre accès à son esprit. Puis, il médita, une journée durant, seul et en silence, dans la chambre qu’il louait. La concentration le vidait de ses forces, mais il ne s’en soucia pas. Il transpirait, tremblait, aussi, parfois. Les traits de son visage se déformaient, en une expression de douleur sous l’effort. Derrière ses paupières, les yeux s’agitant, forçant les visions à se matérialiser. Une brume apparut dans son esprit, déchirant la toile noire jusque-là présente. Une faible lueur scintilla, et Théobald, trop heureux d’obtenir enfin un résultat après de longues heures, relâcha la pression… Et le néant revint, plus oppressant et étouffant, s’accompagnant d’une douleur insupportable qui fit vaciller le prêtre, qui, après un ultime effort s’évanouit en tombant lourdement sur le plancher.
Et dans son sommeil, les visions lui apparurent enfin…

Lorsqu’il rouvrit les yeux, le lendemain matin, le Tancrèdien se remémora l’expérience de la veille, et son cuisant échec. Non. Ce ne fut pas un échec. Ses rêves reprirent forme…
Une voix. Trouve la.
Une ombre lointaine. Une silhouette ?
Un bruit, régulier et reconnaissable. De l’eau se fracassant sur des rochers.
La voix. Donne-lui.

D’autres indices. Le destin était en marche. Son heure était venue. Tancrède, une fois de plus, le guidait.

* * *

C’est ainsi, la foi et l’espoir retrouvés, que Théobald prit la route en direction des falaises, après avoir réuni ses humbles affaires – sans oublier la missive – et payé l’aubergiste. Sans monture, il lui fallut plus de trois jours de marche pour atteindre son but. A chacun de ses pas, la crainte d’arriver trop tard, ou beaucoup trop tôt, se faisait plus intense. Dans le premier cas, le destin serait modifié à jamais. Dans le second cas, il attendrait, patiemment, jusqu’à ce que Tancrède lui parle à nouveau.
Lorsque, enfin, il atteignit son objectif, usé et vidé de toutes ses forces, il comprit que sa mission ne serait pas seulement de délivrer un message. Pire… il espérait que courrait en lui encore suffisamment d’énergie pour ce qui lui restait à accomplir.
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Camelle Elwhang

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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Dim 5 Fév 2012 - 22:37

Je savais ce qui arrivait. Lentement, le sang coulait dans ma gorge, coulait sur mes joues. Et moi, je riais. Encore cette hilarité sans but, inappropriée. Je regardais le ciel qui mouillait toujours mon corps de plus en plus froid, de plus en plus mort. Chaque seconde était devenu un combat, chaque seconde, une lutte. Et je la voyais, cette chienne, elle, qui m’attendait patiemment, un sourire au lèvres. Je ne battrais pas, je ne battrais plus. Je voulais d’elle un regard protecteur, une caresse salvatrice. C’est ce qui me fallait : de la compassion. Toujours on m’avait traitée avec respect, toujours considérée comme la ‘petite sœur’. Marre. S’en était assez des rictus niais et des compliments hypocrites. S’en était assez de ce monde décadent que j’aurais voulu changer. Mais l’Homme ne changera jamais. Toujours dans ses vices et ses travers, il ne sortirait jamais la tête de l’eau. C’est ça qui me faisait rire. La stupidité des gens, la mienne surtout. La naïveté d’avoir cru, d’avoir espéré. Tout le monde le savait pourtant, l’espoir ne mène qu’à sa perte. Ne rien attendre de personne était le mieux à faire et pourtant, je m’obstinais. J’avais souvent pleuré, beaucoup aimé, très souvent torturé. Ainsi va la vie, c’est le revers de la médaille. Bientôt, je ne serais plus rien, mes entrailles seront partagées entre deux volatiles et un ou deux petit rongeur. Et si finalement j’avais trouvé ma place ? Moi et mon désir inassouvis de savoir pourquoi… Jamais je ne saurais qui sont mes parents mais qu’importe. Ils ne m’aimaient pas, pas plus que je ne les aimais. Je voulais juste savoir. Si seulement… L’ignorance est parfois bien mieux que la connaissance. Regardez autour de vous. Ce spectacle n’est-il pas magnifique ? Jour de pluie et falaises abruptes. Ignorance. Regardez de nouveau… Jour de pluie et cadavres de suicidaires. Connaissance. Aussi un enfant verra un monde fabuleux où tout est parfait. Une personne adulte ne trouvera plus en ce monde que ses larmes de désarroi. ‘Pourquoi tu pleures Maman ?’. Le monde fabuleux des enfants… J’ai longtemps voulu rester dans ce voile de candeur, longtemps. Mais le plus souvent il n’apporte rien de bon, rien que du mauvais. Ajoutez à l’ignorance la stupidité de croire les plus grands. Quand un père dit à son fils : ‘tout ira bien chéri’, il ment mais eux, ne le savent pas. Alors ils croient, ils croient encore et toujours. Inlassablement. Ca aussi… Les Hommes ont cette faculté impressionnante d’oublier. Oublier ce qu’ils ont fait, ce qu’on leur a fait endurer. Un peu masochistes, les Hommes. Ils aiment qu’on les insulte au final puisqu’ils ne font rien pour qu’on ne le fasse pas. Je ne comprendrais donc jamais leur psychologie… Doucement, mes yeux se voilaient de nouveaux pour un second spasme, plus violent, plus rapide aussi. Là, ce fut le noir et des ombres commencèrent à apparaitre dan ce néant, en silence, d’abord flous, puis précises…

J’arrivais dans la petite pièce. Sans éclairage. Juste une faible lueur sortie d’un minuscule orifice dans le mur. J’étais rentrée discrètement, ne voulant pas me faire repérer… Puis, m’habituant à la pénombre, je distinguais un sanglot, puis une petite forme dans un coin. Elle tremblait et pleurait, la peur suintait de ses pores comme la pièce. Elle était vide et sans objet. Le sol était froid et l’air humide. D’un pas fluide et silencieux, je me retrouvais près du petit être. Sa réaction ne se fit pas attendre. Il recula vivement, les yeux exorbités. Pauvre enfant, que lui avait-on fait ? Il ne devait pas avoir plus de 8 ans selon mon approximation. D’un côté, je comprenais sa méfiance : une fille au yeux tel des miroirs devaient faire peur, surtout lorsqu’on était traumatisé. J’essayais un geste lent mais l’effet ne fut pas concluant du tout, la Chose me mordit si fort que j’eus un mal fou à contenir un petit cri. Pourtant, je m’efforçais à garder un visage serein pour ne pas l’inquiéter plus que ça. Bien que je ne pouvais le sortir d’ici, le rassurer et lui dire que tout s’arrangerait était un minimum. Finit la souffrance. La libération approchait pour elle et pour moi. Jamais je n’aurais cru qu’un Temple pouvait contenir pareil horreur. Pour moi, j’avais l’idée préconçue qu’il s’agissait d’un lieu saint où la pureté et la simplicité étaient de mises. Il fallait croire que je me trompais. Encore une fois. ‘N’ai pas peur, je ne te veux aucun mal’. J’avais chuchoté la phrase comme pour ne pas me faire entendre. Mais dans cet endroit, elle résonna, donnant à chaque mot une impression malsaine, ce que je ne désirais pas. Ce fut un long silence qui s’en suivit, un long silence et un long moment. Puis, je vis ses yeux s’ouvrir plus, sa bouche se décoller dans une expression hideusement perturbante. ‘Qui a-t-il ?’. J’eus le temps de savoir. Quelqu’un me tira en arrière, ma tête heurta le sol. Un bruit de lame que l’on tire, celui d’une petite arme. Je reprenais tant bien que mal mes esprits et esquiva de peu le premier assaut du prêtre conscient de la cause de ma venue. Le combat se présentait très mal pour moi, ses attaques étaient précises et rapides. Aussi je ne tint pas bien longtemps avant de me faire poignarder la cuisse. Un hurlement se douleur m’échappa alors qu’il glissait la lame dans ma chair avant de la retirer. Une cicatrice de plus. Dans un moment d’inattention de sa part, je sortais ma lame cachée à ma taille et visais où je pouvais, la douleur m’immobilisant. Je loupais mon coup et ce fut de nouveau le même enchainement de coups, reçus et rendus. Il se battait bien pour un homme de prière…

Lorsque que je revins à moi, je suais. Je savais qu’il ne me restait plus longtemps. Une heure peut être plus avec de la chance. Je suffoquais, mon propre fluide vital m’empêchant peu à peu à prendre ma respiration. Je tremblais et chaque mouvement était un véritable supplice. Pourtant, j’étais toujours dans ma bulle, dans mon Bien. La Mort, je l’accueillerais comme un amie, comme une délivrance. Soudain, alors que ma résignation atteignait son paroxysme, des pas venant de derrière moi. La seule chose qui vint comme un souffle, un murmure :

-Tu en as mit du temps…

Telle était l’Evidence.
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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Lun 6 Fév 2012 - 17:32

Dès lors qu’il avait aperçu le corps étendu sur le sol à la limite de sa vue, Théobald avait pressé le pas, alignant de grandes enjambées pour combler la distance qu’il lui restait à parcourir, à défaut de pouvoir courir. C’est donc, tout à fait naturellement, que le Tancrèdien se pencha au-dessus du corps meurtri, le cœur battant à tout rompre, et le souffle coupé. Dans l’urgence de la situation, il avait oublié que l’énergie qui lui restait était résiduelle, et que ses réserves étaient déjà, très certainement, insuffisantes. Son corps et son esprit tous deux au bord de la rupture, il observait la jeune femme agonisante. Il ignorait qui elle était, et comment s’était-elle retrouvée ainsi blessée, aux portes de la mort… Pourtant, elle, semblait le connaître. Les mots, qu’il crut entendre sortir de sa bouche alors qu’il n’était plus qu’à deux enjambées d’elle l’avaient atteint comme un carreau d’arbalète. Il en était encore sonné.

- Tu en as mi du temps…

Tout semblait trop simple, lors de son départ de Venill. D’abord une lettre, puis une vision. Une vision liée à la lettre. Tout était lié. Tancrède n’avait plus qu’un seul serviteur, mais n’en demeurait pas moins un acteur du Destin qui savait quand intervenir et montrer la voie à ses serviteurs. Toutefois, rien indiquait que cette fille, mourante de surcroît, soit lié à ce Destin, et ne soit la silhouette aperçue dans la vision, quatre jours plus tôt. Et l’espoir et la hâte laissaient place au doute et l’immobilisme. En effet, Théobald était plus qu’immobile devant la fille qui se mourrait, il était figé, comme une statue que rien, pas même sa respiration ou les battements de cœur ne venaient trahir. Hagard et pensif il regardait le sang quittait le corps pris de convulsion, emportant l’âme et la vie de l’inconnue, comme un cours d’eau entraîne écume et branches mortes. Et à chaque minutes perdues en réflexion, il l’observait faire un pas de plus vers la Mort, inexorablement.
Théobald le savait, ce temps de réflexion était vital, car le dilemme était d’importance non négligeable. Si cette fille était liée au Destin auquel il était appelé à participer, la sauver était sa mission. Mais s’il s’avérait qu’elle se fut trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment, alors la sauver équivaudrait à un gaspillage d’énergie précieuse. Surtout s’il perdait la vie en sauvant, elle. Pire, et l’idée procura au prêtre un frisson glacial qui lui parcourut toute la colonne vertébrale, s’il s’agissait bien de la bonne personne, qu’il parvenait à la sauver… Survirait-il assez longtemps après son ultime effort pour lui transmettre la missive qui lui avait été confié ? Le doute et la peur lui donnait la nausée et réprimé, in extremis, un haut le cœur. Ignorant le goût de la bile dans sa bouche, il décida qu’il était temps de choisir une voie qui, pour l’avenir, serait déterminante. Il s’agenouilla auprès du corps de la jeune femme. Et son visage éclairé par le soleil d’été, il la trouva belle. Elle n’était pas là par hasard, son Destin était de la sauver. Elle méritait de vivre. La missive poursuivrait sa route. Ou pas. La première mission d’un prêtre de Tancrède était de protéger la vie. Il avait juré, sur l’honneur, de servir l’Ordre et d’user de ses pouvoirs et ce sens : il tiendrait parole.

- Ne bougez pas, ma Damoiselle. Je vais vous prodiguer les soins dont vous avez besoin…

Sa voix, bien que grave, roulait entre ses dents, douce et rassurante, donnant au prêtre un caractère prévenant si cher à tout bon guérisseur. Théobald posa une main, chaude et moite, sur le front de la jeune fille sur lequel suintait une fine pellicule de sueur froide. Son autre main planait au-dessus de la poitrine de l’inconnue, qui s’élevait faiblement sous la pression de la respiration timide. Ses seins n’étaient pas très généreux, mais formaient un ensemble alléchant. Se morigénant silencieusement, le prêtre chassa cette vision, indigne de lui. Se plongeant désormais plus profondément dans sa concentration, il établit mentalement un contact entre leurs deux corps, faisant d’être une aura bleutée autour de ses mains tremblantes. Le processus de guérison avait commencé, le corps de la jeune femme se contracta. Le rituel devait suivre son cours, ne pas être interrompu par quelque intervention que ce soit, jusqu’à la guérison de la patiente du dernier Tancrèdien. Ou jusqu’à l’épuisement de ce dernier. Et fatalement, de la mort de celui-ci…
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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Mar 7 Fév 2012 - 19:39

Mes yeux s’ouvrirent de nouveaux sur un monde que je connaissais que trop bien. Un monde qui me ferait bientôt défaut. Pourtant, ce Monde là me parut plus proche que jamais. Une phrase, balancée quelque part, on ne sait où, au dessus de moi finalement. Au dessus de toute chose, au dessus de tout abandon. Et la volonté reprit place, laissant la délectation à la souffrance, de nouveau, plus forte, plus grande. Les yeux grands ouvert, une larme de sang. Une seule. Symbole de cette Immondice, que je cherchais plutôt à fuir. Mais la raison l’emporte toujours sur l’irréfléchi. J’avais jusqu’alors sagement obéis. J’avais obéis à l’aveugle, finalement je l’aimais mon Ignorance. Je m’y complaisais comme un bourgeois se plait à dévoiler ses maigres richesses. Pourtant, un bourgeois baissera toujours la tête face à un noble. Le meilleur l’emporte toujours. C’était l’Evidence même qui me l’avait dit. Elle, qui dans son chemin m’avait permit de tenir. Tenir encore et toujours, aller au bout. Jusque là. Jusqu’à mon dernier souffle. Expiration. Puis sans comprendre pourquoi, la violence d’un coup dans mon cœur, au plus profond de mon âme. Une douleur si atroce, si intenable que tout évidence partit, loin de moins. Il n’y avait plus rien. Non plus rien. Une lumière dans l’obscurité, c’est là où je me rendais. Là-bas, tout était blanc et duveteux, confortable. Malgré cette tromperie grossière censée me faire oublier le mal, je patientais sagement. Je ne savais pas où j’étais, ni ce que je faisais. Morte ? Entre deux ? Rien était la seule réponse assez limpide qui, bizarrement, n’avait pas encore coulé avec mon liquide rougeâtre. Lentement, je commençais à ressentir un fourmillement. D’abord une chaleur dans laquelle je me précipitais puis, une piqure. Aussi étrange que cela puisse paraitre, je ne me sentais plus seule, je ne me sentais plus la peur. C’est alors que tout me revint. Il fallait que je me batte. Encore. Encore, plus fort.

Je revenais à moi, inspirant tant bien que mal. Ma mort approchait comme le froid s’infiltrait en moi. La sueur ruisselait de mon visage, se mélangeant au reste. J’étais horrible à voir, je le savais. Mais je n’en avais strictement rien à faire à ce moment là. Dans un effort presque surhumain, je posais ma main sur sa joue, haletante, l’air se mixant parfaitement à la salive et l’hémoglobine. Et dans une peine infinie, j’essayais de distinguer les traits de celui que j’attendais et qui me sauvais. Une forme grossière. Un homme au large épaules…Non, non, en fait, c’était un armure. Les traits tirés, il était presque aussi livide que moi. Nous menions le même combat à présent. A moins que nous l’avions toujours mené ensemble ? Quoi qu’il en soit, un lien se créait en même temps qu’il usait ses forces. Ses maigres forces. Alors, puisqu’il était moi et que j’étais lui, j’allais essayer à mon tour de le sauver. De le sauver de lui. Dans un troisième spasme de mon corps, d’un arrêt impromptu de mon cœur, je me concentrais pour lui donner cette chaleur dans les veines qui m’est vitale. Je ne savais pas si ça fonctionnerait, mon hypothèse peut être erroné. Mais à trop se poser de questions, on en oublie l’essentiel. Elle le sait. Pourquoi Elle m’avait choisi ? Moi ? Maintenant, je ne survivais plus que pour moi, je portais deux vies à bout de bras. Elle nous avait bien eu finalement. Nous avoir incrusté dans le crâne cette espérance folle : celle où nous vivrons. Erreur et mensonges. Plus le temps passait, plus je savais que la fin arrivait, qu’Elle devait rire ! Oh oui, Elle riait surement de nous, comme moi plutôt, j’étais hilare face à la Mort. Finalement, les deux n’étaient pas si différentes. Parfois même complémentaires. La douleur s’intensifia, ma glissa sur sa nuque, l’attrapant avec le peu de force qu’offrait encore mes bras. Ce fut de nouveau le noir…

La pièce me paraissais moins obscur qu’au début. Peut-être que ce n’était que mon imagination, elle aurait très bien pu être éclairée par mon instinct. Mon instinct qui me faisait défaut aujourd’hui. Je n’avais rien d’une grande guerrière et la seule qualité que l’on pouvait encore m’attribuer était le courage. Mais trop de courage, nous savons tous où cela mène… On se souviendra tous du héros qui sauva une famille alors que sa maison brulait. On s’en souviendra longtemps, d’ailleurs, car tous les an, on dépose un petit bouquet odorant sur sa sépulture. Des exemples, il n’en manque pas. Aussi, lorsque sa lame s’enfonça une seconde fois dans ma chair, je me décidais à riposter violemment, l’adrénaline faussant toute forces. Je n’étais plus Camelle Elwhang, je n’étais que son enveloppe, lâchant le monstre brulant qui longtemps avait été enchainé et contenu. Et là, tout brula. Je me souviens du visage horrifié de l’enfant, tremblant, pleurant, n’osant pourtant pas crier, partir et s’enfuir. Je me souviens du brasier et des flammes dansantes, léchant tout ce qu’elles pouvaient, ces garces. Elles étaient belles, d’une pureté inégalé, rouge et orangé, sensuel et langoureuse. Je me voyais au milieu d’elles, laide et meurtrie. Et je le voyais, essayant vainement de s’échapper. L’homme n’échappe jamais à la femme, ainsi va la vie. La colère, le dégout, la volonté ultime de donner la mort. Voilà mes seules préoccupations. Plus de questions, rien. Un vide, un néant cérébral. Je ne réfléchissais plus avec ma tête ni avec mon cœur, mais avec mes sentiments, ce que j’éprouvais. Douleur. Horreur. Chaleur. Il ne restait de moi que le corps, je m’étais une nouvelle fois perdue. Loin d’ici, quelque part, entre le ciel et la mer, l’horizon et le temple. Puis, dans le silence de mon esprit, une voix. Claire et chantante. Elle me dit, doucement, comme un murmure à mon oreille. Oui, elle me dit et là, je ne m’appartenais plus. Jouet parmi les autres, pantins chez un marionnettiste. J’étais sa possession et plus rien ne changerait. Non, plus rien.

-…Toi…
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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Mer 8 Fév 2012 - 11:43

L’esprit de Théobald flottait dans un océan sans nom, immatériel, et aux couleurs éclatantes. Son corps et son esprit n’était plus une seule entité. L’enveloppe corporelle du prêtre guerrier demeurait agenouillée au-dessus du corps de la jeune fille blessée pendant que son esprit se lançait dans une quête altruiste… plongé dans le corps de sa patiente, recherchant ses blessures. Des décharges électriques l’assaillaient à chacun des spasmes, et il manquait de perdre toute concentration, et tout contact, à chaque respiration, agissant sur son esprit volatile comme une tempête nordique. Un blizzard chargé de douleur agissant comme un anticorps luttant contre un envahisseur, ignorant tout de son lumineux et bien veillant dessein. Après ce qui parut être une éternité, l’esprit de Théobald découvrit une première blessure, tâche rouge, sombre, et oppressante. Ce serait le premier pas vers la guérison, si l’inconnue lui en donnait l’autorisation, tel un mouvement lent et calculé, là où un geste vif et pressé aurait décollé un troll du sol, chassé par l’attraction du sol. Au grand soulagement du Tancrèdien, la jeune fille le laissa approcher, et agir, consciente ou non des soins qu’il escomptait lui prodiguer. L’esprit de Théobald enveloppa la tâche malsaine comme une boîte enfermerait un bijou… un bijou démoniaque renfermant des pouvoirs innommables. La sphère bleutée qui se créait au sein même du corps de la jeune fille émit une lumière blanche intense, diffusant un baume de chaleur. L’opération pouvait prendre du temps… un allié qui viendrait à manquer. Se concentrant énergiquement, Théobald se montrerait patient. Et soudain, tout ne fut que lumière…

* * *

- Il s’est endormi ?
- Oui, mon aimé.
Les voix étaient des murmures et leurs échos rebondissaient sur les parois caverneuses qui les entouraient. Là, quelque part. Là, où il se trouvait. Ils ne les reconnaissaient pas, graves et tendres à la fois.
- Il est beau. On dirait un ange.
- C’est parce qu’il a ton nez, ma tendre épouse.
Les deux voix étaient comme une mélodie réconfortante, une berceuse montrant la voie vers Morphée, comme un phare guide les navires dans une nuit sans lune ni astres étoilés. Puis, une légère brise vint caressait son visage, à moins que ce ne fût une main, suivi d’un tendre baiser, doux et chaud sur son front. Son corps s’agita, doucement, perturbé dans son sommeil paisible. La lumière devint obscurité, un instant, avant de reprendre son voile aveuglant. A nouveau l’obscurité, plus longtemps. Au troisième flash sombre, il y eut des ombres, clairs, floues, et inquiétantes. Pourtant, un sentiment de confiance l’envahit, lui susurrant qu’il ne devait pas avoir peur.
- Tu l’as réveillé…
Le voile obscur se déchira, et l’image jusqu’alors flou se fit plus nette, laissant apparaître une femme et un homme, donnant l’impression de géants. Ils souriaient, découvrant des dents blanches.
- Il a tes yeux mon adorée.
Alors il sut, brûlant le rideau de l’incertitude et de la peur. Théobald se tenait face à ses parents. Ceux à qui il avait été arraché peu après sa naissance… Et il les voyait à travers ses yeux d’enfant. Cela ne pouvait signifiait qu’une seule et unique chose…
- Enguerrand, nous veillerons toujours sur…

* * *

- … Toi…
Le murmure manqua de lui faire perdre le contact et d’interrompre le processus de guérison, mais arracha le Tancrèdien à sa vision. Non, ce n’était pas une vision. C’était un souvenir. Son premier souvenir, enfoui dans les limbes de sa mémoire. Une mémoire résiduelle de ses premiers jours de vie qui avait survécu à ses longues années d’études au Temple, lui volant ses parents et sa vie. Comme la tâche obscure disparaissait, vaincue et anéantie, dans la sphère spirituelle qu’il avait formée, Théobald fut frappé d’une évidence. Ce qui était initialement une vague impression, un pressentiment, était désormais une certitude. Les soins qu’il apportait à sa patiente étaient la dernière tâche qu’il accomplirait. La Mort était au bout du chemin, et ses parents l’attendaient. Ils seraient enfin réunis. Dans son esprit, Théobald sourit, sans se rendre compte que sa forme physique affichait ce même sourire, heureux.
La sphère lumineuse se déforma et l’esprit du Tancrèdien poursuivit sa route, guidé par le Destin, à la recherche d’une autre blessure qui n’attendait que lui. Alors qu’il errait, le prêtre repensa au mot qui l’avait arraché à son souvenir. La voix était différente de celle de ses parents, mais semblait l’appeler, lui. Qui était donc cette inconnue qui semblait le connaître et placer ses derniers espoirs en lui ? Et pourquoi était-ce un souvenir de ses parents qui s’était formé, faisant fît de l’espace et du temps ? Quel lien pouvait-il exister entre lui, Théobald, dernier de son Temple, et cette fille, blessée et agonisante ? Quel lien… Le prêtre guerrier repensa à la lutte du corps de la jeune fille contre son esprit envahisseur, puis à son absence de réaction quand il la soignait. L’esprit de sa patiente était ailleurs ! Théobald se souvint avoir lu, lors de ses classes, que lors de soins, un pont se formait entre les deux corps, à travers l’aura émanant des mains, mais… ce pont devait être à sens unique. Seulement parfois, le patient s’égarait dans le corps de son guérisseur. Ce n’était là qu’une hypothèse, mais elle n’en demeurait pas moins déroutante et inquiétante. Quoi que, le Destin agissait-il sciemment… La réponse viendrait en temps voulu. Théobald avait des soins à prodiguer plus urgents que sa curiosité à contenter.
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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Jeu 9 Fév 2012 - 16:56

J’étais entre trois univers. Trois choix possible, les trois aussi douloureux et plaisant à la fois. Les trois tellement antithétique que leur alliance n’était possible que par la bonne grâce d’on ne sait qui, de Celle que je connaissais bien trop. Le premier, c’était le mien. Songe abîmé, trituré, déchiqueté. De mon âme il ne restait que l’os, la chair avait été dévorée par les Affamés. Eux. Ils me hantaient, me terrorisaient. Au final, à qui étais-je la marionnette ? Eux ? Elle ? Lui ? Moi ? Appelle-moi… Aide-moi… J’avais si peur d’Eux, que je me fuyais. Qu’importe la Mort, elle serait toujours plus douce que leurs mains, que leurs corps et leurs bouches. Dans cet univers, le morbide abstrait est maitre. Il domine de son art chaque parcelle, chaque mouvement de mon être. Le second monde était le sien. Il était aussi noir et mystérieux que la nuit. On s’y perdait, dans les méandres chaotique de brides d’histoire. Y pénétrer faisait mal, très mal. Je voyais ce qu’il voyait : mon corps agonisant, la supplication de ma respiration hasardeuse. Je faisais peur, certes. Et puis, je voyais sa vie. Je voyais Ceux, je voyais Celles. Finalement, chacun ses démons, au final, les nôtres n’étaient pas très différents. Ils le paralysaient autant que moi. Puis, parfois, quand l’égarement m’amenait dans un coin tranquille, ce n’était plus la même chose. Paix et sérénité. Quelque part au fond de lui, il était ça. Calme et volupté, légèreté de l’esprit. Mais tant de niaiserie me faisait vomir. C’était impossible, dans des temps pareils, d’être ainsi. Mon esprit était donc bien plus souillé que le sien. La pureté, je voulais bien la lui laisser, cela faisait longtemps que j’avais oublié ce mot… Enfin, venait le troisième réceptacle plausible. Il pleuvait un été moite. Non, c’était juste ma propre sueur. Là, le Silence. Dans ce monde, je n’avais ni peur ni doute. Dans ce monde, tout me semblait insonorisé. Délectable. Avez-vous déjà ressentit le vide ? Et bien, à l’article de la mort, je pouvais me vanter de l’avoir vécu. Comme si rien n’était. Des particules d’immatériels un peu partout ne formaient rien. Elles formaient juste rien. Merveilleux et inquiétant pour quelqu’un qui n’a jamais vécu dans mon corps, dans son corps, entre les deux. A cet endroit, Ils n’y étaient pas, Elle si, je le savais. Entre la Cruauté et la Psychose, c’est le mélange des deux que je choisis. Oui, dans un effort presque sur humain, je restais consciente. Mes yeux étaient ouverts pour distinguer quelques formes imprécises. Mes oreilles ne captaient que les battements de nos cœur. Ma voix ne portait rien de plus que le Néant. ‘Fais moi un signe’… Rechute.

Je repartais dans les limbes, mais cette fois, je sentais Leurs présence. La sienne et Elle. Elle agissait sur moi, avec moi, contre moi. Un poids sur le cœur et sur le corps. Ce n’était pas réel, je le savais. Enfin, ça l’était mais tout se passait dans ma tête. Elle s’immisçait toujours dans mon crâne, m’appelant, de sa voix sifflante. J’étais dans une cave. Une cave en pierre. On aurait pu croire à un hiver, ma respiration douloureuse provoquait une légère condensation. J’ouvrais les yeux, hésitante. J’avais peur. En fait, j’étais tellement terrorisée que mon visage était de plus en plus blême. Mes yeux gris cherchèrent, cherchèrent encore et toujours un appui dans ce couloir noir dont on ne voyait rien. Derrière, des pierres. Devant, le Noir. Je savais qu’il était là, perdu dans mon esprit, je le sentais. J’aurais voulu lui dire de courir, de s’enfuir. Elle, Elle était odieuse. Cette chose que je camisolais dans mon esprit et qui malheureusement, avait brisée ses chaines. Les chaines que je lui avais toujours imposé, bâillonnée et cachée. Elle n’allais pas tarder. Elle était si folle, que je cherchais mon Sauveur des yeux. Rien. Toujours ce noir qui ne me permettais pas de le trouver. Alors, je pensais. Je mis tout mes sens en action. La connexion était établie mais Elle la briserait. Elle était trop forte, Elle profiterait de la passerelle entre lui et moi pour le détruire. Le nuire de l’intérieur. Elle le saccagerait comme Elle avait fait avec moi, sauf que j’étais bien trop importante. J’étais son corps, Elle refuserait de mourir aussi, je vivrais. C’est pour cela que je voulais lui dire de partir. Si j’étais à l’agonie, ce n’était qu’un leurre. Elle savait que quelqu’un me sauverait. Comment ? Il y a des choses que je ne saurais encore expliquer… Puis, une forme bougea dans un coin. Plissant les yeux, je le vis. Il était là, il était en vie. Très peu de temps, oui, très peu. Je voulais me précipiter vers lui mais des chaines, mes chaines m’en empêchèrent. Elle avait vraiment tout planifié, la Salope. Alors, violence intestine. Comme un coup de poing dans le ventre, des pas résonnèrent. A la lueur sombre, un forme. Une silhouette pas déplaisante mais Elle ne s’était pas encore tout à fait révélée. Elle riait. Elle riait et moi, je vomissais.

-Trop faible Camelle, beaucoup trop faible.

Elle n’avait pas tord, je n’étais rien sans une infime partit d’elle mais Elle n’était rien sans moi non plus. Et ça, Elle avait une fâcheuse tendance à l’oublier. Les forces me manquait pour la sceller de nouveau dans le placard de mon esprit. Entre deux respirations entrecoupés, je regardais Sauveur, debout, silencieux.

-Va-t-en !
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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Ven 10 Fév 2012 - 11:11

Il ne fallut que guère de temps à Théobald pour découvrir une nouvelle blessure dans le corps de l’inconnue, tant celui-ci était torturé. Dévasté. Si l’origine du Mal qui en était à l’origine restait un mystère pour le prêtre-guerrier, il n’en demeurait pas moins puissant et agressif. Deux caractères qui se complétaient belliqueusement, pour la plus grande douleur de sa proie, et le plus abject désarroi du guérisseur, ce dernier ayant la nocive impression d’affronter un mur. Ou une bourrasque en pleine mer. Pourtant, le Tancrèdien ne tournait pas le dos au duel dans lequel il s’était plongeait, multipliant ses efforts pour former une nouvelle sphère d’énergie autour de la blessure dans le but de la désintégrer, d’apaiser la souffrance, et de faire un pas de plus vers la guérison. Mais la tâche s’avérait plus ardue que précédemment.
Le guérisseur se sentait déchirait entre deux forces contraires, comme le feu et la glace se rejettent l’un et l’autre. Cela se ressentait dans ses efforts. La sphère lumineuse semblait s’étioler, comme une robe se déchirait sous la main d’un amant enragé, tandis que sa maîtresse s’amusait à recoudre la robe là où elle venait de se déchirer. Un cercle vicieux et sans fin, usant et décourageant qui faisait perdre à Théobald un temps précieux. Et sa ténacité le faisait atrocement souffrir. Son esprit était comme un corps sur une table de torture, étiré, jusqu’à trouver le point de rupture. S’il eut pu pleurer, il l’aurait fait. Son corps le fit, laissant des yeux s’échapper des larmes de souffrance et d’épuisement.
- Va-t’en !

* * *

Les sandales des membres de l’Ordre vacant à leurs occupations résonnaient dans le couloir en pierres noires. Leurs ombres dansaient sur les murs austères et noirs, eux aussi. A travers des meurtrières ouvragées de vitraux sans couleur, de faibles rayons de lumière filtraient, laissant la chaleur du soleil à l’extérieur des murs, comme un barrage.
Assis sur un banc dur et inconfortable, Théobald regardait ses pieds flottant dans le vide, les jambes trop courtes pour mettre les pieds au sol. Sa toge grise le démangeait et des ampoules aux orteils le lançaient. Il pensait à sa mère. Des enfants, dans la salle à manger commune, avaient racontaient comment les jeunes novices arrivaient au Temple, arrachés à leurs parents, de grès ou de force, quelques jours à peine après leur naissance. Dans le pire des cas, ne laissant aucun souvenir, ou dans le meilleur, l’absence de souvenir pouvant rendre la vie plus facile. Mais Théobald n’aimait pas sa vie, il n’était pas heureux. Sa mère lui manquait, il le sentait en lieu, même s’il ne l’avait jamais connu. Prier Tancrède, son guide, et servir ses supérieurs, Pères ou Matriarches, à longueur de journée, ne parvenait à combler le vide qui le hantait. Son père aussi, lui manquait, mais la sensation était plus diffuse, plus incertaine, plus lointaine. Le lien paraissait différent, de celui qui le rapprochait de sa mère. Théobald n’arrivait pas à mettre des mots sur ses sentiments, mais son esprit infantile parvenait tout de même à ressentir les choses qui habitaient son cœur.
Le jeune novice isolé ne prêtait pas attention aux autres, adultes ou enfants, qui allaient et venaient. Toutefois, lorsqu’une petite vint s’asseoir sur le banc qu’il occupait, à côté de lui, il releva la tête, et la dévisagea rapidement de haut en bas, puis laissa retomber son regard sur ses pieds douloureux. Ses pensées s’étaient détournaient de ses parents, et il pensait désormais à cette petite fille, prisonnière ici, comme lui. Ses pieds touchaient par terre, elle devait être un peu plus vieille. Ses longs cheveux roux tombaient sur ses épaules en fines boucles et ses yeux verts étaient… ailleurs. Lointains, comme s’ils fixaient une chose au-delà des murs, au-delà des montagnes. Au-delà du temps.
- Bonjour ! dit-elle joyeusement. Je suis Mirrah. Tu vas bien ?
Théobald ne répondit pas. Il ne désirait pas faire la conversation à une inconnue, même si celle-ci lui avait semblé jolie. De toutes les manières, l’attachement était prohibé pour les membres du Temple.
- Pourquoi restes-tu tout seul… Théobald ?
Son prénom fût comme une piqûre d’insecte venimeux sur sa nuque, raidissant ses membres et l’immobilisant de stupeur. Il posa sur la petite fille un regard interloqué et découvrit qu’elle lui souriait d’un air triste.
- Tu connais mon nom ? demanda-t-il, sachant que personne ne le connaissait et qu’il faisait tout pour que cela reste ainsi.
- Évidemment ! répondit-elle en riant. Et je sais bien d’autre chose sur toi, Théobald !
Le petit garçon était intrigué. Lui-même ne savait rien sur lui et son passé. Comment cette fille, sortie d’on ne sait où pouvait-elle affirmer une telle chose ?
- Ne me regarde pas comme ça ! On dirait un rat des montagnes effrayé par un prédateur ! En fait, j’ai rêvé de toi…
- De moi ? l’interrompit Théobald.
- Oui. Je suis novice, auprès des augures. Je vois l’avenir. Alors je sais.
Théobald connaissait tous les arts propres aux Tancrèdiens, même s’il ne les pratiquait pas lui-même, étant voué à devenir un prêtre-guerrier. Les augures étaient des sœurs sujettes aux visions. Par leurs conseils, l’avenir pouvait être manipulé, modifié. Dès lors, les serviteurs de Tancrède tenaient entre leurs mains… le Destin. Sans attendre l’aval de son nouveau compagnon, Mirrah poursuivit :
- Je sais quel est ton Destin. Dehors, dans plusieurs décennies, un homme appelé Haull Hendenmark, Roi ou Empereur, je ne sais pas trop, fera régnait le chaos sur Feleth, au nom de l’Ordre et de la Justice. Et toi, Théobald, participera à sa chute. Tel est ton Destin. C’est écrit !
Théobald était abasourdi. Était-il possible de voir aussi loin dans l’avenir ? A son âge ? Et pourquoi lui ? Qu’avait-il de spécial pour qu’il en vienne à participer à quelque chose qu’il ne comprenait même pas ? Il ne savait pas quoi dire. Alors, un seul mot lui échappa…
- Moi ?

* * *

Plongé dans une transe altruiste mais dévastatrice, Théobald revint à lui, conscient à nouveau du rôle qu’il devait jouer, et de l’importance vitale de réussir ce qu’il avait commencé. Comme galvanisé par ces nouvelles révélations de ses souvenirs les plus anciens, il reprit son Destin entre ses mains, et concentra toute son énergie sur la blessure et la sphère lumineuse qui, à force de persévérance se forma et étincela, se confrontant en un duel d’énergies au Mal qui se nourrissait de la force vitale de sa patiente.
Toutes pressions interne et externe disparurent, Théobald était à nouveau seul, face au néant. Son esprit flottait à nouveau dans les entrailles sans fin de ce corps et de cette âme torturée. L’affrontement était à chaque fois plus intense, et à chaque fois l’éternelle question se reposait à lui : aurait-il l’énergie suffisante pour combattre la prochaine source du Mal, et les suivantes ?
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Camelle Elwhang

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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Dim 12 Fév 2012 - 22:06

Mélancolia.

Dans le sourire de ton âme je me suis oubliée. Longtemps, longtemps j’y ai cru. Maintenant, je ne suis plus. Mais qui es-tu, toi qui me torture ? Un songe ? Une illusion. Une vision du Monde erroné, un miroir déformant la réalité. Utopie avortée. J’avais tant espéré, tant et si bien que j’en avais les ailes brisées. Mutilée, profondément. Anéantit. Chaque seconde était un supplice, lent et sadique. Le temps se riait de moi, il urinait déjà sur mon corps. Mais je n’étais pas morte. Il y avait cette lumière blanche, cette obscurité moins dense dans l’Océan d’encre. Il y était, il était au centre de ma douleur et de mon agonie. Il s’y immisçait au fil des secondes. Est-ce que c’est vraiment ce que je souhaitais ? Qu’il voit, qu’il comprenne, qu’il apprenne ma douleur. Que verrait-il dans ce capharnaüm de chances perdues ? Un visage surement. Des visages, des visages morts sur lesquels des mouches festoyaient dans un bourdonnement macabre. Puis, des cheveux blond comme les blés. Ô Lilith, pardonne moi, pardonne moi de ne pas t’avoir attendu au matin de nos vies. Ô Lilith, je regrette… C’est surement elle qu’il verrait. Il s’offusquerait surement de voir à quel point mon âme est pourrie. A quel point je ne suis qu’Immondice. Il verra que j’aime une femme, que je l’aime à me mutiler de l’intérieur. Que je la désire à démuseler la Chose. Elle, cette Femme qui me détruisait depuis le jour j’ai utilisé pour la première fois ma magie. La première fois. Ma première fois. Celle qui avait fait de moi un pantin, simple jouet dans ce Royaume délirant de substances peu recommandable. La première fois où le Poison avait infiltré mes veines et brulé mon cœur. La première fois où j’avais abandonné ma Banalité regrettée pour le Surnaturel refoulé. Je n’étais que plus méprisable, oui, c’est ça, j’étais méprisable. Oublie-moi.

Toujours attachée, je ne pouvais rien faire. L’Homme, lui, s’attardait toujours entre deux Univers, acteur passif et inerte qui ne peut rien endigué, qui ne peut rien influencé. Il devait voir, là, la Forme qui s’avançait vers moi. La Folle s’était encapuchonnée mais je savais déjà à quoi m’attendre. Reflet. L’Identique assimilée. Ses cheveux, les miens, tombaient un peu au dessus de sa-ma- poitrine. Et dans la lueur obscure, on ne distinguait que ses prunelles, différentes des miennes. Les miennes reflétaient tout, les siennes ne montraient que sa cupidité et sa colère. Des yeux rouges, flamboyant comme les flammes, comme la force dont je me servais. A présent, je n’étais plus rien, je lui appartenais. A présent, Elle, devenait ma Maitresse mais aussi par extension la Sienne. Il ne le savait pas, il n’avait toujours pas rompu le lien. Il nous tuera, tout les deux et Elle s’en donnera à cœur joie. Elle aime me voir souffrir, Elle aime que je la supplie. D’une main autoritaire, elle attrapa mes cheveux, me faisant rejeter la tête en arrière. Je la regardais, les larmes sèches coulaient doucement. Je pleurais pour ce que j’avais perdu, ceux que j’avais oublié, ce et ceux que j’allais perdre. La remettre en cage nécessité énormément de force et il y avait toujours une contre partie… Elle laissa quelques secondes sa petite dague jouer avec ma joue. La plaie me brulait déjà avec le sel de mes pleurs. Je faisais pitié. Pauvre Petite qui se fait torturé par elle-même. La Schizophrène. N’est-elle pas ravissante dans son habit rouge ? Le sang s’accorde à son teint. Tellement belle quand elle à mal. Et Elle frappe, encore et encore jusqu’à ce que je sombre. Cette fois-ci, je trouvais le Noir plus accueillant, moment de répit dans les lacérations qu’Elle m’infligeait, même si mon esprit partait…

Les flammes dansaient comme jamais auparavant. Elles vibraient tellement. On aurait pu croire qu’elles se battaient en duel, savoir laquelle brillerait le plus, laquelle irait le plus haut. Je n’avais pas bougé, la chaleur ne me dérangeait pas. D’ailleurs, de ces flammes ne s’échappaient aucune chaleur. Elles n’étaient que magie, elles ne pouvait pas. Et le prête cherchait la sortie mais ne pouvait l’atteindre. Le Pauvre était mon prisonnier. Il était ma mission et ma seule préoccupation. J’entendais encore les pleurs de l’enfant, je les entendais fort. Puis, les grattements d’espéré, sur le mur. Des bruits horrible d’ongles qui s’arrachent et la chair impatiente qui s’étale dans une dégoulinade écœurante. Et le prêtre, les yeux exorbitaient qui criait. Il priait la déesse, me maudissant sans savoir que je l’étais déjà. C’est une des rare chose non cumulable. J’approchais ou plutôt, Elle approchait. Je saignais, à la cuisse et à l’épaule mais qu’importe. Ce soir, Equinoxe perdrait un serviteur mais ce soir, elle gagnerait une conscience. C’est à son nom que l’on enlevait les enfants. Ce serait donc à son nom qui mourrait, hurlant de le laisser vivre. La Mort est une fatalité dont je serais la messagère. Devant moi, devant Elle, les flammes s’écartaient. Dans un dernier geste de bravoure, il me sauta dessus, lame à la main. Qu’espérait-il ? Un sursis ? Il n’en aurait pas car tout vient à point à qui sait attendre. J’étais véritablement patiente, dommage pour lui. Un second choc avec le sol et là, ce fut l’Evidence. On ne rencontre jamais son Destin, c’est lui qui vient à nous. A ce moment là, ce jour là, il est venu me voir sous les traits d’une femme. Une femme si belle, tout de blanc vêtue. Une femme que je regrettais et qui me tira une larme, une seule et unique larme. Celle qui m’avait mit au monde, celle pour qui la quête de ma vie ne menait nulle part. Je savais que c’était elle, le sentiment était profond, il venait de mon intestin. Sa voix était claire et pure comme du cristal, chantante comme l’eau d’une rivière :Va à la rencontre du Ciel et de la Terre. Va à la limite de tout, où les Grands s’unissent pour ne former que l’horizon. Va Camelle et attends…
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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Mar 14 Fév 2012 - 15:03

Dans l’obscurité d’une grotte interminable, Théobald aperçut une faible lumière scintillante. L’espoir. Du moins, c’est ainsi que prit forme dans son esprit cet océan de douleur qu’était la nouvelle plaie qu’il découvrit dans le corps de l’inconnue. Il étudia les racines du Mal, profondément implantées et comprit que c’était là l’origine de tous les maux que la demoiselle ressentait et que lui, prêtre-guerrier, tentait de soigner, et s’il le pouvait, guérir.
Pour dire vrai, cette métaphore était loin de la réalité. En effet, plongé dans les abysses du corps et l’âme de sa patiente, seule l’obscurité l’enveloppait, aucune lumière, aussi faible fut-elle, ne scintilla. Seule la puissance malsaine et l’étendue de cette nouvelle source du Mal avait un goût d’espoir, comme si le Tancrèdien touchait enfin au but. Que c’était bientôt la fin.
Il comprendrait d’ici très peu de temps qu’il était dans l’erreur.
Dans un effort désormais routinier il prit à bras le corps, métaphoriquement parlant, le Mal et laissa son esprit s’étendre autour du Mal pour créer une nouvelle sphère et diffuser une aura bienfaitrice. Mais son pouvoir était désormais trop affaibli, et sa ténacité, renforcée par un ultime espoir, ne parvenait pas à compenser le manque d’énergie. La sphère de guérison que déchirait comme un nuage se disperse sous les vents violents. Non… La situation était bien pire. Il n’était pas un nuage souffrant de quelque tempête. Il été aspiré, comme un navire pouvait être emporté par un Maelström, au grand large. Oui, Théobald avait beau lutter de toutes ses forces, le Mal l’aspirait inéluctablement.
A chaque seconde, la douleur était plus intense. Jusqu’à ce que son esprit s’égare et s’abîme.

* * *

Son enseignement au Temple terminé, Théobald, comme ses aînés le firent avant lui, quitta son foyer Tancrèdien et partit résoudre énigmes, enquêtes, quêtes et missions en tout genre au nom de Son Guide. Une vie de solitude et d’errance calculée s’offrit à lui, sans rien changer à la vie qu’il menait depuis son enlèvement. A part qu’il n’eut plus de toit et de murs réguliers, bondissant de tavernes puantes en grottes humides, d’auberges malfamées en bosquets lugubres, d’écuries en ruines oubliées, d’égouts en repères de monstres hideux. Une vie de poisseux pour un altruiste ignoré.
Pourtant, il ne se plaignit jamais, affrontant les dangers en héros et les missions en homme intelligent, sans jamais récolter de gloire, de fortune ou de récompense. Seule la reconnaissance éternelle des âmes qu’il sauva lui apportait le réconfort dont il avait besoin pour s’accorder une raison de vivre.
Et il vécut ainsi durant plusieurs cycles qu’il ne compta pas, ne s’immisçant dans les affaires politiques qui bousculaient Feleth. Du moins, jusqu’à ce que certaines rumeurs circulent et parviennent à ses oreilles. Kaull Hendenmark, récemment proclamé Roi – de sa propre autorité semblait-il – envoyaient ses hommes de main raser les lieux de culte contraire à ses valeurs, et détruire ceux qui les habitaient ou y prêtaient leur foi. A force de réflexion, Théobald se souvint de cette petite fille, novice du Temple, et du rêve qu’elle lui raconta, un jour qu’il demeurait sur un banc. Sa gorge se serra, son cœur se contracta, et l’étrange pressentiment qu’un danger menaçait son Culte l’envahit. Il devait rejoindre le Temple de Tancrède avant qu’il ne soit trop tard.
Il était déjà trop tard !
Théobald avait loué un cheval, reprit la route en direction des montagnes et lancé sa monture au galop quatre nuits et trois jours durant, espérant arriver à temps. Une folle espérance, car lorsqu’il redécouvrit les murs de son ancien foyer, son destrier au bord de la rupture, Le prêtre guerrier tomba à genoux et s’effondra en larmes. Le Temple n’était plus que ruines desquelles s’échappaient encore quelques volutes de fumées et de poussières. Ce jour-là, il devint le dernier des Tancrèdiens.
Il ne partagea ni sa peine ni sa souffrance, mais hurla à la nature alentour sa rage et sa haine envers les couples, lâchant à gorge déployée un cri primitif de douleur et de soif de vengeance.
Mal…

* * *

Terriblement mal…
Peine… Souffrance…
Théobald a mal…
Terriblement mal…

La douleur passée frappa le Tancrèdien, amplifiée par ce nouveau maléfice qui le rongeait, et anéantissait son esprit, lentement, en un supplice inhumain. Son esprit se débattait, résistait frénétiquement dans le corps de sa patiente, risquant de causer des lésions irréparables. A l’extérieur, au bord des falaises, le corps du prêtre essuyait des convulsions. Les traits de son visage se déformaient, dessinant la peur, la colère, la haine. La souffrance. Ses paupières se fermaient avec force et hargne, laissant suinter des larmes de sang tant la tension était élevée. Derrière un rictus démoniaque, ses dents avaient coupé à vif une langue trop agitée et une coulée de bave et de sang emmêlés se déversait sur son menton. De son corps en aboie, tous ses membres tremblaient, et ses mains maintenaient le contact entre le corps et l’esprit. L’aura bleutée survivait, chancelante, à la torture. La scène laissait présager le pire.
Théobald ! Non !
Mais les principes et l’âme altruiste de Théobald devaient demeuraient les plus forts ! Céder ? Jamais ! Il lutterait jusqu’au bout et sortirait vainqueur. Ou en mourrait. Dans sa tête, dans son esprit, la voix se faisait écho. Une voix masculine, vieillarde mais ferme, et lointaine.
* Qui… ? * interrogea-t-il silencieusement.
Tu connais la réponse Théobald. L’immortalité n’est pas encore pour toi… Mais tu dois te libérer…
* Non ! *
La voix était rassurante et amicale, mais le prêtre ne put s’empêcher de s’entêter en répondant nativement au conseil qui lui était fait, avant de pousser un nouvel hurlement de rage et de douleur.
Maintenant, Théobald !
Et la lumière divine symbolisant l’espoir qu’il avait perçu quelques minutes plus tôt lui revint en mémoire. Son esprit avait vu juste et la métaphore n’était finalement pas si mauvaise. La fin était-elle belle et bien arrivée. Mais la Mort ne serait pas encore là… Alors Théobald gonfla son énergie et ne lutta plus pour défaire le Mal mais pour retrouver son corps. L’aura spirituelle du Tancrèdien fut entraînée en arrière et happée hors du corps de la demoiselle et projetée violemment dans son propre corps, coupant tous liens entre les deux corps et propulsant son corps meurtri sur le sol.
* Tancrède… *
Son Guide l’avait guidé en cet instant fatidique, lui sauvant la vie. Cependant, son esprit dérouté et son corps fragilisé, la douleur n’était pas imaginaire, et la mort n’avait été que retardée. Qu’en était-il de la fille ?
- Non ! Qu’ai-je fait ? NON !
Le dernier Tancrèdien rampa jusqu’au corps presque inerte de la demoiselle en détresse. Il l’avait sentie si torturée intérieurement. Elle lui avait semblé si forte et si fragile. Elle luttait intérieurement contre une force qu’il ne comprenait pas. Il n’avait pas pu la sauver. Et il n’en avait désormais plus les moyens. Dans un dernier acte, il la regarderait mourir, puis ensuite viendrait son heure. L’immortalité, et Tancrède.
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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Mer 15 Fév 2012 - 19:42

Je sentais le Mal suinter de tout mes pores. Je sentais le Bien m’envahir. Ce Bien dans lequel j’essayais vainement de m’immiscer. Mais la lueur blanche était de moins en moins forte. Elle ne tenait plus qu’avec la force de l’Espérance et la volonté du Bonheur. Si mon cas était fichu, le sien n’était pas mieux. Dans un silence lourd et maladif, je L’entendais rire. Son rire si puissant qu’il nous écrasait tout les deux. C’est alors que je compris une chose. Une chose, leçon de la vie, que je m’efforcerais de retenir. L’un et l’Autre ne pouvait survivre. Soit l’Un, soit l’Autre. Mais pour cela, les deux étaient nécessaire. Une union qui devait être parfaite : assemblage des âmes, élévation de l’esprit. Deux entités si tôt rencontré devait s’unir, unir ses forces pour que la lumière naisse encore et encore. La régénérescence nécessité deux êtres. Et ce lien qui nous attachait encore l’un à l’autre était fort. Beaucoup trop fort pour deux entités différentes. Nous voulions sensiblement la même chose, notre quête était similaire. L’Espoir d’un jour meilleur, l’Espoir utopiste d’un monde que l’on voulait tout deux modifier de tel façon que plus personne ne souffre. Pour cela nous étions prêts à nous sacrifier, à souffrir pour la liberté. La paix s’obtient par la guerre. Notre paix ne s’achèverait donc que comme ça. La fin d’Un est le début de l’Autre. Si il venait à mourir, je poursuivrais notre rêve sans répits, jusqu’à ce que celui-ci s’accomplisse enfin. Beaux jours, quand reviendrez-vous ? Puis, alors que le sang coulait un peu moi, il y eu cet effet qui changea tout. Ce craquèlement de notre Commune Idée. Le vide. Néant. Il était sortit de moi avec une tel violence que mon cœur cessa définitivement de battre.

J’étais morte.


Le froid. Si terrible ce froid. Il me piquait la peau, me brulait les yeux. Chaleur, Chaleur, pourquoi t’être enfuis ? Reviens moi, reviens moi… Mais dans les cris sourds et les complaintes muettes, rien ne me répondit. Noir. Voilà ce qui correspondait le mieux à la situation. Tout était vide et Noir, la matière se dessoudant en néant inquiétant. Dans ce monde que je nommais ironiquement Désolation, il n’y avait rien de palpable. Les bruits n’existaient pas et même moi, je me retrouvais dans cet état de non-vie. Vidée et Grise. Je ne voyais rien d’autre que le Rien, Désolation ne donnait en spectacle que cette impressionnante masse noire. Pensant que cela passerait, je gardais mes yeux ouvert, pour m’habituer à la pénombre. Mais rien ne vint. Désolation, sentiment de totale minimalisme et de profond étouffement. Suffocation, comme si la pensée n’avait plus d’importance, elle en devenait prohiber. Oui, c’est cela, penser était totalement interdit. Lorsqu’une image apparaissait, elle s’effaçait à jamais. Impossible de se souvenir. Était-ce une femme ? Un chien ? De l’herbe ? Ainsi, je perdis de nombreux souvenirs. Plus j’essayais d’y penser, moins j’y arrivais. Des visages de Poussière et des formes en grain de sable que la mer venait happer de son gros ventre affamé. La Gourmande Désolation me mangeais petit à petit, démantelait mon esprit. Elle agissait sur moi comme un sédatif et plus le temps passait, plus je m’y plaisais. Après tout, être vide n’était pas une mauvaise chose. Plus d’obligeance, plus de contrainte, plus de bruit. Calme. En fait, calme ne convient pas, car même si aucune agitation était à déplorer, rien ne pouvait vraiment bouger. L’immobilisme est peut être un paradoxe du calme après tout. Celui-ci ne peut en outre être présent que lorsque l’on peut bouger alors qualifier la Désolation de calme… En fait, là n’était pas le pro…


Respiration noyée.

Je rouvrais subitement les yeux. Que s’était-il passé ? Et ma tête. J’entendis son cri et sa main qui dans un effort suprême tenta encore une fois de me sauver. Elle avait perdue sa force, je n’étais plus en moi. Nous avions gagné la guerre. Alors qu’il retenta d’établir le lien, j’attrapais sa main en vol, sans brusquer, sans animosité. Juste de la profonde compassion rien qu’en lui tenant la main. Pourquoi ? Et bien, souvenez-vous de ma leçon. J’étais en vie. Cela voulait-il dire que. Je tournais ma tête vers lui, son corps presque déjà mort. Encore une fois, j’aidais la mort à faire son travail. Encore une fois, elle avait bien fait de me suivre… Alors que mes yeux parfaitement anormal, reflétant le Sauveur, je vomis, encore du sang, toujours du sang. Le gros de la guerre était donc passé mais il restait des conflits, d’ordre physique. Je ne m’inquiétais plus pour mon cas. Je n’étais plus à l’article de la mort. D’abord parce que je savais ce que cela faisait maintenant. Ni Mal, ni Bien. Juste, rien, Désolation. Puis j’avais moins besoin de lui que lui de moi. Ma main remonta lentement le long de son bras fatigué jusqu’à son visage dans lequel je me plongeais dans une contemplation silencieuse. Ses traits étaient tirés et fatigués. Il paraissait la trentaine. Il n’étais pas beau, mais la beauté de son cœur irradiait son visage et inondé ses yeux rougeâtres d’hémoglobine. Mon doigt essuya une larme. J’avais envie pour la première fois de ma vie de prendre un inconnu dans mes bras et de lui apporter la même tendresse qu’une mère. C’est pour ça, alors qu’il luttait encore et toujours je fus emplit d’un sentiment étrange. Une volonté d’apaisement…

Oublie ton Mal


Dans une respiration douteuse, je commençais à murmurer un chant. Il essayait de parler mais je le réduis immédiatement au silence, l’attirant contre moi. Qu’il parte ! Qu’il parte en paix, je veillais sur lui. Il n’étais plus aussi chaud qu’avant, la vie le quittait lentement, je le savais. S’il l’ignorait, moi j’avais vu assez de mourant dans ma vie pour en reconnaitre un. Toujours aussi tendre même si chacun de mes gestes et mes murmures me coutaient, je le berçais. Je lui donnais l’amour d’une Sœur. Celui que l’on aimerait avoir quand on part. Il avait essayer de me sauver au péril de sa vie, c’était le moins que je puisse encore faire. Puis, l’Evidence frappa encore une fois. Je n’étais plus moi. J’étais encore deux. Le lien… Le lien ne s’était donc pas brisé. Je m’entendais murmurais la berceuse, et j’avais encore envie de me battre. La force me manquais cruellement, je ne pouvais protester. L’été me prendrait, la Faucheuse accomplira son travail. Il, j’aurais accomplit quelque chose sur cette terre. Que mes gestes ne soient pas vain, que ma vie ne soit pas gratuite…


-Elle est là…
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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Lun 20 Fév 2012 - 14:47

Les rayons du soleil étaient froids sur sa peau. Le regard apaisant et réconfortant de la belle inconnue ne réchauffait pas son cœur. Ses lèvres, aux airs doux et tendres, ne galvanisaient pas son âme. Ses mains sur son armure, puis son visage ne changeaient rien. Ni même cette vue plongeante sur son décolleté, floue et rouge, à travers ses larmes d’eau, de sel et de sang. Toute vie s’échappait de son corps, aspirait pas l’air, le vent. En lui, s’installait progressivement, inéluctablement, le vide, le néant, la Mort. Seuls une ombre restait de ses cinq sens.
Du toucher, il ne ressentait qu’une fin voile glisser sur lui. De la vue, il distinguait des formes approximatives. De goût, il ne savourait que son sang, aux tons de cuivre et de fer. De l’odorat, il ne sentait qu’une vague odeur de sueur. De l’ouïe, il eut l’impression d’entendre une douce mélopée, lointaine, murmure voyageant sur les eaux tumultueuses, les notes frappant de plein fouet les falaises, absorbées par la roche.
Seul son sixième sens subsister, plus précis que les cinq autres, pourtant naturels. Oui, son sixième sens lui narrait son avenir, sans matière, ni image, ni saveur, ni parfum, mais silencieuse. Une impression. Nette et sans alternative. Théobald, le Dernier Tancrèdien, se mourrait. Il s’apprêtait à emprunter le chemin de son ultime voyage. La mort.
Dans un dernier élan de lucidité, il pensa aux raisons qui l’avaient conduit ici, si loin du temple, si loin de chez lui. De chez ses parents. Le Destin. Il avait échoué. Il sourit, tristement. Las et fatigué. Impuissant, aussi. Il n’avait plus la force de combattre le Mal, ni même la force d’expliquer à la jeune fille pourquoi il avait tout donné pour essayer de la sauver. Des larmes coulèrent sur ses joues, s’abîmant aux creux de ses lèvres. Tout sourire avait disparu.
Toute sensation, et toute couleur, avaient disparues. Il n’y avait que l’obscurité de la solitude et de la Mort. Théobald n'était plus.

* * *

- Bienvenue Théobald…
Cette voix. Grave et chaleureuse, le prêtre-guerrier la reconnaissait. Pourtant, il était incapable de lui donner un nom. Il ouvrit les yeux.
Théobald découvrit un monde de lumière. Une vive lumière, aveuglante, visible toute autour de lui, aussi loin que portaient ses yeux. A l’horizon, haut dans le ciel… Et sous ses pieds. Ses pieds… Théobald marchait sur un sol duveteux, cotonneux, mais invisible. Il se demanda si c’était cela, marcher sur un nuage. Puis il comprit. Le Royaume de Tancrède. Enfin, le dernier voyage pouvait commencer. Il repensant avec amertume, et inquiétude, à la jeune fille. Était-elle toujours en vie ?
- Pour l’instant, elle vit encore.
Théobald fit volte-face, avec légèreté, comme s’il flottait. Dans son dos, il découvrit un homme grand, finement musculeux, aux traits juvéniles et aux cheveux d’argents. Son corps nu était vêtu par un tissu blanc transparent, maintenu par quelque enchantement, sans attache ni ceinture. Le voile flottait dans l’air calme et plat. Comme s’il n’était pas animé par les vents. Les mots mourraient aux lèvres du prêtre, subjugué par l’environnement qu’il découvrait. L’inconnu fut le premier à rompre le silence.
- A savoir si elle vivre encore longtemps, cela ne tient qu’à toi, Théobald.
- Qui…
- Qui suis-je ? l’interrompit-il. Allons, Théobald… Tu connais mon nom…
Un sourire d’une blancheur impeccable naquit entre les lèvres de l’homme que Théobald dévisageait avec curiosité. Puis, comme une révélation provenant de ses entrailles, il sut. Il le savait… Il lui avait déjà parlé, lorsqu’il tentait de sauver la demoiselle en détresse.
- Tancrède… lâcha-t-il, la peur et l’incertitude dans les yeux.
Un imperceptible hochement de tête du Guide. La détermination se lisait dans ses yeux pâles, perçants.
- Tu peux encore la sauver, Théobald.
- Mais comment ?
- Tu connais la réponse, Théobald. Tu l’as déjà fait…
Théobald ne comprenait pas. Il avait sauvé des vies, mais jamais avec aussi peu d’énergie. Et il était mort ! Les morts ne pouvaient venir en aide aux vivants… Tancrède dut suivre le cours de ses pensées, car il précisa d’un ton réconfortant :
- Tu n’es pas mort, fidèle Théobald. Du moins, pas encore…
Le prêtre-guerrier était on ne peut plus perdu, dérouté. Son Guide enchaina.
- Tu n’as pas échoué. La réponse est en elle. Combats et vaincs ce Mal, puis reviens-moi, Théobald. Je t’offrirai l’immortalité que tu mérites.
Théobald n’eut pas le temps de répondre. Il n’eut qu’un instant pour voir un bras de Tancrède se dresser devant lui, main ouverte, la paume dressée face à lui, puis de ressentir un choc violent, le projetant à travers la lumière et les âges du Royaume de son Dieu.
Et les ténèbres envahirent à nouveau Théobald.

* * *

Ses paupières papillonnèrent, et ses yeux s’ouvrirent sur un monde qu’il connaissait que trop bien. Feleth. Les falaises. Et la demoiselle qui, elle, lui était inconnue. Inconnue, mais pourtant, il se sentait proche d’elle. Intime. Peut-être cette sensation était-elle due au fait que son esprit avait voyagé jusqu’aux tréfonds de son être.
La réponse est en elle.
Les mots résonnèrent dans son crâne, comme mille marteaux frappant sur autant d’enclumes. Théobald secoua vivement sa tête pour chasser les migraines et plongea son regard sur sa patiente qui le cajolait toujours du regard. Tout était terminé. Et tout recommençait. Inévitablement. Damnation !
Je t’offrirai l’immortalité que tu mérites.
Bientôt… Sa quête était presque terminée. Le prêtre-guerrier se redressa tant bien que mal au-dessus de l’inconnue. Rien dans son regard ne pouvait trahir ses intentions. Il posa ses mains sur son visage et une aura bleutée naquit autour de ses doigts, de ses poignets… Puis elle s’étendit, d’abord, au bras, puis à son torse, et enveloppa bientôt pour son corps. Théobald concentrait toutes ses forces vitales, pour lancer un dernier sort. Alors, seulement lorsqu’il sut que le moment était venu, il embrassa tendrement sa patiente sur les lèvres, fermant les yeux.
Quelques secondes défilèrent comme une éternité et l’aura se dissipa. Inanimé, le corps du guérisseur s’effondra lourdement, manquant d’écraser la demoiselle.
L’esprit de Théobald était retournait dans les entrailles de l’inconnue, à la poursuite du Mal. Tout lien avec son corps était rompu. Définitivement. Et son enveloppe corporelle ne se relèverait pas. Jamais. Aux yeux du monde, Théobald, le Dernier Tancrèdien, n’était plus.
Pourtant, dans l’ombre, celui-ci avait encore une tâche à accomplir…
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Camelle Elwhang

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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Dim 26 Fév 2012 - 19:29

L’Homme a une faculté hallucinante à croire. Croire tellement et à corps perdu que finalement, ce qu’il croit devient pour lui, réalité. Oui, l’Irréel prend tant de place qu’il devient facile de briser la frontière avec le Réel. Tout est question de perception. Beaucoup la traverse sans le savoir, espérant en des choses totalement insensées. Je pense que je fais partie de ces personnes là. Le genre de personne tellement naïve et crédule qu’elle pense que tout le monde finira un jour par trouver la paix et l’harmonie. Bien que ma philosophie me forçais à croire en ce précepte un peu utopiste, ma raison elle m’avait toujours dictée la voie de la survie. Si je n’avais pas une once de raisonnement, je ne serais plus là. C’est elle qui m’a donné mon statut de chasseuse de prime assez réputé. C’est elle qui m’a permit malgré tout d’échapper à la mort. C’est elle qui m’a sauvé de l’ennui de ma petite ferme dans les vastes pleines de Feleth. Ainsi, je peux conclure que le cœur peut bien croire, c’est l’esprit qui nous maintient sur le fil. La preuve étant que le Sauveur ne tarda pas à pénétrer dans Désolation. Ce monde de néant le guiderait, je l’espérais, vers un endroit où il trouverait ce qu’il cherchait. Désolation mène là où la raison, la pensée ne peux conduire. Désolation est un monde de croyance. Je ne croyais en rien, je m’étais donc fait lentement démanteler dans un silence brut. Soudain, je n’entendais plus rien. Sa respiration grasse et forte s’était tut un instant. Un instant. Le temps improbable où mes yeux fixèrent le ciel, triste, comme si je venais de perdre un être cher. Un papillon bleu passa au dessus de nos tête si pathétique. Un Papillon qui bat des ailes. ‘Envole-toi’.

Tout devint lent. Plus de couleurs. Le Papillon l’avait happé. Mes yeux grand ouverts, je me demandais ce qu’il m’arrivait encore. Je remarquais enfin que le corps de Sauveur n’était plus là. Je ne sentais plus les embruns iodés. Non, ils étaient remplacés par une odeur qui m’était familière. Ici, ça sentait l’été, dans les champs de blé accompagnait par les effluves odorantes d’une cuisine alléchante. Même s’il n’y avait aucune couleur au paysage, je devinais sans mal que le ciel était bleu. Bleu comme le Papillon. Regardant autour de moi, je me situais enfin. A mon grand désespoir. Je connaissais cet endroit, ce petit paradis. Les larmes me montèrent aux yeux. A une dizaine de mètres, il y avait une maison en pierre, chauffé par les langues brulantes de l’Astre. Je m’avançais. Le blé était haut, près à la récolte comme lorsque… Non, oublions. J’arrivais devant la belle porte de la petite ferme, humble et sans grande richesse apparente. Elle n’avait pas changé ce qui me tira un petit sourire ému. Je toquais doucement, espérant que l’on m’ouvre. Personne ne répondit à mon appelle, si bien que j’insistais pendant plusieurs minutes, espérant, encore et toujours. Mais rien. Alors, le cœur battant, j’ouvrais la porte délicatement. Elle ne grinça pas cette fois-ci et je fus étonnée de trouver Papo devant sa table et Mamo dans la cuisine. Peut être ne m’avait-ils tout simplement pas entendue. Alors, heureuse de les retrouver enfin, je me précipitais, le sol en jolies tomettes de terre cuite faisant résonner chacun de mes pas. Pourtant, aucun des deux ne broncha. Je les regardais, les yeux écarquillés. Qu’attendaient-ils ? Je me plaçais bien au centre de la pièce. ‘Je suis de retour… Mamo ? Papo ? Répondez par pitié…’. Seul le silence des deux personnes résonna sourdement.

Je compris que le Papillon m’avait ramené chez moi mais que finalement, je n’y étais pas vraiment. Tout à coup, on frappa à la porte assez bruyamment. Mon père adoptif lança un regard à l’entrée. Il était vide. Jamais je ne l’avais vu ainsi. Si triste… Il semblait tellement maigre et vieux que j’aurais eu du mal à le reconnaitre si je ne l’aimais pas autant. Dans un soupir qui en disait long, Mamo se dérangea pour aller ouvrir et je la suivit de près. Elle aussi semblait très affectée. Elle n’avait plus que la peau sur les os et son visage buriné par les ans semblait totalement fermé. Elle ouvrit finalement, cachant sa mine de Pleureuse avec un sourire de façade. ‘Bonjour’. C’était des capes blanches à sa porte. Elle balbutia et les invita à entrer alors que moi je m’époumonais et crachais toute les insultes que j’avais en réserve. Ils s’asseyaient tous à la table, ma brave Maman Adoptive, servant un verre d’eau aux trois visiteurs. Le premier était aussi laid que le second et tant horrible que le troisième passait pour un simple monstre. Bref, ils m’horripilaient. Je me postais derrière eux, sortant mon arme bien que je savais pertinemment que cela ne servait à rien. Je savais que Papo ne les aimait pas. D’ailleurs, lorsqu’il prit la parole, il fit exprès de prendre un fort accent empreint du dialecte local.
-Qu’est-ce vous n’voulez ?
-Nous avons quelques questions à vous poser, Mr et Mme Elwhang, dit le premier des trois moches sortant de son fourreau un couteau qu’il s’amusa à observer. L’extraction d’information par l’intimidation. J’aimais moi aussi utiliser cette petite technique..
-Que voulez vous savoir alors ?, demanda Mamo toujours aussi posée.
- Avez-vous entendus, par tout hasard, parler de la jeune fille rebelle ?
-Quelle jeune fille ?
Bien que son ton restait posé, je vis la lueur briller dans ces yeux. Je m’intéressais aussi au couteau qui ressemblait comme deux gouttes d’eau au mien. Il semblait aussi tranchant du moins.
-D’honnêtes citoyens nous ont informés qu’elle avait été élevé dans les environs. Elle est jeune et plutôt belle, ajouta le deuxième larron. Il ne m’en fallut pas plus pour deviner ce qu’il se passait…
-Vous avez rien d’plus précis comme descriptif ?, interrogea Papo un peu sur la défensive.
-Si, c’est là que ça devient drôle. Elle s’appelle Camelle. Camelle Elwhang pour être plus précis. Ce nom ne vous dit rien ?, un sourire sadique s’illumina sur les lèvres du troisième type et des larmes commencèrent à rouler de mes joues. Il avait visé juste, Mamo le fixait, impassible et Papo blanchit immédiatement. Savez-vous le traitement que l’on réserve aux rebelles et à ceux qui les protègent ?
‘NON ! Courrez !’. J’avais une nouvelle croyance, celle d’un monde sans personnes aussi affreuses.

C’est lorsque je ne sentis plus la pression de sa tête lourde sur mon épaule que je revenais de nouveau à moi. J’étais statufiée. J’avais peur pour mes parents adoptifs. Pitié, pitié… Ce moment de faiblesse Lui profita. Elle asséna un coup violent, m’arrachant un cri silencieux. Elle n’était toujours pas partie. Ô Sauveur, aide moi encore une fois… La lueur bleue et chaude recommença. C’était ses dernières forces. A ce moment là, je compris que mon égoïsme et mon désespoir ne serait en rien bénéfique : il mourrait pour moi. La belle lueur enveloppa d’abord ses poignets puis ses bras entiers et enfin tout son être. Il resplendissait dans la torture du jour d’été. Il souffrait en silence et ses mains tremblaient. Puis, alors que je l’observais faire sans pouvoir bouger, il se pencha sur moi et posa ses lèvres sur les miennes. Je ne savais pas comment réagir, le baiser prenant une saveur de combat à la Lassitude. Là, Désolation semblait si loin et pourtant si proche de nous… Ce monde nous interdisait de penser à ce moment là, sous peine de démantèlement –même partiel- de ce que nous sommes. De ce que nous fûmes… Dans cet élan de Non-Amour, Elle attaqua. Rapide, précise, nous ne pouvions rien faire, Elle avait atteint le point sensible. Spasme. Sanglot. Étouffement. Sauveur s’infiltra en moi comme la dernière fois mais sauf que cette fois-ci, il abandonna son corps pour ce que je devinais le dernier affrontement contre le Mal commun. L’un sans l’Autre ne peut survivre, pourtant, l’Un doit se sacrifier pour la vie de l’Autre. Nous plongions, lui et moi, dans une désolation plus grande encore, dans la torture de mon âme, celle qui nous changerait.

Faut-il se fier aux présages et se battre afin de les modeler à nos convenances ? Et si la Souffrance n’était finalement que le résultat de nos erreurs… Devons-nous vraiment la prendre de front ? Tant de questions pour des réponses que personne ne trouvera…. Ni toi, ni moi.
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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Ven 2 Mar 2012 - 15:05

La mort n’est, pour nombre de fidèles, toutes religions confondues, que le commencement vers une autre vie. Une vie où la souffrance n’est plus, où la peine n’est plus, où seules la joie et la paix subsiste, pour l’éternité, récompensant une vie de mortel parsemée de bienfaits. Le culte de Tancrède n’échappait pas à la règle et Théobald espérait connaître ce Destin.
Plongé dans un corps étranger au sien, s’opposant à l’ordre naturel des choses, le dernier Tancrèdien n’avait pas rejoint ses aïeux, ni ses pères, ni les mortels ayant fait preuve de sagesse et de bonté. Non, Théobald s’était accroché à la vie. Une vie qui n’était pas la sienne, car sa vie ne lui appartenait déjà plus. S’il eut pu esquisser un sourire, l’ironie aurait étiré ses lèvres. S’il avait refusé de mourir, il ne lui restait plus qu’une non-vie. Une seule question demeurait : combien de temps son esprit existerait ainsi ?
De son vivant, ses sorts de soins, tels qu’il avait pu en faire usage pour aider la belle inconnue, étaient liés à l’énergie dont il disposait. La fatigue et les blessures, mais aussi la concentration magique qui affluait dans ses veines étaient déterminantes. Mais, aussi déroutant que cela lui parut, il ne ressentait, sous sa nouvelle forme, aucune fatigue, et son esprit ne réclamait aucun effort, aucune concentration, aucun afflux des arcanes. Et aucune blessure ne semblait pouvoir l’atteindre. S’il devait se faire une opinion et s’engager sur un pronostic vital… Le prêtre-guerrier serait tenté de dire qu’il était devenu immortel. Néanmoins, le fait qu’il était a priori prisonnier du corps de la jeune fille semait le doute en lui. Son immortalité semblait avoir un point faible en la mortalité de l’hôte de son esprit. S’il voulait que son esprit survive, il devait sauver l’inconnue. En espérant que cela suffise.
Combats et vaincs ce Mal, puis reviens-moi, Théobald. Je t’offrirai l’immortalité que tu mérites.
Tancrède lui-même affirmait que le prêtre-guerrier mourrait. Bien sûr, la mort était inéluctable, et le Guide était resté évasif. Pourtant, le choix des mots poussait Théobald à croire que ce combat serait le dernier et que seule la jeune fille survivrait. Et un échec pourrait avoir pour conséquence une immortalité refusée, les Dieux n’appréciant guère les d’être déçus. Aussi lui fallait-il œuvrer tant qu’il y avait encore des chances de la sauver.

L’esprit de Théobald, invisible, errait dans les entrailles de l’inconnue, examinait le corps et l’esprit, les os et la chair, le cœur et l’âme. Il ressentit la douleur et eut l’impression de traverser un champ de bataille où les plaies étaient autant de cratères creusés par des engins de sièges, où la douleur physique s’entremêlait à la douleur psychique en des cris étouffés et des larmes sèches. La jeune fille semblait en moins bonne santé que lors de son départ précipité.
Le Mal grandissait, l’inconnue s’affaiblissait et lui… Il ignorait la portée de ses talents, ce qu’il en subsistait réellement. Etait-il seulement capable de psalmodier la moindre incantation ? Pouvait-il seulement agir physiquement contre une entité étrangère ? Quand bien même le pouvait-il, parviendrait-il à différencier le Mal et son hôte qui semblait être à la fois deux et une ? Au sein même d’une inconnue, le dernier Tancrèdien avançait vers l’inconnu.
Son exploration des ténèbres lui parut durer une éternité, comme si cette expérience confirmait que le temps s’arrêtait après la mort. Son esprit progressait, avec toujours plus de difficulté, la puissance du Mal s’opposant à lui et à sa motivation. Tel un saumon remontant le lit de la rivière, Théobald avançait en direction de la source malsaine.
C’est alors qu’enfin, il lui fit face. Il ne pouvait la voir ni la toucher, ni la sentir, pourtant le prêtre-guerrier ressentait sa présence. Du Mal émanait une aura sombre et malfaisante, la même aura qui émanait de toutes les créatures maudites, démoniaques et mauvaises qu’il lui avait été donné de rencontrer, de combattre et de vaincre. Finalement, peu importait son apparence, ou son énergie vital, il se lancerait dans ce combat comme il l’avait toujours fait. Seul. Le cœur empli d’espoir. Sauf qu’il n’avait plus de cœur…
Théobald, le dernier Tancrèdien concentra ses forces spirituelles, réquisitionnant ses moindres ressources jusqu’au plus profond de lui-même, comme une bête éthéré venue d’outre-tombe pour réclamer vengeance. Il sentit monter en lui une force familière et malgré tout plus pure, plus puissante. Il la laissait croître, encore, et encore, et cela tant qu’il estimerait être capable de le faire, suffisamment pour mater son dernier ennemi. Du moins, c’était à cela qu’il voua ses derniers instants de croyance.
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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Mer 7 Mar 2012 - 16:37

Il s’écroula sur le sol d’été. Et mes yeux perdus se tournèrent vers le ciel. Et ma voix refusait de sortir. Blessée. Au plus profond de mon âme. Martyrisée. Au summum de la douleur. Le sauveur : Mort. Tombé pour me sauver. Tomber pour mon égoïsme et ma cupidité. Jamais il n’avait tenté de partir. Jamais il n’avait fuit. Une nouvelle vague de maux m’arracha un cri effroyable. Du sang recommença à couler de ma bouche et mon cœur accéléra. Elle redoublait la puissance de Ses attaques. Il y était. Il y était et se battait de toute son âme. De toute sa foi. Mes yeux s’emplirent de larmes qui coulèrent de leur gout âcre aux relents de fer. Je cherchais à me calmer. L’angoisse de la douleur me paralysait et au fond, je savais que cela l’aidait. Elle trouvait jouissif de me voir me tordre de douleur car je refusais de me laisser commander. Je n’étais pas un pantin. Je n’étais pas sa marionnette et jamais elle n’aurait mon corps. Il fallait que l’on camisole cette Folle. Que je l’enferme de nouveau au tréfonds de mon esprit. Ne jamais plus la laisser sortir. Seconde vague. La brulure venait de mon dos et je compris qu’il s’agissait de mon Malheur. Me tordant de souffrance, ma respiration était succincte et de plus en plus rare. Rassemblant mes dernières forces, je laissais l’étrange chaleur de mon pouvoir m’envahir. Je le laissais s’emparer de mon être pour l’aider. Pour me sauver. Dans un élan de courage, je laissais ma puissance déferler dans mes veines, la lave de ma volonté anéantissant tout sur son passage. Les yeux toujours à contempler le jour, mes paumes se tournèrent vers sa splendeur.

-Equinoxe, Ô Equinoxe, donne moi ta force, sauve moi du Noir. Equinoxe, Ô Equinoxe guerrière féroce, rend moi l’Espoir…

Comme aspirée dans un vortex de couleur, je laissais mon esprit divaguer. Mélange de couleurs. Rouge. Vert. Noir. Défaillance de l’énergie, déformation temporel. Lorsque le tourbillon me happait, je me sentais bien. Toute compulsion était partie. De moi, il ne restait que l’essence la plus pur. La pépite d’or dans le bloc de pierre. La Paix et le Calme enfin. Plus de douleur, plus de Mal. Juste moi. Juste moi et quelque chose au fond de mes entrailles. Quelque chose qui se mua bientôt et sortit de mes pores me laissant seule. Comme vidée. Puis la Chose se muta encore et encore formant doucement un être que je connaissais. Une silhouette familière. Bientôt, la forme musclée de mon Sauveur apparut. Aussi interloquée que lui, je l’observais, décontenancée. Que m’arrivait-il encore ? Qu’avais-je encore fait pour délirer à ce point ? Aucun de nous deux n’osa décroché une parole. Le Silence était plaisant et chaque note sortit d’une bouche aurait eu pour effet de le briser. Les couleurs laissèrent alors place au bruit. Des murmures, douces complaintes. Des chuchotis et des mots réconfortants. J’entendais les encouragements heureux de Mamo. Me tournant vers mon compagnon d’infortune, son expression n’avait rien à voir avec mon sourire béat. La bouche à demi ouverte, ses yeux brillaient, larmoyant. Qu’entendait-il ? D’un geste qui me parut normal, je lui saisis lentement la main, entremêlant ses doigts aux miens dans une pression réconfortante. Il avait l’air perdu… J’aurais tant voulu le prendre dans mes bras comme un enfant que l’on rassure… Mais Sauveur n’était pas un enfant et je doutais que le câliner change quelque chose. Soudain, l’enveloppe chaleureuse nous quitta. J’y étais bien mais ce n’est rien en comparaison de ce que j’ai éprouvé en arrivant sur ‘terre’.

Nous étions dans une grande pièce illuminée de soleil. Le sol de marbre blanc brillait sous les rayons taquin de l’Astre. Tout autour, une allée de colonne blanche longeait la pièce, lui donnant des proportions immenses. Des statues trônaient ça et là, toutes plus belles les unes que les autres. Les yeux écarquillés, j’observais toute la beauté du lieu. On entendait des oiseaux gazouiller et l’eau couler avec abondance. La sérénité semblait ici intemporelle, comme si cet espace était le lieu même du Bien. Les effluves de festin et de fleurs chatouillaient mes narines, augmentant ainsi le charme idyllique de l’endroit. Il ne faisait ni chaud ni froid. Comme un printemps éternel, figé pour mon plus grand plaisir. Je tournais la tête à droite, à gauche puis avançais quand sa main me tira légèrement en arrière. Surprise je me retournais en voyant que je n’avais pas lâché mon Sauveur. Un peu embarrassée, je retrouvais un peu de plomb dans ma cervelle, redescendant sur terre. Me replaçant auprès de lui, il lâcha ma main. A quoi pensait-il ? Ce lieu n’avait pas l’air de l’affecter autant que moi. Pourquoi ? Curieuse de savoir, j’allais lui demander lorsque des pas se firent entendre devant nous. Ma tête se dirigea vers la source… Et je tombais à genoux devant la femme qui arrivait. D’une splendeur sans égale, elle imposait sa puissance et sa Bienfaisance. Sauveur, lui, ne bougea pas, seuls ses yeux s’illuminèrent un peu avant de reprendre leur habituel masque inexpressif. Cependant, il inclina légèrement la tête en signe de salut que la Déesse lui retourna avec un sourire sage puis reporta son attention sur moi.

-Relève-toi mon enfant…

Aussi douce que soit ses paroles, un ordre était un ordre et je m’y pliais, me redressant face à elle. J’allais débiter toute mes questions quand elle posa un doigt gracieux sur mes lèvres, m’imposant ainsi le silence. Mes yeux de glace brillaient comme jamais. J’avais des interrogations et des réponses sans questions. Elle me sourit avec la même tendresse que précédemment quand une seconde série de pas retentir. Elle ne se retourna pas, et s’écarta laissant devant nous la vision d’un homme. Un homme que je ne connaissais pas mais dont l’aura rayonnait tellement que je me sentais écrasée comme une vulgaire mouche. Je jetais un coup d’œil sur le côté. Sauveur soupira un peu, son visage ne trahissant rien de ses ressentis. Comment faisait-il pour rester aussi… Impassible ? Pourtant, les deux hommes s’échangèrent un regard entendu et je m’effaçais. Soit j’étais complètement folle, soit je m’étais attirée la foudre des Dieux. L’angoisse me rongeait et je regrettais à présent d’avoir lâché sa main…
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Théobald le Tancrèdien



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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Lun 12 Mar 2012 - 11:14

Théobald crut d’abord faire monter de prouesses dont il s’ignorait capable d’en être l’auteur. Il eut l’impression de canaliser une énergie tiré du plus profonds de son esprit, comme libérée par l’absence de barrières que peut présenter un corps humain, et la mortalité. Mais tout cela ne dura qu’un instant.
Lorsque le Mal fut vaincu, l’esprit du Tancrèdien fut aspiré à l’extérieur du corps de l’inconnu, traversant ses pores, sans ressentir le moindre frémissement. Toute sensation l’avait quitté. Son esprit flottait dans l’air, et chaque particule se déplaçaient, pour bientôt former ce qu’il avait toujours été, dans une tenue qui se rapprochait de celle du plus simple appareil. Seul un pagne en lin masquait son anatomie, et laissait à l’air libre son torse, ses bras, ses jambes et son visage inexpressif à la vue de tous. Et au vent. Mais le vent ne caressait pas ses muscles, ni son crâne chauve. Il n’y avait rien. Les yeux de la jeune fille le dévisageaient, mais son regard parut lointain au prêtre-guerrier. Tout comme leurs doigts entrelacés ne laissaient qu’un vide au creux de la main de Théobald.

L’espace et le temps n’étaient plus, eux non plus, que souvenirs. Sous leurs pieds, le sol se mua, comme s’ils avaient parcouru mille lieues en une poignée de secondes, et le paysage s’étira tout autour d’eux. Bientôt il n’y eut plus que lumières, et colonnes blanches.
- Équinoxe, Ô Équinoxe, donne-moi ta force, sauve moi du Noir. Equinoxe, Ô Équinoxe guerrière féroce, rend moi l’Espoir…
Le murmure de l’inconnue, au cœur du combat, revint au Tancrèdien, comme un écho d’un passé ancestral ; presque tombé dans l’oubli. Et il sut. Il sut qu’il n’avait pas vaincu le Mal. Il sut pourquoi ses pas l’avaient mené jusqu’aux falaises. Il sut qu’il n’était alors qu’une marionnette. Il sut qui tirait les ficelles du Destin. Ils leurs feraient bientôt face.
D’abord des pas, puis une silhouette. Une beauté pure dessinait ses traits. Un mortel serait tombé sous le charme et son cœur aurait réclamé cette femme, à tout prix. Pourtant ce n’était pas une femme. Elle était la Déesse de l’Équinoxe. Il ne pouvait en être autrement. La jeune fille qui l’accompagnait se mit à genoux devant celle qui la guidait, Théobald se contenta d’un signe de tête respectueux. En vérité, sa forme actuelle lui interdisait les gestes naturels trop complexes, et ses genoux ne pouvaient plier. Sans doute cela aurait-il eu des conséquences trop lourdes pour les particules de son esprit. A moins qu’il n’y avait là que la seule volonté des marionnettistes. La voix cristalline de la déesse confirma cette thèse.
- Relève-toi mon enfant…
Du coin de l’œil, le dernier Tancrèdien vit la jeune femme se relever, et s’aperçut que leurs mains n’étaient plus liées. Il ne savait pas depuis quand. Leur voyage avait-il eut raison de leur connexion ? Un mouvement lent, calme et mesuré de la déesse arracha le prêtre-guerrier à ses pensées. Là où se tenait la Déesse apparut une silhouette familière. Tancrède. L’homme et le Dieu échangèrent un regard entendu, comme si tous deux connaissaient l’avenir. A côté de Théobald, l’inconnue… Non. Elle s’appelait Camelle Elwhang. Héritage de son séjour dans ses entrailles, ou révélation divine, cette information s’inscrivait comme une évidence désormais. Camelle, contrairement à Théobald, sembla prise d’inquiétude à la vue du Guide des Tancrèdiens. En souvenir de ce qu’ils avaient traversé ensemble, le prêtre-guerrier voulait la réconforter, la rassurer. Mais tout en lui l’en empêcher. La volonté des Dieux, pour lui, étaient d’attendre. Tancrède, prévenant, prit la parole.
- Fidèle dÉquinoxe, bienvenue au Royaume des Dieux. Je suis Tancrède, et cet homme, à tes côtés, ton Sauveur, n’est autre qu’un de mes fils. Un fidèle, tout comme toi. Le hasard n’est pour rien dans votre rencontre. C’est là le fruit de notre volonté. Tu devais être sauvée. Seul Théobald, le dernier de mes fils, en avait le pouvoir. Tu méritais de connaître la vérité, et la grandeur du sacrifice de ton Sauveur.
Le prêtre-guerrier plongea un regard qui se voulait tendre et triste sur Camelle. Un fin sourire, presque imperceptible étira ses lèvres. S’il eut pu pleurer, les larmes se déverseraient sur ses joues burinées par le temps, les combats et la peine. Pourtant, la paix et la sérénité émanait de son être fait ni de chair ni de sang. Tancrède poursuivit.
- Tel était le prix de ta vie. Théobald ne repartira pas avec toi.
Le dernier Tancrèdien tendit son bras et mima sur la joue de camelle une douce caresse du bout des doigts. Le geste ne lui procura ni plaisir ni sensation, mais il espérait qu’il en serait différent pour elle, comme lorsqu’elle avait glissé ses doigts entre les siens. Puis son bras retomba mollement le long de son corps et Théobald recula, comme s’il glissait sur le sol pour venir auprès de son Guide.
Tancrède, Théobald et la déesse de l’Équinoxe se tenait tous trois face à la mortelle, affichant un regard doux et empli d’espoir. Un silence religieux s’était abattu sur les quatre protagonistes. Ce fut la Déesse de l’Équinoxe qui, de sa voix cristalline, le brisa…
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Camelle Elwhang

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Fiche de Personnage : Ne clique pas

Histoire de Personnage : "L'Ambition est née de rêves brisés":
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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Mer 6 Juin 2012 - 17:12

Le temps était figé. A jamais. Et ses yeux si purs contemplaient l’insondable. Ses yeux qui ne sauraient plus pleurer. Et les miens, perdus dans les siens aux larmes salines d’un regret presque effacé déjà. Douleur d’eau, derniers sacrifices et dernier souvenir. Si peu de temps, oui, si peu de temps et déjà le voilà partit. Le calme se lisait sur ses traits burinés et le silence régnait en son cœur, je le savais. Un silence respectueux, hommage à ce qu’il fut et ceux qui furent à ses côtés. Peut-être y trouverais-je une place, un repos. Peut être qu’il avait en lui une partie de moi, une partie qui ne pourrait s’effacer. Un morceau m’apportant toujours la paix tant recherchée. Avait-il pour moi quelque sympathie ? En ces temps suspendus, pensait-il à la jeune femme que j’étais ? De l’innocence on ne tire jamais le pardon. De l’innocence, c’est l’oubli qui subsiste. Le pardon s’acquiert avec les remords et nul n’a de remords avec l’innocence. Le voile blanc de mes yeux c’était levé à jamais. Et la peine serrait mon cœur, l’enfermé comme une cage tient prisonnière un oisillon. Une main ferme le pressait toujours plus et ma gorge, nouée. La transparence de ma vue n’avait d’égal que l’eau qui, doucement, roulait infatigable sur mes joues. Je ne pleurais pas l’Innocence ni le pardon mais bien la perte. J’avais, en ce jour, en ces lieux mystiques, perdu plus qu’un ami. Le Sauveur m’avait fracturé l’âme. Il me connaissait, du plus profond de mon être, il me connaissait. Pourtant, ses yeux braqués vers moi ne me regardaient pas. J’étais la transparence, le voile s’était levé. Je n’avais jamais été rien pour lui, que celle qui causa sa perte. J’aurais voulu. Tendre la main, toucher son visage, une dernière fois. J’aurais voulu le prendre dans mes bras. J’aurais voulu qu’il me reste. Il n’était plus inconnu, il était mon Sauveur, il était celui que me protégeait. Concours de circonstance ? Devait-il mourir en ce jour ou étais-ce moi qui lui avait ôter son droit le plus fondamental ? Et qui étais-je donc pour le priver ainsi d’air ? Je n’étais rien de plus que ce que j’avais toujours était : un monstre. Une chose sans destinée, reniée de tous. Une curiosité infâme que l’on évitait. Paria, ni plus ni moins, je remplissais le rôle qui depuis toujours m’avait été attribué. La Faucheuse m’avait sous son aile, je n’étais que mort et désolation à tel point que j’étais morte de désolation. Contemplation lascive, je n’osais esquisser le moindre mouvement vers lui. Je n’osais lui montrer ma réalité. J’aurais voulu lui dire. Prononcer ces deux mots silencieux. Ces deux mots qui me restaient en travers de la gorge, sans vouloir sortir. J’aurais voulu le regarder dans les yeux, simplement, et au travers de mes sanglots stupides lui murmurer. Un souffle. Pardonne-moi…

- La peine est un sentiment fort mon enfant, de celui-ci, fais en ton arme. Aussi triste sois le Destin, nul ne peux prétendre le changer, nul ne peux y échapper. Tel était la fin de Théobald, dernier Tancrèdien. En t’offrant la vie, il accomplit sa dernière mission car Camelle, tu dois vivre, tel est ta destinée…

Je lançais un regard suppliant à la déesse. Magnifique était un faible mot pour la décrire. Sa carrure douce lui conférait des allures immenses et une poigne ferme. Son ton n’inspirait aucune rétorque possible. Me voilà coincée avec le regret dans le monde des vivants. Alors, les dieux firent un pas en arrière et ma vision se brouilla. Cependant, je discernais toujours devant moi la forme du Sauveur, qui me contemplait pour la dernière fois. Son sourire s’effaça et il tenta un dernier geste tendre mais sa résignation lui empêcha quoique ce soit. Il n’appartenait désormais plus à mon monde et une éternité nous séparaient à présent. Et comme un effort surhumain, mes yeux cessèrent de pleurer. Ce n’était plus qu’un étrange souvenir, une personne qui peut-être avait croisé ma route à un moment dont j’avais besoin. Non. Lucidité retrouvée. Ce n’était ni un souvenir ni un inconnu. Il m’avait sauvé, avait partagé mon corps, connaissait mon plus profond secret. Il n’y avait là dedans aucun hasard. Je lui étais redevable de ma propre vie. Je ne devais pas l’oublier, je ne pouvais effacer ses efforts de mon crâne. Qui pleurerait Théobald le dernier Tancrédien ? Avait-il des amis ? Des proches ? Nul ne pouvait me le dire, aussi, c’était mon devoir d’honorer sa mémoire. C’était mon devoir de faire en sorte que son nom ne tombe pas dans l’oublie. Il m’avait sauvé… Il m’avait donné sa vie…Comment pourrais-je ? Je ne pouvais définitivement me résoudre à le laisser partir à si bon compte. La peine avait laissé place à la colère. Une haine profonde contre cette résignation qui détruisait peu à peu les parties de cette salle. Contre ces dieux qui me murmuraient d’arrêter de lutter. Non, le combat n’était pas finit. Je n’avais pas mener toute la guerre qu’il me demander déjà de déposer les armes. Abandonner n’était pas dans mon vocabulaire et je mènerais de front chaque bataille, comme je l’ai fait jusqu’alors. Je porterais à bout de bras tant de choses que les dieux eux-mêmes en seraient surpris. Jamais, jamais je ne m’avouerais vaincue. Si je devais partir, ce serait la tête haute. Là, j’étais le cœur brisé, l’âme en miette. Le laisser partir était pour moi une faiblesse à laquelle je ne pouvais pas me faire. Je n’étais pas comme ça. Assurément pas. Dans un effort insoutenable –ma tête me lançais affreusement à force de ne pas me résoudre à retourner à la vie- je saisit ma dague. Je suais, et aux larmes succédaient à présent des gouttes de transpiration. Mon geste qui se voulait rapide perdait toute vélocité car ici, le temps n’avait guère d’importance. Je tombais alors à genoux devant, ce qui à présent était simplement qu’une silhouette floue. La lame pointée vers mon cœur, elle frôlait de sa caresse froide ma peau.

-NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! ARRETEZ ! SI VOUS VOULEZ QUE JE VIVE, ARRETEZ !
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Théobald le Tancrèdien



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MessageSujet: Re: Sauve moi de moi, je te sauverai de toi... [Théo-logie]   Mar 11 Sep 2012 - 15:47

-NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! ARRETEZ ! SI VOUS VOULEZ QUE JE VIVE, ARRETEZ !
La voix de Camelle résonnait dans les limbes lumineux qui entouraient les quatre protagonistes. Dans le ciel qui les enveloppait, des éclairs jaunes se formaient. De l’orage sans tonnerre. De la colère. De la haine. De la souffrance. Toutes les émotions qui s’entremêlaient dans le cœur et dans l’esprit de la jeune femme s’échappaient de son corps comme des larmes sèches et influaient sur l’environnement mystique. Dans un lieu où l’émotion n’existait pas, l’intensité que dégageait Camelle pouvait faire rompre l’équilibre… Et sur Feleth, la guerre se répandrait davantage encore. Les morts seraient alors plus nombreux que les vivants, le sang remplacerait les rivières et les ruines se substitueraient aux montagnes. Les Dieux ne laisseraient pas le chaos prendre le pas sur l’Ordre. Camelle gagnait du temps. Mais elle ne pouvait gagner plus que cela.
Tancrède posa son regard sur Théobald. Aucun son ne sortit de la bouche de son Guide, pourtant le prêtre-guerrier sut ce qu’il devait faire. Comme s’il était désormais en osmose avec le divin. Comme s’il était son égal. Comme s’il était désormais un des leurs. Un Dieu.
Théobald le Tancrédien s’avança, avec un charisme qu’il ne se connaissait pas, conscient de la nouvelle puissance qui coulait désormais dans ses veines, qui animait ses gestes et galvanisait sa pensée. Oui, il n’était plus un prêtre-guerrier. Face à Camelle, un Dieu avançait. Il s’arrêta devant une jeune femme au bord du gouffre, prête à sacrifier sa propre vie pour le sauver. Le sauver de son Destin. Théobald lui sourit avec tendresse et approcha sa main de la lame. Dans un geste doux et protecteur, il écarta la main armée du cœur de la jeune femme qui ne put réagir. Théobald lui sauvait à nouveau la vie, exerçant une emprise spirituelle pour l’empêcher de lutter. Ses lèvres s’entre-ouvrirent.
- Tu es une femme forte, Camelle. Mais je t’en prie, ne lutte pas. Ta mort ne serait pas ma mort. Nous ne partagerions pas le même Destin. Je dois rester ici, pour que tu vives. Pour que je puisse veiller sur toi. Je t’ai sauvée. Tu m’as sauvé. Grâce à toi, je suis devenu tellement plus que ce que j’étais. Grâce à moi, tu pourras accomplir tellement encore. Tu as une tâche à accomplir Camelle.
Théobald s’interrompit. Il pivota à demi pour observer Tancrède et la Déesse de l’Équinoxe, conservant son calme rassurant. Toutefois, le regard des Dieux était sombre et réprobateur. Il savait qu’il en dirait trop, mais l’avenir de Feleth en dépendait. Camelle devait savoir pour comprendre. Camelle devait comprendre pour que le chaos n’engloutisse pas le monde. Aussi, Théobald fit à nouveau face à sa protégée.
- Camelle… Tu devras découvrir certaines choses par toi-même. Mais sache que Feleth est en danger. Le Royaume est une menace. Et ses ennemis, regroupés derrière un chef, ne sont pas moins dangereux. Toujours ils s’opposeront. Mais un humain a été élu pour ramener la paix. Il ne le sait pas, comme il ne sait pas qui il est. Aide-le Camelle. Trouve-le et aide-le. Ensemble vous ramènerez la paix et la justice en Feleth. Je veillerai sur vous. Et je vous guiderai, chaque fois que vous aurez besoin de moi. Aie la foi, Camelle. Crois en moi. Oublie tes faiblesses. Fais-en ta force. Je te connais, Camelle. J’ai vu en toi. Et toi en moi. Tu sais que tu peux me faire confiance.
Tancrède et la Déesse de l’Équinoxe s’étaient approchés et encadraient Théobald. Le temps qui lui était imparti était révolu. Il était temps pour lui de partir. Il était temps pour eux tous de retourner à leur place. Tancrède et la Déesse inclinèrent la tête devant Camelle, en signe d’adieu. Théobald sourit et déposa ses lèvres sur celle de la jeune femme et susurra entre ses lèvres :
- Je ne t’oublierai pas. Lui aussi à un cœur… Trouve-le, Camelle.
L’emprise spirituelle de Théobald faiblissait, comme les trois Dieux commençaient à s’évaporer. Comme une brise, les derniers mots du Tancrédien parvinrent jusqu’à la jeune femme :
- Trouve Vhy-Senn Morruil, Camelle…
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