''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Bordel [Seïren]

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Alcide Andrea Auburn

Explosive

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Alcide Andrea Auburn
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Race : Humaine
Classe : Pyrokinésiste
Métier : Vendeuse de poudre noire
Croyances : Le feu
Groupe : Psychistes

Âge : Vingt-neuf ans

Messages : 30

Fiche de Personnage : BANG


Bordel [Seïren] _
MessageSujet: Bordel [Seïren]   Bordel [Seïren] EmptyMer 8 Fév 2012 - 18:21

Il faisait encore jour quand Alcide avait pénétré la taverne. Elle était une habituée de l'endroit, c'était là où elle concluait des contrats. Là où elle trouvait des clients, là où elle aimait semer le chaos. Assise à une table dans un coin sombre et enfumé, elle avait attendu le soir, accompagnée de deux jeunes orphelins qui n'avaient pas mieux à faire que de suivre l'Auburn dans ses histoires. A sa droite il y avait Jack. C'était le gueux des gueux. Un orphelin hyperactif qui avait des gros problèmes avec la discipline et la hiérarchie. Il avait du se prendre au moins tout autant de claques qu'Alcide dans sa vie, peut-être plus. C'était le protégé de la pyromane, son préféré ; elle aimait son audace et la manière avec laquelle il irritait les gens sans même ouvrir la bouche. C'était certainement grâce à elle qu'il avait pu rester parmi les orphelins, sûr que tout le monde rêvait de le virer à coup de pied au cul. Un rouquin au nez retroussé, le sourire railleur et le rire facile, la voix en train de muer. Absolument insupportable. Des yeux sombres, dont la pupille se confondait avec l'iris. C'était Jack, celui qui savait la faire rire.

A sa gauche il y avait Louie De Rosange. Ce type avait une histoire qui relevait du registre comique tant elle était absurde. C'était un enfant bourgeois qui aimait les hommes. Et parce qu'il était bourgeois et qu'il aimait les hommes, il s'était retrouvé dans la rue. Son homosexualité était une tare, une véritable malédiction, au yeux de ses chers parents. C'était un pauvre type qui avait tout ; un toit, de la nourriture plus qu'il n'en fallait, du velours, des vêtements dont le prix vous garantissait la vie éternelle ainsi que les femmes à ses pieds. Immense et bien monté, joliment éduqué et maniéré, ses cheveux longs bouclés faisaient craquer toute les jeunes demoiselles de la haute société. Il perdit tout du jour au lendemain quand son secret fut percé. Mais il garda ses bouclettes brunes et ses manières qui, au sein de la pauvreté, faisait bien rire tous les orphelins. C'était Louie-Louie, et on se foutait bien de sa gueule.

On s'ennuyait pas avec l'Auburn, même si elle disait rien, tout le monde savait qu'elle arrivait toujours à pimenter les choses. Ses longs cheveux tombaient sur la table huileuse et ses mains bandées entouraient une pinte de bière. Immobile mais pensive, elle écoutait converser les deux misérables. Un jeu de séduction de la part de Louie-Louie et des remarques crues de Jack dessinaient de temps à autre un sourire sur le visage sérieux d'Alcide, pendant qu'elle regardait les clients de la taverne. Ça, elle adorait observer les gens. Leurs tics et failles ; leur façon d'être. Une forme de voyeurisme timide. Un homme entra dans la taverne. Son visage était curieusement familier à Alcide : un ancien client. Il était accompagné de trois amis et tandis qu'il parcourait la salle des yeux pour trouver une place, il rencontra ceux d'Andrea qui, d'un vert reconnaissable parmi des milliers, le firent grimacer. Comme une brute il avait marché en titubant jusqu'à leur table, l'énervement lisible. Quand il arriva à destination il posa lourdement ses mains sur la table pour se pencher vers l'Auburn ; son halène était un mélange hideux d'alcool et de pipe ;

- VOUS! Vous savez... VOUS, vous êtes une petite arnaqueuse...

Ses amis le rejoignirent et l'Auburn fixait le groupe avec les deux orphelins qui avait stoppé leur discussion. L'homme attendait une réponse. Il agitait son doigt en-dessous des nez des orphelins surexcités :

- VOTRE poudre... La poudre de vous, celle que vous m'avez vendu... Non seulement c'était CHER, mais c'était pourri, ça n'a pas marché... VOUS êtes une petite p_te arnaqueuse...

- Ne confonds pas la qualité de ma poudre avec ton ignorance à l'utiliser espèce de pourriture qui pue la m_rde.

C'est fou comme on peut se descendre en une seule et simple phrase. Les amis qui accompagnaient l'homme éclatèrent de rire. L'homme n'avait pas du comprendre la totalité de la phrase car son expression devint inquiétante seulement quand ses amis se mirent à rire. Il comprit alors qu'on se foutait de lui. Le poivrot agrippa les cheveux de l'Auburn, l'obligeant à approcher son visage. Des anciennes cicatrices formaient des cratères sur sa peau mate. Il était mal rasé et ses yeux étaient... Bleus... Aussi bleus que ceux du père d'Alcide... Le visage du père prit forme sur celui de l'inconnu. Un fantôme revenu de chez les morts. Un frisson la traversa et sans réfléchir, elle avait attrapé le couteau à pain posé sur la table avant de le planter violemment dans la main de l'homme qui était posée sur la table sale.

Un cri perça la taverne, instaurant un silence. Silence pesant, durant lequel Alcide s'était rendue compte que dans son élan de douleur, l'homme lui avait arraché des cheveux. Une poignée de cheveux noirs gisaient effectivement sur la table. Elle regarda ses cheveux qui n'étaient plus sur sa tête, avant de les prendre en main pour les montrer aux orphelins, éberluée ;

- Ce con m'a arraché des cheveux!

Et presque instantanément, ce fut une évidence ; les trois orphelins se jetèrent sur les hommes, tandis que les hommes se jetaient sur eux. Les verres de bières tombèrent aux sol dans un fracas épouvantable, Alcide était déjà à genoux sur la table et offrait un coup à celui qui était venu la provoquer. Parallèlement, des hommes se mirent à hurler avant de rejoindre la bagarre, sans qu'on sache trop pourquoi. C'était prévisible avec l'Auburn; c'était un gros bordel.
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Seïren Nephtys

Les Songes Hurleurs.

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Seïren Nephtys
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Songe de sombre.


Bordel [Seïren] _
MessageSujet: Re: Bordel [Seïren]   Bordel [Seïren] EmptyMer 8 Fév 2012 - 20:17

Ce texte contient des passages susceptibles de choquer les personnes les plus sensibles. A bon entendeur.


Souvenir d'une mélodie. Sacrifice. Déchéance. Pourtant. Grandeur et espoir. Dans la mémoire, le piano ne s'arrête pas. Alors que des doigts frénétiques grattent la terre. Inlassablement, ils s'enfoncent dans les pierres et la poussière, fouillant avec rage. Ami, que cherches-tu, ainsi abaissé ? La bouche ne s'ouvre pas. Les mots n'existent plus dans cette dimension grisée. Le ciel est gris. Le vent s'est fondu en lui. Gris. Même l'atmosphère s'est ternie. Mais ses mains livides continuent leur quête inconnue et vaine. L'espoir dément. L'espoir d'y croire alors qu'il n'y a pas l'once d'une chance. Pourtant.. Pourtant.. Il continue. Encore et encore. Il aimerait crier. Mais sa gorge a laissé les nœuds l'envahir. Tout en lui n'est qu'un immense nœud, de honte, de pudeur et de pensées si hautes et pures que nul ne pourrait en saisir une seule. Il gratte. La terre noircie. De brune, elle tourne au noir fade.
Les larmes ont entamé leur marche, sur ses joues sales. Mais tandis qu'il se laisse aller à des sanglots amers, ses mains tombent enfin sur le trésor qu'elles cherchent depuis des heures. Des heures, au milieu d'un paysage insipide. Des landes, sans vie. Avec cette brise morte. Une brise qui n'atteint pas réellement les chairs. Qui ose à peine effleurer les eaux cristallines. Pourtant. Les ossements sortent enfin du sol. Des os. Des os. Des os vieux, et durs. Par centaines, par milliers. Des os partout. Ce n'est décemment pas ce qu'il cherchait. Son corps tremble alors. Ses sanglots se succèdent. Il fouille encore, plonge les bras dans la mer d'ossements. Des crânes, des mains, des fémurs, des côtes. Tout. Incompréhension. Brume psychique. Envahie ses pensées. Il déglutit, et redresse son dos meurtri. Autour de lui, il n'y a rien. Il pleure, sans cesse. Ses yeux sont brouillés par l'humidité salée. Mais il comprend désormais. Sa vue s'éclaircit. Tout autour. Tout autour.. Partout... Des os.. Sur la terre pourrissante. Des os, comme des miasmes. Ses traits se secouent. Les larmes continuent leur chemin. Et la musique si calme devient tragique. Il pleure, sanglote.. Toute sa force évanouie, partit rejoindre ces poussières d'os. Qu'a t-il fait ? Sa mémoire est vide. Sauf de cette mélodie. Il espérait retrouver la lumière et les couleurs. Il espérait retrouver ses rêves et sa grandeur. Mais désormais, il se meurt de chagrin au milieu de ces crânes aux orbites vides et aux sourires charmeurs.


Crépuscule décharné. Perdue dans un cœur de moisissure. Des visages apparaissaient dans tous les coins des rues. Comme des spectres étouffés par des draps. La bouche grande ouverte dans des cris d'effrois silencieux. Lorsqu'elle fermait les paupières, c'est ce que Seïren voyait. Elle aurait préférée ne rien voir. Se perdre dans le noir, comme avant. Mais maintenant, les visions, perfides, se glissaient sous ses yeux pour hanter le moindre de ses mouvements. Les souvenirs l'écartelaient. La faisaient tituber au milieu des foules. Les gens, leurs cris, leurs paroles, leurs rires, leurs regards, tout l'oppressait. Pourtant, quelque chose dans son esprit tapait. Comme un tambour. Doucement, pour l'instant. Mais le bruit, la force mise dans les coups augmentait petit à petit.
Menace interne. Son regard affolé allait dans tous les sens. Le tambour accélérait en elle. Surtout quand ses pupilles se posèrent sur une silhouette gracile, dans le coin d'une ruelle. Entièrement vêtue de noir, le regard perçant, d'un brun foncé envoûtant. Ses jambes ralentirent alors. Le tambour devint un peu plus fort. Elle fixait le regard obscur de la silhouette masculine. Il la regardait aussi. Menace interne. Crépuscule dépravé. Quelque chose la poussait à se jeter au cou du danger et de la peur. Elle resta immobile un instant. Fixant l'inconnu, comme il la fixait elle. Se faisant bousculer par les visages blancs, étouffés par les draps sous ses paupières.
L'autre ne disait rien. Son cœur frappait durement contre sa poitrine. Quelque chose semblait flotter dans son ventre. Comme si des papillons voletaient en elle. Son regard ne défaillait pas. Elle n'entendait même plus le bruit alentour. Leur deux regards ne se détachaient pas. Ils étaient immobiles. Mais la silhouette rompit cette osmose. L'inconnu aux yeux sombres avança vers elle, d'une démarche assurée, énigmatique. Seïren plissa légèrement les yeux, essayant de lire à travers lui, les méandres qui s'inscrivaient sur les chemins qu'il avait foulé.
L'adolescente serra les dents, refoulant sa peur. Quelque chose prenait possession d'elle. Dans son esprit, il n'y avait plus qu'une personne. L'Avorteuse avait comme fusionné en elle. Provocante, sarcastique et malsain. Elle, fragile, triste et blessée. Mais il n'y avait qu'une personne ce soir là. Alors qu'il faisait de plus en plus sombre, l'inconnu se dressait face à elle. Bien plus grand. Le visage sculpté, laissant mieux voir toutes les couleurs qui dormaient dans ses yeux. Une teinte brune, moins foncée qu'elle n'en laissait paraître de loin, avec des traces vertes. Des lèvres charnues. Mais ce même regard sans fond. D'une main, il attrapa le poignet de Seïren. Sans expression sur le visage, sans animosité. Elle sentait juste les pulsations dans la main de Silhouette. Ses yeux à elle prenaient une expression presque belliqueuse. Provocante. Provocante.

Il marchait à travers la ville, tenant toujours le poignet maigre de Seïren. Ils s'enfonçaient tous les deux dans des coins déserts, sans le moindre bruit. Des endroits où plus aucune lumière ne filtraient. Les tambours se déchaînaient dans sa tête. Devenaient fous. Déchiraient le silence millénaire. Arrête brutal. Menace interne. Silhouette se retourna vers le visage de la jeune femme. Ses iris bleus nuit levées vers lui. Tout remuait en elle. Dans son bas ventre. Les papillons s'étaient comme multipliés. Ils se bousculaient, ils n'avaient plus la place de voleter librement. Ils s'entretuaient.
Mâchoire serrée. Nuit tachée. Seïren poussa Silhouette contre le mur de pierre, et posa la tête sur le haut de son torse. Le souffle court. Adrénaline morbide. Envie sordide. Sans comprendre d'où était née cette sensation étrange de Désirer. Un désir funeste. Souillée par des tourments, par la rage assoupie. Silhouette respirait doucement. Son odeur était déchirante, tant elle était attirante. Seïren releva la tête, grinçant silencieusement des dents. Les tambours continuaient leur litanie endiablée. Elle s'apprêtait à le faire. A assouvir cette envie inconnue qui grondait au fond de sa gorge, au fond de son ventre. Mais Silhouette la devança. Leurs lèvres se rencontrèrent. Les tambours semblèrent être des milliers à hurler. Ils hurlaient. HURLE. HURLE. La main gracile et squelettique d'Avorteuse se nicha dans la chevelure sombre de Silhouette, tirant dessus. Entre Désir et dégoût. Elle ne savait plus vraiment ce qu'elle faisait. Mais elle le faisait. Sa langue découvrait des senteurs perdues. Des senteurs viciée. Des senteurs qu'Il avait goûté. Alors c'était Ça. Ce soir, elle se vengeait. Sur cette homme qui l'avait tant attiré. Cette homme qu'elle aurait pu aimé dans une autre vie. Mais que ce soir, elle détruirait. Détruis-moi, détruis-moi. Tu n'es pas mieux que moi.

Sa main glisse dans le cou de Silhouette. Ses ongles se plantent dans la chair tendre. Avide. Frustration. Détruire. DETRUIRE. Les tambours saturent son esprit. Elle ne s'entend plus respirer. Elle ne pense plus. Il n'y a plus rien de vivant en elle. Elle agit. Silhouette gémit. Soupire. Une perle de sang longe ses clavicules pour glisser dans son torse. Elle déchire le tissu et contemple le torse hideux et parfait à la fois. La goutte de sang dévale sa peau halé et son corps musclé. Il respire fort mais elle n'entend pas. Elle voit juste. Sa main dévale encore une fois. Sa peau est chaude. Il grouille de vie. Ses dents viennent mordre sa lèvre. Fort. Elle se retient. Elle veut que la torture dure. Menace interne. Les tambours saignent ses oreilles de l'intérieur.
Silhouette laisse aller ses propres mains. Sur son corps à elle. Elle sent les membres se poser sur ses hanches de squelettes. Il a les mains chaudes. C'était presque agréable. Mais elle se souvenait avec passion malsaine des mains du Père. Oui. La Bête était le Père. Celui qui l'avait engendré. Mais Silhouette n'était pas le Père. C'était injuste. Cependant, la vengeance était une flamme que nul ne pouvait éteindre désormais. Elle le torturait. Seïren voulait le pousser à bouts. Que ses gestes ne soient plus timides, ou retenus. Qu'il pense pouvoir posséder ce corps maigre, cette nuit. Mais il n'en serait rien. Il était beau. Il avait le corps chaud. Elle avait presque envie de se blottir sur lui et de verser ses larmes salés sur son torse mat. Non. Rien de tout cela n'arriverait.
Encore une fois, leurs lèvres se touchèrent. Seïren. Avorteuse. Qui était-elle vraiment désormais ? Nephtys n'avait plus peur. Plus de gêne. Elle attendait juste le moment. Le moment propice. Profitant de ces heures creuses où elle ressuscitait des sensations qu'elle avait découverte trop tôt. La colère se mélangeait à ce Désir, à ce dégoût. Donnant un goût nacrée presque vicié à sa vengeance. Elle jouissait déjà de la fin de ce moment. Orgasme sanglant. Tandis qu'une de ses mains foulait encore la peau de Silhouette, l'autre glissa sous le pan de sa robe, attrapant la dague qui désormais la suivait partout. Silhouette devenait fou. Ses mains devenaient de plus en plus assurées. Et le moment tant attendu, tant Désiré arriva alors. Il osa. Ses doigts graciles touchèrent la peau froide de la cuisse de Seïren, remontant sur elle lentement. Alors. A la seconde où il s'apprêtait à atteindre le jardin mystique où il aurait aimé s'enliser, il fut troué. La dague creusa une première plaie en plein dans son ventre. Sa main resta crispée sur la cuisse de l'adolescente, ses yeux se posèrent sur elle, affolés. Mais un sourire se dessina sur ses lèvres sucrés. Elle le contempla suffoquer à moitié. Et avant d'enfoncer une nouvelle fois la lame, elle l'embrassa une dernière fois.

Massacre.
Il était au sol. Le ventre ouvert. Une mélopée de sang, s'étendant sous lui. Son visage était toujours beau, même ravagé par la mort. N'en était-il pas embelli ? Oui, quelque part. Les traces de sang sur ses joues, sur ses lèvres. Ses yeux clos. Les tambours s'étaient calmé. Désormais, elle contemplait son œuvre. Laissant deux ou trois larmes lorgner ses joues. Elle s'accroupit près du corps de celui qu'elle se plairait à appeler son amant. De son sac en cuir, elle sortit un vieux lys séché, qu'elle laissa choir contre le torse déchiré de Silhouette. Il portait un collier, avec une pierre de jade en pendentif. Elle le prit et l'accrocha à son cou. La nuit n'était pas finie.
Ses pas la menèrent à l'endroit qui faisait le plus de bruit. Une taverne à première vue. Elle voyait des gens gesticuler, et des cris sortaient de la bâtisse. Mieux valait effacer Silhouette de son esprit pour ce soir, alors elle se dirigea vers l'entrée. Sans peur. Sans rien avec elle. Sauf la plénitude d'avoir détruit un homme, un homme beau comme l'avait été le Père. Le Père qui avait ravagé Maman. Doux moment, douce maman. Elle était morte dans ses bras. Père lui avait été troué par...

Choc.
Par celle aux yeux aussi verts que la pierre que Seïren portait désormais au cou. Elle était là, en train d'enfoncer son poing sur le nez d'un homme. Elle était là. Des flammes crépitèrent dans l'esprit de la jeune femme. Il fallait qu'elle la regarde. Qu'elle voit ses prunelles. Affolée, le cœur battant, le souvenir de la chaleur de Silhouette, elle fourra la main dans sa sacoche et tira quelque chose qui aurait pu lui rappeler la maison brûlée. N'importe quoi et... Oui. La bague que portait Maman. La bague qui était censée représenter un amour entre elle et le Père. Seïren lui lança la bague. Elle avait visé son œil. Il fallait qu'elle la voit. Regarde-moi. Regarde-moi. REGARDE-MOI.
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Alcide Andrea Auburn

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MessageSujet: Re: Bordel [Seïren]   Bordel [Seïren] EmptyDim 12 Fév 2012 - 15:48

Les alcooliques anonymes étaient plus déchainés que jamais ce soir. Un gaillard avait encerclé le crâne d'Alcide de sa grande main avant de l'écraser sur la table. Ses lèvres s'ouvrirent, son nez saigna généreusement. Sa tête resta quelques secondes contre la table et quand lentement elle s'était redressée, sa vue était brouillée. Entre les cris elle entendait le gérant du bar qui venait remettre de l'ordre. Il fallait filer avant de s'attirer de plus gros problèmes. Vacillante, elle cherchait les orphelins du regard ; des hommes, ça et là, s'entremêlaient, s'entretuaient. Elle se leva sur la table mais on remarquait à peine qu'elle était debout tant elle était petite.
Elle vit enfin la chevelure rousse de Jack et au-moment où elle allait siffler pour l'interpeler, elle se prit un coup sur l'arcade.

Ce n'était pas n'importe quel coup. Ça n'était pas un poing, ni une claque. Non. Un objet petit mais massif venait de la toucher avant de rebondir et de se retrouver au sol. Un bruit métallique raisonna dans le chaos. Alcide rejoignit le plancher avant de disparaître aux pieds des gueux pour rechercher l'objet. Elle se trainait à quatre pattes par terre, bien décidée à trouver cet objet dont la résonance l'avait intriguée. Ce n'était pas de l'or, ni un couteau. Ç’avait une résonance bien particulière. Elle le vit. Un anneau doré gisait sous les sièges, brillant, se détachant de la crasse. Elle se précipita avant de le saisir. Assise sous la table elle était désormais ailleurs ; le bruit environnant ne la dérangeait plus. Elle regarda la bague, la tourna dans tous les sens avant de lire une gravure située sur la face intérieure ; Alessandra.

-

- J'ai un cadeau pour ta mère, mais c'est un secret. Promets moi que tu ne lui diras rien. Tu promets?

Petite Alcide, Lussia, avait acquiescé, flattée à l'idée d'être assez importante pour qu'on lui confie un secret. Tendrement son père l'avait porté sur ses genoux avant de l'embrasser et de lui démêler les cheveux avec soin et délicatesse. Pendant quoi Lussia observait la bague de tous les angles possibles.. Il lui avait expliqué pourquoi il offrait cette bague, comment il l'avait obtenue, comment il aimerait qu'Alessandra soit contente, cette fois-ci. Il lui avait expliqué comme il avait été difficile de graver Alessandra dans l'or. Que c'était un prénom qui demandait beaucoup de temps. Que s'appeler Lussia aurait été plus commode ce jour-là. Il lavait précisé la façon dont il allait lui offrir :

- C'est toi qui lui donneras, je te la confie, prends en soin. Donne-lui quand je partirai travailler. Fais attention ; cette nuit je veux la voir à son doigt.


-

Une goutte de sang perla sur Alessandra. Le cœur d'Alcide se brisa en pas moins de mille deux cents trente neuf morceaux. Elle ne sentait plus la douleur sur son visage. C'était son cœur qui saignait. Elle avait supprimé ses souvenirs tendres pour éviter cette douleur. Pour ne pas regretter le vieux temps, pour ne pas regretter la mort. Peut-être que son père aurait changé s'il avait été en vie. D'une façon assez glauque, elle espérait que non. Elle espérait qu'il ait longtemps été le monstre qu'elle avait connu. Qu'il n'avait pas foutu la vie de sa fille sur un simple coup de tête. Elle voulait être sûre qu'il méritait la mort qu'elle lui avait apporté. Dans ce souvenir, douloureux souvenir, l’odeur de son père lui était revenue en mémoire. Et ce grain de beauté qu'il avait en-dessous de l’œil. Et cette beauté qu'elle recherchait partout. La beauté du début. Quand il n'y avait rien de sexuel. Rien de mécanique. Rien d'aussi répugnant que son corps sur le sien.

Elle passa son pouce sur la bague pour enlever la goutte de sang avant d'enfiler cette dernière sur son index gauche. Puis elle essuya le sang qui avait coulé de son nez jusqu'à ses lèvres. Ça n'arrangea rien ; le rouge peignait sa peau blanche. Elle se releva et pendant que son cœur brûlait, pendant qu'elle traversait ces hommes, ça et là, s'entremêlant, s'entretuant, elle ne cherchait plus les orphelins, elle cherchait le propriétaire du bijoux. Frénétiquement, ses yeux parcouraient les alentours. Chaque mouvement était ralenti ; telle une chasseuse elle observait les moindres détails. Mais son regard croisa assez rapidement celui une gamine qui se détachait de la masse bruyante qui grouillait. Plus petite qu'elle. C'était rare. Brunette aux yeux bleus. Ce bleu.

Elle accéléra le pas, obnubilée, se prenant des coups d'épaule sans s'en rendre compte. Arrivée devant la jeune femme, elle la reluqua de haut en bas, les lèvres entrouvertes. La surprise. Ses yeux étaient ceux du père. Sa gorge se serra. Elle ne savait pourquoi mais cette fille était bien la première personne qui l'a perturbait autant en l'espace de dix ans. Ses yeux parcouraient son visage ; ses yeux, son nez, sa bouche. Son corps. Puis ils remontaient. Son corps, sa bouche, son nez, ses yeux. Des cheveux noirs, comme ceux du père. Comme les siens. Elle posa sa main sur sa nuque afin de l’emmener avec elle vers la sortie. Elle n'était ni violente, ni rapide mais plutôt lente et douce, tout en restant ferme. Dehors, au calme et éclairées par les vitres jaunâtres de la taverne, le même rituel recommença. Ses yeux. Son nez.
Sa bouche. Son corps. Ses yeux n'étaient pas seulement bleus. Ils étaient foncés.
Avec cette touche de grisaille.
Cette touche spécifique.
Son corps. Ses clavicules. Son cou. Sa bouche. Son nez. Ses yeux. Ses cheveux.
Toutes ces caractéristiques avaient quelque chose de familier. C'était son portrait. C'était impossible.
Ses traits.
Impossible.
Son nez. Sa bouche. Ses yeux. Ces yeux.
Elle n'hallucinait pas cette fois-ci.
Ces yeux.
Son cœur allait exploser.
Elle leva son index pour le montrer l'anneau qui l'entourait à la gamine, sa voix neutre et basse ne laissait paraître aucun trouble ;

- C'est toi qui a lancé cette bague?
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MessageSujet: Re: Bordel [Seïren]   Bordel [Seïren] EmptyLun 5 Mar 2012 - 18:31

C'est dans les moments les plus noirs, que naissent les lueurs les plus vives.


Elle n'avait plus aucune raison d'y croire. Non ? Le psychique brisé. Entre deux personnalités vouées à l'échec, si elles restaient seules. Vouées à la destruction, si elles s'unissaient. Plus aucune raison d'y croire. Délaissée, oubliée. Lui, si loin, avec ses pinceaux et ses couleurs débordant des yeux en larmes translucides pourtant. L'autre, vermine blonde. Plus de signes de vie. Plus rien. Délaissée. Perdue sur une route sinueuse. L'horizon étouffé par la brume. En elle, dans sa poitrine, naquit à nouveau cette sensation de vide et d'air. Air gelé, presque humide tant il était froid. Ce vide était à la fois bienfaisant et douloureux. Un vide complètement abstrait. Psychologique. Comme si ce cœur meurtri avait déserté. Fondu, explosé. Peu importait. C'était au milieu de cet endroit agité, où volaient des cris, des injures, où résonnaient le bruit des coups. C'était au milieu de ce lieu sordide qu'elle sentit cette mélancolie étrange l'enlaçait. Qu'elle sentit ce vide. Ce vide qui l'avait bercé dans ses moments les plus sombres, les plus douloureux.
Plus aucune raison d'y croire. Pourtant. A travers les ronces de malheur, l'espoir explose, sans raisons. Laissant ses débris lumineux se posaient sur les plantes meurtrières. Débris d'or. Miettes. Éclairant la forêt obscur. Lumière aveuglante soudaine. Son cœur avait explosé alors. D'un espoir vengeur. Sa mémoire lui envoyait des images sombres, de Silhouette, et de tout ceux qu'elle avait croisé, tué ou non. Sans que quelconque douleur n'atteigne son corps. Une musique emplie de clarté résonnait dans sa tête. Encore une fois, elle était entre la réalité et son monde. Même si son monde, son rêve avait remplacé la réalité. C'est lorsqu'elle ouvrait les yeux sur le vrai Monde que le rêve était là. Tout s'était inversé. Désormais, elle vivait dans son propre esprit.

La musique s'interrompit quand la jeune femme brune qu'elle avait vu au creux des flammes fonça vers elle, sans pourtant afficher d'agressivité. Seïren reconnut immédiatement ses yeux. Le vert. Cette lueur écrasante et froide au beau milieu de la chaleur infernale. Son visage était ensanglanté. Sa peau, presque aussi blanche que celle de l'adolescente était magnifiquement tâchée du carmin du sang. C'était une couleur divine. Envoûtante. Exhalant tant de choses à la fois. Le sang. Il inspirait la vie, la vie qui coulait dans chaque êtres. La mort, lorsque le sang se répandait sous un corps. Tant de choses abstraites aussi. Les yeux de l'adolescente fixèrent quelques secondes ce magnifique sang qui tâchait ses lèvres charnues, jusqu'à remonter sur ses yeux si hypnotiques. D'un vert si rare. Ce vert. Cette émeraude ternie par les âges.
Émeraude. Comme la petite pierre à son cou. Émeraude. Comme Elle. Elle était désormais face à l'adolescente. La dévisageant, la reluquant presque. Quelque chose. Elles se regardaient, toutes les deux. Les yeux voilés par les souvenirs. Seïren entre-ouvrit les lèvres de surprise, reconnaissant des traits de la Vip.. de Mère. Pfff... Elle écarquilla légèrement les yeux, de plus en plus certaine de voir le visage d'Alessandrä se dessiner derrière celui d'Émeraude. Elle n'eut pas le temps de la fixer d'avantage. Elle l'a poussa vers la sortie de la pièce. Soudainement, le silence retomba. Les bruits de cris et de coups étaient plus lointains. Comme étouffés. Seïren languissait tellement d'entendre... Sa. voix.. Pour voir si elle avait les intonations de Mère. Mais comment pouvait-elle tant lui ressembler.. Sauf ces cheveux. Noirs. Comme la Bête. Comme elle. Mais ce visage. Ces traits. Son aura. Son regard.. Elle lui ressemblait tant. Comment... ?

- C'est toi qui a lancé cette bague?

Sur ces mots, elle avait levé son index. Arborant la bague que Seïren lui avait en effet lancé. Pour attirer sa délicieuse attention. Sûre d'elle, l'adolescente s'avança, et saisit la main d'Émeraude. Dans des gestes lents, elle toucha à tout. Longeant sa paume, ses doigts, s'imprégnant des formes, sentant la bague sur sa peau. Elle avait une peau douce et sèche à la fois. Sa main comportait plusieurs morceaux de tissus. Blessures, éraflures. Mais ce n'était pas le même genre de blessure que celles de Seïren. Elles étaient brouillons, spontanées. Celle que s'infligeait la gamine, désormais jeune femme, étaient plus artistiques, plus perfectionnées. L'art de se blesser.
C'était ça. Elle releva alors ses yeux vers Émeraude.

- Elle était à ma mère.

Ma mère. Elle à qui tu ressembles tant.
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Alcide Andrea Auburn

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MessageSujet: Re: Bordel [Seïren]   Bordel [Seïren] EmptyJeu 8 Mar 2012 - 16:22

L'homme ressent certaines émotions primitives ; la joie ou la peine. Le dégoût. L'acceptation. L'anticipation. La surprise. Et la colère.
Alcide ressentait rarement. C'était une cérébrale ; son cœur froid était clos au monde extérieur. Pourtant il arrivait qu'elle se sente vivante. Parfois, ça la prenait ; ses pupilles se contractaient laissant entrevoir son iris toxique. Son cœur se mettait en route, pompait de plus en plus fort ce sang d'ordinaire si lent. Le duvet sur sa peau se dressait en une armée de fins poils prêts à combattre l'ennemi qui provoquait ces réactions physiologiques. Quand son système limbique était stimulé ce n'était pas par la joie. Ni la peine ou même la colère. Pour qu'elle ressente il fallait qu'un flux de ces émotions primitives s'entrechoquent.

- Elle était à ma mère.

La peur et la surprise fusionnaient pour provoquer l'intimidation.
Seïren venait juste de briser la forteresse qu'Alcide avait bâti entre le monde et elle.
Le dégoût et la peine s'unissaient pour former les remords.
L'Auburn avait tué le Père et la Mère. Détruit le foyer. Laissant un enfant brisé.
La joie et l'anticipation formaient l'optimisme. Seïren était sa sœur.
La joie accompagnée de l'acceptation provoquait l'amour. Andrea avait une sœur ; elles étaient unies par le sang.
De l'anticipation et de la colère, naissait l'agressivité. Alcide avait brisé la vie de sa sœur.
C'était possible. C'était vrai. La réalité venait de frapper la pyromane en pleine face. Cette enfant descendait du Père et de la Mère, elle était le fruit de cette union malsaine et destructrice. Juste comme elle. Et, se mélangeant à ces pulsions sentimentales, un flot de questionnement envahissaient la tête de l'Auburn : avait-elle vécu la même chose? L'idylle puis l'enfer. L'enfer du Père? Les mains, les coups, le corps du Père. L'avait-elle vu, connu dans l'intimité. Comme elle, l'avait-elle sentit au plus profond d'elle. Avait-elle vomi après ça, avait-elle pleuré. Avait-elle tué pour dissiper sa colère. Colère insoutenable, perpétuelle, contre le monde. Contre elle. Comme elle. Les mots se superposaient, les images dans ses yeux s'entremêlaient. Son nez rougissait, ses yeux s'humidifiaient. Et quand elle sentit au plus profond de son être, la petite pression du petit doigt sur sa main, quand elle sentait le poids de toutes ces insanités sur son cœur, ses mains s'enflammèrent.

Horrifiée de brûler la chair de sa chair, elle dégagea brutalement sa main d'entre les siennes. Pendant que les bandages sur ses mains se dissolvaient, elle marcha en arrière, se rendant compte qu'elle ne contrôlait pas le feu qui venait de naître le long de ses doigts. Le tissu avait brûlé, s'éparpillant sur le sol, pourtant le feu perpétuait. Un feu différent, plus rougeâtre que d'ordinaire, qui ne la brûlait pas. Elle approcha une main de son visage pour voir cette surface qui recouvrait sa peau ; elle sentit sa chaleur et vit sa lumière, mais son épiderme gardait un aspect sain. Elle ne brûlait pas. Son regard se posa sur la gamine, il ne fallait surtout pas qu'elle s'effraie, il ne fallait pas la perdre une seconde fois. Elle la rassura afin de se rassurer :

- C'est normal. Excuse-moi si je t'ai brûlée...

Ça n'avait rien de normal. Absolument rien. Elle se concentra pour dissiper ce feu qui ne partait plus. Elle regardait sa sœur puis ses mains, impuissante. Elle regardait ce visage qu'elle aurait aimé toucher mais ses mains étaient tout bonnement éclairées par les flammes vacillantes. Dans la rue sombre, elles brillaient plus que les bougies derrière les vitres de la taverne. Soudain, des bruits de pas se firent entendre dans les entrailles de la rue. Des bruits de bottes, lourdes ; celle de soldats. Cinq gardes arrivaient, alertés par les batailles qui se déroulaient à l'intérieure de la baraque. Un bruit métallique perça ; les épées sortaient de leur étui. Une voix grave s'éleva ;

- Des sorcières! Armez!

Presque simultanément les orphelins sortirent de la bâtisse en riant ; ils virent les gardes courir vers eux, il virent les mains d'Alcide. Leur sourire s'affaissa. Ils savaient ce que cela impliquait si quelqu'un la voyait ainsi ; tout le monde saurait qu'elle est sorcière, Alcide ne pourrait plus vivre légalement au sein de Madorass. Jack aboya ;

- Alcide qu'est-ce que tu fous?! T'es devenue dingue?! Range ce p_tain de feu!

Sans réfléchir elle dirigea ses mains vers les gardes en priant le feu pour qu'il se détache.
Détache toi. Pars, tue-les. Je t'en supplie détache toi.
Deux boules de feu jaillirent de ses mains qui retrouvèrent leur aspect normal. Une boule se perdit dans les airs tandis que l'autre frappa un garde de plein fouet ; ses vêtements s'enflammèrent et il tomba au sol.
Merde alors.
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MessageSujet: Re: Bordel [Seïren]   Bordel [Seïren] EmptySam 24 Mar 2012 - 10:48

Lenteur. D'une lenteur paisible et douce, quelque chose s'incurvait dans l'esprit de Seïren. Une petite chose, immatérielle, et pourtant si lourde de sens. Un petit spectre, inoffensif, sans griffes, sans crocs, sans voix, rien pour blesser qui que ce soit. Juste sa source, son aura. La compréhension. La logique. Le bon sens. Tel était ce petit spectre. Dans le crâne de Nephtys, la compréhension s'étendait. Car elle regardait ce visage face à elle. Elle regardait Émeraude. Alors, l'évidence s'imposait. Elle ne pouvait lui ressembler tant, sans être sa descendante. Mais quelque chose lui échappait encore. Il manquait une partie à ce cercle logique. Une partie que Seïren ne voulait pas s'avouer. Encore et toujours le Père, qui l'empêchait d'être entière. Même mort. Le Père, celui qu'Émeraude avait tué, au milieu des flammes. Sous les yeux de la jeune femme, encore gamine. Qui s'était caché derrière la porte, inhalant les fumées étouffantes, et qui avait observé la défaite de Père, chose qu'elle avait à la fois craint et désiré. La vie avait commencé au cœur du feu. Grâce à elle, Émeraude. Qui était-elle au fond. Quel était cette sensation familière que ressentait Seïren, une fois près d'elle. Cette impression d'être avec une personne qu'elle connaissait depuis toujours. Ne sois pas idiote. Elle ne l'était pas. Mais l'évidence n'était pas encore complète. Il manquait toujours ce morceau brisé, fissuré.

Alors qu'elle triturait les mains abîmés d'Émeraude, elle sentit quelque chose arriver. Autour, très près. Menace externe. En face, elle semblait perturbée. Quelque chose n'allait pas. Baissant les yeux sur leurs mains entrelacées, Seïren put voir du feu émanait de l'étreinte. Un feu soudain. La surprise, si grande, lui fit occulter la douleur. Mais Émeraude retira ses mains en furie. Ses mains brûlaient, sans s'arrêter. Les petits bandages fondaient. Pourtant, aucune cendres. Les yeux mi-clos, elle regardait les petites flammes crépitaient, quand Sa voix retentit, non sans une once de panique.

- C'est normal. Excuse-moi si je t'ai brûlée...
L'adolescente fronça les sourcils, d'un air d'incompréhension et de trouble. Baissant les yeux sur ses mains, elle vit des marques rougeâtres, les marques de brûlure. Elle n'avait pas mal. Son cœur battait trop fort pour qu'elle sente quelconque douleur. Derrière toi. Pardon ?
Elle n'eut pas le temps de s'interroger d'avantage, que des bruits de pas se firent entendre, mêlés aux cliquetis des armures. Des gardes, sans aucun doute. Mais ils n'aimaient pas la magie, d'après ce qu'avait entendu Seïren. Émeraude avait du feu sur les mains, et elle n'arrivait pas à l'éteindre. Était-ce réellement de la magie ?... Doute. Tout s'enchaînait trop vite. Les gardes avaient crié, des inconnus qui connaissaient apparemment Émeraude lui dirent quelque chose également. Mais elle ne retint que le nom. Alcide. Ce n'était pas son vrai nom. Certitude. Mais trop de choses se déroulaient en même temps. Ses yeux virent deux sphères de feu partirent dans l'air. Une s'écrasa sur le visage d'un garde, l'autre s'évapora. Menace externe. Réagit !...

Lenteur, encore une fois. Le corps maigre de Seïren pivota, pour réussir à vois les quatre gardes encore en vie. Leurs armées étaient sorties. Ils étaient prêt à se jeter sur Émeraude, et sur tous les autres. Ils venaient, interrompre un instant sourd. Ils venaient briser une osmose quasiment parfaite. La pièce manquante étaient au sol, piétinée par leurs bottes sales. Elle grinça des dents en les regardant. Elle repensa à Silhouette, qui jonchait désormais la rue dans le sang. Elle repensa au feu, au Père, à la Mère, à la douleur, au dégoût, à la haine accumulée, aux creux de nombreuses années de moisissure au fond d'une cave. Son souffle, qui dégageait une légère buée blanchâtre devint noir, et un des gardes fut vite entouré de vapeurs rouges. Son corps se mutilait. Il paniquait, essayait de stopper les plaies en criant, sous le regard choqué de ses compagnons. Le sourire qui vint orner le visage de Seïren ne lui ressemblait pas. Mais elle voulait comprendre. La pièce manquante, elle en avait besoin pour réussir à vivre. Et eux, ils gâchaient tout. Continue...
Le garde mutilé glissa au sol. Ses genoux craquèrent violemment, tant le poids de son corps ne convenait plus. Il poussa un dernier cri et tomba pour de bon. Il n'en restait plus que trois. Des cœurs battants. La vie coulant en eux. Chaleur humaine. Froideur du devoir. Son sourire disparut. Ils n'étaient rien d'autres que des pantins armés. Elle ne voulait même pas à avoir de remords. Tues-les bon sang !
Elle porta alors ses pupilles sur un autre des gardes, tandis que son souffle demeurait noir. Il subit les même plaies que l'autre. Sur le visage, le torse, sous l'armure. Mais un de ses compagnons l'acheva avant qu'il ne souffre plus, et avança, décidé et menaçant vers l'adolescente. Son épée fermement en main, le regard sombre. Seïren recula. La panique lui vint, l'adrénaline mélangée. Ses yeux tournèrent dans tous les sens. Panique. Elle voulait prendre son couteau, mais la peur lui vrillait les entrailles. Elle continua de reculer tandis qu'il s'approchait de plus en plus. Incapable. Elle répétait ce mot. Froidement. Ferme la. Tu pourrais lui arracher la tête d'un seul coup. Je ne peux pas..

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Alcide Andrea Auburn

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Bordel [Seïren] _
MessageSujet: Re: Bordel [Seïren]   Bordel [Seïren] EmptyMer 28 Mar 2012 - 18:37

Alcide venait de découvrir cette capacité. Cette capacité de ne pas souffrir à cause du feu qu'elle contrôlait. Ses mains s'étaient enflammées et le feu ne l'avait pas brûlée ; le feu était devenue elle, elle était devenue le feu. L'intimidation, les remords, l'optimisme et l'amour, si proches de cette agressivité incontrôlable, l'avaient ouverte au feu. Mana l'avait dit ; les Psychistes devraient tous lâcher prise pour s'ouvrir à leur capacité. Il ne fallait pas essayer de contrôler les éléments ; il fallait que les éléments se mettent à nous contrôler. Alors la nature s'enracinait en nous. Ses paroles trouvaient enfin leur sens à l'intérieur d'Alcide.

-

Mana était une des sorcières qui formaient le pilier des Psychistes. Tout le monde gardait une distance avec elle, certainement à cause de son physique surprenant, mais cela n'empêchait pas qu'on la prenne au sérieux et qu'on la respecte. D'ailleurs, peu de personnes osaient venir lui parler, de peur de déranger inutilement une magicienne si impénétrable. Elle avait été touchée par l'impulsivité maladroite de la pyromane, par son acharnement fougueux à contrôler le feu. Elle avait pris Alcide à part pour lui parler ; une image inoubliable. Mana, juste devant elle, lui parlait. Son physique extraordinaire vous donnait envie de la regarder sans interruption, pour comprendre la composition de sa peau, ses yeux, ses cheveux. Mana manquait sérieusement de mélanine ; elle était albinos : sa peau était aussi blanche que la lune, ses cheveux longs aussi blancs que la neige et ses yeux, ses yeux translucides vous effrayaient tout en vous intriguant :

- Tu es expérimentée Alcide mais pas autant que tu le penses. Tu n'arrives pas encore à être le feu, tu communiques avec lui sans le comprendre complètement. Il faut que tu le comprennes, comme s'il était un être vivant à part entière. Lâche prise, ouvre toi à lui. C'est seulement quand tu lâcheras prise, quand tu arrêteras de vouloir tout contrôler, qu'il trouvera une faille pour entrer en toi. Fais toi mal, fais toi mal pour qu'il veuille bien t'aider. Le feu est capricieux ; il veut qu'on souffre pour lui, il se nourrit de notre douleur. C'est seulement quand tu seras prête à souffrir qu'il ne te fera plus mal, alors tu pourras enfin l'apprivoiser sans te brûler.

-

Était-ce sa sœur qui avait provoqué cette ouverture? L’ouverture d'une plaie mal cicatrisée, qu'Alcide avait fermé avec pas moins de trois tonnes de pansements. Elle ne pouvait plus nier la plaie, elle ne pouvait plus nier son passé puisque quelqu'un le connaissait. Seïren. Quelqu'un le partageait, maintenant. La jeune femme fut son hémorragie ; tout ce qu'elle avait refoulé jusqu'à présent paraissait plus clair, plus fluide. La croûte sombre des souvenirs était percée et Alcide n'était plus dérangée. Ni par le relief de son passé, ni par son poids. C'était ainsi, il fallait le voir, il fallait l'accepter. L'acceptation menait à cet écoulement serein de l'être qui n'est plus bloqué par la peur. Cette peur insurmontable d'avoir peur. D'avoir mal.

Alcide regardait ses mains et un fin sourire avait traversé son visage pendant qu'elle se remémorait les paroles de Mana, pendant qu'elle comprenait des choses essentielles, évidentes, au bon fonctionnement de ses pouvoirs. Il ne fallait pas avoir peur de perdre contrôle. Bientôt elle releva la tête quand elle entendit un cri suivi un bruit sourd qui s’abattait au sol. Un garde était tombé. Comme ça. Quelques filets de sang sombre apparaissaient autour une lui. Incrédule, elle vit bientôt un autre garde commencer à se débattre contre un fantôme. Des coupures sanguines se dessinaient sur son visage en peine. Alcide regarda sa sœur avec inquiétude, elles venaient de se retrouver et cette dernière allait paniquer devant ces scènes incompréhensibles pour les humains ordinaires...

Pourtant Seïren n'avait pas l'air d'avoir peur. Au contraire, la concentration était lisible sur son visage de porcelaine. Une sévérité impressionnante, déconcertante pour la pyromane. Autour d'elle, il ne restait que sa sœur ; les orphelins s'étaient faits la malle. C'était bien une technique qu'on enseignait à ces gueux malins ; il était plus facile de semer des gardes seul plutôt qu'en troupe. Le mot d'ordre chez eux était " la dispersion ". Mais pas question de se disperser sans avoir parlé à la gamine, sans avoir confirmé ou rejeté ses hypothèses.

Elle regarda le garde qui se débattait puis Seïren. Seïren puis le garde qui tombait à terre. Il ne lui en fallu pas plus comprendre. C'est bien ce qui expliquait que sa sœur n'ait pas encore fuit ; comme elle, elle avait un lien étroit avec la magie. Une euphorie saisit l'Auburn qui éclata de rire face à cette puissance magique. Sa sœur était magicienne. Et elle était douée. Mais son expression redevint neutre quand elle vit un soldat vivant s'en approcher de trop près. Elle fonça dessus comme une furie avant de le projeter contre le mur. Avant que le cinquième garde ne leur fonce dessus, elle prit rapidement sa sœur par la main et la guida à nouveau dans la taverne. Elles pourraient sortir par la porte arrière du bar et déboucher sur une rue plus calme, et surtout, moins dangereuse que celle où elles avaient semé la mort.

Alcide poussa la lourde porte avant d’accélérer encore le rythme ; les bagarres s'étaient amplifiées et le gérant du bar essayait en vain d'arrêter un homme qui tapait la tête d'un autre contre le comptoir. Dure soirée. Elle se baissa quand elle passa à côté du comptoir et, comme une ombre, emmena Seïren dans les cuisines avant d'ouvrir une porte légère et de déboucher sur une ruelle vide. Calme. Enfin. Elle ferma silencieusement la porte avant de s'adosser à un mur et d'expirer longuement. Il ne restait que l'écho des bagarres de la taverne. Nerveusement, elle lâcha dans un rire étouffé ;

- Je crois qu'on est sœur.
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MessageSujet: Re: Bordel [Seïren]   Bordel [Seïren] EmptyMer 2 Mai 2012 - 18:25

L'heure est fausse et le temps me dévisage.

Il est des choses dont on souvient plus que d'autres. Des images, des sons, des odeurs. La vision presque effacée d'un massif de fleurs hybrides, aux couleurs tirées du ciel de l'aube. Le son lointain des pleurs des chats sauvages derrière les conifères morts, les veilles d'hiver. Les odeurs diffuses de miel et de pain qui s'élevaient des maisons de pierre au fin fond des clairières. Il est de ces choses, à la fois insignifiantes et pourtant si importantes, dont on se souvient plus que de raisons. Ce dont je me souviens, c'est d'un domaine caché derrière les lianes de feuilles de chênes. Une forteresse naturelle, dissimulant la demeure de pierres grises. La charrette, si vieille qu'elle en paraissait rouillée, le puits comme une tombe au milieu des fleurs. Mes yeux se souviennent de tant de fleurs. Elles s'étendaient, partout, de multiples couleurs. Comme si elles avaient décidés de recouvrir les sols du monde entier. Que les terres ne soient plus qu'un immense tapis de fleurs. Ma peau se souvient de la caresse humide de ces plantes, lorsque je marchais pieds nus dessus. Écrasant les chrysalides de poudres sucrées que venaient boire les insectes bourdonnants venant se nicher dans mon cou. Mes mains se souviennent quant à elles, de la caresse de sa peau. La peau de celle dont je tenais la mienne. J'étais sa chair. Quelque part, au fin fond de mon ventre, je le sentais. Pourtant, nos yeux, nos cheveux, rien n'était pareil. Ses prunelles étaient d'un vert éteint, délavé. Comme des pommes qui commenceraient à peine à mûrir. Ses cheveux, boucles endormies, aux reflets cuivrés et blonds. Ce visage fin, cette peau douce malgré les années. Je m'étais toujours demandée, avec amertume, avec haine, avec dégoût. Pourquoi ses mains étaient-elles aussi douce alors que les miennes étaient moites comme celles d'un cadavre. Mais lorsqu'elle prenait mes mains au milieu de son néant floral, ma peau était lavée, et enfin douce. Il est de ces souvenirs, ces souvenirs là, emplis de couleurs ou ternes, peu importe mais ils sont là. Des choses que l'on oublie pas. Pourtant, ce portrait abîmé que j'avais en face de moi. Celle qui avait prononcé ces mots si étrangers, je n'en avais qu'un souvenir sanglant et brûlant. Pas un de ces souvenirs semblant venir d'un autre monde, non, un souvenir trop violent. Elle était le souvenir des émeraudes assassines. Non le souvenir de cette dimension différente qu'était l'enfance brisée et maudite dans laquelle j'avais vécu.

Bordel [Seïren] 155376imagepost

« Je crois qu'on est sœurs. »

Les cadavres des gardes n'étaient qu'un souvenir à présent. Seïren se laissait entraîner par Émeraude, qui la tirait par le bras, à travers la nuit, à travers la veillée à l'intérieur de la taverne, fendant l'air saturé et le bruit. Brisant le temps qui s'était presque arrêté, lorsque les prunelles bleus de la gamine s'étaient posées sur les vapeurs de sang. S'échappant des corps qu'elle avait mutilé par la simple force de sa pensée. Il arrivait des moments où la fatigue l'enlaçait si fort, que son esprit se questionnait sur des choses lointaines. Quittant les terres réelles. Quittant la réalité. Pour en atteindre une autre. La jeune femme était épuisée, exténuée. Son corps ne tenait presque plus sur lui-même, son cœur semblait vrombir, secoué de hoquets, son regard se perdait dans le rien. Elle partait, s'échappait du vrai monde. Passant au dessus des nuages, portée par le vent. Son âme, un fantôme, une ombre grisâtre au regard saphir-océan, voguant au dessus de toutes choses. La pièce manquante à l'évidence était désormais sous ses yeux. Une sœur. Avant elle, la Vipère avait porté dans son ventre, un autre être. Une autre vie qui s'était arrachée à sa chair, pour grandir. Tel était le résultat. La même chevelure noire que la Bête. Mais tout le reste venait de mère. Quelque part, cette présence au visage familier l'apaisait. Comme si la génitrice reprenait vie, dans un autre corps.
C'est dans ce ressenti serein que les brûlures sur ses mains lui firent mal. Ses yeux descendirent pour les voir, marques noirâtres, fissurées, laissant passer quelques gouttes de sang. Mais elle sentait aussi le liquide vital sur ses bras. Les vapeurs de sang s'étaient retournées sur elle. Pourtant, rien ne semblait pouvoir la perturber. En elle résonnait des échos, héroïsme vain, fierté religieuse. Sa dimension prenait vie. Les mondes auxquels elle rêvait prenaient forme dans son être. Son ventre, sa tête, son cœur. Et elle. Elle. Elle qui riait juste en face d'elle. Seïren posa ses mains, blessées aux paumes, noircies au dessus, comme si elle avait plongé ses bras dans du charbon, sur les joues d'Émeraude. Elle enfonça son regard dans le sien, comme pour les relier par des banches sanglantes, des ronces. Roseau viscéral. Le roseau qui ploie devant le vent, mais qui se redresse toujours. Jamais ne se brise. Peut-être qu'à elles-deux, elles étaient le roseau. Peut-être le vent avait été la Bête et que désormais, le seul vent qui les touchait n'était que le souffle d'un autre monde.

« Les flammes peuvent tout brûler. Sauf les émeraudes de tes yeux. Elles survivront toujours. »

Éternelle fragilité fait couler des larmes sur les joues de marbre. Perçant les traces de poussières et cendres qui salissaient son visage. Ses bras saignaient, libérant les vapeurs. La force de son psychique avait fait tomber quelques uns de ses cheveux en poussières noires. Elle sortait d'un brasier irréel. Un brasier intérieur. Un feu qui la ramenait à la vie. Elle ne pensait plus aux douleurs de son ventre. Elle ne pensait plus à la bête et à sa force cruelle. Elle ne voyait que.. Elle. Seïren ignorait son nom, jusqu'à son nom. Cette femme que mère avait mise au monde des années plus tôt. Elle était de son sang. C'était une chose fascinante, poignante, importante. Elles venaient des mêmes corps, étaient faites du même sang. Un lien indéfectible. Une chose à laquelle on n'échappe pas.
Mais la fatigue brisait son corps, si bien qu'elle glissa à genoux. Reniflant, inspirant, laissant quelques sanglots s'étouffer dans sa gorge. Elle n'étais pas triste. Juste soulagée. Comme libérée d'un immense fardeau. Un poids trop lourd pour ses épaules squelettiques. Ses mains avaient quittés les joues de sa sœur, ses mains la brûlait. Qu'importait. Ses larmes ruisselaient, tandis qu'elle se vidait de tout ce mal, de toute cette douleur. S'étranglant presque. Libère-moi, libère-moi. Rien ne répondait. Elle ne craignait rien. En cet instant, elle ne craignait rien. Pleure, pleure. Entre deux sanglots, elle releva la tête vers Émeraude et demanda..

« Comment t'ont-ils appelés ?... »
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MessageSujet: Re: Bordel [Seïren]   Bordel [Seïren] EmptyDim 6 Mai 2012 - 18:28

Seïren regarda ses mains brûlées et endolories. L'Auburn se mordit la lèvre en voyant le mal qu'elle avait infligé à sa propre sœur ; elle se maudissait intérieurement. Des traces de lacérations étaient apparues sur ses bras fins, dessinant des trainées sanglantes harmonieuses. Pourtant la gamine paraissait ignorer la douleur ; comme si elle eu l'habitude de vivre avec. Elle regarda la pyromane dans les yeux avant de poser ses mains meurtries sur son visage à peine plus haut que le sien.

Le seul contact physique que connaissait la pyromane était celui des prostituées. Parfois il lui arrivait de s'égarer une nuit entre les bras d'un homme. Mais jamais elle n'avait senti autant de douceur venant d'un être humain. Même le souvenir maternel, brisé, ne surpassait cette délicatesse authentique. Elle n'eut pas peur, cette fois-ci. Son cœur ne s'emballa pas au contact d'une autre peau que la sienne. Malédiction qu'il tenait depuis que le père l'avait trop touchée. Leurs visages étaient si proches que certaines mèches de sa sœur venaient effleurer sa propre peau. Hypnotisée, la pyromane avait cessé de penser et de respirer, buvant ce visage qui était l'équivalent du père au féminin. Elle eu cette libération étrange, ce sentiment malsain, d'être enfin aimée par la Bête ; à l'intérieur de ces yeux pleins d'amour si similaires aux siens :

- Les flammes peuvent tout brûler. Sauf les émeraudes de tes yeux. Elles survivront toujours.

Aucun souffle ne sortait de ses lèvres colorées par le sang à présent sec. Pendant une fraction de seconde, il sembla à l'Auburn que tout était figé ; Feleth tout entier s'était tu, chaque corps avait cessé son activité naturelle, le bruit de la taverne s'était transformé en un sifflement sourd qui amena une sensation de malaise chez la pyromane. Elle sentit pour la première fois toute la douleur qu'elle avait jusqu'à présent ignoré. Les coups sur le nez, dans le ventre et sur l'arcade ; ceux qui l'obligeaient à s'affaler sur le sol. Elle sentit s'abattre sur elle, toute la douleur de ces derniers mois ; les brûlures et les entailles ; les couteaux tranchants et la chaleur. Tout prenait un sens ; son esprit retournait dans ce corps qu'elle avait tant négligé, haï, maltraité. Elle se souvint du soir enflammé, celui qui ne fut en rien la libération qu'elle attendait. Le meurtre familial n'avait servi qu'à enterrer quelques mètres plus loin son mal-être. Lussia était toujours sous terre, enterrée vive, à tambouriner sur les parois de son cercueil.

Les yeux, si proches des siens, si vulnérables, s'humidifiaient. Deux larmes s'en échappèrent. Son corps se vida et les mains de l'Auburn ne servirent qu'à amortir la chute. Elle arriva sur ses genoux, une douleur piquante saisit la gorge d'Andrea quand elle entendit les sanglots de sa sœur à ses pieds. Elle restait figée, regardait ce corps fin qui souffrait ; ses yeux perdus dans le vague fixèrent un pavé avant de se remplir d'un liquide lacrymal à leur tour. Le visage de l'Auburn ne bougeait plus, seule sa gorge se contractait pour faire passer difficilement sa salive. Si difficilement.

- Comment t'ont-ils appelés ?...

Cette voix cristalline l'acheva, ces sanglots déclenchèrent le cheminement lent des larmes qui se mélangeaient au sang. Pouvait-elle seulement répondre à cette question? Était-ce possible? Pouvait-elle prononcer ce nom? Son nom. Celui que personne ne connaissait, celui qu'elle avait torturé puis tué. Il avait disparu du monde vivant, comme ce qu'elle avait été. Pourtant ce n'était pas bien difficile.

Trois syllabes.
Lus-si-a
Lus-si-a

- Je... Et merde...

Un spasme brisa sa voix et bientôt son corps fut saisi d'un tremblement incontrôlable. Ses yeux se fermèrent et ses sourcils se froncèrent ; jamais la souffrance n'avait été si vive. Sa tension monta et son souffle si silencieux devint bruyant et saccadé. Elle n'était qu'une illusion, qu'un masque ; elle n'existait pas. Elle avait été bernée par sa propre mascarade. Prise à son propre jeu ; Alcide Andrea Auburn. Quelle blague. Il n'en était rien ; elle était avant tout cette Lussia Nephtys, au nom du père, la fille violée. La petite Lussia qu'on arrivait à maitriser, à bloquer sur ce lit d'enfant, qu'on torturait sans qu'elle puisse y changer la donne.

Elle jura et envoya un poing dans le mur massif. Ça ne calma en rien son cœur à vif ; elle donna un deuxième coup, puis un troisième enfin un quatrième et un cinquième. Au sixième son sang décorait la pierre et elle n'eut pas la force d'en donner un septième. Ses jambes devinrent fébriles et elle s'adossa au mur avant de s'y laisser glisser. Ses genoux pliés accueillirent ses coudes. Elle appuya son front contre ses mains à la peau arrachée et regarda sa sœur. Les larmes continuaient de couler mais sa nervosité s'était apaisée. Chaque mot était si pesant que l'Auburn ne pouvait s'empêcher de noyer les syllabes dans des sanglots :

- Lu... Lussia... Lussia Nephtys

Le visage de l'Auburn était meurtri, les yeux rouges et irrités ; les joues mouillées. Elle ne cessa de regarder Seïren, dont elle ignorait le nom. Elle pouvait s'appeler comme elle voulait, elle pouvait être ce qu'elle voulait ; l'Auburn n'avait jamais autant aimé quelqu'un. La rage laissa place à un sentiment de plénitude quand les yeux de Lussia se mélangeaient à ceux de sa sœur. Elle se redressa et s'assit devant elle ; sa main dégagea les cheveux qui tombaient sur son visage fin. Elle déposa tendrement ses lèvres sur le front de la jeune femme, puis sur sa joue, pour finir sur sa bouche.
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MessageSujet: Re: Bordel [Seïren]   Bordel [Seïren] EmptyMer 15 Aoû 2012 - 12:09

Personne ne voit, et ne s'aperçoit de ce qui m'attend.

Cycle interrompu. La douleur se taisait dans le corps de Seïren. Tandis que le mal prenait son trône en Émeraude. D'une poigne de fer, il maltraitait son intérieur. Elle le sentait. Elle pouvait presque le voir. Ces étranges brumes noires qui tournaient autour des gens, quand ils souffraient; quand ils avaient mal à un point si grand, qu'aucun mot ne pouvait apaiser cette douleur. La jeune femme attendait une réponse. Elle voulait le nom de sa sœur. Elle voulait entendre les syllabes qu'avait choisi la mère, savoir quelles lettres on avait associé à cette femme aux yeux verts. Un prénom, ça paraissait tellement insignifiant, mais pour Seïren, c'était important. Il fallait qu'elle sache. Mais la douleur empêchait Émeraude de réagir. Dans ses yeux se bousculaient les pensées, les souvenirs, tout. Elle y voyait des flammes, du sang, elle entendait des cris, elle sentait le mal. Tout passait par les yeux, elles auraient pu parler rien qu'en se regardant, c'était déconcertant, perturbant mais si rassurant. Plus besoin de mots, plus besoin de gestes. Un simple regard, et tout était dit.

« Je... Et merde... »

C'est sur cette incapacité à parler, qu'elle implosa. Seïren sentait tout. C'était comme si leurs sentiments passaient par un tube entre elles. Comme d'une mère à un bébé, encore dans son ventre. Émeraude se crispa, refoulant la souffrance, l'obligeant à retomber dans sa gorge pour engourdir son cœur et son ventre. L'obligeant à se taire, à ne pas sortir. Il ne fallait pas vomir les tourments, c'était trop violent. Presque impossible. Ainsi, elle se retint. Refoula, refoula. Et la douleur s'échappa par une autre porte. Celle que Seïren connaissait si bien. La porte entre-ouverte sur le noir, de la douleur physique. Elle frappa le mur. Violemment. De rage, de douleur, de peur peut-être. Les trois? Cela lui rappelait quelque chose. Elle se voyait, dans le corps de sa sœur. Avec la haine en plus. Toujours ces flammes au fin fond ses yeux, comme un reflet. Ce n'était que le reflet de son brasier intérieur. Il fallait bien que le monde le voit. Le monde, c'était Seïren. Elle était le monde d'Émeraude, ses fondations, ses structures internes, son ciel, sa terre, son eau, son air, son oxygène. Elle se plaçait à un grade si haut, elle se sentait si orgueilleuse. Orgueil maternel, alors qu'elle était la plus jeune. Mais elle le sentait. Elle était Tout. Elle était son Monde.
Après avoir craché sa haine sur le mur, elle glissa au sol. Là, le Monde nouvellement formé découvrit une nouvelle particularité. La musique. Elle entendit sa voix, les intonations de sa voix, les échos de douleur, et les syllabes qu'elle avait tant attendu. Lussia. Lussia. Lus-si-a... Seïren frémit. Son frisson partit de son échine, fila le long de son dos et se termina dans ses reins. Les tambours revinrent, toujours aussi malsain, mais empli de l'espoir qu'elle avait tout à l'heure embrassé. Elle entendait un violent hurler, et tellement d'autres instruments. Lussia. Et elle pleurait encore, elle pleurait, comme le faisait Seïren. Elle se noyait dans les larmes, les sanglots. Ho reviens moi, retiens moi. Je vais mieux Lussia. Reste avec moi.
Comme si elle avait entendu, elle s'approcha. Elle sentit son souffle vers elle, elle vit de plus près son visage abîmé, le sang, les larmes, les blessures. Elle voyait toujours les flammes dans ses yeux. Flammes vacillantes d'une forteresse qui venait d'être prise, qui s'était écroulée sous le poids des assaillants; Flammes qui brillaient pour honorer la mémoire, le souvenir. Ce fut à cet instant, que tout prit définitivement un sens. La chair de ses lèvres toucha son front, et descendit.

Fusion.

Ferme les yeux Seïren. Oublie-toi. Plus rien n'a d'importance désormais. Tu sens son parfum, tu sens son odeur. Tu sens le goût des souvenirs, dans sa bouche. Tu sens le lien du sang, dans le goût de ses lèvres. Contre-nature, cette fusion. Pourtant. Oublie les maux, oublie les fantômes qui t'ont contemplé mourir. Oublie le père, oublie la mère. Oublie-moi. Sois le monde. Sois son monde. Tu n'es pas mal, tu n'es pas bien. Tu n'es rien. Mais tu es son monde. Ça, ne l'oublie pas.

Réveil.

Encore quelques secondes, elle garda les yeux fermés. Gardant en mémoire, le contact de cette bouche similaire à la sienne. Lorsque ses paupières se soulevèrent, son regard avait changé. En face, Lussia. Lussia qui pleurait toujours. Alors, Seïren tendit les bras, et l'y enferma. Le corps affaibli de sa sœur tomba de lui même sur elle, sa tête se posa sur ses cuisses. D'une main, toujours aussi squelettique et blanche, elle repoussa les cheveux qui cachaient ses yeux. Elle effleura chaque parties de son visage. Son front, son arcade, sa paupière, le dessous de son œil, glissa le long de son nez, caressa sa joue, passa sur ses lèvres, jusqu'à descendre dans son cou. Puis, elle posa sa main sur sa poitrine, à l'endroit où elle sentait le cœur qui battait. Il ralentissait doucement. L'euphorie du chagrin descendait doucement. Mais elle sentait les pulsations, elle devinait le sang qui partait dans tout le reste de son corps. Elle sentait la vie dans ce corps qui n'était ne fait qu'une partie du sien.

« Guérie tes blessures grâce à mes plaies. Lussia. Tu les as depuis plus longtemps que moi, elles ne sont que plus profondes. Alors prend ma douleur et ferme tes blessures avec elle. Retrouve ta peau, retrouve ton corps. Retrouve toi en moi. Et ne pars plus. Ne me laisse pas... »

Une larme tomba alors, de la joue de Seïren jusqu'à celle de Lussia, qu'elle contemplait. Elle se sentait comme la mère, qui venait caresser ses cheveux après le massacre. Le tube invisible était toujours là, il s'incrustait dans la peau, sans douleur. Comme un prélude à la renaissance, le renouveau. Comme chasseur d'un mal ancestral qui désormais, n'avait plus lieu d'être. La solitude n'existait plus. Elle avait disparu.
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