''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Le manoir dans la brume

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Tridd Erogdish

L'orc élevé parmi les hommes

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Race : Demi-Orc
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Âge : Une vingtaine d'années

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MessageSujet: Le manoir dans la brume   Mar 14 Fév 2012 - 11:48




De la brume partout …

Nous ne voyons rien autour de nous. Juste … ce blanc, ce brouillard, qui, ici, est encore plus épais que n'importe quel autre brouillard.

Pas de doute, nous sommes bien aux Plateaux de Lune, comme ils l'appellent ici …

Je me demande encore pourquoi nous avons accepté cette expédition. Pour la postérité peut être … Rares sont les descriptions précises de cet endroit. Notre équipe deviendra célèbre si nous rapportons des croquis et des dessins de ce que nous avons vu. Enfin … si nous revenons vivant d'ici …

Le dernier village que nous avons traversé est à présent à quelques jours de marche. Nous avançons à l'aveuglette. Nous ne savons pas où nous allons. Si ça se trouve, nous tournons en rond autour du village depuis plusieurs jours. Cet endroit va me rendre fou …

J'ai décidé de tenir ce journal pour me rappeler de cette aventure, et pour laisser quelque chose si jamais une mauvaise rencontre mettait fin à cette escapade. J'écris tout en marchant, pour ne pas perdre de temps. Le moindre arrêt ici peut être dangereux. Le sol est plutôt régulier, mais parfois traître. Mes compagnons m'indiquent où je ne dois pas poser les pieds, et où se trouvent les pièges à éviter. D'un coup, sans nous en rendre compte, nous rencontrons une légère pente. Nous sommes au pied d'une colline. Nous nous concertons et décidons de monter voir là-haut, en espérant que la brume y soit moins épaisse.

Je glisse et manque de tomber plusieurs fois. L'homme derrière moi me rattrape à chaque fois. Heureusement qu'il est là. Le trajet jusqu'au sommet me semble interminable, puis, enfin, nous arrivons face à quelque chose. Nous n'y voyons tellement peu que la forme reste indiscernable tant que nous ne nous sommes pas approchés à moins de quelques mètres. Il s'agit d'un immense manoir.

À présent que nous sommes tout proche, la brume semble se lever autour du bâtiment comme pour nous dévoiler son imposante stature. Il nous écrase de toute sa taille. Il doit bien faire plusieurs dizaines de mètres de hauteur. La flèche, au sommet de la plus haute des tours, est à peine visible. Tout cela est juste magnifique. Nous restons ainsi plusieurs minutes à observer et admirer le manoir, tout en nous demandant ce qu'il peut bien faire ici, qui l'a construit et qui en est le propriétaire. Ne sachant pas s'il fait jour ou nuit, nous frappons, dans l'espoir de pouvoir nous réfugier à l'intérieur et peut-être pouvoir voir les trésors que recèle ce manoir.

Il n'y a tout d'abord aucunes réponses. Il semble bel et bien abandonné. Je ne repère aucun mouvement. Toutes les fenêtres sont fermées, et d'épais rideaux sombres empêchent de voir à l'intérieur. Du lierre grimpe partout sur les murs. La peinture s'écaille. Tout est en ruine ici. Le manoir, qui devait avoir fier allure dans le passé, juste après sa construction, n'est plus qu'aujourd'hui une vieille masure prête à tomber en morceau. C'est du moins l'impression que j'en ai. Alors que je m'apprête à toquer une deuxième fois, dans le doute, l'immense porte en bois s'ouvre en grinçant. Nous prenons encore un peu de temps pour admirer les gravures et les sublimes décorations. Une tête de mort gravée attire mon attention juste avant de m'engouffrer à l'intérieur. La porte se referme immédiatement derrière nous. Il n'y a personne ici, juste quelques bougies allumées. Cet endroit commence à m'inquiéter …

Nous avançons prudemment jusqu'au milieu du hall, tout en regardant à droite à gauche. Je cherche des yeux la moindre trace du propriétaire, mais je n'en trouve aucune. Tout est recouvert de poussière, une très grande couche de poussière. J'ai l'impression que personne n'a plus foulé le sol depuis des décennies ici. Cela n'empêche pas l'intérieur d'être magnifique. Où que je pose mon regard, je ne vois que des objets luxueux. Des portraits, sûrement des ancêtres du propriétaire, trônent de chaque côté, accrochés fièrement aux murs. Des vases, à l'air très anciens et précieux, sont juchés sur des meubles en bois raffinés. De grands miroirs sont également présents, reflétant le peu de lumière diffusé par les bougies. Même les chandeliers semblent être faits en métal rare et précieux. Tout ici respire le luxe. Si l'endroit était un peu mieux éclairé, et si la poussière était enlevé, la pièce pourrait ressembler à une salle de réception de la haute-noblesse. Seuls les bruits de pas des membres de l'expédition brisent le silence glacial qui s'est installé depuis qu'on est entré. Personne n'ose parler, ni même tousser. Les ombres jouent avec mes nerfs. J'ai l'impression de voir des choses bouger dans mon dos, mais dès que je me retourne, plus rien. Je deviens fou ici … J'ai qu'une seule envie, ficher le camp d'ici …

Je ne fais plus que suivre mes compagnons. L'écriture devient difficile tant les choses semblent se jouer de moi. Ce lieu m'effraie et m'inquiète de plus en plus. Je regarde tout le temps par dessus mon épaule, pour m'apercevoir finalement qu'il n'y a rien. Malgré la peur, nous décidons de monter à l'étage grâce à un escalier se situant devant nous. Recouvert d'une moquette épaisse et sombre, la rambarde recouverte de dorure, se séparant en deux en son milieu pour avoir deux accès à l'étage, l'escalier ne fait pas tâche au milieu de l'environnement, loin de là. Nous séparons le groupe en deux, pour pouvoir explorer plus vite les lieux. Cette idée ne me plaît guère, mais je ne dis rien. La peur m'en empêche. On nous désigne la partie gauche. Nous nous y dirigeons. Encore une fois, nous avançons à l'aveuglette, dans une obscurité presque totale. L'homme de tête prend une bougie sur un des chandeliers. Cela n'éclaire pas grand chose, mais c'est mieux que rien.

En haut de l'escalier, nous aboutissons sur un long couloir. Il y a des portes à droites, des portes à gauches. Elles se ressemblent toutes. Aucuns moyens de savoir vers quoi elles mènent, sauf de les ouvrir. Cette idée ne m'enchante guère. Je trouve la situation bien assez angoissante comme ça, s'il faut en plus ouvrir ces satanées portes … Heureusement, ce n'est pas moi qui m'en occupe. Nous ouvrons successivement toutes les portes. Derrière l'une d'elles, nous trouvons une chambre, magnifique, avec un grand lit en son centre, une grande armoire contre le mur, avec une glace géante et un fauteuil dans un coin. Le lit est fait, prêt à accueillir quelqu'un. L'armoire est pleine de vêtements, soigneusement rangés et pliés, tous plus chics les uns que les autres. Derrière une autre porte, nous trouvons une salle de bain complètement aménagés. Une baignoire en faïence, plus grise que blanche à cause de la poussière, un carrelage magnifique, aussi bien sur les murs que sur le sol. Là encore, tout n'est que luxe à l'état pur. Un des hommes s'approche du robinet. Il arrive à tirer de l'eau. Toute la tuyauterie semble encore fonctionner, à mon plus grand étonnement. Le manoir paraît presque encore habitable. Nous continuons notre exploration, portes après portes. Soudain, un cri retentit. Il provient de l'autre bout du manoir. L'équipe partie à droite a apparemment des ennuis. Après un bref échange de regard, il nous semble évident qu'il faut aller voir ce qu'il se passe là-bas.

Nous regagnons donc l'escalier en courant, et nous nous précipitons vers eux. Comme dans l'autre aile, il n'y a que des portes de chaque côté ici. Certaines sont ouvertes. Nous fouillons chaque pièce mais nous ne voyons personne. Nous commençons à craindre que quelque chose de grave soit arrivé. Il n'y a plus eu de cris depuis tout à l'heure. Quoiqu'il se soit passé, c'est terminé à présent. Nous continuons de chercher, sans grand espoir. Comme dans les pièces que nous avons visitées de l'autre côté, tout n'est que luxe et bon goût. Les chandeliers en or, les grands miroirs, les portraits aux murs, les vases anciens, tout cela est bien trop beau pour être vrai. Et pourtant … je passe mon doigt sur ces choses, et je laisse une grande trace au milieu de la poussière. Si seulement tout cela était nettoyé, le manoir serait tout simplement magnifique, pour en faire un hôtel, une auberge, ou même des appartements.

Alors que nous entrons dans une énième chambre, notre bougie s'éteint soudainement. Nous essayons de ne pas paniquer. Je tente de garder mon calme et continue d'écrire mais c'est difficile dans une telle obscurité. Je pense que ces lignes ne seront pas bien écrites, ou, ne seront pas droites en tout cas, mais je continue, parce que je le dois.

Je sens quelque chose me frôler. Je retiens un cri. Mes autres compagnons aussi sentent quelque chose, une présence dans la pièce. La pression commence à monter. Je me réfugie au milieu des hommes armés, qui tournent en tout sens pour essayer de repérer l'intrus. Mais on ne discerne pas grand chose. Je commence à trembler à cause de la peur et de la pression. Nous attendons en silence. Est-ce qu'il va passer à l'attaque ? L'attente devient pesante. Au bout d'un moment, nous pensons avoir échappé au pire. Nous nous relâchons un peu. Mauvaise idée …

Il y a un mouvement rapide derrière moi. Un bruit sourd. Un de mes compagnons vient de s'écrouler. Je m'approche un peu et je sens que je marche dans quelque chose de visqueux, liquide. Je me penche sur lui. Du sang. Son corps gît au milieu d'une mare de sang. Il n'a même pas eu le temps de crier, ni de voir la mort venir. Je me demande ce qui a pu faire ça. La panique commence à monter en moi alors que je réalise que je risque de subir la même chose. Mes yeux cherchent du regard quelque chose qui pourrait nous sauver la vie, mais je ne vois rien, à part un rai très faible de lumière provenant de la porte à peine entrouverte. J'entends un deuxième corps tomber, inerte, sans doute mort lui aussi. Je décide de m'enfuir seul par cette porte. Tout s'accélère. Mes deux autres compagnons se font éliminer en moins de temps qu'il en faut pour le dire. J'arrive néanmoins à passer le pas de la porte. Je cours à présent, sans savoir où je vais. Je m'enfonce dans le manoir. Je ne porte même plus attention aux signes de richesse. Je dois sauver ma vie. Je sens que la chose est derrière moi, à mes trousses. Elle me rattrape, elle gagne du terrain à chaque pas. Une bifurcation … Droite ? Gauche ? Je n'ai pas le temps de réfléchir. Gauche ! Un autre couloir, très court, avec une seule porte à son bout. Je n'ai plus le choix. Je me précipite, l'ouvre, m'engouffre à l'intérieur et referme derrière moi. Je sais que ça ne tiendra pas longtemps face à un tel adversaire mais, ça me laisse un sursis de quelques secondes. Je me retourne et voit l'inimaginable. L'autre partie de l'expédition est là. Ils sont tous morts. Le sol est rouge. Je patauge littéralement dans le sang. C'est atroce. L'odeur de mort me prend au nez. Je n'ai pas le temps d'être choqué. Un coup est frappé contre la porte derrière moi. Je me cache comme je peux, au milieu des cadavres de mes anciens amis. J'espère que la bête ne me verra pas. Je cache mes mains, pour pouvoir continuer à écrire. Finalement, la porte tombe, sous ses coups. Je ferme les yeux et retient ma respiration. Quelque chose rentre. J'espère qu'elle ne me verra pas. Mon cœur bat de plus en plus vite. J'ose ouvrir un œil. C'est en face de moi. Elle m'a repérée ! J'ai à peine le temps de voir ses yeux rouges, injectés de sang …

Je sens la vie me quitter … Je meurs … J'espère que quelqu'un pourra lire ce journal …

Adieu ...




Extrait du journal d'un aventurier ...




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Le manoir dans la brume

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