''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}

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Leevo

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[CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} _
MessageSujet: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyVen 23 Mar 2012 - 15:02

Leevo Shellhorn

« Hey ! Mais c'est que je me débrouille bien dis donc ! C'est plutôt joli – TRES BEAU ! -, en fait. Tu vois, j'avais pas vraiment d'idée précise sur ce que j'allais dessiner, mais franchement, là – ICI ! -, ça rend bien. Au début, j'ai eu un peu peur que ça fasse moche, avec les dégoulinades de sang, je t'avoue. Non parce que – EVIDEMMENT ! -, c'est pas parce qu'on est un expérimentateur – UN GENI ! - qu'il faut faire les choses n'importe comment. D'un autre côté, même si je m'étais loupé, ça n'aurait pas été vraiment grave puisque tu n'es qu'un esclave – UN BROUILLON ! -, pas vrai ? C'est pas comme si tu m'avais coûté aussi cher qu'un paquet de parchemins. »
Ervin SHELLHORN à propos de l'art de bien scarifier les gens.


***

Leevo traînait beaucoup dernièrement. Il avait abandonné l'idée d'espionner les rues du haut de sa fenêtre dès lors qu'il s'était rendu compte que, de sa fenêtre justement, il ne les voyait pas.

Il avait donc décidé de sortir de la maison de son défunt maître afin de respirer autre chose que de la poussière et du renfermé et aussi, secrètement, pour voir comment les gens normaux vivaient là-bas, dehors.

Il s'était un peu perdu au début, d'ailleurs, et avait manqué de retourner se cloîtrer dans son antre insalubre plusieurs fois tellement il y avait de monde et de bruit dans les ruelles de la capitale Madorass. Il avait à peine mis un pied dehors que le brouhaha ambiant l'avait assailli de toute part, comme un prédateur campé au coin de la rue n'attendant que le moment où sa petite proie sortirait le bout de son nez afin de l'attraper par les oreilles et lui enfoncer le chahut dans la tête. Il avait bien réussi son coup, le prédateur, car au bout d'un certain moment – très vite -, Leevo était déjà ivre de bruit et n'avait eu d'autre choix que de se réfugier dans la première échoppe qui s'offrait à lui. Et là, le calme plat avait resurgi, comme par magie. Comme si ça avait été une autre dimension ; il était passé d'un vacarme fou à un extrême silence.

Plutôt que de s'en réjouir, il vociféra quelques insultes en se postant derrière la vitrine et observa le monde jouer son tumulte. Il regarda les gens déambuler, discuter, se disputer, s'arrêter, s'observer, s'échanger des pièces, s'échanger des baisers, jeter leurs ordures, jeter des pièces... Ils étaient bizarres, les gens, aux yeux de l'elfe : jamais son Maître ne lui avait inculqué les bases de la vie en société, aussi, il ne comprit pas très bien pourquoi ces idiots de passants lapidaient avec leur sous la pauvre personne qui venait de se planter sur le bas côté. D'ailleurs il ne comprenait pas non plus pourquoi elle s'était arrêtée là, celle-là.

Il se retourna alors et demanda au vendeur - qui avait essayé de lui parler plusieurs fois entre temps - s'il était normal, ici, de jeter des pièces à la figure des gens, lequel lui répondit que oui, mais seulement pour que la personne visée se taise et s'étouffe en les avalant. Il aurait s'agit d'un jeu, d'après lui, mais qui ne marchait pas vraiment parce que les trois quarts des personnes qui s'y adonnaient ne savaient pas viser, d'une, et de deux, ne pouvaient pas récupérer leurs pièces après.


- Et n'importe qui peut jouer ? Demanda alors Leevo, sans quitter des yeux la petite capuche noire qui grattait sa cithare en beuglant énergiquement.

- Pour peu que vous ayez une pièce, oui. Vous allez essayer ? Je pari ma plus belle casserole en fonte que vous n'y arriverez pas, héhé.

Sur ces mots, l'elfe sortit dans la tempête de bruit du dehors qui semblait s'être calmée et avoir trouvé un rythme de propagation décent. Les gens s'attroupaient curieusement autour du chanteur – qui semblait plutôt être une chanteuse - et écoutaient pieusement ce qu'il contait, ce qui laissait l'agréable mélodie enlacer les rues chaleureusement. Leevo apprécia – c'est un bien grand mot - ce nouveau son qui donnait un semblant d'ordre à la vie citadine et, plongeant sa main dans une de ses poches, il attrapa une piécette avec laquelle il jongla en attendant le moment propice où la lancer. Plusieurs personnes tentèrent de jeter leur projectile mais, inexorablement, comme s'ils n'avaient jamais été convaincus de pouvoir réussir, leurs pièces ricochaient contre les murs et tombaient aux pieds de l'artiste. Leevo jeta un dernier coup d’œil par-dessus son épaule, vit le marchand l'observer et, plaçant astucieusement sa pièce entre ses doigts, il visa la bouche de son vis-à-vis et, d'une simple pichenette, tira.


Dernière édition par Leevo Shellhorn le Lun 2 Avr 2012 - 18:01, édité 1 fois
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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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Aoi Haandar
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Race : Séraphin aux ailes coupées
Classe : Guérisseur
Métier : Esclave fugitif, chanteur de rue
Croyances : Divinités de la Pluie et de l'Air
Groupe : Solitaire

Âge : 17 ans physiquement (une cinquantaine d'année en vérité)

Messages : 306

Fiche de Personnage : Ils le paieront tous...


[CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} _
MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptySam 24 Mar 2012 - 16:21

Voilà plusieurs heures déjà que, comme tous les jours, je chantais dans la rue, devant cette petite auberge. Certains passants s'arrêtaient parfois pour me lancer des piécettes, à mon plus grand bonheur. Plus il y avait de monde, plus mes chansons étaient entrainantes. Après tout, il fallait maintenir le public, n'est-ce pas?

Plusieurs personnes chantonnaient avec moi, à voix très basse. Je les entendais. Ils aimaient ce que je chantais; c'était déjà ça. Les pièces commencèrent à s'accumuler, alors que les passants se firent un peu plus nombreux. Je souris intérieurement et chantais avec davantage d'entrain. J'allais peut-être pouvoir m'offrir un repas décent, enfin!

Alors que je montais dans les aigus, une des piécettes s'engouffra dans ma bouche, jusqu'au fond. Qui était l'idiot qui..?! Je toussais, tentant de recracher la pièce. Elle y restait coincée. Finalement, une bonne âme vint exercer une pression sur mon thorax, par derrière, et je pus recracher le petit rond de bronze. Des murmures commencèrent à se faire entendre dans la foule. Furieux, je vis le patron de l'auberge devant laquelle je m'étais installé s'esclaffer de rire et tapoter l'épaule d'un jeune homme. Je dardais mon regard sur l'elfe et sur l'aubergiste.

- N'êtes vous donc encore que des enfants pour jouer à pareilles idioties? J'aurais pu en mourir, bande d'idiots !

L'homme essuya le coin de ses yeux, encore hilare.

- Peut-être, mais au moins je n'entendrais plus ta voix de pucelle à longueur de journée! A moins que tu ne sois plutôt un eunuque...?


Je grondais et abaissais ma capuche, bien décidé à ne pas me faire marcher sur les pieds. Quel manque de politesse! Je ne m'attendais pas à un milieu très civilisé mais à ce point là!...

- Eunuque?! Je ne suis PAS un eunuque! Et la rue ne vous appartient guère.


Je me tournais vers l'elfe, le pointant du doigt.

- Quant à vous, vous feriez mieux de mieux choisir vos fréquentations. Lancer une pièce dans la bouche des gens... Quelle idée idiote ! Tout aussi idiote que vous !


Sur ce, furieux, je ramassais mon butin et le glissais dans ma sacoche, glissant ma cithare sous mon épaule, cavalant pour trouver un nouveau lieu où gagner de l'argent. Après une heure à tourner dans les recoins de ce côté de la ville, je m'arrêtais face à une autre auberge. Et quelle ne fut pas ma surprise en voyant deux Capes Blanches sortir de là...? Crispé au possible, je fis comme si je n'avais rien vu, peut-être me ficheraient-il la paix? Ces gars sont des salauds pas nets. Je me mis à fredonner quelques chansons et ils finirent par se tourner vers moi. Ayant remis ma capuche, ils ne me reconnurent pas, évidemment. Mais l'un d'entre eux finit par s’approcher pour me proposer de jouer les ménestrels afin de conquérir le cœur d'une dame.

Il fit tomber ma capuche pour me voir. Et c'est ainsi que la course du siècle dans les rues de Madorass commence! Évidemment, ils m'avaient reconnus ! Ces chiens galeux étaient attentifs à quelques affiche. L'argent facile, c'est chouette, même quand on est une Cape Blanche !

J'emprintais plusieurs rues, les plus encombrées possibles, afin de les semer. Mais ce n'était pas des Capes Blanches pour rien, ils arrivaient à me suivre. Je bousculais pas mal de monde avant de percuter quelqu'un. Je relevais la tête, m'apercevant qu'il s'agissait de l'elfe de tout à l'heure.

- ... Vous avez failli me tuer, à vous de vous racheter! Les Capes Blanches me recherchent, cachez moi!




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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptySam 24 Mar 2012 - 20:51

Leevo avait réussi son coup d'une main de maître. Non pas qu'il doutât une seule seconde qu'il n'y arriverait pas mais, franchement, ça faisait toujours plaisir de réussir du premier coup dans une véritable discipline sportive exclusivement réservée à une élite de tireur sans gêne telle que l'était la lapidation de ménestrel. Il exprima donc sa joie intense et honorée par un non-sourire typique de sa non-expression constante et ceci malgré le fait que son nom aurait pu être inscrit au tableau d'honneur des grands espoirs des conspirateurs contre les chanteurs des rues si, seulement, tout le monde n'avait pas été aussi outré de voir le spectacle interrompu. Il devrait de fait se contenter d'une casserole en fonte en guise de trophée, ce qui lui convenait très bien.

Leevo ne comprit pas bien pourquoi les gens râlèrent et aidèrent le – ou la – chanteur – ou chanteuse – à recracher sa pièce, ni même pourquoi ce dernier – ou cette dernière – s'énerva comme si il – ou elle – avait soudainement était pris – ou prise – d'une bouffée de chaleur hormonale. Aussi, quand il – ou elle – commença à s'en prendre au seul véritable amateur du coin qui avait vite eu fait de constater et d'apprécier la qualité du tir exemplaire de piécette, l'elfe, après s'être défait d'une étreinte qui aurait pu coûter la vie à son unique fan, s'en retourna chercher sa récompense comme si de rien n'était. Il n'écouta donc pas l'affront moraliste que se sentit obligé de lui délivrer le – ou la – mauvais perdant – ou mauvaise perdante –, ce qui valait sûrement mieux pour lui – ou elle – s'il – ou elle – ne voulait pas se retrouver à devoir jouer de son instrument avec les pieds.

***

Une heure passa facilement sans que Leevo ne s'en rende compte. Après son exploit planétaire nié de tous, il était donc allé récupérer cette magnifique casserole en fonte ornée de laquelle son propriétaire n'aurait jamais cru qu'il devrait se séparer un jour – ou du moins, sans recevoir l'équivalent de son poids en pièces d'or en contre partie – et qui eut bien du mal à s'en défaire et était ensuite allé siroter le picrate de la victoire que lui offrit le tavernier en guise de remerciement. Leevo laissa le maître des lieux discuter tout seul un bon moment avant de s'en aller arpenter les rues de nouveau, sa casserole sous le bras.

Grand mal lui en prit car, bien que les ruelles de Madorass s'étendaient infiniment en long et en large, il retomba nez-à-nez avec le – ou la – citharède en pleine course. Il retomba littéralement nez-à-nez avec lui – ou elle – puisque Leevo se retrouva d'un coup les fesses sur le dallage et les jambes en l'air. Les deux secondes d'inconsciences qui suivirent sa chute le firent se demander quel genre de magie noire poussait systématiquement les postérieurs elfiques à toujours tomber sur l'unique dalle qui ressortait du sol.
Malheureusement, et malgré que cette question soit très intéressante à résoudre, l'androgyne devant Leevo, surexcité comme une pucelle un jour de pleine lune, ne lui laissa pas le temps d'y réfléchir plus en profondeur et s'en prenait déjà à lui en exigeant qu'il lui sauve la vie, prétextant qu'il avait failli le tuer et qu'il fallait donc qu'il se rachète. L'elfe cligna des yeux, prit dans un paradoxe confus d'incompréhension totale et lâcha un «
Non » qui avait le mérite d'être aussi succinct qu'automatique tandis qu'il se relevait. Il s'épousseta les fesses calmement et jeta un suspicieux regard par-dessus l'épaule de son vis-à-vis dont l'air pitoyable le pressait de faire quelque chose. C'est à peu prés lorsque les gens s'écartèrent comme un banc de poisson devant un prédateur au débarquement des Capes Blanches que Leevo choisit de se rappeler qu'il ne pouvait pas même se les taper en peinture, ceux-là, et qu'il était tout dans son intérêt de ne pas se faire associer à une victime de leur joug. Il se rappela également que la victime en question lui devait une pièce, chose qu'il lui précisa avant de l'attraper par le poignet et de l'entraîner au travers de la première porte d'échoppe qui se présenta dans la rue. Remarquez à quel point la répartition très régulière des échoppes à Madorass permet facilement de s'échapper de la rue quand on n'a pas forcément de stratégie de fuite toute réfléchie en tête. Remarquez également que certaines échoppes mériteraient d'être brûlées vives tellement les produits et la décoration présents sont une offense totale à l'Art Féléthien, tel que c'était le cas pour celle dans laquelle les deux fuyards pénétrèrent.

Par chance, ils n'y restèrent pas bien longtemps et profitèrent de la succursale pour se carapater dans la rue jumelle à celle dans laquelle ils se trouvaient encore il y a moins d'une minute et, course se faisant tandis que derrière eux résonnaient les voix des suppôts du roi, la remontèrent à grandes enjambées. Leevo défonça quelques passants malavisés dans son élan et tenait aussi fermement que possible le petit bras tout frêle du poids dans son dos qui l'empêchait de se mouvoir aussi agilement qu'il l'aurait voulu. Heureusement pour le poids en question, l'elfe tenait autant à récupérer son argent qu'à emmerder les Capes Blanches. Il n'était cependant pas sûr d'être réellement capable de leur échapper : d'aucuns disaient qu'il n'y avait qu'une chance sur mille de les semer, ce à quoi quelques penseurs anticonformistes s'étaient plus à répondre qu'une chance sur mille arrivait neuf fois sur dix. Leevo allait vérifier cette théorie dans la minute.

***

Ils remontèrent et descendirent plusieurs rues semblables, entrèrent et sortir dans plusieurs échoppes, tournèrent et retournèrent en rond plusieurs fois sans jamais parvenir à garder une distance convenable avec leurs poursuivants. Un œil d'expert aurait pu clairement voir que la stratégie de fuite de Leevo était de décourager ses traqueurs en tournant volontairement et dans un sens totalement désordonné en rond afin de les désespérer et de les obliger à choisir de lui bloquer toutes les issues possibles plutôt que de se fatiguer à le suivre bêtement. Ce qui aurait permis ensuite au fuyard de prendre un trajet totalement différent et d'aller raconter sa journée à la taverne la plus éloignée tandis que tout un quartier aurait été bouclé. Ce n'était pas le cas. Leevo était perdu et ne s'était pas encore rendu compte que ça faisait la troisième fois qu'il descendait cette rue. Il n'était cependant pas stressé car sa non-stratégie fonctionnait à merveille et qu'il venait de reconnaître la boutique dans laquelle il avait obtenu sa casserole en fonte. Il suffisait de la remonter bêtement plutôt que de s'obstiner à la dévaler et hop ! Ni vu ni connu, lui et l'autre iraient se planquer dans les caves de l'Inquisition. Il jeta donc un coup d’œil derrière lui, sur les côtés et se jeta dans l'avenue comme un coup de vent dans une porte ouverte.

***

Ils se firent remarqué malgré que déjà la nuit commençait à tomber – entre nous, comment ne pas remarquer deux blonds qui se tiennent par la main et qui trottinent le dos courbé dans une rue désertée par les passants ? – et se remirent alors à courir. Une fois arrivé en amont de la rue, Leevo enfonça la porte d'une maison qui se trouvait, par chance, être ouverte et lâcha son compère. Il referma la porte derrière lui le plus discrètement possible et, d'un coup, l'atmosphère de la course-poursuite s'estompa un peu. Ils se trouvaient dans une vieille chaumière a priori vide de tout sauf de tapisserie poussiéreuse et de silence. Même le Temps semblait avoir déserté les lieux. Conscient qu'ils n'étaient toujours pas en sécurité malgré tout, l'elfe fit signe au ménestrel de le suivre et emprunta les escaliers en vieux bois craquelant qui semblait alors vouloir mourir sous leurs pieds. Ils atterrirent là sur un genre de mezzanine et, silencieusement, empruntèrent un couloir en ignorant toutes les portes. Leevo s’arrêta devant le mur du fond et toqua plusieurs fois sur les pans qui formaient le cul-de-sac. Difficile de comprendre alors ce qu'il lui prenait soudainement tandis que dehors les Capes Blanches s'attroupaient déjà. En réalité, il cherchait le bouton caché dans la tapisserie qui lui permettrait d'ouvrir le passage secret. Le problème, c'est qu'il n'était pas sûr qu'il y en ait vraiment un. L'autre problème, c'est qu'il ne savait pas du tout comment il s'était mis cette idée ridicule en tête.

Dans un soupir d’exaspération et d'énervement, il tapa dans le mur qui lui faisait front et manqua de se ramasser sérieusement la tête par terre parce que le mur en question n'en était pas un. Plus exactement, c'était une tapisserie imprimée « faux-mur » très à la mode en ce moment et qui, là, en l’occurrence, donnait sur un escalier de pierre mal agencé qui descendait droit dans la pénombre. Leevo se fit un non-sourire à lui même histoire de féliciter ses intuitions et entreprit de descendre. Il oublia un peu la présence de son compagnon de fuite, soudainement pris par des maux au cœur à moitié dus à l'odeur de viande faisandée qui se faisait de plus en plus forte au fur et à mesure qu'ils descendaient et, l'autre moitié, parce qu'il avait peur de l'endroit où ils allaient atterrir.
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Aoi Haandar

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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyDim 25 Mar 2012 - 10:47

Quelle odeur pestilentielle ! Où est-ce qu'il nous emmenait? Savait-il au moins où il allait? Avec un léger poids sur l'estomac, je commençais à le suivre dans les escaliers. Escaliers, qui, cela dit en passant, auraient mieux fait d'être un peu mieux construits: les marches étaient inégales et on manquait d'en rater une à chaque fois qu'on posait son pied à terre. Plus nous descendions, plus l'odeur de putréfaction s'accentuait. Qu'est-ce qui pouvait bien empester de la sorte? ... Tout compte fait, je ne préférais pas le savoir. Et je préférais encore atterrir dans un endroit sordide plutôt que de me frotter aux Capes Blanches.

Après une interminable descente, nous arrivâmes à une immense pièce, où l'odeur de mort était plus que présente. Qu'est-ce que c'était encore que cet endroit?! Toute la pièce étaient éclairée par des bougies et des chandeliers. Remarque, cela aurait été agréable si la pièce avait été plus accueillante et moins morbide. Je m'avançais un peu, alors que l'elfe vérifiait que la garde n'avait pas trouver l'endroit. Sait-on jamais! Je jetais un œil à une grande dalle de pierre au centre de la pièce. Elle semblait avoir été taillée par une main de maitre. Je haussais un sourcil en constatant qu'il y avait un peu de sang sur la pierre froide. Il était sec depuis un moment, il s’effritait quand je passais ma main dessus. Étrange..

J'en frissonnais. Cette sale cachée était vraiment trop sombre et trop glauque pour moi. Qu'est-ce qu'on avait bien pu faire sur cette dalle de pierre? ... Peut-être étais-ce un ancien cabinet de médecin, pour quelques rebelles contre l'Empereur? Mais dans ce cas, pourquoi une seule table d'opération? Ou alors une ancienne boucherie? Il aurait été aisé d'y entreposer de la viande illégalement. Elle était très cher depuis quelques temps. Ou une ancienne cave à esclaves. Ça ressemblait beaucoup à celle des humains qui m'avaient capturé, la première fois. Ou alors nous avions atterri dans un sale de réunion pour une bande d'illuminés qui s'amusaient à sacrifier des animaux. Ou peut-être même des humains?! D'horribles images commencèrent alors à germer de mon imagination. Peut-être y aurait-il des indices sur la nature de cet endroit comme des cages, des chaines ou.. des instruments de torture...? Mais je n'étais pas emballé à vérifier la nature du sang... J'avais juste envie de partir très vite de cet endroit! Après tout, c'était les seuls possibilités que j'imaginais pour cet endroit. L'elfe finit par me rejoindre. Il semblait même amusé par mon teint pâle et mon regard paniqué.

- .. Où sommes-nous?


Il haussa les épaules en guise de réponse. Savait-il quelque chose? Etait-ce un piège? Ou alors l'ignorait-il vraiment? Mes vieilles pensées paranoïaques semblaient avoir repris le dessus. Et zut! Je soupirais un bon coup, pour me calmer.

- Bon.. On ne s'est pas encore présentés. Moi je m'appelle Aoi. Et vous?

Il prononça calmement son prénom. Leevo qu'il s'appellait...

- Et bien, Leevo... où allons-nous maintenant?



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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyDim 25 Mar 2012 - 17:31

Leevo fureta dans l'immense longueur de la pièce, laissant son camarade découvrir les lieux. La grande salle de réunion de l'Inquisition pouvait toujours paraître un peu bizarre et impressionnante la première fois qu'on s'y rendait mais, avec le temps, on finissait par s'y habituer. L'elfe en avait fait l'expérience et, après avoir vérifié que personne ne les avait suivi, il s'autorisa à se souvenir d'avant.
Avant, c'était lorsqu'il était le petit jouet d'Ervin Shellhorn, son défunt maître, et que celui-ci s'amusait à le crucifier sur cette dalle que le ménestrel caressait maintenant. Avant, c'était il n'y a pas bien longtemps, en somme, et il était bien possible qu'une grande majorité des tâches de sang qui décoloraient la pierre soit du sien.

Il regarda celui qu'on pouvait désormais considérer comme son invité du coin de l’œil et, lorsqu'il le vit grattouiller l'autel, il ne put se retenir de tressaillir et de penser à... ses chats. En détournant les yeux et, dans une illogique absolue qui aurait pu être associée à de la folie pure, il en vint à se dire combien il était grave de marcher sur la queue de ces petites bêtes. Il haussa les épaules machinalement pour effacer l'idiotie étrange de ses pensées et se rendit compte en retard que l'autre avait déjà engagé la conversation.

Une présentation courtoise et spécifique aux us et coutumes Féléthiens se fit alors dans les plus grandes règles de l'art tandis que Leevo se dirigeait vers un renfoncement mural tout au fond de la pièce. Il s'empêcha de ne pas donner son prénom et disparut dans le trou. Il farfouilla dans ses poches rageusement avant de resurgir dans la pièce d'un pas agacé et de la traverser en largeur pour disparaître dans un autre renfoncement. On l'entendit grogner puis gémir. Puis il resurgit de nouveau, un trousseau de clé à la main et fit signe à Aoi de le suivre. Il ne répondit pas de suite à sa question pourtant très pertinente et laissa le suspense gominer le silence.

Il enfonça plusieurs clés dans la serrure de la fameuse porte en bois de hêtre devant lui en gémissant toujours. Tandis qu'il essaie de retrouver la bonne clé et qu'il s'amuse à entretenir la paranoïa d'Aoi, on peut s'attarder sur la rare beauté architecturale de cette porte. Voyez comment ses gonds en fer bouilli ont été soigneusement sculptés et s'accordent totalement avec la couleur des murs noircis ; un œil avisé remarquera qu'à l'instar du fer bouilli, le hêtre est un formidable matériau et qu'ici il est particulièrement bien conservé et qu'il donne à cette porte toute une stature, toute une prestance, une véritable ostentation que peu de portes ont de nos jours. C'est un véritable chef d’œuvre de menuiserie, cette porte. Elle en jette grave. Mais pour l'instant, elle fait surtout enrager Leevo qui avait presque fait tout le tour de son trousseau sans parvenir à l'ouvrir. Il allait laisser tomber et se mettre à hurler, voire peut-être même à frapper cet huis de collection, quand, dans un cliquetis salvateur et chantant, le loquet céda. Il poussa un soupir de soulagement et invita Aoi à le suivre de nouveau. Il referma la porte dans leurs dos et fit front à un nouvel escalier au degré bien plus travaillé et à la symétrie parfaite. Le corridor en lui-même paraissait bien moins insalubre que le précédent et était parcheminé de lumignons réguliers qui donnaient à l'endroit un charme aussi bien chaleureux que suspicieux.

Leevo doubla son invité dans les marches en les montant quatre à quatre et disparut derrière une porte qui donnait sur un petit débarras où fouiner n'aurait pas été une bonne idée pour qui comptait rester en bonne santé. A l'autre bout de cette petite pièce encombrée, deux marches montaient encore et donnaient cette fois sur une cave à vin. Sans s'occuper de savoir si Aoi le suivait bien, Leevo farfouilla dans les étagères à la recherche d'une bouteille quelconque qui aurait su se distinguer de tout ce ramassis de grand cru. Il serpenta furtivement après avoir fait son choix et partit vers une arche qui donnait sur une pièce à peine plus grande qu'un placard. Un lit en pierre massive surplombé par des anneaux de chaînes vides gisait là, taillé à même le mur, aussi insalubre qu'un pot de chambre. Leevo passa sans y faire attention, malgré le fait qu'il s'agissait de son lit il y a encore peu de temps et qu'il y avait toujours les restes des quelques os de ses « frères » chats dans un coin. Il se dirigea sans réfléchir dans le fond et emprunta une énième porte qui s'ouvrait sur un escalier desservant, cette fois, une noble cuisine sombre. Sur la table centrale en bois patiné se reflétaient les premières lueur de la lune et donnait un aspect bleu électrique à toute la pièce. Leevo n'y prêta pas plus attention qu'à son ancien lit et ne s'y arrêta que pour récupérer le chandelier et les allumettes abandonnés là et déposer sa casserole. Il se rendit ensuite dans le salon chargé de bouteilles vides ça et là, de parchemins et de livres abandonnés à même le sol. Ce véritable bazar de saleté gâchait complètement la beauté des tapisseries et des encadrements qu'Ervin Shellhorn, ancien propriétaire des lieux, s'était donné tant de mal à faire réaliser. Il s'était aussi donné du mal pour réaliser ses fantasmes de malade de Sill sur Leevo et aujourd'hui il était mort. Ça faisait toujours un fou et un maniaque du rangement en moins dans cette ville ; ce capharnaüm ambiant était un moyen pour l'ancien esclave de se venger, en quelques sortes. C'était avant tout le résultat d'une flemme emphatique.

L'elfe déposa son chandelier au sol et craqua une allumette afin de faire un peu de lumière. Il ouvrit aussitôt sa bouteille de vin et en descendit une bonne gorgée après quoi il la tendit à son camarade et lui réclama sa pièce.

Sans le savoir, Leevo maîtrisait l'art d'offrir des non-réponses incongrues après avoir bien fait poiroter les gens.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyDim 25 Mar 2012 - 18:07

Je haussais les sourcils, peu sûr de moi. Où m'emmenait ce type? Il ne parlait pas beaucoup et il semblait s'amuser de chacune de mes réactions. Encore une espèce de tordu... Il s'était impatienté à trouver une clé et le voilà qui montait à toute allure les escaliers. Remarque, ceux-ci semblaient en bien meilleur état que celles du pseudo-escalier --personnellement, j'aurais plutôt appelé ça un casse-gueule mais bon...-- il prit de l'avance et disparut derrière une porte, alors que je tentais de le rattrapé.

Prudent, j'avais préféré l'attendre derrière. Mais voyant qu'il ne réapparaissait pas, je préférais finalement le suivre. La première pièce était encombrée au possible mais l’obscurité m'empêchait de distinguer quoi que ce soit. Finalement, je l'entendis tripoter à quelques affaires dans une pièces adjacente. La forte odeur d'alcool et de raisin me fit dire qu'il s'agissait là d'une cave à vin. Il fit un choix dans les bouteilles et disparut à nouveau. Dans un soupire à peine dissimulé, je le suivis jusqu'à une pièce plutôt sombre et sordide: une odeur épouvantable et des chaines aux murs suffisaient à me dégouter. Finalement, nous arrivions à un escalier qui menait à une cuisine. Une riche cuisine. Nous étions donc dans une maison de bourgeois? Voire peut-être même de noble? Il attrapa un vieux chandelier et des allumettes et se rendit au salon, sans faire attention à moi. C'est alors que je compris: on était chez lui !?

Là, c'était pire que tout; des bouteilles vides, parfois même cassées jonchaient le sol, accompagnées par de vieux parchemins et de vieux livres, éparpillés dans toute la pièce. Il craqua une des allumettes, avant de poser le chandelier au sol. Puis, d'un geste nonchalant, il ouvrit la bouteille de vin et s'en enfila une bonne rasade avant de me la tendre. Bon, je n'allais pas chipoter après tout... Timidement, je portais le goulot à mes lèvres et avalais quelques petites gorgées du breuvage alcoolisé, le faisant voyagé dans ma bouche pour en apprécier tous les arômes. Même si j'aimais le vin, il était clair et net que ce n'était pas souvent que je pouvais m'offrir autre chose qu'une infâme piquette. Je sentis rapidement la chaleur monter à mes joues, signe qu'il était temps d'arrêter.

Je soupirais et vis qu'il ne semblait pas prêt à faire d'avantage causette... Je fouillais dans ma poche et lui tendis son écu, perdu lors de la journée. Il en sembla satisfait et la rangea dans une de ses poches, avant de reprendre la bouteille et d'en boire encore un peu. Je fis le tour de la pièce, alors qu'il suivait mes pas. C'était énervant ...!

- ... Cela vous ennuierait-il que je reste un peu? Les gardes vont sûrement me rechercher...


Il sembla d'accord là dessus, vu qu'il ne répondit pas par la négative. Maintenant que j'étais détendu, je m'aperçus de quelque chose: une odeur n'arrêtait pas de me suivre depuis que j'étais parti... un doute m'assailli et j'approchais furtivement mes narines de mon aisselle. Ouah j’empeste ! L'horreur ! Depuis quand je ne m'étais pas lavé..? Attendez.. Peut-être une semaine. Oui, à peu près. Et j'étais dans une maison de noble...? Il devait certainement y avoir une baignoire quelque part..?

- Excusez moi, y'aurait-il une bassine dans laquelle se laver ici? J'ai pas pu avoir ce plaisir depuis un moment...


Et par la même occasion, je pourrais faire le tour du propriétaire. Avec tous ces livres éparpillés, il y en avait peut-être sur la médecine?





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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyDim 25 Mar 2012 - 19:57

L'argent avait ceci de magique qu'il parvenait à délier toutes les langues. Ravi de récupérer son écu, Leevo jongla avec en non-souriant comme il savait si bien le faire avant de le ranger. Il s’avachit en travers d'un fauteuil qui trônait là, prés d'une cheminée où dormait une bûche encore entière au milieu des cendres. Faisant mine de s'abandonner à sa bouteille, il garda cependant Aoi à l’œil tandis que celui-ci entreprenait de faire le tour du propriétaire. Non pas qu'il se méfiât de lui ou qu'il y eût quelque chose de précieux à voler dans les parages mais c'était toujours instructif d'observer la réaction des gens plongés dans un nouvel univers. Il semblait d'ailleurs plutôt à l'aise ici, l'invité, puisqu'il dérogea à toutes les règles de courtoisie en demandant l'asile. Leevo lui non-répondit en buvant une gorgée de sa bouteille, signant par les yeux un accord tacite entendu. Aoi profita ensuite de l'occasion pour s'inviter à user la baignoire. L'inconvenance de ces deux questions ne choqua pas Leevo autant que la formulation soudainement employée ; tout à l'heure, ce maudit ménestrel avait exigé de lui qu'il le sauve comme on exigerait d'un chien qu'il rapporte un bâton et là, tout d'un coup, il avait l'air de le respecter. Le respect n'était pas quelque chose que Leevo avait l'habitude de connaître, ce n'est que depuis qu'il avait obtenu son nouveau nom de famille et son titre d'Inquisiteur qu'il commençait à y toucher.

Aussi, il se redressa alors, constatant qu'il fallait bien peu de chose pour qu'un être en respecte un autre, et ouvrit la bouche – non pas pour boire, mais pour parler :


- Ils vont sûrement nous chercher, rectifia-t-il le temps de planter ses yeux émeraudes dans ceux d'Aoi et de s'accouder à ses genoux. Maintenant que tu sais où j'habite, j'imagine que oui, tu peux rester de toute façon. Autant te prévenir de suite : à part du vin, 'y a rien à chiper. Pour la chambre d'eau, c'est au fond à droite, indiqua-t-il finalement en reposant ses yeux dans la cheminée vide.

En effet, à la droite de la cheminée centrale, sous l'un des escaliers qui menaient à la mezzanine, se trouvait un couloir menant sur un nouveau renfoncement donnant directement sur une salle éclairée par une grande fenêtre. Le bleu de la lune brillait ici mieux que nulle part et se réverbérait sur les panneaux du paravent qui cachait la baignoire. De nombreux lumignons éteints régnaient ici en maîtres face au seul miroir en pied qui renvoyait misérablement la couleur du bois effacé d'une coiffeuse fatiguée. Il y avait aussi quelques seaux qui traînaient là. Et une porte qui donnait dans une chambre.

Leevo attendit qu'Aoi soit parti pour lui hurler qu'il fallait faire attention à la première pression de l'eau qui risquait d'être boueuse. Il lui indiqua d'utiliser un des seaux pour écoper en attendant d'avoir une eau claire.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyDim 25 Mar 2012 - 20:36

Charmant, vraiment... Une baignoire qui refoule. Enfin, cela restait une baignoire et je pourrais m'y décrasser. Je pris donc le chemin que m'avais indiquer le maitre des lieux pour découvrir une nouvelle pièce: une salle de bain modeste, mais ayant un élément plus qu'important: une baignoire reliée à des tuyauteries. Bien qu'aucune source de lumière ne soit allumée par un quelconque feu, il y faisait parfaitement clair, la grande fenêtre permettant d'illuminer la pièce.

Je posais mon sac dans un coin de la pièce et enlevais mon manteau, le repliant sur une vieille coiffeuse, légèrement branlante. J'ôtais également mes gants avant de me saisir d'un seau et d'en remplir plusieurs d'une eau plus que boueuse, avant d'obtenir enfin une eau claire. J'allais chercher sur les étagères poussiéreuses le premier savon qui me tomba dans la main et en rappait trois bon centimètres dans l'eau. Enfin, me débarrassant du reste de mes vêtements, je me plongeais dans l'eau froide de la bassine.

Je grelotais quelque peu mais m'habituais bien vite. Après tout, j'avais pris l'habitude de faire trempette dans des rivières en plein hiver, ce n'était pas ça qui allait m'arrêter. Je détachais ensuite mes cheveux afin de les laver également, les débarrassant de la poussière et de la crasse qui auraient pu s'accumuler sur mon cuir chevelu. Une fois ceux-ci rincés, je me permis un peu de détente en me laissant tremper pendant un bon quart d'heure.

Pendant ce temps, j'avais bien réfléchit à la situation: je venais d'échapper aux Capes Blanches, c'était une bonne chose. J'avais réussi cet exploit grâce à un type qui a faillit me tuer. Ca, c'est moins chouette. Et si c'était un revendeur d'esclave lui aussi? Enfin, il avait plutôt l'air d'un ivrogne... Je soupirais et, terminant ma toilette, entreprit de me sécher grâce à ma magie. Lavant mes vêtements à leurs tour et les séchant toujours à l'aide de ma maitrise de l'élément aquatique, je pus donc les enfiler en vitesse, avant de vider la baignoire.

Une fois propre comme un sou neuf, je jetais un oeil à la chambre adjacente à la salle d'eau. Elle était à l'image du reste de la maison: poussiéreuse, en désordre, et éclairée uniquement par la lueur de la lune à cette heure de la nuit. J'y entrais, apercevant quelques livres à terre, cherchant après des livres de médecine. Les nobles aimaient avoir toutes sortes de bouquins, après tout. Mais mon exploration ne porta pas ses fruits et je dus me résigner à rentrer au salon.

Là, Leevo semblait vouloir consommer un maximum de bouteille sur la soirée, alors qu'il terminait celle qu'il avait entamée plus tôt et en ouvrait une seconde. Il me jeta un regard avant d'en ouvrir une troisième qu'il me tendit. C'est si gentiment proposé...

________

- Bah d'toute manière les Cap' Blanches c'des idiotes pis c'tout!


Oui, oui, vous avez bien compris. Je suis actuellement complètement bourré. C'est pas difficile, après un quart de la bouteille, j'étais déjà beurré. Et Leevo, lui, il n'avait pas l'air d'avoir bu de toute la soirée. Un vrai roc!

- Pis pourquoi c'tout en bordel ta baraque? C'pas censé être porpr' un noble..?


Il afficha un sourire très discret, mais que je remarquais tout de même. Il m'interrogea sur le pourquoi du comment de pourquoi j'avais été poursuivi par les gardes. Réponse que je m'empressais de lui donner:

- C'facile, j'suis recherché! J'suis un esclave n'mal'ment mais j'm'suis cassé, l'vendeur i' était bête! Pis du coup maintena' veut m'recup'rer!


Un doute m'assailla. J'étais ivre mais pas bête pour autant.

- P'quoi t'veux s'voir ça? Tu veux me ram'ner aussi.


Il semblait vraiment s'amuser comme un fou de chacune de mes réactions. Je soupire et bus quelques nouvelles gorgées, sentant la fatigue arriver peu à peu.

- Pis toi t'qui? Un noble?


Je baillais, largement.

- Bah, peu importe hein, suis fatigué...


Épuisé par cette longue journée, et sans demander mon reste, je m'étalais de tout mon long sur un des fauteuil et entamais une lente somnolence, certainement au grand désarroi de mon hôte...
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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyLun 26 Mar 2012 - 1:06

Leevo avait profité de l'absence d'Aoi pour aller chercher d'autres bouteilles de très bonne cuvée.
Il en avait tendu une à son invité une fois celui-ci revenu, comme s'il n'avait s'agit que d'une simple chopine de bière. Une chopine de bière qui à elle toute seule valait tout de même plus cher que certains taudis de Madorass tous ensembles.

Et c'est là que la situation devint comique. N'importe comment, quand on a l'habitude de boire, on est toujours surpris de voir les effets que l'alcool peut avoir sur les novices. « Novice » n'était peut-être pas le mot le plus adéquat pour qualifier la ténacité d'Aoi mais, qu'importe le mot, la comparer à celle de Leevo équivalait à comparer une crevette à un golem : il l'écrasait largement. Ceci parce que Leevo buvait du vin comme d'autres buvaient de l'eau. Il buvait du vin comme d'autres mangeaient leur ration quotidienne de féculents. Il buvait du vin comme d'autres fumaient habituellement et, enfin, il buvait encore et toujours du vin quand d'autres vomissaient le leur. On pouvait en quelque sorte dire que ce n'était pas l'elfe qui endurait les effets du vin mais le vin qui endurait le débit de boisson de l'elfe.

Il regardait et écoutait ainsi Aoi en tout état de conscience tout en s'échinant à maintenir la jeune flamme qui naissait dans sa cheminée. Il n'aurait trop su dire lequel du bain ou du vin avait rendu le ménestrel aussi détendu et joyeux mais en tout cas, ça lui réussissait bien. Il s'était mis à déblatérer tout un tas de chose que Leevo avait bien du mal à suivre jusqu'à ce qu'il se mette à le questionner sur sa maison. L'elfe était retourné s'asseoir entre temps et observait avec grand intérêt le moulin à parole devant lui battre l'air. Il lui demanda d'abord pourquoi sa maison était aussi bordélique et s'étonna ensuite de rencontrer un noble autant désordonné.

Leevo tiqua et laissa ses yeux se perdre dans la danse des flammes maintenant vivaces.


- Le seul truc qui soit réellement noble ici, dit-il d'abord en levant sa bouteille, c'est ces saletés de livres et ces bouteilles de vins, poursuivit-il en balançant la sienne dans la cheminée. Les flammes sortirent de leur charnière comme si elles avaient voulu happer tout entier celui qui venait de les déranger dans leur chorégraphie, explosant le salon de lumière au passage avant de se recoucher calmement en crépitant.

L'elfe trouva rapidement de quoi remplacer sa défunte bouteille et s'enquit de savoir pourquoi un ménestrel se retrouvait être poursuivis par des Capes Blanches.


- C'facile, j'suis recherché! J'suis un esclave n'mal'ment mais j'm'suis cassé, l'vendeur i' était bête! Pis du coup maintena' veut m'recup'rer! P'quoi t'veux s'voir ça? Tu veux me ram'ner aussi. Pis toi t'qui? Un noble? Lui concéda Aoi entre deux doutes et quatre gorgées de vin. Le cœur de Leevo n'avait fait qu'un bond dans son torse au son du mot "esclave" et cherchait maintenant à rattraper un rythme convenable. Il faisait chaud, soudainement.

- , parvint-il à ne pas dire en guise de réponse, les yeux grands ouverts et pointés sur l'autre. Leevo n'avait jamais eu l'occasion de discuter avec un autre esclave et encore moins de partager un morceau de sa liberté avec l'un d'eux. Il déglutit difficilement sans que les mots ne trouvent comment passer de son larynx à sa bouche et, replongeant ses yeux dans les flammes, chercha quelque chose à dire. Est-ce qu'il existait un code de conduite entre anciens esclaves ? Est-ce qu'il fallait faire quelque chose de spécial ? Est-ce qu'on était censé se reconnaître et s'inviter à boire un verre pour s'échanger quelques anecdotes ? Leevo n'en savait strictement rien. En tout cas, pour le verre, c'était fait.

Le temps qu'il trouve quoi dire et qu'il se remette de ses émotions, Aoi s'était endormi. L'elfe en profita pour le détailler mentalement des pieds à la tête et trouva qu'il avait plutôt bonne mine pour un esclave ; qu'il était peut-être même un peu trop propret. Il en vint à se demander alors si le ménestrel ne lui avait pas raconté des chars sous les effets de l'alcool. Il se dit également, par pur esprit de contradiction, que personne ne se ferait passer pour un esclave, même vineux. Sûrement alors, se dit-il, qu'ils avaient eu des vies et des maîtres bien différents. Sûrement qu'à part le mot « esclave » rien ne les rapprochait réellement.

La curiosité prit place dans l'esprit de Leevo et il commença à s'interroger sérieusement sur les origines de son invité. Il l'observa longtemps dormir et, quand il décida d'arrêter le feu de la cheminée, entendit alors que Aoi gigotait dans son sommeil un petit bruit de raclement bien particulier suivit d'un tintement lugubre qu'il ne connaissait que trop bien. Se redressant et s'avançant vers l'endormi, il souleva l'ample manche de sa veste et découvrit, non sans s'y attendre et sans dégoût, il découvrit un anneau de métal rouillé au pendant duquel tremblaient deux vieux maillons de chaîne coupés. Voilà qui confirmait les dires du jeune garçon. Voilà qui accentuait le malaise de Leevo : il n'y avait finalement pas que l'appellation d'esclave pour les rapprocher, il y avait aussi leurs chaînes.

***

Après être allé faire un tour dans le débarras, il était retourné se laisser lourdement tomber dans son fauteuil pour rêvasser. Il s'était plongé dans une réflexion intense qui lui prit toute la nuit - comme souvent - et avait patiemment attendu qu'Aoi se réveille. Lorsque ce fut le cas, sans le regarder, il lui lâcha un aussi sérieux que bizarre : « 
Tu veux que je te les enlève ? » sans signifier de quoi il parlait. Il tenait une pince à métaux dans la main de laquelle il se servit pour désigner le poignet du ménestrel. Il parlait bien entendu de ses fers.

- J'ai été esclave, moi aussi, reprit-il avant qu'Aoi ne réponde. Je ne suis pas sûr que les gens comme nous puissent être totalement libres un jour. Mais si certains peuvent déjà s'affranchir de... Un voile sombre passa sur son visage et emporta la fin de sa phrase, comme si d'un coup l'ampoule d'intelligence au sommet de son crâne s'était éteinte. Elle se ralluma après peu : Ça doit peser lourd sur tes bras, non ? Ça doit pas être bien pratique pour se cacher non plus, j'imagine, imagina-t-il sans trop de mal. Même si lui garderait les marques de son esclavage à vie et même si celles-là étaient bien plus visibles que des fers sous des manches, elles avaient le mérite de ne pas être aussi identifiables qu'eux. D'un côté, Leevo pouvait remercier Ervin de ne pas lui avoir tatoué « Esclave » sur le front. D'un autre côté, discuter de ça lui faisait bizarrement repenser à ses chats.
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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyLun 26 Mar 2012 - 18:08

Je me réveillais le lendemain matin, avec une migraine à réveiller un mort... Gueule de bois, quand tu nous tiens... Alors que je me massais les tempes et ingurgitais en vitesse quelques baies pour calmer mes maux de tête, je me rappelais brièvement ce qu'il s'était passé hier soir. C'est vrai j'étais chez cet elfe... Elfe qui se rappella à mon bon souvenir, en m'interrogeant de manière étrange:

- Tu veux que je te les enlève ?

Je haussais un sourcil. De quoi pouvait-il bien parler? Il pointa alors une pince à métaux vers mes poignets. Je soupirais. Alors j'avais donc tant parler que ça? Je soupirais et affichais un sombre visage, déçu de n'avoir pas pu cacher ma véritable identité. L'elfe semblait tout aussi mal à l'aise que moi.

- J'ai été esclave, moi aussi. Je ne suis pas sûr que
les gens comme nous puissent être totalement libres un jour. Mais si
certains peuvent déjà s'affranchir de...


Je haussais un sourcil. Un esclave? Lui? Pourquoi vivait-il seul dans une si grande maison? Peut-être son maitre était-il parti? Ou alors était-il mort? Il ne semblait en tout cas pas très enclin à en parler pour l'instant. Il semblait perdu dans de sombres souvenirs.

- Ça doit peser lourd sur tes bras, non ? Ça doit pas être bien pratique pour se cacher non plus, j'imagine

Je soupire et acquiésais, tendant mon poignet vers lui. Il était vrai que le fer des menottes commençaient à me faire mal, irritant ma peau par moment. Il eut un petit sourire en coin et s'attaqua aux entraves qui symbolisaient mon rang social. Je jetais un oeil à la cheminée, attendant qu'il en ait fini.

- .. Ca doit vous paraitre étrange non? Un esclave aussi coquet et douillet que moi.


Il ne répondit pas, après tout, ce n'était pas une vraie question. Je me grattais la nuque, gênée.

- .. Chuis une câtin. Si on achète un esclave comme moi c'est pour s'envoyer en l'air avec. Je devais toujours être présentable. Et je me lavais après chaque... Enfin, j'en suis devenu maniaque à ce propos.


Les mots mourrurent à mes lèvres. Je n'avais pas envie de prononcer ces mots. Rien ne pouvait les qualifier. "Après qu'ils ne me baisent" aurait été une phrase qui aurait terminer ce que je pensais très fort. L'elfe parvint à briser ma menotte. Je lui souris, me massant le poignet.

- Merci beaucoup, c'est rare des gens aussi attentionnés que vous.


Il est vrai qu'habituellement, on me jetait plutôt des pierres, ou alors on tentait de m'attraper pour me revendre. Ou pire... Je détestais les humains. Créatures vénales et hypocrites, ils n'arrivaient à choisir entre le bien ou le mal. Et ils sont fourbes. Lâche. Idiots. Sournois. JE LES HAIS! Je soupire et jette un œil aux cicatrices de l'homme face à moi. Ça avait dû faire mal... Était-ce ses marques à lui, alors qu'il est devenu esclave? On m'avait bien marqué moi... C'était quelque chose de courant. Mais à ce point..?!

Malheureusement, mes capacités en la matière étaient encore trop faibles que pour pouvoir atténuer des cicatrices pareilles. Inconsciemment, je passais une main sur sa joue, puis son menton. Pensif, je finis par lui parler:

- ... Est-ce que vous voudriez vous débarrasser un jour des signes physiques de votre esclavage?


Cette simple phrase sembla choquer l'elfe, il semblait être... mortifié? Conscient que je l'avais mis mal à l'aise, je me levais précipitamment, m'éloignant de lui. Je l'avais gêner. Peut-être même vexé. De mauvais souvenirs remontèrent à ma mémoire. Allait-il me battre? Me punir de cet affront? Non, il faut que je me calme... Calme toi, Aoi ! Une fois ma crise paranoïaque passée, je me tournais vers lui.

- ... J'ai l'intention d'apprendre à soigner les gens, de pouvoir les soigner complètement; handicaps, membres perdus, maladies incurables...


Cherchant un livre parmi ceux éparpillés au sol, je lui parlais sans vraiment croiser son regard. J'avais peur de sa réaction. J'en attrapais un, et fis mine de le lire. Une boule semblait squatter ma gorge, mais je me lançais quand même. Je lui jettais un regard par dessus mon épaule.

- .. Il me semble que je puisse vous faire confiance... Je ne suis pas un humain. Je suis un séraphin, une créature ailée. On en voit de temps en temps... mais je n'ai plus mes ailes. Je veux les retrouver. Et c'est pour ça que les humains ont fait de moi un esclave. La légende dit que quiconque possède une créature "céleste" deviendra fort et puissant. Enfin, ce n'est qu'une rumeur.. On dit aussi que notre corps pourrait guérir certaines maladies ou des trucs de ce genre... c'est idiot non?


Ma voix se perdait au fur et à mesure que je parlais. Je sentais presque les larmes me monter aux yeux. Une personnes sur deux finissait par me battre, me mordre, m'enchainer ou me... enfin.. soit. Après que je lui ait annoncer ça. Qu'allait-il faire, lui?
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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyMar 27 Mar 2012 - 3:05


Il y avait beaucoup de choses que les Féléthiens ignoraient et qui pourtant auraient pu contribuer à allonger considérablement leur espérance de vie. Les verrues, par exemple : il ne fallait pas les crever. Ça paraissait assez insignifiant, une verrue, c'était même très répandu mais il ne fallait surtout par les percer si on voulait éviter une infection virulente et une mort aussi douloureuse que longue. En plus, la verrue percée avait tendance à se multiplier plus que de raison et à vous rendre particulièrement encore plus laid que votre propre mort. Alors non, il ne fallait pas les toucher. Il valait mieux éviter de toucher les pommes du marché de Madorass aussi, surtout celles qui étaient bradées. Deux kilos de pomme pour le prix d'une, c'était tentant, n'est-ce pas ? Eh bien ces pommes là allaient souvent de paire avec une intoxication alimentaire capable de vider un cheval par la bouche. Alors il valait mieux les éviter aussi, les pommes bradées.

De nombreuses personnes auraient pu facilement poursuivre leurs merveilleuses aventures dans la Vie si elles avaient seulement pris le temps de s'informer. Aoi en faisait partie. Oh, ce n'était pas à cause d'une verrue stupidement percée ou d'une pomme gâtée, c'était bien plus dangereux que ça : c'était à cause d'une caresse. Il y avait des gens sur Feleth qu'il valait mieux ne pas trop caresser et, malheureusement pour le ménestrel, Leevo en était. Il n'était cependant pas une de ces personnes fébriles qui vous sautent à la gorge dès que vous les bousculez ; il n'était pas non plus de ces marginaux qui ne supportent pas qu'on les touche même avec les yeux et qui se baladent en ville en croyant être des poulets ; il n'était pas non plus chatouilleux au point de retourner un coup de pied involontaire et de rompre le cou au crétin qui lui faisait des guili. Il était juste un poil dérangé lorsqu'on commençait à le tripoter un peu – « un poil » était trop peu dire : une charrette de fourrures n'aurait pas suffit à décrire le degré de dérangement exact, alors un poil suffira.
On ne l'avait pas souvent touché dans sa vie, ou plutôt si, mais les séances quotidiennes de scarifications ne comptant pas comme des « touchés sympathiques et agréables », il se retrouvait plutôt désarçonné. Pire que ça, s'il était possible de se noyer sans eau, Leevo aurait été en train de le faire. Il respirait sans avaler d'air et fixait le plancher comme un lapin au milieu d'une route prit dans les feux d'un chariot lancé au triple galop. Comme le rongeur, il semblait hypnotisé par la beauté du revêtement et ce malgré l'approche d'un danger imminent.

Le danger imminent en question n'avait rien à voir avec le plancher, il n'en surgirait pas et ne l'écraserait pas comme un vulgaire insecte. Le danger imminent, c'était cette noirceur bizarre qui rôdait dans les fins fonds de sa tête : elle était là, elle se lovait contre les parois de son crâne et grattait par moment les lambris histoire de montrer que, oui, elle était bien là, prête à sortir. Petit à petit, cette noirceur grossirait et s'éclaircirait jusqu'à prendre totalement possession de celui qu'elle habite. Pour l'instant, elle se contentait juste d'être là.

Aoi avait beau parler, livrer des choses importantes sur sa personne, Leevo ne pouvait pas s'empêcher de rester figé. S'il avait été en état de réfléchir, il aurait certainement eu l'impression d'être une de ces statues incommensurables devant lesquelles les voyageurs de Feleth se pressent en s'exclamant de « Ooooh » et de « Waaaah » débiles et, comme elles certainement, il aurait voulu répondre quelque chose dans le genre : « Attention t'es en train de te faire faucher ta besace, abruti ». Il aurait aimé répondre à Aoi que soigner les gens ne servait à rien puisque c'était en-dedans que tout était pourri. Il aurait aimé lui dire que la guérison pouvait blesser plus qu'elle ne soigne et il aurait aimé ajouter qu'il savait de quoi il parlait, lui, puisque son Maître avait tenté de le guérir en lui labourant la peau comme on laboure un champ. S'il avait pu y réfléchir un peu plus, il se serait même mis à détester les guérisseurs et à les insulter parce que lui, eh bein lui, il savait que les maladies du corps n'étaient que des broutilles à côté des voix qui s’immisçaient dans la tête des gens et qui les poussaient à se rendre malade. Et ces voix, aucun guérisseur ne pouvait les arrêter.

Il ne lui dit rien de tout ça. Ses lèvres étaient restées résolument collées l'une à l'autre comme un inflexible barrage par temps de pluie et ses pensées s'étaient toutes obstinément portées sur ses chats. Il se les revoyait sans trop de certitude et sa mémoire semblait s'amuser toute seule à essayer de retrouver la couleur de chaque fourrure jusque dans les moindres détails. Elle pinaillait presque, sa mémoire, indépendamment de lui ; elle vivait quasiment sa propre existence tandis que dans sa tête la noirceur imminente serpentait langoureusement en susurrant. Elle lui disait quelque chose qu'il savait pertinemment à propos des chats mais de laquelle il n'arrivait pas à se souvenir ; ç'avait pourtant l'air important, il le sentait. C'était peut-être un souvenir. Ou une anecdote. Ou une simple phrase. Un truc sérieux, en tout cas, qu'il se devait de dire à Aoi. Il en était sûr.

Il se dit alors que cette noirceur qui l'avait maintes fois tétanisé n'était pas si horrible que ça et méritait qu'il s'y intéresse. Il se dit aussi qu'il avait exactement pensé la même chose ces autres fois-là et qu'après, généralement, il s'était retrouvé avec quelques zébrures en plus.

Il essaya alors de fermer la petite porte de sa conscience pour se concentrer sur ce que disait Aoi. Il disait des trucs intéressants à propos de choses et d'autres qui n'avaient rien à voir avec les chats. En sommes, il ne parvint pas à l'écouter parce que la noirceur dans sa tête, certainement vexée, tambourinait sauvagement à son huis intérieur et l'empêchait d'entendre quoi que ce soit d'autre.

Jouant des molaires pour dé-fixer ses lèvres, il tenta de se retourner vers son invité, sans succès, et lâcha un guttural : «
Maruéezparéssurter ? » qui donna l'image d'un homme de qui la langue était partie en vadrouille. Ou de quelqu'un qui parlait l'antique dialecte elfique. Dans tous les cas, c'était totalement incompréhensible et Leevo en prit cruellement conscience en fermant les yeux. Il avait l'impression d'avoir gravi des montagnes d'os, de muscles et de nerf pour prononcer ces quelques mots et il était épuisé. La noirceur dans sa tête avait bondi sur l'occasion, pendant qu'il avait ouvert la bouche, pour prendre d'assaut le creux de sa gorge et y élire un nouvel empire. C'était elle qui avait contrecarré le plan de sa phrase et avait transformé un « Tu peux répéter ? » en « quelqu'un qui dit quelque chose avec un marshmallow brûlant dans la bouche ».

Elle était vicieuse cette noirceur. Et elle ne comptait pas s'arrêter là : du haut de son nouveau siège, elle commença à grandir et à prendre de la puissance ; à chaque déglutition elle remontait un peu plus vers la bouche et quand elle y arriva, elle brûla littéralement les gencives et les lèvres de Leevo avec un plaisir malsain. Elle formait des syllabes dans l'émail de ses dents et attendait avec une patience toute digne que sa bouche s'ouvre.

Entre temps, la hanche de Leevo s'était aussi mise à le brûler. Son coutelas émaillé s'était mis à lui jouer des tours lui aussi et semblait réclamer qu'il lui fasse un peu prendre l'air, qu'il le secoue un peu dans un coin, qu'il s'entraîne avec lui à faire quelques lacérations... de préférence du côté où se trouvait Aoi.

***

Jusqu'à ce que les jointures de ses mains blanchissent tellement il s'agrippa fort à son fauteil, Leevo résista. Une lutte bien inutile semblable à celle que se livraient les Hommes et le Temps depuis toujours. En aucune façon l'elfe n'aurait pu réussir à renvoyer sa boule de noirceur se coucher là où elle avait l'habitude de le faire lorsqu'elle ne le dérangeait pas. Il posa donc l'une de ses mains sur son couteau et commença à le sortir doucement de son fourreau, en bougeant faiblement les lèvres.

Dans le plus clair des silences, on aurait pu l'entendre parler de quelque chose en rapport avec la queue d'un chat et le fait qu'il ne fallait pas marcher dessus. Phénomène encore plus étrange que ce qu'il s'obstinait à répéter maintenant : ses tatouages s'illuminèrent doucement d'un bleu-grenat qui laissa – pour qui savait le sentir – une marque de magie pure et brute dans l'air. Il ne montra aucune réaction face à ce qui se produisait sur lui, un peu comme s'il ne l'avait pas remarqué.


Dernière édition par Leevo Shellhorn le Lun 2 Avr 2012 - 18:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyMar 27 Mar 2012 - 17:24

Je n'osais pas me retourner. Pourquoi ne répondait-il pas? Peut-être réfléchissait-il? J'ai horreur des gens qui ne me répondent pas. Et si il prévoyait de me faire du mal...? Je serrais les dents, chassant des images qui me revenaient en tête... Elles dataient encore d'il y a une semaine... Bande de fous! Je les hais! Je les hais!

Serrant les poings, je m'attendais à faire face à la réponse de l'homme mais il ne semblait pas prêt à m'en donner une. Je soupirais et me retournais, intrigué par une soudaine luminescence dans mon dos. J'en restais fasciné un instant, mais pourtant effrayé. Ses cicatrices avaient commencé à s'illuminer, alors qu'il répétait quelque chose à voix basse. Je ne pus en saisir le sens mais cette lueur soudaine me paniqua: il lui arrivait quoi, au juste?!

J'avisais la porte à côté de moi. Après tout, ce n'était peut-être pas une mauvaise idée. Mais si je bougeais maintenant, quelle était ma garantie qu'il ne m'attaquerait pas? Après tout, il était calme, même si il jouait les lucioles! Mais étrangement, mon instinct me disait que je ne devais pas faire attention à ma pensée et courir très, très, très vite! Lequel des deux choix devais-je choisir? D'un autre côté, dans un cas ou dans l'autre, je risquais gros. J'avançais donc un pied sur la gauche, attendant une réaction de mon hôte. Je ne m'aperçus qu'alors qu'il avait une arme à la main.

J'écarquillais les yeux, paniqué; était-ce parce que je lui avais dit qui j'étais vraiment? Peut-être n'aimait-il pas les séraphins? Ou alors avait-il entendu parler des pseudo-vertus de mon corps. En tout les cas, je devais vite partir d'ici. L'ambiance dans la pièce se fit d'avantage plus lourde et je sentais ma migraine me reprendre. De la magie...? C'était ce genre d'atmosphère qu'on pouvait sentir dans certaines bâtisses où exercent et s'entrainent les mages. Il savait donc manipuler la magie..?

Vu cette nouvelle découverte, ma décision fut très vite prise: courir loin! Je tentais quelques pas de côté, pour éviter de le surprendre; là doucement...
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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyMar 27 Mar 2012 - 23:28

Là, doucement, la noirceur imminente souriait diaboliquement. Elle intima à Leevo de se lever, « délicatement », lui souffla-t-elle, « pour plus d'effet dramatique », précisa-t-elle.

L'elfe s'exécuta, inconscient. Sa Conscience était partie bouder dans un tiroir de sa tête, avec Son Intelligence et Ses Sentiments. Ils buvaient tous les trois le thé dans leur petit tiroir et attendaient patiemment que la tempête se calme. Sa Conscience ronchonnait doucement à propos de la présence de la noirceur imminente, une fois de plus ressortit des tréfonds pour lui dire, avec un sourire mielleux, d'aller gentiment jouer à la poupée dans un coin et de lui laisser les rennes. Elle n'aimait pas du tout l'air hautain qu'elle se donnait, cette boule de noir, et sa façon de se prendre pour un petit chef avait trop tendance à lui donner l'impression d'être toute petite et très en colère. Ce qu'elle était précisément en ce moment. Elle n'était pas gentille du tout, pensait-elle, et puis elle mettait toujours un sacré bordel dans ses affaires avant de repartir en sifflotant ; elle la laissait tout ranger toute seule, après. Et comme Sa Conscience n'était pas très consciencieuse, généralement, elle laissait tout ça en vrac et attendait que Son Inconscient se ramène pour tout embarquer chez lui, loin. Il aimait bien ces choses-là, Son Inconscient, il aimait bien les morceaux de souvenirs troubles, déchirés et s'amusait à en faire des puzzles dans son coin, dans les rêves. Il était un peu bizarre, mais il avait le mérite de faire du bon travail.

Leevo scintillait fort, maintenant ; la magie pure sur lui s'était même mise à grésiller tendrement en rythme avec ce qu'il s'échinait à susurrer, comme s'il attendait de se souvenir de la suite d'une chanson. A ce qu'on sache, il n'y avait aucune chanson qui commençait par : « Ne marchez pas sur la queue du chat ! », ou alors si et Leevo était en train de l'inventer ; il lui manquait juste un peu d'inspiration.

Il marcha sans conviction vers la cuisine, ou vers ce que la noirceur lui disait être la cuisine – parce qu'en l'absence de Sa Conscience, Leevo ne savait plus trop qui était quoi, ni même ce que « cuisine » signifiait –, et tenait son coutelas du bout des doigts. Il avait totalement occulté ce qui se trouvait autour de lui et ne pensait plus qu'à une chose : rien. Il aurait pu trouver ça agréable de ne penser à « rien », mais le problème, quand on ne pense à « rien », c'est qu'on y pense, justement, et que si on se mettait à se dire que c'était chouette, on n'y pensait plus. Alors il avançait sans se rendre compte que rien ne traînait dans sa tête et sans ressentir ses bienfaits. Il manqua de se prendre la table massive de plein fouet mais, n'importe comment, même la table semblait ne pas vouloir se frotter à lui et à la noirceur à ses commandes ; elle parut l'esquiver dans un grésillement de magie.

Un bruit sourd résonna tout de même dans toute la maison : c'était la porte qui menait à la cave qui venait de se jeter contre le mur à la vue de l'elfe. Les escaliers hésitèrent à faire part de leur angoisse et retinrent autant qu'ils purent les grincements de désapprobation habituels des marches. La deuxième porte au bout de l'escalier ne fit pas la fière non plus et s'autorisa même à couiner après s'être démis un gond.

Arrivé dans ce que la noirceur définit comme « là, ici, c'est ici », et qui en fait n'était rien d'autre que son ancienne chambre, Leevo se jeta dans le coin où des restes d'os et de poils mortifiés le zieutaient du haut de leurs armatures blanchies en espérant peut-être l'apitoyer. Ça ne marcha pas. Il s'accroupit devant eux et se mit à gratter le sol avec son couteau, en répétant plus intensément qu'il ne fallait pas marcher sur la queue du chat. Il s'acharnait avec vigueur sur la pierre du sol qui ne put rien faire d'autre que se laisser faire, pétrifiée de peur. Le manche du coutelas se balançait de droite à gauche en frissonnant de plaisir jusqu'à ce que, sous les pulsions maladives de Leevo, il reste planté dans le sol. L'elfe le lâcha alors et le regarda d'un air vide avant de gémir un « 
Ne marchez pas sur la queue du chat ! » de dégoût. Il reprit sa crise en grattant le sol avec les mains sans voir qu'elles saignaient déjà de fatigue.

La noirceur imminente observait tout ça de haut, à moitié satisfaite. Non, à la réflexion, elle n'était pas satisfaite du tout. Tout ça était trop poussiéreux, trop sec, trop raplapla. Ça manquait de vie, ça manquait de sang. Ce n'était pas bon du tout. Elle tapa du poing sur la langue de Leevo et se mit à battre la charge avec sa main inexistante, réfléchissant. Pendant ce temps, l'elfe avait arrêté de torturer le sol et s'était mis en stand-by, ses mains ensanglantées sur les genoux. Il fixait bêtement le mur et celui-ci lui rendait bien son regard, comme toute la pièce d'ailleurs qui attendait que quelque chose se passe. Même l'air avait arrêté de serpenter dans le coin et s'était rendu invisible.

***

Le Temps continua de s'écouler, lui ; il n'avait peur de rien, le Temps. Il avait même rendu les minutes silencieuses afin de laisser la noirceur réfléchir calmement. Cette dernière tapotait toujours la langue de Leevo en râlant sur le manque considérable de chat dans le coin. Elle aurait donné n'importe quoi pour voir un petit chaton tout fougueux apparaître là, devant, et aurait vendu sa mère pour avoir un vieux bâtard de gouttière miteux et presque crevé. Elle soupira. Leevo la questionna d'un « 
Ne marchez pas sur la queue du chat ! » inopportun qui lui valut une rage de dent fulgurante.

***

Elle était sur le point de décider de rendre son joujou à Sa Conscience quand un bruit silencieux venu des oreilles l’interpella. Elle se redressa d'un bond, imitée par Leevo et ses oreilles pointues. Il porta son regard vers l'arche qui menait à la cave à vin où les bouteilles tremblotaient de peur et s'y dirigea en bon automate, après avoir arraché son couteau de la gorge du sol avec une force que seule la magie pouvait lui procurer. Il rôda comme une ombre lumineuse entre les étagères, lacérant les murs d'ondes obscures et dansantes, traversa le débarras où une armée de contre jour se mit au garde-à-vous en le voyant et puis il descendit les marches qui menaient aux confins de l'Inquisition.

La porte de hêtre qui lui barrait la route fit mine de lui opposer un courage de bois mais se résigna bien vite et baissa sa poignée devant le non-regard que lui lança son propriétaire. Il entra aussi timidement que pouvait le faire un somnambule en pleine crise avant de marcher sur un tapi de punaise et, ménageant ses jambes, traîna des pieds hors du renfoncement. Il s'arrêta et questionna les lieux d'un enjoué «
 Ne marchez pas sur le queue du chat ! » qui fit sursauter les deux individus en pleine conversation.

L'un d'eux portait une longue robe de chambre noire et un bonnet de nuit épinglé à la gloire de Sill. Il avait le visage aussi scindé de fatigue que le portail d'un cimetière et, si Leevo n'avait pas été en train de ne penser à rien, il l'aurait reconnu comme étant l'Inquisiteur Fablechor, son confrère et voisin de la porte du « Creuzez vous le koeur de pensay byen vai y hante ».

Il est peut-être bienvenue maintenant de s'attarder sur la disposition de la pièce. Tout d'abord, il s'agissait bien du lieu où tous les Inquisiteurs du Dieu des Songes se réunissaient tous les mardis soir pour traiter de sujets sombres et obscurs mais aussi difficiles et sérieux telle que l'était la question de savoir comment bien s'enfoncer un clou rouillé dans le pied sans risquer d'attraper le tétanos. L'autel au milieu n'était rien d'autre que leur « table ronde » à eux où ils aimaient à ne pas dîner, jouer au poker et se torturer à tour de rôle. Chaque Inquisiteur pouvait accéder aisément à l'endroit et aux divers objets contondants entreposés dans le local prévu à cet effet, à n'importe quelle heure de la nuit et du jour, tout simplement parce que chacune de leur maison respective desservait les lieux par des souterrains antiques. Il devait bien y avoir, de fait, une bonne demi-douzaine de portes toutes aussi belles les unes que les autres et toutes ornées d'une gravure sépulcrale en l'honneur de celui vers qui elle menait. « Creuzez vous le koeur de pensay byen vai y hante » était donc la phrase fétiche de l'Inquisiteur Fablechor qui était plutôt fier de sa trouvaille bien que pas très sûr de l'orthographe.

L'autre homme qui se trouvait devant lui et qui fixait maintenant Leevo n'était pas un membre de l'Inquisition : sa côte de maille remplie d'un ventre repu voire gavé en attestait – aucun Inquisiteur n'aurait osé nourrir son corps aussi régulièrement que semblait le faire ce bonhomme –, tout comme l'estampille à l’effigie du roi gravée sur son bouclier. Il s'agissait d'un garde et l'air idiot qui squattait son visage ne faisait que le confirmer encore plus.

L'elfe s'approcha d'eux d'une démarche nonchalante et les fixait comme s'il avait voulu les faire fondre rien qu'avec les yeux. Le garde remarqua vite son coutelas et ses mains saignantes et voulu dégainer son glaive, l'Inquisiteur Fablechor l'en empêcha cependant, lui signifiant qu'il était l'un des siens et lança un sourire dépourvu de dents encore saines à son confrère. Leevo ne le lui renvoya pas et continua à serpenter vers eux.


- Monsieur le garde est venu me dire que de pauvres petites âmes en pleine perdition mentale étaient venues se réfugier dans le quartier afin de fuir la rédemption que leur proposaient les Carpes Blanches. Vous ne les auriez pas croisé, par hasard, Inquisiteur Shellhorn ?

- Capes Blanches, rectifia le garde gentiment.

- Qu'est-ce que j'ai dis ?

-  Carpes Blanches.

- Oh, pardon. C'est que c'est presque pareil, phonétiquement parlant.

« Comme un prédateur », disait la noirceur à l'intérieur de Leevo, rendant muet tout ce qui se passait autour. « Comme un prédateur, tu avances gentiment vers eux et puis... Tu les tues ! ». Elle était quand même un peu déçue, la boule de noir qui observait tout. Elle avait espéré tomber sur un chat et pas sur des gens. Elle n'aimait pas trop s'en prendre aux gens, ça se débattait souvent et ça criait. Et puis c'était franchement moins mignon qu'un chaton, il fallait l'avouer. Mais bon, il fallait aussi savoir se contenter de ce qu'on avait.

- Dites voir, c'est normal qu'y brille vot' camarade au fait ?

- Ah ? Ah oui, il brille. C'est un peu compliqué à expliquer, ça. Je n'étais pas là quand ils ont fait la réunion à ce sujet, mais d'après ce qu'on m'en a résumé, normalement, quand il brille et qu'il commence à di-...

- Ne marchez pas sur la queue du chat ! Lâcha Leevo, ce qui poussa automatiquement les deux autres à lever un pied et à chercher ledit chat autour d'eux.

- Il a dû partir dans un coin, affirma le garde sans en avoir la moindre ombre d'idée. Alors ? Quand y dit quoi et qui brille, ça fait quoi ?

L'Inquisiteur Fablechor cherchait toujours le chat inexistant au milieu de ses jupes avant de relever la tête promptement, un air d'incertitude malheureuse sur le visage : « Quand... quand il dit ça, je crois. »

- C'est quoi, ça ? Demanda bêtement le garde alors que Leevo se répétait encore, arrivé tout à côté d'eux. « Ça !! », cria l'Inquisiteur avant de se mettre à courir.

***

-
Aoi ? Lança Leevo en refermant la porte de la cuisine derrière lui, grattant les tâches de ce qui lui sembla être du vin séché sur ses mains. N'importe comment, il se disait qu'il devrait boire plus proprement la prochaine fois, ne serait-ce que pour éviter d'avoir à laver ses habits.

La petite noirceur imminente s'en était retournée dans son coin et avait rendue sa place à Sa Conscience. Elle, Son Intelligence et Ses Sentiments observaient le bordel infernal qui jonchait les tissus de souvenirs du crâne de Leevo et se regardèrent, idiots, avant d'appeler Son Inconscient à la rescousse.


Dernière édition par Leevo Shellhorn le Jeu 29 Mar 2012 - 0:41, édité 2 fois
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Aoi Haandar

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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyMer 28 Mar 2012 - 14:07

J'en restais pétrifié. Il avait disparut, comme pris d'une transe soudaine, vers la cuisine, d'après ce que j'entendais. Je n'avais pas eu le courage de me tourner vers lui, mais son passage ne resta sûrement pas sans aucunes séquelles: des bruits lourds se faisaient entendre par moment. Est-ce qu'il frappait contre les meubles, ou quelque chose du genre?

Il répétait encore et toujours cette phrase en marmonnant. Je n'étais pas parvenu à entendre ce qu'il voulait dire, mais c'était vraiment... flippant. Aussi, j'avais décidé de rester planté là, jusqu'à ce qu'il s'éloigne. Une fois que ses pas s'étaient suffisamment éloignés, je m'autorisais une petite crise de panique, en hurlant de trouille dans un oreiller que je trouvais là; j'avais besoin de me calmer... Oui, me calmer... j'inspirais profondément plusieurs fois avant de me mettre en quête de mes affaires. Il fallait que je parte d'ici le plus vite possible!

Je fouillais entre les fauteuils, cherchant après ma sacoche de manière à savoir m'en aller en vitesse. Le seul soucis était que je n'arrivais pas à mettre la main dessus, m'étant endormi à moitié ivre hier. Je dus fouiller pendant un bon quart d'heure au moins. Puis, des bruits de pas se firent entendre dans la cuisine. Il remontait...?

Je me décidais à me cacher derrière un fauteuil. C'était un minimum au niveau de la sécurité. Enfin, j'entendis sa voix. Il m'appelait. Je fronçais les sourcils. Alors qu'elle avait changé tout à l'heure, elle en est revenue à son timbre habituel. Qu'est-ce que c'était que tout ça...?

Je me levais, sortant donc de ma cachette et allais voir de quoi il retournait. Mais il fut plus rapide que moi et arriva au salon. Je jetais un oeil à sa main. Il ... il avait saigné? Je reniflais l'air. Ca empestait le fer, il n'y avait aucun doute sur le fait qu'il s'agissait de sang. Je soupirais et allais tremper un torchon dans un seau, à la cuisine et le lui tendis timidement.

- ... Vous devriez vous laver les mains.

Les miennes tremblaient. Pourtant, j'essayais de ne pas montrer que j'avais peur. Sait-on jamais, il pourrait redevenir fou et m'attaquer. Je m'assis sur le rebord d'un fauteuil et le fixais, intrigué. après tout, jusque là, il ne m'avait fait aucun mal. Mais je préférais tout de même rester sur mes gardes...

- ... Que vous est-il arrivé?


Bon, sujet délicat peut-être. Je soupirais et me grattais l'arrière de la nuque. Après tout, il n'était peut-être pas qu'elfe? Il a commencé à devenir bizarre quand j'ai touché ses cicatrices. Je me primis donc de ne plus recommencer, ça valait mieux. Peut-être avait-il certains talents en matière de magie? Et je n'étais pas vraiment quelqu'un qui pourrait se permettre de juger les autres...

- .. Je me demandais... cela vous dérangerait-il si je restais ici quelque temps? Les gardes me recherchent certainement toujours...
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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyJeu 29 Mar 2012 - 0:24

Leevo attrapa le tissu humide avec un peu de méfiance et un haussement de sourcil digne des plus grands monarques. Il s'essuya les mains grossièrement et fixa Aoi dans les yeux, sentant que quelque chose le turlupinait. Il était bizarre, d'un coup, le ménestrel ; il paraissait réfléchir un peu trop. C'était sûrement à cause du vin, se dit l'elfe, les grands vins faisaient ces choses-là à ceux qui ne savaient pas les descendre.

Il joua le jeu du duel de regard duquel Aoi le défia avant de balancer le torchon sur la table et de se frotter les mains.


-  ... Que vous est-il arrivé ? Demanda d'un coup son hôte, ce qui lui valut d'être regardé encore plus bizarrement.

- Quoi ? Ça ? Fit Leevo en montrant le torchon d'une main. J'ai dû trop boire. Ça m'est monté à la tête d'un coup, supposa-t-il, pas convaincu du tout. Il n'avait jamais fait l'expérience des folles nuits de beuveries et des sombres souvenirs parfumés de ces fameux relents spiritueux qui montent à la tête, alors il aurait été bien difficile pour lui de savoir si c'était ce qu'il lui était arrivé ou non. Je crois que j'ai jeté une bouteille dans la cheminée, à un moment. Ça a giclé partout. C'est tout.

Et c'était vraiment tout, dans sa conception de la réalité à lui. Il ne se souvenait pas de grand chose après ça, sauf d'une vague conversation au petit matin. D'ailleurs, après qu'Aoi lui ai demandé de prolonger son asile, Leevo se gratta la commissure des lèvres, se donnant un air qui réfléchit aux conséquences, et essaya de se souvenir de ce qu'ils s'étaient dis.

- Hum... d'abord, j'aimerai savoir : je crois que tu m'as parlé d'un truc, ce matin. Un truc à propos d'un chat, de Math et Matique. Je crois qu'y avait une histoire de machin dans le ciel, aussi1. Ça m'intrigue. Ça voulait dire quoi ?

Il le regarda ensuite d'un regard qui parut naïf et qui laissait voir dans le fond de la rétine que celui qui parle est sûr de ce qu'il raconte malgré le non-sens que ça pourrait représenter aux oreilles de celui qui l'écoute.



1: Je te mets au défi de retrouver de quoi je parle ! HAHA. Indice : C'est payant (sauf dans ton cas, apparemment) * PAN *.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyLun 2 Avr 2012 - 11:13

Je haussais un sourcil. Qu'est-ce que... Ce qu'il disait n'avait aucun sens! C'était quoi tout ce charabia?! Il était vraiment devenu fou, peut-être....? Ou alors il n'avait rien compris de ce que j'avais raconté. Bon, réfléchissons... après tout, il avait l'air si sérieux...

Alors... le truc de chat d'abord. Un chat...? Après tout il n'avait cessé de répéter une phrase sur un chat... Non, ce ne devait pas être ça, vu que c'était quelque chose que j'avais dis. Qu'avais-je donc dit tout au début? Je lui avais dis que j'étais un esclave. Esclave n'a aucun lien avec le mot chat. Donc c'était impossible. Quoi d'autre...? Je lui avait dis quel type d'activité j'étais obligé d'exercer en temps qu'esclave, auprès de mes maitres. Que j'étais une cat... Mais oui! Chat = Catin ! C'est simple. Je rougis alors d'un coup. Je sentais mes joues devenir brûlantes. Je lui ouvre mon cœur pour le mettre en confiance et il n'écoute même pas le passage le plus gênant pour moi?! Et bien...

Ca n'expliquait pas pour autant le truc des mathématiques... a moins que...? Enfin, Chat peut se limiter à Cat dans certaines langues. Alors pour compléter le nom... Catin, catin, catin, cat..in? In? Un! Le chiffre un! Peut-être. Enfin, soit. Et le machin dans le ciel alors? Etait-ce lié? Parce qu'alors seule la phrase "s'envoyer en l'air" me semble juste. Attendez... il n'a retenu que ce qui avait attrait à la sexualité? Le fait que j'étais un séraphin était passé à la trappe? Je rougis comme une tomate rien qu'en soulevant ce fait. Oh oh.

Enfin, après tout, il était loin d'être moche, donc on peut le lui pardonner. Attendez, je dis quoi là? Qu'est-ce que je viens de penser? Il faut que je me calme, vraiment. Quoi que. Il est vrai que je n'avais pas eu d'amants digne de ce nom depuis un moment... Nan! Faut pas que je pense à ça! Il m'a invité chez lui, point! Il va me prendre pour un pervers ensuite. Ou alors est-il intéressé? Si il n'a retenu que cette partie là de mon discours, peut-être que oui, après tout...? Nan! Pas possible!

Je lui jetais un œil en coin. Son vêtement n'arrangeait pas les choses, le laissant dénudé à moitié. On voyait même un peu son torse. Naaaaan pas penser à ça! Je ne suis qu'un horrible pervers! Mais bon. C'était sa faute d'abord, il n'avait qu'à pas porter des vêtements aussi moulants et aussi ouverts. Je rougis en sentant son regard sur moi, attendant une réponse de ma part.

- Euhm... Je... je pense que c'est ce que je vous ai raconter à propos de ma condition.


Il haussa un sourcil, sans trop comprendre.

- Oui, enfin, vous devez vous douter que je ne suis pas un esclave qu'on utilise pour le travail dans les champs et les mines, n'est-ce pas? En gros, je suis une catin. Mes maitres m'achètent pour coucher avec moi.


Il se gratta l'arrière de la tête, sans trop comprendre le lien avec ce que j'avais raconté.

- ... Chat c'est la syllabe "cat". Mathématiques c'est la syllabe "in" venant du chiffre un. Et les machins du ciel c'est l'expression "s'envoyer en l'air" qui consiste à coucher avec quelqu'un. Alors? Vous êtes convaincu? Je peux rester quelques temps, pendant que ça se calme?
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MessageSujet: Re: [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi}   [CLOS] Des pièces pour un artiste {Aoi} EmptyLun 2 Avr 2012 - 17:38

- « Catin », répéta Leevo pour lui-même.

A l'intérieur de sa tête, Son Inconscient battait la charge sur le sol fibreux. Il tenait devant lui le dernier puzzle de souvenir et, après avoir écouté ce qu'Aoi racontait, il posa les yeux dessus. Il avait recollé une photo de chat, un signe cabalistique qui était censé représenter les mathématiques et une photo du ciel. Dans la marge, il avait écrit « Aoi ». Il tourna un œil gêné à Sa Conscience qui le regardait travailler et déchira tout d'un coup ; il réfléchit.


- « Catin »... répéta encore Leevo, imprimant les informations dans sa tête ; il fixait Aoi et le décryptait du regard. « Catin, c'est ça », se dit-il.

Son Inconscient regardait les diverses photos souvenirs de l'esprit de Leevo et se demandait bien comment il allait pouvoir archiver tout ça. Il se creusa métaphoriquement la tête et puis arracha un bout de scotch, mit la photo d'Aoi à côté de celle d'un chaton roulé en boule dans un panier, ajouta le signe cabalistique raturé et la photo d'Ervin Shellhorn. Il inscrivit : « Catin : Coucher avec. Aoi. Pas Math et Matique. Maître. » dans la marge.

Leevo se fendit alors d'une grimace, content d'avoir presque saisi le sens obscur de ce mot. On aurait dit qu'on lui plantait des épines dans le dos. En réalité, il souriait.


- Oh. D'accord. Ça doit être horrible alors, d'être une « catin », fit-il d'une voix qui parut faire l'effort d'avoir l'air compatissante. Oui, tu peux rester, reprit-il, tu peux rester autant que tu veux, je suis seul ici. Personne ne vient jamais depuis que mon Maître est mort et je commençais à m'ennuyer un peu. Il s'approcha d'Aoi et, après une légère hésitation, posa une main qui se voulut amicale sur son épaule. On sentit bien qu'il faisait ça machinalement, sans comprendre le sens véritable d'un tel geste. Tu n'as qu'à faire ici comme chez toi. 'pas obligé de faire des trucs « catin », fit-il encore, décidé à placer ce nouveau mot partout. On pourra « coucher ensemble » sur le balcon et « s'envoyer en l'air » dans le ciel, si tu veux. Ça doit être bien, ça. J'aimerai bien découvrir le ciel.

Il enleva sa main et la regarda d'un air songeur, découvrant un nouveau sentiment. Il était content. Ou plutôt, dans ses mots, il était « Comme cette fois où Messires Patounes m'a léché le nez en ronronnant. J'ai aimé ça. ».

- Peut-être que ça me donnera envie de me laver autant de fois que toi, ajouta-t-il pour montrer qu'il avait bien tout retenu. La seule chose qu'on comprit réellement, c'est que, lui, il n'avait rien compris.
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