''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Un adieu à la solitude [PV Synëal, Camelle]

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MessageSujet: Un adieu à la solitude [PV Synëal, Camelle]   Ven 13 Juil 2012 - 4:10

Long silence, le regard vide tourné vers Kivan pendant de longues minutes, Larynda retardait l'échéance autant qu'elle pouvait. C'est le passage d'un renard qui la sortit de sa torpeur, les cheveux flottant au vent, elle ramassa sa dague et l'accrocha à sa ceinture. Attrapant son carquois par la bandoulière elle le mit sur son dos, ramassant son arc long par la même occasion. À côté, celui de Kivan semblait être à l'abandon, quelques feuilles le recouvrait.

*Je ne peux pas le laisser là*, pensa-t-elle en le fixant.

"Non assurément" souffla-t-elle...

Attrapant l'arc par le dos, elle se dirigea à pas rapide vers la tombe de Kivan afin d'y déposer l'arme, arrivée au monticule de terre, elle posa l'arc dessus de façon très solennellement. Arrachant un de ses cheveux, elle le plaça sous l'arc, de cette façon, elle serait toujours près de lui.

*Je ne t'oublierais pas Kivan.*

Après un bref regard vers la tombe de sa mère, elle leur tourna le dos et partit précipitamment. Où allait-elle ? Aucune idée, mais elle savait pourquoi elle voulait quitter la forêt. Retrouver son père, l'assassin de sa famille, elle voulait chasser le souvenir de cette journée infâme. Chaque jour, les évènements lui revenaient en tête, comme s'ils voulaient sortir de sa tête. Même les cauchemars l'attaquaient, il était temps de faire quelque chose et de partir de la forêt, si cela était possible, naturellement. Larynda marcha des jours et des jours avec pour seul point de repère, la mousse des arbres. Elle poussait généralement au nord et l'elfe avait pris le chemin inverse, vers le sud, elle avait l'impression de descendre une pente continue. Seulement rien ne semblait montrer que la forêt possédait une fin, des arbres à perte de vue. Des animaux aussi étrange les uns que les autres vivaient ici, certains sentaient la présence de l'archère, d'autres ne lui prêtaient aucune attention. Elle n'avait croisé qu'un seul animal agressif avec un long museau, de grandes oreilles, la bouche baveuse et remplit de dents acérés. Son corps maigre était recouvert de poil gris court, seule sa queue possédait une certaine fourrure.

*Un loup* pensa-t-elle en se remémorant les paroles de son frère.

"Fais attention ma soeur, si tu rencontres ce genre de bête, tue-les sinon eux le feront."

Sage conseil qu'elle avait appliqué tout de suite. Heureusement la distance les séparant était à l'avantage de Larynda, elle attrapa une flèche et pointa l'arme vers la bête, tirant au maximum sur la corde, elle relâcha la pression. Le projectile partis à une grande vitesse, le vent était de son côté, même sans utiliser la magie, ce qui accéléra le temps qu'il restait à vivre au loup. Un petit cri se fit entendre quand la flèche atteignit l'animal, il n'était pas mort sur le coup et elle dût s'avancer pour abréger ses souffrances. Arrivée près du loup, elle posa son arc au sol et dégaina sa dague.

"Endors-toi pour toujours noble bête."

Aussi inutile que pouvait être ses mots, elle se sentait obligée de lui dire des paroles paisibles et élogieuse. Tuer est un acte ignoble et seul la survie pouvait pardonner ce genre de comportement. D'un coup sec à la gorge, elle abrégea les souffrances du loup. Larynda ne pouvait s'encombrer du cadavre, il devait être aussi imposant qu'elle et elle devait quitter la forêt aussi vite que possible. Tirant la flèche du corps du loup, elle l'a replaça dans son carquois, pas de gâchis. Ramassant son arc, elle abandonna la dépouille à son sort, la nuit ne tomberait pas avant plusieurs heures, il fallait avancer pendant qu'elle voyait encore. Le jour baissait, la lumière qui passait à travers les arbres se fit moins forte, il n'y avait rien à faire. Encore une fois l'archère ne dormirait qu'à moitié ce soir, l'arc à portée de main, elle se réveillait à chaque fois qu'un bruit lui parvenait aux oreilles. Par chance elle finit par complètement s'endormir pouvant récupérer de sa journée.

Les premières lueurs du soleil atteignirent son visage, la réveillant doucement mais surement, protégeant ses yeux avec son bras gauche, elle se releva péniblement. Empoignant son arc, Larynda se mit en tête de repartir tout de suite, elle avait le sentiment que quelque chose était différent. Tournant la tête de droite à gauche, elle ne remarqua rien, les animaux vaquaient déjà à leurs occupations. Levant la tête, l'ombre d'une branche lui couvrait un oeil, mais elle ne vit qu'un écureuil faire des allers et retours entre le début de la branche et la fin de cette même branche, amusant spectacle. Ouvrant la bouche, comme si une évidence venait de lui traverser l'esprit, elle sut ce qui était différent. Pas de cauchemar, rien ne l'avait dérangée pendant son sommeil. C'était la première fois depuis vingt-quatre ans, quelle agréable sensation !


*Allez, en route vers l'inconnu*

Voilà qu'elle se mettait à penser comme son frère, il lui disait souvent ça, le matin, quand elle ne voulait pas l'accompagner dans la forêt. C'est le sourire aux lèvres que Larynda repartit dans la même direction, le sud. La journée qui l'attendait ressembler fortement à celle qu'elle vivait depuis maintenant plus d'une semaine. Des arbres, encore des arbres et pour finir des arbres. Son sourire avait disparu, désormais c'est la mâchoire serrée qu'elle avançait, même le spectacle des animaux jouant stupidement entre eux commençait à l'énerver. Prenant une flèche dans son carquois, elle arma son arc et tira, droit devant, dans un arbre, faisant tomber une pomme sur le sol. Son estomac ne l'inquiétait pas, c'était un geste destiné à la calmer, pas pour manger. Approchant de la pomme, elle lui donna un coup de pied d'une incroyable force, éclatant la pomme en plusieurs morceaux et crispant son visage de douleur par la même occasion. Avançant vers l'arbre en traînant un peu son pied endolori, elle arriva à sa hauteur et retira la flèche d'un coup sec. La replaçant dans son carquois Larynda commençait un peu à se calmer, relâchant un peu la pression de sa poigne sur l'arc, les muscles de son bras commencèrent à se détendre.

"Maudite forêt, pourquoi ne me laisses-tu pas sortir ?"

Une légère brise, venue du nord, s'était levée dans son dos en guise de réponse. Le vent, l'archère lui faisait confiance. Reprenant la route d'un pas assuré elle sentait l'air qui la poussait toujours vers le sud, elle commença à courir sans se préoccuper de ce qui lui rester d'énergie. Quelques minutes plus tard, à bout de souffle, Larynda aperçut un nouvel horizon, une immense plaine verdoyante se dessina devant ses yeux. Tout près de l'endroit où elle se trouvait, elle vit un regroupement de petites maisons. S'appuyant sur son arc pour mieux reprendre son souffle, elle sortit de la forêt et prit la direction de ce village. La lumière du soleil commençait à décliner quand Larynda commença à mieux apercevoir où elle se rendait. Elle avait l'étrange impression qu'on l'observait depuis qu'elle avait quittée la forêt. Se retournant sans cesse, elle fut surprise quand une étrange personne lui coupa le chemin.

*Dit quelque chose idiote*

"Qu..que puis-je pour vous ?" demanda-t-elle le regard fuyant.

Spoiler:
 
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Camelle Elwhang

♘ | Elh

________________


________________


Race : Séraphin-Démon Commun
Classe : Archère.
Métier : Intendante de l'Alliance- Assassin perdue.
Croyances : Déesse de l'Equinoxe.
Groupe : Alliance- Alliance des Ombres.

Âge : 23 ans.

Messages : 542

Fiche de Personnage : Ne clique pas

Histoire de Personnage : "L'Ambition est née de rêves brisés":
- Diffusion
-Proposition



MessageSujet: Re: Un adieu à la solitude [PV Synëal, Camelle]   Dim 22 Juil 2012 - 19:38

Paisible. Un léger vent frais parvenait de la fenêtre ouverte où les rideaux dansaient joyeusement. Le ciel se teintait de pourpre et d’orange tandis que le soleil finissait sa course en faveur de la Dame lune. Ce petit embrun si doux et si pur sur la peau… Le petit souffle caressait tout. Il léchait allègrement les courbes de mon visage, du lit, du baquet d’eau, du bougeoir. Il était ici le maitre des lieux, il était ici seul souverain. Loin de ce roi dément et de ses chiens. Il était impétueux lorsqu’il claquait contre les tissus que l’on étendait. Il était sévère avec l’herbe qui faisait ployer. Pourtant, nul ne le craignait, tous en avait une admiration muette. Une admiration furtive et cachée, à lui, ce Roi omniscient et omniprésent. Les femmes jamais ne rougissaient lorsqu’il se mettait à effleurer la douceur de leur sein, jamais elle ne se débattait quand il se glissait sous leur jupon. Car elles savaient. Les femmes savaient qu’il n’y avait là nulle perversité mais un désir du beau, un désir de sublimer ce que ce Puissant Sans Couronne avait comme joyaux. Tous, disait-il dans ses complaintes mélodieuses, danse gracieuse avec les feuilles d’un chêne, tous sont mes pierres précieuses, mes parures et je les porterais, jusqu’à mon dernier soupir, celui du Néant. Doucement, je laissais choir les tissus mouillés au sol, laissant au vent mes cheveux encore humides et ondulés. Je lui laissais de même ma peau nue et blanche que la crasse avait désertée. J’avançais doucement vers la fenêtre où les rideaux voletaient. Toute pudeur m’avait abandonné, j’étais habillé du Seigneur de ces terres. Je l’y accoudai, regardant au loin, là où la course du soleil se terminait. Des champs que le blé colorait de doré, bruissant lentement. Des champs que même l’horizon s’y perdait. Un petit chemin les traversait vers le soleil, et je m’alanguissais, regardant les paysans finir leur dur labeur. Les effluves… Celles de mon enfance. Je n’avais en cet instant ni peur ni haine. Au bas de l’auberge dans laquelle je me trouvais, quelques enfants riaient, insouciant. Ici il n’avait rien à craindre de quelconque danger. Ici, ce n’était ni le Roi fou ni les capes blanches qui commandaient. Ils n’étaient rien. Rien que des pions que l’on trompe, encore et toujours. Ces enfants jouaient dans la boue, jouaient en s’esclaffant toujours plus fort et leurs mères préparaient leurs bains bouillant.

La porte craqua et le plancher grinça. Je tournais la tête sans me précipitait. Ici, tout le monde me connaissait, pour mon aide et mon soutient. Pour être une enfant du Pays. Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque ce n’est ni la tenancière ni sa fille qui était sur le seuil mais le démon roux. Mon compagnon de voyage depuis peu. Poussa-t-il un grognement, je n’aurais su l’affirmer mais il se retourna derechef. Aussi cynique, fourbe et culotté soit-il, il n’en avait pas moins appris la décence en ma compagnie. Mais cette fois, c’était moi qui étais en faute. Je me sentais trop bien pour en faire preuve moi-même. Je n’étais bien que comme cela ici. Près de tout ce qui m’entourait. Du vent, de l’eau, des parfums atypiques du blé que l’on fauche et de l’eau que l’on tire. Dans un long soupir, je me décidais tout de même à m’enrouler dans le tissu précédemment laissé sur le sol. Si fait, l’homme fit un demi-tour, la mine toujours aussi sombre. Il n’était aucunement commode, cet homme là. Le roux flamboyant de ses cheveux qui tombaient en une petite cascade sur ses épaules avaient les reflets du Couchant. Beau, il ne l’était pas mais, dans sa nonchalance et son air suffisant, il avait ce mystère attirant. Ce côté dangereux qui, sans doute, me plaisait. J’aimais jouer avec le feu et cet énergumène avait tout d’un volcan prêt à exploser. Combien de temps s’était écoulé depuis notre rencontre, non loin d’ici puis son intégration dans les rangs de l’Alliance ? Si je devais répondre à cette question, je dirais une semaine mais le temps n’avait plus de valeur depuis trop longtemps et des mois s’étaient écouler… Rien n’avait pourtant changé. Rien ne bougeait dans ce monde immobile que la putréfaction de cœur réduisait au mutisme absolu, où l’absence d’espoir avait transformé toutes les mœurs. Désolant spectacle. Nous étions partit de Madorass pour venir en aide à ces pauvres gens que j’aimais. Les seuls qui dans cet univers de non-dit et de massacre résistaient, encore et toujours. Non, cela n’était pas dans les habitudes de notre guilde dont j’avais pris la tête. Seulement, il le fallait. Je portais trop dans mon cœur ces braves qui contre tout le monde persistaient à croire en un avenir meilleur. Je n’aurais pas supporté de les voir perdre la lumière encore présente en eux, celle qui s’était éteinte en moi…

- On dirait une femme qui a perdu de vu son passé et qui veux à tout prix le revivre…

Il avait raison, je le savais mais je ne pouvais me résoudre à abandonner cet endroit, ce chez moi que j’avais cherché depuis longtemps. Il avait raison, aussi, une fois la porte close derrière lui, je m’habillai en vitesse, laçant tant bien que mal mon corsage qui signifiait la fin de cette pose, le retour à la vie réelle et aux devoirs que j’avais envers les Hommes que je dirigeais. J’ouvrai la porte grinçante et descendais les escaliers gondolés par l’humidité, atterrissant dans une salle où les senteurs étaient tout autres. A présent, l’alcool, la sueur et le renfermé emplissait les lieux. C’était une petite salle où les tables étaient serrés, à tel point qu’il était difficile de circuler entre. Seul se détachait une allée centrale légèrement plus grande qui menait invariablement au comptoir puis à la porte. Sans nul doute qu’il s’agissait là d’un quelconque stratagème très innovant des tenanciers. Le démon roux était là, accoudé à une table dans un coin à l’écart. Je lui faisais signe de me rejoindre et me dirigeais d’un pas décidé vers la grosse dame au tablier tâché.

- Nous repartons. Merci pour votre hospitalité. Nous ne prendrons pas de repas ce soir mais auriez vous connaissance d’un marchand de chevaux ? Notre voyage jusqu’à Madorass risque d’être long depuis Venill et nous devons nous y rendre dans les plus bref délais…

- Ç’fera 4 sous pour vous et 4 sous pour vot’ copain. J’y crois qu’la sortie dla ville près d’champs d’Monsieur Despuy t’y a une pt’ite baraque vec’ un homme plutôt louche. Il a quelques chevaux qu’il dit, si j’serais vous, c’est là bas qu’j’irai avec quelques pièces.

J’hochais la tête en signe de remerciement et me rendais à la porte, l’ouvrant en attendant Syneäl qui jetait négligemment sons dû sur le comptoir de l’auberge crasseuse. La nuit approchait toujours à pas feutrés, les ténèbres glissant peu à peu sur les dernières langueur de l’Astre du Jour. Nous marchions plus ou moins en silence, d’un pas plutôt décidé. Le voyage durerait deux bons jours de chevauchée à rythme soutenu et on nous attendait dans les plus bref délais. Nous avions assez perdu de temps par ma faute, malheureusement. Les rues étaient plus ou moins animées, et les pavés résonnaient au son des pas des travailleurs arasés, retrouvant leur chaume, leur femme et leurs enfants au coin d’un feu. Chose que j’avais renoncer d’avoir un jour une famille et une vie banale en m’occupant de l’Alliance. Je m’étais éloigner de la normalité en naissant en fait. Et jamais je ne le serais. De plus, le souvenir de Lilith me hantait toujours, elle qui avait ravi mon cœur comme une fillette cueille une fleur. La barbare aux cheveux blond. Plus le temps passait et plus le passé me rattrapait, invariablement. Au bout d’une dizaines de minutes, nous atteignions enfin la modeste maison en bois où trônait à ses côtés une petite écurie. Elle n’était pas très grande mais assez pour contenir un peu plus de deux chevaux. Nous allions trouver notre bonheur. Je toquais à la porte close dans l’espoir que quelqu’un m’ouvre mais une voix surgissait déjà de nulle part, pas très accueillante. Et tout est allé vite. Il a sortit une épée longue, le temps de dégainer ma dague et puis ce sang. Ce sang toujours omniprésent, tâchant le sol, m’éclaboussant. Du carmin sur le visage et les yeux grand ouvert. Était-ce mon compagnon ou moi-même ? Je n’aurais su le dire. Je me précipitais dans l’écurie et sortait, sellait, bridait deux chevaux et nous partions vers le nord, dans un galop effréné, sans se retourner.

Le jour se levait et les muscles tiraient lorsque nous arrivions à la lisière avec la petite forêt qui nous permettrait de gagner un peu de temps, même s’il ne s’agissait pas là d’une voie principale. Au moins, nous étions sûr de ne pas croiser de mauvaises personnes. Personne ne passait par ici. Je remettais mon cheval écumant au pas, m’étirant en jetant un coup d’œil à mon côté pour vérifier que tout allait pour le mieux chez mon partenaire. Il arborait toujours sa mine stoïque et parfois se dessinait au coin de ses lèvres un petit sourire qui me donnait toujours la chair de poule. Soudain, il arrêta sa bête toute aussi fatiguée que la mienne et mis pied à terre. Je le regardais, un peu perplexe, ne comprenant pas son geste soudain. Il s’affronta un peu plus dans le sous bois et je l’imitais, descendant de selle et attachant les chevaux à une branche basse avant de me mettre à sa poursuite, surprise et énervée de perdre ainsi du temps. Je retrouvais sa trace non sans mal et voyait sa silhouette ressortir d’entre les arbres vers les prairies verdoyantes de feleth. Je me mis à courir à sa suite en criant.

- Syneäl, nous n’avons pas le loisir de…

Le rattrapant, un drôle de spectacle se déroulait. Le démon roux se retrouvait face à une jeune femme, plutôt jolie que j’aurais parié d’origine elfique tout du moins. Je me remettais immédiatement à couvert, attendant de voir la réaction des deux personnes avec une incroyable curiosité.
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Synëal Muspell

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MessageSujet: Re: Un adieu à la solitude [PV Synëal, Camelle]   Lun 30 Juil 2012 - 22:21

La nuit avait été longue, horriblement longue. Contrairement à la femme qui s'était endormie dans la chambre d'à côté, qui n'était autre que sa compagne de voyage, il n'avait pas trouvé le sommeil. Du moins, il ne l'avait pas vraiment cherché. Synëal considérait l'assoupissement d'une nuit comme une perte de temps. Lui-même pouvait se contenter de quelques siestes en journée. C'était bien plus efficace. La nuit était trop précieuse pour qu'il puisse se permettre de la passer dans un état latent. D'ordinaire, il l'appréciait. Mais aujourd'hui, avant que le soleil se lève, il la trouvait...fade, sans saveur. C'était sans doute l'effet de rester dans une ville humaine, avec toutes ses âmes purullentes qui l'entouraient, qu'il rêvait d'arracher du corps de leurs propriétaires.

Lorsqu'un timide rayon de soleil se posa sur son épaule par la lucarne de sa chambre, il jouait avec ses graines favorites. Des graines de sa conception, qu'il avait mis au point pendant des années. Il suffisait qu'il les plante dans des cadavres pour les contrôler pendant un certain temps. Évidemment, comme les cadavres ne courraient pas les rues, il fallait en général qu'il sème lui-même la mort, et ce n'était pas très évident pour un Syrinx de sa constitution. D'un gabarit moyen, pas tout à fait maigrichon, il ne pouvait prétendre tuer facilement un soldat, ou un monstre quelconque rencontré sur les routes. Mais un simple humain, pourquoi pas. Ils étaient trop fragiles et c'est leur peur qui les rendait si vulnérables. Une peur qui succédait le plus souvent à leur orgueil omniprésent. Comme c'était désolant.

Il finit par se lever de son lit, rangea les graines dans sa poche de pantalon, et sortit de sa chambre pour gagner celle de Camelle Elwhang. Il poussa doucement la porte et se retrouva devant un curieux spectacle. Elle était allongée là, dans son lit, entièrement nue. Elle avait du l'entendre arriver car elle lui jeta un oeil curieux et un peu étonné. Le vent soufflait dans les rideaux translucides sous le soleil. Elle semblait pleinement profiter de l'air du matin. Perplexe plus qu'autre chose, il se détourna simplement en grognant. Il avait bien vu son regard rêveur et évasif, et ce n'était pas seulement dû aux odeurs de paille qu'ils pouvaient sentir. Il allait partir mais il lui fit la réflexion qu'elle devait sans doute essayer de revivre un passé dont la réminiscence était douloureuse. Il avait peut-être tort, il avait peut-être raison. En tous cas, sa réplique suffit amplement pour lui souhaiter un bon réveil.


« Je serais en bas », dit-il alors en repartant dans le couloir.

Il descendit nonchalamment l'escalier, sans être pressé d'arriver dans la salle du restaurant presque bondée, où certains prenaient déjà un copieux repas. Il s'arrêta à la dernière marche et fit une drôle de moue en embrassant du regard la totalité de la pièce. Il s'avança directement vers une table, et s'y laissa tomber lourdement en poussant un long soupir. Assis toute la nuit, assis la matinée...pour ne pas changer, tiens.

Enfin après quelques minutes, Camelle descendit à son tour, et elle lui fit signe de le rejoindre, ce qu'il fit. Elle régla la note auprès du tenancier, aussi grognon qu'à son habitude, et Synëal jeta simplement les pièces sur le comptoir, avec une lueur du regard qui signifiait quelque chose comme Pas besoin de compter, y'a toute la monnaie, mon gros. Il suivit sa compagne dehors, et s'étira une fois passé le pas de la porte. Il avait l'impression de sentir ses épaules et son cou tout contractés. Il fit craquer son encolure d'un mouvement sec de la tête, puis emboîta le pas de la femme qui sortit pour se diriger vers une écurie à quelques kilomètres de là. Une forte odeur de paille accueillit ses narines lorsqu'ils arrivèrent et il fit une moue anticipative à l'idée de devoir monter à cheval. Il n'avait jamais eu à monter de monture, et il ne supportait pas de devoir chevaucher un quelconque animal. Synëal allait s'étirer à nouveau, toujours gênés par ses muscles noués quand les évènements s'enchainèrent. Camelle tapa à la porte, et aussitôt un grand gaillard jaillit de l'écurie, la barrière en bois claquant derrière lui. Il tenait une épée longue, proche de ce qu'on pourrait qualifier de claymore. Il allait l'abattre sur la jeune femme, mais une longue pointe de bois dépassant de la paume de main du Syrinx se ficha dans son avant-bras, stoppant toute action fatale, et lui faisant lâcher aussitôt son arme.


« Espèce...d'enflure... »

Des lianes firent craquer le sol sous les pieds de l'inconnu, jaillissant comme des tentacules avides de sang, s'enroulant autour de ses jambes, et remontant vivement vers le haut de son corps, ouvrant sa chair par endroits sous les piques acérées des fouets démoniaques. Il s'agita dans sa prison végétale, saucissonné et ensanglanté, avant que le démon n'enserre la prise de son sortilège pour lui faire jaillir le raisiné de tous les pores de sa peau. Il poussa un grand cri de terreur, ce qui le fit gesticuler encore plus entre les appendices meurtriers qui ne cessaient de lui déchirer la chair au point de lui arracher les nerfs et les muscles.

« Va chercher les chevaux. » , intima doucement le démon, les yeux rivés sur sa victime, une lueur malsaine et perfide dans ses yeux dorés.

Camelle s'exécuta, tout de même choquée et éclaboussée de pourpre, la frayeur dans ses yeux. Oui, le Syrinx tuait. Avec un irrésistible plaisir de faire souffrir lentement sa proie. Elle prépara rapidement les chevaux, portée par la panique, et les apporta près de lui, les tenant chacun par les rênes. Cette fois-ci, Synëal ne fut pas difficile, il ne songeait plus à son aversion envers les chevaux. Sa méprise envers les humains impulsifs et violents dépassait tout entendement. Il passa à califourchon sur la monture, jetant un dernier coup d'oeil au propriétaire de l'écurie, avachi sur le sol, perdant peu à peu de son sang comme un rat pris au piège. Puis il donna un coup de talon brusque contre les flancs de l'étalon, ainsi, sa compagne de voyage et lui filèrent vers le Nord.

L'odeur de sang ne quitta pas les narines de Synëal durant leur trajet. Mais ce n'était pas dérangeant, au contraire. Il s'y plaisait comme un enfant qui se réfugiait contre la robe de sa mère. Il arborait un petit rictus satisfait durant tout le court voyage, ce qui devait inquiéter Camelle d'ailleurs. Les yeux du rouquin étaient toujours aussi sombres, toujours aussi cerclés de noirceur, mais sa mine semblait s'illuminer de joie.

Au lever du soleil, Camelle fit arrêter son cheval, le faisant désormais passer au pas. Synëal l'imita, mais intrigué par une autre présence non loin dans les fourrés qu'il avait perçu depuis leur entrée dans le bosquet, descendit de selle, et s'aventura dans les arbres, non loin du chemin de terre qu'ils avaient emprunté. Il n'était pas entièrement sûr que ce soit une « présence », mais dans tous les cas, prudence est mère de sûreté. Il n'était pas angoissé à l'idée de rencontrer un autre ennemi, mais il était curieux. Qu'est-ce qui les attendait ici-bas? Il progressa lentement malgré l'enchevêtrement sauvage des branches et des quelques arbres morts écroulés ça et là, écartant parfois un feuillage tombant. La jeune femme le suivit, légèrement agacée de devoir faire un détour à cause d'un simple pressentiment futile du démon. Il ne l'écouta pas tout d'abord, mettant tous ses sens en alerte, son ouïe aiguisée comme jamais, ses oreilles légèrement tendues vers le moindre bruit. Il tourna très lentement sur lui-même, et eut alors un léger sursaut.

Devant lui, une autre femme, aux oreilles plus affinées que les siennes. Des cheveux presque aussi longs que ceux de Camelle, couleur ébène, des yeux brillants sur un visage teinté d'ivoire, barré par une balafre transversale de son œil à son menton, reflétant la verdure de la Nature, contrastant avec le rideau obscur de sa chevelure. Il la dévisagea longuement, alors que dans le dos de l'inconnue, Camelle se cachait derrière une épaisseur de feuilles et de branches. Il leva simplement la main.


«Salut beauté.» , fit-il simplement. Puis regardant ses oreilles. «  Quelle jolie paire de pavillons avez-vous là. Je ne suis pas du genre à juger sur la longueur des oreilles, ne vous en faîtes pas. C'est juste qu'elles sont...Extraordinairement grandes. »

Les tâches de sang sur sa veste ne le rendaient pas vraiment accommodant. Mais pour l'instant, il faisait avec. Il n'avait pas vraiment le physique d'un grand séducteur, il faisait aussi avec. Mais ce qui rôdait encore dans son regard, cette lueur d'infamie, de sournoiserie, ses pupilles baignant dans la corruption, ne le rendait pas plus amical, envers personne, encore moins face à cette jeune femme qui ne se doutait absolument pas de qui elle avait affaire.

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MessageSujet: Re: Un adieu à la solitude [PV Synëal, Camelle]   Mer 8 Aoû 2012 - 5:03

Un simple levé de main en guise de réponse à sa question. Devant Larynda se trouvait une étrange personne qui la scrutait avec de petits yeux, ses cheveux longs étaient d'une couleur étrange, un orange plutôt sombre. C'était la première fois qu'elle voyait un être humain, sans compter sa famille. Cette rencontre était aussi étrange que la couleur de ses cheveux. Il l'avait brièvement saluée avant de lui faire des remarques sur ses oreilles, les jugeant très grande. Il y avait quelques traces rouges sur sa veste, surement du sang, d'hommes ou d'animaux. Ce n'était pas le plus important, l'important était qu'il avait surement fait du mal à une quelconque personne avec des raisons qui lui était propre. Tout ceci pour dire qu'il ne devait pas être quelqu'un de confiance, sa voix n'était pas très amicale et son apparence faisait un peu peur. La dernière phrase de cet étrange homme lui revint en tête, était-ce un compliment envers ses oreilles ? Larynda leva machinalement la main pour toucher ses oreilles, c'est vrai qu'elles étaient grandes, mais elle trouvait cela normal, celles de sa famille avaient la même taille. Maintenant en regardant celle de son interlocuteur, l'elfe remarqua qu'elles étaient plus petites, mais aussi pointues que les siennes. Souriant légèrement, elle voulait dire quelque chose, mais rien ne vint.

*Dis quelque chose, allez !*

Un long silence passa et enfin elle balbutia quelques mots incompréhensibles, le regard interrogateur de Synëal la força à se répéter.

"Je ne sais pas quoi vous dire monsieur, c'est la première fois de ma vie que je rencontre quelqu'un de si différent."

C'était des mots bien maladroit qu'elle venait de prononcer, baissant immédiatement les yeux pour fuir le regard surpris de cet étrange homme, elle ne vit pas qu'il rigolait doucement. Visiblement il avait compris ses mots et heureusement, le but n'était pas de le blesser, mais elle n'était pas très douée pour parler aux autres. Son frère lui disait qu'il fallait être le plus respectueux possible et c'est ce qu'elle essayait de faire, malgré sa façon maladroite de s'exprimer. Quelques secondes passèrent et le silence s'installa entre les deux personnages. Larynda commença à partir, avant de se retourner vivement, plusieurs phrases lui virent aux oreilles, elle regarda étrangement son interlocuteur. Ce qu'il disait n'avait aucun sens, se contentant d'hochait la tête pour donner le change. Souhaitant s'éclipsait, elle commença à partir avant de se retourner pour regarder l'homme dans les yeux.

"Vous savez où je peux trouver un endroit où me reposer ? J'en ai assez de dormir que d'un seul oeil, je vis seule depuis des années et une bonne nuit de sommeil me ferait le plus grand bien."

Il lui montra du doigt l'endroit qu'elle avait vu auparavant, il lui indiqua que si elle se dépêchait, elle arriverait avant la fin de la matinée. La journée était-elle déjà si avançait ? Il lui semblait qu'elle venait de se réveiller. Qu'importe, elle remercia l'homme d'un sourire et décida de partir dans la direction du petit village. Son frère lui avait parlé des endroits que l'on pouvait trouver en ville, une auberge, se rappela-t-elle était un endroit où dormir, mais ce n'était pas gratuit, il fallait donner des pièces d'or pour avoir un lit. Des pièces d'or, elle n'en possédait pas une seule, qu'espérait-elle en partant comme ça ? Qu'on lui offre une chambre ? Improbable, même le plus généreux des aubergistes ne ferait pas une chose pareille. L'archère pourrait jouer de son physique, si elle se doutait un instant que ce que lui avait offert la nature pouvait servir à ce genre de choses. Sentant toujours le regard de sa précédente dans son dos, elle accéléra le pas, aux premiers abords elle ne craignait rien, mais il était stupide de se fier uniquement à une première impression. Le suivait-elle ? Elle aurait bien aimé connaître la réponse, mais elle n'osait pas se retourner, après tout il faisait ce qu'il lui plaisait, le monde ne lui appartenait pas... Le vent soufflait de plus en plus fort dans son dos, il est vrai qu'elle se situait en plein milieu d'une grande plaine et que rien ne pouvait la protéger de ses bourrasques. Ce n'était pas une sensation désagréable, mais le vent jouait avec ses cheveux, ce qui la gêna pendant un moment. C'était peut-être un signe en prélude à d'autres évènements plus grave, mais qu'importe. Pour le moment le seul objectif de Larynda était d'aller dans un endroit calme où elle pourrait se reposer. Endroit qu'elle atteignit enfin, il n'était pas très bien gardé, seul un homme se trouvait au-dessus d'une porte en bois qui ne devait pas être très solide.

"Pourquoi venez-vous ici étrangère ? Votre peuple ne s'aventure jamais jusqu'ici d'ordinaire."

*Mon peuple ? Que veut-il dire ?*

Kivan ne lui avait rien dit à propos des différentes races, peut-être parce qu'il n'en connaissait pas beaucoup, mais il était parti plusieurs fois en ville. Il aurait pu la prévenir qu'il existait d'autres peuples que le leur. Devant le silence de l'elfe, le garde répéta sa phrase avec une voix un peu agacé, il n'avait pourtant rien d'autre à faire... Larynda nageait dans un brouillard, elle sortait à peine de la forêt qu'elle avait rencontrée une étrange personne et maintenant on lui disait que son peuple ne venait jamais ici. Le monde était décidément emplit de surprises, l'homme répéta pour la troisième fois sa question, cette fois il l'avait même menacé si elle ne parlait pas.

"Ne te bats pas contre l'autorité, les personnes en charge de la faire respecter sont un peu brutes, mais c'est pour le bien des autres."

"Je souhaite simplement me reposer monsieur." *Le bien des autres, ça ressemble à une excuse...*

Elle soupira en voyant l'homme descendre de son perchoir pour lui ouvrir la porte, elle commença à rentrer dans la ville quand le garde posa une main sur son ventre et la repoussa.

"C'est dix pièces d'or l'elfe, vous ne rentrerez pas sans ça."

Au moins c'était clair, mais hélas, les faits ne l'arrangeait pas. Elle ne possédait aucune pièce d'or et le garde corrompu insista, prétextant que si elle voulait passer outre, plusieurs hommes s'en prendrait à elle et la tuerait. L'envie de l'attaquait ne lui avait même pas traversé l'esprit, mais au vu de son comportement cela pouvait s'arranger.
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Camelle Elwhang

♘ | Elh

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Race : Séraphin-Démon Commun
Classe : Archère.
Métier : Intendante de l'Alliance- Assassin perdue.
Croyances : Déesse de l'Equinoxe.
Groupe : Alliance- Alliance des Ombres.

Âge : 23 ans.

Messages : 542

Fiche de Personnage : Ne clique pas

Histoire de Personnage : "L'Ambition est née de rêves brisés":
- Diffusion
-Proposition



MessageSujet: Re: Un adieu à la solitude [PV Synëal, Camelle]   Dim 26 Aoû 2012 - 16:20

Etait-il complètement fou ? Ou simple d’esprit ? Je ne le savais pas vraiment. Voilà la situation la plus cocasse qu’il m’est été donné de voir. D’assister. J’étais tapis derrière un petit buisson, aussi silencieuse qu’une tombe. Devant moi, dans une trouée de la forêt se tenait deux personnes. Le premier était un démon roux, dont les vêtements tâchés de sang n’inspirait, à raison, pas confiance. L’autre était une jeune fleur, aussi innocente que la rosée au matin frais de l’automne. Elle était d’ailleurs plutôt belle, en comparaison à la Chose qui lui faisait face. La Belle et la Bête. Oui, cette situation était d’autant plus comique que la discussion entamé par mon cher collègue roux reposait sur la taille des oreilles. N’avait-il donc jamais croisé d’elfes ? Elle semblait troublée. Aussi fraiche que la rosée, insouciante. Il parlèrent quelques instants. Peut être plus. Peut être moins. Je ne les écoutais plus vraiment car c’est dans ma tête que se fit le ménage. Voilà une fin de journée plutôt intéressante finalement. Après tout, une journée de plus ou une journée de moins, l’Alliance pourrait attendre. Je restais donc silencieuse, cachée et à l’écoute. Synëal n’était pas vraiment un allié commode, surtout qu’en sa qualité de démon, il excellait dans l’art de la ruse et de peur. Même moi j’avais encore beaucoup de mal à m’en approcher : il n’avait rien du type lambda que l’on aborde, sourire au lèvre, pour parler de tout et de rien. Il rentrait plutôt dans la seconde catégorie de personne : celles que l’on veux fuir au plus vite. J’observais sans un mot, regardant en détail chaque mouvement, chaque geste de la petite Fleur. Elle semblait si fragile et si souple. Docile. Pourtant, ne pas se fier aux apparences est une chose capitale : si elle pouvait paraitre aussi idiote que l’homme ayant subit une lobotomie dans quelconque atelier des bas-fonds de Madorass, il se pourrait qu’il n’en soit rien. Prudence est sœur de Raison. Patience, femme de Victoire.

Quand elle fut partit, à quelques centaines de mètres peut être de là où nous nous trouvions, je me relevais lentement, essayant d’enlever les gerbes de terre et les feuilles collées à ma tenue. Le démon roux se tourna vers moi avec toute la nonchalance qui lui était acquise. Je le fusillai proprement du regard. Il ne m’avait pas écouter, s’était mis en danger en toute connaissance de cause. Parfois, son intelligence et sa ruse le perdait, et alors il devenait aussi faible qu’un chiot sans sa mère. Je détestais les voyages d’affaires accompagnés. Mais j’exécrais plus encore les voyages d’affaire accompagné d’un imbécile viril se croyant plus fort qu’une lame ou une flèche trop rapidement tirée. En fait, plus le temps passait et plus les hommes m’énervaient. En plus de cela, on aurait dit qu’il prenait un malin plaisir à me rendre folle, au vu de son petit sourire en coin. A ce moment là, j’aurais voulu lui enfoncer ma dague dans son ventre et faire sécher ses viscères juste pour voir son petit rictus disparaitre. Juste pour le voir souffrir. Un élan de sadisme peut être un peu exagéré pour ce qui venait de se produire mais c’était une accumulation. Entre le poids de tout et ce petit jeu vicieux. Entre les mises à l’épreuves des uns et les danses mortelles des autres. Je ne supportais plus de devoir encaisser les écarts de conduites d’enfants capricieux. Il était temps que je serre la visse. Que je la serre fort, devenir intransigeante. Après tout, voilà ce qu’on nous demandais de nos jours. De ne pas avoir d’état d’âme. Ne pas faiblir, même si la Mort nous souriait. Être de marbre face aux immondices que l’on perpétrait chaque jour. Stoïque face à la peine et la souffrance. Car la vie, au Royaume, n’était plus fait que ça. Les enfants pleins de boue qui mendiaient, les femmes qui vendaient leur corps et les hommes qui boivent pour oublier. Tout n’est plus que vomi d’ivrognes ignares et trop fous pour mesurer les risques. Je n’étais pas mieux qu’eux : ma main partit comme une fusée, droit sur la joue du Rusée, à quelques centimètres de son sourire qui s’éteignit...

« - Un jour tu apprendras ce que signifie le mot « non ». Jusqu’alors, je m’acharnerais à te l’inculquer et crois moi, tu supplieras ta petite cervelle d’imbécile de l’assimiler au plus vite, je ne parlais pas, je crachais ma haine, ma peur et mon dégout, regardant ce que je considérais comme « l’enfant polisson. »

Pour toute réponse de sa part, il n’y eu que la réplique exacte de mon geste avec une force que je ne lui connaissais pas. Je posais alors une main sur ma joue, trop choquée et trop énervée pour faire quoi que ce soit d’autre. Lui, me regarder calmement, impassible. Ses yeux brillaient de malice et de tromperie tandis que les miens n’exprimaient que mépris et douleur.

-Memento, homo, qui pulvis es et in pulverum reverteris… Tout se paie, un jour. Et ta stupidité ne gage que la mort, pauvre être misérable, je lui crachais à la figure et sans attendre mon reste, fonçais vers l’endroit où j’avais laissé les montures, certaine qu’il ne me suivrait pas avant quelques minutes.

Je récupérais la mienne qui, durant ce temps, avait pu reprendre quelques forces. Elle broutait tranquillement, lorsque je lui grimpais dessus, enfilant ma cape à capuche grise que j’avais acheté dans Venill, quelques jours plus tôt. Le jour tombait déjà et je devais prendre de vitesse la jeune demoiselle partie plus tôt. Je jetais un dernier coup d’œil colérique vers la forêt avant de partir à bride abattue vers le village le plus proche. Il fallait que je le rejoigne avant la nuit et surtout, avant elle. Si la région n’était que peu sûre, seule dans la nuit, la pensée d’une future main armée dans l’Alliance était plus forte. Le crépuscule s’installait tranquillement quand elle arriva enfin au porte du village, plutôt grand d’ailleurs, dont une petite muraille de bois l’entourait. Pour y pénétrer, il fallait soit y vivre, soit payer. A l’extérieur se trouvait des écuries pour les voyageurs et je lançais une pièce d’argent à un gamin, lui donnant pour consigne de s’occuper correctement de ma bête. Il le fit, à renfort de grands soupirs las. Je marchais d’un pas tranquille, je savais qu’elle était déjà face à la porte, je l’y avais vu. Gardant la capuche fermement pour camoufler mon visage, j’avançais vers les deux protagonistes…

-…dix pièces d’or, sans ça, vous rentrez pas.

- Vous croyez ?, je m’étais porté à sa hauteur, parlant distinctement. Il n’y avait là ni menace ni question. Tout était dit placidement.

-Bien sûr qu’j’y crois ma ptite dame !, il gloussa, dévoilant ses ignobles dents noircies.

-Nous allons entrer, la jeune femme et moi-même. Vous allez gentiment vous mettre de côté, sinon, cela risque de mal se finir et je ne voudrais pas m’énerver plus que je ne le suis déjà., cette fois-ci, le ton que j’employais était tranchant, catégorique.

-Haha ! Qu’vous êtes drôle ! C’est 20 pièces, sinon vous r’stez là.

-Je vous aurais prévenu., sans attendre, je le menaçais de ma lame, la plaquant contre sa gorge en souriant. La peur était beaucoup plus efficace que la mort sur un couard.

Je le lâchais finalement et passais sans encombre, rejoignant ma jeune amie. Sans dire un mot, je lui adressais un signe de la tête, me dirigeant silencieusement vers l’auberge la plus proche où des chants et des effluves d’alcool se faisait sentir. Je savais qu’elle me suivrait, trop de mystère et trop de question pour ne pas essayer d’en savoir plus. J’entrais sans faire attention à l’ombre qui me suivait et les bruits de sabots à l’entrée de la ville. Ce soir, j’aurais une nouvelle lame pour la guilde, j’en étais certaine. Mais avant, il me fallait me trouver une table. Entre les soulards et les femmes aux formes avantageuses –comme quoi, toute auberge se ressemble- je me faufilais et m’asseyais à une table vide. Je retirais ma cape en souriant, heureuse à l’idée de ce qui allait suivre…
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Un adieu à la solitude [PV Synëal, Camelle]

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