''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Faire face à soi-même. (Pv Nala' )

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Synëal Muspell

♘ | le Botaniste Ardent

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MessageSujet: Faire face à soi-même. (Pv Nala' )   Mer 18 Juil 2012 - 0:36

Il venait toujours à l'auberge. Il ne savait pourquoi, mais c'était devenu une manie plus qu'une habitude. Dès qu'il ne savait plus quoi faire, pour éviter un désoeuvrement et un ennui mortel, il mettait toutes les voiles vers l'auberge la plus proche, sans même se renseigner dessus, sans chercher à savoir s'il y est déjà allé – car pendant une époque, ne pas aller dans une même auberge était primordial pour éviter quelques contacts gênants – et surtout sans se faire repérer par des connaissances qui y étaient sans doute déjà. Malgré ses cheveux ardents, et son visage d'ivoire, il réussissait à passer inaperçu en adoptant la bonne attitude. Son chapeau d'ébène lui permettait de cacher la moitié de son visage, et lorsqu'il marchait en évitant le champ de vision de ceux qui l'entouraient.

Ce soir-là, sa longue veste qui tombait sur l'arrière de ses jambes, les harcelait en claquant dessus, sous le grand vent qui menaçait de faire tomber son couvre-chef qu'il tenait fermement à la main. Ce soir-là, ce n'était pas la soirée idéale pour sortir. Les courants d'air étaient affreusement violents et présageaient une tempête furieuse dans les heures qui suivront. Il était bien le seul individu, le seul démon en l'occurence, à être de sortie.Les avenues du village dans lequel il était, demeuraient singulières vides. Les volets étaient clos. Les lumières aussi. Au milieu de cette ville presque fantôme, il n'y avait cependant que quelques lueurs qui persistaient. Ce soir-il, il n'y avait que l'auberge d'ouverte. Une aubaine pour le Syrinx qui adorait ce genre d'établissement où l'atmosphère était si particulière...Malgré les effluves des humains qui s'y accumulaient comme un nuage toxique, il pouvait rester confortablement, et tranquillement, installé dans un endroit chaud où il repérait quelques proies, se demandant de quelle façon il pourrait les torturer, ou les tuer.

La porte de l'auberge offrit une légère résistance à cause du vent qui exerçait sa force divine dessus. Il finit par la tirer vers lui, et s'y engloutir vivement, avant de la laisser claquer derrière lui. Quelques regards intrigués se levèrent alors avant de se reconcentrer dans leurs menus. Synëal sentit aussitôt l'odeur d'une blanquette de veau, d'une tranche de porc fumée, d'un café chaud au vin, et celle de l'hydromel qui imprégnait littéralement les planches de l'établissement, lui agresser les narines. La grande salle faisait penser à celle du taverne, avec un comptoir près de l'entrée, et un tenancier qui nettoyait répétitivement et lascivement ses verres en tournant un air grognon vers ses clients, attendant impatiemment qu'ils lui apportent l'addition. On n'aurait pas mieux rêvé d'un aubergiste pareil. Synëal lui adressa un clin d'oeil mystérieux, baissant légèrement la tête en guise de salutation, l'index et le majeur sur le bord de son chapeau, et alla se trouver une table. L'aubergiste le suivit du regard, intrigué, et recula d'un pas, avant d'heurter soudainement un jeune serveur qui s'était glissé derrière lui pour se rendre dans la réserve. Le pauvre se fit houspiller pour avoir fait preuve d'inattention, de ne pas avoir regardé où il allait...Et quand le propriétaire leva les yeux, l'étranger en veste miteuse avait disparu.

Il s'était pourtant réfugié derrière un groupe de bûcherons – ces tueurs d'arbre – dont les bras justement étaient presque aussi larges que des rondins de bois. Et derrière eux, non seulement, le démon faisait pâle figure, mais il était très bien caché. Pas longtemps après, le serveur soi-disant maladroit arriva vers lui et prit sa commande. Du coin de l'oeil, Synëal aperçut une serveuse qui les regardait tous les deux avec une certaine crainte, et vu les tressaillements de son nez, il s'agissait aussi de dégoût. Cela l'amusait réellement de voir qu'il procurait une émotion autre que l'intérêt aux autres. Ils ne savaient vraiment pas ce qu'ils rataient. Il commanda un steack à cheval, des haricots et des pommes de terre rissolées, puis glissa au serveur un mot qu'il devra transmettre à sa collègue. Et c'est ce qu'il accepta avec un léger signe de tête. Le démon afficha franchement un grand sourire et se laissa aller sur sa chaise, en observant maintenant la serveuse qui regardait le jeune homme venir vers elle d'un air perplexe et un peu inquiet. Quand elle entendit le message, elle tourna soudainement la tête vers le démon, qui la dévisageait désormais avec ses yeux perçants de félin en quête de viande.
Nooon, le menu ne serait pas ce fameux steack avec son oeuf dégoulinant...Nooon, ce sera de la viande palpitante, saignante, et encore vivante sans doute! Délicieux.
Sa proie s'approcha alors insouciamment de lui, et se mit à triturer son tablier.


« Excusez-moi...Stefen m'a dit que vous vouliez me parler?

-En effet. », répondit simplement Synëal.

« Et...de quoi donc, au juste? », fit-elle, plus hésitante.

-En fait, je voudrais bien insister sur le fait que votre visage-là...ce truc qui vous sert de masque de chair... » Il fit tourner ses doigts devant son propre visage. » ,...est vraiment odieux, et trouble ma vision. Si bien que mes yeux me piquent, et ne tarderont pas à se vider leurs sécrétions lacrymales sur cette table. »

Elle écarquilla tout d'abord les yeux, sa bouche s'ouvrant en même temps sous la stupeur.
Ça t'apprendra à me dévisager comme une bête de foire, espèce de truie arriérée.


« Vous êtes un goujat! Je vais vous faire exclure d'ici!

-Cela m'étonnerait fort. C'est moi le client, c'est moi le roi. Et c'est grâce à des clients comme moi que vous gagnez votre salaire. Alors maintenant, dégagez de ma vue et allez avouer à votre mari que vous vous êtes faite tirer comme une vache par votre patron hier soir!

-Co...Comment..., commença-t-elle, avant de s'enfuir vers les escaliers, étouffant ses sanglots dans son torchon.

Synëal poussa un long soupir de satisfaction en s'installant tout au fond de sa chaise en se redressant et interpela le dénommé Stefen pour lui demander d'être assez gentil et de lui ramener une pinte d'hydromel. Son alcool favori. Il garda son sourire narquois et sentait bien qu'il n'allait pas le perdre. La soirée ne faisait que commencer.


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MessageSujet: Re: Faire face à soi-même. (Pv Nala' )   Ven 31 Aoû 2012 - 23:22

Il était tard, la soirée était morne, rien d'intéressant ne s'était passé, et Naladrial commençait à piquer du nez dans sa choppe. Oui, elle avait trop bu. Non, ça ne lui arrivait pas souvent. Mais ce soir-là ... Ce soir là ... La réunion avec les rebelles devaient avoir lieu la semaine suivante. Et depuis quelques temps, elle n'arrivait pas à s'enlever de la tête ce moment tant attendu, le moment où, enfin, elle aurait l'impression de faire quelque chose de concret. Et, avec ce constat étaient venues d'autres pensées, plus sombres ... Tellement sombres. Nala' était habituellement une jeune femme heureuse, quelque peu impatiente et parfois terriblement tranchante. Mais sombre, jamais. Elle était la lumière, la lumière à l'état pur. Mais ce soir-là ... Pas ce soir-là. En entrant dans la taverne, quelques heures plus tôt, elle avait seulement l'intention de boire une choppe, peut-être terroriser deux ou trois hommes qui la colleraient de trop près, puis retourner chez elle rêvasser encore à la fameuse réunion. Mais ... ça ne s'était pas passé comme prévu. Assise seule au bar, elle avait commandé sa première choppe, avait effectivement laissé échapper quelques commentaires désagréables aux hommes qui la courtisaient, et ri un grand coup avec le barman, qu'elle commençait à bien connaître, jusqu'à ce que ... jusqu'à ce qu'elle se remette à penser à la réunion. Et qu'au bout du compte, elle se dise ... qu'avant ça, sa vie n'avait servi à rien. Qu'en fait, cela faisait maintenant presque 25 hivers qu'elle était complètement inutile ... et que toute sa souffrance antérieure n'avait servi à rien du tout. BREF, elle n'allait pas bien du tout. Et le barman, l'aimant bien, lui paya quelques tournées, pour «l'aider à se sentir mieux», selon ses propres termes. Mais l'elfe, peu habituée à boire, ne se sentait pas vraiment mieux ...

Tout cela pour dire que, alors qu'elle commençait à s'endormir dans sa quatrième, cinquième, heu, sixième ? choppe de bière, elle entendit quelque chose. Quelque chose ... d'intéressant. Elle redressa la tête, le regard vitreux, et ses oreilles se mirent à bouger lentement, cherchant l'angle idéal pour comprendre ce qui se disait. Tiens, tiens, tiens ... Un client insultait la serveuse ! C'était méchant, et c'était totalement gratuit. En temps normal, Nala' se serait indigné. Elle se serait levé, aurait toisé l'importun d'un regard rempli de dégoût, et serait aller réconforter la pauvre demoiselle. Mais ce soir-là, ce soir-là ... Ce soir-là, l'elfe n'en avait que faire des déboires d'une serveuse qui, en vérité, était réellement laide. De ce fait, elle resta à sa place, assise bien sagement, le nez dans sa choppe, à rire toute seule, trop saoule qu'elle était. Le problème, quand on est saoul, c'est que rire discrètement est quasi impossible. C'est pourquoi l'elfe se mit à rire tellement fort que le barman se mit à rire aussi, amusé de la voir rire. Et l'éclat de rire se diffusa, ce qui rendit la petite serveuse encore plus mal ... puisqu'elle cru que tous riaient d'elle. Le lendemain, d'ailleurs, Naladrial s'en voudrait beaucoup. Mais pour l'instant ... elle ne savait que rire. Rire de la situation bizarre, rire d'elle-même, rire jaune de sa vie inutile. Et elle riait, et riait encore ... Jusqu'à ce qu'elle s'arrête net. Elle avait une envie folle de pleurer, de se vider de toutes ses larmes sur ce bar, devant la salle comble. Mais elle ne retint. Elle ne versa pas une goutte, trop orgueilleuse pour laisser sortir son chagrin qui, au fond, était aussi inutile que le reste ... Broyant du noir plus que jamais, alors que les autres continuaient de rire et de s'amuser, elle commanda une autre choppe qu'elle cala en une gorgée. La soirée n'était pas finie ... et elle allait visiblement être longue !
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Synëal Muspell

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Fiche de Personnage : Le Botaniste Ardent


MessageSujet: Re: Faire face à soi-même. (Pv Nala' )   Jeu 8 Nov 2012 - 16:10

Valentine était née dans une famille d'agriculteurs modestes, très modestes, dont l'habitude de vie tenait plus à la paresse lascive, qu'au vrai labeur garni d'efforts. Son père travaillait la terre quand les occasions étaient bonnes, mais il ne se donnait jamais le courage de le faire quand cela exigeait de se retrouver dehors sous la froidure de l'automne. Sa mère n'était pas mieux : une sorte de dictatrice au foyer qui réprimandait son mari tout le temps et pour n'importe quoi. Elle était incroyablement perfectionniste, alors que leur bicoque n'avait rien d'un palais. Elle n'avait pas de travail, mais le fait de voir son mari et sa fille sous ses ordres lui apportait une rémunération satisfaisante...Valentine avait toujours vécu dans cette ambiance exécrable et cela détint beaucoup sur sa personnalité dans l'avenir. Enchainant les petits travaux comme femme de chambre, domestique, cuisinière, tanneuse, mais où son incompétence, son franc-parler, et sa rudesse remettaient tout en question, elle finit par se retrouver serveuse dans une modeste taverne, située à l'orée de plateaux de lune de Feleth. C'était un coin on ne peut plus accueillant, et les clients étaient toujours gais et loquaces. Une occasion rêvée pour elle de défouler sa mauvaise mine sur ces badauds si joyeux. Le patron devait être maladroitement aveugle, ou alors subjugué par le charme inventé de Valentine pour l'engager. Car elle fut véritablement embauchée. De là, elle put martyriser en douce les gens de passage, qui n'osaient pas se plaindre au patron, qui craignaient surtout de répandre des rumeurs futiles qui n'auraient fait que nuire à cet admirable établissement. Valentine était la croûte qu'on grattait et qui revenait tout le temps...

Mais aujourd'hui, là, à cause de ce fichu client roux odieux et suffisant, c'est toute sa rancœur, sa malhonnêteté, son amertume qui se retournait contre elle. Les larmes étaient parties toutes seules, son cœur s'était déchiré, sa gorge s'était bloquée. Elle se souvenait avec une horrible terreur qu'elle avait déjà tenu ces propos à une pauvre mère qui n'arrivait pas à faire taire sa fille, à peine un bébé, qui pleurait et pleurait...Après le passage de Valentine, ce fut au tour de la mère de pleurer, et de prétexter qu'elle était en deuil avant de s'en aller le dos courbé. Serrant son tablier dans son petit poing, elle partit rejoindre le tenancier directement dans son office.

De l'autre côté, alors que l'hydromel clapotait au fond de sa pinte en bois, Synëal dressa l'oreille. Quelqu'un d'autre s'esclaffait. Ce n'était pas un rire de joie. C'était un rire désordonné, haché de spasmes sans doute alcoolisés. Il jeta un coup d’œil et aperçut une jeune femme en retrait au comptoir, légèrement affalée sur le meuble, regardant d'un œil torve la serveuse s'enfuir dans les coulisses des cuisines. Il pinça la lèvre d'un air circonspect. C'est bien ce qu'il pensait, celle-là était ivre. Elle était charmante, jolie, avec des attributs dont n'importe quel homme se serait volontiers satisfait, revêtue d'une armure cuivrée...ou alors dorée mais qui avait déteint au fur et à mesure de ses usages. Au fond de ses yeux embrumés par l'alcool, luisait encore une lueur espiègle, ce qui rajoutait à son minois aux traits fins une beauté particulière. Il appréciait la façon dont son nez se finissait en pointe, et qui donnait alors au tout une élégance que les femmes enviaient. Et c'était dommage que cette beauté s'étiole quelque peu sous l'effet d'un cocktail d'alcool. Avec un petit haussement d'épaules pour lui-même, il estima qu'elle aussi devait avoir des soucis à ruminer au fin fond d'elle.

Il patienta après sa commande, mais le gloussement éperdu de la jeune femme eut raison de lui. Malgré que son rire inspirait chez lui un sentiment d'amusement sarcastique, il aimait profiter de ses diners sans aucun élément perturbateur. Il se leva, et sans même repousser sa chaise, la rejoignit en quelques pas.


« Excusez-moi, vous êtes...? » ,fit-il en tendant un doigt interrogateur vers l'inconnue. « Hum, non, oubliez plutôt ma question. Qu'est-ce qui vous fait tant rire que ça? Est-ce moi ou cette morue qui j'ai envoyé paître derrière son comptoir? »

Des échos commencèrent à monter des cuisines. Et autour des tables proches de celles-ci, les conversations prirent un ton différent, un ton curieux et perplexe. Synëal ne s'était pas imaginé que la poudre prendrait immédiatement feu. Il tourna la tête vers la porte où la voix de Valentine résonnait de plus en plus fort, puis poussa un soupir sonore.

« Bon sang...Elle n'en a pas encore eu assez...?» Il tourna ses yeux ambrés vers la jeune femme, la dévisageant quelques instants. « Et vous alors, vous n'avez pas encore assez bu? Lâchez cette pinte. » Puis plus bas. « Vous ressemblez à un poisson qu'on tente d'étouffer. »

Amusé par l'ironie de sa réplique, il afficha un sourire plus macabre qu'il ne l'aurait voulu.
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Faire face à soi-même. (Pv Nala' )

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