''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Prologue - Le chemin de l'éternité. [SEUL]

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Fearghas Forrester



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Race : Humain
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MessageSujet: Prologue - Le chemin de l'éternité. [SEUL]   Ven 20 Juil 2012 - 23:12

La pièce était carrée et plutôt sombre. Il y avait bien une fenêtre au travers d'un des épaix mur de pierres mais, cette dernière était fermée et une paire d'épais rideaux rouges étaient tirés, obstruant ainsi les rayons du soleil et l'empêchant donc d'illuminer l'endroit de sa chaude lumière. Au centre, il y avait une grande table de bois rectangulaire installée sur un tapis usé où se trouvait également un fauteuil rembourré, tourné vers la table.

Cette dernière était forte encombrée, il y avait quelques livres aux apparences neutres disposés par-ci et par là sans que cela ne témoigne d'une organisation particulière. En fait, on aurait plus dit qu'ils avaient été déposés là dans le but de les ranger après mais, que cela ne fut jamais fais et qu'ils s'étaient donc entassés les uns après les autres. Mais, les livres n'étaient pas les seuls résidents de la table, il y avait aussi quelques parchemins et quelques vieux papiers griffonnés. Une loupe se trouvait d'ailleurs posée sur l'un d'eux et enfin, il y avait aussi quelques outils comme un compas, un rapporteur, un coupe-papier ou même une règle ainsi qu'une bougie blanche à l'aspect déformé, signe d'une longue utilisation.

Elle était allumée mais, sa frêle flamme ne parvenait pas à éclairer toute la pièce, forçant alors les ténèbres à se tarir dans les angles. Le silence était omniprésent et il ne semblait pas y avoir une seule âme vivante ici mais, pourtant, il y avait bien un homme en ces murs. Un homme très vieux et installé dans le fauteuil, livre à la main. Il semblait absorbé par sa lecture et ne bougeait presque pas si ce n'était seulement pour tourner une page ou retirer sa pipe de sa bouche quelques instants, le temps d'expirer la fumée.

Sur la couverture du bouquin, l'on pouvait distinguer quelques mots écris gras et en rouge. Il s'agissait d'un nom et d'un prénom, ceux d'un très célèbre alchimiste, connu pour avoir écrit ce qui était devenu plus tard, le référentiel de l'alchimie mais, aussi connu pour avoir été le disciple d'un homme réputé malfaisant. Ce dernier été connu, lui, pour avoir mené de longues recherches sur l'élixir de longue vie et pour avoir été mis à mort car soupçonné d'avoir voulu mettre sa théorie en pratique. Un jugement un peu rapide et fragile mais, qui lui avait quand même valu la mort. Son disciple quant à lui s'était enfui et il ne fut attrapé qu'après une cavale de plus d'un an. Mis en prison dans un premier temps, il écrit là-bas le livre qui fera sa réputation. Il formula aussi et dans ce dernier, une réplique qui persistera jusqu'à nos jours et qui résumait en quelques mots, sa façon de penser.

Par la suite il fut sorti de prison et condamné à la peine capitale. Le jour de son exécution, il affirma qu'il avait reproduit les études de son maître et qu'il les avait cachés quelque part, que celui qui était le plus malin mette la main dessus, ainsi connaîtrait-il le secret de l'éternité. Cette annonce fut le sujet de vives polémiques entre ceux qui n'y croyaient pas et ceux qui y croyaient. Cependant, personne ne retrouva ces études et petit à petit, son dernier dire fut oublié des mémoires ... Mais cependant pas des livres. Fearghas Forrester, lui, faisait partis de ceux qui y croyaient et, après avoir longuement lu sur ces deux personnages, il s'était mis en tête de retrouver ces notes. Cependant, il ne savait pas par où chercher et il pensait que le référentiel lui donnerait quelques indices, s'il faisait très attention. Néanmoins et pour maximiser ses chances, il avait retrouvé le possesseur de l'exemplaire original, celui qui avait été écrit en prison, et il le lui avait racheté pour une somme forte élevée. Si par hasard quelques symboles ou signes distinctifs se trouvaient dans le livre d'origine, il se pourrait qu'ils aient disparus dans les pages de ses nombreuses copies.

Hélas, il l'avait déjà relu plusieurs fois et il n'avait rien trouvé. Pas une lettre, pas une majuscule ni même une ponctuation ne semblaient trop particulières pour se prêter à un code. Bien qu'il était difficile de comprendre ce qu'il était écrit, il n'y avait rien de bien extraordinaire en ces pages jaunies par le temps. Qu'est-ce qui le faisait penser que cet écrit pourrait l'orienter ? La citation du disciple : " J'ai placé ma science dans ma conscience. " Une citation qui a première vue ne voulait pas dire grand-chose mais qui avait pourtant un sens caché. Fearghas l'avait remarqué, la copie originale ne ressemblait à rien aux autres livres pour la simple raison qu'elle était écrit à la première personne alors que ses copies étaient neutres, à l'image de simples livres de cours.

Quelque part, ce livre pouvait représenter la conscience de cet homme et il aurait donc caché la copie des études, ou du moins un indice sur leur planque, dans les écrits de ce bouquin. Mais, même après plus de deux semaines d'études, Forrester n'avait rien trouvé de suspect dans ce ton personnel. D'ailleurs, il n'avait surement pas été le premier à penser à cette éventualité et nombreux devaient être ceux qui s'y étaient essayés mais sans succès. Pourquoi aurait-il plus de chance que les autres ? Il n'en savait rien mais il s'obstinait quand même. Les heures passèrent rapidement et il s'arrêta finalement, trop fatigué pour continuer. Refermant le fameux livre, il ôta ses lorgnons et se frotta les yeux de son pouce et de son index gauches tout en soupirant.

Il déposa ensuite l'écris sur la table et se relâcha sur son fauteuil. Lola était ici et elle n'avait pas osé troubler la concentration de son maître mais maintenant qu'il avait fini, elle entreprit de lui parler un peu.

- Vous allez bien maître ?
- Pas mieux que toutes les autres fois Lola.
- C'est à cause de ce livre, n'est-ce pas ?
- Oui.
- Vous n'arrivez vraiment pas à le percer ?
- Non.
- Alors pourquoi vous obstinez-vous ?
- Parce que.
- Je vous en prie.
- Parce que je suis persuadé que le disciple de Alchim avait dit vrai et qu'il a dissimulé quelque chose dans ce livre !
- Mais si ce n'était pas vrai ?
- Je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas vrai.
- Je ne vois pas pourquoi ça le serait. Personnellement, je n'y crois pas donc tout est une question de point de vue.
- Pourquoi donc ?
- Cet Alchim était un être mauvais et son disciple l'était aussi. Les notes ont étés détruites par les autorités de l'époque et je doute franchement que son élève ait pu en faire une copie.
- Son élève était très proche de lui, il se pourrait parfaitement qu'il ait acquis la recette et à ce moment, rien ne l'empêchait de faire un double.
- Admettons, pourquoi cet élixir vous captive-t-il tant ?
- À ton avis ?


La fée regarda sa barbe.

- Mais non ! Enfin si, mais ce n'est pas que pour ça ! Ce n'est d'ailleurs pas pour ça du tout ! C'est pour la science Madame !
- La science ?
- Parfaitement ! J'arrive en fin de vie, mon crétin de fils n'a pas voulu reprendre mon héritage et je n'ai pas envie qu'il se disperse avec ma mort !
- Mais quelqu'un d'autre le redécouvrira un jour, n'est-ce pas le cycle de la vie ?
- Ça serait une perte de temps monumentale ... Et puis j'ai appris à m'en servir, crois-tu qu'un autre homme sera forcément s'en servir ? Qui te dis qu'il ne causera pas que mort et destruction avec ?


Lola ne répondit pas. Le vieux Fearghas n'avait pas tord mais de là à vouloir aller contre la nature en évitant la mort ... Elle était suspicieuse et doutait de la véracité de cette histoire d'élixir. Cependant, elle ne voulait pas non plus aller contre son maître, il ne se trompait que très rarement.

- Mais eu lieu de chicaner, tu n'aurais pas une idée par hasard ?
- Non ... Enfin, pas encore mais peut-être que si vous me laissez le temps d'y réfléchir, j'en aurai une.
- Soit, le livre est devant toi. En attendant, je vais aller corriger mes copies. Amuse-toi bien Lola !
- De même pour vous, maître.


Dit-elle avec un air malicieux. Elle le savait bien, corriger des copies qui s'avéraient parfois aberrantes était un travail long et fastidieux pour Fearghas, d'autant plus qu'il n'aimait pas vraiment ça et qu'il en avait plus que d'habitude cette fois-ci ! Se levant donc péniblement, il alla s'installer à son bureau, quittant la pièce et laissant Lola seule avec le livre.

- Allons-y !
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MessageSujet: Re: Prologue - Le chemin de l'éternité. [SEUL]   Sam 21 Juil 2012 - 15:17

- Mais ce n'est pas de la science ça, c'est du charabia !

S'exclama Lola en refermant brutalement le livre. Bien que ce dernier était très lourd pour sa petite et frêle constitution, elle était arrivée à le refermer tellement fort que le claquement de l'air engendré était retentissant. Remarque, cela pouvait aussi être dû à l'écho mais quoi qu'il en soit, la fée était en colère. C'était un fait très étonnant puisque Lola ne s'énervait jamais, même lorsqu'une situation prêtait à l'énervement car parvenant toujours à canaliser ses nerfs dans l'humour. Mais cette fois-ci, c'était diffèrent, ces écrits l'avaient énervé à un tel point qu'elle n'y était pas parvenue. En même temps, pour une créature du monde du dessus, lire quelque chose d'aussi malsain n'était pas une tâche aisé. Fearghas était un Humain et il y était donc quelque part habitué, mais elle non.

Il y avait d'ailleurs une rumeur qui circulait à propos de l'alchimiste comme quoi il ne serait pas un homme mais plutôt une créature maléfique à l'apparence humaine venue d'un autre monde qui ne l'aurait pas satisfait. C'est étrange comme rumeur car totalement infondée, qu'est-ce qui avait bien pu susciter un pareil délire ? En même temps, il fallait reconnaître que lorsqu'une affaire tournait mal, il y avait toujours des rumeurs et des légendes extravagantes qui circulaient au sujet du ou des principaux concernés ... Ce que les gens peuvent avoir de l'imagination et du temps libre. Mais tout de même, ces écrits et leur narration dégageaient quelque chose de bien peu rassurant, quelque chose d'angoissant qui vous mettait mal-à-l'aise et qui vous énervait de surcroît car la tournure du langage les rendait difficiles à comprendre. C'est peut-être pour ça que la narration à la première personne et le ton personnel du livre d'origine avaient été supprimés de ses copies.

La fée observa le livre refermé, des idées dangereuses comme le fait de le brûler ou de le déchirer lui traversaient l'esprit à ce moment-là mais elle essaya de décolérer. Forrester avait payé très cher cet ouvrage, elle ne devait surtout pas le détériorer. Cela dit, elle remarqua que l'un des angles de la couverture en cuir du livre était quelque peu décollé. Maniaque dans l'âme, elle tenta d'abord de le recoller en appuyant dessus à plusieurs reprises, mais voyant que cela ne fonctionnait pas, elle y mit plus de force. Le tissu se recolla ... Un moment seulement avant de se re-décoller de nouveau. Déjà en colère et pris d'une soudaine rage, elle l'attrapa et tira dessus violemment, décollant alors une bonne partie de la couverture !

- Voilà ! T'es content comme ça ?

Mais son regard s'arrêta brusquement sur le livre et constata que les traces de colle formaient un étrange gribouillis. C'était translucide, mal-formé et désordonné mais à bien y regarder, on croirait distinguer des motifs géométriques incomplets. Elle se rapprocha alors du livre, soudainement calme, et observa l'intérieur du cuir. Il y avait de la colle qui était restée accrochée dessus. Elle en décolla un morceau et tenta, comme pour un puzzle, de retrouver sa place sur le plat verso. Elle ne mit d'ailleurs pas longtemps et une fois assemblé, le " trou " circulaire incomplet dans la colle prit la forme abstraite d'une flamme ...

- Oh ?

Surprise par sa découverte, elle s'empressa d'arracher le cuir du plat recto et constat là aussi la présence de ces étranges motifs. Elle repensa alors à la phrase du disciple : " J'ai placé ma science dans ma conscience. " ... Le vieux Fearghas n'avait pas tord mais il n'avait seulement pas cherché au bon endroit ! Comme la majorité des gens d'ailleurs ! Mais, elle se demanda tout de même comment était-ce possible que personne ne l'ait remarqué avant. La réponse était simple, les nombreuses copies du livre avaient égarés les curieux. Quant à ceux qui avaient eu le livre entre les mains, il leur était tout simplement impensable de le détériorer ...

Elle referma aussitôt l'ouvrage et, emporté par sa joie, le souleva pour se rendre dans le bureau de Fearghas. Seulement, elle avait peut-être sur-estimé ses forces et elle dû le lâcher brutalement, à peine arrivée au-dessus de son bureau. Ce dernier s'écrasa sur le tasse de l'archimage et déversa son contenu brûlant sur les copies qu'il était en train de corriger avant de dégouliner sur ses affaires.Le vieil homme se leva en sursaut, criant à la douleur et s'agitant dans tous les sens avant de se saisir d'un pot de fleurs posé sur le rebord de sa fenêtre et de renverser son eau sur la grande tâche qu'avait formé son thé, au niveau de son bas ventre. Seulement, cette dernière était un peu froide et le fit sursauter davantage. Le comble de tout, c'est qu'il ne trouva rien de mieux à faire que d'utiliser sa barbe pour essuyer l'eau et forcément la précipitation entraîne la maladresse, ainsi brusqua-t-il sa bourse et fut-il accablé d'une douleur supplémentaire. Mais son malheur ne s'arrêta pas là ! Il glissa sur la flaque qui s'était formée au sol et, en voulant se réceptionner, il s'agrippa aux rideaux qui ne purent supporter le poids de sa chute et qui cédèrent donc, se laissant tomber sur lui, eux et leur tringle.

Lola éclata de rire mais Fearghas, lui, ne rigolait pas. Il se débattait sous le rideau pour ôter ce dernier mais il semblait avoir du mal à prendre le dessus.

- Oh mais je commence à en avoir assez de toutes ces sottises !

Grogna-t-il avant de crier " Alakazam ! ". Un flash lumineux apparu sous le rideau et juste après, ce dernier ainsi que la tringle furent projetés sur le mur opposé, brisant au passage un cadre qui tomba à terre. Forrester se releva, rangeant aussitôt sa baguette dans sa poche intérieure, et il remarqua que Lola était allongée mollement sur son bureau en train de s'étouffer à force de rire.

- Rigole Lola ! Je me demande bien ce qu'il t'a ... Mais ! Mais qu'est-ce que tu as fait ?!

S'exclama-t-il en voyant les copies tâchées.

- Oh non ! Mais non ! Non ! Mais quelle triple sotte ! Ce n'est pas vrai !

Dit-il en exagérant la dernière syllabe. Elle s'arrêta brusquement de rire et d'une petite voix, elle lui répondit :

- Ce n'est pas si grave non ?
- Tu te moques de moi ? Je devais les rendre à mes élèves demain matin ! Je vais faire comment maintenant ? Tu peux me le dire ?
- ... Bah vous pouvez les leurs faire refaire ?
- Non !
- Ou leur donner tous vingt, ça ne sera pas plus mal et puis ça effacera votre image de vieux mal vieilli ... Comme ils disent.
- Je ne ... Mais de quoi tu parles là ? Mes élèves ne me considèrent pas comme une personne aigrie !
- Bah si ... Ça se voit que vous écoutez pas les discussions dans les couloirs vous.


Fearghas afficha un visage neutre et dépité avant de se rasseoir. Il prit toutes les copies et écrit un zéro dessus avant de les mettre de côté.

- Ça c'est réglé.

Puis il découvrit le livre, tâché lui aussi, mais surtout, il vit la couverture décollée. Aussi, l'attrapa-t-il par le bout des doigts et le souleva-t-il. Il soupira.

- Tu m'expliques ça, Lola ?
- Oui ! J'ai trouvé les notes !


Fearghas ne dit rien, il étaitimmobile et silencieuxmais elle non plus ne disait rien. Il eut donc un long moment de mutisme puis Forrester le brisa.

- Mais parle bon sang !
- Euh ... Oui ! Regardez les traces de colle ! Elles forment des symboles abstraits mais cohérent !


L'archimage hésita un instant puis il observa la colle mais ne vit rien si ce n'étaient des simples traces.

- Elles sont incomplètes ! Regardez ! Si vous prenez les morceaux collés sur le cuir et que vous les combinez à ceux restant sur le plat, vous obtenez les symboles dont je vous parle ! J'ai déjà reconstitué une flamme !

Il fronça les sourcils et observa les traces de plus près. Effectivement, il y avait bien des symboles à reconstituer.

- Prodigieux !

Dit-il en écarquillant les yeux. Le disciple avait dit vrai ! Cependant, une question lui vint à l'esprit.

- Tu as trouvé ça comment ?
- Euh ... J'étais en colère. Un peu par hasard quoi.


Fearghas ne répondit rien, du moins, pas tout de suite.

- Vous ne pensez pas que vous me devez quelque chose ?
- Si Lola. Je retire ce que j'ai dit et je te pris de m'excuser. Merci beaucoup pour ton aide !
- Hum ... Ce n'est pas assez je trouve.
- Comment ça " ce n'est pas assez " ? Tu veux que je fasse quoi d'autre ?
- Que vous dispensiez les élèves ... Après tout, ce n'est pas de leur faute.


Il inspira lentement.

- ... Entendu ! Si ça peut te faire plaisir.
- Oh que oui, mon cher maitre !


Rajouta-t-elle avec un large sourire. Suite à cela, Fearghas observa longuement les deux côtés puis il décolla doucement le reste de la couverture.

" Il va me falloir un crayon, un plateau, un couteau et du papier. "

Pensa-t-il. Il avait un long travail qui l'attendait, encore plus long que celui de ses copies. Il lui fallait gratter les morceaux de colles sans les abîmer, reconstituer le puzzle et le décalquer pour en avoir un aperçu plus net. Probablement y passerait-il toute la nuit.

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MessageSujet: Re: Prologue - Le chemin de l'éternité. [SEUL]   Dim 22 Juil 2012 - 11:48

Fearghas se frottait les yeux. Il baillait et s'étirait car il était fatigué ainsi qu'endoloris par son travail de reconstitution. La nuit se terminait à vue et déjà au loin, l'on pouvait apercevoir les premières lueurs du soleil, au travers de cette fenêtre récemment dépossédée de ses rideaux. Par ailleurs, il y avait plusieurs bougies aux corps totalement consumés sur son bureau, signe d'une longue veille. Maintenant, toute cette peine n'avait pas été veine puisque le puzzle avait été reconstitué ! Forrester s'en félicitait mais, à première vu, l'on ne pouvait pas distinguer grand-chose. D'ailleurs, il entamait maintenant le travail de décalquage.

Posant donc délicatement sa feuille sur cette colle en morceaux, il prit son crayon et commença à caresser le papier avec la mine. Le principe était de faire ressortir le relief pour en avoir une meilleure appréciation sans pour autant abîmer la source. Le problème étant le puzzle en question était très instable car n'adhérant en rien à son support, il lui fallait donc être très délicat mais aussi patient, la feuille était grande et il ne pouvait pas faire de grands gestes ...

Une petite demi-heure s'écoula et, alors qu'il n'avait terminé que le quart de son office, Lola vient le perturber. Elle lui rappela qu'il était déjà six heures et qu'il devait se préparer pour aller à l'école. Oui oui, parfaitement, pour aller à l'école. Lola appréciait tout simplement cette phrase parce qu'elle ne plaisait pas du tout à son maître qui trouvait que cela le faisait rajeunir un peu trop. Il n'était plus un enfant pour aller l'école ! Certes, il était professeur et avait donc des cours à dispenser, mais il ne s'agissait plus là de se rendre à l'école mais d'aller travailler ! Et justement, la fée renchérit.

- Travaillez bien aujourd'hui, maitre !

Fearghas s'arrêta, lassé par la provocation de sa fée mais surtout par sa fatigue et il prit l'initiative de lui répondre.

- Lola, il n'est que six heures. Tu peux tout de même me laisser encore un peu de temps non ?
- Mais les cours commencent à sept heures maître ! Vous ne devez pas être en retard !
- Je le sais ! Mais il est encore un peu trop tôt ! Il ne me faut quand même pas une heure pour réunir quelques papiers et un livre avant de descendre en classe !
- Pour ça non, mais pour vous soigner un peu, si. Vous auriez besoin d'une bonne toilette, regardez l'état de votre barbe un peu ! Elle est complètement emmêlée !


Forrester l'observa et constata avec surprise que la fée disait vrai.

- Certes, mais un coup de peigne ne prendra qu'une minute ou deux.
- Vos paupières pendraient presque, vos yeux sont rougeâtres, votre visage crie à la fatigue et vos cheveux sont gras !
- Et bien je me rafraîchirai un peu avant de partir, c'est l'affaire de quelques minutes là aussi !
- Maître, ce n'est pas sérieux du tout. Je comprends que ce travail vous passionne et que vous voulez y accorder du temps mais il ne faut pas pour autant négliger vos priorités !
- C'est le dernier jour avant les vacances, ils ne m'en voudront pas si je suis un peu retard.
- Je ne parle pas de retard mais savoir vivre ! Levez-vous et allez vous laver avant que vous n'en ayez plus le temps !
- ... Ah mais qu'est-ce que je ferais sans toi Lola !
- Ce qu'il vous plairait, surement. C'est-à-dire, rien de bon !


Forrester avait l'impression d'être un enfant essayant vainement de négocier avec sa mère. Il n'était plus en âge de se faire dicter sa conduite et surtout par une fée mais, elle n'avait pas tort et Fearghas savait reconnaître les bons conseils, surtout lorsqu'ils étaient aussi sincères ! Il se leva donc, en râlant un peu, mais il écouta sa fée et alla se " nettoyer " un peu bien que l'eau n'était pas chaude mais qu'importe, cela lui remettait les idées en place. Parfumé, brossé et propre, il alla revêtir sa tenue de professeur, une sorte de longue et large robe noire faite d'un textile aussi souple que léger et il prit aussi le chapeau à pointe qui allait avec, c'était un élément indispensable ! Livre de cours en main, il réunit aussi les copies des élèves mais voyant qu'il était presque sept heures, il prit aussi son bâton et il descendit en classe.

Habitant dans les étages supérieurs de la tour, il avait tout de même un peu de marche à faire avant d'arriver à sa destination et le moins que l'on pouvait dire, c'est que cela était éprouvant pour lui, surtout avec son état de fatigue, il n'avait pas dormi de toute la nuit ! Mais son appui était tout de même là pour lui faciliter la tâche. Arrivant devant la porte après quelques longues et épuisantes minutes de marche, alternant descentes en escaliers et couloir à longer, il prit le temps de reprendre son souffle et finit par pousser cette dernière. Ses élèves étaient tous là, assis et silencieux. Il était en retard de quelques minutes quand même et la déception était lisible sur leurs visages traîtres. Ils s'étaient réjouis un peu trop vite ...

Ils se levèrent donc à son arrivée et, les saluant, il leur pria de se rasseoir. Il n'aimait que l'on se lève à son passage, c'était pour lui un signe de superbe, chose qu'il ne trouvait pas à sa portée. Il déposa les copies ainsi que son livre de cours sur son bureau puis il s'assit à son tour. Le silence était omniprésent et les élèves se demandait bien qu'elles pouvaient être leurs notes ! L'impatience était sensible mais Fearghas préféra d'abord aborder un autre sujet ...

- Avant que je ne vous rende vos copies, j'aimerais parler d'un point qui m'interpelle. J'ai entendu dire que pas mal d'entre vous me traitez dans mon dos de " vieux mal vieilli ". J'aimerais que nous éclaircissions ce point ensemble. Qu'est-ce que vous me reprochez exactement ?

Cela avait fort étonné Forrester. Il était un professeur très pédagogue, plutôt compréhensif et assez patient, c'était rare de nos jours ! Certes, sa méthode était en revanche très stricte mais ils n'allaient pas lui en vouloir pour ça ? Quoi qu'il en soit, aucun élève n'osait parler ...

- Je comprends que vous ayez certaines craintes vis-à-vis de ma question mais je vous assure que je suis prêt à tout entendre. Soyez francs et honnêtes avec moi tout comme je le suis avec vous. Qu'est-ce qui ne va pour que vous m'attribuiez une telle qualification ?

Le doute se traçait petit à petit sur les visages mais la prudence était mer de sûreté et aussi, personne ne prit la parole.

- Bien ! Si vous ne parlez pas, c'est la punition collective et le mot sur le carnet.
- Bah en fait ... On vous trouve trop sévère.
- Trop strict.
- Et trop sérieux.
- En détails ?
- La dernière fois, vous m'avez sanctionné parce que j'ai dit une blague.
- Blaguer au lieu d'écouter mon cours n'est pas acceptable. Ça s'appelle de l'impolitesse jeune homme et je ne tolère pas ça. D'autant plus que tu es là pour étudier et pas pour plaisanter !
- Mais je vous ai écouté !
- C'est pour ça que tu as su répondre à ma question ... J'espère pour vous que vous ne vous êtes pas amusés à me sortir de ce genre de mots pour de pareilles idioties ! Quelqu'un a un meilleur exemple ?


Il eut un court silence durant lequel les élèves semblaient à la fois réfléchir et à la fois ne plus vouloir parler. Mais ils se rappelèrent de la menace formulée il y a peu et aussi, quelqu'un d'autre prit la parole.

- Moi par exemple, vous m'avez enlevé cinq points gratuitement lors d'un examen parce que j'avais oublié de faire des phrases complètes !
- Parce que ton écriture était abominable, que ta présentation était toute aussi immonde et que ton orthographe était digne d'un enfant de cinq ans ! Tu crois que je n'ai que ça à faire que de passer la nuit à essayer de décrypter ta copie ? Tu crois que mes yeux ne sont pas assez fatigués comme ça ? Sérieusement ...
- Et moi la dernière fois, vous m'avez traité cancre et d'abrutis parce que je ne comprenais pas ce que vous disiez !
- Ce n'est pas que tu ne comprenais pas, c'est que tu ne voulais pas comprendre, différence ! Tu m'as fait répéter exactement huit fois mon cours et tu m'as posé à chaque fois les mêmes questions ! Et pour arriver à quoi ? Au fait que tu n'avais pas fait les devoirs que je t'avais demandés ! Si tu les avais faits, tu aurais compris et tu aurais évité de me faire perdre mon temps !
- Oui mais je n'ai pas eu le temps ! Je vous l'ai déjà dit !
- Tu as raison, aller faire la fête avec les copains c'est plus important. Ecoute mon garçon, dans la vie il y a des choix à faire et des conséquences à envisager ! Commence par assumer tes responsabilités et après, tu pourras me traiter de vieil aigri !
- Sinon, on a aussi remarqué que vous étiez bien plus sympa avec les filles qu'avec les garçons de la classe. Ce n'est pas juste !
- J'en aurais entendu des âneries ce matin ... Je ne suis pas plus " sympa " avec elles qu'avec vous, Messieurs. Simplement, il semblerait qu'elles soient bien plus enclines à travailler que vous ! Il me semble alors normal de les encourager ! J'ai n'ai jamais eu à me plaindre d'une seule d'entre elles ni même à les réprimander ! Et puis même, il ne s'agit pas d'une généralité puisque nombre d'entre vous aussi ne se sont jamais prit une seule remarque de ma part ! En fait, je me commence même à me dire que tout ceci est infondé et que les plus mauvais d'entre vous ont seulement cherchés un moyen de se venger de leurs mauvaises notes au lieu d'aller travailler et de prendre en considération mes conseils ! Maintenant pourquoi les autres les ont suivis, c'est ça que me tracasse et qui me désole ! Je ne suis peut-être pas le professeur " idéal " mais au moins, je fais mon travail comme il se doit ! Lors du dernier examen de passage, à quatre-vingt-dix-huit pour-cents, vous avez obtenu le plus haut taux de réussite dans votre élément ! Je me donne de la peine à vous instruire et à vous écouter, je me fatigue à répéter sans cesse et à expliquer ce que parfois même un singe aurait compris facilement, je me tue à corriger des copies parfois si mal faites que je pourrais le prendre pour une offense personnelle et à vous montrer malgré tout où est votre erreur et à vous expliquer comment ne plus la reproduire uniquement par soucis de votre réussite, et c'est comme ça que vous remerciez ?! Si vous voulez, je peux ne plus assurer le moindre cours, vous deviendrez des ânes bâtés, des ratés et des bons à rien mais vous aurez ce que vous voulez ! On fait comme ça bande de goujats ?


Silence. Fearghas n'était pas en colère mais il avait pris un ton de réprimande. Ce n'était pas tellement le fait qu'on le traite de " vieux mal vieilli " qui le dérangeait mais plus le but de ce qualificatif. S'il s'agissait d'une simple blague, il aurait passé dessus, après tout, il n'est pas irréprochable pour ne pas être critiqué mais là, ça traduisait un malaise. Certains élèves considéraient que leurs échecs étaient dus à lui au lieu de se remettre en question et les autres les avaient suivis alors qu'ils n'avaient aucune raison de le faire et ça, c'était inacceptable en plus d'être incompréhensible. Il espérait qu'en leur faisant un peu la morale, ils se rendraient compte de leur erreur et d'à quel point ils l'ont offensé mais personne n'osait rajouter quoi que ce soit.

- Auriez-vous soudainement perdu la parole ?
- ... Non Monsieur.


Répondit timidement un élève.

- Alors pourquoi vous ne dites plus rien ?
- Qu'est-ce que vous voulez qu'on réponde ? Excusez-nous et puis c'est tout.


Et le silence revint une fois de plus ! Mais cette fois-ci, c'était diffèrent. Les élèves semblaient gênés ... Il est vrai que la culpabilité est un sentiment insupportable.

- Pour votre dernier examen avant les vacances. J'ai malencontreusement endommagé vos copies et puisque je ne suis plus en mesure de les analyser, j'ai décidé de vous accorder à tous la note maximale. Estimez-vous heureux que j'ai pris cette décision avant d'entendre vos sornettes car sinon je vous aurai pénalisé. Et maintenant, sortez vos livres de cours, à la page cinquante-cinq, nous allons voir aujourd'hui le rôle de la lumière dans notre monde.

Et ainsi commença le cours. Certes, ces garçons et ces filles se sentirent mal pendant toute sa durée mais pourtant, il se passa correctement. Deux heures plus tard, c'était terminé et ils durent ranger leurs affaires pour prendre le cours d'alchimie. Fearghas ne leur donna que peu de devoirs cette fois-ci, ils en avaient assez eu comme ça pendant son cours, ce n'était pas la peine d'en rajouter. Mais alors que les élèves quittaient la pièce, une étudiante resta assise à sa place.

- Vous ne sortez pas Mademoiselle Wolf ?
- Si ... Mais pas tout de suite.
- Tiens donc ? Et pourquoi ?
- J'ai d'abord quelque chose à vous dire.
- Je vous écoute.
- Ce n'étaient pas les " plus mauvais d'entre nous " qui ont lancé cette mode mais c'était moi.


Mademoiselle Aline Wolf, probablement la fierté de sa classe. Cela surprenait l'archimage au plus haut point.

- ... Et qu'elle en était la véritable raison ?
- Il n'y avait pas de véritable raison. C'était purement et simplement gratuit, je voulais m'amuser un peu ...
- Vous avez une drôle de façon de vous amuser ...
- J'en suis consciente.
- ... Et maintenant ?
- Et maintenant je vous demande pardon.
- Mais je veux bien vous l'accorder, le problème n'est pas là.


Elle ne répondit pas. Forrester comprit alors pourquoi les autres élèves, qui en apparence n'avaient rien à lui reprocher, avaient suivis cette mode. C'est sur que si la meilleure se plaignait, les autres n'allaient pas se faire prier.

- Le problème était que vous n'auriez normalement pas dû avoir besoin de me le demander. Vous savez, j'avais placé la barre très haut pour vous.
- Je regrette sincèrement.
- Je n'en doute pas.
- Bien Monsieur. Dans ce cas, je peux quitter la classe.


Aussi se leva-t-elle et, ramassant ses affaires, se dirigea-t-elle vers la porte quand Forrester l'interpella.

- Cependant Mademoiselle, vous allez me faire deux heures de travail personnel supplémentaire par jour, après les cours, et cela pendant trente jours. Vous en profiterez pour faire une révision générale de votre élément, après quoi vous aurez le droit à un examen individuel qui sera compté dans le calcul de votre moyenne. Je vous souhaite de ne pas à sécher sur quelques questions parce que je n'aurais pas la moindre compassion pendant votre correction. J'espère que cela vous aidera à comprendre à que point vous me décevez. Passez une bonne journée.
- ... Bonne journée à vous aussi.


Dit-elle en s'en allant. Ne vous trompez pas, ça ne faisait pas du tout plaisir au vieux mage de punir cette étudiante qu'il affectionnait tant. Mais, qui aime bien châtie bien comme dit le proverbe. Son cours maintenant terminé, il remonta aux étages supérieurs et revint donc chez lui. Ce ne fut pas une matinée agréable, aussi bien pour lui que pour ses élèves mais après tout, cela fait quelque part partis du métier et il ne fallait pas s'arrêter là-dessus. Lola vint l'interpeller.

- Vous ne pensez pas que vous y êtes allé un peu fort avec vos élèves ? Et surtout avec cette pauvre Fille ?
- Tu laisses traîner tes oreilles partout toi décidément !
- Il le faut bien ! Mais répondez-moi s'il vous plait.
- Non je ne suis pas allé un peu fort avec mes élèves et surtout pas avec cette " pauvre " Fille. Autre question ?
- ... Non non.
- Bien.


Dit-il avant de se rendre dans son bureau personnel. Là-bas, il reprit son travail, malgré sa grande fatigue, et décalqua alors la totalité du relief, bien que cela lui prit plus de deux heures. Désormais, l'on pouvait clairement apercevoir l'étendue des notes mais, les formes avaient été déformées par l’aplatissement et il lui fallait maintenant reproduire le relief sur un papier vierge mais en corrigeant les imperfections pour pouvoir réellement analyser les études. Cela était bien plus facile pour lui que le décalquage mais là où ça se compliquait, c'est qu'il fallait déduire correctement et il était trop fatigué pour ça. Suspendant alors ses travaux, il alla troquer ses habits contre une tenue de nuit et il se coucha aussitôt, demandant au passage à sa fée de le réveiller en début d'après-midi ... Si elle voulait bien, bien sur.
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MessageSujet: Re: Prologue - Le chemin de l'éternité. [SEUL]   Mar 24 Juil 2012 - 1:14

- Réveillez-vous maître !
- Hummm ... Non, j'ai encore envie de dormir.
- Non il faut vous que vous vous leviez, vous avez du travail !
- Encore cinq minutes ...
- Vous m'avez déjà dis ça il y a dix minutes !
- ... Mais promis après je me lève !
- Ne faites pas l'enfant, debout !


Dit Lola en tirant sa couverture. Mais visiblement, Fearghas ne voulait pas se lever. Elle entreprit alors d'ouvrir la fenêtre. Le temps en début d'après-midi avait beaucoup changé et le soleil avait laissé place à la pluie et au vent. En même temps, c'était l'hivers, ce n'était donc pas étonnant. Mais la pièce se refroidissant brutalement, le sommeil du vieil homme fut rapidement balayé. Sans sa couverture, il ne pouvait plus se chauffer et s'il ne pouvait plus se chauffer, il ne pouvait plus dormir ! Il se rassit donc sur son lit, les idées encore embrumées, et ouvrit péniblement les yeux. Il l'avait l'impression de ne pas avoir du tout dormis et pourtant, ça devait faire déjà cinq bonnes heures qu'il voyageait dans le pays des songes.

Sa mémoire lui revint peu à peu et il se souvint alors qu'il avait demandé à sa fée de le réveiller à cette heure-ci. Reprenant ses esprits, il se leva enfin et remercia Lola pour son efficacité. Des fois, il se demandait vraiment à quoi ressemblerait son quotidien sans elle car après tout et malgré sa petite taille, elle lui rendait de fiers services et sans même exiger un retour. En même temps, pour un être venu du monde des anges, ce n'était que peu étonnant mais cela ne devait pas l'empêcher de l'apprécier à sa juste valeur.

Allant se toiletter puis se changer, il s'attela aussi vite que possible à son " travail personnel " et commença donc à recopier le décalquage. Mais avant cela, il lui fallait distinguer tous les motifs. En observant bien le premier calque, il cru reconnaître un schéma semblable à la table des éléments. Il y avait quatre triangles barrés bas et haut dont deux inversés. Cependant, les quatre symboles étaient reliés entre eux deux par deux et par des flèches circulaires de sens contraire. Par ailleurs, il avait à côté de chaque ligne une sorte d'indication en degrés, peut-être une température ou alors un angle. Par exemple, l'élément de l'eau était relié à celui de la terre et il y avait écrit 125.7° alors que le feu était relié à l'air et que la probable température était de 258.3° ...

Par ailleurs, il semblait y avoir plusieurs séries de chiffres à côté de chaque symbole, dont des fractions, des temps en minutes et des degrés, là aussi. Mais ce n'était pas ce qui intriguait le plus Fearghas. Ce qui l'intriguait le plus, c'était le symbole qui se trouvait au milieu de la table et qui semblait reprendre toutes les caractéristiques des quatre éléments. Forrester réfléchissait un peu, peut-être s'agissait-il d'une fusion ? Ou alors d'une fusion de produits déjà fusionnés puisqu'il n'y avait que deux flèches partant de l'air et de la terre. Là aussi il y avait beaucoup d'indications et surtout en degrés.

L'archimage recopia tout ceci sur la feuille blanche et d'une manière bien plus nette, pour en avoir un meilleur aperçu. Sur le plat recto il y avait, pour commencer un nouveau symbole carré et barré qui, suivis d'une flèche horizontale, semblait transpercer le symbole central de la table des éléments. En dessous, il y avait un cercle divisé en plusieurs '' compartiments '' de plus en plus étroits à mesure que l'on se rapprochait du centre. Des flèches là aussi partaient de ce même centre pour rejoindre les compartiments adjacents et ainsi de suite jusqu'à la '' surface '' d'où ils rejoignaient le schéma supérieur. Enfin, une dernière flèche centrale descendait en ligne droite pour rejoindre un symbole carré dépourvu de barre en indiquant là aussi, temps et température. Le tout dernier tracé était un signe égal qui menait au symbole de l'infini.

Là étaient les grands traits mais, il y avait aussi beaucoup d'informations annexes, comme le repérage des étapes, que le vieux mage avait du mal à reconnaître à cause de la déformation. Il passa alors le reste de sa journée à les observer minutieusement et à les reproduire pour au final obtenir une note claire et lisible mais cependant peu compréhensible. Finalement, il s'attaqua à la dernière partie de son travail, l'analyse.
Visiblement, il s'agissait plus là d'une recette que d'une véritable note d'étude mais qu'importe, elle se concluait par le symbole de l'infini ! La première chose à faire était de comprendre ce que voulait dire le symbole central. S'il reprenait toutes les caractéristiques des quatre éléments, ce qu'il en était constitué mais ... Comment mélanger du feu avec de l'air ? Et à quoi bon faire chauffer de la terre ? Un élément brut ne pouvait pas être manipulé ! S'il y avait des temps et des températures à côté des signes de la fusion, c'est que les éléments obtenus devraient être sous forme liquide, ou du moins, liquéfiables et pour cela, il n'y avait qu'une seule solution, les fluides élémentaires !

Seulement, ces fluides n'étaient pas à la portée de l'homme et d'après le référentiel, ils n'existeraient qu'à l'endroit où les éléments sont apparus mais, où étaient-ils apparus ? Les notes ne donnaient aucune information à ce sujet et il n'avait jamais entendu parler d'un endroit en particulier, enfin presque jamais parce qu'il avait bien souvenir d'un folklore de l'est et de la légende de la '' dame des glaces ''. La légende était mineure et peu de gens la connaissait mais, son long voyage lui avait permis de l'apprendre, elle parlait d'une femme autrefois très puissante qui maîtrisait l'élément de l'eau mieux que quiconque. Elle aurait été victime d'une malédiction, que lui aurait lancé le ciel, et enfermée dans un cercueil de glace mais, la malédiction avait tendance à imprégner son environnement et aussi cette dernière aurait débordé sur l'eau et formé au fil des année un véritable glacier. Toujours d'après cette légende, ce ne fut que lorsque les premiers humains arrivèrent sur la côte que ce glacier fut découvert.

Fearghas pensait au début que les autochtones avaient cherchés à donner un sens mythologique à ce glacier afin d'attirer du monde et donc de stimuler l'économie de la région côtière mais malheureusement pour eux, il n'en était rien et cette légende sombra dans l'oublie, d'autant plus que personne n'avait cherché à vérifier si une femme se trouvait bien congeler à l'intérieur du glacier pour la simple et bonne raison qu'il était dangereux de l'approcher, du fait de sa formation particulière, mais aussi que les galeries s'enfonçant à l'intérieur étaient plus troublantes qu'un labyrinthe.

Cependant et avec ce qu'il cherchait cela prenait un tout autre sens. Une dame des glaces, maîtrisant l'eau et ayant apparu avant que les premiers hommes ne colonisent la côte pour finalement finir congeler à cause d'une malédiction lancée par le ciel ? Il ne savait pas pourquoi mais son intuition lui disait qu'il devait s'y rendre. Peut-être que cette légende était-elle vraie et peut-être alors pourrait-il obtenir des indices sur ce qu'il voulait car si une telle femme existait, elle devrait forcément en savoir plus sur l'origine des quatre élèments ! Maintenant, ce glacier était assez éloigné de la côte et Fearghas était un homme vieux ... Très vieux même ! S'il voulait y aller, il lui faudrait des habits chauds, de la nourriture, beaucoup de fortifiants et surtout, de la compagnie ! Il lui faudrait donc passer une annonce mais ça, il s'en occuperai demain, pour le moment, il était trop fatigué ...
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MessageSujet: Re: Prologue - Le chemin de l'éternité. [SEUL]   Mar 24 Juil 2012 - 2:03

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Prologue - Le chemin de l'éternité. [SEUL]

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