''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Querel Sentencia, l'engendreur

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Querel Sentencia

Fondateur | L’engendreur

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Race : Démon commun
Classe : Tourmenteur
Métier : Aucun
Croyances : Aucune
Groupe : Solitaire

Âge : 63 ans

Messages : 474

Fiche de Personnage :

Histoire de Personnage :

MessageSujet: Querel Sentencia, l'engendreur   Dim 29 Juil 2012 - 15:20





Querel a changé, et pris conscience de beaucoup de choses, c’est pourquoi je fais une nouvelle fiche, la précédente représente toujours le personnage, mais ce qu’il fut, et non ce qu’il est.

NB : Il est possible que, consciemment ou non, je fasse référence à des traits de Querel précisés dans sa première fiche sans les développer. J’ai essayé d’en faire une fiche indépendante de la première mais j’suis pas sûr d’avoir réussi…





PERSONNAGE


Nom : Sentencia
Prénom : Querel
Rang : L’engendreur [de légendes, de folie, de mort… Beaucoup de suites conviendraient.]

Âge : 63 ans
Sexe : Masculin

Race : Démon (commun)
Classe : Tourmenteur

Ainsi qu’un sorcier ou qu’un ensorceleur, il ravage, détruit et disloque. Une magie des plus atroces sert ses desseins et déchire qui croise son chemin. Mais pas tous ne succombent, la mort des uns, fait la terreur des autres… C’est ainsi qu’il transmet la peur et la haine. Pour lui, torturer est malsain, indigne de l’engendreur, il préfère les morts abominables et les discours mystérieux. Sa dextérité avec une lame lui est aussi restée du passé, mais il ne s’en sert que très peu, même s’il est vrai qu’un sabre rouillé perçant chair et os fait toujours bon effet.

Métier : Aucun (au sens professionnel strict)
Croyances : Aucune (au sens religieux strict)
Groupe : Solitaires

Équipement :

Absolument rien de remarquable, le démon porte de sombres guenilles déchirées, tachées de sang et usées par le temps. Aucune protection, aucun bijou, rien, si ce n’est un vieux sabre rouillé, à la garde ternie et à la lame rongée par l’amertume des chairs. De temps en temps il utilise des armes diverses qu’il trouve ici et là, mais s’en sépare toujours rapidement.

Talents de combat :

Une maitrise certaine des lames, héritée du séraphin qu’il crut être, bien que diminuée du fait de la perte de ses ailes, fait de lui un adversaire redoutable par nature. Dément tel qu’il est, même si son corps est relativement faible, n’importe quel objet dangereux tombant entre ses mains peut signifier la mort. La peur qu’il inspire et la détermination dans son regard lui offrent un ascendant psychologique et offensif en combat, qui ne saurait être considéré comme accessoire. Il n’utilise cependant le meurtre « artisanal » que contre des proies fébriles, qu’il est sûr de pouvoir décimer magistralement pour faire forte impression.

Talents de magie :

Sa nature démoniaque a révélé en lui une force magique démesurée, l’abomination noire a élu domicile en lui, c’est un sorcier ignare, de qui les sortilèges jaillissent par la simple volonté. Il n’y a pas de logique globale à ces pouvoirs, seule l’horreur pourrait faire office de qualificatif commun. A ceci il faut bien évidemment ajouter ses anciens talents d’esprit qui n’ont été qu’accrus et canalisés vers la destruction. Si tant est qu’un jour ils aient été dirigés vers autre chose…

Talents divers :

Ses ailes grises, le seul de ses attributs pouvant rassurer un homme, ont été coupées, par là son charisme et la terreur qu’il inspire se sont amplifiés. C’est de cette facette dont il use, pour faire ce qu’il a à faire. Ses nouveaux pouvoirs, son allure, et sa réputation grandissante jouent aussi en faveur de cette tendance. Son surnom suscite haines et courages, qui une fois réellement face à face avec Querel, sombrent bien plus vite que quiconque l’eut imaginé. Il sait apprendre ce qu’est le désastre.

Pouvoirs particuliers :

Son sort, autrefois exceptionnel, d’acharnement, n’est plus maintenant qu’un reflet parmi une infinité, de l’atrocité qu’il est capable de mettre en œuvre.

Apparence physique :

Ce n’est plus l’arrogance et la violence, qu’en tant qu’ange il diffusait, que l’on ressent quand on l’aperçoit. Sa crédibilité bancale passée, enchevêtrée dans les rouages d’Adiryl, a rendu l’âme, pour laisser place à la terreur. Son visage, pourtant le plus souvent inexpressif, pâle et creusé de cernes violacés, n’inspire que le mal-être. Ses longs cheveux, grisonnants quand le sang ne les imprègne pas, volent avec les lambeaux de tous ces manteaux, capuchons et autres débris de vêtements qu’il porte. Cet apparent désordre donne finalement une certaine unité, tel un fantôme sombre, qui ne cherche pas à se cacher. Ainsi, mis à part la perte de ses ailes, son apparence n’a fondamentalement pas changé, comme en témoignent ses yeux, toujours aussi verts, vitreux et morbides. Seule l’impression qu’il dégage est différente.

Caractère, personnalité :

« La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout.
C’est elle qui dicte les actes.
C’est elle qui peint le monde.
Et elle vous emportera tous.
»
D’après Ryna Telion, survivante de l’engendreur.

« Que je vous décrive l’engendreur ? En ce qui concerne son apparence, je laisse jouer mon imagination à chaque fois, car je ne l’ai bien entendu jamais vu. Mais en ce qui concerne sa vision du monde, je pourrais vous avancer. J’en ai bavé pour étayer mes récits vous savez, les survivants, déjà, il n’en laisse pas beaucoup, sont dans un tel état de traumatisme, que pour leur faire dire quoi que ce soit il faut s’y prendre avec détermination et patience... Les plus lucides d’entre eux ont réussi à me raconter ce qu’il avait fait, et apparemment, il n’y a pas d’entre-deux, soit il touche, et il tue avec une violence inouïe, soit il laisse en vie, indemne, physiquement en tout cas. On ne sait pas s’il choisit qui il laisse sauf, ou bien s’il frappe au hasard, les deux hypothèses sont probables. En tout cas, son discours laisse penser qu’il nourrit une certaine adoration pour la mort, il la dit fondement de toute chose, c’est pour lui ce qui lit et qui donne du sens. Ceci étant, ça ne suffit pas à expliquer pourquoi il la répand de la sorte. Ça impressionne bien dans les tavernes, ça me suffit. »
D’après Ulbert Divros, conteur itinérant.

En effet, on ne peut pas vraiment dire qu’il ait un caractère, puisqu’il ne vit plus en société. Sa conception des choses est assez précise, tout en n’étant basée que sur des intuitions. Ainsi ce serait la diminuer que d’essayer de l’expliquer, mais pour faire simple ; en montrant à ces gens ce qu’est la vraie atrocité, en enfouissant en eux autant de mal, il croit leur donner la force de faire face à toute la suite, en vivant comme si chaque seconde pouvait être la dernière. Ils ne perdraient pas leur temps en décadence et feraient de grandes choses. Ainsi il s’assure de la purification du monde, par ses mains, mais aussi par celles de ces dignes « laissés pour compte ». Il n’a pas abandonné ses idéaux de séraphin, mais leur a donné une forme encore plus malsaine.


Histoire :

Nous aurions pu vous renvoyer à l’histoire du séraphin que fut Querel, et ainsi prendre ceci comme point de départ. Mais un éclairage nouveau va nous être nécessaire, pour saisir un peu, pour comprendre la manière dont les choses sont allées. Nous allons même retourner plus loin dans le passé, là où ce n’est presque pas l’histoire de l’engendreur, mais ceci nous éclairera quant à ce parcours des plus étranges.


Pourquoi Querel est-il devenu un tel démon ?
Certainement car il n’a jamais été autre chose. J’ai vu, j’étais là ce jour-là.
Sans jamais le cacher, nous avons pris soin de ne pas en parler.
Comment saurais-je vous exposer notre fourvoiement, maintenant que tout ceci exige de lever le voile... ?
Comment ferais-je pour vous conter cette histoire, dans sa simplicité, sans que vous n’alliez la voir différente… ?
Voilà certainement une des tâches les plus ardues que l’on m’ait demandées au cours de ma vie. Mais à présent que Cenen l’aveugle s’est vu emporté par le temps, ce doit en effet être moi le mieux placé pour vous raconter cela.

Nous nous accorderons aisément sur le fait suivant, Querel n’a jamais été un séraphin vertueux. Sa générosité, son empathie, sont des choses qui n’ont jamais existé. A leur place se sont développées son arrogance et sa force de volonté. Jusqu’au paroxysme, en faisant un être dangereux, amoureux de sa pensée et refusant tout détail l’ébranlant, un fanatique en quelque sorte. Jamais la considération pour son sort où celui des autres ne l’a effleuré, seule l’intéressait la grande purification, l’extermination du décadent, pour rendre aux mondes leur grandeur. Sans jamais s’être posé la question de ce qui était bon ou non, sûrement parce qu’il ne savait pas ce que cela signifiait. Et peut-être est-ce cela qui fait que jamais nous ne serons à sa hauteur.

Récemment, il s’est mis à réfléchir à son but. Chose que nous avons perdue, noyée dans les rouages et les institutions d’Adiryl. Tout ici a une raison, tout suit une logique, mais nous en avons perdu le fondement. Nous avons oublié que la clé n’était pas de lire, mais d’écrire. De par sa folie égotique, il a refusé tous nos piliers, tous nos enseignements, tout ce que nous croyons être une évidence née. Lui a recommencé un petit château à même le sol, reprenant tout depuis le début, seul.
Je ne saurais vous dire si c’est parce qu’il a vu en Adiryl quelque chose qui n’allait pas droit, ou bien si c’est simplement parce qu’il n’a rien à faire de nous, ni de ce que nous pensons.

Il a passé de longues heures à vouloir comprendre ce qui l’agitait, il a erré en Feleth, cherchant des réponses, il est resté méditer ici, tentant de mettre de l’ordre dans ses pensées. Et toutes ces réflexions l’ont éloigné de son poste de capitaine de la légion. Ca a toujours été un peu « comme il voulait et quand il voulait », mais là il ne se présentait même plus au trône, même quand un messager le faisait mander. Jamais il n’avait été si préoccupé, il regardait les gens sans les voir, sans les entendre, seul avec lui-même à l’intérieur. Certains disaient qu’il avait définitivement délaissé toute raison, d’autres que la culpabilité de ses tueries avait fini par le rattraper et qu’il s’était muré dans ses remords. Enfin, peu importe, les gens croient en ce qui les satisfait.

Les méditations de Querel finirent par aboutir, défiant tous les penseurs d’Adiryl avec fracas. Sa conclusion : rien. Non pas qu’il n’avait rien conclu, mais que tout n’était que rien. Et que rien était tout. Il avait résumé les choses en si peu de mots, jetant aux orties toutes les constructions, toutes les subtilités et tous les compromis qui formaient Adiryl. Pour lui, il n’existait pas de sens, rien n’avait de début, tout était dénué de fin, on ne pouvait fonder aucun but sur un début arbitraire, dépourvu de logique. On ne pouvait non plus se résoudre à se laisser porter par la volonté d’un état final, qui nous paraitrait bon ou juste, car ces deux idéaux n’étaient pas universels.


* * *

« Quelle est la cause de tant de tourments ? »

Accrocha une voix éraillée, qui avait vu le vide qui creusait le visage de Querel. Scrutant l’absence totale de réaction, elle reprit :

« Te serais tu rendu compte de ton absurdité, l’ange ? »

« Je crois bien oui. »

« Ah. »

Il s’assit, intéressé.

« J’cois que t’es le premier emplumé que j’croise et qui me répond ça. D’habitude ils veulent me tuer. »

Après un silence, celui qui n’était autre qu’un démon chauve et aux bras extraordinairement longs, ricana, et sa voix cassée recommença :

« Allez, dis-moi tout l’ami. Expose-moi tes soucis d’abruti d’ange. »

« Je cherche un but. En vain. »

« Ah ouais c’est intéressant ça, continue. »

« Je voulais me battre pour laver les mondes de la laideur qui y a élu domicile. Mais… »

« Mais tu t’es rendu compte que la laideur c’était tout ce qui n’était pas toi ? »

« Oui, et mon idéal est devenu… »

« Un monde stérile, vide où tu serais seul habitant, les autres, tués de ta main ? »

« Oui. »

« Un idéal ne sert que celui qui le crée, et encore… »

« Ouais mais alors putain qu’est-ce qu’on fout ? »

« Bah toi tu fais le bien, avec tes potes aux ailes blanches, et moi j’vous mets des bâtons dans les roues. »

« Pourquoi ? »

« Parce que t’es con, et que moi j’aime jouer. Alors tu fais des conneries et moi je joue. »

« D’accord, mais je ne parle pas de la raison qui nous pousse à faire comme ça, mais de la raison objective qui imposerait que les choses soient ainsi. »

« T’aurais meilleur compte de te jeter d’une falaise… »

Querel tourna ses yeux cernés d’un noir sanguin vers lui.

« Ce sont ceux qui ne cherchent pas à comprendre qui devraient mourir, pas moi. »

Le démon rit.

« Ce que je voulais dire c’est que la raison dont tu parles n’a jamais été, et ne sera jamais. On fait ce qu’on a envie de faire, il n’existe aucun absolu, aucune voie tracée. »

« Alors pourquoi avoir bâti Adiryl ? »

« J’suis pas sûr d’être très bien placé pour te répondre, vois-tu ? Pour moi c’est une envie comme une autre. »

« C’est ce que je me dis aussi. Mais moi je n’ai envie de rien. »

Il rit de plus belle.

« Alors quoi ? Tu vas te suicider ? »

Le séraphin dégaina en un éclair et enfila sa longue lame dans l’épaule du démon, approchant son visage tout près, sifflant entre ses dents :

« Je chercherai. Et je trouverai. Laisse aux hommes leur faiblesse d’âme. »

L’épée arracha le buste du chauve, dont les épaules et la tête tombèrent en arrière, dans quelques craquements sourds.


* * *

Sans voie imposée, il devait donc choisir la sienne. Chose facile me direz-vous, mais pas pour lui. Quand toute sa vie est remise en question par un simple raisonnement, quand on a toujours respiré en se pensant incombé d’une tâche unique et parfaite, on ne sait plus vraiment où chercher les réponses. Il est fort difficile d’écouter son intérieur lorsqu’on s’est toujours présenté comme le bras de la justice. Justice qui lui a disparu.

L’errance n’arriva pas à éclaircir ses pensées. Se trouvant incapable de s’aider, il s’en remit à tous ceux qui croisaient son chemin… Leur hurlant dessus, ordonnant de lui dire pourquoi il foulait cette terre. Tous paniqués, tous désemparés et terrifiés par l’angoisse glaciale que véhiculait Querel. Ils ne comprenaient pas, et d’ailleurs comment auraient-ils pu ? Ils finissaient désossés. L’absence de réponse poussait notre capitaine dans une démence encore bien plus cinglante que celle dont il faisait preuve couramment.


* * *

Deux hommes morts gisant sur le pavage de la sombre ruelle.

« Des ailes d’ange, vous êtes là pour me punir de les avoir tués n’est-ce pas ? »

Demanda le troisième, le visage cisaillé par les larmes. Querel resta de marbre, les yeux fixés sur les cadavres blêmes, dont les capes blanches avaient tourné au pourpre.

« Ils étaient mes amis, mais ils se sont détournés du droit chemin. »

« Tu as tué tes amis ? »

« Oui… »

Fit-il la gorge remplie de sanglots. Il tomba à genoux et se prit la tête dans les mains.

« Oui… Je suis désolé, tellement désolé… »

« Lève-toi. »

« Non, je mérite de mourir à genoux… »

« Ta gueule et lève-toi ! »

Hurla la voix arrachée du séraphin. L’écho de ces paroles résonna contre les murs, dans la tête de l’homme, incessant, torturant. Il finit par se résigner, trembla de tous ses membres, s’appuya sur sa jambe gauche, chancela mais finit par se dresser. Il détourna le regard pour ne pas rencontrer les yeux vitreux de Querel, qui le dévisageaient. La main du séraphin lui saisit l’épaule, et le plaqua violemment contre l’un des murs de la ruelle.

« On a perdu le sens de ce qui était important. »

« L’amour de nos semblables vous voulez dire ? »

« Non. Je veux parler d’un homme, prêt à mettre de côté ses émotions et sa propre personne pour faire ce qui est juste. Cet homme se sent coupable alors qu’il devrait être fier. C’est pourquoi l’humanité ne vaut rien, aucun n’ose agir, tous ont peur de perdre quelque chose de pourtant inutile. Mais ceci n’est pas propre aux hommes, tous les peuples sont aussi faibles n’est-ce pas ? »

« Vous êtes en train de dire que ce qu’il vient de faire était louable ? »

« Non, je dis que s’il ne l’avait pas fait, il aurait été méprisable. »


* * *

C’est ainsi qu’il mit le doigt sur quelque chose de fort, il ne pouvait trouver ce qu’il fallait faire, mais il voyait clairement ce qui était proscrit, le laxisme, la peur et l’attachement à ce qui ne valait rien. Et sortir le monde de ce penchant motivé par un égoïsme qui en plus se fourvoyait, était une idée qui lui plaisait. Bien qu’il ne sut pas comment s’y prendre. De son point de vue, aucune action ne pouvait être quelque chose de bon, il ne voyait que ce qui était négatif, il ne voyait que le noir, distinctement, et le comprenait comme étant noir par nature, cela allait de soi. C’est une chose que je ne puis concevoir, notre capitaine déclarait impossible de définir un idéal universel, mais tenait farouchement à ces interdits, ces actes fondamentalement répréhensibles. Il se contredisait sans s’en apercevoir. Mais après tout, c’était peut-être son envie à lui, de voir mourir les auteurs de ce qu’il considérait comme des actes répugnants.

Il lui était impossible de savoir qui marchait de travers d’un regard. La passivité qu’il cherchait à éliminer ne pouvait être décelée puisqu’elle était une absence d’action. Il lui était impossible également de se contenir, il voulait agir, il voulait faire, il voulait changer les choses.

C’est alors qu’il se mit à tuer arbitrairement. Semant les morts et les épargnés sur son chemin, imprévisible. Alertés de ses agissements, nous fumes obligés d’intervenir, pour l’empêcher de continuer. Il fut arrêté par le huitième régiment de l’armée d’Adiryl, il prouva d’ailleurs une fois de plus sa ténacité au combat, car cette arrestation ne fut aisée. Ils le reconduisirent vers le monde du dessus et le menèrent aux geôles, presque vides, du grand palais. Les alchimistes du palais furent demandés, on le drogua pour qu’il ne puisse utiliser sa magie dévastatrice. Les barreaux des cellules n’étaient guère de bons remparts contre la destruction psychologique dont il était capable. Il passa plusieurs jours dans cet état, entre mort et vie, perdu autre part. Je ne sais pas vraiment quelles sensations ces concoctions donnaient, et à vrai dire je ne veux pas savoir, être privé de mes capacités mentales est une idée qui me glace le sang. Je pense que c’était pour lui un affront insupportable, et que cela finit d’achever les dernières bribes d’estime qu’il avait pour Adiryl. Je protestai contre cette solution, mais mon silence lorsque l’on me demanda une alternative ne pesa pas très lourd. Nous étions contraints à cette attitude, un rude choix entre les libertés individuelles et le bien de la communauté.

C’est pendant que nous délibérions de la sentence que nous ferions subir au capitaine Sentencia que l’état de Cenen s’aggrava de façon alarmante. Cenen l’aveugle, si je n’avais pas autant de respect pour cet homme, je dirais qu’il fut mon ami. Un oracle, n’ayant jamais vu les mondes, et les connaissant pourtant bien mieux et depuis bien plus longtemps que la plupart d’entre nous. Un oracle ne peut prédire l’âge auquel la mort l’emportera, tant sa vie peut être longue, mais lorsqu’il sent au fond de lui qu’elle approche, il ne peut se tromper. La nouvelle de son agonie se répandit, et beaucoup vinrent à lui, pour lui porter des fleurs ou simplement marquer leur respect par leur présence. Mais lui ne voulait voir personne, il les congédiait sèchement. Quelque chose d’autre couvait dans sa tête.


* * *

« Vous semblez bien irritable vieux sage. »

Déclara un séraphin, élégant, au sourire amical et paisible, entrant dans la chambre blanche de l’aveugle.

« On m’a dit que vous refusiez toute visite. Qu’est-ce qui vous tourmente ? »

« Je t’attendais Mogren. »

Fit le vieil oracle, d’une voix faible.

« Le mystère qui entoure un oracle à l’article de la mort n’était donc pas surfait ! »

Dit-il en s’asseyant au chevet de cet ancêtre.

« Pourquoi m’attendiez-vous ? »

« Je voudrais que tu convainques Querel de venir me voir. »

Un silence tailla en pièces l’attitude nonchalante et joviale du séraphin.

« Des centaines de gens n’attendent que de venir vous soutenir par leur présence, mais c’est la pire des brutes que vous voulez que je vous amène ? Vous m’en voyez navré mais je peine à comprendre. »

« Il n’y a rien à comprendre, fais cela pour un mourant, s’il te plait Mogren. »

« J’ai peur que ce ne soit impossible, je ne sais si vous êtes au courant de ses derniers agissements, mais le capitaine Sentencia a été enfermé en prison et plongé dans un coma pour l’empêcher de nuire… »

Quelques petites taches rouges vinrent teinter les draps blancs du vieil oracle lorsque ce dernier se mit à tousser. Il passa sa main fébrile devant sa bouche.

« N’emplissez pas son cœur de haine… »

« Il ne nous laisse pas le choix. Et je doute qu’il n’existe une seule infime parcelle de son cœur qui ne soit déjà ternie par la démence et la… Haine, comme vous dites. »

« Sortez-le de cet état et amenez-le moi. »

« Je ne crois pas que ce soit très raisonnable. »

« Je vais mourir Mogren, crois-tu que je te demanderais cela si ce n’était pas important ? Crois-tu également que les risques m’importent ? »

« Vous ne seriez pas le seul en danger, le sortir de sa cellule est une menace pour tout Adiryl. »

« Et refuser la dernière volonté d’un oracle aveugle ? Quelle nation pourrait prétendre à une certaine grandeur en agissant ainsi ? »


* * *

Je fus bien obligé de m’incliner n’est-ce pas ? Je dus donner l’ordre de sortir Querel de son sommeil. C’était l’esprit encore embrumé et d’énormes chaines aux pieds et aux poignets qu’il fut mené devant l’aveugle. Plusieurs soldats de la légion l’accompagnaient, des soldats qu’il connaissait bien. Une faible mesure pour éviter qu’il exécute tout le monde au moment où il recouvrerait ses capacités cérébrales.

Cenen et moi étions liés à Querel, à tel point que devant la mort, la seule chose qui lui restait de toute sa longue vie était ce jour-là… Ce jour-là qui aurait sans aucun doute du être notre dernier… Ce jour-là que je peine à me rappeler, tant j’ai souhaité l’enfouir et l’oublier.

Avez-vous déjà aperçu les sombres horizons du Vein ?
Ce jour-là, nous avons fait plus que les voir.
Et je vous prie de croire, que pour rien au monde je ne voudrais que l’un des nôtres ait à subir cela, c’est pourquoi au conseil je me suis toujours opposé aux interventions dans le Vein.

Nous constituions une petite troupe, nous avions pour but de porter une missive au sénat de l’ancienne démocratie, avec qui nous avions des liens étroits contrairement à la dictature d’Hendenmark. C’était il y a un peu plus de cinquante ans maintenant, nous étions une vingtaine, séraphins, oracles, hauts elfes et élus. Cenen l’aveugle était le plus vieux et le plus sage d’entre nous.

Nous foulions les sentiers battus vers Madorass, un majestueux cortège, j’étais fier de cette mission, pourtant si insignifiante et protocolaire, qui nous avait été dévolue, fier de porter le message du grand Empire d’Adiryl au peuple de Feleth. Pendant que nous marchions, silencieux, le ciel s’était progressivement assombri. A chaque pas, l’herbe se ternissait un peu plus. Je ne reconnaissais rien des pâturages qui bordaient la cité royale. Les rares arbres semblaient morts sans vraiment l’être, leurs aiguilles se desséchaient au fur et à mesure que nous avancions.

La route avait disparu. En regardant en arrière, il n’y avait plus rien de ce que nous avions traversé. La désolation, des terres mortes, mornes et grises. L’air se faisait rare, il était devenu pénible de respirer. Un des élus commença à paniquer, tournant sur lui-même et tremblant de tous ses membres.

« On ne peut échapper aux gorges du Vein. Marchons, mes frères, que les lumières d’Adiroth veillent sur nous. »

Quand les mots de Cenen retentirent, je fermai les yeux, et je crois que des larmes coulèrent sur mes joues. J’aurais voulu ne pas être là. Ou alors avoir sa force. Lorsqu’on est habitué à ce que tout aille toujours droit, on ne peut supporter de ne plus rien maitriser.

J’eus envie de mourir, pour ne pas voir ce qui allait suivre. Et pourtant, mon imagination de séraphin était bien trop douce pour espérer rendre compte de la réalité du Vein, cette réalité que nous avons goûtée, et dont le goût de mort ne restera dans la bouche que de deux d’entre nous.

Sans que nous en ayions réellement conscience, cela faisait un moment que nous marchions dans de l’eau. Si on pouvait appeler ça de l’eau… De la boue noire peut-être, ou simplement du sang… Ma perception des couleurs était anéantie. Nous en avions jusqu’aux genoux. Il faisait froid, à vrai dire mes os étaient gelés. Mon toucher était éteint.

Un silence pesant régnait. Là-bas, un homme gesticulait. Ou plutôt une chose, dont la moitié du visage était arrachée, remuait et hurlait, embourbée dans ces eaux sombres. Pourtant, aucun son ne sortait de cette bouche torturée. Il nous regardait sans nous voir, et lorsque ses yeux exorbités croisèrent les miens, j’eus l’atroce sensation de le connaitre. Il y eut deux contractions involontaires et douloureuses dans mon bras, et lorsque l’un d’entre nous demanda d’une voix affolée si nous savions ou était Thren, je sentis mon genou défaillir.

Cenen me tendit la main, et une fois sur mes pieds, je ne vis plus cet être.

Une sangsue de la taille d’un gros rat, dégoulinante, noire de pus et de sang, s’accrochait à l’avant-bras du haut elfe juste devant moi. Je dus me retenir de vomir. Sa main se décomposait à vue d’œil. Je hurlai pour lui dire de la retirer. Il se retourna. Il n’avait plus de visage, seule une ouverture emplie de dents cassées et de vers en guise de gorge. Quand il approcha son autre bras de moi, je n’eus d’autre choix que de dégainer et de le lui couper. Il s’effondra dans les méandres de ce flot morbide.

Pris de dégout et d’effroi face à ce que je ne pouvais voir, ce qui rampait là, dessous, je voulus m’envoler, mais je ne pus. C’était comme si ce ciel gris pesait sur mes épaules, comme si cette eau noire m’enchaînait au sol.

La panique montait de plus en plus en moi, je jetai un regard alentour et je m’aperçus qu’une créature nous observait, à moitié dissimulée derrière un arbre pourrissant. Je ne connais aucun mot qui puisse vous signifier sa laideur, ni la terreur qu’elle dégageait. Depuis quand scrutait-elle notre groupe ? Je ne pus m’empêcher de détourner les yeux, espérant de tout mon cœur que cette chose n’ait jamais existé.

Je suis désolé, je ne pourrai pas continuer… Veuillez m’excuser…
Laissez-moi le temps de retrouver mes esprits, et vous saurez le lien que cela a avec Querel.


* * *

« Tu ne sais probablement ni qui je suis, ni pourquoi tu es là, et cela n’a que peu d’importance. Je voulais te parler. Tu n’as qu’à écouter un vieillard à l’article de la mort… »

Le regard de Querel se perdait dans le vague, il était assis, pieds et poings liés, au chevet de l’oracle.

« L’approche de la mort nous fait réfléchir, lorsqu’on l’a acceptée, elle nous force à ne garder que le plus important, et en ce qui me concerne, le plus important se trouve quelque part en l’être qui se tient à ma droite. »

Le prisonnier tourna la tête, ses yeux croisèrent les orbites creuses du vieil homme, tous-deux impassibles.

« Durant ma longue vie, il m’a été donné de voir énormément de choses, j’ai traversé les âges, et même sans yeux, j’ai regardé des générations naître et mourir, j’ai assisté à d’innombrables débats. Si certains de ces évènements étaient encourageants, aucun n’a radicalement changé le cours des choses. Les mondes sont… Bloqués, leur décadence est gravée dans les cieux, et rien ne semble pouvoir y remédier. »

Un séraphin, un officier qui escortait Querel, intervint.

« Adiryl est lumière, elle apportera cette lumière aux contrées du dessous, faites-moi confiance noble oracle. »

« Adiryl n’est ni plus ni moins que ruine. Les ruines de l’œuvre d’un grand. Il n’est plus rien de bon ni de lumineux en ces lieux. Il n’y a plus que confort non-mérité, peur, incompréhension, fourvoiement, interminables disputes pour le meilleur compromis. J’ai foulé cette terre depuis probablement plus longtemps que vos parents, vous et vos enfants réunis ne la fouleront jamais. Et je vous prie de me croire, que ce ne sont pas des balbutiements séniles, mais la conclusion d’un des plus vieux oracles. »

« Ces propos sont injurieux envers tout notre empire… »

« Eh bien sortez, si la vérité vous insupporte à ce point, je ne vous ai pas convié, c’est au capitaine de la Légion que je m’adresse. »

Coupa Cenen. L’officier resta planté là et fit le silence.

« La formation d’Adiryl fut une grande chose, mais maintenant… Plus rien, le néant. Cela fait plusieurs millénaires que nous siégeons ici, et pourtant Feleth ne me communique que tristesse et horreur. Adiryl me déçoit. Et le Vein… Nous ne pouvons compter que sur le Vein. »

Un silence de mort déchira la pièce, les cœurs battaient et les yeux ahuris se cherchaient.

« Adiroth était un démon. Nous ne pouvons prétendre à sa suite. »

« Comment osez-vous affirmer cela ? »

Les yeux de Querel remontèrent lentement vers le séraphin, qui venait encore de perturber des paroles intéressantes. Et lorsqu’ils croisèrent ceux qu’ils cherchaient, tous ressentirent le frisson, les gouttes gelées qui rampèrent le long de l’échine de l’officier. De profonds cernes violacés, des dents jaunes.

« Veille à ne plus le couper. »

Une tournure soutenue, portée par une voix dissonante, qui confessait volontiers un autre message, un message plus macabre.
Le vieillard reprit.

« Croyez-vous que ce fut en hésitant perpétuellement, avec la peur de se tromper, qu’Adiroth créa un monde ? Croyez-vous que ce fut perché sur un trône de marbre, habillé d’or et de rubis, qu’il trouva en lui la force de contrebalancer la noirceur d’en bas ?
Il avait quelque chose que nous avons perdu. Vous pourrez vous indigner tant que vous voulez, c’est ainsi.
Mais il reste ici une personne qui pourrait bien avoir la force qui nous fait défaut. Une personne qui s’est toujours plus intéressée à ce qu’il fallait faire, qu’à ce qu’elle était. Une personne qui n’a jamais été souillée par nos soi-disant acquis, qui a toujours mis un point d’honneur à remettre le fondement des choses en question.
»

La toux de l’oracle devenait de plus en plus violente.

« Beaucoup diraient qu’il est simplement fou, mais moi je prétends que c’est lui le gardien du sens, sens que nous avons laissé mourir en nos certitudes absurdes.

Il n’est pas né en Adiryl.

Nous n’étions plus que deux, parmi les vingt qui avaient été envoyés ce jour là.
Nous étions perdus dans les couloirs. Il n’est aucune des légendes écrites à leur sujet qui pourrait vous dire ce qu’on y vit. Une éternité d’horreur, à chaque pas vous vous demandez comment tant de mal à pu être enfoui dans ce lieu. Mais, alors que tout espoir était perdu, que nous attendions avec impatience de mourir pour quitter cette atrocité, tout vola en éclat. Aucune lumière. Seule une incroyable force, un incroyable courage qui monta en nous. Face à nous, un enfant, le visage barbouillé de sang, de longs cheveux noirs, des ailes grises. Et des yeux verts qui nous accusaient de laisser tomber. Il ne bougeait pas. Il nous dit : « C’est en vous. La force de vous sortir de là est au fond de vous-mêmes, ne la cherchez pas là où elle ne peut se trouver. ». Il disparut presque aussitôt, et nous, nous times bon. Peu après nous sommes en effet sortis. Cet être dédaigneux de la faiblesse que nous affichions délibérément, il nous a sauvés, il a même fait plus que ça. Je ne sais pas pour Mogren, mais personnellement je suis prêt à affirmer que cet évènement a radicalement changé ma façon de voir le monde.
Une fois rentrés sur Adiryl, bouleversés et changés à jamais, nous l’avons de nouveau croisé. Assis sur un des hauts murs blancs du grand palais. Il nous a regardés de haut un moment, puis est parti, volatilisé. Plus tard, j’appris qu’un nouvel enfant était arrivé à l’orphelinat, une dizaine d’années. On ne savait rien de lui, on l’avait nommé ‘La Querelle et La Sentence’ car ses yeux verts ne reflétaient que violence.
»

Les mots sortaient avec difficulté de sa gorge.

« Loué soit l’Empereur Querel. »

Fit-il, dans un dernier souffle.
Un long silence s’installa.

« Je me souviens de toi vieillard. Je me souviens. »

Dit gravement Querel, fermant les paupières du vieil oracle de sa main enchaînée.

« Je ne suis qu’un intermédiaire, les empereurs, ce sont les gens comme toi. »

« Il est plaisant de constater que t’as quand même conscience de ta déchéance, pauvre malade. »

Les yeux verts du démon se posèrent sur lui.

« J’espère que tu ne te compares pas à cet homme. »

Il ne cilla plus, livide.


* * *

C’est ainsi qu’en sortant de cette chambre, Querel laissa deux morts derrière lui. On le reconduisit à sa cellule, sans qu’il n’oppose de résistance. Un des hommes raconta tout ce qu’avait dit l’aveugle, c’est comme cela que je sus, et cela me fit réfléchir. Ayant également vécu ce moment, je ne pus me convaincre que ces paroles étaient totalement insensées.

Le capitaine fut de nouveau sorti de sa cellule quelques jour plus tard, à l’occasion de son procès, qui s’avérait plutôt être l’annonce officielle de sa condamnation à mort. Toute sa vie il avait joué avec les limites, mais là, il était allé bien au-delà de ce qu’on pouvait laisser passer. Il ne pouvait rester enfermé à cause de ses pouvoirs que nous ne pouvions maitriser. Cela n’avait aucun sens que de le plonger dans un coma à vie, il ne nous restait donc que cette solution. Lorsque nous lui demandâmes s’il avait quelque chose à ajouter, il se leva solennellement, regarda le dirigeant du conseil droit dans les yeux, qui lutta pour ne pas défaillir, et affirma :

« Non. »

Il se rassit aussi simplement qu’il s’était levé. Je peux vous jurer que les cœurs des gens présents battaient à en rendre leurs joues cramoisies. Mais il n’y eut rien de plus.


* * *

« De quel droit tuerais-je, si j’avais moi-même peur de la mort ? »

« Beaucoup de gens le font. »

« Beaucoup de gens ne valent rien. »


* * *

Le jour annoncé finit par se lever. Pour la troisième et dernière fois, le démon fut extrait de sa cellule. Tous ceux qui voulaient être présents à l’exécution le pouvaient, j’étais là. Beaucoup d’autres aussi, toute la légion était là, formant des rangs parfaits, ainsi que quelques politiciens et citoyens liés de plus ou moins loin au condamné.

Je remarquai curieusement, ce jour précis, que Querel avait une stature naturelle. Il arriva, enchainé, tenu par deux gardes, l’échine courbée, le corps amaigri, les cheveux grisés par la poussière, en guenilles rapiécées, et néanmoins, de toute cette assemblée, il était de loin celui qui avait le plus de prestance. Il m’avait évidemment toujours paru à part, sa violence et sa démence le démarquaient. Mais là, il paraissait plus sage, plus grand que nous tous, c’était une sensation étrange.

« Un dernier discours ? »

Querel fit quelques pas en avant, s’agenouilla de lui-même devant le billot, et articula d’une voix sombre :

« Non. »

La pluie se mit à tomber du ciel.

Les gouttes noires se mirent à marteler les dalles de pierre de la grand-place. Ruisselant tel un lavis de mort.

Un vacarme assourdissant, une obscurité grandissante, un mal être s’envenimant.

Comment ce fou avait-il bien pu ouvrir une faille vers le Vein au beau milieu du grand palais d’Adiryl ? Quel démon le pourrait ?

En fait, le plus effrayant, était qu’à en voir son visage, ceci n’était pas son œuvre. Du moins pas de façon consciente.

Je hurlai.

« Le Vein ! Courrez ! Éloignez-vous d’ici au plus vite ! »

Je parvins à me sortir de l’emprise de la faille, comme énormément d’entre nous, indemne, les deux pieds fermement posés sur le sol chaud du monde du dessus.
Ce fut la dernière fois que je vis Querel.

A genoux, son visage blême se relevant lentement, ses yeux absents ne regardant nulle part.
Il vouait sa vie à la mort, mais elle, ne voulait pas de lui.


* * *

La pluie finit par totalement obscurcir le ciel. La vue ne portait pas à plus de trois pieds. Cet endroit n’avait plus rien de commun avec Adiryl.

Il fallut plusieurs longs instants pour que le déluge se calme, instants que Querel passa à genoux, imperturbable malgré le torrent qui lui décapait la peau. Il n’était pas seul, un soldat de la légion était resté, il se tenait droit, debout face à son capitaine, impassible lui aussi.

Lorsqu’enfin ils purent distinguer où ils se trouvaient, ils virent d’immenses champs gris. D’amers et pâles rayons lumineux perçaient à travers les nuages noirs, n’apportant ni chaleur, ni réconfort, seulement une impression de vide incommensurable.

« Sommes-nous morts, mon capitaine ? »

« Toi, un peu plus que tu ne le devrais, moi, un peu moins. Bienvenue dans le Vein. »

Un sourire étrange s’afficha sur le visage du soldat. Il lui tendit une épée.

« Je suis heureux de fouler ces terres à vos côtés. »

« Moi j’aurais aimé voir, ce que c’est. Ce que c’est de mourir. »

Il sourit à son tour.

« Mais ça attendra on dirait. »

Il y eut un mouvement derrière eux, un démon à l’air narquois se présenta, marchant lentement à travers les blés, les bras grands ouverts, tel un épouvantail. Il s’exclama.

« Haha ! Enfin de retour parmi les tiens ? »

Querel lui jeta un regard haineux, posa sa main sur la garde qu’on lui tendait, dégaina d’un geste saccadé et se dirigea, vouté, vers le démon rieur.

« C’était juste ! Un peu plus et ils te coupaient la tête ! »

Il maintenait son ton moqueur, inconscient de la violence qui l’approchait.
Un pas de plus et un bras de moins. Querel avait frappé, il recommença, déchirant le corps du démon, il s’acharna. Quand enfin il eut fini de se vider de sa frustration, il ne restait plus qu’un amas de chair tailladée, informe, abreuvant les épis d’un liquide rouge. Il se retourna vers l’ange, maculé de sang, et lui lança :

« Tu m’as amené une épée. Je peux bien t’aider à retourner sur Adiryl.
Sauf si tu préfères mourir après avoir massacré le plus possible de ces aberrations. Bien sûr.
»

« Toute ma vie j’ai attendu le jour où enfin je sillonnerais les sombres contrées du Vein, où je ferais face à l’horreur, sans peur ni hésitation. Alors non, j’préférerais vous buter plutôt que de retourner dans les pâturages pour moutons effrayés. Je veux crever ici, l’épée à la main ! »

« Soit, viens-t-en donc crever avec moi. C’est par là. »

Fit-il en prenant un chemin totalement au hasard.


* * *

Là s’arrête donc ce que je peux vous dire au sujet de Querel. Cenen a raconté notre rencontre avec ce petit démon. Je ne sais pas quel âge il pouvait bien avoir, ni même si l’âge avait un quelconque sens en ces lieux où le temps semblait si incertain. Par ses quelques mots, il avait sauvé nos vies, il avait révélé quelque chose en nous.

Une fois sur Adiryl, il avait l’air d’un simple enfant, un peu différent certes, mais pas autant que j’aurais pu l’imaginer. Nous avions une telle dette envers lui, et nous savions si pertinemment que son identité démoniaque lui serait préjudiciable, que nous avons décidé de ne rien dire.

Qu’elle fut sa force, sa faiblesse, l’horreur ou la grandeur de ses actes, elle était néanmoins une réalité. Il était un être unique.
Aucun ange ne tuait comme il tuait.
Aucun démon ne vivait pour… Pour rendre les autres meilleurs.


* * *

Cela faisait plusieurs jours que l’ange était mort. Querel était seul à présent, il errait dans les landes brisées et décolorées du Vein. Quelques créatures difformes croisaient son chemin, quelques démons imprévisibles mouraient sur son chemin. Il marchait inlassablement, cherchant la mort, la touchant du doigt à chaque pas.

Elle semblait cependant inaccessible.

Il cherchait à tomber, mais à chaque combat il devenait plus grand. Il cherchait à se noyer dans l’obscurité, mais à chaque sort c’était son être qui broyait les autres dans des tumultes sombres. Querel avait une force en lui, la violence brute de la noirceur du Vein, force qu’il découvrait à mesure qu’il foulait ce sol stérile, à mesure qu’il démembrait ses pairs.

Une silhouette se dessina sur les horizons gris. Les deux âmes avancèrent, l’une vers l’autre, sans se poser plus de questions. Vint le moment où ils se retrouvèrent face à face. Leurs yeux se rencontrèrent. Le vert plein de violence et le gris paisible, dénué de toute peur. Le démon ailé au visage empli de folie et le seïrdan impassible.

Il y eut un crissement dissonant, le gris dégainait sa lame rouillée. Mais le vert n’eut le cœur d’attendre, son épée décrivit une courbe dans l’air mort du Vein. Le choc fut brutal, l’épée arrachée de la main de son porteur, le bras pratiquement déboité. Le seïrdan avait été plus rapide, sa main enserra le cou du démon, et il lui souffla :

« Serais-tu de la race de ceux qui tuent des enfants désarmés dans leur sommeil ? Quelle grandeur crois-tu atteindre comme cela ? »

Un rire morne, et d’un revers du bras il envoya la vermine ailée s’écraser sur la terre poussiéreuse des landes.

Il resta là, immobile, attendit que son adversaire se relève et récupère son arme. Querel s’éleva alors au-dessus du sol, et fondit sur le seïrdan. Seïrdan dont la rouille transperça l’épaule du démon. Ses yeux gris, inexpressifs, fixaient un visage désormais bercé de douleur. D’un violent coup de pied au ventre, il écarta Querel, retirant son sabre dans le même mouvement. Sans lui laisser de répit, il leva son arme, et l’abattit à deux reprises.

C’est le souffle coupé que le vert se vit dépossédé d’une de ses ailes. Coupée net. Il posa un genou à terre, les yeux exorbités. Le gris le dévisageait encore et toujours, cherchant un regard en retour.

Un peu déséquilibré, Querel parvint tout de même à se redresser, et tenta alors un nouvel assaut. Un sourire sur les lèvres, le seïrdan détourna la lame et planta la sienne dans le poignet du démon, la fit remonter jusqu’au coude, entre les deux os. Un craquement sourd accompagna son geste circulaire et la sortie du sabre. L’avant-bras gauche de Querel pendait à présent comme un lambeau de tissu, dégorgeant sa teinture rouge. Le gris tourna sur lui-même et découpa la deuxième aile de son ennemi.

Deux âmes dos à dos.

La rage s’empara du démon, il essaya de planter son épée derrière lui, de toutes ses forces, mais le gris avait fait un pas de côté. Ce dernier se retourna et fracassa la lame de Querel d’un coup ferme, avant d’essayer de lui trancher la tête.

Le vert bascula en arrière, il se retrouva encore une fois étendu sur le sol, mais ce réflexe le sauva du trépas, la lame n’avait fait que légèrement taillader sa trachée.

La poussière morbide du Vein emplissait ses plaies, envenimant la souffrance.

A ses pieds se dressait le seïrdan impassible et immobile.

« Me laisser me relever, c’est de l’honneur, du respect, c’est ça ? »

Fit le vert, sèchement.

« Oui. »

« En quoi est-ce me respecter, que de me considérer si faible qu’il n’est pas nécessaire de me tuer tant que je suis vulnérable ? »

« Je t’offre l’opportunité de mourir debout en regardant ton ennemi dans les yeux. Je respecte tes actes, et non ta puissance. Je respecte ta dignité, et non ta vie.
La vie est l’instrument d’une belle mort, rien de plus. Et je serais honoré de mourir de ta main, si les choses étaient ainsi.
»

Après ces paroles, le gris tourna le dos, et fit quelques pas avant de faire face de nouveau. Toujours inexpressif.

Querel se releva péniblement, la tête baissée. Il esquissa un sourire dément, et ses yeux verts remontèrent lentement, pendant qu’il tendait son bras encore valide vers le seïrdan.

« Qu’il en soit ainsi. »

Murmura-t-il, crispant ses doigts, affichant toute la violence du Vein sur son visage.

Un torrent noir, vague de mort aux hurlements assourdissants, vint effacer le gris. Son corps fut déchiré et disloqué. La plus infime partie de son être fut broyée et écorchée.

Et pourtant.

Cette carcasse rompue se relevait, empoignant son sabre. La tête droite et les yeux grands ouverts. La moitié de la gorge arrachée, il avança d’un pas lent.

La violence mua en folie sur la figure de Querel, et d’un revers de main il déchaina l’atrocité une deuxième fois.

Deuxième fois, qui ne vit pas de renouveau. Le seïrdan, anéanti, resta au sol.

Le démon marcha jusqu’à la dépouille. Mais les yeux gris le fixaient encore.
Il s’agenouilla à ses côtés.

Le gris avala sa salive et son sang avant d’articuler dans un rire moribond :

« La magie, c’est pour les lâches. »

« Tu as brisé mon épée. »

Répondit Querel.

« C’est de bonne guerre. C’est une bonne mort.
Prends donc mon sabre. Je n’en aurai plus l’utilité il me semble.
»

Un sourire et des yeux si inexpressifs, que la mort ne les changea pas.


* * *

Parfois, on se rend compte qu’on a tué quelque chose qui valait mieux que soi.


* * *

Ce fut sans ailes, un sabre rouillé à la main, que le démon se replongea dans son errance. Il avait pris conscience d’une part de son propre mystère. A travers la grandeur de cet être, à travers l’absence de vie dans ses yeux.

Seul vit celui qui vit pour mourir. Les autres peuvent être enterrés, ils sont déjà morts.
Seul vit celui qui a un pied dans l’au-delà. Sont déjà morts ceux qui le fuient comme la peste.

Perdu dans des horizons gris, sous un ciel dénué de toute couleur, un sourire s’afficha sur son visage torturé.

« Ils apprendront à vivre. Par ma main ils apprendront. »

Il passa plusieurs jours encore dans le Vein, ses blessures guérirent progressivement, bien que son bras gauche gardât des séquelles irréversibles.

Une faille finit par le ramener sur les vastes terres de Feleth, et c’est là que naquit l’engendreur. Un murmure qui devint une peur sourde dans l’esprit de bien des habitants.
Maintenant ses pas résonnaient au rythme des pleurs, ses coups au rythme des hurlements.

Il choisissait quelqu’un au hasard, et lui arrachait toute raison de s’accrocher à la vie. Il tuait tous les siens devant ses yeux, le rapprochant incontestablement de la mort.

Il gravait la désolation dans leur tête, la mort dans leur être.
De telle sorte qu’ils puissent vivre.


* * *

Querel a quelque chose que nous n’avons pas, je veux bien te le concéder, vieil aveugle.
Mais ce quelque chose n’est pas celui d’Adiroth, certainement pas.
Bien que la mort t’emportât, je ne peux te laisser affirmer ceci.

Pleneth Mogren, haut magistrat du Grand Palais d’Adiryl.




EN CE QUI VOUS CONCERNE


A quelle fréquence serez-vous présent sur le forum ?
Eh bien maintenant… A priori régulièrement ! Bye-bye la prépa !

Comment avez-vous découvert le forum ?
J’ai participé à sa création, avec mon Violoniste de frère et Setsuna !

Quelles remarques pouvez-vous formuler à propos de l’apparence du forum ?
Olah, c’est moche quoi ! J’sais pas qui a bien pu pondre un truc pareil !




TEST-RP


L’air se refroidissait à mesure que le jour déclinait, la brise sifflait dans la cheminée, effaçant les crépitements du feu par intermittence. Le bruissement des feuilles rougeoyantes de l’automne berçait les calmes sentiers aux abords de la bâtisse. La famille s’attardait, les yeux pleins de fatigue, captivés par les soubresauts des flammes. Quelque chose les empêchait de trouver la quiétude, quelque chose au fond de cette fraiche soirée.

« Maman, tu crois que les bûches elles ont mal ? »

Demanda le petit garçon, il venait d’atteindre cet âge, l’âge auquel on commence à vouloir comprendre. Une touffe de cheveux blonds en bataille sur la tête.

« Mais, non, le bois ça n’a pas mal, imbécile ! »

Répondit âprement une de ses sœurs, quelques années de plus, boursoufflée de son envie de faire l’intéressante.

« Pourquoi ? »

« Parce que c’est comme ça, Dreth. C’est comme ça. »

Affirma la voix de la mère, d’un ton rassurant et calme. Elle était occupée à frotter sa vaisselle, dans un bac de bois empli d’eau.
Un instant passa et un murmure rauque s’insinua entre les planches de la maison. Trois coups furent portés contre la porte.

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Niria, voudrais-tu aller ouvrir s’il te plait ? »

Niria, l’aînée des trois enfants, obéit à sa mère et se leva du parquet. Ses quelques pas firent grincer le sol et la menèrent jusqu’à l’entrée. Elle s’arrêta un instant, frappée d’une peur irrépressible, lorgnant sur la porte avec de grands yeux déboussolés. Sa main finit par se poser sur la poignée, la porte gémit.

Se déversa alors sur elle tout le noir des mondes, ses jambes firent mine de la laisser, mais tinrent bon. Se dressait devant elle un mal-être sans nom, un homme drapé de gris, encapuchonné, dont les yeux verts labouraient son cœur. Lui vinrent mille impressions de mort, mille tourments et l’envie de ne jamais avoir vécu.
Elle savait, elle n’avait pas seulement le sentiment, elle savait, que sa vie avait pris fin au moment même où ses doigts avaient touché le fer froid de la poignée.

Un sourire découvrit des dents jaunes.

« Je vais vous raconter une histoire. »

Il balança sa main squelettique devant lui, pour faire reculer la jeune femme. Ils arrivèrent jusqu’à la pièce commune, tous les regards se posèrent alors sur l’étranger. Les muscles se tendirent, les sueurs froides coulèrent, les cœurs battirent. Le père se leva de son fauteuil et se posta derrière celui-ci, crispant ses doigts dans le dossier.

Querel porta ses mains à son capuchon et le fit basculer en arrière. Apparurent alors ses longs cheveux gris, et la sombre profondeur, digne du Vein, de ses cernes.

Personne n’osait parler, ni même avaler sa salive, tant le démon les oppressait.

« Un homme regarde trois autres. Trois autres en train de battre à mort un cinquième au coin d’une ruelle. Ils grognent, crient et s’en donnent à cœur joie. »

Pendant son discours, il marchait lentement, dévisageant un à un les terrifiés. Il se saisit d’un pied de biche rouillé, qui trônait parmi de vieilles caisses, dans un angle du modeste salon.

« L’homme n’intervient pas, il regarde. »

Se tournant vers la mère, le pilier, sa voix insista.

« Il regarde, ça ne le concerne pas, il passe son chemin, vous en auriez fait autant n’est-ce pas ? Ce n’est pas correct de se mêler des affaires des autres. »

« Ou… Oui, probablement… »

Répondit la voix fluette et tremblante.
L’éclat de violence dans le vert des yeux du démon s’assombrit, d’un mouvement ample il abattit le crochet de son outil sur l’épaule de la femme. La brutalité du choc la cloua au sol, son bras pendait, pratiquement arraché. Querel fit un tour sur lui-même, promenant ses yeux fous sur les murs de la pièce, et finit par écraser le crâne de la mère sous un deuxième coup. Laissant une forme brisée et sanglante à ses pieds.

Les cris retentirent, les filles rampèrent vers les coins de la salle, gémissant et pleurant. Et dans ce fond sonore, le démon reprit son récit.

« Mais les trois l’avaient aperçu. Ils le rattrapèrent et lui demandèrent, d’un ton de défi, s’il avait vu quelque chose. Ils étaient des représentants de l’ordre. L’homme répondit que non, il n’était au courant de rien. Il n’avait rien vu. »

Il lâcha l’arme. Elle tinta sur le sol avant de rester là, inerte. Il avança, une main en avant, vers le père.

« Cela ne le concernait pas, c’était normal, il n’allait pas mettre sa vie en danger pour si peu. N’est-ce pas ? »

L’homme ne réagit pas, ses yeux étaient figés par l’effroi, un filet chaud coulait le long de sa jambe.

Querel tendit un doigt, une larme de sang coula sur la joue du père, Querel tendit ses cinq doigts, la tête du père tomba en arrière, se mit à noircir, à se putréfier, et peu à peu tomba au sol, par de longs traits visqueux. Le corps tout entier s’effondra dans cette masse purulente, décapité et souillé.

La peur les rongeait tellement, qu’ils n’avaient même plus la force de se lamenter. Leurs gorges étaient enserrées dans les mains noueuses de la mort.

« Certains préfèrent faire une croix sur leur dignité, une croix sur leur identité, une croix sur la vérité et la justice, simplement pour vivre un peu plus longtemps. »

Ses yeux se posèrent sur la plus jeune des deux filles.

« La mort dicte nos actes. Pour certains c’est l’horreur absolue, qu’ils doivent fuir par tous les moyens. Pour d’autres, c’est l’ultime possession, notre mort, c’est la seule chose que l’on puisse offrir. Certains vivront pour vivre, pour eux-mêmes, d’autres mourront pour des idées, donnant la seule chose qu’ils puissent donner, à ce qui leur importe vraiment. »

Il s’approcha en dégainant son sabre rouillé, dans un crissement insupportable.

« Certains vivront à genoux, d’autres mourront debout. »

Il la regardait ramper.

« Tu préfèrerais vivre, non ? »

Elle rampait, des yeux larmoyants et délirants.

« Alors tu seras des troisièmes, de ceux qui meurent à genoux. »

La lame rouillée traversa la trachée de la jeune fille et s’enficha dans le parquet. Le bois s’imprégna du liquide rougeâtre, se teintant d’une noirceur abyssale.
Le démon retira son arme, lentement, alors que les yeux larmoyants s’éteignaient, bercés par une respiration horrifiée, noyée.

« Les hommes préfèrent se taire, laissant passer sur eux les horreurs. Fermant les yeux devant la laideur. Dans l’espoir de l’éviter. »

Ses pas le menèrent vers Niria, l’aînée. Assise, la tête dans les genoux, les genoux dans les bras.

« N’est-ce pas ? »

Un silence pesant s’installa. Quelques frémissements.

« Mais pourtant, ils ne peuvent l’éviter, la laideur. Ils en sont l’essence même. »

Et son sabre trancha les genoux de la jeune femme, se logeant dans son crâne, la tuant sur le coup.

« Et pourtant, il est des gens, qui malgré tout cela, qui malgré tous ceux-là, se tiennent fermement sur leurs pieds. Face à la mort, la dévisageant, attendant avec impatience l’heure de la rencontre. »

Le démon rengaina son arme solennellement, froid devant l’atrocité de ses propres actes. Il emboita le pas vers la porte.

« Aidez-moi à les enterrer. »

Fit une petite voix, triste et assurée.

Les yeux de Querel s’ouvrirent plus grand qu’ils ne s’étaient jamais ouverts. Lentement sa tête tourna, il regarda en arrière, par-dessus son épaule. Le petit blond était là, debout. Au milieu de la pièce. Debout.

« Je n’y arriverai pas tout seul… Il faut les enterrer… »

Querel lui fit face, un étonnement profond et une grandeur froide inscrits sur le visage. Le timbre sombre de sa voix répondit.

« Tu es debout alors que je viens de tuer les tiens. Crois-tu que le plus fort des hommes que j’ai croisés jusqu’ici pouvait prétendre à cela ? Moi je ne crois pas. Tu n’as besoin de personne petit, enterre les, seul. »

Les yeux du garçon remontèrent, se perdirent dans le vert de ceux du démon. Il ne tremblait pas, aucune forme de peur n’émanait de lui. Seule une profonde tristesse.

« Quel est ton nom, petit ? »

« Dreth… Dreth Marchemort… »

« Dreth Marchemort, Dreth Marchemort… »

Murmura Querel.

« Grave ton nom dans l’éternité. »

Le démon tourna les talons, ouvrit la porte et jeta un dernier regard en arrière vers l’enfant, qui se tenait toujours droit, immobile. Seul avec les dépouilles.
Il passa la porte et disparut dans la nuit, tel un fantôme.

« Dreth Marchemort. »

Un nom qu’il n’oublierait pas.



Spoiler:
 


Dernière édition par Querel Sentencia le Mer 2 Jan 2013 - 20:59, édité 2 fois
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Singrid Hercolubus



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Fiche de Personnage : Mes yeux se souviennent.


MessageSujet: Re: Querel Sentencia, l'engendreur   Lun 30 Juil 2012 - 8:11

Pas bonjour Querel ! Pas bienvenue sur le forum !
Pas merci pour ton inscription ! (je savais pas comment commencer mon post, râle pas).

Purée cette fiche, elle envoie du pâté ouzbek ! J'ai lu d'une traite, franchement, ça captive. Tu fais des descriptions concises mais elles projettent des images supers précises en tête, c'est vachement poignant comme texte. Les dialogues sont en béton aussi, je sais pas comment tu fais !
J'essaye de trouver des trucs à te dire, parce que bon, niveau contexte, c'est pas à toi qu'on va faire des remarques hein xD. Mais en fait, tout est parfaitement parfait, c'en est presque rageant. Le fond est génial, la forme aussi. Bref t'es juste un saligaud de première.
Bon, je suis crevé, mais je suppose que si j'mets pas le sceau, ce post vaut rien xD. (et j'ai le cerveau tellement moisi que je sais même pas si je dois mettre un sceau.. *suicide*) Quoi qu'il en soit, je te dis bravo, c'est long mais honnêtement, s'il y en avait eu plus, j'aurai été content.

VALIDATIONNAY !


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Le Violoniste

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Groupe : Solitaire

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Messages : 413

Fiche de Personnage : ♣️

Histoire de Personnage : ♠️

MessageSujet: Re: Querel Sentencia, l'engendreur   Lun 30 Juil 2012 - 14:00

J'ai envie de résumer en un seul mot mais j'y arrive pas. Alors disons que c'est superbement puissant !

Une philosophie, des idées, une écriture géniale et une vision du Vein si véridique.. Dire que j'essaye d'écrire ce que j'appelle "le pèlerinage d'Adiroth", moment où Adiroth a découvert la bonté. Après une fiche comme ça j'aurais drôlement du mal, parce que je devrais coller avec la grandeur que cette fiche dégage.. XD

Bref j'ai plus rien à dire, alors je vais plus rien dire..

A part que l'autre jour j'ai découvert que les.. tu sais les machins là, les trucs comme ça là, avec ces.. AAAAH Putain comment ça s'appelle ? Les bidules trucs muche, enfin, tu me comprends quoi *une voix "euh non.."* MAIS C'EST PAS A TOI QUE JE PARLE DÉBILE ! *"bah à qui alors ?"* A.. Ta gueule et laisse moi parler ! Ouais donc tu sais les machins là les *"dentiers ?"* mais non pas les dentiers pourquoi tu veux que je putain de parle de putains de dentiers ?! *"bah je sais pas moi je cherche"* ... t'es con ou quoi ? moi je parle des trucs là qui.. qui sont un peu genre tu sais *"des fougères ?"* OUI VOILA ! Merci ! Bah les fougères je trouve qu'elles sont particulièrement rudes, tout de même *"comment ça ?"* Bah tu sais, quand tu t'en sers pour faire.. le truc là avec les mains *"mais attend une fougère c'est une plante pas un outil"* Une plante ? *"mais ouais c'est un machin genre, un peu comme ça tu sais, comme l'autre machin là, le truc"* le palmier ? *"oui voilà, comme le palmier sauf que y'a que les feuilles"* AAAAAAAAAAH oui non oui moi je parle pas de ça *"putain"* ouais mais c'est toi aussi tu m'embrouilles avec tes conneries, puis en plus tu t'exprimes mal espèce de dégénéré des monts..
(tout ça pour dire que je te valide ! Tu connais la tradition ! Yeah Yeah !)



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