''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Le regard de l'abîme.

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Tarja Simbelmynë



________________

Tarja Simbelmynë
________________


Race : Démon Commun
Classe : Submersive.
Métier : Ichtyologue.
Croyances : L'Eau.
Groupe : Les Démons.

Âge : Treize ans.

Messages : 5

Fiche de Personnage : Orage.


Le regard de l'abîme.  _
MessageSujet: Le regard de l'abîme.    Le regard de l'abîme.  EmptyDim 26 Aoû 2012 - 0:00

* * *
Personnage.



Nom : Simbelmynë.
Prénom : Tarja.
Rang : Larme du Vein.

Âge : Treize ans.
Sexe : Féminin.
Race : Démon commun – Iris de Pluie.
Une vielle histoire, une vieille légende. Une histoire oubliée, aujourd'hui. Pendant un temps, les Pluies du Vein, ont vu naître de petits êtres. De petites choses, qualifiées de démons. Elles en étaient certes. Des Enfants. Sortis du lac noir, après l'averse, ou sortis des champs de blés, après l'averse. Apparaissant derrière un des innombrables conifères, ou à travers la brume. A chaque fois, après l'averse. Leur regard était inévitablement vide, froid, scrutateur et affreusement angoissant. Ils erraient dans les terres du monde du dessous, observant les démons, ou les égarés du monde gris. Ils ne levaient jamais la main sur personne. Mais on les reconnaissais, ces Enfants. L'on savait qu'à chaque jour de pluie, un autre les rejoindrait peut-être, l'on savait que lorsqu'ils pleuvait, les Enfants chantaient. Parfois, on entendait leurs voix dans l'air, leurs plaintes déchirantes. En réalité, on ignorait si c'était un chant, ou simplement le vent qui criait. Les deux à la fois peut-être. Mais un jour, une main souillée toucha à cette innocence sanglante. Les ondées avaient cessé de les voir naître. Il n'y en a plus aujourd'hui. Plus qu'une.
A noter que, bien que n'étant pas plus violent que cela, les petits démons étaient sous les ordres d'Arphoss, et rejoignaient les rangs peu de temps après leurs naissances. C'était la tradition.
Classe : Submersive.
Grâce à l'eau qui fait partie intégrante de ses chairs, elle peut noyer quelqu'un de l'intérieur. Pour se faire, elle aura besoin d'un contact physique - l'enfant posera ses mains sur le cou de personne visée. Le semblant de strangulation, marié à l'eau meurtrière qui passera du corps de Tarja jusqu'à la victime, provoquera une noyade très lente, laissant donc à qui tient à le vie, le temps de se débattre. Parvenir à noyer quelqu'un, jusqu'à le tuer est chose difficile. N'oublions pas qu'elle est petite, frêle, et qu'elle ne peut décemment pas maintenir en place un homme ou même une femme, qui s'accroche farouchement à la vie, ce qui est presque toujours le cas. Presque.
Métier : Ichtyologue.
L'ichtyologie désigne l'étude poussée des poissons, qu'ils soient d'os ou de cartilages, ainsi que l'étude de leur milieu marin.
Croyances : Aucune, ou l'Eau peut-être.
Groupe : Les Démons. Elle est restée fidèle à celui qu'on lui a désigné comme étant le seigneur de sa terre natale, Arphoss, en hommage à sa famille disparue, et à sa terre, bien sûr.


Équipement : L'enfant de la pluie garde avec elle d'anciens ciseaux qu'elle a séparé en deux lames distinctes. Ces crochets lui servent à peu près à tout, et au combat si la situation l'exige. Dans une sacoche en cuir qu'elle a toujours avec elle, on trouvera divers objets comme des coquillages, des os de poissons, ou des outils. Autrement, si elle a besoin de quelque chose, elle s'arrangera pour se le fabriquer elle-même.
Talents de combat : Tarja n'est qu'une enfant. Elle n'a que très peu de forces, et s'en retrouve incapable de mener un combat singulier. C'est là que ces crochets interviennent, il lui suffit de viser des endroits sensibles, tel que les yeux, afin de bloquer son adversaire, avant de fuir. Il n'y a que lors d'une crise d'hystérie qu'elle pourra, sous le coup de la vitesse et d'une légère force en plus, tuer quelqu'un. Mais sans quelconque style de combat ordonné.
Talents de magie : Aucune affinité particulière avec la magie.
Talents divers : Étant très manuelle et indépendante, elle se débrouille toujours pour fabriquer ce dont elle a besoin, et pour trouver les composants elle-même. Ainsi, pour l'exemple, si elle a besoin de peinture, elle a les connaissances nécessaires pour se procurer les plantes qui lui serviront à fabriquer cette peinture. Elle a des aptitudes variées en botanique, des bases d'alchimie, elle pourra coudre elle-même ses vêtements, ainsi que d'autres travaux manuels de cet ordre.
A côté de cela, Tarja fait de la peinture, et dessine.. Mais elle ne pourra créer que dans une situation particulière...
Pouvoirs particuliers : Peut-on réellement qualifier cela de pouvoir ? Pas vraiment. Mais désormais, lorsque la pluie s'abat sur elle, ses crises d'hystérie lui offriront plus de force qu'à l'ordinaire, ainsi qu'une créativité décuplée. Ce sera dans ces moments là qu'elle pourra s'armer de pinceaux.


Apparence physique :
Un corps entièrement blanc. Surmonté d'une chevelure de la même teinte, longue. Assez raide. Un visage encore très enfant, mais pourtant, un regard pénétrant, profond, à la limite du dérangeant. Des iris pourpres, qui ont perdu leur éclat avec le temps. Aujourd'hui, bien plus pâle qu'à l'origine. Trop de douleur, tue la couleur.
Une carrure frêle, voir maigre, criant à la faim qui pourtant n'est guère présente. Carrure fine, recouverte de vêtements aux teintes sombres. Bleu marine, bleu nuit. Noir, violet foncé parfois. Des vêtements souvent faits mains, des robes, quelques corsages. Pourtant, elle apparaîtra souvent avec la robe qu'elle a toujours porté, à l'époque. Avant, là-bas. Une robe bleue, usée par les années, recousues à plusieurs endroits, tâchés à d'autres.
Tarja exhale une légère odeur de sel, mais son parfum est généralement sans odeur. Sa voix, pour les rares personnes qui l'entendront, est légèrement éraillée, posée et quasiment silencieuse, tant elle parle doucement. Mais tout, tout restera à jamais dans son regard; Toujours ce même regard. Qui se pose sur tout, qui ne s'en détache jamais. Son regard ne vous quitte jamais réellement. Quelque part, il sera toujours posé sur vous.

Caractère, personnalité :
Entre silence et hurlements. L'intérieur grouille et se tord, l'extérieur se complait dans l'absence de bruit.
Dans son crâne, comme un bourdonnement constant. De pensées, de souvenirs. Des images, des sons, des voix, du bruit. Toujours. Sans arrêt. Même la nuit, lorsque autour, tout est noir et silencieux, le cri mental continue. Sans interruption. Les mots, et les images tournent, s'emboîtent, se déboîtent, s'engendrent. Jamais Tarja ne s'arrête de penser.
Tant de cris à l'intérieur, que le silence s'est fait, derrière la barrière des lèvres. Elle ne parle que très peu. Si difficile d'égaler la pensée avec les mots, si difficile de se faire comprendre. Tout reste à l'intérieur d'elle, et lorsque tout sort, c'est sur une toile. Elle s'exprime, oui, mais sans les mots. Parfois, elle parle, prolongeant ses phrases, prononçant ses mots d'une lenteur curieuse. Provoquant le désintérêt. Peu importe, les mots sont futiles. Tellement futiles.
Petite flamme de rancune qui brille tout au fond. Quand on creuse, quand elle creuse. Il y a cette chaleur étouffante au fond d'elle, de rancœur et de colère. Envers ces silhouettes dont elle ignore tout, mais qui lui ont tout prit. Chaleur de haine.
Instabilité, balançoire interne. Fragilité, sensibilité refoulée. Parfois, il arrive que la pluie enclenche les rouages de l'hystérie. Crise. La violence se retourne contre elle, et pourtant, elle se bat avec, et en fait une œuvre. Tarja crée, lorsqu'elle sent le ravage pointer dans son esprit. Lorsque la colère, le chagrin, et le malaise se mélangent à une vitesse, et d'une telle force, qu'il est impossible de le refouler. Tout sort, et tout ne passe pas par le pinceau. Violence.
Maturité. Le temps n'avait pas la même valeur, là-bas, sur sa terre. Elle est jeune, mais quelque part, elle ne l'est pas tant que ça. Cran de réflexion au dessus des autres, surtout ceux de son âge. Compréhension et écoute abusive. La plus abjecte histoire ne l'atteindra pas outre mesure. Elle écoutera, comprendra, analysera. Analyse, observation. Tout se fait par les yeux et l'esprit. Et toujours cette étincelle de haine, que personne ne parvient à éteindre.

Histoire :

Le monde s'était paré d'eau. Le lac recevait la pluie, l'air accueillait la brume humide. Les rares lueurs provenaient de la lune, mais les nuages la cachait. Une brise sifflait entre les arbres, non loin du bord de l'eau. L'endroit semblait même prendre vie. Entre le manteau de brouillard et la pluie, ce faible vent soufflait des histoires, racontait des secrets. La surface du lac continuait de trembler au rythme de l'averse qui s'abattait sur elle. Les minutes passaient. Et tandis qu'elles s'écoulaient, l'eau se mit à grouiller. En son sein, quelque chose bougeait, tremblait. Il en sortit alors un visage de porcelaine. Bravant l'eau noire, un petit corps sortit de l'eau. D'une blancheur effarante, le petit corps trempé se dégagea entièrement du lac. Naissance d'eau. Ses cheveux, gris sous l'averse, glissaient déjà dans son dos, ses iris pourpres auraient presque brillé. Bientôt, elle entendit les voix. Plusieurs voix entrelacés qui s'élevaient dans l'air, comme un chant. Ses sens s'éveillaient doucement. Après quelques instants, immobiles, les pieds dans l'eau, elle distingua les arbres de la brume, différencia le vent de la pluie. La pluie, qui dévalait sa peau, caresse divinement maternelle. L'eau ne lui semblait ni froide, ni chaude. Elle était juste une partie d'elle. Et elle continuait de couler du ciel, comme des larmes sur des lèvres ouvertes en un sourire. Cette pluie, qui enclenchait chaque mécanisme de son corps. Au fur et à mesure qu'elle s'échouait. C'est à ce moment là qu'une main se tendit vers elle. Même regard, même peau, même allure. La pluie était sa Mère, à lui aussi. Ainsi, il lui avait tendu la main. Comme à une sœur. Sa sœur, elle l'était. L'eau leur avait tout donné. La vie, l'esprit, le corps, le cœur. Elle était leur Mère à tous. Frères et sœurs, les iris de pluie.

* * *

Existence rêveuse, à travers les paysages. La nuit du lac, les chants avaient soufflé un nom à la nouvelle venue. Tarja. Désormais, elle suivait celui qui était venu la chercher, au bord de l'eau. Cette main tendue dans la brume, ce regard perdu dans l'averse. Il avançait toujours devant elle, légèrement plus grand, plus sûr, et encore plus silencieux. Silas, et ses iris à la fois vertes et marrons, marchait à travers les pousses de blés, les écrasant. Bientôt, il s'assit. Ils étaient en plein milieu du champ, une fois au sol, les tiges cachaient tout, l'on ne voyait que le ciel, en levant la tête. Alors, le garçon s'assit, croisant les jambes, et il leva la tête vers le ciel. L'infini astral était gris, un brouillard très fin planait au dessus d'eux. La veste de Silas était pleine de poussière, sale, ainsi que l'étoffe à boutons qu'il portait en dessous. Il avait de jolis vêtements, bien que recouverts de tâches. Tarja vint s'asseoir non loin de son frère, l'observant d'abord lui, avant de porter son attention au ciel. Le petit démon avait le visage fermé, qui ne trahissait jamais la moindre émotion, son regard non plus. Presque pas. Les seules fois où Tarja voyait le regard de Silas changer, c'était lorsqu'il pleuvait, et qu'ils chantaient. Ses yeux semblaient perdre leur forteresse de neutralité, et laissaient apercevoir une lueur. Seulement lorsqu'ils retrouvaient la mère pluie. Mais cela n'empêchait pas Tarja de lui sourire de temps en temps, de lui parler même s'il ne répondait pas, de l'écouter même s'il ne parlait pas. Les paroles étaient futiles, elles reflétaient si mal la pensée, après tout. Elle préférait noyer son regard au sien, ou prendre sa main. Il y avait tellement plus, dans ces gestes. Depuis plusieurs minutes déjà, l'albinos avait cessé d'observer son frère, et contemplait simplement le ciel, comme lui le faisait. Elle l'entendait respirer, tout près. Il réfléchissait, cela se sentait.

« Un jour, j'ai vu une femme ici. Debout, juste là où tu es assise. »
Il commençait une histoire. Parlant d'une lenteur extrême, articulant chaque mots sans lourdeur.
« Il faisait nuit, connais-tu la nuit ? … Ses mains osseuses tenaient un sabre, un long sabre, qu'elle utilisait sur elle. J'observais, et je voyais un éclat sur la lame, elle brillait, c'était la lune qui se reflétait sur le métal. Comme un miroir. »
L'enfant qui écoutait ferma les yeux, la tête toujours levée vers le ciel. Elle s'imprégnait de chacune des syllabes, imaginant du mieux qu'elle pouvait, la scène, dans sa tête.
« La femme que je voyais avait de longs cheveux, qui glissaient devant son visage, comme pour dissimuler les larmes qui dévalaient ses joues d'albâtre. As-tu déjà pleuré Tarja ? Non, je ne t'ai jamais vu. C'est comme si la pluie qui tombait du ciel, se mettait à couler de tes yeux. »
A ces mots, Tarja sentit l'index de Silas glisser de son œil jusqu'à ses lèvres, et disparaître dans son cou. Il traçait le chemin d'une larme, puis reprit, toujours sur la même voix calme.
« Ainsi, elle pleurait, pensant que le seul témoin de sa faiblesse était la lune. Mais j'étais là, et je n'étais pas seul. Cette nuit, j'ai aperçu un petit garçon, tel que moi, tel que nos frères. Il n'était pas comme nous, non. Mais il avait une mère aussi. Une mère qu'il observait à l'instant même. »
La mère était la femme aux yeux coulant de pluies, la jeune fille acquiesça pour elle-même, les yeux toujours clos, attendant la suite.
« Les minutes passaient, et le petit garçon, qui avait des yeux d'un bleu profond, commença à avancer dans le champ. Écartant les pousses, pressant le pas, pour rejoindre la pleureuse. Cette dernière avait déjà rompu le lien qui la raccrochait au monde, elle avait eu le temps de creuser son ventre avec l'arme, et de la retirer. L'odeur du sang, celle que tu connais, qui laisse un goût de fer dans la bouche, s'éleva dans l'air. Et le garçon arriva derrière elle... »
La gorge de Tarja se noua. Ce que racontait Silas se déroulait dans sa tête, images mouvantes, d'une tristesse immense, elle imaginait les larmes, elle imaginait le garçon aux yeux bleus. Elle sentait le poids de l'histoire peser sur ses épaules. C'était toujours ainsi.
« Sa petite main tira sur la cape noire et déchirée que portait la pleureuse. Celle-ci se retourna, observant le corps près d'elle, avant de tomber à genoux. Elle tendit ses mains ensanglantées vers le visage de l'enfant, le saisissant avec douceur. Ses yeux ternes plongés dans les siens, si clairs. D'un geste lent, elle pencha ses lèvres fendues vers l'oreille de Son enfant, avant de lui murmurer quelque chose. J'étais loin, je n'ai pas entendu. Mais j'ai senti le souffle. Et au moment où ce souffle s'est tût, la femme s'est comme évaporée. Dans un nuage de cendres qui elles aussi brillaient sous la lune. »
Il marqua un arrêt. Inspira longuement, expira doucement. Tarja garda les yeux fermés, et avança sa main vers le corps de Silas. Ce dernier comprit, et saisit la main de sa sœur, la pressant sans forcer.
« Le petit garçon, pendant un instant, resta immobile, je voyais la lueur de l'eau dans ses yeux. Mais aucune larme n'a coulé, il a résisté. Son visage était recouvert de rouge, son regard trahissait sa douleur. Une douleur qui semblait fendre son corps en deux. »
Silas tendit sa main libre pour la poser sur la poitrine de Tarja, à l'endroit où l'organe de vie battait. Il resta un instant ainsi, sentant les pulsations dans le corps de la petite fille.
« Sa douleur était là, juste là où j'ai ma main. A l'intérieur. Pourtant, malgré cette pression, ce mal, il a prit le sabre au sol, et l'a traîné hors des champs. Il était faible, sa force l'était aussi. Mais peu importait, il a avancé jusqu'à un petit point d'eau non loin d'ici, je te le montrerai tout à l'heure. Il s'y est agenouillé, et s'est penché au dessus de l'eau, qui était translucide. »
Son bras retomba lentement, mais il continuait de presser la main de Tarja, inspirant longuement, expirant doucement. La fin de l'histoire arrivait, le poids des mots s'allégeaient. Parfois, c'était l'inverse. Mais souvent, les histoires que Silas racontait à l'enfant n'étaient pas trop dures.
« A la surface de l'eau, il a vu son reflet. Son visage souillé du sang de sa mère. Un vent glacial et mordant s'était levé. Il tremblait. Et malgré ce froid, je le voyais plonger ses mains dans l'eau, pour se rincer le visage. Faire disparaître le rouge. Il y trempa le sabre aussi. C'est à cet instant que j'ai deviné que l'eau devenait pourpre. Elle n'était désormais plus assez limpide, pour distinguer la détresse, dans les yeux de l'enfant... … »

Il s'écoula quelques instants avant que Tarja ne rouvre les yeux, apercevant Silas debout, qui tendait une fois encore la main vers elle. Elle ne l'avait pas senti ni entendu se lever, trop plongé dans l'image de champ, la nuit, trop plongé dans le reflet du garçon. L'enfant saisit la main de son frère et se mit debout. Leurs mains ne se quittèrent pas. La brise soufflait dans leurs cheveux, et sans un mot de plus, Silas se mit à avancer en direction du lac de l'histoire, que Tarja devina derrière les arbres. La lueur de ce que Silas appelait parfois le jour, tombait. Il faisait moins clair, plus sombre. A l'horizon, on ne voyait plus grand chose. Peu importait à la jeune fille, elle marchait à côté de son frère, qui l'emmenait voir un lac d'eau clair, contrairement à l'eau noire dans laquelle elle était née. La nuit qui s'amorçait s'annonçait belle, et calme. Faite de souvenirs et d'histoires perdues.

* * *

Il pleuvait. Sur la grande falaise d'obsidienne, la pluie tombait. Le ciel était noirci de nuages, en bas, le vide s'exhibait, nu et distordu. L'horizon ne montrait rien. Il y avait juste la pluie, et le brouillard qu'elle ramenait souvent avec elle. Silas marchait rapidement, entraînant sa sœur derrière lui. C'était le moment. Ils allaient se percher sur le bord, et laisser la pluie les guider. Alors Silas courrait presque sur le sol de pierre, tirant la main de Tarja dans son dos. La robe de cette dernière, bien que trempée, voletait légèrement, à cause des rafales humides. Et bientôt, ils furent postés près du précipice. Sans peur. Ils n'avaient pas peur, quand le ciel pleurait, que leur Mère revenait masser le sol meuble. Ou frapper la pierre. Non, ils n'avaient pas peur. Côte à côte, les mains entrelacées, comme souvent. Le regard vers le haut. Le chant n'était pas encore là. Qui savait où se trouvait le reste de la famille ? Près du lac ? Dans les champs ? Attendaient-ils d'entendre les premières notes, eux aussi ? Que ressentaient-ils ? Pensaient-ils aussi à leurs visages ? Toutes ces questions s'accumulaient dans l'esprit de Tarja, jusqu'au moment où elle entendit. Tout près d'elle, c'était Silas. Ses lèvres s'étaient ouvertes, et sa voix montait. Clair, profonde, elle s'élevait, haute dans le ciel de pluie. Subjuguée, l'albinos ne réagit pas tout de suite. Elle regardait le visage de son frère, les yeux clos, le visage inondé, elle écoutait sa voix. Mais elle sentit une pression sur sa main, et à son tour, elle leva le visage vers le ciel, recevant l'eau qui la forgeait, et elle se mit à chanter aussi. Il ne se passa que peu de temps avant que les voix de leurs frères et sœurs effleurent leurs oreilles. Les chants se mélangeaient, enfin... Ils étaient ensembles, sans l'être. Ils se voyaient, bien qu'ils eussent les yeux clos. Bien que nombreux fussent les sentiers qui les séparait. Mais ils étaient ensembles. Dans l'esprit, dans le cœur. Malgré la distance, la douleur, le bruit sourd de la pluie. Ensembles...

* * *

Encore une fois, il pleuvait. Dans la grande vallée des conifères, la pluie s'abattait. Féroce, ce jour-là. Les gouttes s'écrasaient sur le sol avec violence. Pénétrant la terre, hantant les branches des arbres, qui s'élevaient, comme de grands bras griffus. Silas et Tarja avançaient tous les deux comme à leur habitude, trempés jusqu'aux os. Les cheveux de la jeune fille avaient tourné au gris, comme à chaque fois qu'ils étaient mouillés, et collaient à son visage. Elle sentait les gouttes sur ses joues, comme des larmes, et se rappela l'histoire de Silas, où son doigt avait tracé le chemin d'une larme sur sa joue. Le froid ajouté au souvenir, un frisson dévala son échine, mourant au bas de son dos. Le jeune garçon se tourna vers elle subitement, la mine grave. Quelque chose n'allait pas. Quelque chose n'allait plus. Elle avait le sentiment que Silas fuyait. Quoi ? Aucune idée. Normalement, ils auraient dû chercher un endroit pour chanter, comme chaque jours de pluie. Mais pas ce soir là. A travers l'averse diluvienne, Tarja réussissait à cligner des yeux, pour voir le visage de son frère. Il avait grandi, elle, n'avait pas dépassé les treize ans depuis un moment. Lui, avait la taille, l'allure d'un garçon de quinze ans. Un des rares à avoir cet âge là, de toute la famille. Désormais, il la regardait, effrayé, inquiet, ses traits de jeune homme déformés par quelque chose d'inconnu. Il serra sa main si fort, cette fois là... Et là-bas, derrière eux, elle entendait des voix, des pas, des cliquetis, des cris. Ho, elle avait déjà vu des combats, des démons qui se battaient, parfois, c'était beau. Silas lui avait expliqué que ces quelques démons que l'on voyait parfois, ceux qui se battaient avec un tel honneur, crachant sur tout acte lâche, étaient les Seïrdan. Elle les admirait beaucoup. Et normalement, les deux enfants continuaient leur chemin, dévisageant les autres démons. Ils regardaient toujours les gens, il fallait toujours les regarder, c'était ancré tel un principe. Mais ce jour-là, Silas ne semblait pas vouloir regarder, il fuyait. Et Tarja sentait sa peur. Il ne disait rien, mais tout se lisait dans ses yeux. Derrière eux, ce n'était pas de simples démons qu'ils se contenteraient d'observer. Il fallait craindre, les silhouettes derrière la brume. Le bruit se rapprochait, tandis que la pluie couvrait le reste. Le jeune homme reprit sa marche, désormais course, mais Tarja ne parvenait pas à aller aussi vite. Elle était effrayée, à la fois fascinée, par toutes les émotions qu'elle voyait sur le visage de son frère. Finalement, ce dernier la saisit par la taille, la soulevant, et se mit à courir, serrant le corps frêle de sa sœur contre lui. La tête par dessus son épaule, Tarja observait, toujours du même regard, les silhouettes derrière la brume, qui gagnaient du terrain. Elles n'étaient pas nombreuses, mais les hurlements du vent et de la pluie, avaient crée l'illusion d'une immense armée qui leur courrait après. Et même si Silas courait lui, à toutes jambes, les silhouettes avançaient. Ô oui elles avançaient, Tarja voyait presque leurs visages déformés par l'effort physique. De ses yeux rouges, elle les regardait la haïr, rien qu'en l'apercevant. Elle reçut toute la haine d'un seul coup, comme un violent coup de poing dans le visage. Et cette haine lui fit mal, dans la poitrine, là où Silas avait posé sa main. Elle eut tellement mal, que se mélangeant à l'eau du ciel, quelques larmes lui brûlèrent les yeux, avant de couler. C'était la première, et dernière fois qu'elle pleurait. Elle se le promit.

Ho, Silas avait beau courir, essayant de semer les assaillants à travers les arbres, d'autres arrivèrent par devant. Le corps fatigué, il cessa brusquement sa course, surpris, incapable d'avancer d'avantage. Tarja glissa contre lui, et resta recroquevillée. Des bras l'encerclèrent alors, les bras de son frère. Sa poitrine à lui se soulevait à une vitesse impressionnante, il haletait. Et elles sentaient les corps gorgés de haine se rapprocher d'eux. Ils avançaient, les empêchaient de partir. Ils étaient tous grands, ils semblaient même vouloir leur cacher la vue du ciel. Il fallait disparaître. Silas ferma les yeux. Et ils tombèrent tous les deux. Ils avaient disparu. Les corps de haine n'étaient plus là. Désormais, ils étaient dans la faille. La faille du monde, la faille de la vie. Plus jamais ils ne retourneraient en arrière.

* * *

L'œil se plisse, puis s'ouvre. Infime douleur, la lumière trop aveuglante, perce la rétine. Tarja cligna plusieurs fois des yeux, avant de réussir à voir quelque chose, à travers cette lumière trop violente. Tout était étranger autour d'elle, les odeurs, les atmosphères. Elle n'était plus chez elle. Et elle ne sentait plus Silas. Il n'était pas là. L'endroit était obscur, l'humidité flottait dans l'air, accompagné d'odeur de boue, de corps séchés, d'animaux crevés. L'enfant se mit debout difficilement, elle n'avait jamais vu cet endroit. Les arbres penchaient vers l'intérieur, comme s'ils mourraient. Certains feuillages dégoulinaient de matière brune. De la boue, partout. Un peu d'eau, quelques gouttes, qui venaient s'écraser sur les bras de nus de Tarja. Un malaise s'installa en elle. De la peur, de la panique, infime fascination, et des milliers de questions. Surtout. Où était Silas ? Elle se mit à avancer dans les marécages, s'enfonçant parfois jusqu'aux genoux, mais avançant, déterminée bien qu'effrayée, à retrouver son frère. Elle avançait, ignorant les créatures sauvages qui menaçaient à son passage, ignorant les hululements étranges, les odeurs nauséabondes. Elle s'était fermée à tout.

Marche. Lève toi, et marche. Marche. Lève toi, et marche.

Là-bas, juste devant, à quelques mètres. Ils sont trois. Deux d'entre eux tiennent des objets que Tarja n'a jamais vu, qui s'enfoncent dans la terre, creusant une fosse à l'intérieur. Le corps dissimulé derrière un des rares arbres encore droit, les mains posées sur l'écorce, elle regarde. De ses yeux pénétrants, elle observe leurs gestes, entend leurs mots, mais ne les écoute pas. Le temps passe, elle regarde. Ils posent leur outil commun, et s'éloignent un peu. Ils ne parlent plus vraiment. Mais dans leur yeux se lit la satisfaction. Celle d'avoir accompli quelque chose. S'être débarrassé d'une tâche à faire. Bientôt, elle les voit apparaître à nouveau dans ce décor humide, boueux, poisseux. Ils tiennent dans leurs bras. La pluie, descendue sur le monde. La pluie, qui justement se met à tomber doucement. L'œil s'est plissé, désormais s'écarquille. Existence de cauchemar, à travers un paysage déchiré. L'eau qui touche ses bras pénètre sa peau, enflamme son cœur, démoli son esprit de rage. Anéantie. Elle reconnaît les corps. Comme si les échos des chants de chacun frappaient dans son crâne. Anéantie. Les hommes les lâchent dans la fosse, comme s'ils étaient de vulgaires déchets. Dans sa poitrine, et dans son corps entier, tout s'est bloqué. Crampe immense, douleur intense. Anéantie. Les minutes passent, plomb dans l'âme. La pluie continue de tomber, légèrement plus forte. Ce n'est plus de la bruine, c'est une vraie petite averse. Anéantie. Tarja ne chante pas. Elle a cessé de regarder les corps jetés, son attention s'est laissé attirer par les porteurs. L'eau l'irrite, la brûle, lui fait mal. Elle sort de sa cachette, et avance. Ses pas sont lourds, dans la terre mouillée. Les hommes se tournent, la voit. Anéantie.

Un cri, des coups. La chair se pourfend, le muscle se tord, l'os se brise. Les corps tombent. Anéantie.

La rage retombe, même si la pluie continue. Tarja se retourne, ses yeux se posent sur la fosse. Sous quelques corps qu'elle connaît, elle le reconnaît, lui. Le visage de Silas, moitié contre terre, ses cheveux ondulés, encore humides. Elle aperçoit les épaules, encore sous la veste. Elle voit ses mains, ses yeux clos. Ses bras se jettent dans l'amas de corps, tirant le sien. Le tirant hors de la fosse, elle hurle. Ses sanglots fendent l'air. Elle ne pleure pas pourtant. Elle hurle juste. Ses mains serrent le corps inerte contre sa poitrine. Elle ne sent plus rien. Plus de chaleur, plus de souffle, plus de battements, plus de réflexion. Plus rien. Il n'y a plus rien. La pluie ne parvient pas à masque les cris. Mais peu à peu, ils se calment. Avec l'eau. Le ciel cesse de pleurer, alors Tarja desserre son emprise sur le corps de son frère. Ses yeux sont plissés tant la douleur est forte. Pourtant, encore une fois, elle se lève. Dépose le corps respectueusement sur le sol, et plonge à nouveau ses bras dans la fosse. Elle range. Place les corps, les aligne, avec respect, tendresse. Frères et sœurs sont tous là, il n'en manque aucun. Tous morts. Morts. Anéantie. Dans des gestes maladroits et tremblants, elle remet la terre, par dessus les corps, pour les protéger. Ils pourriront, elle le sait. Mais à l'abri des regards, et des crocs du monde.

Plus loin, elle creusera une fosse grossière, à mains nues, avant d'y déposer le corps de Silas. Encore enveloppé dans ses jolis vêtements, et son éternelle veste brune pleine de tâche et de poussière. Sur son visage, des traces de terre, des marques de griffures. Tarja se rendit soudainement compte qu'à son cou, pendait un petit collier, avec un pendentif rond, en argent. Elle le retourna. Une inscription. Quelques lettres. Expirant, elle lut. « Ne crains pas l'orage. Silas. » Elle retira lentement le collier du cou de son frère, avant de l'accrocher au sien. Il avait si peu parlé, durant leur vie. Et pourtant, il y avait tant de choses qu'ils s'étaient dis autrement. Ce collier en était la preuve. Résignée, blessée, la rancune et la colère dans l'âme, elle finit d'exhumer son frère, celui qui lui avait toujours tendu la main. Ainsi, les nuits qui suivirent, elle resta allongée au même endroit, l'oreille contre la terre, à calmer sa haine, à rappeler à elle le calme illusoire de sa terre natale, se souvenant du chant, des paysages de pluies, de nuits, de brumes, d'orages. Serrant le collier dans sa main.

* * *

L'œil se plisse, brûle. S'ouvre. Retour à la réalité. En dessous, les corps. Au dessus, le ciel mort.
Entre, les chemins du monde gris, à fouler. En dernier symbole d'appartenance au Vein, sa fidélité aux rangs de ses semblables.
N'oubliez pas d'éviter la pluie, et de craindre les silhouettes derrière la brume.



Test-RP

Il y avait un lac, ici aussi. Sur ce monde où elle avait lourdement atterri, une seconde dans les bras de Silas, et la seconde d'après, seule. Mais ce monde ne se résumait pas aux marais puant de boue. Elle avait marché, et maintenant, elle était face à ce lac. L'eau n'était pas noire, comme là-bas, les arbres n'avaient pas ce côté sombre et pourtant rassurant. Le vent n'avait plus vraiment de voix propre, il ne murmurait plus grand chose, mis à part un souffle froid. Et pourtant, l'endroit n'avait beau rien avoir en commun avec son lac de naissance, il s'y passait quelque chose. Cette proximité avec l'eau, cette aura qui exhalait de la surface calme du lac. Dans le dos de Tarja, l'éternel frisson. L'éternelle sensation de retrouver une partie d'elle-même.

Elle fit quelques pas, et enfin, ses pieds rencontrèrent la source. Au fond, le sable était une vase étrange, froide et molle, gorgée de petits cailloux, et de pierres diverses. Écorchure bienfaisante. Le vent fit vibrer l'eau, qui remonta sur les jambes frêles de l'enfant. Plus loin, à l'autre bout du lac, il y avait ces arbres, si simples mais qui gardaient leur âme pourtant. Ici, tout était moins obscur, moins effrayant, bien qu'elle n'eut jamais réellement peur. Mais elle voyait la différence aujourd'hui. Une différence douloureuse. Où était son vent qui sifflait entre les arbres morts ? Où était la brume constante, au dessus du lac ? Où était sa Terre ?... Nulle part. Plus nulle part. Perdue.


* * *
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MessageSujet: Re: Le regard de l'abîme.    Le regard de l'abîme.  EmptyDim 26 Aoû 2012 - 18:17

Tu veux me rendre amoureux c'est ça ?...


Edit : finalement il y a une erreur : le groupe. Arphoss n'est pas le seigneur tout puissant du Vein. Il détient simplement la plus grande armée de démons, ce qui lui offre un position considérable. Pour faire partie de son groupe, il faut y être entré de quelque manière que ce soit.


Dernière édition par Néro Elem le Lun 27 Aoû 2012 - 20:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le regard de l'abîme.    Le regard de l'abîme.  EmptyLun 27 Aoû 2012 - 20:45

Ainsi, j'ai ajouté une petite précision dans le descriptif de la famille.
Dois-je faire mention dans l'histoire, du moment où Tarja a intégré le groupe des démons ? Je demande, on ne sait jamais (a).

Et je prends ta question pour un compliment, merci beaucoup.
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MessageSujet: Re: Le regard de l'abîme.    Le regard de l'abîme.  EmptyLun 27 Aoû 2012 - 21:00

Bah ça suffit comme ça mais ce serait encore meilleur si tu rajoutais ça dans l'histoire. ^^

Edit : bon tant pis
Le regard de l'abîme.  Valida27
Néro, Elem est venu ici...
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MessageSujet: Re: Le regard de l'abîme.    Le regard de l'abîme.  EmptyLun 27 Aoû 2012 - 21:21

J'ajouterai ce passage plus tard ; étant donné que j'ai fusillé toute mon inspiration et mes idées pour écrire l'histoire, je préfère attendre, sinon je vais bâcler.

Merci en tout cas, pour la première validation ! Maintenant, je patiente sagement dans mon coin.
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MessageSujet: Re: Le regard de l'abîme.    Le regard de l'abîme.  EmptyMar 28 Aoû 2012 - 16:42

Bien le bonjour Tarja !
Désolé de ma lenteur, mais avec la récente agitation, je n'ai su trouver le moment de venir lire ta fiche !

Alors, très franchement c'est magnifique. L'histoire, cet univers entre lac, conifères et falaises est vraiment beau. Particulièrement le chant, ensembles.

Bref, comme l'ont compris Silas et Tarja, y'a pas toujours de mots pour dire ces choses...

Simplement merci d'avoir créé ce personnage et cette fiche ^^

J'ai rien à dire concernant le contexte, préciser certaines choses en enlèverait à la poésie de ta fiche, et ça c'est hors de question ! x)

Je te valide sans plus tarder !

    Le regard de l'abîme.  211


Je te souhaite un bon RP parmi nous !
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Le regard de l'abîme.

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