''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Quelques feuilles mortes et brisées [LIBRE]

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Quelques feuilles mortes et brisées [LIBRE] _
MessageSujet: Quelques feuilles mortes et brisées [LIBRE]   Quelques feuilles mortes et brisées [LIBRE] EmptyMer 29 Aoû 2012 - 3:18

« Parfois on se réveille avec cette forte impression que plus rien ne sera comme avant. Plus jamais.
Ce sera difficile de vivre avec la culpabilité de leur mort sur la conscience.
»



* * *



Le vieux port de Beolan était bien silencieux en cette heure tardive, les marins avaient cessé de hurler sur le pont des bateaux, les charrettes avaient cessé de défiler avec leurs lourdes roues et la criée des pêcheurs avait pris fin. Seuls un léger clapot, des petites vagues contre la coque des bateaux, le bruit des cordes claquant contre les mâts, et le souffle du vent. Vent salé qui redonnait force aux poumons aigris de Querel.

Le démon semblait le seul signe de vie dans cet univers endormi. Il marchait au hasard, comme à son habitude. Ce hasard finit par le mener à déambuler entres les vieilles maisons de bois qui parsemaient la bute, un peu en surplomb du port. Sûrement les habitations des pêcheurs et marins, probablement celles de ceux qui n’avaient pas les ressources pour habiter dans l’enceinte de la ville aussi.

Le choix était difficile, mais il fallait en désigner une, ce que fit le démon, se dirigeant vers la porte de l’une d’entre elles, sans plus de raison. Il fallait bien choisir, comme à chaque fois. Querel monta les trois marches grinçantes qui le séparaient de la poignée. Poignée montée sur une porte de bois humide, imprégné par l’air de l’océan. La maison avait piètre allure, les planches tombaient un peu en lambeaux, mourant et moisissant au niveau des coins. On aurait dit une cabane abandonnée, qui aurait connu trop de jours de pluie, comme toutes ses voisines.

Il frappa à la porte.

Mais aucune réponse ne vint.

Il insista.

Sans plus de succès.

Querel posa alors sa main sur la poignée, la tourna et poussa. Mais celle-ci resta dans sa paume, le bois moisi avait littéralement cédé, laissant un trou béant à la place du verrou. Un courant d’air ouvrit la porte dans une grande plainte des charnières, qui crissèrent et gémirent.

Se découvrit alors devant les yeux verts du démon un couloir étriqué, branlant et dans un état déplorable. Celui-ci était d’un vide envoutant, appelant les pas de Querel à le traverser, dans de grands craquements des planches du parquet.

C’est en arrivant au fond de ce couloir qu’il fut subjugué par une scène peu commune. Eclairée par les reflets de la lune, à travers les petites fenêtres.

Des feuilles mortes, mortes et séchées. Attachées par deux à de petits bouts de bois, avec un peu de vieille ficelle, pour en faire des papillons. Il y en avait partout, ils recouvraient le sol, en de grands amas, ils recouvraient les murs, cloués. Une immensité brune, un flot de papillons, un flot de feuilles mortes. Cette scène dégageait une impression de profonde tristesse, et une grande beauté.

Querel resta silencieux, muet dans l’encolure du couloir. L’œuvre avait forcé son respect.

Mais reprenant un peu ses esprits, il sonda un peu mieux la pièce, de ses yeux verts. On aurait vraiment dit une mise en scène, quelques bancs, d’un bois aussi vieux que celui de la maison, étaient entreposés là, en arc de cercle, au cœur des papillons.

Au centre de cet arc de cercle gisait un homme prostré. Assis à même le sol, à moitié enseveli sous les papillons. Il était aussi mort que ces feuilles. Sa gorge était tranchée, et dans sa main ensanglantée on pouvait voir un couteau ainsi qu’un bout de papier.

Querel fit alors quelques pas en avant, enjamba un banc et s’accroupit devant cet individu. Le regardant avec un respect froid, il dit d’une voix sombre.

« J’étais venu pour te tuer, mais visiblement, tu ne m’as pas attendu. »

Il resta à le regarder, face à ses yeux clos, attendant presque une réaction du mort. Puis se résolut à saisir le morceau de parchemin taché, dans la main sale. Il le déplia délicatement de ses longs doigts secs. Dessus on pouvait lire, en lettres de sang.

« Puissent ces papillons vous guider sur votre propre voie.
Présents au fond de votre cœur, ne les oubliez pas.
Ne faites pas attention au sang, ne faites pas attention à la lame.
Et laissez leurs ailes vous redonner un peu d’espoir.
»

Relevant le regard de sa lecture, il se perdit dans le visage de cet homme. Cherchant une réaction encore, cherchant la vie sur ce cadavre. Mais rien ne vint. Il murmura gravement.

« J’aurais aimé que tu m’attendes… Je crois que j’aurais aimé parler avec toi… »

Le démon replia le papier et le relogea dans la main de son auteur.

« Je vais m’asseoir sur un de ces bancs, pour réfléchir un peu, si tu le veux bien. N’aie pas peur de mon regard. »

C’est ce qu’il fit, se relevant avec précaution. Querel témoignait un respect et une admiration qu’on avait rarement pu apercevoir sur son visage dément. Il était touché et troublé. Il s’assit en silence dans le coin le plus obscur, faisant vagabonder ses yeux à travers les histoires que racontaient toutes ces feuilles mortes.

Les instants passèrent, le silence grondait.

Quelques craquements finirent par se faire entendre, et une voix de femme résonna au fond du couloir.

« Il y a quelqu’un ? La porte était grande ouverte alors je suis entrée… »

« Il y a quelqu’un ? Tout va bien ? »

Répéta-t-elle.

Sa présence se rapprocha de la pièce, jusqu’à ce qu’elle aussi aperçoive l’œuvre.
Un râle de stupeur sortit de sa gorge, et elle souffla.

« C’est magnifique… »

Absorbée par les formes des papillons, par les feuilles dentées et par cette atmosphère. Elle finit par se rendre compte de la présence de cet homme mort, au centre de la salle, et changea du tout au tout en un instant.

« Oh, Solstice ! »

Elle accourut vers le cadavre.

« Vous allez bien ?! »

Mais elle prit conscience de la grande entaille, et de tout ce sang noir. Elle se tut, resta quelques instants à prononcer tout bas des prières. Enfin elle remarqua le petit mot dans la main du mort, le prit et le lut, comme l’avait fait Querel.

Elle pleura.

« De l’espoir… Si des gens bien se donnent la mort, comment pourrions-nous garder espoir.. ? »

À son tour elle replaça le bout de papier. Essuya ses larmes de sa manche, et se leva. En se retournant elle étouffa un cri d’effroi, apercevant la silhouette du démon. Deux yeux verts luisaient dans l’obscurité, affichés sur un visage fatigué, il la dévisageait, ce depuis qu’elle était entrée.

Elle bredouilla, tremblant de peur.

« Qu… Qu… Qui êtes-vous ? Depuis quand êtes-vous ici ? »

Des dents jaunes s’agitèrent derrière des cheveux gris et rêches.

« Je ne suis personne. Et j’ai toujours été ici. »

« Que voulez-vous dire ? »

S’inquiéta la femme.

« Asseyez-vous donc, et contemplez la grandeur de la mort. »

Elle s’exécuta, le visage angoissé, les jambes branlantes.

« Mais qu… »

« Il a sacrifié le premier, pour remplir le deuxième.
Moi je sacrifie le deuxième, pour vider le troisième.
Je crois qu’on parle de moi sous le nom de… L’engendreur.
»

Un spasme secoua la main de la femme, elle se leva brusquement, et fit plusieurs pas en arrière, se postant loin du démon, les yeux écarquillés. Elle craignait pour sa vie, connaissant ce que les conteurs disaient de ce tueur, de cet engendreur, de ce dément.

« C’est vous qui l’avez tué ? »

« Je n’ai pas tant de talent, non. Cet homme me ressemblait, de lui-même, sans que je ne l’aide. »

« Ordure, comment osez-vous vous comparer à lui ? »

Un silence suivit cette phrase. L’apparente inoffensivité du démon avait donné un peu de courage à la femme. Courage qu’elle commençait à regretter amèrement, dans ce silence de torture.

La bouche de Querel s’ouvrit à nouveau, dans un bruit de salive.

« Nous avons le même but, dans le principe, il me ressemble. Nous voulons donner des images fortes, pour rendre les gens
meilleurs.
»

« Vous, vous tuez des gens, vous ôtez la vie sans aucune raison ! Vous êtes un monstre, rien de plus ! »

Le démon passa sa main devant ses yeux, et d’un ton irrité il rétorqua.

« Je n’ai pas envie d’écouter votre étroitesse d’esprit. Ici un homme est mort. D’une grande mort. Et je vous prierai d’observer un certain respect à son égard. Je m’en voudrais de devoir souiller son œuvre d’un petit cadavre aussi laid que le vôtre. »

Elle entama une marche se voulant discrète vers la sortie, tout en répondant.

« Taisez vos menaces, je m’en vais chercher la garde. »

« Vous accableriez cet homme d’un tel vacarme ? »

« Je crois qu’il aurait voulu vous voir mourir. »

« On fait dire ce qu’on veut aux morts. Tout ce que je vois, c’est un message qui peut aussi bien s’adresser à ma voie, qu’à votre pauvre, pitoyable et insignifiante existence. »

S’enivrant de son impression d’immortalité, face à ce tueur incapable d’agir devant le mort, elle s’exclama.

« Ne soyez pas ridicule, les gens bien ne s’adressent pas aux pires des meurtriers. Mais je crois que vous avez raison ; je demanderai aux gardes d’attendre dehors, pour ne pas saccager cette scène. »

Alors qu’elle s’empressait vers la porte, la voix dissonante et éraillée de Querel se fit encore entendre.

« Parfois on se réveille avec cette forte impression que plus rien ne sera comme avant. Plus jamais.
Ce sera difficile de vivre avec la culpabilité de leur mort sur la conscience.
»

La porte claqua.

Et Querel reprit ses méditations, devant les papillons de feuilles mortes. Admirant leur mouvement immobile, et la vie qu’ils évoquaient, par leur mort.
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Quelques feuilles mortes et brisées [LIBRE] _
MessageSujet: Re: Quelques feuilles mortes et brisées [LIBRE]   Quelques feuilles mortes et brisées [LIBRE] EmptyMer 29 Aoû 2012 - 22:24

La mer.

La mer et le clapotis chatoyant des vagues au pied de la falaise.

La mer, et la civilisation, enterrée au creux de la roche, coincée entre l’infini et la fin du rêve.

Une silhouette sur la falaise, plongée dans l’observation d’un interminable miroir mouvant. Le vent léger souffle encore à cette altitude, s’amourachant de quelques mèches folles avant de mourir à l’approche des premiers toits. Son interdit parfum de folie n’a pas sa place dans la cité des Mages, sans que ceux-ci ne donnent leur autorisation.

La mer synonyme d’une liberté qu’elle n’aime que trop.

Ses pas petit à petit la conduisent le long du tortueux sentier de terre. La lune vagabonde dessine sa face ronde sur la fuyante onde, éclairant seule les lieux de son manteau de clarté. La silhouette avance.

Les bicoques se terrent dans les lieux sans ordre ni logique, création irraisonnée d’un grand Ordonnateur déréglé. Leur fronton de bois sent l’algue et la marée, leurs murs ajourés accueillent quelques coquillages perdus. Dans la nuit qui s’apaise, le calme plane avec douceur, enveloppant les êtres endormis dans ses douces ailes. Çà et là, un rire paillard retentit parfois, mais la saison est propice au travail, et les hommes fourbus ne parviennent à trop tarder.

La Seïrdan ignore ce qui l’a poussé en ces lieux. La lassitude d’une vie qui ne la mène plus à rien. La désillusion d’une famille aux vices aussi nombreux que les démonstrations d’honneur. Les rumeurs qui courent sur le continent de changements imminents. La fin d’une époque est un instant qu’elle a toujours aimé vivre, même si la mélancolie inhérente au temps qui s’égrène ne la laisse jamais totalement indemne.

Beolan est une ville qui la rebute profondément. La magie n’y est que trop présente pour qu’elle puisse s’y sentir à son aise et les lâches qui la pratiquent s’arrogent trop souvent les pleins pouvoirs. Ôter la vie à ces imbéciles la fatigue désormais plus que ça ne l’amuse, tant les combats sont aussi creux que les entrailles des futurs cadavres. Sa présence alors n’en est que plus difficile à comprendre, même pour elle.

Peut être est-ce cette vision infinie de l’océan qui l’a attirée ici. C’est en ces lieux que la mer est la plus belle, sa surface délicate s’étend à perte de vue du haut de la falaise, les frêles esquifs qui tentent de la braver sont aussi nombreux à couler qu’à atteindre le rivage. Elle est le seul symbole de la petitesse encore des êtres peuplant Feleth. Nul mage, nul capitaine, nul guerrier n’a su la plier à sa cause. Impétueuse et impitoyable, elle n’accepte nulle corruption, nul compromis et réclame toutes les morts qui lui sont dues. L’image de la Seïrdan.

Cette sérénité se trouble au passage effaré d’une jeune femme bouleversée. Elle n’aperçoit pas la Démone dans sa robe de ténèbres et la percute de plein fouet. Son regard inquiet tombe sur la cape noire, avant de remonter jusqu’au visage immaculé encapuchonné de sombre. Une excuse est bredouillée, jetée aux pieds de la Seïrdan sans plus de tentative de politesse. L’instant suivant, la demoiselle est repartie sans perdre de temps vers ce qui doit représenter la ville.

La Démone la suit des yeux jusqu’à ce qu’elle disparaisse derrière un bâtiment. Elle pourrait la suivre, l’acculer dans un coin sombre pour écouter les tréfonds de son horreur. Elle décide pourtant d’en rejoindre le coeur même, s’engage sur les traces de la jeune femme vers l’origine de son malheur.

Une cabane branlante s’élève au bout de ses pas. La porte fatiguée tente de rester close mais l’usure des gonds, le gonflement du bois et la déformation qu’elle a subi la poussent à bailler au moindre souffle inapproprié. Une bonne piste.

Nul bruit ne s’élève des flancs de l’habitation. Le couloir vide ne traduit que désolation et pauvreté. La Seïrdan le traverse en silence, jusqu’à ce que son regard se pose sur un mur entièrement recouvert d’étranges sculptures. En avançant encore un peu, elle aperçoit le sol dépositaire des mêmes lubies. Pourtant, son esprit peine à trouver une quelconque logique à ces feuilles reliées.

Elle demeure immobile sur le seuil de la pièce, observant les lieux pour tenter de comprendre la représentation qui s’y déroule. Quand l’image fugitive d’ailes mordorées s’impose à son esprit.

Le dos de son poing fermé s’abat sur la cloison sommaire. Les clous cèdent, les feuilles papillonnent un instant en suspension avant de s’échouer sur leurs compagnes. Déchues.

« L’homme qui tente de capturer la beauté de l’éphémère ne crée que monstruosité. »

Sa voix sombre résonne dans la pièce sans qu’elle n’y prenne garde. Les êtres qui y demeurent sont un détail dont elle ne prend conscience qu’après coups.
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Quelques feuilles mortes et brisées [LIBRE]

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