''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 L'inattendu [PV Melley]

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Heïan Kreiss



________________

Heïan Kreiss
________________


Race : Humain
Classe : Roublard
Métier : Ex tueur à gages
Croyances : Athé
Groupe : Solitaire

Âge : 47 ans (25 irl)

Messages : 110

Fiche de Personnage :
Ma vie, mon histoire


L'inattendu [PV Melley] - Page 3 _
MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptySam 13 Oct 2012 - 21:04

‘‘ J’aimerais vraiment que tu m’apprennes à lire ! Enfin, que tu me réapprennes….! Et moi…je peux t’initier au tir à l’Arc si tu le souhaites…et…ce que je désire…c’est rester avec toi Heïan…je te désire, toi… ‘‘

Enchanté et flatté de cette réponse, Heïan lui renvoya son sourire. Le tir à l’arc ... il y avait déjà songé par le passé, mais n’avait jamais tenté le coup alors ce serait une première et il aurait droit à une très bonne instructrice. Pour ce qui concernait la lecture, pendant son enfance, le jeune homme avait bénéficié d’une bonne éducation et c’est son oncle, Berthan, qui s’occupait justement de lui faire les cours à domicile. Comme il était un mordu de lecture, Heïan avait appris à lire avant même de savoir compter jusqu’à 100. Cependant, avec tout ce qui se passait dans sa vie et avec son père, Heïan avait plutôt délaissé son éducation pour le maniement d’armes légères, ce qui l’avait grandement inquiété à l’époque.

Leur bouche ne fit qu’un par la suite, s’embrassant fougueusement sur le pas de la porte d’entrée. Celle-ci s’était ouverte pour laisser apparaître Berthan, mais alors qu’il allait franchir le seuil de la porte, ses yeux vert vif se posèrent sur le petit couple et leur amourette. Mal à l’aise et ayant surtout peur de les avoir dérangés, l’homme ferma rapidement la porte. Décidément, il devrait sortir par-derrière, même si c’était SA maison. Secouant la tête, l’oncle souriait, content pour eux ... heureux que le bonheur soit enfin de retour dans sa famille de nouveau réunie.

‘‘ Ces jeunes ... ‘‘

Des frissons le traversaient de part en part du corps alors que Melley laissait danser ses mains sur son torse, ne cessaient l’intensité de leurs baisers. Finissant par enfin se détacher, la jeune femme s’amusa avec une de ses mèches de cheveux folles... comme toujours, ils étaient en bataille et le seraient probablement toujours. C’était leur nature, il devait vivre avec ça ! La jeune femme inspirant profondément, Heïan lui souriait, la regardant dans les yeux ne s’imaginant plus vivre seul, sans elle. Pourquoi ne l’avait-on pas mise sur son chemin avant ça ? Pourquoi maintenant et pas plus tôt, beaucoup plus tôt ? Le destin ... ou simple hasard ?

Le soleil avait amorcé sa descente et la nuit commençait à s’installer tranquillement. La noirceur s’approchait graduellement de leurs pieds, mais tout de même à une bonne vitesse.

‘‘ Rentrons, Heïan… ‘‘

Melley ne voulait pas rester dehors dans cette noirceur et il l’avait senti devenir un petit peu tendu. Acquiessa en signe d’accord, Heïan se redressa sur ses jambes et ils retournèrent à l’intérieur. De toute manière, il commençait à faire frisquet à l’extérieur et mieux valait ne pas tomber malade. Prenant soin de bien verrouiller la porte et de s’assurer qu’elle ne s’ouvrirait pas, le jeune couple se dirigea vers la salle à manger où le repas du soir les attendait. Autour de la table, on parlait déjà plus. M’enfin ... surtout Berthan, car il s’amusait à charrier son neveu. L’homme les avaient vut s’embrasser comme deux jeunes remplit de fougue et il ne voulait pas manquer sa chance de le taquiner. De toute manière, il y prenait plaisir. Heïan finit par rire avec lui, car il n’y avait rien de méchant, au contraire. Naêlyah, aux côtés de son jumeau, regardait les deux hommes se chamailler et qui finirent par se lancer leurs petits pains en riant. Après le repas, ce fut l’heure du thé et des petites douceurs. Leur estomac plein, Heïan et Melley quittèrent la salle à manger pour monter à l’étage et se rendre dans la chambre de Melley. Berthan alla fumer sa pipe, comme à chaque soir alors que Naëlyah s’asseya sur un coussin par terre juste devant le feu, un livre en main.

C’était l’heure de passer leur corps sous l’eau et de tout nettoyer. Heïan laissa Melley se rendre à la salle de bain la première alors qu’il patienterait pour son tour, mais elle passa la tête par l’embrasure de la porte pour le regarder. L’homme leva la tête, arquant un sourcil alors qu’elle souriait.

‘‘ Viens avec moi… ’’

Là ? Maintenant ? Euh ... si elle le voulait ... bien que ça ne le dérangeait pas personnellement. Enfin ..., c’était pour ne pas la mettre mal à l’aise !

‘‘ Ce soir, on douche ensemble…j'y arriverais, n'aie pas peur ! ‘‘

Mais il n’avait pas peur. Il s’inquiétait plutôt pour elle et ne voulait pas risquer de la brusquer en faisant le maladroit. Sauf que la jeune femme commençait déjà à se débarrasser de ses vêtements, tranquillement, mais bien décider de le faire. Se laissant regarder sans gêne. Le haut de son corps avait été mis à nu et Heïan pouvait voir les marques rougeâtres encore un peu apparentes sur son corps, particulièrement sa poitrine. La blessure à son épaule cicatrisait tranquillement et créait un fort contraste avec la peau de porcelaine de la jeune femme. Ce fut ensuite le tour du bas, les vêtements se retrouvant tous au sol. D’une démarche nonchalante, Melley s’approcha de lui dans toute sa splendeur alors qu’il n’avait pas bronché. Ses mains délicates s’étaient accrochées au bas de sa chemise qu’elle commença à lever pour l’en débarrasser. Surpris sur le moment, il regardait Melley.

‘‘ Laisse-toi faire…détends-toi… ‘‘

Il voyait qu’elle ne se forçait pas pour le faire, mais bien parce qu’elle le voulait et qu’elle était à l’aise d’agir de la sorte. Elle se sentait à sécurité et le lui avait fait comprendre, comme elle savait que jamais il ne lui ferait de mal. Ses lèvres se posèrent à peine sur sa peau, l’effleurant, le faisant frissonner de plaisir. Le vêtement se retrouva bien vite au sol, parmi ceux de sa douce qui n’avait que son pendentif pour l’habiller. Sa bouche se colla à son cou, l’embrassant de plus belle alors que Melley s’occupait de dénouer la ceinture qui tenait son pantalon en place. Ses mains à lui se posèrent sur ses magnifiques hanches pour glisser doucement dans le creux de ses reins puis dans son dos, la caressant. Elles ne touchèrent cependant pas sa poitrine pour une seconde fois ... ces marques déjà présentes l’en empêchaient et il ne voulait pas lui faire de mal, même si ça n’avait guère été le cas. Nue à son tour, il suivit sa bien-aimée sous l’eau qui coulait sur leur peau.

Melley souriait, fière de ce qu’elle eût accomplit et il était sincèrement heureux pour elle, tout comme il l’était de faire partit de sa convalescence.

L’emplacement où ils se trouvaient était plus étroit que celle où ils s’étaient lavés quelques jours auparavant, mais peu leur importait. Heïan embrassait, promenant ses lèvres contre les siennes puis frôlant sa mâchoire délicate puis descendre dans son cou et son épaule, là où se trouvait la coupure qui souillait son corps. Leur corps étaient si prêt l’un de l’autre ... son bas ventre était collé contre celui de la jeune femme qui n’eut pas peur, qui se laissa faire. Les doigts de Melley parcouraient son dos, partant à la découverte de cicatrices qui avait marqué sa vie passée. Une vie qui n’avait pas été des plus joyeuse et dans laquelle il ne voulait surtout pas replonger. Heïan avait gouté de nouveau au bonheur, avait retrouvé sa famille en plus d’avoir rencontré la personne qui le faisait sentir complet.

‘‘ Tu as beaucoup de cicatrices Heïan… ‘‘ Fit-elle remarquer lorsqu'elle lui savonna de nouveau le dos tendrement.

Jamais il n’avait réellement porté attention à elles. Il ne souvenait pas d’avoir un jour regarder son dos dans la glace, ni même se remémorer les évènements de chacune d’elles. Cependant, il s’en souvenait clairement. Il se souvenait de l’histoire de chacune de ces blessures qui l’avait marqué pour le restant de ses jours ... Ce fut les mains savonnant son dos qui le ramenèrent à la réalité, profitant de ce petit massage pour baisser la tête et fermer les yeux. Ils inversèrent ensuite les rôles et ce fut Heïan qui lui savonna le dos, lui massant les épaules en bonus et lui embrassant le cou à nouveau, puis l’oreille, lui murmurant qu’il l’aimait.

L’heure de sortir de la pièce remplie de vapeur était venue et de toute manière, les doigts d’Heïan commençaient à ressembler à ceux d’une personne âgée tellement ils devenaient fripés. À l’aide des serviettes, ils se séchèrent puis ils se mirent au lit. Heïan allait enfiler son haut, mais quelqu’un l’en empêcha, un large sourire aux lèvres. Lui répondant de la même manière, l’homme laissa donc tomber. Cela lui ferait une raison de plus pour rester sous les couvertures au chaud et aussi pour garder Melley contre lui.

Blotti l’un contre l’autre, le sommeil vint les gagner et ils s’endormirent paisiblement.

Au lever du jour, la marmotte dormait encore profondément, tenant toujours la jeune archère dans ses bras et n’eut pas conscience qu’elle s’était glissée hors du lit, ni même qu’elle était sortie de la chambre. Ce qui le sortit de son profond sommeil fut la secousse qui prit le lit, le faisant sursauter et tomber à la renverse par terre.

‘‘ Aïeuh ... ‘‘

Se redressant en se flattant le fessier, qui avait cogné dur contre le plancher, Heïan grimaçait, à moitié endormi. Melley était là, essoufflée et se mordant la lèvre.

‘‘ Excuse-moi…mais…il y a…des gardes…qui arrivent…j'ai peur de ce qu'ils veulent… ‘‘

‘‘ Des ... gardes tu dis ? ‘‘

Il n’y avait aucun doute, il venait ici pour quérir des informations sur ce qui s’était produit la veille ou pour venir le chercher lui, car son oncle avait livré Lyme aux autorités. Heïan était sur les lieux, dague en main lorsque les soldats étaient venus attrapé l’agresseur de Melley. Fronçant les sourcils, l’homme agrippa rapidement son pantalon et l’enfila pour ensuite attacher sa ceinture. Ce fut ensuite au tour de la chemise qu’il enfila à la va-vite pour ensuite s’approcher de la femme qui l’avait apprivoisé.

‘‘ Ça va aller, ne t’inquiète pas. ‘‘

Il posa les mains sur le lit, approchant son visage du sien pour l’embrasser tendrement.

‘‘ Je vais aller les voir. Ils sont certainement venus pour moi. Surtout, reste avec mon oncle et ma mère. Ne sors pas du manoir avant que je ne revienne. ‘‘

Puis un second baiser lui fit donner, plus long, plus savoureux que son prédécesseur. Le regard violacé d’Heïan s’éloigna de celui de Melley et il lui fit un sourire rassurant avant de sortir en toute hâte pour descendre les escaliers où Berthan l’attendait avec les mêmes soldats qui avaient apporté Lyme la veille au matin.

‘‘ Monsieur Kreiss, si vous voulez bien nous suivre. Nous avons quelques questions à vous poser sur les évènements qui se sont produits hier. ‘‘

‘‘ Je vous suis, messieurs. ‘‘

‘‘ Et ne vous en faites pas, Monsieur Omarion, tout devrait bien se passer. ‘‘

‘‘ Je l’espère ... fiston ‘‘

Berthan regarda Heïan, inquiet, car il ne savait pas comment tout allait tourné. Ce Lyme, qu’avait-il dit pour que les autorités ne viennent chercher son neveu ? En tout cas, ça ne lui disait rien qui vaille ... Se voulant rassurant, Heïan lui souria et regarda en direction de Melley qui se trouvait en haut de l’escalier à le regarder partir avec les hommes de loi.

Ils marchèrent un long moment dans les rues, Heïan entouré de tous les côtés par un homme vêtu d’une lourde armure scintillante sous les reflets du soleil. Sur leur passage, les enfants les admiraient, désirant être ainsi lorsqu’ils seraient plus âgés. Le groupe se retrouva au quartier général Est de la ville de Beolan, là où était détenu l’agresseur de Melley. D’ailleurs, alors qu’ils se rendaient dans une pièce, au fond d’un long couloir, il croisa le regard sombre et vif de Lyme qui en sortait à l’instant. L’homme était pâle à cause de sa perte de sang de la veille, mais ses yeux respiraient la folie comme jamais. Ils se poignardèrent du regard avant de se perdre des yeux, car on les éloignait. On fit assoir Heïan sur une chaise en bois très peu confortable et un chef d’escadron prit place juste devant lui, de l’autre côté d’une large table fait du même matériel que le meuble sur lequel ils siégeaient tous les deux.

‘‘ Je crois que vous savez la raison de votre présence ici, pas vrai, Monsieur Kreiss ‘‘

‘‘ Il me semble que oui ... mais pourquoi m’avoir fait venir jusqu’ici au juste ? ‘‘

‘‘ L’homme que nous avons arrêté hier dit qu’il n’avait aucune mauvaise intention et qu’il a été blessé inutilement, par votre faute. ‘‘

Heïan fronça les sourcils, regardant son interlocuteur directement dans les yeux. Il attendait que celui-ci poursuive ses explications, ce qu’il fit sans tarder.

‘‘ Il affirme aussi que celui qui tentait de violenter cette jeune femme n’était pas lui, mais vous. ‘‘

‘‘ Pardon ? ‘‘

Le soldat haut gradé ne le lâcha pas du regard, accotant ses coudes contre la table et ses mains se posèrent elles aussi sur le mobilier. Il attendait patiemment que l’interrogé passe aux aveux ou qu’il ne dise sa version des faits. Heïan était sous le choc. Lyme ... quelle ordure. Il tentait de lui faire porter le blâme pour être libéré et retourner vers Melley. Il était hors de question qu’il laisse faire une telle chose. Si cet homme était relâché, l’amour de sa vie allait disparaître, elle allait être détruite à tout jamais... non... il ne pouvait s’y résoudre. Il l’aurait cet enculé et il l’aurait à son propre jeu.

‘‘ J’oubliais ... il croit aussi que vous êtes un membre de la résistance. ‘‘

Là, c’était la totale. Lyme n’avait rien laissé au hasard décidément, mais rien ne l’ébranlait. Heïan s’en sortirait, comme à tous les coups. Des manipulateurs, il en avait vu de toutes les sortes pendant sa vie et il les reconnaissait. Mais, lui aussi savait jouer cette carte, sans pour autant mentir. Heïan accota lui aussi ses coudes contre la table, se montrant confiant et planta son regard violet dans celui du soldat.

‘‘ Je ne fais aucunement partit de la résistance, sinon je ne crois pas que je serais ici, dans ma ville natale, à tabasser un homme qui a voulu faire du mal à la femme que j’aime, sauf votre respect, Monsieur. Il est venu toquer à la porte du manoir de mon oncle et nous avons des témoins. Je ne le connais pas et je ne savais pas ce qu’il voulait. Il a tenté de violer une femme en pleine rue. Cependant, je ne cacherai pas que je lui ai mis une raclée quand je suis arrivée sur les lieux. Je lui ai cassé le nez et lui ai enlevé son aptitude à procréer sans regret. Gardez-moi en cellule, si vous voulez, mais jamais je n’aurais fait une telle chose. Et surtout pas envers l’être aimé. ‘‘

Le soldat était resté de marbre ayant regardé les pupilles d’Heïan tout au long de son discours pour se défendre. Il se leva alors, faisant signe au garde qui se tenait près de la porte afin de tout surveiller et d’agir en cas de nécessité.

‘‘ Faites-le venir et asseyez-le à ma place. ‘‘

Le garde s’exécuta aussitôt et on amena Lyme qui avait les mains jointes ensemble. Deux hommes larges d’épaules le tenaient par les bras et l’asseyèrent à l’endroit désigné. Heïan et lui se toisèrent du regard, se retenant de ne pas de cracher au visage. Le plus impatient fut le véritable agresseur, mais il reprit rapidement son sang-froid, entrant dans son jeu de manipulateur.

‘‘ Maintenant que vous êtes l’un en face de l’autre, il serait peut-être que l’un d’entre vous se dénonce et que nous en finissions. Vous savez tous deux ce que vous réserve la sentence pour viol, à Beolan. Alors, parlez ! ‘‘

Le haut gradé se fit un peu plus dur et brusque. Heïan regardait Lyme qui en faisait de même.

‘‘ Je suis innocent ... cet homme a convaincu ma fiancée de le suivre et je l’ai pris à tenter de la violer dans une ruelle. Elle n’a pas toute sa tête la pauvre. ‘‘

Il allait loin, trop loin ... en pleine possession de ses moyens, Heïan eut un sourire de dégout au bord des lèvres. Elle était bien bonne celle-là.

‘‘ Un homme qui demande une femme en mariage lui offre une bague et elle n’en a aucune aux doigts, alors je considère cela comme un mensonge. Deuzio, j’ai des témoins qui peuvent m’innocenter. Mon oncle, qui est connu à travers Beolan, ma mère, la victime et les domestiques travaillant pour mon oncle. Et je ne crois pas que Berthan Omarion voudrait entacher son nom en osant mentir sur le sujet. De plus ... Melley a toute sa tête ‘‘

Les derniers mots avaient été dit de manière provocante. Lyme était à cran, impatient et ça, il l’avait vu dès que leur regard s’était croisé dans le couloir mal éclairé du quartier général. Heïan avait eu raison, car l’agresseur bougea brusquement de sa chaise, la rage tirant les traits de son visage. Il venait de se faire avoir ... la faute que Lyme avait faite était de ne pas assez connaître l’entourage de sa proie avant d’attaquer. Le voilà qui coulait dans les abysses de ses actes, payant pour ce qu’il avait fait à une femme innocente. Mais cela ne se finirait pas aussi rapidement.

‘‘ ASSEZ ! Amenez-les aux cachots et séparez-les. Je dois parler aux témoins du jeune homme avant de prendre une décision. Pour l’heure, jusqu’à ce que nous soyons certains du coupable, ils resteront tous deux enfermés ici. ‘‘

‘‘ Bien chef ! ‘‘

Les soldats amenèrent alors les deux hommes au sous-sol, où avaient été construite non loin d’une dizaine de cellules. Heïan fit jeté dans l’une alors que Lyme subit le même sort, mais à l’opposé. Attaché au pied droit contre la paroi de pierre des fondations du quartier général, ni l’un ni l’autre ne pouvait songer à fuir.

En haut, le chef d’escadron quitta le quartier général pour se rendre au manoir de Berthan, décidé à interroger tout le monde, mais aussi pour les prévenir qu’ils gardaient son neveu en détention pour un temps indéterminé.
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Melley Nesahlt



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L'inattendu [PV Melley] - Page 3 _
MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptySam 13 Oct 2012 - 22:30

-Des … gardes tu dis ?

Elle hocha de la tête alors qu'il fronçait les sourcils et commençait à s'habiller en quatrième vitesse. Il se leva, cherchant sa chemise, qu'il enfila avant de se rapprocher à nouveau d'elle, toujours assise sur le lit, paniquée.

- Ça va aller, ne t’inquiète pas.

Il s'accouda au lit et s'approcha, l'embrassant doucement. Elle lui rendit son baiser, voulant lui conférer le plus de forces nécessaires. Elle s'inquiétait tellement ! Pourquoi les gardes venaient-ils ? Pourquoi si tôt ? Qu'avait dit Lyme ? Ou fait ?

-Je vais aller les voir. Ils sont certainement venus pour moi. Surtout, resta avec mon oncle et ma mère. Ne sors pas du manoir avant que je ne revienne.

Elle reçu un second baiser, plus long, plus savoureux. Elle regarda Heïan se détacher d'elle, s'éloigner vers la porte et sortir. Elle entendit les voix en bas, mais ne comprit pas. Elle se leva et alla sur le palier, s'approchant des escaliers. Elle ne le laisserait pas partir seul !

Elle croisa son regard, un regard qui se voulait rassurant, alors que les gardes l'encerclaient et l'emmenaient à l'extérieur. Elle se mordit la lèvre et descendit les marches quatre à quatre. Mais la porte s'était refermée sur lui.


-NON !!! Je veux aller avec lui ! JE dois aller avec lui !

Elle voulut ouvrir la porte, la faire sortir de ses gonds, mais Berthan arriva et la serra contre lui, nouant ses épaules contre elle pour l'immobiliser.

-Chut…il va revenir. Ils veulent juste lui poser des questions…

Naëlyah apparut à son tour. Elle aussi semblait inquiète.

-Heïan n'a rien fait d'autre que te défendre. Il ne peut rien lui arriver de mal.

Elle acquiesça et se détacha de Berthan, le remerciant faiblement.

-Mais…pourquoi ne lui posent-ils pas des questions ici alors ?

Les adultes s'entreregardèrent et aucun ne put lui fournir une réponse, ce qui l'inquiéta encore plus. Qu'allait-elle faire ? Elle n'arrêtait pas de se demander ce qu'il se passait, ce qu'ils lui demandaient, comment il s'en tirait…

Avait-il croisé Lyme ? Si oui, avait-il réussi à garder son sang-froid ? Ou Lyme s'amusait-il à le faire tourner en bourrique ? Chez les Rebelles, il avait été réputé pour manipuler les gens à sa guise.
Berthan retourna dans sa bibliothèque, disant qu'il allait voir s'il trouvait un texte de loi, pour prévenir le coup. Au cas où. Naëlyah, tremblante, alla s'asseoir dans le fauteuil, tentant de coudre un peu.

Melley, restée à l'entrée, ne savait pas quoi faire. Elle ne pourrait rien faire ! Elle ouvrit la porte et alla s'asseoir sur la marche, genoux repliés contre sa poitrine, ses bras les encerclant, priant pour qu'il revienne vite. Elle attendit, attendit, l'inquiétude la rongeant à petits feux, lorsqu'elle vit une silhouette apparaître. Elle se leva lentement, son cœur battant la chamade. De loin, elle crut que c'était Heïan. Puis le soleil se répercuta sur l'armure et elle déglutit. C'était un garde. Accompagné par deux autres qui étaient apparus non loin. Elle rentra rapidement à l'intérieur, entra dans la salon ou Berthan s'était installé au final et déclara :


-Il…il y a des gardes qui approchent.

Aussitôt, tous deux se levèrent, l'accompagnant à l'entrée, attendant de pied ferme le soldat. Celui-ci salua poliment, se présentant comme étant un haut gradé, s'excusant du dérangement. Berthan l'invita à entrer ce qu'il fît, laissant ses hommes sur le perron pour monter la garde et ils s'installèrent tous autour de la table. Il refusa cependant un thé.

-Bien, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Votre neveu, Heïan, c'est sa ? Votre neveu est en cellule pour un temps indéterminé.

Melley serra la nappe entre ses doigts à l'entente de cette phrase. Elle parvint de justesse à garder bouche close. Berthan, en grand homme, prit la direction à leur nom :

-Je ne voie pas quel crime à commis mon neveu pour être emprisonné de la sorte, monsieur.

Le garde soupira.

-L'affaire est quelques peu plus compliquée. Je voudrais donc vous poser à tous quelques questions et avoir votre version des faits.

Naëlyah acquiesça, de même que Berthan. Melley restait figée. Compliquée ? Qu'avait dit Lyme ? Avait-il accusé Heïan à sa place ?
Le garde se tourna vers elle et lui dit :


-Vous êtes donc la victime je pense ? J'espère que vous vous en remettrez vite. Dites-moi qui est pour vous cet homme….Lyme ?

Elle inspira, chercha de la force auprès de Berthan et Naëlyah et se lança :

-Après la mort de mes parents il y a…cinq ans…c'est lui qui m'a…recueillie…et il y a deux mois je suis partie découvrir le monde, sous son conseil. J'ai fait la rencontre d'Heïan et de sa famille il y a une semaine et avant-hier il a sonné à la porte. Il voulait me parler…et…je ne sais pas ce qui lui a pris. Quand…quand il a compris que j'aimais Heïan il est devenu fou…il m'a jetée au sol…et…et…il a voulu…

Elle se coupa et Naëlyah reprit :

-Il a tenté de la violer monsieur. Mon fils n'aurait jamais fait cela à celle qu'il aime.

Berthan approuva et surenchéris :

-Mon neveu était avec moi lorsque Lyme et Melley sont allés discuter. Ce n'est qu'à l'appel de secours de la jeune femme qu'il est parti en courant pour la sauver de ce monstre. Je suis arrivé juste derrière et j'ai vu la scène de mes propres yeux. Dois-je vous faire un dessin ? Lyme était couché sur elle, à moitié nu ! Et il l'avait déjà déshabillée !

Le garde avait tout écouté patiemment.

-Je ne remets pas vos paroles en doute, mais…cet homme à dit que vous étiez sa fiancée. De même qu'il a dit que vous n'avez plus toute votre tête.

Melley fût stupéfiée. Si ébranlée que ses épaules s'affaissèrent. Et ce fût plus fort qu'elle. La colère l'envahit. Elle se leva brusquement, un doigt pointé entre les yeux du garde, lui assénant :

-Sa fiancée ?! Ais-je une bague au doigt ? Aurais-je suivit un autre homme si j'avais été fiancée ? Serais-je partie seule sans lui ?! Je vous assure que j'ai toute ma tête monsieur ! C'est lui qui ne l'a plus ! Il est fou ne le voyez-vous pas ?!

Le garde tentait de la calmer :

-Mademoiselle, calmez-vous et rasseyez-vous je vous prie…

-Que je me calme ! Vous en avez de bonnes ! Heïan n'a rien fait d'autre que me protéger ! Et vous…vous l'enfermez ! Libérez-le ! Tout de suite !

-Je ne peux pas. Il est en détention pour l'heure et la durée minimum et d'au moins un jour. Et nous n'avons pas de preuves concrètes concernant Lyme.

Naëlyah s'était levée et avait mis ses mains sur les épaules de Melley pour la calmer. Celle-ci était en colère. Comme jamais elle ne l'avait été. Mais pourquoi ne voyaient-ils pas l'évidence ? Pourquoi resterait-elle avec Heïan s'il avait voulu la violer ?

Elle parla, tentant de calmer sa colère qui vibrait dans sa voix :

-Il vous faut d'autres preuves que quatre témoignages identiques ? Que vous faut-il de plus ?

Berthan se leva à son tour. Ils étaient tous trois debout face au garde qui perdait pieds.

-Si vous mettez ma parole en doute, sachez que vous perdrez votre grade monsieur. Jamais je ne mentirais sur ce sujet aussi grave qu'une tentative de viol. Libérez mon neveu.

Le garde se mit à leur hauteur, soupirant une nouvelle fois.

-Votre neveu à tout de même frappé Lyme et l'a rendu infirme niveau procréation.

Melley écarquilla les yeux. Il avait…il l'avait…bah tant pis. Elle s'en fichait pas mal en réalité. Tant qu'Heïan ne souffrait pas, elle s'en fichait de Lyme comme du port-salut.

-Et alors ? C'était de la défense !

-Oui mais il doit tout de même rester jusqu'à demain soir en prison. Nous allons démêler tout cela, les interroger encore voir si l'un d'eux craque. Je sais qu'un ment et l'autre non. Et je ne mets pas votre parole en doute monsieur Omarion, mais je ne voudrais pas me tromper et relâcher le violeur. A Beolan, ce genre d'individu est castré en place public puis pendu, nu comme un ver.

Le garde les toisait de haut, voulant se montrer supérieur. Berthan reprit l'affaire en main soigneusement :

-Nous assisterons à cette exécution monsieur. Lyme doit payer pour ses crimes.

-Nous verrons. Maintenant, merci pour vos témoignages. Je vais retourner au poste les réinterroger.

Il s'éloigna vers la porte, bien décidé à les mettre face à face une nouvelle fois et les mettre à bout pour que le coupable s'emporte.

Alors qu'il voulait sortir, Melley lui courut après :


-Laissez-moi venir ! Laissez-moi le voir !

Le garde se tourna et la regarda longuement.

-Il n'est pas autorisé de parler aux prisonniers, mademoiselle. Désolé.

Il franchit le seuil de la maison, accompagné par ses hommes. Melley sortit à son tour, totalement impuissante. Elle voulut les suivre, rejoindre Heïan et lui donner toute sa force. Mais Berthan l'agrippa au bras lorsqu'elle commença à marcher :

-Non Melley. N'aggrave pas sa situation. Il est innocent et n'a rien à se reprocher. Ils le libéreront demain soir et Lyme sera exécuté. Viens maintenant.

-Mais…demain soir…tout seul…non ! Je veux y aller !

Naëlyah les rejoignit.

-Berthan, rentre, je vais lui parler.

Son frère lâcha Melley et rentra, laissant les femmes entre elles. Naëlyah entraîna Melley sur un banc un peu plus loin, contre la demeure, s'y assis et attendit que l'Archère fasse de même pour commencer :

-Il est fort, Melley. Il y arrivera. Il est innocent, mon frère te l'as dit. Et tu le sais que rien ne peut lui arriver. Ils vont le garder jusqu'à demain et ensuite il reviendra d'accord ?

-Ly…il est capable de tout pour parvenir à ses fins…Il est manipulateur quand il le veut et…il va toujours contrecarrer et avancer d'autres arguments qui plaideront pour lui et contre Heïan…ils vont se tromper et tuer Heïan alors que lui sera relâché et reviendra ici…et là…il vous…il vous tuera sans doute avant de reprendre avec moi…

Naëlyah mit un bras autour de son épaule et lui dit :

-Les gardes reconnaitront le coupable. Heïan est innocent, tu le sais aussi bien que moi. Il ne craquera pas. Lyme en revanche, s'il est vraiment fou, ce que je pense, perdra ses moyens…

Elle hocha de la tête et sourit faiblement. Ou était-il ? Dans une cellule souterraine ou avec vue à l'extérieur au moins ? Attaché ? L'avaient-ils frappé ? L'avaient-ils mis avec Lyme ?

Elles rentrèrent bien vite, midi approchant. Mais le déjeuner fût morose, tous perdus dans leurs pensées, l'appétit ne venant pas malgré les plats succulents des domestiques. Berthan cherchait une roue de secours au cas où Lyme trouverait le moyen de se faire innocenter à la place de son neveu. Naëlyah pensait à son fils, lui envoyant toutes les ondes qu'il avait besoin pour faire face.

Et Melley…Melley n'arrêtait pas d'angoisser pour lui. Elle se sentait divisée, loin de lui. Elle se sentait misérable. Impuissante.

Elle remonta bien vite dans sa chambre et s'y enferma à double tour, laissant les adultes entre eux. Elle ne voulait voir personne, sauf lui. Elle s'accouda à la fenêtre et observa les rues, son visage apparaissant devant elle comme par magie. Ses bras lui manquaient…son regard…ses mots…tout lui manquait…

Elle toucha le médaillon, le seul rappel de lui. Elle le serra dans sa paume, le mouillant de ses larmes qui avaient repris, lui envoyant toutes ses forces pour faire face à Lyme. Comment allait-elle dormir, loin de lui ? Elle ne dormirait pas tout simplement. Elle ne pourrait pas en sachant qu'il croupissait injustement en prison. Elle entendit toquer, ne répondit pas, ne bougea pas. Elle voulait être seule. Elle cherchait aussi une solution. Se retournant, elle vit sa dague à côté de son Arc. Si Lyme réussissait à passer entre les mailles du filet, elle le tuerait. Se dénoncerait. Et mourrait avec Heïan. Elle ne supporterait pas de le voir mourir et de continuer à vivre sans lui. Elle pleurait, serrant l'arme dans sa main. Elle n'aimait pas tuer, et encore moins les hommes. Mais Lyme le méritait, contrairement à Heïan. L'après-midi passa lentement. Trop lentement. Elle était fébrile, se précipitant vers la porte pour aller le sauver et tuer Lyme, se ravisant à l'ultime seconde, main sur la poignée, pour revenir sur le lit. Ses mains tremblaient à nouveau.

A la tombée de la nuit, elle hurla toute sa peine. Les murs en furent ébranlés, elle entendit des pas courir dans le couloir pour s'arrêter devant sa porte. Elle entendit Berthan et Naëlyah lui parler, elle ne répondit pas. Elle était à genoux au sol, recroquevillée, pleurant toutes les larmes de son corps. Heïan ne méritait pas de croupir en prison…il n'avait rien fait…il n'avait fait que la défendre d'un monstre…elle ne savait pas ce qu'il se passait pour lui, ne savait pas comment les gardes avaient procédés pour dénouer l'affaire…elle avait horreur d'être dans l'ignorance.

Surtout qu'elle l'avait été toute sa vie. Ses parents lui avaient caché leur appartenance aux Rebelles comme leur arrangement de mariage. Lyme lui avait menti, disant l'aimer comme une sœur, alors qu'il ne voulait que coucher avec elle et profiter d'elle. Et là…elle ne savait pas ce qui se passait et cela l'inquiétait encore plus.

La nuit avançait, elle ne bougeait pas, restait sur le sol à prier pour lui. Elle ne dormirait pas. Pas sans lui à côté. Pas sans ses bras autour d'elle. Pas en sachant qu'il était en prison.

Le lendemain, il serait libre. Il le serait, cela n'allait pas autrement. Sinon, elle le libérerait elle-même. Elle s'en fît la promesse. S'il n'était pas libéré, elle irait le chercher elle-même. Coûte que coûte.

Ses larmes reprirent, intarissables…
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Heïan Kreiss



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L'inattendu [PV Melley] - Page 3 _
MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyDim 14 Oct 2012 - 2:25

Le haut gradé avait pris son temps avant de se rendre au manoir. Accompagné de deux de ses hommes, celui-ci aperçut enfin la grande demeure alors qu’une silhouette se faufilait en vitesse à l’intérieur. Dans le salon Berthan avait levé les yeux et tenait sa pipe dans sa main gauche alors que Naëlyah laissa tomber sa couture. Ni l’un l’autre n’avait parlé depuis le départ d’Heïan.

'' Il…il y a des gardes qui approchent. ''

Les jumeaux eurent la même réaction. Leurs sourcils se froncèrent puis ils s’échangèrent un bref regard avant de se lever pour accompagner Melley jusqu’au hall d’entrée. Un domestique avait eu le temps de répondre avant que le trio ne soit sur place. Le visiteur se présenta et s’excusa de faire irruption de cette manière. Par politesse, Berthan l’invita à entrer alors que le soldat ordonna à ses hommes de surveiller l’entrée du manoir pendant qu’il s’entretenait avec les témoins-clés. Ouvrant le chemin, le maître de la maison se dirigeait vers le salon où une autre domestique s’occupa de leur servir le thé, mais le chef des gardes de l’est de la cité refusa poliment. Celui-ci commença plutôt son entretien, car il était tout de même venu pour ça au départ.

‘‘ Bien, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Votre neveu, Heïan, c'est sa ? Votre neveu est en cellule pour un temps indéterminé. ‘‘

Berthan restait calme malgré cette nouvelle choquante. En quoi son neveu devait-il être détenu comme un criminel alors qu’il n’avait rien fait de dramatique ? Enfin ..., il n’avait que passé assez près de castrer un homme à froid, mais bref. D’un ton serein, il dit :

‘‘ Je ne vois pas quel crime à commis mon neveu pour être emprisonné de la sorte, monsieur. ‘‘

Le maître de maison attendit une réponse du soldat qui soupira. Il se devait de rester neutre dans cette situation, car c’était précaire et il pouvait rapidement se faire berner. S’il faisait une seule faute, un innocent pouvait être tué et un violeur libéré. Alors, il se devait de garder ses distances.

‘‘ L'affaire est quelque peu plus compliquée. Je voudrais donc vous poser à tous quelques questions et avoir votre version des faits. ‘‘

Berthan et Naëlyah avaient acquiescé d’un signe de tête simultanée alors que Melley restait figé, muette comme une taupe. La conversation qui s’ensuivit ne fut guère sereine, car la tension montait d’un cran. L’on exigeait au soldat de libéré Heïan alors qu’on le soupçonnait pour quelque chose qu’il n’avait pas fait. Melley parla avec la gorge nouée alors qu’elle tentait de dire ce qui lui était arrivé. Ce fut Naëlyah qui fut obligé de poursuivre, allant droit au but et le reste ne fit que les choqué encore plus. Malgré les demandes et la semblant de menace que Berthan lui avait lancée face à la perte de son grade, le haut gradé ne pouvait pas s’exécuter. Il devait respecter leur règlement et garder Heïan détenu jusqu’au lendemain, au soir, bien qu’il voulait croire la famille et la victime.

Le soldat se leva de table, retournant vers le hall d’entrée afin de se sauver pour retourner au quartier général. Il se devait de mettre les deux hommes un en face de l’autre encore une fois, seuls s’il le fallait pour avoir la vérité... s’il devait en venir là pour trouver le vrai violeur, il le ferait. Alors qu’il s’apprêtait à sortir, Melley courut vers lui, le laissant savoir qu’elle voulait le suivre, qu’elle voulait voir le neveu d’Omarion. Malheureusement, il n’avait pas ce pouvoir.

‘‘ Laissez-moi venir ! Laissez-moi le voir ! ‘‘

Se tournant et la regardant un moment en silence, l’homme de loi finit par secouer brièvement la tête et lui répondit d’un ton neutre :

‘‘ Il n'est pas autorisé de parler aux prisonniers, mademoiselle. Désolé. ‘‘

Ses bottes franchirent le seuil de la porte et ses hommes lui emboitèrent le pas machinalement. Les soldats s’éloignèrent alors, laissant Berthan, Naëlyah et Melley inquiet comme jamais ils ne l’avaient été. L’archère s’était arrêtée sur le pas de la porte, décidé à les suivre, mais l’oncle d’Heïan dut lui prendre le bras pour l’empêcher d’aller plus loin. Il ne fallait pas qu’elle y aille ... elle souffrirait plus qu’autre chose et elle se devait d’être patiente et d’attendre, comme eux.

‘‘ Non Melley. N'aggrave pas sa situation. Il est innocent et n'a rien à se reprocher. Ils le libéreront demain soir et Lyme sera exécuté. Viens maintenant. ‘‘

‘‘ Mais…demain soir…tout seul…non ! Je veux y aller ! ‘‘

Naëlyah s’était approché d’eux, posant une main sur le bras de son frère qui lâcha la jeune femme pour la libérer de son étreinte. D’une voix douce, elle lui dit alors :

‘‘ Berthan, rentre, je vais lui parler. ‘‘

S’exécutant, l’homme hocha simplement la tête et les laissa seules. Sa sœur pouvait parvenir à raisonner Melley, ou surtout la calmer. Elle était en panique, avait peur de ce qui pouvait se passer ... Heïan était innocent, mais peut-être que Lyme pouvait réussir à gagner la confiance des soldats et altérer leur jugement pour le faire juger à sa place. Tant bien que mal, Naëlyah rassurait Melley, lui disant que tout irait bien, qu’Heïan reviendrait très bientôt et que Lyme serait condamné. Elle le souhaitait de tout cœur bien que l’injustice pouvait rapidement prendre le dessus... Lorsqu’elles furent de retour à l’intérieur, Melley était allé s’enfermer dans sa chambre et personne ne l’avait vu en ressortir. On toquait à sa porte, mais aucune réponse; elle ne voulait voir ni parler à personne.

Les ténèbres avaient enveloppé la lumière pour la faire prisonnière empirant le calvaire que supportait Melley jusque-là. Au travers des murs, on entendait la peine de la jeune femme qui hurlait sa peine. Berthan était sorti de sa chambre en quatrième vitesse alors que sa sœur en faisait de même dans la chambre voisine à la sienne. Ils parcoururent le couloir pour se rendre devant la pièce où dormait l’archère habituellement et l’oncle toqua frénétiquement, l’appelant de l’autre côté de la porte. Elle ne répondit pas et la porte était verrouillée de l’intérieur. Naëlyah avait la gorge serrée et tentait de retenir des larmes qui voulaient s’échapper de ses yeux, triste d’être aussi impuissante face à tant de tristesse et de désespoir. La mère d’Heïan resta là, assise devant la porte à veiller sur Melley pour le restant de la nuit alors que Berthan retourna à sa chambre sous sa recommandation. Chantonnant à voix basse, elle voulait se convaincre elle-même que tout se passerait bien, que son fils et sa bien-aimée se retrouveraient bientôt.

Au quartier général, ce fut tranquille. Des soldats de jours avaient quitté pour laisser place à ceux qui les remplaçaient pour la nuit. Dans le cachot, il n’y avait que Lyme et Heïan, ainsi que quelques rats qui couinaient ici et là. Les lieux sentaient l’humidité et la moisissure, bref, rien de bien plaisant. Le jeune homme était assis au sol dans un coin de sa cellule alors que le noir l’entourait. Aucune lumière n’éclairait cet endroit. Les seules fois où elle venait étaient quand un soldat en ronde de surveillance passait pour voir si les prisonniers étaient toujours en bon état. Puis elle disparaissait pour ne revenir qu’aux heures. Heïan n’avait pas sommeil, pas du tout même... le fait d’avoir ce violeur dans la même pièce lui faisait bouillir le sang et la seule envie qu’il avait était de lui entrer la tête dans le troufion et de le faire rouler dans un précipice, sans avoir à se salir les mains.

La nuit fut extrêmement longue et ni l’un ni l’autre n’avait parlé. Réfléchissant, Heïan se demandait comment se portait Melley. Il espérait fortement qu’elle supporte le coup pendant qu’il était absent, ne doutant pas qu’elle dût trouver extrêmement difficile de se retrouver seule dans un moment pareil. Il fallait se dire qu’il n’avait pas non plus pensé qu’il aurait pu passer la nuit dans une cellule humide et froide. À bien y penser, c’était assez ironique, car il avait été tueur à gages pendant de longues années, sans se faire enfermer dans un cachot pour avoir tué des gens. Aujourd’hui, il avait défendu une personne qui allait se faire violer et se retrouvait en prison. Un faible sourire en coin amusé se dessina sur ses lèvres alors que sa patience s’effritait avec le temps.

Les escaliers de pierres qui menaient à l’étage s’illuminaient graduellement, laissant comprendre que le jour était venu aux deux seuls occupants du cachot. Des bruits de pas et de cliquetis métalliques s’élevèrent alors que l’homme qui les avait interrogés montra le bout de son nez.

‘‘ Libérez-les et amenez-les-moi dans la même pièce qu’hier. Détachez aussi les liens de cet homme lorsqu’il sera en haut. ‘‘

On ouvrit d’abord la cellule d’Heïan et il attendit qu’on vienne le chercher pour ne pas opposer de résistance. Les deux hommes le prirent par les bras et l’escortèrent en haut. Lyme lui fut un peu moins docile et grogna presque lorsqu’on le força à sortir de sa cellule. Ni l’un ni l’autre n’avait dormi de la nuit et leurs yeux étaient injectés de sang. Une fois en haut, on mit les deux hommes dans la même pièce, les forçant à s’assoir. Puis les soldats sortirent de la pièce en les laissant seuls. La porte fut verrouillée de l’extérieur, rendant Heïan perplexe. Lyme lui, regardait en direction de la porte et n’eut pas de réaction sur le coup jusqu’à ce qu’il comprenne qu’on les laissait à leur compte. Celui-ci se releva, les mains libres de tout lien, fixant Heïan qui était resté assis calmement et qui le regardait également.

‘‘ Que comptes-tu faire maintenant que nous sommes seuls ... hum ? ‘‘

Heïan n’attendait pas vraiment de réponse, plutôt une réaction physique violente. Il avait vu le jeu que voulait joué le haut gradé et cette situation tournait en sa faveur. Le soldat désirait voir lequel d'eux deux allait craquer en premier. C’était une épreuve de patience pour leur faire cracher le morceau puisqu’il savait que lui et Lyme avaient des envies de s’entre-tuer. Cependant, la question était : qui des deux hommes avait raison ?

‘‘ T’es futé pour un bourge ‘‘

Cracha Lyme avec dédain alors que le tueur à gages souriait avec dégout. Les menaces qu’il lui avait faites ne lui étaient pas entrées en tête. Pourtant, Heïan lui avait bien dit de ne pas le sous-estimer. Le jeune homme faisait partie d’une famille de bourgeois, mais avait vécu dans la rue pendant environ 10 ans. Il y avait longtemps qu’il ne se considérait plus comme tel.

‘‘ Et toi plutôt inconscient pour un rebelle... on ne t’a jamais dit de ne pas te fier aux apparences ? ‘‘

‘‘ Hahaha ! ‘‘ S’esclaffa-t-il en se moquant de lui ‘‘ Je n’ai pas de leçons à tirer d’un jeune blanc-bec comme toi. Ça me pue au nez et puis ... J’ai autre chose à faire de plus important. Ici et maintenant pendant que j’ai quelques secondes devant moi. ‘‘

Première erreur : Lyme n’avait pas démenti être un rebelle.

L’homme debout eut un sourire sadique et une lueur de folie lui traversa le regard. Heïan fronça les sourcils, attendant le bon moment pour réagir. Lyme sauta agilement par-dessus la table, s’attendant à mettre son pied dans la tronche du jeune homme, mais Heïan s’était volontairement fait tomber vers l’arrière et s’était redressé sur ses jambes par l’intermédiaire d’une roulade rapide. Il eut juste le temps de se relever qu’un coup de poing vint s’échouer dans son abdomen, le poussant contre un mur de la pièce. Sur la défensive, Heïan bloqua un coup de genou destiné à ses parties intimes à l’aide de ses mains puis poussa brusquement Lyme vers l’arrière. Celui-ci culbuta par dessus la table pour tomber sur le dos de l’autre côté. Enrager le violeur se releva en reprenant possession de son équilibre. Il prit sa chaise, la cassa au sol pour prendre l’une des pattes qui lui serviraient d’arme.

‘‘ Je vais te trucider, t’éventrer et éparpiller tes tripes en guise d’ornements sur le manoir de ta chère famille ... oh ! Et peut-être que je pourrai offrir ta tête à la jolie demoiselle en guise de trophée? ‘‘

Gardant son sang-froid malgré les images dégoutantes qui déferlaient dans son esprit, Heïan resta muet. Il ne devait surtout pas se rabaisser à son jeu. Bien qu’il était innocent, on pourrait le juger à sa place s’il disait les mauvais mots, aux mauvais moments. Attendre .... il devait attendre que Lyme craque ! Le rebelle revint à la charge, se démenant comme un damné. Le tueur pouvait lui accorder une chose; il savait se battre et il lui donnait du fil à retorde. Ne voulant pas frapper, Heïan encaissait les coups comme il le pouvait jusqu’à ce qu’il reçoive un coup dans le ventre le forçant à se plier en deux. Lyme, satisfait de ce qu’il venait de faire, lui flanqua un coup de patte de chaise sur le côté gauche de la tête. Sonné, le jeune homme tomba à genoux, les mains à plat au sol. Étourdi par le coup, Heïan voyait double et ses tympans n’entendaient qu’un horrible sifflement suivi d’un rire. Son arcade sourcilière avait été fracturée, non loin de la tempe, mais ce n’était rien de grave.

‘‘ Tu vois, on inverse les rôles maintenant ... ! ‘‘

Se prenant un élan, Lyme lui donna un coup de pied dans les côtes puis alla le chercher à même le sol, par le cou pour le coller avec violence contre le mur. Serrant sa gorge, Heïan n’arrivait plus à bien respirer ... il avait mal calculé son coup et s’était fait avoir.

‘‘ Tu vas aller pourrir avec les autres de ton espèce et tes entrailles se feront dévorer par les charognards. ‘‘

Lyme leva le bras tenant l’épais bout de bois dans sa main droite, cette lueur de folie brillant plus que jamais.

‘‘ Melley sera à moi, que tu le veuilles ou non... ! ‘‘

Deuxième et dernière erreur : il avait avoué son crime.

Les yeux du rebelle se rondirent alors qu’il prit conscience de ce qu’il venait de crier. Les soldats étaient entrés comme des fous furieux dans la pièce qui était sens dessus dessous et on avait rapidement maîtrisé l’homme qui se retrouva plaqué au sol, les mains dans le dos. On l’attacha avec des chaines et on alla immédiatement le porter dans sa cellule le temps qu’on fasse un rapport sur la situation. Le haut gradé entra en dernier, une fois que Lyme fut disparu de son champ de vision. Heïan se massait le cou alors que ses yeux se levèrent vers lui.

‘‘ Pardonnez-moi d’avoir dû imposer ce genre d’exercice, mais j’ai jugé que c’était la manière la plus rapide de trouver le coupable. Vous vous détestiez, je l’ai vu au premier coup d’oeil. Je ne pouvais seulement pas savoir lequel des deux mentait. ‘‘

‘‘ Vous n’avez fait que votre travail après tout ... ‘‘

‘‘ Oui, sauf que votre oncle risque de me trucider maintenant ... ‘‘

Le soldat lui fit un sourire en coin désignant la petite fracture sur le côté gauche du visage du jeune homme.

‘‘ Ah ... oui ... Laissez-moi faire. Il devrait se calmer bien rapidement si je le raisonne... ‘‘

Heïan lui souria à son tour, essuyant le sang qui perlait sur le côté de son visage à cause de la blessure. Sans perdre de temps, le soldat l’invita à le suivre et l’amena dans une pièce qui servait aux hommes blessés. Il sorti une trousse de secours qui contenant du fil, une aiguille, une pommade et des bandages. Le chef du quartier général s’occupa de désinfecter la plaie puis de recoudre la peau ensemble. Finalement, il appliqua la pommade.

‘‘ Ça devrait guérir plutôt rapidement. Il y aura une cicatrice, mais ça ressemblera surtout à une petite entaille au niveau de votre sourcil gauche. ‘‘

‘‘ Merci bien. Au moins, je me souviendrai de cette journée ‘‘

Les hommes ricanèrent, mais malheureusement, le soldat ne pouvait pas encore laisser quitter les lieux. Le délai était jusqu’au soir et il se devait de le respecter au risque d’avoir une sentence pour non-respect de la loi. Heïan dut donc rester sous surveillance dans la bâtisse alors qu’on préparait la scène d’exécution sur la place publique. La sentence serait prononcée cette après-midi même et Lyme serait exécuté devant la population. Un messager fut d’ailleurs dépêché chez Berthan qui répondit lui-même à la porte, à bout de patience et les yeux cernés par la fatigue.

‘‘ Monsieur Omarion. Votre neveu est innocenté, mais il ne pourrait revenir que ce soir, comme entendu. Nous ne pouvons aller à l’encontre de nos lois. ‘‘

‘‘ Je le sais bien ... même si je trouve tout ça affreusement ridicule ! Qu’advient-il de l’agresseur de notre invitée ? ‘‘

‘‘ Il sera exécuté sur les coups de midi, sur la place publique. ‘‘

‘‘ Parfait ... j’y serai, juste pour voir cette ordure pâtir de ses gestes ! ‘‘

Le soldat messager s’inclina puis s’excusa et quitta les lieux aux pas de course. Berthan ferma la porte derrière lui et cria pour que sa sœur et Melley entendent d’en haut.

‘‘ Heïan est innocent ! Il sera ici ce soir ! Pour ma part, je vais à l’exécution. Je me dois d’y être présente. ‘‘

Le déjeuner n’avait pas été servi encore et ça tombait bien, car personne n’avait faim et l’exécution aurait lieu dans la prochaine heure. Naëlyah ne se sentait pas capable de voir un homme mourir devant tout ce public qui encourageait de telles pratiques, bien que tout violeur méritait ce genre de sentence, de mises à mort. Elle y accompagnerait Melley si elle le désirait, pour l’amener auprès de son frère, mais elle ne resterait certainement pas sur place! Elle le croyait du moins ...

La dernière heure de Lyme s’écoulait rapidement, même trop rapidement. Celui-ci commençait à paniquer alors qu’on l’amenait sur la plateforme qui le dévoilerait aux citoyens et citoyennes de la ville. En cours de route, il hurlait comme un damné, tentant de s’enfuir puis la seconde d’après il suppliait tous les dieux et déesses pour leur clémence et leur demandait pardon pour ce qu’il avait fait. Que jamais plus il ne recommencerait! Il allait mourir ... il le savait plus que jamais maintenant. Sauf ... qu’il était trop tard. Le mal avait été fait et la faucheuse marchait derrière lui. La plateforme fut visible, la corde et son nœud coulants aussi, tout comme la buche, la hache et l’homme caché derrière un capuchon qui la tenait, n’attendant que ce moment pour faire son travail.

Berthan se trouvait derrière toute cette foule qui s’était amassée devant la scène d’exécution et avait croisé les bras. Naëlyah avait réussi de peine et misère à se rendre jusqu’à lui, tenant Melley par la main alors qu’elle était secouée de faibles tremblements. L’archère tenait à venir malgré tout et la mère d’Heïan allait rester à ses côtés pour la soutenir, même si elle ne pourrait combler la place de son fils auprès d’elle. L’heure arriva. Les cloches de midi sonnèrent du haut de la cathédrale et le cri que poussa l’homme lorsqu’on lui coupa ses parties intimes fut étouffé par ses mélodies religieuses. Le sang coulait à flot du bas ventre de l’homme alors qu’on lui passa la corde au cou. On lui demanda s’il avait une dernière volonté, mais il ne fit rien. Un soldat poussa la manivelle qui tenait la trappe sous les pieds de Lyme fermée. Elle s’ouvrir brusquement, le plongeant dans le vide. Son cou se craqua et il mourra sur le coup. Naëlyah avait fermé les yeux pour ne rien voir et se mise à pleurer à chaudes larmes. Son frère la prit par les épaules et la serra contre lui pour la consoler, car elle détestait voir autant de violence. Le corps fut ramassé et enveloppé dans un tissu de toile alors qu’on nettoyait déjà la plateforme d’exécution comme si rien ne s’était produit. La foule se dispersait et reprenait leur quotidien. Sur place, il n’y avait que Berthan, Naëlyah et Melley qui étaient encore sous le choc et qui durent retourner à la maison.

Aucun repas n’avait été préparé, exceptionnellement cette journée-là, sur la demande du maître de la maison. On avait préparé que des chocolats chauds qu’on leur avait apportés devant le feu de foyer qui brûlait. Naëlyah était assise sur son gigantesque coussin avec Melley, les deux femmes ayant une couverture de laine sur les épaules. Les trois personnes étaient silencieuses, attendant le retour de la seule personne qui manquait à l’appel; Heïan. La mère avait bien vu le regard triste que Melley avait alors qu’elle regardait le liquide brun et chaud dans sa tasse. D’ailleurs, elle n’en avait pas bu une goutte. Doucement, Naëlyah repoussa des mèches frivoles qui cachaient le visage de la jeune femme et lui souriait tristement.

‘‘ Il ne devrait pas tarder, ne t’inquiète pas ... ‘‘

Et ce c’est qui se produisait. Heïan était enfin sorti du quartier général, escorté seulement par le haut gradé qui l’avait interrogé la veille. Ceux-ci jacassèrent pendant le trajet, alors que la noirceur arrivait. Le ciel était d’un rose orangé magnifique et le vent était frais, mais bien doux. Les enfants rentraient après avoir dépensé leur surplus d’énergie. Après une petite quinzaine de minutes, le manoir fut enfin visible. Le soldat salua alors Heïan.

‘‘ Je vous quitte ici, Monsieur Kreiss. Passez une bonne nuit chez vous et encore pardon pour la tournure des évènements d’aujourd’hui. ‘‘

‘‘ Ce n’est rien, vous êtes déjà pardonné. Bonne soirée à vous. ‘‘

Les deux hommes se quittèrent sur un signe de tête et Heïan franchit alors le portail qui menait vers la porte d’entrée. Il n’eut même pas le temps de cogner qu’une domestique lui ouvrit la porte, tout sourire.

‘‘ Rebienvenue chez vous, monsieur Heïan ‘‘

‘‘ Merci ... ‘‘

‘‘ Ils sont tous dans le salon, à vous attendre. ‘‘‘

Le jeune homme lui souria et la remercia, se faisant discret jusqu’à ce qu’il arrive dans l’embrasure de l’arche qui donnait sur la salle à manger et le feu de foyer qui crépitait dans l’immense salon. Berthan, son oncle. Naëlyah, sa chère mère ... et Melley, la femme qu’il aimait comme un damné. Ils étaient tous là, silencieux, immobiles comme des statues. Personne n’avait eu connaissance de sa présence et il décida de s’adosser en croisant les bras, les regardant en souriant doucement. Ils semblaient si inquiets pour lui que ça le touchait. Sa gorge se serra et il s’approcha enfin.

‘‘ Ne faites pas cette tête, voyons. Je suis là ‘‘

Naëlyah et Berthan levèrent les yeux, heureux, ému. Ils avaient eu peur de le perdre une seconde fois, mais il était bien là, de retour et en un morceau.

Il allait bien ...

Melley était restée pétrifiée au sol, aux côtés de sa mère. Il s’approcha et s’asseya derrière elle, plaçant ses jambes de chaque côté. Ses bras entourèrent ses épaules alors qu’il accota sa joue contre la sienne doucement et laissant échapper dans un murmure :

‘‘ .... Je suis là maintenant... ‘‘

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Melley Nesahlt



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L'inattendu [PV Melley] - Page 3 _
MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyDim 14 Oct 2012 - 11:20

La nuit s'écoula, les ténèbres l'enveloppaient et elle ne bougeait pas. Recroquevillée au sol, genoux contre sa poitrine, elle gardait les yeux grands ouverts mais ne voyait rien. Au loin elle entendait juste un chant, celui de Naëlyah devant la porte. Mais cela ne l'apaisait pas. Elle, elle voulait Heïan. Elle voulait ses bras autour d'elle et son souffle dans son cou. Elle était seule et perdue.

Le soleil prit la place de sa sœur, apportant à nouveau la lumière dans la pièce. Melley se tourna lentement vers la fenêtre, regardant les rayons qui étaient ternes. Courbaturée par sa nuit au sol et dans une position volontairement inconfortable, elle se mit en position assise, tenant le médaillon entre ses doigts gourds. Elle voulait qu'il revienne…Elle se leva difficilement, étirant ses membres, et alla dans la salle de bains. Ses yeux étaient rouges et cernés. Sa peau était encore plus pâle que d'ordinaire. Ses cheveux étaient en désordre. Ses vêtements froissés. Elle serrait le rebord du lavabo, se convainquant que le soir venu il serait de nouveau là. Qu'une fois au soir elle serait de nouveau entière.

Elle était retournée dans sa chambre, ne voulant pas sortir. Elle ne savait pas ce que Berthan et Naëlyah faisaient, et s'en fichait pour le moment. Elle avait perdu la notion du temps. Le soleil grimpait dans le ciel, inlassablement, et elle sursauta en entendant Berthan hurler dans la maison :


-Heïan est innocent ! Il sera ici ce soir ! Pour ma part, je vais à l’exécution. Je me dois d’y être présent.

Les mots mirent du temps à prendre du sens pour elle. Elle se releva du lit, le cœur se remettant à battre soudainement, comme s'il s'était arrêté depuis la veille. Innocent ! Il était…innocent ! La justice avait eue lieue ! Lyme allait être exécuté !

Elle ferma les yeux, un demi-sourire peint sur les lèvres. Heïan serait là le soir. Pour l'heure, elle devait aller à l'exécution.

Elle se changea, se recoiffa, se rendit plus présentable et sortit enfin de la chambre. Elle demanda à Naëlyah si elle voulait l'accompagner. Elle n'y était pas forcée. Mais la mère accepta, lui prenant la main et rejoignant Berthan derrière la foule de badauds et de curieux.

Melley tremblait imperceptiblement alors que les gardes amenaient le condamné sur place. Celui-ci se débattait et demandait miséricorde. Il hurlait et vrillait les tympans de Melley. Il avait l'air plus fou que jamais. On le plaça sur l'échafaud, ou une corde se balançait déjà, prête à accueillir son cou.
Melley déglutit et se força à tout regarder. Elle inspira un grand coup lorsqu'il hurla après qu'on lui eut coupé ses parties intimes. Elle se sentit trembler lorsque la corde lui fût passée au cou. Il n'avait pas de dernière volonté, mais son regard sombre croisa celui de Melley alors que le bourreau abaissait la trappe. Un regard dans lequel elle s'était plongée, à l'époque, pour ne pas sombrer. Un regard qu'elle n'oublierait jamais. La trappe se retira, le corps fût éjecté dans le vide. Il eut des soubresauts durant quelques instants puis plus rien. Melley avait le cœur lourd, même s'il avait mérité tout ça. Lyme avait été le dernier lien avec sa famille. Avec ses parents. Avec son passé. Maintenant qu'il se balançait, inerte et sans vie, sur la potence, c'était comme si elle avait rompu le lien. Comme si elle n'avait plus de famille propre, de son sang. Comme si elle était la dernière rescapée d'un quelconque accident. Elle resta longtemps à regarder les hommes retirer le corps et l'envelopper dans un tissu funéraire alors que Berthan consolait Naëlyah qui n'avait pas supporté le spectacle. Lyme, son mentor, son frère…elle sentit les larmes revenir. Mais pourquoi pleurait-elle sa mort ? Il l'avait méritée après ce qu'il avait voulu faire ! Mais elle ne pouvait empêcher les souvenirs joyeux d'apparaître.

Son sourire lorsqu'elle disait ne jamais y arriver, à ne pas pouvoir se battre comme lui. Son rire, lorsqu'elle tombait maladroitement. Son air de philosophe lorsqu'il lui apprenait des choses et lui donnait pour seul indice une phrase énigmatique qu'elle devait déchiffrer. Ses bras réconfortants lorsque les souvenirs de ses parents revenaient. Malgré ce qu'il avait fait, il avait été beaucoup pour elle. Il l'avait trahie, il lui avait mentie. Et maintenant il était mort. Même sous le coup de la folie, c'était une erreur de trop. Elle espérait que les Dieux soient cléments et lui permettent de reposer en paix.

Les gens étaient tous repartis à leurs occupations. Berthan entraîna les deux femmes vers le manoir ou les domestiques attendaient, mais sans repas. Melley ne pouvait rien avaler. Elle n'avait rien avalé depuis la veille au matin mais son ventre ne grognait pas. Il attendait une autre nourriture qui ne viendrait que le soir.

Arrivés au salon, Berthan s'était assis dans un fauteuil avec sa pipe, Melley et Naëlyah sur le grand coussin devant la cheminée. Les domestiques leur avaient préparé du chocolat chaud et Melley regardait sa tasse sombrement, sans pour autant boire. Les ombres s'étiraient, apportant le soir, et il n'était toujours pas là. Elle avait peur que les gardes apprennent son passé de tueur et le garde pour ça. Qu'ils le tuent pour ça. Naëlyah repoussa une mèche de cheveux de son visage en disant :


-Il ne devrait pas tarder, ne t’inquiète pas …

Elle hocha la tête, priant pour qu'elle dise vrai. Qu'il arrive, qu'il soit là, près d'elle, à jamais. Ils n'entendirent pas la porte s'ouvrir ou la domestique accueillir Heïan. Ils étaient tous perdus dans leurs pensées, ruminant les événements. Alors, lorsqu'une voix jaillit, ils sursautèrent légèrement.

- Ne faites pas cette tête, voyons. Je suis là

Le frère et la sœur levèrent les yeux, les écarquillant, un sourire illuminant leurs visages d'un coup.
Melley tourna lentement la tête, le cœur s'affolant. Et elle croisa son regard. Il était là…en vie et entier. Seule une petite blessure au sourcil gauche démontrait de ce qu'il avait vécu en prison. Mais elle lui demanderait plus tard. Pour l'heure, il s'était assis derrière elle, ses jambes l'entourant de chaque côté, ses bras la serrant contre lui, sa joue posée contre la sienne et murmurait :


-…. Je suis là maintenant…

Elle serra ses bras, comme pour se convaincre qu'elle ne rêvait pas. Elle inspira son odeur qui lui avait tant manquée. Elle sentait ses muscles contre son dos et s'en enivrait comme jamais. Elle se retrouvait, elle était à nouveau elle, à part entière. Ils étaient ensemble, réunis.

Naëlyah souriait, heureuse de revoir son fils. Elle lui fît une bise sur la tête et serra son épaule avant d'aller à l'étage, se reposer, enfin sereine, sachant qu'il était là. Berthan fît de même, et Melley était persuadée qu'ils ne s'en allaient que pour les laisser seuls…elle s'en voulut, mais Heïan lui avait dit que tant que sa mère savait qu'il était là, ils n'avaient pas besoin de passer des heures ensemble…

Seuls dans le salon, Melley pivota sur elle-même, toujours dans ses bras et plongea dans son regard, souriante. Sans rien dire, elle prit sa nuque entre ses mains et combla les derniers centimètres qui les séparaient. Leurs lèvres fusionnèrent, ne faisant qu'un, longtemps. Elle collait son corps avec le sien, des envies la parcourant. Elle l'embrassait, sans relâche, comme pour rattraper la journée perdue.
Ses premiers mots de la journée sortirent enfin de sa bouche :


-Tu m'as tant manqué…

Ses yeux étaient à nouveau humides, des larmes de joie mêlées à celles de la tristesse.

-Je n'étais rien sans toi…rien du tout…

Elle se serra contre lui, sa tête contre son épaule, ses bras encerclant son cou. Serrant si bien qu'ils tombèrent en arrière, Heïan sur le dos, elle sur lui. Elle souriait, lui aussi. D'un doigt, elle toucha la blessure de son sourcil.

-C'est…lui qui t'a fait ça ?

Question idiote, la réponse était inscrite dans son regard. Les gardes avaient du les enfermer ensemble et attendre de voir lequel craquerait le premier. Et Lyme, consumé par sa folie, avait commis erreurs sur erreurs, le condamnant.

-Je suis allée voir…l'exécution. Et…j'ai pleuré sa mort Heïan…malgré ce qu'il avait fait…il avait tout de même été là pour moi…mais je n'avais jamais remarqué sa lueur au fond des yeux…je n'avais jamais remarqué qu'il sombrait lentement dans la folie…

Elle caressa sa joue lentement, marquant le contour de sa mâchoire pour ensuite l'embrasser à nouveau, lentement, doucement, tendrement, amoureusement. Elle ne lui laissait même pas le temps de répondre.

Toujours allongée sur lui, elle sentit une envie parcourir son corps. Si violente qu'elle ne comprit pas automatiquement. Elle le regarda intensément, se mordant la lèvre. Puis elle se redressa, lui prit la main et l'aida à se relever.


-Viens avec moi !

Elle l'entraîna à sa suite dans la maison, grimpant les escaliers, entrant dans la chambre. Le lit avait été fait entre temps et le sol, mouillé de larmes, avait été nettoyé. La chambre avait été aérée et l'air extérieur embaumait la pièce en même temps que l'odeur du jeune homme. Elle l'entraîna sur le lit, se couchant contre le matelas, l'attirant sur elle. Il ne semblait pas comprendre. Alors, les mains sur son torse, elle lui murmura :

-Je te veux en moi Heïan. Maintenant. Je veux m'offrir à toi, maintenant. Je veux faire un avec toi. Je suis prête.

Son cœur battait comme un fou, elle avait un peu peur, mais savait que c'était le bon moment. Son corps voulait être uni à Heïan. Cette nuit. Elle lui sourit, faufilant ses mains sous son haut, commençant à le déshabiller alors qu'elle l'embrassait en même temps. Les mains du jeune homme commencèrent elles aussi leur chemin et elle frissonnait à chaque contact. La séparation lui avait fait comprendre une chose.

Sans lui, elle était incomplète. Et pour sceller leur amour, leur unité, quoi de mieux qu'une première fois dans la passion ? Ne faire qu'un, exprimer tout l'amour qu'ils se portaient…

Oui, elle était prête.

Plus que jamais.


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Heïan Kreiss



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L'inattendu [PV Melley] - Page 3 _
MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyDim 14 Oct 2012 - 17:54

Attention aux jeunes yeux ... !


Fermant les yeux pour profiter de cette étreinte, Heïan humait l’odeur que dégageait la jeune femme. Une odeur douce et fruitée, fraîche, qui le calmait à tous les coups. Il lui semblait que ça faisait une éternité qu’ils ne s’étaient pas vu ... Melley serrait ses bras, prenant conscience qu’il était réellement là, derrière elle et qu’elle n’hallucinait pas. Ses muscles fins s’étaient détendus alors que son dos se faisait plus près de son ventre alors que ses lèvres se marquèrent d’un sourire.

À leur côté, Naëlyah souriait. Rassurée de voir qu’il était enfin parmi eux, elle se leva, embrassa le dessus de sa tête et posa une main délicate sur son épaule en guise de bonne nuit. Heïan leva les yeux et ils se sourirent avant qu’elle ne quitte le salon pour rejoindre sa chambre. Berthan ne tarda pas à imiter sa soeur, venant à peine de terminer de fumer le contenu de sa pipe. Il toussota puis souria au jeune, les saluant d’un signe de tête pour les laisser seuls. Lui aussi était complètement exténué ... la nuit avait été longue et les traits de son visage étaient tirés par la fatigue.

Melley pivota alors sur elle-même afin de lui faire face, d’enfin plonger son regard dans le sien. Ses yeux pétillaient et elle souriait comme s’ils avaient été séparés pendant des mois. Muette, elle fit aller ses mains qui se faufilèrent jusqu’à sa nuque afin d’effacer la distance qui régnait entre eux puis ses douces lèvres se posèrent sur les siennes, ne manquant pas de le faire frissonner. Longtemps, délicatement ... son corps se colla davantage au sien, comme s’il était encore trop loin pour elle. Il entendit sa voix pour la première fois de la journée alors qu’elle sonnait comme une douce mélodie à ses oreilles.

‘‘ Tu m'as tant manqué… ‘‘

‘‘ Tu m’as manqué aussi ... Melley ‘‘

Les yeux de sa douce s’humidifièrent aussitôt, son regard exprimant la joie et la tristesse en simultanée. Les larmes se frayèrent un chemin sur ses joues rosées par la fatigue et les pleurs qui naissaient. Heïan lui souriait doucement, chassant une main du dos où elle était posée pour essuyer les larmes de l’une de ses joues.

‘‘ Je n'étais rien sans toi…rien du tout… ‘‘

Il lui semblait qu’il lui manquait quelque chose pendant son séjour de courte durée au quartier général Est de la garde de Beolan, mais ce qui lui donnait cette sensation de vide était comblé à chaque fois que Melley se trouvait à ses côtés. Qu’elle soit collée à lui ou qu’elle soit ailleurs dans la maison, tant qu’elle n’était pas loin, tout allait bien. Il n’avait nullement regretté de l’avoir rencontré, de lui avoir permis de lui accompagner dans ce moment difficile de sa vie ... de lui avoir laissé la porte ouverte et surtout ... surtout ... de l’avoir laissé l’aider. Il aurait pu laisser passer cette chance, mais dans l’inconscience, il avait laissé une fissure dans sa barrière de glace. Melley s’y était glissé et était venu le réchauffer. Des bras prirent son cou en otage alors que la tête de sa moitié se posa sur son épaule. Ses bras à lui enlacèrent sa taille et il se surprit à perdre l’équilibre, tomba sur le dos. La jeune femme avait levé les yeux et lui souriait. L’homme en fit de même et un doigt vint se poser sur la fracture que Lyme lui avait faite un peu plus tôt.

‘‘ C'est…lui qui t'a fait ça ? ‘‘

Mais elle avait compris avant même d’avoir demandé et elle avait misé juste. Cependant, le visage de Melley se transforma, arborant des traits extrêmement tristes puis elle poursuivit.

‘‘ Je suis allée voir…l'exécution. Et…j'ai pleuré sa mort Heïan…malgré ce qu'il avait fait…il avait tout de même été là pour moi…mais je n'avais jamais remarqué sa lueur au fond des yeux…je n'avais jamais remarqué qu'il sombrait lentement dans la folie… ‘‘

Heïan l’écoutait attentivement, caressant doucement son dos alors que Melley flattait sa joue lentement, décrivant lentement le contour de sa mâchoire. Il comprenait ... Lyme avait été tout pour elle à l'époque. C'était un deuil pour elle de le savoir mort ..., mais ses lèvres s’approchèrent de nouveau pour ne former qu’un avec les siennes. Elle ne lui avait même pas laissé le temps de dire quoi que ce soit, mais bon ... ça lui importait peu en fait, car ils pouvaient très bien en parler plus tard. Le regard dans le sien, cessant tout mouvement, Melley avait plongé ses yeux dans le sien. Il était si intense qu’Heïan s’y perdit.

‘‘ Viens avec moi ! ‘‘

Sans crier gare, Melley se redressa et lui prit la main, l’incitant à se redresser. Le jeune homme n’y comprenait, mais la suivit sans poser de questions. Cependant, il se demandait bien qu’est-ce qui venait de passer par la tête de la jeune femme pour qu’elle semble si ... pressée. Où est-ce qu’elle voulait l’amener ?

Lui emboitant le pas, Heïan suivait Melley qui le trimbalait en le tirant par la main dans la maison. Ils enfourchèrent les marches du grand escalier pour se retrouver devant la porte de la chambre de Melley. Une douce odeur d’air frais envahissait la pièce qui avait été nettoyée pendant la journée. Les draps avaient été lavés, changés et le lit avait été refait. Probablement pendant que Berthan, Naëlyah et elle s’était absenté pour aller voir l’exécution. Peut-être voulait-elle seulement aller se coucher et se blottir contre lui ? Se questionnant, Heïan prit son de fermer la porte après leur entrée et la verrouilla comme il l’avait fait depuis l’agression. Celle-ci ne tarda pas à tirer sur son bras pour l’entrainer avec elle jusqu’au lit sur lequel elle s’étendit. Melley l’avait attiré sur elle, sur son corps qui semblait fébrile tout d’un coup. Il commençait tout juste à comprendre, alors que les mains de la jeune femme se posèrent sur son torse.

‘‘ Je te veux en moi Heïan. Maintenant. Je veux m'offrir à toi, maintenant. Je veux faire un avec toi. Je suis prête ‘‘

Cet aveu le cloua sur place pendant une fraction de seconde. Elle ... était prête ? Là ? Maintenant ? Non, elle devait rigoler ? Non ... elle était sérieuse, car son sourire le confirmait. Sa nervosité embarqua aussitôt et son coeur se mit à battre la chamade. Il ne savait même pas comment s’y prendre ... son instinct. Il devait se fier à son instinct une fois de plus et s’écouter ... laisser les choses aller d’elles-mêmes. Heïan lui sourit finalement en reprenant son sang-froid et réduisit la distance qui séparait leur visage à nouveau. Sa chemise ne tarda pas à lui être enlevée et ils durent malheureusement faire fin à leurs baisers pour quelques secondes avant de reprendre. Ses mains étaient chaudes et incertaines pendant les premières minutes, mais prirent de l’assurance. Elles commencèrent leur ascension par les hanches où elles remontèrent le tissu qui recouvrait la peau pâle de l’archère qui frémissait. Les lèvres d’Heïan quittèrent les siennes pour se poser doucement sur son bas ventre, remontant lentement le long de son abdomen, mais il s’arrêta pour débarrasser Melley de sa chemise. Son visage s’enfouit dans son cou, lui donnant un baiser puis sa bouche monta tranquillement pour lui mordiller l’oreille doucement. Le souffle court, Heïan murmura :

‘‘ Je t’aime ... comme un damné, Melley. ‘‘

Son regard violacé se posa dans le sien alors qu’il lui souriait, l’embrassant sur les lèvres à nouveau et avec un peu plus de fougue. Il la débarrassa de son pantalon, et elle du sien jusqu’à ce qu’ils se retrouvent complètement nus, les vêtements éparpillés un peu partout dans la pièce. Ils souriaient tout en s’embrassant, ne voulant plus se lâcher, ne plus se quitter. Les mains de l’homme se bâtissaient un chemin le long des cuisses de la jeune femme, grimpant le long de ses hanches pour terminer sur sa poitrine qu’il caressa et embrassa avec une délicatesse qu’il ne s’était pas connu auparavant. Ce qu’il pouvait l’aimer ..., son sang bouillait comme jamais, alors qu’ils se touchaient, se découvrait et s’abandonnaient l’un et l’autre. Mais ils ne s’arrêtèrent pas là. Les baisers du jeune homme continuèrent leur ascension jusqu’à la base du cou de sa bien-aimée, sous son menton. Ses mains sentaient les frissons qui la parcouraient; sur sa cuisse ... dans le bas de son dos, juste au dessus de ses fesses. Elle aussi pouvait sentir les siens, le parcourant de toute sa grandeur. Il avait même des fourmillements dans les orteils ... oui ... les orteils.

Avant de poursuivre, bien qu’il ne voulut pas arrêter de toucher la peau de Melley de sa bouche, Heïan la regarda de nouveau, le bout de son nez collé au sien. Ils avaient, tous deux le souffle court, l’envie plus forte que jamais. Ils se sourirent encore une fois, plongeant chacun dans le regard de l’autre. Heïan n’eut pas besoin de le murmurer ses mots, que la jeune femme acquiesça d’un faible signe de tête, caressant sa joue avec amour. Il n’avait pas envie qu’elle ait mal et voulait qu’elle l’arrête si elle ne voulait pas aller plus loin. C’était sa première fois, mais aussi la plus douloureuse pour une femme vierge ... il se devait d’être doux et de l’écouter pour ne pas tout gâcher.

C’est alors que vint l’heure de leur union qui scellerait leur amour jusqu’à leurs vieux jours et plus que jamais, ils savaient qu’il ne s’agissait pas là d’une amourette d’adolescent en quête d’amour. Il était vrai et véritablement là.

Ce fut doux, délicat, mais surtout lent ... elle grimaça, crispant ses doigts dans son dos et réprima un gémissement de douleur qui s’effaça bien vite. Heïan la serrait contre lui pour la rassurer, lui montrer qu’il ferait attention à elle comme si elle était le plus beau trésor que la terre portait. Melley lui fit savoir qu’elle allait bien, qu’elle voulait continuer et leurs caresses augmentèrent en intensité. Les coups de reins de l’homme se firent toujours délicats, provoquant des gémissements chez les deux jeunes gens qui étaient plus près l’un de l’autre comme il ne l’avait été auparavant. Ce fut ... l’extase à proprement dit.

Les coups de minuit sonnèrent alors qu’Heïan regardait Melley qui en faisait de même, allongé sur le côté juste à côté d’elle. Ils se souriaient, sans se dire quoi que ce soit et le jeune homme porta une main sur la nuque de celle-ci et approcha son visage du sien pour déposer un baiser sur son front. Il la serra ensuite contre lui, poussant un long et profond soupir. Ce qu’il pouvait être bien ... Ainsi, ils s’endormirent, l’un contre l’autre, se réchauffant mutuellement.

Au petit matin, Heïan fut le premier à se réveiller, exceptionnellement. Il baissa les yeux vers Melley qui dormait toujours profondément, son visage paisible contre son torse, ses mains serrèrent un de ses bras contre elle. Ne voulant pas la réveiller, Heîan caressa son visage, l’effleurant à peine et poussa les mèches qui cachaient un faible sourire.
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L'inattendu [PV Melley] - Page 3 _
MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyDim 14 Oct 2012 - 18:34

Le jeune homme fût vite torse nu, alors qu'il souriait, ses mains glissant sur elle comme un tissu qui effleure la peau, délicatement. Les frissons étaient plus présents que jamais et Melley sentait son envie s'accroître au fur et à mesure. Il la caressait, retirant sa chemise lentement, embrassant son ventre. Elle plongeait ses mains dans ses cheveux, fermant les yeux et se mordant la lèvre de plaisir. Ils furent vite tous deux à moitiés nus et Heïan continua à l'embrasser, se faufilant dans son cou, mordillant son oreille, murmurant :

- Je t’aime ... comme un damné, Melley.

Elle sourit, heureuse, touchée par ce qu'il disait…

-Moi aussi Heïan, comme une folle…je t'aime plus que tout au monde…

Il parcourait son corps, dessinant sa silhouette, l'embrassant et commençant à enlever son pantalon alors qu'elle faisait de même avec celui du jeune homme. Nus, ils souriaient, s'embrassaient…Heïan laissait ses mains courir le long de ses cuisses, continuant sur ses hanches pour s'arrêter sur sa poitrine qu'il caressa tendrement, l'embrassant. Melley retenait des gémissements de plaisir tant il était doux et tant elle avait envie de lui. Elle caressait son torse, descendait plus bas, sentant les frissons qui parcouraient Heïan autant qu'elle. Il l'embrassait dans le cou, remontait, redescendait…et elle faisait de même pour lui. Ils se découvraient, lentement, tranquillement. Ils savaient que c'était un grand moment pour eux, et ils ne voulaient surtout pas le gâcher malencontreusement.

Les préludes durèrent ainsi une bonne dizaine de minutes, s'embrassant partout, se caressant avec envie, se découvrant autrement que les jours précédents. Heïan mit fin aux embrassades, collant son nez au sien, essoufflé, plongeant dans son regard. Elle fît de même et y lut la question muette. Elle caressa sa joue en acquiesçant. Oui, maintenant, n'aie pas peur…

Alors, ayant le feu vert total, il l'embrassa, son bas ventre s'approchant d'elle. Elle écarta ses jambes, prête à l'accueillir, prête à perdre sa virginité. Il fût lent, doux et délicat mais elle ne put empêcher de grimacer et de griffer son dos au premier coup. Il continua, la regardant, vérifiant qu'elle voulait qu'il continue, la serrant contre lui pour la rassurer et elle retint un gémissement de douleur qui disparut rapidement alors qu'il commença son premier va-et-vient. Le plus dur était fait, la douleur était partie, sa virginité n'était plus qu'un souvenir, noyée dans le sang de la Première Fois, laissant le plaisir dominer.

Il continua ainsi, lentement, délicatement, lui donnant des coups de reins qui provoquaient en elle une sensation de plaisir intense. Elle fermait les yeux, rejetait la tête en arrière en retenant un gémissement. Elle ne voudrait pas réveiller Berthan ou Naëlyah…se serait…gênant.

Lui aussi se retenait et ils souriaient comme jamais, s'embrassaient comme jamais, unis dans leur amour. Leurs corps étaient soudés l'un à l'autre, Heïan était en elle et elle serrait son dos, embrassant sa nuque, caressant ses cheveux, poussant de faibles gémissements de bonheur à l'état pur. Son corps était littéralement en fusion, transporté par le jeune homme dans un tourbillon de feu. Elle était en sueur, essoufflée, mais heureuse comme jamais.

L'union de leurs corps fût intense et magique…

Melley reprenait son souffle à côté d'Heïan, le regardant, plongeant dans ses yeux. Les cloches annonçaient minuit, dehors, mais elle souriait, heureuse. La main du jeune homme se faufila derrière sa nuque, ou ses cheveux collaient, trempés de sueur, et il approcha son visage du sien, déposant un baiser sur son front. Elle se serra contre lui, une jambe sur la sienne, ses mains sur son torse tout aussi trempé et ferma les yeux, se sentant plus entière que jamais. Elle s'endormit pour ne rêver de rien d'autre que d'Heïan et d'elle.

Le matin, elle sortait peu à peu de la torpeur du sommeil, serrant un bras d'Heïan contre elle, comme une couverture, comme un bouclier. Elle sentait quelque chose caresser son visage, éloignant les mèches qui le cachait, et elle se prit à sourire faiblement. Avant d'ouvrir les yeux, elle revit leur soirée, leur Première Fois. C'avait été magnifique. Si beau…si tendre…si doux…

Lentement, elle se décida à ouvrir les paupières et vit qu'Heïan était éveillé, couché à côté d'elle, un bras autour de ses épaules. Elle lui sourit et l'embrassa longuement avant de dire :


-Bonjour mon cœur…

Elle se serra encore plus contre lui, n'ayant pas encore envie de se lever et…elle le forçait à rester au lit aussi. [Na!]

Un de ses doigts se mit à glisser sur son torse, dessinant n'importe quoi, le faisant frissonner une nouvelle fois. Elle changea de position pour pouvoir le regarder sans se briser la nuque et reprit :


-C'était magique Heïan…c'était merveilleux…

Maintenant, il pourrait la posséder dès qu'il en aurait envie. Maintenant, il pouvait la toucher partout sans restriction. Sa main glissa le long de son torse et descendit sous les draps, sur son bas ventre, juste à la limite de toucher son intimité. Elle le sentit se contracter et lui sourit.

-Je t'aime…je porterais ton enfant Heïan…je t'épouserais…je veux faire ma vie avec toi…fonder une famille avec toi…

C'est ce qu'elle souhaitait le plus au monde à présent. Mais lui ? Voulait-il être père ? Si non, elle s'y ferait. Ils n'auraient alors plus qu'à faire attention à ce qu'il n'y ait pas d'accident…
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L'inattendu [PV Melley] - Page 3 _
MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyDim 14 Oct 2012 - 20:55

Les paupières de la jeune s’étaient mises à bouger légèrement jusqu’à ce qu’elles s’ouvrent pour le laisser voir son oeil rougeâtre et l’autre aussi doré qu’un champ de blé. Son sourire s’élargissait alors qu’elle étira son cou pour l’embrasser tendrement.

‘‘ Bonjour mon cœur… ‘‘

‘‘ Bon matin, belle demoiselle ... ‘‘

La jeune femme se blottissait davantage contre lui, décidée à ne pas sortir du lit tout de suite, mais aussi pour l’empêcher, lui, de se lever et de la quitter. Du bout d’un de ses doigts fins, des dessins invisibles se dessinèrent sur son torse provocant une série de petits frissons. Elle bougea, s’installant confortablement pour pouvoir le regarder sans avoir à se casser le cou et ouvrit de nouveau la bouche afin de libérer sa voix mielleuse.

‘‘ C’était magique Heïan…c’était merveilleux… ‘‘

Entendre ces mots l’avait plus que rassuré, bien qu’il doutait de ne pas avoir été à la hauteur de ses attentes avec le sourire radieux qu’elle lui donnait ce matin-là. Melley resplendissait, était épanoui comme jamais et s’ouvrait comme une fleur sous les rayons chauds d’un soleil d’été. Elle était ... son ange ... son ange à lui. Mais son sourire se transforma en surprise lorsqu’il sentit son ventre se contracté et des frissons lui traverser le dos. Il n’avait même pas remarqué que la main de sa douce s’était faufilée sous les draps en partant de son torse pour arrêter juste au-dessus de ce qui faisait de lui un homme, et elle une femme. Trop concentré à plonger son regard dans le sien. Heïan ne put s’empêcher de ricaner doucement, répondant au sourire de Melley.

‘‘ Je t’aime…je porterais ton enfant Heïan…je t’épouserais…je veux faire ma vie avec toi…fonder une famille avec toi… ‘‘

Heïan laissa glisser un pouce sur les lèvres de Melley qui avait fermé doucement les yeux pour profiter de cette caresse. Il réfléchissait, soudainement. Porter ... son enfant ? Fonder une famille ... avec lui ? Une crainte profonde s’installait en lui. Oui, il voulait faire d’elle sa femme, l’épouser et la chérir jusqu’à ce qu’ils meurent, enlacés l’un contre l’autre. Sa vie, il la passerait avec elle sauf que ...

‘‘ Melley ... ‘‘

Sa main quitta ses lèvres pour se poser contre sa joue, lui réchauffant la peau. Heïan inspira profondément, puis expira, son sourire se transformant pour fusionner avec quelque chose qui le rendait un peu plus triste. Il avait peur ... peur de devenir un mauvais père. D’être un père absent pour sa famille, un père comme celui qu’il avait eu jusqu’à son adolescence, comme celui ... qu’il avait dû tué par légitime défense. S’asseyant en tailleur, couvertures sur les jambes, Heïan détourna le regard. Il était rongé par cette crainte. Melley l’imita s’asseyant sur lui et prenant sa tête entre ses mains pour le forcer à le regarder; elle voulait savoir ce qu’il se passait, à quoi il pensait.

‘‘ Je ... ‘‘

Il déglutit, ses paroles bloquées par sa gorge qui se serrait. Il ferma les yeux accota son front dans le creux du cou de la femme qu’il aimait. Son souffle coulait tranquillement contre la peau de Melley, l’emprisonnant dans ses bras.

‘‘ Je ... ne sais pas si ... j’arriverai à être un bon ...père pour ton enfant. ‘‘

Jamais il n’avait eu de père présent pour lui, il ne savait pas comment il ferait pour être à la hauteur, pour donner autant d’amour à un enfant qu’à la femme de sa vie. Peut-être qu’il s’en faisait trop, et que ce n’était pas aussi grave qu’il ne le pensait. Enfin, il soupira puis fit un faible sourire à Melley. Il devait au moins essayer, car il le voulait lui aussi. Ils se souriaient tous les deux et il sentit les bras de la jeune femme entourer son cou en guise de réconfort. Dans ses yeux, Heïan vit ses encouragements. Elle avait confiance en lui et puis, il avait quitté le chemin qu’empruntait son père ... il l’avait quitté pour ne plus y revenir. Ils s’embrassèrent longuement avant de se tirer hors du lit pour aller se doucher. Leur ventre avait commencé à rugir depuis peu de temps, leur signifiant qu’il était temps de descendre pour aller se nourrir s’ils voulaient être en forme pour entamer leur journée. À l’aide de serviettes, ils s’étaient séchés puis avaient enfilé les vêtements qui les attendaient devant la porte de la chambre depuis un moment déjà.

Le couple descendit à la salle à manger, se tenant toujours par la main et s'asseyèrent comme à chaque matin à leur place habituelle. On leur servit leur repas, mais Heïan fut déconcentré; il se sentait épié depuis son entrée dans la pièce. Il croisa le regard de Berthan qui souriait malicieusement ... mauvais signe.

‘‘ C’est étrange ... ‘‘

Naëlyah tourna les yeux vers son frère en mâchant. Elle avait un sourcil arqué, ne sachant pas pourquoi il disait cela. Heïan attendait que son oncle commence à le taquiner et il savait très bien que c’était inévitable... la situation allait devenir inconfortable dans peu de temps.

‘‘ J’ai encore eu du mal à dormir cette nuit ... à moins que je ne rêvais. ‘‘

‘‘ Que s’est-il passé ? Habituellement tu ronfles comme un ours qui rugit dans ton sommeil ! ‘‘

Berthan ria de bon cœur aux paroles de sa sœur, car elle n’avait pas tord malheureusement.

‘‘ Je ne sais pas ... j’ai cru entendre ... des cris cette nuit. J’ai peut-être rêvé ... ‘‘

Heïan faillit s’étouffer avec sa bouchée et avait baissé les yeux sur son assiette, se mettant à manger avec hâte. Il les ... avait entendus?!

‘‘ J’étais dans le couloir, pour essayer de m’endormir après avoir marché un peu, mais, les murs se sont mis à pousser d’étranges gémissements ... ‘‘

Jamais Heïan n’avait été aussi rouge qu’à cet instant et Berthan savait à quel point son neveu devait se sentir gêné. Il les avait surpris alors qu’il faisait de l’insomnie. Pourtant, ils avaient fait leur possible pour ne pas être trop bruyants.

‘‘ Tout allait bien ... rien d’anormal. Après ce fut le silence ... j’ai cru avoir rêvé. À moins que je ne fisse une crise de somnambulisme! ‘‘

Le jeune homme avait arrêté de manger, avait prit un petit pain et l’avait lancé à son oncle pour qu’il se taise enfin et Berthan éclata de rire alors que son neveu le regard enfin, reprenant son sang-froid et reprenant ses couleurs naturelles. Naëlyah ne savait pas du tout ce qu’il se passait et ne chercha pas non plus à comprendre. Elle semblait même assez confuse ! Était-elle la seule autour de la table à ne pas savoir ce qui se passait entre son fils et son frère ?

À ce moment, la porte d’entrée s’ouvrit et des pas rapides se firent entendre. Une femme fit apparition dans l’arche, tout sourire et se lança sur Berthan qui était sorti de table pour l’accueillir. Ils s’embrassèrent puis elle prit place autour de la table avec eux.

‘‘ Melley, je te présente ma femme, Serra. Serra, voici Melley, la petite copine d’Heïan. ‘‘

Serra était une femme assez grande et voluptueuse. Ses cheveux étaient d’un blanc immaculé et ses yeux gris étaient vifs et perçants. Elle appartenait à une tribu nordique habitant dans les montagnes.

‘‘ Heïan ... ?! Bon saaaaaaang ! ‘‘

Elle se leva, faisant tomber sa chaise à la renverse et se précipita vers son neveu qu’elle serra dans ses bras. Les mains sur les joues du jeune homme, elle lui souriait, émue. C’était une belle surprise de le voir parmi eux, en vie, après tant d’années.

‘‘ Ce que tu as grandi... tu es devenu un beau jeune homme. Ta demoiselle est bien chanceuse. ‘‘

Heïan rougit légèrement au compliment de sa tante qui retourna s’assoir et elle fit un clin d’oeil à Melley.

‘‘ Tes grands-parents seront là ce soir ... Les parents de Liam. Je les ai invités, mais je ne croyais pas que nous aurions des invités ! ‘‘

‘‘ La famille sera réunit dites donc ! ‘‘

‘‘ Pendant que j’y pense, Heïan ...

Les femmes levèrent les yeux vers le maître de la maison qui regardait son neveu avec sérieux. Celui-ci massait son menton en faisant mine qu’il avait une longue barbe.

‘‘ J’ai à te parler. Melley, je te l’emprunte jusqu’à ce soir, mais je te promets de te le ramener entier ... ou presque ‘‘

À son tour, Berthan fit un clin d’oeil à son intention puis les deux hommes se levèrent, mais avant de sortir de la maison, Heïan vola un baiser à sa douce qui provoqua un ‘‘ Ooooooh ‘‘ venant de Serra qui trouvait ça si mignon. Naëlyah souria et laissa les hommes partirent, leur souhaitant une bonne journée. Berthan et Heïan s’éloignèrent donc du quartier pour se rendre jusqu’à la foire et faire quelques courses.

‘‘ De quoi voulais-tu me parler tonton ? ‘‘

‘‘ De rien, je voulais que tu m’accompagnes tout simplement. J’ai besoin de tes bras pour les courses ! ‘‘

‘‘ Tu rigoles, j’espère ! ‘‘

L’oncle le regarda avec un sourire en coin. Oui il rigolait. L’homme lui donna une tape sur l’épaule et soupira.

‘‘ Je suis fier de ce que tu es devenu mon grand. Mais ... ‘‘

‘‘ Mais ... quoi? ‘‘

‘‘ Ton petit brin de femme ... prends-en bien soin. Même si je doute que tu fasses le contraire. ‘‘

Heïan lui sourira et acquiesça d’un signe de tête. Berthan n’avait pas à avoir peur; il ne répèterait pas les mêmes erreurs que son père envers sa propre femme. Malheureusement, Liam n’avait jamais vu ce qu’il avait entre les mains, alors que lui, oui ..., et il ferait tout pour la choyer et la rendre heureuse. Les hommes firent quelques courses jusqu’à ce que Berthan s’arrête pour parler avec un marchand qui vendait ... des bijoux. Les yeux violacés d’Heïan se promenaient sur l’étalage où il vit une bague qui avait piqué sa curiosité à vif.

‘‘ Elle te plait le jeune ? ‘‘

‘‘ ... Hm ... quoi? Pardon, je n’ai rien entendu ‘‘

‘‘ La bague, elle te plait ? ‘‘

‘‘ Euh ... ‘‘

Le marchand la lui tendit, dans un boitier simple, mais élégant. Berthan regardait son neveu qui n’avait pas bronché. Il leva lui-même la main d’Heïan pour qu’il la prenne et regarde de plus près.

‘‘ C’est pour une demande en mariage ... n’est-ce pas ? ‘‘

‘‘ Euh ... bah ... ‘‘

‘‘ Oui, c’est ça ! ‘‘

‘‘ Je te la laisse à moitié prix puisque t’es le neveu du vieux ! ‘‘

Tout sourire, le marchand lui dit son prix. Pris au dépourvu, bien que c’était à ça qu’il pensait lorsqu’il avait vu l’anneau, il ne savait pas quoi dire. Il donna alors le montant demandé et cacha le bijou dans l’un des sacs. Les deux hommes s’en retournèrent ensuite vers le manoir, après deux heures d’absence, apportant les sacs dans la cuisine. Berthan dut couvrir Heïan pour qu’il puisse cacher le bijou dans une poche de son pantalon afin que personne ne la voie.

Cependant, Heïan se demandait quand il pourrait lui faire sa demande. Ce soir ... ? Pendant que ses grands-parents Kreiss allaient être là ? Ce qu’il pouvait être nerveux maintenant !
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L'inattendu [PV Melley] - Page 3 _
MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyDim 14 Oct 2012 - 23:03

Le pouce d'Heïan sur ses lèvres la fît fermer les yeux, profitant du contact.

-Melley …

Elle rouvrit les yeux, sentant son inquiétude soudaine. Qu'avait-elle dit ? La main d'Heïan se faufila sur sa joue et il inspira, expira profondément. Il s'assit ensuite en tailleur, les draps couvrant ses jambes. Elle s'assit à son tour, se glissant sur ses genoux, prenant sa tête entre ses mains, le forçant à la regarder. Dans ses yeux elle lisait une douleur soudaine. Elle voulait savoir. Elle réfléchissait, tentant de faire le lien entre ses paroles et cette douleur. Elle avait parlé d'enfant…était-ce ça ? N'en voulait-il pas ? Ou avait-il peur ?

-Je ...

Il ne parvenait pas à parler et il ferma les yeux, collant sa tête contre son cou. Elle mit une main sur sa nuque, l'autre sur son dos, le réconfortant, même si elle ne savait pas exactement ce qu'il avait. Elle murmurait des "chut…" au creux de son oreille, tentant de chasser ses craintes…

-Je … ne sais pas si … j’arriverai à être un bon …père pour ton enfant.

Elle fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'il lui chantait !? Bien sûr qu'il serait un bon père ! Un merveilleux père ! Elle le gardait contre elle, caressant sa nuque et son dos alors qu'il se redressait légèrement et lui offrait un faible sourire. Elle le regarda, plongeant son regard dans le sien. Elle mit ses mains autour de son cou, lui montrant par les yeux qu'elle avait une entière confiance en lui, qu'elle savait qu'il serait à la hauteur le jour ou elle serait enceinte.
Elle s'approcha de son oreille et murmura :


-Tu n'es pas ton père Heïan…tu es cent fois mieux que lui…

Elle lui sourit, caressant sa joue et le laissant l'embrasser longuement. Puis ils sortirent du lit, ayant tous deux faim, et se dirigèrent vers la salle de bains pour se doucher ensemble. Elle espérait qu'il ait chassé ses peurs de son esprit. Elle lui en reparlerait plus tard, elle se l'était juré.

Ils descendirent main dans la main, rejoignant Berthan et Naëlyah autour de la table. Melley remercia la domestique qui lui servit son chocolat et son croissant et commença à manger, ne remarquant pas le regard de Berthan sur eux, l'œil malicieux. Il commença à parler et elle écouta d'une oreille distraite. Ce n'est qu'à un moment qu'elle comprit se qui se tramait, lorsqu'il s'exclama :


- J’étais dans le couloir, pour essayer de m’endormir après avoir marché un peu, mais, les murs se sont mis à pousser d’étranges gémissements …

Elle manqua s'étouffer avec son morceau de croissant, et avala difficilement, petit à petit, tentant de cacher sa surprise aux autres. Non…il les avait entendus ?! Impossible ! Ils avaient fait tellement attention ! Elle tourna son regard vers Heïan qui était devenu aussi rouge qu'une tomate.

Berthan calma le jeu d'une phrase, rattrapant un petit pain lancé par son neveu qui reprenait ses couleurs habituelles. Naëlyah ne semblait pas comprendre se qui se passait, et Melley en fût heureuse…que penserait-elle ? Peut-être était-elle croyante, pensant qu'il fallait attendre le mariage avant de faire l'amour ?


Elle recommença à manger, contente que Berthan ait arrêté de les taquiner, lorsque la porte d'entrée s'ouvrit et que des pas pressés se firent entendre. Le cœur de Melley s'affola, inutilement sans doute, mais elle repensa à tout ce qui s'était passé depuis quatre jours, depuis l'arrivée de Lyme, et imaginait les pires scénarios, comme les gardes revenant arrêter Heïan pour son ancien métier, pour ses meurtres…Berthan se leva alors qu'une femme entrait. Il l'accueillit à bras ouverts, l'embrassant et lui installant un siège autour de la table sur lequel elle s'installa. Grande, voluptueuse, un visage charmeur entouré de cheveux d'un blanc neigeux, des yeux gris, vifs et perçants, elle avait un sourire aux lèvres et s'arrêta sur elle. Berthan fît alors les présentations :

-Melley, je te présente ma femme, Serra. Serra, voici Melley, la petite copine d’Heïan.

Melley hocha de la tête, gênée. Se faire appeler "petite copine" lui faisait un effet étrange… Serra mit deux secondes à réagir puis s'écria :

- Heïan … ?! Bon saaaaaaang !

Elle se leva brusquement, renversant la chaise qu'un domestique s'empressa de ramasser, et serra Heïan dans ses bras, les mains sur ses joues, comme si elle avait un miracle devant elle.

- Ce que tu as grandi... tu es devenu un beau jeune homme. Ta demoiselle est bien chanceuse.

Là, Melley rougit légèrement. Oh oui qu'elle était chanceuse…Elle sourit poliment à Serra qui se rasseyait en lui faisant un clin d'œil complice et elle continua :

-Tes grands-parents seront là ce soir … Les parents de Liam. Je les ai invités, mais je ne croyais pas que nous aurions des invités !

Elle écarquilla les yeux. Les grands-parents…d'Heïan ?! Mais…elle n'était pas prête ! Comment allait-elle faire ? Qu'allait-elle dire ? Elle ne les connaissait pas ! Berthan et Naëlyah, s'était venu naturellement, ils s'étaient tout de suite bien entendus avec elle…mais les grands-parents ! Naëlyah fît remarquer que toute la famille allait être réunie. L'incluait-elle dans le lot ? Elle ne faisait pas officiellement partie de la famille d'Heïan. Elle était seule. Enfin seule…niveau famille. Elle savait qu'elle ne le serait plus jamais. Mais elle n'avait personne à qui présenter Heïan. Elle n'avait aucun parent à qui montrer son bonheur…

Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas le début de la tirade de Berthan, mais entendit la suite, interpellée par son prénom :


-J’ai à te parler. Melley, je te l’emprunte jusqu’à ce soir, mais je te promets de te le ramener entier ... ou presque.

Elle se sentit encore une fois gênée. Heïan ne lui appartenait pas…c'était elle qui lui appartenait…Elle eut droit à un clin d'œil, les deux hommes se levèrent et Heïan l'embrassa délicatement avant de suivre son oncle, suscitant des exclamations de la part de Serra. Melley baissa la tête, rougissante et souriante, gênée. Restées entre femmes, Naëlyah et Serra commencèrent à discuter vivement, ne s'étant pas revues depuis quelques temps. Melley restait poliment à table, écoutant en souriant. Elle n'avait de toute manière rien d'autre à faire. Mais Serra était curieuse et s'intéressa très vite à l'Archère…

-Alors…Melley…cela fait longtemps que tu es avec Heïan ?

Melley lui sourit, déglutissant.

-A vrai dire…non, c'est…très récent…

La femme sourit et reprit :

-D'où viens-tu ? Ou l'as-tu rencontré ? Dans quelles circonstances ?

Melley écarquilla les yeux sous l'assaut de questions de Serra. Naëlyah sembla intéressée également. Il était vrai que ni Heïan, ni Melley n'avait encore raconté leur rencontre aux adultes…Alors autant le faire maintenant, même s'il était absent et qu'elle aurait préféré l'avoir près d'elle…

-Je m'étais perdue non loin de Beolan et…j'ai vu la lumière d'un feu non loin…alors j'y suis allée et je l'ai vu…il était blessé à l'épaule et je n'ai pas pu passer mon chemin…je l'ai soigné et nous avons fait route ensemble…

Serra et Naëlyah souriaient, comme toutes femmes rêveuses…Surtout Naëlyah, qui, comme Melley l'avait compris à travers le récit d'Heïan sur son passé, n'avait pas connu la réciprocité des sentiments avec son mari. Ce qui avait du être épouvantable…vivre, élever un enfant, en sachant que l'on n'était pas aimé en retour…C'est là que Melley se demanda comment elle aurait réagi si, sur le banc, lorsqu'elle avait sous-entendus ses sentiments à Heïan, il l'avait repoussée en disant ne rien éprouver pour elle. Qu'aurait-elle fait ? Elle se serait enfuie, sans doute. Elle aurait couru loin, loin de tout, recouvrant sa solitude. Elle aurait continué à voyager, se perdant partout, pour finalement revenir auprès de Lyme…Lyme qui l'aurait obligée à l'épouser et aurait fait de sa vie un enfer…Tant de choses auraient été différentes si Heïan ne l'avait pas embrassées pour lui signifier ses sentiments…et elle ne voulait rien changer. Elle voulait continuer à vivre avec lui et ne voulait pas penser à ce qui se serait passé si telle ou telle chose avait été différente…

-Vous formez un très beau couple, Melley. Heïan n'aurait pu trouver mieux comme femme. Tu m'as l'air sympathique.

-Merci madame.

-Appelle moi Serra voyons ! Nous sommes en famille !

-Merci…Serra. Se reprit-elle, rougissante.

Serra acquiesça puis entraîna Naëlyah avec elle à l'extérieur, voulant bavarder sous les arbres, profitant des rayons de soleil. Melley se leva à son tour et monta les escaliers, retournant dans sa chambre. Heïan et Berthan n'étaient toujours pas revenus et elle espérait que l'oncle n'ait rien de grave à annoncer à son neveu. Elle soupira, s'asseyant près de la fenêtre, son endroit favori pour rêvasser. Elle serait bien montée sur le toit, comme elle l'avait fait avec Heïan, mais Serra et Naëlyah étaient dehors…Elle regarda les rues, remplies de monde, les étals…Beolan respirait la vie en fait. Jouant avec son médaillon distraitement, elle réfléchissait.

Les grands-parents d'Heïan venaient le soir même. Comment étaient-ils ? L'accueilleraient-ils aussi facilement que Berthan, Naëlyah et maintenant Serra, ou ne l'aimeraient-ils pas ? En plus, elle se demandait si elle ne devrait pas plutôt rester dans sa chambre et laisser la famille entre elle. Laisser Heïan avec les siens et ne pas faire l'intruse…Elle respectait son amour et savait à quel point c'était dur d'être séparé de sa famille. Elle pouvait comprendre qu'il veuille profiter de cette réunion surprise…et elle ne voulait pas être un obstacle ni quoique ce soit.

Grands-parents…paternels? Devait-elle craindre quelque chose ? Pour Heïan particulièrement ? Leur petit-fils avait tué leur fils…à moins qu'ils ne soient pas au courant…elle se perdait dans ses pensées et secoua la tête. Bah, elle verrait bien le soir venu…

Elle était nerveuse. Tout allait si vite…toute la famille d'Heïan d'un coup…elle sentait déjà le rouge sur ses joues, et savait que la couleur ne s'en irait pas de la soirée. Elle allait être totalement gênée, surtout qu'elle ne connaissait pas les habitudes des bourgeois. Berthan et Naëlyah ne semblaient pas à cheval sur les règles de bienséance, mais les grands-parents pouvaient l'être, étant de la vieille école. Et si elle faisait un faux pas, elle serait tout de suite jugée et Heïan prendrait les conséquences dans la figure…et elle ne voulait surtout pas lui faire honte. Elle avait peur de ne pas être à la hauteur, tout comme lui avait eu peur de ne pas être un bon père. Mais elle savait qu'il le serait et le lui avait montré par le regard alors qu'elle ne pouvait pas savoir si elle y arriverait ou non, face à ses personnes de haut rang.

Elle soupira, s'éloignant de la fenêtre. Cela devait bien faire une heure qu'ils étaient partis…Elle ne savait pas quoi faire et tournait en rond dans la pièce. Puis elle décida de sortir prendre l'air et prit son Arc et flèches, au cas où elle aurait une subite envie de s'entraîner pour se calmer. Elle sortit par la porte de derrière cette fois, Heïan lui ayant montré le passage, et elle se faufila parmi les plantes de Naëlyah, qui étaient soi-dit en passant magnifiques.

Elle entendait au loin les voix des deux femmes qui discutaient, mais s'éloigna un peu plus. Berthan avait vraiment une grande propriété ! Camouflée, dans un coin d'ombre ou quelques rayons filtraient, s'étalant sur sa peau blanche comme une couverture de satin, elle inspira en fermant les yeux. Elle était si bien là…pas aussi bien que lorsqu'elle était dans les bras d'Heïan, mais même…Un sourire éclaira son visage lorsqu'elle repensa à la nuit qu'ils avaient passé. A leur Première Fois. Elle resterait gravée dans sa mémoire…ils n'avaient fait qu'un, soudés, liés…elle se mordit la lèvre, prise de frissons de plaisir rien qu'en songeant à toutes les sensations vécues.

Elle avisa un arbre, à bonne distance d'elle et sans danger de blesser quelqu'un et décida de tirer un peu. Encochant une flèche, elle banda l'arc, arrêtant son cœur de battre, faisant le vide. Il n'y avait de nouveau plus qu'elle, la flèche et la cible.

"Tu es une bulle et rien ne peut l'altérer. La bulle éclate dès que la pointe de ta flèche se trouve à l'endroit désiré. A toi de forger ta bulle."

Les mots de Lyme lui revinrent en mémoire alors qu'elle lâchait son trait. Mais elle loupa d'un bon mètre l'arbre, déstabilisée. Elle baissa la tête, prise de remords. Comme si elle était responsable de sa mort…mais non, il l'avait méritée, après ce qu'il avait tenté de faire, après ce qu'il lui avait avoué…

Mais même…elle se sentait coupable tout de même…Inspirant un grand coup, priant pour que personne ne l'ait vue rater sa cible, elle alla ramasser sa flèche plantée dans un buisson derrière l'arbre et retourna à sa place initiale.

Elle reforma sa bulle, n'ayant pas encore pris conscience qu'Heïan avait tout vu, de son échec et de sa tristesse passagère.
La flèche ne faisait qu'un avec son bras, sa cible était là, devant…elle lâcha, la flèche fila et se planta droit dans le tronc, exactement à l'endroit voulu. Elle sourit, contente de voir qu'elle n'avait pas perdu la main, malgré Lyme…

Elle alla rechercher sa flèche et c'est là qu'elle aperçut Heïan qui l'observait. Depuis quand ? Elle espérait qu'il n'ait pas vu son échec…elle lui sourit, le rejoignant et l'embrassant tendrement.


-Tout c'est bien passé avec ton oncle ?

Elle fût contente de voir que oui lorsqu'il acquiesça puis lui mit l'Arc entre les mains.

-Allez, à ton tour !

Elle lui donna une flèche, lui montra comment la placer. Il était quelques peu maladroit, mais s'en tirait bien.

-Maintenant, tu te concentres. Je ne suis plus là. Il n'y a plus que toi, ta flèche et ta cible. Inspire profondément, et relâche ta flèche en expirant. Tu l'accompagnes jusqu'à ce qu'elle soit la ou tu veux.

Elle s'éloigna de quelques pas, le laissant faire le vide et tirer. La flèche se planta dans l'arbre, sur une branche et non le tronc. Mais pour une première, c'était déjà super !

-Bravo ! Le prochain en plein cœur !

Mais il n'eut pas le temps pour un second essai.

Le repas de midi était prêt.
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Heïan Kreiss



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Heïan Kreiss
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Fiche de Personnage :
Ma vie, mon histoire


L'inattendu [PV Melley] - Page 3 _
MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyLun 15 Oct 2012 - 2:41

Caché dans l’ombre d’un vieux saule, Heïan observait Melley qui s’entrainait au tir à l’arc. Il n’avait pas eu besoin de la chercher, car une domestique lui avait encore dit où elle situait. À croire qu’ils savaient tout et voyaient tout ... Les bras croisés sur son torse, l’homme observait sa technique et n’eut pas le temps de suivre la flèche des yeux. Celle-ci ne sembla pas atteindre sa cible au plus grand désarrois de sa maîtresse. La pointe s’était plantée dans le sol, à un bon mètre du tronc dans lequel elle devait initialement se planter, derrière l’arbre et dans un buisson.

Cependant, dans son visage, semblait régner une certaine tristesse. Avait-elle été la cause de l’échec de son tir ? Il croyait bien que oui et se doutait de sa cause, mais pour l’heure il ne voulait pas la déranger. Rebâtissant sa concentration, Melley semblait faire le vide autour d’elle. Ses yeux perçants fixaient un point bien précis alors que sa flèche et son bras ne faisaient qu’un. La flèche fut décochée avec rapidité et précision pour se planter pile-poil dans la cible. Cette fois-ci, elle souriait, fière de ce qu’elle venait d’accomplir et Heïan se surprit à esquisser un faible sourire en coin en la voyant faire le sien. Ce ne fut que lorsqu’elle allait chercher sa flèche qu’elle perçut sa présence, surprise de le savoir là.

‘‘ Tout s’est bien passé avec ton oncle ? ‘‘

N’acquiesçant que d’un signe de tête, Heïan n’eut même pas le temps de lui demander la cause de son chagrin d’un peu plus tôt. Était-elle heureuse ? ... il voulait savoir ce qui la tracassait, sauf qu’il se retrouva rapidement avec un arc en main et une flèche dans l’autre.

‘‘ Allez, à ton tour ! ‘‘

‘‘ Euh ..., mais comment ça fonctionne ce machin ? ‘‘

Melley souriait et lui montra alors son fonctionnement. Elle l’aida à placer la flèche, lui montra comment tenir l’arc, lui indiqua aussi la bonne posture à employé et dut lever un peu son bras bandé à l'horizontale, car il était trop bas. Heïan fut maladroit, déconcentré par cette nouvelle arme. Il fallait dire qu’il était beaucoup plus habitué au couteau de tire et aux armes légères, telles que les dagues, qu’aux armes à distance de cette ampleur. Avec l’aide de l’archère, il réussit à tout faire correctement ... enfin ... presque correctement.

‘‘ Maintenant, tu te concentres. Je ne suis plus là. Il n’y a plus que toi, ta flèche et ta cible. Inspire profondément, et relâche ta flèche en expirant. Tu l’accompagnes jusqu’à ce qu’elle soit là où tu veux. ‘‘

Faire comme si elle n’était pas là ? Elle était si près de lui qu’il n’arrivait pas à penser à autre chose. À elle, la bague qu’il cachait dans son pantalon, à sa demande ... à ... sa réaction et celle de ses proches. Heïan chassa ces pensées et reprit son sérieux, inspirant et expirant profondément. Il regardait l’entaille qui se trouvait dans l’écorce, faite un peu plus tôt par Melley et tenta d’y décocher la flèche, sauf que celle-ci alla plutôt se planter sur une branche, un mètre plus haut et sur la droite. Il soupira et baissa l’arc de manière à ce qu’elle se retrouve perpendiculairement à sa jambe. Il s’approcha de l’arbre et dut grimper avec agilité pour se rendre jusqu’à la branche et y arracher la pointe acérée.

‘‘ Bravo ! Le prochain en plein cœur ! ‘‘

Il était redescendu en bas suite à saut, ses jambes s’étant fléchies pour amortir le choc de ses pieds avec le sol. Se redressant, l’homme revenait vers Melley qui le félicitait pour son coup. Il lui souria, bien qu’insatisfait, mais il fallait qu’il se mette en tête que c’était la première fois qu’il essayait. Il y avait une grosse différence entre ses lames fines et un arc. Cependant, un domestique vint les prévenir que le dîner allait être servi et c’était loupé pour le second essai. Tant pis, ce serait pour plus tard.

Tous les deux, ils retournèrent à l’intérieur, mais Heïan fit volte-face juste devant Melley, se penchant et accota son épaule contre son abdomen avant de la lever dans les airs. Bref, il la trainait comme s’il s’agissait d’un sac de farine, mais en un peu plus léger. Se sentant levé du sol, Heïan avait entendu un petit cri de stupeur qui se termina bien rapidement en rire. Ainsi, le jeune homme trimbala sa douce jusqu’à la salle à manger. Berthan ne manqua pas la scène et ria de bon coeur alors que Naëlyah disait à son fils de déposer la pauvre Melley au sol avant qu’elle ne soit prise de vertige. Bien entendu, ils riaient tous. La petite famille prit place autour de la table et mangea dans le calme de leurs retrouvailles.

Après le repas, Berthan disparu comme un voleur, chuchotant à l’oreille de sa femme. Il avait une idée en tête, mais personne hormis elle ne devait être au courant ... c’était leur petit secret. Heïan arqua un sourcil, sa mère partageant les mêmes traits que lui. Serra les regarda à tour de rôle et se mit à rire de sa voix mielleuse.

‘‘ Vous vous ressemblez tellement tous les deux, même après toutes ces années. Je suis si heureuse ... Si j’avais su, je serais revenue bien avant cela ! ‘‘

‘‘ Au fait, comme se portent grand-maman et grand-papa Kreiss ? ‘‘

Serra posa ses mains sur ses genoux, assise bien droite contre le dossier de la chaise et tourna ses yeux grisâtres vers son neveu. Elle lui souria car elle devina où il voulait en venir. Au lieu de tourner autour du pot, elle décida d’aller droit au but.

‘‘ Je me suis rendue là bas pour tâter le terrain à vrai dire. Berthan m’avait mise au courant en ce qui te concernait, que tu étais encore en vie, quelque part dans le pays. Ce fut Abel, comme tu dois certainement te douter, qui nous a mis la puce à l’oreille en nous annonçant cette nouvelle. Nous avions prévu tous les scénarios, mais nous ne savions pas si tu allais te montrer, alors je suis quand même partie à leur rencontre. Après la mort de ton père, ils sont partis vivre en campagne. Ta disparition les avait chavirés, tout comme la mort de leur propre enfant... mais ... ne t’inquiète pas. Ils ne t’en veulent pas ... tu es leur petit fils, le seul qu’ils ont après tout. ‘‘

Étrangement, Heïan se sentait peu rassuré. Il n’avait pas vu ses grands-parents depuis des années maintenant et il se demandait comment ils réagiraient en le voyant. Il était devenu un adulte maintenant et ressemblait étrangement à Liam physiquement. L’accepteraient-ils où cela leur ferait trop mal ?

‘‘ Ils seront certainement choqués... ‘‘

‘‘ Je ne pourrai cacher une telle chose. Tu ressembles à Liam, Heïan, son portrait tout craché, mais plus jeune. Ne leur en veut pas s’ils prennent peur ou n’osent pas t’approcher. ‘‘

‘‘ Ce serait une réaction tout à fait normale aussi ‘‘

Sa tante approuva d’un signe de tête, un sourire rassurant sur les lèvres. Depuis son arrivée, il devait en avoir vécu de toutes les couleurs, le pauvre.

‘‘ Semaine riche en émotions, n’est-ce pas mon grand ? ‘‘

Heïan ne lui répondit que par un soupir et un sourire de découragement. Cependant, il s’agissait en partie d’émotions positives, rares avaient été celles s’avérant être négatives, par chance ! Par la même occasion, Heïan faufila sa main jusqu’à celle de Melley sous la table, souriant sans la regarder. Elle comprendrait .

Les femmes se retirèrent pour aller marcher à l’extérieur, accompagnées de deux domestiques. De toute façon, elles n’allaient jamais bien loin puisque la noirceur tombait rapidement; l’automne s’annonçait. Se retrouvant de nouveau seul avec Melley, Heïan entrainait l’élue de son coeur à la bibliothèque où il la laissa choisir l’ouvrage de son choix. Les livres avaient été soigneusement classés par catégorie et il y en avait pour tous les goûts : histoires, récits, contes et légendes, politiques, etc. Lorsqu’ils entrèrent pour s’installer sur le canapé une domestique entrait pour épousseter les étagères et les salua timidement avant de s’effacer dans les rangées plus loin. Heïan ricana puis s’adossa contre le bras du canapé, l’occupant de toute sa longueur avec une jambe. Il invita Melley à s’assoir contre lui et l’entoura de ses bras alors qu’elle ouvrait le livre pour qu'il lui réapprendre à lire. La première page fut tout un défi, car l’homme n’arrêtait pas de la déconcentrer en lui embrassant le cou et murmurant les mots qu’elle avait de la difficulté à prononcé dans le creux de son oreille. À la deuxième page, il la laissa tranquille, l’aidant réellement dans sa prononciation et en lisant quelques lignes en même temps qu’elle. Lorsqu’ils décidèrent d’arrêter pour aujourd’hui, Melley semblait enchantée et s’était tournée vers lui, mais le fauteuil, un peu instable au final, versa et ils se retrouvèrent par terre en riant après le coup. La domestique était réapparue au-delà des étagères et leur demanda en hâte s’ils allaient bien. Elle fut rassurée lorsque Heïan lui dit qu’ils n’avaient rien de cassé, se levant pour remettre le meuble sur ses quatre pattes.

Entre temps, Berthan était revenu de la ville, son petit plan en cours d’exécution. Une heure plus tard, ce fut au tour des grands-parents. Ceux-ci étaient arrivés en calèche avec quelques tonnes de bagages, bien plus que nécessaire à vrai dire. Les domestiques connaissant leurs caprices, se hâtaient déjà de tout transporter à leur chambre qui se trouvait à même le rez-de-chaussée, trop vieux pour monter et descendre l’escalier qui comportait une bonne vingtaine de marches. Heïan et Melley furent mis au courant par l’intermédiaire d’un domestique de l’arrivée des personnes âgées et tous deux se mirent à être nerveux, pour des raisons différentes.

‘‘ Écoute-moi... dans mes souvenirs, ils étaient très stricts et doivent certainement l’être encore. Mais ne te laisse pas abattre par leurs commentaires parce qu’ils peuvent être blessants parfois. Tu n’y échapperas malheureusement pas et moi non plus... ils sont de la vieille école et tiennent à leurs valeurs seulement. Ceux qui pensent différemment d’eux le savent. Tu n’es pas non plus obligé de bien te tenir à table, droite et la bouche en cul de poule ‘‘

Le jeune homme lui fit un sourire amusé pour la rassurer et la faire sourire un peu. Il valait mieux prévenir que guérir et puis, elle serait prévenue et pourrait se préparer mentalement à endurer les railleries des vieux de son défunt père.

‘‘ Ma mère et mon oncle n’en font qu’à leur tête alors tu les verras inévitablement railler, alors que ma tante n’a pas la langue dans sa poche avec eux. ‘‘

Il marqua une courte pause, caressant sa joue doucement.

‘‘ Je ne pensais pas qu’ils viendraient aussitôt. Je suis navré de t’imposer tout ça et si tu ne veux pas te joindre à nous, je comprendrai, mais j’aimerais que tu viennes si tu le veux. Je serai là pour prendre ta défense s’il le faut. ‘‘

Il l’embrassa puis la serra contre lui, se préparant mentalement à affronter ses grands-parents. La tenant par la main, il l’entraina hors de la bibliothèque et ils se dirigèrent vers le salon où on servait le thé pendant qu’on préparait déjà le souper dans les cuisines. Eldah, la grand-mère, échappa sa tasse de thé qui se déversa sur le tapis, la bouche entre ouverte par la stupeur. Daryl, le grand-père, avait froncé ses épais sourcils blancs et s’était lentement tourné en direction des pas qu’il entendait approcher.

‘‘ Par tous les dieux ... Liam ? ‘‘

‘‘ C’est Heïan, madame Kreiss. Votre petit fils ... vous vous souvenez ? ‘‘

La vieille femme tourna ses yeux violet vers Serra qui lui souriait. Oui ! Elle se souvenait, bien sûr ! Comment pouvait-elle l’oublier. Trop fébrile pour se lever, elle attendit qu’Heïan se détache de sa bien-aimée pour s’approcher d’elle, pour qu’elle touche enfin son visage, qu’elle plonge enfin ses yeux dans les siens, étrangement similaires. Il y avait si longtemps ...

‘‘ La dernière fois que je ne t’ai vu, tu étais à peine plus grand que moi et chétif pour ton âge. Te voilà un ... homme maintenant. Tu ressembles tellement à ton père, ça en fait mal. ‘‘

Ses mains se mirent à trembler alors qu’elle prenait le visage de son petit fils, pleurant à chaude larme, et lui embrassant le front. Elle lui souria enfin puis se fut autour du grand-père, tout aussi ému et choqué que sa femme. On les invita à prendre place autour de la table pour terminer le thé alors qu’on nettoyait le dégât dans le salon et qu’on ramassait les débris de porcelaine qui jonchaient le sol. Daryl prit la place au bout de la table alors qu’Eldah prit l’autre. Avec Melley, les places étaient toutes comblées. La vieille femme posa les yeux vers Melley, puis vers Heïan ayant bien l’intention de savoir qui elle était. C’est alors que son interrogatoire commença, son mari se goinfrant dans les biscuits...

‘‘ Comment s’appelle-t-elle ? ‘‘ Demanda-t-elle d’un ton neutre, la désignant d’un signe de tête.

‘‘ Melley ... ‘‘ Se faisant couper, il ne put continuer les présentations.

‘‘ Êtes vous mariez tous les deux ? ‘‘

‘‘ Non hum ... ‘‘

‘‘ Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ? ‘‘

‘‘ C’est tout réc... ‘‘ Stoppant brusquement toute parole, car on le coupait encore.

‘‘ Avez-vous fait des galipettes ? ‘‘

‘‘ Madame Kreiss ! ‘‘

‘‘ Je vais considérer ça comme un oui catégorique ! ‘‘

Frustrée, elle déposa bruyamment la cuillère qu’elle tenait sur la table, regardant le thé dans sa tasse avant de lever les yeux vers Melley avec un air sévère sur le visage.

‘‘ Elle ne te mérite pas Heïan. Que fais-tu avec une femme pareil ?! Vous batifolez avant les rudiments du mariage c’est ... c’est honteux ! Oui honteux ! ‘‘

‘‘ Madame Kreiss, je vous en prie cessez d’importuné ces ... ‘‘

‘‘ Naëlyah, ne te mêle pas de ça ! ‘‘ Cracha t-elle brusquement.

Mais là, ça allait déjà trop loin. Heïan se leva de sa chaise, irrité et posa les deux mains à plat sur la table. Il regarda son grand-père qui se contentait toujours d’approuver sa femme sans répliquer, puis vers Eldah qui fut offusqué d’un tel manque de politesse.

‘‘ C’est assez ! Ma vie ne regarde personne d’autre que moi et ce n’est certainement pas mes grands parents qui vont décider de ce que je me dois de faire ou non, est-ce bien clair ? Personne ! Oui nous avons fait l’amour et puis ? Je n’ai pas honte de le dire, car j’aime Melley. Alors votre mode de penser sur le mariage et tout ce qui vient avec, je m’en fou ! Si je veux faire tout à l’envers, je ferai tout à l’envers ! ‘‘

Heïan la regarda longuement, une lueur de frustration dans le regard, alors que la vieille femme tentait de soutenir son regard, littéralement subjugué par ces paroles. Cependant, elle resta muette et n’eut rien d’autre à dire. Elle était très loin d’approuver et d’accepter les dires de son petit fils.

‘‘ Viens t’elle d’une riche famille ...? ‘‘

‘‘ Non ‘‘ lança-t-il aussi brusquement que la question qui venait de lui être posée.

‘‘ C’est ... ‘‘

‘‘ Madame Kreiss, je ne vous conseille pas de dire ce que vous vous apprêtez à dire ... je ne viens pas non plus d’une riche famille, mais bien d’une lointaine tribu nordique que vous appelleriez des sauvages. Pourtant, vous m’avez acceptée. Cette jeune femme a aidé votre petit fils, vous lui devez reconnaissance. ‘‘

Eldah et Serra se regardèrent longuement, pendant qu’on leur servait le souper. Les domestiques, malgré cette tension, posaient les assiettes devant chacun des membres de la famille. Daryl tourna les yeux vers Melley qui semblait plus qu’inconfortable en ce moment. Heïan s’était assis de nouveau, tenant la main de l’archère dans la sienne pour la rassurer que tout allât bien.

‘‘ Est-ce vrai ? ‘‘ Demanda le vieil homme.

Son petit fils tourna les yeux vers lui et acquiesça.

‘‘ Je crois que je n’aurai jamais eu la force, ni même le courage de venir jusqu’ici si elle ne m’avait pas accompagné pendant ma route ... elle m’a fait voir autre chose que la noirceur qui avait pris place devant mes yeux, la seule que j’ai vu pendant les 10 dernières années. Elle m’a fait voir qu’il y avait autre chose que la douleur, la peur et la méfiance dans ce monde, qu’on pouvait accorder sa confiance à de purs inconnus lorsqu’on se donnait simplement la peine d’apprendre à les connaître. ‘‘

Eldah sentit sa gorge se serrer et baissa les yeux vers son assiette.

‘‘ Dans ce cas ..., je ... vous demande pardon à tous les deux, surtout toi, Melley. Je ... t’ai mal jugé. Pardonne-moi et ... merci de nous l'avoir rapporté ici, sain et sauf. ''

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Melley Nesahlt



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L'inattendu [PV Melley] - Page 3 _
MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyLun 15 Oct 2012 - 19:34

Ils gagnèrent le manoir, leur ventre grognant et réclamant de la nourriture. Mais soudain, Heïan s'arrêta net et se tourna vers elle. Elle allait pour lui demander ce qu'il se passait lorsqu'il se pencha, posant son épaule sur son abdomen et la soulevant comme…un sac de patates. Oui oui, un sac de patates qu'il trimbala dans toute la demeure jusque la salle à manger. Elle avait émit un cri de surprise, ne s'attendant vraiment pas à ce qu'il fasse cela, mais avait tout de suite après rit, lui tenant le bras, embrassant le haut de son crâne, seule partie qu'elle atteignait sans avoir peur de tomber ou de lui faire mal.
En voyant les jeunes débarquer ainsi, Berthan ne manqua pas de rire, tout comme Naëlyah, sauf que cette dernière demanda à son fils de la reposer avant qu'elle n'ait le vertige. Heïan s'exécuta et ils s'installèrent à table, mangeant avec entrain et bonne humeur. Elle se sentait bien parmi eux. Malgré leur rang de bourgeois, ils avaient su rester simples et ne pas avoir la grosse tête. Elle avait juste peur des grands-parents…Elle ne voulait pas faire honte à Heïan ni à sa famille…

Les assiettes vidées et débarrassées, Bethan fût le premier à quitter la table, chuchotant à l'oreille de sa femme, un air mystérieux sur le visage. Curieuse, Melley se demanda ce qu'il préparait. Elle le connaissait assez maintenant pour savoir que cet air-là signifiait qu'il mijotait quelque chose…
Heïan et sa mère arboraient le même air interrogateur, et Serra rit doucement avant de dire qu'ils se ressemblaient fortement…


- Au fait, comme se portent grand-maman et grand-papa Kreiss ?

Serra reprit son sérieux, se mettant droite sur sa chaise, mains sur les genoux avant de débuter :

-Je me suis rendue là bas pour tâter le terrain à vrai dire. Berthan m’avait mise au courant en ce qui te concernait, que tu étais encore en vie, quelque part dans le pays. Ce fut Abel, comme tu dois certainement te douter, qui nous a mis la puce à l’oreille en nous annonçant cette nouvelle. Nous avions prévu tous les scénarios, mais nous ne savions pas si tu allais te montrer, alors je suis quand même partie à leur rencontre. Après la mort de ton père, ils sont partis vivre en campagne. Ta disparition les avait chavirés, tout comme la mort de leur propre enfant… mais … ne t’inquiète pas. Ils ne t’en veulent pas … tu es leur petit fils, le seul qu’ils ont après tout.

Donc…les grands-parents savaient qu'Heïan avait tué leur fils…au moins, elle n'avait pas à faire attention à ce qu'elle dirait…elle avait la fâcheuse tendance à mettre les pieds dans le plat au mauvais moment. Quoique, elle doutait parler beaucoup une fois les grands-parents présents. Elle se ferait petite et ne gênerait pas…

Serra continua à parler avec son neveu, sur la réaction que pourrait avoir les personnes âgées. Choqués…Heïan ressemblait-il tellement à son père ? Elle ne pouvait le dire, n'ayant jamais vu son père…


-Semaine riche en émotions, n’est-ce pas mon grand ?

Elle redressa la tête alors que le jeune homme soupirait et souriait étrangement. Elle sentit sa main se faufiler dans la sienne et la serra entre ses doigts, souriant comme lui dans le vide. Riche en émotion, c'était le terme exact. Fort heureusement, il n'y avait eu que l'incident de Lyme qui était à classer dans le négatif…le reste n'était que pur bonheur !

Ils terminèrent puis les deux femmes sortirent, escortées de deux domestiques, voulant faire quelques achats avant la tombée de la nuit. Restés seuls, Melley se laissa entraîner par Heïan qui la conduisit à la bibliothèque. Une domestique se faufila dans les étagères pour ne pas les déranger alors que la jeune femme choisissait un livre avec soin. Ils étaient tous triés, rangés, classés et elle mit du temps à choisir. Son choix se porta sur un livre de contes et légendes. Elle avait toujours rêvé et adoré ce genre d'histoire de créatures. Même si sa mère les utilisait pour lui faire peur et qu'elle aille au lit le soir…Elle chassa sa mère de son esprit. Elle l'avait trahie et Melley ne lui pardonnait pas, même si elle était morte.
Elle s'installa contre Heïan qui avait étendu une jambe le long du dossier et ouvrit le livre à la première page. Les lettres lui disaient vaguement quelque chose, mais jusqu'à ce qu'elle parvienne à former un mot ! De plus, le jeune homme n'arrêtait pas de l'embrasser dans le cou, la déconcentrant et la faisant frissonner. Elle souriait, écorchait les mots qu'il rectifiait…

A la seconde page, il reprit son sérieux et l'aida encore plus. Elle lut lentement, déchiffrant, mais les leçons de ses parents et de Lyme revenant en tête. Avec un peu d'entraînement, elle pourrait lire seule !
Heureuse, elle reposa le livre et se tourna vers Heïan, souriante, mais le fauteuil, bancal, se renversa, les entraînant tous deux avec. Elle rit de bon cœur alors que la domestique accourrait pour vérifier qu'ils ne s'étaient pas blessés et se releva en même temps que le jeune homme qui remit le meuble debout en souriant.

Puis ils apprirent que les grands-parents étaient arrivés. Là, Melley stressa, perdant un peu son sourire. Elle n'était pas présentable ! Elle devait aller se changer, se laver, se coiffer ! Elle paniquait déjà alors qu'Heïan disait :


-Écoute-moi… dans mes souvenirs, ils étaient très stricts et doivent certainement l’être encore. Mais ne te laisse pas abattre par leurs commentaires parce qu’ils peuvent être blessants parfois. Tu n’y échapperas malheureusement pas et moi non plus… ils sont de la vieille école et tiennent à leurs valeurs seulement. Ceux qui pensent différemment d’eux le savent. Tu n’es pas non plus obligé de bien te tenir à table, droite et la bouche en cul de poule

Très stricts ?! Elle le regarda, encore plus paniquée alors que lui tentait de la rassurer en souriant.

- Ma mère et mon oncle n’en font qu’à leur tête alors tu les verras inévitablement railler, alors que ma tante n’a pas la langue dans sa poche avec eux.

Oui mais eux faisaient officiellement partis de la famille…elle pas encore…ils l'avaient acceptée mais qui lui assurait que les grands-parents feraient de même ?
Il lui caressa la joue lentement avant de reprendre :


- Je ne pensais pas qu’ils viendraient aussitôt. Je suis navré de t’imposer tout ça et si tu ne veux pas te joindre à nous, je comprendrai, mais j’aimerais que tu viennes si tu le veux. Je serai là pour prendre ta défense s’il le faut.

Elle n'eut pas le temps de répondre qu'il l'embrassait en la serrant contre lui. Il n'avait pas à s'excuser…et même si elle avait pensé rester dans sa chambre, elle n'allait pas le laisser les affronter tout seul…elle se devait d'être là pour l'épauler, même si elle garderait bouche close…

Il se détacha et lui prit la main, l'entraînant dans le couloir, descendant les escaliers. A chaque marche, Melley stressait un peu plus. A chaque marche, elle tentait de réfléchir à l'attitude qu'elle devait adopter. Elle ne venait pas d'une noble et riche famille, n'avait pas été élevée dans les règles de bienséances et de politesse, en gros elle était une…moins-que-rien.

Elle inspira un grand coup alors qu'ils arrivaient dans le salon ou le thé avait été servit pour les invités. En les voyant arriver, la grand-mère d'Heïan sursauta, émettant un hoquet de surprise, lâchant sa tasse qui se déversa au sol, le bruit de sa chute étouffé par le tapis.


-Par tous les dieux … Liam ?

Le grand-père avait lui aussi tourné la tête vers eux, haussant ses épais sourcils blancs. Melley regarda la vieille femme, baissant légèrement la tête, intimidée par la prestance qui se dégageait de sa personne…
Puis elle regarda Heïan du coin de l'œil. Elle venait de le confondre avec son fils…lui ressemblait-il à ce point ?

Ce fût Serra qui mit fin au doute de la femme âgée :


-C’est Heïan, madame Kreiss. Votre petit fils … vous vous souvenez ?

La surprise se peignit sur le visage de la grand-mère, reconnaissant son petit-fils. Trop fébrile pour bouger, ce fût Heïan qui vint à elle, lâchant la main de Melley. Celle-ci se recula de quelques pas, laissant la famille entre elle, baissant la tête pour laisser leur intimité, croisant les mains devant elle, poliment.
Elle resta bien immobile le temps que les retrouvailles s'effectuent, les grands-parents étant très émus de retrouver leur unique petit-fils après tant d'années d'absence. Ils s'installèrent ensuite tous à table, M. Kreiss à un bout, sa femme de l'autre, Berthan, Serra, Naëlyah, Heïan et Melley se mettant de part et d'autre d'eux. La table était pleine, le bruit des couverts se faisait entendre alors que les domestiques posaient les plats et remplissaient leurs assiettes. Melley se sentait observée et elle leva lentement les yeux pour croiser le regard perçant de la grand-mère d'Heïan qui l'analysait de fond en comble. D'un geste de la tête, elle la désigna en disant d'une voix neutre, aussi chauffe qu'une bise d'hiver :


- Comment s’appelle-t-elle ?

Heïan répondit pour elle, donnant son prénom, se faisant couper :

-Êtes vous mariés tous les deux ?

Encore une fois, ce fût le jeune homme qui répondit, par la négative. Melley se sentait rougir, écrasée par la puissance de cette femme qui avait l'habitude de diriger et n'aimait pas se faire contredire. Son cœur s'affolait et elle resta le plus droit possible sur sa chaise, tentant de montrer qu'elle n'était pas mal élevée tout de même…

-Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ?

Elle ouvrit la bouche pour répondre, Heïan la devança, commençant sa phrase, se faisant une nouvelle fois interrompre.

-Avez-vous fait des galipettes ?

Elle haussa les sourcils de stupeur, se sentant perdre pieds devant toute cette flopée de questions, les unes après les autres…Ce fût Berthan qui intervint cette fois :

-Madame Kreiss !

Intervention qu'elle prit pour une affirmation. Son visage ridé prit un air plus que sévère et ses yeux lavande foudroyèrent Melley du regard. Elle se sentit aussi petite et impuissante qu'une fourmi sur le point d'être écrasée…

-Elle ne te mérite pas Heïan. Que fais-tu avec une femme pareil ?! Vous batifolez avant les rudiments du mariage c’est ... c’est honteux ! Oui honteux !

Elle ne put soutenir le regard de la vieille femme plus longtemps et baissa la tête, rougissante comme jamais. Chaque mot résonnait dans son esprit et elle tentait de les éloigner, se souvenant de ce qu'Heïan avait dit, qu'ils avaient toujours été ainsi…Il fallait tout de même qu'elle réponde non ? Oui mais quoi ? Que dire pour ne pas commettre d'impair irréparable ? Naëlyah tenta de raisonner sa belle-mère, en vain. Alors, étonnant tout le monde, Heïan se leva brusquement de sa chaise, posa ses mains à plat sur la nappe étincelante et cracha :

-C’est assez ! Ma vie ne regarde personne d’autre que moi et ce n’est certainement pas mes grands parents qui vont décider de ce que je me dois de faire ou non, est-ce bien clair ? Personne ! Oui nous avons fait l’amour et puis ? Je n’ai pas honte de le dire, car j’aime Melley. Alors votre mode de penser sur le mariage et tout ce qui vient avec, je m’en fou ! Si je veux faire tout à l’envers, je ferai tout à l’envers !

Elle mit ses mains sous la table pour masquer leur tremblement. Elle ne voulait pas qu'il se mette ses grands-parents sur le dos…pas alors qu'ils se retrouvaient à peine…Elle aurait peut-être dû refreiner son envie de la veille et attendre encore pour leur Première Fois…mais comment aurait-elle pu deviner ? Et cela était venu si soudainement qu'elle n'aurait sans doute pas pu retenir cette vague de désir…

La grand-mère semblait outrée du comportement de son petit-fils, mais elle se reprit rapidement et poursuivit son interrogatoire impérieux :


-Viens t’elle d’une riche famille …?

Sèchement, Heïan lui répondit que non. Et non elle n'était pas issue d'un couple riche…ni d'un couple aisé…ni d'un couple de bourgeois…elle était…une fille comme une autre dans la rue…La grand-mère commença une phrase et, surprenant Melley, Serra prit la parole :

-Madame Kreiss, je ne vous conseille pas de dire ce que vous vous apprêtez à dire … je ne viens pas non plus d’une riche famille, mais bien d’une lointaine tribu nordique que vous appelleriez des sauvages. Pourtant, vous m’avez acceptée. Cette jeune femme a aidé votre petit fils, vous lui devez reconnaissance.

D'une tribu nordique ? Ou ? Melley était bien curieuse de savoir…Mais son cœur faisait des saltos dans sa poitrine. Elle regardait tout le monde tour à tour, ne sachant pas si elle devait parler, partir, faire autre chose…

-Est-ce vrai ?

Le ton de la vieille femme s'était radouci quelques peu, signe qu'elle était prête à écouter Heïan qui s'était rassis et avait agrippé la main de Melley pour la rassurer. Elle la serrait entre ses doigts, voulant aussi le soutenir.

- Je crois que je n’aurai jamais eu la force, ni même le courage de venir jusqu’ici si elle ne m’avait pas accompagné pendant ma route … elle m’a fait voir autre chose que la noirceur qui avait pris place devant mes yeux, la seule que j’ai vu pendant les 10 dernières années. Elle m’a fait voir qu’il y avait autre chose que la douleur, la peur et la méfiance dans ce monde, qu’on pouvait accorder sa confiance à de purs inconnus lorsqu’on se donnait simplement la peine d’apprendre à les connaître.

Elle le regarda, écarquillant les yeux. C'était…si beau…si touchant. Son cœur se calma lentement. Elle était vraiment émue par ce qu'il venait de dire…
La grand-mère aussi semblait touchée. Elle avait baissée les yeux sur son assiette et lorsqu'elle les releva ce fût pour dire :


-Dans ce cas …, je … vous demande pardon à tous les deux, surtout toi, Melley. Je … t’ai mal jugé. Pardonne-moi et … merci de nous l'avoir rapporté ici, sain et sauf.

Melley baissa à son tour la tête, déglutissant, serrant la main du jeune homme dans la sienne. Elle cherchait les mots qu'il fallait et surtout le courage de regarder cette femme sans baisser le regard…

-Madame, je ne vous tiens pas rigueur pour vos questions. Il est normal de vouloir connaître la partenaire de son seul petit-fils…je tâcherais d'assimiler toutes les règles de bienséance qui s'imposent ici et tâcherais de ne pas salir votre nom malencontreusement. Je ferais de mon mieux pour combler vos attentes, à tous et à toutes ici présents. Vous m'avez accueillie les bras ouverts et je ne vous en remercierais jamais assez…

Elle souriait légèrement puis se tourna vers Heïan, oubliant quelques peu leur entourage :

-Heïan…tu es la plus belle chose qui me soit arrivé dans ma vie. Te rencontrer m'a permis de combler le vide que je ressentais et que je ne parvenais pas à définir. J'ai enfin compris que mon cœur ne bat que grâce à toi…

Elle se mordit la lèvre, sortant du regard du jeune homme dans lequel elle s'était plongé et rougit de plus belle en voyant tous leurs aînés les regarder en souriant, les grands-parents compris. Elle sourit, gênée mais sans honte de ce qu'elle avait dit. Elle le pensait vraiment…parce que, les deux jours ou Heïan avait été enfermé, elle n'avait plus entendu son cœur battre comme elle l'entendait à présent, alors qu'il était à ses côtés. C'était comme s'il s'était mis en veille le temps qu'Heïan revienne…

La tension se dissipa lentement, les grands-parents discutant avec Berthan, Serra et Naëlyah, prenant les dernières nouvelles, demandant les dernières rumeurs…Melley mangeait tranquillement, satisfaite de ne pas avoir commis d'erreur…Le dîner allait durer plus longtemps, avec tous les invités, surprise ou non, les domestiques avaient du travail et le dessert serait servis en grande pompe. Cela n'allait plus être de simples pâtisseries de gourmandise, mais bel et bien des gâteaux fraîchement sortis du four et du thé à volonté.

Melley se tenait droite, les mains jointes sur ses jambes, le plus poliment possible, avec les bribes de ce que ses parents lui avaient dit à l'époque. Elle écoutait d'une oreille les conversations, sans y prendre véritablement attention. La plupart des gens évoqués ne lui disait de toute façon rien, pas plus que les affaires qui les concernaient. Son cœur battait encore trop vite, le stress toujours présent. Elle savait qu'à chaque fois qu'elle se retrouverait en présence des grands-parents d'Heïan elle serait stressée. Qu'elle soit acceptée ou non.

Les gâteaux furent apportés, chacun servis copieusement. Melley sourit, se demandant déjà si son estomac allait supporter tout cet afflux de nourriture. Mais elle le forcerait. Les gâteaux étaient son péché mignon. Elle en raffolait. Mangeant lentement pour ménager son pauvre estomac, elle savoura chaque bouchée qui s'offrait à elle. Les saveurs étaient délicieuses. Chaque gâteau qu'on lui fît gouter était exquis. Mais elle dût refuser le dernier bout qu'on lui proposa, avec le plus de politesse possible. Son ventre disait vraiment stop…

Il était bien tard et les grands-parents étaient fatigués de leur voyage. Ils s'en allèrent donc se reposer, bien décidés à rattraper le temps perdu le lendemain. Avec Heïan. Naëlyah et Serra étaient allées coudre ensemble sur le canapé, n'ayant pas sommeil, et Berthan fumait sa pipe en lisant un gros ouvrage relié en cuir. Melley se leva avec Heïan et ils montèrent lentement.

Maintenant, une bonne douche lui ferait du bien pour évacuer le stress de la soirée. Une bonne et longue douche chaude avec lui…
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L'inattendu [PV Melley] - Page 3 _
MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyMar 16 Oct 2012 - 1:46

Heïan sentait la nervosité et le mal aise de Melley, ça sautait aux yeux et avec raison. Cet interrogatoire avait quelque chose de peu inhabituel après tout. Faire ce genre de chose devant toute la famille, alors qu’elle venait tout juste de se joindre à eux devait lui faire peur. Peut-être aurait-il dû ne pas lui demander de venir et préparer le terrain pour la présenter le lendemain ... s’il avait su, il y aurait songé. Maintenant, le mal était fait et il fallait garder la tête haute et ne pas couler devant les remarques d’Eldah. Cette grébiche avait toujours eu la langue bien pendue, même face à sa propre famille. Rien ne la gênait et elle se fichait bien de blesser son entourage quand il s’agissait de faire respecter des règles ou des valeurs familiales.

Les yeux baissés, sa main serrant la sienne, l’archère avalait sa salive avec difficulté alors que la vieille femme levait son regard violet vers eux, le même dont avait hérité son petit fils. La jeune femme trouva le courage de lui faire fasse et ouvrant la bouche en pesant chacun de ses mots :

‘‘ Madame, je ne vous tiens pas rigueur pour vos questions. Il est normal de vouloir connaître la partenaire de son seul petit-fils…je tâcherais d’assimiler toutes les règles de bienséance qui s’imposent ici et tâcherais de ne pas salir votre nom malencontreusement. Je ferais de mon mieux pour combler vos attentes, à tous et à toutes ici présents. Vous m’avez accueilli les bras ouverts et je ne vous en remercierais jamais assez… ‘‘

Eldah écouta attentivement Melley, mais resta de marbre. Elle était tout de même déçue de voir qu’on se fichait des valeurs qu’on avait tenté de transmettre à la famille entière et malgré leurs belles paroles, la vieille femme avait beaucoup de difficulté à se mettre en tête qu’elle devrait accepter une autre femme ne faisant pas partie de la classe bourgeoise dans sa famille. C’est alors que Melley se tourna vers Heïan qui fit de même alors qu’elle s’adressait à lui, comme si personne d’autre ne se trouvait autour de la table.

‘‘ Heïan…tu es la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie. Te rencontrer m’a permis de combler le vide que je ressentais et que je ne parvenais pas à définir. J’ai enfin compris que mon cœur ne bat que grâce à toi… ‘‘

Se mordant la lèvre inférieure, elle avait détourné son regard bicolore du sien en rougissant alors que tous les membres de la famille les regardaient. Ils avaient tous un sourire au coin des lèvres, même Eldah qui refit la moue presque aussitôt. Serra tourna la tête vers son époux, lui tapotant la main vivement pour qu’il la regarde

‘‘ C’est ... tellement mignon ! Berthan ? ‘‘

‘‘ Oui, chérie ? ‘‘

‘‘ Pourquoi ne m’as-tu jamais dit de telles choses lorsque nous avions leur âge ?! ‘‘

‘‘ Euh ... eh bien ... parce que ... hum ... je ne sais pas ... ‘‘

Berthan été prit au dépourvu et ne savait pas quoi lui répondre, se massant la nuque puisqu’il était plus qu’embêté. Sa femme lui sourire puis ricana doucement, son mari l’imitant en voyant qu’elle l’avait taquiné.

Le souper se passa plutôt calmement par la suite. La tension avait considérablement diminué alors que les vieux discutaient entre eux. Tout le monde mangeait plutôt tranquillement, car il y avait beaucoup de conversation autour de la table, l’allongeant considérablement. Heïan ne faisait qu’écouter ce qu’ils disaient, se souvenant ou non des personnes dont ils parlaient puis Eldah, grande potineuse, voulait être au courant des dernières rumeurs pour être au parfum de ce qui se passait à Beolan. Après le dessert, les grands parents d’Heïan allèrent s’installer dans leur chambre, Daryl empêchant sa femme de demander à son petit fils si lui et sa petite copine dormaient dans la même chambre, dans le même lit. Quand ils disparurent, Berthant et son neveu ne manquèrent pas de pousser un long soupir en même temps. Ils se regardèrent, haussant les épaules chacun leur tour.

Naëlyah se leva et quitta la table, accompagnée par sa belle-soeur, car elles allaient coudre dans le salon alors que Berthan vaquait à son petit rituel. Assis dans son grand fauteuil, il avait commencé à se plonger dans la lecture d’un livre assez épais, habillé d’une reliure de cuir sombre. Les jeunes gens eux, quittèrent la pièce, passant sous l’arche qui les menait jusqu’au corridor, donc vers le grand escalier. Ils se rendirent à la chambre de Melley et purent enfin décompresser.

‘‘ Ces vieux ... ils n’ont pas changé d’un poil, même après tout ce temps. ‘‘

En même temps, Heïan verrouilla la porte de la chambre derrière lui et soupira. Cette soirée l’avait littéralement vidé, bien qu’il ne s’était pas produit grand-chose. Sa grand-mère avait tendance à gruger l’énergie des gens avec son caractère particulièrement arrosé.

‘‘ Tu as survécu au test de la méchante grand-maman protectrice et possessive ‘‘

Heïan ricanait, mais malgré ces commentaires, il aimait sa grand-mère autant que n’importe quel membre de sa famille. Elle n’était pas une mauvaise personne. Seulement, elle était assez fermée sur la nouveauté et par rapport au comportement des générations précédentes; des jeunes. Mais, bref ... elle était faite comme ça après tous. Le jeune homme s’approcha dangereusement de sa douce, la prit et la souleva dans ses bras de manière à se qu’elle gagne une tête de plus. Elle dut s’agripper à sa taille à l’aide de ses jambes, bien qu’il la soulevait sans effort. Levant la tète vers elle, Heïan planta son regard lavande dans le sien.

‘‘ Et si nous allions nous nettoyer ? J’ai l’impression ... de sentir la nourriture à plein nez. ‘‘

Pas comme si la nourriture puait, au contraire, mais il avait le ventre plein, trop plein et la senteur de la nourriture commençait à lui donner la nausée. Il était donc temps de mettre de la vapeur plein la salle de bain. Heïan la trimbalait une fois de plus alors qu’elle souriait puis la fit descendre une fois qu’ils furent dans la pièce. Il s’occupa de l’eau pendant que Melley enlevait ses vêtements, l’aidant à faire de même alors qu’il venait tout juste de se retourner vers elle. Ils filèrent alors sous l’eau. Derrière elle, Heïan colla son ventre son dos et entoura ses épaules de ses bras, déposant un baiser dans son cou par la même occasion.

‘‘ Que se passait-il cet après-midi ? ... Tu semblais mélancolique alors que tu as manqué ta cible. ‘‘

Peut-être pensait-elle qu’il n’était pas là, lorsqu’il l’avait vu pratiquer son tir, mais aussi le raté pour prendre cet air triste et coupable.

‘‘ C’est à cause de ce qui s’est passé hier, pas vrai ? ‘‘

L’homme resserra son étreinte et colla une joue sur la sienne, alors que le sourire qui brillait sur son visage s’estompait. Il comprenait d’une certaine manière comment elle pouvait se sentir, car Lyme avait été son mentor, sa dernière famille, le dernier lien qui l’unissait avec ses défunts parents. Maintenant, il n’était plus puisqu’il avait sombré dans une profonde folie ... De plus, apprendre que ses parents l’avaient trahi devait profondément la blesser et ils n’avaient pas encore eu la chance d’en parler ensemble.

‘‘ Je suis navré que ce soit passé ainsi ... vraiment. Parle-moi de ce que tu as sur le coeur. ‘‘

Puis il attendit qu’elle ouvre la bouche, qu’elle parle et se vide le coeur. Qu’elle pleure si elle en avait envie, ça lui était égal, mais il fallait que ça sorte.

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MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyMar 16 Oct 2012 - 12:05

Ils montèrent dans la chambre, heureux d’avoir passé avec succès le test de la grand-mère.
Melley ne se priva pas de soupirer longuement.


-Ces vieux … ils n’ont pas changé d’un poil, même après tout ce temps.

Elle le regarda fermer la porte à clé, habitude qu’il avait prise après l’agression et qui, franchement, la rassurait.

-Tu as survécu au test de la méchante grand-maman protectrice et possessive.

Elle sourit, ravie d’avoir satisfait le jeune homme et avoir réussi. Elle ne voulait pas qu’il ait des soucis avec ses grands-parents, surtout qu’il semblait les aimer profondément, comme le reste de sa famille…

Elle attendait qu’il vienne pour aller doucher, et il s’approcha, dangereusement, jusqu’à être devant elle et soudain il la souleva et pour ne pas tomber elle noua ses jambes autour de sa taille, souriante. Elle encercla son cou de ses mains, baissant la tête pour le regarder dans les yeux.

-Et si nous allions nous nettoyer ? J’ai l’impression ... de sentir la nourriture à plein nez.

Elle sourit de plus belle et il l’emmena, toujours dans ses bras, jusque la pièce d’eau où il la déposa. Alors qu’il allumait l’eau, elle se déshabilla et attendit qu’il revienne pour faire de même avec lui. Elle aimait trop sentir les frissons qui le parcouraient lorsqu’elle le touchait pour s’en priver. Ils entrèrent sous l’eau tranquillement et Melley se mordit la lèvre lorsqu’il colla son ventre contre son dos, mettant ses bras autour de ses épaules. Elle frissonna lorsqu’il lui donna un baiser dans le cou et écouta ce qu’il dit :

-Que se passait-il cet après-midi ? … Tu semblais mélancolique alors que tu as manqué ta cible.

Il l’avait vue ? Elle pensait qu’il n’était arrivé qu’après…elle ne voulait pas l’ennuyer avec tout ça…il fallait qu’elle chasse Lyme de son esprit c’était tout…

-C’est à cause de ce qui s’est passé hier, pas vrai ?

Elle mit ses mains sur ses bras qui étaient toujours autour de son cou, réfléchissant. Elle ne savait pas pourquoi maintenant qu’il était mort elle repensait tant à ce qu’il lui disait. Elle n’arrivait pas à le voir comme étant un homme qui avait tenté de la violer. Elle le voyait toujours comme celui qui l’avait aidée à surmonter le deuil de ses parents. Parents qui lui avaient mentis…

-Je suis navré que ce soit passé ainsi ... vraiment. Parle-moi de ce que tu as sur le cœur.

Elle inspira un grand coup et se tourna lentement, lui faisant face sans pour autant se retirer de son étreinte. Elle mit ses mains à plat sur son torse, lui souriant légèrement.

-Tu n’as pas à être navré Heïan. Tu as fait ce qu’il fallait. Lyme a juste commis la faute en trop…Et…je ne pensais pas que tu avais vu mon échec…

Elle sourit encore un peu avant de poursuivre, caressant son torse :

-J’ai…au moment de tirer une phrase qu’il m’a dit a ressurgie. Tu sais, c’est lui qui m’a appris ce que je sais dans le tir à l’Arc, il a amélioré ma compétence et je lui dois au moins ça. Et là, en fait je pense que je commence à prendre conscience qu’il est mort et que…je suis la seule de ma famille encore en vie…

Elle le regardait lentement, l’eau coulant toujours entre eux, chaude et apaisante.

-Je suis la dernière de mon sang, je suis seule...je n'ai personne à qui te présenter... et en plus je ne peux même pas savoir si ce qu’il m’a dit à propos de l’arrangement est vrai ou à mettre sous le compte de la folie…je ne peux pas vérifier et je ne saurais jamais si je dois en vouloir ou non à mes parents.

Elle secoua la tête et poursuivi :

-Heïan, je veux garder les bons souvenirs de lui. Et j’y arriverai sans paraître triste comme tout à l’heure ne t’en fais pas…mais je voudrais que toi aussi tu me dises ce que tu as sur le cœur…

Elle plongea dans son regard et, puisqu’ils en étaient à l’heure de la discussion, repensa au matin et à sa peur.

-Tu seras un merveilleux père pour nos futurs enfants Heïan, j’en suis persuadée. Et puis, je suis là…je ne te laisserais pas sombrer…et ils grandiront dans l’amour…à moins…à moins que tu ne veuilles pas d’enfant…je peux…je peux comprendre aussi…

Elle était prête à renoncer à fonder une famille s’il n’en voulait pas. Jamais elle ne le forcerait, il faudrait juste qu’ils soient prudents lors de leurs nuits de passion ensemble…

-Dis-moi ce que tu ressens Heïan, je peux être une oreille attentive…ce n’est pas parce que tu ressembles à ton père physiquement que tu es comme lui en tout point…

Elle resta immobile, attendant ses réactions. Il pouvait avoir confiance et parler aussi…elle était là pour lui et jamais ne le quitterait…


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MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyMar 16 Oct 2012 - 17:46

Melley inspira comme si elle allait dévoiler quelque chose d’important. Ce soupir avait été profond et réfléchis. Ce fut dans un mouvement lent qu’elle se retourna vers lui, plantant son regard dans le sien et lui souriant légèrement. Il y avait toujours cette petite lueur qui pétillait à chaque fois qu’elle le regardait. Elle ouvrit la bouche pour répondre à ses paroles, lui donner des explications à ses questions.

‘‘ Tu n’as pas à être navré Heïan. Tu as fait ce qu’il fallait. Lyme a juste commis la faute en trop…Et…je ne pensais pas que tu avais vu mon échec… ‘‘

Eh oui, il avait vu son échec et la déception mélangée à la tristesse sur son visage. Cela faisait quelques minutes qu’il l’observait dans l’ombre, car il n’avait pas voulu la déranger alors qu’elle allait décocher sa flèche. Il fallait dire que sa curiosité face à ce style de combat l’avait intrigué. Voilà pourquoi il l’avait observé, avant qu’elle ne se rende compte de sa présence non loin d’elle.

‘‘ J’ai…au moment de tirer une phrase qu’il m’a dit a ressurgi. Tu sais, c’est lui qui m’a appris ce que je sais dans le tir à l’Arc, il a amélioré ma compétence et je lui dois au moins ça. Et là, en fait je pense que je commence à prendre conscience qu’il est mort et que…je suis la seule de ma famille encore en vie… ‘‘

Malheureusement, la jeune femme n’avait pas tort et ça le rendait mal à l’aise pour elle. Elle était devenue, en quelque sorte, orpheline pour une seconde fois. Elle n’avait plus personne sur qui s’appuyer dans son entourage proche. Lui-même et sa famille l’avaient peut-être accepté comme si elle en faisait partit depuis sa naissance, mais ce n’était pas le cas. Quand les parents disparaissaient avant les enfants, c’était une partie d’eux qui disparaissaient par la même occasion. Melley devait se sentir bien seule maintenant, mais elle le regardait, toujours souriante et triste à la fois.

‘‘ Je suis la dernière de mon sang, je suis seule...je n'ai personne à qui te présenter... et en plus je ne peux même pas savoir si ce qu’il m’a dit à propos de l’arrangement est vrai ou à mettre sous le compte de la folie…je ne peux pas vérifier et je ne saurais jamais si je dois en vouloir ou non à mes parents ‘‘

La tête de la jeune femme se secoua, chassant les paroles qu’elle venait de dire alors que des mèches se collaient sur ses joues trempées par l’eau qui leur coulait dessus depuis quelques minutes déjà.

‘‘ Heïan, je veux garder les bons souvenirs de lui. Et j’y arriverai sans paraître triste comme tout à l’heure ne t’en fait pas…mais je voudrais que toi aussi tu me dises ce que tu as sur le cœur… ‘‘

Il fallait que Melley garde des bons souvenirs de Lyme. C’était même le plus important puisqu’il n’avait pas été qu’un homme mauvais après tout. Il l’avait à devenir ce qu’elle était aujourd’hui : une femme magnifique et courageuse. Cependant, Heïan fut pris au dépourvu alors qu’elle lui demanda de parler à son tour de ce qui lui pesait sur la conscience depuis le matin à leur réveil. Il avait à peine ouvert la bouche qu’il la referma aussitôt, fronça les sourcils et un air incertain peint sur son visage.

‘‘ Tu seras un merveilleux père pour nos futurs enfants Heïan, j’en suis persuadée. Et puis, je suis là…je ne te laisserais pas sombrer…et ils grandiront dans l’amour…à moins…à moins que tu ne veuilles pas d’enfant…je peux…je peux comprendre aussi… ‘‘

La voix si délicate de sa douce semblait se casser tout à coup. Croyait-elle qu’elle lui imposait ce choix ? Non, ce n’était pas ça, il était certainement dans le champ. Mais dans les yeux de la jeune femme, il voyait bien qu’elle en rêvait, qu’elle aimerait tellement avoir plus ... seulement, pouvait-il seulement le lui donner ?

‘‘ Dis-moi ce que tu ressens Heïan, je peux être une oreille attentive…ce n’est pas parce que tu ressembles à ton père physiquement que tu es comme lui en tout point… ‘‘

Heïan ne parlait toujours pas et avait détourné brièvement le regard pour regarder le pendentif qu’il lui avait offert et qui brillait à son cou. Il finit par planter ses yeux dans les siens à nouveau, sans pour autant lui sourire, car il était plutôt inquiet. Melley voulait l’encourager, le soutenir et serait toujours là ... mais ...

Dans un soupir, relevant les yeux vers le ciel qui était caché par le plafond de la somptueuse demeure, Heïan se lança enfin :

‘‘ Je ne sais pas ... enfin ... oui, mais ... ‘‘

Il marqua une pause, ne sachant plus où donner de la tête. C’était une crainte si solidement encrée en lui qu’il arrivait à peine à se prouver le contraire.

‘‘ Je lui ai ressemblé psychiquement pendant de nombreuses années, Melley. Je commence tout juste à m’enlever ces idées sombres de la tête, de me dire que jamais plus je n’aurai de sang sur les mains. J’ai tué des centaines seulement pour l’argent ... La seule chose qui faisait que nous étions différents était que je n’y prenais pas plaisir. ‘‘

Sa gorge se serrait alors qu’il évitait le regard de sa belle, le regard vide et fixant un point invisible.

‘‘ Comment pourrais-je devenir un bon père alors que je n’en ai pas eu ? C’est ... ce que je me demande. Le seul modèle masculin que j’ai eu était un homme absent, froid et qui ne laissait transparaître aucune émotion autre que le dégout et le dédain. Il m’a toujours détesté, n’a jamais voulu d’enfant, n’a même jamais aimé son épouse. ‘‘

Puis d’un timbre de voix un plus bas, ressemblant étrangement à un soupir, il continua.

‘‘ Je ne sais rien faire d’autre que de tuer pour vivre. Je ne sais pas ce qu’il y aurait d’autre qui pourrait me convenir ... J’ai ... l’impression d’être acculé à un mur. ‘‘

Enfin, l’homme levait les yeux vers Melley, plongeant dans son regard. D’une main, il replaça la mèche collée à sa joue et lui fit un faible sourire en coin.

‘‘ Je veux fonder une famille avec toi, mais comment puis-je y arriver alors que j’arrive à peine à me nourrir moi-même quand ma famille ne me seconde pas ? ‘‘
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Melley Nesahlt



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L'inattendu [PV Melley] - Page 3 _
MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyMar 16 Oct 2012 - 19:38

Heïan baissa les yeux un court instant, comme s'il réfléchissait intensément. Elle le regardait en silence, lui laissant le temps de chercher ses mots ou même le courage de parler. Il ne s'était peut-être pas attendu à ce qu'elle lui demande de parler à son tour, mais selon elle, il devait aussi s'ouvrir. Ne pas tout garder en soi. Parce qu'elle pouvait peut-être l'aider, le rassurer…

Finalement, il soupira en levant la tête, comme quelqu'un qui priait les dieux et se lança :


-Je ne sais pas … enfin … oui, mais …

Elle continuait de le regarder, fronçant légèrement les sourcils. C'était si grave ? Sa peur avait-elle commencée à le ronger ? Elle cherchait déjà un moyen de l'aider lorsqu'il reprit :

-Je lui ai ressemblé psychiquement pendant de nombreuses années, Melley. Je commence tout juste à m’enlever ces idées sombres de la tête, de me dire que jamais plus je n’aurai de sang sur les mains. J’ai tué des centaines seulement pour l’argent … La seule chose qui faisait que nous étions différents était que je n’y prenais pas plaisir.

Il était…normal de suivre les traces de son père non ? Même si celles-ci n'étaient pas glorieuses. Étant donné qu'il n'avait aucun autre exemple, Heïan n'avait pas pu prendre une autre voie. Il n'avait pas eu le choix.

Il ne la regardait pas, fixant un point lointain. Perdu dans ses pensées ou avait-il honte ? Elle déglutit, recrachant de l'eau qui s'était infiltrée dans sa bouche par mégarde. Cela faisait bien dix minutes qu'ils étaient en-dessous et ils ne s'étaient même pas encore lavés. Mais ce n'était pas le plus urgent dans les minutes qui suivaient.


-Comment pourrais-je devenir un bon père alors que je n’en ai pas eu ? C’est … ce que je me demande. Le seul modèle masculin que j’ai eu était un homme absent, froid et qui ne laissait transparaître aucune émotion autre que le dégout et le dédain. Il m’a toujours détesté, n’a jamais voulu d’enfant, n’a même jamais aimé son épouse.

Melley baissa légèrement les yeux. C'était là toute la différence entre lui et son père. Là résidait ce fossé entre eux, faisant qu'ils n'étaient pas pareils.
Il continua, d'un timbre de voix ressemblant à un soupir d'un mourant rendant son dernier souffle :


-Je ne sais rien faire d’autre que de tuer pour vivre. Je ne sais pas ce qu’il y aurait d’autre qui pourrait me convenir … J’ai … l’impression d’être acculé à un mur.

Il ne savait rien faire d'autre parce qu'il n'avait jamais essayé de faire autre chose. Parce que personne ne lui avait laissé la chance de s'illustrer dans un autre domaine. Et Melley comptait bien réparer tout ça. D'une façon ou d'une autre.
Enfin, il la regarda, plongeant son regard dans le sien, l'une de ses mains replaçant une mèche de cheveux qui lui barraient le visage, collée par l'eau et il acheva :

-Je veux fonder une famille avec toi, mais comment puis-je y arriver alors que j’arrive à peine à me nourrir moi-même quand ma famille ne me seconde pas ?

Elle n'avait pas songé à tout ça. A la manière de récolter de l'argent, pour nourrir une famille…prise dans le tourbillon d'émotions, elle n'y avait pas songé. Elle irait travailler. Il trouverait un autre emploi, tout ce qu'il y a de plus honnête, elle aussi, et ensemble ils économiseraient…Le travail ne lui faisait pas peur, loin de là, et il est vrai qu'elle ne voulait pas profiter du statut de sa famille…
Il lui souriait en coin, mais elle resta parfaitement sérieuse. Elle le colla contre elle, prenant son visage entre ses mains, le regardant d'une façon différente. Maintenant, il pouvait voir la détermination qui régnait en même temps que l'amour dans son regard.

Crachant l'eau qui s'infiltrait dans sa bouche, elle commença, plantant son regard dans le sien et ne cillant plus :


-Heïan. Écoute-moi. Attentivement. Tu n'es pas ton père. Tu es son opposé. Je ne l'ai pas connu, certes, mais de ce que tu m'en as dit, tu n'es pas lui. Lui ne t'as pas voulu, n'a pas voulu de ta mère qui pourtant est formidable. Il ne vous a pas aimés. Mais toi si. Tu m'aimes, et tu aimeras tes enfants. Là est la différence. Le métier de père ne s'apprend pas. Comme celui de mère. Je ne sais pas plus que toi comment il faut faire avec les bébés. Seul notre instinct nous aide le moment venu. Je sais que tu en es capable Heïan. Je t'aime et t'aiderais.

Pour appuyer ses dires, sa main droite vint se placer à placer sur son cœur, pour bien lui montrer que lui éprouvait quelque chose pour elle. Il le lui avait montré, son regard le montrait, ses gestes le montraient, son attitude le montrait. Tout clamait en lui de l'amour intarissable pour elle. Elle avait réussi à le réanimer, à rallumer cette flamme qui s'était endormie en lui toutes ses années. Elle poursuivit, laissant sa main, vrillant son regard dans le sien :

-Je suis sûre que tu sais faire pleins de choses Heïan. Personne ne t'a laissé le choix, c'est tout. Tu trouveras le métier qui te convient, un métier ou tu n'auras plus de sang sur les mains, un métier que tu aimeras et que tu exerceras par plaisir. Et je trouverais aussi un emploi. Je trouverais quelque chose et ensemble nous pourrons mettre de l'argent de côté pour plus tard. Pour les coups durs, pour une maison, pour commencer notre vie. Et, quand tu le jugeras bon, si tu le veux, je te donnerais des enfants. Un fils, une fille…aussi beau que toi, avec tes yeux et ta tendresse. Avec ta gentillesse et ta force.

Elle s'approcha de lui, se mettant sur la pointe des pieds, posant son front contre le sien et murmura :

-Chasse cette peur qui est en toi Heïan. Chasse-là loin et ferme la porte derrière elle pour qu'elle ne revienne plus. Ferme à clé, et cache la clé là ou personne ne peut la trouver. Tu es quelqu'un d'extraordinaire Heïan.

Puis elle l'embrassa longuement, l'eau coulant toujours entre eux. Elle le collait, chaque partie de son corps touchant celui du jeune homme. Elle l'embrassa comme jamais, lui transmettant toute sa force, tout son courage pour supprimer sa peur. Elle ne voulait pas qu'il soit rongé par cette crainte. Elle voulait l'aider.

Lorsqu'elle le relâcha, elle lui sourit à nouveau, caressant sa joue. Il semblait réfléchir et elle attendit une nouvelle fois. Même s'il était peut-être temps de se laver et de sortir, elle attendait, proche de lui, sentant son souffle sur sa peau, ses mains sur son corps.
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MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyMer 17 Oct 2012 - 2:41

Son faux sourire s’était rapidement effacé lorsque les mains de Melley se posèrent sur ses joues et que son corps se colla au sien. Son regard était plus que sérieux, mais quelque chose qu’il n’avait vu jusqu’à maintenant brillait au fond de ses iris, quelque chose qu’il ne comprit pas sur le coup. Ils se regardèrent ainsi quelques secondes avant qu’il réalise de quoi il s’agissait vraiment.

‘‘ Heïan. Écoute-moi. Attentivement. Tu n’es pas ton père. Tu es son opposé. Je ne l’ai pas connu, certes, mais de ce que tu m’en as dit, tu n’es pas lui. Lui ne t’a pas voulu, n’a pas voulu de ta mère qui pourtant est formidable. Il ne vous a pas aimés. Mais toi si. Tu m’aimes, et tu aimeras tes enfants. Là est la différence. Le métier de père ne s’apprend pas. Comme celui de mère. Je ne sais pas plus que toi comment il faut faire avec les bébés. Seul notre instinct nous aide le moment venu. Je sais que tu en es capable Heïan. Je t’aime et t’aiderais. ‘‘

Triste, ému, confus, une panoplie d’état d’âme le traversait après avoir entendu ce que sa belle venait de lui dire, le forçant à le regarder.

~ À continuer dans cette voie, j’aurais certainement fini par devenir comme lui si je ne l’avais pas invité à me suivre ... s’il elle n’aurait pas proposé de m’accompagner à Beolan, plutôt... ~ Pensa t-il aussitôt.

La main droite sur son torse, juste au dessus de l’emplacement où se trouvait son coeur, Melley tentait de lui montrer qu’il n’était pas une personne exemptée de sentiments, qu’il en avait tout comme elle. Des sentiments qu’il croyait, jusqu’à maintenant, inexistants. Même en ce moment, il se demandait comment il avait fait pour s’attacher, s’ouvrir et ressentir quelque chose d’aussi fort envers cette jeune femme. Comment tout ceci avait été possible, en aussi peu de temps ? Pourtant, il avait l’impression qu’ils se connaissaient depuis longtemps, sans trop savoir pourquoi, comme s’ils étaient destinés à se rencontrer un jour ou l’autre, peu importe la situation. Il l’aimait ... c’était une certitude qui pouvait paraître impossible pour bien de gens, voire incompréhensible. Melley avait cependant réussi à percer la barrière avec facilité. Peut-être parce qu’elle avait été la seule à rester aussi longtemps à ses côtés, à vouloir voir plus loin que ce qu’il semblait être extérieurement.

‘‘ Je suis sûre que tu sais faire plein de choses Heïan. Personne ne t’a laissé le choix, c’est tout. Tu trouveras le métier qui te convient, un métier où tu n’auras plus de sang sur les mains, un métier que tu aimeras et que tu exerceras par plaisir. Et je trouverais aussi un emploi. Je trouverais quelque chose et ensemble nous pourrons mettre de l’argent de côté pour plus tard. Pour les coups durs, pour une maison, pour commencer notre vie. Et, quand tu le jugeras bon, si tu le veux, je te donnerais des enfants. Un fils, une fille…aussi beau que toi, avec tes yeux et ta tendresse. Avec ta gentillesse et ta force. ‘‘

Comment ? Comment ferait-il pour se trouver une profession qu’il aimerait alors qu’il ne le savait pas lui-même ? Par essai et erreurs ? Il était trop tard pour commencer à jouer à ce jeu et il devait réfléchir vite. Son oncle était généreux et l’hébergerait le temps qu’il faudrait, à ses frais. Par contre, Heïan ne voulait pas abuser de sa bonne foi et Melley non plus, il se savait. Il avait appris à être autonome et se débrouiller par lui-même ce qui faisait qu’il détestait vivre aux dépens des autres.

Marchand comme Berthan ? Couturière comme Serra ? Botaniste comme sa mère ? Non ... peut-être aimerait-il travailler le métal, fabriquer des armes. Il ne croyait pas. Vendre était quelque chose à oublier, bien que son oncle n’aurait certainement pas refusé son aide. À vrai dire, il ne savait pas et devait réfléchir, mais Melley l’en empêcha en se redressant sur la pointe des pieds. Baissant les yeux, et par la même occasion la tête, leur front se colla. Dans un murmure, elle dit :

‘‘ Chasse cette peur qui est en toi Heïan. Chasse là loin et ferme la porte derrière elle pour qu’elle ne revienne plus. Ferme à clé, et cache la clé là ou personne ne peut la trouver. Tu es quelqu’un d’extraordinaire Heïan. ‘‘

Heïan ne lui répondit que par un doux sourire en coin. Jusque-là, il n’avait rien dit et ne chercha pas à le faire, car elle avait raison. Il devait laisser le passé derrière, tout comme ses craintes. Il était lui et non Liam. La seule chose qui les liait tous les deux était leur apparence physique, rien de plus.

Ses lèvres contre les siennes, la jeune femme l’embrassait avec passion, lui donnant l’énergie dont il aurait besoin pour passer au travers de tout ces obstacles. Une main dans son bas dos l’autre caressant sa nuque, Melley s’éloigna et il put plonger son regard dans le sien de nouveau, lui rendant son sourire. Elle savait comment lui remonter le moral ... il l’adorait ... l’aimait comme un fou, mais il ne pouvait empêcher sa tête de réfléchir et de tourner en rond.

‘‘ Je le ferai pour toi, pour nous. ‘‘

Il lui embrassa le front après avoir posé ses mains chaudes sur ses joues et approché son visage du sien.

Maintenant, il fallait qu’ils se lavent avant d’avoir la peau fripée comme celle de ses grands parents, mais il pensait aussi à l’anneau qui se trouvait encore dans la poche gauche de son pantalon. Sa demande, il devait la faire le plus tôt possible. Le problème était que le bon moment n’était pas encore venu. Quand, comment, dans quelle circonstance ? Faudrait-il qu’il l’amène quelque part ? Il ne savait même pas comment faire et surtout quoi faire pour l’impressionner, rendre ce moment unique ... C’était l’heure de demander conseil à sa mère, mais ça attendrait bien le lendemain. Ce soir, il profiterait de la présence de sa douce avant de passer la journée du lendemain qui allait être chargée, avec ses grands-parents.

Une fois bien nettoyé et séché, il était maintenant temps d’aller froisser les draps qui étaient parfaitement faits. Le couple se glissa sous les draps pour se mettre au lit. Épuisé, Heïan n’avait pas mis beaucoup de temps à s’endormir, le visage camouflé dans le creux du cou de Melley, un bras autour de sa taille alors qu’il dormait sur le ventre, paisiblement.

Au petit matin, Eldah toquait fortement à la porte de la chambre de Melley. Elle était allée à celle de son petit fils, mais comme il n’y avait eu aucune réponse, elle s’était doutée qu’ils étaient certainement ensemble dans la même pièce, dans le même lit !

‘‘ Heïan ! Debout ! Moi et ton grand-père allons marcher avant le déjeuner. Tu viens avec nous ! ‘‘

Ça ressemblait drôlement à un ordre. Ayant du mal à se lever avec un réveil aussi brutal, Heïan se poussa sur ses bras et se tira hors du lit, les yeux à moitié clos. Il enfila son pantalon et attacha sa ceinture puis chercha sa chemise des yeux en se passant la main dans les cheveux, car ils étaient encore, et comme toujours, en pétard. Il fit bien le tour de la pièce avant de se rendre compte qu’elle se trouvait sur le dossier du fauteuil situé non loin de la grande fenêtre. En bâillant, Heïan l’attacha, bouton à bouton, alors que sa grand-mère cognait encore.

‘‘ J’arrive ! ‘‘

‘‘ Je t’attends en bas alors ! ‘‘

Melley s’était elle aussi réveillée, maintenant assise à se demander ce qui se passait. Heïan vint donc s’assoir sur son côté de lui et lui vola un baiser puis lui souria.

‘‘ Nous nous revoyons à table. Si je vais avec eux maintenant, je serai peut-être tranquille. Je veux passer un peu de temps avec toi aujourd’hui. ‘‘

Il caressa sa joue et lui souria avant de se lever pour descendre au hall d’entrée. Impatiente, sa grand-mère râla parce qu’il avait mis trop de temps à les rejoindre. Ensuite, le silence revint dans le manoir. Il n’y avait que les domestiques qui s’activaient à cette heure, préparant tranquillement le repas pour la maisonnée. Les vieux ne marchèrent pas bien longtemps et ils revinrent au manoir après une vingtaine de minutes. Dehors, Naëlyah s’occupait de ses fleurs et en cueillait quelques-unes pour la marchande de fleurs qui lui en achetait régulièrement. Heïan s’excusa envers Daryl et Eldah puis alla rejoindre sa mère qui lui fit l’accolade, contente de le voir.

‘‘ Bon matin mon grand. ‘‘

Elle tenta de pousser une mèche qui tombait devant son oeil droit, mais elle revenait sans cesse se placer au même endroit. La mère finit par ricaner puis souria.

‘‘ Hum ... j’ai ... quelque chose à te demander, maman ‘‘

Heïan frottait sa nuque, signe évident qu’il fût confus ou nerveux. Naëlyah posa une main délicate sur son bras pour le calmer et l’inciter à parler. Elle l’invita à la suivre pour qu’ils puissent s’assoir un peu et bavarder.

‘‘ Hier, j’ai acheté une bague pour ... Melley et je ... ‘‘

‘‘ Tu ne sais pas comment t’y prendre pour faire ta demande en mariage. ‘‘

Les yeux ronds, Heïan fut surpris de voir à quelle vitesse sa mère avait compris où il voulait en venir. Ça semblait si évident pour elle. Est-ce que tout le monde s’en doutait déjà ou bien ... c’était qu’il était trop prévisible ? Naëlyah riait doucement en voyant son visage.

‘‘ Berthan m’en a glissé un mot, car il se doutait que tu viendrais me demander conseil. ‘‘

‘‘ Eh bien ... il m’a devancée. ‘‘

‘‘ Alors, déjà, il faudrait bien sûr que vous soyez seuls tous les deux. Sors-la de la maison, allez vous promener ou bien va à un endroit où tu aimes aller et où tu te sentiras à l’aise. Je me souviens que tu adorais te réfugier sur le toit il y a longtemps, peut-être cela pourrait-il être quelque chose à envisager après le repas. Quand comptais-tu lui faire ta demande au juste ? ‘‘

‘‘ Je ne sais pas, le plus tôt possible. En fait, je ne sais pas ... Je voudrais tout faire en même temps et je n’arrive pas à réfléchir clairement. ‘‘

‘‘ Écoute-moi, Heïan. Occupe-toi de Melley d’abord, le reste suivra par lui-même, d’accord ? Vous vous adorez, ça crève les yeux. Vous êtes fait l’un pour l’autre alors fonce ! Cette nuit, ce sera frisquet, mais je suis certaine que vous verrez les arcs de couleurs dans le ciel. Apporte une couverture chaude et écoute-toi. Ça ira bien. ‘‘

C’était une bonne idée, et puis ils seraient effectivement seuls s’ils s’isolaient sur le toit, lui et Melley. Embrassant sa mère sur le front, Heïan fila comme une flèche pour rejoindre Melley qui peignait sa crinière noir de jais avant le déjeuner. S’approchant par l’arrière, même si elle l’avait vu dans la glace, Heïan entoura sa taille de ses bras et lui embrassa le cou en lui souhaitant un bon matin. Ils descendirent rejoindre la famille pour le déjeuner et le jeune couple s’exila bien tôt pour aller se promener dans les rues de la ville. Marchant main dans la main, Heïan regardait un peu partout et se fit bousculer par un homme.

‘‘ Hey ! R’garde où tu marches ! Eh bin dite donc ... si ce n’est pas Kreiss ! Hey les gars, on a d’la visite ? ‘‘

‘‘ Le disparu ? ‘‘

‘‘ Ah oui, le fils du débile ! ‘‘

Trois hommes, assez grand et assez corpulent les encerclait, lui et Melley. Il la cacha derrière lui, ne la lâchant pas. Les étrangers riaient de leur voix grasse croisant les bras sur leur ventre bien rond alors qu’Heïan restait silencieux et sur ses gardes, un regard sombre régnant sur son visage.

Ces trois là, à l’époque, étaient les garçons les plus prisés du quartier. Tout le monde voulait jouer avec eu et faire partir de leur bande était tout un honneur. Pendant son enfance, Heïan avait longuement tenté de se joindre à eux, mais on l’avait tabassé, bousculé dans la boue et on lui criait des noms blessants, car il était plus réservé que la plupart des enfants des environs. Bref, il avait été leur souffre-douleur un long moment.

‘‘ C’est une belle poulette que tu nous apportes là, Heïan. Justement, on s’ennuyait tous les trois ‘‘

L’un d’eux s’approcha, posant une main sur l’épaule d’Heïan pour le pousser et voir Melley de plus près, mais deux doigts furent automatiquement enfoncés dans le creux de sa gorge. Ce mouvement eut pour effet de le forcer à se reculer. Celui-ci toussota et fronça les sourcils. Les deux autres s’approchèrent aussitôt pour prendre le jeune homme en sandwich, mais Heïan fut plus rapide que ces deux tas de peau et agrippa le poignet d’un pour le tourner à l’envers, l’obligeant à se pencher, le tira et il finit sur le dos au sol, le pied du tueur à gages sur le côté du visage.

‘‘ Arrêtez de le tabasser ! ‘‘

‘‘ Quoi, tu as peur de moi maintenant ? C’est nouveau ça ‘‘

‘‘ D-d-dégagez les gars ! I-il-il m’écrase le visage ! Aïe ! ‘‘

En réalité, Heïan ne faisait aucune pression. C’était lui qui paniquait pour un rien. Ils filèrent en prenant leurs jambes à leur cou, jurant de se venger. La jeune femme tourna les yeux vers Melley, espérant qu’elle n’avait pas eu trop peur et haussa les épaules.

‘‘ Des ... vieilles connaissances d’enfance ‘‘

Il s’assura qu’elle allait bien, qu’elle n’était pas trop nerveuse et la fit grimper sur son dos pour le chemin du retour. Les heures s’étaient écoulés et ils ne faisaient que promener, s’arrêter ici et là. Sur le chemin du retour, Heïan ne manqua pas de voir des chariots remplis de matériaux de construction (bois, briques, etc.) qui se rendait vers le quartier plus aisé de la ville, mais son attention fut détournée par un visage familier.

‘‘ Monsieur Kreiss ‘‘

Le haut gradé qui s’était occupé de l’interrogatoire se trouvait non loin d’eux, entouré de cinq hommes. Apparemment, ils faisaient une ronde en ville pour voir si tout allait bien. Les saluant d’un signe de tête, il donna une tape amicale sur l’épaule du jeune homme.

‘‘ J’aurais à m’entretenir avec vous, demain cela vous conviendrait-il ? Eh non, ce n’est pas parce qu’on vous suspecte pour quoi que ce soit. ‘‘

‘‘ Euh ... oui. Il ne devrait pas y avoir d’inconvénients ‘‘

‘‘ Bien ! Venez me voir au quartier général après les coups de midi. Sur ce, bonne journée. Madame ‘‘

Souriant, il continua son chemin alors qu’Heïan semblait se questionner.
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MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyMer 17 Oct 2012 - 17:29

-Je le ferai pour toi, pour nous.

« Fais-le surtout pour toi, Heïan », pensa-t-elle. Elle lui sourit alors qu’il lui embrassait le front, les mains posées sur ses joues.
Par la suite, ils se lavèrent tranquillement, puis sortirent pour se sécher et enfin se mettre au lit. La journée avait été fatigante et le lendemain ne serait pas de tout repos avec les grands-parents. Melley se demandait ce qu’ils réservaient encore comme surprise, tout en s’habillant légèrement, juste les sous-vêtements en fait. Ils allaient sans doute vouloir profiter de leur petit-fils et l’interroger sur tout et surtout sur elle. Elle l’avait très bien vu que la vieille femme n’avait pas été touchée plus que ça par se qu’elle avait dit. Peut-être pensait-elle justement que Melley avait dit cela pour l’apprivoiser et qu’ensuite elle n’en ferait qu’à sa tête. Qui sait ce qu’il se passait dans la tête des vieilles personnes ?

Elle se glissa dans le lit, aux côtés d'Heïan qui semblait déjà parti pour le monde merveilleux des rêves, et il se colla à elle, sa tête s'enfouissant dans son cou. Elle le serra contre elle, comme un bébé, caressant ses cheveux d'un geste hypnotisant. Couchée, elle gardait les yeux grands ouverts, réfléchissant. Elle stressait pour le lendemain. Les grands-parents allaient faire quelque chose s'était inévitable. Et s'ils ne l'acceptaient pas comme ils avaient accepté Serra ? Et s'ils la jetaient dehors ? Heïan la défendrait, elle le savait, mais en même temps elle ne voulait pas qu'il se fâche avec sa famille. Surtout pas. Et encore moins à cause d'elle.

Elle soupira en silence et ferma les yeux, bien décidée à tout mettre en œuvre pour que Madame Kreiss la tolère parmi eux.
Le lendemain, elle sentit du mouvement à ses côtés, sans pour autant sans préoccuper. Heïan bougeait souvent durant son sommeil. Sauf qu'il y avait un autre bruit en fond et elle ne parvenait pas à le définir. Puis une voix se fît entendre :


-Heïan ! Debout ! Moi et ton grand-père allons marcher avant le déjeuner. Tu viens avec nous !

Elle ouvrit lentement les paupières alors que le jeune homme se redressait sur les coudes pour s'extirper du lit. Elle avait horreur de ce genre de réveil…Elle profita donc du fait qu'Heïan s'habillait en hâte pour se réveiller et surtout pour tenter de comprendre ce qu'il se passait. Une voix oui, mais que disait-elle alors là….aucune idée…

Ils reparlèrent, la douce voix d'Heïan lui parvenant délicatement et elle se redressa en entendant la grand-mère. Que voulait-elle ? Elle rembobina dans sa tête et…marcher. Elle voulait qu'il les accompagne marcher. Pourquoi ?

Heïan s'était habillé et tourné vers elle. Il s'approcha, s'asseyant à côté et l'embrassa longuement avant de dire :


-Nous nous revoyons à table. Si je vais avec eux maintenant, je serai peut-être tranquille. Je veux passer un peu de temps avec toi aujourd’hui.

Il souriait et lui caressa la joue avant de s'en aller, rejoignant sa grand-mère qui pestait au rez-de-chaussée. Melley s'étira lentement dans le lit, faisant l'étoile de mer. Oui, l'étoile de mer. Elle étira chacun de ses membres et muscles, pour les sortir de l'état comateux. Il voulait passer du temps avec elle…elle aussi. Mais est-ce que ses grands-parents seraient d'accords ? Combien de temps allaient-ils marcher, elle ne savait pas, mais se devait d'être prête lorsqu'ils reviendraient. Si en plus elle se faisait attendre, Madame Kreiss ne le lui pardonnerait jamais.

Elle se leva alors, ouvrant la fenêtre en grand. Elle vit leurs silhouettes au loin dans la rue et ne put s'empêcher de sourire en admirant, même de loin, celle d'Heïan. Lorsqu'ils sortirent de son champ de vision, elle se dirigea dans la salle de bains pour ses besoins matinaux, avant de se laver convenablement le visage et les bras, s'habillant d'une chemise et d'un pantalon comme à l'accoutumée. Elle ne fermait pas entièrement la chemise, ni trop ni pas assez. Puis il fût temps de coiffer ses cheveux. Elle les peigna lentement, grimaçant lorsqu'un gros nœud se présentait aux dents du peigne et continua sans relâche pour qu'ils deviennent lisses et soyeux. Elle mit de longues minutes à le faire puis commença à les tresser, doucement, pour ne pas faire d'erreur, pour qu'il n'y ait aucun défaut.

Concentrée sur sa tâche, elle n'entendit pas la porte de la chambre s'ouvrir mais vit Heïan entrer dans la glace et s'approcher d'elle. Ses bras vinrent encercler sa taille et elle frissonna, frisson qui reprit de plus belle lorsqu'il l'embrassa dans le cou. Elle lui souhaita le bonjour également et ensemble ils descendirent prendre le petit-déjeuner avec tout le reste de la famille.

A table, Melley resta droite et mangea délicatement, aussi poliment qu'elle pouvait. Alors, lorsqu'elle se retira avec le jeune homme, elle put enfin respirer normalement et sourire convenablement. Madame Kreiss l'intimidait, elle ne pouvait rien dire d'autre…

Ils sortirent, décidant de se promener au marché. C'était la première fois que Melley allait dans la foule depuis l'incident. A moins que l'on compte l'exécution, mais pour elle cela ne comptait pas. Elle marchait, main dans la main avec Heïan, regardant les étals autour d'elle, regardant tous les objets exposés, réfléchissant en même temps à ce qu'elle pouvait bien faire comme métier. Elle n'en avait pas plus d'idée qu'Heïan en fait…
Ce fût là que quelqu'un bouscula Heïan.


-Hey ! R’garde où tu marches ! Eh bin dite donc … si ce n’est pas Kreiss ! Hey les gars, on a d’la visite ?

Melley se tourna en même temps que le jeune homme pour faire face à trois hommes, grands, musclés, l'air revêche et peu avenants. Ils continuèrent à insulter plus ou moins Heïan et Melley ne savait pas quoi faire. Les connaissaient-ils ? Qui étaient-ils alors pour lui ?

-C’est une belle poulette que tu nous apportes là, Heïan. Justement, on s’ennuyait tous les trois

Là, elle serra les dents et serra inconsciemment la main du jeune homme. L'autre s'approchait, pour écarter Heïan et la voir mieux, puisqu'elle était cachée par le dos de son amour. Elle revoyait l'incident sous ses yeux, revoyait Lyme à la place de cet individu alors qu'il n'y avait aucune comparaison possible. Mais c'était si récent que les propos qu'il tenait actuellement ne pouvait pas faire taire les souvenirs…

Et, alors qu'elle hésitait à riposter ou même tenter de les affronter avec le peu de technique en corps-à-corps qu'elle avait, Heïan se chargea d'eux, coupant le souffle à celui qui tentait de l'écarter, tordant le poignet du second et jetant au sol le troisième, gardant un pied sur son visage. Melley était abasourdie par la vitesse à laquelle il avait agit.

Son prisonnier paniquait et demandait aux autres de fuir rapidement. Heïan le libéra et ils détalèrent aussi rapidement qu'ils pouvaient. Heïan se tourna alors vers elle en haussant les épaules.


-Des ... vieilles connaissances d’enfance

Elle hocha la tête, sans chercher à entrer dans les détails. S'ils l'accueillaient ainsi maintenant, elle ne voulait même pas savoir ce qu'ils avaient fait étant jeunes…Heïan avait peut-être été leur souffre-douleur ? Elle-même y avait eu droit à un moment, à cause de ses yeux mais surtout parce qu'elle était une femme qui voulait se mettre sur le même pied que les hommes. Elle leur avait cloué le bec en abattant une pomme posée sur la tête de leur meneur, une trentaine de mètres plus loin qu'elle. Ce jour-là, elle avait été vraiment fière d'elle.

Heïan s'assura qu'elle allait bien et qu'elle n'avait pas paniqué. Elle le rassura en souriant. Il était vrai que cinq jours après l'agression, une nouvelle sorte de tentative…n'était pas pour plaire…mais bon.

Il la fît grimper sur son dos pour le voyage du retour et elle riait, les bras autour de son cou, les jambes nouées autour de sa taille, profitant de pouvoir tout regarder d'un peu plus haut.

Ils marchèrent, se promenant tranquillement, Melley toujours sur son dos, admirant les étals, lorsqu'un visage trop familier les apostropha. Melley descendit de son dos, pour ne pas gêner et écouta le haut gradé sourire au jeune homme en lui demandant s'il pouvait venir au poste le lendemain. Melley stressa tout de suite, imaginant déjà qu'ils avaient découvert son passé de tueur à gages et allaient l'inculper pour tous les meurtres commis, mais le soldat ajouta tout de suite qu'il ne suspectait aucunement Heïan, il voulait juste lui parler. Le jeune homme accepta, bien qu'interrogateur, et le haut gradé lui donna rendez-vous pour midi pour ensuite s'en aller après avoir salué Melley. Elle le salua aussi et ils restèrent immobiles jusqu'à ce que les soldats soient partis. Melley sentait qu'Heïan se posait des questions. Elle aussi. Elle lui reprit la main et l'entraîna sur la route du manoir, l'heure de manger approchant à grand pas, et elle lui dit :


-Ne t'en fais pas…il a peut-être juste quelque chose à te demander…s'il t'a dit qu'il ne te suspectait pas, c'est que c'est vrai…

Elle lui sourit et s'arrêta en plein milieu pour lui voler un doux baiser. Ses lèvres lui avaient manquées depuis qu'ils étaient sortis de table…

Ils retournèrent donc au manoir, souriant, et mangèrent tranquillement avec tout le monde. Les adultes parlaient entre eux de tout et de rien, Melley tentait de rester droite et neutre, mangeant convenablement et sans trop manger. Combien de temps allait-elle tenir ainsi, elle l'ignorait, mais le ferait pour Heïan, pour être acceptée par sa grand-mère. Grand-mère qui ne la lâchait pas du regard. Coups d'œil de biais, regards appuyés…Melley les sentait bien et restait le plus impassible possible. Elle y arriverait, un point c'est tout.

Une fois terminé, elle comptait partir avec Heïan mais…mais…Madame Kreiss s'interposa, déclarant vouloir passer du temps avec son unique petit-fils qu'elle n'avait plus revu depuis des lustres. Melley s'inclina légèrement, souriante, lui assurant que là était son droit le plus strict.


-Je l'espère bien. Je suis de la famille tout de même moi.

La remarque acerbe n'ébranla pas Melley qui le regarda s'en aller avec sa grand-mère. Au regard désolé qu'il lui lança, elle répondit par un sourire qui signifiait qu'il n'avait pas à s'en faire. Ce n'était pas ça qui allait la faire craquer. Et lui qui avait voulu passer du temps avec elle...

Seule dans le hall, elle grimpa les escaliers, se disant qu'elle pouvait profiter de ce moment pour lire un peu. Il n'y avait pas d'interdiction d'aller dans la bibliothèque, et elle ne toucherait à rien. Entrant dans la pièce, elle inspira un grand coup ce bon air de livre et de paix et referma la porte doucement, presque avec solennité.

Que faisait Heïan, qu'est-ce que lui rabâchait sa grand-mère, elle ne savait pas et espérait qu'il tenait le coup. Il allait lui aussi se prendre des commentaires dans la figure, sans délicatesse aucune, alors que lui aussi faisait partie de la famille.

Elle prit un livre et s'installa dos à la porte sur le canapé, l'ouvrant à la première page. Elle mit du temps à déchiffrer la première ligne, encore plus de temps à comprendre, mais elle y parvint. Elle avait choisi un livre de contes et de mythes, peuplé de créatures ayant vécues des siècles auparavant, de magnifiques créatures, belles et mortelles, dangereuses et affectueuses. Plongée dans sa lecture, son déchiffrage, sa compréhension, elle perdit la notion du temps. Elle y passa toute l'après-midi, encourageant en même temps Heïan à tenir le coup. Elle lut ainsi bien trois pages ! Un record pour elle, d'autant plus qu'elle avait compris ! Elle lisait à moitié à voix haute, ses lèvres formant les phrases en silence.

Elle était bien là, dans cette pièce, avec un livre en main. Même si tout aurait été parfait avec les bras d'Heïan autour d'elle…
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MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyJeu 18 Oct 2012 - 3:30

‘‘ Ne t’en fais pas…il a peut-être juste quelque chose à te demander…s’il t’a dit qu’il ne te suspectait pas, c’est que c’est vrai… ‘‘

Quelque chose à lui demander, oui, mais quoi? Voilà ce qui l’intriguait au plus haut point. Il se demandait si ça avait un rapport quelconque avec ce qui s’était passé avec Lyme et Melley. Peut-être que non. Peut-être que oui. Il ne restait qu’à attendre au lendemain pour avoir une réponse. Sur ce questionnement, les deux jeunes adultes marchèrent d’un pas plutôt lent pour se rendre au manoir, bien que l’heure du repas approchait. Il avait l’impression qu’il ne faisait que ça; manger.

Autour de la table, Eldah ne pouvait s’empêcher de jeter des regards vers Melley, à croire qu’elle la dérangeait. Non, en fait, elle ne l’aimait pas. Pour quelles raisons ? Elle ne le savait pas elle-même, mais elle ne l’aimait pas. Peut-être que c’était à cause de l’union libertine qu’ils avaient alors qu’ils n’avaient même pas prononcé les serments du mariage. Ah oui, il y avait bien de ça, mais ce n’était que la pointe du glacier. La grand-mère avait toujours été possessive envers les membres masculins de sa famille, elle voulait avoir une bru parfaite pour son fils et la femme parfaite pour son petit fils. D’ailleurs, elle ne supportait pas le fait qu’elle n’avait pas eu son mot à dire dans leur union.

Ils terminèrent le souper sans accrochages et tout se passa dans le calme et le respect. Ce ne fut qu’en sortant de table qu’Eldah fut brusque et sèche dans ses paroles envers Melley qui lui disaient qu’il était de son droit de passer un peu de temps avec son petit fils. Derrière, Heïan fronça les sourcils et ne put même pas placer un mot. Il avait bien l’intention de mettre les choses au clair avec elle dès qu’ils seraient seuls. Malgré le caractère de sa grand-mère, Melley gardait son sang-froid et ne se rabaissait pas à son petit jeu. Sans même avoir le temps d’embrasser sa douce, Eldah lui avait agrippé le poignet sans aucune douceur et le tira avec elle jusqu’au jardin extérieur pour lui faire un bon lavage de cerveau. Heïan avait tourné les yeux vers Melley, désolé pour tout ça, mais il avait la ferme intention de se reprendre directement après leur petite ... longue conversation entre grand-mère et petit fils.

Dehors, Eldah lâcha finalement le poignet d’Heïan et l’invita à s’assoir à côté d’elle. Le jeune homme s’exécuta alors qu’elle le regardait avec un air sévère. Elle allait parler de Melley dans les secondes qui viendraient, il le sentait ...

‘‘ Je ne vois pas ce que tu lui trouves! ‘‘

‘‘ Grand-maman, tu vas la laisser tranquille à la fin ? Et puis en quoi ça te regarde ? ‘‘

La grand-mère planta son regard dans le sien, offusquée, par un tel manque de politesse.

‘‘ Surveille ton langage jeune homme ! Ça me regarde parce que tu es mon seul petit fils ! Cette jeune femme n’est pas faite pour toi, tu la mets sur un piédestal alors qu’elle n’est rien ... Tu sais, la fille du baron Osworth est sans époux encore. En plus, elle est jolie et beaucoup de prétendants lui tournent autour. Ce serait un bon départ pour toi ! Le baron pourrait te prendre sous son aile et ... ‘‘

‘‘ Et quoi ? Devenir riche ? Je m’en fiche littéralement, grand-maman. Je suis navré de te l’apprendre, mais je ne suis pas intéressé par ce genre de pimbêche qui aime être regardé par tous les mondes du pays. Je ne veux pas devenir quelqu’un d’autre pour récolter de la gloire et faire honneur à ma famille ! ‘‘

‘‘ Ta famille t’importe si peu ?! ‘‘

Heïan en eut les yeux ronds. Mais c’était quoi ce chantage émotif qu’elle lui faisait là ? Il venait de retrouver sa mère qu’il croyait morte depuis une dizaine d’années ainsi que son oncle, sa tante et eux, ses grands-parents ! Il ne put retenir cette perte de patience soudaine et devint légèrement irrité.

‘‘ Pardon ?! J’aime ma famille, je la respecte, mais je ne tolèrerai pas qu’on me dicte ce que je dois faire ou non maintenant, grand-maman. Que ça te plaise ou non, Melley est celle avec qui j’ai décidé de passer ma vie et je lui demanderai sa main, peu importe ce que vous pensez d’elle. C’est une bonne personne, d’une grande générosité. Si tu apprenais à la connaître un tant soit peu au lieu de la regarder avec dégoût comme tu le fais depuis le début ... ‘‘

‘‘ Oh ! ‘‘ Fit-elle en même temps.

‘‘ ... Peut-être finirais-tu par t’ouvrir les yeux ‘‘

Heïan la regardait droit dans les yeux, tout comme elle. Ils se toisaient sans rien ajouter de plus à cette conversation qui faisait réfléchir Eldah. Le jeune homme se leva, tendant une main vers la vieille femme. Croyant qu’il partirait en la laissant là, seule, elle fut surprise de ce geste.

‘‘ Rentrons, grand-maman ... tu sais, malgré ça, je suis heureux de te revoir moi aussi. Tu ... m’avais manqué. ‘‘

Ces paroles, peu attendues, eurent l’effet d’une gifle. Eldah le regardait, confuse, alors que lui souriait doucement. Toute trace de frustration s’était dissipé du visage d’Heïan ... ce qu’il avait changé avec toutes ces années. Il était mature, il rayonnait, il avait grandi... physiquement, mais aussi psychiquement. Sa gorge se serra alors qu’elle hésitait à prendre sa main, et une larme coula sans qu’elle ne le veuille. Heïan l’aida en la tirant vers lui puis il la serra contre elle.

‘‘ Tout ce que je veux, c’est que tu essaies au moins de lui parler. Je veux que vois par toi-même comment elle est, mais ne la juge pas et ne la rabaisse pas, je t’en prie. ‘‘

‘‘ Je ... suis navrée, mon grand. J’ai ... ‘‘

‘‘ Chhh ... ça va, je sais ... ‘‘

‘‘ Je ferai un effort. Je le te promet, Heïan. Demain je lui parlerai ‘‘

Heïan se recula puis lui souria, Eldah faisant de même en essuyant ses larmes à l’aide de sa main gauche atteinte par le temps. Ils se promenèrent un peu, profitant seulement de la présence de l’autre. La grand-mère posait de temps à autre des questions sur sa vie loin d’eux, après sa disparition et elle réalisa alors qu’il avait vécu beaucoup de choses difficiles. Normal qu’il soit si réfléchit pour son âge. Par la suite, ils s’en retournèrent au manoir et arrivèrent quelque peu en retard pour le dernier repas de la journée. Cette fois, Eldah semblait plutôt mal à l’aise en présence de Melley alors qu’Heïan avait un sourire en coin indescriptible sur le coin des lèvres. L’archère devait se poser des questions sur ce revirement soudain de situation. Eldah semblait même beaucoup plus douce à son égard, lui jetant des questions ici et là sur elle, d’où elle venait. Serra souriait de son côté, faisant un clin d’oeil à son neveu.

Au soir, la petite famille s’installa autour du feu, les jeunes y compris, pour siroter un chocolat chaud en guise de dessert. L’air ambiant était plus frisquet qu’à l’habitude et rapidement le feu de foyer vint réchauffer la pièce immense. Lorsqu’il fit noir, Naëlyah lança une couverture de laine à Heïan qui prit la main de Melley et l’incita à le suivre à l’étage. Ils devaient se vêtir un peu plus chaudement s’ils voulaient aller dehors sans risquer de tomber malades. Chose faite, au lieu de redescendre, Heïan ouvrit la grande fenêtre qui menait sur un petit balcon. À bout de bras, le jeune homme se hissa sans effort sur la corniche puis se pencha, tendant les mains vers Melley pour la hisser comme la première fois où il l’avait amené sur le toit. Son regard était interrogateur alors que lui, lui souriait, lui cachant clairement quelque chose. Sur le toit, ils allèrent s’installer au même endroit, mais Heïan prit place juste derrière sa bien-aimée, allongeant ses jambes de chaque côté d’elle et lui entourant la taille d’un bras. De l’autre, il s’occupa de les recouvrir de la couverture de laine.

‘‘ Regarde dans le ciel ‘‘

Des aurores boréales flottaient comme des cheveux au vent, vert, bleu... de toute beauté. L’air était froid et propice à ce genre de phénomène. C’est ce qui rendait Beolan si belle les soirs, où l’hiver s’annonçait à pas lent. Alors qu’ils respiraient, l’air de leur bouche s’échappait en une fine fumée. C’est là qu’Heïan faufila sa main dans sa poche gauche, prenant l’anneau qui s’y cachait depuis le début de la journée. C’était l’heure ... maintenant ou jamais. Lentement, il porta cette même main qui tenait le bijou du pouce et l’index, pour l’arrêter juste devant les yeux de la jeune femme qui la regardait, muette.

‘‘ Je sais qu’habituellement, c’est à genou qu’il faut demander ça, mais ... on risque de geler si l’on sort de cette couverture alors ... ‘‘

Heïan marqua une courte pause, étonnement calme pour ce genre de situation. Melley n’avait pas bougé, et il ne voyait pas non plus son visage vu leur position, mais il doutait qu’elle soit en rogne, au contraire.

‘‘ Veux-tu devenir ma femme, Melley ? ‘‘

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MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyJeu 18 Oct 2012 - 18:49

Melley sursauta lorsque la cloche du repas sonna dans la maison. Elle referma le livre et le rangea avant de quitter la pièce et de descendre. Elle s'installa à table avec les autres et les plats commencèrent à arriver lorsqu'Heïan et sa grand-mère arrivèrent. Melley se tint droite à nouveau, pour faire bonne figure devant la vieille dame.

Mais celle-ci ne la regardait plus comme à midi. Elle semblait un peu mal à l'aise. Qu'avait-elle ? Du coin de l'œil, elle vit Heïan sourire légèrement. Il y était quelque chose dans ce revirement de situation, elle en était sûre. Madame Kreiss lui posait des questions sur elle, questions auxquelles elle répondait avec joie, malgré la gêne d'être observée et écoutée par tous les convives.

Une fois le repas achevé, ils s'installèrent tous sans exception près du feu, une tasse de chocolat chaud en main. Berthan fumait sa pipe, discutant avec Monsieur Kreiss et les femmes riaient entre elles. Melley était vraiment bien avec eux, même si la vieille dame ne l'avait pas encore acceptée.

Melley but son chocolat et le temps passa, jusqu'à ce que Naëlyah lance une grosse couverture à son fils qui se leva en prenant la main de Melley et l'entraînant à l'étage, attirant les regards interrogateurs des grands-parents. Que se passait-il ? Dans la chambre, il lui demanda de se vêtir et elle enfila un pull et une veste alors que le jeune homme ouvrait la fenêtre donnant sur le balcon. Il voulait sortir ? Avec cette fraîcheur ? Pourquoi ?

Il se hissa sur le toit à bout de bras avant de tendre les mains vers elle. Elle le laissa la hisser à ses côtés et ils se retrouvèrent à la même place que la dernière fois. La nuit était noire et il faisait frais. Il souriait étrangement et elle ne comprenait pas pourquoi, se posait des tonnes de questions. Il lui cachait quelque chose…
Elle s'installa comme la dernière fois, sauf les jambes qu'elle ne mit pas dans le vide mais garda contre elle. Heïan s'assit derrière elle, plaçant ses jambes de chaque côté. L'un de ses bras entoura la taille de Melley qui sourit et il étira la couverture pour les recouvrir et les protéger du froid.


-Regarde dans le ciel

Elle leva la tête et écarquilla les yeux. En arrivant, elle ne les avait pas remarquées. De longues aurores boréales ondulaient dans le ciel, leurs couleurs vert et bleu se démarquant sur l'étendue noire. C'était la première fois qu'elle en voyait et elle était émerveillée par ce spectacle, malgré l'air frais. Heureusement, elle n'avait pas froid, pas avec la couverture sur elle et Heïan contre elle.
Elle contemplait le ciel, des nuages blancs s'échappant à chaque expiration, lorsque la main du jeune homme apparut devant ses yeux. Une main qui tenait une bague entre le pouce et l'index. Elle la regarda, muette, comprenant ce que cela voulait dire. Son cœur battait comme un fou, l'émotion naissait au creux de sa poitrine et elle souriait à s'en décrocher les mâchoires.


-Je sais qu’habituellement, c’est à genou qu’il faut demander ça, mais … on risque de geler si l’on sort de cette couverture alors …

Il fît une pause, cherchant la suite. Elle ne le sentait pas nerveux, au contraire. Et elle, elle n'attendait qu'une chose, qu'il lui demande pour qu'elle puisse hurler à la nuit son oui…

-Veux-tu devenir ma femme, Melley ?

Les larmes de joie qui brillèrent dans ses yeux l'empêchèrent de formuler une quelconque réponse et elle se mordit la lèvre, bien trop émue. Elle était tellement heureuse ! Trop émue pour répondre, elle leva sa main gauche, et il lui passa la bague au doigt délicatement. Une fois fait, elle observa l'anneau, reprenant contenance pour ouvrir la bouche. Le bijou était fin, avec quelques pierres précieuses incrustées. Magnifique, comme tout ce qui lui arrivait depuis qu'elle avait rencontré Heïan. Sauf Lyme mais bon…

Lentement, elle se tourna, se mettant de biais pour le regarder. L'on ne tournait pas le dos pour répondre à ce genre de question.

Elle mêla ses doigts aux siens et porta sa main à sa bouche, embrassant chaque phalange du jeune homme. Elle sentait ses frissons, et se doutait qu'ils n'étaient pas dus qu'au froid.

Elle le regarda, plongeant dans son regard mis en valeur par la lumière céleste et lui dit, heureuse comme jamais, quelques larmes d'émotion s'échappant encore de ses yeux :


-Je le veux Heïan. Bien sûr que je le veux. C'est tout ce que je désire…

Elle posa sa tête contre son épaule et l'attira pour qu'il comble les derniers centimètres séparant leurs lèvres. Ils fusionnèrent, s'embrassant sous les étoiles, seules témoins de leur amour. Elle se tourna encore, sans le lâcher, continuant à l'embrasser, jusqu'à ce qu'elle lui fasse face. Elle le poussa délicatement pour qu'il se couche sur le toit. D'une main, elle remit la couverture en place et de l'autre elle se faufila sous les hauts du jeune homme pour rencontre son torse, le caressant lentement et l'embrassant toujours, ses cheveux lâchés tombant sur leurs visages, les dissimulant.

Se détachant, couchée sur lui, sentant parfaitement les réactions de son corps d'homme, elle murmura, comme une promesse que la nuit emporterait :


-Je t'aime Heïan. Maintenant et à jamais. Toujours. Tu es si beau…

Il rougit et elle caressa sa joue de sa main libre, l'autre toujours sur son torse.
Elle s'approcha de lui une nouvelle fois et murmura encore :


-J'ai envie de toi…

Elle lui sourit, sachant pertinemment qu'ils ne pouvaient pas. Pas avec Madame Kreiss qui désapprouvait et pouvait les surprendre, et ils étaient sur le toit, dans le froid, malgré la chaleur de leurs corps réunit. Mais cela ne l'empêchait pas d'avoir envie de lui…

Elle était tellement heureuse ! Elle allait l'épouser, allait vraiment unir sa vie à la sienne ! Rien ne pouvait la combler plus…


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MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyVen 19 Oct 2012 - 16:05

Jusque-là, Melley n’avait prononcé aucune parole. À croire qu’elle avait perdu la langue. Ou était-ce parce qu’elle était tellement heureuse qu’elle ne parvenait pas à trouver les mots justes pour exprimer sa joie ? Il y avait de fortes chances, oui. La seule réaction qu’elle eut fut de lever sa main gauche et il avait compris que la réponse à sa question serait positive dans l’immédiat. Doucement, Heïan passa l’anneau à l’annulaire gauche de la jeune femme. Sous les rayons de la lune, le bijou brillait de mille feux; simple, élégant et incrusté de petites pierres précieuses d’un blanc immaculé. Il y avait mieux sur les étalages, mais celle-ci était celle qu’il avait préférée de par sa simplicité et il était certain que Melley sera satisfaite. C’était d’ailleurs le cas.

La jeune femme garda sa main dans le vide, admirant le symbole qui les unirait l’un à l’autre jusqu’à la fin de leur jour. Ses doigts restèrent écarquillés ainsi pendant quelque seconde alors qu’Heïan esquissait un faible sourire en coin. Melley se retourna enfin vers lui, tout sourire, des larmes de joie illuminant son visage. D’un geste délicat, elle prit sa main, passa ses doigts entre les siens et posa ses lèvres sur chacune de ses phalanges, y déposant un doux baiser qui le fit frissonner. Leur regard finit par se croiser, la première fois depuis qu’il lui avait fait sa demande. Ces yeux magnifiques brillaient, pétillaient de passion et de joie alors que des larmes cristallines perlaient sur ses joues.

‘‘ Je le veux Heïan. Bien sûr que je le veux. C'est tout ce que je désire… ‘‘

Heïan lui souria, Melley accota sa tête contre son épaule. L’une de ses mains se posa contre son cou, l’invita à approcher son visage du sien. L’espace, aussi minime était-il fut comblé lorsque leurs lèvres se touchèrent. La jeune femme lui fit face, n’ayant guère délaissé leurs baisers. Les bras de l’homme encerclaient sa taille, resserrant leur étreinte avec les secondes qui défilaient. La couverture avait tôt fait de glisser de leurs épaules et vint une petite brise froide qui les fit frissonner malgré leurs corps qui se réchauffaient. Heïan se coucha sur le toit, son dos touchant le bardeau glacial malgré le fait qu’il avait plusieurs épaisseurs de vêtement pour se garder au chaud. Ce qui le fit frémir fut cependant cette main qui se faufila en dessous de ceux-ci, caressant son ventre pour grimper jusqu’à son torse alors que leurs lèvres ne faisaient toujours qu’un. La chevelure de la jeune femme dégageait un doux parfum, ils sentaient si bon ... doux comme ses lèvres, comme sa peau, comme ses caresses. Le jeune homme glissa ses mains sur ses hanches, collées contre son corps.

‘‘ Je t'aime Heïan. Maintenant et à jamais. Toujours. Tu es si beau… ‘‘

Cette voix, il l’aimait tellement... Elle était mielleuse et douce alors que cette femme ... resplendissante et si belle qu’il n’arrivait toujours pas à croire qu’il allait passer sa vie avec elle. Son regard perdu dans le sien, ce fut sa main qui le ramena à la réalité. Cette main sur sa joue, qui le réchauffait intérieurement. Sa main droite se dégagea de la hanche sur laquelle elle reposait et se posa contre sa joue, traçant le contour de sa fine mâchoire et son pouce caressant sa lèvre inférieure comme s’il ne voulait pas l’abimer. Une seconde fois, le visage de sa douce fut plus près et un second murmure s’échappa de sa bouche si invitante.

‘‘ J'ai envie de toi… ‘‘

Ces mots le firent frémir, car lui aussi avec envie d’elle, mais avec cette visite chez son oncle, s’était un peu délicat. Au moins, quand ils auraient leur chez-eux, ils n’auraient pas à craindre d’être surpris ou entendu ... C’était assez ... embarrassant tout de même ! Surtout par un membre de sa famille proche. Malgré que ...

Heïan s’asseya en tailleur, les jambes de Melley entourant son bassin. Le toit était en train de le gelé le dos et il était assez peu ... confortable. Il l’embrassa avec un peu plus de fougue, promenant l’une de ses mains chaudes dans le long de son dos alors que l’autre caressait doucement l’une de ses hanches pour glisser jusqu’au creux de ses reins. Il sentait la chair de poule se former sur sa peau, et non pas à cause du froid. Ses lèvres se posèrent dans son cou, alors que la jeune femme collait sa joue contre sa tête, une main dans ses cheveux, le souffle court.

La libérant enfin de cette douce torture, Heïan lui chuchota au creux de l’oreille :

‘‘ Moi aussi ... mais je crois que ça devra malheureusement attendre ‘‘

L’envie était forte, mais ils devaient patienter même si les vieux dormaient au rez-de-chaussé. Connaissant sa grand-mère était assez curieuse pour se coller l’oreille contre la porte si elle entendait la moindre chose suspecte ... en plus qu’elle était du genre à se réveiller en pleine nuit et à se promener partout dans la maison en quête de sommeil, comme son oncle Berthan, mais sans crise d’insomnie. Enfin, il se recula afin de planter son regard dans le sien, un doux sourire aux lèvres. Il lui vola un baiser puis la serra contre lui après avoir remis la couverture en place.

‘‘ J’ai enfin pu passer un peu de temps avec toi ‘‘

De ses mains, il prit le visage de Melley et l’admira. Ce qu’elle pouvait être belle ... et malgré cette noirceur, elle rayonnait. Cependant, le froid lui congelait le fessier et il commençait à ne plus le sentir. De toute manière, ils commençaient à frissonner puisque le froid s’intensifiait avec la nuit qui avançait pas à pas. Heïan se releva donc, Melley cramponnée à lui comme si elle y était collée et il s’approcha du bord du toit pour sauter sur le balcon avec une grande agilité. Il avait senti les mains de la jeune femme s’agripper à ses vêtements, de peur de lâcher prise, mais l’homme la tenait fermement pour justement éviter un accident. Les deux jeunes gens retournèrent dans la chaleur de leur chambre et purent enlever les couches de vêtements qui les gardaient au chaud pour leur visite externe nocturne. Pour se réchauffer, ils se glissèrent sous l’eau chaude de la salle de bain et en profitèrent pour se nettoyer avant de se sécher. Sauf qu’en sortant de la petite pièce annexe à la chambre, ils furent pris d’une fureur soudaine.

Au diable si on les surprenait, ils étaient encore jeunes et fringants alors autant mieux en profiter pendant que tout allait bien. Heïan et Melley se firent un sourire complice alors que la jeune femme l’entrainait vers le lit, l’invita à s’étendre sur elle après s’être glissé sous les couvertures, ce qu’il fit sans hésitation. L’embrassant tendrement, Heïan caressait son corps de ses mains et sa bouche, souriant lorsqu’il sentait le corps de sa douce réagir, se contracter et frémir sous ces assauts. La chair de poule sur sa peau, ces gémissements de plaisir muet le faisaient frissonner. Ce fut une autre nuit intense et passionnée, sans douleur.

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MessageSujet: Re: L'inattendu [PV Melley]   L'inattendu [PV Melley] - Page 3 EmptyVen 19 Oct 2012 - 21:50

Toujours couchée sur Heïan, elle sursauta légèrement lorsqu'il se redressa, s'asseyant en tailleur sur le toit. Elle se mordit la lèvre. Il devait se les geler ! Elle n'y avait même pas pensé ! Comme pour réparer, elle entoura le bassin du jeune homme de ses jambes, le serrant pour lui transmettre sa chaleur.
Il l'embrassa avec fougue, l'une de ses mains caressant son dos, l'autre se faufilant sur ses reins, serrant son corps contre celui du jeune homme. Elle frissonnait, et pas à cause du froid. Elle fermait les yeux, l'embrassant, mettant ses mains sur sa nuque. Qu'il arrête ! Enfin non, mais…enfin elle adorait…mais voulait plus, bien plus. Au lit, ensemble, une nouvelle fois…ses caresses la mettaient au supplice, à la limite du plaisir supportable et elle colla sa joue contre sa tête alors qu'il l'embrassait dans le cou, la faisant encore plus frémir. Elle plongea ses mains dans ses cheveux alors qu'il disait :


- Moi aussi … mais je crois que ça devra malheureusement attendre

Elle sourit, d'accord avec lui. Malgré leur envie, ils allaient devoir être patients. Il se recula légèrement, la regardant intensément, lui volant un baiser, remettant la couverture en place et ajouta :

-J’ai enfin pu passer un peu de temps avec toi

Elle sourit encore plus lorsqu'il prit son visage entre ses mains délicates et l'observa. Oui il avait passé du temps avec elle…et elle aimait passer du temps avec lui. Elle observa aussi son visage, admirant ses traits, ses yeux, ce visage auquel elle avait redonné le sourire.

Et, sans qu'elle ne s'y attende, il se releva, l'entraînant avec lui. Elle s'accrocha à ses vêtements, serrant les jambes autour de sa taille et ses bras autour de son cou, sans l'étouffer. Elle souriait, admirant la bague qui brillait à son doigt. Les pierres blanches incrustées étaient superbes…
Doucement, il redescendit sur le balcon, Melley toujours cramponnée à lui, et ils rentrèrent, refermant la fenêtre. La chaleur de la pièce était plus que bienvenue pour eux…
Elle redescendit du torse d'Heïan, même si c'était confortable, et ils retirèrent leurs vêtements, se glissant sous une bonne douche chaude pour se réchauffer totalement.

Lorsqu'ils revinrent dans la chambre, Melley sentit son envie revenir avec force lorsque ses yeux se posèrent sur le lit. Une envie qu'Heïan avait du ressentir lui aussi parce qu'ils se sourirent et elle l'entraîna vers le lit, le tirant par la main.

Elle se glissa sous les couvertures bien chaudes et l'attira contre elle, l'invitant à s'allonger sur elle. Il le fît sans hésiter, l'embrassant et caressant son corps. Ses lèvres parcouraient son corps et Melley frissonnait. Son corps le réclamait, chaque embrassades, chaque caresses lui envoyant des spasmes de plaisir qui ne faisaient que s'accentuer. Son abdomen se contractait, et elle se mordait la lèvre, la chaire de poule se formant sur sa peau à chaque coup qu'il lui donnait. Elle aussi le caressait, partout, glissant sur sa peau délicatement, lui rendant la pareille, pour que lui aussi connaisse ce qu'elle ressentait. Elle embrassait son visage, ses épaules, son torse…Ce fût une nouvelle fois magique, sans la douleur, le plaisir dominant parfaitement. Elle retenait ses gémissements de plaisir, fermant les yeux et serrant le dos d'Heïan de ses mains. Ils oublièrent très vite le froid et le risque d'être surpris…

******

Le lendemain, Melley se réveilla assez tard. Tout comme Heïan d'ailleurs. Elle était collée à lui, la tête contre son torse, une main sur son ventre. Heïan avait entouré ses épaules de son bras, l'emprisonnant contre lui. La nuit avait été courte, intense, magique, formidable, merveilleuse…ils avaient donc rattrapé le lendemain. Le soleil était déjà assez haut dans le ciel et elle ouvrit les paupières, déjà souriante. Sourire qui s'agrandit en voyant la bague à son doigt. Une bague simple, mais qui comptait énormément à ses yeux. Elle s'approcha d'Heïan et, pour le réveiller en douceur, elle l'embrassa longuement. Cela l'obligea bien à ouvrir les yeux, endormit, mais souriant aussi.


-Bonjour…je crois que nous avons pas mal de retard…

Il s'étira et elle se leva, allant ouvrir la fenêtre pour laisser passer les rayons du soleil. Rayons qui tombèrent sur Heïan qui fût ébloui, la faisant rire. Ils allèrent s'habiller en vitesse, et Melley se coiffa, faisant attendre le jeune homme. Ils descendirent ensuite et retrouvèrent les adultes assis en train de discuter, les bols vides devant eux.
Aussitôt, tout le monde se tut et les regarda. Berthan haussa les sourcils en souriant étrangement, Naëlyah regardait son fils et acquiesça légèrement après avoir remarqué la bague qui ornait le doigt de Melley, Serra souriait, heureuse de les voir et les grands-parents les regardaient, le vieux monsieur avec un sourire en coin et les saluant de la tête, la vieille dame portant un regard différent sur l'Archère. Un regard qui semblait chercher quelque chose…
Melley rougissait légèrement et souriait faiblement, tenant la main d'Heïan dans la sienne.

Ils s'assirent et mangèrent tranquillement alors que leurs aînés reprenaient la discussion là ou ils s'étaient arrêtés. Une fois le petit-déjeuner pris, la vieille dame se leva et annonça :


-Melley, veux-tu m'accompagner au marché je te prie ? Je voudrais regarder pour un nouveau modèle de tricot.

Serra se leva à son tour, ajoutant :

-Puis-je vous accompagner ?

-Non Serra, merci, je…dois parler à Melley.

Melley se leva à son tour, plus qu'interrogative. Que lui voulait-elle ? Elle stressait, voyant déjà la vieille dame lui dire de partir le plus vite possible sans jamais revenir les déranger. Lui dire qu'elle avait ensorcelé Heïan et devait le laisser tranquille…Elle regarda Heïan, mais celui-ci semblait…détendu. Calme. Serein. Comme s'il savait pourquoi sa grand-mère voulait lui parler en privé.

Elle suivit donc Madame Kreiss, sous les regards intrigués des autres, sauf d'Heïan. Une fois dehors, elle cala son rythme sur celui de la vieille dame et chercha comment débuter la conversation alors qu'elles quittaient l'allée du manoir pour se fondre dans la foule.
Mais ce fût Madame Kreiss qui débuta :


-Je crois que je t'ai mal jugée Melley. J'espère que tu me le pardonneras.

Melley se mordit la lèvre, ne sachant que répondre devant une telle entrée en matière.

-Dis-moi voir, qu'est-ce qui t'as poussée à aider Heïan ? Un parfait inconnu ?

Melley regarda Madame Kreiss et réfléchit avant de répondre. Puis elle se lança :

-J'ai senti qu'il avait besoin de moi. Je n'ai pas compris ce que cela voulait dire mais…je n'ai pas pu partir et le laisser là, blessé et faible. Je n'ai pas été élevée ainsi et je ne supporte pas ce monde ou tout le monde juge sur l'apparence…de l'extérieur, il était dur, son visage était dur, ses paroles aussi. Il ne m'a adressée que trois mots lorsqu'il s'est réveillé. Mais je sentais que, comme tout le monde, ce n'était qu'une façade. Une carapace.

Elle inspira et évita un chariot avant de continuer :

-Je l'ai aidé parce qu'il avait besoin d'aide. Besoin de moi. Besoin de moi pour affronter son oncle et la nouvelle qu'il devait lui annoncer. Si je ne l'avais pas accompagné, il ne serait pas revenu. Aurait manqué la chance de retrouver sa mère.

La grand-mère la regardait, puis finit par ouvrir la bouche :

-Tu…tu l'as aidé sans le connaître ? Sans savoir s'il pouvait te tuer dans ton sommeil ?

Melley sourit et ricana légèrement.

-Je me suis exposée. J'avais laissé toutes mes armes loin et je l'ai approché. Il aurait pu me tuer une dizaine de fois en une soirée. Et même le lendemain, ou même m'abandonner lorsque je me suis endormie après le repas. Il aurait pu. Mais je savais qu'il ne le ferait pas.

-Tu le savais ?

-Oui.

Melley plongea son regard bicolore dans celui de la vieille femme, si semblable à celui d'Heïan.

-Je n'arrive pas à voir le mauvais côté d'une personne. Je suis persuadée que ce ne sont que des façades. Toujours. J'ai réussi à percer celle d'Heïan et à le faire revenir. Je suis heureuse de voir son sourire illuminer ses traits. Je suis heureuse qu'il ait retrouvé sa famille.

-Et la tienne ?

La, Melley se mordit la lèvre et baissa le regard.

-Mes parents sont morts il y a cinq ans. Et j'ai appris le décès récent de la dernière personne qui me rattachait à eux.

Il ne valait mieux pas qu'elle sache ce qu'il s'était passé.

-Oh. Désolée, Melley. Tu es seule alors ?

-Oui…enfin je l'étais…

-Heïan est quelqu'un de bien. Heureusement que je l'ai écouté, Melley. Je serais partie sur de mauvaises bases avec toi. Je me nomme Eldah. Tutoies moi je te prie. Et mon mari se nomme Daryl.

-Enchantée, Eldah. Je suis contente de faire ta connaissance.

Melley lui sourit, répondant à celui de la vieille femme. Puis, ensemble, elles choisirent un tricot pour Eldah. Melley lorgnait les autres étals, au cas où quelque chose lui taperait dans l'œil pour Heïan. Sauf que sa bourse était devenue trop légère. Il faudrait vraiment qu'elle trouve un emploi. Pour aider Heïan à économiser. Elle ne resterait pas bras croisés pendant qu'il trimerait. Puis, le soleil atteignant pratiquement son zénith, elles retournèrent au manoir, Melley portant les achats d'Eldah qui avait craqué non pas pour un, mais pour cinq modèles de tricot. Et pas des petits.

Une domestique vint prendre les paquets et Melley retrouva Heïan au salon, sur le canapé. Elle s'approcha par derrière en silence et entoura son cou de ses bras, le faisant légèrement sursauter. Elle l'embrassa dans le cou en disant :


-Je suis de retour…

Il se tourna et elle l'embrassa, lui souriant pour le rassurer. Non elle n'avait pas été croquée par la vilaine grand-mère….pas si vilaine que ça en plus…

Ils se mirent à table, mais Melley mangea moins, son ventre encore plein du matin. Elle se demandait ce qu'elle allait faire l'après-midi. Heïan devait ce rendre chez le haut gradé. Peut-être l'accompagnerait-elle et ensuite irait se promener, voir pour trouver un boulot ? S'il voulait bien la laisser se promener seule à Beolan…au risque qu'elle se perde…
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Heïan Kreiss



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Heïan Kreiss
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