''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 [PV] Chemin de cris {Nana}

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MessageSujet: [PV] Chemin de cris {Nana}   Mer 10 Oct 2012 - 11:11

« C'est comme ça qu'on reconnaît les infidèles. »

Ervin Shellhorn à propos des cris.


***

Voilà plus d'une demi-journée déjà que le petit chariot bringuebalait et cahotait sur la petite route mal dessinée des Grandes Etendues qui reliaient Beolan à Madorass.

Le soleil semblait avoir suivi ses passagers, tout comme le vent et les nuages maritimes de l'océan infini.

Pour ainsi dire, le ciel paraissait plutôt indécis, si bien qu'une éclaircie mitigée de quelques gouttes perçait de temps en temps, lorsque lui prenait le plaisir de laisser croire aux voyageurs qu'ils parviendraient à rentrer chez eux rapidement.

Hélas ! Il n'en serait rien et, bientôt, les trois pauvres individus s'en rendraient compte.
A moins qu'ils ne s'en soient déjà rendu compte.

Alors qu'ils étaient arrêtés sur le bord de l'unique route afin de se soulager de quelques besoins naturels, le chariot et le cheval garés au milieu des grandes touffes d'herbes, Malveigne réfléchissait, comme le font généralement tous les hommes lorsque la vidange de leur réservoir prend plus d'une minute.

Il avait prit soin de ne pas trop s'éloigner de son chargement, des fois que quelques bandits eurent envie de s'en accaparer le contenu, ou que quelques paysans de passage eurent dans l'idée de lui voler son cheval – ce qui, après réflexion, était bien plus vraisemblable vu la qualité du chargement.
Il réfléchissait donc à quelques problèmes d'existences profonds, pourquoi pas à quelques questions de réflexologie, sinon à une façon d'effacer de sa mémoire l'image que lui avait révélé le dernier coup de vent passé sous les jupes de la dame de compagnie.
Certains besoins naturels prenaient malheureusement beaucoup de temps et laissaient donc l'esprit vagabonder à loisir.

Il était en outre en train de compter le nombre de tiges blanches dressées devant lui lorsqu'une main, lourde et froide, vint se poser brutalement sur son épaule.

Il poussa un petit cri de surprise, pitoyable, avant de chercher à remettre rapidement sous voile ses affaires privées.


- Bord... pu... argl ! Vous m'avez fait peur ! Dit-il en cherchant à remettre quelques distances entre lui et l'autre.

- Abandonnons-la ici, fit l'autre en question, imperturbable et incontestablement discourtois.

C'était Leevo, l'elfe, qui, depuis leur départ de Beolan, n'avait pas desserrer les dents.
Prostré sous sa capuche, il avait passé l'intégralité du voyage à tirer le cheval vers l'avant, sans s'inquiéter jamais de l'inconfort total que ça pouvait produire pour les passagers.
Malveigne en avait eu le mal de mer.

Il dévisagea Leevo.


- Quoi ? Qui ?

- La catin, dit-il.

- Ah... Oui. Je l'avais complètement oublié. Non. On ne peut pas l'abandonner ici, elle va tout répéter à cet inquisiteur et nous allons être punis ! Vous n'avez pas envie d'être p-...

- Il n'existe pas. Je ne connais pas d'Inquisiteur Renri. Et je connais tous les inquisiteurs de nôtre ordre. Mon maître me les a fait apprendre. Il n'y a pas de Renri.

- Oh... La garce... Vous n'auriez pas pu le dire plus tôt, vous ?! S'énerva Malveigne après avoir jeté un regard courroucé en direction de la dame, au loin. De toute façon, ça ne change rien ! Vous l'avez sauvée et c'est ce qui arrive quand on se mêle des affaires des suicidaires. C'est vous qui lui avez dit où on allait, en plus. Et puis, de toute façon, on ne peut pas abandonner une pauvre femme... une pauvre âme, je voulais dire âme, ici. C'est aussi nôtre devoir que d'aider les... âmes, conclut-il alors avant d'aller reprendre place sur le chariot.

Leevo le suivit.
Son visage n'exprimait rien, mais il était foncièrement irrité.


- Mais elle vous a rendu fou !

L'inquisiteur se laissa lourdement tomber sur le siège du cocher et rassembla les rênes.

- Moi ? Non. Jamais. Elle n'a jamais fait ça. Peuh ! Arrêtez. Ne le dites plus jamais, d'accord ? Je vous ai dit de ne plus en parler, ce matin !

- C'est un monstre perfide qui ment et qui s'enduit, insista Leevo en braquant des yeux mauvais sur la silhouette de la dame en question.

- Qui s'enduit ?! Elle s'enduit de quoi ? Où ?! Dit l'autre avant de se tourner et de se retourner, cherchant la catin des yeux avant de se figer. Argl ! Je... j-... je... me suis... bloqué... bloqué le … mon... co... bord-...

Leevo le considéra du plus profond de sa capuche et lui prit les rênes des mains.

- Put... de put... argl... aid-ez... mo-a...

- Éloignons-nous de ses charmes, d'abord.
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Nana La Dame aux Roses

Une putain parmi les roses, une rose parmi les putains.

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MessageSujet: Re: [PV] Chemin de cris {Nana}   Jeu 11 Oct 2012 - 10:57

Nana n'avait pas aimé le voyage. Elle n'avait pas comprit pourquoi elle avait eut tant mal au coeur assise dans la carriole. Mais la dame avait habitude de ce genre de soucis car sa maladie lui donnait souvent des périodes de tournis. Elle avait donc mit sa sur le compte de la maladie et avait prit une gorgée du liquide qu'elle savait calmer ces problèmes. Problèmes dû au trop plein de fluides qui remontaient au cerveau disaient les médecins.

Dans tous les cas, le trajet s'était fait en silence et Nana en était attristée. Même si ces hommes étaient des extrémistes religieux avec les idéaux étriqués qui vont avec, elle préférait quand la pénibilité d'un voyage était adoucis par quelques bavardages.

Alors que c'était le moment de la pause, la courtisane partit elle aussi se cacher pour assouvir ses besoins. Elle prit soin de se mettre assez loin de Malveigne, cet homme était si imprévisible à son égard qu'elle ne voulait pas prendre le risque qu'il vienne la surprendre.

Sur le chemin du retour, la jeune femme prit le temps de cueillir quelques fleurs des champs. Un bon moyen de se relaxer après tant de temps assise dans une charrette. Elle observait les deux hommes discuter un peu loin. De quoi parlaient-ils donc ?

Elle se précipita lorsqu'elle entendit Malveigne crier. Bon... pas trop non plus car ses jupes l'en empêchaient et elle ne voulait pas montrer qu'elle s'en préoccupait trop.
Étrangement, elle remarqua que Shellhorn ne cherchait pas à aider l'inquisiteur mais tenait plutôt les rênes comme pour conduire le chargement ailleurs.

- Eh ! Attendez-moi !

Elle arriva près des deux hommes et sentit tout de suite l'hostilité de Shellhorn. Elle décida ne pas tenir compte de cet homme qui agissait de plus en plus comme un enfant. Etait-il incapable d'oublier son humeur bougonne pour quelque temps ?

- Qu'y-a-t-il ?

Aussitôt elle sortit une fiole bleue de son décolleté discrètement.

- Voici un médicament qui marche très bien contre la douleur, prenez-en quelques gouttes...


Elle lui tendit la fiole comme si elle allait lui administrer elle même le produit. Et c'était bien le cas, cela était bien trop cher et précieux pour prendre le risque qu'il le jette à terre.
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MessageSujet: Re: [PV] Chemin de cris {Nana}   Sam 10 Nov 2012 - 18:53

Il était hors-de-question, pour Leevo, que la dame de compagnie s'approche de l'inquisiteur Malveigne, d'autant plus qu'elle braquait sur lui cette chose qu'elle nommait « médicament » et qui sortait tout droit des profondeurs de ce que la religion appelait le « Creux du Vice des Pagnol » – mais qui portait le nom de « sa charmante poitrine » pour le commun des mortels.

C'est donc dans le soucis d'éviter la pire des contagions diaboliques gracieusement offerte par cette vipère du péché qu'il intervint vigoureusement entre elle et l'inquisiteur pour la menacer de toutes ses dents.
Après tout, il l'avait prévenue de ne plus tenter d'importuner le malheureux Malveigne.


- Ne vous approchez pas de lui, catin ! Gardez vos spécialités dans vos poches avant que je ne décide de -...

Soudain, il abandonna toute forme de position agressive et en adopta une plus bizarre, les oreilles basses.
Il porta une de ses mains de fer à sa nuque puis se tassa littéralement sur lui-même avant de s'effondrer sur place, à l'instar d'un vulgaire sac de cuir.

Malveigne, qui ne ressentait plus aucune douleur – ou du moins, plus aucune dans le cou – depuis qu'il avait vu la belle plonger sa main dans son voluptueux décolleté, voulut s'étonner de la chute de son confrère lorsqu'il lui prit lui aussi le même caprice : il s'effondra à son tour sur son siège et manqua de tomber de la charrette la tête la première.

Les deux hommes de Dieu paraissaient sans vie, alors, comme soudainement frappés par la fureur divine.
Seule la délicieuse dame de compagnie restait-là au beau milieu des champs et du vent tournant.

Mais elle serait bientôt rejointe : là-bas, au beau milieu des brins d'herbes, une motte de terre bien fleurie se redressait, reniflait l'air qui battait ses habits de camouflage, replaçait sa sarbacane derrière son oreille, fit signe aux chasseurs derrière elle que tout était bon et se mit en marche vers le chariot...
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MessageSujet: Re: [PV] Chemin de cris {Nana}   Dim 25 Nov 2012 - 18:13

Cette fois Shellhorn se faisait carrément menaçant ! C'en était trop, la patience de Nana se brisa, ainsi que le semblant de bonne humeur qu'elle essayait de conserver. Elle n'allait pas se laisser faire et se faire traiter comme une lépreuse par cet homme ! Il voulait le conflit, il verrait ce que c'est que de pousser à bout une femme des rues.

Mais avant qu'elle n'ai pu faire un geste, il s'évanouit. La réaction primaire de Nana fut de se dire que c'était bien fait pour sa gueule. Au moins il se tairait un temps. S'en suivit aussitôt la chute de Malveigne et alors elle dépassa le stade de la surprise pour comprendre qu'il s'agissait d'une attaque.

Elle se jeta alors au sol, les bras autours de la tête. Bien sur, cela était bien inutile car les attaquants auraient eu largement le temps de la prendre pour cible si ils l'avaient voulu. Elle resta dans cette position, tétanisée. Puis elle entendit des bruits de pas. Elle regarda autours d'elle et vit 5 hommes en haillons qui arrivaient au pas de course.

Elle se remit sur ses pieds aussi vite qu'elle put et se précipita dans la direction opposée pour s'échapper. Manque de chance, un autre malfrat se tenait la. Il empoigna sa cheveux avec ses mains crasseuses ce qui fit crier la jeune femme et la balança au sol. Contrite, elle se mis en boule dos au chariot.

Ces hommes étaient des sauvageons, ils regardèrent avec intérêt le contenu du chargement. Il communiquaient avec moult grognements et autres signes étranges. Ils furent vite déçus par leur prise car personne n'aurait pu trouver la moindre chose de valeur. Néanmoins, l'un désigna le cheval, un autre Nana. Ils semblaient argumenter à ce propos, mais elle étaient bien incapable de voir la différence entre leurs diverses onomatopées.

La catin était morte de peur et elle n'osait regarder directement les hommes. Celui qui l'avait prit par les cheveux empoigna de nouveau une touffe pour la faire se relever. Il avait un mâchoire carrée, des signes de vérole passée sur le visage ainsi qu'une dentition parsemée, en plus d'une odeur nauséabonde. Soudain, il glissa sa main dans son décolleté sans plus de cérémonie. Nana cria et lui donna une claque magistrale, qu'il renvoya au double de sa force. Les autres rirent grossièrement. L'un fit un signe et deux embarquèrent les corps inanimés des fanatiques sur leur épaules, sans aucun précaution. L'un détacha le cheval. Son agresseur, lui, se contenta de la mener par les cheveux mais au moins il ne retenta pas de gouter à ses atouts de chair. Ainsi, le groupe repartit.

Après quelques temps de marche dans les plaines - assez pour que Nana ai l'impression d'être scalpée - ils arrivèrent à un village de sauvageons. Personne ne leur accorda beaucoup d'attention, ce devait être chose courante. Ils furent fouillés et on les enferma dans un genre de cabane en bois sombre et humide sans plus de cérémonie. Laissant tout le loisir à Nana de se lamenter sur son sort, en compagnie des autres inconscients.
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MessageSujet: Re: [PV] Chemin de cris {Nana}   Lun 3 Déc 2012 - 18:42

Il y avait de nombreux clans dans les grandes plaines, tous plus ou moins civilisés.
Par chance, Nana, Malveigne et Leevo étaient tombés sur l'un des moins primitifs du coin.
Ça ne voulait pas dire qu'ils allaient être traités en bonne et due forme.

Leevo fut le premier à se réveiller. Il lâcha un gémissement à peine audible qui, sommes toutes, avait tout l'air d'un grognement de chat écrasé par une charrette.
Il ne se rendit pas tout de suite compte qu'il était pieds et poings liés, ni non plus qu'il avait la tête pleine d'une espèce de boue en décomposition.
Ce dont il se rendit compte en premier, c'est que le sol était confortable.

Malveigne, de son côté, somnolait toujours, la tête appuyée sur la poitrine agréable de Nana, où il y bavait généreusement, même inconscient.
Il ne se réveilla pas tout de suite, peut-être trop heureux des rêves que le poison qu'on lui avait injecté lui donnait.

Lorsque Leevo eut fini de réajuster les paramètres de sa mémoire et qu'il se souvint plus ou moins de ce qu'il s'était passé, il tourna ses petits yeux encore endormis sur la belle à ses côtés.
Son expression changea aussitôt lorsqu'il constata qu'encore une fois, son frère inquisiteur s'était fait attraper par ses charmes.
Il ne lui en fallut pas plus pour accuser la dame de tous les torts.
Il l'accusa de les avoir mis dans cette situation, d'avoir cherché à les corrompre en menant une attaque contre-eux...
Il l'accusa même de vouloir lui faire des choses sans nom, des choses lubriques, des choses « de sexe », selon ses mots.

Il voulut alors la mettre en garde : il ne se laisserait pas avoir, lui, et ce n'est qu'au moment où il voulut dégainer son coutelas pour la maudire qu'il se rendit compte... eh bien, d'une, qu'il avait les mains liées et, de deux, qu'il n'avait plus son arme.

Évidemment, il voulut aussi lui mettre ce fait-là sur le dos.

Cependant il n'eut que le temps de la foudroyer du regard : une main colossale dégagea la toile qui servait de porte à leur cloaque de bois sordide.
Un homme d'une taille démesurée et à l'air franchement idiot se ramena auprès d'eux, un pied de chaise transformé en gourdin dans une main.
Il menaça l'elfe d'un grognement et en fit de même pour la belle ; il dégagea Malveigne d'un coup de bras et l'envoya s'étaler de l'autre côté, ce qui ne le réveilla même pas, puis, se délectant quelques secondes de la chair qu'il avait sous les yeux, il attrapa la jeune femme violemment et l'obligea à se lever.
C'était une brute épaisse et il le montra très bien lorsqu'il la poussa devant lui pour la faire sortir et qu'il la guida dans la gadoue du camp.

Leevo resta spectateur de la scène, silencieux, finalement doué pour faire comme s'il n'était pas là. Il ne quitta pourtant pas le colosse des yeux durant tout le temps où il était-là.

En outre, il ne put pas s'empêcher d'observer où il emmenait la belle par les minuscules trous qui se trouvaient de parts et d'autres des planches qui formaient le mur et ce n'est qu'une fois qu'il ne vit plus rien qu'il se tassa sur lui-même pour marmonner que c'était bien fait pour elle.
Il n'avait toujours pas compris qu'elle n'y était pour rien dans cette affaire.

Malveigne se réveilla peu après, la bouche pleine de terre poisseuse. Il toussa plusieurs fois avant de se redresser et de chercher à enlever les grains dégoûtants qu'il avait sur la langue.
C'est là qu'il se rendit compte qu'il avait lui aussi les mains liées.
Et qu'il dut à son tour remettre à jour les données de sa mémoire.

Lorsqu'il remarqua la présence de Leevo, il prit un air fou – ou encore plus fou – et ne se fit même pas violence pour s'empêcher de crier.
Il parut soudainement possédé et se mit à déblatérer bruyamment d'une voix aiguë, cherchant à comprendre ce qu'il se passait.


- Nous ne sommes pas à Madorass !? Nous ne sommes PAS à Madorass ! Où sommes-nous ? nous sommes ?! Grand Dieu ! Grand Dieu ! Il nous a puni ! Il nous a puni ! Nous sommes punis ! Il nous a emmené ici pour nous punir, c'est ça ?! Il a tout vu de ce que j'ai fais avec cette catin ! Il a tout vu ! Je vais vivre ma mort jusqu'au bout ! Non ! Non !

Il s'arrêta de crier quelques instants et réfléchit. Leevo le regardait sans comprendre, lui offrant la non-expression la plus non-expressive du monde, laquelle aurait pu passer pour de la consternation.

- … Attendez, qu'est-ce que vous faîtes-là ? C'est ma punition, vous n'avez pas le droit d'être-là !

L'elfe se renfonça dans le coin du mur et se plia sur lui-même un peu plus ; on vit clairement qu'il avait l'habitude de s'enfoncer dans des coins de mur puisqu'il parut trouver-là une position agréable.
Contrairement à Malveigne, il ne paraissait pas du tout affolé.
Il ne paraissait pas non plus croire qu'il s'agissait-là d'une punition divine.

- C'est la catin qui nous a emmené ici. Elle nous a manipulé. C'est une mage, marmonna-t-il, finalement plus fou que l'autre.

Le silence s'installa dans la cahute. Malveigne semblait tenter de remettre en ordre ses souvenirs et les informations qui venaient de lui parvenir.

Cependant, des petits bruits de ricochets contre la paroi du mur l'interrompirent.
L'inquisiteur se redressa d'un bond et se tint droit comme un piquet.


- Vous avez entendu ? Vous avez entendu ? C'est... c'est...

- Un cailloux, finit Leevo qui venait de s'en recevoir un dans l'oreille.

L'elfe pivota sur lui-même et s'approcha d'un trou qui se trouvait derrière lui. Il y tendit son œil méfiant et tomba nez-à-nez avec... un autre œil.


- Pssst ! Fit l'oeil en question de l'autre côté, d'un murmure. C'est vôtre amie qu'ils ont pris ?

Leevo recula et échangea un regard avec Malveigne qui lui faisait signe de ne surtout pas répondre. Ce dernier croyait qu'il s'agissait d'un démon de la chair.

- Non, répondit-il avant de remettre son œil en face du trou.

- Ah ? Ah bon. Je croyais... il m'a semblé... il m'a semblé... j'ai cru pourtant que vous étiez venus ensemble. Enfin, qu'importe, écoutez-moi bien ! Il va se passer une chose horrible si cette femme ne fait pas ce que le chef va lui demander... !
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Nana La Dame aux Roses

Une putain parmi les roses, une rose parmi les putains.

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MessageSujet: Re: [PV] Chemin de cris {Nana}   Mer 5 Déc 2012 - 15:48

C'était dégoutant, c'était froid et gluant, ca coulait nonchalamment entre ses seins... Et le bougre lui
comprimait la poitrine avec sa lourde tête, pourtant vide.

Nana grimaçait d'inconfort. La sensation était même pire que les cordes qui s'enfonçaient dans la chair de ses mains abimées. Elle pouvait difficilement se dégager, mais n'en prit de toute façon pas la peine puisque l'elfe imbécile commençait à l'invectiver et la rendre responsable de tous ses maux.

Eh bien, il ne lui fallut pas plus pour la faire s'insurger. Alors que l'autre l'insultait, elle criait plus fort. Le traitant de paranoïaque religieux, de vierge effarouchée, d'encagoulé de l'esprit et de bienheureux qui se complait dans ses divagations diarrhéiques. Puis elle perdit tout sens de la rhétorique pour se contenter de cracher divers noms d'oiseaux.

Interrompant la cacophonie, un idiot du village vint l'extraire de la compagnie de Shellhorn qu'elle ne
pouvait plus supporter. Néanmoins, elle réalisa vite que la suite n'allait sans doute pas lui plaire. La balèze la guida- ou plutôt la poussa -jusqu'a une sorte de tente. Celle-ci était grande et placée au milieu du camp. Elle y entra et découvrit le chef du clan entouré de ses plus chers serviteurs. Ce dernier était au moins aussi grand que l'homme qui venait de la chercher, et encore plus baraqué. Il avait la tête rasée et une grande cicatrice venait barrer sa joue droite. Il était torse-nu et portait un pantalon qui semblait en relativement bon état comparé à ceux de ses compères. Il lui faisait pensé à un taureau.

Elle frissonna alors qu'il lui faisait signe de venir plus près. D'abord, il la contourna pour l'admirer sous toutes ses coutures. Nana baissa la tête de honte et de peur. Alors qu'elle se trouvait à portée de bras, il l'attrapa prestement comme on chope une bière sur un comptoir. Tout le monde dans la tente rit grassement. Il entreprit de tâter ses hanches comme pour s'assurer qu'elles existaient réellement. Nana savait ce qui l'attendait.... Oh oui elle savait !

- Toi devenir femme moi.

Alors qu'il s'apprêtait à découvrir plus en détails ce qu'elle avait à offrir, elle s'écarta autant qu'elle put.

- Noooon ! Non non non !

Il la ramena vers lui sans effort mais déchira tout de même une manche de sa robe. Alors elle cria de toutes forces, un cri aigu sortit de ses entrailles. Une claque monumentale l'interrompit. Elle heurta la sol, les yeux brouillés. Recouvrant ses esprits, elle sentit le sang chaud coulé sur sa lèvre supérieur.


Et aux autres de rirent de plus belle.
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MessageSujet: Re: [PV] Chemin de cris {Nana}   Dim 9 Déc 2012 - 19:03

Leevo écoutait les digressions de l’œil en face du sien.
C'était un récit très intéressant pour quiconque pouvait en comprendre le contenu.
Leevo ne faisait évidemment pas partie de ces gens-là et, de fait, lorsqu'un cri strident résonna au loin et interrompit le monologue de l'autre, il ne fut pas aussi frustré qu'aurait pu l'être quelqu'un de normal.

Il se redressa tout simplement, les oreilles droites, blessées peut-être par les aiguës qui venaient de se faire entendre, et jeta un regard vide à Malveigne.

Ce dernier était en train de se ronger les ongles, embarqué dans sa galère de voix intérieures.
Leevo comprit de suite qu'il l'avait perdu et qu'il ne le retrouverait pas avant la fin de cette histoire.

Il se pencha à nouveau en face du trou mais n'y trouva plus son vis-à-vis. Il avait complètement disparu.

Alors, l'elfe se redressa et se renfonça dans son coin, puis se mit à penser tout haut. C'était une façon comme une autre de rassembler les différents éléments qui venaient de lui être donnés et d'en démêler les nœuds de la compréhension.
Voilà la question qu'il se posa principalement : « Est-ce qu'on ne dit pas  “les pires vents des plateaux de lune” plutôt que  “les vents pires des plateaux de lune” ? »


***

Gor Dgaran, tel était le nom du chef de ce clan de sauvages, s'était rassi sur la chaise qui lui servait de trône et qui était, somme toute, la seule chose avec un peu de cachet dans cette tente.

Il regardait la femelle aux cheveux rouges en face de lui, avec l'air d'un bovin énervé par sa victoire.
Jamais une femelle ne lui disait non de la sorte.
Jamais.
Elles avaient le droit de se débattre, de pleurer, de crier, mais jamais elles ne devaient refuser l'accouplement.
Elles étaient faites pour ça, après tout.

Sans la quitter des yeux, il plongea sa lourde main dans un bol que lui tendait l'une de ses innombrables femelles et se gava de la mixture qu'il en ressortit, non sans sourire à son tour, fier de la volée qu'il venait de mettre à cette pauvre folle insouciante.
Il la dresserait, ou bien...

Il fit finalement taire les rires déchaînés tout autour de lui en levant son bras massif.
Avachi sur son siège, le regard brillant d'une virilité malsaine, il grogna deux fois avant que la femme à ses côtés dépose le récipient et s'avance, très vite rejointe par une nouvelle tête sortie des profondeurs de la tente. Deux jeunes filles, dont l'une bien plus jeune que Nana, s'approchèrent timidement, soumises depuis longtemps au joug de Gor Dgaran, sales et habillées de haillons, visiblement maltraitées et violentées.

Gor Dgaran leur adressa un bref regard explicite, qui aurait pu vouloir dire « Faîtes pas de connerie ou bien... » dans le langage commun des regards explicites.
Il leur adressa ensuite un autre regard, plus long, plus soutenu ; il semblait leur donner des ordres par le simple biais de ses yeux et les deux serviles comprenaient tout.

Le seul geste qu'il leur accorda fut un signe de main : il dressa trois doigts devant lui, trois doigts à la signification inconnaissable. Ils pouvaient tout aussi bien désigner une durée de temps qu'un tas d'autres choses horribles... l'un dans l'autre, voir ces doigts se dresser c'était comme voir un Roi annoncer sa sentence au peuple en rébellion.

Mais les jeunes filles comprirent très bien ce que ça voulait dire.
Elles entourèrent Nana et l'aidèrent à se relever délicatement avant de l'emmener patauger dans la gadoue du camp, à nouveau, pour la conduire dans une autre tente, plus éloignée, plus isolée.

L'ambiance à l'intérieur n'était pas la même : c'était clairement la tente des femmes, le petit coin où elles avaient un minimum d'intimité, bien qu'on y sentait aussi que c'était ici qu'elles la partageaient avec Gor Dgaran et que s'il leur laissait le privilège d'avoir un endroit où coucher à l'abri de la pluie, c'était uniquement parce que c'était ici qu'il venait les asservir.

Les deux demoiselles installèrent la pauvre Nana sur une espèce de tronc d'arbre recouvert de toile qui faisait office de tabouret et grognèrent sur les habitantes de la tente. Ces dernières partirent, leur laissant un semblant de tranquillité.

Un flambeau était allumé au milieu des divers tissus qui jonchaient le sol ; la plus vieille des servantes entreprit de déposer un seau d'eau tout près et d'y tremper des morceaux de loques.
Elle s'affaira à d'autres tâches aux buts et fonctions encore imprécises, laissant le champs libre à la plus jeune qui entreprenait déjà d'observer la blessure de la belle.
Elle défit ses liens, non sans lui attraper les poignets pour observer ses gourmes.


- Vô devôrr assepter Gôrr Dgarrn, lui chuchota-t-elle, faisant un effort considérable pour se rendre intelligible. Lui êtrr fôrr, môvais, mais plus môvais si dirr nô encôrr.

Elle se tut lorsqu'elle sentit le regard de l'autre servante sur elle.
Elle fit comme si de rien n'était et entreprit de la contourner, comme pour l'admirer. Elle lui toucha les cheveux, palpa ses épaules bien malgré les réactions de la belle.

Lorsque l'eau fut assez chaude, la plus vieille des deux femmes s'approcha à son tour, la mine fermée, beaucoup moins avenante que sa camarade.
Elle posa ses loques mouillées sur les avants-bras de Nana avant d'entreprendre d'éponger sa lèvre, insistante et ferme.

Les deux jeunes femmes passèrent les heures suivantes à nettoyer Nana, avec ou sans son accord. Elles ne décochèrent pas un seul mot, bien que la plus jeune avait visiblement envie d'échanger avec elle. Elle semblait l'admirer et voir en elle ce qu'elle aurait pu devenir si sa vie avait été meilleure. De son côté, l'autre femme, n'osait même pas croiser son regard. Elle s'adonnait à ces tâches ingrates avec une certaine violence refoulée, dégoûtée peut-être, désabusée sûrement.
Elle savait des choses, elle savait ce qui allait arriver ensuite, mais elle ne dit rien.

Il fallut attendre que l'atmosphère entre les trois dames se détende un peu avant que la plus jeune n'ose enfin s'exprimer à nouveau.
Elle lui raconta comment elle la trouvait belle, comment Gor Dgaran la trouverait belle et essaya de la convaincre qu'elle se plairait ici, en leur compagnie. Elle semblait surtout essayer de se convaincre elle-même.

Cependant, comme s'il suffisait de prononcer son nom pour qu'il vienne, Gor Dgaran apparut à l'entrée de la tente.
Trois heures étaient passées.

Il déplia la toile qui servait de porte et avisa les trois femelles. Ses deux femmes assujetties s'éloignèrent aussitôt de Nana pour s'agenouiller dans un coin, les yeux rivés au sol, mais Gor Dgaran ne leur accorda aucun intérêt.
Il vint tourner autour de la belle aux cheveux rouges, renifla ses mèches de cheveux et grogna d'un plaisir primal ; il passa ses gros doigts de guerrier sur son menton carré, visiblement excité par la nouvelle mine de celle à qui il avait accordé une nouvelle chance d'avoir ses faveurs.

Il la saisit par le bras fermement, lui laissa le temps de jauger la force avec laquelle il la tenait et la mena à l'entrée de la tente où il désigna une espèce de cohorte, au loin.

Ses guerriers rassemblaient des prisonniers, dont l'elfe et Malveigne.


- Maintenant toi femme moi ou tous monter là-haut. Avec. Sans eux. Toi choisir.

Là-haut, il y avait les plateaux de lune qui se dessinaient, sombres, embrumés, presque aussi menaçants que Gor Dgaran...
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