''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 L'inconnu [PV. Liam]

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Vaënadiel Eira



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Race : Humaine
Classe : Druidesse
Métier : Botaniste
Croyances : Dieu de l'Équinoxe
Groupe : Clan [Indigène]

Âge : 20 ans

Messages : 180

Histoire de Personnage :
L'inconnu
Une nouvelle vie

MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Jeu 22 Nov 2012 - 1:05

Leçon de vie

Sa vue était obstruée par cette masse blanche appelée cheveux. Toussotant encore à quelques reprises, le son camouflant les bruits de pas qui s’approchaient d’elle, Vaë se racla la gorge. Ses mains étaient en train d’ouvrir sa crinière comme un rideau lorsqu’elle aperçut la présence de Liam aux côtés du paravent, celui-ci semblant inquiet. Ses yeux se rondirent de surprises et d’un geste impulsif et vif se tentant de se cacher du mieux qu’elle pouvait même si sa longue chevelure faisait amplement le travail. De plus, elle lui tourna le dos, montrant involontairement cette tache de naissance qu’elle trouvait hideuse.

‘‘ Je…désolé, mais j’ai eu peur que tu te sois fait mal et je voulais…je voulais être sûr que tout allait bien. ‘‘

‘‘ Ça va, j’ai ... seulement glissé dans le fond et fait une petite trempette ! ‘‘

Tournant la tête de côté, gênée, Vaë le vit sourire puis se retourner en replaçant le paravent qui faisait office de cachette à baignoire. Soupirant de découragement dû à sa maladresse, la druidesse se remise à fredonner un petit air et termina sa baignade en nettoyant ses cheveux. Ce que ça pouvait faire du bien de se glisser dans l’eau chaude pour enfin se détendre après une course folle ! Maintenant, il fallait qu’elle sorte avant d’avoir une peau de grand-mère. Étirant le bras, Vaënadiel empoigna la serviette qui était pliée sur un petit tabouret à côté de la cuve et se leva en prenant garde de ne pas glisser à nouveau, car cette fois, elle aurait certainement mal ... Elle se sécha puis essora sa crinière de neige dans le tissu jusqu’à la pointe et les laissa respirer, ne les peignant pas. La dernière étape et non la moindre; se revêtir de ses habits. Il faudrait d’ailleurs qu’elle pense à s’en confectionner ... ou à voler une chemise à Liam pour la nuit. C’était une idée possible, car elle n’avait rien pour s’en payer et ne savait pas comment en avoir. La jeune femme sortit enfin de sa cachette et vint s’assoir devant Liam en lui souriant timidement, lui en faisant de même, mais déjà beaucoup plus calme. Celui-ci leva une main qui alla se poser contre sa nuque, la faisant frissonner de manière inévitable. La nervosité la prenait encore de court et elle allait dire une autre blague nulle lorsqu’un doigt se posa sur ses lèvres. La voix du jeune homme s’éleva dans un murmure et elle comprit à peine ce qu’il disait, car elle se noyait déjà dans ses yeux, n’entendant que des bruits de tambour dans ses oreilles.

Autant que lors de son essai elle était calme, que maintenant elle angoissait au point qu’elle en fut étourdie alors que le visage de l’homme s’approchait du sien. Ses lèvres se collèrent de nouveau aux siennes dans tendre et doux baiser qui fit tomber d’un coup sa nervosité. Ses mains se glissèrent sur ses joues, l’une déviant de sa route pour continuer son chemin sur sa nuque alors que Liam réduisait d’avantage la distance entre leurs corps, la colla à lui de ses bras dans lesquels elle se sentait en sécurité. Vaë profitait de cette nouvelle sensation, de ces nouveaux sentiments sans noms qui prenaient naissance en elle ou qui osaient simplement faire surface, tapis dans son inconscience. L’intensité grimpait doucement et elle se sentit basculer soudainement. Dans un petit cri de stupeur, elle ouvrit les yeux, tendus. Liam la libéra de l’emprise de ses lèvres et la regarda doucement tout en lui murmurant:

‘‘ Ne t’inquiètes pas…je ne vais rien faire…je ne veux pas te brusquer et tu prends ton temps. D’accord ? ‘‘

Ne rien faire ? Ne pas la brusquer ? Vaënadiel mit un moment avant de comprendre ce qu’il entendait par là, jusqu’à ce que la réponse vienne par elle-même. Acquiesçant d’un signe de tête et sentant le rouge qui lui montait aux joues, la jeune femme lui offrit un sourire encore plus timide qu’à son habitude pendant qu’il revenait à l’attaque. À chaque fois, elle devenait molle comme un chiffon... Ses mains s’agrippèrent à sa chemise, au niveau des côtes, et tenaient fermement le tissu. Après un moment, Liam s’étendit à ses côtés et caressait sa joue. Ses doigts se frayèrent même un chemin dans cette chevelure dense et légèrement ondulée. Fermant les yeux, elle souriait faiblement et profita de ces caresses qui lui prodiguaient un sentiment de bien-être.

Maintenant, elle le savait ... ses doutes étaient maintenant éclairés et elle comprenait un peu plus les raisons du pourquoi sa présence lui manquait alors qu’ils étaient séparés. Deux semaines presque intensives lui avaient suffi pour s’attacher à une personne qui vivait différemment de sa tribu, mais qui l’acceptait comme elle était et pour ce qu’elle était, elle.

D’une main, Vaënadiel alla chercher celle de Liam et croisa ses doigts entre les siens pour ensuite la coller contre son menton. Sa poitrine se souleva puis sa respiration se fit plus faible et plus régulière; elle venait de s’endormir. Oui, là, comme ça, sans préavis. La fatigue des derniers jours venait de la frapper de plein fouet et plus que jamais son corps avait besoin de récupérer, tout comme son esprit. Meeko grimpa alors sur le lit et se coucha derrière sa tête, sur l’oreiller et avait la tête levée. Ses grands yeux vitreux regardaient fixement Liam qui approchait une main pour le caresser, celui-ci se laissant faire depuis l’épisode de la prison.

Dehors, le soleil commençait sa descente; c’était encore l’après-midi. Vaënadiel dormait paisiblement et ce fut ainsi jusqu’au lendemain matin, assez tard. À son réveil, ses yeux firent face au cou de Liam. Un sourire endormi se dessina sur ses lèvres alors qu’elle se risqua à y déposer un baiser. Elle prit son prit gauche, et comme, et avait prit l’habitude de faire, le serra contre elle tout en refermant les yeux, ne sachant s’il dormait ou s’il était réveillé. D’ailleurs, elle se demandait s’ils reprendraient la route dans la journée ... mais bon. En attendant qu'elle ne sente le corps du jeune homme s'activer, la druidesse ne se priva pas de fredonner une petite chanson dans ce qui ressemblait étrangement à un murmure. À ses côtés, Meeko ronronnait et se faufila sous sa chevelure pour se frayer un chemin jusqu'à son cou.

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Jeu 22 Nov 2012 - 18:40



Liam continuait, ne voulant même plus la libérer. Il sentait les mains de Vaë sur sa chemise, la serrant fermement, alors qu'il l'embrassait avec toute la passion qu'il pouvait contenir. Son cœur était calme, ses mains ne tremblaient plus autant. Maintenant il savait. Et elle aussi. Ils le savaient et n'éprouveraient plus toute cette gêne l'un envers l'autre. Sauf peut-être lorsqu'ils se découvriraient de façon plus…intime, mais ils avaient encore le temps pour cela et il voulait qu'elle apprivoise ses sentiments qui naissaient en elle tout comme il le faisait pour lui. Et oui, l'amour, lorsqu'il attaque de cette manière, il fait mal et est difficile à contenir. Il faut apprendre à ne pas couler.

Quelques minutes plus tard cependant il se détacha d'elle, se couchant à ses côtés, caressant sa joue en la regardant amoureusement. Ses doigts glissèrent jusqu'à s'enfoncer dans cette longue chevelure de neige et il continua ses tendres caresses, la regardant sourire et fermer les yeux lentement. Ce sourire…c'était lui qui illuminait ses jours, même les plus sombres. C'était lui qui éclairait sa route lorsqu'il était perdu. C'était lui qui le faisait vivre. Comme son père bien des années auparavant, Liam se promit que jamais il ne s'éteindrait. Jamais Vaë ne perdrait son sourire tant qu'il aurait un souffle de vie. Et si l'avenir lui faisait faire du mal à sa rose, même involontairement, il préférait se tuer plutôt que de regarder son regard horrifié et dégoûté de lui. Comme en écho à ses pensées, la main de la jeune femme vint se lier à la sienne, mêlant ses doigts aux siens, lentement et délicatement.

Il la serra dans la sienne alors que Vaë partait pour un repos on ne peu plus mérité après sa course folle. Il la regarda dormir, se rapprochant juste pour effleurer sa joue de ses lèvres, murmurant un faible "bonne nuit".
Levant les yeux, il vit Meeko couché près de la jeune femme et Liam leva son autre main, pour le caresser légèrement. L'animal se laissait faire depuis son passage en prison, ce qui n'était pas pour déplaire au jeune homme, bien qu'il aurait préféré apprivoiser la bête ailleurs que là-bas. Et aussi vite, l'animal se faufila sous les mèches de cheveux de sa maîtresse, disparaissant de sa vue.

Seul être éveillé, il regarda par la fenêtre. Le soleil amorçait sa descente lentement. La main de Vaë dans la sienne, Liam se laissa emporter par son odeur, par cette chaleur qu'elle dégageait, et s'endormit à son tour, le sourire aux lèvres.

Liam émergea lentement de son sommeil. Il n'avait pas sentit le doux baiser de sa rose dans son cou, mais sentit nettement son bras être serré par deux mains douces et délicates. Il tournait la tête de l'autre sens et écouta son fredonnement, se laissant enivrer par tant de beauté.

Puis il tourna lentement la tête vers elle. Elle avait fermé les yeux et il l'admira pendant quelques secondes avant qu'elle ne se sente observée et ne les rouvre, plongeant immédiatement dans son regard doré. Il lui sourit alors qu'elle semblait encore une fois gênée et il la serra contre lui, leurs corps proches l'un de l'autre.

-Bien dormi je vois…

Il lui sourit encore plus et l'embrassa légèrement avant de l'aider à se redresser et sortir du lit. Leurs affaires étaient froissées par la nuit et leurs mouvements dans le sommeil et il les aplatit du mieux qu'il pouvait, tout comme ses cheveux d'ailleurs. Il laissa Vaë se débarbouiller et lui dit :

-Je vais te faire visiter la ville. Plus personne ne te suit et je ne sais pas toi mais…je n'ai pas envie de repartir tout de suite…

Il garda pour lui ce qu'il voulait faire d'autre en ville. Lorsqu'elle reparut, prête et belle comme la déesse qu'elle était, il mit son épée dans son dos et la prit par la main, sortant de la chambre et la fermant à clé. Ils descendirent dans la salle commune sous les regards des clients attablés pour manger leur repas de midi et ils sortirent sous un grand soleil.

Les gens déambulaient dans la rue, achetant, vendant, discutant, ne se souciant pas d'eux. Ils étaient…un couple ordinaire. Cela faisait drôle de penser qu'ils étaient en couple à présent. Enfin…Liam le voyait ainsi maintenant qu'elle avait franchi le cap du "bouche à bouche en étant conscient". Ils se promenèrent, Liam expliquant tout ce qu'ils voyaient, la voyant écarquiller les yeux à chaque bâtiment, à chaque décoration et à chaque étal d'où s'élevaient des odeurs inconnues d'elle.

Arrivé devant une échoppe de tailleur, il entra avec elle et chercha l'homme des yeux. Enfin, la femme. Elle avait une bonne cinquantaine, de petites lunettes sur le nez, le regard vif et un sourire permanent aux lèvres.

-Que puis-je pour vous ? Demanda-t-elle d'une voix tendre, les mains jointes entre elles en voyant une nouvelle affaire débarquer.

Liam regarda Vaë qui semblait de plus en plus nerveuse et serra sa main dans la sienne pour la rassurer.

-Je voudrais…que vous fournissiez des vêtements à la jeune femme ici présente.

Il se recula légèrement pour que la femme puisse analyser Vaë qui jouait nerveusement avec sa tresse de son autre main.

-Oui…je vois ce qu'il lui faut…

-Mais pas qu'un seul costume…il lui faut des habits pour…renouveler sa garde-robe. Nous voyageons beaucoup alors elle n'a pas grand-chose…

Il parlait au nom de Vaë, mais il se doutait qu'elle ne lui en voudrait pas.
La femme s'approcha de sa cliente, lui tournant autour pour l'analyser sous tous les angles.
Liam se détacha alors d'elle, et, inquiet en avance, déclara :

-Je…j'ai juste une course à faire…je reviens vite…laisse-toi guider et ne t'en fais pas d'accord ?

Il lui caressa la joue, la rassurant du regard. Elle devait sans doute paniquer intérieurement à l'idée de rester seule ici, mais Liam voulait acheter quelque chose…quelque chose qu'elle ne devait pas voir. Pas encore.

-Revenez dans une heure…je pense que d'ici là nous aurons finit. Rajouta la femme.

Liam acquiesça et rassura Vaë du regard une dernière fois avant de quitter l'échoppe. Dehors, il se dépêcha. Il fouilla tout le marché jusqu'à trouver ce qu'il cherchait.

Le bijou lui tapa dans l'œil à la minute même ou il l'observa. Il le prit délicatement entre ses doigts, observant le diamant. Enfin…il ne savait pas si c'était un diamant ou non, mais la pierre était magnifique. Il représentait un cœur, un cœur bleu comme les yeux de Vaë.

Le marchand le vit et dit :

-Il vous plaît ? C'est pour votre copine ?

-Euh…oui…je…

Le marchand sourit et lui reprit le médaillon, le glissant dans un écrin de soie. Liam paya le montant exact, voyant sa bourse largement pleine pour les vêtements de Vaë. Il avait amassé pas mal d'argent durant ses aventures et son père lui en avait laissé pas mal également à son départ. Au moment ou il allait tourner le dos à l'étal pour retourner chez la tailleur, la boîte soigneusement rangée, le vendeur lui mit une main sur l'épaule et lui dit :

-Le bijou que vous venez d'acheter…on le surnomme "le cœur de l'océan". C'est un bijou d'une valeur inestimable.

Liam acquiesça et s'éloigna, le nom du bijou tournant dans sa tête. Le cœur de l'océan…L'océan de son regard, le cœur qui battait dans leurs deux poitrines…

Inspirant un grand coup, ne sachant pas du tout quand est-ce qu'il allait le lui offrir, il retourna chez la tailleur.

Il poussa la porte lentement, entrant avec un quart d'heure d'avance. Il entendait le bruit des deux femmes, mais ne voulait pas déranger si elles n'avaient pas finit.
Sa main toucha à travers son manteau le bijou qu'il comptait lui offrir. Peut-être après…lorsqu'ils s'installeraient sous les arbres pour profiter de leur journée de détende…le cœur de l'océan…son cœur qu'il lui donnait, à jamais…


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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Jeu 22 Nov 2012 - 20:37

L'affreuse petite sorcière

Ses doigts caressaient doucement le tissu de la chemise du jeune homme, ne cessant son fredonnement que lorsqu’elle sentit qu’on la regardait. Effectivement, Vaënadiel ne se trompait pas, car lorsqu’elle leva les yeux, elle croisa ce regard doré. Liam lui souriait, encore un peu endormit et elle lui en offrit un qui était un peu plus gêné. Un bras autour de ses épaules, le jeune homme la ramena vers lui pour la coller contre son corps. Serrant davantage le bras de Liam contre elle, la jeune femme cacha son visage dans son cou un moment.

‘‘ Bien dormi, je vois… ‘‘

Vaënadiel soupira en silence et le regarda timidement alors qu’il approcha ses lèvres des siennes pour déposer un petit baiser sur ses lèvres. Ce qu’elle aurait voulu rester là, à dormir toute la journée... sauf que son compagnon l’aida à se glisser hors du lit. Tout comme lui, ses vêtements étaient froissés. Disons qu’un petit lavage ne leur ferait pas de tort, mais elle n’était quand même pas pour se promener à poil pendant qu’ils séchaient. Pour l’heure, elle passa ses mains dessus à plusieurs reprises pour aplatir les plis du mieux qu’elle le pouvait et alla se cacher derrière le paravent pour se débarbouiller.

‘‘ Je vais te faire visiter la ville. Plus personne ne te suit et je ne sais pas toi mais…je n'ai pas envie de repartir tout de suite… ‘‘

‘‘ Oui Chef ! Et puis il faudrait que je regarde l’état de ta jambe lorsque nous reviendrons ‘‘

Car depuis la dernière fois qu’elle l’avait vu, la plaie ne s’était certainement pas refermée et devait commencer son processus de cicatrisation. De ce fait, il ne devait certainement pas mettre pleinement son poids sur celle-ci encore. Enfin bref, elle regarderait tout ça une fois la visite de la ville terminée. Une fois revêtue et ses cheveux tressés en une longue natte qui tombaient sur son ventre, Vaënadiel vint le rejoindre. Fin prêts, la main de Liam se glissa dans la sienne puis ils sortirent de la pièce pour descendre au rez-de-chaussée. Elle ne manqua pas les regards qui se posaient sur eux, reconnaissant l’horrible tavernier qui lui avait refusé. D’ailleurs, celui-ci lui lança un regard noir quand il n’aurait pas droit à un surplus puisque son client l’avait amené dans sa chambre. La druidesse elle, lui tira la langue comme une enfant et sortit sous le soleil de plomb qui les dardait de sa lumière. Sa vue mit d’ailleurs un moment à s’ajuster à ce surplus de lumière.

Leurs pas les menèrent vers l’endroit le plus achalandé de la petite ville, ce que Liam appelait la place du marché. Ses yeux regardaient partout avec émerveillement et curiosité. À chaque fois, Vaë bombardait son protecteur d’une rafale de questions. Parfois elle tentait de toucher à un objet, mais souvent les marchands la réprimandaient en lui donnant une claque sur la main. Gênée, la jeune femme allait se réfugier derrière le grand homme qui arborait un sourire amusé au coin des lèvres. Il y avait tant de choses différentes, autant au niveau des grandeurs que des couleurs. Les textures et les odeurs étaient si intéressantes qu’elle aurait passé la journée entière devant un seul étalage pour être certaine d’avoir observé tous les objets sous tous leurs angles. Mais, elle n’eut pas l’occasion par chance, sinon son pauvre Liam aurait été obligé de camper derrière elle. Continuant leur route, ils s’arrêtèrent devant une bâtisse. Sans poser de question, Vaënadiel suivit Liam à l’intérieur, restant bien derrière. L’endroit était plus ou moins sombre et remplit de tissus, de vêtements et de pleins d’autres choses étranges. La jeune femme regardait partout en silence, le questionnement dans son regard.

‘‘ Que puis-je pour vous ? ‘‘

Une vieille femme s’était alors approchée d’eux; petites, les cheveux déjà gris malgré. Peut-être une cinquantaine d’années. Elle avait un étrange objet sur le bout de son nez qui grossissait ses yeux lorsqu’on la regardait d’un angle un peu plus bas. Nerveuse de se retrouver ainsi devant une autre étrangère, Vaë se plaça en bais dans le dos de son amant et regardait la vieille dame et son regard vif. Liam ouvrit alors la bouche, parlant en son nom.

‘‘ Je voudrais…que vous fournissiez des vêtements à la jeune femme ici présente. ‘‘

Alors ici, on pouvait trouver de quoi se vêtir ? Pourtant, tout lui semblait si étrange et... il n’y avait même pas de fourrure! Elle allait geler dans ces vêtements non? Malgré qu’il ne faisait pas si froid dehors puisqu’il n’y avait plus de neige, il faisait chaud même ... enfin bref. Vaë se sentit regardé et n’aimait pas qu’on la regarde de la tête aux pieds de cette manière. Elle fronça les sourcils lorsqu’elle entendit:

‘‘ Oui…je vois ce qu'il lui faut… ‘‘

Comment pouvait-elle savoir alors qu’elle ne lui avait pas dit ce qu’elle voulait ? Ah moins que ... elle savait lire dans les esprits ?! C’était ... une ... une ... sorcière ?! Une affreuse et vieille sorcière ?! Liam leva de nouveau la voix, la sortant de son scénario saugrenu alors que son coeur battait la chamade dans sa poitrine et que sa main droite jouait nerveusement avec le bout de sa tresse.

‘‘ Mais pas qu'un seul costume…il lui faut des habits pour…renouveler sa garde-robe. Nous voyageons beaucoup alors elle n'a pas grand-chose… ‘‘


Vaënadiel était restée silencieuse à moitié cachée derrière Liam et ne faisait qu’écouter leur discours. Ses yeux aqua se levèrent vers le visage du chevalier et à ce moment, la veille dame s’approcha davantage d’elle alors que le jeune homme l’abandonnait. Elle tournait autour d’elle et Vaë se crispa littéralement, la suivant des yeux comme elle pouvait, mais elle disparut derrière son dos pendant quelques secondes qui lui parurent une éternité. Où était-elle ?! Que faisait-elle ?!

‘‘ Je…j'ai juste une course à faire…je reviens vite…laisse-toi guider et ne t'en fais pas d'accord ? ‘‘

NON ! Il la laissait là avec cette sorcière liseuse d’âme ? Elle si elle la faisait rôtir pendant son absence et qu’elle lui volait sa peau pour l’exposé sur ces faux corps humains en bois ?! Par l’équinoxe ..., elle allait mourir aujourd’hui ! Pétrifiée, elle n’osait même plus bouger et encore moins parler.

‘‘ Revenez dans une heure…je pense que d'ici là nous aurons fini.''

Voilà ... c’était la fin ... et Liam qui tentait de la rassurer du regard, quittant ensuite les lieux. Son coeur fit un bond et son visage prit des airs de chien battu. Pourquoi l’avait-il abandonné ainsi ? Le coeur lourd, elle oublia la présence de la vieille dame qui la fit sursauter lorsque son visage fit apparition devant elle.

‘‘ Viens, ma belle. Nous avons du pain sur la planche, mais je crois avoir quelques vêtements fait pour toi. Que préfères-tu ? ‘‘

‘‘ Je ... je ... euh ... ‘‘

La vieille dame ricana doucement et prit le poignet de Vaë qui se tendit aussitôt.

‘‘ Allé, viens. Je ne te mangerai pas voyons ! je vais seulement te faire essayer quelques pièces après avoir pris tes mensurations. Maintenant, lève les bras horizontalement et ne bouge pas. ‘‘

Bien évidemment, la dame commença par sa poitrine et elle rougit de gêne. Mais qu’avaient les gens d’en bas avec les poitrines ?! Horriblement mal à l’aise, ce fut le tour de sa taille et ses hanches. Ensuite, la tailleuse la laissa tranquille et commença à fouiller dans l’ensemble de sa boutique, sortant tout ce qui lui tombait sous la main; robes, tuniques, chemisiers, pantalons, manteaux, etc. D’un signe de main, elle incita Vaënadiel à s’approcher et la poussa délicatement derrière un rideau avec les vêtements.

‘‘ Essaie-moi tout ça et sort pour que je puisse voir le tout. Nous ferons des ajustements si c’est nécessaire. ‘‘

‘‘ D d’accord... ‘‘

Ne sachant pas par quoi commencer, Vaënadiel mit un moment à chercher quoi mettre et comment le mettre. La vieille dame dut même l’aider après un moment, car elle trouvait ça trop long. Gênée, la druidesse dut se laisser faire au risque de se faire réprimander et se sentait comme une poupée qu’on habillait puis déshabillait n’importe quand. À mi-chemin, la vieille dame soupira.

‘‘ Tu seras capable pour le reste ? ‘‘

‘‘ Oui, madame ‘‘

‘‘ Bien, mets ce qui ne fait pas ici, et ce qui te va là. Je vais surveiller la boutique. N’oublie pas de me montrer d’abord ! ‘‘

‘‘ Oui, madame ! ‘‘

Elle souria à la jeune femme puis la laissa seule derrière les rideaux afin qu’elle continue l’essayage de vêtements. Quelques minutes s’écoulèrent lorsque la clochette de la porte d’entrée tinta doucement. Vaë sortait de sa cachette à ce moment avec une longue robe blanche faite d’un tissu léger qui semblait flotter à chaque pas. La vieille dame souriait et s’exclama en voyant que le compagnon de la jeune dame était revenu.

‘‘ Oh ! Venez voir ... elle est somptueuse ! ‘‘

Prenant sa main, la vieille l’approcha du rideau et Vaë se regardait dans la glace avec un drôle d’air. Faisant la moue, la druidesse se tourna vers Liam et ses épaules s’affaissèrent.

‘‘ Je vais avoir froid avec ça non ? Je n’arriverai même pas à marcher en forêt dans ce truc ... ! ‘‘

‘‘ Ce truc, ça s’appelle une robe, ma chère. Et ce n’est pas fait pour voyager je dois l’admettre ... mais je venais de la coudre et je voulais voir le résultat. J’ai un peu profité de votre présence, je m’en excuse. ‘‘

‘‘ Vous excuser pour quoi ? ‘‘ Demanda t-elle, ne comprenant pas.

‘‘ Vous êtes magnifique. D’où venez-vous, il me semble que votre peau est pâle et ... votre accent est différent du nôtre. ‘‘

‘‘ Des ... des montagnes. ‘‘

‘‘ Oh ! ‘‘ S’exclama-t-elle en s’approchant de Vaë pour lui murmurer : ‘‘ Je vous ai mis des sous-vêtements aussi... une jeune femme se doit d’en porter au risque de passer pour une fille de joie.''

‘‘ Huh ? ‘‘ Ne comprenant vraiment pas ce que ces mots voulaient dire.

La vieille dame lui dit un clin d’oeil et ne vit pas que sa cliente ne comprenait pas tout ce qu’elle venait de lui dire. Celle-ci la repoussa derrière le rideau et le tira pour qu’elle puisse remettre ses vêtements. Vaë ressortit après quelques minutes, quelques couettes folles sortant de sa natte.

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Jeu 22 Nov 2012 - 21:32



Ce fût la vieille dame qui revint en premier de l'arrière boutique ou Vaë essayait encore des vêtements.
En le voyant, elle sauta presque sur lui et lui dit, enjouée :

-Oh ! Venez voir ... elle est somptueuse !

Elle lui prit la main sans qu'il ne puisse réagir et l'entraîna à sa suite jusque sa rose qui se regardait dans la glace en faisant une drôle de tête. Et…Liam resta…sans voix en la contemplant. Elle portait une robe blanche qui ondulait au moindre de ses mouvements. Le tissu était si léger et semblait à peine posé sur sa peau de porcelaine…il dessinait les courbes de son corps et Liam l'admira sans s'en priver.

-Je vais avoir froid avec ça non ? Je n’arriverai même pas à marcher en forêt dans ce truc ... !

Sortant de sa divine contemplation, le jeune homme sourit. Il était vrai qu'elle n'était pas habituée à revêtir ce genre d'habits. Il aurait peut-être mieux fait de dire à la couturière les préférences de Vaë avant de s'en aller…

-Ce truc, ça s’appelle une robe, ma chère. Et ce n’est pas fait pour voyager je dois l’admettre ... mais je venais de la coudre et je voulais voir le résultat. J’ai un peu profité de votre présence, je m’en excuse.

La couturière n'aimait vraiment pas que l'on critique ou manque de respect à ses œuvres. Vaë ne comprenait pas pourquoi elle s'excusait, mais Liam n'eut pas le temps d'expliquer que la vieille femme enchaînait en pointant du doigt l'accent et la pâleur de la peau de sa cliente. Elle fît surprise en apprenant qu'elle venait des montagnes puis se pencha pour lui chuchoter quelque chose que Liam ne comprit pas. Sa rose non plus apparemment, mais lui c'était parce qu'il n'avait pas pu entendre…mais il ne dit rien. Si elle voulait savoir, elle poserait les questions qu'il fallait. Elle avait compris, du moins l'espérait-il, qu'il ne la jugeait pas et ne se moquait pas d'elle. Il était normal de poser toutes ses questions lorsque l'on ne connaissait pas quelque chose. Et lui, si un jour elle décidait de l'emmener chez elle, comment serait-il ? Guère mieux.

La vieille femme repoussa Vaë dans la cabine, refermant le rideau pour lui laisser le temps de se changer et conduisit Liam au comptoir ou elle plia les habits, les rangeant dans un grand sac.
Liam se pencha et murmura :

-Nous prendrons la robe également madame.

Son regard s'illumina et elle dit, sourire pervers aux lèvres :

-C'est pour les gâteries du soir ? Mais bien sûr…mais attention, je ne recouds pas ce genre de déchirure…

Liam se sentit rougir alors qu'elle cherchait la robe et l'emballait avec le plus grand soin. Non…il voulait juste la revoir dans cette tenue. Et…enfin…il l'aimait, avec ou sans la robe, mais ce serait son second cadeau…

La jeune femme revint vers eux, habillée comme avant et Liam paya le tout avant de prendre les sacs et de ressortir, main dans la main avec Vaë.

L'après-midi s'écoulait bien et ils n'avaient guère envie de retourner à l'auberge. Alors Liam l'emmena à l'écart, là ou il y avait une sorte de petit parc ou des bancs étaient installés, entourés de magnifiques arbres. Il choisit un banc dissimulé, bien encadré par la végétation, voyant le sourire de sa compagne s'élargir en constatant que les arbres étaient bels et bien là. Il posa les sacs en équilibre et au moment de s'asseoir, pliant la jambe trop vite, un accès de douleur fusa. Il avait oublié sa blessure qui cicatrisait lentement. Il rallongea sa jambe, tentant de masquer cela à Vaë qui regardait tout autant qu'elle pouvait.

Son cœur battait anormalement vite. Ses mains étaient devenues moites et tremblaient. Il sortit la boîte de sa poche alors que sa compagne observait un oiseau plus loin, ne sachant pas quoi dire. Sans le savoir, il agissait comme son père l'avait fait bien des années auparavant avec sa mère.

-Vaë…

Il ne savait réellement pas comment dire ce qu'il ressentait. Elle tourna la tête vers lui, haussant les sourcils en guise d'interrogation et il leva la boîte vers elle.

-Depuis que je t'ai rencontrée je ne suis plus le même homme…avant j'étais réservé et solitaire…maintenant je goûte aux joies de l'amour avec toi et…je t'aime…je t'aime comme jamais je n'ai aimé quelqu'un auparavant. J'aime tes yeux, ton rire, ton sourire, ta voix, tes cheveux, tes mains…j'aime tout chez toi. Tu es devenue une partie intégrante de mon corps et de mon âme…

Il inspira un grand coup, ouvrant le couvercle en tremblant, dévoilant le collier, le "cœur de l'océan".

-Je t'offre mon cœur car tu l'as emprisonné dans ton océan, je t'offre mon âme car tu l'as enfermée dans la tienne, je t'offre mon corps car tu en as fait ton bouclier indestructible. Je t'offre le cœur de l'océan, mon cœur noyé dans ton regard océanique…

Il tremblait, n'arrivait plus à continuer, ne trouvait plus ses mots. Jamais il n'avait pensé dire cela. Les mots avaient jaillis d'eux-mêmes. Vaë avait les yeux qui brillaient de mille feux, émue. Lentement, il sortit le bijou de son écrin et le lui tendit pour qu'elle puisse le toucher et l'admirer avant qu'il ne le lui enfile.

Un doigt se posa sur la surface taillée de la pierre et lorsqu'elle se tourna, il se rapprocha pour passer ses bras par-dessus sa tête pour le lui enfiler lentement, fermant le collier autour de son cou de nacre.
Lorsqu'elle se tourna vers lui, le bijou reposait sur le haut de sa poitrine, mis en valeur par la pâleur de sa peau. Il étincelait et Liam sentit son vrai cœur battre encore plus vite, comme s'il tentait de faire battre la pierre contre la jeune femme en même temps.

Il la laissa se remettre de ses émotions, ses mains s'entortillant l'une dans l'autre, plus moites et tremblantes que jamais, son cœur manquant exploser dans sa poitrine, son regard fiché sur la rose de sa vie. Il ne s'était pas imaginé faire un tel discours à une femme un jour…mais l'amour inspirait les plus grands poètes et Liam était fou amoureux…

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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Ven 23 Nov 2012 - 4:35

Le début de la fin...

En sortant de la boutique, de l’affreuse petite sorcière qui était une gentille petite couturière, la jeune femme glissa sa main dans celle de l’homme et tenta de lui prendre les sacs. Celui-ci s’en rendit compte bien assez tôt et les éloigna d’elle en les tenant à bout de bras. Au départ, Vaë fut surprise puis elle leva les yeux en faisant la moue à Liam qui semblait trouver ça bien rigolo. Il secoua d’ailleurs légèrement la tête, lui faisant comprendre qu’elle aurait beau essayer de les lui prendre par tous les moyens du monde, il ne la laisserait pas porter ces paquets. Ne cherchant pas à s’obstiner davantage, Vaënadiel laissa tout simplement Liam se charger du transport de tous ces vêtements, mais l’arrêta pour déposer un baiser sur ses lèvres en guise de remerciement. Elle se sentait mal à l’aise, car il avait dû régler la note seul encore une fois ...

Ils marchèrent ainsi un moment encore et il était encore assez tôt dans l’après-midi. N’ayant pas envie de se cloîtrer à l’auberge, ils continuèrent leur promenade, Vaë se laissant guider par l’homme. Ses yeux aqua regardait tout avec curiosité, ne manquant rien de ce qui l’entourait. D’ailleurs, il l’apporta dans un endroit où elle se sentait beaucoup plus à l’aise de par sa flore. Liam quelque peu devant, la jeune femme ne le lâchait pas d’une semelle et il la guida vers ce qui semblait être un banc pour s’assoir. Sa forme était bien étrange, mais elle n’en fit pas de cas et admira plutôt le paysage qui s’offrait à elle pendant que Liam prenait place à ses côtés. Et hop, un petit oiseau jaune se posa à un mètre d’eux, capturant toute son attention.

‘‘ Vaë… ‘‘

‘‘ Oui ? ‘‘ Demanda t’elle alors qu’elle tournait la tête vers son compagnon, arquant un sourcil.

Le jeune homme semblait étrangement nerveux. Ça voyait à son regard, mais aussi dans son comportement... elle le sentait. C’est à ce moment qu’il leva une petite boîte vers elle. Un ... présent ? Pour elle ? Mais il n’aura pas dû! Ses yeux fixèrent un moment l’objet puis les plantèrent dans les siens alors qu’il commençait à parler.

‘‘ Depuis que je t’ai rencontrée je ne suis plus le même homme…avant j’étais réservé et solitaire…maintenant je goûte aux joies de l’amour avec toi et…je t’aime…je t’aime comme jamais je n’ai aimé quelqu’un auparavant. J’aime tes yeux, ton rire, ton sourire, ta voix, tes cheveux, tes mains…j’aime tout chez toi. Tu es devenue une partie intégrante de mon corps et de mon âme… ‘‘

Alors qu’il prenait une respiration pour être capable de poursuivre le reste de son discours, Liam tira le couvercle qui cachait autre chose à l’intérieur. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant ce joyau qui brillait de mille feux sous la lumière du jour. Non non non non ... elle ne pouvait quand même pas accepter un tel objet ? Mais si elle refusait, il serait certainement déçu et elle ne souhaitait pas le voir triste.

‘‘ Je t’offre mon cœur, car tu l’as emprisonné dans ton océan, je t’offre mon âme, car tu l’as enfermée dans la tienne, je t’offre mon corps, car tu en as fait ton bouclier indestructible. Je t’offre le cœur de l’océan, mon cœur noyé dans ton regard océanique… ‘‘

Ces dernières paroles sonnaient comme une mélodie et l’avaient émue comme jamais. Ce qu’il lui avait dit était si touchant que ses yeux s’humidifièrent tranquillement pendant qu’elle portait ses mains devant sa bouche, cachant son sourire. Liam avait pris l’objet entre ses doigts pour le lui montrer et d’un doigt hésitant, Vaë caressa sa surface. Elle observa ses moindres détails se rendant à quel point cet objet était magnifique. C’était d’ailleurs bien le seul du genre dont elle connaissait l’utilité! La druidesse lui tourna alors le dos et elle sentit ses bras s’approcher pour enfin être visibles. Le collier fut attaché délicatement autour de son cou, le médaillon reposant maintenant sur sa peau. Baissant les yeux sur celui-ci, Vaënadiel l’observa et le toucha avec douceur de peur qu’il ne se casse. Ainsi, Liam serait toujours avec elle ...
Sa tête se releva doucement et elle offrit un sourire radieux à celui qui lui avait offert ce précieux bijou. Elle eut la mine dépitée un moment, souriant l’autre, car elle ne savait plus où donné de la tête. Il était si attentionné ... ! Que pouvait-elle demander de plus ? En ce moment, elle était la femme la plus heureuse et la plus chanceuse sur cette terre. Vaë posa alors ses mains sur celle de son amoureux pour calmer ses tremblements de nervosité et les caressant doucement du pouce avant de les relâcher pour les poser de chaque côté du cou de celui-ci. S’approchant, elle ne put retenir quelques larmes de couler et l’embrassa doucement avant de coller sa joue contre la sienne, caressant ses cheveux aussi noirs que la nuit.

‘‘ Merci ... merci ... il est superbe. ‘‘

Se reculant, Vaënadiel essuya ses larmes du revers de la main et caressa ses joues en souriant.

‘‘ Mais le plus beau cadeau que les dieux ont pu me faire, c’est toi. ‘‘

Et c’était vrai ... Elle avait tellement vu de choses à ses côtés depuis qu’elle l’avait rencontré par un heureux hasard. Sa fuite des montagnes n’avait pas apporté que du mauvais au final et jamais elle ne le regretterait. Jamais. Son apprentissage ne faisait que commencer et ce serait avec joie qu’elle y plongerait. Il y avait tant de choses à voir encore et elle avait tant à apprendre de ce monde qu’elle ne pouvait se résoudre à rester cloîtrée parmi les siens à faire les mêmes choses tous les jours jusqu’à ce que sa peau se ratatine et qu’elle n’y voit plus clair.

La druidesse se blottit alors contre lui, cachant son visage dans son cou alors que ses bras tentaient d’entourer sa taille, puisqu’elle manquait un peu de longueurs. Elle était quand même plus petite donc ... voilà. Fermant ses paupières, elle ne fit que profiter de ce moment de calme et de la chaleur de cet homme dont elle était tombée amoureuse. Le duo fut forcé de quitter les lieux lorsque le ventre de Vaënadiel se mit à rugir. Gênée, elle ricana bêtement et ils s’en retournèrent à l’auberge où un repas les attendait à leur arrivée. Bien entendu, la jeune femme ne se pria pas pour manger avec ses mains encore une fois et ne manqua pas de faire rire Liam qui l’observait. Au départ, Vaë avait arqué un sourcil et se demandait pourquoi il agissait ainsi avant de voir qu’elle tenait sa viande entre ses doigts dégoulinant de sauce. Quelle maladroite ! Elle avait même sali ses vêtements. Dans un soupir de soulagement, elle se leva et prit une chemise d’homme qui lui servirait comme vêtement de nuit et alla se changer derrière le paravent. Le reste trempa un moment dans le fond de la baignoire puis elle les lava avant des les étendre sur la chaise pour laisser sécher. Revenant vers Liam, ils s’étendirent et elle joua avec ses doigts, comparant la grandeur de leur main. Elle lui parla alors de sa famille et de comment ils vivaient là bas, à sa demande, puis elle s’endormit la première, son front contre le torse de l’homme.

Pendant la nuit, Vaë s’agitait dans son sommeil jusqu’à ce qu’elle se réveille en sursaut parce que son coeur avait commencé à battre rapidement dans sa poitrine. Elle s’assit dans le lit et regarda Liam qui dormait encore profondément. Sa joue caressa son front doucement puis elle se tira hors du lit. Ses pas la conduisirent vers la fenêtre qu’elle ouvrit pour prendre l’air et elle ferma les yeux en prenant une profonde respiration. Cependant, quelque chose n’allait pas. Son coeur ne se calmait pas ... que se passait-il ? Son regard aqua se planta sur la lune qui était pleine se soir là, brillant dans un ciel sans nuage. La douce brise caressait son visage et faisait flotter sa longue chevelure lorsqu’une étrange odeur parvint à ses narines.

‘‘ L’odeur ... du sang ? ‘‘

Elle ne comprenait pas ce que ça voulait dire, mais quelque chose se passait, quelque part. Sa main droite se porta sur sa poitrine, serrant le tissu qui la recouvrait et elle tourna les yeux vers Liam qui se redressa après avoir senti son absence dans le lit. Fermant la fenêtre, Vaë retourna se coucher tout en lui assurant que ça allait alors qu’elle n’en était pas certaine elle-même.

***

Une semaine auparavant dans les montagnes...

Erlaine s’occupait de la tribu comme elle le pouvait pendant l’absence de son homme, aidée par ses 7 fils. Cela faisait un bon moment que sa fille avait disparu, Dorguan et Dryell à ses trousses, et elle commençait à s’inquiéter. En matinée, le chef de la tribu Kawa s’était rendu sur les terres du clan Eira qui les hébergeaient le temps d’un séjour indéterminé. Les rumeurs avaient circulé parmi les membres par rapport à la fille unique du chef qui ne voulait pas s’unir à l’allié et cela avait fait flammèche en leur sein. Le chef du clan Kawa, Arled, était du genre impatient et de mèche avec son fils dans toute cette mise en scène; Dorguan devait mourir comme tous les membres de sa famille. Un soir alors qu’il respirait l’air nocturne, sa chouette vint se poser sur son épaule, rapportant le collier en dents d’ours de son fils, recouvert de sang. Alors ... Dryell était mort. Serrant le poing sur le collier, Kawa fut pris d’une folie meurtrière et se rendit dans la demeure même des Eira pour assassiner sauvagement la mère. Ses cris avaient alerté ses fils qui s’étaient empressés de se rendre sur place. Ce fut l’aîné qui sauta le premier dessus, criant aux autres de faire partir les leurs en vitesse. Le pauvre n’eut cependant pas plus de chance que sa mère, mais il avait gagné suffisamment de temps pour retarder l’alerte de Kawa et permettre au sien de fuir leur village en direction de la forêt qui se trouvait à un demi-lieu en bas de la colline.

Leur course fut effrénée et sans aucun repos. Certains tombèrent de fatigue, se faisant achever par l’allié devenu ennemi. Bien entendu, Arled menait la marche, bien décidé à traqué et de tuer tous les membres du clan Eira jusqu’au dernier. La chère fille de Dorguan serait la dernière et il se promit de la faire souffrir et la garder vivante aussi longtemps qu’il serait apte à la faire tenir. Une chose était certaine, elle regretterait amèrement avoir vu le jour ... avoir fui cette nuit-là.

Le clan Eira avait réussi à quitter leurs terres et ce ne fut pas sans perdre de membres. Ils avaient fait un long chemin par les bois, mais les Kawa les avaient bien rapidement rattrapés. Dorguan arriva à ce moment, reconnaissant la voix de ses fils menés à lui par le souffle du vent. Sa fille l’avait quitté pendant la nuit et maintenant, le matin était là. Il courut aussi rapidement qu’il le put, mais fut horrifié de voir les siens se faire abattre comme des chiens.

‘‘ ARLED ! ‘‘

Le concerné leva les yeux pour apercevoir Dorguan. Il lui fit un sourire sadique et donna ordre à ses hommes de cesser leur massacre. Un des fils d’Eira faits agenouillés devant lui, une lame sous la gorge.

‘‘ Où est ta fille, Dorguan ... ? ‘‘

‘‘ Ne dis rien papa ! Sauve-toi! ‘‘

Eira sera la mâchoire et les poings, dardant du regard son ancien allié.

‘‘ Comme si j’allais te le dire après tout ce que je vois ici ... ‘‘

‘‘ Mauvaise réponse ! ‘‘

Il trancha la gorge d’un de ses fils et sa tête roula au sol. Dorguan fut pétrifié sur place et il hurla de rage en empoignant son arc pour décocher autant de flèches qu’il le put. Quand il n’y en eut plus, il fonça tête baissée vers son assaillant qui ne fit qu’une bouchée de lui. Plaqué au sol, Arled le transperçant de sa lame et perfora son poumon gauche sans remords. Il s’agenouilla au sol après avoir savouré ce cri remplit de souffrance et murmura :

‘‘ Ta fille est tête de mule tout comme toi ... et tu verras, je prendrai bien soin d’elle une fois que tu seras aux côtés de ton cher dieu. ‘‘

Dorguan déglutit, toussant en crachant du sang alors que les Kawa s’éloignaient avec ce qu’il restait de survivants pour les réduire à l’esclavage. De longues minutes s’écoulèrent avant qu’un chariot ne passe par là. Pris de panique en voyant ce massacre, les voyageurs allaient dévaliser les cadavres lorsqu’ils tombèrent sur l’homme qui agonisait.

‘‘ Il est en vie ! ‘‘

‘‘ Mais il n’en a plus pour longtemps ! ‘‘

‘‘ Arh, mais laisse le crever ! ‘‘

L’homme blessé agrippant avec difficulté la cheville d’un des hommes et ouvrit la bouche.

‘‘ Je dois ... parler ... à ... ma fille ... ‘‘

‘‘ Venill est tout près, amenons-le! Allé aide moi à le soulever ! Je vais avoir des remords de conscience si je le laisse là alors qu’il était en vie à notre passage. ‘‘

‘‘ T’es pathétique, c’est un sauvage ! Regarde-moi ce bordel ! ‘‘

Les voyageurs le soulevèrent et le posèrent sur une couverture étendue sur du foin et le couvrir. Les chevaux se remirent en route et au galop, car le temps était maintenant compté. La nuit était déjà passablement avancée et trois bonnes journées les séparaient de la petite ville. Ceux-ci étaient d’ailleurs certains que l’homme des montagnes allait mourir après quelques heures, mais celui-ci tenait le coup avec ce qu’il lui restait d’herbe qu’il ingurgitait. Les effets étaient nuls sur sa plaie béante, mais lui redonnait assez d’énergie pour tenir le coup. Dorguant voulait revoir sa fille ... au moins une dernière fois avant de mourir ...


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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Ven 23 Nov 2012 - 18:52


Vaë contemplait le bijou qui reposait sur sa peau alors que Liam inspirait profondément. Elle semblait aimer, mais sa nervosité était toujours bien présente et ses mains en tremblaient de plus belle. Il s'était surpris lui-même en lui disant cela, mais le regard de sa rose l'avait inspiré. Son magnifique regard qui ne devait jamais cesser de briller…

Elle releva la tête, lui offrant tour à tour un sourire radieux puis une mine plus dépitée, sans qu'il n'en comprenne la raison exacte. Elle semblait incertaine, ou perdue…il ne savait pas et tout ce que son cerveau entendait pour l'heure étaient les battements de son propre cœur qui fracassait sa poitrine.

Il sourit à son tour lorsqu'elle posa ses mains sur les siennes comme pour tenter de les calmer, mais peine perdue. Elle dut s'en rendre compte car elle délaissa ses mains pour venir les poser sur sa nuque, le faisant frissonner de part en part de son corps. Elle se rapprocha, quelques larmes d'émotions se glissant hors de ses yeux et l'embrassa tendrement. Ses baisers étaient encore courts et hésitants, mais il savait qu'elle était en train d'apprivoiser ses nouvelles sensations qui s'offraient à elle comme à lui. Et chacun des baisers qu'elle lui donnait d'elle-même étaient merveilleux, comme elle.

Sa joue se colla à la sienne et une main vint caresser ses cheveux alors qu'elle murmurait :

-Merci ... merci ... il est superbe.

Liam se sentit plus léger. Son cœur recommença à se calmer lentement. Qu'est-ce qu'il pouvait être heureux ! A présent, il ne voulait rien d'autre qu'elle. Il n'avait que faire de gloire ou d'aventures…tout ce qu'il voulait était de la voir sourire et de voir ses yeux pétiller tant par la curiosité que par l'amour. L'argent, il ne disait pas non, il lui permettrait de lui offrir tout ce qu'elle souhaiterait avoir. Quitte à devenir pauvre en lui offrant tout, il le ferait. De plus, il avait déjà connu la pauvreté. Même s'il ne s'en souvenait que par légères bribes. Avant de partir, il était tombé sur un journal. Il était toujours curieux et, voulant s'isoler alors qu'Elayne se faisait une nouvelle fois disputer, il était tombé dessus et n'avait pas résisté. C'était un vieux journal à la couverture de cuir craquelée et aux pages commençant à jaunir, mais il l'avait ouvert délicatement. Il avait commencé à lire, reconnaissant l'écriture de sa mère. Chaque page contenait une journée. Lorsque son père avait disparu…il avait tout lu, les larmes aux yeux en apprenant ce que sa mère avait affronté. Les émotions transparaissaient du journal, malgré les années, et c'était comme s'il l'avait vécu en même temps que le lire. Les images s'étaient formées sur sa rétine, voyant sa mère les élever, lui et sa sœur, sans leur père, subissant les coups de sa grand-mère la tête haute et leur offrant tout ce qu'ils méritaient d'avoir. Il s'était entendu réclamer les bisous de son père lorsqu'elle l'avait écrit. Trois ans…maintenant il imaginait encore mieux ce qu'elle avait du ressentir. Jamais il ne survivrait si Vaë venait à disparaître. Jamais…

D'ailleurs elle se recula de lui, caressa ses larmes d'un revers de main et dit :

-Mais le plus beau cadeau que les dieux ont pu me faire, c’est toi.

Il se sentit rougir, rangeant le souvenir dans sa tête, ne voulant pas être rongé par cela pour le moment. Elle aussi était un cadeau tombé du ciel. Un cadeau divin, doré et brillant, qui jamais ne se tarirait. Elle était entouré d'une aura pure que lui seule voyait. Elle revint se blottir contre lui et il sentit qu'elle tentait de faire le tour de sa taille de ses bras, mais elle n'y parvenait pas, étant trop petite. Il la serra contre lui, réduisant la distance entre leurs corps, lui permettant de lier ses mains derrière son dos.
Ils restèrent ainsi longtemps, profitant de l'odeur et de la chaleur de l'autre. Liam avait collé sa tête contre l'épaule de la jeune femme et avait fermé les yeux, attentif malgré tout au cas où. Elle était si belle…

Ils durent tout de même mettre fin à leur étreinte lorsqu'il entendit le ventre de Vaë réclamer sa pitance du soir. Ils se relevèrent et Liam prit les sacs dans une main, empêchant une nouvelle fois sa rose de les porter, et la main de la jeune femme dans la seconde, la reconduisant vers l'auberge.
Ils grimpèrent les escaliers et Liam ouvrit la porte, Meeko les saluant joyeusement. Le repas les attendait déjà et ils s'installèrent pour manger. Liam ne put se retenir de rire en voyant la jeune femme manger avec les doigts, la sauce dégoulinante entre ses mains pour s'étaler sur son menton et sa chemise. Lorsqu'elle le remarqua, elle soupira et se releva, agrippant une chemises du chevalier et alla se camoufler derrière le paravent pour se changer.
Lorsqu'elle revint, il avait terminé et avait mis le plateau dehors. Ils s'allongèrent sur le matelas, Liam ayant mis un bras autour des épaules de la jeune femme qui s'amusait à comparer la taille de leurs mains respectives. Liam la serra dans la sienne et la fît rire parce que sa grosse main cachait entièrement celle de Vaë !

Il lui demanda ensuite de lui parler un peu de ses parents, de sa tribu et de sa vie, là-haut dans les montagnes. Elle lui parla longuement, décrivant tout les yeux fixés sur le plafond, comme si elle revoyait les images en même temps. Ses parents avaient l'air gentils…ses frères aussi…TOUS ses frères ! Leur mode de vie était bien plus "primaire" qu'ici en ville, mais ils connaissaient toutes les règles de savoir-vivre et de politesse que bon nombre d'hommes avaient oublié ici bas…

Ils finirent par s'endormir, la tête de la jeune femme calée contre son torse.

Au milieu de la nuit, Liam se tourna de côté et fronça les sourcils. Sa main touchait du vide sur le matelas, là ou la jeune femme devrait être. Et il sentait un léger vent caresser sa peau. Il ouvrit les yeux, inquiet, et se redressa. Il vit Vaë postée à la fenêtre, se retournant vers lui. Il la regarda, attendant qu'elle lui dise ce qu'il se passait, mais elle revint vers lui, se coucha à ses côtés en lui assurant que tout allait bien. Pourquoi ne la croyait-il pas totalement ?

Trois jours plus tard, Liam sortait en compagnie de Vaë pour poursuivre leur visite. Cela faisait trois jours maintenant qu'ils vagabondaient dans les rues, qu'il achetait ce que Vaë désirait, qu'ils chevauchaient Nocturne pour visiter les alentours de la ville et qu'ils profitaient d'être juste eux, tranquilles. S'il savait à quel point il se trompait déjà là…

La jeune femme portait les vêtements achetés chez le tailleur et même si elle ne semblait pas encore tout à fait à l'aise, ils lui allaient à merveille, mettant en avant ses cheveux et sa peau de neige. Ils commencèrent à marcher, mangeant un croissant en même temps, lorsqu'un chariot débarqua en trombe et se stoppa net à quelques centimètres devant eux. Vaë s'était précipitée derrière lui, apeurée, et il sentait ses mains serrer sa chemise dans son dos. Le soleil brillait et il faisait assez chaud pour se passer des gros manteaux. Son épée était bien sûr entre ses épaules et il rassura Vaë en fronçant les sourcils. Le cocher descendit et hurla :

-UN MÉDECIN ! IL NOUS FAUT UN MÉDECIN ! VITE !

Liam leva la tête et entraîna la jeune femme avec lui vers l'homme qui paniquait.

-Un médecin ? Pour qui ?

L'homme le regarda, la sueur perlant sur son front, les yeux fous.

-On…on est tombé sur un massacre il y a trois jours…on comptait dévaliser les corps mais il y en avait un encore en vie…alors on l'a ramené mais il est grièvement blessé…

-Emmenez-nous jusqu'à lui.

L'homme hocha la tête et contourna le chariot. Liam savait que Vaë était un médecin. Pas au sens propre du terme, mais elle savait soigner, et ses plantes ne la quittaient jamais d'une semelle. Sa jambe s'était aussi rétablie malgré la marque. Alors si elle avait pu faire ce miracle, elle parviendrait à soigner l'homme.

Il monta dans le chariot et agrippa les mains de Vaë, la soulevant de terre pour la poser à ses côtés. Elle était si légère aussi… Ils approchèrent du blessé, emmitouflé dans une couverture, grelottant de fièvre. Une lanterne était accrochée à un coin du chariot et éclairait son visage…

Liam déglutit. Le père de Vaë ! L'homme était pâle, d'une pâleur cadavérique, du sang s'échappant de sa bouche à chaque fois qu'il respirait. Il sentit Vaë se jeter à genoux à ses côtés et il s'accroupit lorsqu'elle retira le tissu de sa plaie. Une énorme blessure se trouvait sur sa poitrine, un immense trou transformé en geyser de sang. Il mit une main sur l'épaule de Vaë, secouée de tremblements.

-Puis-je faire quelque chose ?

Il avait murmuré et elle hocha la tête négativement. Alors il serra son épaule et la laissa seule pour soigner son père, ressortant du chariot. Il se posta devant et entreprit d'éloigner tous les curieux qui s'étaient amassés sur la place. Le cocher revint et Liam lui demanda :

-A quoi ressemblaient les cadavres ?

-Un peu dans le même genre que lui…des fourrures, un teint pâle…jamais vu d'hommes pareils moi…

Liam déglutit. Il n'osait pas imaginer ce que son esprit lui envoyait. La tribu de Vaë…mais qui ? Et pourquoi ? Peut-être que son père lui dirait quelque chose…Il se cala contre le chariot, croisant ses bras sur sa poitrine pour éviter de trembler. Les minutes s'égrenèrent, longues, interminables, jusqu'à ce qu'un cri se fasse entendre.

Un cri qui figea tout le monde. Qui glaça le sang de chaque personne présente et qui résonna longtemps après son extinction.

Le sang de Liam ne fît qu'un tour et il sauta souplement dans le chariot, s'approchant de Vaë qui était à moitié couchée sur son père, pleurant à chaudes larmes, barbouillée de sang. Il s'approcha et ce son pressentiment devint certitude.

Le père de Vaë contemplait sa fille, sans pour autant la voir. Jamais plus il ne verrait. Liam s'agenouilla lentement et ferma les yeux du défunt en tremblant, murmurant une prière pour qu'il repose en paix.
Puis il s'assit derrière Vaë et la prit par la taille, l'éloignant lentement de son père. Elle résista, ne voulant pas le lâcher, mais il la força en douceur, la plaquant contre lui, la laissant pleurer toutes les larmes de son corps contre son épaule. Il la mit sur ses genoux, une main derrière sa nuque alors qu'elle avait le visage enfoui dans son cou et pleurait. Elle était secouée par les sanglots, martelant parfois sa poitrine de faibles coups de poings. Son visage, ses mains, ses vêtements étaient remplis de sang, ses cheveux étaient en bataille et Liam la serra contre lui, murmurant des "chut….chut…calme-toi…".

Même s'il savait qu'elle ne pourrait pas se calmer en un claquement de doigt. Son père venait de mourir devant elle, impuissante à le soigner. Elle venait de perdre un être cher à ses yeux. Liam fixait le cadavre tout en consolant Vaë, assemblant les pièces du puzzle lentement. Ce devait être forcément lié à la fuite de la jeune femme, à son refus d'épouser l'autre prétentieux et de l'aimer lui. Tout devait être relié, assurément. Et Liam se sentit affreusement coupable. D'un côté, à cause de lui la tribu de Vaë venait de périr violemment. Même si c'était parce qu'au départ elle avait fuit, il n'avait fait qu'envenimer la situation.

Les minutes passèrent dans un silence de mort, Vaë se calmant peu à peu dans ses bras. Maintenant, sa chemise était tout autant trempée que la sienne, mais il s'en fichait royalement. Il murmura :

-Raconte-moi tout…

Il savait que son père lui avait dit quelque chose. Lui avait-il tout dit ? Lui avait-il dit pourquoi il s'était fait blessé ? Lui avait-il dit pour sa tribu ? Si oui, comment allait-il faire pour l'aider ? Comment la réconforter dans un moment pareil ? Il se sentit alors impuissant, mais son cœur lui envoya des signes.

Il allait le faire payer à tous ceux qui avaient osé tuer la famille, la tribu de sa rose. Il allait passer au fil de l'épée chaque homme qui avait pris les armes contre les siens. Il allait faire couler le sang, même si cela ne ferait pas revenir les morts. Et il le ferait, quitte à mourir. Il ne permettrait pas que des êtres immondes respirent alors qu'ils avaient massacrés une tribu entière. Liam s'en fît la promesse. Il mettrait Vaë en sûreté, et partirait en quête de ses hommes perfides. Et il ne reviendrait qu'une fois sa tâche accomplie ou ne reviendrait plus du tout.
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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Ven 23 Nov 2012 - 20:43

Repose en paix ... papa

Comprenant que Liam n’en était très convaincu par sa réponse, Vaë lui offrit un sourire et enfouit son visage dans le cou du jeune homme puis ferma les yeux. Son cœur battait toujours aussi rapidement et son mauvais pressentiment ne diminuait aucunement. Au contraire, il s’accentuait. Le lendemain matin, la druidesse se réveilla avec le même sentiment de mal-être qui s’intensifiait. Ce fut ainsi les jours suivants et même pendant qu’ils visitaient la ville. Ses pensées se faisaient lointaines par moment. La seule réelle fois où elle fut comme un enfant devant une étale de jouet, ce fut lorsqu’elle se retrouva devant la boutique de l’herboriste où elle put y faire ses provisions avec l’aide de Liam. À chaque coup elle se sentait mal à l’aise, lui promettant de l’aider dès qu’elle le pourrait, mais il lui assurait que ça lui faisait plus que plaisir.

Trois journées s’écoulèrent et le duo ne faisait que se reposer. La jeune femme marchait aux côtés de Liam, tenant fermement sa main lorsqu’un étranger se faisait trop près d’elle et tentait d’apprivoiser ses habits par la même occasion. Vaë ne se sentait pas totalement confortable dans ce genre de vêtement qui se trouvait à être plus ajusté au corps que ceux dont elle avait l’habitude de porte. Soudainement, un chariot arriva à vive allure et s’arrêta non loin d’eux, faisant sursauter Vaënadiel qui échappa sa pâtisserie au sol. Elle alla se cacher derrière le chevalier et serra ses vêtements d’une poigne de fer, tassant quelque peu sa tête pour pouvoir observer la scène. Celui qui menait le chariot descendit d’un saut et un autre sortit de la roulotte de fortune. L’un d’eux se mit alors à hurler :

‘‘ UN MÉDECIN ! IL NOUS FAUT UN MÉDECIN ! VITE ! ‘‘

L’homme pivotait de tous les côtés possibles, une foule se massant autour d’eux alors que les chuchotis commencèrent à se faire entendre. Cependant, personne ne bronchait ou ne portait leur aide. Liam s’avança, entraîna la druidesse avec lui et demanda :

‘‘ Un médecin ? Pour qui ? ‘‘

Le concerné tourna des yeux fous vers Liam, cernés par ces trois jours de chevauchée sans sommeil. Il s’approcha vivement de lui, portant son regard sur lui et ensuite sur Vaë qui retourna derrière son protecteur. Son cœur commençait à battre la chamade comme jamais lorsqu’elle sentit ... l’odeur du sang. Levant ses yeux aqua vers l’homme, son visage prit un air inquiet et l’écouta.

‘‘ On…on est tombé sur un massacre il y a trois jours…on comptait dévaliser les corps, mais il y en avait un encore en vie…alors, on l’a ramené, mais il est grièvement blessé… ‘‘

Un ... un massacre ? Trois jours ? Cela faisait depuis trois jours qu’elle se sentait horriblement mal et qu’elle avait senti cette odeur de mort de par la présence du vent. Soudainement, Vaë redoutait le pire et ses mains relâchèrent la chemise de Liam pour finalement se mettre en vue.

‘‘ Emmenez-nous jusqu’à lui. ‘‘

Le conducteur du chariot les mena jusqu’à son moyen de transport en faisait le contour afin qu’ils puissent rejoindre l’ouverture arrière. Montant le premier, Liam prit ses mains et fit grimper Vaë avec une extrême facilité. S’approchant du blessé. La jeune femme entendait sa respiration profonde et étouffée. Sa gorge se serra et le rythme de ses battements s’intensifiait de plus en plus. La lanterne aux côtés de celui-ci éclairait faiblement son visage et Vaë se sentit blêmir aussitôt. Il était d’un pâle cadavérique, son front perlant de sueur dû à une forte fièvre. Ses lèvres étaient bleues et un filament pourpre s’écoulait de sa bouche. D’un mouvement vif, la druidesse se jeta à ses côtés en panique alors qu’elle prenait déjà sa sacoche pour en sortir les herbes. Ses mains tremblaient et elle tira enfin la couverture pour voir une plaie béante sur son torse.

‘‘ Non ... non ! Papa ! Papa ! ...Parle-moi, je t’en prie ...‘‘

Mais Dorguan ne réagit que très faiblement lorsqu’il entendit la voix de sa fille parvenir à ses oreilles. Les dieux avaient exaucé son dernier souhait; celui de parler une dernière fois à sa chère enfant une dernière fois avant sa mort. La main de Liam se posa alors sur son épaule pendant que les tremblements la secouaient. Il demanda, dans un murmure :

‘‘ Puis-je faire quelque chose ? ‘‘

Vaënadiel avait secoué la tête d’un mouvement machinal alors qu’elle approchait ses mains de la blessure de son père. Il les laissa seuls et la jeune femme tenta de se mettre au travail, sentant les larmes qui montaient dans ses yeux. Elle savait qu’elle ne parviendrait pas à le sauver. Sa blessure transperçait sa chair et son poumon gauche était probablement fichu. Elle ne savait pas guérir par la magie... à son plus grand malheur. Sortant sa pommade, Vaënadiel allait en appliquer sur ses mains lorsqu’elle sentit quelque chose de froid autour de son poignet droit.

‘‘ Ne ... me soigne ... pas ... c’est ... inutile ... tu le sais ... bien. ‘‘ Souffla Dorguan avec difficulté, chaque mot lui demandant un effort considérable.

‘‘ Laisse-moi essayer ! Laisse-moi... papa ... ‘‘

Elle abandonna, laissant tomber le flacon au sol pour prendre la main de son père dans les siennes. Ses larmes commençaient à couler sur ses joues de porcelaine et elle planta son regard dans celui de la personne qui l’avait élevé. Dorguan lui offrit un faible sourire et inspirant profondément, ce mouvement lui arrachant une horrible grimace. Il lui fit signe de s’approcher de lui et elle posa un baiser sur son front fiévreux alors qu’elle retenait ses sanglots avec difficulté.

‘‘ ... Arled ... La tribu ... ils ... sont presque ... tous ... mort ... Il ... nous a ... piégé ...‘‘

Le chef de la tribu Kawa, Arled. C’était donc lui l’auteur de tout ceci ... pourquoi ne l’avait-elle pas réalisé avant ?! Ils étaient tous de mèche ... c’était trop étrange qu’ils redeviennent ainsi alliés après des années de tensions et de guerre de territoires. Le salaud ... il avait osé lever la main sur les siens. Fermant les yeux un long moment puis les rouvrit et caressa la joue de sa fille.

‘‘ N’y retourne ...pas ... je t’en ... prie ... Ne ... t’éloigne ... pas ... de lui ... ‘‘

La druidesse secoua la tête et ferma les yeux en serrant les dents. De nouvelles larmes coulèrent sur ses joues et le torrent ne s’arrêta pas. Elle sentait les forces de son père l’abandonner ... il ne restait que quelques secondes.

‘‘ Je ... suis ...fier ... de toi... Vaë... je t’aime ... ma fille ... mon ... trésor ... ‘‘

Gardant sa main sur la joue de sa fille, Dorguan lui offrit un nouveau sourire et toussota avant de lui faire entendre sa voix pour une dernière fois.

‘‘ ... Soit ... heureuse ... profite ... de ... ce que ... la ... vie ... te donnera. ‘‘

‘‘ Papa ... papa ? Papa ?! ‘‘

Dorguan poussa son dernier soupir et quitta le monde des vivants en souriant à sa fille. Vaë le secoua à quelques reprises, touchant sa blessure et le secouait de nouveau avec plus de force. Se laissant tomber sur son fessier, ses pieds de chaque côté d’elle, la druidesse le regarda les yeux ronds et son souffle se coupa. Son cœur fit un bond lorsqu’elle sentit sa gorge se serrer et son ventre se tordre. Provenant du plus profond de son âme, Vaënadiel hurla sa douleur jusqu’à ce que l’air disparaisse de ses poumons et que plus aucun son ne sorte de sa bouche. Inspirant profondément, elle éclata en sanglot, hoquetant et secouée de tremblements. Son corps tomba sur celui maintenant inerte de son père, voulant sentir une dernière fois sa chaleur et ses paupières se fermèrent alors qu’elle se refermait sur elle-même. Jamais elle n’avait senti la présence de Liam à ses côtés ... jamais. Jusqu’à ce qu’elle se sente tirer de l’arrière alors qu’on voulait l’éloigner du membre de sa famille qui lui avait tout enseigné de la vie.

‘‘ NON ! ‘‘ Hurla t-elle entre deux hoquets.

Mais elle finit par se laisser faire et lâcha le corps devenant froid de Dorguan. Son visage se colla aussitôt sur l’épaule de Liam, serrant sa chemise du plus fort qu’elle pouvait alors qu’elle criait et pleurait. Ses poings cognaient de temps à autre contre son torse. Rien à faire ... rien ne pouvait la consoler et son visage se glissa dans son cou. Même, ses murmures doux et réconfortant ne serviraient à rien. Sa douleur était bien trop profonde.

La mort de son père, de ses semblables, tout ça était de sa faute ... SA faute ! Si elle n’avait pas fui sa tribu en n’ayant pensé qu’à elle, Dorguan serait peut-être encore vivant aujourd’hui. Jamais Vaënadiel ne s’était autant haï qu’en ce moment, regrettant de vivre ... regrettant de respirer.

Ses sanglots finirent par s’apaiser après un long moment. Liam murmurait à son oreille alors qu’elle tentait de reprendre une respiration normale, sa poitrine se soulevant rapidement sous ses vêtements.

‘‘ Raconte-moi tout… ‘‘

Vaënadiel ne bougea pas d’un poil, ses doigts la faisant souffrir tout comme son cœur qui hurlait sa douleur. Les paupières fermées, la druidesse laissa échapper dans un souffle :

‘‘ Les Kawa ... ils ont attaqué ... les miens ... ‘‘

Ce furent les seules paroles qu’elle dit avant qu’elle ne se redresse maladroitement en se détachant de Liam. Elle ne le regarda pas et quitta le chariot, cachant ses yeux du soleil qui l’aveuglait.

‘‘ Madame ..., nous sommes navrés ... que pouvons-nous faire ? ‘‘

‘‘ ... l’enterrer ... ‘‘ Souffla-t-elle sur un ton sans vie.

N’attendant après personne, elle s’éloigna comme une âme en peine en direction de l’auberge alors que les regards se posaient sur elle, couverte de sang. Du sang de son propre père ... qu’elle ne reverrait plus jamais. Elle se jura de le venger et d’aider les survivants, même si elle devait y laisser sa peau. Seule, elle entra dans la chambre et s’agenouilla machinalement devant la baignoire pour se faire couler un bain et entra dans l’eau sans prendre la peine d’enlever ses vêtements, colorant automatiquement l’eau d’un liquide rougeâtre. Ses yeux aqua fixaient un point invisible devant elle alors que toute lueur avait disparu ...
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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Ven 23 Nov 2012 - 21:59


Vaë prit quelques secondes avant de répondre, entre deux sanglots :

- Les Kawa ... ils ont attaqué ... les miens ...

Liam ferma et rouvrit les yeux. Kawa…la tribu de son fiancé ? Il déglutit, ce sentant mal pour elle. Pour ce qu'elle devait ressentir. Il se mit à sa place, pour mieux comprendre, alors qu'elle sanglotait toujours. Si elle n'avait pas fuit au départ, sa tribu serait encore en vie, tout comme son père…mais elle n'avait pas pensé que cela irait jusque là…et lui qui avait mis des bâtons dans les roues, envenimant et accélérant la chose…

Elle se redressa soudain, se dégageant de lui et sortant du chariot, sans un regard. Son cœur se serra dans sa poitrine alors qu'il entendait :

-Madame ..., nous sommes navrés ... que pouvons-nous faire ?

Il n'entendit pas la réponse de sa rose, trop faible, mais il savait ce qu'elle souhaitait. Une sépulture pour recueillir son père. Oui mais…ils avaient peut-être des méthodes différentes pour envoyer leurs morts chez les Dieux…ils avaient peut-être des rituels spéciaux…
Liam se releva, contrôlant son tremblement. Il sortit, ébloui par le soleil et chercha Vaë du regard. Si elle pouvait juste lui dire pour les rituels…mais trop tard. Il ne la voyait plus, s'inquiétait lorsque la dame vint vers lui, posant son bras sur le sien en disant :

-Elle est retournée à l'auberge je l'aie vue y entrer. C'était de la famille je présume ?

-Son père…

La femme murmura un "oh, je suis désolée" et retourna auprès des siens, interrogateurs. Liam serra les poings, seuls devant le chariot. Le cœur lourd, il chercha une pelle et demanda à pouvoir emprunter le chariot, promettant de le rendre et lui donnant pour gage de l'argent. Il monta à la place du cocher et fît faire un demi-tour aux chevaux, les faisant trotter pour sortir de la ville. Il ne voulait pas la laisser trop longtemps seule, qui sait ce qu'elle pouvait faire dans son état…Son cœur se serrait dans sa poitrine alors qu'il revoyait le visage anéanti de Vaë, qu'il la revoyait s'éloigner de lui sans un regard. Il la faisait déjà souffrir alors qu'ils commençaient à peine à s'aimer…
La moindre des choses étaient qu'il enterre son père dignement et dans un lieu propice au repos de la mort. Il s'arrêta dans la forêt, perdu au milieu des arbres, descendit et prit la pelle en main. Le soleil tapait bien, mais les arbres adoucissaient la chaleur. Il creusait, creusait, trempé par la sueur, sa chemise collant à sa peau, mais il s'en fichait.

S'il n'avait pas été là, l'homme qu'il s'apprêtait à enterrer aurait ramené sa fille chez lui. Certes ils en auraient souffert par après au vu des desseins du fiancé, mais il l'aurait ramenée. Avec un peu de chance, elle aurait pu lui parler et éviter le mariage…

Mais il avait joué les héros et l'avait secourue, pensant à une agression. Et maintenant, la moitié de sa tribu, de sa famille, son père, étaient morts. Il était en colère. En colère contre lui. En colère contre cette injustice.
Mais il pleurait en même temps. Pleurait de chagrin, pleurait de culpabilité, pleurait au souvenir du hurlement de Vaë lui déchirant l'âme en deux comme une simple feuille de papier.

Essuyant son front du revers de la main, il jugea que la tombe était assez profonde. Il retourna alors au chariot, grimpa à l'arrière, mit la couverture de telle sorte qu'elle se transforme en linceul et prit le corps dans ses bras. Il devenait déjà rigide et était froid. Aussi Liam se dépêcha-t-il avant de briser un os malencontreusement. Il avait assez fait déjà pour rajouter ça.
Déposant le défunt doucement, avec délicatesse, Liam sortit de la tombe, regardant la forme du corps à travers le tissu.

-Je…je suis désolé…je…je la protégerais et la défendrais jusqu'à ma mort monsieur. Je ferais en sorte que la vôtre n'ait pas été inutile. Puisse les Dieux vous être miséricordieux et vous apporter le repos éternel…

Pleurant, Liam reprit sa pelle et recouvrit le corps avec la terre, jusqu'à reboucher le trou. Ensuite il alla chercher des fleurs sauvages qui poussaient non loin de là, en fit un bouquet et le déposa sur la terre fraîche. Avisant une grosse pierre plate, il sortit sa dague, s'accroupit et commença à graver. Cela lui prit des heures, le soleil avait largement dépassé son zénith lorsqu'il eut finit et son inquiétude grandissait à l'idée de savoir Vaë seule à l'auberge avec toute sa peine et il accéléra le rythme.
Il planta la stèle dans la terre et la regarda de loin. Il n'avait pas pu mettre de nom, ne le connaissant pas malheureusement.

Puis il se réinstalla sur le devant du chariot et talonna les chevaux, les faisant partir au galop pour rejoindre sa rose qui pleurait toutes les larmes de son corps.

Le soleil frappa alors la pierre. Dessus on pouvait lire :

"Ici repose un homme vaillant et droit, mort en protégeant les siens."

Arrivé à l'auberge, Liam rendit le chariot à ses propriétaires en les remerciant rapidement avant de s'engouffrer dans la salle commune et de gravir les marches quatre à quatre. C'était la fin de l'après-midi, il avait mit bien plus de temps que prévu et espérait qu'elle soit toujours là. Qu'elle ne soit pas partie.

Il entra dans la chambre, le cœur battant la chamade. Il fît le tour de la pièce des yeux, jusqu'à ce qu'il la voie sur le lit. Aussi immobile que si elle était morte. Ses habits étaient mouillés, devenant transparents et laissant voir son corps malgré le sang incrusté dans le tissu. Elle avait les bras le long de son corps et fixait le plafond d'un air…mort. Réellement mort.

Il déglutit, fermant la porte lentement et s'approchant. Elle ne semblait pas l'avoir remarqué et il ne savait pas quoi faire. Ses cheveux collaient à son cou et son collier avait basculé contre le matelas. Il s'assit délicatement à ses côtés, lui prenant une main. Il…il n'osait pas la prendre dans ses bras. Peut-être le repousserait-elle. Peut-être le tiendrait-elle responsable autant qu'elle dans tout sa et ne voudrait plus le voir…

Elle ne retira pas sa main mais cela ne l'encouragea tout de même pas à la serrer contre lui. Il caressa sa main mouillée avec son pouce, se tournant pour la regarder. Sur ses joues se voyaient les traces des larmes, ses yeux humides prêts à en libérer une nouvelle salve.

De son autre main, il les essuya alors qu'elles commençaient à glisser sur sa peau, tremblant, silencieux.

Il n'y avait plus rien dans ses yeux, mis à part de la tristesse incommensurable. Plus de petite lumière étoilée, plus de reflet aquatique, plus d'amour, de joie, de curiosité, rien. Tout s'était éteint en même temps que le souffle de son père.
Il se sentait mal, impuissant de la voir ainsi sans pouvoir rien faire de plus que lui caresser la main, mal d'être une cause de tout ceci, mal de la voir souffrir tellement.

Il s'était juré de ne jamais lui faire de mal. Juré de ne jamais laisser s'éteindre la brillance de ses yeux. Et là…trois jours après sa promesse, il avait déjà échoué.

Qu'aurait fait son père à sa place ? Qu'aurait-il dit pour remonter le moral de sa bien-aimée ? Il ne savait pas. Ne l'avait jamais interrogé sur ce genre de situation, persuadé que cela n'arriverait pas.

-Vaë…il…il repose en paix maintenant…je…je suis désolé…

Il se sentait maladroit et avait l'impression d'empirer les choses à chaque mot qui sortait de sa stupide bouche.

-J'aurais du te raccompagner chez les tiens…il serait toujours là…ils seraient tous encore là…ne te sens pas coupable…tu n'avais pas pensé que cela se passerait ainsi…je…

Il baissa la tête, ne pouvant plus regarder les yeux morts de sa compagne. Il acheva dans un murmure, les larmes aux yeux :

-Je n'aurais pas dû les empêcher de te ramener…tu aurais pu lui parler et annuler ce mariage avec les mots et non dans un bain de sang…excuse-moi…

Il se sentait mal, se doutait que ce devait être dur pour elle aussi. Il voulait la ramener chez elle. Mais justement, ou ? Sa tribu était morte, elle n'avait plus de foyer à proprement parlé.

-Mais…je ne vais pas t'abandonner Vaë…je suis là si…si tu veux hurler, pleurer, me frapper pour déverser ta douleur, tu peux…fais ce que tu veux de moi…

Même si elle frappait son torse, il ne sentirait rien alors elle pouvait. Tout ce qu'il souhaitait, c'était l'aider. Raviver une petite flamme dans ses yeux, même minime. Elle était brisée…et il ne le supportait pas…

Mais au fond de lui, le sentiment de haine était toujours là. Au fond de lui, il savait qu'un jour, il tuerait ceux qui avaient causé la blessure intérieure de sa rose qui était loin de lui. Il le sentait, elle n'était pas totalement présente dans la pièce.
Elle était ailleurs…il ne savait même pas si elle l'avait entendu ou même si elle le reconnaissait. Si elle sentait sa caresse sur sa main ou non. Peut-être ne voulait-elle pas de lui et n'arrivait pas à trouver la force de le virer.

C'était bien la première fois qu'il sentait son cœur si serré qu'il en avait du mal à respirer. Il avait les larmes aux yeux mais les contenait, pour ne pas l'affliger encore plus. Il devait être fort et l'épauler. La soutenir et l'aider à surmonter. Jamais il ne la quitterait. Il allait l'emmener chez ses parents à Beolan et repartirait, sûr qu'elle était en sécurité. Il retournerait dans les montagnes et traquerait les Kawa, les tuant un à un.

Mais pour l'heure…Vaë était sa priorité jusqu'à ce qu'ils arrivent à Beolan.

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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 24 Nov 2012 - 1:29

Fuite nocturne

L’eau se refroidissait autour d’elle, seule chose qui la força à se tirer hors de la baignoire sans prendre le temps de s’essuyer convenablement. Ses pas la menèrent jusqu’au lit où elle se laissa tomber à plat ventre pour ensuite se tourner sur le dos. Ses cheveux lui collaient sur la peau et sur ses vêtements trempés alors qu’elle fermait les yeux pour ne les rouvrir qu’une heure plus tard. Elle était là, seule dans la pièce à se morfondre sur la mort récente de son père. Ses idées n’étaient plus claires, mais Vaë réfléchissait à une manière de le venger. À comment faire pour se rendre jusqu’à Arled ... seule ... elle se devait d’y aller seule. Liam avait été malencontreusement mêlé à tout ça par sa faute et il ne fallait pas qu’il en subisse les contre coups. La seule manière était de s’enfuir pour une seconde fois, et pas pour la même raison que la première était de le faire à son insu. Le problème était qu’il ne dormirait certainement pas tant et aussi longtemps qu’il n’était pas certain que son état s’améliorait. Or, cette blessure psychique mettrait du temps à se refermer et elle doutait que le reste de sa famille soit en sécurité en ce moment, n’arrangeant pas les choses. Comment pouvait-elle le quitter sans qu’il ne l’en empêche ? Vaënadiel s’asseya et regarda la pièce lentement jusqu’à ce que son regard mort se pose sur sa sacoche d’herbes; un somnifère.

Juste à cette pensée, la druidesse déglutit, mais c’était le seul moyen pour ne pas que Liam lui mette de bâtons dans les roues ou la suive contre son gré. Poussant un profond soupir, elle se leva, alla sortir le sachet en question et le cacha dans sa manche. De toute manière, le repas finirait bien par arriver et elle devrait se forcer à avaler quelque chose pour qu’il en fasse autant. Son plan était simple: d’abord, elle devrait se lever elle-même pour aller chercher leur repas et faire passer l’herbe pillée et séchée pour un assaisonnement puis deuxièmement, picorer son assiette sans toucher à l’endroit où se trouverait les herbes. Retournant le lit, Vaë se noya de nouveau dans sa bulle et laissa ses yeux exprimer leur tristesse.

Quelques heures s’écoulèrent avant que la porte ne s’ouvre et qu’elle ne sente une présence à ses côtés. Une de ses mains se soulevant des draps humides et sentis la douce caresse du pouce de celui-ci contre sa peau. Sentir son toucher lui faisait du bien, mais ce n’était pas assez pour masquer sa douleur. En temps normal, Vaë aurait tourné les yeux vers lui et lui aurait fait un doux sourire, mais en ce moment c’était au dessus de ses capacités, car son regard ne daignait toujours pas se poser sur lui. Avait-elle honte de croiser son regard ? Elle ne le savait pas, mais elle se sentait rongée de l’intérieur, sachant que les siens n’étaient plus à l’abri et que beaucoup avait péri pour un choix égoïste qu’elle avait fait. De nouvelles larmes brouillaient son regard et elles suivirent le sillon de celles qui avaient passé avant alors que son amoureux les essuyait délicatement. Un silence pesant régnait autour d’eux. Un silence que l’homme brisa d’un timbre de voix bas et doux.

‘‘ Vaë…il…il repose en paix maintenant…je…je suis désolé…J’aurais du te raccompagner chez les tiens…il serait toujours là…ils seraient tous encore là…ne te sens pas coupable…tu n’avais pas pensé que cela se passerait ainsi…je… ‘‘

En était-il si certain ? Même si elle était restée là bas ou avait suivi Dorguan et Dryell plusieurs jours auparavant, qu’est-ce qui lui aurait garanti que leur vie aurait continué de bons trains? Les Kawa avaient un objectif bien en vue ... et Liam baissa la tête alors que Vaënadiel tourna la sienne vers lui.

‘‘ Je n’aurais pas dû les empêcher de te ramener…tu aurais pu lui parler et annuler ce mariage avec les mots et non dans un bain de sang…excuse-moi… ‘‘

Un mariage ? Elle ne comprit pas ce que c’était, mais pour la suite, il avait tort. Rien n’aurait pu être annulé sans éviter une embrouille entre les deux clans. C’était inévitable et elle l’avait senti. C’était maintenant ancré dans sa chaire. Et pourquoi s’excusait-il ? Il n’avait rien fait mis à part lui apporter son aide. Après tout, n’était-ce pas elle qui avait appelé au secours la première journée, celle de leur rencontre ?

‘‘ Mais…je ne vais pas t’abandonner Vaë…je suis là si…si tu veux hurler, pleurer, me frapper pour déverser ta douleur, tu peux…fais ce que tu veux de moi… ‘‘

Ses sourcils se froncèrent brusquement, mais elle ne bougea pas dans l’immédiat. Comment pourrait-elle se résoudre à se servir de lui comme souffre-douleur ? Mais qu’est-ce qu’il racontait là ! Elle savait qu’elle pouvait compter sur lui, là maintenant plus que jamais. C’est elle qui se gardait recluse pour ne pas partager son deuil, son lourd fardeau.

Son fardeau ... à elle seule.

Se redressant lentement sur ses coudes, Vaënadiel s’asseya et se leva sur ses genoux pour enfin s’approcher de lui. Ses bras entourèrent le cou de Liam alors que son corps se collait au sien afin de chercher sa chaleur, se rendant juste compte qu’elle était complètement gelée. L’idiote qui avait gardé ses vêtements dans son bain et qui ne les avait toujours pas enlevés... Une main dans sa chevelure sombre, elle écarquilla ses doigts pour laisser quelques mèches s’y enrouler et colla sa tête contre la sienne en refermant son étreinte.

‘‘ Je ... ne te ferai rien, Liam ... tant que tu es là, que tu es sain et sauf ... ‘‘ Souffla-t-elle d’un murmure alors qu’elle s’asseya sur sa jambe droite sans pour autant le lâcher. '' Ça passera ... avec le temps ... ‘‘

Oui, peut-être ... mais ce serait long et le calvaire ne faisait que commencer. Pour l’heure, elle profita de cette étreinte qui serait peut-être sa dernière, de cette chaleur et ce doux parfum qu’elle ne pourrait plus sentir après cette nuit. Vaë se recula pour le regarder et colla son front contre le sien en poussa un long et profond soupir, ses sanglots ayant cessés pour le moment tant elle était épuisée.

On toqua à la porte et le coeur de la jeune femme sauta un coup. Un frisson la traversa de part en part alors qu’elle se faisait ronger par la culpabilité. Caressant la joue du jeune homme, Vaë se leva et alla ouvrir la porte. Se penchant pour prendre le plateau déposé au sol, la jeune femme sortit son sachet subtilement et saupoudra la viande de l’herbe finement hachée. Ainsi, elle ressemblait à des fines herbes servant à rehausser la saveur du met. Déjà, Vaënadiel s’en voulait, mais elle n’avait pas trouvé autre solution que de droguer le jeune homme pour fuir. Revenant vers le lit, elle déposa leur repas entre eux et s’asseya en croisant les jambes, mangeant seulement les pommes de terre, car la viande lui aurait de toute manière reviré l’estomac à l’envers. Liam picora dans son assiette et ne mangea que deux bouchées de sa viande, veillant à ce qu’elle se remplisse un peu l’estomac. D’ici une heure ou deux, le somnifère aurait le temps d’agir de manière naturelle et lente. Ainsi, Liam aurait un peu plus de mal à comprendre la cause de son sommeil. N’ayant guère faim, la jeune femme laissa le reste de côté et frissonna à cause de l’humidité de ses vêtements. Liam la força donc à se vêtir autrement et put jeter ces vêtements tachés par le sang parce qu’ils étaient déjà ruinés. Puis elle s’allongea, le chevalier en faisant de même. Ses doigts dessinaient doucement le contour de sa mâchoire en effleurant à peine sa peau puis elle serra sa main dans la sienne, la collant contre sa poitrine. Fermant les yeux, sans pour autant dormir, Vaë patienta et entendit Liam bâiller avant qu’il ne sombre dans un sommeil forcé.

‘‘ Pardonne-moi... ‘‘ Murmura t-elle en déposant un baiser sur ses lèvres avant de se tirer hors du lit.

Vaënadiel se changea de nouveau et prit sa sacoche avec elle après avoir attaché sa ceinture autour de sa taille. Elle enfila ses bottes puis se dirigea à toute vitesse vers la porte, jetant un dernier coup d’oeil à Liam qui dormait profondément. Meeko ne tarda pas à l’escalader pour se fondre autour de son cou. Ses pas descendirent l’escalier et la menèrent dans l’écurie où se trouvait Nocturne. Elle caressa son museau doucement et elle le prit par la bride pour l’entrainer à l’extérieur. Son pied se posa avec difficulté dans l’étrier, mais après trois essais Vaë réussit à monter sur la selle et partit au galop. Ses leçons d’équitation avaient été brèves, mais en regardant Liam agir avec le cheval, elle avait appris le nécessaire. Ce fut donc dans la noirceur que la druidesse laissa son futur pour se lancer à la poursuite de son passé, sans croire qu’elle pourrait y survivre.

Le coeur lourd et refoulant ses larmes, Vaënadiel s’élançait sur la route avec Nocturne pour guide. La route s’annonçait longue et déjà ses forces l’abandonnaient ... comment pouvait-elle penser venger son père, sa famille et sa tribu si elle n’avait aucune ressource pour se défendre. Elle était vraiment ... pitoyable. Arled l’écraserait d’un seul pied et elle ne serait pas mieux que le reste de Eira, mais si elle pouvait au moins négocier la liberté des survivants en se livrant, c’était déjà une bonne chose d’après elle.

Ainsi, faisant quelques pour pouvoir reprendre des forces et dormir un peu, la jeune femme arrivant enfin sur les lieux dudit massacre. Un frisson d’horreur la parcourut et elle descendit du dos de Nocturne en manquant se coincer le pied dans l’étrier. Même dans un état lamentable, sa maladresse restait.

Elle marcha, l’odeur de décomposition inondant les lieux la faisant frémir de dégout. Son pied droit accrocha quelque chose et elle hurla en voyant une tête ... mais pas n’importe laquelle; celle de son frère dont une année les distançait. Ses yeux avaient été arrachés par les charognards et les corps qui jonchaient le sol étaient à moitié mangés et décomposés. Son estomac fit un tour et elle vomit par terre en se pliant en deux. Voulant rester forte, elle renifla, ses yeux vitreux retenant une seconde fois à l’eau de son corps de s’échapper. Elle ne pouvait pas partir comme ça, en laissant les siens ainsi en proie aux animaux ! Et ils méritaient au moins qu’elle leur accorde cette attention après ce qu’elle leur avait fait. Ce fut à main nue qu’elle entreprit de creuser le sol pour enterrer leurs restes afin qu’ils puissent reposer en paix. Son frère fut le premier et lorsqu’il fut recouvert de terre, Vaënadiel posa une fleur sauvage dessus, ne pouvant retenir plus longtemps sa peine. Recroquevillée sur sa tombe, elle laissa aller ses pleurs puis se releva et continua son travail, et ce, même si la noirceur tombait et que ses mains n’en pouvaient plus. À bout de force, la druidesse s’adossa contre un arbre et se laissa glisser jusqu’au sol. Ses cheveux étaient en bataille et Meeko empirait leur cas en essayant de les aplatir avec ses petites pattes, roucoulant. Nocturne se coucha à ses côtés, voulant lui offrir un peu de chaleur qu’elle ne refusa pas d’ailleurs. Se callant contre son ventre, la jeune femme croisa ses bras sur sa poitrine pour se tenir au chaud et ferma les yeux tout en écoutant le coeur de la bête battre calmement. Liam lui manquait affreusement et elle espérait qu’il ne soit pas trop inquiet de sa disparition ... Il ne devait pas venir la rejoindre, absolument pas. Mais ... un peu plus loin, elle entendit le bruit des brindilles qui craquaient sous ses pas.

... un animal ?


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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 24 Nov 2012 - 10:46


Son cœur était toujours aussi serré alors que le silence se réinstallait tranquillement dans la pièce. Il forçait son cerveau à réfléchir, à trouver une solution, à trouver quelque chose d'utile à faire pour l'aider dans cette douloureuse épreuve, mais rien ne venait. Rien de rien.

Vaë se redressa alors sur ses coudes, se mettant à genoux sur le lit par la suite. Elle s'approcha de lui et entoura son cou de ses bras, son corps mouillé et froid se collant au sien, chaud. Il ferma les yeux alors qu'il sentait les doigts de la jeune femme s'entortiller dans ses cheveux, se collant à lui. Il referma ses bras autour de sa taille, l'enfermant dans une forteresse ou, il l'espérait, elle se sentirait un peu plus en sécurité et en paix qu'en-dehors. Il respirait son odeur, mélangée au sang et à l'eau du bain, il sentait ses frissons dus au froid, et il la serrait contre lui pour tenter de la réchauffer.

Elle se remit sur une jambe, sans lâcher son cou pour autant et murmura, sa voix faible et cassée par les événements :

- Je ... ne te ferai rien, Liam ... tant que tu es là, que tu es sain et sauf …Ça passera ... avec le temps ...

Il continua à la serrer contre lui, se disant que pour l'heure on s'en fichait pas mal de lui et de sa santé. Tout ce qui comptait c'était elle. Tout ce qu'il voulait, c'était l'aider à remonter la pente. A faire son deuil, à surmonter le choc. Il voulait tenter de lui rendre un sourire, il voulait tenter de raviver la flamme de son regard…mais il se doutait qu'il n'y parviendrait pas. Pas en un claquement de doigts, et pas tant qu'elle saurait que les siens étaient en danger et qu'elle se sentirait coupable de ce qui leur arrivait.

Il le sentait, se mettait à sa place. Elle s'en voulait et cela s'ajoutait à sa douleur déjà énorme. Elle se recula de lui, le regardant pour la première fois depuis le chariot dans les yeux, collant son front au sien en soupirant. Elle avait cessé de pleurer, et était épuisée. Front contre front, Liam plongea son regard dans celui océanique de sa compagne, tentant de lui transmettre sa force et son courage pour l'aider. Il était là, il ferait tout ce qu'il pouvait pour l'aider. Il resterait à ses côtés et la protégerait.

Des petits coups à la porte le firent revenir à la réalité et il n'eut pas le temps de réagir que Vaë se levait dans une dernière caresse à sa joue. Il la regarda ouvrir la porte et se pencher pour prendre le plateau-repas, serrant les poings en se sentant tellement impuissant.
Elle revint, posant le repas entre eux et picora quelques pommes de terre, ne touchant pas à la viande. Mais au moins elle mangeait. Liam prit quelques bouchées de viande, pour que son ventre ne grogne pas au milieu de la nuit et réveille la jeune femme. Parce qu'il était tellement contracté que la nourriture avait du mal à passer.

Lorsqu'ils eurent finit, Vaë frissonna et Liam lui dit gentiment d'aller se changer avant qu'elle n'attrape froid. Elle s'exécuta et il posa le plateau à l'extérieur, attendant qu'elle revienne. Lorsqu'elle fût prête, elle s'allongea sur le lit et il la rejoignit, la serrant contre son corps. Il la regardait alors qu'elle dessinait le contour de sa mâchoire, touchant à peine sa peau, avant de serrer sa main dans la sienne. Liam lui rendit cette étreinte, mêlant ses doigts à ceux, plus fins, de la jeune femme. De sa rose…

Leurs mains proches de la poitrine de Vaë qui avait fermé les yeux, Liam l'observa quelques instants, espérant que le sommeil lui permettrait de chasser pour un temps toutes ses images affreuses qu'elle avait. Il bailla, sentant ses yeux se fermer d'eux-mêmes. Non ! Il s'était juré de rester éveillé pour veiller sur elle il…il ne pouvait pas…dormir…

Lentement, Liam entrouvrit les yeux. Le soleil passait par la fenêtre et l'éblouissait alors qu'il tentait de se souvenir. Il se voyait avec Vaë, la veille, il se voyait l'observer puis plus rien. Ses yeux s'écarquillèrent lorsque sa main sentit le vide du matelas. Il se redressa brusquement, fouillant la pièce du regard, son cœur accélérant dangereusement. Vaë ! Partie ! Il était seul dans la chambre. Le paravent laissait voir la baignoire, elle n'était pas là-bas donc. Meeko n'était plus là non plus, ainsi que les sacs de la jeune femme. Il déglutit en fermant les yeux et serrant les draps dans sa main. Partie…

Pourquoi ?! Pourquoi l'avoir quitté de cette manière ?! Pourquoi l'avoir fait dormir pour partir ?! Donc…l'étreinte de la veille, cette étreinte était la dernière ? Une étreinte d'adieu ? Pourquoi ne lui avoir rien dit…pourquoi avait-elle tout gardé pour elle ? Assis dans le lit, Liam sentait les larmes pointer le bout de leurs nez alors que son cœur saignait en silence dans sa poitrine. Il baissa la tête, ne comprenant toujours pas. Ou pouvait-elle aller ? Elle n'avait plus de…plus de maison. Les siens étaient morts ou captifs. Il en était en partie responsable. Il eut soudain peur qu'elle ne veuille venger son père. Mais elle ne savait pas ce battre ! Elle allait se faire tuer ! Il se leva d'un coup, bien décidé à la rattraper.

Et alors qu'il enfilait ses armes, une autre pensée surgie. Le cœur de l'océan. Elle l'avait gardé. Si elle voulait vraiment le quitter elle le lui aurait rendu non ? Elle ne le garderait sans doute pas pour sa valeur financière, Vaë n'en avait que faire de l'argent, surtout dans son état et avec ce qu'il se passait. Donc…était-elle partie pour le protéger ? Pour qu'il ne lui arrive rien ? Réfléchissant, il prit les sacs, même ceux avec les vêtements achetés pour la jeune femme, avec la robe, roulés en boule dans ses affaires et sortit de la chambre. Il paya le séjour et courut aux écuries. Et écarquilla les yeux. Nocturne ! Le box était vide. Elle…elle avait pris Nocturne !

Se dépêchant, il ressortit de l'écurie, sortit de la ville et observa la route. Il y avait de nombreuses traces sur le chemin, mais Nocturne avait des fers spéciaux. Des fers avec ses initiales gravées dessus. Il n'avait qu'à suivre les traces portant un L.K dessus. Il se mit à courir, les sacs sur le dos, plus déterminé que jamais. Il devait l'aider. Il devait être son arme. Sa machine de vengeance. Ensuite…ensuite il…ensuite il verrait. S'il survivait.

Il courut, ne s'arrêtant que pour boire un coup, reprendre son souffle et vérifier que les traces étaient toujours présentes. Il devait la rattraper. Même si elle ne voulait pas.

Lorsque l'odeur de putréfaction fût intense, il s'arrêta pour continuer en marchant. Il était à bout de forces pratiquement, n'avait dormit que deux heures durant les deux jours ou il avait couru, avait mangé encore moins que dormit. Il s'avança à pas lents, les brindilles craquant sous ses pieds sans que ce soit voulu.

Et, au détour d'un buisson…

Elle était là. Couchée contre le flanc de Nocturne qui avait dressé la tête et les oreilles vers lui. Autour, il y avait des corps disséminés partout. Il y avait quelques tombes également, fraîchement faites. Les cadavres se décomposaient, les animaux s'en étaient déjà donné à cœur joie et la plupart n'étaient plus identifiables. Le cœur serré, Liam s'avança vers Vaë qui se relevait en même temps que l'étalon, Meeko apparaissant sur ses cheveux.

Il laissa les sacs tomber au sol et, comme dans un rêve, s'avança, réduisit la distance entre eux et la serra dans ses bras.

-Tu m'as fait si peur… murmura-t-il, la tête enfouie dans les cheveux en batailles de sa compagne.

Sauf qu'elle le repoussa. Elle se recula de lui, mettant de la distance. Il la regarda, sans comprendre.

-Vaë…

Elle le regardait, cette lueur triste au fond des yeux. Lorsqu'il faisait un pas, elle en faisait un en arrière. Alors il resta immobile, cherchant quoi dire. Quoi faire. Il ne partirait pas. Il ne la laisserait pas seule. Elle semblait vouloir parler, n'y parvenait pas. Et lorsqu'elle trouva la force de le faire, elle parla dans sa langue maternelle, celle de son peuple, celle qu'il ne comprenait pas. Mais le ton était autoritaire, cinglant. Et triste. Le chassait-elle ?

Peut-être mais qu'importe. La regardant dans les yeux, il dit, articulant pour qu'elle comprenne bien :

-Je ne partirais pas Vaë. Je ne te laisserais pas seule dans cette épreuve. Je ne peux pas. Laisse-moi t'aider. Laisse-moi être ton arme et ton bouclier. Laisse-moi réparer ce que j'ai brisé. Laisse-moi tenter de recoller les morceaux de ton âme et de ta vie que j'ai réduite à néant. Laisse-moi expier mes fautes.

Il savait qu'elle se sentait encore plus coupable que lui, mais la culpabilité le rongeait tout de même. Serrant les poings, le cœur se serrant déjà à l'idée de ce qu'il allait annoncer, il reprit, d'un ton plus tremblant et moins assuré :

-Laisse-moi t'aider et ensuite…ensuite j'exaucerais tes prières. Je m'en irais. Je te laisserais reconstruire ta vie avec les survivants de ton peuple.

Il avait mal rien que de le dire, savait à l'avance qu'il aurait encore plus mal le jour ou effectivement il s'en irait. S'il survivait, encore une fois. Il ne savait pas si c'était ses prières, puisqu'elle avait parlé dans la mauvaise langue, mais tant pis.

Se détournant d'elle, il entreprit de fabriquer une pelle avec une grosse pierre attachée à une branche, et commença à creuser. Elle était à bout de forces et avait sans doute du creuser avec ses mains. En creusant, il se disait qu'au moins là il se sentait un minimum utile. Sa plus longue histoire d'amour…cinq jours. Cinq jours de bonheur avant de basculer en enfer. Avant que tout ne s'arrête définitivement. Il l'aiderait, vengerait les siens, tuerait les Kawa, la protègerait elle et les survivants. Il y resterait sans nul doute, mais au moins elle n'aurait plus le cœur brisé. Seuls ses parents attendraient encore de ses nouvelles alors qu'il serait mort.

Ses mains tremblaient sur la pelle improvisée, mais il continuait à creuser, enfouissant les cadavres, murmurant une prière pour chacun d'eux. Il ne savait pas ce que Vaë faisait, ce qu'elle pensait, il ne savait rien mais restait à distance. Il ne voulait pas la gêner. Il respectait ses choix. Même s'ils étaient douloureux. Et un côté de lui se disait qu'elle ne le pensait pas, qu'elle bluffait pour son bien, mais de l'autre…
Il était perdu et ne savait plus qu'une chose.

Il allait faire couler le sang pour rendre un semblant de vie à Vaë. Il allait le faire, avant de mourir lui-même. Il avait assez fait de mal en peu de temps pour continuer à respirer. Même si les Kawas ne l'achevaient pas, il le ferait lui-même. Les armes n'étaient pas ce qu'il manquait et les veines étaient vite coupées. Il prendrait juste le temps d'écrire une lettre d'adieu à ses parents si jamais il en arrivait là…parce qu'il n'en aurait pas le temps chez les Kawas.

Les larmes brouillaient sa vue et il tentait de les masquer alors qu'il continuait à creuser, rendant un dernier hommage à ses hommes et ses femmes qui étaient la famille de sa rose…


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 24 Nov 2012 - 18:05

Fuite nocturne part.2

~ Requiem of the Night ~

Son dos s’était redressé et ses yeux scrutaient les environs avec attention jusqu’à ce qu’elle voit une silhouette se mouvoir dans l’ombre de la nuit, entre les arbres. Nocturne se leva lentement et Vaënadiel suivait son mouvement alors que Meeko fit son apparition au travers de cette tonne de cheveux blancs dans laquelle il avait trouvé refuge. Son regard aqua fixait la personne qui s’approchait de là où elle se trouvait et un frisson d’horreur se dessina en voyant de qui il s’agissait. Elle ... blêmit. Non ! Pourquoi était-il ici ?! Figée sur place, Vaë ne le lâchait pas des yeux alors qu’il laissait tomber son bagage au sol et s’approchait.

‘‘ Tu m’as fait si peur… ‘‘ Murmura t-il à son oreille

Liam eut à peine le temps de l’enlacer et de coller son corps au sien qu’elle posa ses mains sur son torse pour s’éloigner de lui, sortant de ces bras qui l’entouraient et lui apportaient tant de réconfort. Elle ne le voulait pas, mais elle n’avait pas le choix d’agir de la sorte. Il devait partir et la laisser seule. Il devait la laisser affronter cette épreuve seule, car faibles étaient les chances qu’elle en sorte vivante, mais au moins, elle aurait essayé...

‘‘ Vaë… ‘‘

Le coeur lourd, la jeune femme regardait son homme tristement et il voulut séparer de nouveau la distance qui les éloignait. Sauf qu’elle reculait à tous les coups, voulant la préserver. Comprenant enfin que la druidesse serait hors d’atteinte, le chevalier arrêta toute tentative et resta sur place avec cette lueur d’incompréhension dans les yeux. Cette lueur qui la tuait de l’intérieur. Vaë tentait d’ouvrir la bouche, cherchant la force de dire quelque chose qui le forcerait à partir, à la quitter et à la laisser seule, mais le tout sortit dans sa langue maternelle sans qu’elle ne comprenne vraiment elle-même. La facilité de s’exprimer sans blesser l’autre peut-être ? Inspirant profondément elle lança :

‘‘ Ursak ï ! Ursak ï, Liam ! Menaah Irdiel aouktah ... Myrih adïnörh Yiech ! Shrikt ahr ïbiel Rouhk tïel adah tan ! IRDIËL AOUKTAH USTAH! (Va-t’en ! Va-t’en, Liam ! Laisse-moi tranquille ... tu n’as rien à voir là dedans ! Je n’ai pas envie de devoir t’enterrer toi aussi et je ne supporterai pas de te voir mourir toi aussi ! QUITTE CET ENDROIT !) ‘‘

Son coeur palpitait comme jamais et ses mains se mirent à trembler. Sa gorge elle, l’étouffait, l’empêchant de dire quoi que ce soit d’autre alors que sa respiration s’était accélérée. Du fond de son âme, Vaënadiel espérait qu’il ait compris. Pour la première fois, elle avait hurlé sur quelqu’un qui lui était cher. Quelqu’un qu’elle ne voulait pas voir disparaître d’une quelconque façon. Mais Liam ne bougea pas à son plus grand désarroi. Ses épaules s’affaissèrent alors qu’il la contemplait toujours.

‘‘ Je ne partirais pas Vaë. Je ne te laisserais pas seule dans cette épreuve. Je ne peux pas. Laisse-moi t’aider. Laisse-moi être ton arme et ton bouclier. Laisse-moi réparer ce que j’ai brisé. Laisse-moi tenter de recoller les morceaux de ton âme et de ta vie que j’ai réduite à néant. Laisse-moi expier mes fautes. ‘‘

Il s’était tu, mais elle savait qu’il n’avait pas terminé. Elle ne voulait pas qu’il termine ! C’était son départ qu’elle désirait ! Pour son bien, pour qu’il puisse continuer de vivre ! Il y parviendrait sans problème ... c’était certain dans sa tête. Mais il ouvrit sa bouche et Vaë sentit sa voix trembler quelque peu.

‘‘ Laisse-moi t’aider et ensuite…ensuite j’exaucerais tes prières. Je m’en irais. Je te laisserais reconstruire ta vie avec les survivants de ton peuple. ‘‘

Ses prières ?! Mais elle ne souhaitait pas qu’il parte ! Enfin ... oui, mais pour lui éviter de se faire trancher la gorge et pour ne pas voir son corps tombé lourdement au sol en se vidant de son sang. Jamais elle ne se le pardonnerait si quelque chose lui arrivait. Si Vaë en arrivait à ce point, elle s’enlèverait la vie pour rejoindre les siens aux côtés des dieux. C’était peut-être ce qui était prévu pour elle au final. Sa bouche n’arrivait plus à s’ouvrir pour lui hurler de partir et à partir de ce moment elle ne vit et n’entendit plus rien. Pourquoi tenait-il à rester, à se lancer dans la gueule du loup pour elle? Elle ne comprenait pas qu’on puisse tenir à elle au point de vouloir se sacrifier. La druidesse ne le voulait pas et toujours le bonheur des autres avait passé avant le sien. Sauf ce soir-là, où tout avait commencé et en pensant à son bonheur, elle avait plongé sa tribu dans le chaos...

En train de prendre racine sur place, Meeko léchant ses larmes qui coulaient d’elles-mêmes sur sa joue gauche, Vaë leva les yeux vers Liam qui terminait de creuser les tombes restantes. Brusquement, elle s’approcha et lui enleva la pelle de fortune qu’il avait fabriquée et la lança au sol à un mètre d’eux. Le dardant du regard avec un faux air menaçant, elle le poussa vers Nocturne, mais il ne bougeait même pas ! Trop faible pour faire mal à qui que ce soit. Même un coup de poing sur la gueule serrait senti comme un chatouillis venant d’elle. Vaënadiel ne lâcha pas prise pour autant et tentait de le reculer en tirant sur ses vêtements, mais il fronça les sourcils et prit un air plus sérieux. Levant son regard océanique sur lui, Vaë le dévisagea et ils restèrent un moment ainsi avant qu’elle n’explose.

‘‘ VA-T’EN ! PARS D’ICI ! JE NE VEUX PLUS TE VOIR ! Je ... ne ... ! ‘‘

Ses membres furent secoués de violents tremblements alors que ses mains glissaient le long des bras de Liam jusqu’à ses les manches de sa chemise. Ses doigts serraient si fort le tissu ... ne voulant pas qu’il parte. C’était contradictoire, mais peut-être changerait-il d’avis en entendant ces paroles ? Baissant la tête, pour lui éviter de lire la vérité dans ses yeux, Vaë tenta de retenir ses sanglots sauf que ses épaules sautaient légèrement et elle ne put rester suffisamment lucide encore bien longtemps. Elle tomba à genoux en sol, le visage caché par ses cheveux et silencieuse comme la mort alors que son raton-laveur posait ses pattes sur sa cuisse. ‘‘

‘‘ Va-t’en ... Liam ... par pitié ... va-t’en ... ‘‘ Souffla-t-elle avec difficulté.


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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 24 Nov 2012 - 18:36


Liam continuait à creuser, ses bras commençant à crier grâce, lorsque Vaë apparue devant lui et lui arracha son outil pour le lancer à bonne distance d'eux. Il se redressa, fronçant les sourcils. Qu'avait-elle ? Elle le regardait avec un air sévère, un air de réprimande et commença à le pousser en arrière. Du moins tentait-elle. Il ne bougeait pas d'un millimètre.

Alors elle serra ses vêtements, continuant à vouloir le faire reculer jusqu'à Nocturne. Il la regarda, sérieux, ne comprenant rien à son attitude. Elle leva la tête vers lui, plongeant dans son regard, alors que leur environnement se faisait silencieux. Jusqu'à ce qu'il soit violemment rompu.

-VA-T’EN ! PARS D’ICI ! JE NE VEUX PLUS TE VOIR ! Je ... ne ... !

Elle avait hurlé. Hurlé si fort qu'ils entendirent des oiseaux s'envoler, paniqué par tant de vacarme soudain. Le cœur de Liam battait à tout rompre, se serrant dans sa poitrine. Comment ça elle ne voulait plus le voir ?
Il ne comprenait pas. Ses mains descendirent jusqu'à ses manches, serrant le tissu comme s'il allait disparaître d'un instant à l'autre. Elle baissa la tête alors qu'il la regardait toujours, ne sachant que faire. Il ne voulait pas partir. Il ne voulait pas la laisser seule pour affronter ce qui l'attendait. Il ne pouvait pas. Il ne se le pardonnerait jamais.
Les épaules de la jeune femme furent secouées de soubresauts et soudain elle s'effondra au sol, relâchant son emprise sur ses manches. Ses cheveux camouflaient son visage et elle était silencieuse, Liam attendant. Attendant n'importe quoi.

Et ce fût un murmure qui arriva :

-Va-t’en ... Liam ... par pitié ... va-t’en ...

Liam déglutit, inspira un grand coup. Mais ne bougea pas. Il ne voulait pas partir ! Lentement, il s'agenouilla devant elle et, du pouce et de l'index, prit son menton, relevant son visage pour qu'elle le regarde. Ses yeux étaient humides et elle contenait à grand peine ses larmes. Liam les essuya, redoutant légèrement qu'elle le repousse, mais rien ne se produisit. Pas dans l'immédiat.

-Vaë. Écoute-moi. Je ne partirais pas. Je ne peux pas te laisser affronter tout ça seule. Je ne peux pas te savoir en danger alors que moi je suis loin. Tu peux crier autant que tu veux cela ne me fera pas changer d'avis. J'ai fait une promesse à ton père lorsque je l'ai rendu à la terre. Et je compte au moins respecter cette promesse, n'ayant déjà pas réussi à respecter celles que je t'avais faites.

Il essuya encore quelques larmes, content de voir qu'elle l'écoutait tout de même un peu, et poursuivit, sa voix devenant tremblante à nouveau :

-Tu te sens coupable, tu as mal et tu souffres. J'en suis pleinement conscient et je m'en veux. Je m'étais promit de ne jamais te faire souffrir et j'ai échoué. Alors laisse-moi réparer mes fautes. Même si tu ne veux plus de moi. Laisse-moi venger les tiens avec ma lame. Laisse-moi t'aider dans cette épreuve douloureuse. C'est un trop gros fardeau pour tes épaules, tu n'y arriveras pas. Malgré ta force, tu n'y parviendras pas seule. Tu y resteras et je ne veux même pas imaginer que tu disparaisses à tout jamais.

Il prit lentement la main de la jeune femme, la serrant dans la sienne.

-Même si tu penses le faire pour mon bien ou me protéger, je m'en contre fiche. Ce qui m'importe c'est toi. Je ne veux pas que tu souffres plus que ce que tu endures actuellement. Je ne veux pas continuer à te faire souffrir de la sorte. Je…la dernière promesse que je puis te faire et de disparaître une fois que tu seras en sécurité avec le reste de ton peuple. A ce moment là je te laisserais, si toutefois tu ne veux plus de moi.

Il se retint de lui dire qu'il l'aimait. Il se retint de penser à la blessure de son cœur lorsqu'il la laisserait parmi les siens et lui tournerait le dos pour tenter de combler le vide qui le rongerait jusqu'à la mort. Il se retint d'imaginer le futur dès lors qu'il l'aurait quittée, son futur dans les ténèbres, forcé d'épouser une femme qu'il n'aimerait pas comme il aimait Vaë. Elle avait un visage rongé par la douleur, rongé par la culpabilité, rongé par la tristesse.

Ne relâchant pas sa main, il s'approcha alors qu'elle recommençait à pleurer et la serra contre lui. Tant pis si elle le repoussait une nouvelle fois. Il voulait tenter de la réconforter, au moins une dernière fois. Il mit sa main derrière la nuque de Vaë et appuya contre pour qu'elle se laisse faire, pour que sa tête s'accote à son épaule. Son autre main vint se poser au milieu de son dos pour refermer l'étreinte et il se balança d'avant en arrière avec elle, pour la bercer, la consoler, tenter de soulager sa peine. Elle pleurait à chaudes larmes, des larmes qu'elle avait tenté de retenir et qui coulaient malgré tout.

-Je serais toujours là pour toi Vaë. Et qu'importe ce qui arrivera, je serais toujours en toi. Je vivrais en toi, quoiqu'il arrive. Je te protègerais jusqu'à mon dernier souffle mon cœur…jamais je ne te laisserais…

Il avait murmuré, caressant ses cheveux, la laissant s'épancher contre lui.

-Même si tu veux que je parte, je resterais. Que tu m'aimes ou que tu me quittes. Que tu le veuilles ou non. Je ne partirais qu'une fois cette tribu morte et les tiens libres.

Et là, il se retint de l'embrasser pour lui donner sa force. Il continuait à la bercer, à la réconforter. Au milieu de tombes et de cadavres en putréfaction, deux êtres vivants se consolaient. Au milieu de l'horreur, l'amour subsistait. Au milieu de la fournaise, Liam trouverait le chemin de la sortie et y mènerait Vaë et son peuple. Se sacrifiant pour elle, sans pour autant le lui dire de vive voix.

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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 24 Nov 2012 - 19:53

Promesse

Cette fois-ci, la jeune femme était certaine qu’elle aurait entendu les pas de son amoureux s’éloigner puis des bruits de sabots martelés l’air de leur lourdeur, mais rien. L’ombre que projetait le chevalier sur elle ne s’estompait pas, elle restait là immobile. Mais qu’attendait-il pour partir ? La venue des dieux ?! Sa mâchoire se crispa d’un coup alors qu’elle fermait les yeux. Il y eut du mouvement par la suite et la lumière de la lune vint illuminer sa chevelure de neige qui était en pétard à cause du voyage. Liam s’était agenouillé devant elle et releva son menton avec une extrême délicatesse et par malheur ses yeux croisèrent ces soleils. Du pouce, il effleura sa joue où roulait une larme et elle ferma les yeux alors qu’un frisson lui traversait la colonne vertébrale. La druidesse voulut le repousser, le forcer à partir, mais elle ne s’en sentait pas capable, car elle aimait sa présence si rassurante. Ses sentiments et ses pensées se contredisaient sans cesse ... c’était la tempête dans sa tête.

‘‘ Vaë. Écoute-moi. Je ne partirais pas. Je ne peux pas te laisser affronter tout ça seule. Je ne peux pas te savoir en danger alors que moi je suis loin. Tu peux crier autant que tu veux cela ne me fera pas changer d’avis. J’ai fait une promesse à ton père lorsque je l’ai rendu à la terre. Et je compte au moins respecter cette promesse, n’ayant déjà pas réussi à respecter celles que je t’avais faites. ‘‘

Vaënadiel absorbait la moindre de ses paroles, comme si elle entendait sa voix et voyait ce visage pour la dernière fois. Ses doigts sur sa peau lui faisaient tant de bien et si mal à la fois qu’elle chercha à détourner le regard en baissant les yeux. Mais Liam reprenait son menton et lui faisait face, car il voulait qu’elle sache.

‘‘ Tu te sens coupable, tu as mal et tu souffres. J’en suis pleinement conscient et je m’en veux. Je m’étais promis de ne jamais te faire souffrir et j’ai échoué. Alors, laisse-moi réparer mes fautes. Même si tu ne veux plus de moi. Laisse-moi venger les tiens avec ma lame. Laisse-moi t’aider dans cette épreuve douloureuse. C’est un trop gros fardeau pour tes épaules, tu n’y arriveras pas. Malgré ta force, tu n’y parviendras pas seule. Tu y resteras et je ne veux même pas imaginer que tu disparaisses à tout jamais. ‘‘

Même si tu ne veux plus de moi... Ces paroles sonnaient comme un écho dans son corps tout entier. C’était comme si une main invisible l’étranglait et que l’air ambiant disparaissait autour d’elle.

‘‘ Même si tu penses le faire pour mon bien ou me protéger, je m’en contre fiche. Ce qui m’importe c’est toi. Je ne veux pas que tu souffres plus que ce que tu endures actuellement. Je ne veux pas continuer à te faire souffrir de la sorte. Je…la dernière promesse que je puis te faire est de disparaître une fois que tu seras en sécurité avec le reste de ton peuple. À ce moment là je te laisserais, si toutefois tu ne veux plus de moi. ‘‘

Son visage fut difformé par une profonde tristesse alors que son âme se faisait rongé par la culpabilité et la douleur qui l’avait envahit depuis le départ de son père. Comment avait-elle pu être aussi naïve et penser que tout irait bien lorsqu’elle avait quitté Dorguan pour partir rejoindre Liam ? D’un autre côté, ça n’aurait peut-être rien changé et il serait mort ... massacré par Arled devant ses yeux. Vaë avait mal, plus que jamais et avait envie de hurler dans la nuit, mais ce fut ses pleurs qui prirent le relais. Ses mains tremblaient tellement qu’elle arrivait à peine à essuyer elle-même ses larmes. Liam l’approcha alors de lui pour l’enlacer et elle éclata encore en sanglots, sentant sa main chaude se glisser sur sa nuque. Collant sa tête contre son épaule, Vaë entoura le bras du jeune homme qui caressait doucement son dos pour le serrer contre elle. Se laissant bercer, la jeune femme ferma les yeux et referma ses doigts sur le tissu sur lequel ils avaient pris place machinalement.

‘‘ Je serais toujours là pour toi Vaë. Et qu’importe ce qui arrivera, je serais toujours en toi. Je vivrais en toi, quoiqu’il arrive. Je te protègerais jusqu’à mon dernier souffle mon cœur…jamais je ne te laisserais… Même si tu veux que je parte, je resterais. Que tu m’aimes ou que tu me quittes. Que tu le veuilles ou non. Je ne partirai qu’une fois cette tribu morte et les tiens libres. ‘‘

Ses yeux aqua s’ouvrirent et sa tête se leva pour croiser le visage de cet homme. Malgré sa vue brouillée, Vaë leva une main et la posa doucement sur sa joue. Elle était tellement idiote ... idiote de croire qu’elle aurait pu fuir ses problèmes sans qu’ils ne la retrouvent. Idiote de croire qu’elle pourrait être heureuse sans en subir les contrecoups qui l’assaillaient de part en part depuis sa fuite. Tout ce que la druidesse récoltait était le fruit de ses bêtises et de son égoïsme. Mais malgré toute cette noirceur, il y avait un soleil qui brillait au fin fond de cette forêt de ténèbres. C’était cette lumière qui lui avait permis de voir le chemin, de la guider, de lui apprendre à braver ses peurs et qui la protégeait maintenant que tout semblait si inaccessible.

‘‘ Liam ... ‘‘ Échappa t-elle entre deux hoquets.

Mais elle ne fut pas en mesure dans dire plus par après. Il fallait d’abord qu’elle se calme et elle y parvint après avoir pris une série de respirations profondes, contrôlant ainsi le flux d’émotions qui la traversait de part en part depuis un moment. Il fallait qu’elle cesse de pleurnicher comme une enfant à la moindre difficulté, qu’elle s’endurcisse pour pouvoir venger sa famille et porter son aide aux siens.

‘‘ Tu ne me dois rien ... Pourquoi te donnes-tu autant de mal ? Ce conflit ne te concerne pas et tu t’entêtes à vouloir y prendre part. J’en suis la cause principale ... c’est à cause de moi si les choses se sont envenimées. Tu n’as fait que m’aider à m’en éloigner. J’aurais fui, que tu sois là ou non, et mon père aurait fini par mettre la main sur moi un jour ou l’autre. ‘‘

Vaënadiel se mit droite et se recula quelque peu de lui pour le regarder. L’une de ses mains quitta la manche du jeune homme qu’elle tenait pour se poser contre son cou, caressant la peau de son pouce.

‘‘ Je ... te suis reconnaissante pour tout. Tu m’as appris et montré tant de belles choses ... mais ... ‘‘

Ses paupières se fermèrent une longue minute alors qu’elle inspirait lentement, puis expirait. Elle revenait sur les paroles qu’elles lui avaient dites, mais qu’il n’avait pas pu comprendre, car il ne connaissait aucunement son dialecte, le langage de sa tribu.

‘‘ Je ne veux pas voir ton sang souiller la neige de mes terres et encore moins ton corps sans vie ... je ... ne le supporterai pas, Liam. Il ne le supporterait pas. ‘‘ Murmura t-elle en désignant l’emplacement de l’organe de vie qui battait au fin fond de ses entrailles. ‘‘ Et ... je ne veux plus jamais t’entendre dire que je ne veux plus de toi ... c’est faux. Complètement faux ... je veux seulement que tu profites autant que tu le peux du temps passé avec les tiens, car ils peuvent disparaître n’importe quand ... ‘‘

Et elle lui offrit un doux sourire. Un sourire respirant la tristesse.

‘‘ Je regrette aujourd’hui de n’avoir pensé qu’à moi, même si ta rencontre est la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma triste existence. ‘‘ Souffla-t-elle, marquant une pause avant de poursuivre. ‘‘ Mais si tu tiens à rester à mes côtés, promets-moi de rester vivant et de mener mon peuple et mes frères en sécurité s’il venait qu’à m’arriver quelque chose. ‘‘

Liam se tendait et elle le sentit se mettre sur la défensive. Silencieux, celui-ci semblait réfléchir à une manière de détourner sa promesse, d’en venir à un compromis. Mais les lèvres de la jeune femme se collèrent aux siennes avec douceur alors que ses doigts filèrent dans cette douce et sombre chevelure. Vaënadiel se fit suppliante ... sa tribu, c’était une partie d’elle, de sa vie, et s’il ne voulait pas, elle le ferait elle-même.

‘‘ Je t’en supplie, Liam ... fais-le pour moi. ‘‘


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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 24 Nov 2012 - 21:12


Quelques instants après, Vaë redressa la tête pour le regarder. Il ne bougea pas, observant ses traits fins, ses yeux rouges et gonflés, la laissant prendre autant de temps qu'il lui fallait. Elle était encore secouée de sanglots et lorsqu'elle parvint à les maîtriser elle réussit à dire :

- Liam ...

Il sentait qu'elle souhaitait continuer, qu'elle avait énormément de choses à lui dire et il la laissa retrouver son souffle, patient, lui donnant de la force par le regard. Elle inspira plusieurs fois longuement avant de déclarer :

-Tu ne me dois rien ... Pourquoi te donnes-tu autant de mal ? Ce conflit ne te concerne pas et tu t’entêtes à vouloir y prendre part. J’en suis la cause principale ... c’est à cause de moi si les choses se sont envenimées. Tu n’as fait que m’aider à m’en éloigner. J’aurais fui, que tu sois là ou non, et mon père aurait fini par mettre la main sur moi un jour ou l’autre.

Il ne s'entêtait pas. Vaë faisait partie de son cœur et de son âme. Son conflit était devenu le sien depuis qu'ils s'étaient embrassés. Depuis que leurs sentiments s'étaient répondus. La cause principale…non…certes c'était parce qu'elle avait fuit, contrariée à l'idée du mariage forcé, mais s'il avait bien compris, les Kawas les auraient de toute manière poignardés dans le dos. Sa fuite n'avait qu'accéléré un destin inéluctable.
Elle se redressa, se mettant droite, et l'une de ses mains vint se poser sur sa joue, la caressant du pouce. Qu'est-ce qu'il aimait ça ! Cette chaleur, douceur, qu'elle apportait par ce simple geste !

-Je ... te suis reconnaissante pour tout. Tu m’as appris et montré tant de belles choses ... mais ...

Mais ? Elle avait fermé les yeux en inspirant, cherchant ses mots avant de se lancer, montrant son cœur avec son autre main en parlant :

-Je ne veux pas voir ton sang souiller la neige de mes terres et encore moins ton corps sans vie ... je ... ne le supporterai pas, Liam. Il ne le supporterait pas. Et ... je ne veux plus jamais t’entendre dire que je ne veux plus de toi ... c’est faux. Complètement faux ... je veux seulement que tu profites autant que tu le peux du temps passé avec les tiens, car ils peuvent disparaître n’importe quand ...

Il baissa légèrement la tête. La fin de sa tirade l'avait touché d'une manière différente que le début. Ils peuvent disparaître n'importe quand…il le savait. Son père avait disparu trois longues années. Il savait ce que c'était, même s'il ne s'en souvenait pratiquement pas. Mais là, il savait que sa famille était en sécurité chez eux à Beolan. Sinon quelqu'un lui aurait fait parvenir une lettre. Et sinon son cœur le lui aurait dit. Elle ne voulait pas le voir mort tout comme lui ne voulait pas voir son corps malmené et anéantit. Ils avaient les mêmes but l'un pour l'autre, et ils y arriveraient, mais en restant ensemble.
Il releva la tête et vit son premier sourire en l'espace de bientôt quatre jours. Un petit sourire teinté de beaucoup de tristesse.

-Je regrette aujourd’hui de n’avoir pensé qu’à moi, même si ta rencontre est la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma triste existence.

Elle n'avait pas pensé qu'à elle…Liam se sentait mal en même temps qu'elle alors qu'elle reprenait :

-Mais si tu tiens à rester à mes côtés, promets-moi de rester vivant et de mener mon peuple et mes frères en sécurité s’il venait qu’à m’arriver quelque chose.

Non. Liam se tendit, devenant encore plus sérieux, réfléchissant à la hâte. Il…il ne pouvait pas lui promettre cela. Il ne pouvait pas lui promettre d'emmener les siens et de la laisser à son sort. Il repartirait avec tout le monde ou ne repartirait pas du tout. Il ne laisserait personne en arrière. Et encore moins elle.
Ses pensées se mirent en pause lorsqu'elle s'approcha et l'embrassa tendrement, avec un goût salé de larmes, une main se faufilant dans ses cheveux de nuit. Liam caressait les siens, savourant ce premier baiser depuis de longues journées d'inquiétudes et de pleurs.

Lorsqu'elle se détacha de lui elle murmura, suppliante :

-Je t’en supplie, Liam ... fais-le pour moi.

Il baissa les yeux, ne sachant pas quoi répondre. Alors il repoussa le moment et reprit ses autres paroles :

-Ton conflit est devenu le mien au moment même ou nos sentiments se sont accordés Vaë. Et ce serait contre mes principes de ne pas t'aider. Et en fuyant tu n'as pas pensé qu'à toi. Tu pensais inconsciemment à l'avenir de tes enfants et même de ta tribu. En fuyant tu as juste accéléré l'inéluctable car tu sais au fond de toi que les Kawas auraient de toute manière massacrés les tiens. Sauf qu'ils n'ont pas prévu quelque chose.

Elle le regardait, encore suppliante, attendant qu'il scelle sa promesse mais curieuse également de connaître la suite.

-Moi. Ils n'ont pas prévu de m'avoir sur leur route. Je peux me montrer redoutable et ma lame fait partie de mon bras. C'est peut-être le Destin qui a voulu que tu agisses ainsi et fait que nous nous rencontrions. Pour éviter un génocide et l'anéantissement complet des tiens. Parce que maintenant, il y en a encore en vie. Et ceux-là, nous allons les sauver. Vous pourrez rebâtir votre village. Vous pourrez remonter la pente. Je le sais, je le sens.

Il marqua une légère pause, caressant à son tour la joue de la jeune femme, trempée de larmes :

-Je sais ce que cela fait, lorsque quelqu'un de cher disparaît. Mon père…mon père a été porté disparu durant les trois premières années de ma vie. Il ne nous a pas vus grandir, ma sœur et moi. Il n'a pas vu nos premiers pas et nos premiers mots et je le réclamais chaque soir, au grand dam de ma mère qui ne savait plus quoi me dire pour me calmer. Heureusement il est revenu. Et il nous a promit de ne plus jamais repartir. Même si j'étais petit, si je ne m'en souviens plus correctement, je l'avais senti. Ce vide lorsqu'un parent nous manque affreusement…

Il s'était livré, pas pour qu'elle pleure sur son passé, mais pour lui prouver qu'il savait ce que c'était, même un peu. Et maintenant, il n'avait plus rien à dire pour retarder sa promesse…Pour rester avec elle, il devait jurer d'emmener les siens à l'abri si jamais il arrivait malheur à Vaë. Et il n'arrivait pas à s'y résoudre.

-Je…je…je ne pourrais pas te laisser en arrière Vaë. Je ne pourrais pas te regarder mourir en emmenant les tiens. Mais…je les conduirais en lieu sur. Sois-en certaine. Et toi avec. Je ne supporterais pas de m'éloigner de toi.

Puis il la regarda, scellant ses paroles du regard. La main toujours sur sa joue, il s'approcha et, sous le clair de lune, il lui donna le plus beau baiser qu'il pouvait lui donner au vu des circonstances. Le plus beau, le plus long, le plus savoureux, le plus tendre, le plus passionné.
Il libéra sa bouche de quelques millimètres pour s'approcher de son oreille et lui murmurer, pour qu'elle seule l'entende, avec les étoiles :

-Je t'aime Vaënadiel. Maintenant et à jamais. Pour l'éternité.

Puis, se redressant, il lui sourit légèrement et l'aida à se relever. Il s'éloigna un peu du massacre, camouflé par les arbres, et il fît un petit feu sur lequel il fît griller de la viande. Il fallait qu'ils reprennent tous deux des forces avant de reprendre la route. Il se départit de son manteau et le posa sur les épaules de Vaë qui frissonnait, assise près du feu qui grandissait et crépitait. La nuit était calme, Nocturne broutait non loin, Meeko avait repris sa place autour du cou de Vaë. Il tendit la nourriture à la jeune femme en l'encourageant. Elle la prit, mangea quelques bouchées, sans doute pour lui faire plaisir.
Ensuite, il la laissa installer les lits, à la façon de son peuple et se coucha à ses côtés, la serrant contre lui. Il la regarda fermer les yeux, la tête contre son torse et la main dans la sienne, caressant ses cheveux. Il espérait qu'elle parvienne à se reposer. Pour qu'elle tienne le coup. Parce que quelque chose lui disait que le pire arrivait.

Il se doutait que les Kawas allaient tenter de se venger de lui, puisqu'il leur avait "volé" Vaë et surtout parce qu'il venait "d'en bas" comme elle disait. Mais elle ? Qu'allaient-ils lui faire endurer ? Qu'allaient-ils manigancer pour la détruire encore plus ? Pour enfoncer le clou ? Pour la tuer de l'intérieur avant de l'achever de l'extérieur ? Une image qu'il ne voulait surtout pas voir. Il la sauverait, la défendrait. Cela n'allait pas autrement. Il tuerait ces chiens. Ces êtres abjects.

Il ferma les yeux, s'endormant d'un sommeil léger pour être prêt à agir au cas où, l'odeur de sa compagne emplissant ses poumons à ras.

Ce fût le soleil qui le réveilla le lendemain, atterrissant sur ses yeux clos. Il fronça les sourcils et se redressa, ouvrant les yeux et ne voyant que des reflets à cause des rayons. Une fois sa vue ajustée, il s'étira et chercha Vaë du regard. Elle était plus loin, se brossant les cheveux. Il se leva et s'approcha d'elle, lui donnant un bisou dans le cou en guise de bonjour. Son visage était déjà plus…"détendu", si l'on pouvait dire cela. Elle semblait plus forte, la nuit de repos avait été bénéfique pour ses idées et il en était ravi. Ils mangèrent rapidement puis montèrent en selle, la jeune femme devant et lui l'entourant de ses bras. Il mit Nocturne au trot, pour aller un tantinet plus vite. Le trajet était encore long jusqu'au village de leur rencontre, et qui sait ce qui pouvait arriver au peuple de Vaë jusque là…

Ils étaient tous deux silencieux, perdus dans leurs pensées. Leur mission était périlleuse. Mais faisable. Liam croyait dur comme fer que c'étaient les Dieux ou le Destin qui avaient orchestré leur rencontre. Et pas seulement pour que deux âmes sœurs se réunissent. Au fond de lui, il avait peur. Peur de ne pas réussir, encore une fois, à tenir ses promesses. Peur d'y rester. Et encore plus d'y rester sans avoir pu les sauver. Mais il ferait tout ce qu'il pouvait pour leur ouvrir la voie. Pour ouvrir les chaînes et détruire leurs oppresseurs.

A midi, ils mangèrent en selle, peu désireux de perdre trop de temps, décidant de ne s'arrêter que la nuit. L'après-midi fût semblable au matin, et ce fût ainsi durant les trois jours et demi de chevauchée. Et plus ils se rapprochaient des montagnes, plus Liam sentait Vaë se crisper et se tendre. Elle devait être terrifiée et inquiète…lorsqu'il la sentait trop nerveuse, il la serrait contre lui, lui murmurant que tout irait bien, qu'ils y arriveraient. Sans pour autant en être persuadé lui-même.

Le matin du quatrième jour, le village apparut enfin devant eux. La neige était de nouveau présente et le froid mordait les parties à nues de leurs corps, comme le visage et les mains. Liam avait donné ses gants à Vaë, assurant qu'il n'en avait pas besoin. Sur les rênes, ses mains étaient rouges de froid. Entrant au pas, les habitants ne firent pas attention à eux, souhaitant rentrer chez eux ou à l'auberge pour se réchauffer. Descendant de selle et aidant Vaë à faire de même, Liam leva la tête vers les montagnes. Elles étaient hautes, leurs sommets étaient invisibles à cause du brouillard. Le trajet allait se corser à partir de maintenant. Et il allait sans doute devoir laisser Nocturne dans le village, le condamnant à l'immobilité durant une période…indéterminée.

Reportant son attention sur Vaë il dit :

-Je propose que l'on aille à l'auberge une heure pour manger un repas bien chaud et se réchauffer avant de commencer à grimper. Cela nous permettra de récupérer un peu de forces aussi. Et que tu me préviennes sur ce qui va suivre. Qu'en dis-tu ?

Oui, à partir de maintenant, c'était lui qui devenait le perdu, entrant dans le monde de Vaë, ne connaissant pas plus qu'elle sur le monde d'ici bas. Maintenant, c'était elle qui devait le guider jusqu'aux siens. Bougeant les épaules, Liam sentit son épée frotter contre son dos. Il savait ce battre. Et il se battrait pour Vaë et les siens.

Mais pour l'heure, il attendait une réponse…


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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 24 Nov 2012 - 23:30

Case départ

Liam mettait un temps fou à lui répondre pendant qu’elle se faisait de plus en plus inquiète de sa réponse. Elle souhaitait tellement qu’il accepte. Qu’il mène les siens en lieu sûr si jamais elle venait qu’à être abattue par Arled, cet être sans pitié. Ce silence devenait insoutenable, mais la tête basse, le jeune homme décida d’enfin le briser.

‘‘ Ton conflit est devenu le mien au moment même ou nos sentiments se sont accordé Vaë. Et ce serait contre mes principes de ne pas t’aider. Et en fuyant, tu n’as pas pensé qu’à toi. Tu pensais inconsciemment à l’avenir de tes enfants et même de ta tribu. En fuyant tu as juste accéléré l’inéluctable, car tu sais au fond de toi que les Kawas auraient de toute manière massacré les tiens. Sauf qu’ils n’ont pas prévu quelque chose. ‘‘

La réponse qu’il lui donnait n’était celle qu’elle escomptait, qu’elle souhaitait entendre, mais il y avait une once de vérité dans ce que Liam déclarait. La jeune femme savait que quelque chose se passerait avec les Kawa depuis le jour où Dryell avait levé la main sur elle alors qu’ils étaient sur le chemin du retour avec Dorguan. Dans ses yeux et ses paroles, Vaë avait ressenti tout la haine et la supériorité qu’il portait à leur égard et Dryell, était comme son père. Ils étaient vils et ne portaient aucun respect envers personne, ni même ceux de leur propre clan. Mais sa famille était trop pacifique et était tombée dans leur jeu de manipulation en croyant qu’ils avaient changés, évolués. S’ils savaient à quel point ils s’étaient trompés. Aujourd’hui, ils en payaient les conséquences... Vaë fronça alors les sourcils. Qu’est-ce qu’ils n’avaient pas prévu ?

‘‘ Moi. Ils n’ont pas prévu de m’avoir sur leur route. Je peux me montrer redoutable et ma lame fait partie de mon bras. C’est peut-être le Destin qui a voulu que tu agisses ainsi et fait que nous nous rencontrions. Pour éviter un génocide et l’anéantissement complet des tiens. Parce que maintenant, il y en a encore en vie. Et ceux-là, nous allons les sauver. Vous pourrez rebâtir votre village. Vous pourrez remonter la pente. Je le sais, je le sens. ‘‘

La main de Liam se posa sur sa joue délicatement, caressant sa peau humide. Fermant les yeux, Vaë profita au maximum de cette chaleur sur son visage et du son de sa voix alors qu’il continuait.

‘‘ Je sais ce que cela fait, lorsque quelqu’un de cher disparaît. Mon père…mon père a été porté disparu durant les trois premières années de ma vie. Il ne nous a pas vus grandir, ma sœur et moi. Il n’a pas vu nos premiers pas et nos premiers mots et je le réclamais chaque soir, au grand dam de ma mère qui ne savait plus quoi me dire pour me calmer. Heureusement, il est revenu. Et il nous a promis de ne plus jamais repartir. Même si j’étais petit, si je ne m’en souviens plus correctement, je l’avais senti. Ce vide lorsqu’un parent nous manque affreusement… ‘‘

Au final, Vaënadiel ne connaissait que très peu le passé de Liam et n’avait osé lui poser de questions tellement elle était absorbée par toutes ses nouvelles découvertes. L’homme en savait déjà plus sur elle que quiconque jusqu’à maintenant. L’absence d’un parent lors du jeune âge d’un enfant était un fait marquant. Celui-ci leur avait au moins fait la promesse de ne plus jamais les quitter et l’avait respecté. De ce fait, Liam avait prit bénéficier de ses précieux conseils. Sauf que le jeune homme retardait encore pour ce qui concernait sa demande en tournant autour du pot.

‘‘ Je…je…je ne pourrais pas te laisser en arrière Vaë. Je ne pourrais pas te regarder mourir en emmenant les tiens. Mais…je les conduirais en lieu sûr. Sois-en certaine. Et toi avec. Je ne supporterais pas de m’éloigner de toi. ‘‘

Voilà ... ce qu’elle attendait. Mais la promesse était à moitié respectée. Enfin bon ... quand même elle essayait de le faire changer d’avis, Vaë voyait dans ses yeux que ça ne changerait absolument rien et qu’il ne partirait pas sans elle. Un soupir s’échappa de ses poumons et elle se résignait, acquiesçant d’un signe de tête. Elle croisa son regard déterminé qui clôturait cette promesse et cette discussion du même coup pour ensuite séparer la distance qui séparait leurs deux visages. Ses lèvres retrouvèrent les siennes d’un seul coup pour l’embrasser avec émotion. Un violent frisson lui parcourut l’échine et elle ferma de nouveau les yeux pour savourer cet instant. Ses bras entourèrent son cou, l’une de ses mains enfouies dans sa crinière de jais. Lorsqu’il libéra sa bouche, la jeune femme inspira et le regarda alors qu’il approchait sa douce bouche de son oreiller.

‘‘ Je t’aime Vaënadiel. Maintenant et à jamais. Pour l’éternité. ‘‘

Encore une fois, la femme des montagnes frissonna et déposa un baiser dans le cou de son amoureux qui l’aida à se redresser en lui souriant légèrement. Ce qui eut l’effet d’un baume sur ses blessures intérieures. Vaë le lui renvoya et prit ses mains pour elle aussi se remettre sur ses pieds. Ensemble avec Nocturne et Meeko, ils s’éloignèrent du cimetière et de l’odeur infecte des lieux pour trouver un endroit plus reposant. Ainsi, quelques minutes plus tard, le couple monta leur campement. Liam s’occupait du feu alors que la druidesse restait dans les environs afin de recueillir des branches de sapins qu’elle empila de manière à former un lit. Elle alla ensuite fouiller dans les sacoches du cheval pour sortir ses vieux vêtements en peau de bête qu’elle étala et s’y asseya. Liam posa son manteau chaud sur ses épaules et elle leva les yeux sur lui en refermant l’ouverture d’une main. L’homme s’asseya derrière elle, collant son torse contre son dos et entoura ses épaules de ses bras. Cela lui procurait un sentiment de bien-être indescriptible et elle se surprit à sourire doucement alors que son coeur s’apaisait doucement. Meeko avait contribué à cet échange de chaleur et avait trouvé refuge autour du cou de la jeune femme, lui servant d’écharpe comme à son habitude. Soudainement, de la viande apparut devant ses yeux et Vaë la prit avec hésitation. Son estomac ne grondait pas et elle avait la nausée à l’odeur, sauf que les bouchées qu’elle prit lui firent le plus grand bien et son appétit revint.

Un peu plus tard, après leur repas, Vaë prit une couverture de laine qui trainait dans les affaires de Liam et l’apporta avec elle puis s’allongea, son compagnon en faisant de même. Ses bras ne tardèrent pas à l’entourer et la jeune femme se blottit contre lui, accotant confortablement sa tête contre son torse. Bercée par les battements de son coeur et les caresses de sa main dans ses cheveux, elle sombra dans les bras de Morphée en quelques minutes.

Au petit matin, Vaë fut la première réveillée et elle quitta l’étreinte de Liam doucement, remettant la couverture sur ses épaules avant de s’approcher de Nocturne. Fouillant de ses sacs, elle trouva la brosse qu’on lui avait achetée et elle entama le travail sur sa longue chevelure, grimaçant lorsqu’elle bloquait sur un noeud. Une présence se fit derrière elle, puis elle sentit le souffle chaud de l’homme contre son cou, y déposant par la même occasion un baiser en guise de bonjour. Bien entendu, Vaë frissonna et se retourna vers lui pour entourer sa taille de ses bras. Bien qu’elle avait tant voulu qu’il parte, le savoir là avec elle lui faisait le plus grand des biens. Elle se sentait plus forte et plus en confiance. Ensuite, ils cassèrent la croute en emballèrent leurs effets avant de grimper sur le dos de Nocturne pour se diriger vers les pics neigeux.

L’atmosphère se refroidissait au fil de leur avancée et Liam dut l’entourer de ses bras pour qu’elle reste au chaud. Au prochain arrêt, elle en profita pour revêtir les habits de sa tribu qui la tenait déjà un peu plus au chaud. Le voyage fut ainsi les jours durant, jusqu’à ce qu’ils arrivent au village. Le village où ils s’étaient rencontrés la première fois. La jeune femme était tendue et nerveuse lorsque ses yeux se posaient sur ces montagnes dont on ne voyait pas le sommet. Nocturne fut arrêté et Liam en descendit, refaisant le même manège qu’à l’habitude pour faire descendre Vaë.

‘‘ Je propose que l’on aille à l’auberge une heure pour manger un repas bien chaud et se réchauffer avant de commencer à grimper. Cela nous permettra de récupérer un peu de forces aussi. Et que tu me préviennes sur ce qui va suivre. Qu’en dis-tu ? ‘‘

Vaënadiel regarda les montagnes puis porta son attention sur Liam en laissant échapper un soupir d’inquiétude. Elle acquiesça, d’accord avec ce qu’il proposait et de toute manière, son ventre criait famine à l’heure actuelle alors autant en profiter pendant qu’elle avait faim et pouvait manger sans être sur le point de vomir. Ils entrèrent donc dans l’établissement étrangement familier et l’aubergiste les salua d’un large sourire, se souvenant d’eux. Elle leur offrit le repas, s’informant sur la raison de leur retour, mais on ne lui donna que de brèves informations. Assise près du feu, la druidesse réfléchissait au chemin à prendre, car elle n’en connaissait pas cinquante. Le seul qui pouvait les mener rapidement sur ses terres était le sentier de chasse et les Kawa ne connaissaient pas son existence. Levant les yeux sur son homme Vaë commença:

‘‘ Nous allons devoir emprunter un sentier assez ardu ... il faudra que tu t’habilles chaudement aussi. Tu risques de mourir de froid avant même que nous arrivions dans ces habits. ‘‘ Dit-elle en désignant le métal qui absorbait aussitôt le froid. ‘‘ Nous devrions y arriver assez facilement si les Kawa n’ont pas découvert le sentier de chasse que les hommes de ma tribu empruntaient. J’ai mis une nuit entière, en courant, pour descendre la montagne. La montée pour se rendre chez les miens ne devrait pas prendre beaucoup plus de temps. Et surtout, reste bien derrière moi lorsque nous serons en chemin. Il y a des plaques de glaces cachées par la neige et je n’ai pas envie que tu te blesses. ‘‘

Leur repas leur fut servi et Vaënadiel ne se pria pas pour engloutir le tout, ne se servant toujours pas des ustensiles qui se trouvaient à côté des couverts. Certains clients semblaient surpris, mais il détournèrent le regard. Disons qu’ils en voyaient de toute sorte dans cet établissement et cette jeune dame n’était certainement pas la plus étrange. Leur ventre comblé, Vaë demanda timidement à l’aubergiste où ils pouvaient trouver des vêtements pour Liam, quelque chose qui le tiendrait au chaud et à ce moment son époux arriva avec ses fourrures sur le dos. Elle le désigna et força l’homme barbu à se départir de ses vêtements qu’elle donna à Liam.

‘‘ En route ‘‘ Annonça t-elle avant de sortir la première de l’auberge.

Ils allèrent caresser Nocturne et Meeko grimpa sur l’épaule de Liam avant de s’enrouler autour de son cou pour le garder au chaud.Vaë devant, ils marchèrent près d’un kilomètre avant de sentir le froid mordant sur leur visage. Le terrain s’élevait tranquillement et les conifères étaient omniprésents. La jeune femme marchait dans la neige, serpentant entre les troncs et faisait attention à ce que Liam la suive. Le vent s’était levé et lorsqu’ils rejoignaient des endroits à découvert, les bourrasques de neige les frappaient en plein visage. Dire qu’elle vivait dans ce genre de climat depuis sa naissance alors qu’il faisait si chaud et beau à une semaine de route d’ici. Tirant son capuchon de fourrure blanche sur sa tête, Vaë avançait lentement , marquant le chemin pour son compagnon qui suivait avec facilité. Bien entendu, elle manqua trébucher à quelques reprises, mais se rattrapait toujours juste avant que son fessier ne se trempe dans la neige. L’obscurité ne tarda pas à tomber et la jeune femme chercha un refuge, car la tempête commençait à se lever. Elle trouva donc une petite caverne dans un cran de pierre afin qu’ils puissent s’abriter et Vaë serra les mains de Liam dans les siennes pour les réchauffer.

‘‘ Voilà dans quel climat nous vivons tous les jours ... ‘‘

Vaë lui souria faiblement et s’approcha pour qu’ils puissent se réchauffer mutuellement le restant de la nuit. Le lendemain matin, le soleil brillait et la tempête était morte avec la nuit. Ils mangèrent un petit quelque chose et recommencèrent leur ascension jusqu’à ce qu’ils parviennent au sentier de chasse dont parlait Vaënadiel. Celle-ci s’arrêta en plein milieu et leva la tête dans les airs en fermant les yeux. Une douce brise caressa son visage et elle souria.

‘‘ Eïkh Kïelas ... papa (guide-moi ... papa) ‘‘ murmura-t-elle alors que le vent disparut. ‘‘ Nous sommes presque arrivés... ‘‘

Tournant la tête vers Liam, la jeune femme vint caresser sa joue et lui fit signe de tête de la suivre. En silence, ils continuèrent et bientôt, des cris percèrent l’atmosphère. La gorge de Vaë se serrait et elle retint un cri d’horreur en voyant toutes ces têtes plantées sur des piquets et qui entouraient le village. Les mains devant la bouche, la jeune femme serra la mâchoire ... parmi ces têtes, se trouvait celle de sa mère et de son frère ainé.

‘‘ Maman ... Keilan ... ‘‘ Souffla t-elle, sentant la panique monter.

De leur cachette, Vaë vit Arled qui parlait avec ces hommes, martyrisant des femmes et des hommes âgés parmi ceux du clan Eira. Elle vit un autre de ses frères, le second plus âgé. Il hurlait après le chef du clan ennemi et se mangea rapidement un coup de poing en pleine figure avant qu’on ne le force à s’agenouiller, tenant ses cheveux blancs à la base du front. Arled lui tournait autour et lui donna un coup de pied dans le ventre qui le força à se plier en deux. Fermant les yeux, Vaë se concentra afin d’entendre les voix de par le vent malgré ses tremblements.

‘‘ Il menace mon frère ... Arled veut qu’il parte à ma recherche et me ramène ici. Sinon il tuera le reste de notre famille devant ses yeux, mais il ne veut pas coopérer ... Ephraim ... ‘‘ Puis elle tourna les yeux vers Liam qui rageait intérieurement. ‘‘ Il serait préférable d’attendre la noirceur avant d’agir ... il ne le tuera pas, car il a besoin de lui. ‘‘

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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Dim 25 Nov 2012 - 0:20


Vaë accepta sa proposition et tous deux pénétrèrent dans l'auberge après avoir attaché Nocturne. L'aubergiste les reconnut et leur offrit même le repas, au grand étonnement de Liam. Elle voulut connaître les raisons qui les avaient poussés à revenir, mais ils ne lui donnèrent que les grandes lignes, oubliant de nombreux détails qu'elle n'avait pas besoin de connaître.

En attendant leur repas, Vaë prit la parole, le feu crépitant à leur côté :

-Nous allons devoir emprunter un sentier assez ardu ... il faudra que tu t’habilles chaudement aussi. Tu risques de mourir de froid avant même que nous arrivions dans ces habits. Nous devrions y arriver assez facilement si les Kawa n’ont pas découvert le sentier de chasse que les hommes de ma tribu empruntaient. J’ai mis une nuit entière, en courant, pour descendre la montagne. La montée pour se rendre chez les miens ne devrait pas prendre beaucoup plus de temps. Et surtout, reste bien derrière moi lorsque nous serons en chemin. Il y a des plaques de glaces cachées par la neige et je n’ai pas envie que tu te blesses.

Il hocha de la tête, écoutant attentivement, haussant un sourcil lorsqu'elle lui conseilla de changer d'habits. Il voulait bien seulement…il n'en avait pas d'autre et ils n'avaient guère le temps d'aller s'en acheter. Et puis, sans son armure, comment serait-il protégé ? Les coups l'atteindraient plus vite…
Le repas arriva au même instant et ils mangèrent goulûment, sentant que c'était leur dernier vrai repas avant un certain temps. Vaë continuait de manger avec les doigts, attirant l'attention des autres clients, mais ils détournaient bien vite le regard, ayant l'habitude des énergumènes.
Lorsqu'ils eurent finit, la jeune femme demanda timidement à l'aubergiste ou ils pouvaient se procurer des vêtements mais elle n'eut pas le temps de répondre. Son mari venait d'arriver et Vaë déclara qu'elle voulait les vêtements qu'il portait. De gros vêtements de fourrure…Liam voulut répliquer, dire que cela ne se faisait pas, mais l'homme accepta et Liam revêtit les fourrures, conservant tout de même quelques bouts de son armure…Il donna de l'argent à l'aubergiste en dédommagement et Vaë annonça :

- En route.

Avant de sortir de l'auberge. Dehors, ils caressèrent Nocturne, le confièrent au palefrenier de l'auberge et commencèrent à marcher vers la montagne. Meeko s'était installé autour du cou de Liam, lui conférant sa chaleur animale, à sa surprise. Il aurait cru qu'il aille chez Vaë. Ils marchèrent en silence et au bout d'un kilomètre le froid commença déjà à les attaquer. Ils marchaient, faisant attention à ou ils mettaient les pieds et Liam plissaient les yeux pour ne pas perdre Vaë de vue lorsque le vent s'élevait, la neige se rajoutant par-dessus. D'ailleurs elle rabattit sa capuche et continua à marcher, laissant de nettes marques pour qu'il suive convenablement. Il n'avait réellement pas l'habitude de ce genre de sport, mais il s'y habituait et suivait facilement. Peu à peu, l'obscurité commença à tomber, le vent se levant, la neige s'amplifiant. Vaë trouva une petite caverne pour les abriter et ils s'y installèrent, la jeune femme serrant ses mains dans les siennes pour transmettre sa chaleur. Il la regardait, souriant légèrement, des nuages blancs s'échappant de sa bouche à chaque fois qu'il respirait.

-Voilà dans quel climat nous vivons tous les jours ...

Oui, ce ne devait pas être simple…en tout cas il ne pourrait sans doute pas vivre avec ça toute l'année ! Elle lui offrit un petit sourire et se colla à lui, pour qu'ils se réchauffent mutuellement.
Le lendemain, le soleil se reflétait sur la neige fraîchement tombée et ils mangèrent un peu avant de reprendre la route. Ils atteignirent le sentier et Vaë s'arrêta un moment, levant la tête et fermant les yeux.
Liam resta en retrait, attendant. Puis elle lui annonça qu'ils étaient presque arrivés et il se concentra encore plus, se préparant à affronter ce qui les attendait. Elle se tourna vers lui et lui caressa la joue, lui demandant de la suivre. Il la rassura d'un sourire et lui emboîta le pas.

Ce ne fût pas long qu'ils atteignent les abords du village ou des cris se faisaient entendre, glaçant le sang de Vaë comme de Liam.
De nombreux piquets étaient plantés devant l'entrée du village, avec au bout une tête plantée dessus. Vaë s'approcha en murmurant :

-Maman ... Keilan ...

Liam leva les yeux vers les têtes qu'elle regardait en particulier. La femme n'avait déjà presque plus de peau et se décomposait lentement, mais il voyait encore la ressemblance d'avec sa fille. Le jeune homme semblait être son frère. Il s'approcha d'elle, mettant une main sur son épaule pour la soutenir. Son autre main se serra, la colère l'envahissant petit à petit.

Ils se cachèrent en silence et observèrent la place et la scène qui s'offrait à eux. Des hommes et des femmes, de tous âges, étaient debout, poings liés, tête basse. D'autres leur tournait autour, l'air mauvais. Il devina donc rapidement qui était qui. Au centre se trouvait deux hommes, qui parlaient. Le premier se fît rouer de coup par le second. Et Liam comprit que c'était sa cible. Le chef des Kawas.

-Il menace mon frère ... Arled veut qu’il parte à ma recherche et me ramène ici. Sinon il tuera le reste de notre famille devant ses yeux, mais il ne veut pas coopérer ... Ephraim ...

Liam respira profondément, contenant sa colère et son envie de leur sauter dessus pour les tuer sur le champ alors qu'elle se retournait vers lui en ajoutant :

-Il serait préférable d’attendre la noirceur avant d’agir ... il ne le tuera pas, car il a besoin de lui.

Liam ne fît qu'acquiescer, ne lâchant pas l'homme des yeux. Il avait l'air musclé, mais comme son fils il misait plus sur la force que la tête. Les muscles ne faisaient pas tout. Ils n'avaient pas de grandes armes, des dagues, coutelas, massue, mais pas d'épée comme il en avait une lui-même. Cela lui donnerait peut-être un avantage…

Restant camouflés, Liam serra Vaë contre lui tant pour la maintenir au chaud que pour la rassurer. Il observait tout, pour réfléchir à un moyen d'entrer, de les délivrer puis de ressortir. Une fois fait, Liam comptait y retourner pour mettre fin aux jours des Kawas.

Ils attendirent en silence, impuissants face aux cris des torturés. Liam était en rage, mais tentait de ne rien laisser paraître à Vaë. Elle devait être assez inquiète comme ça.
La nuit arriva enfin et alors que Liam commençait à se relever, elle le força à se rasseoir, lui montrant du doigt un garde Kawa qui faisait sa ronde de surveillance. Flûte !

Elle lui fît comprendre qu'elle partait en éclaireur et qu'elle lui enverrait un signal lorsqu'il aurait la voix libre pour entrer. Il hésita, ne voulant pas la laisser seule, mais il n'avait pas le choix. L'embrassant une dernière fois, il lui transmit sa force et la laissa s'engouffrer dans les ténèbres. Liam dégaina son épée tranquillement, la serrant dans son poing, prêt à s'en servir.

Il attendit, surveillant tout le village, attendit, attendit…mais rien. Il s'inquiétait, paniquait. Et soudain il y eut de l'agitation. Des hommes coururent, hurlant dans une langue qu'il ne comprenait pas. Il se tendit, les yeux écarquillés, et observa de loin. Les hommes revinrent, le chef en tête avec un sourire sadique aux lèvres. Derrière, ses acolytes transportaient le corps d'une femme inconsciente…

VAË !!!

Son sang ne fît qu'un tour et il se retint de justesse de leur sauter à la gorge. Se retint parce que ce serait signer leur arrêt de mort. Comment faire ?! Elle s'était fait attraper ! Mais cela vida le village de ses gardes, tous curieux de voir celle qui avait "causé" tout ceci. Liam se faufila en silence, longeant les remparts, restant dans l'ombre des torches, tuant les rares gardes qui croisaient son chemin. Un chemin de cadavres suivait sa route et il n'avait qu'une idée, la sauver. Mais voilà. Ou était-elle ? Ils l'avaient menée entre les maisons et il n'avait pas pu voir ou exactement. Maintenant il était perdu dans le territoire ennemi, ne comprenant pas leur langue, ne sachant pas ou étaient Vaë et les siens. Et il ne pouvait plus faire marche arrière pour ressortir…

Paniquant, il resta immobile trop longtemps. Un garde arriva et le vit, intrigué par les cadavres. Il cria dans cette langue inconnue de lui et Liam commença à courir, voulant sauver sa peau pour échafauder un plan pour les sauver. Mais ils surgirent de partout.

Des dizaines. Des vingtaines. Des trentaines. Il fût encerclé par des hommes aux regards de braises, armés de diverses armes bien tranchantes. Liam grelottait à cause du froid qui s'était intensifié, peu habitué au climat, alors que ses ennemis ne semblaient pas en souffrir le moins du monde. Il tourna sur lui-même, concentré, prêt. Était-ce maintenant qu'il allait mourir ? Déjà là ? Alors qu'il n'avait pas su les sauver ? Il l'ignorait, mais ne se rendrait certainement pas. Les hommes lui parlaient, il ne comprenait rien.

Puis l'un d'eux sembla en avoir marre et lança l'attaque. Tous se mirent en mouvement, assaillant le chevalier de tous côtés. Liam se défendait du mieux qu'il pouvait, tuait ceux qu'il touchait, mais à chaque homme mort en ressurgissait deux autres. Il fût bientôt submergé et reçut plusieurs entailles. Un coup dans les genoux le fît chuter, et tout le monde savait qu'un homme à terre était un homme mort.

On le délesta de son arme alors qu'il tentait de reprendre son souffle et se prépara à la mort, envoyant ses pensées à Vaë, lorsqu'une voix retentit, stoppant tout mouvement.

Il leva les yeux et croisa ceux du chef Kawa. Lui savait qui il était. Il avait tout de suite deviné qu'il s'agissait du sauvage d'en bas. Celui qui avait ruiné ses plans. Alors il ordonna à ses hommes de lui enlever les fourrures et toutes ses armes et de l'enfermer dans une maison, sous étroite surveillance, loin des autres. Arled allait s'amuser. Il tenait la fille, sa famille, et cerise sur le gâteau, cet homme. Il allait tuer la famille de la peste sous ses yeux, allait la violer sous ceux de l'homme, allait battre à mort l'homme devant elle. Il allait vraiment s'amuser. Il rit aux éclats alors que ses soldats agrippaient Liam aux bras et le redressaient, lui enlevant son manteau et les grosses fourrures, le fouillant et retirant les couteaux, pour ensuite l'emmener entre les maisons et l'attacher solidement.

Arled, seul, se délectait à l'avance de ce qu'il comptait faire. Ramassant l'épée, il analysa cette arme qu'il ne connaissait pas et se dit qu'il s'en servirait sur l'homme d'en bas.

Tout était parfait. Il allait réellement s'amuser. Et devenir aussi puissant qu'il le souhaitait.

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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Dim 25 Nov 2012 - 2:33

Le massacre

Silencieusement, Liam lui fit comprendre qu’il était en accord avec sa proposition et ils attendirent là jusqu’à ce que la nuit fasse son apparition. Durant ces quelques heures, le duo observait les hommes d’Arled qui rasaient le village de long en large. Vaë s’était rapproché du jeune homme qui la tenait contre lui et lui servait de bouclier face au froid qui les rongeait par le simple fait qu’ils restaient immobiles. Les cris qui résonnaient dans le creux de cette petite vallée de montagne étaient à glacer le sang et provoquaient une inquiétude grandissante chez la druidesse qui était de plus en plus nerveuse. À chaque fois, elle devait fermer les yeux et se parler intérieurement. Tout se passerait bien et elle n’était pas seule.

Liam se redressait avec prudence, mais la jeune femme avait vu quelque chose qui lui avait échappé apparemment. Tirant sur sa manche, Vaë le força à se pencher de nouveau et pointa un Kawa qui tournait autour du village, faisant sa tournée de surveillance. Le chevalier soupira de soulagement et elle lui fit un sourire rassurant. Ils attendirent qu’il s’éloigne puis elle se redressa, gardant un genou au sol. Approchant sa bouche de son oreille, elle lui dit :

‘‘ Je prends les devants. Lorsqu’une brise se lèvera, ce sera parce que la voie est libre. Ne bouge surtout pas avant ce moment. ‘‘

Elle se recula et vit bien l’hésitation peinte sur son visage, mais elle le rassura d’un sourire. Il l’embrassa avant qu’elle ne se redresse sur ses jambes fines et file comme un lièvre dans les ténèbres. Vaënadiel connaissait bien les environs du village, y jouant avec ses frères lorsqu’ils étaient enfants. Elle n’était donc pas en terrain inconnu, même la nuit. Discrètement, la jeune femme rasa la crête rocheuse afin d’apercevoir où se trouvaient les hommes de mains d’Arled. Il y en avait un sur un palier à une dizaine de mètres devant elle et ... un autre qui approchait derrière. Zut ! D’où sortait-il celui-là! Dans un élan de panique, son pied glissa et elle chuta un mètre plus bas dans un tas de poudreuse qui ne manqua pas d’attirer l’attention. Une série de jurons furent lancés en son for intérieur et elle se releva pour tenter de fuir, mais on lui asséna un violent coup sur la nuque. Ses yeux se révulsèrent et elle sombra dans l’inconscience avant même d’avoir pu tenter de courir. Quelle empotée...

Un Kawa courut rejoindre son chef, l’avertissant d’une présence inconnue et Arled, suivit de quelques hommes le talonnaient et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il arriva sur les lieux. Deux hommes tenaient un corps inerte par les bras, soulevés de terre. La tête penchée vers l’avant, tout ce qu’il vit fut une longue chevelure blanche éclairée par les reflets de la lune qui brillait au-dessus d’eux.

‘‘ Chef, elle semble être seule ... elle rasait la crête. ‘‘

‘‘ Hum... voyons ça. ‘‘

Arled s’approcha et posa un genou par terre avant de pousser par-dessus l’épaule de la jeune femme cette crinière. D’une main, il leva sa tête pour voir son visage. Il écarquilla les yeux, un rictus mauvais aux lèvres. Se relevant, il se mit à ricaner et croisa les bras contre son torse.

‘‘ Eh bien ! En plein celle qu’il me fallait ! La fille de Dorguan qui se livre elle-même ... pauvre petite sotte ... Amenez là. Attachez-lui les mains, les pieds et bâillonnez-la. Je ne veux pas L’entendre crier avant d’avoir levé la main sur elle. ‘‘

‘‘ Oui chef ! ‘‘

Prenant les devants, le chef de la tribu des Kawa revint sur ses pas avec ses hommes qui le suivaient comme des chiens de poche. Ce qu’il pouvait être heureux ! Déjà, il pensait à comment il pouvait la torturer et une foule d’idées germaient dans sa tête. La pauvre ... il n’aimerait pas à être à sa place, mais bref. Qu’est-ce qu’il pouvait s’en foutre! Dorguan avait tué son seul fils et c’est elle qui subirait son courroux, mais en bien pire. Et si elle cherchait à s’enlever la vie, il trouverait un moyen de la suspendre dans les airs par les bras et la contemplerait pendant qu’il enlèverait la vie à chacun de ses frères. Les uns après les autres, ils mourraient et il s’en délecterait.

Arrivé au village, le reste de la tribu d’Arled ne tarda pas à s’approcher afin de voir la cause de tout ceci, celle que leur chef désirait tant attraper. L’un d’eux essaya de s’approcher et il se retrouva rapidement au sol à embrasser la neige.

‘‘ Personne ne s’approche d’elle sauf moi. À moins d’avoir permission sinon je vous égorge et vous enlève les tripes du ventre ! ‘‘

Déglutissant, les hommes se résignèrent à tenter quoi que ce soit et on amena la jeune femme dans une hutte où on l’attacha solidement sur un pic planté dans le sol, servant de support principal pour le toit. Une trentaine de minutes plus tard, Vaë reprit conscience et elle sursauta en voyant où elle se trouvait. On l’avait attrapé et son cou l’élançait affreusement. Et Liam ? Elle espérait qu’il n’avait rien fait de stupide.

‘‘ Bonsoir, ma belle ... ‘‘

Vaënadiel tourna vivement la tête pour voir Arled qui se levait de son banc pour s’approcher d’elle avec un sourire sadique, le même que son défunt fils. Elle le regarda avec dégout alors qu’il prit le bas de son visage pour la regarder dans les yeux, tentant de se dégager. Celui-ci lui enleva alors le tissu qui l'empêchait de bien articuler ses paroles.

‘‘ Enlève tes sales pattes de moi ! ‘‘

‘‘ Oh ! Tu ne seras pas aussi docile que je le pensais ... ton petit voyage t’aurait-il donné un peu plus de caractère, fille de Dorguan Eira ? ‘‘

‘‘ Espèce de sale chien ... Je vais te ... ARH ! ‘‘

‘‘ Me quoi, dis ? Me tuer ? ‘‘

Arled s’exclama et leva la tête dans les airs. Il se tut brusquement et soupira avant de ramener son regard sur elle, admirant ces yeux aqua. Sa main se faufila dans sa chevelure soyeuse et ondulée, jusqu’à sa nuque. D’un coup brusque, il approcha le visage de la jeune femme à quelques centimètres du sien et renifla son parfum.

‘‘ Cesse donc de t’obstiner, Vaënadiel. Résister ne t’apportera rien ... tu souffriras beaucoup moins en te pliant à mes exigences ... et mes faveurs. ‘‘

Qu-quoi ?! Mais quel porc ! La druidesse ne put se retenir de lui cracher au visage alors qu’il lui flaqua une gifle au visage. Un sourire sadique aux lèvres, il s’essuya le visage puis se redressa brusquement lorsqu’il entendit des cris à l’extérieur. Que se passait-il encore ?!

‘‘ Sois sage, ma belle ... je ne serai pas long. ‘‘

‘‘ Va te faire voir Arled ! ‘‘

‘‘ Cesse ça ... je vais devenir impatient de te retrouver. ‘‘

Celui-ci poussa l’épaisse fourrure qui faisait office de porte pour la hutte et se rua à l’extérieur, guidé par les voix de ses hommes. Arrivant sur les lieux, le chef de la tribu hurla et ses hommes arrêtèrent tout mouvement pour ensuite se pousser sur son passage. Il s’arrêta devant Liam qui était agenouillé au sol et lorsqu’il croisa son regard doré, un rictus mauvais se dessina à ses lèvres. C’était son jour de chance ! L’homme qui lui mettait des bâtons dans les roues était prosterné à ses pieds, désarmé. Oh bon sang ... ce qu’il avait hâte d’entendre le cri de cette peste d’Eira lorsqu’il s’occuperait de son cas ainsi que de celui de ses frères ! Juste à y penser, il frémissait déjà. Ah ! Et la tête que ce démon d’en bas ferait en la voyait se faire prendre devant ses yeux. Arled frissonnait déjà de plaisir lorsqu’il ordonna à ses hommes de l’amener et de l’isoler dans une hutte déserte. Il les suivit, bien entendu, et chassa ses hommes une fois que Liam fut bien attaché. Déjà celui-ci se débattait comme un damné, Arled lui donnant un bon coup de poing dans le ventre qui lui coupa le souffle directement.

‘‘ Mais tu vas te calmer, démon ? Ton comportement m’énerve ! Ah ... tu sais que je détiens aussi ta copine ? Certainement sinon tu ne te serais pas fait attraper non ? ‘‘

Oh ... le sauvage d’en bas trouvait encore le moyen de se débattre et il reçut un cadeau : un beau coup de poing juste en dessous du menton. Il entendit ses dents claquées et la grimace de douleur qu’il eut.

‘‘ Je ne la ferai pas attendre plus longtemps ... sa peau est si douce. Tu la verras demain si tu restes sage. Bonne nuit ! ‘‘

D’un rire, le chef lui tourna le dos et le laissa avec six hommes qui le dardaient du regard, alors qu’il y en avait d’autre à l’extérieur. Arled marcha dans la neige et fit un détour pour se rendre là où il gardait ses six frères. Il agrippa Ephraim par le collet et le poussa dehors, une lame contre son dos.

‘‘ Qu’est-ce que tu fais ... ? ‘‘

‘‘ Je t’amène voir quelqu’un de ta famille. ‘‘

‘‘ De ma ... ? ... ! Vaë ?! ‘‘

‘‘ Bravo ! Je voudrais bien te féliciter, mais je n’en ai pas envie. Comme je suis de bonne humeur, tu pourras la voir une dernière fois avant de rejoindre tes parents et ton petit frère là haut. ‘‘

Spoiler:
 

Ephraim grogna et ne rouspéta pas. Il marcha docilement jusqu’au lieu de détention de sa soeur qui essayait de défaire ses liens, mais sans succès. En entendant des bruits de pas, celle-ci leva brusquement la tête vers l’entrée et ses yeux se rondirent alors que son frère se précipita vers elle. Il s’agenouilla et la serra contre lui fortement, une main derrière sa tête et sa joue contre celle-ci.

‘‘ Petite idiote ! Tu n’aurais jamais dû revenir ! ‘‘

‘‘ Je ne pouvais pas vous laisser mourir sans avoir essayé de vous aider, Ephraim ! ‘‘

‘‘ Tu es trop naïve, Vaë. Ils vont nous tuer d’une manière ou d’une autre et tu n’y pourras rien ... ‘‘

‘‘ Et toi tu abandonnes trop rapidement ! Papa est mort par ma faute ... je lui ai promis de vous aider. D’aider les nôtres ! ‘‘

‘‘ Papa ... est mort ? ‘‘

‘‘ Oui ... ‘‘ Souffla t-elle en lançant un regard meurtrier à Arled qui lui envoya la main en souriant de manière mauvaise.

Ephraim ferma les yeux et soupira de découragement. Ses yeux bleus plongèrent dans ceux de sa soeur, lui remémorant le regard de son père et il déposa un baiser sur son front. Le redressant brusquement en le tirant par le collet, Arled siffla et un de ses hommes fit quitter le jeune homme qui lui dit, avant de partir de force :

‘‘ Erlah kyriêl, orlen ishkrah ... (Sois forte, ma soeur ...) ‘‘

Vaë ferma les yeux et baissa la tête alors qu’Arled approchait son banc d’elle qui était assise directement au sol. Il releva sa tête de son index et passa sa douce sur sa lèvre supérieure alors qu’elle lui recrachait dessus.

‘‘ Petite peste ... tu ne fais qu’attiser ma hâte. Le sais-tu ? ‘‘

‘‘ Tu es cinglé, Arled ... ‘‘

‘‘ Tu ne sais pas à quel point ... de plus, demain tu verras ton copain. Tu sais, l’homme au regard d’or. ‘‘

Vaënadiel se figea aussitôt et se sentit blêmir. Oh non ... ils l’avaient attrapé ! Seul, il n’avait aucune chance contre une tribu aussi grande que les Kawa qui comprenait au moins 200 individus, hommes, femmes et enfants. Si elle avait pris ses précautions, il ne se serait pas fait avoir et serait peut-être déjà bien loin avec les survivants. Ils avaient lamentablement échoué leur mission de sauvetage.

‘‘ Ce n’est pas que je n’aime pas ta présence, mais j’ai sommeil ... veux-tu te joindre à moi, ma belle ? ‘‘

‘‘ Je préférerais me faire manger vive par un ours que de dormir près d’un monstre comme toi ! ‘‘

‘‘ Ouh ... je suis flatté. Demain tu changeras bien d’avis, lorsque tu me supplieras d’épargner ton copain d’en bas. Fait de beaux rêves, Vaënadiel ‘‘

Arled lui caressa la joue et la laissa seule dans le noir après l’avoir bâillonné. Malgré ça, elle hurlait et se battit toute la nuit pour tenter de défaire ses liens. Au petit matin, ses forces étaient bien faibles et elle regardait le sol la tête basse. Elle avait beau réfléchir, Vaë ne trouvait rien pour parvenir à fuir et aider tout le monde ... elle ne pouvait plus tenter de négocier avec Arled; se rendre en échange de la libération des siens. Elle s’était fait prendre comme une débutante, ce qu’elle était. C’est alors que quatre hommes entrèrent dans sa hutte et la détachèrent. De leur poigne de fer, ils serraient si fort ses bras qu’elle ne sentit plus le sang circuler convenablement. On l’apporta en plein centre du village et on l’agenouilla à une dizaine de mètres de Liam qu’on avait placés en retrait, spectateur de ce qui allait se produire. Ses frères furent apportés et placés les uns à côté des autres, chacun criant le nom de leur soeur avant de se faire ruer de coups pour qu’ils se taisent. Arled débarqua, avec un poignard taillé dans le fémur d’un grand cervidé et marchait doucement derrière les membres de sa famille.

‘‘ Bon matin, Vaënadiel. Tu es prête pour un petit ... spectacle ? ‘‘

‘‘ Laisse-les! LAISSE-LES TRANQUILLES! ‘‘

‘‘ TAIS-TOI ! ‘‘ Hurla t-il alors qu’elle déglutit.

Le chef des Kawa fit deux longueurs derrière les jeunes hommes et commença par le plus jeune, portant la lame sous la gorge de celui-ci qui ferma les yeux.

‘‘ Tu sais qu’il y a plusieurs manières de tuer un homme, très chère ? En voici une ... égorger sa proie. ‘‘

Et la lame lui trancha la gorge, son frère s’affalant au sol en agonisant. Vaënadiel tentait de se débattre et de se relever, mais on la tira par les cheveux pour la forcer à rester sur place. Arled alla vers le prochain.

‘‘ Ensuite ..., il y a cette manière ... un peu plus radicale que la précédente, qui assure une mort rapide et quelques spasmes chez la proie. ‘‘ Dit-il plantant la lame dans le crâne de son autre frère qui tomba lourdement au sol.

‘‘ ARRÊTE ! ARRÊTE ! Par pitié ... arrête ! Cria t-elle d'une voix tremblante.

Mais c’était ce que l’homme attendait; les cris de la fille de Dorguan. Celle-ci se mit à hurler et à sangloter lorsqu’il s’attaqua au troisième, plantant son poignard dans sa nuque. Puis vint le quatrième qui se fit simplement tordre le cou. Le cinquième était Ephraim qui avait la tête basse et les yeux fermés. Celui-ci semblait si calme ... mais Arled rangea son arme et posa sa main sur la tête de celui-ci.

‘‘ J’épargne celui-ci ... pour aujourd’hui du moins. Je suis las et j’aimerais m’amuser à autre chose plus tard. ‘‘ Tournant la tête vers ses hommes il leur ordonna : ‘‘ Ramenez-les chacun dans leur hutte. Dans deux heures amenez là rendre visite à son compagnon. J’y serai ... ‘‘

‘‘ Bien chef ! ‘‘

‘‘ ORDURE ! SALAUD ! MEURTRIER ! VA DONC TE FAIRE VOIR ! ‘‘

‘‘ Ça ne saurait tarder, ma belle ... ‘‘ Dit-il en lui offrant un sourire mauvais alors qu’on l’éloignait de sa vue.

De nouveau, on l’apporta dans sa prison où elle éclata en sanglots. Se couchant à même le sol froid, Vaë versa toutes les larmes de son corps en pleurant la mort de ses frères. Maintenant, il ne lui restait qu’Ephraim et Liam ... elle devait rester forte pour eux. Pour l’heure, il fallait qu’elle évacue son chagrin et se serve de sa rage pour se renforcer, pour parvenir à se venger.

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Dim 25 Nov 2012 - 10:08


Les hommes le conduisirent dans une petite hutte bien à l'écart du reste du village. Ils l'attachèrent solidement au piquet central et s'en allèrent, laissant leur chef arriver. Liam se débattit, la rage et la colère l'envahissant en voyant cet être abject, mais tout ce qu'il récolta fût un coup de poing dans le ventre qui le plia en deux, souffle coupé.

Le chef parla, mais encore une fois Liam ne comprenait pas un traître mot de ce qu'il disait. Alors il recommença à se débattre, espérant pouvoir faire céder ses liens, le tuer et sauver Vaë et les autres. Et là aussi, tout ce qu'il reçut fût un coup sous le menton, envoyant sa tête valser en arrière, les dents du bas rencontrant violemment celles du haut dans un claquement sec et douloureux. Il grimaça, bougeant la mâchoire pour vérifier qu'elle n'était pas cassée.
L'homme parla encore avant de sortir, le laissant en charmante compagnie de six soldats tous plus menaçants les uns que les autres. Et Liam se doutait qu'il y en avait encore dehors. Quand bien même il parvenait à s'échapper et tuer ceux-là, les autres surgiraient et il retournerait à la case départ. Non, cette nuit il ne parviendrait plus à rien, il fallait attendre. Le bon moment.

Mais qu'est-ce qu'il pouvait être inquiet ! Que faisait-il à Vaë ? Que réservait-il ? La lueur dans son regard était tout sauf humaine. Liam avait peur pour elle. Peur pour les siens. Et il s'était fait avoir comme un nul ! Au lieu de surveiller, d'observer pour s'infiltrer au mieux, non monsieur c'était rué tête baissée dans l'espoir de la retrouver rapidement ! En territoire inconnu, à un contre plus de deux-cent ! Mais quel idiot ! Comme si son père ne lui avait jamais rien n'apprit !

Il grelottait, a genoux dans la hutte. Il n'avait plus les grosses fourrures, seulement ses vêtements d'homme d'en bas, sa chemise et son pantalon. Comme pour bien le différencier des autres. Tête basse, il ne faisait pas attention aux murmures de ses gardiens. Toute manière il ne pigeait rien, et il avait autre chose à faire. Il réfléchissait. Réfléchissait à un moyen de tous les sauver le plus rapidement possible. S'il se retrouvait avec eux une fois à l'extérieur, il pouvait tenter quelque chose. S'il se relevait, frappait du coude, se frayait un chemin, parvenait à trancher ses liens et reprendre une arme, il avait une chance. L'effet de surprise jouerait en sa faveur et il espérait que les frères de Vaë le comprennent et viennent lui prêter main forte. Oui, mais son pressentiment était toujours là. Le chef préparait quelque chose, quelque chose d'affreux.
Et Liam n'était qu'un pion sur son échiquier. L'échiquier dont la cible était Vaë. Il faisait tout pour se venger d'elle. Et Liam s'était fait avoir, allait la faire souffrir une nouvelle fois en plus de tout ce qu'elle allait subir…

Le lendemain, il tremblait de froid, mais ne montrait rien. Ses cheveux avaient à moitié gelés et les gardes rirent bien en le détachant. Tête haute, Liam inspira un grand coup alors qu'ils le redressaient, ses jambes endormies ne supportant plus son poids durant un court instant avant de se reprendre. Les gardes le conduisirent sur la place ou d'autres captifs étaient déjà agenouillés, en ligne. A voir leurs cheveux blancs et leur ressemblance d'avec la jeune femme, Liam en déduisit qu'il s'agissait de ses frères. Elle en avaitsept non ?Deux étaient déjà mort, l'un ayant sa tête sur une pique aux côtés de leur mère. Et là il y en avait cinq, dont l'aîné, tout au bout. On donna un coup dans les genoux de Liam pour qu'il s'agenouille aussi et il tomba dans la neige, en retrait, mais bien placé pour tout voir. Deux mains se posèrent sur ses épaules, pour le forcer à rester à genoux et l'empêcher d'agir.

La buée sortait de sa bouche, son cœur accélérait. Et là, Vaë apparue. En face de lui, elle arrivait, le regard fatigué, les bras rouges à cause de liens, mais c'était tout. Elle n'avait pas subi de grosses blessures et Liam voulait lui éviter ça.

Et au final, le chef déboula, une dague faite d'os dans une main, l'épée de Liam pendant à sa ceinture, tapant ses jambes à chaque pas. Il parla, parla, se plaçant derrière les frères.

Une phrase, le premier eut la gorge tranchée.

Une autre phrase, le second eut la lame plantée dans le crâne.

Le silence et le troisième eut le poignard dans la nuque.

Toujours le silence et le quatrième eut le cou brisé nettement et simplement.

Arrivé à l'aîné, le chef rangea son arme et parla une nouvelle fois sans que Liam ne comprenne. Il regardait Vaë, ses tympans déchirés par ses hurlements, son cœur saignant de voir sa souffrance sans pouvoir agir.
En colère, Liam bougea, tenta de se libérer alors qu'on ramenait la jeune femme à travers les maisons, vers sa prison. Il se débattit, si violemment qu'il surprit ses gardes qui lâchèrent prise. Peinant à croire qu'il y était parvenu, Liam se redressa, ajusta son équilibre et courut, les mains attachées dans le dos. Il cherchait quelque chose pour détruire ses liens et il s'enfonça dans le village, les cris des Kawas le poursuivant. Il voulait les semer le temps de se détacher. Là ! Une torche ! Il y alla et tourna le dos, nourrissant les flammes avec la corde. Le feu léchait sa peau avec mais Liam s'en fichait. Aller ! Plus vite ! Les cris se rapprochaient et il tira un coup sec, la corde cédant enfin. Les mains libres, rouges et bien échauffées par le feu, il se remit à courir. Les sauver, sauver Vaë…Son cœur battait la chamade dans sa poitrine et il glissait sur les plaques de verglas alors que les soldats arrivaient. De partout. Mais Liam ne se laisserait plus avoir comme la veille.

Il se remit à courir, renversant un garde, le faisant se plier en deux et glissant sur son dos, réussissant à lui voler son poignard. D'un geste vif, il le tua et reprit sa route. Il était plus déterminé que jamais. Trouver l'aîné, le délivrer et ensemble ils parviendraient à sauver Vaë et les autres. Il tuait tous les gardes à portée, ses forces démultipliées par la haine. Et là, il se stoppa net.

Le chef Kawa était là, devant la hutte. L'épée de Liam au poing, il souriait cruellement. Était-ce cette hutte ou se trouvait Vaë ? Liam ne savait pas et garda sa concentration. Essoufflé, il serrait son poignard rouge de sang dans son poing. L'homme parla encore, mais comme un idiot il n'avait toujours pas compris que Liam ne comprenait rien à son charabia.

Que préparait-il ? Liam l'ignorait et avait horreur de ça. Il observa les alentours du coin de l'œil. Les soldats les entouraient, attendant l'ordre de leur chef. Si Liam courait, poussait le chef et se faufilait sous la hutte, il n'en ressortirait jamais. Flûte encore une fois !

Liam ne savait de nouveau plus quoi faire. Et enfin le chef parla sa langue, avec un fort accent, cherchant ses mots, mais Liam put comprendre :

-J'avais…oublié que toi pas comprendre mon langue. Toi excuser que moi pas parler correctement le tien.

Liam lui sourit froidement.

-Ta copine va aimer ce que moi prévoir. Toi par contre…je sais pas…

Liam sentit son sang ne faire qu'un tour et hurla :

-Tu touches ne serait-ce qu'un seul de ses cheveux et je te fais avaler tes couilles !

L'autre haussa les sourcils et répliqua :

-Arrogant avec ça…crois-tu vraiment faire le poids ? Tu es seul…moi pas. Et en plus tu viens d'en bas.

-C'est toi le sauvage. Toi et ta petite clique de débraillés sans cervelle !

Autour d'eux, les quelques hommes qui comprenaient la langue se tendirent, traduisant pour les autres. Liam les insultait et les cherchait ouvertement il le savait. Mais il n'allait pas perdre la face non plus !

-Moi je sais ce que je vais faire…Je vais lui donner du plaisir à couper le souffle. Devant tout le monde. Et surtout toi. Et toi…je te battrais à mort devant elle. Je veux te faire saigner comme le porc puant que tu es !

Liam déglutit. Il voulait…non! Il devait l'en empêcher ! Lui il s'en fichait mais il ne voulait pas qu'il viole Vaë ! Le chef s'approcha alors et Liam se mit en garde. Mais tout ce qu'il eut fût une violente gifle qui l'envoya au tapis.

S'agenouillant, le chef tira ses cheveux pour lui redresser la tête et le forcer à le regarder.

-Tu n'es qu'un puceron que je vais prendre plaisir à exterminer. D'abord je la prends elle. Je te bats toi. Et son frère…son pauvre petit frère rescapé…je lui couperais la tête. Et une fois que j'aurais la tienne, je les intervertirais. Tu auras une nouvelle tête et lui aussi dans la mort…

-Vous…vous êtes malade !

Le sourire qui étira les lèvres du chef était…heureux.

-On me le dit souvent.

Du pied, il désarma Liam brusquement, écrasant bien ses doigts.

-Bien. A midi les festivités commenceront. Sois sage jusque là…

Se redressant, il reprit sa langue première et les hommes reprirent Liam par les bras, le traînant jusqu'à sa prison. Encore une fois, il avait échoué. Attaché au piquet, il cherchait un moyen quelconque de la libérer avant qu'elle ne subisse tout ça. Mais il ne trouva pas.

A midi, le chef arriva en personne.

-J'ai changé d'avis. Je me suis dit qu'elle sera plus docile après t'avoir vu souffrir un peu. Donc elle va d'abord te voir te faire battre à mort et une fois qu'elle sera à point, je la prendrais. Et je ferais d'une pierre deux coups ! Tu ne pourras plus rien faire et elle sera douce comme un agneau !

Liam ne répondit pas et le darda d'un air sévère. Les gardes le détachèrent et le conduisirent sur la place. Tout était prêt. Vaë était là, les yeux rougis par les pleurs, étroitement surveillée. Le frère était à côté d'elle et Liam fût "content" de voir qu'elle n'était pas entièrement seule. Les rescapés du clan Eira étaient en retrait, surveillés également. Et au centre…

Une estrade. Surélevée pour que tous puissent bien voir. On fît monter Liam dessus et le chef parla dans leur langue. Liam ne comprenait pas et au vu des regards indignés des rescapés qui le dardèrent méchamment, ce n'était pas bon. Le chef traduisit alors pour lui :

-Je leur ais dit qu'aujourd'hui celui qui avait lancé la malédiction sur le peuple Eira allait payer. C'est toi, démon aux yeux jaunes, qui a ensorcelé Vaënadiel et liguée contre nous et son avenir. C'est toi l'investigateur de se massacre. Parce que tu viens d'en bas.

Liam le regarda, inspirant un grand coup. S'il devait porter cela sur les épaules, il le ferait. Il chercha le regard de Vaë, le croisa, y puisa toute la force nécessaire.
Le chef parla alors plus fort pour qu'elle entende aussi. Elle parlait les deux langues.

-Vaë…soit gentille et il ne lui arrivera pas tout ce que j'ai prévu. Je lui laisserais un minimum de vie ! Sois docile c'est tout ce que je te demande !

Liam s'avança, poussa du coude le chef qui tomba et hurla :

-VAË ! SURTOUT NE FAIS RIEN ! FERME LES YEUX, NE TE PRÉOCCUPE PAS DE MOI ! COMPRIS ? SAUVE TOI, SAUVE LES TIENS ! NE L'ÉCOUTE SURTOUT PAS ! NE TE LAISSE PAS FAIRE ! JE SAIS QUE TU PEUX ! NE REGARDE PAS CE QU'IL ME FAIT, SAUVEZ VOUS !

Le chef le bouscula violemment et Liam mordit le sol. Il se releva avec ses jambes, tant bien que mal. Vaë semblait encore plus paniquée qu'auparavant. Mais elle devait écouter. Elle ne devait pas céder. Elle ne devait pas se laisser faire pour qu'il ne reçoive rien. Le chef mentait. Liam mourrait de toute façon, qu'elle se laisse faire ou non.

Il garda ses yeux plantés dans ceux de sa rose alors que les coups commençaient à pleuvoir sur lui. De plus en plus forts, de plus en plus violents, de plus en plus rapides. Il ignorait la douleur, gardait bouche close. S'il se mettait à hurler, Vaë se sentirait coupable et cèderait. Hors elle ne devait pas ! Il ne put plus conserver son regard dans le sien, par contre. Il baissa la tête pour qu'elle ne voie pas les quelques grimaces qui se frayaient un chemin sur son visage.

Bientôt, le chef fût rejoint par un de ses hommes et ils furent deux à le frapper de partout. Dos, ventre, jambes, bras, figure, tout y passait. Liam avait froid, et le froid accentuait encore la douleur. A chaque coup il avait l'impression que ses membres se fracturaient en mille morceaux.

En relevant le visage, il vit la tribu de Vaë sourire, au fond. Sourire parce que le démon payait pour le malheur qu'il avait apporté sur leur village…


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Vaënadiel Eira



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Dim 25 Nov 2012 - 16:35

Les fuyards

Spoiler:
 

Lorsque le soleil fut à son plus haut dans ce ciel clair, on était revenu chercher la druidesse pour l’apporter au même endroit où on avait tué ses frères un peu plus tôt. Elle sentait la bile monter dans sa gorge en voyant encore ces mares de sang tacher la neige si blanche. Jamais ses yeux aqua, rougit par la fatigue et les pleurs ne daignèrent regarder les pics supplémentaires qui arboraient les alentours du village. On la tenait par les bras, poignets attachés derrière son dos alors qu’on postait son frère aîné à ses côtés. Ses traits étaient tout aussi tirés qu’elle et elle voyait sa rage dans son regard. Celui-ci colla son bras contre son épaule, ce seul toucher lui permettant de rester suffisamment forte pour affronter. En silence, leurs yeux regardaient les Kawa qui les entouraient de part et autre de la place. Les leurs étaient en retrait, un peu plus loin.

Arled arriva sur la plateforme, suivie de cinq hommes excluant Liam qu’ils tenaient fermement. De sa stature imposante, le chef des Kawa s’avança et prit la parole, parlant d’abord dans la langue des nordiques. Tous excepté Vaë et Ephraim dardèrent l’homme d’en bas d’un mauvais oeil, gobant le moindre mensonge qui sortait de la bouche de ce détraqué mental. La druidesse déglutit et entendait son pouls frappé contre ses tympans de l’intérieur alors qu’Arled traduisit pour Liam.

‘‘ Je leur ais dit qu’aujourd’hui celui qui avait lancé la malédiction sur le peuple Eira allait payer. C’est toi, démon aux yeux jaunes, qui a ensorcelé Vaënadiel et ligué contre nous et son avenir. C’est toi l’investigateur de ce massacre. Parce que tu viens d’en bas. ‘‘

Son regard était rivé sur la scène alors que les deux hommes se poignardaient du regard. Le chef reporta de nouveau son attention sur l’assemblée et croisa les bras d’un geste de satisfaction, l’air hautain. Vaë était tout simplement dégouté et serrait les dents pour croiser le regard de son amoureux, tentant de lui donner ce qui lui restait de courage et d’espoir pour qu’il ne baisse pas les bras. Arled posa lui aussi les yeux sur elle, ce qui attira l’attention des Kawa et des Eira réunis. La pression était si haute d’un coup... Inspirant profondément, la jeune femme fit un pas devant elle et hurla:

‘‘ Il ment comme il respire ! Allez-vous réellement croire cet homme ?! C’est lui qui a mené notre peuple à notre perte, qui a tué ma famille, qui a tué mon père ! Dorguan, notre chef est mort par sa faute ! OUVREZ-VOUS LES YEUX ! ‘‘

‘‘ Vaë ... ‘‘ chuchotta Eph’ ‘‘ Arled les manipule avec leur peur ... ils ne te croiront pas ‘‘

Et comme son frère sous-entendait, personne ne crut un traitre mot de ce qu’elle disait, car ils la croyaient envoutée ou ensorcelée par le démon aux yeux jaunes. Arled, fier de son oeuvre, poursuivit dans sa comédie et gonfla le torse avant de lancer à l’intention de la concernée :

‘‘ Vaë…soit gentille et il ne lui arrivera pas tout ce que j’ai prévu. Je lui laisserais un minimum de vie ! Sois docile c’est tout ce que je te demande ! ‘‘

Être ... docile ?! Mais il divaguait ?! Comme si elle acceptait de se laisser toucher d’une quelconque manière par l’assassin de sa famille et de sa tribu. Jamais elle ne pourrait faire une chose pareille ... jamais ... La voix de Liam s’éleva dans la crête, la forçant à le regarder.

‘‘ VAË ! SURTOUT, NE FAIS RIEN ! FERME LES YEUX, NE TE PRÉOCCUPE PAS DE MOI ! COMPRIS ? SAUVE-TOI, SAUVE LES TIENS ! NE L’ÉCOUTE SURTOUT PAS ! NE TE LAISSE PAS FAIRE ! JE SAIS QUE TU PEUX ! NE REGARDE PAS CE QU’IL ME FAIT, SAUVEZ-VOUS! ‘‘

Elle ne pouvait pas fuir ! Ils étaient entourés par les hommes de main d’Arled comme dans une prison des villes. Une seule tentative et l’un d’eux allaient mourir sur le champ, sa tête allant rejoindre celles de ses semblables. Vaë baissa alors les yeux lorsque les coups commencèrent à fuser sur le corps du jeune homme, ne pouvant regarder cet affreux spectacle. Son frère baissa les yeux vers elle et colla son front contre sa tête après s’être légèrement penché vers l’avant, murmurant afin qu’elle se calme malgré tout. Les yeux fermés, Vaënadiel se retenait pour ne pas hurler et éclater en sanglots de nouveau. Mais lorsqu’un deuxième homme monta sur la plateforme, Ephraim s’interposa. De sa voix forte, il dit :

‘‘Deux hommes contre un est un grand signe de lâcheté chez les tiens, Arled ! À ta place, j’aurais quelque peu honte d’agir de la sorte ‘‘

Le chef des Kawa tourna brusquement la tête vers le fils de Dorguan et descendit de son piédestal. Ses pas se faisaient menaçants et il mit une bonne minute à rejoindre Ephraim qui gardait la tête haute devant lui. En silence, les deux hommes s’affrontèrent du regard alors qu’un rictus mauvais se dessinait sur les lèvres d’Arled.

‘‘ Tu n’as pas tort ... je vais tâcher de m’en souvenir. ‘‘ Puis il baissa les yeux vers Vaënadiel. ‘‘ Ainsi, il mettrait plus de temps à mourir sous tes jolis yeux. ‘‘ Dit-il en caressant sa joue avant de chasser l’homme aux côtés de Liam d’une main. ‘‘ Amenez-le hors de ma vue, tout de suite ! ‘‘

Aussitôt, les cinq hommes en retrait s’occupèrent d’amener Liam à sa hutte alors que Vaënadiel fut séparé de son frère pour retourner là où l’enfermait habituellement. On l’attacha solidement à la poutre et elle soupira profondément en penchant la tête vers l’avant, ses longs cheveux camouflant son visage et une bonne partie de son corps recroquevillé sur elle. Que pouvait-elle faire, hormis se laisser prendre par un être aussi dégoutant ? Si elle acceptait, elle n’avait pas la garantie que Liam serait épargné et elle doutait fortement qu’on le laisse en vie. Or, il était hors de question qu’on la touche. Un bruit attira soudainement son attention et lorsque Vaënadiel leva les yeux vers la porte, elle ne vit que la fourrure bouger légèrement. Fronçant les sourcils, elle tenta de tourner la tête lorsqu’elle sentit du mouvement derrière elle. Sentant sa peur, Meeko grimpa sur son épaule et frôla sa joue de son museau puis commença à ronger les cordes qui tenaient ses mains solidement attachées. Il en eut bien pour une heure, mais une fois libre, elle s’occupa elle-même de ses pieds et s’approcha de l’entrée de la hutte en silence. La druidesse entendait des hommes discuter et se concentrant un tant soit peu, elle vit lever le vent et la neige s’éleva aussitôt, réduisant la visibilité. Pris au dépourvu, les Kawa se cachaient les yeux et cela permit à la jeune femme de fuir pour retrouver son frère. Liam devait être sous haute surveillance et elle ne devait pas agir à la hâte. Et puis il fallait qu’elle mette les siens en sureté avant d’agir de manière stupide. Vaë faillit bien se faire voir à deux occasions, mais réussit à rejoindre son frère qui écarquilla les yeux à sa vue.

‘‘ Mais qu’est-ce que tu fiches ici ?! Va t’en pendant que tu le peux. ‘‘

‘‘ Comme si j’allais vous laisser croupir ici en sachant que vous allez tous y passer ... ‘‘

‘‘ C’est ce démon qui t’envoie, fille de Dorguan ? Fiche-nous la paix ... ton aide nous est inutile. ‘‘

Vaënadiel tourna les yeux vers la femme, imité par son frère. Celle-ci se sentit intimidée et pour une fois, Vaë retroussa ses manches et s’approcha d’elle, la regardant dans le blanc des yeux.

‘‘ J’ai vue ma famille se faire tuer devant mes yeux et NÔTRE CHEF mourir dans mes bras ! Si je me fichais de vous tous ici, pourquoi serais-je revenu ? Peux-tu me le dire ?! Le démon aux yeux jaunes s’appelle Liam et si je suis ici pour vous aider c’est bien parce qu’il m’a aidé! ‘‘

Le ton emprunté par une femme qu’ils avaient connu timide et réservée les secoua tous. Même Eph’ semblait surpris d’une telle réaction de sa part, mais il se doutait que c’était les nerfs qui la rendaient ainsi. Il souria alors pendant qu’elle les libérait de leurs liens.

‘‘ Je vais vous faire sortir d’ici. Eph’ mène-les jusqu’aux Tohru ... ils sont nos seuls alliés maintenant et ils comprendront notre urgence. ‘‘

‘‘ Tu n’as quand même pas l’intention de revenir seule ? Laisse-moi au moins t’accompagner. Je ne peux pas me permettre de perdre ma petite soeur ... ‘‘

‘‘ Ephraim ... ‘‘ Souffla t-elle, hésitante.

Son aîné se voulait insistant et elle se dut d’accepter son aide. La jeune femme fit signe à tout le monde de se taire alors que des hommes passaient pour leur tour de surveillance. Elle les fit assoir et leur fit mettre leurs mains dans leur dos, comme si rien n’avait changé et elle trouva refuge au fond, dans l’ombre pour ne pas qu’on la voie. Un kawa poussa la fourrure qui servait de porte et inspecta. Une minute après les avoir dévisagés, il ressortit et Vaë bondit de sa cachette pour regarder à l’extérieur. Une seconde fois, puisant dans ses réserves de vie, elle provoqua une bourrasque de vent qui camouflerait leur fuite. Ainsi, les Eira sortirent en douce et prirent le chemin qui menait vers le coeur de la montagne. Sauf qu’un hurlement sourd se fit entendre dans la crête; Arled ...

En bas, le chef rageait et hurlait le nom de la jeune femme lorsqu’il s’arrêta devant la hutte où se trouvaient les esclaves. Des traces de pas ...

‘‘ ATTRAPEZ-LES ET RAMENEZ-MOI LA FILLE ! ‘‘

Son visage était devenu rouge par la rage et ses hommes filèrent à toute allure afin de se lancer à la poursuite des fuyards. S’il elle savait à quel point elle regretterait ses actes maintenant ! Il la plaignait déjà ...

‘‘ VITE ! ‘‘

Les Eira escaladaient le sentier enneigé et abrupt qui menait vers le sommet de cette colline avec difficulté. Ephraim et Vaënadiel fermaient la marche derrière, aidant ceux qui avaient plus de difficulté comme les personnes âgées. C’était beaucoup trop d’efforts pour eux et ils trébuchaient sans cesse. La druidesse regarda alors son frère, sentant le danger qui approchait.

‘‘ Continues. Je vais les distraire pendant ce temps et je reviendrai une fois que je les aurai semés. ‘‘

‘‘ Ne fais pas l’idiote, Vaënadiel Eira, sinon je viens moi-même te chercher et je te lance en bas de la falaise ! ‘‘

Ils se firent un sourire puis une accolade rapide avant qu’elle ne revienne sur ses pas. Vaë descendait rapidement la pente qu’elle venait de monter lorsqu’elle vit au loin les hommes de main d’Arled. Ils l’avaient vu et elle grimpa sur un palier avant de se fondre entre les conifères peu présents dans ces hauteurs. Elle courut et chaque expiration provoquait une fumée blanche devant son visage, mais sous cette couche de neige, elle ne vit pas la pierre qui l’attendait avec impatience. L’inévitable arrive et elle trébucha, glissa sur une plaque de glace sur une distance de deux mètres puis déboulant une pente avant de finir sa chute en se cognant le dos contre une souche de sapin mort. Secouée, Vaënadiel tenta de se relever et de fuir, mais elle était beaucoup plus lente et une main tira ses cheveux vers l’arrière pour ensuite lui faire embrasser le sol.

‘‘ Sale peste ! Tu t’es bien joué de nous ... mais ce sera la dernière fois. ‘‘

Ils l’apportèrent ensuite au village et la druidesse se maudit encore une fois de sa maladresse ... un jour, il faudrait qu’elle songe sérieusement à s’entrainer afin d’accroître son agilité de bébé naissant. Ça, c’était si elle s’en sortait vivante ... bien entendu.



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Dim 25 Nov 2012 - 17:55


Les jambes du chevalier tremblaient. Tremblaient de froid, mais aussi à cause des coups. Il résistait, ne voulant pas s'effondrer. Il ne devait pas se mettre à genoux ! Cela leur ferait trop plaisir et il ne le voulait pas.
Le chef avait même commencé avec son épée, testant son tranchant sur ses bras, mais Liam ne démontrait rien. Il retenait ses cris, retenait ses grimaces. Seule sa respiration saccadée montrait son effort. Il avait contracté chacun de ses muscles pour tenter d'alléger, mais ce n'était pas mieux au final.
Il priait pour que Vaë ne regarde pas. Elle en avait déjà trop vu. Trop subi. Trop souffert.

Et au détour de cette pensée se fraya la voix forte d'un homme. Liam redressa la tête et vit le frère de Vaë parler, mais Liam ne comprit pas. Pas que c'était dans la mauvaise langue, mais le battement de son cœur et de la douleur obstruait son ouïe et fracassait ses tympans. Les coups diminuèrent lorsque le chef se dirigea vers ses captifs. Le second homme continua, ne se privant pas.

Arled revint ensuite vers l'estrade ou il chassa son homme de main et donna ses ordres dans sa langue. Les coups cessèrent enfin et les hommes agrippèrent Liam aux épaules, le traînant à leur suite. Il tenta bien de se débattre, mais son corps ne répondait plus pour le moment. Il regarda une dernière fois Vaë, priant, et fût éloigné d'elle et du reste des gens, reconduit dans sa prison de fortune, attaché solidement. A genoux au sol, Liam grelottait de plus belle.

Sa chemise était déchirée de tous côtés et il voyait les bleus et les coupures. Il venait à peine de se remettre de la prison de Venill…mais qu'importe. Vaë avait encore Ephraïm. Lui pouvait la sauver aussi, avec le reste de la tribu. Ils…ils pouvaient fuir. Partir et retrouver leur liberté. Lui resterait là. Vaë ne devait pas penser à lui mais aux siens. Ils pensaient déjà qu'il l'avait ensorcelée…les paroles d'un homme était dangereuses. Encore plus lorsqu'il était fou et qu'il utilisait la peur et les croyances de ses proies.

La tête basse, Liam sentait la colère pulser en lui. Il y arriverait. Il tuerait Arled. Il sauverait les Eira, à moins qu'ils n'y parviennent avant.
Le vent se mit alors à souffler, faisant claquer la porte en peaux de sa hutte, faisant entrer la neige à gros flocons. Liam frissonna, le froid mordant ses plaies, et fronça les sourcils. Ce vent était trop soudain, trop violent et trop…ciblé. Vaë ?

Il l'espérait de tout son cœur. Espérait qu'elle soit partie. Il ne fallait surtout pas qu'elle s'occupe de lui !

Puis il y eut de l'agitation, loin dans le village. Malgré le vent, il entendait des bruits de pas pressés. Mais que se passait-il ?
Et ensuite, rien. Plus rien. Juste le vent qui se calmait. Le silence rompu par un hurlement. Arled ! Mais que disait-il ?
Liam n'allait pas tarder à le savoir…

En effet, la porte s'ouvrit brusquement sur Arled, fou de rage. La lueur dans ses yeux était réellement inhumaine. Il s'approcha et, d'un revers de main, frappa Liam. Encore. Et toujours. Il le frappa à de multiples reprises avant d'agripper ses cheveux et de tirer sa tête en arrière pour que Liam le regarde. Il éructa alors :

-La garce s'est sauvée ! Elle et les autres ! Je te garanti que je la retrouverais ! Et alors…je ne lui laisserais plus le choix. Elle sera à moi de gré ou de force ! Sous tes yeux ! Et ensuite je te tuerais !

Liam ne put s'empêcher de sourire malgré l'insulte faite à Vaë. Partie…elle était partie. Libre. Sauvée ! Elle et les siens. Son cœur s'allégea d'un coup. Lui importait peu. Elle était libre, c'était tout ce qui comptait.

-Et cela te fait rire le démon ?!

-Oui…même pas fichu de retenir une fille entre vos mains…c'est pitoyable…elle est bien plus forte que vous ne le pensez…elle vous a berné et recommencera. Avouez votre défaite…

Arled lui cogna la tête sur la pique derrière lui. La douleur irradia sa boîte crânienne, mais ne lui enleva pas son sourire satisfait. En colère, le Kawa sortit de la hutte, bien déterminé à rattraper Vaë. Liam était tout de même heureux. Elle était libre. Maintenant, il devait prier pour qu'elle ne revienne pas pour lui.
Il bougea la nuque, pour s'assurer qu'il n'y avait pas de contre coups à la rencontre entre sa tête et le bois.

Il attendit ensuite, ne sachant pas ce qu'il se passait. Combien de temps Arled allait-il faire des recherches ? A quelle vitesse avançaient les Eira ? Ou étaient-ils déjà ? Il soupira en grelottant.

Combien de temps passa, il ne sut pas, mais de pas martelèrent le sol à toute vitesse. Liam sentit son cœur accélérer, ayant peur de ce qu'il se déroulait. Il ne voulait pas imaginer qu'ils avaient rattrapés Vaë. Le sang avait séché sur lui et sur ses vêtements et il ne sentait pratiquement plus la douleur, heureusement. Il se concentrait pour écouter, pour comprendre ce qu'il se passait dehors, mais n'y parvenait pas. L'inquiétude pour sa rose était trop présente pour qu'il y parvienne. Au moins une heure s'écoula avant qu'on ne le cherche.

On le prit aux bras et le traîna dehors, ses jambes gelées et ankylosées ne voulant pas suivre totalement le mouvement. On le ramena sur la place, le soleil commençant à descendre à l'horizon. Il n'y avait plus d'estrade, juste le sang à moitié recouvert de neige fraîche. Une couverture était étalée au sol, les Kawas l'entourant à bonne distance. Liam fût assis de telle sorte à pouvoir tout voir sans en perdre une miette. La neige froide rongeait les plaies de ses jambes, mais il ne s'en préoccupait pas, bien trop énervé, paniqué et inquiet pour.

Les Kawas souriaient tous, pervers et avides du spectacle. La moitié d'entre eux étaient recouverts de neige et essoufflés. Au moins ils auront fait un peu de sport…
Une allée s'ouvrit au milieu des soldats, laissant apparaître Arled, suivit d'un homme qui tenait Vaë au bras.

Arled se positionna pieds nus sur la couverture, ne sentant apparemment pas le froid. Quoique, Liam remarqua enfin qu'il y avait pleins de petits feux disséminés partout autour, conférant un peu de chaleur à ceux qui utiliseraient la couverture…Liam déglutit alors que la jeune femme était relâchée elle aussi, face à Arled. Elle était d'apparence résignée, mais Liam savait que c'était tout autre. Elle ne pouvait pas se laisser faire ! Elle ne pouvait pas imaginer que cet être allait la…la…

Non ! Il allait la détruire ! Liam ne voulait pas voir ça ! Il ne voulait pas qu'elle le subisse ! Mais comment empêcher ça ?!

Arled avait un sourire cruel aux lèvres alors qu'il retirait la sorte de peignoir qu'il avait revêtu. Il fût d'un coup nu, sa peau constellée de chair de poule. Mais Arled s'en fichait, il ne tarderait pas à avoir chaud.

Un de ses hommes resté près de lui força Vaë à s'asseoir de prime abord avant de rejoindre les rangs des spectateurs. Le cœur de Liam allait exploser s'il ne faisait rien. Elle gardait la tête basse, ne voulant pas voir ce qui l'attendait. La chose qui la détruirait à vie. Il commença à bouger, mais la pression sur ses épaules s'accentua et la pointe d'une dague se posa entre ses épaules.

Arled s'agenouilla lentement, caressant les cheveux de Vaë. Lentement. Son autre main vint se poser sur la poitrine de la jeune femme, commençant à retirer les vêtements. Liam serrait les dents à s'en faire mal, réfléchissait comme jamais. Il ne resterait pas à regarder ça ! Il ne voulait pas qu'elle endure cette épreuve !

Liam décida alors de gagner du temps en hurlant :

-QUEL PLAISIR PENSES-TU PRENDRE AVEC UNE FEMME QUE TU FORCES ? QUE CROIS-TU ? QU'ELLE T'AIMERA PAR LA SUITE ?

La pointe du couteau appuya encore sur sa peau, il l'ignora. Le chef tourna la tête vers lui, mais ne s'approcha pas et déclara :

-Les femmes doivent être soumises. On ne les appelle pas le sexe faible pour rien. Et moi je vais lui montrer ce qu'est un homme. Ce que toi tu n'es pas.

-Déjà plus que toi ! Tu dis que je suis un démon, mais seuls les démons et les sauvages massacrent un peuple et violent les femmes !

Arled ricana.

-Ne te cherches pas d'excuse. Tu l'as envoûtée. Tu l'as manipulée et tu me fais porter le chapeau ! Son destin était d'épouser mon fils ! Mais puisque mon fils est mort par ta faute, je vais prendre sa place ! Et si je t'entends encore une fois je te coupe la langue !

Il se détourna de Liam, reportant son attention sur Vaë qui tremblait visiblement. Le couteau s'enfonçait dans son dos, le forçant à le courber et Liam décida de se taire. Il ne trouvait plus quoi dire et il tenait à conserver sa langue tout de même. Maintenant, il devait agir et non plus parler. Agir vite, car le chef recommençait à la déshabiller. Le feu se reflétait sur le cœur de l'océan, toujours accroché à son cou.

Des myriades de reflets, comme un espoir naissant d'une libération inespérée. Un espoir…ou un sacrifice.

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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Dim 25 Nov 2012 - 19:15

Ce n’est qu’un au revoir

Spoiler:
 

On la poussait afin qu’elle avance plus rapidement et Vaënadiel trébucha à quelques reprises, se relevant d’elle même en plongeant ses mains dans la neige froide. Elle était tellement désolée de ne pas avoir été en mesure de rejoindre son frère et ses semblables, de ne pas avoir été capable de les mener en lieu sûr sans avoir dut servir de leurre. Après tout, peut-être que les dieux lui avaient donné ce destin à vivre. Se résignant finalement, la druidesse poussa un long et profond soupir alors que le village se redessinait de nouveau devant ses yeux. Quelques longues minutes s’écoulèrent avant qu’elle ne revienne dans sa prison où on l’attacha de nouveau. Cette fois, des hommes restèrent devant elle pour la surveiller.

Fou de rage, Arled entra dans la hutte et lui donna une gifle si violente qu’elle se cogna la tête contre la poutre, sa peau marquée d’une empreinte rouge bien apparente. Il agripa ses cheveux et tira afin de la forcer à relever la tête et posa un genoux au sol afin de se retrouver à son niveau. Son visage se trouvait à deux centimètres près du sien alors qui serrait ses joues avec une force qui la fit gémir de douleur.

‘‘ Tu es rusée, ma jolie ... mais tu as abusé de ma générosité et de ma patience. Je voulais attendre encore un peu et faire souffrir ton copain, mais tu as accéléré mes plans. Alors ... ‘‘

Vaë fronça les sourcils et caressa d’une main son visage avant de lui offrir un sourire pervers et sadique. Elle n’eut pas à demander que déjà elle savait ce qui allait se passer et la panique montait. Le chef des Kawa lui serra le cou d’une main et avança sa bouche de son oreille, savourant son odeur et lui murmura :

‘‘ Si te viens l’idée de fuir ou de te débattre, ton copain se fera empallé sur le champ, sans mon ordre. Est-ce bien clair ? Si tu souhaites qu’il garde la vie, bien entendu ‘‘

Docile, la jeune femme ne fit qu’acquiesçer d’un signe de tête et ravit, Arled se redressa en ordonnant à ses hommes de veiller sur les préparatifs qui auraient lieux une heure plus tard. Il fallait qu’elle réfléchisse, et vite. Mais comment fuir alors qu’il y aurait pleins d’hommes armés jusqu’aux dents les entourant et surtout, sans qu’aucuns d’eux de blesse Liam volontairement ? Son cerveau tentait de trouver une solution lorsqu’une seule lui vint à l’esprit. Si ils voulaient s’en sortir, le seul moyen était par la magie. Vaë savait qu’elle risquait beaucoup en tentant une telle manoeuvre, mais deux contre une centaine de combattants, c’était une tâche ardue. Il fallait qu’elle mette toute les chances de son côté et qu’elle ruse contre Arled le moment venu. Ainsi, une heure plus tard, on vint la chercher et un homme tenait fermement son bras droit. Ceux-ci suivait le chef dans le plus grand des silences vers un endroit bien précis. On la relâcha, mains et pieds libres et on la força à s’assoir sur une couverture de fourrure. Ces porcs, ils avaient tous un sourire pervers et étaient aussi impatient que des louveteaux. Les yeux aqua de la jeune femme regardait la fourure, puis les pieds d’Arled qui laissa tomber son manteau, se retrouvant nu comme un nouveau né devant tout ces gens présent. Mais encore, Vaë ne leva pas les yeux même lorsqu’il s’agenouillait devant elle. Son coeur voulait sortir de sa poitrine mais elle devait resté concentré et à l’écoute du vent qui soufflait doucement parmis les rangs, trouvant ainsi où se trouvait Liam qui s’agitait. Autour de lui, il y avait trois hommes ... c’était parfait. Elle tentait d’oublier avec difficulté cette main dans ses cheveux ainsi que l’autre qui descendait de son cou jusqu’à ses atouts et remontant pour commencer à la départir de la tonne de vêtements qu’elle portait. Déjà, sans ses fourrures, la froid la rongeait et elle se mit à frissoner aussitôt.

‘‘ QUEL PLAISIR PENSES-TU PRENDRE AVEC UNE FEMME QUE TU FORCES ? QUE CROIS-TU ? QU’ELLE T’AIMERA PAR LA SUITE ? ‘‘

Elle sentit le souffle d’Arled s’éloigner de sa peau alors qui levait les yeux vers Liam qui hurlait plus loin. Il sourit d’un air mauvais et se fit un plaisir de lui répondre :

‘‘ Les femmes doivent être soumises. On ne les appelle pas le sexe faible pour rien. Et moi je vais lui montrer ce qu’est un homme. Ce que toi tu n’es pas. ‘‘

‘‘ Déjà plus que toi ! Tu dis que je suis un démon, mais seuls les démons et les sauvages massacrent un peuple et violent les femmes ! ‘‘

Kawa se mit à ricaner face aux paroles que lui lançait le chevalier. Cela permit à Vaë de reprendre sa concentration car les mains baladeuses d’Arled avaient cessées tout mouvement. Celui-ci gonfla le torse en inspira puis cracha d’un ton sanglant :

‘‘ Ne te cherches pas d’excuse. Tu l’as envoûtée. Tu l’as manipulée et tu me fais porter le chapeau ! Son destin était d’épouser mon fils ! Mais puisque mon fils est mort par ta faute, je vais prendre sa place ! Et si je t’entends encore une fois je te coupe la langue ! ‘‘

Elle remercia le jeune homme de lui avoir permit de gagner un peu de temps, mais Arled reporta son attention sur elle, poussant l’ouverture de sa chemise pour ne dévoiler que la partie du haut de sa poitrine. S’il aurait put baver à cette vue, il l’aurait fait, mais il se contenta de glisser l’index gauche là où ses formes commençaient à se dessiner. C’était le moment où jamais de passer à l’acte. Vaënadiel ferma donc les yeux et les hommes entourant Liam volèrent dans les airs pour atterir lourdement au sol dans des cris de stupeur. Arled leva la tête et la druidesse lui flaqua un cou de paume de main directement sous le nez. Le cartillage craqua, faisant couler le sang à flot alors que l’homme rugissait de douleur, les mains dans sur son visage. Vaë se releva et fit plusieurs pas rapide vers l’arrière pour s’en éloigner et ferma les yeux de nouveau, concentra tout son énergie. Le vent tournait autour d’elle pour ensuite prendre un peu plus d’ampleur, faisant de la neige sa prisonnière. La femme disparue bientôt en son ventre, formant une barrière autour d’elle alors que les Kawa qui s’approchaient se retrouvèrent dans son tourbillon pour ensuite être éjecté contre la parois rocheuse de la crête ou faisant un chute de plusieurs mètres dans les airs. Arled ne fut pas épargné, surtout que c’était lui le plus près à ce moment. Il alla bien rapidement rejoindre ses hommes, teintant la neige de son liquide pourpre et chaud. L’intensité de la mini-tornade faiblit bien rapidement et le vent se dissipa brusquement. Vaë se tenait encore debout, mais chancelait sur ses jambes alors qu’une main se porta à son visage; du sang s’écoulait de sa narine gauche...

Elle avait été trop loin ...

Ses forces l’abandonnèrent aussitôt et son corps s’inclina vers l’arrière, ne touchant pas immédiatement la neige. Quelque chose de chose la tenait en suspension alors que sa vue se brouillait. Elle n’entendait plus très bien non plus, mais elle savait qui s’était et elle trouva la force de sourire bien que celui-ci lui criait quelque chose.

‘‘ Tu sais ... quoi ? ‘‘

L’homme resta silencieux alors qu’il relevait sa tête pour l’entendre parler puisqu’elle susurait.

‘‘ ... je ... t’aime ... moi aussi. ‘‘

Elle toucha sa joue avec ce qui lui restait de force et sa tête se fit soudainement beaucoup plus lourde alors qu’elle devint aveugle, plongeant dans un long sommeil.



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Dim 25 Nov 2012 - 20:00


Arled continuait de parcourir le corps de Vaë de son doigt, savourant à l'avance. Liam paniquait, ne savait pas quoi faire ! Le couteau appuyait sur son dos, les mains des hommes le forçaient à rester à genoux. Il allait le faire, là, sous ses yeux, et il ne pourrait pas éviter cela. Il allait voir la souffrance une nouvelle fois peinte sur le visage de Vaë, une souffrance infinie, une souffrance que jamais elle ne pourra apaiser. Surtout qu'il mourrait tout de suite après, la laissant entre les mains de cet homme odieux. Liam s'en voulait. Il n'avait pas su respecter ses promesses. Aucune.

Mais soudain, les hommes qui tenaient le chevalier furent propulsés dans les airs, criant et atterrissant lourdement pour ne plus se relever. Surpris, Liam ne bougea pas de prime abord. Puis il vit Vaë flanquer un coup de poing à Arled qui hurla en se tenant le nez. Liam se releva, brûla ses liens une nouvelle fois, et agrippa son épée qu'Arled avait posé près de la couverture, pour pouvoir le tuer avec. Les hommes affluaient, tentant de rétablir l'ordre, mais Liam les tua tous. La rage qui sommeillait en lui se réveillait et il tuait coup sur coup, protégeant Vaë. Le vent grossissait et lorsqu'il tourna les yeux, il vit une tornade envelopper la jeune femme, expédiant dans les airs tous ceux qui osaient s'approcher. Arled fût lui aussi éjecté et son corps se retrouva bien cinq mètres plus loin, inerte, son sang se répandant dans la neige.

Liam resta stupéfait devant cette puissance qui, aussi vite qu'elle était arrivée s'évapora. Vaë était là, à quelques mètres de lui, chancelante.

Il se précipita vers elle, lâchant son arme et porta une main sur son visage. Elle saignait du nez. Puis elle n'eut plus la force de tenir debout. Elle s'effondra, Liam la retenant contre lui. Il s'agenouilla, le corps faible de Vaë dans les bras. Non…non !

Il tremblait, sentait les larmes venir alors qu'il criait :

-VAË ! NON ! NE PARS PAS ! RESTE AVEC MOI !

Elle lui sourit en murmurant :

-Tu sais ... quoi ?

Ses larmes commençaient à brouiller sa vue alors qu'il relevait sa tête pour mieux la comprendre :

- ... je ... t’aime ... moi aussi.

Il serra les dents alors qu'elle caressait sa joue. Son cœur battait la chamade, ses mains tremblaient sur le corps de Vaë qui se fît soudain plus molle, sa tête retombant contre son épaule, les yeux clos. Liam s'arrêta de respirer.

Il murmura :

-Vaë…?

Il n'entendait que le son de son propre cœur qui s'acharnait à vouloir sortir de sa poitrine. Elle ne bougeait pas, ne semblait même plus respirer.

-NON ! NOOOOOOOONNNNN !!!!!!!!!!!! VVVVAAAAAËËËËË !!!!

Il retira une mèche de ses cheveux qui barrait son front et la serra contre sa poitrine, posant son front contre le sien, pleurant à chaudes larmes. En pleurs, il murmura à la jeune femme :

-Tu n'as pas le droit de partir…je te l'interdis…reviens…

Il l'embrassa de toutes ses forces, un baiser au goût salé des larmes. Lorsqu'il se détacha, il avait le vain espoir qu'elle rouvre les yeux. Mais rien. La serrant de plus belle contre lui, il rejeta la tête en arrière et hurla :

-VOUS N'AVIEZ PAS LE DROIT ! PAS ELLE !!

Il resta là, dans la neige, grelottant, berçant le corps dans ses bras. Il caressait sa joue, admirant ses traits, replaçant ses cheveux convenablement, remettant son collier droit, refermant sa chemise en tremblant. Ca aurait du être lui qui aurait du se sacrifier. Ca aurait été à lui de mourir pour elle. Et non l'inverse. Il aurait du se jeter sur Arled. Il aurait du agir et non rester en spectateur. Et maintenant c'était trop tard. Trop tard pour tout.

Il était anéantit. Il se balançait d'avant en arrière, le regard baigné de larmes figé sur celle qu'il aimait, même à travers la mort. Elle avait donné sa vie…
Il murmurait :

-Pourquoi…pourquoi toi…pourquoi les meilleurs d'abord…je t'aime Vaë. Je te l'ai dit. Pour l'éternité.

Ses derniers mots avaient été "je t'aime". Et ils resteraient gravés au fond de lui à jamais.

Il sursauta lorsqu'une main se posa sur son épaule. Se tournant, il vit le frère de Vaë. Lui le regardait, sans pleurer. Liam se releva, portant le corps de Vaë contre lui. Le peuple était là et une vieille dame déclara :

-Vous avez réussi. Elle est morte par votre faute. Vous êtes responsable de tout ce qui lui est arrivé. Laissez-là là avec les siens, que nous puissions lui donner une sépulture décente et déguerpissez.

La vieille dame savait que Vaë n'était pas morte. Mais Liam n'avait pas besoin de le savoir. Ephraïm voulut répliquer mais déjà elle agrippait Vaë, montrant une force étonnante pour son âge. Les bras de Liam retombèrent le long de son corps alors qu'elle se détournait de lui, emmenant Vaë dans une hutte, sans doute pour la préparer au dernier repos.

Tête basse, Liam ramassa son épée et se prépara à partir lorsque le frère le retint.

-Restez.

Liam le regarda et dit :

-Non. J'ai assez fait. Allez dire au revoir à Vaënadiel.

Ephraïm le regarda, n'osant pas lui dire qu'elle n'était pas morte. Peut-être que la femme se trompait…et tant qu'il n'était pas sûr, il ne voulait pas mettre de faux espoirs dans le cœur de cet homme qui semblait plus que détruit.
Liam réussit à lui sourire faiblement et s'éloigna, prenant une torche au passage pour s'éclairer et ne pas tomber.
Il quitta le village, se rendant dans la première grotte qu'il aperçu pour établir son campement de fortune. Il fît du feu, étala la fourrure qu'il avait réussi à prendre sur un Kawa mort au sol et s'assit dessus, les jambes repliées contre sa poitrine.

Il contempla le feu, le regard vide.

" ... je ... t’aime ... moi aussi."

Les mots résonnaient. Tout comme ce qu'elle avait dit plus tôt à propos des êtres chers qui disparaissent trop vite. Liam recommença à pleurer, ne parvenant pas à soigner la déchirure de son cœur. Il hurla dans la grotte, son cri se fracassant contre les parois.

Jamais il ne pourrait vivre normalement après ça. Elle le hanterait toujours.

Pour l'éternité.

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Vaënadiel Eira



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Dim 25 Nov 2012 - 20:59

Une lueur d’espoir ...

Spoiler:
 

Vaënadiel était disparue depuis trop longtemps. Il lui était arrivé quelque chose et il le savait. Les Eiras étaient déjà bien loin du village maintenant, mais encore bien loin de celui des Tohru qui était à plus de deux jours et deux nuits de marche. Ephraïm s’était arrêté brusquement et se retourna lentement, regardant derrière lui. Regardant toutes ces traces de pas dans la neige blanche. Sa respiration était régulière et elle, étrangement calme contrairement à ses confrères et consoeurs qui paniquaient devant lui. Un homme remarqua que celui-ci ne les suivait plus et vint le rejoindre, posant une main sur son épaule.

‘‘ Il faut partir d’ici ... ‘‘

‘‘ Ils ont arrêté de nous poursuivre et ma soeur n’est toujours pas revenue. ‘‘ Tournant son regard glacial vers l’homme, celui-ci déglutit. ‘‘ Je n’irai pas plus loin. Continuez sans moi ‘‘

‘‘ A-attend ! ‘‘ Dit-il en attrapant son bras pour le forcer à arrêter.

Le reste de la tribu s’était arrêté et se rapprochait de lui, le dernier fils de leur chef. Ephraïm fronça les sourcils lorsqu’ils les vit faire. Ils devaient partir, et ce, dans l’immédiat.

‘‘ Nous venons avec toi ‘‘

‘‘ Hors de question ... Partez tout de suite, c’est un ordre. ‘‘

Mais aucun ne l’écouta et il poussa un long et profond soupir de découragement lorsqu’il sentit la présence des survivants de son peuple se faire plus près de lui. Des mains se posèrent sur ses épaules et chacun d’entre eux lui souriait sincèrement. L’homme compris alors qu’il ne pourrait pas se débarrasser des siens aussi facilement et qu’ils le suivraient peu importe où il irait et ce qu’il ferait. Leur nouveau dirigeant était là, leur nouveau chef les guiderait dans cette difficile épreuve et ensemble ils retrouveraient la paix qu’il y avait jadis eu sur la terre de leurs ancêtres. Ainsi, ils revinrent sur leur pas, la détermination brillant de nouveau dans leurs yeux. Cependant, lorsqu’ils descendirent la colline pour rejoindre la crête, les Eira firent face à plusieurs cadavres de Kawa, gisant au sol. Certains avaient la tête en purée, d’autres se trouvaient sur les piliers inatteignables de la paroi rocheuse qui protégeait le village des grands vents du nord. Les murmures commencèrent à s’élever lorsqu’Ephraïm leva une main dans les airs pour les faire taire. Avec précaution, il avançait jusqu’à ce qu’il entende un cri à glacer le sang s’élever dans l’air. Serpentant entre quelques huttes quelque peu détruites, ce fut avec horreur qu’il vit Liam tenir sa soeur dans ses bras. Il la pleurait ... ? Non ... elle ne pouvait pas ... Ephraïm s’approcha et posa une main amicale sur l’épaule du jeune homme. Celui-ci se redressa sur ses jambes et gardait Vaë contre lui comme si elle allait disparaître d’une seconde à l’autre. Le visage de sa soeur semblait si paisible soudainement que sa gorge se serra. Une vieille femme s’approcha alors, sortant de l’ombre de ses semblables et déclara d’un ton remplit de reproche :

‘‘ Vous avez réussi. Elle est morte par votre faute. Vous êtes responsable de tout ce qui lui est arrivé. Laissez là là avec les siens, que nous puissions lui donner une sépulture décente et déguerpissez. ‘‘

Le frère allait ouvrir la bouche pour répliquer, mais celle-ci fut plus rapide et arrachait déjà sa soeur des bras de l’homme qui l’avait protégé jusqu’à aujourd’hui. La femme avait été brusque et poignardait Liam du regard avant qu’elle ne lui tourne le dos et s’éloigne de tous pour entrer dans une hutte, celle la plus près. Ephraïm la regardait s’éloigner sans avoir le courage de réagir, dépassé par les évènements. Son regard de glace se posa sur Liam qui prenait son arme, tête basse. Il fronça les sourcils à ce moment, voyant que Liam s’apprêtait à quitter les lieux.

‘‘ Restez. ‘‘

Mais l’homme au regard doré n’allait pas rester, ça se voyait clairement dans ses yeux. Eph’ poussa un soupir silencieux et baissa la tête vers le sol, cherchant quoi dire, mais celui-ci rétorqua aussitôt.

‘‘ Non. J’ai assez fait. Allez dire au revoir à Vaënadiel. ‘‘

Comment pouvait-il lui dire qu’il y avait des chances que sa soeur ne soit pas morte ? Il ne le savait pas lui-même, mais la femme qui avait pris Vaë semblait en être certaine. Avant de lui donné de faux espoirs, il se devait d’en avoir le coeur net et d’aller voir lui même. De toute manière, si jamais elle était vivante, il lui serait aisé de partir à sa recherche et de le ramener au village. Liam lui sourit faussement et s’éloigna en prenant avec lui une source de lumière, car la nuit tombait. Ephraïm regarda donc le chevalier s’éloigner puis se rendit dans la hutte où on avait amené le corps de sa soeur. La fourrure de l’entrée se poussa brusquement alors qu’il faisait son entrée, furieux. La dame se leva après avoir sursauté et fronça ensuite les sourcils en le regardant.

‘‘ Elle est en vie ... n’est-ce pas ? ‘‘

Mais elle ne parla pas, baissant les yeux vers Vaënadiel qui semblait dormir, emmitouflée dans un amas de fourrure. Son frère aîné dut pousser d’un bras la femme pour pencher l’oreille au dessus de sa bouche. Elle allait parler, mais il la fit taire de son seul regard puis il posa l’oreille contre le haut de sa poitrine pour écouter attentivement. Son coeur battait toujours. Il était faible, mais bien fonctionnel. Brusquement, l’homme se redressa.

‘‘ Pourquoi avoir menti alors que vous le saviez ?! ‘‘

‘‘ C’est un démon aux yeux jaunes ! Il ne lui a fait que du mal ! C’est à cause de lui si elle est dans cet état. Sa place est parmi les siens et non avec ce ... ce ... ce monstre ! ‘‘

‘‘ Ce monstre a pris soin d’elle ! Ma soeur avait toute sa tête ! C’est un Homme, comme vous et moi ... je croyais que les sauvages c’étaient eux au départ. Mais je me rends compte que nous ne sommes pas beaucoup mieux qu’eux maintenant. ‘‘

Ephraïm lui tourna le dos, la menaçant du regard de ne pas tenter quoi que ce soit contre Vaënadiel et il sortit à l’extérieur aux pas de course. Il descendit dans le sentier de chasse en suivant les traces encore fraîches de Liam ayant pour seule lumière celle que lui offrait la lune. Une fumée blanche se formait à chacune de ses respirations qui se faisaient de plus en plus rapide dut à l’essoufflement. Les traces s’arrêtèrent devant une crevasse et il entra sans faire de bruit. L’homme aux cheveux noirs était là, son regard vide fixant les flammes jusqu’à tant qu’il se rende compte de sa présence et daigne lever les yeux sur lui. Liam se demandait pourquoi il était là et Ephraïm le sentit sur la défensive.

‘‘ Elle est vivante ... son coeur bat toujours. Sa magie a failli la consumer, mais elle est encore parmi les vivants. ‘‘

Liam ne semblait pas le croire, certain qu’elle était bel et bien morte alors que c’était faux. Il ne bougea pas d’ailleurs, forçant Eph’ à s’approcher et lui flanquer une baffe en pleine tronche.

‘‘ Réveille toi, sombre idiot ! Pourquoi te mentirais-je ? Elle dort ... profondément ... c’est tout. ‘‘

Puis il se redressa dans toute sa grandeur, attendant une quelconque réaction de la part du guerrier d’en bas



Dernière édition par Vaënadiel Eira le Lun 26 Nov 2012 - 4:53, édité 1 fois
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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Dim 25 Nov 2012 - 22:20


Le regard plongé dans les flammes, Liam ne pouvait pas chasser l'image de Vaë de sa rétine. Ses cheveux cascadant autour de ses épaules, ses yeux, sa bouche…il la voyait comme si elle était là, devant lui, assise près du feu à rire gaiement d'une de ses blagues sortie par la nervosité. Il revoyait son regard pétillant de curiosité lors des découvertes du monde d'en bas, il revoyait tout ce qu'ils avaient vécu. Son premier baiser, impulsif, gênant, devant son père. Il la revoyait faire son test, à l'auberge…puis en ville, les achats, le collier…l'étreinte sur le banc…

Tout défilait devant ses yeux et maintenant…il prenait lentement conscience que jamais plus il ne la reverrait. Que jamais plus il ne pourrait l'embrasser. Que jamais plus il ne pourrait lui montrer le Royaume. Que jamais il ne la présenterait à ses parents et que jamais il ne pourrait lui montrer son amour par une nuit de passion sans limite.

Tant de choses qu'il ne connaîtrait pas. Qu'il ne connaîtrait plus. Dans les flammes dansa son visage et ses larmes reprirent.
Au fond de lui, il se morigénait en se disant qu'il devait se montrer fort pour elle.

Il se sentit alors observé et releva les yeux, tombant sur l'homme qui se tenait dans la grotte. Ephraïm. Le frère de Vaë. Pourquoi était-il là ? Allait-il lui dire de partir plus loin ? Ou…Liam n'arrivait plus à réfléchir.

- Elle est vivante ... son coeur bat toujours. Sa magie a failli la consumer, mais elle est encore parmi les vivants.

Vivante…non…elle n'avait pas bougé, n'avait plus réagit avant. Liam n'arrivait pas à l'imaginer ni même le croire. C'était…ce serait tellement beau si elle était réellement en vie…
Sa joue se fît soudain brûlante et il y porta une main machinalement, fronçant les sourcils, déjà plus réceptif à ce que l'autre disait :

-Réveille toi, sombre idiot ! Pourquoi te mentirais-je ? Elle dort ... profondément ... c’est tout.

Ephraïm se redressa, le dominant de toute sa hauteur. Liam resta abasourdi quelques instants, sentant encore la gifle sur sa joue. Puis, lentement, une main contre la paroi, il se releva, regardant l'homme dans les yeux. Son corps répondait à nouveau, chaque douleur se rappelait à lui, comme si la certitude qu'elle soit en vie l'avait réanimé.

Vivement, il serra Ephraïm contre lui, serrant ses bras autour du cou du Eira. Il ferma les yeux, heureux.

-Merci…

Il n'arrivait pas dire autre chose pour montrer sa reconnaissance envers Ephraïm. Il s'éloigna de lui, baissant la tête.

-Enfin…désolé mais…je…

Il n'arrivait plus à parler. La joie qui l'envahissait, là, était telle qu'elle brouillait son esprit. La résurrection de sa rose, sa réanimation…c'était trop d'émotion pour lui.

-Quand se réveillera-t-elle ?

Ephraïm sembla réfléchir un instant avant de répondre :

-Je ne peux pas te le dire, car je ne le sais pas ... ça pourrait prendre des jours, des semaines, voire des mois.

Liam écarquilla les yeux. Mais comment allaient-ils savoir ? Comment allaient-ils faire ? Liam le remercia encore et le laissa s'en aller, rejoindre les siens. Il était leur chef tout de même maintenant. Et Liam ne voulait pas que les siens pensent qu'il pactisait avec le démon aux yeux jaunes.

A nouveau seul, Liam se rassit sur le manteau et recommença à observer les flammes, mais avec un sourire aux lèvres cette fois. Vivante…elle était vivante ! Il se mit à rire, rire nerveusement certes, mais il rit. Il rit jusqu'à avoir mal aux côtes, ses blessures se réveillant.

Tout n'était pas perdu alors…tout ce qu'il fallait, c'était qu'elle ne se réveille pas trop tard. Il allait s'aménager une demeure ici dans la grotte. Il fermerait l'entrée pour moins sentir le froid, ferait un tas de bois pour le feu, chasserait le jour pour avoir assez à manger. Il attendrait qu'elle se réveille.
Il enverrait un courrier à ses parents pour les rassurer et leur dire qu'il viendrait dès que possible, sans entrer dans les détails. Vaë devait être une surprise pour sa famille.

Oui, il ferait ça comme ça. Ephraïm viendrait sans doute lui donner de ses nouvelles. Le cœur léger, Liam commença à retirer sa chemise, la morsure du froid s'accentuant, mais il devait nettoyer ses plaies et surtout, s'occuper les mains. Ses mains tremblaient de liesse. Des larmes de joies brouillaient sa vue. En vie ! Elle était toujours là avec lui ! Pourquoi n'avait-il pas sentit son cœur près du sien ? Sans doute parce qu'il était trop faible à ce moment-là…sinon il l'aurait su qu'elle était toujours là…il n'aurait pas réagit ainsi.

Tant bien que mal, il nettoya le sang avec de la neige qui fondait sur sa peau chaude, grimaçant lorsque cela piquait énormément. Il n'avait même pas faim, même si cela faisait trois jours qu'il n'avait plus rien avalé. Il but de la neige, l'eau fraîche terminant de le ramener sur terre.

Se couchant en boule dans le manteau, Liam s'endormit, le sourire aux lèvres, avec le cœur léger et ses pensées tournées vers celle qu'il aimait à la folie.

Le lendemain, le froid l'avait engourdi malgré la fourrure et le feu s'était éteint. S'étirant, Liam mit quelques secondes à se rappeler des événements, jusqu'à ce que tout revienne en bloc. Vaë, Arled. La tornade. Vaë, morte. Vaë, ressuscitée.

Se levant, Liam força ses jambes qui ne voulaient décidemment plus tenir le coup. Il revêtit le manteau et sortit de sa cachette. Le soleil tapait sur la neige, créant des reflets. S'emmitouflant, il commença à marcher, s'enfonçant dans la neige. Vaë avait raison, les habits qu'il portait habituellement n'étaient pas faits pour ce climat froid et rude. Il trouva des arbres morts qu'il dépeça de leur écorce, les traînant lentement derrière lui. Il les colla contre l'entrée, pour adoucir le froid puis retourna sur ses pas pour chercher du bois. Il utilisa son épée comme une hache et coupa les troncs, portant les fagots sur ses épaules. Tout ceci lui prit bien la matinée, et à midi, son ventre hurlait famine. Et toujours aucune nouvelle de Vaë. Mais il faisait confiance à son peuple pour la maintenir en vie.

Retournant dehors, il débusqua un lièvre par un coup de chance et retourna avec son repas dans la grotte. Le feu flambait bien haut et l'entrée était close par l'écorce, gardant la chaleur dedans et le froid dehors. Liam était fier de ce qu'il avait fait en une matinée. Bien sûr, c'était à peaufiner, à arranger, mais pour l'heure c'était pas mal, surtout si une tempête se levait. Il retira les entrailles du lapin, gardant la viande et la faisant cuire.
Mangeant, son ventre heureux, l'esprit léger, Liam savait qu'il serait capable d'attendre jusqu'à ce qu'elle revienne.

Attendre. Aussi longtemps que nécessaire.

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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Lun 26 Nov 2012 - 4:50

Une lueur d’espoir ... part.2

Spoiler:
 

Voilà ! C’était ça qu’il attendait : un peu plus d’émotions ! Sauf que l’accolade que le compagnon de sa soeur lui fit le rendit mal à l’aise. Ephraïm n’avait pas l’habitude de ce genre de contact avec un homme et resta quelque peu ... bouche bée? Habituellement, les hommes se frappaient fortement l’épaule ou le dos, d’autre serrant leurs avant-bras. Ce genre de câlin était d’une femme à un homme, non ? À moins que ce soit différent chez lui. M’enfin bref. Liam avait repris ses esprits et c’est ce qu’il voulait.

‘‘ Merci… ‘‘

Le chevalier avait baissé la tête et c’était reculer. Eph’ souriait faiblement à sa vue, sentant clairement que l’émotion montait chez lui. Liam n’était pas qu’un simple compagnon de route pour sa petite soeur et ça sautait aux yeux justes à voir la réaction de celui-ci.

‘‘ Enfin…désolé, mais…je… ‘‘

‘‘ Ça va, ce n’est rien, Liam. L’important c’est qu’elle est vivante. Vaë devrait reprendre des forces, ce qui s’annonce être long. Par inadvertance, elle a usé du maximum de son pouvoir et a frôlé la mort de justesse. Une minute de plus et elle nous quittaient. ‘‘

Mais tout allait pour le mieux et la tribu Kawa n’était plus de ce monde, du moins, leur chef ainsi que ses hommes de main. Sur leur terre, il restait certainement des femmes et des enfants. Mais une chose était certaine, c’est qu’il n’entendrait pas parler d’eux avant un sacré bout de temps et d’ici là, une alliance avec les Tohru se ferait. Ephraïm y veillerait pour le bien de son clan dès qu’il en aurait l’occasion. Pour le moment, c’était Vaënadiel sa priorité et il avait bien l’intention de veiller sur elle jusqu’à son réveil, évitant à Liam de s’attirer la foudre du clan. Pour les premiers jours du moins.

‘‘ Quand se réveillera-t-elle ? ‘‘

Cette question le prit au dépourvu, car l’homme des montagnes n’avait guère de réponse pour lui. Vaë était plongé dans un profond sommeil. Avec un peu de chance, sa convalescence serait rapide et elle ouvrirait les yeux bientôt. Dans d’autres cas, cela prendrait des mois et il y avait aussi des chances qu’elle y reste. Se voulant positif, il leva son regard bleuté de nouveau vers le jeune homme et dit :

‘‘Je ne peux pas te le dire, car je ne le sais pas ... ça pourrait prendre des jours, des semaines, voire des mois. ‘‘

Il n’allait quand même pas dire des années ou jamais, car quelque chose lui disait que ce n’était pas le cas. Jusque-là, Ephraïm avait toujours suivi son instinct et jamais il ne l’avait trompé. Alors pourquoi l’ignorerait-il aujourd’hui ? Mais bon ... Liam le remercia et le nordique le quitta pour se fondre de nouveau dans la nuit afin de regagner son village. Il alla d’abord chercher sa soeur, l’enveloppant dans la couverture de fourrure de la dame qui s’en occupait et l’apporta chez eux afin de la déposer dans son propre lit. D’abord, l’homme la fit boire petit à petit alors que ses réflexes répondaient de manière naturelle. L’eau s’écoulait dans sa gorge sans encombre, ce qui déjà un bon point. Le restant de la nuit, son frère veilla sur elle, étendu dans le lit fait de branche de sapin et de fourrure qui se trouvait à côté du sien. Sans ses frères et ses parents, leur coin de caverne semblait bien silencieux, car eux vivaient dans le cran de pierre dans des grottes beaucoup plus chaudes que les huttes d’en bas.

Le lendemain matin, n’ayant dormi que quelques heures, Ephraïm se réveilla et vérifia l’état de sa soeur. Déjà, sa respiration se faisait régulière et son pouls était perceptible seulement en posant les doigts dans son cou. Le sourire aux lèvres, l’homme s’occupa de préparer un bouillon de lièvre qu’il lui fit boire après s’être assuré qu’il était à la bonne température. Il ne fallait quand même pas que Vaë dépérisse sinon il était vrai qu’elle les quitterait en un temps record.

La femme de la veille vint leur rendre visite, s’excusant pour son comportement de la veille et apportait son aide que le nouveau chef ne refusa pas. Celle-ci s’occupait avec délicatesse de sa soeur, comme une mère envers son propre enfant, ce qui lui faisait chaud au coeur. Se retrouvant à l’extérieur, Eph’ aida les siens à brûler les corps des Kawa après les avoir empilés au centre du village et ils firent le ménage des alentours, réparant les bris mineurs sur les huttes qui avaient été touchées par la mini tornade de Vaënadiel. Sur l’heure du midi, le jeune homme partit à la chasse avec quelques hommes et tua un cerf des montagnes qu’il dépeça une fois rendu au village. La viande fut découpée et il en fit plusieurs parts qu’il enveloppa dans des petits sacs en peau de lièvre. La peau du cerf fut tannée et plié en quatre avants que l’homme ne se décide de descendre au repaire de Liam. À sa plus grande surprise, il avait déjà commencé à s’installer, ayant bloqué l’entrée à l’aide de bout d’écorce d’arbres.

‘‘ Hey, Liam ! ‘‘

Il entra sa demandé la permission et lui lança la peau de bête directement sur la tête puis déposa les réserves de viande au sol dans un coin alors que le chevalier le regardait d’un air interrogateur et surpris à la fois.

‘‘ Je t’apporte de quoi te nourrir pour une semaine. C’est du cerf ... j’espère que tu aimes ça et comme tu l’as vu, je t’apporte de quoi te tenir au chaud la nuit. Tu peux t’en servir pour remplacer l’écorce d’arbre à l’entrée aussi. Ça risque d’être plus efficace. J’en apporterai d’autres demain pour que tu sois plus confortable, mais tu peux toujours t’installer dans notre demeure ... ce n’est plus la place qui manque maintenant et je me fiche bien de ce que les autres peuvent penser. Tu es quelqu’un de bon, sinon ma soeur ne t’aurait pas apporté jusqu’à nous dans une situation pareille. Elle ne t’aurait pas non plus accordé une confiance aveugle. Je la connais ... ‘‘

En parlant de Vaë, Liam se fit insistant, désirant des nouvelles d’elle plus que toute autre chose. Ephraïm s’asseya donc par terre, croisant les jambes de la même manière que le faisait sa soeur.

‘‘ Elle reprend du mieux, mais n’a toujours pas ouvert les yeux. Il faut la nourrir au liquide afin qu’elle reprenne des forces. Vaë reviendra bientôt, je t’en fais le serment ... ‘‘

Les deux hommes se sourirent et Ephraïm resta quelques heures encore, essayant de le convaincre de temps à autre à quitter ce groupe pour venir avec lui au village. Il lui donnait comme argument qu’il pourrait veiller sur sa soeur jusqu’à son réveil, mais Liam se faisait toujours hésitant et finit par décliner l’invitation à plusieurs reprises. À la fin, il n’y arriva plus et dut se résigner. La seule promesse qu’ils se firent fut qu’Eph’ lui ramène des nouvelles aux trois jours et qu’au réveil de la jeune femme, son frère l’apporte ici si elle se sentait bien.

Les jours qui suivirent, Ephraïm s’occupait de sa soeur avec la vieille femme qui passait plusieurs fois par jour pour la nourrir et la nettoyer puisqu’elle jugeait qu’un homme ne devait pas voir l’intégrité du corps d’une femme à moins qu’elle lui soit promise et consentante. Or, cela ne dérangea pas du tout l’aîné qui trouvait ça ... extrêmement gênant. Aux trois jours, celui-ci rendait visite à Liam et lui apportait des provisions, de quoi se réchauffer et discutait avec lui de tout et de rien, posant des questions sur son mode de vie et sa culture alors que Liam prenait quelque cours de langue indigène nordique. Une première semaine s’écoula donc et Vaë ne semblait que dormir dans son lit. Elle n’avait toujours pas ouvert les yeux, ni même bougé. Sa respiration et son pouls étaient réguliers et ils n’avaient plus rien à craindre. Enfin ... hormis le fait qu’elle pourrait très bien rester dans cet état. La deuxième semaine, ce fut sensiblement le même scénario et Ephraïm se refusait de croire que sa soeur ne lui reviendrait pas. Il tenait fermement sa main tous les soirs, lui parlant doucement et lui donnant aussi des nouvelles de Liam, l’informant de ce qu’il faisait dans sa tanière. Lorsqu’il n’était pas chez lui, il était à la chasse avec le guerrier aux cheveux noirs qui se faisait un malin plaisir à chasser différentes sortes de gibier en allant du plus petit au plus gros. La fin de cette dernière semaine fut marquée par une forte tempête qui garda tout le monde cloîtré dans leur demeure. La neige tombait à flots et Ephraïm dut sortir, le capuchon sur la tête afin de descendre chercher Liam. Celle-ci durerait facilement quelques jours et malgré ses provisions, il se retrouverait enseveli sous la neige, sans possibilité de sortir de sa tanière une fois le soleil revenu.

‘‘ LIAM ! ‘‘

Le jeune homme poussa la peau d’un bras et entra dans la petite caverne où brûlait un petit feu de camp.

‘‘ Cette fois, je vais te demander de me suivre. Je n’ai pas envie de devoir te déterrer une fois le moment venu. La tempête commence à s’intensifier. C’est maintenant où jamais. Alors si tu ne veux pas mourir de froid, viens avec moi. ‘‘

De prime abord, Ephraïm ne lui laissait pas trop le choix. Alors, ils prirent le nécessaire et ils sortirent dehors pour braver la tempête. Le trajet pour se rendre jusqu’au village prit le double de temps, car les deux hommes devaient marcher lentement et rester près afin de ne pas se perdre de vue. Une fois au village, le vent était bien moins puissant puisque le cran de pierre en coupait la majeure partie. Le jeune chef l’invita donc à entrer chez lui. Les pièces n’existaient pas vraiment à vrai dire. L’espace était seulement très vaste. En avant à droit se trouvaient un grand feu, une table basse et quelques couverts taillés soit dans des os d’animaux soit dans du bois. Ce qui faisait office de siège était des coussins en peau de bête et il y avait un tabouret de bois devant le feu. Tout au fond se trouvait une série de lits dont un seul était occupé par Vaë, emmitouflée dans ses couvertures. À côté, il y avait un large trou dans le rock caché par une fourrure; probablement la chambre des adultes.

‘‘ Fais comme chez toi surtout. Comme je te disais, ce n’est pas la place qui manque maintenant que mes frères et mes parents ne sont plus. J’avoue qu’un peu de compagnie ne fera pas de tort non plus. ‘‘

Il eut un sourire en coin amusé puis installa des tiges au dessus du feu pour y faire cuire de la viande alors que la fumée s’échappait par une fissure construire à cet usage. Dans une petite cuve, il mit de l’eau de neige à bouillir et y mit quelques herbes. Après quelques minutes, il prit une longue louche et déposa le liquide dans un bol de bois qu’il tendit à Liam.

‘‘ Donne-lui ça ... ça devrait l’aider un peu. Je ne suis pas aussi doué qu’elle et mon père pour les plantes, mais j’ai quelques notions plutôt pratiques. ‘‘

S’occupant de la cuisson de la viande, Ephraïm laissa sa soeur au soin de l’homme qu’on appelait démon aux yeux jaunes ...

Spoiler:
 

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