''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]

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Vaënadiel Eira



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Race : Humaine
Classe : Druidesse
Métier : Botaniste
Croyances : Dieu de l'Équinoxe
Groupe : Clan [Indigène]

Âge : 20 ans

Messages : 180

Histoire de Personnage :
L'inconnu
Une nouvelle vie

MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Dim 16 Déc 2012 - 3:01

Quand la folie nous guette, part.2

‘‘ Je…je ne… ‘‘

D’une patience à toute épreuve, Heïan attendit que son fils poursuive sa phrase. Une longue minute s’écoula et Liam était de plus en plus tendu et nerveux ... il cherchait les mots, cherchait quoi dire et quoi cacher, mais le soldat était bien décidé à rester ici tant et aussi longtemps que son fils ne lui dirait pas tout. Prenant racine sur place, Heïan ne fit que croiser les bras sur son torse recouvert de son plastron et regardait son fils de ses yeux perçants. Il ne lui en voudrait jamais parce qu’il était son fils. Seulement, il voulait l’aider avant qu’il ne soit trop tard, car il y avait quelque chose qui n’allait pas et qui risquait d’empirer avec le temps. Liam parla enfin au plus grand soulagement de son père, même si les paroles qu’il prononça ne furent pas celles qu’il escomptait.

‘‘ Papa…il n’y a rien. Je t’assure. J’ai…dérapé sous le coup de l’alcool, cet après-midi… ‘‘

L’alcool ? Il n’y avait qu’une taverne et elle se trouvait à la foire. D’ailleurs, il y était passé et Liam n’était pas du genre à mettre les pieds dans ce genre d’endroit, encore moins de boire pour faire passer sa tristesse ou sa colère. Le jeune homme était encore plus tendu et mentait. Jamais il n’avait été un bon menteur et ce n’était certainement pas aujourd’hui qu’il commencerait. Heïan dit alors calmement:

‘‘ Tu me prends pour un imbécile, Liam ? Comme si j’allais croire que tu étais allé boire un coup seul à la taverne ... j’y étais parce qu’il y avait une bagarre. Crache le morceau ! ‘‘

Les trois derniers mots parurent plus brusques, car le paternel se devait de l’être pour secouer son fils, sauf qu’il vit une faible lueur traverser son regard avant qu’il ne baisse la tête. Maintenant dos à lui, Liam se tut. Par tous les dieux, mais qu’est-ce qu’il avait ? Son regard violacé se posa sur les mains de son fils qui ne tardèrent pas à former des poings. Fronçant les sourcils, sentant que ça tournerait mal bientôt, Heïan ramena ses bras de chaque côté de son corps se positionna sur la défensive. Dès que le chevalier bougea, le soldat leva les bras pour arrêter le poing qui s’enlignait vers sa figure. D’une main il lui prit le poignet, tourna son bras à l’envers ce qui força le jeune homme à lui tourner dos. Immobilisé et le tenant fermement Heïan parla de sa voix forte, espérant ramener son fils à la réalité.

‘‘ Liam, calme-toi ! Reprends-toi, bon sang ! ‘‘

Mais le jeune homme tendit de se défaire de son emprise et dès qu’il bougeait, Heïan enfonçait un pouce dans le nerf se trouvant dans le creux du coude, provoquant une douleur ainsi qu’un engourdissement du bras. Liam mit du temps à se reprendre, mais il s’effondra sur les genoux d’un seul coup, amenant son père avec lui qui attendit une diminution de tension avant de le relâcher. Les bras du jeune homme tombèrent mollement de chaque côté de son corps, le regard violet de son père l’observant, complètement désemparé après ce qu’il venait de voir. Inspirant profondément, Heïan se redressa et posa un genou devant lui, ses mains sur les épaules pour le rassurer, mais aussi pour se protéger d’un futur assaut.

‘‘ Papa…’’

Sa voix, sa cassait, reflétait une profonde souffrance intérieure qui serra la gorge du père. C’est alors que Liam se jeta dans ses bras, le prenant de court quelques secondes. Entourant son fils de ses bras, le soldat posa son autre genou par terre et mit une main derrière sa tête, le serrant davantage contre-lui. Il sentait les tremblements de Liam et entendait aussi ses sanglots.

‘‘ Papa je suis un minable… ‘‘

‘‘ Liam ... ‘‘

‘‘ Excuse-moi pour…avant…je ne voulais pas je… ‘‘

Liam sanglotait beaucoup plus maintenant, hoquetant. C’était bien la première fois qu’il voyait son garçon dans un tel état. Rares avaient été les fois où celui-ci avait versé une larme ou pleurées de la sorte. Frottant le dos de son fils, Heïan tentait de le calmer du mieux qu’il pouvait par sa seule présence, car lui et les mots, ça faisait toujours deux. Inspirant profondément puis se détachant de son père, le chevalier croisa son regard. Il y avait tellement de désespoir, de peur et de haine dans ce regard qu’Heïan en eut un frisson d’horreur.

‘‘ Il…il y a quelque chose qui…qui me…m’envahit…je…j’étais chez Keira cet après-midi pour…m’excuser et…elle…enfin, elle m’a… Je n’arrive pas à…rejeter mes remords et…il y a…je ne sais pas papa, quelque chose en moi…je n’arrive plus à regarder Vaë en face sans me sentir mal...encore pire qu’au moment des faits... ‘‘

Ce qu’il craignait était arrivé. Cette chose dont parlait Liam s’appelait la folie ... une folie qui pouvait devenir meurtrière si elle n’était pas prise à temps. Si le jeune homme ne parvenait pas à reprendre son sang, à rebâtir sa protection, il serait peut-être trop tard pour revenir en arrière et le pire pouvait arriver. Les bras de son fils l’entouraient avec tellement de force que le soldat crut que l’armure allait craquer sur le coup, mais ce ne fut qu’une impression. Il s’accrochait à lui comme à une planche en pleine mer et Heïan l’aiderait comme il le pourrait ... il n’était pas question que son fils sombre dans le néant de cette manière alors que le bonheur l’attendait au bout du chemin. Tout ce qu’il devait faire était de tendre le bras vers la lumière et à prendre la main qui tentait de l’aider. Dans un murmure, le jeune homme à la chevelure de ténèbres dit:

‘‘ Il…ne faut rien dire à maman ou Vaë ou Elayne ou Ephraïm…ils ne doivent rien savoir…je t’en prie… ‘‘

Heïan ferma les yeux, ses sourcils s’affaissant d’un seul coup comme ses épaules et collant son front contre la tête de son fils qui dit, dans un dernier murmure :

‘‘ Il ne faut pas que leurs sourires s’éteignent… ‘‘

Ses bras se resserrèrent autour de Liam, ne voulant pas le laisser tomber. S’il avait pu prendre tous ses tracas, cette noirceur qui le rongeait petit à petit, il l’aurait fait volontiers, mais il n’en avait pas le pouvoir. Que pouvait-il faire mis à part lui faire savoir qu’il était présent pour lui, qu’il était là pour l’écouter et le soutenir ? Et Vaënadiel dans tout ça ? Liam ne voulait peut-être pas lui faire peur, mais elle était en droit de savoir ce qui rongeait son homme. Il le voyait bien qu’elle était morte d’inquiétude et qu’ils s’éloignaient peu à peu l’un de l’autre. Elle comme lui souriaient beaucoup moins depuis leur retour, depuis la première visite de Liam chez Keira. Mais ce qu’il avait vécu pendant ses voyages, la mort de la famille de sa douce, les tortures, la violence et le sang avaient peut-être éveillé cette chose alors que cette peste l’avait seulement nourri davantage. C’était une possibilité, mais s’il fallait que son fils quitte Beolan et parte loin pour être en paix avec la jeune nordique, Heïan s’en occuperait personnellement. Il se jura que son fils ne deviendrait pas un tueur sans remords ni scrupules comme l’était son propre père. Le calvaire avait assez flotté au-dessus de la famille Kreiss. Il fallait qu’il aille voir une bonne fois pour toutes.

‘‘ Liam, je veux que tu m’écoutes attentivement. ‘‘ Dis Heïan calmement. ‘‘ Si tu crois être sur le point de perdre le contrôle, que tu sentes que tu vas t’énerver en présence de Vaë, son frère, ta soeur ou ta mère, je veux que tu ailles dans le bureau et que tu essaies de te calmer si je ne suis pas là. Tu dois te maîtriser, garder ton sang-froid... bien que ce ne soit pas intentionnel, tu pourrais frapper quelqu’un qui t’est cher. Tu me comprends bien ? Je ne souhaite pas que ça arrive ... je vais t’aider, mais tu dois en parler avec Vaë le plus tôt possible, dès que tu te sentiras prêt. Elle est ta fiancée, ta femme et aussi celle qui partage ta vie vous ne devez avoir aucun secret l’un pour l’autre c’est ce qui fera que vous serez soudé. Si tu le lui caches et que ça explose, je ne peux prédire ce qui arrivera ... et promets-moi une chose, une seule. ‘‘

Il regarda Liam directement dans les yeux, voyant son fils qui tentait de se calmer comme il le pouvait.

‘‘ Ne retourne plus chez Keira et si tu veux y retourner, sois accompagné. N’y va plus seul, jamais. Si tu oses le faire, je te jure que je te ferai suivre par Omar jusque dans ton bain ... sinon c’est moi qui m’en chargerai. Me suis-je bien fait comprendre, fiston ? ‘‘ Attendant que son fils acquiesce pour lui signifiez son accord. ‘‘ Bien ... Je ne te laisserai pas tomber mon grand. N’importe quand, viens me voir, mais parle. Si tu ne dis rien, personne ne pourra t’aider et tu couleras comme une pierre. ‘‘

Heïan se risqua à lui faire un sourire en coin, tentait d’apaiser l’esprit si troublé de sa progéniture.

‘‘ Tu n’es pas comme lui ... tu ne deviendras pas non plus comme lui. Je sais que tu peux tout affronter en gardant la tête haute. Le passé est le passé et si tu ne le fais pas pour toi, fais-le au moins pour celle qui tu aimes et votre enfant, Liam. ‘‘

Il le serra fortement contre lui une dernière fois, attendant qu’il cesse ses sanglots qui avaient recommencé de plus belle. Son coeur de père souffrait en voyant son enfant si malheureux, son esprit torturé le tourmentait lui aussi et il ne pouvait s’imaginer Liam devenir fou. L’aidant à se remettre sur ses pieds, ils marchèrent encore un moment, épaule par dessus épaule jusqu’à ce qu’ils reviennent à la maison. Melley attendait dans le salon avec impatience et vint voir ses hommes, les serrant dans ses bras. Heïan donna une tape dans le dos de son fils qui monta à l’étage pour se rendre directement à sa chambre, sauf que Vaë ne s’y trouvait pas. Ni même avec Ephraïm qui dormait comme une souche et encore moins avec Elayne qui dormait aussi. Se débarrassant enfin de son armure, Heïan prit place aux côtés de sa femme qui serra sa main gelée dans la sienne.

‘‘ Heïan ... ‘‘

‘‘ Ça va aller Melley, simplement une mauvaise journée pour notre fils. Tout rentrera dans l’ordre bientôt. ‘‘

Il le disait, mais l’espérait surtout. Tout dépendait de la force d’esprit de Liam et de son désir de se battre contre le mal qui le rongeait de l’intérieur et qui tentait de prendre le dessus à tout moment. Ils entendirent alors la porte arrière se refermer puis des bruits de pas dans le couloir.

‘‘ Bonne nuit ‘‘ Dit Vaë en passant devant le salon, un faible sourire aux lèvres.

‘‘ Bonne nuit, ma grande ‘‘ Répondit Melley de sa voix douce.

Prenant Meeko dans ses bras, la druidesse ne remarqua pas que le maître de la maison était revenu, donc ne se douta pas plus que son homme se trouvait dans la chambre et la cherchait. Elle tourna alors la pognée et ouvrir la porte, tombant nez à torse avec Liam qui s’apprêtait à sortir pour la trouver. Son regard se leva et croisa les yeux fauves de son homme qui était inquiet. Celui-ci soupira de soulagement et la serra dans ses bras soudainement. Son visage écrasé contre son poitrail, Vaë entoura sa taille et leva la tête, se laissant ensuite entraîner dans la chambre. En silence, elle se détacha de lui et enleva son manteau et en profita pour secouer ses cheveux afin qu’ils perdent la fraîcheur de l’extérieur. Car oui elle était allée s’assoir dans le jardin pour s’aérer l’esprit et penser plus clairement. Dos à lui, Vaë demanda alors :

‘‘ Que me caches-tu, Liam ? ‘‘

La jeune femme se tourna alors vers lui. Elle avait bien vu ses yeux rougis, ses paupières bouffies; il avait versé des larmes. Et elle sentait au plus profond d’elle qu’il n’allait pas si bien qu’il essayait de le lui faire croire.

‘‘ Réponds-moi, je t’en prie. Je cherche seulement à comprendre ce qui ne va pas ... j’ai vu cette lueur dans tes yeux quand tu as regardé mon ventre hier soir. ‘‘

Elle s’approcha de Liam et le fit assoir sur le lit puis prit place sur sa jambe droite alors que ses mains se posaient sur les joues de son amoureux. Ainsi, il n’avait d’autre choix que de la regarder directement dans les yeux tout comme lui répondre.

‘‘ Je suis trop grosse ? Tu ne veux pas de l’enfant ? Tu ... ne m’aimes plus peut-être ? Y a-t-il autre chose, car je sens que oui. Parle-moi ... Liam ! Qu’est-ce qui t’arrive ? ‘‘ Murmura t-elle enfin, plus inquiète que jamais. ‘‘ Je voudrais tellement t’aider, t’être utile. Laisse-moi faire quelque chose pour toi. ‘‘

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Dim 16 Déc 2012 - 11:01


Liam pleurait toujours dans les bras de son père. Il ne pouvait plus rester droit et fort, il fallait qu'il lâche du leste et seul son père pouvait l'aider…la chose était là, il la sentait en lui, elle tentait de sortir à nouveau mais Liam parvenait à la maîtriser…parce qu'il n'était pas en colère, parce que personne ne le culpabilisait, parce que personne ne pointait du doigt toutes les erreurs qu'il avait faites, toutes les souffrances qu'il avait causées. Il avait tellement peur…et s'il devenait fou ? Et si c'était sa et qu'il allait sombrer ? Liam ne le voulait pas…pas du tout.

La voix de son père s'éleva alors, calme et apaisante :

-Liam, je veux que tu m’écoutes attentivement. Si tu crois être sur le point de perdre le contrôle, que tu sentes que tu vas t’énerver en présence de Vaë, son frère, ta soeur ou ta mère, je veux que tu ailles dans le bureau et que tu essaies de te calmer si je ne suis pas là. Tu dois te maîtriser, garder ton sang-froid... bien que ce ne soit pas intentionnel, tu pourrais frapper quelqu’un qui t’est cher. Tu me comprends bien ? Je ne souhaite pas que ça arrive ... je vais t’aider, mais tu dois en parler avec Vaë le plus tôt possible, dès que tu te sentiras prêt. Elle est ta fiancée, ta femme et aussi celle qui partage ta vie vous ne devez avoir aucun secret l’un pour l’autre c’est ce qui fera que vous serez soudé. Si tu le lui caches et que ça explose, je ne peux prédire ce qui arrivera ... et promets-moi une chose, une seule.

Ravalant ses larmes, Liam regarda son père, attendant la suite. Se maîtriser, oui…frapper…quelqu'un qui lui était cher ? Oh non…Vaë…Elayne…sa mère ou Ephraïm…même Heïan mais il avait déjà tenté, à l'instant. S'il…s'il frappait sa rose, que se passerait-il ? Le quitterait-elle pour de bon une nouvelle fois ? Allait-il la briser encore et lui faire regretter la seconde chance ? Lui faire regretter d'être enceinte et lui laisser ce lourd poids sur les épaules ? La peur se distillait en lui, s'incrustant comme il le fallait dans chaque cellule de son corps. Lui en parler…oui…

-Ne retourne plus chez Keira et si tu veux y retourner, sois accompagné. N’y va plus seul, jamais. Si tu oses le faire, je te jure que je te ferai suivre par Omar jusque dans ton bain ... sinon c’est moi qui m’en chargerai. Me suis-je bien fait comprendre, fiston ?

Liam acquiesça simplement. Non, il n'irait plus tout seul…il emmènerait quelqu'un…ce qu'il aurait du faire à chaque fois…

-Bien ... Je ne te laisserai pas tomber mon grand. N’importe quand, viens me voir, mais parle. Si tu ne dis rien, personne ne pourra t’aider et tu couleras comme une pierre.

Heïan lui offrit un petit sourire pour lui montrer qu'il était là et Liam tenta de le lui rendre, en vain.

-Tu n’es pas comme lui ... tu ne deviendras pas non plus comme lui. Je sais que tu peux tout affronter en gardant la tête haute. Le passé est le passé et si tu ne le fais pas pour toi, fais-le au moins pour celle qui tu aimes et votre enfant, Liam.

Cette fois, les larmes reprirent de plus belle et il s'effondra à nouveau alors que son père le serrait fortement contre lui. Pourquoi tout s'effondrait encore autour de lui ? Et pourquoi lui ? Qu'avait-il fait pour être ainsi et pour donner que du malheur aux êtres qu'il aimait tant ? Allait-il devenir réellement fou, quoiqu'il fasse ? Allait-il devenir comme son grand-père ? Allait-il encore salir ce prénom qui avait donné le sourire à Heïan toutes ses années durant ? Liam tremblait alors que son père l'aidait à se remettre debout pour le reconduire à la maison, épaule sur épaule.

Liam inspirait l'air nocturne de Beolan, cet air frais et vivifiant. La chose était là, pulsait toujours. Il fallait qu'il parle à Vaë. Son père avait raison. Un couple c'était ça, ne pas avoir de secret l'un pour l'autre, sauf si c'était pour une surprise, un cadeau. Ce secret, il devait le partager avec elle. Qu'elle le sache. Elle était sa moitié et il voyait bien qu'elle s'inquiétait, voyait aussi qu'ils s'éloignaient à nouveau l'un de l'autre. Mais c'était lui…il n'arrivait pas à la regarder ou la toucher comme avant sans être pris de remords, depuis qu'il était allé chez Keira la veille. Il n'arrivait pas, il avait l'impression de la salir…

Entrant dans le manoir, sa mère les accueillit, tout autant inquiète. Elle le serra dans ses bras et Liam sourit un peu, puis son père lui claqua le dos gentiment et le chevalier monta à l'étage pour retrouver Vaë.

Aidant Heïan à retirer son armure, Melley s'installa dans le canapé, lui prenant une main pour la réchauffer et commença à parler, mais il la coupa, tentant de la rassurer. Mais elle n'était pas dupe…il y avait quelque chose qui se passait et les hommes ne voulaient rien dire, sans doute pour les protéger, elles. Mais Melley s'en fichait ! C'était son fils et s'il avait des soucis il devait le lui dire ! Et Heïan ne devait pas tout garder pour lui non plus ! Elle se jura de voir l'évolution de la situation et si jamais, elle forcerait son époux à lui dire la vérité. Qu'importe les promesses qu'il aura pu faire à son fils ou elle ne savait quoi, elle saurait. Elle souhaita bonne nuit à Vaë qui venait de rentrer du jardin, voyant qu'elle aussi s'inquiétait pour Liam.

En haut, Liam était entré dans la chambre, mais celle-ci était vide. Il fouilla, la pièce d'eau, tout, mais aucune trace de Vaë. Il eut l'impression de revenir en arrière, lorsqu'il était revenu de chez Keira, la tête en place, et qu'elle était partie chez elle. Les remords revinrent en bloc en voyant la pièce vide, la culpabilité, les paroles de Keira : "C'est si facile de demander pardon une fois les actes commis…"

La chose rua de plus belle et il se détourna, voulant sortir pour la trouver car il était sur qu'elle n'était pas partie, au moment ou la porte s'ouvrait sur Vaë. Elle leva les yeux vers lui et il soupira de soulagement en la voyant là, devant lui. Automatiquement, il la serra dans ses bras, tentant par ce contact d'éloigner les remords mais cela ne faisait rien. Il devait se maîtriser, comme avait dit son père. Il ne devait pas, surtout pas, perdre le contrôle envers elle.

Entrant dans la chambre avec elle, il la laissa se départir de son manteau et secouer ses cheveux perlés d'humidité. Lui tournant le dos, elle lui demanda soudain :

-Que me caches-tu, Liam ?

Elle se tourna vers lui, l'observant de ses magnifiques yeux aqua, poursuivant :

-Réponds-moi, je t’en prie. Je cherche seulement à comprendre ce qui ne va pas ... j’ai vu cette lueur dans tes yeux quand tu as regardé mon ventre hier soir.

Il se mordit la lèvre alors qu'elle l'entraînait sur le lit, s'asseyant sur sa jambe droite et prenant son visage entre ses mains pour le forcer à la regarder et donc à lui répondre.

- Je suis trop grosse ? Tu ne veux pas de l’enfant ? Tu ... ne m’aimes plus peut-être ? Y a-t-il autre chose, car je sens que oui. Parle-moi ... Liam ! Qu’est-ce qui t’arrive ? Je voudrais tellement t’aider, t’être utile. Laisse-moi faire quelque chose pour toi.

Tout était sorti en un murmure inquiet et apeuré de sa bouche. Contrôlant sa voix, inspirant un coup, Liam commença à parler :

-Non tu n'es pas trop grosse ma rose. Si je veux de l'enfant. Si je t'aime comme tu ne peux pas l'imaginer. Ce…n'est pas toi, Vaë.

Il devait le lui dire. Mais en voyant son regard, là, devant lui, il revoyait aussi ce même regard brisé, quelques mois plus tôt. Il revoyait toute cette souffrance, la culpabilité revenait en masse, les remords avec. La chose cognait pour sortir. Elle faisait mal en lui et il sentait qu'il n'arriverait pas à la contenir longtemps s'il continuait ainsi.

Mais il devait tout lui expliquer, depuis le début.

-Vaë…écoute-moi. Hier, je suis allé chez Keira pour…voir comment se passait sa grossesse. Et cela s'est mal passé elle t'a insultée, elle a été odieuse et…j'ai été pris de colère et je l'aie giflée…je m'en suis voulu et aujourd'hui…je me suis dit qu'il fallait que j'aille m'excuser…mais là encore ce fût l'horreur. Elle nous a insulté, a tout remis à plat et la colère m'a envahit à nouveau. Sauf que j'ai réussi à me contrôler et ne pas la frapper, à la place je suis allé cogner des hommes dans la rue qui n'avaient rien demandé et que je ne connais même pas…et avant…mon père voulait savoir ce qu'il se passait et j'ai voulu le frapper lui aussi…

Il baissa la tête, inspirant, retenant encore la chose et la colère.

-Excuse-moi pour mon attitude envers toi depuis hier…mais quand je te vois…je vois la souffrance que je t'aie causée. Je revois tout et mes remords reviennent…je n'arrive pas à…te toucher ou te regarder sans me sentir mal et coupable…même si c'est Keira qui à tout manigancé, je suis tout autant fautif…et je ne veux plus te faire souffrir…mais…cette chose en moi, si je perds le contrôle…je risque de te frapper aussi…sans le vouloir…

Il releva les yeux vers elle, chassant encore un instant la chose :

-Je t'aime Vaë…toi comme l'enfant que tu portes…mais je ne veux pas vous faire de mal et…je suis en train de devenir fou comme mon grand-père, Vaë…fou et violent. Promet moi que tu me tueras si jamais je dérape de trop. Ne me laisse pas vous faire mal à ce point. Ou demande à mon père de le faire…ne me laisse pas vivre en étant fou et violent…

Elle ne répondit rien, ne lui promit rien. Mais il vit ses yeux s'humidifier. La culpabilité revint à flot, les remords aussi et il la souleva, la posa sur le lit en douceur et se leva. Arrivé à la porte il lui dit :

-Je…reviens. Reste ici. Ne bouge pas.

Il sortit en vitesse, refermant la porte au moment ou ses parents montaient se coucher. Il les ignora et entra dans le bureau, avançant à grands pas jusqu'à la fenêtre, collant son front contre la vitre. Il devait…la maîtriser…avisant un vase posé sur une petite table, il le prit et le lança violemment à travers la pièce. Il se brisa, l'eau et les fleurs se répandant au sol. S'agrippant à la chaise du bureau, tremblant, Liam regardait les débris, inspirant profondément pour se calmer et se maîtriser. Pour chasser cette chose, chasser cette part de lui, chasser les remords…

Mais le fracas avait alerté tout le monde. Elayne était sortie de la chambre, était allé rassurer Ephraïm en lui disant qu'elle lui donnerait les informations mais c'était fait renvoyer dans sa chambre par son père. Melley elle, alla auprès de Vaë qui avait l'air…perdue, pendant que son mari allait dans le bureau.
S'installant sur le lit, elle prit Vaë contre elle, lui frottant le dos.

-Vaë, que se passe-t-il ?

Melley voulait savoir…peut-être pouvait-elle aider et puis…C'était son fils !

Dans le bureau, Liam se calmait lentement et en voyant son père entrer, il lui fît non de la tête. Ne pas s'approcher. Si Heïan s'approchait, Liam risquait de redevenir violent.

-Je…lui ais tout dit, papa. Réussit-il à dire.

Se rapprochant de lui-même il poursuivit :

-Je lui ais demandé de me promettre de me tuer si je deviens réellement un danger pour la famille. Mais je te demande de me faire également cette promesse. Parce que toi tu sais tuer. Elle a horreur de ça.

Il vit son père froncer les sourcils, et réfléchir à une réponse qui n'énerverait pas son fils qui tentait de se calmer. Liam ne comprenait pas comment cela se déclenchait…il était parfaitement normal en revenant de la balade et le fait d'avoir tout dit à Vaë, de culpabiliser encore, avait réveillé la chose…

Malheureusement, cela ne faisait que commencer. Keira venait d'envoyer son premier messager…


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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Dim 16 Déc 2012 - 17:30

Quand la folie nous guette, part.3

La voix de Vaë s’était faite tremblante dans ses paroles et elle avait peur ... pas de Liam, mais de ce qui lui arrivait. Ses yeux, cette brillance semblait en perpétuel combat contre quelque chose de sombre à l’intérieur de lui. Son sourire avait disparu ou lorsqu’il était là, semblait aussi faux que celui d’une statue de pierre. Inspirant alors profondément, Liam répondit à ses questions qui la tourmentait depuis la veille en après-mid.

‘‘ Non tu n’es pas trop grosse ma rose. Si je veux de l’enfant. Si je t’aime comme tu ne peux pas l’imaginer. Ce…n’est pas toi, Vaë. ‘‘

Si ce n’était pas elle, qu’est-ce que c’était alors ? C’était le néant total dans son esprit et elle ne comprenait pas ce qui arrivait à son amoureux depuis la veille. C’était juste pour dire s’il la touchait. Ça aussi elle l’avait senti et c’est alors que le visage de Liam changea pour devenir plus triste. Mais cette lueur dans ses yeux ... ?

‘‘ Vaë…écoute-moi. Hier, je suis allé chez Keira pour…voir comment se passait sa grossesse. Et cela s’est mal passé elle t’a insultée, elle a été odieuse et…j’ai été pris de colère et je l’aie giflée…je m’en suis voulu et aujourd’hui…je me suis dit qu’il fallait que j’aille m’excuser…mais là encore ce fût l’horreur. Elle nous a insultés, a tout remis à plat et la colère m’a envahi à nouveau. Sauf que j’ai réussi à me contrôler et ne pas la frapper, à la place je suis allé cogner des hommes dans la rue qui n’avaient rien demandé et que je ne connais même pas…et avant…mon père voulait savoir ce qu’il se passait et j’ai voulu le frapper lui aussi… ‘‘

Hein ? Ces aveux furent comme un vent glacial sur elle. Qu’est-ce qui arrivait à Liam ? Jamais elle ne l’avait connu agressif et violent. Il avait aussi voulu frapper son père un peu plus tôt alors qu’ils semblaient si proches l’un de l’autre. Pour Keira, elle s’en fichait un peu, car c’était une personne hideuse et malfaisante, mais le fait que Liam l’ait giflé était quelque chose à ne pas prendre à la légère. Dégageant le visage de son homme de ses mains, Vaënadiel le regardait en silence, attendant qu’il poursuive.

‘‘ Excuse-moi pour mon attitude envers toi depuis hier…mais quand je te vois…je vois la souffrance que je t’aie causée. Je revois tout et mes remords reviennent…je n’arrive pas à…te toucher ou te regarder sans me sentir mal et coupable…même si c’est Keira qui à tout manigancé, je suis tout autant fautif…et je ne veux plus te faire souffrir…mais…cette chose en moi, si je perds le contrôle…je risque de te frapper aussi…sans le vouloir… Je t’aime Vaë…toi comme l’enfant que tu portes…mais je ne veux pas vous faire de mal et…je suis en train de devenir fou comme mon grand-père, Vaë…fou et violent. Promets-moi que tu me tueras si jamais je dérape de trop. Ne me laisse pas vous faire mal à ce point. Ou demande à mon père de le faire…ne me laisse pas vivre en étant fou et violent… ''

Au milieu de ses dires, le jeune homme avait relevé son regard vers elle et la druidesse aperçut une différence. Il y avait quelque chose, car la brillance n’était plus là, son regard était plus vide qu’un trou noir. Il pouvait perdre contrôle de sa personne et ... lever la main sur elle ? Vaë se sentit mal pour lui, désolée aussi de savoir que lorsqu’il la voyait cela ne faisait qu’attiser le malheur qui s’était abattu sur lui depuis leur retour, mais sa vue se brouilla d’un seul coup. Elle avait mal pour lui, arrivait à sentir le bouleversement de son âme. Elle voulut parler, mais il la souleva et l’assena à sa place, la quittant pour se diriger vers la porte.

‘‘ Je…reviens. Reste ici. Ne bouge pas. ‘‘

Vaënadiel garda ses yeux rivés sur la porte, même lorsque l’obscurité l’engouffra et qu’elle se retrouva seule dans la chambre avec ses pensées qui ne faisaient qu’un beau cercle dans sa tête. Devenir fou ... violent ... le ... tuer ? Comment pouvait-elle se résoudre à le tuer ou le voir se faire abattre ?! Jamais elle ne ferait et laisserait une telle chose arriver, jamais. Elle ferait ce qu’elle pourrait pour le garder sur le bon chemin et elle se fichait de se faire frapper ... si c’était le prix à payer pour le ramener, pour le faire revenir à elle, la druidesse le ferait. À ce moment, Vaë perdit la notion du temps et ce ne fut que lorsqu’elle entendit un vase se casser qu’elle sursauta et compris; il venait de rechuter. Était-ce de ... sa faute ? Ne bougeant pas du lit, elle n’entendit que la porte de la chambre d’Elayne s’ouvrir et des pas rapide. La voix d’Heïan s’éleva dans le couloir en s’adressant à sa fille qui retourna s’enfermer puis la porte de la pièce où elle se trouvait s’ouvrit sur une silhouette féminine; Melley. À sa droite, le matelas s’enfonça légèrement et elle sentit des bras autour d’elle puis un corps. Une main frottait doucement son bras, forçant la jeune nordique à se laisser aller ...

‘‘ Vaë, que se passe-t-il ? ‘‘ Demanda t-elle doucement.

Mais Vaënadiel n’arrivait pas à formuler une phrase sensée dans l’immédiatement, car son esprit était chamboulé. Elle ne comprenait pas elle-même ce qui se passait. Se calmant du mieux qu’elle put, la druidesse lui répéta alors les mots que Liam lui avait dits quelques minutes plutôt et sa mère semblait soudainement chamboulée; elle venait de mettre la lumière sur le problème et comprenait pourquoi Heïan n’avait pas voulu lui en parler tout de suite, mais quand même !

De l’autre côté du couloir, quelques portes plus loin, Heïan ouvrit la porte du bureau et la referma juste derrière lui. Voulant s’approcher de son fils, le concerner secoua négativement la tête, obligeant donc le paternel à stopper tout mouvement. Les mains du jeune homme étaient crispées contre le dossier du fauteuil derrière le bureau et il arrivait à peine à contenir sa rage grandissante. Ses yeux lui donnèrent des frissons... frissons d’horreur.

‘‘ Je…lui ais tout dit, papa. ‘‘ Dit-il Liam avec difficulté alors qu’il contournait lui-même le bureau pour s’approcher de lui. ‘‘ Je lui ais demandé de me promettre de me tuer si je deviens réellement un danger pour la famille. Mais je te demande de me faire également cette promesse. Parce que toi tu sais tuer. Elle a horreur de ça. ‘‘

Ces paroles lui donnèrent l’effet d’une violente gifle. Le tuer ?! Hors de question, il tenterait par tous les moyens possibles de lui faire recouvrer l’esprit avant de devoir l’abattre et jamais il n’en serait capable. Tuer sa propre progéniture, celle qu’il aimait et chérissait comme les plus beaux trésors qui ne pouvaient exister ? Ne jamais... autant mourir lui même que de faire une telle chose. Regardant son fils dans les yeux, Heïan fronça les sourcils et dit :

‘‘ Je ne peux pas te faire une telle promesse Liam. C’est au dessus de mes valeurs ... je ... ne peux pas. Il y a d’autres moyens à essayer avant de parvenir à quelque chose d’aussi radical. ‘‘

Liam se mit alors à réfléchir, cachant son regard de la vue de son paternel. Deux longues minutes s’écoulèrent avant qu’il ne relève la tête et dise :

‘‘ D’autres moyens ? Lesquels ? Attendre que je devienne intenable ? Cette chose est...je risque de faire trop de mal sans le vouloir et j’en ai déjà trop fait papa... ‘‘

Ces paroles le prirent au dépourvu et ne surent comme y répondre directement et sur le moment. Heïan poussa un long et profond soupir, levant les yeux vers le ciel en sentant son coeur battre la chamade juste à l’idée de devoir tuer son fils de sang-froid.

‘‘ Je ne tuerai jamais la chair de ma chair Liam. Je ne peux pas ... Il faut que tu trouves le moyen de te contrôler, même si tu en souffres, comme nous tous de te voir dans un tel état. Personne ne te laissera tomber, personne ! ‘‘

‘‘ Nous t’aiderons, mon loup. ‘‘ Dit calmement Vaë en arrivant derrière Heïan.

Celui-ci sursauta, il ne l’avait pas entendu ouvrir la porte et n’avait encore moins senti sa présence dans la pièce. La jeune femme contourna le père de Liam et s’approcha tranquillement de lui jusqu’à ce qu’elle entoure sa taille de ses bras et colle sa joue contre son torse.

‘‘ Je sais que tu es capable d’y arriver, Liam. Tu es fort, plus fort que tu ne le crois ... ton esprit est confus, mais tu as toujours le contrôle de ta personne. Je ne t’abandonnerai pas. Jamais ... ‘‘

Les bras de son amoureux l’entourèrent et elle se sentit soulagée par cette étreinte, bien que courte. Liam se détachait d’elle pour la regarder, sans un sourire et se sentant toujours aussi coupable pour les actes passés.

‘‘ Vaë...tu es la première à souffrir de mes actes...depuis le début...mes remords ne s’enlèveront plus maintenant....cette chose s’en nourrit et me retire cette force dont tu parles...mais je t’aime.. ‘‘

‘‘ Je n’en souffre pas Liam, j’apprends à vivre avec. C’est toi que j’aime, ce que tu es, ta personne. Pas ce que tu as fait par le passé ... je me fiche de ce qui est arrivé avec cette ... pou-p-pouf-pouffiasse ! ‘‘ Réussit-elle à dire à la plus grande surprise des hommes et des autres personnes qui s’étaient incrustées dans la pièce et se postant aux côtés d’Heïan. ‘‘ Tu dois te battre ...tu te laisses marcher dessus par ce qui te ronge de l’intérieur, Liam. Ne fais pas cette erreur je t’en supplie. ‘‘

Son regard aqua plongea dans les soleils éteints de son amoureux, une main caressant doucement sa joue. Le silence s’installait doucement sur la famille qui attendait la suite, mais la jeune nordique reprit.

‘‘ Un jour ... un homme m’a dit de me battre contre le mal qui me rongeait, le même mal qui était sur le point de me conduire à ma famille, là haut. J’ai obéi aveuglément, j’ai pris la main qui était tendue vers moi sans hésitation et j’ai combattu avec espoir d’enfin revoir mon soleil. Celui qui a éclairé les jours les plus sombres de ma vie, celui qui m’a permis de ne pas sombrer dans la folie et le désespoir ... celui qui m’a fait connaître le bonheur. ‘‘

Ephraïm avait la gorge serrée derrière après ce discours de sa soeur. Il se souvenait la journée où il l’avait recueillit dans la neige, protégée du vent par Boris qui hurlait avec douleur de voir sa maîtresse ainsi. Il se souvenait de la fièvre, de sa toux et du sang qui sortait de ce corps frêle, pâle et froid ... il se souvenait l’avoir entendu dire de la laisser partir en paix, mais aussi d’avoir vu ce regard mort qu’était devenu celui de sa soeur à ce moment.

‘‘ Tu si meurt, je meurs avec toi, Liam ... ‘‘ Murmura t-elle, laissant couler une larme sur sa joue, sa voix tremblante. ‘‘ Bats-toi. Sois fort ! Ne baisse pas les bras ... ‘‘

‘‘ Elle n’a pas tort mon vieux ... ‘‘ Dit Eph avec un faible sourire en coin. ‘‘ Tu as de la chance d’avoir cette famille autour de toi, d’être aussi bien entouré. Ne les abandonne pas alors qu’ils sont prêts à remuer ciel et terre pour toi, pour t’aider et ... je ne partirai pas tant que tu n’iras pas mieux. C’est à ça que ça sert des potes non ? ‘‘

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Dim 16 Déc 2012 - 18:43


Heïan le regarda dans les yeux avant de répondre à sa demande :

-Je ne peux pas te faire une telle promesse Liam. C’est au dessus de mes valeurs ... je ... ne peux pas. Il y a d’autres moyens à essayer avant de parvenir à quelque chose d’aussi radical.

Liam baissa la tête. Il aurait du s'en douter que son père ne ferait pas ça. En lui, cela ce calmait, mais la barrière était si minime…si faible et si vite rompue…il redressa la tête pour répondre :

-D’autres moyens ? Lesquels ? Attendre que je devienne intenable ? Cette chose est...je risque de faire trop de mal sans le vouloir et j’en ai déjà trop fait papa...

Attendre qu'il devienne trop fou et qu'on doive l'enfermer. Attendre qu'il soit pire qu'une bête et qu'on doive l'abattre de sang-froid. Liam cherchait un moyen de contrôler cette chose, mais…il ne trouvait pas…
Levant les yeux au ciel en soupirant, Heïan reprit :

-Je ne tuerai jamais la chair de ma chair Liam. Je ne peux pas ... Il faut que tu trouves le moyen de te contrôler, même si tu en souffres, comme nous tous de te voir dans un tel état. Personne ne te laissera tomber, personne !

Le chevalier se mordit la lèvre. Qui aurait pu prédire ce qui arriverait ? En plus il avait mis enceinte deux femmes. Et si les enfants étaient comme lui ? Mais une douce voix s'infiltra en lui :

-Nous t’aiderons, mon loup.

Heïan sursauta même, n'ayant pas entendu Vaë entrer. A l'entrée ce tenait encore Melley, qui décida d'aller chercher Elayne et Ephraïm pour tout leur expliquer. Quant à elle, Vaë contourna le capitaine, n'ayant aucunement peur que Liam dérape et la frappe. Ses bras entourèrent sa taille et sa tête vint se coller à son torse alors que sa bouche laissait échapper :

- Je sais que tu es capable d’y arriver, Liam. Tu es fort, plus fort que tu ne le crois ... ton esprit est confus, mais tu as toujours le contrôle de ta personne. Je ne t’abandonnerai pas. Jamais ...

En ayant plus que besoin, Liam serra sa douce contre lui, respirant son odeur et chassant du mieux qu'il pouvait la chose. Elle ne l'abandonnerait pas…mais…cette force, il n'en avait plus…
Il se détacha d'elle lentement, la regardant dans les yeux pour dire :

-Vaë...tu es la première à souffrir de mes actes...depuis le début...mes remords ne s’enlèveront plus maintenant....cette chose s’en nourrit et me retire cette force dont tu parles...mais je t’aime…

Il l'aimait, sentait son cœur pulser en la voyant, mais à côté venait toute sa culpabilité et ses remords…il ressentait ceux-ci aspirés par la chose, la folie, qui s'en gorgeait et s'en abreuvait pour devenir plus forte, plus possessive…

-Je n’en souffre pas Liam, j’apprends à vivre avec. C’est toi que j’aime, ce que tu es, ta personne. Pas ce que tu as fait par le passé ... je me fiche de ce qui est arrivé avec cette ... pou-p-pouf-pouffiasse !

Tout le monde haussa les sourcils de surprise en entendant un gros mot sortir de la bouche de Vaë. Même les nouveaux arrivants, Ephraïm, supporté par Elayne et Melley, le regard si inquiet, se plaçant à côté de son époux et lui serrant la main.

-Tu dois te battre ...tu te laisses marcher dessus par ce qui te ronge de l’intérieur, Liam. Ne fais pas cette erreur je t’en supplie.

Une main caressa tendrement sa joue et un regard croisa le sien, alors que les mots continuaient de s'échapper de cette bouche qu'il aimait tant embrasser :

-Un jour ... un homme m’a dit de me battre contre le mal qui me rongeait, le même qui était sur le point de me conduire à ma famille, là haut. J’ai obéi aveuglément, j’ai pris la main qui était tendue vers moi sans hésitation et j’ai combattu avec pour espoir d’enfin revoir mon soleil. Celui qui a éclairé les jours les plus sombres de ma vie, celui qui m’a permis de ne pas sombrer dans la folie et le désespoir ... celui qui m’a fait connaître le bonheur.

Son cœur s'était serré à chaque parole. Cela faisait revenir les remords mais en même temps…cela apaisait un peu ses blessures. Étrangement, cela lui donnait un mince filet d'espoir en lui. L'espoir de parvenir à se contrôler.

Cependant la dernière phrase, murmurée avec une larme roulant sur la joue, le fît chavirer dans les abymes :

-Si tu meurs, je meurs avec toi, Liam ... Bats-toi. Sois fort ! Ne baisse pas les bras ...

Liam essuya lentement la larme qui coulait en écoutant Ephraïm qui prit à son tour la parole :

-Elle n’a pas tort mon vieux ... Tu as de la chance d’avoir cette famille autour de toi, d’être aussi bien entouré. Ne les abandonne pas alors qu’ils sont prêts à remuer ciel et terre pour toi, pour t’aider et ... je ne partirai pas tant que tu n’iras pas mieux. C’est à ça que ça sert des potes non ?

Ils étaient tous là…il venait de les voir. Ephraïm, Elayne, ses parents, sa rose…tous ceux à qui il tenait tant, tous ceux qu'il aimait profondément étaient réunis dans cette pièce, le visage torturé par la douleur de le voir ainsi. Faisant asseoir le convalescent sur une chaise, Elayne s'avança à son tour et dit :

-Tu sais…tu es mon jumeau Liam. Nous avons partagé tant de choses ensemble que…je me vois mal sans toi. Je me vois mal continuer à vivre sans toi pour m'épauler et me charrier. Il n'y a que toi qui me connaisses sur le bout des doigts, comme moi je te connais de la même façon. Je sais que mon frère est encore là. Je sais que tu te bats et que c'est dur, mais Vaë à raison. Ne baisse pas les bras. Nous sommes tous là et nous ne t'abandonnerons pas, Liam.

Elle lui serra la main fortement, souriant faiblement, puis se recula. Melley, elle, lâcha lentement son époux pour s'avancer. Ce que Vaë lui avait dit l'avait remuée. Elle s'était doutée que c'était grave, mais pas à ce point. Pas grave au point d'imaginer son fils devenir fou ou devenir comme le père d'Heïan. Et ni elle ni lui ne laisserait une chose pareille se produire. Il portait peut-être son prénom, mais n'était pas comme lui. S'approchant de son fils, elle lui prit le visage entre les mains, ce visage qu'elle avait caressé à sa naissance, puis à chaque fois qu'il pleurait étant jeune, caressé à chaque fois qu'il réclamait un bisou de son père porté disparu. Un visage qu'elle connaissait tout comme elle connaissait le moindre trait de son mari ou de sa fille. Ce visage était gravé en elle, c'était son fils, personne ne le lui enlèverait et encore moins la folie.

-Mon bébé…ce qu'il s'est passé avec Keira et certes grave et tu ne pourras pas revenir en arrière. Mais Vaë est là, elle est revenue avec toi. Vous allez vous marier, Liam. Vous allez être parents. Ce sont des choses du passé et il faut les oublier. Les oublier en les rangeant loin dans votre tête et ne plus y penser. Malgré l'enfant de Keira. Tu en es capable nous en sommes tous persuadés. Nous t'aiderons à lutter et trouverons un moyen. Si pour être sûrs il faut que vous restiez vivre avec nous, alors vous vivrez avec nous. Nous vous laisserons une partie de la maison privée, ou vous pourrez faire comme si nous n'étions pas là. Mais au moins, au moindre souci, nous serons là.

Les yeux si vifs de son fils étaient morts, sans lumière, et cela lui fendait le cœur. Faisant signe à tout le monde de s'approcher, elle leur montra Liam et tous posèrent une main sur le corps du jeune homme, l'entourant.

-Tu n'es pas seul, Liam. Tu ne le seras jamais tu m'entends ? Ton père ne te laissera pas devenir comme ton grand-père et moi non plus. Vaë deviendra ta femme et Ephraïm restera parmi nous. Elayne te soutiendra comme elle l'a toujours fait envers son jumeau adoré. Ce battre contre soi Liam, je sais ce que c'est. En moins douloureux, mais je l'ai connu.

Elle allait, ce soir, révéler à tous cette partie de la vie d'elle et Heïan qui avait été douloureuse. Juste avant le mariage…

-J'ai fait une fausse-couche, trois jours avant que l'on ne lie nos vies à l'église. Une fausse couche qui m'a…anéantie. Je me suis laissée abattre. Je me suis renfermée et aie chassé Heïan. Trois jours ainsi. Trois jours où je luttais contre moi-même pour accepter le coup du destin et me redresser. Trois jours de torture pour moi et pour lui. Ta venue au monde Liam, a été comme une résurrection de cet enfant perdu.

Elle inspira et termina, tout le monde suspendu à ses lèvres :

-Quoiqu'il en soit, si j'ai dit ça maintenant, c'est pour te dire qu'il ne faut pas que tu te renfermes non plus. Accepte tes actes, accepte le destin et ce qu'il a placé devant toi. Ce que nous, tes parents, avons subit avant de se marier et même après, ont été de lourdes épreuves également. Toi et Vaë en avez déjà connues aussi. Et vous êtes toujours là, tous les deux, plus soudés que jamais. Mets de côté ta culpabilité. Chasse-là et écoute ta fiancée lorsqu'elle te dit qu'elle n'en souffre pas autant que tu le penses. Enfin, n'en souffre plus maintenant.

Elle regarda Vaë, lui faisant un petit sourire, puis reprit la main d'Heïan et la serra dans la sienne pour se donner contenance et chercher la force nécessaire à tenir le coup.

Liam, lui, avait le cœur qui battait comme un fou. Toutes ses mains posées sur lui, lui montrant leur soutien et leur aide indéfectible, ses regards assurés braqués sur lui…un vent nouveau souffla en lui. Un vent frais qui fît rentrer la chose dans sa cage, dans son antre. Même si elle risquait de ressortir un jour ou l'autre, à tout moment, Liam se sentit mieux d'un coup. L'espace d'un instant. Il réussit même à sourire franchement et sincèrement.

-Merci à vous…je…ferais tout pour y parvenir mais…

Elayne le coupa :

-Tu y arriveras.

Elle avait une telle détermination dans son regard, que Liam voulut y croire. Y croire du plus profond de son être. Tournant la tête et baissant les yeux, il tomba sur le ventre de sa rose qui prenait des formes lentement mais sûrement. Il le ferait pour elle et leur enfant. Pour les siens. Il ferait tout pour.

Heïan et Melley entraînèrent tout le monde à l'extérieur de la pièce, laissant une domestique nettoyer rapidement les débris du vase, Liam s'excusant auprès d'elle.
Les parents reconduisirent tous les jeunes dans leurs chambres respectives, leur souhaitant tout de même de passer une bonne nuit malgré les événements et les portes se fermèrent une à une. Se changeant et se couchant, Liam rejoignit sa rose et se colla à elle. Les remords étaient toujours là, mais il caressa sa joue, ses lèvres, les chassant en imaginant plutôt tous les moments de bonheur vécus ensemble. Imaginant leur enfant, dans quelques mois…le baiser qu'il lui donna fût des plus sincères…

Le lendemain, chez les Orson, Keira souriait et était de très bonne humeur. Elle avait envoyé tard dans la nuit son premier message pour Liam. Son père lui avait rapporté l'incident de la veille, ou trois jeunes avaient été sauvagement agressés, et elle était sûre que c'était le chevalier qui était derrière tout ça. Au vu de sa colère lorsqu'il l'avait quittée, ce ne pouvait être que lui, tout concordait trop.
Elle avait bien dit à son complice de lui faire parvenir la lettre en main propre. Et elle avait hâte de déchaîner Liam. Peut-être ferait-il encore plus de mal autour de lui…la vengeance, rien de mieux à ses yeux. Et cela l'occuperait jusqu'à la naissance du marmot qui l'emmerdait plus qu'autre chose…

Chez les Kreiss, tout le monde mangeait en paix. La soirée était bien présente dans tous les esprits et tous tentaient de mettre la bonne humeur au rendez-vous. Eph' racontait toutes sortes de blagues, les faisant rire. Même Liam, qui parvenait à rire sincèrement. Avoir tout dit, savoir qu'ils étaient là pour l'aider, le faisait se sentir un peu plus léger que la veille. Elayne n'avait plus cours et était ravie de pouvoir rester pour s'occuper d'Ephraïm. Ses deux là ne cessaient pas de s'admirer à l'insu de l'autre et c'était amusant à voir…

Heïan et Melley surveillaient du coin de l'œil leur fils, qui lui-même serrait la main de Vaë dans la sienne, éloignant les remords. Lorsque le repas fût achevé, ils décidèrent d'aller tous se promener. Heïan avait posé ses congés et serait à la maison pour quelques jours, ce qui n'était pas pour déplaire à Liam. La présence constante de son père avait quelque chose de…rassurant. Il dût cependant remonter dans la chambre récupérer le manteau de Vaë, leur disant de l'attendre dehors et qu'il se dépêchait. Le complice, camouflé sur le balcon, le vit arriver et sourit. Sa chance…

Liam agrippa le manteau et allait sortir pour rejoindre les siens lorsqu'on toqua à la vitre. Ce retournant, il n'eut que le temps de voir une cape disparaître et un bout de papier voler dans la pièce. Fronçant les sourcils, Liam s'en saisit et l'ouvrit, lisant avec difficulté :

"Comment peux-tu la regarder en face et sourire honnêtement après ce que tu as fait ? Comment as-tu osé lui demander une seconde chance alors que tu ne la méritais pas ? C'est si facile…"

Froissant le papier, la chose ressurgissant subitement, Liam resta immobile un instant. Qui ? Keira ? Non elle était couchée. Un complice ? Mais non elle avait dit agir seule depuis la trahison d'Eirika…Mais alors qui d'autre était au courant ? Tout Beolan logiquement puisqu'elle avait fait courir les rumeurs partout mais…c'était insensé…et dans quel but ?

La chose pulsait à nouveau mais il n'était pas en colère. Pas entièrement en tout cas. Son père apparut soudain devant lui, penchant la tête pour le regarder. Hésitant un instant, Liam lui tendit la feuille en silence, maîtrisant son tremblement.

Pendant que son père lisait il dit, affreusement calme :

-Ca vient d'arriver…

Il leva les yeux vers son père et lui dit :

-Quelqu'un cherche à me…à me faire…devenir fou n'est-ce pas ? Quelqu'un est au courant pour…pour ça et…l'utilise…

Maintenant qu'il avait réussi à retrouver le sourire et ce dire que finalement il y avait de l'espoir, il fallait qu'il y ait un maître-chanteur…

La chose hurlait à nouveau et il porta une main à son cœur lorsque la décharge se fît violente. Son père s'inquiéta tout de suite et il inspira avant de le rassurer de la main :

-Non…C'est…bon. Viens, ils vont s'inquiéter un peu trop sinon…on va se promener…ce n'était peut-être qu'une mauvaise farce…

En tout cas, Liam voulait tenter d'y croire…un mauvais farceur et ce n'était que la première et la dernière qu'il recevait. Entraînant son père avec lui, ils rejoignirent les autres, disant qu'ils n'avaient pas trouvé le manteau du premier coup, trop bien dissimulé. Liam fît rire Vaë en la chatouillant et lui embrassant le cou et lui prit la main pour commencer à marcher. C'était Heïan qui avait conservé la lettre.

Sauf que Keira ne s'arrêterait pas là. Petit à petit, elle viserait plus haut, plus grand et plus fort. Si fort que même le soutien de sa famille ne l'aidera pas. Si fort qu'il deviendra réellement fou et violent, ignorant l'aide des siens. Ah oui, la douleur psychologique était tellement plus jouissive que la douleur physique…surtout chez un être tel que Liam…


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Vaënadiel Eira



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Dim 16 Déc 2012 - 23:23

Quand la folie nous guette, part.4

Vaënadiel avait fermé les yeux lorsque Liam avait glissé un doigt sur sa joue pour essuyer sa larme, mais souriait doucement. Ses bras serraient fortement son homme, ne voulant pas s’en détacher. Ephraïm parla et cela l’émut qu’il reste jusqu’à ce que le chevalier se porte mieux. C’est là que le concerné leva les yeux pour voir que tout le monde se trouvait dans le bureau, lui souriant faiblement, partageant cette torture qu’il éprouvait. Elayne fut la seconde à s’exprimer et parla d’un ton calme, mais cassé.

‘‘ Tu sais…tu es mon jumeau Liam. Nous avons partagé tant de choses ensemble que…je me vois mal sans toi. Je me vois mal continuer à vivre sans toi pour m’épauler et me charrier. Il n’y a que toi qui me connaisses sur le bout des doigts, comme moi je te connais de la même façon. Je sais que mon frère est encore là. Je sais que tu te bats et que c’est dur, mais Vaë à raison. Ne baisse pas les bras. Nous sommes tous là et nous ne t’abandonnerons pas, Liam. ‘‘

Derrière, Heïan admirait la scène qui était plus que touchante. Finalement, le secret n’avait pas été secret très longtemps, car tous se doutaient que quelque chose n’allait pas chez Liam. Ils n’étaient pas dupes, mais il fallait avouer que le vacarme qu’avait provoqué le vase contre le plancher avait éveillé bien des soupçons. La main de sa femme dans la sienne, le capitaine baissa les yeux pour croiser son regard et s’excusa silencieusement pour ne pas lui avoir parlé de tout ça plus tôt. Il aurait dût le faire, mais voulait attendre de voir comment cela allait évoluer. Comme c’était maintenant à son tour de parler, son époux la laissa s’éloigner pour rejoindre son fils. Vaë lui laissa la place, restant à leur côté et observa la scène en silence.

‘‘ Mon bébé…ce qu’il s’est passé avec Keira et certes grave et tu ne pourra pas revenir en arrière. Mais Vaë est là, elle est revenue avec toi. Vous allez vous marier, Liam. Vous allez être parents. Ce sont des choses du passé et il faut les oublier. Les oublier en les rangeant loin dans votre tête et ne plus y penser. Malgré l’enfant de Keira. Tu en es capable nous en somme tous persuadés. Nous t’aiderons à lutter et trouverons un moyen. Si pour être sûr il faut que vous restiez vivre avec nous, alors vous vivrez avec nous. Nous vous laisserons une partie de la maison privée, ou vous pourrez faire comme si nous n’étions pas là. Mais au moins, au moindre souci, nous serons là. ‘‘

Melley s’était retournée vers eux, les invitant à s’approcher et c’est ce qu’ils firent. Une main posée sur le jeune homme, Vaë faisant classe à part et tenant fermement l’une de ses mains, tous le regardèrent et voulait lui donner la force de se relever. Mais surtout, ils voulaient que Liam comprenne que dans cette histoire, il n’était et ne serait jamais seul, et ce, même dans les dérapages.

‘‘ Tu n’es pas seul, Liam. Tu ne le seras jamais tu m’entends ? Ton père ne te laissera pas devenir comme ton grand-père et moi non plus. Vaë deviendra ta femme et Ephraïm restera parmi nous. Elayne te soutiendra comme elle l’a toujours fait envers son jumeau adoré. Ce battre contre soi Liam, je sais ce que c’est. En moins douloureux, mais je l’ai connu. ‘‘

Elayne leva ses yeux violets vers sa mère, arquant un sourcil tout comme son jumeau. Heïan lui, savait ce qu’elle avait l’intention de faire; dévoiler un secret qui les avait fait grandement souffrir par le passé. Un secret qui pesait lourd encore aujourd’hui sur le coeur des parents.

‘‘ J’ai fait une fausse-couche, trois jours avant que l’on ne lie nos vies à l’église. Une fausse couche qui m’a…anéantie. Je me suis laissée abattre. Je me suis renfermée et aie chassé Heïan. Trois jours ainsi. Trois jours où je luttais contre moi-même pour accepter le coup du destin et me redresser. Trois jours de torture pour moi et pour lui. Ta venue au monde Liam a été comme une résurrection de cet enfant perdu. Quoi qu’il en soit, si j’ai dit ça maintenant, c’est pour te dire qu’il ne faut pas que tu te renfermes non plus. Accepte tes actes, accepte le destin et ce qu’il a placé devant toi. Ce que nous, tes parents, Avon subit avant de nous marier et même après, ont été de lourdes épreuves également. Toi et Vaë en avez déjà connu aussi. Et vous êtes toujours là, tous les deux, plus soudés que jamais. Mets de côté ta culpabilité. Chasse là et écoute ta fiancée lorsqu’elle te dit qu’elle n’en souffre pas autant que tu le penses. Enfin, n’en souffre plus maintenant. ‘‘

La gorge serrée, Vaënadiel regardait Melley qui lui souriait faiblement. Elle avait fait une fausse couche et malgré sa peine et tout ce qu’elle avait fait pour chasser son époux, il était resté là à attendre qu’elle se relève. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu’elle voyait les deux adultes se tenir par la main, entrecroisant leurs doigts. Ce qui faisait leur force était leur union, savoir que l’autre serait toujours là en cas de chute et c’est ce que désirait Vaë envers Liam. Elle voulait être son pilier et l’aider à se relever peu importe ce qui l’attendait, car elle l’aimait du plus profond de son coeur.

‘‘ Merci à vous…je…ferais tout pour y parvenir, mais… ‘‘ Dit-il ému par toutes ces belles paroles, mais il fut rapidement coupé par sa soeur jumelle.

‘‘ Tu y arriveras. ‘‘

La brunette était bien décidée à le secouer pour ne pas qu’il baisse les bras et elle aurait bien entendu du soutien, car à ses côtés, Ephraïm acquiesçait d’un signe de tête et avait un sourire en coin. Il allait être père d’ici quelques mois et aurait une femme qui ne désirait que son bonheur, voulant profiter des choses simples de la vie. Mais au moins, pour le moment il semblait être revenu à lui-même et bien calme. Les parents escortèrent ce beau petit monde dans leur chambre respective avant d’aller eux même se mettre au lit après cette soirée riche en émotions.

Une fois qu’ils furent seuls, le jeune couple se changea pour la nuit, Vaë la première à réchauffer le lit. Liam se coucha bientôt à ses côtés et elle se laissa coller contre son corps telle une peluche, mais qui bougeait. Son regard aqua était plongé dans celui de son homme qui reprenait un peu de leur brillance malgré tout. Du pouce, il effleurait à peine la peau de son visage, sa joue pour le glisser sur ses lèvres qui lui offraient un doux sourire. Son visage se fit bientôt près du sien, déposant un doux et savoureux baiser sur ces lèvres qu’ils caressaient délicatement. La jeune femme ferma les yeux et en profita tout simplement, flattant sa chevelure d’une main, puis sombrant dans le monde du rêve pour le reste de la nuit.

Le lendemain matin, au réveil, Vaë se leva la première et bombarda son amoureux de baiser sur le visage et sur le torse. Il n’avait donc plus trop le choix de se réveiller maintenant et c’était ça le but. Ses yeux dorés ouverts et son sourire visible, la druidesse le força à se lever et à la suivre sous la douche avec un étrange sourire. Ouais ... encore, mais bon. Ça faisait un moment aussi sauf que ce ne fut pas une petite vite comme dans le premier mois de sa grossesse, oh que non. Jamais elle n’avait pris autant son temps et fait languir son homme. Bref, après leur toilette, ils se séchèrent et croisèrent Elayne qui sortait avec Eph’ de la petite chambre. À chaque matin, elle venait voir comment se portait son bras et l’aidait avec son bandage. Ils descendirent donc à la salle à manger pour rejoindre leur lève-tôt de parents, Heïan ayant pris congé pour quelques jours. Ils riaient un moment des blagues nulles d’Ephraïm qui se moquait lui-même de son sens de l’humour nul et Vaënadiel ne put s’empêcher de rougir lorsqu’il dit que c’était malheureusement de famille. Elle avait même tourné les yeux vers Liam qui lui lança un regard taquin, se souvenant très bien de ce qu’elle pouvait lancer quand elle était nerveuse. Le repas terminé, ils se levèrent de table et décidèrent d’aller se dégourdir les jambes en famille, mais aussi histoire de digérer un peu. Il fallait qu’Heïan retrouve la ligne, non ? Et ça commençait d’ailleurs à porter ses fruits. Bref, on s’en fiche ! Ils s’habillèrent donc tous chaudement sauf Vaënadiel qui venait de se souvenir qu’elle avait laissé son manteau dans la chambre, étant sortie la veille. Liam monta donc à l’étage pour se rendre dans leur chambre.

‘‘ Il en met du temps ! Tu n’avais pas dit qu’il était sur la commode, Vaë ? ‘‘

‘‘ Il me semble que oui pourtant, juste dans l’entrée. ‘‘

‘‘ Je vais aller voir s’il ne s’est pas perdu en court de route. Attendez ici, ce ne sera pas très long. ‘‘

Heïan monta alors les marches de l’escalier quatre à quatre et se dirigea vers la chambre de son fils et de sa douce. La porte n’était pas fermée et il entra donc sans cogner, tombant face à Liam qui semblait ... tendu. Une main levée vers lui, le père prit le papier que lui tendait son fils et il le défroissa pour en lire le contenu.

‘‘ Ça vient d’arriver… ‘‘

Liam était affreusement calme, même après avoir lu ce message qui était tout de même vicieux. Heïan leva alors les yeux vers lui, sourcils froncés. Il replia le papier et le glissa dans une de ses poches de pantalon.

‘‘ Quelqu’un cherche à me…à me faire…devenir fou n’est-ce pas ? Quelqu’un est au courant pour…pour ça et…l’utilise… ‘‘

‘‘ Si c’est le cas, il n’y a qu’une personne à pointé du doigt, le problème qu’il nous faudra des preuves ... je doute que Keira elle-même soi venu la porter ici à une telle hauteur. ‘‘ Heïan se mit alors à réfléchir lorsqu’il vit son fils porter une main à sa poitrine, juste au dessus de l’organe de vie. ‘‘ Liam, ça ne va pas ? ‘‘ S’empressa-t-il de dire en s’approchant de lui.

‘‘ Non…C’est…bon. Viens, ils vont s’inquiéter un peu trop sinon…on va se promener…ce n’était peut-être qu’une mauvaise farce… ‘‘

Peu rassuré, Heïan s’approcha tout de même de son fils qui l’entraîna en dehors de la chambre après avoir agrippé le manteau de Vaë, retournant rejoindre les autres en bas. La jeune femme le regarda d’un air interrogateur alors qu’il l’aidait à enfiler son manteau, à la chatouiller et à lui donner des baisers dans le cou qui la faisait frissonner. Sa main chaude serra alors la sienne et ils traversèrent tous l’allée, Elayne et Ephraïm devant, les deux couples derniers. Encore une fois, le nordique courrait à gauche puis à droite, la brunette obligée de le suivre à la trace pour ne pas le perdre de vue, mais surtout parce qu’il devait faire attention à ne pas ... trop tard. Un grand et gros homme le bouscula avec force pour le pousser d’un étal d’arme et Eph’ grimaça, se mordant la langue. Elayne s’approcha aussitôt, posant une main sur le haut de son torse et dans son dos.

‘‘ Ça va ? ‘‘ Demanda t’elle inquiète, éloignant le nordique du géant en lui lançant un regard noir.

‘‘ Ouais ... ouais ça va. Juste un peu de aïe ... Ça va. ‘‘

‘‘ Non, attends. Euh ... non, viens ici. Allez ! ‘‘

Elayne tourna le nordique brusquement pour qu’il lui fasse face et se mit à rougir légèrement avec ce qu’elle s’apprêtait à faire. Les mains sur ses épaules, la brunette le força à s’assoir puis prit les devants en ouvrant la chemise de l’homme afin de vérifier si la blessure à son épaule ne s’était pas rouverte. Soupirant de soulagement, ses yeux violacés plongèrent dans le regard surpris d’Eph’ qui se mit lui aussi à rougir en voyant son visage si près du sien.

‘‘ Euh ... tu ... tu n’as rien. ‘‘

‘‘ Hum ... merci ... ‘‘

Les deux jeunes gens détournèrent le regard en même temps puis Eph se redressa sur ses jambes. Elayne se dépêcha de remettre ses mains tremblantes sur l’encolure du vêtement et le referma sans pour autant recroiser le regard de l’homme, bien trop gênée. Heïan et Melley souriaient, amusés devant cette petite scène, mais quelque chose attira l’attention du nordique, tout comme sa soeur qui prit les devants pour aller voir là où une foule s’amassait. Les nordiques se placèrent derrière une file d’enfants et de parents qui observaient un spectacle avec d’étranges petits bonshommes. Vaë tourna alors la tête et leva les yeux vers Liam qui se tenait à ses côtés et demanda:

‘‘ Qu’est-ce que c’est ? ‘‘

Mais les marionnettes commencèrent leur dialogue et les rires se faisaient entendre aussitôt, car les voix étaient drôlement aiguës. Ils restèrent là un moment jusqu’à ce qu’une étrange scène défile devant leurs yeux. Cela faisait penser à ... ce qui c’était produit lorsque ...

‘‘ Le monsieur avait bu le filtre d’un coup, les amis ! La sauvage dut donc retourner dans sa tanière ... Cependant, le monsieur recouvra conscience et se redit compte que sa douce n’était plus là ! ... Quel dommage! Il retourna la chercher. ‘‘

Une autre marionnette apparut, des ficelles blanches sur le dessus de sa tête, un air complètement idiot. Elle disait :

‘‘ Idiote comme je suis, je suis revenue ! Hihihihi ! ‘‘

Vaënadiel se pétrifia sur place et sentit soudainement des regards se poser sur elle, ainsi que des chuchotements que le vent lui faisait parvenir. Des mots blessants ... sa gorge se serra et son frère la prit par les épaules pour l’éloigner alors que les femmes s’approchaient d’elle. Heïan se posta aux côtés de son fils qui commençait à trembler d’un seul coup. Le nordique vint l’aider, d’un bras alors que le chevalier devenait de plus en plus incontrôlable.

‘‘ Liam ! Calme-toi! ‘‘

Mais rien à faire, il essayait de se débattre comme un beau diable alors qu’Elayne et Melley éloignaient Vaë de la foule, dont certain se moquant littéralement d’elle et la traitant ouvertement d’imbécile et de ratée sans cervelle. Les deux hommes firent ce qu’ils purent, mais Liam prit la fuite en s’éloignant de la foule aux pas de course.

‘‘ Ephraïm, raccompagne-les à la maison. Je vous y rejoindrai plus tard ... je vais retrouver Liam et tenter de le calmer. ‘‘

‘‘ Oui, monsieur ‘‘

Le nordique escorta donc les femmes en dehors de la foire, loin des rires et des moqueries, prenant la main de sa soeur qui était littéralement sous le choc. Heïan se lançant donc à la poursuite de son fils, grimpant sur les toits des maisons comme dans son jeune temps ou lors de situation qui nécessitaient ce genre de mouvements. Il parvint à le retrouver après quelques longues minutes à l’endroit où ils avaient discuté la veille, frappant avec violence le tronc d’un arbre. Bondissant en bas du toit en fléchissant les genoux, le soldat s’approcha avec précaution de son fils qui avait les jointures en sang. Il alla l’arrêter en croisant ses bras dans son dos et l’agenouillant au sol. Une fois calme, il l’entoura de ses bras et attendit.

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Lun 17 Déc 2012 - 0:15


Dehors, tout était plein de vie. L'air frais de l'automne embaumait Beolan, et Liam inspirait profondément pour rester parfaitement normal. La chose était bien présente et ruait, surtout au souvenir du contenu de la lettre. Il serrait la main de sa rose, regardant sa sœur et Eph' marcher devant, à la conquête de nouvelles curiosité, sentant son père et sa mère marchant dans son dos. Il devait tout faire pour se contrôler et rester le plus normal possible. Pour Vaë, son enfant, ses parents, sa sœur, Ephraïm…il devait le faire pour eux, pour qu'ils voient qu'il ne baissait pas les bras.

Le chef de tribu slalomait entre les stands, Elayne tentant de le suivre, mais il avait de plus longues jambes et…Liam déglutit, n'ayant pas le temps de le prévenir. Un homme deux fois plus grand qu'eux venait de percuter Eph' de plein fouet, le faisant basculer contre un étal d'armes. Il grimaça et Elayne courut jusqu'à lui, vérifiant qu'il n'avait rien. Vaë voulut s'y rendre aussi, mais Liam resserra sa main dans la sienne, lui souriant en coin et faisant un clin d'œil. Sa sœur s'en occupait très bien et…cela ne pouvait que les rapprocher.

Ils s'approchèrent un peu, la voyant ouvrir la chemise du nordique qui se mit à rougir violemment. Liam faillit en rire. Faillit, parce qu'il avait été aussi dans la situation, Vaë ayant dû le déshabiller de moitié près de la rivière après son séjour en prison. Lorsqu'ils furent certains que la plaie ne s'était pas rouverte, ils poursuivirent leur route, lorsque les deux nordiques furent attirés par quelque chose.

S'y dirigeant, ils virent une petite cabane à marionnette. Des gens s'agglutinaient autour, dans l'attente du spectacle.

-Qu’est-ce que c’est ?

Liam regarda Vaë et voulut lui répondre mais trop tard les marionnettes commençaient leur jeu. Les scènes défilèrent, marrantes ou mystérieuses, jusqu'à ce que l'une d'entre elle rappelle à eux tous des souvenirs qu'ils auraient préférés gardés enfouis…

-Le monsieur avait bu le filtre d’un coup, les amis ! La sauvage dut donc retourner dans sa tanière ... Cependant, le monsieur recouvra conscience et se redit compte que sa douce n’était plus là ! ... Quel dommage! Il retourna la chercher.

La chose donna un coup si violent qu'il en eut mal. Son autre main se porta à sa poitrine alors que devant, une marionnette différente faisait son entrée, des filaments blancs en guise de cheveux et s'écriant, l'air niais :

-Idiote comme je suis, je suis revenue ! Hihihihi !

Il sentit sa rose se tendre à ses côtés et il relâcha lentement sa main avant de la serrer trop fort involontairement. Les murmures commencèrent à s'élever lorsque les citoyens les aperçurent et les reconnurent, et le peu que Liam comprit donna à la chose une chance inespérée de sortir…il commença à trembler, les remords et la culpabilité revenant, s'empêchant de réaliser les images qu'il avait en tête. Se jeter sur ses gens, les écraser, les étrangler, les égorger, les frapper, les tuer tous autant qu'ils sont. Comment osaient-ils s'en prendre de la sorte à sa rose ?! Keira…ce ne pouvait être qu'elle. Mais comment ? Ils n'avaient pas de preuves et pour le moment, Liam était incapable de réfléchir sereinement, luttant pour rester normal.

Il sentit la présence de son père à ses côtés, il ne savait pas ou était Vaë.

-Liam ! Calme-toi!

Il voulait, mais….la brèche était rouverte…son cœur lui faisait mal…tout lui faisait mal… Il sentait son père et Ephraïm le tenir pour le maîtriser, mais Liam se débattait et d'un coup il parvint à se libérer, prenant ses jambes à son cou et s'éloignant de cette foule qu'il avait envie de détruire.

Il courut, courut, à en perdre haleine, espérant que cela le calme, mais arrivé à l'endroit ou son père l'avait conduit la veille, il constata que ce n'était pas le cas. C'était même pire. Il devait se défouler. Mais pas sur quelqu'un. Sa partie lucide le lui interdisait. Avisant un arbre, il ferma les poings et commença à frapper. De plus en plus vite, de plus en plus fort. Ca faisait mal, mais il s'en fichait. Pourquoi ?! Vaë ne méritait pas ça ! Pas toutes ses insultes ! Ses gens ne connaissaient rien de sa vie ! Ils ne savaient pas ce qu'elle avait connu ! Et ils…ils l'enfonçaient comme un moins-que-rien ! La chose était si jubilante en lui, si heureuse qu'il lui laisse de la place, qu'il s'acharnait encore plus contre ce pauvre tronc d'arbre qui n'avait rien demandé.

Combien de temps s'écoula, Liam ne sut pas, ne se rendant compte de rien dans le feu de sa colère et de sa folie ambiante. Mais il sentit des mains puissantes lui prendre les bras, l'éloignant de l'arbre, bloquant ses bras dans le dos, le forçant à s'agenouiller. Liam grimaçait, tordu, mais la présence de son père lui permit de se calmer un tantinet.

Suffisamment pour qu'il le relâche et le prenne dans ses bras. Posant son front contre l'épaule de son père, Liam ne pouvait plus bouger les doigts. Ils étaient fermés en poings, en sang, la douleur venant que maintenant. Heïan attendait toujours.

-Ils…n'ont pas le droit de lui…faire ça…papa…Murmura-t-il en se détachant légèrement.

Heïan lui prit les mains, le forçant à ouvrir les poings, examinant les plaies qu'il s'était causées. La chose était là, encore trop présente en lui, mais son père était là pour…le maîtriser…et ils étaient loin de la foule. Il fallait un peu de temps maintenant.

-Je…ne peux pas encore rentrer…je ne suis pas totalement…moi. Mais…elles sont …à la maison ?

Heïan ne fît qu'acquiescer, ce qui le soulagea tout de même. Au moins elle ne souffrirait plus de toutes ses brimades. Il allait juste se calmer puis rentrer et la réconforter, chassant ses remords et sa culpabilité. Tout ça c'était lui encore…

Il se releva avec l'aide de son paternel, se tenant à son épaule, tremblant encore un peu.

-Je…me suis…enfuis pour éviter de…frapper encore les autres…

Il savait que son père comprenait. Respirant un grand coup, Liam ferma les yeux et leva la tête vers le ciel. Chasser la chose encore un peu plus loin…et rentrer consoler sa rose…
Cela lui prit bien une dizaines de minutes, son père attendant patiemment près de lui. Mais une fois prêt, il lui fît signe et ils reprirent le chemin de la maison, Heïan camouflant les mains de son fils du mieux qu'il pouvait. Liam sentait les regards sur lui, les rires, les murmures s'élever, il sentait la chose frapper aussi, mais son père hâta le pas et ils s'engouffrèrent à l'intérieur du manoir, les femmes leurs sautant dessus, Eph' juste derrière. Sa mère paniqua en voyant ses mains et alla chercher du produit, Elayne lui fît un sourire rassurant et Vaë le regardait, apeurée et choquée, malgré son faible sourire. Liam déglutit et s'avança, la serrant contre lui, s'en fichant de la douleur de ses jointures et encore moins du sang qu'il mettait sur le haut de sa rose.

Lui embrassant le haut du crâne, il lui murmura :

-Chut…je suis là…je suis de nouveau là…excuse-moi…ils…n'auraient pas du s'en prendre à toi de la sorte…

Il la gardait contre lui pour la rassurer lorsque sa mère revint, lui demandant gentiment de lui donner ses mains. Elle appliqua le désinfectant sur les plaies, nettoya, vérifia. Liam avait légèrement grimacé, ne s'étant pas rendu compte qu'il frappait si fort. Et là, il se dit que jamais plus il ne devait porter son épée. Qui sait ce qu'il ferait avec ? Son père ne pouvait pas le suivre partout non plus.

Allant s'asseoir avec les autres sur le canapé du salon, Liam réfléchissait. Ca allait si vite…un coup il était normal et la seconde d'après il pouvait devenir l'autre lui…Il but un peu de thé avec les autres, avec un arrière goût horrible dans la gorge. Ils n'avaient pas le droit de salir sa rose ainsi…

Chez Keira, tout allait bien. Elle riait aux dernières nouvelles, se délectant de ses actes. Personne ne l'accuserait, elle était alitée à cause de sa grossesse et ce pour un bon mois encore. Mais l'après-midi allait être encore mieux…elle envoya tout ce beau monde, leur ordonnant d'être discret et d'afficher le tout partout ou ils pouvaient. Et surtout près de la demeure de Liam…

A midi, ils mangèrent peu. Tout le monde réfléchissait et Liam tremblait encore. Pas qu'à cause de la nervosité mais aussi à cause de ses blessures qui l'empêchaient de plier convenablement les doigts.

Vaë n'osait plus sortir, et il comprenait. Mais lui avait besoin d'air. Il la laissa monter avec Elayne pour se brosser mutuellement les cheveux, ses parents discutant au salon et Eph' admirant la cheminée en somnolant sous le coup des médicaments contre la douleur pour son bras.

Liam lui, alla s'asseoir sur la première marche de l'escalier devant la porte d'entrée. La place que lui et son père occupaient toujours après leurs entraînements, pour parler entre hommes. Croisant les bras, il respira profondément, s'enivrant du vent frais pour se calmer encore mieux, de fond en comble. Mais ce même vent amena à ses pieds un drôle de feuille. Intrigué, il la prit, la tourna dans le bon sens et regarda.

Il y avait un dessin. Enfantin, vu les traits, et significatifs. Dessus il y avait trois personnes. Au premier plan, un homme qui souriait cruellement, embrassant une femme enceinte. A l'arrière plan se situait une autre femme, pleurante. Faisant attention aux détails, Liam comprit. L'homme avec les yeux jaunes, la femme de derrière les cheveux blancs comme la neige. Lui, Keira et Vaë…encore…Il froissa la feuille entre ses mains, la chose cognant encore une fois. Tout allait trop vite ! Comment réussirait-il à apprendre à se contrôler s'il y avait à chaque fois autre chose ?! Se relevant, il constata avec horreur qu'il y avait des centaines de dessins placardés partout. Sur les murs, les arbres, les portes, par terre, jetés. Les gens les regardaient, riaient, parce que tous connaissaient à présent l'histoire. Serrant les poings, Liam commença à marcher machinalement. Une cible…là. Une femme. Une femme qui riait à gorge déployée.

Elle le vit arriver et rit de plus belle, jusqu'à ce qu'elle voit son air plus que terrifiant. Il allait pour la frapper lorsqu'un bras le serra contre lui, l'empêchant de bouger. Heïan, qui avait tout vu…

Liam n'arrivait plus à se contrôler. Il se débattait comme une furie, donnait des coups dans le vide pour que son père lâche prise. Eph' arriva alors, joignant ses forces à celles d'Heïan, malgré son bras blessé. A l'entrée, Melley obligeait sa fille et Vaë à rester à l'intérieur. Liam était capable de tout à l'instant.

-Lâchez-moi ! Cria le chevalier.

Ils…n'avaient pas le droit d'insulter Vaë de la sorte ! Elle avait assez eu à cause de lui ! Il les voyait tous, qui riaient encore plus de le voir ainsi. De voir les efforts des siens vains pour le retenir. Il réussit à s'échapper d'un coup et se rua sur la femme, la frappant violemment, les os de la mâchoire craquant. Elle perdit automatiquement son sourire et Liam voulut poursuivre mais son père était revenu et l'encerclait de ses bras.

-CALME-TOI LIAM !

Il entendait les hurlements de son père, mais n'arrivait pas à prendre le dessus sur la chose. Elle le mangeait, par petits bouts, lentement…grignotait son chemin et l'empêchait de se contrôler comme il le voulait…

Dans un élan de lucidité il réussit tout de même à se faire comprendre :

-En…enferme…-moi…papa…je…n'arrive plus…vite…

Il tentait de lutter, avait trop mal. Son père devait l'enfermer maintenant. Ou il ne savait pas. En prison, ailleurs…quelque part ou il serait seul avec lui-même et ne risquait pas de faire de mal. Sauf à lui. Et il devait se hâter…


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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Lun 17 Déc 2012 - 4:30

Quand la folie nous guette, part.5

Les tremblements ne cessaient aucunement, mais le jeune homme arriva à se maîtriser suffisamment pour ne pas opposer de résistance. Le front de Liam se posa alors contre son épaule gauche, ne bougeant plus. Cependant, il murmura quelque chose qu’il arrivait à peine à entendre.

‘‘ Ils…n’ont pas le droit de lui…faire ça…papa… ‘‘

Malheureusement, aucune loi n’interdisait à quiconque de se moquer d’une autre personne autant devant public qu’en privé. Les gens pouvaient être bien cruels quand quelque chose ne les concernait pas et surtout quand ce quelque chose leur permettait de se divertir et de rire, bien évidemment. Cependant, Heïan ne pouvait rien faire pour contrer ça, absolument rien et incriminer Keira ? Non plus, car il n’avait aucune preuve pour l’instant. Elle restait chez elle à cause de sa grossesse alors la seule possibilité était qu’elle avait des acolytes. Cela demandait des mois d’enquête et le temps était trop précieux pour attendre aussi longtemps. Son fils était en danger, comme son entourage et il fallait trouver un moyen pour qu’il contienne sa rage, le temps de trouver une solution. Réfléchissant toujours, Heïan prit les mains de son garçon et le força à se défaire de ses poings afin d’examiner les blessures. Grimaçant, il ne put que constater que le jeune homme avait frappé fort ... encore heureux que les os de ses mains n’eussent pas été broyés.

‘‘ Je…ne peux pas encore rentrer…je ne suis pas totalement…moi. Mais…elles sont …à la maison ? ‘‘

Acquiesçant par l’affirmative, le soldat garda le silence et regarda son fils qui menait cette éternelle bataille avec cette chose qui frayait toujours son chemin en lui. Il l’aida ensuite à se redresser sur ses jambes, passant le bras de Liam par-dessus son épaule. Celui-ci lui avoua alors qu’il avait fui pour éviter que quelqu’un ne soit blessé et il avait eut raison de le faire, car quelques secondes de plus et il y aurait eu du sang à la foire. Les deux hommes restèrent donc sur place un moment, permettant ainsi à Liam de reprendre un peu de son sang-froid avant d’entamer le chemin vers la maison et pour se faire, ils devaient repasser par le chemin le plus fréquenté de Beolan. Les regards ne manquèrent pas de se lever, certain ignorant tout ça d’autre se moquant et chuchotant entre eut avec dégoût. Voyant cette bande de clowns recommencer leur théâtre, Heïan pressa le pas et ils quittèrent cet endroit avant que Liam ne perde le contrôle de nouveau.

Aussitôt qu’ils furent de retour dans la villa, tout le monde attendant dans l’escalier ou faisant les cent pas devant celui-ci, les premières à se lever furent les femmes. Melley fut la première et aussi celle qui paniquait le plus en voyant l’état des mains de sa progéniture, filant en quatrième vitesse pour chercher les nécessaires de soin. Elayne était resté aux côtés de Vaë, lui tenant fermement la main et souriant faiblement à son jumeau. La druidesse, elle, était encore sous le choc des évènements, mais aussi apeuré. Tant bien que mal, elle essayait de sourire pour ne pas qu’il s’en fasse pour elle et se disant que ça finirait par s’estomper, même si au fond, elle commençait à en douter. Liam s’approcha alors d’elle et la serra contre lui, ses mains se posant dans son dos et tachant son chemisier pâle. Fermant les yeux, la jeune femme à la chevelure de neige se laissa bercer par les battements irréguliers du coeur de son amoureux, serrant de ses mains sa chemise alors qu’il déposait un baiser sur sa tête.

‘‘ Chut…je suis là…je suis de nouveau là…excuse-moi…ils…n’auraient pas du s’en prendre à toi de la sorte… ‘‘

‘‘ J’ai vu pire... Ça m’a seulement choquée, mais ça passera ... ‘‘ Lui répondit-elle en murmurant à son tour.

Tout ce qu’elle n’arrivait pas à comprendre était ce sentiment de supériorité parmi le peuple d’en bas. Peut-être était-ce parce qu’il était trop grand, mais chez eux, de telles moqueries et manque de respect n’existaient pas ou très peu. Lorsque ça arrivait, on punissait ledit membre en question. On se serait les coudes, on s’entraidait quand on en avait l’occasion alors qu’ici c’était chacun pour soit et tellement désolant.

Melley était revenu et avait demandé à son fils de lui montrer ses mains, la druidesse ne se détachant aucunement de lui et observant ses mains meurtries. Les plaies nettoyées et certaines qu’il n’y avait pas de risque d’infection, la mère retourna ranger le tout alors que tout le monde se dirigeait vers le salon où se trouvait un plateau avec quelques tasses et une théière. Aux côtés de Liam, Vaë gardait le silence et la tête basse, posant une main sur la cuisse de son amoureux afin de se sentir un peu moins vulnérable. Ce fut ainsi même pendant le repas où elle ne mangea pratiquement pas alors qu’habituellement, la druidesse s’empiffrait jusqu’à être sur le point d’exploser. Son estomac état tout simplement noué. Même l’idée de ressortir à l’extérieur après les évènements de la matinée la terrorisait et lui rappelait de mauvais souvenirs de sa jeunesse; du temps où on se moquait d’elle à cause de sa marque de naissance qui recouvrait une bonne partie de son corps. Elle monta donc à l’étage avec Elayne après que Liam soit sorti pour prendre un peu l’air devant la villa et une fois dans la chambre, la brunette la fit assoir dans son grand lit, lui brossa délicatement les cheveux et les tressant.

‘‘ Ne t’en fais pas, Vaë ... la poussière finira par retomber et vous serrez tranquille. ‘‘

‘‘ J’y suis habituée, Elayne. Ce n’est certainement pas des moqueries qui me feront baisser les bras. Qu’ils pensent que je suis stupide si ça leur fait plaisir... je n’ai fait qu’écouter ma petite voix. ‘‘

Elayne souria et serra la jeune femme dans ses bras par l’arrière pour lui donner plus de courage. Elle sentait la peur de Vaënadiel, ses craintes, mais sentait aussi sa détermination.

‘‘ Pour une petite femme des montagnes, tu es forte d’esprit. Rares auraient été les personnes qui s’en seraient sorti aussi saines d’esprit après tout ce que tu as vécu, en plus de ce que tu as vécu. J’avoue que moi-même, je n’aurais peut-être pas réussi à traverser ça. ‘‘

La druidesse se retourna et prit le relais, souriant doucement à sa soeur d’adoption. Elle prit la brosse et commença son travail.

‘‘ Quand il y a quelqu’un qui nous supporter derrière tout ça, c’est toujours plus facile tu sais. Ça nous donne une raison de voir le blanc dans le noir. ‘‘

En bas, Heïan s’était levé brusquement du canapé et avait accroché un vase accidentellement, réveillant Ephraïm qui sommeillait dans le fauteuil à cause des herbes que lui avait données sa soeur pour les douleurs de son bras. S’élançant à la suite du soldat, il vit celui-ci se lancer sur Liam qui levait le poing et qui s’apprêtait à frapper une femme dans la rue. Les sons alertèrent les jeunes femmes qui étaient descendues, Melley les empêchant de sortir de la maison au cas où ça tournerait mal. Liam se démenait comme un diable, Heïan l’encerclant tant bien que mal de ses bras, aidés par Eph’ qui faisait son possible.

‘‘ Lâchez-moi ! ‘‘

Mais même à deux contre un, le chevalier leur glissa entre les doigts. Le résultat fut tel que la mâchoire de la dame craqua et qu’elle s’effondra assise au sol. Le chevalier voulut continuer de s’acharner sur elle, mais Heïan revint à l’assaut et se reprit de la même manière pour le contenir, tenant son propre poignet de l’autre main pour une prise plus solide.

‘‘ CALME-TOI LIAM ! ‘‘ Cria Heïan, tentant de retenir son fils qui ne cessait de se débattre. Ce fut que quelques secondes plus tard que Liam lança:

‘‘ En…enferme…-moi…papa…je…n’arrive plus…vite… ‘‘

Ces paroles le prirent au dépourvu, mais le jeune n’avait pas tort; il fallait qu’il soit isolé pour un moment du moins histoire qu’il se calme et retrouve ses esprits. Les yeux violets d’Heïan se posèrent donc sur Ephraïm, car il était le plus près et surtout parce qu’il n’avait pas le temps de retourner à l’intérieur et prévenir tout le monde.

‘‘ Dis-leur de ne pas s’inquiéter pour Liam. Je m’en vais au quartier général et resterai avec lui un moment ... ‘‘

‘‘ Vous allez vous en sortir seul ? ‘‘

‘‘ Ça ira, je suis peut-être vieux, mais j’arrive toujours à me défendre. ‘‘

En vitesse, le paternel entraîna son fils dans la rue pendant qu’il était encore lucide et se rendit jusqu’au quartier général en un temps record. La porte se fracassa contre le mur et en fit sursauter plus qu’un. Même Omar s’était pointé pour voir ce qui se passait et fronça les sourcils en voyant son supérieur accompagné de Liam qui ne semblait pas dans un état normal.

‘‘ File-moi les clés de cellules et ne discute pas. Vite ! ‘‘

Le géant les lui lança aussitôt et Heïan prit le couloir de droite qui menait vers un escalier conduisant aux cellules, Omar lui emboitant le pas. À sa plus grande surprise, le capitaine enfermant derrière les barreaux son propre fils et il verrouilla avant de se laisser tomber sur une chaise de bois, essoufflé.

‘‘ Qu’est-ce que ... ‘‘

‘‘ Ne pose pas de question, s’il te plait... ‘‘

Il n’avait qu’à observer pour voir ce qui se passait, car déjà le jeune homme n’arrivait plus à se contenir et il explosa, littéralement. Le géant sursauta devant une telle agressivité et vit l’air dépiter sur le visage d’Heïan qui n’arrivait plus à se contenir. Celui-ci s’accouda contre ses genoux, corse penché vers l’avant et attendait patiemment que cela cesse.

Une heure ... deux heures ... trois heures et toujours pas de changement. Ce ne fut qu’en soirée que Liam commença à se calmer. Assis dans un coin de la cellule, recroquevillé contre lui-même, Heïan entendait sa forte respiration.

‘‘ Monsieur Heïan ... j’aimerais aller le voir. ‘‘

Le capitaine leva brusquement les yeux pour voir Vaënadiel qui se tenait devant lui, camouflé dans un manteau, le capuchon sur la tête. Il fronça les sourcils et regarda autour pour ne voir qu’elle. Il demanda alors :

‘‘ Tu es venue seule ? ‘‘

La jeune femme acquiesça d’un signe de tête et Heïan se dressa sur ses jambes, la dépassait d’une bonne tête et demie. Ses yeux se posèrent sur son fils qui n’avait pas bougé depuis une bonne vingtaine de minutes, se demandant si c’était une bonne idée de la laisser entrer dans la cellule après cette crise qu’il venait de faire. Et s’il reperdait contrôle et qu’il se défoulait sur sa bien-aimée ?

‘‘ Ça ira, je lui fais confiance. N’ayez pas peur pour moi. ‘‘

‘‘ Très bien, mais sois prudente. Je ... ne voudrais pas qu’il t’arrive malheur. Il est encore instable. ‘‘

Le père déverrouilla alors la serrure et ouvrit la porte dans un long grincement, laissant entrer la druidesse qui s’approchait de Liam sans crainte, comme la fois où elle avait approché l’ours en furie dans la forêt. S’agenouillant à ses côtés, Vaë se mit à fredonner doucement et glissa ses doigts dans la chevelure de Liam qui n’avait toujours pas bronché. Elle savait qu’il l’avait senti à ses côtés et elle sentait qu’il était encore fébrile, tentant de combattre cette autre partie de lui.

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Lun 17 Déc 2012 - 9:18


Il avait mal. Trop mal. La chose prenait trop d’ampleur, trop de puissance en lui et Liam tentait de rester lucide le temps d’être exaucé. Il entendait son père parler à Ephraïm, mais ne comprit pas le sens des mots, faisant tout pour rester lui encore un instant.

Il sentit alors son père bouger et l’emmener avec lui. Liam fermait de moitié les yeux pour se contrôler, lutter, se laissant guider par son père sans opposer de résistance. Au sol, la femme se tenait le visage, hurlant de douleur, les passants l’aidant et l’emportant chez un guérisseur.

Arrivé au quartier général, Liam fût conduit aux sous-sols, là ou s’alignaient les cellules, une fois que le géant eut donné les clés au capitaine. Heïan poussa son fils dans l’une d’elles, assez éloignée pour que personne ne le voie, et referma la porte à clé, s’installant sur le tabouret en face, épuisé. Son collègue ne comprenait pas pourquoi il enfermait son propre fils. Qu’avait-il fait ? Heïan parlait toujours de Liam comme d’un garçon droit, honnête, brave. D’ailleurs ne devait-il pas rejoindre les rangs ? Alors pourquoi l’enfermer ? Il n’allait pas tarder à assister à une scène dépassant l’entendement…

Enfin. Enfin il pouvait laisser cette chose qui le rongeait sortir. A peine enfermé, Liam ne parvint plus à se maîtriser et rua contre les barreaux. Il cria, hurla, frappa tout ce qui lui tombait dessus. Les murs, les barreaux…Au sol se trouvait une tasse qu’il agrippa et lança de toutes ses forces. Il ne voyait plus son père assis devant la cellule, l’air soudainement fatigué. Il ne voyait plus rien, la chose avait pris le contrôle, c’était trop tard…

Cela dura longtemps. Affreusement longtemps. Liam n’avait plus conscience de ce temps, et continuait à s’acharner, se faisant parfois mal, mais il poursuivait. Omar était remonté, chamboulé par le spectacle, et Heïan s’était penché en avant, regardant son fils sombrer lentement, impuissant.

Au manoir, tout le monde se rongeait les sangs. Vaë était entourée de son frère et d’Elayne, Melley assise en face, tentant de les rassurer, tentant de leur sourire pour qu’ils soient en confiance. Heïan était avec Liam, rien ne pouvait arriver. Son bébé…comment allaient-ils faire ? Avant que le nordique ne revienne, Melley était sortie dans l’allée et avait compris le déclencheur de cette crise sans pareille. Un dessin, une moquerie de plus sur ce qu’il s’était passé. Et il y en avait partout. Juste après le coup des marionnettes, son fils n’avait sans doute pas pu rebâtir les barrières…Elle avait jeté le dessin, ne le montrant à personne. Tous souffraient trop pour rajouter cela, et surtout Vaë.

A la prison, Liam se calmait enfin. Lentement, en douceur, mais la chose refluait dans ses entrailles. Il s’était assis contre le mur, les jambes repliées contre sa poitrine, les coudes posés sur ses genoux et les mains dans les cheveux. Sa respiration était saccadée et c’était le seul bruit qui s’élevait du couloir. S’il y avait d’autres prisonniers, tous se terraient dans leur cellule par peur après avoir entendu Liam.

Il reprenait lentement conscience des faits, de ses agissements. Le dessin…la femme…son père et Eph’…il avait frappé, encore…Comment allait-il faire si toutes les cinq minutes il replongeait ? Comment allait-il assurer la sécurité de sa femme et de ses deux futurs enfants si lui-même était un danger pour eux ? Devait-il les laisser et disparaître ? Devait-il s’exiler quelque part et confier Vaë et les enfants à ses parents ? Non…il ne voulait pas en être séparé…mais il risquait à tout moment de lui faire mal…

C’était un cercle sans fin et il sentit une présence se faufiler jusqu’à lui, lentement. Une main se faufila dans ses cheveux, une douce main qu’il aimait tant, et un chant s’éleva dans la cellule. Liam ne bougea pas, laissant le chant l’envahir pour éloigner la chose complètement. Parce qu’elle tentait encore de sortir, avec la force des remords qu’il ressentait. Heïan avait laissé la porte ouverte et était resté debout, prêt, au cas où.

Respirant profondément, il tourna lentement la tête vers elle pour la regarder. Elle fredonnait toujours, la main sur sa tête, agenouillée à ses côtés. Ses yeux brillaient encore, malgré la situation. Sa main, bien que tremblante, se posa sur sa joue si douce et la caressa du pouce.

Dehors, Heïan sourit faiblement. Son fils était de nouveau là, pour un temps indéterminé.

Liam admirait chaque trait du visage de Vaë, voulant s’en servir pour solidifier la barrière. Mais voilà…elle était ce qui causait ses remords, malgré tout, et donc elle nourrissait sans le vouloir la chose. Cependant jamais Liam ne la chasserait à cause de ça. Elle n’avait pas mérité ce qui arrivait et il était le seul responsable. La folie avait juste été réveillée avec tout ça et quelque chose lui disait que Keira s’en servait.

-Je…suis désolé, Vaë…

Combien de fois allait-il le lui dire ? A chaque fois qu’il ferait une crise ? Ou juste après avoir perdu le contrôle et l’avoir giflée elle, ou pire ? « C’est si facile, une fois les actes commis… »

Il crispa les mâchoires, la chose ruant une nouvelle fois. Fronçant les sourcils, Heïan se rapprocha de la cellule, voyant nettement la lueur dans le regard de son fils, même de loin.
Vaë elle, ne semblait pas le craindre. Elle continuait de caresser ses cheveux et de le regarder, ne reculant pas. Liam resta un instant immobile, la main sur la joue de sa rose, luttant encore pour reconstruire le tout en lui.

Une fois fait, il murmura :

-Je vais…rester ici, cette nuit…je ne veux pas…déraper et te faire mal je…

Mais elle posa un doigt sur ses lèvres et s’approcha, l’embrassant tendrement. Quelle chaleur ! Une douce chaleur se répandit en lui, et il ferma les yeux, lui rendant son baiser et, pour la première fois en l’espace de trois longues journées, il ne ressentit plus les remords ni la culpabilité, la chose se tassa, et il profita de cette sensation de paix éphémère autant qu’il put. Lorsqu’elle se détacha, il garda son front contre le sien, essoufflé, mais souriant enfin.

-Je t’aime Vaë…murmura-t-il en portant une main sur le ventre de la jeune femme.

Bientôt quatre mois déjà…et un ventre qui prenait de l’ampleur, un enfant qui prenait forme…et un autre qui allait bientôt naître. Dans les prochaines semaines. Et il ne travaillait toujours pas, n’avait pas de toit à lui offrir sauf celui de ses parents. Mais il ne pouvait pas vivre seul avec Vaë et les enfants. Pas dans son état si instable. Les paroles de sa mère lui revinrent en mémoire. Elle avait dit qu’ils pouvaient vivre avec eux, avoir une partie de la maison pour eux et ainsi Heïan serait toujours là s’il y avait urgence. C’était peut-être la meilleure solution. Parce que Liam ne voulait pas partir de Beolan. Pas encore une fois et surtout pas définitivement. Il était trop attaché à ses parents, sa sœur, son parrain, sa marraine et sa grand-mère pour les laisser. D’ailleurs, Naëlyah et les autres étaient-ils au courant que Liam perdait la boule ? Naëlyah savait-elle que son unique petit-fils devenait comme son défunt époux ?

Un bras se posant sur son épaule le fît revenir à la réalité. Il leva les yeux et vit son père, debout devant eux, calme. Vaë se leva alors, lui prenant la main en souriant légèrement. Que… ? Non…il ne pouvait pas rentrer…il devait rester enfermé…à vie s’il le fallait…

Sauf que ni son père ni sa rose n’étaient de cet avis. Glissant son bras sous l’épaule de son fils, Heïan le redressa doucement et l’entraîna à sa suite, Vaë toujours main dans la main avec lui. Ils remontèrent dans la pièce de garde, sous le regard d’Omar qui s’inquiétait aussi. Liam marchait la tête basse, se revoyant nettement durant sa crise. Il avait fait honte aux siens, plus encore que les jours précédents. Honte à son père, Capitaine de la garde de Beolan, qui avait du enfermer son propre fils avant qu’il ne tue de sang-froid des personnes innocentes. Enfin…se moquant de Vaë. Liam se sentit alors encore plus mal et n’osa pas regarder son père. L’homme qu’il admirait tant…et il n’était pas à la hauteur de ses attentes, il sombrait lentement et même s’il agrippait les mains qui se tendaient vers lui, il ne remontait pas, et au contraire, cela accélérait le tout. Il savait que les siens voulaient l’aider mais ils en souffraient encore plus…

Ils marchèrent sous la lune à moitié pleine, le vent frais charriant le capuchon de Vaë et les cheveux des hommes. Les rues étaient désertes ou presque, et les rares passants ne faisaient pas assez attention à eux pour les reconnaître et recommencer leurs moqueries. Liam serrait la main de sa rose et sentait l’emprise de son père sur son bras, marchant en silence. Il n’était plus rien…il ne servait plus qu’à faire souffrir tout le monde.

Et il était convaincu d’une chose : si cela continuait, il forcerait les choses, s’enfermerait, laisserait la folie le consumer et se tuerait de la manière la plus horrible qui soit. Ce serait une souffrance supplémentaire pour les siens, mais elle serait passagère et ils s’en remettraient, alors que s’il poursuivait sa route ainsi, ce serait une souffrance permanente…


Spoiler:
 


Dernière édition par Liam Kreiss le Lun 17 Déc 2012 - 17:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Lun 17 Déc 2012 - 17:15

Quand la folie nous guette, part.6

La respiration de Liam était forte et rapide, voire profonde. Mais Vaënadiel restait là et resterait tant et aussi longtemps qu’il le faudrait. Tournant enfin la tête vers elle, la jeune femme à la chevelure de neige lui offrit un faible sourire tout en continuant son fredonnement et les caresses dans ses cheveux. Lentement, mais sûrement, la main tremblante de son amoureux se posa sur sa joue et laissa son pouce caresser sa peau sous le sourire d’Heïan qui attendait près des grillages de la cellule. Pour le moment, ses excès d’agressivité avaient cessé sauf que personne ne savait quand cela reviendrait, et ce, pour être n’importe quand.

‘‘ Je…suis désolé, Vaë… ‘‘

Il n’avait pas à s’excuser pour ces pertes de contrôle involontaire et puis même s’il l’aurait fallut, comment aurait-elle pu lui en vouloir ? Quelqu’un cherchait à le voir dans cet état de folie, au point où il en viendrait à tuer. Ce quelqu’un, elle savait qui s’était et la goutte était juste sur le point de faire déborder l’eau du vase. Bientôt, c’est Vaë qui allait péter les plombs comme jamais auparavant et ... ce ne serait pas beau à voir. Keira avait besoin de s’attacher solidement la crinière parce que bientôt, elle deviendrait chauve. Oh que oui ... on ne s’attaquait pas aux siens de la sorte et cette femme vicieuse allait finir par le payer.

Liam serra la mâchoire et son père s’approcha suffisamment de sa rose pour la tirer vers l’arrière au cas où l’envie de la frapper le prendrait, mais la druidesse ne bougerait pas, aucunement. Elle n’avait pas peur de cette chose qui le rongeait et qui rendait le regard de son loup si meurtrier. Non, elle ne craignait pas cette chose et se jura de sa vie qu’elle retournerait là d’où elle venait. Sa main caressait toujours la chevelure noire de Liam tandis que son regard aqua perçait le doré du sien et sentait les tremblements de l’homme reprendre quelques secondes pour ensuite s’atténuer.

‘‘ Je vais…rester ici, cette nuit…je ne veux pas…déraper et te faire mal je… ‘‘

Il ne déraperait pas, il ne fallait pas et il était hors de question qu’elle le laisse croupir dans cette cellule où on se les gelait. Coupant ses dires, Vaënadiel posa doucement un doigt sur les lèvres de Liam pour l’empêcher de dire quoi que ce soit d’autre. Elle s’approcha de lui et posa ses lèvres sur les siennes, l’embrassant tendrement laissant ses mains se poser sur les joues froides de Liam qui lui répondit. Se détachant, elle plongea de nouveau dans son regard et lui sourit, caressant sa lèvre inférieure d’un pouce et lui laissant son front contre le sien.

‘‘ Je t’aime Vaë… ‘‘

Ce murmure, ces paroles, ce sourire ... c’était comme un baume qui chassait ses inquiétudes et sa peur de le perdre à nouveau malgré cette confiance qu’elle avait en sa force d’esprit et sa capacité à s’en sortir. Le toucher sur son ventre fut comme une vague de chaleur pour elle, mais aussi le signe qu’il était toujours là, complet quelque part. La jeune femme ferma les yeux, voulant profiter de cette proximité qui avait été si rare depuis les trois derniers jours.

‘‘ Je t’aime aussi Liam ... plus que tu ne peux l’imaginer. ‘‘ Murmura t-elle en guise de réponse.

Profitant de ce moment d’accalmie de la part de son fils par l’aide de sa bien-aimée, Heïan s’approcha et vint poser une main sur l’épaule de Liam qui releva les yeux vers après être sorti de son songe. Vaënadiel avait compris ce que le Capitaine avait en tête et se leva, prenant une main dans la sienne et se voulant rassurante par son sourire. La panique s’installait dans les yeux du jeune homme qui ne semblaient pas avoir confiance en lui. Mais les deux autres n’étaient pas d’accord. Se penchant à son niveau, Heïan glissa un bras sous l’épaule de son garçon et l’aida à se redresser sur ses jambes pour le sortir de la cellule. Ils montèrent l’escalier en silence et tombèrent sur Omar qui surveillait l’escalier d’en haut, ordre d’Heïan au cas où il se passerait quelque chose. Le géant semblait aussi inquiet que le père. Il avait tout de même vu ses enfants grandirent. D’un signe de tête, Heïan lui fit comprendre qu’il pouvait filer et s’excusa du regard pour le retard qu’il lui avait occasionné auprès de sa famille. Omar lui souria et quitta les lieux, la petite famille à sa suite.

Ainsi, ils marchèrent sous les reflets de la demi-lune et le vent froid caressant les bouts de peau à découvert. Les fiancés se tenaient la main, Liam resserrait son emprise sur celle de sa bien-aimée qui tourna les yeux vers lui, souriant tendrement. Heïan lui, regardait droit devant et ne diminuait aucunement son emprise sur son fils qui était aussi muet qu’un mort. La villa se fit bientôt en vue et la seule lumière provenait du feu qui faisait rage sous la cheminée; certainement Melley qui était encore éveillée et qui attendait le retour de son époux et son fils. Un domestique leur ouvrit la porte et les laissa entrer, la maîtresse de maison s’approchant lentement d’eux. Celle-ci serra son fils dans ses bras en silence et caressa sa joue d’un geste maternel, souriant faiblement. Elle les laissa alors monter à l’étage, et ce, jusqu’à la chambre où Heïan s’arrêta.

Vaënadiel mit un pied à l’intérieur, poussant Liam doucement en avant d’elle. Celui-ci ne semblait pas vouloir qu’elle reste au risque de faire une rechute et de la frapper, mais elle se tourna vers Heïan et demanda:

‘‘ Pouvez-vous verrouiller de l’extérieur ? ‘‘ Demanda t-elle.

‘‘ Tu es certaine de vouloir faire ça ... ? S’il se passe quelque chose, tu ne pourras pas sortir, Vaë. ‘‘

‘‘ Il n’arrivera rien. J’en suis certaine. ‘‘

L’homme acquiesça d’un signe de tête puis leva son regard violacé vers son fils qui semblait le supplier du regard. Mais Heïan haussa les épaules et lui fit un sourire en coin désolé. Si c’était la volonté de Vaë de rester à ses côtés, il ne pouvait pas l’en empêcher malgré les risques que cela apportait. La porte se referma donc derrière le couple et le bruit du verrou se fit entendre aussitôt, tout comme les bruits de pas qui s’éloignaient. La druidesse s’approcha donc de Liam et lui enleva doucement son manteau pour le poser sur la commode et en fit de même. Ensuite, elle l’entraîna avec elle dans la salle de bain où elle le débarrassa de ses vêtements et embrassa son torse, son cou, puis ses lèvres.

‘‘ Ça ira, Liam. Je n’ai pas peur ... et je serai présente pour toi dans cette épreuve comme tu l’as été pour moi. ‘‘

Elle lui souria puis enleva ses vêtements à son tour, tirant sur sa main pour se glisser sous l’eau qui réchauffait enfin leur corps meurtri par le froid hivernal qui s’installait sur Beolan. Malgré ses tremblements, Vaë se colla à lui pour tenter de l’apaiser. Elle se doutait que c’était en partie à cause de sa présence que Liam s’emportait, mais selon elle, il n’y avait qu’en affrontant le problème qu’il réussirait à prendre le dessus. Qu’il la frappe, elle s’en fichait ... elle endurerait jusqu’à ce qu’elle-même explose et se rende elle-même chez Keira pour lui foutre la raclée de sa vie. M’enfin bref, rien n’était encore fait alors elle lava plutôt Liam doucement et prit ses mains pour observer les blessures qu’il s’étaient faites dans l’avant-midi.

‘‘ Un petit peu de pommade et ce sera parti d’ici quelques jours. ‘‘ Dit-elle en levant les yeux vers lui.

Se hissant sur la pointe des pieds, la jeune femme entoura son cou de ses bras et l’embrassa tendrement pour ensuite plonger ses yeux dans les siens. Vaë le regarda longuement, voyant cet éternel combat qui faisait rage au plus profond de ses entrailles.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Lun 17 Déc 2012 - 18:32


Ils arrivaient devant la demeure familiale, éclairée par l'unique feu qui brûlait encore dans l'âtre. Sa mère avait du rester éveillée pour les attendre…Liam cherchait dans sa tête un moyen de créer une barrière solide, ou du moins un peu plus solide que ce qu'il avait là, parce qu'il ne devait plus faire de crise similaire à celle faite en prison. Il suffisait que les murs deviennent Vaë…il risquait de la tuer sans le vouloir, il risquait de faire encore plus de mal aux siens…et il ne le voulait plus…il voulait mettre un terme à cela, dire stop à celui ou plutôt celle qui le harcelait de la sorte.

Ce fût un domestique qui ouvrit, leur permettant d'entrer. Liam n'avait pas relâché sa rose, tout comme Heïan n'avait pas relâché son fils. Melley apparut, un petit sourire aux lèvres, serrant son fils dans ses bras et lui caressant la joue, pour lui montrer qu'ils étaient là. Toujours. Même si c'était dur à voir, à entendre lorsqu'il hurlait, ils seraient là. Pour elle et pour son mari, c'était une déchirure de voir leur enfant ainsi. Le fruit de leurs amours, la chaire de leur chaire…leur sang. Est-ce qu'Elayne l'avait aussi mais encore endormi ? Elle espérait que non. Elayne soutenait son frère et ne pouvait pas couler elle aussi. Et si jamais c'était le cas, Melley ne s'en remettrait pas. Ils étaient ses bébés…

Elle regarda son cher et tendre époux conduire les fiancés à l'étage, l'attendant en bas. Elle voulait tout de même profiter de sa présence encore un peu.

En haut, la porte de la chambre s'ouvrit sans bruit et Vaë mit un pied dedans, l'incitant à la suivre. Mais Liam refusait. Non…il avait trop peur, ils ne devaient pas rester ensemble, même s'il le voulait, il ne pouvait pas…il ne voulait pas prendre le risque. Parce qu'il ne voulait pas qu'au réveil il voie le visage tuméfié de sa rose…

- Pouvez-vous verrouiller de l’extérieur ?

Là, Liam écarquilla les yeux. Ver…verrouiller ? NON ! Surtout pas ! Il voulut parler pour la dissuader mais son père s'en chargea :

- Tu es certaine de vouloir faire ça ... ? S’il se passe quelque chose, tu ne pourras pas sortir, Vaë.

Le cœur de Liam battait à nouveau trop vite. Il sentait la chose encore et toujours, mais lointaine en lui. Mais elle pouvait ressurgir n'importe quand…si vite…

-Il n’arrivera rien. J’en suis certaine.

Liam crut que tout s'effondrait lorsque son père acquiesça. Non, pas lui…il ne devait pas les laisser seuls…il était le seul à pouvoir le maîtriser…le seul qui oserait le frapper pour lui remettre les idées en place même si cela le répugnait…lorsqu'il croisa son regard, Liam le suppliait en silence. Ne ferme pas….
Mais son paternel haussa les épaules et lui sourit, désolé, avant de les pousser à l'intérieur et de refermer la porte. Le verrou et les pas qui s'éloignaient se firent entendre et Liam se sentit compressé. Seul avec Vaë…en temps normal il aurait adoré ça. Il lui aurait donné du plaisir à l'infini, lui aurait fait passer une nuit des plus exquises…mais dans son état actuel, c'était la peur qui dominait en lui. La peur et la lutte. La peur de rechuter sans raison et de lui faire mal, de causer la perte de son enfant ou pire de la tuer avec. La lutte contre cette chose qui voulait sortir rien qu'en la voyant parce que les remords venaient automatiquement…

La jeune femme s'approcha alors de lui, lui retirant lentement son manteau et le posant sur la commode, ou il fût vite rejoint par celui de la jeune nordique. Liam ne bougeait pas, la laissait faire. Il se laissa donc entraîner dans la salle de bains ou elle lui retira ses vêtements pendant que l'eau coulait sous la douche, pour devenir chaude. Elle embrassa son torse, son cou, revenant sur ses lèvres, et Liam se sentit frissonner, comme…comme avant. Durant ses trois jours atroces, à chaque baiser qu'il lui donnait, il n'avait pas ressenti ce frisson, juste l'amour à transmettre. Le frisson s'en était allé à cause des remords, même lorsqu'elle en avait eu envie le matin. Il l'avait fait, mais pas avec la même intensité et la même passion que les fois précédentes.

-Ça ira, Liam. Je n’ai pas peur ... et je serai présente pour toi dans cette épreuve comme tu l’as été pour moi.

Les frissons qui l'envahissaient là, alors qu'elle se déshabillait également, se dévoilant entièrement. Comme à chaque fois, il s'attarda sur son ventre. Mais la chose rua encore une fois en le voyant. Il était heureux de savoir qu'elle portait son enfant, mais en même temps, les remords repassaient à l'attaque et nourrissaient la chose…Elle l'entraîna sous l'eau, la chaleur faisant un bien fou sur leurs corps froids, et Vaë se colla subitement à lui. Il sentait les tremblements, ne savait pas si c'était lui ou elle. Ou les deux. Son cœur battait comme un fou et les frissons étaient là. Les frissons qui lui permettaient de croire que rien n'arriverait ce soir. Qu'elle avait raison en s'enfermant et de ne pas avoir peur d'être seule avec lui.

Elle commença à le laver doucement, soigneusement et Liam se sentait…calme. Malgré la chose et sa lutte perpétuelle, il se sentait tellement calme d'un coup…Il réussit même à sourire. A la fin, elle lui prit les mains pour les observer, regardant les blessures qu'il s'était faites en cognant l'arbre, cette même journée.

-Un petit peu de pommade et ce sera parti d’ici quelques jours.

Il croisa son regard alors qu'elle se hissait sur la pointe des pieds pour entourer son cou de ses bras, l'embrassant longuement. Lorsqu'elle se détacha légèrement, elle plongea son regard dans le sien. Son si beau regard qui brillait encore…Cette petite lumière, là, tout au fond de son océan, ne devait jamais plus s'éteindre. Ses yeux à lui ne reflétaient sans doute plus autant son amour pour elle, mais elle devait sentir qu'il n'avait pas décliné, au contraire. S'il s'était éloigné ses derniers jours, c'était…pour la protéger de lui…

Il sentait la poitrine de la jeune femme sur son torse, son ventre contre le sien, ses formes s'écrasant sur lui, et les frissons revinrent de plus belle. Il avait…envie…

Rapidement, sans un mot, il la lava elle aussi et mit l'eau sur eux pour les rincer. La faisant sortir en vitesse mais faisant attention pour ne pas qu'elle tombe, il la sécha en gros, fît de même pour lui et lorsqu'elle voulut s'habiller, il l'en empêcha et l'entraîna sur le lit. Elle devait se poser des questions, il espérait qu'elle n'ait pas soudainement peur de lui. Parce que pour la première fois en trois jours, il se sentait à nouveau lui, bien que la chose soit toujours bien présente.

L'allongeant sur le matelas, il se glissa sur elle, caressant son corps, l'embrassant partout. Les frissons le prenaient de cours et parsemaient sa peau de petites cloques, accentués encore par les mains de sa rose sur lui. Il…allait lui montrer qu'il…était toujours là et qu'il l'aimait plus que tout …qu'il faisait ce qu'il pouvait pour lutter…

Les remords tentaient de percer un trou, mais il ignora difficilement, laissant juste son corps d'homme répondre à ce désir ardent qu'elle seule savait allumer en lui. Il voyait son sourire, il sentait ses mains sur lui et lentement il vint à elle, se liant à elle, unissant leurs corps en un seul bloc d'amour…

Il commença ses mouvements, délicatement puis de plus en plus vite, la voyant se mordre la lèvre. En plus avec les hormones de sa grossesse ce ne devait pas être simple…

"C'est si facile, une fois les actes commis…"

"Comment oses-tu la regarder en face ?"

Les paroles de Keira ou de la lettre lui revinrent en mémoire en plein mouvement et il se stoppa net, la chose ruant à nouveau. Non…non…non…NON ! Pas maintenant ! Il devait rester lui…Vaë le regardait, soudainement inquiète. Il se retira d'elle en douceur, recommençant à trembler, s'asseyant sur le bord du lit et se prenant la tête entre les mains.

"Comment peux-tu lui sourire après ce que tu as fait ?"

Pourquoi maintenant ? Non…même ça il ne pouvait plus le faire ?! Lui donner du plaisir…il ne pouvait plus sans être assaillit…pourtant il avait cru, avec les frissons…son envie avait été présente, son désir aussi… il était trop instable…

Il la sentit se glisser à ses côtés, une main caressant son dos. La chose cogna de plus belle, souhaitant plus que tout sortir, encouragée par les remords. Fronçant les sourcils, il respira profondément. Pas maintenant, pas là. Ils étaient enfermés et s'il arrivait quelque chose personne ne pourrait venir en aide à Vaë…en plus ils étaient nus…

-Éloigne-toi Vaë…le temps que je réussisse à gagner la lutte…appelle mon père pour qu'il t'ouvre...

Mais justement, elle ne s'enleva pas. Il serra les poings, restant lucide. Il ne devait pas rechuter maintenant ! Pas alors qu'il risquait de s'en prendre à elle…

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Lun 17 Déc 2012 - 21:18

La guerre... des femmes enceintes

Les mains du jeune homme se mirent à parcourir son corps en le nettoyant assez rapidement et il ne plaça toujours aucun mot. À croire qu’il avait perdu sa langue ... où c’était parce qu’il tentait de se maîtriser. Son corps resta plaqué contre le sien jusqu’à ce qu’il la pousse sous le jet d’eau pour se rincer et la fit sortir pour la sécher. Liam semblait si pressé soudainement que Vaënadiel ne comprit pas ce qu’il lui prenait à cet instant. Le jeune homme fit de même, mais alors qu’elle voulait enfiler sa chemise pour la nuit, celui-ci la lui retira des mains et la poussa vers le lit. Mais que lui arrivait-il ? La réponse à sa question n’arriva que lorsque Liam l’allongea sur le matelas et qu’il s’allongea sur elle en posant ses lèvres partout sur son corps. Les frissons la prirent de coups aussitôt et son corps fut parsemé à son tour de chair de poule.

Ses doigts fins se promenaient sur la peau de son homme, lui souriant lorsqu’il venait lui arracher un baiser. Son bassin fut entouré par ses jambes pâles et il vint à elle avec délicatesse. Ses mouvements se faisaient un peu plus rapides au fil des secondes et la jeune femme se mordit la lèvre de plaisir, retenant comme elle pouvait ses gémissements. Mais ... il s’arrêta d’un seul coup, sentant qu’il recommençait à trembler. La chose revenait ?!

‘‘ Liam ? ‘‘

Il se retira puis s’asseya sur le bord du lit sans même la regarder, tremblant de plus belle. Sa tête entre ses mains, Liam tentait de reprendre son calme, respirant profondément. Son coeur battait la chamade dans sa poitrine, Vaënadiel se faisant de plus en plus inquiète. Elle se redressa donc sur ses genoux et s’approcha de lui, collant son épaule contre son dos et le caressant d’une main rassurante, mais la respiration de son loup se faisait encore plus profonde.

‘‘ Éloigne-toi Vaë…le temps que je réussisse à gagner la lutte…appelle mon père pour qu’il t’ouvre... ‘‘

Mais Vaënadiel resta là, ne désirant pas s’en aller et le laisser seul avec lui-même. Elle voulut glisser sa main dans l’une des siennes, mais il la brusqua, la repoussant d’un seul coup. Étonnement, la druidesse ne semblait pas surprise et réitéra son geste qui ne fit qu’aggraver l’état déjà instable de Liam. Celui-ci leva un bras dans les airs et sa main pourfendit l’air; Vaë restait là, les sourcils froncés et regardant son homme directement les yeux. Elle était prête à recevoir la gifle, plus que jamais ... Sauf que la main en question s’arrêta à quelques millimètres près de sa joue droite et resta en suspens un moment avant de tomber sur le matelas. Ce fut à ce moment qu’il lui cria de partir parce qu’il allait perdre le contrôle. Ne voulant pas risquer la vie de leur enfant, Vaë se leva rapidement et alla chercher ses vêtements qu’elle enfila aussitôt. Ayant entendu quelque chose, Elayne était allé ouvrir la porte et la druidesse ressortit dans le couloir. La porte fut verrouillée par Heïan.

‘‘ C’est ma faute... je ... ‘‘

‘‘ Tu as fait ce que tu as pu. Il faut le laisser se calmer ... Elayne, apporte-la avec toi pour la nuit. Je vais rester ici. ‘‘

La jumelle répondit par l’affirmative et prit la main de la druidesse qui avait la mine dépitée, caressant son ventre, son futur enfant. L’apportant jusqu’à lit, Elayne la fit couché et monta les couvertures jusqu’aux épaules de Vaë qui se forçait à lui sourire. Ses paupières se fermèrent et elle se mit à pleurer en silence, entendant les hurlements de Liam dans la pièce d’en face. C’était ... insupportable de le voir dans cet état. Pourquoi n’était-elle pas en mesure de l’aider ?!

Cette nuit-là fut la plus pénible d’entre toutes et Vaë ne réussit pas à fermer l’oeil de la nuit. Le lendemain matin, au lieu de suivre Elayne en bas, Vaë resta au lit et essaya de dormir un peu, car de toute manière son estomac se refusait d’avaler quoi que ce soit. Au contraire, elle avait des nausées. Ephraïm quitta donc la table et monta à l’étage après avoir eu l’autorisation d’Elayne pour entrer dans sa chambre. Le nordique cogna donc à quelques reprises puis entra, voyant sa soeur couchée en position foetale dans le grand lit.

‘‘ Vaë ... ‘‘

La jeune femme se retourna et s’asseya dans le lit, levant les bras vers lui en réclamant un calin. Elle avait la mine triste et Eph’ détestait la voir dans un tel état. Même Liam avait une mine de déterré. S’approchant et s’asseyant sur le bord du lit, la druidesse se leva sur ses genoux et réduisit la distance qu’il y avait entre eux pour se blottir contre lui. Lui caressant les cheveux et déposant un baiser sur son front, le chef de tribu garda le silence, et ce, jusqu’à ce qu’il croise le regard de sa soeur.

‘‘ J’ai besoin de prendre l’air Eph’ ... mais j’ai peur de sortir dehors seule. Je dois me changer les idées. ‘‘

‘‘ Il faudrait d’abord que tu te changes. ‘‘ Dit-il en la soulevant dans ses bras alors qu’elle échappait un cri de stupeur. ‘‘ Et puis ta crinière est légèrement en bataille, tu sais ! ‘‘

Vaënadiel fit la moue, mais réussit à esquisser un faible sourire en coin lorsque son frère la regarda, visiblement de bonne humeur malgré ce que se tramait dans la villa des Kreiss. Le nordique la poussa donc dans sa chambre et l’attendit sans porter attention au désordre qu’il y avait dans la pièce. La druidesse se hâta donc et se débarbouilla, puis enfila des vêtements propres avant de prendre son manteau et sortir de la chambre. Elayne monta au même moment, se demandant pourquoi l’homme à la chevelure de neige prenait autant de temps.

‘‘ Où allez-vous ? ‘‘ Demanda t-elle d’un air interrogateur.

‘‘ Je vais aller marcher avec Vaë. Elle a besoin de prendre l’air un moment. ‘‘ Répondit Eph’.

‘‘ Mais elle n’a même pas mangé! ‘‘

‘‘ Je n’ai pas faim Elayne ... je t’assure. Rien n’entrera ...’’

Elayne les regarda à tour de rôle, fronçant les sourcils puis elle croisa les bras sur sa poitrine et prit la main de Vaënadiel qui parut surprise.

‘‘ Papa est avec Liam dans le jardin alors je vous accompagne. Vous ne connaissez pas la ville de toute manière et vous risquez de vous perdre au prochain coin de rue. ‘‘

Les nordiques s’échangèrent un regard; Elayne n’avait pas tort. Ils voulaient sortir, mais aucun d’eux ne connaissait assez bien Beolan pour être en mesure de retrouver le chemin qui le ramènerait vers la villa. S’avouant vaincus, ils acquiescèrent et avertirent Melley qu’ils sortaient un peu. De toute façon, ils n’en avaient pas pour bien longtemps. La brunette prit alors les devants, suivie d’Ephraïm et Vaënadiel qui attrapa sa main au passage. D’ailleurs, son frère leva son capuchon sur sa tête et lui fit un faible sourire en coin. Ils marchèrent donc tranquillement dans les rues, parlant de tout et n’importe quoi pour permettre à la jeune nordique de se changer les idée. Son sourire était à peine revenu qu’ils tombèrent sur des marchands de perruques... de longs cheveux blancs comme les siens.

‘‘ Venez vous procurer la chevelure tendance de la saison pour vous sentir belle et idiote ! ‘‘

Vaënadiel serra les dents et les poings, figeant sur place. Elle n’entendait même pas ce qu’Eph’ et Elayne lui disait tellement la rage bouillait en elle. Brusquement, elle poussa son frère et s’arrêta net devant le marchant, lui arracher sa perruque des mains et la lui enfonça dans la bouche sous le regard ahurit de la foule et des passants. Beaucoup ne tardèrent pas à rire du vendeur de perruques alors que la druidesse lui tournait le dos pour agripper le poignet d’Elayne.

‘‘ Où habite Keira ? ‘‘ Demanda t-elle sur un ton un peu trop calme.

‘‘ Ce n’est pas très loin. Pourquoi veux-tu savoir ça ? ‘‘

‘‘ Conduis-moi là bas ... tout de suite ! ‘‘

Ah oui ... voilà. Vaënadiel venait de sauter un plomb. Ah oui ! Carrément ! Et c’était bien la première fois d’ailleurs, car elle avait toujours été douce ... il fallait croire que la grossesse apportait son lot de surprises.

Ce fut donc avec hésitation qu’Elayne apporta les nordiques devant le somptueux manoir des Orson et sans prévenir, Vaënadiel traversa l’allée, ouvrit la porte dans un fracas et entra à l’intérieur. Un domestique tenta de l’arrêter, mais elle le prit à la gorge et lui demanda où se trouvait Keira. Les yeux de la druidesse étaient si menaçants qu’on lui montra où aller et elle monta l’escalier aussitôt. Une fois devant la chambre, Vaë tourna la porte et ouvrit sauvagement la porte qui claqua avec violence contre le mur. Keira sursauta et s’asseya dans son lit, les yeux ronds et s’esclaffa en voyant qui s’était.

‘‘ Quelle surprise ! Jamais je n’aurais cru recevoir ta visite, sauvage. ‘‘

Mais la druidesse ne répondit rien et la darda du regard, contournant le lit extrêmement tranquillement sous le regard de plus en plus tendu de la blondinette.

‘‘ Je vais te plumer ! POUFFIASSE ! ‘‘

'' Essais donc pour voir ... ! ''

Voilà, c’était parti pour un tour ! Vaënadiel lui avait sauté dessus et lui arrachait littéralement les cheveux de la tête alors que Keira se défendait comme elle pouvait. La druidesse reçut un poing sur l’oeil gauche et ne manqua pas de renvoyer le double à cette femme vicieuse jusqu’à ce que des domestiques viennent la tirer pour la redescendre du lit.

‘‘ GARCE ! J’enverrai des loups te déchiqueter cette nuit si tu n’arrêtes pas ! Je te jure sur ma tête et celle de mon enfant que ce ne sont pas des paroles en l’air ! ‘

Keira fut morte de peur et se regarda dans la glace aussitôt, hurlant tellement fort qu’Elayne et Ephraïm put l’entendre de l’extérieur. On jeta Vaë dehors et elle tira son capuchon sur sa tête, revenant vers eux.

‘‘ Bon sang ... que lui as-tu fait pour qu’elle hurle de la sorte ? ‘‘

‘‘ Je ... l’ai défiguré.... ‘‘

‘‘ Qu-quoi ?! ‘‘

‘‘ Rentrons ... ‘‘ Cracha t-elle.

Et encore, personne n’avait vu son visage à elle ou plutôt, son oeil enflé. Ils retournèrent donc silencieusement à la villa des Kreiss, Vaë tremblant toujours de rage.

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Lun 17 Déc 2012 - 22:30


"Si facile…"

"Pleutre…"

Liam tentait de chasser les mots, de chasser les images, de chasser cette chose qui le rongeait une nouvelle fois. Pour la troisième fois en une journée. Et il sentait que c'était comme la crise de la prison. Trop instable, trop violent…

Il sentit une main tenter de se glisser dans la sienne et la repoussa sans ménagement. Non Vaë…ne fais rien, éloigne-toi…mais il ne réussit plus à parler, la chose était trop présente. Alors, lorsqu'elle recommença, ne voulant que l'aider, son bras se leva et s'éloigna pour repartir droit vers elle. Prêt à frapper. A faire mal.

Sa paume s'approchait d'elle avec toute la puissance qu'il contenait, la chose se délectant du spectacle, et elle restait immobile, le regardant dans les yeux. Ce furent ses yeux qui touchèrent la petite partie de Liam encore lucide. Ses yeux qui lui permirent de s'arrêter à quelques millimètres de sa joue, son bras retombant mollement sur le matelas. Il voulut déjà s'excuser mais la chose reprit de plus belle en lui et il cria :

-PARS ! VA-T-EN ! VITE !

Et cette fois, elle obéit, se relevant et s'habillant en vitesse. La porte s'était ouverte sur Elayne qui avait entendu du bruit et Vaë s'engouffra à l'extérieur, laissant Heïan renfermer son fils à double tour.

Dans la pièce, Liam eut encore la force de renfiler un pantalon avant de se laisser sombrer. Il hurla à nouveau, frappant les meubles, déchirant les oreillers, jetant des objets à travers la pièce. Il frappa même la grande baie vitrée, la brisant sur le coup, se rouvrant encore la main. Il tremblait de tous ses membres, son esprit était plus que brouillé, il ne ressentait rien d'autre que les remords et la peur mêlée de haine… Et, tout au fond du fond de lui, cette minuscule partie qui s'en voulait déjà d'avoir voulu frapper sa rose…

Il ne dormit pas de la nuit, criant et hurlant, frappant le matelas, se mordant le poing, tombant finalement à genoux derrière le matelas. L'air frais de la nuit et de l'aube avoisinante s'infiltrait par la vitre cassée et le faisait frissonner. Il…se calmait à nouveau et encore une fois cela lui avait pris des heures et des heures. Toutes les phrases résonnaient en lui, comme de longues piques qui l'embrochaient, tout se mélangeait. Et il s'en voulait d'autant plus qu'il avait vraiment faillit frapper Vaë. Il s'était dit que le jour ou il le tenterait, c'était qu'il avait touché le fond de la folie. Et c'était venu si tôt…respirant vite et difficilement, Liam serrait les poings, laissant les larmes couler, repliant ses genoux contre lui. Comment allait-il faire ?! Personne ne pouvait l'aider, malgré la volonté des siens…il était tout de même seul, parce qu'il se rendait compte à présent que les crises étaient bien trop violentes et que même son père n'arriverait plus à le contrôler…

Le soleil entra par la vitre brisée, éclairant le rouge vermeil du sang qui suintait des débris, illuminant la pièce saccagée et ravagée. Il…avait cru…pouvoir lui donner du plaisir et rester lui…au lieu de ça il avait voulu la frapper, lui faire mal intentionnellement…ils ne devaient plus rester seuls, jamais. Il était trop instable.

La porte s'ouvrit soudain sur Heïan et Melley qui venaient voir leur fils et lui apporter un plateau avec un peu à manger. Même Vaë n'avait rien mangé, restant enfermée dans la chambre d'Elayne. Ils avaient laissé son frère aller la voir, Elayne attendant au rez-de-chaussée. Liam ne bougea pas, gardant la tête baissée. Les parents écarquillèrent les yeux en voyant l'état de la pièce. Heureusement que Vaë était partie. Ils ne voulaient même pas imaginer ce qu'il aurait pu lui faire…Heïan fît signe à sa femme de rester en retrait, le temps qu'il soit sûr que leur fils était calme. S'agenouillant devant lui, le père redressa son menton et le regarda dans les yeux. Des yeux vides et morts…hormis la lueur tout au fond. Non, les deux lueurs. Il y avait l'amour, et…la folie. Cette même folie qui avait rongé son père… Heïan le serra contre lui, déchiré de le voir dans cet état.

-On est là, fiston…on est là…

Melley s'approcha à son tour, enjambant une commode renversée et mit une main devant la bouche en voyant les mains à nouveau amochées de son fils. Elle le serra contre elle, pleurant, lui embrassant les joues, le cou en disant :

-Mon bébé…on trouvera la solution, on ne te laissera pas ainsi…

Tous avaient été choqués en entendant Liam la nuit passée. Les hurlements mais aussi le bruit des objets qui volaient à travers la pièce. Liam ne disait rien, restait complètement immobile. Il avait voulut la frapper… On lui tendit à manger, il réussit à refuser d'un signe de main. Non, pas faim…la chose cognait toujours, mais pour l'heure elle était rassasiée et le laissait tranquille. Mais combien de temps ?

Melley ne supportait pas ce spectacle, se sentait trop mal pour son fils et elle décida d'épauler Elayne qui elle aussi était bouleversée.

Resté avec son garçon, Heïan lui dit :

-Ne t'en veux pas, Liam. Tu ne l'as pas fait.

Liam releva un visage dénué de toute émotion vers son père pour répondre.

-J'ai faillit. C'est tout comme. J'ai voulut le faire. C'est trop tard papa. Trop tard…

Heïan crispa les mâchoires et, sans un mot, prit le bras de son fils et l'entraîna de force dans la pièce d'eau, heureusement épargnée par la crise. Il remplit la cuve d'eau et sans prévenir plongea la tête de son rejeton dedans, l'obligeant à y rester.

Sous l'eau, Liam paniquait, se remettant soudainement à vivre. Il n'avait plus d'air et ce dit que ca y est, son père respectait une promesse non faite et qu'il allait le tuer là, les délivrer du fou qu'il devenait. Mais Heïan le libéra rapidement pour prendre ses mains et les nettoyer des débris de verre et de sang séché, laissant son fils revenir complètement à lui.

Puis il lui dit :

-Rien n'est trop tard, Liam. Ne baisse pas les bras ! Nous sommes conscients que c'est dur pour toi, mais tu vas y arriver. Ton grand-père n'avait que cette lueur de folie dans son regard lorsqu'il me regardait moi ou ta grand-mère. Mais toi, toi tu as la lueur de l'amour qui brille à côté et qui ne demande qu'une chose : à briller plus fort encore. Voilà la différence. Là-dedans il y a l'amour.

Heïan avait posé sa main à plat sur le cœur de son fils, son torse encore nu. Il battait vite et irrégulièrement, mais il se calmait.

Les cheveux dégoulinants, Liam regardait son père, sentait cette main posée sur lui. Il voulait voir Vaë…s'excuser…mais…il avait tellement peur que malgré ses dires elle ne soit apeurée…qu'elle soit traumatisée de lui et n'ose plus l'approcher…ne disant rien, il laissa son paternel lui enfiler une chemise et son manteau, l'entraînant en bas.

Liam regardait autour de lui pour voir Vaë, mais rien. On l'informa qu'elle était dans la chambre de sa sœur avec Eph'. Se mordant la lèvre, il suivit son père à travers la maison, réussissant à sourire à sa mère qui était dans le hall mais qui préférait laisser son mari agir, parce qu'elle ne trouvait pas les mots, se sentait trop impuissante et inutile alors qu'elle voulait tant aider son enfant…

Heïan força son fils à s'asseoir sur le banc dans le jardin, au milieu de la végétation, loin de la foule et des rappels du passé.

-Respire, Liam. Ferme les yeux et respire. Je suis là, tu n'as rien à craindre.

Liam s'exécuta, fermant les yeux et calmant son cœur à force de grandes respirations. L'air frais faisait du bien, mais sur ses paupières closes se dessina une scène bien précise…

Il se revit, levant le bras, le propulsant vers sa fiancée, jusqu'à ce qu'il redevienne un court instant lucide au contact de son regard et se stoppe. Jusqu'à ce qu'il lui hurle de s'en aller parce que tout lâchait en lui, comme une digue que l'eau pousserait à bout pour sortir et s'étendre…

Le cœur s'affolant une nouvelle fois, il rouvrit les yeux, se penchant en avant. Heïan posa une main sur son dos et le frotta pour le calmer.

-Liam, arrête de te torturer…regarde l'avenir. Vous allez vous marier, fiston. Avoir un enfant !

Le chevalier se redressa et regarda son père dans les yeux.

-Nous marier…papa, tu as vu mon état ? Comment veux-tu que je lui promette la sécurité si je suis un danger ?! Comment veux-tu que j'élève un, non, deux enfants si je risque de les tuer tout comme leur mère ?! Je suis bon pour être enfermé. J'ai fait trois crises en une journée. Je ne peux pas continuer comme ça…j'ai faillit là…

Heïan le prit par les épaules et le secoua légèrement en disant :

- Écoute-moi bien, fiston. As-tu envie qu'elle te laisse tomber parce que tu baisses les bras ? Je ne crois pas non. Tu vas devoir redoubler d'efforts même si c'est difficile car sinon c'est vrai qu'elle devra élever seule les deux enfants et je crains qu'elle ne veuille rester si tu la laisse tomber. Alors tu m'enlèves ces doigts de ton nez et tu te bottes les fesses !

Liam incrusta chaque mot en lui. Il devait se battre, ne pas baisser les bras…mais…comment ? Il devait trouver une parade, quelque chose…

-Je ne veux pas qu'elle parte…j'ai besoin d'elle…j'y arriverais mais j'ai tellement peur de lui faire vraiment mal…

Heïan serra son fils dans ses bras, lui transmettant sa force. Liam était un homme fort, il pouvait le faire. Tout le monde le savait. En revanche, tout allait à nouveau basculer lorsqu'il verrait l'état de sa rose et surtout…la visite surprise de gens qu'ils adoraient…

Se relevant avec Liam après avoir entendu son ventre crier famine malgré tout, Heïan l'entraîna à l'intérieur au moment ou les trois jeunes rentraient. Vaë avait l'air tendue, un capuchon sur la tête, suivie de son frère et d'Elayne, inquiets.

Liam se détacha de son père, s'approchant de sa rose lentement. Il la sentait tendue à son tour. Ou étaient-ils allés ? Que s'était-il passé ? Melley était là aussi, interrogeant sa fille en silence, n'obtenant rien en retour.

Lentement, Liam fît basculer le capuchon qui recouvrait le visage de sa rose et son cœur manqua un battement. Elle avait…un œil complètement enflé. Et son air était colérique, même s'il se radoucissait au fil des minutes.

-Vaë…qui…qui t'as fait ça ? Demanda-t-il, n'osant pas toucher.

Melley était déjà allé chercher les soins pour la énième fois en deux jours. Ce fût Elayne qui leur expliqua tout. Les marchands de perruque, Keira, la bagarre…

Liam déglutit, sentant la chose cogner mais, étonnement, il parvint à la renfoncer en lui. Pour quelques minutes du moins. Il entraîna Vaë au salon, l'asseyant et laissant sa mère soigner l'enflure de son œil. Elle grimaça et Liam lui prit une main doucement, sans la brusquer, pour lui montrer qu'il était là aussi. Qu'il était de nouveau avec elle, le Liam qu'elle connaissait, son loup…

Il croyait avoir réussit à contenir la chose, malgré la forte envie d'aller tuer Keira, mais les parents étaient déjà devant la porte et toquait violemment. Heïan alla ouvrir mais Liam le poussa sans être vraiment doux. Il darda le père du regard, menaçant.

-Ma fille a été agressée.

-Votre fille a été remise à sa place.

Les parents tressaillirent sur le coup mais reprirent l'attaque.

-Nous exigeons des excuses publiques de la sauvage comme de vous Liam pour votre gifle. Nous exigeons que vous répariez vos torts causés à notre fille.

Dans le hall, toute la famille Kreiss et invités écarquillèrent les yeux et froncèrent les sourcils. Non mais quel culot !
Heïan sentait que son fils s'énervait. Pas réellement une crise, mais cela n'aidait pas.

Liam s'approcha du père Orson et, plus grand de quelques centimètres, il le prit au collet, le pivota et le plaqua contre le mur froid de la maison, sous le regard choqué de sa chère femme.
Glacial, Liam lui dit :

-C'est votre fille qui nous doit des excuses. Vous n'avez aucune idée de ce qu'elle fait dans votre dos. De l'horreur qu'elle répand ici. Elle a mérité ce que Vaë lui a fait. Et si vous voulez vous confrontez à quelqu'un, ce sera moi. Si vous voulez vous battre, je suis votre homme. Mais FICHEZ-LUI LA PAIX ! ELLE N'A RIEN DEMANDÉ ! VOTRE FILLE EST UNE SALE GARCE QUI SE DÉLECTE DU MALHEUR DES AUTRES !

Liam était en colère mais parvenait à se maîtriser. Sauf qu'il commençait dangereusement, et sans s'en rendre compte, à étrangler le père Orson.

-SI JE REVOIS UNE SEULE AFFICHE, UN SEUL DESSIN, UNE SEULE PIECE DE THEATRE AVEC POUR THEME LA SOUFFRANCE QUE VAË A SUBIE, JE VIENDRAIS EN PERSONNE VOUS LES FAIRE MANGER ! ET ENSUITE J'ETRANGLERAIS VOTRE SATANÉE POUFFIASSE DE FILLE !

Tous avait blêmit, même les siens. Il respirait vite, fortement, et serrait toujours l'homme.

-Partez. Prévenez-moi juste lorsqu'elle aura accouché que je récupère l'enfant. Et ensuite disparaissez de notre vie. Laissez Vaë en paix. Laissez-nous tous en paix. Sinon je vous tue l'un après l'autre.

Relâchant brusquement l'homme qui porta une main à son cou en cherchant son souffle, Liam croisa les bras sur sa poitrine et les fixa. Les Orson s'éloignèrent mais le père réussit encore à les menacer :

-Vous…vous allez voir…les haut représentants en entendront parler…vous ne vous en tirerez pas ainsi…

Ce ne fût que lorsqu'ils eurent disparu au coin de la rue que tous se remirent à respirer convenablement. Melley vint prendre le bras de son fils et le ramena à l'intérieur, ou Vaë le prit tout de suite dans ses bras. Il avait réussit à ne pas refaire de crise, mais c'était limite. Une chose supplémentaire, là, dans l'instant, et il repartirait pour un tour. Son père le regardait mais Liam ne put deviner ce qu'il pensait.

-Excusez-moi pour…ça je…

Il soupira. Voilà, maintenant ils allaient à nouveau avoir des ennuis.

Parce que oui, Keira, en apprenant ce que Liam avait dit et fait à son père, savait quoi faire. A Beolan, les fous furieux étaient envoyés dans un asile spécialisé…

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Vaënadiel Eira



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mar 18 Déc 2012 - 2:02

La conséquence de nos actes, part.1

D’un pas rapide, la druidesse parcourait la rue en pierre pavée du quartier bourgeois, suivi par-derrière de son frère et de la brunette qui arrivait à peine à tenir la cadence. Pas qu’elle n’était pas en forme, mais bien parce que ces deux-là l’étaient visiblement plus qu’elle de par leur mode de vie. Vaënadiel était toujours en furie, ses poings serrés et balayant l’air tout en faisant aller ses bras de chaque côté de son corps. Son rythme de marche ne dimunia qu’une fois devant le portique de la villa où résidait Elayne, la jeune femme poussant un long et profond soupir. Elle n’avait pas envie de rentrer, pas envie qu’on la bombarde de question à cause de son oeil qui était à moitié clot, pas envie qu’on la questionne sur ce qui c’était passé ... pas envie tout court. Ephraïm l’enlaça par derrière et accota son menton au sommet de son crâne vu sa grandeur et dit:

‘‘ C’est inévitable soeurette. Tu auras droit à interrogatoire ... surtout qu’il est extrêmement rare de te voir dans un tel état. ‘‘

Vaënadiel soupira de nouveau et posa ses mains encore tremblantes sur les avant-bras de son frère, Elayne lui souriant doucement. Et puis de toute manière, elle était en un morceau alors c’était ça l’important. Alors que d’un autre côté, leur chère Keira mettrait un moment à voir sa beauté ... repoussée. Oui c’était le cas de le dire puisque lorsque la druidesse avait lâché sa longue tignasse dorée, il y avait de belles grosses plaques nues qui ornaient son crâne. Un spectacle à voir. La brunette invita donc les nordiques à la suivre à l’intérieur, mais dès qu’ils mirent les pieds dans le hall d’entrée, les jeunes gens tombèrent sur Heïan et Liam qui revenaient du jardin. Brusquement, Vaënadiel se tendit et essayait d’enfoncer sa tête davantage dans son capuchon, ne voulant nullement dévoiler son visage. Derrière elle, Ephraïm et Elayne ne cachèrent pas leur inquiétude alors que le jumeau s’approchait d’eux d’un pas lent. Il se posta devant la druidesse et leva l’une de ses mains en vue d’enlever le tissu qui lui recouvrait la tête et le visage. À découvert, Vaë tenta de baisser la tête sauf qu’on lui tenait le menton, seuls ses yeux n’osaient pas se planter dans le regard doré de Liam qui était sidéré de la voir ainsi. En plus, elle était toujours en colère quand bien même elle tenterait de se calmer. Lentement, mais surement.

Heîan comme Melley étaient surpris devant cette scène et la mère s’empressa d’aller chercher ce qu’il fallait pour la soigner. Non, mais ce n’était pas nécessaire ! C’était sa paupière qui était enflée, rien de plus. Elle allait bien ... mais trop tard. Poussant un soupir pour la troisième fois en l’espace de dix minutes, Vaënadiel leva le seul oeil duquel elle arrivait à voir clairement.

‘‘ Vaë…qui…qui t’a fait ça ? ‘‘ Demanda Liam, inquiet.

‘‘ P-personne ... ‘‘

Bah oui ! Comme s’il allait la croire en plus que ses narines se mettaient à se dilater, signe qu’elle mentait. Si elle parlait, Liam allait s’emporter encore une fois et elle ne le voulait pas ... mais Elayne leur expliqua tout dans le moindre détail. Il ne posa pas de questions et l’entraîna dans le salon alors que les pas de Melley se faisaient entendre dans le couloir. S’asseyant de force sur le canapé, la mère de famille tira la table vers la jeune nordique et y prit place le temps de nettoyer tout ça. Vaë grimaça, sentant la douleur affluer dans tout le côté gauche du visage. Elle essuya aussi l’arcade sourcilière, près de la tempe où se trouvait du sang séché.

‘‘ Tu as une légère blessure, mais ça cicatrisera très rapidement. ‘‘

Vaë ne dit rien et ne fit rien mis à part baissé la tête en regardant la main de son homme qui serrait la sienne. Ce simple geste lui fit énormément de bien et chassa directement la colère qui l’avait prise de court dans la dernière heure. Sauf que quelque chose lui sauta à l’esprit; ses actes ... elle allait payer pour ses actes, car elle avait prodigué des menaces de mort à son égard et l’avait agressé physiquement. Son coeur ne fit qu’un bon dans sa poitrine lorsqu’elle entendit cogner à la porte; les Orson ...

Heïan fut le premier à se lever pour aller ouvrir à la porte, mais Liam le poussa brusquement pour regarder d’un air menaçant les parents de la jeune femme qui les avait foutus dans l’embarras. Accompagnée d’Eph’, Elayne et Melley, Vaënadiel alla voir ce qui se passait et resta en retrait. Son visage pâlit en voyant ces gens et plus lorsqu’elle entendit les paroles suivantes:

‘‘ Ma fille a été agressée. ‘‘

Oui et pas légèrement. Vaënadiel l’avait défiguré dans un excès de rage, car elle avait les nerfs littéralement à vif. Jamais elle n’avait pensé qu’elle allait mettre la famille de Liam dans l’embarras, du moins ... pas à ce point ! Liam rétorqua sèchement au père de Keira en déclarant:

‘‘ Votre fille a été remise à sa place.’’

La guerre était de nouveau déclenchée entre les deux familles. Les Orson avaient tressailli, mais avaient rapidement repris leur sang-froid pour contre-attaquer. Comme s’ils se laisseraient aussi facilement abattre. Ils aimaient avoir le dessus sur les gens et ce n’étaient certainement pas les Kreiss qui prendraient le dessus. Le chef de famille ajouta alors brusquement :

‘‘ Nous exigeons des excuses publiques de la sauvage comme de vous Liam pour votre gifle. Nous exigeons que vous répariez vos torts causés à notre fille. ‘‘

Heïan en eut le souffle coupé. Réparer leurs torts alors qu’eux ne l’avaient pas fait même après le départ du Genéral ?! Non, mais ils se prenaient pour des dieux ou quoi ?! Son sang commençait à bouillir et il allait faire un pas en avant lorsqu’il sentit la main de sa femme tenir la sienne, le forçant à la regarder. Melley secouait négativement la tête.

‘‘ Calme-toi, mon amour. Tu risques de t’énerver. Je te connais ... ‘‘

Et elle n’avait pas tort... Melley lisait en lui comme dans un livre ouvert. Mais au lieu que ce soit lui qui s’énerve, c’était Liam. Peut-être aurait-il fallu que ce soit lui au final puisque ça risquait de bien mal se terminer. Et justement, c’est ce qui se produisit. Liam avait accoté Orson contre le mur de la villa. Les Kreiss, comme les nordiques furent pétrifiés sur place en entendant le ton glacial et tranchant que Liam prit pour s’adresser à l’homme.

‘‘ C’est votre fille qui nous doit des excuses. Vous n’avez aucune idée de ce qu’elle fait dans votre dos. De l’horreur qu’elle répand ici. Elle a mérité ce que Vaë lui a fait. Et si vous voulez vous confronter à quelqu’un, ce sera moi. Si vous voulez vous battre, je suis votre homme. Mais FICHEZ-LUI LA PAIX ! ELLE N’A RIEN DEMANDÉ ! VOTRE FILLE EST UNE SALE GARCE QUI SE DÉLECTE DU MALHEUR DES AUTRES ! ‘‘

Orson commençait à perdre la capacité de respirer et son visage tournait au rouge, tout comme Liam qui était plus qu’en furie, mais toujours en maîtrise de sa personne ... pour l’heure. Lui hurlant par la tête, le chevalier continua alors.

‘‘ SI JE REVOIS UNE SEULE AFFICHE, UN SEUL DESSIN, UNE SEULE PIÈCE DE THÉÂTRE AVEC POUR THÈME LA SOUFFRANCE QUE VAË A SUBIE, JE VIENDRAIS EN PERSONNE VOUS LES FAIRE MANGER ! ET ENSUITE J’ÉTRANGLERAIS VOTRE SATANÉE POUFFIASSE DE FILLE ! ‘‘

Là ça commençait à aller trop loin et Heïan ne put intervenir même s’il le voulait au risque que ça dégénère. Il avait pâli et craignait le pire maintenant. Melley était pétrifiée à ses côtés tout comme les nordiques et leur fille qui regardait la scène, impuissants et muets.

‘‘ Partez. Prévenez-moi juste lorsqu’elle aura accouché que je récupère l’enfant. Et ensuite, disparaissez de notre vie. Laissez Vaë en paix. Laissez-nous tous en paix. Sinon je vous tue l’un après l’autre. ‘‘

L’emprise sur le père de Keira fut retirée et l’homme frotta son cou à plusieurs reprises, cherchant son souffle alors que son visage reprenait des couleurs un peu plus naturelles. Sa femme l’inspectant pour voir s’il n’avait pas de mal. Ils se reculèrent donc lentement, ne leur tournant pas le dos avant de dire :

‘‘ Vous…vous allez voir…les hauts représentants en entendront parler…vous ne vous en tirerez pas ainsi…’’

La porte de la villa se referma derrière la famille une fois seulement que les Orson furent or de leur vue, tous poussant un long soupire. Vaënadiel s’était aussitôt approché de lui et avait entouré sa taille de ses bras pour se coller à lui, culpabilisant pour ce qui venait de se produire. Si elle n’avait pas agi sur un coup de tête, rien de tout ça ne serait arrivé et la famille de son amoureux allait en subir les conséquences. Son coeur s’emballait à cause de la nervosité, mais ce fut Liam qui s’excusa pour ses agissements alors qu’Heïan regardait son fils, sans savoir quoi penser de tout ça.

‘‘ Excusez-moi pour…ça je… ‘‘ Dit-il pour ensuite soupirer.

Mais le mal était fait et maintenant, Liam comme Vaë étaient dans l’embarras. Le Capitaine soupira à son tour et se frotta la nuque d’une main, laissant tomber son fessier sur la deuxième marche de l’escalier. Il baissa la tête et accota son front dans la paume de sa main, coude contre genoux. La druidesse se détacha de Liam et vint s’agenouiller devant Heïan qui releva les yeux.

‘‘ Je ... pardon, monsieur Heïan. J’aurais dû réfléchir avant de lui arracher les cheveux et lui mettre un poing dans chacun des yeux. Je ... suis réellement désolée. ‘‘

Malgré la situation précaire, le maître de la maison ne put cacher un faible sourire en coin en imaginant la fameuse Keira dépourvue de sa somptueuse crinière et du visage qu’elle chérissait tant.

‘‘ Je ne t’en veux pas, Vaënadiel. Tu as eu raison, mais je ne vous cacherai pas que vous êtes tous les deux dans l’embarras maintenant ... et je ne pourrai pas vous défendre comme je l’ai fait avant. Tu as agressé Keira et Liam son père devant témoins. ‘‘

‘‘ J’en suis consciente ... ‘‘

Vaë baissa la tête puis se redressa sur ses jambes, n’ayant qu’une seule envie: se cacher de la vue de tous. Cette fois-ci, c’était réellement de sa faute si la situation avait tourné au vinaigre. Si elle n’était pas allée chez Keira, ses parents se seraient pas venu chez les Kreiss et Liam ne se serait pas énervé. En silence, elle monta donc les marches quatre à quatre et alla s’enfermer dans la chambre d’Elayne, verrouillant la porte pour ne pas quelqu’un entre. Elle voulait être seule un moment. Liam voulut la suivre, mais Ephraïm lui prit le poignet et secoua la tête.

‘ Laisse-la seule un moment. Elle est perturbée ... et puis Meeko est en haut aussi. ‘‘

Ils allèrent donc au salon, personne ne parlant vraiment. Eph’ réfléchissait, assit devant le feu de foyer et Elayne l’avait rejoint, collant légèrement son épaule à la sienne. Elle n’avait pas manqué d’attirer son regard et lui fait un sourire inquiet qu’il lui avait renvoyé, lui murmurant que ça se replacerait. Une heure plus tard, on toqua de nouveau à la porte et Heïan y alla lorsqu’un domestique annonça que quelqu’un voulait le voir. Quelle ne fut pas la surprise du Capitaine de voir son supérieur sur place.

‘‘ Général ... ‘‘ Dit-il en le saluant convenablement.

‘‘ Capitaine Kreiss. ‘‘ Fit-il à son tour. ‘‘ Je crains d’apporter de mauvaises nouvelles ... ‘‘

‘‘ Je ... m’en doutais. On vous a rapporté l’incident, je présume. ‘‘

‘‘ Affirmatif. Je suis allé voir Keira Orson et j’avoue avoir été impressionné par son état. Il semble qu’une petite femme lui ait sauté dessus cette après-midi ... ‘‘

‘‘ Oui, elle ... ‘‘

‘‘ C’est moi qui l'ait agressé, monsieur... ‘‘

Le Général leva les yeux vers l’escalier en entendant une voix s’élever derrière le maître de la maison, paraissant surprise qu’une femme de cette carrure fasse autant de ravage. Heïan avait tourné légèrement la tête alors que Vaë se postait à côté de lui, regardant l’homme de loi qui l’observait.

‘‘ Eh bien ... j’ai dû mal à le croire. ‘‘ Soupira t-il, raportant son regard vers Heïan qui attendait la suite, dépité. ‘‘ Je dois vous relever de vos fonctions temporairement, Capitaine. Votre second prendra les rênes pour quelque temps. Profitez-en pour faire un peu de ménage ... Je dois partir avec la petite, malheureusement. ‘‘

‘‘ Attendez ... ! Elle ... ‘‘

‘‘ Vous connaissez aussi bien les lois que moi, Heïan. Elle n’a droit à aucun traitement de faveur, enceinte ou non. Elle devra passer une semaine en prison comme tout le monde. En ce qui concerne votre fils. ‘‘ Qu’il regarda de ses yeux émeraude. ‘‘ Je crains de vous annoncer qu’il risque de passer un long séjour chez les aliénés ... je reviendrai demain pour lui. Je dois mener mon enquête avant. Si vous me cherchez, vous savez où me trouver. ‘‘

‘‘ Oui, Général ... ‘‘

Vaënadiel fut entraîné à l’extérieur par le Général se forçant pour leur sourire malgré tout et dit, avant de franchir le seuil de la porte :

‘‘ Ne vous en faites pas pour moi. Je ... vous aime ... pardon ... ‘‘

Puis ils quittèrent, escortés par quelques soldats qui attendaient dans la rue. Elayne avait les mains devant sa bouche, horrifiée et ne pouvant retenir ses larmes davantage. Se retournant, elle tomba face à face avec le poitrail d’Eph’ et n’hésita pas une seconde à s’y blottir, se cramponnant à ses vêtements alors qu’il l’enlaçait en regardant sa soeur partir. Heïan avait refermé la porte dans une extrême lenteur et y resta planté avant de se tourner et de s’y adosser.

Le vent venait de tourner, mais pas en leur faveur ...

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mar 18 Déc 2012 - 9:25


Liam sentait la nervosité de sa rose. Elle devait se sentir tellement coupable, il la connaissait. Mais elle n’avait pas mal agit en soi…sauf que les conséquences allaient être affreuses, il le pressentait. Il continuait de serrer Vaë dans ses bras, pour lui signifier qu’il était là, qu’il ne perdrait pas le contrôle et l’aiderait. La chose en lui ruait toujours mais il parvenait sans savoir comment à la maîtriser. Comme si le fait de savoir que Vaë avait défiguré Keira était un motif de barrière suffisante.

Soupirant, Heïan se frotta la nuque et alla s’asseoir sur la seconde marche de l’escalier, posant ses coudes sur les genoux et le front contre ses paumes. Depuis le retour de Liam, tout allait de travers…sa famille ne méritait pas tout ça. Ils travaillaient, respectaient les lois…sauf lui. Lui et Vaë venaient tout de même d’agresser de hauts bourgeois et ils allaient bientôt le regretter. Ou pas parce que l’image de Keira chauve était d’un réconfort sans pareil.
Vaë se détacha alors de lui et alla s’agenouiller près de son père qui releva les yeux.

-Je ... pardon, monsieur Heïan. J’aurais dû réfléchir avant de lui arracher les cheveux et lui mettre un poing dans chacun des yeux. Je ... suis réellement désolée.

Liam se mordit la lèvre alors que son père souriait faiblement et que sa mère se rapprochait d’eux.

-Je ne t’en veux pas, Vaënadiel. Tu as eu raison, mais je ne vous cacherai pas que vous êtes tous les deux dans l’embarras maintenant ... et je ne pourrai pas vous défendre comme je l’ai fait avant. Tu as agressé Keira et Liam son père devant témoins.

Et, tout comme sa rose, Liam en était pleinement conscient. Il la vit baisser la tête et se relever, il se tint prêt à ouvrir ses bras pour qu’elle s’y réfugie, mais à la place elle gravit les escaliers, montant seule. Ils entendirent la porte d’une chambre s’ouvrir puis se fermer et Liam voulut s’y rendre à son tour, pour être là pour elle, la soutenir, mais Eph’ le retint, lui disant qu’il valait mieux qu’elle soit seule et que Meeko était avec elle.

Déglutissant, il se rendit au salon avec les autres en silence. Melley serrait Heïan contre elle pour le calmer, le rassurer, et Elayne s’était rapprochée d’Eph également. Seul sur son fauteuil, Liam serrait ses mains l’une dans l’autre, le cœur serré. Vaë n’avait voulu que les défendre, lui et les siens, faire arrêter cette torture que Keira leur infligeait…La chose remuait toujours, mais il n’y faisait pas attention. Ce n’était guère le moment de refaire une crise. Il trouvait cela injuste. Depuis trois jours, sans compter son sale coup pour avoir Liam, Keira était infecte et outrepassait toutes les lois qui existaient, mais personne ne disait rien. Vaë s’était emportée une fois et elle allait en subir les conséquences…pour lui. Elle avait fait tout ça pour lui et maintenant elle allait sans doute aller en prison…il ne voulait pas…elle était enceinte, cela risquait d’avoir des retombées sur le bébé…

Ils restèrent tous une bonne heure ainsi, dans le silence complet, à réfléchir, Vaë à l’étage, enfermée, lorsqu’un domestique arriva pour chercher Heïan, disant que quelqu’un souhaitait le voir. D’un unique mouvement, ils suivirent le père de famille dans le hall et déglutirent comme lui en voyant le Général dans l’encadrement de la porte. Etant un homme juste et droit, il n’allait certainement pas faire de traitement de faveur pour eux. Après les salutations d’usage, l’homme annonça qu’il avait de mauvaises nouvelles, ayant entendu parler de l’agression de Keira par une « petite femme ».

Heïan voulut commencer à la défendre mais une voix le coupa :

-C’est moi qui l'ait agressé, monsieur...

Liam se retourna et vit Vaë descendre les marches, déterminée à assumer, se postant près de son père et regardant le Général calmement. Liam voulut se jeter sur elle et lui dire de rester à l’étage, de ne pas se livrer, de penser à son bébé, mais il restait figé, écoutant la suite, la main de sa mère serrant la sienne pour l’aider à supporter le tout. Le soldat soupira et passa de Vaë à Heïan :

-Eh bien ... j’ai dû mal à le croire. Je dois vous relever de vos fonctions temporairement, Capitaine. Votre second prendra les rênes pour quelque temps. Profitez-en pour faire un peu de ménage ... Je dois partir avec la petite, malheureusement.

Relevé des fonctions ? Non ! Son père était attaché à son emploi ! Et…partir avec…avec Vaë ?! Elle était enceinte ! Elle ne pouvait pas partir ! Liam préférait y aller lui-même ! Heïan ne put dire quoique ce soit :

-Vous connaissez aussi bien les lois que moi, Heïan. Elle n’a droit à aucun traitement de faveur, enceinte ou non. Elle devra passer une semaine en prison comme tout le monde. En ce qui concerne votre fils.

Il se coupa et regarda Liam de ses yeux émeraude, le perçant de part en part avant de poursuivre :

-Je crains de vous annoncer qu’il risque de passer un long séjour chez les aliénés ... je reviendrai demain pour lui. Je dois mener mon enquête avant. Si vous me cherchez, vous savez où me trouver.

Liam fronça les sourcils, paniqué. Non…pas chez les aliénés…et Vaë, pas en prison. Ils ne devaient pas être séparés de la sorte ! Lui comme elle ne le supporterait pas ! Mais Heïan ne put qu’obtempérer et le Général fît signe à la jeune nordique de le suivre. Liam tendit une main vers elle, il voulait encore la serrer contre lui, l’embrasser pour lui donner de la force, mais elle ne fît rien et marcha vers la sortie, se retournant avec un faible sourire pour dire :

-Ne vous en faites pas pour moi. Je ... vous aime ... pardon ...

Elle rejoignit l’escorte qui attendait dans la rue, sous les regards abasourdis des Kreiss et de son frère, sous les regards des curieux qui la reconnaissaient et souriaient cruellement. Elayne pleurait contre le torse d’Ephraïm et Liam sentait la chose se réveiller en voyant ses gens satisfaits du sort de sa rose mais heureusement son père referma lentement la porte, s’y adossant en les regardant.

Vaë…Liam serrait la main de sa mère, regardant la porte, voulant revenir en arrière. Revenir loin en arrière, quelques mois plus tôt à l’auberge. Ne rien prendre à boire, se méfier, vivre normalement…rien de tout ça ne serait arrivé. Keira ne serait pas enceinte et ne pourrait pas se venger. Sa chose serait restée endormie et ils auraient pu se marier tranquillement, dans le bonheur. Au lieu de ça, ils plongeaient en enfer et le mariage était plus que compromis.
Il allait être interné…sans doute à vie. Jamais plus il ne pourrait voir sa rose, car tout le monde savait que les fous ne revoyaient plus la lumière du jour une fois entrés dans cette sorte d’asile. Enfin, c’est ce que les rumeurs disaient, puisqu’aucun fou n’était revenu pour contredire le tout. Il observa chacune des personnes présente longuement, son père, adossé à la porte et un air plus que fatigué et inquiet sur le visage, sa mère à ses côté qui était plus qu’inquiète et réfléchissait déjà à une solution, Elayne qui pleurait contre Ephraïm sans pouvoir s’arrêter et Ephraïm qui la consolait, les yeux fixés sur la porte qui venait d’emporter la dernière famille qui lui restait.

Le cœur broyé, Liam se détacha lentement de Melley et retourna au salon, s’asseyant devant la cheminée, jambes repliées contre sa poitrine. Il n’avait même pas pu lui donner un dernier baiser. Jamais il ne connaîtrait leur enfant. Jamais plus il ne la verrait…il l’abandonnait encore une fois, lâchement. Il ne pourrait même pas aller la voir en prison. Mais il se doutait que Melley, Elayne et Eph’ y iraient. Heïan lui, n’avait pas le droit de retourner au quartier général tant qu’il ne serait pas à nouveau en fonctions.

Il les sentit tous se réinstaller dans les fauteuils et le silence perdura. Logiquement c’était l’heure du repas, mais personne n’avait faim et les domestiques l’avaient bien compris, ne préparant rien du tout et compatissant envers leurs maîtres dévoués qui les avaient toujours traités de la meilleure manière qui soit.

Lentement, Liam se retourna vers tout ce beau monde. Et tous avaient un air dépité et inquiet sur le visage.

-Elle n’a qu’une semaine à tenir n’est-ce pas ? Ensuite elle sera libre ?

Son père ne fît qu’acquiescer. Cela soulagement un tout, tout, tout, tout petit peu Liam. Elle pouvait tenir une semaine, il le savait. Tout ce qu’il espérait, c’est que les soldats soient gentils envers elle. Surtout parce qu’elle était enceinte…

-Vous pourrez lui dire que…que je l’aime et que je suis désolé pour tout ça…à son retour ?

Eph’ releva la tête et lui dit :

-Tu lui diras toi-même non ?

Liam baissa la tête en soupirant :

-Ils vont venir me chercher demain pour aller chez les fous. Je ne reviendrais plus, Ephraïm. Une fois que j’y serais, je ne ressortirais plus de là-bas.

Le nordique sembla choqué par la nouvelle. En même temps, il ne connaissait pas tout du monde d’en bas. Ses parents étaient affreusement silencieux. Au soir, chacun retourna dans sa chambre, Elayne emmenant Eph’ dans la sienne, et Liam retourna dans celle qu’il avait saccagée. Les domestiques avaient tenté de remettre de l’ordre, mais il leur avait dit qu’il le ferait lui-même. Alors, vu qu’il ne parviendrait pas à dormir, il commença à ranger, pour s’occuper les mains. Il remit les commodes debout, ramassa les débris de verre en tremblant. Il n’arrêtait pas de penser à Vaë, là-bas enfermée, dans une cellule noire, seule…C’était injuste ! Sa famille sombrait, était jugée, et la véritable peste de l’histoire s’en sortait en tant que petite victime à plaindre ! La chose ruait encore plus fort contre lui, voulant ressortir, mais il prit les restes d’un oreiller et le serra de toutes ses forces pour se contenir. Ce n’était pas le moment ! En plus, le dernier geste qu’il avait eu envers elle avait été une tentative de gifle…il l’avait serrée dans ses bras, mais ne s’était même pas excusé pour ce geste.

Assis contre le lit, Liam regardait le vide, laissant la nuit s’écouler, sa dernière nuit de liberté, seul.

Le lendemain, il descendit d’un pas lent et sans réelle envie de se lever. Tous étaient là, le regardant en souriant légèrement alors que le Général apparaissait dans l’encadrement de la porte.

-Bien le bonjour…j’ai fait ma petite enquête et…

Il regarda Liam fixement, comme s’il avait peur que le chevalier lui saute à la gorge dans la seconde suivante.

-Je dois emmener votre fils chez les aliénés. Nous avons de nombreux témoins de ces crises de folie, et même des personnes qu’il a blessées intentionnellement. Heïan, vous comprendrez qu’il ne peut rester en liberté, surtout que vous ne parvenez pas à le maîtriser. Et…il ne pourra pas bénéficier de la garde de l’enfant de Mlle Orson non plus, elle fera donc ce qu’elle souhaite pour son bébé.

Liam baissa la tête et demanda :

-Comment va-t-elle ? Vaë, comment va-t-elle ?

Lui il s’en fichait pour l’heure.

-Bien. Elle va bien ne vous en souciez pas. Messieurs…

Il claqua des doigts et deux hommes entrèrent, agrippant Liam par les bras et commençant à l’entraîner à l’extérieur.

-Je peux marcher seul ! S’exclama-t-il

-Nous préférons vous aider monsieur…

Liam tourna la tête vers les siens, un dernier regard, devant les larmes de sa mère et de sa sœur, l’air dépité de son père et l’air choqué de son ami nordique. La porte se referma sur eux, les gens l’entourèrent, tout s’accéléra. Il fût conduit devant une grande bâtisse banale. Il s’agissait du centre de soins de Beolan, ou les mages exerçaient. Ici ? L’homme qui le tenait lui dit soudain :

-Respire encore une fois l’air extérieur mon gars et regarde le soleil. Parce que c’est la dernière fois que tu en auras l’occasion.

Déglutissant, Liam pénétra à l’intérieur, poussé par son escorte. Dedans, des mages, partout, des salles de soins, des patients. Mais il fût conduit devant des escaliers et ils descendirent, descendirent, loin, profondément. Liam ne voyait presque rien, n’entendait plus rien hormis son propre cœur qui battait comme un dément. Arrivés enfin en bas, il vit un autre couloir éclairé de torches, et ils le longèrent jusqu’au bout, les hommes le poussant dans une pièce du fond et refermant à clé derrière lui. Pas de fenêtre, pas de lumière. Il était dans le noir complet. Seul avec lui-même.

Que lui réservait-on ? Et Vaë ? Comment réagirait-elle en rentrant et constatant qu’il n’était plus là, que jamais plus elle ne le reverrait ? Elle repartirait dans les montagnes, élèverait l’enfant seule avec Ephraïm. Elle serait anéantie, les siens le seraient encore plus. Tout avait basculé, tout avait changé…en pire.

Et la chose qui ruait à nouveau en lui, ne demandant qu’à sortir…


Spoiler:
 


Dernière édition par Liam Kreiss le Mar 18 Déc 2012 - 17:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mar 18 Déc 2012 - 17:03

Les conséquences de nos actes, part.2

Le premier à bouger de son emplacement fut Liam, pivotant sur ses pieds pour retourner prendre place dans le salon. Il avait le coeur lourd, tout le monde l’avait bien remarqué, mais ... que pouvaient-ils faire maintenant ? Plus rien de tournait à leur avantage et les Orson se faisaient un plaisir de leur marcher sur la tête. Jamais la famille n’avait vécu un tel calvaire et la malchance semblait être revenue pour de bon. Heïan fut le second à bouger, se décollant de la porte et s’approchant de sa femme pour la serrer dans ses bras avant de l’entraîner dans le salon. Le silence était pesant dans cette pièce de la maison. Aucun repas ne fut préparé, les domestiques laissant la famille seule dans ce moment qui les attristaient. Elayne avait pris place aux côtés du nordique qui n’en revenaient toujours pas, serrant les poings et regardant l’extérieur par l’intermédiaire de la fenêtre. La brunette glissa sa main dans la sienne pour chercher du réconfort et l’homme répondit en la serrant doucement. Heïan tentant de trouver une solution, tout comme Melley qui se trouvait a sa gauche, mais rien ne lui venait en tête. Le fait d’avoir été levé de ses fonctions ne l’avantageait pas non plus ... La voix de Liam s’éleva alors, l’homme de la maison baissant son regard lavande sur son fils.

‘‘ Elle n’a qu’une semaine à tenir n’est-ce pas ? Ensuite elle sera libre ? ‘‘

Une semaine seulement pour avoir voulu défendre son homme alors que Keira Orson avait fait bien pire en se faufilant adroitement entre les lois. Les plus aisés s’en sortaient toujours avec une claque sur la main alors que les autres se faisaient trainer dans la poussière comme de vulgaires chiens des rues. Tentant de garder son calme, Heïan ne lui répondit qu’en hocha positivement la tête. Une semaine ..., c’était suffisant pour une personne qui n’avait jamais connu un tel lieu. Elle était venue voir Liam la veille, mais ça ce n’était rien comparer à y séjourner. Et puis, Omar était là et c’était lui son second. Il avait vu Vaënadiel et s’assurerait qu’elle se porterait bien le temps de purger sa peine. À la surprise de tous, Liam demanda:

‘‘ Vous pourrez lui dire que…que je l’aime et que je suis désolé pour tout ça…à son retour ? ‘‘

Non, mais qu’est-ce qu’il racontait lui, là ? Les sourcils froncés, le chef des Eira tourna ses yeux glacials et les posa sur lui. Vaë n’allait être absente qu’une semaine et si Liam purgeait lui aussi une peine, ce ne serait quand même pas si long. N’étant aucunement au courant de ce que c’était qu’être un aliéné et sur le point d’être arrêté, Eph’ dit:

‘‘ Tu lui diras toi-même non ? ‘‘

Mais Liam baissa la tête. Le nordique se tut aussitôt, redoutant la réponse de son ami lorsqu’il entendit son soupir.

‘‘ Ils vont venir me chercher demain pour aller chez les fous. Je ne reviendrais plus, Ephraïm. Une fois que j’y serais, je ne ressortirais plus de là-bas. ‘‘

Quoi ?! Choqué, Ephraïm serra les dents. Mais qu’est-ce que c’était que ce monde où ils vivaient ?! Ils enduraient la tyrannie des plus puissants et subissaient leur courroux sans être aptes à se défendre comme ils se le devaient. C’était la loi du plus fort et où les plus fortunés vivaient ... c’était tout simplement inhumain. Ils furent les deux seuls à avoir placé quelques mots, les autres étant restés aussi muets qu’un mort. Ainsi, le salon se vida tranquillement de ses membres; Elayne se levant la première et Ephraïm qui la suivaient, tout deux épuisés par une telle journée. Cependant, elle attendit que ses parents et son frère eurent disparu dans leur chambre avant d’aller dans la sienne sauf qu’elle s’arrêta et fit demi-tour. Sans toquer, la jeune femme ouvrit la porte de la petite chambre et agrippa le poignet du nordique qui s’était retourné vers l’ouverture qui donnait sur le couloir après s’être débarbouillé en vitesse, surpris.

‘‘ E-Eph’ ... Je ... euh ... ne veux pas rester seule cette nuit. Vaë n’est pas là et je ... doute que Liam ne veille. Et puis, j’ai passé l’âge de dormir avec mes parents ... ‘‘

Elayne baissa la tête, plus rouge que jamais. Ce n’était pas seulement à cause de son béguin pour cet homme, mais simplement qu’avec tout ce qui se passait, elle craignait de faire de l’insomnie. Elle avait besoin d’une présence avec elle pour au moins cette nuit et il était le seul disponible. Ephraïm parut surpris par cette demande et devant ce silence, la brunette leva des yeux timides vers lui pour le supplier du regard. Il acquiesça d’un signe de tête et se laissa entraîner dans le couloir et jusqu’à la chambre de la jeune femme. Cependant, le nordique s’arrêta une fois la porte fermée derrière eux l’air extrêmement mal à l’aise.

‘‘ Qu’est-ce qu’il y a ? ‘‘ Demanda Elayne, le sentant tendu.

‘‘ Ça me rend mal à l’aise ... je ... peux dormir, par terre tu sais. ‘‘

La jeune femme ricana doucement et s’approcha de lui, posant ses mains sur les joues de l’homme qui rougit de plus belle, reculant légèrement alors qu’elle souriait. Ses mains prirent les siennes et elle le décolla de la porte.

‘‘ Tu n’as qu’à dire que tu serres une peluche dans tes bras ! ‘‘

‘‘ Je ... n’ai jamais dormi avec une peluche... ‘‘ Marmona t-il.

Un nouveau rire s’éleva dans la pièce et Elayne sauta à deux pieds sur son lit pour forcer Ephraïm à y grimper, ce qu’il n’eut pas le choix de faire, sur les genoux. Ensuite, elle fila s’enfermer dans la salle de bain et enfila son pyjama avant de se glisser sous les couvertures. Ses yeux violets se posèrent sur Eph’ qui regardait fixement le plafond, couché sur le dos et les mains sur son ventre qui se soulevaient faiblement au rythme de sa respiration. Lui volant un bras pour le coller contre elle, la brunette ferma les yeux et chuchota :

‘‘ Tu crois que ça cessera un jour ... qu’ils s’en sortiront ? ‘‘

‘‘ J’ose l’espérer ... Ce serait le moment que la poisse les quitte. Il me semble que c’est assez ... ‘‘

‘‘ Je l’espère ... aussi ... ‘‘ Finit-elle, s’endormant tranquillement.

Eph’ tourna la tête vers Elayne et poussa les quelques mèches qui recouvraient son visage et souriait légèrement. Elle semblait si paisible lorsqu’elle dormait et ... si belle. Bon sang. Son estomac était à l’envers à chaque fois qu’il la regardait, mais ce n’était pas le temps de songer à le lui dire puisqu’il y avait plus grave que ça pour l’heure; Vaë et Liam.

En parlant de Vaënadiel, le Général l’avait escorté avec ses hommes jusqu’au quartier général. Omar revenait du court d’entraînement et fut surpris de voir ... la fiancée de Liam ?! L’homme de loi salua son supérieur aussitôt et fronça les sourcils.

‘‘ Le Capitaine Kreiss ne reviendra pas avant un certain temps, vous allez donc prendre son relai. J’aimerais que vous vous occupiez de porter cette petite dans sa cellule. ‘‘

‘‘ Oui mon Général, mais... que ce passe-t-il ? ‘‘

‘‘ Vous n’avez pas besoin de savoir, soldat. Je me retire pour la nuit et reviendrai prendre votre relai à l’aube. Sur ce, bonne soirée. ‘‘ Dis-le Général en quittant les lieux.

Omar approcha donc Vaënadiel et prit son bras pour la conduire en bas, dans les cachots. L’humidité et le froid traversaient les tissus de ses vêtements et elle ne tarda pas à grelotter. En bas, les criminels se retournèrent aussitôt lorsqu’ils virent une torche illuminée le couloir. La nordique se colla presque au géant qui cherchait la clé de sa la cellule où elle séjournerait pour une semaine. Il lui ouvrit la porte et la laissa entrer, Omar se chargeant de lui attacher la cheville d’une chaîne accrochée solidement au mur de pierre.

‘‘ S’il y a quoi que ce soit, n’hésite pas. Il y a un garde en permanence ici bas. Voilà ta couverture. Abrille-toi bien, car il fait froid la nuit et n’écoute pas ce que ces cinglés disent. ‘‘

‘‘ O-oui ... ‘‘

Vaë s’emmitoufla dans sa couverture et prit place sur le lit de paille, ramenant ses genoux à elle pour se réchauffer. Omar verrouilla derrière lui et les cris des prisonniers à son égard ne cessaient d’affluer. Ils la traitaient de poulette, de catin, qu’ils aimeraient bien l’avoir dans la cellule pour s’amuser un peu, etc. Des plus violents aux plus pervers ... Se couchant face contre le mur, Vaë ferma les yeux sans pour autant être capable de s’endormir, et ce, pour une bonne partie de la nuit à cause de ses voisins de cellule. Le lendemain matin, elle se réveilla deux heures seulement. Omar était descendu voir si elle allait bien et aussi pour lui donner de quoi manger. Autant en profiter pour la question pendant qu’il en avait l’occasion. Prenant place devant elle alors qu’elle mangeait goulument, le géant lui demanda:

‘‘ Les Orson encore ? ‘‘

Vaë acquiesça par l’affirmative, mais prit le temps de mâcher sa bouchée de pain et avala avant de répondre à la question du bras droit d’Heïan qui était visiblement inquiet par tout ça.

‘‘ Keira a manigancé quelque chose et on ne sait comment. Certainement des acolytes. Liam est devenu fou non ... Il n’est pas fou... il a perdu le contrôle et sa rage a pris le dessus, graduellement. Hier, j’ai voulu le défendre, lui et sa famille, mais je n’ai pas pu me contenir alors j’ai ... plumé son crâne par endroits et ... frappé son visage. ‘‘

Un sourire amusé se dessina sur les lèvres d’Omar, même s’il ne devait pas, mais bon ... il ne dit pas de vive voix qu’elle avait bien fait et que cette peste l’avait cherché.

‘‘ Je vois ... ça explique pourquoi Heïan n’est pas là. Tout a mal tourné. ‘‘ Dit-il pour lui-même, se redressant. ‘‘ Je reviendrai te voir ce soir. ‘‘

‘‘ Merci, monsieur. ‘‘

Le géant lui fit un sourire désolé et sortir de la cellule, fermant et verrouillant la porte derrière lui. Il monta ensuite en haut, le Général venant tout juste d’arriver. Omar devait trouver un moyen de contacter Heïan et quoi de mieux que son fidèle faucon ? Mais ... après un peu de repos.

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mar 18 Déc 2012 - 18:35


Les ténèbres l'entouraient, partout ou qu'il regarde il n'y avait que ça. Liam avait tâtonné le mur pour se glisser au sol, repliant les jambes contre lui. Avait-il les yeux ouverts ou fermés ? Il ne savait pas, c'était du pareil au même. Depuis combien de temps était-il là ? Ca non plus il ne savait pas. Il était seul. Seul avec la chose qui voulait s'échapper.

Mais il pensait fortement à Vaë. Il pensait si fort à elle qu'il parvenait à oublier la chose, pour quelques secondes. Il n'entendait rien de l'extérieur, et sursauta donc lorsque la porte s'ouvrit sur un homme. Liam plissa les yeux devant la lumière soudaine et se releva lentement pour leur faire face.

-Bien le bonjour, monsieur…Kreiss.

Il tenait une fiche dans sa main et entra dans la cellule, suivit d'un gros bras à l'air dur. Sûrement pour le maîtriser au cas où. La torche fût accrochée et la porte refermée puis seulement l'homme qui semblait être un mage reprit :

-J'ai lu votre dossier…votre cas est intéressant, je trouve…mais je voudrais me faire une idée de ce que vous êtes capable de faire…

Liam fronça les sourcils. Ils allaient…le faire faire une crise ?!

-Je n'ai pas envie de vous le montrer. Soignez-moi que je puisse repartir. On m'attend.

Les hommes rirent légèrement mais le sérieux qu'ils eurent par la suite fut affreux.

-Mais…la folie ne se soigne pas mon cher…le démon a décidé de vous posséder, il vous faut faire avec. Nous, tout ce que nous faisons, c'est empêcher des êtres comme vous de faire du mal aux innocents. Mal que vous avez déjà fait, selon les écrits du dossier.

Il tournait les pages, lisait, analysait. Ne pas le soigner ? Le mince espoir qu'il avait eu de ressortir rapidement venait de s'éteindre comme la mèche d'une bougie. Vaë…

-Bon, je n'ai pas que vous comme patient alors montrez-moi ce que vous savez faire…pour que vous ayez un…traitement approprié.

Son sourire narcissique et ses petits yeux de fouines donnaient la chaire de poule à Liam qui recula contre l'autre paroi de la cellule. La chose voulait obéir, voulait sortir et se déchaîner, mais pas lui…Il fît non de la tête et la grosse brute se rapprocha, menaçante.

-Monsieur Kreiss ici vous devez obéir. Attendez…

Il lut encore le dossier, jusqu'à ce qu'il tombe sur le déclencheur, du moins ce que l'on pensait être le déclencheur. Heureusement qu'il avait de bonnes…sources.

-Ici vous ne serez pas obligé de demander pardon une fois l'acte commis. Ici vous êtes libre…vous n'avez pas à avoir peur de faire mal aux autres…

Liam avait à nouveau la respiration saccadée et luttait contre la chose. Il tentait mais l'homme poursuivait, remettant tout à plat, allant dans ses derniers retranchements…
La chose jaillit, il refît une crise spectaculaire. Il hurla, se jeta sur le colosse pour le frapper et le tuer, mais l'autre semblait ne rien ressentir. Le mage lui, notait toutes les réactions dans un calepin, satisfait et étonné de la virulence du jeune homme fou. Vraiment, un cas des plus intéressants…

Chez les Kreiss, personne n'était sortit depuis la veille, depuis que Liam était parti. Cela allait faire deux jours que Vaë était en prison, un seul que leur fils était chez les fous. Melley tournait en rond, tentant de s'occuper, mais en vain. Elle tremblait trop pour coudre, se piquant plus qu'autre chose, elle ne parvenait pas à se concentrer assez pour lire…alors elle tournait en rond en travers de la maison, rangeant ce qui était déjà rangé, nettoyant ce qui était brillant comme un sou neuf. Elle qui avait prié pour que ses enfants ne connaissent pas ce qu'elle-même et Heïan avaient vécu, voilà que Liam en souffrait, mais en dix fois pire, tout comme Vaë.
Heïan lui, était assis dans le canapé, fixant la cheminée, immobile. A l'observer de loin, on aurait dit qu'il était mort. Mais en fait il réfléchissait. Il n'avait plus beaucoup de marge d'action en étant relevé de ses fonctions. Mais il ne laisserait ni son fils, ni Vaë, ni même aucun autre membre de la famille se faire marcher sur les pieds par les Orson plus longtemps. Même si ensuite ils devaient tous quitter Beolan, il mettrait un terme à tout ça. Cette injustice ne pouvait plus durer. En agissant de la sorte, Keira avait clairement montré qu'elle était folle. Mais c'était Liam qu'on internait. Et qui sait ce qu'il subissait à l'heure actuelle. La seule consolation était de savoir que Vaë serait bien traité par Omar et qu'elle ne manquerait de rien…hormis son homme et la famille.
Elayne et Ephraïm, eux, étaient restés dans la chambre du haut, tentant de sourire et de voir le positif, pour que personne ne baissent les bras. Et leurs sentiments l'un pour l'autre les aidaient…Elayne ne lâchait plus les mains du nordique, qui lui-même se noyait dans son regard et balbutiait, mélangeant les langues, se reprenant par la suite, rouge comme une tomate. Mais au fond d'eux, l'inquiétude restait. Tous deux avaient leur frère et sœur dans une situation plus que précaire…et ils ne pouvaient rien faire…

Et les Orson ? Ben eux ils étaient ravis. Leurs amis de la haute bourgeoisie avaient déjà été sidérés lorsqu'ils leur avaient annoncés que Liam n'épouserait pas Keira malgré l'enfant, mais en apprenant ce que la sauvage avait osé faire à une si gentille fille, ils étaient outrés. Pour eux, c'était clair, elle devait déguerpir de la ville et s'il le fallait, toute la famille avec. Depuis le retour d'Heïan avec la fille des rues, le nom Kreiss avait été déshonoré, et ce malgré les tentatives d'Eldah à l'époque pour les garder dans le cercle bourgeois. Tous regrettaient qu'elle ne soit plus de ce monde parce que oui, Eldah aurait su remettre ces…chiens…a leur place. Même s'il était son petit-fils. Elle aurait fait quelque chose. Le père Orson annonça également la tentative de meurtre sur sa personne prodiguée par le jeune Liam, qui les avaient ensuite menacés de mort et qui maintenant croupissait chez les fous. Encore une fois, tous furent d'accord, il méritait cette place. Rien que ses yeux n'inspiraient pas confiance…hérités de sa mère ça aussi…ah oui, les Kreiss ne faisaient que récolter ce qu'ils avaient semés en reniant leurs origines bourgeoises…

Omar, lui, profita d'une patrouille pour envoyer son faucon. Il avait dit à ses hommes de continuer parce qu'il devait…assouvir des besoins naturels urgents, s'attirant leurs gentilles moqueries, et s'était bien dissimulé à l'ombre d'une maison. L'oiseau était venu se poser sur son bras et Omar lui avait attaché le papier à la patte, l'envoyant chez Heïan. Omar voulait lui faire savoir qu'il n'était pas seul et que le Capitaine pourrait toujours compter sur son second, et encore plus maintenant. Parce que les Orson ne cherchaient qu'une chose, à faire croire aux Kreiss qu'ils étaient seuls parce que…

Lorsque l'on est seul, l'on devient moins dangereux…

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mar 18 Déc 2012 - 20:43

Les conséquences de nos actes, part.3

La journée fut tout autant pénible que la nuit, voire pire. Vaënadiel s’était redressé sur ses jambes et marchait dans sa cellule ou plutôt, elle tournait en rond. Il fallait absolument qu’elle fasse circuler ce sang pour éviter les engourdissements et les fourmillements dans ses orteils. Même si elle tentait d’ignorer les canailles qui lui servaient de voisins de cellule, c’était peine perdue. Jamais elle n’avait entendu autant de paroles vulgaires sortir de la bouche d’un homme auparavant. Ils étaient cinglés ou quoi ?! Pourquoi Liam n’était-il pas enfermé ici et les autres là-bas? C’était tellement logique pour elle ... Devant ce vacarme incessant, le Général finit par descendre lui-même en bas et hurla de sa forte voix. Le silence se fit automatiquement et la druidesse put enfin reposer ses oreilles qui criaient au secours. Les yeux émeraude de l’homme regardèrent par delà la trappe de la porte de la cellule de la jeune femme qui lui fit un sourire en coin. Le grand homme ouvrit alors la porte une fois déverrouillée et entra pour lui donner de quoi à boire jusqu’au prochain repas.

‘‘ Comment vous vous sentez ? ‘‘ Demanda t-il, posant un genou par terre.

‘‘ Je vais bien, monsieur. ‘‘

Le Général lui fit un faible sourire en coin puis se releva et croisa les bras sur son torse en soupirant; les cris des prisonniers avaient recommencé la minute où ils avaient entendu la voix de Vaënadiel. Encore une fois, il leur hurla de se taire et les menaça pour que le calme revienne.

‘‘ J’ai toujours du mal à croire qu’une femme comme vous ait défiguré Mlle Orson à ce point ... ‘‘

‘‘ Vous savez monsieur, une rose à aussi des épines. Ces épines ont été aiguisées par les actes de Keira et je n’ai pu tolérer ses derniers agissements. C’était ... la première fois qu’on attisait ma colère. Voilà le résultat. ‘‘

L’homme eut un sourire en coin, amusé. Cette jeune femme semblait être la douceur incarnée, l’innocence même, mais elle n’avait pas tort. Même les personnes les plus calmes pouvaient être acculées à un mur et péter les plombs. Devant quitter, le Général sortit après l’avoir salué d’un signe de tête et remonta. Comme le silence était de nouveau revenu, la jeune femme a la chevelure de neige puis retourner sur son lit de fortune et se coucher pour se reposer un peu, mais elle n’arrêtait pas de penser à son homme ... culpabilisant pour ce qu’elle avait fait. Elle n’avait voulu qu’aider et voilà le résultat ...

Une journée s’était écoulée depuis qu’on avait enfermé Liam et dans la villa, les membres de la famille Kreiss ne parlaient que très peu. C’était le monde à l’envers, carrément. Melley ne tenait plus en place et tournait en rond constamment dans l’entièreté de la maison alors qu’Heïan jouait au mort sur le canapé. Ses yeux violacés ne se détournaient aucunement du feu qui brûlait dans le foyer et il s’épuisait à tenter de trouver une solution au problème de son fils comme pour celui de Vaënadiel. Mais elle au moins, était avec des confrères qui veilleraient à ce qu’elle sorte en un morceau et puis avec Omar dans les parages, il n’avait pas peur pour elle. D’ailleurs, il y avait quelque chose qui cognait frénétiquement dans la fenêtre.

‘‘ Je vais aller l’assommer s'il n'arrête pas ! ‘‘ Hurla t-il, à cran en voyant que ça ne cessait aucunement.

Brusquement, le soldat se leva du canapé et s’avança sur la fenêtre qui longeait une partie du côté gauche de la villa. Ses yeux se rondirent lorsqu’il vit le faucon d’Omar et le papier enroulé autour de sa patte. Aux pas de course, Heïan sortit du salon, passa dans le couloir et se dirigea vers le jardin arrière. Le faucon se posa sur son épaule et descendit sur l’avant-bras d’Heïan qui avait redressé celui-ci à l’horizontale. D’une main, il prit le papier tout en retournant à l’intérieur où Melley vint à sa rencontre.

‘‘ Que se passe-t-il mon coeur ? ‘‘ Demanda Melley d’un ton interrogateur.

‘‘ C’est Omar qui nous écrit : Je suis de tout coeur avec la famille. Ne baissez pas les bras surtout ... Les Orson finiront par frapper un mur très bientôt. C’est une promesse. Vous avez notre soutien et nous prenons soin de la petite. Elle reviendra en un morceau. Heïan, si tu as besoin de mes talents cachés, n’hésite pas à demander. Siffle quatre fois et Emoth viendra à toi ... et surtout, ne pensez pas que vous êtes seul. Il y a plus de gens qui vous soutiennent que ne pouvez le croire. Tout s’arrangera bientôt ... Omar ‘‘

Heïan retrouva enfin le sourire et soupira de soulagement, baissant les yeux vers sa femme qui le lui rendant. Il la serra fortement dans ses bras, laissant l’oiseau sortir de la maison par la porte ouverte du jardin. Une petite brise d’espoir se glissait jusqu’à eux dans cette tempête interminable.

‘‘ Papa ? ‘‘ Une voix s’élevant derrière.

C’était Elayne qui venait de descendre, Ephraïm la suivant juste derrière. Elle leur sourit faiblement et les regarda avec insistance à la vue du papier que son père tenait dans ses mains.

‘‘ Elle va bien. Omar s’occupe d’elle la nuit et le Général, le jour et se trouve dans une cellule isolée alors il n’y a rien à craindre. ‘‘

‘‘ Je suis ... tellement soulagée ...! ‘‘ Avoua t-elle dans un soupir. ‘‘ Je voulais juste prévenir que je m’en vais prendre l’air une petite heure, avec Eph’. ‘‘

Les parents acquiescèrent et les regardèrent quitter la villa. Ces deux-là allaient finir ensemble très bientôt, ça sautait aux yeux. Heïan entraîna alors sa femme à l’extérieur pour lui aussi prendre un peu d’air et puis, ça ne leur ferait certainement pas de tort. Ainsi, les jeunes gens marchèrent dans l’allée et s’en allèrent dans la rue. Les dernières feuilles d’arbres étaient sur le point de tomber et bientôt la neige s’installerait sur la ville des mages. La jeune femme voulut quitter le chemin public où certains bourgeois passaient et les regardaient étrangement. Bifurquant dans un sentier, Elayne entraîna le nordique en lui prenant fermement la main et ils débouchèrent aux abords du petit lac. Se laissant tomber assise au sol, elle tapota le sol à côté d’elle et Ephraïm s’asseya en silence. Jusqu’à ce qu’un groupe de jeunes bourgs débarquent; la clique de Keira.

‘‘ Si ce n’est pas Kreiss ! Je croyais que tu te terrais dans ta caverne au risque de devenir folle à lier comme ton cher jumeau. ‘‘

‘‘ Oué ! Apparemment que les jumeaux sont liés, alors t’es certainement folle toi avec hen ! ‘‘

Ephraïm se leva très lentement après avoir poussé un soupir qui alerta Elayne. En panique, elle prit sa main et secoua négativement la tête, le suppliant du regard. Tout ce qu’il fit; un sourire en coin rassurant. Pivotant sur lui-même afin de faire face à la troupe, le nordique s’avança vers eux avec son air glacial et dit de sa voix forte:

‘‘ Fichez-moi le camp ... en vitesse. ‘‘

Pourtant, il était extrêmement calme, mais ce fut assez pour que les jeunes quittent les lieux en rouspétant. Revenant aux côtés d’Elayne, celle-ci ne put s’empêcher de ricaner et leva les yeux sur lui qui reprenait sa place.

‘‘ Je comprends maintenant pourquoi tu te fais respecter chez les tiens. ‘‘

‘‘ Tout est dans le regard ! ‘‘

‘‘ Et la posture ! Tu es tout de même assez ... intimidant lorsque tu es autoritaire. ‘‘ Avoue t-elle.

‘‘ Tu trouves ? Je n’ai jamais remarqué ... ‘‘ Dit-il en se grattant la tempe droite, confus.

Elayne se mit à rire et ne put s’empêcher d’aller chercher la main du nordique, croisant ses doigts entre les siens. Il était devenu soudainement nerveux et ça, elle l’avait senti. Son regard plongea alors dans le sien et il figea net. Cherchant ses mots, Eph’ se mit à mélanger encore une fois sa langue natale avec le langage commun et provoqua un fou rire chez Elayne qui versa des larmes.

‘‘ Désolé je ... me suis encore emmêlé dans mes paroles. ‘‘

‘‘ Si seulement je comprenais ce que tu veux me dire. Tous les mots clés sont dits dans ta langue, alors je ne comprends absolument rien de rien. ‘‘

‘‘ Oui ... je sais ... ‘‘

Il soupira de découragement et détourna le regard, se sentant rougir. Il fallait qu’il le lui dise, mais de quelle manière ? Hormis par une histoire stupide. Prenant donc une profonde inspiration, Ephraïm se lança sans pour autant la regarder dans les yeux.

‘‘ Il était une fois, un nain de jardin. Le pauvre ne pouvait quitter sa plate-bande, car il était son seul gardien. Un beau jour, alors que le soleil brillait doucement sur la verdure, la maîtresse de maison déposa un cadeau dans la plate-bande voisine; une petite naine. Le nain l’admirait tous les jours et ne parvenait pas à dire ces quelques mots qui n’étaient pourtant que très simples. Un jour d’orage, la plate-bande de la naine fut ravagée par les eaux et déposée à ses côtés. Toute la nuit il réfléchissait et tentait de lui dire ces trois mots jusqu’à ce qu’il y arrive enfin ... il la regarda et dit : Iklas krhïelhdis ... amïeldanyas. ‘‘

‘‘ Ephraïm ... je n’ai pas compris les derniers mots. ‘‘ Souffla t-elle, l’entendant soupirer. ‘‘ Dis-le. N’aie pas peur. ‘‘

‘‘ Tu es ... magnifique. ‘‘ Murmura t-il.

Mais l’homme ne leva toujours pas les yeux vers elle, extrêmement gêné par cette réponse stupide. Pourquoi est-ce qu’il fallait qu'il ait toujours l’air d’un idiot devant elle ?! Ce fut des doigts délicats qui se posèrent sur ses joues et força les nordique à la regarder, à plonger dans ce regard violet si hypnotisant. Elle lui souriait et attendit, car il s’approchait d’elle sans vraiment s’en rendre compte, posant enfin ses lèvres sur les siennes pour l’embrasser tendrement. La jeune femme entoura son cou de ses bras et se colla davantage de lui pour aussi profiter de sa chaleur. Les heures s’écoulèrent et ils revinrent seulement lorsque la nuit tombait.

Le reste de la semaine s’écoula très lentement du côté de Vaënadiel qui n’avait pas eu le loisir de se reposer des masses pendant sa peine en prison. En soirée du septième jour, Omar vint chercher la jeune femme et la monta en haut avec précaution et lui enfila son manteau. Accompagné de quelques soldats du Général, le géant escorta la nordique jusqu’à la villa des Kreiss, capuchon sur la tête. Au moins, sa paupière avait repris sa forme habituelle. La seule trace qui restait était l’équimose tout autour qui lui donnait des airs de Meeko. La maison apparut une vingtaine de minutes plus tard et elle fut soudainement prise de nervosité ...

La porte s’ouvrit alors, laissant venir une lumière à ses pieds.



Dernière édition par Vaënadiel Eira le Mar 18 Déc 2012 - 23:40, édité 1 fois
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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mar 18 Déc 2012 - 22:54


Tremblant, Liam tenta de se relever pour la énième fois en une demi-heure. Il voulait juste qu'on lui fiche la paix…mais non, tout le temps le mage revenait et le forçait à faire une crise, de plus en plus violente à chaque fois. Si violentes qu'il s'était griffé lui-même lors de la dernière, s'ouvrant les bras. La chose était plus puissante que jamais en lui et il était sûr qu'ils le faisaient exprès.

Mais au moins, il resterait lucide…parce qu'il pensait sans cesse à Vaë…à ses parents, sa sœur, Eph'…ils lui permettaient de rester là, de ne pas plonger totalement. Car c'était ce que le mage souhaitait. Qu'il plonge. Selon lui Liam était un cas fascinant aux ressources infinies…

D'ailleurs la porte s'ouvrit à cet instant. Liam ne bougea pas, ayant juste peur de ce qui l'attendait. Mais aucun mot ne fût prononcé. On lui tendit juste un bol et on le fît boire, jusqu'à la dernière goutte. Le goût était horrible et il faillit tout recracher, mais on lui ferma la bouche jusqu'à ce qu'il ait avalé.

Et la personne ressortit comme elle était venue, sans explications. Qu'avait-il bu ? Il sentait le liquide se propager en lui et avait peur de ses effets. Au moins, ils ne l'avaient pas forcé à refaire une crise…

Le faucon était arrivé à destination, et Heïan était plus qu'heureux de la nouvelle qu'il apportait. Lui comme sa femme sentait enfin un petit espoir s'allumer pour eux. Laissant les deux derniers jeunes sortir, souriants, sachant bien ce qu'il se tramait entre eux et espérait que ce que vivaient Liam et Vaë ne rebondirait pas aussi sur eux…Maintenant il fallait qu'ils voient pour agir sans éveiller les soupçons pour ne pas enfoncer encore plus les jeunes…

Les jours défilaient, et rien ne changeaient pour les jeunes enfermés. Ceux en liberté par contre…Heïan et Melley l'avait compris, ils avaient sauté le pas…et souriaient déjà plus. Au moins le soleil brillait toujours…heureusement Vaë sortait le soir même. Et ils avaient fait préparer un petit festin pour son retour, parce que la prison ne l'avait sans doute pas nourrie convenablement, d'autant plus qu'elle mangeait pour deux. Et puis…ils se doutaient qu'elle s'inquiétait pour Liam alors ils voulaient un peu la détendre, juste un peu…

Liam lui, somnolait. Ce qu'il avait bu était louche, vraiment. Il parvenait à peine à bouger les doigts et son cœur battait vraiment trop lentement contrairement à la chose. Était-il en train de mourir ? non…il ne voulait pas…Vaë…il devait lutter…

Le mage entra, et s'agenouilla devant lui, l'analysant, touchant ses mains, écoutant son cœur.

-Oui…donc je confirme, engourdissement, faible rythme cardiaque…endormissement…notez la potion sur la liste des "nocifs".

Les…nocifs…? Mais qu'est-ce que cela signifiait ? L'homme claqua ensuite des doigts. Non pas le claquement ! A chaque fois qu'il faisait cela, cela voulait dire que la chose allait pouvoir se déchaîner, encore, encore, toujours.

Tout reprit, encore, et malgré l'état de Liam avec la potion, la chose avait conservé toute sa puissance. Celle-ci fût atroce et le laissa encore plus engourdi qu'avant, en sueur, cherchant sa respiration, affalé contre le mur. L'homme ressortit en disant :

-La potion n'agit pas sur la folie…c'est très bien…

Depuis combien de temps était-il là ? Il voulait sortir, revoir le soleil, sentir le vent sur sa peau, la caresse de sa rose…le sourire de ses parents…sa sœur…Ephraïm…

Heïan et Melley avaient vu Omar et l'escorte avec Vaë. Ils s'étaient tenus prêts et la porte s'ouvrit sur eux. Ils sourirent à Vaë, dissimulée sous un capuchon et la prirent dans leurs bras, comme de vrais parents à leur enfant. Heïan sourit et prit Omar à part une fois que l'escorte fût repartie. Ils devaient…discuter.

Melley entraîna la jeune nordique à l'intérieur, lui retirant son manteau en souriant légèrement. Au moins l'un des deux étaient de retour…Elle n'avait plus qu'un bleu sur l'œil, qui disparaîtrait d'ici quelques jours. Elle l'emmena dans la salle de bains ou elle la laissa se laver pendant qu'elle cherchait Eph' et Elayne.

Lorsque Vaë sortit, son frère l'accueillit à bras ouverts, ému, heureux de la revoir en vie et en un seul morceau. Elayne ne tarda pas non plus, se mordant la lèvre pour ne pas hurler qu'enfin, elle et Ephraïm avaient franchis le pas…Melley était là elle ne pouvait pas… mais elle le dirait à sa sœur d'adoption le plus tôt possible, au moins pour lui remonter un peu le moral. L'absence de Liam pesait tout de même sur elle…
Heïan revint rapidement, un sourire aux lèvres, et tous s'attablèrent pour un repas comme ils n'en avaient pas eu depuis quelques temps.

Vaë répugnait à manger, malgré les cris incessants de son ventre. Melley dit alors :

-Mange, Vaë. Pour ton enfant. Demain je t'emmène le voir. En espérant que l'on puisse le faire…

Melley aussi voulait voir son fils. Et elle avait attendu que Vaë soit là pour y aller. Heïan ne devait pas ce faire trop voir dans les rues pour l'heure donc elle irait elle-même. En silence, ils terminèrent de manger puis montèrent se coucher. La chambre de Liam et Vaë était condamnée à cause du désordre et la jeune nordique ne devait pas rester seule.

-Elayne, ton lit peut-il contenir trois personnes ?

La jeune femme hocha de la tête en se levant, prenant le poignet de Vaë et l'entraînant à l'étage, suivie de son nouvel amoureux.

-Tu crois qu'ils nous permettront de le voir ?

Heïan lui prit la main et la caressa en disant :

-Ils ont intérêt. On ne sépare pas une mère de son fils tu le sais. Ne t'en fais pas…avec Omar on va tout faire pour qu'il s'en sorte et nous tous avec.

Il s'approcha et embrassa sa femme avec tendresse. Elle avait besoin de ses bébés tout de même…et lui aussi. Liam était de son sang. Il était comme Elayne le fruit de sa chaire…il l'entraîna aussi à l'étage et la coucha, la bordant comme les enfants qu'ils avaient lorsqu'ils étaient plus jeunes. Bientôt, tout s'arrangerait. Omar en était persuadé.

Le lendemain, tout le monde était tôt debout. Les jeunes semblaient s'être tout de même reposés et Vaë avait une meilleure mine. Elayne savait toujours trouver les mots pour consoler les gens. Ils mangèrent légèrement et tout de suite après Melley prit la main de Vaë et l'entraîna à l'extérieur.

En marchant, dissimulées sous les capes, Melley sentait la nervosité de Vaë.

-Ne t'inquiète pas. Nous allons lui redonner espoir. Rien n'est perdu.

Mais déjà la bâtisse apparaissait devant elles. Entrant, elles se rendirent au comptoir d'accueil, et demandèrent à voir Liam Kreiss.

-De quoi souffre-t-il ?

Sans doute pour le localiser dans l'immense bâtiment. Murmurant, Melley lui dit :

-Il est…il est ici pour folie…

La mage l'observa étrangement puis alla parler à quelqu'un si bas que Melley ne comprit pas. Un autre homme s'approcha et leur dit :

-Depuis combien de temps est-il parmi nous ?

-Une semaine.

L'autre haussa un sourcil, les jugeant toutes deux du regard.

-Vous avez de la chance. Vous me disiez deux semaines et je vous jetais dehors. Venez.

Serrant la main de la nordique, Melley suivit l'homme dans le labyrinthe de l'hospice.

Dans sa cellule, Liam gardait les yeux ouverts. La potion s'écoulait de son organisme et lentement il parvenait à bouger normalement. Mais la chose était toujours là, trop là. Il avait l'impression qu'une éternité s'était écoulée. Il était persuadé que son enfant avait maintenant une vingtaine d'année, et qu'à son tour il tombait amoureux. Il s'imaginait Vaë, un peu plus vieille, veillant sur lui, Ephraïm à ses côtés. Il voyait les traits de son enfant, avec les cheveux de sa mère et les yeux de son père…et cela lui tirait une larme.

Alors cette fois, lorsque la porte s'ouvrit, il se recroquevilla encore plus, apeuré. Mais la grosse brute le pris au bras et le remit sur ses pieds de force, le traînant à sa suite. Ses jambes répondaient mal mais il marchait ! Il…il marchait ! Il regardait tout comme un bébé curieux, ses yeux se gorgeant des images. Il n'avait eu droit qu'au noir, toujours le noir, et maintenant, chaque chose était la perfection même. Mais la perfection fût perfectionnée encore lorsqu'il vit qui l'attendait dans cette pièce close et sans fenêtres.

Il la fixait, ne cillait plus, réussit même à sourire. On l'installa sur la chaise en face des femmes et on lui lia les poignets et les chevilles à ladite chaise pour être sûrs qu'il ne fasse rien. Et oui avec toutes ses crises, il était considéré comme un fou niveau un, le pire de tous.

Il les regardait, toutes les deux, se sentant revivre d'un coup. Lentement, une larme roula sur sa joue et il tendit une main sur la table, avec le peu de mou qu'il avait. Tout de suite, Melley posa la sienne dessus, la serrant brièvement avant de laisser Vaë la prendre entre ses doigts fins. Le contact si chaud…

-Maman…Vaë…je suis…si content de vous voir…Dit-il, enroué. Parler lui faisait mal après tout ce temps.

-Nous aussi mon cœur nous aussi…mais nous n'avons pas beaucoup de temps. Comment te sens-tu ?

-Je…ne sais pas…depuis combien de temps ?

Plus d'une semaine puisque Vaë était de retour. Son visage, bien que tiré par la fatigue, était toujours aussi beau, aussi lisse, aussi fin. Et il ne pouvait pas la toucher. Sauf sa main qu'il serrait dans la sienne, désespérément. Il mit son autre main sur la table et Melley la prit de la même façon pour répondre.

-Une semaine mon cœur. Mais nous ferons tout pour te sortir de là.

Liam leur souriait, ne voulant pas les inquiéter par sa tête plus que…horrible.

-Je vous aime…

Il espérait qu'elles puissent encore rester quelques minutes. Ainsi il arriverait à tenir encore un temps et ne pas s'autodétruire. Il avait compris maintenant. Les mages faisaient tout pour qu'il se tue de lui-même pour ne pas être accusés. Il serrait les mains fortement, ne voulant même plus les lâcher. Maintenant, il voulait entendre leurs voix…leurs douces voix et surtout Vaë, puisque Melley avait déjà parlé. Il voulait l'entendre avant qu'on le remmène dans le noir…ses cheveux blancs illumineraient à eux seuls la cellule…

Spoiler:
 
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Vaënadiel Eira



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mer 19 Déc 2012 - 2:20

Un vent d’espoir, part.1

La silhouette de Melley et celle d’Heïan se dessinèrent dans l’embrasure de la porte alors que la gorge de Vaënadiel se serrait. La vision devenait brouillée et ses lèvres commençaient à trembler légèrement, car elle commençait à être émotive. Ils lui avaient tant manqué ! Quittant brusquement Omar, la druidesse se rua vers eux et se jeta littéralement dans leur bras alors que les parents de Liam l’encerclaient de leur bras. Laissant la petite à sa femme, Heïan fit signe de tête au géant et l’invita à le suivre sur le côté de la maison pendant que les femmes retournaient à l’intérieur. Une fois seuls, les deux hommes s’échangèrent des poignées de bras de gamins et se sourirent.

‘‘ Merci pour ton message ... je commençais à perdre espoir avec tout ce qui se passait. J’ai cru un instant que moi et ma famille étions livrés à nous même. ‘‘

‘‘ Ah ! Mais la honte ! Tu devrais avoir honte de dire une telle chose, Heïan. On oublis son frère d’armes?! ‘‘ Lança t-il avec une mine faussement offusquée. ‘‘ Il n’y a pas que moi et les mecs du quartier général, Heïan. Les citoyens ne soutiennent pas tous les Orson et encore moins ceux qui ne font pas partirent de la bourgeoisie. Vous avez plus de soutien que vous ne le croyez, mais il est toujours silencieux au risque de représailles ... ‘‘

Heïan fronça les sourcils et baissa légèrement les yeux vers la verdure qui avait perdu de son éclat et de sa vivacité avec le froid. Omar posa une main sur son épaule et le secoua légèrement.

‘‘ Cesse de te casser le coco pour quelques secondes. Tu es épuisé alors ça ne donnera rien ... ‘‘

‘‘ Je suppose que tu as raison. ‘‘ Lança t-il, un faible sourire en coin aux lèvres. ‘‘ Tu sembles avoir un plan derrière la tête. À moins que je ne me trompe ? ‘‘

En effet, le grand homme avait un sourire mesquin et une lueur étrange dans les yeux. Il avait effectivement un plan et son supérieur temporairement suspendu avait misé juste. Ce plan allait en jeté et ça allait barder. Les Orson regretteraient amèrement d’avoir osé continuer à entacher le nom des Kreiss dans tout Beolan.

‘‘ Ton oncle Berthan est toujours aussi influent non ? Il me semble qu’il est toujours dans le marchandage malgré son âge. ‘‘ Demanda t-il à Heïan qui ne fit que réponde par l’affirmative. Alors qu’il continua : ‘‘ Bien donc, nous avons déjà un certain nombre de personnes derrière nous, sans compter les gens qui t’apprécient. On s’entend que depuis que tu es entré en service, la criminalité a drôlement diminué. ‘‘

‘‘ Je ... n’avais pas remarqué ça, pour être honnête. ‘‘

‘‘ Normal ! Les trois quarts du temps, tu es enfermé dans ton bureau à remplir des dossiers. Les gars eux, l’on remarqué. Il y a beaucoup moins d’accidents lors des rondes, la foire est devenue plus sécuritaire pour les marchands avec la présence de soldats et ils retournent chaque soir rejoindre leur femme et leurs enfants. Heïan ... tu te sous-estime grandement. Ton fils n’est pas dingue, on l’a poussé à bout de manière vicieuse et celle qui devra être enfermée est Keira. Malheureusement pour tous, la bête noire est sortie de sa tanière après un long sommeil. Alors dès demain, je passerai le message subtilement aux marchands qui feront eux aussi leur part. D’ici quelques jours, tu devrais voir une parade dans la rue. J’ai aussi croisé le père d’Eirika en route et il te soutient dans cette démarche. D’ailleurs, il est sensé passer te voir demain en matinée pour discuter. ‘‘

‘‘ Omar ... Ne te donne pas autant de mal. À t’entendre, on dirait que tu vas lever une armée pour défendre notre cause. ‘‘

‘‘ C’est bien le cas, oui. ‘‘ Dit-il avec un sérieux qui fit blêmir Heïan. ‘‘ Je rigole ! Voyons ... ne fais pas cette tête, Heïan. Cependant, je vais bel et bien mobiliser les gens et ton fils reviendra à la maison bientôt. C’est une promesse. ‘‘

‘‘ C’est plus que j’en demande, Omar ... mais vraiment ... merci. ‘‘

‘‘ Bin voyons ! Tu m’a donné un bon boulot et franchement, je n’aurais pas pu espérer mieux. C’est la moindre des choses d’aider son supérieur, mais aussi son ami, non ? ‘‘

Heïan ne sut trouver les mots pour lui exprimer sa gratitude et se promit qu’Omar recevrait la récompense qu’il méritait dès qu’il serait de retour en service, car encore une fois, le grand homme allait travailler fort en dehors des heures de travail régulières. Lui promettant cependant de l’aider dans ses démarches.

Pendant ce temps à l’intérieur, Vaënadiel suivait Melley qui avait séché ses larmes et l’avait amené avec elle dans la salle de bain du rez-de-chaussée, demandant des vêtements propres à une domestique qui se chargea de monter à l’étage en chercher. La druidesse avait donc filé se tremper dans la baignoire et soupira de délice en sentant la chaleur de l’eau sur sa peau. C’était tellement apaisant après une longue semaine dans le froid et l’humidité ! Et surtout ... surtout ! Elle n’avait plus à entendre les perversités de ses compagnons de cellule. Prenant bien le temps de se laver, la jeune femme oublia le temps qui filait et n’entendit surtout pas Melley ramener son frère et Elayne. Sa crinière essorée et humide cascadait dans son dos, séchant à l’air ambiant alors qu’elle enfilait ses vêtements. Lorsqu’elle ouvrit la porte, son sourire s’étira lorsqu’elle vit son frère qui ouvrait les bras.

‘‘ EPH ! ‘‘ S’écria-t-elle en sautant dans ses bras. ‘‘ Tu m’as tant manqué ... ! Je suis si contente de te voir ! ‘‘

‘‘ Wouah ! Tu es en forme pour quelqu’un qui sort de prison ! ‘‘ Lâcha t-il en ricanant, serrant fortement sa soeur et déposant un baiser sur son front.

Ce fut ensuite le tour d’Elayne à se faire sauter dessus, Vaënadiel suspendu à son cou. Mais comme la brunette n’était pas aussi forte que les hommes, son corps se pencha vers l’avant d’un coup et elle se mit à rire. Il fallait qu’elle lui dise pour elle et son frère lorsque l’occasion se présenterait, mais ce n’était pas encore le moment. Alors, elle se mordit la lèvre et retint son hurlement de joie. Pendant ces retrouvailles, Heïan entra et vint les rejoindre afin de se rendre à la salle à manger où le repas les attendait déjà. Vaënadiel regardait son assiette et retenait avec difficulté sa grimace, regardant plutôt la place à côté d’elle. Son estomac était noué; Liam lui manquait tellement ... mais les hurlements de son ventre ne cessaient pas. Melley lui dit alors :

‘‘ Mange, Vaë. Pour ton enfant. Demain je t’emmène le voir. En espérant que l’on puisse le faire… ‘‘

Pour leur enfant ... Se résignant, la druidesse prit sa fourchette et commença à picorer, l’appétit venant bien assez rapidement. Elle mangeait goulument et en redemandait même, sous les rires de la famille qui était plus que soulagée de la voir dans un si bon état d’esprit malgré la situation. En silence, ils terminèrent le repas et ils quittèrent la salle à manger pour pouvoir monter à l’étage, les parents allant un peu profiter du feu comme à leur habitude. Le repos avait été en option cette dernière semaine et maintenant qu’il y avait un poids de moins sur leurs épaules, la fatigue les avait rattrapés. À l’étage, Vaë se dirigeait vers l’escalier lorsqu’elle sentit la main de Melley autour de son poignet. Arquant un sourcil, elle se retourna dans sa direction.

‘‘ Elayne, ton lit peut-il contenir trois personnes ? ‘‘

Trois personnes ? Les yeux aqua se posèrent sur Elayne qui hochait affirmativement la tête qui prit à son tour son poignet pour l’entraîner avec elle à l’étage. Confuse, Vaë tentait de regarder son frère qui marchait juste derrière elle et il ne put s’empêcher de lui sourire bêtement et de hausser les épaules. Décidément, elle ne comprenait, mais ne tarderait pas à les questionner dès qu’ils seraient dans la chambre. Ce fut Ephraïm qui ferma la porte derrière tout ce beau monde. Il prit alors sa soeur dans ses bras, lui qui lâchait un cri de stupeur, et la lança dans le lit alors qu’elle hurlait puis riait. Elayne vint la rejoindre de la même manière puis ce fut son tour, les faisant voler dans les airs sous l’effet de rebond de son poids sur le matelas.

‘‘ Vaë, tu seras au centre. Il ne faudrait quand même pas que tu tombes en bas du lit. ‘‘

‘‘ Mais ... ‘‘

‘‘ Pas de mais ! Allez, viens avec moi. ‘‘

La tête folle, Vaënadiel fut entraînée par Elayne jusqu’à la salle de bain où elle lui ordonna d’aller se changer derrière le paravent et d’enfiler ses vêtements de nuit. De l’autre côté, elle fit de même puis elle en profita pour lui annoncer la nouvelle.

‘‘ Ton frère a fait les premiers pas ... cet après-midi. ‘‘ Dit-elle, tressant les cheveux de Vaë qui la regardait par delà la glace.

Ses yeux océaniques s’étaient rondis et un large sourire illumina son visage. Se retournant vivement vers Elayne qui lâcha prise sur la longue chevelure de sa soeur d’adoption, Vaë lâcha un cri strident et sauta sur place avant de lui sauter au cou. La brunette ne tarda pas à l’imiter et Eph’ dut toquer à la porte et leur demander si tout allait bien. Les jeunes femmes se mirent à rire.

‘‘ Oui ! ‘‘ Dirent-elles de concert.

‘‘ Bien ..., je croyais que vous étiez en train de vous faire avaler par la baignoire. ‘‘ Lâcha t-il de l’autre côté

Les jeunes femmes ricanèrent silencieusement et baissa le ton pour se mettre à murmurer entre elles pour être certaine que le nordique n’entende rien de l’autre côté. Curieuse, Vaënadiel regarda Elayne et demanda:

‘‘ Et puis, comme s’y est-il prit ? ‘‘

‘‘ Il s’est mélangé entre votre langue natale et la nôtre. C’est tellement mignon quand il fait ça ! Et puis il m’a sorti une histoire de nain de jardin pour dire que j’étais ... magnifique. Je l’ai forcé à me regarder et il m’a embrassé. C’était ... mmmm ! Il a de ces yeux ... je fonds à chaque fois ... ‘‘

‘‘ Je suis tellement contente, Elayne ! Tu vois, j’avais raison. Sauf que je ne croyais pas que ce serait avec mon frère. ‘‘

‘‘ Merci, Vaë ... du fond du coeur ! ‘‘

Et Elayne serra Vaënadiel dans ses bras, fortement, et un long moment avant de détacha d’elle et de lui sourire tristement.

‘‘ Tu retrouveras Liam bientôt, ma belle Vaë... bientôt. ‘‘

Vaënadiel ne lui répondit que par un faible sourire et elles sortirent enfin de la salle de bain pour se faufiler sur le lit. La druidesse se glissa au centre et Ephraïm se chargea de les border tous les deux, déposant un baiser sur les lèvres de sa nouvelle flamme sous les yeux brillants et le large sourire de sa soeur qui fit un ‘‘ ooooooooh, trognon! ‘‘ qui le fit soupirer. Il bondit de l’autre côté et serra sa soeur contre lui par-derrière alors qu’Elayne tenait sa main pour la rassurer. La jeune femme à la chevelure de neige s’endormit tranquillement avec un sourire aux lèvres, murmurant :

‘‘ Je vous aime ... ‘‘

Ephraîme et Elayne s’échangèrent un doux sourire avant d’eux aussi fermer les yeux, croyant dur comme fer que bientôt Liam serait des leurs. Peut-être pas quatre dans le même lit quand même, mais bon ! Dans le salon, assis sur le canapé, Heïan repoussait des mèches folles du front de sa femme et prit sa main dans la sienne, caressant sa peau du pouce. Son regard dans le sien, Melley lui demanda alors :

‘‘ Tu crois qu’ils nous permettront de le voir ? ‘‘

‘‘ Ils ont intérêt. On ne sépare pas une mère de son fils, tu le sais. Ne t’en fais pas…avec Omar on va tout faire pour qu’il s’en sorte et nous tous avec. ‘‘

Approchant son visage du sien, Heïan embrassa sa tendre épouse avec douceur, gardant son front contre le sien un long moment. Son pouce délaissa sa main et caressa doucement ses lèvres alors qu’elle fermait les yeux, souriant tristement. Elle pensait à son fils tout comme lui, d’ailleurs. Chaque jour ils lui envoyaient des ondes positives pour qu’il ne lâche pas prise et qu’il ne sombre pas totalement dans la folie meurtrière qu’avait son grand-père à l’époque. L’entraînant jusqu’à leur chambre, l’homme mit sa femme au lit et la borda puis posa un baiser sur son front, sur son nez, terminant sur ses lèvres. Le vent finirait par leur être favorable, et ce, grâce à l’aide de son frère d’armes. Une chance qu’Omar existait parce qu’il aurait fallu l’inventer !

Le lendemain matin, les premiers rayons du soleil entrèrent dans les pièces de la maison, réveillant tout ce beau monde. Vaënadiel fut réveillé par les chatouillit de son frère et en pleura de rires sous le sourire d’Elayne qui s’était tiré hors du lit et se brossait les cheveux. Après ce jeu entre frère et soeur, la brunette s’asseya aux côtés de la druidesse et lui dit quelques mots qui lui firent des plus grands biens puisqu’elle commençait à être nerveuse à l’idée d’aller voir Liam. Elle avait surtout peur de voir ce qu’on lui avait fait et dans quel état il serait après cette semaine interminable. Après le déjeuner, Melley invita Vaë à la suivre en prenant sa main et l’aida à enfiler son manteau, tirant le capuchon sur sa tête. Elles sortirent dehors et marchaient d’un pas régulier, la druidesse devenant de plus en plus nerveuse.

‘‘ Ne t’inquiète pas. Nous allons lui redonner espoir. Rien n’est perdu. ‘‘

Mais elle avait quand même peur de ce qu’elle risquait de voir, peur de voir si son amoureux était perdu à jamais bien que la voix au fond d’elle criait que non, qu’il était toujours et serait toujours là. Une énorme bâtisse se dressait devant elles. Ce ne fut pas sans regard qu’elles pénétrèrent à l’intérieur, se faisant arrêter par une femme qui ne les salua aucunement. Melley demanda alors à voir son fils et aussitôt on lui posa une question qui parut anodine pour Vaë. S’ils ne souvenaient pas du nom, elle ne voulait même pas imaginer combien de personnes étaient enfermées ici. Un frisson d’horreur la parcourut lorsque la mère prononça le mot folie, mais ce fut un autre mage qui prit le relais

‘‘ Vous avez de la chance. Vous me disiez deux semaines et je vous jetais dehors. Venez. ‘‘

Vaënadiel serra la main de Melley qui tenait la sienne, regardait partout et déglutissant lorsqu’elle entendait d’étranges cris provenir de lointain couloir. Elles suivaient l’homme juste derrière, ayant hâte d’arriver à destination. Son coeur battait soudainement la chamade dans sa poitrine, mais la mère de Liam tourna les yeux dans sa direction et lui fit un sourire rassurant, lui disant ensuite que tout irait bien. On les conduisit dans une pièce isolée et sans aucune fenêtre, faisant entrer celui qu’elles étaient venues voir. On lui attacha solidement les chevilles et les mains avec des lanières de cuir à la chaise sur laquelle on l’avait assis et Vaë regarda le tout, choquée. Son regard aqua ne manqua pas de croise celui de Liam et son coeur s’accéléra davantage. Avec difficulté, il posa une main sur la table et Melley la serra un court instant avant de lui laisser la place. La jeune femme aux cheveux de neige s’approcha et prit sa main dans les siennes, la serrant en tremblant.

‘‘ Maman…Vaë…je suis…si content de vous voir… ‘‘ Dit-il d’une voix enrouée avec le temps.

‘‘ Nous aussi mon cœur nous aussi…mais nous n’avons pas beaucoup de temps. Comment te sens-tu ? ‘‘

‘‘ Je…ne sais pas…depuis combien de temps ? ‘‘

Ses yeux fauves passèrent d’elle à sa mère le temps de cette partie de l’échange et revinrent se poser sur elle qui ne savait même pas comment réagir tellement elle n’arrivait pas à y croire. Elle voulait essuyer cette larme sur sa joue, mais n’arrivait même plus à se détacher de la main de Liam au risque qu’il s’évapore encore une fois. Melley prit son autre main et répondit à sa question puisque la druidesse n’avait pas réussi à dire quoi que ce soit.

‘‘ Une semaine mon cœur. Mais nous ferons tout pour te sortir de là. ‘‘

‘‘ Je vous aime… ‘‘ Dit-il, leur souriant. Un sourire qui l’apaisait enfin.

Mais un long moment s’écoula avant que Vaënadiel ne trouve la force de parler. Ce fut en voyant un mage entré, suivi d’une grosse brute qu’elle leva les yeux vivement vers eux et leur demande d’un regard suppliant.

‘‘ Laissez-nous encore quelques minutes ... je vous en supplie. ‘‘

‘‘ Deux minutes, pas une seconde de plus ! ‘‘

‘‘ M-merci ... ‘‘

Et lâchant la main de Liam, la jeune femme contourna rapidement la table pour venir s’assoir sur lui et le serrer contre elle. Sa joue contre la sienne, elle ne put retenir ses larmes plus longtemps et caressait ses cheveux d’une main, les yeux fermés et tentant de calmer ses tremblements.

‘‘ Je t’aime ... je t’aime et je t’aimerai toujours ... ‘‘

Elle se recula légèrement de manière à positionner son visage devant le sien et posa ses mains sur ses joues pour les caresser. Un sourire se dessina sur ses lèvres en voyant le sien et elle ne put que l’embrasser tendrement. Son front collé contre le sien, elle se détacha légèrement de lui et murmura:

‘‘ J’attendrai le temps qu’il faudra pour que tu me reviennes... je t’attendrai des années durant s’il le faut, mais je serai là à ton retour. Mon loup ... ‘‘

Le mage et la brute ouvrirent de nouveau la porte et firent sortir les femmes après un dernier baiser de la rose au loup.

Et un dernier regard de la lumière aux ténèbres.

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mer 19 Déc 2012 - 9:39


Les mains toujours serrées dans celles des deux femmes, Liam les regardaient attentivement, gravant l’image sur sa rétine. Il aurait aimé que son père, sa sœur et Eph’ soient là aussi, mais il était déjà plus qu’heureux de voir sa rose et sa mère en face de lui, de sentir leurs odeurs, leurs peau contre la sienne. Tout ce qu’il attendait, c’était que Vaë parle. Qu’il entende sa merveilleuse voix. La chose, toujours trop présente, ne tentait pas de sortir pour une fois. Etait-ce le signe qu’il y arriverait ?

Il vit qu’elle allait enfin parler, lorsqu’il entendit la porte s’ouvrir derrière lui. Non ! Pas encore ! Il voulut leur demander de leur laisser un peu plus de temps, mais Vaë s’en chargea, libérant enfin sa douce voix. Le mage accepta de leur accorder deux minutes, au plus grand bonheur du soi-disant fou et des siens. La porte se referma et Liam retrouva un petit sourire, sous les yeux brillants de sa mère. Vaë elle, lâcha sa main pour se lever, contournant la table lentement. Liam l’observa, chaque mouvement, chaque geste, jusqu’à ce qu’elle s’assoit sur ses genoux et qu’elle le serre contre elle.

L’odeur envahit ses narines, ses poumons, il se calma, il ne pensa plus à la potion, à la chose…il n’y avait que Vaë et son corps contre le sien, Vaë et sa joue contre la sienne, Vaë et ses mains caressant ses cheveux. Il la sentait trembler et sentait les larmes rouler de ses yeux pour se glisser sur ses joues à lui avant qu’elle ne dise :

-Je t’aime ... je t’aime et je t’aimerai toujours ...

Liam ferma les yeux, laissant ses mots mettre du baume en lui. Melley observait la scène en silence, sachant très bien que seule Vaë pouvait remonter totalement le moral de Liam, tout comme elle savait le faire pour Heïan. Et inversement bien sûr.

Vaë se recula alors, les yeux légèrement humides, prit son visage entre ses douces mains chaudes et elle lui sourit, en réponse au sien, né simplement de leur visite. Son visage angélique ce fît plus proche, très proche, et leurs lèvres se retrouvèrent enfin, ne reformant qu’un seul être. Liam ferma les yeux, profitant au maximum, sentant les frissons parcourir son corps.
Lorsqu’elle se détacha, gardant son front contre le sien, elle murmura :

-J’attendrai le temps qu’il faudra pour que tu me reviennes... je t’attendrai des années durant s’il le faut, mais je serai là à ton retour. Mon loup ...

Il sourit, voulut rajouter quelque chose, lui dire qu’il ne la ferait pas attendre longtemps, qu’il voulait être là pour la naissance de leur enfant. Lui présenter ses excuses pour ce geste odieux qu’il avait eu envers elle. Mais il n’en eut plus le temps. La porte se rouvrit sur le mage et la brute, étonnés de voir Vaë sur ses genoux et surtout qu’il ne fasse rien, et emportèrent les visiteuses après un dernier baiser de la jeune femme à son homme. Liam pivota du mieux qu’il put pour les regarder jusqu’à la fin, sa mère lui souriant, rassurante, l’encourageant, Vaë faisant de même. La grosse brute détacha Liam et le pris à nouveau au bras, le traînant à sa suite dans le long couloir. Des cris s’élevaient, certains faibles, d’autres puissants. Le jetant dans sa cellule, la brute dit en riant :

-J’espère que t’as profité…parce que c’est la seule visite que t’auras.

Puis la porte se referma, les ténèbres revinrent et voulurent l’entourer. Mais Liam s’installa contre le mur, créant sa protection. Il voyait devant lui Vaë et sa mère, il sentait sur sa peau leur contact, il sentait encore le goût du baiser sur ses lèvres. Autant de choses qui éloignaient à ses yeux les ténèbres. Quelques minutes plus tard, le mage revint, une piqure en main. Il avait raccompagné les femmes, les rassurant quant au traitement du garçon. Les naïves croyaient réellement qu’il sortirait bientôt…
Sans un mot, il piqua son bras, lui injectant le produit. Un nouveau produit qu’il fallait tester pour voir ses effets avant de l’utiliser à une grande échelle. Il referma la porte, notant dans son cahier qu’il devait repasser deux heures plus tard pour voir le résultat.

Melley et Vaë arrivèrent à la maison, pas totalement sereines, mais déjà plus rassurées après avoir vu Liam. Elles entrèrent et Melley conseilla à la jeune nordique de monter informer Elayne et Eph de l’état du « fou », elle-même le faisant pour Heïan. Celui-ci venait de s’installer dans le canapé, attendant la visite du père d’Eirika. En voyant sa femme revenir, il se redressa, attendant qu’elle vienne à lui.

Melley se blottit contre son époux, soupirant profondément, caressant son torse machinalement. Son beau torse qui avait repris toutes ses tablettes d’antan…avec un baiser sur son front, il lui demanda :

-Alors ? Comment va-t-il ?

Elle releva la tête pour le regarder et répondre :

-Je ne pourrais même pas te dire exactement. Il est là, c’est toujours notre Liam, c’est sûr et certain. Il avait les traits tirés mon cœur, une mine horrible et pourtant, il a sourit en nous voyant, ses yeux se sont mis à étinceler lorsqu’il nous a reconnues. Une brillance si forte que celle de la folie avait presque disparue.

Heïan acquiesça, à moitié rassuré. Elle continua cependant :

-Je ne sais pas ce qu’ils lui font, mais ils n’ont pas l’air tendre, Heïan. Ils l’ont attaché à la chaise pour l’empêcher de bouger, et j’ai vu des griffures sur ses bras, sans pour autant savoir d’où elles proviennent. Et en plus c’est la seule visite que nous avons pu lui faire. Une visite avant les deux premières semaines. Maintenant, il doit continuer à espérer.

Heïan réfléchissait, cherchant quoi répondre à sa femme. Liam avait du refaire une ou plusieurs crises…

-Il sait qu’on est en train de chercher une solution. Il ne perdra pas espoir et je suis convaincu que tout s’arrêtera rapidement.

Oui, depuis la visite d’Omar, il avait le cœur gonflé d’espoir, plus encore qu’avant ou il pensait que tout était bloqué. D’ailleurs, il dût mettre fin à ce moment avec sa femme, un domestique venant l’informer que le père d’Eirika était arrivé.

Respectant les affaires d’Heïan, sachant qu’il lui en parlerait plus tard, Melley prit juste le temps de saluer l’homme et monta à l’étage, entrant dans le bureau. Là, elle fît face à la tapisserie qu’elle avait cousue pour la grande partie, caressant du bout du doigt l’image des jumeaux bébés, à leur naissance. Si innocents, si sereins…ils en avaient vécu des atrocités, rien que l’absence de leur père puis ensuite à l’école, mais ces derniers temps c’était l’apogée. Et comme elle l’avait appris grâce aux cours d’Heïan, lorsque l’on atteint l’apogée, il y a forcément la descente qui s’amorce. Donc, tout devrait réellement changer pour de bon, et tout devrait rentrer dans l’ordre. Elle se disait qu’il fallait prévenir Vaë, parce que même si Liam ressortait et était normal, cette chose serait toujours en lui. Il risquait donc dans le futur de refaire des crises, quels qu’en soient les déclencheurs. Elle devait rester prudente, et encore plus pour l’enfant. Ou les enfants…mais pour celui de Keira pour l’heure c’était compromis. Elle devait rester prudente sans pour autant étouffer Liam en le surveillant sans cesse. Il fallait juste qu’elle trouve le moyen de détecter l’approche d’une crise pour l’enfermer ou tenter de le calmer. Mais bref, ce n’était pas encore le moment pour tout ça. Ils en parleraient une fois que Liam serait de retour, tous ensemble, en famille. Soupirant, elle ressortit de la pièce et se rendit dans la chambre que son fils avait saccagée. Elle était à moitié rangée, Liam l’ayant fait avant de s’en aller. La vitre avait été remplacée mais les oreillers étaient détruits, comme les vases ou certains meubles. Cela montrait la virulence de la chose, de ce qu’ils qualifiaient de folie. Mais son bébé n’était pas fou ! Il avait le gêne de son grand-père oui, mais ce n’était pas comparable. L’amour finirait par prendre le dessus, comme toujours. Comme pour Heïan à l’époque. Parfois, elle se demandait ce qu’il serait devenu, si elle n’était pas passée dans les bois en cherchant son chemin ou si elle ne s’était pas arrêtée pour le soigner. Tant de choses auraient été différentes…et elle ne regrettait rien. Elle était plus qu’heureuse avec lui à ses côtés. Il la comblait sur tous les niveaux et elle ne demandait pas plus à son preux chevalier de mari…

Une bonne heure plus tard, le père d’Eirika fût raccompagné à la porte avec des mots d’encouragements, et tous s’installèrent à table pour manger le repas de midi. Vaë avait retrouvé l’appétit, et cela faisait plaisir à voir. Et elle ne mangeait pas seulement pour deux mais pour trois ! Comme si elle voulait combler l’absence de Liam à ses côtés. La chaise vide leur serrait le cœur, mais bientôt, bientôt, elle serait occupée.

Du côté de Liam, la piqure faisait effet. Il avait tout un côté du corps complètement paralysé. Le côté droit pour être précis. Paralysé et douloureux même. Il démangeait et Liam, lorsqu’il se grattait, ne sentait rien, ce qui faisait qu’il s’arrachait la peau, formant des plaques rouges partout sur ce côté-ci. Il s’était frotté au mur pour s’occuper de son dos, l’ouvrant aussi au contact des pointes de pierres qui dépassaient. Et le mage revint, l’ausculta encore, nota tout dans son cahier et refît le claquement de doigt pour voir l’effet de la piqure sur la folie. Le claquement et les phrases d’accompagnement, comme Keira, pour tout déclencher. La chose refît surface, gagnant sa place en rejetant les images de Vaë et de Melley, prenant sa puissance et lâchant tout. Sauf que cette fois ce ne fût pas aussi violent. Son côté paralysé l’empêchait de faire tout ce qu’elle voulait de lui. Le mage fût satisfait et le laissa tranquille, lui disant que normalement la paralysie devrait s’en aller au bout de quelques heures…
Liam respirait profondément, ignorant les démangeaisons, reformant son écran de lumière grâce à sa rose et sa mère. Il se disait que s’il oubliait leurs traits, à elles comme aux autres, cela signifierait qu’il était perdu.

Chez les Orson, tout était calme. Les Kreiss étaient hors du coup, faibles et non dangereux et ils avaient pu retrouver leur dignité. Mais selon Keira, une semaine en prison n’était pas suffisant pour la sauvage. Elle aurait mérité bien plus avec ce qu’elle avait fait à ses cheveux ! Ses magnifiques cheveux, gâchés par une fille pareille ! Ses yeux avaient bien désenflés et son visage redevenait comme avant, mais ses cheveux mettraient bien plus de temps à repousser. Alors elle se coiffait d’un châle qui couvrait la misère, rongeant sa rancune. En plus, les contractions se rapprochaient. Le bébé allait venir, dans les jours qui venaient, si ce n’était les heures. Et puisque Liam n’avait plus le droit de le garder, elle allait le confier à l’hospice de Beolan. Parce qu’elle était convaincue que le bébé était aussi fou que son père…autant qu’il aille directement chez les aliénés avec son paternel…


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Dernière édition par Liam Kreiss le Mer 19 Déc 2012 - 17:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mer 19 Déc 2012 - 16:06

Un vent d’espoir, part2

Ce fut le coeur lourd que les femmes furent escortées par un mage jusqu’à la sortie de ce bâtiment abritant les fous de Beolan. Vaënadiel n’avait pu se retenir de prendre la main de Melley, cherchant un peu de réconfort après avoir quitté son homme. Cela faisait une semaine qu’elle ne l’avait pas vu et avait eu l’occasion de profiter de sa présence cinq petites minutes seulement. Un soupir s’échappa de ses poumons et elle baissa les yeux au sol, tenant son pendentif au creux de son autre main. Avant de mettre le pied dehors, leur accompagnateur les rassura et leur mentit sur le fait que l’homme pourrait sortir bientôt.

Pourquoi la druidesse avait-elle l’impression que cet homme se riait d’elles ?

Ses pupilles ... Elles dilataient ...

La druidesse le regarda longuement en silence puis suivit la mère qui l’entraînait à la lumière du jour et hors de ce lieu sinistre. En silence, elles retournèrent donc vers la villa toujours camouflée sous leur capuchon. Les regards ne s’attardaient pas sur elles qui passaient incognito dans la rue menant au quartier bourgeois. Une fois arrivées, Melley et Vaënadiel donnèrent leur manteau à une domestique qui disparut aussitôt avec. Sous les recommandations de la maîtresse de la maison, la jeune femme à la chevelure de neige monta à l’étage pour rejoindre son frère et Elayne. Avant d’entrer, elle toqua et attendit.

‘‘ Entrez ! ‘‘ S’éleva la voix de la brunette, de l’autre côté.

Vaë entra en ouvrant lentement la porte de la pièce. Les tourtereaux étaient assis sur la banquette devant la fenêtre; Eph adossé contre le mur et Elayne dos contre son torse. Ils tournèrent les yeux vers la nordique qui vint prendre place devant eux. La jumelle arqua un sourcil et questionna Vaënadiel du regard tout comme son frère. Elle soupira puis leur offrit un faible sourire avant de prendre la parole et de faire taire le suspens.

‘‘ Il n’est pas dans une grande forme, mais il était lui lorsque nous l’avons vu ... il semblait, si heureux de nous voir. Ses yeux pétillaient tellement... ‘‘

‘‘ Et puis ? Qu’ont-ils dit ? Va t-il sortir bientôt ? ‘‘

‘‘ Le mage nous a dit que oui, mais je crois qu’il nous a caché quelque chose ... il mentait ... Liam semblait mort de fatigue. J’ai vu des marques qui n’étaient pas là avant. J’ose espérer qu’il disait la vérité et que mon homme reviendra. ‘‘

Elayne et Ephraïm eurent un sourire triste en voyant la mine dépitée de la druidesse. Ils étaient conscients que sa présence lui manquait affreusement puisque ces deux-là avaient été pratiquement inséparables depuis leur rencontre. Rares avaient été les fois, sauf exceptions, où ils avaient été séparés. Le nordique lui fit signe de venir prendre place aux côtés d’Elayne et il les entoura toutes les deux de ses bras pour les serrer contre elle.

‘‘ Et si tu donnais des cours de langue à Elayne ? Je suis certain qu’elle meurt d’envie de comprendre notre dialecte et puis, ça te changera un peu les idées. Ça me rend dépressif te voir comme ça. ‘‘

Vaënadiel dut se casser le cou pour pouvoir regarder son frère d’un air interrogateur, portant ensuite son attention sur Elayne qui acquiesçant rapidement pour montrer son approbation. Un sourire se dessina enfin sur les lèvres de la jeune femme qui accepta et elle commença alors ses leçons. En bas, Melley s’était occupé de son époux qui venait à peine de s’installer dans le salon, attendant la visite du père d’Eirika, la jeune femme qui avait sorti Liam de son merdier quelques mois plus tôt. Heïan s’était levé et avait ouvert les bras pour acceuillir sa moitié, l’y emprisonnant ensuite. Il déposa un baiser au sommet de sa tête puis sur son front et caressait son dos doucement.

‘‘ Alors ? Comment va-t-il ? ‘‘

Il sentit Melley se détacher légèrement de lui pour lever ses yeux vairons qu’il ne se lasserait jamais d’admirer. Répondant à sa question, elle dit:

‘‘ Je ne pourrais même pas te dire exactement. Il est là, c’est toujours notre Liam, c’est sûr et certain. Il avait les traits tirés mon cœur, une mine horrible et pourtant, il a souri en nous voyant, ses yeux se sont mis à étinceler lorsqu’il nous a reconnues. Une brillance si forte que celle de la folie avait presque disparut. Je ne sais pas ce qu’ils lui font, mais ils n’ont pas l’air tendre, Heïan. Ils l’ont attaché à la chaise pour l’empêcher de bouger, et j’ai vu des griffures sur ses bras, sans pour autant savoir d’où elles proviennent. Et en plus, c’est la seule visite que nous avons pu lui faire. Une visite avant les deux premières semaines. Maintenant, il doit continuer à espérer. ‘‘

Bon sang ... ce qu’il avait envie de faire une visite surprise à cet endroit ! Mais comme on l’avait relevé de ses fonctions, il n’avait plus aucun pouvoir hormis celui de rester à la maison et d’agir dans l’ombre avec l’aide de son second et fidèle compagnon, Omar. Heïan n’arrêtait pas de réfléchir, oui ... comme d’habitude. S’il y avait des éraflures sur sa peau, c’est qu’il avait fait des crises. Étaient-elles venues naturellement où l’avait-on forcé ? Quoi qu’il en soit, il dit :

‘‘ Il sait qu’on est en train de chercher une solution. Il ne perdra pas espoir et je suis convaincu que tout s’arrêtera rapidement. ‘‘

‘‘ Monsieur Kreiss ? ‘‘ Dit une domestique en les interrompant poliment. ‘‘ Pardon, mais Monsieur Eyden est là. ‘‘

‘‘ Faîtes le entrer je vous prie. ‘‘ Lui dit-il. ‘‘ Veuillez m’excuser, belle dame, mais je vous reviens plus tard avec les détails. ‘‘

Il fallait bien sourire en peu même si ce n’était pas leurs jours de chance. Embrassant sa femme tendrement, Heïan la laissa filer à l’étage alors qu’il acceuillait le père d’Eirika et qu’ils prenaient place dans le salon.

‘‘ C’est une splendide demeure que vous avez là. Il me semble qu’elle appartenait à votre père anciennement non ? ‘‘ Demanda Eyden, acceptant la tasse de thé qu’un domestique lui tendait. ‘‘ Merci. ‘‘

‘‘ Oui en effet. Mon oncle l’a retapé il y a bien longtemps. Alors, que me vaut l’honneur de votre visite, Arthas ? ‘‘

‘‘ Omar vous a déjà mis au courant, je crois, mais je viens surtout parce que je veux vous porter mon aide. J’ai su pour votre poste, pour votre fils était enfermé pour folie et que sa compagne avait séjourné en prison au cours des derniers jours. ‘‘

‘‘ Oui ... les nouvelles vont vite ... ‘‘ Dit-il en soupirant.

‘‘ Les rumeurs courent que les bourgeois rangés du côté des Orson cherchent à faire bannir la sauvage, comme ils l’appellent. Ils veulent qu’elle déguerpisse parce qu’elle est trop dangereuse et veulent aussi votre départ. ‘‘ Il vit Heïan blêmir d’un seul coup et poursuivit aussitôt. ‘‘ Je suis de votre côté, Heïan, comme bon nombre de citoyens ... ‘‘

‘‘ Nos deux familles seules ne parviendront jamais à faire reculer les Orson, Arthas ... Les citoyens ne se mobiliseront jamais seuls. Ils ont peur ... ‘‘

Artha eut un sourire en coin et but une autre gorgée de son thé avant de poursuivre. Déposa la tasse sur la petite table, il regarda Heïan avec un peu plus de sérieux.

‘‘ Entrons dans le vif du sujet, si vous voulez bien. ‘‘ Dit-il. ‘‘ J’ai croisé Omar ce matin et il a déjà commencé à parler aux marchands sur la place du marché qui feront du bouche à oreille aux citoyens. Libre à ceux qui veulent de faire entendre leur voix. Mais il n’y a pas qu’eux, votre oncle Berthan est déjà dans la rue avec Serra et rassemble les bourgeois qui vous soutiennent. ‘‘

‘‘ Quoi ?! Mon oncle sait ? ‘‘ Cracha t-il, littéralement surpris.

‘‘ Bien sûr ! Il aurait seulement voulu que vous lui dite vous-même, mais bref. Ça ne me regarde pas. ‘‘ Lança t-il en souriant, Heïan en faisant de même. ‘‘ D’ici quelques jours, il y aura un rassemblement devant la demeure des Orson. Omar s’en charge comme si c’était son bébé ... il veut que votre supérieur voit de ses yeux ce qui se passe. ‘‘

Arthas termina son thé et se leva du fauteuil, accompagné par Heïan qui l’escorta jusqu’à l’entrée où un domestique lui redonna son manteau. Ils se serrèrent la main d’un geste ferme et se sourirent.

‘‘ Merci infiniment, Arthas. ‘‘

‘‘ C’est tout naturel et puis, je ne supporte pas cette famille odieuse et hautaine qui n’hésite pas à écraser les gens sous leur pied. Alors ..., surtout, ne baissez pas les bras. Au courant des prochains jours, le vent soufflera dans une tout autre direction. ‘‘

Sur ces paroles, les deux hommes se saluèrent et Heïan referma la porte. Un long soupir de soulagement s’échappa de ses poumons, soulevant son poitrail alors que le reste des membres de la famille descendait. Vaë la première, le hurlement de son ventre ne tarda pas à se faire entendre et provoqua bien des rires. Mal à l’aise, elle frotta son ventre doucement et prit place à table, s’emplissant la bouche. Ce qu’elle avait faim ! Tout le monde réuni, ou presque, le maître de la maison fit part de sa conversation et la seule personne qui n’écoutait pas était la druidesse. Seule la nourriture lui importait et lorsqu’elle sentit de regards sur elle, Vaë leva la tête avec deux joues bien rondes et bien pleines pour les observer à tour de rôle, confuse. Ils ricanèrent et Vaë se mit à rougir et souriait bêtement, avalant sa bouchée avec difficulté.

En après-midi, la famille alla prendre l’air dans le jardin et Vaënadiel en profita pour jouer avec Meeko dans la fontaine alors qu’Elayne lui courait après pour qu’elle en sorte. L’eau était froide et elle allait attraper froid. Ce fut Ephraïm qui dut la sortir de là en la prenant dans ses bras et l’obligeant à monter dans la chambre. La jumelle le Liam la força à entrer dans la salle de bain et la changea lui-même avant de la pousser dans le lit où elle se réchaufferait. De toute façon, une sieste après une semaine pareille lui ferait des plus grands biens. En soirée, Berthan vint leur rendre visite avec quelques pères de famille bourgeoise à la plus grande surprise des Kreiss. Ceux-ci venaient leur apporter leur soutien, leur promettant que les Orson regretteraient d’être nés espérant aussi qu’ils partiraient de Beolan pour de bon à cause de leur fille. Ce fut donc la cacophonie dans le salon jusqu’à bien tard dans la nuit.

Dès le lendemain, la guerre débuterait ...

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mer 19 Déc 2012 - 18:20


Lorsque Heïan leur avait rapporté les paroles de M. Eyden, personne n’avait osé y croire réellement. Et pourtant, le soir même, Berthan débarqua, accompagné de plusieurs familles bourgeoises. Melley était sidérée de voir que tout ce monde les soutenaient, elle et les siens. Avec tout ça en plus, ils n’avaient même pas pensé à parler avec Berthan, et elle sentait qu’il leur ferait la remarque…mais tout c’était enchaîné trop rapidement…
Les hommes et les femmes venaient voir Vaë, s’enquéraient de sa santé, de son bébé, si elle tenait le coup, lui assurant que tout s’arrangerait et qu’elle était plus que bienvenue à Beolan, elle comme son frère. Melley restait près d’elle et Elayne près d’Ephraïm pour les aider avec tous ses inconnus, Heïan s’occupant de parler de leur projet et de tout ficeler en compagnie de son oncle. Cela dura jusque tard dans la nuit, et ils durent presque porter Vaë au lit tant elle était fatiguée. En même temps, après la semaine écoulée, et son sixième mois de grossesse qui approchait, ce n’était pas simple…

Heïan et Melley se couchèrent en dernier, souriant enfin.

-Il sera bientôt de retour ?

-Oui mon cœur, je te le promets. Répondit-il en l’embrassant.

Ils s’endormirent, songeant à tout ça. Melley, elle, se disait qu’au retour de Liam il allait falloir être délicats. Vu son état lors de la visite, ils allaient devoir être faire attention. Mais il serait là, c’était l’essentiel. Heïan lui, repensait à tout leur plan d’action vérifiant tout, cherchant les moindres failles à combler. Il voulait être sûr que les Orson perdraient pour de bon.

La paralysie c’était effectivement retirée au bout de quelques heures. Liam était toujours assis dans sa cellule, et mangeait le peu qu’on lui avait donné. Il se forçait à réfléchir, sur tout et n’importe quoi pour ne pas se laisser couler. La chose était là en permanence, à l’affût du claquement de doigts. Maintenant, les phrases de remords ne servaient même plus des masses. Comme un chien dressé au claquement de doigt.
Il pensait à Vaë, évidemment, à sa famille, à Ephraïm…il devait rester lui jusqu’au bout. Parce que les mages ne le soignaient pas, au contraire. Ils le prenaient en cobaye pour leurs potions et forçaient la folie à jaillir. Il avait compris ça tout de même. Maintenant il comprenait pourquoi aucun fou n’était encore sorti. Enfin. Si ils en sortaient, mais morts et par la petite porte. Lorsque le mage ouvrait la porte, il entendait les cris des autres fous, entendait leurs supplications, entendaient leurs prières qu’ils hurlaient. Ceux-là étaient ravagés. Lui non, pas encore. Et il ne le serait jamais.

Depuis combien de temps n’avait-il plus dormit correctement, une nuit complète et réparatrice ? Et d’ailleurs, quand est-ce que c’était la nuit et le jour ? Enfermé, c’était la même chose, et lorsqu’ils ouvraient la porte, cela ne l’aidait pas, puisqu’ils étaient sous terre. Mais il voyait encore la blancheur des cheveux de Vaë. Il sentait encore sa peau contre la sienne et son goût sucré lors du baiser.
Il se prit à sourire lorsque la porte s’ouvrit sur l’homme et la brute.

-Qu’est-ce qui vous fait donc sourire ainsi, Monsieur Kreiss ?

Bien la première fois qu’il lui faisait la conversation avant de lui injecter un produit ou de déclencher une crise. Le regardant, Liam répondit :

-L’amour.

L’autre partit dans un grand éclat de rire et lui dit entre deux spasmes :

-Mais voyons…les fous ne connaissent pas l’amour…personne n’aime un fou.

-Je ne suis pas fou.

-Oh que si. Et un sacré fou même. Le meilleur cas que j’ai jamais vu.

Il se redressa et vu la lueur dans le regard du mage, Liam perdit son sourire. Non…il allait se venger. Il le sentait. Et en effet, le claquement de doigt suivit rapidement et la chose explosa, Liam hurla, cria, fracassa tout, se prenant la tête entre les mains, tentant de frapper le mage mais rejeté par la brute sans ménagement. Et le mage recommença, recommença, claquement sur claquement, crise sur crise…

Deux heures. Deux heures ainsi. A la fin, Liam était plus qu’en sueur, vidé de toute énergie. Même plus la force d’ouvrir la bouche pour parler. Le mage se pencha à nouveau, prenant son menton entre ses doigts pour lui relever la tête et lui dire :

-Vous êtes fou, mon cher. Personne ne vous aime. Parce que vous êtes fou. Buvez maintenant.

Liam voulut refuser, lui dire que si, justement, il avait des gens qui l’aimaient, qu’il n’était pas fou, mais il en fût incapable. On lui fît ingurgiter le liquide infect et ils repartirent, satisfaits.

Les jours suivirent et furent similaires pour un peu tout le monde. Heïan, depuis chez lui, organisait le tout, voyait en cachette ses alliés, recevant les informations. Melley s’occupait des jeunes, pour qu’ils ne s’inquiètent pas de trop. Souvent elles s’amusaient à toucher le ventre de Vaë, pour tenter de ressentir les coups du bébé qui commençaient à se faire ressentir, mais très faiblement. La jeune nordique était la première surprise et Ephraïm faisait les gros yeux, manquant défaillir en imaginant ce qu’il y avait dans les entrailles de sa sœur. Elayne était émerveillée au contraire, et bombardait sa mère de questions sur sa propre grossesse, lorsqu’elle imaginait attendre qu’un enfant alors qu’il y en avait deux. Et cela stressait Vaë qui espérait n’en avoir qu’un. Melley se prêtait au jeu, contente de dévier leurs pensées vers quelque chose de plus joyeux que se qui se tramait.

Pour Liam, c'était devenu encore pire. Il refusait de laisser la folie de le ravager et les mages faisaient tout pour le faire craquer. Pour le détruire pour qu'ils puissent poursuivre leurs tâches. La dernière potion qu'ils lui avaient donnée l'avait plongé dans une sorte de sommeil et il ne s'était réveillé que deux heures plus tard, encore plus fatigué qu'avant et les muscles engourdis. Depuis deux jours, ils ne lui avaient plus rien donné, mais ils continuaient à lui faire faire des crises. L'une après l'autre, toujours plus longue, toujours plus violente. Peu à peu, la chose s'agrippait dans ses entrailles et ne semblait ne plus vouloir le relâcher. Des fois, Liam perdait le peu de lucidité qu'il avait encore, souhaitant plonger dans la folie pour enfin être libéré, comme le lui promettait le mage. Mais l'image de Vaë ramenait cette même lucidité avec force. Il ne…devait pas sombrer ! Il tentait de se relever, de marcher un peu, mais il n'avait plus la moindre once de force. Il était amaigri, les traits tirés, les griffures et les plaques rouges visibles sur ses bras. En somme il n'était vraiment plus très beau à voir et choquerait sûrement les siens en ressortant. S'il ressortait. Il priait pour que tout cela cesse, mais rien ne venait. Juste après une crise générée par le mage, Liam se disait qu'il n'y avait plus d'espoir. Que c'était finit. Mais peu à peu il se convainquait du contraire. Et il continuait de croire en sa famille. Coûte que coûte, se raccrocher à ce petit filet de lumière pour sortir du puits…

Presque une semaine et demie après la visite de Melley et Vaë, tout fût prêt. Les gens étaient prêts pour le rassemblement. Heïan avait dit qu'ils attendraient le faucon d'Omar pour sortir, faisant comme s'ils se promenaient. Pour être sûrs.

Chez les Orsons, Keira avait de plus en plus de contractions. Ils avaient fait venir une mage spécialisée et elle avait annoncé que le travail avait commencé. Elle avait voulu attendre le père du bébé mais Keira lui avait répliqué :

-Il est chez les fous ! Sortez moi cette chose de mon ventre et vite !

Elle avait mal comme jamais et maudit Liam de tout son être pour cette souffrance qu'il lui avait causée. Bien sûr sans se soucier de celle qu'elle-même avait infligée aux Kreiss et aux nordiques.

Elle entreprit de pousser comme on le lui disait, alors que ses parents se sentaient…observés. La mère relâcha la main de sa fille et s'approcha de la fenêtre, fronçant les sourcils alors que son mari la rejoignait. Dehors se trouvait des dizaines et des dizaines de personnes. Ils étaient vraiment nombreux. Une grosse masse noire de monde qui fixait la maison dans le silence complet, immobiles. Certains étaient assis sur leurs talons, sans pour autant regarder autre chose que la demeure. Le père vit les gardes, plus loin, tout aussi immobiles, regardant la maison avec les citoyens. Et…d'un coup, les Orson eurent peur.

Ce fût un cri de Keira qui les ramena à la réalité. Leur fille accouchait. Ils devaient être là pour elle jusqu'à la naissance puis seulement s'occuper de cette foule qui s'agglutinait et qui ne cessait de croître…

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mer 19 Déc 2012 - 20:04

Un vent d’espoir, part.3

Récupérant encore de sa semaine où le sommeil avait été très peu présent, Vaënadiel dormit comme une souche, et ce, jusqu’à bien tard dans l’après-midi. Personne n’avait osé la réveiller alors que le rassemblement avait lieu en ville et plus précisément devant le manoir de la famille Orson. Ainsi, elle se retrouva seule dans la villa avec les domestiques prévenus. De toute manière, elle dormait et se trouvait au centre de l’immense lit d’Elayne surveillée par Meeko qui était blotti contre elle, dans ses bras.

En ville, on avait attendu les coups de midi avant de fermer boutique et une bonne partie des citoyens appuyant les Kreiss marchèrent dans la même direction et surtout dans le plus grand des silences. Quelques soldats avaient quitté leur poste, désobéissant au Général qui n’y comprenait plus rien. Le quartier général se retrouva donc vidé alors que d’autres hommes veillaient tout de même sur la ville en elle-même dans les rues. Peu à peu, une foule s’amassait dans le quartier bourgeois, mélangeant les riches jusqu’aux plus pauvres. Plus les secondes s’écoulaient et plus la masse s’élargissait, s’agrandissait. Omar se trouvait derrière toute cette foule, en retrait alors que son supérieur accourait vers lui, essoufflé.

‘‘ Par tous les dieux ! Pouvez-vous me dire ce qui se passe ici ?! Faites déguerpir tous ces gens d’ici ! ‘‘

‘‘ Non ... ‘‘ Souffla t-il, calmement. ‘‘ J’aimerais cependant que vous restiez et observiez ce qui se passera, Général. Les citoyens risquent de vous apprendre quelque chose aujourd’hui. ‘‘

L’homme de loi regarda le géant d’un oeil perplexe, mais décida d’écouter se posta à ses côtés et attendit. La foule s’agrandissait toujours et les Kreiss eurent enfin leur signal, pouvant sortir et rejoindre Omar qui avait son petit sourire fier sur les lèvres, cependant, le Général tourna les yeux vers lui d’un air sévère.

‘‘ Vous avez orchestré tout ça ? ‘‘

‘‘ Non, mon Général. ‘‘ Dit Heïan calmement et surpris de voir autant de gens réunis en un seul endroit. ‘‘ Je ne faisais que passer par là. Il faut dire que j’en avais marre de rester cloîtré dans ma villa. ‘‘

Omar lui donna un coup de coude subtil dans les côtes, le Capitaine le lui renvoyant. Soudainement, la porte du manoir des Orson s’ouvrit et le maître de la maison se présenta dans l’embrasure de celle-ci, regardant l’assemblée avec un visage blanc. Sa femme, juste derrière, ne se risqua pas à sortir au risque de se faire huer sauf qu’un silence de mort régnait sur cette masse de têtes. Seuls des yeux les fixaient sans dériver. Bombant le torse après une profonde inspiration, Orson s’approcha de la première marche de l’escalier de pierre et éleva la voix:

‘‘ Que voulez-vous ?! ‘‘

Un premier citoyen se détacha de la foule, venant visiblement de la classe moyenne des citoyens; ni riche, ni pauvre. Il darda l’homme qui ne se détachait pas de son manoir et dit d’une voix forte :

‘‘ Que vous laissez les pauvres gens vivre en paix ! ‘‘

La foule commença à s’exclamer, mais toujours dans le calme alors qu’un second se plaça a ses côtés; un pauvre vêtu de chiffon troué et rabouté à plusieurs endroits. Il était chétif, mais une lueur de détermination brillait dans ses yeux.

‘‘ Que vous arrêtez de voler aux gens pour vous enrichir ! ‘‘

Et le troisième et non le moindre; Berthan et sa canne ... et sa femme.

‘‘ Que vous arrêtez de salir le nom de notre famille, de l’enfoncer, de les faire sombrer parce qu’ils sont différents de vous ! Parce qu’ils ne sont pas comme vous ! Que vous ouvrez les yeux et vous rendez compte que la personne qui est mentalement atteinte provient de votre famille et qu’il ne s’agit pas de tous les autres ! Que votre fille ramasse les pots cassés et qu’elle s’excuse publiquement pour tout le mal et la souffrance qu’elle a fait endurés à une famille complète ! Et surtout ... Que vous nous foutiez la paix ! Parce qu’à cause de l’unique désir de vengeance de votre fille, tous les gens ici se sont soudé les coudes pour dénoncer l’injustice ! PARCE QUE VOUS NE FAITES PLUS PEUR À PERSONNE ! ‘‘

Dans un seul et unique cri, la foule s’était unie pour faire valoir leur droit.
Dans un seul et unique cri, la foule s’était unie pour dénoncer une justice.
Dans un seul et unique cri, la foule s’était unie pour stopper ce manège qui brisait des vies.

Des soldats étaient venus chercher leur chef, sa femme et les membres de sa famille présents et les poussèrent parmi la foule qui leur fraya un chemin jusqu’à l’avant, les invitant à faire savoir leurs points de vue. Heïan, mal à l’aise de ne savait quoi dire, ému par tout ça.

‘‘ Écoutez, monsieur Orson. Je sais que les derniers mois n’ont pas été faciles pour personne, mais j’aimerais seulement que vous écoutiez notre histoire et non celle inventée de toutes pièces par votre fille qui n’est nullement au courant de tout ce que notre fils et sa compagne ont vécu ... ‘‘

Et il commença son long discourt, sa femme, sa fille et le frère de Vaë racontant eux aussi des bribes de l’histoire. Le visage d’Orson était pâle, tout comme celui de son épouse, mais ils écoutaient attentivement... comme s’ils avaient le choix. Mais ils semblaient compréhensifs. L’épouse d’Orson essuya même ses joues à quelques reprises et ne supportant plus tout ça, entra à l’intérieur de la maison. Pendant une longue heure, ils sortirent la vraie histoire dans ses moindres détails ... Omar était sidéré tout comme le Général qui n’en revenait tout simplement pas, restant pour le moins neutre en émotion.

‘‘ ... Notre fils est en train de mourir à petit feu et nous risquons de ne plus jamais le revoir. Lui, ne reverra plus sa famille, sa fiancée et encore moins l’enfant qui verra le jour d’ici quelques moins alors que votre fille, investigatrice de tout ce manège, vit dans le confort de sa chambre, cachée derrière ses parents et ces mensonges. Pourquoi inventerions-nous tout ça ? Nous n’avons rien à cacher ! Seulement, c’en est assez ... Il faut que ça cesse ! ‘‘

Orson baissa la tête et resta littéralement muet. Que devait-il faire maintenant ? Sa fille était-elle aussi vicieuse que Kreiss le sous-entendait. Si ce n’était pas le cas, cette foule ne serait probablement pas là, devant sa demeure en cette journée où la première neige tombait, annonça l’hiver.

‘‘ Je suis navré pour tout ces contres-temps fâcheux, monsieur Kreiss, mais je ne puis qu’appuyer ma fille. Elle est mon enfant. ‘‘

‘‘ Je comprends et j’en fais de même avec les miens. Je veux seulement que mon fils revienne et que votre fille le lâche pour de bon. Je ne vous demande pas à ce qu’elle soit enfermée, seulement qu’elle le laisse en paix ! ‘‘

‘‘ J’y veillerai, monsieur Kreiss. Je... vous demande pardon. À vous et à tous les citoyens présents...Pardonnez-moi.''

Orson avançait alors dans son allée et s’arrêta devant Heïan, lui présentant sa main que le soldat serra fermement dans la sienne. Ils scellèrent leur promesse silencieuse et la foule se dispersa lentement sous les ordres des soldats et d’Omar. Le Général lui, se dirigea en personne avec deux hommes là où on tenait Liam Kreiss prisonnier alors que sa famille retournait tranquillement vers le manoir, ne sachant pas quand leur fils reviendrait à la maison.

C’était ... une surprise.

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mer 19 Déc 2012 - 21:00


Dans la villa, l'attente était insupportable. Ils étaient tous prêts, sauf Vaë qui dormait à l'étage. Des consignes avaient été données aux domestiques pour qu'elle ne s'inquiète pas. Tous se demandaient comment cela se passait, si la foule était au rendez-vous ou si au final tous s'était lambinés et avaient fuis la queue entre les pattes.

Alors lorsque le faucon d'Omar frappa au carreau de la fenêtre, tous sursautèrent et voulurent presque courir, mais Heïan et Melley firent signe aux jeunes de rester naturel. Autant que possible du moins. Ils sortirent, comme s'ils se promenaient normalement, et tombèrent sur la demeure Orson. Melley resta bouche bée devant l'attroupement. Ils étaient bien une bonne centaine et beaucoup d'autres se rajoutaient encore. Les classes s'étaient mélangées, les soldats étaient un peu partout sans pour autant bouger. Un silence de mort régnait sur la place et Melley retint même sa respiration.

Elle laissa Heïan s'avancer vers Omar et le Général, restant en retrait avec Elayne et Ephraïm. Tous deux se tenaient la main fortement. C'est alors que la porte de la maison s'ouvrit sur M. Orson, sa femme visible derrière lui, terrifiée.

-Que voulez-vous ?!

Il avait élevé la voix pour se faire entendre, mais sa femme tremblait littéralement devant tous ses regards accusateurs. Melley observait le tout, serrant les pans de sa cape. Heïan était plus devant, observant tout également. Les citoyens s'avancèrent un après l'autre, criant au scandale, criant au vol et à l'injustice. Ils ne semblèrent pas toucher les Orson, puisqu'ils étaient pauvres et cela se voyait à leur tenue.
Cependant tous écarquillèrent les yeux lorsque Berthan s'avança de son pas claudiquant, sa femme à ses côtés, le visage fermé. Tous connaissaient Berthan Omarion et tous connaissaient sa réputation. Et malgré l'âge il avait conservé sa voix :

-Que vous arrêtez de salir le nom de notre famille, de l’enfoncer, de les faire sombrer parce qu’ils sont différents de vous ! Parce qu’ils ne sont pas comme vous ! Que vous ouvrez les yeux et vous rendez compte que la personne qui est mentalement atteinte provient de votre famille et qu’il ne s’agit pas de tous les autres ! Que votre fille ramasse les pots cassés et qu’elle s’excuse publiquement pour tout le mal et la souffrance qu’elle a fait endurés à une famille complète ! Et surtout ... Que vous nous foutiez la paix ! Parce qu’à cause de l’unique désir de vengeance de votre fille, tous les gens ici se sont soudé les coudes pour dénoncer l’injustice ! PARCE QUE VOUS NE FAITES PLUS PEUR À PERSONNE !

La foule hua, cria, et une brèche s'ouvrit, comme une haie. Des soldats apparurent et agrippèrent Heïan pour l'entraîner avec eux, faisant de même pour Melley, Ephraïm et Elayne. Les deux jeunes commençaient à paniquer, Melley camouflait sa nervosité. Ils furent conduits devant, au beau milieu de l'allée des Orson. Melley fronça les sourcils. De part la porte ouverte, elle avait crut entendre un faible cri. Mais les gens invitaient le Capitaine de la garde à s'exprimer, et, bien que mal à l'aise, Heïan s'exécuta :

-Écoutez, monsieur Orson. Je sais que les derniers mois n’ont pas été faciles pour personne, mais j’aimerais seulement que vous écoutiez notre histoire et non celle inventée de toutes pièces par votre fille qui n’est nullement au courant de tout ce que notre fils et sa compagne ont vécu ...

Et il commença, les mots s'échappant de lui, complétés par Eph', Elayne et Melley. Les Orson pâlissaient au fur et à mesure, et la femme en pleurait. Jamais ils n'avaient crus que leur fille agissait de la sorte…elle leur disait toujours qu'elle respectait les règles…
Melley avait aussi les yeux humides, et une larme roula sur sa joue pour la dernière partie :

-... Notre fils est en train de mourir à petit feu et nous risquons de ne plus jamais le revoir. Lui, ne reverra plus sa famille, sa fiancée et encore moins l’enfant qui verra le jour d’ici quelques moins alors que votre fille, investigatrice de tout ce manège, vit dans le confort de sa chambre, cachée derrière ses parents et ces mensonges. Pourquoi inventerions-nous tout ça ? Nous n’avons rien à cacher ! Seulement, c’en est assez ... Il faut que ça cesse !

Le silence reprit ses droits, le père Orson baissant la tête, aussi pâle qu'un cadavre. Melley réprimait ses larmes. Son fils ne mourrait pas. Elle le reverrait, en un seul morceau, son petit Liam…

Finalement, le bourgeois s'exprima, disant être navré, mais qu'il se devait de soutenir sa fille. Ce que tout le monde pouvait comprendre, évidemment.

-Je comprends et j’en fais de même avec les miens. Je veux seulement que mon fils revienne et que votre fille le lâche pour de bon. Je ne vous demande pas à ce qu’elle soit enfermée, seulement qu’elle le laisse en paix !

L'autre demanda alors pardon à tout le monde et, dans un geste solennel, il s'avança, se portant à la rencontre d'Heïan, et tendit sa main. Le Capitaine la prit et la serra, scellant se pacte de trêve entre les deux familles. A ce moment, Omar et les soldats évacuèrent la foule qui souriait, victorieuse, et Heïan emmena les siens à la maison, le cœur bien plus léger. Il voulut parler au Général, voir pour Liam, mais le soldat avait déjà disparut.

Les Orson rentrèrent également, grimpant à l'étage. En voyant leur fille, ils eurent un pincement au cœur, n'imaginant pas qu'elle ait pu faire de telles choses…mais elle restait leur enfant. Enfant qui accouchait, en sueur, ses mains se crispant sur les draps. Sa mère s'installa à ses côtés, épongeant son front, lui parlant pour lui donner de la force. Le travail durait depuis l'arrivée de la foule, une bonne heure auparavant. Et enfin la mage annonça voir la tête. En une dernière poussée Keira, donna naissance à une belle petite fille qui hurla à pleins poumons. Ils coupèrent le cordon la reliant à sa mère et lorsque la mage voulut déposer l'enfant dans les bras de Keira, celle-ci se détourna, les renvoyant tous de la main. Elle avait dit qu'elle n'en voulait pas. Qu'ils en fassent ce qu'ils voulaient, puisqu'elle n'avait plus de père non plus. Ce fût la mère de Keira qui s'en occupa, la lavant, la dorlotant. C'était sa petite-fille, mais elle allait la confier aux Kreiss, selon les souhaits du fils et père du bébé. S'emmitouflant dans un manteau, calant bien le nouveau-né contre elle pour qu'il n'ait pas froid, elle sortit d'un pas vif, se dirigeant droit vers le manoir Kreiss ou sa nouvelle famille l'attendait.

Le Général parvenait à l'hospice, escorté de deux soldats. Ce qu'il avait vu chez les Orson l'avait remué, et il était bien décidé à remuer la carcasse des mages pour libérer Liam Kreiss de cet enfer. Il entra et demanda d'une voix autoritaire à voir le patient. Un mage lui répondit par la négative, puisqu'il était là depuis plus de deux semaines.

-Monsieur, je suis le Général Darrow de la garde de Beolan. J'exige que cet homme soit relâché.

-Monsieur, je suis le Mage en chef de la section folie furieuse de l'hospice. Cet homme est un danger pour tout le monde et ne sortira pas. Ici, ce sont nous qui dirigeons.

-Je vais rester très poli. Ce jeune homme n'est pas fou. On cherche à le faire devenir. Et j'ai l'impression que cet endroit n'arrange rien. Il faudra que je demande à mon Capitaine de mener une enquête sur vos traitements pour soigner les fous. Il est talentueux dans ce genre d'affaire…et encore plus en sachant que son fils vient d'y passer près de trois semaines !

Le mage avait pâlit, mais refusait toujours de le conduire auprès du jeune homme.

-L'hospice est sous le contrôle des soldats et des dirigeants de Beolan. Sans eux vous n'auriez plus de fonds nécessaires pour vos soins. Sans les soldats vous n'auriez plus beaucoup de chance de rester droits. J'exige de voir cet homme et de le libérer !

Le mage du cette fois se rendre à l'évidence. L'hospice n'était pas privé, ils n'avaient aucune autorité face au Général. Capitulant, gardant néanmoins la tête haute, il emmena le soldat et son escorte dans les entrailles de la bâtisse.

Liam gardait tant bien que mal les yeux ouverts. Il perdait espoir…il perdait l'envie de lutter alors que sa libération sonnait enfin. La porte s'ouvrit et il ne réagit plus. Ils allaient à nouveau lui faire faire des crises…le laisser en sueur et en sang…laisser la chose prendre place pour de bon en lui…

Mais le mage n'était pas accompagné de la brute. Il y avait trois personnes avec lui. Lorsque le premier s'avança, Liam eut du mal à le reconnaître. Le…Général Darrow ?!

-Bon dieu mais qu'avez-vous fait à ce garçon ?! S'exclama-t-il.

Le mage ne sut quoi répondre et cela ne fît que convaincre le soldat d'ouvrir une enquête sur cet établissement. Il était sûr qu'Heïan se ferait une joie de s'en occuper. Se retournant vers Liam, il adoucit la voix pour dire :

-Vous êtes libre. Je suis encore navré pour tout ça. Nous allons vous ramener chez vous.

Les mots mirent du temps à prendre sens en lui. Mais lorsqu'ils le firent, Liam parvint à esquisser un sourire et à verser une larme de joie. Il allait sortir ! Réellement ! Il allait les revoir ! Le Général fît signe à ses hommes d'aider Liam et chacun prit un bras du "fou" pour le mettre sur ses épaules et commencer à marcher. Liam ne parvenait pas à les aider en marchant lui aussi, il avait trop peu de forces. Il flottait dans ses vêtements, son pantalon manquait de se retrouver sur ses chevilles à chaque pas. La chose était toujours là et il priait pour que personne ne claque des doigts. Il faudra qu'il prévienne les siens aussi…Ils montèrent lentement les marches, grimpant vers la surface, la liberté.

A l'extérieur, le Général promit au mage des représailles et entama sa route vers le manoir Kreiss. Les gens s'arrêtaient pour regarder Liam, horrifiés. Il était vrai qu'il était dans un sale état…ses bras étaient recouverts de plaques rouges et de griffures, son visage était creux, sale, ses vêtements on n'en parlait même pas…mais il rentrait ! La lutte devint soudainement plus simple…

Ils mirent longtemps jusqu'à arriver devant la porte et ce fût un domestique qui ouvrit, hurlant presque que Liam était de retour. Aussitôt, ses parents débarquèrent, suivis d'Elayne et Ephraïm et, timide, Vaë à l'arrière, qui portait…un bébé dans ses bras. Liam fronça les sourcils. Un…bébé ? Il était resté si longtemps enfermé qu'il avait manqué la naissance de son enfant ? Il sentit encore une fois les larmes arriver et comprit encore moins en voyant que Vaë avait toujours son ventre rond dû à la grossesse. Le Général s'excusa encore et on avança Liam, le laissant aux bons soins de son père qui prit son bras sur ses épaules. Melley le serra légèrement contre elle pour ne pas lui faire mal, horrifiée par cette vision. Il était encore pire que lors de leur visite.

-Mon bébé…mon bébé tu es là, tu ne crains plus rien…

Elle lui embrassait le front, retirait des mèches de cheveux qui tombaient sur son front. Elayne suivit, les larmes aux yeux, le serrant aussi contre elle. Ephraïm s'approcha, mettant une main sur son épaule.

-Je savais que tu en étais capable mon frère.

Liam souriait et pleurait en même temps. Son père le soutenait et l'entraîna jusqu'au salon pour le coucher sur le canapé. Qu'est-ce que cela faisait du bien d'allonger pour de bon ses jambes sur une surface molle ! Mais il voulait…voir Vaë…celle-ci s'approcha et s'assit sur la table basse qu'Heïan avait rapprochée, faisant attention a cause de son ventre et du bébé qu'elle portait dans ses bras.

Liam tendit une main vers elle, la posa sur sa joue lentement.

-Vaë…murmura-t-il d'une voix encore plus cassée qu'avant.

Il avait peur que tout ceci ne soit qu'un rêve. Tous étaient là, l'entourant. Heïan serrait Melley contre lui qui pleurait à chaudes larmes devant l'état de son fils. Elayne se blottissait contre Ephraïm, soulagée de le revoir et choquée comme sa mère. Et Vaë…elle le regardait de ses magnifiques yeux brillants. Qui était cet enfant ? Pourquoi était-il là ? Que s'était-il passé ? Il voulait des réponses…

Et maintenant, il voulait encore moins fermer les yeux. Pas maintenant. Il dormirait…plus tard. Il voulait les entendre, les sentir, revivre. Les domestiques préparaient un plateau avec beaucoup d'eau et à manger, d'autres s'occupaient de faire couler un bain. Melley s'était dit que son fils serait dorloté en rentrant et elle n'avait pas eu tort au vu de son état. Il mettrait des jours à s'en remettre complètement et à reprendre du poids. Elle ne voulait même pas soulever son haut au risque de voir les côtes. Il n'était déjà pas bien gros au départ mais là… En plus il était père et ne semblait pas comprendre…l'instant était…solennel et magique.

La famille était réunie, les pires problèmes étaient passés. Maintenant, la convalescence, les explications, la vie reprendrait leurs cours…

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Jeu 20 Déc 2012 - 3:10

Libération

N’ayant pu trouver le Général pour lui parler, Heïan avait donc pris la main de son épouse et c’était dirigé vers leur demeure, croisant des gens et des voisins qui les encourageaient par de simples paroles ou sourires. Une fois chez eux, Ephraïm monta à l’étage alors qu’Elayne lui suivait des yeux, suivant ses parents dans le salon pour souffler un peu, se doutant que le nordique allait chercher sa soeur qui avait manqué tout ça. Au final, c’était peut-être mieux ainsi, car on avait dévoilé des souvenirs qui auraient peut-être trop douloureux pour elle. Déjà qu’elle eût son lot d’émotions fortes depuis quelques mois, un peu de répits ne lui ferait certainement pas de tort. Ouvrant la porte sans cogner, Eph’ s’asseya sur le bord du lit et posa une main sur l’épaule de sa soeur qui marmonna. Se retournant extrêmement tranquillement, Vaënadiel ouvrit à peine les yeux pour voir qui était là et elle se recoucha, fermant les paupières.

‘‘ J’aimerais bien te laisser dormir, mais à ce train, tu feras une nuit blanche ... Alors, debout soeurette ! ‘‘

‘‘ Mmmmmm ... non ... laisse-moi... ‘‘ Murmura t’elle lentement.

‘‘ Pas question, il y a de bonnes nouvelles qui t’attendent en bas et puis ton ventre ne cesse de hurler. ‘‘ Lança son frère aîné tout en tirant les couvertures.

Se retrouvant sans sa source de chaleur, la jeune femme se recroquevilla en position foetale pour compenser, mais le nordique glissa un avant-bras sous ses genoux et l’autre autour des épaules de Vaënadiel pour ensuite la soulever. La druidesse n’eut d’autre choix que d’ouvrir les yeux et de se laisser descende jusqu’à ce qu’elle parvienne au salon où se trouvait tout le monde.

‘‘ Eh bien. Je crois qu’il y en a une qui a bien dormi. Tu as manqué le rassemblement chez les Orson. ‘‘

‘‘ Le rassemblement ? ‘‘ Demanda t’elle sans comprendre.

‘‘ Ah oui, c’est vrai. Tu étais trop concentrée à manger lorsque nous en avons parlé hier soir. ‘‘

Vaënadiel eut un sourire gêné et ricana bêtement, maintenant assise à côté d’Ephraïm qui se trouvait entre elle et Elayne. Melley raconta alors comment ça s’était passé et son sourire illumina son visage lorsqu’elle l’entendit dire qu’il y avait maintenant une trêve entre les Kreiss et les Orson. Cela voulait dire que tout rentrerait dans l’ordre ? Et Liam alors ? Le questionnement se lisait dans son visage, mais personne ne put répondre à ses questions silencieuses. Au moins, le père de Keira mettrait un terme à ses manigances ... enfin ! Au moins, la druidesse n’aurait pas à chercher une meute de loups pour que la blondasse se fasse déchiqueter. On toqua alors à la porte, à la plus grande surprise de la famille qui n’attendait pas de visiteur. Une domestique escortait une femme encapuchonnée jusqu’au salon, celle-ci tenait une épaisse couverture dans ses bras. Dévoilant son visage, Vaë eut les yeux ronds parce qu’elle la regardait, elle.

‘‘ Monsieur, madame Kreiss. Pardonnez-moi mon intrusion, mais je viens porter l’enfant de votre fils à qui de droit. Je suppose que c’est vous qui veillerez sur elle, Vaënadiel ? ‘‘

Hésitante, la jeune nordique porta un regard sur Melley qui lui fit signe de tête d’aller la voir. Vaënadiel se sentit d’un coup nerveuse et Mme Orson lui tendit l’enfant, lui montrant comment bien le tenir. Ses yeux aqua s’agrandirent en voyant cette petite frimousse.

‘‘ C’est une petite fille et je crois qu’elle ressemblera à son père. Regardez-moi ce crâne ... déjà un peu de noir. Pour les yeux, vous ne le saurez que dans quelques semaines. Prenez-en grand soin surtout. ‘‘

‘‘ Ne ... ne vous inquiétez pas madame. Je veillerrai sur elle comme si c’était mon enfant. Si vous le désirez, vous pourrez passer la voir de temps à autre. ‘‘

‘‘ Merci, c’est gentil, mais je sais qu’ici elle sera entre de bonnes mains et qu’elle recevra plus d’amour qu’avec sa mère biologique. ‘‘

Mme Orson les salua tous d’un sourire puis quitta le manoir sous escorte de la même domestique qui l’avait conduite jusqu’au salon. La famille entoura donc Vaë qui caressait ce petit visage du bout du doigt et qui souriait tendrement. Le poupon était si calme et regardait partout avec la curiosité qu’avaient tous les bébés de cet âge.

‘‘ Elle est si mignonne ! J’en veux une moi aussi ! ‘‘ Dit Elayne sur un coup de tête, sans réfléchir à ses paroles.

Ephraïm à côté d’elle s’empourpra aussitôt alors qu’Heïan lui donnait un coup de coude dans les côtes suivies d’un regard taquin qui rendit le nordique mal à l’aise. Non, mais ! Qu’on lui laisse le temps ! Il n’allait quand même pas sauter sur Elayne ainsi, bien qu’il en mourrait d’envie ... ahem ... bref. Sans commentaires. La petite fit le tour des bras, pleurant rendu à Ephraïm qui était extrêmement nerveux, car il avait peur de l’écraser tellement il trouvait cette chose petite. Heïan lui, ne voulait plus la lâcher, se souvenant de l’époque où ses terreurs étaient de cette grandeur. Ce fut même long avant que Melley puisse la prendre, devant l’enlever des bras de son époux qui lui fit la moue. Un peu plus tard dans l’après-midi, on toqua de nouveau à la porte et une domestique hurla qu’il s’agissait de Liam. Le coeur de la druidesse fit un bon et elle fut prise de vertiges en entendant son nom. Il ... revenait ?! Dès qu’Heïan se leva, la marmaille l’imita en vitesse, la petite tétant le doigt de la montagnarde.

Le Général se tenait dans l’entrée, aidé d’un de ses hommes afin de garder Liam debout. Sa mine était affreuse, mais au moins il était là, vivant et surtout lucide. Derrière, Vaënadiel n’osait pas s’avancer et souriait timidement à son homme qui semblait plus que confus. Heïan s’avança lorsque les hommes de loi bougèrent son fils et prit le relais en passant un bras sous son épaule droite. Melley fut la seconde à le toucher et la première à essayer de l’enlacer dans ses bras sans lui faire mal.

‘‘ Mon bébé…mon bébé. Tu es là, tu ne crains plus rien… ‘‘

Elayne s’approcha à son tour dès qu’elle eut le champ libre et entoura la taille de son frère avec les larmes aux yeux. Ce qu’elle pouvait être contente de le voir en ce moment. C’était comme un cadeau du ciel et elle ne parvint pas à se détacher de lui. Eph’ s’approcha à son tour et posa une main amicale sur l’épaule du chevalier et dit, un sourire en coin :

‘‘ Je savais que tu en étais capable, mon frère. ‘‘

Le pauvre souriait, ses yeux trempés par les larmes qui coulaient d’elles-mêmes sur ses joues. Sentant son fils trembler sur ses jambes, Heïan l’aida à se rendre jusqu’au canapé où il l’aida à s’allonger et tira la table de salon jusqu’au meuble où Vaënadiel prit place, l’enfant dans ses bras, avec précaution. La main de Liam se posa lentement et doucement sur sa joue pour la première fois depuis environ 2 semaines maintenant et elle put entendre un murmure prononcer son nom.

‘‘ Vaë… ’’

‘‘ Chhhht ... nous sommes là, Liam. Je suis là ... ‘‘ Murmura t-elle doucement en caressant sa joue à son tour, essuyant les larmes qui coulaient alors qu’elle-même reniflait pour contenir les siennes.

Derrière sa femme, Heïan entourait ses épaules et avait collé sa tête contre la sienne. Il souriait devant cette scène qui resterait à jamais gravée dans sa mémoire, Ephraïm réconfortant sa fille derrière le canapé où était allongé le jeune homme. Les yeux brillants, Vaënadiel souriait et approcha la petite de son homme qui l’observa avec incompréhension. Il se risqua à tendre les doigts vers elle et la petite prit son index en souriant et laissant échapper un cri strident de sa bouche qui fit rire tout le monde.

‘‘ C’est ta petite fille, mon loup. Toute fraîche d’aujourd’hui ... Mme Orson est venue nous la porter il n’y a pas si longtemps. Elle tenait à ce qu’elle grandisse ici. ‘‘

L’incompréhension avait soudainement disparu des yeux de Liam qui venait de se souvenir de la grossesse de Keira et de tout ce qui venait avec. Un sourire doux se dessina sur ses lèvres et il tendit les bras pour la prendre, Heïan l’aidant à s’assoir. Prenant place à ses côtés, Vaënadiel la lui donna, faisant comme Mme Orson lui avait montré pour tenir un enfant. La petite souriait et ricanait, tendant une de ses petites vers le visage de son père qui était encore un peu confus. Après un moment, Vaë la lui retira des bras et la tendit à Melley qui la berça, assise dans le fauteuil; il fallait que Liam mange. Mais bon, il n’avait pas envie et c’était tout à fait normal sauf qu’il avait la peau sur les os et devait reprendre des forces alors la druidesse prit son mal en patience et resta cinq bonnes minutes avec la fourchette en face du visage de son homme qui ne voulait rien savoir. Lui faisant des gros yeux, Liam soupira puis se résigna.

‘‘ L’appétit vient en mangeant mon vieux ! ‘‘ Lança Ephraïm, assis sur le bras du canapé, Elayne installé à côté de son frère.

Le nordique ricana, mais son sourire disparut bien rapidement lorsqu’Heïan s’approcha de lui en lui tendant la petite de Liam qui riait encore. Les yeux du poupon étaient bien ronds et fixait Ephraïm qui en faisait de même.

‘‘ Allez, prends là ! ‘‘

‘‘ N-non je ... je vais la casser ! ‘‘

‘‘ Faudra bien que tu te pratiques un jour. ‘‘

‘‘ Mais ... je sais déjà comment prendre un enfant. Regardez ! ‘‘

Il se leva, contourna le canapé et leva sa soeur dans ses bras qui poussèrent un cri de stupeur. Le maître de la maison ne put se retenir de rire de bon coeur alors qu’il décida finalement de garder la petite dans ses bras. Pas que ça lui déplaise, mais surtout pour ne pas qu’on le réprimande. Confiant ensuite l’enfant à sa femme, les deux hommes aidèrent Liam à monter dans sa chambre après qu’il eut terminé de se faire nourrir par sa rose. Celle-ci suivait juste derrière et prit les devants une fois dans le couloir, leur ouvrant la porte et approchant le tabouret de bois du bain où les hommes l’asseyèrent.

‘‘ Si tu as besoin d’aide, n’hésite pas Vaë. ‘‘

‘‘ Ça devrait aller, merci. ‘‘

Les deux hommes lui sourirent et sortir de la salle de bain en laissant le petit couple seul depuis le grand retour de Liam à la maison. Sans lui demander son avis, Vaënadiel entreprit de le dévêtir et l’aida à se glisser dans l’eau pour l’aider à se laver. En silence, elle frotta ses cheveux de ses doigts fins avec grande délicatesse et surtout pour l’aider à se détendre, en profitant aussi pour lui masser les épaules ainsi que la nuque. Celui-ci semblait profiter au maximum de ce contact tout comme la chaleur de l’eau sur sa peau meurtrie. Pour le séchage, la druidesse l’aida à sortir et le fit assoir, lui faisant ensuite enfiler son pantalon tout en lui demandant de lever son joli fessier pour le remonter jusqu’à sa taille. Vaë avait voulu lui voler un baiser et l’aider à se relever, mais celui-ci l’avait attiré sur ses jambes pour le faire durer un peu plus longtemps, sentant une main glisser sur son ventre qui prenait des rondeurs au fil des semaines qui s’écoulaient rapidement et lentement par moments. Se détachant, elle l’aida à se rendre jusqu’au lit lentement et le fit s’allonger, allant chercher sa pommade dans sa sacoche et lui en appliqua aux endroits qui en avait besoin, prenant ensuite bien soin de panser le tout. Melley entra au même moment, après avoir toqué. Elle s’approcha et s’asseya à côté de Vaë, lui donnant la petite.

‘‘ Elle a faim. La pauvre n’a certainement pas mangé depuis sa venue au monde. ‘‘ Dis doucement Melley.

Confuse, Vaënadiel posa son regard aquatique sur le bébé qui pleurait à chaudes larmes, ses bras bougeant comme des spasmes dans tous les sens. Son visage été aussi rouge qu’une tomate et couvert de larmes. Ne sachant que faire, la druidesse leva les yeux vers Melley, criant au secours silencieusement. La mère souriait et se colla davantage à Vaë.

‘‘ Liam se couchera plus intelligent ce soir ! ‘‘ Dit-elle avec un peu d’humour, ouvrant le chemisier de la druidesse qui s’empourpra aussitôt, la petite dans les bras. ‘‘ Regarde ... Ça se fera naturellement. ‘‘

Le bébé commença à téter et ferma les yeux, se calmant aussitôt sous le regard ébahi de Vaënadiel qui fut envahi d’une étrange sensation. La mère souriait et ajouta :

‘‘ C’est ce qu’il faudra faire pour la nourrir. Il viendra un âge où tu n’auras plus besoin d’allaiter. Maintenant, je vous laisse. Je reviendrai la chercher dans une heure puisqu’il faut que tu t’occupes aussi de ton homme. ‘‘

Eh oui, Vaënadiel allait être débordée dans les prochains jours et prochaines semaines, mais au moins, elle savait qu’elle n’était pas seule. L’aide de Melley allait être précieuse, tout comme celle d’Heïan qui s’amusait déjà à voler la petite des bras de sa tendre épouse. Ça promettait d’être amusant à voir et elle n’osait pas imaginer ce que ce serait lorsque Liam serait en meilleure forme.

S’adossant contre le mur à côté de son amoureux, Vaë regardait la petite qui s’agrippait à sa poitrine, si sereine. La main de Liam glissa sur sa cuisse et se rendit jusqu’à la tête de l’enfant, lui caressant tendrement la joue. Il avait un sourire radieux malgré sa mauvaise mine.

‘‘ Il faudrait peut-être lui trouver un nom. Qu’est-ce que tu en dis ? ‘‘ Demanda t’elle, baissant les yeux vers le jeune homme, poussant quelques mèches rebelles de son front.

Ils se consultèrent du regard un long moment puis Vaë s’allongea sur le côté, face à Liam et mit la petite entre eux deux. Elle bâilla et ferma ses petits yeux pour ensuite faire un rot qui fit éclater la jeune femme de rire. Le jeune homme faisait de même et proposa un joli nom, le premier qui semblait lui être venu à l’esprit; Arya.

‘‘ Notre petite Arya ... Arya Kreiss. Ça sonne plutôt bien. ‘‘ Dit-elle, tout sourire et approchant son visage de celui de son homme qui était exténué. ‘‘ Dors, mon loup. Tu dois reprendre des forces. Je reste avec toi ... ‘‘

Il sombra dans le sommeil en quelques minutes et la druidesse l’observait en souriant, se disant qu’il était enfin de retour, qu’il était avec elle pour de bon cette fois ... qu’il était en vie.

Une heure plus tard, Melley était venu chercher la petite et avait bordé son fils et sa fiancée qui bayait aux corneilles à ses côtés. Elle déposa un baiser sur le front quitta la chambre. Vaë se faufila entre les bras de son amoureux, glissant son visage contre son cou et s’endormant au rythme de son coeur qui battait régulièrement dans sa poitrine. Enfin, elle pouvait dormir sur ses deux oreilles, sans avoir peur de le perdre, car maintenant, il était là ... avec elle.

Le lendemain matin, la druidesse se recoucha après avoir allaité l’enfant de Liam, trop bien sous les couvertures et dans les bras de son homme qui dormait toujours aussi profondément. De toute façon, les rideaux étaient fermés et cachaient en grande partie les rayons du soleil qui brillaient cette journée-là. En bas, il y avait déjà un moment que les parents étaient debout à cause de la petite Arya qui s’amusait avec Heïan. Il était retombé de son jeune temps d’un coup, faisant sourire sa femme qui adorait le voir d’aussi bonne humeur malgré les traits de fatigue des derniers temps qui ravageaient son visage. Soudain, il grimaça et tourna son épaule gauche.

‘‘ Heïan, ça va ? ‘‘

‘‘ Oui. J’ai ... seulement le bras gauche engourdi. ‘‘ Dit-il, mais il ne s’en soucia pas plus qu’il le fallait et recommença à chatouiller Arya.

‘‘ Monsieur Kreiss. Le Général Darrow vous attend sur le perron. ‘‘

‘‘ J’arrive ! ‘‘

Heïan se leva et donna la petite à sa femme qui la berça dans le fauteuil, laissant son époux filer à l’extérieur comme une flèche. Refermant la porte derrière lui, le soldat salua son supérieur qui en fit de même. Étrangement, celui-ci était seul.

‘‘ Vous êtes bien matinal, Général. ‘‘

‘‘ Je pourrais en dire de même pour vous, mais il semble que vous ayez un nouveau membre dans la famille. ‘‘ Dit-il, un sourire en coin aux lèvres.

‘‘ Ah oui ... Mme Orson nous a confié la petite. ‘‘ Avoua t-il.

‘‘ Sage décision ! Mais bon ... je ne suis pas ici pour ça. C’est plutôt pour vous dire que vous pourrez reprendre votre poste dès demain. Vos hommes sont impatients de vous revoir à ce que j’ai vu et je me demandais aussi ... enfin ... ce n’est qu’une proposition dans le vent, mais peut-être cela pourrait-il vous intéresser. ‘‘

‘‘ Je vous écoute. ‘‘ Dit Heïan, soudainement curieux.

‘‘ Comme vous le savez, le Commandant a été viré par ... moi. Haha. Ahem ... ‘‘ Se reprit-il. ‘‘ Je me demandais si le poste pouvait vous intéresser. ‘‘

‘‘ Je serais muté, n’est-ce pas ? ‘‘ Et le Général acquiesça par l’affirmative. ‘‘ Je me dois alors de refuser l’offre. ‘‘

‘‘ Pourquoi donc ? Vous toucheriez un plus gros salaire et un statut un peu plus prestigieux. ‘‘

Heïan eut un sourire amusé et croisa les bras sur son torse, s’adossant par la même occasion contre le mur de sa villa. Il regarda la rue un moment puis rapporta son regard violacé vers le Général qui attendait toujours une réponse de la part de son Capitaine.

‘‘ Le poste que j’occupe me convient parfaitement. Je n’ai pas besoin d’un salaire plus élevé et puis mes frères d’armes sont aussi des amis chers, une deuxième famille. Je suis certain que quelqu’un voudra de ce poste. Et puis si j’acceptais, un collègue venait m’étouffer sur place et je ne souhaite pas quitter ce monde tout de suite. J’ai des enfants à voir grandir et une famille qui a encore besoin de moi. De plus, ça me plait de rentrer tôt le soir. ‘‘

‘‘ Oh ça je comprends parfaitement ! Si je pouvais revenir en arrière, je prendrais la même décision que vous. Mais bon ... il est trop tard maintenant. Sur ce, je vous revois demain, Capitaine Kreiss. Bonne journée et mes salutations à toute la famille. ‘‘

‘‘ Je ferai le message. Bonne journée à vous aussi, Général. ‘‘

‘‘ Ah j’oubliais, Capitaine ! ‘‘ Lança t-il en se retournant brusquement, l’air pensif. ‘‘ J’aimerais que vous fassiez une enquête sur le lieu de détention de votre fils ... ça promet d’être assez intéressant. J’attendrai le dossier avec impatience ! J'adore votre écriture... on dirait celle d'une femme. ‘‘

‘‘ J’y veillerai ‘‘ Répondit le soldat en riant après que le Général eut déserté les lieux.

Sur ce, le père de famille se retourna vers la porte et grimaça, main sur la poignée. Son bras était encore engourdi et il sentait un faible pic de douleur dans sa poitrine qui se dissipa bien rapidement. Surement le stress des dernières semaines qui s’évaporaient. M’enfin, ce n’était rien de grave et il retourna au salon pour rejoindre sa femme, lui volant encore la petite, ainsi qu’un baiser. Bientôt, ils furent rejoints par Elayne qui prit place aux côtés de sa mère et Eph’ ne tarda pas à arriver lui aussi, se frottant encore les yeux et les cheveux en bataille.

‘‘ Dure nuit, Eph’ ? ‘‘ Demanda Heïan avec un sourire taquin.

‘‘ Dure oui ... ‘‘ Souriant, encore endormi. ‘‘ Il faut dire que tomber en bas du lit ça ne fait pas du bien lorsqu’on dort profondément ! ‘‘

Les deux hommes s’esclaffèrent alors, tout comme les deux femmes qui prirent le monopole de la petite Arya sous le regard offusqué d’Heïan qui venait de se faire enlever son jouet. M’enfin, il put s’assoir dans son fauteuil et terminer sa tasse de thé qui devait froide d’ailleurs. Berk ... En haut, Vaënadiel avait rouvert les yeux et caressait doucement le visage de Liam qui commençait à peine à se réveiller. Son pouce caressait doucement ses lèvres qui lui avaient tant manqué, posant ensuite un doux baiser sur celles-ci.

‘‘ Bon matin, eïl farhkas ... ‘‘ Murmura t-elle, souriant doucement alors que sa main traçait le contour de sa mâchoire. Liam lui offrit un sourire et ferma les yeux, profitant de cette caresse. ‘‘ Comment te sens-tu ? ‘‘

Demanda t-elle finalement, flattant maintenant sa chevelure ténébreuse et en pétard, juste comme elle les aimaient. Mais celui-ci ne répondit pas immédiatement et l’emprisonna plutôt dans ses bras pour l’approcher davantage de son corps tout en caressant son dos. Vaënadiel glissa ses bras autour de son cou et l’embrassa tendrement. Il y avait si longtemps et cela lui avait semblé être une éternité. Elle n’osait donc imaginer comment c’était senti Liam alors qu’il était enfermé dans cet asile de fous ...

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