''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]

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Liam Kreiss



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Race : Humain
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Groupe : Solitaire

Âge : 20 ans

Messages : 181

Fiche de Personnage : Ma vie...

Histoire de Personnage :
L'inconnu
Une nouvelle vie

MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mar 1 Jan 2013 - 21:38


Ignorant complètement ce qu'il se passait chez lui, Liam riait avec ses collègues, Omar tentant de faire une pâle imitation de son ancien Capitaine dans ses meilleurs jours. Liam apprit donc quelques nouvelles facettes de son père pour le moins…inédites.

Mais la pause plaisanterie était achevée, car maintenant il leur fallait patrouiller en ville. Tous revêtirent le reste de l'armure, cape comprise, et s'apprêtèrent à s'en aller lorsqu'un homme fît irruption dans la pièce, complètement essoufflé. Liam reconnut bien vite son père, courbé en deux le souffle court. Omar fît bien une plaisanterie, mais le chevalier sentait que…quelque chose clochait. D'ailleurs le regard d'Heïan sur eux le leur fît comprendre.

-Melley ...

Liam fronça les sourcils. Sa mère ? Qu'avait-elle ? Il commençait à avoir peur alors que son père respirait pour reprendre son souffle et ainsi continuer. Pour l'aider, il s'approcha et mis une main sur son épaule, attendant patiemment.
Une bonne minute s'écoula jusqu'à ce qu'il dise :

-Eziel ... a enlevé Melley ...

Eziel avait quoi ?! Liam sentit la peur s'infiltrer en lui mais aussi la chose qui rua. Son père lui avait dit qui était Eziel. Le fils prit le père par les épaules, le regardant droit dans les yeux. Il tenta de maîtriser sa voix pour dire :

-On va la retrouver. On va le retrouver. On va tout mettre en oeuvre pour ça.

Il n'y avait pas trente-six mille solutions. Ils la retrouveraient. Il voyait que son père était paniqué, désœuvré, et Liam serait là pour le soutenir dans cette nouvelle épreuve comme lui l'avait fait lors de ses crises de folie. Et puis, c'était sa mère…il avait tellement peur de ce qu'elle allait vivre aussi…
Heïan le serra contre lui fortement, disant que c'était de sa faute si elle c'était faite enlever. Et malgré les mots de Liam et d'Omar, il ne voulait pas entendre raison. Bien sûr que non ce n'était pas de sa faute ! Comme si, à l'époque, en aidant le môme, il avait pu prévoir…comme si Eziel aurait agit autrement de toute façon, qu'elle soit au courant ou non…

Laissant Liam avec son père, Omar prit les choses en main, et dispersa ses hommes aux quatre coins de la ville pour tout fouiller et tenter de retrouver l'espèce de fils de…comme il le disait si bien.
Liam serrait son père pour lui montrer qu'il était là. Il ne devait surtout pas lâcher prise et rester fort. Il le lui avait appris. Rester fort et ne pas baisser les bras. Jamais. Mais le chevalier ne pouvait rester plus longtemps, souhaitant lui aussi traquer la pourriture qui avait osé s'en prendre à sa mère. Il regarda son père et lui dit de retourner chez eux, et qu'il le tiendrait au courant de tout ce qu'il se passait. Et surtout…il ne devait pas faire de bêtise ou agir précipitamment. Il n'avait aucune chance face à Eziel dans un combat singulier.

Liam courut donc avec d'autres hommes, se mettant à chercher partout, s'enfonçant dans les ruelles. Il se jura qu'il lui ferait la peau. Il vit de loin sa sœur et Ephraïm prendre le chemin de la maison, mais il ne put les intercepter pour leur dire ce qu'il se passait. Heïan devait le faire…

Renfermant sa peur et son inquiétude, il se concentra sur les recherches, ce disant qu'ils ne connaitraient réellement jamais le bonheur plus de deux mois…

Dans la maison, alors qu'Eziel s'amusait avec son mari, Melley se tenait serrée contre le mur, bras et jambes repliés en position fœtale. La seule qui lui permette de se sentir un minimum en…sécurité. Elle avait mal au dos, avait essuyé sa joue tant bien que mal, mais depuis, plus rien. Elle gardait les yeux fixés sur le coin de l'armoire se trouvant à côté d'elle, la gorge sèche. Que faisait-il à Heïan ? Et ses enfants ? Mon dieu…elle ne voulait pas qu'il touche à l'un d'eux…les enfants, leurs compagnons, les petits-enfants, Heïan…elle ne voulait pas qu'ils souffrent…
Malgré la chaleur extérieure, les murs et le sol étaient froids, et elle grelottait. Pas autant que lors de sa première captivité, mais même. Et puis, la première captivité avait été…bien moins terrifiante que celle-ci. Eziel semblait avoir tout prévu. Il était persuadé qu'il gagnerait. Mais Melley gardait l'espoir qu'Heïan la retrouve avant. Il l'avait toujours sauvée lorsqu'il le fallait…il l'avait toujours protégée…il viendrait…oui mais s'il n'avait aucune piste ? Et si Eziel s'amusait à en créer de fausses ?

Le collier était lourd, à son cou, mais elle en faisait abstraction. Elle cherchait un moyen de s'échapper. S'il s'absentait ainsi des heures durant tous les jours, peut-être y arriverait-elle. Mais pour cela il lui fallait enlever ce fichu collier. Et elle ne savait pas comment. Il avait pris soin d'enlever les objets qui auraient pu l'aider et elle était trop petite pour toucher le haut de la commode, même à genoux, pour vérifier.

Soudain elle entendit des pas. Elle se recroquevilla un peu plus, tout de suite apeurée. Il ferma la porte en riant et s'exclamant :

-Tu peux pas savoir à quel point je me suis amusé ! Mais j'ai envie de t'apprendre des petits trucs aussi…

Il s'approcha, sortant un couteau de sa manche. Elle tenta de reculer, le mur et le collier l'en empêchèrent. A nouveau, une main ce posa sur sa poitrine, mais elle descendit rapidement, plus bas. Trop bas.

-Lâchez-moi…

-Que dis-tu ?

Elle avait à peine murmuré mais le ton de la voix d'Eziel était à nouveau sec. Elle se prépara à la gifle, au lieu de ça, sa main se promena un peu plus loin dans son intimité. Elle se mordit la lèvre de dégoût et ferma les yeux, retenant les larmes. Elle sursauta lorsque la pointe du couteau se posa sur son bras.

-Tu sais…Heïan avait une belle habitude, pour ses victimes. Il les signait toujours. Comme ça, on pouvait toujours savoir qui avait fait sa. Il prenait un couteau, comme là, et il gravait son surnom, "l'ombre furtive", dans la peau de ses proie. Il prenait tout son temps pour être sûr de faire du bon travail.

La main se retira, mais le couteau appuya un peu plus.

-Tu as de la chance, je n'ai pas de surnom. Et "Eziel", c'est court…

Elle le regarda, inspira un grand coup. Et fît non de la tête. Elle voulut retirer son bras, et cette fois la gifle partit. La seconde joue en feu, Melley se prépara à la suite, se disant qu'elle n'y échapperait pas…

-Tu vas être docile d'accord ma jolie ? Dis-toi que c'est grâce à ton mari que tu as le privilège de connaître tout ça…

Heïan…mais non…elle ne le voyait pas comme ça…elle ne voulait pas y croire…elle ne voulait pas penser à son mari, son si beau mari, en train de torturer des femmes et des enfants…
Les larmes aux yeux, elle cria lorsque la lame s'enfonça dans sa peau, commençant sa "gravure". Elle se mit à trembler violemment, ce qui le déconcentra. Il se leva d'un bond et revint avec une barre de fer, qu'elle reçut au creux des jambes.

-Tu restes immobile !

La douleur irradiait et elle se força à rester le plus immobile possible, mais ses tremblements devenaient incontrôlables. Elle criait et lorsqu'il eut terminé, il la relâcha, non sans lui avoir donné une bise sur la joue et lui murmurant :

-Le goût du sang et de la peur…il n'y a rien de tel pour passer une bonne fin de journée et une bonne nuit…

Il s'éloigna et elle regarda son bras tant bien que mal. Du sang dégoulinait de partout mais "Eziel" était nettement visible. Elle déplia les jambes, la douleur du coup étant trop forte si elle les gardait pliées.
Elle n'arrêtait pas de se demander si ce qu'il disait était vrai ou non…parce que…il ne lui avait jamais parlé plus en détail de cette période de sa vie…mais en même temps, elle n'avait pas posé de questions. Elle l'avait aidé à le mettre de côté et à redevenir un honnête homme. Et s'il avait commis tant d'atrocité, il n'aurait certainement pas pu le faire comme il l'avait fait…Melley réfléchissait, réfléchissait, mais au lieu de trouver une certitude, elle rencontrait les doutes…doutes qui la mènerait à sa perte…

Chez les Kreiss, Liam était venu avec Vaë, les enfants et le loup. Son père était complètement anéanti. Sa sœur était en larmes, tentant de se calmer dans les bras d'Ephraïm. Sa rose s'installa aux côtés d'Heïan, lui donnant Keilan alors qu'Arya marchait dans la pièce comme une grande et Liam faisait les cent pas, tandis que les domestiques apportaient un peu de thé malgré l'heure grave.

Liam soupira et déclara finalement :

-Nous n'avons encore rien trouvé. Mais nous faisons tout ce que nous pouvons. Nous la retrouverons papa. Et je te garantis que ce salopard connaîtra le jugement qu'il mérite.

Puis il s'assit dans le fauteuil d'en face et ajouta :

-Papa, ne fait pas de bêtise. N'agit pas seul. S'il-te-plaît. Je sais que tu t'inquiètes, nous aussi, mais nous savons comme toi que ton cœur ne supporteras pas l'affrontement direct. Et je ne veux pas te perdre. NOUS ne voulons pas te perdre. S'il vient vers toi, préviens-moi. Et nous lui tendrons un piège. Si tu veux, tu peux venir dormir chez nous, si jamais tu veux être avec tes petits-enfants…Promet-le moi papa.

Mais son père regardait son petit-fils, secoué de soubresaut et tremblant. Ce fût Elayne, avec Vaë, qui le serrèrent contre elles. Liam se sentait impuissant et il se leva, frappa du poing un mur. Ephraïm vint tout de suite, croyant qu'il refaisait une crise.

-Non ça va…

Le nordique le regarda et lui dit :

-Je suis le meilleur chasseur de la tribu. Suivre les pistes du gibier, ça me connaît. Je peux aider non ?

-Merci mais…ce n'est pas la même chasse…mais je voudrais que tu surveilles mon père. Pas non plus le privé de liberté mais…enfin…être là pour lui. Il en a plus que besoin…

Ephraïm lui mit une main sur l'épaule.

-Ne t'inquiète pas mon frère. Je comprends. Tu peux compter sur moi. Toi, retrouve ta mère. Et cette ordure.

-Merci Ephraïm…

Liam inspira un grand coup et se retourna vers son père.

-Je t'aime papa. Et comme j'ai pu m'appuyer sur toi durant tous ses mois horribles, comme j'ai pu compter sur maman, Elayne, Ephraïm et Vaë durant cette période, tu peux à présent t'épauler sur nous. Je te le redemande : promet-moi de ne pas faire de bêtise. N'agit pas seul. Et préviens-nous lorsqu'il prend contact avec toi. Je le sais qu'il va le faire, si ce n'est déjà fait. Tu m'as dit qu'il s'amusait à faire tourner en rond, comme pour nos enfants. Il ne faut pas jouer à son jeu. Il se croirait tout de suite vainqueur. Il faut lui mettre des bâtons dans les roues.

Elayne prit la parole, d'une voix tremblante :

-Mais Liam…et s'il se vengeait sur maman…qui sait ce qu'il lui fait subir…

Et elle fondit à nouveau en larmes.

-Je sais bien…mais maman est forte elle…elle tiendra…je…

A son tour, les larmes lui embrouillèrent la vue et il quitta la pièce précipitamment. Il devait se montrer fort devant son père pour l'aider à garder la tête haute et qu'est-ce qu'il faisait ?! Il pleurait ! Idiot !

Les mains contre le mur, il inspirait un grand coup, tentant de calmer ses nerfs. Il envoyait toutes ses pensées à sa mère et surtout, il se promettait de tuer cette ordure une fois qu'il l'aurait trouvée. Ah oui, Liam Kreiss en avait plus qu'assez que le malheur s'abatte sur lui et les siens. Et il allait y remédier. Par la force.


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Vaënadiel Eira



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mer 2 Jan 2013 - 4:45

Quand le passé nous rattrape, part.3

Même s’il y avait de nouveaux arrivants dans la villa, le silence n’en était pas pour le moins perturbé. Au contraire, il régnait en maître plus que jamais. Liam faisait les cent pas dans le salon alors que sa fille pleurait doucement dans les bras de son amoureux. Vaënadiel restait plus que silencieuse et regardait Keilan qui mettait le doigt de son grand-père dans sa bouche, celui-ci souriant faiblement malgré la situation précaire dans laquelle il avait mis sa femme sans le vouloir. Le chevalier s’arrêta alors et poussa un long et profond soupir avant de briser ce silence perturbant.

‘‘ Nous n’avons encore rien trouvé. Mais nous faisons tout ce que nous pouvons. Nous la retrouverons papa. Et je te garantis que ce salopard connaîtra le jugement qu’il mérite. ‘‘ Dit-il en s’asseyant sur le fauteuil qui se trouvait en face du canapé, séparé par une petite table de salon où se trouvait le thé. ‘‘ Papa, ne fais pas de bêtise. N’agis pas seul. S’il te plaît. Je sais que tu t’inquiètes, nous aussi, mais nous savons comme toi que ton cœur ne supportera pas l’affrontement direct. Et je ne veux pas te perdre. NOUS ne voulons pas te perdre. S’il vient vers toi, préviens-moi. Et nous lui tendrons un piège. Si tu veux, tu peux venir dormir chez nous, si jamais tu veux être avec tes petits-enfants…Promet-le moi papa. ‘‘

Heïan ne daigna pas lever le regard vers son fils, regardant Keilan sans vraiment le regarder. Il caressait machinalement son crâne recouvert de cheveux d’un blanc immaculé et gardait la bouche close. Il ferma cependant les yeux et baissa la tête de manière à coller son front contre celui de son petit fils qui posait ses petites mains pâles sur ses joues. Ses tremblements avaient repris de plus belle et il tentait de garder ses larmes pour lui, secoué de soubresauts qui trahissaient sa peine. Elayne et Vaënadiel l’entourèrent alors de leur bras en lui chuchotant que ça irait, qu’ils étaient là et qu’il ne devait pas autant se torturer. Ephraïm se leva du bras du canapé auquel il s’était appuyé le fessier et alla voir Liam qui venait de frapper le mur de son poing, craignant qu’il refasse une crise. Une de ses mains se posa alors sur l’épaule du jeune homme, Liam le rassurant en lui disant que ça allait. Les yeux glacials du nordique regardèrent Liam et il lui dit :

‘‘ Je suis le meilleur chasseur de la tribu. Suivre les pistes du gibier, ça me connaît. Je peux aider non ? ‘‘

‘‘ Merci, mais…ce n’est pas la même chasse…mais je voudrais que tu surveilles mon père. Ne pas non plus le priver de liberté, mais…enfin…être là pour lui. Il en a plus que besoin… ‘‘

‘‘ Ne t’inquiète pas mon frère. Je comprends. Tu peux compter sur moi. Toi, retrouve ta mère. Et cette ordure. ‘‘

‘‘ Merci Ephraïm… ‘‘

Ephraïm ne lui répondit que part un sourire en coin et se retourna vers Heïan et les filles qui relevaient tous leurs yeux en même temps vers les jeunes hommes. Vaënadiel essuyait ses larmes en reniflant, détestant voir les autres autour d’elle aussi tristes et partageant leur peine et leur désespoir face à cette disparition. C’était comme si elle venait de perdre sa propre mère pour une deuxième fois.

‘‘ Je t’aime papa. Et comme j’ai pu m’appuyer sur toi durant tous ses mois horribles, comme j’ai pu compter sur maman, Elayne, Ephraïm et Vaë durant cette période, tu peux à présent t’épauler sur nous. Je te le redemande : promets-moi de ne pas faire de bêtise. N’agis pas seul. Et préviens-nous lorsqu’il prend contact avec toi. Je le sais qu’il va le faire, si ce n’est déjà fait. Tu m’as dit qu’il s’amusait à faire tourner en rond, comme pour nos enfants. Il ne faut pas jouer à son jeu. Il se croirait tout de suite vainqueur. Il faut lui mettre des bâtons dans les roues. ‘‘

Le père regardait son fils directement dans les yeux et ne parvenait toujours pas à ouvrir la bouche. Il ne le voulait pas non plus. Pas de promesse, car celle-ci, il ne la respecterait pas à coup sûr. Même si les membres de sa famille ne voulaient pas qu’il fonce tête la première dans la gueule du loup, Heïan le ferait. Si Melley se retrouvait dans un tel merdier, c’était parce qu’il ne s’était tout simplement pas lancé à la poursuite d’Eziel une fois que Keira avait été arrêtée. Il savait qu’il aurait dû le traquer, mais au lieu de ça, il avait attendu et aujourd’hui, sa femme était quelque part et certainement en train de se faire maltraitée par cette ordure sans conscience humaine. C’était à lui de réparer les pots cassés, même si ses enfants lui mettaient des bâtons dans les roues. S’il fallait qu’il y laisse sa vie, qu’il brise sa seule et unique promesse faite envers son épouse, il le ferait. Et ce, même s’il fallait qu’elle le maudisse même mort.

Les paroles de ses enfants ne parvenaient même pas à ses oreilles tellement il était perdu dans ses songes. Keilan lui avait même mis un doigt dans le nez et il ne s’en était rendu compte que lorsque Liam quitta la pièce d’un pas rapide, le ramenant à la réalité. Ses yeux violacés regardèrent le couloir dans lequel il était parti puis Heïan laissa Keilan aux soins de sa mère pour aller rejoindre sa progéniture qui inspirait profondément plus loin.

‘‘ Liam ... ‘‘ Dit-il d’une voix faible et tremblante. ‘‘ Je suis désolé, mais ... je ne peux pas te faire une telle promesse au risque de la rompre involontairement. ‘‘

Le père s’approcha davantage et prit son fils dans ses bras pour le serrer fortement, cherchant aussi du réconfort. Il se doutait que ses enfants étaient aussi inquiets que lui, mais sans Melley, il n’était rien. C’était elle qui lui avait fait ouvert les yeux, fait voir la beauté de la vie, fait prendre en compte qu’il y avait encore un avenir devant lui alors qu’il était sur le point de plongé en bas du précipice de ses tourmentes le soir de leur première rencontre.

‘‘ Ta mère me manque affreusement ... ça me torture de savoir qu’elle est avec lui et ça m’énerve, car je sais qu’il ne lui fait actuellement aucun traitement de faveur. Je redoute de ne pas la retrouver à temps. ‘‘

L’étreinte de son fils se fut plus forte d’un coup et lui aussi tremblait légèrement. Se voulant rassurant, Liam dit :

‘‘ On la retrouvera à temps papa. Crois-moi. Crois-en elle comme nous croyons en elle. Elle est forte. J’ai peur aussi et Elayne aussi, tout comme Vaë et Ephraïm....mais il faut garder la tête haute et tout faire pour la retrouver au plus vite. On est là papa...on est là... ‘‘

Oui ... Melley était forte, mais Eziel était un fin manipulateur et savait comment entrer dans la tête des gens. Il aimait jouer avec ses victimes tout comme les torturer. C’était un être sadique et assoiffé de sang. Juste cette pensée fit accroître la poigne des mains d’Heïan sur la chemise de son fils. Après un long moment, il se détacha de lui et posa ses mains sur ses joues et colla son front au sien.

‘‘ Je te crois, fiston ... je te crois ... elle tiendra le coup. C’est une battante ... ‘‘

Il voulait croire qu’elle se battrait comme elle le pouvait. Il osait le croire du moins. Vaënadiel arriva à ce moment et posa une main douce sur l’épaule de son beau papa en lui faisant un sourire compatissant, qu’il réussit à lui rendre.

‘‘ Une chance que vous êtes tous là sinon je crois que je ne supporterais pas le coup bien longtemps. ‘‘

Heïan entoura alors Vaë d’un bras et l’approcha de lui et Liam afin de se faire une accolade de groupe puis il les relâcha. La jeune femme essuya ses larmes et leva ses yeux aqua vers le père de Liam pour lui demander :

‘‘ Je sais que Liam vous l’a proposé tout à l’heure, mais désirez-vous dormir à la maison ce soir ? Il y a toujours une chambre de libre. ‘‘

‘‘ Non, merci. Je vais rester ici au cas où Eziel se déciderait à revenir vers moi. ‘‘

‘‘ Tu es certain papa ? ‘‘ Demanda Elayne, venant les rejoindre avec le nordique dans le couloir.

‘‘ Ne t’inquiète pas pour moi ma chérie. Il ne me fera rien pour le moment. Par contre, j’aimerais que toi et Ephraïm dormiez chez Liam et Vaënadiel ce soir et pour quelques jours. ‘‘

‘‘ Il serait préférable que quelqu’un reste avec vous monsieur, sauf votre respect. Je me propose, seulement au cas où. ‘‘

Ephraïm baissa les yeux vers Elayne qui semblait soudainement inquiète, mais se résigna alors que Liam approuvait d’un signe de tête comme Vaënadiel. Savoir Heïan seul dans la villa avec les domestiques n’avait rien de rassurant et son fils ne voulait pas qu’il agisse sur un coup de tête et se mette dans le trouble à cause d’une décision impulsive. Heïan soupira de résignation et hocha simplement de la tête.

‘‘ Farkhas restera ici avec vous. Si jamais il y a quelque chose qui ne va pas, il vous alertera et pourra aussi vous tenir compagnie la nuit. ‘‘

‘‘ Merci, les jeunes, mais vous vous en faites trop. Ça ira ... ‘‘

Mais eux ne semblaient pas si certains, particulièrement ses enfants. Ils décidèrent donc de rester avec Heïan jusqu’à ce que la nuit tombe puis ce fut l’heure des au revoir. Eph’ embrassa tendrement sa douce qui eut de la difficulté à se détacher de lui. Au moins, elle serait plus en sécurité avec Liam et ainsi, Vaë ne serait pas seule avec les enfants pendant la journée. Sans se le cacher, ça le rassurait puisqu’Eziel devait certainement les espionner quelque part dans l’ombre. Les deux hommes se retrouvèrent alors seuls et ils conversèrent un moment sur le mode de vie des montagnes qui permit à Heïan de se changer un peu les idées. Ensuite, ils montèrent se coucher et Ephraïm alla dans la chambre d’Elayne, Heïan dans la sienne. Il alla alors dans la salle de bain, éclairée par une seule lanterne suspendue au dessus de la glace et se regarda un long moment, perdu dans ses pensées. Ce que ça pouvait être étrange de ne pas sentir Melley à ses côtés, de voir qu’elle n’était pas dans la pièce, et ce, pour une période indéterminée. Poussant un long et profond soupir, l’homme baissa les yeux et plongea son visage dans l’eau froide, l’essuyant par la suite à l’aide d’une serviette et se débarrassa de ses vêtements. Il ne garda que son pantalon et se laissa tomber sur le dos dans le lit, ses yeux violets se posant sur cette place vide et froide habituellement empruntée par sa femme. D’une main, il prit son oreiller et la colla à lui, humant son doux parfum qui lui manquait tant.

La nuit fut longue ... très longue. Le soleil se leva et Heïan n’avait toujours pas fermé l’oeil de la nuit. Le maître de la maison ouvrit la baie vitrée et alla sur le balcon pour humer l’air frais de la matinée et observa le boisé, comme le jardin arrière; c’était calme. Il referma alors les portes vitrées derrière lui et alla rejoindre Ephraïm qui sortait tout juste de sa chambre, les cheveux en bataille et les yeux petits.

‘‘ Bon matin m’sieur. Vous avez les yeux petits, dites donc. ‘‘

‘‘ Je ne suis pas parvenu à fermer les yeux de la nuit ... ‘‘

‘‘ Ouais .... normal avec tout ça. ‘‘

Ils descendirent alors en bas avec le loup qui suivait Liam comme son ombre et ils allèrent casser la croute. Bien entendu, Heïan se forçait pour manger quelque chose afin de se remplir l’estomac. S’il ne le faisait pas, il s’attendait à se faire gronder dessus par ses enfants et ce n’était pas l’amoureux d’Elayne qui se gênerait pour lui cacher ces détails.

En avant-midi, Omar passa à la villa pour s’assurer de l’état de son ami et constata du premier coup d’oeil qu’il avait une salle tête. Il lui annonça alors qu’ils n’avaient trouvé aucun indice, ce qui ne semblait pas étonner l’ancien Capitaine de la garde de Beolan. Le géant fronça alors les sourcils à ce manque de réaction et croisa les bras; il attendait qu’Heïan parle et lui explique un truc qu’il ne captait pas.

‘‘ Omar... les seuls indices qu’il laisserait me seront adressés personnellement. Tes soldats ne mettront jamais la main sur lui. C’est moi qu’il veut et sait comment m’atteindre en toute discrétion. ‘‘

‘‘ Que pouvons-nous faire dans ce cas ? ‘‘

‘‘ Rien. Il vous faudra attendre, tout comme moi. Dis à tes hommes de laisser tomber les recherches. Eziel ne se montrera jamais à vous. Quand l’heure viendra, je te préviendrai. ‘‘

‘‘ Tu ne le feras pas. Espèce de tête de mule... je te connais et tu n’en feras qu’à ta tête. Tu te conduiras toi-même à ta propre perte, Heïan Kreiss. ‘‘

Heïan garda le silence, mais Omar posa une main sur son épaule avant de lui tourner le dos et de quitter la villa. Un long et profond soupir s’échappa de la bouche de l’homme et Ephraïm vint lui donner un faible coup de coude dans les côtes.

‘‘ Et si on allait rendre visite aux petits monstres ? ‘‘

‘‘ C’est une bonne idée. ‘‘ Approuva Heïan d’un faible sourire.

Les deux hommes prévinrent donc les domestiques puis ils s’en allèrent vers la demeure de Liam qui était absence, cherchant comme il pouvait les traces d’Eziel ainsi que le lieu de détention de sa mère. Une fois à la maison des nouveaux mariés, ce fut Vaënadiel qui ouvrit en tenant Arya par la main. Elle les salua en les serrant dans ses bras et les laissa entrer puis les entraîna dans le salon où Elayne jouait avec Keilan. Celle-ci se leva et alla chercher son baiser puis serra son père d’un bras, lui laissant le loisir de prendre le petit dans ses bras.

‘‘ Tu n’as pas dormi, n’est-ce pas ? ‘‘

Ne voulant pas lui mentir, Heïan répondit par la négative ce qui fit soupirer sa fille de découragement. D’un autre sens, elle aussi comprenait, car elle avait eu du mal à dormir elle aussi, pensant constamment à sa mère qui était quelque part.

Pendant ce temps, Eziel était recroquevillé à un mètre de Melley et l’observait en silence, réfléchissant à ce qu’il pourrait lui faire subir comme torture. Il regardait chaque partie de son corps, même si elle tentait de se cacher comme elle le pouvait. C’est là qu’il se leva et prit sa dague pour se faire plus près d’elle et tira premièrement sur sa jambe gauche pour agripper son pied. Il lui lança un regard si froid que Melley n’eut le choix que de cesser tout mouvement et essayant de calmer ses tremblements tant bien que mal.

‘‘ Tu sais, Heïan avait une manière bien particulière d’empêcher ses victimes de fuir lorsqu’il les attrapait après une bonne traque. Il prenait sa dague et faisait ceci ... ‘‘

Lentement, il entailla le dessous de ses pieds de plusieurs coups de lame. Bien entendu, il prenait soin d’enfoncer la pointe de la lame dans la chair pour qu’elle souffre une fois debout et en fin de même avec le pied droit, jubilant lorsqu’il l’entendait crier et secoué de spasme de douleur qui lui arrachait des larmes silencieuses. C’était tout simplement un vrai régal pour lui.

‘‘ Aucunes d’entre elle ne parvenait à se tenir sur ses pieds, ni même fuir. Il lui suffisait de les agripper par les cheveux et de leur casser la nuque après leur avoir ouvert le dos. Mais je vais t’éviter cette partie, car j’ai besoin de toi pour un bon moment encore. D’ailleurs ... ne trouves-tu pas qu’il en met du temps pour venir te chercher ? ‘‘

Eziel lui fit un sourire sadique puis se leva et la laissa de nouveau seule dans cette maison abandonnée et se trouvant en pleine forêt, là où personne ne s’aventurait. C’était trop risqué de la cacher en ville avec tout ces soldats qui rasaient les lieux au peigne fin depuis la veille.

Quelques jours s’écoulèrent et toujours pas de nouveaux indices en vue, ni même de traces d’Eziel dans les parages. Heïan avait décidé de partir seul avec Farkhas en direction de la villa après un souper chez son fils, mort de fatigue même s’il n’arrivait pas à dormir encore. Si le sommeil le gagnait, c’était pour une période maximale de quelques minutes et ce n’était nullement reposant, au contraire. Le loup se mit alors à grogner sourdement, ses yeux fauves regardant une ruelle. Heïan entendit alors un bruit et fronça les sourcils, s’y dirigeant. La lune éclairait les lieux, mais son attention se porta sur le liquide que Farkhas reniflait au sol. Un liquide pourpre et frais. Ils avancèrent avec prudence, encore et encore jusqu’à ce qu’il parvienne à une charette abandonnée et démunie de ses roues. Le sang y grimpait, s’égouttant en une flaque au sol. La bête sauvage se mit alors à grogner, le museau dans les airs et Heïan aperçut une silhouette noire se dérober l’espace d’une seconde. Sans perdre de temps, il s’approcha pour y découvrir le pendentif qu’il avait offert à Melley le soir où il lui avait demandé de rester avec lui, à Beolan. À côté se trouvait un cadavre de chat, fraîchement égorgé. Son estomac se serra et il prit le pendentif dans la paume de sa main droite, le serrant fortement en serrant les dents. Heïan se sentait de plus en plus impuissant et était à court de ressources. Il ne pouvait même pas mener ses recherches de son côté, car Eziel effaçait constamment ses traces, ayant tout prévu de A à Z. Même si Farkhas se lançait à sa poursuite, la piste ne menait nulle part et ils passaient des heures et des heures à tourner en rond.

Il revint alors à la maison, plus désespéré que jamais, montant à la chambre directement pour filer sous le jet d’eau qui s’avérait glacial. Le bijou de sa femme n’avait nullement quitté sa main, ni même lorsqu’il se coucha sur le lit, laissant pendre la chaîne au bout de ses doigts pour admirer la pierre qui portait la couleur de ses yeux et qui brillait sous la lumière de la lune. Son bras se baissa alors mollement pour se poser sur son torse, ses doigts gardant jalousement le bijou dans sa main. Farhkas à ses côtés, Heïan put fermer les yeux sans pour autant s’endormir. Il était épuisé physiquement et psychologiquement. Et ce n’était que le début à son plus grand malheur.

‘‘ Je suis tellement, désolé Melley ... sois forte ... je serai bientôt là... je ... t’aime ... ‘‘

Bien que c’était inutile, parler dans le vide en imaginant qu’elle était tout prêt lui fait un minimum de bien. Mais rien ne comblerait cette absence à ses côtés.

Rien ...

Spoiler:
 

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mer 2 Jan 2013 - 11:07


Appuyé au mur, Liam rassemblait ses forces et son courage pour rester droit. Il ne devait pas pleurer. Pas alors que son père avait besoin de soutien. Pas alors que tous comptaient sur lui pour remédier à cette situation. Il pleurerait…chez lui, dans le noir de sa chambre…
Il sentit une présence près de lui et la voix de son père s'éleva, faible et tremblante :

-Liam ... Je suis désolé, mais ... je ne peux pas te faire une telle promesse au risque de la rompre involontairement.

Il s'en était douté que son père ne le lui promettrait pas. Heïan s'approcha un peu plus et le serra contre lui, toujours tremblant. Liam lui rendit son étreinte, lui donnant tout le réconfort qu'il pouvait en ces temps sombres. Il était si inquiet pour sa mère…c'était elle qui lui avait appris ce qu'il savait. Elle qui avait toujours été là pour eux dans les moments difficiles, quand son père ne pouvait pas. Elle qui avait affronté la disparition de son époux la tête haute et leur donnant ce dont ils avaient besoin alors qu'elle-même travaillait jusqu'à pas d'heure et s'épuisait. C'était sa mère…

-Ta mère me manque affreusement ... ça me torture de savoir qu’elle est avec lui et ça m’énerve, car je sais qu’il ne lui fait actuellement aucun traitement de faveur. Je redoute de ne pas la retrouver à temps.

Liam serra les dents et chercha ses mots en serrant son père plus fortement encore. La dernière partie lui avait donné des frissons.

-On la retrouvera à temps papa. Crois-moi. Crois-en elle comme nous croyons en elle. Elle est forte. J’ai peur aussi et Elayne aussi, tout comme Vaë et Ephraïm....mais il faut garder la tête haute et tout faire pour la retrouver au plus vite. On est là papa...on est là...

Son père ne répondit pas, perdu dans ses songes, mais ses mains se refermèrent encore plus sur sa chemise. Liam n'aimait pas être là et ne rien pouvoir faire pour aider les siens…
Réfléchissant un certain temps, son père se détacha finalement pour prendre ses joues entre ses mains et poser son front contre le sien. Liam le regardait dans les yeux alors qu'il disait :

-Je te crois, fiston ... je te crois ... elle tiendra le coup. C’est une battante ...

Une battante comme son mari et ses enfants. Elle et Heïan avaient appris aux jumeaux à se battre. Elle venait d'un milieu difficile, elle savait résister. Liam en était persuadé. Elle ne baisserait pas les bras. Jamais.
Vaë approcha alors, timidement, posant une main sur l'épaule d'Heïan et lui offrant un petit sourire. Heïan tenta de le lui rendre et déclara :

- Une chance que vous êtes tous là sinon je crois que je ne supporterais pas le coup bien longtemps.

Liam approuva. Sans eux son père aurait été perdu il le savait bien. Et qui sait qu'elle connerie il aurait faite ? Il se retrouva collé à sa rose et son père, qui les étreignaient avec force. Et Liam contenait ses larmes. En se détachant, Vaë essuya les siennes en demandant à Heïan :

- Je sais que Liam vous l’a proposé tout à l’heure, mais désirez-vous dormir à la maison ce soir ? Il y a toujours une chambre de libre.

Il refusa gentiment, prétextant le cas ou Eziel reviendrait vers lui. Mais rien que cela convainquait Liam qu'il devait venir avec eux. Elayne s'était rapprochée avec Ephraïm et lui demandait s'il était sûr, ce qu'il confirma en disant en plus qu'elle et Ephraïm devait aller chez les mariés pour quelques jours. Là, Liam fronça les sourcils. Non. Hors de question de laisser Heïan seul avec les domestiques à la villa. Ce qu'Ephraïm comprit bien vite et s'empressa de se proposer pour rester avec lui. Elayne commença tout de suite à paniquer, ne voulant pas être séparée de lui, mais Liam acquiesçait de la tête et elle se résigna. De toute façon, elle ne serait pas seule. Elle serait avec lui et Vaë et les enfants. Et finalement ils le convainquirent et Heïan hocha de la tête.

-Farkhas restera ici avec vous. Si jamais il y a quelque chose qui ne va pas, il vous alertera et pourra aussi vous tenir compagnie la nuit.

Le loup se posta près du père comme pour confirmer et son père assurait que tout irait bien. Mais Liam ne le croyait pas. Son père était déjà à bout et perdu. Il ne devait pas rester seul. Ils devaient lui occuper l'esprit, au moins quelques minutes, pour qu'il cesse de se ronger les sangs et de se torturer de la sorte. Rien n'était de sa faute. Et ils retrouveraient Melley rapidement. Ils restèrent donc avec lui jusqu'à la nuit tombée et pour les au revoir, Eph' embrassa Elayne tendrement, lui promettant que tout irait bien.

Tous s'en allèrent, laissant le nordique avec l'ancien Capitaine et le loup. Liam serrait la main de sa fille et celle de Vaë, bien silencieux. En rentrant, ils montrèrent à Elayne la chambre puis s'occupèrent des enfants avec elle. Et, une fois couché, Liam ne put se retenir. Il pleura, longtemps, mort d'inquiétude, et malgré les bras de Vaë sur lui, il ne parvint pas à se calmer ni même à dormir convenablement.

Le lendemain, il se leva, s'habilla et mangea, puis salua tout ce beau monde et partit au quartier général. Il devait trouver quelque chose. Cela n'allait pas autrement. Il fouillait chaque recoin de la ville, chaque ruelle, interrogeait chaque passant, chaque voyou même…mais rien. Absolument rien. Comme s'il traquait un fantôme. Une fumée que l'on tenterait de prendre à mains nues.

Pour Melley la nuit avait été tout aussi longue. Elle n'avait pas dormit, ou juste quelques minutes. Elle avait trop peur qu'il vienne durant son sommeil…Son dos ne lui faisait plus autant mal, les plaies cicatrisaient, mais son bras l'élançait. Et le creux de ses jambes aussi. Mais elle ne pensait pas à ça pour l'heure. Parce qu'Eziel était là, à un mètre d'elle, à l'observer. Elle se camouflait comme elle pouvait, et soudain il s'avança vers elle avec une dague. Il tira sa jambe pour la détendre, prenant son pied gauche. Elle paniqua, crut qu'il allait réellement la violer. Elle tenta de se retirer, de bouger pour se défaire de sa main, mais elle reçut un regard si froid et si menaçant qu'elle stoppa ses tentatives, terrorisée de ce qu'il pouvait faire. Elle tremblait, sans pouvoir les contrôler et elle le regardait, le couteau, le pied, se demandant ce qu'il allait faire…

-Tu sais, Heïan avait une manière bien particulière d’empêcher ses victimes de fuir lorsqu’il les attrapait après une bonne traque. Il prenait sa dague et faisait ceci ...

La dague s'enfonça sous son pied, l'entaillant à plusieurs endroits. Étant une partie sensible, elle ne pouvait s'empêcher de crier et d'avoir des spasmes dus à la douleur. Il s'amusait à enfoncer la pointe de la lame convenablement, pour le pied gauche comme pour le droit. A chaque coup, une larme coulait en silence.

-Aucunes d’entre elle ne parvenait à se tenir sur ses pieds, ni même fuir. Il lui suffisait de les agripper par les cheveux et de leur casser la nuque après leur avoir ouvert le dos. Mais je vais t’éviter cette partie, car j’ai besoin de toi pour un bon moment encore. D’ailleurs ... ne trouves-tu pas qu’il en met du temps pour venir te chercher ?

Il s'éloigna sur ses entrefaites, la laissant seule avec ses tourments et ses douleurs. Ses pieds étaient à leur tour amochés. Mais elle n'imaginait pas Heïan le faire…ni même casser la nuque des gens comme il l'avait expliqué…du temps à la chercher ? Cela faisait deux jours qu'elle était là si elle n'était pas perdue dans ses comptes…elle ne perdait pas espoir. Elle pensait à lui, à ses enfants, les nordiques, ses petits-enfants…elle revoyait la journée du mariage, si joyeuse…tout pour ne pas laisser les doutes s'installer.

Elle n'avait même plus son médaillon pour se réconforter et imaginer qu'il était là, les bras autour d'elle. Les tremblements reprirent, les larmes avec.

Ainsi, les jours s'écoulèrent. Liam tournait en rond et plus d'une fois Omar dû le gifler pour qu'il cesse de hurler dans tout le quartier général. Personne ne pouvait rien faire tant que l'ordure n'aurait pas pris contact avec Heïan. Si tant est que celui-ci les prévienne. Liam se contrôlait, contrôlait comme il pouvait la chose qui cognait. Bientôt une semaine. Une semaine sans nouvelles, sans indices, sans pistes. C'était atroce. Elayne et Vaë, avec Ephraïm bien sûr, restaient avec Heïan lorsque celui-ci n'allait pas explorer la ville avec le loup. Elles tentaient de le faire un peu sourire, de lui donner d'autres pensées l'espace de quelques minutes. Mais Elayne ne tenait pas longtemps et partait vite pour pleurer dans la salle de bains.

Pour Melley, les jours étaient tous semblables et au final elle ne savait plus combien de temps s'était écoulé. Elle ne parlait plus, regardait d'un air vide l'armoire, repliée sur elle-même, tentant d'ignorer les douleurs. Il était revenu la fouetter pour que son dos ne cicatrise pas justement, et il était repassé sur sa gravure pour qu'elle soit encore plus nette. Elle avait hurlé bien sûr, et s'était mangé une gifle après l'autre, ainsi qu'une main baladeuse. Et les doutes venaient la tirailler de plus en plus. Un jour, Eziel lui dit en caressant machinalement sa poitrine et son ventre :

-Heïan prenait plaisir à violer les femmes. Toutes. Qu'importe leur âge. Il y prenait un réel plaisir crois-moi je l'ai vu. Mais je t'éviterais ça aussi. Parce que…excuse moi mais tu es un peu trop âgée pour mon goût.

Et il s'était relevé en caressant sa tête, s'éloignant à nouveau. Heïan, violer ? Non…impossible… sa première fois avait été avec elle…non ? Il lui avait dit qu'elle était la première et serait la dernière... Elle pleura à nouveau, le cœur serré à l'image de son mari en train de violer des fillettes. L'image de lui violant Elayne s'imposa à elle et elle hurla dans la maison, seule. Non ! Jamais il ne ferait ça ! Pas à sa fille…à personne ! Mais Eziel disait l'avoir vu…non c'était un menteur ! Tout se mélangeait et elle était perdue.

Un autre jour, dans la deuxième semaine, après lui avoir donné à boire et un peu à manger, il revint, la caressa à nouveau et lui dit :

-Je t'avais demandé pourquoi il mettait si longtemps à te chercher tu te souviens ?

Elle acquiesça faiblement.

-Et bien…je vais te dire pourquoi…parce qu'il ne te cherche pas, tout simplement.

Elle le regarda, paniquée. Ne la cherchait pas ? Mais si…il la cherchait, c'était obligé. Mais Eziel continua :

-Pourquoi crois-tu que sa démission et ton enlèvement ont eu lieus le même jour ? Il joue à faire semblant. Il n'a fait que m'attendre durant toutes ses années pour pouvoir montrer son vrai visage. Un tueur à gage est doté des talents de menteur, de manipulation et de dissimulation. Avoue qu'il a bien joué son jeu non ? Tu t'es laissé prendre si facilement…

Melley était terrorisée. Heïan non ! Il ne lui avait pas menti…il l'aimait…jamais il ne lui avait fait de mal…c'était un mari exemplaire…un père attentionné…les larmes noyèrent ses yeux alors qu'il souriait sadiquement en poursuivant sa torture psychologique :

-Ne sois pas triste pour les mômes. Il n'en a jamais voulu. Il te les a faits pour jouer convenablement son rôle de gentil mari. Maintenant je fais durer le jeu et ensuite je te tuerais. Et là nous partirons ensemble redevenir les tueurs à gages que nous avons toujours été. Enfin lui surtout. Moi je n'ai jamais cessé.

Et après un dernier serrement de son sein dans sa main, il se releva, fier de ce qu'il semait en elle. Parce que comme ça si jamais il devait perdre la partie, ce qu'il ne voulait pas mais il valait mieux être prudent avec Heïan, elle serait tellement traumatisée, le craindrait tellement, qu'il ne s'en remettra pas. Les détruire de l'intérieur. Les anéantir. Quelle jouissance…
Melley inspira un grand coup. Mais si, il avait voulu des enfants…il avait voulu d'elle…il l'aimait…non ?

Le doute prit place en elle. Et si l'autre avait raison ? Et si Heïan ne l'avait jamais aimée au final ? Et s'il avait fait semblant durant toutes ses années ? Mais sa famille…sa mère, son oncle…eux-mêmes n'y avaient vu que du feu…Heïan allait-il lui faire les mêmes choses qu'Eziel ? Allait-il venir, un sourire cruel aux lèvres en la voyant ainsi et la torturer à son tour ? Allait-il tuer ses enfants et leurs compagnons, ses petits-enfants, pour être à nouveau libre d'être le tueur à gage ? Allait-il violer sa fille, Vaë…sous les yeux de Liam et Ephraïm ? Melley pleurait en continu, tremblante. Sa bouche s'ouvrit et un hurlement en sortit, sous forme de nom.

-HEÏAN !!!!!!!!!!!

Puis elle se recroquevilla à nouveau, laissant l'écho de son cri se fondre dans la poussière de sa prison. Elle l'aimait, elle…et ils s'étaient promis de mourir dans les bras l'un de l'autre…était-ce aussi une promesse en l'air ? Pour lui faire plaisir ?

La lumière de l'espoir s'éteignait dans ses yeux au fur et à mesure que le doute prenait place en elle, avec la peur. La peur d'Heïan…Eziel réussissait…il la détruisait aussi sûrement qu'elle détruirait Heïan en le repoussant si jamais il venait à perdre.

Cela allait faire trois semaines qu'elle était captive. Les gardes tournaient en rond, Liam se maudissait, Heïan se torturait, et Eziel lui, savourait. Sa pièce de théâtre était en marche. Et d'ici un ou deux mois, le grand final aurait lieu. Le plus grand de tous les finals…


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Vaënadiel Eira



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mer 2 Jan 2013 - 17:32

Quand le passé nous rattrape, part.4

Trois foutues semaines qu’Eziel n’avait pas donné de nouvelles, ni même d’indices quelque en soit la forme. Rien ... tout simplement rien. Les nuits blanches d’angoisse n’avaient cessé et au contraire, elles se faisaient de plus en plus présentes. Les quelques rares où Heïan parvenaient à s’assoupir était lorsqu’il était assis sur le canapé, fixant les flammes du feu qui crépitait, serrant toujours le pendentif de sa femme dont la chaîne entourait son poignet droit. Depuis qu’il l’avait trouvé, jamais il ne le quittait. C’était comme si ce seul petit objet lui permettait de tenir le coup d’une manière ridicule. Oui ... c’était complètement ridicule, mais l’espoir de retrouver Melley vivante diminuait au fil des jours. Il avait l’air d’une âme en peine ou d’un corps sans âme, d’un mort-vivant. Son visage était pâle, ses traits tirés par la fatigue, ses yeux étaient injectés de sang et qui faisait ressortir davantage le violet de l’iris. Bref, il faisait peur. La seule chose qu’il faisait était de manger, mais c’était sans dire qu’il faisait des efforts considérables, car il se serait laissé mourir de faim si Ephraïm n’avait pas été là pour le surveiller et jouer à la nounou avec lui.

À chaque fois qu’il y avait un son anormal dans la villa, Heïan sursauta et se précipitait vers sa source pour ne rien y trouver. À chaque fois il avait espoir de recevoir un nouvel indice alors que c’était peine perdue. Il pouvait ainsi passer des heures à genoux dans le couloir à fixer le sol d’un regard complètement vide. Ses enfants étaient dévastés de le voir ainsi, craignant qu’il ne lâche prise à tout moment. Il avait même confié à Elayne que Melley devait être morte à l’heure qu’il était, mais celle-ci devait le secouer pour lui remettre les idées en place puis allait sangloter dans la salle de bain tellement c’était difficile pour elle de supporter cette situation. Ephraïm tentait de la réconforter du mieux qu’il pouvait, lui expliquant que son père était démoralisé et que la fatigue n’aidait en rien son cas.

Une semaine encore et toujours rien. Heïan brouillait du noir dans sa chambre, couché sur le dos dans le lit et regardait la pierre du pendentif. Et s’il oubliait le visage de Melley avec le temps ? Peut-être était-ce seulement un mauvais rêve qui semblait trop réel ? Il se pinça alors, mais il grimaça et regarda la trace rougeâtre qu’il s’était faite au bras. Voilà, il aurait une belle équimose dès demain ... ce qu’il pouvait s’en foutre. Eph’ entra alors dans la chambre avec le repas du soir, invitant son beau-père à se rassasier puisqu’il n’écoutait plus depuis longtemps les rugissements de son ventre. Lentement, l’ancien Capitaine s’asseya et croisa les jambes pour commencer à manger, dans le silence le plus complet. Le nordique le regardait faire, la mine dépitée et tentait d’imaginer ce que ça pouvait être de savoir l’être aimée entre de mauvaise main, loin de soi. Qu’est-ce que ce serait si lui-même se faisait enlever Elayne ? Il frissonna d’horreur à cette pensée et ne voulut pas savoir ce que c’était après avoir passé autant d’années l’un près de l’autre. Heïan se retrouva de nouveau seul et alla machinalement dans la salle de bain pour se glisser dans la baignoire et laissa échapper un long et profond soupir de désespoir, fermant les yeux en tentant d’imaginer le sourire de sa bien-aimée. Quelques minutes s’écoulèrent avant que l’homme se sorte de l’eau et se sèche pour revenir dans la chambre. Ses yeux se tournèrent vers le balcon où il vit une silhouette sautée dans le vide après avoir collé au parchemin plié en deux à la fenêtre. Heïan s’y précipita sans hésitation, ouvrit la porte vitrée et l’empoigna en tremblant. Lorsqu’il déplia la feuille, il eut des sueurs froides en voyant la trace s’y trouvant: une main, celle de Melley et ... l’odeur du sang. Il n’y avait rien d’écrit hormis ‘‘ encore un peu de patience ... ‘‘. Dans un excès de fureur, Heïan frappa si fortement le mur de son poing que ses phalanges craquèrent, étouffant un cri de douleur. Il se mordit la langue et tenta de voir s’il ne s’était pas cassé quelque chose et par chance, ce ne fut pas le cas.

‘‘ Heïan, est-ce que ça va ? ‘‘ Demanda le nordique de l’autre côté de la porte. ‘‘ J’ai entendu un bruit sourd. ‘‘

‘‘ Oui ... oui, ça va. J’ai ... échappé quelque chose par terre. ‘‘

‘‘ Bien. Si quelque chose ne va pas, n’hésite pas à demander. ‘‘

Les bruits de pas dans le couloir s’éloignèrent et une porte se referma alors. Heïan soupira puis alla se coucher, l’image de la main ensanglantée du papier gravée sur sa rétine.

Encore une fois, il se retrouvait devant un mur et de plus en plus impuissant. La colère montait en lui et l’épuisait de plus en plus. C’était devenu insupportable et il n’en pouvait tout simplement plus. Son épouse était-elle encore en vie ou non ? C’était tout ce qu’il voulait savoir, mais Eziel jouait avec son esprit et ne cessait de le torturer, gardant la surprise pour sa grande finale.

Le lendemain matin, Heïan resta cloîtré dans sa chambre et ne voulut pas en sortir. Eph’ fut donc obligé de venir chercher Elayne, sa soeur et les enfants pour les amener à la villa et tenter de convaincre le paternel de descendre pour prendre le repas avec eux, sauf que ce ne fut pas aussi facile. Au plus grand étonnement de tous, il ne voulut pas prendre ses petits-enfants, ni même les voir. Elayne ne comprenant pas, entra et referma la porte derrière elle pour lui parler seule à seul. Elle s’installa alors sur le lit à côté de son père qui ne la regardait même pas. Comme d’habitude, elle dut lui prendre le menton pour regarder ses yeux et il la repoussa délicatement, fermant les paupières et baissant la tête.

‘‘ Papa ... parle-moi. Dis-moi quelque chose je t’en supplie. Tu m’inquiètes énormément ... pour que tu ne veuilles pas prendre tes petits-enfants c’est que ... ‘‘ Mais elle se fit couper aussitôt.

‘‘ Laisse-moi tranquille, Elayne. Je ne veux voir personne ... ‘‘ Souffla t-il d’un ton froid et distant.

Elayne fronça les sourcils et le darda du regard. Elle n’allait quand même pas partir comme ça ! Une Kreiss têtue était une Kreisse têtue et elle n’avait pas hérité ce défaut du voisin, mais bien de son père.

‘‘ Non. ‘‘ Répondit-elle, sèchement. ‘‘ Je ne te laisserai pas seul alors que tu broies du noir ! ‘‘

‘‘ VA-T’EN ! ‘‘ Hurla t-il en la regardant enfin de lui-même.

‘‘ NON ! ‘‘ L’imita-t-elle. ‘‘ JE RESTE UN POINT C’EST TOUT ! ‘‘

Heïan lui lança un regard noir qu’elle ignora et elle s’approcha de lui brusquement pour le serrer contre lui, le forçant à accoter son front contre son épaule et lui caressant les cheveux doucement. Son père entoura sa fille de ses bras et se mit à sangloter en silence, lui demandant pardon à voix basse.

‘‘ Chhhhh ... ça va ... ça va ... ‘‘

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mer 2 Jan 2013 - 18:22


Liam réfléchissait à se faire mal à la tête. De rage, il envoya valser au sol toute la pile de papiers jonchant le bureau auquel il avait pris place. Respirant profondément, il se prit la tête entre les mains, s'arrachant presque les cheveux. Trois semaines sans rien. Aucune nouvelle, aucun indice. Et son père sombrait lentement il le voyait. Il gardait le pendentif de sa mère accroché à son poignet inlassablement, ne dormait plus, mangeait à peine…
En courant, Omar débarqua, avisant le bordel qui régnait dans son bureau.

-Liam…

-Désolé. Je rangerais tout…après.

Omar s'approcha de lui et lui prit les épaules, le secouant un peu.

-Arrête ! On va la retrouver ! Et je te jure qu'il passera un mauvais quart d'heure une fois que je l'aurais entre mes mains !

-Trois semaines Omar ! TROIS SEMAINES ! Et nous n'avons toujours rien ! Qui sait ce qu'il lui a fait ! Qui sait si elle est au moins toujours en vie !?

Et il se mit à pleurer contre le torse d'Omar, la chose ruant en lui. Le géant se sentait tout aussi affecté que Liam.

-Elle est toujours en vie, Liam. Tu l'aurais senti si elle était partie. Crois-moi.

Liam ne put qu'acquiescer, pleurant toujours. C'était atroce…de voir son père s'éloigner, de ne pas savoir ou était sa mère…de voir les efforts vains de Vaë, Ephraïm et Elayne pour l'aider à tenir le coup…et lui, lui ! Il était là, et ne faisait rien ! Parce qu'il ne pouvait rien faire…

La quatrième semaine défila lentement pour tout le monde. Pour Melley, c'était devenu l'enfer. Voir pire. Elle pleurait sans s'arrêter et tremblait tout autant. Ses pieds lui faisaient mal, tout comme son dos qu'il s'amusait à rouvrit à chaque fois. Son bras n'était pas mieux. Mais le pire, c'est qu'il récoltait le sang dans un bol. Et ça, ça lui faisait réellement peur.
En plus, les doutes l'assaillaient de toutes parts. Elle ne savait pas si elle devait croire ou non ce qu'Eziel lui disait sans cesse. Sur Heïan. Malheureusement, la partie d'elle qui gardait espoir diminuait tandis que l'autre augmentait.

Le collier autour du cou était lourd et elle ne le sentait même plus. Eziel apparut alors en souriant sadiquement avec le bol de sang et un papier.

-Donne-moi ta main ma jolie…

Elle ne voulut pas, la conservant sur sa poitrine. Mais elle reçut une gifle et il la lui prit tout de même, la plongeant dans le sang. Son propre sang…bien barbouillée, il la posa à plat sur le papier, gravant son empreinte dessus.

-Voilà…Heïan va avoir un peu de tes nouvelles…même s'il ne te cherche pas…c'est un code entre nous…ainsi il saura qu'il pourra bientôt agir et arrêter de faire semblant…

Melley le regarda, la main devant elle, tremblante alors qu'il repartait. Sa main était pleine de sang et elle la tendit devant elle, la posant sur le côté de l'armoire. L'empreinte tapissa aussi le bois poussiéreux. Elle avisa alors le bol ou il lui mettait un peu d'eau. Et elle trempa sa main dedans. Elle ne voulait pas la laisser rouge de sang. Mais elle ne boirait plus. Elle prenait parfois un peu d'eau pour se mouiller le corps. Mais ça piquait atrocement, brûlait sur les plaies à vif.

Lorsqu'il revint, il s'approcha d'elle, posant machinalement sa main sur sa poitrine. Melley ne tentait même plus de se dérober. Elle supportait le contact tant bien que mal.

-Les soldats ne te cherchent plus. Ils ont dit que tu étais morte.

-C'est…c'est trois…mois…avant…de…de…déclarer...ça…

Elle se souvenait de la disparition d'Heïan. Sa voix était faible et hésitante, depuis le temps. Il la regarda et elle se replia un peu plus, de peur qu'il la frappe, mais un sourire cruel apparut sur ses lèvres.

-Heïan n'a plus d'espoir. C'est lui qui leur a dit d'arrêter. C'est lui qui leur a dit que tu devais être morte. Tu n'existes plus, ma jolie. Et vu l'air de joie de ton mari…il ne te regrettera pas.

Puis il s'éloigna, allant peaufiner son grand final. Melley regarda sa trace de main sur l'armoire. Sans savoir pourquoi, elle lui faisait penser à la vie. De voir cette main, là, lui faisait penser à une autre présence qu'elle ou Eziel. Une présence mystérieuse, mais là. Une présence qui la maintenait en vie. Pour ses enfants et ses petits-enfants. Heïan ne l'avait jamais aimée…il la croyait morte…il l'avait effacée…

C'était dur à encaisser, surtout avec tout le reste. Ses méthodes de tueur…elle était sûre qu'il ne tarderait pas à arriver pour lui faire endurer ce qu'il faisait à ses victimes. Et lui n'hésiterait pas à la violer. Durant toutes ses années, elle avait aimé sa…avec lui…ne faire qu'un, l'espace d'une nuit…et là…

Fermant les yeux, elle revoyait son visage, mais il devenait flou. Les doutes commençaient à la ronger, et à se muer en certitude, des certitudes dévastatrices en elle. Eziel avait réussi. Elle était devenue une loque. Morte de l'intérieur. Un amour illusoire, une soi-disant trahison, étaient bien plus lourds que la souffrance physique. Malgré la petite partie en elle qui tentait de lui crier qu'elle se trompait. Cette partie qui lui disait que tout cela était faux. Qu'Heïan ne mentait pas. Qu'il était l'homme qu'elle avait réchauffé de l'intérieur et épousé. Mais la partie était trop faible dans son état pour avoir une quelconque influence…

Liam, de son côté, était vraiment énervé contre lui-même. La chose cognait et il n'en pouvait juste plus. Il quitta le quartier général, se maudissant pour cette nouvelle journée gâché. Bientôt un mois et une semaine…

Mais il n'alla pas chez lui. Il savait que tout le monde était chez son père. Ils avaient déménagé à moitié de nouveau, Vaë et lui avec les enfants, pour être constamment là. Il avait fermé sa maison à double tour, et elle les attendait bien sagement. Arrivé en haut, il vit Ephraïm et Vaë devant la porte close.

Il fronça les sourcils, surtout en voyant sa rose pleurer. Ephraïm lui dit alors :

-Il se renferme Liam. Il n'a pas voulu voir ses petits-enfants. Elayne y est allée et il lui a crié dessus. Fais quelque chose…

Il embrassa Vaë, pour se donner de la force. Les petits dormaient dans leur chambre. Il entra sans toquer, et vit Elayne serrer Heïan dans ses bras. Heïan pleurait, le médaillon autour du poignet. Elayne le regarda et il lui fît signe de s'écarter. Elle se poussa et Liam prit son père, le força à se relever. Puis il lui prit les épaules et le secoua, presque sans ménagement.

-PAPA !

Heïan avait un air fatigué, démoralisé, presque mort. Il ne voulait pas croiser son regard et Liam lui prit les joues entre ses mains, posant son front contre le sien et le forçant à le regarder droit dans les yeux.

-Reviens. Ne te laisse pas abattre. Elle est toujours en vie. Tu l'aurais sentit dans ton cœur et ton âme si elle n'était plus là. Arrête de te laisser couler ! Elle ne le voudrait pas et tu le sais ! On va…on va la retrouver et vite. On t'aime tous papa. Et cela nous fait mal de te voir ainsi…va voir tes petits-enfants…ne les rejettent pas. Eux seuls peuvent te donner le sourire l'espace d'une minute.

Il regardait son père, les larmes lui montant involontairement aux yeux.

-Vaë va te donner quelque chose pour dormir. Un sommeil sans rêve mais réparateur. Tu vas dormir une nuit voire une journée entière. Cela te permettra de réfléchir mieux. Souviens-toi de ce que maman dit toujours…

Elayne prit le relais, en communion avec son frère et pour montrer à Heïan leur lien :

-"Cela ne sers à rien de t'énerver Heïan. Ce n'est pas bon pour ton cœur et cela ne te permettra pas de réfléchir mieux."

Liam hocha de la tête.

-Exactement. Il faut que tu te reposes maintenant. Et nous serons là. Nous veillons sur toi papa.

Il le serra contre lui, le laissant pleurer sur son épaule. Il regarda Elayne et elle comprit, allant chercher Vaë.
Liam entraîna son père sur le lit, ou il le fît se coucher, lui mit les draps et lorsque sa rose arriva avec le somnifère, il s'écarta, la laissant le lui donner.

-Bonne nuit papa. Cela ne peut que te faire du bien. Et nous ne quittons pas la maison.

Ni même la chambre. Ils regardèrent Heïan sombrer dans le sommeil, ses traits devenant enfin plus détendus et Liam serra Vaë contre lui, ayant besoin de son odeur et de sa présence. Puis il lui caressa la joue et dit pour tout le monde :

-Je vais rester ici. D'ici quelques heures, Ephraïm prendra mon relais. On va faire des tours de garde jusqu'à ce qu'il se réveille. Farkhas !

Le loup arriva, le regardant de ses yeux si dorés, attendant ses ordres :

-Tu restes ici aussi d'accord ?

Le loup battit de la queue et se coucha près du lit, du côté ou le père dormait. Puis il renvoya tout le monde, leur disant de manger et de discuter d'autre chose. Il assura à Vaë qu'il viendrait voir ses enfants dès qu'ils seraient réveillés et s'installa dans le fauteuil près de la fenêtre. Personne ne pouvait le voir, mais lui avait vue plongeante sur l'extérieur comme sur la chambre. La respiration calme de son père l'apaisait un peu. Il aurait la tête bien plus claire dès qu'il se réveillerait.

Eziel lui, terminait ses préparatifs. Il aiguisait ses lames, choisissait les meilleures. Ben oui, pour tuer l'Ombre Furtive, il fallait les meilleurs instruments. Il le faisait devant Melley, l'observant en souriant. Il avait gagné. Elle ne le regardait pas tout le temps, mais quand elle tournait ses yeux bicolores vers lui, il ne voyait plus de trace d'espoir. Il ne savait pas si elle l'aimait encore, mais qu'importe. Elle n'espérait plus en ressortir en vie, et dès qu'il parlait d'Heïan, elle avait cet air apeuré sur le visage. Et dès lors, elle observait cette trace de main qu'elle avait faite sur l'armoire, repliée sur elle-même. Oui, il avait réussi son coup. Et cela le faisait jubiler…


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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mer 2 Jan 2013 - 21:24

La grande finale, part.1

Dans le couloir, devant la porte, Vaënadiel berçait Keilan dans ses bras qui avaient commencé à pleurer lorsqu’il avait entendu des cris de l’autre côté. La druidesse elle, avait sursauté et baissa les yeux vers Arya qui pleurait en cognant le bois de la porte. La vue de son enfant dans cet état la mettait mal et en essayant de la consoler, elle-même se mise en larme. Ephraïm entoura ses épaules d’un bras et l’approcha de lui pour la rassurer. Liam arriva enfin et Vaë laissa les enfants à son frère pour se blottir contre lui alors que le nordique disait :

‘‘ Il se renferme Liam. Il n’a pas voulu voir ses petits-enfants. Elayne y est allée et il lui a crié dessus. Fais quelque chose… ‘‘

La druidesse leva son regard aqua vers les yeux fauves de son époux qui était plus qu’inquiet de ce revirement de situation. D’une main, Vaë caressa alors la joue de son homme qui se pencha pour lui donner un doux baiser et le laissa aller rejoindre son père puisqu’il était le seul, hormis Melley, à pouvoir le ramener sur terre. La porte de la chambre s’ouvrit alors et Elayne tourna les yeux pour apercevoir son frère qui approchait avec détermination. Dans un accord silencieux, la soeur laissa place au frère qui força le père à sortir du lit. Confus, Heïan sentit deux poignes de fer sur ses épaules et on le secoua avec force. Ses yeux violets se rondirent d’un seul coup alors que son mal de crâne s’intensifiait à ce cri.

‘‘ PAPA ! ‘‘

Liam ? Alors lui il ne le ménagerait pas, mais au point où il en était, il s’en fichait bien. Sa fatigue brouillait son raisonnement et il ne revoyait que la main ensanglantée de sa femme sur le parchemin qu’il avait eu la veille au soir. Il n’osait même pas croiser le regard doré de son fils, et ce, jusqu’à ce que celui-ci pose ses mains sur son visage tout en collant son front contre le sien. Ainsi, ils n’eurent d’autre choix que de se faire face. L’air triste et dur de son fils le fit déglutir. Lui aussi était épuisé, éreinté par ses recherches qui étaient vaines.

‘‘ Reviens. Ne te laisse pas abattre. Elle est toujours en vie. Tu l’aurais senti dans ton cœur et ton âme si elle n’était plus là. Arrête de te laisser couler ! Elle ne le voudrait pas et tu le sais ! On va…on va la retrouver et vite. On t’aime tous papa. Et cela nous fait mal de te voir ainsi…va voir tes petits-enfants…ne les rejettent pas. Eux seuls peuvent te donner le sourire l’espace d’une minute. ‘‘

Il se laissait abattre, car sa peur de retrouver Melley morte commençait à devenir une certitude même avec le message qu’il avait reçu hier. L’était-elle ? Si oui, dans quel état se trouvait-elle ? Peut-être qu’Eziel se jouait depuis le début et qu’elle était réellement morte depuis un mois. Même si Liam tentait de le convaincre du contraire, il n’arrivait pas à se convaincre qu’il avait raison, que sa femme était là, quelque part, prisonnière de ce salaud de fils de pute. Heïan regarda alors Liam, la mine dépitée et ses yeux rouges à force de ne pas dormir. Ses larmes s’échappaient d’elles-mêmes, entraînant son fils dans ce tourbillon.

‘‘ Vaë va te donner quelque chose pour dormir. Un sommeil sans rêve, mais réparateur. Tu vas dormir une nuit voire une journée entière. Cela te permettra de réfléchir mieux. Souviens-toi de ce que maman dit toujours… ‘‘

Heïan tourna alors les yeux vers sa fille, sa petite chérie qui se forçait à sourire malgré la vue qui s’offrait à elle, malgré la boule qui lui serrait la gorge et qui la faisait souffrir. Elle ouvrit donc la bouche pour prononcer ces paroles qu’il entendait si souvent sortir de la bouche de Melley lorsqu’elle était là et qu’il s’énervait.

‘‘ Cela ne sert à rien de t’énerver Heïan. Ce n’est pas bon pour ton cœur et cela ne te permettra pas de réfléchir mieux. ‘‘

Dans sa tête, la voix de Melley se juxtaposait à celle d’Elayne et il ferma les yeux, fronçant les sourcils. Ses tremblements s’étaient amplifiés d’un seul coup tellement ça lui faisait mal, mais ses enfants avaient tous les deux raisons. Il serra alors son fils dans ses bras et sanglota alors qu’Elayne sortit de la chambre pour aller chercher Vaënadiel. Celle-ci alla chercher un flacon dans leur ancienne chambre, à elle et Liam, puis revint et entra dans la chambre des maîtres où son époux couchait son père. Elle versa quelques gouttes dans le verre d’eau disposé sur la table de chevet et le tendit à Heïan qui hésita un moment avant de le boire.

‘‘ D’ici quelques minutes, vous vous endormirez, monsieur Heïan. Vous ne ferez aucun rêve et pourrez vous reposer convenablement. Vous en avez grand besoin. ‘‘

C’était ça, où il tombait et si Melley était véritablement en vie, il se devait de garder la tête haute pour se lancer à sa recherche et se créer une nouvelle barrière face à Eziel qui l’avait complètement réduite à néant avec ses jeux de torture psychologique.

‘‘ Bonne nuit papa. Cela ne peut que te faire du bien. Et nous ne quittons pas la maison. ‘‘

‘‘ Bonne ... nuit ... ‘‘ Murmura t-il, se sentant déjà devenir un peu plus léger.

Sa vue se brouillait lentement et les voix semblaient être très lointaines alors que ses paupières se refermaient tranquillement. Puis ce fut le noir total. Combien de temps allait-il dormir, il n’en avait aucune idée, mais ... qu’est-ce que ça faisait du bien de se sentir aussi léger. Il aurait dû à prendre ce truc bien avant.

‘‘ Voilà, il dort profondément. Les effets du somnifère risquent de prolonger son sommeil puisqu’il est extrêmement épuisé. ‘‘ Dit-elle en tournant la tête vers Liam qui regardait son père dormir.

La jeune femme se leva alors du bord du lit auquel elle s’était assise et vint se glisser dans les bras de son mari qui resserra son étreinte autour d’elle, embrassant le sommet de sa tête. Elle frotta son dos doucement, de haut en bas pour le calmer et se leva sur la pointe des pieds pour déposer un baiser dans son cou. Celui-ci baissa ses yeux dorés vers elle, caressant tendrement sa joue en disant:

‘‘ Je vais rester ici. D’ici quelques heures, Ephraïm prendra mon relais. On va faire des tours de garde jusqu’à ce qu’il se réveille. Farkhas ! Tu restes ici aussi d’accord ? ‘‘

'' Moi aussi ! '' S'interposa Elayne.

L’animal s’exécuta sans faire de scène et se coucha en boule aux côtés d’Heïan, sur le sol. Il avait été habitué de faire le garde de corps depuis un mois et quelques jours déjà. Vaënadiel se détacha alors de son amoureux, déposant un baiser sur sa joue et alla rejoindre les autres pour se rendre à la salle à manger selon recommandation de Liam. Heïan dormait profondément et ne bougeait que lorsqu’il se tournait pour changer de position. Jamais sa poigne ne s’était relâchée sur la chaîne de sa femme. Jamais ... et ce serait ainsi jusqu’à ce qu’il la retrouve. En vie.

Deux jours s’écoulèrent avant que le père de famille et maître de la maison ne se réveille de son long et profond sommeil. S’asseyant sur le lit, les yeux à moitié ouverts, Heïan tentait de comprendre ce qu’il s’était produit jusqu’à ce qu’il voit le verre d’eau vide sur la table de chevet. Ayant entendu bouger, Elayne avait tourné les yeux en direction du lit et s’était levé pour s’assoir aux côtés de son père qui semblait confus. Elle posa une main sur sa joue et tourna son regard vers le sien. Un faible sourire illumina son visage en voyant qu’il avait déjà une bien meilleure mine que deux jours plus tôt.

‘‘ Bon matin, papa. ‘‘ Commença t’elle. ‘‘ Tu as dormi pendant deux jours. Comment te sens-tu ? ‘‘

Heïan se frotta longuement les yeux du revers de la main gauches et s’étira avant d’ouvrir complètement les paupières. Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres et il dit :

‘‘ Déjà, j’ai l’impression d’y voir plus clair ... Je suis désolé, Elayne. Je ne voulais pas te crier dessus tu sais. J’ai de la difficulté à avoir toute ma tête depuis que ta mère n’est plus là. ‘‘

‘‘ Tu es déjà pardonné. Tu viens, on va aller manger. Keilan et Arya ont bien hâte de voir Krpapa. Mais avant, je te laisse aller te laver et te changer. Tu nous rejoins en bas ? ‘‘

‘‘ Oui, oui, vas-y. Je descends dans quelques minutes. ‘‘

Elayne lui embrassa le front et le laissa seul. Enfin, pas tout à fait parce que Farkhas le suivait comme son ombre. Il s’était donc couché devant la porte d’entrée de la salle d’eau et attendait patiemment que le père de famille sorte. Après cinq petites minutes à profiter des bienfaits de l’eau chaude sur sa peau, Heïan sortit et se sécha pour ensuite enfiler un pantalon et une chemise. Il prit soin de rouler les manches jusqu’à ses coudes comme il avait toujours l’habitude de faire, laissant aussi respirer son cou en gardant les trois premiers boutons détachés au niveau du collet. Sauf qu’avant qu’il n’ouvre la porte, la baie vitrée s’ouvrit dans un claquement à cause du vent et le fit sursauter. Une pierre atterrit lourdement sur le plancher et autour se trouvait un message. Heïan s’approcha alors, prenant le parchemin sur lequel était écrit un code que seuls lui et Eziel connaissaient; c’était le dernier.

Décidant de le lire une fois qu’il serait seul, Heïan cacha le parchemin dans l’une de ses poches de pantalon et descendit à l’étage inférieur où il fut accueillit par nul autre qu’Arya qui se cramponnait déjà à sa jambe, tentant de grimper.

‘‘ Qu’est-ce que tu fais là, petite terreur ? ‘‘ Dit-il en se penchant pour la prendre.

‘‘ Bon matin, monsieur Heïan ‘‘

‘‘ Heïan est suffisant, Vaë. Je te l’ai déjà dit non ? ‘‘

‘‘ Euuh oui ... 40 fois je crois bien, mais c’est l’habitude. ‘‘ Dit-elle en se sentant rougir, tendant Keilan qui tendait les bras vers son grand-père.

Ils passèrent donc le reste de l’avant-midi en famille et Heïan prétexta vouloir aller faire quelques courses à la foire pendant qu’il faisait beau. De plus, un peu d’air frais ne lui ferait pas de tort après tout. Celui-ci laissa donc ses petits-enfants à sa fille et sa bru puis quitta la villa avec Farkhas, se dirigeant effectivement vers la place du marché. Sauf que ses commissions concernaient surtout l’affutage de ses dagues. Donc, pendant que le forgeron se mettait au travail, Heïan regarda son message et le décrypta avec une rapidité qui le surprit. Lui qui avait craint ne pas se souvenir de rien. Alors ..., le point de rendez-vous se trouvait à l’extérieur des murs de Beolan. Mais où ? Il ne saurait tarder à le savoir. Il lui suffisait de suivre le nombre de pas indiqué et de prendre les bonnes directions.

Mais il ne se doutait pas de la surprise qui l’attendait ni même que Liam et Ephraïm le suivaient de loin, ayant trouvé louche qu’il parte ainsi. Quand on disait qu’Heïan était un mauvais menteur, c’est que c’était la vérité.

Au lieu de s’en retourner à la villa, Heïan se dirigea vers la sortie de la ville en empruntant un chemin peu fréquenté, saluant les soldats postés à l’entrée des murs de la fortification. Il leur donna comme raison qu’il devait se dégourdir les jambes en forêt histoire de profiter de cette belle journée d’été. Une fois plus loin, l’homme sortit son parchemin et pénétra dans la forêt une fois qu’il fut certain de ne voir personne qui le suivait ou qui l’avait vu s’éloigner du sentier principal. Il franchissait des buissons, contournait des arbres, sautait au dessus de racines et de souches, traversa un ruisseau et continuait à marcher. D’après le code, il était presque arrivé et ne prit aucune pause, voulant continuer et en terminer le plus rapidement possible. Au loin se trouvait une cabane en très piteux état, camouflée par le soleil à cause du plafond de feuille qui la recouvrait. Sans se douter de rien, Heïan fronça les sourcils et jeta le parchemin au sol une fois qu’il l’eut chiffonné et s’approcha d’un pas silencieux de l’endroit. Sa main se posa sur la poignée et la porte s’ouvrit dans un grincement à faire dresser les cheveux sur la tête. Serrant les dents à ce son affreux, l’homme entra à l’intérieur, toussotant sous cette tonne de poussière qui flottait dans l’air. Le lieu était recouvert de toiles d’araignées et infesté de rats des forêts.

En bas, Eziel avait tourné la tête vers le son et un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres. Il tourna alors ses yeux verts en direction de Melley et lui fit signe du doigt de se taire, se cachant ensuite dans l’ombre. Du pied, il poussa la porte pour qu’elle fasse du bruit. Heïan tourna aussitôt la tête dans cette direction, ses pas faisant grincer le plancher. S’approchant davantage, l’homme se retrouva dans l’embrasure de la porte, n’arrivant pas à discerner totalement la silhouette contre le mur de pierre du fond. Forcé à avancer, Heïan plissa les yeux et dès qu’il commença à prendre conscience de qui la personne était, Eziel lui sauta à la gorge et le plaqua contre un mur plus loin en riant.

‘‘ Espèce d’idiot ! Tu as complètement abaissé ta garde... Tu me déçois, Ombre Furtive. Maintenant, on va jouer un peu. ‘‘

Il ne laissa même pas le temps à Heïan de réagir qu’une dague se planta brusquement dans son épaule gauche, la lame s’enfonçant dans sa chair. Il se retint de hurler tant bien que mal et serra les dents en regardant Eziel directement dans les yeux. Brusquement, il le repoussa pour se dégager, mais le tueur à gages reprit rapidement le dessus en lui flanquant un coin de poing sous le menton pour le forcer à reculer. Heïan entreprit de porter une main derrière son dos et Eziel en profita pour lui sauter dessus et enfoncer son autre dague dans sa main pour la clouer contre le mur. Là il ne put s’empêcher de hurler et de grimacer, s’effondrant à genoux sur le sol.

‘‘ Eh bien... tu as du mal à te battre on dirait. Serait-ce l’envie de massacrer ta chère épouse qui te rendrait dans cet état ? ‘‘

‘‘ Qu’est-ce que tu racontes ?! ‘‘
Cracha t-il.

C’est là qu’il tourna les yeux vers la personne au fond de la pièce, croisant le regard bicolore de Melley.

‘‘ Que lui as-tu fait?! ESPÈCE D’ORDURE! JE VAIS TE TUER ! ‘‘

‘‘ FERME-LA! ‘‘

Eziel sortit la première dague de l’épaule de son assaillant, lui arrachant un gémissement de douleur et la planta dans l’avant-bras gauche en tenant fermement le pommeau dans sa main. Il approcha son visage du sien et le regarda droit dans les yeux, cette lueur de haine pure bien présente. Heïan respirait profondément, tentant de se déprendre malgré la douleur qui le brûlait de l’intérieur et le tueur à gages en profita pour augmenter d’un degré la douleur en tourna le couteau dans la plaie dans le vrai sens du terme. L’ancien soldat hurlait de plus belle, se pliant en deux.

‘‘ HURLE ! HURLE PLUS FORT AVANT QUE JE T’ÉVENTRE DEVANT TA CHÉRIE ! ‘‘

‘‘ Tu ... es complètement... cinglé ! ‘‘ Réussit-il à dire avant qu’une seconde vague de douleur le submerge.

Le tueur à gages sortit la dague de la chair de la main de son mentor et accota la pointe sur le bas-ventre de celui-ci qui leva les yeux, rongé par la douleur. Le sourire diabolique d’Eziel se fit encore plus large et il s’esclaffa.

‘‘ Je me demande si ce n’est pas toi qui l’est, Heïan. Arriver ici sans équipements, sans prudence, sans tes copains, laissant tes enfants dans l’ignorance pour retrouver cette femme que tu as abandonnée lâchement ? ‘‘

‘‘ Tu t’es joué de moi depuis le début ! Je ne l’ai jamais abandonné ! ‘‘

‘‘ Ah non ? Pourquoi est-elle dans un état aussi lamentable maintenant alors ? Explique-moi! EXPLIQUE-LUI! ‘‘

Heïan fut choqué et ses yeux se rondirent d’un seul coup, se posant ensuite sur Melley qui le regardait comme s’il était le pire des criminels sur la terre. Que lui avait-il fait ?! Et son corps ... il était meurtri, couvert de sang séché et frais, nu et tremblant à cause de la peur, de la fatigue et de la douleur. D’un seul coup, il se sentit coupable pour ce qui lui était arrivé, plus que jamais. C’était à cause de lui ...

Il sentit alors quelque chose lui piquer le bas ventre, commençant sa percée dans sa chair ... mais il ne broncha pas....

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mer 2 Jan 2013 - 22:17


Liam resta donc quelques heures au chevet de son père à réfléchir. Puis Ephraïm vint le remplacer et il descendit pour manger et s'amuser avec ses enfants qui s'étaient réveillés. Il n'y avait pas beaucoup de discussion, mais Liam les informa qu'Omar lui avait dit de rester à la maison quelques jours. Pour veiller sur Heïan. Mais le savoir, bien, dormant à l'étage, le rassurait tout de même.

Et ce fût ainsi durant les deux jours suivants. Ils se succédaient pour veiller sur lui, lui remettaient les draps lorsqu'il bougeait trop, vérifiait qu'il n'y avait rien de louche. Et toujours rien du côté d'Eziel. Liam s'occupait des petits chérubins, plus pour s'occuper l'esprit qu'autre chose. Il avait…un mauvais pressentiment, à côté de sa colère. Donc au matin du second jour, Elayne descendit et leur dit :

-Il est réveillé et a déjà meilleure mine. Il nous rejoints une fois lavé.

Elle souriait faiblement et Liam le lui rendit. Il embrassa Vaë et lorsqu'ils entendirent les bruits de porte à l'étage, signe qu'Heïan descendait, Liam dit à Arya :

-Qui c'est qui descend ? Krpapa ? Tu vas lui dire bonjour ?

La petite le regarda de ses grands yeux bleus et lui dit, joyeuse :

-Ouiii ! Krpapa!

Et elle fila dans le couloir, s'agrippant à la jambe d'Heïan, suivie de Vaë avec Keilan. Heïan avait besoin de chaleur humaine. Ses petits-enfants ne combleraient certes pas la présence de sa femme, mais ils portaient en eux cette innocence enfantine qui remontait toujours un peu le moral. Il mangea tranquillement, jouant avec les deux petits et ils discutèrent tranquillement. Liam ne dit rien sur les recherches toujours vaines. Parce que son père devait s'en douter et qu'ensuite il avait enfin un petit sourire aux lèvres. Autant le lui faire garder le plus longtemps possible.

Sauf qu'il se leva peu avant midi, disant devoir faire des courses et voulant profiter du soleil. Liam trouva ça suspect. Il regarda Ephraïm alors que son père partait avec le loup et d'un commun accord ils se levèrent pour le suivre. Elayne s'interposa et il dit :

-Il nous cache quelque chose. Ce n'est pas logique qu'il veuille simplement "profiter" du beau temps alors qu'on n'a aucune nouvelle de maman. On revient vite.

Elle acquiesça et embrassa Eph' alors que lui faisait de même pour Vaë et les enfants, puis ils se hâtèrent de sortir pour rattraper Heïan. Liam avait sa dague offerte au mariage et son épée, Eph' avait repris sa pique qui ne le quittait jamais. C'était visible, mais il pouvait tenir un ennemi à distance grâce à elle. Ils le rattrapèrent alors qu'il était chez le forgeron. Pourquoi le forgeron ? En plus, en plissant les yeux, Liam vit qu'il tenait un bout de parchemin en main. Se cachant lorsqu'il se remit en marche, il réfléchissait. Eziel avait pris contact avec lui. A tous les coups.

A distance, ils le suivirent, se camouflant lorsqu'il se retournait pour vérifier qu'il n'était pas suivit. Cela devenait de plus en plus louche…il sortait de l'enceinte même de Beolan…

Eziel, lui, patientait auprès de sa captive. Melley regardait plus son empreinte de main qu'autre chose, anéantie. Les doutes s'étaient installés. Ils avaient dissimulés la partie lucide d'elle…là, elle se demandait pourquoi il ne la tuait pas simplement pour ensuite retrouver Heïan. A quoi servait-elle donc encore ? A rien…elle n'était qu'un fardeau comme elle l'avait toujours été pour son époux. Peut-être avait-il déjà tué toute la famille…ses enfants…ses bébés…les petits…les nordiques…
C'est là qu'elle sursauta en entendant le bruit à l'étage. Eziel souriait et se tourna vers elle, lui intimant du regard et du doigt de se taire. Puis il fît bouger la porte, la faisant grincer pour attirer leur visiteur. Il s'était caché dans l'ombre et Melley sentit son cœur s'affoler. Dans l'embrasure de la porte se dessinait une silhouette connue. Trop connue. La peur s'insinua en elle. Voilà pourquoi Eziel ne l'avait pas tuée. Il laissait ce plaisir à son collègue…

Mais elle fût perdue lorsqu'Eziel se jeta sur Heïan, le plaquant au mur en disant :

-Espèce d’idiot ! Tu as complètement abaissé ta garde... Tu me déçois, Ombre Furtive. Maintenant, on va jouer un peu.

Melley assista alors à la blessure infligée, la dague dans l'épaule d'Heïan. Elle ne comprenait pas. Pourquoi le blessait-il s'ils devaient s'allier ? Elle se recroquevillait loin, se mordant la lèvre lorsqu'il planta la dague dans la main de son époux, le clouant au mur et lui arrachant un cri qui le fît tomber à genoux.

-Eh bien... tu as du mal à te battre on dirait. Serait-ce l’envie de massacrer ta chère épouse qui te rendrait dans cet état ?

C'est à ce moment qu'Heïan se rendit compte qu'elle était là. Elle croisa son regard, mais au lieu de lui envoyer de l'amour ou autre…elle avait peur. Ils simulaient…simulaient pour ensuite laisser Heïan profiter d'elle encore…lui faire tout ce qu'Eziel lui avait dit qu'il faisait…

-Que lui as-tu fait?! ESPÈCE D’ORDURE! JE VAIS TE TUER !

Melley frissonna. Elle tremblait sans s'arrêter et n'arrivait pas à détacher son regard de la scène qui se jouait sous ses yeux. Eziel avait encore blessé son mentor à l'avant-bras, tournant dans la plaie, faisant crier sa victime. Melley ne comprenait vraiment plus rien…la toute petite partie d'elle avait mal pour Heïan, mais les doutes et le lavage de cerveau ne lui envoyaient que de la peur. Illusion…tout n'était qu'illusion pour ensuite la tuer proprement après l'avoir violée et torturée…
Elle rata la moitié de la conversation mais la voix de son mari la ramena :

-Tu t’es joué de moi depuis le début ! Je ne l’ai jamais abandonné !

-Ah non ? Pourquoi est-elle dans un état aussi lamentable maintenant alors ? Explique-moi! EXPLIQUE-LUI!

Devait-elle le croire ? Ou pas ? Heïan la regardait, mais elle avait peur…si peur qu'il lui saute dessus…elle le voyait comme le tueur à gages qu'Eziel lui avait décrit…
Elle ne réagit même pas lorsque la pointe de la lame commença à s'enfoncer dans le bas-ventre d'Heïan. Celui-ci semblait résigné même…

C'est là que la porte claqua, qu'un grognement retentit, et qu'une masse noire se jeta sur Eziel, retombant un bon mètre plus loin, libérant Heïan. Ils entendaient les cris du tueur à gage, que Farkhas mordait et griffait sans se priver, jusqu'à ce que deux personnes entrent. Ephraïm se dirigea droit vers le loup, le faisant reculer et pointant sa pique sur la gorge d'Eziel. Son visage était à moitié arraché, son bras déchiré. Mais il était toujours en vie. Liam se jeta sur son père, grièvement blessé, mais celui-ci le poussa et c'est là que Liam vit sa mère. Dans un état affreux…elle était nue et sale, sa peau meurtrie de partout, mais surtout, son regard…terrorisé.

Melley avait vu toute la scène, et cela l'avait convaincue d'une simulation. C'étaient des acteurs, même pour son fils et Ephraïm. Heïan avait tué les vrais…et maintenant il s'approchait en chancelant d'elle. Elle se recroquevilla, voulut reculer, le collier l'en empêcha. Il s'approchait toujours. Il allait lui faire mal, la tuer dans la souffrance…elle avait déjà trop souffert…elle voulait qu'il la tue rapidement…qu'elle ne soit plus le fardeau de personne…

Alors lorsqu'il voulut poser sa main sur sa joue, elle tourna la tête, tremblante et murmura :

-Non…ne me fais…pas…de…mal…

Les larmes reprirent et il voulut recommencer mais elle cria de moitié, et Liam apparut derrière.

-Papa…laisse…il faut te soigner…

Heïan se releva et s'appuya sur Ephraïm, qui avait forcé Eziel a se relever. Le loup marchait à côté du criminel et le nordique appuyait la pointe de sa pique au milieu de son dos pour le dissuader de faire quoique ce soit. Ils sortirent pour attendre Liam et la rescapée.

Liam s'agenouilla près de sa mère et retira enfin le lourd collier qu'elle portait, laissant son cou bien rouge.

-Maman…cchhhtt…c'est finit…on est là…

Mais Melley pleurait et tremblait violemment. Le contact de sa main sur sa joue…celui qu'elle aimait tant…il lui avait donné des frissons…

-Liam…c'est…vraiment toi ?

-Oui maman…qui veux-tu que ce soit d'autre ? Viens on va rentrer…Vaë va vous soigner papa et toi…

Elle hocha de la tête et le laissa la soulever de terre. Elle n'avait pas assez de force et puis ses pieds ne pourraient pas. Il prit soin de la recouvrir avec sa cape et il sortit. Elle lui demanda de rester en retrait, de ne pas être trop proche d'Heïan. Liam ne comprenait pas et avait peur mais il obéit. Le groupe retourna à Beolan, sous les yeux ronds des soldats. Ils croisèrent Omar qui sauta sur eux, portant Heïan qui manquait s'écrouler, ordonnant à ses hommes de conduire Eziel au cachot, de l'y boucler, et surtout de le garder à l'œil. Et enfin ils purent rentrer.

Elayne se jeta sur Eph' en le voyant, et elle cria de stupeur en voyant l'état de son père, cria de plus belle en voyant sa mère. Vaë était venue aussi et était chamboulée par la vue des parents. Ils montèrent et couchèrent Melley dans la chambre qu'elle occupait avec Heïan, mais lorsqu'ils voulurent coucher ce dernier avec elle, elle paniqua, voulut se cacher et dit :

-Non…il va…me faire…mal…

Liam serra les dents en voyant l'air de sa mère et le visage de son père et sortit, couchant son père dans la chambre qu'il occupait étant plus jeune.

-Ne t'inquiètes pas papa…elle est traumatisée…on va interroger Eziel pour savoir ce qu'il a fait. Maintenant, il faut te soigner.

Heïan perdait trop de sang…Liam sortit, laissant sa sœur entrer pour le soigner. Vaë s'occupait de Melley. Et toutes deux s'entraideraient pour les soins. Ephraïm était resté avec les enfants. Sur le palier, il respira un bon coup. Sa mère était de retour. Certes traumatisée et blessée de partout, mais en vie. Liam descendit, dit au revoir aux petits et informa le nordique qu'il allait au quartier général.

En sortant il murmura pour lui-même :

-A nous deux, Eziel…


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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Jeu 3 Jan 2013 - 1:36

La grande finale, part.2

Il aurait lui dire à quel point il était désolé pour ce qu’on lui avait fait subir, pour cette peur qui régnait dans ses yeux en ce moment alors qu’elle le regardait. Il aurait voulu lui dire à quel point il était désolé de devoir briser cette promesse qu’ils s’étaient faite il y avait longtemps. Il aurait voulu lui dire à quel point il était désolé de ne pas avoir été à la hauteur, de n’avoir su la protéger et d’avoir lamentablement échoué alors que la lame se frayait lentement un chemin dans sa chair. Mais il s’était résigné, car aucune parole ne parvenait à sortir, espérant seulement qu’elle s’en sortirait malgré tout. Farkhas irait chercher Liam et le ramènerait jusqu’à sa mère et tout pourrait reprendre son cours normal. Ils n’avaient pas besoin de lui pour continuer à vivre ...

‘‘ Tu ne fais rien ... ? ‘‘ Demanda Eziel, étonnement surpris du manque de réaction de son mentor.

‘‘ Comment le pourrais-je ? ‘‘ Souffla Heïan en détournant les yeux vers lui, un sourire en coin malgré tout.

Le tueur à gages dégluti en voyant cette compassion dans ses yeux et une boule se forma dans sa gorge lorsqu’Heïan baissa la tête, résigné à se faire éventrer comme un lâche sans tenter de faire quoi que ce soit pour se défendre. Pourquoi ? Ce ... n’était pas prévu ! Et soudainement, Eziel hésita dans son geste, s’arrêtant même. Pourquoi ?! Les moments qu’ils avaient passés ensemble lui revinrent comme une gifle dans son esprit, le fouettant si fort qu’il baissa sa garde et n’eut pas conscience que des étrangers s’étaient introduits dans sa planque. Il se retrouva rapidement au sol, en proie à une bête sauvage qui lui déchiquetait le bras avec violence, s’en prenant ensuite à son visage. Eziel était en sang et hurlait comme un damné en train de brûler par le feu du Vein jusqu’à ce qu’on recule le loup. Ephraïm avait brandi sa pique et avait appuyé la pointe acérée de l’arme sur la gorge du criminel qui leur avait fait vivre un cauchemar. Heïan lui, retira tant bien que mal la dague coincée dans son avant-bras et la jeta au sol, repoussant son fils lorsqu’il s’approcha de lui pour se lever. Devant prendre appuis contre le mur, l’homme reprit son équilibre tant bien que mal et s’approcha de Melley qui se recroquevilla.

‘‘ Melley... ‘‘ Souffla t-il difficilement.

Ses genoux se posèrent par terre et il leva tranquillement sa main droite en vue de la déposer sur la joue de sa douce, mais ses doigts effleurèrent à peine sa peau qu’elle tourna brusquement la tête pour l’empêcher de la toucher. Heïan ne comprenait rien, ne savait pas pourquoi elle avait si peur de lui soudainement. Qu’avait fait Eziel pour la mettre dans un tel état ? Melley était complètement terrorisée et n’osait même pas porter son regard une seule seconde sur lui. Ce qu’elle murmura de sa voix tremblante le pétrifia et il eut profondément mal.

‘‘ Non…ne me fais…pas…de…mal… ‘‘

‘‘ Je ne te voudrai jamais de mal, ma chérie ... ‘‘


Mais ses paroles s’envolèrent dans le vent alors qu’il voulut retenter de lui toucher la joue. Melley se mise à hurler d’un cri déchirant, le sciant en deux. Son geste s’était figé dans le temps puis il laissa son bras retomber mollement à côté de son corps, baissant les yeux, confus et commençant à être étourdi. La voix de Liam s’éleva alors derrière lui, lui disait de le laisser faire. Machinalement, les yeux dans le vide et la gorge serrée, Heïan se leva et voulut sortir de là, mais Ephraïm s’approcha de lui avant qu’il ne s’effondre et lui servit de support. Eziel se releva, les mains couvertes de sang et avança sous la menace de la pointe placée dans son dos alors que Farkhas le regardait en grognant, les poils dressés sur son dos et les canines bien en évidence. Liam vint les rejoindre en prenant les devants une fois qu’il eut défait Melley de son lien et qu’elle fut recouverte puis ils s’en retournèrent vers la ville. Ephraïm trainait donc de la patte derrière avec le paternel muet et le tueur à gages gémissant. Les fortifications visibles, Omar se précipita vers eux et fit grimpe Heïan sur son dos qui était en train de perdre l’équilibre.

‘‘ Par tous les dieux ! Il faudra m’expliquer ce qui s’est passé, Liam ... Amenez-moi cet enfant de chienne au cachot et vite avant que je le démembre sur place ! ‘‘

Ses hommes s’exécutèrent et reçurent l’ordre de ne pas le lâcher une seule seconde de vue. Le restant du trajet fut fait aux pas de course, une traînée de sang les suivant juste derrière. Ephraïm fut le premier à entrer pour ouvrir la porte à Liam et Omar qui portaient les blessés. Elayne n’avait pas tardé à arriver dans le hall d’entrée, suivit de Vaënadiel qui portait ses mains à sa bouche, horrifiée. Le nordique resta donc en bas pour surveiller les enfants, laissant sa douce et sa soeur s’occuper de Melley et Heïan qui avait besoin de soin au plus vite. La druidesse accourut donc dans sa chambre et sépara le nécessaire de soin en deux, et revint dans la chambre principale pour entendre :

‘‘ Non…il va…me faire…mal… ‘‘

Malgré son piteux état, Heïan parut chamboulé et baissa la tête pour cacher son visage. Il serrait les dents et se mordit la langue jusqu’au sang, se laissant entraîner dans la chambre voisine avec l’aide de son ancien collègue et de son fils.

‘‘ Ne t’inquiètes pas papa…elle est traumatisée…on va interroger Eziel pour savoir ce qu’il a fait. Maintenant, il faut te soigner. ‘‘

Mais il n’eut aucune réaction, tentant de trouver pourquoi Melley réagissait ainsi. Eziel l’avait battu, c’était logique. L’avait-il violé ? Que lui avait-il fait d’autre ? Il ne pouvait le savoir, car sa femme ne le laissait aucunement s’approcher et encore moins la toucher. Il soupira et ferma les yeux, se sentant fiévreux et faible. Il ne sentait pratiquement plus son bras gauche ... à croire qu’il était maintenant inutile. Elayne entra alors rapidement dans la chambre et grimpa sur le lit, posant les bandages, les crèmes, le fil et l’aiguille à côté d’elle et mit les blessures à nue. La pire d’entre tous était celle de l’avant-bras; béante et qui traversait de part en part le membre. Sans perdre de temps, elle commença par se laver les mains et essuya le sang, appliquant ensuite la pommade comme Vaënadiel lui avait dit de faire. L’onguent fut donc appliqué généreusement et l’aiguille commença tout de suite à joindre les bouts de peau ensemble. La jeune femme faisait un effet monstre pour ne pas trembler, regardant son père qui semblait respirer plutôt régulièrement malgré sa fièvre et la pâleur de son visage.

‘‘ Ça va aller papa ... je vais prendre soin de toi. Tu seras sur pied très bientôt. ‘‘

Ce fut ensuite sa main et l’épaule qui y passèrent, lui arrachant de tant à autre des grimaces. Elle fit faire quelques exercices à son paternel en lui demandant de bouger les doigts, mais Heïan y arrivait à peine puisque son bras en entier l’élançait et le faisait souffrir. Dans l’autre pièce, Vaënadiel s’occupait de Melley qui tremblait de tout son être. Son dos avait été nettoyé soigneusement ainsi que toutes les autres plaies et elle fredonnait doucement pour apaiser l’esprit tourmenté de la femme. Son corps avait été lavé, tout comme ses cheveux. Lorsqu’elle eut fini ou plutôt lorsque Melley fut séchée, la druidesse s’asseya devant elle et mit des bandages sur ses plaies après avoir appliqué sa pommade et voulu lui mettre la main sur les joues. Melley eut un mouvement de recul léger, mais leva les yeux pour croiser son regard aqua et rassurant.

‘‘ Vous êtes entre de bonnes mains, Melley. Vous n’avez plus à avoir peur, vous êtes à la maison maintenant ... Votre agresseur est derrière les barreaux pour de bon. ‘‘

Délicatement, elle contourna sa taille et noua le bandage de ses mains de fée. Vaënadiel la regarda alors en silence et vit les larmes qui se formaient dans les yeux de la mère de famille. La pauvre était dépassée par les événements, était morte de fatigue et complètement perdue en plus d’être meurtrie physiquement et psychologiquement. La druidesse s’approcha alors lentement et ouvrit ses bras où Melley trouva refuge pour laisser aller sa peine, caressant doucement sa chevelure noire. Un peu plus tard, Vaë quitta la chambre, car la mère s’était endormie. Elayne en fit de même et elles descendirent en bas rejoindre les hommes, se rendant compte que Liam était absent.

‘‘ Où est Liam, Eph’ ? ‘‘

‘‘ Il est parti au quartier général ... ‘‘

La jeune femme à la chevelure de neige n’eut pas besoin de demander pour quelle raison parce qu’elle le savait très bien ; Eziel. Il allait passer un sale quart d’heure avec ce qu’il avait fait et pas seulement avec Liam. Omar ne se gênerait pas lui non plus, c’était chose certaine. Attendant alors son retour, Vaënadiel s’occupa de ses enfants qui réclamaient leurs grands parents. Leur mère dut donc leur dire qu’ils faisaient dodo et qu’ils ne pourraient les voir que demain, grand-papa du moins, si son état le lui permettait.

Liam ne revint que tard dans la soirée et la druidesse était déjà montée à l’étage pour coucher les petits dans le berceau qui avait été transféré dans leur chambre depuis le début du séjour. Elayne était allé voir sa mère afin de voir si tout allait bien ainsi que pour la faire manger un peu. Vaë alla voir Heïan qui dormait comme un loir à cause de la fatigue accumulée et de sa perte de sang importante. Farkhass dormait à côté de lui dans le lit, sa tête contre son épaule droite. Souriante, la jeune femme ferma doucement la porte derrière elle et attendit le retour de son époux dans leur chambre, assise sur le lit. La porte s’ouvrit alors et elle se leva pour aller l’accueillir, entourant sa taille de ses bras et collant sa tête contre son torse.

‘‘ Raconte-moi. Que s’est-il passé là bas et avec Eziel ? ‘‘

Elle lui vola un baiser juste avant et le dépouilla de ses vêtements d’extérieur, puis de sa chemise tachée de sang avant de le conduire avec elle dans la salle de bain où ses mains caressaient son torse et son ventre pour l’aider à se détendre. Liam lui expliqua dans les grandes lignes ce qui s’était produit et demanda, inquiète :

‘‘ Tu crois que ta mère s’en remettra ? Elle semble profondément atteinte ... je l’ai vu dans ses yeux et j’ai senti sa peur au fond de mes entrailles. ‘‘

Ils terminèrent leur toilette et Vaë lui vola sa chemise propre, voulant qu’il reste torse nu pour profiter de sa chaleur corporelle et ils se glissassent sous les couvertures. Les lèvres de la jeune femme se posèrent alors sur celle de son amant et époux pour descendre dans son cou et sur son torse où sa tête se posa. Ses paupières se fermèrent et elle s’endormit au rythme des battements du coeur de son homme qui caressait doucement sa longue crinière.

Le lendemain matin, Elayne était venu cogné et Vaënadiel s’était glissé hors du lit pour aller ouvrir. La brunette avait une mine inquiète et leva les yeux vers son frère qui vint se poster derrière sa rose.

‘‘ Maman s’est barricadée dans sa chambre. Elle ne veut ouvrir à personne et elle dit avoir peur que papa vienne lui faire du mal. ‘‘

‘‘ Elle ... a dit ça ? ‘‘

Les jeunes tournèrent aussitôt les yeux vers la droite, dans le couloir pour voir Heïan qui était sorti de sa chambre, son bras plié contre son ventre et retenu par un bandage afin qu’il ne se déplace pas. Il semblait ... abattu par ces paroles. Elayne se tourna alors vers lui et se mordit la lèvre, regrettant aussitôt d’avoir dit ces paroles aussi fortes alors que son père levait des yeux insistants vers son fils qui ne voulut rien dire pour le moment, car il avait besoin de se reposer. Pour une fois, Heïan ne joua pas à l’homme têtu et retourna dans sa chambre pour se remettre au lit, mais surtout pour se torturer l’esprit à l’inssu de ses enfants. Ses yeux fermés faisaient face au mur, tourné sur le côté droit; la seule position confortable pour lui. Une seule larme coula de son oeil gauche alors qu’il espérait que ce n’était que passager. Il se trompait sur toute la ligne.

Cela durant quatre jours et ceux-ci étaient tous semblable. Melley ne voulait pas sortir et elle n’ouvrait que pour le plateau-repas, et encore ... Le soir, Heïan avait cogné et avait prononcé son nom, mais rien. Elle ne voulait pas lui parler. Au deuxième coup, elle hurla et il colla son front contre la porte en fermant les yeux. Un long et profond soupir de désespoir s’échappa alors de ses poumons.

‘‘ Melley ... Je ne te veux pas de mal. Je ne sais pas ce qu’Eziel t’as dit, mais ... ‘‘

Il se tut à cause que sa gorge se serrait et il se recula, s’adossa contre le mur juste à côté de la porte et se laissa glisser jusqu’à ce qu’il se retrouve assis au sol. Ses yeux violacés fixaient la lanterne disposée sur une table décorative juste devant leur chambre et il soupira, baissant les yeux.

‘‘ Je... t’aime ... Il n’y a pas eu un jour où je ne pensais pas à toi. ‘‘ Dit-il d’une voix tremblante. ‘‘ Si je t’avais voulu du mal, il y aurait longtemps que je l’aurais fait. Notre rencontre dans les ruines d’Ascelnoth ne se serait pas déroulée ainsi. ‘‘

Heïan marqua une autre pause, beaucoup plus longue. Il n’entendait rien de ce qui se passait de l’autre côté et ne savait pas non plus s’il parlait dans le vide ou si Melley l’écoutait.

‘‘ Si ... tu veux que je parte, je partirai ... loin. Pour que tu aies enfin l’esprit en paix ... ‘‘

C’est là qu’il sentit une douleur familière dans sa poitrine. Non ... pas maintenant ! Et encore une fois. Heïan grimaça et sa main serait sa chemise juste au dessus de l’emplacement où il sentait les pics de douleur. S’il ne faisait pas vite et les ignorait comme la première fois, il ferait un arrêt dans le couloir. Il se leva alors, prenant tout de même soin d’accrocher le pendentif de Melley à la poignée et parti aux pas de course sans répondre à personne sur sa destination, s’évaporant dans la nuit. Il courait comme il pouvait, la douleur se faisant de plus en plus présente et lorsqu’il débarqua chez le guérisseur, l’assistante sursauta. Elle échappa ses documents au sol en le reconnaissant et surtout voyant sa main serrer son vêtement au dessus de l’emplacement du coeur.

‘‘ ERWIN ! ‘‘ Hurla t-elle.

Le guérisseur qui s’occupait d’Heïan était justement là et le fit entrer rapidement dans l’une des pièces pour l’installer sur le lit, sortant un grimoire. Il fronça les sourcils en regardant son état et son bras inapte à tout mouvement.

‘‘ Je suppose que vous avez angoissé pendant une bonne période, monsieur Kreiss. ‘‘

‘‘ Perspicace ... Aïe ... ‘‘ Dit-il en grimaçant sous la douleur de sa poitrine.

‘‘ Au moins, vous êtes venu directement et sachez que vous avez loupé votre examen de routine du mois dernier ! Mais comme vous étiez pris ailleurs, je comprends ... ‘‘

Heïan le regarda alors, interrogateur et le vieux guérisseur lui renvoya la pareille avec un haussement d’épaule en bonus.

‘‘ Rumeurs ... ‘‘

‘‘ Ah ... ‘‘

‘‘ Bref, je vous garde quelques jours. Vous allez devoir vous reposer et ne rien faire, hormis boire ce truc infect dès maintenant. ‘‘

Il lui donna alors un liquide rougeâtre qu’Heïan bu en grimaçant, manquant s’étouffer à cause de son goût plus que dégoutant et resta allongé dans le lit.

Voilà, il se retrouvait seul une nouvelle fois et allongé pour la deuxième dans la même pièce que la première fois où il avait eu son malaise... c’était pathétique.

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Jeu 3 Jan 2013 - 11:06


Liam faisait craquer ses doigts tout en approchant du quartier général. La chose cognait et il se promit intérieurement qu'elle sortirait. Rien que pour Eziel. Entrant dans le poste, il ignora les questions des autres et descendit aux cachots.

-Donne-moi la clé !

Le garde sursauta et la lui tendit lentement. Liam s'en saisit et ouvrit la porte, entrant et refermant derrière lui. Eziel était là, attaché aux mains et aux pieds, l'empêchant de tenter quoique ce soit. On avait tout de même pris soin de nettoyer ses plaies. Il ne faudrait pas qu'il meurt à cause d'une stupide infection. Mais il souriait toujours.
Liam s'avança et le prit à la gorge, serrant un tantinet.

-Que lui as-tu fait ?!

L'autre ne fît que ricaner. Liam lui fourgua un coup de poing dans le ventre, l'obligeant à se plier en deux, souffle coupé.

-QU'AS-TU FAIT A MA MERE POUR QU'ELLE REJETE MON PERE ???!!! Parle !

-Mais…rien…du…tout…

La chose éclata et Liam le frappa la ou il pouvait, continuant à l'interroger. Et Eziel s'amusait, ne parlait pas et se moquait de lui. Cela dura une bonne demi-heure, jusqu'à ce qu'Omar vienne et éloigne Liam.

-Arrête ! Je m'en occuperais. Il parlera.

-Quand ?! C'est maintenant que je veux des réponses ! Ma mère repousse mon père ! Elle est terrorisée ! Et mon père en souffre ! A cause de cette putain de pourriture infecte et dégoûtante ! Sale fils de…

-Ohhh stop ! Ca ce sont mes jurons ! Je le ferais parler, et ce très rapidement. Maintenant viens.

Liam cracha aux pieds d'Eziel qui souriait et il se laissa entraîner à l'étage par Omar, qui le força à s'asseoir. Le jeune homme devait se calmer avant qu'il ne le laisse s'en aller. S'il faisait une crise, Heïan ne pourrait pas le contrôler, et Omar ne savait pas si Eph' pouvait.

Pendant ce temps, Melley était sur le lit, tremblante, apeurée. Lorsque Vaë était entrée, elle avait vérifiée qu'elle était seule. Elle s'était laissé faire lorsque la nordique avait nettoyé son dos, son bras, son visage, cherchant un peu de paix dans le chant doux qu'elle fredonnait. Elle avait pu se laver complètement, cheveux avec, et cela avait moins piqué. Elle se dépêcha de se sécher et d'enfin se rhabiller, ne voulant plus être nue, ayant peur qu'il arrive en douce pour faire tout ce qu'Eziel lui avait promis qu'il ferait.

De retour sur le lit, parvenant à marcher a peu près convenablement malgré les plaies sous ses pieds, elle regarda Vaë, devant elle, lui mettre de la pommade fraîche sur les blessures et les entourer de bandages. Mais lorsque celle-ci voulut lui mettre une main sur la joue, Melley se recula, apeurée, relevant les yeux pour croiser ceux de sa belle-fille, si profonds, si…rassurants.

- Vous êtes entre de bonnes mains, Melley. Vous n’avez plus à avoir peur, vous êtes à la maison maintenant ... Votre agresseur est derrière les barreaux pour de bon.

A la maison…mais Heïan…il pouvait venir lui faire du mal…il pouvait s'en prendre aux autres…elle se laissa faire lorsqu'elle entoura sa taille de bandages mais Melley n'arrivait pas à se calmer. Les larmes venaient automatiquement et elle mit quelques secondes à comprendre ce que Vaë attendait d'elle lorsqu'elle ouvrit ses bras. Lentement, Melley se colla à elle, cherchant un peu de chaleur, un peu de réconfort, et pleura en silence sur son épaule…jusqu'à ce que la fatigue s'abatte sur elle et l'assomme d'un coup, la plongeant dans le monde des songes…

Omar relâcha enfin Liam. Il lui promit de garder Eziel bien en vue et de l'interroger inlassablement jusqu'à ce qu'il parle. Le chevalier se hâta donc de rentrer, trouvant tout le monde déjà au lit. Il monta, ouvrit légèrement la porte de la chambre ou son père dormait, et fût rassuré de l'y voir effectivement dormir, Farkhas à ses côtés. Refermant, il fît de même pour sa mère. Elayne y était, la faisant manger tranquillement. Elles ne parlaient pas et Liam vit les tremblements de sa mère, l'empêchant de tenir ses couverts seule. Il referma en silence et s'éloigna en soupirant. Vaë l'accueillit en entourant sa taille de ses doux bras, collant sa tête contre son torse. Il déposa un baiser sur le haut de sa tête, ne s'imaginant même pas qu'elle lui soit enlevée.

-Raconte-moi. Que s’est-il passé là bas et avec Eziel ?

Il ne put répondre tout de suite qu'elle lui volait un baiser et lui retirait ses habits de dehors, ainsi que sa chemise encore tachée du sang de sa mère, lorsqu'il l'avait portée jusqu'à la maison. Il la suivie dans la salle de bains ou elle le caressa tendrement, mais cela ne le détendait pas vraiment. Se lavant mutuellement, il expliqua le peu qu'il y avait à expliquer :

-Rien. Eziel ne dit rien. Je serais rentré plus tôt mais la chose avait jaillit et Omar a préféré que je me calme avant de me relâcher. Mais je te promets qu'il parlera.

Vaë hocha de la tête et lui demanda, anxieuse :

-Tu crois que ta mère s’en remettra ? Elle semble profondément atteinte ... je l’ai vu dans ses yeux et j’ai senti sa peur au fond de mes entrailles.

-J'espère…elle est forte, mais sans mon père cela risque d'être plus dur…seul lui pourrait la réconforter…et elle le repousse…

Il soupira, et ils finirent de se laver et s'essuyer, pour ensuite se changer. Vaë lui vola sa chemise, et lui "ordonna" de dormir torse nu. Il obéit et alla dire bonne nuit à ses petits monstres avant de la rejoindre. Elle l'embrassa, descendant dans son cou, puis posant sa tête contre son torse après l'avoir lui aussi embrassé. Liam caressait ses doux cheveux, la laissant s'endormir. Il mit bien plus de temps à le faire…

Le lendemain, Melley s'était réveillée en sursaut. Elle s'était relevée, paniquée, et avait barricadé la fenêtre, puis la porte. Il…il aurait pu venir durant la nuit…elle s'était assise sur le lit, jambe relevées contre sa poitrine, ses mains les entourant, regardant partout comme un animal en cage. Elayne toqua, lui demandant d'ouvrir, et Melley lui répondit :

-Non…je…ne peux pas…il va venir…me faire du mal…personne ne peut…entrer…

Elayne, inquiète, alla directement chez son frère. Ce fût Vaë qui ouvrit et elle dit, alors que Liam apparaissait derrière sa femme :

-Maman s’est barricadée dans sa chambre. Elle ne veut ouvrir à personne et elle dit avoir peur que papa vienne lui faire du mal.

Liam serra les dents, et encore plus lorsque son père apparut. Il avait tout entendu. Heïan suppliait du regard Liam, mais celui-ci ne dit rien. Il fallait que son père se repose pour l'heure. Et Heïan retourna dans sa chambre, seul et abattu.
Liam serra Vaë dans ses bras, fermant les yeux. Il fallait trouver une solution. Mais peut-être que cela passerait tout seul…

Ce ne fût pas le cas, bien sûr. Quatre jours s'écoulèrent et Melley était restée dans sa chambre, terrifiée. Elle n'ouvrait que pour qu'on lui donne un plateau-repas. Les soins, elle n'en voulait même plus. Elle avait enlevé les bandages, regardant en pleurant cette gravure qui ornait son bras et qui l'ornerait à vie. Les lettres étaient nettes et rien ne pourrait les effacer, même pas le temps. Les volets étaient clos, pour être sûre qu'il n'entre pas. Elle restait habillée constamment, même sous l'eau, ayant trop peur. Elle dormait à peine et lorsqu'elle s'endormait, ce n'était pas réparateur. Comme si elle était passée d'un enfer à un autre. Omar avait renvoyé Liam, lui ordonnant de rester chez lui pour s'occuper de ses parents, puisqu'il était l'homme de la maison jusqu'à temps que son père soit rétablit, lui promettant qu'il se chargeait et avec joie d'Eziel, et qu'il lui dirait tout ce qui sortirait de sa misérable bouche de tueur à gages.

Le soir du cinquième jour, Melley était de nouveau recroquevillée sur le lit, lorsqu'elle entendit quelqu'un toquer à la porte. Puis cette voix…qui prononça son nom. Heïan…elle baissa la tête, se recroquevilla encore plus. Et ne répondit pas. Il recommença et elle cria, terrifiée à l'idée qu'il défonce la porte et vienne accomplir ses tâches macabres.

-Melley ... Je ne te veux pas de mal. Je ne sais pas ce qu’Eziel t’as dit, mais ...

Melley releva la tête, écoutant. Elle entendit quelque chose frotter au mur et devina qu'il s'était assis. La partie au fond d'elle, lui disait d'écouter. Lui disait de le croire…mais elle avait si peur…

-Je... t’aime ... Il n’y a pas eu un jour où je ne pensais pas à toi. Si je t’avais voulu du mal, il y aurait longtemps que je l’aurais fait. Notre rencontre dans les ruines d’Ascelnoth ne se serait pas déroulée ainsi.

Elle se remit à pleurer. Elle avait peur que tout ne soit que mensonges, et pourtant, elle ne pouvait taire cette voix qui lui disait justement que c'était la vérité pure. Elle l'aimait malgré tout…malgré sa peur…il était son époux…

-Si ... tu veux que je parte, je partirai ... loin. Pour que tu aies enfin l’esprit en paix ...

Cette phrase lui glaça le sang. Elle…ne voulait pas qu'il parte…elle avait peur oui, mais en même temps…le savoir là avait quelque chose de rassurant…c'était étrange comme contradiction, mais c'était les deux parties d'elle-même qui se battaient.
Elle murmura, si faiblement qu'il ne l'entendrait sans doute pas :

-Ne pars pas…je t'aime Heïan…

Mais elle n'entendit plus rien. Elle fronça les sourcils. Que faisait-il ? Oh non…il avait juste endormit sa méfiance pour pouvoir se faufiler dans la chambre et faire ce qu'il voulait d'elle. Elle fût à nouveau prise de tremblements et de pleurs incontrôlables, et plia ses jambes, observant tout, imaginant déjà que sa silhouette allait apparaître dans la pièce, un couteau en main, un sourire cruel aux lèvres…

En bas, tous étaient sur le pied de guerre. Ils avaient vu Heïan courir dehors, sans leur dire ou il allait et tous se préparaient à le chercher. Mais Liam avait vu sa main sur le cœur.

-Il va chez le guérisseur. Il va faire un malaise ! Vite !

Tous voulurent sortir mais Elayne dit :

-Je reste ici. Pour maman. Revenez juste me dire ce qu'il en est.

Ils acquiescèrent et sortirent. Là, Omar déboula et se jeta sur Liam qui laissa les autres partir devant.

-Omar ?

-Il…a parlé. Ou est Heïan ?

-Chez le guérisseur, il va refaire un malaise même s'il ne nous a rien dit. Il a parlé ? Dis-moi tout vite !

Omar se mit à tout expliquer, dans les moindres détails. Liam serrait les poings à chaque phrase. L'ordure. Il remercia Omar et le laissa retourner au quartier général pour retranscrire les aveux, et Liam courut chez le guérisseur. Son père était dans le même lit que la dernière fois, pâle. Liam s'approcha et lui prit la main valide.

-Papa…il a parlé. Il a parlé.

Son père le regarda, le suppliant de continuer alors qu'Ephraïm allait prévenir sa douce sur l'état de son paternel.

-Il lui a fait un lavage de cerveau papa. Il lui a mentit sur ce que tu faisais. Il lui a dit que tu prenais plaisir à torturer tes victimes, à leur briser la nuque, à les violer. Il a lui a fait croire que tout n'était qu'un jeu, que tu avais fait semblant de l'aimer pour attendre son retour et enfin redevenir un tueur. Il lui a fait croire que tu ne l'a cherchait pas, que tu avais dit qu'elle était morte. Il lui a dit que tu ne nous avais pas voulu, que tu allais nous tuer aussi. Elle a du s'imaginer que tu avais violé Elayne…papa c'est affreux…et seul toi peut la calmer et lui faire croire l'inverse.

Heïan semblait abasourdi par ces propos et il voulut sortir du lit pour retrouver sa femme, mais Liam l'en empêcha.

-Non papa…reste ici jusqu'à ce que le guérisseur te le dise. Il faut que tu sois prêt. Cherche comment tu peux agir. Nous restons avec toi…regarde, tes petits enfants sont là aussi…

Ils étaient restés sagement près de leur mère, Arya immobile et Keilan tentant d'agripper une mèche de cheveux de Vaë.

A la villa, Ephraïm avait dit à Elayne que son père resterait quelques jours là-bas. La jeune femme le remercia d'un baiser et monta, bien décidée à parler à sa mère. Arrivée devant la porte, elle vit le pendentif accroché et s'en saisit, toquant en disant :

-Maman…c'est Elayne…ouvre je t'en prie…c'est important.

Melley voulut refuser, mais au final, elle se tira hors du lit et ouvrit. Elayne attendit un peu qu'elle se soit éloignée et entra, refermant la porte derrière elle. Elle se glissa dans le lit, devant sa mère qui était repliée. Elle lui tendit le pendentif et Melley le prit, tremblante, le caressant lentement.

-Il…l'a gardé ?

-Il ne l'a jamais quitté maman. Il l'avait attaché à son poignet, comme si le médaillon lui permettait de t'imaginer à ses côtés.

-Je…

-Maman, papa est chez le guérisseur pour quelques jours. Il a faillit refaire un malaise.

Là, Melley baissa la tête, serrant le médaillon, les larmes revenant. Il…elle avait toujours peur, se méfiait toujours, mais…

-Laisse-lui sa chance maman…tu le sais au fond de toi que tout n'était que mensonge. Je ne sais pas ce qu'il t'a dit, mais il a menti…Eziel t'a manipulée…laisse papa tenter de t'apaiser.

-Il…ne t'a jamais…violée ?

Elayne parut choquée et s'exclama :

-Maman ! Mais non ! Jamais ! Il n'a jamais levé la main ni sur moi, ni sur Liam, ni sur toi ! Il n'a jamais haussé le ton non plus ! Et tu le sais ! Même lorsque je n'en faisais qu'à ma tête ! C'est le plus merveilleux de tous les pères ! Et un mari formidable…ne le laisse pas seul maman…

Melley regarda le pendentif, se rappelant le soir ou il le lui avait offert. Il lui avait demandé de rester avec lui, se mélangeant dans ses propos, déformant la phrase…La petite voix se faisait plus forte en elle.

-Préviens-moi…quand il rentrera.

Elayne acquiesça et sortit, ravie d'avoir pu planter les graines de la guérison chez sa mère. Au moins refermer les plaies intérieures…celles extérieures ne partiraient plus. Elle passa le reste de la soirée dans les bras d'Ephraïm, jusqu'à ce que Vaë rentre avec les enfants, l'informant que Liam resterait avec son père cette nuit.
Elles restèrent ensemble avec Eph' une fois que les petits furent au lit, à parler, de tout et de rien.

Melley elle, s'était couchée sur le côté, en position fœtale, ignorant les douleurs qu'elle ressentait encore. Les paroles de sa fille tournaient dans sa tête. Elle serrait le médaillon dans sa main, le caressant du doigt. Heïan lui manquait…les doutes étaient revenus, mais à l'envers. Et si ce qu'Eziel avait dit était faux…? Mais pour ça, il fallait qu'Heïan vienne. Mais comment retrouver cette confiance ? Elle réfléchissait, ne dormant pas de la nuit, priant pour qu'il revienne vite.


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Vaënadiel Eira



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Ven 4 Jan 2013 - 1:51

Sur la voie de la guérison, part.1

Les pas qui s’étaient fait entendre dans les escaliers avaient alerté tous les occupants se trouvant dans le salon où le silence n’était dérangé par nul autre que les enfants de Vaënadiel et Liam. Tout ce qu’ils avaient eu le temps de voir était Heïan qui s’empressait de sortir sans leur avoir dit la raison de son départ si précipité. Sur le moment, ils crurent qu’il allait faire une bêtise, mais Liam avait été plus observateur que ses consoeurs et confrères. Il les alertèrent sur le fait que le paternel était sur le point de faire un second malaise et les jeunes se précipitèrent dans le hall, Elayne les avertissant qu’elle resterait pour veiller sur sa mère. En effet, c’était plus sage ...

Comme Vaë, Liam et Eph’ allaient sortir de la villa, Omar débarqua à un bien mauvais moment complètement essoufflé. Il avoue qu’Eziel avait enfin tout dit, mais ne parla pas de la méthode qu’il avait employée pour lui faire cracher le morceau. Le géant parla rapidement étant donné que Liam devait se rendre chez le guérisseur en vitesse puis le laissa partir rejoindre son père. Là bas, quelques minutes plus tard, Heïan avait fermé les yeux et les avait cachés à l’aide de son avant-bras droit. Il y eut des voix et même si elles étaient assez floues, elles leur semblaient étrangement familières. C’est là que la porte s’ouvrit sur Liam, Ephraïm, Vaë et ses petits-enfants. La druidesse s’était approchée et assise au pied du lit alors que Liam avait avancé une chaise pour s’assoir à ses côtés, lui prenant la main droite par la même occasion.

‘‘ Papa…il a parlé. Il a parlé. ‘‘ Dit-il d’une voix faible.

Eziel avait tout avoué ? Comment était-ce possible ? Heïan regarda aussitôt son fils en le suppliant de tout lui dire pour qu’il puisse enfin comprendre la raison des réactions de Melley, afin qu’il sache pourquoi elle avait l’air terrorisé lorsqu’il avait croisé ses yeux dans la cabane au fin fond de la forêt. Laissant ceux-ci seuls, le nordique avertît sa soeur du regard et quitta les lieux pour retourner vers la villa et donner des nouvelles d’Heïan à sa fille.

‘‘ Il lui a fait un lavage de cerveau papa. Il lui a menti sur ce que tu faisais. Il lui a dit que tu prenais plaisir à torturer tes victimes, à leur briser la nuque, à les violer. Il a lui a fait croire que tout n’était qu’un jeu, que tu avais fait semblant de l’aimer pour attendre son retour et enfin redevenir un tueur. Il lui a fait croire que tu ne la cherchais pas, que tu avais dit qu’elle était morte. Il lui a dit que tu ne nous avais pas voulus, que tu allais nous tuer aussi. Elle a dû s’imaginer que tu avais violé Elayne…papa c’est affreux…et seul toi peut la calmer et lui faire croire l’inverse. ‘‘

Il lui semblait que le ciel venait de lui tomber sur la tête d’un seul coup. La peau de son visage était d’un coup devenu beaucoup plus pâle qu’il ne l’était à l’arrivée des jeunes. Comment Eziel avait-il pu faire une chose pareille ? Il voulait réellement le détruire et il avait bien réussi son coup. Sa femme ne voulait même plus l’approcher, ni même le regarder; il était devenu un monstre de la pire espèce pour elle. Comment pouvait-il se résoudre à faire de telles atrocités alors que la vue du sang lui donnait aussitôt la nausée ? Ce sale manipulateur allait le lui payer ! Heïan n’en pouvait plus et il se devait d’aller parler à Melley avant de la perdre définitivement, car plus le temps s’écoulait et plus elle se faisait distante. Il entreprit donc de se tirer hors du lit, mais Liam l’arrêta avant même qu’il ne soit complètement assis.

‘‘ Non papa…reste ici jusqu’à ce que le guérisseur te le dise. Il faut que tu sois prêt. Cherche comment tu peux agir. Nous restons avec toi…regarde, tes petits enfants sont là aussi… ‘‘

‘‘ Comment agir ? Je ne le sais pas moi-même, Liam. Elle n’acceptera jamais de me parler. Je ne fais que cogner à sa porte et elle hurle comme si un monstre se trouvait au pas de sa chambre. ‘‘

Un profond soupir de découragement se fit entendre et Arya s’échappa des bras de sa mère pour se faufiler jusqu’à son grand-père. Elle s’asseya sur sa jambe droite et tapotait son menton doucement pour lui arracher un faible sourire. Comment résister à une petite créature aux grands yeux bleus qui souriait à s’en décrocher la mâchoire ? D’une main, il caressa la chevelure noire de la petite et Keilan ne tarda pas à être jaloux. Vaënadiel installa donc le petit dans le seul bras valide d’Heïan.

‘‘ Je suis navré de ne pas avoir prévenu avant de sortir, mais les douleurs se faisaient plus présentes que la première fois. ‘‘

‘‘ Ce n’est rien, Heïan. Liam s’en doutait et puis nous sommes là et vous êtes entre de bonnes mains ici. Essayez de vous reposer, car vous aurez besoin de toute votre tête pour parler avec votre femme. ‘‘

‘‘ C’est vrai ... Du moins essayé. ‘‘

La petite Arya ne manqua pas de voir le bandage soutenant le bras de son grand-père et le bout des doigts en dépasser. Prise de curiosité, elle tira sur le majeur pour essayer de sortir la main, mais l’homme retint un gémissement et grimaça. Vaënadiel s’empressa de la prendre et de lui dire de ne pas faire ça parce qu’elle lui faisait mal, mais Heïan eut un sourire en coin, affirmant que ce n’était pas grave. Pendant ce temps, à la villa, Ephraïm était revenu et Elayne fut surprise de le voir seul. Celui-ci lui expliqua donc que son père allait bien et qu’il s’était rendu chez le guérisseur par précaution au risque de faire un malaise devant tout le monde. La jeune femme soupira de soulagement et lui souria faiblement, l’embrassa avant de monter à l’étage pour tenter de parler à sa mère. Pendant ce temps, Eph’ essayait de tuer le temps en regardant le feu qui crépitait dans le foyer. Les minutes s’écoulaient lentement et Elayne arriva alors qu’il était sur le point de somnoler sur le canapé. Ce qui le ramena sur terre fut la caresse qu’elle lui fit sur la nuque et qui le fit frissonner.

‘‘ Je suis déçue, il faut m’attendre avant de dormir. ‘‘ Murmura la brunette en réclamant son baiser.

‘‘ Ce n’est pas de ma faute si les flammes sont endormantes ! ‘‘ Se défendit-il aussitôt. ‘‘ Et il est hors de question que je passe une autre nuit sans ma bëilah. ‘‘

La jeune femme ricana doucement et se colla contre son homme qui l’entoura de ses bras, posant un baiser sur sa nuque. Ils profitèrent donc tous les deux de ce calme et Vaënadiel arriva une petite heure plus tard, leur annonçant que Liam resterait au chevet de son père pour la nuit. Elle monta alors coucher les petits dans leur berceau, sous la surveillance constante de Farkhas et alla rejoindre son frère et sa belle-soeur dans le salon pour discuter un peu et se changer les idées comme ils le pouvaient.

Deux longues journées à rester cloîtrer dans une une pièce vide et à dormir dans un lit inconfortable. Oh! Il ne fallait pas oublier le breuvage infect que lui faisait ingurgiter le guérisseur 2 fois pas jour. Le seul point positif dans tout ça était que les douleurs dans sa poitrine avaient complètement disparu. Le troisième jour au matin, Liam put retourner à la maison avec Heïan qui était plus nerveux que jamais et sans vraiment comprendre pourquoi. Peut-être parce qu’il se sentait mal d’entrer dans sa propre demeure alors que sa femme l’évitait en s’enfermant dans sa chambre ? Elayne fut la première à le serrer dans ses bras et Heïan fit le tour, s’excusant de les avoir inquiétés pendant que sa fille filait à l’étage pour prévenir sa mère qu’il était revenu. Toquant doucement à la porte, la jeune femme attendit que sa mère ouvre d’elle-même et la prévint du retour de son époux. En silence, la mère de famille lui fit comprendre qu’elle voulait le voir. Acquiesçant, Elayne rebroussa chemin et descendit au salon où elle regardait son père.

‘‘ Papa, maman aimerait te voir. Tu peux monter, elle t’attend. ‘‘

Confus, le regard lavande d’Heïan se posa sur Elayne qui lui souriait doucement; elle y était pour quelque chose c’était évident. Il se leva du fauteuil, laissant Keilan à son fils et enlaça sa fille dans ses bras et murmura :

‘‘ Merci ma grande ... ‘‘

‘‘ Tu n’as pas à me remercier ... il le fallait, sinon ça n’aurait probablement jamais abouti. ‘‘

Il lui donna un baiser sur le front et monta à l’étage d’un pas incertain qui se fit bien plus lent une fois qu’il arriva près de leur chambre, enfin... celle qu’occupait Melley depuis une semaine et quelques jours. Cependant, il se figea en arrivant devant la porte et ne fit rien jusqu’à ce que celle-ci s’ouvre d’elle seule, laissant voir Melley qui se déroba aussitôt pour s’éloigner de l’embrasure de la porte. Soupirant un bon coup, Heïan entra et referma la porte derrière lui sans la verrouiller, n’osant pas lever les yeux vers sa femme qui en faisait de même. En silence, il alla s’installer sur le fauteuil dans le coin opposé au lit où Melley se trouvait sentant que son coeur commençait à battre la chamade.

‘‘ Tu ... tu vas bien ... ? ‘‘ Demanda t’elle d’une voix peu assurée et plutôt faible.

Heïan ne fit qu’acquiescer et se risqua à lever les yeux vers elle, mal pour elle. Mal de la voir dans un tel état de souffrance et de panique intérieure. De plus, le silence ne faisait qu’accentuer la tension qui régnait dans la pièce.

‘‘ H-Heïan ... ‘‘ Balbutia Melley avant de poursuivre. ‘‘ Ta vie ... raconte moi ce ... ce que je ne sais pas. Tout ... ‘‘

‘‘ Ces dix années où je ... ? ‘‘ Dit-il, ne terminant pas sa phrase.

Melley répondit par l’affirmative et garda ensuite le silence alors que son époux semblait confus l’espace de quelques minutes. Il comprit alors qu’elle devait vouloir se remettre les idées en place, savoir qui disait la vérité, discerner le mensonge de ce qui était vrai. Eziel était un fin manipulateur et la torture physique qui lui avait fait endurer n’avait fait qu’amplifier sa faiblesse psychologique. Heïan soupira et tenta de se remémorer comme il le pouvait ces affreux souvenirs de sa vie passée. Cette partie de son existence qu’il voulait cachée de tous. Baissant alors ses yeux vers sa main invalide, Heïan se lança dans un récit qui prendrait certainement des heures.

‘‘ Après l’incident avec mon père, j’ai quitté Beolan sans réellement m’en rendre compte. Je brouillais du noir, j’étais déconnecté de la réalité. J’ai marché des jours durant avant de m’écrouler dans le sentier alors qu’il pleuvait dehors, dans la boue. J’étais mort de faim, de froid et de fatigue. Je n’avais plus le goût de rien ... jusqu’à ce qu’un voyageur s’occupe de moi et me laisse sur place après m’avoir nourrit. Tout ce qu’il m’avait dit était ‘‘ Tu es trop jeune pour mourir ‘‘. Je l’ai suivi jusqu’à Madorass où je l’ai perdu de vu. N’ayant pas le choix de me débrouiller seul, j’ai dû voler pour trouver de quoi satisfaire mon appétit. Souvent je me suis fait attraper et fut battu, laissé à mon sort dans une ruelle. Des voyous m’ont alors pris sous leurs ailes, m’enseignant l’art du vol et de la vie des rues tout comme celle des armes légères. Au départ, je n’étais qu’un bandit comme les autres, jusqu’à ce que je vois cette annonce promettant une récompense sur la tête d’un homme. Mort ou vif ... J’ai donc tenté ma chance et ce fut un échec lamentable. C’est moi qui fus blessé par mes propres armes ... On me trouva, me soigna et je retentit ma chance, perfectionnant sans cesse ma technique sans jamais être satisfait. Il fallait que je devienne aussi silencieux qu’un félin, invisible une fois la noirceur tombée. La première fois m’a rendu malade. L’odeur du sang m’a donné la nausée et l’agonie de la victime m’avait glacé le sang. J’ai dû tenter de me créer une barrière, me disant que je devais faire ça pour survivre alors que je ne savais pas pourquoi je ne me laissais pas plutôt mourir. Mais je continuais, jusqu’à ce que je décide d’espionner mes cibles et de les choisir; les gens malhonnêtes. Je ne prenais pas plus de plaisir à leur enlever la vie alors je faisais tout rapidement, leur évitant tout de même la souffrance ... J’ai rencontré Eziel deux semaines plus tard et lui ai montré ce que je savais. Il apprenait rapidement et avec tellement de facilité, cette lueur de fierté brillant dans ses yeux... Un jour, je me suis rendu compte que je m’étais attaché à lui, le traitait comme le petit frère que je n’avais jamais eu. Vivant dans la rue la plupart du temps, ou dans les auberges miteuses lorsque je gagnais suffisamment pour nous deux. Il passait toujours avant moi alors je le faisais manger et je passais le reste de la semaine le ventre vide. Mais un soir alors qu’il dormait contre moi, je l’ai ... abandonné comme un lâche et j’ai ensuite quitté la cité pour m’effacer de sa mémoire, cherchant des contrats ailleurs, me forgeant une carapace de glace, ne voulant que personne ne m’approche, ne voulant que voyager seul. 10 ans de ma vie à tuer en passant de cochon à être humain seulement pour subvenir à mes besoins et à vivre comme un malfrat, un mendiant. Je n’ai jamais cherché à reprendre contact avec lui, me renfermant derrière mon mur de glace que personne ne pouvait franchir. ‘‘

Heïan soupira et s’adossa contre le dos du fauteuil, tourna ses yeux vers la fenêtre qui donnait une vue plongeante vers le jardin arrière éclairé par la lune. Sa tête s’appuya elle aussi et il ferma les yeux un long moment, replaçant son bras gauche qui lui arracha une grimace.

‘‘ J’y suis retourné 2 ans plus tard pour rencontrer un employeur que je considérais comme un père. Il me donnait des contrats ici et là en ville, parfois à l’extérieur ce qui m’obligeait à voyager. Lorsque je suis revenu, quelques mois plus tard, j’ai rencontré cette chasseuse de prime qui m’avait mis des bâtons dans les roues. Ce séjour à Madorass fut celui où j’avais fait la dernière de mes victimes et quelques jours plus tard ... tu étais là ... tu étais là au moment où j’étais en train de couler et de me remettre en question. J’aurais bien fini par mettre fin à mes jours si tu n’avais pas pris la peine d’arrêter me soigner. ‘‘

Se levant du fauteuil, l’homme se dirigea vers la porte alors que Melley se recroquevillait dans le lit, craignant qu’il ne s’approche d’elle. Il posa sa main droite sur la poignée et la serra sans pour autant la tourner, faisant dos à Melley.

‘‘ Je t’ai tout dit, c’est la pure vérité. ‘‘ Murmura t-il avant de tourner les yeux vers elle, un sourire triste aux lèvres. ‘‘ Toi, notre mariage, nos enfants ... je ne regrette rien. Je n’aurais pas pu me jouer de toi toutes ces années si je n’avais eu aucun sentiment à ton égard et je ne t’aurais pas fait d’enfants non plus. Et Eziel ... si j’avais voulu le retrouver, il y a longtemps que je l’aurais fait, crois-moi, mais ma vie est ici et le passé est le passé. Je ne reviendrais derrière pour rien au monde et si je pouvais effacer ces moments de ma vie, je le ferais. Sauf que ... je ne t’aurais probablement jamais rencontré. Et ... te voir dans cet état me tue ... Je ... suis désolé ... ‘‘

Il ouvrit alors la porte et voulut sortir, mais la voix de Melley s’éleva derrière lui :

‘‘ Non ! A-attend ... Heïan ... reste ... ‘‘

Rester pour quoi faire ? Sa présence ne faisait que la torturer et encore plus sa vision, il en était convaincu. L’homme ne la regarda pas et restait immobile sur le pas de la porte, sa gorge se serrant de plus en plus.

‘‘ S’il ... te plait ... ‘‘

Son corps pivota légèrement permettant ainsi à ses yeux de croiser ceux de son épouse qui était en lutte intérieure. Heïan la regarda, ne sachant pas quoi faire ni comment il devait prendre la situation. Que pouvait-il lui dire ? Non je m’en vais et te laisse réfléchir ? Oui je reste ? C’est alors qu’elle tenta de sourire, lui réchauffant le coeur par la même occasion. Il semblait que ça faisait une éternité ... Acquiesçant alors, le Capitaine à la retraite retourna s’assoir dans son fauteuil et se frotta les yeux d’une main, épuisé par cette nuit où il n’avait pas réussi à dormir, car il cherchait comment aborder Melley. Au final, c’était elle qui avait fait les pas vers lui.

Celle-ci se recoucha alors, de manière à l’avoir dans son champ de vision et Heïan ferma les yeux, sombrant peu à peu dans le sommeil. Sa tête s’accota lentement vers l’arrière et il s’endormit, respirant régulièrement.

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Ven 4 Jan 2013 - 11:00


Liam fît des allers et venues entre leur maison et le guérisseur, prenant des nouvelles de son père et s'occupant du reste de la famille durant les deux jours qui suivirent. Les responsabilités étaient pesantes sur ses épaules, mais il gardait la tête haute et ne soufflait qu'une fois au lit, sa rose l'entourant de ses bras. Il avait conscience qu'il n'était pas autant présent qu'il le souhaitait pour ses enfants, mais avec tout ce qu'il se passait, il n'avait pas le choix. Il était retourné au quartier général aussi, pour informer le nouveau Capitaine de l'état de santé de l'ancien Capitaine et il en avait profité pour rendre visite à Eziel.

L'homme était toujours pieds et poings liés, et il était méconnaissable. Omar n'y était pas allé de main morte pour lui soutirer les informations, mais Liam s'en fichait royalement. Après ce qu'il avait fait à ses parents, ce n'était que…justice. Mais ils le maintenaient en vie. Parce que Liam se doutait que son père voudrait aller lui dire quelque chose aussi.

En bref, deux longues journées, mais lorsque le guérisseur annonça au chevalier, le matin du troisième jour, qu'il pouvait ramener son père à la maison, il fût plus que satisfait. Il aida son père à se relever et le conduisit chez eux, le sentant devenir nerveux. Il lui fallait aller vers sa mère…lui expliquer que tout était faux. Et apparemment, il n'avait pas trouvé comment. Liam ne pouvait guère aider. Il ne connaissait pas sa mère comme Heïan la connaissait.

En entrant, ce fût Elayne qui les accueillit la première, les deux nordiques apparaissant derrière avec les enfants. Heïan salua tout le monde, s'excusant encore et encore, mais il était déjà tout excusé. Elayne elle, était montée pour prévenir sa mère.

Melley était recroquevillée dans le lit, les yeux fixés sur son médaillon. Comme Heïan, elle l'avait enroulé autour de son poignet durant ses deux jours atroces ou elle s'était inquiétée pour lui tout en ayant peur de lui. C'était affreux ce mélange de sentiments contradictoires ! Et…elle avait réfléchi à la façon dont il pourrait lui expliquer platement les faits. Elle savait qu'il voulait oublier cette période de sa vie, mais elle n'avait pas trouvé d'autre moyen.
Elle sursauta légèrement lorsqu'on toqua à la porte et elle se leva, marchant encore doucement et ouvrit la porte. Elayne était là et elle lui annonça le retour d'Heïan. Déglutissant, Melley lui fît comprendre qu'il devait venir. Refermant la porte, elle retourna s'asseoir sur le bord du lit, nerveuse. Elle avait toujours peur oui, peur qu'une fois seul avec elle il en profite, mais cette voix était devenue plus forte en elle. Il ne le ferait pas. Et puis, s'il n'éprouvait rien pour elle, il n'aurait pas risqué faire un malaise. Cela ne se simulait pas. Alors…elle voulait démêler le vrai du faux une bonne fois pour toutes.

Elle entendit les pas s'approcher de la porte, mais personne ne toqua. Alors elle se leva et alla ouvrir, son cœur battant trop vite dans sa poitrine. Elle se recula tout de suite, retournant contre le dossier du lit, jambes repliées. Il entra et referma la porte, sans pour autant la verrouiller.
Ils ne se regardèrent pas et elle vit juste ses pieds lorsqu'il marcha en silence pour s'installer dans le fauteuil près de la fenêtre.
Elle leva alors les yeux vers lui et la peur, l'amour, l'inquiétude se mêlèrent à nouveau. Elle demanda donc, la voix tremblante :

-Tu ... tu vas bien ... ?

Il acquiesça et enfin releva ses yeux vers elle. Elle aimait ses yeux, adorait s'y noyer. Mais là, elle ne lui renvoyait sans doute que la peur qui l'habitait toujours…le silence était pesant dans la pièce et elle se décida à se lancer, à lui demander de tout lui dire, en sachant qu'il aurait mal de ressasser ses souvenirs :

-H-Heïan ... Ta vie ... raconte moi ce ... ce que je ne sais pas. Tout ...

Il parut surpris et demanda :

- Ces dix années où je ... ?

Elle ne fît qu'acquiescer, s'en voulant de lui faire endurer ça. Mais elle savait lire dans ses yeux ou dans ses gestes…elle aurait toutes les cartes en main pour enfin démêler le vrai du faux et pouvoir espérer s'en sortir. Parce que là…elle avait l'impression de chuter dans un gouffre sans fond depuis qu'elle était revenue de cet enfer… Elle tenait fermement le médaillon dans son poing, les bras croisés autour de ses jambes. Au moins, il ne verrait pas la gravure d'Eziel. Et elle s'était promis que ce serait lui qui remettrait son médaillon autour de son cou. Ce serait comme le point de départ du renouveau. De la renaissance…
Il avait baissé les yeux vers sa main bandée et il se lança :

-Après l’incident avec mon père, j’ai quitté Beolan sans réellement m’en rendre compte. Je brouillais du noir, j’étais déconnecté de la réalité. J’ai marché des jours durant avant de m’écrouler dans le sentier alors qu’il pleuvait dehors, dans la boue. J’étais mort de faim, de froid et de fatigue. Je n’avais plus le goût de rien ... jusqu’à ce qu’un voyageur s’occupe de moi et me laisse sur place après m’avoir nourrit. Tout ce qu’il m’avait dit était ‘‘ Tu es trop jeune pour mourir ‘‘. Je l’ai suivi jusqu’à Madorass où je l’ai perdu de vu. N’ayant pas le choix de me débrouiller seul, j’ai dû voler pour trouver de quoi satisfaire mon appétit. Souvent je me suis fait attraper et fut battu, laissé à mon sort dans une ruelle. Des voyous m’ont alors pris sous leurs ailes, m’enseignant l’art du vol et de la vie des rues tout comme celle des armes légères. Au départ, je n’étais qu’un bandit comme les autres, jusqu’à ce que je vois cette annonce promettant une récompense sur la tête d’un homme. Mort ou vif ... J’ai donc tenté ma chance et ce fut un échec lamentable. C’est moi qui fus blessé par mes propres armes ... On me trouva, me soigna et je retentit ma chance, perfectionnant sans cesse ma technique sans jamais être satisfait. Il fallait que je devienne aussi silencieux qu’un félin, invisible une fois la noirceur tombée. La première fois m’a rendu malade. L’odeur du sang m’a donné la nausée et l’agonie de la victime m’avait glacé le sang. J’ai dû tenter de me créer une barrière, me disant que je devais faire ça pour survivre alors que je ne savais pas pourquoi je ne me laissais pas plutôt mourir. Mais je continuais, jusqu’à ce que je décide d’espionner mes cibles et de les choisir; les gens malhonnêtes. Je ne prenais pas plus de plaisir à leur enlever la vie alors je faisais tout rapidement, leur évitant tout de même la souffrance ... J’ai rencontré Eziel deux semaines plus tard et lui ai montré ce que je savais. Il apprenait rapidement et avec tellement de facilité, cette lueur de fierté brillant dans ses yeux... Un jour, je me suis rendu compte que je m’étais attaché à lui, le traitait comme le petit frère que je n’avais jamais eu. Vivant dans la rue la plupart du temps, ou dans les auberges miteuses lorsque je gagnais suffisamment pour nous deux. Il passait toujours avant moi alors je le faisais manger et je passais le reste de la semaine le ventre vide. Mais un soir alors qu’il dormait contre moi, je l’ai ... abandonné comme un lâche et j’ai ensuite quitté la cité pour m’effacer de sa mémoire, cherchant des contrats ailleurs, me forgeant une carapace de glace, ne voulant que personne ne m’approche, ne voulant que voyager seul. 10 ans de ma vie à tuer en passant de cochon à être humain seulement pour subvenir à mes besoins et à vivre comme un malfrat, un mendiant. Je n’ai jamais cherché à reprendre contact avec lui, me renfermant derrière mon mur de glace que personne ne pouvait franchir.

Il parlait lentement, et elle voyait qu'il revivait dans sa tête ce qu'il disait. Les heures défilèrent, midi sonna, mais ils s'en fichaient. Melley écoutait. Il faisait une pause, accotant son tête au dos du fauteuil, regardant dehors, grimaçant en bougeant son bras avant de poursuivre :

-J’y suis retourné 2 ans plus tard pour rencontrer un employeur que je considérais comme un père. Il me donnait des contrats ici et là en ville, parfois à l’extérieur ce qui m’obligeait à voyager. Lorsque je suis revenu, quelques mois plus tard, j’ai rencontré cette chasseuse de prime qui m’avait mis des bâtons dans les roues. Ce séjour à Madorass fut celui où j’avais fait la dernière de mes victimes et quelques jours plus tard ... tu étais là ... tu étais là au moment où j’étais en train de couler et de me remettre en question. J’aurais bien fini par mettre fin à mes jours si tu n’avais pas pris la peine d’arrêter me soigner.

L'après-midi était bien avancé et il se leva soudainement du fauteuil pour commencer à marcher. Ne s'y attendant pas, Melley eut un mouvement de recul, ayant peur qu'il ne lui saute dessus, alors que la petite voix l'engueulait intérieurement. Il posa sa main sur la poignée de la porte et lui dit, lui tournant le dos :

-Je t’ai tout dit, c’est la pure vérité.

Puis il pivota, la regardant avec un sourire faible et triste sur ses lèvres.

-Toi, notre mariage, nos enfants ... je ne regrette rien. Je n’aurais pas pu me jouer de toi toutes ces années si je n’avais eu aucun sentiment à ton égard et je ne t’aurais pas fait d’enfants non plus. Et Eziel ... si j’avais voulu le retrouver, il y a longtemps que je l’aurais fait, crois-moi, mais ma vie est ici et le passé est le passé. Je ne reviendrais derrière pour rien au monde et si je pouvais effacer ces moments de ma vie, je le ferais. Sauf que ... je ne t’aurais probablement jamais rencontré. Et ... te voir dans cet état me tue ... Je ... suis désolé ...

Son cœur battait comme un démon dans sa poitrine, et ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il ouvrit la porte, dans le but évident de la laisser seule. Alors elle dit :

-Non ! A-attend ... Heïan ... reste ...

Il ne bougea pas, ne la regarda pas. Elle…elle ne voulait plus être seule…cela faisait plus de deux mois qu'elle l'était. Et même si elle avait encore peur de lui, ce n'était qu'ainsi qu'elle arriverait à la faire taire…Il fallait qu'il reste. Pour qu'elle puisse le réapprivoiser pour elle. Qu'elle continue de gravir ce chemin tortueux de la guérison mentale.

-S’il ... te plait ...

Là, il pivota pour croiser son regard. Et elle n'eut pas de mouvement de recul cette fois. Elle soutint son regard et elle vit nettement qu'il hésitait, pesait les pour et les contre. Alors elle dérouilla ses muscles de la mâchoire, tentant un sourire. Ce qu'elle n'avait plus fait depuis son enlèvement non plus. Et cela sembla le convaincre, car il referma la porte et retourna s'asseoir dans le fauteuil, se frottant les yeux d'une main.

Elle se recoucha en position fœtale, comme toujours pour se protéger, le gardant dans son champ de vision. Une partie d'elle avait peur, affreusement peur qu'il ne vienne lui faire mal, profitant d'être avec elle, mais l'autre, celle qui prenait à nouveau de plus en plus de place, lui susurrait d'avoir confiance. En plus, lorsqu'il avait tout raconté, elle avait senti que c'était la vérité. Cela sonnait plus vrai et cadrait plus avec l'image qu'elle avait de lui, contrairement à ce qu'Eziel lui avait dépeint. Elle n'arriverait certainement pas à accepter qu'il la touche ou dorme avec elle tout de suite, mais si elle pouvait déjà parvenir à ne plus reculer dès qu'il bougeait, ce serait vraiment un grand pas.

Regardant mieux, elle vit qu'il s'était endormit. Déglutissant, elle enleva les draps qui la recouvraient. Elle était vêtue d'un pantalon et d'une chemise, camouflant tout son corps, toujours. Même pour se laver. Elle gardait ses vêtements. Elle posa ses pieds encore un peu douloureux au sol et avança jusqu'à l'homme endormit. L'homme qu'elle aimait du plus profond de son être. L'homme qui avait sortit une fille des rues de sa vie de misère. L'homme qu'elle avait réchauffé. L'homme qui lui avait donné de magnifiques enfants et des années de bonheur à deux. Et une promesse.

Celle de mourir dans les bras l'un de l'autre.

Elle s'avança, le cœur palpitant comme un fou, jusqu'à être proche de lui. Endormit, il était moins dangereux non ? Enfin, ça c'était le côté peureux d'elle qui le lui disait parce qu'elle savait qu'il n'était aucunement dangereux. Endormit ou non. Postée devant lui, elle admira ses traits que la lune naissante éclairait. Des traits qu'elle avait dessinés du doigt si souvent qu'elle pourrait les tracer sur une feuille de papier avec un crayon. Elle admira ses cheveux, qu'elle avait caressés maintes fois, aimant les voir en pétard…elle descendit le regard sur son torse, se souvenant de la chaleur qui en émanait. De la protection qu'il conférait une fois entourée des bras puissants de l'homme. Se mordant la lèvre, elle tendit une main dans sa direction.

Elle voulait juste toucher sa joue. Elle tremblait, et ce de plus en plus à mesure qu'elle s'approchait. Elle craignait qu'il ne se réveille soudainement. Mais il semblait endormit. Arrivée à quelques millimètres de sa peau cependant, elle se figea et fût incapable de poursuivre sa route.

Sa main retourna vers elle, son bras retomba le long de son corps et elle s'en fût sur le lit, dépitée d'avoir échoué. Et elle retenterait chaque nuit, jusqu'à ce qu'elle y parvienne. Mais le lendemain, une autre étape l'attendait : le laisser s'approcher.

Liam cherchait le sommeil, dans les bras de Vaë. Ses parents étaient enfermés dans la chambre depuis le retour de son père et il avait peur de ce qu'il s'y passait. Ils n'avaient pas entendu de cris, donc à priori, tout ce passait pour le mieux. Elayne lui avait expliqué ce qu'elle avait fait pour raviser leur mère. Pour lui ouvrir les yeux. Plus ils ne pouvaient pas faire. C'étaient à Melley et Heïan de poursuivre. Eux seraient là pour veiller sur eux et leur apporter à manger. Et les soigner. Apparemment, sa mère avait arraché ses bandages.

Il espérait que maintenant tout aille pour le mieux à nouveau. Il priait, s'enivrant de l'odeur de sa rose des neiges, se jurant que personne ne lui ferait subir ce que sa mère avait subit.

Le lendemain, Melley se réveilla en sursaut lorsqu'on toqua à la porte. Calmant son cœur, serrant le médaillon dans sa main, elle vit Heïan, réfléchit un instant jusqu'à ce souvenir. Il dormait encore mais bougeait, signe qu'il s'éveillait lentement. Comme toujours, ses yeux se portèrent sur la gravure de son bras mis à nu depuis qu'elle avait enlevé les bandages. Son dos était aussi à nu sous la chemise qu'elle portait. Elle se leva, ouvrit la porte. C'était Liam, avec un plateau-repas pour deux. Elle le remercia d'un petit sourire, ce qui le fît aussi sourire, et elle rentra, le laissant refermer la porte.

Tremblante, elle fît doucement pour revenir sur le lit sans laisser tomber le plateau. Elle se sentait si faible lorsque sa fille avait du la nourrir parce qu'elle ne parvenait pas à tenir ses couverts seule !

Assise, elle attendit qu'Heïan se tourne vers elle et elle lui dit avec un petit sourire :

-B-bonjour Heïan…bien… dormit ?

Elle espérait du moins…elle avait mal dormit, mais c'était habituel. Elle faisait d'affreux cauchemars. Et ce n'était pas à cause d'Heïan, même s'il apparaissait de temps en temps. Non, elle revivait chaque nuit ses semaines aux mains d'Eziel. En pire.

Il acquiesça et elle lui montra le plateau. Mais il ne bougea pas.

-V-Viens…il faut…manger…

Il semblait tout de même hésiter. Oui, s'il venait manger, cela impliquait qu'il s'asseye devant elle sur le lit. Donc très proche d'elle. Elle luttait pour que la partie d'elle qui avait peur reste enfouie.

-Viens Heïan. Je…je veux guérir…je…je veux arrêter de…te faire souffrir comme ça…

Au moins sa voix prenait un peu plus d'assurance et elle balbutiait moins. Il s'approcha enfin et elle faillit reculer. Elle s'en empêcha au dernier moment. L'odeur de son mari envahit ses narines, et d'un coup elle se sentit comme sur un nuage. La peur était toujours là mais l'autre partie se renforçait. Et elle avait réussit ! Cela lui tira un sourire plus engageant que les précédents. Elle prit alors un couvert et commença à manger, tremblant encore un peu trop.

-Je…j'y arriverais…j'arrêterais de trembler, un jour…

Et elle avait toujours le médaillon coincé dans sa main. Ils étaient à un mètre l'un de l'autre et pourtant, elle n'osait pas le toucher. Elle ne le ferait que lorsqu'il dormirait, la nuit.

Elle y arriverait. Elle le savait. Parce qu'elle l'aimait. Elle l'aimait à la folie et ne pourrait pas vivre sans lui à ses côtés. Sans ses enfants autour d'eux. Et maintenant, elle avait compris autre chose…

C'était lui et lui seul qui la guérirait. Malgré les peurs qu'elle pouvait encore avoir. Il était la clé de la guérison.


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Vaënadiel Eira



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Ven 4 Jan 2013 - 20:10

Sur la voie de la guérison, part.2

La journée avait été longue et les jeunes s’inquiétaient de la tournure des évènements entre les parents. Ça faisait plusieurs heures qu’ils étaient ensemble à l’étage et jusqu’à maintenant, ils n’avaient nullement entendu de cri ou de fortes voix. Heïan n’était pas ressorti pour donner de nouvelles non plus. Ne voulant aucunement les dérangez, personne n’apporta le repas du soir, laissant les parents seuls dans ce moment fatidique pour leur relation. Les couples se séparèrent alors pour retourner à leur chambre respective afin d’y passer la nuit. Vaënadiel s’occupa alors des enfants, les berçant un moment sur le lit chacun leur tour avant de les déposer dans leur berceau. Ce fut ensuite le tour de Liam qui ne cessait de s’angoisser pour ses parents. Tout à fait normal me direz-vous. Certes, mais la jeune femme savait que tout rentrerait dans l’ordre d’ici quelques semaines. Melley était profondément atteinte de sa séquestration et de ce qu’Eziel avait dit et fait. Elle entraîna donc Liam avec elle dans leur lit et le serra contre elle en caressant sa chevelure. Ses lèvres se posèrent sur son front, sentant le souffle de son homme contre la peau de son cou et elle murmura :

‘‘ Ne t’en fais pas mon loup. C’est bon signe si ton père reste dans la chambre avec ta mère. Ça ira, tu verras ... ‘‘

Vaë baissa alors les yeux, forçant Liam à levé la tête en lui relevant le menton et elle lui fit un sourire rassurant. Volant son baiser de bonne nuit, ses paupières se fermèrent alors. S’endormant tranquillement, ses doigts se promenant machinalement dans la crinière noire de jais de son amoureux.

Son sommeil était profond et réparateur pour compenser de la nuit blanche qu’il avait passée chez le guérisseur avant son retour à la maison. Tout ça parce qu’il paniquait et ne trouvait aucun moyen d’approcher sa propre femme. Son rêve lui, fut des plus étrange. L’environnement était un mélange de Madorass et de Beolan, les sons comportaient des distorsions à donner des frissons. Il voyait Eziel, entendait son rire d’adulte et d’enfant simultanément puis il disparaissait, s’évaporant dans l’ombre. Il voyait Melley prendre forme torturée par la peur. Elle s’éloignait sans cesse alors que lui ne bougeait nullement, comme si ses pieds étaient fusionnés au sol. Heïan avait beau hurler son nom, elle ne revenait pas et le décor la suivait comme un tissu qu’on tirait de deux doigts en son centre, formant un triangle. Ce fut le noir total par la suite et plus aucun son; le silence.

Les rayons du soleil ne tardèrent pas à entrer dans la chambre des maîtres. La lumière frappait sur ses paupières et commençait à ramener l’homme dans le monde des vivants. Ce fut cependant le bruit contre la porte qui le réveilla complètement, le forçant à bouger. Il sentait du mouvement dans la pièce et entendit la porte s’ouvrir, formant un halo de lumière sur le plancher de la pièce. Se frottant les yeux pour les aider à s’ouvrir, Heïan leva les yeux vers l’entrée de la chambre pour voir son fils qui apportait le déjeuner à sa mère. Melley s’en retourna sur le lit d’une démarche peu assurée et tremblante, faisant de gros efforts pour ne pas laisser tomber les couverts. Un peu confuse, sa tête se tourna vers la fenêtre pour voir qu’ils étaient déjà le matin. Au moins, il n’était plus dans ce rêve étrange. Ses yeux se reposèrent ensuite sur son épouse qui s’était assise sur le lit.

‘‘ B-bonjour Heïan…bien… dormi? ‘‘

Sa voix était toujours hésitante, laissant voir une certaine peur, mais elle souriait faiblement. Pour lui répondre, il ne fit qu’acquiescer, gardant le silence. C’était ridicule ! Même lui parler était rendu difficile ... comme s’il voulait se faire le plus petit possible pour ne pas l’apeurer et lui faire regretter de lui avoir demandé de rester avec elle. Melley lui désigna alors le plateau et il fronça les sourcils, sans pour autant bouger de son fauteuil.

‘‘ V-Viens…il faut…manger… ‘‘

Oui, mais, il ne voulait pas l’approcher au risque de provoquer un mouvement de recul de sa part. Mais pourtant, Melley semblait insister, ce qui le fit grandement hésiter, et ce, jusqu’à ce qu’elle dise :

‘‘ Viens Heïan. Je…je veux guérir…je…je veux arrêter de…te faire souffrir comme ça… ‘‘

Il n’avait pas mal à cause d’elle, mais pour elle. Ce qu’elle avait traversé était comparable à l’enfer, du moins c’est ce qu’il s’imaginait après avoir vu les blessures qui tenaillaient son corps en entier. Laissant échapper un soupir silencieux, Heïan se leva de son fauteuil et s’étira avant d’approcher avec précaution de sa femme qui le suivait constamment des yeux. Il enjamba alors le matelas pour s’assoir au pied du lit, le plateau entre et croisa les jambes. Melley lui fit alors un sourire victorieux et beaucoup moins forcé que les précédents, ce qui lui en arrachant un automatiquement. Le ventre de la femme cria alors famine et lentement, elle prit un couvert de ses mains considérablement tremblantes.

‘‘ Je…j’y arriverais…j’arrêterais de trembler, un jour… ‘‘

Heïan lui fit un petit sourire en coin pour qu’elle se sente un peu plus rassurée et il prit une première bouchée lorsque son attention se porta sur le contenu de la fourchette de sa femme qui tombait automatiquement dans son assiette à cause de ses tremblements. Melley retenta une seconde fois et ce fut le même résultat. Un soupir de découragement s’échappa de ses poumons et elle baissa légèrement la tête, honteuse.

‘‘ Détends-toi, Melley ... ‘‘ Dit-il doucement ‘‘ Je vais t’aider. N’aie pas peur. ‘‘

Délaissant ses propres ustensiles, Heïan ne s’approcha que pour être capable de porter la nourriture à la bouche de Melley sans avoir à tendre son bras droit au complet. La femme se tendit au premier essai et regarda la fourchette un moment puis son époux qui l’encourageait du regard. Avec patience, il attendit et elle se décida enfin à ouvrir la bouche et approcher sa tête pour manger. Ce fut ainsi jusqu’à ce que ses couverts soient complètement vides et ensuite Heïan vida la sienne dont la nourriture était devenue passablement froide. Mais bon, ce n’était pas ce qui le dérangeait à vrai dire. Tant que sa tendre épouse mangeait, ça le comblait de bonheur, car ainsi, elle reprenait des forces.

‘‘ Tu trembles déjà un peu moins. ‘‘

Ses yeux violacés regardaient les mains pâles de son épouse qui tremblaient faiblement. Elle avait réussi à se calmer au fur et à mesure qu’il l’avait aidé à se remplir l’estomac. Bien entendu, il n’avait pas manqué de voir qu’elle avait son pendentif en main, la chaine enroulée autour de son poignet comme lui l’avait pendant plusieurs jours.

‘‘ C’est Elayne qui te l’a confié ? Je l’avais accroché à la porte avant d’aller chez le guérisseur. Je n’avais pas pensé qu’elle te l’aurait donné. ‘‘

Il attendit qu’elle réponse par l’affirmative et il souria, soupirant et frotta sa nuque de mal aise. Sa fille avait certainement dû lui dire qu’il avait gardé jalousement le collier même quand il dormait.

‘‘ Stupide tu vas me dire ... mais c’était l’objet qui me rapprochait le plus de toi pendant cette absence insupportable. Quand je n’arrivais pas à dormir, je le regardais. ‘‘ Dit-il en marquant une pause. ‘‘ J’avais si peur d’oublier ton visage, de te retrouver morte quelque part ... même si ma conscience me disait que tu étais toujours là quelque part. ‘‘

L’homme baissa les yeux vers le plateau, le regardant sans vraiment le regarder et surtout parce qu’il n’osait pas croiser le regard de Melley. Il savait qu’elle ne le jugeait pas, le sentait, mais n’empêche qu’il se sentait gêné d’avouer ces ressentiments. À ce moment, on toqua à la porte et Heïan se leva pour aller répondre. Ainsi, cela éviterait à Melley de faire des mouvements qui pourraient lui faire mal, tout comme de lui permettre de rester au repos. Il l’ouvrit et Vaënadiel se tenait dans l’embrasure en souriant, tout le nécessaire de soin pour son bras et des choses en plus pour Melley.

‘‘ C’est l’heure du changement de bandage ! Je suis navrée de vous déranger, mais ... je ne voudrais pas voir d’infection à cause de négligence de ma part. ‘‘

‘‘ Ah oui je ... j’avais oublié qu’il fallait les changer. ‘‘

Encore une fois, Heïan se massa la nuque et la druidesse étira le cou, demandant l’autorisation à la maîtresse de maison d’entrer. Lorsqu’elle eut le feu vert, Vaë entra et Heïan retourna s’assoir sur le lit, là où il se trouvait et le plateau fut posé sur la table de chevet. Les bandages et les crèmes furent posés sur le matelas et la jeune femme entreprit de défaire le tissu qui retenait le bras d’Heïan contre son corps et fit attention en le dépliant pour ne pas lui faire trop mal. Il fallut lui enlever sa chemise puis ce fut le tour des pansements afin de dévoiler les plaies.

‘‘ C’est moins pire que je croyais. Elles ont plutôt bien commencé leur guérison. Votre avant-bras et votre main mettront plus de temps à guérir par contre. Bougez vos doigts. ‘‘

Heïan avait regardé ses plaies pour la première fois, constant avec horreur les dégâts qu’Eziel avait faits avec ses dagues. À coup sûr, il avait voulu l’amputer de son bras gauche. Il tenta alors de bouger les doigts et ils ne faisaient que plier légèrement à son plus grand désarroi.

‘‘ Bien ... Faites tourner votre poignet maintenant. ‘‘

Pour une seconde fois, il s’exécuta et le membre faisait ses rotations, mais avec un peu moins de liberté qu’a son habitude. Vaënadiel semblait pensive, cherchant comment annoncer la nouvelle, mais Heïan n’était pas dupe. Il savait que les blessures infligées par les dagues du tueur à gages avaient fait des ravages dans son bras gauche et qu’il ne retrouverait probablement plus jamais sa mobilité d’antan. Il l’avait fait pour sa femme et peu lui importait maintenant qu’il savait qu’elle était en vie.

‘‘ Heïan ... ‘‘

‘‘ Je sais, Vaë. Je n’arrive plus à plier mes doigts comme auparavant. C’est le maximum que je puisse faire. Il me faudra m’y habituer. ‘‘

‘‘ Je suis désolée. Si j’avais pu, j’aurais soigné votre bras, mais c’est au dessus de ce que je puis faire. ‘‘

‘‘ Ne sois pas désolée. Je n’ai pas été prudent alors voilà ce que ça a donne. Tu as fait ce que tu pouvais et c’est amplement suffisant. Merci. ‘‘

La druidesse ne répondit que par un sourire et enleva les fils qui soudaient la peau, arrachant inévitablement des grimaces de douleurs à Heïan qui serrait les dents et les poings. Ensuite, elle appliqua sa pommade et entoura de nouveau les plaies de bandage propre. Fière de son travail, Vaë tourna ensuite ses yeux aqua vers Melley qui secouèrent négativement la tête aussitôt qu’elle comprit.

‘‘ Melley, il faut désinfecter vos plaies ... je vous en prie. ‘‘

Mais celle-ci refus catégoriquement et alla se reculer lorsqu’Heïan décida qu’il était temps pour lui de se mêler de la partie. Vaënadiel était douce et ne chercherait certainement pas à faire sa tête de mule envers la mère de son mari.

‘‘ Elle n’a pas tort, ma chérie. Si tu ne la laisses pas te soigner, tes blessures ne se cicatriseront jamais et elles risquent de s’infecter dans les jours à venir à cause de la friction de tes vêtements. Il faut au moins les bander. ‘‘

À ses côtés, Vaënadiel acquiesça d’un signe de tête et attendit patiemment jusqu’à ce que Melley se résigne à accepter. Un sourire se dessina alors sur les lèvres de la druidesse qui se leva pour s’assoir à ses côtés et elle dits d’un timbre de voix doux :

‘‘ Je vais devoir vous enlever votre chemise par contre, il le faut ... n’ayez pas peur. ‘‘

Elle avait vu les tremblements de Melley reprendre et avait entendu le rythme de sa respiration augmenter. Elle avait peur de se retrouver sans cette couche de protection et c’était normal après tout. Doucement, Vaënadiel lui enleva son haut, prenant garde à ne pas la brusquer ou lui faire mal. Instinctivement, la femme à la chevelure noire cacha sa poitrine. Son corps était alors dévoilé et Heïan fronça les sourcils en voyant toutes ces marques sur son corps. Son corps si frêle qui avait tant vécu et qui serait marqué à vie ... même par la signature de cette ordure gravée dans la peau de sa bien-aimée. La colère monta d’un seul cran et l’envie de se défouler sur Eziel fut plus forte que jamais. Habituellement, il n’était pas de nature violente, mais là il ferait peut-être exception pour une fois. D’abord, il devait attendre que son bras soit rétabli de ses blessures tout comme Melley et il resterait à ses côtés tant qu’elle n’irait pas mieux.

Vaënadiel commença d’abord par éponger son dos délicatement pour nettoyer ses blessures provoquées par des coups de fouet et appliqua soigneusement la pommade, terminant avec les bandages.

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Ven 4 Jan 2013 - 21:20


Melley tentait de manger mais en vain. Dès que la fourchette s'approchait, elle tremblait, et son contenu retombait dans l'assiette. Elle tenta une fois, deux fois…a la fin, elle baissa la tête en soupirant, affreusement honteuse d'être si faible…
La voix douce d'Heïan s'éleva alors :

-Détends-toi, Melley ... Je vais t’aider. N’aie pas peur.

L'ai…l'aider ? Son cœur recommença à battre la chamade alors qu'il s'approchait un peu plus. Mais elle ne recula pas. Elle ne put en revanche maîtriser la contraction de son corps lorsqu'il tendit le bras vers elle, munit de la fourchette. Il la regardait, l'encourageant, et elle le contemplait, passait à la fourchette et retournait sur lui.
Mais elle avait faim et puis…la peur s'en allait. Doucement, très doucement, mais elle n'avait plus rien contre le fait qu'il soit là, si proche. Et même, elle aimait ça. Alors elle ouvrit la bouche et se laissa nourrir par son mari, jusqu'à ce que l'assiette soit vide. Il mangea alors sa part, qui devait sûrement être froide…elle baissa les yeux, culpabilisant encore. Il avait le bras gauche en écharpe, plié contre son corps. Elle se souvenait des blessures qu'Eziel lui avait infligées. Et sur le coup, noyée dans sa peur qui obstruait tout, elle n'avait pas…n'avait pas eu mal pour lui. Mais là…elle rattrapait un peu son retard…

-Tu trembles déjà un peu moins.

Elle regarda son mari, puis suivit ses yeux jusqu'à ses mains. En effet, elles tremblaient déjà moins. Elles étaient en revanche bien pâle…Était-ce grâce à lui qu'elle tremblait moins ? Elle l'espérait. Non. C'était lui qui l'aidait. Même en ne faisant rien. En étant juste là et la supportant malgré sa peur qui était toujours présente, bien que plus faible. En même temps, cela faisait près de cinq jours qu'elle luttait contre, il était temps qu'elle voie des signes non ?

-C’est Elayne qui te l’a confié ? Je l’avais accroché à la porte avant d’aller chez le guérisseur. Je n’avais pas pensé qu’elle te l’aurait donné.

Elle ne comprit pas tout de suite, jusqu'à ce qu'elle voie le pendentif, toujours à son poignet. Alors elle le regarda et hocha de la tête. Elle eut droit à un joli sourire et même à un soupir gêné alors qu'il se frottait la nuque. Une vieille habitude ça…
Évidemment, Elayne lui avait dit qu'il l'avait gardé contre lui, qu'il ne l'avait plus quitté depuis qu'il l'avait reçu. Et cela…l'avait convaincue qu'elle n'avait pas à avoir peur, malgré ses mouvements involontaires.

-Stupide tu vas me dire ... mais c’était l’objet qui me rapprochait le plus de toi pendant cette absence insupportable. Quand je n’arrivais pas à dormir, je le regardais.

Il fît alors une pause, ou elle l'observa. Non ce n'était pas stupide. Lorsqu'il avait disparu durant trois années, elle n'avait rien eu à part ce médaillon et ses bagues. Et encore, elle avait du en vendre une. Elle n'avait dès lors, pour se rattacher à lui, que son alliance et ce médaillon…celui-ci semblait les réunir à chaque fois. Il était comme un…symbole. Leur symbole.

-J’avais si peur d’oublier ton visage, de te retrouver morte quelque part ... même si ma conscience me disait que tu étais toujours là quelque part.

Il avait baissé les yeux vers le plateau, gêné, mais elle continuait de l'observer. Elle aurait voulut lui prendre la main, mais…la peur l'en empêchait encore. Elle contrôlait encore cette partie. Et Melley voulait y arriver, même si cela prendrait du temps. Elle murmura, juste avant que l'on toque :

-Ce n'est pas stupide…je comprends…désolée…

Mais elle fût interrompue par les coups à la porte. Heïan se leva pour aller répondre. Melley n'avait pas bougé mais avait replié ses jambes, comme toujours depuis qu'elle était revenue à la maison. Elle vit alors Vaë qui lui souriait et elle acquiesça. Bien sûr que sa belle-fille pouvait rentrer… Elle entra donc, les bras chargés de bandes, de pommades et autres nécessaires de soin. Heïan retourna à sa place devant sa femme, et celle-ci ne bougea pas, ne recula pas. Elle avait dompté cette partie et acceptait sa présence. Elle voulait et réclamait sa présence même.

La nordique entreprit donc de retirer l'écharpe, la chemise puis les bandages de l'ancien Capitaine, Melley suivant tout avec attention. Les plaies furent dévoilées et elle fût prise d'une boule à la gorge en voyant l'état de son bras.

-C’est moins pire que je croyais. Elles ont plutôt bien commencé leur guérison. Votre avant-bras et votre main mettront plus de temps à guérir par contre. Bougez vos doigts.

Il obéit, mais ses doigts ne se plièrent que de moitié, et encore. Melley était horrifiée. Son bras ! Sa main ! Il n'allait plus rien pouvoir faire ? Vaë lui demanda de bouger le poignet, ce qu'il fît. L'articulation bougeait, mais avec plus de difficulté. A cause d'elle…il allait perdre l'usage de sa main…il n'était pas gaucher, mais en tant que touche à tout, les deux bras étaient importants. Et pour bercer ses petits enfants ? Et pour la serrer elle dans ses bras ? Parce que oui, un jour, ils seraient à nouveau comme avant. Étape après étape, elle guérirait. Vaë voulut lui expliquer mais il la devança :

- Je sais, Vaë. Je n’arrive plus à plier mes doigts comme auparavant. C’est le maximum que je puisse faire. Il me faudra m’y habituer.

La jeune femme fût désolée, s'excusant de n'avoir rien pu faire de mieux, mais Heïan la rassura, si on puis dire ainsi :

-Ne sois pas désolée. Je n’ai pas été prudent alors voilà ce que ça a donne. Tu as fait ce que tu pouvais et c’est amplement suffisant. Merci.

Melley regardait le tout, se sentant si coupable…Vaë retira les fils, arrachant des grimaces à Heïan. Et là encore, Melley voulut lui prendre son autre main, mais n'en fût pas capable. Elle regarda donc l'étalage de crèmes et lotions, et la remise en place des bandages et de l'écharpe.

Une fois fait, Vaë se tourna vers elle, la regardant avec tout le matériel devant elle. Melley fronça légèrement les sourcils et secoua négativement la tête en comprenant. Non…elle ne voulait pas de soins…sans savoir pourquoi, elle n'en voulait pas.

-Melley, il faut désinfecter vos plaies ... je vous en prie.

Elle continua à secouer la tête et se recula, se rapprochant du mur, s'éloignant de son mari et de Vaë, retenant encore une fois ses larmes.

-Elle n’a pas tort, ma chérie. Si tu ne la laisses pas te soigner, tes blessures ne se cicatriseront jamais et elles risquent de s’infecter dans les jours à venir à cause de la friction de tes vêtements. Il faut au moins les bander.

Vaë acquiesçait vivement et Melley les regarda tous les deux alternativement, indécise. Mais finalement, elle inspira un grand coup et déclara son accord, tirant un sourire à sa belle-fille. Toujours souriante…comme Naëlyah, elle voyait toujours le positif…

Elle s'approcha donc puisque Melley n'avait pas bougé, et déclara doucement :

-Je vais devoir vous enlever votre chemise par contre, il le faut ... n’ayez pas peur.

Enlever…non…elle trembla à nouveau et son cœur tenta de sortir de sa poitrine. Elle inspirait et expirait rapidement, ne parvenant pas à réguler son rythme cardiaque. Mais elle se laissa faire, sentant les doigts fins de Vaë lui retirer une sorte de bouclier pour elle. La jeune femme faisait attention pour ne pas lui faire mal et bientôt elle se retrouva à moitié nue devant son mari. Elle cacha sa poitrine, même s'il la connaissait par cœur et que Vaë l'avait vue dès son retour lorsqu'elle l'avait soignée la première fois. Mais même…se retrouver à moitié nue…les souvenirs rejaillissaient…

Elle tournait à moitié le dos à Heïan et ne pouvait pas voir sa réaction, ni sa tête. Il n'allait plus autant aimer son corps à présent…dès qu'elle aurait combattu complètement la peur et qu'ils seraient à nouveau unis, qu'il pourra à nouveau l'enlacer, dormir contre elle, doucher ou se baigner avec elle…il n'aimerait plus autant la caresser…elle frissonna. Eziel n'avait fait que ça, la caresser. Et il était allé loin dans son intimité. Ses doigts avaient fait leur travail…

Elle baissa la tête lorsque Vaë commença à nettoyer son dos, doucement, le désinfectant. Cela piquait, mais la mère ne disait rien. Elle regardait son bras serré sur sa poitrine fixement. Ce bras gravé d'un nom qui la hanterait…

La crème fut étalée et elle releva légèrement les bras pour que la jeune nordique puisse enrouler les bandages autour de sa taille. Cela lui fît penser au collier. Puis Melley pivota vers Heïan et pour faciliter le travail de Vaë, rien que pour la luminosité. Elle le regarda, un air désolé peint sur le visage. Il aimait tant son corps de porcelaine comme il disait…et maintenant, la porcelaine était fendue et ébréchée de partout…

Changeant le bras qui cachait ses atouts, elle tendit l'autre à Vaë pour qu'elle fasse de même pour la gravure. Les lettres étaient si nettes qu'on aurait dit un chef d'œuvre. Et pourtant…la crème fût remise en bonne quantité et le bandage avec.
Melley retenait encore ses larmes.

-Merci…Vaë, pour tout.

Sa belle-fille lui sourit et déclara :

-C'est tout naturel et puis ça me fait plaisir de prendre soin de mes beaux-parents. Cette fois, ne les arrachez pas. Je repasserai demain pour vérifier comment ça va.

Melley hocha de la tête et la regarda ressortir avec le plateau-repas et les nécessaires de soin, rejoindre Liam et les autres qui n'attendaient qu'une chose : des nouvelles de leurs aînés, enfermés depuis un jour et demi dans la chambre.

Restés seuls, Melley remit tant bien que mal sa chemise, son bouclier. Les tremblements avaient repris, même s'il connaissait son corps comme sa poche. Elle serrait le médaillon dans son poing, les larmes se créant dans ses yeux. Elle se rapprocha un peu plus d'Heïan sans pour autant relever la tête vers lui. Jambes repliées et bras tout contre pour les retenir, elle cherchait ses mots.
Le silence s'installa, mais moins pesant que la veille.

Puis une larme roula sur sa joue et elle l'essuya en relevant la tête. Il la regardait, et elle lisait dans ses yeux la douleur qu'il ressentait pour elle. Mais lui aussi souffrait à cause d'elle.

-Désolée pour ton bras je…

Elle ferma les yeux un moment, laissant les larmes s'échapper. Elle aurait voulut être capable de se jeter dans ses bras, dans ce cocon protecteur et sécuritaire, mais il y avait une sorte de mur qui l'en empêchait encore. Il commençait à se fissurer mais était toujours là.

-Là-bas je…je n'avais rien pour me raccrocher à vous mis à part mes souvenirs et…quand il a commencé à me parler…quand les doutes sont venus avec cette peur…ton visage est devenu flou subitement…r-remplacé par u-un a-autre…plus cruel…qui ne t'allait p-pas…

Elle sanglotait et la moitié des mots étaient entrecoupés de soubresauts. Mais il écoutait…

-Au fond d-de moi je s-sentais que…c'était faux…mais l-les doutes é-étaient plus forts et o-ont gagné…je t'aime et…

Elle tenta de se calmer avant de poursuivre :

-Heïan…i-il…m'a touchée…il…partout…

Elle n'avait pas réellement voulut lui dire cela, mais elle avait besoin de parler, de déverser un peu de tout ça parce qu'elle le revivait chaque nuit en cauchemar. Et même si elle le faisait endurer à son époux, il était le seul à pouvoir écouter cette horreur…

-Chaque coup faisait mal mais…j'ai t-tenté de rester f-forte…mais il m'a eue…

Détruite de l'intérieur oui. Morte même.

-Désolée de…m'être m-montrée si distante ou…peureuse mais…j'avais des i-images…affreuses…je…mon corps n'est plus aussi attirant maintenant…

Sa main avança d'elle-même vers Heïan. Le mur avait laissé tomber quelques briques qui lui permettaient de le faire. Elle s'avança, tremblante, et effleura sa joue avant de retourner chez elle. Honteuse, elle baissa les yeux, les larmes coulant encore.

-Je n'arrive pas…à faire plus…m-mais je le voudrais t-tant…

Peut-être que s'il la prenait dans ses bras comme ça, la forçant, ça irait mieux ? Non, au contraire, elle sentait que l'avancée n'aurait servit à rien et qu'elle reculerait à nouveau. Pleurant toujours, elle regarda le médaillon qui se mouillait au contact de ses larmes. Lorsqu'elle serait prête, il le lui remettrait autour du cou. Lorsqu'elle serait prête…


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Vaënadiel Eira



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Sam 5 Jan 2013 - 1:36

Sur la voie de la guérison, part.3

Heïan était tout simplement choqué intérieurement. De profondes entailles striaient l’entièreté de son dos rougi par les blessures et par le frottement des plaies contre sa chemise. C’était sensiblement la même chose sur ses bras meurtris par des coupures faites par une lame fine dont l’un cachait sa poitrine recouverte d’équimose. Melley lui tourna alors le dos de manière à ce qui l’aperçoive de biais et qu’elle, ne le voit pas. Redoutait-elle son regard ?

Continuant alors son travail, Vaënadiel entoura délicatement la taille de Melley d’un bandage. Celle-ci avait levé légèrement les bras et la jeune femme la remerciant d’un sourire pour cet aide. Aussi, se tournait-elle légèrement pour lui permettre de voir un peu mieux ce qu’elle faisait. C’est là que le regard de l’archère croisa celui de son époux. Elle semblait désolée, mais pourquoi l’était-elle ? Heïan ne comprenait pas, sentant qu’elle culpabilisait pour les marques se trouvant sur son corps. Ce n’était certainement pas à cause de ces cicatrices que ses sentiments envers elle changeraient, au contraire. Melley alterna alors son bras, Vaë réclamant celui avec lequel Melley se camouflait pour pouvoir le nettoyer. La serviette passa délicatement sur les lettres gravées dans sa peau, mais la jeune femme ne fit aucun commentaire et fit comme si elle ne l’avait pas vu. Elle trempa ses doigts dans la pommade et l’appliqua avec douceur tout en prenant soin de bien l’appliquer partout. Voilà ! Les soins étaient faits et la maîtresse de maison était momifiée dans ses bandages qui, espérait Vaë, ne se feraient pas arracher dans l’heure qui allait suivre.

La voix tremblante et les yeux dans l’eau, Vaënadiel leva les yeux vers ceux de Melley en sentant sa gorge se serrer. Pourquoi à chaque fois qu’elle voyait, quelqu’un pleurait, fallait-il qu’elle devienne elle aussi émotive ? Foute empathie ...

‘‘ Merci…Vaë, pour tout. ‘‘

‘‘ C’est tout naturel et puis ça me fait plaisir de prendre soin de mes beaux-parents. Cette fois, ne les arrachez pas. Je repasserai demain pour vérifier comment ça va. ‘‘ Répondit-elle en souriant.

La druidesse se leva donc, mit toute son artillerie dans le plateau-repas et sortit de la chambre en vue d’aller rejoindre son homme, Elayne, son frère et les petits au rez-de-chaussée. Les parents étaient donc de nouveau seuls dans la chambre et le silence se réinstalla, avec une pointe de male aise. Melley se battait faiblement pour remettre sa chemise à cause de ses tremblements qui s’étaient de nouveau accentués. Lorsqu’elle réussit enfin, elle se rapprocha avec la tête basse, n’osant pas lever les yeux vers lui alors que ses bras et ses jambes l’enfermaient dans un bouclier imaginaire. Ce fut alors le calme plat pendant de longues minutes où Heïan cherchait quoi dire. Ses yeux ne se détournèrent cependant pas de sa femme qui releva la tête en essuyant une larme. La voir aussi triste le tuait. Il se sentait si impuissant et voulait tant la serrer contre lui pour chasser cette peine qui la rongeait. S’il avait pu enlever sa douleur, ou du moins la prendre, il l’aurait fait sans hésiter. Il aurait pris toutes ses souffrances; physiques et psychologiques.

‘‘ Désolée pour ton bras je… ‘‘ Murmura t’elle.

‘‘ Ne t’excuse pas. Ce n’est en rien ta faute ... je n’avais qu’à être plus prudent. ‘‘

Mais elle ferma les yeux, libérant ainsi de nouvelles larmes qui coulaient lentement sur ses joues pâles où se trouvaient des cicatrices qui disparaîtraient avec le temps. Heïan bougea légèrement, voulant au moins essuyer son visage, faire disparaître ses pleurs, mais il se résigna et resta sagement à sa place. C’était plus sage de la laisser faire les premiers pas, car au moins, il saurait que c’était parce qu’elle était prête et loin l’idée lui était venue de la brusquer dans sa convalescence. Après un moment de silence, Melley continua...

‘‘ Là-bas je…je n’avais rien pour me raccrocher à vous mis à part mes souvenirs et…quand il a commencé à me parler…quand les doutes sont venus avec cette peur…ton visage est devenu flou subitement…r-remplacé par u-un a-autre…plus cruel…qui ne t’allait p-pas… Au fond d-de moi je s-sentais que…c’était faux…mais l-les doutes é-étaient plus forts et o-ont gagné…je t’aime et… ‘‘

Elle avait beaucoup de difficulté à parler de ce qui c’était passé, ou du moins de ce qu’elle avait ressenti et traversé pendant ces deux mois enfermés dans une cabane en plein milieu de la forêt. Sans cesse, elle hoquetait et ses tremblements reprenaient. Elle tenta alors de se calmer en inspirant et expirant profondément à quelques reprises, continuant :

‘‘ Heïan…i-il…m’a touchée…il…partout… ‘‘

Le choc qu’il eut ... Heïan avait littéralement pâli et sentit son sang bouillir par la rage dans ses veines. Eziel avait osé la toucher, la tripoter, la violenter et il était allé trop loin. Bien entendu, cette possibilité lui était venue à l’esprit et l’ancien Capitaine la redoutait plus que jamais, mais le savoir et l’entendre de vive voix était pire que tout ce qu’il avait imaginé. Sa mâchoire se crispa d’un seul. Maintenant, il comprenait pourquoi elle avait si peur de lui lorsqu’il assemblait les pièces du casse-tête entre ce qu’il savait de Liam et ce que Melley lui confiait à l’heure actuelle.

‘‘ Chaque coup faisait mal, mais…j’ai t-tenté de rester f-forte…mais il m’a eue… Désolée de…m’être m-montrée si distante ou…peureuse, mais…j’avais des i-images…affreuses…je…mon corps n’est plus aussi attirant maintenant… ‘‘

Heïan voulut lui dire le contraire, qu’elle était toujours la femme qu’il aimait, que ces marques ne faisaient qu’apporter des similarités à leurs deux corps, mais Melley ne lui en laissa pas le temps. Elle avait levé un bras, approchant sa main de lui, lentement et en tremblant. Ses doigts ne firent qu’effleurer sa joue l’espace d’une seconde et ce fut assez pour qu’un frisson lui parcourût l’échine. Son épouse abandonna par la suite, ceci lui demandant un effort considérable et Heïan en était pleinement conscient.

‘‘ Je n’arrive pas…à faire plus…m-mais je le voudrais t-tant… ‘‘

Ses yeux étaient camouflés par sa longue crinière ténébreuse, cachant par la même occasion son visage et les larmes qui s’y écoulaient. Ses épaules étaient secouées de soubresauts et plus que jamais Heïan se maudit de ne pas savoir quoi dire pour lui remonter le moral. Seul le temps apaiserait ses souffrances et chasserait les doutes qui rongeaient toujours son esprit, mais il ne l’abandonnerait pas maintenant qu’il savait avec certitude qu’elle voulait qu’il reste à ses côtés.

‘‘ Ne pleure pas, mon ange ... Je ne t’en veux pas pour ta méfiance. Avec ce que tu as traversé, n’importe qui aurait réagi comme toi. Tu es anéantie et tu recommences à peine à remonter la pente alors ne te force pas à faire quelque chose dont tu n’es pas prête à faire. Je vais t’épauler le temps qu’il faudra, mais je ne te laisserai pas couler. Je suis là, pour le meilleur et pour le pire ‘‘

Les yeux vairons de la femme plongèrent alors dans les siens et l’homme lui offrit un doux sourire. La pauvre était exténuée; ses yeux étaient rouges et cernés.

‘‘ Il faut que tu essaies de dormir un peu. ‘‘ Dit-il. ‘‘ Je vais descendre voir les jeunes un moment, leur donner des nouvelles puisqu’ils doivent se ronger les sangs depuis hier soir. Je ne serai pas long, c’est promis, ‘‘

L’homme se poussa du lit en prenants appuis sur son bras droit et se leva pour se diriger vers la porte. Il tourna la poignée lentement et allait sortir lorsqu’il lui jeta un dernier coup d’oeil en ajoutant:

‘‘ Je vous aime, belle dame. ‘‘

À son plus grand bonheur, Melley répondit à son sourire tout en essuyant les larmes de ses joues et il referma la porte une fois qu’il la vit se coucher dans le lit et tirer les couvertures sur elle pour tenter de trouver le sommeil. Heïan marcha alors dans le couloir, saluant les quelques domestiques qui s’attardaient sur l’étage et descendirent au salon où tout le monde tourna les yeux à son entrée. Elayne se leva et alla le serrer dans ses bras, contente de le revoir avec une meilleure mine. Prenant sa main, elle l’entraîna sur le canapé où elle le fit assoir et Arya quitta les bras d’Ephraïm pour aller s’assoir sur son grand-père. Keilan lui, dormait paisiblement dans les bras de sa mère, assise sur les genoux de Liam à même le fauteuil qui ne pouvait accueillir qu’une seule personne. Le silence fut et tous attendirent que l’homme de la maison parle avant de dire quoi que ce soit. Heïan soupira alors, embrassant le front d’Arya qui lui souriait et commença.

‘‘ Ça s’arrangera avec le temps, ne vous inquiétez pas. Il faut seulement lui laisser du temps, car elle a été profondément atteinte par les paroles et les gestes d’Eziel. ‘‘

Elayne fronça les sourcils, tournant son regard vers son père.

‘‘ Tu veux dire ? ‘‘

‘‘ Eziel ne l’a pas seulement battue ... il l’a ... touché. ‘‘ Dit-il, serrant graduellement les dents.

Sa rage monta d’un seul cran. Si on foutu bras pouvait guérir qu’il aille lui flanquer une bonne raclée! Cette fois, il ne se priverait pas de déverser sa colère et sa haine sur un homme de son espèce et s’il venait qu’à le tuer par inadvertance, tant pis ! Il en subirait les conséquences, mais au moins il ne porterait plus ses sales pattes sur Melley. Personne n’osa dire de commentaires, comprenant parfaitement dans quel sens Heïan avait dit ces dernières paroles. Sa fille prit alors sa main valide et la serra dans la sienne, murmurant :

‘‘ Calme-toi papa. Eziel aura la sentence qu’il mérite très bientôt. ‘‘

Le maître de la maison serra la main de sa fille dans la sienne et lui fit un faible sourire en coin, hochant la tête. Il continua ensuite de leur parler de son état, de ses blessures et les rassura surtout sur le fait qu’ils n’aient pas à craindre une éventuelle rupture. Lui et elle allaient mourir ensemble et c’était une promesse qui serait là pour rester. Deux heures plus tard, Heïan les quitta pour remonter à l’étage et ouvrit délicatement la porte de la chambre. Melley n’avait pas réussi à dormir et tourna les yeux en direction de la porte.

‘‘ C’est moi ‘‘

Il entra et referma la porte derrière lui, mais comme il allait retourner vers le fauteuil, sa femme l’arrêta et lui désigna aussitôt le lit; elle voulait qu’il reprenne place au même endroit qu’un peu plus tôt. S’exécutant, Heïan vint s’assoir sur le lit et croisa les jambes. À ses yeux, l’homme voyait bien qu’elle n’avait aucunement dormi et ne put se résigner à lui faire un sourire en coin contenant une pointe de réprimande. Melley se redressa alors sur ses genoux, réduisant quelque peu la distance qui les séparait et leva de nouveau sa main. Ses tremblements étaient beaucoup moins présents qu’à sa première tentative même si sa main s’approchait tout aussi tranquillement. Ses doigts effleurèrent en premier sa peau et s’immobilisèrent, tâtant le terrain. Bientôt, ils glissèrent et sa main entière se posa sur sa joue, l’obligeant à fermer les yeux pour savourer cet instant qui l’apaisait tant. Il y avait si longtemps qu’il n’avait pas senti sa présence aussi près de lui ... c’était tout simplement indescriptible comme sensation.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, Melley regardait fixement sa main, un sourire se dessinant graduellement sur ses lèvres. Heïan en esquissa un lui aussi, fier d’elle. Fier du pas qu’elle venait de franchir.

‘‘ Tu as réussi, chérie. ‘‘

Elle hocha la tête, son sourire ne s’effaçant pas et elle s’asseya sur ses talons, ramenant sa main sur l’une de ses cuisses. D’un coup, elle semblait hésiter et baissa la tête un moment avant de la relever légèrement vers lui. Elle lui demanda alors de prendre sa main et Heïan ne cacha pas sa surprise, mais si cela pouvait l’aider dans son processus de guérison, il devait cesser d’hésiter pour éviter que le doute de reste en elle. Donc lentement, l’homme leva son bras droit et mena sa main vers l’une de celles de sa femme. Il commença par lui toucher les doigts, glissant les siens contre sa paume main et l’encercla doucement jusqu’à ce qu’il les entrecroise avec ceux de sa femme. Lui comme elle appréciait ce simple geste comme jamais, bien qu’il n’était qu’à la base de ce qu’ils étaient avant l’enlèvement.

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Sam 5 Jan 2013 - 11:09


Elle aurait tant voulut se blottir contre lui, sentir son odeur, son cœur battre, sa chaleur…mais le mur l'en empêchait. Cependant il s'était nettement fissuré et même écroulé par endroit depuis qu'elle avait parlé. Et maintenant, elle tentait d'arrêter de pleurer.

-Ne pleure pas, mon ange ... Je ne t’en veux pas pour ta méfiance. Avec ce que tu as traversé, n’importe qui aurait réagi comme toi. Tu es anéantie et tu recommences à peine à remonter la pente alors ne te force pas à faire quelque chose dont tu n’es pas prête à faire. Je vais t’épauler le temps qu’il faudra, mais je ne te laisserai pas couler. Je suis là, pour le meilleur et pour le pire.

Elle releva les yeux et les plongea dans ceux de son époux qui lui offrit un doux sourire. Un sourire comme elle les aimait.

-Il faut que tu essaies de dormir un peu. Je vais descendre voir les jeunes un moment, leur donner des nouvelles puisqu’ils doivent se ronger les sangs depuis hier soir. Je ne serai pas long, c’est promis.

Melley le regarda sortir du lit avec sa main valide, respirant profondément pour se calmer. Oui elle devait dormir…mais elle n'y arrivait plus en fait. Il ouvrit la porte et avant de sortir il se retourna vers elle et lui dit en souriant :

-Je vous aime, belle dame.

Essuyant les larmes de ses joues, Melley lui rendit son sourire, de façon tellement naturelle ! Elle était contente de pouvoir sourire sans se forcer. Décidant de tenter malgré tout de se reposer un peu, maintenant qu'elle n'avait plus autant peur, elle se coucha dans le lit, mettant les draps sur elle convenablement, laissant Heïan descendre pour rassurer les jeunes.

En bas justement, Liam serrait Vaë contre lui, assise sur ses genoux dans le fauteuil, Keilan endormit dans ses bras. En face se trouvaient Elayne et Eph', avec Arya qui s'amusait comme une folle. La seule à rire d'ailleurs. Vaë les avait prévenus que tout se passait à merveille entre les deux parents, mais il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter. Elayne et lui n'avaient peur que d'une chose : que leur mère mette leur père dehors et le quitte. Et si cette affreuse chose arrivait, Liam hébergerait son père. Il le forcerait même. C'est là qu'ils entendirent les bruits de pas et Heïan apparut au salon.

Il avait bien meilleure mine qu'à son retour de chez le guérisseur. Leur mère lui faisait toujours cet effet. Elayne y alla, le serrant contre elle et l'emmenant sur le canapé ou Arya se faufila jusqu'à lui, réclamant son grand-père qu'elle n'avait pas vu depuis un jour et demi. D'ailleurs elle réclamait aussi sa grand-mère, depuis une semaine et demie absente mais les parents lui avait dit que grand-mère viendrait vite.

Aucune parole ne se prononça de prime abord, tous attendant qu'Heïan parle en premier. Ce qu'il fît, après avoir embrassé le front de sa petite-fille :

-Ça s’arrangera avec le temps, ne vous inquiétez pas. Il faut seulement lui laisser du temps, car elle a été profondément atteinte par les paroles et les gestes d’Eziel.

Les paroles d'accord…mais les gestes ? Liam fronça les sourcils. Au vu du regard de son père, les gestes n'étaient pas seulement des coups et des entailles. Ce fût Elayne qui demanda une suite et il annonça ce que tous craignaient :

-Eziel ne l’a pas seulement battue ... il l’a ... touché.

Touché ?! Liam n'en revenait pas. Il était sous le choc. Cela expliquait aussi pourquoi sa mère n'avait pas voulut qu'Heïan la touche. Pas seulement par peur du soi-disant tueur à gage…La chose palpita en lui et il eut envie d'aller donner une bonne raclée à Eziel. Et son père voulait faire la même chose, cela se voyait à ses poings qui se serraient et sa mâchoire crispée. Liam se demandait même si les attouchements n'étaient pas d'un côté pires qu'un viol.

-Calme-toi papa. Eziel aura la sentence qu’il mérite très bientôt.

Elle avait pris la main droite de son père dans la sienne pour l'aider à se calmer, même si Melley était la seule à pouvoir le faire correctement. Oui, Eziel aurait la sentence qu'il méritait. Liam et Omar en avait convenu, il ne serait traité avec aucun traitement de faveur. Ils le maintenaient juste en vie parce que tous deux connaissaient Heïan et savaient qu'il voudrait aller dire un dernier mot à son ex-collègue.
Heïan leur sourit même, se clamant lentement, et continua de leur parler de son état. A lui comme à sa femme. Elle grimpait les échelons lentement et cela allait déjà mieux. Elle le laissait s'approcher et n'avait plus peur. Par contre elle ne se déshabillait pas encore. Mais ça, ce serait pour plus tard. Elle tentait de le toucher, et ça venait doucement. Liam savait que ses parents y arriveraient. Ils étaient forts, une fois réunis. Il regarda le dos de sa rose, le caressant de haut en bas. Il n'accepterait pas qu'un homme ose la toucher et lui fasse subir ce qu'Eziel avait fait. Il ne l'accepterait pas et tuerait cet homme de ses propres mains, en proie à sa folie. Non, il protégerait les siens à jamais. Et il savait qu'Ephraïm ferait de même pour défendre Elayne.
Heïan les rassura aussi sur leur relation, leur disant bien que rupture il n'y aurait pas. Melley et lui s'étaient promis une chose, et cette promesse serait respectée. Et ils s'aimaient trop pour se quitter maintenant…

Au bout de deux heures, il décida donc de remonter, voir si elle avait pu se reposer un tantinet.
Mais évidemment, Melley n'avait pas réussi à fermer l'œil. Lorsqu'elle se sentait partir, une main venait la hanter et elle se recroquevillait, grimaçant. Un couteau jaillissait du néant et gravait sa peau une nouvelle fois. Un fouet claquait et rouvrait son dos pour la énième fois. Des phrases tournaient en rond dans son esprit, d'une voix d'outre-tombe, tentant de raviver ses peurs qu'elle rejetait tant bien que mal. Alors elle avait gardé les yeux ouverts, même s'ils piquaient à cause de ses pleurs, et avait réfléchi en regardant son médaillon. Elle voulait être avec Heïan. Et pas seulement à un mètre l'un de l'autre. Elle voulait…le toucher, sentir sa peau contre la sienne, son corps contre le sien. Elle recevait encore des ondes de peur, mais les éloignaient. Dès qu'il reviendrait, elle poserait sa main sur sa joue. Si elle y parvenait, elle lui demanderait de prendre sa main. Ensuite, cela dépendrait de l'état de ce foutu mur en elle.

C'est là que la porte s'ouvrit doucement. Sans sursauter, elle tourna les yeux pour voir qui venait.

-C’est moi.

Elle se redressa légèrement alors qu'il fermait la porte après être entré et elle le vit se diriger vers le fauteuil. Elle le stoppa en se raclant la gorge et lui désigna le lit de la main. Il n'hésita pas et revint s'asseoir sur le lit près d'elle. Son cœur battait vite, mais elle voulait le faire. Sans un mot, elle se mit à genoux et se rapprocha de lui, levant à nouveau sa main vers sa joue. Elle tremblait moins, mais avançait tout aussi doucement vers lui. Et il restait parfaitement immobile. Une perle cet homme…et elle avait eu peur de lui…
Inspirant, elle effleura du bout des doigts sa peau, les y laissant pour prendre connaissance du terrain, le tâter, l'apprivoiser. Si douce était sa peau…

Une fois fait, elle glissa sa main plus avant encore et déposa sa paume sur sa joue, complètement. Heïan avait fermé les yeux et elle vit son sourire illuminer ses traits. Ce contact leur avait manqué, et il profitait. Melley regardait sa main, posée sur la joue de son mari, si chaude, si douce, lui envoyant des frissons, fière d'elle.
Elle souriait et le mur s'était encore un peu plus effondré.

-Tu as réussi, chérie.

Elle regarda Heïan qui avait ouvert les yeux et hocha la tête, conservant son sourire. Oui elle avait réussit. Se positionnant sur ses talons, tirant les bandages de son dos, elle remit sa main sur sa cuisse, baissant la tête, réfléchissant. Aujourd'hui, elle réussirait toutes les étapes menant au réconfort mutuel. Elle devait le faire. Alors elle releva légèrement la tête vers lui et lui demanda :

-Prends ma main, Heïan. S'il te plaît.

Sa voix n'était plus hésitante ou tremblante. Elle suivit son mouvement de bras lorsqu'il le leva vers ses mains et ne bougea pas.
La main de l'homme vint toucher ses doigts, lentement, délicatement, avant de s'avancer encore pour glisser sa paume contre la sienne et pouvoir entremêler leurs doigts les uns aux autres. Ensemble. Ils étaient à nouveau ensemble. Leurs mains soudées l'une à l'autre n'était certes que le début, mais pour eux c'était déjà un grand pas. La chaleur qui en émanait…

Melley lui sourit, contente d'avoir réussit. Avec lui. Serrant sa main dans la sienne et le médaillon toujours coincé dans la seconde, elle brisa ce qui restait de ce premier mur. Un autre se dressait derrière, celui pour se déshabiller et dormir avec lui, pour pouvoir l'embrasser, ou aller plus loin encore.

Elle inspira un grand coup, bien décidée à le faire. Elle ne tremblait plus, comme s'il lui donnait sa force, et elle se rapprocha de lui sans pour autant lâcher sa main. Elle n'était plus qu'à quelques centimètres de lui. Lentement, sa tête se rapprocha de son épaule droite et elle ferma les yeux tout en la posant contre, sentant le souffle de l'homme dans son cou.

Les tremblements avaient légèrement repris, mais elle n'avait pas peur. Et l'odeur d'Heïan emplissait ses narines comme jamais. La tête toujours collée à son épaule, elle lui demanda :

-Serre-moi contre toi Heïan.

D'un côté, si c'est lui qui le faisait, elle était sûre de ne pas lui faire mal au bras. Et aussi…il fallait que ce soit lui. Elle avait dit qu'elle parviendrait à le toucher non ? Et bien lui aussi avait le droit de la toucher. Pas partout certes, mais il le savait, elle n'avait pas besoin de le lui dire. La nuque, le visage, le bas du dos, là ou il n'y avait pas de plaies, ce serait déjà une bonne avancée si elle ne reculait pas lorsqu'il toucherait ses zones.
Et là, elle était bien contre son épaule, si bien qu'elle aurait pu dormir. Mais les cauchemars l'attendaient toujours. Et ils ne la quitteraient plus. Alors elle ferait avec…et ne l'ennuierait pas avec ça…


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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Sam 5 Jan 2013 - 19:20

Sur la voie de la guérison, part.4

Un sourire naturel se dessina sur les lèvres de Melley alors qu’elle serrait elle aussi l’étreinte de la main de son mari dans la sienne. Elle ne la lâcha pas, et lui non plus. C’était comme un baume sur son âme, signe qu’elle était bien là, devant lui, en chair et en os. Cette chaleur qui se dégageait de la main de Melley était le feu qui le réchauffait de part en part et elle seule avait cette capacité de l’apaiser de la sorte; elle était sa moitié. La poitrine de la femme se souleva d’un coup suite à une grande inspiration et Melley se releva de nouveau sur ses genoux, réduisant encore la distance qui les séparait l’un de l’autre. Que voulait-elle faire ? Heïan s’en doutait, mais ne bougea pas et la laissa faire. Lorsqu’elle s’arrêta, quelques centimètres les séparaient l’un de l’autre et enfin il put admirer d’un peu plus près ses traits angéliques tirés par la fatigue et la souffrance de ces deux derniers mois. Lentement, la tête de Melley se posa sur son épaule droite et ses paupières se fermèrent alors que sur ses lèvres se trouvait toujours un faible sourire. Heïan l’admirait, dessinant ce visage des yeux duquel il était amoureux depuis tant d’années. Et ... elle semblait si paisible, là, contre lui ...

Cependant, il la sentait encore nerveuse, car elle tremblait un peu plus qu’avant, signe qu’elle combattait tant bien que mal les doutes qui l’envahissaient. Sa respiration elle, était calme alors que sa voix était douce et assurée.

‘‘ Serre-moi contre toi Heïan. ‘‘ Demanda t-elle.

Heïan s’exécuta tout en douceur, levant son bras droit pour l’entourer afin qu’elle ne se sente aucunement brusquée. Sa main se posa alors derrière sa tête et il caressa ses cheveux, n’osant pas la toucher ailleurs que dans ces environs tant qu’il n’en aurait pas l’autorisation à haute voix. Sa tête se colla contre la sienne et il ferma les yeux un moment, profitant de ce contact. Ils restèrent donc ainsi un long moment, permettant à Melley de franchir cette deuxième étape haut la main. En soirée, Liam vint porter une fois de plus le repas pour constater lui-même les progrès de sa mère. Heïan apporta donc le plateau sur le lit et laissa manger son épouse d’elle-même puisque ses tremblements étaient quasi-inexistants. Un peu plus tard, Vaënadiel revint avec son artillerie de soin et commença cette fois par Melley. La nordique enleva alors les bandages, nettoya les plaies qui cicatrisaient déjà beaucoup mieux avec ses crèmes à base d’herbes. La substance fut reposée avec délicatesse sur la peau de Melley et remit des bandages propres pour ensuite s’attaquer au bras d’Heïan par le même processus. Elle le quitta alors, leur disant bonne nuit et alla rejoindre son amoureux dans leur chambre puisque la nuit tombait.

‘‘ Il faudrait que tu essaies de te reposer un peu. ‘‘ Dit-il en se levant du lit.

‘‘ Je n’y arriverais pas...prends le lit. Tu dois être inconfortable sur le fauteuil pour dormir...moi je ne dors pas de toute façon alors...je m’en fiche si je prends le fauteuil. ‘‘

Heïan soupira et baissa légèrement la tête pour regarder le sol un instant. Ses yeux violets se reposèrent sur sa femme qui le regardait, attendant sa réponse et il secoua négativement la tête. C’était prévisible non ?

‘‘ Hors de question. J’ai dormi sur des trucs beaucoup plus inconfortables qu’un fauteuil, alors non. Je resterai sur mon fauteuil et j’y resterai jalousement. ‘‘

‘‘ Mais Heïan...toi tu dors...tu mérites d’avoir le matelas confortable...s’il te plaît... ‘‘ Dit-elle après avoir soupiré et souri légèrement.

Il ne devait pas craquer ... il ne devait pas craquer ... il ne devait ... pas ... craquer ! C’était difficile avec cette mine de chien battu qu’elle lui faisait là. Habituellement, Heïan s’avouait vaincu et pliait à ces beaux yeux sauf que là, il secoua de nouveau négativement la tête en fronçant les sourcils et leva les yeux vers le plafond pour éviter de croiser son regard.

‘‘ Non ‘‘ Rétorqua t-il.

Ah la tête de mule des Kreiss ! Quand ils avaient une idée en tête, il était très difficile de la leur enlever et contrairement à elle, lui avait passé deux mois dans un lit alors qu’elle non. Alors, ça compenserait même si Melley ne parvenait aucunement à dormir à cause de ses cauchemars. Il faudrait d’ailleurs qu’il lui parle du somnifère que Vaënadiel lui avait fait prendre pour récupérer un peu le jour où il avait perdu sa lucidité en hurlant sur sa fille. Heïan s’éloigna donc du lit sans la regarder et alla s’assoir sur le fauteuil près de la fenêtre et accouda son bras droit sur le bras du mobilier et accotant son poing contre sa joue droite.

‘‘ Heïan, mon coeur...il...il faut que ton bras soit couché aussi...prends le lit...et ne fais pas ta tête de mule... ‘‘

Il allait craquer ... il allait craquer ! Non ! Elle le connaissait trop bien et savait à tous les coups comment s’y prendre avec lui, mais non. Il ne cèderait pas tout simplement parce qu’il ne le fallait pas. Ses pensées disaient ça, mais son corps lui, se leva du fauteuil. Heïan se rendit compte qu’il était à mi-chemin entre le lit et le fauteuil lorsqu’il cessait de se débattre avec sa conscience.

‘‘ Tête de mule un jour, tête de mule toujours ... ‘‘ Marmonna t-il pour lui-même, retournant s’assoir sur le fauteuil.

Ses yeux violets étaient posés sur sa femme qui souriait de l’autre bout de la pièce, éclairée par la lanterne qui se trouvait sur la table de chevet à côté du lit. Melley murmura quelque chose qu’il entendit seulement à cause du silence de la pièce. S’il n’avait pas été un minimum concentré, il n’aurait strictement rien entendu.

‘‘ Ma tête de mule à moi... ‘‘ Puis le timbre de sa voix ce fit plus forte et elle dit : ‘‘ Heïan, ramène ton arrière-train sur le lit et laisse-moi prendre le fauteuil. Sinon je viens te chercher moi-même... ‘‘

L’ancien Capitaine ne broncha pas d’un poil. Les menaces de sa femme ne lui faisaient aucunement peur et ce n’était certainement pas ce petit brin de femme qui allait le trainer jusqu’au lit. Heïan lui tira alors la langue, digne d’un gamin, signe qu’il n’avait nullement l’intention de se plier à son chantage.

‘‘ Même pas peur ... ‘‘

De son quartier général, chef Melley faisait la moue puis décida de se lever en retirant les couvertures de ses jambes pour se tirer hors du lit. D’une démarche assez maladroite, elle s’approcha du fauteuil et se posta devant lui qui avait levé les yeux en fronçant les sourcils. Elle n’allait quand même pas le faire ? La femme inspira profondément et alla chercher sa main droite pour ensuite tenter de le tirer. Heïan ne faisait aucun contre-poids et ne bougeait pas d’un centimètre du fauteuil.

‘‘ Heïan............. ‘‘

Elle retenta de tirer, mais encore rien. Les pieds de Melley glissaient contre le sol, en plus de son manque de stabilité et d’équilibre dû à son manque de force.

‘‘ File te coucher avant que je ne te trimbale jusqu’au lit. ‘‘

Il avait dit ces paroles sans vraiment réfléchir plus loin que son nez. Conséquence : Melley se remise à trembler. D’un coup, Heïan se sentit affreusement mal à l’aise et voulut s’excuser, mais elle ouvrit la bouche avant lui. Ses yeux violets passèrent donc des mains de sa femme qui tenait la sienne puis sur son visage qui grimaçait à cause de ses efforts qui étaient inutiles.

‘‘ Tu as besoin de repos, alors va au lit.....on va pas passer la nuit à ce jeu ....et c’est pas juste j’arrive pas à te faire bouger d’un millimètre ! ‘‘

Melley essaya de faire la moue comme lui la faisait si bien, mais c’était loupé, car son sourire la trahissait aussitôt. Ses membres tremblaient encore légèrement et sa respiration était rapide dût à ses efforts. Ce n’était pas beaucoup, mais vu son état, ça l’était. Heïan ricana doucement et serra l’une de ses mains dans la sienne pour la persuader d’arrêter.

‘‘ Celle qui en a le plus besoin, c’est toi et un peu de confort ne pourra que te faire du bien mon ange. J’ai dormi une nuit ici et ce n’est pas une deuxième qui m’achèvera. Allez, mamy ! ‘‘ Dit-il en souriant. ‘‘ Je suis capable de passer la nuit à ce jeu et tu le sais très bien. ‘‘

Voilà, il avait gagné la guerre des vieux. Melley faisait la moue en signe de résignation et caressa sa main du pouce avant de la relâcher. Ses pas la menèrent de nouveau vers le lit où elle tira les couvertures sur elle. Ses yeux bicolores se posèrent alors sur lui et elle dit :

‘‘ D’accord...mais si demain papy à mal au dos, ce sera pas de ma faute...dors bien quand même. ‘‘

‘‘ Bonne nuit, mamy chérie que j’aime à la folie. ‘‘

Heïan lui fit un sourire victorieux et enfantin avant de fermer les yeux en bâillant. Sa tête se colla légèrement en arrière et il mit un moment avant de finalement s’endormir. Le lendemain matin, il se réveilla à cause d’une douleur qui lui traversait le dos en entier et il dut se lever pour s’étirer de tout son long. Sa main valide se porta en arrière et l’homme dut courber légèrement le dos vers l’arrière où un craquement se fit entendre.

‘‘ Aïe ... maudite vieillesse ... ‘‘ Murmura t-il pour lui même, n’ayant pas regardé en direction du lit.

‘‘ Cette nuit, tu prends le lit et c’est tout. Pas de discussion, papy ! ‘‘

Il sursauta et tourna les yeux vers sa femme qui était déjà assise sur le lit, le regardant avec un sourire malgré ses petits yeux fatigués. Elle murmura aussitôt après :

‘‘ Mais je t’aime, mon papy... ‘‘

L’homme souria se frotta la nuque de mal aise. Au final, elle avait raison et il n’eut d’autre choix que de laisser sa moue légendaire prendre le dessus. Melley avait eu raison et le voilà qu’il était ridiculisé. Heïan s’approcha du lit et s’asseya sur le bord, tournant les yeux vers elle avec une mine dépitée.

‘‘ Il n’y a pas moyen de négocier avec mamy ? ‘‘

Mais à voir la réaction de sa femme, il n’y avait pas de possibilité de trouver un arrangement. Celle-ci croisa alors les bras sur sa poitrine, un léger sourire sur ses lèvres qui le fit soupirer. Voilà, le matin comme ça, Heïan était à moitié endormi et ne parvenait pas à jouer à l’homme têtu. Résigné d’avance, il laissa Melley parler.

‘‘ Non papy. Je ne dors quand même pas alors je m’en voudrais que tu te fasses mal au dos. Pas de discussion possible, un point c’est tout. ‘‘

‘‘ J’abdique ... je lève l’étendard blanc ... ‘‘

‘‘ C’est bien ! Tu vois quand tu veux... ‘‘ Rétorqua Melley, visiblement fière.

‘’ Pauvre homme que je suis ... ‘’ Murmura t-il en faisant semblant de faire pitié alors qu’il avait un sourire en coin.

‘‘ C’est pour ton bien alors, ne te plains pas ! ‘‘

Heïan soupira pour une seconde fois et se contenta d’écouter le doux rire de sa femme qui était comme une douce mélodie à ses oreilles. Elle reprenait du poil de la bête avec considération depuis son retour du guérisseur et ça le rendait heureux. Mais il y avait encore beaucoup de chemin à faire avec de parvenir à la guérison totale. Aussi glissa-t-il sa main jusqu’à la sienne, caressant sa paume de main du pouce.

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Sam 5 Jan 2013 - 22:11


Melley sentit le bras droit d'Heïan se poser sur elle et sa main se glisser sur sa nuque, caressant lentement ses cheveux. Malgré les souvenirs d'Eziel qui caressait ses cheveux, Melley ne bougea pas et ne trembla pas. La tête d'Heïan s'était posée contre la sienne et elle ne faisait que profiter de se rapprochement, signe d'un nouveau pas franchit. Fermant les yeux, elle savoura cette victoire sur elle-même. Elle n'avait plus peur d'Heïan. Du moins pas comme auparavant. Maintenant, ils pourraient à nouveau se toucher sans craindre quoique ce soit. Les heures passèrent ainsi, les parents toujours enlacés l'un contre l'autre, jusqu'à ce que l'on toque à la porte.

Heïan dut donc se détacher d'elle et alla ouvrir. C'était Liam, avec un plateau-repas. Il sourit à sa mère en voyant qu'elle allait nettement mieux, et les laissa entre eux pour rejoindre sa femme et les autres pour manger à leur tour. Heïan revint avec leur repas et cette fois Melley mangea toute seule, ses tremblements s'étant comme envolés depuis qu'elle avait franchit ce mur.

Puis ce fût Vaë qui arriva, chargée de ses nécessaires de soin. Elle débuta par Melley, qui se laissa faire tout de suite, enlevant son haut malgré les tremblements involontaires que ça avait causé. Elle enleva le bandage du dos, nettoya, remit des crèmes et remit un bandage. Elle fît de même pour le bras et Melley se força à ne pas regarder cette gravure. Puis elle s'attaqua à Heïan, refaisant les mêmes gestes délicatement, avant de les quitter en leur souhaitant de passer une bonne nuit. Liam et ses enfants l'attendaient dans l'autre chambre.

Melley était si contente de remonter la pente…et comme toujours, elle s'étonnait d'y parvenir assez vite tout de même. Bon, d'accord cela allait faire deux semaines qu'elle luttait, mais elle aurait cru que justement elle mettrait des mois avant de réussir à laisser approcher Heïan ! Mais cela lui plaisait mieux ainsi. D'ailleurs il se releva du lit en disant :

-Il faudrait que tu essaies de te reposer un peu.

Se reposer…peine perdue. Elle se dit alors que ce n'était pas juste qu'elle occupe le lit alors qu'elle ne dormait pas. Elle répondit donc :

-Je n’y arriverais pas...prends le lit. Tu dois être inconfortable sur le fauteuil pour dormir...moi je ne dors pas de toute façon alors...je m’en fiche si je prends le fauteuil.

Il soupira et baissa la tête. Elle le connaissait et savait très bien que la négociation allait être dure, et encore plus s'il jouait à la tête de mule. Et….oh, il fît la tête de mule ! Elle le savait ! Il secoua la tête pour dire non et déclara :

-Hors de question. J’ai dormi sur des trucs beaucoup plus inconfortables qu’un fauteuil, alors non. Je resterai sur mon fauteuil et j’y resterai jalousement.

Elle soupira à son tour et sourit en faisant une mine qui le faisait toujours craquer en susurrant :

-Mais Heïan...toi tu dors...tu mérites d’avoir le matelas confortable...s’il te plaît...

Elle le voyait lutter intérieurement, une partie de lui voulant céder et l'autre continuant à jouer à la tête de mule. Il évita donc de croiser son regard, préférant soudainement admirer le plafond, et refît le mouvement de tête avec un petit "non" de passage. Il s'éloigna, s'installant dans le fauteuil, posant le bras droit sur l'accoudoir et sa joue contre sa main. Savourant cet instant, ou ils étaient comme auparavant (quoique, avant ils dormaient ensemble donc cela réglait le problème) ou elle n'avait pas peur et oubliait même tout ce qu'il s'était passé, elle continua :

- Heïan, mon coeur...il...il faut que ton bras soit couché aussi...prends le lit...et ne fais pas ta tête de mule...

Pendant quelques secondes il ne bougea pas, jusqu'à ce qu'il se lève du fauteuil et commence à marcher vers elle. Souriante, se sentant fière de l'avoir fait changé d'avis, elle déchanta vite lorsqu'il s'en rendit compte et retourna s'asseoir en marmonnant :

-Tête de mule un jour, tête de mule toujours ...

Elle le regardait, souriante, et la lumière de la lune créait des jeux d'ombres et lumières qui le rendait encore plus beau…si possible. Elle murmura alors :

-Ma tête de mule à moi...

Puis, tentant de reprendre du sérieux et se voulant euh….menaçante ? Elle dit :

-Heïan, ramène ton arrière-train sur le lit et laisse-moi prendre le fauteuil. Sinon je viens te chercher moi-même...

Elle le connaissait et savait pertinemment qu'il n'avait pas peur, mais elle comptait bien aller jusqu'au bout, malgré son état lamentable. Il osa même lui tirer la langue en disant :

- Même pas peur ...

Un défi ? Soit ! Elle fît la moue et inspira un grand coup avant de retirer les draps qui camouflaient ses jambes, elles-mêmes camouflées par le pantalon qui ne la quittait plus (puant à cause de l'eau et tout) et se leva du lit. D'une démarche encore un peu maladroite elle s'avança et s'arrêta devant le fauteuil. Heïan la regardait, ne croyant toujours pas qu'elle allait le faire. Mais elle inspira et contrôla les murmures de peur pour chercher la main droite de son époux et commencer à le tirer pour le faire lever. Mais il ne bougeait pas !!

- Heïan.............

Elle tirait, y mettait le peu de force qu'elle avait mais rien ! En plus ses pieds glissaient sur le sol et lui faisaient mal à force de frotter…

-File te coucher avant que je ne te trimbale jusqu’au lit.

Elle trembla automatiquement à l'écoute de cette phrase. Ben oui…trimbaler signifiait porter et…enfin…bref elle ignora la peur une nouvelle fois, sentant qu'Heïan s'en voulait et grimaça sous l'effort pour reprendre, comme si de rien n'était :

-Tu as besoin de repos, alors va au lit.....on va pas passer la nuit à ce jeu ....et c’est pas juste j’arrive pas à te faire bouger d’un millimètre !

Pour parfaire son jeu, elle fît la moue, voulant l'imiter, mais peine perdue il était le seul et unique à savoir la faire convenablement. Et puis, elle ne pouvait pas s'empêcher de sourire à tout bout de champ alors…
Elle continua à le tirer, essoufflée comme jamais, et il serra sa main pour lui signifier d'arrêter. Ce qu'elle fît pour écouter ce qu'il avait à dire, sourire aux lèvres :

-Celle qui en a le plus besoin, c’est toi et un peu de confort ne pourra que te faire du bien mon ange. J’ai dormi une nuit ici et ce n’est pas une deuxième qui m’achèvera. Allez, mamy ! Je suis capable de passer la nuit à ce jeu et tu le sais très bien.

Cette fois, elle fût bien obligée de se résigner et fît la moue tout en caressant sa main du pouce, le relâchant par la suite et retournant au lit, respirant profondément pour reprendre son souffle. Elle se coucha et remit ses couvertures sur elle pour terminer en le regardant :

- D’accord...mais si demain papy à mal au dos, ce sera pas de ma faute...dors bien quand même.

Bien sûr, il souriait pour montrer sa victoire et répondit :

-Bonne nuit, mamy chérie que j’aime à la folie.

Elle sourit et le regarda s'endormir, tentant d'en faire de même. Mais comme toujours, les cauchemars revinrent la hanter, la main imaginaire se faufila sur elle, le couteau s'amusa à tester son tranchant, le fouet claqua, les phrases résonnèrent. Le cœur battant la chamade, elle garda les yeux ouverts, regardant Heïan. Elle hésita à aller le réveiller pour se blottir contre lui. Mais elle n'y arriverait peut-être pas et puis…il était trop paisible pour qu'elle vienne l'enquiquiner avec ce genre de choses…

Alors elle observa le médaillon, réfléchissant, la nuit s'écoulant en silence, même si elle sursautait au moindre bruit un peu suspect.

Lorsque le soleil se leva, elle avait encore les yeux ouverts, même s'ils lui faisaient mal. Ses paupières étaient lourdes et ne demandaient qu'à se fermer. Mais elle n'y arrivait pas…
Elle s'assit donc sur le lit et attendit qu'Heïan se réveille. Ce qu'il ne tarda pas à faire en grimaçant. Tiens…papy aurait-il mal ? Apparemment car il se leva et s'étira, portant sa main valide dans le dos pour lui soutirer un craquement qui la fît grimacer. Elle l'entendit murmurer un "maudite vieillesse" et elle sourit en disant :

-Cette nuit, tu prends le lit et c’est tout. Pas de discussion, papy !

Il se tourna vers elle, surpris en flagrant délit et elle reprit, pour se pardonner :

-Mais je t’aime, mon papy...

Il se frotta la nuque, et elle sourit, encore plus lorsqu'il fît la moue. Mais elle avait eu raison, et maintenant il avait mal au dos. Il s'installa sur le lit et la regarda avec une mine dépitée pour dire :

- Il n’y a pas moyen de négocier avec mamy ?

Elle croisa ses bras sur sa poitrine, souriant légèrement. Oui bon elle profitait du fait qu'il soit à moitié endormit mais bon !

-Non papy. Je ne dors quand même pas alors je m’en voudrais que tu te fasses mal au dos. Pas de discussion possible, un point c’est tout.

Il semblait chercher de quoi répliquer mais annonça l'abdication du papy Capitaine. Fière, Melley rétorqua, plus pour le taquiner et puis…cela lui faisait du bien de se retrouver ainsi, à rire pour n'importe quoi :

-C’est bien ! Tu vois quand tu veux...

Il lui lança un regard de pitié qui ne la fît nullement craquer en disant :

-Pauvre homme que je suis ...

Elle écarquilla les yeux et déclara :

-C’est pour ton bien alors, ne te plains pas !

Au son du soupir de son époux, elle ne put s'empêcher de rire et ce, naturellement. Elle ne sursauta pas lorsqu'il glissa sa main dans la sienne, la serrant doucement, la caressant du pouce. Il souriait aussi et rien ne pouvait lui faire plus plaisir que de le voir ainsi. Ses yeux violets pétillaient à nouveau et elle sut quelle serait la prochaine étape.

Elle ne les avait plus vus depuis deux semaines, ou à peine entraperçut.

-J'ai envie d'aller voir les enfants et les petits-enfants…j'ai envie de sortir…de la chambre.

Melley le regarda, lui assurant du regard qu'elle était sûre. Il lui sourit et se leva, l'entraînant avec lui en-dehors du lit en disant :

-Ils sont certainement en bas et ça leur ferait une belle surprise. Viens, je vais t'aider.

Un peu anxieuse, elle le suivit jusqu'à la porte et au fur et à mesure elle serrait la main d'Heïan de plus en plus fort. Il ouvrit la porte et là elle dit :

-J'ai…il n'y a rien dehors hein ?

-Non, il n'y a rien qui puisse te faire de mal. Et puis, je suis là, tu n'as pas a avoir peur.

Elle acquiesça et le laissa passer avant de le suivre dans le couloir. Son cœur battait vraiment vite et elle serrait la main de son mari dans la sienne, comme si elle risquait de chuter si elle le lâchait. Elle regardait sa maison, comme si c'était la première fois. Les domestiques la saluait chaleureusement, contents de la revoir. Pour les escaliers, ce fût un peu plus difficile. Elle était du côté droit d'Heïan, sa main gauche serrant sa droite et de l'autre elle tenait la rambarde. Les marches semblaient si hautes pour elle depuis le temps ! Ils mirent du temps, mais d'un coup elle fût en bas, et elle reprit son souffle, le faisant patienter sans pour autant relâcher sa main.

-Je…suis un peu…nerveuse…

Il lui offrit un sourire rassurant et dit :

-Le plus gros est fait, il ne reste que quelques pas avant d'arriver au salon.

Justement…comment allaient-ils réagir ? Elle se redressa et l'incita à poursuivre la route. Ils approchaient et déjà elle entendait les rires des petits-enfants, les discussions des grands…et cela lui faisait chaud au cœur. Serrant encore la main de son mari, elle s'avança d'elle-même dans l'encadrement de la porte.

Liam s'amusait avec Keilan pendant que Vaë riait avec Arya. C'est là qu'il sentit une présence, à la porte. Il tourna la tête et en les voyant, il sourit et se leva avec le petit. Les autres, curieux et virent à leur tour la surprise qui les attendaient. Elayne se précipita sur sa mère, s'arrêtant juste devant elle, n'osant pas la serrer dans ses bras par peur de lui faire mal.
Melley s'en chargea, serrant sa fille qui lui avait tant manquée contre elle. Elle tremblait un peu, parce qu'à part Heïan, elle n'avait pas serré d'autres personnes contre elle.

-Ma fille chérie…

-Maman…je suis si contente de te revoir ! Et tu as une bonne mine malgré tes cernes…

Melley ne dit rien, sentant très bien la fatigue sur ses paupières. Puis Liam s'avança, Keilan dans les bras. Elle fît de même, le serrant contre elle malgré l'enfant.

-Liam…mon grand garçon…

Puis il lui tendit Keilan au moment ou Arya se jeta sur les jambes de Melley.

-Arya, grand-mère ne peut pas vous prendre tous les deux voyons !

-Non…ce n'est rien Liam…ils m'ont manqué…

Elle en avait à nouveau les larmes aux yeux, émue de tous les revoir. Keilan dans les bras, Arya riant en s'accrochant à sa jambe, elle avança vers Eph' et Vaë tant bien que mal, boitant et essoufflée.

-Arya ! Arrête! Répliqua Liam encore une fois.

La petite lâcha alors Melley et courut jusqu'à Vaë, comme si son père était un monstre.

-C'était bon Liam…ne t'en fais pas…

Mais elle souriait légèrement et elle serra Vaë et Eph' contre elle chacun leur tour, si fière d'être descendue, si fière de les avoir serrés contre elle. Puis, exténuée, elle s'installa dans le fauteuil, Heïan s'asseyant à côté d'elle, les autres prenant place face à eux.

Keilan dans les bras, la regardant de ses magnifiques yeux vairons, elle continuait de pleurer à cause de l'émotion, et le petit grimaçait lorsqu'une larme tombait sur son visage, la faisant sourire et elle l'essuyait tendrement, lui parlant.

-Comment te sens-tu maman ? Demanda alors Liam, Vaë sur les genoux, Arya dans les bras de sa mère.

Melley releva la tête, les regardant tour à tour et répondit :

-Sa va…je…remonte…merci à tous pour votre aide.

-Mais c'est normal maman…nous n'allions pas te laisser ainsi…riposta Elayne.

Melley lui sourit. Elle n'oubliait pas la conversation qu'elle avait eue avec sa fille, n'oubliait pas le médaillon dans sa poche. Rangé là uniquement pour libérer sa main. Dès qu'elle serait en haut, elle le remettrait à sa main ou le donnerait à Heïan pour qu'il le garde jusqu'à ce qu'il puisse le lui mettre autour du cou.

Arya gigotait et se dégagea de sa mère pour venir chez elle de sa démarche de plus en plus assurée. Bientôt un an déjà… Et Keilan commencerait bientôt à marcher à quatre pattes…

Elle tendit Keilan à Vaë qui s'était avancée et prit Arya lentement. La petite pesait un peu plus et elle eut du mal, mais Arya fût vite sur ses jambes, gazouillant et lui parlant de tout et n'importe quoi, en vrai moulin à parole. Mais Melley était si heureuse là, avec tout le monde. Elle regarda Heïan, lui souriant.

Elle avait franchit une nouvelle étape de sa guérison.

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Vaënadiel Eira



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Dim 6 Jan 2013 - 2:56

Sur la voie de la guérison, part.5

Le sourire qui s’était formé sur les lèvres de sa femme était tout ce qu’il désirait voir ce matin-là. Ça et la voir dans cet état de bien-être graduel. Au fond des yeux de Melley commençait à briller une étrange lueur qui intrigua soudainement Heïan. Elle réfléchissait et était sur le point d’ouvrir la bouche, il le sentait. La tête de celle-ci se pencha légèrement puis elle releva les yeux vers son époux en disant:

‘‘ J’ai envie d’aller voir les enfants et les petits-enfants…j’ai envie de sortir…de la chambre. ‘‘

Voilà qui le rendait heureux de si bon matin. Sortir de la chambre après ces deux semaines ne lui ferait pas de tort et puis cela permettrait à ses membres de reprendre un peu de formes puisqu’elle ne bougeait pas beaucoup depuis son retour à la maison. Et puis avec les blessures qu’elle avait, incluant celle en dessous des pieds, ce n’était tout de même pas évident de se tirer hors du lit. Heïan lui souria alors et se leva du lit tout en tenant la main de son épouse qu’il n’avait aucunement lâchée.

‘‘ Ils sont certainement en bas et ça leur ferait une belle surprise. Viens, je vais t’aider. ‘‘

L’anxiété était perceptible chez Melley et c’était tout à fait normal aussi. Le seul endroit qu’elle avait vu depuis qu’elle était revenue à la maison était la chambre des maîtres et la salle de bains, rien de plus. Heïan sentait la prise de la femme autour de sa main se resserrer au fur et à mesure qu’ils approchaient de la porte d’entrée de la pièce. L’homme entreprit alors d’ouvrir la porte doucement et avant de sortir, Melley demanda d’une voix nerveuse :

‘‘ J’ai…il n’y a rien dehors hein ? ‘‘

‘‘ Non, il n’y a rien qui puisse te faire de mal. Et puis, je suis là, tu n’as pas à avoir peur. ‘‘

Ouvrant la marche, Heïan fut le premier à sortir de la chambre et entraîna Melley à sa suite qui était assez incertaine dans ses mouvements. La porte de la chambre ne fut pas refermée, car les domestiques en profitaient pour aller changer les draps, nettoyer la pièce ainsi que l’aérer. Marchant côte à côte d’un pas lent, Heïan regardait sa femme qui redécouvrait son environnement. Ses yeux étaient grands ouverts et ne manquaient alors que pourtant, rien n’avait changé depuis son départ. Lorsqu’ils arrivèrent devant l’escalier, ce fut tout un défi pour la maîtresse de maison que devait se réhabituer à la hauteur des marches. Lentement, mais surement, ils y parvinrent. Melley s’était solidement agrippé après la rambarde alors que son époux tenait sans cesse sa main, vérifiant que tout allait bien. Une fois en bas, le couple s’arrêta de nouveau afin que Melley puisse reprendre son souffle et ses esprits. Heïan resta à ses côtés et la regarda tout en patientant. Lorsqu’elle eut repris une respiration normale, elle avoua être nerveuse, mais son époux ne put que lui offrir un sourire rassurant. Le but était presque atteint et il ne fallait pas qu’elle abandonne aussi près du but.

‘‘ Le plus gros est fait, il ne reste que quelques pas avant d’arriver au salon. ‘‘

Melley ne semblait pas tout à fait rassuré, mais l’invita du regard à poursuivre la route. Au fur et à mesure qu’ils approchaient du salon, les rires des enfants se faisaient entendre, tout comme les conversations entre adultes. Heïan ralentit alors la cadence, faisant passer sa femme devant pour qu’elle se montre d’elle-même à la famille. Ce qu’elle fit. Liam fut le premier à sentir la présence d’une autre personne dans la pièce et se leva avec les petits, les autres imitant ses mouvements. Elayne ne tarda pas à dépasser son frère pour aller vers sa mère, mais se stoppa en se souvenant de ses blessures. La mère fit les premiers pas, tremblant légèrement et tous y passèrent. Keilan fut posé dans ses bras et Arya ne tarda pas à s’accrocher à la jambe de sa grand-maman qu’elle réclamait depuis un moment déjà.

‘‘ Arya, grand-mère ne peut pas vous prendre tous les deux, voyons ! ‘‘

‘‘ Non…ce n’est rien Liam…ils m’ont manqué… ‘‘

Voir Melley aussi émue et aussi heureuse faisait sourire toute la famille ici présente. Tant bien que mal, elle approcha les nordique avec la petite qui ne voulait absolument pas lâcher sa prise. La pauvre était jalouse parce que Kbaba avait son petit frère dans les bras. Ephraïm lui fit la bise et Vaënadiel s’approcha à son tour pour l’accolade. Elle essuya au vol une larme qui roulait sur la joue de la mère, lui souriant doucement. Derrière, Heïan serrait sa fille dans ses bras ainsi que son fils qui s’exclama sur un ton de réprimande :

‘‘ Arya! Arrête! ‘‘


L’enfant eut les larmes aux yeux aussitôt et sa bouche se mise à trembler. En hurlant, elle courut jusqu’à Vaë qui posa un genou par terre pour la prendre dans ses bras et la consoler. La petite était en larme en enfouissait son visage dans le cou de sa mère, serrant des mèches de ses cheveux de ses mains. La nordique caressait sa crinière doucement et lui chuchotait à l’oreille doucement, parvenant à la calmer en un temps éclair. Souriant à son homme, la jeune femme à la chevelure de neige entraîna la petite sur le canapé et lui donna sa peluche afin qu’elle puisse s’occuper à autre la chose le temps que Melley fasse le tour de sa famille, essuyant les joues d’Arya. Les adultes retournèrent ensuite s’assoir, la maîtresse de maison occupant le fauteuil avec Keilan et Heïan prenant place sur le bras du mobilier. Tout comme sa femme, il admirait les yeux vairons de leur petit-fils qui fronça les sourcils lorsqu’il sentit quelque chose lui tomber sur le visage. Ricanant faiblement, la famille observait la scène jusqu’à ce que Liam demande à sa mère :

‘‘ Comment te sens-tu maman ? ‘‘

Les yeux bicolores de Melley se posèrent sur Vaënadiel qui tenait Arya contre elle, assise sur les genoux de son époux, et ensuite sur Liam.

‘‘ Ça va…je…remonte…merci à tous pour votre aide. ‘‘

‘‘‘ Mais c’est normal maman…nous n’allions pas te laisser ainsi…’’

Arya tentait alors de se dégager des bras de sa mère qui dut se lever de son siège chauffant humain et la déposa au sol en la suivant de près. Celle-ci savait où elle voulait s’en aller et traça son chemin d’une démarche peu assurée. Une fois au pied de grand-maman, elle tendit les bras vers elle et Melley donna Keilan à la nordique qui s’approcha davantage, donnant un baiser sur le front de son fils. Décidément, il n’y avait que la petite qui parlait et Heïan ne pouvait s’empêcher de rire, tout comme Elayne et Ephraïm qui ne l’avait jamais entendu parler à ce point jusqu’à maintenant. D’ailleurs, l’ancien Capitaine posa les yeux sur sa femme qui relevait la tête en souriant et il ne put s’empêcher de le lui rendre en voyant ses yeux pétiller de nouveau.

Profitant de leur premier moment en famille depuis quelques longues semaines, ils s’attardèrent tous au salon jusqu’à ce que les cloches de midi sonnent sur la cité de Beolan. Les domestiques étaient déjà en train de mettre la table et ainsi, Melley put se régaler en présence des membres de sa famille. Heïan n’eut même pas le temps de finir de manger qu’Arya tirait sur son pantalon en disant ‘‘voler !’’. Oui ... elle voulait voler et le grand-père savait ce que ça voulait dire. Cette fois, ce fut Vaë qui dut intervenir.

‘‘ Arya, grand-papa n’a qu’un bras. Il ne peut pas te faire voler pour l’instant. ‘‘

‘‘ Oh, mais ça va. Je t’assure ! Allez, viens ma terreur !‘‘

Se levant de sa chaise, Heïan agrippa la petite au vol et coucha son ventre sur son épaule, entourant la taille de l’enfant de son bras avant de se mettre à courir autour de la table puis d’ensuite quitter la pièce pour parcourir la maison en entier. Ce ne fut qu’une vingtaine de minutes plus tard qu’il revint, à bout de souffle. Arya était infatigable et en réclamait encore. Pour se débarrasser d’elle, Heïan la confia à Ephraïm qui fut pris au dépourvu et dut prendre le relais sous les rires d’Elayne qui l’embrassa avant qu’il ne se sauve. Ce fut ainsi une partie de l’après-midi avant le repas, Vaënadiel se retira avec Melley dans la salle de bain du rez-de-chaussée et revérifia l’état de ses blessures.

‘‘ Ça fait plaisir de vous revoir sourire, Melley. Vous et Heïan. ‘‘ Elle baissa légèrement la tête, un sourire timide aux lèvres. ‘‘ Elayne et Liam craignaient plus que tout une rupture entre vous deux. Mais chhhhh. Je n’étais pas sensé le dire ! ‘‘

Vaënadiel s’était empressée de dire les dernières paroles et fut soulagée lorsque sa belle-mère lui assura de ne pas divulguer sa trahison. La nordique soupira alors de soulagement et elles ricanèrent avant de sortir de la pièce pour le souper qui fut servi dans le salon, devant le feu, pour la première fois depuis que la maison était habitée. Il fallait dire que ça faisait du bien un peu de changement de temps à autre ! Ce fut ensuite l’heure des anecdotes rigolotes concernant Vaënadiel qui rougissait dans son coin, trouvant refuge contre le torse de son amoureux pour se cacher dans sa longue crinière blanche. Elle lança même un petit pain à son frère qui s’esclaffait en la voyant aussi rouge après avoir raconté la fois où leur père l’avait échappé dans la neige et ne s’était jamais rendu compte que sa fille n’était plus sur ses épaules. La jeune femme en avait eu pour une semaine à éternuer, prise de fièvre.

La noirceur finit par tomber et Heïan remonta à l’étage avec Melley en prenant leur temps pour gravir chacune des marches de l’escalier. Une fois en haut, la femme accéléra le pas, se détachant de son mari qui commençait à se poser des questions. Il ne comprit qu’une fois entrée dans la chambre; Melley s’était empressée de s’assoir sur le fauteuil près de la fenêtre et lui faisait un sourire vainqueur. Heïan ne put s’empêcher d’esquisser un sourire amusé et fila dans la salle de bain pour se débarbouiller comme il pouvait avant de se mettre au lit, souhaitant la bonne nuit à sa femme adorée. C’était d’autant plus confortable que le fauteuil ! Ainsi s’endormit-il rapidement pour la nuit, sous l’oeil de sa femme qui n’arrivait toujours pas à trouver le sommeil. Le lendemain matin, la lumière entrait par les rideaux déjà ouverts et lorsqu’Heïan ouvrit les yeux, de peine et misère parce qu’il était ébloui, il remarqua que Melley était assise à ses côtés et qu’elle caressait sa joue doucement, un faible sourire au coin des lèvres.

‘‘ Bon matin, mon ange ... ‘‘

Il était encore endormi, mais se redressa à l’aide de son bras droit pour s’assoir et se passa la main dans les cheveux pour dompter son indomptable crinière. Melley ricana doucement et alla chercher sa main, qu’il serra et caressa du pouce. Pendant que l’homme se réveillait, elle l’observait et s’avançait à tout moment, réduisant graduellement la distance qu’il y avait entre eux.

‘‘ Qu’est-ce que ... ‘‘

Heïan l’avait bien remarqué qu’elle s’approchait, mais pour quelle raison ? À moins que ... ah ... oui c’était ça. Il suffisait qu’il observe ses yeux pour savoir ce qu’elle regardait, car ce n’était certainement pas les siens qu’elle observait, c’était même un peu plus bas, juste en dessous du nez. Pour la taquiner, il dit alors en murmurant :

‘‘ Dis donc ... j’ai quelque chose sur le visage qui te tracasse pour toujours t’approcher autant ? Tu n’as qu’à me le dire, ce serait moins gênant. À moins que ... tu ne veuilles autre chose et que tu n’oses pas réclamer? ‘‘

Il avait réussi à l’amadouer avec son sourire charmeur et avait vu le sourire illuminer le visage de sa bien-aimée qui rougissait légèrement même. Celle-ci prit cette question comme un défi et s’approcha pour poser délicatement ses lèvres sur les siennes. Le baiser ne dura que quelques secondes et déjà Melley se détachait, rougi par la gêne. Ses yeux étaient ronds et elle semblait surprise par ses agissements, mais Heïan souriait toujours et attrapa doucement son menton alors qu’elle lançait une série d’excuses qu’il n’écouta même pas et déposa un second baiser sur les lèvres de sa femme. Celui-ci dura un peu plus longtemps, un frisson traversant son échine, et savoura cet instant pour le moment qu’il dura avant de se détacher légèrement, effleurant sa bouche de la sienne. Ses yeux violets se noyèrent dans ceux de Melley et il lui sourit doucement, caressant sa joue du pouce.

‘‘ Tu es rouge comme une tomate ... c’est mignon. ‘‘

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Dim 6 Jan 2013 - 10:35


Arya dans les bras, Melley profitait et savourait ce moment en famille. Tous souriaient et discutaient et elle se disait que tout rentrait dans l'ordre. Bien sûr, Eziel était toujours en prison et attendait la sentence, et il ne quitterait plus son esprit ni même sa peau, mais elle voulait avancer et vaincre les murs qui restaient en elle. Cela paraissait simple vu ainsi, chaque jour une nouvelle étape, mais à chaque fois cela lui demandait des efforts tout de même. Des efforts pour vaincre les voix et les peurs, des efforts pour y parvenir jusqu'au bout et ne pas s'arrêter en plein milieu en hurlant. Mais bon, elle y arrivait, et savait que le plus dur restait à venir.

Lorsque les cloches de midi sonnèrent, ils se levèrent pour se rendre jusqu'à la table qui était préparée par les domestiques. Lentement, mais sûrement, Melley s'y installa, entourée de tous ceux à qui elle tenait. Elle mangea, sans trembler, convenablement, et Heïan n'eut même pas le droit de terminer son assiette qu'une petite chose lui tirait la jambe en criant :

-Voler!

Melley fronça un peu les sourcils parce qu'elle ne voyait pas ce qu'elle voulait et puis…Heïan n'avait qu'un bras, ce que Vaë fît remarquer à sa fille :

-Arya, grand-papa n’a qu’un bras. Il ne peut pas te faire voler pour l’instant.

Mais grand-papa assura qu'il pouvait le faire et s'exécuta même, se levant et agrippant sa petite-fille qu'il cala contre son épaule. Souriante, Melley le regarda courir autour de la table avec la petite qui hurlait de rire, avant de s'engouffrer dans les pièces de la demeure. Tout ce qu'ils entendaient étaient les rires d'Arya.

Liam avait prit la main de Vaë et la regardait avant de l'embrasser, s'excusant par la même occasion de s'être montré un peu "autoritaire" tout à l'heure et d'avoir fait pleurer sa fille. Rien ne le chagrinait plus que de voir sa femme ou ses enfants en larmes…

Ils discutèrent tranquillement et au bout de vingt minutes, Heïan réapparut, complètement essoufflé, mais la petite pimpante d'énergie et voulant recommencer. Alors Ephraïm écopa de la tâche, surpris, et s'en fût dans la maison après un baiser de sa belle.

Retournant tous dans le salon, Melley eut droit de prendre son petit-fils dans les bras, le calant là ou elle n'avait pas ce foutu bandage et puis…Elle ne voulait pas qu'il soit touché par Eziel. Oui ce n'était que des lettres gravées à-même sa peau mais même. Assis sur sa jambe, le petit montrait tout le monde du doigt et à chaque fois elle disait qui c'était. Et une fois elle fît l'inverse :

-Il est ou Krpapa ?

Le petit la regarda, un doigt sur la bouche puis chercha dans la pièce. Heïan était juste à côté de Melley et pourtant ce n'est pas lui que Keilan pointa, mais Farkhas, qui rongeait un os devant la cheminée. Tout le monde rit et Melley prit le doigt du petit pour le tendre vers Heïan en disant :

-C'est lui Krpapa tu vois ?

Le petit souriait et elle lui fît un gros bisou baveux sur son petit ventre, le faisant rire.
Liam, en voyant cela, était si content aussi. Il regardait sa sœur, rassuré que tout aille mieux, qu'il n'y aurait pas de rupture. A un moment, ils avaient vraiment eu peur de ça et…bref ils étaient rassurés ! Avant le repas du soir, Vaë entraîna Melley dans la salle de bains du rez-de-chaussée pour changer ses pansements. Elle cachait toujours automatiquement sa poitrine et c'était encore une partie difficile, que de se déshabiller comme ça…même elle ne voulait plus se voir nue.

-Ça fait plaisir de vous revoir sourire, Melley. Vous et Heïan.

Elle regarda sa belle-fille qui avait baissé la tête, un sourire étrange aux lèvres avant de reprendre :

-Elayne et Liam craignaient plus que tout une rupture entre vous deux. Mais chhhhh. Je n’étais pas sensé le dire !

Melley sourit et la rassura :

-Ne t'en fais pas je ne dirais rien. Et puis…je n'aurais pas pu me séparer d'Heïan. Le mot rupture n'existe pas entre nous, ils n'ont aucun souci à se faire !

La jeune nordique paraissait soulagée et elles rirent tout en retournant au salon. Arya avait enfin relâché Ephraïm qui était affalé sur le canapé, faisant semblant d'être épuisé, le tout pour qu'Elayne le dorlote. Mais celle-ci n'en fît rien et lui donna une claque sur la cuisse pour le booster et le chatouilla même, l'obligeant à se redresser et ce ne fût que là qu'elle lui donna son bisou tant attendu. Et en voyant cela, Melley sut qu'elle serait la prochaine étape à franchir, le lendemain…

Le repas fût servit devant la cheminée, une nouveauté même et tous se régalèrent encore une fois, le repas ponctué d'anecdotes sur Vaë qui rougissait et se coinçait contre Liam pour disparaître. La pauvre, son père n'avait pas remarqué qu'elle était tombée ! Résultat : rhume et fièvre durant une semaine ! Liam lui caressait la tête, l'embrassant et la rassurant pour qu'elle cesse de rougir mais bon, peine perdue !

La nuit tomba sous les rires des habitants de la maison et ils décidèrent de remonter lentement. Heïan emmena donc sa femme une fois qu'ils eurent dit bonne nuit à tout ce beau monde, et ils gravirent les escaliers de peine et misère. Dans le couloir, Melley se souvint de ce qu'elle avait dit au matin. Et elle connaissait Heïan, il allait vouloir refaire sa tête de mule et la devancer. Alors elle accéléra comme elle pouvait, se détachant de lui, profitant de sa surprise pour prendre un peu d'avance. Si elle avait pu courir elle l'aurait fait. Dans la chambre, elle alla s'asseoir sur le fauteuil, arborant un sourire victorieux en direction d'Heïan qui venait de comprendre. Ah ben oui elle avait dit que papy dormirait dans le lit, alors il dormirait dans le lit ! Elle le laissa aller se laver, se disant qu'elle devrait aussi le faire. Oui mais quand elle serait seule. Vu qu'elle se lavait avec les habits, elle serait bien trop gênée de le faire devant quelqu'un. Lorsqu'il revint, il se coucha dans le lit en lui souhaitant la bonne nuit, et elle lui répondit avant de le regarder s'endormir. Une fois fait, elle se releva et s'installa sur le rebord de fenêtre, jambes repliées contre sa poitrine et ses bras les entourant, regardant la lune et les étoiles, les arbres et les maisons, les nuages et les oiseaux à travers un petit interstice entre les rideaux. Tout était calme. Elle n'entendait que la respiration d'Heïan, paisible, et elle ferma les yeux, tentant de s'endormir malgré tout, en vain. La main, la voix, le couteau et le fouet reprenaient leur danse macabre et l'en empêchait. Soupirant, elle sortit le médaillon de sa poche et l'enroula dans sa main, le caressant du pouce. Toute la nuit défila ainsi, et toutes les heures elle tenta de dormir, au moins quelques minutes parce qu'elle allait avoir une mine affreuse si elle continuait, puisque cela faisait près de deux semaines qu'elle n'avait plus dormit une nuit complète. Plus les deux mois de captivité aussi. Là-bas, elle avait pu dormir, mais très peu aussi. Mais bon, si c'était la seule séquelle qu'elle garderait, tant pis. L'essentiel était qu'elle n'ait plus peur de son mari et qu'elle réapprenne à faire ce qu'ils faisaient ensemble avant cette histoire.

Le soleil se leva graduellement et lorsqu'il fût là, elle se releva, ouvrit les rideaux encore plus grand et se dirigea vers le lit ou Heïan commençait à bouger. Elle s'assit à ses côtés et délicatement elle caressa sa joue, admirant ses traits, souriant faiblement.

-Bon matin, mon ange ...

-Bonjour à toi aussi, mon cœur…répondit-elle sur le même ton bas.

Il se redressa à l'aide de son bras valide, s'asseyant devant elle et il tenta de dompter ses cheveux, la faisant ricaner. Elle prit alors sa main, savourant le contact et le fait qu'il la serre et la caresse dans la sienne. Tandis qu'il se réveillait, elle fût subjuguée par autre chose. Ses lèvres. Ses belles lèvres qui invitaient au baiser, ses belles lèvres si douces et si sensuelles qu'elle aimait tant sentir sur sa peau. Sans s'en rendre compte, elle se rapprochait de lui, comme hypnotisée, son regard ne quittant pas sa bouche. Il parla et elle ne l'entendit pas, admirant plutôt le mouvement de ses lèvres dans leur danse des mots.

Cependant sa deuxième réplique, murmurée, la ramena sur terre:

-Dis donc ... j’ai quelque chose sur le visage qui te tracasse pour toujours t’approcher autant ? Tu n’as qu’à me le dire, ce serait moins gênant. À moins que ... tu ne veuilles autre chose et que tu n’oses pas réclamer?

Elle se sentit rougir et vit les lèvres d'Heïan s'étirer en un sourire auquel elle ne résistait pas, lui en offrant un en retour. Elle n'osait pas réclamer ?! Attends un peu…
Impulsivement, elle posa ses lèvres sur celles de son mari, mais les retira vite, se rendant compte de ce qu'elle venait de faire, écarquillant les yeux. Il souriait toujours et elle s'excusa, s'excusa, mais il lui prit le menton et recommença, plaquant ses lèvres sur sa bouche. Cette fois, le baiser dura bien plus longtemps et Melley profita, savoura, fermant les yeux. Que c'était bon ! Leurs langues se retrouvaient, leurs bouches ne faisaient qu'une à nouveau. Lorsqu'ils se séparèrent de quelques millimètres, la bouche de l'homme effleura la sienne et leurs regards se cherchèrent pour se trouver et se noyer l'un dans l'autre. Heïan lui sourit et caressa sa joue du pouce en disant :

-Tu es rouge comme une tomate ... c’est mignon.

Elle sourit, se sentant encore plus rougir. Elle avait l'impression d'être revenue dans leurs jeunes années. Elle prit son visage entre ses mains et lui murmura :

-Je t'aime Heïan. J'y arriverais et tu auras à nouveau droit de posséder mon corps…

Puis elle l'embrassa à nouveau, pour se prouver qu'elle y était parvenue, ne lui laissant même pas le temps de répliquer. Bien sûr sa phrase avait refait jaillir des images d'Eziel la touchant mais bon... Les frissons étaient de la partie et elle se détacha quelques minutes plus tard, souriante. Elle avait réussit à franchir cette étape. Le reste allait être plus dur, elle le sentait.

Elle le laissa ensuite se lever pour qu'il puisse se changer. Elle avait un peu faim et elle voulait manger avec les autres. Mais avant de sortir elle le stoppa et lui tendit le médaillon en disant :

-Tiens. Garde-le. C'est à toi de me le remettre autour du cou lorsque j'aurais réussit à franchir toutes les étapes. D'accord ?

Elle le lui mit dans les mains, le regardant en souriant. Lui saurait quand elle serait prête. Main dans la main, ils descendirent donc prendre leur petit-déjeuner avec tout le monde. Les petits étaient déjà bien éveillés et Arya voulait déjà voler. Mais cette fois, on la fît attendre, parce que papy venait de se réveiller et il avait faim ! Keilan disparaissait sous la table, commençant à marcher à quatre pattes, et ils devaient faire attention à ou ils mettaient les pieds, au risque de lui faire mal. Mais tous riaient gaiement. Et c'était là l'essentiel. Vaë avait changé les pansements de ses beaux-parents, contente de voir que tout cicatrisait convenablement et que bientôt ils n'en auraient plus besoin.

Ils passèrent la matinée à s'occuper des enfants, à discuter et se détendre après tous ses déboires. Liam avait du repartir travailler maintenant que son père allait mieux. Melley écoutait mais son cerveau avait du mal à capter les paroles et à réfléchir. Ca c'était du à la fatigue, mais elle ne dirait rien. Le jour ou elle parviendrait à dormir dans les bras d'Heïan, peut-être qu'elle y parviendrait à nouveau. Mais ça, c'était une autre étape encore…

Dans l'après-midi, Vaë, Elayne et Ephraïm décidèrent d'aller se promener avec les petits et Farkahs, voulant profiter du beau temps qui régnait. Melley ne put se résoudre à franchir le pas de la porte et décida de rester. Elle incita Heïan à les suivre, mais il refusa, ne voulant pas la laisser seule. Alors elle soupira et, assis dans le canapé l'un à côté de l'autre, elle posa sa tête sur son épaule droite en murmurant :

-A cause de moi tu ne peux pas aller profiter du soleil…

Elle savait qu'il dirait que ce n'était pas à cause d'elle mais même…elle espérait qu'il n'arrive rien aux jeunes. Logiquement non puisqu'Eziel était derrière les barreaux, mais bon…elle se méfiait à présent…Elle posa même une main sur le torse d'Heïan, voulant sentir son cœur battre contre sa paume.

-Heïan…est-ce que tu crois que je devrais aller voir Eziel ? Pour…pour lui montrer que je n'ai plus peur ou…je ne sais pas…

Elle releva la tête pour croiser son regard, attendant sa réaction à cette question pour le moins…étrange.


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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Dim 6 Jan 2013 - 20:20

Sur la voie de la guérison, part.6

Les joues de Melley avaient rougi davantage à son commentaire et un sourire timide se forma sur ses lèvres au même moment. C’était comme si, d’un coup, ils retournaient plusieurs années plus tard et recommençaient leur relation à partir du tout début. Malgré que ça ressemblait un peu à ça aussi. Mais bon, d’un certain côté, ils se réapprivoisaient l’un et l’autre et il fallait que l’homme reconquière sa femme. Les mains de Melley se posèrent alors sur ses joues et leur regard se noya l’un dans l’autre.

‘‘ Je t’aime Heïan. J’y arriverais et tu auras à nouveau droit de posséder mon corps… ‘‘ Murmura t-elle.

Mais Heïan n’eut aucunement le temps de répondre que son épouse effaça la distance qui séparait leur bouche pour l’embrasser de nouveau. Ce baiser-ci était encore plus long et plus savoureux que ses prédécesseurs, mais aussi celui qui fit complètement disparaître le mur de cette étape. Avec tout ça, il oublia ce qu’il voulait lui dire ou plutôt se résigna, car elle savait déjà ce qu’il lui dirait: prendre son temps et qu’il était patient. Melley se détacha à son plus grand malheur et il put se tirer hors du lit, embrassant son front.

‘‘ Moi aussi je t’aime Melley. ‘‘

Il lui fit un doux sourire puis s’éclipsa dans la salle de bain, refermant la porte derrière lui; habitude qu’il avait reprise depuis qu’il était de retour dans la chambre avec sa femme. Ce fut toute une bataille de se dévêtir avec ce bras encombrant et surtout avec une seule main. Résultat, cela lui prit le double de temps pour se débarbouiller et se changer. Au moins, son épaule ne le faisait presque plus souffrir et bientôt l’étrier qui retenait son bras pourrait être enlevé. Il ne resterait plus que la guérison finale de son avant-bras et sa main. Une fois sortie de la salle de bain, Heïan s’excusa pour le temps qu’il avait pris et frotta son ventre qui gargouillait. Il était en train de se manger de l’intérieur, signe qu’il fallait descendre pour le premier repas de la journée.

‘‘ Et si on allait casser la croute avec les monstres ? ‘‘

Bien entendu, Melley ne fut pas mécontente, car elle aussi avait faim et elle le lui fit savoir en acquiesçant par la positive. Heïan s’approcha alors de la porte en vue de sortir, mais il sentit la main de sa bien-aimée s’accrocher à la manche de sa chemise et pivota sur lui-même pour lui faire face. Celle-ci avait levé sa main dans les airs, laissant pendre dans le vide le pendentif qu’il lui avait offert il y a longtemps.

‘‘ Tiens. Garde-le. C’est à toi de me le remettre autour du cou lorsque j’aurais réussi à franchir toutes les étapes. D’accord ? ‘‘

‘‘ D’accord. ‘‘ Dit-il simplement en lui souriant.

La femme prit alors sa main et posa délicatement le bijou au creux de sa paume de main. Ses doigts se refermèrent alors sur le bijou qu’il rangea soigneusement dans le fond de l’une de ses poches de pantalon et emprisonna la main de Melley dans la sienne pour enfin sortir de la chambre. La descente de l’escalier fut tout de même un peu moins pénible que la veille et la maîtresse de maison y arriva comme une chef. Une fois en bas, les parents alors rejoindre leur progéniture dans la salle à manger où Arya et Keilan s’activait déjà. Tous les saluèrent d’un sourire et ils s’attablèrent. Heïan fut à peine assis lorsque la petite de Liam tirait sur son pantalon, réclamant son dût, mais grand-papa mettait un long moment avant de se réveiller convenablement et en plus il avait le ventre vide. Cette fois, ce fut Vaënadiel qui dut la réprimander, essayant tant bien que mal de se montrer un peu moins douce avec ses enfants au risque qu’ils lui filent entre les doigts plus tard. Keilan lui rampait au sol en dessous de la table, ayant échappé à la vigilance de son père et commençant aussi à marcher à quatre pattes en faisant des bruits avec ses babines. Après le repas, la druidesse se chargea des blessés à tour de rôle et fut plus que satisfaite de l’avancée de la guérison des plaies. D’ici deux jours, Heïan n’aurait plus besoin de garder son bras immobile et devrait seulement faire attention à ses deux autres blessures pour quelque temps encore. Melley elle, pourrait enlever ses bandages d’ici trois à quatre jours, sans plus, et elle pourrait avoir l’esprit tranquille. Liam les quitta entre-temps pour retourner travailler bien qu’il n’en avait nullement envie, mais Vaë le rassura et lui souhaita une bonne journée avec son baiser en prime. Elle et les enfants attendirent qu’il s’éloigne de la villa et leur envoyât la main, le regardant jusqu’à ce qu’il disparaisse au loin. Ils retournèrent au salon où Ephraïm fut de nouveau chargé de faire voler Arya, Heïan déjà occupé avec son cadeau d’anniversaire vivant.

Dans l’après-midi, les jeunes étaient intenables et Farkhas avait besoin de se dégourdir les pattes, de courir un peu . Heïan les escorta alors jusqu’à la porte avec Melley qui ne fut pas capable de franchir le seuil de la porte. Même si elle invitait son époux à les suivre, celui-ci se refusait de la laisser seule. Il l’avait déjà fait une fois et cela c’était résulté à l’enlèvement de sa femme et son absence de deux mois épouvantables. Alors non, il resterait avec elle. Au lieu de sortir, ils allèrent s’assoir dans le salon, sur le canapé. Melley soupira et accota sa tête contre l’épaule droite de son époux qui baissa les yeux vers elle.

‘‘ À cause de moi, tu ne peux pas aller profiter du soleil… ‘‘

‘‘ Ne te tracasse pas pour ça ... Elayne et Vaë sont avec Ephraïm et Farkhas. Et puis ... c’est toi mon soleil. Pas besoin d’aller dehors puisqu’il est à côté de moi.''

Il lui fit un sourire en coin et déposa un baiser sur son front pour voir un sourire se former sur les lèvres de Melley. C’était tout ce qu’il voulait voir, et non pas cette culpabilité. Mais la question qu’elle allait lui poser ne pourrait que le surprendre. La femme hésita un moment avant de demander, inquiétant Heïan l’espace d’une seconde.

‘‘ Heïan…est-ce que tu crois que je devrais aller voir Eziel ? Pour…pour lui montrer que je n’ai plus peur ou…je ne sais pas… ‘‘

Melley releva la tête pour croiser son regard. Le voulait-elle vraiment ? Non ... il voyait la peur dans ses yeux et toute la souffrance que cet homme lui avait fait endurer à lui et toute sa famille. Il fronça alors légèrement les sourcils et ne prit pas vraiment le temps de réfléchir à sa réponse, car il la connaissait déjà.

‘‘ Cet homme ne t’approchera plus. Pas tant que je serai en vie du moins ... Tu commences à peine à remonter la pente, il te connait maintenant et sait très bien comment s’y prendre pour te faire rechuter. Même si c’est pour lui prouver que tu n’as plus peur ou quoi que ce soit. Croiser son regard risque de t’être fatal et je ne veux pas que tout tes efforts se résultent à rien ... Eziel est un fin manipulateur et un menteur de la pire espèce. Si tu le souhaites vraiment, j’irai avec toi, mais ce n’est pas une bonne idée. ‘‘

Et il ne garantissait pas non plus qu’Eziel ferait long feu si Heïan se retrouvait devant lui après ce qu’il avait su de la bouche de Melley. S’il le pouvait, il le tuerait de ses propres mains ... au risque d’être enfermé en prison pour quelque temps. Au moins, il aurait pu apaiser sa conscience en tabassant l’homme qui avait détruit l’amour de sa vie et qui avait failli l’achever lui aussi.

‘‘ Il faut d’abord que tu sois au sommet de la montagne et stable avant de le voir ne serait-ce qu’une seconde. C’est ton bien-être qui prime avant tout, rien d’autre. ‘‘

Heïan se pencha légèrement et vint déposer un baiser sur le front de sa femme, sur son nez, puis ensuite sur ses lèvres comme il avait toujours fait depuis leurs jeunes années. C’était un code sacré entre eux et qui jamais ne se tarirait. Il lui souria et sa main se posa derrière sa tête, caressant sa longue chevelure.

Les heures écoulèrent et les jeunes revinrent avant l’heure du repas en compagnie de Liam qui les avait croisés en chemin. Ils parlèrent donc de leur journée avant le souper et s’attablèrent par la suite. Ce fut sensiblement la même routine, mais en soirée, Omar vint rendre visite à la petite famille. Le Capitaine salua son ancien frère d’armes en le serrant contre lui et lui tapota l’épaule droite. Heïan l’invita donc à venir prendre place avec le reste de la famille.

‘‘ Alors, comment va ce bras ? ‘‘

‘‘ De mieux en mieux, mais je ne retrouverai pas la mobilité complète de la partie du bas. ‘‘

‘‘ Je suis navré vieux ... ‘‘

‘‘ Ne t’en fais pas. Si j’avais encore eu mon poste, ça aurait posé problème alors que là ... ‘‘ Dit-il en haussant les épaules. ‘‘ Je suis à la retraite maintenant, non ? ‘‘

‘‘ Haha ! Oui en effet ... Sacré Heïan. ‘‘ Puis il remarqua Melley et il semblait surpris. ‘‘ Melley ! Content de te revoir. Alors, comment te portes-tu ? ‘‘

Le géant s’asseya sur le sol à côté de Farkhas qui se faisait caresser les oreilles malgré le fait qu’Heïan voulait qu’il s’assoir sur le fauteuil. Omar lui tira la langue et fit soupirer son vieil ami qui se résigna, prenant place aux côtés de sa femme.Ils parlèrent un moment, Heïan lui demandant s’il tenait le coup avec son nouveau poste et Omar le maudissait d’être partit, tout en comprenant son motif. Bref, il aimait bien le taquiner et l’homme de la maison lui fit savoir qu’il était là s’il avait besoin d’aide et que Liam aussi, car il était encore jeune et fringant comme lui dans son jeune temps.

‘‘ Il a beaucoup d’énergie ... je confirme ! ‘‘ Envoya Vaë qui ne comprit pas tout de suite pourquoi Liam rougissait.

‘‘ Ça, on le sait ! Hen fiston ? ‘‘

Heïan lui envoyait des clins d’oeil qui voulaient tout dire avant de se manger un coussin en pleine tronche, le faisait rire. Un peu plus tard, Omar les quitta et laissa la famille se remettre au lit. Encore une fois, Melley prit possession du fauteuil et Heïan s’approcha d’elle pour embrasser son front avant d’aller au lit. De toute manière, il n’avait pas envie de se chamailler avec sa femme, lui laissant le privilège de savourer sa victoire.

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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Dim 6 Jan 2013 - 21:47


Heïan fronça de prime abord les sourcils avant de lui répondre. Oui sa question était pour le moins surprenante mais…le voir enfermé la convaincrait peut-être encore plus qu'elle ne rêvait pas, ou qu'elle n'était pas morte et qu'en fait ce qu'elle vivait là était son image du paradis…

-Cet homme ne t’approchera plus. Pas tant que je serai en vie du moins ... Tu commences à peine à remonter la pente, il te connait maintenant et sait très bien comment s’y prendre pour te faire rechuter. Même si c’est pour lui prouver que tu n’as plus peur ou quoi que ce soit. Croiser son regard risque de t’être fatal et je ne veux pas que tout tes efforts se résultent à rien ... Eziel est un fin manipulateur et un menteur de la pire espèce. Si tu le souhaites vraiment, j’irai avec toi, mais ce n’est pas une bonne idée.

Oui il la connaissait. Pas aussi bien qu'Heïan, mais il savait comment l'atteindre…et elle savait que si son mari venait avec elle, il risquait de le frapper voire pire et elle ne voulait pas qu'il soit jugé pour meurtre…

-Il faut d’abord que tu sois au sommet de la montagne et stable avant de le voir ne serait-ce qu’une seconde. C’est ton bien-être qui prime avant tout, rien d’autre.

Elle comprenait. Et maintenant qu'il le lui avait dit elle se disait qu'il n'avait pas tort. En plus, elle n'était pas parvenue à sortir de la maison pour se promener avec les enfants alors aller voir l'homme qui l'avait rendue ainsi ? Elle savoura lorsqu'il l'embrassa sur le front, le nez puis la bouche, comme toujours, leur petit code, et cala sa tête contre son torse, profitant de sa main dans ses cheveux et de la tranquillité qu'il y avait pour quelques heures.

Lorsque les jeunes rentrèrent, Liam les suivaient, les ayant croisés sur la route du retour. Il alla se débarbouiller et les rejoignit tous pour discuter un peu en attendant le repas. La journée de chacun c'était bien passée et au grand bonheur de Melley, il n'y avait eu aucun incident majeur lors de la promenade des petits, sauf la chute d'Arya qui s'était écorchée le coude. Mais Vaë avait soufflé dessus et mit un peu de crème et cela partirait vite.
Ensuite ils allèrent manger tranquillement, savourant la routine familiale, et une fois de retour près de la cheminée, Omar débarqua pour leur rendre une petite visite et prendre des nouvelles de son ancien Capitaine.

Ils discutèrent calmement jusqu'à ce que le géant remarque Melley et dise :

-Melley ! Content de te revoir. Alors, comment te portes-tu ?

Il s'était assis à même le sol, à côté de Farkhas et Melley répondit juste :

- Moi aussi je contente de vous revoir Omar. Je vais bien merci. J'ai une famille présente pour m'aider.

Le géant fût satisfait puis il reprit ses imprécations envers Heïan. Il maudissait son ancien collègue de l'avoir abandonné ! Heïan le rassurait en disant qu'il était là si jamais et que Liam aussi pouvait être utile, surtout qu'il était jeune et énergique. Et là, Vaë intervint :

-Il a beaucoup d’énergie ... je confirme !

Liam se sentit affreusement rougir, baissant les yeux. Vaë disait ça par rapport aux nuits qu'ils passaient à deux…il l'emmenait à chaque fois au septième ciel…et son père ne manqua pas de rajouter :

-Ça, on le sait ! Hen fiston ?

Il n'arrêta pas de lui faire des clins d'œil et Liam lui jeta un coussin dessus, veillant à viser le bras droit et non le gauche. Si Heïan n'était pas blessé, Liam l'aurait traité volontiers de chochotte et serait partit dans la maison pour s'amuser avec son père…

Mais pour l'heure il ne pouvait pas et s'en doute plus jamais puisque son père n'aurait plus toute sa mobilité au bras gauche et ce ne serait pas juste…
La soirée défila, et Omar les laissa en famille, allant retrouver les siens. Tout le monde se dirigea vers les chambres, Liam et Vaë couchant les petits monstres qui dormaient déjà.

Melley reprit possession du fauteuil, sachant par avance qu'elle ne dormirait pas. Alors elle voulait que son mari soit confortablement installé pour dormir. Elle eut droit à un baiser sur le front en guise de bonne nuit et elle le regarda s'enfoncer dans le monde des rêves, un petit sourire aux lèvres.
Se postant à nouveau sur le rebord de fenêtre, elle passa la nuit à penser, à laisser son esprit divaguer. Elle revoyait cette fois sa vie, les grands moments, les moments joyeux, tristes, douloureux…
Mais le principal était au centre. Heïan. Les enfants aussi bien sûr, mais il était au centre tout de même.

Le lendemain, Melley allait se lever lorsqu'Heïan apparut derrière elle. Elle eut droit à un doux baiser de bonjour et elle lui sourit en ouvrant les rideaux d'une main.

Elle avait eu beau réfléchir une partie de la nuit sur la prochaine étape, elle ne voyait pas. C'est son mari qui la mit sur la voie :

-Si tu veux te laver, je peux sortir et te laisser seule un moment, ça ne me dérange pas, mais ... il faudrait peut-être que tu changes de vêtements. Il me semble que ... tu as les même sur le dos depuis un moment et ... hum ...

Elle le regarda, puis regarda ses vêtements. Hum…oui elle ne s'était pas changée depuis belle lurette et le savait, le sentait même. Mais elle avait trop peur de se dénuder, même seule. Alors pour masquer cette peur soudaine elle répliqua :

-Autrement dit je pue ?

-Euh ... eh bien ... ahem ...

Il se frotta la nuque, signe qu'il était mal à l'aise, mais elle ne faisait que le taquiner pour tenter de se contrôler. Il eut même un sourire qui accompagnait le geste en disant :

-Tes vêtements ont ... un parfum un peu ... particulier ?

Elle le regarda en souriant aussi et serra ses mains l'une dans l'autre, nerveuse.

-Je sais Heïan, je sais…mais je n'ose plus être nue je…j'ai peur…

-Je comprends ...

Elle le regardait chercher ses mots et il poursuivit :

-Mais il le faudra bien. Tu ne peux pas garder ces vêtements jusqu'à ce que tu sois encore plus mamy que tu ne l'est là, mon ange. Je peux te faire couler un bain, t'apporter des vêtements propres et ensuite je te laisserai seule. D'accord ?

Elle se leva et lui prit la main, paniquant.

-Non. Enfin…ne me laisse pas seule…

Sur le coup, il ne sut pas quoi répondre. Elle le regardait, paniquée. Elle ne voulait pas être seule et il n'y avait que lui pour l'aider à cela. C'était apparemment la nouvelle étape du jour et non des moindres…

-D'accord ... mais euh ... Je n'ai pas le choix de te laisser seule dans la salle de bain, Melley.

Mais non justement ! Aussi surprenant que ce soit, elle voulait qu'il soit avec elle durant tout le processus…

-Heïan en fait…je voudrais…que tu m'aides complètement…tu vois ?

Il acquiesça simplement et dit :

-Je vois, oui ... je vais faire couler ton bain.

Puis il lui donna un baiser sur le front et entra dans la pièce d'eau. Elle resta un instant là, anxieuse, sursautant en entendant l'eau couler dans la cuve. Elle allait devoir se déshabiller…il allait devoir lui enlever les bandages pour lui permettre de se laver convenablement…il allait voir toutes ses plaies…

Prenant son courage à deux mains, elle s'avança et entra lentement dans la pièce. Heïan avait fait couler le bain, moussant déjà. Il l'attendait, prêt. Tremblante, elle referma la porte, se tordant les mains. Comme si c'était la pire chose du monde que de se laver !

Elle tenta tout de même un sourire et se rapprocha de lui. Elle voulut entrer dans l'eau comme ça, tout habillée, par réflexe, mais Heïan la stoppa délicatement.

-Pardon…

Elle déboutonna sa chemise tant bien que mal et il l'aida à la retirer, dévoilant les bandages du dos. Automatiquement, elle se camoufla la poitrine et elle sursauta lorsqu'Heïan entreprit de dénouer son pantalon. Elle se tendit tout de suite, revoyant Eziel, le sentant même, mais elle se morigéna. C'était Heïan, pas Eziel…elle ne craignait rien…

Elle avait fermé les yeux le temps qu'il descende le pantalon et elle l'aida en soulevant ses pieds pour qu'il l'enlève complètement. Elle était juste en petite culotte devant lui et son cœur battait la chamade. Pourtant Heïan connaissait son corps comme s'il l'avait lui-même façonné. Elle enleva sa main de sa poitrine doucement et retira d'elle-même son sous-vêtement.

Voilà…elle était nue devant lui. Tremblant toujours, elle commença à retirer son énorme bandage du dos mettant les cicatrices à l'air libre. Il l'aida la aussi, et lorsqu'elle se regarda dans la glace, elle détesta son corps. Ravagé. Il était ravagé. Son dos était zébré de marques diverses toutes plus affreuses les unes que les autres. Oubliant qu'elle était nue, elle se tourna face au miroir et enleva la bande de son bras, masquant ses tremblements. Une à une, les lettres apparurent, bien gravées dans sa peau. Elle ferma les yeux en s'accrochant au rebord de la commode, se retenant de vomir aux souvenirs qui l'assaillaient. Cette étape était bien plus difficile que les autres.

Inspirant un grand coup, elle se tourna vers Heïan et avança, tentant toujours de sourire, et entra dans l'eau bien chaude. Elle avouait volontiers que cela faisait du bien sur sa peau, mais elle se recroquevilla automatiquement et l'eau piqua sur ses plaies, les rares encore un peu vives.

-Merci Heïan…

Il avait commencé à lui mouiller les cheveux, et elle se laissait faire, regardant un peu le vide, chassant la peur qui l'étreignait. Lorsqu'elle prit le savon pour commencer à se laver, il lui échappa des mains, et cela la fît rire tandis qu'elle le cherchait dans l'eau. Et cela lui permit de ce détendre considérablement et de faciliter la tâche de son époux.

Elle se tourna vers lui, et lui caressa la joue, la mouillant au passage. C'était dur, mais ça allait. Elle y arriverait.



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Lun 7 Jan 2013 - 1:49

Sur la voie de la guérison, part.7

Les premiers rayons du soleil frappaient la cité des mages, dévoilant sa magnificence et sa splendeur. Les jeux d’ombres et de lumières donnaient aux montagnes un cachet mystérieux. Le vent lui, faisait doucement danser le feuillage des arbres et laissait un souffle frais sur Beolan et ses habitants qui sortaient de la torpeur du sommeil d’une autre nuit. La lumière se faufilait entre les rideaux qui cachaient la grande fenêtre de la chambre des maîtres de la demeure des Kreiss. Celle-ci se fraya même un chemin jusqu’au lit, cognant sur les paupières de l’homme qui dormait sur le dos. Fronçant les sourcils et commençant à bouger, celui-ci n’eut d’autre choix que d’ouvrir les yeux, qui furent légèrement éblouis d’ailleurs, et il se tira du lit tranquillement. D’un pas discret comme toujours, il se mouvait jusque derrière le fauteuil et Melley pencha la tête vers l’arrière. Heïan en profita alors pour lui voler son baiser matinal et eut droit à un magnifique sourire avant que les rideaux ne s’ouvrent, faisait souffrir davantage ses pauvres yeux. Maudite lumière matinale ... Contournant alors le fauteuil, l’homme alla s’assoir sur le bord de la fenêtre et baissa la tête vers sa femme qui semblait en intense réflexion. Il lui proposa alors:

‘‘ Si tu veux te laver, je peux sortir et te laisser seule un moment, ça ne me dérange pas, mais ... il faudrait peut-être que tu changes de vêtements. Il me semble que ... tu as les même sur le dos depuis un moment et ... hum ... ‘‘

Bien entendu, c’était son choix. Mais garder les mêmes vêtements aussi longtemps n’était pas très hygiénique et si elle n’avait pas eut les bandages sur ses plaies, probablement que le tout se serait infecté à cause de l’humidité et l’humidité apportait les bactéries et les bactéries les infections. Bref, c’était un beau cercle qui amenait tout plein de choses. Le regard vairon de sa femme croisa le sien et la peur y était pleinement visible bien que là n’était pas son intention. Heïan se souciait simplement du bien-être et de la santé de sa tendre moitié, rien de plus. Cependant, elle tenta de cacher ce sentiment et répondit doucement à ses paroles.

‘‘ Autrement dit, je pue ? ‘‘


‘‘ Euh ... eh bien ... ahem ... ‘‘

Ce que ça pouvait le rendre mal à l’aise ! Il ne voulait pas le lui dire aussi directement non plus et pas qu’elle sentait la charogne, seulement, il y avait une petite odeur qui lui parvenait aux narines et qui commençait à le titiller. Elle-même devait le savoir. Mais avec la peur qui la tenaillait, faire le mouvement et les premiers pas ne devait pas être facile de toute évidence. Surtout si elle avait passé ces deux derniers mois nus, à se faire martyriser de toutes les façons possibles. Heïan se racla la gorge, se frotta la nuque de mal aise et regarda à gauche puis à droite en cherchant ses mots. Comment pouvait-il le dire ? Melley avait si de facilité à le lancer alors que lui hésitait à dire les vrais mots aussi directement. D’un sourire accompagnant son état d’âme actuel, Heïan dit:

‘‘ Tes vêtements ont ... un parfum un peu ... particulier ? ‘‘

Il avait l’air bête là hen ? Mais c’était la seule façon qu’il avait trouvée pour le dire et pourtant, ça voulait dire la même chose que les dires de sa femme. La seule différence était qu’il tournait autour du pot au lieu d’en venir directement au fait. Malgré cet aveu, Melley lui souriait et elle se mise à serrer nerveusement ses mains l’une dans l’autre; il venait de toucher à une corde sensible et aussi la prochaine étape qui était d’ailleurs l’une des plus difficiles.

‘‘ Je sais Heïan, je sais…mais je n’ose plus être nue je…j’ai peur… ‘‘

‘‘ Je comprends ... ‘‘

Melley ne fit aucunement dévier son regard de celui de son époux qui l’observait lui aussi. À vrai dire, il réfléchissait, cherchaient ses mots. Peur de revoir son corps ? Peur de se montrer à nu devant lui ? Peur qu’il lui fasse mal ? Peur qu’il ne veuille plus voir son corps parce qu’il garderait des séquelles à vie de cette séquestration ? Certainement toutes ces réponses et elle avait raison, car avoir été à sa place, il aurait probablement réagi de la même manière. Heïan soupira alors et fit un sourire en coin à sa femme, lui disant :

‘‘ Mais il le faudra bien. Tu ne peux pas garder ces vêtements jusqu’à ce que tu sois encore plus mamy que tu ne l’es là, mon ange. Je peux te faire couler un bain, t’apporter des vêtements propres et ensuite je te laisserai seule. D’accord ? ‘‘

Mais la réaction qu’elle eut le surprit. Melley s’était levé du fauteuil si vite, prenant sa main dans les siennes tout en la serrant comme si sa vie dépendait de lui. La panique régnait dans son regard. Elle avait peur, mais de quoi ? Il n’allait pas tarder à le savoir.

‘‘ Non. Enfin…, ne me laisse pas seule… ‘‘

Elle avait donc peur de se retrouver à nouveau seule ? Pourtant, elle ne craignait plus rien et puis, il serait dans le couloir si jamais. Heïan ne savait tout simplement pas quoi répondre, ni comment réagir. Sa femme ne voulait pas se retrouver dans son plus simple appareil, mais elle ne voulait pas se retrouver seule pour se laver. C’était un peu ... contradictoire. Enfin, il fallait surtout dire qu’Heïan ne comprenait pas ce que Melley attendait de lui en ce moment même.

‘‘ D’accord ... mais euh ... Je n’ai pas le choix de te laisser seule dans la salle de bain, Melley. ‘‘ Dit-il, ne pouvant cacher sa confusion.

‘‘ Heïan en fait…je voudrais…que tu m’aides complètement…tu vois ? ‘‘

Heïan acquiesça positivement après quelques secondes d’hésitation. Là il comprenait un peu mieux ce qu’elle voulait entendre. Arh ... et puis le matin comme ça il était drôlement lent d’esprit alors réfléchir était beaucoup lui demander. Son cerveau risquait de surchauffer à tout moment maintenant.

‘‘ Je vois, oui ... je vais faire couler ton bain. ‘‘

Se redressant sur ses jambes, l’homme de la maison pencha légèrement sa tête pour embrasser le front de sa femme et lui fit un faible sourire en coin avant de disparaître dans la salle de bain, sachant très bien que Melley commençait à être plus que nerveuse. À genoux sur le côté de la cuve, Heïan fit alors couler l’eau, s’assurant qu’elle était à la bonne température et laissa le savon mousser. Ainsi, son épouse ne se sentirait pas constamment épiée et les bulles lui feraient office de barrière pour un certain moment. Il attendit quelques minutes et ferma le mécanisme qui ramena le silence dans la petite pièce. Se relevant alors, le soldat à la retraite allait prévenir sa femme lorsqu’elle arriva d’elle-même tremblante. La porte se referma derrière elle et la femme s’approcha lentement, se tordant les mains de nervosité.

‘‘ Détends-toi. Après tu te sentiras comme neuve ‘‘

Ces paroles avaient pour but de la détendre un tantinet et un sourire se dessina aussitôt sur les lèvres de Melley qui continuait à s’approcher, mais elle voulut aller directement dans la baignoire. Heïan dut donc prendre sa main délicatement et hocher négativement la tête. Celle-ci semblait mal et s’excusa.

‘‘ Pardon… ‘‘

‘‘ Ça va, mon ange. Ce n’est rien. ‘‘

Lentement, Melley porta ses mains à l’encolure de sa chemise et commença à la déboutonner de ses mains tremblantes, dévoilant peu à peu sa poitrine dont les équimoses avaient presque disparu. Vint ensuite le tour de son ventre et son dos recouverts d’un large bandage. Heïan la laissa faire par elle-même et ne l’aida qu’au moment de lui enlever le vêtement, ce qu’il fit délicatement pour ne pas l’apeurer puisqu’elle était déjà très nerveuse. Portant ensuite ses mains au pantalon de sa femme, il la vit sursauter.

‘‘ Chhhhhh ... c’est moi. Je ne te ferai pas mal, Melley. ‘‘ Murmura t-il avant de poursuivre en la sentant se tendre.

Les paupières de Melley se refermèrent le temps qu’il fasse descendre le pantalon et attendirent qu’elle lève les pieds l’un après l’autre pour le placer avec la chemise sur le tabouret derrière eux. Le reste, ce fut Melley qui devait le faire et ce fut avec hésitation qu’elle enleva son sous-vêtement dévoilant par le fait même sa poitrine. Ce fut ensuite l’heure d’enlever le bandage et ils s’y prirent avec douceur pour le retirer. Une fois faite, la femme fit face à la glace et entreprit de libérer le bras où étaient gravées les lettres; elle était chamboulée et son visage était en souffrance dès que ses paupières se furent fermées. La pauvre ... Heïan ne pouvait que compatir pour son état, se sentant impuissant de ne pouvoir lui enlever ces monstrueux souvenirs qui ravageaient sans cesse l’esprit de sa femme. Si seulement il pouvait faire autre chose de plus concret qu’être présent à ses côtés tout au long de ce processus. Si seulement il pouvait prendre toutes ses souffrances sur lui pour la voir sourire comme auparavant. Mais Melley était une battante et elle parviendrait avec l’aide de sa famille à braver cette épreuve.

Suite à une grande inspiration, Melley se tourna vers son époux qui lui fit un faible sourire pour lui redonner courage et l’aida en lui tenant la main pour qu’elle puisse enjamber un bord de la cuve et se glisser dans l’eau. Il la lâcha ensuite, s’éloignant seulement pour aller chercher une petite serviette et une plus grande pour la sécher lorsqu’elle serait prête à sortir après sa toilette. L’homme s’agenouilla ensuite juste à côté, remarquant qu’elle s’était recroquevillée instinctivement. Elle grimaçait légèrement à cause du contact de l’eau avec certaines de ses plaies, mais cela s’atténuerait bien rapidement.

‘‘ Merci Heïan… ‘‘

Sa seule réponse se résultat à un petit baiser sur la joue de sa douce et il commença alors à mouiller sa chevelure doucement. Il fallait dire qu’à une main, ça n’allait pas très rapidement non plus ! Mais déjà, Melley se faisait plus détendue et ses épaules étaient moins raides au fil des secondes. L’un de ses bras sortit alors de l’eau pour prendre le savon sauf que celui-ci fit une percée dans les airs avant de plonger tout au fond de l’eau, la faisant rire. Un rire cristallin et si naturel qu’Heïan se surpris à sourire bêtement à la fixer sa femme qui commençait à faire une recherche approfondit dans le fond de la baignoire.

‘‘ Il faut croire que ce savon était en vie et qu’il avait envie de faire trempette. ‘‘

Melley se tourna alors vers lui et sortit son autre bras de l’eau, portant sa main sur sa joue gauche tout en la mouillant au passage, mais, peu importe, il s’en fichait royalement. Tant que ce sourire sur ses lèvres rosées ne disparaissait pas et que cette lueur au fond de ses yeux reprenait en force, tout allait bien. La vraie Melley reviendrait avec le temps et l’aide que sa famille lui apportait et ça, Heïan en était convaincue. Les efforts qu’elle faisait ne seraient pas vains et c’était une promesse qu’il se faisait.

Ses cheveux furent nettoyés convenablement à l’aide de sa seule main et de l’aide de sa femme, lui faisant un petit massage du cuir chevelu par la même occasion et pour la faire rire un peu, il lui fit une barbe et une moustache. Ils ricanèrent un moment et ensuite Heïan l’aida à nettoyer son dos tout en douceur, prenant garde pour ne pas lui faire mal.

‘‘ Tu es magnifique, Melley et tu le seras toujours à mes yeux. Peu importe ce que tu penseras de ton corps en ce moment ... En fait, nous nous ressemblons un peu plus maintenant. ‘‘

Il vit le regard interrogateur de Melley lorsqu’elle remarqua son sourire énigmatique se dessiner sur ses lèvres. Il était certain qu’elle se demandait quel truc il allait lui sortir dans les secondes qui allaient suivre.

‘‘ Je me sentais un peu seul avec toutes ces marques sur le corps ‘‘ Dit-il avec un sourire amusé. ‘‘ Mais si tu ne sors pas de l’eau, tu auras des marques de vieille mamy sur les doigts en bonus et l’eau commence à être froide. ‘‘

Oui, il l’avait remarqué et puis Melley semblait grelotter sans même s’en rendre compte. Son époux l’aida alors à se relever et prit la grande serviette pour qu’elle vienne s’y emmitoufler. Il la fit passer par dessus sa tête et essuya sa chevelure d’une main alors qu’elle se chargeait du reste de son corps. Pour la taquiner, Heïan la renifla et posa un baiser sur le bout de son nez.

‘‘ Là tu sens bon, ma chérie. ‘‘ Murmura t-il en l’embrassant doucement.

Une fois que son corps fut séché, il l’aida à se revêtir, replaçant des bandages propres ainsi que la crème que Vaënadiel avait pris soin de laisser dans la salle de bain au cas où. Cette petite était prévoyante c’était certain ! Une fois à la chemise, son homme l’aida à l’enfiler et la laissa la boutonner.

‘‘ Je suis fier de toi ... ‘‘ Commença t-il. ‘‘ Je suis conscient que ça devait être très difficile pour toi, mais .... tu me surprends chaque jour. ‘‘

Elle semblait émue et après une seconde d’hésitation, elle vint se blottir contre lui. Un doux sourire se dessina sur les lèvres d’Heïan qui l’entoura de son bras, posant un baiser au sommet de son crâne. Il l’entraîna ensuite avec lui à l’extérieur de la chambre pour descendre en bas. C’était le moment de manger et Liam était déjà parti à leur plus grand malheur. Les autres avaient déjà presque terminé leur assiette. Les domestiques posèrent leur couvert sur la table et les saluèrent avant de s’en retourner vers les cuisines pour commencer à tout nettoyer.

‘‘ Désolé pour le retard. ‘‘

‘‘ Ce n’est rien. Liam vous fait dire bonjour et qu’il vous aime comme si vous étiez ses parents. ‘‘

Bien entendu, Vaënadiel ricanait doucement parce que Melley et Heïan étaient réellement ses parents. Le père ne put s’empêcher de rire et secoua la tête de découragement malgré ce sourire qu’il avait aux lèvres. Il se mit alors à manger lorsqu’il sentit quelque chose lui grimper sur les jambes et un visage apparaître devant lui entre la table et son ventre. Ses yeux se rondirent de surprise en voyant Arya qui le pointait en disant :

‘‘ CHAT ! ‘‘

Puis elle se sauva. Heïan se dépêcha de s’empiffrer et partit en vitesse de sa chaise pour rattraper sa petite-fille qui sortait de la salle à manger pour se diriger vers le hall d’entrée.

‘‘ Viens ici petite peste ! ‘‘

‘‘ NAON ! ‘‘ Criait Arya en riant.

Et son cri fut encore plus strident lorsqu’Heïan l’agrippa par le fond de pantalon pour l’assoir sur son épaule et revenir la donner à sa mère qui tendait les bras en lui faisant un sourire désolé. Elle en avait de l’énergie à revendre cette petite ça c’était certain. Tout comme Keilan qui s’amusait à frapper les tibias d’Ephraïm en dessous de la table. À chaque fois, le nordique sursautait et se retrouva à quatre pattes pour le poursuivre, se cognant inévitablement la tête contre le bois pour ressortir à l’autre bout de la table. Keilan se retrouvait rapidement suspendu dans les airs, Eph’ tenant fermement sa tunique dans le dos.

‘‘ Par l’équinoxe ... je sens que ces deux-là vont me donner du fil à retordre très bientôt. ‘‘

‘‘ Je suis désolé de te l’apprendre, sœurette, mais je crois que tu as parfaitement raison. Ils n’arrêtent pas une seconde ! ‘‘

‘‘ Je vais les sortir dans le jardin pour leur permettre de jouer avec Farkhas. ‘‘

Aussitôt le loup redressa la tête, les oreilles droites sur la tête et s’approcha de sa maîtresse en lui léchant la joue. Celle-ci souria et posa un baiser sur son museau, lui flattant le poitrail. Elayne et Ephraïm eut avait décidé de se rendre au lac en amoureux et d’y passer la journée pour relaxer un peu. Maintenant que leur parent allait mieux, ils ne se sentaient pas trop coupables de quitter la villa pour prendre du temps à eux. Il ne restait plus donc que Vaënadiel, les petits et les parents de Liam.

‘‘ Melley, je ... je peux vous demander quelque chose ? ‘‘

La concerner tourna alors son regard vers sa belle-fille qui rougissait légèrement, mal à l’aise. Heïan arqua un sourcil, se demandant ce qui pouvait la mettre dans un tel état. La druidesse regardait ses enfants et eut un sourire gêné, poursuivant ensuite ses dires.

‘‘ Comme je dois m’occuper de mes enfants, je me demandais si vous ne pourriez pas changer les pansements de votre époux ? ‘‘

S’occuper de surveiller deux enfants avec autant d’énergie ainsi qu’un loup qui commençait à ne plus tenir en place commençait à être difficile, et ce n’était pas une tâche trop difficile pour Melley car elle avait déjà fait ce genre de chose, non ? L’archère acquiesça d’un signe de tête au plus grand bonheur de Vaënadiel qui vint contourner la table pour lui embrasser le front. Tout sourire, elle dit:

‘‘ Je vous adore, merci. ‘‘

Sur ce, elle fila avec Keilan dans les bras, courant après Arya qui filait déjà comme une flèche vers le jardin et Farkhas qui lui mordaient le fond de pantalon pour la forcer à ralentir. Résultat, la petite courait dans le vide, se demandant pourquoi le loup ne bougeait pas s’il lui courait après.

Spoiler:
 

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Lun 7 Jan 2013 - 18:33


Melley profitait du massage qu'Heïan prodiguait sur ses cheveux. Elle en profitait et oubliait peu à peu sa peur. L'eau était aussi bienfaisante…bien sûr elle l'aidait également, puisqu'il n'avait qu'une main. Le savon enfin apprivoisé, elle se lava la partie avant de son corps, doucement. Et lorsqu'il eut finit il réussit même à lui confectionner une jolie barbe en mousse, la faisant rire en même temps que lui. Elle se souvenait qu'elle aussi s'amusait parfois à le faire pour lui, quelques années auparavant. Non, quelques mois. Avant que tout ceci n'arrive.

Lorsqu'elle eut enlevé la mousse, il lui lava le dos, lentement, faisant attention à ne pas lui faire mal mais même, elle s'en fichait et ne sentait presque plus rien.

-Tu es magnifique, Melley et tu le seras toujours à mes yeux. Peu importe ce que tu penseras de ton corps en ce moment ... En fait, nous nous ressemblons un peu plus maintenant.

Elle pivota pour le regarder, et l'interrogea du regard en voyant son sourire étrange. Qu'allait-il lui lancer ? Il allait le lui dire dans les secondes qui venaient :

-Je me sentais un peu seul avec toutes ces marques sur le corps. Mais si tu ne sors pas de l’eau, tu auras des marques de vieille mamy sur les doigts en bonus et l’eau commence à être froide.

Ah oui ! Elle les avait même caressées du doigt, ses marques. Elle les avait tracées, embrassées, comme pour qu'il les oublies. Et….des marques de mamie ? Elle observa ses mains et se rendit alors compte qu'elle grelottait, la chaire de poule envahissait ses membres petit à petit.

Elle se releva et sortit de la cuve avec l'aide de son époux qui lui tendit la grande serviette dans laquelle elle se dépêcha de s'emmitoufler. Non par peur, mais par froid ! Elle fût alors plongée dans une semi-obscurité lorsqu'il rabattit la serviette sur sa tête pour commencer à ébouriffer ses cheveux d'une main pour les sécher. Elle eut l'impression de se revoir, en train de sécher les jumeaux après leur bain !

Elle s'occupa du reste de son corps, passant même sur les lettres. Parfois elle se disait absurdement que si elle frottait assez fort elles disparaitraient. Mais bien entendu, elle se faisait des illusions. Et lorsqu'elle eut finit, il eut le "culot" de la renifler et de lui dire après lui avoir embrassé le nez :

-Là tu sens bon, ma chérie.

Elle sourit, tentant de faire celle qui est offusquée, mais elle fût privée d'air par les lèvres d'Heïan qui venaient de se plaquer sur les siennes. Et puis…zut pour la moue, elle savourait c'était tout !

Lorsqu'il la relâcha, elle souriait toujours et commença à se rhabiller, renfilant le sous-vêtement et le pantalon avant de s'attaquer à la crème et aux bandages. Heïan dut juste l'aider à mettre la crème dans le dos, et le reste elle s'en chargea. Sauf bien sûr le bandage du dos mais c'était logique. Momifiée à nouveau, il lui enfila la chemise qu'elle reboutonna. Elle avait à nouveau ses protections, même si sa peur était à peu près partie. Et il avait raison, elle sentait bon et elle se sentait mieux ainsi, dans des vêtements propres. Elle n'aurait plus peur de faire fuir les autres !

Puis Heïan prit la parole :

-Je suis fier de toi ... Je suis conscient que ça devait être très difficile pour toi, mais .... tu me surprends chaque jour.

Ses paroles la touchèrent au plus haut point. Ce savoir soutenue ainsi et aidée, par un homme et une famille plus que patiente…d'autres hommes seraient peut-être partis…qui sait ? Mais pas lui. Lui il restait à ses côtés, même lorsqu'elle l'avait repoussé, ayant peur de lui. Lui était patient au point de vouloir dormir dans un fauteuil pour elle. Lui était prêt à tout pour elle et jamais elle ne pourrait assez le remercier pour la présence et le réconfort qu'il lui apportait en étant tout simplement là pour elle. Il ne se rendait pas compte de l'aide qu'il lui apportait par ce simple fait. Et elle ne pourrait jamais assez le remercier pour la vie qu'il lui avait donnée, les enfants qu'ils lui avaient faits, si merveilleux…
Alors, émue, elle avança et se blottit contre lui, sentant son bras l'entourer et un baiser se déposer sur son crâne. Quelques secondes défilèrent ainsi, jusqu'à ce qu'il l'entraîne dans la chambre pour aller manger avec les autres. Mais ils avaient pris beaucoup de temps…

Alors en arrivant en bas, ils furent déçus d'avoir raté Liam et de ne pas avoir pu lui dire au revoir. Heïan s'excusa pour eux tandis que les domestiques posaient deux couverts et Vaë répondit :

-Ce n’est rien. Liam vous fait dire bonjour et qu’il vous aime comme si vous étiez ses parents.

Là ils ricanèrent tous. Bien sûr que Liam était leur fils…enfin le jour ou la preuve du contraire serait établie, il faudrait la pincer ! Enfin quoiqu'il en soit ils s'installèrent et commencèrent à manger calmement jusqu'à ce qu'Arya crie un "chat!" à l'adresse d'Heïan et ne s'enfuit dans toute la maison. Grand-papa se dépêcha donc de manger et lui courut après et tout ce que les convives entendirent par la suite furent les cris de la petite qui tentait d'échapper au grand méchant loup.

A table, Ephraïm était embêté par une chose rampante du nom de Keilan. Il avait trouvé un nouveau jeu fort passionnant : taper dans les tibias du jeune homme ! Et en même temps que l'arrivée d'Heïan avec Arya sous le bras, Eph' agrippa le petit et le sortit de sous la table. Vaë s'exclama :

-Par l’équinoxe ... je sens que ces deux-là vont me donner du fil à retordre très bientôt.

Eph' ne fît que confirmer et elle déclara aller les sortir dans le jardin pour qu'ils se dépensent avec Farkhas. Celui-ci se leva tout de suite, se sentant visé. Melley pouvait comprendre ce que c'était d'ailleurs. Elle allait lui en parler, pendant que les tourtereaux allaient vers la sortie direction le lac mais Vaë la devança :

-Melley, je ... je peux vous demander quelque chose ?

Melley se tourna vers elle, se demandant bien ce qu'il y avait pour que sa belle-fille soit si rouge et mal à l'aise. Elle eut un sourire un peu gêné en regardant les enfants qui voulaient se défouler et termina :

-Comme je dois m’occuper de mes enfants, je me demandais si vous ne pourriez pas changer les pansements de votre époux ?

Ce n'était que ça ! Melley avait cru que c'était quelque chose d'affreux ! Elle acquiesça simplement. Bien sûr qu'elle pouvait. Elle avait observé sa belle-fille faire et puis même…ce n'était guère son premier pansement alors…Elle fût cependant surprise lorsque Vaë contourna la table et lui embrassa le front en disant:

-Je vous adore, merci.

Et de repartir direction le jardin avec les enfants sans lui laisser le temps de répondre. Se levant alors, Melley entraîna Heïan dans la salle de bains du rez-de-chaussée avec le nécessaire de soins. Une fois la porte fermée, elle retira délicatement l'écharpe qui lui pliait le bras, tentant de ne pas trembler. Elle était encore euphorique sous le coup de sa victoire contre le bain (et peut-être un peu à cause de la fatigue qui déglingue les neurones …) et cela se voyait à sa fébrilité et donc elle avait peur de lui faire mal sans le vouloir.
Tout aussi doucement, elle déroula le bandage, libérant ainsi les plaies. En silence, elle trempa une serviette dans de l'eau et lava le bras, doucement, faisant vraiment attention à être douce et ne pas faire mal.

Il tentait de plier les doigts, mais ceux-ci n'obéissaient que de moitié et encore…
Elle sourit légèrement et lui prit la main, la levant délicatement et posa ses lèvres sur ses pauvres doigts. Elle lui donna de doux baisers aux endroits ou il n'avait pas mal en murmurant :

-Les baisers de super mamie sont plus efficaces que les crèmes…

Le regardant, elle sourit un peu plus et s'approcha pour un baiser plus savoureux, avant de prendre les crèmes de Vaë et de commencer à les appliquer sur les plaies. Puis elle enroula le tout dans des bandages propres. Mais elle hésita à remettre l'écharpe. Vaë n'avait-elle pas dit qu'il pourrait l'enlever ?
Au final, elle la remit en disant :

-Vaë nous dira si tu peux l'enlever. Nous pourrions la rejoindre…pour l'aider avec les enfants…

Deuxième étape du jour. Sortir de la maison. Elle l'emmena donc, respirant profondément. C'était moins dur que le bain et elle avait réussit non ? Alors elle pouvait se rendre dans le jardin.

Arrivés devant la porte arrière, elle ne put s'empêcher de demander :

-Personne ne nous verra n'est-ce pas ?

-Personne, n'aie pas peur.

Elle sourit et lui serra la main, prenant les devants et ouvrant la porte. Le soleil inonda un court instant le salon, le temps que le couple sorte. Là, Melley inspira un grand coup, fière. Le vent caressait son corps fraîchement lavé, le soleil la réchauffait et soudain un cri jaillit :

-Kbaba !! Krpapa !!!

Tournant la tête, Melley vit Arya courir vers eux, Farkhas sur les talons, Keilan à quatre pattes derrière. Elle sourit et agrippa sa petite-fille, la soulevant de terre et lui faisant un gros bisou sur la joue.

Heïan avait agrippé Keilan sous le bras et ils s'approchèrent de Vaë en souriant. Melley se sentait à l'aise, mais c'était parce que personne ne les voyait. Le jour ou elle sortirait dans la rue, elle verrait Eziel partout.
S'installant sur le banc devant la fontaine, ils laissèrent les petits vagabonder avec le loup, les surveillant convenablement.

Au quartier général, Omar avait convoqué Liam.

-Mon grand, j'ai vu que tu aimais écrire…

Liam sentit le coup tordu à plein nez alors que son Capitaine montrait le bureau ou se trouvaient quelques piles de dossiers.

-…alors en bon Capitaine que je suis, je te les laisse !

Liam ne fît que ricaner. De toute façon il ne pouvait pas refuser et il avouait que ce n'était pas une tâche qui lui déplaisait tant que ça.

-Si ton père s'ennuie, tu pourras lui en confier ! J'ai peur de ne pas avoir une aussi belle écriture que lui !

Et dans un grand rire, il laissa Liam en compagnie de la paperasse. Celui-ci se mit à la tâche, impatient de rentrer pour retrouver sa femme, ses enfants et le reste de la famille.

Après avoir mangé à midi, ils étaient retournés dehors. En les voyant si énergiques, Melley se souvint de ce qu'elle voulait dire à Vaë au matin.

-Tu sais, Liam et Elayne étaient comme eux à l'époque. Enfin surtout Elayne. Elle entraînait son frère dans la maison et ils se cachaient, me faisant tourner en rond pendant longtemps. Souvent j'étais épuisée après mais ce n'est que du bonheur. Il faut juste que toi et Liam posiez les bases de quelques règles pour que, lorsqu'ils seront plus âgés, ils ne deviennent pas insolents envers vous. Mais s'ils ont hérités de Liam ce côté énergique, c'est qu'il me l'a caché ! Lui qui était toujours réservé et solitaire…

Elle souriait à Vaë. Melley savait très bien qu'elle y arriverait. Elle avait ce don avec les enfants. Elle n'avait pas peur. Le vent la faisait un peu somnoler, mais elle ne dormait pas.

En fin d'après-midi, ils durent rentrer pour laver les petits en attendant la venue du restant de la famille.

Elayne et Ephraïm arrivèrent, les cheveux encore mouillés, tous sourires. Le lac…Melley aimait beaucoup cet endroit. Elle y allait souvent avec Heïan et se disait que ça pourrait être là-bas qu'elle se rendrait une fois complètement rétablie…

Lorsque Liam fût là, ils s'assirent tous pour manger et les petits mangèrent avec avidité, ne laissant même pas le temps à leurs parents d'avaler quoique ce soit ! Mais bon c'était ainsi et ils eurent droit à des pâtisseries en dessert, devant une tasse de thé.

Tout le monde discutait autour de Melley. Sauf que les voix s'étaient transformées en bourdonnement. Elle n'entendait plus les mots qu'ils prononçaient, juste ce bourdonnement. En gros elle ne parvenait plus à réfléchir assez pour traduire…

Elle sut que quelque chose clochait lorsque la tête d'Heïan apparut devant ses yeux et que sa bouche forma une phrase. Elle fronça les sourcils, l'air vraiment "gaga". Mais qu'est-ce qu'il lui racontait ?

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Vaënadiel Eira



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MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Lun 7 Jan 2013 - 21:36

Sur la voie de la guérison, part.8

Au passage, Vaënadiel attrapa Arya de son autre bras en remerciant son compagnon à fourrure de l’avoir tenu immobile un moment. Les petits jacassaient et il était temps que la jeune femme aille dehors avec eux avant qu’elle ne tourne en bourrique. Une fois dans le jardin, Keilan s’éloigna de sa mère à quatre pattes en vue de poursuivre Farkhas qui était bien plus rapide. D’ailleurs, le loup revenait toujours au petit garçon pour lui lécher le visage. Arya elle, courait après les papillons tout en sautant dans les plates-bandes pour se fondre aux fleurs. D’un oeil attentif, la druidesse s’asseya donc sur le banc près de la fontaine et surveilla surtout la petite de Liam puisqu’elle n’était pas à proximité du loup et d’elle.

Pendant ce temps, à l’intérieur, Melley avait entraîné son époux avec elle vers la salle de bain où ils s’enfermèrent pour les soins. Prenant place sur le comptoir de l’évier afin de se retrouvait à la hauteur de sa femme pour lui faciliter la tâche. L’écharpe qui retenait son bras en un angle de 90 degrés lui fut retirée délicatement malgré les faibles tremblements de celle qui prenait le relai de Vaënadiel pour ses blessures. Que voyait-il aussi au coin de ses lèvres ? Un petit sourire à peine perceptible ? Heïan se surprit à en esquisser un tout en regardant Melley travailler. Il lui fallut se débarrasser de sa chemise pour qu’elle ait accès aux autres bandages. Les lanières de tissu furent déroulées du tour de son épaule, de son avant-bras et de sa main gauche avec soin et pendant que la plaie de son épaule était en train de se faire essuyer, l’homme tentait de plier ses doigts. À son plus grand malheur, le résultat était le même que deux jours plus tôt; ils pliaient de moitié et sans plus. Un long et profond soupir s’échappa alors de ses poumons. Maintenant, il fallait qu’il se fasse à l’idée qu’il avait réellement perdu la mobilité complète de sa main gauche...

Cette même main se retrouva dans celles de Melley qui la leva avec douceur et l’apporta à ses lèvres. Ses yeux violacés suivaient le mouvement jusqu’à ce qu’il croise le regard de sa bien-aimée qui souriait légèrement, lui faisant perdre son air découragé. Chacun de ses doigts eut droit à un baiser qui provoquait des frissons le long de sa colonne vertébrale. Elle avait le don de remonter le moral de son entourage en une fraction de seconde.

‘‘ Les baisers de super mamie sont plus efficaces que les crèmes… ‘‘ Murmura t-elle de sa voix mielleuse.

Heïan sourit légèrement. Elle n’avait pas tort, car les baisers de super mamy avaient le pouvoir d’apaiser l’âme et l’esprit d’un seul coup. Surtout en ce qui le concernait lui. Le visage de Melley se fit alors plus proche, un sourire un peu plus large sur ses lèvres qu’elle posa sur les siennes pour lui remonter complètement le moral. Son homme savoura ce court moment et la laissa appliquer les crèmes, se retenant pour ne pas la taquiner. Lorsqu’elle eut terminé de mettre les bandages, Heïan bougea son épaule en faisant des mouvements circulaires pour ne ressentir aucune douleur. Melley elle, semblait hésiter à lui remettre l’écharpe, mais se décida de le faire tout de même par précaution.

‘‘ Vaë nous dira si tu peux l’enlever. Nous pourrions la rejoindre…pour l’aider avec les enfants… ‘‘

‘‘ Ce n’est pas une mauvaise idée et puis il semble faire bon dehors. ‘‘

Melley était donc prête à franchir une deuxième étape dans sa journée; se rendre à l’extérieur et s’aérer le cerveau. Bien entendu, il ne s’agissait que du jardin arrière et c’était bien ainsi. La ville serait pour plus tard, lorsqu’elle serait dans un état psychologique beaucoup plus stable et lorsqu’elle aura aussi recouvré sa confiance en elle. La femme l’entraîna alors à l’extérieur de la salle de bain et ils se dirigèrent la porte du jardin arrière qui fut ouverte. Avant de franchir le seuil de la porte, Melley prit une profonde inspiration puis tourna son regard vers lui, quelque peu inquiète.

‘‘ Personne ne nous verra n’est-ce pas ? ‘‘

‘‘ Personne, n’aies pas peur. ‘‘

En effet, personne ne pouvait les voir, car le jardin arrière était entouré par le boisé et la villa donc non visible depuis la rue. Rassurée, Heïan eut droit à un sourire et son épouse prit les devants en serrant sa main dans la sienne. Le soleil les frappa directement, tout comme la brise fraîche de la matinée. Ce que ça faisait du bien ! Dès que leurs pieds eurent franchi la limite qui séparait le monde extérieur de la maison, la voix d’Arya résonna dans l’air. La petite s’en venait en courant vers eux comme elle pouvait, Farkhas aux trousses. Vaënadiel se leva aussitôt et ne parvint pas à agripper Keilan qui s’arrêta aux pieds de son grand-père. Arya fut prise par sa grand-mère et eut droit à un baiser sur l’une de ses joues rougies par sa course et Heïan avait pris Keilan sous son bras comme s’il s’agissait d’un colis prêt à être livré.

‘‘ Je ne sais pas quel insecte les a piqués aujourd’hui, mais ils ont beaucoup trop d’énergie ! ‘‘ S’exclama Vaë en soupirant. ‘‘ Ils n’arrêtent pas de vous réclamer et dès que vous n’êtes pas dans les parages, c’est l’enfer sur terre. ‘‘

Heïan ne put s’empêcher de rire à ces paroles et les adultes s’installèrent ensuite devant la fontaine, sur un banc de bois taillé par le menuisier de Beolan. Ils regardèrent alors les petits s’amuser et Vaënadiel en profita pour poser son regard aqua sur Melley.

‘‘ Au fait, comment étaient les blessures ? ‘‘

‘‘ Nettement plus jolies qu’il y a quelques temps ‘‘ Commença t-elle ‘‘ Il est encore obligé de garder l’écharpe ? ‘‘

Vaënadiel leva alors les yeux vers Heïan et désigna son épaule. L’homme comprit et tourna l’épaule alors que la druidesse se levait et se posta devant lui pour appuyer de deux doigts là où se situait la plaie maintenant cicatrisée. Heïan ne réagit pas et cela fit sourire la jeune femme qui lui retira l’écharpe.

‘‘ Plus maintenant, mais il est fortement déconseillé de forcer votre bras au bout de ses capacités désormais. Vous aurez des faiblesses lorsque vous ferez de trop gros efforts, alors il faudra cesser. ‘‘

‘‘ Très bien, merci Vaë. ‘‘

Ne répondant que par un sourire, la jeune nordique reprit sa place et observa ses enfants. Celle-ci dut se lever bien rapidement pour se diriger vers Arya qui allait manger de la terre et la réprimanda sans tarder. La petite comprit et arrêta, cherchant un calin de sa mère pour se faire pardonner. Sur les coups de midi, la petite famille rentra pour nourrir les petits en premier lieu puis ils s’en retournèrent à l’extérieur. Melley en profita alors pour dire:

‘‘ Tu sais, Liam et Elayne étaient comme eux à l’époque. Enfin surtout Elayne. Elle entraînait son frère dans la maison et ils se cachaient, me faisant tourner en rond pendant longtemps. Souvent j’étais épuisée après, mais ce n’est que du bonheur. Il faut juste que toi et Liam posiez les bases de quelques règles pour que, lorsqu’ils seront plus âgés, ils ne deviennent pas insolents envers vous. Mais s’ils ont hérité de Liam ce côté énergique, c’est qu’il me l’a caché ! Lui qui était toujours réservé et solitaire…’’

‘‘ Merci Melley. J’ai l’impression d’être trop douce et ... je n’aime pas les réprimander même s’ils ne m’en laissent pas souvent le choix. Je ne sais pas comment m’y prendre parce que je déteste les voir en larme. Ces conseils me seront utiles. À moi et Liam qui joue déjà très bien son rôle.‘‘

Vaënadiel renvoya alors un sourire à sa belle mère puis elle regarda à nouveau ses enfants qui étaient ébahis pour les poissons qui nageaient doucement dans la fontaine. Farkhas y grimpa même, commençant à sauter dans l’eau pour essayer d’en attraper un. Souvent, il donnait des coups de museau sur la surface de l’eau pour finir par éternuer. Résultat; les enfants riaient aux éclats, regardant les adultes en pointant leur compagnon à fourrure. Un sourire illuminait le visage de Melley, Heïan et Vaënadiel alors qu’ils admiraient ces petites merveilles de la nature. Le vent caressait doucement leur peau et apportait un certain réconfort sur eux. Heïan eut même l’impression de voir les paupières de sa femme se fermer légèrement. En fin d’après-midi, Vaënadiel prit ses enfants dans ses bras et monta à l’étage pour aller les laver et les changer puisqu’ils étaient recouverts de terre et de tache d’herbe. Elayne et Ephraïm revenaient du lac avec un large sourire aux lèvres, main dans la main. Le nordique s’occupa donc d’épuiser les jeunes et une heure plus tard, Liam revint à la maison de ses parents lui aussi. La famille put alors s’attabler et Heïan tenta de manger à deux mains à la plus grande surprise de sa famille.

‘‘ Papa ! Ton épaule est complètement rétablie maintenant ? ‘‘

‘‘ Si on peut dire ça comme ça. M’enfin..., ce n’est certainement pas un couteau qui va m’épuiser. Il suffit seulement que je trouve le moyen de le tenir solidement avec ses doigts qui fonctionnent de moitié ! ‘‘

Il essayait de toutes les manières possibles, son entourage lui proposant des manières différentes de tenir l’ustensile et aucun ne fonctionnait jusqu’à ce que Liam se lève et trouve comment faire.

‘‘ Merci fiston ! Tu mérites un gros bisou mouillé de ma part après le repas ! ‘‘

Mais Liam ne semblait pas être du même avis et retourna rapidement à sa place pour se sauver de son père qui ricanait, un sourire amusé aux lèvres. Bien entendu, les autres se mirent à rire et Vaënadiel embrassa son homme à la place de son père, ce que le soldat semblait apprécier de toute évidence. La conversation continuait de bons trains et Melley était la seule qui ne disait presque rien, voire rien du tout. Heïan fronça alors les sourcils et se pencha légèrement vers l’avant afin de mettre son visage devant celui de sa femme.

‘‘ Melley ? ‘‘

La concerner ne réagissait pas plus que ça. D’énormes cernes dessinaient le contour de ses yeux et elle avait l’air perdue dans un autre monde.

‘‘ Je crois qu’elle dort debout ... Elle me regarde comme si je disais n’importe quoi. ‘‘

‘‘ Depuis, combien de temps n’a t’elle pas dormi au juste ? Les deux dernières semaient pour sûr et je doute qu’elle eut droit à un repos bien mérité en compagnie de l’agresseur ... ‘‘

‘‘ Eh bien ... je crois que c’est l’heure du dodo pour toi ma chérie. ‘‘

Ils avaient tous terminé de manger depuis un moment déjà et comme son épouse ne semblait pas tout comprendre, Heïan prit sa main et l’invita à se lever pour l’entraîner à sa suite. Ils gravirent donc les marches de l’escalier pour se rendre à la chambre et ils se rendirent dans la salle de bain où Heïan lui apporta ses vêtements de nuit. Encore une fois, il dut l’aider à se changer et ce fut déjà moins pénible pour elle que le matin même, mais encore.

‘‘ Ce soir, tu dois dormir mon ange. Hors de question que tu restes une nuit de plus éveillée et encore moins assise sur le fauteuil. ‘‘

‘‘ Naon...peut pas dormir...mal à l’esprit...images....je dois aller dans le fauteuil....pas seule... ‘‘

Son baratin était à peine compréhensible ... mais qu’est-ce qu’elle lui chantait là ? Melley parlait comme si elle était ivre morte et arrivait à peine à se tenir elle-même en équilibre.

‘‘ Tu vas dormir dans le lit, à côté de moi. Tu ne seras pas seule et tu n’as pas à avoir peur. Je mettrai les oreillers entre nous s’il le faut, mais tu ne vas pas sur le fauteuil. Tu as besoin de sommeil, sinon je demande à Vaë de te faire dormir ... ‘‘

‘‘ Vaë ? Qui c’est Vaë... roohh mon cerveau répond plus... j’ai du le perdre quelque part... va le chercher pour moi... contre toi oui... mais dormir ? Je ne sais pas faire ça moi... ‘‘

‘‘ N’importe quoi ... ‘‘ Murmura t-il pour lui même en se frottant la nuque de découragement. ‘‘ Allez, viens. ‘‘

Heïan la prit alors délicatement dans ses bras et alla la coucher dans le lit, la bordant et lui donnant un baiser sur le front avant de contourner le lit à son tour pour s’installer de l’autre côté. Bon sang ... ça faisait des lunes qu’ils n’avaient pas été tous les deux dans ce lit... ça faisait étrange d’un coup. Mais Melley ferma les yeux à son plus grand bonheur. Elle allait enfin dormir, mais ... non ... elle se redressa d’un seul coup et vint se blottir contre lui, tête contre son torse et murmura d’une voix tremblante :

‘‘ Il arrive... il va me refaire mal... partout...non... ‘‘

‘‘ Chhhhhht... Il est en prison et il n’y a que nous deux dans la chambre. Tu es en sécurité. Je te le promets Melley. Ferme les yeux, et écoute concentre toi sur les battements de mon coeur. Je reste éveillé ... je suis là ... ‘‘

De sa main gauche, Heïan caressa doucement sa chevelure en faisant attention pour ne pas se faire mal et son épouse serra son emprise sur sa chemise, emprisonnant le tissu entre ses doigts solidement.

‘‘ Oui ... ‘‘

Et en quelques secondes, elle s’endormait déjà. Heïan eut un doux sourire et déposa un baiser sur le front de sa femme, fermant les yeux à son tour.
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Liam Kreiss



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L'inconnu
Une nouvelle vie

MessageSujet: Re: [CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]   Mar 8 Jan 2013 - 15:48


Le bourdonnement continuait de vriller ses tympans et elle sentit la main d’Heïan se glisser dans la sienne pour l'entraîner à sa suite. Dans un état second, elle gravit les escaliers et entra à sa suite dans la pièce. Mais que faisait-il ? Elle était dans la salle de bains et ne savait pas pourquoi il apportait d’autres habits. Elle puait ? Encore ? Il dut l’aider à se déshabiller et elle eut peur, mais y parvient bien mieux que le matin. Et la voix de son mari se faufila dans son cerveau :

-Ce soir, tu dois dormir mon ange. Hors de question que tu restes une nuit de plus éveillée et encore moins assise sur le fauteuil.

Non…pas le dodo…elle ne pouvait pas, il l’y attendait…alors elle se força à ouvrir la bouche pour dire :

-Naon...peut pas dormir...mal à l’esprit...images....je dois aller dans le fauteuil....pas seule...

Toujours dans la salle de bains, Heïan répondit à son charabia :

-Tu vas dormir dans le lit, à côté de moi. Tu ne seras pas seule et tu n’as pas à avoir peur. Je mettrai les oreillers entre nous s’il le faut, mais tu ne vas pas sur le fauteuil. Tu as besoin de sommeil, sinon je demande à Vaë de te faire dormir ...

Ouh…beaucoup de mots à comprendre…là Melley eut réellement du mal et déclara, stupidement :

-Vaë ? Qui c’est Vaë... roohh mon cerveau répond plus... j’ai du le perdre quelque part... va le chercher pour moi... contre toi oui... mais dormir ? Je ne sais pas faire ça moi...

La honte…il allait se moquer…mais elle fût entraînée, portée de moitié, jusqu’au lit où il la coucha et l’installa convenablement, lui donnant un baiser sur le front en prime. Elle le sentit se coucher à côté et son odeur vint tout de suite comme une drogue…Elle laissa ses yeux se fermer, et ses paupières semblaient hurler de joie à l'idée d'être enfin dans cette position de veille.

Elle se sentait partir lorsque le couteau, le fouet, la main, la voix, débarquèrent. Ils lui tournèrent autour, la charrièrent, recommencèrent leur baratin et la peur se faufila à nouveau en elle. Elle rouvrit les yeux en se redressant et se colla à Heïan, enfouissant sa tête contre son torse et disant :

-Il arrive... il va me refaire mal... partout...non...

Elle paniquait déjà et Heïan la rassura :

-Chhhhhht... Il est en prison et il n’y a que nous deux dans la chambre. Tu es en sécurité. Je te le promets Melley. Ferme les yeux, et écoute concentre toi sur les battements de mon coeur. Je reste éveillé ... je suis là ...

Les paroles l’atteignirent lentement et elle profita de la caresse de son époux sur sa tête, serrant sa chemise.

-Oui ...

Elle referma les yeux et se concentra sur les battements de cœur d’Heïan. Réguliers, envoûtants, elle oublia le reste ou alors le son agissait comme un bouclier et les repoussaient. Mais en tout cas, pour la première fois depuis deux mois et demi, Melley sombra dans un sommeil profond.

Elle dormit toute la nuit, mais également toute la journée. Elle ne sentit pas Heïan se lever au matin. Ou plutôt attendre qu’elle daigne le relâcher…car oui, ses doigts s'étaient crispés sur sa chemise et ils ne se détendirent qu'au matin, bien après le lever du soleil.
Liam était parti travailler en promettant qu’au week-end il s’occuperait de ses terreurs qui donnaient du fil à retordre à leur pauvre mère. Eziel attendait toujours son jugement, croupissant dans sa cellule exactement comme Melley avait croupit, enchaîné et malmené. Mais il conservait son sourire narquois et Liam, à midi, vint lui apporter son déjeuner :

-Tiens l’ordure. Dit-il en lui donnant l’assiette pleine.

-Ca te fait jouir petit de m’appeler ainsi ?

-Non. Mais tu n’as pas d’autre appellation à mes yeux.

La chose cognait à nouveau. Omar lui avait dit de faire attention et de ne pas continuer à lui parler. L’autre ne fît que ricaner pour continuer :

-Au fait, comment va ta mère ? Et ton père ? J’avoue que j’aimais bien la compagnie de ta mère chérie…sa peau était particulièrement douce…Il en a de la chance Heïan…

Liam se retint de lui foutre une raclée et ne répondit pas.

-Tu leur passeras le bonjour de ma part ! J’ai hâte de les revoir…

-Tu ne ressortiras plus d’ici sauf pour aller à l’échafaud. Tu es un homme mort et tu le sais.

-Peut-être, mais mon petit doigt me dit que je les verrais encore avant…et pas forcément là ou tu le penses…

Cette fois, Liam ne répondit plus et ressortit. Il en toucherait un mot à son père. Lui le connaissait et pouvait lui dire si Eziel était encore susceptible de s’évader ou de préparer un autre mauvais coup.

A la villa, ils s’occupaient des enfants, laissant Melley dormir. Celle-ci se réveilla lentement, se demandant ou elle était. Et lorsqu’elle se rendit compte qu’elle était seule dans le lit, sa peur déboula rapidement et elle se recroquevilla, serrant les draps sur elle. Timidement, elle regarda en-dessous et soupira de soulagement. Elle n’était pas nue. Elle se leva, le ventre grognant. Elle se sentait…reposée ! Mais vraiment. Bon elle n’avait pas complètement récupéré, mais c’était déjà pas mal. Elle ouvrit les rideaux, et vit que le soleil amorçait déjà sa descente. Elle avait donc près de vingt heures de sommeil à son actif…Elle alla ensuite dans la salle de bains et là…elle faillit appeler Heïan. Mais elle prit son courage à deux mains et se dévêtit, retira les bandages et se rhabilla lentement, sans les remettre. Ils commençaient à la gêner et puis…elle devait affronter la vue de ses lettres gravées sur elle. Mais que diraient les autres ? Elayne, Eph’, Liam…Vaë et Heïan les avaient vues…

Elle avait à présent honte de son propre corps, même si Heïan l’aimait encore tel quel. Elle se sentait comme sale en fait…
Elle se rhabilla d’une chemise à manches courtes, expressément, et d’un pantalon, puis sortit de la pièce. Elle avait faim et descendit en silence. Ils étaient tous dans le salon, et elle entendait les enfants courir et rire partout. Elle se dirigea cependant d’abord vers la cuisine, dérangeant les domestiques en demandant un petit sandwich. Quelque chose pour la caler en attendant le repas du soir.

Les remerciant, elle repartit en mangeant et entra dans le salon ou tout de suite les petits lui sautèrent dessus en hurlant.

-Bonjour tout le monde…j’ai dormit un peu…trop longtemps.

Elle souriait, gênée, mais dans les yeux violets de son mari se lisait toute la fierté qu’il éprouvait. Elle avait tout de même franchit de grosses étapes…il ne manquait plus que les moments plus intimes avec lui…le laisser la toucher partout, réellement partout.

Elle s’installa près de son mari, lui donnant son baiser euh…du soir ? Enfin elle mangea, en donnant un peu à Farkhas et aux enfants qui réclamaient. Tous étaient ravis de voir qu’elle avait dormit et d’un coup elle déclara à Heïan :

-Rassure-moi Heïan…je n’ai pas raconté toutes les bêtises dont je me souviens hier soir ?

Il n’eut pas besoin de répondre, son sourire suffisait. Oh non…elle baissa la tête, rougissante, laissant ses cheveux dissimuler son visage.

-Mais qu’est-ce que tu dois penser de moi mon dieu !

Les autres ne comprenaient pas, ou faisaient semblant. Elle ne savait pas si Heïan leur avait raconté quelque chose…

C’est là que Liam rentra. Enfin en week-end d’ailleurs…il serra ses petits tendrement, fier de voir que Keilan tentait déjà de se mettre debout. Il entra dans le salon, saluant tout le monde, serrant sa femme contre lui et lui donnant un doux baiser en murmurant :

-La relève est arrivée…tu n’es plus seule pour les enfants…

Il s’était demandé quand ils décideraient de retourner dans leur demeure…
Il sourit à sa mère qui était là, souriante et déjà plus en forme que la veille au soir. Ses yeux descendirent sur son bras et il vit la marque. C’était affreux…mais il ne dit rien et fît juste signe à son père de venir. Une fois dans le couloir, loin des oreilles, il commença :

-Papa…Eziel m’a l’air étrange…il semble confiant, comme s’il s’attendait à ressortir libre…il m’a demandé comment allait maman, toi aussi, que la peau de maman lui manquait…et il m’a assuré qu’il vous reverrait bientôt…je ne comprends pas…toi qui le connais, y a-t-il un risque ?

Il regarda son père qui réfléchissait et continua :

-Ou fait-il cela pour me m'inquiéter ? Serait-ce des paroles en l'air ? Je ne voudrais pas qu'il nous échappe et vous fasse à nouveau du mal papa…


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[CLÔT] Une nouvelle vie [PV.Liam]

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