''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Le Roi est mort

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Kaull Hendenmark



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Race : Humain
Classe : Chevalier déchu
Métier : Gouverneur
Croyances : Dieu de la Guerre
Groupe : Royaume

Âge : 31 ans

Messages : 21

Fiche de Personnage : Roi Tyran


MessageSujet: Le Roi est mort   Ven 28 Déc 2012 - 16:56

Respiration, saccadée. Vue, floue. Une main, tant de doigts, tant de rides, creusées, fendant. La peau tranchée. Lame, brillante, éblouissante. Le glaive du temps gagne toujours.
Personne ne peut le nier.
Le poing se referma. Douleur aiguë, pénétrante, insidieuse. Les ongles s’enfonçaient dans la chair, les articulations, moites, jaunissaient. Un ignoble mal, inconnu, sublimait la souffrance, heurtant indéfiniment l’intérieur du crâne, sans raison.

Râle, rauque. L’air l’étouffait. Son corps ne trouvait plus d’inspiration. La douleur serrait les dents. Quelle était cette maladie ? Pourquoi lui ? Pourquoi lui ? Pourquoi ne s’arrêtait-elle pas ? Comment lutter ? Qu’est-ce qu’il fallait faire ?

Les draps de soie fine, souillés de la transpiration du Roi, se pliaient sous sa poigne. Perdu, et avec effort, il redressa le torse, puis mit ses pieds nus dans la bassine d’eau chaude, posée, auprès du lit. Le haut de son corps oscillait lentement, comme bercé par des forces invisibles.
Son regard vitreux s’imbibait de haine, de peur et de démence.

Comment savoir si cette maudite bassine avait le moindre effet ? Était-ce réellement efficace ? Valait-il mieux rester allongé ou assis ? Risquait-il sa vie dans cette position ? Comment le savoir ? Comment le savoir ? Pourquoi lui ?

Violence. La souffrance reprenait le contrôle. Les paumes Royales s’écrasèrent contre son front, il gémit de colère. Ses doigts passèrent dans ses cheveux poisseux, dégoulinants, pour venir écraser sa propre tête. Des larmes de rage montaient dans ses yeux, les laissant rouges. Il voulait frapper, frapper, frapper, encore et toujours, et que ses mains se couvrent de tous les sangs. Il voulait détruire, happer, déchirer, encore et toujours, et qu’enfin sa frustration s’échappe, s’envole, à jamais.

Egorger ces imbéciles, qui ne faisaient que crier partout « Le Roi est malade », sans rien faire pour apporter leur aide. Torturer ces enfants grotesques, les fils de la naïveté, qui vivaient de reproches et d’insultes, de leçons et de morale, mais qui jamais n’agissaient. Jamais, agir. Croire que l’on peut vivre sans tuer, croire que l’on peut construire sans détruire. Croire que le Royaume se porterait mieux, sans un tel Roi, si tyran ? Ces enfants n’auraient jamais été capables d’accomplir quoi que ce soit. Ils osaient critiquer le Roi ?
Un Roi si pieux, adorateur des dieux. Serviteur du Solstice, humble défenseur du Dieu de la guerre. Priant chaque jour, chaque heure, pour supplier ses créateurs et les honorer. Les plus grandes offrandes, les plus grands sacrifices, pour l’amour de ses dieux, pour le bien de son peuple. Aucun Roi, jamais, ne fut aussi dévoué que lui.

Et alors, alors qu’il avait tout donné, tout offert aux cieux. Alors que partout, il avait crié, hurlé son amour pour ses maîtres, il se voyait poignardé. Détruit, par un immonde mal, inconnu, qu’aucun médecin ne pouvait soulager. Ses dieux l’avaient-ils abandonné ? Pourquoi ? Pourquoi lui ? Qu’avait-il fait pour mériter ça ? Personne ne pouvait mériter tant de douleur, personne. Était-ce juste, était-ce sensé, de penser qu’un homme qui n’avait vécu que pour ses croyances et ses convictions, méritait de souffrir à cause de cela ? Qui, sur ce monde maudit, qui, dans ce Royaume, pouvait affirmer haut et fort, sans le moindre doute, que sa façon de voir les choses était la bonne ? Personne.
Aucune objectivité, aucune vérité absolue, il n’y avait que la Foi.
Et sa Foi lui commandait d’agir ainsi. Sa Foi allait dans le sens du divin, des incontestables seigneurs de ces terres. Comment, au nom de quoi, pouvait-on lui en vouloir pour ça ? Pourquoi le punir ? Pourquoi lui ?
Cela avait commencé il y a plus d’un mois. Des symptômes presque invisibles. Un simple malaise permanent, des nausées sans soulagement, une impression de transpiration continue. Au début, rien n’alarmait qui que ce soit. Mais, à force, cette tendance à se sentir mal conduisait à des insomnies, une grande fatigue, des difficultés à se nourrir, un aspect livide. Si bien que les plus hauts médecins furent appelés, et, avec eux, les rumeurs se propagèrent.
On se demandait pourquoi le Roi Hendenmark ne sortait plus de son château, et, bientôt, on sut qu’il était malade.
Tout ce que les plus grands docteurs du Royaume trouvaient à dire, c’est qu’il se donnait trop de mal à la tâche, qu’il fallait que sa personne Royale se repose.
Foutaises.
Il avait été le seul à penser qu’une maladie le rongeait, que le Fléau s’abattait sur lui. Que le Fléau le frappait. Que le Fléau revenait. Que le Fléau tombait sur le monde.

Encore une fois, comme toujours, il était le seul à avoir raison.
Au début de la semaine, le mal muta en un démon des songes, dévoreur de têtes.
La plus grande migraine, la plus obsédante et perçante qu’il avait connu de son existence, s’était mis à lui transpercer le crâne comme la pelle s’enfonce dans la terre. Une fièvre démesurée monta en lui au même instant. L’impression d’être glacé tout en bouillant, un niveau de sueur, de malaise, qui surpassait de loin tout ce mois de souffrance, et qui, ajouté aux maux, devenait insupportable.
Trois jours et trois nuits maintenant, qu’il supportait ce mal destructeur. Les médecins, scientifiques, adeptes du Solstice, de l’Equinoxe, et même certains des plus puissants mages, se succédaient à son chevet, sans solution. Sans, la moindre, solution.

« Je n’ai jamais vu de telle maladie. » « Cela ne ressemble à rien de ce que je connais. » « Votre organisme tente de se défendre, je crois qu’il faut compter sur lui, vous êtes robuste. » « Dormez le plus possible, essayez de manger, n’oubliez pas de vous reposer au maximum, tout votre corps doit combattre. » « Je vais prier pour vous. » « Aucun de mes sortilèges ne convient à la situation, je ne préfère pas essayer, je risquerais d’empirer les choses. »

La lumière d’une bougie éclairait faiblement la chambre. Elle s’étendait sur un grand tableau, face au Roi, un immense chef d’œuvre, le représentant, lui, à la bataille de Degelhom, victorieux face à l’un des plus puissants clans de ce siècle, levant fièrement son épée devant ses troupes, fidèles et loyales, qui brandissaient leurs armes en retour. Le détail, troublant, qui marqua Kaull, alors qu’il levait les yeux vers la peinture, c’est que la lumière de la bougie n’allait pas assez loin.
Elle formait un halo, suffisant pour donner des couleurs aux hommes en armure, faire ressortir les capes blanches, et montrer le corps du souverain conquérant, mais, insuffisant, pour que l’on voit sa tête. La tête était plongée dans le noir. La tête, happée, par le sombre.

La douleur reprit, vague virulente. Le Roi fermait les yeux, ses dents crissaient et son souffle caverneux se saccadait. Il écrasa son poing contre sa table de chevet, manquant de faire tomber la bougie dans sa brutalité. La souffrance qui se dispersait alors dans sa main, permit de le soulager quelques instant de celle qui lui lacérait les tempes. Kaull soupira. Ses paupières s’ouvrirent à nouveau.
Les meubles, le sol, le plafond, les sculptures riches, les tissus scintillants, tout tournait devant ses yeux. Ça tanguait, tanguait, comme si le palais n’était en fait qu’une vulgaire barque, au milieu de la houle.

- Tout va bien Sire ?

S’enquit un garde, chargé de surveiller la porte de la chambre, qui avait entendu le souverain s’agiter. Ce dernier leva des pupilles meurtrières vers lui, il regardait un cloporte. Ses lèvres s’ouvrirent. Un murmure guttural, mais néanmoins clair, fut la réponse :

- Dehors.

Bruit de pas, grincement, claquement. Le Roi, de nouveau seul, s’épongea le front de ses mains moites. De larges gouttes de sueur glissaient dans ses cils. Il tenta de les chasser, en vain. Une prison malsaine l’enfermait, sa peau, elle-même, semblait vouloir l’oppresser, l’empêcher de respirer. Cela lui rappela un ouvrage qu’il lut, jeune, discutant du célèbre Sill, le criminel. En y pensant, Kaull réalisa qu’il avait toujours prit ce tueur pour un dégénéré, un simple d’esprit qui s’était laissé prendre par la folie. Mais maintenant qu’il souffrait, lui-même, d’une maladie inexplicable, il pensait pouvoir le comprendre un peu mieux.

*Après tout, tous ceux qui résonnent dans l’histoire, doivent bien avoir des points communs. Les gens faibles, sans intérêt, sans particularité, trouvent leurs sujets de préoccupation dans les Grands Hommes. C’est ainsi que l’on peut différencier le simple général sans cervelle, du Roi vénéré.
Un Grand Homme, c’est celui de qui tout le monde parle, dont on connaît le nom. Il n’a rien à voir avec les petites vies insignifiantes des autres êtres. Les Grands Hommes sont une race à part, rare et indispensable. Je pense que nous avons forcément, au sein de notre race, des choses en commun. Je me serai sans doute bien entendu avec un être si reconnu que Sill.*


Ses doigts tremblaient, et dans son corps, un feu le dévorait. La souffrance devint continue, elle accaparait le monde, mordant son esprit. Secoué par le mal, le Roi crispa ses bras contre son torse, il bascula en avant.

Stupeur. La bassine d’eau chaude, elle contenait maintenant de la lave en fusion. Ses pieds rejetèrent le récipient d’un seul coup. Celui ci se répandit sur le sol, transformant le parquet et les tapis en un amas de braises, de flammes et de magma. La fumée s’étendait à sa vue, montant dans les lustres. Elle s’emparait de tout.

- Kaull ! Qu’as-tu fait ?

Hurlait son père, à côté du lit.

- Je devais le faire, s’indigna le Roi, je devais le faire !

Le visage de sa mère, accroché au plafond, le tourmentait :

- Tu as détruit tout ce que nous avions Kaull ! Tu as tout détruit !

- Je n’avais pas le choix !

L’accusé protestait de toutes ses faibles forces, mais aucun de ses arguments ne semblait atteindre ses opposants. Sa sœur, en particulier, assise à côté de lui, le regardait dans les yeux en affirmant :

- Tu as déshonoré notre nom, tu as trahi ta famille. Un pauvre minable tel que toi ne mérite même pas que je le regarde.

Et alors que Setsuna continuait son sermon, et que sa mère hurlait sans cesse le même reproche, son père le désigna du doigt, et tonitrua :

- Nous te renions, Kaull Hendenmark, tu n’es plus des nôtres !

Le Roi, en réponse, tentait tout ce qu’il pouvait, pour les démentir.

- Je nous ai tous sauvé au contraire ! Je suis un homme incroyable, prodigieux. Notre nom résonne maintenant dans tout l’univers, jusqu’aux étoiles, à travers moi ! Je suis l’égal des Dieux, je suis l’être de la justice, je suis celui qui règne ! Père, mère, vous devriez vous réjouir, fêter la naissance d’un fils de miracle ! D’avoir eu l’honneur d’éduquer un être de sang divin !

Mais ses mots ne faisaient que se mêler au vacarme ambiant, qui vibrait, ondulait, tournait dans ses songes, le paralysait et le secouait à la fois. Il criait sa raison, il se défendait autant qu’il le pouvait.
Sa mère, qui le fixait depuis le plafond, changea peu à peu de visage. Comme si sa tête était parcourue de centaines d’insectes. Une voix grave sortit de sa nouvelle bouche.

- Doucement, calmez-vous Sire.

Mais le Roi ne l’écoutait pas, ses pensées hantées par les propos de son père. Kaull rétorquait des injures à son paternel, et le visage d’un serviteur, qui remplaçait maintenant complètement celui de sa mère, parla de nouveau.

- Vos parents sont morts depuis plus de dix ans, mon Roi, je vous en prie, calmez-vous.

Quelque chose d’humide, froid, passa sur le front du souverain. Peu à peu, sa vision se clarifia.
La chambre ne brûlait plus, aucune trace de son père, de sa mère, ou de sa sœur. Il était dans le noir, allongé sur son lit. Un serviteur se tenait auprès de lui, tenant dans sa main un linge imbibé d’eau glaciale, qu’il appliquait délicatement sur ses joues et ses tempes. Le souffle du Roi était affolé. Jamais, jamais, il n’avait été aussi faible.
Une nouvelle douleur lui déchira le crâne, toujours plus forte, devenue impossible à endurer. Le suzerain ne trouva la force de se dresser contre elle.

Sa main se leva, s’attacha au col de son serviteur. Une main, tant de doigts, tant de rides, creusées, fendant. Il tira vers lui l’homme, qui, se laissa faire.

A son oreille, Kaull siffla.

- J’ai été, je suis, et je resterai, le plus grand Roi...

Ses yeux torturés par la terreur et la démesure, semblaient vouloir convaincre le serviteur, comme pour lui certifier, lui apprendre une vérité incontestable.

- J’ai été, je suis, et je resterai, le plus grand Roi que les mondes aient connus.

Et, sans se faire prier, le serviteur hocha la tête, répondant avec sincérité.

- C’est indéniable, mon Roi.

- Sire ? Tout va bien ?

- Répondez, Sire ?

- Sire ?

- S’il vous plait, dites quelque chose !

- Parlez-moi ! Sire ! Sire !

- Aller je vous en prie ! Sire ! Par pitié !

- Restez avec moi mon Roi ! A l’aide ! Vite ! Un médecin vite ! Vite !

Noir.

Et c’est ainsi, alors qu’une aube douce peignait le ciel, et que le chant d’une tourterelle fêtait la venue du soleil, que Kaull Hendenmark, le Roi le plus influent des trois mondes, mourut ; première victime de ce qui s’annonçait être l’épidémie la plus meurtrière de ce millénaire.
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Le Roi est mort

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