''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 L'ensorcelière et le dragon

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L'ensorcelière



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Race : Humaine ? On sait pas très bien... Normalement humaine, mais elle ressemble quand même a un crapaud fripé des fois
Classe : Sorcière
Métier : Préparer de la soupe
Groupe : Solitaire

Âge : On sait pas

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MessageSujet: L'ensorcelière et le dragon   Sam 29 Déc 2012 - 0:22

Quelque part au pied du pic le plus neigeux, dans une forêt obscure et dangereuse


Poussant les branches de côté avec sa canne pour se frayer un passage dans la partie dense de la forêt, elle avança doucement mais surement. Elle avait entendu un drôle de bruit dans les parages. Comme si quelque chose venait de percuté le sol. Arrivant enfin à bout de toutes ses feuilles, branches etc, elle découvrit ce dont les animaux parlaient. Ce n’était pas le simple humain qu’elle pensait y trouver, ni une créature inconnue… Elle ne comprenait pas ce que c’était.

Elle s’en approcha donc, jusqu’à pouvoir le toucher facilement avec sa canne. La chose avait clairement le physique d’un homme. Pas trop mal l’homme d’ailleurs. Elle essaya de bouger sa tête à coup de cannes. Puis finalement, non. Il n’était pas si beau que ça. Reculant d’un pas, elle se mit à tourner au tour du corps, tel Sherlock Holmes (ou Watson.. Au choix) pour l’examiner. Pas très propre le bonhomme, – mais qui l’était à cette époque, puis la jeunesse n’est plus ce qu’elle était – des crottes de nez en abondance, les bras et jambes dans de drôles de contorsions et de la bave un peu partout sur le menton.
Ne comprenant pas ce qui lui était arrivé, elle fit un plus grand tour. Histoire d’observer les environs maintenant. Rien. Elle décida donc de revenir vers le corps pour lui donner des coups de canne pour le réveiller. Toujours rien.

« C’est pas ce gamin qui va m’aider avec mon bois ! Ses lapins ont encore touché aux mauvais champignons… Ce n’est pas ce que j’appelle une créature féroce ! Un dragon… Voila une créature féroce… Pas une limace en son genre ! »

Mais ce que l’ensorcelière ne savait pas et ne saura jamais. C’est que cet homme était tout à fait normal hier. Un simple voyageur, perdu dans la forêt, comme tant d’autres avant lui. Seulement, lui, ça faisait déjà une semaine qu’il y était perdu. Et il avait faim ! Alors – quand il découvrit la cabane de la mamie (qui était comme d’habitude en vadrouille chez son amie du bois voisin… Ayant aussi laissé comme d’habitude sa « soupe » sur le feu) – il se jeta directement sur la marmite. Tout aurait dû lui indiqué de ne pas y toucher. La couleur de la soupe, son odeur répugnante, etc. Mais cet homme n’avait vraiment pas de chance. Il avait tellement faim que ça le rendait aveugle. Et ayant passé la nuit sous la pluie, il avait attrapé un rhume. Résultat : Un nez bouché. Ce qui expliquerait la masse de crottes de nez. Bref ! Il prit un bol de cette fameuse soupe et l’engloutit d’un trait. Ce qui le rendit complètement malade. Tellement malade qu’il en devint agressif, tel un chien enragé. Pire encore ! Il en perdit son esprit. La soupe l’avait rendu fou et mené à sa fin dans d’horribles souffrances. Petite moral de l’histoire : On ne touche pas à la soupe des autres. Et surtout pas dans des petites cabanes abandonnées dans les bois obscures de Feleth !

Pour en revenir à notre sorcière ! Ne se préoccupant guère du malheureux. Elle reprit son chemin vers sa cabane. Toute cette agitation l’avait fatigué. Et la fatigue ça lui donnait des rides plus profondes. Et dieu sait comme elle déteste les rides plus profondes. Puis, un corps humain, c’est bourré de vitamines pour les arbres et les herbes. Sa mort était une bonne chose, point à la ligne.
Marmonnant – je voulais dire « dans sa barbe », mais ce sera plutôt « dans son triple menton » - la mamie retraversa donc la forêt. N’oubliant pas – au passage – de sermonner les animaux qui lui avaient donné de fausses informations. Pour enfin arriver à sa petite maison. Ou plutôt, ce que devait être sa petite maison.

Sa petite maison, voyez-vous, n’avait rien de bien sophistiqué, mais elle était tout de même charmante, accueillante et surtout… Elle avait un toit. Avait – oui – parce que maintenant, il n’y a qu’un trou. Rentrant vite dans sa cabane pour examiner le drame, elle y trouva un nouveau corps.

« Décidément, ça pleut l'humain ces temps-ci ! »

Ayant lui aussi droit à une série de coup de canne, la mamie décida de le garder (petit chanceux, va !). Tout d’abord, parce que celui-là était encore vivante, mais surtout, il allait devoir réparer ca et elle n’avait pas à le transporter jusqu’à chez elle. Vu qu’il y était arrivé tout seul, comme un grand. Claquement de doigts pour faire sortir les débris par la porte, second claquement de doigts pour remettre tout a sa place, troisième claquement de doigt pour mettre cet « humain » dans un pseudo-lit et quatrième claquement de doigts… Ah non, trois ça suffit.
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MessageSujet: Re: L'ensorcelière et le dragon   Sam 29 Déc 2012 - 23:02

Dstvropraal Turycan

Les pics neigeux s'étendent à perte de vue, horizon de lignes obtuses, ciselées et planes qui découpent le ciel en zigzags incompréhensibles.
La blancheur des lieux y est encore plus déconcertante : immaculée, intacte, elle semble stagner ici depuis son premier flocon sans que personne, jamais, ne soit venu la tâcher de son emprunte.
Il faudrait effectuer un gros zoom en avant pour y desceller les petites traces de ses habitants...

… et surtout éviter de se laisser envoûter par l'air pur, absolument propre de toute odeur de vie et fait d'une austérité sans égal, qui invite au sommeil, qui semble parfois porter jusqu'au travers des cols de ces manteaux de roche les paroles de la nature la plus sauvage.

Il est bien difficile de trouver de la vie dans un tel lieu où le froid, la glace et les congères règnent en maîtres incontestables. Faunes et flores y sont recouverts de toutes parts lorsqu'il prend au vent l'envie de secouer le ciel d'une tempête de neige.

Pourtant, il est des aventuriers courageux, toujours, de tout temps, qui tentent de conquérir tous les horizons du monde et de s'en accaparer toutes les images. Les hauteurs des pics neigeux offrent un aperçu de ce que ressentiraient les Dieux, juchés quelque-part non loin de ces sommets, pour les petits peuples des montagnes en tout cas.

Comme pour toute guerre, pour parvenir à atteindre ces hauteurs inestimables, il faut prendre garde à se préparer. Armure d'acier et épée flamboyante ne sauraient être plus utiles qu'une fourrure épaisse, des bonnes bottes et surtout un flacon de liqueur : rien d'autre ne pourrait donner plus de chance de survie parmi le givre et ses prisons, à moins d'y être né, comme c'est le cas pour les bêtes qui s'y cachent.

Elles sont toutes équipées en adéquation avec leur terre natale, que ça soit d'un pelage blanc idéal pour se camoufler dans la vallée, de pattes adaptées à l'escalade des monts, d'ouïes fines pour écouter les glissements de terrain jusque dans les crevasses obscures ou encore d'ailes pour voyager en toute liberté dans le ciel...
Toute la faune des pics neigeux a un inventaire de propriétés desquelles il est bon de s'inspirer.

Par exemple, ce point noir, là-haut, qui plane subtilement au milieu du ciel blanc, les membres écartés en étoile et qui semble peser les appuis que lui offrent les engouffrements de l'air sous lui...
Il donne l'impression de nager au milieu des nuages, de profiter du temps qu'il lui reste avant de s'écraser au milieu du bois en-dessous de la corniche de laquelle il vient de se jeter sans peur ni crainte : il sait qu'il peut voler pour rattraper sa chute, alors il secoue ses antérieurs de haut en bas, tricote l'air de ses pattes arrières, cherche son équilibre avec toute son arrête dorsale...
Il s'agite dans tous les sens ; navigue de toute sa tête comme pour s'accrocher au vent filant, lutte contre la chute inévitable qui l'attend, bat encore plus vivement des membres...
Il sait qu'il peut voler, il l'a déjà fait avant.

Mais, cette fois-ci, les cimes pointues des conifères blancs dressés sous lui s'approchent un peu trop vite. Elles remontent vers son buste à une vitesse incroyable et, plus elles s'approchent, plus il se débat avec son propre corps. Il veut se donner l'impulsion, la force, la capacité de rebondir sur les courants du vent frais, froid, qui lui rosissent la peau.
Il veut voler.

Cependant, il est déjà trop tard pour lui : au moment même où il s'est jeté de la corniche, il lui était impossible de voler.
Il n'était pas équipé pour.


Il se prit toutes les branches, emporta toutes les aiguilles et toutes les pignes de tous les sapins présents sur sa trajectoire. Il visita pour la première fois ce bois dans toute sa longueur, un bref voyage qui ne ralentit que vainement la vitesse de sa chute.

Il aurait pu se croire sauvé lorsque les lignes droites des troncs nus remplacèrent les griffures des branchages, annonçant que le doux tapis poudreux de l'épaisse couche de neige finale se présenterait bientôt à lui et amortirait sa descente fulgurante.
Seulement, il n'eut pas droit à un tel final : à la place, il eut l'inestimable honneur de rencontrer l'épais toit de l'une des rares chaumières du coin.

Ses pupilles grands écarquillées sur son destin, il donna un ultime coup de bassin dans le vide, fit un tour complet sur lui-même et tenta chimériquement de se raccrocher à l'air... Il ouvrit plus grand les yeux lorsqu'il remarqua que ses pattes n'en étaient pas et qu'il avait des saucisses de chair à la place de ses griffes d'acier. Il voulut se les arracher d'un coup de croc mais le mouvement de sa tête l'emporta tout entier dans une nouvelle rotation qui lui remit le toit en face des pupilles.
Il remontait encore plus dangereusement à sa rencontre.

L'impact fut assez violent.
Les planches explosèrent sur son passage ; il passa au travers de la structure pourtant solide et l'emporta carrément avec lui jusqu'au plancher qui se trouvait non loin en-dessous.

Cette fois-ci, sa chute fut considérablement ralentie ; rien à voir avec l'aide procurée par les sapins.
Il se retrouva écrasé au sol, inconscient, sans même pouvoir grogner sa douleur, ni répondre plus tard aux coups de canne que lui donnerait la propriétaire des lieux.

C'était un drôle d'animal qui venait de s'inviter dans la chaumière de L'ensorcelière.
Pourtant né ici, dans les pics neigeux, il n'avait pas avec lui l'inventaire pourtant nécessaire à sa survie dans un milieu aussi hostile : pas de fourrure, pas de pattes musclées, pas d'ouïe fine et encore moins d'ailes.
Il était nu comme un ver, épinglé de partout par les épines des sapins, coiffé d'une touffe de cheveux sauvages et inutiles contre le froid... c'était un être humain tout ce qu'il y avait de plus anormal dans ce coin-là du monde.

Heureusement pour lui, L'ensorcelière l'était aussi.



Une odeur bizarre régnait dans l'unique pièce de la cahute. Une odeur qui ressemblait à... peu d'odeurs communes. C'était une espèce de mélange de toutes les odeurs rejetées par la nature, assaisonnées d'un bouillon de mauvaises plantes et d'un peu de vieille graisse cramée au fond d'une marmite, peut-être.

C'est cette odeur-là qui réveilla l'oiseau tombé du nid qui renifla bruyamment avant d'ouvrir enfin les yeux.
Cela faisait une bonne semaine qu'il n'avait pas donné signe de vie et le premier qu'il donna fut un genre de grognement raté, ou plutôt une imitation de grognement raté.

- Drrrghfrr...

Une fois que ses petits yeux à crochets s'ouvrirent sur l'environnement qui l'entourait, c'est-à-dire, pour l'essentiel instant, un toit, et qu'il comprit qu'il était allongé sur le dos en voyant le ciel au travers du trou qu'il avait fait la semaine passée, il joua de ses épaules pour se retourner sur le côté et récupérer une position qu'il préférait.
Il ne la récupéra jamais.

Enroulé dans une espèce de peau à petits poils, soit, une couverture, ses mouvements étaient restreints.
Commença alors une nouvelle lutte contre cette chose posée sur lui et qui l'enfermait. Tout humain normal aurait facilement trouvé le moyen de se découvrir d'une couverture de la sorte mais celui-là ne l'était pas, normal.

Il lutta donc comme un forcené à l'aide de ses jambes, tenta de mordre le tissu et, lorsqu'il parvint afin à le déloger à moitié, il essaya de nouveau de récupérer ses appuis.

Mais dans sa recherche, il remarqua que son environnement changeait de sens et se prolongeait derrière lui.
La tête toujours à l'envers, il profita de son nouveau point de vue, tirant sur son cou, tordant sa nuque pour observer les alentours inconnus...
Ils ne parurent pas lui plaire.

C'était pourtant une chaumière tout ce qu'il y avait de plus simple : une cheminée sans laquelle il n'aurait pas été possible de vivre, une table, une commode, deux fauteuils dont un avec une femme assise calmement-là en train de tricoter...
Il plissa les yeux et pencha un peu plus la tête pour mieux la voir.

Il suffit d'un geste à peine brusque de sa part, pourtant, pour faire sursauter le petit homme, qui, par ailleurs, retrouva tout de suite la solution à son problème de position. Il se tint alors sur ses quatre membres, comme un animal, et hurla sur la vieille comme une bête avant de se redresser, d'étendre ses bras, d'agiter ses coudes d'avant en arrière puis de se mettre à griffer le mur, qu'il sembla d'ailleurs essayer d'escalader pour atteindre le trou béant du plafond.

Il ne parvint à rien d'autre qu'à monter sur les meubles ou à se les prendre en pleine poire quand il ne parvenait pas à les faire tomber.
Il traversa la chaumière de long en large, fonçant d'un mur à l'autre, tournant, dérapant, chargeant, s'agrippant à rien, visant le plafond et renversant tout sur son passage maladroit et brutal. Il paraissait comme possédé par un esprit malveillant qui lui faisait jusqu'à même oublier les douleurs et cassures de son petit corps d'homme qui en auraient pourtant terrassé plus d'un.
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MessageSujet: Re: L'ensorcelière et le dragon   Dim 30 Déc 2012 - 21:14

Ce qu’il faut savoir sur la cabane de l’ensorcelière, c’est qu’elle n’est pas grande… du tout, et très très ancienne. Comme tout ce que notre mamie possède au passage. Une petite chaumière en bois avec sa petite cheminée, sa petite porte et sa petite fenêtre. Encerclées pas d’énormes arbres qui menaçaient de l’écraser un jour.
Quand on entre par sa petite porte on y trouve sur notre droite un lit contre un mur orné d’un tapis. A son pied, une grosse commode trop remplie (tout comme toutes les étagères accrochées aux murs, qui résistaient par miracle – ou magie ? – au poids de toutes ces choses inutiles que l’ensorcelière aimait garder). A votre gauche, par contre, vous aurez trouvé une petite table avec d’un côté une chaise et de l’autre un fauteuil. Et tout au fond de cette cabane, le feu ouvert, garni d’une grande marmite avec un deuxième fauteuil juste devant. Bref, la sorcière avait tout ce qui lui fallait dans son 9m².
Et j’avais presque oublié de mentionner son gros tapis brun (il était d’une autre couleur avant, mais on ne sait plus laquelle) dont elle est très très fière. Car ce n’est pas un tapis comme les autres. Non seulement il a la capacité de changer de couleur (oui bon, il est juste sale, mais chut), mais il vient d’un lieu lointain. Voir autre monde ! Un souvenir que la mamie a ramené d’un de ses nombreux voyages d’antan en quelque sorte.

Mais notre sorcière n’aimait pas que ce tapis. Elle aimait toutes ses bricoles. C’est pour cela qu’elle n’appréciait pas le comportement du gamin, à peine réveiller. Posant de côté son tricot sur la table, elle se leva et prit sa canne en main. Il avait beau être blessé et complètement perdu dans ce nouveau lieu. Il venait de casser son plus beau (horrible) vase qu’elle avait reçue de sa copine du bois voisin pour son 250ième anniversaire ! Ca elle s’en souvenait encore – même si elle se demande des fois ci ce n’est pas l’un ou l’autre code d’un sort de magie –, car son amie avait eu la bonne idée de l’écrire dessus. Si seulement elle y avait aussi noté son nom ! Maintenant toutes les deux ne s’en souvenaient plus. Bref ! Elle n’était pas contente. Et encore moins quand il commençait à griffer son beau tapis.

« Ecoute mon garcon. Si t’es encore là, c’est parce que t’as cassé mon toit et va devoir le réparer. Pas pour casser encore plus de choses. »

Le jeune s’arrêta en pleine course – un instant – pour la regarder bizarrement. Lui fit un espèce de sifflement/grognement et continua a tout détruire.
Il faut savoir que la sorcière avait essayé de collecter un peu d’informations sur son hôte parmi les animaux de la forêt. Était-ce un abruti qui s’était perdu dans la forêt, ou un habitant fou de la forêt même… Car quoi qu’il fût, il n’était pas normal. On ne tombait pas du ciel, nu ! Mais elle n’avait rien trouvé. Cet homme était un parfait inconnu. Oui, c’était l’expression exacte… Le jeune « était tombé du ciel… comme par magie ». Seulement, la magie aurait pu lui donner un peu d’habits quand même. Car la mamie n’avait que ses robes à offrir. Elle avait d’ailleurs essayé de lui en filer une, alors qu’il était assommé. Mais bizarrement, ses bras et jambes se mettaient en mouvement pour l’en empêcher. Alors qu’autrement il ne bougeait pas du tout. Ca devait être l’horrible odeur qui mettait son cerveau en mode contre-attaque, même endormi. Ce qui finalement était une bonne chose pour l’ensorcelière, vu comment il avait massacré sa couverture. Il aurait fait de même avec la robe.

« Décidément… Ce ne sont pas les plus intelligents qui sillonnent la forêt ces temps-ci. Un autre abruti hein… »

Bougeant l’un des fauteuils sur le côté pour se faire un peu de place, la vieille avança vers le milieu de sa chaumière, prit sa canne plus fermement en main, la monta au-dessus de sa tête et l’abattit sur la tête du jeune. Ça devait le calmer. Ou en tout cas attirer plus son attention vers elle, et donc moins vers ses précieuses affaires.
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MessageSujet: Re: L'ensorcelière et le dragon   Lun 31 Déc 2012 - 4:10

Sortir. Il voulait sortir. Il devait sortir de cette grotte aux odeurs repoussantes.
Sortir, n'importe comment, par ou à travers les murs, peu importait : il fallait qu'il sorte de là.

L'envie lui toquait dans la tête comme un marteau sur une enclume, lui faisant tout oublier, se répétant en boucle chaque fois qu'il faisait face à un nouveau mur.
Il ne lâchait pas son objectif des yeux pour autant ; il voyait ce trou béant dans le toit, il voulait l'atteindre, peu importe comment.

Cependant, les murs n'y mettaient pas vraiment du leur : ils se dérobaient sous ses ongles inutiles, si bien qu'il n'eut autre choix, au bout d'un moment, que de se mettre à escalader la commode.

Hélas ! Si cette fois-ci les étagères, vidées d'un coup de main mal assuré, lui permirent d'atteindre une hauteur plus importante, c'est son propre corps qui se mit à lui faire défaut.
Ses mains et ses pieds glissaient tendancieusement vers le vide chaque fois qu'il visait plus haut, l'obligeant à s'agripper, à se tordre, à forcer un peu plus sur le bois qui ne demandait qu'à se laisser tomber avec lui.

C'est ce qui manqua d'arriver d'ailleurs lorsque ses jambes dérapèrent encore, le faisant se ramasser lourdement pour la deuxième fois sur le plancher de cette pauvre chaumière.
La chute fut bien sûr moins importante, mais la façon qu'eut le meuble de tanguer d'avant en arrière assura un suspense au moins aussi intense.

Mais la boiserie tint bon et retrouva son équilibre, tout comme le jeune homme qui était déjà en train de se traîner ventre à terre, postérieur en et à l'air vers un autre côté de la pièce, pour finalement faire du surplace sur le tapis qui comblait la distance lorsqu'il essaya de faire volte-face.

Et pour cause de ces pitreries, il se déplaçait d'une drôle de façon : à quatre pattes, certes, mais ça n'était pas le plus bizarre.
Il utilisait ses bras en gardant ses coudes proches de son buste, comme si une membrane invisible les y collait, et patinait de ses jambes sur la pointe des pieds.
Il avançait courbé dans un angle de quarante-cinq degré, le menton à seulement quelques centimètres du sol quand il ne se le mangeait pas carrément.
Et avec tout ça, il gardait quand même sur son visage mal-formé un air profondément sérieux, profondément obstiné qu'il s'apprêtait sérieusement et obstinément à écraser bien profondément dans le mur qui lui faisait face.


Il fallut que L'ensorcelière se lève et parle pour l'arrêter dans sa course à la défiguration.
Au son de sa voix, il s'arrêta tout net, écarquilla les yeux et se redressa même un peu.
Il pencha subtilement la tête, comme un chien qui essaie de comprendre ce que lui raconte son maître.
En réalité, la présence de ce bout de chair venait tout juste de se rappeler à lui.
L'ensorcelière l'avait certes effrayé la première fois mais, dans sa course à la liberté, il en avait oublié son existence, sauf que cette fois-ci, en plus de vivre, elle faisait du bruit ! Des sons horribles qui vinrent lui assassiner les oreilles, d'ailleurs, auxquels il répondit en gémissant, tout en se penchant à nouveau vers le bas jusqu'à se cogner le menton.
Il secoua la tête comme pour faire sortir les notes dans ses orifices, raclant le tapis de ses orteils, bavant sur le vieux tissu encore plus sale alors.

Il poursuivit sa plainte gutturale faite de « iiii », de « rrr » et de « ggggnnnnn » incompréhensibles avant de retrouver un semblant de conscience et de se mettre à charger l'humaine, tête la première.

Il n'allait pas bien vite – il n'était jamais allé vite – puisque son corps n'était pas adapté à de tels mouvements en une telle position, si bien que L'ensorcelière eut aisément le temps de déplacer son fauteuil, de parler, de soulever sa canne au-dessus de sa propre tête et de l'abattre fortement sur celle du vermicelle qui se traînait vers elle, violemment, pile poil au moment adéquat.


Le bruit du bois sur l'os fut bref mais résonna longtemps dans la cavité dudit os, c'est-à-dire, la tête dudit vermicelle, qui dodelina complètement puis qui se redressa d'un coup, les yeux révulsés, pour se mettre à tanguer de tout son corps.

Il s'affaissa sur lui-même et resta agenouillé un long moment, le nez pointé en l'air, totalement étourdi. Quelques soubresauts, vaines tentatives de retrouver ses esprits, lui firent tendre les bras en V et jouer des coudes pour garder un semblant d'équilibre.

Puis, enfin, il cessa ses « grrrruhluuuuhuuuh... » ridicules et pitoyables pour secouer la tête violemment et reprendre appuis dans le monde. Il posa ses yeux de reptile sur L'ensorcelière, fit claquer sa langue dans sa bouche, avisa la distance qui le séparait de la vieille saucisse et bondit en avant... … ...pas assez en avant et pas réellement en avant non plus.

Il atterrit à côté d'elle et, pour ne pas perdre la face lorsqu'il se rendit compte que son corps n'avait pas exactement fait ce qu'il voulait, il se plia sur le côté, parut prendre une inspiration puisqu'il avait à présent la bouche grand ouverte, enfonça petit à petit sa tête dans ses épaules, sembla préparer une attaque aussi impressionnante que le souffle de feu d'un dragon... … ...et retendit la tête en direction de sa proie d'un coup.

Il ne se passa absolument rien. Rien de rien.
S'il fallait décrire ce qu'il se passait dans l'univers avant la conception des mondes, ce serait certainement la comparaison la plus probante.

Le jeune garçon garda pourtant cou tendu, gorge déployée et regard vitreux braqués sur L'ensorcelière sans que rien ne se produise jamais.
Il en sembla lui-même étonné puisque, après un bref tour presque gêné sur leur droite, ses pupilles glissèrent sur son nez dans l'espoir d'y voir sa propre gueule.

Ça non plus ça ne se produirait jamais mais il s'obstina à vouloir regarder ses lèvres, qu'il plia par-dessus ses gencives en en oubliant encore une fois l'existence de la trop bonne sorcière.
Et il l'oublia encore plus lorsqu'un bruit bizarre, pareil à un gargouillement d'estomac affamé, s'échappa des profondeurs de son être.
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MessageSujet: Re: L'ensorcelière et le dragon   Jeu 3 Jan 2013 - 23:20

Après une longue hésitation, l’ensorcelière décida enfin que cet homme était un abruti. Surement abandonné dans la forêt par ses parents quand il était gosse – ayant remarqués que leur fils arriéré leur était complètement inutile et ne faisait que bouffer une portion supplémentaire de blé… Ce qui n’était pas rien à l’époque – il a dû ensuite apprendre à vivre comme un animal dans ce bois obscur. D’où son langage un peu bestiale et l’absence de bonnes manières.

Ceci dit, l’ensorcelière s’en foutait pas mal. Humain ou animal, tous pouvaient être apprivoisés. L’un avec plus de coup de canne que d’autres… Mais ils finissent quand même par lui obéir. Et ce jeune homme venait de se prendre son premier coup sur la tête. Un coup techniquement très bien réalisé. La bonne vitesse, le bon angle, la bonne position, sans oublier l’excellente place, en plein milieu du crâne. Des années, voir siècles d’entrainement ! Mais cela n’avait en rien démoralisé l’abruti de service qui c’était à nouveau jeté sur la vieille… Non sans quelques gémissements bizarres qu’avaient suivi après le coup de canne.

On avait beau ne rien comprendre à ce que le gamin disait. On en comprenait encore moins ce qu’il essayait de faire. Car il avait beau se jeté vers la vieille… D’une façon ou d’une autre, il avait atterrit à côté. Alors que la distance qui les séparait… Était tout sauf grande. Mais ce n’était pas là le plus étrange ! Ce qu’il fit ensuite était encore plus inexplicable. Aux yeux des gens normaux, il ne faisait rien d’autre qu’allonger son cou et ouvrir sa bouche comme un mongole. L’ensorcelière savait mieux, il avait dû attraper une crampe au cou à force de faire le con. C’est ce qui arrive aux méchants enfants !

« Vient là gamin… Tu dois manger. Une bonne soupe aux champignons ! Ça va te faire un peu de muscle. Je suis sûre que tu n'as pas bu assez de lait quand t'étais petit. Mais ne t'inquiète pas, l'ensorcelière va bien te nourrir ! »

La sorcière – tout comme elle s’en foutait d’où il venait – s’en foutait de ses drôles d’actions. Le ventre du jeune l’avait trahi, il avait faim. Et comment ne pas partager sa bonne soupe, quand notre invité a faim ? Surtout qu'elle le trouvait ridiculement maigre et petit. Ca manquait de graisse tout ca. Pour se frayer un chemin dans sa petite cabane, la vieille enfonça sa canne dans les côtes du jeune à deux reprises. Histoire qu’il se déplace vers le côté. Lui donnant ainsi l’espace nécessaire pour accéder à sa marmite, comme par miracle non-renversée. Ce qu’on ne pouvait pas dire des bols à soupe qu’elle cherchait du regard dans tout ce bordel.

Un claquement de doigt pour tout remettre à sa place et un autre pour rapprocher son fauteuil sous ses fesses. Elle n’aimait pas rester debout trop longtemps. Ayant prit place à son aise, elle versa un bol pour le jeune et le posa par terre. Vu comme il restait tout le temps à quatre pattes. Elle n’attendait pas de lui à ce qu’il mange à table avec une cuillère. Finalement il pourrait bien lui servir comme animal de compagnie. Ça lui manquait un peu finalement… Un peu de compagnie d’une bestiole.

Mais la bestiole n’avait pas l’air de comprendre qu’elle devait manger sa soupe. Depuis la tantôt elle fixait son nez comme… Un abruti qui louchait. Bref, il se prit un nouveau coup sur la tête. Pas fort, juste histoire d’attirer son attention et lui montrer le bol qui l’attendait. Et qui l’attendra encore fort longtemps surement, vu que son odeur avait l’air de le dégouter.

« Mange mon enfant, il te faut des forces pour tout le boulot que j’ai pour toi ! Aller… Mange ! »

Elle lui sourit de toutes ses dents –pas qu’elle en ait beaucoup - tout en tenant sa canne au-dessus de sa tête. Histoire d’être préparé si 1) il essaye encore de l’attaquer et 2) ne veut pas manger sa bonne soupe. Parce que chez mamie on termine son assiette avant de quitter la table… Le sol.
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MessageSujet: Re: L'ensorcelière et le dragon   Lun 4 Fév 2013 - 21:57

La faim est universelle. Plantes, hommes, bêtes... elle touche tout ce qui ressent le besoin de vivre et de continuer à le faire.
Mêmes les idiots, les impotents, les êtres stupides et les black-listés des restaurants cinq étoiles qui ne sauraient faire la différence entre une galette de pain rassi récemment tombée dans le gravier et une petite assiettée de cookies maisons n'y échappent pas.
Ce jeune garçon n'y échappait pas non plus, même si on pouvait dans une large mesure représenter son processus de pensées par le signe « = ». Tu le vois = tu le manges. Tu as faim = tu le manges. Tu manges = tu le manges.
Tout n'était plus que du = tu le manges quand la faim s'en venait.

Quand il décida d'enfin cesser de loucher sur ses narines, c'est-à-dire environ quand L'ensorcelière lui mit un nouveau coup de canne sur le sommet du crâne, il baissa la tête au ras du sol et observa les alentours d'un air reptilien (en fait, il n'avait pas vraiment l'air reptilien, mais comme ses pupilles se révèlent remplies d'un iris en triangle, et comme on ne peut définitivement pas parler d'un air de triangle sans tomber directement dans les grands débats de la musique classique, on peut dire qu'il avait un air reptilien).
Impossible de savoir quel genre de pensées lui traversaient le crâne, si possibilité admise qu'il y en ait qui puissent le faire.
La vieille sorcière avait raison de conclure son diagnostic sur de l'abrutisme aiguë ; le comportement du garçon ne l'en ferait pas démentir, surtout pas s'il se mettait à ouvrir ses narines pointues en grand et à renifler le sol.

Il se heurtait à ce bon vieux signe « = » qui lui disait, en sommes : trouvé = tu le manges, mais pour trouvé = tu le manges, encore fallait-il trouver.

Tandis qu'il promenait son nez évasé et gonflé d'air sur les planches et leurs entremissures, une odeur particulièrement répugnante vint comme par magie s'infiltrer dans ses narines, lesquelles se rappelaient sans doute alors d'une délicieuse pitance à moitié pourrie/gelée/décomposée de son enfance, une espèce de charogne pré-mâchée qu'un animal lui aurait refourgué dans la bouche après l'avoir transporté des jours et des nuits dans sa dent creuse, un festin facile à attraper qui avait sommes toutes l'avantage de ne pas s'enfuir en courant ou en sautant lorsqu'il voyait un prédateur s'approcher.
C'est comme un prédateur, ou comme ce qu'aurait pu être un prédateur si la sélection naturelle avait privilégié les imbéciles, que le jeune garçon s'approcha du bol de soupe, menton à dix centimètres du sol et coudes arqués.
Il ne fit que deux pas – ou plutôt : un à quatre pattes – avant de s'étaler par terre d'un coup. Il sembla même cesser de respirer alors que les signes « = » se multipliaient dans sa tête et que la patience de L'ensorcelière atteignait ses limites.
Un nouveau coup de canne lui plongea la truffe dans la mixture qu'il prit un malin plaisir à laper plus qu'à manger et à renverser plus qu'à laper.

Il en ressortit du bol une tête maculée de confit d'herbe, les cils maquillés de gluant ; fin que l'on comprenait évidente, voire prévisible une fois qu'on avait aperçu les dents du garçon qui, à défaut d'être droites et bien ordonnées, eh bien... ne l'étaient pas. On ne pouvait même pas dire que sa dentition était l'exact inverse de la droiture, puisque l'exact inverse laissait entendre qu'on s'y était entendu pour le produire et qu'on avait fait attention à suivre certaines règles de géométrie. Cette dentition-là ne répondait à aucune règle, si ce n'est celles du Chaos et n'importe quel liquide pouvait s'en déverser d'à peu près où il voulait, à partir du moment où il n'avait pas peur de se séparer en quinze fois en des sinuosités tellement importantes qu'il aurait pu couler en arrière la moitié du temps tout en emportant avec lui quelques maladies.
Si cette dentition avait été une muraille, mieux valait ne pas être du côté de ceux qu'elle protégeait et encore moins de ceux qui voulaient passer par-dessus – ou au-dessous.

La soupe avait été mise à rude épreuve, donc, et le garçonnet n'avait pourtant pas encore essayé de la manger. Il ne semblait d'ailleurs pas compter s'y mettre un jour ; il était en train de secouer la tête dans tous les sens, tantôt de droite à gauche, tantôt de haut en bas, tout en expulsant les grumeaux rentrés dans son nez à grand coup d'expiration nasale.
Ce fut certainement l'éclaboussure de soupe de trop pour la vieille hôte, restée trop bonne jusque-là qui, d'une pincée de doigt experte de laquelle elle avait peut-être aussi oublié l'origine, attrapa l'oreille du polisson qui n'eut pas le temps de s'en rendre compte.
En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la porte de la chaumière éventrée se referma en claquant plus fort que le vent polaire sur une traînée de neige au bout de laquelle se tenait le popotin nu et la tête encastrée dans la neige du garçon.
Tout le monde sait pourtant que ça pue = ça craint.

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