''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Prélude, l'Automne des Mages

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MessageSujet: Prélude, l'Automne des Mages   Lun 4 Mar 2013 - 16:10

HRP:
 

La nuit commençait à peine à naître à travers les rares fenêtres de la Tour de Beolan. La nuit ; sombre instant où l'obscurité sortait vainqueur de son éternel combat contre la lumière du jour. Les étoiles commençaient à peine à jouer sur le ciel bleu sombre. Bien que le crépuscule soit déjà tombé, cela semblait ne s'être déroulé qu'il n'y a quelques instants, comme un doux rêve où on s'attend voir revenir le Soleil d'un moment à l'autre, comme si cette obscurité ne relevait que d'une sombre rêverie de votre part. Beolan ne semblait pas avoir remarqué que le jour s'en était allé, aussi malgré ce combat sempiternel qui se déroulait juste à coté d'eux, les mages ne s'arrêtaient pas pour autant de travailler. La cire des bougies allumées à la va-vite coulaient lentement sur les bougeoirs. Au fur et à mesures que les nombreux yeux parcouraient les lignes, le temps s'écoulait, la fatigue se répandait comme une boue noirâtre et désagréable envahissant lentement les corps, épuisant peu à peu les esprits. Les écritures mystiques des livres anciens semblaient alors perdre peu à peu leur sens. Pourtant, peut-être grâce aux bruits étouffés des dangereuses créatures qui formaient sa collection et ses invocations, Paul Del Singad, grand mage de la tour, puissant invocateur, étaient parfaitement réveillé, dans un état d'agitation et de fébrilité extrême. Il tenait entre ses mains une lettre qui semblait avoir parcouru un long chemin pour arriver si vite ici, selon toute vraisemblance de Madorass. Une réflexion profonde se lisait dans les ombres produites par les hésitations de la flamme à coté de lui. Enfin, après un long silence interrompu des soupirs animaux de ses créature, son visage se ferma. Il avait pris sa décision. Il se tendit vers une machine. Il était l'heure. Il se leva et respira longuement. Il savait que la décision qu'il avait prise aujourd'hui pouvait avoir de grandes répercussions mais il avait décidé de l'assumer car il lui semblait que ce choix était malheureusement le meilleur. Il quitta ses appartements, n'oubliant pas au passage d'activer les protection magiques, comme chaque qu'il les quittait. Autour de lui, les couloirs dans lesquels il avançait étaient vide. Tout le monde l'avait déjà précédé. Il était rare qu'il n'arrive pas en même temps que les autres, preuve du trouble qu'avait créé cette missive en lui. Il n'était pas le moins du monde perdu malgré les chemins étranges de la Tour où l'on pouvait monter en descendant un escalier où alors prendre toujours à droite sans tourner en rond. Enfin, il poussa les larges portes du réfectoire. Effectivement, presque tout le monde était déjà installé. Il continua jusqu'à la table surélevée ou mangeait le Triumvirat. Un regard sur les deux autres chaises, vides ; les deux autres triumvirs n'étaient pas arrivés. Mantis Darly était rarement régulièrement quand à l'heure où venir, préoccupée par ses expériences qu'elle était. Le Prophète, lui, diminuait significativement ses déplacements depuis quelques temps, cela était surement du à sa vieillesse. Son apprenti, celui qu'il louait à tous depuis quelques temps, lui apportait directement sa nourriture chez lui. Au lieu de s'assoir, comme tous l'attendaient, Paul resta debout et se tourna vers les nombreux autres mages de la Tour, attirant leur attention avec une onde sonore qui fit écho dans toute la salle. Les bavardages se turent presque immédiatement, alors qu'ils se tournaient vers lui. L'usage de ce sort pour attirer leur attention, prouvait à tous les sceptiques que la situation devait être réellement grave. Prenant son inspiration, le grand mage, seul, sur une estrade au dessus des autres, annonça :

« Chers habitants de la Tour, chers mages, vous qui avez dévoué votre vie à la recherche de la connaissance, de la puissance et de la réalité qui se cache derrière ce voile de brume si lié à notre monde, chers amis, je vous annonce que l'heure est grave ! Je viens à l'instant même de recevoir une lettre de notre capital, Madorass. Notre précieux roi est mort... »

Sa voix se tarit, coupée par la souffrance causée par l'audition de mots si graves prononcés ainsi à vois haute et par sa bouche. Paul Del Singad appréciait profondément le roi, et cela depuis longtemps. Ce que peu savaient, c'est que Paul avait été, il y a maintenant presque vingt ans déjà, l'un des professeurs de Kaull Hendenmark. Déjà à l'époque, il était impressionnant. Il n'avait pas seize ans qu'il dégageait déjà une réelle aura de noblesse qui allait bien au delà de son rang. Il avait déjà l'âme d'un roi. Bien que ces soit Paul le professeur, il pouvait avouer sans la moindre honte qu'il avait aussi beaucoup appris auprès de son élève. Il est vraiment fascinant et intelligent. Il excellait en tout et cela sans donner l'impression d'avoir à fournir quelque effort que ce soit. L'enseignement qu'il fourni ne dura que deux années mais durant celles-ci, il alla de découvertes en découvertes. Le temps passant, il avait toujours gardé un œil sur l'avancée de ce jeune prodige. Quand il apprit la fondation du parti, il le rejoint presque immédiatement. Il adhérait totalement aux idées défendues. Kaull était le seul à avoir vu cette démocratie antique et dépassée battre de l'aile et il était le seul à avoir agit contre ça. Il avait unis les peuples et pacifié le Royaume, et tout le long de cette évolution, Paul était là. Désormais, Feleth n'était qu'une terre de paix et de calme. Il ne restait maintenant que quelques petits meurtriers terrés à Venil, au loin, pour se prétendre de ce pitoyable régime aboli. Enfin c'est ce qu'il pensait jusque là mais il semblerait qu'il les ait sous-estimé, que ces bêtes aient finalement réussi à rouler l'esprit de ces gens pour que ce qui arrivait alors soit possible. Autour de lui, les chuchotement qui étaient montés à l'annoncé de cette nouvelle s'étaient de nouveau tus. Tous attendaient. Apparemment le Grand Mage était le premier à être au courant de cette triste nouvelle. Il reprit son souffle et quand il releva la tête, une lueur de rage pure et contrôlée brillait dans ses yeux.

« Un groupe de charognards armés se nommant les "Rebelles" ont profité de ce malheureux événement pour organiser un carnage à Venil. Nous devons agir, tous, en l'honneur du souvenir de notre roi. Venez avec moi là-vas pour combattre ces meurtriers qui se trompent eux-même. Nous nous rappellerons alors de ce jour où les puissants mages de Beolan ont entrés en guerr...
- NON !!! »

Cette voix surprit tout le monde et coupa Paul de son élan alors qu'il allait déclarer la guerre et mener la Tour à ce combat décisif qui aurait modifier le destin du monde tout entier. Inquiétés, les mages cherchaient des yeux l'origine de ces mots. Enfin, ils se fixèrent sur un très vieil homme, habillé de blanc, debout devant l’entrée. Son corps semblait n'être plus fait que d'os. Sa toge baillait désormais sur sa peau trop idée par le temps. Il se retenait à son bâton, épuisé par la marche qui l'avait mené au réfectoire. Certains le reconnurent et bientôt son nom se répandit dans la foule plus rapidement que le vent. C'était le Prophète. Il avait bien changé depuis le temps où il n'avait pas été vu. La décrépitude de son être était tout simplement affolante. Comment avait-il réussi à marcher jusque ici ? Bien qu'il soit un Grand Mage, peu étaient ceux qui le connaissaient. Il devait son rôle d'avantage à cause de la connaissance qu'il avait accumulés durant ses nombreuses années que par son influence. En effet, il avait toujours eu la réputation d'être un excentrique illuminé. Un rumeur disait que ses prédiction se révélaient toujours exacte, si exacte même que nombreux étaient ceux qui préféraient l'éviter par peur de leur destin. Il quittait bien rarement ses appartements ; même pour manger, il restait chez lui, avec son apprenti qu'il citait à tout bout de champs comme un génie qui avait une faculté totalement stupéfiante de mémorisation. Depuis quelque temps, il avait même totalement arrêté ses venues. On avait plutôt pensé que c'était par simple envie mais la réalité était autrement plus effrayante. La maladie avait creusé de profonds sillons sur sa personne. À vrai dire, même le Grand Mage Del Singad mit un peu de temps pour voir à qui il avait à faire. Peu à peu, l'impiété des paroles du Prophète s'insinuèrent lentement dans son esprit, dépassant l'effroi amené par la vision de ce corps défiguré.

« Quoi ?! Tu oses t'opposer au Royaume ! Tu refuses d'aller combattre pour notre bien à tous ? Que vaut ton rang si c'est pour rester empoussiéré et immobile dans ta Tour où tu ne peux avancer ? Réponds ! »

Une inimitié de longue date les reliait. Cela venait d'il y a si longtemps. À cette époque, Paul n'était pas encore un adulte, il avait à peine réussi à se faire admettre dans la Tour. Son rêve avait toujours été d'apprendre, de découvrir le plus possible. Il souhaitait tout connaître de ce monde. Un simple rencontre dans un couloir. Un vieil homme. C'était ce jour maudit que ce " Prophète " s'était mis en tête de lui parler de l'avenir. Son avenir. Cet avenir qu'il détestât tant. Qui était cet ancêtre pour déclarer de telles choses sur une personne. Paul avait toujours été attaché à la Tour mais ce jour-ci, il avait été à un pas de la quitter. Ce sourire moqueur alors qu'il annonçait des mots si horribles. Ce même expression que celle que le désormais Triumvir voyait s'inscrire sur ce visage parsemé de rides. Ce fossile s'était, par la suite, opposé à la moindre de ses réussites. Paul était devenu le symbole même de l'évolution, du mouvement du monde, contrairement à cet ennemis des premiers jours, immobile et sans actions. Aussi, pour cela, le choix de l'Archimage n'étonnait pas vraiment mais jamais personne n'aurait pensé qu'il le ferait aussi publiquement.
Le Grand Invocateur fit alors quelque chose que lui même regretta pendant le reste de sa vie : Il perdit le contrôle de sa rage. Ces souvenirs ranimés. Cette colère qui débordait. Il prit la décision de se débarrasser de cet adversaire, de cet ennemi, de cette source de froideur et de vice. Un cri et des guêpes-dragons apparurent. La foule eut des mouvement de recul. Ces créatures n'avaient plus été vu sur Feleth depuis longtemps. On les pensait terrées de les plus dangereuses profondeurs des marais. Elles foncèrent vers la silhouette qui semblait si amusée par le déroulement des choses. Paul entonna une Invocation majeure, le dernier présage de la destruction. Ces invocations, véritables armes de dévastation, étaient impossibles à maîtriser. Seul un fou s'y risquerait. Les formules avaient été cachées à la population depuis des siècles. Le Prophète était condamné, de même, surement, que tous les mages de cette salle. Face à un tel monstre, aucune chance n'existait. Pourtant, le vieux mage, imperturbable, un rictus amusé aux lèvres, levant son bâton, d'un blanche lumière aveuglante, détruisit sans le moindre mal ces monstres oubliés qui avaient été lancé à son encontre. Il se redressa, semblant reprendre toutes les années qui lui avait été enlevé. Personne n'aurait songé à cet instant, à la maladie qui les avait tant effrayé peu avant. Sa voix grave s'éleva, recouvrant les plaintes et les maux, envahissant la salle, se propageant en échos :

« Les mondes passent. Les empires passent. Mais nous demeurons. Inaltérables. En dépit de tout. Voilà notre vérité, le savoir n'a pas de maître et c'est à nous qu'il revient de lui faire traverser les âges. Cette guerre n'est pas la notre. La notre viendra bientôt. Que ferons-nous à ce moment-là si nous sommes tous morts dans une cité éloignée ? »

Cette réponse immobilisa le Grand Invocateur dans sa danse de mort. En lui, un dernier soupçon d'humanité et de doute se débattait. Et si …
L'Archimage aurait pu facilement le tuer d'un mouvement de bâton à cet instant. Il ne bougeait plus. Les yeux dans le vague. D'un simple sort, il aurait pu arrêter cette création mortifère. Il ne le fit pourtant pas, aussi figé que son adversaire. L'attente s'abattit sur la foule. Il n'y avait plus aucun mouvement. Le silence s'installa, assommant et profond. Tous étaient dans l'expectative.
La mélodie de deux projectiles magiques se répandit alors. On aurait dit la symphonie d'une harpe, simple et douce. L'un deux arracha sa baguette à Paul, le triumvir déchu, rompant le cercle de son appel vers les bas cercles des profondeurs du monde. Le second fit tomber l'arme de frêne du Vieil Archimage sur le sol. Une voix à la fois rauque et féminin plana dans la salle, surpassant durant un court instant le silence :

"Quand deux hérons mangent, l'un mange toujours plus que l'autre."

Comme une plume qui descend lentement, portée par le vent, Mantis Darly posa délicatement les pieds sur le sol, portée par une spirale de magie. Elle était vêtue d'un étrange vêtement de soie et sur son visage était inscrite son éternelle expression énigmatique. Paul se ressaisissant, se souvint de la raison de sa présence et vit en cette nouvelle arrivante la possibilité de faire valoir l'honneur dû au roi :

"Dame Darly, le roi est mort. À cause de cela, une révolte sanglante se prépare à Venil. Pensez aux vies innocentes qui sont en jeu là-bas. Nous devons aller les aider !
- À quoi sert de faire pousser des fleurs quand les papillons sont partis ? »

Mantis Darly avait toujours parler de manière aussi gnomique. Des rumeurs sans fondement disaient qu'elle avait décidé de parler ainsi pour que ceux qui injustement la dise stupide à cause de sa race, contemple l'étendue de leur vide intérieur. Que seules les personnes intelligentes pourraient désormais la comprendre. Enfin, cette particularités de langage n'avait jamais dérangé. Ses pouvoirs prouvaient à eux seuls, sa réelle valeur et tout le monde la respectait déjà pour cela. Paul Del Singad continua malgré tout d'insister. Un papillon bat des ailes au gré du vent après tout, et les fleurs continuent de pousser sans forcément avoir de jardinier.

« Mais !? Que faîtes-vous des vies qui seraient sacrifiées, s'ils n'ont personne pour les protéger. N'est-il pas de notre devoir d'être vivant de sauver ceux qui en ont besoin ?
- Et les citoyens de cette ville, quand la guerre viendra ici, que pensez-vous que sera leur sort ? La Tour a toujours eu comme unique rôle, l'étude de la magie et l'évolution de celle-ci. Nous ne sommes pas destinés à nous en détourner aujourd'hui. Nous continuerons d'avancer dans notre recherche. Nous n'avons rien à faire dans la politique ! »

L'invocateur restait néanmoins suspendu aux lèvres de Mantis Darly. De tous ici, elle était celle qui avait le plus de puissance. C'était elle qui avait décidé la création du Triumvirat à l'origine. Avant la mort du dernier Premier Mage, elle était, en effet, la Seconde Mage, douée naturellement de la magie. Tous les mages partiraient avec elle si elle le demandait. Ses yeux se remplirent de tendresse comme elle prononça finalement :

« L'oiseau est déjà parti ; il vole dans les prairies éternelles. Désormais l'Automne arrive. »

Le visage de Paul se décomposa. Il savait ce que cela voulait dire. Tout était terminé maintenant. Cela ne serait pas possible. Il baissa les bras, se laissant tomber sur une chaise, désespéré. Une larme solitaire coula sur la joue de Mantis Darly, uniquement hommage à ceux qui allaient mourir, là-bas, au loin. Ce simple symbole de tristesse descendit  lentement, puis tomba sur le sol. Le cœur du Grand Invocateur s'enflamma de nouveau. Non ! Ce n'était pas encore fini ! Il y avait encore une chance. La Tour était coupable. Elle osait pleurer alors qu'elle les avait elle-même condamnés !? Il se releva d'un coup, ôta sa bague de Triumvir, symbole de son pouvoir, et la jeta dans le puits central.

« Je me débarrasse de ce symbole ! À quoi cela sert-il d'être Triumvir, premier Mage, ou même empereur, si c'est pour laisser mourir des innocents sans même lever le petit doigt !? Aucun titre n'existe si c'est pour de telles atrocités ! Je vous l'affirme ! Je vous le crie ! Je partirais avec les soldats du roi, je les suivrais jusqu'à Venil, et là, je sauverais ceux qui le méritent. La Tour est une organisation puissante ! Inutile, si c'est pour rester à ne rien faire dans leurs ruines. Je quitte les Mages de Beolan, pour faire le bien en ce bas monde. Et ceux d'entre vous qui sont justes qui n'ont pas été corrompus par l'inaction me suivront ! »

D'un pas puissant et inébranlable, Paul Del Singad s'élança vers la grande porte du réfectoire et l'ouvrit entièrement, sortant, suivit d'un nombre de plus en plus grand de Mages. Une fois que cette armée fut partie, la Tour avait perdu le quart de ses effectifs. Ceux qui restaient regardaient la porte, immobile. Deux mages la refermèrent. Ils se mirent alors à manger, dans un came inhabituel à cet endroit si plein de vie les autres jours.
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Prélude, l'Automne des Mages

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