''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Abracadabra [La Niche de Chïra]

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Haesh Gwigan



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Race : Démon commun
Classe : On l'a ou on l'a pas ( Mage noir )
Métier : Inscrit au Pôle Feleth
Groupe : Les Agneaux

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Fiche de Personnage : Bouh.


MessageSujet: Abracadabra [La Niche de Chïra]   Lun 11 Mar 2013 - 18:15

Avez-vous déjà senti les embruns divins du soir glisser sur votre visage comme une caresse féminine, alambiquée et subtile, furtive et volatile, légère mais marquante? Qui vous laisse l'empreinte indélibile de sa tendresse mystérieuse et subreptice sur votre peau?

Eh bien moi non.

J'avais depuis longtemps oublié ces sensations tactiles, aussi futiles que le vent, que le tissu de mes vêtements, et c'est à peine si je sentais le propre toucher de mes doigts sur mon visage. Par contre, quand il était question d'une épée ou d'une hache, je préfèrais m'abstenir d'en découvrir l'effet. C'est en soupirant de nostalgie que je découvris Gwarod en train de ronger ce qu'il restait de mes sandales. Je le dégageai d'un coup de pied râleur, il me regarda avec ses yeux larmoyants, sa tête couleur craie déformée par un similis d'expression déçue. Je levai un doigt menaçant et il se redressa pour rejoindre ses camarades d'un air pénaud. J'observai mes acolytes.

Ils étaient tous comme moi, mis à part que leur âme n'appartenait pas à leur corps, pas plus que leur esprit. Ils étaient mûs par une volonté magique mystérieuse et très puissante. Ils étaient ma fierté, mes amis, et mon principal sujet d'inquiétude. En même temps, ils pouvaient être de parfaits crétins. Khalaat se disputait encore avec Bijou en le frappant avec une branche. Ce dernier avait saisi quelques rubis et améthystes dans la besace de l'avare, qui n'appréciait pas du tout, mais alors pas du tout, qu'on touche à ses petites trésors. Gorzak les regardait du coin de l'oeil, étonné que le nain ne tue pas son ami. Il en fit la remarque à Dorgmund qui se contenta d'hausser les épaules d'un air désintéressé. Ces deux-là étaient rivaux mais j'admirais la façon avec laquelle Gorzak essayait de resserrer leurs liens. Il devait avoir compris que dans la rivalité se cachait toujours une profonde amitié. Le bretteur se campait toujours dans son mutisme, et je me demandais ce qu'il pouvait bien penser de cela. Jay interpela Gwarod en l'aguichant de ses histoires lubriques. Le gourmet secoua vivement la tête comme un enfant, et alla fureter ailleurs à la recherche de quelque chose pour satisfaire son appétit insatiable.

« Bon, les gars, on va se remettre en route. Il y a l'air d'y avoir un manoir par là!, leur lançai-je, peu convaincu qu'ils daignent m'écouter.

Ils ne sentaient pas la fatigue, mais ils connaissaient parfaitement la lassitude. Et elle leur avait été familière durant ces derniers jours où nous n'avions fait que marcher, marcher, marcher...Nous étions toujours à la recherche du septième artefact vivant, et pour l'instant, aucun signe ne s'était présenté à nous. D'ordinaire, nous prêtions l'oreille aux rumeurs qui couraient dans les villages à propos de fantômes ou de créatures faméliques, c'est là que nous avions le plus de chance d'entendre ce qui nous intéressait. Seulement, depuis deux semaines, nous n'apprenions plus rien. Et cela commençait à les agacer. Je redoutais qu'ils ne veuillent rebrousser chemin pour retourner dans le Vein où ils se sentaient beaucoup plus à l'aise que dans le monde du milieu. Ainsi, ils ne furent pas très emballés à l'idée de reprendre notre progression harassante et inutile. Des manoirs, ils n'avaient vu que ça. Après tout, les manoirs, c'est toujours entouré de mystères qui enfouissent eux-même des secrets séculaires. Les manoirs, c'est sombre, c'est kitsch aussi. J'adorais ça personnellement.

J'emboitai résolument le pas, ils n'auraient pas d'autre choix que de me suivre. J'étais leur Berger, leur guide, et ils se sentaient toujours inexorablement attirés dans la direction que j'empruntais.

Au détour de la futaie, quelques minutes plus tard, nous débouchâmes dans la clairière qui s'ouvrait à l'entrée de la haute résidence. Au milieu de ce qui semblait être une barrière végétale, se découpait une vieille grille rouillée, usée par le temps. Gorzak se plaignit d'une épine dans le pied, et ils firent une pause en saisissant aussitôt un prétexte équivalent. Je soupirai pour moi-même, déçu de ne pas réussir à les motiver plus que cela. J'avançai vers la grille et posai ma main dessus. Je crus pendant un instant que les barreaux allaient partir en poussière sous mon toucher, la rouille avait fait son office et une pression dessus pourrait faire tomber le tout. Seul Bijou me rejoignit et jeta son regard par-delà la grille. Il resta songeur un instant, alors que je frôlai de ma main la cloison, puis il se tourna vers moi, l'air grave.

« Zesenkekchoslabamaispasdangreuseulmenintriganetsuspaicestpaunebatisscomlezotrevoitu. Daigenaimanlesecraivivdanetveulepaskondécouvreux. »

Khalaat recomptait les pierres de sa besace. Il était assez loin et n'avait pas pris attention à son ami qui s'était éloigné. Je fixai Bijou, partagé entre l'envie de lui poser une question et celle d'aller en parler au nain. Je dis enfin : « Je suis désolé, Bijou, mais je n'ai absolument rien compris à ce que tu as dit.

Il poussa un soupir dépité et repartit rejoindre les autres. Je haussai les épaules et me remit à mon inspection minutieuse. Il n'y avait pas de verrou, pas de chaîne pour la bloquer. Elle était surtout présente pour offrir un accès à un domaine caché, mais aussi pour marquer la frontière entre son territoire et le reste du monde. Je poussai la grille. Un long grincement métallique s'ensuivit, rompant le silence en mille morceaux crissants. Les Agneaux levèrent tous la tête et me regardèrent franchir la barrière à pas mesurés. Une longue allée parcheminée de feuilles mortes, placées là comme pour masquer le chemin, s'étalait devant moi et s'arrêtait net devant une volée de marches, que surplombait une porte en bois misérable. Une brise vint balayer le tapis automnal et une volute rousse s'envola avant de retomber un peu plus loin. Un murmure parvint à mes oreilles, subreptice et furtif mais quand je tendis à nouveau l'ouïe, je n'entendis plus rien. Je maudis mon imagination et progressai vers l'imposant manoir à la silhouette funeste et silencieuse.

Les cliquetis des tenues de mes acolytes me suivirent tandis que j'approchais lentement et prudemment de l'entrée. Je posai le pied sur la première marche, pris d'un étrange vertige, comme celui de violer une interdiction. Quelque chose en moi me tirait en arrière et me conseillait de rebrousser chemin. Et s'il s'agissait de ce qu'avait voulu me dire Bijou à l'instant? La cloison de la porte me faisait face silencieusement. Je jetai un coup d’œil par-dessus mon épaule et croisai le regard de Dorgmund. Les sourcils froncés, il ne pipait mot mais dans son regard, je lisais la même mise en garde que ma conscience me lançait en signal d'alerte. Gorzak avança de son pas lourd et bourru et toqua avec brusquerie à la porte. Je lui donnai une tape sur l'avant-bras mais c'était trop tard. Je repoussai le guerrier, qui fut entraîné en bas des marches par son ami bretteur.

« Ne faîtes pas un bruit ! S'il y a une quelconque magie latente ici, il ne vaut mieux pas la réveiller. »

Seulement Khalaat partit de son côté, soudain obnubilé par quelque chose. Je le rappelai à l'ordre d'un ton sec, mais il ne me répondit pas, continuant de longer le manoir jusqu'à son extrémité.

« Bijou, suis-le ! Ne le laisse pas trahir notre présence ! »

L'intéressé hocha la tête et rejoignit le nain de sa démarche particulière, les pieds dansant comme ceux d'une ballerine. Gorzak m'en voulait toujours de l'avoir poussé ainsi, et il grommelait entre ses dents. Je n'y prêtai pas attention, je savais pertinemment que ça lui passerait. Je reculai de quelques pas, et observai les murs de la bâtisse. Dorgmund regardait de son côté et Jay...Je tournai la tête de tous les côtés, le cœur ne faisant qu'un bond dans ma poitrine – ou du moins ce qu'il en restait.

« Jay? Jaaay? Mais où il est passé ce gredin?

-Il est peut-être parti aux latrines., s'enquit Gorzak, dans l'unique but de se moquer de moi.

« On part le chercher, venez. Bijou saura nous retrouver.

Nous partîmes du côté nord, avant de nous apercevoir qu'une autre petite masure avait poussé là, sans que nous ne l'ayons aperçu en arrivant. Jay avait-il été intrigué par ce bâtiment? Sans en avoir le cœur net, je guidai mes acolytes restants dans la zone. Je me retrouvai souvent dans cette situation où il n'y avait plus que les trois guerriers de la bande pour m'accompagner. Mais c'était un bienfait au final, ils savaient mieux se débrouiller que les autres. Gwarod tapotait son épaule de sa massue, Gorzak dégainait et rengainait ses haches, Dorgmund gardait un air impassible. Ils avaient tous leur façon de montrer leur inquiétude, y compris moi qui gardait l’œil aux aguets pour le moindre petit mouvement.
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Chïra Ovenstey

L'éclaireuse

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Métier : Voleuse // Eclaireur
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Âge : 25

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Fiche de Personnage : Clique sur les cornes!


MessageSujet: Re: Abracadabra [La Niche de Chïra]   Jeu 30 Mai 2013 - 21:01

C'était une petite dépendance qui ne payait pas de mine. Une niche accolée au manoir à peine assez grande pour accueillir une personne de façon durable, et pourtant la tieffeline y avait élu domicile. Loin du confort offert par la grande demeure qui abritait l'arcane, elle avait préféré l'aspect rudimentaire de la bicoque.
D'un tempérament indomptable, elle ne désirait pas faire office de chien de garde à l'humaine. Malgré les soins prodiguaient par cette dernière, elle la fuyait toujours autant et l'idée de cohabiter avec la jeune fille aux cheveux bleus lui hérissait le poil. Finalement cette cabane était un bon compromis, ainsi, la démone pouvait garder son indépendance, l'honneur était sauf !
C'était une vraie caverne d'Allibaba, ou elle avait méticuleusement rangée ses trésors de guerre qui cohabitaient avec un tas de babioles jonchant le sol. Chïra se contentait de peu, et pour seul confort trônait un hamac en plein milieu de la pièce exiguë.

Les babines de la démone tressaillaient trahissant son activité cérébrale nocturne. Dans un profond sommeil, elle rêvait certainement d'une courte poursuite dont elle était l'investigatrice. Elle galopait follement comme un étalon fougueux, talonnant sa proie sans relâche, les lèvres retroussaient elle allait fondre sur son dîner quand elle sentit comme une entrave. Sa queue venait certainement de se coincer dans la gueule d'un monstre, cette tragédie sonnait la fin de ce rêve pourtant si prometteur.
-GrummmBbhh
Les yeux écarquillés elle se réveilla nez à nez avec un intrus qui s'était emparé de sa queue.
Cette chose n'avait plus rien d'humain si ce n'est la forte odeur de pourriture qui s'en dégageait et son regard lubrique posé sur le membre emprisonné entre ses doigts. L'imprudent avait osé là où peu avait réussi. La maintenant fermement sous son emprise il tenta un pas en avant à la vue de sa cheville dénudée. Sa façon de se mouvait en disant long sur ses intentions peu charitables.
-MAIIIS QU EST CE QUE TU FAIIIIIIIIS ?
Beuglant comme elle savait si bien le faire, elle venait de proférer sa première et dernière menace, ce qui sembla lui faire ni chaud ni froid. Lentement mais sûrement la distance entre les deux êtres s'amoindrissait.
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Haesh Gwigan



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MessageSujet: Re: Abracadabra [La Niche de Chïra]   Jeu 25 Juil 2013 - 22:40

Gorzak se plaignait.

En fait, il se plaignait toujours pour tout et n'importe quoi. Il trainait les pieds derrière nous en maugréant alors que nous faisions méticuleusement le tour du périmètre. Le manoir était étendu sur un périmètre plutôt conséquent, et je ne pouvais que constater un certain ennui dans notre mission de reconnaissance/sauvetage. Nous suivions la longue paroi du manoir sur le côté nord en essayant de trouver les traces fraîches laissées par Bijou, et je commençais seulement à avoir la désagréable impression que nous faisions le tour sans cesse sans même nous en rendre compte. Je comprenais alors Gorzak.

Je jetai un oeil à Khalaat. Il arborait un large sourire évasif, lui donnait l'air d'un imbécile heureux qui venait de trouver un jouet cassé.

« Khalaat? C'est quoi ton plat préféré?

-Parure de saphirs certie d'un collier en or pur, incrusté de petits diamants, alliance en argent, bracelet entrelacé de bonne facture d'il y a cinquante ans... »

Je soupirai en me grattant de l'ongle ma joue sous ma bandelette de gaze. Il eût été curieux que Khalaat ne se souciait plus de la présence de Bijou. Après tout, ils étaient inséparables. Ils ne se quittaient jamais, même lorsque le danger nous pressait de nous disperser ou même lorsque l'un d'eux ressentait l'envie urgente de satisfaire un besoin naturel – bien que dans leur condition, il était impossible d'assouvrir quoique ce sont, mais nous, nous aimions penser que nous avions encore quelque chose de mortel. Le nain n'était pas affecté par la disparition de Bijou. Cela semblait même lui passer complètement au-dessus de la tête. Tout lui passait au-dessus de la tête dès qu'il procédait au comptage de ses trésors.

« Haesh, ça fait trois fois que j'vois ce buisson.

-Ils se ressemblent tous, Gorzak.

-Non, c'est pas vrai. Celui-là, il a plus de branches, et celui à côté, il y a deux jonquilles rouges, et l'autre encore à côté, il est plus grand. Donc tu vois, tu as tort. »

Je n'osai même pas relever la pique, bien qu'elle ait eu quelque chose de très irritant pour moi. Je détournai simplement le regard et dévisageai les fameux boussins d'un regard lointain. Au bout de quelques pas, je leur trouvais une ressemblance curieuse avec les visages des villageois de Solstice. Le boucher, le forgeron, le chasseur, le tanneur, et oh le ménestrel de l'auberge. Je secouai la tête en me rendant compte de la perversité de mon imagination – ou de ma folie, c'est au choix. Il fallait vraiment que mon esprit soit débilisé pour que je puisse envisager que des buissons anonymes puissent me faire penser à des portraits. J'adressai un regard de reproche à Gorzak qui ne put voir que je lui en voulais de m'abrutir avec ses idées, car je n'avais pas d'yeux.

Nous poursuivîmes notre marche incessante, toujours à la recherche d'indices sur les disparitions impromptues de nos deux amis et j'oubliai rapidement que j'avais vu des visages chez les tas de feuilles.

- - - [ Jay ] - - -

Ca sentait la femelle. Je ne pouvais m'y tromper. Ce musc infime et léger, qui réchauffait mes narines, m'incitait à fouiner du côté d'une petite dépendance en retrait par rapport à l'imposant manoir. J'y avançai en claudiquant à cause d'une jambe plus faible que l'autre, et je me plaisais à imaginer que j'étais comme un guerrier blessé. Porté par un élan de fierté fantasmagorique, je trébuchai alors dans ma précipitation contre une pierre dépassant du sol et m'effondrai de tout mon long dans l'herbe. Je tombai dans un bruit mou. La densité de la végétation m'avait amorti, mais la sensation de honte qui m'envahit me procura une douleur presque aussi vive que si ma poitrine avait heurté une aspérité rigide. Je restai dans cette position, inerte et impavide, le temps de m'assurer qu'il n'y eut aucun gloussement éventuel. Puis, une fois que je fus certain de ne plus rien craindre de fâcheux, je me redressai et ni une ni deux, je repris mon cheminement vers le bâtiment de pierres qui se découpait derrière un bosquet.

C'était un coin dans lequel j'aurai sans doute résidé si je n'avais pas daigné suivre les Agneaux. La bâtisse était en retrait dans la proprité, enfoncée dans une portion de forêt dont les branches se dardaient sinistrement pour gratter le toit de tuiles. Les ombres qui se détachaient des ramures pour s'allanguir sur la terre herbeuse semblaient garder jalousement l'enceinte de la maisonnette en leur sein. C'était réellement un joli coin. Du moins pour quelqu'un pour moi. Je m'approchais en trottinant, presque à quatre pattes, et alla m'accrocher au rebord de la fenêtre pour glisser un regard intrigué par l'ouverture. J'écarquillai les yeux. Il y avait bien là une demoiselle qui dormait là ! Recroquevillée comme un foetus dans ses couvertures en désordre, sa poitrine délicate se soulevait sous sa respiration paisible. Ses lèvres légèrement entrouvertes laissaient filtrer un souffle tout aussi serein. Le plus curieux était sans conteste les petits cornes qui dépassaient de ses cheveux bruns, mais d'un point de vue purement objectif, cela lui rajoutait beaucoup de charme...Et si j'allais les lui toucher...?

Je laissais mes pieds retoucher le sol et me glissai furtivement vers la porte d'entrée. D'une saccade sur la poignée, je m'aperçus qu'elle n'était pas fermée à clé. Alors je la poussai doucement en la retenant contre moi pour éviter le gémissement des gonds. Me baissant soudainement, je filai dans une arabesque féline vers le lit, et me dressai doucement tel un python sortant de son panier. Là, quelque chose me heurta le visage avec fulgurance mais je le saisis au vol par réflexe et tirai dessus. Quelle texture curieuse. Lorsque la demoiselle s'éveilla, je me rendis compte de mon énorme bavure. Ce n'était autre que son appendice ! Elle se mit à crier sur moi d'une voix suraigüe et je tentai de la calmer en tapotant ses jambes de mes mains, mais cela ne fit que la rendre plus hystérique encore. J'entrepris une retraite décisive du côté de la porte au cas où elle venait à me jeter quelque chose à la figure.

« Du calme, femelle, du calme, je te veux pas de mal! » lançai-je en forçant ma voix à prendre un ton rassurant. Je jetai un rapide coup d'oeil autour de moi, et autour d'elle. Elle cachait sûrement une arme quelque part. Ses yeux faisaient peur. Je pense que si elle avait dormi avec son épée, elle m'aurait fait perdre la tête – enfin, façon de parler.

« Je-m'a-ppe-lle Jay », articulai-je, en posant mes doigts sur ma poitrine. « Jay-Wy-cay-wyth. Et toi, tu t'appelles comment? »

Je ne sus si elle s'était calmée mais je voyais dans l'étincelle de ses yeux que je lui avais fait une peur bleue. Je crus bien que si quelqu'un osait me faire une telle chose, j'aurai déjà crié en bondissant de mon lit. La brise s'insinua par la porte entre-ouverte et m'incita à quitter cette charmante hutte. Mais j'attendais une réaction de la maîtresse des lieux. Elle était si affriolante...Je respirai rapidement mes aisselles, constatai que le musc qui en émanait n'avait vraiment plus rien de naturel et fit la moue. J’espérai qu'elle adore les mâles à l'odeur forte.[/justify]
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MessageSujet: Re: Abracadabra [La Niche de Chïra]   Lun 27 Jan 2014 - 22:39


La mort en personne venait lui rendre visite, elle avait imaginé quelque chose de plus spectaculaire, de plus clinquant. Elle s'était toujours attendu à voir un cavalier noir, ou quelque chose qui s'en rapprochait, mais pas à ça....Posant son regard sur l'affreuse chose qui avait fait irruption dans sa cabane, elle fut terriblement déçue qu'on lui envoie le modèle réduit. Lorgnant l'équipement de l'inconnu, elle vérifia avec quel instrument il était venu lui prendre la vie. Après avoir fait le tour du propriétaire elle ne vit aucune faux, ce qui l'intrigua fortement. Comptait il la tuer à mains nues ? Il lui faudrait être minutieux pour ne pas finir démembrer. D'ailleurs il lui manquait déjà un morceau de bras, pas sûr qu'une mise à mort puisse lui être bénéfique.

-Je vous préviens !!! Je ne vous suivrai pas ! Je ne vous croie pas !

Tenant fermement ses couvertures contre sa poitrine, la jeune femme tentait de se défendre contre le regard un peu trop curieux de l'inconnu, si l'on pouvait encore appeler ça un regard. Ses paupières paraissaient, comme tout le reste de son corps, ravagées par la maladie. La chaire autrefois présente laissait place à la gangrène. Habituée aux visions cauchemardesques elle du reconnaître qu'il établissait là un nouveau record. Ce dernier semblait heureux de sa trouvaille et ne prit nullement la fuite comme elle l’eut espéré. Les deux êtres du Vein se faisaient face, sans qu'aucun d'eux ne passe à l'action. Tous deux attendaient, mais attendaient quoi ? Du bout des doigts, elle tâtonna le tabouret qui faisait office de table de nuit sans pour autant le lâcher du regard.

**CHPONG**

Son dernier espoir venait de s'écraser au sol, et la petite lame gisait maintenant à égal distance entre les deux démons. Leurs regards se croisèrent un instant, et oubliant tout concept de prudence elle se lança en avant tête la première. Posant la première ses doigts fins sur l'arme, elle s'en saisit avant de le tenir en joue. Établissant, ce qu'elle considérait comme un périmètre de sécurité, elle s’efforça de le tenir à distance.

-Vous connaissez forcément mon nom...Que faites vous là … ? Vous venez me tuer...... ? C'est l'heure …. ? Je vous en prie.....je suis encore jeune..... Vous ne pouvez pas venir pour moi....pas maintenant......

En soi, la présence de la mort en ces lieux n'était pas si étonnante, néanmoins il y a avait des façons de se présenter et elle était prête à les lui expliquer à sa manière... Avançant lentement, elle dardait sa lame vers l'inconnu, oubliant quelque peu sa tenue légère. A cet instant elle remercia la fraîcheur des nuits qui l'avait poussé à se vêtir. La situation en main, elle en profita pour faire le tour de cet être repoussant. Telle une hyène, elle inspectait cette chose au physique atypique.
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Haesh Gwigan



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MessageSujet: Re: Abracadabra [La Niche de Chïra]   Mar 4 Mar 2014 - 11:39

- - - [ Jay ] - - -

Elle n'était pas ce qu'on pourrait appeler docile. Elle était même plutôt farouche. Et les dieux seuls savaient à quel point les femmes farouches m'excitaient. Sa tignasse emmêlée par son sommeil, ses vêtements froissés, tout ça lui donnait une allure débauchée et en même temps, si innocente. Ma main triturait déjà sous mon pagne...sans réellement rencontrer quoique ce soit de ferme. Ah, terrible malédiction.

À tâtons, elle tendit le bras vers sa table de nuit mais dans son affolement, elle fit tomber le petit tas posé dessus et une dague se déroba pour se glisser entre nos deux personnes. Il y eut un instant de flottement pendant lequel j'admirai la lame étincelante, qui me rendit son gentil éclat argenté avant que la cornue presque nue ne se jette dessus comme une tigresse pour la brandir vers moi. Je levai aussitôt les mains par réflexe, ne prenant que le temps d'une seconde pour évacuer une boulette de poussière sur mon épaule, puis restai immobile et muet. Puis incrédule, je baissai les bras en haussant les épaules.

« Mais d'abord ...Comment je pourrais connaître votre nom alors que c'est la première fois qu'on se rencontre ? » J'avançai vers elle en tendant la main. «  Au fait, moi c'est Jay...Ah mais je vous l'avais déjà dit, suis-je bête. Quel est votre nom à vous ? » 

Mais devant son expression méfiante et mal assurée, je préférai reculer de quelques pas, restant près du mur. « Je ...je ne mange pas, je vous assure. Bien au contraire, vous...je vous trouve très appétissante, si vous voyez ce que je veux dire. »

Peut-être que la courtiser la calmerait aussitôt et ferait aussitôt éclater au grand jour mes pensées si pures. Je jetai un œil autour de moi et cherchai quelque chose à dire, quelque chose qui pourrait enclencher une conversation et plus si affinités. Au final, après une rapide évaluation de mes moyens, je décidai d'y aller franchement.

« Pour être sincère, je vous trouve fraîche comme la rosée, comme la délicate rose qui s'épanouit au matin, les pétales tournées vers le soleil indulgent du matin ! », enchaînai-je aussitôt.

La maîtrise des vers ne m'avait pas complètement échappé durant ces derniers siècles. Galvanisé par ma propre prestation lyrique, je poursuivis sur le même thème.

« Votre parfum ne fait que rajouter à votre charme la saveur frugale du miel tout juste sorti de son pot. Votre appendice caudal est la chose la plus... » L'inspiration était toujours très capricieuse pour un poète. Mais pour un vrai poète tel que moi, aucune syntaxe ne me résistait. « ...longue que j'ai jamais vu ! »

Pris de hardiesse, je risquai un pas en avant. Je la sentais soudainement plus réceptiove, et elle semblait baisser sa garde. « Laissez-moi vous conter ces vers, laissez-moi cette chose, mais avant tout...Arrangeons le terreau de notre union et permettez-moi d'y planter ma graine ! »

Je me ruai alors sur elle sans me soucier de l'arme braquée sur moi, et voulut l'étreindre mais mon élan m'emporta avec la femme dans les draps. Alors je portai mes lèvres à sa joue et sortit la langue pour lui transmettre toute mon affection. Je ne pouvais plus tenir.

- - - [Eowedrihilek] - - -
Je m'étais retourné quelques secondes, quelques minables secondes, et ils avaient tous disparu, tous, même Khalaat. Le lâche. Que s'était-il passé ? Avaient-ils tous vu une souris ? Ce manoir leur faisait-il donc peur ? C'était risible, tellement risible. C'était même trop risible. J'en riais intérieurement d'ailleurs. Toujours ricanant sous barbe, d'une allure haute et satisfaite, j'entrepris moi-même de faire l'exploration de ce lieu fort curieux.

Si c'était un hasard que de l'avoir découvert, alors le Destin était très généreux. Je sentais une aura qui entourait non seulement les murs mais qui les imbibait, qui les imprégnait en fournissant une sorte de protection visuelle. La première pensée que nous avions tous partagé au premier abord était  qu'on ne pouvait pas garder l’œil sur l'enceinte plus de quelques secondes, on se sentait dès lors préoccupé par autre chose qui nous semblait plus important. Je hochai la tête avec un mélange d'admiration et de circonspection. C'était de la bonne magie, une magie maline.

Un bruissement dans le fourré attira mon attention. Ajustant mon turban sur ma tête, j'allai à la rencontre de l'étranger qui se cachait à mes yeux. Je n'eus pas besoin de me glisser furtivement jusqu'au petit bosquet car la chose tapie dans les ombres sortit bientôt son museau. C'était un tout petit animal gris, à la queue rosâtre, timide mais pas réellement méfiant. Je tendis la main en faisant un petit bruit des lèvres et la souris grimpa sur ma main, me fixa de ses petits yeux noirs et escalada sans crainte mon bras jusqu'à mon épaule.

« Envlaunejentilesouwis. », lui dis-je en passant mon doigt desséché sur ses poils courts.

Je me redressai et me remit en marche avec mon nouvel animal de compagnie. Au détour du manoir, un immense jardin me fit face, avec nombre de haies sordides, mises en valeur par des sculptures végétales représentant ours ou autres fauves. La souris émit un couinement que j'entendis à peine. Une bâtisse curieuse se détachait du reste, une petite masure de bois et de brique blanche. Je m'arrêtai devant comme pour imprimer le décor dans ma mémoire. L'ensemble du tableau me semblait presque sorti d'un autre monde. La petite cabane aux couleurs brunes se découpait de la verdure environnante, formant un contraste en relief avec la forêt hirsute qui se dressait derrière la propriété.

Je jetai un œil à la souris dont le museau ne cessait de frémir. Elle était vraiment intrigante, et je ressentais un vague attachement à cet animal à l'allure fragile et paisible. Je lui donnai le doigt qu'il mordilla avec scepticisme pendant que je gagnai la cabane. La porte était entrebâillée, ce qui souleva mon étonnement et j'hésitai quant à m'y approcher ou faire demi-tour. Mes pas me guidèrent eux-même, la curiosité l'emportant sur tout, et, passé le parvis, j'y découvris une scène assez incongrue dans laquelle mon ami Jay était étalé sur une femme, sur un lit, essayant sans doute de forniquer impunément. Je ne pouvais qu'agir avant qu'il ne commette l'irréparable.

Je le saisis par les épaules et le tirai en arrière, mais son étreinte était telle qu'ils vinrent tous les deux contre moi et nous nous retrouvâmes jambes par-dessus les bras. Je le réprimandai à grands cris mais ce faquin était en pâmoison complète. Ce simple contact avec cette femelle avait suffit à le rendre définitivement fou.

« Awêtoujteretiweutaculot ! », piaillai-je en saisissant ses poignets. Il n'avait pas besoin de se débattre pour se débarrasser de moi. Sa force était déjà telle que j'étais impuissant. Je ne l'avais jamais vu dans un tel état, et je me demandais comment Haesh aurait réagi en cet instant. Sans doute avec un coup de bâton sur le crâne.

Rapidement, je cherchais de quoi l'assommer mais son coude rencontra brutalement la crevasse vide de mon nez et je vis tout noir.

- - - [Haesh] - - -

«  Vous avez entendu ? », fis-je soudainement en leur faisant signe de se taire.

Seul le silence et un vague écho nous répondîmes avec indifférence.

« Ton crâne n'est pas si vide que ça. Il est rempli de sons. », piaffa Gorzak avec philosophie.
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MessageSujet: Re: Abracadabra [La Niche de Chïra]   Jeu 3 Avr 2014 - 11:23

Prise au piège, la créature adopta un comportement agressif et se mit à claquer des dents dans le vide. Après un long feulement de protestation, elle lui glissa son prénom.

-Chhhhhïraaa

Chose rare pour un homme, il commençait à lui compter fleurette. Perplexe, la jeune fille resta pantoise devant ce flot de paroles. Les sourcils froncés, elle butta sur certains mots qui lui étaient encore inconnus et cru naïvement à quelques insultes bien rodées. Loin de la subjuguer, ces quelques vers eurent l'effet inverse.

-Je ne suis pas une caudale !

En voilà des manières. Il n'était pas question quelle se laisse traiter de caudale de surcroît dans sa tanière. Certes, sa tenue n'était pas des plus habillée, mais de là à insinuer qu'elle était une caudale il y avait un pas ! Et qui plus est un pas de géant !
Estomaquée, la tieffeline ne le vit pas venir. En un rien de temps elle se retrouva les quatre fers en l'air, écrasée sous le poids du cadavre. Dans sa chute, elle perdit son arme, dernier rempart entre elle et son agresseur.

-LACHEZ MOIIIII !!!

Surprise, elle se débattait comme un diable, alors qu'elle sentait une filet de bave coulait le long de son cou. Son visage se crispa, laissant place à une mine dégoûtée. L’intrus venait d'entreprendre une parade nuptiale des plus curieuses et des plus gluantes. Le contact avec sa peau était tout simplement répugnant. Son souffle chaud partait à la découverte de ses oreilles lui donnant un haut le cœur. L'estomac en vrac, elle eut du mal à le repousser, d'autant plus, que pour un être nettement réduit il n'en restait pas moins une force de la nature. Sa langue parcourait dangereusement l'intégralité de sa joue droite alors qu'elle arrivait à reprendre le dessus. A califourchon sur le démon, elle en profita pour essuyer son minois avant de rouler sur le côté. Le bougre semblait retrouver la vie dans ce simulacre de baiser. La petite pièce avait du mal à contenir les deux êtres qui dans leur élan se cognaient contre le mobilier. Ne formant plus qu'une vaste boule de draps, elle senti la présence d'un autre homme. Effectivement, un nouvel inconnu s'était introduit dans sa cabane et tentait vainement de les séparer. A ce rythme la maisonnette allait dégorgée. Profitant néanmoins de cette venue inattendue, la tieffeline parvint à s'extirper de son étreinte. Debout sur ses deux jambes, elle attrapa à la volée son tabouret en bois et darda les pieds en direction des deux inconnus.

-Le premier qui bouge je le frappe, caudale ou non ! Comment êtes vous parvenus jusqu'ici... ? Y 'en a d'autres des....des.....

Comment pouvait on les appeler ? Des démons ? Ils n'en avaient que l'odeur. Des cadavres ? Cela n'existait pas les morts vivants.

-...comme vous ? Maintenant vous allez sortir de chez moi....alors attrape ton camarade...doucement !

Une goutte de sueur perla sur son front. Munie de son tabouret, elle les chassa de la cabane tel un dompteur. Craignant que d'autres vermisseaux puissent traîner dans les parages, elle pensa subitement à l'humaine, elle pouvait être en danger. N'écoutant que sa bravoure -et surtout son estomac qui n'allait pas se remplir tout seul-, l'éclaireuse menaça le personnage répondant au nom de jay.

-Toute la vérité rien que la vérité ou tu finiras six pieds sous terre....et crois moi... pas en un seul morceau....
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