''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]

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Tolfran Taun

Fens

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Race : Humain
Classe : Barbare
Métier : Ancien lanceur de haches
Croyances : Dieu des songes
Groupe : Solitaires

Âge : 49 ans

Messages : 23

Fiche de Personnage : Comment naît un monstre


MessageSujet: Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]   Ven 31 Mai 2013 - 13:38

Tolfran connaissait bien la région, de part sa vie nomade. Les escales habituelles se succédaient depuis plus de deux mois.
Ce jour là, pour changer de la routine, le malade avait pris la décision de se diriger vers un village qui lui était encore inconnu. Suivant le sentier, suivant son instinct, son sens de l'orientation. Par conséquent, comme tout homme qui se respecte, il s'était vaillamment perdu, n'ayant pas pris la précaution de se donner un véritable itinéraire.

C'est pourquoi le Taun s'arrêtait, ici, sur cette petite colline, mettait la main sur son front suant, cachant ainsi le faible soleil des saisons froides, pour tenter de repérer une âme généreuse, qui aurait pu lui indiquer le chemin. Car l'orgueil de l'homme âgé a ses limites, tout comme ses capacités physiques.

Un sourire monta sur les lèvres de Tolfran. Juste là, un fermier promenait ses chèvres. Il fallait l'interpeller, et donc, marcher vite. Ce que le brave géant, armé d'un bâton de marche arraché à un arbre le matin même, fit.

- Putain, Fens, ralentit l'allure merde, j'en peux plus là. Déjà que tu te perds, et que tu es con, en plus il faut que tu me fasses courir !

Cette voix grossière, derrière lui, venait de Xoss. Son hallucination ambulante, qui le suivait partout. Xoss était généralement de taille normale, les cheveux blonds et les yeux noirs. Assez bruyant, il passait son temps à hurler et à donner des ordres à Tolfran, lui incitant à tuer. Bien entendu, personne à part le malade ne pouvait voir et entendre cet être ignoble, pure création de l'esprit.

Tolfran, après deux ans de vie avec ce personnage à ses côtés, arrivait assez bien à l'ignorer. Il ne suivait ses ordres qu'au moment où il les trouvait légitimes. Pensant que les ordres légitimes de cet individus lui venaient directement du Dieu des songes.

Il marchait, donc, vite, et arriva sans trop de difficulté au niveau du paysan, qui l'avait vu venir de loin. Contrairement à beaucoup de gens, et au grand bonheur du géant, le fermier ne semblait pas faire attention aux malformations du malade. Il se contentait de le regarder, sans avoir l'air enthousiaste, ni le contraire, attendant la question.
Une voix grave, coupée par un souffle saccadé, sortit de la gorge.

- Bonjour, mon bon monsieur. Pardonnez-moi de vous déranger..

- Bordel de merde, Fens, arrête de lui dire "pardonnez-moi" et tue-le. Tu vas pas me dire que t'es juste venu le voir pour lui dire "pardonnez-moi" ! Tue-le.

- Mais en réalité, je me suis perdu. Je suis un voyageur, et...

- Tue-le, tue-le, tue-le ! Regarde sa tête, il est moche, il est pas symétrique ! Aller, une belle diagonale pour arranger tout ça !

- Je souhaiterai me rendre à un village nommé Carel-Döol.

- Aller tue-le, on s'en fout de Carel-Truc. Tu dors par terre à côté du cadavre, tu le bouffes si t'as faim.

- Carel-Döol ? Ouais j'connais, tu t'es pas paumé mon gars, c'est tout droit d'vant toi. Aies confiance en toi mon grand.

- Tu vois ? Il l'admet lui-même qu'il ne te sert à rien, il t'incite à le buter, ça se lit dans son regard de gros con de la campagne.

Xoss se mettait devant le paysan, tournant autour, montrant ses yeux avec ses doigts, cachant bien souvent une partie, voire l'entièreté du visage de son interlocuteur à Tolfran. Ce dernier essayait de faire de son mieux pour garder son regard dans les yeux du fermier, c'était vraiment difficile.

- Très bien, merci beaucoup, j'y vais de ce pas dans ce cas. Combien de temps de marche me reste-il ?

- Ho, t'y s'ras dans l'après midi, pas de doute ! Bon voyage !

- Merci, vous de même.

Et le pied de Tolfran se leva, et il se posa. Il reprit un rythme de marche plus lent, pour ne pas trop se dépenser, faisant un signe de main en direction du fermier, qui s'en allait vers la gauche. Xoss mima Tolfran en agitant excessivement, et ironiquement, son bras.

- Merci, gnagna, vous de même, gnagna. T'as pas plus ridicule Fens ? T'as pas plus débile et inutile ? T'es qui toi, une merde qui passe son temps à perdre son temps ? SON TEMPS QUE LE DIEU DES SONGES LUI OFFRE ?!

Ça y est, il avait hurlé, cela faisait longtemps.

- Tu pouvais sauver cet homme, tu pouvais le libérer ! Minable !

Les doigts du géant tremblaient sur son bâton, mais son regard restait fixe, vers l'horizon.

Un peu plus tard, alors que le soleil allait bientôt se coucher, le Taun arrivait à destination. Un petit groupement d'habitations de bois, séparé par un ruisseau clair et calme. Il y avait trop peu d'habitants pour que du bruit et des fortes odeurs ne s'échappe de la place du marché, mais suffisamment pour qu'il y existe un commerce, un lieu de culte destiné au Dieu du Solstice, et une auberge.

- Bienvenue à Carel-Döol !

Avait scandé l'aubergiste, lorsque l'imposante masse de Tolfran s'était penchée pour passer la porte. De nombreux regards intrigués se tournaient vers le malade. Le physique peu commun de ce dernier ne passait pas inaperçu.

- Pfff, bienvenue ? Ta gueule pour voir ? Une hache dans la tête ça te tente, ou tu préfères la fermer ? A toi de voir mon gars, je te donne le choix hein, tu te décides quand tu veux, prend bien ton temps surtout.

- Merci beaucoup pour cet accueil. Je désirerai une chambre pour la nuit.

- Bien entendu monsieur !

Suite à la réservation de son lit, le géant, curieux d'en découvrir davantage sur ces nouveaux lieux, sortit à nouveau dans les rues. Une petite musique s'échappait d'un violon, des gens parlaient, d'autres dansaient. L'air frais, les arbres.
Avec le sourire aux lèvres, l'homme difforme s'engagea dans une ruelle sombre, désirant profiter du silence et de la beauté des bâtiments.

Ne sachant pas, à ce moment là, que cette ruelle lui réservait une rencontre peu commune.
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Seïren Nephtys

Les Songes Hurleurs.

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Métier : Aucun
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Groupe : Solitaires

Âge : 20 ans

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Fiche de Personnage :
Songe de sombre.


MessageSujet: Re: Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]   Dim 9 Juin 2013 - 15:04

Terrible.

Elles sonnaient. Les cloches, lointaines. Étranges. Elles sonnaient. Leur mélodie résonnait dans la coque de cuivre, qui se balançait au rythme de la corde, que tirait l'homme inconnu de tous. Le sonneur. Il était toujours caché, au sommet de sa tour, les mains saignées, irritées par la corde. Les cloches sonnaient, lointaines, dans le crâne de Seïren. Terrible. Leur mélodie de carnage envahissait son corps aux tissus sans chaleur. Les cloches sonnaient, et dans ce même temps, le soleil repartait derrière ses montagnes. Et derrière ce crépuscule frais, sa silhouette géante se tenait droite, scrutant l'horizon, ses bras de géante le long du corps. Elle était toujours là, quelque part. Maintenant qu'elle avait adopté une forme humaine, elle était terrifiante. Encore plus qu'avant. Parfois, elle se tournait vers Seïren, de ses yeux maléfiques, de son sourire insolent, et provocateur. Ses cheveux noirs tombaient sur ses épaules, faisant presque briller sa peau d'albâtre. Ses lèvres, entières, tendres, resplendissaient d'un carmin parfait. Et ce sourire. Ce sourire monstrueux, ses lèvres semblaient vomir tant d'atrocités. Elle vomissait continuellement sa haine et son démon intérieur. Seïren lui donnait tout. Son cœur, son corps, ses peines, sa joie de fantôme. Terrible.

Les cloches sonnaient toujours, et Seïren ouvrit les yeux. Il faisait sombre désormais, mais pas assez pour que le noir prenne entièrement possession des lieux. Plus loin, elle discernait un village, un petit endroit où brillait plusieurs torches, dont certaines qui se mouvaient dans les angles des rues. Il n'y avait pas de cloché là-bas. Les cloches sonnaient, bien plus loin, faisant battre le corps de la géante, qui lui souriait toujours. Terrible.

Une silhouette avançait dans le sombre. Un homme, une femme, peu importait. Plus elle approchait, plus les cloches se rapprochaient. Assourdissantes, envahissant son esprit d'un bruit sourd et continu. Terrible. Un rire brisa le bruit. C'était Elle, qui riait. La mélodie de son hilarité frappa contre les parois du crâne de Seïren, brisant encore plus ses pensées. A nouveau, elle ferma les yeux, fronçant les sourcils. Le noir se fit sous ses petites peaux d'yeux, avant que du sang se mette à couler. Les cloches hurlaient, et Seïren voyait ce sang se répandre sous ses paupières. Terrible.

« Il y a quelqu'un ici ? »

Une voix. Ses mots parurent chuchotées, tellement le bruit dans la tête de Nephtys était fort. Elle ouvrit les yeux, et vit la silhouette. Un homme, grand. Les yeux luisant dans l'obscurité. Dressée devant les montagnes, la lune nouvellement apparue, juste à côté de son visage, Elle lui sourit, avant d'hocher la tête. Approbation.

« Eh.. Vous là.. »

Son bras se tendit, semblant vouloir atteindre l'épaule de Seïren. De sa main osseuse, elle l'intercepta, serrant du plus fort qu'elle pouvait, le poignet tiède et musclé de l'homme. Il fronça les sourcils et posa sa main libre sur la garde son arme, qui dépassait de ses hanches. Mouvant son bras d'une manière sèche et soudaine, celui de l'homme suivit, et craqua dans un bruit sourd, arrachant un cri. Il tenta de se défaire, mais Nephtys fut plus rapide, sortant son couteau de sous sa robe, elle le planta violemment dans la glotte de l'homme. Du sang lui gicla sur le visage, et imbiba ses mains, ses avant bras, dégoulinant, visqueux et chaud. Tellement rouge. Terrible.

L'homme mourrait doucement. Elle tira le couteau, et le planta dans le ventre. Encore du sang. Le corps s'écroula au sol, s'arrachant à la lame froide du couteau. Seïren releva la tête vers Elle, la nuit l'avait presque avalé. Elle souriait, avant de se cambrer vers l'arrière. Les cloches ne sonnaient plus, et Elle disparut lorsque son dos géant craqua. Elle était repartie, Elle et son sourire de mort. La jeune femme, d'un frottement d'épaule, essuya les gouttes de sang qui coulaient sur ses joues, puis, avança en direction de l'endroit éclairé. Dans son corps, tout s'était enfin tût. Aucun bruit. Terrible.

C'était un village, encore agité malgré la nuit. Il y avait de la musique, des gens qui parlaient, riaient, des soldats qui surveillaient. Il y avait de la lumière, des odeurs de viandes. Des odeurs d'humains. Seïren restait à l'écart. Ses mains étaient entièrement ensanglantées, elle avait apprit que le sang effrayait les gens. Alors elle resta dans une ruelle, debout, immobile, à fixer la source de lumière, plus loin. Il faisait froid. Le vent s'écrasait contre ses bras nus, gelant ses os. Terrible.

Une autre silhouette apparut au coin de la ruelle. Il était tellement grand. Grand et mince. Noir. Il se tourna du côté où elle était, et malgré l'obscurité, elle le vit. Son visage. Entre fascination, et effroi, elle ne put retenir sa main de se poser sur ses lèvres. Il l'était. Il l'était tellement.

Terrible.


Dernière édition par Seïren Nephtys le Jeu 13 Juin 2013 - 9:58, édité 1 fois
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Tolfran Taun

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MessageSujet: Re: Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]   Lun 10 Juin 2013 - 22:05

Une impression terrible gagna Tolfran alors qu’il s’engageait dans la ruelle. Comme un pressentiment. Et ce ne fut que lorsque ses yeux s’habituèrent à l’obscurité qu’il le comprit.
Une jeune femme, seule, debout. Une silhouette toute d’ombre vêtue, se tenant au milieu du passage. Le géant s’approcha davantage, en douceur, tiraillé entre un peu de frayeur, sa curiosité, sa politesse et son inquiétude.

- Tiens, quelqu’un à tuer, intéressant.

Affirma soudainement Xoss, d’une voix lasse, juste à côté du malade : ce qui faillit faire sursauter ce dernier. A son grand bonheur, seul son cœur fit un bond. Tolfran secoua la tête pour reprendre ses esprits, il remarqua alors que la jeune femme avait posé la main sur sa bouche. Il supposa tout d’abord l’avoir effrayée.

- Bonsoir, excusez mon apparition dans cette ruelle, je ne voulais pas vous déranger pendant que...

Le Taun remarqua alors le sang sur les mains de la femme, ce qui le fit taire un instant, les sourcils froncés.

- Bon, tu la tues ? C’est ennuyeux là.

Xoss était réellement d’une excitation inouïe ces derniers jours, et Tolfran n’en pouvait plus. Il lui intimait de tuer à chaque instant, encore plus qu’à son habitude, ça en devenait oppressant et frustrant.
Tolfran dut faire un effort de concentration pour ne pas faire durer le silence trop longtemps, si bien qu’il reprit rapidement la parole :

- Vous vous êtes blessée ? Il y a du sang sur vos mains.

Il se baissait vers elle en posant sa question, et voyant que la réponse ne venait pas, et qu’elle se contentait de le regarder, il prit une décision.

- Ne bougez pas.

Le géant se retournait, et sortit à grands pas de la ruelle, appuyant sur son souffle. Sa tête se tourna à gauche, puis à droite, les yeux partant dans tous les sens.

- Qu’est-ce que tu fous ? Si tu cherches tes haches, elles sont sous ta peau Fens.

Il avança du plus rapidement qu’il pouvait, le regard fixé sur son objectif, tout en murmurant :

- Xoss, je te serais reconnaissant si tu pouvais faire silence pendant une courte période. Je vais bientôt tuer à nouveau, ne t’en fais pas, mais pas immédiatement.

Il récitait un peu comme une comptine, un poème ou une prière, sachant que personne ne l’écoutait, et que Xoss ne l’entendrait jamais, même s’il semblait se taire pendant quelques instants.

Lorsque l’on est un voyageur, et tueur, maniaque, comme Tolfran, l’on doit résoudre le problème de l’eau. Toujours savoir où en trouver, particulièrement de l’eau propre et en grande quantité.

Le malade s’accroupit à côté d’une très grande bassine, destinée à déshydrater les jeunes veaux d’une ferme. Les petits animaux bénéficient toujours d’un traitement de faveur, car les paysans connaissent la fragilité de leurs organismes, si bien que Tolfran savait que cette eau serait propre.
Il regarda autour de lui, s’assurant que personne ne l’observait, et il s’empara d’un seau posé à côté de la bassine.

- Ne vous en faites pas, je ne vous l’empreinte que pour quelques instants.

Le seau remplit, il y trempa ses mains par automatisme et plaisir, puis il se dirigea à nouveau vers la ruelle, le récipient pendu au bout de son bras.
Lorsqu’il y parvint, il revit la jeune femme.

Le seau fut posé sur le sol, devant les pieds de la fille. Tolfran la regarda, dans les yeux, un sourire gentil sur le visage.

- Madame, je ne souhaite pas vous commander, d’autant que je ne suis pas votre père, mais je veux vraiment vous dire qu’il est primordial de bien se laver les mains. C’est important, très important. D’accord ?

Il avait demandé d’une voix grave, entre l’étrange et la tendresse. Puis, son corps bascula, il s’agenouilla devant la bassine, et l’invita d’une main à en faire de même.

- Voulez-vous bien les nettoyer ? Ou bien qu’on les nettoie ensemble, si vous n’y trouvez pas la force ?

Dans les yeux de Tolfran, une lueur d’intelligence et d’émotion pétillait. Sans savoir vraiment s’il faisait une erreur, il pensait comprendre la jeune femme qu’il avait, face à lui. Comme si un lien les unissait.

Sans doute était-ce normal de se reconnaître, entre tueurs ?
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Seïren Nephtys

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MessageSujet: Re: Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]   Ven 14 Juin 2013 - 1:03

Démence et souffrance.

Sa voix était monstrueuse. Elle semblait sortir, du plus profond de la terre, s'élevant, comme un fantôme hurlant sa douleur aux oreilles du monde. Elle était abîmée, cassée, affreusement caverneuse et grave. Un monstre. En face d'elle, un monstre, qui se cachait derrière cette attitude tendre, douce, presque mielleuse. C'était magnifique. Seïren n'avait jamais vu de monstre comme celui-ci. Il ne faisait preuve d'aucune agressivité, mais elle le sentait. Du plus profond de son cœur de démente, elle sentait cette même démence émaner de lui, elle sentait le goût du sang dans sa bouche, rappelant celui qu'ils avaient fait couler, de manière différente, mais après tout, un mort est un mort. Alors cette main rougie sur sa bouche cacha son émotion de voir un être aussi semblable qu'elle, tout en étant fondamentalement différent.
- Vous vous êtes blessée ? Il y a du sang sur vos mains.
La jeune femme reprit conscience de la réalité. Ils étaient en plein milieu d'une rue, et Seïren avait les mains galvanisées par le sang. Ses yeux tombèrent sur ce rouge, ternie par la nuit. Sa bouche se tordit pour dire quelque chose, mais la voix du monstre l'interrompit.
- Ne bougez pas.
Il disparut. Dans l'obscurité, son corps se fondit; dans la tendresse de la nuit, sa voix s'endormit. Sans s'en rendre compte, Seïren fit un pas en avant, comme pour essayer de le rattraper. Une voix, sa voix, à elle, et non à Elle, dans sa tête, intimait « Ne partez pas ! », mais il partit. Le silence. Les cloches dormaient elles aussi, et son amie semblait se cacher. Elle n'apparaissait pas au coin du monde, géante, et sa voix terrible ne résonnait pas dans le crâne de la jeune femme.
Parfois, des personnes apparaissaient dans la vie de la gamine. Uniques, à la fois merveilleuses et monstrueuses. Elle se souvenait de la Vermine, la blonde. Ces vapeurs de sang qu'elle traînait partout avec elle, cette odeur de fer. Celle qui lui avait arraché cette blessure si précieuse. A l'époque, Seïren était encore tellement faible, sensible, fragile... Aujourd'hui, beaucoup de choses avaient changé. L'hématome ne lui manquait plus, même si elle grattait souvent l'endroit où il s'était trouvé. Puis il y ava....
- Madame, je ne souhaite pas vous commander, d’autant que je ne suis pas votre père, mais je veux vraiment vous dire qu’il est primordial de bien se laver les mains. C’est important, très important. D’accord ? […] Voulez-vous bien les nettoyer ? Ou bien qu’on les nettoie ensemble, si vous n’y trouvez pas la force ?
Au moment où sa voix sonna à nouveau dans l'obscurité, Seïren se remit brutalement à respirer, après avoir retenu son souffle tout le temps où il avait disparu. L'air entra si violemment dans sa cage thoracique qu'elle tomba à genoux sur le sol dur. Dans l'eau, à la lumière de la lune, elle voyait leur deux visages. Ils étaient sombres, leur cheveux d'ébène contrastant avec cette peau maladive. Mais lui, il semblait avoir mal. Tout ce qui se dégageait de lui n'était que démence et souffrance. Un mélange d'épines qui l'atteignait en plein cœur, l'empêchant de reprendre sa respiration.
Ne sachant que faire, elle plongea ses mains dans l'eau, l'observant se teinter de rouge. L'observant teinter leurs visages de ce sanglant délicat, si familier....



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MessageSujet: Re: Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]   Jeu 20 Juin 2013 - 23:43

Tolfran avait vu la jeune femme tomber à genoux, comme si elle n’avait plus de force dans ses jambes, plutôt que par l’effet d’une vraie volonté de se trouver dans cette position. Curieux, il s’approcha un peu pour tenter de l’aider.
 
Mais la femme plongea ses mains dans l’eau.
Nuage pourpre, s’étendant lentement au sein du fluide, le rendant opaque, jusqu’à dessiner d’impeccables reflets.
 
Le Taun attendit donc, quelques instants, tournant le dos pour regarder l’entrée de la ruelle, s’assurant ainsi que personne ne les verrait. Pourquoi s’en préoccupait-il ? Car son intuition et son expérience dans le monde des monstres lui certifiaient que la jeune fille, aussi faible et discrète semblait-elle, se trouvait être une haute destructrice de vies. De manière plus terre à terre, il était certain que le sang n’était pas le sien, sans quoi elle aurait l’air affectée, réaction de survie naturelle, plutôt que de rester amorphe, et le sang continuerait de couler.
 
Le géant patienta, jusqu’à ce qu’elle finisse de se laver, se reconnaissant en elle.
 
- Tue-la, Fens, c’est plus rapide, plus amusant, plus généreux, plus empathique, plus profond, et surtout nettement plus beau que ce que tu fais là.
 
Ça y est, Xoss avait recommencé à parler. Tolfran en fut agacé sans en être étonné. Entre temps, la jeune femme avait retiré ses mains, le malade reprit le seau, sans un mot. Il marcha quelques pas, jusqu’à atteindre un arbre dont les racines sortaient, laissant d’obscures cavités. Lentement, il vida le contenu du récipient sur la terre que cachaient les racines, laissant le sol l’absorber. Puis il revint vers la femme. Une sensation étrange gagnait le malade, Gessol venait dans ses songes, rongeant son esprit. Sa hache en travers du visage, le regard qui ne regardait rien, Gessol entrait dans la tête du grand homme, parlant pour lui.
 
- Ce tronc sera heureux de recevoir une vie pour s’élever davantage, c’est ainsi que marchent les corps, madame.
 
Dit-il en désignant l’arbre des yeux. Et, toujours sans la regarder directement pour ne pas la gêner, Gessol proposa, à travers Tolfran :
 
- Quant au votre, je vous suggère de l’amener dans l’auberge, non pas que je ne désire pas sa souffrance, mais parce que je crois qu’il ne pourra plus donner la mort, en mourrant. Les nuits, ici, en cette saison, sont plus froides que vous ne l’imaginez. Suivez-moi, si vous êtes de mon avis.
 
Puis le malade, ayant l’impression de regarder la scène du haut des nuages, retomba peu à peu dans son propre corps, alors qu’il se retournait. Les pieds avancèrent doucement, et alors, il supposa que c’étaient ses propres pieds, qui avançaient. Pour s’en assurer, il s’arrêta brutalement, certifiant ainsi qu’il pouvait décider du mouvement de ses pieds. En suite, prenant une longue inspiration, et portant son œil vers le lointain, il reprit sa destination.
 
Le seau vide fut déposé là où il avait été trouvé, et Tolfran se dirigea vers l’auberge, sans savoir si la femme l’avait suivit, car en réalité il ne se souvenait plus lui avoir demandé de le faire.
 
- Tu aurais du la tuer tout à l’heure, Fens. N’oublie pas la raison de ta vie. N’oublie pas ton propre Dieu. Lui ne t’oubliera jamais.
 
Toujours un peu troublé, l’esprit brumeux de Tolfran vit une main difforme pousser la porte du bâtiment. Puis il s’entendit demander deux boissons au tavernier, par automatisme, récitant ses formules toutes faites.
 
- C’est sympa de penser à moi Fens t’es super, je te revaudrais ça, j’ai hâte de boire cette merde, même si c’est un putain de jus dégueulasse !

S’enthousiasma Xoss, alors que le malade prenait place à une table. Posant un verre face à lui, et un deuxième devant une place vide, qui semblait attendre, présente à travers son absence, que quelqu’un vienne s’y asseoir.
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MessageSujet: Re: Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]   Jeu 27 Juin 2013 - 14:39

L'Homme, et le Père.

Désormais, leurs deux reflets étaient rouges. L'eau pur s'était souillée. Pourtant, Seïren y voyait une réalité réconfortante. Aucune voix ne la troublait, aucune géante ne la piétinait. Et dressé devant elle, une silhouette gigantesque sans être agressive, cachait l'éclairage du village, et préservait ses yeux du feu. Et elle regardait ce reflet dans l'eau rouge, tandis que sa respiration se calmait, devenait sereine, tranquille. Comme si dans cet univers sanglant et empli de folie, tout allait bien. Tout allait bien, dans le mal. Dans ce qui semblait être le mal. Après tout, comment pouvait-on savoir.

Les gens disent, qu'il ne faut pas tuer. Pourtant, Lussia avait tué le Père. Et le Père était un monstre. Alors ne dit-on pas, qu'il faut tuer les monstres ? Seulement, les monstres ne sont pas seulement les bêtes sanguinaires qui vivent dans les grottes humides et obscures. Le Père était un humain, et le Père était un monstre. La mort était son seul destin, il était mort, et un monstre était mort. Pourquoi faudrait-il punir ce geste ? Pourquoi faudrait-il le juger. Qui pouvait savoir si était le monstre et qui était l'humain ? Personne. Même la justice n'était pas objective.

L'homme récupéra le seau et le déversa sur un arbre, noyant la terre à son plus grand bonheur. Enfin, il revint à nouveau vers elle, et Seïren s'attarda sur son visage malade. Elle n'avait jamais eu autant de laideur réunit dans un seul être. Il semblait même n'être pas humain, tellement sa peau et ses traits étaient déformés. Que pouvait-il bien cacher sous son manteau... Il était un secret à lui tout seul, un grand secret de noir vêtu, que la jeune fille se surprit à tant désirer découvrir.

Absent, tout en étant là, il parla doucement :

« Ce tronc sera heureux de recevoir une vie pour s’élever davantage, c’est ainsi que marchent les corps, madame. » Il montra l'arbre qu'il venait de tremper de l'eau rougit, qui pourtant rester pure en son profond intérieur. « Quant au votre, je vous suggère de l’amener dans l’auberge, non pas que je ne désire pas sa souffrance, mais parce que je crois qu’il ne pourra plus donner la mort, en mourant. Les nuits, ici, en cette saison, sont plus froides que vous ne l’imaginez. Suivez-moi, si vous êtes de mon avis. »

Puis, semblant réellement parti bien plus loin que les frontières du ciel, il fit demi tour pour gagner ce qu'il appelait l'auberge. La lune projetait son ombre de géant anorexique sur les murs, créant une ombre monstrueuse et crochue. Cela lui rappelait quelque chose. L'homme humain qui sentait la terre pourrie et les feuilles mortes, qui exhalait un parfum de sang lui aussi. Ledha. Elle avait déjà vu des ombres comme celle-ci. Lorsqu'il avait été là. Le sot.

L'homme avait donc disparu. Seïren resta quelques instants agenouillé au sol, redescendant sur la Feleth ferme, cherchant la force de se relever pour retrouver sa présence calme et secrète. Elle repensa à ce qu'il avait dit. « Il ne pourra plus donner la mort, en mourant. » Il avait comprit, il avait saisit et pourtant, il n'avait pas ciller. Son secret était-il taché de sang, comme les bras de la jeune femme l'avaient été il n'y a pas plus de quelques minutes ? Cette question soulevée, souleva son corps, et elle gagna l'établissement éclairé et légèrement bruyant.

Lorsqu'elle entra, la lumière l'aveugla quelques secondes. Son bras vint par automatisme se poser devant ses yeux pour amortir la brûlure. Seïren chercha l'homme d'un demi regard, et l'aperçut, assis à une table avec deux verres. Une hésitation barra son courage. L'homme. L'homme. Celui qui est un Mâle. L'homme. Celui qui dans les fondations rappelle le Père. L'homme...

Il n'est pas un homme. Vas-y.

Les mots résonnèrent, froids et brutaux dans les parois de son crâne. Oh tu es là, tu es là, tu es revenue, tu as disparu. Pourquoi étais-tu géante, pourquoi m'écrasais-tu... Mais elle ne disait plus rien. Elle lui avait simplement dit de s'avancer. Alors Seïren avança et s'assit face à l'homme qui n'en était pas un.

Cherchant le courage, la force et l'audace, tandis qu'une phrase se dessinait dans sa tête, ses lèvres ne réussissaient pas à s'ouvrir pour la laisser passer. Fermant les yeux, elle fouilla au plus profond d'elle même, des petites miettes de courage afin de réussir à lui parler. Elle en avait envie, elle voulait que lui aussi, parle de sa voix caverneuse et étrange.

Ses yeux s'ouvrirent de nouveau...

« Mon père m'a fait, telle que je suis maintenant. Qui est-ce qui vous a forgé, vous ? »


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MessageSujet: Re: Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]   Dim 30 Juin 2013 - 15:26

Depuis que la jeune femme s'était assise, face à Tolfran, Xoss ne cessait de hurler :

- Elle m'a volé ma place ! Impertinente ! Catin ! SALE MERDE ! Tu n'es rien tu n'es personne tu n'as aucune valeur, et tu oses, toi, la personne de rien, ME MANQUER DE RESPECT ?

Au milieu des insultes de l'hallucination, la dame avait posé une question. Malheureusement, le Taun n'en avait perçu qu'une partie. En faisant preuve de patience, et en tentant de paraître naturel, malgré le fait que le temps s'écoulait peu à peu, il tentait de rassembler, dans sa mémoire, la question de la demoiselle.

- Tue-la Fens, tue-la immédiatement c'est un ordre ! UN ORDRE DE TON DIEU ! Tue-la, elle est prisonnière de son corps ! REGARDE-LA !

Et Xoss, qui, depuis le début, tournait autour de la femme, plongea sur elle d'un seul coup. Tolfran faillit réagir, mais il s'en empêcha de justesse, alors que l'illusion lui prenait le menton. Ses doigts glissaient sur ses joues, sur sa bouche, sur sa mâchoire, et le géant regardait Xoss faire, même si cela pouvait paraître étrange de fixer ainsi le bas du visage de la jeune fille.

- Elle est toute, toute, toute, meurtrie, emprisonnée, la pauvre. Elle n'a pas envie de son corps, c'est une pauvre enfant de rien, qui désire l'ultime souffle. Enfin, voler, dans les nuages, regarde Fens, ça se voit dans son petit regard faible et ridicule. ELLE VEUT QUE TU LA TUES !

Le Taun prit une longue inspiration en fermant les yeux. La parole de Xoss ne valait rien si Gessol n'approuvait pas son avis. Il se contentait donc d'ignorer les propos de l'hallucination, faisant le vide en lui.
Tout à coup, cela lui revint, comme une vague silencieuse, le plongeant dans l'oubli des sons :
« Mon père m’a fait, telle que je suis maintenant. Qui est-ce qui vous a forgé, vous ? »
Puis les bruits de l'auberges se glissèrent de nouveaux dans son monde, les gens qui parlaient fort, les choppes qui claquaient contre les tables, et les rires. Tolfran eut un sourire aimable, avant de répondre - enfin - de sa voix grave :

- Je crois que c'est mon meilleur ami, Gessol, qui fut un père pour moi. Je l'admirais beaucoup vous savez.

Pendant ce temps, alors que le géant faisait de son mieux pour que son sourire soit généreux, Xoss dessinait à répétition une diagonale, sur le visage de la femme, avec la tranche de sa main.

- Aller, un bon coup de hache dans la tête, comme ça. Ça lui donnerait un visage harmonieux, Fens, tu sais. Un visage magnifique, même. Un visage absolument sublime, d'une beauté sans précédent, qui illuminerait la parole de ton dieu, jusqu'à la fin des temps, Fens. Un visage, mort.

Disait-il, et sa main s'agitait, de plus en plus vite, contre le crâne de la fille. L'hallucination souriait, de manière démente, effrayante, tout en contemplant ses doigts glisser, du front, vers le sourcil, vers le nez, vers la joue. Il déploya son bras d'un seul coup, et s'apprêta à l'envoyer de toutes ses forces sur la tête de la fille.
Prit d'un intense sentiment de danger, Tolfran leva sa main en l'air, bloquant le membre de l'hallucination. Pour quelqu'un de normal, l'homme s'était contenté de faire un geste brusque, inexplicable, puisque ça ne ressemblait à aucun mouvement habituel du code que la société avait donné à la gestuelle.

Tolfran s'en rendit rapidement compte, et, gêné, il rabaissa la main, tandis que Xoss lui criait dessus.

- Excusez-moi. Fit le géant, espérant que personne ne l'avait vu à part la jeune femme.

- TU LA PROTÈGES AU LIEU DE LA TUER ? TU DÉÇOIS TON DIEU FENS !

Et, non loin d'eux, alors que l'illusion continuait de cracher ses poumons, atteignant un volume sonore impossible à atteindre pour une personne réelle, cinq jeunes gens parlaient, l'air amusés :

- Tu amèneras la bouteille de ton père pour la soirée de demain hein ?

- Bien sûr, mon gars, t'inquiète pas !

- Hi ! Hi !
, ricana une jeune femme, j'espère que ça aura le don de me rassurer !

- Déconne pas, c'est juste drôle, crois-moi. On raconte des histoires qui font peur mais c'est rien !

- Exactement.

- C'est la fête du Dieu des Sonnnnges quand même ! Bouh ! Ha ! Ha ! Ha !


Et ils riaient, sans que Tolfran ne put les entendre.
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MessageSujet: Re: Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]   Lun 8 Juil 2013 - 17:30

Clé du corps.

« Je crois que c'est mon meilleur ami, Gessol, qui fut un père pour moi. Je l'admirais beaucoup vous savez. »

Sa voix était toujours aussi grave et abîmée. La paupière droite de Seïren eut une petite secousse tandis qu'elle réfléchissait. Pourquoi sa voix était-elle aussi détruite, brisée, comme peinte, engluée dans une douleur démente ? Tout son être n'était qu'un tableau fait des couleurs de la douleur, mais d'où venait l'artiste, qui était-il, où était-il ? Cet ami dont il parlait ? Gessol. Si la Bête avait dessiné les contours de souffrance sur le corps de la jeune femme, peut-être que Gessol, avait dessiné, peint ce mal, sur le visage et dans la voix du géant. De ce non-homme. Un sourire discret teinta ses lèvres ternes, qui se mariaient avec sa peau trop pâle.

Bien qu'il lui eut répondu, il semblait encore absent. Comme concentré sur quelque chose d'autre que la conversation. Discrètement, elle tourna la tête pour voir ce qu'il se passait derrière elle, dans le reste de la salle, mais tout était normal. Rien ne sortait de cette normalité, rien n'était digne d'intérêt. Retournant à la vue de son visage terrible, elle le vit faire ce petit geste brusque, comme inquiet, comme pour empêcher quelque chose d'arriver. Sans réussir à se contenir, elle eut, elle, ce mouvement de recul, comme s'il allait pour la frapper. Mais, presque honteux, laissa repartir sa main près de son corps. Seïren humecta ses lèvres, et baissa les yeux, tandis qu'elle entendait à nouveau sa voix, qui aurait du l'effrayer, mais la rassurait, irrémédiablement.

« Excusez-moi. »

Ne sachant que dire, elle prêta soudainement attention à des gens qui parlaient, non loin. Mais trois mots la firent réellement réagir. Trois petits mots, précieux, importants, au milieu d'un ramassis d'idioties. Dieu. Des. Songes. Sa bouche s'ouvrit légèrement comme si elle venait de comprendre quelque chose d'énorme et d'important. Le Dieu des Songes. Et les contours de l'homme, fait de souffrance. C'était peut-être ça... En partie, peut-être. Ce Dieu des Songes, qu'elle connaissait, c'était peut-être lui l'artiste partiel de cette douleur qui tapissait le géant. Elle repensa alors à ce culte, qu'elle associait à la Vermine blonde, et à autre chose, dont elle n'arrivait pas à se souvenir.

Il manquait cet élément dans son esprit. Cette chose sombre, semblait être la clé d'une partie de sa vie. Elle songea l'espace quelques secondes à retourner à la maison brûlée pour essayer de trouver, quand Sa voix l'interrompit. Les clés n'ouvrent pas toujours des coffres. Qu'est-ce que tu veux dire ? Mais elle ne répondit pas, et Seïren soupira. Il ne fallait pas retourner à la maison brûlée, la réponse semblait être autre part. Mais ce n'était pas le moment d'y penser. Les gens derrière avaient parlé d'une fête... C'était étrange. Associer des festivités à ce Dieu de sombre..

Elle releva la tête vers le géant, et s'adressa à lui d'une voix faible, posant l'une de ses petites mains sur la table. Elle n'avait pas touché au verre.

« Pourquoi parlent t-ils d'une fête ?... Est-ce qu'il faut faire des fêtes, pour exprimer la douleur ? »

Elle ne songea même pas au fait qu'il n'avait peut-être pas entendu, ce qu'elle avait entendu, et que sa question pouvait paraître ridicule. Il aurait pu penser qu'elle délirait. Mais Seïren l'avait posé, et elle patientait, ses yeux gris vers ceux du géant endolori, patientait pour savoir.
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MessageSujet: Re: Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]   Lun 15 Juil 2013 - 16:35

- Pourquoi parlent t-ils d'une fête ?... Est-ce qu'il faut faire des fêtes, pour exprimer la douleur ?

N'ayant pas prêté oreille à la discussion de la table voisine, le Taun ne saisit pas la question, et ne savait quoi y répondre. Il regarda autour de lui, cherchant à comprendre, alors qu'une voix imaginaire le perturbait, encore et toujours.

- Fens, je veux bien que tu sois têtu, que tu sois borné et STUPIDE. Mais cette fois tu dépasses les bornes, c'est évident, limpide, que tu dois tuer cette fille. ELLE TE LE CRIE ! Tout le monde te le demande, tout le monde t'attend, pauvre débile, et toi tu la protèges comme un abruti ! Ton geste, tu le sais, ton geste n'avait AUCUN SENS ! Aucune utilité, tout le monde s'est questionné...

Son ouïe s'en trouvait modifiée, si bien qu'il mettait un temps conséquent à essayer d'entendre des gens parler de fêtes. Sa tête se tourna enfin vers un groupe de jeunes, probablement de familles plutôt aisées. Ils étaient une grande demi-douzaine, un peu plus de garçons que de filles. A la première impression, ils avaient l'air prétentieux, arrogants et moqueurs. Ces jeunes personnes qui, n'ayant pas encore eu l'occasion de faire face à leur propre faiblesse, leurs propres défauts, et des situations compliquées et insurmontables, se permettaient de juger ouvertement les vies et les œuvres des autres.

Des gens trop jeunes pour comprendre que, dans ce monde, aucun acte n'était blanc ou noir, tous étaient gris.

- Vous pensez qu'on devrait inviter d'autres gens ? Disait l'un d'entre-eux, saoul.

- Hi ! Hi ! Oui ! Bien sûr, ça serait drôle !

- Qui tu veux inviter ?


Tolfran porta sa boisson à ses lèvres, c'était un jus de fruit, aucunement alcoolisé, mais assez sucré. Agréable au palais. La consistance restait assez pâteuse, mais acceptable. Xoss continuait de lui crier dessus, sans doute n'allait-il pas le lâcher avant la fin de la soirée, voire le lendemain. C'était habituel. L'ignorant, le géant prit donc l'initiative de répondre à la jeune femme, à voix basse.

- Cela semble manquer de logique. Quelqu'un qui veut honorer la douleur doit se retirer du plaisir. Il lui faudrait se séparer de ses proches, ne plus s'entourer que de la solitude, vivre dans le silence, la soif, la faim et la suffocation. Tout devrait devenir terne, morne, détestable pour lui, jusqu'à détruire, chaque, once, d'espoir, qu'il retenait en lui. Aller vers ce que nous ne voulons pas, jusqu'à vouloir la mort, et s'en détourner pour souffrir davantage.

Il se tut, laissant son monologue s'en aller dans l'air chaud et poisseux de la taverne.

- DONC ! Tu dois te détourner de la convoitise de cette jeune PUTE ! Si elle te plait, alors ça fait une raison pour la TUER Fens ! La mort du corps est la chose la plus belle que tu puisses lui offrir !

Et pendant que Xoss le sermonnait, le Taun ne voyait pas les regards que lui lançaient les jeunes de la table voisine, autant qu'il n'entendait pas leurs chuchotements, doublés de légers rires discrets :

- Tu as vu sa gueule ? Il est moche c'est dingue, j'ai jamais vu ça !

- Vu sa crasse et son visage je pense que c'est un paysan pouilleux, venu en ville pour se plaindre, ha ! Ha !

- C'est un vieux en plus, il est horrible, il me fait peur !

- Ah bon ? T'as pas envie de te le taper ? C'est fou ça, pourtant il est trop beau t'as vu !

- Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! T'es con !

- Moi je propose de l'inviter à la fête, ce monsieur !

- T'es fou Ha ! Ha ! Ha ! Je suis sûr que tu en serais incapable.


Et Tolfran buvait tranquillement son verre, quand deux jeunes hommes, parmi la troupe de la table voisine, vinrent l'accoster. Cela lui fit lever un sourcil : il ne s'y attendait pas.

- Bonjour monsieur !

Fit l'un d'entre-eux, avec un sourire forcé et moqueur. Il semblait être victime des effets de l'alcool à un stade assez élevé. Le Taun leur sourit aimablement et répondit :

- Bonsoir jeunes gens, que puis-je pour vous ?

Celui des deux qui n'avait pas parlé pouffa, alors que tous les jeunes qui étaient restés à la table ricanaient sans vraiment réussir à se cacher. Pendant ce temps, le souriant qui lui avait adressé la parole poursuivit :

- On fait une fête, ça vous dirait de venir ? Vous pouvez amener votre petite amie si vous voulez.

Le terme "petite amie" fit éclater la table d'un fou-rire incontrôlable.

- Crève minable merde, je suis en train de parler à Fens là, ça te dirait de fermer ta gueule et d'aller mourir plus loin ?

Le géant sourit davantage et hocha la tête, tournant rapidement le regard vers la jeune femme :

- Cette demoiselle a plutôt l'age d'être ma fille, mais nous ne sommes que des amis. Vous faites une fête à quelle occasion ?

- On fête le grand Dieu des Songes ! Nouvelle rafale de rires.

- Oh. S'étonna Tolfran, qui croyait qu'on venait l'interroger parce qu'ils savaient qu'il était un croyant. Bien, dans ce cas je veux bien me joindre à vous.
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Seïren Nephtys

Les Songes Hurleurs.

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Race : Humaine
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Fiche de Personnage :
Songe de sombre.


MessageSujet: Re: Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]   Lun 15 Juil 2013 - 19:09

« Cela semble manquer de logique. Quelqu'un qui veut honorer la douleur doit se retirer du plaisir. Il lui faudrait se séparer de ses proches, ne plus s'entourer que de la solitude, vivre dans le silence, la soif, la faim et la suffocation. Tout devrait devenir terne, morne, détestable pour lui, jusqu'à détruire, chaque, once, d'espoir, qu'il retenait en lui. Aller vers ce que nous ne voulons pas, jusqu'à vouloir la mort, et s'en détourner pour souffrir davantage. »

Voilà ce que je suis. Voilà ce que tu... Voilà ce que nous sommes. Pendant quelques instants, Seïren demeura immobile, figée, sans parvenir à inspirer, ses grands yeux toujours posés sur la force tranquille. Sa main sembla se relever de la table, mais la jeune fille la retint. Elle avait envie de le toucher, pour voir s'il existait. Elle doutait de son existence, soudainement. Comme s'il incarnait juste un rêve, un soulagement, qu'il prononçait les mots qu'elle voulait entendre. Mais s'il était réel ?... Le toucher n'aurait aucun sens. Son esprit cherchait quelque chose à répondre, quelque chose de transcendant, de profond, mais rien ne valait ce silence respectueux qui s'était installé entre eux. Cependant, quelque chose vint à troubler cette tranquillité, ce silence presque religieux. Comme incassable et sacré. Les gens qu'elle avait entendu précédemment. Ils parlaient forts, malgré leurs chuchotements. Seïren comprit rapidement qu'ils se moquaient du géant.

Tournant la tête vers la table, elle les vit tous penchés sur eux-mêmes, pensant être inaudibles. Mais toute l'auberge devait les entendre. Et Seïren était profondément choquée. Elle comprit même cette phrase pleine de sous-entendu, pleine de luxure cynique, et une vague de colère fouetta l'intérieur de son ventre. Reportant son visage vers l'homme, elle pressa deux de ses doigts sur le devant de son crâne, pour refouler cette immense gifle de rage qui venait la torturer. Son compagnon ne semblait pas gêné, il ne devait pas entendre. Pourtant, elle, elle entendait. Et ça lui faisait mal. Il était tellement plus grand qu'eux réunis. Il portait tellement plus de choses en lui, qu'eux... Ils étaient tous si ridicules, misérables... Elle avait envie de.. Les tuer. les tuer.

Coupant court à ses pensées meurtrières, la voix d'un des jeunes se fit entendre, à leur table.

« Bonjour monsieur ! »

Il sentait l'odeur de la Bête, cette odeur trop sucrée et amer. Son ami sentait pareil, mais il se taisait. Ils souriaient, faux. Pourtant, le géant lui répondit, infiniment poli, et calme.

« Bonsoir jeunes gens, que puis-je pour vous ? »

L'ami silencieux ria, et Seïren lui lança malgré elle le regard le plus noir qu'elle n'ait jamais arboré.

« On fait une fête, ça vous dirait de venir ? Vous pouvez amener votre petite amie si vous voulez. »

Et ils rirent encore. Pour rien. Rien n'était drôle. Ses mains tremblaient tandis que l'image dans sa tête ne cessait de clignoter. Les murs étaient rouges, et dégoulinant. Ils étaient dégoûtants. Plus elle grandissait, plus Seïren avait de la haine pour ces personnes là. Encore plus envers ceux qui sentaient comme la Bête. Qui sentaient, l'alcool. L'eau, du, diable.

« Cette demoiselle a plutôt l'age d'être ma fille, mais nous ne sommes que des amis. Vous faites une fête à quelle occasion ? »

A la vue de son sourire, ses tremblement se calmèrent. Doucement. Celui qui parlait jusqu'à présent s'exclama qu'ils fêteraient le « grand » Dieu des songes, et encore une fois, tous ses amis se mirent à rire bêtement. Le géant reprit alors la parole. Il semblait déçu, à son premier mot.

« Oh. Bien, dans ce cas je veux bien me joindre à vous. »

Le jeune homme sembla faussement heureux, et lui et son ami silencieux, ou presque, repartirent. Entre eux, le silence retomba, et au bout de quelques longues minutes, le groupe d'idiots quitta l'auberge. Elle ne vit pas s'ils sortaient ou s'ils montaient en haut pour dormir. Elle s'en moquait. Elle ne savait plus vraiment quoi penser. Pourquoi avait-il accepté ? La solution serait de le lui demander. Seïren fit « Non » de la tête, répondant à la voix qui en fait n'existait pas. Elle n'osait plus articuler un mot. C'est alors que son attention se porta sur le verre, commandé par le géant. Il avait bu, précédemment. Peut-être lui avait-il prit la même chose ? Elle pencha le nez au dessus du contenu du verre, y voyant un liquide orangé, penchant plus vers le jaune que le orange, mais mélangeant pourtant les deux. Inspirant profondément, elle ne sentit qu'une odeur de fruits. Sans rien d'ajouté, rien de trop sucrée. Juste des fruits. Ses yeux se relevèrent vers son compagnon, puis retombèrent dans le verre. Bois, de quoi as-tu peur ? Hésitante, elle posa cependant une main sur le verre et le porta timidement à ses lèvres, laissant le jus toucher sa peau, avant de le laisser franchir la barrière de ses dents. Malgré son courage nouveau, elle n'avala qu'une minuscule gorgée et reposa le verre. Déglutissant avec quelques difficultés, elle se surprit à apprécier le goût, mais n'en but pas plus.

C'est à cet instant que d'une voix, toujours, calme, il lui proposa d'aller se mettre au calme, pour peut-être continuer à parler si elle le souhaitait. Il avait prit une chambre. Le temps s'arrêta, et une lame froide transperça son crâne. Chambre, nuit, isolement. Non. Non. Elle ne pouvait pas le suivre, elle ne pouvait pas lui donner ce qu'il voulait. C'était impossible. Tais-toi, idiote ! Elle avait crié. Et le tumulte dans l'esprit de Seïren se calma. Il veut simplement parler, avec toi. Parler ? Ouvrir la bouche et prononcer des mots ? Rien d'autre ? Rien d'autre. Alors elle se leva pour le suivre, trébuchant sur la première marche des escaliers.

Une fois dans l'abri, elle trouva la fraicheur qui y régnait, plus qu'agréable. Même, effrayée elle restait. Cependant elle ferma la porte, et resta face à celle-ci un moment. Puis, en se retournant, la question lui échappa, fuyant de ses lèvres pâles.

« Est-ce que les géants ont des noms ? »



Post-scriptum:
 
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Tolfran Taun

Fens

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Fiche de Personnage : Comment naît un monstre


MessageSujet: Re: Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]   Mer 24 Juil 2013 - 16:32

Suite à l'acceptation de la proposition des jeunes gens, le Taun avait, entre deux injures de Xoss, entendu l'aubergiste affirmer qu'il était complet. Plus aucune chambre. Tolfran se reprochait de ne pas avoir réservé un lit pour la jeune femme qu'il accompagnait, plus tôt dans la soirée. Il voulait tenter de lui proposer sa couche, tandis que lui dormirait sur le sol, cela semblait être l'option la plus juste et la plus aimable, mais également la plus dure à formuler. Après avoir retourné plusieurs fois la question dans sa tête, il ne put se résoudre à lui proposer de but en blanc, préférant demander :

- J'ai réservé une chambre, voulez-vous y aller afin que nous puissions discuter dans le calme ?

Tout en ayant conscience que cette question restait assez étrange, et que dans certaines circonstances, on aurait pu le prendre pour un pervers ou un dégénéré. Si la jeune femme avait montré davantage d'hésitations, il l'aurait rassurée, avec une phrase ou deux, expliquant la situation. Mais ici, cela ne semblait pas indispensable.

- C'est bien, Fens, traîne-la dans un endroit isolé afin de pouvoir la buter salement. Tu as fait le bon choix, c'est bien, Fens, c'est bien. Tarde pas trop à lui planter ta hache quand même, c'est pas que je m'impatiente mais, j'ai peur que tu faiblisses par la suite.

Affirmait Xoss dans son dos, alors qu'ils montaient l'escalier. Tolfran l'ignora, tout en tournant dans la serrure de la porte, la clé que l'aubergiste lui avait confié. Ça cliquetait, puis, un grincement, la porte s'ouvrit.
Le Taun s'engouffra dans la pièce sombre, baissant la tête pour pouvoir y avancer. Hélas, la pente du toit l’empêchait de se mouvoir librement dans tout l'espace. Les meubles restaient modestes : une commode, une chaise, une table, et un lit avec des couvertures de peaux. Sur le sol, le parquet était muni d'un petit tapis terne. Une seule bougie, pour éclairer la petite chambre.

- Est-ce que les géants ont des noms ?

La voix de la jeune femme. L'interrogé se retourna vers elle, avant qu'un sourire tendre ne lui tire ses lèvres difformes. Il ouvrit la bouche légèrement.

- Fens, héritier du grand Sill, prophète du Dieu des Songes, maître de la souffrance, de la mort et surtout des haches. Tu comprendras ça quand il t'en plantera une dans ton petit visage de merde, minable ridicule demi fille de rien. Tu ne vaux rien tu comprends ça ? Pourquoi tu lui adresses la parole hein ? Qu'est-ce qui te le permet hein ? Pour qui tu te prends hein ? Tu vas mourir c'est tout.

Le malade cligna des yeux, et se concentra afin d'ignorer complètement Xoss, et de ne pas prendre un ton de voix supérieur à celui qu'employait l'hallucination, pour ne pas hurler une réponse, ce qui serait malvenu quand la vraie réalité était baignée de silence.

- Pour les autres, je ne sais pas, mais moi j'en ai un. Je m'appelle Tolfran Taun, pardonnez-moi de ne pas m'être présenté plus tôt. Et vous, avez-vous un nom ?

Suite à sa réponse, Tolfran songeait à lui proposer de se reposer sur son lit, espérant qu'elle allait accepter.. Ainsi, qu'ils puissent tous les deux dormir au chaud, lui sur le tapis morne, elle sous les peaux, pour ne pas subir la morsure du froid qui les attendait en dehors.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]   Aujourd'hui à 20:06

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Sur le chemin du calme tumulte [pv Seïren Nephtys]

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