''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Démon intérieur ( PV : Alekseï )

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Narydia Ventari

La lame flamboyante

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Race : Séraphin
Classe : Ensorceleuse
Métier : Eclaireuse
Croyances : Aucune
Groupe : Anges

Âge : 426

Messages : 141

Fiche de Personnage : Come here.



MessageSujet: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Mar 11 Juin 2013 - 13:37

L'attente devenait insupportable et les hommes de Weed s'impatientaient de plus en plus. Quant à Narydia, elle faisait les cent pas sans savoir quoi penser. Finalement, elle distingua l'ombre des deux hommes les rejoignant. Un démocrate ne tarda pas à se précipiter vers Weed, bientôt suivit par tous les autres. La séraphine constata qu'Alekseï avait récupéré leur équipement, ce qui la fit sourire. Et ce qui la fit sourire encore plus, ce fut le costume avait lequel il s'était habillé. Autant dire qu'il n'était franchement pas habitué à porté cela, et semblait en plus mal à l'aise. Le temps qu'elle l'imagine dans un restaurant luxueux dans cet accoutrement, il s'était rapproché d'elle.

– La qualité prime sur la quantité ... Et ce soir, je n'aurai jamais trouvé d'aussi pure vérité.

Narydia ne comprit pas vraiment ses paroles et les oublia d'ailleurs bien vite lorsqu'il l'embrassa. La séraphine était heureuse de le retrouver, qui plus est indemne. Mais ce qui aurait du être un moment de plaisir changea bien vite de facette. A son contact, la jeune femme sentit son corps se raidir, et la passivité du guerrier l'intrigua. Et pire encore, elle-même avait une sensation désagréable. Comme si quelque chose intervenait à sa place et souhaitait l'éloigner le plus possible d'Alekseï. Une sorte de rejet que cette chose voulait lui inspirer. Une mauvaise impression, qui faisait sentir à la séraphine qu'elle "n'était pas seule".

Son esprit se brouilla, bien loin de la situation, et la jeune femme s'écarta d'Alekseï, le regard à la fois dans le vide et perdu. Un semblant d'agressivité commença à monter en elle, sans raison particulière. Elle fit quelques pas en arrière, comme pour prendre conscience de la situation. Un violent mal de tête l'ébranla et la jeune femme se mit à grimacer.

– Qu'est ce que…

Quelques secondes plus tard, sa magie commençait à s'agiter en elle, tel un flot incontrôlable qui ne cherchait qu'à sortir et détruire cet homme en face d'elle. Inconscience, la séraphine s'élança sur les équipements qui jonchaient le sol et s'empara de son épée. Alekseï était visiblement trop surpris pour réagir, et n'avait pas bougé. Serrant le pommeau à y imprimer sa main, l'ange fit déferler sa magie du feu sur l'arme, la chauffant à blanc et lui faisant prendre une teinte rougeâtre. Un sourire en coin s'était esquissé sur son visage provocateur. Un visage qui n'était pas son reflet à elle, mais celui d'un démon. Elle le jaugea du regard quelques instants, savourant sa réaction.

– Tu te rappelles de moi ?

Sans perdre son sourire, Narydia fonça vers Alekseï et plaqua l'épée à un centimètre à peine de la gorge de l'élu. La folie semblait avoir imprégné les yeux de la jeune femme. Cette fois, elle réitéra sa question sa question plus fort :

– Non ? Tu sais bien ! Celui qui a explosé la tête de ton vieux ! Tu vois ta copine là, cette petite conne qui m'a enfermé en elle et que je vais bouffer de l'intérieur ! Et tu sais quoi ? Tu pourras rien y faire à part regarder !

Narydia se mit à rire et donna un puissant coup dans le ventre du scientifique avec son coude. Il avait l'air d'essayer de la maîtriser sans vouloir la blesser, mais ce serait bien peine perdue. La séraphine sentait sa force décuplée par celle du démon, un démon à l'aura bien trop forte pour qu'elle puisse lui résister. La jeune femme eu soudain un soubresaut et lâcha son épée qui tomba avec fracas sur le sol. Elle s'écarta quelque peu d'Alekseï et tourna la tête. Weed et ses hommes la regardaient tous avec gravité, sans comprendre la scène. La jeune femme reporta son regard sur l'élu et murmura pour elle-même :

– Arrête ça.

Sa tension diminua quelque peu et la séraphine sentit la colère s'atténuer. Un court moment, puisque le démon revenait déjà à la charge.

– Ne me dicte pas ce que je dois faire, ordure de séraphine. Avec moi tu seras puissante et sans lui tu seras libre. Il n'est qu'une contrainte qui cherche à canaliser mes pouvoirs, je le tuerai pour toi !

Et de nouveau l'ange s'élança vers Alekseï, l'empoignant de ses deux mains au cou. La chaleur qui émanait d'elle et de sa peau était intense, et ne tarderait pas à brûler ce qu'elle toucherait. Narydia commença à serrer, mais une nouvelle fois sa conscience tenta de reprendre le dessus. La sueur perlait sur son visage tant ce duel intérieur l'épuisait mais elle desserra peu à peu son étreinte. Ses traits étaient crispés et ses yeux retrouvaient à nouveau une lueur de conscience.

– Arrête, grinça-t-elle. Arrête !
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Alekseï Rytchkine



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Race : Elu
Classe : Alchimiste
Métier : Spécialiste des forces en actions
Croyances : Inconnues
Groupe : Solitaires

Âge : 300 ans

Messages : 303

Fiche de Personnage : L'histoire d'un timbré.


MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Mar 11 Juin 2013 - 20:24

" C'est bizarre, j'ai l'impression que le temps ralentis. "

Pensait Alekseï tout en embrassant Narydia avant de se rendre compte qu'il ne s'agissait pas que d'une simple impression mais bel et bien de la réalité. En fait, ce n'était pas que le temps ralentissait mais qu'il accélérait à son échelle, faisant paraître son environnement comme étrangement lent. Il se sentait absorbé voir même détaché, un peu comme s'échappait de son propre corps. Cela ne présageait rien de bon et ce n'était surement pas qu'une simple illusion cérébrale due à un afflux de composés chimiques dans son cerveau provoqué par son interaction avec la séraphine. Non, ça ne venait pas de lui mais de ... Narydia ? Tout se précipita alors, la pâle lumière de la lune devint d'un seul coup plus intense, elle brillait sur forte qu'elle en devenait aveuglante. Autour de lui, tout se figea puis tout disparu lentement, il avait beau les appeler, c'était comme s'ils ne l'entendaient plus. Un éclat lumineux puis, plus rien. Tout ce qu'il entendait à présent, c'était les battements de son coeur, rapides, réguliers et forts. Il était seul maintenant, enfin, presque seul. Il y avait une présence ici, il pouvait la sentir, une présence hostile, malfaisante mais pourtant familière.

- Je t'ai pas trop manqué ?

Dit une voix retentissante qui ressemblait étrangement à celle ... d'Alexender. Contre toute attente, le scientifique se relâcha, l'angoisse lui retomba brusquement. Il soupira longuement.

- À un moment, j'avais cru à quelque chose d'énorme mais, en fait non, c'est tout petit.
- Comme ta bite.

Chose à laquelle il ne répondit pas, se contentant d'une grimace pour exprimer toute sa surprise et sa haine envers cet homme et surtout, envers ses arguments. On était chez lui ici, dans son domaine, il allait avoir du mal à s'extirper de ses griffes. D'autant plus qu'il l'entendait mais qu'il ne le voyait pas.

- T'as peur ?
- Non, et toi ?
- Non plus.

- Alors tout va bien.

Non, en fait, tout n'allait pas bien et il ne tarda pas à le constater quand quelque chose le heurta avec violence au ventre, allant jusqu'à le plier en deux tout en lui vidant les poumons. Il avait entendu comme un sifflement juste avant cette frappe, ce qui signifiait qu'il pourrait l'entendre venir mais, qu'il lui faudrait aussi être très rapide. En revanche, il ne l'avait pas vu, alors comment pourrait-il faire pour l'atteindre ? Rytchkine se redressa, reprenant son souffle.

- C'est pas juste, t'es déjà mort toi.

Mais il ne reçu aucune réponse. Un nouveau sifflement venant de derrière lui. Il se dégagea alors sur la droite, pensant éviter le mouvement mais, à sa plus grande surprise, il n'en fut rien. Le coup l'atteint en pleine tête, c'était comme si le ciel lui était tombé dessus. Bien que sonné, il se releva une seconde fois.

- Et pourquoi se taper dessus, vieilles boules, quand on peut très bien régler le problème comme des gens civilisés ?
- Ah mais, il n'y a pas de problème, j'ai juste envie de te tuer, c'est tout.
- C'est rassurant.


Troisième sifflement, cette fois-ci, Alekseï tenta de riposter. Il calcula rapidement son coup et balança son poing vers l'avant puis, d'un seul coup, plus rien. L'aurait-il touché ? En tous cas, il n'avait rien encaissé cette fois-ci.

- Je t'ai eu !

Mais il se réjouissait trop vite. Il s'en rendit compte quand le bas de son dos se mit à le faire souffrir atrocement. Comment se battre contre un adversaire invisible et intouchable ? Et bien c'est simple, on ne peut pas, surtout lorsque l'on est pas magicien. Les coups s’enchaînèrent ensuite, lentement, les uns après les autres, sans qu'il ne puisse y faire véritablement quelque chose. Ni l'esquive ni la riposte ne fonctionnaient ici et il lui était encore plus impossible de sortir de cet environnement noir où il ne voyait ni peu ni beaucoup. Tout ce "démonisme" faisait ressortir sa haine qu'il portait à cette sale espèce, mine de rien. Il pestait contre la magie noire, comprenant que son combat contre cette dernière était en réalité bien plus difficile qu'il ne l'avait imaginé. Mais, il n'était pas question pour lui de mourir ici et maintenant et surtout pas de la main de ce démon. Il lui fallait gagner du temps. Si tout cela provenait de la séraphine, à la base, elle pourrait très bien faire cesser tout ceci, encore faudrait-il qu'elle puisse faire le lien.

- Je croyais que Narydia t'avais tué ?
- Tué ? Non je ne crois pas. Il fait sacrément chaud à l'intérieur de cette petite garce ... Et bon aussi.
- À l'intérieur ?
- Oui, oui, à l'intérieur. Je me suis caché dedans si on préfère, elle m'a absorbé mais, je suis encore là.
- C'est pas un comble pour un démon ? Enfin, je présume que tu es un démon.
- C'est paradoxal je dirais mais, non, tu devrais essayer un jour, c'est franchement agréable.
- J'ai déjà essayé ... D'une certaine façon. Mais c'est vrai que c'est chaud ... Et Bon aussi.
- C'est pas trop difficile de sortir avec un démon, mon bon couillon ?
- Très difficile. Mais bon, on s'habitue.
- On ne s'habitue jamais avec moi.
- C'est une invitation à une partie de jambes en l'air ?
- Ça dépend, tu préfères par derrière ou par devant ?
- Difficile de choisir.
- On reprend en attendant que tu fasses ton choix ?
- Excellente idée.


Et le combat ou plutôt, le passage à tabac reprit. Narydia ne s'était visiblement rendue compte de rien et elle l'idée qu'elle puisse l'aider ne lui avait sans doutes même pas traversé l'esprit. Un très mauvais quart d'heure qui se termina de façon surprenante puisque inattendue. Alexender s'était rendu compte, lors d'une de ses attaques, que le bras du scientifique portait des runes, runes que Alekseï fut tout aussi surpris de découvrir. Le combat prit instantanément fin et, mieux encore, ce démon se matérialisa. Rytchkine reprenait son souffle, difficilement.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? T'es en panne ?

Dit-il avant de cracher un peu de sang.

- Pourquoi ne m'avoir rien dit au sujet de ton accord avec Eldareth ?
- Parce que ça ne te concerne pas ?

Répondit-il en fronçant les sourcils. Il n'était pas au courant des termes de l'accord mais se doutait qu'il y en avait un en ayant vu les runes que cet autre démon lui avait certainement posé dans son inconscience. Quand était-il de Narydia d'ailleurs ?

- Il aurait fallut me le dire avant, connard !
- Qu'est-ce que ça change de toutes les façons ?
- Ça change que je vais pas pouvoir te tuer tout de suite, ce qui est dommage d'ailleurs mais bon, si Eldareth le veut ...
- C'est ton maître ?

- On peut dire ça comme ça.

Rytchkine se releva. Il lui aurait donc cassé la figure pour ... Rien ? Quelque part, tout cela sonnait comme un grand gaspillage. La suite de la conversation l'étonna encore plus. Alexender lui devait le "respect" à ce qu'il disait, pas pour lui mais, pour son copain. Le scientifique en profita alors pour mettre les choses au clair avec lui, il ne devait en aucun cas mettre au courant Narydia de l'accord et surtout, il se devait de rester le plus discret possible. Certes, il ne chercherait pas à le déloger de là, du moins à ce qu'il lui avait dit mais, ce n'était pas une raison pour se mêler de sa "vie privée" ... Le démon lui expliqua l'utilité des runes puis l'informa que tôt ou tard, la séraphine deviendrait folle à cause de lui, chose à laquelle Alekseï se contentant de ricaner. Perdre la raison, c'était bien trop grand pour que ce démon saisissent toute la subtilité de la chose.

- Mais si tu veux, on peut reprendre le combat sur le plan de la réalité ? Ca me ferait chier d'en rester là.
- Je dirais pas non, au moins je pourrais t'en coller une ou deux.
- Tu sais que c'est ta "copine" que tu vas frapper et pas moi ?
- Oui, oui je le sais, et alors ?

- ... Et alors rien.

C'est sûr qu'en terme de folie, Rytchkine n'était pas un petit joueur. Il le renvoya alors sur son plan à lui, un peu comme quand il l'avait attiré ici mais en sens inverse. Sa première réaction fut d'ailleurs de plisser des yeux et de regarder à droite et à gauche. Rien n'avait changé, même pas lui, il était intact et au même endroit, comme si une fraction de seconde s'était écoulée uniquement. Il se fixa alors sur Narydia et cette dernière ne tarda pas à reculer d'un pas, son visage se chargeant d'une expression de haine mais, aussi de surprise.

- Qu'est ce que …

Rytchkine, pour sa part, fit mine d'être surpris, attendant la suite avec impatience. Elle se précipita vers le tas d'équipements et s'empara de son épée. Sa magie se déversa si intensément dedans que lame elle-même se mit à rougir. Elle afficha ensuite un sourire provocateur puis se retourna vers le scientifique. Ce dernier, d'ailleurs, commençait à émettre des doutes sur ses chances de réussite. Il fallait reconnaître qu'il avait enchaîné les défaites ces temps-ci, surement à cause du manque d'entrainement, et le fait de se battre contre Alexender sur un terrain plus amical que précédemment n’était pas forcément gage de réussite.

- Tu te rappelles de moi ?

Elle ... Ou plutôt il se précipita vers lui et plaqua la lame rougie de l'épée à tout juste un seul centimètre de sa gorge. Rytchkine n'avait pas bougé d'un poil mais, la chaleur dégageait l'avait obligé à reculer, la peau de son gorge ayant brûlé. Papy et ses hommes observaient la scène, stupéfait.

- Surtout n'intervenez pas.

S'en suivit alors d'une Narydia démonisée qui rétorqua :

- Non ? Tu sais bien ! Celui qui a explosé la tête de ton vieux ! Tu vois ta copine là, cette petite conne qui m'a enfermé en elle et que je vais bouffer de l'intérieur ! Et tu sais quoi ? Tu pourras rien y faire à part regarder !

Cette lueur de folie dans ses yeux émeraude, de doux visage d'ange marqué par la haine et l'obscurité, cette voix délicate et tranchante, tant par ses dires que par son intonation, voilà qui lui dressa les poils du dos, lui faisant comprendre à cet instant toute l'étendue des dégâts. Elle se mit à rire et lui envoya son coude dans le ventre, avec force. Rytchkine eut le souffle coupé, elle en profita pour le lui renvoyer sur le dos mais, sans succès, ce dernier s'était dégagé. Coups de pied, coups de genou, de coude, de poing et parfois même d'aile et sans parler des coups d'épées, le scientifique se contentait d'esquiver ou de parer mais, il n'osait pas répondre. Il cherchait plutôt la maîtriser mais en vain, ses forces étaient décuplées, dépassant de loin celles de l'élu qu'il était. Quant à Alexender, il semblait prendre plaisir à contrôler ce corps qui n'était pas le sien.

Narydia eut alors un mouvement brusque et compulsif qui la fit lâcher son arme. Elle s'écarta et tourna la tête vers Papy et ses hommes, qui comme leur avait demandé le scientifique, ne voulaient pas intervenir même s'ils étaient choqués par ce qu'ils voyaient. Elle revint ensuite à l'élu et murmura quelque chose qu'il ne comprit pas car dit à voix trop basse. Elle se calma, un court instant, puis revint aussitôt à son hystérie.

- Ne me dicte pas ce que je dois faire, ordure de séraphine. Avec moi tu seras puissante et sans lui tu seras libre. Il n'est qu'une contrainte qui cherche à canaliser mes pouvoirs, je le tuerai pour toi !
- Tu devrais l'écouter, il a pas tord pour une fois.

Lui répondit-il sur un ton tout à fait sérieux. Elle s'élança de nouveau vers lui et l'empoigna à la gorge, serrant de toutes ses forces et lui coupant la respiration au passage. Le pire dans tout cela, c'est que la chaleur qu'elle dégageait était très forte, brûlante même et que le contact avec sa plaie ne faisait que renforcer cette sensation. Malheureusement, il lui était d'impossible de crier. Il attrapa les deux mains de Narydia et chercha à lui faire lâcher prise. Contre toute attente, elle se laissait faire, bien qu'il fallait forcer un peu. Elle se calmait, lentement mais surement.

- Arrête, grinça-t-elle. Arrête !
- Mais surtout pas !

Lui répondit-il avant de la faire complètement lâcher prise et de lui enfoncer son genoux dans le ventre.

" Ouais zyva zyva, pète lui sa gueule ! "

Dit alors Jonathan qui réveillait sa haine des séraphins en même temps que celle des démons.

- Pour être en mesure de cohabiter avec un démon sans que cela ne provoque le moindre rejet en toi, c'est que tu es compatible avec lui. Je savais les séraphins hypocrites dans leur nature mais, je ne pensais que c'était aussi ton cas, enfin, je ne le pensais plus, jusqu'à maintenant.

Dit-il sur un ton impersonnel. Alexender n'en avait pas encore terminé et le combat ni fit que s'allonger, entre coups et ripostes, la rivalité était à son comble même si le démon faisait parfois exprès de se laisser faire. Qu'il frappe la séraphine semblait lui faire plaisir. Ce dernier d'ailleurs fit usage de la magie de l'ange, magie que Rytchkine prit plaisir à contrer à l'aide de ses runes. Finalement, ce n'était pas qu'un cadeau empoisonné, elles avaient leur utilité au combat. Jonathan profitait de ce moment de "faiblesse psychologique" de la part du scientifique pour lui insuffler le plus de mauvaises idées possibles, l'enrageant encore plus à chaque minutes qui passait. Finalement, il finit par se glisser dans le dos de la séraphine à l'aide d'une manoeuvre pour le moins ... Fourbe puis passa son bras "runique" sur la gorge de cette dernière avant de la serre contre le plus possible et de renforcer son emprise à l'aide de son autre coude, refermant ainsi l'étreinte autour de son cou et étranglant cette dernière.

" Tue là ! Tue là ! C'est le moment ! Tu te débarrasseras d'elle et lui en même temps ! "

Il agitait sa langue à l'oreille de Narydia, à la manière d'un démon en manque. Peu à peu, il ramena ses genoux au sol, lui chuchotant maintes et maintes insultes.

- Crève !

S'écria-t-il avant que Weed ne l'interpelle en lui jetant son mocassin à la tête.

- Mais t'es complètement malade ! Tu vas la tuer !

Rytchkine fronça les sourcils. La tuer ? Il se releva d'un bond, lâchant la séraphine.

- Ah oui, c'est vrai, j'allais la tuer, j'avais pas vu.

Dit-il aussi simplement que ça. C'était comme s'il venait de se réveiller.

" Mais ... Mais qu'est-ce que tu fous connard ? Bute là je te dis ! "
" Bien essayé, mon salaud. "
" ... Bah bute Papy alors. "

" Ça c'est pour plus tard. "

Weed s'approcha de lui, récupérant sa chaussure fort odorante et lui demanda ce qui n'allait pas avec eux. L'histoire était un peu trop longue à expliquer mais Alekseï résuma cela en lui expliquant qu'elle était possédée ... Et lui aussi, d'une certaine façon.

- J'ai bien fait de te réveiller !
- C'est pas ta chaussure qui m'a réveillé mais l'odeur.
- ... Ah bah ça après ...
- Tu te laves jamais toi ou quoi ?

- Ces temps-ci, je n'ai pas beaucoup eu le temps.

Ils tournèrent ensuite leur regard vers Narydia. Cette dernière était encore en train de reprendre son souffle mais, est-ce que la crise était passée ? Ils l'attrapèrent par les bras et l'aidèrent à se remettre debout.

- Ça va comme vous voulez, la rouquine ?

Pour sa part, Alekseï préféra s'en aller récupérer son armement, il n'était pas vraiment fier de ses derniers agissements et avait encore plus de mal à tout comprendre. Depuis qu'ils avaient rencontré le dénommé Eldareth, les choses n'étaient jamais allées dans le sens qu'ils voulaient et voilà que maintenant, c'est leur relation qui en payait les frais ... Et Narydia aussi. La pauvre femme avait été traînée de force dans des affaires qui ne la concernait pas, à cause de lui, et voilà le résultat maintenant, elle ne s'en tirait pas indemne et il ne faisait que lui en rajouter une couche.

- Bon Papy ! Il faudrait se mettre en route !

S'exclama-t-il plus pour ne plus penser à ça qu'autre chose. Le temps de lire la carte et de comprendre l'itinéraire et la petite troupe se mit en marche en direction des sentiers boisés. Par contre, le chemin allait leur prendre plusieurs jours ... Jours pendants lesquels ils pourraient se reposer un peu ... Enfin, surtout la séraphine.
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Narydia Ventari

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MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Mar 11 Juin 2013 - 22:31

– Mais surtout pas !

Sur ces mots, la séraphine se prit un coup de genou dans le ventre qui la fit se courber en avant. Et plus les coups s'enchaînaient, plus Narydia retrouvait sa conscience. Bientôt, Alexander ne fut plus qu'un souvenir et elle commenca à se rendre compte de sa situation. Alekseï qui tentait de la maîtriser… ou plutôt non. Alekseï qui s'en prenait à elle sans la ménager.

— Pour être en mesure de cohabiter avec un démon sans que cela ne provoque le moindre rejet en toi, c'est que tu es compatible avec lui. Je savais les séraphins hypocrites dans leur nature mais, je ne pensais que c'était aussi ton cas, enfin, je ne le pensais plus, jusqu'à maintenant.

Le visage de Narydia, à présent parfaitement revenue à elle, s'assombrit. Elle avait bien conscience qu'elle était à présent habitée par un démon, mais qui pouvait-elle ? Certes, cette présence aussi infâme en elle-même la répugnait. En fait, peut-être était-elle juste folle ? Un démon ? Comment pourrait-elle vivre avec ça ? La séraphine n'y croyait pas. Pourquoi et comment ? Pendant qu'elle se laissait faire, incapable de bouger tant elle était tétanisée à la fois par les gestes d'Alekseï et par ce qui venait de se produire, la présence du démon en elle, le guerrier continuait sa danse funeste.

Parfois, Narydia sentait la présence du démon qui guidait ses gestes, contrait ceux d'Alekseï. Mais elle ne s'en rendait pas compte. Son esprit lui était bien conscient de ce qu'il se passait, même si ses actes montraient le contraire. Et les paroles du scientifique se déversaient dans sa tête comme un flot de cruauté. La déception s'abattit sur elle. La déception qu'il se soit laisser berné par ce démon, et la déception de l'entendre dire qu'il la trouvait hypocrite et corrompue. Ainsi c'était ce qu'il pensait…

Il s'était glissé derrière elle et avait abattu son bras sur sa gorge. D'un coup, elle sentit sa magie (ou du moins celle qu'utilisait le démon) s'estomper, et Alekseï en profita pour serrer. La jeune femme suffoquait, avec aucune volonté de l'en empêcher. Après tout, il voulait la tuer. C'était incontestable. Insensé peut-être, mais visiblement voulu. Après tout avec un démon en elle, elle le méritait peut-être. Mais ce qu'elle ne méritait pas, c'était d'être traitée comme quelqu'un qui l'aurait voulu. Et pour cela, elle souhaitait lui faire payer. Il était pourtant trop tard pour se débattre. La séraphine se sentait tomber, et avec son corps, l'inconscience.

– Crève !

Tous ses muscles se détendirent et la jeune femme ferma les yeux. Un soubresaut fit lâcher Alekseï, et la séraphine expulsa brusquement l'air de ses poumons, avant de tomber au sol, affaiblie. Narydia entendit une voix lointaine puis :

— Ah oui, c'est vrai, j'allais la tuer, j'avais pas vu.

Entre deux respirations saccadées, la séraphine murmura :

— Espèce de…

Si elle en avait eu la force, elle l'aurait violemment repoussé lorsqu'ils vinrent la relever. Et pire, elle aurait voulu embrocher le scientifique. Il s'était éloigné s'occuper de l'équipement, la laissant là. Narydia n'avait plus qu'une envie : lui planter son épée dans le dos. Qu'avait-il donc cherché ? La tuer ? Que lui avait-elle fait à part tenter de se contrôler dans une situation où un démon s'était emparé d'elle ? N'avait-elle pas empêché le démon de commettre le pire ? Narydia resta sans bouger, regardant la troupe s'affairer au départ.

— Bon Papy ! Il faudrait se mettre en route !

Alekseï était à présent de dos et avait commencé à se mettre en route, sans se rendre compte que l'ange ne bougeait pas d'un centimètre. Soudain, elle lança vivement, son visage marqué de déception et de dégoût :

— C'est quoi ton problème ?

Il s'était retourné pour lui faire face. Alors la jeune femme le nargua, sans aucune volonté de jouer à un quelconque jeu. Cette fois et pour la première fois, elle était parfaitement sérieuse. Sa voix était cassante, son visage fermé et glacial.

— A quoi joues tu, "petit scientifique" ? Je ne te plais pas ? Hein ? Le vilain Eldareth que j'ai rencontré par TA faute m'a collé un démon dans le corps et ça ne te plait pas ? Par TA faute, je suis venue dans cette satanée capitale pour te rendre service ! Par TA faute j'ai failli me faire tuer par un dégénéré, un démon et leur armée royale, juste pour toi. Par TA faute, on m'a collé de multiples runes sur le corps, au risque de me tuer, mais toujours pour toi. Et par TA faute j'ai fini comme cobaye pour un démon que TU as offensé ? Et je suis l'hypocrite !

Ses yeux s'assombrirent et la voix forte qu'elle avait pris pour s'exprimer s'atténua un peu. Une voix froide et remplie de rancoeur.

— Va vivre ta vie et la prochaine fois que tu essaieras de me tuer, tu auras à faire à moi. Et au démon que tu m'a planté dans le corps. Dégage de ma vue.

Et sur ces dernières paroles, la séraphine se pencha pour ramasser l'épée qu'il lui avait prêté et la jeta dans sa direction. La lame retomba sur le sol avec un fracas assourdissant. Ce qui rendit l'atmosphère au summum de sa froideur. La seconde d'après, l'ange s'était envolée dans la nuit, laissant l'élu et sa petite armée mener leur chemin.


Enfin, elle respirait l'air qu'elle avait connu depuis toujours. L'atmosphère d'Adyril. Peu de temps après qu'elle eu quitté le scientifique, la séraphine avait rapidement créé une faille qui la ramènerait en Adyril. Mais qui savait comment elle allait y être accueillie. A présent, les petites occupations d'Alekseï et ses magouilles financières n'étaient plus son problèmes, même si elle sentait un manque à ses côtés. Certes, elle l'avait quitté physiquement, et cela impliquait la douleur de l'avoir perdu. Mais elle ne le regrettait pas. Elle lui avait fait confiance. Elle avait espéré qu'il la voit comme autre chose qu'une "séraphine", et finalement il avait tout détruit. A présent, il ne lui restait plus qu'à regagner les siens, s'ils l'acceptaient encore...
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Alekseï Rytchkine



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MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Mer 12 Juin 2013 - 0:37

- C'est quoi ton problème ?

Lui dit-elle sur un ton ferme et sérieux. Le visage fermé, le regard froid et la voix menaçante, Alekseï comprit tout de suite qu'il était allé un peu trop loin ... Bien malgré lui.

- Je ne sais pas mais, je pense que tu vas me le dire.

Dit-il avec humour. Il ne savait pas si c'était vraiment une bonne que de chercher à rigoler dans une pareille situation mais, il ne pouvait pas s'en empêcher. En fait, il avait surtout très peur d'entendre ce qu'il ne voulait pas entendre.

- A quoi joues tu, "petit scientifique" ? Je ne te plais pas ? Hein ? Le vilain Eldareth que j'ai rencontré par TA faute m'a collé un démon dans le corps et ça ne te plait pas ? Par TA faute, je suis venue dans cette satanée capitale pour te rendre service ! Par TA faute j'ai failli me faire tuer par un dégénéré, un démon et leur armée royale, juste pour toi. Par TA faute, on m'a collé de multiples runes sur le corps, au risque de me tuer, mais toujours pour toi. Et par TA faute j'ai fini comme cobaye pour un démon que TU as offensé ? Et je suis l'hypocrite !
- Non mais, le prend pas comme ça ...

Répondit-il sur un ton qu'on pourrait qualifier de timide. Son ton à elle par contre était fort et frappant, comment de simples mots pouvaient-ils faire aussi mal ? Surement parce qu'ils étaient véridiques. Son regard se rempli de haine, il s'assombrit et sa voix se calma, pour son plus grand malheur. Il aurait tant aimé qu'elle reste en colère mais ce n'était plus le cas.

- Va vivre ta vie et la prochaine fois que tu essaieras de me tuer, tu auras à faire à moi. Et au démon que tu m'a planté dans le corps. Dégage de ma vue.

Comment dire ... C'était comme se faire tuer, se faire ressusciter, puis se refaire tuer, puis se refaire ressusciter et ainsi de suite jusqu'à disons ... La fin des temps ? Il n'arrivait pas à y croire, ou plutôt, il ne voulait pas y croire. Mais c'était la réalité, c'était ... Finis, et par sa seule et unique faute. Décidément, aimer, ce n'était pas son point fort. Il avait l'impression que son coeur allait s'arrêter de battre tant la brûlure était grande. Il n'entendait plus rien, ne voyait plus rien si ce n'était elle, qui lui avait jeté son épée à la figure avant de prendre son envol et de traverser une faille, certainement en direction d'Adyril, sous les regards estomaqués de Papy et de ses hommes. Elle ne lui avait même pas laissé le temps de s'expliquer ... Et elle avait bien fait. À quoi bon le laisser parler ? Soit il justifierai l'injustifiable soit il reconnaîtrai sa faute mais dans les deux cas, le mal était fait. Elle lui avait donné sa chance et il l'avait gâché, tout simplement !

" Et c'est bien fait pour ta grande gueule d'évadé de l'asile. Tu la méritais pas de toutes les façons, elle était trop bien pour toi. "

La seule question qui rôdait dans sa tête à l'heure actuelle, c'était de savoir que faire ? La laisser partir sans rien faire de plus et reconnaître son échec ? L'oublier et tirer des leçons ou chercher tant bien que mal à lui prouver qu'elle avait tord, quitte à se rendre sur Adyril pour aller la retrouver au risque d'être confronté à son pire cauchemar ?

" Tu pourrais aussi te tuer. Au moins, le monde serait débarrassé de toi. Cette pauvre séraphine qui t'a tendu la main, regardez-moi comment qu'il l'a traîné dans la merde, même moi j'aurai jamais fait ça. "

C'était le silence, le silence total. Tout le monde le regardait mais personne n'osait dire quoi que ce soit. Mine de rien, Narydia avait le soucis du détail. Pour lui avoir rendu ce qu'il lui avait offert et donc, lui laisser un souvenir amer qui n'aurait d'autre effet que de l'achever s'il n'était pas encore mort, c'était du beau travail.

- Je ... Hum ... Oui ... Oui on devrait se mettre en route si on ne veut pas rater le convois ...

Dit Weed avant d'appeler tous ses hommes à se mettre en marche. Alekseï les regarda partir puis, adressa un regard au vieil homme qui se contenta de secouer la tête et de faire la moue avant de se mettre en route. Oui, il avait bel et bien tout raté et, pire encore, il avait plus de mal à cette jeune femme que ce qu'elle avait pu bien lui faire depuis qu'il l'avait rencontré. Un destructeur, c'était donc tout ce qu'il était ? On ne ne change de vocation aussi facilement que ça finalement. Alors que tous les démocrates le dépassaient les uns après les autres, il se pencha pour ramasser l'épée en question. La lame était encore chaud mais, plus assez pour le brûler. De toutes les façons, souvenir ou pas, il allait en avoir besoin. Malheureusement, elle paraissait bien terne dans sa main et le fluide feu était épuisé. Il la rengaina dans son fourreau et l'accrocha à sa ceinture avant de se mettre à son tour en marche, tout en silence. Pourquoi parler, se plaindre et crier à l'injustice ? Il n'avait que ce qu'il méritait et il l'avait bien compris. Il lui faudrait avaler ça ...

" Analyse de la situation, échec, origine du malaise incomprise. "
" Il vaut mieux que tu ne comprennes pas ... "

Pensa-t-il avant de se fermer aussi bien mentalement que vocalement. La suite ? De longues heures de marche durant lesquelles le scientifique était au retrait, traînant derrière la troupe. Il ne réfléchissait pas, à quoi bon ? Il souffrait, en silence, c'était ça qu'elle voulait après tout, alors autant bien le faire, pour une fois. Mais bientôt ils s'arrêtèrent et montèrent un camps de fortune. Papy profita de cet arrêt pour engager la conversation avec lui, vu qu'il n'avait pas placé un mot de toute la soirée mais, il ne voulait pas parler ... Enfin, pas de ce sujet. Lorsqu'il parla de l'attaque prévue, il se montra plus coopératif. Le plan était simple mais efficace. Les hommes de papy transformeraient le tronçon de route en un véritable champs de bataille jonché d'armes et de cadavres, forçant ainsi le convois à s'arrêter et créant un effet de surprise. Quand l'escorte se serait dispersée pour inspecter les lieux, les hommes se relèveraient et profitant de l'effet, ils en élimineraient le plus possible. Le combat ferait ensuite rage et la garde chercherait certainement à ouvrir le chemin au convois pour qu'il puisse prendre la fuite. C'est là que Weed et Alekseï interviendraient. Cachés plus loin dans deux trous qu'ils auraient au préalable creusé et recouvert d'une " tuile en bois recouverte de terre ", ils attendraient que le chariot les dépasse pour faire sauter la dernière mine du scientifique. Ils sortiraient après de leur trou et élimineraient les derniers survivants avant d'emporter le coffre dans la forêt et de disparaître pour que la garde ne puisse pas les retrouver. Enfin ça, c'était dans la théorie mais, dans la pratique, les choses ne se passaient que rarement comme prévues.

- Et pour le pognon, c'est 90/10.
- Quoi ?!

S'exclama-t-il, presque outré.

- T'as pété la carafe ou quoi ?
- Quarante-mille pièces d'Or pour toi et tes hommes, c'est amplement suffisant ! Et je te signale que c'est moi le moteur de toute cette opération.
- Jamais, tu m'entends ? Jamais !
- Dans ce cas, ça se fera sans moi. Je préfère encore aller risquer ma peau à retrouver Narydia plutôt que de t'aider pour une tâche aussi ingrate.
- Tu n'as pas le droit de me faire ça ! Et puis pourquoi as-tu besoin d'autant d'argent ?
- J'ai des projets Papy, c'est tout ce que je peux te dire.
- ... Et qu'est-ce que je vais dire aux gars ?
- Ils ne sont pas obligé de savoir combien il y avait à la base. Et puis, on peut très bien avoir raté notre coup et n'avoir récupéré qu'une partie de l'argent, ils n'en sauront rien, ça sera ta parole contre la leur.
- Je vais pas leur faire ça quand même !
- C'est mieux que rien, non ?
- ... Enfoiré.
- Oui merci, j'ai compris ça depuis un moment Papy, tu sais ?


Le vieil homme s'en alla sans lui répondre. C'était ça ou rien, il n'avait pas le choix. Même s'il ne comprenait pas pourquoi Rytchkine se comportait de cette façon, il se doutait bien que ses "projets" n'avaient rien de bien ordinaires ... Enfin, il ne fallait pas non plus vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.
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MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Ven 14 Juin 2013 - 11:00


Narydia avait le coeur lourd. Depuis quelques minutes qu'elle survolait sa terre natale, elle ne pouvait pas chasser Alekseï de son esprit. Elle ne comprenait ni son comportement, ni ses actes. Il s'était montré bien pire qu'apathique. Clairement, il lui avait fait comprendre qu'il ne l'estimait plus, qu'elle le décevait et qu'elle ne valait pas mieux que les autres. Alors à quoi bon rester à ses côtés. A quoi bon chercher à l'aider s'il la rejetait et n'avait que faire d'elle. Cette fois, ce n'était plus qu'une question de tristesse et de colère. En plus de cela, elle ressentait une profonde amertume et une réelle déception. Quoiqu'il en soit, cette histoire était terminée et il était temps pour elle d'essayer de passer à autre chose.
La séraphine survolait la forêt qu'elle avait autrefois habité, le coeur serré. Elle avait tout perdu depuis ce jour là. Son foyer, ses frères, et maintenant celui à qui elle tenait profondément et qui lui avait redonné un peu d'espoir. Mais l'heure n'était plus aux regrets : il lui fallait régler ses comptes et éclaircir sa situation en Adyril. Ce qui l'étonnait depuis quelques temps, c'était le silence de ses semblables sur toute cette histoire. Chaque matin elle avait imaginé être rappelée par l'Empereur pour justifier ses actes et en payer le prix. Mais il n'en avait été rien. Peut-être qu'après tout, les anges avaient décidé de la laisser faire ce qu'elle entendait, du moment qu'elle ne remettait pas les pieds sur Adyril. Mais désormais c'était chose faite.
Tandis que l'ange était perdue dans ses pensées, ses pas la menaient malgré elle vers le haut-lieu de rassemblement des séraphins. La résidence de l'Empereur : le Palais d'Adyril. Elle avait bien conscience que c'était se jeter dans la gueule du loup et qu'elle avait très peu de chances qu'on l'en laisse repartir. La séraphine n'avait pas oublié que son propre peuple avait essayé de l'assassiner en la conduisant dans le Vein. Et elle ne savait donc pas à quoi s'attendre à présent… Ils ne lui pardonneraient sûrement pas, mais après tout, était-elle seulement en tord ? Elle s'était liée à Alekseï, mais sans le connaître, ni lui, ni ses actions passées. Son différend avec Adyril lui était alors complètement inconnu.
Alors que l'ange approchait du palais, personne ne l'avait arrêté en chemin. Ce fut seulement lorsqu'elle arriva devant les gardes de la grande porte qu'on lui opposa une barrière. Les deux séraphins encadrant la porte étaient revêtus de lourdes armures en métaux précieux, aussi lumineuses que le soleil. Épée en main, ils n'avaient ni l'air très aimables, ni enclins à lui céder facilement le passage. Pourtant, Narydia les connaissait bien, puisqu'elle venait prendre ses ordres régulièrement de l'Empereur ici-même, lorsqu'il la réclamait. Pour la première fois, elle devrait s'expliquer avec eux.
– Je souhaite voir l'Empereur, annonça-t-elle.
– L'Empereur ne reçoit que sur convocation, répondit avec nonchalance l'un des séraphins.
– Je reçois mes ordres directement de lui et il est mon premier interlocuteur. Vous en voulez la preuve ?
L'ange fouilla dans l'une des poches de son armure en cuir (puisque elle n'avait pas oublié de laisser l'armure d'Alekseï à celui-ci, dans le tas d'équipement qu'il avait récupéré) et en retira une feuille complètement pliée. Elle la remit au garde suspicieux qui ne prit même pas la peine de la lire. Il eu à peine jeté un oeil dessus que l'autre lui fit fit un signe de la tête. Et le deuxième garde tendit, sourire aux lèvres, une lettre manuscrite à Narydia, qui était écrite de la main de l'Empereur qui avait apposé son sceau. Le séraphin souriait de toutes ses dents, bien heureux de sa démonstration de force.
– Et nous avons reçu l'ordre de vous interdire l'accès au palais.
Narydia lisait la lettre, qui semblait avoir été adressée à tous les gardes du Palais. Il était clairement stipulé que l'accès lui était interdit pour haute trahison à l'ordre adyrilien, et qu'elle n'était à présent plus qu'une inconnue aux yeux des siens, alliée à "l'ennemi". Cependant, rien n'énonçait qu'elle était une exilée. De bien grands mots pour ce qu'elle avait accompli. La jeune femme releva les yeux vers les gardes et répondit avec un soupir :
– Je n'ai franchement ni l'envie, ni le temps de discuter avec vous. Amenez-moi à votre supérieur, qu'il m'explique clairement ce dont je suis accusée.
L'un des gardes se mit à rire.
– Mais c'est pourtant simple ! Vous…
– Laissez-là moi.
Une voix bien familière, que la séraphine aurait préféré ne plus entendre. Klein, l'ange dont elle avait reçu l'ordre de partir en mission dans le Vein. Celui qui lui avait demandé d'aller se faire simplement et lâchement tuer par les siens. Il s'était approché en silence, ses longues ailes argentées encadrant son armure d'un bleu de nuit. Son visage sévère n'avait pas changé d'un cil, et son allure était toujours aussi hautaine. Même si la jeune femme le dépréciait fortement, elle avait enfin l'occasion de s'expliquer avec un officier. Un sourire tordit les lèvres du séraphin. Narydia se tenait sur la défensive, sans avoir pour autant l'air menaçante. Elle savait qu'il lui faudrait faire preuve de diplomatie.
– Alors comme ça on revient parmi les siens ?
– Laisse moi passer.
– Ah, je suis désolé mais, comme l'ont dit les deux gardes, tu n'es pas autorisée ici. C'est fâcheux, vraiment !
– Écoute, je n'ai pas envie de discuter avec toi. S'il faut que je force le passage, je le ferai.
– Et je t'arrêterai.
– Bien-sûr. Et l'Empereur est-il au courant de ta manigance injustifiée contre moi ?
Le visage de Klein se referma. Elle avait finalement trouvé le point faible de toute cette histoire. Et cela ne l'étonnait qu'à moitié puisqu'une condamnation à mort ne pouvait être commanditée que par un édit écrit et signé par l'Empereur. Hors, tout cela avait échappé à Narydia, qui n'en avait pas vu la couleur. Klein garda cependant son assurance et rétorqua :
– Je ne te mènerai pas à lui.
– Vraiment ? Et si je me mets à clamer haut et fort tes agissements contre moi ? Dois-je te rappeler que je n'ai commis aucun crime avant qu'on tente de m'assassiner ? M'allier avec un exilé ? Excuse-moi, mais de puis quand le fait de lui avoir parlé fait de moi une traîtresse ?
– Reconnais le, tu n'as pas fait que cela… Et tu as abandonné ton poste.
– Après avoir été blessée par Rytchkine et hors d'état de me déplacer ? Crois-tu réellement que me déplacer à ses côtés et éventuellement "plus", fait de moi une traîtresse ? Ai-je émis des plans contre Adyril ? Contre l'Empereur ? Tu es un menteur, Klein, et l'Empereur l'apprendra, d'une façon ou d'une autre. Si tu lui demandes ma réhabilitation, je me taillerai sur cette affaire. Mais sache que si les choses ne redeviennent pas comme avant… j'ai bien percé ton jeu tu sais. Celui de bien te faire voir auprès de l'Empereur, quitte à éliminer tous ses fidèles. Tu es un traître, pas moi. Et si j'ai pu arranger rien qu'un peu les relations entre Adyril et Rytchkine, chose que j'aurai peut-être réussi à faire si tes hommes n'avaient pas tenté de nous tuer à maintes reprises… nous n'en serions pas là. Qui est venu s'inquiéter de ma situation lorsque je m'étais absentée d'Adyril sans donner aucune nouvelle ? Certainement pas toi.
Narydia fit une mine dégoûtée. Il se permettait d'inventer des histoires pour la rendre fautive, alors qu'il avait tout provoqué depuis le début. Les deux gardes tendaient l'oreille, ce que Klein avait remarqué puisqu'il lui fit signe de baisser d'un ton. Visiblement, son plan ne fonctionnait pas comme il le voulait.
– Ce Rytchkine ? C'est lui qui t'a blessé. Et dis-moi, pourquoi reviens tu ici après tout ce temps ? Ca ne va plus entre vous ?
Il se moquait clairement et sa voix pleine de fausseté dégoûta encore plus la séraphine. Le visage de la jeune femme s'assombrit et elle répondit calmement :
– Laisse-moi passer ou je hurle ta trahison, ce qui risque de rameuter tous les officiers et peut-être même l'Empereur.
– Ecoute. Nous n'avons qu'à discuter de cela ce soir, dans un endroit plus tranquille. Je t'expliquerai mes motivations et nous trouverons un accord.
– Un accord avec l'être le plus mensonger que je connaisse ? Vraiment, tu penses que je vais me laisser berner encore une fois ?
Et sur ce, la jeune femme tourna les talons et le planta là. Elle trouverait un moyen de prévenir l'Empereur. Pour l'instant, les choses s'éclaircissaient, et c'était un bon début.
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MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Ven 14 Juin 2013 - 19:06

Le chemin leur prit quand même quelques jours à être couvert. L'atmosphère qui régnait dans la petite troupe avait été froid et peut-être même hostile. Les hommes de Weed ne comprenaient pas ce qu'il se passait et se contentaient de suivre leur meneur en silence alors que Alekseï n'avait plus adressé la parole à Papy depuis qu'il avait fixé les tarifs, et réciproquement d'ailleurs. Le scientifique se sentait isolé et particulièrement mal à l'aise au vu de la situation, c'était à croire que tout le monde était contre lui y comprit Jonathan qui n'avait eu de cesse de le harceler, jusqu'à ce qu'il en vienne à se battre avec lui, et donc s'auto-agresser, au beau milieu de la nuit, en proie à la folie. C'était un moyen comme un autre de décompresser. Rajoutons à cela sa conscience qui le frappait fort, au sens propre comme au sens figuré, et Dischwepser qui cherchait tant mal que bien à expliquer un phénomène qu'il ne comprenait pas, c'était à s'en arracher les cheveux ... Ou à écouter les conseil avisés de sa mauvaise personnalité et d'aller se suicider.

L'endroit où le piège allait être tendu se trouvait en pleine forêt. Un sentier isolé que bien peu de personnes fréquentaient. Cela dit, en arrivant sur place, ils constatèrent avec surprise et désagrément qu'ils n'étaient pas les seuls à avoir réussi à se procurer l'itinéraire. D'autres bandits s'étaient déjà installés ici et ils n'avaient pas l'intention de céder leur place ... L'affrontement fut inévitable. Il était bien évidemment impossible de s'associer avec eux et de partager le butin, l'un ou l'autre trahirait de toutes les façons ses engagements. Et puis il n'y avait pas assez d'argent pour deux. Ce fut brutal et sanglant, Papy perdit quelques hommes mais, leurs adversaires n'étaient aussi expérimentés qu'eux. le bon côté dans tout cela, c'est que ça ressemblait bel et bien à un champs de bataille maintenant, avec ses morts, son sang et son sol jonché de ferraille.

Il ne restait donc plus qu'à mettre en place le piège et à creuser deux trous, en attendant patiemment le convois. Ils avaient à peu près une demie-journée d'avance sur eux, dès qu'ils seraient en vue, les hommes de Weed prendraient place et lui-même ainsi qu'Alekseï iraient se cacher un peu plus loin, dans les trous creusés à cet effet. Le convois ne tarda d'ailleurs pas à se présenter, il restait à espérer que le plan se déroulerait comme prévu. Si jamais cela venait à échouer, une bonne vingtaine d'hommes perdraient la vie pour ... Rien. Un gaspillage sans nom en perspective, il valait mieux rester optimiste.

Une minute, deux minutes, trois minutes puis finalement une petite dizaine, le temps paraissait tellement long. Les deux hommes observaient froidement l'horizon depuis leur cachette, ils pouvaient entendre le combat faire rage, des cris, le fracas des armes, l'agonie et même les chevaux qui ne tenaient plus en place. D'ailleurs, en parlant de chevaux, les pas précipités de ces derniers se faisaient de plus en plus proches. Une percée ? Sans doute. 

- Ils arrivent !

Chuchota Weed avant de refermer son couvercle, suivit de près par Rytchkine. Ce dernier d'ailleurs était très concentré sur l'opération, pas pour ne pas échouer mais, plutôt pour se changer les idées. Le souvenir de Narydia était encore très présent en lui. Bientôt, le convois les dépassé à la hâte suivis de quelques gardes, il ne fallait pas se rater. Alekseï les suivit du regard et tenant dans sa main un câble de fortune, il devrait le tirer au bon moment pour faire exploser le dispositif juste en dessous d'eux.

- Pas maintenant, pas maintenant ...

Marmonnait-il alors que Weed lui sermonnait de le faire exploser. Mais, il était impassible et quand le bon moment se présenta, selon lui, il fit tout exploser. La terre trembla, le feu embrassa les cieux, façon de parler bien sûr, et la détonation les rendit sourds pendant un moment. Le souffle de l'explosion fit voler le chariot en éclat et projeta les hommes qui le conduisaient et l'accompagnaient dans les airs si ce n'était dans le décor. Le coffre, quant à lui, retomba sur la route et s'ouvrit par la même occasion, déversant son contenu doré sur le sol. Accroupis à l'intérieur de leur cachette, afin d'éviter les projections de débris quelconque, attendirent que le calme revienne pour sortir et constater l'étendue des dégâts. Le spectacle n'était pas très beau à voir. Il y avait des survivants, hors d'état de nuire mais, des survivants quand même, des survivants que Rytchkine s'en alla achever sous le regard inquiet de Weed. 

- Ca ne sert à rien de les tuer !
- L'inutile est, de par son opposition à l'utile, quelque chose que l'on peut considérer comme complémentaire à la notion même de l'utilité puisque permettant de faire la distinction entre l'utile et l'inutile au moyen d'un contraste que je qualifierai de paradoxal puis qu’à la fois homogène et hétérogène. Par conséquent, l'inutile est utile à l'utilité dans la mesure où elle n'est que le reflet de cette dernière dans le subconscient de l'Homme, ce qui implique un tout et donc une inexistence partielle ou totale. Ce qui signifie que dans le cas présent, tuer ces pauvres gars parce que c'est amusant ne sert à rien mais, que je le fais quand même. Compris ?

Weed n'avait en fait rien compris du tout mais, il commençait sérieusement à douter de la santé mentale de son vieil ami, aussi une idée peu charmante germa lentement dans son esprit, pendant qu'Alekseï terminait sa besogne tout en y prenant plaisir. Papy subtilisa discrètement la dague d'un garde et aida ensuite le scientifique à ramasser le trésor pour aller le cacher plus loin dans la forêt, avant que le reste de la garde n'arrive.
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Narydia Ventari

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MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Sam 15 Juin 2013 - 23:33


La nuit était tombée en Adyril et Narydia avait erré tout le reste de la journée, à la recherche d'une solution pour contrecarrer les plans de Klein. Elle savait que l'étau se resserrait des deux côtés : à la fois pour elle car l'Empereur était la seule personne qui puisse arranger son cas et que Klein s'obstiner à l'empêcher de le voir. Et du côté du séraphin car Narydia l'avait menacer de révéler toutes ses manigances à qui voudrait bien l'entendre. Fatiguée de réfléchir aux possibilités qui s'offraient à elle, l'ange s'arrêta dans une auberge de la capitale, suffisamment excentrée cependant pour ne pas attirer l'attention. Alors qu'elle allait franchir la porte du bâtiment, dont l'entrée se trouvait dans une ruelle peu éclairée, la jeune femme fut projetée contre le mur derrière elle et une poigne ferme la saisit à la gorge, la soulevant de terre.

L'obscurité masquait les traits de son agresseur mais pas suffisamment cependant pour le dissimuler complètement. Narydia n'eu aucun mal à reconnaître Klein, qui s'était rapproché tout près de son visage pour lui chuchoter quelques mots. Son autre main était positionnée sur la bouche de la séraphine pour l'empêcher de crier.

– Très bien, j'ai une offre à te faire. Parlons-en autour d'un verre.

Il haussa un sourcil en guide de questionnement, demandant l'accord de la jeune femme. Celle-ci secoua légèrement la tête pour approuver, et l'ange la relâcha rapidement. Il avait revêtu une armure bien moins clinquante que la précédente, sans doute pour ne pas être repéré et trahi pour cette mésaventure. Narydia le suivit sans un mot à l'intérieur du bâtiment, et l'homme s'empressa d'aller commander leurs boissons. Ils s'installèrent à une petite table reculée et Klein s'installa rapidement, croisa ses mains sous son menton, signe chez lui qu'il était en profonde réflexion et qu'il s'apprêtait à discuter d'un sujet sérieux. La séraphine l'imita, méfiante cependant. Elle n'oubliait pas qu'il avait tenté de la tuer et elle devait donc rester sur ses gardes. Peu de temps après, le maître des lieux leur apporta deux bières. Klein en but une longue gorgée avant de la reposer et fixa intensément la séraphine qui elle, n'avait pas touché à son verre.

– Détends toi, ce n'est pas empoisonné.

– Je préfère rester sobre pour entendre ce que tu as à me proposer.

Klein haussa négligemment les épaules.

– Comme tu voudras. Alors, comment te portes-tu depuis… ?

Narydia le coupa rapidement pour enchaîner avec ironie :

– Depuis que tu as tenté de m'assassiner dans le Vein ? Très bien voyons. Un enlèvement, quelques massacres, une libération de terroristes aussi… ce genre de choses. Mais depuis quand te préoccupes-tu de mon bien-être ? Ca ne sert à rien de tergiverser. Viens-en au fait, à moins que tu craignes que je ne refuse et que tu ne cherches qu'à retarder ce moment.

Klein se racla la gorge, visiblement agacé. Lorsqu'il le voulait, il pouvait être un bel homme, à condition que son regard ne soit pas teint de cet égoïsme et de ce côté imbu de lui-même. Narydia quant à elle se détendit sur sa chaise et attendit les bras croisés. Comme pour se motiver, Klein reprit une longue gorgée.

— Livre moi Rytchkine et cette affaire est oubliée. Tu seras lavée de ta culpabilité auprès de l'Empereur et je regagnerai ma notoriété.

La séraphine eu un rire nerveux et but enfin une lente gorgée de son verre. Klein fronça les sourcils, insatisfait.

– Non.

– Et pourquoi ? C'est ce traître qui t'a mis dans le pétrin, et regarde ! Tu es partie, c'est qu'il t'a bien fait quelque chose non ?

Le visage de la jeune femme se ferma et ses yeux prirent une teinte plus foncée. Voilà qui lui rappelait ce dont elle ne voulait pas parler, et surtout pas avec lui. Elle soupira et répondit, plutôt détendue :

– Notre marché n'inclut pas et n'inclura pas Rytchkine. C'est comme ça et si tu souhaites marchander avec moi, ce point n'est pas négociable.

Klein se pencha vers elle, ses yeux gris perçants la dévisageant à la fois avec étonnement et cruauté. Un étrange mélange. Comprenait-il sa situation ?

– Tu t'en ai vraiment bien entiché hein… Je me demande bien ce que tu peux lui trouver. Il a une réputation de dégénéré et de maniaque de ce qui concerne la science.

Narydia haussa un sourcil et eut un sourire.

– Serais-tu jaloux ?

– Je veux simplement tirer parti de cette histoire et tes beaux yeux ne m'en empêcheront pas.

– Alors il faudra trouver autre chose.

Klein rassembla ses deux mains sous son menton et pencha légèrement la tête sur le côté.

– Soit. Je ne toucherai pas à Rytchkine. Je sais que l'Empereur t'a dans ses faveurs et tu n'es qu'un obstacle pour moi. Je veux ta démission. Et je veux également que tu n'ébruites pas cette affaire. Dans le cas contraire, c'est Rytchkine qui en pâtira. Et toi évidemment. Tu sais comme moi que j'ai des centaines d'hommes sous mes ordres.

Narydia sembla réfléchir quelques instants. Après un moment, un sourire s'esquissa sur ses lèvres. Une idée lui était venue. Elle se pencha à son tour vers le séraphin, à quelques centimètre seulement de son visage. Il fallait que sa révélation reste secrète, c'était au péril de sa vie.

– J'ai quelque chose de dix fois plus intéressant que ma démission. Quelque chose qui ne te donnerai pas davantage de notoriété auprès de l'Empereur mais de la puissance. Une puissance à la limite de l'incontrôlable et qu'on m'a implanté contre mon gré. Un être issu de la magie noire… tu vois ce que je veux dire ?

Klein écarquilla les yeux à cette révélation. Sa bouche resta ouverte un moment, sans savoir quoi dire, quoi faire. Complètement interloqué, il balbutia :

– Un… démon ?

" Qu'est ce que tu fous ? Ne t'amuse pas à me négocier ou tu vas en pâtir ! "

Narydia hocha la tête. Klein se recula et se fit tout à coup méfiant.

– Qu'est ce qui me prouve ce que tu avances ?

" Ça, espèce d'aveugle écervelé ! Tes propositions me donnent envie de vomir tu sais, et dire qu'un incapable comme toi est au service de ces idiots de séraphins, pouah. Vous me faites tous rire ! "

Klein recula une nouvelle fois, autant qu'il était possible sur sa chaise, interloqué comme jamais. Il semblait ne rien comprendre à la situation.

" Il n'empêche que vous n'arriverez jamais à me transférer de l'un à l'autre sans mon consentement ! "

– La ferme.

Narydia but une nouvelle gorgée de bière. Quant à Klein, il paraissait se remettre peu à peu de sa surprise et termina finalement la négociation :

– Ca me va. Je connais un mage qui devrait être suffisamment puissant pour effectuer la manoeuvre. Le démon contre ta réhabilitation en Adyril.

– Et tu ne toucheras pas à Rytchkine.

Klein se tordit un peu sur sa chaise, une grimace sur les lèvres.

– Disons, tant qu'il ne mettra pas les pieds en Adyril. Je me moque du reste. J'espère simplement que ce n'est pas un démon de pacotille.

" J'ai failli les faire s'entretuer vieux ! Le timbré était à deux doigts d'achever à mains nues la séraphine. "

La séraphine en question soupira.

– Très bien, alors nous irons voir ton mage pour procéder à la transition demain.

" J'ai dis non ! "

– Et moi je t'ai dit de la fermer.

Et d'une traite, elle termina sa bière. Au fond d'elle, elle souhaitait ne pas s'attarder en Adyril et le chemin qu'empruntait seul Alekseï l'inquiétait. Pire que cela, le manque se faisait réellement ressentir même si elle ne voulait pas se l'admettre après leur altercation. Elle se retira après un moment, laissant là Klein et ses ambitions naissantes.
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MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Dim 16 Juin 2013 - 18:01

- Ecoute vieux, je ne sais pas ce qu'il t'arrive en ce moment mais, il va falloir que tu te calmes ! C'est pas parce que ta femelle t'a plaqué comme une merde devant une vingtaine de personnes que tu dois te venger sur ces mêmes personnes ! 50/50 et c'est tout !
- 90/10, je ne veux pas savoir autre chose. Et n'amalgame pas, ça n'a rien à voir avec Narydia ! J'ai besoin d'argent et c'est tout !
- Ah oui, tes fameux projets ! Je ne te céderai rien tant que tu ne m'auras pas expliqué pourquoi tu as besoin d'une telle somme.
- Je ne peux pas te le dire !
- Ah ouais ? Et bien je vais te dire ce que j'en pense moi ! Je pense que t'as pété la carafe depuis un bout de temps, tu ne sais plus ce que tu fais ni où tu vas et ne compte pas sur moi pour te suivre dans ton délire ! J'ai failli y laisser ma peau à cause de tes conneries et voilà que maintenant tu viens me raconter que j'aurai que les miettes ? Dans tes rêves ! Tes projets ils sentent l'arnaque ! Tu me caches quelque chose, c'est pas avec ce Eldareth j'espère ?
- Pinocchio ? Non mais, tu crois vraiment que je vais te réclamer une telle somme pour cette paire de vieilles boules ? T'as vu son statut social un peu ? L'argent il en a jusque sous le nez, ce qui n'est pas ton cas ! Et c'est pour ça que tu me fais chier, crevard ! C'est grâce à moi que tu as pu monter l'opération, libérer tes hommes et récupérer la carte !
- Faux ! C'est aussi grâce à ta rousse et à mes hommes ! Donc en fait, on devrait partager en trois !
- Va te faire foutre ! C't'argent est à moi ! Alors soit tu me donnes ma part, soit on va avoir un sérieux problème !
- Le sérieux problème il est déjà là ! T'es plus le même Alek', t'as changé et maintenant tu viens me péter les rouleaux ! T'as tué ces hommes sans la moindre hésitation, crois pas pouvoir en faire de même avec moi ! On apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces ! Je vois clair dans ton jeu !


Rytchkine fronça les sourcils.


- Mais de quoi tu me parles ? 
- T'as pas hésité à t'en prendre à ta nana, voilà ce que je dis.
- ... Tu fais fausse route vieux.
- C'est ça ouais, c'est plutôt que t'as foiré ton coup ! Quand je pense à tout ce qu'elle a du endurer pour toi et voilà comment qu'il la remercie l'autre, il tente de la tuer, carrément !
- Commence pas à te mêler de ces histoires Papy, ça n'a rien à voir je te dis ! 
- J'ai tout vu ! T'étais pleinement conscient de tes actes !
- Elle a essayé de me tuer !
- Rien à foutre ! Elle était possédée, pas toi ! Et puis si j'aurai été à sa place, j'aurai fait pareil !
- Et bien ... Quoi ?!
- Parfaitement !
- Ah mais alors c'est pour ça que tu parles d'assassinat ! Tu projettes de me tuer pour récupérer tout le pognon !
- Non c'est toi ! Tu me colles tes idées parce que tu as des arrières pensées ! C'est comme le voleur qui pense tout le monde comme lui ! Assassin !
- Je ne suis pas un assassin, fait gaffe à ce que tu dis !
- Et de toutes les façons, tu sais quoi ? Elle a bien fait de s'en aller avant qu'il ne soit trop tard, elle est trop bien pour toi, tu la mérites pas ! Ce qu'il lui fait à cette pauvre Séraphine, c'est un homme, un vrai, un gars qui pourra comprendre sa valeur et la traiter comme elle le mérite ! Un gars qui a de l'expérience, un gars qui a la tête sur les épaules, pas un vieux fou psychopathe dangereux à tendance meurtrière comme moi !
- ... Comme toi ?
- Euh ... Comme toi je voulais dire ! J'ai fourché !
- T'as fourché ...
- Bah oui ! Ça arrive à tout le monde non ?
- ... Elle était pas rousse ta femme ?
- Si ... Pourquoi ?
- Une chef de garde ?
- Oui !
- Native d'Adyril installée sur Feleth en toute discrétion, comme pas mal d'autres ... Morte assassinée la nuit où tu t'es disputé avec elle ?
- ... Ça veut dire quoi cet interrogatoire ? Pourquoi tu remues la passé comme ça ?


Alekseï resta silencieux un moment sans pour autant quitter Weed du regard. D'un seul coup, tout se précipita dans son esprit. Il revoyait son arrivée à Madorass jusqu'à maintenant en boucle, encore et encore, faisant naître en lui un doute, quelque chose qu'il n'avait pas soupçonné.


- C'est pas vrai, c'est de la connerie, tu peux pas m'avoir fait ça quand même Papy ?
- Mais t'avoir fait quoi ?
- C'est vraiment pas le moment, Weed.


Reprit-il sur un ton froid et très sérieux, peut-être même un peu trop. Papy resta un moment sans rien dire, faisant mine de ne pas comprendre, avant de soupirer et de regarder ailleurs.


- D'accord, c'est peut-être vrai. Une chevelure flamboyante, des yeux émeraudes, une peau nacrée, un corps gracieux et des courbes élégantes ... Et un caractère de feu ... Elle lui ressemble et pas qu'un peu.
- C'est pas vrai ... Mais t'as vu ton âge un peu ?! T'as vu tes cheveux blancs et ta tête de vieux singe ?! Elle pourrait être ta fille ! Mais t'es encore pire un qu'un Bonobo toi !
- C'est une séraphine, elle aurait probablement le même âge qu'elle si elle était encore en vie ! Ça ne se commande pas ce genre de choses ! C'est plus fort que moi ! Ca m'a prit comme ça, du jour au lendemain !
- Je suis en train de cauchemarder !


S'exclama-t-il avant de s'attraper le front.


- Désolé vieux ...
- Connard.
- Et puis ... C'est pas tout.
- Quoi, qu'est-ce qu'il y a encore ?!
- Bah maintenant qu'elle est partie ...
- Oui ?
- Il va falloir régler ça.
- De quoi régler ça ?


Il vit alors Weed lever son épée dans les airs. 


- Oh ! Qu'est-ce que tu fais ?
- Si je veux avoir une petite chance, je peux pas te laisser dans les parages, tu comprends ?
- Hein ?! Mais t'as pété la carafe, vieux pet ! 
- Pour moi, pour eux, pour lui et ... Pour elle.


Dit-il avant de s'élancer vers lui. Rytchkine esquiva sans aise la première frappe mais, il était sous le choque. Il n'arrivait tout simplement pas à y croire, Weed, faire ça ?! Il n'y avait pas de mot pour décrire ce qu'il ressentait, c'était ... Impensable, incroyable, surréaliste, impossible même ! Mais pourtant si, c'était bien la réalité. Papy était bien décidé, Alekseï avait beau se dégager et essayer de le raisonner, rien n'y faisait, il voulait vraiment l'éliminer ... Pour si peu ? Quelle amère trahison ! Voilà qui n'allait d'ailleurs pas arranger les affaires du scientifique. Ce dernier, épuisé, dégaina à son tour sa lame et croisa le fer. C'était la goutte d'eau qui allait faire déborder le vase ! Il laissa toute sa peine se transformer lentement en colère, en rage et peut-être même en haine et la déversa tout simplement sur son adversaire par l'intermédiaire d'un flot de violence physique et verbale. Le combat à l'épée ne fut pas très long, il eut bien vite fait de le désarmer mais, la tradition voulait qu'ils en finissent aux mains et c'est ce qu'il se passa.


- De toutes les façons, t'es grillé ! Elle t'a plaqué et elle ne reviendra certainement pas ! C'est dommage, j'aurai pu lui apporter bien plus !


Chose à laquelle il ne répondit pas parce que Weed avait raison. Il n'avait fait que la traîner dans la boue depuis le début et il ne s'était pas montré une seule fois à la hauteur. Une peine supplémentaire qui ne fit que l'énerver davantage.


- Tu la reverras plus ! Ni elle, ni moi, ni l'argent ni même quoi que ce soit d'autre ! T'es une trop grande menace pour ce monde pour que je te laisse en vie !
- Voilà que tu parles comme eux maintenant ! Une menace ou un obstacle à tes plans machiavéliques, vieux chnoque ?


Ce fut au tour de Papy de ne pas répondre. Enfin, de ne pas répondre verbalement. Il lui envoya un magnifique crochet, pour le faire taire, chose à laquelle il répondit d'autant plus fort. Le combat ne s'éternisa pas davantage, peut-être par accident ou par volonté propre mais, Rytchkine finit par lui briser la nuque. Un coup sec et franc, un peu trop fort certainement, et voilà que le vieil homme s'effondrait sur le sol, inerte. Alekseï l'observa, respirant bruyamment. Il laissa retomber sa garde et s'essuya le visage, aussi bien de sa sueur que de son sang.


- Désolé Papy ...


Il n'arrivait toujours pas à y croire, comment tout ceci avait-il pu être possible ? Pas le temps de réfléchir en fait, les survivants de l'attaque revinrent au pas de course. Ils avaient entendu du bruit par ici et quelle ne fut pas leur mauvaise surprise de découvrir leur chef mort. Rytchkine ne chercha même pas à leur expliquer, il s'empara de son épée et de celle de Weed et s'attaqua directement à eux. Ils étaient blessés et peu nombreux, l'affaire ne fut pas difficile pour un guerrier aussi expérimenté que lui. Mais leur mort ne fut pas douce, au contraire, elle fut sanglante et douloureuse. Sadique, il prenait plaisir à les faire souffrir, à passer ses nerfs dessus. Il les tuait avec le sourire et rattrapait les fuyards. Il était éclaboussé avec leur sang et l'endroit s'était transformé en une véritable boucherie. Sourire aux lèvres, il se dirigea vers le coffre et, sans que l'on sache pourquoi, il se mit à compter les pièces une par une, énumérant à voix basse.
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Narydia Ventari

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MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Lun 17 Juin 2013 - 13:47

Le lendemain, Narydia retrouva Klein près de l'auberge où ils s'étaient rencontrés la veille. De là, la séraphine le suivit dans les ruelles de la cité. Ils n'échangèrent pas un mot, ce qui ne contraria pas Narydia puisqu'elle était plutôt stressée par sa future rencontre avec le mage. Extraire un démon de son corps ne devait ni être aisé, ni très agréable. Et d'ailleurs, Alexander ne cessait de la harceler mentalement pour l'en dissuader, ce qui l'épuisait. Après un moment, ils arrivèrent devant une petite bâtisse au toit de chaume assez excentrée des autres. Un petit jardin entourait l'allée centrale menant à la porte et une odeur assez particulière se dégageait de la cheminée.

Klein frappa à plusieurs reprises à la porte, et un homme vêtu d'une grande tunique sombre vint leur ouvrir. Barbu, les cheveux bruns et longs lui tombant sur les épaules, Narydia n'arrivait pas à deviner son âge. il ne ressemblait pas du tout aux vieux mages abîmés par la vie et leur magie qu'elle avait l'habitude de rencontrer. Celui-là avait quelque chose qui n'était pas rassurant et son regard était absolument froid et perçant. Voire même presque menaçant. En somme, il semblait aussi louche que Klein. Le séraphin dédia d'ailleurs une accolade au magicien après lui avoir glissé quelques mots à l'oreille et celui-ci les fit entrer.

Ils s'installèrent dans un petit salon et le mage présenta à Narydia un fauteuil dans lequel elle prit place. Il s'occupa ensuite de leur service une boisson chaude agrémentée de plantes très odorantes. Là encore, la séraphine ne s'empêcha pas d'avoir quelques soupçons. Enfin, leur hôte prit la parole :

– Je m'appelle Laurant. Enchanté. Et vous êtes Narydia.  Alors il paraît que vous souhaitez procéder à un petit échange corporel ?

C'était ce que l'on pouvait qualifier de présentation brève. Visiblement, la jeune femme n'en saurait pas plus sur lui. Elle hocha simplement la tête, loin d'être rassurée. Laurant se laissa aller dans son propre fauteuil et croisa ses jambes. Son air nonchalant mis mal à l'aise la séraphine, qui ne prononçait pas un mot.

– Vous devez tous les deux savoir, avant tout, qu'il s'agit d'un acte de pure magie noire et qu'il peut vous influencer en bien, comme en mal. C'est réalisable, mais cela vous coûtera un prix à tous les deux. Un prix que vous paierez de façon naturelle physiquement, car c'est une expérience très désagréable, et à la fois que vous paierez pour le travail que j'aurai fourni pour vous. Car c'est aussi désagréable pour moi que cela sera douloureux pour vous deux. De plus je ne travail évidemment pas gratuitement. Et c'est un service risqué que je m'apprête à vous apporter. Alors je pose ma question : êtes vous sûrs de ce que vous souhaitez entreprendre ?

Narydia sentait le démon s'exciter en elle et la colère grimpait chez Alexander. Une chose était certaine : elle voulait s'en débarraser et retrouver le contrôle d'elle-même. Et une faveur à rendre serait bien futile par rapport à la liberté que lui avait promis Klein, ainsi que sa réhabilitation en Adyril. Une seule demande lui vint donc à l'esprit :

– Que souhaitez-vous en échange ?

– Je veux vous étudier tous les deux une fois que la procédure sera terminée. Vous, parce que Klein m'a parlé de vos capacités et de votre affinité particulière. Et toi Klein, je désire voir l'influence et la méthode de procéder du démon à travers ton corps.

– Ca me va.

Paroles qui furent soutenues par Klein, qui était lui aussi d'accord. Après cela s'ensuivit une étude approfondie du démon, de ses capacités et de la façon dont il supporterait l'extraction. Laurant procéda à plusieurs expériences afin de le faire parler et d'en apprendre plus sur lui, ce qui fut relativement délicat étant donné l'obstination de la colère d'Alexander devant ce qu'on s'apprêtait à lui faire. Il fut particulièrement agressif et vulgaire et menaça à plusieurs reprises de se venger sur Narydia et d'intervenir violemment par son intermédiaire. Ce à quoi Laurant répondit que la boisson qu'avait ingurgité la jeune femme contenait en réalité une substance qui refluait la magie noire et la confinait. Ainsi, Alexander serait momentanément incapable de prendre le contrôle sur la séraphine.

Une fois les prémices de " l'opération " terminées, Laurant estima le temps que cela risquait de prendre et les conduisit dans une petite pièce en sous-sol. L'endroit était minuscule et rempli de matériel pas franchement rassurants. Une sorte de table d'opération trônait en son centre, munie de sangles pour les bras et les pieds. Une odeur de moisi se dégageait de la pièce et l'humidité la rendait encore plus désagréable. En vérité, la salle ressemblait étrangement à une salle de torture et Narydia se demandait si elle avait bien fait d'accepter. Laurant lui fit signe de s'allonger sur la table en bois plus basse que d'habitude, tandis que Klein s'assit sur une chaise tout près d'elle.

– Je vais devoir vous attacher tous les deux, par simple mesure de précaution. Narydia, vous allez prendre une nouvelle fois la potion, avec une dose bien plus forte cette fois-ci, et vous vous sentirez partir dans un sommeil sans fond. Pendant ce temps, je procéderai à l'extraction. Votre corps devra cesser de fonctionner un moment pour que le démon s'en déloge. Une sorte de coma artificiel qui lui sera insupportable. A ce moment là, je serai moi-même protégé de la magie noire et il sera alors obligé de se loger dans le corps de Klein. Klein, toi par contre, une double mesure de sécurité s'impose. Car quand il aura gagné ton corps, il risque de rentrer dans une profonde colère et de te contrôler totalement. Tu devras rester ici un moment, le temps de le calmer et de t'adapter à sa présence. Histoire d'apprendre à refouler sa prise sur toi.Vous êtes toujours tentés ?

– Commencez.

Laurant prépara une nouvelle infusion qu'il fit boire à la jeune femme. Déjà, la séraphine sentait le démon en elle s'affaiblir au fil des secondes. Il ne communiquait plus, et semblait paralysé. La jeune femme se sentait totalement vidée de ses forces, épuisée et n'avait plus qu'une envie : sombrer dans le sommeil et ne plus jamais se réveiller. Elle sentit la sueur couler le long de son front et ses mains devinrent moites. Son corps se relâcha et sa tête bascula sur le côté. Les yeux fermés, elle avait l'impression de se trouver à des centaines de kilomètres de là. Elle entendait juste une voix qui commentait des actions et prodiguait des conseils. A demi-consciente, Narydia sentait et entendait, mais son corps ne lui appartenait plus. Elle n'avait plus le contrôle de rien, ni la conscience de quoi que ce soit. Elle sentait simplement qu'on lui enserrait les chevilles l'une après l'autre, puis les poignets. Elle avait l'impression de mourir, d'une façon douce et sans douleur, sans s'en rendre vraiment compte. Quelques secondes plus tard, plus rien n'existait.

– Narydia, tu reviens à toi. Ouvre les yeux. Ouvre les.

Elle ouvrit doucement les yeux, reprenant difficilement ses esprits. La séraphine tenta de bouger l'un de ses doigts, avec peine. Elle ne parvenait pas encore à redresser sa tête.

– J'ai froid… parvint-elle tout juste à articuler.

La voix qui lui répondit était très lointaine.

– C'est normal. La magie en toi s'est considérablement atténuée pendant ton coma et il te faudra un moment avant qu'elle regagne tout ton corps.

Considérablement affaiblie, la séraphine tenta de se redresser avec peine. Elle remarqua qu'on lui avait retiré son armure et qu'elle se trouvait désormais dans une sorte de robe ample bleu nuit. L'opération lui revint en mémoire, et elle se rendit compte qu'elle se sentait plus légère et plus libre. En quelque sorte, elle arrivait à respirer et commander son corps librement. Difficilement, elle tourna la tête vers Laurant, et constata que Klein était parfaitement attaché à sa chaise, des liens de cuir solide lui maintenant les chevilles et les poignets, ainsi que la gorge, les cuisses et le torse. Il s'agitait sur sa chaise, murmurant des paroles incompréhensibles.

– Ca a fonctionné ?

– Oui. Difficilement. Le démon était coriace et expérimenté. Il a fallu te plonger dans un état proche de l'extinction et même avec cela, j'ai eu beaucoup de mal à le déloger.

– Comment se fait-il qu'il n'ai pas gagné ton corps ?

Laurant releva l'une de ses manches et découvrit un bras tatoué de runes. Pas un centimètre de sa peau n'était visible.

– Et c'est comme ça sur tout mon corps.

Narydia hocha la tête, comprenant parfaitement de quoi il parlait. Elle reporta une nouvelle fois son attention vers Klein, qui ne cessait de grogner et gesticuler.

– Et pour lui ? Ca fait combien de temps qu'il est comme ça ? Il va s'en sortir ?

– Trois jours. Oh oui. Le démon a été très réticent mais il commence à se calmer. Contrairement à toi, j'ai préféré ne pas lui donner d'anti magie-noire. Cela aurait pu faire échouer l'opération. Et il faut qu'il apprenne à vivre avec désormais. Il arrive que la cohabitation se déroule vraiment bien entre le démon et son hôte et qu'une compréhension mutuelle apparaisse. C'est très rare, mais pas impossible. J'espère pour lui que cela arrivera et sinon… il a fait un choix après tout.

Quelques heures plus tard, Narydia et le mage fixèrent un moment afin de se rencontrer et de procéder à l'expérience qu'elle lui avait promis en l'échange de ses services. Pour le moment, Laurant allait être trop occupé avec Klein. La guerrière repartit donc et décida de prendre une chambre pour quelques jours, le temps que Klein soit en mesure de discuter avec elle de leur accord.

Et c'est ce qui se produisit, deux jours plus tard. L'accord fut définitivement scellé, et le séraphin donna sa parole à Narydia :

– J'épongerai les méfaits dont je t'ai impliqué auprès de l'Empereur et je ne me préoccuperai plus de toi, ainsi que de Rytchkine… du moment qu'il reste dans le bas-monde. Tu as ma parole, en l'échange de ton silence.

– Je garderai ces histoires pour moi. Cependant, je ne crois pas en ta parole. Contente juste toi de faire honneur à notre négociation. D'autant plus que je t'ai fait don d'un cadeau, empoisonné certes, mais d'une grande valeur néanmoins. Là dessus aussi, garde le silence.

Il n'y avait aucune confiance entre eux et ils savaient chacun de leur côté que le moment où l'autre trahirait sa parole était proche. D'ici là, Laurant garderait un oeil sur les agissements de Klein, et étudierait le comportement du démon. Puis ce serait au tour de la séraphine.

Il y avait quelque chose que Narydia n'avait pourtant pas encore réglé. Le soir venu, elle rejoignit Feleth après avoir traversé une faille qu'elle savait proche de Madorass. Là où elle avait quitté Alekseï. Depuis ce moment là, un étau lui enserrait le coeur et elle se questionnait sur ses agissements à chaque seconde. Elle ne lui avait pas pardonné sa tentative de la tuer, mais malgré elle, elle avait besoin de le savoir sauf et en sécurité. le complot contre le convoi avait-il fonctionné ? Pourrait-il recommencer sa vie avec ces fonds ? Tant de questions parmi tant d'autres qui se bousculaient dans son esprit.

Instinctivement, la jeune femme se dirigea donc vers la porte qu'ils avaient emprunté pour quitter la ville. Ses recherches commenceraient là où elle l'avait vu pour la dernière fois… et elle n'eu pas à aller plus loin. Rapidement, la séraphine du faire face à une scène de carnage. Des dizaines de cadavres jonchaient le sol, noyés dans leur sang. Et au milieu d'eux, un seul encore en vie. Narydia sentit sa gorge se serrer en apercevant Alekseï, assis devant un coffre. Il semblait compter les pièces qu'il contenait, une par une, avant de les jeter près de lui, sur un tas qui grandissait au fil des minutes. La jeune femme s'était posée plus loin, dans son dos. Elle posa son regard sur les corps des morts et se rendit compte qu'en plus des hommes du convoi qu'elle n'était jamais vu, elle reconnaissait les hommes de Weed. Ils avaient été tué sans pitié, déchiquetés, lacérés avec cruauté. Tous. Alekseï était-il donc le seul survivant ? Plus elle se rapprochait du scientifique, et plus elle sentait la vérité poindre : il était le seul survivant.

Et le dernier cadavre sur lequel elle posa ses yeux contracta davantage son coeur. Weed avait lui aussi été tué. L'odeur était nauséabonde et le sang séché avait une allure ignoble. Cela faisait plusieurs jours que le carnage avait du avoir lieu. Il fallu quelques secondes à la séraphine pour se remettre de ce choc et pour ne pas exprimer sa peine explicitement. Mais elle ne comprenait pas. Pourquoi Alekseï ? Le cadavre de Weed était positionné tous près de lui, et la lame du scientifique était encore ensanglantée. Pire que cela : le comportement du guerrier. Il semblait coupé du monde, sans doute trop affecté par les évènements. A ce moment là, Narydia ne pensait plus aux réprimandes. Elle voulait juste le retrouver, et l'éloigner le plus rapidement possible de cette scène macabre qui avait vu tomber ton ami.

Elle s'approcha donc derrière lui, sans vraiment savoir s'il l'avait entendue. Puis, elle s'accroupit dans son dos et l'enserra, sans savoir quoi dire. Ce bain de sang avait refoulé tous les mots qu'elle aurait pu dire, et le comportement à adopter dans cette situation lui était totalement inconnu. D'un côté, elle souhaitait l'en consoler, mais elle savait qu'Alekseï ne voudrait pas de son aide. Et de l'autre, elle ne pouvait pas le réprimander. Il ne lui restait donc qu'à se taire,et attendre. Machinalement, Alekseï comptait les pièces. Il paraissait comme vide de toute humanité. Vide de toute émotion aussi. Narydia resserra sa prise autour de lui, silencieuse et à l'écoute de la moindre parole qu'il pourrait prononcer. Elle posa sa tête contre son dos et respira bruyamment. Avec difficulté, elle parvint cependant à prononcer quelques mots :

– Ne restons pas ici.

Elle espérait qu'Alekseï la suive et se réveille de la torpeur macabre dans laquelle il s'était plongé. Il ne fallait pas rester ici, à la fois pour sa santé mentale et pour leur sécurité.
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Alekseï Rytchkine



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MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Lun 17 Juin 2013 - 16:48

- 199946, 199947, 199948 ...


Rytchkine était resté ainsi à compter les pièces pendant plus de deux jours. Il n'avait pas bougé de sa place, ne s'était pas arrêté un instant, même pas pour faire aller se vider la vessie. Non, il était resté là et n'avait rien fait d'autre que de compter, encore et encore, jusqu'à vider le coffre de près de sa moitié. Il était tellement absorbé parce qu'il faisait qu'il n'avait même pas entendu, vu ou senti Narydia arriver dans son dos. En fait, il ne s'était rendu compte de sa présence que lorsqu'elle l'avait serrer contre elle. Il ne se souciait même pas de savoir qu'il se trouvait au milieu d'un véritable charnier et il se souciait encore moins de ce que la séraphine pouvait penser à cet instant. Il l'entendait respirer bruyamment, il sentait sa chaleur, il l'avait entendu lui dire qu'il ne fallait pas rester ici mais, pourtant, il ne s'arrêta pas de compter ... Enfin, pas tout de suite.


- 199998, 199999, 200000.


Il jeta une dernière pièce dans le tas qu'il avait formé et s'arrêta alors. Deux-cent-mille pièces d'or, soit exactement 50% du trésor. Les comptes ne seraient plus à faire ainsi et l'argent serait plus facile à transporter divisé dans deux sacs plutôt que dans un seul. Il referma alors le coffre, calmement, et redressa la tête. Couvert de sueurs froides et de sang, il avait le regard tourné vers le vide. Il se mit bientôt à trembler et son visage se crispa. On aurait dit qu'il avait mal quelque part mais, pourtant, il se mit à rire, nerveusement, frénétiquement même.


- Elle est revenue, elle est revenue ...


Puis se fut la crise. Il ria jusqu'à en avoir mal aux côtes et cela n'avait rien de bien rassurant. Il répéta cette même phrase à plusieurs reprises, s'adressant parfois à Weed alors qu'il était mort. Il se calma peu de temps après, s'attrapant le visage entre ses mains.


- J'ai tué vingt personnes ... Et j'aimé ça ... Je ne regrette rien ... C'est ... Comment dire ... Sensationnel ...


Il ricanait et pourtant, le ton qu'il employait était digne d'un dépressif au bord du suicide, bien qu'à en juger par ses dires, il n'était pas particulièrement affligé. Il enfonça ses ongles dans sa propre chair et se griffa tout le visage, dessinant de longues entailles sur ce dernier.


- Prévoyez, découpez, évacuez, ça fait mal, la victime dit "ce n'est pas moi, je n'ai rien fait !", prévoyez, découpez, évacuez ...


Répéta-t-il en boucle et en fredonnant, on aurait dit. Il ouvrit alors le coffre et plaça l'une de ses mains sur le bord puis, il referma brutalement le couvercle dessus, on entendit alors un craquement et Alekseï serra les dents.


- Oh ... C'est très très bon ça !


Il recommença l'opération avec sa deuxième main puis, il referma la coffre et s'attrapa l'arrière de la tête, avant de la cogner à plusieurs reprises sur ce dernier, hurlant aussi fort qu'il le pouvait. Il frappait fort et du sang s'était déposé sur le bois. Il se tenait maintenant le front, respirant bruyamment à son tour. 


- Tu entends son souffle, ses cris, ses hurlements de détresse ? Ou serais-tu comme tant d'autres ? Serais-tu aveugle, sourde et muette ? C'est une vision d'horreurs ... C'est une vision d'horreurs !


Lui cria-t-il dessus avant d'attraper sa dague et de s'ouvrir le bas des sourcils d'un seul trait. Le sang ruissela alors jusque dans ses yeux, le forçant à les fermer.


- Tout est malheur, le vain bonheur ... Il me fuit, il s'écarte et jamais ne dure ... Et ... Et n'est pas encore assez ...


Il posa alors son bras sur le coffre et, lentement, il fit une entaille tout le long, à l'aide de sa lame. C'était très douloureux, il n'y avoir qu'à voir comment il se tordait mais, il le faisait quand même. C'est à peine, d'ailleurs, s'il se souciait de Narydia. En fait, il était comme dans un état second, complètement détaché de la réalité. Il lâcha finalement son arme et s'accouda sur le couvercle tâché de sang, se tenant fermement la tête et tremblant en même temps. Ses cheveux étaient trempés alors qu'il n'avait pas plu.


- C'est une course effrénée et je ne la gagnerait pas ... Seul.


Dit-il avant de se cogner une énième fois la tête contre le coffre. Il laissa échapper un rapide cri de douleur puis se tint le front avec la paume de sa main droite. Il se le massa un moment puis soupira, revenant peu à peu à lui-même.


- J'ai tapé un peu trop fort je crois.


C'est uniquement à cet instant là qu'il reporta son attention sur la séraphine. Que pouvait-elle avoir bien pensé de tout cela ? C'était la grande question.


- Ow ... Désolé Narydia mais, ça me permet d'aller mieux dans ma tête.


Reprit-il sur un ton tout à fait reposé, comme si de rien n'était. Il resta comme ça un moment, à se masser le visage. Il ne pouvait pas encore ouvrir les yeux, il y avait trop de sang qui coulait mais, cela ne l'empêchait pas d'arriver à se repérer dans l'espace. Il se releva, non sans chanceler, et se retourna vers Narydia. Il lui attrapa le bras et la fit se lever à son tour avant, enfin, de la serrer contre lui.


- Ton départ a été un sacré choque pour moi mais, je comprend qu'il ait pu être d'autant plus difficile pour toi. Si tu veux tout savoir, parce que je pense que tu veux tout savoir, j'ai cherché à te tuer sous l'influence d'une ... Mauvaise part de moi-même. J'ai vu le démon qui était en toi et uniquement lui, il en profité pour me brouiller les idées et j'ai vu noir. J'ai pensé que tu étais de mèche avec lui, que tu étais fière de cette situation et que tu n'avais pas l'intention d'en découdre mais, je me suis trompé, encore une fois.


Il rigola doucement.


- Tu vas te dire que ça m'arrive souvent et que cela ne légitime en rien mon comportement agressif voir assassin envers toi, par moment ... Et bien, t'as raison et c'est pour ça que j'ai perdu la tête, c'est pour ça que j'ai tué tous ces hommes, c'est pour ça que Papy est mort et c'est pour ça que je ne te supplierai pas. Je n'ai pas à te forcer à rester avec quelqu'un comme moi et je crois que le mieux serait que tu t'éloignes, tu n'as pas à subir ça.


Il marqua un silence puis, resserra son étreinte d'autant plus fort.


- Je me crois même pas moi-même ! Je veux pas que tu m'abandonnes ! Je veux plus ! Je ...
" Analyse terminée, hémorragies externes multiples, ecchymoses et hématomes nombreux, structure osseuse endommagée par endroit, perte de sang notable, risque d'infection élevé, douleur forte. Recommandations immédiates : Compression, stérilisation et suturation des plaies, utilisation de glace sur les contusions. Recommandations à long terme : Consommation de Consoude et de Houblon. "
" Encore heureux que t'as pas touché aux bijoux de famille. "
- Euh ... Ouais, t'as peut-être raison, on devrait pas rester ici. Le temps de ramasser l'or et on ira trouver un endroit plus tranquille, il faut qu'on parle et pas qu'un peu.
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Narydia Ventari

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MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Lun 17 Juin 2013 - 21:16


La séraphine resta interdite devant la réaction d'Alekseï. Il semblait n'avoir même pas remarqué sa présence et continuait de parler tout seul. Et le pire de cela, c'était qu'il se prenait à présent pour un masochiste, en se frappant contre le coffre et en se tailladant le visage et les bras. Narydia était habituée à ses crises et elle savait que si elle intervenait, il la repousserait sans comprendre ce qui lui arrivait. Cependant, la gravité de la situation avait pris une toute autre dimension. A présent, Alekseï était en sang et ses blessures étaient très loin d'être superflues. Il fallait qu'il arrête ce carnage et vite.

Il s'arrêta soudainement après s'être cogné la tête contre le coffre.

– J'ai tapé un peu trop fort je crois.

La réplique suivante n'étonna pas vraiment la jeune femme, qui avait bien compris sa " façon se procéder " pour se calmer. Il se redressa ensuite, entraînant la séraphine avec lui pour la serrer dans ses bras.

– Ton départ a été un sacré choque pour moi mais, je comprend qu'il ait pu être d'autant plus difficile pour toi. Si tu veux tout savoir, parce que je pense que tu veux tout savoir, j'ai cherché à te tuer sous l'influence d'une ... Mauvaise part de moi-même. J'ai vu le démon qui était en toi et uniquement lui, il en profité pour me brouiller les idées et j'ai vu noir. J'ai pensé que tu étais de mèche avec lui, que tu étais fière de cette situation et que tu n'avais pas l'intention d'en découdre mais, je me suis trompé, encore une fois.

Ainsi donc, voilà qui expliquait son comportement envers elle. Il n'avait pas souhaité la tuer intentionnellement mais encore une fois, il s'agissait de la corruption du démon. Une corruption qui d'ailleurs, n'aurait plus lieu d'être puisque Alexander avait trouvé un nouvel hôte. Narydia ne l'interrompit pas et écouta attentivement son début d'explication.

– Tu vas te dire que ça m'arrive souvent et que cela ne légitime en rien mon comportement agressif voir assassin envers toi, par moment ... Et bien, t'as raison et c'est pour ça que j'ai perdu la tête, c'est pour ça que j'ai tué tous ces hommes, c'est pour ça que Papy est mort et c'est pour ça que je ne te supplierai pas. Je n'ai pas à te forcer à rester avec quelqu'un comme moi et je crois que le mieux serait que tu t'éloignes, tu n'as pas à subir ça. Je me crois même pas moi-même ! Je veux pas que tu m'abandonnes ! Je veux plus ! Je ...

Encore une fois, elle ne dit rien. Elle constatait juste que les paroles d'Alekseï étaient en parfaite contradiction avec ses actes. Et que s'il avait vraiment voulu qu'elle parte, il ne l'aurait pas serré contre lui encore plus fort. Ce qui se confirma dans les mots qu'il prononça ensuite :

– Euh ... Ouais, t'as peut-être raison, on devrait pas rester ici. Le temps de ramasser l'or et on ira trouver un endroit plus tranquille, il faut qu'on parle et pas qu'un peu.

Narydia hocha la tête pour confirmer ses dires et s'empressa de sortir un sac d'une petite sacoche en cuir qu'elle avait accroché en bandoulière autour d'elle. Pendant son retour sur Adyril, la séraphine en avait profité pour refaire le plein de cargaisons, matériel de soin et autres objets utiles que le mage Laurant avait eu l'amabilité de lui offrir. Elle commença à remplir le sac des pièces d'or qui jonchaient le sol. Une fois cela fait, Narydia regarda les cadavres jonchant le sol et déclara :

– On ne peut pas les laisser comme ça.

Ses yeux se posèrent sur Weed, dont le corps était dans un triste état. Aucun d'eux ne méritait de rester là, à la merci des vautours. Pourtant, elle savait qu'elle n'avait pas le temps de les rassembler un par un pour leur offrir une sépulture digne de ce nom. Elle devait s'occuper d'Alekseï dont les graves blessures avaient besoin de soin le plus rapidement possible. Aussi, la jeune femme installa Papy près de ses hommes les plus proches, et utilisa sa magie pour embraser ce qu'il restait de leurs vêtements. Le feu ne tarda pas à s'élever dans les airs. Ils ne devaient pas s'attarder, aux risque d'attirer les patrouilles. Narydia rejoignit donc Alekseï qui avait fini de sceller les affaires. Il lui était impossible de voler avec les deux charges d'or supplémentaires. Ils rejoignirent donc la forêt la plus proche, afin de se dissimuler aux yeux des voyageurs qui risquaient de les importuner.

Une fois qu'ils se furent suffisamment enfoncés parmi les arbres, la séraphine posa les affaires et se tourna vers l'élu :

– Avant tout chose, j'aimerais que nous soignions tout ça, dit-elle en désignant ses multiples blessures.

L'entaille qu'il avait au bras était définitivement la blessure la plus grosse et la plus profonde. Narydia fouilla dans la sacoche accrochée à sa ceinture et en ressortit baumes, compresses, fils, aiguilles et bandages. La plaie s'étalait sur une telle longueur qu'il lui faudrait la recoudre. En espérant qu'il n'en conserve pas une cicatrice… La jeune femme s'installa contre l'arbre, près de lui. Elle commença par passer des compresses humides le long de son bras et sur les multiples blessures de son visage. Etait-ce donc une punition qu'il prenait plaisir à s'infliger ? Avec un grand soin, la séraphine désinfecta les plaies une par une. Elle tentait de fait preuve de la plus grande délicatesse, peut-être pour lui faire oublier ses propos durs les quelques jours précédents. Ils n'en avaient pas encore vraiment reparlé et l'ange redoutait ce moment, même si leur altercation s'était visiblement basée sur un malentendu. Une fois les plaies désinfectées, Narydia s'empara de l'aiguille et s'assit juste devant le scientifique, afin de maintenir le bras de celui-ci sur ses cuisses, de sorte à l'immobiliser. Sachant que la tâche risque d'être longue et douloureuse, elle choisit d'entamer la discussion, sans pourtant lever les yeux.

– La première des choses que je dois te dire, c'est qu'on m'a retiré ce démon. La seconde, c'est que j'y ai gagné le droit de retourner sur Adyril ainsi que la garantie qu'on ne te poursuivrai plus dans ce monde.

Elle avait préféré être franche et directe dès le départ, afin de repartir sur une base correcte. Concentrée sur la peau qu'elle recousait, elle ne le regardait pas.

– Ensuite, je suis désolée pour ce que j'ai fait. Mais je ne le regrette pas, parce que cela m'aura permis d'éclaircir plusieurs choses. Ma situation déjà… et ta sécurité.

Sa voix baissa d'un cran alors qu'elle poursuivait avec moins d'assurance :

– Et surtout le fait que je tienne à toi, et…

Alors qu'elle allait poursuivre, la séraphine se rendit compte que le fil qui retenait les deux côtés de la peau était déjà écarlate et noyé sous le sang qui ne cessait de s'écouler. Elle grimaça donc en envisageant ce qu'elle allait devoir faire.

– Ça risque de faire mal.

L'ange reposa l'aiguille et prit son avant-bras dans ses deux mains. Elle commença à exercer une chaleur qui grandit au fil des secondes, au point de brûler la chair. Narydia sentait la peau durcir sous ses mains et le sang commença peu à peu à cesser de couler pour se solidifier. Elle fit de même avec le haut de son bras, prenant garde toutefois à ne pas créer une parfaite brûlure. La peau avait seulement commencé à se cautériser sans pour autant laisser une marque noirâtre. Pour ne pas risquer l'infection, il était cependant préférable de recoudre totalement et la jeune femme reprit sa tâche, silencieuse. Après quelques instants, elle s'interrompit une nouvelle fois et leva ses yeux vers les siens. Puis, la séraphine redressa son buste, balayant l'herbe de ses ailes au passage, et passa sa main dans le cou de l'élu. Elle se pencha vers lui tout en l'attirant à elle et l'embrassa avec douceur. Un baiser qui pourtant, avait le goût amer du sang. Hésitante, elle se recula assez rapidement avant de dire avec un sourire :

– Désolée. Vraiment, on dirait que tu le fais exprès, pour que je m'occupe de toi.

Et elle s'empara de nouveau de l'aiguille, répétant l'opération une nouvelle fois. Hormis le sujet de leur dispute, Narydia ignorait ce dont voulait discutait Alekseï et cela l'inquiétait. Elle était un peu tendue, ne sachant pas à quoi s'attendre de sa part. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'il n'était plus temps de se détester. Les difficultés étaient derrière eux et il fallait passer à autre chose.
 
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Alekseï Rytchkine



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MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Lun 17 Juin 2013 - 23:16

Narydia avait prit les choses en main, là où il n'avait pas été capable de le faire. C'était bien l'une des nombreuses choses qu'il lui devait. Elle avait rassemblé les corps et les avait fait sommairement brûler, c'était toujours plus acceptable que de les laisser pourrir sur le sol. Elle avait aussi ramassé l'or et l'avait mit dans un sac qu'elle avait emmené avec elle. Pour sa part, Rytchkine se chargea de la seconde partie du trésor. Ils prirent ensuite la poudre d'escampette et partir se cacher dans la forêt la plus proche, ils seraient à l'abris des curieux et surtout, des patrouilles. Le temps de trouver le coin qui serait le plus discret et ils posèrent enfin leurs affaires, au plus grand soulagement du scientifique. Narydia se tourna vers lui et déclara ...

– Avant tout chose, j'aimerais que nous soignions tout ça.

Alekseï mit un instant avant de comprendre qu'elle parlait de soigner ses blessures à lui, puisque de toute évidence, elle n'était pas blessée, elle. Bien que cela ne lui plaisait pas, il valait mieux être raisonnable et la laisser faire, elle serait toujours plus délicates et impliquée à la tâche que lui. Il s’assit contre un arbre et se laissa gentiment faire. Elle avait emporté du matériel médical avec elle, chose qu'il n'avait pas remarqué lors de son départ, peut-être l'avait-elle ramené d'Adyril ? En tous les cas, elle faisait bien. Elle essuya ses plaies, les stérilisa, appliqua compresse et bandages et entreprit même de recoudre la blessure qu'il avait sur le bras. C'était douloureux mais, c'était mieux que rien. Elle s'en rendit d'ailleurs bien compte et essaya d'ouvrir la conversation, certainement pour le distraire.

– La première des choses que je dois te dire, c'est qu'on m'a retiré ce démon. La seconde, c'est que j'y ai gagné le droit de retourner sur Adyril ainsi que la garantie qu'on ne te poursuivrai plus dans ce monde.


Rytchkine leva un sourcil. Le démon n'était plus là et elle s'était arrangée avec les séraphins aussi bien pour elle que pour lui ? Par quel miracle ? Le scientifique était suspicieux, il savait Narydia capable de beaucoup de choses mais, il espérait qu'elle ne soit pas allée trop loin. C'était néanmoins un double voir un triple soulagement pour lui et il lui devrait beaucoup pour ça ... Enfin, surtout pour sa patience.

-  ... Merci.

Marmonna-t-il avant qu'elle ne reprenne de nouveau. 

- Ensuite, je suis désolée pour ce que j'ai fait. Mais je ne le regrette pas, parce que cela m'aura permis d'éclaircir plusieurs choses. Ma situation déjà… et ta sécurité. 


Oui mais, non. Elle n'avait pas à le regretter pour la simple et bonne raison qu'elle était victime et non coupable. Le fautif ici, c'était lui et uniquement lui. D'ailleurs elle n'avait pas non plus à être désolée et encore moins à se préoccuper de sa sécurité alors qu'il avait essayé de la tuer ! Rytchkine commençait à s'énerver, pourquoi faire preuve d'autant de compassion envers lui alors qu'il était le dernier des salopards ?

" Non mais hey ! J'ai quand même essayé de te tuer là ! Je sais pas moi, dit quelque chose, engueule moi, frappe moi, pique une crise, agite les bras mais reste pas là t'occuper de moi et à dire que t'es désolée !!! "

Hurlait-il dans son esprit alors qu'un sourire s'était dessiné sur son visage.

- Et surtout le fait que je tienne à toi, et …


Et quoi ? Oui elle tenait à lui tout comme il tenait à elle mais, ce n'était pas un argument suffisant pour l'excuser ou justifier cette élan de "gentillesse" de la part de la séraphine. Alekseï attendait la suite mais, elle ne vint pas. Il regarda Narydia puis là où son regard était pointé, c'est-à-dire, vers sa plaie qui n'avait pas cessée de saigner.

- Ça risque de faire mal.
- Pas grave ...


Narydia posa l'aiguille et se mit à réchauffer la blessure de telle façon qu'elle cautérise sans pour autant que les tissus ne brûlent. Douloureux, ça l'était mais, là encore, c'était nécessaire. Suite à cela, elle reprit minutieusement l'opération de suturation, en silence, sans chercher à reprendre sur sa lancée.

- Et quoi, Narydia ?

Elle s’interrompit de nouveau et leva le regard vers lui, le temps d'un bref instant, puis, elle releva le buste et attrapa l'élu par le cou avant de l'embrasser avec pas mal de douceur, geste auquel il répondit presque aussitôt, c'est qu'il en mourrait d'envie. Malheureusement, le sang rendait la chose désagréable et elle se retira bien vite, non sans que Rytchkine ne grimace un peu, il avait à peine eut le temps de s'échauffer !

- Désolée. Vraiment, on dirait que tu le fais exprès, pour que je m'occupe de toi.

Dit-elle en reprenant le travail. Elle était crispée, tendue, il le voyait bien. C'était à lui de parler visiblement. Cela ne l'enchantait guère mais, il n'avait pas le choix, elle avait fait un effort considérable, il se devait de faire le même si ce n'est plus.


- Je me rend compte qu'on a vécu beaucoup de choses ensemble Narydia et que, malgré cela, c'est comme si on s'était rencontré hier. T'es une brave fille, saine d'esprit, noble et valeureuse et moi je suis tout l'inverse. Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est comment est-ce que tu peux m'aimer ? Je veux dire, moi c'est normal, t'es juste parfaite à mes yeux mais, toi ? Je traite mal, je te manque de respect, je te mens, j'essais de te tuer, je ne cherche pas à te comprendre et je me cache derrière des excuses foireuses et toi tu passes par dessus juste parce que tu m'aimes ? J'arrive pas à le comprendre, c'est pas logique, tout simplement ! Et c'est précisément ça le problème, ce n'est pas logique donc ça n'a pas lieu d'être, donc ça pourrait disparaître du jour au lendemain, donc ça pourrait nous faire très mal, donc je ne devrais pas m'attacher mais je le fais quand même, donc ce n'est pas logique et la boucle est bouclée.

Je t'aime vraiment, plus que jamais, mais, j'ai peur que ce même "amour" ne te fasse plus de mal que de bien et qu'au final, tu souffres plus que moi. Parce que si tu souffres à cause de moi, ça ne fera que me doubler ma peine et j'en ai déjà assez comme ça. C'est cette peur qui me pousse à mal agir, à faiblir à la moindre occasion et à essayer de te dissuader de m'approcher parce que, dans le fond, c'est vraiment ce que tu devrais faire ! La logique des choses voudraient que tu ne restes pas avec un ennemi ! Mais tu le fais ! Tu le fais parce que ... Parce que tu m'aimes pour une raison qui m'échappe, ça me perturbe ! C'est à m'en rendre fou !

Il se tut un moment, prenant le temps de respirer grandement et de coiffer grossièrement ses cheveux.

- C'est un paradoxe parce que, je veux que tu t'écartes de moi pour ton bien, et je veux ton bien parce que je t'aime et que je tiens à toi, or, je ne pourrais pas supporter que t'écartes, que tu me laisses seul comme je l'étais avant, parce que je veux te voir, te sentir près de moi, savoir que tu es là et que je pourrais être là pour toi, pour t'aider et t'accompagner ... Si tu n'étais pas revenue, je pense que j'aurai fait une plus grave bêtise encore.

Alors oui, je me pose trop de questions, je réfléchis trop et je ne peux pas simplement accepter les choses telles qu'elles sont parce que les sentiments trompent, parce qu'ils ne sont pas fiables et qu'ils mènent la ruine alors qu'un esprit logique et mathématiques est gage de certitude et donc de sécurité. C'est peut-être de la lâcheté ou de la bêtise mais, c'est comme ça, je ne suis pas fait pour aimer moi ! Je suis fait pour ... Pour analyser, pour réfléchir, pour calculer, construire et détruire en toute froideur. Je suis froid, un coque vide, une véritable pierre ! Toi tu es chaude et pleine d'émotions ... Tu vis et je suis mort ! C'est tout simplement impossible, tu comprends ?

Il se tut une seconde fois, il sentait la folie remonter en lui, ce n'était pas encore le moment de perdre les pédales. Il expira et inspira lentement, prenant une pause dans ses dires et ses réflexions.

- Plus je m'approcherais, plus je te détruirais et plus tu reculeras, plus tu me détruiras. Dans les deux cas, je souffrais et tu souffriras à cause de moi. Mais tu m'as tendu ta main ... Et je l'ai serré. J'espère sincèrement au fond de moi-même, qu'avec le temps et contre vents et marais, que tu parviendras à me sortir de là et ramener à l'existence. Mais il y a un risque, il y a un énorme risque pour toi car si c'est moi qui te tire vers moi, tu ne pourras plus en réchapper. Je ne te souhaite pas de connaitre mon univers, tu en as un bref aperçu et je doute qu'il te plaise.

Il s'essuya le visage avec sa manche.

- Notre relation est dangereuse Narydia mais, c'est un choix et toi et moi l'avons fait alors, quoi qu'il arrivera, ni toi ni moi ne pourront revenir en arrière. Il faudra continuer d'avancer, que ça nous mène à l’échec ou à la réussite. Comprend le ! C'est dur certes, moi même je ne l'ai pas encore compris mais, il le faudra !

Il ne rajouta rien d'autre, gardant le silence et laissant la séraphine finir de recoudre son bras. Il ne disait rien mais, son esprit était en pleine ébullition. Ce n'était pas une bonne chose dans l'état dans lequel il était mais, il ne pouvait pas s'en empêcher. Il regardait devant lui, sans s'attarder sur rien puis, au bout d'un moment, son regard se posa de nouveau sur la séraphine.

" Recommandation : Repos. "

Dit Dischwepser de sa voix neutre et caverneuse, peut-être même métallique. Il détourna son regard une seconde fois mais, pas pour très longtemps.

- Oh et puis merde ! Je fais ce que je veux !

Dit-il avant de se jeter sur elle, l'allongeant peut-être un peu brutalement sur le sol. Il déposa aussitôt ses lèvres sur les siennes et l'embrassa avec ardeur. La suite ? Et bien en fait ...
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Narydia Ventari

La lame flamboyante

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MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Mar 18 Juin 2013 - 10:49

–Je me rend compte qu'on a vécu beaucoup de choses ensemble Narydia et que, malgré cela, c'est comme si on s'était rencontré hier. T'es une brave fille, saine d'esprit, noble et valeureuse et moi je suis tout l'inverse. Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est comment est-ce que tu peux m'aimer ? Je veux dire, moi c'est normal, t'es juste parfaite à mes yeux mais, toi ? Je traite mal, je te manque de respect, je te mens, j'essais de te tuer, je ne cherche pas à te comprendre et je me cache derrière des excuses foireuses et toi tu passes par dessus juste parce que tu m'aimes ? J'arrive pas à le comprendre, c'est pas logique, tout simplement ! Et c'est précisément ça le problème, ce n'est pas logique donc ça n'a pas lieu d'être, donc ça pourrait disparaître du jour au lendemain, donc ça pourrait nous faire très mal, donc je ne devrais pas m'attacher mais je le fais quand même, donc ce n'est pas logique et la boucle est bouclée.

Encore une fois, Alekseï lui réservait ce discours, qui était aussi faux qu'inutile. Déjà parce qu'elle était loin d'être parfaite et meilleure que lui et ensuite parce qu'il ne lui avait jamais ni manqué de respect, ni menti, et ni essayé de la tuer volontairement. Et la seule chose qu'il n'avait pas compris, c'est que l'amour n'avait aucune logique et n'était pas quelque chose que l'on pouvait calculer. Oui, c'était un sentiment qui pouvait se révéler aussi bénéfique que douloureux. Mais c'était un risque à prendre et sans cela ils n'obtiendraient rien.

– Je t'aime vraiment, plus que jamais, mais, j'ai peur que ce même "amour" ne te fasse plus de mal que de bien et qu'au final, tu souffres plus que moi. Parce que si tu souffres à cause de moi, ça ne fera que me doubler ma peine et j'en ai déjà assez comme ça. C'est cette peur qui me pousse à mal agir, à faiblir à la moindre occasion et à essayer de te dissuader de m'approcher parce que, dans le fond, c'est vraiment ce que tu devrais faire ! La logique des choses voudraient que tu ne restes pas avec un ennemi ! Mais tu le fais ! Tu le fais parce que ... Parce que tu m'aimes pour une raison qui m'échappe, ça me perturbe ! C'est à m'en rendre fou !

Narydia restait concentrée sur ta tâche et le bras du guerrier qui s'agitait allait bientôt être parfaitement recousu. Elle écoutait cependant avec attention chacune de ses paroles, et elle remarqua que c'était la première fois qu'il lui disait explicitement qu'il l'aimait. Ce qui ne manqua pas de la secouer intérieurement, même si elle ne laissa rien paraître. Elle n'imaginait pas que l'élu réfléchissait autant sur leur relation, car elle-même la vivait au jour le jour sans se poser de questions. Mais l'une des réponses était simple : elle lui faisait confiance et elle savait qu'il ne la ferait jamais souffrir. Quant à s'éloigner de lui ? C'était simplement ridicule.

– C'est un paradoxe parce que, je veux que tu t'écartes de moi pour ton bien, et je veux ton bien parce que je t'aime et que je tiens à toi, or, je ne pourrais pas supporter que t'écartes, que tu me laisses seul comme je l'étais avant, parce que je veux te voir, te sentir près de moi, savoir que tu es là et que je pourrais être là pour toi, pour t'aider et t'accompagner ... Si tu n'étais pas revenue, je pense que j'aurai fait une plus grave bêtise encore.

Alors oui, je me pose trop de questions, je réfléchis trop et je ne peux pas simplement accepter les choses telles qu'elles sont parce que les sentiments trompent, parce qu'ils ne sont pas fiables et qu'ils mènent la ruine alors qu'un esprit logique et mathématiques est gage de certitude et donc de sécurité. C'est peut-être de la lâcheté ou de la bêtise mais, c'est comme ça, je ne suis pas fait pour aimer moi ! Je suis fait pour ... Pour analyser, pour réfléchir, pour calculer, construire et détruire en toute froideur. Je suis froid, un coque vide, une véritable pierre ! Toi tu es chaude et pleine d'émotions ... Tu vis et je suis mort ! C'est tout simplement impossible, tu comprends ?

La première partie se suffisait à elle-même. S'il ne souhaitait pas qu'elle parte, alors il n'avait aucune raison de la repousser et aucune question à se poser. Et que croyait-il ? Qu'il n'y avait que lui pour porter de l'espoir en l'autre ? Qu'il n'y avait que lui qui eu besoin d'elle à ses côtés ? Et là encore, il se trompait. Comme il se trompait en pensant qu'il n'avait pas d'émotions en lui, ni de chaleur. Au contraire, il était attachant, et son caractère vif était loin d'être froid. Il ne s'en rendait juste pas compte. Narydia se contenta donc de secouer légèrement la tête, en signe de désaccord. Déjà, Alekseï poursuivait :

– Plus je m'approcherais, plus je te détruirais et plus tu reculeras, plus tu me détruiras. Dans les deux cas, je souffrais et tu souffriras à cause de moi. Mais tu m'as tendu ta main ... Et je l'ai serré. J'espère sincèrement au fond de moi-même, qu'avec le temps et contre vents et marais, que tu parviendras à me sortir de là et ramener à l'existence. Mais il y a un risque, il y a un énorme risque pour toi car si c'est moi qui te tire vers moi, tu ne pourras plus en réchapper. Je ne te souhaite pas de connaitre mon univers, tu en as un bref aperçu et je doute qu'il te plaise. Notre relation est dangereuse Narydia mais, c'est un choix et toi et moi l'avons fait alors, quoi qu'il arrivera, ni toi ni moi ne pourront revenir en arrière. Il faudra continuer d'avancer, que ça nous mène à l’échec ou à la réussite. Comprend le ! C'est dur certes, moi même je ne l'ai pas encore compris mais, il le faudra !

Sauf qu'elle l'avait compris depuis le début mais qu'elle avait assez d'espoir en leur relation pour croire en sa réussite. Là dessus, elle n'avait aucun doute. La plaie était à présent recousue et la jeune femme rangea son matériel. La séraphine leva les yeux vers Alekseï dont le regard semblait errer sans savoir où se poser. Il avait l'air de penser à quelque chose, mais impossible de savoir quoi. Finalement, il reposa son regard sur elle et s'exclama :

– Oh et puis merde ! Je fais ce que je veux !

[ La suite dans le prochain épisode. Non, je plaisante. Aujourd'hui vous aurez droit à un double épisode. Par contre il n'est pas de ton âge, Alek, donc ferme les yeux. ]

L'instant d'après, il était sur elle, l'embrassant fougueusement, ce qui était loin de déplaire à la séraphine. A travers ce geste, elle sentait bien qu'il avait beau essayer de mettre des freins à cette relation, de peur d'en ressortir meurtri, il n'y parviendrait pas. En fait, le voulait-il seulement ? En tout cas, l'ange ne voulait lui opposer aucune barrière et la fougue du guerrier fit monter la chaleur en elle. Entre deux baisers brûlants, la jeune femme posa ses mains de chaque côté du visage d'Alekseï et s'écarta d'à peine un centimètre pour lui glisser, sourire aux lèvres :

– Et c'est ça que tu appelles un mort ? Tais-toi un peu, termina-t-elle en l'embrassant de nouveau tout en le serrant contre elle aussi fort qu'elle le pouvait.

]Il fallait dire qu'entre ses bandages et ses multiples plaies, Narydia avait peur de davantage l'abîmer. Mais c'était peut-être finalement le soin le plus efficace contre un esprit tourmenté. La séraphine glissa ses mains sur la tenue complètement débraillée de l'élu et esquissa un sourire contre ses lèvres.

– Tu sais que tu ressembles à un enfant battu là dedans ? Ca ne te va pas.

]Narydia bascula sur lui et observa un instant son allure. Il était évident que le sang séché et les multiples salissures ne rendaient pas son équipement attrayant, mais c'était une raison de plus pour le lui retirer. Ce qu'elle fit les secondes d'après, préférant largement sous ses doigts la sensation de ce corps musclé et rompu au combat. Ses yeux virèrent vers le tatouage qu'il avait sur le torse, et qu'elle n'avait pas eu beaucoup l'occasion de voir. Sa voix se fit rieuse.

– Tiens, tiens, je l'avais oublié celui-là… je me demande bien à quelle occasion tu as pu te le faire…, dit-elle en déposant un nouveau baiser sur ses lèvres chaudes.

La séraphine ignorait si ce moment s'apparentait à une réconciliation, ou bien à une nouvelle étape qu'ils franchissaient ensemble. La seule chose qu'elle savait, c'était qu'elle souhaitait lui donner autant d'amour que possible, et puisque les mots ne le convainquaient pas, elle le fit par gestes. Pourtant, elle ne fit pas preuve d'une extrême douceur, tant elle ne pouvait contrôler le feu en elle. Pour elle, l'heure n'était plus à la retenue tant le manque s'était fait sentir pendant ces quelques jours. Le manque de lui, de sa voix, de sa peau, et tout ce qui faisait ce qu'il était. Elle n'avait que faire des conséquences et l'ange savait simplement qu'elle ne voulait que le rendre heureux et l'aider à s'épanouir dans cette relation qu'elle voyait comme une libération pour eux deux. Il comblait quelque chose en elle, même s'il ne s'en rendait pas compte. A la fois sa solitude et l'amour qu'elle n'avait jamais reçu… également le fait qu'il avait besoin d'elle et qu'elle voulait être là pour lui. Et c'était tout ce que voulait lui exprimer la séraphine à cet instant. Elle souhaitait lui faire comprendre qu'elle était à ses côtés et qu'elle l'aimait, quoiqu'il dise et quoiqu'il en pense. Et comme il le disait lui-même c'était trop tard pour reculer, et actuellement, la jeune femme en était convaincue plus que jamais et en était bien heureuse.


Dernière édition par Narydia Ventari le Mar 18 Juin 2013 - 10:56, édité 1 fois
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Alekseï Rytchkine



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MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Mar 18 Juin 2013 - 23:32

La nuit avait été longue et fatigante tant pour le scientifique que pour la séraphine. Pourtant, Rytchkine ne regrettait absolument rien et il se doutait qu'il devait en être de même pour sa moitié, bien qu'elle dormait paisiblement maintenant. Pour sa part, il n'avait pas profité de l'après-guerre pour fermer l'oeil car même si la chaleur de Narydia le réconfortait grandement, il y avait encore bien trop d'agitation et de mauvais souvenirs à l'intérieur de son esprit. L'avantage, c'est que malgré que la température soit basse, il avait chaud et de cette façon, il ne risquait d'attraper froid ... Ni de s’encombrer d'une couverture, aussi.


" Ahhh ! Ça faisait longtemps que j'avais pas mouillé le biscuit ! Elle se débrouille bien la petite quand même ! "
" Charmant ... Mais je ne peux que te rejoindre, c'était encore mieux que la première fois. "
" Carrément ! En plus, elle sait faire des choses ... Plein de choses ! "
" Ouais ... Ouais mais, c'était chaud aussi vers le milieu, j'ai failli caler. "
" Voilà ce qui se passe quand on se prend pour le roy de la chiure ! Je te l'avais bien dit en plus, t'as freiné trop fort ! Heureusement que j'étais là pour corriger le tir ! "
" Et heureusement que je ne t'ai pas laissé continuer, t'étais parti pour cogner. "
" L'instinct mâle ... Mais toi tu peux pas comprendre, t'es qu'une tantouze. "


Chose à laquelle il ne répondit pas. Décidément, Jonathan ne perdait pas ses mauvaises habitudes et le cessez le feu avait été de très courte durée. De toutes les façons, le soleil se levait et il était temps de repartir pour Madorass. Cela ne lui plaisait guère d'avoir à se lever mais, il n'avait pas le choix, comme il le disait, il y avait un temps pour tout. Sans réveiller la séraphine pour autant, il s'en alla ramasser ses affaires et se rhabiller. Il rangea également le matériel médical dans la sacoche de Narydia puis, vérifia que les deux sacs étaient intacts, on était jamais trop prudent et si une couture venait à lâcher au milieu de la route, il lui serait difficile de ramasser le contenu qui se serait déversé sur le sol.


Prêt à partir, il s'approcha de la séraphine et la réveilla calmement. un seau d'eau sur la tête comme le lui avait si brillamment suggéré Jonathan aurait très marrant mais, les conséquences, désastreuses ... Et puis Alekseï tenait à ses bijoux de famille. Non, il se contenta simplement de la secouer un peu et de l'appeler en même temps, à voix basse bien sûr. Malheureusement, elle avait le sommeil profond et ne semblait pas encore décidée à ouvrir l'oeil. Il fit alors un peu de bruit, claquant des doigts et frappant dans ses mains, tout en montant un peu le niveau sonore mais, rien à faire. Accroupi dans son dos, il baissa la tête et soupira.


- Ouais ...


Il prit une grande inspiration puis ...


- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !


Hurla-t-il d'un seul coup. Cela avait au moins le mérite d'avoir fonctionné.


- Bien dormi ?


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MessageSujet: Re: Démon intérieur ( PV : Alekseï )   Aujourd'hui à 20:04

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Démon intérieur ( PV : Alekseï )

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