''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Ceux qui savent faire oublier [PV Frans Claytis]

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Bael Nergal

Père des Pestilences | Mandeur des Trois Familles

________________

Bael Nergal
________________


Race : Faux-Parleur ~ Humain
Classe : Sorcier
Métier : Esclavagiste
Croyances : Culte d'Asha
Groupe : La Confrérie des Ombres

Âge : 51 ans

Messages : 46

Fiche de Personnage : ♥️


Ceux qui savent faire oublier [PV Frans Claytis] _
MessageSujet: Ceux qui savent faire oublier [PV Frans Claytis]   Ceux qui savent faire oublier [PV Frans Claytis] EmptyDim 21 Juil 2013 - 19:54


Ceux qui savent faire oublier

Le nord du pays de Madorass cachait parfois des secrets que la peste mettait à nu. Il existait en ces terres, des contrées que la magie protégeait des errements des petites gens, mais qui ne pouvait éloigner les affres de la maladie. C’est ainsi que le village Khoya avait été révélé au grand public. Son chef et principal mage était mort de la peste, comme tant d’autres ces temps-ci et le charme qu’il maintenait pour éloigner les intrigants avait disparu, laissant le village dénué de sa principale défense. Seuls les mâles de sa famille maitrisaient ce charme tribal et son successeur était bien trop jeune pour pouvoir manipuler un pouvoir si puissant, mais il portait en lui la magie de ses ancêtres. Par là-même, il se rendait précieux, car il permettait l’étude de celle-ci. Il était dit que le sort que lançait le Mage Hen’Ouye permettait d’ôter à tous ceux qui avait pour projet de se rendre vers le village, l’envie d’en emprunter les chemins, dès lors qu’ils approchaient de trop près les petites chaumières discrètes perdues dans la forêt à flanc de colline. Ainsi, sans violence et sans même se douter du fait d’être manipulés, les voyageurs contournaient le clan perdu. Mais la sécurité tranquille de Khoya avait laissé place à la panique et à la maladie. Très vite, trop vite, la nouvelle de la découverte de ce village avait atteint la capitale et les rumeurs sur les capacités de ses habitants et leurs richesses s’étaient répandues comme le feu sur la poudre. Déjà, le nom du village de ceux qui savent faire oublier hantait les tavernes de Madorass.

Les curieux et les pillards avaient alors afflué, voulant profiter de la mollesse des défenseurs, mais c’était les sous-estimés. Les Khoyais étaient courageux et fiers, repoussant avec audace les assauts des bandits à l’aide de leur savoir magique. Depuis, un certain statu quo avait gelé la situation et les fripons avaient établi leur quartier dans les environs, faisant de cette colline tranquille, un coupe-gorge très populaire. En soi, cela offrit une nouvelle protection précaire au village caché, qui décourageait les aventuriers et effrayait les bonnes gens. Les habitants de Khoya n’avaient plus qu’à repousser continuellement les bandits jusqu’à ce que l’Héritier grandisse et leur avenir serait de nouveau prospère. Cependant, cela laissa bien trop de temps pour que la nouvelle se répande encore et atteigne les oreilles trainantes de l’Alliance des Ombres. Aussitôt, l’Alliance fit part de son intérêt pour le potentiel de dissimulation de l’héritier et ordonna à certains de ses hommes d’aller le chercher. Bael Nergal, esclavagiste de renom, était l’un des affidés les plus influents de la capitale. Si son allégeance allait avant tout à la Confrérie des Ombres, il répondait volontiers aux offres et aux demandes de l’Alliance, tant que la rémunération allait de pair. Il était un intermédiaire de choix pour les affaires troubles de l’alliance, car son assise à Madorass était importante et tout à fait légale. Son métier amoral, mais toléré, de vendeur d’homme, lui permettait de pratiquer, si tant est qu’il le faisait discrètement, le kidnapping. Les autorités, trop inquiétées par l’instabilité du royaume n’étaient plus bien regardante pour ce qui était de l’origine de la marchandise. En période de guerre, l’asservissement était le droit des vainqueurs. Pour peu que l’on prétendait que ces esclaves venaient des Clans et de la Rébellion, il n’y avait pas grand risque à se faire prendre.

C’était ainsi, par un doux matin d’été, alors que les rayons du soleil s’étendaient avec paresse sur les remparts de la ville, que Bael et quelques-uns de ses hommes attendaient devant l’une des entrées secondaires de la cité. Ils étaient cinq, en comptant le garde de Bael. Ils avaient tous une monture et patientaient calmement devant l’écurie nord. Derrière eux, les murs épais de la capitale projetaient leur ombre rafraichissante sur la petite troupe. Déjà, alors que l’aube venait à peine de laisser la place au jour, le ballet incessant des caravanes reprenait, même si les coffres semblaient moins remplis et les gardes plus nombreux. L’esclavagiste reconnut certains des étendards qui floquaient les toiles des carrioles, mais se garda bien de saluer les visages familiers qui guidaient parfois le flot de charrettes. Son visage bien caché sous la capuche de sa bure, il tenait à rester discret, car même si ses agissements étaient approuvés par la loi, mieux valait éviter que des regards indiscrets ne viennent juger la manière dont il procédait pour alimenter le marché en marchandise. De plus, il agissait cette fois pour l’Alliance des Ombres, même si officiellement, c’était pour un bourgeois féru de magie et d’alchimie, qui lui-même l’offrirait à un de ses amis à Venill travaillant dans l’import-export, qui ne manquerait sans doute pas de le revendre à une femme qu’il connaissait de vue. Et ainsi de suite, à mesure que l’esclave changerait de main, son propriétaire deviendrait de plus en plus évasif, jusqu’à ce qu’il disparaisse de la circulation pour tomber aux mains de l’Alliance. La discrétion était donc l’un des mots d’ordre de cette mission.

Le cheval de Bael s’agita, l’extirpant de ses pensées, le ramenant à la chaleur du jour et à l’ombre des murs. Sa main rassurante se posa sur le cou de l’animal, restant ainsi jusqu’à ce qu’il se calme. Bael aimait bien cette bête, il l’avait acheté à son départ de Venill, lorsque la Confrérie l’avait envoyé à la capitale. C’était un bel étalon d’un beige tirant un peu sur le blanc cendré et il faisait preuve d’une endurance exemplaire. De plus, la démarche de l’animal lui donnait l’impression qu’il cherchait à ménager les vieux os de son cavalier et il aimait à penser que c’était volontaire. Sa main glissa vers l’avant du cou de la bête, le forçant à se pencher et réajusta le petit miroir qui pendait sous la lourde tête de l’animal. Il s’agissait de l’objet distinctif qu’il devait porter pour que celui ou ceux qu’il attendait le reconnaissent. De même, ils devaient avoir reçu la même consigne et se devaient de porter un pendentif équivalent. Ces mystérieux inconnus étaient les renforts que l’Alliance, par l’intermédiaire d’une Ombre de la Confrérie, lui avait promis pour l’aider à bien dans sa mission. Bien sûr, ce coup de main n’était pas gratuit. Même s’il travaillait pour eux, Bael se devait de payer en retour les services qu’il demandait, tout comme il était rémunéré pour ceux qu’il rendait. Le père Nergal faisait souvent appel aux services de l’Alliance, car il ne possédait pas suffisamment d’hommes d’armes compétents. Ceux qu’il avait étaient à peine bons à maintenir la sécurité au sein du marché. Pour ce genre de mission plus exigeante, il devait passer par de la main d’œuvre extérieure.

Les trois hommes que Bael avait avec lui étaient parmi les meilleurs de ceux qu’il employait. Il ne pouvait pas en prendre plus sans prendre le risque de déstabiliser les affaires communes de son commerce. Son organisation fonctionnait à flux tendu. Il s’agissait de bons combattants, un elfe épéiste appelé Helian D’Antur, un semi-orque archer répondant au doux nom de Vakog Losgash et un manieur de hache qui se proclamait humain, mais dont la pupille fendue trahissait une origine inconnue. Ce dernier se faisait simplement appeler Henri. Il était borgne et semblait plus avoir vécu que les deux autres. Il se réclamait pourtant de la trentaine légèrement entamée. Bael ne le questionnait pas, le boulot était fait et bien fait avec lui et cela lui suffisait largement. Tout trois en connaissaient autant en magie que Bael en boulangerie, à savoir pas grand-chose, mais feraient certainement l’affaire s’ils croisaient de simples bandits.

Un quatrième homme se rapprocha de l’esclavagiste, faisant avancer sa monture au pas. Il tenait par les rênes une monture sans cavalier, sûrement destinée au transport du prisonnier. Arrivé à hauteur du Faux-Parleur, il se pencha et ses lèvres articulèrent lentement des mots, sans qu’il ne mette la voix pour les porter. On aurait collé son oreille devant sa bouche cachée par une barbe fournie qu’on n’aurait pas pu saisir un mot de ce qu’il venait de dire. En revanche, Bael acquiesça et il chuchota une réponse à l’oreille de son garde. Nul n’est besoin de son pour qui sait lire sur les lèvres. L’esclavagiste avait pour habitude de se murer dans un silence quasi complet en se bouchant les oreilles avec de la cire depuis qu’il avait remarqué que le bruit du vent provoquait chez lui des crises de démence. Il aimait ce royaume du silence dans lequel il s’enfermait la plupart du temps lorsqu’il quittait la ville ou qu’il sentait que le vent se levait. Ses amis et connaissances, ainsi que ses subordonnés s’étaient habitués à cette excentricité et la considérait comme normale. Pour ceux qui n’étaient pas au courant, il était presqu’impossible de deviner sa surdité volontaire, tant le fait qu’il sache lire sur les lèvres suffisait à faire illusion. Dans ce silence, dans cette alcôve sans bruits ni hurlements, seules les pensées du démon ruisselaient au rythme de son souffle et de ses battements de cœur. Il n’entendait rien ni personne. Même les pas bruyants et cadencés du groupe qui venait à sa rencontre semblaient se perdre face à ses barrières de cire, comme n’ayant jamais existés. Étaient-ce ceux qu'attendait l'esclavagiste et seraient-ils parés à affronter un village de magiciens par la force ou la ruse ? Seul l'avenir le leur dirait, mais la mission devait être accomplie.
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Frans Claytis

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MessageSujet: Re: Ceux qui savent faire oublier [PV Frans Claytis]   Ceux qui savent faire oublier [PV Frans Claytis] EmptyLun 22 Juil 2013 - 9:43

Non mais sérieusement arrète avec ton instrument à la con. Je t'assure que c'est pas avec la bouche que tu va faire du bruit si tu continue à me détruire les oreilles comme ça.

La jeune demi-elfe regarda l'humain d'un air blessée, après tout n'avait elle pas laissée son côté elfique prendre le dessus ? Ne s'était elle pas mise à jouer de l'instrument pour détendre l'atmosphère... C'était peut être pas débile, mais je cautionnais les paroles d'Andreï, bien que je les aurais menés avec beaucoup plus de délicatesse. Nous ne venions pas dans la capitale pour nous faire remarquer mais bien pour réaliser un contrat, particulier certes, mais un contrat quand même.

Ania me regarda, mais je n'avais pas grand chose à lui dire. Malgré tout j'arrivais à me détacher de la route un instant pour lui parler.

Il a raison, il faut que nous soyons discret, j'ai pas envie que la patronne nous envois ici pour qu'on se fasse repérer. Tu sais ce qu'elle risquerait de nous faire dans ce cas... Tu as envie de lui servir de cheval et d'esclave pendant un mois ? Moi non  personnellement.

La jeune femme ne dit rien, elle ne disait jamais rien de toute façon. C'était rare que d'entendre sa voix fluette, et avec un bourrin comme Andreï elle ne risquait pas de parler plus que cela. J'étais dans mes premières missions, et c'était aussi leur cas, aussi fallait il qu'on soit efficace et qu'on le remplisse ce contrat. Sans quoi nous aurions de sacré problème à notre retour... Et je ne voulais pas risquer cela. La jeune femme acquiesça à mes paroles, rangea son instrument et remonta sa capuche sur ses cheveux de feu avant de poursuivre la route.

Je me retourna et regarda la route droit devant moi en espérant qu'il ne se passerait plus rien d'ici à ce qu'on arrive au lieu du rendez vous. Le marché aux esclaves et l'arène. Depuis mon arrivé dans la cité royale c'était bien deux lieux que j'évitais, l'ambiance qui y régnait était particulièrement dérangeante, elle me soulevait le coeur et me mettait toujours mal à l'aise... Et pourtant.  Aujourd'hui je me devais de m'y rendre avec mes deux compagnons, en mission pour l'alliance à la recherche des habitants d'un village magique caché grâce à leurs puissants rituels. C'était quelque chose d’impressionnant, et  mon côté curieux était ressortit brièvement. Attendez, on parle quand même d'un village caché par la puissance des arcanes, excusez du peu !

Mais revenons à nos moutons, j'avais avec moi un humain et une demi-elfe, le premier Alexeï était une brute sans nom utilisant la hache comme moyen de discution et ses mains comme armes de destruction... A moins que ce ne sont l'inverse.. Bref, il a rejoint l'alliance a peut près au même moment que moi, et nous avons, dès le début travaillé ensemble. De fait une certaine "amitié" était née entre nous, on savait qu'on pouvait se faire confiance au feu et devant les gueuses un peu trop pressente. Ania quant à elle, était une jeune recrue, adepte de la sournoiserie et des coups de poignard dans le dos, au sens propre par contre. Elle n'a pas l'âme d'une traîtresse, mais juste d'une jeune femme tombée trop rapidement dans la vie et la violence qui l'accompagne. Je ne savais toujours pas ce qui l'avait poussée à s'engager, mais elle avait tendance à laisser transparaître certain pan de sa vie d’antan. Avec un peu de chance, un jour je saurais tout sur elle. Si nous survivions jusque là tout du moins.

Je décidais de me concentrer sur la route, laissant mes pensées divaguer un instant et cherchant la personne que je cherchais. Logique en même temps. Nous avions tout deux un signe distinctif s'approchant à un pendentif, le mien était en vue, mais pas trop et je cherchais quelqu'un possédant le même. Au bout de quelques minutes je remarquais un groupe de cavalier avec un homme à leur tête. Ce qui me marqua c'était la cage à l'arrière, peut être un indice quant à leur origine et leur métier. Observant l'homme de tête je pu voir qu'il avait ce que je cherchais. Observant mon groupe j'indiquais ces gens d'un geste du menton et nous nous dirigeâmes vers eux. Nous étions bien armée, bien en vue, et bien équipé aussi se douteraient ils que nous avions des affaires ensemble.

Une fois à la hauteur de leur chef je me sentis mal à l'aise, pourquoi ? Je ne saurais le dire, mais peut être que je le découvrirais un jour. Laissant mon pendentif en vue je pris la parole pour mon petit groupe.

Bien le bonjour à vous noble seigneur, notre maître nous envois vous assister dans votre quête. J'espère que tout ira pour le mieux, mais dans le cas contraire vous pourrez compter sur nous. Mais nous continuerons cette discutions lorsque aucune oreille ne sera là pour nous épier, qu'en dites vous?
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Bael Nergal

Père des Pestilences | Mandeur des Trois Familles

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Bael Nergal
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Race : Faux-Parleur ~ Humain
Classe : Sorcier
Métier : Esclavagiste
Croyances : Culte d'Asha
Groupe : La Confrérie des Ombres

Âge : 51 ans

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Fiche de Personnage : ♥️


Ceux qui savent faire oublier [PV Frans Claytis] _
MessageSujet: Re: Ceux qui savent faire oublier [PV Frans Claytis]   Ceux qui savent faire oublier [PV Frans Claytis] EmptyMer 24 Juil 2013 - 12:50

Encore une fois le cheval de l’esclavagiste s’agita, tapant du sabot sur le sol poussiéreux. La main paternelle de Bael ne suffisait plus à l’apaiser, aussi tira-t-il sèchement sur les rênes, se redressant pour mieux toiser les trois individus qui s’étaient approchés. Piaffait-elle d’impatience de mener à bien cette mission, ou manifestait-elle au contraire ses craintes ? La bête maitrisée, le faux-parleur prit le temps d’examiner le petit groupe. Deux hommes, une femme. Voilà ce qu’aurait dû remarquer en premier le Père des Pestilences. Au lieu de cela, il préférait évaluer leur équipement. Son regard glissa sur les armes et les armures, jaugeant les silhouettes rapidement. Ils semblaient tout trois en bonne forme physique. Les deux mâles étaient bien bâtis, leur équipement paraissait en bon état. La démarche de la troisième la rendait plus discrète, mais pas moins assurée. Elle semblait se mettre en retrait, comme concédant l’autorité à celui qui menait le trio. L’assemblage des trois ne payait pas de mine, ou plutôt, n’attirait pas plus l’attention que les caravanes si on les croisait sur les chemins entourant la capitale. Au pire, ils auraient été pris pour des roublards, mais la qualité apparente de leur équipement trahissait une vie qui n’était pas faite de simples ripailles et de vulgaires pillages. Avant même qu’il aperçoive le pendentif miroitant au cou de leur meneur, Bael avait deviné à qui il avait à faire. Prenant une pose digne, essayant d’avoir un port altier que ses origines claniques ne lui avaient pas donné, l’esclavagiste attendit que celui qu’il pensait être le chef du groupe prenne la parole.

Il avait une bonne diction, voilà qui faciliterait au moins la communication entre eux. Il serait aisé pour Bael de lire sur ses lèvres. « Salutations, Messieurs, Dames. Merci de votre assistance en ce beau jour. Sachez qu’il n’est d’oreilles qui trainent ici, seulement des bouches trop bavardes. » Répondit l’esclavagiste dans un sourire que sa bure cachait à moitié. Etait-ce un reproche ? Ses yeux pétillaient de malice. « Nos affaires nous attendent. » Fit-il en agitant les rênes de sa monture pour l’élancer au pas, initiant la marche de la troupe. Bientôt, ils se retrouvèrent sur les chemins hors de la ville. Enfin, le père Nergal prit le temps de rompre le mutisme dans lequel il s’était enfermé jusque-là. Il accéléra le pas de son cheval et mit un peu de distance entre le groupe et sa monture. D’un geste de la main, il invita le chef du trio qui les avait rejoints à le suivre. « Voilà un cadre qui nous permettra de discuter. » commença-t-il en désignant la belle voute des arbres qui filtrait partiellement les rayons du soleil d’été. « Ici, nul mur pour porter une oreille et nulle bouche pour répandre une rumeur. Pardonnez la sobriété de mon accueil lors de notre rencontre. Mes propres hommes n’ont pas ma confiance, je ne voulais prendre le risque de m’épancher publiquement en salutations et de dévoiler vos identités et la mienne. Je suis Bael Nergal et c’est officiellement pour mon commerce que nous partons en traque. » Poursuivit-il avec un regard entendu. Il laissa à son interlocuteur le temps d’assimiler ces premières informations et poursuivit. « J’aurais besoin que vous me fassiez l’inventaire de capacités de votre groupe. Nous menons une chasse peu ordinaire. Nous chassons l’homme. Et à tout moment, l’homme peut nous chasser. Je veux savoir sur quoi je pourrais compter si nous devons prendre les armes. A part la bonne volonté que vous m’avez témoignée. »

Un craquement se fit entendre sur leur gauche. Rapidement, Bael tourna la tête, ses yeux scrutant la broussaille épaisse des bois vierges autour d’eux et intima le silence à son interlocuteur d’un geste de la main. Hors du sentier, la nature dominait le paysage, remettant, l’espace d’une ballade, l’homme à sa place de simple passant. Il ne vit rien. Ici, tout semblait éternel, mais tout fourmillait de bruits et de vies. Si l’on prenait chacune d’entre elles, il était aisé d’y voir l’éphémère des choses. Les battements de cœur d’un animal, ou le crépitement discret d’une branche qui casse au passage d’une bête. Le vol des oiseaux, la ligne subtile d’une colonie de fourmis, même la violence des meutes. Tout cela n’était que paille au vent. Disparaissant si tôt qu’ils existaient. Cet ensemble de moment, cette accumulation d‘instants formaient le paysage immuable de la nature. Les hommes bâtissaient et le temps déferait. Les fourmis continueraient d’avancer, les meutes de se battre et les oiseaux de voler. La nature ne se souciait pas de perdre un des siens, elle ne paniquait pas à l’idée de subir la maladie. Elle faisait face, dans un silence digne, remplaçant les morts pour que l’ensemble persiste. Les hommes, eux, caressaient l’idée d’être éternel, mais ils ne formaient plus d’ensemble. Ils n’étaient plus qu’une somme d’individualités et la mort d’un pouvait affecter la masse. La chute d’une couronne rendait l’ensemble fou. Trop de sang coulait des suites d’une disparition. Trop de choses s’effondraient. Tout cela ravivait le mépris latent de Bael pour ses pairs, pour la masse dirigeante et pour la plèbe. Ses mains s’étaient crispées sur les rênes de son cheval, lorsqu’il s’en aperçut, il prit le temps de fermer les yeux, relâchant imperceptiblement la tête en arrière et inspira longuement. Cela fait, il reporta son attention sur l’homme de l’Alliance, affichant son visage d’une habituelle neutralité qui se voulait cordiale. « Il n’est de prudence inutile. » Prétexta-t-il pour expliquer son silence réflexif. « Je vous écoute Sir et je suis prêt à répondre à vos questions. »

Au moment où il lui signifiait son attention, les deux hommes sortirent du bois dans lequel ils se trouvaient. Le sentier laissait place à une clairière à l’herbe clairsemée, asséchée par le soleil brulant des derniers jours. Levant la tête, la main en visière, l’esclavagiste contempla le soleil déjà bien trop haut et bien trop chaud embrumer le ciel d’un azur profond. Quelques nuages de beau temps tachetaient la voûte, formant çà et là des figures difformes. Ce serait une belle journée. Quelques vers revinrent à Bael, sortant d’une mémoire farceuse et des lèvres d’un poète trop mélancolique. « Il fait beau comme jamais, c’est un temps contre nature, comme le ciel des peintures, comme l’oublis des tortures. Il fait beau comme jamais, comme le frai de l’eau sous la rame, un temps fort comme une femme, un temps à damner son âme. Il fait beau comme jamais, un temps à rire et courir, un temps à ne pas mourir, un temps à craindre le pire. » Ce fut sur ce dernier vers que les pensées de Bael s’arrêtèrent. Autour d’eux, dans la clairière, on pouvait clairement voir les restes d’un ancien campement. Un cercle calciné trahissait les vestiges d’un feu de camp et l’herbe était encore fraîchement aplatie par les couchages. Le dénivelé du sol était maintenant perceptible. Cela ne faisait plus aucun doute, la colline n’était plus bien loin. Sans les grands arbres, elle aurait surement été visible. Les ennuis allaient maintenant pouvoir surgir à tout moment. Bael fit ralentir sa monture, toisant le groupe tout entier. Il faisait beau comme jamais.


[Nota bene : Les vers utilisés sont issus du Cri du Butor d’Aragon. Libre à toi d’utiliser les PNJ, ou de faire des ellipses si tu le désires. Si tu estimes que j’ai fait avancer l’action trop vite, ou que tu as quoi que ce soit à redire sur mon texte, n’hésite pas à me MP, je modifierais en conséquence.]
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Frans Claytis

♘ | Le Cynique

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Frans Claytis
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Ceux qui savent faire oublier [PV Frans Claytis] _
MessageSujet: Re: Ceux qui savent faire oublier [PV Frans Claytis]   Ceux qui savent faire oublier [PV Frans Claytis] EmptyLun 29 Juil 2013 - 9:42

L’homme en question était bien la personne que l’on nous avait envoyé rencontrer et aider à mener à bien sa mission qui servait autant ses intérêts que ceux de l’Alliance. Je savais pertinemment quel était le commerce de ce « marchand », mais qui étais je pour juger ? L’esclavage était une chose que je ne comprenais pas mais que je savais faire parti des mœurs. Avais-je la force pour faire changer les gens ? Je ne le crois pas. Aussi, mettant de côté mes questions métaphysiques j’indiquais à mes compagnons d’armes de suivre le marchand jusqu’à l’extérieur de la ville. J’avais tout de suite compris qu’il ne souhaitait pas expliquer tout ses projets au cœur même d’une ville où chacun pouvait être un traitre… Ou pire encore.

Mon attention se porta sur le paysage environnant, la puanteur de ce lieu et de cette ville vous prenait à la gorge comme un mauvais plat. Un vent doux allait et venait, remuant toujours plus la puanteur, rendant ce lieu toujours un peu moins habitable. Comment les gens pouvaient vivre dans des lieux comme celui là ? La ville était, par sa nature même, un lieu où les vices et abominations devenait naturels et visible. Il existait sans doute une corrélation entre le nombre d’habitant d’une ville et le nombre de crime commis, et cette ville, Capitale Royale, semblait d’autant plus tomber dans la folie à mesure que la Peste progressait.

Mais nous finîmes par sortir de ce cloaque ambiant, l’air se faisait de plus en plus pur au fur et a mesure que nous progressions dans la nature. Je ne sais pas si c’est mon affiliation avec la terre qui me faisait ressentir cela, mais il n’y avait que dans ce genre de lieu ou je me sentais bien. Peut être mon ancien maître était il pareil, et ce serait pour cela qu’il finit sa vie dans une forêt perdue. Peut être.

L’homme prit de l’avant sur le groupe et me demanda de le rejoindre, sans doute pour parlementer à propos de la mission, en savoir plus sur nous et nos compétences. L’homme se présenta est je du me rendre à l’évidence que j’avais eu raison quand à son métier et son nom. Bael Nergal, que pouvait-on être avec un nom pareil, sorti des enfers eux même… S’ils existaient aussi…

Je suis Frans Claytis, et je sais quel est votre commerce. Ne vous méprenez pas, je n’ai nullement l’intention de vous faire la morale sur ce que vous faite. Il y a des faibles qui ont besoin d’être menés à la baguette.

J’allais poursuivre ma présentation mais l’on entendit un bruit étrange, sans attendre et tandis que l’homme regardait dans cette direction je sortis l’une des épées courtes et prépara un projectile de pierre que je faisais léviter légèrement à un mètre du sol. Long d’une trentaine de centimètre environ le projectile, en forme de losange allongé, était assez violent pour traverser les corps les plus charnu et les armures les plus solide. J’avais suffisamment travaillé à ce sujet pour arriver à concevoir quelque chose qui tenait la route, qu’arriver à faire autre chose qu’une arme de mort m’aurait blessé au plus haut point. * N’oublis jamais qui tu es au fond de toi mon amour…* Une voix venu d’un lointain passé, user de la magie me faisait de plus en plus souvenir des jours heureux où je n’étais pas obligé de tuer pour vivre. Mais aujourd’hui, le passé joyeux avait laissé place à quelque chose de bien différent, quelque chose de violent. Et le peu d’amour qu’il restait en moi était confiné dans une zone où seul l’océan de rage et de haine avait encore une place attitrée.

L’homme se relâcha et je fis de même. Je laissa tomber mon projectile et rangea ma lame, en effet il ne fallait pas être imprudent, et tandis que nous continuons d’avancer l’homme me laissa la parole pour finir mes explications. Il voulait savoir sur quoi il pouvait compter une fois au feu. Il avait bien raison, j’en aurais fais de même.

Je comprends votre prudence, sachez que j’en fais de même. Il serait dommage de tomber sur une créature sauvage sans pouvoir l’étriper et en faire une bonne descente de lit n’est ce pas ?

Mais venons en aux capacités de mon groupe, Ania est une demie-elfe adepte de l’arc et de la dague. Son agilité nous a, par le passé, sauvée la mise et son physique à parfois su détourner l’attention de garde trop curieux. Andrei lui est dans un autre registre qui pourrais, je pense, se résumer à ça. Je tape, je trouve un nouveau copain de jeux, je le tabasse, je l’étripe, je m’en sers d’arme et je me trouve de nouveaux copains de jeux. Il a tendance à laisser la furie de ses ancêtres inonder d’amour nos ennemis. Ce n’est pas fin dit comme ça, mais je vous assure que son style est parfois très utile à défaut d’être beau.

Quand à moi, à la base je suis cartographe et scribe, mais la magie est venue mettre son grain de sel dans le tas. Aujourd’hui je sers l’alliance en tant que ce que j’appelle mage de première ligne. Affilié à la terre je me sers de cet élément pour répandre la mort et la souffrance à ceux qui se trouvent sur mon chemin… Avant de les finir à l’acier, car comme je le dit toujours, vaut mieux enfoncer un bon pied d’acier en plus d’une bonne dague de pierre pour être sur qu’on ne viendra pas vous faire chier.

Et vous ? Avez-vous une affiliation quelconque avec cette chose si douce qu’on appelle la mort ?


La discussion se poursuivit quelques temps avant de finir à l’orée d’une colline. D’après ce que je voyais de l’homme, nous ne semblions plus être très loin de notre objectif. Faisant deux trois signes à mes compagnons je leur indiquais de se tenir sur leurs gardes. A partir d’ici on ne pouvait pas savoir ce qui nous tomberait dessus. Et je ne tenais pas à me faire surprendre… Surtout quand on se lançait dans une chasse à l’homme….
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