''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]

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Narydia Ventari

La lame flamboyante

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________________


Race : Séraphin
Classe : Ensorceleuse
Métier : Eclaireuse
Croyances : Aucune
Groupe : Anges

Âge : 426

Messages : 141

Fiche de Personnage : Come here.



MessageSujet: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Sam 7 Déc 2013 - 12:03


Le temps sombre et pluvieux rendait l’atmosphère lourde dans les grandes étendues. Depuis plusieurs heures à présent, la séraphine pistait en toute discrétion un individu pour le moins étrange, qui lui laissait penser qu’il ne s’agissait rien d’autre qu’un être infâme tout droit sorti du Vein. Le Vein… cette terre de souffrance et de désolation. Voilà un endroit qui ne lui manquerait jamais, et Narydia n’était certainement pas prête d’y retourner. Pour autant, cet être l’intriguait et elle continuait sa chasse inlassablement, restant à bonne distance pour ne pas attirer l’attention. Il avait déjà commis quelques imprudences, comme un vol à la tire dans un village voisin plutôt bien exécuté mais qui n’avait pas échappé à l’ange. Celle-ci avait dissimulé ses ailes sous une lourde cape qui la protégeait laborieusement de la pluie qui s’abattait sans relâche et brouillait l’horizon. Elle avait également relevé sa capuche pour ne pas attirer l’attention parmi les humains. Mais finalement, ils ne restèrent pas longtemps dans le village. Déjà, l’être du Vein s’éclipsait, la bourse pleine à craquer de monnaie, et Narydia le suivit à l’extérieur du village.

Il lui fut difficile de ne pas perdre sa piste, et l’ange redoubla de vigilance. Cette créature, quelle qu’elle soit, avait un comportement étrange. Elle avait déjà rencontré des démons. Un Seïrdan, probablement les pires, ainsi qu’un général cynique ayant développé un certain goût pour le sadisme avec ses victimes. Celui-là lui avait particulièrement donné du fil à retordre, et s’était bien assuré de la couvrir de rune pour bloque sa principale arme : sa magie, et l’affaiblissant de façon démesurée par la même occasion. Celui-là même à cause duquel elle s’était retrouvée à cohabiter avec un démon dans son propre être, avant de trouver un moyen de s’en débarrasser. Cela avait été une rude épreuve qu’elle n’avait pas l’intention de renouveler. Et pour cela, l’ange préférait garder ses distances avec l’être du Vein dont elle ne connaissait pas encore la réelle nature. Et de toute évidence, son but premier n’était pas de l’éliminer mais de découvrir ses intentions.

Elle courut dans un premier temps afin de raccourcir la distance entre eux, pour être sûre de ne pas perdre sa trace. Mais le bruit de ses bottes pataugeant dans la boue et soulevant de l’eau autour d’elle ne manquerait pas d’attirer l’attention sur elle aussi, l’ange profita de la brume pour se mettre en vol. Cela allait être plus rapide, et bien plus efficace. Tout de même gênée par sa cape, elle adopta un rythme lent et se hissa à la hauteur de sa cible, à quelques mètre de hauteur. La course dura quelques minutes avant que l’être en dessous d’elle ne s’arrête brusquement. Il resta figé plusieurs seconde et sembla humer l’air. Narydia s’était elle aussi interrompue dans sa course et ralentissait ses battements d’ailes pour ne pas attirer son attention. Instinctivement cependant, elle porta la main au pommeau de son épée. Des flammes incandescentes venaient déjà lécher la lame, fruit de la magie élémentaire pure qui se dégageait de chaque parcelle de sa peau en permanence.

La seconde d’après, elle vit surgir un éclair noir devant elle et l’esquiva au dernier moment. Elle se projeta à la vitesse du vent sur le démon et le propulsa plus loin en utilisant la force naturelle de l’air. Mais il se redressa rapidement sur ses deux pieds, faisant face à l’ange. Ses yeux rouges et l’aura lugubre qui se dégageait de lui confirmait ses doutes. Pourtant, il était déjà trop tard. La séraphine embrasa d’un feu ardent le sol herbeux jusqu’à lui, mais le démon parvint à l’éviter, et se jeta dehors. Muni de griffes aussi tranchantes que des lames d’acier, il tenta de l’atteindre à la tête et ne se manqua presque pas, puisqu’il lui entailla sérieusement la gorge, juste entre deux plaques légères de métal. L’ange ne grogna pas et accusa la douleur, profitant de sa proximité pour lui envoyer la lame enflammée au travers des côtes. Celui-là était agressif, mais plutôt stupide. Il n’avait même pas réussi à parer cette parade de base et il hurla à la mort. Narydia en profita pour retirer la lame qui brûla au passage la chair à vif du démon, et porta rapidement une main à sa gorge qui ruisselait de sang. Elle ne portait jamais de gant, pour la simple raison que sa peau était une arme aussi dangereuse que n’importe quelle lame. L’ange s’écarta un peu du démon qui agonisait et se concentra, élevant intensément la température de son corps pour aider à la cicatrisation. Pour autant, le sang ne cessa pas tout de suite de couler, et macula son armure d’un rouge écarlate. Mais elle n’avait pas le temps pour cela.

Alors qu’elle s’occupait de la blessure, le démon en avait profité pour tituber jusqu’à une surface qui semblait trouble dans l’atmosphère. Un portail. Ses yeux d’éclaireuse le repérèrent aussitôt. Elle allait se précipiter vers le démon pour l’achever lorsque celui-ci passa un bras, puis une jambe, avant de disparaître au dernier moment à travers le portail. La séraphine se stoppa net avant de le passer à son tour, consciente que ce qui l’attendait derrière était un monde qu’elle ne voulait plus jamais revoir de son existence. Elle fit quelques pas en arrière et maugréa de dépit. Elle l’avait laissé s’échapper si facilement… sa trop longue escapade sur feleth avait altéré son expérience du terrain, sans aucun doute. Elle en avait même oublié l’existence de ce passage, alors qu’elle connaissait les environs. Il fallait qu’elle se reprenne, et vite. Elle prit soin de s'enrouler dans sa cape pour se protéger de la pluie et s'apprêtait à repartir.

Mais l’instant d’après, une ombre surgit du passage, à quelques mètres d’elle. Les ennuis n’étaient pas terminés.


Dernière édition par Narydia Ventari le Dim 5 Jan 2014 - 16:48, édité 1 fois
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Synëal Muspell

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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Sam 7 Déc 2013 - 16:38

S'il y avait bien une chose que je détestais plus que les humains et leur satané orgueil, c'était l'attente. Ces minutes qui s'écoulaient plus lentement que d'ordinaire. Ce qui est censé durer une seconde paraît en durer trente. Pire qu'un bout de métal chauffé à blanc planté dans les entrailles, l'attente de quelque chose était toujours une torture. Droit comme un i devant une étendue déserte et ennuyeuse, j'attendais. J'attendais quelqu'un. On ne pouvait jamais se fier à personne question ponctualité, je le savais, mais c'était tout bonnement exaspérant de ne pas avoir ce que l'on veut quand on le veut. Qu'il vienne avec du retard, ce n'était pas grave, mais qu'il vienne maintenant. Dans tous les cas, ce que je lui préparais resterait le même châtiment. Il avait bien mérité sa punition quelque soit le temps qu'il me faisait perdre.

Le grand colosse qui me servait de garde du corps était aussi impassible d'un mur. Les mains jointes derrière son dos, il fixait un point droit devant lui. Il savait prendre son mal en patience. Et il ne se passait pas un seul instant sans que je ne pus me demander ce qu'il pouvait bien se passer dans sa grosse tête de brute. Je clignai des yeux, me rendant compte que je le regardai avec un peu trop d'insistance et me mit à taper du pied avec impatience.

« Quand il arrivera...Rappelle-moi de le faire souffrir lentement. Je risque fort d'être très énervé quand il pointera sa gueule ici. »

Desmond grommela simplement en signe d'assentiment.

La parcelle de décor devint soudainement trouble, comme l'aurait fait la surface d'une flaque perturbée par un remous extérieur. Une lueur brilla au milieu de ce nouvel amalgame de couleurs ténues puis une silhouette déboula du vide, penchée en avant, titubant comme un animal blessé. Et j'accueillis le nouvel arrivant d'un coup de pied au visage.

L'inconnu jura alors en s'écroulant sur le dos. Il poussa un grand râle de frustration et de douleur. Desmond se précipita vers lui et posa immédiatement ses mains sur ce qui semblait être une plaie très sérieuse sur le flanc. Je reculai d'un pas et penchai la tête sur le côté pour constater l'étendue des dégâts

« C'était moi qui devais te punir ! », m'indignai-je.

En vérité, je me sentais mal pour le bougre et je commençais presque à regretter de l'avoir frappé. Est-ce que cette blessure devait pardonner son retard ? Je m'approchai et m’accroupis à ses côtés en passant mes doigts sur sa joue.

« Mais qu'est-ce qu'il t'est arrivé mon grand ? », demandai-je d'un ton doucereux. « Qui t'a fait ça ? »

D'abord, ses yeux sombres me fusillèrent du regard, j'avais cassé son nez, puis il maugréa malgré ses spasmes de douleur. « Une plumée. Elle m'a suivi alors que je devais te rapporter le truc. Je sais pas pourquoi. C'était une vraie furie, j'ai pas eu le temps de comprendre ce qui m'arrivait.

- Oh, Sintiyo, je suis désolé pour toi...Tu ne vas pas mourir hein ? Ça ira ? »

Il secoua la tête et gémit. « Non, je tiens le coup...

« Bien. Est-ce que tu as ce que je t'ai demandé ? » Là, par contre, son regard m'inquiéta. Il me regarda droit dans les yeux, la mine encore crispée par la souffrance, puis se détourna.

« Non... »

Tout espoir m'abandonna, et me vida complètement. Je me redressai lentement en lâchant un lourd soupir. «  Tu ne l'as pas... » J'inspirai profondément par le nez. « Je t'attends depuis hier et tu ne l'as pas...Qui l'a alors?

- Je crois que c'est l'ange...Je te jure que si j'avais pu te l'amener, je l'aurai fait, mais il s'est jeté sur moi et il m'a planté...Ça a fait fichtrement mal mais comme tu le vois, je suis quand même venu...! » geignit-il avec une voix cassée.

Bon ...Très bien. Desmond ?»

Le grand mercenaire fit un signe de tête et coinça le cou du démon dans ses avant-bras saillants. Celui-ci se mit à se débattre en frappant Desmond mais il était trop tard, le mercenaire lui dévissa la tête d'un geste sec.

« Merci mon brave. Allez, on retourne sur Feleth. Décidément, on n'est jamais si bien servi que par soi-même... »

Nous passâmes tous les deux le portail magique et nous retrouvâmes directement en plein milieu des plaines du monde du milieu. Je jetai un coup d’œil derrière moi et m'étonnai à voix haute qu'il y ait un passage ici.

« Personne n'irait chercher un moyen de rentrer dans le Vein qui se trouverait à découvert. » souleva Desmond avec justesse. Je dus l'admettre.

La magie du portail dissipée, nous finîmes par sentir le rideau froid de la pluie nous choir sur les épaules. Cela m’éclaircit provisoirement les idées. J'en avais besoin. Après tout, j'avais attendu mon cadeau pendant des semaines et au moment où je l'avais trouvé, un trouble-fêtes anéantit mes rêves ! Je relevai le nez, vaguement conscient de la présence qui se trouvait non loin. Au détour d'un bosquet, j'aperçus une flammèche de cheveux flamboyants progresser lentement dans la végétation.

« Tiens, tiens ! Une emplumée ! »

J'avançai sur elle avec mon plus grand sourire chaleureux, comme celui que je réservais éventuellement pour d'anciennes connaissances. Desmond me suivit de près, ses pas lourds résonnant sourdement sur le sol meuble.

« Dites-moi. Ne venez-vous pas de vous frotter à un démon il y a quelques instants ? Je vous rassure, je demande par simple curiosité. Vous voyez, certains demandent comment ça va, d'autres demandent leur chemin, moi je demande aux gens s'ils n'ont pas affronté un démon. Après tout, ça peut arriver, on ne sait jamais. Alors ? »

J'arrivai à sa hauteur, avec l'allure d'un homme naïf qui n'avait pas vu son arme pendante sur le côté
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Narydia Ventari

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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Sam 7 Déc 2013 - 17:49


L’ange s’écarta doucement du portail, la main serrée à s’y imprimer les doigts sur le pommeau de son épée. Un être venu du Vein. Ce ne pouvait être qu’un démon. Et d’ailleurs, ils étaient deux. ce qui n’arrangeait strictement rien. Et s’ils étaient venus venger leur petit copain, la séraphine risquait de passer un très mauvais moment. Mais c’était bien trop tard pour se défiler. Déjà, ils approchaient et l’un d’eux prit la parole avec un sourire faussement aimable. Narydia le trouva absolument hypocrite au premier abord, et il n’avait d’ailleurs pas l’air de prendre la situation au sérieux. Le pire étant qu’il savait parfaitement qu’ils étaient tous deux des ennemis mortels. Mais non, au lieu de cela, il employait une courtoisie démesurée qui risquait de se transformer en règlement de compte d’ici peu de temps. La méfiance, c’était le seul sentiment qu’elle éprouvait face à ce genre d’individu.

Il aborda le sujet qu’elle avait vu venir depuis le début : le démon qu’elle venait de combattre. Ainsi donc, elle ne s’était pas trompée, ils étaient bien liés… Pourquoi ne l’avait-elle simplement pas éliminé ? A cet instant, elle se maudissait comme jamais d’une telle erreur. Elle avait même envie de s’enterrer dans le sol tant elle se trouvait imbécile.

Elle avait tout de même remarqué que l’autre homme derrière lui – une brute massive à l’état pur – suivait chacun de ses pas. Son homme à tout faire ? Quoiqu’il en soit, son interlocuteur avec insisté, ce qui laissait présager qu’en dépit du ton léger, il dissimulait quelque chose de bien plus sérieux. Narydia ne cilla pas et ne bougea pas non plus d’un cil alors qu’il se rapprochait. Elle se contenta juste de serrer un peu plus le pommeau de l’épée, quitte à s’en briser les phalanges. Sur la défensive, elle sentit sa magie déferler en elle, réchauffant son corps dans un brasier à l’approche du démon. Elle ne devait pas lui laisser le temps d’une premier mouvement. Mais il y avait cet autre homme tout près… Elle analysa rapidement la situation. Elle était en infériorité, incontestablement. Et le pire de tout : elle ne connaissait ni l’identité ni la portée de la puissance des deux hommes. Autant dire que ce ne serait pas à elle de lancer les hostilités.

L’ange prit donc un air détaché, bannissant le moindre soupçon d’hostilité de son visage.

– En effet, l’un de vos camarades s’est amusé à me provoquer. Je lui ai donc donné ce qu’il méritait… Et en quoi est-ce que cela peut vous intéresser ?

Pendant qu’elle parlait, elle sentait le sang continuer de couler sur sa gorge. Cela, elle l’avait oublié, malgré la douleur qui persistait. Elle pensa à dissimuler la blessure sous sa cape mais le geste ne ferait qu’attirer leur attention, et il n’était pas temps de flancher.
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Synëal Muspell

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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Sam 7 Déc 2013 - 19:24

Chose que je n'avais pas remarqué : elle était blessée. S'il y avait bien une chose qui me fendait le cœur, c'était d'avoir à m'en prendre à une femme blessée. Pour un homme, cela était différent, puisqu'il s'agissait simplement d'abréger ses souffrances. J'avançai d'un pas, juste assez pour apercevoir ses phalanges blanchies. Je conservai le même air affable et haussai les épaules, les mains levées en l'air.

«  Vous avez raison, il n'a eu que ce qu'il méritait ! »

Desmond approuva derrière moi avec un gloussement que je ne lui connaissais pas.

«  Mais le débile à qui vous avez ôté la vie avait emporté avec lui quelque chose de précieux. Et très onéreux. Je sais que vous autres, les anges, n'êtes pas tant intéressés que ça par les trésors mais je peux vous dire que si vous avez juste une idée de ce que signifie le mot « valeur » alors décuplez cette définition au millier. »

Je cherchai des yeux pour m'installer et exécutai un petit bond pour m'asseoir sur une racine épaisse qui dépassait du sol. Desmond, quant à lui, resta près de l'inconnue, dressé devant elle de toute sa hauteur. Il prit la parole à son tour.

« C'que veux dire mon camarade, c'est qu'on croit que vous avez ce qui nous appartient. C'pas personnel, ma'moiselle. »

J'approuvai les propos de Desmond avec ferveur, hochant frénétiquement la tête, en le désignant de la main comme s'il s'agissait du modèle de sagesse suprême.

«  Mon ami a tout compris. Nous n'avons rien contre vous. Même si nous pensons que les anges sont de fieffés lâches, je ne cherche pas le conflit. Comprenez bien que si vous nous confiez ce fameux objet, je ne serais absolument pas hostile. »

Mon sourire s'élargit aux frontières de mon visage. Desmond tourna brusquement la tête, et dégaina son énorme claymore qui chuinta de son chant singulier en jaillissant du fourreau dorsal.

« Desmond ! Pas tout de suite ! Je ne veux pas de giclée de sang ! », l'apostrophai-je en me redressant.

« C'pas ça, l'ami. C'est qu'y'a un truc qui s'approche et c'est pas bon. Pas bon du tout.

-Des trolls?

Nous avions eu de très mauvaises expériences avec les trolls ces derniers temps. J'avais perdu un laboratoire et une fiole de guérison des plaies profondes lors de mes rencontres avec ces monstres. Et j'avais même fini par croire que nous étions des aimants à ennuis.

« Pire. »

Je jetais un œil à l'angelette. « Je ne voulais pas en arriver là mais... » Je dressai la main, les doigts pliés et les branchages des arbres se penchèrent sur la jeune femme pour la saisir par les poignets en la soulevant du sol. La tension des ramifications l'empêcha de se débattre plus longtemps. « Nous n'avons plus beaucoup de temps...Je vous prie de bien vouloir en croire ma bonne foi, car je ne vous ferai pas de mal, mais il me FAUT le tube!

Le grondement dans ma voix fit frémit les feuillages alentour. Ma patience avait déjà bien été éprouvée, il ne s'agissait pas de me faire languir plus longtemps.
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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Sam 7 Déc 2013 - 21:01


Cet homme était assez théâtral dans son comportement. Il exagérait ses expressions, renforçant davantage l’impression de fausseté qui se dégageait de lui. Finalement, il s’attarda sur un fait qui intéressa l’ange : ainsi il la soupçonnait de garder avec elle un objet qu’il convoitait et qui avait appartenu au premier démon. Voilà qui allait être intéressant. Et voilà pourquoi il ne lui avait pas encore sauté à la gorge. Il voulait obtenir d’elle une information qui d’après ce qu’il disait, était absolument capitale. A son tour, Narydia se mit à sourire. Enfin, elle voyait un avantage apparaître au milieu de ce conflit d’interêts. Et la « valeur » qu’il accordait à cet objet lui donnait toutes les raisons de s’amuser un peu en lui faisant effectivement croire qu’elle l’avait en sa possession. Il s’agissait peut-être même de son salut…

Sans se départir de son sourire amusé, l’ange ne le quitta pas des yeux tandis que la grosse brute prenait la parole. La situation prenait une tournure inattendue, ce qui était loin de lui déplaire. Et la façon dont le démon considérait son acolyte, avec cette ironie dépitée, rendait la scène encore plus loufoque. Lorsqu’il annonça qu’il n’avait rien contre elle, elle rit intérieurement. Ce démon n’était pas compliqué à déchiffrer : tout ce qu’il disait était le contraire de sa réelle pensée. De l’ironie pure et dure, afin de rendre l’atmosphère plus légère sans doute… Malgré tout, la situation restait oppressante. Et cela se confirma lorsqu’il annonça qu’il y avait bien une condition pour qu’il préserve une attitude inoffensive : qu’il lui donne l’objet qu’il désirait. Voilà qui compliquait l’affaire, même si Narydia ne croyait pas en sa parole. Elle n’avait rien à lui donner et même si elle l’avait eu en sa possession, rien ne garantissait sa survie. Absolument rien.

Le sourire du démon était impitoyable, mais l’ange répliqua de la même façon. S’il croyait qu’elle le redoutait, il se trompait lourdement… L’ange avait appris à ne jamais sous-estimer l’adversaire, ce que lui semblait faire en étant si sûr de lui. La brute dégaina une lourde épée, sans doute la plus impressionnante que la séraphine eu jamais vue. Instinctivement et ayant le sentiment qu’elle lui était destinée, l’ange resserra la main sur la sienne, attendant que la brute fasse un pas. Mais son coéquipier l’arrêta.

Narydia tourna la tête à la remarque du serviteur – car c’était ce qu’il paraissait être – pour observer les nouveaux venus. En les voyant, son sang se glaça dans ses veines. Eux ? Qu’est-ce qu’ils faisaient ici ? Mais elle n’eu pas le temps de réaliser qu’elle se sentit prise au piège bar des branchages qui s’enroulèrent autour de son corps. Un Syrinx… Ce petit démon ne payait rien pour attendre. L’ange ne tenta même pas de se débattre et fit glisser la lame enflammée contre des branches qui s’embrasèrent aussitôt. Lorsqu’elle eu libéré une de ses mains, elle la plaqua directement contre d’autres branches qui se mirent à fumer, virant au noir charbonneux avant de disparaître en poussière. Elle savait que si elle touchait ne serait-ce qu’un centimètre de la peau d’un homme dans son état actuel, elle aurait été capable de brûler à vif sa chair en quelques secondes à peine. Ainsi, ce n’était pas avec des végétaux que le démon allait l’avoir, et il venait d’en avoir la démonstration.

Elle l’ignora délibérément et se tourna vers la troupe qui approchait aussi vite qu’une nuée d’insectes. Figée, la séraphine observait les anges approcher jusqu’à leur faire face. Au nombre de trois, ils comptaient parmi eux le lieutenant de Klein, l’officier adyrilien qui avait déjà tenté de la tuer après qu’elle se soit éclipsée quelques mois du royaume des anges. Celui-là même qui n’avait agi que par soif de pouvoir afin de gagner les bonnes grâces de l’Empereur et qui avait conclu un accord avec la jeune femme pour s’accaparer le démon qui s’était fiché en elle. En l’échange de quoi il lèverait son exil sur les terres de Feleth. Aujourd’hui, la séraphine ignorait qu’elle était la situation. Elle ignorait si Klein avait tenu sa parole, et même ce qu’il était devenu, un démon fiché dans le corps par soif de pouvoir.

Le lieutenant la dévisagea, sourire aux lèvres avant de se tourner vers les démons. Un nouveau sourire, puis il reposa son regard sur la séraphine qui bouillonnait de haine à l’encontre de ce traître, de ce complice d’un usurpateur menteur aveuglé par la soif de puissance. Il se mit à rire.

– Te revoilà, cela faisait longtemps, Narydia… la dernière fois, j’étais accompagné, tu te souviens ? L’officier à qui tu as échangé un démon contre ta réhabilitation en Adyril. Ca te dit quelque chose ?

– Il l’a voulu, répondit-elle d’une voix glaciale.

– Et te voilà, encore une fois, en charmante compagnie… Tu enchaînes les trahisons, dis moi. Un jour un exilé ennemi du royaume, plus tard, deux démons…

Il jeta un regard provocateur au Syrinx avant de continuer, se délectant d’annoncer une nouvelle qui le réjouissait :

– Je suis venu t’informer, de la part de Klein. Alexander s’est échappé. Votre accord ne tient plus.

Alexander, le démon, échappé ? Comment était-ce possible ? Soudain, l’ange vit tous ses arguments s’effondrer sous ses pieds. Sans le démon, elle n’avait aucune possibilité de prouver la trahison de Klein et donc, de s’amender auprès d’Adyril. Elle allait rester une exilée, pour toujours. Le lieutenant prit un malin plaisir à observer sa réaction, même si l’ange tentait de ne rien laisser paraître. Finalement, elle leva les yeus vers lui et lui fit signe d’approcher. Soupçonneux, le soldat s’approcha néanmoins. Pour montrer sa bonne foi, Narydia rengaina son épée, levant ses derniers doutes.

– Tu adresseras un message à ton officier de ma part.

Et brusquement, elle le saisit à la gorge. Rapidement la peau vira au rouge écarlate et le lieutenant ne put retenir un cri. Ce ne fut qu’au moment où l’ange remarqua que la trace de sa main perdurait sur la chair brûlée qu’elle la retira. D’une voix cassante, elle reprit :

– Je lui ramènerai le démon. Et je m’arrangerai pour qu’il lui fasse la peau.

– Sale garce, grinça le lieutenant. Hors de ma vue. Si j’en avais eu l’ordre, je t’aurais enfoncé ma lame dans le coeur avant que tu ai eu le temps d’ouvrir la bouche.

Puis il désigna les deux démons à ses soldats.

– Exterminez cette vermine.

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Synëal Muspell

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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Dim 8 Déc 2013 - 1:58

« Voilà les invités d'honneur »

Quelques secondes après que l'ange se fut libéré de la cage de bois, qui était – je devais l'avouer – trop rudimentaire pour quelqu'un comme elle qui avait déjà une certaine expérience de combat, un groupuscule d'anges progressa vers nous à travers la clairière. Alors que les cendres des branches consumées voletaient dans les airs, l'aura lumineuse des emplumés accapara le décor de sa brillance insupportable. Je me pinçai les lèvres et échangeai un regard avec Desmond. Celui-ci affichait un étrange sourire, ce qui me fit perdre le mien. Il avait des réactions curieuses depuis l'instant où nous étions sortis du portail. Mais je ne pouvais me tromper sur ce que je lisais dans son regard. Il avait été impressionné que ce petit bout de femme ait pu se libérer d'un sortilège qu'il m'avait vu utiliser tant de fois. Je plissai les sourcils à son adresse et fit un léger de tête vers l'ange avant de secouer le chef. Il ne cilla pas plus. Il n'avait pas compris cet idiot.

Alors calmement, je laissai les séraphins faire leurs retrouvailles. Le ton monta très vite, et je devinai tout de suite qui avait le parti le moins facile. Il était évident aussi que pour ces dindes en armure, nous ne valions pas mieux que des cafards. Une telle considération de leur part était absolument futile et moi, comme Desmond, étions imperméables à tous les jugements extérieurs. Nous nous contentâmes d'observer leur échange avec grand intérêt, et les yeux du mercenaire pétillèrent encore plus lorsque notre cible empoigna le chef des leurs à la gorge. Finalement, elle avait vraiment l'air plus menaçante que je ne l'aurai cru. Menaçante et téméraire. Elle ne manquait pas de cran et c'était sans doute pour cette raison qu'elle s'était défiée de ma présence. N'importe quel guerrier lambda finissait par flancher devant mon spectacle.

Plusieurs fois, le nom d'Alexander fut mentionné. Cela  me fut désagréablement familier à l'oreille. Je n'étais pas du tout du genre nostalgique et je haïssais me rappeler du passé. Mais en cette occasion, j'étais forcé de me rappeler que ce mot m'évoquait quelque chose.

Là, l'ordre de nous détruire fut lancé. J'en fus fort interloqué. En quel honneur prononçait-on notre sentence alors qu'en l'occurrence, nous ne représentions une quelconque menace ?

« Messieurs, messieurs, je vous prierai de vous calmer. Comme je le disais à notre charmante amie ici présente, nous n'avons aucune intention de vous créer des ennuis. Partez de ce côté, nous partons de ce côté-là, et tout ira bien ! » lançai-je en levant les mains en signe d'apaisement.

Mais ces soldats ne l'entendirent pas de cette oreille. Ils se concertèrent silencieusement du regard et déployèrent leurs lances devant nous. Comptaient-ils nous attaquer avec des armes aussi lentes ? Je déchantai rapidement lorsqu'un trait de lumière franchit l'espace entre un soldat adirylien et Desmond. Perplexe, le colosse baissa les yeux. La hampe d'une lance dépassait de son abdomen, et l'ange jubila. Mais la grosse main de Desmond s'affala sur l'arme et la saisit fermement. Le pauvre soldat tenta de se dégager, mais la claymore se dressa au-dessus du mercenaire.

« Messieurs...Je vous présente Desmond ! »

Dans un craquement sinistre, l'épée géante fendit le corps du séraphin en deux lourdes tranches, qui se séparèrent dans un bruit de succion laborieux. Il y eut comme un remous d'hésitation dans le rang ennemi lorsque le cadavre chut sur le sol. Desmond s'arracha la lance de la chair comme s'il s'agissait d'une simple écharde et la jeta sur le côté. L'outil cliqueta inutilement et toute impression de menace qui émanait du groupe angélique s'envola. J'avançai d'un pas léger en direction du lieutenant qui trouva encore l'audace de tendre la pointe de son épée d'argent dans ma direction.

« Avance, démon, et ce sera moi qui répandra tes viscères !

Je crachai à terre. « D'ordinaire, je n'éprouve aucune espèce d'animosité envers vous, chers cousins. Mais vous voyez, aujourd'hui est une mauvaise journée. Et quand la journée est mauvaise pour moi, elle l'est pour ceux qui me croisent. Alors croyez-moi, prenez-nous au sérieux le temps de quelques minutes, et rebroussez chemin avant qu'il ne vous arrive quelque chose de regrettable. »

Le colosse avançait déjà vers le deuxième soldat. Les anges n'étaient pas tous robustes comme du roc, on ne leur avait pas appris à survivre dans un lieu hostile, à s'endurcir dans de vrais combats. Desmond était de ceux dont la race était inconnue, dont les origines l'étaient encore plus. Un ange restait un ange, un être de lumière, incapable de causer le moindre tort, exception faîte à l'encontre des êtres réellement maléfiques. Et même s'il était formé à se battre, il ne pouvait arrêter une force qui a été taillée à même dans la violence. Et lorsque le mercenaire saisit le crâne de l'ange pour l'encastrer dans le sol à une vitesse prodigieuse, l'écart des deux genres ne pouvait être qu'encore plus énorme.

J'arborai un sourire satisfait en direction du chef d'escouade adirylienne, mais il avait déjà pris la poudre d'escampette, et j'en restai pantois. Je désignai le vide devant moi d'un grand geste agacé.

« ...Tous des lâches ! »

Je revins vers la séraphine et la pointa du doigt d'un air menaçant, qui n'avait rien de feint cette fois. «  Si tu as le tube, on va conclure un marché. Je t'amène auprès de cet Alexander, mais avant toute chose, tu devras me suivre jusqu'à un endroit bien particulier. Si tu respectes cette unique condition, je te donnerais toutes les infos que tu souhaites sur le démon que tu recherches. Tout ceci implique évidemment qu'on signe tacitement un pacte de non-agression jusqu'à ce que nos chemins finissent enfin par se séparer. »

Le colosse attira mon attention. Il venait d'extraire la tête de sa pauvre victime du sol et l'agitai désormais comme s'il s'attendait à ce qu'il reprenne vie. Le soldat angélique qui voulait encore disputer un combat contre nous il y a quelques instants n'était plus qu'une poupée dans sa main.

«  De plus, j'ai toujours une affaire en cours liée à cet Alexander »

Ce que je ne divulguais pas par contre était que je n'avais aucune idée de l'endroit où se trouvait ce démon. Et bien que je pus essayer de m'en souvenir, encore fallut-il que je sois sûr de l'avoir effectivement connu...
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Narydia Ventari

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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Dim 8 Déc 2013 - 13:56


Narydia dévisageait la scène sans mot dire. Après tout ce n’était plus son affaire et si elle parvenait même à profiter du conflit pour s’enfuir, elle n’y manquerait pas. Ces anges n’étaient qu’à l’évidence une bande d’écervelés doublés de traîtres. Quant aux deux démons… elle aurait préféré les éviter mais à présent, son objectif venait de connaître un sérieux revirement. Elle devait trouver Alexander et l’amener à révéler la trahison de l’officier. Et si ces deux là étaient du Vein, ils pourraient très certainement la renseigner… en l’échange de l’objet qu’ils convoitaient et qu’évidemment elle n’avait pas.

Le Syrinx essaya de se défiler, ce qui la fit sourire. A présent, elle n’avait plus qu’à assister au spectacle même si elle avait plus besoin des deux démons que de la bande de séraphins pour entreprendre la mission qu’elle venait de se confier. Pourtant et elle ignorait pourquoi, elle n’avait aucun doute sur l’issue du combat. Et son pressentiment se confirma rapidement lorsque le colosse qui servait d’escorte au Syrinx démontra sa force dans toute sa splendeur. L’un des soldats fut tout simplement taillé en deux. Narydia resta impassible, habituée à ce genre de scène. Pour autant, croiser un gabarit de cette trempe, avec une facilité déconcertante quand il s’agissait de broyer ses ennemis, n’était pas franchement rassurant. Et s’il était au service du Syrinx, celui-ci devait certainement être pire encore. D’ailleurs, il ne bougeait pas le petit doigt, laissant la tâche funeste à son acolyte. Soit il était trop prétentieux pour se tâcher les mains, soit sa force était réellement supérieure à celle du colosse, qui continuait son massacre sans aucune difficulté.

L’ange commençait à se demander sérieusement si elle comptait pactiser avec eux. Déjà parce que les démons n’étaient pas réputés pour leur bonne parole, et ensuite car elle était en situation d’incontestable infériorité. Un geste de travers… et elle finirait comme ces soldats. Le lieutenant en avait profité pour déguerpir, et la séraphine resta coite un moment devant le monstre qui s’amusait à découper sa victime. Le Syrinx s’adressait à elle, sans qu’elle n’en ai vraiment conscience. Cette fois-ci, il se montra bien menaçant. Voilà qui la rassurait quelque peu : au moins montrait-il un visage franc.

Il parla d’un tube, que Narydia prit rapidement pour l’objet qu’ils convoitaient. Mais un tube… pour quoi faire ? La proposition du Syrinx tenait la route et arrangeait même l’ange, même si elle aurait préféré connaître leur destination avec de se précipiter dans la gueule du loup. Le Vein de toute évidence… ça n’allait sûrement pas être une mince affaire et cohabiter avec ces deux personnages loufoques risquait d’être très compliqué. Mais elle n’avait pas d’autre alternative. C’était un service mutuel, et l’ange savait qu’elle ne pourrait pas trouver de meilleure information concernant Alexander que celles sortant tout droit de la bouche d’un autre démon. De toute façon, elle n’avait plus rien à perdre.

Au peut-être la vie, si jamais les démons apprenaient qu’elle ne possédait en réalité pas le tube. Elle réfléchit à toute vitesse, reprenant chaque terme des conditions qu’il venait de poser. Le pacte consistait à les suivre jusqu’à un certain endroit… et si elle respectait cette unique condition, l’accord était conclu pour elle. Il ne mentionnait pas qu’elle devrait lui rendre le tube… Narydia ne souhaitait pas jouer sur les mots mais après tout, comment conclure un marché avec un démon et être sûre qu’il le respecte ? Finalement, elle soupira, lassée de tordre le problème de toutes les façons possibles dans son esprit. Elle avait cru comprendre qu’ils n’avaient aucun intérêt à se débarrasser d’elle sans aucune raison, alors pourquoi reculer maintenant ? Si elle ne pouvait pas regagner Adyril, son existence serait misérable et sans but. C’était bien pire que de risquer un pari dangereux avec des démons qui s’avéraient être certes menaçants, mais pas avides de meurtre pour autant.

Aussi, sa décision prise, elle leur en fit part :

– Très bien. C’est d’accord. Mais j’aimerais ajouter un terme à ce contrat.

Elle le fixa et eu un sourire en coin :

– Tu ne me demanderas rien à propos de ce tube et je le garderai avec moi pendant le voyage, et je ne te questionnerai pas sur notre destination, ni sur tes rapports avec Alexander, ni sur les raisons qui te poussent à vouloir à tout prix ce tube. Ca me semble équitable. Et dernière chose : une fois que je t’aurais remis ton tube, rien ne m’enchaînera plus à vous deux et je serai libérée de notre contrat et donc, de votre si agréable compagnie !

Elle réfléchit un instant et poursuivit :

– Le pacte de non-agression est valable pour cette grosse brute également. Et s’il te plait, ne faisons pas traîner les choses. J’aimerais que cette « séparation » survienne le plus tôt possible…

Sur ces mots lancés avec un rire, elle rengaina son épée et se rapprocha un peu de lui. C’était la première fois qu’elle rencontrait un Syrinx et son pouvoir l’intéressait, même si elle ne laissait rien paraître. Pourtant, elle lança une remarque, sur un ton amusé :

– Et je te préviens d’avance, tes petites branches ne feront pas long feu avec moi. N’essaye pas de m’étrangler dans mon sommeil.

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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Dim 8 Déc 2013 - 19:44

Je fus fort surpris lorsqu'elle accepta. Jusqu'ici, tout portait à croire qu'elle se défilerait aussi et déguerpirait comme l'autre fourbe. Mais il semblait que son courage l'emportait sur toute autre chose. Nous étions des démons et rien ne l'engageait à nous faire confiance. Cette acceptation me rendit perplexe, étant donné que bien des clauses de ce contrat devaient rester obscures pour elle, mais je me rappelai que si elle ne nous aurait pas suivi de son plein gré, nous l'aurions nous-même arraché ce tube des mains. Mais en ce cas, il nous aurait manqué une personne pour notre voyage. Desmond le savait tout aussi bien que moi ; à deux, nous ne pouvions accomplir cette mission.

«  Ces petites branches comme vous dîtes, ne sont pas à sous-estimer, mademoiselle Tout feu-tout flammes. » soulevai-je d'un ton égal. « En tous cas...marché conclu !  Je tendis la main pour sceller le pacte mais devant son expression, je la retirai. «  Ou peut-être plus tard... »

Desmond s'approchait de moi, le torse encore dégoulinant de sang. Je m'inquiétai de son sort, et il me répondit en grognant que tout allait bien. « Par contre, cette jeune femme aurait besoin de soins si on veut éviter de la traîner dans quelques heures. »

J’acquiesçai et plongeai ma main dans ma besace pour en sortir une petite fiole que j'allai directement déposer dans sa main tiède – curieusement tiède pour une pyromane. « Considérez ça comme le début de notre pacte de non-agression. Et ne vous en faîtes pas pour Desmond...Je crois qu'il vous aime déjà bien. » L'intéressé fendit ses lèvres d'un rictus qui n'en était pas vraiment. Mais c'était le mieux qu'il puisse faire. « Mettons-nous en route maintenant si vous le voulez bien. Sauf si vous éprouvez encore une quelconque réticence. Mais vous savez ce qu'on dit...Un malheur n'arrive jamais seul. »

J'entamai la marche, en tournant délibérément le dos à l'ange. Qu'on ne se fasse pas confiance, ce n'était pas bien grave car j'avais toutefois un avantage sur elle. Je tenais une information capitale et la moindre incartade de sa part pourrait lui être regrettable. Concrètement, je n'avais rien de particulier à offrir, mais qui sait, mes souvenirs remonteront à la surface avant notre destination. Tout ce qui m'importait, c'était le tube. Ce tube de putain qui n'attendait plus que moi pour son activation.

Alors que nous quittions le bosquet pour nous rapprocher des étendues felethiennes, Desmond marcha à ma hauteur. « Dis-moi que la seule raison pour laquelle tu la laissais venir avec nous, c'est parce que tu as besoin d'un coup de main, parce que cette fois, Darion ne peut pas nous aider. »

Je haussai les épaules, malgré la sensation d'avoir l'estomac qui se serre. « Bien sûr. Pour quelle autre raison ? » 

Il afficha alors un grand sourire goguenard qui laissa paraître ses dents gâtées. « C'est vrai, tu n'es pas du genre à batifoler avec les anges toi.

- J'espère que tu me plaisantes et que tu comptes t'excuser pour ton insolence, car je n'hésiterais pas à te décapiter sur place. » grognai-je sans le regarder.

« Comme tu as décapité la chimère de pierre ? Je devrais avoir peur de tes pouvoirs, mais je n'y arrive pas.

-Desmond, tu...

-Par contre, j'ai peur de toi. Donc je vais me taire. » Il marqua une pause. « Mais regarde-la quand même. Elle trempe avec les anges, mais au fond...est-ce que la race t'importe quand tu forniques avec une mortelle ? »

Je serrai les dents et les poings, et fermai les yeux. «  Desmond. Si tu continues sur cette voie, je me verrais obligé de mettre fin à tes jours une fois ma mission terminée. »

Le colosse soupira en vidant ses poumons massifs et se laissa aller en retrait, loin de moi, mais plus proche de l'ange aux cheveux ardents. Lorsque je le vis engager la conversation avec elle, une bouffée acide de trahison m'envahit. Ceci et autre chose, quelque chose d'innommable qui me rappelait celui de la convoitise. Je me concentrai alors sur la marche sans plus penser à autre chose qu'à l'incantation du tube.
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Narydia Ventari

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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Lun 9 Déc 2013 - 19:31

Le marché fut finalement conclu, ce qui rassura l’ange qui n’avait pas envie de devoir revoir les termes du contrat en sa défaveur. Il lui tendit sa main mais Narydia hésita un instant, bien consciente que les démons n’étaient pas des hommes de parole. Et d’ailleurs, il l’avait déjà retirée. Le géant s’était rapproché, couvert de sang et me dévisageait. Il avait remarqué la blessure qu’elle avait elle-même complètement oubliée. Et d’ailleurs, montrer ne serait-ce qu’un semblant de faiblesse devant ces deux individus la gênait profondément. Elle n’avait pas besoin de leur aide, mais encore une fois ils ne la laissèrent pas répliquer et le Syrinx lui confia une fiole qu’elle observa d’un oeil circonspect. Elle remercia à voix basse, davantage par politesse que par réelle gratitude.

Le Syrinx semblait avoir remarqué sa légère inquiétude concernant le dénommé Desmond, et la séraphine fit mine de l’ignorer. Elle ne voulait pas paraître impressionnée et souhaitait encore moins leur révéler ses craintes. Il fallait qu’elle demeure sûre d’elle, c’était une nécessité.

Ils se mirent finalement en route et Narydia attendit qu’il tourne le dos pour avaler le contenu de la fiole, en ayant pris bien soin d’en sentir l’odeur auparavant. Il aurait été si simple pour lui de l’empoisonner avant de la dépouiller… Mais pourtant et vis à vis des démons qu’elle avait rencontré avant lui, il paraissait plus honnête, en tout cas dans ses paroles. L’ange ne pouvait pas exclure un revirement de situation ou un coup de couteau dans le dos malgré leur arrangement. Mais en y réfléchissant bien, d’autres l’auraient sans doute déjà mise en pièces sans chercher à marchander quoi que ce soit. Et d’ailleurs, elle ne comprenait pas l’envie du démon de l’entraîner sur ce chemin là. Sans la tuer, il aurait tout aussi bien pu lui dérober le tube, assisté de son acolyte. Au lieu de quoi, il lui proposait de l’accompagner… quelque chose ne tournait pas rond. Sans doute lui tendait-il un piège.

Alors qu’elle était perdue dans ses pensées, son regard fut attiré par le colosse qui marchait à présent assez près d’elle. Elle soupira, se demandant qu’elle allure allait prendre le voyage, en compagnie d’un Syrinx manipulateur et de cet homme terrifiant mais qui au fond, n’avait pas l’air bien méchant. Ce dernier ne tarda d’ailleurs pas à prendre la parole :

– Qu’est ce qui vous incite à vous dresser contre vos semblables au juste, ma’moiselle ?

Voilà qu’il posait sans doute LA question qu’elle voulait éviter par dessus-tout. Dans un premier temps, l’ange pensa à l’envoyer clairement promener, mais elle se ravisa et répondit d’une voix lasse :

– Une histoire banale. Un Empereur qui ne sait sans doute pas tenir ses soldats comme il le devrait. L’un de ses soldats cherche à le renverser. Ce même soldat s’arrange pour faire bannir l’un des loyaux soldats de l’Empereur. La suite, tout le monde la connait. Le loyal soldat cherche à récupérer sa place auprès de l’Empereur, en dénonçant les agissements traîtres de l’usurpateur. Sauf que…

Elle souffla de dépit et reprit avec une amertume prononcée :

– Mais le petit soldat fidèle l’est-il encore réellement après avoir pactisé avec un démon, puis deux, après avoir fait route avec un exilé ? Franchement, c’est complètement stupide, non ?

Le colosse ne répondit rien et se contenta de sourire. Ils continuèrent leur chemin et ne s’arrêtèrent pas avant plusieurs heures. Finalement, ils se stoppèrent lorsqu’ils ne purent plus du tout distinguer les lignes de l’horizon et la séraphine en fut bien heureuse. Il avaient élu domicile dans les grandes étendues, dans un endroit plutôt à couvert, contre le flanc des montagnes. L’ange n’avait pas besoin de feu pour se réchauffer mais en alluma tout de même un pour les démons. Après tout et quitte à faire le chemin ensemble, autant faire preuve de bonne volonté afin qu’il ne soit pas trop désagréable… Au bout d’un moment et une fois qu’elle se fut installée près de l’âtre, Narydia adressa enfin la parole au Syrinx :

– Au fait, comment comptez-vous expliquer la présence d’un séraphin aux côtés de deux démons si jamais nous croisons l’un des vôtres dans le Vein ? A condition que nous y allions, bien-sûr…

Car cela, elle n’en était pas certaine et cela la frustrait sérieusement. Rien ne pouvait être pire qu’une situation qu’elle ne contrôlait pas et retourner dans le Vein était au moins aussi pire.
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Synëal Muspell

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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Mar 10 Déc 2013 - 0:06

Je ne sus expliquer le sentiment que j'avais en voyant Desmond blablater avec cette ange qui nous était encore totalement étrangère, et qui plus, encore hostile envers nous, mais ce n'était pas de l'enthousiasme, ni de la fierté. Cette hurluberlu accordait trop facilement sa confiance à tous ceux que nous eûmes l'occasion de rencontrer au cours de nos voyages.

Malgré que j'évitai soigneusement de les regarder, mon oreille se bornait à se tendre pour écouter la moindre bribe de leur conversation ennuyeuse. J'entendis quelques mots comme « soldat », « empereur » et « démon » sans que cela ne m'appris quelque chose de plus sur l'objet de leur conversation. Et quand même bien, que cela pouvait-il me faire au juste ? Je ne me sentais absolument pas concerné par l'histoire de cette emplumée.

Bientôt, ils se turent, visiblement parce que Desmond était limité question compréhension mentale, et lentement, le crépuscule jeta son voile d'ombre sur les montagnes qui formaient désormais la nouvelle limite du monde. Les ténèbres nous rattrapèrent dans notre marche, et nous ne fûmes plus en mesure d'y voir goutte dans les taillis. Nous cherchâmes un espace plutôt large sur l'initiative de la séraphine et elle nous alluma un feu sans que nous eûmes soulevé la moindre question. Les flammes se mirent à crépiter en s'élevant progressivement, dissipant l'obscurité comme un soleil précaire. Les ombres se mirent à danser dans les arbres, et les yeux brillants d'un hibou nous fixèrent longuement avant de disparaître dans les limbes dans un bruit feutré.

Desmond fabriqua un brasero avec quelques branches arrachés à même un hêtre, et partit chasser sans même nous avertir. Je n'avais pas osé l'avouer mais mon estomac enviait n'importe quelle nourriture qui aurait pu se présenter.

Les yeux précautionneusement fixés et concentrés sur les flammes, je ne me laissai pas déstabiliser par le visage de notre compagne de voyage, tâche pâle dans ma vision périphérique. En l'occurrence, je faisais tout pour oublier sa présence. Et cela créait un sentiment insupportable qui me démangeait par tous les pores de ma peau. Elle s'installa alors près du feu de camp, à quelques mètres de trop de moi. Et elle me posa la question fatidique quant à la stratégie à adopter pour traverser les terres de Feleth et notre destination.

Je souris avec malice, et répondit la première chose qui me vint en tête. « Tout d'abord, sachez que nous irons là où nous irons, simplement, mais ça ne sera en aucun cas dans le Vein. Navré de vous décevoir. Ensuite, nous n'avons pas réellement l'air de deux démons avec une ange, mais plutôt de deux solides gaillards traînant une mijaurée en tenue de combat qui aurait mieux fait de rester devant son atelier à coudre. » Je levai un doigt « De plus, nous ne devrions pas rencontrer d'ennuis si vous savez faire autre chose que mettre le feu à n'importe quoi, comme je l'ai vu il y a quelques heures. »

Desmond arriva sur ces entrefaites, brandissant par une patte un grand cerf dont le cou avait été soigneusement sectionné à la carotide pour lui accorder une mort rapide. Il jeta le trophée de sa chasse sur le sol avec beaucoup moins de soin qu'il n'en avait eu pour le tuer. Il resta alors immobile devant nous, nous dévisageant chacun notre tour, comme surpris que nous ayons pu échanger quelques mots, puis alla s'enquérir d'un outil pour préparer notre viande.

Je désignai le pauvre animal inerte. «  Je suppose qu'en Adiryl, vous ne piquez votre nourriture qu'avec des fourchettes en argent. Je vous en aurai bien donné mais... » Je haussai les épaules avec un air feint d'excuse.

Le colosse s'attaqua à notre menu en levant à nouveau la carcasse et en se mettant à la cisailler de haut en bas avec une pierre affilée pour séparer la chair des muscles. Je me dressai et croisai mes bras devant le spectacle avec un intérêt certain. Même s'il y avait quelque chose de ragoûtant à voir le cerf malmené par les mains du mercenaire, j'attendais avec une impatience croissante de voir l'ange prendre sa première bouchée après le passage du cervidé sur le feu de camp. Mon garde du corps pris alors la parole à son tour, interrompant brusquement le chuintement des bûches en train de se calciner et celui du frottement insupportable de son couteau contre la chair molle du cerf.

« Quand j'étais p'tit, ma mère rapportait toujours des animaux pour le déjeuner, au matin. Genre je me levais et y'avait toujours une cuisse de lapin pour moi. Je voyais ça toujours comme un cadeau. J'étais un gentil garçon alors on me récompensait tous les matins. Mais en fait, je savais pas que c'étaient des lapins qu'elle tuait elle-même. Je pensais qu'elle les achetait elle-même au marché du coin. Du coup, un jour, j'ai été fort surpris quand je me suis levé plus tôt que d'habitude, et que j'ai vu ma mère cogner plusieurs fois la tête d'un lapin contre le mur de la chaumière pour le tuer. Le pauv', il se débattait encore quand elle l'a dépiauté. Je crois que je n'ai plus mangé de lapin depuis ce jour-là. Mais j'adore le cerf. Ah ça, oui. C'est pas filandreux, c'est même moelleux. Si ça ne vous dérange pas, je prendrais le plus gros morceau et je vous donnerai les morceaux qu'il ne faut pas rater. » Et tout en se faisant, il s'exécutait à la tâche avec un soin et une application digne d'un grand expert. Malgré les premières giclées de sang, il effectuait désormais son œuvre sans plus verser la moindre goutte.

Et quelques instants plus tard, le gros morceau de viande huilé empalé sur son épée cuisait en soupirant au-dessus du feu tout aussi affamé que nous.
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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Mer 11 Déc 2013 - 20:58


Rapidement, le colosse les avait abandonné pour partir chasser, laissant l’ange et le Syrinx seuls face à face. Narydia avait décidé de ne pas laisser parler sa faim et resta silencieuse, les yeux rivés vers les flammes dansantes. Mais le démon ne tarda pas à lui apporter une réponse. Elle se sentit rassurée lorsqu’il lui assura qu’ils ne se dirigeraient en aucun cas vers le Vein… cela dit, il refusait toujours de lui révéler l’endroit où ils comptaient aller, et cela n’était pas des plus réjouissant. L’ange ne laissa transparaître aucune émotion sur son visage alors qu’il parlait, mais lorsqu’il la traita de femme bonne à la couture, ses sourcils se froncèrent. Il ne la connaissait pas et se permettait de s’adresser à elle comme si elle n’était qu’une incapable dénuée de tout bon sens et de toute compétence à la survie. Or, il ignorait pertinemment qu’il touchait là précisément son mode de vie : en quatre siècles, l’ange avait passé plus de temps sur les routes à pister fous alliés et démons dans son genre qu’à profiter de sa charmante demeure qu’elle ne visitait pratiquement jamais. Et d’ailleurs… voilà des mois qu’elle n’y avait pas remis les pieds. Cet homme parlait pour ne rien dire, bien que son comportement fut amusant (et cela, l’ange se gardait bien de lui dissimuler…). Cependant, elle ne répondit rien dans un premier temps, préférant garder la réplique qu’elle avait sur la langue pour plus tard.

Elle se contenta donc d’un simple sourire empli d’hypocrisie, alors que Desmond revenait avec son trophée : un superbe cerf qui avait eu la malchance de faire la rencontre du colosse. Un instant, il nous fixa sans avoir l’air de saisir la situation, puis s’attaqua à cuisiner l’animal. Le Syrinx en profita pour faire une nouvelle remarque, qui cette fois la fit franchement sourire. Au moins était-il distrayant. Mais cela était-il seulement dans son caractère ou la provoquait-il si ouvertement pour le plaisir ou même pour juste trouver un prétexte afin de lui adresser la parole ? Dans tous les cas, l’ange trouvait son attitude plutôt différente des autres démons. Car même si l’ironie et la provocation s’exprimaient dans chacune de ses paroles, la jeune femme ne trouvait pas cela désagréable. Et ces traits de caractère lui donnaient un semblant… d’humanité.

Sous l’assaut de ses pensées, l’ange en oublia de lui répondre et elle entendit simplement au loin la voix de Desmond qui racontait une histoire peu ragoûtante. Après un moment, les trois individus se retrouvèrent chacun avec un morceau de viande non négligeable et à l’odeur particulièrement corsée. Évidemment s’était comme promis réservé la plus grosse partie, ce qui fut loin de déplaire à la jeune femme qui se rendit rapidement compte qu’elle n’avalerait pas la moitié du sien. Elle n’était pas habituée à la viande de cerf, mais l’ange avait bien trop faim pour rechigner devant pareille victuaille. Aussi elle ne se fit pas prier et après avoir remercié Desmond, elle ne manqua pas de faire honneur à ce repas en le savourant sans aucune manières. Du coin de l’oeil, elle observa le Syrinx et déclara, un sourire moqueur sur les lèvres :

– Vous voyez, quand on passe sa vie à chasser les hommes, il est assez fréquent de se passer du confort tout particulièrement agréable, je dois bien l’admettre, de l’empire des anges. Que certains individus arrogants, machistes et ignorants comme vous croient connaître le quotidien et le tempérament d’une femme comme moi, n’ayant certes pas l’apparence d’une grosse brute sanguinaire, taillée pour la guerre… je trouve cela amusant, et dégoulinant de préjugés.

Elle eu un petit rire, toutefois sincère, et poursuivit, tout en mangeant la viande qui avait été parfaitement cuisinée :

– Voyez Desmond. A première vue, il peut ressembler à cette brute sans vergogne que je viens de décrire. Mais qui sait… peut-être se cache-il derrière cette montagne de muscles et de force une sensibilité pour les bonnes choses et la bonne nourriture. Ainsi donc, ce puissant guerrier capable de taillé en deux un séraphin sans scrupules est aussi bien capable de découper et cuire un cerf avec autant de soin et de précaution qu’une noble femme bonne à marier. C’est un compliment, ajouta-elle en adressant un sourire poli à Desmond.

Son sourire s’accentua lorsqu’elle riva son regard sur le Syrinx, parfaitement provocateur, et elle enchaîna, ne laissant aucun répit au démon :

– Alors, vous pensez toujours que je suis bonne à la couture, incapable d’entreprendre un voyage bien loin de ma terre natale sur laquelle je n’ai d’ailleurs pas posé les pieds depuis très longtemps ? Mais vous savez quoi ? Je me moque pertinemment de ce que vous pouvez penser de moi. N’ayez juste aucune inquiétude : je ne m’écroulerai pas de sitôt à vos pieds, vous suppliant de m’achever sur la route.

Après quoi, elle déchira un nouveau morceau avec ses dents, prenant bien soin de le savourer. Elle le savait, ils n’auraient sans doute pas la même qualité de mets tous les jours durant. Une nouvelle fois elle reporta ses yeux vers le démon et demanda, sans aucune animosité ;

– A part cela, je crois qu’il serait temps de faire les présentations. Je ne vous demande pas une biographie de votre si fière personne, j’en ai déjà un aperçu. Simplement votre nom. Le mien est Narydia.
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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Ven 13 Déc 2013 - 22:06


Desmond commençait à attaquer la plus grosse partie du cerf, une portion qui incluait une cuisse ainsi que l'entrecôte. J'arrachai pour ma part à pleines griffes une lamelle de cuissard et le portai à ma bouche avant de la laisser tomber dedans sans me soucier de la graisse qui suintait des muscles cuits. J'engouffrai la viande tant bien que mal dans ma gorge en mastiquant bruyamment, ce qui m'empêcha de me concentrer pour un temps sur la réplique de l'ange. Je m'attendais bien évidemment à ce qu'elle me réponde. Cela était aussi prévisible que le goût fumé et âcre du cervidé. Ce n'était d'ailleurs pas nouveau qu'on me reprochait d'avoir des à-priori très ancrés sur l'impression que reflétaient les individus, et c'était d'ailleurs pour cela que je haïssais les humains. Étant tout d'abord dépourvus d'un quelconque sens moral, ils se vantaient d'avoir constitué une société bâtie sur des lois. Des lois légiférées par eux-même. C'était à en devenir dingue après tout. S'inspirer de règles que des faquins ont eux-même rendues universelles revenait à suivre les ordres d'un meurtrier après qu'il ait perpétré un crime devant nombre de témoins. J'écartai ces pensées navrantes et agaçantes d'un geste de tête, n'ayant pas tout à fait la volonté de méditer sur ces idées en plein repas. Et c'était presque trop tard pour suivre ses mots, car j'avais presque totalement perdu le fil de sa tirade.

Mon intérêt pour le débit de sa voix guindée et assurée s'intensifia lorsqu'elle jugea bon de complimenter le grand et fort Desmond, qu'elle venait presque à considérer comme un gentleman malgré sa charpente qui ferait pâlir un troll et son intellect limité à la cuisson des animaux. Je pris soin de bien écouter ses arguments avant de lâcher un rire du nez, observant le colosse du coin de l'oeil avec un large sourire entendu. Il ne me regarda pas mais il me voyait bien l'observer. Maintenant que quelqu'un le complimentait, se sentait-il un peu mieux dans sa peau ? Il n'avait jamais considéré être quelqu'un de...comment pourrait-on le qualifier en étant loin de la vérité ? Quelqu'un de bien. Il avait avoué un jour n'être qu'un machine à tuer et que chacun de ses muscles était entraîné à détruire et traquer, au même titre que ses yeux et sa bouche.

Malgré l'envie dévorante de calmer le jeu de l'angelette avec l'une de mes répliques acides, je la laissai poursuivre sur sa lancée, lorgnant la carcasse restante du trophée de Desmond. Je me penchai à nouveau et tirai à moi un grand bout de viande filandreux qui opposa d'abord une légère résistance avant de céder enfin. Elle marqua une pause, le temps de manger un autre morceau – et je devais me forcer de reconnaître que, pour une descendante d'Adiryl, elle ne faisait pas la fine bouche – et proposa de commencer les présentations.

Narydia. N'y avait-il donc que des prénoms féminins qui ne se finissent pas par « A » dans ce pays ? La répartition des prénoms à la naissance était sérieusement à revoir. Je voulus commencer mais un morceau de nourriture glissa trop rapidement dans ma gorge, ce qui me fit toussoter avant de reprendre dans un rire étranglé.

« Bonne nourriture en effet. Desmond est très sensible. Un vrai amoureux de la cuisine, si bien que sa mère a été son premier plat le plus réussi, n'est-ce pas mon grand ? »

L'intéressé baissa la tête, et se frictionna les mains d'un air gêné, n'osant plus lever les yeux vers nous. Je le fixai avec un léger sourire, attendant qu'il tentât de nier mes propos mais comme prévu, il n'en fit rien.

« Vous chassez donc l'homme aussi. Nous avons finalement un point commun. Je suppose qu'avec vous, ils ne font pas « long-feu » Cette remarque n'avait pas pour but de faire sourire, mais plutôt de rebondir sur un sujet moins réjouissant. « Ceci dit, nous n'allons pas chasser d'homme. Autrement dit, vous êtes bien loin de votre domaine. Et vous avez raison, si vous vous venez à vous écrouler en route, je ne chercherais pas à vous relever. Rampez, gambadez, courrez, mais faîtes ce que vous pouvez me rattraper. Je n'ai pas assez de patience pour qui que ce soit. »

Desmond approuva dans un grognement en agitant sa lourde tête.

« Cependant, je ne dirais pas non si vous vous mettez à genoux devant moi. » ajoutai-je avec un sourire grivois.

Le mercenaire éclata d'un rire sonore comme des pierres qu'on cogne entre elles. Je lui jetai un regard, un grand sourire indélébile imprimé sur mes lèvres. Je reportai ensuite mon attention sur la séraphine et agita la main d'un air las en désignant le feu.

« Il me tarde de voir quels autres types de feu vous pouvez allumer. Je pense que même moi, j'aurai pu allumer ce petit feu de camp. Oh pardon, vous demandiez mon nom ? Je vous rassure, je n'ai pas de biographie particulière. Conjuguez simplement les mots sang et solitude et vous devriez avoir un rapide aperçu de ce que j'ai vécu. Même si en l'occurrence, vous n'en avez cure. Qu'à cela ne tienne. Je me nomme Synëal.» Et j'agitai mon doigt dans sa direction en plissant les yeux d'un air circonspect. « Par contre, votre histoire m'intéresse particulièrement. Alors laissez-moi deviner. Si j'en crois votre caractère rebelle et présomptueux, vous avez toujours été en conflit avec vos parents, bien qu'ils vous choyaient au delà du possible. Toute jeune, vous étiez déjà convaincue de ne pas être né dans le bon monde. Cependant, le temps et l'âge aidant, vous avez enfin commencé à trouver votre place, et avez enfin trouvé votre rôle. Malgré vos tendances impétueuses, vous avez découvert que vous pouviez aider les gens, que vous aviez un bon fond et que malgré la lassitude que vous inspiraient les lois d'Adiryl, vous étiez convaincu que vous pourriez tout de même faire quelque chose d'extraordinaire un jour. Et rien ne comptait plus que de vous démarquer, d'être fidèle à vos principes et de devenir un exemple pour tous les anges. Et comme la vie ne cesse jamais de nous mettre à l'épreuve, que ce soit notre faute ou non, vous vouliez tellement respecter vos principes que vous ne vous doutiez pas un seul instant qu'on aurait pu les retourner contre vous...pour vous forcer à quitter le droit chemin. » Je pris une inspiration bruyante par le nez en dressant le buste «  Quelle vie mélancolique!...peut-être ai-je un peu exagéré pour le début, mais je ne pense pas me tromper pour le dénouement... »

Je me tus, pris d'un soudain sentiment de perdition. Mes pensées déferlèrent comme une vague indomptable, me faisant déjà perdre le raisonnement que je venais de conclure. Je la regardai alors avec les yeux écarquillés.

« Mais j'y pense...Étant donné que vous allez sans doute mourir au cours de notre entreprise...A qui d'autre pourrions-nous confier notre mission ? »
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Narydia Ventari

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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Dim 15 Déc 2013 - 16:16


Le démon était complètement absorbé par son repas et un moment, l’ange se mit à douter de l’attention qu’il portait à ses paroles. Elle répondait à ses provocations et voilà qu’il n’écoutait pas. Ou bien faisait-il simplement mine de ne montrer aucun intérêt, et cela signifiait donc qu’il se moquait ouvertement d’elle. Agaçée, Narydia observa son propre morceau, le ventre déjà retourné tant elle avait du mal à digérer tant de nourriture avalée si rapidement. Son attention fut détournée par le Syrinx qui manqua de s’étouffer avec son propre morceau. L’ange retint difficilement un rire et resta de marbre lorsque le démon lui fit part du tragique passé de son compagnon. S’il pensait l’impressionner ou lui faire craindre le géant qui mangeait à leurs côtés, il se trompait lourdement. Cependant, Desmond paraissait gêné mais la jeune femme ne parvint pas à en déceler la réelle raison.

Le Syrinx aborda le sujet épineux du voyage qu’ils entreprenaient et Narydia resta étonnée devant son assurance. Loin de son domaine… mais qu’en savait-il ? Sa réplique correspondait parfaitement à celle d’un démon : aucune compassion, mais au contraire une attitude hautaine. Et cela tombait bien, puisque l’ange n’avait ni besoin, ni l’envie d’aucune aide. Et encore moins de celle d’un homme croyant tout savoir alors qu’il était simplement ignorant concernant la personne qu’il avait face à lui. La jeune femme n’était certainement pas la meilleure des combattantes, ni la plus fine lame parmi les siens, mais elle connaissait très bien son domaine de prédilection : la survie. Et si ce donneur de leçons préférait jouer au fin psychologue, il risquait d’être étonné devant sa capacité d’adaptation.

Narydia qui en avait terminé avec son repas, se contentait de fixer le Syrinx qui s’était défini lui-même d’homme seul et sanguinaire. Voilà qui était très loin de l’étonner. Son cynisme et ses railleries allaient de pair avec un passé sans aucun doute difficile. La séraphine demeura imperturbable lorsqu’il tenta de lui faire un résumé de ce qu’il pensait être son histoire. L’analyse était bien menée, mais en partie fausse. Il lui prêtait des traits de caractère et surtout des objectifs qui n’étaient pas les siens. L’ange n’avait jamais entretenu de relation conflictuelle avec ses parents puisqu’elle n’avait pas eu le temps de les connaître. Ils étaient morts avant qu’elle atteigne l’adolescence. Quant à son besoin de « trouver sa place » en Adyril, il s’agissait davantage d’une envie de revanche et certainement pas d’un désir de devenir un modèle d’exemple pour les anges. Elle n’avait jamais eu cette prétention, ni celle d’accomplir une oeuvre incroyable. Quant à des principes ? Qu’en était-il donc maintenant ? Il ne lui restait plus rien de sa vie sur Adyril.

L’ange ignora délibérément la dernière remarque du dénommé Synëal et replia ses jambes contre elle. Une attitude qui, même si elle ne voulait certainement pas l’admettre, lui prouvait à elle-même que tout cela relevait d’un sujet qu’elle ne voulait pas aborder. Cet homme était prétentieux et il se mêlait de ce qui ne le regardait pas et, le temps d’un instant, l’ange eu envie de lui renvoyer une réplique cinglante à la figure. D’ailleurs, elle ne l’aurait sans doute pas regretté s’il l’avait plantée là. Bien au contraire. D’une voix dénuée de toute émotion, elle déclara, impassible :

– Je n’ai pas l’intention de compter sur vous quant à ma propre survie et rassurez-vous, je ne vous demanderai rien d’autre que de vous mêler de ce qui vous regarde.

Ses traits se durcirent et l’ange sentit la colère monter en elle, indestructible et surtout, indomptable. Comme le feu qui se déchainait en elle à la moindre émotion incontrôlable. Elle défia le démon du regard et eu un rictus mauvais.

– Qu’est ce que vous croyez ? Que le but de ma vie réside dans ce que je pourrais accomplir pour mon empire et que je suis à la recherche des honneurs afin de, comme vous le dites si bien, « trouver ma place » afin de cicatriser de vielles blessures ?

Elle secoua la tête, dépitée et poursuivit :

– Vous avez quelques siècles de retard. Voilà bien longtemps que je ne crois pas plus en la justice d’Adyril qu’en la destruction de votre espèce. Mais vous êtes perspicace je dois dire… du moins assez pour comprendre que le passé influence les êtres dans le présent. Un peu comme vous, n’est-ce pas ? Un passé de solitude et de sang… C’est bien fréquent ces temps-ci. Nous avons d’ailleurs également un point commun à ce sujet. Mais dites-moi, quel a été l’évènement le plus douloureux dans votre vie ? La décapitation de vos parents ou l’un des membres de votre fratrie qui aurait développé une attirance pour le cannibalisme ? railla-t-elle, le regard noir.

Elle se tut un instant, tentant de calmer le feu qu’elle sentait bouillir en elle. Mais c’en était vraiment trop. La jeune femme se leva, avec l’envie d’en découvre avec ce démon impertinent aux propos déplacés. Mais elle se retint et le jaugea du regard, sans perdre l’animosité dans sa voix. Inconsciemment, elle savait que s’il osait l’approcher et même encore pire, la frôler, il risquait d’y laisser – physiquement – sa peau. Afin de détendre un tant soit peu ses nerfs à vif, l’ange eu un rire qui sonna parfaitement faux :

– Je constate en réalité que Desmond a bien plus d’humanité en lui que vous n’en aurez jamais. Et c’est cela qui vous manque et qui a creusé votre propre solitude et votre souffrance, démon. Repaissez-vous de mon passé autant qu'il vous plaira. Il est à présent derrière moi et je n’ai plus que l’espoir qu’il s’améliore désormais. Tandis que vous, vous ne changerez jamais et garderez toujours ce cynisme impitoyable et cette douloureuse solitude en vous.
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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Lun 16 Déc 2013 - 21:16


Reportant mon regard sur le feu, en imaginant effectivement qu'une séraphine aussi aguerrie qu'elle ne l'était pourrait laisser sa vie dans notre aventure, je ne m'attendais pas à une répartie aussi virulente, qui se voulait aussi impitoyable que la mienne, avec en compensation un léger trémolo dans la voix qui laissait supposer qu'elle était sur le point de se laisser déborder par les émotions. Mon visage s'assombrit en la fixant droit dans les yeux, ne baissant pas le regard pour rien au monde, la laissant déblatérer et me vider sa poche à rancœur en pleine figure. Je ne pensais pas avoir touché la corde sensible à ce point, surtout en ayant mené mon analyse avec autant de pertinence que d'insolence. Peut-être croyait-elle qu'en me recrachant à son tour tout ce qu'elle pensait de moi, cela la soulagerait. Mais ça n'avait pas de sens en soi. En quoi consistait le fait de laisser sa colère exploser à part pour mettre les plus subtiles faiblesses au grand jour ? Qu'avait-elle à craindre de son passé si ce n'était que le futur lui ressemblera peut-être un jour ?

Mais comment lui avouer que j'en avais cure de ce qui pourrait lui arriver tout en me faisant entièrement comprendre ? Comment lui annoncer que partout dans ce monde puant jusqu'aux souterrains, personne ne pourrait se soucier des autres sans qu'il n'y ait de but intéressé ? Son envie d'exhiber mes propres défenses et de les attaquer à grands coups de griffe était évidente et prévisible. Je ne pus m'empêcher de m'amuser de ce spectacle, préparent déjà mentalement le récital  qui la ferait trébucher. Cela devint littéralement risible lorsqu'elle parla de mon éventuelle souffrance. A côté de moi, Desmond gesticula mais n'osa piper mot bien que je sentis chez lui une sorte de prompte impatience à vouloir lui répondre. En ami loyal, il m'en laissera l'honneur.

Je pus presque voir en elle comme dans un livre au moment elle marqua une pause. Fragile, vulnérable, un cœur trop grand pour un si petit corps, des poings frêles qui espéraient broyer du marbre alors qu'ils ne casseraient que du bois, la peau tendue par la colère et par l'angoisse d'être cernée par toutes ces émotions violentes et vindicatives. La bête qui grondait en elle comme un fauve au fond d'une cage sombre espérait déchirer tout ce que je représentais. Mais dans son subconscient je n'étais qu'un spectre insistant et lumineux, avec tellement d'intensité que j'emplissais l'espace sans que cette bête ne put me frapper. C'était le mot, elle brûlait de l'impuissance d'une fureur qui n'était pas due qu'à moi. Je m'en serais presque senti déçu de ne pas être le point central de toute cette affliction.

Je me dressai devant elle  à la fin de son monologue. Je ne dis rien pendant quelques secondes, attendant que l'éclat froid de son regard se ternit.

« Douleur, douleur... ! Vous n'avez que ce mot à la bouche ! Ne passez-vous donc votre vie qu'à ça ? La douleur ? Qu'est-ce la douleur à part le message nerveux de vos nerfs en destination de votre cerveau ? Ce n'est qu'une information, un réflexe biologique ! Comment pouvez-vous parler de douleur alors que votre corps ne subit rien ? Qu'est-ce l'orgueil et la fierté, ces armes dont se servent les humains mais qui sont à peine aussi efficaces que des fusains ?En êtes-vous seulement pourvue ? Ou en avez-vous trop pour l'avouer ? Ah ce grand paradoxe. Depuis des décennies, je me demande d'où peut venir un tel...un tel...une telle hypocrisie à votre égard ! Je ne parle pas là que des humains, je parle aussi des anges !...Et de quelques démons, à fortiori. Quel sentiment de supériorité vous permet de reprocher au monde d'être ce qu'il est ? Comment pouvez-vous vous plaindre de souffrir alors que c'est tout ce que méritent les hypocrites dans votre genre, qui refusent d'admettre que la douleur qu'ils ressentent n'est que celle d'un amour-propre ballotté de ci de là ? Au final, êtes-vous morte de tout ce que vous avez pu subir au cours de votre vie ? Non, vous êtes toujours là devant moi, à essayer de vous défendre alors que la seule initiative que j'ai prise, était celle de vous envoyer quelques mots crus à la gueule, histoire de vous dévergonder un peu. » Je soufflai d'un air dépité. « Et maintenant que vous venez de m'enguirlander comme il se devait, que ressentez-vous ? Cela fait-il plus de bien à votre conscience ? Si c'est le cas, je vous en félicite et je vous salue bien bas, ô dame Narydia! »

Je me détournai et fit quelques pas à l'écart de son regard de brebis égarée.

« Pour votre gouverne...je tiens à ce qu'au moins, un point reste clair. Avec tout le respect dont je vous suis redevable pour avoir accepter de m'accompagner, je vous prierai de ne pas vous faire de fausses idées sur moi. J'ai évidemment parlé de solitude. Je suis resté seul pendant des décennies. » J'écartai les bras en cherchant des témoins imaginaires. « M'en suis-je plaint ? Quel est l'inconvénient à rester seul ? La communauté elle-même ne contribue-t-elle pas qu'à créer des conflits qu'on ne peut déclencher seul ? » Puis je m'approchai d'elle, assez pour avoir le visage proche du sien, assez pour sentir la chaleur qui se dégageait de sa peau d'ivoire. Un visage aux traits harmonieux, je devais l'avouer, et c'en était presque irritant, tant il ne m'avait jamais été donné l'occasion de rencontrer une personne comme elle. « Et vous n'imaginez pas à quel point cette solitude m'a permis de devenir puissant. »  Dans ma gorge, le dernier mot s'étouffa presque dans un grognement de menace. Je m'écartai et repris avec une sorte  de ton pesant. «  Voilà ce qu'il faut que vous sachiez...je n'ai jamais souffert. »

Desmond inspira, comme s'il avait retenu sa respiration durant tout mon monologue. Autour de nous, les grillons s'étaient tus. La nuit était désespérément silencieuse, et l'obscurité...presque plus sombre.

« Un passé ? Je n'en ai pas. Une famille ? Ne m'en parlez pas. Je suis né de la terre du Vein, une terre meuble et froide, presque dure comme de la glace. Je suis né dans une graine pas plus grande que ça. J'ai grandi comme tant d'autres plantes tentent de le faire sur une terre stérile. » Je commençais à déboutonner ma chemise en la dévisageant, un rictus sur les lèvres. La situation prenait certes une tournure ambiguë, mais elle apprendra bientôt à ne pas se fier aux apparences. Je laissai tomber le tissu le long de mon torse et me tournai, dévoilant la grande cicatrice qui formait des striures relatives à la description qu'on aurait pu faire d'une fleur de chardon. D'aucuns pourraient parler d'une toile ratée, d'autres d'un signe maudit. Mais pour moi, c'était la seule chose dont je m'enorgueillissais. « Voici ce que je suis, dame Narydia, une plante parmi tant d'autres. Un arbre qui marche, une rose qui parle, un pissenlit qui s'agite. Je suis le chardon. Opiniâtre et droit quelque soient les saisons. Pensiez-vous pouvoir inculquer un jour à une orchidée ce qu'est la souffrance ? Ce qu'est la solidarité ? ...Je ne pense pas. D'autant que si les plantes avaient un jour le don de parole...croyez-moi, elles seront beaucoup plus exécrables que moi. », ajoutai-je en accrochant son regard par-dessus mon épaule. Et je repris d'un ton plus haut. « Je suis né grâce à la haine de tout ce qui vous entoure, dame Narydia. La nature ne nous veut pas que du bien. Je peux vous l'assurer. Peu importe combien de temps vous comptez me haïr, vous ne ferez que perdre votre temps. Je ne suis pas qu'un Syrinx. Je suis la haine. Je suis l'incarnation de tout ce que cette terre ressent. Je ne suis que l'extension de la branche qui a été sciée et malmenée, du bois broyé, émietté... » Je revins sur elle, le torse luisant sous le clair de lune renvoyant le reflet pâle de la jeune femme en face de moi. «  Et je brûûûûle de rage à chaque instant. C'est ce qui fait ma force... »

Je ricanai doucement et désigna d'un signe de tête le grand colosse qui paraissait soudainement plus petit sur sa souche.

«  Et ce gros balourd, là. On ne peut pas vraiment parler d'humanité à son égard, voyez-vous. Desmond ? »

Sur mon ordre, il se retourna à son tour en poussant un large soupir et fit glisser l'imposant fourreau de son dos, avant d'ouvrir son pourpoint et de le faire tomber à son tour, dévoilant deux immenses cicatrices verticales saillant de ses omoplates.

« Puisque c'est un Séraphin. »
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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Jeu 19 Déc 2013 - 22:28


Au fil des instants et à mesure que le démon prononçait un mot plus cassant encore que le précédent, l’ange eu l’impression de reçevoir à chaque fois une gifle en plein visage. Elle l’écouta attentivement, le visage fermé, alors qu’il débitait une liste interminable d’adjectifs la qualifiant, tous aussi dépréciables les uns que les autres. Il enfonçait inéxorablement le couteau dans la plaie – si on pouvait la qualifier ainsi – et ne ménageait pas les termes désagréables pour lui faire comprendre son point de vue sur elle. Voilà la seconde fois qu’on la qualifiait d’hypocrite en quelques jours à peine. Hasard ou pas, ça ne pouvait plus durer. La jeune femme en avait plus qu’assez de passer pour une victime, alors qu’elle souhaitait justement tout le contraire. S’il y avait bien une chose qu’elle haissait plus que tout, c’était bien l’apitoiement. Et lorsqu’il donna le coup de grâce en la provoquant ouvertement à propos de ses précédents dires, l’ange ne répliqua rien et resta silencieuse, sans cesser de le fixer.

Elle ne su déceler l’ironie du vrai lorsqu’il lui annonça qu’il lui était redevable. L’ange secoua la tête. Il n’avait pas comprit. S’il croyait vraiment qu’elle lui reprochait un seul instant sa solitude, il se trompait lourdement, pour l’avoir elle-même connue. Et d’ailleurs, elle la connaissait à nouveau. Était-ce un mal ? Non. Un déplaisir, un fardeau avec lequel il fallait faire et vivre, sans s’en plaindre. Là dessus, elle partageait complètement son avis même s’il ne semblait pas l’avoir saisi, et même si lui n’avait sans doute aucun élément de comparaison. Pourtant Desmond était bien là, et ce lien entre eux paraissait bien solide. Alors était-il vraiment seul ? Pas vraiment. Pour autant, l’ange ne connaissait pas la nature de leur relation et préférait ne pas s’avancer trop vite.

Alors qu’elle l’écoutait, le démon se rapprocha d’elle jusqu’à ne plus être qu’à une distance résolument courte. L’ange l’observa, glissant son regard depuis ses yeux dorés et vifs jusqu’aux traits de son visage. La couleur de sa peau n’avait rien de réel, rappelant de façon indéniable son appartenance à une race qui n’avait rien d’humain. Il ne ressemblait à aucun autre démon qu’elle avait croisé jusqu’alors, ce qui la déstabilisait légèrement. Son assurance, entre-autre, aurait presque pu l’intimider. Et plus il était près, plus l’ange sentait cet étau se resserrer autour d’elle. Cherchait-il à l’impressionner ? Si c’était cela, il avait presque réussi. Mais lorsqu’il reprit la parole, ce fut pour prononcer des mots que la jeune femme jugea bien prétentieux. Ce qui ne l’effraya pas un seul instant et au contraire, elle se mit à l’observer en souriant. Un personnage, voilà qui le qualifiait parfaitement. La jeune femme croyait chacune de ses paroles mais elle devinait pourtant qu’il avait l’art de se mettre en scène. Les raisons de cela pouvaient être multiples : l’envie d’impressionner, le besoin d’avancer ses talents pour se sentir en sécurité, ou peut-être simplement la nécessité de se rassurer… Et cette dernière supposition était particulièrement intéressante.

La « mise en scène » se poursuivit et prit une toute autre allure lorsque le démon ôta sa chemise pour dévoiler la marque qui courait sur son dos. Une preuve de ce qu’il était. Son identité en quelque sorte. En cela, l’ange le comprenait plus qu’il ne le pensait. Elle-même était marquée par quelque chose de bien différent d’une simple race. Mais elle ne comptait pas parler de cela pour le moment. Car révéler cette partie d’elle-même serait lui donner le libre arbitre sur sa vie ou sa mort. Voilà donc bien un détail qu’elle devait garder pour elle. Tout comme la moindre explication concernant sa magie. Et cela tombait relativement bien, puisque le démon ne semblait pas s’y intéresser et même mieux, le dénigrait.

Narydia se tut alors qu’il monologuait sur sa personne, philosophant sur sa nature tout en tentant de lui faire comprendre qu’elle ne pourrait tout simplement jamais l’atteindre. Mais il se trompait. Déjà parce qu’il prenait le temps de lui répondre et de la mettre en garde, et ensuite, puisqu’elle ne le détestait pas, contrairement à ce qu’il pouvait prétendre. Elle secoua simplement la tête en soupirant et l’observa revenir vers elle. La couleur de sa peau avait quelque peu changé, et à présent, elle luisait presque d’un blanc immaculé. En dépit de ce qu’il disait, l’ange le trouvait au contraire étonnamment calme et posé et ne décelait aucune rage en lui. L’ange dirigea ses yeux vers Dasmond qui fit à son tour glisser son pourpoint au sol, révélant deux entailles parcourant la largeur de son dos. Elle n’eu pas besoin d’écouter Synëal prononcer le mot qu’elle attendait pour y penser elle-même. Un séraphin. Voilà qui, étonnamment, ne la surprenait guère. Même si sa force décuplée surpassait celle de tous les séraphins qu’elle avait cotôyé ces derniers siècles…

La jeune femme fit quelque pas, observant les ténèbres droit devant elle, avant de s’arrêter tout près du démon. Le sourire aux lèvres, elle déclara :

– Reprenons les choses dans l’ordre. Sachez que je ne me plains pas de ma souffrance qui d’ailleurs, n’en est pas une. Ce n’est qu’un obstacle que je franchirai comme les autres et ne croyez pas que vos jugements moraux m’atteindront.

Sur ces mots et comme pour les appuyer, elle posa un doigt sur le torse du démon pour le repousser doucement. Mais avant de retirer son doigt, elle continua d’exercer une légère pression et poursuivit :

– Sachez aussi que je ne reproche pas au monde d’être ce qu’il est. Je ne vous reproche pas non plus d’être ce que vous êtes. Je ne vous juge pas et je ne vous déteste pas. Que vous soyez un démon ou même un séraphin… cela m’est franchement égal. Ces deux là sont autant mes alliés que mes ennemis. Je veux simplement vous dire ceci. Que vous soyez avec moi ou non, que vous me laissiez sur le chemin ou que vous me trahissiez, peu importe. Je connais mon objectif et rien n’est plus important. Votre état d’âme m’importe peu. Vous pouvez également me haïr ou me considérer comme une moins que rien, cela m’est tout à fait égal.

Son sourire s’accentua et elle retira enfin son doigt, intensifiant néanmoins le regard qu’elle lui adressait en témoignage de son assurance.

– Et d’ailleurs puisque je ne représente absolument rien de crédible à vos yeux, n’étant que le reflet d’une femme bonne à la couture et aux manières, expliquez-moi la raison qui vous pousse à me laisser en vie. Après tout, je n’ai rien d’interéssant à vous procurer et vous auriez assez vite fait de me dérober le tube là, maintenant, plutôt que de vous embarrasser du poids que je représente dans ce périple, puisque vous me croyez incapable de me débrouiller par moi-même.

Elle eu un léger rire et enchaîna, sans cesser de le fixer :

– Et continuez de me parler de votre prétendue puissance et de la rage qui bouillonne en vous… Je crois que d’une part, si la colère vous étreins tant, vous feriez sans doute mieux de l’assouvir par vous-même au lieu de vous servir de Desmond comme de votre larbin. Cela me donnera une raison de ne pas rire devant tant de prétention. Quant à « brûler de rage » et s’en vanter continuellement… vous voulez connaître la conséquence d’une brûlure ? Vous ne savez même pas de quelle rage vous parlez. Pour l’instant vous n’avez démontré que de l’apathie et de la prétention. Je ne vois aucun de ce prétendu feu exterminateur en vous. Allez-y, montrez-moi votre haine ! Cessez de jouer sur de grands mots pour m’impressionner car croyez-moi, vous ne m’effrayez pas, et je n’ai pas besoin de vous.
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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Mer 1 Jan 2014 - 20:43

La petite avait de la répartie, mais elle ne savait qu'aboyer très fort. Tout comme moi, je devais l'avouer. Mais elle était rentré dans le jeu trop tôt. J'avais pensé tout d'abord qu'elle ne ferait pas fi des mots que je lui adresserais, mais elle se défendait avec tant de hargne que cela n'en était plus risible, c'en était même plus intéressant. J'avais voulu la voir lâcher prise et se mettre à se lamenter sur une existence qu'elle aurait voulu avoir, sur tous ses rêves brisés et ses projets réduits à néant...mais il semblait qu'elle avait dépassé ce stade depuis plus longtemps que je ne l'aurai pensé. Elle défiait désormais toute forme de dialogue venant de ma part, peu importe la portée et le sens de mes mots. Je ne pensais pas que ce débat irait si loin, et ma surprise venait principalement du fait qu'elle ne lâchait pas le morceau. Au lieu de lui retourner le cerveau, je n'avais fait que renforcer ses défenses mentales, chose que je n'avais pas pensé concevable avant notre rencontre.

Après sa propre tirade enflammée – au sens figuré du terme – je ramassai ma chemise et l'enfilai sur mes épaules, pendant que Desmond lui, triturait ses cicatrices avec un air d'abruti épouvantable. Je lui jetai un œil dépité, puis reportai mon attention sur l'ange aux cheveux ardents.

«  Je suis peut-être un démon... » Je marquai une pause, afin de chercher soigneusement les mots « Mais je ne suis pas une brute au point de vouloir arracher quelque chose dans les mains d'une jolie demoiselle. Et comme j'ai cherché à vous le faire comprendre, j'ai encore besoin de vous. Si vous nous accompagnez, que ce soit de votre plein gré ou non, c'est bien parce que je le veux. Et contrairement à certains, tout ce que je veux, je le garde. »

Je reniflai d'un air de mépris. «Remettons donc les choses à leur place. J'ai sous-estimé votre force de caractère, vous sous-estimez mon propre pouvoir. Nous n'avons rien à gagner à ne pas nous rendre à l'évidence : si nous nous battons, nous risquerions tous les deux de ne pas en sortir indemne. Surtout vous. N'oubliez pas que Desmond est de mon côté...et qu'il n'est pas un Séraphin comme les autres. » Et alors, je me rappelai ce dont pourquoi notre débat corrosif avait commencé. «  Mais c'était extrêmement drôle de vous voir prendre la mouche pour si peu. Quelques minutes de plus, et je fondais en larmes devant tant de mélodrame. Femme éperdue à qui tout a échoué, je vous prie de m'excuser devant ma vulgarité et ma rudesse. »

J'intimai à Desmond de se rhabiller, un sourire narquois dessiné sur mes lèvres.

«Vous m'avez finalement convaincu que vous n'étiez pas la femme que j'avais aperçu au premier abord. Mais la donne n'a pas changé pour autant. Prouvez-moi que vous êtes imperméable aux mots et je vous laisserai tranquille. » Je jetai un œil aux alentours, l'oeil plissé et finit par retrouver ma besace. « Si du moins, vous parvenez à comprendre ma première motivation, c'est-à-dire vous laisser en vie parce qu'il n'y a pas grand-intérêt, ni aucun plaisir à ne pas le faire...Desmond, si on avait des chevaux, ça serait beaucoup mieux. Ça ira pour ta jambe ?

Il grommela en signe d'assentiment, mais je n'étais pas dupe, je l'avais bien vu boiter pendant notre trajet.

« Dame Narydia, nous continuerons notre débat plus tard si vous souhaitez en découdre avec moi une fois de plus. J'espère que vous vous êtes bien rempli l'estomac car nous nous remettons en route, et je ne pense pas refaire d'arrêt avant quelques heures. Il faut que nous progressions le plus rapidement possible...La gloire n'attend pas. », gloussai-je à l'adresse de l'ange.

Je donnai un coup de pied dans la terre à plusieurs reprises pour étouffer le feu, puis fit rouler la viande dégarnie de son support. Desmond poussa un soupir sonore, visiblement déçu de ne pas pouvoir la finir pour lui tout seul, mais il devait comprendre que nous ne pouvions tarder. J'accrochai son regard en fronçant les sourcils et désignai le ciel d'un haussement de menton. Il hocha la tête en signe de compréhension et alla ramasser tout son barda.

« La lune est pleine ! », lançai-je simplement en espérant que Narydia saisisse la portée de ces paroles.

Puis j'emboîtai le pas en m'enfonçant dans les fourrés encore nimbés d'obscurité. Une chouette hulula sur notre passage mais se tut aussitôt devant la masse de Desmond, dont chaque pas se posait lourdement sur le sol. Le chemin promettait d'être tortueux. Déjà, d'épaisses racines s'étiraient nonchalamment au travers de la route, nous devions nous glisser au-dessous ou les escalader mais nous nous en trouvions retardés. Je me félicitai tout de même de nous guider au travers d'un dédale de canopées sous lesquelles nous n'étions pas découvert par les rayons lunaires.

« Pas de feu, pas de bruit...pas de peur...et nous réussirons à tenir jusqu'à l'aube.

-La lune est encore haute » , maugréa Desmond,

-Et elle descendra bien vite. », dis-je sèchement.

Malgré les minutes qui passaient, qui défilaient, qui s'égrenaient comme du sable mouillé, la lune restait à la même place et nous narguait de sa rondeur innocente et de sa luminescence insolente. Je souhaitai au plus profond de moi que l'odeur du sang de démon sur ma veste n'attirât pas quelques indésirables. Quelques frottements dans le noir nous accompagnaient dans le noir, des biches noctambules fuyaient à notre approche en quelques bonds et un lynx nous fixa de ses yeux brillants avant d'être intimidé par le grognement sec de Desmond. Le vol feutré d'un hibou se perdit dans les feuillages en nous renvoyant simplement l'écho de sa fuite. Je fis volte-face lorsque j'entendis un son étouffé derrière moi, et le colosse s'excusa en frottant son ventre, il avait encore faim.

Et au moment où je reportai mon regard sur la route, des formes surgirent au-dessus d'une colline en bondissant par-delà les talus, en nous rattrapant en toute vitesse, disparaissant momentanément dans l'ombre pour réapparaître sous la mosaïque de rayons perçants.

« DESMOND ! », hurlai-je.

Le galop des créatures brunes s'approcha trop rapidement. Le bruit de leurs pattes était lourd mais elles restaient néanmoins vives comme des éclairs. Elles nous encerclèrent d'abord sans que nous pûmes compter leur nombre tant leur mouvement était imprécis dans la nuit. J'entendis le sifflement de la grande épée de Desmond. J'essayai de percevoir la présence du mercenaire et de Narydia derrière moi. Mais la silhouette du colosse disparut après un choc sourd et il s'évanouit plus bas, dans une ravine que je remarquai seulement après avoir posé le pied sur le bord.

« Saleté de loups ! », crachai-je.

Les créatures se dispersèrent dans les ombres, mais l'un de leurs piaffements retentit dans l'abîme où avait disparu mon compagnon de route. J'osai espérer que Desmond avait réussi à écorcher l'une de ces choses puantes. Je m'accroupis et me mit à fureter le sol, puis posai ma main dessus. Mais une gueule suintante surgit dans mon champ de vision et je me jetai en arrière alors qu'un souffle putride se répandait sur moi.
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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Ven 3 Jan 2014 - 16:53


En observant le calme et le ton posé de l’homme en face d’elle, l’ange eu soudain une sensation particulièrement désagréable. Même s’il n’en montrait rien, la jeune femme avait le sentiment qu’il s’amusait de cette altercation et la provoquait ouvertement pour la pousser en quelques sorte, à bout de nerfs. Tout simplement. Elle profita du temps qu’il se rhabilla pour se tempérer, et sentit la colère et la rancoeur s’évanouir peu à peu. La patience n’avait jamais été son point fort, sans doute avait-elle adopté ce trait de caractère de la magie qui l’alimentait depuis son plus jeune âge… Un caractère à vif, indomptable mais surtout trop impulsif. Et cela, les siècles ne l’avaient jamais corrigé.

Avertie, l’ange se contenta donc de l’écouter patiemment cette fois-ci, remarquant qu’il ne la renseignait pas plus que lui-même ne le voulait. Il restait mystérieux sur ses intentions, et cela ne plaisait guère à la séraphine. Quoiqu’il en soit, le démon ne lui demandait pas de dévoiler le tube, aussi ne rétorqua-t-elle rien. Cependant là où il se trompait, c’était que son âge ne l’avait sans doute pas epargné quant à son caractère farouche, pourtant, si elle avait bien appris une chose, c’était de ne jamais sous-estimer autrui. Et quant à cet homme là, elle ne pouvait en aucun cas se le permettre. D’autant plus qu’ils étaient deux. Et qu’elle n’était pas assez inconsciente pour sur-estimer sa propre valeur face à ces deux êtres en tout points énigmatiques. Le combat était perdu d’avance, sans aucun doute possible. Il n’avait pas besoin de la menacer pour que l’ange aille dans son sens à ce sujet. Mais elle se garda bien de lui avouer. Et elle prit également bien soin de l’ignorer lorsqu’il reprit son petit jeu de provocation qui, il l’avait bien remarqué, avait la fâcheuse tendance à la faire sortir de ses gonds.

Quant à son « conseil » et sa promesse de la laisser tranquille, Narydia ne s’en soucia guère plus : elle se demandait même quelles pouvaient être ses intentions s’il comptait selon ses mots « ne pas la laisser tranquille ». Elle eu malgré elle un sourire et observa l’échange des deux hommes. Elle poussa un léger soupir lorsque Syneäl revint à la charge. S’il croyait qu’elle avait pour but de provoquer les hostilités avec lui, il se trompait lourdement. Elle hocha simplement la tête lorsqu’ils décidèrent de se remettre en route.

Un moment donné, le démon remarqua la lune qui laissait présager de désagréables nouvelles. Synëal avait accéléré le pas et la séraphine en fit de même afin de ne pas perdre le rythme. Elle le dévisagea un moment, notant l’inquiétude qui commençait à poindre sur son visage. Les secondes passèrent puis les minutes, dans un silence presque parfait que seuls leurs souffles respectifs venaient briser. Mais bientôt, l’ange remarqua un bruit etouffé et se tourna vers Desmond qui marchait non loin d’elle. Le démon avait été plus rapide qu’elle et rapidement, la situation inquiétante provoquée par l’estomac criant famine du colosse s’apaisa.

Pourtant, le danger demeurait. Et l’ange remarqua par dessus l’épaule de Synëal l’ombre de plusieurs silhouettes dévaler les pentes de l’horizon. Elle s’arrêta soudainement, observant la scène qui annonçait de très mauvaises augures. Perdue dans sa propre réflexion, elle entendit à peine le démon appeler son acolyte qu’un souffle putride derrière elle l’alerta. Elle se baissa à toute allure, évitant de peu les crocs dégoulinant de salive du monstre qui s’était précipité sur elle. A peine eu-t-elle redressé la tête que la gigantesque silhouette de Desmond s’évanouit sous ses yeux, percuté par un énorme loup. Déjà, des hurlements retentirent dans la direction où était tombé Desmond. Les loups l’avaient suivi dans sa chute. La jeune femme grogna de dépit et tourna aussitôt la tête vers Synëal qui n’était pas en meilleure posture. Elle vit l’une des bêtes se jeter sur lui, griffes et crocs dehors. Alors que le démon tombait, l’ange dégaina d’un geste sec son épée et s’aidant de la force et de la rapidité de ses ailes, se projeta sur l’animal. D’un coup maîtrisé, elle l’empala sur la lame qu’elle sentait chauffer et qui se teinta bientôt d’un rouge écarlate, comme ses mains sur lesquelles le sang dégoulinait. Le loup, au dessus d’elle, eu quelques soubresauts et Narydia eu juste le temps de le repousser sur le côté avant qu’il ne vienne s’écraser sur le démon et elle.

Le souffle court, elle se redressa mais déjà, une deuxième bête s’était précipitée sur elle, la renversant ventre à terre. Elle sentit des griffes acérées pénétrer son armure légère pour lui lacérer le dos, et serra son pommeau de toute ses forces pour contenir la douleur. Alors qu’elle sentait le souffle précipité dans sa nuque, l’ange rassembla sa magie et provoqua une bourrasque autour de son corps, pas assez forte pour le repousser, mais suffisamment contrôlée pour gagner quelques secondes. De là, elle se retourna laborieusement, gênée par ses ailes dans son mouvement, et se retrouva face à l’animal acharné qui tentait de se dérober aux circuits du vent. Ni plus ni moins, la jeune femme dirigea la lame à présent chauffée à blanc et rougie tant sa température était élevée vers l’encolure de la bête, qu’elle transperça vivement. La bête s’affaissa lourdement sur elle, pesant de tout son poids sur son corps affaibli.

– Bon sang… parvint-elle à murmurer d’une voix presque inaudible tant elle avait le souffle coupé.

Difficilement, elle glissa sous la créature, s’aidant de ses pieds pour la repousser et de ses ailes pour s’en extirper. Mais à peine eu-t-elle mis pied à terre qu’elle vit de nouvelles bêtes l’entourer. Elle ne voyait pas Synëal et ignorait ce qui avait pu arriver à Desmond. Essoufflée, la jeune femme observa un instant les yeux vils et assoiffés de sang qui l’observaient. Elle ne pouvait pas se permettre de se vider de son énergie maintenant mais après tout, quelle situation méritait qu’elle use sa magie plus que celle-ci ? Les loups approchaient, furtifs, d’un pas lent mais décidé. Narydia se concentra quelques secondes et resta immobile face aux animaux qui ne cessaient d’approcher autour d’elle. Elle n’osa pas tourner la tête pour juger de la condition de Synëal, de peur de leur offrir une seconde qui pourrait signifier le pire pour elle. Le sol commença à se fissurer à ses pieds. Dans un premier temps, le sillon fut peu profond, mais au fur et à mesure qu’il s’approchait des loups, il se fit plus large gagna en profondeur. Voilà des mois que l’ange n’avait pas utilisé son affiliation à la terre, et cela s’en ressentait tant l’épuisement la gagnait rapidement. Elle du se forcer à rester debout alors que la fissure s’étendait et se démultipliait prés des loups, qui firent quelques en arrière, curieux mais déstabilisés. Épuisée, l’ange placa un dernier effort dans ce petit tour qui allait lui coûter, et ouvrit la faille qui s’élargit précipitamment, imitée par la multitudes de fissures qui s’effondrèrent sous les pieds des animaux. Quelques secondes plus tard, les bêtes étaient englouties.

Pourtant, la partie n’était pas gagnée. Les grognements perduraient et Narydia avait la sensation que la disparition de leurs frères avaient excités les loups restants. Mais elle ne voyait rien. Elle avait trop forcé sur son affinité avec la terre qu’elle sollicitait trop rarement, et sentait sa vision se brouiller, comme tous ses sens. L’ange ne sentit pas la masse lourde se projeter contre elle et s’effondra sur le sol, coincée sous un tas de fourrure trempée. Elle ne sentit pas non plus le croc aiguisé comme une lame lui transpercer l’épaule. Déjà, ses yeux s’étaient fermés et sa conscience s’évaporait. Elle entendit des voix, et le bruit d’une flèche filant dans l’air dans une course meurtrière. La masse contre elle s’affaissa. D’autres traits fusèrent dans l’air. De l’aide… ou peut-être son contraire. Il y avait des choses bien pires qu’une meute de loups. Mais l’ange ne pouvait plus y songer.
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Synëal Muspell

♘ | le Botaniste Ardent

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Race : Syrinx
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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Sam 4 Jan 2014 - 18:55

Au moment où la gueule tentait de me happer la gorge, ou le bras que j'agitai devant moi, le monstre fut empalé sous une vague de plumes et d'étincelles. L'ange venait de lui rentrer dans le flanc et se retrouvait désormais dans une posture assez désavantageuse entre lui et moi. Dans son agonie, le loup-garou s'effondra de tout son poids sur nous, mais je roulai sur le côté et me redressai dans un bond. Mais aussitôt, une autre bête me bouscula dans les jambes, ce qui me fit tomber lourdement sur le dos. Le choc sur la terre meuble me fit perdre temporairement mon souffle. Jetant des regards à droite et à gauche en essayant de trouver l'endroit par lequel un loup m'attaquerait, je plantai mes doigts dans la terre.

Le nouvel assaillant ne tarda pas à poindre. Il fusa sur moi à toute vitesse, ne me laissant aucune occasion d'aborder son assaut avec confiance. Alors qu'il arriva à ma hauteur, une branche le cueillit à la gorge tel un fouet et le fit valdinguer à contre-sens. Son hurlement de surprise fit place à un gargouillis étranglé. Sans me soucier d'achever la créature, je me tournai vers Narydia. Dans cette courte lutte, je ne m'étais pas aperçu que plusieurs mètres nous séparaient, et qu'une demi-douzaine de loups lui faisaient face en relevant les babines, les crocs ruisselants d'une bave infecte.

« Desmond ! DESMOND!, hurlai-je malgré tout.

Et là, je le vis. Un loup blanc. D'une taille deux fois plus large que celle d'un ours, beaucoup plus imposant que ses congénères. Surmontant un talus, il fixait l'étendue de la bataille avec un air calculateur. Le chef sans nul doute. Un coup d’œil vers l'ange. Fatiguée, elle semblait concentrée sur une œuvre magique qui la vidait de son énergie. Des lézardes parcheminaient la terre et poursuivaient les loups jusqu'à engouffrer leurs pattes dans une abîme. Un galop sur ma droite me prévint de l'attaque du chef sur Narydia. Il était beaucoup plus véloce que les autres et franchissait plusieurs mètres d'un seul bond. Alors je fondis sur lui en poussant un cri féroce. Je ne comprenais pas que sa cible fut moi, mais il avait décidé de s'en prendre à une proie plus facile. Je le croisai dans sa course et me jetai sur son encolure. Il faillit chanceler et trébucher sur le côté, mais il se rétablit, sa mâchoire tenta de m'arracher le visage mais je lui assénai à un coup de coude sur le derrière de la nuque. Il tenta d'arracher les derniers mètres qui le rapprocheraient de Narydia d'un autre bond, mais je le frappai à nouveau, cette fois au niveau des yeux. Et là, le sol émit un geignement sonore, des parcelles de terre craquèrent et sombrèrent dans l'énorme abîme béante, emportant avec elles les loups impuissants. J'entendis le couinement frustré du loup blanc, bientôt repris par un grognement galvanisé par la fureur. Il releva la tête en laissant échapper un long hurlement, se préoccupant à peine du démon accroché à son cou.

« Narydia, relevez-vous ! », criai-je désespérément. «  Déguerpissez, ils reviennent ! Allez!

Le patriarche loup-garou se cambra et me fit lâcher prise. Ses pattes tombèrent sur mon torse et une goutte de sa bave explosa sur ma joue. Je crus apercevoir un rictus et cette impression n'était pas qu'un vice de mon imagination.

« Petit démon, petit démon de rien du tout... », siffla-t-il entre ses crocs irréguliers.

Quelque chose lui heurta alors le flanc. Un nouveau trait jaillit et lui perça l’œil. L'instant d'après, deux autres flèches filèrent, l'une se nicha au creux de sa gorge et l'autre cliqueta non loin de moi. La bête recula en glapissant et aboyant brièvement puis s'effondra sur une patte. Je me redressai aussitôt et envoya mon pied de toutes mes forces dans sa mâchoire inférieure qui émit un craquement sous le choc.

« Gentil chien. », soufflai-je en rabattant une mèche en arrière sur mon crâne.
« Lève les mains, démon, ne bouge plus ! »

L'empennage de la flèche me permit de découvrir l'identité de nos salvateurs sans même que j'eus à les regarder. J'obéis donc et me tournai vers eux, une escouade de plusieurs élus dans leurs armures d'or et d'argent impeccables. Sans l'ombre d'une surprise, j'aperçus le lieutenant séraphin que nous avions laissé partir, perché sur un cheval blanc. Il me fixa, et nous eûmes tous les deux un sourire narquois à l'adresse de l'autre. Sa cohorte dévala la pente à ma rencontre et je leur lançai.

«  Je peux vous ensorceler même les mains levées! »

A mes mots, deux hémisphères de bois jaillirent du sol de chaque côté et m'enfermèrent en claquant dans une coque hermétique. Je posai les mains sur les parois et patientai. J'entendis leurs voix étouffées se rapprocher, paniquées et éperdues. Ricanant, je les félicitai intérieurement de leur niaiserie d'ange. N'oublions pas tout de même que je n'étais pas du genre à me rendre. J'imprimai un nouveau sortilège de ma facture, et leurs cris s'intensifièrent. Leurs pas s'éloignèrent mais il y eut des bruits de chute. Le système de défense de ma carapace avait du avoir raison de certains d'entre eux, puisqu'un glapissement traversa les parois. Le lieutenant pesta et son cheval descendit dans ma direction.

« Approche, mon grand, app... »

Mais une déflagration pulvérisa la coquille dans un son retentissant et je me retrouvai projeté au sol, recouvert d'une pluie de décombres terreux, les oreilles encore sifflantes. Mes tympans prêts à se désintégrer, je roulai sur le côté en grimaçant, la tête vibrante comme une cloche.

Le cavalier mit pied à terre et s'approcha de moi. Le craquement des feuilles et le feulement de sa cape étaient insupportables. L'était encore plus sa voix lorsqu'il se mit à parler. Ce n'était qu'un borborygme dans mes cavités mais je perçus néanmoins le ton de la moquerie. Je m'appuyai d'une main pour me relever mais la lame froide de son épée pénétra dans la chair entre deux os, ce qui m'arracha un cri de douleur. Je voulus alors la retirer aussitôt mais ça n'aurait fait que créer une souffrance encore plus insoutenable. Il rit, il rit de sa supériorité, il rit de ma position vulnérable. Je vis deux de ses sbires saisir Narydia sous les bras et la traîner sans ménagement vers le haut de la patte, où l'y attendait sans doute l'un de leurs véhicules carcéraux, puis je lus sur son visage pâle une véritable satisfaction à me voir étaler là sans défense. Mais je jurai que je ferai tout pour me venger de sa mesquinerie, je le jurai au plus profond de moi et l'imprimai au fer rouge sur mon cœur. J'en ferais peut-être même profiter à la séraphine qui n'avait pas semblé en si bons termes avec lui.

Il me tourna alors le dos simplement, et un choc s'écrasa sur ma nuque, me plongeant aussitôt dans le noir complet.
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MessageSujet: Re: Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]   Aujourd'hui à 13:00

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Quoi de pire qu'un démon ? [PV Syn] [TERMINE]

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