''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Un léger retard.

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Gareth Valmort

Le marche-abysse

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Race : Humain
Classe : Lame noire
Métier : Mercenaire
Croyances : Nihiliste
Groupe : Les lames errantes

Âge : 29 ans

Messages : 35

Fiche de Personnage : L'histoire d'une enfance brisée.


MessageSujet: Un léger retard.   Sam 5 Avr 2014 - 14:53

"-Je viendrais te chercher, je te le promet !"

Le tonnerre tira Gareth de ses souvenirs. Levant les yeux au ciel, il contempla un instant les nuages noirs déverser un véritable torrent de pluie sur la ville avant de recentrer son attention sur le plancher des vaches.
Un chariot poussé par deux bœufs passa devant lui, son plouc de conducteur le gratifia d'un regard aussi inspiré que celui des deux bovins avant de tourner dans une autre ruelle, puis les yeux du mercenaire se posèrent sur l'enseigne de l'établissement qu'il désirait visiter : "Le rat lubrique" Une maison close que Gareth avait déjà vue, une fois, des années auparavant. Lorsque le propriétaire y avait emmené Mila...Triste et douloureux souvenir.
Inspirant longuement, le marche-abysse traversa la route pavée qui le séparait de la baraque ayant hanter ses songes de jeunesse. Ca n'avait pas changé... Une rue trempée, pleine de boue et d'immondice, déserte la plupart du temps, quelque chiens errants, deux ou trois paysans et...Une bicoque délabrée, un rideau rouge, épais, devant la seule fenêtre donnant sur la rue. Sa main gauche se posa sur la poignée de la porte en bois puis...Pendant une dizaine de longues secondes, il resta immobile, paralysé sous la pluie, incapable de bouger un orteil. Que pouvait bien espérer un mercenaire dans un tel endroit? Que pouvait bien espérer n'importe qui dans un tel endroit...
Lorsque finalement le jeune homme parvint à réunir suffisamment de courage, il tourna la poignée pour entrer et découvrir : A peu près ce que son imagination avait créé lors de ses rêves. Un lupanar sombre, glauque...Peu peuplé, peu éclairé, peu avenant. Un bar mal entretenu en dessous d'un escalier en bois dans le même pitoyable état, des canapés rouges à droite, à gauche, tout droit, partout... Et des formes allongées lascivement dessus. La moiteur palpable de la salle et le regard des rares clients visibles parvinrent en quelques secondes a mettre mal à l'aise le pauvre marche-abysse.
Ce dernier passa donc l'entrée en soupirant pour se diriger vers ce qui semblait être la tenancière de l'établissement, une grosse bonne femme rousse ayant facilement dépassé la cinquantaine, debout au milieu de la salle, un énorme livre dans les mains :
"-Je peux faire quelque chose pour toi mon beau?"
Gareth cligna des yeux en digérant difficilement les paroles de l'énorme baleine lui faisant face puis répondit :
"-Je cherche une fille.
-C'est souvent le but des clients d'ici."
Le mercenaire se pinça l'arête du nez en pensant a son heaume qu'il avait laissé au campement...Qu'aurait-il donné pour l'avoir en cet instant précis. Balayant la zone du regard sans trop faire attention aux formes allongées sur les canapés de faibles factures les entourant, il continua :
"-Elle s'appelle Mila.
-Ooooh, c'est que monsieur aime les sauvages.
-C'est une amie."
La grosse toussota...Ou ricana, ce n'était pas facile a dire.
"-Je me doute mon beau huhu..." Elevant la voix, la tenancière se tourna vers le bar derrière-elle."Ginette ?!"
La concernée apparut environ une minute après, même gabarit que celle qui l'avait apostrophée, sauf que celle-ci était blonde et...Visiblement pas sobre.
"-Ouai?...
-Mila est disponible?
-Bien sûr...C'est pour ce beau jeune homme? Je suis libre aussi si tu veux..."
Gareth se mordit la lèvre pour ne pas rire et s'empressa de secouer négativement la tête. Visiblement déçu, la fort-peu-sobre baleine blonde se renfrogna et pointa du doigt l'escalier au-dessus d'elle.
"-Dernière porte, à gauche !
-Merci." Cracha le mercenaire en réprimant un autre ricanement tout en se dirigeant rapidement vers l'escalier.
"-Pas d'armes dans notre établissement jeune homme." Lâcha la tenancière d'un air sévère. Levant les yeux au ciel, le marche-abysse s'appuya sur la rampe usée de l'escalier et déclara d'un ton sarcastique :
"-Vous avez peur que je réduise en cendre votre bicoque? Si ça peux vous rassurer, ç'aurait été mon but, vous seriez déjà toutes mortes."
La grosse cligna des yeux, puis toussota/ricana, voir même, ricassota.
"-Après tout, tu fais comme tu veux huhu..."
Satisfait, le mercenaire grimpa les dernières marches le séparant de son but, son épée toujours attachée dans son dos. L'escalier menait a...Une porte en bois, fermée. Qu'il ouvrit, bien entendu. Fort peu satisfaite d'être ainsi dérangée, cette dernière protesta en grinçant le plus bruyamment possible. Un long couloir au parquet usé, aux murs rongés par l'humidité et au plafond en parti noirci se tenait devant lui. La seule et unique source de lumière de la salle, une bougie, se trouvait sur le seul et unique meuble, une table en bois de mauvaise facture. Et bien sûr, elle n'éclairait que le début du couloir. "La dernière porte à gauche" "était donc dans le noir complet. Tout comme l'avant-dernière, et l'avant-avant-dernière...Et même l'avant-avant-avant-dernière. D'un pas peu sûr, le mercenaire franchit les premiers mètres le séparant de sa cible sans faire attention aux étranges plaintes venant des pièces environnantes. La grinçante porte derrière-lui se ferma, manquant de le faire sursauter, puis un homme sorti d'une chambre sur sa droite. Bedonnant, souriant et dépourvu de cheveux, le paysan édenté ayant visiblement fini son affaire le fixa quelques instants de son unique œil, puis remit la ceinture de lin qui tenait l'énorme drap de lit lui servant de pantalon. Derrière le gros(sier) personnage se trouvait une jeune fille d'une quinzaine d'année qui tentait d'afficher un sourire ravi en réajustant sa robe trop grande pour elle. Un haut-le-cœur parcouru le corps du chevalier-mercenaire qui continua son chemin en tentant d'oublier cette vision malsaine. Le gros type de son coté se dirigea vers la sortie en rotant bruyamment, prouvant ainsi a tout le monde qu'il était diablement laid, de corps comme d'esprit.
"Dernière porte sur la gauche" se répétait mentalement Gareth en tentant de discerner quelque chose dans le fond du couloir. Un "squik" venant d'en-dessous de lui se fit entendre, puis quelque chose d'aussi gros que rapide détala...Aurait-il par inadvertance marché sur un rat? Qu'importe. Arrivant finalement devant son but, le marche-abysse soupira une nouvelle fois, puis frappa a la porte :
"-Entrez..." Cracha une voix chaude.
Il s'exécuta, tournant la poignée avant de pousser la trop légère porte pour débarquer dans la "chambre" de celle qu'il cherchait. La pièce était...Pauvre. Un lit aux draps gris, un paravent de bois couvert de frusques diverses et variées, une table de nuit chargée de bougies posée à droite du lit précédemment mentionné et un placard ouvert présentant quelques vêtements de faibles factures se voulant aguicheurs comme seul ameublement...C'était peu pour une salle ayant pu accueillir un troupeau de bœuf. Gareth haussa un sourcil en constatant que l'occupante des lieux, une jeune femme blonde uniquement vêtu d'un corset le fixait lascivement, allongée sur le lit.
"-Je peux faire quelque chose pour toi mon beau?"
Le marche-abysse soupira, il avait déjà entendu ça quelque part. Plongeant son regard dans celui d'émeraude le détaillant des pieds à la tête, il lâcha d'un ton sans-joie.
"-Tu es bien Mila?
-Oui...Mais je suis qui tu veux ce soir."
L'intéressé soupira, elle ne l'avait même pas reconnu...Pendant un court instant, le visage angélique de la jeune fille ayant tant échangé avec lui durant la phase la plus difficile de son enfance vint remplacer ces joues désormais creuses, ces impressionnants cernes et surtout, ce triste sourire ornant ses lèvres chargées de bien trop de maquillage.
"-Oh, qu'est-ce que c'est que cette tête?
-Qu'est-ce qu'ils t'ont fait." Cracha Gareth, les larmes aux yeux. A cet instant précis, il était redevenu le gosse triste et faible, sans défense aucune. La courtisane face à lui haussa un sourcil avant d'afficher un air de franche compassion en lui faisant signe de venir s'asseoir.
"-Allons, allons, tu n'es pas venu ici pour être triste non? C'est quoi ton nom?
-Gareth." Lâcha l'intéressé, les bras ballants, incapable de bouger.
Dans la tête de la pauvrette, quelque chose se brisa. Son visage se figea dans une expression de douleur intense, puis des larmes lui montèrent aux yeux.
"-Gareth..."
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Gareth Valmort

Le marche-abysse

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Fiche de Personnage : L'histoire d'une enfance brisée.


MessageSujet: Re: Un léger retard.   Jeu 10 Avr 2014 - 17:55

"-Gareth?..Gareth...Gareth..." Le regard vide, Mila répétait, encore et toujours : "Gareth...Gareth...Gareth." Son maquillage se mélangeait a ses larmes, coulait sur ses joues, s'effaçait."Gareth..." Essuyant frénétiquement ses pommettes, hoquetant entre deux sanglots, elle persistait, assise sur son lit : "Gareth."
L'intéressé, debout au milieu de la pièce, fixait son amie brisée en serrant les poings, le pommeau de sanglot, toujours accrochée à son dos, dégageait des volutes de fumée noire...Tristesse et colère hantait l'esprit de son porteur. Portant ses mains a son visage, la jeune femme cessa ses répétitions pour déclarer d'un ton déchirant :
"-Ils m'ont fait faire des choses...Que je n'aurais même pas pu imaginer.
-Je suis désolé.
-C'est comme ça que ça marche ici, le premier jour, c'est gratuit pour tout ceux qui veulent, alors ils viennent, un par un et..."
Les griffes des gantelets du marche-abysse transpercèrent le cuir de ces derniers...Puis sa peau.
"-Je vais te sortir de là." Lâcha-t-il simplement en se précipitant vers la porte d'entrée. La jeune fille l'attrapa par le bras, le força à se retourner et pleura :
"-Gareth...Où veux-tu que j'aille une fois sortie?"
Le faciès de l'interrogé s'assombrit :
"-N'importe où ! Bon sang tu ne vas pas me dire que tu veux rester dans ce trou à rat, je refuse de croire ça !
-Le maître ne voudra pas...Il aime trop mes services...Il va refuser et me battre en pensant que je t'ai incité a me délivrer, et ensuite...Ensuite..."
Gareth plongea son regard dans celui de la prostitué paniquée, puis déclara :
"-Rien ni personne ne peux imaginer ce que je lui ferais...Si il repose les mains sur toi."
Mila afficha un triste sourire, soupirant en prenant entre ses mains le visage du jeune homme.
"-Tu as tellement changé.
-Nous avons tellement changés..." Corrigea-t-il avant de poser sa main sur la poignée de la porte : "Prépare tes affaires, je vais...
-Une pute dans un bordel n'a pas d'affaire Gareth.
-Tant mieux, ainsi nous voyagerons légers." Conclut l'intéressé en tournant la poignée pour disparaître dans le noir couloir.

                                                                                   **********

Celui qu'on appelait le maître dans le "rat lubrique" n'était clairement pas le porc bedonnant que Gareth s'attendait a voir, non, au contraire.
D'environ un mètre quatre vingt, "Giovan" disposait de bien plus de muscle que de graisse. Assis sur un siège en cuir coutant sans doute plus cher que l'intégralité du reste de son établissement, ce grand blond aux fausses-allures de gentleman l'avait reçu dans son "bureau", lui avait proposé un verre de vin de mauvaise qualité avant de faire plusieurs blagues inutiles sans doute dans le but de détendre l'atmosphère, pour finalement constater que son invité surprise refusait de rire, de s'asseoir ou même de parler. Croisant les jambes d'un air faussement détendu en se fendant d'un demi-sourire dévoilant ses dents blanches, il opta pour une approche plus directe :
"-Bien, que puis-je pour vous mon ami?
-Pourrais-je vous acheter l'une de vos demoiselles?"
L'intéressé haussa un sourcil en posant ses coudes sur son bureau en bois.
"-Acheter?
-L'emmener avec moi."
"Le maître" s'esclaffa, Gareth s'assombrit. Ce rire était encore plus froid qu'un cadavre. Giovan continua durant une longue minute ses sinistres raclement de gorge censés représenter un amusement quelconque, puis il reprit son sérieux, palpa l'une de ses nombreuses bagues, et cracha :
"-Non.
-Pourquoi?
-Je ne vend pas ma marchandise à n'importe qui."
Le cœur dudit n'importe qui avait bien entendu fait un bond à l'entente du mot "marchandise".
"-Pourquoi?" Répéta Gareth en tachant de rester calme.
Les yeux bleus de l'interrogé se posèrent quelques secondes sur l'épée attachée dans le dos de son invité.
"-Et bien parce que, sous votre respect, vous pourriez très bien être un psychopathe a la recherche d'une victime quelconque... Je nourris et, pour les plus jeunes, élève, ces filles, j'y tiens énormément voyez-vous..." Lâcha le blond d'un ton hypocrite.
-Et elles vous rapportent beaucoup, bien entendu.
-Bien entendu." Répéta l'intéressé en élargissant son sourire.
"-Et si je vous donnais beaucoup.
-Combien?" S'empressa de demander le rapace aux yeux bleus.
"-Proposez.
-Hmmm...Que voulez-vous, basse qualité, haute qualité?
-Mila."
Le sourire disparut.
"-C'est bien dommage, celle-ci étant ma favorite, elle n'est définitivement pas à vendre.
-Allons bon.
-Et oui, aussi, si vous n'avez pas d'autres demandes, je me vois contraint de vous dire au revoir." Ajouta Giovan en se levant de son siège pour lui tendre la main. Gareth lui serra. Puis tira. Très fort. Trop fort. Un craquement se fit entendre, le "maître" passa par-dessus son bureau et s'écrasa sur le parquet de la salle. Derrière son agresseur, deux types appartenant à la race des "armoires-à-glaces" débarquaient en trombe, poignards en mains. Ils se calmèrent en constatant que le chevalier avait posé sa botte sur la gorge de leur employeur.
"-Faites un pas. Allez. Faites-moi plaisir.
-'lui faites 'as plaisir...'ougez 'as !"S'égosilla le pauvret en dessous de la botte.
Les deux gros décidèrent d'écouter leurs chefs après un rapide échange de regard. Reportant son attention sur l'otage a ses pieds, le marche-abysse cracha d'un ton hargneux :
"-Alors, Mila vaut plus que ta vie?
-'on...
-Dommage, moi c'est mon cas.
-'es gars 'ont de la confrérie 'es ombres..."
Le visage de Gareth se fendit d'un sourire moqueur lorsqu'il jeta un coup d'œil en direction des deux bras cassés immobiles devant l'entrée.
"-Sans blague, vous faites partie de la confrérie des ombres vous?"
Ils hochèrent la tête.
"-Vous connaissez celui qu'on appelle "chien-fou"? Un grand gars avec la moitié de la face démolie."
Le plus grand hocha la tête une nouvelle fois.
"-On a commit nos premières rapines ensembles. C'est à moi qu'il doit la partie intacte de son visage. Un vieil ami..."
Ils lâchèrent en cœur un hoquet de surprise, puis rangèrent leurs armes et quittèrent la pièce, sans faire attention aux protestations de l'otage mécontent. Gratifiant ce dernier d'un coup de pied particulièrement puissant, le chevalier reprit :
"-Comme je le pensais, malgré tes airs de riches, ton établissement vaut rien, ces deux gars ont même pas voulu prendre le risque de se confronter a un de leurs collègues pour toi... Je ne sais même pas ce qui m'empêche de te saigner ici..." Conclut-il en appuyant un peu plus sur sa gorge.
-'on, 'on ! A'end ! 'e 'e 'a 'onne !"
Retirant sa botte, Gareth gloussa :
"-Tu disais? Je n'ai pas tout compris."
Les yeux exorbités, le maître souffla comme un bœuf durant une dizaine de secondes puis déclara :
"-Je te la donne...
-Je savais qu'on pourrait s'arranger. Redis ça plus fort, histoire que les autres d'à coté entendent. Et prononce bien son nom.
-Oui, je te donne Mila par Solstice !" S'empressa de gueuler Giovan en esquivant un autre coup de pied.
"-Parfait. Maintenant..." Attrapant par le col le maître des lieux pour amener son visage a hauteur du sien, Gareth souffla :"Dis-moi, qu'est-ce qu'une pourriture comme toi pourrait bien mériter?
-Je...Je n'en sais rien..." Bredouilla l'interrogé.
Attrapant le couteau qui pendait à la ceinture de son otage, Gareth déclara d'un air sombre.
"-Moi...moi je sais."
Puis, d'un geste vif, le marche-abysse planta sa nouvelle arme dans l'entrejambe de sa victime, tourna la lame, et remonta cette dernière, toujours plantée dans la chair du pauvret, jusqu'à son nombril. Les cris n'agacèrent étrangement aucune des personnes présentes dans les pièces d'à cotés, pas même les deux gardes précédemment croisé. Même lorsque ceux-ci s'amplifièrent, une fois que l'appareil censé contenir la descendance du pauvret se retrouva à l'intérieur de la bouche de ce dernier. Finalement, son "opération" terminée, Gareth fixa sa victime quelques instants, essuya ses gantelets sur sa veste, puis lui trancha la gorge, le jeta par terre et quitta la pièce. De nouveau dans la salle principale, le marche-abysse salua les deux armoires-à-glaces attendant devant la porte, ne prêta pas attention aux regards apeurés des prostituées les plus naïves et rejoignit Mila, qui l'attendait, assise sur un canapé, une petite sacoche en cuir dans les mains et une robe de lin de simple facture sur le dos.
"-Je ne sais pas si tu approuve ce que j'ai fais, mais sache que tu es libre."
L'intéressée se fendit d'un large sourire, se leva et déclara :
"-Qu'importe ce que tu as fais, j'aurais fais pire. Partons, je ne veux plus jamais revoir cet endroit de ma vie."
Et ils partirent.


Dernière édition par Gareth Valmort le Jeu 1 Mai 2014 - 1:09, édité 1 fois
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Gareth Valmort

Le marche-abysse

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Fiche de Personnage : L'histoire d'une enfance brisée.


MessageSujet: Re: Un léger retard.   Jeu 1 Mai 2014 - 0:46

Assises sur le sol terreux d'un sous-bois, deux silhouettes, face à face, séparées par un feu de camp sur le point de s'éteindre, se fixaient en silence. La première appartenait à un grand homme, solidement bâti, portant une armure et un heaume d'acier, qui aiguisait, plus par habitude que par obligation, son espadon, et la deuxième s'avérait être une jeune femme blonde, au visage creusé par la fatigue et la faim, ayant enroulée une cape brune de faible facture autour d'elle pour se protéger du froid.
"-Où allons-nous?
-Nous allons à Mangor.
-Mangor?
-Un petit village, près de Beolan...Il y a quelques mois, les lames-errantes, les membres de ma troupe, sont venus rendre service aux habitants en brûlant le nid d'une araignée géante...Tu seras bien là-bas."
Cette dernière phrase fit sursauter la demoiselle, elle écarquilla les yeux en sortant un petit peu plus son visage pâle de la cape.
"-Je serais bien? Tu ne reste pas avec moi?"
Long silence.
"-Gareth?!
-Non."
Le marche-abysse attrapa une branche dans le tas de bois sur sa droite, la jeta dans le feu, puis l'observa se consumer sans aucun autre mot. Mila cligna des yeux, sans comprendre, puis se risqua à poser une simple question d'un ton outré :
"-Pourquoi?"
La carcasse de l'interrogé fut prise de soubresaut, un rire fatigué filtra ses lèvres gercées.
"-Des hommes et des femmes comptent sur moi, je suis commandant."
Un vent froid fit frissonner les deux êtres, la plus frêle se rapprocha du feu en reniflant.
"-Emmène-moi avec toi ! Je peux apprendre à me battre et je n'ai pas peur de la douleur !"
Gareth leva la tête, jeta son heaume derrière-lui, jura dans sa barbe puis déclara :
"-Si je t'ai sortie de cette horreur, c'est pour que tu vives Mila, tu comprend ça?
-Oui ! Et je...
-Je veux que tu trouve quelque chose a quoi t'accrocher, n'importe quoi, quelque chose qui te donne envie de vivre. Je veux que tu puisse te regarder dans la glace sans te dire "ce visage est celui d'une tueuse". Et que tu n’ai plus jamais à subir ce que tu as subis. Laisse ceux qui veulent mourir se battre entre eux, veux-tu? Ne me demande pas de te faire rejoindre leur rang.
-Pourquoi je n'aurais pas le droit ? C'est ce que tu as fais, toi !"
L'intéressé secoua la tête négativement et se leva pour se poser au coté de la frêle jeune fille.
"-Oui mais moi, demain, dans cinq ans, dans dix ans, quinze en étant très optimiste, je serais mort ! Je vais mourir jeune, au combat, ou égorgé dans mon sommeil, ça je le sais depuis longtemps, et je ne vais rien laisser de bon derrière-moi..." Il prit le visage de Mila entre ses mains."Je veux que tu vives, que tu vieillisses, qu'au lieu de te faire bouffer par ta haine, comme je l'ai fais, tu sois heureuse. Si tu n'as pas la force de le faire pour toi, fais-le pour moi...Je t'en prie."
Long silence, un autre coup de vent acheva la dernière flamme dansant sur les cendres du feu de camp. Un sourire triste vint décorer le visage de Mila...Qui se mordit la lèvre inférieure en posant sa main sur le plastron du mercenaire, avant de faire descendre cette dernière, doucement...Jusqu'à son entrejambe. Elle susurra :
"-Sans rien laisser derrière-toi? Tu es sûr?"
Le marche-abysse se releva, mettant fin à cette étreinte un peu trop chaleureuse a son goût, puis retourna s'asseoir en face de son interlocutrice, qui le fixa sans comprendre, figée, reprendre l'entretien de son espadon.
"-Dors, je vais monter la garde.
-Gareth je...
-Cette journée n'a pas été de tout repos pour toi, tu dois te reposer.." Coupa-t-il d'un ton froid sans détacher son regard de sa pierre à aiguiser.
Alors, sans un mot, l'intéressée s'allongea sur le sol froid et ferma les yeux, roulée en boule dans sa cape. Peu de temps après, un sommeil agité, loin d'être agréable, l'emportait, laissant ainsi son sauveur seul avec ses doutes, ses craintes, et sa propre fatigue...Et au moment où la fumée noire s'échappant de Sanglot vint l'envelopper pour le bercer de sanglants souvenirs, un grand sourire illumina son visage blasé.

La ténébreuse brume disparue lorsque les premières lueurs d'un soleil paresseux vinrent chauffer la place de leurs camps de fortune. Constatant cela, Gareth se leva, s'étira longuement, puis vint secouer, aussi doucement que possible, le corps de Milla...Qui mit plusieurs minutes avant d'immerger.
"-Quelle heure est-il?" Marmonna-t-elle en se frottant les yeux.
"-Il doit être six heures." Répondit le marche-abysse en attrapant son épée posée sur le sol pour la ranger dans son dos. La jeune femme soupira :
"-C'est étrange, ce tas de feuille sur lequel j'ai dormi me semble vingt fois plus confortable que le lit que j'avais là-bas..."
Ricanement fatigué de la part du mercenaire.
"-Tu as dormi?
-Non, il fallait bien que quelqu'un monte la garde.
-Mais tu vas être un vrai mort-vivant sur le chemin aujourd'hui!
-Non plus." Répéta-t-il."Nous sommes en début de semaine.
"-Et alors?" Manda la demoiselle, légèrement perdue...
Gareth leva la main, lui intimant l'ordre d'écouter..Elle fronça les sourcils, attendit, tendit l'oreille... puis parvint à discerner un grincement...Et des meuglements. Aussitôt, le mercenaire se dirigea vers le chemin à l'orée de la forêt, celui-là même qu'ils avaient quitté le soir précédent pour s'installer en ces lieux, en attrapant par la même occasion son heaume sur le sol humide. Elle le suivit.
Quelques secondes après, le duo se retrouvait face à une charrue dont le chargement était couvert par une toile de simple facture, tirée par deux énormes bœufs eux-mêmes dirigés par un orque avachi sur la banquette avant. L'allure particulièrement nonchalante du type combinée à ses frusques de lins bien trop petites pour lui et à l'impressionnante calvitie dont le pauvre type souffrait manqua de faire glousser Milla, mais elle se ravisa en constatant qu'il les fixait déjà d'un œil mauvais.
"-Hm?" Lâcha l'homme vert, visiblement agacé par cette interruption soudaine.
"-Salut l'ami ! Nous cherchons un...
-Ouai, j'ai compris." Le coupa l'étrange spécimen. "J'passe par les montagnes, 'pis je dépose mon chargement au port de Beolan. Si vous allez par là, montez à l'arrière, calez-vous entre deux poules et faites gaffe à ce que cette saleté de chèvre ne bouffe pas vos vêtements, elle a boulotter toute la manche gauche de mon pantalon, j'ai dû prendre celui de mon beau-frère...
-Meuuuh." Fit remarquer l'un des deux bœufs, content de partager ses profondes réflexions avec de nouveaux amis bipèdes...
Gareth haussa un sourcil. Bien sûr, il s'attendait à voir une ou deux caravanes passer par ici, mais que l'une d'elle soit dirigée par un orque...Il hocha la tête et remercia le conducteur, qui lui répondit en marmonnant quelque chose ressemblant a un "de rien", puis suivit les directives de ce dernier et monta à l'arrière du "véhicule", se cala entre deux cages contenant d'énormes poules, tout en évitant soigneusement celle de l'unique chèvre. Mila le rejoignit aussitôt, le cocher beugla quelque chose, les boeufs, terrifié par l'hurlement du plouc vert, beuglèrent quelque chose aussi en se remettant en marche, et la charrette reprit sa route.
Gareth posa ses pieds bottés sur une pile de cage face à lui, ce qui entraîna un flot de protestations de la part de leurs propriétaires volatiles et ferma les yeux, sans trop faire attention à la chanson agaçante que l'orque à l'avant chantonnait.
"-Tu as l'habitude de voyager comme ça?"
La voix de Mila le tira du demi-sommeil dans lequel il s'était déjà plongé. Sans ouvrir les yeux, le mercenaire répondit :
"-J'avais l'habitude, oui, avant. Cela faisait quelques temps que je n'avais pas employer ce genre de transports.
-J'imagine, tu dois plus voyager à cheval maintenant...
-Oui, et je t'avoue que je déteste ça...Alors durant cette semaine de "vacance" j'ai laissé Dix avec le clan.
-Dix?
-Mon cheval.
-Pourquoi Dix?
-Parce qu'il m'a couté dix pièces."
Mila éclata de rire, un sourire apparut à la commissure des lèvres du marche-abysse.
"-Bon, je vais te laisser dormir.
-Oui, merci bien. Et essaie de t'habituer à l'odeur, on est parti pour deux jours de voyage en compagnie de ces charmantes bestioles."
Mila fit la moue, Gareth ricana...Et s'endormit sans faire d'histoire.
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MessageSujet: Re: Un léger retard.   Mer 4 Juin 2014 - 14:50

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MessageSujet: Re: Un léger retard.   

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Un léger retard.

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