''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 C'est l'histoire d'une chèvre, d'un orque, d'une catin et d'un chevalier...

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Gareth Valmort

Le marche-abysse

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Race : Humain
Classe : Lame noire
Métier : Mercenaire
Croyances : Nihiliste
Groupe : Les lames errantes

Âge : 29 ans

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Fiche de Personnage : L'histoire d'une enfance brisée.


MessageSujet: C'est l'histoire d'une chèvre, d'un orque, d'une catin et d'un chevalier...   Mer 4 Juin 2014 - 14:49

Précédemment

***

"-Gareth, quelque chose ne va pas."
La douce voix tira le marche-abysse d'un sommeil sans rêve. Sans le moindre sursaut, il se redressa, terrifiant par la même occasion une poule qui se précipita au fond de sa cage, tendit l'oreille, suffisamment pour entendre les gras ricanements venant de l'avant du véhicule, constata que ce dernier s'était stoppé...Puis soupira. Mila le fixait, les traits déformés par l'inquiétude. Aucun doute, leur conducteur n'avait pas stoppé ses bœufs pour une simple envie pressante. Soupirant une nouvelle fois, Gareth se leva de son siège improvisé, se fraya un chemin parmi les cages -en prenant soin de ne pas laisser traîner sa cape près de cette fichue chèvre- puis rejoignit en un bond la terre ferme.
"-Reste là." Cracha-t-il, attrapant le pommeau de son épée avant de disparaître du champ de vision de son amie.
Huit pas plus loin, il retrouva leur conducteur orque aux cheveux grisonnants en pleine conversation avec un type en armure de plates, les bras croisés sur son plastron étincelant. Derrière ce dernier, une dizaines d'hommes armés de lames, lances et arbalètes cruellement usés, formaient un barrage bancal empêchant les bœufs de la charrette de progresser sur l'unique chemin de terre présent dans les environs. Le soleil commençait à s'évanouir, la luminosité baissait, et, d'après les collines les entourant, ils se trouvaient quelques part dans les grandes plaines de feleth. Cette dernière constatation l'empli de lassitude, l'orque qui les conduisait n'était apparemment pas un pro de la vitesse.
"-Tiens, mais qui voilà donc !" Lâcha le type en armure, sans faire attention aux dires du peau-verte à ses cotés.
Bon, ce ton condescendant voulait dire ce qu'il voulait dire. Ces types étaient des brigands. Des pillards. Ça se voyait comme le nez au milieu de la figure.
"-Vous pouvez m'écouter quand je vous parle au moins la boite de conserve?!" Cracha l'orque, d'un ton faussement énervé mais réellement inquiet.
Ladite boite de conserve se tourna de nouveau vers l'auteur des précédentes paroles, retira ce casque ridicule, plus semblable a un seau qu'à une pièce d'armure, qui lui couvrait l'entièreté du visage, et lâcha :
"-Mes excuses, tu disais?"
L'intéressé cligna des yeux en détaillant la tête de fouine du type, avec ses cheveux blonds, sa tête carré, son gros nez aplatie, ses gros yeux, son sourire hypocrite et sa moustache mal fichue, il lui faisait penser à son bon-à-rien de patron, et ça...C'était très, très, très énervant. Néanmoins, les deux hachettes pendant à la ceinture de cette sale engeance combiner a sa dizaine de compatriotes empêchait le peau verte d'user de ses poings pour virer cet obstacle de la route. S'éclaircissant la voix, il reprit :
"-J'ai des animaux de fermes et deux amis dans ma charrette, si vous cherchez de l'or ou des bijoux, passez votre chemin, y'a rien de valeur derrière-moi."
Gareth se fendit d'un large sourire, "deux amis", ce paysan prenait consciemment des risques. Être l'ami d'un homme aux allures de chevalier n'était jamais très bon lorsque l'on rencontrait des pillards. Enfin...Jouant le jeu, le marche-abysse fit un pas de plus en direction du duo en mandant aussi naturellement que possible :
"-Y'à un problème vieux?"
L'intéressé afficha un sourire franc et répondit au tac-o-tac :
"-Non, non, ne t'inquiète pas."
Le pillard à ses cotés le corrigea de suite.
"-Si, si. Inquiète toi."
Gareth n'aimait définitivement pas l'air de triomphe qu'affichait ce type. Pas plus qu'il n'aimait la demi-douzaine de nouveaux arrivants qui débarquaient d'on ne sait où pour tourner autour de la charrette.
"-Vous êtes sûr d'être assez nombreux?" Cracha le marche-abysse, plus qu'usé par ce petit jeux.
Le leader abandonna l'orque pour s'avancer vers lui.
"-Je sais pas, tu trouve qu'on est assez nombreux?
-Je mentirais en prétendant que non.
-J'l'aime bien ce gars !" Postillonna l'un des hommes posté devant leur véhicule.
"-Moi aussi." Renchérit un autre.
Le porteur de casque/seau se planta devant lui, le même sourire toujours ancré sur ses lèvres, et posa sa main sur son épaule.
"-T'es bien armé, mais t'as l'air fauché.
-Comme les blés." Compléta Gareth avec fatalisme.
-Ca nous fait un point en commun vieux. Ca te dirais pas de nous rejoindre?"
Un type venait d'entrer à l'arrière de la charrette. Les piaillements et autres protestations animalières ne laissaient aucun doute à ce sujet. Gareth déclina poliment.
"-Nan, désolé, je suis justement en route pour rejoindre mes gars.
-Ah, t'es dans le métier? Je le savais, t'as cette lueur dans les yeux." Continua l'autre, toujours souriant.
On s'attendait un peu à tout sauf à ça.
"-Oh, on fait plus dans le mercenariat depuis quelques temps." Précisa le marche-abysse, un petit peu plus décontracté qu'auparavant.
Derrière le pillard, l'orque paysan s'adonnait à l'activité la plus intéressante des terre de feleth : la contemplation de souliers.
"-Et ça paie bien?
-Ben, comme tu le vois, non."
L'assemblé massée sur la route éclata d'un rire franc.
"-Te remet pas au pillage, c'est pire maintenant."
Nouvel éclat de rire. Le leader gueula en direction des types encerclant la charrue.
"-Alors, quoi de beau?!"
Une voix étouffée, masculine bien qu'un peu fluette, lui répondit d'un ton blasé :
"-Des poules, une chèvre, une blonde maigrichonne et c'est tout."
Gareth ferma les yeux, soulagé de constater qu'ils ne faisaient pas parti de ce genre de troupes assoiffée de sang et de sexe.
"-Bon, laisse tomber, j'ai aucune envie de me coltiner des poulets en cages, le campement est trop loin. Laissez-les passer !" Se penchant vers le marche-abysse, le meneur reprit sur le ton de la confidence, sans faire attention au boucan que faisait ses hommes en s'écartant de la route." L'orque nous a dit que vous passiez par les plateaux de lunes. 'faites gaffe à vous...On en revient et...Tout ce que je peux dire c'est qu'il y a des sacrés tordus dans le coin.
Gareth haussa un sourcil, intrigué :
"-J'n'avais encore jamais vus des pillards aussi amicaux et prompt à donner des conseils."
Son interlocuteur fut secoué d'un rire sans joie.
"-Je crois que j'ai vus assez de cadavre pour le reste de la semaine. Et puis bon, un massacre pour trois poules et une pauvre fille, c'est pour les jeunots en mal de sensations fortes."
Cette fois, ce fut Gareth qui éclata de rire. Pendant que l'orque retournait à sa place, à l'avant de sa charrette, il manda :
"-Comment tu t'appelle ?
-Vickers le sans-nom." Répondit immédiatement l'intéressé, une once de fierté clairement palpable dans la voix.
"-Hé bien Vickers, toi et ta troupe, nous ne vous oublierons pas."
L'intéressé s'éloigna, rejoignant ses hommes d'un pas lent en marmonnant :
"-Tant mieux, tant mieux, ne nous oubliez pas mais évitez de parler de nous, c'est que les forces de l'ordre sont susceptibles."
Gareth le salua d'un signe de main, le sourire aux lèvres, puis reparti à l'arrière de la charrette. Mila se précipita à sa rencontre:
"-Qu'est-ce que c'était que ces types?
-Des pillards." Lâcha-t-il, naturellement, en retournant s'allonger au milieu des cages.
"-Et ils nous laissent passer? Comme ça?
-Ils étaient peut-être fatigués, ou tout simplement lassés des bains de sangs." Argumenta le chevalier, sans y croire lui-même;
-Lassés des bains de sang...Une troupe d'hommes lassés des bains de sangs...Ca existe vraiment?"
Le sarcasme dans la voix de Mila était palpable...En plus d'être compréhensible. Gareth retira son heaume, fixa la toile au-dessus d'eux et se remémora les paroles du dénommé Vickers. Au milieu de toutes ces déclarations amusées, une phrase attira l'attention du chevalier-mercenaire...Pour la simple et bonne raison qu'elle semblait être la seule chose sérieuse étant sorti de la bouche de l'étrange pillard. "Tout ce que je peux vous dire c'est qu'il y a des sacrés tordus dans le coin."
"-Hep, devant !"
La voix de l'orque gronda :
"-Moi c'est Maugr'Ur. Pas "devant".
-Gareth, enchanté. Dis-moi, tu es obligé de passer par les plateaux de lunes?"
Maugr'Ur cracha un ricanement rauque, ou alors toussota, ce n'était pas facile à dire.
"-Ne t'inquiète pas, les rumeurs sur ce coin sont clairement exagérées, j'ai jamais eu de problèmes...
-On vient de manquer d'en avoir de gros."
Le marche-abysse imaginait parfaitement comment leur conducteur avait dû se renfrogner lorsqu'il lui avait coupé la parole. Grommelant quelque peu, l'orque continua :
"-Je fais toujours halte dans un petit village au bord des plateaux, je t'assure, on ne risquera rien là-bas." Il marqua une pause, puis conclut d'un ton ironique." T'inquiète pas, "vieux"."
Gareth ricana en roulant sa cape derrière-lui pour s'en servir d'oreiller.
"-D'accord, c'est toi le connaisseur après tout.
-C'est ça, nous serons arrivés dans moins de deux heures, vous pourrez le constater par vous même."
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MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'une chèvre, d'un orque, d'une catin et d'un chevalier...   Mar 17 Juin 2014 - 11:45

Nulle nappe de fumée ou autre odeur de brûlé ne leur avait mit la puce à l'oreille. Lorsqu'ils l'avaient aperçut, de loin, le village avait eu l'air aussi calme que n'importe quel de ses semblables. Mais, ensuite, plus le groupe s'approchait, moins ce dernier trouvait le silence régnant ici-bas normal. Il ne devait pas être plus de cinq heures de l'après-midi, le soleil était encore clairement visible, pourtant, aucuns rires, aucuns râles, aucun son ne sortait des environs. Les champs environnants ne souffraient d'aucunes présence humaines malgré un ciel sans nuage accompagné d'un vent particulièrement doux et même les animaux semblaient refuser de se manifester. Les boeufs tirant la charrue n'avaient pas l'air particulièrement nerveux, ce qui était un bon point...Mais...N'était-ce pas pour cela que ces pauvres bêtes se faisaient si facilement isoler par les trop nombreux prédateurs de ce monde?
Un nid de poule particulièrement vicieux fit trembler la charrette, dérangé par ces trop soudaines secousses, Gareth manqua de s'écraser sur la cage d'une certaine chèvre boulimique. Milla haussa un sourcil, ricana, puis entreprit de se rendormir en posant sa tête sur ses genoux.
"-Milla." Fit-il d'un ton neutre.
L'intéressée grommela en rouvrant un oeil.
"-Reste éveillée, quelque chose ne va pas...Maugr'Ur !"
Le vieil orque lui répondit, sans chercher à cacher la lassitude dans sa voix:
"-Ouai?
-Ce coin est toujours aussi calme?
-A peu de choses près, y'm'semble.
-Tu es sûr?
-Non, mais on verra bien une fois arrivé."
Gareth soupira. Comment ce type avait pu vivre assez vieux pour arriver ici-bas en faisant preuve d'un tel manque de précaution? Parcourir ces terres, ce n'était que rarement une promenade de santé, ça, le marche-abysse le savait bien...
"-Tu ne veux pas que j'aille vérif..."
Maugr'Ur le coupa aussitôt.
"-Non. Ca ne sert à rien. Si il y a d'autres pillards dans le coin, ils nous ont déjà repérés depuis dix bonnes minutes."
Ce peau-verte n'était peut-être pas si naïf que ça finalement. Ils se trouvaient en plein milieu d'une plaine après tout. Croisant les bras sur son plastron, Gareth marmonna quelque chose dans sa barbe et tenta de patienter du mieux qu'il pu, en plongeant son regard dans celui d'une poule le fixant depuis le fond de sa cage.

****

"-T'avais peut-être raison, l'homme."
La seule et unique chose qui attira l'attention du chevalier, lorsqu'ils dépassèrent la première habitation, fut l'odeur. Une odeur de mort, de cadavres en décompositions, suffisamment forte pour couvrir celles des animaux de fermes l'entourant. Inquiété par cela, Gareth risqua un coup d'œil dehors... Et pu constater que leur moyen de transport s'enfonçait dans ce qu'il convenait d'appeler :  un village fantôme. Les volets d'une baraque à droite de leurs routes n'avaient de cesse de souffrir des caprices du vent, et s'écrasaient sans arrêt contre le mur sur lequel ils étaient attachés. L'intérieur de la bicoque en question semblait vide de vie, malgré le fait que la plupart de ses fenêtres soient grandes ouvertes. Le marche-abysse comprit bien vite pourquoi lorsque l'arrière du véhicule dépassa la porte d'entrée...Ou du moins ce qu'il en restait. Quelque chose l'avait enfoncée...Non, le terme exact était plutôt : Quelque chose l'avait réduite en bouillie...De l'intérieur. De fins copeaux de bois recouvraient le sol à proximité de la bicoque, la plupart ne manquant pas, d'ailleurs, d'être écrasés par les roues à moitié tordues de leurs transports de fortune. Et les yeux fatigués de Gareth crurent discerner, l'espace d'une seconde, dans les ténèbres de cette petite maison de pierre, d'étranges et sinistres visages les suivant d'un regard vide d'émotion.
"-Maugr'Ur..." Risqua encore une fois le mercenaire.
La voix qui lui répondit était désormais pleine d'inquiétude.
"-J'ai des amis ici...
-Maugr'Ur..."
Quelque chose siffla. Un serpent, sans doute. L'odeur de mort se fit plus forte alors qu'ils tournaient à droite pour emprunter la route menant à l'église du village. Milla vint se coller à lui en murmurant quelque chose qu'il n'entendit pas, trop occupé à analyser cet endroit dépourvu de la moindre vie humaine en tapotant nerveusement le pommeau de son épée.
Quelques minutes plus tard, brusquement, la charrette se stoppa...Et leur conducteur éclata en sanglot, sans autre formes de procès.
"-Reste l...
-Non."
Gareth leva les yeux au ciel et sortit en toute hâte du véhicule, suivit de près par Milla, enroulée dans sa cape. Une fois sur la terre ferme, cette dernière fut prise d'un haut-le-cœur particulièrement virulent, chose normale, car cette pestilentielle émanation de mort était assez intense pour le désarçonner, lui, pourtant tant habitué aux batailles et à tout ce qu'elles impliquaient.

Le marche-abysse contourna la charrette, rejoignit l'avant de cette dernière...Puis écarquilla les yeux.

L'église de ce village devait faire dix mètres de haut, une trentaine de long pour environ huit de large. Elle était faite de pierre mal taillée et de bois, rien de bien nouveau pour une bâtisse de ce genre dans un coin si reculé. Et ses tuiles dévorées par la mousse semblaient plus vertes que rouges. Un tableau tout à fait pittoresque. Normalement.
Mais...Maintenant... Ses murs étaient entièrement recouverts de sangs, de membres et de corps.. Là ou les cadavres de deux types bien bâtis dissimulaient le gros d'un pan de murs, des morceaux de nourrissons, plantés ici-et-là à l'aide de pieux en bois taillé à la va-vite, venaient recouvrir les pierres encore plus ou moins saines épargnées par les trop épais macchabées, une véritable œuvre d'artiste psychotique. Les vitres avaient été brisées et on avait installé, à la place de ces dernières, de grossiers barreaux au milieu desquels des têtes dévorées par les mouches pourrissaient au soleil. Un grand saule, poussant au milieu de la place, dépourvu de feuille, complétait ce sinistre tableau en voyant chacune de ses branches alourdies par le poids de dizaines de cadavres pendues par leurs propres entrailles.
Nouveau sifflement.
"-Comment? Pourquoi?" Sanglotait Maugr'Ur en parcourant de ses yeux exorbités cette terrifiante boucherie sans chercher à cacher les larmes couvrant son visage.
Gareth secoua la tête en tentant de reprendre ses esprits, dégaina sa lame et traversa d'un pas lent les quelques mètres le séparant de l'entrée de cette sinistre bâtisse. Une fois arrivée à destination, il poussa du plat de sa lame l'énorme porte en bois pour constater que les bouchers ayant commis ces horreurs, dehors, ne s'étaient pas arrêtés là.
Sur les bancs, sur le sol, contre les murs intérieurs, des corps féminins, nues, transpercés de toutes parts, baignaient dans une énorme marre de sang. Les griffures, morsures et autres brisures dont les pauvres cadavres souffraient mêlés aux mines terrifiés ou honteuses ancrés sur leurs visages en disait long sur le traitements qu'on leur avait infligés avant de finalement les tuer. Le seul corps encore plus ou moins vêtu était celui d'une jeune prêtresse en robe, crucifiée sur l'autel même du dieu qu'elle vénérait...Du sang séché recouvrait ses jambes nues. Gareth détourna le regard en discernant le cadavre d'un nourrisson qu'on avait étouffé avec son propre cordon ombilical sur le ventre de la pauvre femme d'église et n'essaya même pas de faire un pas à l'intérieur de cet enfer.
En ressortant, il manqua de vomir. Puis attrapa par la taille Milla qui voulait entrer à son tour.
"-Tu ne veux pas voir ça, crois-moi, viens, il faut partir, et vite."
A moitié sonnée par cette malsaine œuvre, la demoiselle se laissa emmener sans rien dire. Gareth la traîna derrière-lui, sans la moindre délicatesse, et parcourut aussi rapidement que possible la dizaine de mètres les séparant de la charrette. Une fois arrivé sur place, ils purent constater que leur ami orque ne sanglotait plus. Non, en fait, il ne vivait plus... Trois flèches couvertes d'un étrange liquide verdâtre, du poison sans doute, transperçait désormais sa tunique blanche et son dos. Maugr'Ur reposait sur la banquette avant, la bouche ouverte et des larmes de sangs pleins les yeux, sans doute avait-il été presque soulagé d'échapper a cet horrible village...En tout cas, Gareth l'espérait. Ce pauvre type ne méritait pas ça.
Un troisième sifflement se fit entendre. Ce dernier venait d'en haut, du toit d'une baraque, sur la gauche. Levant la tête, le marche-abysse remarqua du coin de l'œil une forme bossue, quoique assez grande pour le dépasser malgré sa déformation, l'observer en se grattant la gorge à l'aide d'une main humaine...Qui n'était pas la sienne.

Plissant les yeux, le chevalier constata qu'une langue fourchue dépassait des lèvres craquelés de l'abomination, qui émit un nouveau sifflement, bien plus fort cette fois.
En réponse à cela, la cloche de l'église se mit à sonner. Et Gareth comprit enfin à qui ils avaient à faire, en découvrant le symbole peint sur le beffroi : Des ailes aux plumes d'ébènes, un squelette, un serpent noir et blanc se dévorant lui-même et finalement un œil mi-clos, richement décoré...
"-L'ordre du crépuscule." Murmura-t-il pour lui-même, tandis que Milla venait un peu plus se coller à lui.
"-Bienvenue chez nous, messsssssieurs dames !" Siffla l'horreur bossue au-dessus d'eux. Et aussitôt, les deux bœufs tirant la charrette prirent feu tandis qu'une trentaine d'hommes et de femmes en noirs, armés de lames et de pieux, sortaient des bicoques environnantes, accompagnés par de méconnaissables créatures ayant l'air plus mortes que vivantes.

La fumée noire s'échappant de Sanglot enveloppa le poignet du mercenaire.

"-Pourquoi ce village?
-Pourquoi pas?" Cracha la bestiole bossue en rejoignant d'un bond la terre ferme. Les yeux de fous d'un de ses acolytes humains se posèrent sur Milla, et un sourire malsain s'empressa de déformer son visage déjà fort sinistre alors qu'il passait sa langue sur le bord de sa lame recourbée. Une coup de vent plus que bienvenue traversa le village en ne manquant pas de rafraichir le chevalier en sueur. Sans se laisser démonter, ce dernier reprit, espérant gagner quelques précieuses secondes :
"-Et a qui ai-je l'honneur?
-Roderick, messsssire chevalier. Fossssssoyeur au ssssservice de sssssire Teretchenko, lieutenant du grand maître.
-J'ai entendu dire que l'ordre du crépuscule laissait toujours un survivant après ses massacre, je suppose que...
-Ccccc'est déjà fait, il sssss'est enfui il y a deux heures, navré." Le coupa l'autre, sans dissimuler son sourire.
Gareth se tourna vers sa protégée, qui le fixait sans trop comprendre.
"-Planque toi sous la charrette, veux-tu?
-Mais...
-Maintenant !" L'ordre fit l'effet d'une gifle dans la tête de Milla, qui s'empressa de foncer vers l'abri désigné en contournant les cadavres brûlés des deux bovins sans même le faire exprès. Pendant ce temps, Gareth avait traversé les deux mètres le séparant du bossue siffleur, avait enfoncé sa lame dans son abdomen déformé et l'avait projeté sur un type en noirs, sur sa droite. La seconde d'après, ils étaient tous sur lui.
Aberration cadavériques et humains sadiques, mages et guerriers, tous frappaient vicieusement, l'un avec une boule de feu, l'autre avec ses griffes, et la plupart touchaient leur unique cible.

Le marche-abysse hurla lorsqu'un coup particulièrement chanceux transperça son armure pour lui entailler le ventre, puis trancha en deux l'immonde fils de catin occupé à lui planter l'une de ses trop nombreuses dagues dans le dos. Serrant les dents, il sentit ses propres viscères se heurter à l'acier froid de son plastron en manquant de mettre un genoux à terre. Une lance lui transperça les cotes, coupant sa respiration déjà peu régulière, et ressortit de son torse par son nombril. Ceci fait, les tueurs du crépuscule s'écartèrent, laissant leur proie agonisé.

Ce qu'elle ne fit pas.
Toujours debout, Gareth retira à l'aide de sa main libre cette dérangeante lance de son poitrail, déjà particulièrement endommagé, d'un coup sec pour la jeter à ses pieds...Aussitôt, la fumée noire s'échappant sans cesse du pommeau de Sanglot l'enveloppa complètement. A la grande surprise des membres de l'ordre qui échangèrent quelques regards interrogés en fixant le nuage noir. Aucun d'eux ne tenta d'entrer dedans pour aller chercher celui qu'ils avaient blessés.

Ce fut donc ce dernier qui alla les chercher.

Sa première victime n'eut même pas le temps de comprendre ce qu'il se passait. C'était une jeune femme rousse, qui s'étaient elle-même entaillée les joues jusqu'aux oreilles à l'aide d'un couteau rouillé, mais qui, grâce à ses traits fins et ses formes attirantes, conservait tout de même un certain charme... ce qui lui valait bien souvent des remarques manquant de grâces de la part de ses collègues psychopathes. Malgré cela, elle n'avait jamais souffert de discrimination ou d'agression : dans l'ordre, on la considérait comme un tueur normal, qu'importe le fait qu'elle ne soit qu'une femme, qu'elle n'ait que seize ans et qu'elle entende des voix. C'était une bonne chose. Sauf lorsque ses adversaires adoptaient le même style de pensée. Gareth abattit le tranchant de sa lame au niveau des hanches de la demoiselle, la partie supérieur de son corps vola sur quelques mètres avant de s'écraser contre un mur, sa face, si fine auparavant, éclata sans la moindre beauté contre la pierre taillée tandis que le guerrier chauve qui se trouvait, quelques secondes plus tôt, à sa gauche, tentait de retenir le flot de sang ininterrompu s'écoulant de sa carotide désormais à nue.
Un mage invoqua un fouet de feu qui s'enroula autour de la gorge du mercenaire, ce dernier se contenta de ricaner, d'attraper le fouet de sa main libre et de tirer de toute ses forces. Son propriétaire, emporté par son propre sort, vint s'empaler sur le bout de l'épée du marche-abysse qui projeta ensuite son corps désarticulé sur deux archers ayant profiter de ce court moment de répit pour ajuster leurs tirs et le cribler de flèches. L'un d'eux trébucha pour tomber la tête la première sur le trait qu'il avait encoché. Le deuxième, plus agile, sauta sur un toit adjacent au sien, encocha une nouvelle flèche et chercha sa cible du regard...Avant d'entendre la respiration bestiale de cette dernière, dans son dos.
Il voulut hurler, mais son cri mourut en même temps que lui, lorsque la main gantée du marche-abysse traversa son torse pourtant protéger pour en retirer l'un de ses poumons et l'écraser.
Une abomination morte-vivante fit s'effondrer la maison sur laquelle le tueur de son maitre se trouvait, avant d'être sommairement étêté par ce dernier. Trois types en noirs décidèrent d'attaquer l'invincible titan à l'unisson, mais ne parvinrent qu'à se faire tous trancher en deux.

Le combat dura une heure et quatre minutes. Milla avait compté chaque secondes, chaque minutes, en se couvrant les oreilles pour ne pas "trop" souffrir des bruits humides, des hurlements et autres gargouillis n'ayant de cesse de se faire entendre. Durant la première demi-heure, elle avait fixé les planches de son abri improvisé, au-dessus de sa tête, puis un corps lacéré s'était écrasé juste sur sa droite. C'était un jeune homme aux yeux magnifiques, bleu/gris, aux cheveux longs et bruns...Ses traits fins et sa maigreur apparente lui rappelait un type, qu'elle avait déjà vu lors de son ancien "travail". Mais à l'époque, il n'avait pas taillé ses dents en pointes...Si ses souvenirs ne lui faisaient pas défaut, en tout cas. La demi-heure suivante, la jeune fille ne put détacher son regard de celui de ce corps sans vie, dépourvu de bras ou de jambes. Était-ce l'un de ces monstres ayant commit ces atrocités, sur l'église? Il n'avait pourtant rien d'un monstre. Il était même, ça Milla l'aurait juré, plus jeune qu'elle ! Alors comment...

"-Non, je veux pas, je veux pas ! S'il vous pl..." L'ancienne catin ferma les yeux et se boucha de nouveau les oreilles en s'insultant elle-même, a force de se poser des questions, elle avait presqu'oubliée ce qui se passait partout autour. Presque. Un torrent de liquide rouge recouvrit le visage du jeune homme aux yeux bleus/gris, puis un autre corps s'écrasa sur ce dernier. Lui...Mieux valait ne pas le regarder.

Finalement, quelque chose de froid l'attrapa par la jambe et la tira hors de sa cachette. Elle hurla en découvrant le monstre de métal ensanglanté qui la dominait, le plat de sa lame rougie posée sur son épaule droite...Avant de reconnaître l'armure de celui qui l'avait sauvée.

"-Gareth?!"

L'intéressé tomba à genoux devant la demoiselle, retira son heaume et se détourna assez pour ne pas tacher sa robe avec le sang noir qu'il s'empressa de vomir. Elle écarquilla les yeux en remarquant que huit flèches de fer se trouvaient plantées dans le dos du mercenaire.

"-Gareth tu..."
Le marche-abysse se tourna de nouveau vers elle en essuyant d'un revers de gantelet le fin filet de sang coulant de ses lèvres craquelées.
"-Tu n'as rien?" Lâcha-t-il, les dents serrées.
"-Ce n'est pas à toi de dire ça ! Il...Il faut les enlever !" Répondit la demoiselle, incapable de détourner son regard des traits.
L'homme sourit tristement.
"-Superficiel. Aucune n'est dans le cœur.
-Qu'est-ce que tu raconte?!"

En guise d'explication, il saisit une poignée de flèches dans son dos et tira d'un coup sec, sans se retenir d'hurler, puis les jeta au loin.

"-Mon épée, Sanglot. Elle me maintient en vie. Me régénère, ce genre de chose, aha... Dommage, elle fait rien pour la douleur."
Un flot de fumée noire recouvrit aussitôt la partie du dos où les flèches s'étaient logées. L'armure et la peau s'empressèrent de se reformer, à la grande surprise d'une certaine observatrice quelque peu dépassée par les évènements qui resta bouche-bée pendant une bonne minute.
"-Où tu as trouvé cet épée?
-Tu ne veux...Pas savoir." Lâcha-t-il en se relevant difficilement pour entrer dans une baraque encore intacte sans la moindre précaution.
"-Qu'est-ce que tu fais?!
-Je vais enlever les flèches restantes...Et dormir un peu."
Milla se releva...Et balaya la zone du regard. Cette rue n'avait désormais plus rien à envier à l'église à coté. Il y avait autant, si ce n'est plus, de sang. Sans s'attarder sur les détails, elle le suivit en retenant un haut-le-cœur à l'intérieur de la bicoque.


Dernière édition par Gareth Valmort le Mar 2 Sep 2014 - 10:08, édité 1 fois
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Gareth Valmort

Le marche-abysse

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Race : Humain
Classe : Lame noire
Métier : Mercenaire
Croyances : Nihiliste
Groupe : Les lames errantes

Âge : 29 ans

Messages : 35

Fiche de Personnage : L'histoire d'une enfance brisée.


MessageSujet: Re: C'est l'histoire d'une chèvre, d'un orque, d'une catin et d'un chevalier...   Mar 2 Sep 2014 - 5:35

Ils s'étaient remis en route. Purement et simplement. En faisant fi des potentiels survivants, des potentiels effets secondaires de la magie de "Sanglot" et aussi -surtout- des potentiels traumatismes psychologiques que les précédents combats avaient pu laisser au sein de Milla. Cette dernière fixait le sol silencieusement, suivant mécaniquement le chevalier sur la petite route de terre mal-entretenue les éloignant toujours plus de...L'enfer. Devant elle, Gareth marchait aussi rapidement que possible, plus qu'impatient de pouvoir de nouveau se retourner sans craindre d'apercevoir, au loin, les sinistres amis de ceux qui était mort par sa lame. Par trois fois déjà, il avait dû s'arrêter, faire une pause sur le bord de la route, assis contre un bosquet, en attendant que sa protégée le rejoigne. Bien sûr, le chevalier savait que les précédentes scènes l'avaient affectée, bien sûr, Gareth était parfaitement conscient qu'un tel évènement pouvait laisser des traces. Mais...Mieux valait avoir des cauchemars pendant des années que mourir bêtement, égorgé dans la nuit par des membres de l'ordre du crépuscule avides de vengeances.

Le simple fait de se rappeler du nom de cette organisation lui donna la nausée.

Le chevalier secoua la tête, chassant de ses pensées de malsains et trop récents souvenirs de boucheries pour se concentrer sur l'horizon étincelante. Le ciel noir, simplement illuminé par une lune argentée à moitié dévorée par les nuages annonciateurs d'orages, laissait facilement deviner que les sept heures du soir étaient passées depuis un certain temps. Ce qui impliquait que cela faisait bientôt deux heures qu'ils avançaient sans ralentir sur ce chemin caillouteux. Il pouvait presque percevoir la respiration douloureuse et trop irrégulière de Milla derrière-lui, la pauvrette devait être au bord de l'inconscience.
Le temps était peut-être venu de faire une pause. Gareth s'arrêta de nouveau, balaya les plaines de son regard bicolore puis remarqua ce qui semblait être un petit bois au bord d'un tout aussi petit lac. Ca devait être le huitième qu'ils croisaient depuis le début de cette randonnée forcée. La frêle main de Milla se posa sur son épaule.

"-Nous allons monter le camp là-bas. Qu'en dis-tu?
-Je suis...Parfaitement d'accord."Lâcha l'intéressée en dégageant de sa main libre une mèche de cheveux blonds emmêlée par la sueur de son champ de vision.

Le duo quitta la route aussi brutalement et rapidement qu'à l'accoutumée, sans se retourner. Surtout pas. Ils parvinrent au petit bois après dix nouvelles minutes de marches et se posèrent au bord du lac, à l'ombre d'un bosquet. Puis Gareth installa le bivouac sous les yeux fatigués mais néanmoins exorbités de Milla, roulée en boule dans sa cape tachée de sang.
Étrangement, ni la demoiselle, ni le chevalier ne touchèrent aux tranches de viandes séchées leurs servant de provisions.
Les deux jeunes êtres sans enfances échangèrent quelques regards lourds de sens a la lueur de la lune sans un mots et tentèrent de trouver le sommeil une bonne partie de la nuit.

Et lorsque finalement Gareth fut sur le point de trouver ce dernier, le soleil était déjà bien haut dans le ciel.
Constatant cela, le mercenaire se leva avec toute la grâce d'un homme n'ayant pas dormi de la nuit tout en étant couvert de courbatures, vérifia d'un regard las que Milla se portait pour le mieux, constata qu'en plus d'aller bien, cette dernière dormait, il soupira, empoigna sa lame et entreprit de faire le tour des environs.
En longeant le bord du lac, le marche-abysse pu constater assez rapidement que son corps, même porter par la malsaine magie de son arme, disposait tout de même de limites. Ses jambes semblaient marcher d'elles-mêmes, d'insupportable sensations de brûlures parcouraient chacune de ses articulations et la noirceur de ses cernes devaient être particulièrement impressionnantes. En fait, le mercenaire se demandait comment diable l'entièreté de son être faisait pour encore tenir debout.

Prit dans ses interrogations matinales, le chevalier ne remarqua pas tout de suite l'étrange être en noir, assis sur le bord d'un ponton rongé par la végétation au-dessus de l'eau, pratiquer ce qui semblait être l'antique art de la pèche à la mouche. Méfiant, il approcha prudemment de l'étrange type, qui ne semblait, même d'ici, pas bien costaud, en constatant avec amusement que le seau en fer posé sur sa droite était plus épais que lui. Pendant cinq bonnes minutes, Gareth l'observa fixer les eaux sombres sans un bruit, remarqua que ses seuls armes semblaient êtres les trop nombreuses bagues posées sur ses doigts squelettiques et décida, après l'avoir entendu jurer d'une voix cassée en s'écorchant sur on ne sait quoi, que discuter avec lui était peut-être une meilleure idée que simplement l'égorger.
Aussi, Gareth rejoignit la base du ponton, posa son pied botté sur la première des planches et...
"-Bien le bonjour." Lâcha le type, pourtant à une bonne dizaines de mètres de là, sans se retourner.
"-Salutations." Répondit le marche-abysse, quelque peu décontenancé, en faisant un nouveau pas sur la plate-forme.
Un rire étrange venant du tréfonds de la gorge du maigrichon personnage se fit entendre, ce qui eut pour effet de faire sévèrement hausser un sourcil au chevalier, ne freinant pas pour autant son avancée.
"-Vous pouvez rengainer cette arme, vous savez, à moins d'être vraiment en forme, je ne risque pas de vous tuer avec cette canne à pèche." Déclara l'amusé en grattant l'imposante tignasses brunes descendant jusqu'au milieu de son dos.
"-Hm. Oui, pardon.
-Oh inutile de vous excuser, on ne sait jamais sur qui on peux tomber après tout.
-Et d'ailleurs, sur qui suis-je tombé?" La question lui était venu naturellement, et cette dernière avait franchit ses lèvres un peu trop brutalement, mais cela ne sembla nullement décontenancé le brun squelettique qui répondit simplement, quelques secondes après :
"-Un pécheur."
Long silence.
"-Non, vraiment, pécher est mon pécher mignon. Je ne fais que pécher, à longueur de journée." Argumenta l'autre d'un ton enjoué alors que Gareth arrivait jusqu'à lui. Sa phrase terminée, l'auto-nommé pécheur se tourna vers le chevalier, sourit brièvement et plongea son regard d'émeraude dans celui de son interlocuteur pour lui poser une simple question : "Et vous, vous aimez pécher?"
L'intéressé cligna des yeux. Le visage triangulaire de cet homme lui disait quelque chose. Tout comme son étrange sourire. Mais il n'arrivait pas a mettre le doigt sur son identité. Sans doute s'étaient-ils déjà croisés, des années auparavant, sur les routes. Ce n'était pas rare après tout pour quelqu'un qui, comme lui, voyageait beaucoup. Une odeur désagréable vint lui titiller les narines tout en mettant fin à ses réflexions, ça sentait la mort, littéralement ! Le pécheur orienta de nouveau son regard vers le centre du lac :
"-Terrible et nauséabonde odeur n'est-ce pas? J'ai bien peur que cela vienne de moi, hélas. Lorsque je ne pèche pas, voyez-vous, je travaille parmi les corps sans vie.
-Fossoyeur?
-Entre autres." Lâcha l'autre en tirant sur sa canne à pèche pour ramener a lui ce qui semblait être une carpe maigrichonne a moitié empalée sur un hameçon de fortune. Haussant de nouveau un sourcil, le chevalier se posa quelques questions avant de remarquer que le contenu du seau au coté du type brun était bourré de carpe semblables. "Vous n'avez pas répondu a ma question, au passage.
-Hm? Oh non, je n'ai pas vraiment le temps de m'adonner à ce genre de divertissement."
Le pécheur tiqua et se tourna de nouveau vers lui en souriant de toutes ses dents qui, Gareth l'aurait juré, étaient bien plus pointues que la normale :
"-On a toujours le temps de pécher. C'est l'une des choses que notre race maîtrise le mieux." Il marqua une pause."Vous devriez essayer." La seconde d'après, l'étrange type relançait sa prise, toujours bêtement plantée sur son hameçon, dans l'eau.
Nouveau silence.
Cet homme était sans doute très intéressant, passionné par son propre art, mais la lassitude que ressentait Gareth l'empêchait d'apprécier à sa juste valeur cette nouvelle compagnie humaine et quelque peu étrange, aussi, le marche-abysse en vint aussitôt à l'essentiel :
"-J'y penserais. Dites, il y a un village a quelques lieus d'ici et...
-Je sais."Le coupa tout naturellement le type sans quitter des yeux l'eau.
"-Vous savez pour les pillages?" Manda Gareth en rapprochant instinctivement sa main du pommeau de Sanglot.
"-Bien sûr, pourquoi? Vous ne faites pas partie de ces bouchers de pillards tout de même?!"
Le chevalier ferma les yeux et préféra se gratter le dos plutôt que dégainer sa lame.
"-Non voyons.
-Ah. Et bien certes, je sais. Je vais avoir beaucoup de travail d'ici peu, dirons-nous.
-C'est une façon de voir les choses." Résuma Gareth, soudainement blasé.
"-Lorsqu'on travail dans le même milieu que moi, on prend la mort d'autrui d'une autre manière voyez-vous...Oh !"
Quelque chose venait de mordre à l'hameçon, quelque chose de gros. Le pécheur tira, mais pas assez fort.
"-Je me vois dans l'obligeance de demander votre assistance mon jeune ami !"
Gareth s'exécuta, tira sur la canne de toutes ses forces...Et exorbita les yeux.
Ce qui pendait au bout de la ligne, ce n'était pas un poisson, quoique la pauvre carpe préalablement présentée devait désormais être dans l'orifice buccal de la nouvelle prise...Non, au contraire...C'était un lombric à tête noir, assez grand pour faire la taille de la jambe du marche-abysse, qui se tortillait bêtement sous le regard amusé de son pêcheur. L'étrange créature l'était d'autant plus que l'ouverture organique lui servant de "bouche" se voyait garnie de trois rangées de dents étrangement aiguisée malmenant les restes de la carpe pendant préalablement au bout de l'hameçon. Coordonnant leur mouvement avec difficulté, le chétif et le chevalier tirèrent hors de l'eau l'abomination qui se tortilla quelques temps inutilement avant de brusquement cesser tout mouvement.
"-Est-ce mort?" Demanda Gareth, un soupçon de dégoût perceptible dans sa voix.
Avant de lui répondre, le pécheur se pencha vers sa prise et ricana :
"-Je ne crois pas, ces trucs peuvent vivre un moment sur terre, il attend simplement qu'on s'éloigne.
-Et va-t-on s'éloigner?
-Vous oui, sans doute, car bien que ma compagnie soit, je le sais, très agréable, j'ai vus dans votre regard que quelque chose de plus important vous préoccupe." Il marqua une pause, durant laquelle il se redressa pour plonger son regard venimeux dans celui du chevalier : "N'est-ce pas, mon jeune ami?"
Gareth se sentit soudainement mal à l'aise. Avait-il vexé ce pauvre bougre ?
"-Il est vrai, mes excuses."
Aussitôt, le fossoyeur retourna s'asseoir au bord de la plate-forme, sans canne à pèche cette fois. D'un air absent, ce bien singulier personnage fixa les noirs profondeurs du lac avant de conclure leurs conversations en un long discours :
"-Je comprend mon ami, les humains sont ainsi : Pressés, hâtifs, et pour cause : Nous sommes mortels. Passer cinquante ans debout sur cette terre est déjà, pour beaucoup, une bénédiction, alors pourquoi diable devriez-vous vous excusez pour votre empressement? Partez donc, laissez le jeune-vieux pécheur que je suis discuter avec son nouveau lombric de compagnie et vaquez a vos importantes occupations."

Gareth cligna des yeux, salua son interlocuteur et entreprit de retourner au campement. En chemin, il mit en place silencieusement les objectifs de la journée tout en prenant soin de ne pas s'approcher de l'eau. Milla avait été secouée, beaucoup trop pour entreprendre un long voyage aujourd'hui...Et lui-même ne se sentait pas apte à traverser quelques kilomètres de plus à pied. L'heure était au repos. Mais pas ici, d'abord ils devaient trouver un endroit un petit peu plus abrité que les abords de cet étrange lac.

Le vent le tira de ses pensées en portant a ses oreilles un bien étrange son...Etrange mais néanmoins familier. Cela ressemblait a un rire, ou a une quinte de toux particulièrement violente venant de derrière-lui. Il fit volte-face, balaya la zone du regard : Rien n'avait changé. Aucune créature malfaisante ne rampait dans les roseaux, aucun guerriers du crépuscule ne débarquait d'une colline environnante. Non, tout allait bien. Excepté une chose, qui fit étrangement frissonner Gareth : là-bas, sur ce ponton rongé par la vermine, ne se tenait plus aucun pêcheur tout de noir vêtu.

Il accéléra le pas.
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