''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]

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Krieg Cassardis

Grand inquisiteur

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Race : Se prétend humain. (démon)
Classe : Maître-lame.
Métier : Inquisiteur.
Croyances : Solstice paraît-il.
Groupe : Royaume.

Âge : Parfaitement inconnu.

Messages : 15

Fiche de Personnage : Ne crois pas en Lui.
Crois en moi.


MessageSujet: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Mar 3 Fév 2015 - 16:52

Au bord d'un des nombreux chemins menant à la capitale du royaume, l'admirable Madorass, se trouvait un village tout à fait pittoresque nommé Anka. Construit à l'orée même de la forêt des amanites, celui-ci se voyait peuplé de quelques centaines d'êtres sans prétention : Chasseurs, éleveurs et parfois quelques familles de chanceux marchands. Toutes ses baraques de bois et de pierres, aussi vieilles que solides, encerclaient le, très délabré, temple de Solstice dans lequel officiait un trio de prêtres aigris et suspicieux qu'on écoutait, au fil des saisons, de moins en moins souvent. Un village basique donc, qui n'avait jamais fait d'histoire.
En tout cas, jusqu'à maintenant.
"-Je vous écoute, Bourgmestre."
Krieg observait, en souriant, le soleil se coucher depuis l'une des nombreuses fenêtres condamnées de l'église tout en triturant machinalement ses bagues d'argents. Celle du majeur de sa main gauche, représentant un serpent s'enroulant autour d'une pomme, tournait sur elle-même, incessamment, et frappait ses voisines plus petites pour créer un désagréable et constant petit fracas. Une habitude qui ne déstabilisait que les quelques "chanceux" ayant l'habitude d'échanger avec le grand inquisiteur... Et le Maire de village débonnaire qu'était Barnai ne faisait clairement pas parti de ce groupe très restreint.
"-Comme je vous dis, l'inquisitrice Maestaria est venue inspecter le village, il y a deux semaines, suite a...L'incident.
-Mais elle a manqué de discrétion, n'est-ce pas?" Lâcha l'imposteur démoniaque, sans détacher son regard de l'astre chutant derrière les collines. Son hôte clignait des yeux a chaque fois que ses bagues se frappaient, sa nervosité était tellement palpable qu'elle en devenait presque parodique.
"-Oui sire."
Krieg fit finalement volte-face, si brutalement que le prénommé Barnai manqua de reculer. Il l'aurait sûrement fait, d'ailleurs, si l'être derrière-lui ne le terrifiait pas autant, si ce n'est plus, que l'inquisiteur lui-même : Le souriant Haizen était assit sur la table en bois du monastère, occupé a faire tourner sur elle-même une lame atypique et dentelée, son regard plongé dans le vide. Le rictus de joie qui ornait son jeune visage n'annonçait absolument pas de bonnes nouvelles, ça, le maire en était certain, malgré le fait que c'était bel et bien la première fois qu'il rencontrait le bourreau de l'honorable inquisiteur Cassardis.
"-Ainsi, c'est de la faute à cette très chère Maestaria, si vos hérétiques ont prit la fuite?" Conclut Krieg, d'un ton faussement calme, en s'approchant d'un pas de son hôte.
"-Hé bien j..." Les yeux gris de l'inquisiteur se posèrent sur un point invisible, derrière le maire, ce dernier jeta un coup d'œil discret de ce coté-ci avant de finalement répondre :"Oui. Sans vous offenser monseigneur."
Le sourire de l'imposteur démoniaque s'élargit considérablement alors que sa main droite se posait amicalement sur l'épaule du bourgmestre de moins en moins sûr de lui. Ce n'était pas le froid ambiant, la cause de ses tremblements.
"-Ta franchise t'honores, Bourgmestre. N'est-ce pas Orye?"
L'intéressée, assise sur une chaise, les jambes croisées, à droite des deux hommes, hocha la tête en souriant avant de reprendre la lecture de ses notes. Cette jeune femme, greffière de son état, était la seule invitée que le bourgmestre se félicitait d'avoir, ses traits et ses formes ne lui faisaient pas froid dans le dos, au moins.
"-Bien, maintenant récapitules-nous une dernière fois les évènements de cette dernière semaine via un court résumé je te prie."
L'intéressé cligna une nouvelle fois des yeux, fixant son interlocuteur d'un air perplexe avant de s'éclaircir la voix :
"-Il y a moins d'un mois, l'abbé Tairnal a été retrouvé salement assassiné dans la salle où nous parlons en ce moment.
-Et?" Le pressa Krieg en mimant l'impatience.
"-Une semaine plus tard, votre...Ami, Maesteria, prévenu par mes soins et ceux de l'église, prenait la meilleure chambre de l'auberge des sept clous...
L'inquisiteur le coupa.
-Elle n'est pas vraiment une amie, j'étais ami avec sa grand-mère, à l'époque où cette dernière officiait au même poste, en fait." La réflexion, d'apparence anodine, avait été craché d'un ton sérieux, cassant, mais le maire se contenta d'hocher la tête poliment avant d'enchainer.
"-Au moment même où l'inquisitrice Maesteria posait les pieds dans l'auberge, nous apprenions que plusieurs familles supposément suspectes avaient...Disparues. Et que deux des assistants de votre honorable am...Collègue, avaient été égorgés dans une ruelle.
-Supposément? Développe, veux-tu?"
Court silence. Le bourgmestre avala sa salive en clignant une nouvelle fois des yeux a l'entente d'un énième cliquètements de bagues. La main toujours posée sur son épaule, Krieg le fixait, souriant, en se délectant de la crainte qu'il trouvait dans ces yeux de veaux.
"-Hé bien..." Se lança Barnai."Votre réputation vous précède bien souvent et...Vous ne pouvez nier le fait d'être intimidant, mon seigneur. Je connais Marla et sa famille depuis vingt ans, et ils n'ont absolument pas l'air d'hérétiques. Peut-être ont-ils eut simplement peur? Les vôtres portent beaucoup d'armes et..."
Comme c'était joliment tourné, bien qu'un peu répétitif. L'imposteur démoniaque serra un peu plus l'épaule de son hôte avant de déclarer d'un ton grave.
"-L'hérésie. La menace intérieure, est ainsi, bourgmestre. L'hérétique n'a rien à voir avec le monstre ou le pillard. Il n'est pas comme eux, incivil et belliqueux, non. L'hérétique est tout ce qu'il y a de plus humains, de plus aimable, en apparence du moins. Mais...Malheureusement...Le mal qu'ils cachent aux yeux des autres, parfois sans même se l'avouer eux-mêmes, n'est que pure infamie. Celui qui fuit est déjà coupable, bourgmestre, souviens-t-en toujours."
Nouveau silence, brisé par le raclement des bagues. Le visage et la voix de Krieg reprirent leurs airs détachés habituels alors que ce dernier déclarait :
"-Bien, la jeune Maestaria a-t-elle laissé, comme nous lui avions demandé, les noms des dix-huit disparus avant de commencer la traque dans la forêt?"
Le maire, qui avait du mal a se remettre du discours et surtout, du regard de son seigneur, cligna trois fois des yeux avant de déclarer :
"-Oui Sire, dans la chambre que j'ai pris soin de vous réserver, se trouve la liste ainsi qu'une carte qui vous mènera à son campement."
Quelqu'un, dans la pièce, laissa échapper un petit ricanement. Le bourgmestre pensa tout de suite au souriant Haizen, et sans doute avait-il raison. Mais ce n'était qu'un détail, contrairement à la déclaration qui suivit :
"-Mon fils. Nous allons laisser la jeune Maestaria tenter de racheter son erreur sur le terrain pour nous concentrer sur l'intérieur de ce village, pour l'instant du moins. Mes ouailles et moi allons étudier la question, longuement, puis nous allons interroger les proches des disparus et nous allons obtenir des réponses. Si, à n'importe quel moment, tu ressens un doute quelconque ou même, simplement, le besoin de te confier, tu pourras faire appel à Orye, Haizen ou moi-même. Comprend-moi bien, mon fils. Le meurtre d'un homme d'église comme ce regretté Tairnal est un crime odieux qui mérite un juste châtiment. Mais le fait que dix-huit des tiens se soient enfuis simplement en apprenant que notre chère inquisition venait frapper à vos portes annonce quelque chose de bien plus sombre encore. Nous devons savoir de quoi il en retourne, aussi, les jours qui vont suivre, peut-être même, les semaines, risquent d'être éprouvants pour certains d'entres-vous alors...Vraiment, mon fils, n'hésite pas à venir me faire part de tes doutes à n'importe quelle heure, du jour, ou de la nuit. M'as-tu entendu?"
L'intéressé, incapable d'articuler quoique ce soit, se contenta d'hocher gravement la tête en évitant le regard scrutateur de son invité. Krieg, lui, se contenta de marquer une courte pause, durant laquelle il abandonna une nouvelle fois son sourire, puis, après avoir amicalement taper l'épaule du bourgmestre, s'étira en déclarant :
"-Bien, Orye, Haizen, nous sortons."
Les deux intéressés se levèrent de concert pour rejoindre l'inquisiteur, qui se dirigeait déjà vers la sortie, abandonnant ainsi, sans le moindre au revoir, ce pauvre benêt de maire.
Une fois la double porte d'entrée en bois usé du temple franchie, une bourrasque glaciale s'empressa d'accueillir le trio, soulevant brutalement les capes de chacun pour dévoiler les ceintures d'armes qu'ils portaient. La place de l'église était relativement vide, deux vieillards, assit sur un banc, échangeait quelques banalités à l'ombre d'un énorme chêne, plusieurs fois centenaire, dominant de sa hauteur la plupart des baraques environnantes aux tuiles verdies par la mousse. Faisant fi du mauvais temps et du ciel, de plus en plus sombre, couvert de nuages annonciateurs d'orages, le trio remonta silencieusement la large rue menant au nord du village dans le but de rejoindre l'auberge des sept clous où attendait les membres moins importants de la suite inquisitoriale. L'établissement avait été fermé, par ordre de Krieg en personne, pour que tout ses hommes puisse s'établir en son sein et se préparer confortablement avant de commencer la traque. L'aubergiste, très civil, leur avait confié la clé avant de s'en aller dormir chez un ami de sa famille sans émettre la moindre remarque. Un bon point.
"-Regardez ces culs-terreux, ils sont terrifiés. Ils n'ont rien, mais ils ont quand même peur de tout perdre. Les porcs qui grandissent dans leurs propres merdes et qu'ils égorgent pour se bâfrer par temps de fêtes me semblent plus dignes de confiance que le plus innocent des enfants de ce village. Écœurant."
Court silence, le trio laissa passer une charrette pleine de vide, tirée par une mule anorexique, avant de reprendre sa marche.
"-Maestaria est une incapable, je n'ai nulle confiance en ces maigres capacités. Lorsqu'elle reviendra bredouille de sa traque, ce sera à nous, mes enfants, de montrer, a elle et a ce village de primates arriérés, ce qu'est la véritable inquisition." Ils empruntèrent une ruelle, sur leur droite, depuis laquelle on pouvait parfaitement voir l'enseigne de l'auberge visée. "Procédure habituelle. Orye, trouve les noms et les adresses de tout les proches des dix-huit suspects, fais en une liste compacte, puis confie cette dernière a Haizen. Haizen, tu sais ce qu'il te restera a faire après cela. Je veux savoir où ils se sont réfugiés, si un culte hérétique ou une base rebelle a été dressée dans le coin sans que nous en soyons informé. Je veux tout savoir. Que Solstice vous garde."
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MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Jeu 5 Fév 2015 - 23:13

Il est de très nombreuses choses qu'Haïzen, a part si on lui demandait, n'avouerait probablement jamais. D'autres dont il n'est même pas au courant, alors même qu'elle le concernent de manière très intime. Et d'autre encore qu'il répète et répète, même s'il n'y croie pas. Mais enfin, il y a des choses qu'il dit, répète, répète encore, et encore et encore, sans jamais cesser un instant d'y croire. Et le fait qu'il adorait voir son patron travailler, même s'il ne le disait pas souvent, était un fait qu'il n'avait jamais pu contester. Le grand inquisiteur, en effet, était tout de même d'une efficacité remarquable avec ses "suspects", et avait le don, par son seul rang, couplé à son comportement, de faire trembler les plus aguerris. Et pour ce faire, il avait tout un répertoire de petites techniques toutes aussi redoutables les unes que les autres, dont il ne faisait ni un usage trop constant, ni pas assez. Le coup des bagues faisait partie de ces classiques indémodables dont le riffleur était friant. Pas spécialement qu'il aimait le son du métal qui s'entre-choque en continue, mais ... Les tics extérieurs, lorsqu'on les remarque, ont toujours leur petit effet. Quelqu'un qui s'ennuie pourrait bailler, taper du pied, jouer avec quelque chose ... Pour quelqu'un en colère, il pourrait faire les 400 pas, parler de manière brusque et sèche, se torturer les doigts ... Mais dans le cas de l'inquisiteur, dont la noble figure n'était déformée par aucune expression, c'était légèrement différent. Ce dernier affectait de faire preuve de patience, là où on lui annonçait qu'un prêtre avait été tué, que 18 battaient la campagne, et surtout qu'une de ses subordonnées était une incompétente. Il ne laissait pas le ton monter, se montrait clair, concis, presque charmant. Presque. Mais aux yeux de n'importe quel badaud, il apparaissait pourtant comme un être des plus dangereux : vu le pouvoir dont il disposait, une seule de ses colères pouvait signifier, pour la cible de ladite colère, le bûcher. Et n'importe quel badaud devenait donc instinctivement méfiant. Au point de surveiller tout signe pouvant trahir l'énervement du grand inquisiteur. Et des bagues qui s'entrechoquent en permanence, c'est un signe qui est très compliqué à rater. Et probablement la preuve que l'inquisiteur était très énervé. Et le fait que le bougre-mestre avait très peur de la colère du représentant de la religion qui lui faisait face était non seulement évident a constater, mais également très drôle, aux yeux du bourreau, qui se contentait d'écouter sa voie trembler en tripotant, un peu par réflexe, son épée.

Sautant de la table où il se trouvait à l'appel de son nom, il se dirigea vers la sortie au côté de la très jolie greffière avec laquelle il avait l'habitude de travailler, et profita de son passage a côté du maire du village pour lui tapoter doucement l'épaule. Ce dernier sursauta et observa le bourreau, blême, portant une main au cœur. Le pauvre, il ressemblait à une tomate trop mûre sur le point d'éclater si on la pressait. Littéralement. Faisant un petit signe de la main avant de reculer, se retourner, et sortir de l'église, le bourreau rangea sa lame à sa ceinture, la pendant au crochet de boucher qui s'y trouvait, sous sa cape, et donc hors de vue. Car, même si ils avaient à peine terminé leur voyage, et même si ce dernier ( comme tout déplacement de personnes importantes ) demandait quelques précautions d'usage, il n'était pas bon de montrer à la belle populace que les représentant de l'église pouvaient manier pareil style d'arme ... Ou d'outil de jardinage.

Regardez ces culs-terreux, ils sont terrifiés. Ils n'ont rien, mais ils ont quand même peur de tout perdre. Les porcs qui grandissent dans leurs propres merdes et qu'ils égorgent pour se bâfrer par temps de fêtes me semblent plus dignes de confiance que le plus innocent des enfants de ce village. Écœurant.
Avec tout le respect que je vous dois, inquisiteur, je pense que vous avez tords sur ce point.

Le bourreau ne poursuivit pas sa phrase, laissant passer la charrette de même que ses deux compagnons, avant de poursuivre sa route jusqu'à l'auberge, devant laquelle ils marquèrent une pause.

Ce sont ... "de braves gens". Ils sont "modestes". Ils "travaillent dur pour gagner leur pain". Et ce pain qui pourtant ne les maintient en vie que quelques jours de plus, ils essaient de le garder le plus longtemps possible. C'est vrai, ils ont des toits sur la tête ... Ils ont du travail. Ils ont quelques biens éparses, hérités d'une quelconque grand-mère ou de l'arrière grand oncle ... Ils ont des liens. Avec leurs amis. Leurs familles. Leurs enfants. Le bourreau marqua une pause à ce dernier mot, laissant son sourire s'élargir. Depuis quelques instants déjà, ses dents semblaient étinceler à la lumière pâlissante du soleil, et ses yeux renvoyaient un éclat particulièrement lumineux. Ce dernier cessa cependant assez vite, alors qu'il se tournait vers ses deux confrères de l'inquisition pour reprendre. Il y a donc des choses, réelles et tangibles, qu'ils peuvent perdre. Et ils ont très peur qu'on leur arrache. Hum. Hin hin hin ... Parmi ces choses qu'ils possèdent, il y a bien sûr des ongles et des dents, également ... Mais c'est une autre histoire. Orye, je vous souhaite une chasse fructueuse, mais ce voyage m'a fatigué et je pense ressortir me dégourdir les jambes, dès que j'aurais posé quelques affaires dans ma chambre. Ce endroit tout a fait calme et tranquille me donne une folle envie d'y mettre le ... Hum ... Disons, de gratter un peu sous la surface, afin de voir si je peux aussi glaner quoi que ce soit. A tout à l'heure, je devrais revenir pour l'heure du repas.

N'attendant pas de réponse - sa collègue le connaissait de toute manière probablement assez pour savoir que,  quoi qu'elle réponde, il se contenterait d'un signe de la main par dessus l'épaule et poursuivrait tranquillement sa route -, il se retourna vers l'auberge, dans laquelle il s'introduit, monta à l'étage en quelques instants, et toqua à la porte de la 3ème chambre sur la gauche. Un homme, légèrement fatigué, vint lui ouvrir.

Messire Haïzen? Vous ... cherchez quelque chose?
Mhhh ... Oui, ma chambre. Vous m'avez l'air fatigué mon pauvre Hubert.
J'ai très mal dormi cette nuit, et les chevaux ne se sont pas montrés faciles à contrôler durant le voyage .. Votre malle a été installée en face par les deux soeurs, je crois qu'elles sont toujours dans la chambre.
Sur la droite, bien sûr ... Merci mon bon Hubert, et reposez-vous un peu.

Refermant la chambre et s'introduisant dans celle d'en face - sans frapper cette fois - , le bourreau y trouva sans surprise Lipra et Nepra qui, sous leurs amples capuchons, s'affairaient à mettre l'endroit en ordre. Retirant sa large cape pour la poser sur la poignée de la porte, il observa avec attention l'environnement dans lequel il allait passer les prochains temps. Certains auraient dit "pittoresque". Lui? "pitoyable". La pièce, assez modeste, n'était meublée que d'un large lit double, d'une table de travail, de 3 coffres que le bourreau avait emporté avec lui, et d'un ancien - et très confortable - fauteuil, dans lequel le rouquin s'affala sans même prendre la peine de demander la permission. Il se tourna vers la plus petites des deux, sifflant entre ses dents. 3 paires d'yeux verts sur les 8 se tournèrent vers lui, les deux derniers cachés par la frange noire de la demoiselle.

Personne n'a vu votre visage, que ce soit dans ce village ou dans la suite?
Un hochement négatif de tête lui répondit.
Vous avez bien vérifié qu'absolument tout le matériel était là?
Nouveau hochement de tête, positif cette fois, suivit d'une série de signe.
Comment? Ah, oui, ma surprise ... Oui, vous m'en aviez parlé ... Je ne suis pas sûr de vouloir l'ouvrir tout de suite, sinon je vais avoir envie de l'essayer "illégitimement". Ce serait dommage. Il n'y a pas d'autre meuble? Non? Hum ... Remarque. Vous prenez le lit toutes les deux, ce truc a un je ne sais quoi qui m'appuie sur certains points du dos de manière délicieuse. Je pense que ce sont des ressorts. Enfin, en tous les cas ... Le bourreau se releva, et posa son épée, les chaînes qu'il avait par dessus la ceinture, le crochet de boucher, deux couteaux et sa pierre a affûter sur la table pour se débarrasser un peu. Après un petit temps de réflexion, il reprit la pierre a affûter, et se saisit, dans sa malle, de son hachoir de boucher dont il examina le fil. Je vous laisse pour la soirée, tentez de ne pas faire trop de bazar. Donc pas de grabuge si vous allez dans un bar, et pas trop de toiles quand je reviens, capicho? C'est trop peu peuplé ici, si quelqu'un disparaît, il y a peu de chances que ce soit discret ... Oui Nepra? Oui, vous feriez mieux de rester dans la chambre, en fait. Bon, je serais de retour dans quelques heures, prenez soin de vous ...

Il ne prit pas le temps de regarder derrière lui en disant ces mots alors qu'il franchissait la porte, passant le manche de son hachoir dans sa ceinture. Descendant l'escalier du bâtiment sans précipitation, mais sans plus de discrétion, le bourreau fit un petit signe de main aux personnes présentes dans la grande salle pour éviter d'avoir à leur parler en simulant un "salut", avant de pousser la porte de l'établissement et de s'engager dans la rue. Le ciel, décidément de plus en plus couvert, annonçait clairement l'orage pour dans quelques minutes. Ne prêtant nulle attention à ce fait, ni à celui qu'il était presque torse nu à part la capuche qui n'ornait pas sa tête, le rouquin se frotta les cheveux, et se mit à marcher, laissant ses pas le guider au hasard dans les rues crasseuses. Au détour d'une rue, il demanda a une jeune femme qui récupérait son linge en train de sécher où il pourrait trouver un bûcheron. N'écoutant la réponse que d'une oreille, il se perdit malgré les indications très claires qu'on lui avait fourni, et tourna en rond pendant un certain temps avant de finalement apercevoir l'enseigne de l'établissement qu'il convoitait. Toquant à la porte, il ouvrit cette dernier et entra dans ce qui ressemblait a ... Un atelier? Une boutique? Un peu les deux visiblement. Un homme sortit du fond de la salle, derrière un fatras d'objets en bois de toutes sortes, et l'accosta.

Bien le bonsoir! Que puis-je faire pour vous?
Bonsoir ... J'ai dû me tromper, je cherchais un bûcheron ...
Vous avez tapé à la bonne porte, vous êtes dans ce qu'on appelle ici la "famille du bois"! Nous sommes tous un peu bûcherons, mais nous travaillons également le bois que nous ramenons nous-même, moi et mes frères.
Ah, c'est donc cela ... Vous en avez de grosses quantités, en stock?
Ma foi, le village sera à l'abris d'une pénurie cet hivers, pourquoi? Vous n'êtes pas d'ici, rassurez-moi? Je ne suis pas familier, et pourtant je connais presque tout le monde ...
Oh, le nom de la région d'où je viens ne vous dirait rien, non.
Enchanté en ce cas. Je suis Oliver Axleur, le cadet des 5 frères.
Ravis de l'apprendre ... J'aurais ... Besoin de peut-être 4 à 5 stère de bois.
4 à 5 stères? Et bien, vous comptez vous chauffer longtemps ma foi. Mais, vous avez emménagé dans le village?
Oh, non, pas vraiment. Vous pourriez venir avec moi deux minutes?

Le menuisier ( c'en était probablement un, à moins qu'il ne soit charpentier, ébéniste, tonnelier ou ... empailleur de chaises ) afficha une mine surprise, mais obtempéra, suivant le bourreau à l'extérieur de la boutique. Ce dernier, faisant quelques pas, désigna d'une main le clocher de l'église, que le bûcheron observa sans grande surprise : il connaissait bien le village où il vivait, après tout.

Le temple de solstice ... Je ne suis pas expert en tout ce qui est structure, mais, il est clairement enfoncé, non?
Hélas ... L'humidité n'a pas fait de cadeau aux poutres, en effet. Il mériterait quelques rénovations, en effet.
Et pourquoi n'ont-elles pas été effectuées?
Et bien, les prêtres n'ont pas les fonds pour cela, et ils ne nous ont jamais demandé ... Vous aviez dis que vous vous appeliez ...?
Le bourreau retrouva brusquement le sourire en se tournant, tendant la main vers le bûcheron pour lui serrer : Excusez-moi, je dois être distrait. Haïzen, bourreau au service du grand inquisiteur Krieg Cassardis.

Le nom fit blêmir le "brave homme", qui serra la main de son vis-à-vis sans réellement parvenir à cacher son petit sursaut de recul. Le rouquin se demanda un instant si il avait vraiment les dents si pointues, avant de relever les yeux vers l'église.

Et ... je ... Je suppose que vous me demandez tout ce bois pour réparer la charpente de l'église, justement?
Aaah, mon ami ... Nous vivons une période sombre. Une période où la sœur trahis le frère, où le fils voit son père mourir sans pouvoir l'assister, et où notre foi est ébranlée à chaque parole.
Oui, rien qu'il y a quelques semaines, un moine a péri ... Pauvre frère Taimal.
Vous êtes fichtrement bien renseigné, Olivier.

Le bûcheron tenta de sourire, mais la peur donna à ses lèvres un léger tremblement qui le rendit plus ridicule à observer qu'autre chose. Au bout de quelques instants de ce spectacle, le rouquin éclata de rire, détendant l'atmosphère et son vis-à-vis, avant de lui tapoter l'épaule.

Je ne fais que plaisanter, bien sûr. Mais c'est la raison même de notre présence ici, en réalité, a moi et l'inquisiteur. Ce dernier a la lourde tâche, comme vous le savez, de juger ceux et celles dont la foi ... Fait un écart. Et j'applique les sentences, puisque telle est ma terrible tâche ...
Ce doit être un pénible labeur ...
Oh, ce n'est rien d'être la main de quelqu'un, et d'exécuter entre autres les ordres. Non, ce qui me ferait peur, ce serait d'être la tête ... D'avoir à trancher. De savoir qui mérite quoi ... Et de "juger" de la foi d'inconnus. C'est terrible, mais des voisins jaloux vous dénoncent comme hérétique, quel moyen avez-vous de prouver le contraire?
Et bien, ma foi ...
Une réponse admirable mon jeune ami, mais votre foi est compliquée à observer, et il en va de même pour beaucoup de monde ... Dites-moi, ces 4 stères de bois ... Vous pourriez me les faire déposer sur la place de l'église, lorsque je vous le demanderais?
Heum .. disons que je ...
Si l'argent vous pose problème, demandez à monsieur l'inquisiteur. Il doit avoir de quoi vous payer : ce n'est pas mon cas, alors que pourtant, ce bois m'est indispensable pour mon travail ...
Et bien ... Je ... C'est entendu ... Mais ... Votre travail? Vous ne .. Réparez pas l'église?
Mon cher Olivier, si vous et vos frères aviez la bonté de vous en charger, ce serait proprement formidable. Il est indigne, lorsqu'on en a les moyens, de laisser le temple de solstice devenir la maison des rats et du pourris. Mais, voyez-vous, le bois que vous me livrerez aurait plutôt intérêt à être du bois de chauffage ... Ou des jeunes pousses, du bois vert. La combustion est plus lente. Voyez-vous, j'aime prévoir à l'avance lorsque j'ai besoin de faire un gros bûcher ...
U-un b-b-bûcher? M-mais ...
Oui, voyez-vous, plusieurs personnes on pensé que fuir l'inquisition était une manière singulièrement plaisante de lui faire accueil dans votre belle cité. Je préfère toujours prévoir le pire, et ne pas avoir à vous demander de bois du tout, plutôt que me retrouver à devoir manier moi-même la hache alors que je pourrait me contenter d'allumettes ... Encore merci pour votre contribution, elle sera grandement appréciée, soyez-en certains.

Tapotant une dernière fois l'épaule du bûcheron - qui devait faire bien 20 cm de plus que le bourreau - avec un énième sourire, le rouquin se détourna et reprit sa petite marche de santé, continuant d'observer les alentours. Les hommes effrayés étaient des créatures si malléables ... Il suffisait de trouver les bons individus. Ceux qui n'avaient pas la conscience tranquille. Ou ceux qui n'étaient, de toute évidence, pas taillés pour le combat. Ou encore simplement faire planer sur la tête d'un pauvre hère la menace d'être jugé par un serviteur immortel du seigneur. Tant de techniques différentes pour s'amuser des autres ... Le riffleur ne cessait de s'émerveiller de leur efficacité, pourtant. Quelques gouttes se mirent, assez rapidement, à tomber sur le sol et sur lui, signe assez objectif du début d'une averse qui allait probablement durer quelques temps ... Mauvais, ça. Remettant le bandeau vert qu'il avait dans les cheveux en place, le bourreau remonta un peu la rue, et s'arrêta devant une maison. Cette dernière n'avait rien de particulier : une fenêtre était simplement ouverte sur la cuisine, au rez-de-chaussez. Par ce temps, les habitants allaient être trempés. Si il y avait des habitants. S'approchant lentement, le bourreau passa sa tête par la fenêtre, observant l'intérieur de la cuisine. Pas un bruit. Pas âme qui vivait. Et le plancher de bois s'était déjà légèrement gondolé, ayant visiblement subit à plusieurs reprises l'outrages des eaux. Une voie ancienne et féminine tira le bourreau de sa contemplation, le faisant se reculer, et se retourner vers la maison d'en face.

Il n'y a plus personne ici, jeune homme ...
Navré de l'apprendre, mais ... Pourquoi donc?
Les mortchellis ont fuit l'endroit et se sont réfugiés dans la forêt en même temps que les autres, pour échapper au passage de l'inquisition, à ce qui se dit .. vous n'êtes pas de la région?
De passage, seulement. Un couple?
Une famille, vous voulez dire! Même les deux enfants ont fuit ... Pauvre petite rebbecca, elle qui n'a que 7 ans ... lâcha la vielle avec un soupire, accoudée au rebord de sa fenêtre à elle.
Ils ont une enfant ? Parfait ...
Pardon?
Oh, je pensais à voie haute et je disais : "prendre une enfant avec eux? Les fous" ...
Pourquoi dites-vous cela? Vous auriez préféré qu'ils la laisse derrière?
Par solstice, oui! Sous la bonne garde d'un adulte de confiance, bien sûr, mais tout de même. Une enfant de cette âge, fuir dans la forêt? Elle n'a rien à y faire, bon sang. J'espère de tout cœur qu'il ne lui arrivera rien ...
A qui le dites-vous ... Pauvre Rebecca. Comme si elle craignait d'être accusée d'hérésie ...
Oui, comme vous dites ...

Saluant la vielle femme d'un nouveau signe de la main, le riffleur parvint à dissimuler son rictus le temps de pivoter pour repartir, se baissant légèrement vers l'avant et enfonçant ses mains dans les poches de son pantalon. Une enfant. Ils étaient partis avec une enfant. Et cette idiote de Maestaria qui ne les attrapperait probablement jamais quand même ... S'ils avaient avec eux une enfant, ils étaient ralentis. Et s'ils étaient ralentis ... S'ils étaient ralentis ...

Il faudrait qu'il pense à prévoir un bûcher "junior" un de ces jours, aussi, pensa-t-il alors que l'auberge des 7 clous apparaissait dans son champs de vision.
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Orye Svarnakovak

Lame du Solstice

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Race : Mi démone - Mi élue
Classe : Ninja
Métier : Greffière inquisitoriale
Croyances : Dieu du solstice
Groupe : Royaume

Âge : 25 ans

Messages : 23

Fiche de Personnage : Pour le Solstice!


MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Dim 8 Fév 2015 - 15:03

Orye relisait sagement ses notes tandis que le Grand inquisiteur jouait avec ses bagues et qu'Haizen... Faisait ce qu'il faisait toujours. La greffière observa quelques instants le bourgmestre lorsqu'ils sortirent, analysant chaque détails.

Une fois dehors, elle fit une révérence à Krieg.

- Il sera fait selon votre volonté, grand inquisiteur.

Elle laissa partir Haizen, ce dernier allant surement préparer la suite des événements. Quand à elle, elle déposa rapidement ses affaires dans sa chambre avant de partir pour faire son travail, son arme à la ceinture. Elle se rendit jusqu'à une petite bâtisse, et frappa à la porte, attendant. Une vieille femme lui ouvrit et esquissa une drôle de grimace en voyant la jeune femme et les motifs sur sa cape.

- Bonjour paysanne... Orye Svarnakovak, je suis ici au nom du Solstice.
- Oui... Oui je sais qui vous êtes ma dame, veuillez entrer je vous prie, si vous avez la moindre question. Mon mari et moi avons toujours été de bons croyants...
- Cette info ne m'était pas nécessaire, évidemment que vous l'êtes.

Elle entra dans la demeure, laissant l'odeur de paille entrer dans ses narines. La médiocrité des habitations locales donnaient envie à la greffière de tout brûler. Elle alla s'asseoir sur une des chaises, vérifiant auparavant si cette dernière n'allait pas s'effondrer sur elle même.

- Bien. Où se trouve votre mari?
- Il est allé pécher il y a une heure, il ne devrait pas tarder.
- Splendide. Asseyez-vous, je n'ai pas besoin de lui pour vous poser quelques questions.
- Mais, c'est mon mari et je...
- La foi est commune à chacun de nous, n'ayez crainte, vos paroles seront aussi entendues que les siennes. Comment-vous appelez-vous?
- Sonya.
- Bien Sonya, pouvez-vous me parler de votre fils, de ce qu'il faisait, et des raisons de son départ avant notre arrivée?

Elle écouta la vieille femme parler, notant chacun de ses mots sur un papier qu'elle replia par la suite et rangea. Il n'y avait rien de transcendant dans le récit de la vieille paysanne, mais il fallait bien commencer quelque part. D'après la mégère, son fils aurait suivi sa promise, et ne serait jamais revenu. Il était plus qu'évident qu'il s'agissait d'un mensonge, car les affaires du gamin étaient encore présentes dans le fond de la chaumière.
Observant la porte qui s'ouvrait doucement, un large sourire s'étira sur les lèvres de la greffière lorsqu'elle vit le mari entrer.

- Bonjour. Orye Svarnakovak, je suis ici au nom du Solstice.
- Que... Chérie qu'est-ce que?
- Ma dame ne veut que nous poser quelques questions mon amour.
- Oui... Cela n'est que dans le but de récolter des informations, et d'innocenter votre enfant. Je suis sûr que vous êtes des croyants fidèles... Sonya, pouvez-vous me laisser avec votre mari s'il vous plait?
- Je... Très bien, il sera fait selon votre volonté.
- Naturellement.

La vieille femme quitta la pièce, tandis qu'Orye décroisait les jambes, alors que l'homme s'asseyait en face d'elle. Elle recroisa ses jambes dans l'autre sens, se penchant en avant pour accentuer sa poitrine. L'homme loucha en direction de cette dernière ce qui étira un sourire à la greffière, qui se redressa ensuite pour commencer à noter.

- Bien. Commençons. Comment vous-appelez vous?
- Thomas. Thomas Bernarac ma dame.
- Bien Thomas. Nous savons que vous n'êtes pas hérétique n'est-ce pas?
- Pour sûr non!
- En ce cas, pouvez-vous me parler des activités de votre fils? Des raisons qui l'ont poussé à fuir le village?
- Je n'en sais franchement rien pour être honnête. Il avait sa fiancée et il est parti il y a quelques lunes avec elle...

Elle se leva, et alla s'asseoir sur le rebord de la chaise de Thomas, passant ses mains dans ses cheveux tout en tenant une broche dans sa bouche. Elle attacha par la suite sa tignasse avant de se pencher vers lui et de lui murmurer à l'oreille.

- Allons... Vous ne mentirez pas à l'inquisition hum?

Elle laissa sa main courir le long de son torse tout en descendant.

- Dîtes la vérité, ce sera beaucoup plus... Agréable.

Il déglutit et après quelques instants, la fixa et déclara.

- D'accord d'accord. Notre fils est parti hier, en direction du rocher solitaire. Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il veut! Je le jure sur le Solstice.
- Voila qui est mieux.

Elle tapota son menton et se releva, ordonnant à la vieille de rentrer de nouveau. Elle observa le couple quelques instants, relachant de nouveau ses cheveux et lançant sa broche, frôlant la gorge de Sonya et la plantant sur un tableau dans le fond de la pièce, en plein milieu du visage qui était représenté.

- Ce sera tout pour moi. Cette broche indique mon passage et vos aveux, laissez là ainsi, et vous ne risquez pas d'être jugés hérétiques.

Elle quitta la chaumière et se dirigea vers la bâtisse soupçonnée suivante. Elle rentra après plusieurs heures à l'auberge, saluant le Grand inquisiteur. Quatre maisons sur six avaient été marqué d'une broche, et deux d'un couteau de lancer.

- Voici mes rapports sieur Cassardis. Libre à vous de les lire ou non. Sachez que quatre familles peuvent être soumises à une visite plus accentuée de l'inquisition, ou bien à une "fouille". Deux des autres habitations néanmoins peuvent quand à elles être soumises à l'Ordalie. Le choix est votre.

Elle le salua de nouveau, et alla se poser sur une chaise, relisant quelques notes prises plus tôt.
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Krieg Cassardis

Grand inquisiteur

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Race : Se prétend humain. (démon)
Classe : Maître-lame.
Métier : Inquisiteur.
Croyances : Solstice paraît-il.
Groupe : Royaume.

Âge : Parfaitement inconnu.

Messages : 15

Fiche de Personnage : Ne crois pas en Lui.
Crois en moi.


MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Ven 13 Fév 2015 - 5:44

Le gamin n'avait pas vraiment de nom. Son père avait disparut a la guerre et sa mère était morte en lui donnant la vie. Les plus immoraux villageois avaient récupérés les économies, les champs et la maison de sa famille, en oubliant trop souvent de nourrir le dernier représentant de cette dernière. Le froid et la faim avaient été ses seuls amis au début de sa vie. Puis, sa sale frimousse et ses bras de moineaux s'étaient mis à attirer la sympathie des vieilles et des vieux du coin, seuls êtres daignant encore baisser les yeux dans sa direction.
En échange de quelques piécettes, les anciens lui avait confié quelques petites missions, s'occuper des poules, des porcs, des animaux qui, durant toute son enfance, avaient passés leurs temps à le terrifier ou le mordre. Mais ces piécettes ne lui permettaient pas de s'acheter autre chose que deux ou trois malheureux repas. Aussi n'avait-il jamais pu passer un hiver au chaud, sauf quand le gros Barnai lui ouvrait la porte de sa grange, bien sûr.
Le gamin n'avait pas vraiment de nom, que des surnoms : "Le rat", "siffleur", pour les autres gosses c'était "La guigne", parce que, selon certain, il transmettait sa malchance a quiconque lui adressait la parole.
Une vie misérable, pourtant, "Le rat" n'en gardait aucune rancune. Après tout, il était en vie, ce n'était pas rien.
"-Siffleur? Est-ce bien ainsi que l'on te nomme?"
L'intéressé, les manches de sa veste de lin retroussées, occupé à vider une caille anorexique, leva la tête en direction de son interlocuteur en soufflant sur une de ces fichus mèches de cheveux n'ayant de cesse de se poser devant ses yeux. L'homme qui avait prononcé son nom n'était pas d'ici, ça se voyait. Il avait une sale balafre a la place de l'œil droit, c'était un guerrier, ou quelque chose comme ça, au teint pâle et aux dents blanches. Personne n'avait les dents blanches ici.
"-Siffleur, oui, c'est mon nom." Bredouilla le gamin sans quitter des yeux la longue lame qui pendait sur le flanc du type.
"-Je m'appelle Spencer. Je suis au service du très honorable Krieg Cassardis, grand inquisiteur."
"Le rat" gratta sa tignasse pleine de poux de sa main gauche tout en tendant celle de droite à son nouvel ami Spencer.
"-Enchanté, moi c'est Siffleur. Ou le rat. Enfin tu sais..."
Court silence. Spencer, après une courte hésitation, prit dans sa main gantée celle que le gosse braquait vers lui pour la serrer doucement.
"-Mon seigneur t'invite à sa table au début de la prochaine heure, Siffleur. Viendras-tu?"
Un seigneur l'invitait à sa table? Lui? Mais enfin, pourquoi? Il n'était rien !
"-Je...Oui?
-Mon seigneur en sera ravi. Tu sais où est l'auberge? Le gamin fit oui de la tête. Parfait, Sire Cassardis s'est établi là-bas, tu n'auras qu'à frapper et dire qui tu es, on te conduira à lui."

***

"-Voici mes rapports sieur Cassardis. Libre à vous de les lire ou non. Sachez que quatre familles peuvent être soumises à une visite plus accentuée de l'inquisition, ou bien à une "fouille". Deux des autres habitations néanmoins peuvent quand à elles être soumises à l'Ordalie. Le choix est votre."
Krieg, assit à sa propre table, feuilleta négligemment le rapport de sa subordonné en laissant apparaître un discret sourire de satisfaction sur son visage usé. Cette jeune fille était décidément pleine de ressources. Plus que ses parents d'ailleurs, si ses souvenirs étaient bons. Son sourire gagna en largeur à cette pensée. Sa main blanche caressa le papier un court instant, puis il cracha un mot :
"-Ordalie."
Orye se trouvait dans le dos de l'inquisiteur, assise sans doute, juste à droite de la cheminée de pierre au feu mourant de la chambre, à gauche des liasses de livres et de rapports éparpillés sur le sol près du lit où l'imposteur démoniaque se reposait. Elle était dans son dos, le visage dissimulé par les ténèbres ambiantes dû aux volets fermés, et pourtant...Pourtant, Krieg savait que la jeune femme souriait.
"-Je te laisse t'en occuper ma chère. Haizen questionnera les quatre autres maisonnées. Je suis sûr qu'ils nous apprendront beaucoup de chose. A condition qu'ils gardent leurs langues, bien sûr. Il passa sa langue sur ses dents avant de poursuivre :Laisse-moi maintenant, je dois accueillir une âme égarée."
La jeune femme s'exécuta, trop discrètement pour que son supérieur puisse même s'en rendre compte. Le sourire de ce dernier ne quitta pas ses lèvres pour autant et, après s'être lentement levé de son siège, l'inquisiteur entreprit avec amertume d'ouvrir les volets de sa chambre.

***

"-Siffleur."
Le grand type ouvrit la porte de l'auberge des sept clous pour le laisser entrer. Siffleur avait déjà mit les pieds ici, deux fois, lorsque le gérant, le vieux Ab', avait eu des problèmes de rat, il les avait chassé, et en échange, il avait eu un pain entier et un nouveau surnom. Son préféré. "Le rat". Le gamin aimait bien ces bestioles.
"-Suis-moi petit.
Ce grand type, c'était pas le même que tout à l'heure. Pas Spencer. Spencer était borgne et chauve, celui-ci ressemblait plus à un domestique, ou quelque chose comme ça, avec ses poches sous les yeux, ses vêtements tâchés de boues et ses cheveux gras. Il lui ressemblait plus donc, du coup, paraissait, aux premiers abords, nettement moins impressionnants.
Siffleur suivit l'étrange domestique a l'intérieur de la taverne. Au rez-de-chaussée, il y avait juste quatre types en robes et en pleine discussion, apparemment sérieuse. Autour d'eux, il y avait beaucoup plus de papiers que d'habitude et beaucoup moins de pichets. Triste constat.  Et lorsqu'ils grimpèrent les marches grinçantes de l'escalier menant à l'étage, le gamin crut voir des paires d'yeux inhumains le guetter depuis la porte entrebâillée d'une chambre...Puis la porte se ferma violemment, et son guide s'arrêta devant une autre, au fond du couloir.
"-Mon seigneur? Le petit Siffleur."
Une voix étouffé répondit :
"-Qu'il entre, seul."
Le sans doute domestique hocha la tête avant de prendre congé, abandonnant le gamin devant l'intimidante porte dévorée par la vermine. Siffleur avala sa salive, sans pour autant entrer. Il ne savait pas trop quoi faire, quoi dire, une fois à l'intérieur. Et l'idée de redescendre les marches quatre à quatre pour finir de dépecer sa caille fit plus que lui effleurer l'esprit. En fait, le jeune homme s'apprêtait à prendre la poudre d'escampette au moment où l'unique obstacle le séparant du seigneur l'ayant invité s'ouvrit de l'intérieur. Un grand homme, usé par les années, aux cheveux blancs et au sourire bizarre se trouvait dans l'entrebâillement désormais...Et il lui tendait la main.
"-Tu es siffleur? Krieg Cassardis, inquisiteur."
Le gamin serra la main du démon sans rien répondre, puis ce dernier lui fit signe d'avancer :
"-Entre mon fils, entre."
Celui qu'on nommait "Le rat" s'exécuta d'un pas hésitant...Avant de s'émerveiller en découvrant la table se trouvant au beau milieu de la salle. Ou plutôt, ce qu'il y avait dessus. Des pommes, une dinde encore fumante, de la confiture et du pain ! Ses yeux s'embuèrent de larmes alors que le gant noir du propriétaire se posait sur son épaule.
"-Installons-nous, je suppose que tu as faim?"
Et ils s'installèrent. Chacun à un bout de la solide table en bois. Le rat, prit d'assaut par la nourriture autour de lui, ne savait plus où donner de la tête et n'attendait plus qu'une chose : L'autorisation de manger. Son hôte, quant à lui, les mains croisés sur la table, ne dirigeait ses yeux gris uniquement dans sa direction. Un silence gênant s'installa a l'instant même où le gosse s'en rendit compte. Puis Krieg le brisa en déclarant :
"-Quel âge as-tu?
-Douze ans. Je crois." Lâcha l'intéressé, pas vraiment sûr de lui.
Le démon fit mine d'être impressionné en ouvrant de grands yeux, puis continua :
"-Douze ans ! Je t'en aurais donné quatorze !"Siffleur sourit à l'entente de cette réflexion, même si il ne savait absolument pas à quoi pouvait bien correspondre "kathoreze"."Tes parents doivent être fiers de toi, pas vrai?
-Ils sont morts." Lâcha le gosse, tout naturellement, sans lâcher la cuisse de poulet sur sa droite du regard.
Cette réponse ne déstabilisa nullement Krieg, qui enchaina :
"-Oh, alors...Qui s'occupe de toi?
-Moi."
Le sourire bizarre de l'inquisiteur s'agrandit un peu plus.
"-Toi? Seulement? Ça doit être fatiguant. Mais je vois que tu as faim, mange voyons."
Ses mains crasseuses se jetèrent en premier sur le pain, comme si c'était le seul aliment que son organisme de serf pouvait digérer. Siffleur en engloutit une bonne moitié aussi rapidement que possible, puis il tenta le poulet, non sans manquer de s'étrangler. L'inquisiteur l'observa sans bouger, sans quitter une seconde son sourire bizarre. Puis, alors qu'il s'apprêtait a prendre une deuxième cuisse, le gosse risqua quelque mots :
"-Tu manges pas?"
L'intéressé émit un rire sec ressemblant à un toussotement désagréable avant de répondre :
"-Je préfère la viande rouge à vrai dire, mais je t'avoue, je n'ai pas très faim.
-Ah."
Court silence. Deux bagues s'entrechoquèrent.
"-Il t'en a fallut du courage pour grandir tout seul, tu dois en savoir des choses.
-Ouaip." Avoua l'innocent en croquant dans un énième morceau de pain.
Nouveau choc de bagues.
"-Tu voudrais savoir comment manger ainsi plus souvent?
-Ah oui !"
Le gosse souriait béatement maintenant, bien.
"-Alors, c'est simple mon fils. Tu dois juste répondre à quelques questions, tu dois y répondre franchement. Des paroles de bons croyants contre de la bonne nourriture, cela te va?"
Hochement de tête.
"-Parfait. Tu as remarqué la disparition de plusieurs familles, ces dernières semaines?"
Le gamin se renfrogna aussitôt. Pas l'inquisiteur. Ses bagues s'entrechoquèrent une nouvelle fois.
"-Cette mine à l'air de vouloir dire "Oui". Qu'est-ce qu'il y a?
-Ils sont parti dans la forêt, je voulais aller avec eux, parce que j'aime bien la forêt. Mais ils m'ont chassés en disant que j'allais leur porter la poisse.
-Alors ça c'est vraiment méchant. Lâcha Krieg, sans pour autant se débarrasser de son sourire.Mais tu sais où ils sont partis?
-Oui, oui.
-Tu peux me le dire?"
Court silence.
"-Non."
Cling, les bagues.
"-Pourquoi?
-Ils m'ont dit de rien dire, sinon ça allait mal se passer pour moi."
Krieg mima un air compatissant en s'amusant à regarder le moucheron en face de lui s'empêtrer dans la toile luxueuse qu'il lui avait tissé. Pendant un court instant, ni lui, ni le gosse, ne cracha un seul mot. Puis le grand inquisiteur s'éclaircit la voix pour continuer :
"-Tu as peur ?
-Un peu, je veux pas que ça se passe mal pour moi.
-Et si je te dis que si tu accepte de coopérer, ça se passera mal pour eux?"
Court silence, le gamin releva un peu la tête, visiblement décidé, puis répondit :
"-Ca veux dire quoi, coopérer?"

Le rat sorti de la chambre de l'inquisiteur une heure plus tard avec, dans un petit sac fournit par son nouvel ami, du poulet et un pain. Il descendit les marches quatre à quatre en souriant, content de sa rencontre, en espérant, a la fois vivement et naïvement, revoir le seigneur Krieg ces prochains jours. Puis, une fois en dehors de la taverne, le gosse retourna vider sa caille. Spencer l'observa de son œil unique courir dans la rue, depuis la fenêtre du rez-de-chaussée, puis grimpa a l'étage pour tomber nez à nez avec le seigneur Cassardis, visiblement occupé à épousseter son manteau.
"-Sire?"
L'intéressé haussa un sourcil.
"-Ma chambre empeste le gueux. Cracha l'inquisiteur, d'un ton neutre, avant de retrouver son sourire. Mais l'entretien s'est bien passé. Il nous guidera après le retour pitoyable de Maesteria. En attendant, dis aux domestiques de faire quelque chose contre cette odeur et...Ah oui, préviens Haizen que nous avons de potentiels hérétiques à interroger, la liste d'Orye est dans ma chambre, a gauche, tout en haut de la pile la plus proche de l'entrée."
Spencer hocha la tête, et se déporta sur la gauche pour que son chef aigris puisse descendre à son tour.
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Haïzen Piker

Le rouge

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Métier : Bourreau au service de l'inquisition
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MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Mer 18 Fév 2015 - 22:03

Hey, lâche mon col ! Laisses-moi passer!
P’tit gars, de nous deux, ce n’est certainement pas toi qui vas donner les ordres, et encore moins gagner niveau force physique, alors arrêtes de te débattre.
J’veux pas ! Laisses-moi !

Le riffleur laissa échapper un soupire, avant de bander légèrement les muscles de son bras, et de tracter le petit garçon vers le haut, le soulevant à une hauteur suffisante pour le regarder dans les yeux.

Juste une question. Ton sac. Il sent la bouffe.
… Et ? J’ai rien volé !
J’suis tenté de te croire, vraiment. Mais, j’ai quand même un sérieux doute, et je pense que tu n’es pas le genre à pouvoir te payer de la viande.
L’inquisitueur Cassal .. Carassal …
Carassadis.
Oui, voilà ! Lâches-moi maintenant !
C’est le grand inquisiteur qui t’as laissé ce repas ? Mais tu aurais dû le dire tout de suite.. Comment tu t’appelles, gamin ?

Laissant l’enfant doucement descendre, le bourreau prit même la peine de mettre un genou à terre pour l’observer droit dans les yeux, un sourire naissant sur son visage. Au départ légèrement énervé, mais aussi un peu intimidé, l’enfant finit par renifler en serrant le petit sac de toile contre lui.

On m’appelle le siffleur. Ou le rat. Ça dépent.
« Le siffleur » … Enchanté, je suis le riffleur.
C’est quoi un riffleur ?
Oh, ça ne s’utilise peut-être pas ici, c’est un nom qu’on donne à mon métier dans la région d’où je viens. Le bourreau, si tu préfères.

Anka n’étant pas une grande ville, elle ne disposait d’aucun « Auxiliaire de justice », comme on les appelait poliment : c’était celui d’une grande ville adjacente qui s’occupait des tâches … Pénibles, se déplaçant souvent spécialement pour l’occasion. Et comme la criminalité n’était pas très élevée, ce dernier ne s’était pas présenté dans la petite bourgade depuis bien longtemps. Cependant, même sans en avoir vu un de ses propres yeux, et même sans personne pour l’éduquer correctement, le siffleur avait entendu parler des bourreaux. Il savait quel était leur « métier ». Et ça expliquait probablement pourquoi cet homme portait des crochets et un large hachoir à la ceinture. Déglutissant, il hocha doucement la tête en regardant le rouquin, se sentant prit au piège.

Siffleur, je tiens à m’excuser.
T’excuser?
Oui, te demander pardon. Je pensais que tu étais juste un petit voleur, qui avait fauché une partie de mon repas de ce soir … Tu comprends pourquoi ça ne me mettait pas de bonne humeur. Je suppose que tu es copain avec monsieur l’inquisiteur, maintenant ?

La seconde d’hésitation sur le visage du gamin tira un sourire au bourreau. L’idée qu’il puisse sérieusement envisager que le grand inquisiteur puisse être « amie » avec une vermine dans son genre était touchante. Risible, mais touchante.

Je crois, oui.
Splendide, lâcha le bourreau en complétant intérieurement par un “Tu es plus stupides que je ne le pensais », alors ça veut dire que toi et moi aussi, nous sommes amis.
Vraiment?
Bien sûr. Tous les amis de Mr. Carassadis sont mes amis. Et en tant qu’ami, je tiens à te faire un petit cadeau.

En silence, le bourreau passa une main dans son dos, et dégaina très lentement une fine lame d’acier, qu’il tendit au gamin. Ce dernier fit des yeux tellement ronds qu’on se demandait s’ils pouvaient sortir de son crâne et se mettre à rouler tout seuls. De tels cadeaux, pour lui ? C’était probablement plus que tout ce qu’il avait reçu depuis sa venue au monde …
C’est …
Oh, pas grand-chose. Mais manger sa viande en étant oblige de la couper avec les dents, c’est mal, et je ne peux pas laisser un ami dans cette situation … Gardes-le bien, et si jamais tu as des soucis ou que tu veux chasser, il peut peut-être t’aider.

Se relevant en regardant le gamin qui tenait le couteau entre ses doigts comme une pierre précieuse, le bourreau eut un ricanement, lui tapota la tête, avant de se retourner pour finalement entrer dans l’auberge. « Corrompez-les jeunes, et ils deviendront bien pire une fois adultes ». Et ce n’était pas Ory qui le contredirait sur ce point …


Bien … Thomas, je crois?
C’est cela.
Bien, Thomas, cela fait bien 20 minutes qu’on papote gaiement comme deux vieilles dames à l’ombre d’un saule, et pourtant j’ai l’impression irritante que nous … N’allons nul-part, tous les deux. Tu vois ce que je veux dire ?
Je ne sais pas … Je vous ai dis tout ce que je savais, vous savez.
Je sais. Et pourtant. Lipra ?

Le rouquin, qui se frottait le visage d’une paume, cessa, et tendit ladite paume vers le ciel, au-dessus de son épaule. S’avançant silencieusement dans le dos du bourreau, son « assistante » déposa dans sa main ouverte un couteau, dont la lame légèrement dentelée renvoyait des reflets ternis à la pâle lueur de la bougie qui éclairait la pièce. Thomas tenta de saisir ce qui se cachait sous l’ample capuche brune, mais ne saisit que les quelques mèches de cheveux noirs qui en dépassaient. Rien de bien concluant, en somme. Par contre, le couteau l’inquiétait. Non sans raison.

Heum … Vous …
Connais-tu le jeu du couteau, Thomas?
Je … Ca dépent lequel ?
Précisément. Résumes-moi encore une fois la situation, que j’avise.
Et bien, je … Comme je l’ai dit à votre collègue un peu plus tôt, mon … Mon frère est parti dans la forêt, il y a quelques temps de cela, alors qu’on annonçait la venue d’une inquisitrice en ville, suite au meurtre du frère Thobias. J’avais bien remarqué un comportement suspect, mais je n’aurais jamais soupçonné Henri d’hérésie … Et il aimait bien le père Thobias.
A n’en pas douter. Bien, pour ce qui est du jeu du couteau … Le jeu est simple. C’est deux idiots, qui sont chacun l’un en face de l’autre, avec une table au milieu. L’un a un couteau dans les mains. Comme ici.
Mais nous ne sommes pas des idiots …
Moi je sais que non … Mais je sais également qu’il est stupide, sinon très dangereux, de mentir. Et se mettre volontairement en danger étant idiot, ça l’est donc doublement.
Heum … Bien sûr …
Je vais donc déterminer si l’un de nous deux est idiot. Si jamais, a un moment où un autre, tu te sentais … Brusquement revenir quoi que ce soit à propos de ton frère, je suis toute ouïe. Mais, essayes de ne pas me surprendre … J’ai besoin de concentration.

Prenant le poignet du jeune homme qui lui faisait face, le bourreau tira légèrement dessus, le forçant à mettre la main à plat sur la table. Tapotant doucement sur ses doigts avec sa lame, il lui fit comprendre d’écarter les doigts, avant de lâcher un « Bien. »

Les règles sont simples. Je vais lever ce couteau, et l’abaisser. La pointe est sensée retomber entre tes doigts. Sensée, c’est un jeu d’adresse. Mais ne t’en fais pas, j’y joue assez souvent, et j’essaye d’arrêter l’alcool : je n’ai pas pris plus de 4 verres de rhum au cours de l’après-midi. Tu es prêts, Thomas ?

[color=#338899]Je … Sommes-nous … Vraiment obligé de jouer ? A ce jeu-là ?[color=undefined]
Oh ? Non, non, pas vraiment … Mais si tu ne coopères pas, crois bien que je vais être obligé de te considérer comme un suspect.

Le jeune homme, qui avait déjà retiré sa main de la table, déglutit. Une goutte de sueur, que le bourreau observait de manière intense depuis tout à l’heure, coulait le long de la barbe de quelques jours qui lui couvrait la mâchoire. Derrière le bourreau, une des deux sœurs tendit brusquement une chaîne, dont les maillons émirent un cliquètement distinctif. Des fers. Pas le genre de fers qu’il suffit de maltraiter légèrement pour pouvoir s’en débarrasser. S’ils avaient étés de ce genre, le bourreau aurait vu nombre de ses prisonniers s’enfuir sous son nez. Thomas évalua probablement ses chances. Le bourreau se trouvait entre lui et la porte. Et entre le bourreau et la porte, se tenaient les deux « assistantes », qui n’avaient pas dit un mot depuis qu’elles étaient entrées … Il ne savait pas pourquoi, mais il se sentait presque aussi mal à l’aise à l’idée d’être entre les mains du bourreau qu’à celle d’être à la merci de ces demoiselles …  Au bout d’un long moment à peser le pour et le contre, le jeune homme reposa sa main sur la table, écartant bien les doigts en déglutissant. Le bourreau, qui observait le fil de sa lame comme si rien de tout cela ne le concernait, finit par lever les yeux, un sourire radieux naissant sur son visage.

Tu veux bien jouer, finalement ?
Je … Je ne … Oui. Vous … Jouez souvent ? A ce jeu ?
Seulement quand je suis à peu près sobre.

Le bourreau ricana, rire qui fut reprit par le jeune paysan en face de lui. Peu importait qu’Haïzen boive comme un trou ou pas. Peu importait qu’il ait, ou pas, prit 4 verres de rhum dans l’après-midi, alors qu’elle touchait à sa fin. Peu importait qu’il menace, de manière à peine voilée, le jeune gueux de le torturer de bien horrible manière. C’était un bourreau. Un représentant de l’église. Et thomas, un gueux. Et si face à ce gueux, le bourreau riait, il fallait rire. Il le fallait. Le couteau se leva lentement, pointe vers le bas, alors que le riffleur posait son coude sur la table de bois. Thomas, ne supportant pas la pression, ferma les yeux, en récitant entre ses dents une prière à chaque dieu qu’il connaissait pour qu’on épargne sa main. La lame se planta dans le bois avec un bruit sec. Rouvrant l’œil, le paysan faillit laisser échapper un remerciement. Mais la lame se leva de nouveau, avant de s’abaisser, se plantant ailleurs dans la table. Puis, de plus en plus rapidement, le bourreau, dont la concentration pouvait se lire sur son visage, se mit à lever et abaisser le bras à grande vitesse, plantant la lame dans la table avec un « toc » régulier, changeant à chaque fois d’interstice pour l’endroit où se logeait sa lame. Si au début, le paysan avait eu la moindre once d’espoir quant à la sécurité de sa main, cette dernière s’était évanouie face à la vitesse à laquelle le couteau montait et descendait, inlassablement. Le rouquin tira la langue, au paroxysme de sa concentration. Thomas s’était mis à prier entre ses lèvres, regardant le reflet flou d’argent qui frôlait ses doigts, menaçant à tout instant d’en sectionner un. Puis, tout d’un coup, le bourreau lâcha un son. Peut-être était-ce simplement une interpellation tout ce qu’il y a de plus cohérente. Peut-être était-ce un « ça va ? ». Peut-être un ricanement. Ou peut-être juste un rôt. Mais ce bruit, quoi qu’il fût, fit sursauter le paysan. Et ce qui devait arriver arriva : il bougea la main, dans laquelle se planta le couteau avec force, ce dernier la clouant dans la table. Thomas poussa un hurlement de douleur, alors qu’Haïzen laissait échapper un « Tt-tt-tt-tt-tt. » entre ses dents. Il posa sa main sur celle du jeune homme, appuyant légèrement dessus, pour ensuite tirer d’un coup brusque et retirer le couteau de l’endroit où il était bloqué.

Aaarg … Mon dieu !
Ne jures pas en vain, Thomas. Quelle idée d’avoir bougé ta main si brusquement ? Enfin tu as de la chance : c’est passé entre deux os, tu n’auras pas de séquelles trop graves. Pas pour cette blessure-là. Bon, on continue ?
Je … Mais vous êtes fous !?
Moi ? Peut-être. Mais bon, tu sais ce qu’il y a de génial, avec ce jeu ? C’est que si jamais ta main se met à trop trembler pour qu’on puisse continuer, tu en as une autre !
NON ! Attendez, attendez ...
Ouiiiii ?
J’avoue … Pour Henri … Je n’ai pas tout dis … J’avais peur …
Le mensonge et la trahison sont les armes du faible, Thomas. C’est pour cela que la vraie voie, celle du juste, est aussi la plus difficile … Mais c’est toujours celle qui triomphe. Et le pardon est une vertu que nous autres chérissons tout particulièrement. Parles, Thomas, plus librement que tu ne l’as jamais fait.
Ma main … C’est … Si … Huuung.
Thomas, ne m’oblige pas à te faire une démonstration de quelque chose de véritablement douloureux, je ne suis pas venu pour ça.
Je … Il y avait cette femme …
Une femme dis-tu ? Mais ton frère n’était-il pas célibataire ?
Ce n’est pas ça ! Je … Elle … Nous n’avons jamais vu son visage …
Je peux dire beaucoup de choses à propos de certaines prostituées que j’ai pourtant fréquenté de très près, tu sais. L’obscurité, les allés sombres ...
Elle disait que notre dieu n’était qu’un mensonge … elle était toujours … Couvertes de voiles … Qui flottaient en l’air … J’ai refusé de la croire … Mais Henri, lui, il … Elle lui a montré des choses … qui l’on fait changer d’avis …
Les femmes et leurs arguments. Le prenez pas mal, les filles.
Non, elle … Elle a fait apparaître des objets qui n’existent pas … elle soulevait des choses par la pensé … Henri m’a même dit, les yeux en larmes, qu’elle lui avait ouvert une fenêtre sur les enfers …
Le bourreau croisa les doigts, subitement redevenu extrêmement sérieux. Continue. Etait-elle humaine ?
Je … Maintenant que vous le dites. Je n’en sais rien. Elle avait ce genre … D’aura, autour d’elle … On ne pouvait pas la fixer. On sentait l’influence de quelque chose .. D’ailleurs … Je jure que j’ai toujours été un bon croyant !
... Ce sont là des paroles graves, Thomas. Et tu as raison de craindre tels propos : ils pourraient te coûter bien plus qu’une main … Bien.

Le riffleur saisit une serviette propre, posée non loin sur une commode, et s’en servit pour essuyer le sang qui couvrait sa lame avant de la ranger, et de laisser le tissus tomber à terre. A la table, le jeune homme était plié en deux sur le plateau, tenant sa main mutilée dans l’autre.

Un assistant de l’inquisiteur formé aux soins viendra s’occuper de ta main dans les quelques heures qui suivent, attends-le ici. Et pas un mot à quiconque, Thomas … Si d’autres membres de l’inquisition entendaient ce que tu viens de me révéler, je n’aurais d’autre choix que de t’arracher la langue. Sur ordre de l’inquisiteur, bien entendu. Il n’est pas toléré par les membres de nos rangs … Que de telles paroles soient prononcées à de chastes oreilles. Au revoir …

Sans un mot de plus, le riffleur remit sa capuche sur sa tête, et sortit de la main en silence, suivit par les deux jeunes femmes muettes.  Soupirant, il leva les yeux, laissant la pluie lui couler sur le visage et sur son torse nu. La nuit était déjà tombé, bien évidement …
Bon  … Nepra. Retournes aux 7 clous, et demandes au père Guerra de préparer une dose d’essence de pavot, et de venir lui administrer. Rien de mortel, juste de quoi le faire dormir quelques jours. L’inquisiteur l’a dit lui-même : aucun des membres de ce village n’inspire la confiance … Quand ce sera fait, rejoins-nous chez le Tanneur, juste à côté de la place publique. C’est le prochain. Oh, et, à la réflexion … Prépares un Hamac de toile, dans la chambre. J’ai un peu mal au dos.

La silhouette hocha la tête en silence, avant de se mettre à marcher d’un pas vif dans les rues. L’observant s’éloigner, les deux encapuchonnés finirent par se détourner, et par partir à leur tour. Il restait encore 3 maisons à inspecter … Il terminerait demain.
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Orye Svarnakovak

Lame du Solstice

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Race : Mi démone - Mi élue
Classe : Ninja
Métier : Greffière inquisitoriale
Croyances : Dieu du solstice
Groupe : Royaume

Âge : 25 ans

Messages : 23

Fiche de Personnage : Pour le Solstice!


MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Dim 22 Fév 2015 - 14:48

Le large sourire d'Orye était toujours présent alors qu'elle quittait la chambre du Grand Inquisiteur. Se rendant dans sa propre chambre, la jeune femme se déshabilla et s'agenouilla devant une idole du solstice, fermant les yeux alors qu'elle attrapait une discipline avant de commencer à se frapper le dos avec. Les coups claquèrent quelques longues minutes pendant lesquelles Orye priait. Sa flagellation achevée, la jeune femme, nue, se roula en boule sur le sol, face au feu qui brûlait, alors que ses plaies se refermaient petit à petit.

Peu de temps après, elle se rhabilla et quitta sa chambre, descendant au premier étage afin de retrouver quelques membres de la suite inquisitoriale. L'un de ceux qui l'attendaient, un certain Daniel s'avança vers elle, la saluant. L'homme était grand, très grand, et possédait une large cape qui masquait son corps, son visage était aussi très peu visible, en partie masqué par un masque qu'il portait. Ses cheveux blancs étaient courts, et ses yeux d'un bleu pur.

- Alors? Quels sont les ordres du Grand Inquisiteur?
- Les deux maisons éligibles participeront à l'Ordalie. Daniel, allez chercher les personnes concernées et amenez les dans la cour, derrière l'église. Je me charge des préparations.
- Parfait. Que la volonté du solstice soit faite.

L'homme ricana, sortant de l'auberge avec les autres membres qui attendaient. Orye quand à elle, se dirigea vers l'église, et y pénétra sans retenue. Observant le bâtiment sacré, elle en profita pour inspecter les lieux. Elle passa ses mains sur les façades, souleva certains objets et se pencha sur l'endroit où avaient été exécutés les prêtres. Elle passa sa main gantelée sur une tâche de sang qui n'avait pas été nettoyée et soupira. D'après l'angle de projection, le prêtre assassiné ici avait été transpercé par un carreau d'arbalète, qui avait été tiré depuis... Elle se retourna, fixant l'une des voûtes de l'édifice. Une ombre bougea alors que la jeune femme lançait un de ses couteaux, sortant par l'un des vitraux qui était ouvert, laissant un large sourire s'étirer sur le visage de la greffière.

- Et bien? On espionne l'inquisition? Alala....

Elle termina son inspection après s'être assurée que personne ne l'observait, puis elle sortit pour se rendre dans la cour, afin d'attendre l'arrivée des futurs examinés. Il ne fallut pas longtemps à Daniel pour revenir avec les personnes concernées. Ces dernières étaient habillées de blanc, et semblaient, à leur expression, inquiète des événements à venir. Et ils avaient tout à fait raison d'avoir peur. Orye s'avança vers eux, les saluant.

- Bien le bonsoir, et navrée de devoir vous faire venir à cette heure tardive. Voyez-vous, suite à mon passage, et à mes rapports, le Grand Inquisiteur a décidé que vous étiez éligibles à l'Ordalie. N'ayez-crainte, si vous êtes de bons croyants, Solstice vous protégera. Seul lui décidera de qui est coupable, et qui ne l'est pas.

A sa grande surprise, il n'y eu aucune protestation. C'était dommage, généralement les protestataires et hérétiques se révélaient assez vite, niant l'Ordalie et s'y opposant, laissant alors libre droit à l'inquisition de sévir. Soit ces habitants étaient de bonne foi, soit de bons menteurs. Peu importait au final, puisque l'Ordalie apporterait la réponse.
La jeune femme se plaça au milieu d'un cercle de pierre, et montra du doigt un long passage de brasier encore brûlant suivi d'un cheminement de verre brisé qu'il fallait emprunter pour arriver à un bain empli d'huile. Par la suite, après s'être immergé dans l'huile, il fallait passer au travers d'un champ de torches, et une fois le champ traversé, on débouchait sur une zone d'ombre qu'il fallait passer pour enfin parvenir à l'autel du solstice, qui représentait le salut. C'était la première Ordalie, la plus simple. La deuxième Ordalie quand à elle, représentait un combat judiciaire, combat qu'il fallait mener contre Orye elle même ou Daniel, à l'intérieur du cercle de pierre. La greffière expliqua aux différents accusés ce qu'ils devaient faire, avant de croiser les bras et observer leur réaction.

Le premier des accusés, un homme d'une trentaine d'années à la barbe rousse s'avança et ferma les yeux, priant. Il plongea son regard dans celui de l'inquisitrice avant de prendre le chemin de la première épreuve. Il grogna alors que les braises brûlaient ses plantes de pieds, avant de pousser des petits râles de douleurs en passant sur le champ de verre. Il tenait bon, et était en bonne voie. Arrivant au bain d'huile, l'homme immergea son corps, excepté la tête, et s'approcha du champ de torches. Il se mit à courir, passant les deux premières torches avant d'en frôler une troisième, et de tomber sur le sol, en feu et hurlant. Orye observa la scène puis, se tournant vers les autres accusés, laissa un soupire échapper de sa gorge.

- Coupable.

Elle fit signe à la deuxième personne de s'avancer. Il s'agissait d'une vielle dame, mère du premier accusé. Cette dernière avait les yeux rouges, diverses lames courant le long de ses joues.

- Allons, ne pleurez pas. Ceux qui subissent l'Ordalie sont pardonnés par le dieu du solstice s'ils échouent. Même si vous êtes coupables, notre seigneur vous pardonnera dans la mort! Ne vous faites pas passer en victime, je vous en prie, je ne veux pas avoir à vous faire subir l'épreuve de l'eau froide...

La vieille femme déglutit en entendant ses mots, commençant à marcher vers le brasier. Elle hurla en marchant sur la braise, n'allant pas aussi vite que son embrasé de fils, elle souffrait beaucoup plus. Arrivant finalement au champ de verre brisé, elle ne fit que quelques pas avant que plusieurs morceaux ne se fichent dans ses pieds, la faisant crier. Elle tenta d'accélérer le pas, mais trébucha sur un morceau un peu plus gros, s'effondrant dans le tas de verre. Quelques morceaux se plantèrent dans ses yeux, ou sa gorge, la laissant gémir alors qu'elle se tortillait dans le verre, augmentant ses souffrances et laissant le verre la faire saigner. Il ne fallut que quelques secondes avant qu'un morceau brisé, un peu plus gros que les autres, ne viennent trancher sa gorge, la laissant cesser tout mouvement dans un gargouillis sanglant. A nouveau, Orye soupira.

- Coupable.

Une jeune femme parmi les accusés hurla sous ce spectacle et commença à courir vers la forêt, visiblement contre l'idée de subir l'Ordalie. Peu de gens savaient de quoi il était question, et peu de gens acceptaient le fait de devoir participer à cette épreuve redoutable. Orye s'étira doucement, laissant à la jeune femme un peu d'avance alors que Daniel prenait place dans le cercle à sa place. La greffière se pencha légèrement en avant, attrapant l'un de ses couteaux de lancer, avant de se redresser, montrant du doigt la jeune femme.

- Fuir l'Ordalie, c'est reconnaître son hérésie, et donc, en subir les conséquences. Revenez tout de suite.

La jeune femme ne l'écouta pas, manquant de trébucher sur une branche. Soufflant, Orye se mit à courir après elle, n'attendant que peu de temps avant de lancer son arme, qui se ficha dans le crâne de la trouillarde, la laissant s'effondrer sur le sol, sans vie. Avançant jusqu'à son corps, Orye la souleva et la ramena près de l'église, avant de la jeter dans le champ de torches, l'immolant. Elle fixa ensuite les deux dernières personnes accusées.

- D'autres fuyards? Fuir ne fera que révéler une hérésie potentielle. Remettez vous au solstice, et tout ira bien. Toi, l'orque, c'est à toi.

Cela faisait quelques temps qu'Orye n'avait pas fait subir pareil traitement à un orque. Ces derniers étaient généralement trop bavards, et trop honnêtes, pour masquer leur hérésie lorsqu'ils en faisaient preuve. Ce dernier en revanche, avait fait preuve de retenu, et, étrangement, ne semblait pas apeuré. Il pointa du doigt Daniel, qui se tenait dans le cercle. L'être à la peau verte choisissait visiblement la deuxième épreuve, celle du combat judiciaire. Peu de gens sélectionnait cette épreuve, alors qu'il s'agissait pourtant d'un simple combat. Orye soupira et mena l'accusé dans le cercle, l'armant d'une épée selon sa volonté. Elle recula ensuite, s'adossant contre le mur de l'église et croisant les bras.
A son signal, les deux personnes commencèrent à se battre, l'orque enchaînant les coups alors que Daniel ne faisait qu'esquiver. L'homme aux cheveux courts frappa soudainement l'orque au torse avec son genou, avant d'écarter les pans de sa cape, révélant une sorte de fouet, parsemé de petites lames brillantes. Dans un éclair, il frappa l'orque, le découpant en plusieurs morceaux sanglants. Approchant du cercle et s'agenouillant près des restes de l'être à peau verte, Orye reprit l'épée qu'elle lui avait confié et la planta dans le sol près des accusés.

- Coupable.

Elle s'étira, observant la seule personne encore en vie. Une jeune femme, aux cheveux bruns assez courts et aux yeux noisettes. Elle semblait assez effrayée, mais également résignée. Malgré la robe blanche qu'on lui avait fait porter pour l'épreuve, l'on pouvait voir ses formes plantureuses. Orye s'approcha d'elle et lui montra le cercle, puis le parcours.

- Alors, Isabelle, que choisis-tu?

L'accusée frissonna en entendant son nom. Elle ne soupçonnait sans doute pas qu'Orye se souvenait de chacun de leurs noms. Pourtant, c'était le cas, la greffière se souvenait toujours de ceux qu'elle interrogeait, de leur histoire, et de ce qu'ils faisaient. Et cette dernière était pour la greffière celle qui semblait la plus innocente. Isabelle avança, sanglotant, vers le chemin de brasier. Elle respira longuement devant le début de parcours, avant de s'élancer. Elle grognait, souffrant alors qu'elle marchait sur le brasier, puis sanglota de nouveau alors que le verre tailladait ses chevilles. Elle s'aspergea ensuite d'huile et emprunta le champ de torches, marchant cette fois doucement afin d'éviter de frôler les flammes. Elle contourna également le corps en feu du premier accusé et peu de temps après, elle parvint à quitter les torches, encore en vie. Une expression satisfaite s'affichait sur le visage d'Orye, peut-être que cette Ordalie allait donner quelque chose de bon finalement. La jeune femme s'approcha de la zone d'ombre, qui n'était en réalité qu'un étroit passage entre l'église et les appartements des prêtres. Isabelle s'avança dans le passage, tremblante sous la douleur. Elle disparut dans l'obscurité, avant qu'un cliquetis ne se fasse entendre, suivi d'un grand cri étranglé. Soupirant de lassitude, Orye attrapa l'une des torches et s'avança de la zone d'ombre, accompagnée par les autres membres de l'inquisition. Lorsqu'elle approcha de la zone, la lumière révéla le corps d'Isabelle, suspendu par plusieurs fils qui la soulevait du sol, la maintenant prise au piège par les mains, tandis que plusieurs couteaux étaient plantés dans sa poitrine. Elle avait activé l'un des pièges du passage étroit. Soupirant alors qu'elle faisait signe à quelques membres de l'inquisition de brûler les corps, elle murmura lorsqu'ils jetèrent le corps sans vie d'Isabelle dans les flammes.

- Coupable...

Un craquement attira alors son attention. L'ombre qui l'avait observée plus tôt, se tenait contre un arbre et la fixait. Grognant, l'inquisitrice se jeta à sa poursuite, ordonnant à Daniel de nettoyer la zone et d'enlever les pièges, avant de retourner à l'auberge. Elle sprinta jusqu'à l'un des arbres, grimpant sur ce dernier pour se jeter de branches en branches à travers la forêt, poursuivant celui qui l'espionnait. Il ne lui fallut pas longtemps avant de remarquer sa proie, qui n'était autre qu'un homme aux cheveux roux qui courait à vive allure. Il était rapide, ça, elle ne pouvait le nier, mais contrairement à elle, il ne semblait pas armé. Elle passa sa main sur sa cuisse droite, attrapant l'un de ses couteaux qu'elle lança après avoir bondi sur le sol. La lame fila au travers des bois, sectionnant le tendon d’Achille de la jambe droite de sa cible, laissant cette dernière s'effondrer lamentablement sur le sol. Bondissant sur sa proie après avoir dégainer son épée, Orye appuya sur le crâne de sa victime qui gémissait et se débattait.

- On ne fuit pas l'inquisition, hérétique.

Elle frappa ensuite sa nuque du pommeau de son arme, l’assommant. Elle souleva ensuite le corps évanoui et le traîna jusqu'à l'église, le déposant dans une pauvre brouette après avoir stoppé l'hémorragie à sa jambe et le poussant jusqu'à l'auberge. Entrant à l'intérieur du bâtiment, la greffière fit signe à Daniel de la tête, puis observa le Grand Inquisiteur, souriante.

- L’Ordalie n'a rien donné malheureusement... Ils étaient tous coupables. Cependant, j'ai trouvé cet hérétique qui m'espionnait lorsque j'inspectais l'église, et lors de l'Ordalie. Je pense qu'il doit avoir quelques infos sympathiques à nous donner.

Son sourire s'étira un peu plus car, elle le savait, cela sonnait le début de la chasse à ceux qui avaient fuit le village et qui, de base, étaient considérés hérétiques et n'allaient pas subir de réels procès.


Dernière édition par Orye Svarnakovak le Mar 7 Avr 2015 - 15:20, édité 1 fois
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Krieg Cassardis

Grand inquisiteur

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Race : Se prétend humain. (démon)
Classe : Maître-lame.
Métier : Inquisiteur.
Croyances : Solstice paraît-il.
Groupe : Royaume.

Âge : Parfaitement inconnu.

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Fiche de Personnage : Ne crois pas en Lui.
Crois en moi.


MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Mer 4 Mar 2015 - 19:30

Le prisonnier savait qu'il était perdu. Il l'avait su au moment même où la lame de l'exécutrice avait sectionné sa chair et ses tendons. Pourtant...Nulle peur ne lui tordait le ventre. Aucuns tremblements ne lui arrachait les restes de sa dignité. Car La Dame lui avait fait confiance. La Dame lui avait donné un ordre. La dame...
"-Réveilles-toi, mon petit."
Elle lui insufflait Le courage. Celui dont il avait besoin en ce moment même, pour faire face à son destin. Le prisonnier ouvrit les yeux...
Et se mit à trembler de tout ses membres.
L'homme qui le regardait n'était pas énervé. Ni hilare. Les traits de son visage ne trahissaient pas la moindre émotion. Pourtant, sa présence le terrifiait, elle lui retirait tout courage, le paralysait, donnait envie de pleurer. Le regard de prédateur de ce qu'il devinait être l'inquisiteur Cassardis le fixait sans cesse. Et ses propres yeux semblaient bien incapables d'observer autre chose que ce vieil homme visiblement sans émotion. Un petit bruit métallique, provenant de la main gauche de ce dernier, où deux bagues argentées s'entrechoquaient sans cesse, le fit sursauter. Puis, la voix posée de l'inquisiteur reprit :
"-Bienvenue parmi nous mon petit."
Ce ton mielleux. Ce sourire furtif. Ces tics nerveux ! Ils l'énervaient autant qu'ils le terrifiaient. Le prisonnier risqua un regard derrière-lui pour remarquer la présence de la jeune femme qui l'avait capturé. Elle souriait, elle aussi. Mais d'une autre manière. Cette catin se croyait puissante avec ses petits couteaux? Pauvre écervelée, La Dame était bien meilleure. La Dame pourrait la balayer d'un clignement d'œil, sans même la toucher...
"-On me nomme...
-Je sais comment tu t'appelles, laquais d'un faux-dieu." Cracha le prisonnier d'un ton tellement sûr qu'il s'impressionna lui-même.
Krieg ne masquait plus son amusement désormais. Au contraire. Le prisonnier avait avoué publiquement sa véritable allégeance et, par la même occasion, s'était préparé une bien pénible fin. Si jurer l'amusait, qu'il jure.
Cet imbécile aurait bien le temps de regretter ses paroles.
D'un regard, l'inquisiteur interdit à Orye de lever la main sur sa proie. Puis s'agenouilla aux cotés du prisonnier.
"-Quelle terribles...Terribles paroles. Ton esprit est-il malade, as-tu succombé à une crise de folie passagère?
-Je suis parfaitement conscient de mes actes comme de mes paroles, je ne suis pas un demeuré et j'accepte mon sort. La Dame nous protège." Récita le cul-terreux qui se prenait pour un chevalier en fixant le sol.
L'esprit que lui et les siens servaient était suffisamment puissant pour transformer un simple gamin en véritable combattant, fier jusqu'au bout. Du moins en apparence. Qu'était donc ce maléfice? Pourquoi s'était-il installé ici, au milieu de nul part? Quel genre de pitoyable démon avide de pouvoir pouvait bien se cacher derrière ces quelques éleveurs de moutons?
"-Personne ne t'a condamné pour l'instant, mon petit. Comment t'appelles-tu?"
Le prisonnier ne répondit pas tout de suite. D'abord, il renifla, puis jura, avant de finalement grommeler :
"-Ikaryon Blandec."
Krieg toussa en entamant un semblant de rire fatigué.
"-Ikaryon? Comme le martyr porteur de lumière?"
L'intéressé ne répondit pas, sans doute ne connaissait-il pas la réponse.
"-Par Solstice, tes parents se sont bien trompés en te nommant ainsi."Krieg termina sa phrase en traçant de sa main droite le signe du Solstice, sur son torse. Ceci fait, l'inquisiteur se releva, fit quelques pas au milieu de la taverne...Puis attrapa par le bras ledit Ikaryon pour le trainer vers la sortie. Les quelques jurons et protestations provenant de la bouche de l'hérétique l'encouragèrent a rendre l'exercice le plus douloureux possible...Et a le prolonger une fois dehors. Le vieil homme remonta la rue en tirant son fardeau derrière-lui. Les cris de ce derniers raisonnèrent dans le noir alors que quelques curieux ouvraient les volets de leurs baraques pour tenter de comprendre ce qui se passait.
"-Oublies ta vie." Commença Krieg en tournant à gauche sans se soucier du craquement provenant du bras d'Ikaryon."Oublies l'amour. L'amitié. Craint le regard de ta mère, de ton père et de tout tes proches. Car en blasphémant, en crachant sur le très saint Solstice et sur moi-même, tu les as tous trahi."
Un petit attroupement composé de villageois et de membres de l'inquisition suivait l'étrange duo désormais. L'inquisiteur tirait l'hérétique derrière-lui d'une seule main, comme si il ne s'agissait que d'une simple poupée de chiffon alors qu'au contraire, Ikaryon devait sans doute être bien plus lourd que l'imposteur démoniaque. Un silex, sur le chemin, mordit profondément le captif, dans la chair du dos, mais son hurlement ne fit même pas ralentir une seconde Cassardis. Le blessé commença à laisser une piste sanglante et fraiche dans son sillage.
Et le liquide vital sur le sol reflétait les lueurs des torches toujours plus nombreuses, portées par les curieux et les haineux.
Les premiers "hérétiques" lancés par la foule, ne tardèrent pas à se faire entendre.
Finalement, ils arrivèrent devant l'église. Krieg monta les marches rapidement, sans se soucier des chocs répétés du corps du captif contre la pierre, puis, une fois à l'intérieur, il jeta le pauvret devant l'autel, ferma la double porte derrière-lui, et déposa sa rapière d'argent au sol.
"-Alors, qu'est-ce que ta protectrice fait, pendant que tu souffres ici-bas? Appelles-la à l'aide ! Vas-y, hurles !"
L'autre tentait de se relever en prenant appui sur l'autel. L'inquisiteur intervint rapidement en lui expédiant un coup de pied vicieux qui lui brisa le genoux droit dans un craquement sinistre. Il n'hurla même pas.
"-Relèves-toi sans l'aide de Solstice, pauvre fils de chienne ! Oublies-tu tes précédentes paroles? Tu l'as renié !"
Le père Dufard, l'un des deux prêtres encore présent dans ce village, l'un de ceux qui avait mandé la présence de l'inquisition ici, fit éruption dans la grande salle en sortant d'on ne sait où.
"-Seigneur ! Que faites-vous?"
Krieg jeta un regard dédaigneux en direction du père.
"-Mon travail."
Le gamin, toujours au sol, tentaient de s'éloigner le plus possible en rampant. La plaie dans son dos continuait à saigner, elle aspergeait sans cesse le sol de l'église d'un sang chaud et épais.
"-Ce n'est pas comme ça que Solstice voudrait que l'on s'occupe de ses enfants.
-Qu'Il intervienne alors. Vous ne pouvez parler en Son Nom, contrairement à moi. Eloignez-vous de lui."
Le prêtre ouvrit la bouche...Puis la referma...Et s'éclipsa, sans dire un mot. Krieg l'observa faire en ricanant un temps avant de reprendre en attrapant par la nuque sa victime :
"-Je vous hais, vous tous...Les humains. Vous n'êtes rien de plus que des moutons sans cesse à la recherche d'un nouveau berger. La divinité que tu sers te protège-t-elle en ce moment? Apaises-t-elle tes maux? Non.
-Solstice ne l'a jamais fait...Non plus." Répondit difficilement l'humain en crachant un mélange de sang et de bave.
Le Grand Inquisiteur Cassardis, protecteur de l'église de Solstice depuis toujours, éclata d'un rire aussi franc que long sans pour autant relâcher sa prise sur la nuque du pauvret.
"-Tu comprends vite, Ikaryon. Très vite. Plus vite que celui a qui tu dois ce nom. En effet, aucune divinité n'existe. Et l'enfer est bien moins répugnant que ce que vous avez imaginé dans vos stupides écrits. Il n'y a que les mortels, en particulier les humains, pour croire en de telles sottises."
Après cela, l'imposteur que l'on nommait parfois "la main de solstice" tira une dernière fois son fardeau à moitié mort jusqu'à l'extérieur de l'église pour brandir le corps meurtris devant lui, aux yeux de tous, sans le moindre effort. Une assemblée de plus d'une centaine de personne, éclairée par des dizaines de torches, attendaient le jugement autour de l'église. Certains visages étaient tellement pitoyables, déformés par la haine de l'hérétique, que Krieg les évitait du regard, comme si le simple fait de poser les yeux sur eux le transformerait, lui-aussi, en être médiocre.
"-Ikaryon Blandec, ici présent : avoue être coupable d'hérésie, avoue avoir craché sur l'église et avoue avoir espionné l'inquisition. Pour cela, il n'existe qu'un seul juste châtiment..."
Le prisonnier se mit à hurler avant même que la première cloque sur sa peau n'éclate pour libérer une flamme impressionnante. Il parcourut l'assistance du regard en affichant un air paniqué, puis ses yeux fondirent pour laisser place au feu qui le consumait de l'intérieur. Les cris continuèrent, et même les imbéciles aux visages haineux cessèrent d'injurier le pauvre gosse alors que ses restes enflammés, toujours porté par la main visiblement ignifugé du seigneur Cassardis, se débattaient mollement et que la vie le quittait trop lentement.
Lorsque Krieg lâcha le corps, ce n'était guère plus qu'un squelette noirci. Et la partie supérieure de son crâne roula jusqu'a une jeune femme rousse, au bas des escaliers, qui avança aussitôt en rassemblant tout son courage.
"-Messire je..."
Il la coupa en se remémorant les rapports d'Orye :
"-Tu es la sœur, Katie Blandec. Et tu te demandes si les méfaits de ton frère vont attirer les foudres de l'inquisition sur ta maison et sur les enfants qu'il t'a confié."
Hochement de tête et reniflement.
"-On ne choisit pas sa famille ma chère, ses crimes ne sont pas les tiens."
Elle se jeta dans ses bras en pleurant et Krieg lui tapa gentiment l'épaule, comme un bon père de famille. Lorsque la jeune femme eut finit de sangloter, il murmura :
"-Quel dommage, ma petite, que tu ais mentis a Orye en prétendant que tu avais enterré ton frère, deux semaines avant l'arrivée de Maesteria."
Katie n'eut pas le temps de hoqueter de surprise, de tenter de se justifier ou même de se faire une raison. La pointe de la rapière de l'inquisiteur transperça son ventre et l'embryon qui grandissait en son sein brutalement, et aussitôt, son corps tombait en arrière, roulait en bas des marches, pour rejoindre les restes de son frère. D'un voix forte, leur assassin enchaina, non sans essuyer sa lame sur le bord de sa cape d'un air distrait :
"-Haizen, Orye !"
Les deux concernés levèrent la tête de concerts :
"-Maesteria m'a envoyé une lettre, elle rentre à l'aube. En l'attendant, préparez un bûcher pour tout les imbéciles qui ont approuvés les mensonges de cette trainée."
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Haïzen Piker

Le rouge

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Métier : Bourreau au service de l'inquisition
Croyances : Un dieu du solstice
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MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Mer 11 Mar 2015 - 2:01

Haïzen et Lipra n'avaient, au final, même pas eu le temps de rejoindre la vénérable échoppe du tanneur de la ville. En réalité, ils n'étaient même pas arrivés à portée visuelle de son enseigne. Nepra, la seconde jumelle, leur avait trop tôt barré la route en tombant - presque littéralement - d'un toit pour leur couper le passage, et leur délivrer le message que quelque chose de "plus important" était en train de se produire. Et si elle avait coupé à travers les toits, effectivement, c'est que l’événement devant être d'importance. Le bourreau eu dans un premier temps du mal à comprendre ce que voulait lui dire sa suivante : la vitesse à laquelle elle effectuait des gestes pour communiquer avec lui y était probablement pour quelque chose ... Mais d'un coup, tout s’éclaircit pour le riffleur lorsqu'il saisit un mot. Un simple mot. "Attrapé". Quelqu'un s'était fait attraper. Et ceux qui l'avaient attrapé étaient de l'inquisition. On allait dont assister au châtiment d'un hérétique. Faisant signe à la femme voilée de se taire d'un signe de la main, le rouquin se contenta de lui dire de les guider, ce qu'elle fit avec une obéissance sans faille.

Le bourreau arriva pile à temps pour pouvoir se mêler au début d'attroupement qui commençait à se former, foule hétéroclite de curieux et de fidèles, qui tenaient à assister au travail de cette inquisition, constater enfin de leurs propres yeux ce qu'elle faisait chez eux, et pourquoi elle se trouvait ici. La piste fraîche de sang que le jeune rouquin laissait sur le sol luisait d'une couleur magnifique, et reflétait à merveille les flammes de différentes torches. Tout ce qui manquait était l'ambiance, en fait ... Un petit sourire sur le visage, et capuche toujours sur la tête, le bourreau lâcha d'une voie assez forte pour que ses voisins l'entendent "color=#990000]Hérétique![/color]". Un simple mot, qui fut pourtant si vite repris par les différentes personnes qui l'entouraient. Bien sûr, il y avait des réticents. Bien entendu, beaucoup connaissaient ce jeune homme, certains étaient peut-être des amis, des proches parents même. Mais pourtant, ces liens, petit à petit, se dénouaient. Parce que les croyants ne pouvaient tolérer l'existence de cet être, qui reniait ce en quoi ils avaient toujours eu foi. Parce que les habitants normaux du village craignaient qu'eux aussi, on les traite à leur tour d'hérétiques. Et les autres hérétiques, parce qu'ils ne voulaient en aucun cas être démasqués. Observant les visages des différentes personnes présentes dans la foule, le bourreau repéra rapidement, à quelques mètres de lui et marchant à une allure normale, la greffière de l'inquisiteur. Traversant transversalement la foule, le bourreau se plaça à côté de la jeune femme, sifflotant tranquillement avec les poings croisés dans le dos. Malgré le brouhaha ambiant de la foule, il prit tout de même la parole, avec toujours le même petit sourire sur le visage.

Franchement ... Je ne sais pas toi, mais j'adore mon métier. Bien entendu, c'est un honneur que de servir le solstice. Un honneur qui à lui seul justifie que nous faisions ce que nous faisons. Mais ... Plus qu'un honneur, à mes yeux .. C'est un bonheur ... Les instants simples, comme celui-ci. Et voir l'inquisiteur à l'oeuvre, aussi. La manière dont il effectue ses tâches avec tant de prestance ... et pourtant tant de détachement.

Les portes de l'église se refermèrent sur les individus, et le bourreau ferma les yeux en croisant les bras. En quelques instants, il parvint à faire abstraction du bruit de la foule. Faire abstraction des différents bruits de la nuit. Ne plus se concentrer que sur un sens, parmi tous : l'ouïe. De par sa vision divine, le bourreau était bien entendu à même de voir l'inquisiteur, et ce où qu'il fut. La nature même de cet "homme" permettait cette prouesse au riffleur. Mais même s'il pouvait voir l'inquisiteur, il ne distinguerait pas, à travers les deux épais panneau de bois ancien, le jeune hérétique qu'on avait capturé. Il préférait donc plutôt tenter d'écouter. Et à force de persévérer, il parvint effectivement à saisir quelque chose. Un cri de souffrance, probablement. Sous sa forme de dragon, il aurait probablement été capable de percevoir jusqu'aux bruits de conversations qui étaient audibles à l'intérieur du bâtiment. Mais il ne pouvait pas réellement risquer de se couvrir d'écailles, de déployer deux ailes de cuir et de subitement devenir écarlate en plein milieu de cette foule ... Mais bon. En général, il n'avait pas à attendre longtemps pour assister à la suite du spectacle.

Et quelle suite ce fut. Voir quelqu'un être incinéré vivant est toujours un spectacle dont le bourreau ne peut se lasser. Un large sourire sur le visage, il observa les chaires se mettre à se consumer, et le squelette noircit tomber à terre, et rouler sur quelques marches, inerte. Décidément, l'incinération ne laissait certes pas énormément de sang à boire, mais c'était réellement une mort presque ... Poétique à observer. La danse des flammes sur le corps, le comportement des chaires face à la chaleur excessive, et le doux son de la douleur qui se propageait dans le corps ... Pour un peu, il en aurait eu des frissons. Pour un peu, l'exécution de sa sœur en serait presque passée inaperçue. Presque. Mais de voir une jeune femme enceinte se faire embrocher de cette manière n'était pas le genre de détail qui pourrait échapper aux yeux du rouquin, qui ne put s'empêcher de fendre lentement la foule, jusqu'à parvenir au premier rang. Voyant le corps, presque à ses pieds, il du se plaquer une main sur la bouche pour éviter d'éclater de rire. Juste à côté de lui, une vielle dame, tremblante, sembla se tourner vers lui, et lui posa une main sur l'épaule.

Je comprends votre dégoût, jeune homme ... Pauvre Katie. Méritait-elle un sort si atroce ...
Oh, ne vous en faites pas ... Je ... Surpasserais mon "dégoût."

Se penchant sur le corps frais tombé à ses pieds, le bourreau regarda la jeune femme livide, et pencha la tête en lui caressant la joue d'un doigt. Encore quelques instants, et elle passerait dans l'autre monde. Soudain, la voie de l'inquisiteur fit relever les yeux au bourreau, et ses paroles lui arrachèrent un nouveau sourire. Non, décidément, son travail ne le décevait jamais. Cependant, avant de parler à la greffière, il se pencha une fois de plus sur la demoiselle enceinte, à terre. Non, elle n'était pas encore tout à fait morte ... Mais presque. Avec une douceur presque paternelle, le bourreau posa une main sur chaque joue, à l'endroit où l'os de la mâchoire marquait la séparation entre le visage et le cou. Avec une lenteur parfaitement calculée, il fit lentement pivoter le crâne qu'il tenait entre ses mains, jusqu'à sentir à travers ses doigts les os craquer. Laissant retomber la tête, cette fois tout à fait parfaitement inerte, sur le sol, le bourreau se redressa et observa autour de lui, portant toujours sa capuche sur la tête. D'un coup, il leva un doigt avec un sourire, pointant quelqu'un à travers la foule.

OLIVIER. Olivier Axleur ... Et je suppose que ce sont tes frères, juste à côté de toi?

Le bûcheron, qui ne s'attendait visiblement pas à être interpellé de cette manière, hésita quelques instants avant de se tourner, et de répondre d'un simple hochement de tête.

Parfait, je suppose que vous avez préparé ce bois dont nous avions parlé plus tôt en ce cas, n'est-ce pas?
Je ... Non, pas particulièrement, nous ...
Et bien ma foi, je ne vais pas dire que c'est parfait, mais nous allons avoir l'occasion de le faire donc! On vous suit, montrez-nous donc de quoi vous disposez .... J'espère que vous avez des réserves de bois vert, ça brûle plus lentement. En plus, avec l'humidité de l'air ...

Le rouquin frotta deux de ses doigts à travers son gant, alors qu'il levait les yeux vers le ciel et observait les nuages qui masquaient les étoiles. Oui, avec l'humidité ambiante, le bois ne prendrait pas facilement feu, et sa combustion ne serait pas vraiment optimale. Et s'il ne brûlait pas bien, il ne brûlerait, logiquement, pas fort. Donc, il ne chaufferait pas autant qu'il le pourrait. En d'autres termes, la mort de ceux qui mourraient sur le bûcher serait plus lente, et donc plus douloureuse ... Ce serait parfait. Claquant finalement dans ses mains, le bourreau se prépara mentalement à transporter ( ou en tout cas à aider à transporter ) une quantité plus ou moins massive de bois ... C'était peut-être la partie la moins plaisante du processus.
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Orye Svarnakovak

Lame du Solstice

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MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Mar 24 Mar 2015 - 13:30

Il y avait vraiment des aspects de son métier qu'Orye appréciait particulièrement. Et principalement, les moments comme cela, ou le doute frappe le coeur des croyants, où les vrais fidèles démontrent leur foi en ne craignant ni la mort, ni la justice de l'inquisition.

La scène qui venait d'avoir lieu sur le parvis de l'église était spectaculaire, à n'en point douter, néanmoins, cela était devenu banal pour la greffière, qui ne pouvait s'empêcher d'esquisser un large sourire en observant le corps de la femme enceinte arriver à ses pieds, avant qu'Haizen n'achève le travaille. C'est vrai après tout, il était le bourreau, le dernier lien entre l'hérésie et la vie, et le passeur dans l'au delà. Quoiqu'il en soit, lorsque le Grand inquisiteur les appela, Orye étira un peu plus le sourire qui tirait son visage. Bien, les choses devenaient véritablement intéressantes. Le jugement se profilait petit à petit et bientôt, l'hérésie serait purgé telle une verrue, par le feu.

La jeune femme salua son supérieur et tapota l'épaule du bourreau pour lui faire preuve de son amusement avant de s'élancer au travers de la foule, la traversant en quelques secondes. Sprintant aux travers des ruelles, la demoiselle escalada le long d'un mur pour se positionner sur l'un des toits du village. Elle observa quelques longues minutes la forêt, avant d'être tiré de ses pensées par un des pleutres de la région.

- Il... Il y a quelqu'un?

Le vieil homme tremblait de tout son corps, balayant l'air de sa main comme s'il cherchait quelque chose. C'est alors que la greffière remarqua le bandeau sur ses yeux. Le pauvre type était sûrement aveugle depuis un bout de temps maintenant, car le bandeau était tellement ancré sur sa peau que la jeune femme se demandait si, par hasard, ce dernier n'arracherait pas la peau de l'homme si on lui retirait. Quoiqu'il en soit, elle s'élança, atterrissant sur le sol avec délicatesse et claquant des doigts afin d'attirer l'attention de l'aveugle.

- Je suis ici.
- Vous... Vous êtes de l'inquisition n'est-ce pas?
- En effet. Je m'appelle Orye. Qui es-tu vieil homme? Je ne me souviens pas t'avoir vu lors de mes précédentes visites.

Le vieil homme soupira, avant de s'asseoir sur une vieille souche d'arbre. Se grattant ce qui lui servait de barbe, il plaça son visage dans la direction d'Orye.

- C'est sûrement car ma famille m'a caché, par crainte. Je me nomme Deinor. Je ne vais plus à l'église depuis quelques années. Non pas que l'envie me manque, mais je n'ai plus la force physique pour le faire, et avec l'inquisition dans les parages, je pense qu'ils ont craint que vous ne me jugiez hérétique et tue tout le monde... Ils sont de bons croyants, mais sont aussi terrifiés que des agneaux...
- Il n'y a aucune raison de me craindre, si la foi arbore votre cœur mais que la maladie vous contraint, je ne vais pas vous brûler pour autant. En revanche, m'avoir menti est un crime grave...
- Je le sais bien... *cough cough* Et je vous prie, inquisitrice, de leur pardonner cette stupidité.

Le vieil homme grogna en se levant difficilement, avant de s'agenouiller devant la greffière qui se pencha et le redressa, le reposant sur la souche d'arbre.

- Toutes vos complaintes ne changeront rien vieil homme, et je ne suis pas seule juge, c'est au Grand Inquisiteur que revient cette tâche. Relevez-vous donc, il ne sert à rien de me supplier. La supplication n'est que l'excuse du lâche face au divin, et de ce fait, supplier ne fait que vous donner un air misérable, et de par votre cécité, je ne crains que cela ne rende la chose encore plus médiocre. Non, plutôt, parlez moi. Avez-vous entendu parler des raisons qui poussent les jeunes à fuir en forêt? Du meurtre qui a eu lieu récemment?

Elle s'adossa contre le mur de la maison, vérifiant auparavant que ce dernier n'allait pas s'effondrer, avec ces gueux, il valait mieux être méfiante.

- Je ne sais pas grand chose j'en ai peur... Je suis un vieil homme que ma famille cache et entretient autant qu'elle le peut. De ce fait, on me met rarement au courant des choses de la vie courante. Mais ma cécité ne m'a pas privé de mon ouïe, au contraire, je me plais à écouter les ragots, les paroles qui me sont rapportées pourraient vous intéresser...
- Et bien allez y, j'écoute.
- Concernant les nombreuses fuites tout d'abord. Beaucoup au village croyaient au départ qu'il ne s'agissait que d'une rébellion passagère de la jeunesse, une petite crise d'adolescence qui ne laissait que quelques gamins courir dans la forêt, et même si les prêtres voyaient cela d'un mauvais œil, ils ne faisaient rien de mal. Ils continuaient d'ailleurs de donner à l'église et à assister à nos messes. Puis, du jour au lendemain, ils sont devenus violents, d'après ce que j'entendais, certains osaient même faire... Vous savez... En public. Il n'y avait pas grand chose que nous puissions faire néanmoins, nous faisions notre possible pour les arrêter, mais certains habitants préféraient faire la sourde oreille comme la famille barrington, ou mine de ne rien voir, sans jeu de mots pour mon cas.

Orye notait soigneusement chacune des paroles du vieil aveugle, souriant à sa dernière remarque.

- Continuez.
- Quoi qu'il en soit, les choses empiraient à mesure que le temps passait, et, suite à de nombreux débordements, l'un des prêtres mentionna l'appel à l'inquisition, ce qui énerva encore plus les jeunes qui étaient partis en forêt, comme si cela allait les forcer à retourner au village pour vivre une vie paisible. Mais, ce qui fut le plus étrange, et ma fille me le racontait, c'est que certains habitants eux mêmes commençaient à montrer des signes de haine à l'égard de l'église, et commençaient à fuir en forêt de temps à autres. A mesure que le temps passait, le bon savoir vivre s'atténuait au village et, je crois que ce fut un matin, ma fille hurla en apprenant ce qui était arrivé au prêtre assassiné. Comment diable pouvait-on tuer un simple donneur de foi? Un homme du solstice? C'était idiot, et dangereux. Peu de temps après, l'église faisait appel à vos services et l'inquisitrice Maesteria arrivait chez nous. La suite, mis à part lorsqu’elle vint interroger ma fille et son mari, je ne crains avoir plus d'informations à vous donner inquisitrice... Tout ce que j'espère, c'est que cette folie ne cesse au plus tôt. Je ne suis pas fou, je vais bientôt rendre mon dernier soupir à Solstice, et en soit, cela me va parfaitement. Néanmoins, j'aimerais que le calme ne revienne sur ces terres, la plupart de nous étaient de bons croyants, du moins de mon temps, et je regrette d'avoir à assister à une énième enquête inquisitoriale avant la fin de ma vie.

S'approchant du vieil homme, Orye posa sa main sur son épaule.

- Pas d'inquiétude vieillard, vous, ne serez pas jugez, vous m'avez fournis assez d'informations pour me convaincre de votre bonne foi. J'aimerais que vous soyez nos yeux... Pardon, nos oreilles dans cette affaire, écoutez chacun des mots que vous raconte votre fille, questionnez la autant que possible. Je viendrais vous rendre visite chaque nuit tombé. Entendu?
- Entendu, inquisitrice, que Solstice vous protège.
- De même pour vous, vieil homme. Oh et, ne parlez pas de moi, quoi qu'il arrive.

Elle le laissa rentrer chez lui puis, bondissant de nouveau sur les toits, elle se dirigea vers les abords de la forêt, alors qu'elle entendait au loin des bruits de bois qu'on déposait sur le sol. Haizen se préparait surement pour le bûcher à venir, ce qui promettait. Fixant les bois encore quelques instants, la greffière se passait les différentes informations en tête, puis, après quelques temps, sprinta pour retrouver Krieg et lui donna ses rapports, avant de le saluer et de repartir dans l'ombre, afin de se rendre sur la place où était amassé tout le bois pour le bûcher. Elle arriva dans le dos du bourreau et tapota son épaule droite, attendant qu'il se tourne sur la droite pour apparaître à sa gauche, ricanant.

- Il fait un peu froid tu ne trouves pas? Je pense qu'allumer un feu nous réchaufferait un petit peu...
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Krieg Cassardis

Grand inquisiteur

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Race : Se prétend humain. (démon)
Classe : Maître-lame.
Métier : Inquisiteur.
Croyances : Solstice paraît-il.
Groupe : Royaume.

Âge : Parfaitement inconnu.

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Fiche de Personnage : Ne crois pas en Lui.
Crois en moi.


MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Mar 7 Avr 2015 - 11:58

Maesteria Dombard était une belle et confiante jeune femme. Ses beaux yeux bleus, ses traits fins et sa voix d'ange lui avait permit de se créer une équipe de loyaux serviteurs, prêts à donner leurs vies pour elle, en l'espace de quelques jours seulement, et on l'avait promut au rang d'inquisitrice avant ses vingt ans. Sous les ordres directs de Krieg, en souvenir de sa loyale grand-mère qui s'était battu à ses cotés pendant des années. Son existence promettait d'être prestigieuse dans les années à venir.
Alors, pourquoi, bon sang, persistait-elle à être aussi arrogante qu'inefficace?
Dans le "bureau" de fortune du grand inquisiteur Cassardis, l'inquisitrice avait l'air d'une petite fille perdue au regard fuyant. Son orgueil avait été touché par cet échec, bien, c'était une bonne chose. Maesteria était entré huit minutes auparavant dans la salle en marmonnant quelques pitoyables excuses d'un ton gêné et, pendant huit minutes, Krieg n'avait pas prononcé un seul mot. Durant cet interminable silence, le grand inquisiteur avait observé les tics nerveux de la jeune femme gagner en intensité. Ongle de l'annulaire droit rongé discrètement, pied gauche tapotant de plus en plus rapidement le sol, lente manipulation d'une mèche de cheveux. Pitoyable. Ne savait-elle donc pas se tenir?
"-Je suis extrêmement déçu, Maesteria."
Ces mots eurent l'effet d'une gifle psychique pour la concernée, qui sursauta avant de réciter une nouvelle dizaine d'excuse. Il leva la main pour la faire taire, sans quitter des yeux le rapport qu'elle avait déposé devant lui en arrivant.
"-Pourquoi n'as-tu pas interrogé les villageois encore présents?"
Court silence.
"-Nous n'avions pas le temps, les fuyards avaient déjà assez d'avance..."
Ses yeux de biches perdues cherchèrent un quelconque signe d'approbation de la part de son supérieur, avant de se baisser de nouveau pour fixer le plancher abimé.
"-Tu as couru après des hérétiques dans une véritable jungle de lianes, d'orties et de ronces, sans aucune autre indication que des traces de pas éparses, que tu as perdu en plus.
-La troisième rivière nous a..
-Ils vous ont eut. Des paysans et des pêcheurs ont bernés une suite inquisitoriale avec trois rivières."
Les bagues du grand inquisiteur s'entrechoquèrent.
"-Je ne peux que vous présenter mes excuses les plus sincères...
-Qu'en est-il de Broke?
-Mort lors de l'embuscade, j'ai ordonné le repli après ceci."
Krieg poussa un long soupir en se pinçant l'arête du nez.
"-Au moins, pour cela, tu as eu raison."
Prise d'un soudain excès de zèle, la jeune femme écarquilla les yeux et éleva la voix pour ajouter :
"-Ce ne sont pas que de simples paysans sire, ce sont de dangereux hérétiques, des cultistes dépravés et galvanisés par je ne sais quelle entité ! Leur attaque était trop violente pour...
-Je sais. Tout indique qu'un être démoniaque est à la tête de ce petit groupe. Ton arrivée à dû faire peur aux principaux concernés, et craignant pour leurs vies, ils sont parties se réfugier aux cotés de leur maître. Si tu t'étais attardé plus d'une journée dans ce village, tu l'aurais compris sans perdre Broke et les autres. Cette précipitation n'est pas digne des Dombard ma chère.
-Je vous présente encore une fois mes excus...
-Imagines une seconde ce que feu ta mère aurait dit en apprenant que sa fille était la responsable directe d'un tel fiasco?"
Krieg se retenait de sourire tout en continuant d'accabler la demoiselle, de plus en plus rouge, au bord des larmes. Le défunt Broke était l'amant de Maesteria, sa peine devait donc être déjà grande...En ajoutant le souvenir de sa mère décédée, le grand inquisiteur était sûr de marquer l'esprit de cette gamine une bonne fois pour toute. En plus, c'était divertissant. Une pierre, deux coups.
"-La disparition du meurtrier de ta mère n'était certes pas entièrement de ta faute, mais celle de ces hérétiques-ci l'est entièrement. Je serais bien moins indulgent dans mon rapport cette fois. Tu peux disposer."
L'intéressée se leva aussitôt, la tête basse, pour quitter la salle en fermant la porte derrière-elle, sans un mot. Pendant un court instant, Krieg confondit sa fine silhouette avec celle de sa génitrice, et les souvenirs de la sinistre mort de cette dernière lui revint en tête. Ce n'était pas tant cette perte, bien que regrettable, qui l'affectait, mais bien le fait d'avoir perdu face au responsable de son meurtre, un sorcier de l'ordre des nécromant, trop retors, même pour lui.
Ses bagues se frappèrent l'une contre l'autre, plusieurs fois, puis il se leva de son siège en soupirant longuement alors que Spencer entrait à son tour.
"-Sire?
-Belle matinée, n'est-ce pas." Cracha l'inquisiteur en s'approchant de l'unique fenêtre de la salle. La lune avait disparue, et un soleil timide prenait lentement la place de cette dernière dans les cieux. De la fumée continuait de s'élever depuis la place du village, lieu du bûcher ayant eut lieu cette nuit. Les interminables hurlements des hérétiques l'avaient doucement accompagnés dans un sommeil sans rêve et terriblement reposant de quatre heures. Les mains dans le dos et sans cesser de contempler les environs depuis la fenêtre, le vieux serviteur de Solstice, déclara d'un ton presque amusé :"Préviens tout le monde que nous partons en chasse, et va chercher le gosse. Prenez autant d'armes que nécessaire, si ils sont encore dans cette forêt, c'est qu'ils nous attendent."

***

L'intégralité des villageois restants se rassemblèrent devant l'église de Solstice en fin de matinée, encouragés par divers membres de l'inquisitions, la plupart pressés, ou énervés. L'autorité de ces dangereux êtres, armés jusqu'aux dents, ne se discutaient pas, jamais. Aussi, hommes, femmes et enfants se massaient autour des restes d'un bucher et devant une église délabrée sans même savoir pourquoi.
"-Messieurs dames, écoutez."
La voix forte qui venait de prononcer ces quelques mots appartenait au borgne Spencer, loyal serviteur de Solstice, qui se tenait sur la sixième marche de l'église, un parchemin déroulé devant lui. Son crâne dépourvu de cheveux et couturé de cicatrice dissimulé sous la capuche de sa longue cape noire, contrairement aux nombreuses lames pendant à sa ceinture ou attachée à son torse, qu'il arborait fièrement.
"-La suite inquisitoriale du Seigneur Cassardis va quitter ce village pour trouver le repère de ceux qui se sont détournés de Sa Sainte Lumière. Durant cette absence, l'inquisitrice Maesteria Dombard et l'intégralité de sa suite, surveillera et encadrera chacun d'entre vous, tout en prenant soin de faire respecter de nouvelles et nécessaires règles ici-bas. Ces règles sont les suivantes : Couvre feu au coucher du soleil, soit à sept heures du soir au plus tard. Tout contrevenant sera capturé et interrogé. Rassemblement de plus de dix personnes formellement interdit, qu'importe l'heure. Tout contrevenant sera capturé, interrogé et exécuté. Interdiction formelle de quitter le village jusqu'à nouvel ordre. Tout contrevenant sera immédiatement exécuté. Obligation de se présenter devant l'église ou l'un de ses serviteurs au moins une fois par jour. Tout contrevenant sera traqué, interrogé, puis placé sur le bucher. Interdict... "

Le rat écoutait les échos des dures paroles du borgne sans vraiment chercher à les comprendre, car le vent dévorait la moitié de ses mots, et l'autre moitié se voyait masquée par les actions des nombreux hommes de Cassardis, tout autour de lui. Le grand inquisiteur se tenait à ses cotés, droit, souriant, les mains posées sur les poignées des rapières d'argents qui pendaient sur ses flancs en cliquetant. Ils se tenaient sur le chemin terreux de la sortie Nord du village, celle qui menait aux bois où son nouvel ami voulait tant aller. Dans ses mains crasseuses se trouvait la moitié du pain que Krieg lui avait donné dès qu'il s'était présenté devant lui, ce matin, après que Spencer soit venu le chercher, Le Rat souriait donc, lui aussi, en affichant une parodie angélique de l'air carnassier qu'arborait le démon qui le dominait. Il avait bien entendu prit soin d'accrocher la lame que lui avait confié Le Riffleur à sa ceinture, de la manière la plus visible possible.
"-C'est Haizen qui t'a donné ça?"
Le Rat leva la tête en direction de son interlocuteur, Krieg, qui lui avait posé la question sans quitter des yeux l'horizon.
"-Qui?
-Les yeux blancs.
-Ah, oui ! C'est lui."
L'inquisiteur se contenta d'hocher la tête, sans rien répondre. Mais son sourire avait encore gagné en intensité. Il continua de contempler le haut de l'église durant une longue minute, puis fit volte-face aussi brutalement que d'habitude pour se diriger vers Haizen, à l'avant du groupe, qui semblait discuter avec Orye.
"-Haizen !"
L'intéressé leva sa tête encapuchonné dans sa direction.
"-Tu prends la tête avec le gosse." Krieg laissa passer un court silence, puis ajouta, en murmurant."Maesteria en a blessé un à la cuisse lors de l'embuscade. Il saigne."
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Haïzen Piker

Le rouge

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MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Dim 26 Avr 2015 - 2:29

Ah, et bien ma foi ... Je dirais que nous avons là un très beau bûcher, n'est-ce pas Olivier?
Heum ... Je ne sais pas exactement, c'est la ... première fois que j'en construit un ...
Le secret, c'est de faire en sorte que la combustion soit bien centrée sur le pilonne où est attaché l'hérétique. Pour le reste, on peut laisser parler l'imagination ... Par exemple, ici, j'ai trouvé amusante l'idée de faire un demi-cercle pour placer les différents individus. Et j'ai fait en sorte que, en enflammant uniquement le premier, il enflamme le second, lequel propage l'incendie au troisième, etc ... Bon, certes, ce n'est pas un trésors d'inventivité, mais ça m'évite de me fatiguer et ça me permet d'avoir mon petit effet.

Reposant le tronc qu'il portait avec 3 hommes sur le sol en grognant, le bourreau souffla un instant en s'épongeant le front avec le dos de son gant, avant de s'atteler à la partie la plus difficile : le redresser pour le faire tenir debout sur la place. En tout, c'était le 11ème bûcher qu'il dressait de telle manière, et les autres formaient un demi-cercle quasi parfait autour de la place ... Oui. Vu la manière avec laquelle il les avait disposé, ils seraient en vue de tous et toutes. Personne ne manquerait le jugement de solstice ... Personne ne pourrait détourner ses yeux du spectacle des hérétiques en train de brûler. Il n'y avait qu'une seule voie juste. Et ceux qui ne la suivaient pas devaient savoir qu'ils pouvaient commencer à craindre pour leur existence ... Ce genre de baratin devait probablement faire bander pas mal de curés, diacres et simples exécutant au sein de l'inquisition. Rien que dans la suite du seigneur Cassardis, presque tous avaient cette manière de penser, à part peut-être une ou deux exception notable ... Mais pour le riffleur, c'était une autre histoire. Il se fichait bien de frapper l'esprit des croyants pour les guider vers la lumière ou la justice. Il se fichait bien de "redresser les tords de ceux qui avaient embrassé l'hérésie". Il voulait juste faire brûler des gens. Et si possible, il voulait que ce soit beau. Après tout, est-ce un si grand mal que de faire preuve de sens esthétique dans son métier? Une tape sur l'épaule du bourreau fit tourner la tête à ce dernier, qui s'attendait à voir Lipra ou Nepra lui annoncer qu'elles avaient terminé de leur côté également mais ... Personne. Saisissant un mouvement du coin de l'œil, il se tourna de l'autre côté pour voir Ory, qu'il accueillit avec un petit sourire en coin.


- Il fait un peu froid tu ne trouves pas? Je pense qu'allumer un feu nous réchaufferait un petit peu...
Je t'assure que déplacer plusieurs centaines de kilos de bois jusqu'ici avec nous t'aurais probablement assez réchauffé pour que tu ne prennes pas ça en considération, mais si mademoiselle désire un feu ... Oh, Daniel! Les préparatifs sont terminés?

Un hochement de tête affirmatif lui tira un ricanement, alors que le bourreau croisait les bras sur la poitrine en quittant le bûcheron et la greffière, s'avançant de quelques pas pour se trouver au centre du demi-cercle. Malgré l'heure, qui avait continué à tourner pour faire apparaître une lune claire dans le ciel nocturne, beaucoup des villageois étaient toujours présents pour assister au bûcher ... Et parfois, faire leurs adieux. Les arrestations qui avaient eu lieu dans le groupe qui avait suivi l'inquisiteur un peu plus tôt s'étaient déroulées dans un calme relatif : à peine l'inquisiteur avait-il donné l'ordre que les personnes coupables avaient étés appréhendés, la plupart sans résister. Oh, comme toujours, il y avait bien eu un jeune homme qui avait tenté de s'enfuir à toutes jambes en voyant le bourreau s'avancer vers lui. Mal lui en avait pris. Lipra lui était littéralement tombé sur le dos depuis un toit, et lorsqu'elle s'était relevée, il était resté à terre, incapable de bouger. Actuellement, il se tenait attaché à un des poteaux par des cordes, sans lesquelles il se serait probablement écroulé à terre. Personne ne savait d'où lui venaient cet air comateux et ce teint cadavérique, mais il était clair qu'il n'avait plus la force de se défendre, ni de gémir ou de hurler de terreur au sort qui l'attendait ... Une victime comme on aimerait en voir moins souvent. Mais, à part ce léger incident … Tout était en ordre. Dévisageant la foule pour y chercher un visage en particulier, le bourreau finit par tomber sur le borgne qui l’intéressait, et le siffla a deux reprise, avant de lui faire un signe de main. Le bon Spencer sembla pousser un grognement, coupé dans sa conversation avec un autre membre de la suite inquisitorial, et se présenta au centre de la place, où il s’éclaircit à nouveau la gorge pour tenter de calmer les bavardages de la populace. Sans grand effet, visiblement : ils continuèrent sans interruption. S’approchant du crieur, le bourreau lui envoya un léger coup de coude pour attirer son attention.

J’ai vu mieux comme manière d’imposer le silence.
J’ai la gorge enrouée … Le climat de la région n’est pas des plus agréables. Demain matin ce sera passé, mais si je pouvais éviter de crier en attendant …
Oh, je connais un moyen de les faire taire. Et sans hausser le ton.

Observant les toits, le bourreau plissa légèrement les yeux, croisant les bras dans le dos avec un petit sourire. Rapidement, il parvint à percevoir les deux silhouettes qu’il cherchait, et leur fit signe de descendre. Lipra et Nepra n’aimaient pas les foules, et si elles pouvaient éviter d’être vues, ce n’était que mieux. Ce fut la plus petite des deux jumelles qui s’approcha, tendant au bourreau une torche éteinte. Dans l’autre main, elle portait un violon, qu’il lui indiqua de garder encore quelques instants. Se servant d’un briquet, le bourreau enflamma en quelques instants la bande de tissus imbibée de liquide inflammable qui ornait le bout de son bout de bois, avant de faire quelques mouvements avec. La lumière chaude dégagée frappa les yeux de l’assistance, qui petit à petit fit silence d’elle-même en se rendant compte que ce pour quoi ils étaient restés allait commencer d’ici peu. Spencer grogna un remerciement, que le bourreau accueillit d’un clin d’œil avant de se reculer et de s’approcher des hérétiques.

Messieurs dames.

Nous sommes ici ce soir réunis pour assister à la peine qu’a décrété le grand inquisiteur Cassardis, au nom du Solstice. Les prévenus ont tous ici étés proclamés hérétiques par notre seigneur, et en tant que tels, ils sont tous condamnés au bucher. Que Solstice ait pitié de leurs âmes, et …


Spencer s’arrêta en se rendant compte, dans son dos, que le premier bûcher était déjà en feu. Le bourreau frottait ses deux mains, un petit sourire sur le visage, accroupit à côté de ce dernier. Devant l’air contrit du crieur, il haussa les épaules avec un petit sourire, se redressant pour s’approcher à son tour et se tenir bien en vue de l’assistance, sa capuche sur la tête.

Quoi. Ce n’est pas la première fois que je te fais le coup, tout de même …
C’est à chaque fois plus désagréable, pourtant.
Allons, allons. Je t’ai déjà dit, de toute manière, que mes torches n’étaient pas à combustion illimitées … La justice de Solstice a été rendue, et c’est tout ce qui importe.

Se retournant, le bourreau croisa les bras sur son torse en souriant doucement sous sa cagoule. En l’espace d’un instant, le feu, non content de prendre naissance sur l’intégralité du tas de bois, sembla suivre une ligne sur le sol, et passa sous les différents hérétiques pour un à un les condamner à brûler. Le riffleur ne pipa pas mot, pas plus que Spencer, qui en avait abandonné l’idée dès qu’il avait entendu les cris commencer à retentir. Bien sûr, les hérétiques avaient voulu appeler à l’aide ou à la miséricorde dès qu’on les avait saisi, mais quelques coups de coudes ou de genoux bien placés les avait fait taire le temps qu’on les réunisse, et le fait de voir l’un des leurs être traîné par les pieds puis attaché au poteau les avait suffisamment calmé pour qu’ils se taisent. Mais … Maintenant que leurs chausses crottées et leurs frusques dégoûtantes commençaient à prendre feu, la situation n’était plus la même. La douleur, même s’il n’en avait pas envie, les forçait par le biais d’un réflexe aussi primaire qu’inexplicable à hurler de toute la puissance de leurs poumons et de leurs cordes vocales, à signaler à tous les êtres aux environs qu’ils souffraient, et qu’ils ne désiraient qu’une chose : être délivrés de cette chaleur intolérable.

Lentement, le rouquin s’approcha de sa servante, et tendit un bras vers elle sans que ses yeux blancs ne quittent un instant les différents corps qui étaient la proie des flammes. Cette dernière lui déposa dans la main son violon, ainsi que l’archet qui allait avec, avant de se reculer en silence. Le bourreau marmonna un remerciement, avant de poser doucement l’appuie sur son épaule, ajustant sa main le long du manche pour que ses doigts retrouvent leur emplacement naturel. Il n’avait pas joué de cet instrument depuis quelques temps déjà, mais les occasions de pratiquer se faisaient rares … Et celle-ci en était une magnifique. De ses pupilles sans couleur, le riffleur leva les yeux au niveau des toits, cherchant à nouveau ses deux suivantes. Nepra était restée à la place de tout à l’heure, adossée à une cheminée sur un toit en pente. Lipra, elle, avait traversé la grand-rue, et se tenait sur un bâtiment opposé à celui où se trouvait sa sœur. Les deux demoiselles avaient filé de grands câbles, qu’elles étaient en train d’arranger. Personne, dans la foule, ne songeait à lever les yeux vers elle : c’était heureux, car l’une comme l’autre avaient au total … 3 membres de visibles. Les deux bras « normaux » s’occupaient de rectifier la position des cables, de les accrocher, etc … Tandis que le 3ème, dont la silhouette était bien plus fine et rappelait depuis le sol la forme d’un sabre, était fixe, et servait de point d’attaches aux différents cordages. Elles préparaient leurs instruments, elles aussi … Le riffleur s’était toujours demandé de quelle manière parvenaient-elles à garder un bras fixe au point de pouvoir jouer de la musique avec, mais … Il savait juste qu’un jour où il avait voulu pratiquer, une des filles s’était mise d’elle-même à se tisser un instrument, et qu’elle l’avait accompagné sans la moindre hésitation. Sa sœur l’avait bien assez tôt imité … Et depuis, il pouvait se permettre des pièces bien plus audacieuse que ce qu’il aurait pu tenter seul. Voyant que l’une comme l’autre avaient réussi à s’accorder, le riffleur toussota légèrement. Les cris s’étaient faits moins puissants, alors que les nerfs avaient à leur tour commencé à brûler, incapable de continuer à transmettre la moindre information au cerveau des différents hérétiques. Profitant de ce « calme relatif », le tortionnaire inspira longuement, avant de se mettre à jouer, au cœur du demi-cercle du bûcher, devant ce qui restait de la foule de croyants tétanisés.



* *

*

Le réveil avait été brutal. Il l’était toujours lorsque le riffleur tombait de son Hamac. Et, chose étonnante, même s’il dormait extrêmement souvent dans un hamac depuis qu’il avait les filles à sa charge … Il continuait de se réveiller de cette manière. Après une toilette plus ou moins sommaire (les bassines de 5 litres d’eau tiède n’avaient jamais réellement fait de miracle), le bourreau s’était paré de ses plus beaux atouts : il avait paré sa ceinture de plusieurs jeux de chaînes terminées par des crochets plus ou moins pointus à cause de l’usure, son hachoir avait retrouvé sa place habituelle à sa hanche, et il avait accroché 3 fourreaux sur l’arrière d’une de ses ceintures, dans lesquels il avait glissé trois poignards de surplus. Après tout, on avait jamais trop de lames sur soi, lors d’une chasse à l’hérétique. Et il était quasiment évident qu’ils allaient partir en chasse, dans très peu de temps. Puis, alors qu’il allait quitter la chambre, Nepra le prit par la main pour l’arrêter, avant de le tirer doucement vers l’arrière. Le riffleur fronça les sourcils, et fit demi-tour pour suivre la demoiselle, qui le mena à la malle qu’elles avaient apporté plus tôt. Lipra défit lentement le verrou qui la maintenait close, comme pour faire monter la tentions, avant de … L’ouvrir. Sur le dessus du coffre se tenait, dans un drap de velours rouge sombre, une magnifique machette à la lame d’acier forgé, dont le métal renvoyait un éclat terni par sa couleur particulièrement sombre. Prenant la poignée sans un mot, le bourreau la souleva avec une douceur irréelle, avant de l’agiter doucement dans les airs … Puis, de fendre d’un coup brusquement le tabouret à sa gauche. L’espace d’un instant, il imagina à la place du bois le crâne d’un individu quelconque. Oui … Oui, c’était parfait.

Les filles, si j’étais immunisé au venin que vous administrez quasiment par réflexe dès que quelque chose s’approche de votre bouche, je pense que je vous embrasserais. Quoi qu’à la réflexion, je ne suis pas certain que vous prendriez le geste de la bonne manière non plus. Encore que. Enfin, vous voyez où est mon intention ? Oui ? Non ? Nepra tu m’as l’air perplexe … ouii, noooon … humph, viens juste dans mes bras un moment, on va dire que ça fera l’affaire. Oui, toi aussi.

Une minute ou deux plus tard, le bourreau sortait du bureau, avec en travers des reins sa toute nouvelle acquisition, dans un fourreau des plus … Originaux. Descendant au salon de la taverne, il eut la surprise d’y reconnaître un visage familier, qu’il n’avait pourtant pas croisé depuis plusieurs semaines. Maesteria. L’air perdu et absent qu’elle affichait en disait long sur l’entretient qu’elle avait eu avec le grand inquisiteur plus tôt dans la journée. De même que le verre d’eau qu’elle tenait dans sa main, qui était encore plein, et qu’elle semblait ignorer complètement. Pourtant, pour l’instant, ses yeux comme ses joues semblaient être toujours parfaitement secs.

Oh, Maesteria ! L’intéressée sursauta à l’appel de son nom, et se tourna vers le bourreau avec des yeux hagards. Ca n’a pas l’air d’être la grande forme ! Enfin, remarque, j’ai entendu dire, pour Broke. Vraiment une perte regrettable. Le verre s’était mis à trembler, de même que la main qui le tenait. Enfin, vois le côté positif des choses. Depuis que ta mère n’est plus parmi nous, elle ne peut plus te sermonner lorsque tu fais des bourdes de ce genre. Bon, je te laisse, je crois que je suis en retard pour rejoindre le groupe là. On se revoit plus tard, hein !

Quittant l’auberge avec ses deux suivantes, le bourreau entendit un bruit de verre qui éclate dans son dos à peine le pas de la porte franchi. Puis le son clairement identifiable d’une personne, au timbre aigüe, qui éclate en sanglots. Oui, décidément … C’était le début d’une excellente journée.


Haizen !

Le bourreau tourna la tête vers l’inquisiteur lorsque ce dernier prononça son prénom, et sentit un sourire naître sur ses lèvres. Heureusement qu’Ory s’était arrêté de parler, parce qu’il n’aurait pas saisi un traitre mot du reste de sa phrase si elle avait tenté de poursuivre.

Tu prends la tête avec le gosse." Le riffleur haussa un sourcil, alors que ses yeux se portaient non plus sur l’inquisiteur, mais sur la petite pousse qui se tenait à son côté. "Maesteria en a blessé un à la cuisse lors de l'embuscade. Il saigne.
Pauvre de moi. Je vais devoir les traquer par-delà 3 rivières ? Je me demande bien comment je pourrais y parvenir. Je suppose que le seigneur nous viendra en aide.

La phrase, si elle n’était pas particulièrement digne d’un serviteur pieu du solstice, n’avait rien d’anormale venant du bourreau. Surtout que ce dernier l’avait dit sur un ton parfaitement honnête … Encore que, le fait qu’il n’ait pas pu résister à la tentation de blâmer un peu leur si mignonne, mais si inefficace collègue jouait peut-être un peu dans l’équation. Le rat se rapprocha en trottinant du bourreau, qui fit signe à Ory et aux autres d’une main, avant de se mettre en marche à son tour.

On ne les attend pas ?
Oh, non … Le reste de la suite inquisitorial doit se déplacer avec au minimum de quoi subvenir aux besoins de tout le groupe durant plusieurs jours. Si notre collègue inquisitrice ne s’était pas précipitée d’ailleurs, c’est également ce qu’elle aurait dû faire. Des hommes qui doivent, en plus d’une chasse à l’homme, traquer du gibier et s’en occuper sont naturellement plus fatigués lorsqu’ils arrivent au combat que ceux qui ont déjà des réserves avec eux. C’est normal, tu ne penses pas ?
Si, mais … Du coup, on part juste tous les deux devant, comme ça ?
C’est ça. Enfin, pas tous les deux, Lipra et Nepra ne me quittent jamais réellement, elles se tiennent juste … Hors de vue. Et d’ailleurs, tu vas partir devant, siffleur, parce que c’est toi qui connais le chemin de leur planque.
Le simili compliment tira un sourire fier au gamin, qui s’engagea sans hésitation dans la foret, avant de faire quelques mètres et reprendre : Mais … Si on leur tombe dessus, qu’est-ce qu’il va se passer ?
Oh, tu sais mon garçon, on a le temps avant ça. Mais, quand on leur tombera dessus, ce qui va arriver à un moment ou un autre, je serais là pour te protéger, ne t’en fais pas. De toute manière, nous ne confronterons pas l’ensemble de leur groupe avant d’être nous-même tous présents.
Pour de vrai ?
Mais oui. Et en plus, le plus beau, c’est qu’ils vont nous attendre. Ils savent qu’on arrive, gamin, ils savent …
Comment tu sais qu’ils savent ?
Hin hin … Parce que l’un des leurs porte une amulette particulièrement étincelante, que je viens de voir disparaître dans les bois comme si elle avait une meute de chiens aux basques …
Je n’ai rien vu moi … Mais … On la laisse s’enfuir ?
Bien sûr. Comment sauraient-ils qu’on arrive pour eux, sinon ?

[HRP]Honnêtement ? Je voulais faire pire, mais jay mal aux yeux un brin, et en plus je me suis dit que je pouvais vous épargner.
Pour cette fois ô_o [/HRP]
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Orye Svarnakovak

Lame du Solstice

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Race : Mi démone - Mi élue
Classe : Ninja
Métier : Greffière inquisitoriale
Croyances : Dieu du solstice
Groupe : Royaume

Âge : 25 ans

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Fiche de Personnage : Pour le Solstice!


MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Dim 21 Juin 2015 - 14:33

L'inquisition était en marche...

Orye écarta les bras dans un mouvement d'étirement particulièrement las. Si elle aimait chasser les hérétiques, et faire régner l'Ordre, elle détestait cependant les longues marches inutiles. Haizen était parti devant, ce qui privait la jeune femme du rôle qu'elle arborait généralement, celui d'une éclaireuse. Marchant aux côtés de Daniel, ce dernier restait comme à son habitude silencieux, fixant l'espace devant lui.

Se grattant la joue, l'inquisitrice en profitait pour observer les horizons, et comme elle s'y attendait, il n'y avait pour l'instant pas grand chose d'intéressant à voir. L'inquisition se déplaçait rapidement, mais pas silencieusement, ce qui n'était pas un problème dans la mesure où la démarche était volontaire, et le but précis: trouver et traquer les hérétiques.

Un mouvement attira l'attention de la greffière, qui remarqua des petits animaux gambadant assez loin d'eux. Là encore, elle ne pouvait même pas chasser, puisque l'inquisition avait pris de quoi se nourrir pour plusieurs jours. A vrai dire, elle s'ennuyait. Tournant la tête pour observer le reste de la troupe, Orye se dirigea vers Krieg qui avançait silencieusement. Elle se mit alors à ralentir, laissant le groupe la rattraper et se retrouvant aux côtés du maître inquisiteur.

- Sieur Cassardis?

Il posa son attention sur elle, l'autorisant à continuer.

- Je ne pense pas ma présence au près de la suite nécessaire pour le moment, puis-je me joindre à la chasse plus en avant? Mes talents y seront peut-être plus appréciés?

Elle ponctua sa phrase par un sourire rendu par son interlocuteur, puis, sans un mot elle se mit à courir en avant et tapota l'épaule de Daniel, s'élançant dans la forêt en grimpant aux arbres, tandis que son compère restait au sol et balayait les branches devant lui.
Si Haïzen était partit relativement calmement, le départ de la greffière lui était vif, et marqué.

Plusieurs minutes passèrent, le duo traversant les feuillages de manière rapide, alors qu'Orye observait les alentours, prête à sortir l'un de ses couteaux. Se stoppant subitement, elle reprit son souffle et fixa une zone dégagée un peu plus loin. Elle s'était légèrement détourné du chemin qu'avait pris le bourreau mais était restée sur le chemin de la suite inquisitoriale, et ce volontairement, afin de ne pas analyser quelque chose de déjà clair, et afin de ratisser large. Clignant des yeux, l'inquisitrice s'élança subitement, tirant un couteau qui se ficha dans quelque chose de mou. Un cri ponctua l'arriver du projectile sur sa cible, accompagné par le bruit sourd d'un corps tombant sur le sol. Restant dans les arbres alors que Daniel allait retrouver la personne attaquée, Orye observa les alentours afin d'être certaine de ne pas être dérangée. Une fois qu'elle fut certaine que sa cible était seule, et que Daniel avait fini de l'attacher contre un arbre, elle décida de rejoindre son collègue, se jetant d'une branche et atterrissant devant sa proie apeurée. Il s'agissait d'un jeune homme, âgé de peut-être seize ans, qui se tordait sous la douleur du couteau présent dans son genou. Le type possédait une touffe brune en bataille lui servant de coiffure et des yeux verts. Il remarqua l'inquisitrice qui venait d'arriver et déglutit à sa vue. Bien que Daniel se trouvait devant lui et dominait Orye de quelques têtes, le jeune homme semblait terrifié par la demoiselle. En effet, cette dernière le fixait silencieusement, un large sourire sur le visage, seule partie de ce dernier visible alors que le soleil filtrait derrière elle et les feuilles, la plaçant en contre-jour.

- Pitié! Pitié! Tout ce que je voulais, c'était survivre!

Soufflant de lassitude et perdant son sourire, la greffière attrapa un autre couteau qu'elle ficha dans une des mains de sa victime, la clouant contre l'arbre derrière lui. Pourquoi fallait-il systématiquement que les hérétiques demandent pitié? Pourquoi fallait-il toujours qu'ils hurlent de douleur? Pourquoi fallait-il toujours que ça lui procure autant de plaisir?

- Qui es-tu?
- Je... Je suis Erik! Tout ce que je voulais, c'était fuir, retrouvez ma belle Janna là où elle avait fui l'inquisition! Là où elle se cachait de vous! Mais un type est venu nous dire que vous étiez là, et que vous n'alliez pas tarder... Alors j'ai voulu la retrouver... J'ai si mal... Ayez pitié.... Tout ce que je voulais, c'était l'aimer et vivre avec elle...
- Oh...

Elle arracha alors le couteau présent dans sa main, et fit un signe à Daniel, qui la regarda l'air louche avant de soupirer et soulever le bougre. Ce dernier sembla croire son sort assuré, et commença à remercier le duo. Peu après, il fut assez surpris de voir ses membres empalés par les pieux que Daniel avait emmener et de voir l'inquisitrice s'approcher de lui, jouant avec le couteau de lancé qu'elle lui avait arraché plus tôt. Il hurlait de douleur, aussi se rapprocha-t-elle de lui en plaquant sa tête contre l'arbre et en lui murmurant doucement.

- Arrête de gémir allons... Tu ne fais que te faire souffrir un peu plus... Tu rejoindras ta belle ne t'en fais pas... dans la mort.

Elle ponctua ses mots en enfonçant doucement sa lame dans le torse du pauvret, savourant chacun de ses soupirs douloureux alors que la vie le quittait. Chaque centimètres du couteau qui s'enfonçait extirpait de l'homme un gargouillis plus subtil. Orye n'en manqua pas une miette, collée contre lui. Elle sentit alors un liquide chaud glisser sur ses gantelets et soupira à son tour, se reculant légèrement alors que le dernier soupir du pauvre homme s'échappait de sa gorge pour être capté par l'inquisitrice. Cette dernière remarqua alors un collier autour du cou d'Erik et l'arracha, le plaçant dans une de ses poches d'un air amusé alors qu'elle devinait un collier matrimonial, comme il se faisait encore dans certaines régions. Elle fit ensuite signe à Daniel qui soupira de nouveau, sortant de sous sa cape une sorte de griffe argentée alors qu'il s'approchait du corps sans vie. Orye se recula légèrement alors que son collègue commençait à utiliser sa griffe pour arracher les vêtements de la proie de l'inquisition, en même temps que sa peau. En à peine quelques minutes, Erik avait été dépecé par l'inquisiteur qui regardait son oeuvre satisfait. Seul demeurait d'Erik une masse sanguinolente suspendue à un arbre par quatre pieux, dont seul un couteau marquait l'ornement mortuaire de sa dépouille, présent en plein centre de son torse. Le sang qui coulait le long de l'arbre et nourrissait le sol d'un nectar écarlate coula jusqu'à la botte d'Orye qui ne cessait de sourire tandis que lors du processus, elle et Daniel furent éclaboussés de sang. En silence, elle se détourna de l'oeuvre d'art de son ami et s'élança dans les bois, accompagnée par ce dernier qui s'était servi de la peau comme d'un combustible aux pieds de l'arbre, formant un cercle autour de ce dernier et y mettant le feu, laissant un cercle de flamme courir autour de l'arbre. Il n'y avait aucun risque que le feu ne se propage grâce aux précautions de Daniel, et puis de toutes façons, le reste du groupe d'inquisiteur n'était pas loin derrière eux, et sentirait à coup sûr l'odeur particulière de la chaire brûlée.

Le soleil était à son zenith lorsque l'inquisitrice retrouva le bourreau qui attendait, visiblement en train de préparer leur future attaque. La greffière remarqua la présence des deux êtres qui suivaient constamment Haïzen et n'y prêta, comme d'habitude, pas plus d'attention que cela, redescendant de son perchoir forestier pour rejoindre Daniel et le bourreau. Daniel, maintenant couvert d'un sang séché salua le bourreau alors qu'Orye se contenta de sourire tout en jouant avec le collier d'Erik. Un peu en amont se trouvait une grande souche d'arbre ouverte, qui menait visiblement à une cache. Il s'agissait soit d'un repaire de bandits, soit du lieu où se terrait les hérétiques. La deuxième option semblait bien plus intéressante.

- Et bien Haïzen, prêt à répandre la parole de Solstice? Prêt à faire rougir ta lame? Parce que je t'avoue que ton bûcher était beau, mais je suis certaine que celui que nous organiserons avec leur corps sera nettement plus sympathique...
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Krieg Cassardis

Grand inquisiteur

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Race : Se prétend humain. (démon)
Classe : Maître-lame.
Métier : Inquisiteur.
Croyances : Solstice paraît-il.
Groupe : Royaume.

Âge : Parfaitement inconnu.

Messages : 15

Fiche de Personnage : Ne crois pas en Lui.
Crois en moi.


MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Sam 15 Aoû 2015 - 13:41

Le regard froid du grand inquisiteur se perdait dans les bois autour de lui alors que sa monture, un grand cheval noir recouvert d'une épaisse bâche décorée par le signe solaire du Solstice, pataugeait dans une boue recouverte de traces de pas. Il avait conscience des innombrables paires d'yeux qui le suivaient, que ces dernières appartiennent à ses subalternes, ou à ces imbéciles d'hérétiques dissimulés dans les fourrés, tous le fixaient d'un air inquiet. Krieg le savait, et cela le faisait sourire, comme toujours. Le démon se délectait de l'aura de peur que dégageait son titre, l'espérance de voir de nouveaux visages déformés par la terreur ou la contemplation de sa seule présence, c'était ce qui lui donnait envie de se lever tôt le matin. Mais...En ce moment...Au fin fond de cette forêt abandonnée des dieux, quelque chose d'autres avait usurpé le titre qui revenait de droit au grand inquisiteur. "La Dame", c'était ainsi que les hérétiques l'appelaient. Etait-ce vraiment un démon? Ou une sorcière? Ou même, une de ces saletés d'anges perdue loin d'Adiryl? Qu'importe. Bientôt, elle ne serait plus.
"-Seigneur." Lâcha un cavalier devant lui.
Krieg recentra son regard sur la route, ou plutôt, l'arbre au bord de la route, qui disposait d'une décoration toute particulière. Un homme écorché vif, encerclé par ses propres lambeaux de peaux flamboyants. L'odeur de chair brûlé enivra les sens de l'imposteur démoniaque, tandis que les plus perplexes se tournaient vers lui, leurs yeux écarquillés implorant une explication:
"-Un juste châtiment."
Le convoi se remit en route sous les rires des plus habitués. L'imposteur démoniaque se délecta du regard douteux que lui envoya une jeune femme, nouvellement membre de sa suite, avant de frapper sa botte contre le flanc de son propre destrier. Ils étaient toujours ainsi au début, illuminés, bercés d'illusions...Stupides. Même ceux qui sortaient de prison. Puis ils plongeaient avec lui dans les méandres de la dépravation humaine, et leurs esprits s'endurcissaient, ou se brisaient.
"Rebrousses chemin, boucher." Fit une voix désincarnée.
Krieg n'était pas assez stupide pour croire que quelqu'un d'autre l'ait entendu, ce n'était pas la première fois qu'un télépathe s'adressait à lui, surtout pour l'intimider. Un sourire en coin, l'inquisiteur répondit mentalement :
"Crois-tu vraiment pouvoir me faire peur, à moi?"
La réponse ne vint pas tout de suite, sans doute parce que son nouvel interlocuteur/trice peinait à maintenir un contact clair avec l'esprit du vieux démon.
"Je sais qui tu es."
L'intéressé se retint de pouffer et répondit.
"Le contraire aurait été vexant. Toi par contre, insignifiant moustique, je ne sais qui tu es, ni ce que tu es."
Ils traversèrent une portion de fourré particulièrement dense, puis franchirent une petite rivière, mais aucune réponse ne lui parvint. Son/sa nouvel ami ne voulait visiblement pas s'attarder d'avantage dans une conversation perdue d'avance. Sage bête.
Sa main gantée droite se posa sur la poignée d'une des deux rapières qui pendaient à son flanc. Machinalement, Krieg fit tinter ses bagues contre le pommeau de manière totalement irrégulière, puis ferma les yeux.
Et ne les rouvrit que lorsqu'un éclat de rire aux airs de rugissements, d'une intensité rare, se mit a raisonner dans les bois. Les montures de têtes se cabrèrent en débutant un concours de hennissement paniqué tandis que leurs cavaliers, durement brinqueballés, tentaient de les calmer à grand renfort de coups sur les flancs. Le sourire de l'inquisiteur réapparut sur son visage ridé.
"-Haizen et Orye ont trouvés quelque chose."

***

En effet, les deux meilleurs éléments de la troupe avaient dénichés quelque chose d'extrêmement intéressant. Trois pâles imitations de gardes, armés de fourches et d'épées rouillés, postés dans un tronc d'arbre creux et renversé, aménagé en planque de chasseur. En arrivant sur les lieux avec le reste de la troupe, Krieg n'avait même pas eu besoin de descendre de son cheval pour comprendre que le combat ayant suivit la découverte du riffleur et de la greffière n'en avait pas été vraiment un. Il n'y avait pas de traces de luttes dans la boue, seulement du sang. Ses deux agents appréciaient depuis toujours le plaisir d'écraser les plus faibles, exactement comme lui. C'était en partie pour ça qu'ils étaient les deux seuls êtres que Krieg ne considérait pas comme de simples stupides brebis. Une épée rouillée gisait a l'entrée du refuge, au beau milieu d'une flaque de sang et de boue dont s'extirpait une trainée menant jusqu'à l'intérieur. Le grand inquisiteur esquissa un discret sourire, puis entreprit de baisser la tête pour franchir le seuil au plafond trop bas.
Quelques-uns de ses agents le suivirent, impatient de voir dans quel état pouvait bien se trouver les pauvrets.
"-Mes enfants." Salua-t-il en balayant l'unique pièce du regard.
La première chose que les yeux de Krieg rencontrèrent furent les formes mortellement appétissante d'Orye. La greffière était assise sur une table ronde, en bois, au beau milieu de la salle, visiblement occupée à détailler l'un de ses couteaux. Ladite table se révélait être le seul meuble encore debout dans les environs, à l'inverse des six chaises renversées, de l'armoire brisée et de la niche effondrée dans laquelle expirait un chien de chasse borgne s'étant sans doute montré un peu trop vindicatif. Le pitoyable animal émettait de temps à autres quelques gémissements déchirant, qui faisait sursauter le seul autre être doté d'encore un soupçon d'humanité dans la pièce. Le petit siffleur, à deux ou trois pas de la niche, écoutait les dires que l'être souriant accroupi à ses cotés lui murmurait, sans cesser de sourire.
Bien entendu, dans le coin le plus sombre de la pièce se trouvait deux formes vaguement humaine, recroquevillée, tremblantes, terrifiées par le cadavre d'un troisième être ayant jadis ressembler à un humain.
Après que ses sous-fifres l'aient rapidement salués, Krieg se dirigea d'un pas rapide jusqu'aux prisonniers et entreprit de s'intéresser au plus faible. Celui que l'autre, tout sonné qu'il était, avait tenté de protéger en se plaçant devant lui.
"-Ton nom?" Krieg ne souriait pas maintenant, son visage semblait parfaitement dépourvu expression. Sans âme. Mais le ton de sa voix, lui, n'était pas dépourvu de venin, ni de mépris.
Le faible ne répondit bien entendu pas, et se contenta d'augmenter ses tremblements tandis que son confrère sonné se trainait un peu sur le sol trempé pour se placer entre lui et l'inquisiteur. Krieg fixa son regard sur les cheveux bruns et ébouriffé du prisonnier, qui devait être aussi jeune que stupide, puis il cracha d'un ton méprisant.
"-Faites sortir le gosse."
Ceux qui étaient entrés après lui s'occupèrent du siffleur, qui les suivit sans faire d'histoire, sans même prononcer un mot, en fait. Ceci fait, Krieg réitéra sa question.
Sans obtenir la moindre réponse.
Mais l'inquisiteur ne se formalisa pas. Au contraire. Il se redressa, pour dominer ainsi de toute sa hauteur les jeunot terrifiés, et fixa un point invisible face à lui sans ajouter quoique ce soit. Un long silence suivit cela. Ce silence, c'était les hérétiques qui l'avaient engendrés, c'était eux qui avaient décidés d'user de cette technique pour résister à l'inquisition. Une minute passa, puis une autre, puis encore une autre. Parfois, Krieg faisait un geste quelconque, vif, brutal, et le plus faible sursautait en voyant son ombre sur le sol se mouvoir. Alors l'inquisiteur replaçait l'une de ses bagues, se grattait la nuque, lissait les bords de son manteau, se massait les tempes. Sans jamais afficher la moindre expression. Huit longues minutes se passèrent ainsi, et durant chacune d'elles, l'imposteur démoniaque se délecta de l'appréhension grandissante du jeune mortel, qui s'attendait à recevoir un coup, une lame, à chaque instant.
"-Nargal.
-Pathétique." Méprisa encore une fois le démon, sans se débarrasser de sa mine inexpressive mais en redirigeant tout de même son regard vers la proie à ses pieds. L'autre, qui avait l'air bien plus amoché, grogna quelque chose en tentant de repousser l'un de ses genoux.  L'inquisiteur ne lui accorda pas même un regard.
"-Où se terre votre fameuse dame, hérétique?"
Nouveau silence. L'autre repoussa son genou avec plus d'insistance, en appuyant son épaule qui n'avait pas été disloquée contre elle. A moitié conscient, il grommela deux ou trois menaces, puis Krieg leva brutalement sa main droite...Pour tirer le gantelet qui recouvrait cette dernière.
Cette fois-ci, les deux prisonniers sursautèrent, et le plus courageux poussa même le gag plus loin en levant enfin son regard dans sa direction.
La partie gauche de son visage avait été, tout comme son épaule, terriblement maltraitée. La tempe était enfoncée de manière très peu naturel à l'intérieur de son crâne, et son œil semblait sur le point de sortir de son orbite. Sa mâchoire inférieure, quant à elle, pendait lamentablement en laissant s'échapper du reste de ses dents brisées deux épais filets de sangs et de baves. L'inquisiteur comprit à cet instant qu'Haizen avait dû frapper le paysan à main nue, sous forme draconique, et que ce dernier devait être sacrément tenace pour continuer à vivre après cela.
Mais cet imbécile venait de le défier en repoussant ainsi sa personne.
Krieg soupira, se baissa, prit doucement la tête martyrisé du pauvre type entre ses mains, qui tenta vainement de résister, puis s'accorda le droit de sourire un instant, un seul petit instant, durant lequel le faible levait à son tour la tête pour découvrir le visage de l'interrogateur. C'était un sourire d'apparence bon, presque protecteur. Celui d'un père qui observe sereinement ses rejetons joués dans le pré. Paternel, oui, c'était cela. Un sourire tout à fait paternel.
Puis il frappa de la paume de sa main la partie avant gauche du visage appartenant au moins faible. L'oeil gauche, qui n'attendait qu'une nouvelle secousse pour enfin s'échapper de sa prison de chair, se retrouva à pendre par son nerf optique, au niveau de la bouche grande ouverte de son propriétaire, qui hurlait depuis peu comme un aliéné. La main gantée de l'inquisiteur, celle qui venait de porter le coup, bougea vite et attrapa l'immonde boule de gelée pour tirer cette dernière en hauteur, tandis que sa jumelle de droite attrapait la mâchoire inférieure pour pousser celle-ci vers le bas. Le démon n'avait pas quitté des yeux le faible durant toute la durée de l'opération, il hurlait presqu'autant que l'autre maintenant. Et pour cause.
En l'observant réellement pour la première fois, Krieg avait constaté quelque chose. Une ressemblance, pas flagrante, mais belle et bien présente, entre les deux prisonniers encore vivant. Même bouche, même fossette. Sans doute le même regard. Ils appartenaient à la même famille, deux frères sans doute. Intéressant. L'inquisiteur tira un peu plus vers le haut l'oeil délogé, toujours relié à son nerf optique, puis cracha avec le même ton méprisant qu'il employait depuis le début de l'entretien.
"-Dois-je vraiment répéter ma question?
-Je vais le dire, je vais le dire !" Gueula pitoyablement Nargal en recouvrant ses oreilles de ses mains pendant que son frère continuait de gargouiller des hurlements. La réponse ne convint pas au démon, qui poussa la mâchoire vers le bas jusqu'à ce que cette dernière touche le sol. Un claquement sinistre se fit entendre, et les hurlements doublèrent d'intensité. La chair des joues commença à se déchirer.
"-Dans la grotte ! Je vous en supplie ! Pitié ! Ayez pitié !"
Les implorations du mortels réchauffèrent le coeur du vieux démon, et celui-ci rafficha son sourire paternel un court instant avant de tirer simultanément ses deux prises dans une direction opposée. Le nerf lâcha rapidement dans un immonde bruit humide, au désespoir de son possesseur et du principal spectateur. La mâchoire résista un peu plus, surtout parce que la victime se tordait tant bien que mal pour la suivre dans sa descente inattendue. Et puis Krieg, lassé, tira d'un coup sec vers lui. Le pauvret écrasa son visage malmené sur le sol, en plantant ses dents en son sein. Dans son délire, il tentait de retenir le flot de sang qui s'écoulait de l'ancien emplacement de sa mâchoire inférieure avec sa langue, désormais à l'air libre.
Sans succès.
Pour finir, l'inquisiteur lui cassa la nuque d'une seule main, comme si ce cou puissant et ensanglanté avait été celui d'un fragile nourrisson.
"-La grotte?"Court silence, Krieg fit claquer sa langue en affichant un air sévère."Dépêches-toi, ou je te jure que tes ancêtres t'entendront hurler depuis leurs tombes."
Quelqu'un ricana derrière-lui. Orye ou Haizen? La main de Solstice n'y avait pas particulièrement prêté attention.
"-Oui, elle vous attend sûrement là-bas...C'était là où nous devions nous rendre une fois la chasse fin...
-Qu'importe, elle sera là... Tu sais lire une carte?
-Ou..."
Krieg se releva en jetant négligemment l'oeil et la machoire qu'il tenait toujours pour se tourner vers ses sous-fifres.
"-Que quelqu'un apporte une carte à ce chien !" Puis l'inquisiteur orienta de nouveau son regard en direction du mortel traumatisé."Sois satisfait, tu vas nous accompagner. Ainsi nous aurons toujours la joie de te demander le vrai chemin, si, par hasard, tu avais confondu un sentier avec un autre..."
Ceci dit, il quitta la pièce en remerciant d'un hochement de tête ses agents, et se remit en selle.
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Haïzen Piker

Le rouge

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MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Lun 24 Aoû 2015 - 15:10

Ri … Riffleur ?
Mhhh ?
Je … J’entends une voix.

Le bourreau haussa un sourcil en baissant le regard vers son tout jeune compagnon, qui ne s’était pas arrêté pour autant, pour l’instant. Tournant un peu les yeux autour d’eux, il ne perçu rien d’autre que des arbres, des buissons, des feuilles, des traces de passages d’animaux sauvages qui évitaient de se montrer, et peut-être 50 mètres devant eux, les traces d’un artefact magique … Oh, sans compter Lipra et Nepra bien entendu : les filles apparaissaient de manière régulière dans les environs, sans jamais se montrer complètement pour autant, ni simplement rejoindre le bourreau. Ce dernier n’avait pas eu besoin d’expliquer pourquoi au petit dont il avait la charge : elles ne tenaient tout simplement pas à se montrer en sa présence. Seul, Haïzen aurait presque pu faire cette marche en en tenant une sous chaque bras, mais visiblement ce ne serait pas pour aujourd’hui. En attendant, ce que venait de lui dire le gamin était intéressant. « Une » voix … Si les filles ne s’étaient pas manifestées, c’est qu’il n’y avait personne. Donc, il l’entendait dans sa tête. Mais il était conscient que ce n’était pas naturel … Et les cas de schizophrénie aussi brusque que profonde étaient rares, à cet âge. Surtout lors d’une randonnée en forêt. Posant une main sur son épaule frêle, le bourreau ralentit doucement le pas, le visage tourné vers lui. Le gamin fit de même : il était effrayé, vu son expression.

Que dit-elle ?
Que … que ma place n’est pas ici … que vous êtes fous … Que l’inquisiteur n’est pas ce qu’il prétend … Elle dit que je devrais tenter de te poignarder, et m’enfuir. Que j’serais protégé si j’arrive à m’éloigner.
Allons bon … T’as elle dit quoi que ce soit d’autre?
… Elle m’a dit que “Solstice”, le dieu que vous vénérez … Qu’il existe pas.

Visiblement, le gosse se sentait coupable de dire ça. Ou alors, il avait extrêmement peur de la réaction du bourreau, mais en tout cas, son teint en disait long sur son état d’esprit. Ce qui avait du bon : il était au moins assez futé pour ça … Avec un petit soupire, Haïzen s’arrêta, et mit un genou à terre pour se mettre au niveau du gosse. Devant eux, à peut-être 20 mètres désormais, se trouvait la souche d’un arbre qui avait dû être immense. Abattu il  y a un certain temps, on avait laissé sa souche, et aménagé entre ses racines tortueuses et épaisses un genre de petit refuge, une planque de chasse … L’objet enchanté était à l’intérieur. Mais rien ne pressait. Quelque chose d’autre approchait.

Et bien … Tu peux tenter de l’écouter. Mais je ne crois pas que tu veuilles vraiment ne plus être copain avec monsieur l’inquisiteur. Ou moi. Or, elle n’est pas notre amie … C’est elle que nous cherchons. Elle veut simplement semer le doute en toi, pour te retourner contre nous … Tu sais pourquoi ?
… Non?
Parce que tu es petit, jeune, et pour l’instant, faible. Tu n’as pas encore une foi assez forte en notre seigneur pour résister à ses mensonges, seul … Elle pense pouvoir te manipuler.
Elle dit la même chose de vous … enfin, que vous tentez de me manipuler, quoi.
Je me doute. Et tu sais pourquoi elle tente de te corrompre, plutôt que de s’adresser directement à moi ? Parce qu’elle aussi est petite et faible … Mais ça n’a rien à avoir avec son âge.

La fin de cette phrase fut ponctuée, pour le riffleur, d’un évènement étrange. Quelqu’un, quelque part dans son cerveau, commença une phrase. Qui sonnait comme un « Tu es bien sûr de toi, bourreau », peut-être. Ou alors, « tu es bien fourni », mais ça n’avait pas de sens même si c’était entièrement vrai : la première option semblait plus vraisemblable. Mais passé les deux premiers mots, la voix calme se teinta de souffrance. Et au 3ème, sa phrase se changea en cri de douleur incompréhensible, avant que la présence ne se retire. Le rouquin eut un sourire des plus carnassiers, et se releva. Le siffleur l’observa un instant, avant de sourire aussi, bien que de manière évidemment bien plus douce.

Elle est partie! Comment tu as fait ça?
Oh, c’est elle qui s’est retirée … L’esprit des gens est comme une chambre … Et lorsque tu en forces la porte pour y pénétrer … Parfois, tu découvres des choses auxquelles tu ne t’attendais pas. Je ne pense pas qu’elle t’embêteras plus tant que tu seras proche de moi.
D’accord … Sinon, ya une cache de chasseurs, juste là. Tu l’as vu?
hmm hmm.
J’y ai fauché des lapins, une fois ou deux, j’suis sûr qu’ils y sont … On y va?
Pas encore … tu ne tiens pas à attendre Ory ?

De par le sang démoniaque qu’elle portait dans ses veines, Haïzen pouvait percevoir la greffière. Même à travers les arbres et les branches, les obstacles … Oui. Il pouvait « voir » distinctement cette tâche blanche qui semblait évoluer à travers ce qui se trouvait devant lui, et se déplaçait gracieusement vers leur position. Elle mit peu de temps à les rejoindre, au plaisir du bourreau, qui se leva et la salua elle ainsi que Daniel. La petite référence au bucher de la veille tira un ricanement au bourreau, qui se frotta le nez d’un doigt en répondant.

Oh, si tu es à ce point pressé, je te laisse volontiers ce petit amuse-gueule … Tu connais mes tendances : si on rentre tous les deux là-dedans, l’inquisiteur va encore nous taper sur les doigts pour excès de zèle. Oh, et emmènes le petit : je suis sûr que lui montrer ce qui lui arriverait s’il écoutait « la voix » va lui donner à réfléchir sur qui est le gentil de notre affaire. Quelque chose comme ça. Je reste ici un instant … « un cailloux dans ma botte ».

Même s’il ne savait pas combien de personnes se trouvaient dans le petit refuge exactement, le bourreau n’avait aucun doute sur la capacité de chaque membre de leur petit groupe le purger intégralement. Les mains dans le dos, même. Dans le cas de Lipra et Nepra, cela devait avoir un aspect étrange, mais … Oh, peu importe. Croisant les bras, il observa ses compagnons passer un à un la petite arche marquant l’entrée du refuge, et ricana en voyant la petite « porte » se refermer. Amusant …

Pivotant, il observa ensuite les buissons avec un sourire. Croisant les bras sur son torse, il attendit ainsi pendant une petite minute … Avant de voir un individu essoufflé et visiblement effrayé sortir brusquement des fourrés pour tomber devant lui, à 4 mètres environs. Les jumelles étaient trop gentilles … elles l’avaient rabattu rien que pour lui ? Visiblement, ce qui était un chasseur vu son équipement, ne s’attendait pas à être pris pour une proie de telle manière. Il se releva, hagard, et scruta l’orée du bois derrière lui. Plus rien. Faisant volt-face, il dévisagea le bourreau. Il n’y avait pas besoin d’être très intelligent pour comprendre qui il était, et pourtant le jeune gueux mit une bonne autre minute à deviner sa fonction. Le rouquin aurait bien commenté la situation d’une réplique cocasse de sa création, mais il n’en eut pas l’occasion … Le jeune hérétique lui fonça dessus, en dégainant son couteau de chasse. Peut-être était-ce l’effet de surprise, ou le fait qu’il sache réellement se battre, mais au bout d’un instant à peine, il parvint à déchirer le torse de son adversaire de sa lame, laissant une large entaille en diagonale. Rien qui n’attente à ses jours, mais ça faisait particulièrement mal au pectoral touché, sans parler du fait que la plaie coulait de manière assez abondante. Jouant avec son couteau, le jeune homme eut l’espace d’un instant un petit sourire, pensant dominer ce combat dans lequel on l’avait jeté. Le bourreau, lui, tirait une grimace. Et lorsqu’il releva les yeux vers sa proie, cette dernière comprit alors seulement l’erreur qu’elle avait commise.

La peau du tortionnaire ondula. Un craquement retentit, net, sale, comme si des os se déplaçaient sous la peau. Ses yeux semblèrent un instant miroiter, avant de s’entourer de cernes profonds, sombres … Trop sombres : elles étaient littéralement noires, même si les yeux restaient blancs. Quant à sa peau ? De « légèrement basanée », elle passa progressivement à rouge. Et sa texture semblait se modifier : des écailles la perçaient, petit à petit. Recouvrait ce corps noueux et musclé, dont la silhouette se modifiait. Deux ailes, en premier lieu décharnées, se mirent à pousser dans son dos, avant que les voiles de cuir déchirés ne se mettent à les relier. Tous ces faits, tous ces « détails », le jeune chasseur les voyait, et les constatait avec une horreur certaine. L’homme face à lui n’était plus. C’était … autre chose. Un prédateur. Un tueur.
Un dragon.
La coupure qu’Haïzen avait sur le torse se mit à fumer légèrement, puis à se … résorber. Les lèvres de la plaie se refermèrent, et se recollèrent comme s’il n’y avait jamais rien eu à cet endroit. C’est en voyant cela que l’hérétique, saisi d’une illumination, fut pris de l’idée qu’il devait attaquer. Si son adversaire ne récupérait pas totalement de sa blessure, il serait plus aisé à défaire, n’est-ce pas ? Brandissant son couteau, il se jeta sur le reptile … Qui l’esquiva avec une célérité surprenante, avant de lui coller un coup de coude dans l’épaule. L’articulation ne se « brisa » pas : il est impossible de casser quelque chose qui n’a pas d’os. En revanche, la clavicule, l’os du bras et le haut de la cage thoracique du jeune homme se disloquèrent les uns des autres, et leurs extrémités, touchées, furent réduites en fragments. Le chasseur tituba en arrière. Le dragon avait toujours l’air énervé, et le dévisageait, droit. Puis, un sourire étira ses crocs. Et il frappa une nouvelle fois. L’homme s’écroula à terre, la boite crânienne déformée de manière irrémédiable et particulièrement sale. Se tournant vers la cache, le reptile haussa la voix pour balancer un « Bouchez-vous les oreilles ! » auquel il ne reçut pas de réponse,  même s’il avait clairement crié assez fort pour être entendu. Quelques instants plus tard, dans la zone, un bruit intense, similaire à un ricanement amplifié des dizaines de fois, retentit. Il avait prévenu ceux à l’intérieur après tout : il ne pouvait qu’espérer qu’ils avaient suivi son conseil.

Traînant le pauvret à l’intérieur, le bourreau, retourné sous sa forme première, pénétra à son tour la cache. L’air totalement ébahi du rat, qui avait toujours les mains sur les côtés de la tête, lui tira un petit rire, et il lui frotta le crâne alors que derrière lui, le corps massif du paysan laissait une traînée sanglante sur le sol. Visiblement, la greffière et son compagnon – s’il s’était battu – n’y étaient pas allés de main morte, eux non plus … Mais une des cibles était toujours vivante. L’autre … « impropre à la consommation » semblait un qualificatif adéquat. Plaçant sa victime contre un mur, il observa l’autre prisonnier ramper jusqu’à lui, notant leur ressemblance certaine … encore que. Avec le visage dans cet état, le chasseur qu’il avait combattu ne ressemblait plus à rien.

Et maintenant?

Le gosse avait presque prit l’ascendu par surprise. Heureusement, ce n’était qu’un « presque » … sans quoi il se serait probablement prit un coup de coude en plein visage. Répliquant sur un ton égal, le bourreau s’adossa à un mur, répondant avec un certain amusement.

Maintenant, on attend … L’inquisiteur connaît le signal : il arrive avec la suite. Et après … On va aller chercher le reste du groupe. Et tous les tuer.
Vraiment?
L’hérésie est confirmée, et l’inquisiteur a rendu son verdict avant notre départ … Il n’y a rien que nous puissions faire d’autre, à ce stade. Ceux qui ne respectent pas le culte périssent. C’est notre travail d’appliquer cette loi.
… Et la voix?
Elle ? Hum. C’est la source de tous leurs problèmes … Si elle était restée bien sagement dans son coin, les infidèles n’auraient pas fait apparition de telle manière. Elle les a tous condamné elle-même, en les voulant à son « service ».

La discussion se poursuivit durant plusieurs minutes, dérivant progressivement sur les couteaux, les poignards, leurs lames, et leurs différentes méthodes d’entretien : le siffleur reçu même sa première pierre à aiguiser à cette occasion. Le bourreau en avait toujours une ou deux en réserve … Sait-on jamais. C’est à peu près ce moment que choisit l’inquisiteur en personne pour faire son apparition. Le rouquin le salua brièvement, avant de l’observer passer au travail … Puis, de détailler la pièce pendant le long silence. L’artefact était là. Pas rangé sur une étagère ou sous une commode … Planqué. Mais où … Il lui fallut quelques instants pour comprendre. Dans le sol. Mais ce n’était pas la peine de précipiter les choses. Il se concentra plutôt de nouveau sur le spectacle offert par le duo inquisiteur / hérétique … Relativement délectable. Il eut presque un pincement au cœur, lorsque ce fut terminé. Presque.

Oh, inquisiteur ?

Voyant que son interpellation avait empêché le « vieil homme » de quitter la pièce, le bourreau se décolla de son mur, se rapprocha de ce qu’il ciblait depuis tout à l’heure, s’arrêtant devant, et mit de nouveau un genou à terre. Le siffleur l’avait accompagné, regardant le sol sans comprendre.

Vous voudrez peut-être voir ça … Voyons voir.

Creusant la terre meuble de ses mains gantées, le bourreau mit quelques secondes à mettre à l’air libre un petit coffre, qu’il ouvrit pour le poser à côté. Un coup administré avec dos de la lame du hachoir fit sauter la serrure : le coffre contenait une petite boite en fer blanc finement ciselée, dont le siffleur voulut se saisir. Une main gantée l’en empêcha.

Je serais toi, je ne toucherais pas à ça.
Pourquoi?
Tu vois ce symbole, sur le dos de la boite ?
Oui … Tu sais le lire?
Non. Mais il brille …
… Pas vraiment …

Le petit était dubitative, en voyant le bourreau doucement approcher ses mains, jusqu’à la boite. Puis, il la souleva, à la vue de tous. Le sceau, sur le dessus, s’illumina brusquement, et la boite se mit à chauffer, chauffer … Sa teinte vira au rouge. Une odeur de cuir brûlé, venant des gants du bourreau, emplit l’atmosphère, mais visiblement les doigts de ce dernier étaient assez protégés, et de toute manière une sorte d’étaux, comme constitué d’énergie, lui emprisonnait les doigts. Le charme s’épuisa rapidement, et la boite s’ouvrit d’elle-même avec un petit cliquètement mélodieux. Glissant deux doigts à l’intérieur, l’exécuteur en retira une longue et fine chaîne argentée, au bout de laquelle pendait une pierre grosse comme un quartier de clémentine, de la forme d’une larme, et d’une couleur bleue claire … changeante. Semi-transparente, elle donnait l’impression de servir de fenêtre vers un paysage … Un ciel rempli non pas d’étoiles, mais d’énergie. Parfois, de petits points blancs apparaissaient dedans, puis disparaissaient. L’objet irradiait la magie, à tel point que le riffleur plissait les yeux lorsqu’il le remit à l’inquisiteur.

On a l’impression que si on le fixe trop longuement, on pourrait tomber dedans … Nargal ! C’est quoi ça ?

La question, posée sur le ton qu’on emploie pour donner un ordre à un chien récalcitrant, fit sursauter le concerné, qui observait la carte qu’on lui avait collé dans les mains en tremblant. Il regarda le riffleur, puis l’objet dans la paume de l’inquisiteur, puis le riffleur de nouveau.

Je ne sais pas. Un cadeau de la dame. Elle disait qu’il était là pour nous inspirer courage, nous rappeler sa présence … et son pouvoir.
Hum.

Estimant que la question n’était pas de son rayon, le bourreau se tourna vers la sortie, avec l’intention de repartir … Mais Nepra venait de traverser la porte en sens inverse. Derrière elle, un prisonnier, dont les deux mains étaient scellées l’une à l’autre par une … Toile d’araignée particulièrement dense ? Cette dernière, comme des chaînes, se prolongeait jusque sous la large cape de celle qui l’avait capturé. Visiblement, un autre chasseur … il devait être un peu plus éloigné du campement que son confrère. Souriant, le bourreau l’observa pendant un instant, se tourna vers l’inquisiteur pour avoir son accord tacite, puis vers Nargal, qui dévisageait son autre grand frère, ou un cousin proche …

Hey. Regarde bien. Ça, c’est ce qu’il va t’arriver si jamais tu « trébuche » trop souvent en chemin, te met à tousser de la mauvaise manière, ou que tu te trompes de voie … He hé, ça tombe bien. J’avais envie d’essayer ma machette.

*     *
*

Le pauvre jeune avançait avec l’air abattu de ceux qui marchent vers le bûcher ou le gibet. Le bourreau connaissait bien cette démarche : les pieds traînants, la tête basse – encore qu’ici, il était plus rivé sur sa carte qu’autre chose – et les épaules tombantes. Il connaissait le chemin par cœur, il suffisait de le voir pour le comprendre. De temps en temps, il s’arrêtait l’espace d’un instant, observait un arbre particulier, une trace au sol, ou une bifurcation du sentier qui s’enfonçait dans les bois. Puis, le bourreau juste derrière lui faisait tinter une des parties métalliques de son gant contre sa machette, se raclait la gorge, ou posait une question pernicieuse à la seule jumelle encore visible, la plus grande, qui tenait leur prisonnier « en laisse » pour faire bonne mesure. Alors, il repartait, et le convoi le suivait. Ils marchèrent ainsi pendant 4 bonnes heures, qui se mirent sincèrement à creuser l’estomac de l’exécuteur. Il devait être aux alentours de midi – une heure lorsqu’ils avaient fini de nettoyer la cache des chasseurs : ils avaient bu et mangé sur le pouce avant de repartir … L’inquisiteur pouvait parfois être impatient. Ce qui était désagréable, lorsqu’on était de constitution assez large, et qu’on avait la sensation d’avoir pu avaler 3 à 4 fois plus. Mais le tortionnaire rongeait son frein et se contentait de sourire, continuant sa marche. Il savait qu’il n’avait pas vraiment « faim » … Non, là, c’était plutôt … Soif.

Au bout d’un moment, il s’éclaircit la gorge, et d’un même mouvement, lui, Lipra, et le prisonnier s’arrêtèrent. Flattant doucement le col du cheval sombre juste à côté de lui sans même regarder, le bourreau plissa les paupières. Il percevait quelque chose. Nargal se tourna, alors que tout le reste du convoi s’immobilisait doucement, faisant silence.

La grotte est là … derrière ces arbres débute le campement. Il … Il y a une petite … Elle n’a que 6 ans … épargnez la, je vous en prie …
La ferme.
Ouais, la ferme, pauvre cloche ! Hérétique !

Le bourreau tourna la tête vers le siffleur, haussant un sourcil. Le gamin, qui visiblement venait de réaliser qu’il s’était emporté, se tourna vers le bourreau et l’inquisiteur en même temps, et afficha une mine penaude qui tira un rictus au plus rouquin des deux bouchers. Mais il le perdit rapidement, recouvrant son sérieux en observant de nouveau dans la direction du campement, qu’ils pouvaient désormais entendre d’ici.

« La dame » est là, monsieur. Mais ce n’est pas la seule entité démoniaque … il y en a au moins 2 autres, de puissance légèrement moindre. Le reste n’est constitué que d’humains, je dirais, mais vu le bruit qu’ils font, ils sont bien plus d’une « vingtaine » … Ils ont peut-être des effectifs venus d’ailleurs que l’autre bourgade où le père Tobias a été assassiné. Machin … heu ... Nargal. Elle a des lieutenants ?
Promettez-moi que vous ne toucherez pas à la petite …
Tout ce que je devrais te promettre, c’est une mort encore plus atroce que celle de tes compagnons, après qu’on t’ai laissé assister à leur massacre, mais si ça te tiens tant à cœur et si ça peut abréger les choses, je te promets que tout gamin ou gamine de moins de 12 ans se trouvant dans ce camps ne versera pas le sang aujourd’hui. Alors ?
Elle … elle a une jeune femme, qui l’accompagnait depuis le début … étrange à décrire, pâle … Qui portait souvent quelque chose devant la bouche. Et aussi, deux –

Une flèche se planta juste entre les jambes de Nargal, qui cessa tout de suite de parler. Le signal était clair. L’instant d’après, trois autres traits, d’origine surnaturelle cette fois, partirent. Le premier fonça droit vers l’inquisiteur, le second vers le bourreau : ce dernier avait repéré l’attaque à l’avance, et dévia la trajectoire du projectile vers le sol avec sa machette, grimaçant sur le coup. Il ne vit rien à côté de lui, mais entendit un genre de claquement métallique, et se doutait que son supérieur s’en tirerait sans mal. Le troisième trait, partit un peu en retard, était dirigé vers l’arrière du groupe. Où était Ory, déjà ? Hum, le sujet se traiterait plus tard. Dégainant son hachoir de sa main libre, le bourreau eut un ricanement sinistre, alors qu’il abattait sa capuche sur son crâne. Se penchant en avant, il se mit, de même que plusieurs – de nombreux, à vrai dire – membres de l’inquisition avec lui, à foncer en avant.

Dépassant en un instant la limitation entre les arbres et une sorte de grande plaine, il débarqua sur un genre de campement élaboré. A n’en pas douter, il y avait là des paysans, mais également des soldats, certains venant peut-être même de la capitale, vu la facture de leurs armures. Des tentes, de différentes tailles, étaient dressées avec une organisation aux tendances anarchiques. « La grotte » était une plaie béante dans la falaise, quelques mètres plus loin … Les tâches lumineuses, soit en d’autres termes les êtres puissants, s’étaient déplacés au sommet de la falaise : elles étaient 3 en tout. Parant un coup de lance et rentrant son hachoir dans le crâne d’une pauvre – et désormais, littéralement – écervelée qui avait tenté de l’embrocher, le bourreau leva les yeux pour les distinguer plus nettement. « La dame » était visible : effectivement, elle était compliquée à décrire. On aurait dit que des draps sales, des chaînes, des bandages usés et une brume ténébreuses avaient étés pris dans une petite tornade pour former une silhouette féminine, qui flottait au-dessus du sol. Sa capuche s’ouvrait sur un trou noir, où on ne distinguait pas même la forme d’un visage. A côté d’elle était assise une petite blonde, que le bourreau eut du mal à distinguer en raison de la distance. Tout ce qu’il pouvait dire, c’est que s’il avait voulu regarder un troupeau de moutons se faire massacrer en les surplombant, il n’aurait pas eu une pose différente. Quant au troisième … Quant au troisième, il n’eut pas le temps d’être certain, car un coup de fauchon manqua de lui arracher le haut du crâne. Les forces inquisitoriales s’étaient lancé à l’assaut d’une force supérieure en nombre, mais le nombre de combattants incompétents (On parlait après tout de paysans, d’artisans et de femmes ou enfants trop jeunes pour se battre) présents ici rendait la « bataille » drastiquement inégale, et la faisait tourner au massacre.

Le rouquin riait. Au milieu de la mêlée, balançant ses deux lames épaisses autour de lui avec une sauvagerie rare, il riait aux éclats. Le siffleur, qui l’observait depuis l’orée de la forêt, le distinguait très nettement, couvert de sang, tuant à tour de bras sans distinction de sexe, d’âge, d’apparence. Et son rire résonnait. Pas dans les airs, il n’y avait pas d’écho à proprement parler. Mais il l’entendait. Provenant de partout. Dans sa tête. Et ce rire sauvage, sadique, cruel … Lui faisait peur. Mais le fascinait également. Un lapin observant un serpent. Un lapin à qui le serpent promet que ses crocs seront bientôt empoisonnés. Il n’était rien de plus. Son poignard tremblait, dans ses deux mains, la lame encore vierge de liquide carmin.

Brusquement, il se passa quelque chose. Le rouge était face à un soldat, probablement. Ce dernier, portant un pourpoint ajusté et un cimeterre particulièrement bien entretenu, n’était pas tombé au premier coup, qu’il avait dévié avec aisance. Ni au second : il l’avait esquivé, malgré son poids probable.  Le riffleur avait eu une seconde de blanc, observant cet adversaire. Puis il s’était fait trancher la gorge. L’attaque, nette, précise, était destinée à le condamner à mort sans le tuer immédiatement. Un instant, le soldat cru pouvoir s’attaquer à une autre cible, mais il s’arrêta. Le bourreau avait … rengainé son hachoir. Il avait lentement porté sa main libre à son cou puissant, dont un flot de sang jaillissait à chaque fois que son cœur palpitait. Le gant déjà rougit ne retenait pas grand-chose. Mais le bourreau souriait. Le soldat le dévisagea, incertain. Et soudain. Et soudain, une paire d’elle jaillit du dos du malade. Sa peau devenue pâle vira au rouge, se recouvrant d’écailles dures et parfaitement jointives. Ses jambes se brisèrent, s’arquant vers l’avant alors que ses talons se levaient, se perçaient d’ergots, et que ses pieds s’allongeaient au profit de ses mollets : il avait déjà retiré ses bottes. Le bourreau s’était changé en dragon. Un dragon qui émettait toujours un gargouillis ignoble. Sa gorge coupée avait fait s’arrêter quelques combats autour de lui. Sa transformation, de nombreux autres. Et le fait qu’il se tienne là, debout, à toujours émettre ce bruit infâme en se massant la trachée, avait propagé un certain calme dans le combat … Calme soudainement brisé. Laissant sa main retomber, le reptile leva légèrement le menton, exposant à tous sa gorge couverte de sang frais … Mais indemne. Emettant un bruit de d’éructation particulièrement repoussant, il cracha devant lui un nuage mauve, dont le soldat se protégea en levant les bras et en poussant un gémissement effrayé. Ce dernier se mua en cri de douleur en un instant, alors que le nuage acide le dévorait vivant, dans son armure. Quelqu’un tenta de le saisir pour le tirer ailleurs : il retira immédiatement sa main, dont la peau s’était décollée et avait presque fondu, laissant voir les os, et quelques muscles. Le soldat, quant à lui, ne faisait plus de bruit, ou en tout cas il ne criait plus. Son corps, petit à petit, s’affaissait sur lui-même : son armure tombait en morceaux à cause des attaches qui, moins résistantes que les plaques de métal, s’étaient liquéfiées les premières. Bientôt, il ne resta plus qu’une pile de tissus en très mauvais état, du métal légèrement rongé paré de vestiges de sangles, et un peu de chaire qu’on aurait pu croire broyée impitoyablement. Le dragon se racla encore un peu la trachée, avant de ricaner, doucement.

Hin, hin hin … J’me disais bien qu’il y avait un truc qui faisait bouchon. Oh. Mince. Je vais avoir besoin de me trouver un nouvel adversaire potable … quelqu’un est tenté ? Toi, le mec moche là, tu veux essayer ? Le concerné brandit sa lance, mais recula de trois pas, sans se rendre compte de la greffière derrière lui, qui lui trancherait probablement la nuque une fois l’accalmie passée. Et toi, le gros tas ? Non ? personne ?
Moi, je veux bien.

Une silhouette tomba au milieux des combattants, littéralement venue du ciel. Passant entre deux paysans qui s’écartaient avec respect, elle s’approcha du dragon, et tira sur son cache-col pour lui faire un sourire aimable. Elle avait un corps à même de rivaliser avec celui d’Ory (mais il ne fallait surtout pas le dire à voix haute), les cheveux blonds sales et mal coiffés d’une vagabonde, la finesse de trait d’une duchesse, la pâleur d’une morte, et visiblement … Les crocs d’une vampire. Même si elle semblait encore plus … altérée par l’énergie chaotique du vein que cela.

Hum, la télépathe … envie de refaire un tour dans ma tête ?
Mhhh … Je me contenterais de l’ouvrir en deux.
Oh oh, bonne répartie ! Je suppose que ça ne te dérange pas si on … S’isole un peu ? Histoire d’éviter les tirs alliés.
Vendu ! Je te laisse choisir le terrain … Et vous autres, continuez ! Ils sont moins de 30, et une fois que la dame se sera occupée entres autres de l’inquisiteur, ils ne représenteront plus un réel danger !
C’est ça, n’ayez pas peur. Ça évitera que la viande ait mauvais goût, si j’ai faim quand je reviendrais …

Le dragon et la démone se dévisagèrent avec un rictus similaire, atrocement dérangeant pour ceux qui pouvaient observer les deux à la fois. Deux prédateurs qui s’affrontent pour le plaisir … juste cela. Eux n’étaient que des pions. Des moins que rien. Subitement, le dragon se ramassa sur lui-même, et décolla du sol avant de déployer ses deux larges ailes déchirées. La vampire, dont les jambes s’entourèrent d’un voile de fumée, le suivit en bondissant. Vers la falaise. A l’écart …

Personne ne remarqua les deux silhouettes voilées qui quittèrent les lieux du combat au sol, filant comme le vent, silencieuses comme la mort, sous l’ombre des deux êtres proprement surnaturels qui étaient partis. Pas plus que Nargal,  qu’elles avaient entoilé jusqu’au cou à un grand arbre, à un endroit où il pourrait assister à tout le combat.
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Orye Svarnakovak

Lame du Solstice

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Race : Mi démone - Mi élue
Classe : Ninja
Métier : Greffière inquisitoriale
Croyances : Dieu du solstice
Groupe : Royaume

Âge : 25 ans

Messages : 23

Fiche de Personnage : Pour le Solstice!


MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Dim 11 Oct 2015 - 19:14

Quelques gouttes de sang, tombant doucement sur le sol comme une douce mélodie, avant que le corps d'où s'échappe le liquide écarlate ne tombe à la renverse, un couteau dans la gorge. Voila ce qu'il s'était passé après l'arrivée d'Orye dans la petite cache. Une table ronde dominait la pièce, et les hommes qui s'y étaient regroupés venaient tout juste de s'en éloigner alors que l'un des leurs avait déjà perdu la vie. Passant l'une de ses mains dans les cheveux du petit rat qui l'accompagnait, Orye observa quelques instants le marmot avant de lui murmurer quelques mots, lui intimant de rester là, et de regarder.

Marchant doucement, la greffière s'étira alors qu'un large sourire s'étirait sur ses lèvres. Aucun mot n'aurait été assez précis pour désigner les émotions et l'excitation qui traversaient la demoiselle à ce moment précis. Elle resta complètement muette alors qu'elle bondissait soudainement vers ses adversaires. Ces derniers tentèrent de riposter, l'un d'eux dégainant sa lame et tentant une estocade. Virevoltant dans les airs, l'inquisitrice retomba sur les épaules de son agresseur, plantant deux couteaux dans ses tempes avant de retomber sur le sol après une énième pirouette. L'un des hérétiques beugla alors soudainement, frappant violemment avec sa hache. Se baissant en arrière, Orye esquiva l'attaque qui se termina dans une armoire proche. Frappant avec son poing l'entre-jambe du type, elle répliqua par la suite en dégainant sa lame et en coupant en deux le bougre. Sautillant ensuite de meubles en meubles, la demoiselle harcelait ses cibles, les blessant à chaque fois un peu plus. Arrivant à cours de couteaux, elle sauta sur la personne la plus proche, plongeant sa lame dans le genoux de cette dernière avant de retirer les armes de jet et de finir le travail en découpant soigneusement la carotide ennemie. Des yeux du gamin qui était entré avec elle, cela devait ressembler à peu près à cela: Un éclair blanc qui ne laissait derrière lui qu'un silence morbide et du sang. Les morts étaient rapides, et mis à part son sourire, Orye ne laissait transparaître aucune émotion, ne commentait rien. Elle faisait son oeuvre, comme s'il s'agissait pour elle de quelque chose de sacré. Un chien cependant brisa ce silence religieux en même temps que deux de ses maîtres. Ces derniers eurent sans doute l'idée de relâcher la bête mais ne purent qu'assister impuissant à l’effondrement de la niche de l'animal après qu'Orye n'y ait lancé un couteau pour neutraliser le chien puis une de ses cibles mortes dessus. Peu après, leur dernière image fut une dame aux cheveux de jais leur arrachant leur dernier soupir. Deux derniers hommes se tenaient debout alors que la voix d'Haizen parvenait à l'inquisitrice. Mettant ses mains à ses oreilles alors qu'elle gagnait un coin d'ombre, elle observa le gamin faire de même alors qu'un bruit effroyable s'abattit sur eux. Lorsque le calme revint, la greffière n'attendit pas la moindre seconde et se retrouva parmi les deux derniers hommes, tranchant rapidement leurs artères. Bondissant ensuite sur la table ronde, seul meuble qui n'avait pas été renversé durant la "bataille", l’inquisitrice écouta un type gémir dans le fond de la salle. Un survivant que le reste de l'inquisition pourrait utiliser, ou tuer selon la volonté du maître inquisiteur. Elle jeta un regard rapide vers la marmot qui était présent, histoire de voir s'il était toujours vivant avant de constater satisfaite qu'il l'était toujours. Nettoyant l'une de ses armes de jet, la demoiselle était plongée dans l'analyse de cette dernière lorsque son supérieur entra dans la "pièce". Elle le salua en silence, continuant l'observation détaillée de son arme.
Elle releva cependant la tête lors de la découverte de l'artefact par le bourreau. Elle haussa un sourcil en le voyant ouvrir le conteneur après que l'odeur de cuir brûlé n'ait emplit la pièce. Moyennement intéressée par cette découverte, elle rengaina ses armes puis se mit à marcher vers la sortie, ses mouvements gracieux et rapides attirant l'attention des inquisiteurs les plus avides de péché de chair. Une fois dehors, la greffière respira longuement l'air humide de la forêt, avant de courir subitement et de s'élancer contre un arbre, se retrouvant très vite en hauteur sur les branches de ce dernier, attendant de se mettre en route.

*
*  *

Sautant de branches en branches, la ninja observait l'avancée de ses troupes en silence, sentant non loin d'elles la présence des deux "dames" accompagnant presque toujours le bourreau. Ils arrivèrent finalement à l'endroit qui serait le théâtre de la justice du solstice. L'endroit où elle pourrait enfin abattre ceux qui s'étaient opposés à l'inquisition. De là où elle était, elle pouvait aisément entendre les mots du maître inquisiteur, et d'Haizen. La remarque du prisonnier fit hausser un sourcil à la greffière. Ils avaient réussi à emmener une enfant de six ans là dedans? Elle se demanda l'espace d'un instant si à cet âge la justice du solstice s'appliquait avant de se résigner en pensant que Krieg s'occuperait de cela. Le début des hostilités commencèrent ensuite, la flèche sonnant l'avertissement. Bondissant de sa branche, Orye dévia le projectile destiné au maître inquisiteur dans un éclair et se retrouva à ses côtés, sa lame dégainée ayant littéralement tranché en deux le projectile. N'observant même pas la réaction de son chef, elle s'élança de nouveau vers un arbre avant de bondir et de partir à l'assaut vers le camp ennemi.

Ce fut une pluie de flèches qui la força à retomber sur le sol et quitter le couvert des arbres. Visiblement, les péons qui servaient d'archer avaient eu assez de jugeote pour comprendre que la demoiselle était dangereuse dans son perchoir. Mécontente d'avoir dut quitter sa place fétiche, la greffière s'élança, bondissant sur la tête de ceux sur sa route, avant de se trouver au milieu des archers, tournant sur elle même tout en découpant soigneusement leur peau ou leurs membres. Léchant la perle de sang qui s'était échoué sur sa joue, l'inquisitrice sentait le plaisir monter en elle alors qu'elle s'élançait de nouveau sur différents ennemis. Véritable tornade dans le camp ennemie, elle s'occupait soigneusement des cibles les plus faibles, profitant du chaos pour réduire l'écart au nombre entre les inquisiteurs et les hérétiques. De temps à autre, un soldat un peu plus entraîné venait lui poser quelques soucis, avant qu'elle ne fasse une botte ou lance l'un de ses couteaux, mettant systématiquement fin au combat. C'était une véritable boucherie qui se déroulait dans le camp, mais l'attention d'Orye était ailleurs. Elle vit son compagnon bourreau s'éclipser avec quelqu'un. Peut-être avait elle été la seule à le remarquer grâce à ses réflexes mais une chose était sûr, les trois "puissants" qui dominaient les hérétiques passaient à l'action.

Un grognement rauque confirma ses dires, forçant la demoiselle à esquiver un coup particulièrement rapide, et magique. Une pluie de flèches enchantés venaient de se planter là où elle se trouvait une demi-seconde plus tôt, et la personne lui faisant face était sans aucun doute l'un des trois supérieurs ennemi. L'homme était assez grand et assez musclé. Il possédait une armure détaillée dont la capuche recouvrait partiellement son visage, et deux petites arbalètes avec lesquelles il jouait. Un sourire se dessina sur les lèvres de la greffière qui s'étira doucement comme un félin s'apprêtant à jouer à la chasse avec un autre de ses pairs. Tirant sa langue percée tout en ouvrant la bouche, la demoiselle se lécha les lèvres de manière particulièrement provocante en laissant son piercing apparaître, avant de lancer quelques couteaux vers sa proie qui fut forcé de les esquiver, tandis qu'elle s'élançait dans la foule, bondissant sur divers rebords pour prendre de la hauteur et atteindre une sorte de corniche où reposait divers matériaux d'escalade. Elle n'attendit que quelques secondes avant que l'homme aperçu plus tôt ne la rejoigne, tirant presque directement une volée de carreaux, qui prirent la même teinte que les traits surnaturels ayant attaqué le groupe de l'inquisition avant l'attaque. Tournant sur elle même dans une manœuvre de parade, Orye ricana en laissant les carreaux se planter dans la roche. La fièvre du combat la possédait totalement, ainsi que sa soif de sang et ce plaisir immense qui la parcourait.

- Tu es habile, chienne de l'inquisiteur.

Ricanant de plus belle la demoiselle commença à marcher en cercle autour du rôdeur, l'observant et se déplaçant de sa manière féline caractéristique. Orye tremblait d'excitation à l'idée du futur combat.

- Garde ta salive, dit-elle en se léchant de nouveau les lèvres, ce ne sont pas tes mots qui m'intéressent pour le moment, mais tes actes!

Il décocha alors plusieurs carreaux, forçant la demoiselle à rouler sur le côté pour esquiver. Elle s'élança ensuite vers lui en lançant quelques couteaux, entamant ce combat qui elle le savait, s’avérerait très plaisant.
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Krieg Cassardis

Grand inquisiteur

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Race : Se prétend humain. (démon)
Classe : Maître-lame.
Métier : Inquisiteur.
Croyances : Solstice paraît-il.
Groupe : Royaume.

Âge : Parfaitement inconnu.

Messages : 15

Fiche de Personnage : Ne crois pas en Lui.
Crois en moi.


MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Ven 6 Nov 2015 - 14:27

Krieg épousseta son manteau sans vraiment faire attention à l'agitation autour de lui. Il avançait sereinement, protégé par ses suivants les plus craintifs qui encaissaient coups et flèches à sa place sans rien demander en échange. Bien aimable piétaille.
Le fils du Vein ne quittait pas des yeux la colline où se tenait son étrange cible sans visage et sa petite protégée. De la carcasse évanescente de la première se dégageait une étrange aura, bien moins malsaine que celle des autres mages noirs ayant été, avant elle, victimes de l'inquisition. Sans doute misait-elle plus sur la séduction et la bienveillance que sur la démonstration de puissance et l'intimidation. A cette réflexion, le Grand Inquisiteur eut un rictus de dégoût. Un jeune homme mourut à ses pieds, pour le protéger, en emportant son ennemi avec lui. En remerciement, Krieg se servit de son visage fendu comme marchepied, et l'enfonça ainsi un peu plus dans la boue. Il avançait d'un pas rapide, conscient que les quelques suivants qui l'entouraient, ces pauvres ères qui n'arrivaient pas à atteindre le nirvana que procurait la soif de sang et de carnage, à l'inverse de la greffière et du rouge, finiraient invariablement par tomber sous les coups, trop nombreux, des hérétiques. Un homme d'une trentaine d'année à la tonsure soignée, sur sa gauche, porta sa main à sa gorge et proféra quelques borborygmes pitoyables tandis que son meurtrier retirait sa fourche de sa gorge pour la diriger sur l'inquisiteur.
Krieg ne dégaina pas l'une de ses rapières et ne fit nul usage de sa maîtrise, pourtant respectable, de la pyromancie. Il esquiva mécaniquement l'attaque, et s'empara de la fourche en broyant, au passage, la carotide du propriétaire de l'arme via un coup de coude particulièrement vicieux. Ceci fait, le Grand Inquisiteur pivota sur lui-même pour loger deux des trois dents de la fourche dans le bas-ventre d'une femme rousse aux cheveux coupés courts s'étant précipité dans son dos.
Ceci fait, le fils du Vein reprit sa marche.
Krieg arriva face à sa cible six minutes et quinze secondes plus tard. Lorsque ses pas le menèrent finalement en haut de la colline où l'attendait toujours, impassible, la meneuse païenne, les six hommes d'armes qui encadraient cette dernière se jetèrent de concert sur lui en poussant de terribles beuglements. Terribles et inutiles. Le spectacle ne surprit pas l'imposteur démoniaque, il ne recula pas et, encore une fois, ne s'abaissa pas à dégainer ses armes. L'inquisiteur passa entre les lames de ses assaillants sans se presser. Sa botte droite écrasa littéralement la lame qui se précipitait sur sa hanche, pendant que sa botte gauche frappait le bois d'une hallebarde prête à lui fendre le crâne, déviant ainsi la pointe de celle-ci, qui vint aussitôt se loger dans le crâne d'un des deux tueurs qui passaient dans son dos. Les survivants l'assaillirent d'une nouvelle pluie de coups, mais aucun ne parvint à l'atteindre. Le démon avait répété ces gestes des milliers de fois, tout le long de sa vie, incroyablement longue. Et malgré les apparences, il était bien plus vif et agile que ces pauvres imbéciles. Ils moururent douloureusement, mais, fort heureusement, rapidement, en s'humiliant et en implorant une grâce inexistante.
"-C'est tout?" Lâcha Krieg, en observant le plus jeune des "gardes" hoqueter de douleur en s'urinant dessus. Sa propre arme, un Morgenstern particulièrement lourd, avait été retournée contre lui pour pulvériser sa cage-thoracique et son poumon gauche. La tête de l'instrument de mort était presque totalement enfouie sous sa chair. Un sourire en coin vint orner le visage ridé de l'imposteur démoniaque.
Celle qu'on nommait "La Dame", qui se tenait à trois pas de son chasseur, resta silencieuse.
Deux parodies d'arbalétriers, planqués dans les fourrés sur sa droite, mirent genoux à terre pour pointer leurs armes sur son crâne. Puis une boule de feu de la taille d'un bœuf jaillit de son bras et les transforma aussitôt en torches humaines braillardes. Krieg posa sa main gantée droite, encore fumante, sur le pommeau d'une de ses rapières, et réitéra narquoisement sa question.
"-C'est tout?"
La Dame siffla quelques douces paroles à l'oreille de la pupille à ses pieds, puis indiqua d'un geste gracile à cette dernière de s'éloigner. Ce qu'elle fit.
"-Que de cadavres on empile au nom d'un dieu soi-disant bienfaiteur."
Face au ton déçu, faible, et l'allure passive de son interlocutrice, Krieg ne put s'empêcher d'éclater d'un rire moqueur.
"-Ne me dis pas que ta tactique consiste à me faire culpabiliser, moi.
-Nous ne sommes pas si différents.
-Ah ! Ne blasphème pas en ma présence, suppôt du Vein. Je suis tellement plus que toi."
Ils demeurèrent silencieux quelques instants. Lui, détendu, sûr de sa victoire et de sa puissance. Elle, son visage insondable dissimulé sous une capuche de ténèbres. La clameur du combat en contrebas ne les affectait pas, pas plus que la présence de l'ennemi mortel que l'autre représentait actuellement. Les immortels n'étaient pas facilement impressionnables.
"-Tu ne sais pas qui je suis." Finit-elle par rétorquer.
A cela, Krieg répondit en ricanant une nouvelle fois.
"-Oh si, j'ai commencé à deviner sur le chemin, dans la forêt. Tout s'imbrique. Un village, pauvre, ayant presqu'oublié la présence de l'église. Des orphelins à tout les coins de rues. Des chasseurs qui s'aventurent de plus en plus loin dans la forêt...Une civilisation de plouc sur le déclin, qui n'intéresse pas même les rebelles du pays... Tu es Aeorphilia, surnommée "Vérité" par le martyr hérétique : le chasseur de sorcière Sleyvas. Celle qui vient pour éclairer les lanternes de ceux qui ont déjà commencés à tourner le dos aux mensonges de l'église. La vagabonde de la forêt, succube apparemment indomptable, s'étant mise en tête de devenir une déesse pour plouc en écartant Solstice du trône divin dans les régions les plus reculées. Quelle joie de rencontrer enfin une si pitoyable légende. Les rapports de mon regretté collègue, Sieur Devilla, expliquaient pourtant comment tu avais péris sous les coups de fourches de tes propres fidèles. Quel dommage qu'il soit mort, son incompétence et ses mensonges auraient mérités un châtiment approprié. Et particulièrement long."
Elle leva sa main, grise jusqu'au bout des ongles, et posa son index contre ses lèvres invisibles pour lui indiquer de se taire. Amusé, le démon lui autorisa ce petit manquement de politesse et garda le silence.
"-Devilla fut l'un de mes meilleurs élèves, et mon amant. Comme ceux que tu as tués en venant jusqu'à moi, il a comprit que l'église propageait une religion mensongère et haineuse dans le but de contrôler la populace. Et il m'a sauvée.
-Quelle grandeur d'âme, quelle originalité." Soupira Krieg en analysant les bandelettes de tissus qui voletaient autour de la démone." Je suppute que l'adage disait vrai : L'amour rend aveugle. Je me vois mal baiser un ramassis de chiffon sans être totalement aveugle, ou terriblement aliéné. Peut-être que ton amant combinait ces deux qualités, qui sait?"
Ce fut au tour de la dame d'éclater de rire. Et à l'inverse du tueur face à elle, son rire était cristallin, doux, rassurant, il mettait en confiance. Krieg retint un rictus de dégoût et attendit patiemment que sa cible regagne son calme, en replaçant convenablement sa manchette droite.
"-Voilà qu'un homme d'église parle d'amour.
-Et qu'une démone parle de dieu." Soliloqua le Grand Inquisiteur, en levant les yeux au ciel."Abrèges, je n'ai pas toute la journée.
-Je te demande pardon?
-Tu auras le temps plus tard. Cet échange pompeux à pour but de me mettre en humeur pour écouter la proposition que tu as à me faire, je suis en humeur. Parle."
En contrebas, une femme hurlait de manière totalement inhumaine en se prenant les pieds dans ses propres intestins.
Malgré les provocations de l'Inquisiteur, la Dame garda son calme, mais demeura silencieuse quelques secondes encore. Krieg la pressa en s'éclaircissant la gorge et en caressant du pouce le pommeau de sa rapière.
"-J'ai amassé des richesses, je peux te les offrir en échange de..."
Il la coupa sans ménagement.
"-Oh, sérieusement? Regarde mes mains très chère." Pour l'assister, il tendit sa main gauche devant lui. Ses bagues argentées s'entrechoquèrent dans un concert de tintement métallique. "Ces gants coûtent plus chers que le village des pauvres ères que mes hommes réduisent en bouillie en ce moment. J'en ai douze paires. Et je n'aborde pas le sujet du prix de mes bagues pour t'éviter tout complexe, trouve autre chose.
-Ce serait plus simple de me dire ce que tu souhaites.
-J'ai déjà tout ce que je veux, malheureusement pour toi et ta petite bande.
-Je pourrais te rendre ta jeunesse."
Krieg tiqua, et observa, avec une surprise élégamment feinte, la démone s'avancer d'un pas, sûre d'elle.
"-J'ai raison n'est-ce pas, vieil homme d'église? Tu bouges si rapidement à ton âge, quel spectacle ça devait être, à l'époque de tes jeunes années. Et tes traits devaient être tellement plus gracieux..."
Il se prêta au jeu en prenant une mine mélancolique.
"-J'étais infiniment beau..."
Le rire cristallin reprit, agréable, même aux oreilles de l'inquisiteur.
"-Oui, je le vois maintenant. Je peux te rendre cette grâce d'antan. Je ne te demande qu'une seule chose, en échange : Épargne et élève l'enfant qui m'accompagne."
Court silence. Le combat alentour semblait infiniment plus faible et lointain. Krieg fit mine de réfléchir, non sans égaré son regard sur la jeunette en question, qui contemplait la scène, à quelques mètres de là, assise sur un rocher. Il frappa finalement un lopin de terre de sa botte, et cracha :
"-Démone. Tu n'as pas intérêt à me tromper." Il mit la main dans l'une des poches intérieure de son manteau, pour en sortir une paire de menottes faites d'un métal doré. "Sais-tu ce que c'est?"
Elle hocha la tête et prit un ton méprisant.
"-Les liens du silence. Une répliques d'une des treize reliques découvertes par..."
Krieg la coupa, encore une fois, en souriant cruellement.
"-Non. Ce n'est pas une pâle imitation au pouvoir amoindrie. C'est l'une des originales."
Il se délecta de ce nouveau silence. L'église avait reproduit en masse ces menottes, utilisées pour transporter tranquillement les mages récalcitrants jusqu'au gibet, elles neutralisaient efficacement l'énergie contre-nature du porteur. Mais elles étaient bien moins puissantes que les véritables.
Car Les Véritables ne neutralisaient pas le pouvoir. Non. Elles l'absorbaient, le dévoraient entièrement. La magie du prisonnier disparaissait à l'intérieur du métal dès lors que son mécanisme se refermait sur ses poignets. Si la véracité de ces faits était encore à prouver, aux yeux de La Dame du moins, une vérité demeurait : La douleur que causait les liens du silence aux mages était si intense qu'elle pouvait faire exploser le cœur ou le cerveau des plus faibles avant la fin de la première heure.
"-Tu peux me pendre moi... et mes suivants. De toute façon, tôt ou tard, d'autres viendront pour finir ce que tu as commencé. Mais de grâce, pas la petite.
-Qu'a-t-elle donc de si important?
-Rien de spécial, mais elle est comme ma fille.
-Amènes-la moi."
La petite rejoignit l'étrange duo en trébuchant à moitié. Elle ne devait pas avoir plus de six ans, ses joues grassouillettes et ses cheveux blonds, en batailles, lui donnaient l'air placide et un peu bête de la future gueuse typique. Elle toisa, de ses petits yeux couleurs noisettes, l'homme debout face à sa protectrice et eut un rictus révélateur. Krieg pouffa puis recula d'un pas, laissant à la dame suffisamment d'espace vital pour s'entretenir avec la petite fille.
"-Maëlie. Tu dois suivre ce monsieur, d'accord?
-Et toi?"
L'intéressée essuya rapidement les larmes coulant le long des joues de l'enfant, puis ajouta d'un ton compatissant :
"-Je dois...Rester. Nous nous retrouverons peut-être, un jour.
-Tu sais tellement peu de chose sur moi."
Ce n'était pas Maëlie qui avait prononcé ces mots.
D'un bond, elle se releva et fit volte-face, pour tomber nez à nez avec un beau jeune homme, au regard d'acier. Ses traits gracieux ne souffraient apparemment d'aucun défaut et sa mâchoire, parfaitement dessiné, ne possédait pas la moindre trace d'une once de barbe. Le bel éphèbe possédait des cheveux blancs, longs, qui descendaient jusqu'au milieu de son dos. Et son sourire était...
Terrifiant.
Le Grand Inquisiteur Krieg Cassardis bougea trop rapidement pour qu'un oeil humain ne puisse le discerner... et La Dame, celle qui s'était nommée elle-même "Aeorphilia", après sa naissance dans le plus profond bassin du Vein, et que les hérétiques d'antan avait surnommée "Vérité" tout en louant ses pouvoirs païens, cette femme, cette icône, cette démone là, à cet instant, poussa un cri.
Car la petite à ses cotés venait de se faire transpercer le crâne par la pointe d'une rapière d'argent tenue par la main de ce jeune homme.
Krieg retira sa rapière d'un geste vif, et le cadavre de la gamine, toujours agité de soubresaut, s'écroula aux pieds de sa protectrice. Sans cesser de sourire, il essuya la lame sur le bas de son manteau.
"-Démon sacrilège !" Hurla Aeorphilia.
Elle projeta un éclair d'une puissance phénoménale devant-elle. Mais Krieg ne s'en soucia pas, car il se trouvait déjà dans son dos. Le Grand Inquisiteur rengaina sa rapière, et expédia la paume de sa main dans le visage invisible de la démone, qui plia sous la force du coup. Quelque chose craqua. L'imposteur démoniaque ouvrit les liens du silence puis, sans se presser, s'agenouilla auprès de sa cible.
"-Précisément. Démon. Et bien plus puissant que toi et tes petits tours de passe-passe. Bien plus expérimenté aussi. Rien de ce que tu pourrais m'offrir ne m'intéresse, de plus, me crois-tu sot? Cela fait des siècles que je traque des vermines de ton genre, et des siècles que je lis des rapports sur toi. Tu as toujours une petite fille avec toi, jamais la même. Car tu utilises l’Échange, n'est-ce pas?"
Le premier poignet fut placé. La mage, brisée, se laissait faire docilement.
"-Les plus paranoïaques de tes semblables font de mêmes. Ils placent une partie de leur âme dans un autre être, et bénéficient ainsi d'une réserve d'énergie quasiment sans limite, en plus, bien sûr, d'une vie de secours. C'est encore pire que du vampirisme, pire que de l'absorption vitale. C'est de l'usurpation pure et simple d'existence. Si je t'avais tuée ici et maintenant, ton esprit se serait transféré dans le corps de cette gamine, en annihilant le sien, et tu aurais pu alors grandir une nouvelle fois,  et, en plus, dans l'ombre du Grand Inquisiteur Cassardis. Crois-tu que je ne sais pas pourquoi tu utilises ce voile magique ridicule? La laideur de l'humanité, des corps que tu usurpes, te rend malade. Tu regrettes trop ton premier corps. Alors tu te caches sous ces bandelettes."
L'intéressée hoqueta, sans chercher à étouffer ses sanglots. Et Krieg, qui reprenait déjà son apparence habituelle, la releva d'une seule main en la forçant à regarder en contrebas :
La bataille était terminée. Ses suivants étaient morts, tous ou presque. Ceux qui respiraient attendaient, soumis, que les membres de l'inquisition leur passe les fers aux mains et aux pieds. Et ils le faisaient. Rapidement. Méthodiquement.
"-Aeorphilia. Par le pouvoir que Solstice m'a attribué. Je te déclare, toi, et tout tes pitoyables comparses : Hérétique. Ton crime, sans pareil dans l'histoire de notre royaume, mérite une punition à sa mesure. Ainsi, tu porteras, pendant deux jours et deux nuits, les liens du silence, à partir de maintenant."
Les liens se verrouillèrent d'eux-mêmes, et elle perdit pied en hurlant tout son saoul. Krieg la retint sans effort, l'empêchant de tomber à genoux.
"-A la fin de la deuxième nuit, aux premières lueurs du soleil matinale, tu seras conduite au bûcher, pour disparaître dans ses flammes purificatrices. Que Solstice ait pitié de ton âme, car nous n'en aurons aucune."
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Haïzen Piker

Le rouge

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MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Lun 9 Nov 2015 - 19:51

Les ailes du dragon claquaient dans l’air frais comme les sinistres voiles d’un navire fantôme. Les yeux plissés pour les protéger du vent relatif qu’il recevait en plein figure, l’homme devenu reptile étudiant la « falaise » qu’ils avaient attaqué … De toute évidence, ce n’était pas vraiment une simple colline qui avait poussé là. Elle aurait plutôt ressemblé, vu de haut, à un immense cailloux qu’on avait laissé tomber au beau milieu d’une plaine … Même si c’était probablement l’inverse : il était constitué d’une pierre plus résistante que le reste, et la nature, la pluie, l’érosion, et peut-être les hommes avaient rongé la terre tout autour, et en avaient progressivement fait descendre le niveau pour finalement laisser cet énorme relief monolithique. Un des points amusant du relief en question était qu’on pouvait, simplement en suivant certains chemins plus ou moins escarpés, monter au sommet depuis le niveau du sol : c’était d’ailleurs ce qu’était en train de faire l’inquisiteur, si cette tâche noire aux reflets argentés était bel et bien lui. En revanche, d’autres petites plateformes situées sur les flancs de l’immense falaise étaient inaccessibles aux simples humains … Mais pas aux créatures capables de voler. Regardant derrière lui, le dragon observa un phénomène intéressant : la vampire qui le suivait ne « volait » pas à proprement parler, mais semblait plutôt régulièrement se propulser vers l’avant, sans avoir le moindre appuie pour le faire cependant. Une magie intéressante … mais elle ne saurait de toute évidence pas faire que cela. Lentement, il bifurqua vers une des plateformes cité plus tôt, et se laissa tomber dessus. Il fut rejoint par son adversaire une poignée de secondes plus tard, et pivota pour l’observer avec un petit sourire sarcastique. Lentement, elle remit une mèche de cheveux en place, un rictus étirant lentement ses lèvres trop pâles.

Je vois que servir l’église permet visiblement de faire oublier quel monstre on peut être à l’intérieur … Et parfois à l’extérieur.
Ha, elle est bonne celle-là … Mais crois-le ou pas : c’est dieu lui-même qui m’a doté de ce pouvoir.
Dieu ? Tsss, probablement un simple natif du Vein qui t’aurais confié quelques-unes de ses capacités.
Peut-être bien, oui … Mais le fait est que quel que soit son nom, il est à ce point si infiniment plus puissant que toi que si j’étais toi, je considèrerais l’optique une conversion rapide.
Tsss, merci bien … J’ai hâte d’être le pion d’une entité qui me manipule de façon surnaturelle, et pour laquelle j’irais à la mort au nom de ma « foi » …
Comme la dame?
Je peux toujours la poignarder dans le dos, elle.
Hin hin hin … J’aime bien ta manière de penser.

Comme si ces simples mots avaient annoncé un signal de départ, les deux créatures se jetèrent littéralement l’une sur l’autre en poussant, pour le rouge, un cri de guerre relativement peu plaisant à l’oreille – et probablement vulgaire – et pour la vampire, ce qui aurait pu s’apparenter à un feulement. Un bruit de cisaillement / raclement se fit entendre lorsqu’ils se percutèrent, machette contre griffe : le rouge haussa un sourcil en réalisant à quel point la jeune femme avait les doigts longs, fins … et tranchants. Echangeant quelques coups à courte distance, le dragon fit d’un coup un bond en arrière, et tendit une main devant lui pour faire signe à son adversaire de ne pas la suivre.

… Quoi, déjà fatigué ?
Au contraire. Je pensais que tu allais dégainer un couteau, une dague ou p’têt une rapière … Mais tant qu’à se battre comme des animaux … Les crocs écarlates s’écartèrent en un rictus inquiétant, alors que le bourreau rangeait sa machette dans son dos, avant de se faire craquer les doigts en observant sa proie : Autant que ce soit plus amusant …

*     *
*

Le rouge avait probablement perdu conscience, pendant une ou deux secondes. L’anémie, probablement. Faire jouer ses muscles de manière aussi brutale alors qu’il était couvert d’aussi nombreuses coupures n’était peut-être pas une idée des plus exemplaires … probablement. D’un autre côté, son adversaire ne lui laissait pas vraiment le choix. Agile, rapide, elle glissait littéralement sous ses coups, et agrémentait presque chacune de ses roulades par une nouvelle estafilade plus ou moins profonde. En revanche, d’une seule droite portée en plein torse, il était presque certain de lui avoir fait sauter une ou deux côtes. Leur combat n’était resté au niveau du sol que pendant quelques instants : rapidement, les deux bêtes avaient quitté le sol : le reptile grâce à ses ailes, la vampire grâce à sa magie. Tels deux étranges oiseaux entamant leur parade nuptiale, ils avaient commencé un ballet aérien autour de la colline, chacun s’éloignant, puis revenant croiser le fer, avant de s’éloigner à nouveau. Ils s’étaient posés à plusieurs reprises, et avaient repris les airs de même. C’était d’ailleurs lors d’un de ces passages que le saurien avait brièvement eu l’impression que tout s’éteignait … avant de se remettre en marche. Le vent. Le ciel. Son corps. La clameur d’un combat mourant, en bas. Le paisible voyage d’un nuage. Son adversaire. La douleur.

Déployant brusquement ses ailes, il ralentit de manière drastique sa chute. La blonde, qui n’avait pas anticipé cette manœuvre alors qu’elle le poursuivait, lui passa devant … Ils eurent une fraction de seconde pour s’observer dans les yeux, que le rouge mit à profit pour lui décocher un coup de poing dans le ventre. Se retournant pour regarder le sol, l’ascendu ralentit la fin de sa chute, alors qu’elle percutait la pierre. Il lui tomba dessus avec tout le peu de délicatesse dont il était capable, et précipita ses mains sur son cou pour l’étranger. Immédiatement, les doigts tranchants se refermèrent sur ses poignets écarlates : il n’en tint pas compte alors qu’il se mettait à serrer … Puis, enfin, un genre de cri à côté de lui attira son attention. La dame. L’inquisiteur. Qui étaient à peut-être 5 mètres. Visiblement, la leader hérétique avait été vaincue : à genoux, elle avait une paire de menottes bien connues du bourreau aux poignets, et criait de souffrance. Le vieillard semblait au top de sa forme.

Oh, m’sieur Cassardis ! Whaa, ‘zavez eu carrément moins de chance que moi, elle est moche la vot-
Aeorph’ ! Qu’est-ce que tu fous !

Visiblement, l’image de sa supérieur réduite à l’impuissance totale par un être aussi abjecte avait remué la blonde, qui elle-même s’était presque directement mise à bouger dans tous les sens. Une de ses mains quitta le poignet du dragon en y laissant une marque ensanglantée, et tenta de lui faucher le visage. Désirant, si possible, éviter de perdre un œil, le saurien recula le torse, lâchant un peu de lest au niveau de la pression qu’il mettait sur le cou de la jeune femme … Grosse erreur : elle en profita pour replier ses jambes, et lui décocher une ruade dans le torse qui le fit littéralement voler en arrière sur quelques mètres. Cependant, déployant ses ailes pour freiner sa course, il parvint à se remettre sur pieds sans trop de soucis, et assista à quelque chose d’étrange … Il ne savait pas si la blonde allait se ruer sur l’inquisiteur pour ce qu’il avait fait à la dame … Ou sur la dame elle-même. Dans les deux cas, elle comptait faire un massacre, vu l’éclat avec lequel ses griffes venaient de briller. Hors de question. Se propulsant vers l’avant en ricanant, le riffleur franchit en sens inverse la distance qui le séparait de son adversaire en un clignement de paupière, et lui bondit dessus, les bras grands ouverts, pour un plaquage magnifique. Sauf qu’elle fut plus vive que lui : elle parvint à s’avancer suffisamment pour esquiver ses bras. Problème : sous cette forme, il disposait d’ailes, et l’une d’entre elles vint se planter dans le flanc de la vampire, la faisant basculer dans le vide avec le reptile.

Cette nouvelle chute fut relativement brève, puisqu’un des deux ne cherchait pas à la ralentir, et que l’autre ne parvenait pas à se concentrer assez pour le faire en utilisant sa magie. Les deux créatures percutèrent le sol boueux avec une certaine violence, mais pourtant, le dragon fut presque tout de suite sur pieds : sans hésiter une seconde, il saisit la demoiselle à la gorge, et la souleva du sol … Pour la faire passer par-dessus sa tête et la jeter contre un arbre à quelques mètres de là : le bois craqua sourdement lorsqu’elle le percuta, et elle glissa à terre, inerte. Les épaules basses, la respiration sifflante, le saurien la regarda en plissant les yeux, la vue trouble. Il commençait sérieusement à se fatiguer … et pourtant, elle semblait en redemander. Même si elle titubait, elle aussi, et même si elle avait l’air tout, sauf en pleine forme, la « jeune » vampire se remettait progressivement sur ses pieds, sans cesser de dévisager le dragon. Ce dernier eut un petit ricanement sans joie, alors qu’il se redressait lentement pour la toiser.

Et beh … T’es quand même du genre sacrément dure à abattre toi, hein ?
Désolé chéri … ‘va falloir … que tu cognes plus fort, si tu veux y arriver …
Ouuuh, si tu savais ce que tu me chauffes lorsque tu dis ça … Mais je préfère passer le relais.

Un instant, la blonde se demanda de quoi il parlait. Avant qu’une sorte de balle, compacte, et blanche, ne vienne coller une de ses mains à l’arbre derrière elle. Elle observa quelques instants le projectile, ne comprenant pas comment il pouvait coller autant. Le dragon, quand à lui, reprit lentement forme humaine, en grattant un peu de la boue dont il s’était constellé les mains et les bras, plus tôt.

Non, mais c’est vrai que je suis un maître un peu injuste … Avec tout ce fun, j’ai complètement oublié de t’introduire à mes assistantes ou à les laisser s’amuser … Je n’ai aucun doute sur le fait que vous vous amuserez beaucoup : elles aussi ne manquent pas de « piquant ».

Alors qu’il disait cette phrase, deux silhouettes recouvertes par de larges capes brunes semblèrent sortir du groupe de l’inquisition, s’avançant doucement et parfaitement silencieusement. Pressée, la vampire se mit de sa main libre à sectionner la toile qui la retenait encore, avant de plisser les yeux face aux deux silhouettes … et de prendre la fuite. Lipra et Nepra firent de même dans la seconde qui suivit. Et il n’y avait pas besoin d’avoir des yeux particulièrement développés pour constater que la proie, tout autant que ses chasseresses, courrait à une vitesse surnaturelle. Mais elle était épuisée, saignait, et avait quelques os brisés … Le rouge eut un petit ricanement pour lui-même. Il ne lui donnait pas 20 minutes.

Bon ! Sinon, c’est pas tout ça, mais ça m’a crevé c’combat, même si c’était marrant … Je pionce dans quel charriot ?
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Orye Svarnakovak

Lame du Solstice

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Race : Mi démone - Mi élue
Classe : Ninja
Métier : Greffière inquisitoriale
Croyances : Dieu du solstice
Groupe : Royaume

Âge : 25 ans

Messages : 23

Fiche de Personnage : Pour le Solstice!


MessageSujet: Re: La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]   Sam 21 Mai 2016 - 19:08

Trois coups... Il n'avait fallut que trois coups de lame pour que l'adversaire de la greffière ne succombe à ses blessures. Essuyant sa lame sur le tissu de sa victime, Orye soupira longuement. Elle avait espéré. Elle y avait crut, en ce combat. Et non, ce dernier avait été aussi palpitant que de combattre trois pauvres chiens. Quoique, dans la dernière option, ces derniers auraient peut-être un peu plus inquiété la demoiselle.

Son adversaire s'était acharné avec son arbalète, tentant de lui décocher carreau sur carreau. Malheureusement pour lui, l'inquisitrice contrait systématiquement ses tirs avec quelques couteaux de lancers. Lorsqu'ils tombèrent tout deux à courts de munitions, le combat pris fin. D'un saut, Orye s'envola dans une acrobatie étrange et asséna un coup au niveau du genou droit de son ennemi, tranchant les ligaments. En retombant, elle frappa le dos en diagonal afin de trancher les lanières de l'armure de cuir, pour finalement planter sa lame dans la nuque de celui qui lui faisait face sans qu'il n'ait le temps de réagir. C'était le problème avec ces fanas d'armes à distance.

S'éloignant de la dépouille de l'hérétique sans y prêter plus d'attention, la greffière récupéra ses couteaux de lancer, les replaçant dans les emplacements prévus à cet effet contre ses cuisses. Poussant ses cheveux noirs de jais en arrière en observant la scène de "bataille" ayant lieu plus bas, l'inquisitrice se mordilla la lèvre en observant la colère de Solstice se répandre contre cette infamie qu'on appelait "hérésie". Un grognement sourd attira cependant son attention. Se retournant doucement, la demoiselle grogna d'ennui en observant l'arbalétrier se relever doucement, une fumée noire s'échappant de la plaie béante dans sa nuque. Roulant des yeux en attrapant deux couteaux, Orye se remis en position de combat.

- Qu'est-ce que tu es, au juste?

Le type ne daigna même pas répondre... Un goujat, en plus d'un... Zombie? Non, il s'agissait d'autre chose, plutôt d'une sorte de soin ultra rapide, ou quelque chose comme ça, même si visiblement, le soin n'avait pas laissé le type en bon état. De la bave coulait de ses lèvres, son regard était vide, en plus d'avoir l'air complètement bête, et des grognements sourds s'échappaient de sa gorge.

- Bon, très bien, ne répond pas. Je te tuerais sans savoir.

Lançant ses armes de jet, la greffière observa ses dernières se planter dans la chaire du type qui lui faisait face. Ce dernier recula de quelques pas, grognant de plus belle avant d'arracher les lames et de se rapprocher en courant de l'inquisitrice, la même fumée noire s'échappant auparavant de sa nuque le faisant cette fois des deux plaies reçues. Roulant sur le côté pour esquiver un violent coup de poing, la demoiselle haussa un sourcil, légèrement surprise par ce radical changement de situation. Comment allait-elle tuer un homme qui ne craignait pas les blessures mortelles? Le bougre se jeta alors de nouveau sur elle, attrapant cette fois une lourde chaîne qui traînait par là pour s'en servir de fouet et balayer la zone devant lui. Orye sauta sur plusieurs caisses derrière elle, esquivant aisément la frappe avant de retomber dans le dos de son ennemi, enfonçant cette fois un couteau dans l’œil droit de son adversaire. Un râle rauque s'échappa de ce dernier, qui s'empara de la main de la greffière, l'attirant contre lui pour la projeter contre le sol. Le choc fit toussoter l'inquisitrice qui manqua quelques instants sa respiration, avant de se focaliser de nouveau sur le combat, se servant de ses jambes pour enrouler la tête de l'arbalétrier et lui briser la nuque. Avant même de voir si son action avait été déterminante, la greffière contracta ses abdominaux pour se redresser dans une pirouette et s'éloigner de son ennemi. Tombant à quatre pattes sur le sol, l'hérétique poussa un cri guttural, laissant une brume noire s'échapper de sa gorge. A cet instant, Orye compris qu'elle n'affrontait pas un humain hérétique, mais un démon, ou tout du moins une bête assoiffée de sang. Son adversaire se jeta alors sur elle à une vitesse folle, ne laissant pour la première fois depuis le début du combat pas le temps à la greffière d'esquiver l'attaque. Un violent coup de poing dans le ventre fit cracher à l'inquisitrice de la bile mélangée à un peu de sang, avant de la projeter quelques mètres en arrière, la fracassant contre les tonneaux présents.

Dégageant les amas de bois fracturés qu'il y avait sur elle, il était plus qu'évident pour la greffière que se prendre une autre attaque de ce style n'était pas envisageable. Se relevant péniblement alors que sa vision cessait peu à peu d'être trouble, la demoiselle fixa son adversaire, qui continuait de grogner, et se préparait visiblement à un autre assaut. Se préparant mentalement, Orye poussa sa concentration au maximum, et sauta dans les airs au premiers mouvements de son ennemi, parvenant ainsi à éviter une frappe violente. Retombant lourdement sur l'arbalétrier, l'inquisitrice cribla son ennemi de multiples couteaux avant de bondir pour reprendre une position éloignée, dégainant de nouveau Aubargent. A chaque lancé, la demoiselle avait visé les articulations ou les tendons de son ennemi. Et même si ce dernier se soignait rapidement, cela aurait surement le mérite de le ralentir quelques précieuses minutes. Avant que la fumée ne fasse effet, Orye se jeta donc sur son adversaire, tranchant d'un geste vif le bras droit de l'hérétique. Ce dernier hurla, tentant de frapper la greffière en vain. Ne laissant pas de répit à sa cible, elle trancha par la suite le second bras, puis les jambes, avant de finalement décapiter d'un geste net la tête de son ennemi. Attrapant la tête avec l'une de ses mains, l'inquisitrice grogna en s'éloignant du tronc qui servait de cadavre et remarqua avec satisfaction qu'une fois tranché en plusieurs morceaux, même la fumée noire s'échappant du corps ne pouvait soigner l'hérétique. Faisant le tour du lieu qui lui avait servi d'arène, la greffière reprenait sa respiration, et essuyait le sang qui avait perlé à ses lèvres. Remarquant un crochet de boucher, l'inquisitrice écarta les lèvres dans un large sourire, y plantant la tête de l'arbalétrier. Quelques instants plus tard, elle se dirigeait vers la position de Krieg après avoir fouillé la zone.

Tombant en silence un peu en retrait derrière son supérieur qui souriait face à l'hérétique menottée, Orye jeta la tête de sa victime aux côtés de celui qui dirigeait les inquisiteurs. Observant quelques instants la responsable de tout ceci, Orye retint en elle cette volonté de voir le sang de cette sorcière couler. La soif de sang qu'elle ressentait était cependant supérieur à une simple envie de vengeance, ou de punition... L'inquisitrice souhaitait simplement voir la dame face à elle souffrir. Penchant légèrement la tête sur le côté, Orye remarqua une enfant au crâne transpercé. Ce qui aurait pu, il y a de ça quelques années la traumatiser, ne la dérangea pas le moins du monde. Son supérieur, le Grand Inquisiteur, lui avait parlé bien des fois de ces créatures infâmes usant de possession d'autres corps ou d'illusions diverses. Aussi, si Krieg avait décidé d'abattre cette fillette, c'est qu'elle devait être coupable. Après tout, il représentait la parole directe du Solstice, et sa parole faisait loi.

- J'ai abattu l'un des lieutenants de cette... Cette... Hérétique.

Le mot avait eu du mal à sortir, tant il suscitait le dégout chez la greffière. Ne prêtant cependant plus grande attention à son supérieur hiérarchique, l'inquisitrice observa la foule qui peuplait la grotte. La plupart des suivants de la démone avaient été abattus, les autres étaient en train d'être menottés. L'inquisition l'avait visiblement emporté. Souriant doucement, Orye se tourna de nouveau vers son seigneur.

- Savez-vous où se trouve Haïzen? Je ne l'ai pas vu depuis le début du combat. Oh et, voici pour vous.

Fouillant dans l'une de ses poches, la greffière sorti d'un chiffon un saphir aux lueurs étranges. La surface cristalline du joyau était d'un bleu océanique, tandis que son cœur d'une lueur cendrée magnifique. Tendant l'objet vers le Grand Inquisiteur, Orye souria timidement.

- J'ai trouvé cela près de l'endroit où j'ai tué ce type. Je ne sais pas s'il s'agit d'un artefact magique ou simplement d'un joyau aux propriétés étonnantes, mais je vous laisse en juger, Grand Inquisiteur. je me demande si cet objet n'est d'ailleurs pas la cause du soin de mon précédent adversaire.
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La gratitude du seigneur [Haizen/Orye/Krieg]

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