''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
AccueilFAQS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Etape champêtre [Adriel Ushadar]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Adriel Ushadar

Le Démon Forgeron

________________


________________


Race : Démon commun
Classe : Lame noire
Métier : Forgeron occulte
Croyances : Aucune
Groupe : Solitaire

Âge : 884 ans

Messages : 14

Fiche de Personnage : Création et destruction


MessageSujet: Etape champêtre [Adriel Ushadar]   Mar 14 Avr 2015 - 20:00

Adriel marchait sous le soleil de midi sur un chemin de campagne creusé de profondes ornières. Les herbes folles avaient envahi le milieu du chemin, où les charrettes ne passaient pas. Des deux côtés de la route campagnarde s'étendaient en lanières de longs champs de blé ou de lin qui ondulaient au gré du vent. Cette vision lui évoqua brièvement les Champs de Blé du Vein, mais dans ces terres chaotiques et corrompues, leur aspect était étrangement maléfique et tourmenté. Ici, les choses étaient plus fades et fixes. Normales. Autant dire que cela changeait le démon de son quotidien.

Il voyageait sous son apparence humaine habituelle; un grand jeune homme musclé aux cheveux noirs courts, aux yeux bruns et au visage dur. Il ne portait pas de vêtements ostentatoires ou qui laissent paraître une quelquonque aisance. Cela ne lui avait jamais paru nécessaire, et, il devait l'admettre, il abhorrait se vêtir comme les humains. Toutefois, comme toujours, ses jambes étaient couvertes par son armure, et le son métallique de ses pas touchant le sol se perdait dans la brise estivale.
Dans son dos pendait Fléau rangée dans son fourreau. Il n'avait pas dégainé la lame depuis un long moment maintenant, et l'envie de croiser le fer ou de passer au fil de son épée quelqu'un le démangeait. Il faudrait faire sans, du moins jusqu'à ce qu'il rencontre quelqu'un qui en valait la peine...

Il avançait de la sorte depuis de longues minutes lorsqu'il crut percevoir à quelques centaines de mètres devant lui une charrette qui progressait dans la même direction que lui.
C'était le premier humain qu'il croisait depuis qu'il avait abandonné le cuisinier il y a quelques jours de cela. Il pressa le pas. L'allure de la charrette était fort lente, et il la rattrapa en moins de dix minutes. Il avança le long du flanc du véhicule pour se présenter au conducteur d'un signe de la main.

- Holà, l'ami ! Y a-t-il un quelquonque village ou bourg à proximité ?

- Holà, d'jeun haum ! Fit le vieillard qui conduisait la charrette. Un bourg ? Non, j'pense point. Par cont', y'a l'villadg. Pont de Rya.

- Il y a un forgeron là-bas ?

- Un maréchal-ferrand, rien de bien pas courant ! annonça le vieux avec un sourire. Vous voulez monter ? C'là qu'je vés !

- Monter ? rit Adriel. Pas besoin. Je connais bien plus rapide que cela !

- Marcher ? demanda le paysan.

- Oh, non ! Briser la barrière entre les lieux.

- Hein ?

A peine le vieux eut-il terminé sa phrase qu'une faille s'ouvrit précisément à l'endroit où il se trouvait. Les replis de la déchirure, aussi tranchants de le fil de Fléau, découpèrent proprement son corps. Sans un cri, les moitiés sanguinolentes glissèrent du siège en bois et tombèrent avec un bruit mat à terre. Le démon sourit. C'était toujours très amusant de surprendre les humains comme ça.
Il brûla les liens de l'attelage et fit fuir les vieux chevaux de trait. Puis, par acquis de conscience, il vérifia le chargement de la charrette, pour n'y trouver que des sacs en toile contenant un peu de grain. Totalement inutile et inintéressant.

Il se tourna vers la faille et y sauta. Les visions horribles du Vein l'assaillirent et il se retrouva dans un marécage puant. Très vite, il travailla à ouvrir une autre faille, en cherchant à copier la sensation de l'autre, mais légèrement différente, comme s'il tâtait l'étoffe qui séparait les mondes pour trouver des correspondances ou des sensations familières. Au bout de quelques instants, il eut la sensation qu'il cherchait. Il ferma la faille qui l'avait amené ici et en ouvrit une autre. Il s'y engouffra. Ce petit tour de passe-passe qu'il avait découvert il y a plusieurs siècles de cela était la façon la plus rapide de voyager entre deux points sur Feleth ou dans le Vein. Même si les points d'arrivée dans le Vein étaient toujours totalement aléatoires, le monde d'en-dessous étant par essence-même chaotique.

Il parvint au milieu d'un champ en jachère où paissaient des moutons qui furent terrifiés par sa venue. Il referma immédiatement la faille derrière lui. Précaution d'usage. Les démons qui s'ennuyaient avaient tendance à profiter des failles ouvertes pour monter. Heureusement, tous n'avaient pas sa dextérité pour sentir les similarités de l'étoffe.

Il balaya la campagne environnante du regard, puis il découvrit ce qu'il cherchait. Au pied de la colline où il se trouvait s'étendait le village dont le vieux lui avait parlé. Il sourit. Peut-être allait il trouver là distraction ?

Il descendit la colline herbeuse et fleurie et sauta par-dessus un muret pour rejoindre un chemin qui descendait en lacets vers le village. Il s'agissait d'un établissement humain tout à fait classique, avec ses maisons à pans de bois couverts de chaume. Une rivière coulait en bas du village et un pont de bois la franchissait. De sa position élevée, Adriel put voir des humains aller et venir dans les rues et sur le pont. Une journée d'été tranquille dans un village tranquille. Il était temps que cela change. Et Adriel avait déjà plusieurs idées sur la façon dont il allait procéder.

Il passa au milieu des potagers et des vergers qui entouraient les premières maisons. Les gens qui s'affairaient devant chez eux ne manquèrent pas de remarquer son attirail de guerrier errant et sa grande taille. Ils lui jetèrent des regards interrogateurs. Il y avait dans leur yeux une pensée qui transparaissait et que le démon connaissait bien.

Qu'est ce qu'il vient faire ici équipé comme ça ?

Adriel, machinalement, les observa de son œil magique caché derrière son bandeau. Il ne repéra aucune aura magique ou démoniaque, sauf bien entendu la sienne, et celle de Fléau.

Il poursuivit sa route. Les maisons étaient plus proches les unes des autres, étalées au hasard le long des rues en terre battue. Quelques unes avaient des pignons empierrés de moellons grossiers.
Il marcha par le village. Son chemin l'amena naturellement vers la place qui en était le cœur. Celle-ci s'organisait autour d'un puits en pierre couronné d'un dais en métal ouvragé au sommet duquel s'élevait le blason, Adriel devinait, de la famille noble qui avait autorité sur cette communauté rurale. Quelques femmes y puisaient de l'eau en conversant bruyamment. Autour d'eux des enfants jouaient dans la poussière des rues.

Il chercha une auberge. Il la trouva assez naturellement à côté du pont, à l'entrée du village. Une des façades du bâtiment donnait sur la place. Il s'agissait également d'un des rares bâtiments à être couvert d'une toiture d'ardoises.

Il s'approcha de l'établissement en rajustant son sac sur son dos. Quand il arriva à la porte, il lut sur l'enseigne peinte grossièrement Au Pont. Il y entra.

Il poussa la lourde porte en bois et la referma derrière lui dans un claquement assourdi.

La salle commune était pratiquement vide. Les fenêtres étaient fermées, sauf une, côté place et à proximité du comptoir. Les sol était en grosses dalles de grès. Les âtres étaient froids et propres. La pièce respirait l'étape de passage sur une route commerciale relativement fréquentée, avec des décorations provenant du Royaume et de Beolan. Rien de bien extraordinaire, mais suffisant pour égayer un peu la pièce.

Deux marchands parlaient affaires dans un coin. Ils jetèrent un regard interrogateur au démon, froncèrent malgré eux les sourcils et retournèrent à leur disscution.

L'aubergiste était derrière le comptoir. Lorsqu'il vit le démon forgeron entrer, il cessa son activité et vint à la rencontre d'Adriel. Il examina l'apparence du démon, cherchant à savoir quel titre lui attribuer. Ce ne devait pas être chose facile, étant donné les éléments disparates de sa tenue. Les pièces d'armure fines, et la lame ouvragée dans son dos tranchaient avec les tissus sales et usés qu'il portait.

- Ser, bienvenue.

Un titre de chevalier ? Hahahahahaha !

Adriel riait intérieurement et réprima difficilement le rictus qui se formait sur ses lèvres. Si cet idiot avait la moindre idée des plans qu'il avait pour ce village, il n'aurait jamais osé le nommer chevalier.

- Que puis-je pour vous ? Une chambre, un verre ? Pour le repas, il vous faudra attendre ce soir; le service de ce midi est terminé.

- Oh, pas de problème. Je ne compte que prendre une chambre pour la nuit.

- A quel étage ?

- Premier, avec vue sur la place.

- Certes.

L'aubergiste l’emmena alors au comptoir pour signer le registre d'entrée et prendre le paiement. Adriel déposa quelques pièces sur le comptoir. Il disposait d'argent humain en suffisance qu'il gagnait en travaillant comme forgeron ça et là. Ce métier était extrêmement lucratif chez les humains. Dans le Vein, il était payé pour ces travaux par troc de biens ou de services, les démons n'ayant que faire de l'argent.
Il donna son nom de voyage habituel: Asham Ludar. Encore une fois, Adriel préférait être prudent. Les démons rôdaient un peu partout, et il n'avait pas que des amis parmi eux.

Le tenancier lui montra ensuite sa chambre et lui en remit les clés. Il laissa le démon en prendre possession lui-même et referma la porte derrière lui.

Adriel soupira. Il était difficile de garder sa contenance en présence d'humains. Il avait beau avoir vécu près de neuf siècles et avoir passé de nombreuses années parmi eux, il avait encore beaucoup de mal à tenir ses manières afin de ne pas élever leurs soupçons. A croire que ces créatures dégénérées retenaient encore en elles l'instinct primaire de la relation de proie à prédateur. La suspicion. La peur. La fuite. S'il voulait mettre en marche son projet pour ce village, il allait devoir montrer patte blanche.

Il s'approcha du lit. Cela faisait bien cinq ans qu'il n'avait pas dormi dans un lit. La nuit, il avait l'habitude de relâcher ses pouvoirs. Il retrouvait alors son apparence naturelle, et aucune couche humaine n'était adaptée à sa taille. Tant pis. Il allait devoir faire un effort ce soir.
Il rejeta son sac sur le lit et enleva sa cape de voyage. Il se retrouva avec sa tunique sombre à manches courtes qui lui couvrait le haut du corps. Il s'étira avant d'aller ouvrir la fenêtre pour contempler la vie insignifiante des humains se dérouler devant ses yeux comme un spectacle de marionnettes pour enfants naïfs.

Très vite, cela le lassa. Il se détourna de la fenêtre en se mordant l'intérieur de la joue. Ce qu'il comptait faire demandait de la patience et de la préparation. Tout faire en même temps ne serait ni aussi beau, ni aussi amusant que de travailler, étape par étape, vers un sommet d'horreur sublime.

Il sourit de toutes ses carnassières... Il était temps de lancer la première étape.

Il se redirigea vers le lit et ouvrit son sac. Dedans, il avait rangé ses affaires de voyage habituelles. Il se dévêtit. Il retira son armure avec la pensée qu'il n'en n'aurait sans doute pas besoin ce soir. Ce village était paisible et les démons du Vein étaient loin.
Il s'habilla avec sa tunique de qualité brodée de motifs géométriques et de chausses en lin. Il enfila des bottes de cuir. Il termina de se préparer en rebouclant le ceinturon qui maintenait le fourreau de Fléau dans son dos. Il ne se déplaçait jamais sans l'arme. Jamais. elle était pour lui comme ses yeux ou ses cheveux, une partie intégrante de lui; ce qui, dans un sens, était la stricte vérité.

Il quitta sa chambre et verouilla la porte derrière lui. Il descendit ensuite dans la salle commune où il ne trouva que l'aubergiste appuyé sur le seuil de la fenêtre ouverte, fumant la pipe en silence.

- Maître aubergiste ? fit Adriel

L'homme sursauta et se retourna:

- Oh, Ser, vous m'avez surpris !

- Y a-t-il un forgeron dans cette ville ? Ou un maréchal-ferrant ?

- Oh, oui ! Maître Bahr, tout à fait honnête et travailleur, il travaille dans la rue, là. Il pointa une maison dans la rue de droite, côté rivière.

Adriel ne remercia pas l'homme et sortit de l'auberge. Il s'engagea dans la rue indiquée par le tenancier du Pont et ne tarda pas à découvrir l'atelier du forgeron qu'il avait envie de rencontrer depuis ce matin. L'homme ignorait encore que son destin était sur le point de basculer.

Il entra dans l'atelier. L'homme travaillait seul dans un âtre en activant un soufflet qui pendait du plafond. Adriel, immédiatement, fut ravi par l'odeur de charbon de bois, de métal chaud et de suie de l'endroit. Le métal était ses os, l'eau son sang, le feu son âme, la forge sa demeure.

L'homme était tout entier à son travail. Il ne remarqua pas que le démon observait ses gestes, sa dextérité, toute sa compétence à travailler le métal. Et Adriel n'était pas satisfait. Les gestes étaient trop lents, le chauffage trop long, les coups de marteau mal placés.

Cet homme était incompétent.

Et Adriel haïssait les forgerons incompétents. Ils entachaient son art de leur maladresse. Et l'art ne pouvait souffrir de maladresse.

Finalement, le forgeron se tourna vers lui en laissant la barre qu'il travaillait chauffer.

- Ser ? Qu'est ce que j'peux pour vous ?

Adriel sourit en entra. Il fouilla dans sa besace à la recherche d'un simple couteau de chasse qu'il présenta au forgeron.

- Oh, pas grand-chose. Disons que ce couteau se fait vieux et qu'il a besoin d'être aiguisé.

L'homme soupira et le prit.

- Fort bien. Vous êtes de passage ici ? Vous restez jusque quand ?

- Demain matin, je repars.

- Alors je vais m'en occuper en priorité...

Il se retourna vers les ténèbres de l'atelier et appela:

Shar ! Shar ! Amène-toi, j'ai du boulot pour toi !

Un bruit de métal claquant contre le métal, des pas précipités, et bientôt se présenta devant le démon un jeune apprenti âgé d'environ treize ans. Il était maigre, les traits tirés, les cheveux sales.

Adriel s'était présenté dans cette forge avec ce couteau dans ce but précis. Découvrir si ce forgeron médiocre enseignait à un apprenti plus doué que lui. Si c'était le cas... Hé bien, disons que le forgeron perdrait bientôt son apprenti.

Shar prit le couteau des mains de son maître et l'examina. Le démon l'observait avec attention. Ce gamin possédait en tout cas un regard perçant pour les objets de son art, en pointant très rapidement les défauts et les faiblesses de la lame.

- Mets-toi rapidement au travail, mon Ser part demain ! Grogna le maître.

Shar s'en alla alors travailler sans ajouter un mot. Lorsque le bruit de la meule à aiguiser entama le métal en crissant, le démon, quant à lui, fit un signe de la tête au maître forgeron et s'en alla en prévenant qu'il passerait le lendemain matin.

Dehors, le démon soupira. Le plan qu'il avait pour ce village était lancé. La dague était en effet particulière. Il l'avait forgée lui-même il y a quelques années de cela, et il avait enlacé dans les plis du métal un charme qui développait la haine et les ressentiments de celui qui la maniait vis à vis d'une autre personne. Il suffisait ainsi d'une toute petite poussée dans la bonne direction pour que le sort de cet apprenti change à jamais. Il avait été d'autant plus enclin à donner la dague à l'apprenti en découvrant son maître. Leur relation lui rappelait celle qu'il avait eu avec Ushadar jusqu'à ce qu'il décide de se débarrasser du vieux démon bouffi d'orgueil.

Petit à petit, Adriel semait le vent dans ce village paisible; bientôt il récolterait avec délice la tempête.

Il revint vers l'auberge en sifflotant, pour découvrir au coin de la rue un attroupement de villageois émus sur la grand'place. Il entendait de nombreux éclats de voix inquiets ou coléreux.
Intrigué, il s'approcha. Il s'enfonça dans la foule, et, grâce à sa haute taille, il put voir au-delà du mur de villageois qui lui faisait face la cause de cet émoi.

La foule s'écartait pour laisser passer une petite charrette tirée par un poney. A l'arrière était couchée une silhouette humaine enveloppée dans un drap blanc taché de sang. La silhouette n'avait pas une forme normale. Elle était humaine, certes, mais sous les plis du tissu, l'on pouvait deviner qu'elle avait été comme fendue en deux.

Hé bien, pensa Adriel. C'est de mieux en mieux.

Les discussion est les interrogations continuaient autour de lui. On parlait de bête, de meurtre, de vengeance,... Toutes sortes d'informations fausses circulaient. Les humains étaient faits de la sorte, peureux et en même temps avides d'histoires sordides.

Un mouvement naquit dans la foule et laissa émerger en face de la charrette un vieil homme bedonnant aux tempes grisées et au port altier. Sa dignité n'était pas celle d'un noble de haute cour. Il avait plutôt l'air, en effet, d'un vieux coq de basse cour, aigri et couvert de poussière.

- Holàh ! Holàh ! Que se passe-t-il ici ? Lança-t-il d'une voix forte quand il parvint à la charrette.

- C'est le vieux Kone ! On l'a retrouvé mort sur la route ! Répondit l'homme qui avait guidé la charrette jusqu'au village.

L'homme bedonnant s'approcha de la charrette et intima aux enfants de détourner le regard. Il souleva le drap avant de le laisser retomber dans un geste d'horreur et de surprise. Il recula et eut un haut-le-coeur.

- Qu... Quelle chose a pu faire ça ?

La foule resta silencieuse. Ils avaient tous leur idée propre, bien sûr, mais l'horreur de la vision et la peur que la chose qui avait massacré le vieux Kone fut encore dans les environ les retint de l'exprimer à voix haute.
Au milieu de ce silence, des gens commencèrent à faire des signes pour conjurer le mauvais sort où à prier. Adriel se retint d'éclater de rire. Comme si un dieu les entendait vraiment ! Il le savait, lui, un démon âgé de neuf cents ans, que les dieux n'étaient que des fantasmagories d'humains à l'esprit trop faible pour affronter la réalité et son absence de sens.

Le village se recueillit en silence. Le prêtre arriva à son tour avec un encensoir. Le corps fut ensuite transporté au temple du village pour être embaumé. Seule la famille suivit, et la vie reprit son cours; mais les graines d'Adriel avaient commencé à germer.

L'après-midi touchait à sa fin. L'air était humide et lourd. Les nuages montaient haut dans le ciel. Un vent d'ouest soufflait pesamment sur le village. Adriel savait qu'une telle atmosphère était annonciatrice d'orage. Tout était plus clair: les sons, les images, les odeurs; comme si le monde, sachant la tempête à venir, tenait à profiter une dernière fois pleinement d'un magnifique après-midi d'été.

Adriel rentra à l'auberge. La salle commune était déjà plus animée qu'auparavant. L'aubergiste passait de table en table en prenant les commandes des clients. Des villageois pour la plupart, et qui, bien entendu, discutaient de la mort du vieux Kone. Le démon passa au milieu des tables et remonta dans sa chambre pour y attendre le repas du soir.

Dans sa chambre, il ferma les volets pour se plonger dans le noir, de sorte que personne ne puisse le voir tandis qu'il retirait les bandes de tissu rouge sombre qui cachaient son oeil gauche.

Devant le miroir craquelé de sa chambre, il découvrit son oeil: un globe doré fendu par quatre estafilades verticales. Au cœur des déchirures, un œil attentif pouvait distinguer des flammes jaunes et noires qui brûlaient rageusement. Le reflet de l'âme du démon; son essence et son pouvoir.
En découvrant son œil, il avait retrouvé sa vision normale des deux côtés. Il voyait désormais parfaitement. Ayant récupéré toutes ses capacités visuelles, il entreprit d'entretenir son équipement, comme à chaque fois qu'il avait du temps devant lui.

Il se perdit dans cette activité jusqu'à ce que tombe le soir. Il alluma alors une chandelle avec sa magie et cacha son oeil. Il était temps qu'il mette la seconde partie de son plan en action.


Dernière édition par Adriel Ushadar le Mer 15 Avr 2015 - 12:39, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Etape champêtre [Adriel Ushadar]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Feleth :: Feleth, le monde du milieu :: Grandes plaines de Feleth :: Grandes étendues-