''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Deuxième Escale [PV : Harken]

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Magda Seriel

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MessageSujet: Deuxième Escale [PV : Harken]   Mar 19 Mai 2015 - 22:14

"J'ai du mal à respirer."
"C'est à cause de l'altitude, l'air se fait de plus en plus rare."

On avait pris la direction des montagnes une fois la ville sauvée d'elle-même, le vieux avait posé ses questions et avait obtenu les réponses et également les autres questions qui allaient avec. Il s'était ensuite tourné vers moi avec la mine désolée me disant qu'on allait devoir partir d'ici dès maintenant et que nous n'avions pas le temps de nous reposer. Or à ce moment-là, je tenais à peine en équilibre, j'étais blessée à plusieurs endroits et je me devais d'être encore debout uniquement grâce à l'épée qui supportait mon poids. James avait insisté pour que je prenne appui sur lui, mais il était lui-même dans un sale état, seul l'oracle s'en était sortit indemne. Je pouvais au moins me féliciter de cela, j'avais bien fait mon travail... D'un air suppliant, je lui ai montré d'un signe de tête l'état dans lequel on était et que même si lui était en pleine forme ce n'était évidemment pas notre cas. Utilise ta magie de guérison disait-il, oui pourquoi pas, seulement cela ne marche pas sur commande. Pour guérir efficacement, il faut être, au minimum, en forme, pas sur le point de s'écrouler, la magie fera plus de mal qu'autre chose et ce n'est pas lui qui fera un geste, il ne l'a jamais fait jusqu'ici. Écartant une mèche poisseuse de sang de mon visage, je lui ai fait comprendre que s'il voulait partir maintenant, il partira seul. Heureusement, les autres personnes présentes ont réussi à lui faire comprendre qu'il fallait patienter, c'est étrange que quelqu'un d'aussi vieux et d'aussi sage soit aussi impatient, chacun ses défauts après tout...

Nous, voilà maintenant en chemin vers les montagnes et ses dangers. En amont, loin encore à l'horizon, on pouvait, si on avait de bons yeux, voir l'endroit de notre destination. On voyait une large fumée noire s'élevait dans les airs contrastant parfaitement avec la blancheur de la montagne. De ce que je voyais moi-même, il n'y avait qu'une poignée d'habitations qui me semblait construite bien trop en hauteur, l'architecture était rustre, seul des morceaux de peau séchés comblaient les trous dans le bois. Les alentours étaient déserts de tout ce qui rend possible la vie sédentaire, il n'y avait que de la neige, du blanc à perte de vue...


"Quel genre d'homme peut bien vivre dans ce genre de conditions ?"
"Pas des hommes Magda, des ogres."
"Tout de même... Il n'y a rien ici."
"Pas de ce côté de la montagne, mais de l'autre côté, ils ont tout ce qu'il faut."
"Ah oui, je crois l'avoir lu dans "Ogres et orques et la stupidité à l'œuvre". Ils se battent pour un endroit où vivre alors que l'endroit serait parfaitement capable de supporter les deux styles de vie sans le moindre problème. Les orques sont au moins vingt fois plus nombreux et aussi étrange que cela puisse paraître ils sont unis alors que les ogres bien que possédant un net avantage de force brute sont dispersés dans les montagnes alentours."

Un silence passa pendant lequel le vieux avait une mine renfrognée, j'ignore ce qui le chiffonne, je ne l'ai jamais interrogé sur ses réelles motivations, tout cela ne me regarde pas et s'il veut m'en parler, il le fera lui-même. Accélérant le pas, je lui ai barré le chemin le forçant à s'arrêter et à relever la tête.

"On s'arrête là pour aujourd'hui, je ne suis pas encore remise complètement de mes blessures et un peu de repos ne me ferait pas de mal et à toi également."

Il se laissa tomber sur ses vieilles fesses d'un coup, il était visiblement épuisé après tout, on avait marché pendant plusieurs jours et j'avais refusé les chevaux proposés lors de notre départ. Ils allaient avoir besoin de forte bête dans les semaines à venir, notre confort n'était absolument pas une priorité à ce moment-là, je dois avouer que je regrette maintenant cette décision. J'ai sorti une couverture avant de la lâcher sur les épaules du vieux. On ne fera pas de feu ici, c'est un endroit inhospitalier, et même s'il fait assez froid pour qu'un homme normal préfère passer sa nuit dans un lit bien chaud plutôt que de se tenir en embuscade, je ne suis pas rassurée. Après tout, nous entrons dans une zone de guerre entre orques et ogres, je ne suis pas assez idiote pour penser qu'il ne se passe rien pendant la nuit lors des guerres, c'est plus souvent le bon moment pour agresser son ennemi que l'inverse. Survivons au moins à cette nuit, après l'on avisera.

"Je meurs de froid, je rêve d'un bon feu de taverne et d'une bonne hydromel !"

Je me suis assise à côté de lui avant de passer un bras autour de lui, le rapprochant de moi, ça ne l'aidera pas à oublier le froid, mais c'est tout ce que je peux faire pour l'aider. Sa respiration se fit de plus en plus régulière, il s'était endormi contre moi comme un chat s'endormirait. Prenant délicatement sa tête entre mes mains, je l'ai posé sur mon sac pour qu'il lui serve d'oreiller de fortune. J'ai levé les yeux vers le ciel, les étoiles les plus lumineuses commençaient à apparaître petit à petit, la lumière chaude du soleil avait disparu laissant place à une demi-lune blanche, m'allongeant à-même le sol, j'ai pendant un moment observé le ciel repensant aux derniers événements. Au final, je trouve que nous avons était chanceux de tous nous en sortir aussi bien, même s'il y a quelques survivants de la guilde, je doute qu'ils viennent nous importuner après qu'ils aient vu ce dont on était capable. Fermant les yeux, un air de musique d'Adiryl me revint en tête, une calme symphonie m'emportant dans mes rêves.

Un bruit soudain, mes yeux s'ouvrent d'un coup voyant une lourde masse se rapprocher d'eux, j'ai roulé sur le côté pour l'éviter avant de recevoir un coup de pied dans le dos, la force a suffit à me faire voler sur plusieurs mètres. J'ai, par réflexe, pu renforcer cette partie de mon corps avant le coup, la force aurait suffit à me déchirer en deux, j'en suis persuadée. Je me suis péniblement relevée non sans gémir de douleur avant de sortir Indreju de son fourreau. Même s'il faisait nuit, je pouvais voir comme un plein jour et devant moi se dresser trois ogres en grossière armure, l'un portait une masse l'autre un fléau d'arme et le dernier une espèce de faux à la lame recourbée. Ce qui me surprit le plus c'était leur taille, c'était la première fois que je rencontrai cette race et d'après ce que j'en ai lu, je ne les imaginer pas grand à ce point.


"Toi bouger, lui jamais réveiller."

Il pointait de l'un de ses énormes doigts vers le vieux en train de dormir, j'ai crispé mes doigts sur mon arme avant de déglutir péniblement. Je devais agir vite et ne pas rater mon coup, souvent l'oracle m'a dit qu'il ne fallait pas se précipiter, garder son calme peu importent les circonstances, mais c'est parfaitement impossible. Comment veux-tu que je reste stoïque quand tu es menacé vieux crouton, comment veux-tu que je sois capable de réfléchir dans ce cas-là. Dire que je vais devoir agir alors je ne suis même pas complètement remis de notre précédente aventure. Il m'avait encore demandé le pourcentage à la fin, trente pourcents lui avais-je répondu et il semblait un peu déçu de ce nombre, enfin quoi qu'il en soit ce n'était pas le moment de penser à ça. Rapidement, j'ai examiné la position des trois ogres, l'un deux se trouver juste à côté du vieux dire qu'il continuait de ronfler ce vieux schnoque. Qu'importe ! Sans prendre le moindre appui, j'ai chargé aussi vite que je le pouvais, à peine avait-il commencé à bouger que déjà, je lui entaillais légèrement la main tenant la faux, je pouvais difficilement faire mieux compte tenu de ma blessure au bras, mais je lui ai au moins fait lâcher son arme dans la neige. J'ai profité de la surprise que m'a apportée ma rapide course pour réveiller le vieux d'un coup de talon non retenu. Il grommela sous le coup, signe qu'il était réveillé.

"Pas le temps de te plaindre !" Dis-je le souffle coupé par le sprint que je venais de faire.

Un lourd sifflement me parvint aux oreilles et ce n'est que par réflexe que j'ai baissé la tête alors que la tête du fléau me passait juste au-dessus, l'ogre à la masse venait de frapper le sol où dormait l'oracle qui avait heureusement déjà bougé son petit derrière. J'ai reculé pour me remettre sur mes appuis et reprendre mon souffle avant de me mettre en garde, épée en avant, tenue à deux mains attendant la prochaine attaque. Au moment où ils commencèrent à bouger leur lourde masse vers moi, je me sentis comme aspiré vers l'arrière jusqu'à rejoindre l'oracle qui s'était reculé d'une centaine de mètres.

"Tu es folle si tu espères vaincre ces ogres à toi tout seule, surtout dans ton état !"
"Ah ! Tu vas m'aider, comment ?"

Il a posé sa main sur ma tête et je sentais une chaleur m'envahir le corps, les séquelles qu'il me restait disparurent complètement. La douleur du coup dans mon dos s'en était allé, je me sentais encore mieux que les fois où je suis en pleine forme, ma seconde peau de métal s'était formée sans même que j'ai besoin d'y penser, même Indreju semblait briller d'un feu blanc. Il lâche ma tête, lançant au passage qu'il ne ferait rien de plus dans ce conflit, si je ne survis pas ici, je ne survivrai pas plus tard. Les ogres étaient sur nous maintenant, d'un pas de côté rapide, j'ai esquivé un nouveau coup de massue, j'ai profité de son manque d'équilibre pour lui asséner un coup de pommeau dans le ventre le forçant à se plier en deux. Sans lui laisser le temps de s'apitoyer sur sa douleur, Indreju à décrit un arc de cercle qui lui trancha les deux mains tenant l'arme, il s'est aussitôt relevé hurlant à la mort, me cassant les oreilles en même temps. Ses compagnons le regardèrent brailler sa douleur avant de tourner leurs yeux vers moi, ils montraient de la peur, à y voir de plus près, c'est la lame, désormais rouge du sang de leur ami, qu'ils regardaient et pas moi. M'abandonnant complètement, ils se sont tournés vers leur compagnon avant de l'assommer d'un coup de poing chacun, le plus costaud des deux le pris sur son dos et je pouvais entendre ce qu'il voulait faire.

"Emmener camp, magie soigner mains."
*Des ogres mages, ça existe ?*


Dernière édition par Magda Seriel le Lun 8 Juin 2015 - 19:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Deuxième Escale [PV : Harken]   Mar 2 Juin 2015 - 21:10

L’air était froid et sec dans les montagnes. La glace et le gel venaient envelopper les rochers comme un film protecteur, glissant et crissant sur les couches les plus fines. Le vent mordant fouettait minéraux comme végétaux, pour les rares qui arrivaient à subsister dans cet environnement extrême du moins. Quant à la faune, elle était absente de ses contrées. Ou cachée. Tentant de se protéger tant bien que mal du froid jusqu’à ce que les grognements du ventre se fassent plus forts que les lacérations du gel.

Et pourtant, malgré une atmosphère aussi hostile, des individus s’acharnaient à arpenter les quelques sentiers presque effacés par le temps. Des voyageurs se faisaient violence pour raccourcir leur périple. Des marchands bravaient la raison pour atteindre leur destination à temps. Des pèlerins venaient éprouver leur foi en ces lieux également. Mais tout cela restait occasionnel. Avec de la chance, il était parfois possible de tomber sur les restes d’un campement de fortune érigé dans le but de récupérer un peu de force avant d’en finir une fois pour toute avec cette région désertique. De la cendre noircissant les pierres et la neige, des gravats dégagés pour aplanir le terrain, des branches cassées d’un vieil arbre aillant cessé de lutter et ayant servies pour conserver un feu de fortune.

Il est encore plus rare de constater la présence d’une lueur flamboyante au lointain, à travers les brumes hautes et le blizzard hurlant. Mais il était bien là, cet éclat rougeâtre, vacillant, avançant lentement et éclairant faiblement comme un phare au bout d’une mer secouée par les éléments déchainés. C’était un grand oiseau tout de flammes drapé. Ses plumes ardentes tombaient mollement le long de son corps en une cascade de feu, silencieuse et magnifique. Le phoenix dormait, sûrement pour économiser ses forces, sur l’épaule d’un homme. Bien que résistants, ces volatiles n’étaient clairement pas faits pour supporter un tel climat mais il survivrait. Ils survivent toujours parait-il.

L’homme, lui servant de véhicule, se déplaçait à allure régulière. Ses yeux perçant le lointain, sourcils froncés comme pour défier la montagne. Une lourde armure d’or et d’argent lui donnait des allures de forteresse impénétrable. Il s’était enveloppé dans une immense toge richement décorée, remontant jusqu’au-dessus de son nez et recouvrant une grande partie de sa glaciale armure, ainsi que les zones les plus exposées aux crocs du froid. De façon presque inaudible, il récitait des quantiques :

"[…]Nul ne sait où voguent les radeaux des païens mais les vaisseaux de lumière ne conduisent ailleurs qu’au sanctuaire de Dieu. Les abysses emporteront avec elles les âmes des égarés quand aucune vague ne viendra secouer la proue des navires de Foi. Aucun salut ni repos ne seront accordés aux faibles qui accusent en son Nom mais grâce et illumination attendent les repentis. Le vent soufflera dans les voiles de la Justice Divine afin d’apporter à ce monde en ruine les paroles du Renouveau…"

Sa voix était calme, à peine rythmée par ses pas. De légères bulles de vapeur s’échappaient de ses lèvres, cachées par sa toge gelée. Dans son dos dépassait un manche sculpté au bout duquel une lourde masse était attachée. L’arme avait servi, plus d’une fois, mais resplendissait toujours des icônes gravées sur son métal dur. Un gros ouvrage relié de cuir dur et vieilli pendait à ses côtés, retenu par une chaine d’acier. Il était maintenu scellé par une autre lanière de cuir nouée. Les pages givrées et plaquées entre elles ne frétillaient plus au gré du vent. Sur la couverture, on pouvait discerner les inscriptions « De la Justice des Divins, préceptes et fondements » en lettres d’or.

Des grognements sombres et rauques se firent entendre à travers les échos, voix de la montagne. Impossible d’en connaitre la source ou la distance. Et Harken ne semblait y prêter plus d’attention que cela. Il était là pour faire appliquer la volonté de Dieu, le destin que ce dernier lui réservait, à lui, celui qui a vu les flammes de lumière.
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Magda Seriel

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MessageSujet: Re: Deuxième Escale [PV : Harken]   Lun 8 Juin 2015 - 19:31

"Combien cette fois ?"
"Je n'ai pas vraiment eu le temps pour le coup."

Les trois ogres venaient de disparaître de ma vue, je me suis dirigée vers notre camp de fortune pour récupérer nos affaires. J'ai sorti le bout de tissu pour nettoyer Indreju, j'entendais l'oracle râler comme quoi on n'avait pas le luxe de faire ça maintenant. Je lui ai souri tout en reprenant mon affaire. Le luxe du temps qui d'autres que nous, être d'Adiryl peuvent se vanter d'avoir tout le temps qu'ils veulent. Les ogres vont revenir disait-il, oui ça, je le sais, mais cette fois, nous ne sommes pas endormis, s'ils reviennent, on les verra. Et puis au final, pourquoi reviendraient-ils ? Sont-ils rancuniers, et puis qu'ai-je fait après tout ? On a fait que se défendre, nous ne sommes pas en tort. Peut-être nous ont-ils pris pour des orques, si la guerre est encore d'actualité alors il est compréhensible qu'ils défendent leur territoire. Cela dit si la lumière du jour avait été là, ils auraient bien vu que nous n'avons rien à voir avec des orques, on n'a pas la peau verte pour commencer et ça ce n'est pas un détail négligeable ! Attaquer un vieil homme et une femme blessée, je ne peux pas les féliciter pour leur courage. À ce propos, il semble que mes maux soient définitivement de l'histoire ancienne. Je m'attendais à ce que les effets de la magie de l'oracle s'estompent après un certain temps. J'ai remis Indreju, désormais comme neuve, dans son fourreau. Regardant le ciel, je pouvais aisément deviner qu'il ne restait que quelques heures de nuit, même si je n'aime pas voyager de nuit, je doute qu'on arrive vraiment à se reposer après cette attaque, autant se remettre en route.

"Il me semble que je te dois un merci."

Aucune réponse, seulement un simple signe de tête. Il avait l'air inquiet. Inquiet, il l'est toujours, mais cette fois son visage était marqué, comme s'il souffrait. J'aurais aimé qu'il me dise ce qui lui arrive, mais outre le fait que je sois curieuse, je sais aussi respecter son désir de silence.

"Pourquoi tu n'as rien dit ?"
"Rien dit ?"
"Quand je soigne quelqu'un, je ressens aussi ce que la personne ressent. C'est aussi ton cas, mais c'est trop infime chez toi pour que tu t'en rendes compte. Tu vois de quoi je parle ?"
"Oui, évidemment."
"Alors pourquoi ?"
"Ce ne sont pas tes affaires ce que je fais des miennes, j'ai déjà subi ce genre de tortures, je m'en remettrai."

Un bruit se fait entendre au loin, un orage. Je n'avais pas remarqué que l'air était devenu lourd à cause de l'altitude, en regardant de nouveau le ciel, je m'aperçois qu'il est noir, on ne voit plus les étoiles, même la lune a presque entièrement disparu. L'orage gronde de nouveau, il passera près de nous, si ce n'est sur nous. Une lumière apparut pendant moins d'une seconde pour réapparaître encore plus proche de nous.

"Éloignons-nous de le montagne ! Si la foudre touche le sommet..."

Inutile d'en dire plus, seulement il y a un problème et pas des moindres. On se trouve sur une corniche et s'éloigner simplement de la montagne est impossible, à moins de risquer un saut de plusieurs centaines de mètres. On avait deux solutions, soit on avance et on espère atteindre la vallée, soit-on fait demi-tour au risque de se faire surprendre par les ogres. L'orage gronde à nouveau, cette fois terriblement proche, à peine une seconde de passé que la foudre tomba à une cinquantaine de mètres derrière nous illuminant les alentours pendant un très bref instant. Je n'ai pas attendu plus longtemps que la foudre tombe à nouveau, j'ai posé ma main sur le dos de l'oracle pour le pousser et lui donner un peu d'élan avant de m'élancer à mon tour. La foudre continuait de tomber tout près de nous. Ce n'est pas naturel, c'est comme si l'orage avait fait un virage exprès pour nous suivre, il partait d'Ouest en Est et le voilà maintenant à nous suivre alors qu'on se dirige vers le Nord-Ouest. Rattrapant le vieux, on a échangé un bref regard, il avait lui aussi des doutes sur l'origine du phénomène. Je me suis brièvement retourné savoir si autre chose que la foudre nous suivait, je n'ai pu voir qu'une route, déjà pas bien jolie, parsemée de trou peu profond, mais dont les bords étaient d'un noir total. Je ne donne pas cher de notre peau si on est directement touchés par cette énergie pure.

"Arrête-toi !"

J'ai tout de suite obéi sans réfléchir, c'est dans ce genre de situation que l'on peut voir à quel point on fait confiance à quelqu'un. Devant moi se dresser maintenant un ravin, si j'avais continué dans ma course, je serais maintenant en train de faire une chute mortelle. Par où passer maintenant, je ne doute pas qu'il existe quelque part un pont, mais il n'y a rien à portée de vue, même pour la mienne. L'oracle s'est approché de moi avant de sortir Indreju de son fourreau et de la jeter devant lui.

"Trouve comment passer."

Je ne sais pas comment il fait et je dois dire que cela m'importe peu. Je ne m'y connais pas assez en magie pour y comprendre quelque chose, mais de ce que je vois la lame qu'il a créé lui-même va lui servir. Le vieux était visiblement dans un effort important de concentration. L'orage grondant et la foudre qui tombait près de nous ne devaient pas lui rendre la tâche facile. Inredju commença à léviter jusqu'à atteindre une certaine hauteur, environ à cinq mètres du sol, la voilà qui se mis à briller. Elle tournait dans tous les sens si vite que j'avais maintenant l'impression de voir une sphère lumineuse au lieu d'un simple trait. Détournant les yeux de ce si beau spectacle, je vis que ce vieux bonhomme souffrait le martyr, c'est donc de ça dont il me parlait... Je ne m'étonne plus qu'il rechigne à utiliser sa magie. Même si je devais trouver comment aller plus avant, j'étais incapable de partir et de le laisser comme ça. Je me suis mise devant lui avant de placer mes mains sur ses épaules, il avait à peine réagi quand je l'ai touché. Fermant les yeux, j'ai commencé à me concentrer sur mon seul objectif, l'aider dans sa tâche. Difficilement, j'ai réussi à synchroniser ma respiration avec la sienne, une bulle blanchâtre se forma autour de nous, nous coupant totalement du monde extérieur. Je n'arrivais pas à savoir ce qu'il était en train de faire. D'habitude quand je soigne quelqu'un qui présume de ses forces, j'arrive à sentir et savoir ce qui se passe dans le corps de la personne. Ici, j'en suis parfaitement incapable, alors je vais simplement mettre ma propre énergie à sa disposition. À peine, lui ai-je laissé carte blanche que je sentis mes forces m'abandonnaient. Déjà, j'avais du mal à rester debout, je sentis quelque chose couler de mon oreille et de mes yeux fermés. Indreju s'était fixé dans les airs vers une direction bien précise avant de s'envoler dans la direction que la lame pointait. Silence. L'orage s'est arrêté ainsi que la foudre. À bout de forces, la bulle protectrice que j'ai formée s'efface et je m'écroulai dans la neige, respirant bruyamment pour chercher de l' air, mais je sentais que rien ne venait. Tout était silencieux, il faisait encore plus noir qu'avant, je ne sentais plus aucune odeur, mon corps ne me répondait pas. J'étais encore vivante, je le savais, mais totalement incapable de la moindre action. Qu'est-ce qui est en train de m'arriver ?
Indreju réapparut dans la neige, exactement au même endroit où l'oracle l'avait jeté. Aussitôt, je sentis sa main dans mon dos, un spasme me parcourut le corps. Je le vis s'asseoir près de moi me prenant dans ses bras, il me serrait de toutes ses forces. Petit à petit, je sentis un flot d'énergie, il était si ténu que je n'arrivais pas à m'en emparer. Il s'approcha lentement de mon cœur jusqu'à fusionner avec lui. D'un coup, je me suis redressée dans ses bras, je toussai à m'en arracher la gorge, mon ouïe et ma vue commençaient à revenir peu à peu, je respirai un peu mieux. L'oracle penché au-dessus de moi m'a apporté de l'eau, je bus sans ménagement, je ne pensais pas être aussi assoiffée. Dans un effort que je ne pensais plus jamais possible, je suis parvenue à me redresser pour m'asseoir, j'ai levé les yeux vers l'oracle qui, debout, ne me quittait pas des yeux. Il avait l'air d'une personne dont tout le poids du monde venait de lui être ôté.

"Pardonne-moi."
"C'était quoi ce bordel ?"
"Je t'ai tout pris, tu m'avais fait comprendre que je pouvais le faire. Je ne voulais pas le faire, je voulais m'arrêter avant, mais je n'ai pas pu, si je m'étais arrêté tout cela n'aurait servi à rien."
"Respire, inutile de parler aussi vite. Dis-moi simplement ce que tu viens de faire."
"J'ai tué l'orage."
Je serai partie dans un rire franc s'il n'avait pas une tête aussi sérieuse.
"Par quel prodige ?"

Entendant un bruit, j'ai aussitôt tourné la tête vers son origine. J'ai écarquillé les yeux l'espace d'un instant. C'était quoi ce truc ? Un colosse enrobé d'une pâle lueur rouge, un livre dans les mains, il lisait à voix basse. Ses paroles me rappelaient quelque chose, une sorte de prière envers un dieu qui n'existait pas. Rien que par ce détail, je pouvais savoir qu'il venait de ce monde. Je n'ai pu lire que le début du titre du livre sur la couverture, son énorme main cachant le reste. "De la justice des..." J'étais certaine d'avoir déjà vu ça quelque part, mais était-ce bien le moment de penser à ça. Après tout, on avait devant nous une personne qui dégageait autour de lui une présence qui semblait n'augurait rien de bon.

"Phoenix.."

La voix de l'oracle tremblait, à la fois de peur et d'excitation. Le regard de l'homme s'était tourné d'un coup vers lui, il avait refermé son livre avant de le laisser pendre à sa ceinture et de s'approcher du vieil homme. Je me suis aussitôt levée pour l'empêcher d'aller plus avant, ma main s'est posée sur son armure l'espace d'un instant et j'ai dû immédiatement la retirer, son armure était chaude, détail pour le moins insolite compte tenu de l'endroit où nous étions. Sur l'ordre de l'oracle, je me suis écartée de lui pour le laisser passer, quand il m'a dépassé, j'ai pu voir la cape dont il était paré, une cape blanche, les mêmes qu'à Madorass, et même s'il ne semblait pas avoir d'intention hostile, je me devais de ne pas prendre de risque. Ramassant Indreju qui n'avait pas bougé depuis sa réapparition, j'ai rejoint le vieux sans quitter des yeux ce bourreau. J'ai croisé plusieurs capes blanches lors de mon séjour à Madorass et aucune d'entre elles n'étaient de bonne personne, juste des être abusant de leur pouvoir pour leur propre plaisir, les pires d'entre elles n'hésitaient pas à justifier le meurtre d'un vendeur de pain en disant qu'il conspirait contre le royaume sous prétexte qu'il voulait vendre son pain au lieu de donner le fruit de son labeur.
Arrivée près de l'oracle, je lui ai chuchoté ce qu'il était, son regard s'est brièvement durci

"Des Divins, préceptes et fondements. Voilà la suite du titre, je m'en souviens maintenant !"
"Qu'est-ce que tu racontes ?"
"C'est son livre ! "De la Justice des Divins, préceptes et fondements".

L'homme s'était tout de suite arrêté comme s'il était surpris que je connaisse un tel livre.

"Il raconte quoi ce fameux livre, Magda ?"
"Ce n'est pas un livre commun, j'ai eu bien dû mal à trouver quelqu'un qui le possédant et j'ai dû échanger plusieurs mois de services pour qu'il me laisse le lire et toujours sous son œil attentif. Il parle d'être choisi par le Dieu du Solstice pour répandre sa parole partout dans le monde. Il faudrait que je jette un œil au livre, mais je me souviens de plusieurs dessins montrant un oiseau qui naît dans les flammes. Si un oiseau comme cela apparaît et qu'il choisit un maître alors c'est la preuve irréfutable que l'être est béni par le Dieu du Solstice."

L'armure vivante, mais qui se promène en armure de plaque complète par cette météo, s'était tourné vers moi pendant que de mémoire, je résumais le livre. Il semblait contrarié par ce que je venais de dire, comme si j'avais fait une erreur. Peut-être était-ce à cause du ton que j'ai pris, après tout, ce livre n'était que foutaises religieuse, il n'y aucun Dieu et encore moins d'être choisi par lui, comment était-il possible de croire à ses fadaises. Cependant s'il pense être choisi par un dieu, inutile de le fâcher en lui disant que ce n'était finalement pas le cas, s'il vit dans l'ignorance ce n'était pas sa faute.
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MessageSujet: Re: Deuxième Escale [PV : Harken]   Mer 10 Juin 2015 - 11:12

Harken continuait à marcher, fouetté par le vent d’une tempête se levant qui tentait de le faire vainement vaciller. Il avait fini de réciter ses quantiques quotidiens et s’attaquer à présent à la lecture de son manuscrit givré. Au moment d’ouvrir le manuel de foi, les pages collées par le gel se détachèrent avec une facilité surprenante et de s’écarter instinctivement jusqu'à la page voulue. Quelques symboles semblaient s’illuminer et courir à la surface du papier quand on ne les regardait pas. Harken, quant à lui, s’était immédiatement concentré sur sa lecture, fronçant ses sourcils sombres et durcissant d’avantage son visage.
Imperceptiblement, la tempête se levait et entraînait avec elle les plis de la toge du paladin. Le phoenix rentrait la tête, se cachant du blizzard comme il pouvait, croassant de temps en temps lorsqu'une rafale tendait à lui faire perdre l’équilibre. Il ouvrait alors ses immenses ailes nimbées de flammes qu’il battait pour se redresser.
Les heures de marche se succédaient. La tempête s’était éloignée emportant avec elle sa colère contre la montagne. La foudre frappait le sol au loin comme un enfant capricieux martelant ses jouets. Son sillage blanc de neige était visible le long des flancs rocheux.

- Phoenix.

Ce mot sortant de la bouche d’un vieillard installé sur le côté du sentier fit sortir la cape blanche de sa lecture. Il redressa la tête avec une infinie lenteur avant de tourner ses yeux livides vers lui comme on assène un coup de sabre. Il referma son livre dans un claquement sec scellant de nouveau les pages entre elles, ne prit même pas la peine de ré-attacher le bandeau de cuir et le laissa retomber le volume à son côté, balançant au son d’un cliquetis métallique.
L’individu avait dans son regard une intelligence pétillante et une exaltation à peine masquée devant l’animal qui reposait sur son épaule. Il fit un pas dans la direction de ce vieil homme mais une main vint se poser sur son plastron sans vraiment opposer de résistance pour autant. Au bout de ce bras tendu se tenait une femme aux cheveux noirs et au teint pâle. Le regard du paladin la survola aussi vite qu’elle retira sa main. A peine, le champ lui était de nouveau libre qu’il recommença sa marche en direction de l’intéressé. Il aurait pu forcer le passage, son titre et sa condition lui en donnait le droit aux yeux du Royaume mais, au-delà du fait qu’il aurait pu ou non, il n’en avait pas l’envie. Les quantiques de pénitence se devaient d’accompagner la rédemption des pêcheurs et le jugement céleste et il n’en avait pas entamé un seul depuis son départ de Madorass.
« Les rites sont sacrés, il est de ton devoir de les respecter et d’accompagner les âmes des jugés devant le Tout Puissant, qu’ils soient dignes de son jardin ou qu’ils finissent dans les ténèbres de Sa colère. »
La femme dépassa Harken, après avoir ramassé quelque chose qui traînait au sol, afin de rejoindre le vieillard dont le regard changea brièvement. Puis elle se retourna d’un coup comme lorsqu'une idée brumeuse vous apparaît soudain aussi claire que l’eau d’une source jeune.

- Des divins, préceptes et fondements ! Voilà la suite du titre, je m’en souviens maintenant !
- Qu’est-ce que tu racontes ?
- C’est son livre : De la Justice des Divins, préceptes et fondements.

Harken s’arrêta et souleva ses sourcils dans un vague air d’étonnement qui s’effaça de son visage aussi rapidement qu’il était apparu.

- Il raconte quoi ce fameux livre, Magda ?
- Ce n'est pas un livre commun, j'ai eu bien du mal à trouver quelqu'un qui le possédant et j'ai dû échanger plusieurs mois de services pour qu'il me laisse le lire et toujours sous son œil attentif. Il parle d'être choisi par le Dieu du Solstice pour répandre sa parole partout dans le monde. Il faudrait que je jette un œil au livre, mais je me souviens de plusieurs dessins montrant un oiseau qui naît dans les flammes. Si un oiseau comme cela apparaît et qu'il choisit un maître alors c'est la preuve irréfutable que l'être est béni par le Dieu du Solstice.

Un silence s’installa au bord de ce sentier surplombant la crevasse. Menaroth ne put s’empêcher de croasser comme pour signaler qu’il était tant que quelqu'un se bouge à réagir. A cette intervention Harken inspira longuement avant d’entamer de sa voix profonde et grave :

- En effet, il est fait mention de cette prophétie dans ce livre et dans d’autres. Il n’est guère étonnant que vos yeux aient eu du mal à atteindre les caractères  sacrés s’y trouvant car il n’en existe que très peu d’exemplaires. Tous soumis et revendiqués propriétés patrimoniales de la Sainte Eglise du Solstice. J’ignore qui vous a permis d’en contempler le contenu mais cela va à l’encontre du dogme. Certains textes en peuvent être tenus, lus et ressentis que par des mains bénis et pieuses. Mais je ne suis pas ici pour ça. Je cherche un émissaire de notre bon Royaume. Il se peut que vous l’ayez croisé, mort ou vif. Il se peut qu’il ait franchi la montagne.

Son regard était figé, glacial comme l’air ambiant. Les capes blanches finissaient par manquer à Madorass, encore plus pour les missions extérieures. L’Eglise avait donc été rappelée à ses devoirs envers le Royaume et Harken avait dû accepter de retrouver cet homme. Il n’était pas là pour s’amuser ou se faire de nouveaux amis. Tout ce qui lui apportait en cet instant était les informations que lui fourniraient ces voyageurs afin d’achever cette mission le plus rapidement possible et retourner à l’épuration des « corrompus de Madorass » comme il les appelait. Des nobles et des autres personnages étant ou ayant été influents qui se soustrayaient depuis bien trop longtemps à leurs obligations envers leur Royaume bienfaiteur.
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MessageSujet: Re: Deuxième Escale [PV : Harken]   Ven 12 Juin 2015 - 2:26

"Tu t'es renseignée sur les dieux ?"
"Plus sur les cultes que sur les dieux eux-mêmes."
"C'est ce que tu fais quand tu n'es pas avec moi ?"
"J'occupe mon temps comme je le veux. En l'occurrence, rien n'est allé à l'encontre de votre dogme. Je n'ai jamais pu ouvrir ni lire un seul ouvrage seule, et ce, malgré les services que j'ai rendus à l'Église. Quand j'arrivais à un passage interdit aux nons-croyants, le prêtre responsable me faisait un résumé des pages car et, je cite le haut prêtre : "Vous pourrez étudier notre culte tant que vous le souhaitez. Toutefois, il existe des écrits qui vous seront interdits. C'est pourquoi lorsque vous irez dans notre bibliothèque, vous n'irez jamais seul, l'un de nos prêtres vous accompagnera. C'est une faveur que je vous fais, ne me le faites pas regretter." Je n'ai fait jamais rien fait pour aller à l'encontre du Dieu du Solstice, je tenais à ce que vous le sachiez. "

Il semblait vaguement rassuré par ce que je venais de dire. Ne tenant plus debout à cause de ce qu'on venait de vivre, je me suis assise dans la neige sans même prendre la peine d'y poser un quelconque objet pour que je sois au sec. Décrochant mon fourreau de ma ceinture, j'ai voulu remettre Indredju à l'abri de la météo, mais j'ai vu que les lettres brillaient d'une étrange façon. J'ai levé des yeux interrogateurs vers l'oracle, mais lui n'avait pas réussi à retirer son attention de l'oiseau de feu. Il est vrai que c'est une créature magnifique même si dans ce froid son feu semble être bien fade.

"Pour répondre à votre question sur l'émissaire que vous recherchez, nous n'avons rien vu. On vient d'essuyer une tempête qui n'avait rien de naturel à mon avis."
"Magda !"
"Mais quoi ! Il n'existe que deux endroits où son homme peut être et avec ce qu'on vient de subir, il ira pas loin sans nous. Alors autant qu'on lui fasse part de nos doutes.
"C'est vrai, tu as raison."

Dans un effort non dissimulé, je me suis levée avant de me tourner vers le gouffre avant de pointer un doigt vers le Nord-Est.

"Là-bas se trouve la vallée. À ma connaissance, c'est le seul endroit où il est possible de vivre, il y règne le même climat qu'en terre habitable. Pour vous représenter sa taille, on pourrait y placer plusieurs Madorass côte à côte et on aurait encore de la place. Toutefois, elle est occupée par des orques, de nombreux orques, ne vous demandez pas pourquoi vous n'en avez pas croisé jusqu'ici, ils ne s'aventurent pas aussi loin dans les montagnes."

J'ai baissé la main avant de rejoindre l'oracle et de montrer le sud.

"C'est de là qu'on vient, il y a une ville en reconstruction, les habitants seront ravis de vous aider si vous leur dites que vous venez de notre part."

Je me suis soudainement arrêté avant de me tourner vers l'oracle lui demandant s'il pouvait prendre la suite. Il me lança un regard inquiet alors que je sortais une couverture pour la placer sur le sol et m'allonger dessus. Le vieil homme fit part des doutes que nous avions par rapport à l'orage, qu'il était possible qu'un être ait lancé le phénomène à notre poursuite, en témoigne la suite de tâches noires derrière nous. En revanche, il ne dit rien à propos de la façon dont il nous a sauvés. Je n'ai pu en entendre plus, m'endormant d'épuisement. Je me suis réveillée quelques heures plus tard, le soleil commençait à se lever. On pouvait encore voir la lune qui disparaissait petit à petit. Je pensais avoir plus de temps pour récupérer, mais la nuit a été mouvementée et finalement, le jour était déjà là. L'oracle était déjà réveillé, lui qui d'habitude adorait rester au lit. Alors que je me redressais, il me lança ma gourde, me disant que boire au réveil donnait un meilleur sentiment pour la journée à venir. J'ai haussé les épaules avant de boire quelques gorgées.

"Et la cape blanche ?"
"Partie."
"Vers où ?"
"Je ne sais pas, il a profité que je montais la garde pour se reposer et puis j'ai fini par m'endormir, à mon réveil, il n'était plus là."

On s'était mis en route assez vite, il nous fallait marcher à une bonne allure si on voulait atteindre la vallée avant la nuit. Il était hors de question de camper aux alentours, je ne doute pas que les orques défendent chèrement leur terre. Ils connaissent le terrain bien mieux qu'on ne le connaîtra jamais. Même si ma vision était meilleure que l'orque moyen, il n'était pas impossible que l'un de leurs éclaireurs nous repère bien avant que je le voie. Pendant que l'on longeait le ravin, je cherchai des traces de la cape blanche, mais je ne voyais rien. L'oracle lui ne semblait pas s'embêter à propos d'elle, c'était tout le contraire.

"J'espère que l'émissaire qu'il recherche est encore en vie."
"Les chances sont minces."

Devant nous se dresser maintenant le pont pour passer le ravin. Je serais ravie de ne plus avoir cette crevasse juste à côté de nous, j'ai l'impression d'être à découvert. Alors que j'allais poser le pied sur le point, je sentis la main de l'oracle sur mon épaule, il me tira lentement en arrière. J'ai tourné la tête vers lui, d'un doigt sur ma bouche, il me força à me taire, il commença à chuchoter, m'indiquant la position d'orques de l'autre côté du pont.

"Ils ne nous ont pas encore vus. Je peux nous rendre invisibles, mais seulement quelques instants."
"Tu peux être plus précis ?"
"Moins d'une minute."
"Vu la taille du pont, on sera au milieu à la fin de ton sort."

Il ouvrit la main, paume vers le haut avant de la tourner tout en fermant un à un ses doigts. Une fois son poing fermé, un léger sifflement nous atteint signe que nous étions maintenant incapables d'être vus. Je me suis aussitôt lancée sur le pont aussi vite que je le pouvais. Celui-ci n'était pas stable et il tremblait, les orques se sont tournés vers lui, sans comprendre ce qu'il se passait. Ils commençaient déjà à s'armer et s'approcher du pont, j'avais sorti l'un de mes dagues de lancer la faisant tourner dans ma main avant de l' envoyer. Je savais déjà la trajectoire qu'elle prendrait et le peu distance me donne l'avantage de ne pas avoir à faire attention au vent, mon seul vrai problème, c'était combien ils étaient réellement.

"Maintenant !"

Les orques avaient atteint l'autre extrémité du pont alors que nous avions à peine dépassé la moitié, pendant quelques secondes, ils restèrent fixés sans bouger. J'avais lancé ma dague au signal de l'oracle me donnant un maximum de surprise, après un vol rapide celle-ci se ficha dans la tête d'un orque qui tomba en arrière raide mort. L'autre avait tourné la tête, curieux de savoir ce qui était arrivé à son camarade avant de très vite succomber à son tour par la même action. Une flèche siffla près de mon oreille, j'ai rapidement jugé la trajectoire avant d'envoyer ma dernière dague presque à l'aveugle, celle-ci se heurta à un rocher avant de s'enfoncer dans la neige. Passant les deux poteaux de bois marquant la fin de notre course sur le pont, j'ai ramassé au passage mes deux dagues.

"Couche-toi !"

Encore une fois, j'ai obéi sans la moindre hésitation évitant encore une fois une flèche du même archer. Je me suis relevée presque aussitôt et tournant la tête, j'ai pu mieux apercevoir d'où venaient les tirs, une pente qu'un rocher surplombait, le même rocher que ma dernière dague a frappé. J'avais donc bien réussi à jauger la trajectoire, à défaut de réussir mon lancer... J'ai commencé à courir vers la pente pour en finir avec lui avant d'entendre le vieux hurlait, un quatrième orque le poursuivait une grosse hache à la main. Abandonnant ma montée, j'ai fait demi-tour profitant de l'élan de la descente pour vite le rejoindre et lui empêcher une mort non méritée. J'ai regardé l'oracle, à bout de souffle, trébuchait dans la neige avant de s'écrouler face contre terre. Son poursuivant levé maintenant sa hache pour donner la mort, arrivée à sa hauteur et n'ayant pas eu le temps de dégainer l'une de mes armes, je l'ai plaqué au sol. Le choc lui a fait lâcher sa hache qui dans un bruit de mousse s'enfonça dans une neige encore jamais foulée. On a roulé pendant encore plusieurs mètres avant de pouvoir s'arrêter. On était revenu au point de départ, à deux mètres derrière, nous se tenait l'immense ravin que nous venions de traverser. Légèrement sonnée, je n'avais pas réussi à me lever avant l'orque qui avait dégainé l'épée qui pendait à sa ceinture. Sans hésiter, il lança son bras en arrière avant de donner un coup à la verticale. In extremis, j'avais réussi à placer Indreju en opposition. Grâce à l'avantage de position qu'il avait sur moi, le métal de mon arme commençait dangereusement à se rapprocher de ma gorge. Incapable de renforcer mon corps, j'allais devoir me faire violence pour survivre. J'ai placé mon autre main sous la lame et réunissant mes forces et dans un cri de douleur, j'ai violemment repoussé l'épée de l'orque me laissant le temps de me relever et d'entamer un échange avec mon adversaire. Après quelques coups, j'ai pris le dessus, entaillant sa main tenant l'arme qui tomba par terre, la seconde d'après la tête de l'orque vola et son corps sans vie s'écroula. Je pouvais sentir le sang coulait de ma main, quel mal de chien ça faisait, c'était donc ça le revers de la médaille d'avoir une arme extrêmement tranchante des deux côtés de la lame.

"Magda !"

La voix de l'oracle, j'ai levé la tête pour le voir allongé, cacher derrière un monticule de neige. Les flèches de l'orque tout autour de lui prouver le manque d'adresse de nos ennemis, à force d'affronter des géants de chair, ils leur aient difficile d'atteindre des être de taille normale. Quoi que... Un sourire se dessina sur mes lèvres, c'est vrai que l'oracle n'est pas très grand, on aurait dit une fouine comparé aux ogres. Je me suis tournée vers le rocher d'où l'orque envoyait ses projectiles, il n'y était plus, il était en train de dévaler la colline, machette à la main. Il était à court de flèches ? Quoi qu'il en soit, j'étais parfaitement incapable physiquement parlant de le rattraper. Il ne me restait plus qu'une chose à faire pour aider mon maître. Je me suis agenouillée dans la neige avant de fermer les yeux et de me concentrer uniquement sur l'oracle. Je ne voulais pas en arriver là, ce n'est qu'en de rares occasions que j'ai besoin d'avoir recours à de tels extrémités et après les évènements de la veille, je me voyais mal maintenir cet état de transe longtemps. Il s'agit d'avoir en mémoire une seule et unique personne, d'avoir le désir de protéger sa vie au détriment de la sienne. J'ai ouvert les yeux d'un coup lui hurlant de se défendre lui-même. Il s'était levé alors que je refermais les yeux pour me concentrer sur lui. Pendant un moment qui me parut une éternité, je ne faisais rien voulant parfaire la protection accordée jusqu'à qu'on me vienne me secouer me forçant à m'arrêter.

"C'est fini."
J'ai immédiatement rompu le lien, j'ai soupiré d'aise, ce que cette magie pouvait être épuisante.
"Donne-moi ta main."
Encore dans mes pensées, j'ai levé ma main gauche vers lui.
"L'autre banane !"
"Oh, désolée."
"La blessure est profonde, son arme était aussi aiguisée que ça ?"
"Non, c'est ton arme qui a fait ça."

Une fois ma main guérie, je me suis levée pour ramasser mes dagues, espérant que la neige ne les a pas encore complètement recouverte. Après plusieurs minutes de recherches et d'aller-retour, me voilà enfin prête à repartir. Pendant ce temps, l'oracle avait ramassé les flèches et l'arc de l'orque.

"Tu fais quoi avec ça ?"
"C'est pour toi, si on avait eu un, on aurait pu éviter ce contretemps."
"Mais je ne sais pas bien m'en servir de ce truc."
"L'expérience est le commencement de la maîtrise."
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Deuxième Escale [PV : Harken]

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