''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Le festin du Vein [Ouvert sur demande]

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Tarcus Crudelis

Le bras droit d'Arphoss

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Race : Démons communs (majeur)
Classe : Lame démoniaque
Croyances : Le Vein
Groupe : Serviteurs d'Arphoss [Démons]

Âge : Quelle importance?

Messages : 29

Fiche de Personnage : Les origines de la Lame.


MessageSujet: Le festin du Vein [Ouvert sur demande]   Jeu 18 Juin 2015 - 7:32

Spoiler:
 

La petite ville Dahomah n'était clairement pas aussi impressionnante que l'indépendante Beolan (les deux cités n'étant d'ailleurs séparées que par quelques lieux de distances) ni aussi prospère ou peuplée, mais elle avait le mérite d'être entouré de solides remparts qui lui valait la réputation d'être parfaitement imprenable. Au cours des trois derniers siècles, les quatre milles âmes qui habitaient en son sein avaient repoussés une vingtaine d'attaques de pillards, brûlés six narcissiques sorciers ayant tentés d'accéder à la tête de la ville et, surtout : Massacrés dans les règles de l'art l'homme-Scorpion Hankar et ses innombrables abominations. Tant de réussite, à travers les âges, qui lui avait valut une réputation certaine, et l'arrivée de plusieurs marchands trouillards, qui, encore aujourd'hui, s'installent à l'intérieur de l'une de ces pittoresques bicoques de pierres blanches, le temps d'entasser un petit pactole, avant de rejoindre Beolan.
Les habitants, conscient de leurs chances d'être en sûreté, n'avaient à se soucier que des nombreux pick-pocket et des innombrables magouilles des moins civilisés de leurs semblables qui passaient outre la sévérité des gardes de la ville pour arnaquer les plus naïfs...Ou les mettre sur le trottoir.
Aussi, une seule peur revenait sans cesse dans les esprits de ceux qui avaient "la chance" de vivre ici, dans cette cité "idyllique" : La destruction des remparts. Il y a deux siècles de cela, les habitants s'étaient mit à nourrir une paranoïa collective à ce sujet, et avaient trouvés refuge dans la prière. Aussi, à ce jour, quatre temples dédiés au culte de Solstice se dressaient fièrement aux quatre points cardinaux de la ville, et accueillaient sans cesse de nouveaux fidèles qui avaient hérités de la maladive peur de leurs parents, qui eux-mêmes tenaient celle-ci des leurs. Ces incompréhensibles croyances avaient poussés les habitants à stigmatiser, puis expulser tout mage ou sorcier, loin des remparts, car leur soi-disant déviances risquaient apparemment d'insulter Solstice.

Pitoyable.

Tarcus se souvenait parfaitement de l'époque où les ruines, qui allaient devenir Dahomah, avaient été arrachées aux griffes d'un important consortium de maléficien. Déjà, à ce moment-ci, les remparts s'étaient révélés un problèmes de tailles. Mais, ils étaient passés. Lui et les siens, des siècles auparavant, alors que son corps partageait encore toutes les faibles caractéristiques propres à l'humanité. Et ils avaient tirés les carcasses dévastés des sorciers en-dehors des remparts, pour les faire brûler, pour montrer l'exemple. A cette époque, la grande Beolan n'avait rien de grande... Et maintenant...Ce ramassis de pleutres magiciens étaient devenus indépendants, et puissants, presqu'autant que le royaume du moment.

Le démon majeur cracha sur sa gauche, puis attrapa le heaume qu'il tenait sous le bras pour le revêtir.
"-Frère."
Tarcus fit volte-face, le visage désormais masqué par l'intimidante masse d'acier noir. Vorasha le salua d'un hochement de tête respectueux, qu'il lui rendit aussitôt.
"-Nous sommes prêts."
Un sourire mauvais apparut derrière le casque de la lame d'Arphoss. Posément, ce dernier se retourna pour fixer la cité au loin. Elle n'avait plus rien à voir avec le tas de ruine que ses bouchers avaient libérés, lors de sa vie d'homme. Elle s'était changée, au fil des siècles, en quelque chose de plus grand, de plus majestueux, de plus beau. Tout comme lui.
Mais les ressemblances s'arrêtaient là. Elle protégeait. Il tuait.
Ces insignifiants, paranoïaques et fragiles cafards, qui grouillaient dans les rues de Dahomah, n'avaient aucunement le droit de profiter des solides remparts autour d'eux. Alors il allait la leur reprendre. Avant de s'installer dans la forteresse dominant leurs pitoyables baraques. Et tout ceux qui s'opposeraient à cela mourraient aussi lentement que sûrement.
Vorasha émit un étrange sifflement, puis passa sa langue serpentine le long de son énorme lame. Il dépassait Tarcus de plusieurs têtes, et devait être facilement trois fois plus large que lui. Son apparence était celle d'un énorme saurien vouté, tantôt bipède, tantôt quadrupède, à la gueule hérissée de crocs faisant facilement la taille d'un avant-bras humain. L'armure d'os blanchâtre que la bête portait par-dessus ses épaisses écailles bleues-vertes contrastait parfaitement avec celle de son compagnon humanoïde, noire et sophistiquée. Tarcus soupçonnait d'ailleurs ce tas d'ossement, aillant jadis appartenu a une hydre malchanceuse, d'être plus ornemental que d'être réellement destiné a protéger le corps du Saurien, qu'il n'avait encore jamais vu plier face à un coup quelconque. Et cela faisait huit siècles que les deux démons se connaissaient.
Ils ne se considéraient pas comme des amis, puisqu'une telle notion n'avait -et n'aurait jamais- nullement sa place dans le maelström chaotique du Vein, mais, à force de se battre et de survivre côte à côte, ils avaient apprit à se respecter mutuellement. Des frères d'armes, voilà comment le duo de démon se désignait.
Un terme amusant, puisque le Saurien et lui s'étaient justement connus à cause de sa sœur de couvée, Kalané, une femme-serpent, d'une beauté enivrante, qui avait été la partenaire de Tarcus, pendant un temps...Mais qu'importe, elle était morte, maintenant, et Tarcus ne la regrettait pas. Pas plus qu'il ne regrettait les autres.
Le démon majeur tendit une main gantée et ouverte en direction de la ville, puis la referma brutalement, comme si ce simple geste aurait pu suffire à broyer ses remparts.

Leur groupe s'était installé derrière cette portion de colline deux jours auparavant, à l'ombre du bois juste derrière-eux. Attiré par le bain de sang en devenir, cent quarante-sept démons des armées d'Arphoss avaient acceptés de le suivre dans ce raid jugé "presque trop facile" par Vorasha. Ils n'avaient emportés avec eux nulle arme de siège, nul bélier pour enfoncer les solides portes principales, nulles bombes alchimiques pour fragiliser les remparts. Seulement leurs équipements respectifs. Ce qui serait sans le moindre doute suffisant. Chacun des êtres qui l'accompagnait était capable de massacrer cents fragiles felethiens sans ressentir de trop intense fatigues. De l'hybride surdimensionné d'araignée et d'homme, au gargantuesque Saurien, en passant par l'imposant amas de ronces animés qui faisait pourrir la terre autour de lui. Tous étaient des vétérans endurcis de l'armée démoniaque. Des êtres supérieurs. Des dieux ici.
Des dieux cruels et caractériels.
Ils avaient signifiés leur arrivée en équarrissant le propriétaire d'un percepteur d'impôts venant de la ville, ainsi que toute son escorte. Les gardes postés sur les remparts avaient dû se mordre les doigts en voyant la fumée s'élever du chariot, puis en apercevant les silhouettes tordues de ceux qui leur avait rendu visite, une trentaine de minutes auparavant, pendre au bout de longs pals, plantés dans le sol. En ce moment, les cadavres séchaient toujours au soleil.

A l'inverse de sa cousine plus puissante, Beolan, Dahomah ne s'épanouissait point contre une falaise, mais au beau milieu d'un champs de rochers coupants, de collines plus couvertes de silex que de végétations, et d'anorexiques petits bois souffrant de la trop grande présence du soleil sur les environs. Il y avait quatre entrées principales, toutes faites de la même manières : Pont-levis de bois renforcé, puis solide herse d'acier. Rien de très ennuyeux donc. Tarcus avait préparé cette attaque plusieurs mois à l'avance, en envoyant une vieille connaissance démoniaque gangrénée le cœur de certains des habitants les plus désespérés. Aussi, plusieurs pitoyables cultes chaotiques, à l'intérieur même des remparts, se préparaient à leurs porter assistance en aiguisant fourches et faux tout en priant des insanités sans queue ni tête, pour la gloire du vein.
Le plan était donc simple. Ils allaient charger, tout droit, sans faire attention aux misérables piqures des carreaux et des flèches. Puis les plus forts d'entres-eux se jetteraient littéralement sur le pont levis Nord pour le réduire en morceau, avant de faire de même avec les fragiles barreaux des herses. Finalement, ils entreraient et commenceraient la récolte de sang et de nouveaux serviteurs. Les faibles cultes avaient pour ordre d'empêcher quiconque de s'approcher de la commande des autres portes, pour enfermer les fuyards avec leurs bourreaux.
Simple mais efficace. Les pertes étaient estimées à...Eh bien, elles n'étaient pas estimées, que les frêles bêtes de feleth puisse tuer ne serait-ce qu'un seul d'entres-eux relèveraient du miracle. Et les angelots d'Adiryl dormaient trop profondément pour s'intéresser à un raid sur le monde du milieu.

"-Nous t'attendons tous, frère." Gronda Vorasha.
Tarcus hocha la tête, fit volte-face une nouvelle fois, et descendit lentement la colline.
Son compagnon resta quelques instants à contempler l'horizon, sa longue queue balayant la roche derrière-lui, puis fit de même.

† † †

"-Je vous en p..."
La supplique se termina en un sifflement pitoyable, le son si caractéristique de la trachée mise à nue. Le pauvre garde tomba à genoux, puis s'écroula aux pieds de son meurtrier, qui l'avait tué sans même quitter des yeux celui a qui il s'adressait : Un messager elfe, aux genoux tremblants.
L'énorme hybride d'homme et d'arachnide se redressa de toute sa hauteur. Sa première patte gauche, griffue, qui venait d'arrêter, brutalement, une vie, vint se planter aux cotés de ses sept jumelles, dans le sol rocailleux. Puis leur propriétaire croisa les bras sur son torse, qui était humain, contrairement au bas de son corps, pour cracher :
"-Répète-moi ça, petit être."
L'intéressé surprit tout les témoins de la scène -c'est à dire les dix-neuf autres démons qui les entouraient- en ne perdant pas totalement contenance, et en s'exécutant :
"-Le comte Valimdor vous somme de quitter ses t..."
Bark, l'homme araignée, pouffa sans cesser de fixer de ses quatre paires d'yeux le frêle elfe. Il leva ses mains humaines en l'air pour lui dire d'arrêter :
"-Est-ce que tu crois franchement que nous allons accéder à la demande de ton comte?"
L'intéressée, qui, jusqu'à maintenant, cachait son visage derrière le parchemin qu'il venait de lire, avala sa salive, baissa les bras, et répondit :
"-En fait non, monseigneur, pour tout dire, intérieurement, je priais pour que ma mort soit rapide."
L'assistance autour d'eux éclata d'un rire gras et cruel. L'araignée esquissa un discret sourire, sincère, puis s'approcha du messager en dégainant la hallebarde hérissée de pique qui pendait dans son dos, accrochée à un fourreau de toile. L'elfe ferma les yeux.
"-Je vais accéder à ta requête, tu ne sentiras rien. Mais la prière n'a rien à voir avec tout ça.
-Oui monseigneur.
-Dors."
Pour des yeux humains, le coup aurait été totalement imperceptible. La lame découpa proprement la tête du pauvret, expédia le sang qui la maculait sur le coté, puis revint sur sa place initiale, à l'intérieur de son fourreau de toile, tout ça en un peu plus d'une seconde. Le corps, tétanisé, ne tomba qu'une minute plus tard.
"-Qu'est-ce donc, Bark?" Le questionna Tarcus, qui venait de descendre de la colline juste derrière le cadavre.
"-Une mauvaise blague de nos proies, je crois." Répondit l'intéressé.
L'énorme forme d'un Saurien se dessina derrière la lame d'Arphoss. La bête trainait avec elle une épaisse et grossière plaque d'acier tranchante qu'il osait appeler "arme". La chose devait bien peser le poids d'un gros ogre, pourtant, au combat, Vorasha la maniait comme si il s'agissait d'une rapière. Alors que le reptile passait devant lui, Bark détourna le regard avec dédain. Les deux guerriers se détestaient cordialement.

"-Guerriers du Vein !" Appela Tarcus, debout sur les restes d'une caravane tachée du sang de ses propriétaires. "L'heure est venue."

† † †

Kleim laissa tomber sa longue vue.
"-Alors?" Le somma son partenaire, le front trempé de sueur.
L'intéressé ne répondit pas tout de suite. Pendant un court instant, il crut que ses forces l'abandonnaient, et qu'il allait dégringoler en bas des remparts. Puis sa respiration lui revint.
"-Ils chargent."
Les soldats les plus proche reprirent ses paroles en hurlant de toutes leurs forces :
"-Ils chargent ! Ils chargent !"
Le capitaine ordonnait le branle-bas de combat, les servants des balistes amenaient les dernières munitions et les autres accordaient une dernière prière au cieux. Kleim, lui, ne bougeait pas. La bête qu'il avait vu charger faisait facilement la taille d'un petit dragon. Et avait l'air deux fois plus dangereuse. Il enleva son casque chauffé par le soleil au-dessus d'eux et tenta de se retenir de vomir, sans succès. Une fois ses régurgitations terminées, le soldat sentit une main se poser sur son épaule et le tirer en arrière, pour le relever :
"-Tout va bien?
-Oui mon capitaine.
-Tu peux tenir ton arbalète?
-Oui mon capitaine."
Le vétéran aux cheveux poivre-et-sel face au jeune soldat gratifia ce dernier d'une tape sur le haut du crâne, puis s'éloigna en gueulant d'autres ordres, après lui avoir tendu son casque. Kleim prit une nouvelle profonde respiration, puis entreprit d'armer son arbalète, et de la pointer en direction de l'amas de monstre qui se ruait sur les remparts qui protégeaient sa famille.

† † †

Ils couraient. Sans la moindre once d'organisation, parce qu'ils n'avaient pas besoin d'être organisés. Vaguement groupés, les démons progressaient rapidement dans la vallée de pierre, en soulevant un amas de poussière qui masquait tout ce qui se trouvait à moins d'un mètre du sol. Ils n'étaient que cent quarante-huit, pourtant le sol tremblait sous leurs pas comme si ils avaient été une armée de dix milles cavaliers. Ils couraient silencieusement, avec une assurance proche de l'arrogance, conscient de leurs supériorités écrasantes ou rêvant déjà du festin à venir, sans lever de bouclier ou de protection d'aucune sorte.
La première volée eut le même effet qu'une forte pluie. Que les carreaux ricochent ou se fichent dans la chair des démons, pas un seul n'était ralenti, encore moins stoppé. Sur Tarcus, ces petits traits ne causaient que de désagréable bruit sourds, en éclatant contre son armure. Il fit un pas de coté pour éviter de recevoir dans la jambe un tir de baliste et remarqua du coin de l'oeil Vorasha se placer volontairement sur la trajectoire du projectile pour le voir éclater contre son armure d'os. Le Saurien ne ralentit même pas au moment de l'impact. Le démon majeur, sans s'arrêter de courir, éclata de rire, imité par son frère d'arme reptilien, puis par Bark et Strom, puis par l'intégralité des démons. La deuxième volée arriva avant même que la première se termine. Les tirs de Balistes furent plus nombreux cette fois-ci, mais, même si la rapidité du groupe baissa, les rires ne cessèrent pas, au contraire. Ils s'intensifièrent. Un des guerriers retira un trait de baliste de sa jambe couvertes de bubons, dont la plaie se refermait déjà, et l'envoya comme un javelot en direction du haut des remparts. Le tir empala deux archers, qui dégringolèrent en bas des murs sous les rires, toujours plus intense, des démons :
"-J'ai le premier sang !" S'exclama le tireur en brandissant sa hache au-dessus de sa tête.
La troisième volée fut toute aussi intense que la deuxième, mais ces premiers meurtres avaient galvanisés la troupe, qui accéléra au lieu de ralentir.
Vorasha sauta les trois mètres qui séparait le pont-levis de la terre ferme et planta sa lourde lame à l'intérieur de ce dernier. Bark se contenta d'escalader les murs pour commencer le massacre sur les remparts, suivit de près par les plus assoiffés de sangs. Tarcus les laissa faire et se jeta à son tour sur le pont-levis sans prêter attention aux six mètres de chutes libres qui l'attendaient si jamais il n'arrivait pas a planter l'une de ses épée dans le bois renforcé. Ce qu'il fit sans problème.
Lorsqu'il se hissa sur la lame pour commencer à creuser l'obstacle, Vorasha avait déjà arraché trois couches de bois à coup de griffes. Quatre autres démons les imitèrent, l'un d'eux, qui avait les bras en forme de scie, traversa directement les deux premières couches avant de recevoir, en même temps que tout ses congénères, l'huile bouillante réservée aux attaquants suffisamment chanceux ou nombreux pour parvenir jusqu'ici.
Les éclats de rires reprirent de plus belles, et Vorasha arracha une partie de la dernière couche d'un coup de mâchoire. Tarcus parvint de l'autre coté en même temps que lui, et les deux démons, après avoir échangé un regard entendu, s'attaquèrent à la herse, dernier obstacle entre eux et une sanglante récolte.
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Tarcus Crudelis

Le bras droit d'Arphoss

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Race : Démons communs (majeur)
Classe : Lame démoniaque
Croyances : Le Vein
Groupe : Serviteurs d'Arphoss [Démons]

Âge : Quelle importance?

Messages : 29

Fiche de Personnage : Les origines de la Lame.


MessageSujet: Re: Le festin du Vein [Ouvert sur demande]   Dim 21 Juin 2015 - 15:05

"-Relevez-vous, Sire Crudelis."
L'intéressé, agenouillé au pied du comte qui l'avait employé, s'exécuta en prenant appuie sur sa propre genouillère gauche. L'empennage d'une flèche dépassait de cette dernière. Nonchalamment, le faible humain Tarcus souleva son énorme claymore et posa le plat de sa lame sur son épaulière de métal cabossée. L'intégralité de son armure était couverte de cendres ou de sang à moitié séché, et son casque, de même que son gantelet droit, avaient été tant et si bien endommagés que le chevalier s'en était débarrassé sur le champ de bataille. Il grimaça. Les défenseurs des ruines avaient ouverts des dizaines de brèches dans son plastron, et son fluide vital s'écoulait lentement d'au moins quatre ou cinq d'entre-elles. Pourtant Tarcus tenait toujours debout. Le comte haussa un sourcil et, une fois sûr que le mercenaire ne s'écroulerait pas en plein milieu de la conversation, reprit :
"-Votre réputation n'était donc pas usurpée. Comment vos hommes ont-ils pu obtenir de si satisfaisant résultat lors de...
-La brutalité, mon seigneur." Lâcha crânement l'interrogé. Le comte eut un petit mouvement de recul lorsque la bête qu'il avait employé découvrit ses dents ensanglantées dans un sourire barbare. Son arcade droite n'était plus qu'un vaste souvenir, de même que la plus grande partie de sa lèvre supérieure.
"-Impressionnant, vraiment. Avez-vous besoin de soin?
-Pas pour l'instant, n'ayez crainte."
Court silence.
"-Dans ce cas...Mon frère vous attend à l'extérieur, avec votre paie."
Le chevalier ensanglanté salua du mieux qu'il pouvait, sans trop exposer ses blessures, fit volte-face, puis se dirigea vers la sortie d'un pas lourd.
"-Dahomah ne vous oubliera pas, Chevalier-Mercenaire Crudelis !
-J'aimerais que ce soit le cas." Lâcha-t-il en poussant la porte face à lui.

† † †

Tarcus brisa du poing la lance qui venait de pénétrer dans son armure sans cesser de rire. Ces larves de felethiens n'avaient pas attendu que la herse tombe pour frapper leurs attaquants. Ils tiraient ou frappaient à travers cette dernière avec tout ce qui leurs passaient sous la main : Vouge, lance, carreaux d'arbalètes. Parfois, lorsque l'un d'eux s'approchait d'un peu trop près, un démon l'agrippait et lui fracassait le crâne contre les barreaux aussi facilement que si il s'était agit d'un œuf de poule, alors, après cela, les autres défenseurs reculaient, et devenaient plus prudents, du moins pour un temps. Il y avait déjà huit corps à l'entrée, pourtant la herse tenait toujours bon.
"-Comment des êtres aussi fragile peuvent-ils créer des matériaux si solides !" Siffla Vorasha, sans cesser de frapper contre les barreaux. "Frère, cesses de nous faire languir ainsi !"
Tarcus haussa les épaules, puis rengaina Tourmente, son espadon, pour refermer son gantelet droit sur la herse. Une épaisse gelée noire s'extirpa aussitôt de la bague-armure attachée à son majeur pour envelopper quelques-uns des barreaux...Et commencer à les ronger. La lame d'une hallebarde s'écrasa sur les doigts serrés du démons puis explosa au contact de la bague, non sans avoir brisé le doigt qui la portait.
Tarcus pointa l'auteur de l'attaque de son autre main :
"-Il est à moi."
Vorasha hocha la tête, puis écrasa son casque d'os sur les barreaux fragilisés, qui volèrent aussitôt en éclat.
Les défenseurs de la soi-disant invincible Dahomah s'attendaient à se faire massacrer de manière totalement grotesque, une fois leurs assaillants sur eux. Pour cela, ils ne furent pas déçu.
Lors de la première minute de corps à corps, quatre-vingt dix-huit soldats se disloquèrent sous les inhumains coups d'un peu plus d'une vingtaine de créature dont ils ne suspectaient même pas l'existence, jusqu'alors. Les démons balançaient leurs armes de droite à gauche, en emportant, à chaque coups, un ou deux corps démembrés qui allaient s'écraser, quelques mètres plus loin, sur leurs collègues terrifiés. L'énorme Saurien Vorasha s'était jeté au beau milieu de la troupe ennemie d'un bond, et faisait tourner son arme autour de lui sans même faire attention aux blessés qu'il piétinait. Dans sa gueule, un homme sans bras hurlait à la mort.
Tarcus, pour sa part, n'avait même pas prit la peine de dégainer de nouveau l'une de ses lames. Il tuait à main nue, en usant parfois de l'acide de sa bague pour faire fondre les peaux exposées. Ses gantelets griffus déchiraient les crânes, enfonçaient les cages-thoraciques, arrachaient, démembraient, avec une facilité déconcertante. Les fragiles os des felethiens n'opposaient pas la moindre résistance à ses assauts, ce qui rendait la chose presqu'ennuyeuse. D'un revers de gantelet, il envoya s'écraser, contre la parois la plus proche, un sergent vétéran qui avait prit sa retraite six ans auparavant. Tout ce qui trouvait au-dessus de la nuque de ce dernier se transforma en bouillie, au contact du mur, et aspergea ses semblables plus chanceux. Celui qui l'avait frappé d'un coup de hallebarde, plus tôt, était mort en premier. Les gantelets de Tarcus étaient littéralement passés au travers de son plastron, puis de son torse, avant de finalement atteindre sa colonne vertébrale. La tête du pauvret pendaient désormais à sa ceinture, au bout d'un crochet qui s'était frayé un chemin dans son orbite droite.
"-Retraite !"
Hurla un capitaine, sans cesser de trainer le cadavre sans jambe de son timide beau-frère, qu'il avait marié la semaine dernière à sa plus jeune sœur. Il tomba à la renverse, bousculé par un de ses hommes en pleine fuite, puis mourut stupidement, piétiné par les suivants. Vorasha rangea sa lame dans le fourreau de cuir attaché à son dos et partit à la poursuite des fuyards, en courant à quatre pattes. Une dizaine de démons le suivirent dans les rues de la ville en riant aux éclats.
Pour sa part, Tarcus orienta son regard vers les escaliers dans la parois, sur sa droite, qui menaient au haut des remparts. La main droite sur le pommeau de Tourmente, il commença son ascension en écrasant sous ses bottes une marée de morceaux de corps brisés.
La clameur des combats ayant lieu au-dessus masquaient avec peine les hurlements terrifiés des premières victimes civils de la ville. Amusé, le démon, qui, à chaque pas, montait six marches, s'arrêta à mi-chemin pour observer sa future ville. Lors de son premier passage ici, dans sa vie d'homme, il avait contribué à la conquête de Dahomah, et à sa reconstruction. Maintenant, les siens brûlaient les maisons et tuaient les habitants qui avaient oubliés à qui ils devaient leur existence.
"-Justice." Cracha le démon entre ses dents serrés, avant de poursuivre son ascension.

† † †

Bark cracha son venin au visage d'un porteur de hache, qui commença aussitôt à se dissoudre au sein même de son armure. Le corps de l'énorme hybride occupait toute la largeur du rempart en-dessous de lui. Ses huit pattes, parfaitement aiguisées, lacéraient quiconque s'approchaient trop près de lui tandis que sa guisarme, deux fois plus longues, découpaient les plus éloignés en envoyant dans les airs des dizaines de morceaux de corps pas encore totalement morts. Ses coups, souples et monotones, s'apparentaient à ceux des faucheurs de blés, ce qui, sommes toutes, était une comparaison on ne peux plus exactes. L'homme-araignée, au contraire de la plupart de ses congénères, n'appréciaient pas plus que cela ce massacre, dépourvu de la moindre once de gloire. Bien sûr, le goût du sang et de la peur des mortels était agréable. Certes, Tarcus et ses plans, simples et brutaux, apportaient un changement bienvenue à l'immobilisme constant de leur maître à tous, Arphoss. Mais, pour Bark, cela ne suffisait pas. Plus que du sang, le guerrier en lui désirait du défi. Seulement...Les felethiens, aussi nombreux soient-ils, mourraient sans résister, paralysés qu'ils étaient par la peur et la certitude d'une mort prochaine. Un triste constat, le plongeant dans une colère froide, qui ne s'apaisait même pas lorsque son arme fauchait une dizaine de vie d'un seul revers.
Une boule de feu passa au-dessus de son épaule pour heurter le nez d'une baliste tournée dans sa direction et exploser. Ses servants, collés par la lave surnaturelle qui en étaient sorti, se jetèrent volontairement du haut des remparts pour mettre fin à leurs calvaires, tandis que le démon à l'origine de leurs peines riait aux larmes. Bark le connaissait, il s'appelait Hovar, ou quelque chose comme ça. Un jeune déviant sadique, qui n'aimait rien de plus que de prouver sa supériorité aux mortels. Il l'avait déjà battu lors d'une rixe d'honneur. Ils étaient allés jusqu'au septième sang, même si l'homme araignée n'avait été touché que par deux malheureux coups. Une fois vaincu, le mage démoniaque au regard de braise s'était agenouillé à ses pieds et lui avait promit de toujours êtres à ses cotés. Il l'avait juré sur l'honneur. L'honneur. Un démon amoureux du massacre de mortels sans défense, qui jurait par l'honneur. Bark ne savait toujours pas si il devait prendre cette promesse comme un compliment ou comme une malédiction mais, à cet instant précis, en entendant son insupportable rire, l'homme araignée fut prit de l'envie viscérale d'enfoncer sa guisarme dans le ventre de cet hystérique.
Le cor de retraite finit par sonner, et les quelques centaines de soldats encore en vie commencèrent a dévaler les escaliers en faisant un concours de hurlement. Hovar-ou-quelquechose-commeça découpa cinq retardataires d'un coup de fouet de feu puis vint le rejoindre. La guisarme de l'homme araignée était déjà rengainée lorsque le mage prit la parole :
"-Une bien belle journée mon ami."
Je ne suis pas ton ami. Pensa l'intéressé en retirant l'une de ses pattes du torse d'un pauvre type secoué par de violents soubresauts.
"-Si tu le dis.
-Tu n'es pas satisfait?"
Je le serais en te privant de ta sale tête, pauvre malade. Bark esquissa un sourire à ce songe et jeta un coup d'oeil en direction de son collègue pyromancien. Il était humanoïde et lui arrivait au torse, mais des excroissances osseuses et disgracieuse lui poussait sur le crâne et les bras, ce qui donnait au mage un air de mutant. Un masque d'os commençait d'ailleurs à se former devant son visage perpétuellement souriant.
"-Je mentirais en prétendant le contraire." Finit-il par dire. "Ce combat n'en est pas un, c'est une moisson."
Le jeune démon éclata de rire au coté de l'araignée.
"-C'est vrai, les bardes ne risquent pas de chanter nos chansons...Mais...Même si ils le faisaient...Nous n'en serions pas moins les antagonistes de l'histoire, alors qu'importe !"
Bark cracha quelque chose qui ressemblait à un ricanement hautain. Cette pauvre larve ne pouvait-elle donc pas comprendre qu'il désirait être honorable pour lui, pas pour le regard des mortels? Ce besoin de reconnaissance était si puéril...Un groupe de fuyard, sur leur gauches, remonta rapidement les marches qu'ils venaient de descendre, poursuivi par une forme noire. Le plus lent se fit arracher la tête par un coup d'une brutalité sans nom. Lorsque le meurtrier du pauvret fut arrivé à leur hauteur, Bark le salua de la tête :
"-Tarcus.
-Bark, Holvar."
Le plus jeune des deux s'abaissa à faire une révérence, ce qui amusa la lame d'Arphoss, même si il n'en montra pas le moindre signe. Tout en finissant d'étrangler l'homme qu'il tenait dans sa main droite, Tarcus vint se poser aux cotés de ses deux semblables, tandis que les derniers démons descendaient à la suite des fuyards. Un "crac" désagréable se fit entendre, et le démon majeur jeta nonchalamment sur le coté, le corps désarticulé.
"-Un assaut mémorable messire." Vanta Holvar.
Le bras droit d'Arphoss haussa les épaules.
"-Mémorable je ne sais pas, mais au moins, c'est un assaut." Répondit-il en fixant la ville qui s'étendait en-dessous d'eux.
Bark l'imita. En pivotant, ses pattes effilées emportèrent un tas de cadavres dans le vide. D'épais écran de fumée commençaient à s'échapper des premières chaumières.
"-Le cavalier de peste adorerait cette scène.
-L'égide aussi." Ajouta Tarcus en grimaçant. Le souvenir de la disparition des deux concernés le rendait toujours nostalgique, et, pendant un court instant, il se remémora leur dernière bataille commune en regrettant presque la disparition de ses deux camarades. Avec eux à ses cotés, les armées démoniaques seraient bien plus compactes. Bien sûr, il y avait encore d'autres commandants très capables, le plus respectés étant bien sûr le tempétueux Shura et ses innombrables rejetons, mais le démon majeur ne connaissait pas ces derniers depuis aussi longtemps qu'Abaddon et Deydreus.  Maintenant, ils étaient morts ou avaient quittés les rangs démoniaques. Deux possibilités, pour un même résultat.
La faute à l'inactivité d'Arphoss. Pensa-t-il en grinçant des dents. Certains de mes fils sont nés et sont morts sans voir notre seigneur donner un ordre direct à quiconque.
"-La lame d'Arphoss semble bien songeuse."
Derrière le heaume de métal noir, Tarcus réafficha son habituel sourire.
"-Je ne faisais que réfléchir aux prochaines éventualités qui s'offriraient à nous.
-A nous?" Répéta Bark, les bras croisés sur son torse à la peau grisâtre.
"-Bien entendu. Tu comptes t'arrêter à un seul et unique raid, insecte?"
L'insecte en question, se redressa de toute sa hauteur, sa carcasse secouée par quelques ricanements aux airs de grondements.
"-Non, je ne savais pas que vous aviez prévu une véritable campagne.
-Je tiens juste à rappeler à nos hommes pourquoi ils existent. Avec cette ville, nous aurons un point d'ancrage solide dans les terres du milieu. C'est un bon début."
Court silence, Bark acquiesça sans un mot, très vite imité par le mage démon à ses cotés.
"-Venez." Reprit le bras droit d'Arphoss."Allons récupérer les crânes de quelques héros, si ce terme existe encore chez les mortels."

† † †

Vorasha traversa le mur de briques d'une baraque sans s'arrêter, et découpa au passage le vieillard appuyé contre ce dernier, en pleine crise cardiaque. Une centaine de soldats s'étaient repliés près d'une des églises de Solstice, et ces derniers se voyaient désormais épaulés par les voyageurs, mages et chevaliers errants qui étaient de passage dans la cité. Ironiquement, c'était ces chiens sans-maître qui se défendaient le mieux. Les gardes formaient un mur de fragiles boucliers tandis que leurs derniers arbalétriers tiraient inutilement leurs ultimes carreaux aux visage des cruels assaillants. Amusé, les démons qui les encerclaient s'étaient contentés de massacrer devant eux tout les civils qui n'avaient pas eut le temps de rejoindre les murs protecteurs de l'église. En ce moment, des dizaines de corps démembrés de femmes et d'enfants gisaient à quelques mètres des protecteurs de la cité, aux cotés des plus inconscient ayant tentés une charge inconsidéré pour protéger les pauvres innocents.
Un groupe de huit combattants, qui, Vorasha le devinait aisément, n'étaient pas d'ici, s'étaient vaillamment battu pendant une bonne vingtaine de minutes, au devant des troupes régulières, tandis que leurs compagnons mages, derrière ces mêmes troupes, repoussaient les démons trop aventureux à grand renfort de vagues télékinétiques et de boules de feu. L'un d'eux, un humain, en armure légère et équipé d'une lame d'argent étrangement solide, avait mit en déroute trois guerriers démoniaques, sous le regard amusé du saurien, avant de se mettre hors de la portée de ce dernier via un habile saut périlleux. A force de voir ses alliés fuirent ou se faire blesser gravement, Vorasha s'était énervé avant de se jeter sur les non-natifs de la ville avec quelques autres têtes brûlées démoniaques. Sur les six démons qui avaient prit d'assaut les défenseurs, il était l'unique survivant. Le simple fait que cette troupe ait été capable de tuer cinq démons en combat frontal lui avait procuré un frisson de satisfaction, malgré la mort des trois quarts du groupe de défenseurs, durant l'opération. Un couteau de lancer à la lame enduite d'un poison mortel éclata contre les écailles de son épaule, et le Saurien éclata de rire. Cela faisait cinq minutes qu'il poursuivait les derniers survivants de cette troupe, ils avaient fuit loin de l'église pour donner le temps aux autres de consolider les défenses, Vorasha l'avait comprit dès que l'elfette et son compagnon en armure lourde avaient quittés le bretteur pour s'élancer dans les ruelles étroites de la ville. Vorasha l'avait comprit, et n'en avait cure. Cette chasse était trop agréable pour être abandonnée au profit d'une simple église remplie de brebis tremblantes.
Son odorat lui indiqua que ses cibles avaient encore changés de ruelles. Le reptile traversa une nouvelle baraque, vide cette fois-ci, pour atterrir devant les restes d'une troupe de gardes massacrées. Il accéléra la cadence, si ses semblables étaient déjà passés par là, les risques pour qu'ils tuent ses proies avant lui étaient grands. Et Vorasha ne supportait pas ce genre de vols.
Arrivé à un croisement, le démon serra sur la droite, en soulevant d'un coup de queue une grande partie d'un étalage de fruits recouverts de bâches. Arrivé dans cette nouvelle ruelle, il reçut en plein torse un coup de hache à double tranchant. Le coup, d'une violence inouïe, parvint à briser une partie de son armure d'os, et à le faire chanceler. Le reptile ferma les yeux juste à temps, et les couteaux de lancers rebondirent sur ses paupières d'écailles. Lorsque Vorasha les rouvrit, le guerrier en armure lourde qui l'évitait depuis trop longtemps se jetait de nouveau sur lui, hache en avant. Le reptile l'envoya valser d'un coup de patte avant irrespectueux, puis dégaina son énorme lame, franchement amusé par la résistance du couple.
"-Je commence à vous apprécier, vous deux.
-Ca va Dom?" La voix de l'elfette était teintée d'une certaine noblesse, et, surtout, dépourvue de peur. Intéressant.
Le guerrier se releva, prenant appuie sur sa lame en grognant quelque chose qui concernait la liberté sexuelle de la génitrice de Vorasha, ce qui fit rire ce dernier.
"-Ces petites dents d'aciers ne peuvent pas pénétrer ma chaire, mortelle." Lâcha-t-il à l'encontre de l'elfe. Elle avait l'air jeune, comme toutes les représentantes de sa race, et ses cheveux blancs et longs étaient rassemblés en une élégante tresse qui pendait derrière elle. Sa silhouette longiligne et son visage fin n'avaient rien à voir avec les traits disgracieux, marqués de trop nombreuses cicatrices, et l'allure carrée, de son coéquipier en armure.
Alors que les guerriers felethiens s'approchaient tout deux, le reptile se ramassa sur lui-même, son énorme lame solidement enserrée par sa patte droite. Ils attaquèrent simultanément, l'un visant son flanc droit, l'autre son flanc gauche. Il ne chercha pas à les parer, ou a esquiver. La hache traversa son armure, puis sa chair, en découpant deux de ses côtes, tandis que la rapière de la belle passait dans une des jointures liants deux plaques d'os pour transpercer ses écailles et percer son coeur. L'un de ses deux cœurs.
La douleur fut indescriptible, et un voile rouge recouvrit son champ de vision. Les felethiens n'eurent pas le temps de reculer. La lame du démon fendit l'air, puis le torse de l'homme, dont la partie supérieur alla s'écraser en plein milieu de la ruelle, dans un tourbillon d'intestin. La belle fut plus rapide, et recula avant que la patte libre de Vorasha ne se referme sur ses frêles hanches. Quatre nouveaux couteaux de lancer s'écrasèrent sur la peau écailleuse, et l'un d'eux entra dans la plaie déjà ouverte par le précédent coup de hache. Le venin qui coulait le long de la lame envahit l'organisme malheureusement immunisé du reptile, qui secoua la tête et retira négligemment le dérangeant morceau de métal. Lorsqu'il releva la tête en direction de son adversaire, cette dernière parlait à la carcasse encore animée de son compagnon.
"-Dom...Dom !
-Il...Il n'est pas mort?" Bredouilla l'autre. Le pauvre type crachait du sang par seau entier. Vorasha s'avança.
"-Je suis extrêmement dur à tuer." Se vanta le reptile.
"-Pu...puuu..."Hoqueta l'homme."Putain de monstr..." Les battements de son unique cœur cessèrent et la femme éclata en sanglot. Le démon s'approcha encore en léchant le bord de son énorme lame.
"-Vous allez faire de très jolis trophées."


Dernière édition par Tarcus Crudelis le Ven 19 Aoû 2016 - 15:47, édité 1 fois
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Deydreus Mograine

Cavalier de la Pestilence

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Race : Démon Commun Majeur
Classe : Cavalier de l'apocalypse
Métier : Maître de la pestilence
Croyances : n/a
Groupe : Démons

Âge : Plus de 200 ans

Messages : 10

Fiche de Personnage : La source de la maladie...


MessageSujet: Re: Le festin du Vein [Ouvert sur demande]   Lun 29 Juin 2015 - 0:48

*** Plutôt, avant l'invasion des démons dans le centre-ville. ***

Silencieux, le cavalier restait assis au milieu de sa cellule. Il était entouré d'une multitudes de chaînes l'entravant, ainsi que de plusieurs motifs tracés avec du sang et des plumes. Comme si cela aurait put l'arrêter... Cependant, le maître de la pestilence restait ainsi, impassible et le regard vide, tandis qu'en face de lui, de l'autre côté des barreaux, une bonne vingtaine de mages gardaient le cavalier en respect. Plusieurs d'entre eux surveillaient même les deux épées jumelles de Deydreus, comme si ces dernières allaient se mettre à bouger. Un peu plus en retrait encore, se trouvait une table, sur laquelle était posé un cristal. Ce dernier éclairait toute la pièce, et rayonnait directement en direction de l'armure du cavalier.

Haussant un sourcil derrière son heaume, le démon respirait lentement, entravé par la magie de la relique face à lui. Les mortels se pavanaient devant lui, fiers qu'ils étaient de l'avoir capturé, eux qui n'avaient sut le défaire. Cela faisait maintenant plusieurs lunes qu'il était enfermé dans cette geôle minable, avec pour seule compagnie ces stupides humains qui pensaient pouvoir le laisser ici éternellement. L'un d'eux parla d'une lanterne, un autre parla de laisser le cristal agir. Ils débattaient, n'étant pas certain du sort à réserver à leur hôte. Le mot "inquisition" fut même prononcé, et très vite réprimandé. Un mage tenta de s'aventurer dans la cellule, afin d'en finir avec le prisonnier. Le résultat fut sans appel, le mortel se retrouva avec la gorge broyée sous les lourdes chaînes censées entraver le démon. Ces être et leur ego n'étaient rien pour le cavalier, qui représentait à coup sûr une menace certaine, même sans ses pouvoirs. Après cela, d'autres entraves lui furent apposées, le clouant presque littéralement dans cette position décrite plus tôt, assis sur les genoux au centre de la pièce, attendant que quelque chose ne se passe. Et alors qu'une nouvelle heure passait, que le cavalier calait sa respiration sur les rythmes de son cœur qu'il ralentissait pour passer le temps, un bruit sourd le sortit de sa torpeur, un bruit que les mortels n'auraient put entendre. Au loin, bien au dessus d'eux, se lançaient l'attaque de ceux de sa race. Un sourire s'étira sur son visage pâle, tandis que le bruit sourd se changea en un éclat bruyant, faisant trembler les murs au point de les fracturer et d'en décrocher des pans de pierres. L'un d'eux tomba plus près des mages qu'un autre, et frappa la table, ainsi que la relique présente dessus, la fracturant.

Deydreus releva la tête subitement, fixant le fond de la pièce, un sourire barrant intégralement son visage. Les mages distraient par la chute de pierre ne remarquèrent pas de suite ce qu'il se passait dans la cellule. l'un d'eux, plus intelligents que les autres se retourna et cria, alors que le cavalier de l'apocalypse se relevait doucement. Ses chaînes tombaient une à une, comme rongées par un miasme tandis que les cliquetis de l'armure noire du cavalier sonnaient comme les cloches de la mort elle même. Une fois debout, Deydreus croisa les bras, observant les mages lui faisant face.

- N'ayez crainte! Le sang et les plumes l'empêcheront de bouger! C'est un sort puissant, comme la relique qui se trouve derrière...

Un cri arrêta net sa phrase, tandis qu'à ses côtés tombait un de ses collègues, la peau recouverte de pustules et des longues traînées de sang coulant le long de ses yeux. Devant le cavalier, les barreaux rouillaient doucement, avant de s'effriter et de se rompre un à un, tombant dans un bruit métallique aux pieds de Deydreus qui ricanait doucement. Avançant d'un pas, il balaya l'air d'un mouvement de sa main droite. Quatre mages tombèrent au sol, leur peau tombant de leur corps après avoir nécrosée.

- Chacun de vous va mourir ici.

Un mouvement de tête, et cinq types s'écroulèrent en toussotant avant de se crisper une dernière fois. D'un geste, d'autres périrent alors que leurs cellules éclataient. Esquivant une boule de feu, Deydreus grogna alors qu'il fixa l'auteur du tir et le pointa du doigt, le faisant tomber au sol dans un cri atroce, tandis que la maladie rongeait son être. Attrapant ses lames, le cavalier les dégaina, et fixa les derniers humains en vie en face de lui.

- Vous me servirez tous dans la mort, mais connaîtrez une fin horrible avant cela.

Si le chaos ne s'était pas littéralement déversé dans la ville, les habitants auraient sûrement entendu une multitudes de hurlements tous plus affreux les uns que les autres. Entouré de tous les cadavres de ses geôliers, Deydreus attrapa une bourse pleine d'or d'un des mages, et en versa le contenu sur la table, soupirant face à l'envie de ses mortels de s'enrichir. Accrochant la bourse vide sur sa ceinture, le cavalier s'agenouilla sur le cadavre le plus proche et posa sa paume contre ce dernier. Les tissus, puis la chaire du cadavre se décomposèrent rapidement, avant que les muscles ne s'arrachent à leur tour, puis que ne reste que les os de la victime. Attrapant la bourse, Deydreus l'ouvrit et s'empara d'un des os du mage, le plaçant au dessus du conteneur avant de commencer son oeuvre, changeant les os en poudre.

*** Maintenant. ***

Le chaos régnait sur la ville. Les troupes humaines tentaient tant bien que mal de défendre la cité contre l'assaut massif des forces démoniaques. Aucun de ces pauvres gardes n'étaient préparés à pareil assaut, à pareil cruauté. Seuls ceux près des cachots semblèrent tenir bon, repoussant les démons sans pour autant réussir à les tuer. Leur capitaine, fier et bon, galvanisait ses soldats, leur intimant de protéger à tout pris la prison, afin qu'il ne puisse pas être libéré. Son discours était ferme et ses convictions fortes. Seulement, il n'aurait put prédire que le mal qu'il tentait de contenir s'était échappé. Que le cauchemar se trouvait devant eux, mais aussi dans leurs propres murs. La porte du cachot grésilla, avant de s'effondrer sur le sol dans un fracas de bois pourri et de métal rongé. Derrière l'écran de fumée que dégageait les restes de la porte, se trouvait le cavalier, qui d'un pas lent et déterminé s'approcha du capitaine. Le pauvre homme eut seulement le temps de se retourner, avant de n'apercevoir l'ombre de la mort s'abattre sur lui, tandis que Deydreus posait sa main sur son épaule, et lui arrachait la vie d'un toucher mortel.

- Vos gardiens étaient puissants humains, mais face à un maître de la pestilence, ils n'avaient aucune chance.

Sombrant dans un gargouillis, le corps sans vie heurta le sol, forçant les soldats à rompre la formation, sous l'assaut maintenant plus violents et des démons, et la maladie rongeant leur peau. En quelques secondes, il ne restaient des gardes que des corps pestiférés ou mutilés. Pointant du doigt le démon le plus proche, Deydreus siffla, attirant son attention.

- Toi, le cornu. Qui dirige l'assaut de nos troupes?
- Ma... Maître de la pestilence... Vous ici? Je.. Maître Crudelis. Il doit actuellement être en train de les ravager sur la grand place!
- Bien. Poursuivez le massacre, je rejoins le bras droit d'Arphoss.

Continuant de marcher, d'abord sur le sol puis sur les corps sans vie, la maladie de Deydreus commença à se répandre, une peste plus virulente que tout ceux que les humains connurent commençant son oeuvre dans la cité, attaquant le grain proche ou rongeant les vivants. D'un claquement lumineux sortit un cheval pâle aux sabots enflammés, attendant son maître. Deydreu grimpa d'un geste vif sur sa monture et ricana, regardant les ruelles qui le mèneraient vers la grand place. Aux pieds du cheval, la terre mourrait. Sortant la bourse de poudre que le cavalier avait fabriqué, ce dernier en versa le contenu sur le sol, murmurant quelques mots. Puis, dans un bruit sourd, plusieurs centaines de mains sortirent du sol. Un grognement rauque résonna dans la zone, alors que des goules sortaient par centaines, se formant en rang derrière le cavalier de la pestilence. Cabrant son cheval avant de marcher vers la grand place au trot, Deydreus resserra la bride de sa monture.

- Parfait. Il est temps de retrouver un vieil ami.
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Wiryan D.Monrian

Scribe Arcanique

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MessageSujet: Re: Le festin du Vein [Ouvert sur demande]   Lun 29 Juin 2015 - 11:47

-Et je suppose qu'a cet instant précis, vous lui sautez dessus et lui arrachez la tête qui continuera à pleurer même quand elle moisira sur une pique. Il faut avouer que c'est un beau programme. fit une voix calme et indéniablement masculine dans un coin sombre de la ruelle.

Si Vorasha ne cilla pas le moins du monde, l'elfe eut le réflexe de se retourner pour voir qui parlait. Le reptile sauta littéralement sur l'occasion et bondit sur l'aventurière, plaque de métal levée. Son attaque se heurta cependant à un dôme qui entourait l'elfette. La protection magique, tissée de symboles d'un noir de jais, fit son oeuvre et déviant le coup démoniaque qui alla briser un pavé en deux. Le monstre leva enfin les yeux vers la voix. Un peu plus loin se tenait une silhouette encapuchonnée, la tête penchée sur le côté. Autour de son poignet droit flottait un pentagramme, pivotant doucement en attendant les ordres de son maître. Le démon émit un sifflement ophidien, auquel l'être encapuchonné répondit par un feulement rageur. Le démon reptilien pencha la tête sur le côté.


- Tu portes la trace du Vein. Pourquoi ne pas te joindre à nous ? fit Vorasha d'un voix rauque

Il y eu un instant de silence, pendant lequel l'elfe pria pour sa vie.

- J'ai toujours trouver les engeances du Vein sacrément désagréable à regarder.

La silhouette eut leva la main: le pentacle flottant s'immobilisa et la branche supérieur de l'étoile cracha un éclair de lumière qui frappa le démon au visage. C'est à peine si le monstre cligna des yeux. Il émit un grondement rageur et bondit par-dessus l'elfe, devenu un adversaire dérisoire face au nouvel arrivant. Ce dernier eut un large mouvement de bras et de sa manche jaillit un fouet de runes tressées. L'arme attrapa Vorasha par la cheville et l'envoya contre un mur. Le monstre grogna tandis que la silhouette agitait les doigts un peu plus loin. Elle frappa dans ses mains : une étoile à 5 branches jaillit du néant et fila vers le démon au sol. Dans le même mouvement, l'encapuchonné bondit vers l'elfe, brisa le bouclier d'un claquement de doigts et partit encourant tout en tirant l'aventurière par le bras. A peine s'était-il éloigné de quelques mètre qu'une violente explosion illumina la ruelle dans leur dos. Mais ce n'est pas ce qui motiva l'elfe à accélérer la cadence. Ce fut plutôt le hurlement de rage de Vorasha qui la fit se précipiter en avant. Le mage l'entraîna dans un dédale de rue mais malgré tout les détours et les virage, le lourd bruit de pas du monstre les suivait toujours.

-Accrochez vous. Dans deux rues, on se retourne et on l'affronte. fit l'homme sans que le moindre essoufflement ne fasse vibrer sa voix.

L'elfe acquiesça en silence. Brusquement, les deux compagnons s'arrêtèrent et pivotèrent aussi sec. Ils étaient arrivés dans une petite place circulaire à deux entrées : celle dont ils venaient et une autre diamétralement opposée. Les habitations ici avait été désertées, en témoignait les portes encore grandes ouvertes ou l'étal de fruits et légume dont la marchandise avait plus ou moins été piétinée dans la panique. L'elfe tira sa rapière et deux dagues de lancer, le mage sortit un livre des plis de sa robe. Il agita les doigts au dessus de la couverture, puis ouvrit le recueil de manière aléatoire. Un tourbillon de runes noires en jaillit pour s'assembler au pieds du magicien sous la forme d'un être vaguement humanoïde et accroupit.

-Hysh murmura l'homme.

C'était un élémentaire runique. Un être fait exclusivement de runes et de magie et entièrement dévoué à son maître. Puis le mage rangea son livre et se prépara au combat. Ils attendaient. Attendaient. Encore.

- Le silence. fit l'elfe

-Pardon ?

-Il ne fait plus de bruit.

C'était vrai. Même les oiseaux s'étaient tus. Pas un souffle de vent. Pas un grincement de porte. Juste le silence. Soudain, en face d'eux sur un toit, le mage perçu un vague scintillement.

-Qu'est-ce que...  

La plaque de métal vola vite, et bien. L'elfe n'eut pas le temps de pousser un cri que l'arme improvisée du monstre l'avait coupée verticalement en deux. L'arme se planta dans le sol derrière l'elfe qui s'effondrait dans une mare de sang. La seconde d'après, le monstre tombait du toit et se plaçait devant le mage. Il émit un sifflement rageur et se jeta en avant. L'Hysh se jeta en avant mais fut balayé presque aussitôt par un revers de pattes rageur. Le monstre continua sur sa lancée mais des liens runiques jaillirent des manches du mage et l'entravèrent. Il s'écroula au sol, stoppé net dans sa course. Les entraves ne le retiendrait cependant pas longtemps. Le mage improvisa un autre sort guerrier qu'il lança au visage du monstre, lequel poussa un cri perçant. L'instant d'après, il avait briser ses chaînes et fait marche arrière. Il dévisageait son adversaire avec des yeux fous, tout en léchant la plaie latérale que l'attaque venait de créer au milieu de son front.

- Tu es le premier a me blesser. Quel est ton nom ?

- Wiryan. Wiryan D.Monrian. Mais appelle moi plutôt "cause de ton décès"

D'un mouvement sec, il envoya deux runes explosives sur son adversaire, qui frémit sous le choc. La créature bondit soudain en avant, au beau milieu des incantations de Wiryan. Le mage improvisa un rapide bouclier, qui se brisa cependant sous l'impact et l'envoya valser plusieurs mètres en arrière. Le mage se redressa et fixa des yeux brûlant de haine sur le monstre.

-Hors de mon chemin !

S'ensuivit un échange des plus violents. Wiryan, démon de son état, était entouré de runes et de symboles ésotériques qui formait une aura d'un noir absolu. Il tirait des sorts explosifs, des armes textuelles, des envoûtements runiques sur l'autre démon, ravageant la place par la même occasion. Vorasha n'était pas en reste: en furie, il lançait des cailloux, des dalles, tentait de frapper Wiryan directement, tout en poussant des hurlements inhumains. D'un geste, le mage lança un éclair textuel sur Vorasha, qui poussa un hurlement de rage. Le démon arracha un pan de mur entier et l'envoya sur le mage, qui se déplaça in-extremis pour éviter le coup. Les deux démons se firent face un moment, puis une énième rune explosive força Vorasha à battre en retraite, non sans au passage maudire copieusement son adversaire. Une fois le démon éclipsé, Wiryan tomba a genoux. L'effort magique avait été important et il lui fallait récupérer un instant. Autour de lui la place était dévastée: les pavés avait été brisés, l'étalage fruits & légumes réduit en cendre et des trous béant s'ouvrait désormais dans les murs. Sa seule satisfaction était que Vorasha était suffisamment blessé pour ne pas reprendre le combat, du moins l'espérait-il.

Le mage se leva péniblement, et soupira. Décidément, ces démons avaient choisi le mauvais moment. Il fallait que le seul jour de l'année entière où il se rendait à Damorah pour acheter des livres, une armée démoniaque attaque la cité pour la gloire du Vein. La gloire du Vein. Quel idéal ridicule, quand on y pense. Le Vein n'est que Chaos pur où même les démons ont du mal à survivre. Ces gens sont donc stupides au point de vouloir appliquer leur triste condition au monde ? Comme je l'ai dit, ces gens se battent pour le Chaos. Pourquoi chercher une sens au Chaos ?
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Tarcus Crudelis

Le bras droit d'Arphoss

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MessageSujet: Re: Le festin du Vein [Ouvert sur demande]   Mer 1 Juil 2015 - 14:39

Les boucliers des gardes tremblaient dans les mains de leurs propriétaires terrifiés. Ces pauvres types affichaient des mines de gosses perdus, privés de "parents" pour les contrôler, ils adoptaient, de manière particulièrement grotesque, les postures défensives qu'on leur avait apprit, en priant pour que leurs assaillants attendent une minute de plus, avant d'attaquer. Ethan Dashworth, le maître lame, était, pour sa part, bien plus calme. L'homme à la crinière blonde, couverte de cendres et de sang, marchait au devant du rempart de bouclier, et frappait ceux qui se tenaient mal, du plat de sa lame. Le maître-lame, vétéran d'une dizaine de bataille et d'une centaine de combat, cachait parfaitement sa désespérance derrière une mine sévère et décidée. Habituellement, ce simple fait suffisait à requinquer les moins courageux. Mais pas cette fois. Car cette fois, ils avaient perdu trente-quatre hommes pour tuer huit assaillants monstrueux. Cette fois, sa troupe ne s'en était pas sortie. Dom, Ash, Elsa, Baltor, même Varen. Pas un seul d'entres-eux ne se tenaient à ses cotés désormais. Il était le dernier représentant de ce groupe de héros à se dresser devant une centaine de tueurs démoniaques, épaulé par quelques escouades de pauvres types aux genoux tremblants.
Deux centaines de civils s'étaient réfugiés dans l'église dont ils défendaient l'entrée. Deux cents femmes, vieillards et enfants comptaient sur eux et sur les dieux pour les sauver d'un tel torrent de haine.
Aussi se tenaient-ils toujours debout, tous. Aussi n'abandonnaient-ils pas. Aussi étaient-ils parvenus, contre toute attente, à faire tomber huit monstres et repousser les autres. Pour l'instant.
Les tueurs erraient autour d'eux, en grognant et en ricanant, hors de portée des lances. La plupart ne semblaient même pas se soucier de leurs présences et se contentaient d'observer la ville brûler. Ce qu'elle faisait fort bien, d'ailleurs. D'épais nuages de fumées noires s'élevaient partout, autant au nord qu'au sud, accompagnés par les hurlements jumelés de milliers d'âmes en souffrances. Et le soleil, qui n'arrivait pas à percer ce linceul de mort, n'éclairait plus rien dans les environs.
Ethan ne comprenait pas leurs assaillants...Ou plutôt, le maître-lame espérait ne pas les comprendre. Les gardes, dans l'état moral où ils se trouvaient, ne présentaient plus une menace depuis un bon quart d'heure, depuis que Dom et Elsa les avaient quittés pour éloigner le gros lézard, en fait. Maintenant, il suffisait d'une simple charge à peu près coordonnées pour briser le mur de bouclier, pourtant, nul monstre ne s'avançait. Ces derniers se contentaient de rôder, l'air menaçants. Cela avait l'air d'être un jeu pour eux. C'était un jeu, mais Ethan ne voulait pas croire cela. Le maître-lame ne pouvait pas comprendre ce simple état de fait. Sinon il se serait déjà ouvert la gorge de désespoir.
"-Oh merde." Cracha l'un des gardes.
Ethan suivit le regard de l'homme paniqué, et découvrit sa mort.
Un chevalier noir, accompagné par l'énorme hybride d'un homme et d'une araignée, s'avançaient jusqu'à eux, en marchant au centre de la place. Armes rengainés, les deux monstres progressaient lentement, discutant à voix-basse de choses qui dépassaient ces simples mortels, sans même accorder un regard à ces derniers. Une fois à portée de voix, le chevalier noir, qui devait faire un mètre de plus que le plus grand des gardes, cessa de parler à son collègue pour lever son heaume en direction du rempart de bouclier, croiser les bras, et gronder :
"-Nous allons avoir besoin d'esclave."
Court silence. Les rangs ne se desserrèrent pas, le maître-lame se mit à sourire en passant sa main gantée dans ses cheveux.
"-Déposez les armes et servez-nous, mortels." Continua le monstre aux airs de chevaliers.
Ethan réagit comme n'importe quel bon commandant, et éclata d'un rire hautain.
"-Peut-être est-ce ainsi qu'on gagne et qu'on perd par chez vous, chiens d'envahisseurs, mais ici, la reddition n'est pas dans notre nature."
Quelques gardes reprirent le rire du maître-lame, tandis que leur monstrueux interlocuteur échangeait quelques messes basses avec son coéquipier arachnides. Après cela, le chevalier noir hocha la tête, l'air satisfait, et posa sa main gantée sur le pommeau de l'épée qui pendait à son flanc.
"-Comment te nommes-tu, bretteur?"
Ethan s'avança d'un pas, sa lame bien en main.
"-Ethan Dashworth, libérateur de la cité souterraine Kaldwin, fléau du crépuscule, tueur du grand dragon Moorte, protecteur de...
-Ca ira." Se gaussa son interlocuteur en dégainant sa propre arme."Dis-moi, libérateur, que dirais-tu d'un petit duel?"
L'intéressé ne se démonta nullement et rétorqua :
"-Qui est-tu, tout d'abord !"
Le chevalier noir acquiesça lentement, puis souleva de sa main libre son imposant heaume de fer noir. Le visage souriant qu'il découvrit manqua de faire reculer la plupart des hommes présents derrière Ethan.
"-Juste Tarcus Crudelis. Veux-tu écouter ma proposition?
-Parles, j'aviserais."
Tarcus ricana puis commença :
"-Si je gagne le duel, tes hommes et leurs protégés nous serviront jusqu'à la mort.
-J'en doute."Cracha l'un desdits hommes.
Tarcus ne releva pas la remarque :
"-Si tu gagnes, tout ce petit monde pourra fuir cette ville, qui est désormais la nôtre, pour informer les voisins de cette tragédie."
Court silence, Ethan fronça les sourcils.
"-Qu'est-ce qui me prouve que tu ne me mens pas.
-Absolument rien." Rétorqua aussitôt Tarcus, qui s'attendait apparemment à une telle réponse."Mais dans tout les cas, si tu gagnes ce duel, tu prives notre armée de son général et tu te couvres de gloire, n'est-ce pas suffisant?"
Le mortel haussa les épaules et cracha discrètement, à l'attention des hommes derrière-lui :
"-Si je ne reviens pas...
-On continue à se battre, monsieur.
" Le coupa l'un d'eux.
Il le remercia silencieusement, puis avança.
"-Quelles sont les règles?"
Tarcus déposa son heaume sur le sol à sa gauche et répondit :
"-Dictes-les moi.
-Pas de sorts, seules compte les aptitudes physiques."
Le sourire du démon gagna en intensité alors qu'il posait le plat de sa lame sur son épaulière droite.
"-Qu'il en soit ainsi."
Ils s'élancèrent presqu'en même temps, bien qu'Ethan fut légèrement plus rapide. Durant sa courte course, le bretteur isola les brèches de l'armure de son ennemi, puis braqua son épée droite face à lui. Plus vif que son adversaire, le maître-lame évita le premier contact en passant juste en-dessous de la lame qui visait sa tête et frappa de toutes ses forces dans le poignet qui la tenait. Sous la violence du choc, la main et l'espadon du démon partirent en arrière, en offrant ainsi une ouverture plus que bienvenue au mortel, qui saisit sa chance et exécuta aussitôt une attaque d'estoc vers le visage du chevalier noir.
Ce dernier mordit littéralement l'épée. Une double rangée de crocs de requins se refermèrent sur la fine lame, stoppant son élan, et cette dernière finit par se briser sous la pression tandis que son porteur tentait d'échapper à la main de fer qui s'était refermée sur son cou.
Tarcus recracha les morceaux de l'épée et fixa le maître-lame sans un mot. Derrière-lui, l'homme-araignée faisait tourner sa guisarme face aux gardes qui s'étaient avancés pour épauler leur chef désarmé. Ce dernier tenta de siffler un dernier quolibet à l'attention de son adversaire surhumain, mais il ne put qu'émettre un gargouillis pitoyable, alors même que le démon lui arrachait la tête en une torsion de poignet.

† † †

La lame d'Arphoss ricana et laissa tomber le cadavre décapité à ses pieds. Après un nouveau silence, le démon majeur soupesa la tête décapité puis planta cette dernière sur l'un des crochets qui pendait à sa ceinture. Les soldats mortels, face à lui, frémirent.
"-Facile." Siffla Bark en ramassant le heaume de Tarcus pour lui tendre."Trop facile."
Le démon majeur reposa le plat de la lame de son espadon sur son épaule avant de scruter les rangs ennemis d'un regard inquisiteur.
"-A genoux devant votre nouveau seigneur, larves !"
La plupart s'exécutèrent aussitôt, mais une dizaine d'imbéciles se jetèrent sur le bras droit d'Arphoss et moururent, balayés par un seul revers de sa lame d'ébène. Leurs corps découpés aspergèrent de sangs ceux qui avaient abdiqués. Tarcus les toisa d'un regard amusé, puis reprit son heaume des mains de l'homme-araignée. Aussitôt, cinq autres démons se précipitèrent sur les couards pour récupérer leurs armes. L'un d'eux, qui semblait vouloir béqueter le prisonnier le plus proche, vit la lame d'une longue hallebarde s'arrêter au-dessus de son cuir chevelu, qui luisait d'une manière surnaturelle.
"-Ce sont des prisonniers."
L'intéressé repoussa rageusement l'arme d'un coup de tête avant de se transformer en amas de ronces aux épines noires aussi longues qu'une épée courte.
"-Je n'obéis pas aux ordres d'un avorton comme toi."
L'avorton en question leva les yeux au ciel tandis que Tarcus laissait échapper un petit rire.
"-Obéis aux miens, alors, laisses-les, les servants sont plus utiles vivants que morts."
L'amas de ronce reprit sa forme normale et s'éloigna en grognant :
"-Comme vous voudrez.
-Merci seigneur.
" Risqua le prisonnier qui venait d'éviter une bien triste fin.
Bark ne baissa même pas les yeux en direction du pitoyable petit être qui venait de le remercier. Il était trop occupé à observer, les sourcils froncés, le massif Tarcus s'approcher des doubles portes d'entrées de l'église désormais sans défense.
"-Il est trop tôt pour me remercier, mortel."

† † †

Rickert posa la main sur l'épaule de son petit frère, assit sur le banc devant lui. Le gosse cessa aussitôt de trembler au contact, mais ne se risqua pas à quitter encore une fois des yeux le père Guerna, en plein récital. Il l'avait déjà fait six fois l'heure d'avant, et leurs parents, habituellement à la limite de l'athéïsme, l'avaient vivement réprimandés. Le petit ne comprenait pas pourquoi, Rickert si. En se concentrant sur le récital du père, imitant ainsi les soixante-quatre autre familles rassemblées ici, l'attention ne dérivait pas sur les échos du massacre ayant lieu à l'intérieur de la ville. La panique ne venaient pas emballer les cœurs de ceux qui écoutaient avec ferveur les rassurantes paroles du vénérable représentant de l'église. D'autant que ce dernier semblait parfaitement inaffecté par le chaos extérieur, il récitait comme d'habitude, en affichant son air exalté qui lui allait bien, les bras légèrement levés aux ciel et les yeux fermés.
Rickert tenta de gagner quelques centimètres de confort en poussant de l'épaule, discrètement; le vieux Gerard, assoupi à ses cotés. Echec, le vieillard renifla bruyamment avant de se poser sur l'humérus qu'on lui tendait ainsi. Pendant un court instant, le jeune homme envia la condition de l'endormi. Ce dernier, ancien forgeron, était sourd depuis deux ans maintenant, aussi n'entendait-il pas les hurlements et les coups, contrairement aux restes de la salle. Quelle chance.
"-Et nous te remercions, oui, nous te remercions, pour ta juste protection contre les forces du m..."
Le crissement significatif de la double porte d'entrée interrompit finalement le récital du père Guerna. Soixante quatre-familles terrifiés se tournèrent de concert en direction de l'origine de l'interruption. Rickert se leva de son banc pour avoir un meilleur aperçu, très vite imité par les plus curieux.
Un énorme chevalier noir s'avançait, accompagné par une ribambelle de créatures dénaturées qui fixaient la foule rassemblées ici en faisant tournoyer leurs innombrables armes dégainés.

Tarcus progressait d'un pas délibérément lent. Chacun d'eux étaient accompagnés par les ricanements des tueurs derrière-lui, et par l'écho de sa propre lourde respiration. Le prêtre le fixait sans peur, peut-être même avec une lueur de défi dans les yeux. Le démon comprit tout de suite qu'il s'agissait d'un être déterminé, d'un espèce de modérateur, avec sa tête de grand-père bienveillant.
"-Sa juste protection contre les forces du mal." Cracha la Lame D'Arphoss d'un ton moqueur."Ô Solstice, que de sottises nous vomissons en ton nom."
L'assemblée murmura, et le prêtre rassembla tout son courage avant de descendre de l'autel pour s'avancer un peu.
"-Des bêtes comme vous n'ont pas le droit de prononcer Son nom.
-Qu'il vienne m'en empêcher." Rétorqua Tarcus en passant devant le père Guerna sans même lui accorder un regard. Quelques instants plus tard, le démon majeur, debout sur l'autel, dominait la salle et tout ses occupants.
"-Vous pensez toujours que Solstice vous protège, mortels? Vous espérez encore qu'un quelconque être supérieur veille sur vos pitoyables existences?"
Court silence. Un enfant se mit à pleurer.

"-Bien. Nous allons vous apprendre quelque chose."
Les démons qui suivaient Tarcus s'approchèrent du premier rang de civils. Ces derniers, terrifiés, bredouillèrent quelques incompréhensibles paroles avant de comprendre que les êtres face à eux souhaitaient qu'ils se rendent aux pieds de leurs maîtres. Les pauvrets s'exécutèrent alors en tremblant tandis que le heaume du chevalier noir se tournait vers le père Guerna.
"-Prêtre, continues de remercier ton dieu ou je massacre l'intégralité de cette salle."
L'intéressé s'exécuta.
Parmi les hommes et femmes du premier rang se trouvaient huit enfants en bas âge aux regards brillants de larmes, six vieillards complètement perdus et une dizaine d'adolescents en sueurs.
"-Solstice, dieu parmi les dieux, défenseurs et créateurs de ce monde, merci." Bredouilla le prêtre.
Les démons attrapèrent par les cheveux cinq premières victimes, les soulevèrent du sol, et enfoncèrent de concert leurs épées, avec une lenteur calculée, dans le bas ventre de leurs prises, qui se mirent à tortiller, plus ou moins faiblement en fonction de leurs conditions physiques, en crachotant un sang rouge clair. Le regard de Tarcus resta figer sur le prêtre en larmes, qui continuait néanmoins.
"-Père de la glorieuse Equinoxe, toi qui nous protèges, elle qui nourrit nous autres, pauvres âmes. Merci."
Les bourreaux tournèrent leurs lames à l'intérieur même des chairs meurtries, puis firent remonter ces dernières, toujours aussi lentement. Les cris et les gargouillis se firent plus intense. Le prêtre tomba à genoux, baissa la tête et s'interrompit. Tarcus se déplaça jusqu'à lui et l'attrapa par la nuque.
"-Regardes et remercies-le."
Les lames ressortirent des chairs ensanglantées au niveau de l'épaule droite de chacune des cinq victimes, et leurs assassins jetèrent les corps sans vie au sol, comme si il s'était agit de simples pantins. Après un court silence, cinq autres civils furent désignés.
Une fois l'intégralité du premier rang massacré, Tarcus égorgea le père Guerna et porta son corps parcourut de soubresauts jusqu'à l'autel du dieu qu'il avait vénéré toute sa vie. Pendant ce temps, les autres démons léchaient leurs lames recouvertes de sangs, de bris d'os et de morceaux d'organes. Un des corps à leurs pieds s'agita faiblement.
"-Suivez chacun de nos ordres."Commença la lame d'Arphoss, en s'adressant à l'assistance mortelle. "Et ce massacre sera le dernier. Désobéissez, fomentez une rébellion, érigez un plan de fuite, et nous saignerons le reste de vos enfants devant les corps déshonorés de leurs propres mères."
Ce fut l'entrée de Bark qui mit fin au silence suivant cette annonce. L'homme-araignée poussa les deux portes et traversa les huit mètres qui le séparaient de Tarcus en une demi-secondes pour murmurer quelque chose à ce dernier. La seule réponse qu'il obtint fut un ricanement amusé, puis les deux démons majeurs se précipitèrent vers la sortie, laissant ainsi leurs esclaves pleurer ces injustes morts, et maudirent leurs soi-disants dieux.

† † †

"-Mograine !" S'exclama le bras droit d'Arphoss, le sourire aux lèvres, en approchant du cavalier qui les attendait à la sortie, au devant d'une marée de morts affamés par la vie. L'intéressé descendit de sa monture pour saluer d'une poignée de main son vieux camarade.
Bark, qui s'était placé un peu en arrière, gronda quelque chose lorsque le mage Holvar, visiblement peu rassuré par la terre qui pourrissait aux pieds du porte-peste, vint s'asseoir à ses cotés.
"-Je savais que tu étais trop solide pour mourir !" Continua Tarcus, son heaume sous le bras."Où te terrais-tu ?
-Seigneur Crudelis !" Gargouilla une voix grasse, sur la droite du concerné. "Seigneur Crudelis !"
Tarcus haussa un sourcil en dirigeant son regard vers l'auteur de ces exclamations désagréables. Un démon vaguement humanoïdes, aux yeux bien trop nombreux.
"-Parles.
-C'est le seigneur Vorasha.
-Et bien?
-Il est blessé, gravement !"
Nouveau haussement de sourcil, Bark émit un ricanement aussi discret que moqueur. La lame d'Arphoss pinça les lèvres.
"-Bark, Holvar, rejoignez-le et protégez-le, je ne veux pas que l'un de mes meilleurs guerriers crève dans cette ville miteuse !
-Pas si bon que ça, ce guerrier." Grinça l'homme-araignée.
"-Tu lui diras toi-même quand il sera remit. Allez !"
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Deydreus Mograine

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Fiche de Personnage : La source de la maladie...


MessageSujet: Re: Le festin du Vein [Ouvert sur demande]   Jeu 2 Juil 2015 - 0:36

- Hahahaha! J'étais avec quelques rats! Où aurais-je pu me terrer sinon qu'avec des créatures pouvant propager ma maladie?

Deydreus était heureux, ou tout du moins dans l'état qui s'en approchait le plus à la vu de son compagnon d'armes. Cela faisait des lustres qu'il ne l'avait vu et pouvoir se battre de nouveau avec lui était une chose que le maître de la pestilence appréciait. Il resta complètement impassible lorsque l'un des sbires de Tarcus vint l'avertir du statut de Vorasha. A vrai dire, Deydreus n'avait que peu d'attaches pour ceux qu'il pouvait avoir sous ses ordres, et pour cause, son statut d'envoyé, s'il était encore de rigueur, le faisait généralement travailler seul, ou accompagné des êtres supérieurs. Après tout, le cavalier n'accordait aucune estime aux autres. Enfin, mis à part quelques rares.

Croisant les bras en observant la scène, le porte-peste entendit derrière lui ses goules grogner d'impatience. D'un geste de la main, il leur intima le silence alors qu'il s'avançait vers Tarcus.

- Tu souhaites réduire cette plèbe à l'état d'esclaves n'est-ce pas? L'église n'est sûrement pas le seul lieu où ces minables se cachent. Je sens d'ici l'odeur du sang et des infections provenant d'un hôpital de campagne improvisé.  Mais je dois être sûr de ma direction, puis-je emprunter l'un de tes nouveaux jouets?

Il termina sa phrase en pointant du doigt l'église, puis après un ricanement de son ami et la décision de leur lieu de rendez-vous, se décida à y aller. Chacun de ses pas pourrissait un peu plus la terre qu'il foulait, et lorsqu'il passa la parvis de l'église, un large sourire se dessina sur ses lèvres pâles. Un cliquetis métallique marqua son entrée, alors qu'une foule de regards se posaient sur lui.

- Pourquoi tant d'autels sont-ils érigés au nom de Solstice, et si peu pour le fléau?

Il commença à avancer, alors que les murs de l'église s'effritaient sous la pourriture.

- Pourquoi tant de vies se tournent vers l'équinoxe et la lumière, alors que si peu ne vénèrent maladie et mort?

Marchant doucement, le cavalier fit signe à deux femmes de le suivre. Ces dernières, terrifiées, s'exécutèrent.

- Voyez, mortels, comme votre vision est aveuglée par des principes que l'on vous inculquent depuis votre naissance. Voyez le ridicule de votre situation, de votre existence. Bien et mal ne sont que deux faces d'une même pièce, deux visions aussi stupides l'une que l'autre. Seul demeure deux valeurs en ce monde. La vie, et la mort.

Arrivant au niveau de l'autel, le maître de la pestilence remarqua les corps embrochés peu de temps avant son arriver et le cadavre sans tête d'un prêtre. Posant sa botte sur le dos de la carcasse, Deydreus claqua des doigts et montra l'autel aux deux dames, leur intimant de poser leurs mains sur ce dernier tandis que le corps à ses pieds pourrissait doucement.

- L'homme se trouvant sous ma botte était votre protecteur? Qu'a-t-il fait, mis à part parler en vain? A-t-il tué l'un d'entre nous? A-t-il utilisé sa vie contre celles et ceux abattus en dehors de ses murs? Non, bien sûr que non, il devait répandre la bonne parole, focaliser vos esprits vers un dieu trop feignants pour agir seul, trop fatigué d'entendre vos pleurs et vos complaintes. Trop las de vos existences.

Un craquement sinistre acheva sa phrase, alors qu'il ne restait à ses pieds que de la poudre osseuse. S'agenouillant, Deydreus en récupéra un peu et se releva tout en s'approchant de la femme la plus proche. Une jeune femme d'une vingtaine d'années à la chevelure châtains, sanglotant à l'approche du cavalier.

- Faisons les choses simplement. Je ne m’intéresse pas à vous. Aucune de vos vies n'a de valeurs à mes yeux. Je ne partage pas l'envie de mon ami à l'armure noire quand à votre futur statut, et je me moque bien que vous ne respiriez ou non. A vrai dire, j'ai des centaines de goules dehors qui me servent tout aussi efficacement que vous ne pourriez le faire. Je peux donc, si je le désire, tous vous tuer. Et ne croyez pas pouvoir être alors soulagé d'une vie de servitude, car avec moi, la mort est lente, très lente, et elle n'est que l'annonce d'une chose plus terrible...

Il appuya alors sur le dos de la femme, la forçant à se pencher en avant contre l'autel, ne rencontrant étonnamment qu'une faible résistance. Tarcus avait dut vraiment briser leur esprit minable, pour qu'ils cèdent aussi facilement leur volonté à une soumission presque totale. Passant sa main sur son dos, il usa de son pouvoir, faisant vieillir et pourrir la matière de sa robe, la faisant tomber en poussière sur le sol et laissant la femme presque nue dans l'église. Cette dernière gloussa après un autre sanglot. Déposant la poudre d'os sur son dos, il dessina quelques motifs bien précis et se retourna vers la foule, alors que tout le sol autour de l'autel était maintenant rongé par la putréfaction. D'un claquement de doigt, la poudre passa à un vert luisant, alors que les sanglots de la dame se changèrent en un hurlement ignoble, mélange de gargouillis et d'appel à l'aide. En quelques secondes, elle s'écroula sur le sol, couverte de pustules.
La foule de l'église hurla et beaucoup pleurèrent, ne sachant pas s'ils allaient mourir, ou si leur sort était effectivement complètement scellé dans la servitude.

- Sachez, que la maladie est maintenant présente en chacun de vous. Vous êtes tous porteurs de mon pouvoir, et d'un claquement de doigt, l'air que vous avez inhalé et qui transportait mon miasme peut se muter en quelque chose de similaire à notre demoiselle derrière moi. Vous êtes tous, condamnés... Sauf si...

Il marcha doucement vers la seconde demoiselle, qui lui jetait un regard empli de larmes.

- Pitié seigneur! Pitié! Épargnez moi! Épargnez moi et je ferais tout ce que vous voulez! Mon corps et votre! Ainsi que mon âme! Mais par pitié! Ne me tuez pas!

Un rire sinistre empli alors la bâtisse, émit par le cavalier. Il continua sa marche et caressa la joue de la pauvre fille face à lui.

- Tu m'impressionnes ma chère, tu supplie pour ta pauvre vie plutôt que pour vos vies. Tu te moques dans l'instant de la vie des autres n'est-ce pas? Le sort de ces enfants et de ces femmes ne te préoccupent pas? Que dirais-tu d'un marché? Ta vie contre la leur? Je sais répandre la maladie, mais aussi la soigner... Seulement, pourquoi soigner tout le monde? Pourquoi pas te soigner toi? Et t'emmener loin d'ici?

La lueur dans les yeux de la jeune femme changea.

- Oui messire! Prenez les tous, je m'en moque! Laissez moi vivre! Je vous appartiens!

D'un geste vif, Deydreus se jeta sur elle et la coupa en deux à l'aide de l'une de ses épées, laissant deux morceaux de chaires sombrer et pourrir avant d'avoir rejoint le sol.

- L’égoïsme. Le propre du mal n'est-ce pas? Pourtant, elle vénérait Solstice, comme vous. Elle était une femme de bien non? Pourtant, elle vous aurait tous sacrifié pour son propre salut. Elle vous aurait abandonné pour un espoir incertain de survie. Et aujourd'hui, elle est morte. Vos vies, ne vous appartiennent plus. Elles sont maintenant entre les mains du chevalier venu avant moi. Vous êtes nos serviteurs à présent, oubliez Solstice et toutes ces idioties, et rejoignez-nous... Ou suivez le sort de ces deux dames..

Descendant de l'autel et fixant la foule, il rengaina sa lame et croisa les bras.

- Bien. Maintenant, quelqu'un parmi vous serait-il d'accord pour me guider dans cette cité? Je ne souhaite pas perdre mon temps. Je ne désire qu'une chose, me rendre à l'endroit que les vôtres utilisent pour se soigner. Oh, et si l'un se dévoue, je vous épargne tous.

Un enfant se leva alors. Cheveux bruns, yeux jaunes. L'enfant leva la main comme pour signaler au cavalier qu'il se portait volontaire. Un " André! " sonna dans la salle, coupant avec les sanglots précédents. La mère n'eut cependant pas le temps de poursuivre car l'enfant s'élançait déjà vers le cavalier. Le gamin s'agenouilla grossièrement devant Deydreus qui haussa un sourcil.

- Je vous servirais, maître.
- Evidemment. Allons-y petit.

Marchant sans prêter attention à l'enfant, le cavalier se dirigea vers la sortie alors que la mère gémissait. Au moment où il passa à ses côtés, le maître de la pestilence frôla son visage, ne laissant derrière sa caresse qu'un corps en décomposition. Le gamin qui le suivait, étonnamment, ne sembla pas marquer de dégoût quelconque, et suivit son nouveau maître sans broncher.

Une fois dehors, Deydreus remarqua plusieurs démons qui attendaient, visiblement impatients. Il leur montra l'église leur déclarant qu'ils pouvaient procéder à la récupération des esclaves, mais qu'ils ne devaient pas oublier l'ordre de Tarcus, qui était de justement, en faire des esclaves et non des amuses gueules. Montant par la suite sur sa monture, il fixa l'enfant, lui intimant de monter sur le dos d'une goule s'il ne voulait pas marcher. Encore une fois, l'enfant s’exécuta en silence.

Ils ne mirent que quelques longues minutes avant de tomber sur les abords de l’hôpital, l'enfant guidant les troupes de Deydreus. Ils ne rencontrèrent que des forces mineures, souvent balayés par la pestilence du cavalier ou par un surnombre de goules. Ces dernières réclamaient du sang. Beaucoup de sang. Apercevant le bâtiment, Deydreus ricana alors qu'il autorisait ses goules à s'élancer contre les défenses humaines. Le petit l'avait informé que les caves du bâtiment abritaient surement les femmes, vieillards et enfants du secteur. Seulement, il restait les soldats dans le bâtiment, les blessés, les malades, et les femmes aidant aux soins. Ces dernières, auraient sans doute mieux fait de rejoindre les caves.

Les goules se décharnaient contre leurs adversaires, les attaquant tout le temps à cinq contre un, dans le cas favorisant le plus les défenseurs. Ces derniers, submergés, tombaient les uns après les autres, dévorés ou tranchés par les armes récupérés par les créatures. Un torrent de cris et de supplications s'élevaient du bâtiment et de la place tandis que Deydreus avançait tranquillement sur sa monture, la stoppant au milieu de la zone. Les médecins, non armés, tentèrent tant bien que mal de protéger leur patients, mais furent eux aussi abattus. Quelques fois, on put apercevoir une femmes sortir en pleurant du bâtiment, plusieurs goules derrière elle, avant de la voir tomber au sol, plaquée par les goules. Ces dernières prenaient alors un malin plaisir à arracher les vêtements de la donzelle avant de commencer à la souiller dans la boue. Ce qui était une scène d'horreur plutôt commune pour le démon et certains vétérans humains, le fait que les goules ne soient des créatures magiques et qu'elles ne pouvaient atteindre l'état les faisant "s'arrêter" de violer les femmes transformer la scène en un affreux tableau ou la dame subissait les désirs sexuels de ces créatures non mortes jusqu'à ce qu'elle ne rejoigne elle même l'état de décès par hémorragie interne ou externe. L’appétit des goules prenant parfois le pas sur leur désir d'humilier et violer les vivants. Un cri, plus fort que les autres, attira cependant l'attention du cavalier et de l'enfant se tenant sur le dos d'une goule à ses côtés.

Un peu sur leur droite se trouvait un chevalier, visiblement fatigué par quelques combats et entouré de plusieurs goules mortes. Son regard était déterminé et sa respiration haletante. Ce dernier hurla de nouveau, scandant cette fois le nom du petit. Les choses auraient put être banales, si l'enfant n'aurait pas murmurer le mot "père". Oui, les choses devenaient intéressantes. Mettant pied à terre, le cavalier s'approcha du gamin en sortant l'une de ses lames. Il ricana et tapota l'épaule de l'enfant alors qu'à nouveau, le sol mourrait sous ses pieds.

-  Viens. Allons dire bonjour à ton père.
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Wiryan D.Monrian

Scribe Arcanique

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Race : Démon commun / chat
Classe : Mage noir
Métier : Libraire
Croyances : Athé
Groupe : Beolan

Âge : 3e vie sur 9

Messages : 45

Fiche de Personnage :


MessageSujet: Re: Le festin du Vein [Ouvert sur demande]   Mar 7 Juil 2015 - 17:42

Wiryan déambulait a travers les rues à grand pas. Il traquait. Depuis le temps, ses pouvoirs étaient revenus et la fatigue n'était plus qu'un lointain souvenir. Tout ses sens étaient rivés sur la piste de Vorasha. Le chat n'avait pas eu le temps de lui porter le coup de grâce, erreur qu'il comptait bien régler au plus tôt. C'était donc sous sa forme féline qu'il courait les toits, traquant sans répit le monstre reptilien. Ses sens magiques étaient déployés, aux aguets de la moindre aura démoniaque.

Alors qu'il dépassait une petite cheminée, il détecta quelque chose, à la lisière de son champs de perception. Le chat s'immobilisa, guettant le moindre signe. Puis, lentement, il s'approcha du démon. Ce n'était pas Vorasha mais un simple sous-fifre, jouant avec le corps sans vie d'une demoiselle. La jeune femme avait périt depuis longtemps, mais son visage était encore frappé de l'horreur de l'attaque. L'engeance du Vein jouait avec le corps de la défunte comme un enfant avec une poupée, traitant sans ménagement aucun la pauvre dépouille. Wiryan feulat vers le démon, qui le va les yeux vers lui. Le monstre avait la peau couleur hématome, une mâchoire proéminente, un corps maigre et osseux et ses longs doigts décharnés finissaient par de longue griffes tranchantes. Il fixa le chat de ses yeux couleur cendre froide, puis passa une langue ophidienne d'un rouge sanglant sur ses lèvres.


-Minou minou... dessert ! cracha-t-il en bondissant sur la façade du bâtiment

Wiryan s'approcha du bord, se pencha au dessus du vide et jaugea le démon escaladant le mur de la maison. Il prépara un sort, puis quand le démon fut à portée, reprit un court instant forme humaine. La chose émit un sifflement étranglé, puis une détonation magique la précipita au sol. Son corps désarticulé n'abuserait plus jamais d'un être humain. Ayant reprit sa forme féline, le mage se détourna pour reprendre sa traque de Vorasha.




Il était là. En bas de cette ruelle, appuyé contre un mur, la respiration sifflante. Son armure d'os était endommagée, des éclats d'ivoires s'étaient même plantés dans sa chair. De nombreuses blessures laisser goutter un ichor noir et épais sur le trottoir, formant des rizière de goudron poisseux autour du démon. Le reptile bougeait à peine, respirant douloureusement. Et pourtant il était toujours en vie. Wiryan savait que si le monstre ne mourrait pas maintenant, il ne mourrait pas. Et pourtant le félin restait assis sur son toit, n'approchant pas d'un millimètre. Deux démons se dressaient sur son chemins, cependant sans le savoir. Debout devant la monstruosité reptilienne, les deux hommes tournaient le dos au mage ; l'un deux narguait la créature:

-Alors, seigneur de guerre Vorasha, on est faible ? Vaincu ? ricanait l'être en robe rouge

-Suffit, Holvar, siffla son compagnon, un drieder armé d'une Hallebarde

Autour d'eux s'affairaient quelques petits démons de bas rangs. Ils fouillaient les maisons alentours, tapaient sur des tonneaux et des caisses vides et surtout, guettaient l'arrivé d'un danger. Pas de manière craintive ou prudente, non : ils guettaient le danger comme un enfant guettent ses cadeaux le jour de sa naissance. Wiryan grimaça de dégout: tant d'énergie du Vein au même endroit lui donnait la nausée. Au sol, le dénommé Holvar continuait de se moquer de Vorasha, tandis que l'autre observait les environs de ses yeux perçants. Soudain, le drider porta la main à sa Hallebarde.

-Prépare toi au combat, on nous observe.

L'autre se retourna avec une mine réjouie, et le félin put apercevoir une ombre de désapprobation sur le visage du Drider. Intéressant. Le regard de l'homme-araignée balaya la rue a toute vitesse... et croisa celui du félin. Le démon bondit en avant et commença à escalader le mur, se précipitant vers Wiryan. Ce dernier battit précipitamment en retraite, préférant un endroit ou le combat serait à son avantage. Déjà, se débarasser des larbins. Profitant de sa longueur d'avance, le chat invoqua un cercle de transport sur le toit. Le cercle, camouflé par quelques runes basiques, devrait téléporter uniquement les démons majeurs et laisser les mineurs loin de l'affrontement. Dans le même mouvement, le chat utilisa son téléporteur et se volatilisa.




L'air scintilla un court instant, puis Bark jaillit du néant. Il brandit sa Hallebarde en position défensive, et l'abaissa presque aussi vite. Il balaya l'endroit d'un rapide regard, analysant la situation plus vite qu'il ne serait normalement possible de le faire. Il se tenait dans une court abandonnée, devant une grande maison délabrée. L'endroit avait dut être désaffecté il y a bien longtemps de cela, en témoignait les herbes folles poussant entre les dalles du sol. Pour seule et unique décoration, une fontaine grisâtre trônant au milieu de la cour. L'eau ne passait plus depuis longtemps, et la tête de lion qui aurait dû cracher un torrent d'eau semblait morte, sans vie. Assis sur le rebord de la fontaine, Wiryan faisait négligemment sa toilette. La Hallebarde siffla dans l'air et trancha le félin en deux. Du moins aurait-elle dû. L'arme passa au travers du chat comme si le démon avait frapper son reflet dans une mare. Il se redressa et guetta les environs. Derrière lui, l'air scintilla et Holvar tituba dans la cour. Fronçant les sourcils, il embrassa l'endroit du regard.

-Où... ?

-Ce chat. Il nous as envoyé ici, sans que je sache vraiment comment.

Ledit félin stoppa alors sa minutieuse toilette et fixa sn regard ambrée sur les deux démons. Une voix puissante résonna soudain dans leurs tête:

-Je réclame un duel à mort: moi contre le mage. L'un contre l'autre, sans intervention de l'autre seigneur démon. Si je gagne, l'autre recule. Si je perds... et bien, je serais mort. D'être du Vein a d'autres, je vous le demande

Le chat pencha la tête et croisa le regard d'Holvar. Une lueur de moqueuse brillait dans ses yeux, comme si l'affrontement n'était en soit que dérisoire. L'autre en revanche semblait plus septique. Le chat se passa la langue sur les lèvres, et attendit.
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Tarcus Crudelis

Le bras droit d'Arphoss

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Race : Démons communs (majeur)
Classe : Lame démoniaque
Croyances : Le Vein
Groupe : Serviteurs d'Arphoss [Démons]

Âge : Quelle importance?

Messages : 29

Fiche de Personnage : Les origines de la Lame.


MessageSujet: Re: Le festin du Vein [Ouvert sur demande]   Ven 17 Juil 2015 - 10:29

La frustration empoisonnait le cœur noir du grand saurien. Lui, le guerrier sanguinaire, le berserker invincible, blessé par un simple démon sans maître. Blessé gravement. Les yeux de Vorasha n'étaient pas fermés. Ils ne l'étaient jamais. Un voile rouge et sombre couvrait sa vision tandis que les battements incessants de son cœur encore intact raisonnaient au sein de son énorme boite crânienne. Son sang, sombre, épais, maculait le sol dallé sur lequel il était avachi. L'ichor démoniaque s'écoulait sans discontinuer de ses plaies, de sa gueule, de ses yeux et de ses narines, pourtant, Vorasha reprenait des forces. Ces blessures les moins graves s'étaient déjà refermées, et le saurien ressentait, de manière de plus en plus intense, cette terrible douleur qui accompagnait la régénération d'un cœur mort. L'énorme étau de griffes et d'écailles qui lui servait de main droite glissa jusqu'à la poignée de son arme alors que son esprit embrumé se remémorait les quolibets de cette vermine d'Holvar, qui était venu le narguer pendant sa convalescence avant de disparaître mystérieusement.
Le saurien régurgita un infâme agglomérat de sang noir, d'os et d'organes brisés puis, entre deux toussotements, jura. Ce petit démon sans maître avait eut de la chance. Beaucoup de chance. Sans les blessures que l'elfe et son compagnon lui avait infligé, Vorasha l'aurait dévoré. Du moins l'espérait-il.
Comment quelque chose d'aussi frêle pouvait porter d'aussi puissant coups?
"-Tu penses que ça va mourir?
-J'veux pas prendre de risques.
"
D'où venait ces voix? A qui appartenaient-elles? D'un clignement de sa seconde paupière, le saurien tenta de chasser l'amas de sang à moitié séché qui s'était formé devant ses yeux, sans succès. Un grognement agacé franchit sa gueule noircie, et quelque chose, qui était proche de lui, pesta.
"-Pas question que je m'approche de ce truc !
-Mauviette. Passes-moi ta lance.
"
Ses tempes s'enflammèrent un peu plus alors que son deuxième coeur, récemment ressuscité, s'emballait à l'entente de la funeste phrase. Des mortels. Une bande de résistants terrifiés venaient de découvrir sa carcasse meurtrie, et comptait en profiter pour l'achever. Fils de chienne, lâches ! Où donc se trouvaient ces abrutis de larbins qui accompagnaient l'araignée et Holvar? L'avaient-ils abandonnés pour s'adonner sans retenue au pillage?! Sa lourde queue balaya tout ce qui se trouvait derrière-lui, principalement des briques effondrés et des morceaux de toits, sans toucher un seul être vivant. Ils devaient se trouver juste en face. Quelque chose s'inséra dans une plaie ne s'étant pas encore refermée, au niveau de son torse, pour lacérer une nouvelle fois ses chairs. Sans doute la lance en question. Vorasha poussa un hurlement de rage bien faible, comparé à l'accoutumée, et se replia sur lui-même. Ses deux cœurs battaient de concerts, en pompant le plus de sang possible pour remplacer celui qui s'écoulait de la plaie rouverte.
"-Saloperie, tu vas crever ! Aidez moi vous autres !"
Rassurés par la réussite du plus courageux des leurs, les autres humains se ruèrent sur la carcasse écailleuse en brandissant des dizaines de lames tranchantes.
Leur cible, toujours aveugle, n'exécuta qu'un seul mouvement. Gauche, imprécis, mais terriblement brutal et rapide. L'énorme plaque de fer qui lui servait d'arme fendit l'air, ainsi que les corps fragiles de trois imbéciles, puis il s'écroula de nouveau sur le sol pavé. La lance dans son flanc se brisa en deux, libérés des mains galleuses de son ancien propriétaire, qui tentait désormais, vainement, de retenir ses propres intestins en pleurant de douleur.
Ses paupières clignèrent trois nouvelles fois et le voile rouge s'affaissa quelque peu. L'unique coup du saurien avait coûté a ce dernier milles et une douleurs, toutes plus insoutenables les unes que les autres. Mais ses membres semblaient aussi moins engourdis.
Une épée ou une hachette s'écrasa et rebondit sur son échine, en lui arrachant au passage quelques écailles. Sa mâchoire s'ouvrit aussitôt pour se refermer sur une partie du corps de son agresseur. Une jambe, sans doute. Les hurlements du pauvrets stoppèrent lorsque la main libre du démon se posa sur son torse pour réduire ce dernier en pulpe immonde. Satisfait, il les entendit reculer en murmurant. Puis son orbite droite émit un étrange craquement et sa vue revint, du moins en partie.
Le rire que poussa ensuite Vorasha ressembla plutôt à un long grondement, alors que ses yeux couverts de croutes détaillaient la vingtaine de guerriers en armure face à lui.
La seconde d'après, le reptile blessé se jetait sur eux.

† † †

"-Restes en dehors de ça mon ami, je vais m'occuper de ce pouilleux de fél...
-Non."
Holvar se retourna vers son camarade, Bark, qui ne détachait pas ses huit yeux du petit chat face à eux. L'homme-araignée affichait un air grave et ne cessait de faire tournoyer sa guisarme. Etait-il nerveux? Inquiet? Ou juste prudent?
"-Mais enfin, ne soit pas ridicule, c'est juste...
-Un démon sans maître qui a mit dans un état lamentable Vorasha."
Holvar se gratta l'arrière du crâne en se retournant vers le chat, qui avait presque l'air de se délecter de la mine choquée que venait d'afficher celui qu'il avait précédemment défié.
"-Je sens son aura. Les plaies du berserker dégagent les mêmes nuances. C'est lui qui les a faites."
Un frisson parcourut l'échine du pyromancien au fur et à mesure qu'il prenait conscience de ce simple état de fait. Le chat, lui, ne bougea pas.
"-De plus, nos ordres sont clairs, nous devons soigner cet imbécile, pas partir à la poursuite de son bourreau. Ce combat est hors de propos." Continua Bark en s'avançant un peu plus, jusqu'à dépasser d'un bon mètre son compagnon mage. "Pars, petite chose. Fuis cette ville ou bas-toi sur ses ruines, mais ne risques pas ta vie dans un nouveau duel démoniaque. Ce serait manquer de sagesse."

† † †

Sheïla Valimdor, soeur du très respecté Andreï Valimdor, actuel régent de la cité Dahomah, rongeait, comme d'habitude, ses ongles meurtris, sous les yeux las de son frère, avachi sur le siège miteux qu'il osait nommer "trône". Tout le monde savait que la jeunette qu'elle était disposait d'un esprit trop orgueilleux, nerveux, qui la rendait soupe-au-lait et hyper-active, de jour comme de nuit. C'était d'ailleurs pour cela qu'Andreï ne l'avait pas encore marié. Et c'était aussi à cause de cela que la compagne de celui-ci, Priscilla, agissait de manière excessivement hautaine, en sa présence.
Néanmoins, aujourd'hui, la nervosité de la jeune noble n'était ni dû a une dispute entre nobles, ni a une querelle familiale, pas même a un réveil trop matinal. Non. A cet instant, Sheïla faisait les cents pas devant le trône de son frère tout en malmenant ses pauvres ongles pour la simple et bonne raison qu'elle doutait de survivre jusqu'au lendemain.
"-Veux-tu bien cesser de...
-Non !
" Siffla aussitôt la jeune fille, en interrompant son frère."Non, je ne peux pas arrêter de gesticuler comme une gamine!"
Priscilla, qui se tenait juste derrière le trône de son mari, pinça les lèvres et leva les yeux au ciel.
"-Crois-tu franchement qu'être désagréable va arranger les choses, petite peste?"
Les quatre gardes royaux, postés devant l'énorme double porte de la salle du trône, échangèrent quelques regards gênés en priant pour qu'une énième scène n'ait pas lieu en cet instant critique.
"-Nous aurions accepté de prendre les soldat de Sire Lambert, la situation ne serait pas si désespérée !
-Des vagabonds, qui se prétendent chasseur de monstres, ha !
" Ironisa Priscilla, aussitôt approuvé par son mari, qui afficha un rictus amusé en se replaçant sur son siège. "Jeune fille, tu ne possèdes aucune connaissance dans ce domaine, sois un peu plus sérieuse, veux-tu?"
Sheïla éclata de rire et rajusta son chignon d'un geste énervé qui lui couta quelques cheveux.
"-Oh ! Parce que tu crois qu'Andreï possède la moindre notion de stratégie?! Il n'a jamais su faire autre chose que compter ses trésors sur son trône soi-disant inatteignable !"
L'un des gardes, qui venait de pouffer, mima une quinte de toux pour se sauver la mise. Sheïla n'avait pas tort, son frère avait beau désirer toujours plus, il ne possédait pas même la moitié du talent de ses prédécesseurs, dans tout les domaines possibles, surtout celui des armes et des recrutements. Le comte avait juré a mainte reprise que la simple renommée de leurs invincibles remparts suffirait à mettre en déroute le plus infâme des pilleurs et s'était contenté d'investir toujours plus dans les constructions et les alliances commerciales couteuses, en laissant simplement leurs garnisons de soldats, certes fournies, stagner.
Maintenant, la cité récoltait ce qu'elle avait semer en amassant un tel pactole.
"-Nos mages vont les repousser." Cracha sans grande conviction Andreï.
"- Nos mages se sont fait briser, tout comme les servants de nos balistes, nos arbalétriers, nos hallebardiers et notre piétaille, n'as-tu donc rien écouté?!"
Le comte pâlit un peu, puis se reprit.
"-Nous sommes encore vivant, non? Alors tout n'est pas perdu."

† † †

Au porte de la forteresse du comte, des humains mourraient. Ici, un paysan terrifié glissait dans les viscères de son voisin, là, un garde trop impulsif se faisait trancher en deux par une lame faisant sa taille. Cette masse grouillante, composée de centaines de civils terrifiés massés autour des soldats restants, hurlait sans discontinuer, alors que des assassins moissonnaient sans effort, à coups de griffes ou de lames démoniaques. En plein centre de ce champ de massacre se trouvait Tarcus, des morceaux de cadavres jusqu'au genoux. Le démon majeur balançait son épée de droite à gauche sans la moindre difficulté en envoyant, à chaque frappe, valser un corps ou deux. A quelques pas de là, un énorme minotaure l'imitait avec sa hache à double tranchant. Dans la gueule pleine de bave de la bête hurlait une jeune adolescente l'implorant de mettre fin à ses souffrances. Un peu plus en avant, ce qui avait l'air d'être le croisement contre nature d'un escargot et d'un scorpion rampait littéralement sur un petit groupe de réfugié, qui commencèrent aussitôt à se dissoudre aussi lentement que douloureusement, au contact de sa salive corrosive. Le pied botté de la lame d'Arphoss s'extirpa de la masse de cadavre dans laquelle il se trouvait pour écraser le torse d'une grand-mère à l'agonie, comme si il s'était agit d'une coquille d'œuf vide.
"-Ayez pitié !" S'égosilla un homme, debout devant son fils, avant que Tarcus ne le coupe en deux, lui et sa progéniture.
"-Je vous en supplie !" Gueula une autre, juste au moment où la main libre du démon lui saisissait le crâne pour l'éclater dans sa paume.
Un soldat en armure se jeta sur lui et projeta une énorme hache lourde en direction de son bras, toujours tendu. La puissance de l'impact fut telle que son artère radiale sortie à l'air libre en même temps qu'une partie de son radius. Un flot de sang ne tarda pas à s'écouler de l'armure du démon, qui punit son agresseur en lui arrachant la tête d'un coup de coude avant de planter cette dernière à coté des autres, sur sa ceinture. Sans s'occuper de son bras gauche désarticulé, il entreprit d'avancer un peu plus, conscient que la magie de sa bague était d'ores et déjà en train de refermer sa blessure et de réparer ses os brisés.
Un beuglement inhumain, venant vraisemblablement du minotaure, attira son attention. La bête en question, qui venait d'écoper d'une flèche juste en dessous de l'oeil, passa devant lui à une vitesse fulgurante, cornes en avant, et écrasa six malchanceux pour finalement empaler contre les murs d'une baraque un couple d'archers. Amusé, la lame d'Arphoss partit à la suite de son compagnon bovin.

Spoiler:
 
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Deydreus Mograine

Cavalier de la Pestilence

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Race : Démon Commun Majeur
Classe : Cavalier de l'apocalypse
Métier : Maître de la pestilence
Croyances : n/a
Groupe : Démons

Âge : Plus de 200 ans

Messages : 10

Fiche de Personnage : La source de la maladie...


MessageSujet: Re: Le festin du Vein [Ouvert sur demande]   Jeu 23 Juil 2015 - 0:50

Fixant l'homme devant lui, Deydreus fit cliqueter les différentes jointures de son armure, alors que le jeune gamin se trouvait un peu en retrait derrière lui. S'arrêtant à quelques mètres de son adversaire, le cavalier haussa un sourcil sous son heaume alors que le type en face de lui brandissait une sorte de lame courbe, et un bouclier.

- Bien le bonjour, chevalier.

Ce dernier hurla de rage et s'élança violemment vers Deydreus qui leva le bras, faisant pourrir la terre juste devant les grèves de son ennemi, le forçant à s'arrêter.

- Si tu franchis cette ligne de putréfaction, étranger, alors ton armure disparaîtra. Ton corps sera alors entamé par la maladie et tu tomberas avant même d'avoir put caresser les cheveux du jeune André.

Le chevalier se raidit au nom de son enfant et recula légèrement, visiblement prêt à écouter.

- Voici ce que je te proposes. Tous les gens ici vont finir soit tués soit sous notre coupe. Les femmes résistantes seront sans aucun doute violées, et les hommes manifestant le moindre sursaut de volonté néfaste seront quand à eux victime d'un sort bien plus violent. Concernant les enfants... Ils sont les esprits les plus malléables. Ton fils est docile, et intelligent. A vrai dire, je pensais lui accorder un statut particulier, si ce dernier survivait à cette bataille. Qu'en dis-tu? Je m'occupe de lui, et te laisse partir vivant.
- Mon fils... Ne sera pas l'un de vos jouets...
- Oh oh... Et qui te dit qu'il n'en est pas déjà hein? Aux dernières nouvelles, vos enfants et femmes étaient enfermées dans l'église un peu plus loin vers la place n'est-ce pas? A ton avis, comment ce fait-il qu'il soit ici avec moi? Qu'il m'ait mené jusqu'à l’hôpital? Qu'en est il de sa mère?

Le chevalier tituba légèrement, toussotant.

- C'est cela humain. Ta femme est morte, de ma propre main. Je n'ait eu qu'à lever le doigt pour la voir rendre son dernier souffle, la prenant par la maladie. Ton fils, ici présent n'y a même pas prêté la moindre attention. Penses-tu réellement qu'il ne fera pas un bon écuyer? Tu sous-estimes ta progéniture.
- Silence! Je suis Goldfrick de Terre-vielle! Je ne laisserais pas un monstre tel que toi emmener mon enfant!
- Hahahaha. Si tu es Goldfrick de Terre-vieille, je ne me vois que dans l'obligation de te rendre ton fils, pardonne moi ô grand chevalier!

Il accompagna ses paroles d'un geste vif, intimant à l'enfant de courir vers son père. Ce dernier serra son enfant dans ses bras puis se dressa de nouveau vers Deydreus, un air plus menaçant qu'auparavant.

- Ton enfant est avec toi. Tu peux fuir la ville et peut-être survivre au carnage ayant lieu. Pourquoi te dresses-tu toujours devant moi? Pourquoi ne pas saisir ta chance?
- J'ai peut-être mon fils en sécurité, mais la ville n'est pas en sécurité avec des types comme vous... Au moins maintenant, je peux me battre à plein poten....Ugh...

Un rire métallique s'échappa de la gorge du maître de la pestilence alors qu'une dague était plantée dans son dos, enduite d'un liquide verdâtre. Silencieux, Deydreus marcha vers Goldfrick alors que ce dernier mettait genoux à terre, tournant la tête vers son fils qui le fixait de ses yeux ronds, silencieux.

- Pour... Pourquoi..??
- Car tu es faible. Ton fils s'en est rendu compte très vite. Il s'est rendu compte de votre faiblesse et votre stupidité à nous combattre dès notre entrée dans l'église.

Une gerbe de sang éclaboussa le sol devant les pieds du cavalier qui ricana de nouveau en relevant la tête du père, avant de lui asséner un coup de poing, le faisant tomber en arrière.

- C'est amusant n'est-ce pas? La vitesse à laquelle mes poisons peuvent pénétrer rapidement votre système sanguin et infecter tout votre corps...
- Gnhh
- Chut... Ne t'épuises pas à tenter de parler. Surtout maintenant que ta mâchoire est brisée.

Il posa sa botte sur le poitrail de son adversaire, alors que le gamin retournait à ses côtés.

- Hum... Cela aurait été amusant que je joue un peu avec toi, mais je pense qu'il vaudrait mieux abréger la chose. Cependant, je ne vais pas m'acquitter de cette tâche. Ton fils t'achèveras pour moi. Je veux que tu vois ces dernières images, celles de ton propre enfant t'arrachant la gorge à l'aide d'une lame un peu trop émoussé. Ce ne sera pas rapide, ce sera très douloureux... Tu comprends, les enfants ne sont pas forcément doués pour ce genre de choses... Mais soit sûr d'une chose, mon poison a aussi l'effet de paralyser les personnes touchés, tu resteras conscient suffisamment longtemps pour sombrer dans la folie et le désespoir avant de rendre ton dernier souffle.

Il s'éloigna alors légèrement pour attraper la lame de Goldfrick, qu'il brisa en deux, transformant la lame courbe en une petite lame courte au bout brisé. Il tendit l'arme de fortune au petit qui s'en empara alors qu'il avançait vers son paternel. L'enfant se plaça au dessus de son père, le fixant dans les yeux alors que son arme se déplaçait vers son cœur, guidée par Deydreus. Une fois en place, le garçon fixa son père de ses yeux précédemment innocents et commença à enfoncer doucement la lame, traversant rapidement la matière avant d'entamer la peau. Le visage du chevalier se déforma lorsque l'épée entamait sa chaire, traversant ses muscles puis ses os. Son fils ne lui rendait qu'un regard vide, comme s'il se moquait éperdument de ce qu'il était en train de faire. Au bout d'un moment, un crac se fit entendre, l'arme pénétrant dans le sol, sous le chevalier qui resta figé dans une expression d'horreur et de douleur. Ricanant, Deydreus s'approcha du petit et tapota son épaule, arrachant la lame d'un geste vif et la tendant au garçon.

- Bien joué petit. Garde ça avec toi jusqu'à la fin de cette bataille. C'est le symbole que tu m'es fidèle désormais. Par ailleurs, je n'aime pas ton nom, je pense qu'il t'en faudrait un plus adapté. Enfin, nous verrons cela après la bataille. Allons voir cet hôpital, je sens d'ici mes goules qui n'en peuvent plus de souiller les infirmières.

Marchant vers le bâtiment, le cavalier se fraya un chemin aux travers des murs, frôlant les parois de sa main gantelé et faisant pourrir la matière jusqu'à ce qu'elle ne s'effondre sur elle même. Il ne tarda pas à trouver la cache où se terraient de nombreux civils. La plupart étaient comme à l'accoutumé des femmes ou des enfants. Il y avait cependant moins de vieillards mais de nombreux blessés. Un large sourire s'étira sous le heaume du maître de la pestilence alors qu'il entrait dans la cache, une centaine de goules derrière lui. Ces dernières grognaient, n'attendant qu'un ordre de leur maître pour s'élancer sur ces cibles vivantes.

- Merveilleux... j'ai l'impression que nous sommes tombés sur une jolie tanières de rats...

Hrp: Petit post, mais je fais ce que je peux avec ma co instable! ( et le fait aussi que je soit défoncay )
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Wiryan D.Monrian

Scribe Arcanique

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Race : Démon commun / chat
Classe : Mage noir
Métier : Libraire
Croyances : Athé
Groupe : Beolan

Âge : 3e vie sur 9

Messages : 45

Fiche de Personnage :


MessageSujet: Re: Le festin du Vein [Ouvert sur demande]   Lun 27 Juil 2015 - 14:30

Soudain, la fenêtre la plus proche du Cavalier de la Peste explosa dans un violent flash bleuté et quelque chose tomba sur son chemin. Un chat. L'animal releva la tête et gronda:

-Fichues interférences magiques.

Puis il se figea. Les civils aussi. Pas les goules. Du moins pas toutes: l'une d'elle bondit en avant gueule grande ouverte. Elle fut proprement tranchée en deux par une lame de magie textuelle. L'air autour du chat trembla et Wiryan reprit forme humaine.

-Par les dieux... je tombe visiblement au mauvais moment.

Il jeta un coup d’œil derrière lui, aux civils tassés les uns contre les autres.

-Vous feriez mieux de fuir. Vraiment.

Quelques jeunes se mirent brusquement à courir pour leur liberté. Ils furent bien vite rattrapés par les goules et sauvagement déchiquetés. La fuite était une mauvaise idée. Wiryan fit face à son adversaire. Une puissante aura se dégageait du démon, une aura de ténèbres, de noirceur, de pestilence. Une aura qui évoquait maladie, mort et désolation. Et une odeur qui rappelait sans doute équivoque la pourriture. Le magicien montra les dents.

-Je ne peux pas vous laisser faire ça. Surprenant le regard plein de gratitude d'un vieillard, il se reprit. Pas par altruisme (la lueur s'éteignit chez le vieux) mais par instinct de survie. Vous ne me laisserez pas sortir d'ici. Donc... (des runes noires tourbillonnèrent autour de ses poignets) je vais être obligé de me frayer un chemin.

Le mage tendit les mains et une violente explosion secoua le bâtiment. Le plafond s'écroula brusquement devant le cavalier de la peste. Des glyphes magiques vinrent se coller au mur improvisé, y ajoutant une barrière magique.

-Nous n'avons que quelques minutes. Voir des secondes. fit Wiryan. Tous. Ici.

-Non. Fit un homme corpulent.

-Et pourquoi donc ? Je tente de vous sauver.

-Vous pouvez être un de ces monstres !

Wiryan pencha la tête. Puis sourit.

-Vous avez raison. Votre résonnement ce tient. Je vais donc fuir seul. Adieu.

-Pitié ! fit une femme Enmenez moi !

-Moi aussi !

-Et moi donc !

Les civils se rapprochèrent. Ils n'étaient pas tous là, mais suffisamment pour faire une belle jambe au lieutenant dArphoss. Après tout, pourquoi Wiryan était-il ici, à sauver des vies ? Pour s'amuser. Pour narguer le Vein. Et pour passer le temps. Dans son dos, le mur faiblit. Manqua de s'écrouler. Le magicien frappa dans ses mains et le cercle de runes se releva tel une formidable mâchoire d'ombres et avala ses occupants. Au même instant le mur céda. Mais la plupart des civils avaient fuis, et le magicien-chat aussi.

Hrp:
 


Dernière édition par Wiryan D.Monrian le Lun 3 Aoû 2015 - 16:56, édité 2 fois
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Tarcus Crudelis

Le bras droit d'Arphoss

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Race : Démons communs (majeur)
Classe : Lame démoniaque
Croyances : Le Vein
Groupe : Serviteurs d'Arphoss [Démons]

Âge : Quelle importance?

Messages : 29

Fiche de Personnage : Les origines de la Lame.


MessageSujet: Re: Le festin du Vein [Ouvert sur demande]   Lun 3 Aoû 2015 - 15:43

"-Tu aurais dû me laisser le tuer."
Bark soupira en passant devant son interlocuteur sans même lui accorder un regard, ce qui sembla vexer quelque peu ce dernier.
"-Je ne plaisante pas, Vorasha s'est fait battre car il n'a aucune connaissance en matière de mag...
-Cesses de te plaindre, sorcier. Tu m'agaces."
Court silence. L'homme-araignée et son accompagnateur à la mine boudeuse traversèrent une avenue en flamme aussi silencieusement que rapidement, puis descendirent quatre à quatre un escalier menant vers quelques sombres ruelles. Tout deux d'humeurs moroses, ils continuèrent leurs progressions sans ajouter quoique ce soit d'autres. Une situation convenant tout à fait au grand Démon Bark, qui avait déjà tout le mal du monde, en temps normal, à se retenir d'étriper cette saleté vicelarde qu'était ce mage égocentrique. Sans vérifier si celui-ci arrivait à suivre son rythme, l'homme-araignée, arrivé en bas des escaliers, s'empressa de poursuivre sa route dans cette nouvelle ruelle trop étroite pour recevoir les rayons du soleil. Il perçut le crépitement caractéristique d'une flamme qu'on allume, dans son dos, et fit volte-face brutalement pour découvrir ce fichu mage, occupé à animer une petite boule de feu, sans doute dans le but de s'éclairer le chemin. Long soupir. Faible humanoïde, même pas capable de se déplacer dans les ténèbres. Comment le Vein avait pu vomir une telle créature?
Le mage haussa un sourcil en croisant le regard songeur de l'homme araignée, mais ne se risqua pas à poser une quelconque question et, une fois son sort terminé, il se contenta de reprendre sa route comme si de rien n'était. Bark fit de même.
Les bruits de combats semblaient de plus en plus proche...Mais les hurlements, eux, de moins en moins nombreux.
"-Ce foutu chat nous a téléporter loin du Berserker." Finit par pester Holvar, en prenant soin de ne pas heurter son front à sa propre boule de feu volante, tandis qu'ils prenaient la ruelle de droite.
Bark ne répondit pas, trop concentré qu'il était à détailler ces bruits inattendus. Encore de la résistance humaine? Si loin de la forteresse? Intéressant. Ou alors, des démons mineurs se disputaient quelques prisonniers. Plus probable. Moins amusant. Les griffes de ses mains pianotèrent dans le vide pendant un court instant, durant lequel l'araignée pu sentir l'inquiétude grandissante d'Holvar, alors que le boucan devenait de plus en plus net. Un nouveau croisement. Ses sens lui conseillèrent de continuer tout droit, ce qu'il fit.
"-Je retire ce que j'ai dis mon ami, ton sens de l'orientation est parfait ! Nous sommes passés par cette ruelle tout à l'heure, juste avant de trouver Vorash..."
Quelque chose de gros fit trembler le sol, et un rire puissant, sec, se fit entendre. Un rire qu'ils ne connaissaient que trop bien. Le mage et l'araignée pressèrent le pas, pour finalement redécouvrir la petite place où ils avaient laissés Vorasha.
"-Que les fausses-divinités me bannissent." Hoqueta Holvar en portant la main à sa bouche.
Bark se dirigea vers le centre de la place sans tenter de dissimuler le dégoût que lui inspirait la scène.
L'énorme lézard, appuyé sur sa lame démesurée, n'avait pas interrompu ses éclats de rire à la vue des deux nouveaux arrivants, au contraire, ces derniers semblaient avoir doublés en intensités. Son terrifiant corps ensanglanté, sans cesse secoué par les spasmes incontrôlables qui l'aidaient à s'esclaffer avec toujours plus d'intensité, étaient parsemés de coupures, de morceaux de lances et de lames brisées et, dans son énorme main gauche se tortillait une moitié d'humain malchanceux, trop têtu pour mourir, qui tentait de porter ses moignons de bras à ses oreilles, dans le but inatteignable de boucher ces dernières, déjà en sang, avant que ses tympans n'éclatent. Le rire de Vorasha évoquait l'effondrement d'un château, chacun de ses toussotements ressemblait au boucan causé par l'atterrissage de grosse pierre dans l'eau d'un profond marécage. Son intonation, brute, dépourvue de la moindre noblesse, était amplifié par ses quatre poumons et ses cordes vocales indestructibles, ainsi, à l'image de son frère d'arme, Tarcus, le lézard pouvait se servir de sa propre voix, et surtout de son amusement, comme d'une arme de secours.
Bien que Vorasha n'ait jamais vraiment eu besoin d'armes de secours, les corps qui l'entouraient pouvaient en attester.
"-Quel massacre." Déclara Holvar en grimaçant. Ses sens, pas aussi amélioré que ceux de Bark, semblaient avoir tout le mal du monde à garder supportable le tapage du lézard. Prudemment, il enjamba une bouillie rougeâtre ayant un jour été un tronc humain, puis entreprit de retirer la boucle d'intestin accrochée au dossier du seul banc de bois encore intact de la place.
Bark ne fut pas aussi précautionneux et s'approcha un peu plus de son camarade hilare en piétinant de ses huit pattes les détritus organiques se trouvant sur son chemin.
"-Tu as finis?"
L'intéressé se stoppa et répondit une bonne minute plus tard, puis frappa brutalement l'épaule de son interlocuteur, dans un geste se voulant amical.  
"-Inutile de faire cette tête, tu aurais dû les entendre supplier, même toi tu aurais ris !"
Bark resta stoïque et croisa les bras. Il en doutait. Holvar, pour sa part, laissa apparaître un sourire en coin et s'assit finalement.
"-D'où sortaient-ils, ceux-là?"
La carcasse à moitié vivante, toujours dans la main du lézard, gémit quelque chose, et Vorasha resserra sa prise jusqu'à ce que le pauvret disparaisse entre ses doigts. Quelques secondes plus tard, une pulpe immonde s'écoulait le long de ses phalanges écailleuses.
"-Je ne sais pas, ils ont dû profiter du moment où vous m'avez lâchement abandonner pour tenter de me tuer pour de bon !
-Nous poursuivions un..."Le berserker en armure d'os interrompit Holvar avant que celui-ci n'ait pu terminer ses justifications.
"-Qu'importe, ah ! Quelle douce résurrection ce fut, douce et enivrante ! Le sang coulait à flot frère, et ils se sont bien battus, tous ! Même les pleutres ! Aucun n'a fuit ! Et ils sont tous morts comme les chiens qu'ils étaient. Celui-ci." Il désigna d'un doigt griffus un corps encastré dans un mur. Le cadavre était tant et si bien tordu que son dos touchait ses genoux." Il a hurlé si fort, que je suis sûr que sa catin de mère l'a entendu, où qu'elle soit !"
Bark ne savait pas vraiment si il devait rire au nez du géant, ou prendre le fait que ce dernier ne s'adresse qu'à lui, en ignorant royalement son mage accompagnateur, comme une sorte de compliment.
"-Quel terrible animal tu fais." Grinça-t-il finalement, le visage toujours déformé par une intense expression de dégoût. L'offense n'eut pas totalement raison de la bonne humeur du berserker.
"-Oui. Et quelles splendides proies furent-ils."
Holvar n'avait jamais su, jusqu'à maintenant, à quoi pouvait bien ressembler le sourire d'un guerrier saurien. Jusqu'à maintenant.
Bark soupira.
"-Ces blessures, c'était du bluff?"
Cette question eut le mérite de faire cligner des yeux le lézard.
"-Du bluff? Non. J'ai eu un coeur percé, quelques os brisés, et je suis presque sûr que ma rate a explosée, à un moment ou un autre. Mais j'ai la peau dure."
Bark hocha la tête sans trop chercher à comprendre où voulait en venir son camarade écailleux. Vorasha ne portait pas en grande affection la culture, la lecture et la philosophie, mais il connaissait chaque organes de chaque êtres, et diagnostiquait chacune de ses blessures, qui se refermaient pourtant rapidement, avec une extrême précision. C'en devenait parfois troublant.
Holvar, qui se sentait sans doute un petit peu seul, s'éclaircit la gorge pour attirer l'attention. Chose qui ne marcha qu'à moitié, puisque l'homme-lézard continua d'agir comme si il n'était pas là.
"-Si tout va bien, nous devrions peut-être rejoindre le seigneur Crudelis."
Bark hocha la tête et se remit à marcher, sans vérifier si le saurien les suivait ou non.
Ce qu'il faisait.

† † †

Sheïla n'avait cessé de le dire, tout le long de sa vie : Le comte Valimdor, son frère de sang, n'était qu'un incapable obséquieux, cupide et mesquin. Le mettre sur le trône du dirigeant de la ville et, surtout, placer le destin de sa jeune soeur entre ses doigts couverts de bagues dorées était une idée ridicule. Sheïla avait toujours été plus qualifiée, plus intelligente, vive, charismatique, pour occuper ce poste. Mais c'était une femme, et les hommes ne pouvaient supporter de voir une femme à leur tête. Et maintenant. Cette tête allait être tranchée sans ménagement par des bêtes qui avaient profités de l'incapacité du comte à ériger une défense solide entre lui et le monde extérieur. Chienne de vie.
"-Vous devriez reculer ma Dame." Souffla difficilement un des gardes royaux, en callant le trône doré du comte contre la grande porte.
Elle s'exécuta, laissant ainsi passer un deuxième garde royal, poussant, pour sa part, l'étagère en bois massif remplie de cadeaux, que le comte montrait toujours, fièrement, à ses invités de marques. Au moins, les lubies de ce bel abruti allaient peut-être réellement servir à quelque chose, pour une fois. Quelqu'un, à l'extérieur, poussa un hurlement déchirant, et Sheïla se remit à ronger ses ongles en s'adossant contre le mur le plus proche. Son frère, à l'exact opposé de la grande porte, se terrait en tremblant derrière ses deux meilleurs gardes, au coté de Priscilla, sa femme, qui n'avait de cesse d'essuyer ses joues couvertes de larmes à l'aide d'un mouchoir de soie rouge du plus bel effet. Se pensaient-ils beaux, tout les deux, à se serrer l'un l'autre en attendant de mourir de peur? Sheïla déchira un pan de la robe qu'elle avait hérité de sa mère, et attrapa la dague dissimulée dessous, contre sa cuisse.
"-Qu'est-ce que ceci?"
C'est la lame que je voulais utiliser pour te trancher la gorge, le jour où tu m'aurais marier à un de tes amis, moyennant finances. Pensa-t-elle.
"-Une dague. Tu sais encore à quoi ça sert?" Siffla la jeune fille avant de se diriger vers le garde le plus proche. Ce dernier la contempla des pieds à la tête en manipulant machinalement son hallebarde.
"-Vous avez une lame en trop?"
L'intéressé hocha la tête avant de cligner des yeux de surprise. Sheïla tendait en effet sa main libre, ouverte, dans sa direction. Haussant finalement les épaules, l'homme d'arme décrocha l'épée courte qui battait son flanc pour lui confier.
"-Vous savez vous en servir?
-Pas vraiment, mais je préfère mourir comme ça que comme ces deux abrutis."
Elle avait déclaré cela d'un ton trop bas pour que les principaux concernés entendent, aussi son interlocuteur lui répondit par un simple sourire, triste, désespéré. Mais un sourire quand même.

Six minutes plus tard, les portes volaient en éclats.

Il n'y eut pas de baroud d'honneur glorieux pour les gardes royaux et leurs quelques protégés. Les deux plus proches de la portes se firent massacrer, avant même d'avoir eut le temps de lever bouclier ou hallerbarde, par un énorme taureau bipède. Ceci fait, la terrifiante bête, qui, sans cesser de beugler, bavait sur le carrelage brillant si cher aux yeux du comte, détailla pendant quelques instants la salle puis prit appuie sur le pommeau de son énorme hache et s'immobilisa dans l'entrée. Un chevalier noir, presqu'aussi grand que la bovine abomination, ne tarda pas à dépasser cette dernière, pour avancer d'un pas lourd en direction du comte et de sa femme.
Le garde avec qui Sheïla avait discuté, peu de temps auparavant, se planta héroïquement devant elle, avant de se faire tout bonnement briser en deux par l'épée maudite de Tarcus. La jeune fille, sentant sa mort arrivée, profita de ce qu'elle pensait être une ouverture pour précipiter ses deux lames vers le torse du tueur, mais fut balayée à son tour par un revers de gantelet qui l'envoya s'écraser quelques mètres plus loin. Le démon ricana longuement en accordant un regard à sa frêle silhouette, qui tentait déjà de se relever, puis reposa ses yeux sur le comte tremblant et sur ce qui avait l'air d'être sa compagne;
"-Amusant. Vermine, est-ce toi, le comte Valimdor?"
Pas de réponse. Les deux derniers gardes, postés juste devant le concernés, échangèrent un regard consternés avant de se jeter de concert sur cet assaillant inhumain. Tarcus attrapa la tête du premier de sa main libre et resserra sa poigne jusqu'à ce que la boite crânienne explose. Le deuxième, proprement empalé sur l'énorme épée du bras droit d'Arphoss, se mit à lâcher quelques déchirants borborygmes...
Borborygmes qui gagnèrent en intensité lorsque le bourreau leva son épée, et celui qui la ornait, au-dessus de lui. Une fine pluie de gouttelette de sang se déversa sur le heaume du démon, qui avait l'air de s'amuser, ou de se désaltérer, tandis que sa victime parvenait à rassembler suffisamment de force pour hurler de douleur. Le calvaire dura deux longues minutes, et s'acheva au moment où Tarcus expédia le cadavre derrière-lui, d'un revers de lame, et que le minotaure à l'entrée le réceptionna pour le dévorer, fort heureusement, le pauvret était déjà dans un état comateux, lorsque les mâchoires puissantes du bovin se refermèrent sur ses entrailles chaudes.
"-Je réitère ma question, vermine, est-ce toi, le comte Valimdor?"
Cette fois, Sheïla lui répondit.
"-Oui ! C'est ce foutu lâche, le glorieux Comte en charge de notre si belle, si prospère, cité !
-Ne peux-tu pas mourir pour de bon, petite pute?!" S'emporta l'apparente compagne du comte, qui serrait tant l'épaule de ce dernier que celui-ci grimaçait de peur ET de douleur. Tarcus retira son heaume pour dévoiler son visage blanchâtre, figé dans une expression de dégoût.
"-Dois-je vraiment me fatiguer à venir jusqu'à toi?
-Jecapitule." Cracha l'intéressé avant de perdre pied et de s'asseoir sur le sol carrelé de manière totalement exagéré. Pitoyable. Sa compagne recula lorsque Tarcus, pour l'instant au centre de la grande salle, fit un pas dans leurs directions.
"-Je me fiche de tes magouilles de lâches, je tuais déjà les pleutres qui se rendaient à l'ennemi lorsque j'étais mortel. Sais-tu qui je suis?"
Tandis que Sheïla parvenait finalement -et difficilement- à se relever, en s'aidant de son épée courte, le chevalier noir se tourna vers les restes du trône ayant servit de barricades inutiles.
"-Il va m'en falloir un plus grand."
Le minotaure derrière-lui ricana.
"-Nonjenesaispasquivousêtes." Répondit enfin, en un souffle, le comte au bord de l'apoplexie.
Un sourire narquois apparut sur le visage du démon.
"-Je suis celui à qui tu dois cette cité. Je suis celui qui l'a libérée du joug des maléficiens qui l'occupait. Et, désormais, je viens reprendre mon dû. Pour cela, tu vas mourir. Comprends-tu cela, clown de comte, roi des pleutres?"
Chacune des insultes crachées par la bouche démoniaque semblaient faire rapetisser le pauvre type. Un rire féminin, et un bruit fort peu élégant, qui avait tout l'air d'être un crachat, attira le regard de Tarcus vers la jeune fille qu'il avait expédié plus tôt : Sheïla. Elle arborait un sourire timide, qui n'allait absolument pas avec son attitude effrontée et ses ricanements occasionnels.
"-Faites-moi plaisir, tuez-les avant moi."
Tarcus ricana à son tour en observant les mines outrées des deux principaux concernés. La femme, qui l'avait déjà invectivée plus tôt, n'y tint plus.
"-Le seul regret que j'aurais en rejoignant mes ancêtres, c'est de ne pas avoir pu te tordre ton sale petit coup de trainée !"
Le démon majeur se passa la langue sur les dents en se délectant de cette scène, plutôt inattendue. Un silence pesant s'installa après cette dernière insulte, puis vint au démon une idée lumineuse.
"-Si tu tiens tant que ça à les voir morts, je peux te laisser t'en occuper."
Tarcus n'aurait pas cru que les yeux du comte aient pu plus s'écarquiller, et pourtant... La demoiselle, de son coté, piétina sur place en faisant faiblement tournoyer l'épée qu'elle avait en main. La proposition ne semblait pas l'avoir chamboulée tant que ça, au contraire. La lueur qu'il croyait discerner dans ses grands yeux noirs n'avait clairement rien à voir avec de la peur, de la tristesse, ou de la confusion.
"-Tu y as déjà pensé." Déduisit le démon, le sourire aux lèvres."Bien avant notre arrivée."
Elle éclata de rire comme une gamine. Tarcus s'approcha de la jeune femme en se désintéressant totalement du couple de dirigeants.
"-Quel genre de petite folle es-tu donc..."
Il la sonda encore une fois du regard, en passant outre sa répugnante enveloppe d'être faible originaire de feleth, sa mortalité, et son esprit d'ignorante limitée. Et il rit. Les récents évènements avaient mis à sac, pour de bon, les multiples barrières émotionnelles qu'elle s'était imposée, tout au long de sa trop courte vie.
"-Est-ce qu'il dit vrai?" Vociféra l'honorable Priscilla en s'avançant d'un pas, elle aussi."Est-ce que ton esprit malade l'était suffisamment pour envisager le meurtre de ton propre frère?
-Il n'avait qu'à pas te prendre, toi." Répondit Sheïla, sans vraiment se rendre compte qu'elle l'avait dit à haute-voix.
Tout devint clair pour Tarcus, et son rire doubla en intensité.
Oh, quel terrible péché, la sœur dissimulant son amour malsain, envers son propre frère, sous une épaisse couche de haine. Un si beau drame était en train d'atteindre son apogée ici, et maintenant, alors que le monde s'effondrait sous leurs pieds. Amusant, très amusant.
"-Je savais que quelque chose n'allait pas avec toi, je savais que..."
Légèrement empourprée, Sheïla se tourna vers sa rivale et cracha :
"-C'est amusant d'entendre ça de la part d'une femme aussi aigrie que toi, incapable de donner d'héritier digne de ce nom à cette famille."
Priscilla tenta de répondre, mais Tarcus fut plus rapide en se jetant sur elle, l'attrapant par les cheveux pour la tirée vers la sortie.
"-Cette entrevue ne concerne pas les "pièces rapportées" ma chère." Sans faire attention aux implorations de la comtesse, le démon jeta cette dernière en direction du minotaure, toujours occupé à dévorer nonchalamment le corps d'un garde. "Allez donc vérifier si cette chère comtesse est bel et bien infertile ! Dehors !"
Le monstrueux bovin ne sembla pas comprendre où voulait bien en venir son supérieur. Ce ne fut pas le cas du cultiste posté dans l'ombre de ce dernier qui se jeta sur la pauvre femme pour la trainer dehors. Visiblement perturbé, le minotaure suivit l'étrange duo en emmenant avec lui son garde-manger. Ceci fait, Tarcus se tourna de nouveau vers le frère et la sœur.
Le comte n'avait même pas bougé lorsqu'on avait emmené et molesté sa compagne. Pendant un court instant, l'idée d'écarteler ce pauvre lâche tout de suite lui traversa l'esprit, mais il se reprit. Un autre plan, bien plus intéressant, lui venait en tête.
"-Tu aimes ton frère, mais il en a choisit une autre. Alors tu l'as détesté. Enfin, tu as essayé."
La concernée avait les yeux brillants et ses mains tremblaient légèrement. Le comte, de son coté, semblait totalement hagard. Plantant son épée dans le carrelage, et posant son heaume sur le pommeau dressé de cette dernière, le démon majeur poursuivit sans cacher la délectation qu'il tirait de cette scène si parfaitement grotesque.
"-Tu as envié sa femme, tu l'as envié lui, et la place qu'il occupait ici. Tu avais toutes les raisons de le haïr, mais ton corps ne voulait pas. Car ton corps de pauvre petite fille déviante le désirait plus que tout."
-Tu dis rien, toi?" Bredouilla-t-elle, à son frère, en souriant timidement. Son visage avait prit une teinte plus rouge que le sol maculé de sang encore chaud. Tarcus s'assit en tailleur, sans cesser de sourire, pour profiter au mieux du tableau pitoyable qu'offrait l'humanité et ses multiples déviances. Du coin de l'oeil, le bras droit d'Arphoss remarqua que la jeune femme avait l'os du tibias droit qui avait dû se briser, avant de percer sa chair tendre. Mais aucune douleur ne filtrait sur son visage innocent. Elle souriait, mais des larmes coulaient le long de ses joues creuses. Tant de contradictions dans un si petit être.
Ce fut le comte lui-même qui brisa ce nouveau silence, en se relevant juste assez pour être à genoux, et cracher d'un ton à la fois triste et méchant :
"-C'est un cauchemar."
Le visage si fin de la jeune femme qu'était Sheïla se métamorphosa aussitôt. Et c'est sans se soucier de ses propres blessures qu'elle se jeta, épée en avant, sur son propre frère, pour le transpercer six fois sous le regard critique de l'élément déclencheur de tout cela. Elle riait, pleurait, l'embrassait, le caressait, puis le frappait une nouvelle fois. A un moment, il cessa de bouger et d'implorer pardon, non sans cracher un ultime glaviot de sang qui recouvrit le visage, déjà particulièrement ensanglanté, de sa sœur. Cela ne la stoppa absolument pas, au contraire. Fébrilement, elle lui retira sa ceinture et s'adonna sans la moindre gêne au pire des péchés imaginable.
Soucieux de ne pas perturber l'étrange spécimen, Tarcus détourna le regard et quitta à son tour la pièce, pour rejoindre la cour. A la sortie, il fut soulagé de retrouver son vieil ami Vorasha, accompagné par l'homme-araignée et son mage de compagnie. Les démons majeurs se saluèrent rapidement d'un hochement de tête, et le saurien posa son énorme patte griffues sur l'épaulière du bras droit d'Arphoss.
"-Alors, cette cité est à nous?
-Il y a encore quelques petits détails à régler. Je crois que j'ai trouvé un moyen pour maintenir en laisse les esclaves plus facilement. Au passage, ravi de te voir de nouveau debout, frère."
L'imposant reptile grogna son approbation et alla s'asseoir sur un tas de roche ayant jadis été un mur de forteresse. Une courte cape de peau à moitié fondues recouvrait son épaule gauche, ainsi qu'une bonne partie de son bras. Sans doute un nouveau trophée.
"-C'était un mage, puissant, bien plus que cette vermine." Cracha-t-il en désignant d'un mouvement de tête Holvar, qui, heureusement, s'était légèrement éloigné pour profiter du panorama qu'offrait le haut de cette ville en flamme. "Il a failli me tuer, mon frère. Un mage, qui venait du Vein ! Les deux autres l'ont laissés s'enfuir...
-Intéressant." Tarcus se gratta le menton, en pleine réflexion, puis, après un court silence, le démon majeur interpella Bark, qui observait, comme d'habitude, la scène d'un air passif."Où est Deydreus?"
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Deydreus Mograine

Cavalier de la Pestilence

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Race : Démon Commun Majeur
Classe : Cavalier de l'apocalypse
Métier : Maître de la pestilence
Croyances : n/a
Groupe : Démons

Âge : Plus de 200 ans

Messages : 10

Fiche de Personnage : La source de la maladie...


MessageSujet: Re: Le festin du Vein [Ouvert sur demande]   Lun 10 Aoû 2015 - 22:54

Deydreus observa ce qu'il se passait sous ses yeux en silence. L'arrivée du mage puis sa disparition ne le fit qu'arquer un sourcil. Il aurait voulu s'occuper des civils mais on lui avait enlevé son jouet. Tant pis, il trouverait sûrement divertissement ailleurs. Posant la main sur les gravas devant lui, ces derniers s'effritèrent en quelques secondes avant de s'effondrer dans un nuage de poussières. Il restait encore quelques humains, sûrement trop suspicieux à l'égard du mage. Ces derniers observèrent le cavalier d'un air inquiet, tandis que celui-ci croisait les bras, ses goules hurlant derrière lui.

- Bon appétit.

Les monstres s'élancèrent, et très vite, ce fut un carnage, il restait bien peu de civils, aussi les goules, furieuses de n'avoir que peu à manger, s'acharnaient sur leurs victimes, s'y reprenant à de multiples reprises. Elles arrachaient chaire et tendons tout en évitant les points vitaux pour profiter le plus longtemps possible de la viande fraîche. Le jeune humain aux côtés du cavalier regardait les réfugiés périr, un sourire étrange sur son visage. Si Deydreus avait d'abord pensé qu'il agissait par pur instinct de conservation, il était évident que l'enfant était satisfait de ce qu'il observait. Mieux encore, il prenait du plaisir dans le massacre de ses pairs. Il ferait un bon écuyer. L'enfant avait d'ailleurs gardé la lame qu'il avait utilisé pour abattre son père, la plaçant et l'attachant dans son dos, ne pouvant véritablement s'en servir. Se tournant vers le petit, Deydreus posa sa main gantelé sur l'épaule de son servant. Il fut heureux de constater que l'enfant n'était pas effrayé. Il avait décidé de son nouveau nom, l'ancien était trop ridicule, trop.. Faible.

- Viens, Sylmarion, allons rejoindre le bras droit d'Arphoss.

Ils quittèrent ainsi l’hôpital, laissant la bâtisse s'effondrer sur elle même une fois les goules et le cavalier sortis. Montant sur sa monture, le cavalier invita son écuyer à monter sur l'épaule d'une des goules, afin de se déplacer plus rapidement. Ils se faufilèrent dans les ruelles, tuant et traquant toutes les vermines qu'ils rencontraient. A chaque fois, les goules se chargeaient du travail, jusqu'à ce qu'ils ne s'approchent d'une position retranchée, où les attendaient un homme en armure blanche. Ce dernier faisait tournoyer sa lame dorée d'un manière rapide et soutenue, un nombre assez marquant de démons à ses pieds. L'aura de l'inconnu frappa Deydreus qui mit pied à terre presque aussitôt.

- Amusant.. Je n'aurais jamais crut trouver un élu dans ce trou à rat.

Dégainant ses deux lames, le cavalier de l'apocalypse ricana en faisant craquer sa nuque. Il allait peut-être pouvoir se divertir un peu après tout. L'élu, le regard vif et visiblement sûr de lui, se tourna vers Deydreus et fit apparaître dans sa main gauche un éclair lumineux.

- Dommage que ce ne soit ta dernière trouvaille, démon.

L'éclair quitta presque instantanément la main de l'individu. D'un geste vif de la main, Deydreus balaya l'éclair à l'aide de son épée, chassant la magie.

- Il te faudra plus que quelques tours de passe-passe pour me vaincre élu. Voyons ce que tu vaux plutôt au combat.

Se jetant sur son adversaire, Deydreus frappa violemment la garde de l'élu qui para autant que faire se peut, avant de tenter une frappe d'estoc, que le cavalier esquiva en roulant sur le côté, avant de se jeter sur son ennemi de nouveau, assénant une frappe de taille, forçant l'inconnu à sauter en arrière pour ne pas finir en masse sanguinolente. Se redressant et fixant celui qui lui faisait face, Deydreus souffla doucement.

- Quel est ton nom, élu?
- James Wesson, membre de l'aube sanglante.
- L'aube? Hahaha, ce groupe existe encore? Il me semble que vous étiez en affrontement direct avec quelques sectaires... Et que vous perdiez.
- Sottise! Nous vaincrons! Et vous, monstres, allez être anéantis! Quel est ton nom serviteur d'Arphoss?
- Il y a méprise, si je me bats aux côtés de ces démons, ce n'est pas par servitude envers Arphoss, bien que je lui sois encore fidèle, mais par envie de combattre avec un frère d'armes, et pour chasser les vermines qui peuplent Feleth. Un bonus si je trouve des personnes comme toi. Je me nomme Deydreus Mograine, ancien envoyé d'Arphoss, et porte-peste. En garde, James, voyons si ta lame est aussi acérée que ta langue.

Ils s'élancèrent tout deux, frappant leurs lames à multiples reprises. L'élu était doué, comme l'étaient généralement les membres de cette organisation que Deydreus avait déjà combattu, mais ils avaient tous la même faiblesse, l'honneur.
Esquivant une énième frappe et roulant sur le sol, le cavalier attrapa une poignée de sable qu'il lança vers son adversaire, le forçant à lever la main pour se protéger le visage, s'attendant à une attaque. Balayant la lame qui arrivait sur lui, l'élu ne remarqua que trop tard que le cavalier n'avait pas attaqué mais seulement lancé sa lame. Un bruit sec le fit revenir à la raison, la main de Deydreus traversant son épaule droite, tandis que sa lame son épaule gauche. Un poison rapide se répandait dans le sang de l'élu dont la vision se troublait, alors que sa chaire se nécrosait au niveau du gantelet du cavalier.

- Or... ordure... Ce n'est... Pas...
- Juste? Aucun combat ne l'est. Les justes ne survivent pas, preuve en est. L'honneur n'apporte que faiblesse et illusion. Tu es fini, élu. Rassure toi, aucun goule ne goûtera à ta chaire.. Mais observe ce qu'il se passe autour de nous...

L'élu peina à relever la tête, sa respiration se faisait saccadée et irrégulière, alors que le poison faisait son oeuvre. Un cri étouffé s'échappa de sa gorge alors que ses yeux se posaient sur les goules du cavalier et l'environnement. Chacune des créatures portaient autour de son cou un collier fait en os d'enfants, des morceaux de fémurs, colonne vertébrale et autres morceaux mis bout à bout afin de former ce collier macabre. Quand aux murs, tous étaient recouverts de moisissure si ce n'est en train de s'effondrer. Le sol quand à lui, était entièrement composé de terre morte, d'où une odeur pestilentielle se répandait. L'élu le savait l'horreur qui frappait la cité n'était pas encore prêt de s'achever, les démons voulaient encore jouer un peu, et rien ne pouvait réellement les décevoir dans leur oeuvre.

- Vous êtes finis, vous qui tentez de résister. Et vous savez pourquoi? Parce que nous, nous nous moquons de l'honneur et tout ce qui s'en rapproche, seul persiste la violence et la force. Deux domaines dans lesquels nous excellons. Oh et... Ma maladie se répand dans les rues, la peste frappera tous les survivants qui refuseront de se soumettre, la ville tombera, quel que soit l'issu de cette bataille.
- M... mons...
- Adieu.

D'un geste vif, le cavalier écarta les bras, arrachant avec sa main droite toute la partie droite de l'élu, alors que sa lame tranchait son bras gauche. Attrapant son cou alors que sa carcasse s'effondrait, Deydreus usa de son pouvoir et laissa la peau puis les os de l'élu se transformer en poudre, ne récupérant que la tête du pauvret. Jonglant un peu avec, il la lança à Sylmarion qui l'attrapa en silence et fixa les yeux effrayés de l'élu, avant de reporter son attention sur son maître. Claquant des doigts, le cavalier laissa les goules s'approcher et soulever les restes de son ancien adversaire, avant de s'enfuir à droite et à gauche dans les ruelles, dans le but de laisser des morceaux de cadavres un peu partout, facilitant la propagation de la maladie du démon majeur.

- Bien, rejoignons Tarcus, il doit sûrement se trouver au niveau de...

Un bruit caractéristique d'une porte enfoncer attira l'attention du cavalier qui porta son regard sur le fort un peu plus en amont. La porte venait d'être enfoncée. Remontant sur sa monture, le maître de la pestilence pointa du doigt la forteresse.

- La forteresse. Allons, ne traînons pas, j'ai hâte de voir la suite.

Ils s'élancèrent rapidement, n'étant que peu gêner sur la route qui les menait à la forteresse. Après quelques minutes, le cavalier mit pied à terre et rejoignit Tarcus qui discutait avec ses lieutenants. Attrapant la tête que tenait encore Sylmarion, le cavalier s'approcha, son armure cliquetant.

- Je suis là, mon frère. Je chassais les rats comme d'habitude. D'ailleurs...

Il lança la tête, la laissant rouler jusqu'aux pieds du bras droit d'Arphoss.

- J'ai croisé ça sur ma route, un élu d'Adyril. J'avoue que la surprise fut agréable, il doit sûrement en avoir encore quelques uns dans cette cité, luttant vaillamment pour la veuve et l'orphelin.

Il souffla doucement, blasé par cette simple idée, des personnes capables de combattre pour une cause aussi noble, ridicule.

- Oh, et j'ai croisé un mage, amusant je dois dire, il s'est amusé à sauver quelques pauvrets que je m'apprêtais à réduire en esclavage. Dommage, la plupart était mourant, blessés, ou malades. Quoiqu'il en soit, quelle est la suite de ce délicieux carnage?
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Tarcus Crudelis

Le bras droit d'Arphoss

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Race : Démons communs (majeur)
Classe : Lame démoniaque
Croyances : Le Vein
Groupe : Serviteurs d'Arphoss [Démons]

Âge : Quelle importance?

Messages : 29

Fiche de Personnage : Les origines de la Lame.


MessageSujet: Re: Le festin du Vein [Ouvert sur demande]   Dim 11 Oct 2015 - 11:00

"-C'est bientôt terminé."
Tarcus avait craché ces mots sans vraiment donner l'impression de s'adresser à quelqu'un d'autre que sa propre personne. Les bras croisés, le regard orienté vers les cieux enfumés de la cité, le démon majeur semblait en pleine réflexion, chose qui n'échappa à personne, surtout pas a Bark, toujours légèrement en retrait par rapport aux autres. De son coté, Vorasha, qui s'occupait jusqu'à maintenant en nettoyant le sang recouvrant son énorme lame via de grands coups de langues, émit un rire gras avant de s'avancer vers Deydreus et de lui frapper brutalement -mais amicalement- l'épaule gauche.
"-A peine revenu d'entre les morts, tu recouvres déjà tes griffes de sang angélique, ahah ! C'est un plaisir de te rencontrer, Portepeste !"
Tarcus sourit à la vue de l'action du Berserker. A l'inverse de Bark et son mage de compagnie, le saurien ne pensait même pas à se mettre à une distance de sécurité du Cavalier pestilentiel, la maladie n'ayant pas le moindre effet sur son organisme apparemment inaltérable. Un constat amusant, puisque le chevalier noir lui-même doutait pouvoir ne serait-ce que rester debout aux cotés de Deydreus sans être protégé par son armure et la capacité régénératrice que cette dernière lui conférait. L'écho d'un rire inhumain, venant des profondeurs de la ville en contrebas, se fit entendre, et Tarcus remarqua du coin de l'œil que ce simple fait améliorait l'humeur d'Holvar, qui souriait de toutes ses dents. Le pauvre mage devait se sentir bien seul à présent, au milieu de tout ces géants, aussi tentait-il sans doute de se rassurer en écoutant, les yeux fermés, les ultimes expirations de la cité. Bark passa derrière le groupe pour se hisser sur un tas de débris et ainsi adopter une position de sentinelle, dans le but presque avoué de simplement éviter d'avoir a prendre part à la conversation. Comme d'habitude, Vorasha n'y prêta pas la moindre attention et enchaina :
"-Qu'attends-tu pour nous faire part de tes plans, frère?"
Le chevalier noir ricana tout en remarquant qu'Holvar avait rouvert les yeux et écoutait désormais avec attention.
"-A l'intérieur de la salle du trône, il reste un membre de la famille dirigeante."
Il n'en fallut pas plus à Vorasha pour s'avancer vers l'entrée de ladite salle, prêt à tuer. Tarcus se retint de pouffer devant l'impulsivité de son frère de bataille et enchaina, sans tenter de le retenir.
"-Elle va nous servir."
Le reptile se stoppa de lui-même.
"-Comment le sais-tu?
-Les graines de la folie ont germées en elle, sa jalousie et sa perversion ont corrompue ses songes. Je vais offrir à cette humaine ce que son esprit désire depuis toujours : Le droit de diriger cette ville. En notre absence."
Vorasha tiqua sur ces dernières paroles, brusquement, il se retourna pour gronder :
"-Une intendante humaine? Folie." Pour ponctuer ses dires, le saurien cracha par terre en affichant un air désapprobateur.
Holvar profita du court silence qui suivit pour tenter une intervention :
"-Un sort de possession pourrait...
-Silence !" Le grondement de Vorasha éclipsa totalement les paroles du mage. "N'essaie même pas de parler de tes dons de faibles en ma présence, petit sorcier !"
Tarcus intervint avant que le saurien ne se décide à tuer l'impudent.
"-Paix, frère. La présence d'une représentante de la famille dirigeante à nos cotés calmera les ardeurs des esclaves, mais si elle tente quoique ce soit, je la tuerais moi-même. De plus, les corps des esprits brisés sont des refuges idéaux pour les puissances d'en-dessous, je l'emmènerais dans le Vein pour la faire devenir l'une des nôtres."
Le saurien grogna une nouvelle fois, puis haussa ses larges épaules.
"-Pourquoi rendre les choses si complexes? Il suffirait d'écorcher trois ou quatre de leurs leaders et de les pendre à la vue de tous pour s'assurer l'obéissance de chacun...
-Et faire de ces morts des martyrs." Compléta le chevalier noir, d'un ton neutre."Non, Vorasha, un esclave sans espoir ni allégeance n'est rien d'autre qu'une carcasse prête à se suicider sur les lames de ses cruels maîtres. Et il va nous falloir beaucoup de bras pour reconstruire ce que nous avons détruit.
-Je comprend ton raisonnement, mais je hais le fait que l'on ait tant besoin de ces fragiles mortels." Pour illustrer ses dires, Vorasha écrasa sous sa lame le corps parcouru de soubresaut d'un garde manchot. Tarcus hocha la tête d'un air compréhensif.
"-Ce n'est que temporaire, rassures-toi. Un jour nous...
-Monseigneur !"
Le reptile et son interlocuteur se tournèrent de concert vers la provenance de cette nouvelle voix : un petit être bipède, au corps totalement masqué par une grande et sombre toge avec capuche, une énorme amulette représentant une étoile à huit branche pendant au niveau de son torse l'obligeait à se cambrer pour supporter le poids du métal noir et le rendait ainsi encore plus pitoyable que la plupart de ses semblables. Un cultiste, sans doute un dirigeant de secte, Tarcus devinait sans grand mal pourquoi il dissimulait son corps ainsi : Comme tout les illuminés, il avait lacéré sa chair de la plus cruelle des manières pour s'attirer les bienfaits de leurs nouveaux dieux.
Dieux auxquels il s'adressait désormais.
D'une manière exagérément cérémonieuse, le cultiste, remarquant l'attention qu'on lui accordait, s'écorcha cruellement en se mettant à genoux de la plus brutale des manières avant de baisser respectueusement le regard et déclarer :
"-Toutes les portes sont fermées seigneur, comme vous nous l'avez ordonné."
Vorasha émit un grondement hautain, à mi-chemin entre un ricanement et une mise en garde, puis croisa ses bras écailleux sans ajouter quoique ce soit. Retenant l'envie soudaine d'écorcher la vermine qui s'humiliait ainsi à ses pieds, Tarcus désigna d'un mouvement de tête la silhouette squelettique d'Holvar.
"-Occupes-toi de ça, veux-tu?
-Bien sûr." Répondit le mage, de manière un peu trop pressée, sans dissimuler la joie dans sa voix.
Une fois le mage et son chien humain suffisamment loin, Vorasha revint vers le groupe en proférant quelques jurons à l'encontre de la vermine originaire de feleth. Tarcus aurait juré voir Deydreus retenir un sourire à ce moment-là.
"-Bien. Je m'en vais m'entretenir avec notre future intendante. En attendant, rassemblez nos nouveaux esclaves ici-bas, je veux que chacun puisse entendre mon discours."
Bark disparût aussitôt, imité quelques instants plus tard par un saurien se trainant sans grande conviction vers une destination incertaine. Avant de s'éclipser à son tour, Tarcus s'adressa au cavalier de la pestilence :
"-Nous devrons discuter après tout cela, bien des choses ont changés durant ton absence."

† † †

Elle n'était pas vraiment revenue à la raison. Non, en fait pas du tout. Nue au milieu des cadavres, recroquevillée contre le corps d'un frère qui n'avait pu lui procurer le plaisir qu'elle désirait qu'après sa propre mort, Sheïla n'était pas sûre de pouvoir un jour revenir à un état "normal". Ce qui était, sommes toute, un constat plutôt satisfaisant, puisque "état normal" rimait apparemment avec jalousie, ennui, souffrance. Pas une souffrance physique, comme celle que la jeune femme ressentait actuellement a chaque fois qu'elle bougeait sa jambe, non, cette douleur-ci était bien plus insidieuse...Cette horreur déchirait les entrailles, l'esprit. Tout. Pour finalement désintégrer la personne qu'elle rongeait.
Sheïla cracha quelque chose sur le torse nu de son frère mort, un mélange de sang et de bile, puis prit conscience du froid des lieux. Ses yeux fatigués balayèrent de droite à gauche la salle, à la recherche de quelque chose, n'importe quoi, qui pourrait être capable de réchauffer son corps frigorifié, puis sursauta en ressentant le souffle chaud dans son dos. Des gants griffus déposèrent sur ses épaules un manteau de fourrure aux bords tachés de sangs, sans qu'elle n'ose bouger. Puis une voix inhumaine se voulant conciliante gronda :
"-N'aie-pas peur, mortelle. Si j'avais voulu te souiller ou te tuer, je l'aurais déjà fais."
La jeune femme frissonna. Cette voix était froide, dépourvue de sentiment. Lentement, sans un bruit, il enjamba les corps pour se tenir devant-elle. D'une main et sans la moindre douceur, le chevalier noir l'attrapa par la taille pour la remettre sur pied, le gantelet recouvert de sang laissa sur son manteau de large trainée rougeâtre, mais elle n'y prêta guère attention, son propre corps étant lui-même plus écarlate que jamais.
"-Cette cité est la nôtre désormais."
C'était un fait.
Il se baissa pour approcher un heaume froid de son visage ensanglanté. Pour une raison inconnue, elle ne remarqua que maintenant que sa propre lèvre inférieure tremblait sans discontinuer.
"-J'ai une proposition à te faire. Et tu vas m'écouter. Ou mourir."

† † †

Les jours qui suivirent l'assaut furent exclusivement dédiés à l'effacement même de la notion de "Liberté", à l'intérieur des remparts de la cité. Ces murs, si haut, si solides, sur lesquels comptaient jusqu'à maintenant les habitants, devinrent l'instrument de leur emprisonnement lorsque les nouvelles sentinelles prirent leurs fonctions. Aucun humain, aucun elfe, aucun être normalement constitués ne pouvait ne serait-ce qu'imaginer pouvoir passer de l'autre coté sans être repéré par les infatigables surveillants. A la lueur du troisième jours, les corps des soixante-quatre inconscient ayant tentés de s'échapper par la porte Nord furent empalés à la vue de tous, autour des ruines calcinées des temples dédiés à Solstice.
Les membres des cultes démoniaques, qui avaient assistés les assaillants, lors de l'assaut, furent chargés de monter de nouvelles églises, dédiées à la gloire du Vein, et d'empoisonner le cœur des esclaves avec ce nouveau culte. On pendit les clercs, les prêtres et les moines de Solstice ainsi que tout ceux assez inconscients pour afficher leur croyance envers un autre dieu ou assez stupide pour vilipender la nouvelle religion.
Durant les deux premières semaines de règnes, les démons matèrent six débuts de rébellions, et entassèrent deux centaines de corps au pied de la forteresse du défunt comte Valimdor. Le cadavre de ce dernier, d'ailleurs, fut crucifié à l'intérieur de la muraille Nord-Est, là où les habitants étaient les plus nombreux.
Les bibliothèques furent incendiées, et leurs contenus transférées dans la forteresse, interdite d'accès.
Les mortels eux-mêmes condamnèrent certains quartiers, trop sombre, dans lesquels d'innommables bêtes erraient, à la recherche de quelque chose à chasser. Les natifs du Vein se mirent ainsi à protéger les habitants des monstres rodeurs, se rendant nécessaire à la survie de chacun et alimentant, surtout, le culte qui commençait à se créer autour d'eux. Pourtant, chaque nuit, des femmes et des enfants disparaissaient sans laisser la moindre trace, et sans inquiéter pour le moins du monde ceux qu'on appelait désormais "Les maîtres".
Le coup final fut porté par Sheïla Valimdor elle-même, que tout le monde croyait morte avec son frère. Au début de la troisième semaine d'occupation, celle qu'on nomma, plus tard : "La reine noire" réapparut et déclara aux restes dépenaillés de son peuple que la servitude était le meilleur moyen, que l'obéissance serait récompensée, et que la cohabitation avec Les Maîtres était le premier don que ces derniers leurs faisaient. Son apparition réchauffa le cœur des nostalgiques et son discours séduisit indécis et néo-cultistes.
Les rumeurs de rébellions, encore présente malgré les châtiments répétés, cessèrent ainsi pour de bon. Et les démons purent enfin commencer à régner en toute impunité.
A la fin du premier mois, Tarcus, avachit dans un trône taillé dans la roche de la forteresse qu'il occupait, recevait son confrère Deydreus pour parler d'un concept très apprécié des démons : La trahison.

"-Je vais tuer Arphoss." Commença-t-il, sur le ton de la conversation.
La salle du trône avait été, sans grande surprise, réaménagée par ses nouveaux propriétaires. Une énorme et rustique table de banquet, faites de pierre et de fer, se trouvait en plein milieu, à la place du tapis représentant l'emblème de la famille Valimdor. Sur les flancs, à la place des armoires pleines de gadgets sans intérêts ayant appartenus au défunt comte, se trouvait établi d'armes et d'armures, cadavres d'esclaves désobéissants et engins de tortures ensanglantés. On avait détruit la cheminée tout au fond, car les démons présent en ces lieux ne ressentaient pas la morsure du froid, et condamné les multiples fenêtres éclairant nuit et jours ces lieux. Tout était désormais fait pour mettre mal à l'aise le mortel qui osait entrer dans ces lieux, lors des rares moments où les dirigeants daignait leur accorder une parodie d'audience.
Deydreus et Tarcus n'étaient pas les seuls démons présents ici. Quatre gardes démoniaques hérissés de lames et de piques surveillaient l'entrée principale tandis que Bark et Vorasha, chacun d'un coté du trône, observait d'un œil intéressé ce début de conversation. L'insecte et le saurien se voyaient normalement chargés de sécuriser le dirigeant des lieux en se postant devant lui, mais Tarcus avait refusé qu'ils agissent de manières si agressives envers Deydreus. Pour l'heure, Vorasha ricanait sèchement en fixant le Portepeste d'un œil amusé.
"-Cet imbécile n'est pas un souverain. Lorsqu'il daigne communiquer avec nous, c'est pour éparpiller impulsivement nos troupes, faire acte de présence. Le simple fait de le qualifier de démon est une insulte envers notre monde."
Bark cracha un jet d'acide par terre, pour signifier son dégoût envers le concerné. La pierre touchée commença aussitôt à se dissoudre. Tarcus poursuivit sans y prêter attention.
"-Je ne veux pas prendre sa place, d'autres le feront sans doute. Mais je veux l'écraser, l'humilier et le tuer. Nous nous sommes tous avilis, nous avons courbés l'échines devant lui. Pour rien. Je ne peux pardonner cela. Et je ne suis pas le seul."
Vorasha ricana une nouvelle fois, puis croisa ses énormes bras en prenant la parole :
"-D'autres démons majeurs, moins discrets ou futés que nous, on déjà ordonné à leurs troupes de faire sécession avec celles de notre pathétique seigneur.
-Et je suis sûr que Shura va finir par les imiter..." Ajouta Tarcus.
Vorasha secoua la tête.
"-Le Mange-Fée n'est pas stupide, loin de là. Si il nourrit effectivement des désirs de trahisons, il ne les dévoilera qu'après avoir démembré Arphoss."
Bark s'éclaircit la gorge pour parler à son tour :
"-Je m'occuperais de contacter l'Engendreur dans ce cas.
-Reste prudent, alors." Ceci dit, Tarcus se leva de son trône pour avancer vers son ami Portepeste."Comme tu le vois, cette invasion n'est pas anodine. Nous rassemblons nos forces, nos ressources, pour pouvoir déchirer le Vein et faire tomber l'usurpateur. Notre inactivité à clairsemée nos rangs, aussi avons-nous besoin de toute l'aide possible. Et les démons majeurs se font rare." Tendant la main vers Deydreus, le chevalier noir reprit : "Je ne doute pas de ta réponse, mais je me dois de te poser tout de même la question : Nous aideras-tu?"
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