''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Vous voyez des démons vous? Moi pas! [Ouverts démon et ange]

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Djerin Rashkae

Guide des Protecteurs guerriers, Martyr

________________

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________________


Race : Séraphin
Classe : Méta-guerrier
Métier : Protecteur
Croyances : Aucune
Groupe : Anges

Âge : 524

Messages : 64

Fiche de Personnage : Djerin, le premier martyr


MessageSujet: Vous voyez des démons vous? Moi pas! [Ouverts démon et ange]   Jeu 25 Juin 2015 - 17:19

Description:
 

Le camp d’entraînement était en effervescence, sur le secteur alloué aux gardiens, les soldats courraient dans tout les sens. La quasi totalité des gardiens en repos ou en entraînement étaient sur place et le Fondateur avait ordonné à Djerin d'effectuer des manœuvres de cavalerie pour former les nouveaux à ce style de combat et tout les gardiens présents étaient ''conviés'' à participer. Les aides de camps des officiers et des soldats assez riches pour s'en payer finissaient les derniers préparatifs. Djerin, encore à pied, lança le signal du regroupement. Le temps que les troupes quittent la zone des tentes et prenne place sur le champ à coté il aurait finit son travail. Il pénétra dans la tente du général responsable du camp en saluant.

Monsieur.

Le général, un élu, grogna à sa vue et retourna sur sa carte.

Rashkae, vous en avez mis du temps. J'ai moi aussi des manœuvres à effectuer, alors dite moi ou vous avez l'intention d'aller bosser. Bordel, même si je n'aime pas trop l'idée qu'un corps d'armée ici ne soit pas sous mon commandement direct, je dois reconnaître que vous êtes foutrement efficace pour ce qui est d'être sur le pied de guerre. Et que vos hommes sont sont calmes.

Djerin secoua la tête et balaya les compliment d'un geste de la main.

C'est normal général, la majorité de ces hommes sont des vétérans, ils ont survécu à des embuscades tendues par des démons, lors de bivouaques mal placés, ou à des embuscades qu'ils tendaient eux mêmes. Croyez moi, ceux qui ont survécus connaissent la vertu du calme et de la préparation rapide. Ceux qui ne la connaissaient pas sont morts. Croyez moi mon général, si les gardiens sont la force militaire Adirylienne la plus efficace... Ce n'est pas à cause de l’entraînement plus intensif ou des critères de sélections. Non, si les gardiens sont les plus efficaces, c'est qu'ils ont le taux de pertes sur le terrain le plus élevé de toute l'armée d'Adiryl, et le fait que sur quatre-mille soldats plus de trois milles soient des vétérans n'est pas une véritable fierté pour moi. Parce que je garde à l'esprit qu'il y en a plus de six milles qui ne seront jamais des vétérans....

L'ange soupira et indiqua une zone sur la carte entre des collines basses et un bosquet.

Nous serons ici. Veuillez me pardonner général.

L'élu posa sa main sur l'épaule du séraphin, qui le dépassait d'une bonne tête.

Il n'y a rien à pardonner. Vous avez raison et je ne vous cache pas que j'aimerais que notre armée puisse faire la même chose que vous.

Djerin secoua la tête, s’apprêtant à expliquer pourquoi c'était impossible lorsqu'un soldat pénétra en courant dans la tente. Il était couvert de sang et semblait blessé. Son uniforme l'identifia immédiatement comme un membre des groupes de patrouilles larges autour du grand palais. Cette tache était affecté à des bleus dans l'armée vu qu'il s'agissait d'une mission mobile considérée plus comme une formalité qu'une nécessite réelle. Djerin attrapa le soldat au moment ou celui-ci allait s'effondrer. Il montra la carte, les yeux fous. Le séraphin l'y transporta et le jeune homme écrasa sa main sur la vallée de colline en soufflant.

Les démons... Ils sont sortis.... Par une faille... Non-repertoriée...

Le général se redressa brusquement tandis que Djerin se tendait comme une corde d'arc.

Combien sont-il ?

Le soldat cracha du sang sur la carte en toussant de douleur. Le gardien jeta un œil à la blessure et secoua la tête en comprenant qu'il était foutu.

Trop... Des centaines... Et il en sortait encore... Quand j'ai... Arrg... Quand j'ai fuis...

Djerin le confia à un aide de camp et s’apprêta à sortir.

J'en sais assez, général, je vais mener mes hommes à la rencontre de cette armée. Mais connaissant les démons, je doute que deux milles cinq cents soldats, fussent-ils tous des chiens de guerres, puissent stopper à eux seuls une armée d'invasion. Je compte sur vous général. Nous ne tiendrons pas éternellement...

Il passa le rabat de la tente et saisit les rênes de son cheval que lui tendait son second de terrain. Il sauta en selle et eut à peine le temps d'entendre le général parler à son aide de camps.

Jamais vu quelqu'un partir à la mort aussi calmement...

Djerin talonna sa monture sans pouvoir entendre la réponse du soldat. Il tourna la tête vers son second, une séraphine.

Fonce prévenir les hommes. Nous partons au combat. Changement de formation, les vétéran uniquement au premier rang et les mage derrière pour la manœuvre de vague. Fonce !

La jeune femme s'éleva tandis que le guide partait au galop entre les tentes. Au loin derrière lui, les hérauts commençaient à hurler le branle-bas de combat et les soldats qui l'entendaient palissaient à vue d’œil. Djerin fit accélérer sa monture, au loin il voyait ses troupes se réorganiser lentement. Il sortit du campement comme une trombe et rejoignit ses officiers réunis. Ces derniers avaient l'air inquiets. Adiryl n'avait pas été attaquée depuis des lustres et personne ne voulait que cela se reproduise. Mais ce que craignaient le plus les soldats était la lutte fratricide. Moult raison pouvaient motiver ce genre de combat, surtout au vues des tension politiques actuelles.

Une armée de démons arrive. Capitaine Newton, partez en avant avec vos hommes, ils sont dans la vallée soufflante. Encerclez les discrètement, éliminez d'éventuels éclaireurs mais ne vous faites surtout pas repérer et je vous interdis tout contact direct. En cas d'assaut de la part de l'ennemi, dispersez vous et rejoignez notre position présumée. Compris ? Allez y.

L'elfe salua et partit au galop chercher ses soldats. Pendant ce temps, les autres capitaines échangeaient des regards inquiets.

Capitaine Haraldson vous prendrez le flanc droit et vous capitaine Meman vous irez sur la gauche. Capitaine Anil, vous et vos hommes devront rester en retrait pour soutenir celui de nous trois qui flancherait en premier. Car soyez en conscient... Nous flancherons. Tous... En route, nous devons y être le plus vite possible tout en restant frais. Dans deux heures, nous serons au front. Puisse Newton les retenir...

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Les chevaux piaffaient dans le silence de la plaine, uniquement rompu par le pas de leurs sabots. Les hommes étaient tendus, silencieux, l'arme au poing, sans certitude de ce qui les attendait. La première ligne atteignit le sommet de la colline, découvrant ainsi le chaos grouillant d'une armée grosse de plusieurs milliers de démons divers. Cette masse sans ordre ni limite, se déversait d'une faille située en son centre. Djerin, debout sur ses étriers observait ses ennemis. Le capitaine Newton le rejoignit, elle était en sueur sur un cheval épuisé.

Nous avons pu intercepter leurs rares éclaireurs sans trop de pertes. J'ai aussi envoyé deux centaines d'hommes ratisser la campagne alentour au cas ou il en auraient envoyé d'autres avant notre arrivée. Les trois cents restant sont prêts au combat.

Djerin se tourna vers l'elfe, elle paraissait avoir participé à toutes les escarmouches visant à éliminer les éclaireurs. Il ne devait pas s'agit de petits groupe discrets.

Maintenez les prêt à se battre à l'opposé de notre point d'impact. Si jamais l'ennemi venait à s'enfuir ou à tenter une séparation, vous devriez vous en sortir avec ces trois cents soldats et s'il n'est pas encore engagé, ceux du capitaine Anil. Rompez.

L'elfe salua et s'éloigna au trot tandis que le séraphin parcourrait la ligne de plus de quatre cents hommes de large. Alignés sur dix rangs, les gardiens les plus proches retenaient leur souffle. Rares étaient ceux qui avaient vu aussi forte concentration de démon. Et encore plus rares ceux qui étaient heureux d'en être à leur deuxième. Djerin trottait le long de la première ligne, scrutant les visage, y lisant peur et prières silencieuses, mais aussi détermination et courage, certain allant même jusqu'à lui rendre son regard et saluer, sans un mot, sans qu'autre chose que le regard de deux guerrier sachant à quoi d'attendre ne passe entre eux. Arrivé au bout de la ligne, il se retourna et se dressa sur ses étriers, continuant de faire avancer sa monture au pas. Le long, sur les troisième et quatrièmes rangs, les mages psalmodiaient leurs incantations une dernière fois, préparant leurs énergies.

Gardiens!

Certains mages s'interrompirent pour servir de relais et faire en sorte que tout les hommes puissent entendre sa voix. Il fronça les sourcils devant cette perte d'énergie mais se retint, conscient que c'était un choix de la part de ces mages.

Gardiens! Vous vous rappelez tous pertinemment du serment que vous avez prononcé. Vous vous rappelez comme moi, que vous avez juré de donner votre vie pour rétablir la paix sur Feleth. Vous rappelez vous ce que vous avez juré d'autre ? Moi oui, vous avez juré comme je l'ai fait, de servir de première ligne aux armées d'Adiryl, de leur ouvrir la voie et de retenir leurs ennemis. Aujourd'hui, gardiens ! Aujourd’hui ! Nous leur montreront, que malgré tout le mépris que certain portent à notre ordre, malgré le danger de notre mission, malgré tout les risques... Nous leur montreront, que les gardiens tiennent leurs serments et qu'ils tuent sans hésiter leurs ennemis !

Une vague d'assentiment parcourut l'assistance. Les gardiens, fiers de leur statut, grognaient et frappaient armes et bouclier pour signifier leur soif de victoire.

Mes frères ! Mes sœurs ! Compagnons d'armes ! Aujourd'hui, j'ai dis au général, que nous allions retenir ces démons jusqu'à son arrivée. Je lui ai dis, que nous allions l'attendre pour les massacrer. Je n'ai pas honte de dire que j'ai menti ! Nous ne l'attendrons pas. Soldats ! Notre mission maintenant, et des massacrer jusqu'au dernier ces enfants de salauds ! Êtes vous avec moi ?

La vague de hurlement qui s'ensuivit faillit faire chavirer la monture de Djerin tellement les guerriers étaient enragés. Le guide saisit son heaume et l'enfila, rejoignant le centre de la ligne de charge. Il leva son épée, son bouclier arrimé solidement et talonna sa monture, donnant ainsi le signal de la charge, relayé par de nombreux cors. Le cheval commença au pas, et accéléra assez rapidement pour se lancer dans un galop effréné, la ligne de charge s’espaçant légèrement dans l'accélération. Certains hommes, plus pressés que d'autre poussaient leurs montures à accélérer, mais dans l'ensemble, le front droit, large de quatre cents cinquante hommes, avançait comme un rouleau compresseur de chair et d'acier trempé.

En face, les démons s'étaient regroupés, un quelconque commandant les avait retenu de contre-charger de façon chaotique, acte qui leur eut été autrement contre-productif. En revanche, s'ils attendaient l'impact dans une ligne compacte, rien dans leur rangs ne témoignait d'un afflux de ce que la cavalerie redoutait le plus, les piques et les lances. Derrière le premier rang de démons, une nuée de projectiles s'éleva paresseusement. Flèches, javelots, pierres, tout ce que les démons avaient pu trouver et lancer assez fort planait désormais dans une courbe mortelle. De la même manière une volée de projectiles moins matériels mais bien plus dangereux partit de peu ou prou le même endroit, suivant un trajectoire plus rectiligne.

Le premier rang de mages des gardiens ne réagit pas, mais le second regroupa son énergie dans un puissant dôme de protection qui couvrait les cinq premiers rangs de la déferlante. La nuée de projectiles magiques et non-magique entra majoritairement en contact avec et se désintégra sans occasionner de dommages aux soldats angéliques, mais les rares à passer au dessus du dôme tuèrent des gardiens par dizaines. Djerin détourna le regard de ces soldats qui tombaient sans avoir pu lutter face à l'ennemi et se focalisa sur la ligne de démons qui se rapprochait à toute vitesse. Alors que les anges se trouvaient à moins de vingt mètres, le premier rang de mages libéra toute l'énergie accumulée pendant la charge et lâcha un flot d’énergie explosive de suffisamment près pour qu'il ne puisse être paré.

Le front démoniaque se disloqua sous l'impact magique, certain démons réduit à l'état de pulpe ou de cendre tandis que d'autre s'envolaient sous le souffle explosif. Le premier rang des gardiens se resserra et le second en fit autant juste derrière. C'est la principale des raisons pour lesquelles Djerin avait réorganisé les troupes. Les vétérans connaissaient les tactiques et les comportement à adopter et ils n'hésitaient pas à charger dans la mêlée. Ce fut une ligne de chevaux presque épaules contre épaules qui écrasa les vestige des premiers rangs démoniaques pour piétiner les suivant. Le carnage commençait, et une fois l'effet de charge estompé, les démons prendraient sûrement l'avantage sur le carnage.
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Magda Seriel

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MessageSujet: Re: Vous voyez des démons vous? Moi pas! [Ouverts démon et ange]   Lun 29 Juin 2015 - 9:09

"Toute seule, pourquoi ne pas venir ?"
"Si je traverse une faille maintenant, je disparaîtrai."
"Si tu souhaites m'en parler, tu sais que tu peux n'est-ce pas ?"
"Oui."

J'ai poussé un soupir de dépit, il est tellement refermé sur lui-même, et même s'il m'affirme que tout va bien, je ne peux m'empêcher de le prendre en pitié.

"D'accord, je n'insisterais pas, mais avant j'aimerais que tu répondes honnêtement à une question."
"Je t'écoute."
"Que suis-je pour toi ?"
"Mon salut."

Il avait chuchoté si bas ces deux mots que j'ai bien failli ne pas les entendre. Je m'apprêtais à lui demander ce qu'il voulait dire par là mais je le vis poser son doigt sur sa bouche, signe qu'il n'en dirait pas plus. J'ai brièvement souri pour lui faire savoir que j'avais compris. J'ai tourné mon regard vers la faille, je n'arrive toujours pas à mettre les mots sur ce phénomène et même si l'oracle m'a un peu expliqué de quoi elles étaient faites, je reste stupéfait devant cette manifestation magique.

"J'ai fait ce que j'ai pu, tu arriveras à quelques lieux de l'endroit où tu vivais autrefois. Tu devrais te repérer sans problème."
"Tu peux faire ça ? J'ai toujours pensé que la destination était aléatoire et inconnue."
"Eh bien pour faire simple, c'est un peu comme l'entraînement aux armes. Quand tu débutes, tu ne sais pas ce que tu fais, à force de travail et avec l'expérience tu parviens à mieux maîtriser tes lames. J'ai étudié pendant plusieurs millénaires pour en arriver à un tel résultat. Dire qu'après tout ce temps, je suis toujours incapable de précisément agir sur la destination."
"Peut-être qu'un jour, tu me seras utile, je vais devoir me débrouiller seule parce que tu n'es pas capable d'être précis, que vais-je bien pouvoir faire de toi."

J'ai pouffé de rire devant sa réaction, il avait l'air tellement fier de son savoir que je n'ai pas pu m'empêcher de le tourner en ridicule. Il a poussé un profond soupir avant de me dire qu'il était temps de partir. Alors que je regardais la faille l'oracle commençait déjà à rebrousser chemin, je me suis retournée pour le voir s'éloigner d'un pas lent comme s'il rechignait à partir seul et pourtant... Je savais qu'il appréciait la solitude, cela lui permettait de réfléchir sur presque tout, il m'avait confié être un peu perdu ces temps-ci, être seul lui fera du bien. La faille de nouveau face à moi, j'ai fait un pas en avant pour la traverser. C'était la deuxième fois que je prenais ce portail d'entre deux mondes, je ne pensais pas revenir en Adiryl avant d'avoir découvert la vérité, mais le destin est seul maître de lui-même.

Comme il me l'avait dit, je suis arrivée tout près de chez-moi. Chez moi... Est-ce que quelqu'un qui est parti depuis plusieurs siècles peut encore avoir un chez-soi. Pourtant me voilà ici, en Adiryl, dans les alentours de l'immense palais que je pouvais voir à l'horizon. Je savais par où je devais aller pour rejoindre la bâtisse, mais je ne pouvais m'empêcher de flâner. Quand je suis arrivée sur Feleth j'avais eu la sensation que mon corps allait exploser en morceaux comme s'il refusait de venir. Ici rien de tout ça, je suis empli d'une sérénité que je n'avais plus ressenti depuis mon départ. Avec le calme alentour de cette campagne presque inhabité, je pouvais m'entendre respirer, une brise agréable vint me chatouiller comme si le monde me souhaitait la bienvenue. Toute la vigilance dont je faisais preuve sur Feleth s'est envolée laissant place à une quiétude dont je n'avais plus le souvenir.
Je ne sais pas combien de temps j'ai baguenaudé ici, mais il était temps de se remettre en route, je devais marcher pendant deux lieux avant de retrouver la maison de mon enfance et encore deux lieux pour rejoindre le palais. Une fois là-bas, je devrais commencer mes recherches dans la bibliothèque, c'est ici que j'avais le plus de chance de trouver ce pourquoi j'étais venu afin de repartir dans les plus brefs délais, même si l'envie n'y est pas, la vérité n'attend pas. Après avoir marché pendant un moment, je voyais enfin le toit sous lequel j'ai vécu. Arrivée devant la porte, je pouvais voir que rien n'avait changé, absolument rien ce qui était étrange. Je suis partie plusieurs siècles, la poussière aurait dû recouvrir cet endroit de partout, mais il n'en était rien. J'ai poussé la porte qui n'était pas fermée pour retrouver le même intérieur d'une propreté remarquable. J'ai effleuré les objets sur les meubles avec mes doigts, me rappelant les souvenirs heureux. Je me revois toute petite et pleine d'énergie à courir partout dans la maison, père me soulève d'une main et me pose sur la table à manger où des écuelles en bois traînaient. On faisait ça, souvent, lui faisait le tour de la table et moi, je l'aidais à tout mettre en place avant de manger. L'odeur de la cuisine de mère me traversa les narines, le genre de souvenir inoubliable qui pouvait redonner le moral.
Une voix me monta aux oreilles, quelqu'un était là, sortant de mon souvenir, j'ouvre les yeux. Sur le seuil de la porte je voyais une vieille connaissance, un ami, mais aussi un rival. C'était un séraphin d'une imposante stature, il me dépassait de plusieurs têtes, mais il ne fallait pas s'y fier, il était d'une incroyable vivacité. J'ai pu en faire les frais pendant l'entraînement, même s'il était de plusieurs siècles mon aîné, il venait souvent à la maison pour m'aider à me perfectionner. Il dégageait une aura de sûreté, à ses côtés, on pouvait se sentir en sécurité même dans les tréfonds du Vein. Cela fait bizarre de le revoir après tout ce temps, il n'avait absolument pas changé si ce n'est quelques cicatrices en plus sur le visage, faire partie de l'armée d'Adiryl ne doit pas être une partie de plaisir surtout en ces temps de changements. Il s'est approché de moi avant d'ouvrir ses bras et de les refermer sur moi, il me souhaita la bienvenue chez moi avant de s'écarter gardant ses mains sur mes épaules et de partir dans un rire franc.

"Exactement la même, comme si tu ne nous avais quittées qu'hier."
"Tu n'as pas changé non plus, si ce n'est les cicatrices."
"Une histoire passionnante, mais gardons-là pour plus tard."
"C'est toi qui t'es occupé de la maison ?"
"Oui, quand j'ai le temps."
"Merci."
"Pourquoi tu es revenu ?"
"Je vais t'épargner du temps, je ne les ai pas retrouvés."
"Tu as bien une raison d'être là ?"
"Tu te souviens de la personne dont je t'ai parlé avant de partir ? Je l'ai cherché pendant longtemps avant qu'il ne se découvre à moi de lui-même. Depuis nous avons passé un accord, je l'aide dans sa quête et une fois celle-ci terminée, il me dévoilera tout ce qu'il sait sur eux. Je comptais aller au grand palais pour trouver ce qu'il veut après être venu voir ce qu'était devenu cet endroit."
"Satisfaite ?"

Je l'ai remercié à nouveau avant de le dépasser et de retrouver l'air d'Adiryl, il n'avait pas encore bougé ni ne m'avait quitté des yeux comme s'il voulait me demander quelque chose mais rechigner à le faire. Je me suis tournée vers l'ouest en direction de la plus grande structure que j'ai vu jusqu'à présent, Madorass paraissait bien petite à côté...
"Pourquoi il n'est pas venu lui-même au lieu de t'envoyer ?"
Perdu dans mes pensées, j'ai brièvement sursauté en entendant à nouveau sa voix.

"Il m'a dit qu'il ne pouvait plus traverser les failles, que ça le tuerait."
"Ça par exemple, par quel prodige ?"
"Tu me demandes ça à moi ?"
"Tu n'as fait aucun progrès dans ce domaine ?"
"Quelques-uns, dans ce que je connaissais déjà... Et toi, toujours dans l'armée ?"
"Je fais partie des gardiens maintenant."

J'ai sifflé d'admiration devant son annonce, j'ai entendu parler d'eux par la bouche de l'oracle, il en parlait avec un certain lyrisme comme à son habitude lorsqu'il raconte des histoires. Une phrase me revint soudain et j'ai relevé la tête vers mon ami qui me regardait avec un grand sourire. C'était comme si je venais enfin de comprendre un concept que l'on m'a expliqué pendant des heures, je savais que ce sentiment de victoire le parcourait.

"Si tu es là, c'est qu'il y a un problème, mais comment c'est possible, ici, en Adiryl ?"
"Je n'ai pas les détails, je ne suis qu'un soldat, on m'a dit de venir le plus vite possible au campement non loin du palais."
"Dans ce cas, reprenons notre chemin, si tu vas aussi vers le palais, on peut marcher ensemble."

Il m'a indiqué que la position du camp me détournerait un peu de ma destination, j'ai haussé les épaules d'indifférence, cela m'importait peu. Pendant les quelques heures de marche, il m'a raconté comment il avait rejoint les gardiens après avoir dirigeait des hommes dans l'armée. Après ça, je lui ai parlé de notre première escale dans cette ville dans les îles. Plus j'avançais dans le récit plus je sentais qu'il était désolé pour ce que j'avais subi, je me suis esclaffée, il avait sans aucun doute vécu bien pire dans sa carrière. À peine avais-je terminé mon histoire que nous étions arrivés dans un camp en effervescence. Tout était organisé pour gagner un maximum de temps, une discipline de fer régnait en ces lieux. Je me suis laissé dépasser avant de commencer à faire demi-tour vers mon propre objectif avant que mon ami ne me fasse la demande de l'accompagner. Je l'ai regardé avec de gros yeux comme s'il était devenu fou. Devant le refus que je lui donnais, il m'a attrapé par la main avant de m'entraîner vers l'une des tentes du secteur des gardiens.

"Écoute-moi, si après ça, tu ne veux toujours pas alors je te laisserai partir."
Je n'ai rien dit, attendant qu'il parle.
"La Magda que j'ai connue avant tu ne parte ne se serait pas enfui en courant devant le danger, elle aurait accompli son devoir envers son monde au lieu de se cacher derrière son passé. Si tu me dis que tu préfères la quête de ton maître à la protection d'Adiryl, je ne le croirais pas. Tu sais mieux te battre que la plupart des personnes présentes, ne mets pas tes capacités uniquement au service d'un oracle, mais aussi au service de ce en quoi tu crois. Si tu ne veux pas le faire pour tes convictions, fait le au moins pour les leur."

Je suis restée interdite devant ses paroles, un torrent de sentiments se déversaient en moi. Les larmes me montaient aux yeux, comment osait-il me convaincre de cette manière... Pourquoi tenait-il à ce point à ce que je vienne, je savais ce qu'il allait se passer si j'en venais à accepter, si les gardiens étaient ici, c'était pour une bonne raison. J'ai laissé passer plusieurs secondes pour être certaine que ma voix ne me trahirait pas.

"D'accord, je vais rejoindre les volontaires de l'armée..."
À peine avais-je terminé ma phrase qu'un signal retentit. Il a jeté un œil en dehors de la tente pour voir ce qu'il se passait avant de se retourner vers moi.
"On a plus le temps pour ça, chevauche avec nous, tu seras bien plus utile que les volontaires dont les seules tâches consistent à s'occuper de l'arrière."
D'un geste d'agacement, je suis sortie de la tente suivie de près par mon ami. Une séraphine s'arrêta près de nous en nous donnant des instructions, son regard s'est arrêté sur moi pendant un long moment.
"Je ne sais pas qui vous êtes ni ce que vous faites là, mais ce n'est pas votre place, regagné votre poste."
"C'est moi qui lui ai demandé de venir, elle est compétente."
"Tu te portes garant pour elle soldat ?"
"Sans aucune hésitation."
Après un bref signe de tête à mon égard, elle est repartie donner ses ordres. Slyfried m'a aussitôt ordonné de le suivre.

Nous avions quitté le camp pour nous diriger vers la vallée. Je n'étais déjà pas à l'aise sur un cheval, mais en plus, je me retrouvais dans un corps d'armée avec lequel je n'avais aucun point commun, mon seul point de repère, c'était Slyfried et l'on était séparés de plusieurs cavaliers. Lorsque la vallée s'est ouverte devant nous, j'ai étouffé un cri de surprise tant le nombre de démons étaient élevés, j'avais déjà été surpris par la masse d'anges. Mais à bien y réfléchir, nous étions à proximité du grand palais, l'Empereur devait lui-même être au courant de ce qu'il se passe et s'il a donné des ordres de mobilisation, il n'était guère étonnant de voir autant de monde.

"Gardiens! Vous vous rappelez tous pertinemment du serment que vous avez prononcé. Vous vous rappelez comme moi, que vous avez juré de donner votre vie pour rétablir la paix sur Feleth. Vous rappelez vous ce que vous avez juré d'autre ? Moi oui, vous avez juré comme je l'ai fait, de servir de première ligne aux armées d'Adiryl, de leur ouvrir la voie et de retenir leurs ennemis. Aujourd'hui, gardiens ! Aujourd’hui ! Nous leur montreront, que malgré tout le mépris que certain portent à notre ordre, malgré le danger de notre mission, malgré tout les risques... Nous leur montreront, que les gardiens tiennent leurs serments et qu'ils tuent sans hésiter leurs ennemis !

Mes frères ! Mes sœurs ! Compagnons d'armes ! Aujourd'hui, j'ai dis au général, que nous allions retenir ces démons jusqu'à son arrivée. Je lui ai dis, que nous allions l'attendre pour les massacrer. Je n'ai pas honte de dire que j'ai menti ! Nous ne l'attendrons pas. Soldats ! Notre mission maintenant, et des massacrer jusqu'au dernier ces enfants de salauds ! Êtes vous avec moi ?"


De loin, je pouvais voir l'homme qui prononçait ses mots, mots que j'entendais uniquement grâce aux mages qui faisaient porter sa voix plus loin qu'il était normalement possible. À la réaction de ses hommes, son discours avait eu l'effet escompté. Galvaniser ses troupes avant de les envoyer au massacre... Je suis restée silencieuse, ce serment ne me concerne aucunement. Slyfried, je peux t'assurer que si je m'en sors indemne, tu vas me le payer. La charge était lancée et la masse de démons s'approcha rapidement de nous, on allait vite grâce à l'élan donné par la descente, le choc contre la première ligne ennemie allait être violent. Alors que nous étions tout proches les mages derrière nous firent exploser une onde de choc qui désorganisa complètement les démons. La charge n'en fut que simplifié et dans un bruit assourdissant les démons tombaient comme des arbres face à un vent trop violent.

Une fois l'effet de charge terminé, je me suis retrouvée au milieu d'une bataille sanglante et dont ma seule survie dépendait pour beaucoup des anges présents avec moi. Je cherchais mon ami du regard, mais impossible de perdre mon attention plus d'une seconde tant le flot de démons était important. Indreju n'a jamais tranché autant de membres et de têtes. Mon cheval à bout de souffle a commencé à ralentir avant de complètement s'arrêter, mon acharnement pour le faire repartir s'était révélé inutile, une lance vint le transpercer. Dans un dernier souffle de vie, ma monture hurla avant de tomber sur le côté m'entraînant dans sa chute. Je me suis relevée aussi vite que possible, plusieurs démons m'avaient déjà pris en cible sans doute en pensant que je faisais désormais une cible plus facile. Dégainant la jumelle d'Indreju, je me suis préparé à subir leur assaut quand un cavalier lancer au galop faucha plusieurs des démons s'avançant vers moi. J'en ai profité pour m'avancer avant de faire danser mes lames dans une valse sanglante. Malgré les démons que je tuais, j'avais la désagréable sensation que jamais le flot ne se tarirait et que pour chaque démon tué, une trentaine semblait apparaître. J'avais déjà remarqué le nombre nettement supérieur du haut des collines, mais une fois dans la mêlée, j'en suis venu à me demander ce que nos généraux avaient en tête. Je me débattais avec deux démons particulièrement tenaces quand une tête vola au-dessus de moi, derrière moi un démon était sur le point de me transpercer le dos d'un coup de lance, quelqu'un venait encore une fois de me sauver la vie. Je me suis vite débarrassé des deux démons devant moi avant de me retourner pour voir une flèche me foncer directement entre les deux yeux. Uniquement par réflexe, j'ai renforcé cette partie de moi, le projectile ricocha sur un métal trop solide pour être transperçait avant de mourir au sol. À cet instant l'un des hommes s'arrêta juste devant moi avant de me hurler quelque chose.

"Combien de temps il te faut !?"
J'ai pu reconnaître la voix de Slyfried, je lui avais un peu parlé de ce que je pouvais faire pendant le récit avant d'arriver au camp, s'il pouvait me faire gagner quelques minutes, je pourrais me battre dans de meilleures conditions.
"Trois minutes !"
Ma voix s'était perdue dans le capharnaüm de la bataille, il m'a fait un signe de tête avant de lancer à nouveau son cheval au galop. Lui faisant totalement confiance, j'ai fermé les yeux pour me concentrer essayant de faire le calme en moi malgré la bataille qui faisait rage. Autour de moi, je pouvais facilement entendre le bruit typique d'un cheval qui enfonce le corps d'un démon grâce à sa vitesse. Désormais prête, mon corps entouré d'un métal solide mais souple, j'ai ouvert les yeux avant de repartir donner la mort à ces êtres du mal. Même, si maintenant la plupart des armes sont incapables de me faire du mal, le nombre d'anges commençait à sérieusement diminuer, et contre le surnombre évident, je n'allais pas survivre à cette bataille. Si les renforts ne venaient pas dans les plus brefs délais, on parlerait bientôt de nous au passé.
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Sanna Rán

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MessageSujet: Re: Vous voyez des démons vous? Moi pas! [Ouverts démon et ange]   Dim 9 Aoû 2015 - 19:17


Sanna avait suivi discrètement le Guide jusqu'à la tente du général. Elle avait une étrange sensation depuis le début de cette journée. Faut dire que celle-ci avait mal commencé. Elle avait loupé le réveil, quant elle était arrivée au ravitaillement, il n’y avait quasi plus rien à part les mets que tout le monde avait délaissé faute de goût. Sanna s’était servie malgré tout, alors qu’elle allait ouvrir la bouche pour glisser sa cuillère dedans, un soldat l’appela. Elle posa sa cuillère sur la table et comprit que c’était urgent et que Djerin Rashkae avait besoin d’elle immédiatement. Ils avaient échangé un bref instant, et lui avait demandé de le suivre sans se faire remarquer. Sanna avait obéi malgré les plaintes de son estomac. Elle s’était emmitouflée dans sa tenue et avait enfoncé sa cape par-dessus son casque. Il était rare que Djerin Rashkae lui demande de le suivre ici en Adiryl… Tout en suivant son supérieur, elle sentait bien qu’il se passait quelque chose, la couleur du ciel semblait anormale au loin et puis elle avait l’impression qu’il lui avait caché des choses…

Peut-être bien qu’il a fini par me croire à propos de cette taupe dans l’armée ou peut être qu’il ne veut plus de moi comme second ou peut être qu’il veut me révoquer de l’armée ?!  

Sanna sentait son estomac se nouer, elle d’ordinaire plutôt gloutonne mais là, elle n’aurait rien réussi à avaler. Djerin Rashkae lui fit un signe discret avant de pénétrer dans une tente. La tente du général !

Oh non…  

Sanna fit un signe lié à une superstition locale pour se porter chance et chasser le mauvais sort. C’est sa grande sœur Blanche qui lui avait appris, ça ne pouvait que marcher, jamais elle ne lui aurait menti !

Quoi qu’elle m’avait bien fait croire que les bébés lapins naissaient dans des œufs.  

Sanna fixa la tente du général, elle savait bien qu’il lui avait demandé d’attendre mais il devait bel et bien se douter que sa curiosité prendrait le dessus. Elle s’avança le plus silencieusement possible et tendit l’oreille.

Faîtes qu’ils parlent à voix haute

Rashkae, vous en avez mis du temps. J'ai moi aussi des manœuvres à effectuer, alors dite moi ou vous avez l'intention d'aller bosser. Bordel, même si je n'aime pas trop l'idée qu'un corps d'armée ici ne soit pas sous mon commandement direct, je dois reconnaître que vous êtes foutrement efficace pour ce qui est d'être sur le pied de guerre. Et que vos hommes sont sont calmes.

Bon, bon, en fait, il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. La suite des évènements lui prouva qu’au final si, elle devait plus que s’inquiéter. Quant elle comprit ce qui se tramait, elle se positionna près du cheval du guide et attendit les ordres qui ne tardèrent guère. Ainsi les démons attaquaient leur monde … il fallait refermer la faille, les empêcher d’entrer mais pour ça, ils devaient créer une percée au milieu de cette gigantesque armée. Sanna serra les poings et remarqua à peine l’arrivée de  Djerin Rashkae.

Fonce prévenir les hommes. Nous partons au combat. Changement de formation, les vétérans uniquement au premier rang et les mages derrière pour la manœuvre de vague. Fonce !

Sanna hocha la tête et ouvrit ses ailes couleur jais puis décolla sans attendre. Elle devait retrouver en un rien de temps tous les meilleurs gardiens et leur demander de se placer au premier rang, de prendre position là où la mort serait la plus certaine. Mais ils pouvaient compter sur ses talents, elle ferait en sorte de protéger les vétérans tout en gardant un œil sur Djerin Rashkae, sans lui, ils n’étaient rien.

Alors qu’elle était sûre et certaine de n’avoir oublié personne, elle se rendit au point de regroupement. Elle aurait aimé s’entretenir avec  Djerin Rashkae avant le début des hostilités mais elle était arrivée trop tard, le discours de motivation était déjà bien entamé. Elle se faufila jusqu’à un point stratégique et ne quitta pas son supérieur des yeux. La bataille ne tarda pas à faire rage. Heureusement, qu’elle avait pris avec elle un maximum de kunaï et d’hira shuriken mais une fois ces munitions de lancer épuisés, il faudrait qu’elle rejoigne la terre ferme.

Quelque chose attira son attention, bien derrière les premiers rangs, l’une d’entre eux avait cessé de se battre, que faisait-elle ? Il fallait à tout prix la protéger et un des leurs faisait son maximum avec sa monture. Mais Sanna ne pouvait le laisser seul face à tous ses démons. Elle aida donc à la défense de cette individu sans pour autant la connaître. Elle semblait receler un certain pouvoir en elle et peut-être que cela pourrait l’aider par la suite.

Beaucoup d’entre eux étaient tombés… beaucoup trop. Sanna atterrit à côté de la femme mystère et de son protecteur. Celui-là, elle le connaissait ! Tout en sortant son sabre et en donnant des coups aux démons qui se présentaient avec la légèreté et la rapidité d’une acrobate, Sanna cria :

Slyfried ! Il faut regrouper les survivants vers le Guide ! Nous devons les aider à créer une trouée dans cette armée. Je dois aller refermer cette faille, amène tout ce que tu peux avec toi.

Sanna regarda la haute-elfe puis lui adressa un sourire :

Je ne sais pas qui vous êtes mais merci !

Puis elle donna un à-coup sur ses pieds et s’envola pour rejoindre Djerin Rashkae tout en évitant les projectiles. Une flèche lui écorcha le bras mais elle ne dévia pas de sa trajectoire pour autant.  

Je te jure que tu vas me le payer si je garde une cicatrice !

Elle posa les pieds sur le sol non loin du Guide, les corps s’entassaient, elle avait bien eu du mal à trouver un endroit de sol libre sans morceaux de chair. Elle s’approcha un maximum de son supérieur et tout en combattant lui parla.

Beaucoup des nôtres sont tombés, nous devons fermer cette faille, sinon, les démons continueront à affluer. Laissez moi y aller s’il vous plait, je ne vous décevrais pas.

Sanna arracha un poil d’un démon et montra sa fiole. Cela marchait pour se transformer en humaine alors pourquoi pas en démon ?!


[HRP : les paroles en italique sont les pensées de mon personnage et je m'excuse pour le retard]
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Djerin Rashkae

Guide des Protecteurs guerriers, Martyr

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Classe : Méta-guerrier
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Fiche de Personnage : Djerin, le premier martyr


MessageSujet: Re: Vous voyez des démons vous? Moi pas! [Ouverts démon et ange]   Mer 19 Aoû 2015 - 22:16

La ligne tenait bon, chancelant de temps en temps sous les vagues de démons mais résistant sans faiblir. Les premiers rangs laissaient passer des démons pour les suivant, formant ainsi une forme de brise lames plus qu'un mur. Nombre de soldats avaient mit pieds à terre, faute de monture ou simplement car ils s'y trouvaient plus à l'aise, mais la majorité des hommes galopaient autour des démons, effectuant des allers-retours ravageurs. Légèrement en arrière avec ses plus fidèles combattants, Djerin se préparait à rejoindre toute unité qui se trouverait en difficulté. Ils s'étaient retirés après les premières escarmouches pour s'économiser et pour pouvoir rester attentifs. C'est en scrutant le ciel à la  recherche de démons volants, surprenamant absents, qu'il vit soudain Sanna Ràn, son bras droit, fondre sur lui depuis les cieux.

Beaucoup des nôtres sont tombés, nous devons fermer cette faille, sinon, les démons continueront à affluer. Laissez moi y aller s’il vous plaît, je ne vous décevrais pas.

Elle semblait vouloir se déguiser en démon à l'aide d'une potion, prête à tout pour aider, même à se sacrifier inutilement. Fier d'une telle foi en leur mission et en ses capacités, Djerin ne put s’empêcher de sourire.

Ne vas pas te tuer inutilement. Tu es forte, mais une faille de cette taille doit être maintenu par une vingtaine de démons mages. J'apprécie ta bravoure, mais il s'agit ici plus de témérité ou de folie suicidaire. Cependant ton idée est bonne. Va prévenir les capitaines Haraldson et Meman qu'ils doivent percer et continuer jusqu'à la faille. Puis préviens Anil de camper sur ses position et d’abattre tout fuyard. File comme le vent Séraphine ! Gardiens ! Derrière moi moi !

Joignant le geste à la parole, il talonna sa monture et poussa ses hommes à traverser les rangs démoniaques, ayant gardé le sourire que Sanna lui avait offert dans cette bataille sanglante. Ulrich lui avait souvent dit que pour un humain (ou presque) il était assez impressionnant, et il avait souvent eut l'occasion de prouver ces dires, utilisant sa stature lors de négociations ou d'autres situations délicates. Mais ce que l'orc géant lui avait aussi dit, était que si sa stature était impressionnante, son sourire avait plutôt tendance à provoquer des sueur froides car il ne le voyait que très rarement, et généralement avant des carnages sanglants et extrêmement brutaux. Car malgré sa grande pitié pour les faibles et les innocents, il était de notoriété publique, que le Protecteur haïssait et massacrait les démons.

Djerin tailladait de droite et de gauche, abattant démon sur démon dans cette mêlée confuses. À ses cotés ses compagnons d'armes en faisaient autant, formant à eux tous une pointe de lance. Creusant un large sillon dans les rangs des démons, ils permettaient aux novices et aux mages de s'y engouffrer derrière eux. La faille était devenue l'objectif principal des Gardiens, mais c'était aussi l'endroit le plus dangereux de l'armée de démons, là ou se regroupaient les les démons les plus gros et les plus dangereux. Pris dans le chaos de la bataille, concentré dans le massacre de chaque créature qui se trouvait devant lui, l'ange ne pouvait pas savoir combien des siens étaient morts et gisaient déjà dans la boue rougeâtre du champ de bataille.

Commandant, la ligne s'étire, il faut que l'on se regroupe!

Frappant un démon d'un revers, Djerin jeta un regard en arrière pour voir qu'effectivement les Gardiens formaient une longue ligne dont les flancs se faisaient grignoter lentement par les démons, à certains endroits des poches de guerriers ayant mis pieds à terre, boucliers contre boucliers, luttaient pied à pied pour focaliser l'attention des démons. Levant son épée en l'air et la faisant tournoyer, le Protecteur ordonna le regroupement des troupes encore à cheval. Regardant de droite et de gauche, il ne vit pas les troupes des capitaines Haraldson et Meman, sans doute cachées par les démon entre leurs groupes. Il n'osa pas penser à la pire des possibilité, celle indiquant qu'un millier d'homme ai put être massacré aussi rapidement. Les trois groupes avaient le même objectif mais leurs trois officiers étaient conscients que c'était un simple moyen de se focaliser sur la suite du combat.

Les derniers cavaliers en queue de colonne rejoignirent le groupe du Protecteur, moins de la moitié des combattants présents lors de la charge étaient encore assis sur leurs montures et au moins un piéton sur trois ne se relèverais plus, si ce n'était le double. Djerin ferma les yeux une seconde pour recommander leurs âmes à une seconde vie meilleure. La majorité des Gardiens étaient des Felethiens qui avaient rejoins les rangs des guerriers pour protéger leur monde natal des démons et des autre sources de haine et de chaos. Aujourd'hui, il gisaient dans la boue d'Adiryl, aux cotés d'anges pas si différents d'eux. Le martyr rouvrit les yeux, autour de lui, des hommes à pied maintenaient les démons à distance des cavaliers qui se rassemblaient.

Les cavaliers regroupés progressaient plus lentement, les mages ayants épuisés toute forme de capacité offensive au profit d'une protection contre les projectiles extrêmement bienvenue face à la propension des démons à leur jeter dessus tout ce qui leur passait sous la main. Les flèches, rochers, démons mineurs et autre javelots, pics et objets tranchants ou pointus, rebondissaient sur le bouclier que les mages, au centre de la formation, maintenaient avec efforts. Sur le tour, les meilleurs combattants frappaient te taille et d'estoc pour se frayer un chemin vers leur cible tandis qu'entre eux et les mages, les soldats trop loin pour manier leur lame avaient privilégiés des piques ou des arcs courts.

La faiblesse de cette formation se situait dans les coupe-jarrets, les démons assez petits ou agiles pour passer en dessous des lames des soldats du pourtour extérieurs pour s'en prendre aux pattes des chevaux et faire chuter les cavaliers. Même si ces démons n'étaient pas nombreux et que les soldats survivants à leur chute ou les plus agiles avec une pique les éliminaient progressivement, il n'empêche que leurs rangs s’amenuisaient, et ainsi isolé chaque piéton était voué à une mort certaine. Sachant leur sacrifice nécessaire pour espérer une quelconque forme de victoire, Djerin poussa ses troupes à continuer tout droit.

Le séraphin frappa un démon rougeâtre au dos couvert de piques et laissa sa monture piétiner le corps pour l'achever. Soudain, une trouée, une zone vierge de démons, comme si les créatures immondes n'avaient pas osé s'approcher de cet endroit. Bien sur la vérité était toute autre, et bien pire, comme c'est généralement le cas lorsqu'on parle de démons. Au centre ce cet endroit épargné, sur un petit monticule de terre, se tenait un démon majeur, un genre de colosse centauroïde à quatre bras, ceinturé de cuir, son visage léonin grognant en un air de défit et tenant dans chacune de ses mains un redoutable cimeterre. Dépassant les quatre mètres de haut, ce géant devait être à la tête de l'armée chaotique qui leur faisait face.

La nature du démon expliquait la faible force de l'armée en matière de mage et l'absence de puissants démons majeurs dans leurs rangs. Il devait s'agir d'une jeune démon, assez puissant pour assembler une armée et trop pour écouter un quelconque enseignement. Assaillir les cieux d'Adiryl était aussi suicidaire pour une armée comme celle-ci que l'action qu'avaient effectués les Gardiens, mais il ne pouvait pas le savoir bien sur, il n'avait pas d’expérience et ne cherchait que la destruction. Un démon fort mais stupide. Djerin soupira légèrement de soulagement. Cette armée ne serait jamais une vrai menace pour autre chose que la vie de leurs soldats. Elle ne pourrait pas les passer.

Comprenant ce qui allait arriver, les Gardiens se déployèrent derrière le Protecteur pour éviter qu'un démon un tant soit peu opportuniste ne profite de la situation. La majorité des créatures avaient cessées de se battre, cherchant à observer le duel qui allait avoir lieu, mais la prudence primait. L'ange grogna. De la piétaille sans ordre ni structure, comptant sur le seul poids de leur nombre. Laissant choir son bouclier au sol, Djerin dégaina une seconde épée. Si l'adversaire avait l'avantage de la hauteur et de la force, le séraphin comptait sur sa vitesse et son entraînement pour faire la différence nécessaire. Après tout, de par son jeune age évident, le démon ne devait pas avoir une grande expérience du combat à l'épée. Les rênes sur les cuisses, contrôlant sa monture par les genoux, il poussa un cri de guerre en piquant des deux et chargea.

La bête sembla prise au dépourvu par l'assaut d'un guerrier seul et ricana avant de partir à toute allure en direction du séraphin. Chargeant comme un sanglier, ses quatre cimeterres levés, la créature ne put réagir lorsque Djerin passa entre ses jambes, allongé sur l'encolure de son cheval. Il frappa des deux épées sur les pattes postérieures, tailladant le gras des cuisses. Le centaure à tête de lion réagit en grognant et en frappant des sabots sur le sol, plus énervé que meurtri. La bête chargea à nouveau, un peu moins vite, prêt à réagir à toute forme de manœuvre subversive. L'ange fonça lui aussi une seconde fois contre son adversaire, ses deux lames prêtes à parer le coup de la créature. Le monstre frappa des quatre bras simultanément, attaquant par paire de cimeterres parallèles. Il para difficilement les deux paires, manquant de gicler hors des étriers à chacun des puissants impacts.

Ils échangeaient presque face à face, les sabots ferrés de la monture du Protecteur frappant durement les jambes du démons qui ripostait encore plus fort sur le malheureux animal, les lames d'acier échangeant des étincelles sous la force des impacts. Le cheval reculait lentement face à la violence des assauts et Djerin sentait qu'il commençait à faiblir. Il progressaient dans les rangs des démons depuis près d'une demi-heure, et ils encaissaient tout deux le contre-coup de la marche forcé et de la charge. A cause de la fatigue, il vit venir la cabre du monstre trop tard et n'eut que le temps de sauter à bas de sa monture tandis que les sabots du démon déchiraient l'air à l'endroit ou il se trouvait une seconde plus tôt, éclatant le crane du cheval dans le même mouvement.

L'ange roula au sol, désormais en position d’infériorité, ayant perdu en mobilité mais aussi en allonge. Toucher le buste du monstre avec son épée relèverait désormais du miracle. Il commença une danse de vitesse qui consistait à éviter les sabots du général ennemi le chargeant. Il commençait à se demander si son heure n'était pas venue lorsqu'un miracle eut lieu. Un des Gardiens encore à cheval lança sur le terrain trois vieille épées rouillée, sans doute du matériel d’entraînement. Il fallut quelques secondes à Djerin pour comprendre que l'homme connaissait son pouvoir. Sous le rire gras du monstre qui entamait une nouvelle charge, il se saisit des armes. La créature se rapprochait à grande vitesse lorsque le pouvoir envahit les veines du Protecteur dans une puissante vague modelante. Priant pour que le cœur soit situé au même endroit que chez un cheval, le guerrier enfonça la longue pique d'acier nouvellement créée dans la poitrine du général ennemi.

Prit par surprise, le démon s’empala sur la pointe de l'arme et la sentit ressortir dans son dos. Ses jambes s'affaissèrent sous lui et il s'effondra au sol. Djerin s'approcha de lui, essoufflé, ses épées dans les mains. Une des armes du monstre s'éleva faiblement pour se protéger mais le Protecteur l'envoya valser d'un coup rageur et de son autre arme, la lame décrivant une parabole argentée, décapita le général ennemi. Un murmure parcourut les rangs des démons, il y allait certainement y avoir une lutte de pouvoir entre les lieutenants du monstre. L'ange repoussa la tête coupée d'un coup de botte et rejoignit ses homme en courant. Ceux-ci avaient recommencés à se battre pour leurs vies les démons ayant relancé l'assaut dès la mort du démon majeur. Deux Gardiens firent signe à Djerin de monter sur un cheval libre son cavalier original ayant sans doute été abattu.

Commandant, il faut mettre un bandage sur cette blessure, elle est assez grave...

Djerin fronça les sourcil et sentit soudainement le picotement d'une blessure au niveau de son épaule. Un des cimeterres du monstre avait entaillé profondément son épaule, traversant la cote d'écailles comme du papier et tranchant la peau et la chair si facilement qu'il n'en avait d'abord rien sentit, poussé par l'adrénaline. Il secoua la tête pour signifier qu'il n'avait pas besoin de bandage et referma la plaie avec un filin d'acier. Il remua légèrement son épaule en grimaçant sous la douleur, remerciant silencieusement le hasard qui avait permit que le monstre ne frappât pas plus profondément. Il grogna et saisit sa lame et un bouclier inutilisé accroché sur la selle.

On continue, notre objectif n'a pas changé. Chargez !

Profitant de la petite esplanade qui ne s'était pas encore rebouchée, les cavalier prirent de l'élan pour foncer vers la faille qui n'était plus très loin, écrasant les démons sous leur sabots, les frappants de leurs lames, forts d'une énergie nouvelle. Les Gardiens progressaient bien plus facilement qu'avant le duel, aidé par une légère aura de crainte de celui qui les menait et par le chaos provoqué par les luttes de pouvoir. Les démons proches les attaquaient, mais les autres préféraient s’entre-tuer joyeusement au nom du lieutenant qu'ils servaient ou simplement pour le supplanter. La centaine de cavaliers encore présents derrière le Protecteur passèrent comme une vague inarettable de chair et de métal jusqu'à la faille ou se trouvaient déjà les survivants des deux autres groupes d'assauts, ayant conservé chacun un peu moins d'un cinquième de leurs effectifs. Ils se battaient par petits groupes contre les mages qui ouvraient et maintenaient la faille, cette dernière vacillant légèrement. Les deux autres capitaines, ayant vu surgir leur supérieur, le rejoignirent.

J'ai vu mes rangs s’amenuiser comme peau de chagrin tout au long du chemin. J'ai perdu plus de montures que d'hommes. Les piétons sont resté sur place.

Comme nous tous Haraldson... La faille est maintenue par une dizaine de démon. L'autre moitié doit se trouver de l'autre coté.

Concentrez vous sur ce coté pour le moment. Je vais tenter de maintenir un périmètre avec mes hommes. Haraldson regroupez les vôtres et bloquez la faille. Rien ne dois en sortir. Meman, abattez les mages, prenez les miens pour vous aider. Dès que mon aide de camps me rejoindra je lui ordonnerais de rallier les piétons sur notre position et d'ordonner à Anil de maintenir l'encerclement et d'attendre les renfort tandis que Newton devra faire une percée pour soutenir les piétons et leur permettre d'arriver ici. Au combat !
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Magda Seriel

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MessageSujet: Re: Vous voyez des démons vous? Moi pas! [Ouverts démon et ange]   Sam 22 Aoû 2015 - 17:36

Maintes fois, j'ai combattu pour ma vie, maintes fois, je m'en suis sorti que ce soit avec difficulté ou facilité, seulement cette fois, je craignais que l'issue ne se finisse pas aussi bien. J'étais en train de me rendre compte que je risquais ma vie pour une offensive qui n'avait aucune chance d'aboutir. Même si l'air d'Adiryl m'avait manqué, j'espérais passer le moins de temps possible ici. Était-ce parce que j'avais peur qu'à force de rester, j'en vienne à penser que les maux rencontrés sur le monde du milieu ne valaient pas la peine d'y retourner. Je me suis laissé convaincre par un ami qui a joué avec mes sentiments, mais aussi les sentiments de mes parents. J'en venais à penser que je ne me battais plus pour Adiryl, mais uniquement pour le souvenir que j'avais d'eux. Or qui était capable d'en venir à risquer sa vie pour les convictions d'autres au détriment des siennes ? Pourtant, je savais que je ne me battais pas uniquement pour cela, les démons menaçaient tout le monde. Cette attaque n'avait aucun sens, quand bien même ils arriveraient à vaincre les gardiens ici, ils n'avaient pas la moindre chance face au reste de l'armée du monde des anges. L'orientation de tout ça m'échappait complètement... Finalement, le pourquoi était-il si important ? Avant d'arrivée sur Feleth, et sans les enseignements de mon maître, je n'aurais pas autant réfléchi, j'aurais obéi à des ordres toute ma vie.

J'ai été formée comme soldate défensive à cause de ma capacité à protéger quelqu'un par la force de ma volonté, mais j'ai finalement choisi une façon différente de me battre, notamment grâce à Slyfried. Il avait deviné ce que mes instructeurs refusaient de voir, eux voyaient uniquement en moi un être capable d'apporter une protection à quelqu'un de bien plus important. Le séraphin, lui, voyait en moi quelqu'un d'autre ou peut-être me voyait-il tout simplement, j'étais une personne à part entière pour lui et non uniquement une protection magique vivante. Du jour où Slyfried m'a sauvé la vie au jour où j'ai dû quitter Adiryl, il était là, se liant d'amitié avec moi, mais aussi avec eux. Il les connaissait bien, et le jour où je lui ai fait mes adieux, il n'avait pas cherché à m'empêcher de partir, se contentant de me dire qu'il comprenait. J'aurais tant aimé pouvoir lui rendre ne serait-ce que le quart de ce qu'il m'a donné.

Indreju s'est enfoncé dans un crâne, alors que Kvalnir tranchait des membres. La fusion de ma peau avec mon armure ressemblait maintenant au rouge d'un coucher de soleil. Combien de démons avais-je tué ? Combien en restaient-ils ? Y avait-il seulement une fin à tout ça. L'une des séraphines avait ordonné quelque chose à Sylfried peu de temps après qu'il ait réussi à m'aider, il m'avait interrogé du regard, me demandant si tout allait bien. D'un signe de tête, je lui ai fait comprendre que oui. Il a aussitôt ouvert ses ailes, abandonnant son cheval pour se concentrer sur les ordres reçus. J'ai vu une volée de flèches partir vers lui, comme si les démons savaient qu'il ne fallait pas le laisser partir. Ma gorge s'est noué l'espace d'un instant. Il a effectué une manœuvre qui lui permit d'esquiver chaque projectile avec une certaine grâce. J'ai senti un sourire se dessiner sur mes lèvres, il n'y avait décidément pas de quoi s'en faire.

Le cheval de Slyfried, désormais sans cavalier, a commencé à charger vers moi, écrasant chaque démon sur son passage. Il a brièvement ralenti sa course en arrivant vers moi, j'ai rengainé Kvalnir avant de sauter sur ma nouvelle monture. J'étais à peine installée qu'il a immédiatement accéléré vers un point précis, seul hic, la masse de démons à traverser pour l'atteindre était conséquente. Plus l'on s'approchait, plus je comprenais ce qu'il voulait faire. Là où le gros des gardiens semblait vouloir avancer vers la faille, le cheval était en train de me diriger vers l'arrière de l'armée là où se dressait un étendard rouge-orangé, sur lequel était dessiné un soleil blanc traversé par un glaive noir. Je ne savais pas grand chose de l'histoire des clans de démons, mais je savais comment une armée pouvait se former, il suffit d'un chef capable de mener une troupe à la guerre, toutefois plus il y avait de monde plus il fallait déléguer et au vu de la taille de cette armée, des lieutenants étaient obligatoires. Et chez les démons, il s'agissait de sous-chef, une façon plutôt crue de désigner un grade comme cela. D'un coup de rênes, j'ai forcé ma monture à arrêter sa course folle avant d'atteindre le plus gros de la troupe. Si je devais mettre à terre l'un des sous-chefs, je n'avais pas le luxe de m'épuiser. Traverser cette masse était possible, mais si c'était pour arriver à moitié morte à la fin, c'était inutile. Donnant un coup de rêne sur la droite, j'ai ordonné à mon cheval de se dirigeait vers le front extérieur.

Arrivée sur place, j'ai pu voir la ligne d'ange retenir un flot de démons deux fois plus nombreux qu'eux. Je pouvais aisément faire le tour de la ligne, mais je ne pouvais décemment pas les laisser se faire submerger comme cela. Si le front extérieur venait à lâcher, le front intérieur subirait une attaque à revers, ce qui sonnerait sûrement le glas de ce carnage. J'ai cherché le capitaine du regard, avant de le voir, lui et deux soldats, aux prises avec un groupe de démons. Ils se battaient férocement, mais même les plus forts des hommes ne pouvaient pas tenir éternellement. Ils connaissaient sûrement déjà leur sort, ils avaient reçu des ordres et nul doute qu'ils les tiendraient jusqu'au bout, même si cela devait leur coûter la vie. J'ai lancé mon cheval aussi vite que possible pour venir à leur rencontre, j'ai vu l'un des trois anges mourir avant que ma monture n'écrase les quelques démons me séparant d'eux.


"Capitaine ! Sonnez une charge, il faut vous sortir de là !"

Il m'a regardé pendant un instant, hésitant à obéir à quelqu'un qu'il ne connaissait pas. Je pouvais comprendre sa réaction, mais nous n'avions pas le temps de réfléchir de qui pouvait bien venir les ordres. À la guerre, nous devions agir vite ou l'on se retrouvait à manger la terre. D'un signe de tête, il a finalement ordonné à son homme de souffler dans son cor. J'ai aussitôt lancé mon cheval vers le plus gros de la ligne de démons, les quelques cavaliers qui ont entendu l'appel me rejoignirent peu après. Aussi petite fut elle la charge avait eu son effet, les troupes à pied ont pu se replier vers le fond de la ligne, laissant les archers s'occupaient de leur poursuivant. J'ai ordonné à ma monture de faire demi-tour pendant que c'était encore possible, les autres cavaliers encore en vie avaient fait de même. Le front se portait un peu mieux, mais sans renforts l'issue était plus qu'incertaine pour les anges.

J'ai lancé un regard au capitaine qui me remercia brièvement avant de se concentrer à nouveau sur la bataille. Mon objectif était désormais tout autre, j'ai fait le tour de la ligne extérieure. Quelques démons sur le chemin s'étaient mis en tête de m'arrêter, là fut leur dernière pensée... Une fois la ligne de démons passait, j'ai été surpris par l'absence presque totale d'ennemis dans cette zone. Les seuls que je voyais, semblaient fuir le centre de la bataille, quelque chose venait sûrement de se passer, il ne fallait apparemment pas grand chose pour désorganiser encore plus ce qui ne l'était déjà pas. Je pouvais voir l'étendard au loin qui devenait de plus en plus gros, signe que je me rapprochais de ma cible. Quelle ne fut pas surprise lorsque je vis moins d'une cinquantaine démons autour de la bannière. Il y avait beaucoup de sang autour d'eux, mais aucun cadavre visible, pourtant vu la quantité, il devait forcément y avoir des morts. Alors que j'avançais vers ce groupe au galop, mon cheval m'a désarçonné, m'envoyant voler sur le côté. Je suis violemment tombé sur mon bras, j'ai entendu un craquement et une douleur fulgurante me prit au coude. Encore à terre, gémissant de douleur, j'ai regardé mon cheval qui continuait sa course avant de voir son corps se désintégrer d'un coup laissant derrière lui pour seule trace la totalité de son sang. Là où le corps d'un être humain ne contenait que cinq litres de sang, le corps d'un cheval, lui, en possédait vingt. Je me suis péniblement relevée en me tenant le bras pour que ma magie curative puisse faire son œuvre. J'étais incapable de réagir face à ce qui venait d'arriver. L'équidé avait senti bien avant moi qu'une barrière se trouvait là et il avait pris les devants, m'empêchant de mourir d'une façon peu enviable. Je n'avais plus le moindre doute que cet animal n'avait rien de normal...

Les démons à l'intérieur de la protection s'intéressaient maintenant à moi, me narguant grâce à leur magie protective. J'avais une petite idée sur leur utilité pour cette bataille, mais cela ne marchait que si la barrière suivait l'un des démons. Si c'était le cas, pourquoi attendaient-ils ici sans rien faire. Mon regard s'est posé sur l'étendard, de là où j'étais, je pouvais aisément me rendre compte de sa taille réelle. Il mesurait plusieurs mètres de haut, à son pied se trouvait deux démons à dos de monture. Deux bêtes d'une taille imposante ressemblant à des loups sanguinaires, de leurs bouches sortaient un filet de bave continue comme si elles n'attendaient qu'un signe pour foncer et se repaître de leur ennemis. J'ai cherché pendant un bref instant le sous-chef du regard. Je n'ai, cependant, pas eu le luxe de chercher bien longtemps, plusieurs démons se sont approchés de moi, marchant dans le sang encore frais de mon ancienne monture. Il riait de façon ostentatoire, j'ai instinctivement reculé de quelques pas, je n'avais pas l'intention de finir désintégré à cause d'un faux mouvement. Si je devais me battre, je le ferais loin de cette immonde magie. J'ai dégainé Kvalnir de ma seule main libre avant de camper sur mes jambes, attendant de pied ferme si ces démons oseraient sortir de leur protection pour m'atteindre. Ils venaient à peine de traverser la frontière de la protection que leur tête se détachèrent de leurs épaules, l'un d'elle vola vers moi. Du plat de ma lame, j'ai envoyé valser la tête dans une autre direction. Relevant les yeux, je pouvais voir qui était le séraphin qui m'avait épargné de combattre avec un bras cassé.


"T'es toute poisseuse de sang et de transpiration. On dirait un épouvantail."
Je l'ai regardé de haut en bas avant de le dévisager.
"Tu n'es pas en meilleur état."
"Ton bras va mieux ?"
"Non, et je n'ai pas le temps de le soigner."

J'ai lâché mon arme avant de lancer une dague vers la barrière magique, la dague s'est mis a rouillé avant de devenir un tas de poussière. J'ai déposé Kvalnir au sol avant de superposer Indreju sur elle, si je parvins à reproduire la fusion que l'oracle à fait, je pourrais peut-être me servir du pouvoir des deux lames pour détruire cette défense. Slyfried m'a regardé avec de gros yeux, avant de se retourner vers les démons chevaucheurs de loup qui se précipitaient maintenant vers nous, à croire qu'ils avaient reniflés la magie que j'étais en train de produire...

"Ils arriveront avant que ce soit prêt. Tu vas devoir les retenir."
"Les retenir ? Je vais les anéantir ouais."

Je n'avais pas le talent de mon maître pour la magie, ainsi la fusion que lui semblait maîtriser sans le moindre problème me prendrait sûrement un peu plus de temps. Il y avait toutefois un autre problème, même si je venais à réussir le processus d'union, je n'avais pas la moindre idée de ce que le résultat donnerait. Je n'avais de toute façon pas d'autre solution, demandé à Slyfried d'utiliser la magie était l'équivalent d'un suicide.
Indreju a commencé à émettre une lumière bleutée alors que de Kvalnir se dégageait une lumière jaunâtre. Les dégradés de couleurs ont flottaient respectivement au-dessus de chaque épée jusqu'à finir par se réunir en un semblant de vert... Dans cette teinte commençait à se dessiner le résultat de la fusion. Les deux lames au sol se sont comme évaporées donnant à la troisième épée son aspect physique. Une fois complètement formée, l'épée a siphonné la couleur vers elle, me laissant voir le résultat de la fusion sans le moindre artifice. Mes yeux brillaient quand je regardais Kvalnir et Indreju de près, mais cette fois, je n'avais pas du tout cette sensation. L'oracle m'avait montré comment se déroulait le procédé magique, mais il n'avait jamais poussé l'expérience jusqu'au bout, peut-être était-ce à cause de ça ? Je me demandais comment la fusion de deux chefs-d'œuvre pouvait amener à un résultat aussi hideux. L'épée tout entière était couleur vert sombre, mais ce vert était traversé par du noir, comme si quelqu'un avait tracé une rune dessus. Le contraste entre ces deux colorations donnait une apparence mauvaise à l'arme, comme si quelque chose ou quelqu'un ne voulait pas qu'on s'en serve. Faisant fi de l'avertissement, j'ai empoigné cette chose répugnante, la sensation que j'ai eue en la touchant était étrangement agréable, comme si elle me souhaitait la bienvenue. L'un des loups s'est tourné vers moi au moment où j'étreignais ma nouvelle arme. Se désintéressant de Slyfried, il s'est mis à courir vers moi. La bave sortant de sa gueule laissait une trace derrière lui, ces crocs faisaient deux fois la taille de ceux d'un loup normal. L'animal, une fois à portée, a bondi vers moi les pattes en avant. J'ai fléchi les jambes pour avoir un meilleur appui, j'ai reculé mon bras avant de donner un puissant coup d'estoc qui transperça l'animal. Le démon chevauchant le loup qui, grâce à la graisse de sa monture, n'avait pas été atteint par mon coup se retrouvait maintenant au sol. J'ai approché de lui pendant qu'il se relevait, une fois debout, il a commencé à émettre des signaux incompréhensibles, j'ai coupé court à son appel en le coupant en deux au niveau du ventre. Slyfried qui en avait terminé avec son ennemi vint me rejoindre, il a dit quelque chose que je n'ai pas écouté. J'avais un objectif en tête, détruire cette immonde magie. Dépassant mon ami, je me suis mis en position face à la barrière. j'ai lancé un coup de taille, une décharge magique de la même couleur que mon arme s'en était dégagée. Le contact avec la bulle protectrice fut ravageur, Slyfried qui avait compris avant ce qui se passerait s'est couché sur moi pour me protéger. Une fois l'onde de choc passait, j'ai relevé la tête pour voir le résultat. Tout ce qui était à l'intérieur avait disparu, tout, sauf le sang. Venais-je de retourner leur propre sort contre eux avec cette abominable épée ?
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MessageSujet: Re: Vous voyez des démons vous? Moi pas! [Ouverts démon et ange]   

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Vous voyez des démons vous? Moi pas! [Ouverts démon et ange]

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