''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Du premier au dernier souffle, tout n'était que pour vous. [Violoniste]

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Camelle Elwhang

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Race : Séraphin-Démon Commun
Classe : Archère.
Métier : Intendante de l'Alliance- Assassin perdue.
Croyances : Déesse de l'Equinoxe.
Groupe : Alliance- Alliance des Ombres.

Âge : 23 ans.

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Fiche de Personnage : Ne clique pas

Histoire de Personnage : "L'Ambition est née de rêves brisés":
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MessageSujet: Du premier au dernier souffle, tout n'était que pour vous. [Violoniste]   Dim 3 Avr 2016 - 19:11

Et au-delà de toute perception, il y avait le vide.
On aurait pu essayer de le décrire, s'acharner encore et encore sur cette entité qui n'a ni essence ni vie. Oh, elle aurait pu dire à quel point c'était troublant, renversant, palpitant et finalement décevant, angoissant. Mais ça aurait été à des lieues de la vérité. Un peu comme effleurer un étang du bout des doigts pour en décrire toute l'étendue. Mais n'y a-t-il aucune différence entre l'eau de surface et celle qui stagne, attendant patiemment qu'un quelconque petit poisson vienne troubler son repos dans les eaux troubles et noires du fond. Comme si cette surface plane avait la même valeur que cette mère nourricière enfouie et qu'on ne voyait pas. Parfois les choses les plus merveilleuses étaient celles qu'on ne pouvait décrire, que l'on ne pouvait écrire et figer sur un bout de papier futile. L'éphémère beauté d'un monde sans limite, sans loi et sans destin. Le Néant était tout ce vide autour de nous. Il était l'air et les émotions, les réflexions et le rien. Ces choses que l'on ne pouvait effleurer avec le bout de ses doigts mais que l'on savait là.
Camelle ouvrait les yeux sur le monde tangible. Quel drôle de rêve elle avait fait ce jour là, à moins qu'au contraire, son sommeil n'avait été troublé par aucune pensée ? La lumière filtrait faiblement à travers les carreaux sales. Elle s'en détourna sans plus considération. L'air morne, elle restait allongée dans ce lit miteux de longues secondes, puis des minutes, puis bientôt une heure. Il ne restait de la Princesse des Ombres qu'une coquille vidée de son essence, qu'un « rien » à la fois si doux et si violent. Elle était indéniablement vide et le monde qui l'entourait n'avait plus la même saveur. Qu'avait-elle fait de sa vie ? Un amoncellement d’échec et de déception. Pourtant, si on y regardait mieux, elle avait tout. Tout ce qu'elle avait un jour rêvé d'avoir.
La ville de Venill vibrait en ce jour comme les autres. Elle déambulait en son sein, ombre parmi les ombres. Personne ne semblait faire attention à son petit corps chétif qui cachait, en réalité, une femme bien plus fort que la plupart d'entre eux. Elle gardait le silence et observant ces vies se dérouler tout près de la sienne. Elle aurait voulu crier la Princesse, leur dire : « Hé ! Regardez moi, je suis là ! ». Mais l'auraient-ils vu ? L'auraient-ils vraiment vu ? Certainement que non. Ils auraient remarqué une jeune femme en détresse dont les cheveux se baladaient sans crainte sur son visage encore dans l'enfance, mais ils n'auraient pas vu l'essentiel. Ils n'auraient pas vu qui elle était, ni même qui elle serait demain. Ils étaient tellement attachés à leur petites habitudes qu'ils auraient pris peur de voir au delà, d'essayer un instant d'observer comme elle le faisait.
Le soleil ne brillait pas ce jour là, il était à moitié caché par de gros nuages duveteux qui annonçait pour les jours prochains une pluie printanière comme il arrivait souvent sur la ville. C'était ici que tout avait commencé, des années auparavant. Elle qui s'était rendue dans les docks. Elle en avait croisé du monde depuis. Ah ! Elle eu un tendre souvenir pour chacun d'eux. Pour Alban, son mentor qui lui avait permis de veiller sur son institution et qui lui avait fait confiance lorsqu'elle avait fusionné L'Alliance et la Confrérie. Pour Clause qui malgré son air narquois avait su la réconforter lorsqu'elle en avait eu besoin. Pour Mérom, qu'elle avait rencontré à la faveur d'une visite dans le Vein. Qui aurait pu croire qu'un démon tel que lui lui viendrait en aide ? Elle souriait.
Elle bifurqua et prit le chemin des champs alentour. Elle avait besoin de calme, bien qu'elle n'en su pas la raison. Elle se réchauffait grâce à la mémoire de ces gens qu'elle avait un jour côtoyé et qui avaient vu. Elle n'avait pas eu besoin de paraître, non. Elle eut été avec eux telle qu'elle était ce jour là. Une douce mélancolie soufflait avec le vent qui ployait tendrement les épis de blé. Melpomène, la démone au fouet, Vital et Franz les marchands. Ces fesses se souvenaient encore de la correction que lui avait infligé le pompeux bonhomme. Si à ce moment elle l'avait haït, aujourd'hui elle comprenait qu'il l'avait faire grandir.
Elle s'assit un moment parmi les plantations. Leur douce couleur d'or lui rappelait sa Lilith. On disait qu'il n'y avait qu'un véritable amour dans sa vie et au fond, elle trouvait cet adage plutôt juste. Jamais elle n'avait réussi à oublier la belle barbare. Une femme forte qui avait réduit son cœur en esclavage. Oui, elle était esclave de ces beaux yeux et de cette chevelure blonde. Elle l'aimait encore, c'était une certitude et peut-être qu'elle l'aimerait encore toute sa misérable vie. Elle aurait tout donné pour la serrer encore une fois. Une larme roulait sur ses joues. Elle aurait voulu lui dire tout ce qu'elle avait omis... Mais il était trop tard et elle ignorait encore où se trouvait sa belle guerrière. Peut-être était-elle morte depuis. L'idée de ne jamais la revoir lui tordait les boyaux.
Quel triste souvenir. Elle était là, assise au milieu de nul part. Seuls quelques marchands venaient troubler ses réflexions. Parfois elle leur accordait un sourire poli, parfois elle les ignorait. Elle regarda alentour. Rien ne pouvait troubler sa journée. Elle eut un petit rictus. N'était-ce pas là ce qu'elle s'était dit le jour où elle avait pénétré dans ce cirque d'horreur ? Elle s'en souvenait encore parfaitement. Elle y avait fait la rencontre d'Adam, d'Edouard et de Rodany. Des compagnons de galère. Elle avait failli ne pas s'en sortir cette fois-ci. Les gens avaient cette propension à la folie qu'elle n'arrivait pas à saisir.
Bartleby. Elle avait pensé à un fou en le voyant. C'était certainement vrai d'ailleurs. Qui, de nos jours, abordait une femme comme ça, par simple curiosité ? Curiosité morbide voilà tout. Sa vie n'avait pas été simple. L'un des rares à comprendre le rien qui composait la Princesse. Parfois, les plus belles choses prenaient de bien vilaines formes. Comme ce jour là, avec Tancrède. C'était sa première rencontre avec un membre de la Confrérie des Ombres. Qui aurait pu se douter que cette simple entrevue allait changer les choses ? C'était ironique n'est-ce pas ! Toute ces choses qui semblaient bouger tout autour d'elle et Camelle, immobile. Parfaitement immobile. Comme si, si elle osait esquisser un geste, elle allait s'effondrer. Comme si son monde allait s’effondrer.

Et tout s'effondra.
Le rien. Cet endroit sans vie ni mort. La face plane d'un étang profond, étrange et inquiétant. Mais elle était bien. Camelle se sentait à sa place dans ce monde. Des noms résonnèrent dans sa tête. Des gens qu'elle avait aimé ou non. Lapis Lazuli. Qu'elle avait dorloté comme ses enfants. Synëal. Une vie resumée en quelques noms. N'était-ce pas là le comble du rien ? Dana. Les doigts qui effleurent une surface qu'ils ne comprennent pas. Cross Diger. Réduire cette vaste étendue à son unique surface, plane et calme comme un jour d'été sans vent. Goudwin. Turik. Elle était parfaitement sereine tandis qu'elle sentait l'univers autour d'elle s’étioler jusqu’à disparaître entièrement. Maël Thermall. Elle s'en ichait. Elle était là, dans ce néant à entendre les noms les uns après les autres. A ce souvenir ce qu'ils avaient un jour apporté à sa vie. Alcide.
Et elle pleura. Comment pouvait-elle imaginer pareilles choses en se levant ce matin ? Comment avait-elle pu fuir les quelques rayons de soleil ? L'eau saline dévalait sa face, avide de s'enfuir loin de son corps trimballé dans ce vide – ou alors était-il figé ? Elle avait mal mais elle se sentait bien. Elle avait faim mais elle semblait rassasiée. Takamorishima. C'était étrange, ce mélange abject de sentiments. Théobald. Elle aurait voulu sortir de là mais elle était si bien. Si bien que l'eau qui coulait inexorablement de ses yeux n'était pas si différente des larmes de joie. Ses sœurs cadettes peut-être. Le Peintre.
Elle se souvenait de cet être chétif. Elle se souvenait de tous. Et les larmes coulèrent de plus belle. Tant de monde et pourtant personne aujourd'hui. Elle se savait aimée, quelque part dans ce monde. Elle se savait entourée chez elle et pourtant elle se sentait si seule. Et plus les noms étaient hurlés dans ce rien, et plus la sensation étrange qu'ils l'oubliaient s'éprenait d'elle. Elle aurait aimé se rappeler au souvenir de chacun d'eux. Leur dire : «  Hé ! Regardez moi, je suis là ! ». Mais elle en était simplement incapable. Elle était là, suspendue dans un monde dont elle ignorait tout, qui l'attirait autant qu'il la faisait fuir. Le Marchemonde. Ledha. Le dernier nom remua d'étranges sensations en elle. Ne lui avait-il pas appris qui elle était réellement ? Si, et cela semblait la détruire. L'horreur d'une douce rencontre. Au fond, les vilaines choses pouvaient prendre l'allure de choses sublimes, viles tentatrices. Enora. Bael. Darion. Carl. Kyren.
Et puis tout cessa, même ses larmes. Il n'y eu plus de noms, plus rien sinon le silence. Tout autour d'elle, le monde était nimbé de noir, et rien ne semblait bouger. Sa main se serra. Tenait-elle sa dague ? Allongée sur une surface froide et humide, elle avait quitté les champs et Venill. Elle avait abandonné sa vie. Elle savait à présent où elle était.
Elle s'était réveillée.
Un filet chaud s'écoulait de son petit corps chétif. Elle était consciente, mais pour combien de temps encore ? Une respiration vint troubler la quiétude du Vein. Elle avait pourtant choisi l'endroit avec le plus grand soin. Qui osait troubler ses dernières respirations ? Son souffle était obstrué de liquide et elle agonisait. Combien de temps encore ? La Princesse des Ombres voulait en finir et même là, elle s'était loupée. Elle ne perdrait plus connaissance, non. La prochaine fois que ses yeux se fermeraient, ce serait pour la dernière fois.

« Qui est là ? ». Sa voix n'était plus qu'un filet mince, mais le lieu immobile aidait à sa compréhension. Elle laissa sa tête retomber sur la pierre glacée, ses yeux voilés cherchant dans le vide celui qui assistait aux derniers instants de Camelle Elwhang.
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Du premier au dernier souffle, tout n'était que pour vous. [Violoniste]

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