''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 [Libre] Une arène en ville

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Dumbark Sang-Noir

Le Briseur

________________


________________


Race : Orque
Classe : Berserker
Métier : Gladiateur
Croyances : Le Fléau/Dieu de la guerre
Groupe : Le Pays

Âge : 29 ans

Messages : 28

Fiche de Personnage : Qui est le Briseur ?


MessageSujet: [Libre] Une arène en ville   Dim 8 Mai 2016 - 12:11

Quand je me réveille, il fait encore nuit. Y a trop de bruit dans la piaule, je peux pas dormir. La communauté, ça fatigue. Souvent.
Je reste immobile à écouter le bordel ambiant en essayant de me rappeler où je suis. Ça me revient lentement. On est arrivé hier soir dans cette ville après deux bons jours de route, et toute la troupe occupe les chambres de l'auberge locale. "Le frelon jaune" ou une merde du genre. Non, c'est "Au frelon flamboyant", c'est ça. Ce qu'il faut pas inventer comme connerie pour vendre de la bière.
Je réussis à m'extirper du hamac, toujours trop petit pour moi, malgré tout les efforts de Klein pour en fabriquer un à ma taille. Dans ceux d'à côté, ça s'agite, ça rigole, parfois ça crie. C'est ça, être gladiateur. Le soir, tu finis la journée avec pas mal d'or dans les poches, et pas sûr d'être toujours vivant le lendemain à la même heure. Alors forcément, on achète, on dépense, et ça se finit au pieu avec les putes du quartier.
Pas moi. J'ai pas la gueule de l'emploi pour les filles. Bien sur, des fois, faut que ça sorte et je claque un peu d'argent pour me mettre quelque chose sous la dent, mais la plupart du temps, je me retiens, le temps que je me trouve une petite orque pas trop farouche. Mais les orques, c'est rare, et les humaines, c'est du genre regardante niveau face de cauchemar. Alors ça se tape du bouseux, de l'infirme et de l'obèse, mais suffit que je ramène ma gueule dans le paysage, et elles ont cette sale expression de dégoût en travers. Oh, ça fait que passer ! Ça dure une demie-seconde, à peine, et elles reprennent déjà le sourire. Elles font un effort, faut bien mériter son argent, mais pour moi c'est déjà trop tard. Si je vois cet air sur leur gueule, c'est même plus la peine qu'elles m'approchent, même gratuitement je les toucherais pas.
C'est arrivé une fois, il y a quelques années. Je me battais pour le Royaume à l'époque. Je m'envoyais cette fille dans un coin sombre au retour d'une bataille. Elle avait eu aucun problème en me voyant débarquer, et demandait pas trop cher, alors pourquoi pas ? Et puis, d'un coup, y a eu de la lumière dans la pièce. Une torche par la fenêtre, un éclair, je sais plus, et quelle importance ? L'essentiel était là. Un éclat de lumière et on s'est vu. Elle a du avoir un aperçu fugace de mon visage, et voilà le dégoût qui lui déforme la face. C'était trop. C'est pas que je sois comme ça d'habitude avec les filles, elles font un boulot pas toujours facile, mais ça c'était trop. En un seul coup de poing, je l'ai frappé si fort que son crane s'est brisé entre le mur et mes phalanges. Elle est tombé au sol et après dix secondes de vomi et de tremblements, c'était fini. Putain d'elle.
Depuis, j'évite les expériences du genre. Je préfère boire un grand coup et faire la fête dans mon coin, elles trouveront du boulot avec les autres, et tout le monde s'en portera mieux.

Je prends mon marteau contre le mur, glisse ma hache à la ceinture, enfile mes bottes, et je sors de la piaule. C'était pourtant une bonne nuit jusque là. Je suis assez bourré pour passer un bon moment, pas assez pour me paumer dans les bois et devoir retrouver ma route le lendemain. En sortant de la chambre, j’entends qu'il y a pas mal de bruit dans l'auberge, il doit être plus tard que je pensais, l'aube doit approcher. Je descend les escaliers qui grincent sous mon poids et arrive dans la grande salle. Je souris un peu en regardant ça. Une vingtaine de grandes tables, et encore plus de petites, et partout des sièges, des bancs, et même quelques fauteuils confortables autour d'un feu crépitant. Ça fait du bien de revenir un peu dans des auberges de bonne taille, après des mois à courir les villages de plouc à dormir dans la paille avec les porcs. C'est pas encore Venill mais ce bourg est de loin le plus grand qu'on traverse depuis au moins un mois. Y a quelques personnes attablés devant une miche de pain noir et un peu de viande séchée dans un coin, et, à droite à gauche, quelques soûlards qui ont pas eu la force de quitter la salle commune au moment de perdre connaissance. Au milieu s'agitent une demi-douzaine de petites jeunes et un vieil homme, le gérant de l'auberge et ses filles, qui nettoient et préparent pour le service du matin. Je sors de l'auberge pour pisser un coup, et regarder un peu le ciel. Effectivement, l'aube approche, l'horizon est déjà clair, le soleil ne va pas tarder. Quand je retourne à l'intérieur, je me cale directement dans un des fauteuils, allongeant mes longues jambes près du feu, les pieds sur un tabouret. Le putain de bonheur. J'appelle à la ronde, et une fille vient voir. Quand elle contourne le fauteuil pour me faire face, évidemment, elle a cette petite grimace. Je me mords un peu la langue. Joli brin de fille, à peine adulte et encore enfant. J'aimerais lui dire que j'en ai déjà tué pour ça, mais je me contente de lui donner quelques pièces et de demander une bière, du pain, du fromage, et, si elle trouve ça, du poulet et du lard.
Quand le repas arrive, je me suis presque rendormi dans le fauteuil. Ça fait tellement longtemps que je dors par terre ou dans la roulotte que j'ai plus l'habitude du confort. Il ne me faut pourtant que quelques instants pour engloutir tout ce qui m'est présenté, après quoi je me sens une nouvelle énergie. La journée a commencé, s'agirait de l'occuper avant le combat de ce soir.
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Gareth Valmort

Le marche-abysse

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Race : Humain
Classe : Lame noire
Métier : Mercenaire
Croyances : Nihiliste
Groupe : Les lames errantes

Âge : 29 ans

Messages : 34

Fiche de Personnage : L'histoire d'une enfance brisée.


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Sam 21 Mai 2016 - 17:23

Dire qu'ils font l'amour serait une insulte envers ce simple concept. Ils baisent. Comme des animaux, sans retenue, sans sensualité et sans le moindre romantisme. Mila, à califourchon sur lui, bouge ses hanches en le griffant jusqu'au sang. Sa longue crinière blonde est souillée par la saleté et le raisiné séché, son beau visage est déformé par une grimace trahissant plus la folie que la passion, mais cela ne dérange pas son compagnon. Gareth à les yeux fermés, il sourit en l'accompagnant du mieux qu'il peut, malgré ses deux bras coupés, sans faire attention aux boules de feus qui illuminent le ciel au-dessus d'eux. Ils baisent au milieu d'une bataille sanglante. Les cris de guerres et les plaintes des blessés accompagnent leurs gémissements. A trois mètres sur leur gauche, un homme tombe sur les genoux en retenant ses viscères avec la main qui lui reste. Son bourreau, de son coté, n'a pas comprit que la mort l'a emmenée, lui-aussi. Le manche brisé d'une fourche est entré dans son cerveau en passant par la mâchoire inférieur. Son corps se tortille sur le champ de bataille, toujours debout, déjà mort. La belle continue de bouger ses hanches en riant aux éclats et le plaisir monte d'un cran, à nouveau.
Puis elle le mord à la jugulaire. Et lui arrache la gorge à coup de dents.
"-Gareth? Gaaaareth? "
C'est la douce voix de Mila qui le réveille. Il ouvre lentement les yeux pour découvrir la toile d'une tente tout à fait normale, même pas tachée de sang. Soupir et soulagement. Ces cauchemars sont de pires en pires, ces temps-ci. Détendu, le chevalier-mercenaire tourne la tête vers sa compagne.
Qu'il découvre assise sur le fil de la lame de Sanglot.
"-Tu étais en train de visualiser un carnage immonde Gareth?"
Les yeux exorbités, l'intéressé hoquette de surprise sans répondre quoique ce soit d'intelligible. Alors elle rit, puis attrape la poignée de l'épée pour commencer à se découper elle-même, de bas en haut.
"-Moi aussi !"

Le réveil se fit sans sursaut, au grand dam du chevalier. Son cœur ne battait pas plus rapidement qu'à l'accoutumée, c'était tout juste si il se sentait légèrement oppressé par ses songes lugubres. Son regard fatigué balaya rapidement la zone. L'auberge, évidemment. Gareth s'était assoupit dans un fauteuil, dans le noir, loin du feu et des autres clients, plus bruyants, et des serveuses affamées qui passaient leurs temps à lui faire les yeux doux. Il n'avait pas quitté son armure, seul son heaume était resté posé, sur le matelas de sa chambre, en haut, à coté de Sanglot. Sanglot. A la pensée de la noire lame, sa main droite se leva immédiatement pour attraper l'air dans son dos, là où la poignée de l'épée maudite était censée se trouver, rattachée à son armure par un simple anneau de fer trafiqué, sans le moindre fourreau. Gareth fronça les sourcils. Cela lui coutait de l'admettre, mais elle lui manquait. Ils étaient à moins de trente mètres l'un de l'autre, mais elle lui manquait. Saleté d'arme maudite. Avec le temps, le chevalier avait réussi, plus ou moins, à se convaincre que c'était à cause de Sanglot que ses nuits se transformaient systématiquement en enfer cauchemardesque. C'était une solution qui l'arrangeait bien, évidemment, et il en avait conscience. Une solution qui lui évitait d'avoir à se dire : Je suis en train de perdre la raison. Une solution trop simple pour que, lors de ses damnés moments où son esprit se perdait dans l'auto-analyse, il n'y croit vraiment.
Le rire désagréable du gérant de l'établissement lui vrilla les tympans et un affreux rictus censé exprimer le mécontentement vint immédiatement déformer son visage fin. Gareth et ce vieillard croulant avait discuté plutôt longtemps hier soir. En tout cas, assez longtemps pour que le chevalier-mercenaire comprenne que ce n'était qu'un vieillard désaxé et détestable. Il n'avait jamais aimé les rabatteurs, surtout ceux qui se vantaient de l'être depuis le plus jeune âge. "On ne peux pas faire confiance à un homme qui est satisfait d'avoir drogué et frappé des filles pour les transformer en pute, tout le long de sa pitoyable existence" avait un jour dit Carim, un membre des lames errantes. Gareth était assez d'accord.
Les lames errantes...Cela ferait bientôt deux mois maintenant qu'ils n'avaient pas trouvés de gros contrats. Quelques chasses aux monstres, deux ou trois brigands à rapportés plus vifs que morts. Rien de bien intéressant, juste de quoi réparer les armes et les armures usées lors desdites missions. La troupe s'était dispersée à la fin du premier mois, comme à chaque grand moment de disette. Alvin était retourné vers la tombe de sa dulcinée, Launesigiles avait prit avec lui Carim et ses plus belliqueux partisans pour piller du coté de Venill et Slick...Bonne question. Il était juste parti.
Gareth ne se formalisait pas lorsque ce genre de crise arrivait. Les lames errantes étaient des mercenaires, après tout. Ils se reformeraient à la prochaine bataille intéressante. Il fallait juste ne pas mourir de faim en attendant.
Bien sûr, c'était une façon de parler. La faim ne pouvait pas le tuer, lui. Pas tant que Sanglot pendait dans son dos ou prolongeait son bras droit. Elle pouvait indéfiniment remplir son estomac de volute de fumée noire étrangement nourrissante. Il avait fait l'expérience, plusieurs fois. Un mois durant, le chevalier s'était privé de nourriture. Et un mois durant, sa lame l'avait nourrit de son énergie, qu'importe soit-elle. Ca n'avait pas été sans prix à payer. A la fin du mois, ses yeux étaient devenus entièrement noirs et sa peau avait virée au gris/bleu, puis au translucide. Il avait mit deux semaines à récupérer son regard habituel, et ses veines étaient encore visibles à travers son épiderme, six semaines plus tard.
Après cette expérience, Gareth en avait conclu qu'il était tout de même important de se nourrir d'autre chose que des énergies inconnues de son épée.
C'était pourquoi le chevalier avait accepté le contrat placardé sur la pancarte près de la maison du maire de cette petite ville au nom imprononçable et franchement peu gracieux. Ledit contrat disait :

cherche omme vaillan et expérimenté dant l'art du combat à l'épe
Des pillard portant la marque de l'ordre du crépuscul massacre nos gent et nos caravanes sans arrêt et c'est très domage pour l'économi
Offrons généreuse récompense a celui ou ceux qui apporteront la preuvede leur défet
Pour de plus emple informassions, contactez Georgio Anaïenk



Gareth avait donc contacté, après une lecture difficile, Georgio Anaïenk. Ce dernier se révélait être un rodeur elfe balafré et à la retraite officiant dans la ville en tant que maître-chasseur. Un brave type terriblement en colère. Il avait personnellement hébergé la jeune Oanelle, seule survivante du premier massacre de l'ordre dans la région. Elle n'avait cessé, durant toute cette semaine, de répéter qu'elle vivait parce qu'ils l'avaient voulu. Et personne n'avait pu la contredire. Les voyageurs qui passaient et entendaient son témoignage lui donnaient même raison : L'ordre laisse toujours un témoin. Ca n'avait pas empêché à l'ordre de retirer la virginité de la témoin en question. Sans la moindre autorisation de la part de cette dernière. Elle s'était finalement calmée, puis, un matin, on l'avait retrouvée pendue dans la grange de Georgio.
Deux jours plus tard, un nouveau témoin en sang débarquait et on rédigeait rapidement le contrat, en grosse lettre.
Le vieil elfe s'exprimait bien, et à haute-voix, qui plus est. Après avoir été convaincu par l'allure et le discours de Gareth, il avait tenu à faire un long exposé sur "les vauriens l'ayant précédés". De fait, le chevalier était loin d'être le premier à répondre au contrat. D'abord, il y avait eu un trio d'aventurier s'étant enfui sans demander leur reste, dès qu'on leur eut confirmé que "oui, ce sont bien des membres de l'ordre du crépuscule". Puis un ogre solitaire et téméraire, qu'on avait retrouvé pendu par les entrailles à l'entrée Nord-Est de la ville. Et finalement, cinq chasseurs de primes roublards s'étaient présentés en demandant un avancement de deux cent pièces d'or...Avant de s'enfuir avec la somme en question, sans tuer le moindre bandit.
Gareth souriait encore à la mention de ces derniers. Et dire que certains des siens lui demandait encore pourquoi le métier de mercenaire était si mal vu.
Le Chevalier-Mercenaire avait hoché la tête, sans demander le moindre avancement, et le visage de Georgio s'était illuminé. Le vieil elfe l'avait serré dans les bras avec toute la maladresse d'un homme rude, rustre et à bout de nerf, avant de l'amener ici, dans cette taverne, en tenant à lui payer une chambre.
Ca aurait été bien bête de refuser.
Seulement voilà. Après quelques rapides enquêtes sur les lieux des massacres, Gareth en était parvenu à la conclusion suivante : Ces fichus cinglés sectaires s'étaient basés dans un amas de grottes non-cartographier et connu par les habitants du coin comme étant le "dernier goulet". Les légendes concernant l'endroit faisaient états de monstres hantant les fins fonds de ces grottes, d'araignées géantes, de loups-garous, de bêtes tentaculaires et, bien évidemment, de dragons.
Si la moitié du quart de ces légendes se révélaient véridiques, aller seul là-dedans équivaudrait à un suicide. Aussi Gareth avait recruté. Kiril, un ancien membre des capes blanches aigris lorgnant sur le contrat depuis un certain temps. Tarik et Tarvitz, deux frères, soudards déserteurs de l'armée du royaume, menant une petite troupe de cinq hommes. Et Aeléa, une prêtresse de Solstice ayant été formée par le Grand Inquisiteur lui-même.
Une bonne petite troupe. Juste assez grande pour être partiellement ou totalement décimée lors de la remise de la récompense. Mais ça manquait tout de même de gros bras.
Les yeux de Gareth se posèrent sur les larges épaules de l'orque occupé à manger son morceau de poulet, assit à une table, seul. Hm.
Le chevalier-mercenaire se leva en faisant craquer ses articulations. La pinte tenant jusqu'alors sur ses genoux roula au sol et une serveuse se précipita pour la ramasser en papillonnant des yeux. Gareth leva les yeux au ciel et se dirigea jusqu'à la "table" du peau-verte. Une fois que ce dernier eut remarqué sa présence, le mercenaire attrapa une chaise et s'assit face à lui, devant le feu. Parfait. Ce type était un monument dédié à la violence la plus pure. Un torse aussi large que celui d'un minotaure. Des bras terrifiants par leurs largeurs. Une oreille coupée, des dents visibles et cassées. Bon sang, même son regard empestait la violence ! Une occasion inespérée.
"-Tu m'as l'air d'un sacré casseur de gueule."
Une serveuse l'interrompit en lui jetant quasiment ses seins dans la figure.
"-Tu veux quelque chose chéri?
-Ouai, la paix."
Elle s'éclipsa aussitôt, la mine boudeuse. Gareth reprit :
"-Excuses-moi pour cette triste entrée en matière...Bref, allons droit au but : Je m'appelle Gareth Valmort, je suis mercenaire et, comme tu t'en doutes, je recrute pour un contrat particulièrement pénible impliquant la poursuite et le massacre d'une bande de pillards affiliés à l'ordre du crépuscule. T'as la tête et les bras de l'emploi. Est-ce que ça t'intéresses? On part dans trois jours."
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Fiche de Personnage : Qui est le Briseur ?


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Sam 21 Mai 2016 - 23:04

Je suis tranquillement en train de finir mon repas quand ce type apparait, comme sorti de nulle part, et vient s'asseoir en face de moi.
-Tu m'as l'air d'un sacré casseur de gueule, dit-il, comme introduction.
J'aime ça, c'est le genre de prose qui me fait plaisir de bon matin. Et une petite remarque cinglante à la serveuse envahissante suffit à me le rendre assez sympathique. Connasse. C'est pas à l'orque que tu ferais les yeux doux. Je m'attarde sur le bonhomme alors qu'il commence un baratin pour me vendre un contrat de mercenariat. Grande perche, pour un humain, dans une bonne armure, bien qu'un peu vieille. Des cheveux blancs, sur un visage plutôt jeune, et des yeux pas pareils. Je tombe toujours sur des types aux yeux pas nets. Et surtout, la tête de quelqu'un qui a vu la guerre. Et du genre à vouloir y retourner. Mercenaire. Ma race de salauds préférée.
J'écoute tranquillement mais ne retiens que trois choses de son laïus : "contrat", "massacre", "Ordre du Crépuscule". Ça part plutôt bien. C'est toujours un plaisir d'être payé pour tuer des gens. Et je suis pas sur de vouloir laisser tomber l'arène tout de suite, alors juste un petit contrat, sans engagement à suivre, ça pourrait me remplir les poches et me faire des vacances. Bon, après ça se complique. L'Ordre du Crépuscule, c'est pas du genre bite-au-cul de pouilleux, avec des épées en bois et les yeux qui louchent. J'en ai déjà rencontré une ou deux fois, et c'est plutôt du genre dangereux tarés, avec apocalypse à l'horizon. Mais pourquoi pas ? Ça fait trop longtemps que je me complais dans des combats trop faciles, trop longtemps que je n'ai pas affronté un vrai ennemi. Reste une dernière question... Le prix. Je regarde le chevalier droit dans les yeux, en caressant tranquillement mon marteau d'une main, histoire de lui montrer subtilement que je suis pas du genre à accepter qu'on se foute de ma gueule.
-Combien ? que je demande. Combien de types à coucher, combien de pièces à l'arrivée, et combien de camarades avec qui partager le total ?
Je ne saigne pas pour rien. J'écoute sa réponse, et décide de le laisser poireauter un peu avant de prendre ma décision. Il n'a pas fini de parler que je me suis déjà levé de mon fauteuil et me prépare à partir. J'aime bien laisser ce genre d'impression : Quand je me lève d'un coup, les gens voient vraiment que je suis du genre montagne qui marche, avec crevasses sur le corps comprises, du genre qui aurait tué moins forts que moi. Avec Le Briseur à mes côtés, ça fait son petit effet. Normalement. Ici, ça a plutôt l'air de lui passer par-dessus la tête. Putain de mercenaire. Faudrait que je lui arrache un bras sur le champ pour l'impressionner. Je préfère avoir l'air d'un tueur que d'un négociateur, au moins personne n'est trompé sur la marchandise et tout le monde sait à quoi s'attendre, mais ce chevalier me donne du fil à retordre.
Un souvenir me traverse, celui de ma première paye de mercenaire, quand j'étais à peine plus qu'un gosse, et ce vieux barbu qui m'avait pris sous son aile, et avait décidé de m'expliquer le métier. "Être craint, c'est être respecté." Du coup, au moment de recevoir ma première semaine de solde, j'ai attrapé l'intendant au col et lui ai brisé son putain de nez d'un coup de tête, parce que le compte n'y était pas. Il s'est empressé de me verser ce qui manquait et n'a plus jamais déconné avec moi. Ce qui était plutôt bien joué de ma part, vu qu'à l'époque je ne savais même pas compter et que je n'avais aucune foutue idée quand à l'argent que je devais vraiment recevoir. Du bluff et de la violence, et à la fin je gagne.
Mais cette fois, le copain n'a pas l'air d'accrocher à mon numéro de grand méchant loup, alors je décide de lui faire une démonstration plus en détail.
-J'ai pas ta réponse, que je lui dis, peut-être bien, ou peut-être pas. Mais ça m'intéresse bien. Je suis gladiateur, viens à l'arène ce soir, et on en reparle. Tu pourras voir de toi-même comment je me bats, et peut-être que tu reverras les tarifs. On prend les amateurs, si tu veux de l'argent de poche, que je laisse glisser en partant, histoire de le titiller un peu.
C'est la meilleure solution. Je peux pas me permettre de passer pour une lumière, du genre à voir venir les pièges de loin, il vaut mieux que je passe pour le type qu'il vaut mieux pas chercher à doubler, du genre qui tombe dans le piège, en sort, te retrouve, et te brise les os un par un, à toi, ta famille, tes voisins et tout les gens qui t'ont un jour connu. Et l'arène, c'est l'idéal pour ça. En plus, si il vient, soit il paiera sa place, ce qui est toujours un plus, soit il participera, ce qui me permettra de voir son niveau l'arme à la main.
Et sur ce, je le plante là, au milieu de l'auberge, en jetant quelques pièces au patron alors que je m'attrape une pinte de bière qui traine, pour la route.



Quand le soir arrive, j'ai pas de nouvelles de ma rencontre du matin. Plus j'y réfléchis, plus je me dis que ça me plairait bien de massacrer quelques types, avec l'aval des autorités du coin. Ça fait longtemps que je me suis pas fait du vrai mercenariat. Le soleil se couche tôt, l'hiver approche. Déjà, des torches commencent à s'illuminer partout en ville. Assis par terre sur une colline surplombant le quartier ouest, je regarde le monde sombrer dans la nuit, alors que les hommes allument leurs petites lumières. Il serait temps de s'y mettre, j'ai du sang à faire couler cette nuit. Je crache par terre et me relève avant de partir, direction l'arène. Les gens sont déjà nombreux à faire la queue, et s'occupent en écoutant Alexis, notre barde, leur chanter la folie de Phineas du Charnier, une chanson qui marche plutôt bien. On y parle de ville brûlée et d'enfants abandonnés, de bataille et de dragons. Ça fait pleurer la paysanne et frissonner d'indignation le bourgeois, en tout cas, à la fin, ça fait payer le spectateur, et c'est le plus important.
Un pisse-froid de forgeron qui a l'air si jeune qu'il doit encore téter sa mère fait de l’esbroufe devant ses amis, comme quoi il participera peut-être ce soir. Je le bouscule en passant, pour lui faire fermer sa gueule. Ça fonctionne à merveille : d'un coup, grand silence dans le groupe, et puis ça murmure en tout sens. C'est bon signe. Qu'ils aient envie de me voir mourir ou tuer, ils auront envie de me voir.
Je salue le gosse qui fait le planton devant l'embrasure qui conduit sous les gradins et écarte le rideau qui nous sépare de l'extérieur pour me plonger dans le monde des gladiateurs. Il y a foule, ça pullule, ça s'agite, ça grouille de tout côtés. Peut-être une cinquantaine de personnes en tout. Y a du freluquet et de la bête, tous prêt à se battre, peut-être à mourir. Mais pas trace du mercenaire. Ça sent la sueur, la chaleur est déjà étouffante, y a de l'acier dans tout les coins, j'adore ça. On n'est qu'une vingtaine sur la route avec Klein & Bischoff, les autres c'est des types d'ici. Gardes, paysans, un soldat d'aventure... Y a toujours quelqu'un pour vouloir se faire un peu d'argent, et si ça se passe bien, ils finissent par nous suivre, de temps en temps. Je me fraye un passage au milieu de la masse, saluant d'un signe de tête les visages connus. Tout ces corps réunis, ça me donne des envies de tuer. Finalement, je parviens à atteindre ce que je veux, le tableau d'affichage, juste devant la porte qui conduit à l'intérieur, où Klein inscrit les noms des combattants et l'ordre des combats, et cherche mon nom, ainsi que celui du type de ce matin. Qu'est-ce qu'il a choisi ? Les gradins ou l'arène ?
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Gareth Valmort

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MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Dim 22 Mai 2016 - 17:31

L'impressionnante et meurtrière Zweilhander paraît si grossière, une fois comparée à Sanglot. Sa prise en main est nettement moins aisé, elle est plus lourde, sa lame est moins coupante et sa pointe à l'air émoussée. Son forgeron à tout basé sur le poids de l'arme, ça se voit. Pas une si mauvaise idée, après tout. Même une armure de plate aurait tout le mal du monde à encaisser le tranchant d'une Zweilhander de 12 kilos. Mais aucun homme normalement constitué ne pouvait manier ce genre d'arme efficacement.
"-T'es sûr de pas la vouloir?"
Gareth lui répondit en faisant la moue. L'armurier de l'arène postillonnait sans cesse, tenir une conversation avec lui sans éprouver l'envie, à un moment ou à un autre, de lui briser la mâchoire pour lui faire ravaler sa bave relevait de l'exploit. Mais le chevalier-mercenaire se tenait. Principalement parce qu'il avait besoin de lui. Peut-être aussi parce que Sanglot ne pendait pas derrière-lui.
"La magie fait trop peur pour être vendeuse" avait dit l'un des organisateurs. Gareth avait comprit de suite : Pas de lame maudite dans l'arène. Un mal pour un bien, après tout. Ca lui permettrait de voir si cette damnée épée n'avait pas rongée ses réflexes autant que ses songes.
Plus tôt, dans la matinée, lorsque l'Orque l'avait invité ici-même, le mercenaire s'était juré de se contenter d'observer les combat depuis les gradins. Il fallait ménager ses forces, ne pas prendre de risques inconsidérés pour une poignée de pièces. C'est ce que répétait toujours Alvin. Mais la tentation s'était révélée trop forte, évidemment. Un amoureux de la bataille comme lui ne pouvait décemment pas esquiver indéfiniment ce genre de défi. D'autant que Tarik et Tarvitz lui avaient confiés qu'ils comptaient assister aux combats, eux aussi. C'était une bonne occasion de mettre en confiance ces nouvelles recrues. En plus de gagner le respect du grand Orque.
Ce dernier s'était, sans grande surprise, révélé aussi intéressant que bourru, lors de leur première entrevue. La seule question qu'il avait formulé n'avait absolument pas surprit Gareth, ce qui ne l'avait pas empêché de le mettre plus ou moins dans l'embarras.
Combien? Hm. Question compliquée. Répondre "beaucoup" avec un sourire goguenard aurait été irrespectueux pour la profession elle-même. Répondre avec exactitude restait, pour l'instant, tout bonnement impossible. Qui pouvait savoir combien de salopards de l'ordre se terraient dans les ténèbres du Dernier Goulet? Hm. Noircir le tableau ne servirait à rien. Après tout, si, il y avait bien une ou deux choses de sûre. Après un rapide calcul, le mercenaire avait répondu :
"-Si je te compte toi, on sera onze. Ca nous fera cinq cent soixante-quinze pièces par personne. Si personne crève avant la remise de la prime, bien sûr. Et sans compter les ressources récupérées sur place."
Ça avait suffit, Gareth le savait. Principalement parce qu'au fond, le grand Orque s'en foutait, de tout ces détails. Ce genre de chose se détectait au premier coup d'œil. Il pensait plus à l'adrénaline fournie par le potentiel massacre qu'à l'or ou la camaraderie. A moins que ce ne soit qu'un air que se donnait tout les gladiateurs...Peut-être. Le chevalier-mercenaire n'avait pas connu beaucoup de Gladiateur.

Et maintenant, il se tenait là. Au milieu des gaillards torses-nus aux sourires édentés et des blancs-becs transpirant à la simple idée de s'être inscrit. Sans grande surprise, Tarik et Tarvitz s'étaient portés volontaires pour garder son épée, le temps qu'il en ait "finit avec ça", un gage d'amitié et de confiance. Gareth savait qu'en réalité, ce qui les poussaient à agir de la sorte, c'était la perspective de le voir mourir au combat, pour pouvoir ainsi librement revendre l'arme au plus offrant. C'était gagnant-gagnant, après tout. Soit ils obtenaient la preuve que leur employeur savait ce qu'il faisait, soit ils se remplissaient les poches. Détestable façon de penser, mais indubitablement réaliste et payante.
Un grand type le bouscula en l'envoyant à moitié dans les râteliers d'armes, tandis que son attention était totalement accaparée par un espadon de belle taille, mais tout de même nettement moins lourd que la Zweilhander précédemment mentionné.
"-Tu tiens pas sur tes grandes jambes, la blanche?"
Gareth leva les yeux au ciel et fit volte-face. Le type qui l'avait ainsi défié se tenait là, ses mains de gorille dégénéré fermement occupées à triturer la ceinture de cuir entourant son abdomen aux muscles excessivement saillants. Son faciès de chauve rougeau, marqué par les coups de soleils et les bastons de bars, n'inspirait ni respect, ni crainte. Qui plus est, le chevalier faisait une tête de plus que lui, d'où le "grandes jambes", sans doute. Intéressant.
"-Tu m'as l'air d'une brave et jolie fille, mais je vais quand même attendre que l'arène ouvre pour danser avec toi."
L'autre éclata de rire, accompagné dans sa manœuvre par un espèce d'avorton replié sur lui-même, dans son dos, que Gareth n'avait pas vu jusque là.
"-Grande gueule en plus. Attends, attends...Laisses-moi deviner : Je parie c'est ta copine bourgeoise qui t'a demandé de participer à cette petite sauterie?"
Le chevalier-mercenaire hocha la tête en affichant son plus beau sourire.
"-Oui, regarde, là, vers le tableau d'affichage. C'est elle qui m'a invité."
L'autre changea de couleur en apercevant la masse de muscle verte désignée par son interlocuteur. Après un court silence -tout relatif, vu le tapage environnant- Le désagréable duo s'éloigna sans même prêter attention au rire moqueur que Gareth leur destinait. Désormais d'humeur joyeuse, ce dernier se tourna vers l'armurier et dit :
"-Je vais prendre ça. Je te la rend après le combat.
-Ou je la ramasse sur ton cadavre." Hasarda l'intéressé, d'un air particulièrement peu intéressé. Son client fit mine de ne pas entendre et souleva l'espadon en question d'une main pour poser le plat de sa lame sur son épaulière... avant de rejoindre le tableau d'affichage pour taper sur l'épaule du grand orque.
"-Je me suis laissé tenter, finalement. C'est toi "Le Briseur" hein? Bien sûr que c'est toi. Bon, je vais pas te tenir la jambe bien longtemps mais...Je comprend rien à l'organisation de ce truc, les explications sont toutes chaotiques et je suis presque sûr que l'organisateur que j'ai réussi à choper était proche du coma éthylique. Comment ça se passe dans cette arène-ci, alors?"


Dernière édition par Gareth Valmort le Mar 24 Mai 2016 - 13:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Lun 23 Mai 2016 - 4:39

Je suis encore en train de parcourir le panneau des yeux quand le chevalier apparait, me tapant sur l'épaule avant de me demander quelques précisions sur l'organisation du bordel ambiant. Tout en essayant d'avoir l'air distrait, j'essaie de gagner du temps avec quelques phrases en me concentrant intensément pour arriver à déchiffrer les lettres, et réussir à trouver nos noms et ceux de nos adversaires. Il vaut mieux éviter de passer pour un complet analphabète, même si on en est pas loin.
-Rien de plus simple. Tu as du rencontrer un des deux demi-elfes qui tiennent la baraque, Bischoff et Klein. Le premier gère le public, le second les coulisses. Tout ça leur appartient, la troupe, les armes, même l'arène qu'on monte et démonte de villes en villes. Par contre, c'est pas Madorass, ici, y a pas d'esclaves. Juste des gladiateurs professionnels et les volontaires locaux. Alors au niveau mise à mort, on se fie au public, qui doit gueuler "Merci !" ou "Mort !", selon ce qu'il préfère. Ici, ça m'étonnerait qu'ils aient très soif de sang, tu devrais pouvoir t'en sortir même si tu te ramasses.
Je jette un coup d’œil en coin vers lui, voir si il réagit à la pique, mais m'empresse de désamorcer quelque réaction que ce soit par un rire tonitruant qui avorterait toute tentative de réplique, avant de reprendre. J'ai finalement réussi à lire les noms des types qu'on affronte. Je me tape un illustre inconnu du nom de Theobard Firespit, et lui un gars de la troupe, Thorn. Morceau de merde, celui-là. Ancien Lame Blanche, soulard, violeur, tueur, et pas du genre que j'aime bien, plutôt à prendre sa merde pour du pain blanc, sans un souffle de courage dans sa bidoche graisseuse, et sans un gramme de cervelle sous son crane chauve.
-Après, si tu entends mal les cris du public, que je reprend, tu peux bien décider toi-même qui vit et meurt... Enfin, ce que j'en dis... Tu affrontes Thorn, quelques combats après le mien. Vieux soldat, rien de bien méchant. J’espère que tu vas t'amuser. Et si par hasard tu t'en débarrasse un peu trop vite, et que le public s'en agace, il est possible que Klein t'envoie une deuxième "victime", un peu plus coriace, histoire de rentabiliser. T’étonnes pas si ça arrive, ça te gagnera une part de plus sur la recette totale. Allez, je suis sur qu'on aura droit à une bonne baston, ce soir, mais le plus important, dans l'arène, c'est que le public se souvienne. Il FAUT qu'ils se souviennent. On se retrouve après. Ou pas, qui sait.
J'éclate à nouveau de rire en m'éloignant. Je sais pas ce que j'ai, ce soir, je me sens d'humeur joyeuse. Peut-être que c'est d'avoir dormi dans une bonne auberge, ou l'idée de partir massacrer du culteux dans quelques jours... En tout cas, c'est mauvais signe pour le type que je dois coucher ce soir. Je me pose dans un coin en attendant mon combat. Je suis content que le mercenaire soit venu tenter le coup. Je le regarde un peu. Il a l'air vraiment d'en avoir vu, plus que moi, ce qui n'est pas banal. Je suis un peu surpris par son arme, un espadon qu'il a du prendre à l'armurier de la troupe. Bizarre. Je l'aurais plutôt imaginé avec du matos d'aussi bonne qualité que son armure. Je soupèse mon marteau. Après tout, ce n'est que ça, un marteau. Un simple marteau de guerre. C'est dans ma main qu'il devient Le Briseur...


Quelques minutes plus tard la soirée commence, et je regarde rentrer les combattants deux par deux, et revenir deux par deux, alors que je perçois les cris de "Merci ! Merci !" du public. Pisse-froid. Vous me les brisez à laisser la vie sauve à tout le monde. Mes couilles si mon type s'en sort ce soir. Ouais... Je sens la colère monter. Ça commence. Justement, la voix de Klein appelle mon nom, et je me rend devant la porte où je rencontre mon adversaire du soir. Un homme, peut-être un mètre soixante, à peine, un peu rondouillard, des longs cheveux blonds sale et un bouc. Il porte une minuscule épée, un petit bouclier et une tenue de velours avec quelques plaques de cuir sur les articulations. Morceau de merde. Un mage, j'en suis sur. Ça me fait chier bien correctement. J'aime pas me battre avec des mages. Toujours des sales tours de putains, du genre à te faire geler les yeux et vomir du sang jusqu'à la mort. La colère monte. Je sens des frissons le long de mon dos et peut presque déjà sentir l'odeur du sang. Et ce putain de nain qui se tourne vers moi et se met à me parler d'une voix perçante.
-Que le meilleur l'emporte, ami orque !
Je lui crache à la gueule. Un gros mollard verdâtre qui coule lentement vers ses yeux écarquillés. Sang de foutre.

Je suis le premier, et j'écarte largement les portes pour passer, quittant soudain la douce pénombre et l’exiguïté des coulisses encombrés de poutres sous les gradins, pour le vaste cercle de l'arène, sous la lumière des torches. Tout mes sens se mettent soudain en éveil. J'observe en une seconde les taches de sang encore frais qui s'étendent sur le sable, la lune dans le ciel, et les centaines de visages extatiques, terrifiés comme fascinés par le monstre qu'ils voient en moi. Plusieurs centaines, une bonne soirée pour nous. Tant mieux. Je m'habitue peu à peu au brouhaha assourdissant qui emplit l'arène, les cris incompréhensibles du public, la voix magiquement amplifiée de Bischoff qui détache chaque syllabe de mon nom et finit en un cri terrible :« Le BRI-SEUR ! » alors que la foule rugit de plaisir. A cette exclamation finale, je lève bien haut mon marteau de guerre et pousse un hurlement à faire trembler chaque personne dans les gradins jusqu'à leur mort.
Ils se souviendront de ce soir. Mes couilles si ils oublient la nuit où ils ont vu le Briseur tuer.
Klein a refermé derrière moi et je fais quelques pas rapidement pour finir par me retrouver de l'autre côté, à faire face à l'entrée, effleurant le sable de mes mains, prenant mes marques. Les portes s'ouvrent à nouveau alors que Theobard-de-cul-serré fait son entrée, avec autant de fanfare et de charisme qu'un pet pendant la baise. C'est à peine s'il a essuyé mon crachat de son front. Bischoff fait ce qu'il peut pour le vendre comme un des meilleurs guerriers de ce côté du monde, il rentre dans l'indifférence générale, saluant mollement l'assistance.

Le combat commence immédiatement, et j'en ai déjà assez. Ce gosse me sort par les yeux, presque sans vraie raison, et je n'ai qu'une hâte, c'est de lui faire manger la terre. Je commence la balade de la mort du gnome par un violent revers de marteau qui lui aurait arraché la tête s'il n'avait pas réussi à l'esquiver d'un petit saut. Je frappe une fois, deux, trois, et à chaque fois son esquive est plus lente. Il essaie de m'atteindre de son épée mais la lame, comme son bras, sont trop court. J'en arrive à espérer qu'il soit vraiment mage, ce combat trop simple me donne envie de vomir. Le cinquième coup finit par l'atteindre en plein sur son bouclier qui se brise sous le choc dans un grand craquement. Je me demande si le bras n'y est pas aussi pour quelque chose. Il bat en retraite sur une dizaine de pas alors que je prend la pause, histoire d'amuser un peu le public. Quel ennui.
Quand je me retourne, il fixe son bras gauche et semble murmurer quelque chose. Et forcément, une boule de feu apparait dans sa main qu'il s'empresse d'envoyer dans ma direction. La pire décision de ta vie, gamin. La rage me submerge alors que la chaleur du projectile que j'évite de justesse me roussit l'épaule et va finir sa course contre le mur de l'arène. La dernière chose cohérente que je perçois, c'est la voix de Bischoff qui crie à l'assemblée.
-Pas d'inquiétude, mes amis, Theobard maitrise parfaitement cet art ! Voyons comment son monstrueux adversaire s'en sortira !
Il tente de détendre l'atmosphère, mais je sais qu'il est pas friand des bastons de magie, ça finit souvent mal. Il doit espérer que je le bute vite. Il fait bien. Sa phrase à peine finie, le monde devient pour moi une vision floue où seule le nabot reste net, dans le brouhaha confus des cris du public et des explosions de flammes où j'entends pourtant distinctement le lent battement de mon cœur.
Je bondis sur le côté pour esquiver la seconde boule de feu, je me sens envahi. Ça y est, c'est le début de la fin. Plus de douleur, de réflexion ou de passes d'arme. Je vais lui faire sauter sa petite cervelle de putain. Je me précipite vers lui, alors que les projectiles fusent. Je repère une constante dans mon délire. Il murmure et il regarde sa main. Encore et encore. Et à chaque fois, on a le droit à un cadeau de flamme en provenance direct des vents de magie. Le feu des dieux est descendu sur terre entre les mains d'un nabot en velours. Ça me ferait rire si je n'avais pas tant envie de tuer. En quelques enjambées, je l'ai acculée contre le mur de l'arène, mais la proximité me rend vulnérable. J'esquive in extremis sa dernière boule de feu avant de jeter brutalement mon marteau sur sa gauche, tout en me projetant à sa droite. Il réagit comme prévu, et esquivant l'acier mortel, il se retrouve sur ma route, présentant sa frêle carcasse au choc de mon poids. Nous nous écrasons au sol, un buffle piétinant un cochon sauvage. Il se débat de toutes ses forces alors que j'essaie d'atteindre les cibles que je me suis choisie. Avant que j'y arrive, il a réussi à fixer son regard sur sa main droite et à produire une dernière boule de feu. Elle est collée à mon corps, et je sens le feu bruler ma peau sans pitié, l'odeur de la chair qui grille montant rapidement. Pourtant je ne réagis pas. Le sang m'aveugle, la colère m’a envahie, la rage m'a rendu immortel.

D'un coup de poing, je l'étourdis une seconde, et profite de son immobilité passagère pour enfoncer de toutes mes forces mes pouces dans ses yeux. Je sens les globes oculaires se déformer sous la pression et sortir de leurs orbites en quelques secondes, le sang se répandant à flot sur son visage maintenant déformé par la douleur. La boule de feu disparait soudain alors que le gosse hurle de souffrance. Plus de regard. Profitant de son cri, il ne me faut qu'un instant pour saisir sa langue et l'arracher d'un seul coup brutal. Et plus d'incantation. Il continue à hurler des sons inarticulés, s'étouffant à moitié dans son sang, alors que je me relève. Le public hurle à n'en plus pouvoir mais je suis sourd à leurs imprécations. Que je lui laisse la vie sauve ? Aveugle et muet ? Qui est cruel, maintenant ?
Je regarde une seconde le spectacle délicieux de ce nabot qui ne peut s'empêcher de porter ses mains à son visage mutilé. Il manque le coup final. Je lui saisis les chevilles l'une après l'autre et les brise en deux d'une simple torsion. J'aime pas voir courir les infirmes. On meurt couché, quand on est un type comme toi. Je m'éloigne un peu pour attraper un brandon enflammé, et me rapproche alors qu'il cherche encore à ramper hors de ma portée, le visage striés de larmes de sang, ne laissant plus échapper que des hoquets désespérés. Doucement, tranquillement, j'enflamme le bas de sa tenue de velours, qui s'embrase rapidement. Il se remet à hurler ses borborygmes de porc qu'on égorge en sentant les flammes lécher sa peau et bruler impitoyablement sa chair, et pourtant il se tait soudainement, et j'ai l'impression que le silence est complet dans l'arène quand je me penche vers son oreille pour lui glisser ses derniers mots.
-Est-ce que tu sens, mage ? Ton monde brûle.


Quand je quitte le cercle de l'arène sans un regard en arrière, la rage est calmée, et les seuls bruits sont les cris répugnants qui sortent du large brasier qui fut autrefois Theobard Firespit, dans le silence de plomb qui est maintenant tombé sur l'arène. Pendant quelques instants, j'ai oublié ce Gareth Valmort, j'ai oublié mon avenir et le monde entier. Je n'étais qu'un tueur pour un public. Ils se souviendront.
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Gareth Valmort

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MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Lun 23 Mai 2016 - 17:35

Gareth n'était pas étonné, pas plus qu'il n'était déçu par ce que l'Orque venait d'accomplir. Le mercenaire connaissait et comprenait ce qui poussait Dumbark à être ainsi. Le combat. Tout simplement. L'inhumanité -ou l'excès d'humanité, tout dépend du point de vue- avait toujours été importante pour la survie du guerrier. Un excès de noblesse, un blessé épargné. C'était tout ce qu'il fallait pour se condamner soi-même. Ceux qui survivaient le plus longtemps, c'était ceux qui oubliaient tout bonnement leur empathie au moment de prendre les armes. Le problème, bien entendu, venait après. Lorsqu'il fallait reprendre cette fameuse empathie, après la bataille. Beaucoup de vétérans finissaient par l'abandonner complètement, elle, et l'espoir de redevenir, un jour, peut-être, autre chose qu'une bête assoiffée de sang. C'était ces gars-là qui souriaient dans leur lit, la veille d'un carnage. Des gars comme ce Briseur. Comme Alvin, Carim, Launesigiles...Ou Gareth.
Le mercenaire s'essuya une dernière fois le front d'un revers de gantelet puis plaça son heaume. L'étrange sensation qui n'avait de cesse de parcourir son échine depuis quelques minutes s'estompa, comme si le simple fait de masquer son visage derrière le tissu bleu et le métal de son casque l'avait transformé en quelque chose d'imperméable au stress. Il n'avait pas mit longtemps à comprendre d'où ça venait. Ce n'était pas la perspective de se battre qui le faisait tant transpirer. Non.
C'était la perspective de se battre sous les yeux de beaucoup, beaucoup trop de monde. Rien à voir avec les batailles chaotiques ou les règlements de comptes dans les ruelles sombres. Là, il y avait un public, bien au chaud, bien à l'abri, qui serait témoin du moindre de ses faits et gestes.
Un public de lâche, qui plus est. Rempli de type accro à l'adrénaline des autres, trop peureux pour descendre eux même dans l'arène, mais tout de même suffisamment stupide pour se payer une place là-haut. Incompréhensible.
Le présentateur se fit entendre une nouvelle fois en beuglant de la plus forte et irritante manière. Gareth serra les dents. C'était bientôt son tour. D'abord on présenterait le fameux Thorn, juste devant lui, puis ce serait au "marche-abysse" de débarquer. Le mercenaire retint un ricanement en voyant la bête chauve contre laquelle il allait devoir se battre faire quelques étirements. Bon sang, ce type était un véritable cube, aussi large que haut. Ils ne s'étaient pas adressés un mot depuis leur rencontre. Chose normale, remarque, on ne les payaient pas pour faire ami-ami.
"-Thorn !"
L'intéressé se redressa et attrapa son bec de corbin après avoir rapidement vérifié, une dernière fois, que ses deux haches étaient bien fixées à son torse. Gareth l'observa faire, son sourire narquois efficacement caché par le tissu de son casque. Le bougre était confiant, ça se voyait à sa démarche. Il en faisait presqu'autant que l'Orque, mais restait tout de même bien moins impressionnant. Qui plus est, c'était un type qui se foutait des blessures superflues, à en juger son armure en cuir pitoyablement entretenue.
"-On les connait, les types de ton genre, fiston."
Cette remarque eut le mérite de le faire sursauter, et Gareth se tourna en direction de l'auteur de cette dernière... tandis que son concurrent s'avançait dans l'arène sous les acclamations sans joie du public. Celui qui prétendait "connaître les types de son genre" se révéla être un grand gars filiforme aux oreilles pointus, qui l'observait avec l'air concerné du type qui s'inquiète pour son commerce.
"-Ah?
-Ouai, ah. Tu viens ici pour te faire de l'argent facilement, en cassant, au passage, l'un de nos gars en morceau."
Gareth risqua un coup d'œil du coté de l'arène, où continuait à se trémousser l'autre imbécile à bec de corbin.
"-En tout petits morceaux." Reprit-il, sans cesser de sourire.
L'elfe ne souriait pas, lui.
"-Ouai, voilà. Bon, c'est pas bien grave. Rappelles-toi juste de ça : Ce qui nous fait vivre, c'est le spectacle. Pas les combats nets et rapides. Fais durer un peu et, si t'en as l'occasion, épargnes-le.
-Il a les mêmes instructions, de son coté?"
Dehors, le présentateur hurla son nom et Gareth sourit un peu plus en jetant un dernier coup d'œil vers l'arène. Lorsque son regard revint vers l'emplacement de son interlocuteur, celui-ci avait disparut. Le mercenaire haussa les épaules et avança.
En entrant, Gareth se révéla imperturbable. Le mercenaire ne salua pas la foule et se contenta de planter sa lame dans le sol, de poser ses deux mains sur le pommeau et d'attendre, immobile. Un petit exercice de style, plutôt bien trouvé, pensait-il, qui contrastait parfaitement avec les innombrables simagrées de l'imbécile d'en face.
Il faisait bien moins chaud au centre de l'arène, chose que le marche-abysse apprécia tout particulièrement. La chaleur avait toujours été l'un de ses pires ennemis et, plus tôt, lorsqu'on l'avait mélangé aux gladiateurs, Gareth avait été à deux doigts d'imiter la plupart des autres concurrents en abandonnant son armure. Mais...Pour reprendre les mots de son interlocuteur précédent : Son torse nu n'aurait pas été très "spectaculaire". Blanc et nervuré de veine bleuâtre, il aurait plutôt été "inquiétant" ou franchement "bizarre". Autant éviter un potentiel malaise.
L'autre attendait, impatient, que l'ordre soit donné. Il se comportait comme un lion en cage, marchait de droit à gauche en tripotant son bec de corbin. Son regard se voulait agressif, mais en réalité, ne faisait que révéler une grande stupidité.
Finalement, la foule cessa de brailler pendant un court instant et le présentateur profita de ce court instant de répit pour gueuler :
"-Combattez !"
Thorn ne se fit pas prier. En beuglant de rage pour une raison inconnu, le gladiateur empoigna à deux mains son arme pour foncer sur son adversaire dans le but avoué de l'embrocher sur le pic. Sans grande surprise, au dernier instant, il révéla sa vraie tactique en freinant pour utiliser le marteau plutôt que le pique du bec. S'ensuivit un coup horizontal franchement pas mauvais.
Mais terriblement prévisible.
Gareth fit un pas de coté, laissant l'arme s'écraser au sol, puis attrapa la hampe de cette dernière pour la tirer vers lui. Un coup de pied en bas des côtes expédia son porteur dans le sable et le mercenaire, satisfait, se débarrassa du bec ainsi dérobé en le jetant, négligemment, dans son dos. Certains hommes, dans le public, se mirent à rire face à la désinvolture du chevalier et Gareth sourit un peu plus, sous son heaume.
L'autre n'appréciait visiblement pas le tour que prenait les évènements, à bout de nerf, il dégaina ses deux hachettes et cracha à ses pieds. Cependant, cette fois-ci, l'imbécile eut le mérite de ne pas foncer comme un attardé et se contenta de lui tourner autour, en jonglant à moitié avec ses armes de rechange. Le porteur d'espadon l'observa faire durant une longue minute, puis, constatant qu'il ne se lançait pas, haussa les épaules et l'exécuta.
Tout bonnement. Gareth fit six pas, esquiva le lancer d'une hache d'un mouvement de tête, dévia la deuxième à l'aide de la garde de l'espadon... pour finalement ne porter qu'un seul et unique coup, avec le tranchant de la lame. L'espadon tranchait bien.
Au départ, le marche-abysse avait pensé à simplement perforer le torse de son adversaire et, éventuellement, lui trancher la colonne vertébrale. Une mise à mort rapide et précise. Mais l'elfe avait dit vouloir du spectacle.
Alors Gareth s'était décidé à porter un coup transversal. Qui trancha en deux son adversaire. De l'épaule gauche à la hanche droite. S'ensuivit quelques borborygmes et le bruit d'un affreux déchirement, tandis que les parties du corps rejoignait le sol en glissant l'une contre l'autre. Le mercenaire pouffa et agita sa lame pour lui retirer le trop plein de sang. Pendant un court instant, il hésita. Qu'est-ce qu'avait dit l'elfe déjà? Ah oui, "si t'en as l'occasion, épargnes-le". Bon eh bien, l'occasion ne s'était pas présentée. Pas moyen qu'on lui en veuille, en vérité. N'est-ce pas?
"-Et maintenant, Monstrum entre en lice, messieurs dames !"
Bruit de porte qui s'ouvre. Le mercenaire se retourna en ricanant une nouvelle fois. C'était ce gros imbécile qui l'avait ennuyé près de l'armurerie. Tout aussi chauve et confiant que son premier adversaire. Une énorme hache de guerre dans les mains. L'elfe pensait le remercier ou le punir, en lui envoyant ce gars? Impossible à dire. Mais, pour celui-là, il allait devoir faire autre chose que simplement miser sur sa force. Les bras de Monstrum étaient deux fois plus épais que les siens et son cou de taureau avait l'air assez musclé pour briser la lame de son espadon. Et c'était pas non plus la peine d'essayer de parer ce truc lui servant de hache. L'espadon n'y survivrait pas, et ce n'était qu'un emprunt.
Il en était là de ces réflexions intérieures lorsque Monstrum chargea, sans prévenir. Épaule en avant, hache inclinée vers le bas. Avec Sanglot, Gareth l'aurait arrêté dans sa course pour lui arracher le cœur de sa main libre.
Là, avec ce simple espadon, ça allait se révéler un peu plus difficile. Gareth exécuta une roulade plutôt risquée au dernier moment et sentit quelque chose heurter sa jambière droite. Une fois de nouveau debout, le chevalier comprit qu'il s'était agit de la hampe de la hache. C'était juste.
Nouvelle charge, encore plus rapide que la précédente. Hache vers le haut cette fois. Ils échangèrent les premiers coups et chacun toucha l'autre. Le premier sang fut pour Monstrum, au grand dam de Gareth. Son énorme poing heurta le heaume du Marche-abysse qui recula sous la violence du choc, juste assez pour que la hache, plantée dans le sol, ne lui frappe le poignet en remontant. Ca n'avait pas tranché, juste frappé. Ça faisait quand même un mal de chien.
Serrant les dents, le chevalier mercenaire s'ébroua comme un chien sortant d'un lac rempli de sangsues, pour se réveiller, principalement. L'autre pesta et se débarrassa d'un de ses doigts à moitié tranché d'un mouvement de main. Hm. Gareth ne se souvenait même plus du moment où il avait réussi à le toucher. Pas très important après tout.
Nouvel échange de coup. Le mercenaire manqua d'éborgner son adversaire en lui expédiant un coup de tête surprise. Ce fut au tour de l'autre de reculer, sauf qu'avec le bord intérieur de sa hache, il tira son adversaire avec lui pour le frapper une nouvelle fois du poing. Ainsi malmené, le marche-abysse pesta en abandonnant son espadon, de toute façon totalement tordu par la dernière avalanche de coup, pour se dégager de l'étreinte forcée et ramasser la hachette abandonnée par sa première victime.
A la vue de cette scène, la foutue foule hurla à n'en plus pouvoir.
Gareth chargea en même temps que son adversaire cette fois-ci. Au moment du choc, il feinta un coup à la tête pour finalement se laisser glisser sur les genoux, dans le sable, en découpant une bonne partie du genou de Monstrum. A partir de là, le mercenaire sut que le plus dur avait été fait.
L'autre ne comptait que sur sa rapidité et sa force brut. Son essoufflement, mêlé à la hachette dans sa jambe, risquait de le ralentir considérablement. Bon, il restait un problème. Effectivement, la hachette était toujours dans sa jambe. Gareth était donc désarmé.
L'énorme morceau de métal servant d'arme à son opposant fendit l'air de bas en haut en soulevant une fine couche de sable. Le mercenaire esquiva le premier coup, le deuxième, puis, décelant une ouverture, frappa de la pointe des doigts dans la pomme d'Adam de Monstrum.
Celui-ci lâcha sa hache, s'écroula, le souffle coupé, en se tenant la gorge. Quel réflexe stupide. Il écopa immédiatement d'un coup de pied à la tête qui l'expédia au sol pour de bon. Gareth attrapa ensuite l'arme abandonnée, la soupesa rapidement...Puis jeta un coup d'œil vers la foule qui avait assisté à tout ça.
"-Merci ! Merci !" Gueulaient-ils, tous.
Ses yeux se baissèrent pour détailler la brute au nez brisé, à ses pieds. Dans sa vie, le marche-abysse avait vus et fait des choses laides. Très laides. Des choses belles aussi. Mais jamais il n'avait épargné quelqu'un qui s'était battu à mort contre lui. Jamais.
Il n'allait pas commencer maintenant.

"-Je suis désolé pour l'espadon...
-Il était même pas à moi." Lâcha l'armurier en haussant les épaules.
"-Quoi?
-J'sais pas, un type l'a laissée là hier en disant qu'il reviendrait. 'l'est pas revenu. "
Gareth cligna des yeux et hocha la tête, acceptant les explications très claires du fournisseur. Dans l'arène, deux types se démenaient pour tirer le cadavre décapité de Monstrum tandis qu'un troisième jurait en ramassant les morceaux éparpillés de Thorn. Dans les gradins, la voix de la foule continuait de se faire entendre. Et ici, le marche-abysse s'agaçait de ne pas ressentir la moindre fierté. Ces adversaires ne valaient pas un clou, même avant de mourir, et l'un d'eux avait tout de même réussi à le toucher. Sanglot soignerait ça, mais tout de même. Etait-il devenu si mauvais que ça, sans son arme maudite?
Qu'importe, l'heure était venu d'aller s'entretenir avec l'Orque. Il ne fut pas difficile à trouver. A peine arrivé jusqu'à lui, le chevalier engagea la conversation :
"-Alors, Le Briseur, as-tu pris ta décision?"

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Mar 24 Mai 2016 - 8:26

Je suis tranquillement installé dans un coin, un chiffon humide sur mon flanc brulé, à regarder entre les planches le combat de mon patron potentiel. C'est pas un manchot, le type, et il massacre Thorn comme on nettoie de la merde d'une semelle de botte. J'en éclate de rire en voyant le corps grotesque qui se sépare en deux. Le chauve aura au moins réussi à être intéressant sur la dernière seconde de sa vie. Aussitôt, j'aperçois Klein qui préviens en hâte Bischoff d'un changement de programme et fait signe à 'Strum d'entrer dans l'arène. La soirée se déroule à merveille, j'aime voir des merdeux se faire dérouiller. 'Strum a ses chances, m'est avis, mais je mettrais quand même une pièce sur le mercenaire. Il a un sacré style, je pense pas avoir le niveau, et je peux jurer que je suis pas du genre à me sous-estimer. Ça me rassure un peu de voir que le type est un professionnel, et pas juste un pisseux en armure, même si j'en avais été tout de suite persuadé en le voyant la première fois. Il est temps de réfléchir plus sérieusement à ce plan. Tout en appréciant le nouveau combat, et les charges de buffles de Monstrum, je m'escrime comme eux, mais avec quelques calculs. Cinq cent soixante-quinze pièces par tête... Onze personnes... Ça fait... Euh... Putain... J'en suis réduit à tracer quelques signes dans le sol avec le bout de ma hache pour m'aider à compter. Six mille trois cent vingt cinq en tout. D'accord. Si un type comme ça a besoin d'autant de bras, c'est que ce sera pas de la balade en forêt. Donc, je parierai qu'on reviendra pas à onze. Probablement... Je réfléchis une seconde. Bon, disons trois morts, ça ferait... Putain. Euh... Bon, ça me gonfle. Faisons simple : Plus de six mille pièces, il faut être que six pour avoir mille chacun. Donc cinq morts. Au pire, si c'est trop facile, et qu'on revient tous, j'aurais qu'à coucher les plus gros chieurs quand personne regardera, y a toujours des sacs à merde dans ce genre de groupe, je rendrais un service à tout le monde et je suis sur qu'ils l'auront mérité. Si y a que moi et le patron qui reviennent...
Je suis interrompu dans mes calculs savants par la voix cassante de Klein, alors que le combat semble s'être achevé dehors, sur une note du genre définitive.

-Je compte trois morts immérités sur ton compte ce soir, Dumb', dit-il, sur un ton de reproche.

Je me redresse et tente de me faire conciliant. Pas que je sois lèche-botte, mais j'ai appris jeune qu'il vaut mieux pas chier là où tu manges, et j'aime bien ces deux arnaqueurs d'elfes. Sinon, je leur aurais déjà fait sauter les dents.

-Klein, voyons ! Le merdeux méritait que ça ! que je défend d'un rire tonitruant. Il a failli faire sauter la moitié de la putain d'arène avec ses conneries, et il avait visiblement pas d'amis dans le public, personne qui va se plaindre, ni le regretter. Tu peux pas en vouloir à ton brave Dumbark, Klein, voyons ! Je sauve ton affaire, tu devrais doubler ma part.
-Monstrum ? Et Thorn ?
-Oh, Klein... Tu me peines, que je dis. En quoi c'est ma faute si le nouveau fait du zèle ?
-C'est ton invité, répond-il sèchement. Je t'ai vu lui faire un cours avant la soirée.
-Bon, peut-être, je reprend. Mais tu perds pas grand chose. Ils rapportaient rien et attiraient les emmerdes. Personne paye une place pour voir le crâne de Monstrum briller au soleil, et je suis presque sûr que c'était bien cette ordure de Thorn qui avait violé et vidé la pucelle de l'aubergiste y a deux semaines, dans l'autre bled. Audreil...
-Andreila, corrige-t-il, à peine apaisé. Oui, c'était lui, il me l'a dit.

Sang de foutre aux oreilles pointues, tu t'es pourtant donné bien du mal pour le défendre quand les gens avaient commencé à poser des questions et à pointer du doigt.

-Alors tout est réglé, mon bon Klein, ne t'inquiète pas. Après le feu de joie du petit Theobard, je suis sûr que l'arène sera encore bondée pour trois semaines, et dans six jours, tu ne te rappelleras même plus de Thorn et... C'était quoi son nom déjà ? L'autre, le vraiment laid ?
-Branleur d'Orque, y a intérêt pour toi, sourit-il en s'éloignant.

Je jette un dernier coup d’œil aux signes tracés dans le sol avant de les effacer d'un mouvement de pied. Impossible de me rappeler du détail de mes comptes. Je retiens qu'une chose, que j'ai appris y a bien longtemps dans les coulisses de l'arène : Chaque type qui saute, c'est plus d'argent pour Le Briseur.

J'aperçois le mercenaire revenir vers moi, après avoir ramené les débris de son espadon à l'armurerie. Il a l'air encore bien frais, à peine effiloché, du genre à s'enfiler un autre combat et un quatrième derrière. On pense souvent que la bataille nous prépare à l'arène, mais ça n'a rien à voir. En guerre, je pourrais traverser un bataillon sans problème et laisser une trainée de cadavres dans mon sillage, et ce soir, j'ai galéré contre ce qui était à peine plus qu'un enfant. Lui semble plutôt en forme. S'en est pas mal impressionnant.

-Alors, Le Briseur, as-tu pris ta décision ? fait-il.
-Compte moi dans le plan, que je dis finalement. Dumbark Sang-Noir reprend un peu de mercenariat. Onze types dans le groupe, un paquet de branleurs à coucher, un paquet de pognon à toucher... Je suis certain qu'on va laisser une bonne piste de cadavres, toi et moi. Faudra juste me présenter le reste de la famille, j'apprécie de bien connaitre ceux qui se battent à mes côtés. Histoire de voir ceux que j'aime pas, que je souris. Je suppose qu'on se retrouve dans trois jours pour le départ ? Ça se passe comment ?

Après avoir réglé les menus détails avec le chevalier mercenaire et attendu ma part sur la recette à la fin de la soirée, retour direct à la taverne, sans passer par l'étape guérisseur et toutes ces merdes pour gladiateurs trop fragiles. Va falloir faire sauter quelques barriques pour l'orque fatigué, la gnôle soignera la brulure, et je dois fêter l'expédition à venir. Tiens, si je recroise Gareth dans la salle commune, mes couilles si je lui paye pas un verre ou deux. Après tout, si il avait laissé ses deux victimes en vie, je suis sûr que même aveugle ou manchots - même à l'article de la mort ! - ces deux-là seraient venu réclamer leur part de la recette et réduit la mienne du même coup. Le sang, ça se fête.
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Gareth Valmort

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MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Mar 24 Mai 2016 - 15:48

"-C'était géant boss !"
Répéta une énième fois Tarvitz, comme si Gareth n'avait pas pu le comprendre les dix-huit premières fois. Le marche-abysse hocha la tête pour le remercier en souriant difficilement. Dès qu'elle était revenue en sa possession, Sanglot avait soigné les maux que Monstrum lui avait infligé, dans l'arène...Mais la douleur refusait de partir complètement. Étrangement, c'était sa mâchoire qui se révélait la plus capricieuse. Le poing de l'énorme brute lui avait en effet cassé une molaire et maintenant que cette dernière repoussait, sa gencive lui faisait un mal de chien. C'était toujours au niveau des dents que ça faisait le plus mal.
Il n'avait pas fallut longtemps à Gareth pour quitter les coulisses de l'arène, une fois Dumbark parti. Avec la vivacité maladive d'un drogué proche de la crise de manque, le chevalier-mercenaire s'était dépêché de traverser la foule de gladiateur pour rejoindre les gradins, en bousculant tout ceux qui se trouvaient sur son passage sans relever les provocations des plus sanguins. La première manifestation de manque avait eue lieue dix minutes auparavant, pendant sa discussion avec Le Briseur. Alors que Gareth expliquait à l'impressionnante recrue que les traqueurs de la bande récemment formée se retrouveraient tout les soirs à l'auberge pour rapporter de potentielles nouvelles infos sur leurs cibles... Un coup de chaud l'avait presque jeté à terre, ses tempes s'étaient mises à battre et, pour finir, il était partiellement devenu sourd. Le marche-Abysse remerciait encore une fois la présence de son heaume. Si le Briseur avait pu voir le visage de son employeur, à ce moment là, nul doute que celui-ci aurait tout de suite pensé qu'il était sous le choc. Ça aurait nuit à sa crédibilité dans l'instant et à sa réputation, dans une moindre mesure. Injustement en plus, parce que ces combats ne l'avaient nullement affectés. Juste un peu essoufflé.
Maintenant que la lame pendait de nouveau dans son dos, la désagréable sensation s'en était allée. Inquiétant. Mais ça n'avait pas vraiment l'air de déranger Tarik et son frère. Les deux déserteurs, derrière-lui, déblatéraient des âneries libidineuse sur une serveuse "bien connue par la garnison, en réalité" sans faire attention au silence songeur de leur chef. Le trio remontait la rue principal difficilement, principalement parce que Tarvitz s'arrêtait tout les dix mètres pour vomir ou uriner dans un coin -parfois les deux en même temps- sous les regards désolés des habitants. Gareth avait bien pensé à prendre de l'avance pour les retrouver à l'auberge, mais le mercenaire craignait que les deux acolytes éméchés blessent ou insultent un autochtone, une fois livrés à eux mêmes. Alors il les attendait. Même si c'était long et particulièrement fastidieux. C'était eux qui dirigeaient la plus grande partie de ses recrues, après tout. Le boulot de mercenaire avait parfois de biens mauvais cotés.
Ils se stoppèrent à nouveau et Tarvitz disparut dans une ruelle en lâchant quelques borborygmes aussi répugnants qu'incompréhensibles. Tarik le suivit en riant grassement et Gareth s'appuya contre le mur d'une petite baraque, blasé.
"-Jolis combats." Cracha une voix provenant des ténèbres.
L'intéressé haussa les épaules sans chercher à voir d'où cela pouvait bien venir. Kiril apparut sur sa gauche, précédé par son aura lugubre. Avec son allure de croque-mitaine, l'ancienne cape blanche pouvait facilement terrifier un damné. Il était toujours recourbé sur lui-même, et ne pouvait apparemment pas vivre sans tripoter nerveusement l'une des nombreuses dagues attachées à son armure de cuir cloutée. Classique. Ce n'était pas exactement ça qui dérangeait. C'était son visage. Toute la partie gauche avait été fondue. Du front au cou. Lorsqu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois, Tarik avait confié à Gareth que la partie ratatinée de la face du rapace lui faisait penser aux bourrelets de sa prostituée de mère. Avec encore plus de vergeture. L'image parlait tout de suite, et le marche-abysse avait accompagné le soudard dans un grand éclat de rire.
"-Merci?" Hasarda Gareth.
L'autre hocha la tête modestement puis observa une mère et sa fille traverser la rue face à eux. Il adressa une grimace à la gamine qui se réfugia dans les jupons de sa mère en le voyant. Kiril se mit à rire.
C'était l'un des sons les plus affreux que le mercenaire ait jamais entendu. Une espèce de toux à moitié sèche et à moitié grasse. Maladive. Accompagnée par un sifflement suraiguë. Ils devaient être plusieurs, dans ce corps rachitique. Un seul et unique homme ne pouvait décemment pas être aussi antipathique.
Les deux autres revinrent à ce moment-là, bras-dessus, bras-dessous.
"-Ca y est, j'crois que ça va mieux." Postillonna Tarvitz en essuyant sa bouche pleine de bave. Son épaisse barbe puait le vomit, ça se sentait depuis le mur de repos de Gareth, et ce dernier plissa les yeux en réprimant difficilement son dégoût.
"-Kiril, tu paies ta tournées ?!
-Va mourir.
-Oh, ça m'aurait étonné aussi, bien des manières de capes blanches ça..."
Ils reprirent leurs marches. Accompagnés par Kiril cette fois. Sans grande surprise, quinze mètre plus loin, ce fut au tour de Tarik de s'arrêter pour vider sa vessie. Gareth pesta silencieusement et le croque-mitaine de l'équipe en profita pour engager un semblant de conversation :
"-Tu sais que tu as tué un de mes frères d'armes, aujourd'hui?
-Allons bon?
-Oui, Thorn. Cape blanche. Mais ne t'en veux pas. Il a toujours été trop instable, même pour mon détachement."
Le Marche-Abysse fronça les sourcils à l'idée de ce que cela pouvait bien pouvoir dire. Lorsqu'il avait trouvé Kiril, dans la forêt, la semaine d'avant, ce dernier était occupé à dévorer crue la viande d'une biche éventrée par un animal sauvage. Ou par lui-même, pas facile de différencier. Pour que quelqu'un soit jugé "trop instable" par ce genre de type, ce quelqu'un devait être sacrément allumé.
"-Son truc, c'était les jeunes nonnes.
-Hm?
-Tu sais, les petites vierges, de dix ou onze ans." Précisa le croque-mitaine en grattant son visage brûlé. "Comme beaucoup des nôtres, d'ailleurs. Mais lui, il les tuait pendant l'acte. C'est mon capitaine qui l'a réprimandé et qui l'a fait enfermer, parce qu'il avait tué l'une de ses préférées.
-Je ne suis pas sûr de vouloir en savoir tant."
Kiril ne répondit pas vraiment, il se contenta de ricaner une nouvelle fois en observant un point invisible, dans le ciel. Gareth secoua la tête, dépité. Avec ce genre de gardien de la paix, comment pouvait-on encore s'étonner de voir la rébellion gagner du terrain?

Ils arrivèrent devant l'auberge au bout de trente longues minutes et aussitôt, le Marche-Abysse s'ennuya à répéter son briefing habituel : Pas de débordement, pas de bagarre. Pas le plus petit coup d'éclat qui pourrait couter une partie de la prime. Le responsable de la moindre baisse de prix se verrait contraint d'ouvrir la marche dans le Dernier Goulet, sans armure et sans arme, avec une torche enfoncée dans le derrière, pour éclairer.
Avec ce genre de public, mieux valait être aussi imagé que possible.
Ceci fait, ils entrèrent, trouvèrent une table et Gareth, après une rapide recherche, attrapa Dumbark pour l'inviter à les rejoindre. Ceci fait, le Marche-Abysse présenta expressément le grand orque à ceux qui ne le connaissait pas du tout -c'est à dire Kiril, puisque les deux frères l'avaient accueillit en l'acclamant après l'avoir reconnu comme étant "le briseur"- puis fit de même avec ses collègues.
"-Kiril est...Hm..
-Un vétéran. Ancienne cape blanche, spécialisé dans la traque depuis que je suis en âge de tenir une arme." Compléta fièrement le concerné, son unique oeil fonctionnel clignant frénétiquement. Gareth hocha la tête et ajouta :
"-C'est notre éclaireur. Les deux, là, c'est Tarik et Tarvitz, anciens soldats. Chefs d'une petite troupe de cinq hommes que je n'ai pas l'honneur de croiser souvent.
-Ils dorment à l'extérieur d'la ville." Précisa l'un des deux frères. "Parce qu'y a plus de place dans l'auberge et que, de toute façon, ils savent pas se tenir. C'est des bons gars, vous les verrez vous même, bientôt !"
Le Marche-Abysse n'en doutait pas. Des bons gars, ouai. De la piétaille quoi.
"-Nous avons aussi une prêtresse guerrière du nom d'Ila...
-Aeléa !" Le corrigea Kiril en pouffant.
Tarik continua :
"-Elle est tellement coincée qu'elle vient ici que pour dormir ou raconter ce qu'elle a trouvée d'intéressant sur le Goulet. Autant dire que c'est pas souvent qu'on la croise."
Son frère pouffa, s'essuya le nez d'un revers de manche, pour ensuite se mettre à gueuler :
"-Bon, moi j'dis...C'est bien beau tout ça, mais j'pense que les deux vainqueurs ont droit à une tournée gratos ! Aubergiste, viens par là, c'est moi qui offre !"
Gareth haussa les épaules et s'affala sur sa chaise, en posant Sanglot à ses pieds. Les vauriens ne pouvaient jamais se présenter autrement qu'en payant une tournée.

Spoiler:
 
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Dumbark Sang-Noir

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Fiche de Personnage : Qui est le Briseur ?


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Mer 25 Mai 2016 - 9:00

J'ai déjà commencé la soirée depuis une bonne heure quand Gareth débarque et s'installe à l'auberge, accompagné d'une fine équipe : une paire d'idiots et d'une vraie gueule de cauchemar. Je me demande si ce dernier obtient les mêmes réactions que moi de la part des putes. Ce ne serait que justice, au moins, moi je n'ai pas la moitié du visage qui a fondu. Je rejoins la table sur l'invitation du mercenaire et peut enfin rencontrer mes futurs collègues. Les deux soldats ont l'air de sympathiques crétins, genre piétaille de base, et je n'ose même pas imaginer la racaille qu'ils appellent leur troupe. Paysans sans terre, soûlards, forgerons... On trouve partout de ces soldats d'aventure. Le gros des troupes du mercenariat. Il en faut. Une prêtresse est aussi évoquée, mais pas trace de la fillette. En revanche, je suis plus intrigué par l'identité de Sale-Gueule. Apparemment le type est un ancien des Capes Blanches, et j'ai pas de mal à le croire sur parole. A peine a-t-il ouvert le sac à merde qui lui sert de bouche que j'ai envie de lui fermer définitivement, à coup de talon dans la mâchoire, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que de la bouillie à la place de son semblant de visage. C'est l'effet que me font ces connards là, au point que j'ai dû fuir Madorass et une sacrée paie dans une compagnie de mercenaires réputée après avoir couché une demie-douzaine d'entre eux dans une baston de taverne. Depuis ce soir là, je les tiens personnellement responsables pour le morceau d'oreille qu'il me manque. Ce qui n'arrange pas mon opinion sur eux.
Je peux jurer sur tout ce qu'il y a dans le monde, sur le Fléau, le Sénat, le Roi et le Dieu de la Guerre que Sale-Gueule ne reviendra pas de ce foutu goulet. Mes couilles si je laisse arriver ça.
J'en suis là de mes considérations quand un des deux frères, Tarik - ou Tarvitz ? - se lève en s'exclamant que les deux gladiateurs ont bien mérité une tournée. Une bonne intuition qui me le rend un peu plus sympathique. L'aubergiste s'empresse de nous apporter la commande, de bonnes pintes de la roteuse maison, et le silence se fait quelques secondes pendant que chacun semble concentré sur son breuvage. J'en profite pour laisser tomber une petite remarque à mon nouveau copain à la tête déformée.

-J'ai connu une Cape Blanche, y a quelques années, que je dit. En fait j'en ai connu plusieurs. Ronin Shertel, de Madorass, ou une merde du genre, et plusieurs de ses petites copines. On a eu une discussion intime un soir à Madorass, et je suis le seul à en être sorti vivant. C'est dur de rester en contact dans des circonstances pareilles.

Ses sourcils, ou plutôt son sourcil, se fronce au fur et à mesure que je prononce les mots. Sa tronche offensée est aussi tordue que tordante, et j'arrive pas à m'empêcher d'éclater de rire à sa vue. Cet éclat soudain semble le troubler un peu, comme s'il essayait de déterminer si mes propos étaient sérieux ou pas. Je vais prendre tellement de plaisir à te voir mourir, mon con. Je sais même pas si j'arriverais à attendre que quelqu'un te tue, et te ferait pas une décoration du cou, genre traînée rouge d'une oreille à l'autre, dès que j'en aurais l'occasion. Maintenant, par exemple.

-Si c'est une plaisanterie, elle est parfaitement inappropriée, s'exclame-t-il en se levant sèchement. Si c'est sérieux, je pense qu'on va avoir un problème à régler maintenant, sale peau-verte.

Sa main s'égare sur les dagues accrochées à son armure. Mauvaise idée, sale con. Les deux frères se sont tus brutalement, et je ne sais pas trop comment Gareth réagit, de l'autre côté de la table, mes yeux étant fixés sur la distance qui se réduit entre les doigts de Sale-Gueule et ses armes. Vas-y. Vas-y. Tire une lame contre moi. Essaie. Vas-y, fais-le. Essaie...
Je réussis à entendre la voix de la raison, très profondément enfouie au fond de moi, avant que ça dégénère vraiment. Un putain d'éclaireur, c'est fait pour éclairer. J'ai plus trop l'habitude des espaces ouverts, genre embuscade et pistes à suivre, et lui semble expert dans le bousin. Du coup, il vaudrait mieux pas se débarrasser de Sale-Gueule avant qu'il nous ait ouvert un chemin tout droit vers l'objectif. Je fais un effort pour me contenir, histoire de pas nous attirer des emmerdes tout de suite. Ça fait que quelques heures que je suis dans le groupe. Je cesse de sourire et lui sers mon regard le plus noir.

-Assied toi, que je dis calmement. Assied toi avant qu'il se passe quelque chose qu'on regrette tout les deux.

Le silence s'est fait autour de nous. On dirait que la moitié de la taverne a maintenant les yeux fixés sur notre tablée. Sale-Gueule s'en aperçoit aussi. Il jette des regards de bête traquée à droite et à gauche, et s'arrête un moment pour juger de la réaction de Gareth, sans jamais me regarder dans les yeux, que je garde fixés sur lui. Chaque seconde qui passe rendra plus dure pour lui l'humiliation de se rasseoir, et s'il ne le fait pas, alors je le tuerai. Je crois qu'il s'en rend compte, que la situation lui apparaît finalement clairement, alors qu'il porte de nouveau son regard sur moi dans le silence de cimetière qui s'est fait autour de nous. Finalement, il se décide à poser son cul sur sa chaise, et enfouit aussitôt sa tronche dans sa pinte de bière, les yeux rivés à la table. Après quelques secondes de silence, je relance la conversation en engageant les deux frères sur un sujet qu'ils maîtrisent probablement bien.

-Alors, les gars, qu'est-ce que vous préférez en ville ? Les combats d'arènes ou le cul des filles de taverne ? que je demande d'un ton enjoué.

La tension semble se détendre soudain dans la taverne alors que Tarik et Tarvitz sont trop heureux de détourner l'attention par leur discours éméché. Je n'écoute même pas leur baratin hilare. Ils s'auto-entretiennent, se questionnant, se répliquant et s'interrompant l'un-l'autre en permanence, et rapidement, tout le monde semble oublier les quelques secondes de flottement qui ont jeté un froid glacial sur l'assistance. Moi, je reste les yeux dardés sur Kiril, qui semble avoir décidé qu'il ne regarderait plus que la table.
Les mots "sale peau-verte", ça se paiera, sang de foutre, ça se paiera très cher. Tu regretteras de pas avoir laissé le feu te tuer, plutôt que t'en être sorti avec une moitié de visage.



La soirée se passe dans un calme relatif, surtout meublée par les rires gras des deux soldats, et de temps en temps une remarque de Gareth, avec qui j'échange quelques souvenirs de guerre en lui offrant un ou deux verres, comme je me l'étais promis. Après un long moment à échanger quelques tournées, puis à commander un vrai repas, Kiril semble remis de notre petit face à face initial, et se décide à parler à nouveau, remettant le travail à l'ordre du jour. Cette fois je reste plutôt discret, l'écoutant nous faire une petite topographie de ce qu'il a repéré de ce "dernier goulet" où se planqueraient nos petits amis tueurs. Les informations combinées de Kiril et Gareth me permettent de commencer à me faire une idée du bordel qui nous attend. Un tas de saloperie, genre monstres et tout le tremblement, et une belle bande de massacreurs au bout. Ça s'annonce prometteur. J'ai déjà affronté plusieurs ogres, et même un minotaure dans un combat à mains nues il y a quelques mois. Je caresse doucement une large cicatrice sur mes côtes, là où la bête a réussi à m'empaler, brisant une corne dans mon torse avant que je parvienne à l'étrangler. Je suis sûr que je pourrais buter plus gros cette fois. J'aime bien me retrouver un peu au boulot avec ces gars, je pense qu'on va bien se marrer. Dans les jours qui suivront, j'essaierai de trouver quelques infos avant de rejoindre l'arène le soir, histoire de me la jouer esprit d'équipe.

La mi-nuit est passée depuis longtemps quand Kiril quitte l'assemblée, suivi des deux soldats, qui s'étaient assoupis la tête dans leur assiette. J'aurais bien aimé voir la prêtresse avant d'aller au pieu, mais il me semble temps d'y aller, tant pis. Je fais un signe de tête à Gareth et me lève enfin, direction le dortoir qu'on occupe avec les autres gladiateurs.
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Gareth Valmort

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MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Sam 28 Mai 2016 - 18:25

Les bases étaient posées. Tarik et Tarvitz allaient adorer Dumbark, Dumbark allait les supporter et...Kiril allait être la cause d'un conflit, à un moment ou un autre. Les types de son genre étaient tous ainsi. Ils attiraient les ennuis. Que ce soit à cause de leur gueule, leur passé ou leur attitude. Ces foutus égorgeurs sadiques finissaient toujours par attiser la colère ou le mépris de quelqu'un. Bon sang que ça pouvait être pénible. Leur petit numéro s'était terminé sans table ni os cassés mais...Combien de temps avant que ça reprenne? Bien sûr, c'était l'orque qui avait provoqué, cependant Gareth aurait préféré s'ouvrir la gorge avec le bord de sa pinte plutôt que prendre la défense de Kiril. Alors il s'était contenté d'observer, imité par les deux frères -qui n'en menaient pas large-, une bonne occasion de mesurer l'intelligence de l'ancienne cape blanche.
Sans grande surprise, ce dernier s'était finalement soumit sans perdre son sérieux, clairement la pire façon de désarmer un conflit. Puis l'orque avait lancé Tarik et Tarvitz sur un sujet aussi léger que graveleux et tout était revenu dans l'ordre.
Mais tout le long de la soirée, Kiril avait conservé son air énervé. Ce genre de salopards n'oubliaient jamais rien. Gareth le savait d'expérience. Déjà que les deux frères avaient tout le mal du monde à ne pas se faire griller par la prêtresse du groupe, pour l'instant absente, maintenant : L'orque et le sadique risquaient de se rentrer dedans dans les jours à venir. Hm. Qu'importe, ils ne faisaient pas partie des lames errantes après tout. Et de toute façon, ils étaient tous assez grand pour se débrouiller sans lui.
Malgré ses réflexions, Gareth s'était quand même couché en décidant qu'il surveillerait cette foutue bande, au moins jusqu'à ce que cette dernière soit entrée dans la grotte.

Le lendemain se révéla aussi plat que possible. Tarik et Tarvitz refusèrent de se lever avant midi, Kiril disparut une nouvelle fois dans la forêt du coin et Aeléa se présenta à l'entrée de l'auberge vers deux heures de l'après-midi pour confier à Gareth qu'elle avait dénicher une nouvelle entrée pour le Dernier Goulet avant de disparaître dans sa chambre et de s'effondrer sur son lit. La prêtresse avait apparemment remué ciel et terre toute la nuit.
De son coté, le Marche-Abysse erra à droite et à gauche dans la ville, complètement perdu dans ce milieu exempt de toute violence. Le moment le plus intense de la journée se présenta en milieu d'après-midi, lorsqu'un gosse au visage couvert de tache de rousseur vint lui tirer sur la cape en demandant si il ne pouvait pas aller chercher son chat noir, coincé dans un arbre. Gareth Valmort, leader des lames errantes et porteur de lame noire, passa donc dix bonnes minutes à secourir un félin terriblement agressif, au pelage couvert de résine, gratuitement. Rien de très gratifiant. Pour noircir un peu plus le tableau, sa recherche d'information en milieu urbain se révéla terriblement peu fructueuse, les badauds du coin ne connaissant pas ou peu l'amas de grotte. Un officier de la garde, particulièrement âgé et à la moustache rutilante lui conseilla néanmoins de quitter la ville et d'oublier ce contrat, parce que "les gars du crépuscules, c'est des foutus monstres". Non content de prendre un air supérieur qui n'allait pas à son corps vieillissant, il continua en précisant s'être battu contre l'ordre, lors du siège de Beolan et même d'avoir aperçut l'Ombre et Le Squelette, les dirigeants de l'organisation.
Gareth s'était esquivé en hochant poliment la tête. Ce genre d'histoire à dormir debout étaient racontés dans toutes les mauvaises tavernes, toujours par les mêmes vieillards en manque d'attention.
Au comble de l'abattement, le marche-abysse retourna finalement à l'auberge, blasé, fatigué, et, après s'être placé dans un coin à l'ombre, décida de surveiller les passants, dans l'espoir de dénicher une autre nouvelle recrue.
Peine perdue.
Finalement, ce fut Aeléa qui le tira de ses songes en s'installant à ses cotés, pour prendre son petit déjeuner. La jeune prêtresse au regard toujours sombre plaça ses pieds bottés sur la table et commença à piocher dans son assiette en bois en affichant une moue contrariée, sans adresser le moindre salut au chevalier. Ce dernier l'observa faire avec amusement, trop agacé par l'inaction ambiante pour entamer une conversation de lui-même. La demoiselle portait, comme à son habitude, un ensemble en cuir noir surmonté d'un long tabard du même coloris, partiellement déchiré, ne parvenant pas totalement à travestir sa silhouette indubitablement féminine. Gareth soupçonnait d'ailleurs que ce dernier détail soit, en vérité, volontaire. La prêtresse n'avait jamais caché son amour pour les péchés de la chair, au contraire. Son regard grisâtre l'évitait, comme toujours. Ses yeux s'accrochaient à son assiette comme si sa vie en dépendait, et ce malgré le fait que le marche-abysse affichait ouvertement le fait qu'il la dévisageait. Gareth l'intimidait. Elle l'avait dit confié, un soir où ils avaient tous trop bu, sauf lui. "Il y a quelque chose en vous qui me terrifie, mais ne croyez pas que ça change quoique ce soit, concernant la mission !"
Le chevalier-mercenaire caressa le pommeau de Sanglot, posée debout contre son siège.
"-J'ai entendu dire que nous avions une nouvelle recrue." Risqua-t-elle finalement.
Le maudit ne put s'empêcher d'afficher aussitôt un sourire mauvais.
"-Tu le sais parfaitement. Comme tu sais de source sûre qu'il y a eu un accrochage avec Kiril, parce que ce foutu lâche est venu s'en plaindre vers toi."
Nouveau silence. Aeléa se mit à fixer si intensément son assiette en bois qu'on aurait pu croire qu'elle désirait la faire fondre. Le regard de Gareth s'accrocha à l'une des phrases tatouées sur le crâne de son interlocutrice. "Que Solstice ait pitié de l'hérétique, car nous n'en aurons aucune." Son sourire s'agrandit un peu plus. La jeune fille n'avait que ça, des tatouages, sur sa tête lisse. Pas un cheveux, rien d'autre que des inscriptions grandiloquentes ou provocatrice, accompagnée par quelques dessins représentants des bûchers ou des scènes de tortures. "Tout ça, c'est ce qui trotte dans mon esprit, chevalier. N'ai pas l'air si surpris, je ne suis pas une sainte." Avait-elle dit, lorsqu'ils s'étaient rencontrés, en ajoutant : "J'ai d'autres tatouages, bien plus avenants, sur mes jambes et mes seins." Gareth avait poliment refusé l'invitation. Les folles mystiques n'étaient pas trop son genre.
"-Dis-moi plutôt ce qui te dérange, petite fille."
La petite fille en question, de deux ans son ainé, osa détacher son regard de son assiette pour le fixer.
"-C'est un orque."
Gareth pouffa.
"-Et ? Ne me dis pas que tu es xénophobe. Je suis sûr que ton dieu crache, à un moment où un autre, dans l'un de ses innombrables récital, que nous sommes tous égaux."
Sans relever le blasphème proféré par son employeur, la prêtresse ajouta :
"-Solstice nous enseigne que les humains sont tous égaux, oui."
Le marche-abysse fronça les sourcils.
"-Je n'aime pas le ton que tu prends.
-Les peaux-vertes ne sont pas dignes de...
-De quoi? De risquer sa vie pour de l'or? D'accompagner un ancien criminel de guerre, un mercenaire, une prêtresse solitaire et une bande de soudards dans un souterrain maudit? Laisses-moi rire. Il n'y a rien de sacré ou de digne dans notre mission.
-De notre confiance."
Pendant un court instant, Gareth pensa à déchirer le visage de son interlocutrice d'un simple coup de gantelet, puis de livrer ses restes assommés aux ivrognes humains de l'auberge. Juste histoire de voir comment cette fameuse race humaine allait prendre soin d'elle, à quatre pattes dans la boue, derrière l'auberge.
"-Tarik et Tarvitz sont des déserteurs. Leurs hommes sont des tueurs, des bandits et des violeurs. Certains sont tout ça en même temps. J'ai moi-même tué six de mes amis, transformés en monstre par Sanglot, ici-présente. Et je parle même pas de ce tordu de Kiril, qui a sans doute dû perdre sa virginité avec sa propre mère. Tu vas me dire que Dumbark vaut moins que ça?
-Il a déjà démontré qu'il...
-Qu'il n'aimait pas Kiril? Pitié, les capes blanches font l'unanimité à ce niveau-là. Même votre inquisition est moins détestée."
La pique mordit. Profondément. Elle se renfrogna en le fusillant du regard.
"-Tu juges mal Kiril, il est sur la voie de la rédemption à présent."
Gareth éclata de rire et l'aubergiste, en plein nettoyage d'une table voisine, maugréa quelque chose d'inintelligible, dans sa barbe grise.
"-Ca veux simplement dire que cette loque n'a même pas assez de couilles pour accepter sa condition de monstre à forme humaine. Y'a rien de vertueux là-dedans ! Allons Aeléa, qu'est-ce que tu essais de me prouver? Que tu ne fais pas confiance à Dumbark? Qu'il pourrait s'en prendre à Kiril? Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse? Crois-tu franchement que je vais prendre la défense d'une vermine de ce genre?"
L'intéressée pesta, s'essuya la bouche avec un mouchoir, qu'elle jeta ensuite, rageusement, dans un coin. Le marche-abysse ricana de plus belle lorsqu'Aeléa quitta la table -et l'auberge- les poings serrés. Ce n'était pas sa première crise de colère silencieuse. L'illuminée en faisait constamment, dès qu'on abordait de près ou de loin un sujet qui la touchait avec un peu d'humour grinçant. Ça se passait toujours de la même manière. Disparition, puis retour sans explication. Qu'importe.
Gareth s'étira, posa ses bottes sur la chaise que la prêtresse occupait encore, quelques minutes auparavant, et ferma les yeux en attendant que les autres reviennent pour le rapport de la soirée.

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Dumbark Sang-Noir

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MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Dim 29 Mai 2016 - 5:46

J'ai l'impression que ma tête vient d'exploser. J'entends mon cœur qui bat, et le rugissement de la foule en sourdine. Je me suis endormi à l'auberge, et me voila. Impossible de savoir où est le haut, le bas, la droite et la gauche. Je n'ai aucune conscience de mon corps, foutre, je pourrais être couché ou debout, je n'en saurais rien. Mes yeux sont ouverts, je crois, mais tout est flou autour de moi. Finalement, j'arrive à déterminer que ce picotement, ce sont mes jambes qui se plient alors que je tombe à genoux. Mes sens semblent se réveiller, mais terriblement lentement, alors que je sais d'instinct que je devrais au contraire me dépêcher de revenir à moi, qu'il y a danger.
Deux formes de métal, l'une tenant l'autre, se précipitent dans ma direction. Une armure et une arme. On m'attaque. Je n'ai aucune idée de la distance qui me sépare de l'ennemi, et pourtant je me relève et me jette en avant, le poing serré dans une attaque désespérée. Je sens un choc me transpercer jusqu'à la colonne vertébrale quand mes phalanges viennent cogner sur l'acier de ce qui doit être une cotte de maille, s'enfonçant assez profondément pour couper la respiration de la chose de métal. Je dois gagner quelques instants, le temps de comprendre ce qui se passe, alors je poursuis par un puissant coup de talon dans la direction où devrait se trouver les genoux normalement. Le craquement et le hurlement qui suivent ne m'apportent que des bonnes nouvelles. Non seulement j'aurais pas de problème à finir quelqu'un à qui j'ai fait sauter la rotule, mais je suis surtout ravi d'entendre de nouveau plus clairement. Je prends une seconde pour me reculer un peu, appréciant le retour de mes sensations habituelles.

Bon, première chose, où suis-je ? C'est l'arène. Je reconnais la voix de Bischoff, j'entends le public rugir et je peux voir danser les torches. J'ai encore la tête qui tourne, mais les souvenirs me reviennent. Pas le temps de savoir ce qui m'est arrivé, la forme de métal semble bouger dans ma direction. D'instinct, j'ai déjà saisi ma hache, avant même de savoir si elle était bien à ma ceinture et ai paré un coup terriblement lourd qu'on m'assenait avec ce qui me semble être une masse, un marteau, ou un petit arbre. Je m'éloigne encore un peu. Il pourra pas marcher très vite avec une seule jambe. Ma mémoire semble mettre un moment à se remettre en place, mais mes réflexes de combat sont au rendez-vous. Ma vision s'éclaircit finalement, et je reprends pleine possession de mes muscles. On verra plus tard pour la remise à niveau, je suis plutôt occupé, là.
Les deux formes de métal se font enfin plus précises, un homme en cotte de maille, avec une masse de guerre. Je reconnais Roryk, un gars de la troupe. Pas du genre maigrichon, mais pas un colosse non plus, je devrais pas avoir de mal à l'allonger. Qu'est-ce qui a pu m'arriver ? J'essaie de me rappeler au moins du début du combat. Ça me revient, alors que je récupère le Briseur, qui était tombé dans le sable, non loin de l'endroit où je suis revenu à moi. Je suis rentré dans l'arène en deuxième, après qu'un type m'ait dit quelque chose que je devais absolument retenir, et j'étais tellement concentré dessus que j'ai même pas reconnu la feinte que Roryk fait à tout ces putains de combats. J'ai de la chance de m'en être sorti comme ça, le coup que j'ai du me prendre dans la tronche, je l'ai vu décapiter des types, avec des heaumes et tout le bordel. Mais là le combat a l'air déjà fini, sans même que je m'en sois vraiment rendu compte. Il n'arrive plus à se déplacer, et à peine à se tenir debout, appuyant tout son poids sur sa jambe indemne alors que l'autre semble pendre mollement à ses côtés.
D'un coup, il lâche sa masse en criant et s'effondre dans le sable, portant ses mains à sa rotule fracturée.
La foule autour de nous éclate en cris de "Merci ! Merci !" alors que je m'approche de lui, le marteau à la main. La seule chose qui me préoccupe, c'est d'essayer de me rappeler cette merde que je ne devais absolument pas oublier. Putain. Ça avait un rapport avec le Dernier Goulet. Je suis tellement frustré de pas me souvenir que j'aide Roryk à se relever, sous les acclamations du public, juste pour lui briser sa deuxième rotule d'un coup de marteau. Crétin. Je retourne dans les coulisses, quelqu'un d'autre ira ramasser cet imbécile.
Merde... J'essaie de reboucher les trous dans ma mémoire en lambeaux, sous les huées - et les rires - de la foule. J'ai passé la soirée avec Gareth, les deux frères et Sale-Gueule. J'ai dormi à l'auberge et je suis allé m’entraîner le matin, mais où ? Ah oui. Avec des sentinelles de la garde que j'avais rencontré un soir à l'auberge. Et j'ai cherché à trouver des infos sur notre petite excursion. C'est ça que je devais retenir ? Les sentinelles m'ont dit un truc important ? Non, je crois pas. Mais alors c'était quoi ? J'ai le sentiment que ça a un rapport avec les coulisses que je rejoins à l'instant. Un type m'y a dit quelque chose.

Alors que je passe la porte, à moitié bousculé par les gamins qui vont aider Roryk à virer son cul de l'arène, je jette un œil à l'assemblée. Putain, lui ! Le type en vert, dans le coin, je le connais pas, mais il me rappelle quelque chose. Ça doit être lui ! Je me précipite sur lui, fendant la foule, mais il a l'air de prendre peur en me voyant approcher et semble disparaître par le rideau qui sert de sortie. Le temps que j'y arrive et que je sorte dans la rue, il est déjà loin. Merde, merde, et merde. Qu'est-ce que je fais ? Je reste à attendre ma part où je pars à la poursuite de ce type en vert que j'aperçois s'engager dans une ruelle plus loin ? En une seconde j'ai pris ma décision et me jette à ses trousses. J'espère que je serais revenu avant que Klein partage la recette.
Je suis peut-être cinq fois plus lourd que ce type, mais j'ai des jambes comme des troncs d'arbre, et j'ai l'impression de m'envoler alors que je lui cours après. L'adrénaline monte plus vite que durant le semblant de combat que je viens d'avoir et je suis vraiment de mauvaises humeur, sur le coup. Je réussis à rejoindre la ruelle, prêt à une course-poursuite haletante mais... Rien. Le type est là. Il m'attend. Et même pas armé. Juste là, à moitié essoufflé par notre petite course.

-Eh ben... souffle-t-il. J'ai bien cru que vous alliez me parler devant tout le monde !

Très bien. Mystère et amnésie, tout ça. Je comprend le côté mélodramatique. Mais ça me casse les couilles. Je lui retourne une mandale calibre orque, et en deux-trois questions, lui demande de me refaire l'historique de notre relation.

-Je... On s'est parlé juste tout à l'heure ! s'exclame-t-il en massant sa joue maintenant douloureuse où un coquard ne va pas tarder à apparaître. Je vous ai entendu parler avec les gardes de l'Ordre du Crépuscule, et je vous ai suivi jusqu'à l'arène, où on s'est donné un rendez-vous secret après votre combat, pour être plus discrets !
-Hmm. Ouais, effectivement, ça me revient, que je fais. Même que ça paraissait déjà assez con tout à l'heure. Pourquoi pas lâcher ton bousin directement ?
-Avec tout mon respect, hasarde-t-il, je pense que je suis plus à-même de prendre des mesures de sécurité. Vous avez l'air d'avoir suivi quelqu'un dont vous ne vous souveniez même pas dans une ruelle sans prendre la moindre précaution ou même vous inquiéter que ça puisse être un piège.
-Je casse les pièges quand je tombe dedans. Tu vas lâcher ton information, ou merde ? que je demande, prêt à le frapper une nouvelle fois.
-D'accord ! D'accord ! J'ai un nom pour vous. Hector Retton.

Trop long. Ma main dans sa gueule. Il crie un bon coup et reprend le récit, plus vite cette fois, et précisément. Quand tu frappes assez fort, les gens devinent les questions.

-Hector Retton ! qu'il reprend. C'est un marchand, dans le sud de la ville, il tient une épicerie, au bout de la rue des chars ! La rumeur veut qu'il ravitaille les types de l'Ordre sur tout ce qu'ils obtiennent pas eux-même. Et je crois savoir qu'il a rendez-vous avec eux ce soir, vers la mi-nuit ! Lâchez moi, maintenant, pitié !

Ah ben oui, effectivement, je lui serre l'épaule dans ma main. C'est marrant, j'avais même pas remarqué. Je le lâche et le regarde détaler comme un lapin en réfléchissant un peu. Simple. J'ai le temps de récupérer ma part à l'arène avant d'y aller, de buter quelques types et d'en garder un vivant pour nous indiquer la route dans les grottes. Et voila une soirée qui sera bien remplie.



J'ai récupéré mon dû et je me dirige vers le sud tranquillement mais j'arrive pas à m'enlever une idée de la tête. Merde, c'est qu'il m'a fait réfléchir, le lapin, avec ses histoires de pièges. Dans quelques centaines de mètres, je devrais décider si je prend à gauche, vers le quartier sud et la rue des chars, ou si je prend à droite, pour aller dire un mot à Gareth sur toute cette histoire. En même temps, je suis pas forcément du genre travail en équipe et rapports réguliers au patron, et pourtant j'ai comme un scrupule à foncer dans le tas comme ça, surtout après m'être fait sonner par Roryk comme je l'ai été ce soir. Donc... L'auberge ou la rue des chars ? Putain, je tourne en rond. J'ai envie d'y aller directement, mais une voix au fond de moi me répète que c'est une mauvaise idée. J'en suis là de mes réflexions quand je bouscule par mégarde une fillette en cuir noir, avec des tatouages plein le crâne. Elle se tourne vers moi, mais se laisse pas démonter une seconde, au contraire, elle me fusille du regard.

-Je parie que c'est toi, Dumbark Sang-Noir, qu'elle me crache presque au visage.

Des tatouages à la gloire du Solstice, pas peur du grand méchant gladiateur, et direct envie de me frapper dans les burnes, je parie que c'est notre putain de prêtresse. Avec la chance que j'ai.

-Elaé ? C'est ça ? que je demande.
-Aeléa, corrige-t-elle sèchement.

J'ai pas envie de m'engueuler avec une fille visiblement sortie tout droit de l'Inquisition. Je croyais que c'était qu'une prêtresse, moi ! Ça m'emmerde, j'imaginais déjà une petit cul blanc affamé et des idées de partage entre les peuples, mais évidemment je tombe sur les tarés du genre bûcher et "massacrez les elfes et les orques !" Je sens que devant elle, il vaudra mieux que je me la joue Dieu de la Guerre, même si je l'adore un peu moins depuis que j'ai rejoint les Rebelles, il y a des années, et que j'ai commencé à vénérer le Fléau. Quand on adore le Dieu de la Guerre, les tatouages, c'est du genre sans encre, juste à la lame, et sur tout le corps. Et je suis à peu près sûr qu'à ce niveau là, je suis plus marqué qu'elle. Enfin... Faudrait vérifier sous son armure... Mais bref ! J'ai d'autres choses à foutre que les débats théologiques et les explorations anatomiques pour l'instant, et l'apparition du petit bout de femme en colère est une chance.

-Si tu le dis, reprends-je. Écoute moi bien, Aeléa, et retiens ça dans ta tête pleine d'encre. L'épicerie de Hector Retton, rue des chars, dans le quartier sud, à la mi-nuit. Le gérant y recevra des gars de l'Ordre du Crépuscule pour les ravitailler. J'y vais et je vais en coucher un paquet. Va prévenir le patron, voir s'il pense qu'il vaut mieux m'envoyer quelqu'un pour me rejoindre, en tout cas, moi j'y serais à minuit. Je répète : L'épicerie de Hector Retton, rue des chars, dans le quartier sud, à la mi-nuit.

Et sans attendre sa réponse, je m'élance à nouveau plein sud à grandes enjambées, la laissant tomber comme une merde sur une planche. Les choses sont réglées. Si la gosse veut bien transmettre l'information, Gareth choisira s'il vient, s'il m'envoie un des sous-fifres, ou si je me brûle l'épicerie tout seul. J'espère que, si il pense que j'ai besoin de renfort, il sera pas trop occupé et réduit à m'envoyer la prêtresse de bite-au-cul et Sale-Gueule. On verra. En attendant, j'ai plus qu'une heure pour rejoindre la rue des chars et me planquer un peu en attendant la mi-nuit et la bonne baston qui risque de suivre.
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Gareth Valmort

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MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Lun 30 Mai 2016 - 14:03

HRP : Désolé pour le retard et le petit poste, j'ai eu une longue et fatiguante soirée hier :')

Gareth riait en compagnie des deux frères soudards. Tarik venait de terminer une histoire plus vulgaire que drôle traitant de la romance d'une jeune vierge sainte avec un centaure géant, et ses éclats de rire s'étaient révélés tellement communicatifs que même l'aubergiste et ses "poules" avaient finit par pouffer.
"-Allez, aubergiste ! Une bière ! Rire m'a donné soif !" Gueula Tarvitz, le sourire aux lèvres.
Le marche-abysse, ayant rit jusqu'aux larmes, s'essuya les yeux d'un revers de gantelet. On pouvait toujours compter sur ce genre de vauriens pour passer le temps. Les frères en étaient à leur troisième pinte alors que lui-même n'avait pas encore fini de boire la soupe à moitié solide portant apparemment le nom très recherché de "Repas du Soir". Aussi étaient-ils déjà particulièrement éméchés.
"-Bon et qu'est-ce qu'ils foutent les autres?
-Sais pas. A ton avis Gareth?"
L'intéressé haussa les épaules, soudainement blasé, et cracha finalement :
"-Bah, ils sont sans doute en train de s'expliquer dans un coin sombre.
-Ouai, s'expliquer avec la prêtresse." Cracha Tarvitz en prononçant avec un soin exagéré la première syllabe du mot "s'expliquer". Cette blague, pourtant au raz des pâquerettes, suffit à replonger son frère dans l'hilarité la plus totale. Gareth secoua la tête et perdit son regard dans sa soupe.
A cet instant et avec un magnifique à-propos, les portes de l'auberge s'ouvrirent à la volée pour faire entrer une Aeléa au regard troublé, qui se dirigea d'un pas décidé jusqu'à leur table. Encore agacé par le comportement que celle-ci avait eu avec lui, plus tôt dans la journée, le Marche-Abysse grinça :
"-Oui, bien sûr, j'accepte tes excuses Aeléa, ça arrive à tout le monde de faire des crises de colères infantiles après tout.
-L'épicerie de Hector Retton, rue des chars, dans le quartier sud, à la mi-nuit !" Lui répondit l'autre, apparemment bouleversée.
Constatant que cette adresse représentait apparemment quelque chose d'un minimum important pour la prêtresse -et donc pour la mission- Gareth pencha la tête sur le coté en reprenant son sérieux, sa main posée sur le pommeau de Sanglot, pour l'instant contre son flanc.
"-L'orque, c'est ce qu'il m'a dit. Quelque chose en rapport avec l'ordre du crépuscule va se passer là-bas, à la mi-nuit. Il est parti voir !"
Le marche-abysse se leva de son siège tandis que Tarik s'étouffait avec sa nouvelle pinte.
"-Tout seul? Qu'est-ce qu'il compte faire?!" Gueula Gareth.
"-Ce qu'il sait faire, je suppose." Hasarda Tarvitz en tapant dans le dos de son frère pour l'aider à reprendre son souffle. Aeléa hocha la tête d'un air entendu et le sang du mercenaire ne fit qu'un tour. Qu'est-ce que l'ordre pouvait bien avoir à faire dans l'enceinte de la ville, par les dieux? Et qu'est-ce que l'Orque souhaitait accomplir ? Le saccage d'une épicerie et le meurtre était sévèrement puni, ici, surtout si le saccageur en question avait la peau-verte !
"-Nom de dieu." Pesta-t-il en courant vers la sortie.
"-Hé, mais qu'est-ce qu'on fait nous?!" Dit l'un des deux frères d'un ton plaintif.
"-Attendez Kiril ici et prévenez-le, Aeléa, avec moi! La mi-nuit est dans moins d'une demi-heure !"
La prêtresse acquiesça et tout deux disparurent derrière les portes de l'auberge. A l'intérieur, un silence pesant s'installa...Puis Tarik et Tarvitz échangèrent un regard entendu avant de continuer leurs bières.

Gareth coupa la route d'une charrette et terrifia le vieux cheval qui la tirait, suivit de près par la prêtresse. La pauvrette s'époumonait à rester au même niveau que son chef, propulsé par la puissance de son épée. Aeléa lui avait déjà demandé de ralentir deux fois, mais il ne l'avait pas écoutée. Aussi se sentait-elle obligée de maintenir la cadence, tant bien que mal. Plutôt mal que bien, en fait.
"-On se retrouve là-bas." Fit-il, impitoyable, en accélérant encore pour disparaître au prochain tournant.
Ce ne fut qu'une fois arrivé dans les environs du quartier mentionné par le Briseur que Gareth commença à ralentir, principalement pour rester un minimum discret. Passant de ruelles sombres en ruelles sombres, le marche-abysse remonta jusqu'à la rue des chars, en prenant bien soin de vérifier que personne ne s'intéressait trop longtemps à sa silhouette imposante, là où il passait. Comble de bonheur, le chevalier-mercenaire n'eût finalement qu'à esquiver le contenu d'un pot-de-chambre, jeté depuis la fenêtre d'une petite maison par une matrone au visage affreusement masculin. Aussi put-il sans grand mal approcher de l'épicerie en question.
Cependant, une fois sûr que cette baraque branlante aux volets ouverts et à l'intérieur éclairé fut bien son objectif, Gareth fronça les sourcils et dégaina Sanglot.
Quelque chose approchait. Rapidement.
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Dumbark Sang-Noir

Le Briseur

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Fiche de Personnage : Qui est le Briseur ?


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Mar 31 Mai 2016 - 8:57

Je jette un œil au ciel. Les étoiles sont voilées par les nuages et la lune n'est plus qu'un mince croissant dans le ciel. Tant mieux. Je suis pas vraiment invisible, plutôt du genre à marquer les esprits, et un peu d'obscurité ne pourra qu'aider mon approche. La dernière fois que j'ai essayé de me la jouer discret date d'il y a plus de quatre ans maintenant, quand j'ai quitté Madorass la nuit où j'ai perdu mon oreille, et j'ai l'impression d'y être encore alors que je me glisse de ruelles en ruelles à l'approche de la boutique de Machin-chose. Voila. Ça a tenu assez longtemps pour que je déballe tout le topo à Aeléa, mais plus moyen de me rappeler le nom du type. J'ai l'essentiel. Une épicerie, rue des chars, à la mi-nuit. Je cherche du regard une de ces grandes bougies que laisse la garde à la tombée de la nuit dans les rues, pour savoir quelle heure il est. Je réussis à en apercevoir une contre un mur, presque entièrement fondue. Donc on doit approcher de la mi-nuit, je dirais moins d'une demie-heure, à peine. Ça veut aussi dire qu'ils vont bientôt repasser pour allumer la deuxième bougie, qui devra tenir jusqu'à l'aube, et j'ai pas trop envie de tomber face à une bande de gardes maintenant. Rapport aux types que j'ai l'intention de tuer, et tout ça.
Si je me souviens bien, la rue des chars n'est pas loin, et je devrais être devant l'épicerie dans quelques minutes. Je me glisse le long des murs, aussi discret que pourrait l'être un mur qui marche, en poursuivant dans la direction que je suppose être la bonne. Je me demande si Aeléa a transmis le message, et si Gareth s'est intéressé au bordel. Plus j'y pense, plus je me dis que ça passera comme un glaive dans du beurre. Je rentre, je casse deux-trois crânes, j'emporte le plus petit, je le cache en forêt, et on le mandale jusqu'à ce qu'il parle. Ça me parait bien. Bon, y a quelques trous dans le plan, mais j'improviserai. Et je suis pas très bon pour faire parler les types vraiment durs. Faut un vrai sadique pour savoir faire durer ça, moi je peux pas casser les os deux fois. Et puis ça finit toujours par me gonfler et je dévisse la tête, ce qui abrège généralement l'interrogatoire de façon assez abrupte.
Je suis interrompu par la voix d'une femme, quelques mètres plus haut, qui me hèle, accoudée à sa fenêtre. Elle est à moitié débraillée, visiblement en train de se faire triturer l'arrière-train par quelqu'un derrière, mais elle prend quand même le temps de me demander joyeusement ce que je fous dehors à cette heure là. J'hésite à lui cracher dessus, mais y a toutes les chances que mon mollard me retombe mollement sur la tronche vu la hauteur, alors je me contente de déballer mon sexe et de pisser un coup sur son mur. Ça la fait marrer, cette imbécile, tant mieux pour moi, ça lui évitera peut-être de faire le rapprochement entre ce type qui se baladait de nuit et les questions que lui poseront la garde demain rapport au massacre de ses voisins.
Me voila finalement rue des chars, et je repère rapidement l'épicerie du type, un des seuls bâtiments éclairés de la rue, principalement constituée de boutiques maintenant fermée. Je passe rapidement devant les fenêtres de la baraque, et y hasarde un coup d’œil distrait alors que je fais mine de flâner. Un comptoir, un tas de marchandises diverses, et un type en train de fumer la pipe dans un fauteuil. Le vieux moustachu attend ses potes tueurs. Normal. Je repère un petit coin sombre de l'autre côté de la rue, où je pourrais m'asseoir discrètement contre le mur, entre un tas de vieux paniers défoncés et ce qui semble être une large pile de merde. Je m'installe aussi confortablement que possible, étendant mes longues jambes au sol et le dos au mur, après avoir recouvert mes épaules d'un vieux tissu vaguement marron qui traînait non loin, histoire de jouer le clochard avec conviction.

Les minutes passent lentement, et rien ne se produit. La mi-nuit doit approcher, merde ! Est-ce que j'ai mal compris ce que m'a déblatéré l'autre lapin ? Pas non plus trace de Gareth ou du reste du groupe. Je commence à m'agiter sous ce vieux torchon, supportant avec courage l'odeur de merde qui se dégage de la montagne de purin dans laquelle je patauge presque. Finalement, il se passe quelque chose. Je rabats vivement un coin du tissu sur mon visage, comme un capuchon, alors qu'une petite carriole remonte lentement la rue déserte. Je vois trois types, au moins. Deux se tiennent debout sur les essieux et le dernier conduit la charrette lentement, la poussant jusqu'à l'entrée de l'épicerie. Les types sur les essieux descendent et rentrent rapidement dans la baraque, alors que le troisième mène ses chevaux jusqu'à une ruelle un peu plus loin où il laissera probablement la carriole le temps de la remplir. Merde, qu'est-ce que je fais ? En trois secondes, alors que les cloches de la ville sonnent pour annoncer le milieu de la nuit, j'ai l'ébauche d'un plan. Du moins ce qui pour moi correspond à un plan. Je vais choper le type qui s'est isolé, et le défoncer. Si j'arrive à le maîtriser facilement j'aurais plus qu'à me casser avec lui, et j'aurais même pas besoin de me farcir toute l'épicerie, épiciers et clients psychopathes compris, pour obtenir mon futur informateur. Ça évitera tout le bordel administratif du genre "c'est bien vous qui avez tué trois personnes hier ?" et j'aurais disparu avec mon nouveau copain avant que qui que ce soit ne le sache. Et si il se défend, je le brise, et j'aurais plus que trois personnes à affronter à l'intérieur. Ça, c'est un bon plan, d'ordinaire, j'anticipe moins que ça, et je suis plutôt fier de moi.
Sur cette pensée, je me relève et entame d'un bon pied la petite vingtaine de mètres qui me sépare de la ruelle où s'est engouffré le type, son chariot et ses deux chevaux. L'idée de réussir ainsi à me mettre mon nouveau groupe dans la poche en rapportant dès mon premier jour un butin pareil, la perspective d'un petit combat de rue, sans compter la perfection de mon plan, tout ça me met d'humeur plutôt guillerette, et je me met même à siffloter alors que je sors mon marteau en m'approchant du coin où il a disparu. Mais en m'engouffrant à sa suite, j'ai l'impression que quelque chose déconne. Le chariot est bien là, un peu plus loin, mais la ruelle dépourvue de torches est tellement sombre que j'y vois comme dans un cul. Ce qui me dérange, c'est que j'ai bien l'impression qu'il y a plusieurs ombres qui s'agitent autour des chevaux, défaisant la toile qui couvrait auparavant l'arrière, et pas une seule comme prévue. Ah ben oui, ils étaient peut-être plus que trois là-dedans.
J'attends pas que quelqu'un se pose des questions sur ce qui pourrait m'amener armé devant leur joyeuse petite troupe et m'approche d'eux sans tergiverser. Ils se tournent lentement vers moi d'un air suspicieux alors que je commence à voir plus clairement. Quatre types, humains - ou trois hommes et un elfe, peut-être - pas très grands, pas très biens armés, pas du genre à faire chier dans son froc. On est plus qu'à quelques mètres les uns des autres, et je sens que la tension aura bientôt atteint le point où quelqu'un doit faire quelque chose. Je vais tenter une de mes meilleures techniques pour déceler la véritable nature de mystérieux opposants :
-Eh, les gars ! que je gueule. C'est vous les types de l'Ordre du Crépuscule que je dois buter ?
Leurs yeux s'écarquillent et ils se jettent un rapide regard alors que leurs mains s'égarent sur les rapières qu'ils trimballent. Ça veut dire "oui". En une seconde, d'un revers du Briseur, j'ai fait exploser le crâne du type le plus proche. Quand on te dit qu'on va te coucher, tu ne détournes pas le regard, gamin. Le craquement osseux est immédiatement suivi par le son de son cerveau qui se projette en petits morceaux contre le deuxième type, qui en tombe à la renverse. Qu'est-ce qu'on se marre. Le troisième se jette sur moi, la lame en avant, mais j'arrive à éviter son coup et à répliquer, fauchant sans merci ses deux jambes d'un seul coup. Il s'écroule en hurlant et en portant ses mains à ses fémurs brisés. Je l’assomme d'un coup de talon dans le crâne, histoire de garder notre petite rencontre discrète, en essayant de le garder vivant. Un type qui peut plus courir, c'est un bon plan comme informateur. Je me retourne vers le quatrième qui semble hésiter à se jeter sur moi à son tour et se tient dans une garde prudente. Je feint un nouveau revers de marteau sur la gauche, et profite de sa parade dans le vide pour le saisir à la gorge de ma main libre et lui cogner la tête brutalement contre le mur. Aussitôt inconscient, il n'a aucune réaction quand je lui brise le cou immédiatement. En me retournant vers le deuxième de ces messieurs, j'ai la mauvaise surprise de découvrir que, non seulement il s'est relevé, mais qu'il est en train de se précipiter hors de la ruelle dans la direction de l'épicerie. Hm. Mon plan semble compromis. Je m'élance à sa poursuite, débarquant en pleine rue des chars, mais il a déjà trop d'avance. Je me prépare à lui lancer ma hache de jet quand j'aperçois Gareth, qui semble avoir repéré la cavalcade du petit dernier, juste devant l'épicerie. Très bien, très bien. Les quelques secondes que je met à courir de la ruelle à la boutique me suffisent à prendre une décision. C'est peut-être pas la bonne, mais merde, ce sera pas ma première connerie. Le type du Crépuscule semble hésiter en voyant la forme de Gareth et de son épée démesurée entre lui et ses amis. Plutôt que tenter de rentrer dans la boutique, il tourne à pleine vitesse et se jette sur le chevalier-mercenaire.

-A moi, l'Ordre ! hurle-t-il, cherchant à attirer l'attention de ses petits copains à l'intérieur.

D'accord. Très bien... Euh... J'improvise, très bien, c'est parti.

-Oh, par le Solstice ! Ce brigand assaille ce brave mercenaire ! que je gueule, histoire de donner un semblant de change aux pouilleux qui vont peut-être regarder à la fenêtre ce qui se passe.

Et sur cet excellent exercice de théâtre, je me précipite dans la boutique, défonçant à moitié la porte au passage. Fin du plan. Nouveau programme : Gareth va sûrement défoncer le type dans la rue, reste à coucher le patron de la baraque et les deux crétins qui sont rentrés tout à l'heure, et on aura plus qu'à récupérer tranquillement l'estropié que j'ai laissé dans la ruelle, voir la carriole complète. Je suis pas du genre à voler les types que je bute, mais y a pas de petits profits après tout. Pour l'instant, je reste assez concentré sur le vieux moustachu, Hector Machin, qui me regarde avec des yeux comme des soucoupes, accoudé à son comptoir, alors que les deux types de la charrette ont interrompus leur travail de réunir un tas de caisses contenant des marchandises diverses, nourriture et tout le bordel. Il me suffit d'un coup de tête rapide pour faire voler l'épicier, qui se cogne durement contre le bois d'un meuble en tombant, finissant le travail que j'avais commencé. Les deux autres types ont l'air plus solides, mais ça reste quand même de la piétaille pour moi. Je jette ma hache sur le plus proche, qui la dévie d'un revers de l'épée qu'il a tiré de son fourreau, alors que les yeux du second se troublent une seconde.
Putain, un mage...

En quelques secondes, j'ai l'impression que la température de la pièce chute drastiquement, je me croirais revenu sur des cols de montagnes enneigés. Une grande forme de glace s'est matérialisée au milieu de la pièce et avant que j'ai pu reprendre mon souffle, son énorme poing translucide vient à ma rencontre. L'impact me plie en deux, mais j'arrive à me remettre avant de me prendre le petit frère. J'esquive vivement sa deuxième attaque et frappe de toutes mes forces sur ce qui doit être le bras de la créature invoquée. La glace s'effrite à peine. Les deux types se tiennent prudemment en défense, confiants dans les chances de leur titan élémentaire, mais je sens la colère monter en moi brutalement, si vite que je suis aussitôt submergé par la rage. Je frappe, encore et encore, sur la forme de glace, alors que les éclats volent dans toute la pièce, certains déchirant et taillant ma chair cruellement. La créature semble se réduire, des morceaux de plus en plus gros se détachant de son corps craquelé, et je peux presque entendre un cri venant d'une bouche inexistante alors que je l'achève d'un dernier puissant coup de marteau qui finit d'éparpiller aux quatre coins de la pièce les derniers fragments de ce qui fut son corps. Je me tourne vers mes deux derniers adversaires, et je vois sur leur visage la peur du berserker. Un plaisir. Je me tiens devant eux, immense, lacéré par les éclats de glace, sanglant, et écumant de rage. J'ai soif de leur sang. En quelques secondes, sans grands moments, passes d'armes et parades, le premier, qui s'était précipité sur moi, a été ouvert du sexe à la gorge par sa propre lame, alors que le second, le putain d'invocateur, a eu la dernière désagréable sensation de sentir ses côtes sortir de son corps en traversant son dos.

La rage baisse progressivement alors que je me tiens, haletant, au centre du carnage qui était une boutique quelques minutes plus tôt, entre deux cadavres, des débris de glace magique et le corps inconscient de l'épicier. Les raisons qui m'ont amenées ici commencent à me revenir. Je me demande comment ça s'est passé dehors, si le patron n'a pas eu la malheureuse visite de curieux, de gardes, ou même de renforts de l'Ordre. Je jette un dernier coup d'oeil autour de moi avant de sortir voir ce qu'il en est, et vérifier que je n'ai pas tué celui que j'ai choisi pour être notre futur informateur.
Tout c'est bien passé, finalement !
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Gareth Valmort

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MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Mer 1 Juin 2016 - 15:59

Les coups du fourbe aurait été facile à esquiver. Vraiment facile. Mais Sanglot avait besoin de se réveiller. Alors Gareth s'était placé sur la trajectoire de la dague, bras gauche en avant, pour se laisser transpercer la main et la hanche.
Et aussitôt, Sanglot avait vomit un flot de fumée noire.
"-Putain. Tu sais même pas ce que tu viens de libérer, imbécile. Elle attendait que ça depuis des jours..." Cracha le Marche-Abysse, toujours debout, en retirant la lame l'ayant ainsi percée. Ses plaies se comblèrent dans l'instant, et son agresseur se mit à tourner autour de lui en agitant une nouvelle arme : un cimeterre d'une cinquantaine de centimètres, à lame dentelée, qui aurait pu être impressionnant si il n'avait pas été si rouillé.
Gareth cligna des yeux. Des formes indistinctes dansaient dans son champ de vision. Elles n'avaient pas de visages, rien de définis, mais le mercenaire savait que ce qu'elles représentaient était cauchemardesque. L'épée n'avait jamais été un don du ciel, après tout.
Pendant un court instant, il se crut mort, puis fou. Ses forces l'abandonnaient, et son corps refusait tout bonnement de bouger. La réalité s'éloignait de lui. Cette catin se cachait derrière le mur de fumée pour tourmenter et humilier d'avantage son esprit fragile. Et ça le mettait en colère.
Un clignement d'oeil plus tard, Gareth comprit.
Il n'y avait plus de fumée. Et plus d'adversaire non plus. Son gantelet gauche serrait un agglomérat de sangs et d'os brisés, au-dessus de ce qui avait un jour été un triste fanatique de l'ordre du crépuscule. Le mercenaire pesta et s'écarta du macchabé tandis qu'un premier curieux débarquait dans son dos.
"-On veux pas d'ça ici, nous !"
Gareth raffermit sa prise sur Sanglot, bien malgré lui, tandis que sa main libre se transformait en poing.
"-Ce n'est pas le moment." Gronda-t-il. Un hurlement de douleur venant de l'intérieur de la baraque vint appuyer ses dires dans un merveilleux à-propos. L'orque s'amusait bien, apparemment. Aeléa débarqua dans le dos de l'importun en le gratifiant d'un regard mécontent. Par bonheur, aucun autre mot ne sortit de sa bouche et il se contenta de partir en courant chercher les gardes.
"-Qu'est-ce que vous avez fait..."
La prêtresse enjamba les restes de la victime du mercenaire sans même s'arrêter pour vérifier son état pour se diriger vers les autres corps. A l'intérieur, les cris avaient cessés.
"-Oh, par l'enfer." Pesta la femme d'église en détaillant les jambes brisées d'un pauvre type. "Celui-ci est encore en vie.
-Ce sera le seul." Lui répondit Gareth, la mine renfrognée, en voyant l'orque sortir de la baraque, couvert de sang. "Félicitations Dumbark, c'est une sacrée prise. Bien meilleure que ce que Kiril à l'habitude de nous ramener.[/color]"
Il vit la prêtresse se raidir à l'entente de ses félicitations, et cela suffit à le faire sourire. Foutu cul-béni. Elle entreprit ensuite de murmurer quelques miracles de soins pour arrêter les potentielles hémorragies du potentiel prisonnier. Le résultat se révéla peu concluant et Aeléa pesta en remarquant qu'une partie des os du genou gauche étaient planté dans la cuisse droite.
"-Il a des trous partout...Impossible de concentrer ma magie dans cette boucherie.
-Mieux vaut une grosse plaie que plein de petites, c'est ça?
-Ouai, sans ça, j'arriverais jamais à arrêter les hémorr..."
La lame de Gareth s'abattit sur les jambes brisées sous les rires de l'orque. Puis le mercenaire arracha les lambeaux de chairs restants d'un coup sec, sans se soucier des giclées de sang. Il jeta les pièces détachées un peu plus loin, dans son dos. L'autre, qui avait été réveillé par la douleur, gueulait à n'en plus finir.
"-Barbare.
-On a pas vraiment le temps, là."
Nouveaux murmures. Le miracle de soin, désormais plus concentré, commença à former un bouchon de chair tuméfiée au niveau des moignons. Gareth retroussa les lèvres, incapable de quitter des yeux ce fondu de peau terriblement peu naturel. Ils restèrent ainsi, sans bouger, pendant quatre longues minutes, puis le bruit du métal frottant le métal se fit entendre et une troupe de gardes en armures complètes débarqua dans la rue.
"-Jetez vos armes !"
Le mercenaire ferma les yeux en pestant intérieurement.
"-Du calme." Fit-il, autant pour lui que pour les autres.
Les gardes s'approchèrent, l'air menaçant, en braquant hallebardes et lances dans leurs directions.
"-Nous sommes dans nos droits, j'ai moi-même signé un contrat en présence du bourgmestre me permettant de prendre toutes les mesures nécessaires pour traquer les membres de l'ordre."
Ce n'était pas exactement le cas, mais autant broder un peu dans ce genre de situation. On allait pas lever le maire de si bon matin, de toute façon. Parmi les gardes, on échangeait des regards interloqués et des mines blasés. L'un des plus téméraires osa tenter de le contredire :
"-J'savais pas que le quartier général de ces fieffés bâtards se trouvait chez Retton !"
Certains hochèrent la tête et recommencèrent à avancer, convaincus par l'argument. Gareth soupira avant d'ajouter :
"-Hector Retton collaborait avec l'ordre en leur fournissant des ressources, c'est la raison pour laquelle nous sommes ici. Vous pouvez vérifier sur les corps, je suis sûr qu'ils ont tous une broche."
L'un des gardes se baissa pour fouiller dans les restes de la victime du mercenaire. Après quelques instants de flottement, sa main ressorti des entrailles sanglantes avec une broche hérissée de pique. Cela suffit. Les justiciers baissèrent leurs armes en soupirant de soulagement. Personne n'avait envie d'affronter une prêtresse, un champion de l'arène et un mercenaire en fin de soirée, personne.
"-Ah, pardonnez-nous dans ce cas. On sait pas trop comment ça marche, les contrats de ce genre, nous..."
Gareth hocha la tête d'un air entendu et s'approcha pour s'entretenir avec celui qui avait l'air d'être le plus gradé. Ledit gradé lui donna volontiers le droit de garder le prisonnier, à condition que "votre bande le cuisine loin de chez nous" puis expliqua par la même occasion qu'ils leur laissaient jusqu'au lever du soleil pour inspecter ce qu'il y avait à inspecter, après quoi des nettoyeurs seraient envoyés dans l'épicerie, qui allait avoir besoin d'un nouveau propriétaire. Un subordonné plus courageux que ses semblables décida d'intervenir pour expliquer, en toute honnêteté, que des plaintes allaient évidemment filtrées et Gareth l'entendit en affichant une mine compréhensive, se retenant de préciser que ça ne le concernait pas, et, qu'à vrai dire, ça lui faisait une belle jambe.
"-Gareth."
L'intéressé se retourna à l'entente de son nom. La prêtresse l'attendait, debout, les bras croisés, tandis que l'orque ramassait ce qui restait de leur prisonnier. D'un mouvement de tête entendu, il lui fit signe de dire ce qu'elle avait à dire.
"-Mon miracle d'apaisement ne durera pas éternellement."
Gareth haussa les épaules.
"-Qu'importe, je me fous qu'il souffre, au contraire même.
-Alors...Qu'est-ce qu'on en fait?
-On l'emmène chez moi." Grinça Kiril en bousculant les gardes qui se mettaient sur son chemin.

La planque de Kiril lui ressemblait bien. Ravagée par le temps, sinistre et petite. Plongée dans les ténèbres. C'était une vieille cabane de bois, plantée en plein milieu d'une forêt de pins constamment humide, à quelques kilomètres de la ville. Les anciens occupants de la baraque l'avait abandonnée depuis des lustres, comme en témoignait l'état pitoyable du toit, les innombrables toiles d'araignées et l'épaisse couche de poussière recouvrant la quasi-totalité de l'intérieur. Kiril dormait dans la petite cave à vin creusée en-dessous de la cabane, accessible via une petite trappe dissimulée sous le lit infesté de puces trônant dans la plus grande des deux pièces intérieures. Ladite cave ne ressemblait pas à grand chose, puait l'humidité et la moisissure, mais disposait d'une qualité indéniable :
Aucun son n'en sortait.
"-L'Ombre protège et Le Squelette rit, l'Ombre protège et Le Squelette rit. L'ombre protège et Le...
-Ta gueule."
Kiril accompagna son ordre par une petite claque, puis vérifia une dernière fois la solidité des liens du prisonnier. Pour l'occasion, il avait remonté la paillasse lui servant de lit ainsi que les quelques caisses de bouteilles de vins abandonnées ici. Seul subsistait une chaise, posée en plein milieu de la cave, sur laquelle était attaché un fanatique de l'ordre particulièrement bruyant.
"-Ca m'étonnerait qu'il crache quoique ce soit." Grinça Aeléa, debout devant l'échelle menant dans la pièce principale.
A ces mots Kiril pouffa.
"-Tu sous-estime l'expérience des capes blanches dans le domaine, ma chère."
L'intéressée se décala pour laisser descendre Gareth, qui sauta depuis le rez-de-chaussée sans employer l'échelle. Son atterrissage projeta un flot de poussière dans toutes les directions.
"-Des nouvelles?
-Notre chère amie de l'église de Solstice s'inquiète de me voir échouer." Répéta le maître des lieux en posant deux clous et un petit marteau à droite de la chaise. Constatant que son prisonnier l'observait, l'ancienne cape blanche afficha un large sourire et lui tapa amicalement sur son nez brisé.
"-Pour tes yeux, les clous.
-L'Ombre protège et Le Squelette..."
Kiril leva les yeux au ciel tandis que Gareth venait prendre sa place, face au prisonnier. Le marche-abysse s'agenouilla face à ce dernier et le força à le regarder dans les yeux. Il n'était pas vieux. Dix-huit, peut-être vingt ans. Un gosse. Un tueur, mais un gosse. Son regard empestait la dévotion et la peur.
"-Petit. Petit? On est pas obligé d'en arriver là, tu sais. Tu es une jeune recrue assombrie. Pas un fossoyeur, ni un corrompu. Tu ne tiendras pas longtemps une fois que Kiril aura commencé... Tout ce que tu dois faire c'es...
-...L'Ombre protège et Le Squelette rit !"
Gareth baissa la tête, l'air abattu, puis se releva en prenant appui sur ses genoux endoloris. Ils avaient dû marcher, beaucoup. Et de nuit, pour amener cet imbécile ici. En se retournant, le marche-abysse remarqua que Kiril jubilait en jouant avec un couperet à viande à la lame intentionnellement émoussée et, pendant un court instant, l'idée de découper le corps rachitique de ce tordu vint lui titiller l'esprit.
"-Tu prends beaucoup trop de plaisir là-dedans, cape blanche." Dit-il finalement en retournant près de l'échelle. Aeléa le précéda et commença à remonter, visiblement peu à l'aise.
"-Que voilà un jugement bien sévère de la part d'un homme qui à tuer trois fois en deux jours." Grinça le tortionnaire sans réussir à dissimuler totalement sa joie malsaine. Gareth ignora ses récriminations en entamant à son tour son ascension. A mi-chemin cependant, il s'arrêta.
"-Combien de temps, à ton avis?
-C'est une chiure. Deux, peut-être trois heures. Quatre si il est vraiment dévoué. J'aurais besoin d'Aeléa à la fin de la première heure."
Le Marche-Abysse hocha la tête, puis remonta.
En haut, on pouvait entendre Tarik et Tarvitz ricaner, assit dans l'herbe, à l'extérieur. Ils avaient rejoint le groupe peu de temps après Kiril et s'étaient immédiatement emparés d'une des bouteilles de vins de la cave, pour goutter. Maintenant, ils divaguaient en riant bêtement, à moitié ivre et à moitié mort de fatigue. Aeléa l'attendait juste à l'entrée, l'air nerveuse et le regard fuyant.
"-Tout va bien?" Manda Gareth en lui passant devant pour sortir prendre l'air. Elle le suivit en hochant la tête.
"-Oui oui. C'était quoi, cette histoire d'assombris et de fossoyeurs?"
Le chevalier entama son explication sans quitter du regard les silhouettes assises dans l'herbe.
"-Ce sont les soldats d'élites de l'ordre, si tu veux, ceux qui ont réussi à attirer le regard de leurs chefs cruels. Les corrompus suivent l'Ombre et les Fossoyeurs suivent Le Squelette. C'est toute une organisation...Hé les gars !
-Ouai?" Gueula Tarik sans cesser de rire.
"-Où est Dumbark?
-Parti pisser j'crois." Répondit l'autre frère. "Ou alors 'l'est retourné à la ville pour dormir, sais pas. Qu'est-ce qu'il en dit, le cinglé?
-Quatre heures, au grand max.
-Putain. Va nous falloir une autre bouteille.
-Nan, c'était la dernière pour ce soir, je vous veux un minimum alerte, messieurs."
Des murmures de désapprobation se firent aussitôt entendre, mais Gareth fit mine de ne pas les entendre en se contentant d'aller s'asseoir contre un tronc d'arbre, pour fermer les yeux quelques minutes.

hrp:
 
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Dumbark Sang-Noir

Le Briseur

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Fiche de Personnage : Qui est le Briseur ?


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Jeu 2 Juin 2016 - 6:43

-Oyez belles dames et grands seigneurs
Oyez, les badauds et les palefreniers
Écoutez, marchands, paysans, enchanteurs,
Laissez vous conter Phineas du Charnier !

De longs cheveux blonds, grand et large d'épaule
C'était le plus beau de toutes la contrée
Un œil brillant, un discours vif et drôle
C'était l'esprit d'un dieu, au sein d'un corps parfait !

Ô, mes seigneurs écoutez donc chanter !
La folie qui prend ceux qui vont guerroyer !
Ô, mes belles dames, écoutez donc chanter !
La folie qui prit Phineas du Charnier !

De nombreuses femmes lui furent présentées
Riches à millions, plus belles que le jour
Des filles de chef, des princesses enchantées
Mais Phineas ne choisit que par amour

Celle qu'il élut n'était pas la plus belle
Ni la plus puissante, ni même la plus riche...

Je m'interromps alors que je cherche la rime d'après. Foutraque, j'entends cette chanson dix fois par jour dans la troupe et je suis toujours infoutu de me rappeler du quart. J'ai l'idée générale : il choisit une pucelle pouilleuse parce qu'elle est gentille et pure et tout le bordel, mais pour savoir comment ça rentre dans la chanson, c'est merde. Tant pis. J'ajuste sur mon épaule la carcasse de la bête que je trimballe. Je m'étais éloigné pour pisser un coup, et j'ai réussis par hasard à distinguer un daim à la lueur de la lune, quelques centaines de mètres plus loin.  Ça m'a pas pris deux ans pour ranger ce qui dépassait et lui faire sa fête d'un bon lancer de hache. Je sais pas s'il y a beaucoup de monde qui peut chasser à la hache de jet, mais Dumbark Sang-Noir en est capable en tout cas, et ça me fera un peu de viande pour passer la nuit. Je m'en retourne vers la cabane branlante que Kiril décrit comme chez lui, en essayant de pas me perdre dans la pénombre de la forêt. Trou à merde, ce coin, pile dans le style de Sale-Gueule, c'est pas un peu de ma pisse qui risquerait de pourrir le paysage. J'aurais dû revenir à l'auberge, plutôt que me faire les deux heures de marche avec notre nouveau copain cul-de-jatte sur le dos pour débarquer ici. Je repense au bordel avec les gardes devant l'épicerie. C'est un plaisir d'avoir un patron comme ça, capable de désamorcer un truc qui aurait bien pu devenir emmerdant. La dernière fois que je me suis essayé à la chasse à la prime, j'ai fini par faire dix jours de cachot avant que la situation soit clarifiée, parce que les gardes m'ont vu débarquer avec un cadavre, et quand ils m'ont demandé des explications, tout ce que j'ai trouvé à répondre c'est "je tue qui je veux". Ouais, c'est pas vraiment du génie. Du coup, niveau diplomatie, je suis bien content que Gareth soit là pour régler le bordel. Et après tout ça, la longue route de nuit, avec les deux frères qui arrêtaient pas de poser des questions sur ce qui venait de se passer, Sale-Gueule qui ricanait, et Aeléa qui était bien obligée de rester à mes côtés, pour soigner le blessé, même si elle avait l'air de vouloir me marquer au fer rouge. Ambiance de folie. Heureusement que j'ai récupéré un petit tonnelet de bière chez Retton avant de partir, sous prétexte de recherche d'indices. Y a pas de honte, j'ai mérité. Kiril et Aeléa peuvent faire la gueule tant qu'ils veulent : qui a fait le boulot, hein ? C'est Dumbark ! Toutes les infos qu'on récupérera, ce sera ni la prêtresse, ni Sale-Gueule qui auront fait le plus dur. Tout ce qu'on leur demande, c'est que le premier ouvre les entrailles, et la deuxième referme, encore et encore, jusqu'à ce que le gamin crache tout ce qu'il sait, et même ce qu'il croyait ne pas savoir. Du coup, de la bière pour l'Orque, et une putain d'envie de pisser.

Je quitte enfin la partie la plus épaisse de la forêt où je m'étais enfoncé pour arriver dans le semblant de clairière où se dresse la chaumière de Kiril. Je crache par terre en voyant apparaître le bousin. Je jette un œil autour de moi pour repérer les membres du groupe. Sale-Gueule est absent, mais il doit être déjà au boulot, dans sa baraque si petite que je n'ai même pas essayé de passer la porte. Gareth est appuyé contre un arbre, endormi apparemment, Aeléa se tient droit comme une pique près de la porte et les deux frères sont assis par terre non loin, autour d'un feu qu'ils viennent apparemment d'allumer et d'une bouteille de vin qui n'aura pas tenu longtemps. Je leur ai caché mon tonnelet de bière durant la marche, et maintenant, de toute façon, il n'y en a plus. Je dépose la carcasse du daim devant eux et entreprend de le dépecer et de le vider, sous leurs encouragements enthousiastes. Du coin de l’œil, je perçois le regard dégoûté de la prêtresse dans ma direction. D'un signe de tête, je joue l'apaisement en l'invitant à venir manger un peu avec nous. Pas de réponse, et elle détourne le regard. Tant pis, je reprends le travail avant de commencer à mettre la viande à rôtir au-dessus du feu.

-Qu'est-ce qu'il lui arrive à la comtesse de chatte-close ? C'est un orque qui lui a fait un crâne en peau de genou ? que je demande doucement aux deux frères.

Ils éclatent de rire au nouveau surnom que je viens de donner à la prêtresse, et il leur faut de longues minutes à se remettre, pendant lesquelles leur hilarité ne fait que renforcer la colère de la gamine, qui perçoit bien qu'on se fout de sa gueule. C'est pas le mieux pour l'ambiance de l'équipe, mais qu'est-ce que j'y peux si je partage le même humour que les soldats de base.

-Je crois... Ouais, elle a un problème avec les orques, réussit finalement à articuler Tarik.
-Ouais, je m'en doutais. Je vivrais avec, c'est pas la première.
-Tu parles, je suis sur qu'elle a qu'une envie, c'est de te lustrer le marteau ! éclate Tarvitz, déclenchant à nouveau l'hilarité fraternelle.



On a déjà englouti quelques morceaux de viande cuits à la broche sur une épée quand la tronche de cauchemar de Kiril surgit vivement par la porte, appelant Aeléa, qui le suit à l'intérieur.

-Eh bien voila, ricane un des frères, elle a choisi la Cape Blanche.
-Sérieusement, qu'est-ce qu'il lui veut ? interroge le second.
-Il a du trop pourrir le gamin, faut qu'elle aille le raccommoder avant qu'il reprenne le boulot, que je dis, on ne peut plus gravement.

Ça jette un froid, alors que les deux crétins imaginent une seconde ce qui doit se passer là-dedans. Pas mon truc, la torture. Oui, bien sur, je ne nie pas que j'aime bien faire mal à ceux qui m'emmerdent. Genre, vraiment mal. Et tuer, parfois. Sans compter qu'il en faut vraiment peu pour m'emmerder. J'ai un jour brisé les jambes d'un homme qui avait eu le malheur d'être le seul type près de moi alors que j'étais de mauvaise humeur. Mais faire souffrir quelqu'un dans l'idée de faire le plus mal possible, et de le faire durer le plus longtemps possible, j'en serais incapable. Mais bon, j'ai le sentiment que quelques mandales suffiront pas à faire parler le gosse, et qu'il lui faudra le calibre supérieur. Alors tant qu'on me demande pas de le faire...
Finalement la gamine ressort et se dirige directement vers notre petit feu de camp où elle s'assoit entre les deux frères en silence et se sert directement quelques morceaux de viande qu'elle mange comme un animal blessé. Elle est pâle comme un linge avec les yeux dans le vague.

-Eh bien, je croyais qu'à l'Inquisition vous en torturiez des centaines, des comme ça ! s'exclame Tarvitz en remarquant son air.
-On ne torture pas. On punit. Et pas comme ça. Et pas des gosses, non plus, dit-elle, en courtes phrases hachées.
-Ah ben, c'est la guerre, ça. Le plus jeune que j'ai tué, il avait que treize ans, renchérit Tarik, 'tenait son épée comme un manche.
-Un héros ! rigole son frère. Tarik le grand ! Le tueur d'enfant qui tiennent leurs épées comme des manches ! Et toi, Le Briseur ? Ton plus jeune ?

Je finis tranquillement de mâcher le morceau de viande saignante que j'ai dans la bouche, en réfléchissant à la question. C'est que j'ai tué un sacré paquet de gens, quand même. Oh, mais oui, je sais.

-Sept, que je dis tranquillement.

Le silence se fait aussitôt, alors que les deux frères me regardent avec des yeux interloqués, et que la prêtresse essaye de me transpercer de son regard haineux. Et maintenant, la chute du truc.

-Sept, répète-je. Mais c'était un Ogre. Déjà plus grand que moi, et en âge de se reproduire.
-Ah ! Ben ouais, forcément ! Vieillissent pas comme nous, ces gars là, confirme Tarik, soudain devenu spécialiste en Ogres.

La prêtresse de cul-serré semble se calmer un peu quand elle comprend que je mange pas vraiment d'enfant pour le petit-déjeuner, et on peut même profiter de notre repas nocturne pendant un bon moment, avant que Gareth nous rejoigne une ou deux heures plus tard pour profiter un peu du gueuleton et de la compagnie.

Finalement, la porte de la mansarde s'ouvre alors que l'aube approche doucement. Même dans la pénombre ambiante, je peux voir que la chose immonde, qui oscille entre cris épuisés et sanglots, aux côtés de Kiril, n'a plus rien d'humain. Faut dire que cette ordure ne fait rien pour nous le cacher. Il fait l'effort de venir l'amener à nos pieds, malgré le poids, juste à quelques pieds du feu, en le transportant comme un nourrisson de cauchemar. Il est couvert de sang, les bras partiellement dépecés, et son visage n'a plus rien de reconnaissable, maintenant privé de nez, d'yeux, de lèvres, de dents... Tout ce qui faisait de lui un humain a disparu. Je sens la rage monter en moi dans un frisson à ce spectacle, mais je ne sais pas qui j'ai le plus envie de tuer, de la forme sanglante et tremblante ou de son bourreau. Gareth se lève et va échanger quelques mots rapides à voix basse avec Sale-Gueule, il a vraiment l'air d'être en rogne par la souris morte que lui a rapporté son chat à cape blanche. Les deux frères s'éloignent vivement, partis pour vomir tout ce qu'ils ont bu et mangé depuis avant-hier, et la prêtresse se contente de détourner le regard d'un air répugné. Quand le chevalier-mercenaire a fini d'engueuler Kiril à mi-voix, celui-ci se tourne vers moi, sans se départir de son sourire de connard.

-Notre bon ami "Agoth", selon ses dires, a fini par se montrer très loquace, grince-t-il. Nous avons maintenant une bonne idée de la route à emprunter dans le dernier goulet, de la situation de nos ennemis, et même de la position de quelques bestioles plutôt agressives des grottes. Rien de très précis, vu d'ici, mais tout cela sera précieux une fois en route. Tout est noté et consigné, et je ne crois pas qu'on pourra tirer grand chose de plus. Alors je lui ai promis la vie sauve, que notre prêtresse bien aimée le sauverait, je lui ai même dit qu'il aurait de nouveau des bras, des jambes et des yeux ! Bien sûr, j'ai menti, poursuit-il après une petite pause, déclenchant de nouveaux pleurs et cris de pitié de la part de la chose à nos pieds. Notre ami gladiateur se fera un plaisir de finir le travail.

Et sur ce, il laisse la chose devant moi et s'éloigne de quelque pas, comme on présente un plat de roi à l'auberge. Sang-de-foutre de connard de merde. J'aimerais retrouver la putain qui t'a enfanté et la tuer pour ce qu'elle a lâché sur le monde. C'est pas une insulte, c'est un plaisir que tu me fais. Achever un gamin réduit à cet état là, c'est plus charitable que tout ce que j'ai fait depuis des mois. Je sors mon marteau et me prépare à frapper. Ça reste difficile. Je suis un guerrier, merde, pas un bourreau. Rien de sympathique dans cette exécution là, en tout cas.
-Tu as une dernière prière, gamin ? que je demande.
-L'Ombre protège et le Squelette rit, l'Ombre protège et le Squelette... parvient-il encore à articuler.
-Une vraie prière, putain ! Tu n'as pas un vrai dieu ?
-L'Ombre protège et le Squelette rit...
Putain de taré. Ça m'enlève un peu de scrupule. Et de qui je me moque, en plus ? J'ai mis le feu à ce type à l'arène y a même pas trois jours, et je lui avais déjà crevé les yeux et arraché la langue.
-Le Fléau a fait se croiser nos routes dans cette vie, que je récite. Puisse-t-il t'épargner dans la prochaine.
Pas que je sois un fanatiques, mais tout le monde mérite au moins une dernière prière. Sans tergiverser plus longtemps je lui brise le crâne d'un revers de marteau. L'os explose en dizaines de fragments dans un craquement monstrueux, et le plaisir qu'y prend Kiril ne fait qu'accentuer la colère en moi, qui refuse de se satisfaire d'une mort pareille.
Au moins le boulot est fait. Plus qu'à rejoindre le goulet et buter tout ce qui reste. Et en chemin je répandrais le sang de Sale-Gueule, dussé-je mourir pour ça.


Dernière édition par Dumbark Sang-Noir le Mer 15 Juin 2016 - 2:59, édité 1 fois
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Gareth Valmort

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Fiche de Personnage : L'histoire d'une enfance brisée.


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Sam 4 Juin 2016 - 20:58

C'était lors de ce genre de moment que Gareth regrettait de ne pas avoir eu plus de chance, de ne pas avoir prit suffisamment de bonnes décisions, au cours de sa vie. Si il n'avait pas grandit au milieu des tueurs, si il n'avait pas survécu, dans sa jeunesse, grâce aux pillages de ses nombreuses bandes. Si ses premiers pas en dehors de chez lui l'avaient menés autre part que dans une cage d'esclave. Alors le Marche-Abysse aurait pu devenir quelqu'un que même son propre esprit rechignerait à critiquer. Quelqu'un de vertueux, avec un vrai sens moral, connus grâce à son éternelle justesse dans ses actions. Pas un mercenaire assassin, uniquement connu parmi ses pairs, grâce à sa brutalité.
Si il avait été vertueux, avec un vrai sens moral... Alors Gareth aurait été parfaitement en droit de juger et tuer ce misérable sadique répondant au nom de Kiril.
"-Bien. Changement de plan. On ne part pas demain, mais ce soir. Inutile d'attendre que l'Ordre change ses plans, maintenant qu'il sait qu'on a engagé quelqu'un pour le chasser de ces terres. On se retrouve à l'extérieur, devant les portes Nord de la ville, au coucher du soleil. Reposez-vous, tous." Cracha-t-il d'un ton neutre, dissimulant efficacement son propre dégoût face au corps mutilé, aux pieds de l'Orque.
Les dernières actions de Dumbark avaient définitivement scellé le ressenti du mercenaire à son sujet : Gareth le respectait. L'appréciait même. Principalement parce que, d'une certaine manière, la façon de faire du peau-verte lui rappelait la sienne. Il faisait partie des amoureux du combat, du danger. De ces francs-tueurs, qui ne se sentaient à l'aise qu'une fois en pleine bataille. Et, surtout, les charcuteries orchestrées par des sadiques du genre de Kiril ne lui procurait nulle satisfaction.
Un bagarreur, certes. Un tueur, sans le moindre doute. Mais pas un tortionnaire minutieux. C'était ça, pour les Lames Errantes, la définition d'un guerrier honorable. Cela devenait tellement rare, par les temps qui courent.
Ils se séparèrent lentement, les plus sensibles encore étourdis par la boucherie précédemment achevée. Au bout d'une trentaine de minutes, seul Kiril et Gareth se tenait près du corps.
"-Qu'est-ce qu'on en fait?" Manda l'ancienne cape blanche, de son habituelle voix nasillarde.
"-Tu peux bien le bouffer, pour ce que j'en ai à faire."
Court silence. Le tortionnaire pouffa.
"-Je t'aurais pensé moins émotif, grand mercenaire." Grinça-t-il en se baissant pour ramasser les restes. "Je l'abandonnerais sur le chemin. En laissant sa broche bien en évidence. Personne ne fera d'enquête pour un membre de l'ordre."
Gareth hocha la tête, l'air peu intéressé, puis s'éloigna d'un pas lourd sans rien ajouter. Kiril était déjà rentré chez lui lorsque le mercenaire quitta finalement la clairière.
L'ombre protège et le squelette rit. Le mercenaire écrasa sous son pied botté un amas de ronce se dressant devant lui. Qu'est-ce qui arrivait à ce monde pour que même les petits truands sans importance se mettent à emprunter, de leur plein gré, le chemin de la corruption et de la cruauté. 15 ans auparavant, lorsque sa propre personne attendait, embusquer dans les fourrés, qu'une charrette commette l'erreur de passée par cette route-ci, l'ordre du crépuscule n'existait même pas. Si on agressait, on tuait, on volait, violait et pillait... C'était pour son profit personnel ou celui de la bande. C'était de la survie. Beaucoup y prenaient goûts, bien sûr, mais même ceux-là restaient des enfants de chœurs comparés aux fanatiques de maintenant. Les membres de l'Ordre cultivait la gloire de la cruauté. Dans les villages des Grandes Montagnes, hommes femmes et enfants voyaient leurs souvenirs emplis d'images et d'histoires terrifiantes mentionnant presque toujours la souillure de l'Ombre, présente dans la chair comme dans l'acier. Sur les plateaux de Lunes, on disait que Le chétif Squelette ne sortait de son antre que pour récupérer des sujets pour ses expériences. Des sujets vivants. On mentionnait des créatures mortes-vivantes indescriptibles, mélanges ratés d'hommes et de bêtes. Animés uniquement par la soif de sang que leur grand maître transmettait à tout ses sujets. A son époque, dans sa bande, le simple fait de mentionner qu'un employeur quelconque savait jeter la moindre boule de feu suffisait à les rendre tous méfiants.
Maintenant dès qu'un petit truand se mettait à désirer quelque chose, il embrassait la cause d'une créature faite d'Ombre et d'un nécromancien, la plus détestable de toutes les variantes de mages existants.
Qu'est-ce qui se passait, par le diable, sur ces terres? Qu'est-ce qui avait changé? N'était-ce qu'une impression? Ou les prémices d'une dégénérescence plus grande encore? Gareth se remémora l'une de ses premières rencontres avec l'ordre. Lorsque lui et Mila avaient arpentés un village silencieux, tout les habitants ayant été massacrés de la plus sinistre manière. Les corps empalés sur l'église, la nonne sur l'autel, le nourrisson qu'on avait étranglé avec son propre cordon ombilicale après l'avoir retiré du ventre de sa mère à coups de couteaux. Ses images resteraient gravés dans son crâne jusqu'à sa mort. Jamais il n'avait vu la preuve d'une telle volonté de destruction. Un tel abandon d'humanité. Jamais.
Et pourtant il avait combattus sur des dizaines, peut-être même, des centaines, de champs de batailles.
C'était aux royaumes que Feleth devait ce déchainement de violence. Au défunt roi Hendenmark et à ses chiens de capes blanches. Et aux mesquins rebelles. Leurs innombrables et injustes massacres avaient dévorés le cœur d'une génération entière. Et cette génération en avait engendré une autre, au cœur tellement noir que personne n'oserait jamais le goûter, lui.
Et maintenant que la rébellion s'était changée en état, la petite et la grande criminalité s'étaient alliées pour se transformer en cauchemar.
Que le diable emporte les pourritures comme Kiril.
Sanglot pulsait dans son dos, incapable de rester de marbre face au flot de sentiments torturant l'esprit de son porteur et Gareth la tira de son "fourreau" pour l'observer d'un œil mauvais. Elle mangeait sa colère. Puis la recrachait sous une forme plus vive et tranchante, qui lui faisait serrer les dents et perdre l'esprit, semblait-il. Folie. Quelle folie d'avoir garder cet instrument de malheur avec lui. Le mercenaire gronda pendant que, durant un instant, les images du gamin torturé par Kiril se mélangeait au massacre de l'église et aux champs de batailles dominés par les lames errantes. Jamais ses souvenirs ne lui avaient paru aussi abjectes. La piétaille qui dérape dans les tripes des chevaux de la cavalerie. Les rochers des catapultes s'écrasant puis roulant dans la boue sanglante pour transformer en pulpe les malchanceux. Bataille. Immonde maladie. Massacre. Exécution. Viol. Meurtre. Torture. Et, au milieu de tout ça, un souvenir plus douloureux que tout les autres encore. Une femme aux cheveux blonds, au regard infiniment triste, son visage d'ange couvert de larmes.
Il empoigna à deux mains son épée pour projeter sa lame sur le tronc de l'arbre le plus proche. Un sapin, plutôt vieux, plus épais que Gareth et son armure. Un unique coup suffit pour l'abattre. Le végétal s'effondra de toute sa longueur dans un concert de craquement qui raisonnèrent dans la tête du mercenaire. Il tomba à genoux, balaya la zone du regard, incapable de reconnaître cette portion de forêt et se mit à hurler à plein poumons.

Douleur. Silence. Les heures passent.

Assit dans l'herbe, Gareth attendait. Le soleil se couchait. Les autres ne tarderaient pas maintenant. Dans son esprit s'entortillaient des bribes d'infos, cueillit ici et là, indiquant la meilleure entrée, l'endroit le plus sûr, la température glaciale régnant supposément dans la zone la plus basse du dernier goulet. Tout ceci se confirmerait bientôt. Oui, bientôt. Dès qu'ils seraient tous rassemblés, ils partiraient silencieusement dans le noir, guidés par le sinistre Kiril, pour rejoindre le Dernier Goulet, à trois kilomètres plus au Nord. Enfin. Quelle interminable attente ça avait été. Quelle libération ce serait une fois la prime empochée.
Plus qu'une question de minutes maintenant. Oui.
Le Marche-Abysse mit fin à ses râles intérieurs pour se lever et saluer le premier arrivant, le sourire aux lèvres.
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Dumbark Sang-Noir

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Fiche de Personnage : Qui est le Briseur ?


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Dim 5 Juin 2016 - 6:15

Je mentirais si je disais que l'image du gosse torturé m'a empêché de dormir. C'est pas pour autant que j'ai eu une bonne nuit de sommeil. De retour à l'auberge en fin de matinée, j'ai pas pu me reposer beaucoup avant de devoir me préparer pour l'excursion. Rien de particulier : j'ai dû rassembler de quoi survivre un ou deux jours en cas de problèmes sur place, et surtout des vêtements chauds pour s'enfoncer dans les profondeurs de la terre. Puis direction l'arène où je suis allé prévenir Bischoff que je serais absent quelques temps, et pour fixer un rendez-vous ultérieur si eux ou moi avaient à quitter la ville précipitamment avant qu'on se retrouve. Finalement, rejoindre l'auberge en attendant que le coucher du soleil s'annonce et le départ. J'y retrouve une partie du groupe, les deux frères et Aeléa, attablés silencieusement autour d'un repas.
-Alors, tout le monde est prêt ? que je demande en m'asseyant à leurs côtés.
Mon ton enjoué ne suffit pas à les dérider, et je les comprends, c'était pas non plus la meilleure nuit de ma vie. Et à voir le regard qu'elle me lance, je suis à peu près convaincu que la prêtresse me considère en plus comme personnellement responsable pour tout ce qui s'est passé. Alors le reste du repas se passe en silence, alors que je me commande quelque chose à manger à mon tour. J'ai pas non plus vraiment le cœur à faire la conversation, j'ai mon propre monologue interne. Ça fait longtemps que j'avais pas ressenti ça, à part dans mes pires nuits à l'arène, mais c'est peut-être le moment pour moi de faire une petite prière au Dieu de la Guerre et au Fléau. Ça a dû un peu me retourner de finir le gamin cette nuit, mais c'est aussi une habitude que j'avais prise à l'époque où je faisais du mercenariat, et que chaque journée pouvait être la dernière. A l'arène, on peut se préparer, c'est ordonné, calme, propre, malgré tout ce qu'on pense. Rien à voir avec la guerre, la vrai, qui te laisse peu de chance de te rappeler à l'oreille des dieux avant d'aller les rejoindre. Alors je me ferme un peu aux bruits environnants, et aux gueules d'enterrement de mes compagnons, et je retombe dans mes anciennes habitudes.

Dieu de la Guerre. Toi qui m'a modelé, physiquement et mentalement, toi qui a fait de moi ce que je suis aujourd'hui, toi qui m'as toujours soutenu dans les victoires et puni dans mes erreurs. Fais que la victoire soit toujours mienne, que mes blessures deviennent des marques d'honneur, que mon arme soit toujours aiguisée, que mon sang ne coule que pour la gloire. Fais de moi ton champion, Dieu de la Guerre, et je respecterai ton nom, ton champ de bataille, et l'arme de mon ennemi. A la mort et à la gloire. A la mort et à la gloire.

Fléau. J'ai erré sur les routes du monde, et les chemins du désordre m'ont conduit où je suis. Nul n'a dirigé mes pas. Seule ma volonté et mes choix, seuls le vent et la poussière, seuls le chaos et la chance. J'ai traversé ma vie et tu en as choisi le cours, tu ne m'as pas jugé pour mes fautes mais tu m'as laissé voir la joie dans le malheur. Tu m'as offert le chaos face à l'ennui, et la liberté face au chaos. Je pars aujourd'hui pour l'inconnu, ton royaume. Protège moi une fois encore, et j'explorerai sous ton égide le territoire de l'absurde et les chemins du désordre, et, à ton image, j'offrirai au monde le chaos face à la l'ennui, la liberté face au chaos.

J'ouvre les yeux pour découvrir les regards légèrement interloqués de mes trois compagnons de tables, et je réalise que j'ai dû inconsciemment parler à mi-voix et que ça a pu les surprendre un peu. Tarik et Tarvitz détournent rapidement le regard mais Aeléa reste accrochée, et, pour une fois, je la croirais plus curieuse que haineuse à mon égard. Eh oui, gamine, les orques aussi prient. Et si le Solstice n'était pas si cruel, peut-être que c'est lui que je prierais. Mais comme je ne suis qu'un orque et qu'un gladiateur, je ne prie que les dieux des guerriers et ceux des parias, pas ceux qui élèvent tant de règles qu'on ne peut plus prétendre s'y conformer si on a la peau verte ou le malheur de croire un peu en la liberté. Le Solstice, c'est le dieu de Madorass, et il doit pas vraiment m'adorer.
-On savait pas que les Orques priaient les même dieux que nous, finit par dire Tarik, hésitant.
-Si, moi je savais, l'interrompt son frère.
-Ta gueule, tu dis ça pour paraître malin, reprend le premier.
-Non, je le savais ! se défend Tarvitz. En plus, je t'ai entendu dire une prière pour le gosse tout à l'heure. Même que j'ai pensé que c'était bien pour le gosse.
Le silence retombe alors que tout le monde repense à la chose sans lèvres de l'Ordre du Crépuscule.
-Ouais. Ben voila. Je prie, que je reprend. Vous pouvez faire pareil, si vous voulez, et vous devriez, peut-être. Je doute qu'on s'amuse là-bas.

On est resté un moment comme ça, tout les cinq, à se recueillir, à se réconcilier avec nous-même, au milieu de l'agitation de la fin de l'après-midi à la taverne. Au bout d'un moment les deux frères ont entrepris de jouer aux dés lequel des deux irait chercher leur troupe au sud de la ville avant de nous rejoindre à la porte nord au coucher du soleil. Finalement, alors que la soirée commence, nous quittons l'auberge, Aeléa, Tarvitz et moi, Tarik étant parti plus tôt pour rejoindre ses hommes. Nous remontons tranquillement la rue. Le silence du soldat me le rend plus sympathique, en partie parce que les vrais chieurs n'arrêtent pas de parler quand ils ont peur. Ceux qui se taisent et essayent de faire bonne figure s'avèrent souvent les plus courageux le moment venu. De même, la prêtresse a maintenant fini les nombreuses prières qu'elle a faite à l'auberge, ses lèvres s'agitant silencieusement sans jamais prononcer un mot, et regarde maintenant le monde avec les yeux convaincus de ceux qui se savent protégés par leur dieu. Moi, je ne peux pas vraiment dire être aussi apaisé qu'elle. La voix du berserker qui dirige ma vie se fait entendre au fond de moi. A peine un murmure alors que je priais, plus douce que jamais, elle recommence à gagner en puissance. Chaque pas que je fais vers le dernier goulet me pousse un peu plus vers la rage et l'abandon total à la folie du sang. Ce que je ne ressens ordinairement que quelques secondes avant d'entrer dans l'arène me torture maintenant pour de longues heures avant que je puisse enfin me délester de ce poids superflu qu'on appelle conscience.
Ce n'est ni une surprise ni une bonne nouvelle, mais ce que je vois le plus souvent dans les visions qui m'apparaissent, c'est la mort de Kiril. Ça viendra. Bientôt. Il vit ses dernières heures.

On s'égare un petit peu sur le chemin, et quand on arrive à la sortie de la ville, le soleil est déjà couché depuis quelques minutes. Les gardes ont déjà allumés leurs torches et fermés la porte. En nous voyant arriver, ils se préparent à ouvrir mais le sergent se permet un petit conseil amical en nous indiquant qu'il est peu recommandé de quitter la ville de nuit, surtout dans cette direction où se cacherait des bandits fort dangereux. "Ils savent", fait une voix dans sa troupe, et je reconnais le garde qui avait dû fouiller les restes du type qu'avait tué Gareth la nuit dernière à la recherche de la broche du Crépuscule. Le sergent nous laisse alors passer avec un brin de méfiance, et je me permet de faire un clin d'oeil à celui qui nous connaît déjà. Son air terrifié m'amuse.
-Je te ramènerai des morceaux, gamin, que je lui lance rapidement alors que les portes se referment derrière nous.

Gareth est déjà là, en grande discussion avec Kiril et Tarik, alors que les cinq types les moins bien équipés et les moins qualifiés de l'histoire militaire se tiennent vaguement droits à leurs côtés. Je regarde le petit groupe alors qu'on se rapproche et la voix qui sonne au fond de moi dans un calcul lugubre me semble de plus en plus influencée par la colère. Kiril, ces cinq sang-de-merde, et peut-être Aeléa si elle m'emmerde. Ça laisse moi, le patron, et les deux frères pour la récompense. Plus de mille cinq cent pièces. Et je débarrasse le monde d'une ordure sadique, de cinq brigands en devenir et d'une fanatique prête à tuer. On verra.


Gareth nous a dit que le goulet n'était qu'à trois kilomètres de la porte nord. J'espère que les gardes tiennent le fort correctement, parce que la mort se tenait à seulement une petite demie-heure de marche. Du moins jusqu'à cette nuit. Cette nuit, c'est nous la mort. Le trajet se passe relativement calmement jusqu'à une petite colline rocailleuse à l'est de la route principale, plantée de buissons épineux et d'arbres solitaires. Ici, c'est Kiril qui prend la tête à la recherche d'un sentier caché qu'il avait repéré quelques jours auparavant. Aeléa évoque un autre chemin qui cours sur le flanc sud, jusqu'à une vaste forêt où elle avait repéré une grotte mais Sale-Gueule la reprend.
-Notre invité d'hier m'a parlé d'une entrée secrète dans la Grotte des Larmes, au Nord, souffle-t-il. Elle est bien connue de la population, au point que nul ne s'est jamais douté qu'elle pouvait leur cacher une ouverture dissimulée. La caverne dont tu parles aurait pu nous mener à leur campement, mais nous y aurions rencontré des bêtes de pierre et de terre, petites mais nombreuses, qui nous auraient sûrement submergées.

Nous progressons en silence au milieu des ronces jusqu'à ce que la Grotte des Larmes soit en vue, et je dois constamment faire fermer leur gueule aux soudards de Tarik et Tarvitz qui passent tant de temps à pester et jurer que c'est un miracle si on ne nous a pas déjà entendu depuis l'intérieur de la grotte. Finalement un des deux frères réagit et donne un coup du pommeau de son épée directement dans le nez du premier contrevenant. Notre approche se fait alors plus silencieuse alors que la grotte se révèle à tous. Une large ouverture dans une petite falaise, peu profonde et entièrement visible depuis l'entrée, sans boyaux ni renfoncements, elle tire visiblement son nom du ruissellement constant - mais si faible ! - de milliers de gouttes qui semblent suinter de la paroi qui sert de plafond, au point de former un petit ruisseau au sol qui s'écoule par la suite entre les pierres et les buissons. Kiril s'approche de la paroi ouest et se met à tâter la pierre, puis à la jauger d'un léger coup de la pointe de sa dague. Après quelques minutes de ce petit jeu, il indique à la troupe d'éteindre les torches, et quand son ordre a été exécuté, déplace une large pierre de quelques degrés. Aussitôt, la paroi à ses côtés semble s'effacer, laissant apparaître un petit tunnel bas de plafond et sombre, qui s'ouvre sur une grotte plus large visiblement créée par un ancien éboulement.
Je crache par terre avec un reniflement. Magie. Putain de magie.

-Nous sommes sur le pas de la porte, mes amis, siffle Kiril avec un sourire mauvais. Mais nous sommes loin d'être sortis d'affaire. Ce chemin n'est pas dépourvu de dangers et nous risquons toujours de nous perdre avant même d'avoir rencontré nos ennemis...

Je rentre le premier sans attendre plus longtemps. Son discours m'emmerde, et plus vite je tuerais, mieux ce sera pour tout le monde.
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Gareth Valmort

Le marche-abysse

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Race : Humain
Classe : Lame noire
Métier : Mercenaire
Croyances : Nihiliste
Groupe : Les lames errantes

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Fiche de Personnage : L'histoire d'une enfance brisée.


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Lun 6 Juin 2016 - 21:01

"-J'l'aime bien c't'orque !" Ricana un des cinq imbéciles.
Kiril grinça des dents et Gareth haussa les épaules, l'air peu concerné. La silhouette de Dumbark disparaissait déjà dans les ténèbres lorsque le reste du groupe se décida enfin à suivre son exemple. Le Marche-Abysse fut le premier à rejoindre l'Orque dans la grotte, espadon sur l'épaule, l'ancienne cape blanche sur ses talons.
"-Ce n'était pas à moi de...
-Qu'importe. Ce foutu Goulet à des dizaines d'entrées et s'étend sur d'innombrables kilomètres sous la surface. Tu ne vas quand même pas me dire que ce coin, que tu as choisi, donne pile sur le lieu d'embuscade préféré de l'Ordre dans les grottes?
-Non ce n'est pas ce que je voulais dire, mais un minimum de prudence est de mise, ne penses-tu pas? Ils ont un petit poste de garde au deuxième croisement après tout..." Continua le balafré, sa voix nasillarde dérangeant le tympan du marche-abysse.
Celui-ci hocha la tête, plus ou moins convaincu, puis s'enquit d'arriver au niveau de l'Orque, à la tête du groupe. Derrière, les deux frères et leurs cinq compagnons dégainaient leurs armes en échangeant quelques paroles dépourvues de finesses. Kiril ricana en remarquant qu'Aeléa avait été mélangée à eux, sans doute contre sa volonté. Elle les observait faire, les bras croisés, son habituel air sévère ancré sur le visage. Le cape-blanche adorait la regarder. Ses attitudes de sainte-nitouche l'agaçait au plus haut point. Si bien qu'il se surprenait, de plus en plus souvent, à s'imaginer la mutiler de tant de façons différentes et délicieuses. La condescendance était l'une des premières choses qui volait en éclat, sous la torture. Parce que les saints souffraient de la même manière que les assassins.

"-Vais-je avoir un problème avec toi, Dumbark?"
Gareth l'avait dit sur le ton de la discussion, une fois sûr d'être assez en avant pour que le reste du groupe n'entendent pas. Le couloir de pierre et de glace qui s'étendait face à eux avait au moins le mérite de ne pas poser le moindre problème de choix de route. Il n'offrait qu'une seule et même direction. Qui plus est, la luminosité, bien que discutable, restait bien présente, en grande partie grâce aux champignons luminescents agglutinés sur les parois qui vomissaient de faibles rayons de lumières bleuâtres dans toutes les directions. Rien de naturel, bien entendu. Mais Gareth avait déjà été témoin de ce phénomène. C'était comme ça que les champignons réagissaient à un excédent de magie. Ils sécrétaient un fluide étrange, semblable à la bave des limaces, et luisaient. Offrant ainsi un spectacle aussi répugnant que fascinant.
"-Personne n'aime Kiril." Continua le Marche-Abysse, juste derrière l'Orque. Le corridor se révélait trop étroit pour que les deux guerriers marchent côte à côte. "J'ai bien vu comment tu le regardais. Je sais ce que tu penses. Ca m'est aussi venu à l'esprit...Mais attends au moins qu'on soit sur le retour, d'accord?"
A quelques mètres derrière, un des brigands de Tarik et Tarvitz faisaient remarquer au reste du groupe, à voix-basse, que la lueur des champignons gagnait en intensité dès que la prêtresse passait à proximité. L'un des deux frères le gratifia d'un coup de genou avant de lui intimer l'ordre de "parlez moins fort, merde !". Un sourire discret vint tirer les traits de Gareth en entendant les excuses que le vaurien adressait à son chef. Ca lui rappelait les Lames Errantes. Launesigiles admonestant brutalement les nouvelles recrues, avec l'approbation d'Alvin. Tout en continuant de suivre son massif collègue, le Marche-Abysse se demanda comment ses frères d'armes se portaient, livrer à eux-mêmes dans le vaste monde? S'en sortaient-ils? Malgré tout les efforts qu'il déployait, chaque jour, pour se débarrasser du peu d'empathie qui lui restait, Gareth ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour ses amis. Le travail qu'ils faisaient n'était clairement pas le plus sûr et le simple fait d'imaginer l'imposante carcasse de Laune ou la silhouette longiligne d'Alvin pendue au milieu de nul part le révoltait. Quelle ironie. Quelques années plutôt, il avait méprisé le premier et manqué de tuer le second. La vie avait un drôle de sens de l'humour.
Il chassa ces pensées parasites de son esprit pour se concentrer sur l'instant présent. L'Orque s'était arrêté, confronté à un premier adversaire : L'orientation. En face se trouvait une intersection offrant trois choix de directions différentes. Gareth entendit que quelqu'un s'approchait au pas de course dans son dos, et ne fut nullement surpris en entendant une nouvelle fois la désagréable voix nasillarde de Kiril :
"-Il nous faut prendre à gauche messieurs. Ne vous pressez pas tant, nous avons deux bonnes heures de progression souterraine devant nous !"
Le Marche-Abysse perçut les jurons du groupe à l'entente de l'estimation. Comment diable cet imbécile de cape blanche pouvait apprécier ce simple fait? Hm. Après tout, ce n'était pas si surprenant, pour un rat de ce genre.
Ils reprirent leur marche. Le nouveau corridor, un peu plus large que le précédent, descendait dans les profondeurs de la terre de manière particulièrement abrupte, et Kiril précisa, le sourire aux lèvres, que le groupe allait devoir faire attention une fois sous l'eau. Quelques mètres plus bas, Gareth comprit ce qu'il voulait dire. Un fin filet d'eau s'écoulait de la parois au-dessus d'eux et, au sol, le lit d'une petite rigole s'était creusé dans la pierre. Tarik dû rattraper son frère lorsque ce dernier manqua de tomber à la renverse, en glissant malencontreusement sur la roche mouillée. L'un des bandits s'arrêta en-dessous de la cascade miniature pour y boire mais cracha sa première lampée en jurant :
"-Elle est chaude ! Comment ça se fait?!
-J'ai l'air d'un géologue?" Grinça Kiril, soudainement sur la défensive. "Notre prisonnier à mentionné une tanière de sauriens géants, peut-être sommes-nous juste en-dessous...
-Ah...Et ils risquent pas de...
-Non, c'est bien pour ça que j'ai dis qu'il fallait tourner à gauche. Comprends-tu? Silence maintenant."
Gareth leva les yeux aux ciel. Voilà que le tortionnaire se sentait pousser des ailes de chef de groupe. Quel énervant ton hautain. En réponse à sa saute d'humeur, le pommeau de Sanglot cracha une volute de fumée noire et le Marche-Abysse redirigea aussitôt sa concentration sur ce qui se passait en face, et pas derrière.
La descente devenait moins pentue et la rigole d'eau chaude à leurs pieds gagnait en largeur. Il fronça les sourcils en devinant ce que le groupe risquait de découvrir, une fois tout en bas. Puis jura en découvrant que ses craintes étaient fondés.
En bas se trouvait un large bassin, peu profond et toujours éclairé par les champignons luminescents, ces derniers ayant visiblement proliférés dans cette section de grotte où l'humidité régnait en maître. Un nouveau couloir, à moitié inondé, se profilait de l'autre coté du bassin.
"-Pas moyen que je mette les pieds là-dedans." Grogna l'un des deux arbalétriers de Tarik et Tarvitz. Il venait de plonger sa dague dans l'eau et en ressortant, cette dernière avait été toute engluée par une espèce de gelée transparente. Même l'Orque avait plissé le nez en voyant ça.
Gareth, dardant d'un œil mauvais toute cette eau, se contenta de grogner.
"-Kiril...
-C'est le chemin le plus sûr, le crépuscule ne l'emprunte pas à cause de l'eau.
-C'est justement à cause de cette foutue eau que j'ai pas envie de l'emprunter !" Renchérit l'arbalétrier. Le marche-abysse sourit, quel était son nom déjà?
"-Kabur, c'est ça?
-Ouai.
-Je suis d'accord avec Kabur pour le coup. Ca m'a pas l'air très naturel tout ça." Approuva-t-il en désignant du doigt la gelée qui continuait de coller à la lame.
Kiril pouffa en haussant les épaules, puis se jeta dans l'eau. Malgré sa silhouette recroquevillée sur elle-même, l'eau ne lui arrivait qu'au bassin et ne semblait pas le faire fondre.
"-Les pillards ne l'empruntent pas, parce que l'eau alourdi simplement le fruit de leurs pillages. C'est difficile de tirer une charrette dans toute cette flotte !"
Gareth aurait bien rétorqué que, de toute façon, amener une charrette jusqu'ici relevait de l'exploit, mais ils avaient déjà perdu trop de temps. Vaincu, il rejoignit la Cape-Blanche dans l'eau en frissonnant. Elle était tiède, mais épaisse.
"-C'est la bave des champignons qui fait ça, je suppose..." Le mercenaire se renfrogna un peu plus. "Venez, ça ne risque rien."
Et ils traversèrent le bassin, lentement. En prenant soin de vérifier que personne ne tombait dans une crevasse malvenue. Une fois de l'autre coté, la composition habituelle de groupe se reforma. Gareth et Dumbark en tête, Kiril derrière, puis Tarik, Aeléa, Tarvitz et leurs cinq soudards. Dans ce nouveau corridor, l'eau était toujours présente, bien que moins profonde. Au niveau du genou, à peu près. Ca rendait tout de même leurs progressions plus lourde.
En silence, ils avancèrent durant vingt longues minutes, puis s'arrêtèrent le temps que Kiril consulte ses notes et que les moins chanceux débarrassent leurs lames de toute trace de gelée. Durant ce temps de pause, Gareth alla s'asseoir loin du groupe dans un renflement de la parois, après avoir écrasé le scolopendre d'une trentaine de centimètre qui s'y terrait.
"-Saloperie de bestiole." Fit-il en jetant la carcasse plus loin. L'un des gars des deux frères sursauta en voyant la chose flotter près de lui.
"-Je crois que je devrais m'excuser." Hasarda une petite voix. Gareth cligna des yeux avant de tourner la tête en direction de la prêtresse, juste à coté de lui.
"-Ah?
-Concernant Dumbark. Je n'avais jamais marché aux cotés d'un Orque jusqu'à maintenant, et je les prenais pour guère plus que des animaux."
Le Marche-Abysse ne put s'empêcher d'afficher un sourire moqueur.
"-D'où nous viens ce brusque revirement ?
-Il a prié."
Nouveaux clignements d'yeux.
"-Et il n'a pas prié un idole primitif prônant la chasse et la fornication comme tu t'y attendais?
-Je ne crois pas. Même si...Enfin, les derniers évènements m'ont prouvés que tu avais raison au sujet de Kiril. Et peut-être aussi au sujet de Dumbark.
-Il n'existe nulle rédemption pour des sadiques de ce genre." Soliloqua Gareth en regardant dans le vide."Ne le prends pas mal, mais je n'arrive même pas à comprendre comment tu arrives à croire en de pareils concepts."
Elle joignit ses mains en fixant l'eau, sans un mot.
"-Va t'excuser auprès de Dumbark, si tu y tiens tant. Pas sûr qu'il en ait quelque chose à ciré. Moi je m'en foutrais, en tout cas."
La demoiselle hocha la tête et fit volte-face pour rejoindre le groupe. Pauvre fille. Rien de plus qu'une éternelle gamine grimée en tueuse finalement. Un air supérieur, quelques grandes phrases tirée d'on ne sait quel canon béni...Ca pouvait tromper dans le civil. Mais sur le terrain, l'appréhension faisait fondre ce genre de masque. Gareth voyait bien qu'elle ne s'était pas remise de la nuit dernière. Elle avait considéré le prisonnier comme un gosse. Pas comme un tueur de l'ordre. Lui aussi, d'une certaine manière. Mais lui savait ce que des gosses de ce genre étaient capables de faire. Il l'avait vu. Pas elle. Parfois, ce genre de connaissance pouvait s'avérer utile. Principalement pour trouver le sommeil.
"-Ah, tu es là."
Kiril se traina jusqu'à lui en souriant de toutes ses dents.
"-C'est bon je pense. On peux continuer. A la prochaine intersection, nous continuerons tout droit.
-Et le poste de garde dont tu parlais?
-Hm? Il sera à droite. Au sec. Nous devrons être discret pour éviter...
-Combien ils sont?
-Quatre ou cinq, d'après le gosse. Peut-être plus, maintenant qu'ils sont au courant qu'on vient les chercher.
-Pourquoi diable devrions-nous les éviter dans ce cas? Nous sommes payés pour les virer d'ici.
-J'ai pensé qu'une frappe en profondeur pourrait..."
Gareth leva la main pour lui intimer l'ordre de se taire.
"-Non, il est grand temps de faire couler un peu de sang. Prépares toi.
-Mais je..."
Le Marche-Abysse sauta de son siège improvisé pour rejoindre le groupe, prévenir qu'ils reprenaient la route, et que la première escarmouche n'allait plus tarder. Après cette révélation, les hommes des deux frères échangèrent quelques silencieux encouragement et préparèrent leurs armes tandis que Gareth retournait à l'avant, précédé par Le Briseur. La marche reprit quelques instants plus tard et ce dans le plus grand des calme. Lorsque, deux centaines de mètres plus loin, ils arrivaient à la fameuse intersection, le Marche-Abysse osa risquer un coup d'oeil en direction de ceux qui allaient l'épauler durant ce premier combat. Ce qu'il vit le fit sourire. Tout les combattants, ou presque, affichaient une mine concentrée ou enjouée. Personne ne fanfaronnait. Seul Kiril voyait son immonde face déformée par une mine de mécontentement.
Inutile d'être devin pour comprendre que ce foutu lâche aurait préféré ne pas avoir à combattre.
Le poste de garde de l'ordre était bel et bien au sec, puisqu'il se situait dans une galerie nettement plus haute. La correspondance entre la rivière et le poste se révélait être un éboulis de deux mètres, glissant, et au bout duquel on avait placé une barricade de fortunes, faites de barrières en bois et de tonneaux. Rien de très solide, Gareth estimait qu'un simple coup d'épaule de la part de Dumbark suffirait à la faire voler en éclat. L'ordre n'avait jamais été spécialisé dans la mise en place de défense efficace. Franchir l'obstacle ne serait pas compliqué, le plus dur serait de l'atteindre sans attirer l'attention. La barricade causait tout de même un problème : Ils étaient incapables de voir ce qu'il y avait derrière.
"-Je continue à dire que ce n'est pas une si bonne idée." Chuchota le lâche. Gareth leva les yeux au ciel et posa sa main libre sur l'épaule de l'Orque.
"-Je vais ouvrir la voie."
Une voix derrière souffla un "on vous suit chef !" mais le Marche-Abysse ne l'entendit pas. Les deux mains jointes sur la poignée de Sanglot, il se concentrait sur une chose : Le désir de tuer. Son esprit fatigué fouilla dans sa mémoire, à la recherche du moindre souvenir susceptible d'alimenter sa rage. Son enfance. La maladie. L'esclavage. Les bandits. La minute n'était pas passée que, déjà, il escaladait l'éboulis, précédé par un flot de fumée noire. L'ascension terminée, le mercenaire traversa la barricade de fortune et cette dernière explosa en projetant échardes et clous dans toutes les directions. Le garde qui était assit près d'ici, sur un tabouret de faible facture, mourut empalé sur la pointe de Sanglot, avant même d'avoir pu dégainer ses doubles lames. Son visage couvert de scarifications rituelles se déforma dans une expression affreuse, et Gareth envoya valser son cadavre contre la parois, incapable de soutenir le regard d'un fou agonisant.
"-Embuscade !" Gueula quelqu'un. Et le chaos se déversa sur l'Ordre du crépuscule.
Ils étaient huit. Et aucuns n'étaient vraiment préparés à se faire prendre d'assaut aussi brutalement. L'endroit n'était pas vraiment fait pour retenir une attaque de ce genre. Il n'y avait que trois tentes, quelques barricades et une montagne de chair, composée d'une dizaine de corps en putréfactions, posée contre la parois droite. Le Marche-Abysse projeta d'un coup de pied une table se trouvant sur son chemin et cette dernière vola sur plusieurs mètres avant d'éclater sur le bras d'un espèce de grand tueur, armé de deux énormes haches. L'attaque ne sembla pas l'affecter le moins du monde. Au contraire. Excédé par cette agression soudaine, l'énorme bête de guerre hurla en se précipitant sur Gareth, avant d'être intercepté par Dumbark. Un carreau d'arbalète passa sur la droite du Marche-Abysse pour se ficher dans le ventre d'un porteur de faucille, vêtu d'une blouse de laine blanche tachée de sang et armé de deux faucilles à doubles lames dentelées. Le mercenaire se retint de cracher en voyant le grand décharné retiré le carreau en ricanant. Il avait dissimulé son visage sous une capuche de peau humaine d'où s'échappaient de longues et graisseuses mèches de cheveux noirs. Tarik, qui venait de retirer sa hache de la cage-thoracique d'une femme sans paupières le pointa du doigt en gueulant quelque chose que Gareth devina plus qu'il ne l'entendit :
"-Tuez-le, c'est un fossoyeur !"
Le concerné éclata de rire et dirigea son regard sur le tas de cadavre trônant sur le coté de l'avant-poste. Du coin de l'oeil, le Marche-Abysse remarqua que Kiril, en sueur, s'était mit à hurler sur Aeléa pour qu'elle s'intéresse à ce même charnier.
"-Debout." Gronda le fossoyeur, d'une voix désaccordée, hystérique.
Et, alors que Gareth se jetait sur le grand décharné, l'amas de cadavre s'anima.

"-Tuez-le ! Vite !" S'égosillait Tarik, au prise avec un membre de l'Ordre pourtant mort quelques minutes auparavant.
Le fossoyeur esquiva le coup d'estoc que Gareth lui portait et planta l'une de ses faucilles dans son ventre. La douleur le transperça et, durant un court instant, le Marche-Abysse crut perdre connaissance. Mais non. A son grand malheur, il sentit parfaitement ses tripes s'écraser contre le métal froid de son armure et jura en espérant que Sanglot ne mettrait pas trop longtemps à soigner ça. Pendant ce temps, Aeléa bredouillait un miracle de lumière dans le but de repousser...L'obscénité qui l'attaquait.
Le tas de cadavre ne s'était pas divisé en une troupe de morts-vivants, comme Gareth l'avait d'abord craint. Non, bien au contraire. C'était une espèce de masse de morts. Une limace de chairs nécrosées, trainées par une dizaines de paires de bras squelettiques, ses innombrables visages claquant des dents à la recherche de quelque chose de vivant à dévorer. Tarvitz et deux de ses hommes frappaient dans son "dos", arrachant d'énormes lambeaux de chairs à chaque coups, sans lui causer la moindre gène apparente.
Le cruel fossoyeur lui projeta son pied botté dans le torse et la douleur gagna encore en intensité alors que la fumée de Sanglot commençait à refermer la plaie.
"-Lame noire." Gronda l'officier de l'ordre, sa voix enjouée laissant deviner qu'il affichait un affreux sourire. "Puissante."
Le chevalier-mercenaire serra les dents et frappa une nouvelle fois, à une main, du tranchant de la lame. L'esquive que le fossoyeur fit en réponse à cette attaque se révéla si fluide que son assaillant douta un instant qu'il dispose bel et bien d'os. Et puis il l'attrapa par la gorge, à l'aide de sa main libre, pour le soulever à un mètre du sol.
"- Vraiment puissante." Ironisa Gareth.
Il lui écrasa le crâne contre le mur. Une fois, deux fois...Au quatrième coup, une partie de la tête du fossoyeur avait déjà explosée. Au sixième, le Marche-Abysse ne tenait guère plus qu'une colonne vertébrale souillée par quelques morceaux de chairs. Derrière, la limace de morts avait cessé de bouger et les membres vaincus de l'ordre ne se relevaient plus. Tarik l'observait en haussant les sourcils.
"-Il t'a touché boss, je l'ai vu. Le sang à gicler. Ca va?"
L'intéressé secoua la tête, palpant prudemment les "réparations" de son épée. Acier et chair s'était reformé, sans laisser de traces apparentes.
"-Ouai." Soupira-t-il avant de prendre un ton plus enjoué : "En tout cas c'était un très bon échauffement ! Avons-nous des pertes?
-Nan chef.
-Bien, alors on bouge...Kiril !"
La forme courbée du lâche apparue dans le dos d'Aeléa. Il n'avait pas l'air d'avoir participé au combat.
"-Oui?
-Est-ce que j'ai eu tort d'attaquer ici?
-Certes non mais...
-Il n'y a pas de mais. C'est une victoire sans morts de notre coté. Et maintenant nous savons que ce qu'ils font ici est assez important aux yeux de l'ordre pour que des fossoyeurs se déplacent jusque là, tu as des infos?
-Non, le gosse refusait de parler à ce niveau là. Je ne suis même pas sûr qu'il ait été au courant de leur objectif.
-Fort bien. Sommes-nous encore loin?
-Pas tant que ça, nous devons encore descendre de quelques niveaux et...Enfin je vous expliquerais. Nous continuons?"
Gareth hocha la tête, satisfait par les derniers évènements. Le chevalier-mercenaire essuya sa lame sur la blouse de son ennemi vaincu, puis emboita le pas au reste du groupe, sous les conseils très précis d'un Kiril au faciès plissé par l'appréhension.
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Dumbark Sang-Noir

Le Briseur

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Race : Orque
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Fiche de Personnage : Qui est le Briseur ?


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Mar 7 Juin 2016 - 6:42

Je suis déjà pas mal enfoncé dans les boyaux de la grotte quand Gareth me rattrape, suivi de loin par tout le reste de la troupe.

-Vais-je avoir un problème avec toi, Dumbark ? demande-t-il.

Je fais mine de ne pas comprendre, et à vrai dire je ne suis pas tout à fait sûr de savoir si il parle de ma tendance à foncer tête baissée droit devant ou d'autre chose.
-Personne n'aime Kiril, qu'il reprend. J'ai bien vu comment tu le regardais. Je sais ce que tu penses. Ça m'est aussi venu à l'esprit... Mais attends au moins qu'on soit sur le retour, d'accord ?
Aïe. J’espère que tout le monde n'a pas compris aussi facilement ce que j'avais en tête. Les gens sont plutôt susceptibles quand ils comprennent qu'on envisage de les buter pour s'arroger leur part d'une récompense. D'accord, c'est pas très sympathique de vouloir coucher les cinq trous du cul, que j'ai affectueusement surnommés "Gros", "Petit", "Verrue", "Quatre-Doigts" et "Blondin". Mais Kiril c'est autre chose. Sans déconner, Kiril, c'est vraiment autre chose. Je suis sur que Gareth a dû le sentir aussi, mais plus vite ce ver sera mort mieux on s'en sortira tous. J'ai l'affreux pressentiment que si on agit pas vite, ce sera lui qui nous poignardera dans le dos, que ce soit pour la récompense ou pour nous vendre à l'Ordre. Ce genre de merde n'hésitera pas une seule seconde. Mais maintenant que je suis dans les souterrains, j'ai un peu plus conscience de la difficulté qu'on aurait à se débrouiller sans Sale-Gueule pour nous montrer le chemin. Putain de champignons, putain d'obscurité et putain de... Putain de plafond de merde où je viens encore de cogner ma putain de tête de merde ! Je prend une seconde pour faire taire la colère en moi avant de répondre.

-Ça serait nous rendre à tous un service, sans même parler de débarrasser le monde entier, que je crache finalement. Mais j'attendrais. Ça lui laissera tout le temps de frapper le premier.

Au même moment, Verrue fait remarquer au reste du groupe à quel point les champignons se mettent à briller à proximité de la prêtresse. Je m'en doutais. Encore de la putain de magie. D'abord ce gamin avec ses boules de feu, après le putain d'invocateur et son titan de glace, et maintenant des pierres qui disparaissent et des champignons qui brillent ! C'est à se demander où ça va s'arrêter. J'ai le sentiment que c'est une sacré semaine de merde, et en même temps je n'arrive pas à faire taire la voix du berserker au fond de moi qui me crie son bonheur de faire enfin face à de nouveaux défis après tout ce temps à stagner. Tuer du mage, c'est toujours agréable, c'est vrai.
Après une intersection où on a dû attendre les instructions de Kiril, le patron et moi descendons en premier le long d'une putain de pente qui n'en finit pas, jusqu'à un de ces bassins souterrains, en partie alimenté par le liquide dégueulasse qui suinte des champignons. Quelle merde. Magie, magie et encore magie. Sans compter que je ne sais pas nager, alors il vaut mieux pas que ça soit trop profond. Après quelques tergiversations, on se jette à l'eau, littéralement. Se manger le putain de plafond tout les deux mètres, c'est chiant, mais au moins moi le bassin ne m'arrive même pas à mi-cuisse, alors que Sale-Gueule en a jusqu'à la taille. Ça tombe bien pour la putain de veste en peau de lapin que j'ai du mettre pour cette excursion.
Après de longues - trop longues ! - minutes à patauger dans la merde, le niveau baisse, et j'en ai à peine jusqu'en haut des bottes, jusqu'à ce qu'on fasse une petite pause le temps que Sale Gueule vérifie ses notes. Tout le monde a l'air de s'occuper de ses affaires à droite à gauche, les soldats nettoient leur matos, Aeléa parle à Gareth, mais pour moi l'attente est insupportable et je m'isole un peu avant qu'il se passe quelque chose de désagréable pour tout le monde. J'ai de plus en plus de mal à faire taire la rage en moi. Il faut que je tue, maintenant, ou au moins que je m'engueule, que je me batte. Le plus vite possible, en tout cas, où ça finira mal.
Avec calme - douceur, même - je viens tranquillement poser mon front contre un bout de paroi dépourvu des immondes coulures lumineuses. La pierre est froide, glacée, même, et son contact m'apaise un peu. Alors sans réfléchir, sans vraiment faire attention, je recule le crâne de quelques centimètres, une vingtaine tout au plus, et je viens le frapper aussi fort que je peux contre la pierre. Le choc est assez silencieux pour passer inaperçu au reste du groupe, et semble endormir la rage pour une seconde, mais je sais que quand je m'arrêterai, ce sera pire. Alors je n'arrête pas. Je ne sais pas combien de fois je viens cogner mon crâne massif contre la paroi rocheuse, mais je m'interrompt soudainement après avoir entendu une voix derrière moi appeler mon nom : "Dumbark ?". Je reconnais la voix, mais pas l'intonation, et quand on ajoute à ça les chocs répétés sur mon crâne, il me faut une seconde pour que je fasse correspondre le son et la personne. C'est Aeléa, mais elle n'a pas son mépris habituel dans la voix, tu m'étonnes que je ne la reconnaisse pas.

-Dumbark, répète-t-elle alors que je me retourne comme si de rien n'était. J'ai conscience d'avoir fait preuve de condescendance et de t'avoir mal jugé. Je tenais à m'excuser pour cela.
-Quoi jugé ? Quand est-ce que tu m'as jugé ? que je demande, encore un peu étourdi.
-Je... Je pensais que les Orques étaient... Enfin... Des animaux, quoi.

Elle prononce ces mots en regardant le sol, comme une gamine qui avoue avoir brisé une fenêtre, mais maintenant qu'elle a fini, elle me regarde avec un air de défi. La pénitente a avoué sa faute, et elle attend sa punition. Néanmoins, ces excuses me foutent le cul par terre. Mes couilles si je m'attendais à ça. Un silence passe entre nous.

-Tu es resté combien de temps au couvent de l'Inquisition ? que je demande finalement.
-J'y suis rentré à sept ans, hésite-t-elle. Et je suis sorti à vingt ans, il y a trois ans.
-Sept ans ? Confiée, alors, pas abandonnée.
-Confiée, confirme-t-elle dans un souffle. Mais mes parents sont morts moins d'un mois après, et leur ferme brûlée par la guerre.
-Je vois le genre...

Un nouveau silence.

-Eh bien, moi j'ai été élevé dans un clan constitué de parias et de déserteurs, que les vieux rejoignent quand ils veulent mourir, que les adultes rejoignent quand ils veulent vivre ensemble et élever des enfants malgré les interdits et que les jeunes quittent dès qu'ils en ont l'occasion. Et comme beaucoup d'entre nous, je suis parti très tôt pour rejoindre les rangs d'un groupe de mercenaire. Tu sais, la guerre, tout ça, et puis l'arène...

Elle n'a pas l'air de voir où je veux en venir. Moi non plus, à vrai dire.

-Tout ce que je veux dire, que je reprend après une seconde pour reprendre mon souffle, c'est que j'ai marché sur la terre des hommes pas mal de temps, bien plus que trois ans, et j'ai vu pas mal de choses qu'on apprend pas au couvent. Mon éducation, c'est le clan, les mercenaires et la rue. J'ai rencontré des milliers de personnes, et j'en ai peut-être tué la moitié. Et je sais beaucoup plus de choses sur les hommes, les orques, les ogres et les elfes que tu as pu apprendre dans des livres. Et... Et tu as raison. Les Orques sont des animaux.

Nouvelle respiration. J'ai la tête en feu.

-Les Orques... sont... des animaux, que je répète lentement. Mais les hommes aussi. Et les ogres. Tous. On est tous des animaux. On peut nous dresser comme on veut, on peut s'imposer ce qu'on veut, et les dieux peuvent faire ce qu'ils veulent de nous, mais à la fin, on finit par se monter dessus ou se bouffer les uns les autres. Alors ne méprise pas les orques. Du moins, ne méprise pas plus les orques que les autres.

J'ai l'impression que la conversation entre Kiril et Gareth s'achève. Je pense qu'on va repartir. Encore heureux parce que j'ai à peine conscience de ce que je suis en train de dire à Aeléa et que je n'arrive pas à déterminer si elle hausse les sourcils ou si elle les fronce.

-Tout ça pour dire que... Tout ça pour dire... Ouvre les yeux. Voila. Il va sûrement se passer des choses pas très jolies dans ces grottes, et il vaut mieux que tu en aies conscience, si tu veux survivre. Mais... Mais c'est agréable que quelqu'un nous croit meilleur que ce qu'on est. Alors je suppose que je dois te remercier pour ça.

La conversation s'arrête là-dessus alors que je commence à sentir un lent filet de sang qui se déplace de mon front vers mon nez. J'ai du m'ouvrir contre la pierre. Gareth nous indique qu'on reprend la route et qu'on va pas tarder à se mettre sur la gueule, et la nouvelle ne pouvait pas tomber mieux. Entre cette conversation, les chocs répétés et le goût de mon propre sang qui atteint maintenant ma bouche, il fallait que ça tombe maintenant. Nous repartons dans le silence, mais j'ai l'impression que le son de mon cœur résonne dans toute la caverne alors que ma main s'égare de plus en plus sur le Briseur. Finalement, on arrive à l'endroit prévu, au pied de ce qui s'avère être un poste de garde de l'Ordre protégé par une barricade de fortune, et je n'ai qu'une hâte, c'est d'escalader cette putain de pente pour aller briser quelques crânes. Gareth se précipite, après m'avoir dit quelques mots que je n'ai de toute façon pas compris. Le sang bat à mes oreilles alors que je me jette à ses trousses, trébuchant à moitié dans les éboulis, mais impossible de rester à son niveau, on dirait qu'il vole presque, propulsé par cette épée magique qu'il trimballe, et aussi facilement que ça, il a fait exploser la barricade qu'avaient installés nos ennemis du moment. Putain de fumée noire, putain de magie. Cette dernière considération suffit à me faire passer de l'autre côté, et je ne contrôle plus rien quand j'arrive finalement au niveau où se trouve nos ennemis. J'aperçois in extremis une forme massive qui n'est plus qu'à quelque pas de Gareth et réussis à parer une de ses deux monstrueuses haches avant qu'elles ne tranchent en deux le chevalier mercenaire. D'un large mouvement brutal je le renvoie dans un coin plus tranquille du camp, il vaut mieux pas qu'on agite nos carcasses au milieu des autres ou je vais finir par me prendre un carreau dans le cul. Le type reste bien accroché à ses haches et ne semble pas désarçonné pour deux sous par mon attaque. J'ai pas affronté aussi grand depuis mon dernier ogre. Bien plus de deux mètres, peut-être même autant que moi. La voix du berserker en moi crie au défi, en étouffant complètement les voix plus douces qui m'agitent le reste du temps. La dernière phrase consciente qui résonne en moi, c'est une prière au dieu de la guerre qui souffle "A la mort et à la gloire".
D'un revers de marteau je le repousse un peu mais il n'attend pas pour contre-attaquer, et m'assaille aussitôt d'une nouvelle série de coup de droite comme de gauche. J'évite ce que je peux, mais l'attaque ne s'arrête pas, et j'en suis réduit à sortir ma courte hache de ma ceinture pour tenter de parer ses attaques simultanées. Ça fonctionne assez bien, jusqu'à ce que je sente une main tenter de m'agripper la jambe par derrière. Je jette un œil rapide en esquivant largement, et tombe face à un amas de corps répugnant qui se déplace en tout sens en cherchant à attaquer tout ce qui l'entoure. Je perds une seconde le combat de vue, surpris par l'immonde vision, mais un revers plus violent que les autres m'arrache la hache des mains. Je n'ai plus que le Briseur contre les deux haches du salopard. Alors que je pare à droite, et que je tente d'éviter à gauche, une des mains de la chose rampante agrippe à nouveau, et je sens le froid de l'acier et la chaleur de mon sang alors que la hache du grand connard touche. Aucune douleur, pourtant, juste toujours plus de rage. Sa lame est coincée, que ce soit par le cuir de mon pantalon ou par la chair de ma cuisse, j'en ai aucune foutue idée mais je lui fais payer cette seconde perdue d'un coup de tête parfaitement ajustée qui l'étourdit légèrement. Je continue à manier mon marteau d'une seule main, contrant un coup aveugle qu'il lance en riposte, et utilise mon autre main désormais libre pour lui saisir l'entrejambe à travers son pantalon de toile noire.
Je sens une bonne masse sous mes doigts. Au moins une belle paire de couilles, peut-être la tige avec, en tout cas ça a l'air de le prendre au dépourvu, entre le coup de boule et sa hache enfoncée dans mes chairs.
-Ça va faire mal, que je préviens, alors que j'enfonce mes doigts profondément avant de tirer aussi fort que je peux.
Mes ongles déchirent le tissu, puis la peau, les tendons, les veines et tout le reste. Un large mouvement de bras et j'ai arraché tout ce qui dépassait, alors qu'il pousse un hurlement. J'ai l'impression que ce genre de connard s'arrêtera pas à ça, alors après un rapide mouvement pour m'éloigner de la bête morte qui rampe, je lui fracasse la cage thoracique d'un puissant coup de marteau, avant de le finir à terre d'une série de coups de talon au visage. La rage descend un peu à chaque coup, et je m'arrête une seconde pour reprendre mon souffle, mais j'ai l'impression qu'il bouge encore - et qu'il se relèverait, le salaud ! - alors je recommence jusqu'à ce que tout son crâne ne soit plus que bouillie. Finalement je sens que le calme se fait autour de moi, et je jette un œil sur le reste de la scène.
C'était bien ça. Des morts qui marchent. Je n'aime pas la magie, mais plus que tout je hais de tout mon être tout les enfants de putains qui font marcher les morts. Gareth a l'air d'avoir éliminé le plus gros de nos ennemis, alors que les autres sont toujours agglutinés par une fascination morbide autour de cet amas de chair en décomposition qui s'était mis à bouger. J'ai des souvenirs de mes quelques expériences avec des magiciens de la mort qui remontent. Y a un mot pour ça, mais je m'en rappelle jamais. Notamment deux types qui avaient presque relevés tout un bataillon que j'avais réussi à coucher avec quelques hommes. C'était un sale moment. Et avec l'Ordre, ce sera pas le dernier. Je crache par terre.Tout le monde a l'air plus ou moins agité par le bordel qui vient de se passer, surtout rapport à la bête morte et rampante. Gareth nous indique qu'on va repartir, et je lance les attributs virils de l'autre que je tenais encore à Kiril, en lui indiquant qu'il en aura sûrement bon usage. Il les lâche aussitôt qu'il a reconnu ce que c'était avec un mouvement offensé. Un peu d'humour après la rage, ça fait toujours du bien.

On est reparti dans les boyaux depuis quelques minutes quand Aeléa demande une pause. Kiril fait la gueule mais Gareth demande ce qu'il se passe. Elle montre au sol une traînée de sang qui se détache difficilement dans la pénombre ambiante.
-Je pense qu'il faudrait s'occuper de ça, qu'elle dit naturellement.
Tout les regards suivent la traînée de sang, remontent lentement... jusqu'à ma cuisse. Ah oui. C'est vrai. Je jette un œil à travers la coupure de mon pantalon. Ça fait une sacré blessure, la lame a mordu jusqu'à riper sur l'os. Encore une fois, j'ai du mal à vraiment sentir la douleur, juste un nouveau flot de rage, alors que la prêtresse se met à genoux pour essayer de soigner ce qu'elle peut. Bon, la guérison, c'est pas aussi sournois que les autres magies, et je me laisse faire, surtout qu'ouvert comme ça, je risque de me vider. Après quelques instants, la plaie est presque refermée, ne laissant qu'une large cicatrice sombre qui fera bien dans ma collection, et on peut reprendre la route. Mais Kiril s'est arrêté et nous demande de nous taire d'un air inquiet.
-Vous entendez ? demande-t-il vivement. Vous entendez ?
Silence. Gareth a l'air circonspect mais personne n'a l'air de saisir quoi que ce soit. Et puis, l'un après l'autre, on se met à entendre. Un cliquetis. Comme une cotte de maille immense. Ou quelque chose du genre. Non, comme un mille-pattes, en fait. Oui c'est ça. Comme un énorme putain de mille pattes. Avec des petits claquements réguliers de mandibules. J'aime pas ça du tout. Et puis ça s'arrête. Quelques secondes de silence. Et puis ça reprend à nouveau. Et cette fois, on dirait qu'il y en a plusieurs. Et ça fait de plus en plus de bruit, beaucoup plus que ce que devrait faire un insecte de taille normale. Ou une armée d'insectes de taille normale. Et ça s'arrête à nouveau. Long silence.

-Kiril, que je laisse tomber dans un souffle. Si c'est bien ce que je pense et que tu nous as emmené jusqu'ici sans prévenir, dès que c'est mort, c'est toi que je tue.
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Gareth Valmort

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Fiche de Personnage : L'histoire d'une enfance brisée.


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Ven 10 Juin 2016 - 9:18

Silence. Cliquetis. Silence.
Gareth cligna des yeux, recourbé sur lui-même, ses deux mains enserrant la poignée de Sanglot. Ce bruit...Même les nids d'araignées géantes faisaient des bruits moins...Gênants. Ca le faisait grincer des dents. Et lui filait la chair de poule.
Tandis qu'Aeléa chuchotait quelque chose d'inaudible depuis sa position, à l'avant du groupe, le Marche-Abysse plongea son regard sur le corridor enténébré face à lui. C'était dans le même tunnel qu'eux. Ca se rapprochait dangereusement. Et c'était gros. Vraiment gros.
La lueur des champignons luminescents s'étendant contre les parois, au loin, disparue. Et en plissant les yeux, Gareth discerna deux longs appendices, semblables à des cornes. Non, des antennes. Pointés dans leurs directions. Soudain, le Marche-Abysse se rappela de l'insecte qu'il avait tué, plus tôt, et se mordit les lèvres.
Ca, ça avait l'air d'être le grand frère.
"-Oh putain." Souffla un des hommes de Tarik et Tarvitz, résumant ainsi la pensée générale.
Les antennes cessèrent de bouger...Puis leur propriétaire s'avança un peu plus, révélant son horrible tête chitineuse aux yeux de tous. Le mercenaire grimaça. Rien que sa gueule cliquetante occupait une bonne moitié de la largeur du couloir.
"-Peut-être que..."
La bête se jeta sur eux. Trop rapidement pour quelque chose d'aussi gros. Gareth eut juste le temps de se jeter sur le coté pour esquiver les doubles cisailles servant de bouche à l'énorme scolopendre. Son corps segmenté passa au travers du groupe et ses pattes griffues lacérèrent cruellement le torse d'un des deux arbalétriers du groupe. Puis la bête disparue dans un virage, à l'arrière. Ils l'écoutèrent galoper un temps, abasourdis par la vitesse de l'assaut, puis chacun reprit ses esprits.
"-Que quelqu'un s'occupe d'Onar nom de dieu !"
A l'entente de cet ordre, le mercenaire risqua un coup d'oeil du coté du blessé. Ce n'était pas une belle plaie. L'insecte avait déchiré armure et chair pour le priver d'une grande partie de son pectoral droit, désormais réduit à un simple lambeau de peau sanguinolent, oscillant le long de son bras. Le pauvret avait trop mal pour hurler mais l'expression sur son visage en disait long sur son état actuel. Gareth s'apprêtait à lui déballer quelques paroles rassurantes lorsqu'il perçut à nouveau les cliquetis. En trois pas, le mercenaire passa à l'arrière du groupe, suivit par l'Orque et Tarvitz, tandis que le frère de ce dernier empêchait Aeléa de se mettre en danger en s'agenouillant pour soigner le blessé dans l'instant.
"-Il ne va pas s'arrêter cette fois." Prédit Tarvitz, en entendant les cliquetis s'accélérer plutôt que ralentir.
"-N'essayez pas de frapper la tête, ce serait du suicide."
Ils opinèrent du chef, convaincu. La créature déboula une nouvelle fois dans le corridor la seconde d'après. Esquivant la tête d'un bond, Gareth se baissa pour lui planter Sanglot dans le flanc mais la pointe ricocha contre les plaques de chitines superposées. La violence du choc le renvoya en arrière et il se cogna durement contre la roche dans son dos. Puis quelqu'un hurla. Lorsque le mercenaire rouvrit les yeux, ce fut uniquement pour voir le pauvre Onar, déjà blessé, disparaître dans les ténèbres, piégé dans la gueule de la bête.
Tarik retint son frère par le bras, l'empêchant de les suivre dans le noir et l'autre arbalétrier cracha un long chapelet d'injures particulièrement originale. Les cris d'Onar se mirent à raisonner et les plus sensibles se couvrirent les oreilles au moment où le bruit de la chair lacérée se mit à accompagner les hurlements. Gareth, lui, écouta attentivement, en s'efforçant d'imaginer un maximum de détails révoltants concernant le supplice ayant lieu, quelques mètres plus loin. Sanglot recommença à cracher des volutes de fumées et son porteur inspira bruyamment. Les cris cessèrent peu de temps après. Et les cliquetis reprirent.
"-On la colle contre le mur au prochain passage. Je donne le signal."
Tarvitz haussa un sourcil, peu convaincu. Sans doute l'idée de se jeter soi-même sur les pattes griffues le rebutait. En soit, cela n'avait rien de vraiment honteux. Gareth se renfrogna de plus en plus en entendant les cliquetis s'approcher. C'était une simple bestiole. Malgré sa taille monstrueuse. Ca ne restait qu'une simple bestiole. Sa technique de chasse pouvait surprendre, certes, mais pas causer de réels problèmes à un groupe aussi gros. Le truc, c'était de l'immobiliser. L'empêcher d'employer sa technique de chasse habituelle. A moins que ce ne soit un moyen de défense? Peu importe.
La gueule de cisaille surgit une nouvelle fois des ténèbres, à une vitesse tellement exagérée qu'elle en devenait grotesque. Gareth, de nouveau à l'avant du groupe, esquiva la tête d'un bond puis se jeta de toute ses forces sur le corps, épaule en avant. Il serra les dents au moment où Dumbark fit de même, projetant la bête contre la parois en lui faisant pousser un sifflement suraigüe absolument insupportable. Les larmes aux yeux, le mercenaire s'efforça d'oublier le fait qu'une des griffes s'était plantée dans son avant-bras gauche pour fouiller frénétiquement à l'intérieur et souleva son épée dans le but de la loger, avec soin, au sein du ventre tendre du scolopendre. Du coin de l'oeil, il remarqua que Tarik et Tarvitz avaient décidés de leur porter assistance du mieux qu'ils pouvaient et frappaient frénétiquement sur le corps avec le plus de lames possibles. Cependant, la silhouette serpentine, agacée, commençait à se recourber pour diriger sa gueule coupante vers les importuns qui lui causait du tort. Ca se voyait qu'elle paniquait, voulait fuir. Ce qui lui donna une idée.
"-Dumbark, à mon signal, on lâche tout."
Et c'est ce qu'ils firent. A l'instant où la bête se sentit libérée, cette dernière entreprit d'accélérer pour filer le plus vite possible, méprisant la douleur causée par la lame noire toujours plantée dans son abdomen, que Gareth tenait fermement. Ainsi, son empressement lui couta la vie. Prise de panique, la bête se propulsa en avant et agrandit elle-même, considérablement, les dégâts causées par l'épée. Le scolopendre s'ouvrit le ventre sur trois bons mètres, en projetant un flot de fluides transparents dans le couloir de pierre. Ses pitoyables sifflements d'agonies cessèrent lorsque le marteau de Dumbark enfonça le bas de son crâne après qu'il l'eut retourné du pied.
"-Où est-il?! Où est ce misérable fils de chienne!"
Gareth s'interposa juste à temps, empêchant Tarik de porter un coup de hache en direction de Kiril. Cette protection inopinée fit frémir le déserteur de colère. Les yeux exorbités et les dents serrés, il fixa le heaume inexpressif de son chef durant un long moment, puis cracha :
"-Tu protégerais cet enfant de viol? Même après ce qu'il vient de faire?"
Dans le dos de Gareth, Kiril recula d'un pas en prenant une voix timide :
"-Ces choses sont des prédateurs nomades, je ne pouvais pas prévoir que..."
Le Marche-Abysse repoussa le plus impulsif des deux soudards alors que celui-ci tentait de le contourner par la gauche. Tarvitz se détacha du reste du groupe pour maîtriser son frère.
"-Tu aurais dû nous le dire !
-Je ne pouvais pas prévoir !" Répéta l'autre d'un ton plaintif.
Gareth jeta un coup d'oeil dans sa direction. Pitoyable. C'était presqu'étonnant que cette larve ne se soit pas encore pissée dessus. L'abandonner aux autres était une option tentante. Le mercenaire n'était pas naïf. Il voyait bien, dans le regard de chacun, qu'à partir du moment où sa propre personne s'écarterait, la vie du tortionnaire serait finie. Au choix, soit les hommes de Tarik et Tarvitz allaient venger leur compagnon. Soit Tarik lui-même s'en occuperait. Et ce n'était même pas la peine d'imaginer ce que Dumbark lui ferait. Seule Aeléa semblait plus confuse qu'en colère.
"-Il est notre guide là-dessous, inutile de...
-Il a tout noté dans son carnet, tuons-le et prenons-lui !" S'époumona Tarik en se démenant pour échapper à ce frère qui l'empêchait de venger la mort injuste d'un de leurs hommes. A ces mots, Tarvitz s'immobilisa, presque convaincu. Gareth plissa les yeux. Ils avaient l'air emballés par l'idée. Vraiment. Il commençait à envisager lui-aussi cette possibilité lorsque le rire désagréable du récriminé raisonna dans son dos.
"-Je te souhaite bien du courage, pauvre abruti impulsif." Siffla Kiril en jetant son carnet en direction des deux frères.
Le Marche-Abysse attrapa le projectile au vol et l'ouvrit, en tentant d'oublier le changement de ton soudain du tortionnaire. Comme il l'avait craint, ses yeux détaillèrent les premières inscriptions, puis celles de la page suivantes, sans y trouver la moindre signification. Ce n'était qu'une suite de hiéroglyphe sans queue ni tête.
"-Un langage codé..." Fit-il en le tendant à Tarik, qui avait réussi à repousser son frère pour recommencer à avancer en direction du mauvais guide. Le soudard feuilleta le carnet à son tour, l'analysa durant une longue minutes, puis, finalement, cracha par terre.
"-J'assure toujours mes arrières." Piailla fièrement Kiril, tout sourire désormais.
Gareth ferma les yeux, poussa un long soupir... Avant d'expédier son poing gauche dans la mâchoire de l'ancienne cape blanche. Il y eut un craquement lorsque le nez de ce dernier se brisa sur le métal du gantelet, suivit d'un cri étouffé lorsque son corps recourbé s'écrasa au sol, deux mètres plus loin. L'un des hommes des deux frères leva son épée au-dessus de sa tête en le félicitant et Tarik rengaina sa hache, un sourire de gosse ancré sur les lèvres. Le Marche-Abysse s'avança près du corps toujours allongé, lui attribua un léger coup de pied dans les côtes, puis s'agenouilla.
"-Je peux protéger un homme qui a fait une erreur. Ca nous arrive à tous, un jour ou l'autre."Commença-t-il. "Mais je ne peux pas supporter qu'un serpent cruel de ton genre affiche un sourire d'autosatisfaction alors que l'instant d'avant, son erreur à causé la mort d'un des nôtres. Maintenant, sois tu nous guide en restant humble. Sois je t'ouvre le ventre pour te faire bouffer tes propres tripes."

hrp:
 
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Fiche de Personnage : Qui est le Briseur ?


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Sam 11 Juin 2016 - 7:29

J'essuie lentement le bout du Briseur après l'avoir ressorti du crâne défoncé de l'énorme bête dégueulasse. Entre cet affrontement inopiné, le grand con de tout à l'heure et les soins d'Aeléa, j'ai l'impression que la colère a pas mal baissé en moi. Je crois que ses putains de prières arrivent à apaiser la rage du berserker. Et je n'aime pas trop ça. C'est une part trop importante de moi pour l'endormir, en particulier quand j'en ai le plus besoin. Mais j'ai confiance, elle reviendra le moment venu. Et ça tombe plutôt bien, parce que si j'étais au même niveau que quelques minutes auparavant, j'aurais probablement traversé tout le groupe pour me faire de nouvelles bottes avec la peau de Kiril, quitte à tuer tout le monde sur mon passage. Mais non, je suis plutôt calme, et, pour une fois, c'est Dumbark Sang-Noir qui reste détendu quand le reste du groupe veut s’entre-tuer. Je regarde Tarik, Tarvitz et Gareth s'agiter, les uns retenant les autres, pour protéger ce sang de foutre de Kiril. Ferait mieux de se calmer, tous, sérieusement. La pensée me fait marrer : D'habitude c'est à moi qu'on dit ça. Je vais plutôt attendre que les choses se passent, vu que Gareth laissera pas mourir notre guide si tôt. En attendant, je jette un œil aux alentours, dans le noir ambiant, en essayant de distinguer une autre saloperie d'insecte, mais Kiril a l'air de dire vrai quand il dit que ce sont des chasseurs solitaires. Ça fait enfin une bonne nouvelle. L'autre bonne nouvelle, relativement, c'est que la prime de tout le monde vient d'augmenter avec la mort de Gros. Ou Onar, comme ils ont dit qu'il s'appelait. Onar. Il doit y avoir des plaisanteries à faire avec un nom pareil, mais même si je suis étonnamment calme, je suis quand même pas d'humeur pour ce genre de conneries. Plus que dix personnes dans le groupe, on vient de dépasser les six cent par tête, soit un paquet de nuits confortables, et peut-être même de quoi se payer des filles pas trop regardantes, sans compter une gueule de bois de trois jours.
Mes pensées sont interrompues par un cri de Tarik un peu plus fort que les autres.

-Il a tout noté dans son carnet, tuons-le et prenons-lui ! qu'il gueule, sans le moindre soupçon que sa voix doit s'entendre jusqu'au centre de la caverne avec l'écho.

Mais je me fous un peu de la discrétion. Ce qui m'intéresse c'est ce qu'il dit. Évidemment. Il a raison. Sale-Gueule a tout noté. A peine le temps de réaliser ça que j'ai bousculé tout le monde, soldats et prêtresse pour me précipiter vers Gareth et les deux frères qui en sont presque venus aux mains. S'il faut tuer Kiril, laissez faire le gladiateur. J'ai la rancune tenace et la main lourde. Mais j'ai le temps de rien faire, ni même de faire valoir mon opinion, que le carnet s'avère être écrit en langage codé. Putain de Cape Blanche et leurs coups de putains. Déjà que je suis pas un grand spécialiste pour lire quoi que ce soit, si en plus c'est dans une langue que personne comprend, je passe mon tour. Un léger frisson parcourt mon dos alors que je sens la colère revenir peu à peu grâce aux efforts de Kiril pour être le type le plus insupportable de ce côté de la frontière avec le Royaume.
Heureusement, le patron lui retourne un direct du gauche qui a le mérite de détendre l'atmosphère et même de m'arracher un rire, alors que Sale-Gueule va mordre la poussière un peu plus loin. La sentence est reportée à plus tard, mais ça n'empêche pas de s'amuser en attendant. Le patron lui dit quelques paroles alors que le groupe semble reprendre conscience de l'endroit où nous sommes et se prépare pour se remettre en branle. Moi, je fais hausser quelques sourcils dans les rangs en allant aider Kiril à se relever. Eh oui, eh oui. L'Orque a un cœur, il protège le type que tout le monde hait ! En réalité, je me fous bien de tout ce qu'ils peuvent penser de moi, mes actes parleront plus fort bientôt que ce petit détail. En revanche, j'ai toujours aimé surprendre un type que j'ai prévu de tuer par une petite marque d'attention, avant de le laisser tomber comme une merde sur une planche. Alors, avec mon plus beau sourire, je tend la main à Kiril qui, après quelques secondes à la regarder, entre la stupéfaction et la frayeur, finit par lâcher son nez brisé qui pisse le sang et à la saisir. Sans même vraiment forcer je le remet sur ses pieds, après quoi il essaie de se dégager, mais mon énorme paluche est bien resserrée autour de sa brindille de bras, et je l'attire encore plus près de moi, jusqu'à ce qu'il puisse sentir ma sueur et mon haleine, et que je puisse lui glisser quelques mots à l'oreille.

-Essaye de nous tuer, que je lui dis dans un murmure. Essaye et fais le vite, car tu ne sortiras pas de cette grotte sinon.
Je me tais une seconde, lui laissant juste savourer ma poigne sur son bras et mon souffle dans son oreille.
-Je vais adorer te tuer, Sale-Gueule, finis-je.

Je lui laisse enfin retirer son bras, et il le retire avec un mélange de fureur et de terreur qui transforme mon faux sourire mielleux en vrai sourire de bonheur. C'est presque en tremblant que Kiril recommence à guider tout le monde, après ce petit épisode d'engueulade de la part du groupe. J'avais peut-être pas besoin de rajouter mon grain de sel, mais j'ai pas vraiment vu ce sac à merde s'agiter beaucoup pendant les deux combats qu'on vient de faire, du coup il le mérite un peu. Tout ça m'a encore mis de meilleure humeur et je me permet même un clin d'oeil à Gareth et à Aeléa avant qu'on reprenne la route.

Et nous voila repartis, à travers les tunnels, au cœur de la montagne, en attendant de rencontrer ce qu'on cherche depuis le début : Un tas de salopards à buter. Les souterrains ont l'air plus large qu'au début, ça fait même un moment que je me suis pas cogné la tête, mais j'ai l'impression qu'on marche depuis deux jours, alors que j'avais cru comprendre qu'on en aurait que pour deux heures. Au bout d'un certain temps à se suivre en file indienne, le tunnel se met à descendre dans une sacré pente, du genre à se briser le cou si on ne fait pas attention. Alors que Tarik et Gareth commencent à repérer une manière de descendre sans risque, Kiril nous indique dans un murmure de s'arrêter et de faire silence.
-Écoutez, dit-il dans un souffle. Nous approchons. En bas de cet escarpement se trouve une vaste caverne où se rejoignent de nombreux chemins. Ce n'est pas encore là qu'ils ont installés leur camp principal, mais d'ici partent des souterrains qui vont vers l'extérieur, vers des terriers de bêtes des tunnels, ou vers leur camp. Il ne faudra pas faire la moindre erreur, car c'est ici qu'est le plus grand risque de s'égarer. Je sais que trois de ces chemins conduisent à nos objectifs. Apparemment une sorte de garde-manger, ou de salle de butin, une armurerie, et l'endroit où ils dorment et se regroupent sont accessibles d'ici...
-Rien à foutre, que j'interromps finalement, à peine plus rapide que Tarvitz qui s'apprêtait aussi à dire quelque chose. C'est toi le guide, fais ton travail.
-Ouais, renchérit le soldat. J'espère qu'on ne s'est pas arrêtés juste pour t'écouter raconter ça.
-Silence ! siffle Kiril, effrayé par le volume de nos voix. Silence ! Non, on s'est arrêtés parce que cette caverne est aussi un poste de garde important et qu'on risque d'y trouver du monde.
-Combien ? demande Verrue, un peu mal à l'aise.
-Au moins une vingtaine.
-Une vingtaine ? s'exclame Blondin. Tu te fous de nous ?
-Ta gueule, Yzned ! souffle Tarik. On te dit de faire doucement et toi tu gueules !
-Oui... Une vingtaine, reprend Kiril après quelques secondes. Au moins. C'est un lieu essentiel dans le réseau souterrain, la plupart des chemins se rejoignent ici, alors ils ont plus d'avantage à le fortifier. Sans compter que si ils nous attendent, il leur suffit de protéger ce point pour nous empêcher de passer, plutôt que de sécuriser chaque entrée. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'ils sont probablement nombreux et prêts à tout.
-Et... Tu ne pouvais pas nous prévenir de ça non plus ? hasarde Verrue.
-Bordel ! On est venu pour ça ! Oui, il y a des types de l'Ordre du Crépuscule, c'est eux qu'on doit tuer ! s'énerve Kiril, oubliant un instant la peur qu'on lui inspire ces derniers temps.

Le groupe fait silence alors que chacun essaye de faire le calcul de ce qu'implique cet obstacle. Moi je vois ce que ça implique. Je vais essayer de tuer des gens, ils vont essayer de me tuer à leur tour, et à la fin j'aurais tué des gens et j'aurais un lot de nouvelles cicatrices. Pas de quoi se mettre la tête à l'envers. Je jette néanmoins un œil vers la pente vraiment raide qui nous attend. Effectivement, je vois de la lumière en bas, rouge et jaune, qui oscille. Des torches, Kiril a raison. Mais si on descend cette merde, on sera épuisés avant d'être en bas, et qui sait si ils sont pas juste planqués à nous attendre...

-J'ai une idée, que je dis, ignorant les regards amusés de certains par cette possibilité. On peut pas descendre comme ça sans savoir ce qui nous attend. Ils vont juste nous mettre des triques dans le cul avant qu'on ait pu sortir nos armes. Il faut que quelqu'un y aille seul, repère le bousin, et on le suivra si c'est jouable.
Tout le monde ferme sa gueule, mais ils ont l'air d'acquiescer vaguement, notamment Gareth, qui reste pensif.
-Du coup, poursuis-je, il faudrait envoyer quelqu'un de plutôt petit... Discret... Qui s'y connaît en traque... Habile, furtif... Quelqu'un avec une gueule plus laide qu'un cul d'ogre et que tout le monde voudrais voir crever, par exemple.

Kiril se tourne vers moi, avec cette même expression de fureur et de peur qu'il a quand il me regarde depuis quelques minutes, mais ne trouve rien à dire. Quelques soldats des deux frères pouffent, mais Tarvitz les fait taire rapidement. Après quelques pourparlers, on arrive tous à se mettre d'accord, sans que Sale-Gueule n'arrive vraiment à convaincre qui que ce soit, pour qu'il descende en premier pour reconnaître le terrain.
Pour faciliter sa descente il insiste pour s'attacher une corde autour du torse et qu'on l'assure, tant la pente est raide. Il a raison en un sens, on s'en sortira mieux comme ça, ce chemin est plus proche de l'à-pic que de la route. Il s'escrime entre les rochers mais en se laissant glisser grâce à la corde, il arrive rapidement au bout. Il a l'air d'avoir plus peur qu'on coupe la corde quand il n'a aucun appui que de ce qui l'attend en bas, du coup il se presse vers le sol. Le crétin ne risquait rien pourtant : c'est Gareth qui a insisté pour tenir la corde, probablement persuadé que quelqu'un d'autre serait passé à l'acte à sa place. Arrivé en bas, Kiril semble se recroqueviller sur lui-même alors qu'il se presse contre la paroi, cherchant à se faire le plus discret possible. On l'aperçoit encore, une quinzaine de mètres plus bas, progresser très lentement puis disparaître dans le reste du tunnel, pendant quelques instants. Une minute plus tard, peut-être, il réapparaît et nous fait quelques signes de le rejoindre. Les deux frères descendent les premiers, assurés par leurs hommes sur deux cordes différentes, et moi et Gareth les regardons progresser lentement vers Sale-Gueule.
-Y a un serpent dans notre botte, patron, que je dis doucement à Gareth. Et il va mordre si on lui écrase pas la tête à coup de talon.
Juste le temps de me répondre et Gareth est déjà en train de descendre, suivi de près par Aeléa, Blondin, et moi. Quand on arrive au sol, Kiril nous répète dans un murmure ce qu'il a déjà dit aux deux frères qui se sont maintenant avancés dans le tunnel.
-La grotte est une dizaine de mètres plus loin. Il y a un petit renfoncement juste avant d'y entrer où on pourra se regrouper avant d'attaquer.
Du coup, les uns après les autres, on finit la descente puis on se retrouve tous dans ce qui est à peine un creux dans la paroi, quelques pieds seulement avant d'entrer dans la lueur des torches. On entend des éclats de voix et des bruits d'acier. Tout le groupe commence à se préparer, sortant leurs armes, alors que Gareth tente un très rapide coup d'oeil vers l'intérieur de la caverne.
-Très bien, dit-il en se retournant vers nous. Il y a sept tentes, et j'ai vu au moins une quinzaine de types. Ils sont tous en armure, donc ils sont déjà prêts à nous recevoir. Il y a aussi un tas de corps sur la gauche de notre position. Ce qui pourrait indiquer qu'au moins un fossoyeur est présent. Bon... Dumbark, tu prends la droite, et essaye de faucher le plus de type que tu peux, on ne peut pas se permettre de faire du un contre un cette fois, on est pas assez nombreux, il faut se débarrasser du plus possible de sous-fifres avant de s'attaquer aux chefs. Je prendrai la gauche. Tout le monde : Visez les jambes. A l'arbalète, à l'épée ou au marteau : Visez les jambes. Même un monstre a du mal à se déplacer sans ça, et ça ne les tuera pas tout de suite. S'ils ne meurent pas, ils ne reviendront pas. Mieux vaut un vivant qui ne peut pas marcher qu'un mort qui marche. Plus vite on sera en surnombre, plus vite on pourra attaquer les fossoyeurs et éviter de se prendre de la nécromancie dans la gueule. Dernière chose, un mort est toujours un danger tant que la caverne n'est pas encore nettoyée donc gardez les yeux ouverts. Aeléa, fais ce que tu peux pour nous éviter ça, et si tu en as l'occasion, fais brûler ces salopards.
On écoute tous en silence, concentrés, seul Kiril semble inquiet. Avant de démarrer, je prend une seconde pour rallumer une des torches qu'on avait éteinte en rentrant dans le tunnel puis, comme un seul homme, le groupe prend une profonde respiration et se rue dans la caverne.

Ils ont beau nous attendre, ils ont quand même l'air bien surpris de nous voir débarquer comme ça. La première chose que je fais avant de me précipiter vers la droite du campement, c'est de balancer la torche que je viens d'allumer sur une des tentes qui prend feu rapidement. En quelques enjambées, j'ai rejoint mon premier adversaire et repéré les lieux. Effectivement y a pas mal de monde, plus d'une vingtaine, à vue de nez. Au moins trois fois plus que nous. Je vois le tas de corps à moitié décomposé, je repère quatre ou cinq types plus grands et plus inquiétants que les autres, et leur meilleur armement me laisse penser que ce sont eux les patrons dans le coin. Quant au type face à moi, c'est pas une pointure, il me rappelle les gosses que j'ai aligné à l'épicerie de l'autre. Il n'a pas le temps de comprendre ce qui lui arrive que je lui ai déjà fait sauter les deux rotules d'un seul revers de marteau et puis, d'un réflexe de merde, je le finis d'une coup de talon dans le front qui lui enfonce le crâne. Merde, je devais pas le tuer, juste l'immobiliser. Son cerveau commence à s'écouler par l'énorme brèche creusée dans l'os. Putain. Est-ce qu'ils peuvent revenir après ça ? J'en sais rien, et j'ai pas le temps d'y penser, que le deuxième vient déjà à ma rencontre. Un peu plus coriace, il me tient en respect quelques secondes avec une lance couverte de saloperie de barbillons, du genre à t'arracher toute la peau et les tripes avec. Finalement, il charge vers moi, et après une esquive je peux riposter d'un nouveau coup de marteau vers le bas du torse qui lui fait sortir une partie de la hanche hors du corps. Cette fois je me contrôle et me contente de lui arracher son arme de ses mains sans finir le travail. Je tourne la tête juste à temps pour apercevoir un grand type aux prises avec Tarik, qui semble galérer. De toutes mes forces je jette la pique de l'autre crétin vers lui, et elle vient toucher son torse, le traversant entièrement par le côté au niveau des côtes, et l'élan le projette au sol quelques mètres plus loin. J'ai pas le temps de voir la suite du programme, à peine d'entendre un "merci !" de la part du soldat au milieu du vacarme de cauchemar ambiant. Entre les tentes j'arrive à voir que de l'autre côté du camp Gareth et son épée enfumée font un massacre, mais j'ai l'impression qu'il fait face à des morts plus qu'à des vivants. J'irais bien voir ce qu'il en est, mais je fais face à deux nouveaux ennemis qui ont la présence d'esprit de m'attaquer en même temps avec une large épée courbe et une hache. J'arrive à esquiver une des deux attaque, mais la hache m'entaille légèrement le bras. Rien de dangereux, à peine une estafilade. Au deuxième passage, j'arrive à donner un coup de marteau dans le pommeau de l'épée du premier qui la dévie avec tellement de puissance qu'elle décapite le second. Après quoi il ne me faut qu'un instant pour briser le tibia droit du survivant avant de lui planter sa propre épée dans la cuisse gauche. Il tiendra mieux en place comme ça.
J'ai à peine le temps de me redresser qu'une flèche vient se briser sur le mur derrière moi. Je me tourne pour chercher le tireur, mais celui-ci se fait attaquer par Petit et Verrue ensemble, et je n'apporterais rien en les rejoignant. Je me jette plutôt dans le dos de deux types, qui se préparaient à tirer vers ce que je pense être Aeléa ou Kiril, de l'autre côté. Avant qu'ils aient réalisé ce qui se passait, je leur ai brisé la colonne vertébrale de deux coups experts, les laissant paralysés, mais vivants. Du moins j'espère.
Tout à l'air de bien se passer mais je suis interrompu dans ce sympathique carnage quand une boule d'énergie sortie d'on-ne-sait-où vient exploser derrière moi. D'un vif coup d'oeil, j'identifie le lanceur, une grande perche en tenue noire avec un seul bras qui prépare déjà son attaque suivante. Putain de mage. Mais au moins ce n'est pas de la nécromancie, cette fois.
Je m'approche de lui lentement, préparé à esquiver la prochaine boule, qu'il s'empresse de projeter, mais elle passe largement à côté de moi. Qu'est-ce que c'est que ce branleur ? En une seconde, il en a préparé une autre, lancée aussitôt, aussi mal que la première. La troisième suit bientôt, et je n'essaie même pas d'esquiver, tant elle semble suivre la route des deux autres, loin sur ma droite. C'est à la limite de me faire rire, tellement c'est ridicule.
-Qu'est-ce qui t'arrive, connard ? Personne ne t'a appris à viser ? que je demande, en m’avançant vers lui, les bras écarté, pour lui offrir une plus grande cible. Tu es littéralement en train de rater un Orque dans un souterrain !
-Je ne vise pas un orque dans un souterrain, dit-il d'une voix rocailleuse en lançant une dernière boule avant de se reculer en hâte.

Mais c'est qu'il dit vrai ce con ! Il ne me vise pas, il vise le même endroit de la paroi de la caverne encore et encore. Je me retourne, interloqué, juste à temps pour voir sa dernière attaque exploser contre la roche en ouvrant finalement un tunnel qui avait du être scellé auparavant. La fumée retombe lentement, mais j'ai l'impression que ça s'agite, comme si quelque chose se précipitait par cette nouvelle ouverture dans la caverne. Quelque chose de définitivement pas humain. Putain de merde, quoi encore !?
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Gareth Valmort

Le marche-abysse

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Race : Humain
Classe : Lame noire
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Croyances : Nihiliste
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Fiche de Personnage : L'histoire d'une enfance brisée.


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Dim 12 Juin 2016 - 14:13

Même les morts-vivants sont condamnés à l'immobilité, une fois débarrassés de leurs deux bras et d'une bonne partie de leurs jambes. L'immondice plantée sur son épée claqua des dents en glissant un peu plus sur le fil de la lame et Gareth l'expulsa d'un revers de poignet. Un membre de l'ordre, bien vivant, se jeta sur sa droite, en profitant de ce qu'il croyait être une bonne occasion. Le Marche-Abysse l'attrapa de sa main libre tout en tranchant en deux un de ses collègues, puis lui expédia un coup de tête si violent que son heaume craqua. Constatant que la boite crânienne de cette dernière victime n'était plus qu'un gluant souvenir coulant le long de son bras, il lâcha le corps et entreprit de le démembrer méthodiquement, sans vraiment faire attention aux archers tentant de cribler de flèches Kiril, quelques mètres plus loin. La cape blanche avait surprit tout ses collègues en se jetant presqu'aussi violemment qu'eux dans la mêlée. Peut-être était-ce dans le but de se racheter, ou de prouver que sa mort couterait finalement au groupe. Gareth brisa le trident d'un nouvel agresseur, lui arracha d'un geste sec la partie qu'il tenait toujours -ainsi qu'une bonne partie de sa main droite- puis l'envoya valser sur plusieurs mètres d'un revers de gantelet. Ceci fait, le mercenaire perdit un moment sa concentration en observant le guide du groupe arriver au niveau des archers. Kiril avait retrouvé son sourire. Sa lâcheté apparente avait disparue, mais pas son amour pour la souffrance d'autrui, oh non. Peut-être était-ce ça, finalement, sa seule motivation. L'ancienne cape blanche n'aimait pas se battre. Il aimait faire mal. Gareth le fixa, ébahi, se faufiler entre les deux tireurs de l'ordre, esquiver leurs coups avec aisance, pour trancher, avec une précision malsaine, tendons et poignets.
"Y'a un serpent dans notre botte, patron." Avait craché Dumbark à son sujet. Et lui, incapable de considérer cette frêle silhouette comme une véritable menace, il s'était contenté de répondre : "Je pense que nous sommes immunisés à son venin."Mais maintenant que le mercenaire le voyait en action, le doute commençait à montrer son nez. Contre lui ou Le Briseur, l'avorton n'avait que peu de chance...Mais... Ses frappes précises, ses moulinets vicieux. Sa façon qu'il avait de faire saigner son adversaire à chaque coups. Sa maîtrise de l'art du combat dépassait de loin celle des deux frères, sans parler de leurs hommes. Finalement, l'heure d'avant, lorsque Gareth s'était mit entre Kiril et Tarik, le mercenaire avait sans doute sauvé le soudard du tortionnaire, et non l'inverse. Comme cette fouine cachait bien son jeux...
Un terrible boucan le ramena à la réalité et il tourna la tête juste à temps pour éviter un violent coup de faux porté par un espèce de cinglé ricanant, au visage totalement écorché. Tarvitz, qui passait en courant dans son dos, expédia au vaurien -sans ralentir- un violent coup de claymore dans les jambes, le privant ainsi d'une bonne partie de sa cuisse droite. Gareth profita de la diversion pour planter le morceau de trident toujours en sa possession dans la gorge de son agresseur, qui lâcha son arme pour reculer en hoquetant, hagard.
"-Par tout les saints !" Gueula la voix nasillarde de Kiril.
L'exclamation attira une nouvelle fois l'attention du Marche-Abysse et, lorsque ce dernier fit volte-face pour comprendre le pourquoi du comment, son estomac se souleva.
Ca ne ressemblait à rien de connu. Car ça n'avait pas de forme distincte. C'était une ombre grondante, faisant facilement la taille de trois hommes. Ca avait des milliers...Non, des millions d'yeux injectés de sang. Ils parcouraient son corps inconstant en clignant frénétiquement de leurs paupières de ténèbres, et c'était de là que venait ce boucan. Ce bruit de grattement humide. C'était les yeux, qui clignaient sans cesse. Encore et toujours. Gareth hoqueta en s'appuyant sur sa lame pour ne pas tomber à genoux. Incapable de quitter la forme sans forme du regard, le chevalier se sentit aspirer, vider de toutes ses forces. A l'intérieur de cette peau faites d'yeux et de ténèbres, il crut discerner les visages hurlants des pauvres êtres qu'on avait dû mutiler pour créer cette immondice, mais ce n'était pas pour autant que le moindre malaise ne venait faire frissonner sa carcasse. Bien au contraire.
Cette chose...Cette chose qui n'aurait pas dû exister...Elle absorbait ses émotions. Dévorait son esprit. Sa volonté. Et sans colère, sans peur, sans douleur, Sanglot ne pouvait pas l'aider. Il lâcha son épée et s'étala au sol, écrasé par le poids de son propre corps. Du coin de l'oeil, il vit Kiril être soulevé de terre par les bras invisibles de la chose...Puis exploser en aspergeant les environs de ses fluides corporels. Ensuite, Gareth se sentit tirer en arrière et Tarvitz -sa voix était si lointaine !- sembla s'adresser à lui.
"-Arrêtez de la regarder bordel ! Arrêtez ! Aeléa, fais quelque ch..."
Et les ténèbres s'emparèrent de son âme.
Plic ploc. Plic ploc. Plic. Ploc.

Gareth ouvrit des yeux qu'il ne se souvenait pas avoir fermé pour fixer un plafond fait de barreaux et de pierres. Au-dessus, des gouttes tombaient à un rythme irrégulier, pour atterrir sur son heaume et humidifier le tissu recouvrant son visage. Qu'est-ce que...Qu'est-ce qui s'était passé? D'un geste mal assuré, celui qui avait contemplé les abîmes chercha à se redresser en poussant sur ses bras. Peine perdue. Sa vision devenait trouble dès qu'il pensait à bouger ne serait-ce qu'un doigt, et le simple fait de garder les yeux ouverts semblait être un effort surhumain.
"-Ah, tu es réveillé." Ronronna une voix ne lui étant pas inconnue. Dans un ultime effort, Gareth parvint à tourner la tête en direction de l'auteur des précédentes paroles.
"-Ne t'inquiète pas, ça va vite partir." Continua Aeléa, le sourire aux lèvres, en le fixant depuis l'extérieur de la cage. Gareth fronça les sourcils, affichant une moue incompréhensive, et ouvrit sa bouche aux lèvres gercées pour tenter de parler :
"-Que..."
Aeléa ricana longuement et les tempes du chevalier s'enflammèrent lorsqu'il comprit que c'était sa condition qui amusait la prêtresse. La colère raviva son esprit autant que ses souvenirs. Après un nouvel échec de redressement, Gareth discerna la broche pendant au cou de son interlocutrice et pesta intérieurement en serrant le poing. Ce nouveau flot de haine lui redonna la parole.
"-Traîtresse."
A ce moment là, Aeléa abandonna totalement son masque de prêtresse instable pour révéler sa véritable nature en éclatant d'un rire aussi fort que perturbant. Inarrêtable, ses gloussements évoquant d'avantage la maladie mentale que la joie raisonnèrent longuement dans les environs et dans la tête même de Gareth puis, soudain, ils cessèrent abruptement...En léchant ses lèvres pelées, elle se prélassa contre sa cage en caressant les barreaux mécaniquement.
"-Finalement, tu nous auras causé bien moins de mal que cette saleté d'Orque. Avant de vous abandonner lâchement, il a eu le temps de massacrer Angstrum, le meilleur pyromancien du secteur. Toi, tu es juste tombé... hihihi."
En l'entendant pouffer, Gareth se mit à craindre qu'elle ne reprenne son insupportable et interminable rire, mais Aeléa réussit à se maîtriser en soupirant. Ce qui l'énerva d'autant plus. Rassemblant toutes ses forces, le chevalier-mercenaire parvint à pousser sur ses bras et à se redresser suffisamment pour rester prostré dans une parodie de position assise. Il balaya les environs des yeux.
La cage n'était pas grande. Plutôt petite, en fait et rouillée. Pourtant, Gareth la partageait avec une famille entière d'être recroquevillés sur eux-mêmes. Des survivants des raids de l'Ordre sur les caravanes, sans doute. Ils avaient tous le même airs terrifiés ancrés sur le visage...Et pas un seul d'entre eux ne cessaient de fixer Aeléa, ce qui avait d'ailleurs l'air de beaucoup l'amuser.
"-Vous avez tous été si facile à duper. Même ce pseudo-tortionnaire de Kiril n'a pas remarqué que le gosse ne faisait que répéter ce que je lui avais ordonné de répéter, lors de mes "séances de soins"." Dit-elle, apparemment experte en autocongratulations.
Gareth l'ignora, continuant à détailler son nouvel environnement. Derrière la traîtresse se déroulait un spectacle peu banal. Tout d'abord, il y avait le camp de l'ordre du crépuscule, installé dans une plaine de pierre givrée, en contrebas au bord d'un lac souterrain aussi noir que l'âme de ses geôliers. Une trentaine de tentes faites de peaux encerclaient un énorme feu de camp aux flammes mourantes. Quelques ruines humaines étaient visibles parmi les cendres. C'était des silhouettes courtes sur pattes, pour la plupart, plus petites que la normale. Même depuis là, ça se voyait. Gareth se mordit les lèvres, bien que peu surprit par une soudaine prise de conscience. Des enfants. Ils avaient nourris leurs flammes avec du bois...Et des enfants.
Mais ce n'était pas le détail le plus surprenant. Non. Ce prix-là revenait sans le moindre doute aux plates-formes branlantes de bois perchées à une trentaine de mètres au-dessus du lac souterrain, sur lesquelles se dandinaient esclaves et morts-vivants. Tous équipés de pioches, ils frappaient sans relâche un plafond plus fait de glace que de pierre et duquel dépassait une unique et gargantuesque nageoire.
"-C'est un dragon des profondeurs." Lui expliqua Aeléa, sans parvenir à cacher son exaltation. "Un énorme. Le plus gros que nous ayons jamais vu. Mort depuis des siècles. Conservé dans la glace jusqu'à ce jour. Nous allons le déterrer. Et lui confier une nouvelle vie."
Le mercenaire cligna des yeux en fixant la nageoire. Rien que cette dernière mesurait dix bons mètres de longs. Par l'enfer. Il n'arrivait même pas à imaginer la taille du propriétaire de cet appendice !
"-C'est une de nos bandes de pillards qui l'a découvert en fouillant le Dernier Goulet. Tu imagines un peu ce que ça représente ?!"
Gareth grinça des dents.
"-Ca représente un gros cadavre."
Aeléa se renfrogna et sa voix prit un ton cassant :
"-Même la mort ne protège pas de l'influence du Squelette.
-Oh, il est là lui? J'ai toujours rêvé de le rencontrer !" Ironisa Gareth, reprenant peu à peu le contrôle de son corps.
Quelque chose de terriblement mauvais s'anima dans le regard d'Aeléa. De terriblement mauvais, enfantin et triste. Durant un court instant, le mercenaire crut retrouver la gamine confuse qui était venue s'excuser auprès de lui des propos xénophobes qu'elle avait tenue, quelques heures auparavant.
"-Non. Le Squelette et l'Ombre ne se déplacent plus depuis longtemps. C'est à nous de continuer leur œuvre désormais."
Le prisonnier pouffa de rire, narquois.
"-Et quelle œuvre ! Vous pourrissez dans le noir et ne sortez que pour vous ravitaillez en tuant des paysans!"
A ces mots, les formes recroquevillés qui partageaient sa cage se mirent à trembler. Aeléa les regarda en se léchant une nouvelle fois les lèvres, puis se redressa d'un bond. Elle avait abandonné son vieux tabard pour revêtir un ensemble très court, mauve, qui laissait deviner la plus grande partie de son anatomie. Des scarifications rituelles, profondes, étaient visibles sur ses jambes, ses bras, son ventre et son cou. Contre sa hanche pendait une masse d'arme hérissée de piques et dans son dos flottait une longue cape faite en peau humaine. Désormais, la prêtresse avait l'air de n'importe quelle cinglée de l'ordre du crépuscule.
"-J'ai dormi combien de temps?"
Elle fit mine de ne pas l'avoir entendu et passa sa main gauche le long de son crâne lisse pour s'arrêter au niveau d'un tatouage, sur sa tempe, montrant un homme agenouillé face au soleil. Une des représentations les plus connues de Solstice communiquant avec l'un de ses prophètes.
"-Ton épée va me permettre de monter en grade." Fit-elle, en reprenant son sourire d'illuminé. "Le cauchemar ne l'a pas supportée, tu sais? Après que tu te sois évanouis, elle l'a absorbée corps et bien. Pendant un court instant, nous avons crains que tu ne te relèves, animé par une force nouvelle. Mais il faut croire que nous t'avions surestimé."
Gareth était trop fatigué pour répondre à une pique aussi enfantine.
"-Le cauchemar? C'est comme ça que ça s'appelle, ce truc? Quelle originalité..."
Aeléa opina du chef.
"-Ils sont difficile à créer. Mais nous en avions un, oui. Maintenant, il est dans ton épée. Et ton épée sera bientôt à nous.
-Bientôt?"
Elle le fusilla du regard.
"-Dès que nous aurons dissipé sa barrière de protection, oui."
Gareth ressenti un frisson soudain. En un instant, il prit conscience de l'absence de sa lame, de sa probable mort prochaine, de ses plaques d'armures gelées, du froid ambiant, des cris environnant, des rires. Ensuite, il remarqua le corps de Tarvitz, pendu devant sa cage, légèrement calciné. Une partie du crâne arrachée.
"-C'est toi qui l'a tué, hein?"
Elle se contenta de sourire, sans rien répondre.
"-Au lieu de fuir avec l'Orque et son frère quand les renforts sont arrivés, cet imbécile à voulu t'emmener avec lui. Je ne pouvais pas laisser une relique comme ton épée nous échapper."
Après un court silence, la prêtresse ajouta.
"-Ses cris d'agonies ont été délicieux."
Gareth leva les yeux au ciel.
"-Tu ferais mieux de me tuer tout de suite, tu sais. Car si j'arrive à sortir...
-Tu feras quoi?" Grinça l'autre en pouffant. "Ceux qui officient ici ne sont pas des raclures de pillards incapables de faire autre chose que montrer les dents. Ils te découperaient en morceaux avant même que...
-Inutile de me battre. J'aurais juste à faire tomber ces piliers-ci." Le Marche-Abysse pointa son gantelet griffu en direction d'un amas de piliers de soutiens, visiblement conçu à la va-vite, autour duquel officiait une dizaine de morts-vivants. "Ceux-ci, aussi." Il fit de même avec une autre multitude de piliers de soutiens, de l'autre coté du lac." Ou ceux-là." Termina le mercenaire en montrant du menton un dernier groupe, juste à gauche du campement dans la plaine souterraine. "Vu que vous m'avez l'air d'être des abrutis impatients, je suis presque sûr que vous avez commencé à creuser sans concevoir quelque chose d'autres que ces pitoyables morceaux de bois pour éviter que tout vous tombe sur le crâne. C'est pas vrai?"
Elle le jaugea d'un air amusé avant de commencer à s'éloigner.
"-Rêves bien, chevalier. Ce soir, tu seras torturé à mort puis transformé en mort-vivant. Et qui sait...Peut-être que j'aurais enfin l'occasion de m'amuser avec toi."
En observant celle qui les avait tous trahis l'abandonner à son sort en passant au-dessous du macchabé suspendu du pauvre Tarvitz, Gareth aurait dû ressentir désespoir et tristesse. Pas uniquement de la colère. Et pourtant. C'est d'un regard courroucé que le mercenaire jaugea ceux avec qui il partageait sa cellule. C'est avec une violence non-dissimulée qu'il déroba l'une de leurs assiettes à peine entamée pour dévorer le contenu moisi flottant à l'intérieur. Et c'est avec une joie malsaine qu'il s'imagina massacrer la dépouille de cette putain à main nue, une fois dehors.

Et, pendant ce temps, à quelques centaines de mètres de là, dans une tente faite de peau, Sanglot patientait en vomissant sans répit des volutes de fumées noires.
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Dumbark Sang-Noir

Le Briseur

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Race : Orque
Classe : Berserker
Métier : Gladiateur
Croyances : Le Fléau/Dieu de la guerre
Groupe : Le Pays

Âge : 29 ans

Messages : 28

Fiche de Personnage : Qui est le Briseur ?


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Lun 13 Juin 2016 - 7:22

Accroupi, le dos contre la roche glacée, je penche lentement la tête pour cracher méthodiquement dans la petite flaque d'humidité qui s'étend entre mes jambes. J'arrive pas à croire ce qui vient de se passer. Des dix à être rentrés dans cette grotte, nous ne sommes plus que quatre : Tarik, Quatre-Doigts, Petit, et moi. C'est la merde. Tout s'est passé si vite. J'en ai tué un paquet. Dix, je dirais, ou quelque chose comme ça. Dont le mage qui avait ouvert le passage pour... Pour cette saloperie. Qu'est-ce que c'était que cette chose ? Ça a débarqué d'un coup, et en quelques secondes, ce qui était de plus important chez moi avait disparu : ma colère. Plus rien. Disparue, comme avalée par ce truc. Sans rage, que vaut un berserker ? Pas grand chose. La preuve, c'est que j'ai eu aucun problème à abandonner la bataille, alors que j'ai toujours considéré qu'il valait mieux mourir que de laisser un ennemi debout. Tarik m'a pris par l'épaule, alors que je finissais de saigner le salopard aux boules d'énergie, et m'a hurlé de battre en retraite, qu'on se ferait massacrer si on restait. Et j'ai fui. Putain. Je crache un nouveau mollard entre mes jambes, la tête dans les mains. Orque de merde. Berserker de merde. Sang de foutre et enfant de putain. Autour de moi, Tarik est en train de pleurer doucement, un long filet de morve coulant dans sa barbe, et les deux autres se parlent à voix basse d'un air terrifié. Courir dans les souterrains jusqu'à ce qu'on en puisse plus, puis attendre sans un bruit d'être sûrs d'avoir semé tout le monde, se remettre à courir, puis attendre. Avoir une boule dans la gorge et la peur au ventre. Merde. Mon troisième crachat se change inopinément en un filet de vomi, de bile et de sang qui coule le long de mon menton avant que je l'essuie du revers de la main. Courir dans les couloirs. A la mort et à la gloire. A la mort et à la gloire. Pardonne moi, Dieu de la Guerre, car je ne suis que peur et lâcheté. Pardonne moi car j'ai préféré la vie et la honte à la gloire et à la mort. Pardonne moi car j'ai abandonné ceux qui se battaient à mes côtés. Pardonne moi car je n'ai connu ni la victoire ni la défaite. Mais, foutraques, Dieu de la Guerre, pourquoi toujours de la magie dans les batailles ? Je ne peux pas me battre contre les bêtes qui boivent la colère. Je ne pouvais pas me battre contre... ça. Punis moi, Dieu de la Guerre, pour ma lâcheté et ma course. Je ferais couler le sang pour toi. Et je punirais pour toi la trahison. Nouveau crachat au sol, avec toujours un sale goût de bile. Aeléa. Je me ferais des bottes avec ta peau, espèce de putain vérolée. Je me ferais des bottes avec ta peau.

-Prenez vos affaires, on retrouve notre chemin et on y retourne, finit par chuchoter Tarik d'une voix cassée par la tristesse et la haine.

Quatre-Doigts se tourne vers lui avec des yeux grands comme des soucoupes et se met aussitôt à gueuler comme si sa vie en dépendait.

-Y retourner ? s'exclame-t-il. T'es fou, Tarik ! Complètement malade ! Ils ont tué tout le monde ! Dont le patron ! Et Kiril ! On a 'cune chance !
-Rien à foutre, reprend doucement le soldat. Ils ont tué mon frère. Cette putain a tué mon frère. Elle doit mourir.
-Tu es fou, Tarik... répète-t-il. On est que quatre ! Comment est-ce que...

Je l'interromps avant que ses hurlements de gorets ne viennent rameuter tout l'Ordre du Crépuscule en me levant vivement et en plaquant ma paluche sur sa bouche. Il essaie aussitôt de se dégager mais je le tiens fermement par l'épaule de mon autre main.

-Plus doucement, Quatre-Doigt, que je dis. Parle doucement. La voix porte dans les souterrains.
-Écoute moi ! Toi, tu m'écouteras ! dit-il plus doucement une fois que j'ai retiré ma main. Viens, faut qu'on se parle !

Le soldat s'éloigne vivement de Petit et Tarik, qui restent de marbre, et m'invite à le suivre jusqu'à un petit recoin, une douzaine de mètre plus loin, où on ne sera pas entendu en discutant.

-Toi t'as vu, c'qu'y avait là-bas ! reprend-il en essayant de contenir son épouvante. T'as vu, toi ! Tarik est fou, son frère 'tait fou, et qu'on va tous crever si on se casse pas de suite !
-Moins de bruit, que je me contente de répondre.
-Oui, oui, moins de bruit. Écoute, écoute. Tarik nous laissera pas faire, mais qui qu'a dit que c'était le patron maintenant qu'a plus d'patron ? C'toi le patron, m'sieur l'orque. C'que tu décides, c'est c'qu'on fera. Et si Tarik est pas d'accord, c'est lui qu'on le bute !
Je garde le silence alors qu'il s’évertue encore à me convaincre, à la fois paniqué et enthousiaste.
-D'sons qu'on se remonte à trois, sans Tarik, et qu'on dit qu'on s'est pris la branlée, qu'il sont trop forts, et trop nombreux, et trop... Trop pour nous ! Et qu'on s'est fait trahir par la pute chauve ! C'est rien que de la vérité ! Personne nous reprochera jamais d'être remonté ! Personne pourrait faire le boulot ! Et peut-être même qu'ils nous paierait q'même pour notre peine ! Juste à tuer Tarik et...

Il n'a pas le temps de finir sa phrase que ma main s'est de nouveau mise sur sa bouche, plaquée si fermement qu'il ne peut plus dégager sa tête, appuyée contre la pierre. Trahison et fuite. Combat et mort. Calmement, je porte ma seconde main sur sa gorge et, sans grand effort, je le soulève par le cou d'une trentaine de centimètres au-dessus du sol, alors qu'il se débat de plus en plus violemment, plantant ses ongles dans mes bras en essayant de me faire lâcher prise.

-Tu parles trop, Quatre-Doigt. Et Dumbark Sang-Noir ne court pas.
J'ai à peine l'impression de serrer que son cou se brise dans ma poigne de fer, et les soubresauts s'arrêtent presque immédiatement, avant que je me débarrasse du corps en le laissant glisser le long de la pierre. "Dumbark Sang-Noir ne court pas"... C'est pourtant ce que je viens de faire. Mais la culpabilité s'est transformé en besoin de se racheter, et à l'instant, en écoutant Quatre-Doigt radoter sa proposition, un feu s'est rallumé en moi qui n'aurait jamais dû être éteint. Le besoin de tuer, la rage du combat, la voix du berserker. Je me retourne vers Tarik et Petit pour voir qu'ils ont tout les deux les yeux fixés sur moi et le cadavre de Quatre-Doigt à mes pieds. Sans y prêter attention, j'essuie rapidement mes mains pleines de bave sur mon pantalon en me rapprochant d'eux.

-Ton nom ? que je demande à Petit.
-Mon..? Euh... bafouille-t-il comme seule réponse.
-Ton nom, putain, je te demande juste ton nom ! Quel est ton nom ?
-Ah ! Euh... Gherald. Gherald, répète-t-il finalement.
-Bien, reprend-je. Gherald et Tarik. Y a plus que nous trois, mais Dumbark Sang-Noir ne fuit pas un combat. Dumbark Sang-Noir n'abandonne pas un homme bien qui s'est battu à ses côtés. Et Dumbark Sang-Noir tue les ordures qui ont osé le trahir. Trois raisons d'y retourner.
Tarik acquiesce silencieusement à mes mots mais Gherald intervient.
-Qui on abandonne ? Ils sont tous morts.
-Non, pas le patron, répond Tarik. Il s'est juste évanoui devant la bête. Si elle l'avait tué elle aurait fait comme pour Kiril.
Il enchaîne en laissant échapper un bruit répugnant avec la bouche pour tenter de reproduire le son qu'a fait le corps du Cape Blanche en explosant en tout sens. Ça donne quelque chose d'assez ressemblant qui me donnerait presque un sourire aux lèvres. Au moins on est débarrassé de cette ordure-là.
-Ouais, que je reprend. L'est pas mort. Et je partirai pas avant d'avoir vu son corps. Il est tombé devant la bête, et cette pute d'Aeléa a attaqué Tarvitz qui essayait de l'aider, mais ni la bête, ni Aeléa ne l'ont tué lui, et la bête avait plus l'air de se battre avec l'épée qu'avec lui...
-Au moins, elle est morte. Plus que tout les autres à tuer, murmure Gherald, désabusé.
-Qui vous priez ? que je demande brutalement.
-L'Équinoxe et le Dieu de la Guerre, répond Tarik, après quelques secondes.
-Le Solstice, dit le gosse.
-Eh bien aujourd'hui, c'est Dieu de la Guerre pour tout le monde. Ouvrez vos oreilles, fermez vos yeux et répétez après moi : "Dieu de la Guerre. Toi qui nous as modelé, physiquement et mentalement, toi qui a fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui, toi qui nous as toujours soutenu dans les victoires et puni dans nos erreurs. Fais que la victoire soit toujours notre, que nos blessures deviennent des marques d'honneur, que nos armes soit toujours aiguisées, que notre sang ne coule que pour la gloire. Pardonne nous la fuite, pardonne nous la honte. Et si tu ne nous offre pas la victoire, donne nous au moins la vengeance. Fais de nous tes champions, Dieu de la Guerre, et protège nous des morts qui marchent, de la trahison et de la peur-aux-milles-yeux".
Lentement, sans objection, Tarik et Gherald reprennent les mots après moi, et j'ai l'impression que leur voix prend en force au fur et à mesure de la prière.
-A la mort et à la gloire, que j'achève finalement.
-A la mort et à la gloire, répète Tarik, purgé du chagrin, prêt à mourir pour sa vengeance.
-A la mort et à la gloire, dit Gherald avec une force qu'il ne soupçonnait probablement pas.

Après avoir partagé un peu de nourriture qu'on avait préparé, bœuf séché et pain noir, nous voila repartis à arpenter les souterrains encore et encore. J'ai bien l'impression qu'on est complètement perdus. Au détour d'un couloir, on tombe sur un petit nid d'araignées des tunnels qu'on n'avait jamais croisé, d'au moins une cinquantaine de centimètres chacune, mais elles ne sont pas assez nombreuses pour poser un problème, et après avoir nettoyé la zone, on peut au moins rebrousser chemin, maintenant convaincus d'être sur la mauvaise route. Et encore une bonne heure de marche à la lueur bleue des champignons, mais à chaque pas je sens la colère monter à nouveau en moi. Tant et si bien que quand on retrouve finalement le chemin vers la caverne où on s'est pris la branlée quelques heures plus tôt, je serais prêt à mener une guerre à moi seul. On échange quelques mots entre nous, pour confirmer qu'on reconnaît tous bien où on est, à environ dix minutes à pied maximum du lieu de l'escarmouche, quand on s'arrête soudain. Y a eu un bruit. Comme des pas. Sans attendre, on se jette dans un creux un peu reculé en attendant de voir ce qu'il en est. Lentement, une forme se détache de la pénombre et s'approche de l'endroit où on est, en boitant un peu. J'ai l'impression de le reconnaître... Mais oui, c'est un des hommes du groupe, Blondin ! On sort de notre cachette pour venir à sa rencontre.
-Blondin ! que je dis. On te croyait mort !
Pas le temps de répondre, ou de me rendre compte de quoi que ce soit, qu'un claquement sec a retenti, suivi d'un sifflement rapide, et un carreau d'arbalète est venu traverser la tête du gamin et lui planter le crâne contre le mur. Je me retourne avec un sursaut.
-Putain, tu fais quoi, Gherald ! Qu'est-ce qui t'arrive !?
Déjà en train de remonter son arbalète, il me montre le gamin du doigt. Blondin continue à bouger. Il tend les mains vers nous et tente de se dégager malgré le morceau de bois et de métal qui lui a cloué la tête à la paroi de pierre. Et malgré la longue ouverture sanglante qui lui traverse la gorge d'une oreille à l'autre. Merde... On reste un petit moment à regarder notre ancien compagnon essayer de se dégager pour probablement tenter de nous tuer. Putain de morts qui marchent. Y a pas un dieu pour qui ce genre de magie ne soit pas une insulte.
-D'accord, finit par lâcher Tarik. Faut qu'on le découpe avant de repartir.

Enfin, nous voila à quelques pas seulement de l'endroit où on s'est salement fait dérouiller tout à l'heure. On arrive à jeter un coup d'oeil discrètement à ce qui nous attend. La bonne nouvelle, c'est qu'on en a tué un bon paquet et que les autres ont l'air de considérer qu'on n'attaquera plus. Donc ils sont moins nombreux, et on les aura par surprise. La mauvaise nouvelle, c'est que cette fois, il y a tout ceux qu'on a tué plus tôt, plus quelques hommes à nous, qui se la jouent cadavres ambulants. Après quelques mots chuchotés entre nous et un semblant de plan mis en place. On se déploie silencieusement dans la pénombre de la grotte, en essayant de ne pas rentrer dans la lumière des torches, chacun en direction d'une des sentinelles qu'on a repéré. Faut croire qu'on s'en sort pas trop mal, vu que - alors que je brise silencieusement le cou de ce que je crois être un elfe au visage couvert de tatouages - j'aperçois Tarik transpercer le torse d'un autre, un peu plus loin, et Gherald égorger sa cible d'une oreille à l'autre. J'aime pas trop l'infiltration, la discrétion et tout ce bordel, mais faut avouer que quand c'est bien fait, c'est bien pratique. Je compte vite fait sur mes doigts. Trois fois cinq morts qui marchent, en armes. Moins de vivants, dix peut-être, entre ceux qui mangent et ceux qui dorment. J'essaie de repérer le mieux armé, et celui qui a l'air le plus dangereux. Je jette mon dévolu sur un type avec un torse comme un tonneau, pas de nez, et un crâne rasé où il manque un bon carré de peau. Il a de la bonne armure, pas trop d'arme, et l'air de manger ce qu'il y a de meilleur. Je crois que c'est lui qui fait marcher les morts. Un coup d'oeil à Tarik, de l'autre côté du camp, et à Gherald, et on a l'air de se mettre d'accord silencieusement. Lentement, très lentement, je peux voir le gamin épauler son arbalète alors que moi et Tarik nous préparons à nous précipiter dans le camp. J'espère que c'est bien lui, et qu'il va pas le rater, sinon on ira pas bien loin. A la mort et à la gloire.
Finalement, le carreau part en sifflant et vient se planter si fort dans le crâne du type que son corps est projeté en arrière sur un banc où se tenait un autre soldat de l'Ordre. Je me précipite sur le reste des hommes, en apercevant avec soulagement que les cadavres se sont tous arrêtés de bouger et sont retombés au sol. Tant mieux. J'aime pas tuer deux fois les mêmes connards. Sans attendre de voir si Tarik ou Gherald sont en route, je suis déjà sur mes ennemis, et d'un violent coup de pied, j'ai renversé une table sur deux hommes qui n'avaient pas encore eu le temps de se relever. Ils sont littéralement sur le cul de nous voir débarquer comme ça. C'est qu'ils nous croyaient vraiment crevés, ces cons là ! Je vais leur apprendre à ne sous-estimer ni la vengeance ni la rage. En deux secondes, j'ai abattu mon marteau sur les types qui étaient tombés au sol sous la table. Puis j'éventre un troisième d'un coup de hache avant de me faire voler mon troisième par un carreau de Gherald. Sur ma droite, Tarik est au prise avec un type bien plus grand que lui qui lui donne du fil à retordre. D'un revers de marteau, je brise le plexus d'un salopard qui s'approchait de moi armé d'une masse d'acier rouillé, et la puissance du coup envoie son corps rouler dans le dos de celui qui s'attaquait à Tarik, le déséquilibrant juste assez longtemps pour laisser le temps au soldat de le décapiter. Je ne sais pas combien j'en tue, quatre, cinq, six ? La rage est vraiment de retour en moi. Je lance mon marteau sur un type qui cherche à armer une arbalète bien trop grande pour lui et me jette sur une femme aux seins amputés et aux yeux aussi rouges que les miens pour la finir à coup de poings dans le visage. Il faut l'intervention de Tarik pour que je stoppe, car même si la caverne n'est maintenant plus peuplée que de cadavres, et même si je ne frappe plus désormais que sur une pierre recouverte de lambeaux de visage plutôt que sur un crâne, je n'arrive pas à m'arrêter.
Finalement on se retrouve tout les trois, au milieu des corps, à contempler le massacre qu'on a fait. L'effet de surprise, ça change tout. On passe entre les corps, histoire de démembrer ce qu'on peut, quand Tarik pousse un cri de surprise. Il en a trouvé un vivant. Le gosse a eu les deux bras écrasés pendant la bataille, et une poutre l'empêche de bouger, mais après l'avoir soulevée pour le dégager tout le reste a l'air en état de marche. Pour quelques secondes au moins, après quoi Tarik lui enfonce lentement et avec un grand sourire son poignard dans le ventre. Une large tâche de sang apparaît sur la chemise grise sombre qu'il porte, mais il ne pousse aucun hurlement, nous fixant de ses grands yeux bleus.
-Tu ne veux pas crier ? demande Tarik, calmement. Tu vas crier. Tu vas tout nous dire, sale enfant de putain. Venez les gars, j'ai à vous parler.
Il abandonne le gamin comme ça, et s'éloigne d'une bonne vingtaine de mètres, suivi de Gherald. Moi je regarde le gamin, au sol. On devrait pas le laisser comme ça. Ces salopards sont solides. M'est avis qu'il va se lever et nous fausser compagnie. Je me prépare à faire la remarque à voix haute mais Tarik est déjà bien loin et me crie de les rejoindre, vite, que c'est important. Alors moi aussi je laisse le gamin tout seul et rejoint les deux soldats.
-Putain, tu fais quoi, Tarik, que je demande. Le gosse va se casser, faut le surveiller...
-Je sais, Dumbark, je sais. On pourrais pas le faire parler de toute manière. Mais c'est qu'un gamin, pas un haut-gradé, pas du genre d'être un génie. Sûr qu'il va se lever et partir. Ne le regardez pas ! chuchote-t-il vivement alors que je m'apprête à me retourner. Laissez le partir ! Il va nous conduire tout droit au camp, j'en suis sur. En tout cas c'est notre seule chance...
-Mais il va les prévenir ! intervient Gherald. On a aucune chance si ils nous attendent !
-On lui laisse un peu d'avance, on piste ses traces de sang, et on le retrouve avant qu'il soit là-bas. On aura la direction générale de leur camp et eux seront toujours dans le brouillard. Maintenant, Dumbark, sois gentil et lève ton bras droit. Il me cache la vue, et je veux savoir s'il est déjà parti.
Ça me semble une bonne idée, après tout. Ça me semble surtout la seule idée. J'écarte mon bras légèrement et un sourire satisfait apparaît aussitôt sur le visage de Tarik.
-Très bien. Très bien... Je viens de le voir disparaître dans le troisième tunnel, au fond derrière la tente. Laissons lui quelques minutes et essayons de le suivre discrètement. Plus tard on le rattrapera, plus longtemps il nous servira de guide.
Et c'est précisément ce qu'on fait, et pendant au moins trente minutes, on tourne et on retourne dans les souterrains, moins d'une centaine de mètres derrière le gamin, à le suivre grâce aux traces qu'il laisse partout, et quand on le rattrape finalement, il est mort, la perte de sang a fini par le tuer. On démembre son corps avant de continuer. Heureusement il nous a conduit assez loin dans les souterrains et, à part un petit quart d'heure où on s'est engagé dans une voix sans issue, on réussit à rejoindre le camp principal assez rapidement, où on se trouve un petit promontoire à couvert qui nous sert de poste d'observation.

Une immense caverne, un bon paquet de tentes, et des formes qui s'agitent en tout sens, à creuser le plafond autour de ce qui pourrait être un morceau d'animal, si c'était pas si putain de gros... Par tout les putains de dieux, ils sont vraiment nombreux. Au moins dix fois dix, et peut-être dix fois dix encore. Et des esclaves, et des morts, et des prisonniers...
-On y arrivera jamais. C'est la mort pour nous, souffle Gherald.
-Ouaip, se contente de dire Tarik. Ouaip.
-Quand j'ai fait le raid sur le camp de Thark Rouges-Dents, que je commence, on était que cinquante, et on a mis en déroute toute son armée. Connard de Rouges-Dents tuait pas, il mettait en esclavage, tout le monde. Jamais de cadavres, toujours plus de putes et de travailleurs. Ils nous a suffit d'ouvrir les prisons et on lui a mis le feu au cul plus vite qu'une pucelle dans un tournoi.
-Tu penses qu'on devrait libérer les esclaves ? demande Tarik.
-Si on veut foutre le bordel, oui. Feu et esclaves, c'est mes deux idées.
-Y a un grand groupe qui creuse, là... commence Gherald, qui semble avoir les meilleurs yeux dans l'obscurité.
-Seraient trop fatigués, pourraient pas aider, que j’interromps.
-Y en a d'autres ici, mais on dirait des enfants...
-Serviraient à rien. On les libérera après, dit Tarik.
-C'en est d'autres sur la droite, là ? On dirait des femmes.
-Devant les tentes, ça doit être de la viande à soldat. Pareil, épuisées, serviront à rien, tiendront à peine debout.
-Ouais, mais j'pense bien qu'ils ont dû tuer tout les hommes, s'ils sont pas cons...
-Ils ont besoin des hommes, faut creuser.
-Ils prennent les morts, reprend Gherald.
-Pas si ils veulent du bon travail, réplique Tarik. C'est quoi, là ? Cette cavité au fond. Y a du métal qui brille, mais y a déjà une armurerie de l'autre côté.
-On dirait des cages... fait Gherald, plissant les yeux. Des cages et des trucs pointus.
-Torture, que je dis. C'est là qu'ils doivent avoir les plus coriaces.
-Ouais, mais en sale état, dit Tarik.
-Moi je dirais de faire ça, que je dis, en montrant du doigt un chemin imaginaire. D'abord cette grotte qui sert de salle de torture. Puis ces tentes-là, les deux avec des grilles. M'est avis qu'ils y laissent les esclaves, sinon, pourquoi des grilles ? Et s'ils sont pas cons, y en a qui dorment quand les autres bossent, pour qu'ils aient toujours du monde au boulot. Puis on arme tout le monde et en avant pour le bal. Donc torture, esclaves, armurerie, et après on se lâche : tout cramer, et tout tuer.
-Tu... Tu crois qu'on a une chance ? demande Gherald, hésitant.
-Bien sur qu'on a une chance ! s'exclame Tarik. Tout ce qu'il faut c'est être discret le plus longtemps possible !
Je suis pas aussi sûr de ça que lui, mais au moins c'est un plan. Et c'est ce que j'ai trouvé de mieux pour tuer un maximum de gens avant de crever. Alors sans faire un bruit, on descend de notre petit promontoire et on essaie de se rapprocher du fond. Ça grouille de partout, mais on arrive à progresser sur une bonne quinzaine de mètres sans se faire repérer, jusqu'à un creux où on se glisse tout les trois.
-Encore au moins cent mètres à faire, souffle Gherald. Mais lui on le trompera pas.
Il accompagne ses mots d'un hochement de tête dans la direction d'une sentinelle en noir qui fait les cent pas en haut de ce qui ressemble à un échafaudage de fortune. Effectivement, devant nous s'étend une bonne cinquantaine de mètres à découvert en pleine lueur des torches. Un peu de chance peut nous permettre d'éviter trop les regards, mais ce salopard ne pourra pas nous rater.
-Abats-le, que je dis.
-Foutre, si j'fais ça, y a qu'il va tomber comme une pierre au milieu du camp, et la discrétion on se la met au cul.
-On peut se séparer, et y en a un qui va attirer l'attention de l'autre côté, propose Tarik.
-Mes couilles, que je réplique. A trois on a déjà aucune chance, on va pas en sacrifier un, en plus. Tout le monde reste. On passe ensemble ou merde.
-On met le feu à une tente. Ça prendra pas longtemps et...
Gherald n'a pas le temps de finir sa phrase qu'un sacré bordel se fait entendre, genre cris et métal qui s'entrechoque, en provenance de la zone qu'on essaie d'atteindre. Quelque chose se passe là-bas, et ça fait un tel bruit que la sentinelle détourne le regard pour voir ce qu'il s'y passe.
-Courrez, putain, courrez ! que je souffle.

Les mètres défilent sous nos pieds, et le brouhaha venant de la partie de la grotte qui semble réservée à la torture s'est arrêté depuis quelques seconde quand on arrive finalement à se cacher derrière un large stalagmite. Puis silence. On se tient tout les trois, à bout de souffle, à attendre le cri d'alerte de la sentinelle, mais rien. Putain on est passé. Plus qu'une trentaine de mètres. On voit mieux notre objectif maintenant. Une dizaine de cages, dans un renfoncement de la vaste salle souterraine où nous nous trouvons. L'avantage, c'est que l'endroit est isolé du reste du camp, et que si on joue bien notre coup, ils pourront pas donner l'alerte. J'arrive à voir... Je ne sais pas. Trois, quatre gardes ? Ils s'agitent en tout sens, comme s'ils essayaient de rétablir l'ordre.
-Quelqu'un a dû essayer de se libérer là-dedans, souffle Tarik. C'était ça le bordel. Faut pas que ça reprenne quand on attaque, sinon on aura tout le camp sur le dos. Et faut qu'on fasse vraiment discret.
On reprend notre approche, de stalagmite en stalagmite, de plus en plus proches des cages. Les gardes les ont couvertes de larges toiles rouges, du coup aucune idée de ce qu'on va y trouver. Putain, ils nous faut vraiment des renforts... Y a bien quatre gardes. Deux grandes perches armés de lances, un type qui a l'air plus vieux, avec une seule jambe, et un gros monstre avec une masse à la main.
-Bon, demande Gherald quand on arrive au plus près qu'on peut. Je tire sur le gros ou un des deux piquiers ?
-Le gros. C'est toujours le gros, le patron.
-Mes couilles, Dumbark, tu dis n'importe quoi.
-Vise le gros, je te dis, les lanciers c'est des brindilles. Je les tue d'un coup de marteau.
-Très bien, je prends le vieux alors, sourit Tarik, merci de me laisser le plus simple.
-Te fais pas botter le cul avant qu'on puisse t'aider, plaisante Gherald.

Puis l'assaut est donné, alors que le sifflement du carreau s'interrompt aussi brutalement qu'il est apparu, en se plantant profondément dans la graisse au niveau du torse.  Espérons que ça ait réussi à atteindre le cœur. En quelques enjambées, j'ai rejoint les deux lanciers et je fais honneur à ma vantardise en brisant leur deux colonnes d'un seul coup de marteau, si puissant qu'il projette le premier sur le second. Je finis le travail et me retourne vers Tarik qui n'a pas encore réussi à attaquer le vieux, qui se prépare à sonner d'un cor de chasse, à couvert derrière un large écu de bois. Heureusement Gherald le poignarde dans le dos à plusieurs reprises avant qu'il ait pu alerter le reste du camp. Rapide comme l'éclair, on planque les cadavres, laissant le vieux là où il était, assis dans un semblant de fauteuil en bois, pour donner le change aux sentinelles. Après s'être assuré que personne ne s'est aperçu de ce qui venait de se passer, on s'approche des cages, soulevant chacun une toile pour voir ce qu'on trouve dedans. Merde, ils sont vraiment pas en état de nous aider...
J'en suis là quand je suis interrompu dans mes pensées par quelque chose que je n'attendais pas du tout : le rire de Tarik. Suivi des mots suivants : "Honnêtement, patron, j'ai jamais été aussi content de voir quelqu'un !"


HRP : Désolé, c'est fort long, mais il me fallait au moins ça pour te rattraper. ^^
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Gareth Valmort

Le marche-abysse

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Race : Humain
Classe : Lame noire
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Fiche de Personnage : L'histoire d'une enfance brisée.


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Mer 15 Juin 2016 - 17:48

Quelque chose n'allait pas. Gareth s'en rendait bien compte. Ses pensées étaient trop troubles, tout comme sa vision d'ailleurs. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi. Ses souvenirs...Ses souvenirs avaient disparut. Son esprit aussi. Les images qui défilaient dans son crâne n'étaient pas pourvues du moindre sens. De la chair et du sang. De la chair et du sang. De la chair et du...Oui, quelque chose n'allait pas. Vraiment pas. Les dents serrés, il porta ses gantelets griffus à son visage pour se gratter frénétiquement les tempes et tenter de retrouver sa concentration. Trahison. Colère. Ils ont brûlés des enfants. Meurtre. Tuer. Oui. Elle veux le voir tuer. Elle veux qu'il vienne la chercher. L'épée. Sanglot. Ses pensées fourmillent, se glissent en dehors de son crâne. Elles l'abandonnent au rouge, aux visions derrière ses yeux. Au néant et à la soif de sang. Quelque chose ne va pas.
Dans un effort surhumain, le mercenaire parvint à s'arrêter de creuser dans sa propre chair avec les griffes de ses gantelets. Ses tempes étaient en feu. Un regard circulaire suffit pour qu'il se rende compte d'un fait fâcheux. Ses compagnons de cellules... Ces trois êtres soumis qui partageaient son infortune. Ils le fixaient avec crainte. Son comportement faisait peur à ses cul-terreux, évidemment. Evidemment ! Ils n'avaient jamais connu la soif de sang. Jamais éprouver l'enivrant désir de mort. Faibles. Sous-êtres. Des proies. Rien de plus que des proies. Une voix sans voix suggéra quelque chose dans son crâne. "Voles leurs souffrances à l'ordre. Tues-les toi-même. Manges la chair du plus jeune. Baises la femme sur le cadavre du vieux puis égorges-la." Gareth secoua la tête en serrant les poings. Oui, quelque chose n'allait vraiment pas. Le mercenaire ignora les regards terrifiés de ses collègues et attrapa le heaume qu'il avait posé dans un coin de la cage, l'heure d'avant. Enfermer son visage dans une forteresse de tissus et d'acier, voilà ce qu'il fallait faire. Ca cacherait ses pupilles dilatées et la bave qui coulait de son menton. Et ce satané sourire n'ayant strictement rien à faire sur ses lèvres, en cet instant ! Par l'enfer, qu'est-ce qui se passait? Qu'était cette horreur qui gagnait peu à peu du terrain dans son esprit? Sanglot? Etait-ce vraiment la faute de cette fichue épée? Pouvait-il encore s'en convaincre, maintenant qu'elle ne pesait plus sur son dos? Est-ce que la lame noire arrivait à influer sur ses humeurs, même lorsqu'ils étaient séparés? Non.
Impossible. Im...possible.
Tue ! Mutile ! Brûle !
"-Assez !" Gronda-t-il frappant son poing droit contre les barreaux de sa cage. Le choc fit sursauter ses voisins de cellules tout en déclenchant une profonde douleur qui déchira tout son avant-bras. Un mal salutaire. La souffrance dissipa ses divagations pour le rapprocher un peu plus de la réalité. Bien.
"-Je suis désolé." Hasarda le mercenaire, en direction des formes recroquevillées. Personne ne répondit. Peut-être leur avait-on coupé la langue ou les cordes vocales. Ce ne serait pas très surprenant, connaissant l'ordre. Une ou deux heures plus tôt, une jeune femme aux bras couverts de plaies avait réussi à s'échapper d'une cage près de la sienne. Une tueuse sadique l'avait rattrapée alors qu'elle tentait de rejoindre un tunnel au loin, l'avait ramenée près de sa cage. Alors, après avoir fait en sorte qu'un maximum de prisonnier assistent bien à la scène, elle l'avait violée avec un sabre jusqu'à ce que la lame finisse par ressortir par son nombril. Le pire, ça avait été d'entendre les implorations pitoyables d'un jeune gars, sans doute son homme, réduit à regarder, impuissant, l'immonde scène. Une fois les réjouissances terminées, les sbires de la tortionnaire s'étaient approchés des cages pour remettre les toiles rouges sur ces dernières.
Gareth en avait tué un, en passant l'une de ses mains à travers les barreaux pour lui attraper le visage et le frapper contre le métal qui l'encerclait, jusqu'à ce que sa face de sadique ne ressemble qu'à un amas de bris d'os et de dents déchaussées. S'en était suivi un tabassage en règle de la part des autres sbires, déçus de voir l'un des leurs disparaître ainsi, puis un déshabillage humiliant suivi d'une série de cinq coup de fouets pleins de piques, mais il ne regrettait pas. Même si son dos saignait toujours et que son œil droit ne pouvait plus se fermer sans que la douleur qui en résultait ne le fasse grimacer. La prochaine fois, le marche-abysse prévoyait d'en tuer deux en même temps.
Soudain, les ténèbres disparurent. La pâle lueur de la grotte vint à nouveau l'agresser tandis que la toile de sa cage glissait sur le sol. Ses "colocataires" s'empressèrent de manifester leur panique en poussant de petits glapissements terrifiés.
"-Honnêtement, patron, j'ai jamais été aussi content de voir quelqu'un !"
Un sourire affreux se dessina sur les lèvres du mercenaire lorsque ses yeux fatigués reconnurent le visage de Tarik. Il y avait des survivants de la troupe. Puis vint la prise de conscience. Le corps pendu, à quelques pas de là. Le corps désacralisé de Tarvitz. Son frère ne l'avait pas encore vu, chose qui changerait très prochainement. Alors, parodiant l'assaut ayant couté la vie à un sbire de l'ordre, quelques temps auparavant, Gareth passa son bras entre deux barreaux et posa sa main gantelée sur l'épaule de Tarik pour la serrer de toutes ses forces. De bien faibles forces, d'ailleurs, sans Sanglot.
"-Patron?
-Ne te retournes pas et écoutes-moi." Gronda le mercenaire.
L'autre hocha la tête.
"-A quelques mètres de là, sur ta gauche, ils ont pendus le corps de ton frère."
Une grimace trahissant une douleur indescriptible traversa le visage du survivant durant un court instant.
"-Tu vas te sentir obliger de regarder dans sa direction, alors retiens-bien ces paroles : Ne le regardes pas dans les yeux. Ne le dévisages pas." Continua Gareth, tandis qu'il apercevait, du coin de l'oeil, l'énorme silhouette de Dumbark sortir des ombres. "Tu as bien compris?"
Tarik hocha une nouvelle fois la tête puis brisa le verrou de la cage d'un coup de hache. La liberté s'ouvrit de nouveau à lui dans un grincement et il fut sortit avant même que les autres habitants de la "cellule" ne se soient rendus compte de leur chance.
"-Je ne pars pas avant d'avoir tué cette pute." Gronda le Marche-Abysse. Après que son regard ait croisé celui du Briseur, Gareth ajouta tout de même : "Merci.
-Content de vous revoir boss !" S'enquit de dire un des derniers avortons -peut-être même le dernier?- des soldats au service des deux frères, qui ne s'était jusque là pas manifester.
Durant un court instant, le mercenaire fut ému de constater que ces hommes, qu'il ne connaissait pas encore le mois d'avant, avaient osés revenir, traverser le camp de l'ordre, et le libérer. Bien sûr, pour Tarik, ce choix coulait de source. Un frère et une troupe à venger, ça ne s'esquive pas. Mais pour Dumbark et l'autre avorton, qu'importe son nom, la décision avait dû se révéler un peu plus difficile à prendre.
"-Mon frère." Souffla l'ancien déserteur, en s'approchant d'un pas hésitant de la carcasse pendue. Gareth soupira.
"-Tarik..."
Mais Tarik ne l'écoutait pas. Plus maintenant. Fébrile, il marcha jusqu'aux pieds du corps, puis le délesta de l'épée qui pendait toujours contre son flanc gauche. Lorsque le chevalier-mercenaire s'approcha à son tour, ce fut pour se rendre compte que le frère survivant avait les yeux fermés.
"-Je ne le regarde pas dans les yeux. Je ne le dévisage pas, Gareth. Mais c'est avec sa lame que je vais perforer le groin de cette catin, tu m'entends?"
Le concerné hocha gravement la tête. Puis sursauta en sentant d'imaginaires serres d'ombres se refermer sur son crâne. Sanglot l'appelait. Elle désirait tuer... Et implorait son aide. Troublé par ce brusque sursaut d'adrénaline et de colère, Gareth dévisagea ses trois compagnons d'infortunes en tentant de ne pas trop faire transparaître le fait qu'il ne voyait guère plus que des formes floues, à travers un nuage de brume rougeâtre.
"-Il me faut mon épée." Souffla le mercenaire. "Et il nous faut un plan. Libérez les prisonniers.
-C'est ce qu'on avait prévu." Répondit Tarik, les yeux désormais bien ouverts." Gherald?"
L'intéressé hocha la tête, puis se dirigea vers une autre cage pour briser son verrou. A l'intérieur, rien ne bougea. Le quatuor resta silencieux durant un temps, incapable de faire autre chose que fixer les carcasses endoloris se terrant au fond de leurs cellules.
"-Mais sortez bande d'abrutis !"
Gherald s'énerva en agitant les bras de manière ridicule. Gareth secoua la tête.
"-Ils ont peur de nous. Mais ils vont finir par sortir.
-Tu sais où est ton épée patron?
-Pas exactement. Mais je la sens. Elle n'est pas loin."
Un vertige gargantuesque le prit par surprise. Son esprit se mit à vaciller loin de toute vraisemblance, sa conscience l'abandonna l'espace d'un instant. Pas assez longtemps pour que les autres s'en rendent compte. Juste assez pour que son crâne ne devienne qu'un amas de douleur.
"-Je...Gngh...J'ai besoin de l'épée, rapidement.
-Qu'est-ce que c'est que ce bordel?"
La voix provenait de derrière Dumbark. Un type en armure les observait, torche braqué dans leur direction. Gareth se jeta sur lui avant même qu'il n'ait eu le temps de porter sa main libre vers le pommeau de son arme : Une morgenstern rouillée.
Le gantelet griffu du mercenaire frappa dans l'oeil de sa cible et son jumeau de gauche l'attrapa par la gorge pour le précipiter au sol. Là, tout en l'étranglant, le Marche-Abysse abattit son poing libre sur ce visage grossier et répéta l'action assez longtemps pour qu'il n'en reste qu'une gelée de cervelle et de peau écrasée. Derrière, les plus courageux prisonniers commencèrent à mettre un pied en dehors de leurs cages.
"-On les libères tous. Si ils s'animent un peu trop, ceux qui sont au travail se bougeront aussi. Au pire des cas, ça nous fera une diversion. Juste assez pour que je trouve Sanglot.
-Et que je tue cette sale putain." Cracha haineusement Tarik.
Gareth acquiesça, sans parvenir à arrêter les tremblements de sa main gauche.
"-Nos chances de réussites sont tellement infimes que ça me donne envie d'éclater de rire." Nouveau pique de douleur. Sanglot ne riait pas, elle. "Gnh...Je...Si quelqu'un à une suggestion pour améliorer le plan, qu'il le dise. Mais dans un premier temps, 'faut qu'on se sépare. Il faut que certains d'entre-nous ouvre aux prisonniers et que d'autres...Gnnnh...
-Ca va chef?
-Il faut que j'attrape Sanglot. Vite. Occupez vous d'en libérer un maximum et de...Réveiller leurs instincts primaires."
Dans un état second, le mercenaire abandonna ses collègues en courant presque, désormais incapable de penser à autre chose que son épée. Sanglot. Ils lui avaient prises. Ils avaient prit Sanglot. Et pour ça ils allaient souffrir le martyr.

HRP : Petit passage, gros emploi du temps, je me rattrape sur le prochain poste. Laisses-en moi un peu !
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Dumbark Sang-Noir

Le Briseur

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Fiche de Personnage : Qui est le Briseur ?


MessageSujet: Re: [Libre] Une arène en ville   Jeu 16 Juin 2016 - 6:14

C'est bien Gareth dans la cage, mais je n'arrive pas à détacher mon regard du corps de ce pauvre imbécile de Tarvitz, pendu au-dessus de la cage, à quelques mètres seulement de son frère qui n'a rien remarqué. C'est pas joli-joli, il vaut mieux pas que Tarik voit ça, et c'est même la première chose que lui dit Gareth à travers les barreaux. C'est dommage, j'aimais bien les deux frères, précisément mon type de soldats - trop bêtes pour être cruels - et je ne sais pas si le seul survivant sera jamais le même maintenant. Dommage, ouais, dommage. Le cadavre se balance lentement, agité par les mouvements de la vieille corde à laquelle il est pendu. Il manque un sacré morceau du crâne, et ça commence à se vider lentement sur sa joue, à jamais tordue dans une grimace de douleur. Il a été partiellement brûlé, mais pas assez pour dissimuler son identité, ni le calvaire qu'il a dû subir. La colère gonfle en moi, et je ne peux m'empêcher de caresser le Briseur entre mes doigts calleux. J'essaye de me concentrer sur la bonne nouvelle : avoir retrouvé le patron, malgré tout, et justement le voila qui s'extirpe de sa cage.
-Je ne pars pas avant d'avoir tué cette pute, dit-il, avant de laisser glisser un "merci".
-Content de vous revoir, boss ! s'exclame Gherald avec enthousiasme.
-De toute façon, que je lâche, on était pas sûr que tu sois vivant, on était plutôt parti dans une vengeance que dans un sauvetage.
Gherald me jette un coup d'oeil qui veut probablement dire que ça manque de diplomatie, qu'on dit pas forcément des choses comme ça et que j'ai raté une occasion de fermer ma gueule, mais tant pis. En plus l'attention du mercenaire se porte sur le pauvre Tarik qui est allé récupérer l'épée de son frère sur son corps. Je leur laisse ce petit moment de calme et en profite pour jeter un œil à ce qu'on a libéré. Merde. C'était peut-être pas la meilleure idée de commence par ces cages. Les femmes et les hommes là-dedans ont à peine l'air d'être en état de marcher - porter une arme et se battre, n'en parlons pas. Je me tourne vers Gareth pour lui demander ce qu'il en dit, et s'il pense qu'on peut en faire quelque chose, mais je m'interrompt avant de parler. Quelque chose ne va visiblement pas chez lui. En quelques mots, il confirme notre plan original de délivrer les prisonniers, ce que Gherald s'empresse de faire, mais je reste concentré sur lui, pour essayer de percevoir ce qui ne va pas. On a été séparé que quelques heures... Je sais que les types du crépuscule sont pas des rigolos, mais il a l'air solide quand même, il leur aurai fallu du temps pour le torturer vraiment efficacement, et il y aurait des marques. Là, il a juste l'air... J'en sais rien. Ou plutôt si. Magie. Y a de la putain de magie là-dessous. Et j'en suis convaincu quand il réclame à nouveau son épée pour la deuxième fois en trente secondes. Une arme enchantée comme ça, faut pas lui faire confiance, ça finit toujours mal.
Je suis interrompu dans ces considérations par une cinquième voix, qui résonne dans notre dos. Putain, on a pas été suffisamment prudent, quelqu'un nous a repéré. A peine le temps de me retourner et de porter la main à mon arme que Gareth s'est jeté sur le type en armure qui venait de débarquer. S'en suit deux minutes de pilonnage de crâne, le genre de mise à mort pour lequel je suis le plus partial. Au moins, il a l'air de toujours savoir se battre. Et après tout, s'il réclame cette épée fumante c'est qu'il en a besoin. Quelques prisonniers commencent à sortir des cages les uns après les autres, alors que Gareth se relève et nous confirme la suite du plan. Plus il parle et plus j'ai l'impression qu'il va pas bien, comme si quelque chose en lui essayait de sortir et qu'il luttait pour garder le contrôle. Ça ressemble à l'effet de la rage en moi. Je me demande s'il l'entend lui aussi, la voix du berserker. S'il sent l'odeur du sang, s'il entend l'appel de la mort. Pas le temps de trop y penser qu'il nous balance quelques instructions sommaires et part presque en courant dans la direction des tentes. D'accord, quelque chose ne va pas. On le voit s'éloigner quelques secondes sans vraiment savoir comment réagir avant de se regarder les uns les autres.

Je peux dire une chose après toutes ces années passées à me battre, c'est que je ne devrais jamais avoir le commandement au moment de la bataille, ou alors il faut être prêt à avoir beaucoup de pertes, et ce n'est pas le cas maintenant. Au contraire. Les décisions de vie ou de mort ne doivent pas être prises par la rage. Et des quatre soldats ici, j'en compte trois qui entendent l'appel du sang en ce moment. Par la vengeance, par une arme enchantée, par la voix du berserker. Et c'est pas une bonne nouvelle, de se dire que Gherald est bien le plus censé d'entre nous.
-Gherald, que je dis vivement. Suis le. Quelque chose déconne chez le patron, il est pas aussi conscient qu'il devrait. Il est parti sans arme et il a pas mangé ni bu depuis un bail. Emporte une de celles des types qu'on vient de coucher et amène lui, ce sera mieux que rien, et donne lui un peu de quoi se tenir debout. Vois si tu peux l'aider, sinon retrouve nous.
-Compris, souffle-t-il avant de se lancer à la poursuite du chevalier mercenaire, son arbalète dans une main, la masse du gros dans l'autre.

-On fait quoi alors ? demande Tarik.
-Ce qu'il a dit. On libère les prisonniers, on les arme, et on tue ceux qu'on peut tuer.
Je me tourne vers les quelques formes sombres qui sortent péniblement des cages, jetant des regards apeurés dans toutes les directions.
-Écoutez ! que je m'exclame. On est là pour vous sauver ! Et pour cramer ces salopards du culte ! Alors prouvez que vous avez encore en vous quelque chose de grand, quelque chose de fier, quelque chose d'humain ! Rappelez-vous de ce qu'ils vous ont fait ! Rappelez vous la douleur, la torture et la mort ! Et rendez-leur ! Sortez vous les doigts du cul, armez vous et faites leur manger leur merde au centuple ! Le temps n'est plus à la peur...
-Oui, levez vous ! s'exclame Tarik à son tour, brandissant l'épée de son frère.
-Putain, ferme ta gueule, Tarik ! que je lâche. C'est mon moment, là ! Alors tu fermes bien ta gueule et tu me laisses faire le discours.
-Trop long, qu'il dit. On perd du temps pour trouver la pute. Et t'es pas fait pour les longues phrases. Gueule un bon coup, et ils auront le feu au corps, ça suffit.
-Branleur, que je souffle avant de continuer plus haut. Le temps n'est plus à la peur, donc ! Mais à la vengeance ! Et si vous ne voulez pas nous aider... Vous subirez mille fois pire que la mort si on échoue. Alors venez au moins mourir à nos côtés !
Silence dans les rangs. Tout le monde me regarde mais personne ne bouge.
-Trop long, chuchote Tarik.
-Ta gueule.


On a fini par quitter les alentours des cages après quelques minutes, alors que les prisonniers les plus courageux commençaient à peine à s'approcher timidement des armes. Je serais bien resté pour les motiver un peu mais Tarik me poussait au cul et n'arrêtait pas d'interrompre mes tentatives de faire un nouveau discours. Alors merde à ça, ils s'y mettront quand ils seront prêts à s'y mettre. Espérons juste qu'on sera pas morts d'ici là. Pas de nouvelles de Gareth ni Gherald, mais ils finiront bien par réapparaître, j'ai confiance. Nous on part dans l'autre direction, toujours à essayer de se la jouer discrets entre les stalagmites et les piliers rocheux, en direction des tentes qu'on avait repéré un peu plus tôt. J'ai l'impression qu'avoir retrouvé le patron, et surtout le corps de Tarvitz, a fini de réveiller en nous le besoin de tuer : notre approche "discrète" l'est de moins en moins, et ce sera probablement un miracle si personne ne donne l'alerte avant qu'on atteigne les tentes. Cette pensée m'a à peine traversé l'esprit qu'on tombe nez-à-nez avec un type calmement accroupi en train de chier dans un seau à côté d'une large fosse d'aisance. En une seconde, son expression détendue change, ses yeux s'écarquillent et, avant que j'ai pu réagir, Tarik lui a envoyé un grand coup de pied en pleine visage qui le prend au niveau de la tempe. Le type s'écroule inconscient, les yeux grand ouverts, renversant son seau de merde au passage, et c'est sans le moindre égard pour ses bottes que Tarik marche en plein dedans quand il s'avance pour finir le travail.
-Un de moins, que je fais en poussant le cadavre dans la fosse du bout du pied.

Les tentes sont maintenant toutes proches, et on ne pourra plus longtemps se la jouer discrets. On peut voir les esclaves à travers les barreaux depuis le creux où Tarik et moi nous sommes glissés. Je compte sept gardes devant les grilles, et plusieurs fois dix prisonniers dans les tentes. Ils sont couchés à même le sol mais ont l'air en meilleure situation que ceux qu'on a trouvé dans les cages, ils seront probablement d'une plus grande aide.
-Bon, on fait quoi ? On y va ? demande vivement Tarik.
-Feu, que je souffle. Ça va gueuler quand ils vont nous voir. Alors il faut que ça gueule plus ailleurs. Faudrait que tu prennes un de ces brandons, là, et que tu le balances sur une des tentes plus loin. Il faut que ça prenne, et vite. Il vaut mieux que tout le camp se concentre sur un feu que sur une petite évasion chez les prisonniers.
-Dumbark... fait-il doucement.
-Quoi ?
-Le brandon... Le... Le truc en feu. Tu as vu ce que c'est ?
Oui. Oui, j'ai vu la peau carbonisée. J'ai senti l'odeur de la chair. J'ai même fait le rapprochement entre la taille des ossements et les enfants entassés dans des cages plus loin.
-Des morceaux d'enfants, oui. Et ils en brûleront d'autres. Et ils en tueront d'autres. Et ils ont tué ton frère. Maintenant, ferme ta gueule, lance ce brandon sur cette tente, et fais leur payer.
Un silence de quelques secondes.
-Et les gardes ? demande-t-il finalement.
-Merde aux gardes. Merde aux sang de foutre de gardes, merde à leurs bites, merde aux porcs qui ont engrossés leurs mères, merde aux putains qui leur ont donné naissance et merde.
-C'est compris.

On lance l'assaut directement. J'ai l'impression fugace qu'on aurait dû penser ça un peu plus, et que c'est le genre de moment où il faut au moins une personne dans le groupe qui n'ait pas vraiment l'envie inconsciente de mourir. Mais je ne m'y attarde pas vraiment, et la rage me submerge complètement alors que je brise d'un coup de tête la mâchoire d'un joli bout de femme qui s'apprêtait à donner l'alerte. Pas désagréable à regarder. De longs cheveux blonds, une belle poitrine, de sacrées jambes, et pas d'oeil à gauche, juste un orbite vide, probablement vidé au couteau porté au rouge. Du coup, j'ai moins de regret à la finir en lui arrachant les débris de sa mâchoire fracturée pour les mettre d'un coup de poing au fond de sa gorge. Les os s'enfoncent brutalement dans le fin conduit, déchirant trachée, cordes vocales et artères indistinctement. Elle porte stupidement ses mains à ce débris de bouche en essayant de pousser un cri avant de s'écrouler au sol. De son côté Tarik a effectué un parfait lancer, malgré la nature du combustible, et je vois du coin de l’œil une tente de l'autre côté du camp prendre feu soudainement. En espérant que ça occupe un peu les autres pendant qu'on nettoie ici, je ne m'y attarde pas plus longtemps et esquive in extremis la hache d'un des gardes qui allait probablement m'arracher une bonne part de la cage thoracique. En quelques secondes, ça s'est mis à gueuler dans tout les sens, que ce soit à cause du feu ou à cause de notre petite interruption de la grande fête locale. Tarik s'est jeté directement sur un type qui sortait un arc, alors que je sers de cible à l'essentiel des connards du coin, qui n'attendent pas leur tour pour essayer de se manger de l'orque. Quelques larges moulinets de marteau me gagnent un peu d'espace, et font éclater le bras d'un petit rouquin armé d'un fauchard deux fois plus grand que lui. Je joue de la hache et du marteau pendant quelques temps, mais le nombre de blessures et de scarifications rituelles qu'ils ont tous rendent difficile de différencier ce que je leur fais de ce qu'ils se sont fait eux même. Je tend l'oreille et réussit à percevoir au milieu du brouhaha que les cris semblent s'éloigner vers le feu, nous laissant tranquille pour l'instant. C'est une des dernières choses que j’entends distinctement. Le sifflement d'une flèche au-dessus de mon semblant d'oreille finir par me faire passer de l'autre côté, et je ne vois plus que le sang et la mort. Un grand brun aux lèvres amputées me titille de sa lance une fois, puis deux. A la troisième, l'acier s'enfonce dans mon bras. Une nouvelle montée de rage me submerge. Au lieu d'essayer de retirer la pointe, je tire sur la hampe de toutes mes forces, enfonçant le métal plus profondément dans ma chair, mais le salopard, prit au dépourvu et bien accroché à son arme, se trouve projeté vers moi dans le mouvement. D'un mouvement de tête, je lui arrache la gorge de mes dents acérées puis jette son corps sur mes ennemis les plus proches. Ils s'en sortent globalement indemnes, pour quatre bonnes secondes, après quoi le crâne du premier vole en éclat sous le coup de mon marteau. Le jet de sang et de cervelle qui en résulte aveugle les deux autres, et entre ça et le corps de leur compagnon que je vient de leur jeter, ils ne réagissent presque pas quand je les saisis au cou d'une main chacun et brise leur cervicales d'une simple pression. J'attrape le dernier avant qu'il ait pu se défendre efficacement et lui fait subir le même sort qu'à l'autre branleur à l'arène, il y a des mois de ça, j'ai l'impression. Mes deux pouces brutalement enfoncés dans ses orbites, je lui crève les deux yeux avant de lui arracher la langue, mais cette fois, pas de feu, je me contente de l'empaler sur la lance d'un de ses petits amis. Les choses semblent s'être calmées et la colère baisse un peu. A peine, mais assez pour que je prenne le temps d'arracher à mains nues la grille de la tente aux esclaves. Ils se sont tous agglutinés derrière les barreaux, mais se précipitent au fond quand je jette négligemment la porte sur le côté.
-Tuez-les tous ! que je leur crie. Faites les payer !
Tarik avait peut-être raison, je suis meilleur pour les courtes phrases, ou c'est que ces esclaves sont plus en forme que les autres prisonniers, toujours est-il que plusieurs d'entre eux sortent et se précipitent sur les armes au sol. Je me tourne vers Tarik avec un sourire satisfait pour voir qu'il a recommencé à lancer des brandons enflammés vers les tentes les plus éloignées où toute la rumeur du camp en ébullition se concentre.
-Alors, Tarik ! Tu vois ? Partie de plaisir ! que je dis.
Il s'arrête de lancer et se recule lentement de quelques pas sans quitter des yeux une longue tranchée dans le sol qu'il me montre du doigt. Une longue ligne de morts-vivants, os cliquetants et chairs pendantes, s'avance vers nous, dans le chaos le plus complet.

-Voila les renforts, Dumb', j'espère que t'aime l'odeur de la mort.
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[Libre] Une arène en ville

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