''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Les nouveaux maîtres [à demi-libre]

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Tarcus Crudelis

Le bras droit d'Arphoss

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Race : Démons communs (majeur)
Classe : Lame démoniaque
Croyances : Le Vein
Groupe : Serviteurs d'Arphoss [Démons]

Âge : Quelle importance?

Messages : 29

Fiche de Personnage : Les origines de la Lame.


MessageSujet: Les nouveaux maîtres [à demi-libre]   Ven 19 Aoû 2016 - 15:05

(me mp impérativement avant de rejoindre le rp, histoire de voir où votre personnage peux être placé dans le déroulement de l'histoire)
résumé du rp précédent :
 

Aesthis était un combattant hors-pair, vétéran d'un siècle de batailles passés aux cotés de ses nobles frères séraphins. Il avait défié la mort d'innombrables fois, avait été témoin d'un milliers de courageux sacrifices et de lâches abandons. Parmi la phalange de lumière, son détachement, personne, à part peut-être le capitaine Xerès, ne l'égalait en combat singulier. Personne. Ses réflexes étaient trop acérés, ils terrifiaient humains comme inhumains. En un siècle de combat, Aesthis n'avait jamais eu besoin de frapper deux fois la chair du même adversaire. Son premier coup était toujours le dernier. On l'admirait presqu'autant qu'on le craignait, dans la phalange. Il était le champion indétrônable, l'exemple à suivre.
Rien de plus qu'un futur cadavre désormais.
"-M'entends-tu, mon ami?
-Xerès?" Appela la carcasse ayant un jour été un héros.
Emios secoua la tête d'un air abattu. Aesthis ne le vit pas, bien entendu, trop de sang dans les yeux.
"-Oui mon ami."
Le chevalier-capitaine Xerès était mort un quart de siècle auparavant dans d'horribles circonstances. Pour Aesthis, qui était son frère de sang, ça avait été un choc indescriptible. Emios se voyait mal rappeler cet état de fait à son ami, maintenant que son espérance de vie se comptait en minutes. Quelqu'un...Non, quelque chose, avait...Effacé, tout ce qui se trouvait en dessous de son nombril, en arrachant par la même occasion son bras droit. Maeriss avait hurlé en le trouvant comme ça, rampant parmi les aiguilles de pins, tirant de sa seule main valide sa moitié de corps rougie par son propre sang, sans se rendre compte qu'au fur et à mesure de son avancée, il se séparait de tout ce que son corps contenait encore. Une ribambelle de morceaux de chairs trainaient derrière le futur mort découpé, encore relié à ce dernier par une boucle de trippes trop solide pour s'en détacher. Immonde et injuste spectacle. Ce n'était pas ainsi que les héros devaient mourir.
"-Paix, Aesthis." Fit Emios, aussi calmement que possible, en posant sa main sur l'épaule du concerné pour l'empêcher de se trainer d'avantage.
"-Xerès...Je suis désolé...J'ai perdu ta rapière, Xerès !" Le déchirant ton enfantin qu'employait Aesthis manqua de faire défaillir son veilleur. Au lieu de cela, ce dernier poussa un long soupir et éleva ses yeux au-dessus de lui, loin du macabre spectacle. Son regard d'un bleu cristallin se perdit dans les branches et les aiguilles de pins des arbres de la forêt les entourant. Le soleil ne passait pas, évidemment. La lumière évitait les lieux où les habitants du dessus finissaient leurs vies.
"-Ce n'est pas grave...Reposes-toi.
-La chose qui a fait ça est encore là." Grogna le grand Karka, en scrutant les alentours d'un air inquiet.
Le groupe d'éclaireur se rapprocha du corps d'Aesthis pour former un cercle. Maeriss banda son arc, Emios dégaina ses lames jumelles, Karka passa sa main gantelée sur le fil de sa hache à double lame et Noras prépara ses incantations...Non...Quelque chose n'allait pas. L'archère de l'équipe s'en rendit compte en même temps que lui.
"-Où est Firik?
-Il me parlait encore il y a cinq minutes...
-Bon sang.
-Ma rapière..."
Quelque chose émit un long et grave grondement, d'une intensité telle que qu'Emios crut pendant un court instant que le son provenait de plusieurs poitrines. Ensuite vint le silence, uniquement troublé par les gémissements d'Aesthis et les souffles sereins de ses protecteurs. La terreur n'avait pas sa place en leur sein, les séraphins ne tremblaient pas face à la mort. Ils ne ressentaient qu'une colère froide mêlée à une profonde tristesse.
Soudain, quelque chose de lourd tomba d'un arbre pour atterrir, dans un grand fracas, devant Karka. Et la première réaction qu'eut ce dernier fut de déballer un long chapelet d'injures à l'intention de ce nouvel arrivant.
C'était une bête, énorme, écailleuse. Un saurien gigantesque singeant, avec une certaine gaucherie, une posture bipède. Ainsi debout, le lézard devait mesurer quatre bons mètres de haut pour autant de long. Ses deux énormes "mains" se voyaient terminé par de longues griffes toutes aussi inquiétantes que la disproportionnée lame qu'elles enserraient : Un espèce de mur de métal froid couvert de rouille.
Et la bête portait, dans sa gueule, les restes déchiquetés de Firik.
"-Par tout les..."
Le démon émit un autre grondement que ses cousins auraient pu interpréter comme un rire puis cracha le corps mâchonné aux pieds de Karka.
"-Vous allez mourir comme lui."
Emios jura à son tour en détaillant l'armure d'os qui recouvrait le large torse de la bête. La lame d'Aesthis était là, plantée dans sa cage-thoracique sans pour autant la gêner. La puissante toxine qui recouvrait l'arme n'avait pas l'air de causer le moindre soucis aux organes du saurien. Dommage.
Ce fut Noras qui engagea les hostilités, alors qu'il récitait un flot de mot sans le moindre sens, deux rayons de lumières pures s'échappèrent de ses mains ouvertes pour aussitôt traverser l'armure puis le torse du démon. Au même instant, Maeriss tirait ses deux premières flèches tandis qu'Emios contournait l'énorme lame et que Karka se jetait sur cette dernière.
Celui qu'on nommait "Vorasha le sans père" ne se fatigua même pas à esquiver les coups. Ses triples paupières se fermèrent lorsque la première flèche vint frapper sa mâchoire en même temps que les aveuglants rayons de lumières. Ses yeux étaient toujours fermés lorsqu'il bondit sur le porteur de hache pour lui arracher la tête d'un coup de dents. Sa queue balaya l'avorton qui tentait de passer dans son dos en coupant, par la même occasion, un petit sapin présent sur sa trajectoire. Cette chienne d'archère hurla quelque chose à son attention et, toujours les yeux fermés, il la fit taire en projetant sa lame devant lui.
Désormais désarmé, Vorasha gifla sans grand effort le projeteur de lumière avant de finalement s'accorder le droit de recouvrir la vue. Le spectacle sanglant qui accueillit son retour parmi les bons-voyants se révéla particulièrement satisfaisant.
L'archère était la plus morte de tous, si on excluait l'engeance décapitée à ses pieds. Elle avait été coupée en deux verticalement, de l'épaule gauche à la base de la cuisse droite. L'avorton s'étouffait lentement, les pointes de ses côtes brisées profondément enfoncées dans ses fragiles petits poumons. Le presque-cadavre qu'ils protégeaient continuait de se plaindre sans vraiment se rendre compte de la situation. Le mage s'en sortait mieux, malgré le fait que l'os de son coude était enfoncé dans sa hanche. Au milieu des aiguilles de pins, il avait rampé jusqu'à un petit arbre dans le but de s'aider des branches de ce dernier pour se relever sans même faire attention au fait que l'un de ses yeux coulait le long de sa joue.
"-Stupides Séraphins, vous auriez dû essayer de fuir."
L'autre babilla quelque chose d'incompréhensible et un nouvel éclair de lumière vint s'écraser sur le front du saurien, qui éclata de rire.
"-Persévérant, pas vrai?"
Encore un éclair, plus faible cette fois. Vorasha se glissa dans un silence surprenant, pour une créature de sa taille, jusqu'à sa lame à moitié enfoncée dans le sol. Un autre éclair le manqua et fit éclater un grand sapin. Le démon souleva son arme puis se tourna vers le mage désespéré.
Grâce en soi rendue au trône de l'empereur d'Adiryl, le champion Aesthis mourut des suites de ses blessures avant de voir son assassin commencer son festin.

† † †

Un millier de ses frères démoniaques l'entouraient. Chacun d'eux le fixaient avec déférence et jalousie. Même ceux qui n'avaient pas d'yeux. Il était le nouveau roi du monde du dessous. On disait que le Vein lui-même se plierait un jour à lui. Le sol à ses pieds, maculé de sang, absorbaient lentement les corps qui le jonchait. Au milieu d'eux : Le corps tranché en deux d'Arphoss, le faux-souverain. L'imposteur. Celui en qui il avait crut.
Soudain, une clameur sauvage. Ses hommes hurlaient son nom. Si fort ! Ses lieutenants, derrière, riaient à en perdre haleine ! Ils l'admiraient, que l'enfer les maudisse, ils croyaient en lui !
"-Crudelis ! Crudelis ! CRUDELIS !"
Aucune joie ne soulevait son corps. Aucune fierté ne transportait son esprit. Car il savait, ô oui, il savait ce qui allait advenir de son être. Jamais plus en sécurité. Des assassins suicidaires le traqueraient. Des milliers de troupe manderaient ses ordres, chaque jours. Combien de temps avant que ses décisions ne provoquent une nouvelle rébellion? Chacun de ses fidèles le quitteraient pour rejoindre le nouveau traque-roi. Et un jour, ils finiraient ainsi, terrassé, assassiné, sans la moindre gloire. Par un de ses frères démoniaques.

Le terrible songe se dissipa lorsque le tueur ouvrit les yeux pour découvrir le visage fin d'une folle.
"-Vous devriez aller dormir Sire Crudelis."
La comtesse Sheïla le fixait de son regard éteint. Sans passion. Le seul regard qu'elle n'ait jamais affichée depuis la mort de son frère et sa promotion au rang d'intendante. Tarcus gronda quelque chose en se redressant sur le trône d'acier que les cultistes du Vein lui avaient offerts, la semaine dernière. C'était un monstre de métal, taillé grossièrement dans un énorme bloc d'acier. Brut, sans fioriture. L'un des rares présents humains que le chevalier démoniaque avait apprécié.
"-J'ai dormis longtemps?
-Non. Vous ne vous êtes assoupis qu'un instant."
Elle marqua une pause, la bouche à semi-ouverte. Elle voulait lui demander quelque chose, mais ne savait pas encore comment agir avec lui. Amusant. Bien que le Vein l'ait touchée, la comtesse restait marquée par son existence d'humaine et cela ne se voyait que trop dans son attitude.
"-Parles.
-Vous riiez pendant votre sommeil, sire. Puis-je vous demander de quoi vous rêviez?"
L'intéressé attrapa le heaume à ses pieds et le vissa sur son crâne en grondant.
"-Je songeais au futur. A mon futur. Et tu te trompes, fillette.
-Mon seigneur?
-Ce n'était pas un rêve. C'était un cauchemar."
Alors que le démon se levait pour quitter la salle du trône, la porte de cette dernière s'ouvrit à la volée, laissant entrer Bark, précédé par un Vorasha couvert d'un sang qui, comme d'habitude, ne lui appartenait pas. Le démon majeur observa ses frères traverser la longue salle, aucunement gênés par les ténèbres totales qui les entouraient. Après le massacre initial, les conquérants démoniaques s'étaient empressés d'obstruer chaque fenêtres laissant entrevoir un rayon de lumière du château, puis des bâtiments adjacents à ce dernier. Seules les bicoques où vivaient les mortels asservis disposaient encore d'un petit peu de luminosité, bien que leurs habitants se dépêchaient d'éteindre les bougies et de fermer les volets, lorsqu'un des maître daignait s'intéresser à leur demeure. Les ténèbres reposaient la plupart des démons. Elles rappelaient l'instable Vein et ses tempêtes de changements.
"-Tarcus." Le mot n'avait été guère plus qu'un grondement, comme à chaque fois que Vorasha le sans-père ouvrait sa terrifiante gueule hérissée de crocs pour communiquer avec ses semblables.
"-Par pitié mes frères, dites-moi que vous avez quelque chose d'intéressant à me raconter."
Le stoïque Bark croisa ses bras sur son torse couturé de cicatrices et s'arrêta à six mètres du trône, ses huit pattes d'araignées solidement plantée dans le carrelage poussiéreux de la salle. Un signe de respect, de déférence, de la part de l'hybride. Pour lui, seul les gardes d'honneur avaient le droit de s'approcher d'avantage du trône d'un seigneur dirigeant. Le fait qu'aucun garde d'honneur n'ait encore été choisi ne changeait strictement rien pour lui.
Vorasha, lui, continua d'avancer pour s'arrêter brutalement, face à son frère de bataille.
"-Oui, j'ai chassé quelque chose d'intéressant, dans la forêt."
L'énorme lézard décrocha un chapelet de tête pendant à sa ceinture pour la tendre à son interlocuteur. Tarcus haussa un sourcil en attrapant l'intrigant présent.
"-Regardes leurs yeux."
Tarcus s'exécuta en arrachant la paupière droite d'une des têtes. L'oeil du mort ne semblait pas exempt de vitalité, au contraire. Une lumière indistincte brillait dans l'iris. Une lueur surnaturelle.
"-Adiryl."
Vorasha émit un grognement censé évoquer un rire.
"-Une troupe de mages guerriers. Bénis par la lumière de je ne sais quel artefact.
-Pas très efficace comme bénédiction, visiblement." Rétorqua Bark en haussant les épaules. Tarcus sourit et rendit le chapelet de tête à Vorasha, qui le raccrocha à sa ceinture d'os.
"-Nos cousins d'au-dessus s'intéressent à nous. Voilà qui est flatteur. Ils t'ont apprit quelque chose?
-Non, ils n'ont même pas suppliés. Ils ont simplement acceptés la mort."
La réponse du saurien empestait la frustration. Le chevalier démoniaque comprenait cela. Les berserkers ne s'intéressaient pas aux combats honorables. Ils voulaient simplement voir le plus de sang couler, entendre le plus de vaincus hurler. Les morts silencieuses, même d'ennemis redoutables, ne les satisfaisaient qu'à moitié. Elle comblait l'orgueil, mais pas les vices qui dévoraient leurs esprits. Une telle passion pour l'art de la guerre et de la souffrance forçait le respect, d'une certaine manière.
"-Ce ne sont pas des errants, comme celui que le portepeste à tué lors de la prise de la ville. Je peux le sentir depuis là."
Tarcus acquiesça. Bark avait raison. Techniquement, ces têtes n'avaient rien de très impressionnantes, elles étaient sans vie et l'une d'elle avait même été privée de sa mâchoires inférieure. Mais lorsque ses yeux se posaient sur leurs cheveux, leurs peaux, il ressentait comme...Un picotement. Quelque chose d'impalpable, mais de profondément désagréable. Ils ne s'étaient pas encore débarrassé de l'aura d'Adiryl. Et le simple fait d'être en contact avec leurs chairs mortes venait titiller l'agressivité de tout guerrier provenant du Vein. Il soupira et détourna les yeux des trophées du lézard, en soupçonnant ce dernier de garder les têtes à ses cotés uniquement dans le but d'aiguiser sa colère, même dans les instants calmes comme celui-ci.
"-Ils viendraient d'en haut pour nous?
-Nous n'avons pas exactement été des exemples en discrétion, ces derniers temps." Ironisa Bark.
Tarcus hocha la tête pour lui donner raison.
"-Bon, je vais envoyer quelques guerriers fouiller la forêt, surveiller les environs. Vorasha, tu leur indiquera où tu as trouvé les oiseaux?
-Je peux même les accompagner.
-Pas sûr que l'instigation et l'espionnage en toute discrétion soit ton passe-temps favoris, frère."
Vorasha ricana sans rien ajouter.
"-Mon seigneur?"
Tous les regards se posèrent sur la comtesse, qui, malgré ses deux mètres trente, semblaient toutes frêles au coté des géants du Vein. Le monde du dessous l'avait bien modifiée. Ses changements n'étaient pas flagrant à première vue, si on faisait abstraction de sa taille inhumaine et de ses ongles transformés en griffes d'une trentaine de centimètres de longs. Mais lorsqu'on s'attardait un tant soit peu sur sa silhouette ou son visage, on ne pouvait qu'être émerveillé par la grâce et la beauté qui en émanait. Ca arrivait parfois. Le Vein sublimait quelques êtres tout en les rendant plus létaux. Ici, la volonté du monde de dessous avait visiblement été de forger l'humaine pour qu'elle puisse faire ce qu'elle désirait le plus :
Diriger des hommes en les subjuguant.
"-Qu'en est-il des rebelles dont nous parlions, ce matin?
-Je m'en occuperais dans la soirée.
-Des rebelles?" Le ton de Vorasha s'était aussitôt fait plus dur alors que son énorme main droite était venu caresser la hache d'os attachée à sa ceinture.
"-Des imbéciles qui pensent pouvoir défier notre autorité, sous prétexte que nous les enfermons avec nous et que nous enlevons leurs enfants.
-Ces larves devraient nous remercier chaque jours pour les avoir laisser en vie.
-La plupart le font, mon frère, mais pas eux.
-Je viendrais avec toi." Gronda le saurien en quittant la salle de son habituel démarche empressée. Même lorsqu'il marchait, Vorasha donnait toujours l'impression qu'il s'apprêtait à foncer sur quelque chose ou quelqu'un. Tarcus et Bark l'observèrent en silence jusqu'à ce que les portes se referment derrière-lui. Puis le chevalier retourna s'asseoir sur son trône en soupirant.
"-Depuis combien de temps n'as-tu pas dormi?
-Plus ou moins trois semaines."
Court silence. Sheïla leur indiqua d'une petite voix qu'elle rejoignait ses quartiers et quitta la salle à son tour. Bark resta interdit plusieurs minutes, les yeux écarquillés.
"-Le fait que ton sang soit chargé du Vein ne veux pas dire que le manque de sommeil ne va pas finir par te faire tomber, frère."
Tarcus soupira une nouvelle fois et toute la tension des dernières semaines s'échappa de son corps dans ce souffle. Si bien qu'il sembla vider de toute énergie à la fin de ce dernier.
"-Ces derniers temps ont été légèrement...Éprouvant. Il a fallut prendre des décisions, beaucoup. Surveiller celles que les subordonnés prenaient. Lancer des chantiers. Nommer des chefs d'esclaves. Marquer des sections pour le ravitaillement, l'ouverture de failles. Accueillir les nouveaux guerriers, loger ceux qui restent là. Empêcher les plus hargneux des nôtres de dévorer tout les esclaves. Et je ne parle même pas des égouts ou des huit assassins que ces foutus résistants m'ont envoyés hier matin. Comment veux-tu que je prenne le temps de dormir ?"
Bark hocha la tête. Il semblait véritablement désolé pour son frère de bataille, chose qui énervait Tarcus sans que celui-ci ne sache vraiment pourquoi.
"-C'est une lourde tache.
-Ce n'est surtout pas une tache que j'apprécie. Je suis fais pour la guerre, Bark, pas pour les palabres et la préparation. Je n'éprouve aucun plaisir dans le fait de gouverner ! J'aurais voulu être avec Vorasha aujourd'hui, pour goûter au sang angélique une nouvelle fois. Mais non, au lieu de cela, je m'endormais à moitié sur ce trône que je ne désire pas ! J'ai passé la moitié de la journée d'hier à hocher la tête devant des architectes en guenilles et à réfléchir à des choses qui ne m'intéressaient pas dans un état de semi-conscience répugnant. Ce n'est pas ce que je désire, ce n'est pas ce que j'aime !"
Une vague de colère l'envahit subitement et Tarcus chercha quelque chose à frapper. Sur l'un des accotoirs de son trône, il y avait une coupe dorée, sertie de gemmes de rubis. Il l'a broya dans son poing et la jeta hargneusement contre un mur. Bark resta impassible tandis que le métallique objet rebondissait sur le sol derrière. Au bout d'une longue minute, l'hybride lui tourna le dos et alla se planter devant la porte en dégainant sa longue hallebarde.
"-Dors maintenant frère. N’ai crainte, je vais monter la garde."
Tarcus ne le remercia pas, il acquiesça simplement d'un rapide hochement de tête avant de s'allonger sur le sol froid, en armure, les bras posés sur le torse.
"-Réveilles-moi dans la nuit, je dois toujours m'occuper des rebelles.
-Le soleil est encore haut dans le ciel, Tarcus Crudelis. Ne te soucie pas de tout ça et dors maintenant." Répondit Bark.
Mais son ami ne l'écoutait plus, car il dormait déjà.
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Aurelius le Sévère

Grand-Maître des Oracles Rouges

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Race : Oracle
Classe : Oracle-Rouge
Métier : Héraut | Grand Maître de l'ordre des Oracles Rouge
Croyances : Athée
Groupe : Anges

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Fiche de Personnage : Le Sévère


MessageSujet: Re: Les nouveaux maîtres [à demi-libre]   Dim 21 Aoû 2016 - 14:36

La hampe d’une lance tapa trois fois contre le sol immaculé de la salle du conseil. Tenue par un séraphin en armure complète dont l’existence n’avais eu la longueur que d’une fraction de la mienne. Sa voix, forte, grave et puissante tonna comme le ferait la foudre par une nuit silencieuse.

« - Le Grand-Maître de l’Ordre des Oracles Rouges, Aurelius Cineris, dit « Le Sévère » ! »

Deux autres soldats impériaux m’ouvrirent la porte. Je me présentais sans armes, mais vêtu de mon armure. Sous ma capuche, je portais mon casque d’argent et à travers les fentes de ce dernier, je dévisageais silencieusement l’assemblée qui me faisait face. Le commandant-sénéchal avais accompli son devoir et face à moi se tenait tous les représentants du peuple de l’Empire, les plus grands généraux de l’armée impériale, le conseil régnant et dans l’ombre, l’Empereur.

Le protocole étant ce qu’il est, j’attendais l’invitation à prendre la parole et après avoir consulté la figure dans l’ombre, l’oracle présidant ce conseil me fit signe de parler d’un mouvement de main gracieux qui ne parvenais pas à cacher son inquiétude.

« - Votre Majesté Impériale, honorables conseillers, puissants généraux et fier peuple de l’Empire. Commençais-je. Je viens en ce jour me présenter à vous afin que vous puissiez enfin entendre le plaid de mon ordre. »

Je marquai un temps de silence en observant mes interlocuteurs et la figure dans l’ombre sous mon masque. Mon silence invita les représentants du peuple et les conseillers à converser à voix basse. J’attendais patiemment, comme un imbécile maintenant que j’y repense, que le président de l’auditoire m’invite a continuer, qu’étais devenu l’Empire pendant l’exil de mon ordre ? Et dire que j’avais osé espérer que notre acte soit le clairon qui réveillera les valeurs de l’Adyroth dans le cœur de mes compatriotes. Je vois maintenant que mes espérances n’étaient devenues que des déceptions, un long soupir glacial s’échappa de mes lèvres face au manque de discernement des descendants de mes amis d’antan.

« - Le conseil est disposé a écouter votre plaidoyer, maître Aurelius. Fis la voix impérieuse de l’Oracle qui me faisait face, juste en dessous de l’ombre d’où siégeais l’héritier du trône.

- Il y’a trois jours. Dis-je de ma voix puissante pour couvrir toute forme de messes-basses et captiver l’attention de mon auditoire. La phalange de la lumière, l’élite de la neuvième armée impériale commandée par le général Ignatius a été envoyée en mission de reconnaissance sur le monde gris. Je marque un temps de pause. Mes patrouilleurs ont retrouvé les traces de l’unité, ils n’ont retrouvé que du sang, des fragments d’armures et des traces d’une créature Veininan. Comme leurs devoir l’exige. Ils ont remonté la trace de la créature et sont tombés sur ce que mes contemporains craignaient le plus et ce pourquoi j’ai été forcé de purger la Première Légion il y’a plus de cinq millénaires. Conclus-je en un long soupir et en posant mes mains sur mon heaume et le retirant, fixant aux yeux de tous l’ombre dans laquelle la personne de l’Empereur se terrais. Votre Majesté Impériale, honorables conseillers, généraux de l’ost, peuple de l’Empire. La crainte de vos aïeuls s’est révélée juste. Une armée sous le commandement d’un des plus puissants lieutenants du roitelet Dassyldroth Arphoss s’est installée sur le monde gris et ont établis leurs bases dans la ville humaine de Dahomah, massacrant tout ceux s’opposant à eux et réduisant en esclavage ceux qui tentent de leurs résister. J’haussa la voix. Cela ne peut être toléré, votre Majesté Impériale, je vous en conjure ! Levez le ban Impérial ! L’empire a été fondé sur les principes de la bonté, de l’honneur, de la force et de la compassion ! Nous ne faisons preuve d’aucunes de ces valeurs pourtant si chères a Adyroth le Bon en restant terrés dans la cité éternelle ! »

Ma révélation secoua l’auditoire, à en croire la réaction de mes interlocuteurs et la posture soudainement agressive des généraux, eux aussi étaient dans le même état d’indignation que moi. Mais leurs tempéraments séraphins les rendaient nettement moins mesuré dans leurs paroles que moi et rapidement, le débat se transforma en joute verbale. C’est alors que je reconnus la figure colossale de mon vieil ami Ignatius, général de la neuvième armée, battre des ailes et venir se poser à côté de moi. Je ne l’avais plus vu depuis facilement mille ans, plus depuis sa naissance. Il s’inclina en me saluant respectueusement, ce que je lui rendis avant qu’il ne se tourne vers le président qui a son tour haussa la voix. Je pouvais sentir la magie émaner de lui, il amplifiait sa voix avec ses arts. Pathétique.

« - Silence ! L’ordre régnera dans ce conseil ! »

Ses mots furent comme le tonnerre. Je pu voir Ignatius grimacer, visiblement ses oreilles étaient restées aussi sensibles malgré les longs siècles. Bien, c’est important d’avoir de l’ouïe quand on commande.

« - Général Ignatius. Fis le président. Sa Majesté Impériale vous écoute.

- Merci, noble conseiller. Commença Ignatius en s’approchant, commençant son plaidoyer. Mes frères, mes sœurs, votre Majesté dont le règne s’étends au-delà de l’horizon. Je viens a vous aujourd’hui pour vous demander une faveur. Dit-il en commençant à marcher, ses ailes repliées dans son dos. Autorisez-moi à mener mon armée sur ces engeances, ces démons et de si pas libérer, d’au moins venger les descendants de nos ancêtres. Comment pouvons-nous rester isolés maintenant que l’armée de ce roitelet commence à non pas piller mais conquérir le monde que nous avons colonisé il y’a des éons ? Vous connaissez tous aussi bien que moi l’histoire, la dissolution de la première Légion, le décret d’Athenril. L’exil. Dit-il en me désignant d’un mouvement de main respectueux. Des gardiens de nos traditions, de nos valeurs. Ces gardiens dont le maître aujourd’hui a convoqué l’assemblée pour nous mettre face à nos déviances et notre déchéance ! L’Empire des pères de mes pères aurait mené la guerre totale à ces envahisseurs pour protéger, pour assurer la sacro-sainteté de la neutralité de Feleth, je vous en conjure donc encore une fois, Majesté. Laissez-moi venger mes hommes et laissez-moi apporter la rétribution à ces créatures déséquilibrées. »

Un temps de pause fut marqué. Long, silencieux. Je mentirais si j’affirmais n’avoir ressenti que de l’humilité en écoutant mon vieil ami Ignatius prendre la parole aussi spontanément. J’étais fier, oui, je l’admets, de voir que mon pupille s’était transformé en un guerrier aussi honorable et droit dans ses convictions. Un fier général que voilà, pensais-je, un général qui ferait honneur à son ancêtre, que j’avais connu lui aussi. Je regardais un instant autour de moi l’élite du peuple Adyrilien. Je me senti soudainement ancien de ne reconnaître plus aucun visage, je reconnaissais certains traits de mes amis d’antans, des descendants d’une longue lignée dont j’avais vu l’avènement. Tous des enfants, dont la vie n’avait eu la durée que d’un battement de la mienne. Je me perdis dans mes pensées un court instant mais fut rapidement ramené à la situation actuelle lorsque je pu voir une forme descendre de l’ombre et se pencher vers le président du conseil qui hocha la tête.

« - Maître Aurelius, général Ignatius. Commença-il. Sa Majesté Impériale vous refuse la levée du ban, les interventions de la première Légion et sa dernière itération ont été désastreuse, dans leurs sillages, des religions sont nées, des cultes pervertissant la vision du dogme impérial, dogmes qui, nous le pensons, ont mené son commandant à la trahison ultime en plongeant dans le Vein pour y être transformé en l’un de ses vils rejetons. Nous ne pouvons pas prendre ce risque à l’échelle de la neuvième armée. »

Je sentais dans mes tripes une chaleur intense, ma colère grondais, ce qui se trahissait par un froncement léger des sourcils. Je remettais mon heaume et m’inclinais devant le trône impérial, cette humiliation je ne l’oublierais jamais.


_________________________________________

« - Tu sens ça, Arüun ? Grognais-une voix rauque. Ça pue le sang d’ange. »

La forme visqueuse et rachitique du démon qui venait de prendre la parole se dessinais dans l’ombre de la nuit. Une troupe d’une quinzaine de démons, ils étaient tous plus ou moins de même taille, si ce n’étais l’exception visqueuse que j’observais depuis le couvert du feuillage.

« - Vorasha a fait un festin. Lui répondit Arüun en s’approchant des traces de sang et s’agenouillant dans la neige, un grognement satisfait résonnant dans la gorge, il touchait la neige tachée du sang de la phalange de lumière et vint se lécher le bout du doigt. J’aurais tellement aimé être là, mais pourquoi fouiller cette forêt ? On le saurait s’il y’avais des angelots dans les parages, les sentinelles de la muraille surveillent aussi bien le ciel que la terre.

- Ordre de Tarcus. Grogna une forme plus grande que les autres, engoncée dans une armure noire et dons les yeux luisaient d’une lueur maléfique, il maniait une hallebarde dont la lame luisait comme si elle avait été chauffée a blanc. A moins que tu ne veuilles le défier je te déconseille de contester ces ordres en ma présence, Arüun. Continuez à chercher, les séraphins sont disciplinés, ils se sont déjà probablement rendu compte de la disparition de leur unité. Et si vous pensez qu’ils ne vont pas tenter de retrouver leurs compagnons, vous vous trompez. »

J’avais les informations dont j’avais besoin, me redressant, ma lance au clair, je sortis du sous-bois, ma capuche rouge posée sur mon heaume et m’approchais de l’unité de démons qui se tourna vers moi en grognant comme une meute de loups affaiblis par la gale. Posant la hampe de ma lance au sol en les fixant, je pris la parole.

« - Amenez-moi a votre maître. »

Eu-je a peine finis ma phrase qu’une vouge fendais les airs dans ma direction, en une simple esquive, je rattrapais l’arme au vol et la renvoyais sur l’agresseur abasourdi de retrouver son arme logée dans sa poitrine. Un hurlement de rage fut la réponse des démons qui me chargèrent. Aucun d’entre eux n’eut le privilège de s’échapper et d’annoncer mon arrivée. Enfin, cela faisait des siècles que je n’avais pas abreuvée ma lance du sang de ces engeance, chacun des coups de mon arme étais comme un coup de scalpel, précis, rapide et efficace, les enchantements de l’arme la rendait si puissante et le combat si enivrant que je sentais mon aura se manifester autour de moi. Tandis que la lame de ma lance tranchait le bras de l’abomination visqueuse, je me rendis compte de l’évidence, ces démons n’étaient pas coupables du massacre de la phalange d’Ignatius. Qu’importe, il ne restait déjà plus que le commandant de la petite unité, resté en retrait qui m’observait, la hallebarde sur l’épaule. Autour de moi, de l’ichor démoniaque et des cadavres, ma cape pourpre et mon armure argentée immaculée de toute forme de sang. Abaissant ma capuche, je le fixais.

« - Vas-tu toi aussi vouloir me tuer ? Fis-je en le regardant. Quel est ton nom, toi qui fait preuve de retenue ?

- Lokth. Répondit-il en se mettant en garde face à moi. Me prendrais tu pour un imbécile, salopard ? Tu penses sincèrement que je vais t'emmener a notre roi ?

- Votre roi ? Je baissais ma lame un instant en le regardant, dubitatif. Très bien. Prépare-toi, dans ce cas. »

L’engagement fut rapide, le combattant qui me faisait face était expérimenté pour en être sûr, ses attaques maîtrisées, rapide, agile et puissant. Il n’était hélas pas de taille contre moi. Le désarmant en un coup de lance dans le poignet, j’enchaînais ensuite mon attaque avec une simple fente en plein cœur. Son plastron ne résista pas à mon arme dont les fanions pourpres flottaient au vent. Sa mort avait été rapide et honorable, ce démon était mort en guerrier. L’allongeant sur le sol, je mettais ses mains sur son torse et posa sa hallebarde dessus. C’était la moindre des choses que je puisse faire. Continuant ma route, je ne rencontrai plus aucun démon sur le chemin, quittant la lisière des bois. Je remettais ma capuche pour m’approcher de la forteresse. J’étais confiant en mes capacités et ne tentais pas de me cacher, ce serait la plus stupide erreur que j’aurais pu faire. Une des vigiles me repéra et haussa la voix.

« - Qui va la ?! Hurlait-il assez fort pour réveiller toute la montagne.

- Un émissaire. Répondis-je calmement, haussant la voix. Je désire voir votre chef, Tarcus. »
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Deydreus Mograine

Cavalier de la Pestilence

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Race : Démon Commun Majeur
Classe : Cavalier de l'apocalypse
Métier : Maître de la pestilence
Croyances : n/a
Groupe : Démons

Âge : Plus de 200 ans

Messages : 10

Fiche de Personnage : La source de la maladie...


MessageSujet: Re: Les nouveaux maîtres [à demi-libre]   Dim 21 Aoû 2016 - 18:15

Ennui. Voila sûrement le mot qui représentait le mieux ce que ressentait le cavalier depuis quelques jours. La prise de la ville avait été amusante, mais, depuis, le cavalier n'avait fait qu'errer et éliminer quelques pauvrets qui tentaient de résister. Assis sur les gravas qui composaient autrefois l'autel de l'église de Dahomah, le démon parcourait pour la énième fois un grimoire ayant survécu aux incendies, narrant les exploits des envoyés du Solstice. Une allusion aux anges, à n'en point douter.

Sa lecture achevée, Deydreus lança derrière lui le livre sans plus de cérémonie, manquant de toucher Hellienna. Hellienna était une jeune démone que le cavalier rencontra peu après la bataille. Cette dernière attira son attention par son air décharné et cadavérique, et le fait qu'elle semblait se nourrir de la peste qu'il répandait, propageant elle aussi diverses maladies sur ses cibles. Depuis, la créature démoniaque semblait s'être "attachée" au cavalier de la pestilence, le suivant un peu partout semblant clairement adopter sa vision biaisée du monde et lui vouant une adoration certaine. En récompense de sa dévotion, Deydreus lui offrit un petit artefact que les jeunes cavaliers de l'apocalypse utilisaient lorsqu'ils ne savaient pas invoquer leur monture. Le cheval qu'Helienna invoquait à l'aide de ce bracelet ressemblait d'ailleurs à un simple squelette de cheval animé par magie, ce qui lui donnait un air encore plus morbide. Flottant légèrement au dessus du sol, cette dernière grogna lorsque le livre la frôla, touchant le grimoire avant de ricaner en l'observant se décomposer sous le touché pestilentiel.

- Tu pourrais au moins faire attention à moi quand tu te débarrasses de ces livres stupides!
- Hum?

Le cavalier leva alors la tête, se tournant vers la banshee qui se trouvait derrière l'autel, avant de reporter son attention sur un autre livre.

- Tu n'en serais pas morte de toute manière, même une goule formée à partir d'un enfant n'y succomberait pas.
- Ce n'est pas pour autant que je ne ressens pas la douleur. Enfin.. Pas vraiment mais...

Cherchant ses mots, la démone se rendit vite compte qu'elle n'avait plus l'attention de celui qu'elle suivait. Soupirant longuement, elle flotta dans les restes de l'église, observant les autres démons affairés à diverses tâches, avant de venir rapporter un grimoire au maître de la pestilence.

- Que va-t-il se passer maintenant? Tu vas devenir l'envoyé de Tarcus?
- Hahahahahaha.

Le rire du cavalier sonnait particulièrement faux, ce qui sembla effrayer la femme de peste presque autant que les démons alentours.

- Je ne serais plus l'envoyé de personne Helienna. Cela ne m’intéresse plus. Je reste aux côtés de Tarcus par envie, non par "devoir".
- Pourtant, tu sembles... Intéressé par la suite des événements?
- J'ai hâte de voir comment il va réagir face à ce qui lui arrive, et de tous, j'estime qu'il est le plus légitime pour diriger nos armées. Maintenant montre-moi ce que tu apportes.
- Ce n'est pas grand chose, mais les humains semblaient conserver des livres parlant du fléau ayant frappé Madorass, une capitale humaine semble-t-il. Heureusement que ces derniers n'ont pas été brûlés en même temps que l'église...

Un ricanement s'échappa de la gorge du porte-peste, avant que ce dernier n'entame la lecture du livre. Ces pathétiques humains avaient autant que faire se peut limité les dégâts de la maladie. Deydreus regrettait un peu de n'avoir pu assister à ce délicieux spectacle. Plusieurs heures s'écoulèrent ainsi, le cavalier s'abreuvant du savoir humain jusqu'à se lasser. Quittant le tas de gravas qui lui servait de siège, le maître de la pestilence se dirigea vers l'extérieur de l'église accompagnée de la démone, s'arrêtant à l'entrée des ruines, le démon majeur interpella les différents sbires présents.

- N'hésitez pas à user de quelques esclaves si le travail est trop long. Je veux que l'installation soit finalisée dans les prochains jours. Inutile de rebâtir entièrement ces ruines, renouvelez les cryptes, et faites moi juste une entrée digne de ce nom!

Grognant, les démons acquiescèrent avant de se remettre au travail. Montant sur son palefroi, le porte-peste observa la démone faire de même avant de se diriger vers l'ancien château du seigneur humain. Si les démons sur la route s'écartèrent rapidement pour laisser le porte-peste passer, le peu d'esclaves que ce dernier pu observer semblèrent terrifiés en voyant le sol sous sa créature brûler avant de revenir à la normale.
Une fois dans la cour du château, le maître de la pestilence mit pied à terre et pénétra dans le bâtiment. L'intérieur de ce dernier n'avait pas complètement changé depuis l'attaque. Enfin, mis à part quelques décorations plus.. Spéciales, la plupart des dommages causés par les démons avaient été réparés. Vu l'ouvrage, ils avaient d’ailleurs été réparés par des esclaves humains. Il n'y avait pas à dire, depuis la prise de la cité et sa nouvelle gouvernance, les choses étaient assez agréables pour les démons présents. Loin du tumulte du Vein, la plupart des guerriers pouvaient profiter de ce "calme" pour s'affairer à d'autres tâches, comme l'entraînement pour la plupart d'entre eux. Contrairement à ce qu'avait fait Arphoss par le passé, les démons semblaient cette fois "s'allier" et commencer à former une véritable armée. Alors, autant que cette dernière ne soit pas faible, surtout si d'autres forces, humains non compris, se joignaient dans les futures batailles. Deydreus avait même dirigé un des entrainement. Il s'agissait d'apprendre à des créatures parfois complètement différentes d'un corps "traditionnel" à se battre sur une monture, ce fut une action particulièrement fatigante pour le porte-peste, qui eut tout de même l'envie de tous les tuer aux vues de leur médiocrité. La cavalerie était une chose étrangère à un très gros paquet de la population démoniaque, mais le cavalier de la pestilence ne se souciait pas trop de ce soucis là, surtout lorsqu'une bonne partie des démons combattant, étaient capables de broyer un cheval en deux d'un coup de poing ou griffes sans ressentir un véritable handicap.
Tournant à un énième couloir, le porte-peste commenta à monter des escaliers, arrivant bientôt à la salle du trône où l'attendait probablement son ami.

- Les bâtiments humains sont fatigants.
- Tu ne marches même pas sur le sol, tu flottes au dessus, alors pourquoi tu te plains?
- Justement! Imagine un peu ce que ce serait si je serais forcée de poser le pied sur ses marches...  Pourquoi n'avons-nous pas tout brûlé pendant l'attaque?
- Explique moi l'intérêt de faire cela si le but est de prendre la ville et en faire une place forte Helienna?
- Hum...
- Tais-toi à présent.

Marchant en direction de la salle du trône, Deydreus sentit une odeur particulièrement familière envahir ses narines, et la lueur brûlant dans les yeux de la démone à ses côtés confirma ses pensées. Du sang. Augmentant sa vitesse, le porte-peste parvint finalement devant la salle et remarqua des morceaux de corps découpés et répandus un peu partout dans le couloir. A l'autre bout, se trouvait Bark, qui nettoyait soigneusement le sang présent sur son arme. Ce dernier salua de la tête le maître de la pestilence avant de prendre la parole.

- Des assassins de pacotilles. Ils ont voulu profiter de son sommeil pour tenter quelque chose de stupide. Je m'en suis occupé avant qu'ils ne deviennent une petite nuisance.

Ne répondant que d'un hochement de tête approbateur, le maître de la pestilence entra dans la salle du trône, suivi de peu par Helienna qui ne lâcha à Bark qu'une remarque sur le fait que son travail était trop propre et manquait de maladies et diverses pestes. Remarque que l'hybride ne sembla même pas relever. La démone se plaça par la suite près du mur à côté de la porte, observant d'un œil curieux la comtesse qui venait à son tour de pénétrer dans la pièce, arrivant presque simultanément avec le porte-peste.

- Et bien Tarcus! On peut au moins dire une chose de ces rebelles, c'est qu'ils sont courageux. Stupides, mais courageux. Comment se passent tes premiers jours en tant que dirigeant mon frère? L'ennui t'a sûrement fait plus de mal que ces pseudos assassins j'imagine. Je me trompe?

Hrp: La tronche d'Helienna pour les curieux: http://i.imgur.com/c2hIuIP.png


Dernière édition par Deydreus Mograine le Mer 24 Aoû 2016 - 22:36, édité 1 fois
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Tarcus Crudelis

Le bras droit d'Arphoss

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Race : Démons communs (majeur)
Classe : Lame démoniaque
Croyances : Le Vein
Groupe : Serviteurs d'Arphoss [Démons]

Âge : Quelle importance?

Messages : 29

Fiche de Personnage : Les origines de la Lame.


MessageSujet: Re: Les nouveaux maîtres [à demi-libre]   Mer 24 Aoû 2016 - 18:50

Le cœur de la Comtesse se serrait, comme à chaque fois qu'elle quittait ses quartiers pour rejoindre ceux du régent démoniaque. Pour atteindre la protection de Tarcus, Sheïla devait braver une centaine de mètres de couloirs froids, plongés dans des ténèbres éternelles dissimulant sans le moindre doute quelque formes de vies aussi corrompues que terrifiantes. La première fois, elle avait été assez stupide pour croire que ce nouveau régime s'adapterait à elle. Qu'il prendrait des mesures pour amoindrir son malaise. Maintenant, la Comtesse comprenait que ce serait à sa personne de s'adapter à la situation. Les démons n'étaient pas des maîtres faciles, encore moins tolérants. Tarcus abhorrait la peur, elle devait donc l'imiter. Après tout, le Vein faisait partie intégrante de son corps, désormais.
Quelque chose de visqueux se glissa sous une dalle sur son passage. Ses lèvres se retroussèrent dans un rictus dégouté mais elle ne freina pas sa marche dans le dédale ténébreux. Ralentir, c'était offrir aux nouveaux habitants du château l'occasion d'user un peu plus ses nerfs. Alors que la Comtesse pressait le pas, ses sens inhumains perçurent, au loin, ce qui avait l'air d'être les sanglots d'un nourrisson. Puis un espèce de rat à la peau écailleuse sauta d'un pilier sur sa droite pour se faufiler quelque part derrière elle.
La traversée dura six douloureuses minutes. Durant celles-ci, Sheïla manqua de faire demi-tour trois fois, soit deux fois moins qu'à l'accoutumée. Peut-être parce qu'il faisait nuit, cette fois. Depuis sa transformation en engeance du Vein, elle se sentait plus forte, lorsque le soleil se couchait.
Soudain : L'odeur cuivrée du sang frais. En cherchant sa provenance, ses yeux rencontrèrent une imposante ombre arachnéenne. Une ombre rassurante. Celle du plus chevaleresque d'entre eux : Bark.
"-Comtesse." Salua-t-il, comme d'habitude, en fixant avec abattement une moitié de cadavre encastrée dans le mur.
Sheïla lui rendit son salut d'une petite voix et s'immobilisa en repérant les autres corps. Elle se mit à les compter, pour s'occuper principalement, et pour retarder l'inévitable rencontre avec le seigneur Crudelis.
Sept...Ou huit. Peut-être moins, si certains corps avaient été coupés en morceaux. C'était parfois difficile de différencier les cadavres, les tas de linges souillés et les armures dépenaillés abandonnés ici et là, devant la salle du trône. D'autant que certains monticules contenaient encore quelques restes organiques de leurs anciens propriétaires.
"-Des assassins." Souffla Bark."Tremblants, bredouillants. Pitoyables. Ils pensaient à s'enfuir avant même de me voir.
-Combien se sont enfuis?
-Aucun. Vorasha les attendait dehors."
Elle se renfrogna un peu plus, et le visage étrange de Bark s'éclaircit d'un sourire à la vue de son expression.
"-Effectivement Comtesse, cela n'a pas été très beau à voir, ni à entendre. Vous avez de la chance que vos appartements soit si loin de l'entrée du château. Entrez maintenant, nous vous attendions."
Ils l'attendaient? Sheïla dissimula sa surprise sous un masque d'indifférence, en poussant délicatement la lourde double porte. Pourquoi diable l'attendaient-ils? Etait-elle donc en retard? Le seigneur Crudelis était-il mécontent ?
"-Bienvenue Comtesse Valimdor." Gronda la voix du chevalier noir alors que ses pas la menaient dans la gueule du loup.
A gauche de l'entrée, le dangereux la fixait avec animosité. Comme d'habitude. Vorasha ne savait faire que cela. Sheïla l'ignora royalement et concentra son regard sur le centre de la pièce, là où Tarcus et...Le cavalier de peste discutaient.
Peste. On ne pouvait pas vraiment dire qu'elle était en bonne compagnie. De tout les démons entourant le seigneur Crudelis, Vorasha et Deydreus devaient être ceux qui la rebutait le plus. Pendant des heures, des jours, elle s'était occupée en observant avec un plaisir non dissimulé Tarcus s'entraîner, sans armure, avec ses frères d'armes. Ses sens s'étaient enflammés à la vue du corps parfaitement sculpté de son seigneur. Elle s'était mordu la lèvre inférieure plus d'une fois lorsque le torse et le visage du singulier Bark avaient saignés, écorchés par une passe d'arme trop passionnée d'un de ses adversaires d'entrainement. Même ce foutu minotaure sans nom avait réussi à soulever quelque chose en elle, enfoui dans ses entrailles. Mais Vorasha et le cavalier de la peste...Rien.
Le premier, en plus de n'avoir strictement rien d'attirant physiquement, n'était que brutalité et cruauté. Cela se voyait dans ses yeux reptiliens. Dans ses déplacements chaotiques. Dans ses agissements. Et plus que tout, cela s'entendait dans sa voix. La seule chose qui l'empêchait de tuer tout ceux qui lui adressaient la parole était le respect maladif qu'il avait envers Tarcus. Tout les démons "proche" de Tarcus le nommaient "frère", c'était une habitude. Bark, l'amas de ronce dont elle ne connaissait pas le nom, Holvar, bien que cela ne plaise à personne, ils s'appelaient tous ainsi. Mais Vorasha, lui, le considérait vraiment comme son frère. Cela s'expliquait facilement. Ils se connaissaient depuis plus de mille ans. Et depuis plus de mille ans, le lézard avait pu constater que le seigneur Crudelis serait tout ce qu'il ne serait jamais : Un tueur froid, capable de lever une armée. Alors, au lieu de le jalouser, Vorasha l'avait rejoint. S'était placé sous ses ordres. Pour toujours peut-être. C'était Bark qui lui avait raconté cela, d'un ton méprisant bien entendu, comme à chaque fois que ses mots visaient l'énorme saurien.
Deydreus, de son coté, avait beau être plus mystérieux et...Humanoïde. Sheïla n'arrivait pas à l'apprécier. En fait, elle le détestait. Parce que son corps restait froid à sa vue. Ce qui devenait de plus en plus rare, depuis la mort de son frère. Il lui évoquait trop la mort. Cette chienne, qui l'avait privée du seul être capable d'assouvir pleinement la faim qui la dévorait. Cette chose était la maladie personnifiée après tout. Et personne de normalement constitué ne pouvait apprécier son regard scrutateur, dépourvu d'émotion, qui fixait tout et tout le monde en silence.

"-Ne prends pas tes aises sur mon trône, cette fois tu nous accompagnes, fillette." Gronda Tarcus en fixant cette dernière.
Court silence. Vorasha laissa échapper un ricanement évoquant un éboulement tandis que la Comtesse hoquetait de surprise. Deydreus ne bougea pas, perdu dans ses pensées sans doute, peu affecté par la situation.
"-Mon seigneur?" Questionna-t-elle enfin.
Ledit seigneur masqua son agacement pour se diriger vers la sortie d'un pas pressé.
"-Ils doivent voir que vous approuvez ce que je m'apprête à faire."
Vorasha le suivit en manquant d'arracher l'une des portes. Confuse, elle chercha avec un désespoir certain une explication plus précise de la situation du coté de Deydreus...Mais ce dernier se contenta de pencher la tête sur le coté en silence. Alors Sheïla Valimdor se dépêcha de suivre son seigneur, sans même chercher à dissimuler son agacement.

† † †


Toute sa vie, il s'était raté. Dans son travail, avec ses parents, avec ses amis, avec les filles. Même les animaux ne l'aimaient pas. L'intégralité de son existence n'avait été, en y réfléchissant, qu'une succession de lamentables échecs entrecoupés de quelques périodes de léthargie. Oui...C'était exactement ça. Mark n'avait jamais aimé la vie et cette dernière lui renvoyait bien sa haine. Constatant que l'échec l'attendait à chaque tournant de sa misérable existence, l'éternel malchanceux avait prit la décision de ne plus en prendre. Ne rien risquer évitait pas mal d'humiliation. Il se contentait de faire son boulot, de forger quand on lui demandait de forger. De dormir quand on lui demandait de dormir. Un parfait automate. Paisible. Droit dans ses chaussures. Sans cauchemar ni rêve.
Ça aurait pu marcher indéfiniment... Si ces salopards de monstres n'avaient pas soudainement massacrés les trois quarts de la population pour réduire le quart restant en esclavage. La première semaine d'occupation pourtant, Mark avait tenté de faire avec. De continuer son chemin, de prier le Vein plutôt que Solstice, comme on lui demandait si gentiment. Puis était venue la disparition d'Annette.
Annette, une jolie fille. Pas son amie, car il n'avait pas d'ami, mais quelqu'un qui avait l'air de, plus ou moins, l'apprécier, lorsqu'ils se croisaient. Elle souriait tout le temps, qu'importe les circonstances. Et ça, ça c'était bien. Un seul des sourires de la belle pouvaient illuminer une semaine entière de travail pénible. Mark était comme ça. Il appréciait la beauté naturelle, la contemplait...Mais jamais, ô grand jamais, il ne la convoitait. Le simple fait de désirer l'amour d'une femme suffisait à ce que le malheur lui retombe dessus. Et Mark ne voulait pas que ça se passe comme avec les autres avec Annette, non, il ne voulait pas. Alors le forgeron s'était contenté de la contempler, toujours, tout le temps.
Jusqu'à ce qu'ils la prennent, un soir. Sans que personne n'entende, ni ne voit, rien. La nouvelle avait fait l'effet d'une bombe dans le crâne de Mark. Annette? Qui pouvait bien vouloir s'en prendre à Annette? Elle n'avait aucun ennemi ! C'était forcément...Forcément...Ces fils de putes de tueurs sanguinaires. Ceux qui prétendaient être les nouveaux maîtres, jamais clément mais toujours juste, pas vrai? Ca ne les avaient pas empêchés de pendre le corps tremblant d'un pauvre abbé sur les murailles, pendant huit jours, simplement parce que ce dernier continuait de prêcher ce en quoi il croyait.
Le lendemain de la disparition d'Annette, les membres amaigris de la rébellion l'accueillaient parmi eux. A la tête de ces derniers : Husbern. Un grand type, franc, dur, droit dans ses bottes. Tout le monde l'admirait, parce que c'était facile de l'admirer. Le chef de la rébellion, enfin, celui chargé de soulever ce quartier de la ville, était tout ce que la plupart des gens d'ici n'étaient pas, ou plus. Grand, fort, déterminé. Son regard d'un bleu quasi-surnaturel rassurait autant qu'il terrifiait. C'était un ancien soldat en convalescence, que le patron de l'auberge à coté de sa forge avait planqué dans sa cave à vin le jour de l'attaque. Le genre de type pas fourbe mais tout de même rusé, qui n'avait franchement pas mit longtemps pour contacter les autres réseaux de résistance. Il ne se montrait que rarement, bien entendu. Les autres résistants racontaient qu'ils ne sortaient que la nuit de ses planques, pour chasser les démons mineurs furetant dans les fermes, à l'Ouest.
"-Ils arrivent." Souffla l'éclopé, un mendiant toujours assit contre le puits de la place. Il y eut quelques chuchotements, puis le crève-la-faim reprit, dans un grand éclat de rire : "Ils arrivent...ahaha...hihihi..."
Mark fronça les sourcils en se retenant de cracher par terre. Les toussotements de ce type lui donnait la nausée. Et ses rires ne ressemblaient qu'à ça maintenant : Des toussotements. Sans le moindre contrôle. On avait tout le temps l'impression qu'il se préparait à cracher un poumon quand ça commençait.
Un homme encapuchonné chassa du pied le mendiant hilare puis gueula quelques injonctions pour rassembler la populace du quartier. Mark le connaissait celui-ci. Et il ne l'aimait pas. Personne ne l'aimait, sauf les autres types de sa secte. Adorateur du Vein et du Mal, ces gens-là étaient parfois plus cruels et retors que les maîtres lorsqu'ils trouvaient un rebelle. On ne pouvait pas vraiment leur en vouloir en même temps. On leur avait donné l'ordre d'éduquer la population. Et si cette dernière se rebellait, alors cela voulait dire qu'ils les éduquaient mal. Et donc qu'une punition était de rigueur.
Les punitions des maîtres étaient souvent du genre...Permanentes.
"-A genoux bonnes gens ! A genoux devant vos maîtres !" S'égosilla l'encapuchonné, sa voix tremblante trahissant une vraie panique. Parce que personne ne s'agenouillait. Personne. Les trois-cent-trente habitants du quartier restaient debout, bien que rassemblés comme il le désirait, juste face à lui.
"-Qu'est-ce que vous faites...A genoux ! A genoux, larves ! Imbéciles ! A genoux, par l'enfer !" Reprit l'autre, accompagné par deux de ses comparses sortis d'on ne sait où.
"-L'enfer, tu le prie maintenant, traître !"Gueula quelqu'un. Mark se retint de pouffer en se demandant comment diable pouvait-il avoir envie de rire à un moment pareil.
"-Paix." Ronronna une voix que personne ne connaissait.
Le forgeron bouscula son voisin de devant pour mieux voir le nouvel arrivant. A première vue, ça avait l'air d'être un homme. Mais en vrai, aucun doute sur le fait que ce soit un des maîtres. La couche d'os qui masquait la partie gauche de son visage n'était pas un masque, non. C'était quelque chose qui avait poussé sur et dans sa peau. Ca lui donnait un air étrange, grotesque mais terrifiant. Un maître, oui. Indubitablement.
"-Paix." Répéta la chose. "Ce n'est pas ta faute si ces brebis égarées ne s'exécutent pas et nous le savons. Tu n'as aucune raison de trembler ainsi, mon loyal petit."
L'encapuchonné qui s'égosillait la minute d'avant bredouilla une dizaine d'excuses et de remerciements pour finalement s'agenouiller à son tour. La chose au demi-masque d'os s'éclaircit la voix en faisant tourner une petite boule de feu crépitante autour de sa main droite. Il marcha jusqu'au centre de la place, alors même que les bruits de pas lourds de ceux qu'ils attendaient se faisaient entendre, dans son dos.
"-Messieurs dames. Vils asservis incapables de savoir quand courber l'échine. Le Seigneur Tarcus Crudelis et la Comtesse Sheïla Valimdor ont décidés de venir jusqu'à vous, en ce soir, pour tenter de comprendre la raison de votre...Mécontentement. Aucun débordement n'est conseillé. Mais, à vrai dire. Ca me ferait vraiment plaisir qu'il y en ait un, alors ne vous retenez pas trop."
Le premier à sortir des ombres se révéla être le seigneur Crudelis lui-même. Mark ne l'avait vu qu'une fois, de loin, lorsqu'il avait ouvert la porte principal avec la magie de sa bague. Mais il savait que c'était lui. A cause de son casque grimaçant aux yeux incandescents, à cause de ses deux cornes démesurées qui pointaient vers les cieux. Le seigneur actuel de Dahomah était la représentation exacte de tout les seigneurs du mal habituellement vaincus par les héros cités dans les écrits du saint Solstice. Ce n'était pourtant pas le plus désagréable à regarder. Non, ce prix revenait à celui qui le suivait. Le cavalier de la peste. Hissé sur son énorme destrier. La source d'innombrables maladies semblaient sortir par à-coups de son armure, sous la forme de petit nuage pestilentiel. Le simple fait de le regarder faisait mal aux yeux. Le petit des Auriel s'était amusé à le fixer longuement, deux semaines auparavant, fasciné qu'il était par son armure. Ca lui avait déclenché une conjonctivite s'étant par la suite compliquée. Maintenant il était aveugle. Pour toujours sans doute.
"-Tarcus Crudelis, seigneur de Dahomah et bras droit d'Arphoss. Deydreus Mograine, cavalier de la peste." La chose au masque les présentait rapidement à eux, avec le sourire bien entendu, et en oubliant de mentionner la chose flottante accompagnant le cavalier. "Sheïla Valimdor, notre splendide comtesse."
Mark s'interdit de centrer son regard sur la dernière citée. On disait qu'elle ensorcelait au premier regard. Que des hommes et des femmes s'étaient suicidés en la voyant, incapable de supporter sa beauté. On disait que contempler ses yeux condamnait à la folie de la servitude.
"-Et...Hm. Vorasha."
L'énorme Saurien venant d'être cité grogna quelque chose en forçant son énorme carcasse à rester en position debout. Il n'y avait rien à dire sur celui-ci. C'était Le Dangereux. Tout simplement.
La présence de ce dernier compliquait les choses. Compliquait le plan. Le défi que la ville entière souhaitait envoyer au visage de ses faux-maîtres. Mark secoua la tête et se mordit la lèvre, soudainement en proie au doute. Ce n'était qu'un test après tout. Un simple test.

† † †

"-Bon. A genoux maintenant." Gronda Tarcus.
La foule obtempéra aussitôt et Vorasha éclata de rire. Les deux premiers rangs placèrent leurs mains sur leurs oreilles pour tenter d'apaiser la puissance du son. Bien, ils n'étaient pas stupide. Ils défiaient l'autorité des sectaires, pas la sienne. Pas directement. Pas encore. Intéressant.
"-L'un de vos résistants, entre deux glapissements, à cracher un nom hier soir. Un nom que votre Comtesse bien aimée m'a reporté. Husbern. Selon ce résistant, ce serait lui, le meneur du "soulèvement" dans ce quartier-ci. Toujours selon ce résistant, ce Husbern serait un genre de héros, très populaire parmi vous. Aimé de tous. Est-ce vrai?"
Personne ne répondit, bien évidemment. Pas fous, les moutons se contentaient de courber l'échine en silence. Quelle bande d'agaçants imbéciles. Tarcus soupira et retira son casque avec une lenteur calculée. Aussitôt : Trois carreaux d'arbalètes et une flèche volèrent en direction de son crâne découvert....Avant d'heurter un mur invisible, à mi-chemin, et de s'écraser au sol. Comme prévu. Agacé, le chevalier noir remercia le mage Holvar d'un hochement de tête et dit :
"-Poursuivons, Holvar.
-Avec plaisir mon seigneur." Siffla l'intéressé en agitant ses deux mains. Le champ de force disparut et des forces invisibles tirèrent les lâches assassins hors de leurs cachettes.
Ils étaient trois. L'un d'eux possédait d'ailleurs une magnifique arbalète à répétition, malheureusement dépourvue de munitions adaptées. Un gâchis certain. Mais en y réfléchissant l'intégralité de cette affaire n'était, finalement, qu'un fichu gâchis.
"-Bien, je suppose que ceux-là pourront répondre à votre place, messieurs dames."
L'un des attrapés fut jeté aux pieds du seigneur démon sans plus de cérémonie. Après un court silence -durant lequel l'assistance serra les dents en appréhendant, sans doute, ce qui allait suivre- Tarcus se pencha vers le petit homme et grinça :
"-Quel est ton nom?
-Mathis.
-Bien, Mathis. Ne m'oblige pas à répéter ce que j'ai dis plus tôt et réponds-moi, simplement. Est-ce que c'est vrai?
-Oui."
Le chevalier noir laissa échapper un ricanement outrageusement provocateur.
"-Une réponse directe, franche. Et sans ciller en plus. Ca me donne envie de te récompenser, tiens. Et que personne ne vienne dire après cela que je ne suis pas généreux !" Il jeta son casque à Holvar, qui dût l'attraper à deux mains pour ne pas se tordre un poignet. "Tu veux me tuer pas vrai?" Tout en questionnant l'esclave, l'ancien mercenaire retira son plastron et ses gantelets en dessous desquelles se cachaient une peau grise, malade, et couturée de cicatrices. La Comtesse se mordit la lèvre à sa vue. L'un des encapuchonnés apparut à la droite du dénommé Mathis pour lui tendre une dague cérémonielle. Plus loin, on faisait de même avec ses deux comparses. Holvar, de son coté, repoussait d'avantage les témoins innocents de l'affaire.
"-Laissez de la place à votre seigneur pour son petit entraînement quotidien, voulez-vous?"
L'un des encapuchonnés ne put s'empêcher de trainer sa carcasse près du masque d'os pour poser une question stupide :
"-Le seigneur semble courroucé.
-Oh, il l'est." Ricana le mage. "Beaucoup, beaucoup trop pour le bien de beaucoup, beaucoup de mortels."
Quelques minutes plus tard, Tarcus se tenait torse nu, tête nue et gorge offerte au milieu de la place, encerclée par plus d'une centaine d'esclave. Il n'avait pas d'arme, à l'inverse des trois assassins qui lui tournait autour, l'air confus, incapable de se décider à attaquer le titan face à eux.
"-Vous voulez me tuer, hein?! Vous voulez tous me tuer ?! Hé bien, qu'est-ce que vous attendez?! Venez ! Je n'ai que quelques êtres loyaux qui m'accompagnent alors que l'armée de la résistance m'observe, ici, je le sens, pourtant rien ne se passe. Rien ! Êtes-vous des hommes, ou bien des chiens? Venez !"
Les trois assassins s'exécutèrent. Seulement eux. Personne d'autre ne tenta de se ruer sur le démon majeur pour lui prendre la vie. Et les trois assassins moururent pitoyablement, sans assistance, sous les regards honteux de ceux qui supportaient leur cause.
"-Tout ceci." Reprit Tarcus sur le ton de la conversation, une fois son massacre finit."N'est, bien entendu, qu'une énième démonstration brutale et parfaitement gratuite de ma perfection confrontée à votre écœurante fragilité." Il se releva, abandonnant le corps sectionné en deux de sa dernière victime, et cracha une masse informe de chair mâchonnée au milieu de laquelle était enfoncée une vertèbre."Il n'y a rien à dire de plus. Vous êtes faible. Nous sommes fort. Et c'est pour ça que vos tentatives d'assassinats vont toujours échouer. Second point important à aborder : Qu'Husberd...
-Husbern, monseigneur." Reprit la Comtesse en tendant les gantelets de son armure le sourire aux lèvres.
"-Qu'importe." Il attrapa les gantelets pour les attacher à sa ceinture puis entreprit de remettre son plastron. "Que votre soi-disant leader, ou son porte-parole, m'explique pourquoi diable il tente de m'assassiner à chaque demi-journée.
-Nous voulons savoir ce qui est advenu des femmes et des enfants monseigneur !" Hurla quelqu'un.
Las, Tarcus, tout comme le reste de l'assistance, dirigea son regard vers l'homme à l'origine de cette phrase. Un petit gars, d'environ un mètre quatre vingt, peut-être plus, peut-être moins. Aux cheveux poivre-et-sel mais au visage jeune. Squelettique. Pas très beau à première vue. Un avorton.
"-Tu n'as pas l'air d'être un fervent partisan de la rébellion.
-Non monseigneur, je suis juste un homme qui s'inquiète. Mais nul doute que je tiens là l'origine de la rébellion, si je puis me permettre de donner mon avis.
-Il n'a pas peur." Grogna Vorasha, presque admiratif. "Ca se sent, même depuis là. Quelle étrange petite chose."
Tarcus sourit. Longtemps. Sans rien ajouter, en fixant le petit homme. Une fois sûr que ce dernier n'avait absolument aucune envie de tourner les talons et de partir en courant, il fit craquer son épaule droite et remit son heaume en place.
"-Ton nom?
-Mark, mon seigneur.
-Je n'ai pas ordonné qu'on enlève des enfants et des femmes, si c'est ce que vous insinuez. Comme Holvar l'a annoncé la semaine dernière, les coupables étaient des démons séparatistes, que j'ai tué de mes propres mains." Mentit-il, sans la moindre difficulté. "L'affaire est close. Il n'y a plus eu de disparition depuis. Votre absence de reconnaissance frôle d'ailleurs l'hérésie.
-J'en suis conscient mon seigneur et je m'en excuse...Cependant, je me risquerais à ajouter que le retour des dépouilles des disparus pourrait éventuelleme...
-Tu ne veux pas voir les restes, petit homme." Sourit Tarcus, son regard toujours rivé sur l'intéressé.
"-Laissez-moi en juger, mon seigneur..."
Vorasha gronda longuement, Holvar rit ouvertement et le seigneur des lieux pouffa.
"-Bien. Je t'emmènerais, toi et seulement toi, face aux restes de ces pauvres âmes. Nous ne te ferons aucun mal, tu as ma parole. Mettez-le de coté. Nous irons le chercher au matin."
Les membres des sectes du Vein traversèrent la foule aussi vite que possible pour en extirper le petit homme, qui se laissa faire sans opposer la moindre résistance.
"-Dernier point. Je veux qu'Husbern se dénonce d'ici deux jours. Sans quoi je raserais un quartier, au hasard. Et je ferais très mal à tout ses habitants. On dit que c'est un héros et je tiens à le vérifier. En attendant, je vais juste prendre quelqu'un dans cette foule et le tuer de la plus lente manière possible, parce que vous m'avez défié.
-Vous ne pouvez pas faire ça!"
Nouveau silence. Tarcus pointa le regard incandescent de son heaume sur celui qui venait de prendre la parole, un blondinet mal dégrossis et imberbe.
"-Ah? Et pourquoi?
-Je suis Husbern."
Vorasha traversa la foule...Ou plutôt, la foule disparût à son approche pour le laisser atteindre le jeune homme.
"-Redis ça, j'ai mal entendu." Gronda le saurien.
"-Je suis Husbern.
-Hm. Quelle détermination. Dommage qu'elle n'arrive pas à masquer le tremblement de tes genoux."
Tarcus allait lever le bras pour donner un ordre d'exécution lorsqu'une autre voix se fit entendre :
"-Non, je suis Husbern."
La lassitude du démon majeur gagna en intensité alors qu'il devinait ce qui allait advenir. Déjà, une femme grassouillette dont même un aveugle sourd muet et dépourvu du sens du toucher n'aurait pas voulu sortait de la foule pour prononcer, à son tour :
"-Non, je suis Husbern !
-Non, je suis..."
Il les écouta tous. Les vingt-quatre imbéciles qui s'avancèrent pour tenter je ne sais quel retournement de situation rocambolesque. Le comique de la scène ne lui échappait pas, pas plus qu'à Deydreus d'ailleurs, qu'il avait entendu pouffer sous son heaume au deuxième "Je suis Husbern". Sans doute voulaient-ils devenir des martyrs, des héros s'étant sacrifiés pour le bien du plus grand nombre. Pour réveiller la foule.
Quel monstre serait-il pour les priver de ce rêve.
"-Vorasha."
Il y eut un claquement. Puis plusieurs hurlements et quelques sanglots. La partie supérieure du corps du blondinet fut projetée en direction de Tarcus, qui ne bougea pas d'un cil lorsqu'il s'écrasa derrière-lui pour ramper fébrilement, encore incapable de prendre conscience que l'on venait de le priver de ses jambes.
"-Saisissez tout ces poètes en devenir et faites leurs mal. Très mal. Assez pour qu'ils deviennent des martyrs si la population le désire. Mais surtout, assez pour qu'ils deviennent des foutus exemples. Holvar, je compte sur toi pour défier le vrai Husbern en tourmentant ses frères et sœurs jumeaux en publique.
-Comptez sur moi monseigneur.
-Je veux qu'ils crient encore au matin, quand je m'endormirais. Et le soir prochain, à mon réveil.
-Ils chanteront même."
Tarcus fixa Holvar un court instant. Sa joie était manifeste. Le désir de faire souffrir les mortels se voyait dans ses yeux. Si ce foutu mage n'était pas un être que le chevalier noir appréciait pour ses prouesses guerrières ou pour sa compagnie, il était forcé d'avouer une chose : Dans le domaine de la souffrance, c'était un artiste. Ils hochèrent la tête d'un air entendu, puis, alors que Tarcus s'apprêtait à partir, le tortionnaire l'attrapa par l'épaule.
"-Si vous voulez que ce soit vraiment spectaculaire, faites moi parvenir des guérisseurs."
Le seigneur de la cité sourit.
"-Bien sûr."
Puis il partit, suivit par la Comtesse et Vorasha, précédé par Deydreus et sa chose flottante. Abandonnant les incriminés aux scalpels et à l'esprit dérangé d'un tortionnaire beaucoup trop souriant.

† † †

"-Tu te souviens Deydreus, lorsque tout à l'heure j'ai prétendu que je m'habituais peu à peu à ce poste? Je t'ai menti mon frère. C'est sans doute la chose la plus accablante que j'ai fais de ma vie. Ces humains sont aussi grandiloquents que faibles. Leurs manières me dégoute. Ils sont esclaves et se croient capable de fomenter mon meurtre, à moi, un démon majeur ! Improbable. Insupportable.
-Mon seigneur !"
Tarcus leva les yeux au ciel avant de les rediriger vers le nouveau venu, épuisé, qui se tenait agenouillé devant l'entrée de la salle du trône. Il aurait juré voir Deydreus sourire sous son heaume, à sa droite.
"-Oui?
-Un homme, sans doute natif d'Adiryl, demande à vous parler.
-Ah, et les manières de ces foutus anges me fatiguent tout autant. Faites-le venir, dans ce cas. Oh et prévenez la Comtesse...Bark aussi, et Vorasha bien entendu. Nous ne voudrions pas être les seuls à saluer nos vieux cousins ici.
-Bien sûr mon seigneur."
Une fois le nouveau venu disparut, Tarcus s'enfonça un peu plus au fond de son trône pour fermer les yeux durant un court instant. La fatigue revenait et avec elle l'agacement allait gagner en puissance. Calme, il fallait rester calme. Tuer l'émissaire, le messager ou qu'importe soit le grade de l'envoyé d'Adiryl n'était pas nécessairement la meilleure solution, bien que la plus satisfaisante. Tenir les anges à l'écart pouvait être une bonne idée. Et pour cela, un arrangement sans assassinat devrait être fait. Calme. Rester calme. Oui.
"-Mon frère, peux-tu s'il-te-plait demander aux domestiques de préparer un banquet? Je tiens à accueillir ce messager comme il se doit."
Les démons échangèrent un ricanement fatigué puis Tarcus referma les yeux pour apprécier pleinement les premiers cris arrachés par Holvar, en bas.
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Aurelius le Sévère

Grand-Maître des Oracles Rouges

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Fiche de Personnage : Le Sévère


MessageSujet: Re: Les nouveaux maîtres [à demi-libre]   Dim 28 Aoû 2016 - 17:30

Le son de mes pas résonnait dans la cour principale de la demeure de mon ordre, la Citadelle des Catacombes. Les murs puissants bâtis a même la roche d’où je pouvais apercevoir les chevaliers-sentinelles de l’Ordre me saluer en s’inclinant. Bien que la fureur qui avais élu domicile au sein de mon cœur ne s’était amenuise, perdre mon regard sur les statues monolithiques des empereurs d’antan et des héros dont l’ascension avais été ma création avait un effet presque relaxant. Le séraphin Haerion Lige-de-Lumière, la haute-elfe Valkia la Sage, Worren le Vengeur, l’élû et tant d’autres dont le nom a été oublié de tous si ce n’est de nous. Si ce n’est de moi.

Je pourrais rester ici des heures à énumérer leurs faits d’armes, leurs accomplissements, leurs désirs. Je les avais tous connu, tous des êtres d’exceptions qui auraient fait d’excellent frères-chevaliers si leurs espérances de vie avaient égalé celle des Oracles. Tous ces grands législateurs, ces grands guerriers, ces grands mages, ces grands êtres qui pars leurs volontés propres avaient honoré l’esprit d’Adiroth le Bon et a travers lui, l’Empire.

Tous ces efforts, balayés comme de la vulgaire poussière par la nonchalance de mes descendants. Je me tournais et levais la tête vers la statue d’Athenril, que la postérité avait nommé gracieusement « Le Législateur » pour ses actions durant la grande crise. Ma fureur bouillonnait, les millénaires avaient transformé mon outrage en colère et ma colère en haine. Au point tel que parfois, j’oubliais pourquoi je n’avais pas soutenu la Première Légion, elle et l’Ordre avaient été toujours liées par le sang, par les valeurs et par le devoir. Mais je sais pourquoi j’ai fait ce que j’avais a faire. Je n’ai fait qu’honorer mon serment envers l’Empereur, l’Empire et le Peuple. Je pouvais sentir mon héritage s’enflammer dans mes veines, mon aura se manifestais à mon insu. Inspire, expire, focalise-toi sur l’influence douce d’Adiryl, ne renie pas ton lignage, accepte-le comme il doit être, un vassal à ma volonté.

« - Aurelius ? La nouvelle de la décision du conseil nous est parvenue avant ton retours, comment te sens-tu ? »

Redressant la tête et me tournant vers le frère qui m’avait interpellé, un sourire se dessina sous mon heaume en reconnaissant la figure amicale et vieillie du seigneur-sénéchal. En le voyant, je décidai d’ôter mon heaume et de le porter sous mon bras, me décoiffant pour le rassurer sur mon état passager.

« - Le conseil des Oracles n’a fait que confirmer nos craintes, Lucius. Lui répondis-je avec un sourire triste. Les descendants de nos frères d’antan n’ont cessé de se complaire dans la douceur d’Adirothyl depuis la réclusion de l’Empire. Il n’y’a que l’Armée menée par nos cousins Séraphin qui maintiens les valeurs qui ont fait la puissance de l’Empire, marches donc avec moi, mon ami. »

Nous continuions notre marche silencieuse sous le regard des héros et des empereurs d’antan. Échangeant par moments quelques craintes que nous partagions.

« - Que penses-tu de la situation sur le monde gris, jeune Lucius ?

- Oh ! S’exclama-il. Aurelius, vieil ami. Il me regarda avec compassion, je souriais car malgré les apparences, j’étais son aîné de plus de deux mille ans. Dahomah est tombée, Aurelius. Si le secret de l’existence de l’Empire doit être préservé, la ville devra être rasée, l’armée des démons massacrée et les survivants... Sa voix s’était faite triste, voir son corps ainsi affaibli par le poids des années m’emplissait d’une sincère tristesse.

- Hors de question, Lucius. Dis-je fermement en le fixant. Nos descendants du monde gris ne méritent pas de mourir pour le jeu cruel des conseillers de l’Empire, ils préféreraient laisser aux Veininan l’opportunité de devenir des dieux aux yeux des enfants de mes frères. En n’agissant pas ou en suivant cette décision politique de ne laisser aucun survivant, l’Empire cours au désastre. »

J’inspirais un long moment avant de soupirer.

« - Lucius, préviens-le. Qu’ils soient prêts, lui et ses frères.

- Tu en es sûr, Aurelius ?

- Oui, que les Immortels se tiennent prêts à intervenir. Fait ouvrir une faille vers Feleth, Lucius. »
____________________________________________________________

« - Ouvrez la porte bande d’incapables ! Rugissait une voix bouffie. Ouvrez ! Ou je vous dévore le foie ! »

J’inspectais les remparts avec une certaine appréhension. Je ne me voilais pas d’illusions, ils savaient que j’étais un Adirylien, les Veininan le sentent comme nous les sentons. Je m’étonnais néanmoins de la discipline dont ils faisaient preuve, dans mes souvenirs, les invasions de ce genre que nous n’avions pu empêcher se finissaient dans le Vein dans une orgie de sang et de dépravation. Cherchaient-ils l’ordre, pourquoi s’installer ici ?
Une douzaine de gardes en armure noire, équipés d’hallebardes semblables à celle que maniait Lokth, sorti de l’ombre du corps-de-garde. Cet équipement dénotait surement l’appartenance à une unité ou à un rang d’officiers. Intéressant, j’observais mon escorte d’un air suspicieux, tenant toujours mon arme fermement comme un bâton de marche, j’étais prêt, l’ouverture d’une faille ne me prendrais qu’une fraction de seconde. Mais non, l’un d’entre eux me salua d’un mouvement de tête et lâcha d’un timbre guttural.

« - Émissaire, le Régent Tarcus accepte de te rencontrer. Il grommela quelque chose que le vacarme des remparts couvrait. Suis-nous. »

Inclinant la tête à mon tour, je fus entouré par la douzaine de guerriers et nous nous mirent en marche vers ce que j’avais deviné être le donjon seigneurial. Je pouvais sentir la haine, le dégout et l’amusement de mon escorte, surement prévoyaient-ils d’être témoins du massacre d’un émissaire Impérial par leurs nouvelle tête couronnée ? Je souriais en détaillant la démarche de chacun d’entre eux, il est possible d’en apprendre beaucoup sur eux. Le deuxième Veininan en tête marchais lourdement, son langage corporel trahissait une rage intense, rage intense qu’un simple ordre de son roi pouvait déchainer ou apaiser. Ainsi, tandis que le trône et ses conseillers étaient restés oisifs dans leurs complaisances, ce Roi avait monté une armée unie par sa personne et le sang versé pour leurs conquêtes.

Nos armées, si l’Empereur voyait la vérité, pourrait les écraser en une journée. Aussi puissant soient-ils, ils n’étaient pas encore assez nombreux pour résister à la fureur d’Adiryl, hélas pour les habitants de Dahomah, le géant d’Adiryl s’était endormis il y’a plus de cinq mille ans, forcé a un sommeil voulu éternel par celui qui devais le diriger et le mener à la gloire.

« - Qu’est-ce… »

Je tournais la tête vers la voix qui venait de s’élever. Un humain regardait notre étrange procession avec une fascination étrange. Il n’était pas encore corrompu, mais dans un état déplorable. Un esclave présumais-je, comme toute les pauvres âmes a jamais plongé dans le tumulte du Vein pars leurs geôliers infernaux.

« - Venez-voir ! »

Une autre voix s’était élevée et rapidement, ce fut une petite foule qui nous épiais depuis les ombres, terrifiée par mon escorte comme le serait un chien battu par son maître. Je faisais un effort pour masquer mon aura Adirylienne, peut-être était-ce le legs d’Adiroth qui siégeait en ma poitrine qui me donnais cet air à leurs yeux, peut-être étais-je à leurs yeux une lumière que l’on aperçoit qu’entre les barreaux de sa prison. Comme un message divin. Cette idée me répugnait et me rendais furieux, au point tel que je décidais de manifester mon aura cramoisie, les gardes de mon escorte eurent un mouvement de recul en me croyant hostile, j’inclinais la tête pour leurs montrer que ce n’était rien.

« - Que fais-tu, l’émissaire ?! Hurlais le garde a la démarche lourde. »

La foule s’était dispersée, pour l’instant, je me tournais vers celui qui m’avait adressé la parole au corps-de-garde.

« - Je ne fais rien qui vous mette en danger, vous ou votre seigneur. Continuons, je ne voudrais pas Le faire attendre. »

Les gardes me regardèrent avec méfiance avant de secouer la tête, ils savaient très bien qu’ils pouvaient me tuer si le moindre de mes gestes trahissait une quelconque forme d’hostilité. A leurs yeux, je n’étais qu’un messager engoncé dans une trop belle armure, un parvenu venu négocier un quelconque traité avec leurs roi, traité qu’il ne respectera probablement pas.

Enfin, nous arrivions au donjon, le chemin avais été comme je l’imaginais, les cris des humains au loin, parfois le claquement d’un fouet ou parfois, une abomination courant après une quelconque jeune-fille pour la dévorer ou pire encore. Mais la clef-de-voute de ce rassemblement infernal se trouvait devant moi. Derrière ces portes noires qui me faisaient face. Les soldats entraient et moi, je retroussais les narines, il n’y’avait pas une odeur plaisante dans cette demeure. Nous avancions dans les longs couloirs, certaines dalles étaient molles, certains murs recouverts d’étranges taches qui m’évoquaient le sang et d’autres horreurs qui feraient tourner le ventre de n’importe quel jeune Adirylien inexpérimenté. Heureusement, je n’étais ni l’un ni l’autre. Des portes s’ouvraient et je pouvais sentir l’enchantement de mon armure réagir à quelque chose. Je grimaçais en pénétrant dans la salle. Mon escorte se divisa en deux jusqu’à me laisser seul face à la personne que je désirais voir.

« - Seigneur Crudelis. »

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Deydreus Mograine

Cavalier de la Pestilence

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Race : Démon Commun Majeur
Classe : Cavalier de l'apocalypse
Métier : Maître de la pestilence
Croyances : n/a
Groupe : Démons

Âge : Plus de 200 ans

Messages : 10

Fiche de Personnage : La source de la maladie...


MessageSujet: Re: Les nouveaux maîtres [à demi-libre]   Lun 29 Aoû 2016 - 18:27

- Préparer un banquet? Mais... Seigneur... En si peu de temps?

Le domestique semblait paniqué, de longues gouttes de sueurs glissant le long de sa nuque tandis que Deydreus se tenait face à lui et qu'Helienna voletait dans la cuisine, ricanant doucement.

- Je me moque du temps que vous avez. Les délais ne sont pas négociables.

La voix du porte-peste fit tressaillir de nouveau le domestique qui hurla sur ses seconds pour commencer la préparation du fameux banquet. Deydreus étira un large sourire sous son heaume. Ils accueillaient un Adyrilien ici, chez eux, et ils l'accueillaient comme un "invité". Si l'envie d'aller directement voir cet intrus afin de le jauger, et s'il le faut, le tuer, le cavalier ravala ses pulsions, la curiosité de l’événement dominant amplement le reste. Quelque chose perturbait enfin l'ennui qui frappait le maître de la pestilence, aussi s'attendait-il à ce que cet invité soit à la hauteur de ses espérances, et non pas juste un pauvre pigeon angelot envoyé par ses supérieurs parlementer. la banshee qui accompagnait constamment le cavalier vint alors près de lui, toujours en train de rire doucement.

- Nous devons ajouter quelque chose au repas? Quelques... Épices, peut-être?
- Je t'interdis de toucher à quoi que ce soit Helienna. Tarcus ne nous as pas demandé d'empoisonner les plats, jute d'ordonner qu'ils soient produits à temps.
- Et ça ne te gêne pas, qu'on te demande d'effectuer une tâche qu'un bas démon pourrait réaliser?
- Pourquoi cela me gênerait-il? Rester dans la salle à attendre avec mon frère ne m'aurait fait que mourir d'ennui de toutes façons, alors autant s'occuper. D'ailleurs, j'ai une tâche pour toi.
- Ah?

La remarque sembla attiser la curiosité de la pesta qui se rapprocha un peu plus du démon, comme si elle voulait se coller à lui pour entendre ce qu'il allait lui demander.

- Retourne à l'église, et apporte moi la poudre que j'y ait entreposé. Je vais en avoir besoin.
- Compris.

S'éloignant alors aussi vite qu'elle ne s'était approchée, la démone quitta la pièce dans un rire sadique alors qu'elle poussait l'un des domestiques, le faisant tousser puis cracher du sang. Deydreus souffla face à tant d'enthousiasme de sa part. Observant quelques instants les domestiques s'affairer à leurs tâches sous une pression certaine, le démon se détourna d'eux assez rapidement, quittant la pièce et se dirigeant vers la Grand-Salle où l'attendait sûrement Tarcus.

*
*  *


Helienna voletait légèrement, un large sourire parcourant ses lèvres décharnées. Deydreus allait probablement invoquer quelques goules, et la démone avait hâte. Elle ne l'avait qu'entrevu une seule fois lors de son invocation, et la facilité avec laquelle son "maître" faisait venir et maniait ces créatures l'impressionnait énormément. A vrai dire, Helienna était fière de ne pas être comme tout ces autres démons qui regardaient le porte-peste d'un regard méfiant, ou encore l'un de ses microbes d'humains qui en étaient terrifiés ou dégoûtés. Non, elle, elle savait apprécié sa force à sa juste valeur. C'était peut-être dû au fait qu'elle ne craignait pas ses maladies et s'en nourrissait même, ou bien c'était simplement que pour une fois, elle avait trouvé un démon comme elle.
Passant à côté d'un des esclaves, la pesta bouscula le pauvre bougre sans y prêter plus d'attention, ce dernier commença à ronchonner avant de lever les yeux et manquer de s'étrangler en se rendant compte de ce qui venait de passer à côté de lui. Si certains démons, comme cet imbécile d'Holvar, faisait exprès de ne pas la citer lors des "présentations", les humains quand à eux tremblaient toujours autant en la voyant. Après tout, si Deydreus était un présage de mort, elle était quand à elle tout aussi néfaste pour leur existence. Voir peut-être plus en fait, compte tenu de son plaisir sadique à rendre les gens malades, ou à les voir s'affamer à cause d'une infection à l'estomac, par exemple.

Arrivant finalement à ce qui servait autrefois d'église, la démone fut surprise de constater que les esclaves et les autres démons avaient fait un travail remarquable. La crypte était presque complète et bientôt, Deydreus pourrait entamer ce qu'il avait prévu. Même si Helienna ignorait ce qu'il prévoyait, justement. Flottant dans la salle pour se rendre près de l'autel où pourrissait les derniers livres du porte-peste, la décharnée attrapa une lourde bourse de ses deux mains et entama le chemin retour, grognant sous le poids du conteneur. Après quelques longues minutes, la démone pénétra de nouveau le donjon.

*
*  *


Marchant doucement dans les couloirs du château, Deydreus se dirigeait de nouveau vers les cuisines, afin de voir si les domestiques allaient respecter leurs délais. Pour leurs propres survies, il valait mieux éviter tout retard. En chemin, le porte-peste manqua plusieurs fois de bousculer quelques esclaves et démons mineures. Si les premiers se confondaient en excuse et semblaient prier pour leur vie, les seconds se contentaient de couiner avant de fuir le plus vite possible pour ne pas avoir à subir une quelconque représailles du cavalier. A vrai dire, ce dernier ne s'en étonnait pas. La seule fois où un démon avait osé lui manquer de respect alors qu'il marchait dans la ville, Deydreus s'était contenté de toucher l'épaule de ce pauvre imbécile avant de le regarder pourrir et finir en fines poussières sur le sol, devant une foule à la fois impressionnée et terrifiée.

Les cuisines étaient bruyantes, et même l'arrivée du cavalier n'atténuèrent pas le brouhaha ambiant. Le chef responsable de la bonne préparation se tourna vers le démon et s'inclina légèrement pour lui montrer son respect, la peur se lisant ouvertement sur son visage.

- Tout sera prêt pour l'arrivée de votre invité seigneur. Devons-nous prévenir les servantes?
- Ce ne sera pas... Nécessaire.

Tournant la tête, Deydreus tendit la main vers Helienna qui venait tout juste d'arriver. Cette dernière laissa tomber la bourse et soupira en voyant l'aisance avec laquelle le porte-peste soulevait le conteneur, attrapant un peu de poudre avant de replacer la bourse à sa ceinture. Laissant sa magie parcourir la poussière d'os, le cavalier laissa ensuite cette dernière tomber sur le sol, une aura verdâtre se retrouvant disperser un peu partout sur le sol de la salle. L'instant d'après, les dalles sautèrent et des bras hissèrent une vingtaine de corps décharnés et mutilés hors du sol. Les goules, laissant échapper des grognements gutturaux et inhumains, avançaient en se dandinant d'une manière pitoyable vers leur maître, s'arrêtant quelques fois pour fixer les humains présents de leurs visages ensanglantés et sans yeux. Helienna ricanait face aux différentes réactions effrayées des domestiques, tandis que Deydreus interpellait le chef responsable du service.

- Donnez leur les plats. Elles sauront quoi en faire. Oh et... Concentrez-vous sur les plats à préparer. Elles n'attaquent que sur mon ordre.

Quittant ainsi la salle, le porte-peste se rendit dans la Grand-Salle pour y retrouver son frère d'armes. Ce dernier était accompagné de Vorasha, la comtesse et Bark. Entrant dans la pièce dans un silence morbide, le porte-peste salua ses confrères démon avant de fixer la comtesse quelques secondes pour ensuite aller s'asseoir, toujours de manière silencieuse mais ricanant intérieurement face au dégoût qu'il avait pu lire dans ses yeux. Derrière lui, Helienna voletait pour finalement se poser à ses côtés, sans pour autant prendre un siège à proprement parler. La démone se permit même de poser la main sur l'épaule du cavalier, jouant légèrement avec la fumée qui s'échappait de temps à autres de l'armure. Lorsqu'il vit Tarcus retirer son heaume, Deydreus estima qu'il pouvait faire de même, pour une fois. Posant son casque sur la table, le démon fixa tour à tour Vorasha, Bark, la Comtesse puis Tarcus. Les yeux enflammés du porte-peste scrutèrent chacun d'eux, puis, finalement, fixèrent à nouveau le vide, tandis que le cavalier caressait sa barbe blanche comme si rien n'avait changé. Quelques secondes plus tard, ce fut Holvar qui pénétra dans la pièce, puis, enfin, l'invité arriva.

Masquant ses émotions lorsque l'invité prit la parole, Deydreus crut un instant qu'il allait sourire en voyant l'aura du nouvel arrivant. Ses yeux balayèrent l'entièreté de l'armure de l'Adyrilien, avant de finalement jeter un regard à son frère d'armes. Se penchant en arrière dans son siège et prenant son air blasé habituel, le porte-peste attendit de voir la suite, Helienna s'étant un peu plus rapproché de lui pour toujours laisser ses doigts jouer avec l'aura verte que l'armure du cavalier dégageait.

Hrp: la tronche des goules: http://i.imgur.com/VYOHROq.png
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Tarcus Crudelis

Le bras droit d'Arphoss

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Race : Démons communs (majeur)
Classe : Lame démoniaque
Croyances : Le Vein
Groupe : Serviteurs d'Arphoss [Démons]

Âge : Quelle importance?

Messages : 29

Fiche de Personnage : Les origines de la Lame.


MessageSujet: Re: Les nouveaux maîtres [à demi-libre]   Mer 31 Aoû 2016 - 16:13

"-Mark !"
L'intéressé cessa de fixer le vide face à lui pour tourner la tête en direction de l'origine de l'exclamation. Il reconnut avec surprise Flynn, un jeune homme d'une vingtaine d'années aux cheveux blonds et au ventre rebondi. Ils ne se connaissaient que de vue, aussi le fait de le voir franchir la première ligne de gardes sensés "le maintenir au chaud en attendant le retour du seigneur Crudelis" provoquait une confusion certaine dans l'esprit du forgeron.
"-On ne passe pas." Siffla un membre de secte en armure, son visage masqué sous un amas de chiffon noir et rouge sale, sur lequel on avait griffonné quelques impies symboles.
"-Je veux juste lui parler."
Le garde s'entêta en posant sa main sur le pommeau de son épée, toujours à sa ceinture.
"-On ne passe pas."
Un autre représentant du culte démoniaque, plus grand mais aussi bien plus maigre, s'interposa en tapant amicalement sur l'épaule de son collègue.
"-Laisse à notre invité un peu de liberté. C'est lui qui a demandé au seigneur d'être conduit là-bas. Il ne va pas s'enfuir, de toute façon. N'est-ce pas?"
Mark hocha la tête docilement et les deux gardes ricanèrent en murmurant quelques paroles inaudibles puis partirent s'asseoir un peu plus loin, sur le puits de la grande place, en bousculant par la même occasion le crève-la-faim qui était déjà appuyé dessus.
"-Mark, Husbern te parles."
Le forgeron haussa un sourcil, l'air confus. Husbern? Qu'est-ce que tout ceci avait à voir avec Husbern? Son interlocuteur, le front en sueur, prit appuie sur ses genoux et se mit à souffler avec force. Visiblement, il était venu en courant. Et de loin. Mark se leva du banc sur lequel on l'avait assit, l'heure d'avant, et s'approcha un peu plus du jeune homme.
"-Et qu'est-ce qu'Husbern me dit?"
Flynn, constatant que sa posture abattue semblait particulièrement ridicule à coté de celle, droite et sans peur, de celui qui allait au-delà de la mort, surpassa son essoufflement pour se redresser à son tour.
"-Il te dit que tu as une sacrée paire de couilles, déjà !"
Cela les fit rire tout les deux. Longtemps. Tellement longtemps que Mark en eut les larmes aux yeux. C'était nerveux bien sûr, le forgeron était le premier à s'en rendre compte. Avec ce rire, son corps pouvait se débarrasser de la tension s'étant accumulée en lui depuis plus d'une heure. Et son corps avait accumulé beaucoup, beaucoup de tension. Même si, jusqu'à maintenant, il ne s'en était pas rendu compte.
"-Plus sérieusement mon ami. Tu es peut-être le plus courageux d'entre-nous." Finit par reprendre Flynn, mettant brutalement fin aux éclats.
"-J'en doute. Ceux qui hurlent, à l'autre bout du quartier, ont été bien plus courageux que moi."
Le gros blond se tut et plissa les yeux, écoutant d'un air grave les plaintes de ceux qui avaient choisi de mourir en martyr pour le salut de leurs âmes. Flynn avait vu les tortionnaires à l’œuvre, sur le chemin. Un spectacle terrible, inhumain. Mais trop habituel pour bouleverser son être plus que cela. Il était un messager de la résistance, et à cause de ce travail, ses yeux avaient vus des dizaines d'horreurs semblables. Sa vision était depuis un mois marquée par d'atroces images rémanentes, tant et si bien que tout cela risquait de devenir...Presqu'habituel, pour lui et les siens. Ce simple fait semblait parfois plus difficile à accepter que la mort d'un proche. Leurs occupants, qui se vautraient dans l'inhumanité et le non-sens d'une violence totalement gratuite, les entrainaient avec eux à force d'exposer leurs exactions en pleins jours. Peut-être était-ce d'ailleurs là le plan du Seigneur Crudelis?
"-Peut-être bien. Mais ce n'est pas pour ça que je suis là. Tu seras le premier à voir...Ce que tu vas voir, tu sais? Nos espions n'ont jamais réussi à accéder aux portions scellées des égouts. Les démons gardent mieux cet endroit que la salle du trône de Crudelis."
Mark avala sa salive. Son esprit n'arrivait pas à saisir pleinement l'importance de cette révélation, mais cela n'empêchait pas les battements de son cœur de s'emballer. Personne d'autre que lui. Le seul. L'unique. A accéder à quelque chose de plus important encore, aux yeux des démons, que la vie de leurs chefs. Que diable y avait-il là-dedans?
"-Et qu'est-ce qui te fais croire qu'ils ne vont pas simplement me tuer et m'abandonner dans la rue?
-Husbern pense que Crudelis tiendra parole, parce que tu ne l'as pas défié lorsque tu lui as parlé comme les autres l'ont fait. Tu t'es adressé à lui sans peur mais avec respect. Même le gros lézard à été impressionné. Ils vont peut-être essayer de te faire basculer.
-Ca n'arrivera pas.
-Mais si ça arrive...
-Ca n'arrivera pas."
Le forgeron était en sueur maintenant. Basculer. Devenir l'un d'eux. Un être dénaturé, déformé par une magie perverse. Recevoir "le don du Vein", perdre son corps humain et devenir aux yeux de tous l'avatar de la déchéance. La plupart de ceux qui revenaient du Vein avait l'esprit brisé et ne servait que de sbires aux autres démons. Guère plus que des animaux aux vices trop humains, qui terrorisaient la population d'esclaves dont ils avaient un jour fait partie. Flynn mit fin à ses réflexions morbides en posant sa main sur son épaule.
"-Écoute. Tu peux résister au changement.
-Comment?
-Il n'y a pas de science exacte. Nous avons déjà quelques hommes transformés qui continuent de travailler pour nous, malgré leur...Condition. Certains disent qu'il faut simplement se laisser aller et attendre que ça se termine, d'autres qu'il faut résister au point que la douleur du corps devienne celle de l'esprit. Je ne saurais te dire. Mais nous savons que c'est possible.
-Ils ne vont pas tenter de me faire basculer."
Flynn ne répondit pas. Pas tout de suite en tout cas. Le gros blond passa un long moment à regarder dans les yeux le forgeron, comme si ce simple échange de regard pouvait suffire à dérober au héros une partie de sa future douleur. Puis il reprit, d'une manière brutale, encore.
"-Tu dois résister. Nous revenir. Et dire ce que tu as vus. Leurs propositions vont te paraître terriblement séduisante. Mais garde à l'esprit ton passé, d'accord? Ne t'oublie pas, toi. N'oublie pas Annette."
L'intéressé écarquilla les yeux. Comment savaient-ils ce genre d'infos? La résistance le surprenait de plus en plus, au fil du temps. Et puis...De nouveaux démons, qui coopérait avec des humains? Vraiment? Énoncer ce simple fait lui semblait être une insulte envers tout ceux qui étaient morts pour défendre les remparts ou résister à l'influence démoniaque, lorsque l'occupation avait commencée.
"-Je..." Sa voix se brisa alors qu'un borborygme inopinée, né d'un sanglot à peine retenu, franchissait ses lèvres."Je vais essayer."
L'autre le serra dans ses bras, ému aussi visiblement.
"-Bonne chance mon frère. Toute la résistance à les yeux posées sur toi."

† † †

Lorsque l'ange était arrivé, tout le monde s'était tut. La seconde d'avant, Vorasha se disputait avec Bark tandis qu'Holvar récitait avec déférence la longue liste des sévices destinés aux imbéciles ayant osés défier son seigneur l'heure d'avant...Mais lorsque l'ange avait franchit les double-portes de la Grand-salle pour se planter en plein milieu et l'appeler par son nom, aussi bien Holvar que l'impulsif Vorasha avaient décidés de faire silence.
Tarcus renvoya à Deydreus son regard amusé, puis se pencha pour écouter ce que le mage tortionnaire lui murmurait :
"-C'est impossible de lire dans ses pensées, monseigneur. Malgré tout mes efforts, je n'arrive pas à percer les barrières de son esprit."
Alors Tarcus émit un long et grave grognement qui se changea, lentement, en un rire tonitruant. Pas l'un des ricanements blasés qu'il n'avait de cesse de cracher, plus par habitudes que par réelle envie depuis le début de l'occupation, non. Un vrai rire. Si bien qu'Holvar s'éloigna de quelques pas en se couvrant les oreilles, que Vorasha, agacé, gronda à son tour en caressant sa lame, et que l'intégralité des esclaves humains présents dans les environs se terrèrent dans un coin, persuadés que la mort viendrait les cueillir d'ici peu. Lorsqu'il eut finit de rire, Tarcus se leva de son siège, contourna l'énorme table de banquet et s'approcha du nouveau venu, qui, malgré sa petite taille, ne cilla pas.
"-Il y a mille cinq cent trois ans, très exactement, avant même qu'Arphoss ne naisse, un démon majeur du nom d'Orgimoort a décidé de s'installer sur Feleth et d'y faire régner la terreur." Commença-t-il, son regard balayant l'assistance. "Une terreur non-contenue, c'était un vrai massacre et des deux cotés, parce qu'Orgimoort n'était pas exactement ce qu'on appelle un grand tacticien. Il dispersait son impressionnante armée et s'étonnait de la voir s'effriter. Si bien qu'agacé par un tel gâchis, je suis venu lui demander personnellement d'arrêter ce massacre. A l'époque, j'étais moins reconnu que je ne le suis aujourd'hui. Aussi m'a-t-il rit au nez en m'expliquant que malgré les pertes, ses attaques restaient tout à fait rentables. Et je ne pouvais pas lui donner tort. Ses pillages ramenaient autant de ressources que d'esclaves, après tout. Comble du bonheur, cet imbécile à ordonner à ses hommes de me tuer, simplement parce que je l'avais soi-disant défier. Je suis donc retourné dans le Vein après avoir massacré dix-huit de ses gardes d'honneurs ainsi qu'une bonne trentaine de soldats réguliers."
Vorasha émit un rire méprisant évoquant le fracas provoqués par deux armées se chargeant mutuellement.
"-Seulement voilà. Quelques jours plus tard, j'ai appris le décès inopiné de cet imbécile d'Orgimoort. Les témoins de sa mort racontaient tous la même chose : Une centaine de soldats en armures brillantes étaient apparut d'on ne sait où, dans un grand flash, avaient massacrés la garde d'honneur...Tandis que leur dirigeant, qui s'avérait être Aurelius le Sévère, chef de ces damnés Oracles Rouges, défiait en combat singulier le leader démoniaque. Et le tuait. Privé de son leader, l'armée s'est dissoute et est retournée dans le Vein peu de temps après. Mais ce n'est qu'un détail."
Court silence, personne n'osa prendre la parole, aussi Tarcus finit par reprendre.
"-Ce qu'il faut retenir, c'est que le tueur de cet incroyable fils de pute d'Orgimoort, maniait la lance rouge. Une arme signature, en quelques sortes. Car si son porteur ressemble, en y réfléchissant, à n'importe quel autre salopard d'Adiryl, son arme. Cette lance-épée, que notre ami possède en ce moment même. Eh bien. Elle est aussi connue qu'unique."
Holvar pesta, Bark jura et la Comtesse recula légèrement. Le seigneur des lieux n'y prêta nulle attention et posa finalement son regard sur l'ange en question, en penchant légèrement sa tête sur le coté.
"-Est-ce qu'au moins sa mort t'as été agréable, Aurelius?
-Tuons-le." Cracha Vorasha en contournant à son tour la table. Bark lui emboita le pas.
"-Non." Fit simplement Tarcus.
"-Non?" A la surprise générale, ce fut Bark qui réagit le plus vite. "Je te respecte Tarcus, tu le sais. Mais cette engeance doit mourir.
-Oui. Mais pas comme ça. Aujourd'hui, il nous offre sa gorge. Et nous ne la trancherons pas. Car nous valons mieux que ça. Reprenez vos places, mes frères."
Bark hocha la tête, comme si cette explication, qui n'en était pas une, avait suffit à faire taire tout ses doutes. Vorasha, lui, ne bougea pas. Tarcus fronça les sourcils et se planta devant lui.
"-Vais-je avoir un problème avec toi, frère?
-Tu protèges un ange.
-Non. Mais je t'empêcherais tout de même de te jeter sur lui.
-Tu dirigerais ton arme sur un frère loyal pour sauver une créature d'Adiryl?!
-Si j'ai a diriger ma lame sur ce frère c'est qu'il n'est déjà plus loyal."
Ces dernières paroles semblèrent toucher l'énorme saurien, qui se détendit un peu en reculant d'un pas.
"-Tu fais le mauvais choix." Maugréa-t-il simplement pour finalement reprendre sa place.
Tarcus hocha la tête, sans vraiment l'écouter, puis fit de même. Une fois de nouveau assit, le chevalier noir fusilla du regard Deydreus qui affichait ouvertement son amusement, sans vraiment réussir à se retenir d'afficher le même sourire que le cavalier de la peste.
"-Bien ceci étant fait et avant toute chose : Prends place parmi nous, Aurelius. Tu n'as aucun ennemi à cette table, aujourd'hui. N'aie crainte."
Il attendit patiemment que l'intéressé s'exécute et lorsque ce fut finalement chose faite, le démon majeur s'éclaircit la gorge.
"-Le diner ne devrait pas tarder et je tiens à ce que tu partages notre repas...Ne t'inquiètes pas, nous ne l'avons pas empoisonné. C'aurait été de très mauvais goût après une scène pareille."
Holvar prit alors la parole pour présenter chacun des démons présents dans la pièce, lui compris.  Vorasha ne dit rien mais lorsque le mage énonça son nom, il posa brutalement, sur la table, le chapelet de tête des anges massacrés plus tôt. Tarcus se retint de fusiller du regard Deydreus, qui, il le savait, continuait de sourire à la vue du spectacle. A la place, il se contenta d'enchaîner, une fois la tâche d'Holvar terminée :
"-Les présentations étant faites, je voudrais que tu me dises ce qui t'amènes ici."
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Aurelius le Sévère

Grand-Maître des Oracles Rouges

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Race : Oracle
Classe : Oracle-Rouge
Métier : Héraut | Grand Maître de l'ordre des Oracles Rouge
Croyances : Athée
Groupe : Anges

Âge : Plurimillénaire

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Fiche de Personnage : Le Sévère


MessageSujet: Re: Les nouveaux maîtres [à demi-libre]   Sam 3 Sep 2016 - 0:27

Les terres de mes descendants, la terre de ma lignée. Le sang, les larmes, la sueur et les os de mon peuple ont rendu cette terre fertile, y ont apporté l’ordre qu’elle nécessitait, qu’elle réclamait. Ces terres, désormais souillées par l’ichor et le sang mêlé dans un immonde brouet corrupteur.

La fureur qui embrasait mon cœur à cette époque n’était rien en comparaison de celle que j’avais ressentie face au mutisme de l’Empereur et de Son conseil quelques heures auparavant. Je me rappelais de chaque détail, de chaque expression de mes frères quand la chevalier-capitaine Myndrian des éclaireurs pris la parole en ce jour funeste et nous annonça les agissements de l’ost d’Ogrimoort. Je me rappelle comment mes frères se sont une fois de plus tournés vers moi pour que je les guide et de leurs résolutions quand j’ai appelé à l’éveil des immortels pour racheter l’honneur de cet Empire qui a cette époque encore se terrait dans un mutisme ridicule.
Nos mages avaient étudié la formation des failles et avaient réussis l’exploit d’ouvrir une faille donnant directement sur le palais d’où Ogrimoort le honni menait sa campagne de pillage et de terreur. Les immortels avaient rapidement balayé les démons qui osaient se dresser sur mon chemin tandis que je défiais ce seigneur bouffi en combat singulier. En quelques passes d’armes, je l’avais abattu et mes immortels sans subir une seule perte avaient fait de même de sa soi-disant garde d’honneur. Je souriais sous mon heaume en fixant Crudelis et finit par incliner la tête une fois sa présentation finie.

« - Tuons-le. »

La voix du saurien géant attira mon attention, ce mastodonte étais impressionnant. Très peu de Veininan devenaient aussi massifs sans perdre la raison. Sa volonté devait être d’une force rare, ou simplement son esprit devais se complaire dans une faim de chair et de sang éternelle.

Je m’étonnais de l’échange qui survint, Crudelis avait assez de jugeotte pour savoir que ma mort en cet instant le condamnerait à affronter les armées de l’Empire et bien que ses guerriers étaient impressionnants, ils n’étaient pas encore capable de tenir tête au ban d’Adirothyl. Je me savais en territoire sûr malgré les intentions hostiles de ses lieutenants, si ce n’est un qui restais assis à sourire face a l’échange. Je reconnu rapidement en lui les caractéristiques du cavalier de la pestilence, sa présence ne m’étonnais guère. Une fois le calme revenu, Crudelis m’invita à prendre place à la tablée, j’inclinais la tête à la fois en signe de remerciement face à l’invitation et de respect que j’espérais mutuel. Quand l’un de ses lieutenants, qui se présenta sous le sobriquet de « Holvar » fis les présentations, j’appris les prénoms de tous les démons ci présents et sans le savoir, il confirmait mes inquiétudes.

Puis vinrent les têtes des guerriers de la phalange de la lumière, posées sur la table sans la moindre révérence pour ces guerriers qui auraient été des adversaires dignes de n’importe lequel des lieutenants attablés avec moi, si ce n’est de Vorasha. J’eu un léger soupire et fis usage de mon pouvoir de lévitation pour faire venir à moi les visages de ces enfants fauchés dans leurs jeunesses.

« - Pour répondre à ta question, Tarcus. Je me surprenais à tutoyer le seigneur démon, au moins ainsi je signalais ma volonté de traiter avec lui en égal. La mort de cet incapable m’a été des plus satisfaisante. Les osts des prédécesseurs de Dassyldroth faisaient preuve d'une sauvagerie et d'une brutalité qui force le respect, leurs forces étaient assez inquiétantes pour tenir tête a une armée séraphine, mais elle manquaient tous d'une simple chose, un tantinet de discipline et de bon sens. J'avais voulu éviter un bain de sang de mes frères et ai donc pris les choses en main et ai pris sa tête. Tu te doutes donc bien que si ma volonté avais été de décapiter le dragon, je n'aurais pas perdu mon temps a me présenter comme un émissaire pour agir comme un vulgaire assassin. »

J’ouvrais une faille au creux de ma main, le souvenir de mes quartiers et ma volonté suffisaient à manifester le portail. D’abord de la taille d’une tête d’épingle, je la fis s’étendre jusqu’à ce qu’elle avale le chapelet de tête. Ce dernier une fois en lieu sûrs, je refermais le poing sur la porte que j’avais ouverte et la réduisait à néant.

« - Mes compliments, Vorasha. Dis-je en fixant le saurien. La phalange de lumière était une force redoutée de la neuvième armée et j’ai vu les traces du combat que tu as mené. Ce dernier n’avait guère l’air flatté mais je m’en souciais peu en réalité. La sauvagerie et la brutalité qu’elles me rapportent honorent tes capacités, j’ose espérer te croiser un jour sur le champ d’honneur et voir si mes prédictions sont à la hauteur de la réalité. Je me retournais vers le nouveau Seigneur de la ville. Mon ordre garde un œil intrigué sur toi, Tarcus Crudelis et ce bien avant ta conquête de Dahomah, bien avant même que tu n’entame ton ascension en abandonnant ce monde gris pour le chaos éternel du Vein. Je dévisageais chacun des membres avant de m’arrêter sur Mograine. Le cavalier de la Pestilence, j’imagine que les serviteurs sont ta création, héraut de Dassyldroth ?Je m’étonne, Tarcus.  Dis-je en retournant mon attention sur ce dernier. Ta suite est composée d’éléments éclectiques. Mais la présence du héraut à tes côtés tandis que certains de tes hommes te nomment déjà comme étant leurs nouveau roi… Si j'étais en Adyrothil, je soupçonnerais un coup d'état, mais je ne suis pas en Adyrothil et toi tu n'es pas dans le Vein. Mais sache que tu fais un bien meilleur prétendant que ce roitelet. »

Je marquais un temps de pause grave en le fixant avant de souffler légèrement par le nez.

« - Peu m’importe. Dis-je en souriant. Que ce soit toi ou cet imbécile de Dassyldroth qui commandiez l’ost qu’il a assemblé, cela ne regarde pas l'Empire, vous êtes souverains dans le monde primal et savoir mes lointains cousins soient sous ta tutelle m’assure qu’au moins ils apprendront les bienfaits d’un semblant d’ordre. Ce qui m’amène à la raison de ma venue, je m’interroge, Tarcus. Dis-je en le fixant. Sur la raison de ta conquête, désires-tu toi aussi instaurer un régime de terreur comme l’incapable Ogrimoort ou cherches-tu plus que de simples butins et captifs ?»

Je m’installais au siège qui m’étais attribué tandis que le maître de la pestilence claquait des doigts pour ordonner le départ de ce funeste banquet.

« - Si votre empiétement sur les terres de Dahomah a été toléré par le trône, ce n’est que par le désir de Sa Majesté de préserver son peuple d’une guerre totale. Je ne doute pas que tu aies déjà anticipé et préparé tes défenses contre l’intervention d’une armée impériale. Je marque un temps de pause. Mais je crains que vous ne soyez prêts pour faire face a la fureur déchaînée des armées séraphiques, cependant saches qu’a l’instar du maître de la peste, je suis moi aussi héraut, celui de mon ordre et anciennement, celui des Empereurs d'Adyrothil. »

J’inspirais un instant et relevais la visière de mon heaume, ce geste rétractant mes protections faciales. Dévoilant ce visage d’une neutralité et austérité qui m’avais accordé une aura légendaire. Je dévisageais Tarcus de mes yeux argentés tandis que ce dernier me fixait de la même façon, sans la moindre gêne. Comme si un discours muet entre nos deux personnes prenait place en l’espace d’une seconde qui sembla durer une éternité.

« - Partageons d’abord ce repas entre lointains cousins. Dis-je en fixant d’abord Tarcus puis Deydreus. Nous aurons bien assez de temps pour parlementer après et avant d'entamer les négociations, j’aimerais que vous me répondiez a une simple question le temps de ce repas ; Que cherchez-vous sur Feleth ? Qu’êtes-vous venus faire sur le monde du milieu et pourquoi avoir conquis Dahomah ? Les raisons pour lesquelles les fils de mes frères sont partis coloniser Feleth sont restées gravées dans ma mémoire, mais je me demande ce qui a bien pu vous motiver, vous, les Veininans. »
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Deydreus Mograine

Cavalier de la Pestilence

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Race : Démon Commun Majeur
Classe : Cavalier de l'apocalypse
Métier : Maître de la pestilence
Croyances : n/a
Groupe : Démons

Âge : Plus de 200 ans

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Fiche de Personnage : La source de la maladie...


MessageSujet: Re: Les nouveaux maîtres [à demi-libre]   Dim 4 Sep 2016 - 17:05

Il fallait être honnête, le spectacle qu'avait offert Vorasha au cavalier de la pestilence manqua de faire rire ce dernier. La situation était tendue au possible, et pourtant, le saurien gardait sa rage atypique. Observant son ami, le porte-peste replaça son attention sur l'angelot qui s'était invité à la fête. Pour le démon, ce dernier n'était pas qu'un simple émissaire, il était bien trop sûr de lui, bien trop robuste et bien trop noble pour cela. De plus, Tarcus confirma ses pensées en citant son nom. En revanche, le fait qu'on associe encore le porte-peste à son ancien "roi" étonnait clairement le cavalier.

Manquant de siffler de manière cynique face à la démonstration d'Aurelius, Deydreus regrettait cependant que Vorasaha ne lui ait pas donné les crânes auparavant... Après tout, il aurait pu en faire une poudre de très bonne qualité, enfin, ce n'était pas si grave, après tout. Claquant des doigts, le cavalier ordonna le début du banquet. Aurelius achevait à peine sa phrase que plusieurs goules pénétraient dans la pièce, des plats préparés plus tôt par les servants dans leurs mains décharnées. Les déposant devant chacun des membres du banquet, quelques unes des créatures poussèrent des petits cris stridents, en particulier celles près de la comtesse, et celle près de l'émissaire d'Adyril. Masquant le sourire qui commençait à se dessiner sur son visage, Deydreus fixa la soeur de l'ancien seigneur local et son malaise, avant de lever la main, ordonnant aux goules de cesser de torturer la jeune femme. En revanche, il était impossible au guerrier de voir la réaction de l'adyrilien. Nul doute qu'au cours de sa longue existence ce dernier avait vu bon nombres d'horreurs, même s'il était certain que le cri des décharnés ne devaient pas sonner comme la mélodie qui résonnait dans les oreilles du porte-peste. Derrière lui, Helienna fixait inlassablement l'émissaire, d'un regard froid mais plein de curiosité. C'était sans doute la première fois pour elle qu'elle apercevait un résident de l'autre monde, et même si on lisait clairement le mépris dans son faciès, il était aussi clair que la démone ne lèverait pas le petit doigt tant que Deydreus ne lui dirait pas d'agir. Attrapant un morceau de viande devant lui, le porte-peste mâchonna puis avala la nourriture avant de s'adresser à Aurelius, sur un ton particulièrement blasé.

- Je reprendrais juste, au sein d'une parenthèse amusante, le fait que tu ne craignes que nous ne puissions faire face à la fureur séraphique. Pendant combien de siècles, les armées Adyriliennes sont-elles restées sagement dans leur cité impériale à se préparer à un potentiel combat? A une guerre ouverte contre notre peuple pendant que ce dernier se battait perpétuellement dans son propre monde ou sur ces terres?

Attrapant de nouveau de la nourriture, le porte-peste tendit la viande à Helienna, qui s'empara de la fourchette et se délecta du met avant de rendre la fourchette au cavalier dans un sourire sadique.

- Les anges peinent à affronter un groupuscule humain s'étant terré dans les montagnes, et ayant déjà colonisé environ un cinquième des terres humaines. Et pourtant, c'est vers un village isolé colonisé par des démons que l'empire angélique décide de se rendre? Sous ordre impérial ou non, je suis assez amusé de constater la priorité mis en place quand à notre présence, cette dernière m'honore. Mais s'il me semble peu probable que Tarcus ne fasse l'erreur de surestimer nos forces, il serait fort agréable, que pour une fois, l'empire angélique ne fasse pas l'erreur de les sous-estimer. Les temps ont changé, et en tant que grand héraut, tu devrais t'en être aperçu, Aurelius.

Deydreus fixait de ses yeux enflammés l'adyrilien, scrutant son corps et ses émotions. Il ne cherchait en rien à énerver l'émissaire, simplement à jauger les intentions de ce dernier. Après quelques minutes, et un échange entre Tarcus et l'angelot, les goules s'approchèrent de nouveau pour apporter de nouveaux plats. L'une d'elles fixa le porte-peste silencieusement, avant d'aller s'installer un peu plus loin, dans une complainte grinçante. Les goules donnaient une ambiance particulière à ce banquet, une ambiance que semblait apprécier Holvar à l'instar d'Helienna et du cavalier. Deydreus observa alors Tarcus d'un air amusé, analysant les futures réactions de son frère et lui indiquant par ce fait son soutien à venir. Claquant de nouveau des doigts, le porte-peste fit venir quelques goules équipés de violons et autres instruments à corde, leur donnant l'ordre silencieux de jouer, et démontrant ainsi toute l'habileté de ses nouvelles créatures. Un air amusé se dessina quelques instants sur son visage.

*
* *

- Pitié! PITIÉ!!!!

Rampant sur le sol, la demoiselle gloussait et suppliait lamentablement. A ses côtés se trouvaient diverses flaques de sang, et plusieurs corps déchiquetés. Arrivant au bout de la ruelle qu'elle avait emprunté, l'humaine gloussait de nouveau en se retournant et en observant la personne qui la poursuivait. Le cavalier de la peste avançait lentement sur son destrier, dominant la guerrière au sol de toute sa hauteur. Mettant pied à terre, Deydreus se pencha, et frôla la joue de la jeune femme de sa main gantelet, la regardant pourrir puis disparaître dans un nuage de poussière osseuse. Quelques secondes plus tard, Helienna récupérait ces dernières et les mettait dans un sac. Voletant aux côtés de son maître, la démone regardait la liste du porte-peste avec un intérêt particulier.

- Qui sont-ils?

Un rire las s'échappa de la gorge du cavalier, qui refermait le petit carnet où était inscrit le nom de ses futures victimes.

- Les membres d'un ordre. Les humains de Feleth le nomme " Aube Sanglante ". Ses membres sont puissants, et le dernier que j'ai affronté était amusant. Je veux former à partir de leurs corps des goules encore plus puissantes, et plus habiles. Plus la poudre provient d'un être puissant, plus les goules auront une apparence, une force, des capacités différentes. Sais-tu combien je peux lever de morts, actuellement?

La chose flottante sembla réfléchir quelques instants, avant de finalement faire un non de la tête.

- Une armée. Je peux lever tout un régiment de goules aussi facilement qu'il m'est possible de respirer. Seulement, les êtres levés ne sont que des êtres décérébrés se jetant contre les murs ou sur leurs victimes. J'ai cependant appris les secrets de mon pouvoir au cours des dernières années, et si j'obtiens une poudre assez puissante, je serais aisément capable de faire revenir à la vie des soldats n'étant pas utiles que de par leur nombre. Enfin, cela me prendra peut-être plusieurs centaines d'années, nous verrons déjà l'efficacité de celles invoquées depuis cette poudre-ci.

*
* *

- A vrai dire, je te retournes ces questions, Aurelius. Que viens-tu faire sur Feleth? Pourquoi te mêler des affaires des hommes si même ton empereur ne daigne s'y pencher?

Le cavalier de la peste attrapa alors une pomme, qui se désagrégea lentement après avoir pourri au contact pestilentiel du porte-peste.

- L'avantage de ma position, mon cher cousin, c'est que j'ai pu observé vos actions. Chaque fois que je me rendais sur un champ de bataille démoniaque, je scrutais les cieux, en vain. Chacune des fois où des groupes mystérieux et sombres s'emparaient d'une nouvelle ville, je scrutais les cieux. Jamais, je n'ai vu d'interventions quelconques. Et lorsqu'enfin, je tombais sur un être ailé d'Adyril, et que je le capturais, j'apprenais la même chose...

Plusieurs goules se rapprochèrent d'Aurelius, gémissantes.

- Nous avons œuvré de notre propre volonté... Nous ne pouvions rester stoïques face à l'inaction de notre empereur... Nous sommes venues seules, et sommes mortes... Seules...

Un rire sadique s'échappa de la gorge du porte-peste, étirant un large sourire sur le visage d'Helienna, et Deydreus le savait, Tarcus aussi.

- N'est-ce pas merveilleux, ce que des créatures issues d'ossements peuvent partager comme souvenirs? Je ne doutes pas de la force de ton ordre ou des troupes séraphines qui accepteraient de te suivre dans un combat contre nous mais... Tu n'es pas ici en tant qu'émissaire d'Adyril. Ton conseil est probablement encore resté muet face à notre avancé, et cela pour une raison évidente... La "bonté" qui caractérisait autrefois votre race et vous séparait de la notre est aujourd'hui changée en un pragmatisme et une lassitude extrême. Vos troupes s'enlisent dans une inaction qui terni l'image de votre peuple et ses compétences. Les démons sont très certainement moins ordonnés et moins structurés. Et c'est cela, qui vous terrifie. Si nous parvenons à nous unir, sous une quelconque bannière... Serez-vous réellement capable de nous arrêter?

Marquant une pause, le porte-peste bût une gorgée de vin avant de reposer le liquide carmin sur la table, et de fixer Vorasha qui avait émit un grognement amusé quelques instants plus tôt. Le cavalier "aimait" bien le saurien, enfin, aussi loin qu'il lui était possible d'apprécier une personne à proprement parler.

- Enfin.. Nous verrons cela le jour où ça arrivera, n'est-ce pas? De toutes façons les conflits entre nos races ne sont qu'une mélodie sonnant à mes oreilles dans le lointain, et non une préoccupation primaire. Et puis, après tout, ceux sont les intentions de Tarcus, qui semblent t'intéresser alors... Je le laisse continuer.

Reprenant son air blasé habituel, Deydreus fixa de nouveau tous les membres présents, se délectant de la tension ou l'envie de meurtre de certains. Helienna, dans son dos, reprenait son jeu habituel et laissait ses doigts passer dans la fumée verte de l'armure du cavalier alors que les goules apportaient les desserts.
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Tarcus Crudelis

Le bras droit d'Arphoss

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Race : Démons communs (majeur)
Classe : Lame démoniaque
Croyances : Le Vein
Groupe : Serviteurs d'Arphoss [Démons]

Âge : Quelle importance?

Messages : 29

Fiche de Personnage : Les origines de la Lame.


MessageSujet: Re: Les nouveaux maîtres [à demi-libre]   Ven 30 Sep 2016 - 18:30

"C'est l'heure."

Plus tard, en repensant à ce moment, Mark s'en voudra d'avoir été si passif. D'avoir simplement haussé les épaules et suivit sans un mot les deux cultistes encapuchonnés. Il jurera, pestera et se reprochera d'avoir été une telle larve. Puis il décidera d'oublier. Tout. Toute cette vie grisâtre. Toute son ancienne vie. Toute sa vie de mortel. Et c'est ce qu'il fera. Sans le moindre regret, évidemment.
Mais pour l'instant... Son attitude lui semblait humble, courageuse même. Il appréciait les regards approbateurs que ses pairs posaient sur lui, tout au long du chemin le menant au fief du seigneur de Dahomah. Même si cela faisait rire le cultiste à sa droite, celui qui grattait son torse nu couvert de plaques suppurentes. Même si ses épaules voutées et sa grise mine, habituellement si passe-partout, attirait l'attention de chacun des démons croisant leur route. Ca valait le coup. Tout au fond de lui, le jeune forgeron le savait. Le seigneur Crudelis était beaucoup de chose : un boucher sanguinaire, un monstre cruel. Mais pas un menteur, ça se sentait. Il allait savoir ce que nul autre humain savait, personne n'allait l'exécuter dans une ruelle sombre. Et son retour se ferait, potentiellement, dans la gloire. En tout cas si son esprit survivait, et que personne ne le transformait en démon. Avec cet étrange mélange de peur, d'excitation, le jeune forgeron en oubliait presque sa motivation première : La belle Annette. Le sang lui monta à la tête et un monumental haut-le-coeur le stoppa dans son avancée. Le cultiste dans son dos le poussa sans ménagement. Comment réagirait-il si les dires des démons étaient fondés. Si il ne restait des disparus que des débris sanguinolents rongés par la vermine ? Cette simple idée lui semblait insupportable. Depuis l'attaque des nouveaux maîtres, quelques semaines auparavant, Mark voyait la plupart de ses songes nocturnes envahis par d'immondes scènes de violences, souvenirs de la courte, mais terrible, bataille ayant eue lieux en bas de sa rue. Lors de la première semaine d'occupation, l'insomnie l'avait torturé nuit et jour. Son esprit n'était pas fait pour supporter l'horreur de la guerre. A l'inverse de beaucoup, la simple mention de celle-ci ne réveillait pas, en lui, une énergie profondément malsaine. La violence ne l'attirait absolument pas. Au contraire, elle le révulsait. Depuis tout petit, il l'évitait. Et maintenant.
Maintenant on le guidait apparemment vers une vision déconseillée par un seigneur démoniaque adepte de massacre. Et, parmi les corps décharnés...Il y avait...Potentiellement...Annette. Oh par l'enfer.
A cet instant, le forgeron voulut faire demi-tour, abandonner cette idée stupide, reprendre son train de vie quotidien et laisser cette expédition aux héros de la résistance. Mais le cultiste dans son dos, ou plutôt son sourire vicieux combiné à sa hache de guerre à poignée dentelée, le dissuada de céder à cette brutale impulsion. Suffisamment pour qu'il se reprenne, réarrange ses pensées...Et décide d'arrêter de se comporter comme un lâche.
"-Tu nous raconteras, en revenant." Ricana le suppurent cultiste, d'un ton laissant deviner qu'il ne pensait effectivement pas que l'hôte du seigneur Crudelis reviendrait. Mark ne répondit rien, se contentant de hocher la tête en fixant droit devant lui.
Soudain, un cri inhumain suivit par le bruit d'une explosion. Le suppurent dégaina aussitôt ses deux épées recourbées et le porteur de hache attrapa le jeune homme par le nuque, le forçant à se mettre face contre terre. Au loin, on pouvait entendre les cris d'une foule en colère. Et le tintement signature du métal frappant le métal. Le suppurent cracha par terre.
"-Putain de rebelles."
L'étrange trio se remit en marche aussitôt, dans le silence. Mais les récents évènements avaient rendu Mark téméraire, et c'est sans trembler qu'il demanda, sur le ton de la conversation, ce qui pouvait bien causer tout ce boucan. Ce fut le porteur de hache qui lui répondit :
"-Des imbéciles ont tentés de libérer ceux "qui sont husbern"." Il singeait avec dégoût le ton employé par les héros torturés. "Les maîtres vont prendre ça comme un défi, et vont en condamner deux fois plus, demain."
Ça n'avait pas l'air de le réjouir, et ce simple fait suffit à rassurer un peu le jeune forgeron. Les cultistes étaient encore des humains, finalement. Tout n'était pas noir ou blanc.

† † †

Tarcus riait. Plus franchement et plus nerveusement que prévu. Et son hilarité inquiéta la Comtesse tout en plongeant dans la confusion le Mage Holvar. Son seigneur se moquait-il ouvertement de leur invité? Fallait-il rire aussi? Ses réflexions, par trop humaine, aurait sans le moindre doute provoqué le dégoût, ou pire, la colère, des guerriers attablés à ses cotés. Mais fort heureusement, ils ne savaient pas, comme lui, lire dans les pensées d'autrui. Aussi sourit-il aimablement à l'ange en attendant que son seigneur ait terminé. Adoptant une attitude neutre qui ne l'engageait à rien.
"-Pardonne la franchise de Deydreus." Finit par dire le seigneur de Dahomah, en passant un gantelet griffu sous sa paupière droite. "Les vieilles habitudes ont la vie dures et il est vrai que ses dires résument, sans le moindre doute, les pensées de beaucoup, dans cette salle."
Vorasha s'ébroua en grognant, Bark fixa un point invisible au plafond et Holvar tapota nerveusement ses doigts griffus sur le bord de la table. Constatant que personne d'autre ne prenait la parole, Tarcus soupira longuement et attrapa une cuisse de poulet pour la détailler en souriant.
"-Allons messieurs, assez de faux-semblants, de semi-provocations et de tentative d'intimidation. Nous sommes entre grands guerriers ici. Cette ambiance conviendrait à une attablée de négociations entre mortels, ici, elle me paraît déplacée." Poursuivit le démon majeur, d'un ton enjoué. "Tu sais bien, Aurelius, que je ne vais pas te dire le pourquoi du comment de notre venue en ces terres. Tout comme je sais bien qu'au fond, tu en sais déjà beaucoup. Et tous, nous savons que l'armée impériale ne lèverait pas le petit doigts pour Feleth, même si je décidais de devenir maître de guerre, même si je rasais la moitié d'un continent. Parce qu'au fond, nous sommes dans la même impasse, toi et moi, Aurelius."
Il pointa du doigt ce dernier, dévora son morceau de viande, puis reprit.
"-Aucune armée régulière ne te suivra sur Feleth. Parce qu'Adiryl est devenue faible, égoïste. Et aucune armée régulière ne m'a suivit ici, parce que le Vein souffre des mêmes tares. Sachant cela, qu'est-ce qu'il nous reste, comme choix? La paix peut-être?"
Une goule porteuse de violon passa derrière Vorasha, et ce dernier, avec une vitesse impressionnante, se retourna pour lui écraser la tête dans le creux de sa main. Ceci fait, alors que la goule décapité faisait demi-tour, sans cesser de jouer, le saurien quitta la table, fusilla du regard Aurelius puis sortit de la salle.
"-Prévisible." Grinça Bark, les bras croisés.
Tarcus haussa les épaules.
"-Vorasha vient de résumer l'état d'esprit de nos deux camps. La paix est impensable. L'arbre généalogique de nos deux espèces nous plongera à jamais dans une haine réciproque. D'aucuns prétendent que ce sera toujours comme ça, avec raison sans doute. Mais...Deydreus à raison. Les temps changent. Tu pourrais, bien entendu, mobiliser ton armée personnelle pour tenter d'arrêter la mienne et, ainsi, créer une nouvelle chanson épique que les fragiles mortels chanteront, pendant quelques siècles, avant d'oublier à nouveaux. Nous nous entretuerions sur une montagne de cadavres et tomberions enfin d'accord sur une chose : la mort. Un récit intéressant, que nous avons tout deux entendus des dizaines de fois, pas vrai? Ca n'empêchera pas une nouvelle armée indépendantes de démons de m'imiter, et ça n'empêchera pas une nouvelle armée indépendante d'anges de se sacrifier pour stopper son avancée. Tu vois? Ce n'est rien de plus qu'une blague récurrente au final. Nous valons mieux que ça. Mieux qu'une banale bataille se résolvant sur un énième match nul coutant autant à l'un qu'à l'autre. Je suis las de cet éternel statut-quo, las de la lâcheté de nos deux factions et las de cette adversité héréditaire qui nous pousse à nous massacrer l'un l'autre sans trop savoir pourquoi. Tu ne peux pas entrer dans mon monde et je ne peux pas entrer dans le tiens. Alors...Au lieu de nous battre incessamment, il est temps de nous ignorer."
Bark ricana et Tarcus hocha la tête en souriant.
"-Je suis sérieux. Au final, qui s'intéresse au destin du monde du milieu? A la mort de quelques centaines de mortels? Est-ce si important qu'ils meurent demain plutôt qu'aujourd'hui? Tu t'interroges sur les raisons de ma venue ici. Je ne te répondrais que ceci : Je ne compte pas, et tu as ma parole, m'emparer de ce monde ou le détruire. D'autres le feront peut-être, mais pas moi. Ca ne m'intéresse pas. J'ai placé mes troupes ici par nécessité. Mon but final ne concerne pas, ne menace pas, les anges."
Il plongea son regard dans celui de son vis-à-vis et, durant une longue minute, personne n'osa dire quoique ce soit. Le démon finit par briser le silence via un petit ricanement.
"-Par contre, nous allons tuer toute la vermine mortelle qui se mettra en travers de notre chemin. Ce qui implique le fait suivant : En prenant la décision de nous combattre, de m'empêcher d'atteindre mon but, tu choisi de condamner beaucoup des tiens...Pour des mortels fragiles et stupides, qui ne feraient pas la moitié de ce que vous, héros, faites pour eux, même si ils en avaient les moyens."
Un flot de bile lui remonta dans la gorge et le chevalier démoniaque dû déployer des efforts considérables pour éviter de cracher quelque part. Depuis qu'il avait commencé à prendre la parole, Tarcus n'arrivait pas à oublier les mots chargés d'un venin non-volontaire que le maître des oracles rouges avait, dans son ignorance, vomit en espérant, sans doute, lui faire plaisir. "Tu ferais un bien meilleur prétendant que ce roitelet." Rester calme en entendant ses paroles avait nécessité un effort colossal. Son coeur s'était emballé, ses tempes, enflammées, et son souffle s'était coupé avant même qu'Aurelius n'ait finit sa phrase. Parce que ces mots évoquaient un fait terrifiant : Même les anges se riaient de son roi. Même les anges pensaient qu'il pourrait prendre sa place. Le piège se refermait sur lui. Le pouvoir se refermait sur son être alors que son coeur n'en voulait pas...Et, pendant un court instant, Tarcus eut pitié de Dassyldroth. Etait-ce ainsi que la déchéance d'Arphoss avait commencée? Est-ce que le roi du Vein s'était senti piégé? Détestait-il l'afflux de pouvoir qu'on avait décidé de lui confier, sans rien demander? Le fait de se sentir si proche de son roi en cet instant présent donnait la nausée au chevalier démoniaque.
Non.
Arphoss avait traqué et tué les plus puissants démons du Vein. Terrassé maître de guerre et seigneur auto-proclamé, pour s'attirer l'allégeance des suivants de ces derniers. C'était volontaire. Arphoss avait désiré ce pouvoir, se l'était accaparé...Puis l'avait oublié. En crachant, par la même occasion, aux visages de tout ses plus fidèles défenseurs. Rien à voir avec sa cause. Tarcus faisait tout ça pour le Vein, pas uniquement pour lui. Ses motivations étaient nettement plus pures.
La Comtesse eut une quinte de toux et cette dernière ramena son seigneur à la réalité. Calmement, celui-ci s'enfonça un peu plus dans son siège, dardant d'un œil confiant l'ange face à lui.
"-Alors, cousin? Qu'est-ce que ton cœur te dis?"
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Aurelius le Sévère

Grand-Maître des Oracles Rouges

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Race : Oracle
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Groupe : Anges

Âge : Plurimillénaire

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Fiche de Personnage : Le Sévère


MessageSujet: Re: Les nouveaux maîtres [à demi-libre]   Sam 19 Nov 2016 - 12:48

D’autres que moi auraient été ébranlés par l’éclat de rire soudain du sombre seigneur de Dahomah tandis que moi, un léger sourire se dessina simplement sur mon visage. J’inclinais gracieusement la tête, avec la réserve et la dignité qui incombaient à ma tâche, mon rôle.

J’étudiais patiemment mes convives, m’attardais l’espace d’un battement de cœur sur le saurien colossal et fouillait ma mémoire pour me rendre compte que nous n’avions pas encore inscrit son nom dans notre codex et lorsque le rire jovial du seigneur de ces terres se mourrait, je retournais mon attention sur mon hôte. La bienséance m’interdisait de le froisser en ignorant ses paroles. Cependant, les goules qui se rapprochèrent de moi mirent mes sens en alerte un moment, ce qui se traduisait par un haussement de sourcils et un léger raidissement de mes épaules, mon entraînement prenait le dessus et mon corps avait cru à une tentative d’atteinte à sa vie. Je m’apaisais en me rendant compte qu’il ne s’agissait que d’une énième moquerie d’un vulgaire pestiféré. Que je pris grand soin d’ignorer. Retournant mon attention sur le seigneur Crudelis.

Je l’écoutais silencieusement, ne portant guère attention à l’éclat de rage de Vorasha a la mention d’une possible paix entre l’Empire et cette incursion, cette violation de la neutralité intrinsèque de ce monde. Toute nos guerres avaient été menées sur ce monde, les démons n’osant que rarement pénétrer sur le monde du dessus et mes pairs ne s’introduisant dans le Vein que pour des cas de force majeure. Et ce en préparant leurs trajets pendant ce qui semblait être des éons pour ce que Tarcus qualifiait de « Mortels ».

Il suggérait la paix, la paix ? Est-ce que cette engeance du monde primal savait-elle seulement ce que cela signifiait pour moi, pour l’Empire ? Il savait qui était mon ordre et je ne m’en surprenais pas, nous n’avons rien de secret, tout ceux qui un jour ont pu contempler le soleil lumineux que fut autrefois l’Empire ont eu à faire face à lames ou sont venu quémander notre conseil, mais visiblement, comme beaucoup de Veininans, il ne connaissait que le masque guerrier de l’Empire. Du moins, c’est ce que je croyais. Enfin, il eut terminé son plaidoyer. J’inclinais la tête et avant de prendre la parole, j’eu un léger soupir, même les enfants du monde primordial voyaient la faiblesse idéologique de cet empire que j’avais juré de protéger.

« - Je n’écouterais pas les mots que peuvent me susurrer mon cœur, Crudelis. Dis-je avec un léger sourire. Nous sommes à une attablée de guerriers dont les humains feraient un concile légendaire, le cœur, tout comme les provocations, les intimidations, n’ont pas leurs places dans notre conversation, ne pensez-vous pas ? »

Je souriais, franchement, a Crudelis. Peut-être avait-il comme moi vécu la déchéance de ce qui avais été une glorieuse épopée, vu le zénith d’un royaume, d’un empire, pour en voir aujourd’hui le déclin et peut-être le coucher. Au cours des millénaires que j’avais traversé, je n’avais jamais rencontré quelqu’un en dehors des murs de mon ordre qui partageait la même lassitude face à cette parodie d’Empire et ses déboires.

« - Sachez qu’il fut un temps, Crudelis, où nos armées se levaient en opposition, comme un seul homme, a la moindre tentative de venir violer ces terres que certains des nôtres avaient choisies comme étant leurs destinées. Une époque où nous acceptions ceux qui venaient en paix et prenions les armes contre ceux qui venaient détruire ce que nous construisions. Cette ville, Dahomah, a commencé son existence en tant qu’avant-poste des légions impériales. Là où vous ne voyez que des mortels érigeant de vulgaires murs de pierre pour résister à la puissance de la nature ou des mondes primordiaux, je vois moi mes lointains descendants qui tentent de se protéger en émulant les murailles de la cité éternelle. J’ai souvent souhaité la paix, j’ai beau être le gardien de la pureté martiale et idéologique de l’Empire, j’ai autant œuvré pour la paix que je n’ai tué de seigneurs Veininans et Adyrothilid. »

Je marquais un temps de pause, ma voix ne trahissait aucune émotion, j’exposais simplement les faits à Tarcus, établissant la base de ma réponse à sa proposition tout en évaluant la situation. J’étais honnête cependant, je n’aurais rien gagné à mentir à mes hôtes, ils avaient été honnêtes avec moi, je le serais avec eux.

« - Je ne souhaite que la paix, il fut un temps où j’avais un espoir pour ce monde figures-toi. Je me surprenais a tutoyer mon interlocuteur. Mais tu ne peux me demander de rester oisif si tu tentes d’étendre ton influence plus loin, bien que je me doute bien que tu saches que cela ne fera qu’amenuiser tes rangs. »

J’eu un léger sourire, quelque chose résonnait en moi, mon lignage s’était mis à bouillonner l’instant même où j’avais pénétré les enceintes de Dahomah.

« - Maintiendrais-tu des portails dans la ville pour que tes guerriers puissent ne pas succomber a l’influence de Feleth ? Je ne vois pas comment expliquer autrement ce sentiment si familier. J’eu un sourire. Soit. Dis-je sur un ton impérial. Je consente à retenir mon bras et celui de mon ordre tant que tu consentes à respecter mes conditions. Tant que tu n’étends pas ton domaine au-delà des frontières de Dahomah et que tu maintienne ta promesse, je n’agirais pas contre toi, si tes actions ne concernent en rien l’Empire et le destin des hommes, je saurais que je puis te faire confiance. Et sois certain que j’en aurait la certitude bien assez tôt, Tarcus. »
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Tarcus Crudelis

Le bras droit d'Arphoss

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Classe : Lame démoniaque
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Fiche de Personnage : Les origines de la Lame.


MessageSujet: Re: Les nouveaux maîtres [à demi-libre]   Jeu 18 Mai 2017 - 9:28

Les mâchoires de Tarcus s'étaient brutalement resserrées lorsque l'Ange avait mentionné les origines de Dahomah. Etait-ce une provocation? C'était tellement Adyrilien, cette façon de s'accaparer une partie du prestige d'un lieu via de vieux souvenirs. Les pédants enfants du monde du dessus avaient peut-être bien créés cet endroit des millénaires auparavant, certes...Mais où étaient-ils, ces immortels bâtisseurs, lorsque l'enveloppe mortelle de celui qui deviendrait le bras droit d'Arphoss était venu avec son armée pour libérer ses murs du joug des pillards et des hérétiques, traîtres aux royaumes de l'époque? La gloire de Dahomah était la gloire de son ancien moi. De l'ancien Tarcus. La gloire du Cruel mercenaire et de ses innombrables bouchers. Sans lui, elle ne serait rien. Sans lui, aucun de ces murs n'auraient survécus au passage des âges...
Adiryl n'avait rien fait pour préserver son héritage. Ils l'avaient perdu. Pour de bon. Ces lieux n'avaient plus rien à voir avec ce qu'ils étaient, à l'origine. Les vrais seigneurs de Dahomah résidaient en enfer, désormais.
Le démon chassa de son esprit toute envie de meurtre et continua à sourire en écoutant la fin de la complainte angélique.
Car c'était une complainte. Toute cette conversation, en fin de compte, n'était rien de plus qu'une pénible lamentation sur la gloire de ce qui avait, un jour, fait la gloire des anges et des démons. Si bien que...Dans l'attitude sage mais désabusée d'Aurelius, Tarcus voyait...non pas un adversaire valeureux mais... Un reflet?
Il n'arrivait même pas à le haïr.
Etait-il donc tombé si bas? Le désespoir inhérent à l'absence d'ambition du faux-roi du Vein l'avait-il assez atteint pour que même la vue de l'un des plus légendaires ennemi du Vein ne puisse réveiller en lui ne serait-ce qu'un soupçon de cette haine qui avait forgée sa renommée? Ou cette mollesse soudaine venait d'un problème nettement plus banal : la vieillesse? Le fait d'avoir traversé les âges sans jamais tomber l'avait-il rendu tiède pour de bon? Le simple fait de se savoir l'auteur de ce genre d'hypothèses défaitistes le couvrait de honte. Maudit soit Adiryl et maudit soit Feleth. Ces mondes...Et les déchets qui leurs servaient d'enfants, portaient en eux une fragilité maladive qui semblait contaminer tout ceux qui osaient interagir avec eux, de quelque manières que ce soit.
"-Tant que tu n'étends pas ton domaine..."
Un rire moqueur manqua de franchir les lèvres du Démon Majeur. Que l'angelot continue à croire qu'il pouvait poser ses conditions si cela l'amusait, en vérité, ça ne dérangeait absolument pas Tarcus...Mais la scène avait quelque chose d'assez surréaliste et ce, aux yeux de tous. Très clairement, Aurelius était soit très stupide, soit très courageux, pour ainsi parler devant une cour composée exclusivement de démons et de tueurs. Peut-être un mélange des deux. Sûrement. Comme tout les anges, après tout.
"-Soit." Conclut le seigneur de Dahomah, lorsque son vis-à-vis eut terminé sa plaidoirie."Feleth ne nous intéresse que très peu, à dire vrai, je ne vois pas pourquoi nous pousserions plus loin notre influence sur ce monde charogne."
Pour l'instant.
"-Maintenant que tout ceci est réglé, terminons ce dîner comme des êtres civilisés, voulez-vous?"

† † †

"-Crudelis va..."
Le cultiste le plus proche, celui couvert de plaies suppurantes, frappa Mark à l'arrière du crâne.
"-Le seigneur Crudelis, imbécile. Si tu tiens à vivre, souviens-toi de toujours l'appeler ainsi."
L'intéressé frotta nerveusement son cuir chevelu ainsi mis à mal.
"-Oui. Pardon. Le seigneur Crudelis va m'accompagner en bas lui-même?"
Quelques rires méprisants retentirent dans le hall. Cela faisait un peu moins d'une demi-heure, désormais, que les cultistes et leur "protégé" étaient arrivés devant la salle du trône. Ils patientaient dans ce qui ressemblait à un hall d'accueil, aux murs, au sol souillé d'immondices, de flaques de sangs séchées, et de morceaux de cadavres pourrissants. L'odeur ambiante semblait capable de soulever le cœur de n'importe quel mortel, car même les cultistes s'étaient pincés le nez en arrivant. Pourtant...Malgré la désacralisation évidente des lieux, l'aura majestueuse du château de Dahomah semblait avoir survécu. Seul un aveugle n'aurait pu remarquer les habiles gravures, sur ces épais murs, représentant la construction de la ville, les batailles ayant éclatées en son sein et les différents comtes s'étant succédé à sa tête. Les doubles portes dorées, rayonnantes au milieu des ténèbres, semblaient, plus que tout autres choses, imperméables à la souillure. Les dizaines de joyaux serties dans l'or des lourdes poignées continuaient de luire sans interruption, créant ainsi une lumière agressive mais bénéfique, servant de repère, pour Mark et son regard humain. Sans grande surprise, le mortel avait constaté dès son entrée qu'à l'inverse de sa propre personne, les cultistes s'éloignaient le plus possible de la salvatrice lumière, préférant errer dans les ombres alentours. Ils ne s'approchaient de celle-ci que pour s'amuser de la crainte ayant élu domicile dans les yeux de Mark. Ce dernier, le reste du temps, lorsque les cultistes semblaient l'avoir oublié, se perdait dans ses pensées et ses macabres prédictions. Au fur et à mesure que le temps passait, le jeune homme s'imaginait de nouvelles découvertes horribles, terrifiantes, sur le sort des femmes et des enfants enlevés par les démons. Du simple charnier au garde-manger, en passant par la nécromancie, tout y passait, avec un souci du détail parvenant à rendre plus insupportable encore sa nausée grandissante. C'était...Au-delà du simple stress, un véritable cauchemar pour ses sens trop humain, trop faibles. Car aucun esprit mortel ne pouvait imaginer les plans de ces êtres supérieurs, de ces demi-dieux démoniaques, fils de l'essence même du mal.
La double-porte s'ouvrit et un être dénaturé, mi-araignée mi-homme, entra dans le hall en prenant soin de refermer derrière-lui. Mark recula de plusieurs pas, manquant de rejoindre dans les ténèbres ses accompagnateurs cultistes. A cet instant, il maudit la clarté émanant des poignées, car elle révélait en partie l'horrible corps aux huit pattes effilées du nouvel arrivant.
"-Laissez-nous." Gronda la créature. Et les cultistes s'en furent, sans un bruit.
La bête tourna sa tête trop humaine vers le forgeron tandis que son énorme corps s'en approchait dans un bruissement sec. La pointe d'une de ses pattes traversa le sol, séparant en deux une dalle de marbre poisseuse.
Mark retint son souffle en croisant le regard qui le scrutait. Sur le visage humain du démon, huit yeux totalement noir, dépourvus de paupières ou d'expressions, luisaient.
"-Tu es celui que Tarcus veux guider dans les souterrains."
L'intéressé hocha la tête sans trouver la force de répondre à haute-voix. Les cheveux, longs et blancs, de l'hybride, voletaient tout autour de son visage, évoquant une toile d'araignée aussi pure qu'épaisse ayant prit au piège les traits d'un cauchemar vivant.
"-Je suis BarkaThleoKtan. Mais tu peux m'appeler Bark." Se présenta la bête, en portant l'un de ses deux seuls bras humain au niveau de son torse, dans une parodie de salut guerrier.
"-Je...
-Quelle folie te pousse à venir ici, petit être? L'argent? La gloire? Les femmes?"
Le concerné avala sa salive sans quitter des yeux ce poing serré faisant la longueur de son bras.
"-Un être cher."
BarkaThleoKtan émit un soupir définitivement humain.
"-Une femme. Quelle pitié. Les sentiments purs, comme l'amour et la passion, n'ont aucune raison d'être, en bas.
-La loyauté non plus, insecte." Gronda une voix excessivement grave, émanant des ténèbres derrière Mark.
L'humain fit volte-face pour découvrir cette nouvelle potentielle menace. Et vit sortir des ombres Le Dangereux. Le lézard. Vorasha. La discrétion dont celui-ci avait fait preuve jusque-là disparue dès lors qu'il commença à respirer. Le souffle qui s'échappa de ses narines et de sa gueule entrouverte, à cet instant, causèrent autant de boucan qu'une tempête d'été. De son pas lourd, le reptile se traina jusqu'aux deux seuls autres êtres présents dans le hall. Et Mark eut la désagréable impression de se trouver entre un volcan en éruption et une mer déchainée.
"-De quelle loyauté parles-tu, Vorasha?
-De celle que l'on doit au Vein, de celle que chacun des nôtres doit à la vieille guerre." Gronda rageusement l'énorme Saurien en balayant de sa queue cuirassée deux cadavres desséchés. Le crissement de leurs armures agressa les sens du témoin mortel, qui n'eût d'autre choix que de se couvrir les oreilles de ses mains crasseuses. Bark resta impassible.
"-Sous-entendrais-tu que cette loyauté envers notre terre natale est plus importante encore que celle que nous devons à notre seigneur et frère?"
La queue du reptile s'immobilisa tandis qu'un éclair de fureur traversait son monstrueux regard.
"-Je ne suis pas comme l'un des tiens, insecte. Je ne sous-entends rien. Si je dois dire quelque chose, je le dis. Je ne le cache pas. Jamais.
-Bien sûr. Et que veux-tu dire, là?" Le mépris dans la voix de l'hybride arachnide devenait de plus en plus perceptible.
"-Je n'aime pas beaucoup ton attitude, Bark. Prends garde."
L'hybride homme-araignée se redressa en croisant les bras contre son torse une nouvelle fois. Ses huit yeux inexpressifs renvoyant un regard neutre n'allant pas du tout avec la grimace de désagrément qu'affichait sa bouche.
"-La tienne ne me convient pas plus. Tu sembles au bord de la trahison. Ca n'a pas échappé à Tarcus non plus, d'ailleurs. Tu n'as pas à défier les ordres de notre frère.  Sois heureux qu'aucun son ne traverse jamais ces portes lors des réunions. Dans le cas inverse, je suis sûr qu'il te corrigerait lui-même."
Mark ne vit pas ce que Le Dangereux souleva de terre d'une seule "main" pour ensuite le broyer entre ses griffes, mais le bruit métallique qui en résulta lui évoqua quelque chose de relativement solide.
"-Ne remets pas en doute ma loyauté envers Tarcus.
-Tu le fais très bien tout seul.
-Je vais te tuer si tu continues sur cette voie, insecte.
-Et ainsi tu révéleras ton irréfléchie personnalité de traître.
-JE NE SUIS PAS UN TRAITRE !"
Mark recula de plusieurs pas avant de tomber à la renverse, les mains fébrilement posées contre ses oreilles. Le cri du Saurien raisonnait dans sa boite crânienne, faisant siffler ses tympans, torturant son cerveau. L'araignée se dirigea vers lui pour le redresser, aussi délicatement que lui permettait son physique de demi-dieu.
"-Ca va?"
L'intéressé hocha la tête, incapable de retrouver pour l'instant l'usage de sa voix, tandis qu'un fin filet de sang s'écoulait de son nez et de sa bouche.
"-Imbécile, tu aurais pu le tuer." Le ton de BarkaThleoKtan, jusqu'alors relativement calme, avait soudainement prit une teinte agressive.
Vorasha ricana.
"-Et alors? Après avoir pactisé avec les anges, nous allons nous inquiéter de la survie de nos propres esclaves?
-Tarcus s'inquiète de la survie de celui-ci.
-Il est encore en vie, de quoi te plains-tu?
-Mes frères."
Bark soupira en reconnaissant la voix, puis se redressa pour reprendre sa pose altière habituelle. Au niveau de la double porte du château, Tarcus observait la scène, un air faussement amusé ancré sur le visage. A sa suite venait Aurelius Le Sévère et le cavalier de peste. Seul le premier des deux eut le mérite de ne pas montrer pleinement le mépris qu'il éprouvait envers les auteurs de cette dispute enfantine.
"-Nous raccompagnons Aurelius au porte de la ville, pourriez-vous essayer de conserver un semblant d'amour propre durant la fin de sa visite?"
La pique mordit Saurien comme araignée. Vorasha s'éclipsa en grognant et Bark s'excusa platement, non sans fusiller du regard le souriant Deydreus. De son coté, Mark se limita à contenir ses envies de régurgitations grandissantes.
Encore sonné par le véritable mur de son ayant heurté l'intégralité de ses sens, l'unique humain présent en ces lieux ne comprit strictement rien au reste de la conversation. Pire, celle-ci lui sembla totalement dépourvue d'intérêt lorsque l'écho de ses propres battements de cœurs commença à vriller ses tympans... même si il disposa d'encore assez de jugeote pour sourire et hocher la tête au moment où le seigneur démon sembla lui adresser une courte phrase de salutation. Ou d'encouragement. Peu importait, après tout. Tout cela ne changeait rien à la douleur. A sa douleur. Qui gagnait en intensité à chaque fois que des paroles étaient échangées. Au bout d'une longue minute de souffrance silencieuse, il se mit à hurler, à les implorer de se taire. Puis un voile rouge s'abattit sur sa vision, déjà trouble, et tout devint noir.

† † †

"-C'est ici que nos chemins se séparent, Aurelius."
Le lourd pont-levis de l'entrée Ouest s'abaissa brutalement, libérant tout autour de lui un nuage de poussières et de cendres. Les innombrables fouineurs mortels s'étant rassemblés derrière le Démon Majeur, tout au long de leur progression à travers la ville en reconstruction, émirent divers son pitoyable, en apercevant, par-delà le pont, une liberté aussi proche qu'inatteignable. Six gardes déformés par le Vein vinrent encadrer la foule, les armes pendant à leurs ceintures et leurs regards inhumains rappelant à tous que le simple fait de rêver de l'extérieur des remparts était désormais un impardonnable péché.
Au son des gémissements, des sanglots, et des implorations mortelles, Tarcus sourit, sans quitter des yeux son vis-à-vis angélique. Comme cette vie pouvait parfois offrir des scènes excessivement symboliques... Deydreus et Tarcus se tenaient là, à l'ombre des murs de la ville qui leur appartenait, se nourrissant vicieusement des râles de déplaisirs de leurs innombrables servants. Seul, baignant dans la lumière offerte par l'ouverture du pont-levis, Aurelius semblait presque prendre la pose pour la création d'un héroïque tableau.
Pourtant, nul héroïsme en ce jour. Seulement lassitude et résignation. Pour les démons, qui reniaient leur propre nature dans le but de pouvoir continuer à mettre en place la trahison ultime. Pour les Anges, qui abandonnaient encore une fois les mortels à leurs sorts pour éviter de clairsemer un peu plus leurs rangs. Et pour les humains eux-mêmes, qui acceptaient l'exorbitant prix de leurs propres vies en échangeant libertés et espoirs contre une éternelle soumission au mal.
"-Ici et maintenant, nous scellons pour de bon un pacte de non-agression entre anges et démons." Déclara Tarcus, d'une voix forte, de sorte à ce que chacun puisse comprendre ses paroles.
A leur entente, les cris, les gémissements et les pleurs redoublèrent. L'amusement du démon majeur aussi. Lentement, il s'avança, quittant l'ombre pour rejoindre son contraire dans la lumière le temps d'un court échange. Ce simple acte défiait en soi chacun de ses suivants et cela n'échappa à personne. Et certainement pas à l'impulsif Vorasha, toujours alerte, qui suivait la scène dans l'ombre, prêt à se jeter entre son frère et le premier traître venu, malgré tout ce que lui dictait sa nature et son sang.
Lentement le fils du Vein tendit sa main droite au fils d'Adiryl.
"-Nous entrons dans l'histoire, encore une fois."
Alors, Aurelius Le Sévère, dirigeant d'un ordre oublié des siens et Tarcus Crudelis, bras droit d'un seigneur ayant trahit sa confiance, échangèrent une courte poignée de main, scellant, par ce simple geste, un pacte aussi cynique que fragile.

† † †

Ça ne ressentait...Plus rien. Le simple souvenir de la terrible douleur s'en était allé. Le vide l'avait absorbé. Il avait...Dévoré, toutes ses sensations. Sa vue, son odorat, son toucher, ses pensées... L'expression "perdre l'esprit" prenait tout son sens ici, à cet instant, quand son existence même semblait se perdre dans un brouillard imperceptible, invisible, fait d'un millier de nuances d'une couleur impossible. Comment comprendre un tel chaos lorsque la pensée elle-même faisait défaut?
"-Ouvre les yeux."
Ouvre. Les. Yeux.
Le brouillard inexistant se dissipa pour révéler la réalité.
Ça se souvint de l'existence de ses propres yeux au moment où ils s'ouvrirent. De ses oreilles. De son corps. De sa douleur. De son nom. De sa vie.
La première chose que Mark découvrit, en recouvrant la vue, fut le splendide visage d'une folle. La Comtesse accueillit son réveil en souriant. Le rictus dévoila ses dents, blanches, pointues, aiguisées. Et son amour pour la douleur qu'il ressentait. Mais son esprit n'était pas encore assez éveillé pour lui indiquer quand et où avoir peur. Alors le mortel se contenta de lui rendre son sourire.
Quelque chose, hors de son champ de vision, grogna.
"-Est-il sourd?
-Non. Je le vois dans ses yeux. "
Mark leva la main pour toucher le visage de la femme accroupie à ses cotés. Il avait vaguement conscience de son état. Du fait qu'il soit allongé sur le dos, occupé à cracher du sang à l'entrée d'un château hébergeant milles cauchemars, tandis que deux d'entre-eux, au moins, le surveillaient. Mais cela n'avait guère d'importance, en réalité. Puisqu'elle était là. Puisqu'elle le regardait. Son visage triangulaire, d'une surnaturelle beauté, lui souriait. Ses lèvres pincées s'étiraient... pour lui. Ses yeux, luisant d'un noir d'encre, adoucissaient leurs regards... pour lui. Durant un court instant, il hésita avant de poser sa main contre sa joue, de peur de souiller cette dernière avec son irrattrapable normalité. Alors elle jeta son visage contre sa paume, le forçant à parcourir timidement ses traits, inhumains de par leurs perfections. Quelque chose, sous ses hautes pommettes, sembla, durant un court instant, remuer. Puis une langue serpentine franchit les lèvres entrouverte de la démone pour...
"-Comtesse." Gronda une voix grave.
Un timide rire secoua le superbe corps qui, déjà, s'éloignait, l'abandonnant au milieu des ténèbres.
"-Assieds-toi, ne reste pas ainsi."
L'ordre agit comme un coup de fouet sur la conscience même de Mark. Il s'exécuta sans un mot, en ignorant la douleur qui lui déchirait de plus en plus les côtes. L'être contre-nature qu'était BarkaThleoKtan salua l'effort d'un hochement de tête approbateur.
"-Qu'est-ce qui m'est arrivé?"
L'arachnide émit un rire méprisant.
"-Il semblerait que notre petite dispute ait brisée ta frêle carcasse de mortel."
Machinalement, ledit mortel porta sa main droite à son douloureux abdomen.
"-C'est à dire? " Hésita-t-il, sans vraiment désirer la réponse.
"-Le cri de Vorasha t'as brisé. Littéralement. Ta cage-thoracique a explosée en même temps qu'une vingtaine de tes os. Nous avons dû te faire boire un peu d'Absolution, j'en ai peur."
Du coin de l’œil, Mark remarqua sur le sol, à ses cotés une fiole de cristal, aussi haute que son bras, dans laquelle remuait sans la moindre logique un liquide ténébreux.
"-Qu'est-ce que c'est?
-Une sorte de sérum pour démons et morts-vivants. On l'appelle "l'Absolution". D'autres, dans le Vein, préfèrent le terme plus terre à terre d'"eau noire" ou celui, grandiloquent, de "Sang primordial". Certains nécromanciens l'appellent "Estus", d'autres "liqueur du Vein". Je n'ai jamais compris pourquoi personne n'arrivait à tomber d'accord sur le même nom.
-Et qu'est-ce que ça fait?
-C'est un sérum, comme je l'ai dis. Une potion de soin, relativement forte. Aux multiples effets, néfastes ou bénéfiques, en fonction du corps qui l'absorbe. Il fut un temps où une secte de démons mineurs, insatisfaits de leurs formes actuelles, s'en servaient pour renforcer leur lien avec le Vein et encourager leurs corps à subir de nouvelles mutations. C'était un processus véritablement risqué, en réalité, qui annihilait les consciences des faibles et les transformaient en bêtes stupides ou assoiffées de sangs, condamnées à errer dans les profondeurs à la recherche de quelque chose capable de les tuer. Si bien qu'au final, l'idée à été abandonnée, sauf par les plus fous. Maintenant c'est un remède de la dernière chance qu'on utilise sur les condamnés, en espérant que les effets secondaires ne seront pas trop violents. Tu es un vrai miraculé."
Au fur et à mesure que son esprit embrumé encaissait le flot d'informations, Mark se sentait de plus en plus fébrile. Le souffle court, il résuma :
"-Vous avez utilisé ça...Sur moi?
-Oui, Vorasha en a tout un stock, c'est son alcool préféré. Et il t'en a offert un. C'est sa façon à lui de s'excuser.
-Mais... Qu'est-ce qui va m'arriver?
-L'hypothèse la plus probable est la suivante : Ton corps va continuer de se régénérer et de se renforcer jusqu'à ce que l'eau se mélange totalement à ton sang. Là, ton cœur explosera et tu mourras. Le processus devrait prendre un peu plus d'une journée."
Le mortel ferma les yeux. Pour une raison inconnue, l'idée de mourir ainsi ne le surprenait guère. C'était une fin logique à une existence absurde et vide de sens.
"-Mais Tarcus ne te laissera pas mourir. Ton courage l'intrigue. Il va profiter du fait que tu ais pris de l'Absolution pour t'emmener dans le Vein et te regarder changer, j'en suis presque certain. Ta nouvelle forme devrait permettre à ton cœur d'encaisser le futur choc. "
Finalement, tandis que sa cage-thoracique finissait de se replacer correctement en déchainant un flot de douleur à travers l'intégralité de son corps et qu'un démon lui expliquait calmement, d'un ton plat, qu'il allait "sans doute" devenir un monstre, Mark s'accorda le droit de hurler.

† † †

"-J'ai détesté cette entrevue." Siffla le chevalier noir à son compère pestiféré, face à l'entrée Ouest de la ville leur étant désormais dédiée.
Autour d'eux, la "vie civile", si triste soit-elle, reprenait son cours, tandis que le Pont-Levis finissait de se refermer derrière Aurelius. Une fois l'Ange hors des remparts, les mortels avaient aussitôt abandonnés toute idée d'insubordination pour redoubler d'ardeur à la tâche ingrate qui était la leur, motivés par les fouets dentelés des surveillants cultistes, eux-même stimulés dans leur cruauté par la présence de leurs maîtres.
Une fois Aurelius partit, Tarcus s'était accordé le droit de baisser un tant soit peu sa garde. Après avoir ordonné le dispersement de la foule assemblée autour d'eux, le démon majeur avait traîné sa carcasse fatiguée jusqu'aux restes d'une maison brûlée. A sa vue, de  ridicules petits démons charognards ainsi qu'un couple de récupérateurs mortels ayant jetés leurs dévolus sur ces murs noircis s'étaient dispersés. Et Tarcus avaient pu s'asseoir sur les restes d'une cheminée en soupirant d'aisance.
"-Tu as vus, mon ami? Aucun de nos frères ne m'a défié lorsque j'ai serré la main d'Aurelius. Absolument aucun..."
Le chevalier noir se saisit d'une moitié de poutre calcinée, plantée dans le sol cendreux, l'écrasa dans sa poigne, puis observa la poussière noire qui en résultait s'échapper de son gantelet pour flotter au gré du vent.
"-Et tu sais quoi? Je voulais que l'un d'eux me défie. Que l'un d'eux me fasse savoir qu'il ne pouvait tout simplement plus me suivre. Qu'un imbécile trop confiant ou un salopard avide décide de profiter de l'instant pour prendre ma place à la tête de cette guerre. "
Un court silence s'en suivit, et Tarcus tenta de sonder du regard les fentes ténébreuses du heaume du cavalier de la peste.
"-Mais personne ne l'a fait. Personne. Ils se sont contentés de regarder en cachant plus ou moins leurs désapprobations, puis, lorsqu'il est parti et que je leur ai donné l'ordre de se disperser, mortels et démons se sont exécutés. Ils m'ont écouté. Ils désapprouvent tous, ou la plupart en tout cas, ma décision. Mais aucun ne discute ma façon de faire. Pourquoi?"
Le tableau, indistinct, flou, de son dernier rêve, passa furtivement derrière ses yeux. Un millier de frères envieux mais tout de même déférents, acclamant son nom en rêvant du jour de sa mort.
"-Ce n'est pas par crainte. Ce n'est pas la peur qui retient le bras de Vorasha, je ne pense pas qu'il ait déjà éprouvé ne serait-ce qu'un soupçon d'appréhension. C'est la loyauté, pour lui. C'est l'espoir, pour Bark. Pour cette saloperie vicieuse qu'est Holvar. Et pour tous les autres Tu comprends? Ils sont tous conscients de suivre un leader prenant des décisions déplaisantes, trahissant leurs natures. Mais ils me suivent quand même. Parce qu'ils croient tout de même plus en moi qu'en Arphoss." Le démon se prit la tête entre les mains. "Que le Vein me maudisse, et qu'il maudisse tout ceux qui ont un jour cru en lui comme je l'ai fais. Comment avons-nous pu être aussi aveugle? Nous avons placé un gamin irresponsable à la tête de notre chaotique mère. Et maintenant..."
Court silence. Brusquement, Tarcus se releva, abandonnant la pierre de son siège improvisé aux récupérateurs de temples.
"-Maintenant nous nous échouons sur Feleth pour planifier la fin de ce que nous avons, dans notre ignorance, créé. Et pour cela nous pactisons avec nos contraires. Une nouvelle trahison à ajouter sur notre fichue liste. Combien encore? Qu'en penses-tu, mon frère? Que l'ancien héraut d'Arphoss fasse une confidence à celui qui fut le premier à acclamer son maudit nom. Dis-moi : Est-ce que toi-aussi, tu désapprouves cette décision? Ou au contraire, penses-tu que j'ai "fais le bon choix" comme la Comtesse l'a soufflé en sortant de la salle du trône?"
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Les nouveaux maîtres [à demi-libre]

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