''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 [RP Carl Sorince]"Le mal n'est jamais spectaculaire…

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Awena Davallon

Œil Noir

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Race : Humaine
Classe : Rodeur
Métier : Aucun // Oeil Noir
Croyances : Croyances aux légendes et aux mythes // Adoratrice du Vein et des démons
Groupe : Pays // Adorateurs de l'Arcane XIII

Âge : 24

Messages : 426

Fiche de Personnage : C'est par ici

Histoire de Personnage : 1) [T] Marché interrompu
2) [T] La grande messe de la rébellion
3) [T] Le début d'une alliance
4) [T] Tout vient à point à qui sait attendre
5) [T] Discussion houleuse avec la sniffeuse
6) [A] Une proposition alléchante
7) [T] Quand les plantes s’emmêlent
8 ) [A?] Qui veut la guerre est en guerre avec soi
9 ) [T] Une affaire louche
10) [T] L'initiation d'Uridan Sangried
11) [T] Mystères et mystifications...
12) [T] L’audace cache de grandes craintes
13) [T] La dépendance du Messager : mission recruter Mairlunlen Chienteur
14) [T] Si l'habit ne fait pas le moine, le chapeau fait-il le mage ?
15) [A ?] C'est pas écrit dans les livres
16) [T] Un invité surprise
17) [T] Un grand tournant
18) [T] Dans le silence et la solitude...
19 ) [T] " Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés "
20) [T] Le mal réunit les hommes
21) [A ?] Rien ne dure dans ce monde cruel, pas même nos souffrances
22) [A ?] Les souffrances ont donné vie aux plus grandes âmes. Les personnages les plus éminents, portent en eux des cicatrices.
23) [T] Quand les cloches sonnent les fêtes !
24) [T]L'initiation d'Alekseï Rytchkine et sa mission impossible sur Adiryl
25) [T]Rencontre au cœur de la tempête
26) [A ?] Les secrets sont insondables. Les secrets sont noirs…
27) [T] Prélude à la chute : présentations
28) [T] La plus grande tragédie de la vie n'est pas la mort
29) [T] Je crois que l'humanité est née d'un conflit…
30) [En cours] L'illusion est nécessaire…


Lieux relatifs à l'Arcane XIII :

1) 1ère épreuve : Le Cabinet de la Réflexion
2) Une épreuve subsidiaire
3) 2ème épreuve : Le Rituel du Sang
4) 3ème épreuve : La mission impossible ?
5) Manoir des Davallon : Repaire de l’Arcane XIII

Souvenirs, souvenirs :

Éclats du passé


MessageSujet: [RP Carl Sorince]"Le mal n'est jamais spectaculaire…    Dim 4 Sep 2016 - 16:51

… Il a toujours forme humaine. Il partage notre lit et mange à notre table." de W. H. Auden  


Précédemment




Awena était revenue le plus vite possible au manoir après avoir appris ce qui s'était passé. Si seulement elle avait été là...
Peut-être aurait-elle envoyé des disciples pour l'aider face à l'armée du Royaume ou peut-être pas... Son rôle de dirigeante de l'Arcane XIII l'en aurait empêcher, les activités qu'avaient Uridan en tant que Dieu du Sang n'était qu'une façade, une sorte de miroir pour attirer les soupçons et les regards, éviter aux plus curieux de voir ce qu'il y avait vraiment de l'autre côté.
Mais elle aurait pu essayer, grâce au passif de son autre elle, d'attirer une partie des groupes des forces rebelles et les laisser s’entre-tuer en épargnant ainsi la vie de son précieux démon.

Awena jeta son sac et son manteau dans le hall puis se dirigea vers sa chambre pour s'étaler sur son lit. Elle fixa le plafond pendant de longues minutes, de longues heures...  Elle revoyait sa rencontre avec Uridan à ses côtés la sniffeuse, comment il avait gagné sa confiance, comment il avait réalisé des missions avec brio aussi dangereuses fussent-elles, la création de son armée de vampire pour protéger l'arcane, comment il se plaignit d'être trop occupé de n'avoir plus le temps de se reposer depuis qu'il l'avait rencontré, lui qui s'était ennuyé pendant des siècles, lui qui maîtrisait tellement de pouvoirs, comment avait-il été anéanti par de simples hommes, lui sur qui elle avait reposé tant d'espoirs pour atteindre l'objectif de l'Arcane XIII. Comment allait-elle faire maintenant sans lui ? Sans son druide ? Sans l'Éclaireuse ? Sans disciples ? Ou allait-elle trouver le courage nécessaire pour tout reprendre à zéro, et pourquoi ? Pour qui ? Ne fallait-il mieux pas tout abandonner et laisser cette stupide d'Awi reprendre les rênes ?

À bout de force, Awena s'endormit. Elle ne savait pas combien de temps elle avait dormi mais à son réveil, le soleil était déjà bien haut dans le ciel. Elle s'en voulait d'être partie, si seulement elle avait su … Elle avait besoin de temps pour digérer la nouvelle mais en avait-elle réellement à disposition ? Non... elle devait aller récupérer ce qui restait d'Uridan et lui créer une sépulture digne de ce nom avant que ces stupides Royaumeux mettre leur nez partout. Il le méritait plus que tout autre.

Le Messager vint frapper à sa porte et attendait sûrement sur le seuil car elle l'avait laissé grande ouverte. Awena poussa un profond soupir et se redressa sur ses coudes. Le Messager avait monté ses affaires, de quoi manger et pointa du doigt ses cheveux.


« - Oui oui, je sais, il faut que je prenne un bain et un bon shampoing. Ce n'est qu'un sort de courte durée. Laisse moi tranquille quelques heures, je dois... réfléchir.»

Awena avait bien du mal à réfléchir, elle avait envie de se recroqueviller sur elle-même et de disparaître dans l'ombre. Mais elle devait être forte, encore une fois, au moins pour qu'Uridan soit fier d'elle, où que soit son âme dorénavant. Même si elle avait mal, même si elle imaginait bien les souffrances qu'il avait du endurer avant sa mort et la torture qu'il avait du subir pour découvrir qui était cette femme qui avait rendu visite à la princesse et à qu'il semblait obéir aux doigts et à l’œil...
Dire qu'elle avait conduit un démon vieux de plusieurs siècles à sa mort en l'espace de deux années seulement... Comme si tout ce qu'elle touchait finissait par perdre toute trace de vie.

Awena prit une profonde inspiration et se dirigea vers sa salle de bain, le Messager avait mis de l'eau à chauffer sur la cheminée. Il fallait à tout prix qu'elle retrouve un minimum de son charisme, elle ressemblait à une véritable paysanne ainsi.
Une fois complètement dans l'eau, un regain d'énergie remonta en elle. Il fallait qu'elle trouve une solution pour récupérer les restes d'Uridan Sangried et obtenir vengeance. En qui pouvait-elle avoir assez confiance pour ça et qui n'aurait pas peur de tuer des soldats du Royaume qui surveillait sûrement encore les lieux à la recherche d'indices. Qui aurait assez de cran pour s'attaquer à la fille du roi ? Qui n'éprouverait aucun remord à réaliser ce genre de missions et à quel prix ? Awena mit sa tête sous l'eau, des mèches bleues commencèrent à réapparaître. Elle se redressa rapidement, elle venait de trouver LA solution, elle savait qui elle allait recruter et en plus, selon les rumeurs, il demeurait aussi les plateaux de la lune. C'était sûrement un signe.

Awena se rinça en vitesse et commença à fouiller dans ses armoires, elle enfila sa robe aux couleurs rouge sang et une cape de voyage noire. Elle mit ses bottes, serra bien ses lacets, attacha une dague sous sa robe et descendit en courant les escaliers, elle alla directement au sous-sol à la recherche de deux trois reliques bien précises puis se dirigea vers son coffre fort pour récupérer de l'argent.

Le Messager venait d'arriver et la regarda les yeux tout ahuri.


« - Nous allons renaître de nos cendres tel un phœnix. Je serais absente quelques jours. Je vais faire ce que je me suis toujours interdit de faire. Mais les interdits sont faits pour être transgressés non ? Je vais aller à la rencontre de l'Ordre du Crépuscule. Ne fais pas cette tête, crois-moi, c'est la seule solution. L'un des leurs vit ici sur les plateaux de la lune, et à ce qu'on dit, il aime les cadavres et j'en ai des tonnages à lui proposer. Il faut que je parte aux plus vite afin que ceux-ci soit utilisables, tu te souviens de ce que disait Knurgaod De Veinenuit, le plus tôt c'est le mieux.»

Awena laissa ainsi le pauvre Messager, elle prit ses affaires, une carte et une boussole puis se dirigea vers les écuries. Elle récupéra son cheval et murmura :

« - Si tu te débrouilles bien, nous y serons avant le coucher du soleil voir juste après.»

Awena ne s'était jamais rendu dans cette partie des plateaux de la lune, depuis plusieurs années, les paysans rapportaient d'étranges rumeurs dans les tavernes. La présence d'un village abandonné où errait des êtres à la démarche étrange et aux visages tuméfiés. Apparemment quiconque s'en approchait devenait l'un de ses êtres, ou disparaissait à jamais. C'était donc là qu'elle devait se rendre, dans cette zone précise que les paysans, les messagers, les soldats et autres vagabonds évitaient avec le plus grand soin. Et elle et bien, elle fonçait droit dedans. Quiconque aurait pu penser que c'était du suicide mais elle avait quelque chose qui intéresserait le maître des lieux, sûrement encore plus que l'or qu'elle avait pris.

Il n'y avait qu'une vieille route, non entretenue, les herbes folles, la mousse, auraient bientôt fini de recouvrir les pierres qui jadis était la base d'une des grandes routes commerciales. Awena tourna plusieurs fois, elle connaissait la zone à éviter mais pas l'emplacement exact du village. Alors que le ciel commençait à s'assombrir, elle aperçut au loin des ruines. Elle avait enfin découvert ce que tout le monde évitait. Elle descendit de son cheval et lui dit de partir très vite. Elle ne voulait pas que celui-ci finisse en nourriture pour ces morts soit disant vivants. Awena finit donc le reste de chemin qui la séparait du village à pied. Elle n'était pas très rassurée, elle enclencha son bracelet qui émettait ainsi une douce lumière bleuté lui permettant de voir où elle mettait les pieds. Au fur et à mesure qu'elle s'approchait des ruines, elle se demandait si elle avait eu raison mais il était trop tard pour reculer, elle devait jouer le tout pour le tout.
À peine eut-elle passé l'ancienne entrée du village, qu'elle se sentit observé de toute part. Elle se stoppa et parla d'une voix forte et distincte.


« - Conduisez moi à votre maître, je suis ici pour lui proposer un marché, j'ai de l'or et surtout beaucoup de chair fraîche à lui proposer. »

Awena eut à peine le temps de prononcer sa phrase que des ombres marchaient vers elle d'un pas plus qu'étrange, comme celle d'un marin n'ayant pas revu la terre depuis bien des années. Awena ne bougea pas. Les formes commençait à être de plus en plus distincte et l'odeur... Awena prit une profonde inspiration en se disant que ce serait sûrement la dernière qui aurait un soupçon d'air frais. Les cadavres ambulants s'approchaient et l'encerclaient. Awena leva les mains au dessus de sa tête pour montrer qu'elle n'était pas armée et déposa son sac à ses pieds. De toute façon, au vu du nombre, même un chasseur hors pair aurait eu bien du mal à en sortir vivant. Les esclaves, car elle était sûre que ça en étaient, la forcèrent à se mettre à genou, la ligotèrent et la jetèrent dans une cage. Ils hissèrent ensuite la cage sur une sorte d'attelage avec son équipement et la conduisirent auprès de leur maître, enfin l'espérait-elle.
C'est alors que sans prévenir, l'autre Awena réapparu, elle savait que le vieux fou de Béolan lui avait fait quelque chose mais elle pensait pas que cela lui aurait redonné autant de pouvoir au point d'utiliser sa voix.


« - Tu es tombée bien bas. »
« - Ta gueule»
« - Te lier avec ce genre d'abomination »
« - La ferme»
« - Ils ne sont plus que de la chair sans âme, comment peut-on tolérer et créer de telles choses ? »
« - Peut-être pour lutter contre la mort maintenant tais toi»
« - Je préfère mourir que de vivre ainsi, tous ces hommes et ces femmes mériteraient de reposer en paix, tu pourrais les y aider, comme avant, comme quand on était petite.»
« - Laisse moi reposer en paix justement, va-t-en»
« - Je suis toi, tu es moi, nous sommes unique. Tu comptes redonner vie à ton affreux serviteur plein de sang ?»
« - Tais-toi, tu comprends ça, tais-toi»
« - Tu aurais du le tuer de tes mains, c'était un démon. Les démons sont méchants, il faut les exterminer tous.»
« - Non, il était différent, il était comme Astriol. Lui qui nous a montré la voie.»
« - Lui qui nous a menti et manipulé tu veux dire, lui qui t'a donné naissance. Je n'étais pas comme toi, je ne l'ai jamais été.»
« - C'est là que tu te trompes !»
« - Non. Tu as tué ma fa...»
« - L'obscurité restaure ce que la lumière ne peut réparer. L'obscurité restaure ce que la lumière ne peut réparer. L'obscurité restaure ce que la lumière ne peut réparer.»

Il faisait déjà bien nuit quand le convoi se stoppa dans un cour boueuse et très mal entretenu. Avec tous les bras qu'il avait, Awena se demanda comment cela se faisait que personne ne prenait le temps de nettoyer ou d'enlever les cages et … les trucs qui traînaient.

Awena vit un du groupe partir à l'intérieur du manoir, elle se demandait bien à quoi pouvait ressembler la personne qui vivait ici et créait toutes ces … choses. Elle désenclencha son bracelet afin de mettre le cristaux lumineux au repos. Elle avait la tête qui tournait et la nausée. Awi avait mal choisi son moment pour reprendre des forces car Awena avait besoin de toute sa tête pour convaincre ce membre de l'ordre du crépuscule d'accepter sa requête. Elle se remémora le visage du vieil homme, elle le retrouverait et il paierait, cher, très cher, pour ce qu'il avait osé délivrer.

La porte grinça, Awena redressa la tête et fixa avec une certaine appréhension l’entrebâillement de la porte.

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Carl Sorince

Grand lâche - Le Squelette

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Race : Humain
Classe : Maître Nécromancien.
Métier : Chef de l'ordre du crépuscule (Squelette)
Croyances : Lui-même
Groupe : Ordre du crépuscule

Âge : Une centaine d'année au minimum

Messages : 245

Histoire de Personnage : Je ne me souviens plus de mon histoire...A vrai dire je ne sais même plus quel âge j'ai...Ma mémoire me fait défaut de plus en plus souvent en ce moment...Quel dommage.

MessageSujet: Re: [RP Carl Sorince]"Le mal n'est jamais spectaculaire…    Mar 1 Nov 2016 - 13:12

Des yeux bleus, d'un bleu...Cristallin. Les paupières tendues et clouées aux sourcils. Le bord des globes oculaires rougies par l'exposition constante à une lumière non-naturelle. Et des larmes, des sillons de larmes, le long de joues surmontée par de hautes et belles pommettes. Les cils coupés, bien sûr, obligatoirement, collés sur le menton par la sueur de la douleur. Et la lime...Une lime rouillée, usée. Avec peut-être quelques morceaux de verres implantés dans son fer rougi. Parce que la lime est chauffée, bien sûr. Pour cautériser la suite.
Vient la consécration. La lime se rapproche, se pose sur l'oeil droit, et commence à glisser, lentement mais sûrement, le long de ce globe de souffrance. Le premier passage endommage la cornée et un flot de larmes de sang se met instantanément à couler. Le frottement persiste. Après trois nouveaux passages, le cristallin est visible à l'oeil nu. Ou ce qui a l'air d'être le cristallin. Les cris poussés ne sont plus humains. C'est animal. Ca couine et ça pleure en même temps. Les flots d'humeur aqueuses qui se déversent le long des joues et à l'intérieur de la plaie se mêlent au sang pour compléter cette splendide oeuvre de cruelle brutalité. Changement de lime. Une plus petite est nécessaire pour gratter l'intérieur. Un coup de burin dans les incisives est nécessaire pour calmer les ardeurs du sujet, qui dans un sursaut de forces issues du désespoir, décide de tenter une énième évasion. Mais ses liens sont trop serrés, et ses réserves d'énergies sont épuisées par plusieurs jours de famines.

"-Monsieur?"
Interruption de l'oeuvre. "Monsieur" grinça des dents et secoua la tête pour reprendre conscience de tout ce qui l'entourait. Depuis combien de temps travaillait-il? Une heure? Une journée? Qu'importe. Le nécromant aurait voulu travailler plus. Aurait pu travailler plus. Si personne. N'avait. Osé. Le déranger. D'un geste rageur, le maître du manoir se détourna de son oeuvre sanglotante pour entreprendre de retirer sa blouse de laine blanche recouverte de sang et de sueur. Un lambeau de peau collé jusqu'à maintenant à sa tempe gauche tomba au sol dans un affreux bruit humide durant le processus mais cela ne sembla pas déranger outre-mesure celui qui l'avait interrompu. Walter. Le majordome. Toujours propre. Toujours prêt. Jamais surpris.
"-Mes excuses pour vous avoir déranger monsieur."
Ledit monsieur jeta sa blouse à travers la pièce et cette dernière s'étala quelques mètres plus loin, sur le carrelage couvert de poussière et de "matière première" écarlate. Le regard inexpressif de Walter suivit l'anorexique silhouette de son maître alors que celui-ci progressait à travers la salle d'opération, slalomant entre les lits occupés par d'incomplètes et inanimés abominations jusqu'à ce que ses pas le mènent finalement à sa vieille veste de cuir troué qu'il avait abandonné à l'entrée, le mois d'avant, en entrant pour la première fois dans cette nouvelle pièce. A cette dernière pensée, Walter esquissa, pendant un dixième de seconde, ce qui semblait être une grimace inquiète. Puis son visage reprit son air habituel, parfaitement neutre, et il resta ainsi, immobile et muet, tandis que son maître époussetait sa veste en commençant à réafficher ce sourire inhumain qui était depuis toujours sa signature.
"-Pas d'excuses entre nous, voyons. Tu ne serais pas venus me déranger sans une bonne raison, non?"
Walter hocha la tête tandis que Carl posait finalement ses yeux de serpents sur sa personne. Durant un court instant, leurs regards se croisèrent et le nécromancien agrandit un peu plus son sourire en sondant l'insondable puits de neutralité qu'était son majordome. Qu'est-ce que ces yeux avaient bien pu voir pour devenir ainsi, dépourvue de la moindre parcelle d'humanité? Carl savait à quoi son enveloppe charnelle ressemblait. A "un cadavre ayant oublié d'arrêter de bouger" lui avait dit Teretchenko, lors de leurs dernières entrevues, qui remontait désormais à une quinzaine de jours. Son nouveau projet prenait hélas beaucoup de temps et, comme tout être passionné par l'art, son art en l'occurrence, il avait bien souvent sauté l'heure du repas pour se concentrer sur ce qui devait être fait. Jamais son pseudonyme de Squelette n'avait sonné aussi vrai, en réalité. Sa peau avait prit la teinte grise-pâle des pestiférés et la peau de son visage semblait être directement collée à ses os. Tout ses serviteurs le contemplaient maintenant avec un mélange d'inquiétude et de respect, chose qui l'énervait quelque peu. Car, le nécromant le sentait, ces imbéciles révérencieux s'inquiétaient pour lui. Pas pour eux. Seul Walter affichait le même air qu'à l'accoutumée. Et Carl, même si il ne le montrait jamais, lui en était terriblement reconnaissant.
Soudainement revitalisé, le maître des lieux sauta par-dessus l'un des lits, sur lequel reposait le cadavre ouvert d'un enfant d'une dizaine d'année au visage figé dans une expression de terreur absolue, pour atterrir à pied-joins sur un monticule de vêtements déchirés, ensanglantés, si imposant qu'il en devenait grotesque.
Walter haussa un sourcil en entendant le tas de détritus gronder.
"-Debout mon grand." Ricana le nécromant tandis que le monticule commençait à s'effondrer sur lui-même pour libérer l'écailleuse créature qui s'y cachait. Morgar, un énorme lézard, ni mort, ni vivant, aussi long qu'une charrette et presqu'aussi lourd. Personne ne l'avait vu depuis que son éternel maître s'était mit en tête de commencer son projet ici...Quoiqu'il fût. Cela ne surprenait pas Walter de constater que le dragon nain était resté aux cotés de Carl. Ils étaient liés, après tout.
"-Il est peut-être temps que je sorte un peu d'ici, qu'en penses-tu? Mon dos me fait un mal de chien."
Walter hocha la tête une nouvelle fois.
"-Cela me paraît effectivement une bonne idée. Le personnel se pose des questions."
Carl haussa les épaules.
"-Tu venais pour me dire quelque chose?
-Oui monsieur. Une femme, seule, est entrée dans votre domaine."
Le nécromant, qui s'était penché au-dessus d'un cadavre alité pour l'examiner, pouffa entre ses dents serrés.
"-La pauvre.
-Volontairement, monsieur. Elle demande à vous parler."
Une phrase qui eût le mérite d'interloquer le maître des lieux. Avec son habituel manque de retenue, Carl fit volte-face, sonda une nouvelle fois le regard de son sous-fifre, puis haussa les sourcils sans cesser de sourire.
"-Voilà qui est singulier.
-En effet monsieur.
-Et que souhaite-t-elle d'autre?" Manda simplement le nécromant, en passant lentement sa langue sur ses dents.
Walter haussa les épaules dans un excès imprévu d'expressivité en tentant de ne pas faire attention au mince filet de sang qui coulait le long du menton de son maître. Visiblement cette sale habitude avait survécue à sa nouvelle lubie. Dommage.
"-Elle prétend détenir de la chair fraiche, et de l'or.
-Une marchande d'esclave peut-être, et tu dis qu'elle est seule?
-Sans l'ombre d'un doute. Roderick à arpenter les environs à la recherche d'éventuels espions et n'a rien trouvé. Les mages de Teretchenko ont vérifiés qu'aucun sortilège ne la suivait. Elle est totalement à votre merci."
Carl ricana. Ce son, qui était devenu bien trop rare ces derniers temps, raisonna dans toute la pièce, s'échappa de cette dernière par la porte que Walter avait laissé ouverte et parcouru tout le manoir. Des dizaines de serviteurs, de fossoyeurs et de nécromants novices savourèrent cet échantillon de folie avant de redoubler d'ardeur dans leurs tâches respectives, rasséréné par le retour plus que bienvenue du maître dans le royaume des vivants.
"-De plus en plus étrange. J'aime ça. Personne ne l'a encore bouffée, j'espère?
-Non monsieur. Sa demande a semblé tellement singulière qu'aucun de vos hommes ne l'a approché.
-A juste titre. Où est-ce?
-Dans la cour monsieur. Souhaitez-vous que je fasse nettoyer la pièce pendant votre entrevue?"
Carl plissa les yeux, en semblant véritablement étudier la question.
"-Moui. Fais donc ça, mais que personne ne touche aux contenus des lits." Décida-t-il finalement en se dirigeant vers la sortie. Mais Walter le freina dans sa marche en s'éclaircissant la gorge :
"-Monsieur?
-Ouiiiii?
-Vous avez oublié de retirer la lime.
-Ah oui. Hé bien elle n'ira nulle part toute seule, pas vrai?"
Walter acquiesça et précéda son maître en dehors de la pièce, sans accorder plus de temps que cela à l'outil susmentionné, toujours planté dans l'orbite ensanglanté de la dernière victime vivante de la salle.

†††

Autour d'Awena, les serviteurs s'interrogeaient, plaisantaient, riaient...Et toute cette activité agaçait tout bonnement Teretchenko. Le grand fossoyeur, assit tout en haut d'un tas de cadavre, à une dizaine de mètres de l'emplacement de la singulière prisonnière, observait les agissements de ses sous-fifres en affichant un rictus de déplaisir que personne ne semblait remarquer.
Un fait logique d'ailleurs...Puisqu'il usait de ses talents d'illusionnistes pour rester invisible aux yeux de tous.
Cela faisait trois ou quatre semaines que Teretchenko s'entrainait ainsi. Ces journées étaient devenues plus que mornes depuis que Le Squelette avait commencé son nouveau projet. Alors, après avoir chassé sur la bordure du domaine du manoir, le Fossoyeur était revenu ici, pour s'entrainer sur quelques cobayes enfermés dans le sous-sol. Désormais, en restant totalement immobile, il parvenait à rester indétectable pendant un peu plus de vingt minutes sans surcharger ses sens ou même ressentir le moindre petit vertige. Le double, peut-être même le triple, de ce que son corps et son esprit parvenaient à accomplir avant le début de ses séances d'entrainement quotidienne, dans la cave du manoir. La satisfaction que le tueur en tirait n'arrivait pas à totalement éclipser ses pulsions meurtrières –Teretchenko avait déjà écorché et tué deux cobayes depuis son retour- mais parvenait au moins à les réfréner.
C'était en grande partie grâce à cela qu'il n'avait pas ordonné de massacrer sur place la prisonnière, lorsqu'on lui avait rapporté son arrivée plus qu'osée. En y repensant maintenant, l'écorcheur se demanda si cela avait été une bonne décision. Pour qui se prenait-elle, cette illuminée, pour ainsi débarquer dans le domaine du maître des morts et espérer ne pas devenir l'une de ses servantes décérébrées? Un tel culot méritait un juste châtiment, chose que Teretchenko se promettait de lui infliger une fois que Le Squelette aurait déclaré qu'elle était inutile.
Tandis que le Fossoyeur fixait les merveilles de douleurs qu'étaient devenus ses mains, désormais terminées par de longs serres, faits de métal, qu'il avait lui-même plantés dans la chair de ses doigts là où jadis s'était tenus ses ongles, la porte du manoir s'ouvrit à la volée.
Et le brouhaha des serviteurs inférieurs cessa. Tout ceux qui possédaient encore une conscience levèrent la tête en direction de l'entrée tandis que les autres, les morts-vivants, contribuaient à l'aggravation de l'ambiance en poussant quelques gémissements pitoyables.
Alors un être malsain, chétif, sale, courbé sur lui-même et visiblement frappé de malnutrition, apparut en haut des escaliers de l'entrée du manoir qui était le sien.

"-Ah, ce n'était pas une blague donc." Grinça Carl, le sourire aux lèvres, en posant les deux puits à folie qu'étaient ses yeux sur la prisonnière.

Teretchenko mit un certain temps à se remettre de la douleur de cette vision. Son maître n'avait jamais été quelqu'un de très solide. Si le physique du Squelette impressionnait, ce n'était pas à cause d'une quelconque transcendante beauté, d'un torse excessivement musclé ou d'un regard de braise, non, c'était à cause de son naturel malsain. Il négligeait tant et si bien son aspect que celui-ci en devenait tout bonnement terrifiant. Et cela lui donnait, en temps normal, une certaine prestance.
Mais pas là.
Là, son maître semblait avoir vieilli d'une dizaine d'année en une dizaine de jours. Outre sa maigreur plus alarmante qu'à l'accoutumée, c'était ses traits qui avaient frappés Teretchenko. Des traits...De quasi-vieillard. Tirés. Ridés même, aux niveaux des yeux et des coins de la bouche. Mais Le Squelette ne ressemblait pas pour autant à un ancêtre, non. En réalité, Carl ressemblait simplement à ce qu'il avait été, durant ses cent premières années.
Un pilleur de tombes fou à lier, sans repère, constamment affamés par une faim éternelle.
Et pour celui qui suivait tant les préceptes de ce fou, voir ce dernier dans une telle position causait quelque chose comme...Un renversement de cœur. Une douleur et un plaisir coupable, tout deux causé par le constat suivant : "Notre père spirituel est actuellement faible."
Teretchenko ravala sa salive et plissa des yeux.

"-L'interrogation est de rigueur, je pense." Reprit le seigneur des lieux, tout sourire, en commençant à descendre jusqu'à la prisonnière."Walter, mon dévoué majordome, vient de me dire qu'une femme, sans même la moindre petite escorte, à débarquée sur mes terres, s'est livrée à mes troupes sans résister...Pour demander à ces dernières de l'amener à...Moi. N'est-ce pas délicieusement troublant?" Termina-t-il en posant ses pieds bottés dans la boue.
Silence. Personne n'osa dire quoique ce soit, aussi Carl émit un petit rire et poursuivit, en avançant en direction de la demoiselle en question.
"-Parce que, en fait. En y réfléchissant. D'aussi loin que je me souvienne, si il y a bien une chose que les vivants qui me sont inconnus ne désirent pas...C'est tomber entre mes griffes."
Le seigneur recourbé passa entre un duo de morts-vivants, et leurs corps se mirent à trembler alors qu'ils encaissaient difficilement le flot d'énergie nécrotique entourant leur maître.
"-Ils sont dégoûtés par ce que j’entreprends. Terrifiés. Avec raison. Mon art est la mort, aussi la vie me fuit. C'est logique. C'est sensé." Carl avait presque craché ce dernier mot. Faisant fi de toute prudence, le nécromancien vint se planter à quelques centimètres de la prisonnière pour poser un doigt couvert de sang séché sur sa joue droite.
"-Dois-je en déduire que tu es insensée en plus de m'être inconnue?"
Un nouveau rire vint ponctuer cette question. Les toussotements qui suivirent se prolongèrent durant une longue minute, puis Le Squelette se reprit, brutalement, pour plonger son regard dans celui de celle qu'il interrogeait.
"-Dis-moi, maintenant. Qu'est-ce qui te fais croire que ta vie ne va pas se terminer d'ici quelques heures, de la manière la plus lente et humiliante possible?"

_________________
Vivre en côtoyant la mort, dormir avec elle, rêver d'elle, manipuler ses enfants...C'est plus qu'un simple don, c'est de l'art. -Carl Sorince au sujet de lui-même.

Un être aux longs cheveux, au rire sardonique et aux dents de scie. Un véritable démon, le maître des morts. Celui dont j'aurais la tête. -Slade Lion-Noir au sujet de Carl Sorince.

Je peux vous parler de l'ombre si vous voulez, de sa puissance infernale, de son pouvoir colossal, de l'admiration que j'ai ressentie lorsqu'il a sectionné le torse de mon capitaine comme si c'était un simple morceau de papier ! Mais par pitié, par pitié...Ne me demandez pas de décrire Le Squelette et ses expériences... -Un soldat traumatisé au sujet de Carl Sorince.

Ahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahah !!! -Carl Sorince au sujet d'approximativement tout.

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Awena Davallon

Œil Noir

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Race : Humaine
Classe : Rodeur
Métier : Aucun // Oeil Noir
Croyances : Croyances aux légendes et aux mythes // Adoratrice du Vein et des démons
Groupe : Pays // Adorateurs de l'Arcane XIII

Âge : 24

Messages : 426

Fiche de Personnage : C'est par ici

Histoire de Personnage : 1) [T] Marché interrompu
2) [T] La grande messe de la rébellion
3) [T] Le début d'une alliance
4) [T] Tout vient à point à qui sait attendre
5) [T] Discussion houleuse avec la sniffeuse
6) [A] Une proposition alléchante
7) [T] Quand les plantes s’emmêlent
8 ) [A?] Qui veut la guerre est en guerre avec soi
9 ) [T] Une affaire louche
10) [T] L'initiation d'Uridan Sangried
11) [T] Mystères et mystifications...
12) [T] L’audace cache de grandes craintes
13) [T] La dépendance du Messager : mission recruter Mairlunlen Chienteur
14) [T] Si l'habit ne fait pas le moine, le chapeau fait-il le mage ?
15) [A ?] C'est pas écrit dans les livres
16) [T] Un invité surprise
17) [T] Un grand tournant
18) [T] Dans le silence et la solitude...
19 ) [T] " Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés "
20) [T] Le mal réunit les hommes
21) [A ?] Rien ne dure dans ce monde cruel, pas même nos souffrances
22) [A ?] Les souffrances ont donné vie aux plus grandes âmes. Les personnages les plus éminents, portent en eux des cicatrices.
23) [T] Quand les cloches sonnent les fêtes !
24) [T]L'initiation d'Alekseï Rytchkine et sa mission impossible sur Adiryl
25) [T]Rencontre au cœur de la tempête
26) [A ?] Les secrets sont insondables. Les secrets sont noirs…
27) [T] Prélude à la chute : présentations
28) [T] La plus grande tragédie de la vie n'est pas la mort
29) [T] Je crois que l'humanité est née d'un conflit…
30) [En cours] L'illusion est nécessaire…


Lieux relatifs à l'Arcane XIII :

1) 1ère épreuve : Le Cabinet de la Réflexion
2) Une épreuve subsidiaire
3) 2ème épreuve : Le Rituel du Sang
4) 3ème épreuve : La mission impossible ?
5) Manoir des Davallon : Repaire de l’Arcane XIII

Souvenirs, souvenirs :

Éclats du passé


MessageSujet: Re: [RP Carl Sorince]"Le mal n'est jamais spectaculaire…    Dim 6 Nov 2016 - 14:05

Awena s'était appuyée contre le fond de sa cage et attendait le plus loin possible de ces rôdeurs en tout genre. Elle avait fait en sorte de mettre le plus de distance entre eux et elle, malgré le peu d'espace à disposition qu'elle avait.
Ils s'étaient tous agglutinés, et elle avait l'impression que d'autres arrivaient encore et toujours et se poussaient, jouaient des coudes, se battaient pour avoir la meilleure place quand le spectacle commencerait. Elle n'avait jamais aimé les foules et cela remontait en elle de mauvais souvenirs, son procès sur la place publique, la prison … ce brouhaha ambiant et les odeurs émanant de chaque être... vivant ou pas.

Elle observait en silence toutes ces choses … ces humanoïdes... Ils parlaient ou émettaient de drôle de bruits, riaient … Elle n'arrivait pas à savoir réellement ce qu'elle ressentait en les regardant, du dégoût ou de la curiosité ? Était-ce son propre ressenti ou était-il mélangé à celui d'Awi ? Elle avait l'étrange sensation d'être fixée par l'un d'entre eux depuis son arrivée, mais pas par curiosité, non, quelque chose de plus malsain. Elle chercha du regard un être qui devait être seul et silencieux pour ainsi se faire passer inaperçu et se fondre dans la masse. Elle fixait un à un les visages parcourant la foule à la recherche de cette présence et alors qu'elle allait commencer à regarder ceux qui se tenaient sur sa gauche, le bruit cessa, le silence régna. Awena savait ce que cela signifiait, le maître des lieux venait d'arriver. Elle se redressa tant bien que mal et s'avança le plus possible sans pour autant entrer en contact avec l'une des créations. La porte principale était ouverte, un homme se tenait debout en haut des marches, elle l'apercevait entre les têtes. Lorsqu'il commença à descendre les marches, cette populace qui lui servait sûrement de serviteurs s'écarta, c'est ainsi qu'elle pu voir celui qui se faisait appelé le Squelette au sein de l'Ordre du Crépuscule. Awena garda les yeux fixés sur cet homme, elle comprenait maintenant que son pseudonyme n'était pas seulement du à sa passion pour les morts mais tout aussi bien à son physique. Il ne semblait avoir que la peau sur les os, comme s'il ne mangeait pas réellement à sa faim et il avait l'air fatigué comme s'il n'avait pas dormi depuis plusieurs jours. Awena croisa alors son regard, il y avait de la folie dans ce regard au point qu'elle demanda s'il arriverait à négocier avec cet homme. Awena resta aussi droite qu'elle le pouvait malgré les liens, et elle se demanda si au final, elle ne lui ressemblait pas plus que ce qu'elle croyait au départ. Elle aussi avait des disciples et vivait dans un manoir, elle aussi n'avait guère l'appétit ces derniers temps et était amaigrie depuis sa tentative de suicide et son passage en chaise … Non, elle ne pouvait ressembler à ça, elle valait mieux que tout ça... ils étaient différents, très différents, ce n' étaient que de simples coïncidences.


"-L'interrogation est de rigueur, je pense."

Awena ne bougea pas, si tel était son souhait de poser les questions et de la juger ici devant cette populace alors soit. Elle répondrait de ses actes, elle savait les risques qu'elle encourait en venant ici, elle n'était pas folle quoi qu'en pensent les autres. Elle était prête a beaucoup de sacrifices pour essayer de venger et d'honorer la mémoire de celui qui avait été son grand inquisiteur. L'homme continuait d'avancer vers elle tout en parlant, elle distinguait de plus en plus clairement sa voix au fur et à mesure qu'il s'approchait.

"Walter, mon dévoué majordome, vient de me dire qu'une femme, sans même la moindre petite escorte, à débarquée sur mes terres, s'est livrée à mes troupes sans résister...Pour demander à ces dernières de l'amener à...Moi. N'est-ce pas délicieusement troublant?"

Awena resta silencieuse. Que pouvait-elle ajouter ? C'était la stricte vérité, elle était venue ici, seule et de son plein gré.

"-Parce que, en fait. En y réfléchissant. D'aussi loin que je me souvienne, si il y a bien une chose que les vivants qui me sont inconnus ne désirent pas...C'est tomber entre mes griffes."

Awena le savait, c'est pour ça qu'elle avait eu tant de mal à trouver précisément l'endroit. Personne ne pouvait la renseigner sur la localisation exacte de ce manoir, toutes personnes saines d'esprit évitaient ce lieu et le fuyaient comme la peste comme celui des Davallons... Cet homme dégageait une certaine aura... malsaine et noire … et exerçait une certaine emprise sur ces sujets. Awena en vit deux trembler devant le passage de leur maître mais celui-ci n'y prêta guère attention et continua à parler comme ci de rien n'était, comme ci tout ceci était normal...

"-Ils sont dégoûtés par ce que j’entreprends. Terrifiés. Avec raison. Mon art est la mort, aussi la vie me fuit. C'est logique. C'est sensé."

Awena se demanda s'il restait encore réellement quelque chose de sensé dans ce monde, dans ces mondes même. L'homme se stoppa à quelques centimètres et posa un doigt sur sa joue. Awena contrôla son mouvement de recul instinctif et ne bougea pas. Elle n'aimait pas qu'on la touche, elle n'avait jamais aimé ça, elle se demanda même s'il n'avait pas fait exprès. Malgré toutes les odeurs de cadavres ambulants, Awena reconnu l'odeur du sang sur la main du maître des lieux, ce même sang qui était si précieux à Uridan Sangried, elle le revoyait boire un verre et trinquait avec cet épais liquide à l'odeur si caractéristique, mais il ne l'aurait pas aimé celui là, il n'était plus chaud et avait déjà coagulé. Qu'est ce qui lui prenait de repenser à tout ça dans l'antre du Squelette ?!?

"-Dois-je en déduire que tu es insensée en plus de m'être inconnue?"

Awena ne savait pas pourquoi mais celui-ci se mit à rire, elle ne broncha pas, elle savait que se mettre à parler à tout va, agacerait ce type d'homme. Elle resta donc parfaitement calme jusqu'à temps que celui ai finit de parler. On ne coupait jamais la parole à un seigneur quelque soit le domaine sur lequel il exerce son pouvoir.

"-Dis-moi, maintenant. Qu'est-ce qui te fais croire que ta vie ne va pas se terminer d'ici quelques heures, de la manière la plus lente et humiliante possible?"

Awena ne quitta pas le regard de son interlocuteur une seule fois. La question était jointe à une menace pas vraiment dissimulée. Awena laissa quelques secondes s'écouler pour être sûre et certaine qu'il n'avait pas d'autres questions à émettre avant de lui répondre.

« - Puis-je être franche ?»

Son interrogateur n'ayant émis aucune objection, Awena poursuivit.

« - Je n'en sais rien, vous avez ma vie et mon corps entre vos mains, bien que vu mon passé, je ne suis pas sûre que je devienne une de vos créations viables. Je suis ici pour vous proposer un marché. À vous de voir, si vous en jugez les clauses intéressantes ou si vous préférez vous servir de moi pour vos expériences, sachez que je viens vers vous en toute connaissance de cause. »

Awena respira profondément malgré l'odeur horrible qui régnait ici, et se mit à tousser puis elle reprit.

« - Croyez-moi, je vous suis peut-être inconnue mais je sais qui vous êtes et de quel ordre vous faîtes parti. Je vous demande de m'aider en échange d'un nombre innombrables de corps humains et démoniaques et de l'or, beaucoup d'or.

Je sais que vous allez doutez de mes dires et vous vous dites que je suis qu'une pauvre folle de plus. Mais pour vous prouvez ma bonne foi, j'ai amené un sac avec moi, regardez son  contenu, et vous verrez que je ne mens pas. J'ai amené une partie de l'or avec moi.


Awena montra du regard le sac qui était posé par terre à quelques mètres de là.

« Je suis la seule encore en vie à savoir où se trouve ce champs de bataille, vous pourriez très bien le chercher par vous même, et garder l'argent que j'ai amené mais plus le temps s'écoulera, plus les corps deviendront inutilisables. Je le sais très bien, j'ai passé plusieurs mois aux côtés d'un « marionnettiste ». Je ne suis pas une simple paysanne ayant pour fantasme de mourir entre vos mains, je veux passer un marché avec vous, et je vous donnerai beaucoup avec qu'une seule condition non négociable.»

Awena essaya de lire dans le regard de l'homme qui se dressait devant elle, mais il y voyait que de la folie, de la démence. Elle ne savait pas qui était le plus fou des deux aujourd'hui mais  malheureusement il était sa dernière et son unique chance.

Si c'est ici et maintenant que devait finir son existence alors elle l'accepterait mais elle aura eu le mérite d'essayer, et d'aller jusqu'à renier ses principes et demander un pacte avec l'ordre pour honorer le souvenir d'Uridan Sangried.

Awena ne bougea pas, elle attendit dans le silence le verdict de celui qui se faisait appeler le Squelette.

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Histoire de Personnage : Je ne me souviens plus de mon histoire...A vrai dire je ne sais même plus quel âge j'ai...Ma mémoire me fait défaut de plus en plus souvent en ce moment...Quel dommage.

MessageSujet: Re: [RP Carl Sorince]"Le mal n'est jamais spectaculaire…    Mar 6 Déc 2016 - 15:18

Clac, clac, clac, faisaient les paumes du nécromant en s'entrechoquant. Clac, clac, clac. Un bruit stressant et malheureusement persistant depuis deux longues minutes maintenant. Clac, clac, clac. Les plus fragiles des serviteurs vivants se lacéraient nerveusement le crâne en l'entendant. Clac, clac, clac.
Teretchenko mit fin à son sort d'invisibilité pour apparaître derrière la folle, prêt à agir dès que son maître lui en donnerait l'ordre. Pour réprimer une énième pulsion violente, quelques secondes plus tôt, l'écorcheur s'était planté l'une de ses griffes dans la cuisse, profondément. Pour que sa douleur éclipse son envie d'en causer d'avantage. Une méthode brutale, qui marchait de moins en moins bien, ces derniers temps. Mais qui avait marchée, ici-bas. Grâce à la présence de Carl. Hélas, cet exploit n'était pas suffisant pour arrêter l'écoulement de son propre sang au sein de sa jambière d'acier rouillée. Si ses enchantements de guérisons restaient suffisamment efficaces pour stopper une hémorragie en quelques minutes, ils ne l'étaient pas encore assez pour empêcher tout saignement de devenir un tant soit peu...Envahissant. Et le simple fait de se savoir si proche d'une source de sang frais emplissait son esprit de nouvelles pulsions malsaines. L'écorcheur se passa la langue sur les lèvres en contemplant avec désir la peau de la femme aux cheveux bleus. Quel délice ce serait de la percer...Non, de l'égratigner d'abord. Juste histoire de voir quelques gouttes jaillir avant de passer aux choses sérieuses.
"-Teretchenko." Siffla Carl.
Et toutes ses pulsions s'en furent. Docile, il ordonna aux morts-vivants écumant les environs de s'éloigner, et aux servants encore dotés de consciences de reprendre le travail, au grand dam de ces derniers. A cette vue, Carl pencha la tête sur le coté et posa la main sur l'épaule de la demoiselle, se délectant de nouveau du malaise occasionné par l'intrusion manifeste de ce simple geste.
"-Tes dires m'intéressent. Et tu m'amuses. Cependant, si tu veux que tout se passe bien...Entre nous. Tu vas devoir écouter attentivement ce que je vais te dire maintenant. Es-tu prête ma chère?"
Morgar grogna quelque chose à l'attention d'un revenant, qui, à l'inverse de tout ses congénères, refusait de suivre les ordres de Teretchenko en restant bêtement planté à droite de la dame. En constatant ce fait, le nécromant s'empressa de pousser sur la gauche son invitée, juste avant que le zombie ne s'écroule en régurgitant, littéralement, tripes et boyaux. Morgar émit quelque chose ressemblant au croisement raté d'un aboiement et d'un miaulement avant de s'éloigner le plus possible du nouvellement mort-mort tandis que son maître contemplait le corps cracher tout son contenu d'un air parfaitement neutre. Dans le tas d'immondice régurgité, quelque chose de noir se mit à ramper en émettant divers bruit de succion. Presqu'aussitôt, une odeur, tellement intense qu'elle en devenait un goût, emplit l'atmosphère. Un servant en guenille débarqua la seconde d'après pour récupérer la chose noirâtre et la placer dans un bocal attaché à sa ceinture.
Carl haussa les épaules et reprit :
"-Premièrement, et c'est un conseil qui s'applique à l'intégralité de mon ordre : Cesse de cacher tes ressentis derrière un masque d'impassibilité. Ce qui passe pour de la force dans bien d'autres société, passe ici-bas pour une provocation tout en ouvrant l'appétit de nos tortionnaires. Tu comprends?"
Il la contempla un court instant avant de secouer la tête.
"-Non, bien sûr que non tu ne comprends pas." Le nécromant leva les yeux au ciel, cherchant visiblement à trouver les bons mots dans le ciel grisâtre au-dessus d'eux. "Disons simplement qu'un invité qui affiche publiquement une retenue quelconque aura tendance à voir sa retenue...Mise au défi, dans nos geôles. Un défi rarement agréable ou gratifiant, en réalité. Considère cela comme une invitation à une franchise constante."
Deux nécromants novices, affublé de l'habituelle blouse de laine blanche des suivants du Squelette, apparurent de derrière un monticule de corps pour récupérer avec empressement les restes du mort-vivant venant de rendre l'âme. Carl adressa un signe de tête entendu à l'un d'eux, puis reprit une nouvelle fois :
"-Deuxièmement, pour l'amour de tout ce en quoi tu crois."Quelque chose d'invisible mais de profondément intéressant sembla passer devant le champ de vision du Squelette, qui perdit son regard dans le vide pendant une longue minute."Je sais que tu essayais de te protéger mais...En prétendant, comme tu l'as fais, "ne pas pouvoir devenir l'une de mes créations viables" tu as encore une fois lancé un semblant de défi. Et c'est mal, vois-tu, parce qu'en réalité, il n'y a rien de plus insultant, pour un nécromant, que d'entendre qu'un quelconque monceau de chair morte pourrait ne pas convenir à son art. Non, ne t'excuses pas. J'ai la prétention d'être au-dessus de tout ça, car je suis le maître ici. Personne ne doute de ma capacité à transformer toute mort en vie. Mais...Ne crache jamais ce genre de chose au visage de n'importe quel autre nécromant ici. La plupart de mes disciples se savent encore sur la voie de l'apprentissage. Et souligner ce simple fait te vaudrais sans le moindre doute une...Mauvaise chute dans les escaliers."
Il sourit, satisfait par cette dernière déclaration.
"-Troisièmement. Je me fous de l'argent. Lorsque j'en ai, je le dépense. Et lorsque je n'en ai pas, je le vole." Le nécromant se passa la langue sur les dents. "Je vais quand même prendre le contenu de ton sac, ne t'en fais pas. Toujours est-il que les monticules d'or ne m'intéressent plus depuis longtemps. Ceci étant dit, félicitation, tu es officiellement mon invitée."
Toujours en souriant, Carl hocha la tête vivement, comme pour répondre à une question que lui seul pouvait entendre, puis entreprit de remonter les marches des escaliers menant à l'entrée du manoir en s'étirant intensément, presque douloureusement. Walter ouvrit l'imposante double porte à son approche, puis, une fois que son maître en eut franchit le seuil, disparut dans les ténèbres intérieures, abandonnant là son invitée.
Teretchenko réapparut derrière-elle, ses deux mains occupées à resserrer les bandages recouvrant la quasi-intégralité de ce visage qu'il avait lui-même lacéré. Une charrette macabre, tirée par des chevaux depuis longtemps décédés, passa sur leur droite, accompagnée par l'odeur rance des cadavres qu'elle transportait. Une bande de nécromanciens novices, faméliques mais hilares, se jeta immédiatement sur l'étrange chargement dans le but d'en extirper les meilleurs servants avant que le déchargement ne les endommage d'avantage. Un spectacle banal, dans les environs du manoir, mais qui, à première vue, arrivait à faire apparaître un sourire d'illuminé sur le visage bandé de Teretchenko.
En vérité, la charrette n'avait rien à voir avec le contentement du Favoris du Maitre. Car si son regard restait effectivement fixé de ce coté-ci de la cour du manoir, ce n'était pas pour observer quelques novices s'amuser parmi les cadavres, mais pour se délecter de l'expression de peur d'une jeune elfe fugitive. Cette dernière, toujours vives malgré sa condition de prisonnière, avait visiblement réussi à s'échapper des souterrains et à ses surveillants décérébrés, pour rejoindre la surface et finalement se jeter en dessous de la charrette branlante, dans l'illusion d'y trouver un refuge quelconque. C'était une chose qui n'arrivait jamais, normalement. Parce que les prisonniers avaient toujours des chaines aux pieds et aux mains. Un fossoyeur moins expérimenté se serait assurément demandé qui était l'imbécile ayant donné l'ordre de retirer les chaines de cette jeune folle. Mais pas Alexey, oh non. Lui, il savait bien pourquoi elle était remontée. Il savait bien pourquoi on lui avait donné l'occasion de prouver sa vivacité dans un simulacre d'occasion de fuite. Et l'appréhension de la suite excitait tant et si bien son instinct de tueur que le fossoyeur usait de toute sa détermination pour ne pas égorger, ici et maintenant, l'invitée de son maître.
"-Tu lui as rappelé l'existence de l'extérieur." Siffla-t-il, entre ses dents serrés."Tu lui as fais prendre conscience de la condition déplorable de son corps." Teretchenko se délectait de ses propres mots, conscient de leur importance cachée. "Car aucun homme ne peux lever une armée de mort au crépuscule de sa propre vie."
L'intéressée ne comprenait pas, bien entendu. Mais ce n'était pas grave. Elle comprendrait bien assez tôt. Silencieusement, ils observèrent la jeune elfe se tortiller en hurlant tandis qu'une énorme parodie desséchée et recousue de minotaure refermait son imposante main sur sa taille, pour la tirer hors de son abri et l'emmener à l'intérieur du manoir.
"-Viens, maintenant. Tu vas être témoin de quelque chose de grand, je pense."
Et il se dirigea à son tour vers la double porte d'entrée du domicile de son maître.

Le hall d'accueil n'avait strictement rien d'accueillant. Son carrelage, sale, collant de sang et de détritus, était au mieux fissuré, au pire remplacé par des planches en bois grinçantes. Des dizaines de chaînes pendaient du plafond, parfois terminée par quelques crochets délibérément rouillés sur lesquelles on avait planté crânes et cage-thoraciques, que des serviteurs minutieux avaient préalablement consciencieusement nettoyé à l'acide, dans le but de retirer le moindre morceau de chair disgracieux. Au milieu, en lieu et place du majestueux lustre ayant autrefois illuminé la pièce, se tenait une cage, ronde, dans laquelle Teretchenko et les siens avaient tassés, quelques mois auparavant, une dizaine de prisonniers totalement recouvert d'une solution alchimique collante, semblable à de la glaise, ayant la particularité de se solidifier en séchant à une vitesse vertigineuse. En résultait ainsi une œuvre cruelle et tragique : une vingtaine de bras squelettiques tendus vers l'extérieur de la cage, tentant, pour l'éternité, d'attraper une liberté impossible, des cadavres emprisonnés dans des statues hurlantes. La représentation d'un des rêves tordus de Teretchenko, l'instigateur de toute cette souffrance.
Celui-ci sourit de manière triomphale en regardant, comme à chaque fois, son œuvre durant une longue minute.
"-Les jumelles, deux petites d'une dizaine d'années. Elles ont continués à gémir un petit moment après le durcissement. Tu imagines? Elles arrivaient à émettre des plaintes, sans pouvoir bouger la bouche, ni inspirer ou expirer. C'était merveilleux."
Nouveau silence, durant lequel le Favoris du maître se coupa la langue en la passant le long de ses propres dents, à l'image de celui qu'il vénérait.
A l'autre bout du hall d'accueil -qui devait facilement faire la taille d'une petite maison- se trouvait un grand escalier ascendant. Sa largeur était telle que même les plus imposantes créations de Carl pouvaient l'emprunter sans avoir à être spécialement précautionneuses. Chose qui arrivait souvent, d'ailleurs, à en juger les traces de griffures et de bave corrosive qui ornaient le tapis recouvrant les marches de marbre. Les rampes dorées, longeant autrefois le bord des escaliers, n'étaient désormais guère plus que des ruines tordues, brisées et tellement couvertes de poussière que leur éclat avait tout bonnement disparut. Un petit passage, creusé dans l'épaisse parois du manoir, se trouvait sur la gauche de l'imposant escalier, mais son inaccessibilité pour le commun des mortels (ou des morts) se voyaient soulignées par un imposant gardien, immobile et menaçant. C'était une armure noire, faisant facilement deux à trois fois la taille d'un homme ordinaire, s'appuyant éternellement sur le pommeau d'une hache à double lame dont l'apparence –propre et entretenue- jurait avec son environnement. Des deux fentes noires du heaume hérissé de piques, on ne discernait nul visage... Mais parfois, des volutes de fumées noires, des émanescences d'ombres, en sortaient fugacement pour disparaître quelques secondes plus tard.
Teretchenko se dirigea d'un pas pressé vers l'armure, que les petits plaisantins du manoir avaient depuis longtemps surnommé "L'Ombrageux".
La hache se leva avant même que le Favoris n'ait le temps de déclarer son droit de passage. Elle fendit l'air horizontalement, deux fois, à une vitesse parfaitement grotesque pour un engin aussi lourd, dans le but de fendre en deux l'importun...Sans y parvenir. Au premier coup, Teretchenko s'était contenté de reculer d'un pas. Au deuxième, le fossoyeur avait disparut l'espace d'un clignement d'yeux, pour réapparaître dans le dos de son agresseur.
"-Foutu tas de feraille, quand cesseras-tu de me défier?" Siffla-t-il, agacé, tandis que l'armure reprenait sa position d'origine, ses deux énormes gantelets de nouveau passivement posés sur le pommeau de sa hache.
Constatant que l'Ombrageux n'irait pas plus loin aujourd'hui, Teretchenko se détendit un peu puis fit signe à Awena de le rejoindre. Ce qu'elle fut bien obligée de faire.
Derrière l'armure, sous l'escalier, se trouvait une petite porte de bois de faible facture, trop basse pour que le Favoris puisse la franchir sans se baisser. Lorsqu'il tourna la poignée et que la porte s'ouvrit, les plus noires ténèbres semblèrent aussitôt en sortir. A l'intérieur, seul le néant subsistait. Aucune torche, aucune fenêtre. Pas la moindre source de lumière n'éclairait les lieux. Teretchenko contempla les ombres en souriant, l'espace d'un instant, puis il se retourna vers l'invitée du maître pour emprisonner la main droite de cette dernière dans la sienne.
"-Ne me lâche pas. Sous aucun prétexte. Qu'importe ce que ton petit esprit fragile perçoit là-dedans, ne me lâche pas. Ou tu te perdras."
Et ils franchirent le seuil.
Pour l'esprit humain, la privation sensorielle totale est un véritable cauchemar. L'absence de son, d'image, d'odeur ou de goût...Aucun homme, aucune femme, n'est jamais préparé à ça. Ce fait est l'unique raison pour laquelle Carl avait décidé de créer et ensorceler cet endroit. "Le seuil". Une énième barrière dressée entre l'être le plus paranoïaque du monde et la réalité. Un petit dédale d'une dizaine de mètres, s'enfonçant dans les fondations du manoir, creusé juste au-dessus de ses laboratoires souterrains. Un labyrinthe facilement résolvable, en temps normal, mais une fois recouvert par le maléfice de privation, le Seuil était capable de perdre tout un régiment de vétéran dans ses étroits couloirs. Pour toujours. Car l'esprit se brisait plus facilement que le plus fin des verres, ici.
Lorsqu'ils sortirent, trois minutes et quarante-quatre secondes après être entrés, Teretchenko portait une jeune femme aux cheveux bleus inconsciente mais toujours tremblante.
"-Quel dommage, elle ne s'est même pas lacérée." Souffla le Fossoyeur en détaillant la frêle silhouette recroquevillée dans ses bras décharnés.
Un rire nasillard l'accueillit. Carl, assit sur le dos de Morgar, ne perdit pas de temps à inviter les nouveaux arrivants à prendre un siège –car nul siège ne se trouvait dans cette pièce- et continua à griffoner, à l'aide d'une plume de griffon trempée dans un flacon de son propre sang, sur l'unique mobilier présent ici-bas.
Une pierre plate, aussi longue qu'une charrette, lévitant à un bon mètre d'un sol terreux, couverts de milliers de bris d'os, animal, angélique, humain et démoniaque. Teretchenko déposa son fardeau inconscient dans un coin de la pièce, puis rejoignit son maître, toujours occupé à cruellement user sa plume sur la pierre. Il s'efforçait de reproduire le signe de la mortevie, complétant ainsi un travail de longue haleine, qu'il avait oublié de terminer des années auparavant. Tout le long de la pierre, des dizaines de milliers d'autres signes étaient ainsi dessinés. La plupart ne représentait rien d'autre que quelques traits tracés maladroitement et à moitié effacé par le temps ou l'usure, à l'inverse des derniers en dates, encore nets, précis, et parfaitement incompréhensibles pour ceux qui n'avaient pas sacrifiés leur existence à la folie de la mort.
"-Ce sera bientôt fini. Comment te sens-tu Alexey? Depuis le temps que tu attendais ça..." Grinça le maître des lieux, une quinzaine de minutes plus tard, alors que Teretchenko passait le temps en lisant un livre sur l'anatomie singulière des grenouilles-carapacées des côtes du sud, notamment connues pour leur double coeur.
Le lecteur referma aussitôt le bouquin pour répondre avec engouement :
"-Je me sens merveilleusement bien, à vrai dire. J'ai la nette impression que tout ceci est le prélude d'un nouveau chapitre de l'existence du manoir. Et de mes fossoyeurs.
-Tant mieux, tant mieux." Ricana le nécromant en tortillant son poignet pour se débarasser de ces horribles crampes accompagnant invariablement un temps d'écriture trop long.
Et ils replongèrent dans le silence.
Awena se réveilla six heures plus tard. Son retour parmi les vivants ne fut absolument pas célébré par quique ce soit. Carl était trop fatigué par son travail d'écriture, et Teretchenko, après avoir joué avec Morgar, s'était endormi contre ce dernier, dans le coin opposé de la pièce.
"-Ne t'inquiète pas, tout comme mes servants, à la fois vivants et morts, je peux faire deux choses à la fois." Fit-il, sans pour autant quitter des yeux son travail. "Je peux t'écouter et griffonner. Alors, pendant que je termine ça, dis-moi. Quel est donc ce travail que tu me proposes? Je veux tout les détails, ne m'épargne rien, je déteste les histoires courtes."
Alors, Carl se décalla de quelques centimètres sur la gauche, pour commencer à écrire une non-écriture sur la pierre sacrificielle, tandis qu'Awena, encore légèrement vaseuse, prenait peu à peu conscience que la nouvelle salle dans laquelle on l'avait amenée, n'était autre qu'une fosse, creusée dans la terre, couverte d'ossements et de détritus.
Le simulacre gigantesque d'une tombe.

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Vivre en côtoyant la mort, dormir avec elle, rêver d'elle, manipuler ses enfants...C'est plus qu'un simple don, c'est de l'art. -Carl Sorince au sujet de lui-même.

Un être aux longs cheveux, au rire sardonique et aux dents de scie. Un véritable démon, le maître des morts. Celui dont j'aurais la tête. -Slade Lion-Noir au sujet de Carl Sorince.

Je peux vous parler de l'ombre si vous voulez, de sa puissance infernale, de son pouvoir colossal, de l'admiration que j'ai ressentie lorsqu'il a sectionné le torse de mon capitaine comme si c'était un simple morceau de papier ! Mais par pitié, par pitié...Ne me demandez pas de décrire Le Squelette et ses expériences... -Un soldat traumatisé au sujet de Carl Sorince.

Ahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahah !!! -Carl Sorince au sujet d'approximativement tout.

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Awena Davallon

Œil Noir

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Race : Humaine
Classe : Rodeur
Métier : Aucun // Oeil Noir
Croyances : Croyances aux légendes et aux mythes // Adoratrice du Vein et des démons
Groupe : Pays // Adorateurs de l'Arcane XIII

Âge : 24

Messages : 426

Fiche de Personnage : C'est par ici

Histoire de Personnage : 1) [T] Marché interrompu
2) [T] La grande messe de la rébellion
3) [T] Le début d'une alliance
4) [T] Tout vient à point à qui sait attendre
5) [T] Discussion houleuse avec la sniffeuse
6) [A] Une proposition alléchante
7) [T] Quand les plantes s’emmêlent
8 ) [A?] Qui veut la guerre est en guerre avec soi
9 ) [T] Une affaire louche
10) [T] L'initiation d'Uridan Sangried
11) [T] Mystères et mystifications...
12) [T] L’audace cache de grandes craintes
13) [T] La dépendance du Messager : mission recruter Mairlunlen Chienteur
14) [T] Si l'habit ne fait pas le moine, le chapeau fait-il le mage ?
15) [A ?] C'est pas écrit dans les livres
16) [T] Un invité surprise
17) [T] Un grand tournant
18) [T] Dans le silence et la solitude...
19 ) [T] " Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés "
20) [T] Le mal réunit les hommes
21) [A ?] Rien ne dure dans ce monde cruel, pas même nos souffrances
22) [A ?] Les souffrances ont donné vie aux plus grandes âmes. Les personnages les plus éminents, portent en eux des cicatrices.
23) [T] Quand les cloches sonnent les fêtes !
24) [T]L'initiation d'Alekseï Rytchkine et sa mission impossible sur Adiryl
25) [T]Rencontre au cœur de la tempête
26) [A ?] Les secrets sont insondables. Les secrets sont noirs…
27) [T] Prélude à la chute : présentations
28) [T] La plus grande tragédie de la vie n'est pas la mort
29) [T] Je crois que l'humanité est née d'un conflit…
30) [En cours] L'illusion est nécessaire…


Lieux relatifs à l'Arcane XIII :

1) 1ère épreuve : Le Cabinet de la Réflexion
2) Une épreuve subsidiaire
3) 2ème épreuve : Le Rituel du Sang
4) 3ème épreuve : La mission impossible ?
5) Manoir des Davallon : Repaire de l’Arcane XIII

Souvenirs, souvenirs :

Éclats du passé


MessageSujet: Re: [RP Carl Sorince]"Le mal n'est jamais spectaculaire…    Dim 11 Déc 2016 - 15:43

Awena attendait immobile et silencieuse. Seul le bruit des paumes de l'individu s'entrechoquant résonnait parmi les corps. Elle ne savait pas ce que cela signifiait, elle ne pouvait donc qu'attendre. Elle ressentit cette présence malsaine qu'elle avait senti auparavant juste derrière elle, elle ne savait pas ce que c'était réellement ni quel rôle il jouait ici, mais il devait aimer l'odeur du sang.

"-Teretchenko." siffla le maître des lieux.

Ainsi c'était comme ça que ce nommait cette chose portant des griffes à la place des doigts. Était-il humain ? Avait-il des origines démoniaques ? Était-il réellement un être vivant ? Difficile à dire, on aurait dit qu'il avait été … modifié. Ce dernier se mit à disperser la foule et à ordonner aux gens de reprendre leur activité.

Awena sentit à nouveau la main de son interlocuteur se poser sur son épaule. Elle ne pouvait rien dire, elle n'était pas chez elle ici, elle n'était donc pas en mesure de donner des ordres, il était donc mal venu de sa part de dire quoi que ce soit à ce sujet même si sentir la main d'autrui sur elle la dérangeait au plus haut point. Elle se contenta de tourner le regard vers lui.


"-Tes dires m'intéressent. Et tu m'amuses. Cependant, si tu veux que tout se passe bien...Entre nous. Tu vas devoir écouter attentivement ce que je vais te dire maintenant. Es-tu prête ma chère?"

Awena hocha légèrement la tête. Comprendre les consignes d'un maître d'un domaine et les appliquer, elle savait faire, on le lui avait inculqué ces notions dès son plus jeune âge même si les consignes ici devait être bien différentes de celles des nobliaux.
Alors qu'elle attendait les consignes, elle se rendit compte via le grognement de l'animal, qu'un des servants ou esclaves, elle ne savait guère comment il les appelait se trouvait sur sa droite et refusait de bouger. Le nécromancien la poussa sur la gauche, Awena comprit rapidement pourquoi la chose rendait l'âme, l'animal s'écarta et Awena fit en sorte que ces pieds ne touchent pas cet amas d'immondice. Un être humain qui se décomposait et se liquéfiait sur place, c'était vraiment … dégueulasse et puant. Voilà pourquoi elle préférait incinérer les corps au moins personne ne pouvait récupérer quoi que ce soit et surtout la chair n'avait pas le temps de pourrir. Apparemment, tout ceci faisait parti du quotidien ici, personne ne semblait en être troublé, et le maître des lieux se remit à parler aussi naturellement que s'il venait de boire une gorgée. Awena essaya de détourner les yeux des immondices et se concentra sur ce que l'homme avait à lui dire.


"-Premièrement, et c'est un conseil qui s'applique à l'intégralité de mon ordre : Cesse de cacher tes ressentis derrière un masque d'impassibilité. Ce qui passe pour de la force dans bien d'autres société, passe ici-bas pour une provocation tout en ouvrant l'appétit de nos tortionnaires. Tu comprends?"

Awena le fixa sans rien dire, cela avait été la source même de son éducation, ne jamais montrer son ressenti ni ses douleurs ni une quelconque émotion, les émotions ne servaient à rien quand vous partiez à la chasse aux démons. Et au sein de l'Arcane XIII, c'était devenu sa seconde nature, ce n'était pas possible pour elle en tant qu’Œil Noir de montrer le moindre signe de faiblesse même handicapée, elle avait du rester forte et là il lui demandait de ne plus être ce qu'elle était, ce serait compliqué.

"-Non, bien sûr que non tu ne comprends pas."

Awena le vit  lever les yeux au ciel comme elle l'aurait fait devant un disciple un peu bébête. Elle faillit même en sourire mais elle était trop concentrée sur les paroles de l'individu qui se tenait en face d'elle.

"Disons simplement qu'un invité qui affiche publiquement une retenue quelconque aura tendance à voir sa retenue...Mise au défi, dans nos geôles. Un défi rarement agréable ou gratifiant, en réalité. Considère cela comme une invitation à une franchise constante."

Awena comprenait très bien ce qu'il lui expliquait, elle avait passé plusieurs mois en prison, elle était retombée dans les mains d'une cape blanche à Madorass, elle savait ce que c'était la torture, elle savait que son manque de réaction était source d'acharnement et de violences physiques toujours plus douloureuses. Mais son silence, cette retenue comme il la décrivait était ancrée en elle, elle n'arrivait plus à ressentir quoi que ce soit, les seules émotions qu'elle avait ressenti depuis son accident c'était la tristesse en apprenant la mort d'Uridan Sangried et cette envie de vengeance, mais même cette trace de sentiment qui l'avait fait sentir un tant soit peu humaine était en train de s'éteindre. Elle pouvait se montrer honnête mais de là à ressentir quelque chose, Awena hocha légèrement la tête, elle essaierait.

"-Deuxièmement, pour l'amour de tout ce en quoi tu crois."

Awena regarda autour d'elle, pourquoi diable marquait-il cette pause ?

Je sais que tu essayais de te protéger mais...En prétendant, comme tu l'as fais, "ne pas pouvoir devenir l'une de mes créations viables" tu as encore une fois lancé un semblant de défi. Et c'est mal, vois-tu, parce qu'en réalité, il n'y a rien de plus insultant, pour un nécromant, que d'entendre qu'un quelconque monceau de chair morte pourrait ne pas convenir à son art. Non, ne t'excuses pas. J'ai la prétention d'être au-dessus de tout ça, car je suis le maître ici. Personne ne doute de ma capacité à transformer toute mort en vie. Mais...Ne crache jamais ce genre de chose au visage de n'importe quel autre nécromant ici. La plupart de mes disciples se savent encore sur la voie de l'apprentissage. Et souligner ce simple fait te vaudrais sans le moindre doute une...Mauvaise chute dans les escaliers."

Awena haussa les épaules, en fait, ce n'était pas pour se protéger qu'elle avait dit ça mais parce qu'elle le pensait bel et bien, entre ces deux entités, les rituels magiques, ses tentatives de suicides, son long séjour forcé en chaise roulante, elle savait que ces jours lui étaient comptés, son corps avait déjà trop subi pour une simple humaine. Alors elle avait du mal à croire que même le meilleur de nécromancien puisse réussir à lui ajouter une quelconque espérance de vie, elle avait déjà trop consommé la ficelle des deux côtés mais bon soit, si tel était son désir, alors elle n'essayerait de plus provoquer ses apprenti sorciers.

"-Troisièmement. Je me fous de l'argent. Lorsque j'en ai, je le dépense. Et lorsque je n'en ai pas, je le vole. Je vais quand même prendre le contenu de ton sac, ne t'en fais pas. Toujours est-il que les monticules d'or ne m'intéressent plus depuis longtemps. Ceci étant dit, félicitation, tu es officiellement mon invitée."

Awena aimait bien cette mentalité, c'était aussi un peu son credo, s'il avait besoin d'argent, il suffisait de se servir dans une autre bourse bien pleine et si l'or ne l'intéressait pas au moins, elle pourrait garder le reste qu'elle avait mis de côté pour elle.
Une fois qu'il eut fini de parler, Awena s'inclina légèrement pour le remercier de l'accueillir chez lui malgré son intrusion.

Le maître des lieux rentra chez lui et l'abandonna là au milieu de la cour. Awena resta immobile se demandant la démarche à tenir, elle n'avait pas besoin de réfléchir bien longtemps car le dénommé Teretchenko réapparut derrière elle. Awena sentait qu'il ne fallait pas jouer avec ce type, il y avait quelque chose d'inquiétant en lui, de détruit et pas seulement physiquement parlant. Awena attendit les ordres et ne broncha pas, elle observait tout ce remue ménage autour des corps, ils n'en prenaient guère soin par rapport à Knurgaod De Veinenuit , elle se demandait comment ils pouvaient obtenir des résultats satisfaisants, mis à part l'odeur qui était plus que dérangeante, rien ne la choquait réellement, elle était dans un lieu où vivait des tas de nécromancien, la présence de corps, de sang, de chair putréfiée était dans la normalité, un peu comme les vitraux dans une église. Une jeune elfe semblait s'être échappée de sa prison, mais elle ressemblait plus ici à une souris relâcher par un chat afin de jouer à nouveau avec sa proie. Awena en détourna le regard car elle imaginait déjà la suite des événements. Perdue dans ses pensées, elle sursauta quant elle entendit l'être situé à côté d'elle lui parler, elle ne se doutait même pas que ce genre d'abominations avait le don de parole.


"-Tu lui as rappelé l'existence de l'extérieur."

Ainsi son maître vivait-il reclus ? Ne sortait-il donc jamais de son domaine ? N'avait-il jamais des réunions ou des missions communes au sein de son ordre ? Awena savait ce que c'était d'être retenue contre son gré, elle avait besoin de bouger et de se sentir libre de ses mouvements, peu importe la prison qu'elle soit rudimentaire ou dorée, cela reste une entrave à la liberté.

"Tu lui as fais prendre conscience de la condition déplorable de son corps."

Ah bon ? Et par tous les démons du Vein, comment avait-elle fait ça ? Des corps, il en voyait à la pelle, elle n'était pourtant pas dans une condition physique exceptionnelle, elle avait très peu dormi et avait parcouru bien des kilomètres en quelques jours, la seule différence entre lui et elle était sûrement leur âge, mais il n'avait peut-être pas subi ce qu'elle avait subi, et elle était quasi certaine qu'elle vivrait bien moins longtemps que le maître des lieux.

"Car aucun homme ne peux lever une armée de mort au crépuscule de sa propre vie."

Awena leva les yeux vers son interlocuteur. De quoi pouvait-il bien parler ? Une armé des morts, il en avait déjà une ici non ? Elle n'eut pas le temps de réfléchir à ses derniers mots, la jeune elfe se mit à hurler et le dénommé Teretchenko décida que c'était le moment de partir. Awena le suivit en silence en regardant bien où elle mettait les pieds, histoire de pas se coincer un doigt sous sa botte. Le manoir était dans un salle état et dire que certains disaient ça du sien, c'est qu'ils n'avaient jamais mis les pieds ici … Les œuvres d'art si on pouvait appeler ça ainsi rajoutait à l'horreur ambiante, les statues semblaient presque vivantes comme si elles avaient été pétrifiées sur place. Awena n'émit aucun son, elle observait en silence se demandait si quelqu'un possédait ici un esprit aussi tordu que le sien pour aimer ce genre d’œuvre, même si ce n'était pas à son goût, elle aurait du mal à mettre ça dans sa chambre, elle était sûre et certaine que certains démons l'auraient approuvés.

"-Les jumelles, deux petites d'une dizaine d'années. Elles ont continués à gémir un petit moment après le durcissement. Tu imagines? Elles arrivaient à émettre des plaintes, sans pouvoir bouger la bouche, ni inspirer ou expirer. C'était merveilleux."

C'était donc ça, il les avait pétrifié, comment, elle n'en savait rien. Awena le fixa un instant, il était comme insondable, à part ce sentiment malsain, elle n'arrivait pas à savoir ce qu'il était mais s'il n'était pas démoniaque, alors il en avait de nombreux caractéristiques.

Awena continua à suivre son « guide » si elle pouvait l'appeler ainsi, il se dirigeait vers une grande armure qui faisait un peu trop clinquante dans ce décor si glauque et sale. Elle devait être enchantée car elle décida de défier Teretchenko mais il était bien trop rapide et agile pour cet homme de fer. Une fois la statue remise à place, son guide lui fit signe de venir, Awena avança prudemment jusqu'à lui et surveilla l'armure au cas où... mais celle-ci ne broncha pas. Il ouvrit une porte dans lequel se trouvait une nuit noire, sans lune et sans lumière, comment pouvait-il se repérer la dedans. Elle n'eut même pas le temps de faire tourner son bijou pour produire de la lumière que Teretchenko lui avait saisit la main. Awena frissonna


"-Ne me lâche pas. Sous aucun prétexte. Qu'importe ce que ton petit esprit fragile perçoit là-dedans, ne me lâche pas. Ou tu te perdras."

« - S'il y a quelconque magie là dessous, il ne faut mieux pas que je ...»

Elle n'eut pas le temps d'émettre d'avantage ses craintes qu'il l'attira dans ce néant. Il n'y avait ni bruit ni odeur ni lumière rien, Awena au fur à mesure des pas se sentait de moins en moins bien. Quelque chose se servait de ce « rien » pour l'emmener là où elle n'avait pas prévu d'aller...

Spoiler:
 

Awena pensait qu'elle allait se réveiller suite à ce souvenir mais non, elle se retrouva d'un salle ronde, obscur, et remplie d'une espèce de brume, au loin quelque chose brillait. Elle s'avança à tâtons et au fur à mesure qu'elle avançait ses craintes s'accentuaient. Elle arriva au bout de la pièce et vit des chaînes accrochés au mur, elles ne retenaient plus personne, ses chaînes pourtant scellées grâce à une magie puissante avait été brisée et cette autre elle était à nouveau libre de ses mouvements.

« - Awi ? Tu es là ? C'est toi qui m'a montré ce souvenir ? »

Une ombre apparut derrière elle, Awena se retourna. Son autre elle se tenait là, devant elle, telle un reflet dans un miroir, sauf que dans sa main, elle tenait un objet.

« - Tu m'as menti »
« - Quoi ?»
« - Tu m'as menti, je n'ai jamais su affûter les armes, c'était toi, tu étais déjà là, tu m'as menti !»
« - Je ne t'ai jamais menti, c'est grâce à moi que nous sommes sorti en vie de cette peine de prison.»
« - C'est faux ! Tout est faux ! C'était déjà toi, c'est toi qui les as tué, tu as tué ma famille, tu avais déjà pris le dessus sur moi, tu m'as menti ! Je n'ai jamais su utiliser correctement cette foutu meule !»

Awi frappa brutalement son autre elle et la brume disparut petit à petit. Awi se réveilla, elle avait réussi, elle ne savait pas combien de temps elle allait garder le dessus mais elle devait agir. Contrairement à Awena, elle avait du mal à se souvenir de ce qui se passait quant elle n'était pas maîtresse de son propre corps mais elle s'était forcée à retenir une chose, une seule et unique chose qui pourrait peut-être lui donner un peu de répit. Elle se leva douloureusement en se frottant la tête, elle s'appuya contre le mur pour se tenir debout. Elle regarda autour d'elle, elle était dans une espèce de fosse, il n'y avait pas de meuble, juste une espèce de pierre plate qui lévitait toute seule. Il y avait un espèce de chien et deux semblants d'homme. Awi se demandait bien ce que son autre elle était venu faire ici, devait-elle dire la vérité ? Ces hommes allaient-ils l'aider ? Ils dégageaient une aura plutôt maléfique, Awi n'était pas sûre de pouvoir les convaincre. L'un semblait endormi. Elle chercha du regard un semblant d'armes mais il n'y avait que des os... Awi respira profondément et se redressa complètement, elle semblait tenir debout. C'était une drôle d'impression d'être à nouveau maître de son corps, de voir ses mains réagirent à sa demande. Avant qu'elle n'ait eu le temps de marcher, l'homme qui écrivait se mit à parler.

"-Ne t'inquiète pas, tout comme mes servants, à la fois vivants et morts, je peux faire deux choses à la fois."

Awi le regarda perplexe et se demanda si c'est bien à elle que cet individu parlait mais apparemment oui. Elle se frotta les yeux et se pinça afin de s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Dans un sens, même avec son imagination débordante, elle n'était pas sûre de pouvoir créer ce type de personnes et de lieux même dans ses cauchemars les plus intenses.

"Je peux t'écouter et griffonner. Alors, pendant que je termine ça, dis-moi. Quel est donc ce travail que tu me proposes? Je veux tout les détails, ne m'épargne rien, je déteste les histoires courtes."

Awi n'avait aucune idée de quoi il parlait. Quel travail son autre elle avait-elle bien pu lui proposer ? Elle n'en savait fichtrement rien. Elle resta donc silencieuse et observa la pièce, on aurait dit une gigantesque tombe. Était-ce ça de mourir enterré vivante ? Était-elle morte en tapant son autre elle ? Mais si elle était morte pourquoi y avait-il ces individus et pourquoi avoir creusé un si gros trou, elle n'était pas si grosse que ça ? Awi se toucha le ventre et pour ne pas éveiller les soupçons fit mine de s'épousseter. Elle s'avança vers l'individu doucement, un pied après l'autre, elle était légèrement chancelante, elle avait perdu l'habitude de marcher et quelle idée d'avoir mis des bottes à talons...

« - Excusez-moi, mais avant toute chose comment dois-je vous appeler ? »

Awi avait retrouvé sa voix… moins rauque, plus douce et légèrement plus enfantine. Elle avait l’impression que ça faisait une éternité qu’elle n’avait pas parlée ainsi. Rien qu’à sa façon de parler, de regarder et à la couleur de ses yeux légèrement plus clairs et plus brillants, toute personne un peu observatrice aurait compris qu’il s’était passé quelque chose.

« - En fait, non, peu importe qui vous êtes. Je ne sais pas ce qu'elle vous a promis mais je suis sûre de pouvoir vous proposer tout autant. J'ai besoin de votre aide, je vous en supplie, elle a amené dans son sac de l'or mais aussi deux artefacts, j'ai à tout prix besoin de l'un d'entre eux, celui qui contient du sang.»

Awi s'était mis à genoux devant son interlocuteur.

« - S'il vous plaît, je vous en supplie, vous devez bien avoir une soupçon d'humanité en vous, il me faut ce sang, sinon, elle va reprendre le dessus et je ne sais pas …. »

Awi se tint la tête, ferma les yeux et se replia sur elle-même.

« - Elle est trop forte, j'aurais dû l'attacher, faîtes attention, ne.... »

Awi s'effondra sur le sol. Elle était à nouveau inconsciente. Elle ouvrit à nouveau les yeux sur le plafond au bout d'un long moment.

« - Saloperie de mage Morgénès, si je te retrouve je t'écorche vif.»

Awena se redressa et resta en position assise un moment, elle vérifia ses propres bras pour être sûre que l'autre ne les avait pas entaillés. Elle passa un doigt le long des cicatrices où l'autre avait taillé les veines, ne voyant rien d'anormal, elle se releva et retourna dans un coin de la pièce afin de s’asseoir le dos contre le mur. Elle poussa un profond soupir.

« - Vous êtes vraiment sûr de vouloir connaître tous les détails hein ? Avant de vous expliquer ce que j'attends de vous, je vous demande de pas tenir compte de ce que vous a... ce que je vous ai dit auparavant, et surtout ne me donnez pas cet artefact, vous comprendrez pourquoi quand je vous aurais expliqué la mission. Ce doit être votre couloir magique qui a eu cet impact sur moi, un peu comme quand je suis allée en Adiryl enfin ceci est une autre histoire.»

Awena ne laissa pas le temps au nécromancien de poser des questions. Elle leva la tête et le regarda fixement.

« - Tout a commencé le jour où mon éclaireuse, ma chasseuse de talent, une tieffeline, repéra dans les rues de Madorass un démon ancien dont une partie de ces pouvoirs était de manipuler le sang. Ce démon avait plus de 1 300 ans et s'ennuyait dans son quotidien. Malgré mes doutes, il s'est avéré de plus en plus investi et utile à notre cause, celle de l'Arcane XIII, dont je suis la dirigeante, il m'a ramené une relique du Vein que je ne pensais même pas dans mes rêves les plus fous posséder un jour. Son talent et son engagement en faisait un atout majeur au sein de notre groupe. Un jour, alors qu'il avait gagné en pouvoir, il eu une idée brillante mais qui conduisit je le crains à sa perte. Il décida de créer un écran de fumée pour protéger l'Arcane XIII des fouineurs, je le nomma quasiment dans la foulée Grand Inquisiteur de notre ordre. Il avait pour mission de protéger notre groupe et de tuer les opposants ou de découvrir les traîtres.

Il créa un manoir de sang solide sur les plateaux de la lune, il se fit passer pour le Dieu du sang et attira des milliers de fidèles dont la plupart des vampires ou des démons de second ordre. Ainsi en cas de problème, les paysans du coin associerait les disparitions, les meurtres, et la magie noire, aux vampires et à leur dieu du sang et non à l'Arcane XIII. On pouvait donc œuvrer dans l'ombre.

Mais, et oui, il a forcément un mais dans tous les histoires, en faisant des recherches pour m'aider dans mes projets, il découvrit un carnet, un carnet retraçant les faits d'une étrange malédiction dans la lignée des Hendenmark. Il décida donc d'enlever et de séquestrer celle que la malédiction avait frappé, la princesse Hendenmark. Un jour, alors que cela faisait trois mois qu'il la retenait prisonnière, elle vint me voir et me demanda de venir avec lui. Au début, j'ai refusé tout net, j'étais fatiguée, je ressortais d'une longue période de convalescence, j'avais passé presque un an sur une chaise roulante, je venais depuis quelque mois à peine retrouver l'usage de mes jambes, j'avais peur que ce voyage d'une journée en calèche me fatigue pour une cause qui n'était pas mienne. J'ai horreur de la politique et de toutes ces pseudos majestés qui règnent sur Feleth. Il a néanmoins su me convaincre en me parlant du don de la dite princesse car pour nous, pour moi, c'était bel et bien un don. Je me rendis donc dans le palais de sang, il était magnifique, très grand et lumineux, il avait réussi à réaliser des vitraux de sang et des fontaines dont le sang frais coulaient à flot pour ces serviteurs sans jamais se coaguler. Enfin, venons en au fait n'est-ce-pas ?

J'ai rencontré la princesse, j'avais le visage entièrement masqué, de moi, elle ne connaît que ma corpulence et ma voix, c'est sans doute pour ça que personne ne m'a encore arrêté. Grâce à un artefact qu'un élu m'a modifié, j'ai pu prélever le sang de cette princesse ainsi qu'un morceau de sa peau et j'ai compris ce qu'était réellement son pouvoir après de longues nuits à étudier une partie d'elle. Son pouvoir, une fois maîtrisé, est capable d'ouvrir et fermer des portails entre les mondes, et surtout entre le Vein et Feleth. Il peut aussi servir à ouvrir des portails sur Feleth, c'est pour ça que je l'ai amené. Je pense qu'il sera plus simple et plus rapide d'ouvrir un portail que de se déplacer à cheval...

Hum, je m'égare non … Quelques mois après cette rencontre, j'ai du partir et quitter les miens afin de résoudre un problème personnel. En revenant de mon voyage, mon manoir était vide, mes disciples avaient disparu. Seul le Messager était présent, il m'a confié son carnet, où était écrit ses craintes. Je suis donc repartie en voyage afin de savoir ce qu'il était advenu d'Uridan Sangried, le Dieu du Sang. Pour vous faire court, car ça ne sert à rien de vous raconter où et comment j'ai obtenu les informations, l'armée du roi avait frappé le manoir du Dieu du Sang, les soldats ont fini par gagner la bataille fassent aux vampires, non sans milliers de morts dans les deux camps. La princesse a été sauvée des mains de son tortionnaire et aux vents des rumeurs, elle aurait brûler vif mon Grand Inquisiteur au milieu du champs de bataille.
Pas une seule fois, il a essayé de contacter mes disciples, il s'est battu et est mort sans trahir notre existence. Je dois aller récupérer ses restes, c'est ma seule condition, je veux lui offrir une sépulture décente, peu importe votre jugement à ce sujet, c'est mon choix. Je vous propose donc tous ces corps mort au combat, en échange d'une chose, m'aider à récupérer les restes de celui qui fut le Dieu du Sang. J'ai un artefact dans mon sac, qui permettra de récupérer ce qui appartenait à Uridan Sangried, le reste sera à vous.

Je sais de source sûre qu'il reste des gardes en faction car la Princesse sait que je menais la danse et que je ne laisserai pas les restes de son tortionnaire sans sépulture, elle s'en sert d’appâts mais contrairement à elle, je m'en fiche de ma propre vie, j'ai mené les miens à leur perte, si je meurs alors je mourrais mais j'espère bien l'entraîner elle aussi dans la mort pour avoir oser tuer mon plus beau pion.»


Awena appuya sa tête contre le mur et regarda le plafond, elle n'avait pas autant parler pendant des lustres, comme il l'avait demandé, elle avait été la plus honnête possible. Elle ne lui avait rien caché maintenant il restait une question en attente. Elle se massa le cou, se remit debout et s'avança vers le maître des lieux.

« - Êtes vous près à m'apporter votre aide pour cette mission ?»
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Carl Sorince

Grand lâche - Le Squelette

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Race : Humain
Classe : Maître Nécromancien.
Métier : Chef de l'ordre du crépuscule (Squelette)
Croyances : Lui-même
Groupe : Ordre du crépuscule

Âge : Une centaine d'année au minimum

Messages : 245

Histoire de Personnage : Je ne me souviens plus de mon histoire...A vrai dire je ne sais même plus quel âge j'ai...Ma mémoire me fait défaut de plus en plus souvent en ce moment...Quel dommage.

MessageSujet: Re: [RP Carl Sorince]"Le mal n'est jamais spectaculaire…    Lun 6 Mar 2017 - 8:13

Carl n'avait pas été troublé outre-mesure par la soudaine possession (ou dépossession?) de son interlocutrice. En réalité, ce genre de spectacle restait, sommes toutes, assez courant, au sein de l'ordre. Un certain nombre de ses serviteurs souffraient, au choix, de dédoublement de personnalité, de possession magique et/ou démoniaque, de maladie physique affectant le mental ou mieux encore, d'amnésie partielle menant à une fracturisation totale de l'esprit. Après tout, le funeste Stilgar ne souffrait-il pas d'une même affection?
Ainsi donc, une fois la surprise de cette découverte initiale passée, le nécromant s'était contenté de poursuivre son oeuvre, malgré les grognements soudains de Morgar et les mises en garde de Teretchenko, qui s'était mit entre lui et la demoiselle dès que cette dernière avait commencé à parler de fiole de sang, d'artefacts et, surtout...D'un soit-disant "soupçon d'humanité". Ici bas, il y avait des mots, des phrases et des termes interdit. "Humanité" en faisait parti.
Mais, avant que les choses ne prennent une tournure aussi salissante que fâcheuse, la demoiselle s'était de nouveau égarée dans l'inconscience...Pour, et bien, revenir quelques instants après parmi eux, de nouveau totalement maître d'elle-même, apparemment.
Visiblement peu enclin à perdre d'avantage de temps, l'étrange femelle avait débuté son histoire, non sans mentionner, au passage, sa visite en Adiryl.
A ce moment là, Carl cessa de griffonner. Car cette histoire...Cette mission, que cette illustre inconnue lui présentait...Se mêlait à ses propres souvenirs. A son propre passé, pas si lointain. Les images d'un combat gargantuesque, surnaturel, lui revinrent par flash. La gueule hérissée de piques d'un démon. Le sang maculant les ailes blanchâtres d'un être brutal mais grâcieux. L'air transformé en arme, découpant la chair de celle-la même qui tentait de le manier. Et...La faille. La faille refermée, obstruée...Par un mur d'hémoglobine solidifié.
Uridan Sangried. Uridan. Le vampire avec qui il avait fait fuir une cohorte d'anges et de démons.  Comme le monde du milieu pouvait être petit, par moment. Une vague de nostalgie agressa ses sens désormais attisés, aiguisés, par l'impromptue révélation. Et Carl se surprit à ressonger à ces jours presqu'oubliés, où sa propre personne errait, sans but, de chemin en chemin, uniquement accompagné par ce bon vieux Morgar.
Les temps, avaient, semble-t-il, singulièrement changé. Le capitaine des anges ayant ennuyé, à cette époque, vampire et nécromant, était devenu le Vindicare. Carl, grâce à un concours de circonstance et une alliance plus que bénéfique, avait prit le contrôle d'un manoir, d'un ordre, tout en devenant l'éternel ami de l'un des êtres les plus puissants que cette terre ait connue...Et Uridan était mort.
Voilà qui prouvait une nouvelle fois le fait suivant : Ceux qui viennent en aide aux autres sont toujours les premiers à mourir.
Carl éclata de rire. Ce qui n'étonna personne outre-mesure. Puis, en reniflant, il fit :
"-Uridan est mort donc? Quel dommage. Son potentiel était énorme, même si il aimait visiblement le gâcher dans un étalage de tour de passe-passe esthétique mais sans intérêts."
Teretchenko souffla du nez en retenant un ricanement, sa main droite posée sur l'énorme gueule entrouverte de Morgar.
"-Je l'ai déjà croisé, en réalité. Une fois et une seule. Nous avons combattu, côte à côte, d'une certaine manière. Ton histoire soulève de vieux souvenirs. Comme c'est amusant...Oh, mes condoléances bien entendu."
Ceci dit, le nécromant enfonça sa plume usée dans la peau de son poignet, assez profondément pour que le sang se mette à couler sans effort. Une fois sa main en partie couverte de sa propre hémoglobine, il appuya sa paume au beau milieu de la pierre durant une longue minute, y apposant ainsi une empreinte rouge et durable.
Court silence. Carl le brisa sans cesser de fixer sa création.
"-J'ai toujours rêvé de tuer une princesse. Je t'aiderais. Mais d'abord, je me dois de terminer ceci."
Morgar émit un énième grognement tandis que Teretchenko se dirigeait vers la sortie de la "salle". Les Scalpels pendant à sa ceinture s'entrechoquèrent, provoquant divers cliquetis contribuant à renforcer l'atmosphère oppressante de la zone.
"-Je vais la chercher." Grogna-t-il.
Carl l'arrêta dans son élan en s'éclaircissant la voix.
"-Ne lui faites aucun mal. Rien de plus que le nécessaire. Sa douleur sera bientôt la mienne, après tout."
Le Fossoyeur hocha gravement la tête, puis disparut dans les ténèbres qui, d'après bon nombre de serviteurs, l'avaient créé.
Nouveau silence. Le maître des lieux s'accorda enfin le droit de s'asseoir en se laissant tomber mollement parmi les morts et leurs os. Morgar ronronna, un son évoquant une avalanche causée par le tonnerre d'un orage violent. Puis les yeux du reptile, comme ceux de Carl, se posèrent sur Awena.
"-Sais-tu à quoi ressemble l'antique et proscrit rituel du Larcin Vital?"
Si il y eut une réponse, le nécromant ne l'entendit pas.
"-Notre race l'a oublié depuis longtemps. L'unique grimoire connu pour mentionner sa composition et sa réalisation a mystérieusement disparut des bibliothèques interdites de Beolan, il y a de cela plusieurs décennies."
Son sourire disparut durant un court instant. Un mince filet de sang filtra de ses lèvres entrouvertes.
"-C'est un démon, qui l'a créé. Un démon mortel, jaloux de ses congénères immortels. Un démon qui haïssait tant la vie qu'il avait finit par la désirer éternelle. Un démon intelligent mais faible. Qui réussissait à prolonger son existence en volant celle des autres. Ses fidèles, dans le Vein, que nous connaissons tout deux, étaient tous comme lui. Faibles et mortels. Ils ont disparut rapidement, malgré tout leurs efforts pour égaler l'immortalité. Le jour où leur maître est mort, assassiné, le plus faible des fidèles s'est enfuit avec son grimoire sur feleth, pour échouer près de Beolan et mourir seul. Les curieux cinglés de Beolan l'ont disséqués, ont classés l'ouvrage qu'il serrait de toutes ses forces, même après la mort, comme "dangereux". Et l'ont oubliés dans un coin, parmi tout les autres ouvrages dangereux. Pendant ce temps, privé de ce grimoire aux pages innombrables, les fidèles moins faibles, ceux qui étaient restés dans le Vein, se sont retrouvés incapable de reproduire le rituel. Ils sont morts de vieillesse, tous. Et les êtres immortels, supérieurs, qui ont dévorés leurs cadavres, s'en sont moqués."
Le nécromant fit une courte pause et passa sa main contre la surface rugueuse de la longue pierre. Un bruit étrange et grave, provenant des entrailles même de la terre, vint faire trembler l'espace d'un instant la pièce. Puis tout redevint silencieux.
"-Une histoire tragique, pitoyable, sans doute un peu arrangée par son dernier témoin. C'est l'inéluctabilité de la mort des êtres faibles qui est condensée dans cette petite histoire. Ceux qui sont restés dans le Vein étaient trop faibles pour empêcher le plus faible d'entre-eux de s'enfuir avec le grimoire qui faisait leurs forces. Le plus faible était trop faible pour survivre seul, même avec le grimoire en sa possession. Et que dire de leur maître, instigateur de tout ceci, qui a été incapable de défendre cette vie qu'il avait pourtant réussi à prolonger? Ridicule. Pitoyable. Ils ne méritaient pas de vivre. Pourtant leur oeuvre est grandiose."
Revigoré par son propre récit, Carl se releva d'un bond pour tourner autour de la pierre.
"-Je termine mon deuxième siècle d'existence, je crois. Et pourtant, point de vue moraux et réducteurs mis à part, je suis encore parfaitement humain. Grâce à ce rituel, coûteux en temps, mais ô combien nécessaire."
Sa main ensanglantée vint caresser son propre visage, usé, marqué... Méconnaissable.
"-Oui. Il semble bien qu'il soit véritablement nécessaire en ces intéressantes heures."
Nouveau silence. Carl pencha la tête sur le coté. Se mordit la langue. Cracha du sang. Retint les tremblements de sa main droite. Fixa un point invisible. Cligna frénétiquement des yeux. Ricana. Encore.
Morgar gronda, comme pour intimer à son maître l'ordre de cesser ses gesticulations. Ordre qui n'eut bien entendu que peu d'effet sur le principal concerné. Quelque chose de verdâtre se faufila dans un tas d'ossement sur la droite du dragon, en causant la chute d'une vertêbre posée tout en haut du monticule.
Le nécromant souffla du nez.
"-Ne lui fais pas trop mal Alexey."
La forme famélique d'une jeune femme traversa la moitié de la pièce en volant presque, projetée par le bras puissant de Teretchenko, qui venait visiblement de revenir sans que personne d'autre que Carl lui-même ne s'en rende compte. Même Morgar sursauta lorsque la nouvelle arrivante s'écrasa au sol.
"-Bienvenue à la fin de ta vie mademoiselle !"
L'intéressée se redressa d'un bond, un morceau d'os pointu dans les mains, et se jeta aussitôt sur l'auteur des précédentes paroles. Teretchenko l'attrapa au vol pour la désarmer d'une manière si désinvolte qu'elle n'était pas sans évoqué la scène d'un adulte privant son enfant de son jouet. S'ensuivit une scène pitoyable de lutte aussi acharnée qu'inutile.
"-Comment t'appelles-tu ?" Souffla Teretchenko à l'attention de sa prise, toujours aussi vive.
Pas de réponse, évidemment. Alors que le fossoyeur s'apprêtait à répéter sa question, Carl le contourna pour faire face à la jeune fille, dont les oreilles pointues laissaient deviner la nature elfique. Calmement et avec le sourire, il se baissa pour caresser la chevelure emmêlée de la gamine, qui devait à peine sortir de l'adolescence selon les standards de son peuple.
"-On est de sacré salopards, hein?"
Carl ne s'offusqua pas face à la nouvelle absence de réponse.
"-Et on te fait très peur, hm?"
Il lui pinca le nez, dans une parodie de taquinerie amicale.
"-Ils ont hurlés combien de temps avant de mourir, ceux qui étaient avec toi dans la cage?"
Court silence. Teretchenko ricana.
"-Longtemps."
Le nécromant hocha la tête d'un air profondément affecté.
"-Il y avait quatre soldats avec toi dans cette cage, pas vrai? L'un d'eux était ton frère. Des grands et forts, incassables en apparence. Et pourtant ça ne les a pas empêchés de se pisser dessus en hurlant, lorsque Teretchenko s'est servit de ses outils sur eux."
Une petite larme coula le long de la joue couverte de boue.
"-Hors donc. Combien de temps crois-tu que tu résisterais, toi, petite boule d'innocence, si j'ordonnais à Teretchenko de t'obliger à dire ton nom à sa manière?
-Stygia. Je m'appelle Stygia !"
Le sourire de Carl se fit plus saint. Presque paternel.
"-Parfait."
Faisant volte-face, le maître des lieux s'empressa d'aller griffonner ledit prénom sur la pierre. Puis il se pencha pour attraper deux paires de clous fait en os.
"-Je me dois de t'expliquer ce qui va se passer désormais, toi qui a eu la malchance d'être jeune et vive." Estima le nécromant en s'asseyant sur le bord de la "table" sacrificielle."Tu penses avoir traversé le pire mais détrompes-toi, le pire reste à venir. Je vais absorber ta vie. Toute ta vie. Jusqu'à la dernière goutte. Je vais prendre ta douleur. Je vais prendre ton bonheur. De toi il ne va rester qu'une carcasse de vieillarde desséchée. Parce que, en réalité, mes deux siècles de vie vont traverser ton corps l'espace d'un instant. Tout ce que j'aurais ressenti durant cette vie incroyablement longue, tu vas le ressentir durant... six minutes exactement. Autant dire qu'aucun être, mortel ou non, n'est fait pour survivre à un tel condensé de sensations différentes. C'est ton esprit qui va lâcher en premier, au bout de la première minute je pense. Mes pensées vont devenir les tiennes l'espace d'un instant, toutes les pensées que j'ai eu pendant deux siècles vont défiler dans ton crâne... ce qui va tout bonnement surcharger et tuer ta propre personnalité, superficielle et inintéressante, il est vrai, autant dire que ce ne sera de toute façon pas une grande perte. Puis ton corps va se transformer en boule de souffrance. Tu ressentiras, en même temps, la douleur de mes blessures, la fièvre des maladies que j'ai pu contracter lors de mes diverses pérégrinations  –sache qu'elles sont nombreuses- les démangeaisons causées par les piqures de moustiques, de taons, d'araignées. Jusqu'à mes incessantes migraines ! Ce sera varié, ce sera horrible. Insupportable. Un mélange qu'aucun être humain n'a jamais pu supporter. Ton cœur va se déchirer mais sera maintenu en marche le temps du rituel, ce qui décuplera encore tes souffrances, hélas. Et finalement, tu mourras. En me léguant ta vitalité. Sois satisfaite, car tu serviras dans la mort quelque chose de bien plus grand que tout ce que tu aurais pu imaginer faire dans ta pâle et insignifiante petite vie. Condoléances, etc..."
Teretchenko avait un peu relâché son étreinte sur la gorge de la gamine, de sorte que cette dernière puisse vomir de terreur sans que sa propre personne ne reçoive une partie des régurgitations sur la manche. Ça ne marchait que moyennement, mais l'uniforme de travail des fossoyeurs était, de toute façon, fait pour que ce genre de désagrément ne gêne pas outre-mesure son porteur.
Carl jeta un coup d’œil vers Awena, en tentant de faire abstractions des bruits de déglutitions pitoyable de la gamine.
"-Navré, ça fait souvent ça. Les plus jeunes sont toujours très fragiles sur ce plan."
Le nécromant s'éloigna de la jeunette et de son bourreau. Teretchenko entreprit aussitôt d'allonger sa victime sur la pierre. Trop faible et terrorisée, celle-ci ne commença à se débattre que lorsqu'un premier clou d'os vint traverser sa main droite pour l'immobiliser. Ses cris, bien plus faibles qu'à son arrivée, ne dérangea pas outre-mesure les êtres présents dans la pièce, surtout Carl, qui n'avait tout simplement pas l'air de les entendre.
"-J'ai bien peur que le reste du rituel soit...Hm. Un peu trop violent pour tes petits yeux. Non, ne proteste pas. Aucun être humain ne devrait voir ça, crois-moi."
Durant un court instant, un éclair de fierté traversa le regard du vieillissant maître des lieux, puis il cligna des yeux.
"-Walter."
Le majordome passa l'entrée du seuil pour se matérialiser, sembla-t-il, aux cotés de la dame aux cheveux bleus.
"-Sa chambre est prête monsieur."
Un hochement de tête et quelques hurlements de gamines souffreteuses plus tard, Carl appuya son doigt couvert de sang sur la joue de son invitée.
"-Walter va te conduire dans ton nouveau chez toi...Le temps que je termine ceci. Pour ta propre sécurité, tu seras enfermée dans la section la plus...Sécurisée, de mon manoir, ne te sens pas prisonnière. Plutôt protégée. Maintenant, va. On se reverra demain, pour planifier cette petite escapade. Walter, la dame réagit mal au seuil, peux-tu?...
-Bien entendu monsieur." Confirma le majordome, en apposant contre le nez et la bouche de la principale concernée un chiffon chargé de chloroforme.
Il n'y eut pas vraiment de scène de lutte. Affaiblie par sa précédente traversée, Awena sombra de nouveau, avec aisance, dans un sommeil vaseux. Walter la chargea sur son épaule l'instant d'après, pour disparaître de nouveau dans le seuil.
Carl fixa le mur de ténèbres durant une longue minute, sans rire ni même sourire. Absorbé par ses propres pensées, qui se faisaient de plus en plus évasives avec l'usure de son corps, son esprit déambula dans ses souvenirs, aussi chaotiques et violents que son futur. Puis un bruit humide, dans son dos, le ramena à la réalité.
Prenant une profonde inspiration, le maître-nécromancien, que les fidèles de l'Ordre connaissaient sous le nom du "Squelette" pencha la tête sur le coté, dévoila dans un sourire fatigué ses dents de prédateur, puis s'empara du couteau sacrificiel que lui tendait Teretchenko d'une main tremblante d'excitation. Alors, après avoir éprouvé le tranchant de la lame sur son propre doigt, Carl Sorince laissa son regard venimeux absorber les derniers soupçons d'espérance de sa victime crucifiée sur la pierre.
Teretchenko se souvint jusqu'à sa mort du rire qui suivit.

† † †

Walter ne réveilla Awena qu'une fois qu'il l'eut posée au bord du lit qui lui était destiné. Alors qu'elle émergeait doucement des profondeurs d'une inconscience troublée, le majordome vint déposer un plateau chargé de victuailles, majoritairement carnivores, sur la table de nuit se trouvant à droite de sa couche.
La chambre en elle-même semblait terriblement propre et saine comparée au reste du manoir. Aucune lumière naturelle ne venait l'éclairer, bien entendu, mais le lustre au centre de la pièce et les deux torches encastrées dans le mur à l'entrée projetait une ambiance chaleureuse, presque rassurante, dans la pièce.
L'ameublement restait discret, loin du sordide, une armoire de bois noire aux doubles portes verrouillées se trouvait face au lit, dont les draps avaient été, pour l'occasion, lavés et changés. La table de nuit, bien que visiblement terriblement usée, avait le bon goût de toujours tenir sur ses quatre pieds, de ne pas sentir le cadavre ou de servir d'abris à araignées gargantuesques. Il y avait aussi un siège, très cher à en juger les ornements dorés de ses accotoirs, tourné vers un coin de la pièce. Jadis, Balgruf Vifsang, premier possesseur du manoir de haute-roche, s'était endormit un nombre incalculable de fois sur le quasi-trône. Ce siège avait été, en quelque sorte, un porte-bonheur pour le docteur.
Un porte-bonheur qui avait survécut à son possesseur pour échouer dans une pièce quasi-oubliée par les nouveaux occupants du manoir.
"-Vous pouvez sortir si le cœur vous en dit. L'entrée débouche sur un couloir. Au fond de ce couloir se trouve une porte en fer rouillée, que je laisserais ouverte. Vous pourrez vous y laver, encore une fois si le cœur vous en dit, certains de nos occupants répugnent le contact de l'eau. J'apporterais un seau d'eau chaude demain matin. Toutes les autres portes du couloir seront et resteront fermées. N'essayez pas de les enfoncer, vous n'y arriverez pas. Elles ont été créées et renforcées pour résister à des choses bien plus solides et violentes que des humains. Qui plus est, vous n'apprécierez certainement pas ce que vous ne manqueriez pas de découvrir en entrant dans l'une des salles fermées. Je vous laisse maintenant, navré pour la brutalité de ce transfert."
Le majordome se dirigea vers l'entrée, les deux mains dans le dos, mais s'arrêta au pas de la porte en esquissant un discret sourire. Lentement, il se tourna vers la nouvelle locataire pour ajouter :
"-Monsieur tiens à vous préciser que la viande sur ce plateau n'est ni empoisonnée, ni d'origine humaine, démoniaque ou angélique. C'est du bœuf, tout simplement. Alors inutile de vous torturer l'esprit. Bonne soirée. Et ne faites pas attention aux choses qui grattent l'intérieur des murs."
Puis il disparut en claquant la porte derrière-lui.

Spoiler:
 

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Vivre en côtoyant la mort, dormir avec elle, rêver d'elle, manipuler ses enfants...C'est plus qu'un simple don, c'est de l'art. -Carl Sorince au sujet de lui-même.

Un être aux longs cheveux, au rire sardonique et aux dents de scie. Un véritable démon, le maître des morts. Celui dont j'aurais la tête. -Slade Lion-Noir au sujet de Carl Sorince.

Je peux vous parler de l'ombre si vous voulez, de sa puissance infernale, de son pouvoir colossal, de l'admiration que j'ai ressentie lorsqu'il a sectionné le torse de mon capitaine comme si c'était un simple morceau de papier ! Mais par pitié, par pitié...Ne me demandez pas de décrire Le Squelette et ses expériences... -Un soldat traumatisé au sujet de Carl Sorince.

Ahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahah !!! -Carl Sorince au sujet d'approximativement tout.

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