''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Les parchemins de Shui

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ShuiLong Zhang



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MessageSujet: Les parchemins de Shui   Dim 17 Oct 2010 - 22:37




Vous vous tenez là, béat, devant un sac contenant d'innombrables parchemins. Ils ont été soigneusement roulés et attachés par des rubans rouges. Le temps a fait jaunir le papier de riz, si fin et si délicat à la fois. Vous tremblez en vous saisissant d'un des rouleaux, craignant de déchirer ce papier à l'aspect fragile mais vous êtes surpris par la solidité de celui-ci, mais aussi par la texture douce du parchemin. Vous le caressez du bout des doigts et humez son odeur agréable de papier vieilli. Alors vous décidez de défaire le ruban sur lequel a été brodé des signes que vous ne connaissez pas et déroulez le premier parchemin. Son contenu vous coupe le souffle : devant vous, des centaines de caractères tracés à l'encre noire s'étendent dans un alignement à la droiture parfaite. De temps à autres, les lignes de caractères sont coupées par des dessins, dessins parfois colorés. La couleur noire de l'encre contraste de façon étrange avec la pâleur de son support. En examinant de plus près ces drôles de symboles, vous remarquez qu'ils ont été tracés au pinceau. Vous en déduisez que quiconque a écrit ce parchemin y a mis beaucoup d'âme et d'intention. Il s'agit là sans aucun doute d'une personne extrêmement minutieuse.

Bien, maintenant admettons que vous savez lire la langue ancestrale des Zhang ou que vous ayez trouvé par miracle un quelconque traducteur. Voici donc ce que vous racontent ces milliers de petits caractères...

(c) Luis Royo, Dead Moon pour la dernière image
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ShuiLong Zhang



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MessageSujet: Re: Les parchemins de Shui   Dim 24 Oct 2010 - 15:11

飞蛾投



Aujourd'hui c'est la fin. Quelle fin me diras-tu ? Je ne sais pas. Je voudrais dire la fin de mon monde mais l'expression me semble à la fois ridicule et exagérée et pourtant elle ne suffirait pas à qualifier tout ce que j'ai perdu en ce jour.
J'ai renié les miens plus d'une fois. Je les ais maudis, méprisés, haïs et je ne le regrette pourquoi ? Alors pourquoi est-ce que mon cœur pleure sur la mort de ma tribu ? Après tout ce que j'ai vécu, il me semble que c'est pourtant la plus grande perte qui me soit arrivée. Oui, je sens que tu t'impatientes, que tu es pressé de connaître ce qu'il s'est passé et que tu n'as point de compassion pour moi. Comme tu peux le constater je suis mauvais écrivain, sans doute devrais-je cesser d'étaler sur papier mes larmoiements et passer directement à l'essentiel. Et puis tu t'accorderas avec moi sur le fait que tout ce qu'il m'arrive est entièrement mérité. Mais laisse-moi donc un moment pour rassembler mes pensées et essuyer les larmes qui coulent le long de mes joues. Tu excuseras mon écriture tremblante et mes phrases mal tournées. Mes mains tremblent et mon esprit se tourmente. Mon corps entier hurle de souffrance tant mon chagrin est grand.
Mais commençons donc le récit de ce jour funeste...

Comme je te l'ai déjà expliqué Mordeuse m'a laissée. Cette rupture était justifiée et je ne pouvais n'en prendre qu'à moi-même. Le dernier lien qui me rattachait encore aux Zhang s'était rompu et quelque chose en moi s'était également rompu. J'avais peur mais je ne savais pas dire de quoi.
J'avais rassemblé mes affaires : Hu, le sabre de Ze et le poignard de mère. J'avais également ma lance et tout mon matériel de tatouage et ma lance -bien que je ne comptais pas m'en servir-, ainsi que que quelques autres bricoles me servant pour mon voyage. Le départ était prévu dans la nuit car je détestai voyager en plein jour et j'avais prévu de me reposer dans la journée, préférant ruminer mes pensées amères dans mon sommeil. Une nouvelle vague de colère s'était emparé de mon esprit et j'étais trop rongée par la rancune pour être réellement triste.
Mon sommeil fut relativement calme mais je finis par me réveiller sous l'effet d'une odeur désagréable. Quand mes yeux s'ouvrirent, ils étaient plein de larmes : tout était noir autour de moi et et il régnait une chaleur insupportable. Suffoquant sous l'effet de la fumée épaisse, je rampai au sol et réussit à saisir mes affaires avant de couper le tissu de ma tente pour en sortir. Je restai un moment stupéfaite devant la vue qui s'offrait à moi : Le campement brûlait, les Zhang brûlaient, nous brulions tous. L'air était graisseux, sans doute en raison des corps brûlés ou bien parce qu'ils avaient utilisé de la graisse pour provoquer l'incendie. Saisissant le tissu que j'avais découpé pour m'échapper de ma tente, je recouvris mon visage pour me protéger des vapeurs suffocantes et avançait au milieu des flammes avec peine. Si j'avais pu, j'aurais couru et bien que je gardai un air parfaitement calme, j'avais envie de crier et de me débattre bêtement dans tous les sens. J'étais paniquée, comme tous les Zhang je craignais le feu. Mais l'instinct de survie remportait sur ma panique et je parvins à me diriger vers la sortie du camp en partie guidée par la foule complètement paniquée. Trop concentrée sur mon propre sort, je ne voyais plus les autres et c'était tant mieux. Je ne voyais pas toute mon enfance, toute ma vie, toute ma tribu disparaître sous les flammes.
Quand je parvins enfin à l'embouchure du camp, je remarquai que nous étions encerclés : Les Seirdans avait mis le feu à notre camp, massacrant les gardes et nous laissait brûler comme de vulgaires animaux. Saisissant ma lance je m'apprêtais à la jeter vers un premier démon quand une main se posa sur mon épaule.

- Allons MeiMei, contemple donc ton œuvre. Je me retournai et contemplai le visage de ma sœur. Elle était tout simplement majestueuse. Elle était vêtue de sa plus belle armure et tenait son casque à la main. J'admirais son visage parfait, blanc et sans maquillage car la chaleur l'avait effacé. Mais la fumée avait fait couler d'épaisses larmes noires qui venaient dessiner d'étranges trainées sur ses joues et la cendre s'était déposée sur sa figure parfaite. Elle se tenait debout, droite parmi les flammes, sans l'once d'une peur. Son air dur était rivé sur moi et je me sentais ridiculement petite et insignifiante. Elle m'écrasait de son simple regard sévère. J'y voyais presque Mère dans sa beauté et sa magnificence. Derrière elle se tenaient ses quelques soldats restants, eux aussi impressionnant dans leurs cuirasses noircies par la chaleur. D'un geste de main elle lança l'assaut et ils se ruèrent vers les Seïrdans. Les lames s'entrechoquèrent et les cris redoublèrent de plus belles. Mais elle, elle ne bougea pas. Elle me prit par les épaules et me secoua :
- Regarde ce que tu as fait! Regarde !
Puis elle me retourna et me força à regarder les soldats Zhang massacrés par les Seirdans puis me fit tourner pour que je puisse constater le reste de notre peuple brûler. Regarde à quoi tu as réduit notre peuple. C'est la fin de notre dynastie et c'est toi qui l'a provoquée... Petite Soeur.
- Qu... Quoi ? Mais c'est toi qui attaqué les Seirdans... C'est...

Elle rit, un rire qui me fait immédiatement taire. Je savais qu'elle avait raison.
- Et qui m'a conseillé de le faire hein ? Qui a poussé Ze au suicide ? Qui a tué père ? Et mère, dis-moi. Qui ? C'est toi !
Mes jambes ne me tenaient plus. Je tombai au sol, les mains sur les oreilles. Tu mens ! Me mis-je donc à hurler. Ses mots s'étaient abattus sur moi telle un marteau funeste, piétinant le peu de conscience et d'estime qui me restait. Elle venait de dévoiler tout les méfaits que j'avais commis et la culpabilité que j'avais laissé dans un coin de mon esprit refaisait surface, dix fois plus grande encore. Ses paroles venimeuses étaient lumière : elles venaient enluminer d'une lueur vengeresse mon âme pourrie par la corruption et exposant à la vérité tout mon être détestable.
- Tu ferais mieux de te jeter dans les flammes. Dans ton cas, c'est le mieux que tu puisses faire. M'acheva-t-elle en me contournant, me laissant seule face à mes propres démons intérieurs. Elle s'élança alors dans le carnage des siens et disparut dans la mêlée.


Je m'écroulai au sol et fermai les yeux. Je voulais mourir comme me l'avait proposé HaiLong. Être consumée par les flammes comme tout ce que je venais de détruire me paraissait un sort bien paisible comparé à la vie qui s'offrait à moi : vivre avec le poids de la culpabilité sur le dos. En étais-je seulement capable ? Je pense qu'en cet instant même j'aurais du penser à tout le mal que j'aurais fait, voir ma vie défiler sous mes yeux ou m'excuser envers les personnes que j'avais pu blesser. Mais il n'en était rien. J'en étais incapable car j'étais trop égoïste. Je ne regrettais pas le choix de mes actes mais je souffrais tout de même de leurs conséquences. Étrange paradoxe ? Pourquoi avais-je donc alors aussi mal ?

Mais quand je sentis les flammes commencer à lécher mon corps, je bondis sur mes jambes. Je n'étais pas assez courageuse pour mourir. J'avais trop peur du feu. Mes pulsions suicidaires s'étaient effacées face à la peur. Sans réfléchir je me jetai dans la bataille qui faisait rage. Je ne vis pas HaiLong. Tout le reste est confus dans ma tête. Je fonçai devant moi avec l'unique but de sortir du campement : partir, loin, très loin comme je l'avais prévu dans mon premier plan.
Je finis par me frayer un passage et fuis loin, très loin. Je me suis cachée derrière une grande butte des plaines et j'ai trouvé bon d'écrire mes mémoires juste après avoir soigné mes blessures. En l'instant présent, c'est la seule chose que je voulais faire.

Au cas où tu te poserai la question, je n'ai pas vu Mordeuse. Je suppose qu'elle aussi était dans la bataille. Je ne sais pas si je souhaite qu'elle soit morte ou saine et sauve. A cet instant précis où je t'écris, la lassitude me prend. Je suis fatiguée. Autant d'événements et d'émotions ont du briser une nouvelle chose en moi. Je crois que je ne ressens plus rien pour l'instant. Tu l'as sans doute remarqué à mon écriture plus nette. Le chagrin, la colère, le regret, la culpabilité, la haine, la peur. Trop de sentiments en même temps, je ne sais pas lequel prendre en premier, j'ai donc du inconsciemment tous les rejeter.
J'aimerais tout de même repasser dans le campement, voir ce qu'il en reste. Après tout, je dois continuer à me sentir coupable de la fin tragique des Zhang.


(c) Luis Royo, Dead Moon pour les images


Dernière édition par ShuiLong Zhang le Dim 12 Déc 2010 - 17:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les parchemins de Shui   Dim 12 Déc 2010 - 16:30

不屈


J'ai tué mon père.
J'ai réfléchi, je ne vois pas d'autres façons d'aborder le sujet. Navrée pour la rudesse de mon écriture.
Peut-être es-tu choqué lecteur, mais je pense que cela ne t'étonne pas. Si tu as bien lu le reste de mon histoire, tu sais que ce genre de choses est courant chez les miens et je préméditais l'assassinant de mon père depuis longtemps.
Cependant, je pense que si Hailong ne m'avait pas poussé à le faire, je ne serais jamais passée à l'acte.
Tout s'est déroulé très vite : Je t'aide à tuer père en échange tu me laisses la place du trône qui m'est due.
Oui, je n'aurais jamais du accepter mais d'un point de vue logique c'était tout de même la seule solution que j'avais : Ze n'aurait jamais accepté de tuer mon père, je ne pouvais pas le faire seule et ce dernier commençait à se douter de mes plans. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne s'en prenne à ma personne, ou pire à Mordeuse. De toutes façons, même si père mourrait de façon naturelle (ce qui était peu probable), HaiLong aurait réclamé sa place de chef.

Un plan fut rapidement monté : à chaque pleine lune, père avait pour habitude de se rendre seul sur les falaises d'obsidiennes. Sans doute pour chasser, car il revenait souvent couvert de sang et avec la tête d'un démon quelconque. L'occasion était idéale.
Cette nuit-là nous l'avons discrètement traqué, tandis qu'il quittait le camp. Pas une fois il ne s'est retourné, mais quelque chose me disait qu'il était parfaitement conscient de notre présence. Une fois arrivé, il se posa au bord d'une falaise, sortit une rudimentaire peau de bête, s'enroula dedans et fit mine de dormir. Je restai un moment perplexe : se coucher négligemment à même le sol sans même inspecter les lieux ou poser un piège autour du camp. Moi qui avait toujours considéré mon père comme le plus prudent et le plus redoutable des hommes, c'était comme s'il nous encourageait délibérément à l'attaquer. HaiLong avait compris et elle trépignait d'impatience de passer à l'assaut. Je la suppliais d'attendre un peu, craignant l'affrontement. Au fond de moi, je voulais qu'il meurt, je voulais le tuer mais une autre partie de moi savait à l'avance que la mort de mon père ne me satisferait pas.
Mais HaiLong ne m'écouta pas et sortit de sa cachette pour se jeter sur l'ennemi, lame en avant. Je la suivis donc, serrant ma lance et priant pour notre victoire. En un instant, HaiLong fut désarmée et sa précieuse épée se brisa sous la botte du guerrier.
Puis d'un coup de coude il l'envoya rouler au sol, à quelques centimètres à peine du rebord. Je m'élançais vers lui et tentait de lui asséner un coup, visant l'œil. Sans un mot et faisant preuve d'un calme à vous glacer le sang dans les veines, il esquiva d'un léger pas sur le côté et je sentis quelque chose de froid me transpercer le ventre. Avant d'avoir compris ce qu'il venait de se passer, je tombais au sol, l'épée de mon père plantée dans le nombril. Avec un regard empli de dédain, il dégagea son arme d'un coup de pied qui me propulsa plus loin. Mes sens se troublèrent et le goût acide et métallique du sang emplit ma bouche tandis que je vomissais bêtement sur les pierres glacées du rebord : c'était un échec total. Comment avions-nous pu perdre si vite ? Père était-il aussi fort que cela ? Pourquoi l'avions-nous sous-estimé. Ceci dit, ma vue restait parfaitement claire : je voulais voir la mort approcher. Je voulais qu'il vienne à moi et qu'il m'achève. Je serais alors peut-être morte heureuse : enfin père m'aurait accordé un peu d'attention ! Mais non, il ne me jeta même pas un regard et ramassant ma lance avant de se tourner vers l'endroit où gisait HaiLong, inconsciente. Il s'accroupit et j'entendis le bois de mon arme craquer. Je ne voyais pas son visage mais je pouvais le deviner : parfaitement calme et dénué de toutes émotions, comme d'habitude. Des cris aigus me déchirèrent alors les tympans : HaiLong se tordait de douleur, probablement immobilisée par l'épaisse main de son père, l'autre occupée à tracer d'épais sillons sur la peau blanche de ma sœur avec la partie du manche brisée. Très rapidement d'épaisses flaques de sang noir se formèrent autour des deux personnes et les cris se faisaient de plus en plus atroce. Je percevais les sons mais une partie de mon cerveau devait se refuser à les comprendre, HaiLong devait supplier père de l'achever mais je ne voulais pas entendre ses supplications : dans mon monde idéalisé, jamais ma sœur ne serait abaissée à supplier un homme, même s'il s'agissait de son père.


D'épais sillons couleur charbon se dessinèrent sur mes joues. Je savais que je n'aurais pas le droit au traitement de faveur d'HaiLong. J'allais crever là, toute seule, sans même qu'un acte de punition ne me soit attribué. Je n'étais rien aux yeux de mon père et je ne serais jamais rien. Je ne valais même pas pas la peine de souffrir avant ma mort, je n'avais plus qu'à disparaître en misérable insecte que j'étais.
Non, non, je refusais. Je refusais de finir ainsi ! Je valais plus que cela quand même ! Et ma vengeance ? Je devais vivre ! Vivre sans quoi le sacrifice de ma mère aurait été vain ! Oui je le ferais pour toi, mère. J'ai promis de te venger de cet homme qui t'as tout pris, de ton frère, à tes sœurs, à ton amour, à ta chaire, à tes filles puis à ta vie quand tu n'eus plus rien d'autre à lui donner. Je tendis désespérément les bras, attrapant le manche de l'épée brisée d'HaiLong, puis, animée d'une rage sauvage, bondis sur mes deux jambes pour m'élancer sur père. Bien entendu, il vit le coup venir et il lui suffit tout simplement de planter un coup de poing dans ma blessure au ventre grande ouverte. Aussi bizarre que cela puisse paraître, je sentis son bras me traverser le ventre, élargissant considérablement ma blessure et rompant quelques intestins. Mais aussi vaine et désespérée que parut cette attaque, elle suffit à HaiLong pour qu'elle plante le bout de lance rompu dans la nuque. Il ne broncha pas mais je sentis un frisson parcourir son corps et je profitais de l'instant pour frapper de toutes mes forces dans son abdomen, le faisant reculer quelques pas. Il vacilla sur le corps étendu de ma sœur et bascula en arrière, le corps paralysé par les effets du poison dont j'enduisais régulièrement ma lance. Je le vis passer par-dessus le rebord, mais dans un dernier geste, il parvint à s'accrocher d'une main à celui-ci.
- Finis-le ! Finis-le !
Hurla HaiLong qui se mit à ramper vers le bord en direction de notre ennemi. J'étais tombée à genoux sur le sol, un flot âpre de sang s'écoulait et de ma bouche et de mon ventre, ruisselant le long de mon torse et de mes jambes. Toutefois je parvins à me relever, vacillant et dépassait ma soeur pour m'accroupir au-dessus de père, un sourire triomphant aux lèvres masqué par d'épais filets obscurs qui dégoulinaient de ma bouche. Je triomphais, pour la première fois j'étais au-dessus de lui. Allait-il laisser tomber son masque d'impassibilité ? Me supplier de le laisser vivre ? Me féliciter pour l'avoir vaincu ?
Non.
Ses yeux se plantèrent dans les miens. Son regard sévère me déchira l'âme, effaçant mon sourire. Il n'y avait rien dans les yeux de mon père, sinon un vague sentiment de mépris et de déception à la fois.
- Qu'est-ce qu'il y a Meimei ? Coupe-lui les doigts ! Pétrifiée par le regard de mon père j'étais incapable de bouger. Un claquement sourd résonna dans l'air. Je crus que sous le choc ma tête allait se décrocher :
- Qu'est-ce que tu fous ? Ne me dis pas que tu hésites ! Depuis combien de temps attends-tu ce moment ? Vas-y fais-le ! Rah t'es vraiment une bonne à rien, je vais le faire !

- NON ! Alors qu'elle essayait faiblement de me pousser de ses mains recouvertes de sang noir, je le repoussai en arrière et me penchais sur mon père, la marque de la gifle qu'elle venait de m'infliger, gravée sur ma joue. Prenant à grande peine une grande bouffée d'air, je m'exclamais :
- C'est à moi de le tuer.
Ses yeux se posèrent sur HaiLong.Puis sur moi et son allure devint plus sévère.Et il tourna la tête et lâcha prise.
Dans les jours qui suivirent, nous avons cherché son corps sur les rivages mais ne trouvèrent aucune trace de sa présence. Sans doute son cadavre avait-il été dévoré par une bête du lac. Du moins nous l'espérions. Quoiqu'il en soit, c'était la dernière fois que je voyais mon père.
Et père était parti comme il l'avait toujours été : avec ce regard froid, sans expressions et dur. Jamais je n'aurais vu un sourire, ni une parole douce sortir de sa bouche. J'avais naïvement cru que le meurtre comblerait cette sorte d'absence d'amour de la part de père, mais sa mort ne laissa qu'un vide encore plus grand.
Nous décidâmes de rester quelques jours sur les lieux de notre crime, trop faibles pour retourner au camp. Père avait laissé un sac rempli, une grande besace en cuir qu'il gardait toujours avec lui. J'ai défendu HaiLong d'y toucher et je m'abstins également de l'ouvrir, redoutant son contenu. J'y jetterais un coup d'œil à notre arrivée dans la tribu pendant que ma sœur exécuterait la cérémonie du couronnement.
Le trou béant causé par notre combat refuse de cicatriser. Je perds beaucoup de sang et HaiLong est obligée de me donner le sien ou celui de démons errants pour compenser. Cela m'étonne qu'elle ne m'ait pas laissé me vider de mon sang dans ce coin désert. Sans doutes a-t-elle d'autres projets macabres pour moi. Quant à elle, père a gravé de longues malédictions sur tout le long de sa peau et elles refusent de disparaître. Impossible pour elle de revenir au sein du clan avec de telles marques : si sa peau n'est plus blanche et lisse comme du granite, comme pourrait-elle pratiquer l'art du tatouage ? Elle dit qu'elle se sent toute à fais normale, mais je vois bien que les cicatrices de notre combat l'affaiblissent. Elle ne court plus aussi vite qu'avant et le moindre mouvement l'épuise.
Nous ne parlions pas. Contre ma volonté, je faisais mon deuil, déçue par la mort de mon père tandis que ma sœur se réjouissait à l'idée de prendre la tête de notre famille. Non pas que je regrettais mon acte, je regrettais vraiment la tournure qu'avaient pris les choses. Naïvement, j'avais vraiment cru que père se confierait à moi au seuil de sa mort, qu'il me féliciterait pour la guerrière que j'étais devenue, qu'il s'excuserait pour avoir exécuté mère. Il n'en été rien... Il se fallait se faire à la pensée que ô jamais je ne découvrirais quel être était donc mon père sinon un démon cruel, puissant et inflexible.

Images © Louis Royo, Dead Moon
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