''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]

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Nagate Zetsubō



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Fiche de Personnage : S'imprégner de la folie.


MessageSujet: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Lun 21 Juin 2010 - 13:03

Les derniers rayons du soleil, la nuit allait bientôt tomber.
Nagate, les pensées embuées par la soif de la mort, marchait sur le sol poussiéreux des alentours de Venill, petite cité commerciale où une envie de répandre le sang venait de le prendre aux tripes. Quelques kilomètres à peine séparaient les fermes les unes des autres. Parfait pour passer une petite visite dans chacune.
L'esprit imprégné des plus sombres cruautés, avançant lentement, il cherchait les moyens les plus "beaux et artistiques" d'ôter le souffle d'une poitrine, de donner le repos.

*Cela viendra sans doute à l'heure venue...*

Cela faisait maintenant deux heures qu'il avait quitté le Monde du Dessous, errant au milieu des bois qui formaient le bocage des champs avoisinants. Une lumière. Une odeur de convivialité. Qu'est-ce qu'il pouvait haïr toute forme de vie paisible. Une vie devait être tumultueuse et sanglante... Il sortit alors sa branche de saule et s'avança vers le lieu d'où provenait cette lumière.
Quelques minutes après, Nagate regardait par la fenêtre. Il savait que, dans quelques instants, il ne répondrait plus de lui-même. Il savait que, dans quelques instants, les trois personnes attablées ne seraient plus. Et cela le fit sourire.
Il entendait leurs voix, juste leurs voix, pas leurs paroles. Leurs voix chaleureuses. Cela le dégoûtait.
Trois coups furent frappés à la porte. Froids, brefs, et impatients.
N'attendant pas qu'on vienne lui ouvrir, l'Ensorceleur pénétra dans la maison, l'envie de tuer le faisant avancer.
Il regarda dans chaque direction, regarda la lourde porte, puis la ferma. La clé grinça dans la serrure. Sans doute le seul bruit de la chaumière entière. Les yeux emplis de peur des paysans fixaient l'inconnu.

"Adieu", ce fut le seul mot que prononça Nagate. Une gigantesque ombre noire balaya la pièce.
Trois personnes. Deux hommes (peut-être un père et son enfant), une femme. Leurs corps tordus dans une position étrange. Les murs étaient aspergés d'un liquide rouge, sans doute encore chaud.
Il soupira.

- La nuit s'annonce rouge.

La plume à la main, la pointe humidifiée par le sang frais, il inscrivit sur le devant de la porte d'entrée : "La réjouissance est profonde. Sans doute n'est-ce pas assez".
Puis, sans doute par effet de style, il découpa les mains des fermiers, les accrocha sur cette même porte et marqua sur la peau de chaque main où perlait encore quelques gouttes de sueur, un mot.

"La" ;"Mort" ; "décide" ; "passe" ; "et" ; "use"

Satisfait de son travail, il reprit son chemin.

Son errance le mena directement à une maison plus grande que la précédente. Un grand verger siégait à l'arrière de la demeure.
L'impatience était toujours croissante en lui, c'est pourquoi il ne s'attarda pas.
Quatre minutes suffirent pour réduire à un état de putréfaction simple les cinq personnes qui dormaient, soucieux de bien s'occuper de leur verger le lendemain matin.
Nagate les entreposa dans le petit hall d'entrée, les bras en croix, leurs coeurs, préalablement arrachés, posés, avec une trace de morsure dessus, sur leurs lèvres violettes.
N'ayant pas de sang à disposition autre que celui des coeurs, il décida d'user d'une fiole où stagnait un liquide noirâtre qui attaqua la chair.

"Morphée vous à guidé au chemin des Rêves, je vous guiderai vers celui de l'éternel sommeil"
"C'est la convulsion de l'organe à présent mordu qui unit chacun"
"Le néant nous entoure, ce n'est que facilité de plus afin d'atteindre mon bonheur, celui dans lequel vous êtes plongés"
"Nous n'avons pas les mêmes distractions. Vous, vos Vies, moi, la Mort"
"Souffrir est vivre, et vivre est mourir"


Voici les cinq phrases réparties sur les cinq corps nus.
Et il reprit la route, de nouveau impatient de faire de nouvelles victimes qui pourraient soutenir d'autres phrases.
L'attente se fit plus longue sur le chemin qui menait à cette maisonnée. La lumière des chandelles était pourtant bien distincte, mais ne semblait se rapprocher. Les cadavres laissés derrière lui l'importait peu. Il n'était pas en forme, cela se voyait dans ce qu'il avait écrit, mais il s'en contentait pour le moment.

*Pourvu que les mots coulent, s'allongent et crée quelque chose de "beau"*

Enfin, il atteint le portail. Un portail en bois, dont la peinture s'écaillait par endroit. Le goût du sang était encore présent dans sa bouche.
Pourquoi attendre plus longtemps ? Il s'avança donc vers cette maison, au beau milieu de la nuit.
La lumière était toujours présente et provenait sans doute de la cuisine. Nagate hésita au moment d'ouvrir la porte. Puis il se décida et joua la carte de l'inquiétude : il frappa à la porte, afin de susciter une quelconque réaction derrière.
Un homme, grand, et barbu, vint lui ouvrir, le regard suspicieux.
Nagate sourit, méchamment, les yeux vides et injectés de sang. Le sort lancé projetta l'homme à l'intérieur. Peu à peu, sa peau se couvrit d'hématomes. Ses artères venaient de s'ouvrir. Encore quelques secondes et il ne serait plus. S'avançant encore, l'Ensorceleur dévisagea la femme qui se tenait près de la cheminée, horrifiée devant son mari qui se tordait de douleur.
Brandissant sa branche sur la femme avant qu'elle ne puisse faire quelque chose, il la découpa en deux, la laissant se vider de son sang.
Il passa son regard vitreux sur l'homme, qui ne bougeait plus, sur la femme. Plus rien.

- La peau n'est qu'une enveloppe où l'on se sent mal. La douleur est transmise par nous-mêmes.

Même rituel, même plume à la pointe ensanglantée.
Sur le corps violacé de l'homme, tordu de douleur quelques instant plus tôt :
"Tu suis ton chemin, mais ce chemin t'oublie. L'allégresse n'est pas saine."
Sur celui de la femme, il marqua deux phrases, l'une sur la partie haute et l'autre sur la partie basse du corps :
"En recherchant le bonheur, on ne peut que s'imprégner du contraire."
"Je recherche à disperser et placer la Mort en chacun, c'est pour ça que je dois sans doute être vivant. Qui sait ?"


Pour faire comme dans les autres lieux qu'il avait visité cette nuit, Nagate, décida cette fois-ci d'arracher les yeux des corps, pour les placer sur la table. C'est ce qu'il fit. La table couverte d'enluminures pourpres s'enroulant autour des yeux semblait dire : "Je peux vous voir et vous chercher".

Marchant le long d'un sentier près d'un champ, Nagate fit le bilan mental de ce qu'il avait réalisé cette nuit.

*Trois corps dans une posture macabre, cinq macchabées et deux vies prises d'une façon originale.*

Content de ses actes, il ne se rendit pas compte qu'il tournait en rond depuis un moment et qu'il revenait actuellement sur ses pas.
Il aperçut quelque chose au loin. Quelqu'un qui se mouvait dans la pénombre. Un visiteur innatendu. Nagate continua d'avancer.

- Vous cherchez quelque chose ? demanda Nagate, un sourire aux lèvres.
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Querel Sentencia

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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Jeu 24 Juin 2010 - 17:49

Querel était d'une humeur massacrante, ce qui n'était pas très rare à vrai dire. Il marchait nerveusement à travers les grands champs de Venill, assailli par la lumière de ce soleil qui ne voulait pas se coucher, et qui lui brulait la rétine.

*Bordel mais c'est pas possible, tu vas passer sous l'horizon oui ou merde ?*

Obstiné et un peu trop prétentieux, l'idée de tourner le dos à l'astre du jour et de marcher dans l'autre sens ne lui était pas venue. De toute façon il n'allait nulle part en particulier, c'était juste pour lui une question d'égo : ce serait le soleil qui s'inclinerait, et pas lui (même si cette grosse boule de feu ne possède pas de volonté propre, on en conviendra...).

Après quelques récoltes piétinées, ses yeux vigilants aperçurent une ferme de bois, loin devant. L'ange était seul pour une fois, sans sa légion de meurtriers, il voulait apprécier le son de la justice personnelle et impitoyable. Il en avait assez de tout le temps les entendre geindre à chaque fois qu'il faisait, soi-disant, quelque chose de contraire à l'éthique. Ses piteuses ailes grises se déployèrent et se mirent à battre lentement, élevant ainsi le séraphin vers le ciel. L'altitude lui faisait à nouveau croiser le fer avec la lumière éblouissante, c'est pourquoi il essaya de voler le plus bas possible. Des mouvements pressés et hasardeux et un atterrissage précipité arrachant un pan de clôture de bois le menèrent jusque devant la porte.

Là des mots écrits en lettres de sang l'accueillaient. Six mains étaient clouées.

"La réjouissance est profonde. Sans doute n'est-ce pas assez".
"La" ;"Mort" ; "décide" ; "passe" ; "et" ; "use"

Querel ne comprenait pas vraiment le sens de cette mise en scène, ni celui du court texte. Il ne savait pas quoi penser devant cela, pour lui la mort était un outil au service de la purification, le moyen d'un monde parfait. Seulement, ici elle était présentée comme quelque chose qui "use" par les inscriptions, et comme quelque chose d'artistique par cette espèce d'œuvre lugubre.

L'ange poussa la porte déjà entr'ouverte et tomba nez à nez avec trois corps pliés, tordus, crispés, baignant dans une atmosphère noirâtre. Le sang recouvrait les murs, des gouttes tombaient du plafond pour aller se noyer dans l'immense flaque puante qui recouvrait le sol.
Devant cette scène, rien ne s'éclaircit.
Querel était plongé dans la confusion. Un tel carnage montrait une haine profonde, une envie de vengeance ou un sadisme profond. Seulement les mots presque sages et neutres lus auparavant disaient le contraire. C'était plutôt... De l'art en fait.

*Pourquoi ?*

Se rendant compte que si ces trois personnes avaient été en vie, il les aurait tué. Ce songe le rapprocha de l'auteur de cet acte.

*Quand je tue, que pensent les gens qui découvrent la scène ? Ne suis-je finalement pas comme celui qui a fait ça ?
Non...
Je tue pour purifier. Il tue pour jouer.
Je suis juste. Il est fou.*


Malgré cette tentative d'auto persuasion, le séraphin ressortit quelque peu bouleversé de la vieille baraque.
La nuit cette fois était totalement tombée.

*Merde mais je suis resté figé tant de temps que ça devant trois pèquenots déglingués ?*

Il reprit sa marche.

Elle le mena jusqu'à une autre maison.

Son esprit troublé hésita à lever la main vers la poignée.

*Allez, il faut purger l'impur, Querel.*

Le grincement des écrous de la vieille porte de bois introduisirent un spectacle encore plus prenant que le précédent.
Cinq corps allongés, nus, embrassant visiblement leurs propres cœurs (arrachés et déposés sur leurs bouches).
Cette fois les mots couraient à même les corps des victimes, comme un poison qui mordait leurs peaux.

"Morphée vous à guidé au chemin des Rêves, je vous guiderai vers celui de l'éternel sommeil"
"C'est la convulsion de l'organe à présent mordu qui unit chacun"
"Le néant nous entoure, ce n'est que facilité de plus afin d'atteindre mon bonheur, celui dans lequel vous êtes plongés"
"Nous n'avons pas les mêmes distractions. Vous, vos Vies, moi, la Mort"
"Souffrir est vivre, et vivre est mourir"



Querel prit le temps de lire les phrases, révélant petit à petit l'état d'esprit de ce fou. Visiblement il prenait plaisir à tuer, et nourrissait des pensées artistiques, cela confortait l'ange dans sa vision.

C'était la première fois qu'il était confronté à quelqu'un comme cela. Il n'était pas avide, il n'avait pas de but, il ne cherchait pas à aller comme un humain le ferait. Il s'amusait juste à tuer, et faisait culminer son talent dans un art des plus violents.

L'ange ne savait trop quoi en penser.

*Beauté ? Perversion ? Sadisme ?*

Sa perception unilatérale était mise en l'échec, ce n'était jamais arrivé. Le doute s'emparait de lui.

*L'admirer ? L'exterminer ? Rivaliser ?*

Quand il eut repris ses esprits, il s'en alla vers d'autres horizons, espérant effacer ce mauvais rêve à jamais.

*Querel ne peut pas se permettre de douter, car Querel est complet.*

La douce brise et la pénombre maintenant intense de la nuit l'accompagnèrent vers une troisième ferme. Là, secoué par l'impatience (en effet, au final Querel n'avait encore tué personne), l'ange arracha la porte d'un coup de pied, dans un grand fracas. Ses yeux devinrent fous à la vue de la pièce.

Une troisième fois.

Déstabilisé il tourna les talons et s'en alla, sans s'attarder, marchant vers la ville. Là bas ces atrocités qui semaient l'incertitude dans son jugement ne seraient plus.

Seulement, un être sombre, souriant, croisa son chemin. L'éventualité que ce ne fut pas lui n'effleura même pas le séraphin.

- Vous cherchez quelque chose ?

Demanda sa voix démoniaque et grinçante.
La folie montait.

- "Non, je ne cherche rien. Rien. Je ne vous cherche pas. Disparaissez."

Son visage montrait clairement cependant que sa soif de savoir et de vérité voulait le contraire.
Il s'efforça tout de même de continuer à marcher devant lui, ne sachant pas quoi espérer de cet individu.
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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Lun 28 Juin 2010 - 20:55

- "Non, je ne cherche rien. Rien. Je ne vous cherche pas. Disparaissez."

Ces phrases firent sourire Nagate. Surtout celle-ci : "Je ne vous cherche pas". Pourquoi l'avait-il inclue ?
Il le dévisagea soudain. L'homme qui se tenait en face de lui était troublé, hésitant.Le questionnement s'affichait sur son visage pâle. Il reprit son chemin.

Nagate fit un pas. Tuer ? Oui, pourquoi pas, la nuit n'était pas finie.

Mais quelque chose attira son attention. L'autre semblait troublé. Passant son regard aux alentours, il s'aperçut qu'il n'était qu'a quelques pas du lieu où il avait commis ses dernières folies. "Commis" ? Ce mot ne lui plaisait pas. Il sonnait mal dans son esprit. Il se corrigea : "...du lieu où il avait avec plaisir, semé, répandu la mort". Satisfait de lui, il comprit alors.

- Disparaître ? Que cherches-tu vraiment ? Est-ce que, par pur hasard, des choses éparpillées n'auraient pas croisé ta route ? Qu'en as-tu pensé, est-ce qu'une sensation particulière t'es parvenue ?

Nagate sentait l'adrénaline monter, il n'attendait pas particulièrement de réponse. Plaçant ses longues mains fines et osseuses dans les grandes poches de son manteau, il heurta quelque chose d'humide. Sortant délicatement l'objet, qui était en fait un bras il sortit sa plume.

*Oh... Un souvenir*

Il la planta à l'endroit du coude, où devait se rattacher le membre au corps auquel il appartenait. La pointe s'imbiba du reste pourpre qui coulait il y a quelques heures dans les veines du possesseur.

"Tout est trouble. Mais cela suffit à me faire aimer l'amer. Quel goût a ton sang ?"

Des mots simples, en cet instant, Nagate ne recherchait pas la complexité. Il lui lança le bras, qui roula par terre.
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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Lun 28 Juin 2010 - 22:42

L'ange s'en doutait. Malgré ses mots décisifs, le fou insistait.

- Disparaître ? Que cherches-tu vraiment ? Est-ce que, par pur hasard, des choses éparpillées n'auraient pas croisé ta route ? Qu'en as-tu pensé, est-ce qu'une sensation particulière t'es parvenue ?

*Si évidemment...*

Querel força ses pieds à se poser l'un devant l'autre, força sa tête à ne pas pivoter vers cet énergumène meurtrier. Il voulait sortir de ce rêve étrange, ne plus jamais être remis en doute. La peur n'était pas vraiment le sentiment qui le berçait, mais plutôt une sorte de négation. La folie le guettait... La preuve est le moment ou l'esprit fanatique est confronté au choix entre deux chemins. La fermeture, ou la raison.

Un bruit sourd derrière lui, sur le sol, l'obligea à faire volte-face, la menace de ce tueur étant tout de même avant tout celle de la mort violente. C'était un avant bras, sectionné au niveau du coude. Sur lequel on pouvait lire, comme sur tous les autres restes humains jusqu'ici :

Tout est trouble. Mais cela suffit à me faire aimer l'amer. Quel goût a ton sang ?"

La combattivité du séraphin, sa volonté de percer à jour toutes les vérités et de purger toute vie hors de ses codes, le poussa à lire ces quelques mots. Puis, levant ses yeux verts et fous vers le démon, il ne put s'empêcher :

- "Oui. Tout est trouble autour de vous, rien n'a de sens. Cette amertume, a-t-elle une raison, ou est-ce justement le fait qu'il n'y ait pas de raison, qui crée l'amertume ?"

Querel se tenait prêt à se battre, déterminé et campé sur ses positions. Car l'une des deux réponses à sa question le forcerait à attaquer. Et l'autre le plongerait dans une incertitude encore plus profonde...
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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Mar 29 Juin 2010 - 21:01

- "Oui. Tout est trouble autour de vous, rien n'a de sens. Cette amertume, a-t-elle une raison, ou est-ce justement le fait qu'il n'y ait pas de raison, qui crée l'amertume ?"

Ce furent les mots de l'homme après avoir posé son regard sur l'avant-bras encore saignant. Nagate y porta une petite attention. Infime. Pas de raison ? Au contraire, tout avait de la raison autour de lui, ou alors, c'était lui qui en était dénué.

Sur le visage de l'inconnu se lisait quelque chose. Pas de la crainte. Quelque chose d'étrange. Comme un refus à céder à quelque chose. Un refus mêlé à une envie de savoir. Savoir quoi ? Tout était dit.
Nagate soupira, il dépensait de précieuses minutes qu'il aurait pu utiliser pour continuer à amener la mort sur ces Terres. Il remarqua cependant que l'autre était plus tendu que lui. Il était crispé. Les traits de son visage, tendus.

Deux choix s'offriraient bientôt à lui, le premier, sage, celui de savoir ce qui amenait cet inconnu ici. Le second, plus plaisant, celui de le tuer.
Mais Nagate n'avait pas encore décidé de comment il réaliserait son plaisir, il prononça donc les mots suivants.

- La question. Tu n'y as pas répondu.

Nagate fit un pas vers l'inconnu, rangea sa plume à l'intérieur de son long manteau. Se plaça dans la clarté de la Lune, et regarda fixement la maison. La porte était sortie de ses gonds, abîmée, siégeant dans la poussière.
Il se remémora la façon dont il avait ouvert cette porte. Non, ce n'était même pas lui qui l'avait ouverte. Il avait tout simplement toqué et patienté qu'on vienne lui ouvrir. Patienté.
Mais cette porte fracturée signifiait l'impatience. Pendant ces quelques secondes de réflexion, il n'avait porté qu'une brève attention à ce qu'avait répondu l'homme qui se tenait devant lui.

- Il faut réellement attendre quelque chose avec impatience pour vouloir entrer comme ça. Combien ?

Nagate savait que ce dernier mot plongerait l'autre dans le questionnement, ou l'incertitude d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Mer 30 Juin 2010 - 12:13

Pire que l'une des deux solutions à la question. L'absence de réponse. Après tout, fallait-il s'attendre à autre chose ? Cela rendait Querel encore plus fou, laissait planer les doutes et le trouble dans l'atmosphère tendue.

- La question. Tu n'y as pas répondu.

*Quelle question ? Le goût de mon sang ? C'est stupide. L'effet est impressionnant et déstabilisant, mais cela n'attend pas de réponse... Le sang a goût de sang. A moins que ce soit un vampire. Non... Trop réfléchi, trop intelligent... Les vampires sont pareils aux animaux et aux alcooliques.*

Les brins de blé se pliaient au gré de la petite brise, dans des ondes aléatoires, rappelant à l'ange que le monde n'était pas forcément aussi simple qu'il avait pu le penser. Pas de lune cette nuit là, juste son halo lumineux perçant les nuages les plus fins. A travers l'obscurité, se dressait la dernière ferme que le séraphin avait visité...
Le démon rangea sa plume, fit quelques pas vers les rayons pâles et se mit à fixer la porte défoncée.

- Il faut réellement attendre quelque chose avec impatience pour vouloir entrer comme ça. Combien ?

Furent les mots qui résonnaient, autour de la langue fourchue. Dissonant, dérangeant. Pourquoi ce dernier ?

- "Combien... Combien de temps depuis le dernier cadavre laissé inanimé par ma lame ? Trop. Combien de morceaux dans cette pièce ? Trop. Combien de dérangés comme vous en liberté ? Au moins un de trop."

Sa voix aigre saturait, grésillait, emportée par la colère et la folie, grimpant et infectant, toujours plus, son esprit aveugle.
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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Mer 30 Juin 2010 - 21:40

La question eût l'effet attendu. Nagate savait que cette phrase lui permettrait de faire perdre un peu de sang-froid à cet étrange personnage croisé sur sa route. Si les démons savaient faire de l'humour, il aurait alors pensé : "Il perd son sang-froid, et moi, j'aime le sang chaud."
Piètre humour. Humour de démon perturbé.

- "Combien... Combien de temps depuis le dernier cadavre laissé inanimé par ma lame ? Trop. Combien de morceaux dans cette pièce ? Trop. Combien de dérangés comme vous en liberté ? Au moins un de trop."

L'autre était au bord de la colère, cela se sentait dans sa voix. Et cela fit sourire Nagate. "Sourire" ce n'est pas le mot exact. C'était plutôt un rictus. Sombre et froid, comme son esprit. Tout semblait lourd, le temps restait en suspend, suivant les bribes de paroles qu'échangeaient les deux hommes sortis de nulle-part. Une confusion. Cela lui plaisait.

- Dérangé ? Qui de nous est le plus concerné ? "Au moins un de trop". Nous sommes deux ici, et je ne pense pas que les pensées qui emplissaient votre esprit à l'heure où vous avez brisé cette porte étaient pacifiques. Votre lame souffre-t'elle ?

Ce n'étaient pas les mots exacts qu'il aurait voulu faire sortir de sa bouche, mais il s'en contenterait pour le moment. Il ne pouvait effacer ce qui était dit. Tant pis. Il n'était pas capable de tout. Loin de là.
Une pointe d'ironie resta suspendue en l'air quelques faibles instants.
Il laissa quelques secondes s'écouler. Le vent tiède souffla. Dans cette brise, l'Ensorceleur lança :

- Dans combien de maisons êtes-vous entré ? Combien de personnes avez-vous vu ? Tout n'est peut-être pas nécessaire mais je souhaiterais savoir. Cela influera sur cette décision.

Décidemment, il aimer laisser à ses phrases un avant-goût d'incertitude, de soif de savoir. Mais cette soif finirait sans aucun doute par être étanchée. Et là...
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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Jeu 1 Juil 2010 - 10:45

- Dérangé ? Qui de nous est le plus concerné ? "Au moins un de trop". Nous sommes deux ici, et je ne pense pas que les pensées qui emplissaient votre esprit à l'heure où vous avez brisé cette porte étaient pacifiques. Votre lame souffre-t'elle ?

Voici les mots qui jaillirent cette fois. Le but était sûrement de montrer à Querel, qui commençait à sérieusement perdre la tête, que si fou il y avait, deux ils étaient. Seulement un reste de lucidité connectait encore les choses dans l'esprit de l'ange.

*Hm... Être sain d'esprit ne rime pas avec la paix. Ne pas être dément réside dans le lien entre notre logique et les faits réels. Bien des pacifiques prônent l'amour et le bonheur, mais sans y réfléchir, agissent de telle sorte qu'ils détériorent leurs propres idéaux. De toute façon, il ne répond pas... Ses raisons restent obscures. Inutile de continuer ce débat stérile.*

Sa bouche sèche reprit :

- Dans combien de maisons êtes-vous entré ? Combien de personnes avez-vous vu ? Tout n'est peut-être pas nécessaire mais je souhaiterais savoir. Cela influera sur cette décision.

Après tout, pourquoi ne pas répondre ? Entrer dans son jeu était peut être la solution pour comprendre ses actions. Le séraphin se calma donc, reprenant peu à peu le dessus sur ses doutes. Une stabilité fragile maintenait à présent ses pensées et son comportement.

- "Trois maisons, aucune personne. Seulement des cadavres. Onze cadavres."

Querel tentait à son tour de jouer avec l'esprit de son étrange interlocuteur. Même si ce cadavre supplémentaire ne représentait pas un trouble majeur.
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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Sam 3 Juil 2010 - 21:06

- Dans combien de maisons êtes-vous entré ? Combien de personnes avez-vous vu ? Tout n'est peut-être pas nécessaire mais je souhaiterais savoir. Cela influera sur cette décision.

- "Trois maisons, aucune personne. Seulement des cadavres. Onze cadavres."

Onze cadavres ? Nagate se rappela avec précision les façons avec lesquelles il avait éliminé les habitants des fermes autour de la bourgade de Venill. Non, il n'avait pas tué onze personnes. Il se remémora aussi le bilan mental qu'il avait effectué quelques minutes plus tôt : *Trois corps dans une posture macabre, cinq macchabées et deux vies prises d'une façon originale.*
Cela faisait dix. Seulement dix.
Peut-être était-ce le hasard mais dix était un chiffre qu'il appréciait, sans savoir pourquoi, sans pour être autant joueur à un point de considérer ce nombre comme un porte-bonheur. Non, c'était plus que ça. En tant qu'écrivain, Nagate usait de ses dix doigts pour marquer, raturer, faire exister ses sombres pensées. Cinq doigts, une main, qui renfermait la concentration et délivrait chaque mot. L'autre main, cinq doigt également, habile et vive pour faire naître des soupçons de lignes, des esquisses maladroites.

Dix doigts. Dix corps.

*Mais qu'essaye t'il de faire ?!*

Après quelques secondes de réflexion et d'hésitation, l'Ensorceleur décida de jouer le jeu de l'inconnu. Pourquoi avoir rajouté un mort de plus ? Ou alors, il se comptait lui-même dans la liste de ces dormeurs éternels. Non, impossible. Même si l'on attend la mort, on ne peut se résoudre à s'avouer déjà éteint.

Sa voix aigre demanda, comme pour signifier que le terme arrivait :

- Oh, je vois... Pouvez-vous me décrire avec exactitude comment étaient disposés ces onze corps. Quelle impression s'en dégageait ?

Son esprit était à présent projeté vers l'avenir : Comment allait-il enlever les dernières lueurs de vie de la personne qui se tenait en face de lui ?
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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Dim 4 Juil 2010 - 15:47

La réaction du démon se fit un peu attendre, Querel se sentait peu à peu reprendre de la hauteur, du recul par rapport à la situation. Il pouvait de nouveau se maitriser presque totalement, mais son influence psychologique semblait réduite à néant face cet homme morbide, son charisme, éteint, et ses pouvoirs d'esprit, diffus jusqu'au vide. La gorge sous le capuchon se décida finalement à demander une description des onze.

- "Deux corps adultes et un plus petit, tordus, comme si tous leurs muscles s'étaient contractés pour retourner leurs articulations, les laissant là, difformes. Leurs six mains étaient clouées à la porte.

Un pas.

- "Cinq autres, étendus, droits, rigides, leurs bras croisés sur les trous béants qu'étaient leurs poitrines. Ils embrassaient leurs cœurs arrachés."

Un deuxième pas. Un sourire narquois grimpait le long de se joues pâles.

- "Encore deux, l'un réduit à l'état de poche de sang, violet, le second, tranché, ses jambes d'une part et son buste de l'autre. Leurs orbites étaient vides, mais la table me regardait."

Et enfin un troisième pas. Sa tête bascula légèrement en arrière, comme regardant de haut le sombre écrivain.

- "Un onzième. A la voix sèche. Avez vous déjà vu un cadavre parler ? Ou plutôt entendu. Vous savez, l'art est cette mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort. Ce tissu d'incompréhensions, de délire, que vous avez semé, vient de l'au delà, tout comme vous."

L'ange fut bouleversé par ses propres propos.

*Une présence en nous ?*

Et finit par tout comprendre. Cet être était hors de l'entendement de Querel, il était insensible à sa magie. Il n'existait donc pas. Nul à part lui même ne pouvait le faire douter, car il était parfait.
Sa voix, presque aussi folle que celle du plus fou des hommes, reprit de plus belle :

- "Vous n'êtes que la création de mon esprit agacé. Une hallucination, rien de plus."



[HRP : partie en italique = adaptation d'une citation de Malraux.]
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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Mer 11 Aoû 2010 - 23:25

- "Deux corps adultes et un plus petit, tordus, comme si tous leurs muscles s'étaient contractés pour retourner leurs articulations, les laissant là, difformes. Leurs six mains étaient clouées à la porte.

L'autre avança d'un pas. Il semblait avoir repris confiance en lui. Mais cela n'impressionna nullement Nagate.

- "Cinq autres, étendus, droits, rigides, leurs bras croisés sur les trous béants qu'étaient leurs poitrines. Ils embrassaient leurs cœurs arrachés."

Encore un autre. Une expression se dessina sur son visage incolore. Une expression vide mais pleine d'orgueil que l'Ensorceleur ne pût distinguer.

- "Encore deux, l'un réduit à l'état de poche de sang, violet, le second, tranché, ses jambes d'une part et son buste de l'autre. Leurs orbites étaient vides, mais la table me regardait."

Il se rapprocha encore. Tant mieux, cela le fatiguait de penser qu'il devrait se déplacer, une fois ce corps arrogant étendu sur la terre sombre, pour pouvoir ciseler de la pointe de sa plume de sombres écritures.

- "Un onzième. A la voix sèche. Avez vous déjà vu un cadavre parler ? Ou plutôt entendu. Vous savez, l'art est cette mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort. Ce tissu d'incompréhensions, de délire, que vous avez semé, vient de l'au delà, tout comme vous."

*Un tissus d'incompréhensions et de délire ? L'incompréhension n'est pas. Ce n'est que le raisonnement créé par certains pour justifier les actes des autres. Le tissu tissé cette nuit est parfaitement compréhensible, j'en suis la preuve. Le délire, la folie, nous en sommes tous emplis, libre à nous d'exploiter cette part, de la faire grandir, de la raisonner.*

- "Vous n'êtes que la création de mon esprit agacé. Une hallucination, rien de plus."

- Si j'étais réellement la création la plus improbable possible d'un esprit quel qu'il soit, les oeuvres réalisées en ce soir même seraient-elles vaines et inexistantes ? Le produit d'une imagination plus que débordante ? Les bribes de phrases et paragraphes éparpillés à différents endroits sont-elles de votre subconscient ? Non, la réalité est maître de tout. Maître de tout ce qui peut se trouver dans ce monde. La réalité est la Mort. Tout y est lié. Suis-je une hallucination ? Peut-être. Rien de plus ? Je m'y oppose. Une hallucination seule peut-elle affecter quelqu'un qui ne croit qu'en lui-même ?

Cette fois, ce fût Nagate qui fit un pas, se rapprochant un peu plus. Une dernière question. Le terme allait sans doute arriver.

- Pourrais-je savoir votre nom ? lâcha-t'il dans un souffle.

Puis il porta une main osseuse à la branche de saule.
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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Jeu 12 Aoû 2010 - 17:39

Après cette affirmation ce fut un déluge de propos et de questions qui s'abattit sur Querel. Il aurait sûrement pu répondre à certaines d'entre elles, mais une autre venait le couper dans sa réflexion, et l'accabler d'autant plus. Les propos fusaient et "confusaient" l'esprit déjà bien embrouillé du séraphin. La rapidité de réflexion et d'élocution de cette voix dure était impressionnante, tout portait à croire que ce démon déblatérait tout ce qui lui passait à l'esprit. Mais seulement, tout se tenait, et tout avait une profondeur qui méritait une réflexion méthodique...
Sans que l'ange perdu aie pu ne serait-ce qu'esquisser une réponse, cet être sombre fit un pas à son tour, et acheva son discours par une dernière question. Celle-ci était facile à comprendre, mais dénuée d'intérêt. Querel ne savait pas quoi en dire, et, perturbé par cette futilité, n'arrivait plus à se remémorer une seule corde de tous les raisonnements précédents.

~

Il était en équilibre sur un fil, sous lequel se dessinait un vide infini. Avec d'un côté une berge annotée des mots "humilité", "raison" et "danger". Et de l'autre une passerelle fébrile où l'on pouvait lire "orgueil", "folie" et "mort". Bien entendu Querel restait sur le fil, car à la place de ces trois derniers mots, ils voyait "supériorité", "perfection" et "rêve". La seule chose qui le retenait était l'état pitoyable de ce pont de bois mité, comparé à la solidité de la berge taillée dans le roc.

Mais le fil allait casser, il faillait se décider. Il voulut poser son pied sur le bois, mais son corps fit autrement.

Il se tenait droit sur la roche, et regardait le petit pont s'effondrer.

~

- "Mon nom est Querel Sentencia. Apprenez moi. Cette chose qui me fascine."
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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Mer 18 Aoû 2010 - 20:05

- Pourrais-je savoir votre nom ?

Ces dernières paroles restèrent quelques secondes dans l'air pesant. L'inconnu, maintenant proche de Nagate était absent. Son regard vide semblait l'avoir emmené loin d'ici, quelque part où il serait hors de prise d'un démon fou.
Une minute s'écoula, le dialogue mené jusqu'ici semblait avoir réduit au silence les deux hommes, plongés dans leurs pensées.

__

L'Ensorceleur est maintenant dans un autre lieu. Un homme, regardant les vagues se fracassant à la base de la falaise se tient debout, en lui tournant le dos. A ses côtés, un enfant. Une fille sans aucun doute, à en juger par la longueur de sa chevelure brillante malgré le temps gris et venteux.
Nagate, n'entendant pas leurs paroles et perturbé par ce qui se passe, décide de s'approcher.
Il s'avance et arrive à leur hauteur. Ses yeux s'arrêtent sur ceux de la petite fille qui lui sourit. D'un sourire timide, proche de celui d'un rêve. Et elle détourne son regard. Son visage reprend son apparence fatiguée, comme si ce moment n'avait jamais existé. L'homme lui tenant la main ne semble pas avoir remarqué sa présence.

*Non, ce n'est pas possible*

Nagate s'avance encore, les pieds au bord de la falaise, le regard perdu au loin. De nombreuses secondes s'écoulent, et, après une longue hésitation, il se retourne.

- Excusez-moi... Où...Où sommes nous ?

Nagate s'étonne lui-même de la courtoisie dont il vient de faire preuve, mais ils ne semblent pas l'avoir vu.

- Allons-y, il commence à se faire tard maintenant.

- Attendez !

Les deux inconnus s'éloignent pas à pas. L'homme tourne la tête par dessus son épaule, en direction de Nagate, le visage taillé, et les yeux d'un bleu des plus profond.

- Sans souvenirs, nous sommes tous perdus.

___

L'Ensorceleur est alors tiré de ses étranges pensées.

- "Mon nom est Querel Sentencia. Apprenez moi. Cette chose qui me fascine."

- Sans souvenirs, nous sommes tous perdus... Apprendre ? Vous apprendre quoi ? dit-il avec une voix qu'il veut pleine de sang-froid.
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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Jeu 19 Aoû 2010 - 1:07

Le visage de Querel témoigna le malaise, celui qui raidit vos jambes, et vous emplit de sueur, à vous en retourner les boyaux. Puis devint simplement triste. Se figea en frayeur sourde, mais sans cette bouche du stupeur.

Le corps fit autrement. Oui.

- "Apprenez-moi, apprenez-moi. Apprenez-moi. C'est, c'est... Vous qui savez. Pourquoi serait-ce à moi de vous le dire puisque je vous demande de me l'apprendre, c'est insensé, je ne peux pas vous dire ça puisque je vous en demande justement la réponse, c'est insensé, pourquoi ? Pourquoi ? Dites-moi pourquoi ? Apprenez-moi. Dites-moi pourquoi je suis fou. Non. Non ? Non. Je ne suis pas fou. Apprenez-moi pourquoi. Pourquoi je suis fou. Je ne suis pas fou. Je ne suis pas fou."

Ses dents jaunes harcelaient l'air de leurs propos égarés, ces propos qui s'enchainaient sans répit, sans silence. Saccadés, les mots volaient puis haletaient, souffraient et battaient. Son corps ne bougeait plus, ses ailes se pliaient derrière son dos. Enfin il ne bougeait plus. Si. Son bras montait, rigide, laissant pendre cette main ballottée par les tressaillements de l'involontaire. Et ses dents continuaient, hurlaient de plus en plus.

- "Comment. Comme. Vous savez. Il y a toujours des réponses, des réponses à tout, il suffit de choisir, de choisir, de choisir, pourquoi ne pas choisir ? C'est absurde, il faut choisir, il y a des réponses à tout, apprenez-moi à gérer le doute, vous l'avez fait naître en moi, ce serait bien la moindre des choses, apprenez-moi ça. Non. Mais si, apprenez-le-moi enfin. Apprenez-moi pourquoi je suis fou, je ne suis pas fou. App... Nez... Non, non, non, non, non. Les souvenirs brou cassent-ils, vous croyez ? Que les reins ne sont plus ? Mais si, ils sont, puisqu'ils ont toujours été, et qu'ils seront toujours, toujours, c'est comme les réponses, il y en a partout, mais on ne les voit pas bien ici, pas bien du tout du tout, on ne les voit pas bien, on ne les voit pas du tout, presque pas, là bas dans l'herbe peut-être elles se terrent ? L'herbe grasse guette l'ombre des champs et la gree..."

Le coin gauche de ses lèvres se déroba, un tendon crispé, la bouche difforme et tirée d'un côté vers le bas. Le bras continuait son ascension tremblotante, puis d'un coup d'un seul, se courba, se crispa, la main fermement serrée dans les longs cheveux noirs. Les yeux écarquillés, globuleux, exorbités, fuyant de tous côtés sans jamais se fixer précisément. Il poursuivit son discours, dont la crampe donnait des vertiges nauséeux.

- "C'est parce que je ne me sens pas très bien vous voyez, vous voyez, vous savez. Là je parle mais c'est plus comme les mots se bercent, c'est plus un rideau que la réelle faille. Vous comprenez."

Il se mordait l'intérieur de la joue, à s'en faire saigner. Il reprit la parole dans un jet de tout ce liquide rouge, qui s'incrustait entre ses dents.

- "Je ne suis pas fou pourquoi suis-je fou ?"


Et son bras chuta brutalement, emportant une grande mèche noire.

~

La pièce était sombre, sombre comme le toit d'une tour par une nuit sans lune. Certainement car c'était le toit d'une tour, et que la lune avait déserté les cieux. L'immensité se déployait là, partout autour, mais on ne la voyait pas, on voyait un petit être assis, recroquevillé sur le rebord. Il tanguait, les genoux dans les bras, murmurant un air lugubre dans les vents glacés. Chaque souffle faisait frémir les plumes de ses ailes. Elles étaient là, sur le sol, arrachées du dos de cet enfant. La tour balançait, rien ne semblait avoir de sens. Les poignets lacérés, de milliers de traits noirâtres, les jambes mutilées et ce sourire. Sourire qui semblait, car le petit enfant n'avait en fait pas de visage, juste une gorge arrachée, un trou béant d'où coulait les flots rouges qui tombent parfois d'en haut. Un sentiment oppressant qui écrasait jusqu'à la plus petite partie de son être envenimait la scène, de ses tentacules avides. Quand soudain le chant s'arrête et sa tête observe, scrute et lit la moindre parcelle de l'âme de Querel. Puis retombe sur ses genoux.

- "Êtes-vous venu pour me tuer ? Si non passez votre chemin..."

Sans attendre aucune réponse, il saute, et tombe infiniment. L'homme encore debout ne peut réprimer ses larmes.

~

Le morceau de chair, accroché au bout de cette touffe qui filait entre les doigts du séraphin, vint joncher la terre, lentement. Le sang coulait sur son front, coulait plus bas, il dut fermer l'œil droit, et encore plus bas. Il s'essuya la bouche d'un revers de sa main, libre. Son crâne grinça en s'inclinant, le regard vers les étoiles. D'une voix qui avait recouvré sérénité et sens, il répondit enfin :

- "Sans souvenirs, la mort nous rachètera. Sans mort, nous sommes tous perdus. Apprenez-moi votre vision de la mort... Elle est non seulement ce qui nous unit, mais aussi l'objet de notre adoration commune. N'ai-je pas raison ?"
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Nagate Zetsubō



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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Lun 20 Sep 2010 - 21:22

- Sans souvenirs, nous sommes tous perdus... Apprendre ? Vous apprendre quoi ?

Tout avait été jeté ça et là, avec une certaine hésitation que Nagate souhaitait faire taire. L'écho vibrant de la voix froide et dure qu'il avait habituellement perdait de sa prestance. Le malaise était omniprésent. Le visage de Querel changea subitement d'expression, puis il articula quelques mots, autant flous qu'arythmiques.

- "Apprenez-moi, apprenez-moi. Apprenez-moi. C'est, c'est... Vous qui savez. Pourquoi serait-ce à moi de vous le dire puisque je vous demande de me l'apprendre, c'est insensé, je ne peux pas vous dire ça puisque je vous en demande justement la réponse, c'est insensé, pourquoi ? Pourquoi ? Dites-moi pourquoi ? Apprenez-moi. Dites-moi pourquoi je suis fou. Non. Non ? Non. Je ne suis pas fou. Apprenez-moi pourquoi. Pourquoi je suis fou. Je ne suis pas fou. Je ne suis pas fou."

Nagate savait ? Non, il ne savait rien. Les phrases se télescopaient, les nombreux mots répétés inlassablement continuaient d'accentuer cette sensation pénible d'un trouble qui avait maintenant pris part à cette conversation. Le désordre créait l'oppression.

- "Comment. Comme. Vous savez. Il y a toujours des réponses, des réponses à tout, il suffit de choisir, de choisir, de choisir, pourquoi ne pas choisir ? C'est absurde, il faut choisir, il y a des réponses à tout, apprenez-moi à gérer le doute, vous l'avez fait naître en moi, ce serait bien la moindre des choses, apprenez-moi ça. Non. Mais si, apprenez-le-moi enfin. Apprenez-moi pourquoi je suis fou, je ne suis pas fou. App... Nez... Non, non, non, non, non. Les souvenirs brou cassent-ils, vous croyez ? Que les reins ne sont plus ? Mais si, ils sont, puisqu'ils ont toujours été, et qu'ils seront toujours, toujours, c'est comme les réponses, il y en a partout, mais on ne les voit pas bien ici, pas bien du tout du tout, on ne les voit pas bien, on ne les voit pas du tout, presque pas, là bas dans l'herbe peut-être elles se terrent ? L'herbe grasse guette l'ombre des champs et la gree..."

Tout semblait si aléatoire. Le dénommé Querel Sentencia lançait ce qui lui passait par la tête, d'une phonation torturée par tant de propos, alliant le questionnement à la poésie. Mais Nagate n'y faisait déjà plus attention : son regard fixait cette main, agitée de soubresauts, ces yeux, dont les cils ne cessaient de cligner, ces muscles tressaillant sur ce visage. L'art pouvait-il s'y trouver ?

- "C'est parce que je ne me sens pas très bien vous voyez, vous voyez, vous savez. Là je parle mais c'est plus comme les mots se bercent, c'est plus un rideau que la réelle faille. Vous comprenez."

Querel était dans les transes : cette sensation de vive anxiété dans sa voix était perceptible. Ses yeux, écarquillés, fuyaient, se posaient, tressautaient, et repartaient de nouveau. Il se mordit. Ce flot sanguin se dessina sur ses dents, puis ses lèvres. Ce même flot coula avec douceur sur son front, lorsqu'il arracha une longue mèche de cheveux ainsi qu'un peu de chair de son crâne en prononçant :

- "Je ne suis pas fou pourquoi suis-je fou ?"

Ce bras et cette main, si frêles, sur lesquels Nagate avait posé les yeux s'étaient retournés avec fermeté sur leur possesseur.
Ses muscles se détendirent, desserrant l'emprise des doigts sur cette mèche. Elle tomba en silence sur le sol. Le sang sur le visage de Querel ne s'estompait. Il coulait à présent vers son menton, passant par l'œil, l'obligeant à le plisser, par sa bouche, où il fut stoppé. Dommage, il y avait quelque chose de beau dans cet écoulement.
L'autre pencha la tête en arrière, le regard rivé sur le ciel, et prononça ces mots :

- "Sans souvenirs, la mort nous rachètera. Sans mort, nous sommes tous perdus. Apprenez-moi votre vision de la mort... Elle est non seulement ce qui nous unit, mais aussi l'objet de notre adoration commune. N'ai-je pas raison ?"

La confusion demeurait encore dans l'air. Nagate avait été pris au dépourvu. Tant de propos, certains saugrenus, d'autres plein de volonté, de poésie. Il y avait quelque chose de grandiose. Grandiose ? Non, le terme était sans doute un peu fort. Toujours est-il que l'Ensorceleur ne savait plus quoi penser. Tout avait été réduit au néant. Ses réflexions, toujours là à démanteler chacune des phrases qui lui étaient proposées : au néant. Sa volonté à deviner ce que pensaient les autres : au néant. Son envie si délicieuse de tuer, d'éparpiller ici un peu plus de mal : envolée.
Il restait sans doute quelque chose : un peu d'admiration, un peu de mépris, un peu de mal.
Reprenant ses esprits, il répondit sans ce malaise qui pesait.

- Vous avez parfaitement raison. Sans souvenirs, la mort nous rachètera. Une adoration commune ? Querel Sentencia, m'accompagneriez-vous faire quelques pas dans cette sombre nuit qui nous tend les bras ? Nous avons de nombreuses choses à "commettre", à rendre réelles et effectives.

Puis il se retourna, sans aucune crainte, et fit quelques pas dans la direction par laquelle il était venu.

[HRP : Wouaw, ton dernier post m'a vraiment donné beaucoup de mal. Je suis sincèrement désolé pour ce retard. En espérant que ce post soit au moins à la hauteur du minimum de tes attentes. Merci de me donner tant de plaisir à écrire.]
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Querel Sentencia

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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   Dim 24 Oct 2010 - 19:43

L'éternelle, seule constante, conclusion et motivation de toute chose, la mort trônait au centre de la vie, comme figure principale, infatigable et impartiale. A l'image de ce que Querel appelait la justice. Cette dimension de grandeur, ce vertige qui échappe à la préhension de nos faibles doigts, cette nuance qu'était la mort comparée à ses idéaux, il en avait peur, bien que soi-disant exempt de ce sentiment. Peur de mourir non, mais peur de s'être trompé sur toute la ligne, d'avoir consacré sa vie à des causes qui n'étaient en fait que la beauté de la mort, déguisée et masquée. Mais il n'était pas trop tard. Il n'est jamais trop tard pour trouver qui on est vraiment.

- Vous avez parfaitement raison. Sans souvenirs, la mort nous rachètera. Une adoration commune ? Querel Sentencia, m'accompagneriez-vous faire quelques pas dans cette sombre nuit qui nous tend les bras ? Nous avons de nombreuses choses à "commettre", à rendre réelles et effectives.

Cet esprit droit, qui ne pouvait s'empêcher de rester accroché à la terre, peut être était en fait un artiste passionné qui l'ignorait. Cette obscurité qui bouleversait les profondeurs de son être était certainement la part violente et magnifique que l'art révèle par sa grandeur. Ce dont les anges sont dépourvus, et ce qui les laissera toujours, en réalité, bien plus bas que le Vein n'aura jamais été. Et comme l'infini ne se conçoit pas avec des mots, suivre le démon il fallait.

Ce dernier lui tourna d'ailleurs le dos, marchant lentement. Cette épave d'ange qu'était Querel le suivit. Le duo étrange et glacial ferait frémir même les plus confiants.

Mais tout ceci n'était qu'apparence. Leurs actes eux feraient bien plus.

- "Dans mon empressement à vouloir mettre d'inutiles mots sur votre vision des choses, j'en ai oublié de vous demander votre nom en retour. Si vous en avez un. Vous qui avez l'air en proie à l'oubli..."

Lâcha-t-il, brisant le silence grandiloquent de cette humble nuit. Un silence relatif. Car rythmé par les bruissements des blés et des feuilles.


[Merci à toi, de me donner tant d'inspiration pour l'évolution de Kéké x) et pour le retard je suis champion >< donc pas de soucis, ça va être un RP saccadé, mais pas des moindres pour autant ! Et c'est pas peu dire.]
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MessageSujet: Re: Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]   

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Quelques morts, une rencontre. [PV Querel Sentencia]

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