''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Le Chevalet [Le Peintre]

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Seïren Nephtys

Les Songes Hurleurs.

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Race : Humaine
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Métier : Aucun
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Fiche de Personnage :
Songe de sombre.


MessageSujet: Le Chevalet [Le Peintre]   Dim 10 Avr 2011 - 18:50

.
Le Chevalet.


Tout était figé. Là haut, dans cet étendu bleu clair. Mais les nuages, eux, bougeaient. Ils semblaient vouloir briser la règle du ciel. Dans l'étendue verte, le corps de Seïren était allongé, en croix. Ses prunelles grises étaient fixées sur la matière blanche. Elle ressemblait à quelque chose de duveteux, doux, agréable. Et la sensation d'y être enveloppée l'apaisait. Ses yeux luisaient. Les larmes peinaient à glisser. Pourquoi les retenir ? Il faut se montrer fort. Toujours ces discussions avec cette voix qui ne s'était jamais tut. Pourtant, Seïren ne comprenait pas son ampleur. Peu importait dans son esprit de petite fille et son âme déchirée, après tout. Désormais, elle était perdue dans un monde qu'elle ne connaissait pas, avec pour seuls bagages, des souvenirs violents et une douleur sans nom. Évidemment, même en fuyant, ses besoins de se nettoyer ne s'étaient pas éteints. Sa peau était toujours recouverte de marques. Mais cela, elle le vivait bien. En revanche.. Tu n'oublies pas.. Non, je n'oublie pas. Elle n'oubliait jamais sa bête. Elle la hantait, dans ses cauchemars sombres, dans ses moments de tristesses profondes, dans ses crises. Et la voix la poussait à détruire certaines jeunes filles. Pourquoi ? Tu veux savoir ? Non pas vraiment.. Et les larmes coulèrent. Ce n'était pas vraiment de la tristesse, juste une mélancolie morbide. Les odeurs qui effleuraient ses narines ne lui étaient pas du tout familières. Plantes, fleurs, et les bruits non plus. Du vent, des gens parfois. Elle avait si habituée au vomi, au sang, à la sueur. Aux râles, aux bruits sourds des chutes, aux cris. Et tout lui revint en mémoire. Seïren serra sa tête entre ses mains, toujours allongée au sol. Tentant de faire taire les cris et les râles de ses souvenirs. Tu ne peux pas..

Après de longues minutes, son visage était ravagé, mais ses yeux secs. Elle griffa ses hématomes, comme à son habitude et se releva, les bras meurtris. Une de ses blessures n'avait jamais cicatrisé. Elle était comme infectée, entre le bleu mort et le jaune pourri. C'était le plus douloureux de ses bleus. C'était celui qu'elle griffait et grattait. Une soudaine rafale de vent envoya ses cheveux en arrière. Le vent fut d'une telle violence et si surprenant que Seïren dû reculer. Les yeux plissés sous cet air soudain, si frais, et étonnement, très apaisant. Le vent.. Je l'avais déjà sentie. Elle se souvenait. Une des rares fois où elle avait traîné son corps dans la pâle chaleur du printemps, entourés de hautes herbes et de plantes aux parfums diverses. Sa peau avait déjà goûté au vent. Mais pas à cet air si léger et dépourvu de la moindre matière qui pouvait lui provoquer des irritations aux yeux ou au nez. Des petites boules grises qui voletaient partout. La première fois qu'elle les avait vu, elle voulait jouer avec. C'était joli, ça dansait dans l'air, et c'était partout. Mais ce n'étaient que des petites teignes. L'adolescente avança, attristée. Bien que brisée, elle aimait les petites joies éphémères. Mais cet endroit lui faisait peur, au fond. Elle ne connaissait rien.. La bête l'avait obligé à rester constamment enfermée dans la cage noire. Maintenant, il fallait s'habituer à cette dure réalité. La réalité l'est toujours..

Ses jambes accélérèrent. L'air lui fouettait le visage tandis que sa démarche se faisait rapide. Courir. Cela procurait une telle sensation de liberté, comme de voler un peu. Ses pieds nus s'enfonçaient à chaque fois dans la terre. Ses bras guidaient ses jambes. Et Seïren le percevait, au fond, la voix sourit. Tellement rare. Elle courait, vite, se délectait du vent, du soleil, de la terre, de l'herbe. Et puis, comme toujours, dur réveil. Ce n'était pas une léthargie mais le rocher au sol la fit chuter, et cela lui rappela ses lourds atterrissages. Tout son corps partit en avant, et roula plusieurs fois sur le sol légèrement humide. Toutes blessures la lancèrent et elle resta recroquevillée un moment, sous le choc. C'était réellement accablant. Seïren avait l'habitude de se cogner là où elle était blessée. Mais pas de sentir la douleur de toutes ses plaies en même temps. C'était comme si elle allait régurgiter son cœur. Comme si sa peau se déchirait de toutes parts. Et, comme d'habitude, elle ne put retenir ses larmes. Pourquoi veux-tu toujours les retenir ? Je ne sais pas. Ta force ne réside pas là.. Comment pourrais-tu le savoir ? Je te connais bien, ma poupée.. Tais-toi. Tremblante et endolorie, elle se releva et resta tétanisée face à.. une ombre.

C'était sombre, et grand. Carré, avec des jambes, et des bras qui bougeaient. Cela faisait du bruit. C'était terrifiant. Mais qu'est-ce que c'est ? Elle avait peur, une peur démesurée, et pourtant, ce n'était que l'ombre d'un bout de bois. Mais elle était terrifiée, terrifiée, jusqu'à ses os. Elle sentait la terreur la pénétrer par chaque pores, tout son corps se figeait, ses dents se mirent à grincer, faisant un bruit malsain, ses yeux s'embuèrent. Ses mains tremblaient, sa peau blêmit. Et puis parfois, un cri étouffé lui échappait. Elle voulait reculer, impossible. Tout son corps était évanoui. Mais son esprit était bien vif et sa peur intense et brûlante. De quoi tu as peur.. ? De cette chose ! Ne la vois-tu pas ?! Mais ce n'est rien.. Qu'en sais-tu ? L'ombre bougeait toujours, mais elle venait vers elle. Cette fois-ci, un réel cri sortit de sa gorge, elle se mit à gratter frénétiquement ses hématomes, comme pour se protéger, se mettre en colère d'elle-même et pouvoir se défendre. Hystérique. Les larmes qui coulaient étaient désormais les larmes de la rage. Rage meurtrière...


Dernière édition par Seïren Nephtys le Jeu 5 Jan 2012 - 21:03, édité 5 fois
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Le Peintre

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MessageSujet: Re: Le Chevalet [Le Peintre]   Lun 11 Avr 2011 - 15:41

Un vent d'ouest, il amenait quelques fraicheurs. On pouvait dire qu'il était le bienvenue. Les mèches du peintre dansaient sur son front. Perché sur une hauteur, le soleil face à lui, projetant son ombre au loin. Les poils du pinceau s'enduisaient de pâte colorée en un mouvement ample. Un peu de rouge violacé pour s'ajouter au reste. Ça y est, c'était appliqué.
Le chevalet soutenait la toile.

Son esprit virevoltait alors que sa créativité s'exprimait. Aujourd'hui son être flottait entre art et raison, sans vraiment se décider. Ainsi, tout en songeant à ajouter du bleu délavé, le démon réfléchissait sur le sens de la vie. Que devait-on définir comme la vie qu'il fallait mener ?
Certains hommes naissaient dans la certitude, ayant un esprit rude. Ils courraient sur le sentier, de bois ou de montagne, sans même penser à le prendre dans l'autre sens, ni même essayer de voir dans leur trace de pas, les fourmis écrasées. D'autres tournaient en rond sur ce sentier, les yeux partant dans tous les sens. Ils cherchaient, cherchaient, et cherchaient. Mais quoi donc ? Eux même ne le savaient pas. Leurs doigts se mordaient dans leurs bouches. Certains d'eux croyaient avoir trouvé un autre moyen que de suivre le chemin, ceux qui étaient sur la montagne, ils en sautèrent. Quelques hommes, dans la forêt, enviaient la montagne, et c'est pour ça qu'ils suivaient le sentier. Et une fois dans la montagne, ils se mettaient à envier la forêt, prenant l'autre sens. Néanmoins cela les occupait. Les derniers, eux, ne marchaient pas. Ils restaient immobiles, scrutant le ciel, appréciant le vent et souriant au monde. Leur frêle corps n'était bâtit pour rien d'autre. Ceux qui courraient les percutaient, ils les poussaient, les faisait tomber à terre, voir de la montagne. C'est curieux que personne n'ai choisi le sentier qui menait à les apprécier, les aider.

Une larme perlait dans l'œil du Peintre, sans doute la brise agressive, ou autre chose. Le bras partit en un cercle quasi-parfait, dessinant une courbe noirâtre souillant la beauté de l'œuvre. Une deuxième parvint à achever. On pouvait dire que son tableau, représentant la désillusion, était fini.
Le regard s'écarta un peu, critique, objectif et subjectif. Il jugea.
Quand soudain des reniflements se firent entendre dans son dos, quelqu'un pleurait ? Le démon se retourna lentement. Un peu plus loin, un petit corps souffrait. Touché, le Peintre s'avança doucement. Il fit de telle sorte que ses pas ne paraissent pas trop brusques, ses mouvement gentils. Les yeux globuleux pleins de bonne volonté, bien qu'il soit réellement timide. Identifiée, la personne était une fille, d'une quinzaine d'année, une humaine d'après ce qu'elle lui inspirait. Mais pourquoi pleurait elle donc ? Il fallait lui demander.

Une fois un peu plus proche, bien qu'assez loin de la jeune humaine, l'artiste agita ses longs doigts les uns sur les autres. Épris d'autant de retenue que de compassion. Il prononça ces quelques mots, fort peu audibles par rapport à leur distances :

- P..Pourquoi c..ce..ces larmes ?

Il n'avait osé en dire plus, sa bouche ne lui avait guère permit. Ses forces toutes entières espéraient que sa destinataire avait entendue la phrase, et qu'elle allait lui répondre. C'était lourd de devoir ignorer le moyen d'aider. Mordant l'intérieur de ses joues, le Peintre se mit à nouveau à s'avancer, toujours un peu plus près.
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Seïren Nephtys

Les Songes Hurleurs.

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MessageSujet: Re: Le Chevalet [Le Peintre]   Lun 11 Avr 2011 - 16:46

Rien ne s'atténuait. Tout était toujours vif. Ses douleurs aussi. Ses ongles griffaient, encore, et encore. Jusqu'au moment où elle vit un corps. Comme un homme. Des jambes. Des bras. Un torse. Une tête. Elle se figea. Se figea face à ce visage si étrange. Des marques bleutés sous ses yeux, comme elle. Une peau plutôt pâle. Comme elle. A quoi cela t'avance ? A rien. Il était loin, et semblait de ne pas oser s'approcher. Pourtant, tout parvenait à l'apaiser. Aucune violence dans ses yeux, rien. Seïren laissa tomber ses bras le long de son corps, le cœur serré. Elle renifla. Les larmes de rage cessèrent de couler et ses yeux restèrent simplement humides. Ses joues étaient trempées. Elle renifla. Le regard de l'être en face d'elle l'intriguait. Nulles personnes qu'elle avait croisé n'avait possédé ce regard si profond. Un peu globuleux, peut-être légèrement effrayant, mais d'une profondeur impressionnante. Comme un gouffre à l'aspect sombre dans lequel on veut plonger pour découvrir des milliers de couleurs et être bercé par un requiem qui inspire à la création. Des yeux d'artistes ! C'en est un. Tu crois ? La question resta dans son esprit. Aux vues de son corps, son regard, ses mains, oui, il était un artiste. Peut-être abstrait. Tout ça lui avait fait oublié l'ombre inquiétante. Elle était toujours là. Les yeux de l'adolescent s'écarquillèrent et la peur la reprit. Alors qu'elle entendit la voix douce de l'homme en face.

- P..Pourquoi c..ce..ces larmes ? Il avait bégayé, et semblait effrayé un peu.

Alors qu'il s'avança un peu, Seïren fit un pas en arrière et trébucha encore sur une pierre. Son corps à nouveau rencontra durement le sol. Elle ramena ses jambes contre sa poitrine, claquant des dents, tremblant de tout son être. Elle n'avait pas la force de répondre, les hoquets et les sanglots l'étouffaient dans sa gorge. L'ombre la terrifiait. Je t'ai dis que ce n'était rien ! Si ! C'est bien là ! Et j'ai peur. La voix l'agaçait. Elle ne comprenait pas la terreur que lui inspirait ce sois-disant, rien. Ses lèvres tremblaient aussi, et ses yeux rivés sur l'ombre. Pourtant, elle voulait lui répondre. Il était arrivé de là où elle avait vu l'ombre. Et il n'avait pas peur. Et il n'était pas méchant. Et.. Et..

- Ça.. pleurnicha t-elle. Cette ombre.. je.. c'est.. elle me fait.. peur.

Un hoquet la fit tousser, et elle eut du mal à retrouver de l'air. Instinctivement, elle se remit à se gratter, à frotter ses coupures, à griffer ses poignets. Elle ne pleurait plus, mais son corps était secoué par des spasmes et son cœur hoquetait. Seïren voulut reculer, mais comme avant, son corps s'était figé. Elle grelottait, pourtant le soleil était chaud. Et cette chaleur se faisait presque désagréable. Le vent s'était rendormi. La sensation de liberté lui manquait. Le vent ne dort pas.. Tais-toi. Il est juste trop faible pour que tu le sentes.. Je t'ai dis de te taire ! Alors que tu es immobile. Mais en fait, elle avait sûrement encore raison. Cependant, la peur ne lui permettait pas de se lever et de se remettre à courir. Surtout que rechuter à nouveau ne l'intéressait pas. Elle s'était sentie tellement mal, en sentant son corps brûler. Et l'homme en face était toujours là. Avec ses yeux rassurants. Seïren avait toujours aussi peur. Mais peu à peu ses membres se remirent à obéir à son esprit. Elle put se relever, toujours tremblante. Elle pointa l'ombre du doigt. Et l'index de son autre main vint se nicher entre ses dents. Elle mangeait son doigt, tant le malaise lui alourdissait les épaules.

Tu n'as qu'à aller voir.. Mais c'est dangereux. Qu'en sais-tu ? Elle fut frappé par la voix. Elle lui posa la même question que Seïren ne cessait de répéter lorsqu'elle ne voulait pas l'écouter. Toutes les deux ne s'entendaient pas toujours très bien. Mais il fallait écouter cette voix. Elle avait toujours raison. Toujours. Sauf que.. L'adolescente était incapable d'aller vérifier d'elle même. Elle avait bien trop peur. Je comprends. Vraiment ? Cela l'étonna. C'était la première fois que la voix se montrait compatissante. Habituellement, elle l'encourageait à se défendre, à se montrer violente. Elle était la voix du mal en quelque sorte. Mais cette fois-ci.. Elle ne jugea rien. Elle n'avait fait que comprendre la peur enfantine de Seïren. La main toujours vers l'ombre, le doigt toujours dans la bouche. Devait-elle poser une question ? Faire comprendre au corps en face ce qu'elle cherchait à savoir ? Il est intelligent.. Et alors ? Il a comprit. Seïren se tut, et garda le doigt pointé vers l'ombre. Il lui donnerait une réponse. La voix l'avait dit. Il le ferait.


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MessageSujet: Re: Le Chevalet [Le Peintre]   Sam 16 Avr 2011 - 23:27

Le Peintre fit un pas de trop, car la jeune femme recula de crainte, s'affalant dans l'herbe. Son corps s'immobilisa, les yeux parcourant timidement le corps frêle de l'étrangère. Des tics, ses mouvements étaient fuyants, étranges. De la souffrance, beaucoup de souffrance avait sculptée, hachée, transpercée cette chaire innocente. Cela se voyait facilement pour un regard aussi sage et vieux que celui du démon. Des nuages blancs se mettaient à parcourir le ciel, voguant sur l'étendue bleue comme des méduses. Lentement. Le monde avançait, chariot de bois solide sur un sentier sinueux. Une grandeur, une tranquillité, une harmonie gagnait chaque fibre du corps de l'artiste. Ignorant son renfermement, son intérieur ressortait au grand jour, dans le bain des rayons lumineux. Car face à cet être qui lui ressemblait beaucoup, qui avait besoin d'aide, et qu'il venait voir de lui-même, il se sentait capable de s'ouvrir. Les larmes continuaient de couler sur les joues de l'adolescente. Et sa voix, faible, une sorte de bégaiement, s'échappa de ses lèvres.

- Ça.. Cette ombre.. je.. c'est.. elle me fait.. peur.

Au début l'artiste ne comprit pas. Comme si les mots ne voulaient pas révéler ce qu'ils cachaient. Se séparant les uns des autres, formant beaucoup de petites idées, illogiques une fois rassemblées. Le Peintre regarda tout d'abord si il n'y avait pas de gros nuages noirs d'orage qui se présentaient au loin. Car lui-même en avait peur, souvent. C'était tellement oppressant, tellement gigantesque et si sombre. Mais non, rien à l'horizon. Alors sa tête retomba sur la fille. Il vit le doigt pointé, tourna les yeux et comprit. Là haut, perché face au soleil, le chevalet projetait son image noire, une sorte de carré énigmatique. Les doigts émus du démon serrèrent un pli de son pantalon. Une larme perla dans ses yeux, alors que son corps se tourna de nouveau vers l'étrangère. Un sourire tendre, presque irréel, se dessinait sur les lèvres de l'artiste. Il était plus que rare que sa bouche affiche autre chose que de la sévérité, et aujourd'hui c'était une gentillesse telle qu'on ne pouvait douter de sa franchise. Un sourire grand, un sourire haut, un sourire humble, un sourire plein, un sourire vrai.

- Ç..Ça ? M..Mais c'est m..mon chev..ch..chev..chevalet.

Son regard pétillant de sagesse et de bienfaisance s'essayait d'être rassurant. Mais le Peintre savait que ça n'était pas une mince affaire. Effectivement, cette ombre pouvait sembler assez impressionnante de là où ils se trouvaient. L'artiste se rapprocha d'avantage, doucement, tentant d'assouplir ses mouvements, pour ne pas qu'ils soient brutaux. Une brise reprit, elle secoua les cheveux de la jeune fille, donnant à son visage un air réellement pur et simple. Cela mis le démon d'avantage en confiance, il s'osa à tenter une phrase assez longue, plutôt audacieuse.

- Vous n'..n'avez ri..rien à cr..craindre. Je su..suis un p..p..peintre.

Puis, son sourire un peu affaiblit, mais tout de même présent sur le bout de ses lèvres, il s'accroupit près d'elle, tendant la main. C'était une des premières fois qu'il tendait la main volontairement vers une personne. L'invitant à la saisir, pour qu'il l'aide à se lever. Cela n'avait rien de galant, rien de tentateur, rien de vil, rien de pervers. C'était un acte tout bête, il voulait juste qu'elle se relève. La tranquillité aux alentours le portait, plein de sureté. Pour une fois, on peut dire qu'il se sentait capable de parler sans se contraindre, de parler parce qu'il voulait parler. Échanger quelque chose.

- V..Vous v..voulez v..venir vo..voir ?
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MessageSujet: Re: Le Chevalet [Le Peintre]   Dim 17 Avr 2011 - 11:10

Comme intrigué, l'homme tournait sa tête dans tous les sens. Il cherche.. Quoi ? Ton ombre. Ah. Quel échange froid, cela l'attrista. Même avec cette entende de braise, Seïren avait toujours des discussions plus riches que celle-ci. Puis, l'homme vit l'ombre effrayante. La jeune femme la regarda encore, et tenta d'éteindre sa peur avec sa pluie de rêves mais rien n'y faisait. C'était comme une tâche cauchemardesque dans ses songes. Elle mangeait ses idées, brûlait ses univers, détruisait tout. Un hoquet bruyant s'étouffa dans sa bouche, alors qu'il se retournait. Avec un sourire. Habituellement, Seïren était habituée à lire la moquerie dans les sourires qui lui était adressé, mais là.. Un sourire presque tendre, accompagné de ce regard simple et gentil. Elle resta stoïque, abasourdie. Qui lui avait souri ainsi dans sa vie ? Peut-être le serpent de son passé.. Une ou deux fois. Ne soit pas méchante.. Désolée. Puis, les lèvres de l'homme se mouvèrent, prononçant des choses que l'adolescente ne comprit pas immédiatement. Un mot dont elle avait oublié la signification, mais l'avait-elle jamais connu ? Un chevalet ? Et il avança, lentement, trop pour témoigner d'une quelconque agressivité, pourtant, Seïren tressaillit et recula encore un peu. Cesses donc de le craindre inutilement.. Je n'y peux rien. Il souriait toujours, et était désormais tout près de son corps.

- Vous n'..n'avez ri..rien à cr..craindre. Je su..suis un p..p..peintre.

C'est un.. Peintre. Tu le savais ? Elle ne répondit pas. Un peintre.. L'homme qui maniait les pinceaux et les couleurs. Elle se rappela ce gouffre coloré qu'elle avait imaginé en regardant ses yeux. Son faible instinct avait eu raison. Et la voix aussi, c'était bien un artiste. Parfois, elles formaient un duo assez intéressant, énigmatique, qui comprenait certaines choses irréelles ou illogiques. Le sourire de l'homme retomba, un peu. Seïren déçue, baissa un peu la tête. Elle avait l'impression d'avoir brisé quelque chose. Mais quoi ? Elle n'avait pas sourie, elle avait toujours peur. Toujours méfiante et réticente. Alors qu'il était bon, et gentil. C'était certain. La voix ne lui avait communiqué aucun avertissement. Ravi de voir que tu me fais confiance.. Cette fois-ci, Seïren esquissa un sourire. Cette voix savait même faire de l'ironie. Ironie.. C'était l'une des seules choses du monde adulte que Seïren comprenait bien. Et l'homme s'accroupit. Il tendit la main. Elle resta figée, les yeux écarquillés. Quelqu'un.. lui tendait.. la main.. Ce n'était pas réel. Personne lui avait jamais tendu la main. La trouvant trop effrayante, ou amusante, perdue dans ses peurs et noyée dans ses larmes. Personne lui prêtait la moindre attention, comme si elle n'était qu'une folle parmi d'autres. Et voilà que lui, avec son regard de dément fragile arrivait, et tendait sa main gracile vers elle. Pour l'aider à se relever alors que son corps lui paraissait le plus lourd poids à soulever. C'était plus fort qu'elle, Seïren se remit à pleurer. Ce n'était plus de la peur, juste de la reconnaissance. Elle ne le connaissait pas, lui non plus, et il était mille fois plus compréhensif que n'importe qui. Même le vieux tavernier qui connaissait un peu Seïren ne l'aidait pas autant.

- V..Vous v..voulez v..venir vo..voir ?

Elle enfouit son visage entre ses jambes. Voir ? Son œuvre ? Partager son art, son imaginaire ? Comment pouvait-on proposer ça à une inconnue masochiste et folle ? Peut-être que pour lui, elle ne l'était pas. Elle pleurait, sans pouvoir s'arrêter. Si heureuse en fait. Depuis si longtemps, cette joie sincère n'avait plus parcouru ses fibres. Réagis.. Pardon ? Suis-le.. Acceptes son invitation.. Ne le vexe pas.. Son visage se releva légèrement, pour voir cette main tendue, inlassablement. Patiente. Hésitante, Seïren tendit la sienne. Son poignet était meurtri et saignait presque, et ses phalanges semblait avoir été frotté violemment contre un mur rappant. Elle risquait de l'effrayer, avec cette main volontairement blessé. Il passera par dessus les apparences.. Oui.. Et elle se releva, aidé par ce peintre et son regard toujours aussi profond. Sa démarche fine et lente grimpa agilement la petite colline qui menait vers l'ombre. Les jambes de Seïren butèrent un instant. Non, ce n'était pas une menace. C'était juste son chevalet. Il ne lui mentait pas, c'était son outil de travail. Rien de plus. Alors, elle le suivit, l'homme ayant prit une petite longueur d'avance. Le vent s'était intensifiait et caressait son visage froid. Ses cheveux partaient vers l'arrière, offrant une pleine vue sur des petites coupures qui ornaient ses mâchoires. Puis, l'artiste arriva près de son chevalet. Tandis que Seïren acheva sa marche, le visage de l'homme parut se souvenir d'une chose infiniment importante. Ses yeux s'agrandirent, comme abasourdi par quelque chose. Et l'adolescente n'avança plus. Respectant sa réflexion. C'est bien.. Elle comprit. Pour une fois, elle n'avait pas prit cet air un peu apeuré pour elle. Il se souvenait de quelque chose de personnel, aucun rapport avec elle. Je suis fière de toi. Et son bonheur s'intensifia..


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MessageSujet: Re: Le Chevalet [Le Peintre]   Mer 4 Mai 2011 - 19:46

Elle avait accepté. Le Peintre souriait encore. Cela faisait une éternité qu'il n'avait pas laissé ce signe de joie sur son visage, d'habitude bien trop engourdit en lui-même pour parvenir à se montrer hors de lui-même. Suivit de la jeune femme, ses jambes gravirent la basse colline. Le vent, toujours aussi léger, faisait valser les cheveux et l'herbe, bien semblables. Un faible nuage se décomposait de brumes dans l'océan bleuté, en haut, il se montrait éphémère. Cette ascension conférait, peu à peu, une vue grandissante des plaines. Des bosquets verts, des champs, et quelques cheminées, libérant au ciel leur fumée grisâtre.
Le démon dût mettre sa main comme cache. Soleil éblouissant, en face. Il se demandait d'ailleurs comment il avait fait pour faire son tableau sans s'en soucier, c'était fort dérangeant. Son esprit sursauta et ses yeux s'écarquillèrent. La silhouette du Peintre se stoppa net. Le tableau. Le tableau, il représentait la désillusion la plus intense, la plus forte qu'un être puisse connaitre. Ses pupilles globuleuses parcoururent le corps de l'adolescente, jugeant. Sa fragilité était au delà de celle d'une petite fille. Trop émotive.

*Ce sont les fleurs les plus belles de qui l'on se soucie le plus ; lorsque l'on parle de faner.*

Heureusement, il était là. Soleil éblouissant, en face. Il permettait de cacher. Car cette jeune femme avait bien trop subit dans sa vie, oui cela se voyait. Elle avait bien trop subit pour devoir supporter une fausse joie de plus. Et elle allait la ressentir, cette fausse joie, cette désillusion, en regardant le tableau, le Peintre en avait la certitude la plus sincère. Bien peu d'humains étaient capable de voir l'essence de ses œuvres, et cette fille en faisait partit. Cela se sentait, qu'elle sentait tout, prenant certaines banalités pour des poignards.
L'œil de l'artiste se posa dans celui, frêle, de la femme.

- At..Attendez i..ici.

Et, sans voir si elle obéissait, il détourna le regard, continuant de monter. Une fois au niveau de son chevalet, il pris le tableau dans ses mains et le retourna pour le poser à nouveau sur le support. Ainsi, on ne voyait guère que le dos de l'œuvre.

- Voi..Voilà. Ve..V..

Il se tournait tout en parlant, et se rendit compte que la jeune femme ne remontait pas le visage vers le sien, le vent couvrait sa voix ; il dut s'éclaircir la gorge. Tout en faisant un léger signe, s'appliquant pour ne pas être brusque, il l'invita, plus fort.

- V..Vous p..pou..pouvez v..venir !

Son attention revint vers son chevalet, à son pied, il y avait 5 toiles. Les dernières qu'il avait peintes, pas encore exposées dans les couloirs. La brise portait une odeur d'humidité. Bien qu'il n'y en avait pas il y a quelques minutes, un nuage noir se dessinait au loin, dans le ciel. La pluie. Penseur, ses pupilles retombèrent sur les tableaux. Le premier représentait la mauvaise douceur, celle que l'on éprouvait illégitimement. On pouvait y ressentir de la culpabilité. Il reposa l'œuvre par terre. La deuxième représentait le rêve lointain, innocent. Un sentiment qu'il avait reproduit maintes et maintes fois. Là c'était un de ses plus réussit.
En le regardant, l'artiste avait l'impression de flotter dans une petite barque, fendant une eau verte et complètement lisse. Dans un brouillard épais, obstruant la vue et la perception de quelconque danger, mais laissant apparaitre une forme. Une forme complètement vague. Préservant l'espoir. Cette forme pouvait très bien être un monstre gigantesque, comme un démon meurtrier, marchant sur l'eau. Mais l'œuvre ne permettait pas ces paniques pessimistes, la forme était un grand bien.

Ainsi, après avoir lui-même admiré le rêve lointain, il tendit le tableau à la jeune femme.

- Rega..Regardez c..celui-ci.

Espérant qu'elle lui donne une brève interprétation, il patienta, la laissant s'imprégner. Peut-être serait-elle égarée dans un monde bien plus laid que celui de la barque et de l'eau verte. Ou bien plus beau. Comment le savoir ? Le paysage s'assombrissait peu à peu, le nuage progressait. Déjà, quelques maisons goûtaient à la fraicheur de l'eau céleste. Jamais la pluie n'avait dérangé l'artiste, c'est sa peinture qui la craignait. Soudain, une question grandit dans les songes du Peintre, et sans penser qu'il pouvait l'interrompre, la déranger, il demanda :

- A..Au f..fait, j..je peu..peux vous dem..demander vo..votre nom ?

Puis, voyant les yeux de la jeune femme perdus dans l'œuvre, il s'empressa de dire :

- P..pardon j..je ne v..voulais pa..pas.

Et, baignée dans un flot de honte et de haine contre elle-même, sa gorge se bloqua, ne permettant pas de finir la phrase. Ainsi, cette dernière perdait un peu de son sens. De toutes façons, les discours n'avaient pas de sens en dehors de leur interprétations insensées. Le Peintre patienta à nouveau, la tête baissée, n'osant pas regarder le visage de la femme.
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MessageSujet: Re: Le Chevalet [Le Peintre]   Sam 11 Juin 2011 - 11:31

Il lui demanda d'attendre. Toujours hésitant dans sa voix. Comme elle.. Légèrement nuancé. Les paroles de Seïren étaient désordonnées. La plupart du temps, elle formulait ses phrases à l'envers. Mais elle attendit. Toujours baigné dans le soleil, le vent contre le visage. Les yeux baissés sur ses pieds, nus. Rougis par le froid de la nuit dernière. Légèrement sales, à cause de la terre. Elle regarda ses mains, recouvertes de cicatrices, ses ongles incrustés. Puis, son regard glissa sur son bras, sur son épaule, sur le haut de son corps. Sa tunique étaient déchirée, elle virevoltait aussi avec le vent. Son ventre apparaissait donc, recouvert de bleus. Tu étais si belle.... Je n'ai jamais été belle. Depuis toujours, l'adolescente avait été plongée dans la crasse. Elle avait toujours été laide. Toujours. Mais ses pensées retournèrent rapidement vers l'homme plus loin. L'adolescente se rendit compte qu'une petite ombre planait au-dessus de lui. Ce n'était pas un fantôme.. C'était plutôt, un aura. Peut-être n'était-il pas.. humain ? Son regard de fer retomba vers le sol, où ses orteils s'enfonçaient dans l'herbe. Seul la musique silencieuse du vent venait caresser ses oreilles.

- V..Vous p..pou..pouvez v..venir !

Elle sursauta. Son corps faillit partir vers l'arrière. Comme si elle voulait fuir. Trop de réflexes. Trop de peur. Elle déglutit, tandis qu'il retournait plus près du chevalet. Seïren fit un pas.. Un autre, et grimpa la petite colline, en se penchant pour toucher l'herbe humide. Elle regarda le peintre examiner ses œuvres. Comme si il en sélectionnait une. Ses yeux se perdaient dans le tableau, comme si il plongeait à l'intérieur. Quelles magnifiques prunelles...
Une image furtive se glissa dans l'esprit de l'adolescente. Arracher ses yeux. Car en effet, ses iris étaient magnifiques. Mais elle secoua la tête pour chasser cette pensée. Elle continua de le regarder, ne sachant pas vraiment ce qu'elle attendait, ni ce qui allait se passer. Puis, l'artiste lui tendit l'œuvre. Mais Seïren ne bougea pas un cil.

- Rega..Regardez c..celui-ci.

Les mains tremblantes, elle saisit la toile qui lui parut lourde. Manquant de la lâcher, un cri de peur refoulé s'étouffa dans sa gorge. Elle aurait voulu s'excuser mais son esprit s'était câblé sur la peinture. Sa bouche était restait ouverte, entre l'effroi et la fascination. Plongeras-tu ? Elle y était déjà. Noyée dans les couleurs. Son esprits imaginait des milliers d'images, mais celle qui l'a marqua le plus fut cet aigle gris dessiné dans les nuages, avec ce bateau brumeux qui voguait sur les amas d'humidité. C'était calme, et il y avait toujours cette brise fraîche pour rappeler que l'on était bien vivant.
Un long moment, Seïren grava cette image dans sa tête. Puis une autre vint la remplacer, un champ sous la pluie diluvienne, la lune et les lucioles comme unique éclairage. Rien de douloureux ne venait habiter ces songes. Tout était calme et serein.
L'artiste parlait mais, elle n'arrivait pas à détacher son attention du tableau. Pourtant, l'embarra du peintre vint assombrir son rêve. Ainsi, l'image s'échappa, comme un doux souvenir auquel on repensera avec le sourire. L'adolescente leva la tête vers le ciel, espérant y voir ce beau nuage gris, mais elle n'en vit qu'un, noir. Présageant sûrement l'orage dont elle avait horreur.

- Où est.. Ce champ.. Où il.. est ?

Sa question était sortie toute seule. Ce champ n'existait certainement pas. Et c'était dommage. Le regard de la gamine s'attrista, mais un fin sourire resta sur ses lèvres abîmées.

- Pardon.. Les pensées.. Les miennes... Elle n'arrivait pas à mettre de l'ordre dans sa tête. J'étais dedans.. Dans mes pensées.

Elle regarda l'artiste, et lui rendit son tableau. Son sourire s'était élargie, sans raisons apparentes. Là.. Tu es laide. Ses sourcils se froncèrent. Mais sa sérénité l'emporta, du moins pour les quelques minutes à venir. Devait-elle lui parler de ce champ qu'elle avait vu ? Ou juste le complimentait sur les traits et les couleurs magnifiquement bien faits ? Elle revit l'image dans sa tête.. Cet endroit existe.. Tu.. crois ? J'en suis sûre.. Seïren sentit son cœur s'emballer. Si il existait, il le connaissait peut-être. Alors, euphorique elle lâcha, toujours sans faire le tri..

- Un champ.. J'ai vu.. La pluie avec. Un champ sous la pluie.. Seïren se mordit la lèvre et ne cessait de gratter sa hanche. Avec des lucioles et.. et.. la lune.

Hors Jeu:
 


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MessageSujet: Re: Le Chevalet [Le Peintre]   Mer 4 Jan 2012 - 17:08

Elle n'avait pas entendu sa question. Heureusement. Le Peintre en fut soulagé, cela le libérait d'un poids. D'autant que la jeune femme semblait absorbée par l’œuvre, ce qui flatta beaucoup l'artiste. Elle le comprenait, elle faisait l'effort de voir ce qu'il y avait derrière les traits et les couleurs. Et cela était, en soi, sans doute le plus beau cadeau que l'on pouvait donner à une personne aussi incomprise que le vieux démon.
L'adolescente évoqua un champ, demandant où il était, perdue dans ses songes. Sa parole lui échappait, les mots ne sonnaient pas comme elle l'aurait voulu, et le Peintre saisit la situation. A vrai dire, ce dernier était surement le mieux placé pour savoir que nos lèvres ne prononçaient pas nos pensées. Elles ne faisaient que les évoquer, en les cachant par un masque d'impressions, d'intonations. Pour interpréter mal ces propos, il aurait fallu faire preuve de mauvaise volonté, ou de manque de tolérance. Sentiments dont le démon était incapable de se doter.
Pour juger dans la grandeur d'une personne, il faut se défaire de la beauté de ses mots, ou de leur laideur ; il faut aller par delà les apparences, au dessus de ce qu'elle montre d'elle, ou de ce qu'on croit avoir compris sur elle ; au delà des dons que lui a fait la nature, au delà des malfaçons que lui a fait la nature. Toute personne qui croit en ce discours devrait taire sa mauvaise volonté, sinon accepter qu'on en fasse preuve, contre eux. Le Peintre en était conscient.

- Un champ.. J'ai vu.. La pluie avec. Un champ sous la pluie.. Avec des lucioles et.. et.. la lune.

Fit la jeune femme. L'artiste la dévisagea quelques instants. Son interprétation ne ressemblait pas à celle de la barque... Mais il y avait des similitudes. Calme, rêve, espoir. La pluie, les lucioles et le champ : rêve et calme. La lune représentait la forme, présence d'espoir. Oui, en somme, l'ancien démon convenait que la barque n'était pas loin du champ.
Pour toute réponse, le Peintre sourit en baissant les yeux. Il était heureux. Heureux qu'on l'ait compris, pour une fois. Cela se faisait rare.

Les nuages noirs se rapprochaient peu à peu, plongeant un monde dans l'ombre. Un éclair. Illuminant les landes, d'une lumière bleue et blanche. Suivit du roulement des tambours du ciel. Face à l'orage, contrairement à son attitude auprès des êtres, on pouvait voir tout l'âge du démon de l'origine. Parce que rien, aucun trait de son visage n'évoquait la peur. Sagesse. Le temps n'était pas son ennemi, seulement son compagnon de voyage. L'orage ne l'impressionnait pas, c'était son ami.

Le Peintre retourna à nouveau son visage vers la jeune femme. Il fronça les sourcils. Elle semblait avoir une sorte d'envie en tête. Ses yeux voulaient quelque chose, réclamaient un mystérieux désir. Comme si elle attendait qu'il arrive un évènement. Que voulait-elle ?

Le tableau. Le champ. Un endroit paisible, tranquille.

Le démon se mordit la lèvre inférieure et fit non de la tête, en fermant les yeux. La situation fut soudainement claire dans sa tête. L'adolescente espérait que ce lieu existe pour de vrai, qu'elle puisse y aller. Il passa une main dans ses cheveux en soupirant longuement, se maudissant de lui avoir fait voir le tableau.

*Quel manque de savoir vivre. On dirait mon frère. Elle fait pousser elle-même, les ronces qui vont lui perforer la chair. Pourquoi les gens ne peuvent-ils se contenter de ce qu'ils ont ? Compliquer les choses. Toujours. Jusqu'à en périr. Cela ressemble à leur devise. Au lieu de respirer l'odeur de la tulipe qu'on leur tend, ils rêvent d'avoir roses, et pleurent de l'injustice du monde. Si je pouvais seulement leur faire comprendre, leur faire saisir, qu'il est très simple d'être heureux. A tous. En une seule fois. Hélas, cela est aussi un fantasme irréalisable. Au moins, je vais essayer de lui parler, à elle, il faut être clair.*

Le Peintre réfléchit, un petit temps, en respirant doucement. Il réfléchit, à la formulation de sa phrase, il posa son esprit, il grandit en lui. Laissant ployer les branches de sa large conscience. Se souvenant des feuilles, des fruits, et les libérant, en un son lent et reposant. Comme l'onde d'un petit ruisseau.

- Le monde n'a pas d'oreilles. Peu importe les hurlements, ils se perdent dans le vent. Le monde n'a pas d'oreilles. C'est parce qu'il n'est pas celui que nous souhaitons, que nous pouvons encore créer, et respirer. Le monde ne se plie pas, ne se tord pas, ne fait jamais rien de ce que l'on désire tous, n'est jamais tel que nous le voyons tous. Et c'est en ça, qu'il est rassurant.

La phrase avait été longue. Le démon se mit soudain à trembler. Retour à la réalité. Des larmes perlèrent contre ses yeux. Par un effort sur-humain, il parvint à finir son discours... Il posa deux doigts sur le front de la jeune femme, et, sans la regarder, murmura.

- Le...Le champ... Il... est, jus..juste.. là.. en dedans.
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MessageSujet: Re: Le Chevalet [Le Peintre]   Mer 1 Fév 2012 - 11:00

Ouvrir les yeux. Soudainement, ne plus sentir ce lourd poids sur ses paupières. Ne plus avoir peur de tenter de les soulever, pour contempler un monde qui n'est pas le sien. Si bien, ainsi enfermée dans sa tête. A vivre dans sa tête. A rêver, et humer les senteurs sans odeurs de ces images aux multiples couleurs. Écouter le chant muet d'une nuit sans lune, observer d'un regard aveugle, les étoiles la nuit, et le soleil le jour. Sans que ses rétines ne brûlent. Juste boire cette lumière. Cette chaleur, qui au cœur de l'hiver, réchauffe d'une caresse bienveillante. Qui accompagne une balade sous la neige, à travers une grande allée de cerisiers fleuries. Aux pétales roses. Ouvrir les yeux. Soudainement pourvu de courage. Prêt à affronter la réalité, et à la piétiner. Prêt à étrangler les fantômes du passé, pour qu'ils restent derrière, et cessent de hanter le présent. Seïren avait laissé ses paupières se fermer. Après avoir senti le pincement au cœur qu'avait crée le tableau de l'inconnu. Désormais, elle sentait presque les coutures invisibles qui l'empêchait d'ouvrir les yeux. Elle ne voulait même pas les ouvrir. Trop effrayée, trop blessée. Pourtant, quelque chose dans sa tête fleurissait. Prêt à exploser dès que le déclencheur ferait son apparition. Ce dernier ne tarda pas. Il se manifesta, sous la forme d'une voix. L'artiste en face d'elle. C'était lui le déclencheur.

- Le monde n'a pas d'oreilles. Peu importe les hurlements, ils se perdent dans le vent. Le monde n'a pas d'oreilles. C'est parce qu'il n'est pas celui que nous souhaitons, que nous pouvons encore créer, et respirer. Le monde ne se plie pas, ne se tord pas, ne fait jamais rien de ce que l'on désire tous, n'est jamais tel que nous le voyons tous. Et c'est en ça, qu'il est rassurant.

Elle resta immobile. Les formes dans son esprit n'avaient pas encore explosé. Mais elle sentait, ce petit frisson gelé dans son échine. Elle sentait que cela venait. Inexorablement. D'un côté, elle avait peur. Peur des conséquences, peur de l'effet. Mais quelque chose en son sein, lui promettait d'une voix larmoyante, que tout lui serait bénéfique. Elle n'entendait plus la voix froide. Elle s'était tût. Comme une marque de respect. Comme si elle acceptait que le « bien » vienne fouler les chemins sinueux de l'esprit de Seïren. Qu'elle acceptait d'être mise de côté, pour enfin que son cœur s'apaise.
Alors elle sentit. Deux doigts, longs et froids sur son front. Son corps se tendit, par la surprise et la peur. Mais ses muscles soupirèrent, quand elle comprit qui était celui qui la touchait. Encore la même voix paisible. Moins sûre d'elle. Mais elle était toujours le déclencheur.

- Le...Le champ... Il... est, jus..juste.. là.. en dedans.

Explosion. Silencieuse explosion, paisible, calme. Sans douleur, sans tourment. Sans rien. Juste des couleurs, et une mélodie inlassable. Se heurtant aux parois de son crâne, laissant les échos pleins d'espoir résonner. Tout dans le corps de Seïren explosait. C'était froid. Elle se sentit comme purgée de tout. Sa poitrine autrefois obstruée la laissa inspirer une grande bouffée d'air. Son ventre comprimé se défit, sa gorge dévastée se dénoua. Ses ongles quittèrent la chair de ses paumes. Tout son corps, entièrement. Le nœud de son être venait d'être défait. Et l'Autre ne disait toujours rien. Elle semblait presque sourire, dans l'ombre. Pas ce sourire malsain et provocateur. Un sourire presque teinté de fierté. L'explosion retomba. Mais son cœur était secoué par l'émotion. Les larmes se bousculèrent, gonflant ses yeux. Le poids sur ses paupières avait disparu. Les coutures avaient été retiré avec délicatesse. Alors elle ouvrit les yeux, laissant les larmes cristallines fondre sur ses joues, d'une vitesse effarante. Elle regardait l'artiste, qui avait baissé les yeux. Elle était secouée, tremblait presque. Sans malaise. Cependant, jamais elle n'avait senti cela. Jamais... Jamais elle n'avait pu respirer de cette façon. Elle n'avait jamais senti son cœur battre dans sa cage thoracique aussi calmement, désormais vierge de toutes ronces, de toutes griffes.
L'émotion, si forte et si prenante, fit sortir des sanglots de sa gorge. Des sanglots clairs, et beaux. Plus ces gémissements immondes, empreints de douleur et de rage, qui s'arrachaient autrefois de son œsophage. Des sanglots... heureux ?... Sûrement. Les larmes continuaient de s'agglutiner sur sa peau pâle. Et à travers les sanglots et les pleurs, un sourire vint peindre ses lèvres. Laissant apercevoir ses dents, et les pommettes discrètes aux creux de ses tempes. Aucun mot ne sortait. Elle pleurait sans pouvoir s'arrêter. Vide tout Mal. Vide toute Douleur. Mais empli d'espoir.
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Le Peintre

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MessageSujet: Re: Le Chevalet [Le Peintre]   Sam 9 Juin 2012 - 16:33

La jeune femme semblait avoir compris, le Peintre s'en réjouissait. Elle pleurait, il ne savait pas vraiment quoi faire, mais ses larmes semblaient purificatrices, alors il compris qu'il n'avait pas besoin d'agir.
Et comme pour rappeler sa présence, un éclair illumina à nouveau les landes, faisant vibrer le ciel.
Cette fois, regardant ses œuvres, le démon s'en inquiéta, les gouttes venaient, de plus en plus proche, et ses principes voulaient qu'il ne devait pas user de ses pouvoirs de création de faille devant quelqu'un. Alors, d'une voix faible, il susurra à la jeune femme de s'en soucier avec lui, il ne voulait pas encore perdre un de ses univers.

- N..N'o..oubliez pa..pas que l..la pl..pluie pe..peut fai..faire co..couler vo..vos coul..couleurs.


Détournant le regard, fixant les nuages noirs, alors que le tonnerre roulait à nouveau sur les terres, il ajouta d'une voix encore moins audible cette petite phrase, qui oscillait en lui.

- Su..sur..surtout lor..lorsqu'e...elle n'..n'est pa..pas vo..votre.

Suite à cela, il rassembla ses tableaux, plia le chevalet, et porta le tout de ses bras frêles. L'ensemble lui donnait une allure assez curieuse, asymétrique, d'un côté les toiles rassemblées dans son bras droit l'élargissaient considérablement, le faisant pencher de l'autre côté, tandis que le chevalet lui donnait de l'envergure en profondeur, et non pas en largeur, et semblait assez peu commode à transporter : le démon ne cessait de changer la prise qu'il avait, pour ne pas qu'il tombe, tout en pratiquant des petits sauts et sursauts pour faire revenir ses tableaux en place, les soutenant avec un genoux. Il manqua de tomber à deux, maintenant trois reprises, et s'agita dans tous les sens, avant d'avoir trouvé une façon de les tenir, assez atypique et ridicule, voir réellement très ridicule, mais efficace. Cette dernière étant trop compliquée pour être exprimée par des mots, nous nous contenterons de comparer sa position avec celle d'un canard ivre entré en conflit irrémédiable avec sa patte droite et le bout de son aile gauche, essayant de donner des coups de becs aux deux en même temps sans y parvenir.
Ainsi, dans cette posture improbable, le Peintre affirma :

- N..nou.. c..c'est b..bon nou..nous pou..pouvons alle..aller cher..chercher un en..endroit pour no..nous abri..abriter !


Et c'est avec la démarche d'un gorille unijambiste et manchot qu'il descendit la colline sans arriver à s'arrêter, emporté par le poids. Le visage pourtant toujours aussi sérieux, sans doute, surement, totalement inconscient de l'allure qu'il avait. Il ne prit pas la peine de savoir si la jeune femme le suivait ou non. A vrai dire il ne pouvait pas le savoir, puisqu'il ne pouvait pas bouger la tête, elle tenait une partie de ses peintures.

Enfin en bas, il se retourna.

Une ouverture dans la colline. Le cadre, en pierre, de ce qui devrait être une porte, bouchée par une massive roche ronde, posée contre l'entrée. La fixant quelques secondes, le démon ne savait pas si cela était une bonne idée. L'endroit semblait sombre. Mais les nuages se rapprochaient, et, d'une main miraculeusement libre, il fit coulisser la lourde pierre obstacle, qui roula, lentement, et sinistrement, avant que l'on puisse voir un escalier noir, descendre dans les sombres profondeurs du monde.

En bas, un grondement, grave et haineux, se fit entendre. D'un œil énigmatique, le Peintre regarda la jeune femme, quelques secondes, puis entra, dans ce que l'on pourrait nommer la crypte, ou le tombeau.
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Seïren Nephtys

Les Songes Hurleurs.

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MessageSujet: Re: Le Chevalet [Le Peintre]   Ven 15 Fév 2013 - 19:38

Les émotions retombèrent. Laissant place à un calme profond, sans bord, sans épines. Un simple silence intérieur, intense et agréable. Les dernières larmes finirent de disparaître dans le cou de la jeune fille, l'humidité sur son visage sécha. Ses yeux s'ouvrirent, grands et ronds, de toute leur grisaille. Le temps s'était assombri, des nuages s'amassaient, grandissaient, s'assombrissaient. Menaçant, dangereux. Mais tout était calme en elle, alors elle n'avait pas peur. Son regard se dirigea vers ce ciel ténébreux, qui amenait avec lui le vent froid et sifflant. La nuit approchait, lente, pernicieuse. Mais elle n'avait plus peur. C'est la voix de l'artiste, toujours aussi lointaine, incertaine, et pourtant si réelle au fond d'elle. Il parlait doucement, et ces mots hachés devenaient une entité dans le cœur de Seïren. Peut-être que le monde lui-même ne comprenait pas cette voix, mais elle, elle comprenait. Elle comprendrait toujours, ces mots étrangers au reste des vivants.

Il se mit alors à gesticuler doucement, un instant, elle fronça les sourcils. Puis, les secondes passants, elle comprit qu'il tentait de saisir toutes ses œuvres sur lui-même, ainsi que l'instrument de bois. Qu'elle ne craignait plus. Il peinait, mais il insistait. S'acharnait. Sans un mot de plus que les précédents, sans un seul son d'agacement. Le silence, comme celui qu'elle portait en son sein. Son visage se détendit, elle attendit qu'il finisse. Aide-le ? L'aide que je pourrais lui donner lui retirerait la fierté de porter lui-même son fardeau si bénéfique. Dans l'ombre, Elle sourit. Quelques minutes pleurèrent, et enfin il se tourna vers elle. Son visage lui parut étranger soudain, et pourtant si familier. Comme un coup dans la poitrine, réveillant des sensations, devant ses yeux, défilèrent les images de champs, de lucioles et de bateau. Invisible au reste. Était-il réel finalement ? Oui.

- N..nou.. c..c'est b..bon nou..nous pou..pouvons alle..aller cher..chercher un en..endroit pour no..nous abri..abriter !

Puis il avança. Vers l'incertain. Sa démarche perturbée par les choses qu'il portait. Mais il avançait, sérieux, déterminé. Il était tellement concentré, que lorsqu'une des toiles, silencieuse et discrète glissa, il ne s'en aperçu pas. Il continuait sa route. Seïren demeura un instant immobile face au tableau qui s'affichait à elle, au sol. Il était violent, dans ses yeux, il faisait tourbillonner un sentiment néfaste, frustrant, douloureux. Mais le calme reprit jalousement possession d'elle, et elle se contenta de ramasser précautionneusement l'œuvre, avant de suivre l'artiste.
Ce dernier se dirigeait vers une sorte de crypte, d'où sortait un parfum acerbe d'humidité et de sombre. Il parvint à pousser la roche qui obstruer l'entrée, puis à y pénétrer. Elle avait sentit une once d'hésitation dans le mouvement de ses jambes.. Et elle comprit, lorsque le grondement caverneux s'échappa du trou noir. Mais le calme la serrait contre lui, les griffes sorties, prêt à la protéger de toute émotion trop violente. Le calme est un gardien féroce, jaloux, possessif. Prêt à tout. ]Comme moi.

Le tableau toujours entre ses mains, elle le suivit sans hésitation. Sans peur. Il y avait un grand escalier qui menait tout droit dans le noir, mais tout au fond, très loin, profondément.. Elle voyait une mince étincelle. L'étincelle des torches qui brillent au fond des abysses. Ils avançaient. Ses yeux ne percevaient que faiblement la silhouette du peintre devant elle, et petit à petit... Les souvenirs affluaient. En visions soudaines, successives; Violentes. Même le féroce calme ne parvenait pas à empêcher le cœur de la jeune femme de bondir sauvagement dans sa petite cage organique. Il pulsait, de plus en plus fort, à mesure que les images venaient. Parfois c'était des sons. Le souvenir d'un sanglot perdu, d'un cri. D'un rire...

Le noir s'atténuait. Il n'y avait qu'une seule torche. Un nouveau grondement se fit entendre, lorgnant les murs, comme une ombre sauvage. Seïren sentit presque un souffle glisser le long de son échine. Un frisson dévala son corps. L'endroit, en bas des escaliers, n'était pas si humide que ça. Les peintures y seraient préservé. Il y avait des sortes de tables, et ce qui semblait être des tombeaux, recouverts de poussière et d'insectes retournés. Pourquoi n'as-tu pas peur ?
Son esprit resta mué un instant. Après tout, oui.. Pourquoi ne pas avoir peur de cet endroit lugubre, froid et isolé ? La conscience s'imposa. Son poing de fer cogna contre les parois crânienne de la jeune femme. Pourquoi avoir peur du repos de ceux qui ont vécu bien avant ? Ils sont morts, ils resteront dans leurs tombeaux. Ils ne sont que des os. La peur n'a rien à faire en ces lieux.

Le Peintre déposa avec douceur ces œuvres sur une des tables, et le chevalet, sur ses pieds, tout près. C'est à ce moment qu'elle s'approcha, posant le tableau aux côtés des autres, ainsi qu'une main sur l'épaule de l'homme. Il se retourna vers elle, étonné.

- Il était tombé.. Alors je l'ai ramassé et je l'ai protégé..

Concluant sa phrase, un troisième grondement tonna. Beaucoup plus proche cette fois. Une odeur fétide atteint les narines de Seïren. Une image furtive de loup sur deux pattes, disloqués, aux yeux brillants, luisants, et jaunes lui vint. L'odeur rappelait les odeurs des bêtes énormes et aux poils mouillés. Elle se pencha sur le côté, pour observer le couloir sombre qui se trouvait derrière l'homme. Le couloir d'où venait le bruit. Des mouvements se dessinaient. Se rapprochaient.

Dans sa gorge, un petit insecte se réveilla, et dévala son œsophage avant d'aller se coucher dans son ventre. Elle serra les dents.

- Une chose vient.
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MessageSujet: Re: Le Chevalet [Le Peintre]   Aujourd'hui à 13:01

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