''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Chaton [ Seïren ]

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Pourrie Morteury



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Fiche de Personnage : Ma Fiche


MessageSujet: Chaton [ Seïren ]   Lun 25 Avr 2011 - 1:50

Fresh Blood

Cela faisait un peu moins d'une semaine que Dame vampire avait dévasté une maison fermière qui -par malheur- se situait un peu plus à l'écart des autres. Une belle famille ; un père aimant et sa femme absolument splendide. Une espèce de fille fermière à la peau sombre, qui avait un goût de liberté encré en elle. Il y avait aussi deux enfants ; un garçonnet et un adolescent. Quand vous attaquez en pleine nuit il est facile de tuer avant même que des cris se répandent... Intransigeante, la Pourrie avait ôté la vie à chacun des membres et avait hésité à emporter celle des animaux. Mais le regard silencieux des chats l'en avait dissuadée, lui assurant qu'ils n'allaient pas la dénoncer. Ainsi elle était restée cloîtrée dans cette bâtisse. Elle était restée avec quatre cadavres en décomposition dont le sang était précieux, entourée d'une dizaine de chat errants qui venaient de plus en plus nombreux pour chercher des morceaux de viande et partager ce festin. Le septième jour, elle eu assez de parler avec des cadavres et de jouer avec des chats. Elle décida d'aller à l'Auberge des Gobelins musiciens pour se trouver un nouveau divertissement.

Et bien que ça risquait de la fatiguer elle sortit en plein jour, ne supportant plus l'odeur de mort qui infestait les murs. C'est que la Pourrie ressentait presque un sentiment de culpabilité après avoir vécu dans un silence pesant, dans la maison de ses victimes. Elle s'était rendue compte qu'elle avait volé quatre vie innocentes, et il y avait quelque chose de dérangeant de ne pas trouver de raison à leur mort... La faim après tout. Après s'être rafraichie pendant trois heures la Morteury était sortie comme une dame bourgeoise, dans son corset serré et ses bijoux coûteux. C'est qu'elle aimait la minutie, la barbare.

Elle sentait bon et même si elle restait une personne glauque à l'allure cadavérique, son mince sourire paraissait attractif. En effet, dès qu'elle avait poussé la porte de l'Auberge, des regards curieux s'étaient posés sur notre vampire. De jolies boucles et un peu de rouge à lèvres modifient bien une femme... Comme ça, lascivement, elle s'était assise à une table et promenait ses yeux sans pudeur dans chaque recoins de la pièce enfumée. Elle voyait des regards qui croisaient le sien ou plutôt, elle croisait des regards qui regardaient le sien.

Mais ses prunelles vitreuses s'étaient arrêtées avec insistance sur un jeune chevalier. C'était forcément un chevalier. Cette allure fière, cette assurance qu'elle trouvait excessive et ridicule. Cette petite côte de maille qu'ils gardent pour impressionner leur public. Ce courage hypocrite... Elle lui avait sourit et il le lui avait rendu. Et ce fut suffisant pour que ce gaillard vienne se frotter aux jambes de son bourreau.

- Je peux vous offrir un verre ?

Elle lui expliqua avec dégagement qu'elle n'aimait pas trop la fumée et qu'elle préférait qu'ils aillent chez elle. Cette proposition flatta le jeune homme qui esquiça un sourire confiant. Assuré. Si naïf... Il lui tendit son bras et la Pourrie le saisit avec douceur, comme elle avait vu les dames le faire. Il faut dire que la gamine était devenue observatrice et avait appris à contrôler ses manières et ses expressions pour avoir un contrôle assuré lors de ces petites cérémonies. Elle maniait à la perfection cet air gêné devant les hommes. Un air de nonne. Un air qui les trompait, en leur donnant l'impression qu'ils contrôlaient tout. Qu'ils avaient à faire à une femme qui entrait dans l'âge où on s'amourache, sans expérience. Une femme vulnérable.

Quelle tête ils faisaient quand ils comprenaient dans quel filet ils étaient tombés. C'était d'abord la surprise. Chez certains la peur venait immédiatement, mais chez d'autres il n'y avait que la surprise. La proie devenue prédateur. Eurybie se laissait mener par ce grand homme et analysait avec attention son visage. Il était beau, avec des yeux clairs et des cheveux sombres comme ceux d'un corbeau. Un joli contraste qui ne manquait pas d'exciter la démone. Sa bouche aussi avait de beaux traits. Elle était fine mais subtile, bien dessinée.

Comme ça, elle avait déposé ses glaives sur ses lèvres et lui avait donné son dernier baiser. Quand leur embrassade devînt effrénée le garçon ne pouvait plus sentir le filet de sang qui commençait à couler hors de sa bouche. Peut être même avait-il l'impression que cette brûlure était la conséquence d'une passion sentimentale. Mais c'était le baiser du vampire ; celui qui amène la mort. Il l'avait brutalement repoussée quand il avait enfin compris qu'il n'avait pas à faire à une humaine. L'horreur était lisible sur son visage et elle s'intensifia quand il vit du sang sur sa main après s'être essuyé les lèvres. Comment cela fonctionnait-il ? Comment pouvait-on faire remonter le sang d'un individu dans sa bouche ? C'était un secret que les vampires gardaient.

Alors qu'elle s'approchait à nouveau pour l'achever, ce dernier lui envoya un coup dans le visage et partit en courant. On entendait ses gémissements de peur qui s'éloignaient, accompagnés du rire d'une pourrie gaie au nez cassé. Son arête était ouverte et du sang s'écoulait le long de son visage. Elle vit une silhouette discrète qui s'approchait et se rendit compte que si cet homme n'était pas mort, il pouvait la dénoncer. Et l'Alliance voulant sa peau depuis des semaines, elle leur offrait un véritable cadeau. Elle jura.

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Seïren Nephtys

Les Songes Hurleurs.

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Race : Humaine
Classe : Ennéade
Métier : Aucun
Croyances : Dieu des songes
Groupe : Solitaires

Âge : 20 ans

Messages : 46

Fiche de Personnage :
Songe de sombre.


MessageSujet: Re: Chaton [ Seïren ]   Ven 6 Mai 2011 - 22:10

Depuis quand Seïren cherchait-elle la présence humaine ? Depuis combien de temps errait-elle, seule et titubante, à la recherche de son ancienne maison ? Et d'abord.. Pourquoi voulait-elle revoir cet endroit sordide ? A l'heure actuelle, son ancien enfer devait sentir la mort et se délabrer. L'adolescente s'effondra au sol, la gorge sèche. Son corps tremblait, son teint était de givre, comme si sa vie avait été drainée. Tu fais peine à voir.. Seïren n'arrivait même pas à formuler une réponse dans sa tête. Tout était embrouillé et confus. Les souvenirs qui déferlaient dans sa mémoire brisée, la douleur constante dans son bas ventre, les cauchemars, la voix. Tout. Tout. Trop. Elle hurla. Un cri. Son cri. Sans s'en rendre compte, elle sentit les formes spectrales l'effleurer. Mais ils n'étaient pas agressifs avec leur créatrice. La caresse morbide de ses fantômes la rassura, c'était comme une caresse du vent, douce et froide. Sauf que les spectres lui laissait un gout amer de sang et de fer dans la bouche. La mine assombrit, le regard noir, elle se releva. Que tu es belle ainsi, mon trésor. Seïren ne lui prêta pas attention. Elle pensait à la mère du néant qu'elle apercevait dans ses cauchemars. L'Avorteuse.

Tandis qu'elle retrouvait le chemin de son ancienne ferme, elle posa le pieds sur une terre morte. Les alentours de la ferme avaient complètement pourri. L'herbe était noirâtre, les arbres tombaient, le toit était délabré, et même à plusieurs mètres.. L'odeur était atroce. Pourtant, la jeune femme avança, toujours renforcé par ses amis fantomatiques. Malheureusement, le venin de l'Avorteuse était là pour lui rappeler ce que représentait cette sombre maison. Tu y retrouveras le cadavre de ton âme. Et les larmes coulèrent. Toujours la même détresse qui venait étouffer son cœur. Venait l'entourer de ses bras de ronces. Mais, dans un élan de force et de courage malvenu, elle poussa la porte et fut frappé de plein fouet par une odeur immonde. La mort, la décomposition, le vomi, le sang, la moisissure. Dans la pièce principale, les tapisseries moisissaient. Au centre, deux cadavres bien entamés. Ses géniteurs. La vipère et la bête. Une flaque de sang séché. Les secousses de ton estomac me dérange. Seïren ne put se retenir de sangloter, de hoqueter, et manqua plusieurs fois de vomir. Mais elle avança, à travers le salon funèbre, pour accéder à son ancienne prison.

Là, en bas, l'odeur était différente, mais pas moins inhumaine. Transpiration, vomi, et les souvenirs douloureux qui happaient l'air. Le renfermé. La pièce n'avait jamais eu de fenêtre. C'est ici.. Vas-tu enfin cesser de m'empoisonner avec ton venin ? Que tu t'es détruite de toi même. Elle ignora, et ne voyait rien. Ses yeux mettaient du temps à s'habituer à l'obscurité. Et soudainement, toutes les images de tortures, de violences, de souffrances, lui frappèrent l'esprit. Elle se souvint de tout, encore plus clairement qu'avant. Sa bête. Son père qui venait briser son corps. Sa vipère. Sa mère qui venait pleurer sur ses cheveux. Ses sauveuses. Ses mains qui venaient trancher sa peau. Toute son enfance torturée. Je t'avais prévenu.. Seïren tomba assise sur les escaliers grinçant. Ses ongles griffaient instinctivement son bras. Ses larmes revenaient hanter son visage. Elle se sentait mal. Étouffant dans cette pièce où elle se revoyait pleurer, vomir sa vie, et hurler. Seïren se revoyait à chercher désespérément la lumière du jour, à se frotter aux murs dans l'espoir de passer à travers. Sors d'ici.. Autant me noyer dans mes souvenirs ici. Non, tu vivras pour haïr la bête.. Et elle avait raison. Seïren remercia l'Avorteuse. Se rendant compte qu'au fond.. Cette voix était l'Avorteuse même.

Les jours qui suivirent, elle visita des fermes désertes. Et découvrit un spectacle macabre. Une famille avait été décimée. Le père avait-il prit le rôle d'une bête dans cette maison ? Seïren fuit la maison, en larmes, avant de profaner le corps de la petite fille. Elle ne comprenait jamais pourquoi les petites filles lui donnaient envie de les tuer. Elle les tuait toujours.

Ha ha ha ha ha ! L'Avorteuse ria. Pour la première fois. Et pourquoi ? Parce qu'elle avait trouvé son incarnation. Quelle orgueilleuse. C'était Seïren qui avait dit ça, dans son esprit. Dans une auberge, toujours dans Venill, une femme aux aspects vraiment fascinants. Une allure de cadavre vivant. C'était incohérent, mais tout ce qui émanait d'elle était comme la caresse de ses spectres. D'ailleurs, l'adolescente avait cru voir une forme abstraite tournoyer autour de cette femme blonde qui n'avait rien d'une humaine. Et elle l'a suivit, sous les ordres subtiles de l'Avorteuse. Ces yeux là.. Qu'ont ses yeux ? La voix des morts Seïren.. La voix des morts. L'Inhumaine semblait emmener un homme avec elle.. Mais aucune sincérité n'habitait ses Yeux. Seïren le devinait de loin. C'était flagrant. Comment ses pupilles là pouvaient-elles être sincère ? Avec un homme dont l'orgueil débordait comme des champignons toxiques par tous les pores de la peau. Tu me comprends vite, dis donc.. L'Inhumaine et l'homme firent une chose étrange, qui rappelait vaguement quelque chose à Seïren. Se toucher avec les lèvres. La bête et la vipère l'avaient peut-être fait, une fois. Mais l'homme s'enfuit, après avoir violemment frapper l'Inhumaine. Le salaud, l'ordure. Comment peut-il oser toucher à ce fantôme cadavérique ?! L'Avorteuse était enragée, et Seïren en pâtissait. Son corps tremblait, tandis que le rire sordide de l'Inhumaine sonnait à ses oreille comme un Requiem. Puis, elle l'aperçut. L'adolescente voulut reculer, mais elle trébucha sur elle ne savait quoi, et tomba.

L'Avorteuse hurla. Mes griffes lui perceront l'âme !
- Non tais-toi.. Laisses moi ! Cria Seïren à voix haute, sans s'en rendre compte.

L'Avorteuse hurlait.


Dernière édition par Seïren Nephtys le Ven 19 Aoû 2011 - 15:10, édité 3 fois
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Pourrie Morteury



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MessageSujet: Re: Chaton [ Seïren ]   Mer 11 Mai 2011 - 13:41

La Morteury était quelqu'un de plutôt stoïque. Quand elle se mutilait aucun signe de douleur ne se lisait sur son visage et, quand elle tuait, elle restait de marbre et sûre d'elle. Les sentiments de peur, de douleur, de colère jaillissaient rarement en surface ; elle agissait certes en fonctions de ses envies, mais se contrôlait parfaitement. En général. Parce que comme chaque créature, la Pourrie aussi avait ses moments de folie. Des moments noirs où votre esprit raisonné disparait subitement, laissant place à une furie...

Les idées s'étaient misent à défiler à une vitesse incroyable dans la tête de notre jeune femme. L'adrénaline du baiser, accentuée par celle de ce coup bien envoyé. Et pendant que le sang qui déferlait abondamment sur son visage se dissipait peu à peu, une envie de meurtre l'envahissait. Envers cet homme, envers l'Alliance, envers ce monde de merde qui avait fait d'elle un monstre. Ses poings se serrèrent jusqu'au sang et ses yeux habituellement vides avaient cette lueur haineuse terrifiante. Puis son attention revînt à la silhouette qui avait apparu là. Qu'est ce qu'elle faisait ici ? Pourquoi devait-elle se trouver à cet endroit précis alors que la vampire ne lui avait rien demandé ? C'était donc ça la colère irraisonnable ; rejeter les plus grandes fautes sur une personne innocente. Les cris de la jeune femme infectèrent d'autant plus la rage de la démone. Ils raisonnaient dans son esprit :


- Non tais-toi.. Laisses moi !

Étant donné qu'elles étaient les deux seuls protagonistes, cette enfant devait bien s'adresser à elle. Elle perdait la tête et se victimisait à la vue du sang, ça arrivait à beaucoup de proies. Par exemple avant même que notre tueuse agisse, une fois que les gens comprenaient ce qu'elle était il y avait cette crainte qui surgissait. Et qui, inconsciemment, provoquait leur assassinat. Qu'en aurait-il été si elles avaient essayé de sympathiser avec le Diable ? On ne fricote pas avec les démons, mais il existe la négociation. La Pourrie s'avança lentement vers l'Humaine qui gisait au sol. Elle se retenait de courir vers elle et de lui arracher les cordes vocales. Car elle aimait prendre son temps.

Une fois arrivée à proximité son rythme s'accéléra ; elle se baissa et prit brutalement la gamine par le cou. Sa fureur se ressentait au bout de ses longs doigts osseux, dont l'étreinte était puissante et serrée. Elle l'obligea à se lever en gardant fermement sa main droite en dessous de sa mâchoire. Une aura mystérieuse se dégageait de cette jeune femme, qu'Eurybie n'aurait pu décrire parce qu'elle était aveuglée par la rage. Une fois debout l'Humaine était plus grande que la vampire de quelques centimètres mais cela ne l'empêchait pas de plonger son regard dans le sien. Dans ses yeux on lisait la mort, la maturité, la solitude ou peut être seulement la lassitude. Et si on creusait mieux, on voyait une âme fatiguée et craintive des horreurs qu'elle avait vécu. Dans les yeux de la Pourrie il n'y avait que haine et tristesse.

- Qu'est-ce que tu racontes ? Je ne t'ai rien fait! J'AI RIEN FAIT A PERSONNE, D'ACCORD ?!

Ces questions sonnaient comme des affirmations. Même pas comme des justifications, mais plutôt comme un reproche. Sa voix éraillée de cadavre la rendait effrayante, ou peut être juste pathétique. Tandis qu'elle criait elle sentait une douleur grandissante dans sa tête, qui avait mystérieusement apparue. Cette fille était humaine, Eurybie le sentait à l'odeur de son sang. Son sang sentait la rouille et le sucre. Un mélange curieux mais intéressant... La Pourrie avança de quelques pas et son étreinte obligeait à Seïren de reculer. Son regard fit un tour le long de son coup avant de descendre sur ses clavicules saillantes. Des cicatrices de lacérations apparaissaient un peu partout sur sa peau meurtrie. Une jolie peau laiteuse, mais meurtrie. Elle pensa alors aux Dieux des Songes et regarda ses avants-bras. Une fois qu'elle eu fini son inspection elle repoussa vivement l'Humaine et lui donna une gifle puissante :

- Comment peux-tu te prétendre fidèle du Dieux des Songes ? Tu n'es qu'une...

Mais la douleur s'amplifia, d'un coup sec. Grandissait de plus en plus, et ne s'arrêtant plus. Une douleur atroce, comme une perceuse dans le crâne. Qui s'amplifiait, encore et encore. Elle jeta un regard à la jeune femme. Quelque chose lui disait que cette douleur provenait d'elle...


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MessageSujet: Re: Chaton [ Seïren ]   Ven 27 Mai 2011 - 10:27

Seïren avait les yeux fermés. Si quelques minutes plus tôt, des larmes seraient venus rencontrer son visage, à cet instant, son visage était sévère. Les cris dans son esprit ne cessaient pas. L'avorteuse étouffait dans sa propre haine envers l'adolescente. Le mépris, la rage, la violence. Une boule entourée d'épine se secouait au fond du ventre de la jeune femme dont les traits s'assombrissaient à chaque secondes. Ses muscles se contractaient, tandis qu'elle sentait des petites pointes acérées sous sa peau, prête à percer sa chair. Alors que ses paupières se relevaient, elle vit des points noirs sur sa peau. Ce n'était qu'une illusion, mais Seïren le ressentait. Des ailes ou des bras griffus. Et tandis que la démence commençait à la dévorer, les mains de l'Inhumaine vinrent saisir sa gorge pour la relever. L'arrogance et la folie s'ancraient dans l'esprit de Seïren. Debout, elle était plus grand que l'étrange femme blonde. Elle l'a fixa, fronçant les sourcils. La boule épineuse remontait petit à petit, perfide et dévastatrice. Les yeux de l'Inhumaine étaient ensorcellement, des guillotines de l'âme. Mais cette fois, Seïren ne ressentit aucune douleur. Rien. Son cœur était une pierre, son corps était celui d'une bête enragée. Ses yeux voyaient les pointes perçaient, faisant couler du sang un peu partout, et elle se délectait de cette sensation. Jouissance fatale. Folie.

- Qu'est-ce que tu racontes ? Je ne t'ai rien fais ! JE N'AI RIEN FAIT A PERSONNE, D'ACCORD ?!

Ses cris la firent sourire. Seïren affichait un sourire malsain. Et la voix de l'Inhumaine était d'autant plus délectable. Brisée, comme une voix d'outre-tombe. Le délire la fit imaginer cette femme sortant des entrailles de la terre, la chair pourrie, du sang, des os saillants. Et un rire rouillé s'échappa de sa gorge. Longtemps, elle ria ainsi sentant les pointes perçaient aussi ses blessures. Toujours le cris. La boule l'étouffait, grattant l'intérieur de sa gorge. Et elle riait, toujours comme une statue de bronze. La femme cadavérique l'inspecta, Seïren regarda ses pupilles se focalisaient sur ses blessures. Voyait-elle les pointes ? Voyait-elle le monstre qui allait bientôt lui broyer les os ? L'adolescente ria encore. Totalement enfermé dans sa démence. Ses tourments semblaient s'être évanouis. Même si son esprit partait en lambeaux, du aux cris stridents qui résonnaient comme un écho du diable, et que sa rage se faisait brûlante et violente. Intense. Violemment, l'Inhumaine lâcha l'adolescente, la faisant tanguer vers l'arrière. Sa main s'abattit sur sa joue, mais Seïren ne sentit rien. Sauf sa rage s'amplifiait. Provocation.

- Comment peux-tu te prétendre fidèle au Dieu des Songes ? Tu n'es qu'une...

Elle ne put termina sa phrase car Seïren se mit à hurler. La boule d'épines venaient d'exploser et s'évacuait par sa gorge. Elle hurlait et voyait les ombres noires arrivaient pour atteindre le cadavre relevé qu'elle imaginait toujours comme un zombie. Et tandis qu'elle voyait le visage de l'Inhumaine se tordre, son sourire revint déchirer sa mâchoire et le rire de rouille chatouilla sa gorge. Les fantômes pénétraient également son corps à elle, lui offrant l'impression de recevoir des coups de couteaux. Ses yeux se fermèrent, s'ouvrirent, au rythme des entrées et sorties. Ses bras étaient désormais entièrement noirs, avec des piques et du sang à l'odeur putride. Un de ses doigt effleura sa joue, juste en dessous de son œil. Du sang. Rien que des illusions, pourtant, la caresse du liquide vermeille était réelle. Et elle hurlait. Elle se fichait de ne pas savoir ce qu'était ce Dieu des Songes dont avait parlé l'Inhumaine, désormais, elle payait pour briser sa fierté.

Les cris avaient cessés.

- Où es-tu, pourriture ?! Demanda Seïren à l'attention de l'avorteuse, d'une voix grave.

Je me délecte du spectacle. Puis, sa bouche se referma. Les fantômes ressortirent, et elle vit le corps de l'Inhumaine tremblait légèrement. La respiration de l'adolescente était vive. Son sourire toujours présent. Son regard, meurtrier. Elle s'avança vers la femme, et saisit sa chevelure bouclés. Douce blondeur, peau terni. Avec un cri, Seïren planta ses ongles dans la gorge gracile de l'Inhumaine. Puis, elle la lâcha sans ménager sa force. Cette-fois ci, une de ses blessures saigna réellement. Son hématome infecté, sur le bras. La douleur lancinante lui fit perdre l'équilibre et à nouveau, son corps s'effondra. Dur retour à la réalité, n'est-ce pas ? La voix sonnait ironique et cruelle. Seïren battit des paupières, le fantôme de ses peines l'effleura mais elle le repoussa vivement, s'approchant de l'Inhumaine, penchée au dessus d'elle. Le sang coulant sur son bras.

- Pourquoi es-tu sortie de ta tombe ?

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MessageSujet: Re: Chaton [ Seïren ]   Mer 8 Juin 2011 - 19:15

Une douleur puissante, aigüe. En plein dans le crâne. Même les plus fidèles masochistes auraient tout fait pour que ça s'arrête. Eurybie n'en pouvait plus ; elle se tenait la tête et se mordait les lèvres de douleur. Les rires et le cri strident de la jeune femme apparaissait comme un simple fond sonore. La torture était intérieure ; comme des micros explosions toutes les demis secondes. Si elle avait pu s'achever elle l'aurait fait, mais ce tiraillement l'empêchait de faire ou de penser à quoi que ce soit. Son cerveau devait être en miettes, éparpillé sur le sol entre les mauvaises herbes. Bientôt deux larmes sanguines se frayèrent un passage derrière ses yeux clos.

Alors elle s'oublia, sa fierté et elle, et se mit à supplier l'Humaine entre deux sanglots, d'arrêter ce supplice. La Pourrie tomba lourdement sur ses genoux aux pieds de la sorcière et un filet pourpre coula le long de son nez, traversa ses lèvres, pour disparaître dans son cou. Elle s'essaya à un moment à la méditation pour éviter la peine ; à penser à Mirage ou à des chats, à détourner son esprit de la douleur, mais les images qu'elle se créait étaient automatiquement détruites. Puis le bruit de fond cessa. La douleur fut moins vive mais comme un écho, elle retentissait encore. Son corps était secoué de spasmes.

- Où es-tu, pourriture ?!

Ce à quoi elle s'appuya sur ses deux mains pour cracher pas moins d'un demi litre de sang. Elle n'avait pas vraiment conscience d'être toujours en vie ; la douleur avait provoqué une cécité éphémère et seuls quelques bribes de lumières paraissaient atteindre sa cornée. Impossible de prendre en compte cette question, elle était tellement affaiblie qu'elle allait s'écrouler sur le sol dans son sang. Mais une main l'empoigna par les cheveux. Réveil vif. Bientôt toute la situation revînt à l'esprit de la démone. Elle se sentait comme un pantin, absolument incapable de bouger ses membres. C'était bien la première fois depuis dix ans qu'elle avalait son propre sang. Un melting pot de sang. C'avait quelque chose d'écœurant. Bientôt une étreinte violente la saisit par le cou, elle sentit des griffes lui ouvrir la peau mais ce n'était rien comparé à la souffrance qu'elle avait enduré précédemment. Tout aussi rapidement, elle retrouva son tête à tête avec la terre, si elle était humaine ses vertèbres auraient soufferts. Puis elle eu l'impression de n'être plus qu'une âme volatile, son corps s'était enraciné et de la boue se déposait déjà dessus. Les limaces se promenaient sur son ventre. Couchée sur le dos, elle se sentait flotter, une sensation d'ascension, le Nirvana. Ses yeux s'étaient refermés entre temps, comme ça. Elle se croyait bel et bien morte, une vraie mort. Pas une déchéance, pas une malédiction. Elle ressentait enfin la sérénité qu'apportait la mort douce qu'attendent tous les immortels...

- Pourquoi es-tu sortie de ta tombe ?

Nouveau réveil. Ses yeux livides s'ouvrirent net, précipitamment elle se releva et manqua de tomber. Vacillante, le visage ensanglanté, elle se tint à un arbre. Elle regarda d'abord aux alentours, la bouche entrouverte, avant de fixer son regard sur la sorcière affaiblie. Voilà qu'elle lui parlait normalement, après lui avoir brouillé les entrailles. Puis elle sourit. Pas un sourire malsain, pas un sourire provocateur. Un sourire fasciné émerveillé tourneboulé. Oui, c'était bien la première fois depuis dix ans qu'on la surprenait autant. Elle s'approcha prudemment mais impatiemment de l'humaine avant de se mettre à lui tourner autour en l'observant comme un objet d'analyse. Elle effleurait ses mèches noires et passait son index sur ses omoplates osseuses. Occupée et endolorie, elle murmura un faible :

- Les vers ne sont pas très bavards...

La Pourrie termina sa ronde avant de se placer face à son nouveau jouet et d'analyser son visage, son air était détaché mais étonnement sérieux :

- Ils ne recherchent que la chair pour grignoter, on s'entendait très mal parce qu'on se ressemble trop.
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MessageSujet: Re: Chaton [ Seïren ]   Sam 11 Juin 2011 - 11:01

La rage retombait. La boule épineuse s'était évaporé, et désormais, Seïren fixait le corps de la blonde, d'un regard vide. Elle était ensanglanté, des yeux, du nez, partout. L'odeur lui titillait les narines. Il régnait dans sa tête un bourdonnement immonde, et des bruits d'ailes. Comme si des corbeaux frôlaient ses oreilles. Mais les bruits n'étaient pas seuls. Il y avait une voix.. La voix. Elle semblait chantonner, une chant brisé et blessé. L'adolescente resta immobile, tandis que ses yeux s'attristaient petit à petit. Crise de schizophrénie.. Ses muscles se tendaient, pour exprimer la fatigue cette fois-ci. Son cœur retournait à l'état de charpies, son esprits allaient et venaient dans des images morbides. Et une larme glissa sur sa joue. Il semblerait que la démone se soit calmée... Elle ne chantait plus. L'intonation de ses paroles étaient toujours aussi cruelle. Sadique. Blessante. Seïren se mordit la lèvre, et serra les poings. Son bras la démangeait. L'hématome était picoté par des aiguilles, appelant ses ongles meurtriers. Autrefois tu te serais effondré à terre.. Une gifle. Ses mots sonnaient comme une gifle. En pleurant, en grattant... Arrêtes. Elle l'implorait. Son bras la brûlait désormais. Et elle l'implorait. Pitié.. Tu es faible Seïren. Faible. Tu l'as toujours été. Et le seras toujours.. Sans pouvoir se retenir, elle se mit à pleurer, le corps secoué par des sanglots. Et l'Inhumaine tournoyait autour d'elle, triturant ses cheveux, effleurant le haut de sa poitrine, avec un sourire fasciné. Sa voix à elle sonna comme un murmure cassé.

- Les vers ne sont pas très bavards...

L'esprit de l'adolescente fut vite envahi par des visions de cadavres aux yeux vides, dont des vers sortaient. Lentement, le regard brisé, sa main gagna son bras pour lacérer sa blessure. Tu es faible.. Je sais. Oui, elle le savait. En cet instant, elle se sentait faible, comme toujours. Larmes. Sanglots. Griffures. Toujours les mêmes actions baignées et imprégnées de faiblesses. Seïren contemplait le cou ensanglanté de l'Inhumaine. Sa tête se pencha sur le côté. Elle était face à elle, et la regardait. Les prunelles aciers de l'adolescente se levèrent vers le visage de la femme. Encore une fois, sa voix retentit, creuse et froide.

- Ils ne recherchent que la chair pour grignoter, on s'entendait très mal parce qu'on se ressemble trop.

Ne suis-je donc pas magnifique ?. Non ce n'est pas toi.. Tu es laide. ET TOI ?! Tu es souillée ! Non ! Tu es sale ! Non c'est faux ! Si c'était vrai, au fond, elle le savait. Tu n'es rien !. Seïren, assaillie, tomba à genoux, les mains appuyées sur ses tempes. Cela lui rappela l'Inhumaine lorsque les fantômes lui dévoraient l'esprit. La brune pleurait. Les sanglots brulaient sa gorge. Elle griffait son bras et frottaient ses phalanges au sol. L'Avorteuse rependit encore son venin dans l'esprit brouillé de Seïren. Regardes-toi... Tu ment... Non elle ne mentait pas. Depuis des années, Seïren gardait en elle les salissures de la bête, les coups de couteaux de la vipère.. Tout en elle était sale. Elle n'était qu'une tâche. Une crasse. Les bras collés contre sa poitrine, les ongles plantés dans sa peau, elle se releva. L'autre la regardait encore. Elle voyait cette poupée déchirée, qui se lamentait..

Puis, ses paroles lui revinrent en mémoire « ...on se ressemble trop. ». Mangeait-elle la chair ? Son appétit s'était-il éveillé en voyant le corps meurtri de Seïren ? Non, la femme semblait plus subtile. Elle ne comprenait plus rien. Sa tête était toujours envahie. Reniflant, elle se contenta de marmonner :

- Tu.. La chair.. Tu manges.. La.. Chair hum.. humaine ?

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MessageSujet: Re: Chaton [ Seïren ]   Lun 13 Juin 2011 - 22:20

Eurybie avait bien remarqué les sanglots qui faisaient tressaillir ce corps frêle, mais elle pensait que c'était une réaction due au choc. A la suite de l'utilisation d'un pouvoir qui ne devait pas être simple à user. Parfois elle marmonnait des paroles que la Pourrie n'arrivait pas à comprendre et qui, occupée par son observation minutieuse, portait peu d'attention aux sons environnants.

- Ils ne recherchent que la chair pour grignoter, on s'entendait très mal parce qu'on se ressemble trop.

Les yeux de l'humaine étaient perçants. Froids et puissants. Avec une touche d'irréel. C'était une couleur d'acier introuvable dans des conditions naturelles. Puis à la grande déception de notre démone, Nephtys s'effondra et sa contemplation fut coupée. La vampire soupira d'être arrachée à une occupation qu'elle adorait particulièrement. Elle resta droite et impassible tandis que la sorcière à ses pieds se démenait à se faire saigner. Des sanglots baignaient l'air, l'air était baigné par les sanglots et Eurybie arrivait à y trouver une belle mélodie. Pendant quelques secondes d’apesanteur la meurtrière n'arrivait à rien. Elle regardait juste ce corps qui souffrait à ses pieds. Son imagination lui fit penser que la terre pourrait s'écrouler sous elles, et qu'elles se retrouveraient devant Arphoss. Et que ce cher Dassyldroth Arphoss aurait adoré le spectacle d'une enfant tourmentée. Que cette gamine pourtant humaine, aurait pu lui plaire et attirer sa sympathie. Les démons aiment la souffrance, ils aiment la voir et ils en redemandent. Des sadiques condamnés par leur propre désir. Et dire que d'autres en vomiraient... Le monde est bien vaste.

Eurybie allait se mettre au même niveau que l'humaine quand cette dernière se leva, recroquevillée et frissonnante. Ses mains étaient salies par la terre, et du sang s'écoulait timidement le long de ses plaies. Les deux jeunes femmes se retrouvaient à nouveau face à face et tandis que l'une se mettait à saigner, les blessures de l'autre se refermaient. Le sang disparaissait mystérieusement entre ses pores vampiriques. Seuls ses vêtements témoignaient de la perte de son liquide vital. Sa peau était redevenue propre et terne. Ses lèvres exsangues.

- Tu.. La chair.. Tu manges.. La.. Chair hum.. humaine ?

Eurybie n'avait plus mal, ses cellules se renouvelaient neuf fois plus vite que la moyenne, sa peau avait cicatrisé ; son corps était renouvelé. Du coup elle le sentait réclamer de la nourriture. Une sensation de fringale intense. Mais la Pourrie ne comptait pas attaquer cet oiseau tombé du nid, elle préférait s'attaquer aux personnes saines et communes. La démone, bien qu'ayant la réputation d'avoir ni règle ni principe, avait une vision manichéenne du monde en version revisitée. Ce n'était pas le Bien contre le Mal. C'était la Norme, l'Acceptable opposé à la Gale, la Pourriture dont personne ne veut. Les rejetons, ceux qui sont trop bizarres pour vivre et trop rares pour mourir. Ceux qui sont en perpétuelle souffrance. Et baignée par une envie de solidarité, douce Morteury les épargnait. Ses jolies lies de l'Humanité. Elle planta ses grands yeux globuleux dans ceux de la sorcière et voulu la rassurer sur un ton qui était fatalement celui d'une psychopathe :

- Je ne mangerai pas la tienne. Elle soupira un instant. Sauf si tu ne me laisses pas le choix...

C'était une façon de détendre l'atmosphère, mais la pauvre Pourrie ne se rendait pas compte qu'elle était en train de l'alourdir. Seul peut être ce sourire amical, si rarement dessiné sur un sourire aux canines saillantes, pouvait être rassurant. Après s'être rendue compte que ses paroles avaient quelque chose d'effrayant, elle décida de se rattraper. D'un geste du menton elle désigna la plaie de Seïren :

- Si tu me laisses te toucher, je peux refermer la plaie. Et faire en sorte que ça ne te gratte plus tellement, si ça se trouve... Pourquoi t'es-tu grattée jusqu'au sang ? Les humains évitent de saigner... Elle continua, perplexe : Tu ressens la douleur, pas vrai ?

Eurybie voulait surtout pousser cette fille à lui donner des réponses avant qu'elle ne pose des questions. Elle avait quelque chose de surnaturel, c'était ce dont on pouvait être sûr.
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MessageSujet: Re: Chaton [ Seïren ]   Jeu 16 Juin 2011 - 18:35

Et elle ne cessait de trembler. Face à l'Inhumaine, toujours. La représentation physique parfaite de l'Avorteuse. Bien que tout aussi étrange et inquiétante qu'elle. Le temps s'était fait frais. Le vent ramenait les cheveux blonds de la femme sur ses épaules, tandis qu'il fouettait le visage pâle de l'adolescente. Le ciel se grisait. Les nuages s'épaississaient, et parfois, quelques gouttes timides s'écrasaient sur le sol. Seïren sentait la caresse froide de la lune sur elle, et sa peur, sa douleur, sa colère, toutes ses émotions, s'assoupirent. Proche de l'apathie, elle ramena une de ses mèches de cheveux derrière son oreille, mordant sa lèvre. Non, rien ne l'angoissait, plus rien. Mais avec le temps, se mordre la lèvre était devenu un tic. Et elle ne pouvait s'en défaire. A quoi bon ? Ce n'était pas douloureux.. L'Inhumaine la fixait toujours, de ses yeux fascinants, d'une couleur allant dans les tons noisettes. C'était difficile à définir, ils paraissaient morts. Dénués de toute vie. De la moindre parcelle. Des yeux morts. Des yeux.. morts. Pourtant, elle était belle, derrière ce masque terne et cadavérique. Ses cheveux tombaient sur ses épaules, en boucles blondes. Ses lèvres semblaient pulpeuses et adroites, son corps était fin mais assez élancé. Une beauté empoisonnée.. Tâchée de sang, et de moisissures. On dirait toi.. Un frisson traversa l'échine de Seïren. Elle l'avait presque oublié.. Mais dès qu'elle était apaisée, l'Avorteuse revenait hanter son esprit de sa voix creuse. Mais bientôt, une voix réelle se fit entendre. Non pas dans l'abîme sans fin qu'étaient les pensées de l'adolescente, mais dans l'air. Elle parlait, soupirait, et parlait. Sur le moment, le sens de ces paroles ne fut pas comprit. Chair ? Manger ? Tu ne reconnais pas tes peurs stupides ?. Vas en enfer. Pfah ! J'y suis déjà !. Une grimace fendit le visage de Seïren, tandis qu'elle se souvenait de sa question emmêlée, quelques minutes plus tôt. Sa voix sonnait démente. Voulait-elle la rassurer ? Ou l'effrayer d'avantage ? Mais la jeune fille ne se laissa pas gagner par la confusion. De toute manière, si cette femme s'en prenait à elle, Seïren se défendrait. Te défendre ? Connais-tu seulement le sens de ce mot ? Cruauté. Toujours. L'Avorteuse n'en finissait plus, elle crachait sans cesses des mots durs, et Seïren devait endurer. Endurer les échos de ses mots déchirants dans sa tête.

L'Inhumaine fit un mouvement de la tête, un petit hochement, avec le menton. Seïren baissa les yeux pour voir qu'elle désignait l'hématome ouvert et saignant sur son bras. La douleur s'était envolée, quelque peu. Mais maintenant qu'elle s'en souvenait, son bras la piquait, les contours de la plaie étaient brûlants.

- Si tu me laisses te toucher, je peux refermer la plaie. Et faire en sorte que ça ne te gratte plus tellement, si ça se trouve... Pourquoi t'es-tu grattée jusqu'au sang ? Les humains évitent de saigner... Elle marqua une pause, puis... Tu ressens la douleur, pas vrai ?

Seïren resta stoïque, les yeux grands ouverts. Choquée ? Mais par quoi ? Cette femme pouvait refermer sa plaie, la nettoyer ? L'apaiser ? Mais.. Non ! Pourquoi non ? Je... La gamine fixa sa blessure, observant attentivement le fluide rougeâtre, les traces noires, la peau jaunie tout autour. La plaie était immonde, puante, moche. Mais elle semblait donner un sens à l'existence pitoyable de l'adolescente. Si cette blessures disparaissait.. Que deviendrait Seïren ? Cette chose n'est pas ta seule plaie.. Elle avait raison. Il lui restait ses poignets, son ventre, ses cuisses, son cou, ses phalanges. En fait, peut-être voulait-elle juste sauver son bras.. Mais l'hématome s'était infecté avec le temps. L'Inhumaine pouvait-elle.. le faire ?

Les autres questions de la blonde lui revinrent. Seïren savait quoi répondre, mais sa gorge resta nouée un moment. Les minutes filaient, tandis que le nœud s'intensifiait. Ses paroles promettaient d'être encore maladroites et incompréhensibles. C'était déchirant.. Toute cette adrénaline malsain, lorsqu'elle ouvrait la bouche. Pourtant, elle devait le faire..

- Oui.. Oui je.. Je ressens la douleur. Sa voix était faible. Mais hausser le temps lui était impossible. Elle releva les yeux vers la femme, et fixa ses pupilles si magnifiques. Je dois me.. me gratter. C'est.. C'est.. impo..rtant. Salie. Et je.. Me nettoyer. Je dois me.. me nettoyer. Bel effort... Je veux juste.. juste chasser cette.. infec..infection.. La plaie refermée ne.. Plus rien. Elle ne représenterait plus ri..rien.

Un long soupir lui échappa. Elle était fatiguée, au fond. Très fatiguée. Ses muscles gémissaient silencieusement. Sa main tâtonna derrière elle, pour trouver de quoi s'assoir. Un squelette de rocher, recouvert de mousse ? Parfait. Son corps tomba lourdement dessus, mais ses yeux étaient toujours en train de se noyer dans ceux de l'Inhumaine.
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MessageSujet: Re: Chaton [ Seïren ]   Mar 28 Juin 2011 - 11:45

De sa main gauche qui était aussi habile que la droite, la Pourrie sortit une fine lame de sa botte, avant de s'approcher du rocher où s'était échouée la sorcière. Elle s'agenouilla avant de fendre lentement et profondément sa paume droite, tandis que son visage restait statique. Sa main ensanglantée, elle la déposa délicatement sur la plaie de l'humaine, sentant le léger tressaillement qui animait le corps de la fille :

- C'est juste une plaie, elle ne représente rien.

La Pourrie lui sourit en laissant échapper un rire, un peu détraqué il faut l'avouer. Mais la vampire parlait avec connaissance. Elle ne portait aucune plaie sur elle, étant donné qu'elles se refermaient toutes. Cela vous faisais perdre la notion du matériel, voyant que votre corps se régénère à l'infini. L'important était gravé dans sa mémoire, et elle seule pouvait le consulter, elle seule savait. Aucune trace ne se déposait sur sa peau, pourtant la souffrance physique restait réelle. Son corps avait été coupé, lacéré, déchiqueté et jamais personne ne pourrait l'imaginer. Mais la plaie restait intacte, dans sa tête et sur son cœur mort. C'est pour cela que sans vraiment savoir si l'humaine avait accepté sa proposition, elle avait décidé elle-même de refermer sa plaie. Peu importe son histoire, peu importe les souvenirs qu'elle amassait ; elle n'était pas nécessaire, car il fallait se concentrer sur l'esprit.

Quand Morteury sentit que la coupure s'était complètement refermée, elle ôta sa patte osseuse de l'épaule fragile de l'humaine, dévoilant une peau laiteuse, pure et claire. Dont la moindre égratignure avait disparu. Dont la plaie s'était refermée après avoir absorbé le sang d'un démon... D'un vampire. Son index dessina le contour de ladite ancienne plaie et notre démone releva ses yeux joueurs vers l'humaine. Alors que la nuit autour d'elles s'était installée, sans même que la vampire s'en rende compte, elle comprit que la journée commençait enfin et la fraîcheur nocturne la fit silencieusement saliver... Peut être pourrait-elle vagabonder accompagnée, peut être pourrait-elle dévoiler une parcelle de son univers à une humaine aux pouvoirs puissants et ainsi jouer avec le feu, ce joli cou plein de vie si proche de ses lèvres...


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Seïren Nephtys

Les Songes Hurleurs.

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Songe de sombre.


MessageSujet: Re: Chaton [ Seïren ]   Lun 4 Juil 2011 - 16:03

Tout se déroulait au ralenti. Chaque pulsations du cœur de Seïren représentait un mouvement de la blonde. Elle sentait quelque chose d'horrible allait se produire, ses yeux s'embuèrent de larmes. Pourtant, elle restait immobile. La bouche légèrement entrouverte, le regard perdu dans l'horizon désormais flou qui s'affichait à elle. D'un mouvement aussi lent et irréel, elle baissa la tête sur l'Inhumaine qui s'était agenouillée. Elle avait tranché sa main avec une lame luisante. Seïren regardait le sang vermeille dans la fissure de sa paume. C'est à ce moment-là qu'elle se souvient d'un cauchemar.
Ce jeune homme aux yeux entourés de noir, aux prunelles toutes aussi sombres. Il portait un manteau noir également, en fait, toute sa tenue était de la même couleur. Mais ses cheveux étaient bordeaux. Et fixant Seïren, d'un regard dément, il entrouvrait légèrement son manteau, et apparaissait alors une immense ouverture entre ses pectoraux. Ses doigts sales la torturait, l'adolescent frémissait à imaginer la douleur que cela devait engendrer. Triturer une plaie infectée, ouverte, avec des mains sales. Puis, il avait plongé la main dans la fissure pour en tirer son cœur. Ses gestes étaient totalement fous. Dépourvus du moindre sens. Pourtant, il souriait. Il semblait heureux. Heureux et dément.
La jeune fille reprit conscience quand elle sentir la main gelée de la blonde se posait sur son hématome. Elle ouvrit alors de grands yeux, oubliant la vision de l'homme au cœur dans la main, se focalisant sur les tiraillements de sa peau. Comme si les bords de la blessure ouverte se mouvaient pour se refermer. Non ! Non ! Pas ça ! Non ! L'Avorteuse, grognait, mécontente. Rageuse.

- C'est juste une plaie, elle ne représente rien.

Seïren regarda son bras lorsque la blonde retira sa main. Blanc. Lisse. Plus rien. Juste une infime trace bleuâtre. L'expression choquée sur son visage s'accentua. Figée. L'inhumaine avait fait disparaître sa blessure presque ancestrale. La plaie qui était là depuis de nombreuses années. La plaie qui s'était infectée, qui rependait son poison en elle.
Comme un vide. Seïren se sentait vide. Une partie d'elle avait été comme sauvagement arrachée. Elle se mit à sangloter, pitoyablement. Tandis qu'au fond de son ventre, l'Avorteuse lacérait chaque fibres de l'adolescente, comme souvent. Et Seïren pleurnichait. Elle était en colère, au fond. Mais surtout infiniment triste. Cette plaie était comme un souvenir.. Et elle venait de le lui voler, de le lui aspirait. Comme si, comme elle disait, la plaie ne représentait rien. Idiote.
L'étrange femme blonde n'était pas dans sa tête, pas dans son cœur. Elle ne pouvait pas savoir ! Comment osait-elle déblatérer des mots aussi stupides ?!
Complètement chamboulée, blessée, énervée, Seïren bouscula violemment l'Inhumaine et s'enfuit en courant. Le vent fouettait les larmes sur son visage, comme un bourreau impartial. Il faisait nuit noire, il faisait froid. Ses jambes étaient faibles. Elle se perdrait. Mais elle voulait à tout prix oublier cet événement. Son hématome infecté n'était plus. Il avait disparu !

C'était sûrement la pire chose qui pouvait lui arriver...

Hors Jeu:
 
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