''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}

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Leevo

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[CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} _
MessageSujet: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyDim 22 Avr 2012 - 2:32

Leevo Shellhorn

« Ho trhès chère, vhous havez un nouvhel haccent ? Ma foi, cela mhet très bhien hen valeur vôtre haut lignage. Mes hommages. »

Ervin Shellhorn à propos des soirées entre amis.


***


Loin des quartiers étroits, des nuisances nocturnes et des péteux sans éducations se tenaient de « Grhandes Mhaisons », comme aimaient à l'accentuer leurs propriétaires modestes, qui n'avaient rien à voir avec les taudis de bois et de briques communs.
Oh, elles étaient aussi faites de bois et de briques, mais dans ce quartier là, on appelait ça du chêne et de la pierre noble. Et on appelait pas tout l'ensemble une « maison » mais une « demeure ».

L'une de ces demeures sortait du lot ce soir ; tout avait été prévu pour. Les invitations avaient été envoyées, les orchestres orchestrés, le buffet monté, les armoiries du royaume nettoyées, les tapis dépoussiérés, les lustres lustrés, les serviteurs asservis deux fois plus et rhabillés pour l'occasion. Tout prévoyait de bien se passer, pour peu qu'il ne se mette pas à pleuvoir car tout allait se dérouler dehors. Le petit doigt de Dame Sillae lui avait soufflé de faire la soirée dans le jardin, dans son « Mhagnifique Vhergé » histoire de changer un peu. Et puis quelque part ça lui éviterait d'avoir à ordonner à ses serviteurs de passer la journée du lendemain à nettoyer le parquet. C'était fhatiguant.



***
Leevo roula des épaules dans sa veste doublée de soie et tira sur son col. Il hésita à redemander pourquoi il avait dû abandonner sa tenue de cuir pour s'accoutrer de la sorte. Il portait pourtant des habits tout ce qu'il y avait de plus normal, décorés deçà delà de quelques serpentins dorés, subtils mais chics. Sa veste, son dessous de veste et son pantalon avaient été fait sur-mesures et lui donnaient exactement l'allure que devait avoir quelqu'un de son rang, en exemptant donc le fait qu'il ait été esclave, qu'il se considérait toujours comme tel et qu'il tirait une tête pas fameuse. Disons donc que son habillage collait à l'allure qu'il était censé avoir mais que son air froid et agacé montrait bien qu'il se fichait complètement des apparences.

Il jugea la main qui s'était posée autour de son coude un court instant, en revint à se demander comment cette main-là l'avait convaincu – ou plutôt avait réussi à lui faire croire qu'il s'était lui-même convaincu – de se rendre à ce bal idiot, de revoir des têtes qu'il n'avait pas envie de revoir et de traîner dans un monde duquel il faisait parti par défaut et se décida finalement à avancer en direction de l'entrée des jardins privés. Il ne se souvenait même pas de cette fameuse Dame Sillae, investigatrice de ce rassemblement de gentilshommes, qui lui avait pourtant bien adressé l'invitation à lui, à l'intention de sa précise personne et avait bien mentionné son prénom à lui – et pas celui de son maître, comme ça arrivait malheureusement bien souvent.

Il souffla, jeta un nouveau regard désabusé à la bien trop charmante personne accrochée à ses côtés et tendit l'enveloppe au majordome. Celui-ci s'enticha d'un sourire travaillé, attrapa doucement la main de la compagnie de l'elfe pour l'effleurer des lèvres, s'inclina à quatre-vingt-dix degré devant eux et lança un tout aussi répété :


- Madame, Monsieur. Vous avez fait bonne route ? Ma Maîtresse sera tellement heureuse de vous savoir arrivé. Permettez que je vous indique la direction des lieux de réjouissance, s'il vous plaît.

Il se redressa alors, tendit un bras dans ladite direction et se mit en marche.

- Si vous voulez bien vous donnez la peine de me suivre.


Dernière édition par Leevo Shellhorn le Jeu 14 Juin 2012 - 0:50, édité 4 fois
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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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Aoi Haandar
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Race : Séraphin aux ailes coupées
Classe : Guérisseur
Métier : Esclave fugitif, chanteur de rue
Croyances : Divinités de la Pluie et de l'Air
Groupe : Solitaire

Âge : 17 ans physiquement (une cinquantaine d'année en vérité)

Messages : 306

Fiche de Personnage : Ils le paieront tous...


[CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} _
MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyDim 22 Avr 2012 - 9:49

Je souris. Nous étions enfin au bal. C'avait été dur de convaincre Leevo de s'y rendre, mais finalement, il avait accepté. Pourquoi? Aucune idée. Peut-être je l'avais un peu trop harceler? Heureusement que je faisais le tri dans ses courriers, récemment, sinon je n'aurais jamais pu voir la lettre.

Pour ce soir, je jouais le rôle de la compagne charmante et servile. Non pas que ça me dérangeait, je pourrais aller autant que je veux au buffet à volonté. Par contre, les talons, j'avais un peu perdu l'habitude, mais je m'y remettrais bien vite. Je souris à mon cavalier, qui ne semblait pas vraiment emballé à l'idée de venir à cette petite fête mondaine... Bah, j'arriverais bien à le refaire sourire en dégotant un alcool spécial, non?

Pour la soirée, Leevo m'avait payé une robe chez le tailleur le plus proche. On avait prétexter que c'était une surprise pour ma soeur jumelle. Ma tenue finale se composait donc de cette magnifique robe dorée et blanche, vallonnée par les plis du tissus et les rubans qui l'ornaient, ainsi que par un petit chapeau décoratif dorée, accompagné de fleurs blanches en tissus et de quelques dentelles. J'avais enfilé des gants de soie qui se mariaient magnifiquement bien avec la robe. Par dessus, j'avais rajouté quelques bracelets, et un collier décorait mon cou, gentiment offerts par Leevo.

Le truc le plus dérangeant dans cette tenue était sans nul doute les sous-vêtements. Vous n'imaginez pas à quel point on est mal là dedans! Rien que pour le bas, j'avais dû enfiler, dans l'ordre: une culotte en dentelle blanche, des bas autoportants blancs, un porte jarretelle blanc, des jarretières blanches et un bloomers blanc, sans compter l'armature souple de la jupe de la robe. Vraiment qui peut mettre ça?! ... ah... oui... les femmes, en fait.

Quant au haut, ce fut l'horreur. Bien que très mince, je n'avais pas les hanches d'une femme. Il avait donc fallu amincir tout ça quelque peu. Et après un quart d'heure de souffrance et l'aide de Leevo, j'avais enfin les hanches féminines dont j'avais besoin. Sérieusement, comment peut-on porter ce genre de choses tous les jours? Et encore, ce n'était pas tout! J'avais dû enfiler ce que je mettais avant pour me déguiser: une fausse paire de seins (petits, les seins, pas envie d'avoir tous les pervers à mes trousses) en cuir, remplis de farine. J'avais deux soutien gorge l'un sur l'autre. Magnifique... Pour marcher, j'avais acheté des petits chaussures dorées, pas trop hautes.

Pour le maquillage, j'avais opté pour un mascara très sombre, un dégradé de fard à paupière blanc- doré-brun et du khol bien noir pour les yeux. Je m'étais évidemment poudré et avais appliqué un fard à joues discret, pas envie de passer pour la catin du coin. Pour les lèvres, je m'étais trouvé dans la boite à maquillage qui trainait dans une des chambres un rouge à lèvre rose avec des reflets dorés. L'apparence que je reflétais? Une fille, assurément! Et l'aura que je dégageais? Une fille de bonne famille, pure et innocente, qui vient certainement de la campagne pour profiter des joies de la capitale.

Je souris à Leevo, alors que le majordome nous indiquait le chemin de la fête, mais l'elfe semblait peu convaincu de la nécessité de rencontrer autant de gens et encore moins d'aller à leur rencontre lui même. Je pressais un petit peu plus ma main sur son bras, lui souriant. Fallait pas qu'il s'inquiète comme ça, j'étais là pour l'aider si besoin est!

Nous arrivâmes alors dans les jardins, où l'orchestre jouait déjà pour aigayer les conversations de ceux qui étaient déjà là. Et vu le nombre de personnes, nous n'étions ni en retard, ni à l'avance. C'était parfait. Le majordome s'inclina une seconde fois et nous souhaita une bonne soirée. Leevo sembla remarquer le buffet, et moi aussi. Malheureusement, nous devions d'abord aller voir notre hôte. Zut quoi, y'aura plus de petits fours si ça continue!

Finalement, une dame s'approcha de nous, se présentant comme Dame Sillae. C'était elle l'hôte alors?


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Leevo

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[CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} _
MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyDim 22 Avr 2012 - 16:18

- Oooh ! Vous êtes venu très cher ! S'extasia la fameuse Dame Sillae en se précipitant d'un pas chaloupé vers les deux nouveaux arrivants.

Elle se lova immédiatement contre l'elfe, un sourire béa aux lèvres, offrant à son nez les affreux relents de jasmin et de rose de son parfum. Elle lui baisa les joues en tâchant d'éviter de répandre sa poudre au passage. Leevo en resta aussi ahuri qu'il le put lorsqu'elle se mit à lui tenir le visage avec les mains et à le décrypter longuement d'un regard affamé.


- Vous hêtes ! Vous hêtes ! Vous hêtes vraiment devenu un mhagnifique elfe, mon ami !

Elle retira ses mains pour n'en laisser qu'une dans celle de Leevo, attendant le très respectueux baisé qui saillait si bien à l'occasion et qui, comme de prévisible, ne viendrait jamais.

L'invité assaillit jeta un regard apeuré à Aoi, n'arrivant décidément pas à se remettre la face de la Dame en tête. Celle-ci s'était tournée vers la cavalière et avait récupéré sa main.


- Mhais je vois que vous êtes venu en charmante comphagnie, dites-moi. Henchantée, fit-elle en se courbant, tenant ses jupes épaisses et brodées d'une poigne ferme, qui semblait avoir fait ça toute sa vie. Vhous avez bien de la chance, ma chère. J'ai vu ce bhel elfe tout petit, vous savez, il était déjà mignon à crhoquer, tenta-t-elle de blaguer en s'entichant d'un petit rire subtil pareil à un gloussement. Leevo se crispa de son côté. Mhais je divague, je mhanque à tous mes devoirs, elle s'inclina encore, je suis Dame Sillae, héritière de la Mhaison Sillae et de tous ses jhardins. Je suis vrhaiment rhavie, rhavie de vous voir ici.

Dame Sillae, héritière de la Maison Sillae et de tous ses jardin était une parfumeuse. Elle ne les créait pas vraiment, les parfums, en réalité, d'ailleurs elle ne faisait pas grand-chose de sa vie, mais elle se targuait d'avoir des idées de nouveautés en matière d'odeur de vie, d'habits invisibles, de recettes d'amour et de toutes ces choses farfelues. Elle paraissait assez farfelue quand on la voyait, d'ailleurs. Elle portait un chapeau à épingle, placé de côté entre ses boucles brunes qui contrastaient avec la brillance de son collier de cou. Elle devait avoir sur ses épaules une bonne cinquantaines d'années, soigneusement cachées derrière des couches et des couches de maquillage et de broderies soyeuses. On pouvait dire de Dame Sillae qu'elle était aussi vaporeuse que ses parfums.

Après les présentations rapides, elle quitta ses convives pour aller en embrasser d'autres. Leevo accompagna alors Aoi jusqu'au buffet et, après s'être de nouveau assuré qu'il s'agissait bien de lui en le regardant des pieds à la tête, il se cala contre le rebord de la table et observa le monde attroupé autour des fontaines.


- Bon. Voilà. On y est. Il attrapa un verre que lui tendit un des serviteurs et joua avec un petit instant. Tu es très... bien, ce soir, souffla-t-il tout bas en n'arrêtant pas de lancer des regards de conspirateur vers la fontaine. Fais quand même attention à toi.
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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyDim 22 Avr 2012 - 17:06

Je souris, attrapant un petit four. Une vraie dame ne peut prendre qu'un gâteau à la fois et le déguster avec sagesse. C'était frustrant! J'avais envie de tout gober d'une traite, tant il y avait de choses à voir. Je choisis donc une petit bouchée aux fruits de mer et m'informais sur la présence d'alcool dans les apéritifs. Finalement, je trouvais un serviteur qui déboucha une bouteille de cidre, normalement destinée aux plus petit, et attendit à côté jusqu'à ce qu'il m'en présente une. Ça ne se fait pas pour une dame de demander, après tout. Enfin, c'était le cas dans les soirées où je servais.

Une fois ma boisson et ma nourriture attrapées, je revins près de Leevo qui semblait tirer la tête. Je retins un soupire et goutais à mon petit apéritif. C'était tellement délicieux! La nourriture des bourges est vraiment la meilleure... Leevo quant à lui avait déjà siffler deux verres de vin. Il tenait vraiment bien l'alcool lui... Je terminais ma bouchée et en tendis une à Leevo qui fit la grimace en voyant de la nourriture compacte. Quoi, il ne voulait vraiment pas goûter? Tanpis! Je l'avalais aussi lentement que possible, cherchant à ne pas faire d'erreurs sur l'étiquette. Enfin, d'un côté, Leevo en avait déjà fait plusieurs.

Plusieurs personnes vinrent saluer Leevo, juste après que notre hôte ait informé tout le monde de sa présence. Les commérages, ça va vite dans les bals. Surtout quand il y a des invités rares. Et vu comment Leevo réagissait à la foule, m'est d'avis qu'il ne sortaient pas souvent. Je m'inclinais poliment devant chaque inviter venant nous saluer, alors que Leevo se contentait d'un hochement de tête et, parfois, d'un serrage de main. Je l'incitais également à faire un baise-main aux dames qui le saluaient quand elles lui tendaient le dos de la main, ce n'était pas poli de ne rien faire.

Une heure passa et tous les invités semblèrent enfin être là. Après un petit discours de bienvenue, Dame Sillae invita les personnes tout autour à se rendre sur la piste de danse, si ils le désiraient; il s'agissait d'une immense terrasse, entourée de petits buissons fleuris et de quelques fontaines. Je souris à Leevo. Sourire qui voulait bien sur dire "emmène moi tout de suite danser!" mais, étrangement, il resta fixé sur son verre vide. Je lui tapotais l'épaule pour qu'il me regarde enfin et lui fis signe que j'allais à la piste de danse. Il jeta un bref coup d’œil derrière moi et décréta qu'il venait avec moi. Je haussais les sourcils. Ça avait été rapide pour une fois!

Je m'y dirigeais doucement, accompagné de Leevo. Mieux valait attendre la seconde danse, les bals commencent généralement par des quadrilles. Et, bien que je lui avais expliquer en vitesse, je préférais attendre la deuxième danse, une valse, pour pouvoir le mettre plus à l'aise. Après le premier quadrille de la soirée, la musique changea pour une valse. Bon, la mode n'avait pas changé, c'était déjà ça.

La valse, j'avais pris plus de temps à la lui apprendre. C'était la plus courante donc.. Je lui tendis ma main droit pour qu'il l'a prenne, et il compris vite ce qu'il avait à faire. Ses premiers pas furent quelque peu maladroit et je l'aidais en menant la danse. Mais, finalement, au bout d'un moment, il sembla se détendre et les mouvements vinrent plus naturellement. Je lui souris et nous applaudissons à la fin de la chanson. Un jeune homme se présenta pour me demander une danse. Leevo lui lança un regard quelque peu mauvais au début, mais finalement il me laissa aller avec. C'était un adolescent, ça passait! Pas un de ces vieux pervers...

S'en suivi un galop, deux quadrilles et une nouvelle valse, où je retrouvais Leevo comme cavalier. Dame Sillae venait de temps à autre avec un groupe d'amie (5 dindons, plus ou moins) entourer le pauvre elfe qui ne savait pas trop où ce mettre. Quand je revins près de lui, je fus assailli de questions. D'où je venais? De Venill, une maison de campagne de mes parents. Si j'avais déjà un fiancé? Je le regrettais mais malheureusement non. Si j'avais déjà fait beaucoup de bals? Quelques-uns. Si j'aimais les fleurs du jardins? Elles étaient magnifiques.

Leevo, quant à lui, fusillait du regard tout ceux (à savoir, uniquement les hommes) qui osaient s'approcher dans notre direction. Bon, il est devenu paranoïaque et surprotecteur, c'est officiel. Un visage passa en vitesse dans la foule, au milieu d'une polka, et je fronçais les sourcils. J'avais déjà vu ce type quelque part... Leevo m'interrogea du regard.

- Oh, non, rien, je pensais avoir reconnu quelqu'un... Je vais me repoudrer, tu m'attends là deux minutes?

Il acquieça et ne me quitta pas du regard jusqu'à ce que je trouve un serviteur qui m'amena jusqu'aux commodités. Sortant ma poudre de mon sac, je me dépêchais de rafraichir mon maquillage et de recolorer mes lèvres d'un beau rose aux reflets dorés. Bien, parfait, j'étais parfaite! ... Parfaite? Il faut vraiment que j'arrête de penser comme une fille. Des cancans de différents demoiselles me mirent la puce à l'oreille.

- Sir Günar s'est encore refait une garde robe pour ce soir, à ce que je vois!

- Tu penses bien... Il en a les moyens! Mais il n'en reste pas moins quelque peu rustre...


Je me figeais. Günar? LE type qui m'a fait prisonnier? LE type qui voulait me revendre? LE type qui m'a marqué avec une plaque de fer chauffée à blanc? Qui m'a marqué comme un vulgaire bovin? CE type là est ici ce soir?!
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Leevo

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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyDim 22 Avr 2012 - 21:23

Leevo avait entrepris de rassembler quelques grains de poussières invisibles avec le bout de ses chaussures. Chaussures qu'il n'aimait pas au passage et avec lesquelles il avait énormément de mal à marcher et à danser. Une histoire d'équilibre de la plante du pied, de ressentis terrestres, d'appréciation de la gravité et ainsi de suite qu'on n'avait plus forcément dans des bottines à talons.

Il avait profité du départ d'Aoi pour s'approcher du serveur qui tenait les bouteilles de vin, s'éclipsant sans bruit de la troupe de curieux venus s'extasier autour de lui du bon vieux temps et de l'exceptionnelle tournure que prenaient parfois les événements de la vie. Le genre de conversations qui n'étaient en rien agréables, parce que pleines de sous-entendus et de regards hautains, de souvenirs desquels pas grand-monde ne se souvenait vraiment et de rires poudreux qui remuaient le ventre.

Il préférait de loin la discussion qui se profilait avec le serveur, de l'autre côté du buffet, dans une pseudo-intimité. Une discussion sans hypocrisie, sans regards entendus, sans serrages ou embrassades de mains. Une discussion d'égal à égal. Une discussion, en sommes, qui savait se passer de mots. Leevo se contentait de tendre son verre, de le vider, de le tendre de nouveau, de le vider encore et ainsi de suite. Il ne prenait même pas la peine de regarder l'autre et fixait avec un mécontentement grandissant la direction dans laquelle avait disparu Aoi.
Et plus ce dernier tardait à revenir, plus les remplissages de verre s'enchaînaient.

Au bout d'un certain temps, il eut un moment d'hésitation et arrêta son verre à hauteur de bouche. Le serveur crut enfin voir les machines de l'alcool faire leur effet et le libérer de son rythme de service d'enfer, il crut que maintenant il allait se passer quelque chose de marrant avec cet elfe, quelque chose qui mettrait un peu l'ambiance.
Ses yeux léchaient le verre et les lèvres de Leevo dans l'expectative la plus impatiente, la plus insoutenable, la plus inquiétante ; il s'approchait sans le vouloir de lui, les yeux transformés en billes d'angoisses, la sueur sur le front...

L'elfe reprit finalement son mouvement là où il l'avait arrêté et tendit mécaniquement son verre à l'autre. Il manqua de lui crever un œil. Il se tourna alors vers lui et le regarda, étonné, se tenir la tête en gémissant à peine. L'elfe hésita à secouer son verre devant lui pour faire accélérer les choses quand une bouteille sortie de nulle part entreprit d'elle-même de se déverser dans son calice. Ses yeux remontèrent d'eux-même le long du goulot dans le sens inverse, rencontrèrent une main, un bras habillé, une épaule carrée et un visage satisfait de l'effet fournis. Il n'avait rien à voir avec les serviteurs.

Leevo questionna le nouvel arrivant du regard avant de se retourner, de regarder le nouveau contenu et de boire. Mais à petites gorgées, d'abord.
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Aoi Haandar

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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyLun 23 Avr 2012 - 9:54

Je grommelais et me dépêchais à chercher Leevo. Tout ça, c'était vraiment pas bon. Si Günar est ici, ne manque plus qu'à prier pour qu'il ne me reconnaisse pas. Dans mon chemin désespéré pour retrouver mon partenaire, j'avais dû danser deux quadrilles et un nouveau galop avant de pouvoir atteindre la grande fontaine, pas loin des buffet. Et quand je m'apprêtais à aller le voir... Je préférais me cacher derrière des buissons. Pourquoi de tous les invités il fallait que ce soit LUI qui aille le voir!
Remarquez, je m'en doutais: il ne sort jamais, c'est un ancien esclave anobli... Vraiment bien étrange tout cela, pas vrai? Ça forcément ameute du monde. Et ce salopard n'échappe pas à cette pulsion humaine qu'est la curiosité. Je l'épiais quelque peu de loin, toujours caché. Il se donnait des airs gentillets, parfois un peu macho mais brave homme quand même. Tu parles! Les seules fois où je l'ai vu il me rouait de coups et m'avait marqué! Marqué! Ça me restait en travers de la gorge. Il allait me le payer...

Je me rabattis sur un jeune serviteur qui n'osait visiblement pas me présenter le plateau de petits fours. Allons bon, voilà que je commence à faire rougir les serviteurs maintenant? Fallait croire que ça marchait, ce déguisement. Tous les hommes de cette soirées n'ont même pas l'air de remarquer que, moi aussi, j'ai des "bijoux de famille". J'attrapais finalement le serveur et lui fit un clin d’œil, histoire de m'approprier entièrement le plateau. Quoi? C'était délicieux! Il rougit d'avantage et resta planté à côté de moi, alors que je me servais de bouchées. Il n'osait pas parler. C'était embêtant. Un homme, pas vraiment très âgé mais plus tout frais non plus, vint me demander une danse. Bon, non pas que je n'appréciais pas les danses, mais le regard qu'il me lançait ne me disait rien qui vaille. Dans un soupir retenu, je m'avançais sur la piste avec lui, pour une valse, évidemment.

Au fur et à mesure de la danse, je le sentais se coller d'avantage et sa main, autrefois entre mes épaules, descendait dangereusement. C'est qu'il osait mettre sa main sur mes hanches, ce malotru! C'est ainsi que doit se comporter un gentleman peut-être? Je lui envoyais un regard courroucé, le fusillant au possible et espérant le zigouiller uniquement avec mes yeux. Il sembla comprendre le message et remonta sa main. Bien! Une fois la danse terminée, je le quittais bien vite, dans une démarche énervée. Au moins, lui il ne m'embêtera plus.

Je tentais de rejoindre Leevo. Le salopard n'était plus là. Fiou! J'attrapais Leevo en vitesse par la main et le tirais plus loin après la piste de danse, près des vergers. Généralement c'est dans des endroits comme ça que les jeunes couples (à savoir ceux formés dans la soirée, le plus souvent) venaient batifolé et s'embrasser. Mais nous, nous n'étions pas là pour ça. J'agitais mon éventail près de mon visage, pour le cacher.

- L'homme avec qui tu étais, il ne t'a pas dit son nom? C'est Günar. Mon actuel propriétaire.


Le visage de l'elfe se modifa en deux secondes: de l'étonnement il s'est changé en une colère noire. Je lui pris doucement la main et en caressa le dos quelques instants, pour tenter de le calmer.

- Il ne se doute absolument pas que je suis ici. On ne doit se faire remarquer, il a des hommes de mains qui surveillent certainement sa diligence. Les nobles ont souvent ça.


Je déposais un baiser furtif sur les lèvres du jeune noble.

- On fait profil bas. D'accord?
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Leevo

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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyLun 23 Avr 2012 - 12:48

Leevo tint le regard sévère que la situation exigeait. Ses yeux étaient plantés dans ceux d'Aoi, on aurait dis deux pieux vindicatifs dans les mains de ce fameux crucifié soi-disant messie de Dieu.

Le vent se recroquevilla entre les haies et les buissons, passa sur eux langoureusement, fit monter la température de leurs corps d'un léger degré minime pour assurer l'homéostasie thermique.

Leevo ne broncha pas. Il resta immobile encore. Il avait l'air de mâcher l'information dans sa tête, de la malaxer complètement, de l'écraser pour en retenir l'essentiel. Et puis ses épaules s'affaissèrent au bout d'un moment, il parut se résigner.

Il éclata de rire. Il se tordit au-dessous de ses bras qui maintenaient maintenant son torse secoué sous les machines à vapeur qui faisaient entrer et sortir l'air à grand débit.

C'était un rire qui aurait pu passer pour pur et innocent. Il l'était, d'ailleurs. Un rire qui découvre qu'il est capable de faire son métier de rire et qui se désopilait lui-même pour la première fois. Car c'était bien la première fois que Leevo rit pour de vrai. Oh, il n'y avait rien de marrant dans la situation actuelle, elle ne demandait même pas à se faire drôle, même pas à se faire amusante ou quoi que ce soit dans le registre du ridicule-mais-mignon. Elle aurait d'ailleurs pu se vexer en entendant les éclats de joie folle de l'elfe si elle avait eu une conscience.

Leevo ria à gorge déployée, à voix claire, charmante à souhait et peut-être même capable de faire sourire ceux qui l'entendaient. Il se redressa et rejeta sa tête en arrière pour rire encore, posa une main tremblante sur la partie nue de l'épaule d'Aoi et se mit presque à pleurer sous les spasmes heureux de sa bouche. La situation se serait vraiment vexée si elle l'avait pu. Leevo ne pouvait plus rien faire pour s'arrêter, lui. Il découvrait les fameuses palpitations desquelles on lui avait longtemps parlé et que l'alcool provoquait sur l'être humain normalement constitué. Il n'en avait jusque là jamais vu le bout du nez et s'était résigné à se passer de cette sensation alambiquée, entre bonheur inexplicable et dépression future.

Il était pinté. Ou pompette. Peu importe, le fait est qu'il vidait tout son saoul de rire ; une vingtaine d'année de retenue passa en quelques minutes.

Il referma sa prise sur l'épaule d'Aoi, essayant de calmer les fougues tempétueuses d'une liesse qu'il tenait toute entière pour lui tout seul, attira son pauvre otage dans ses bras et le serra fort, le faisant vibrer sous les tambourinements de son torse. Il fourra sa tête dans le creux de son cou et fut pris d'une nouvelle explosion de rire qui lui fit abandonner toutes ses forces.

Au bout d'un certain long moment à se marrer de plus en plus sans réelle raison – quoique, dans son état, n'importe quelle raison en était une bien bonne – il se défit de sa propre étreinte et maintint ses mains dans les creux du cou d'Aoi. Il secoua la tête dans un mouvement vain pour retirer ses larmes de sa vue et tenta de retrouver un semblant de calme et de solennité.


- Oui, oui, 'ui. En va faire ça, dit-il en se tordant sous les nouveaux assauts de sa bouche. Du profil bas. 'ui, 'ui... Ha. Ha. HA HA HA ! Il lui caressa maladroitement la joue avant de se tordre de nouveau de rire et d'essayer d'articuler : Oh mard'... HA HA HA HA ! Quesse.. HAAAAA HA HA... ilm'afait, ilm'afait, ilm'afait... HA HA HA HAAA HAA ! Il m'a fait ! Il se tapa la jambe et tapa du pied. Quessilm'afait ! HA HA HA HA !

Ce n'était pas exactement ça qu'il avait voulu dire. Il avait voulu dire : « Il m'a fait boire un alcool de merde, de l'eau-de-vie, c'est dégueulasse. Quel salop. De l'eau-de-vie. Jamais de ma vie je ne re-boierai un truc qui s'appelle l'eau-de-vie. » et, après un nouveau long moment de bonne rigolade durant lequel il lutta frénétiquement et physiquement contre ses glandes, il parvint de nouveau à se contrôler.

- Tu sais que t'es... t'es... Ha. Ha. T'es. 'fin, tu vois. Il s'essuya le coin de l’œil et reprit un sérieux tendancieux. Non. On se calme. Tu es sûr que c'est lui ? Un hochement de tête le lui confirma. Hm. D'accord.

Il se frotta la lèvre inférieure, jeta un regard de clown conspirateur vers le ciel étoilé et, contre toutes les lois de l'action-réaction il tira Aoi à lui, le bloqua fermement et l'embrassa longtemps.

Quelques minutes flottèrent autour d'eux sans que Leevo ne les sentent et puis il se dégagea, secoua les épaules et s'en alla. En direction de Günar.

Leevo se posta à sa hauteur et attrapa un verre plein sur le plateau du serveur le plus proche. Une conversation s'engagea. L'elfe parut avoir retrouvé toute sa froideur.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyLun 23 Avr 2012 - 13:42

Je le regardais partir, effaré. Nan mais pincez moi, je rêve! Ce type boit toute la journée et puis là il devient complètement saoul? Il avait bu quoi, pendant que je n'étais pas là? Vraiment, quel étrange personnage. Je grimaçais. En plus, il empestait l'alcool. Comment passer pour un pochard en quelques secondes... le goût persistait sur mes lèvres, s'en était écœurant. Je me figeais en le voyant se diriger vers Günar. Nan mais qu'est-ce qu'il fout?! J'ai dis profil bas! PROFIL BAS!

Je m'approchais un peu d'eux, avec une distance raisonnable, pour les tenir à l'oeil. Mais bien vite, des rapaces commencèrent à me tourner autour. Quand je dis rapaces, je parle évidemment des messieurs plus tout jeunes qui se trouveraient bien une jeunette parce que son cavalier la délaisse. Mais j'en veux pas, moi, de ces fossiles! Ils me dégoutaient même avec leurs regards enjôleurs et leurs gentilles attentions! Leevo et le salaud parlaient, parlaient, et riaient même pas moment. C'était quoi cette histoire?

Comme une conspiration contre mon espionnage, ce sont des dames qui vinrent me rejoindre pour parler maquillage, maison, et surtout potins. Ils avaient beau parler sur le dos de tout le monde, je n'y connaissait rien et mon prétexte était tout trouvé, vu que je venais de la campagne, officiellement bien entendu. J'avais la santé fragile et je sortais très peu. L'occasion était trop bonne et j'en profitais pour questionner ces dames au sujet de Günar.

D'après elles, il était un peu rustre mais aimait à être entouré de jolies dames. A savoir, les avoir dans son lit. Il aurait eu plusieurs femmes mais elles se seraient laissé mourir de chagrin à ses côtés. Mouais. Le connaissant, les coups et un peu de poison auraient bien mieux expliquer leurs morts. Depuis un moment il était célibataire et préférait se consacrer à son commerce d'esclaves. Elles étaient d'ailleurs étonnées de le voir parler avec mon cavalier, il méprisait par dessus tout les "chiens" comme il aimait à les appeler. Je grondais intérieurement. J'avais envie d'aller lui envoyer un coup de pied bien placé à un endroit très stratégique.

Je quittais un instant mes nouvelles "amies" pour aller me chercher des petits fours et du cidre pour me rafraichir. Le serveur de tout alors me jetais des regards désolés et je haussais un sourcil avant de m'apercevoir du nombre de bouteilles vides. Mouais, Leevo est passé par là en somme. Je m'attaquais à un beignet aux crevettes quand une grosse voix se fit entendre dans mon dos, me demandant une danse. Je me figeais. C'était lui. LUI! Le Connard avec un grand C! Que devais-je faire? Me retourner? Je me tournais vers lui, souriante. Il haussa un sourcil puis me sourit.

- ... Voulez vous bien m'accorder cette danse, très chère?
demanda-t-il en me tendant sa main, galamment.
- Et bien ... pour tout vous dire je suis un peu lasse des danses... Je vais me reposer un peu.


Il sembla un peu déçu et referma sa main, avant de sourire à nouveau. Casse toi! Casse toi! Laisse moi tranquille!

- Ah? Bien. Je vais patienter un peu dans ce cas.. Excusez moi mais... ne nous sommes nous pas déjà vu? Vous me dites quelque chose...


Je lui souris, poliment.

- Nous nous sommes certainement croisés plusieurs fois dans des bals. Je suis le plus souvent à Venill mais il m'arrive de venir à Madorass pendant les périodes de mondanités. Je pense vous avoir déjà croisé du regard plusieurs fois.


Il sourit. Satisfait de la réponse? Convaincu? Ou alors suis-je démasqué?

- Oui, certainement. Je vois tellement de personnes qu'à la fin je ne sais plus où j'en suis, ha ha!


Ouais c'est ça, connard, prétends-tu même avoir oublier mon visage? Remarque, avec des cheveux bouclés, des seins et un maquillage, pas facile de me reconnaitre. Heureusement, Leevo vint vite me sauver la mise en m'invitant à danser. Enfin, sauver la mise, c'est pas vraiment ce que j'aurais dit... Je lui souris et dis que j'étais un peu fatigué(e) et que je me reposais un peu. Günar sourit alors à l'elfe et commença à discuter avec. Étrangement, la discussion avait une apparence amicale mais le regard que lançait ce sale type à l'elfe était plus que méprisant... Quant au regard que lançait Leevo à l'individu, il se voulait froid mais poli. Moi j'y voyais plutôt un regard du genre "je vais t'arracher les ongles un par un avant de te démembrer lentement."
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Leevo

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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyLun 23 Avr 2012 - 14:39

Sous les airs commodes de la haute société, les deux individus se détestaient mutuellement et le savaient très bien. Une discussion sans intérêt à propos des choix discutables de certains invités de Dame Sillae s'était mise en place d'elle-même et une joute de remarques désobligeantes s'était engagée. Jusqu'à ce qu'ils tombent ex æquo sur la critique et qu'une question, suivie d'un œil glissé sans honte sur la poitrine et les hanches d'Aoi, sonne un nouveau round. C'est Günar qui porta le premier coup.

- Vôtre cavalière est vraiment ensorcelante, il sourit à l'intention de la sus-désignée, je me demande bien comment vous avez fait pour en attirer les charmes. Qu'est-ce que vous lui avez promis en échange, hm ? Il se pâma ensuite d'un faux-rire pour souligner sa fausse-plaisanterie.

Leevo finit son verre et regarda son vis-à-vis d'un air mauvais. Il l'avait presque fait dessaouler.


- Ce que vous ne serez jamais capable de lui donner, c'est évident, joua l'elfe en forçant à peine. Il le pointa de son calice et eut un nouveau petit rire pétillant. J'ai entendu parler d'une histoire à vôtre sujet, vous savez. C'est bien vous qui avez mis un esclave au tableau de chasse de la ville ? On redouta soudain la direction que prenait la conversation. Après qu'on l'ait violé plusieurs fois, vendu, pourchassé, frappé, enfermé, enchaîné, traqué encore, ekcetra, il eut une poussée de lumière magique sur ses tatouages cachés, engendré par le ton venimeux qu'il avait pris et la colère de ses yeux, qui disparut une fois qu'elle eût atteint le sommet des stries de son menton. Ce sont des histoires de tavernes ou vous vous reconnaissez quelque part dans cette liste ? Il se balança d'un pied sur l'autre et prit un faux air de réflexion. J'aimerai bien savoir ce que vous avez fait exactement pour le faire fuir de la sorte. Je crois être assez bien placé pour savoir qu'un bon maître n'a pas ce genre de soucis. Ha. Ha. Ha. Il arrêta net son début de faux-rire, lui attrapa l'épaule dans un geste qui pourrait paraître chaleureux de loin, mais qui, d'aussi près qu'on le put, sembla être placé de telle manière à pouvoir disloquer des omoplates d'un coup du pouce. Qui aurait cru, sincèrement, qu'un esclave puisse mettre un homme comme vous et une armée entière de chasseur en déroute ? Comment ? Racontez-moi. Il resserra sa prise. En détails.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyLun 23 Avr 2012 - 16:59

Je m'efforçais de fixer mon verre de cidre que je faisais lentement tourner entre mes doigts, en observant les bulles du breuvage éclater dès qu'elles touchaient la surface du liquide. Je n'aimais pas le regard qu'il laissait couler sur moi. Je n'aimais pas non plus les mots qu'il utilisait pour me désigner. Un gentleman ne se serait jamais permis de pareils égards, après tout. Ce n'était qu'un rustre. Je n'aimais pas non plus les sous entendus appuyés qu'il faisait sur l'ancien rang social de Leevo; à savoir "sous-objet".

Leevo buvait toujours tout autant, mais semblait moins pompette que tout à l'heure. J'aurais voulu fuir aussi loin que possible, ne plus jamais sentir le regard de cet homme peser sur mes épaules mais je préférais rester là, me contenant au maximum. J'avais envie de le frapper. De le marquer au fer rouge. De le laisser moisir dans une cage sans eau ni nourriture, comme il l'avait si bien fait avec moi. Quand le chien n'est pas sage, il faut le punir, non?

Je sentais de temps à autres ses yeux se poser sur mon popotin, ou sur ma (fausse) poitrine. Comment pouvait-il me reluquer aussi librement?! J'aurais vraiment adoré voir sa tête si il apprenait que j'étais un homme... Vraiment. On eut dit un vieux pervers qui s'était trouvé une jolie minette à piquer à son compagnon. Manque de pot, la minette est en réalité un minou. Ce que ça peut être magique un corset, vraiment...

Alors qu'il me lança un énième compliment et descendit une nouvelle fois Leevo en lui rappelant qu'il n'était rien avant la mort de son maitre, l'elfe décida de ne plus se laisser faire. Et pas de la meilleure manière qui soit, évidemment. Il avait parler DU sujet fâcheux: moi. A chacune de ses phrases, on sentait presque les piques qui ornaient chaque mots, chaque expression. Je fixais mon verre, apeuré. Et si il comprenait...?

Günar soupira et se gratta la nuque, visiblement un peu gêné. Je tendis l'oreille, très attentif. Qu'est-ce qu'il allait pouvoir bien dire? J'hésitais entre m'éclipser où rester là. Écouter des choses que je n'avais pas envie d'entendre, des choses blessantes, des choses qui allaient me déplaire, m'énerver, m'attrister...

- Et bien, vous savez, le métier de vendeur d'esclave est éreintant, surtout quand nous avons des cas comme celui-là. Il fit une pause et soupira. Je suis toujours très... compréhensif envers mes marchandises, car après tout, une marchandise en bonne santé se vend beaucoup plus cher, vous comprenez? Il se gratta le menton, pensif. Mais ce gosse était très peu coopératif. Apparemment il avait déjà eu plusieurs maitres, vous voyez? Il a certainement été mal habitué, un peu trop chouchouté. Un esclave ne devrait pas être pourri gâté. Le bâton et la carotte, il n'y a que ça de vrai. Fait ce que je te dis, et je serais gentil avec toi. Vous devez certainement comprendre, vous, non? Ha ha!

Leevo fronça les sourcils; cette phrase ne lui avait visiblement pas plu. A moi non plus. Sale gosse? Pourri gâté? Chouchouté? Va voir mes maitres, hé patate! Soit à leur service une journée et on leur en reparlera! Sauf peut-être le propriétaire qui m'a affranchi... Ouais, lui ça pouvait encore passé. Le sourire que présentait l'homme d'affaire était plus que carnassier. Il aimait frapper là où ça faisait mal.

- J'ai un client sur le feu. Plusieurs en fait, qui serait intéressé par la marchandise... C'est un séraphin, vous savez? On raconte qu'en posséder un, l'asservir, ça ferait de vous l'homme le plus fort au monde. Moi, je pense surtout que se sont des fadaises, mais les fantasmes des excentriques ça remplit les poches, donc je n'ai pas à m'en plaindre... Mais ce morveux s'est échappé pendant que mes larbins le préparaient pour qu'on le présente aux clients. Au début j'ai essayé de le retrouver moi même mais finalement j'ai opté pour les affiches. Il ne pourra plus se caché très longtemps... Pourquoi donc ces questions? Vous intéresseriez vous donc à vos pairs? Enfin, vos anciens collègues, excusez moi.

Je vidais mon verre de cidre d'un trait. Ce fut le seul moyen que je trouvais pour ne pas lui hurler toutes ses vérités à la figure. Je me tournais ensuite vers le buffet, lui présentant mon dos, pour me servir en petits fours. Des larmes de colère pointaient le bout de leur nez et mes dents étaient tellement serrées par la rage que je crus qu'elles allaient exploser. Je le hais Dès que j'aurais mes ailes et la force d'un séraphin adulte, je l'égorge! C'est juré! Ou alors je l'empoisonne lentement. Ça pourrait être intéressant aussi...

Leevo prit congé de son "ami" pour venir à côté de moi. Je lui fis un signe de tête pour désigner les jardins où nous serions plus tranquilles pour discuter. Nous étant assez éloignés de la foule, je m'assis sur un banc en pierre.

- Bon, maintenant au moins on est fixés: c'est bien lui et il me hait. Génial... Je pris un temps de pause. Tu crois qu'il a remarqué quelque chose?

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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyLun 23 Avr 2012 - 17:53

Leevo jugea la détresse d'Aoi. Il se demanda ce qu'il pourrait faire pour le consoler un peu, chose encore insolite dans son catalogue d’interactions sociales. S'il avait été à la place de son ami, celui-là se serait sûrement lové contre lui et aurait su de cette façon lui faire part de son soutient.

Il se contenta de rester planté devant lui un long moment avant de se décider à s'asseoir à ses côtés et de poser une main hésitante sur la partie de sa robe qu'il espéra être sa jambe.


- J'imagine, commença-t-il d'une voix douce avant de s'arrêter. Il n'avait pas d'imagination. Enfin... c'est normal qu'il te haïsse. Qui ne le ferait pas alors qu'une promesse d'argent s'envole ? Il retira sa main et se renversa un peu sur la cote du banc. Il regarda Aoi en coin et sourit. Je sûr qu'il a remarqué quelque chose, poursuivit-il, maniant la retransmission vocale des mots en italiques pleins de sous-entendus à la perfection. Il faudrait être aveugle pour ne pas te remarquer. Il se doutait que sa remarque relevait des allusions peu appréciables. Ce que je retiens surtout de tout ça, c'est que tu lui plais toujours, esclave ou pas, et qu'il veut surtout te vendre lorsqu'il t'aura récupéré. Et que je pourrai le démembrer sans trop de problèmes. Ça reste une bonne nouvelle, non ?

Il n'attendait pas vraiment de réponse. Leevo ne comptait pas à ce que la partie « lorsqu'il t'aura récupéré » arrive, que ça soit au présent ou au futur. Il ne laisserait pas ça se produire et quelque chose lui disait qu'Aoi non plus.

Il prit enfin son rôle d'ami en main et attrapa celle d'Aoi pour la serrer fermement. Il posa son autre main sous son menton pour lui faire relever la tête et planta ses yeux dans les siens.


- Il est là. Ici. Qu'il sache qui tu es vraiment sous ta robe ou derrière les histoires qu'on raconte sur les Séraphins importe peu. On s'en fout. Dis-moi ce que tu veux faire et je m’exécuterai. N'importe quoi. Peu importe les conséquences. Dis-le moi.

Ses yeux ne faisaient qu'accentuer, voire surligner, ses dires. Ils brillaient d'une détermination proche de la folie. Non, qui aurait même pu engloutir la folie d'une bouchée pour la rejeter plus loin, hors de son chemin. « N'importe quoi, répéta-t-il, je le ferai ». Il était considéré comme une bête de foire, ici. Il s'en fichait éperdument car c'était exactement ce qu'il était : une bête.
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Aoi Haandar

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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyLun 23 Avr 2012 - 19:49

Je rougis. Ça sonnait comme une déclaration, une promesse d'un prince à sa princesse. Et en plus j'étais dans une robe, ce qui accentuait encore d'avantage ce côté de la situation. Je lui souris et lui intima de s'asseoir à côté de moi en tapotant la place qu'il avait laissée vide à mes côtés.

- On ne va rien faire pour l'instant. On joue le jeu, comme depuis tout à l'heure. Cet homme n'est pas n'importe qui. Tant qu'il ne me cherche pas d'ennuis, alors autant attendre, d'accord?


Je caressais doucement sa joue, avant de l'embrasser en vitesse, comme d'habitude. Je le tirais par la manche pour le trainer sur la piste de danse. Je voulais m'amuser, oublier tout ça. Après un quadrille et une nouvelle valse, j'eus un autre problème: le soutien gorge s'était délogé du corset et mis de travers. Merde! Je plaçais mon éventail devant ma poitrine, cherchant à cacher ça. J'indiquais en vitesse à Leevo que j'allais aux toilettes.

J'y courrus le plus vite possible et enleva la robe pour réarranger mes ... nichons? Nan mais vraiment, quelle plaie ces trucs là! Comment les femmes pouvaient-elles les supporter? En plus c'est lourd! Heureusement, je pus bien vite les remettre en place mais se fut plus compliqué pour remettre la robe. Il n'y avait personne dans les commodités, hormis deux dames qui papotaient. Je réarrangeais ma robe devant le miroir. Bon, ça semblait aller... Réarrangeant mon maquillage, je ressortis comme si de rien n'était. Puis, une vision d'horreur s'afficha à moi: deux marmots de quelques années s'amusaient à jouer à cache-cache sous les jupes des dames. Il ne fallait absolument pas qu'ils viennent sous les miennes! Sinon une bosse qui ne devrait pas se trouver entre les jambes d'une dame pourrait bien les alerter, et donc griller mon déguisement.

Leevo semblait parler avec deux dames (enfin, si fixer son verre signifie faire la conversation pour lui) et je pus les entendre cancaner depuis la terrasse. Cette soirée, bien qu'amusante au début, commençait à m'angoisser; tout aurait pu être parfait si le Salaud n'était pas là. Puis, j'aperçus le labyrinthe de buissons, un peu plus loin. Un sentier reliait le dédale de verdure et la piste de danse.

Une idée me passa à l'esprit. Pas toute innocente mais bon, tant pis! Leevo n'avait qu'à pas me faire une déclaration aussi dévouée tout à l'heure. J'allais le rejoindre, lui indiquant que j'avais envie qu'on aille se promener. Quand je l'eus rejoins, le regard lourd et pesant du Connard me quitta, pour s'intéresser à une autre fille. Bon, ça au moins, c'est fait. Il a compris que c'était garde chassée.

Suivi de Leevo, nous nous aventurâmes vers le centre du petit labyrinthe et je lui offris un de mes plus beaux sourires. Enfin tranquilles.

- Je sais que tu n'aimes pas trop le bruit, alors ici on sera au calme, au moins.


L'elfe sembla apprécier le geste parce qu'il sembla moins crispé. Je m'approchais doucement de lui et posais délicatement mes lèvres sur les siennes, pour lui présenter un doux baiser. Il sembla lutter un instant, tentant de reculer mais, finalement, se laissa aller. Après quelques minutes de tendres embrassades, nous approfondîmes les choses. Il était grand temps que nos langues se mettent à valser également, après tout! C'est la fête! Alors qu'il tenait possessivement ma taille, une voix fluette se fit entendre, quelques couloirs plus loin.

- Shellhorn? Où êtes vous donc petit cachottier? Dame Sillae vous cherche vous savez? Je vous ai vu partir avec votre cavalière, vous ne feriez tout de même pas des cochonneries derrières les buissons, n'est-ce pas? Ha ha!


Je grommelais. Non mais de quoi il se mêle là?! Il est en train de casser un moment magique! Décidément je le hais. Et Leevo semblait tout aussi furieux... Je lui fis donc signe de rester cool, zen et détendu. Pas évident...


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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyLun 23 Avr 2012 - 20:42

Le vent disparaissait entre les haies sinueuses du labyrinthe ; il cherchait à déloger ceux qui s'y cachaient, à leur faire peur avec un bruissement de feuille, en sifflant quelques bruits sinistres dans les branches, peut-être.

Ça ne marcherait pas sur les deux êtres qui se trouvaient là. On entendait au loin les battements légers de l'orchestre qui donnaient à la nuit une ambiance duveteuse et douce, trop douce pour être abandonnée.

Leevo avait suivi Aoi jusqu'entre deux chemins tortueux et s'attendait peut-être à ce qu'il lui déballe un plan d'attaque, qu'il lui dise que finalement il ne voulait pas attendre et qu'il lui ordonne d'aller faire quelques diverses choses horribles et épouvantables à quelqu'un de bien précis.
Leevo n'était pas particulièrement mauvais, dans le fond, il ne s'était jamais demandé s'il aimait faire souffrir les gens, en venger d'autres, redorer des blasons et laver des honneurs, déjà parce qu'il ne savait pas ce que les trois quart de ces choses signifiaient réellement et puis parce qu'il était plus ou moins détourné, voir carrément placé à l'envers de la conception normale du bien ou mal. Si Aoi voulait qu'il massacre, qu'il crache, qu'il tue, il le ferait, point. Il avait vécu en faisant ce qu'on lui disait ou dans l'attente qu'on lui dise quoi faire et il s'exécutait. Pour l'instant, il attendait, donc.

C'est pour cela qu'il fut d'autant plus surpris quand Aoi se serra contre et commença à entreprendre ces choses desquelles Leevo avait essayé de se garder hors de portée depuis quelques-temps. Il ne se défendit pas bien longtemps pourtant, le désir avait ceci de particulier qu'il savait parfois se faire plus pressant que la foi, la vertu, les résolutions, les conséquences et la raison. Et puis les bulles d'alcools aidaient un peu, secrètement.

Il ne se refuserait donc à rien, pour l'instant, et tint Aoi, désireux. Il s'abandonna dans leur baisé, froissait le tissu de sa robe de ses mains possessives, fermes, empêchant une hypothétique fuite, un recul qu'il appréhendait toujours.

Il ne défit pas son étreinte quand l'éclat de voix retentit et la força même à rester sienne. Günar pouvait bien le traiter d'arriviste autant qu'il voulait, il pouvait bien se figurer être le maître d'Aoi, il pouvait bien croire détenir des vies et des avenirs sous la main pour une poignée d'argent, il ne lui prendrait pas ce moment. Il ne leur prendrait pas.

Il remonta ses mains sur le visage d'Aoi et l'obligea à rester collé à lui, à poursuivre l'échange d'air et d'écume langoureux. Ce n'est que lorsque des bruits de pas se firent entendre qu'il le lâcha et, apparemment, grogna de haine et de frustration. Il s'attrapa l'arrête du nez, baissa la tête et souffla. Il tenta de réunir ses esprits et de se souvenir du nom du connard qui les dérangeait et de sa durée de vie qu'il jugea très limitée alors. Puis il se détourna d'Aoi, boudant ses gestes qui lui intimaient de rester calme et hésita à prendre la direction de la sortie. Peut-être que s'ils ne faisaient pas de bruit, qu'ils faisaient les morts...

On appela encore dans un sillon non-loin. Leevo cracha un juron incompréhensible, a priori elfique au Destin, à Günar, à Dame Sillae et au monde entier en général et puis s’efforça de répondre d'une voix normale qu'il était par-ici et qu'il arrivait.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyMar 24 Avr 2012 - 9:50

Je soupirais et sortis mon poudrier pour remettre un peu de rouge à lèvre et essuyais celui qui se trouvait sur les lèvres de Leevo avec un mouchoir. Il semblait prêt à aller fracasser la tête de tous ceux qui se trouvaient dans le jardin, un peu plus loin. Je réarrangeais ma robe et nous partîmes pour sortir du labyrinthe. Après un quart d'heure de marche, nous étions à la sortie et Leevo se rendit prestement aux côtés de Dame Sillae. Elle voulait lui montrer tout un tas de parfums qu'elle avait déjà fait pour son ancien maitre. C'était d'un morbide.. Leevo était bien content de plus l'avoir dans les pattes et on n'arrêtait pas de le remettre sur le tapis!

Elle insista grandement et Leevo finit par accepter. Elle me l'avait pas proposer, à moi. Jalouse peut-être? Günar lui, était toujours à la charge. Pire qu'un taureau en rut. Il m'invita à danser, et je n'avais plus le luxe de refuser. Ses mains n'arrêtaient pas de tenter de me tripoter, c'était dégoutant! Qu'est-ce qu'il me voulait? Qu'il aille voir ailleurs! Enfin, c'est vrai qu'il n'y avait pas énormément de jeunes dames mais quand même! Il a au moins deux fois et demi mon âge!

Il essaya même de m'embrasser, à la fin de la danse. J'avais posé mon éventail entre nous deux et lui avait envoyé un regard plus que courroucé. Il fit mine de ne pas l'avoir remarqué. Je retirais donc ma main de la sienne et m'en allais vers la fontaine, énervé. Quel... Quel..! Et c'est qu'il me suivait, non mais! Je m'assis sur un banc et m'éventais, le regard froid. Il sourit.

- Allons donc ma chère, pouvez-vous bien me dire ce qu'a cet elfe que je n'ai pas?

- Peut-être certaines bonnes manières dont vous êtes totalement dépourvu? Il est gentil. C'est tout ce qui compte pour moi.

- Oh? Et moi? Ne suis-je pas gentil? J'ai beaucoup d'argent, je peux vous offrir ce que vous voulez?


Je ricanais intérieurement. Il n'a vraiment pas changé. L'argent, l'argent, l'argent... Tout ce qui compte à ses yeux c'est ça.

- Il me semble que vous faites mal la différence entre être riche et être gentil. Vous n'êtes pas mon genre, désolée.

- .. Votre genre? Vous préférez des anciens moins que rien à de vrais nobles?

- Et bien oui. Cela répond t-il à votre question?


Il semblait furieux. Furieux d'être devancé par un simple esclave. Je lui lançais un sourire radieux. Il grommela et partit. Quelque chose me dit qu'il n'était pas prêt de renoncer... Leevo revint, et il empestait le parfum. Mon dieu, elle le lui avait fait essayer ses mixtures odorantes?! Il grommela.

- .. Si nous rentions? On pourrait continuer ce qu'on faisait dans le parc, non...?


Je lui souris. Il grimaça un instant et accepta volontiers le fait de rentrer. Il alla dire au revoir à son hôte et nous nous dirigeâmes vers les voitures. Leevo avait loué une carriole pour la soirée. Sa colère semblait diminuer au fur et à mesure que nous rentions à la maison. Et pour une fois, les rues étaient calmes, au moins. Il sourit, même.

Une fois rentrés, j'allais me débarrasser en vitesse de mon maquillage. Mieux valait ne pas tâcher la robe, après tout, elle pourrait encore servir. Une fois démaquillé (ce qui clochait avec ma tenue raffinée, j'avoue) Leevo m'aida à enlever la robe et le corset. Il s'était arrêté un instant et avait regardé mes sous-vêtements d'un air pensif. Je rougis et lui grommelais d'arrêter de me reluquer. Une fois que j'eus enfin enfiler quelque chose de décent, je me laissais tomber sur le lit. Fiou... enfin rentrés.. Mais une pluie de baiser papillons dans ma nuque me tinrent réveillé. Alors comme ça il n'avait pas non plus abandonné cette idée..?
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyMar 24 Avr 2012 - 15:27

Dame Sillae fut bien surprise et déçue d'apprendre le départ avancé de son hôte si particulier. Elle avait longtemps cru à grande peine qu'il ne viendrait pas, qu'il ignorerait purement et simplement son invitation, chose qui l'avait démoralisée avant même que la lettre ne soit envoyée. Et puis finalement il avait montré le bout de son nez, avait égayé des curiosités farouches comme dans le bon vieux temps où Ervin Shellhorn faisait ses démonstrations homériques, et, surtout, des ragots indiscrets sur sa truculente compagnie.

La Dame, déjà épatée d'avoir vu l'elfe venir, et venir habillé en conséquence pour se confondre dans la masse noble, avait été encore plus penaude de voir quelqu'un à son bras. Elle s'était imaginé qu'il vivait reclus dans son manoir à ruminer une existence sans but, seul, et s'était peut-être même figurée pouvoir être une source de réconfort, voire un nouveau guide, voire une amie-et-un-peu-plus pour ce pauvre petit être perdu dans la marée du monde.
Elle avait beaucoup aimé cette dernière idée et avait mis du temps à l'accepter sans rougir ; il fallait dire qu'à son age, sans enfant – par principe seulement, elle se disait que si elle devait donner la vie, sûrement qu'elle ferait faire ça à une servante à sa place –, toujours en soif de nouvelle expérience, il devenait de plus en plus difficile d'attirer la sympathie des jeunes hommes et, pour diverses raisons historiques communes que nous ne prendrons pas la peine de citer, Leevo était une alternative, outre que charmante, exotique et pleine de vie, facile à appréhender.

Pour ne citer qu'une de ces motivations, nous dirons que l'invitation avait été envoyé dans le but de renouer un lien avec l'elfe et, comme elle connaissait trop bien les mœurs de, paix-à-son-âme, Ervin, elle avait jugé la tâche plutôt facile dès lors que Leevo aurait accepté de venir, serait venu et aurait, dans ses plans les plus farfelus, passé au moins toute la nuit en sa compagnie puisque, bien entendu, elle savait que les principes de l'éducation de l'elfe l'empêchaient de dormir et l'obligeaient à apprécier toutes sortes de ces choses qui mettraient son corps à l'épreuve. Elle savait également qu'Ervin s'était gardé de lui apprendre les « choses de la vie » et que donc, pour faire court, elle avait le champ libre.

Mais il y avait eu cette cavalière, jeune, belle, bien élevée apparemment, qui avait gâché tous ses plans et lui avait volé ses balades intimes dans ses propres jardins. Elle était persuadée, en plus, que c'était elle qui avait demandé à partir aussi tôt.
Elle s'était demandée si cette fameuse compagne n'était pas une catin parvenue, déguisée pour l'occasion et qui avait réussi à mettre le grappin sur Leevo en jouant de sa naïveté. S'imaginant qu'il méritait mieux, elle avait alors proposé à l'elfe, au moment de son départ, de se revoir très vite et avait tenté de glisser quelques faux prétextes dans ce sens dans le creux de son oreille.

Plus tard dans la soirée, Sir Günar vint la voir et ils crachèrent respectivement sur leurs rivaux. Peut-être même qu'une alliance se mit en place entre deux bouchées de pâtés en croûte.

***

Loin de toutes ces conspirations, dans le manoir Shellhorn, Leevo et Aoi étaient rentrés depuis un petit moment déjà et l'un d'eux – celui aux oreilles les plus longues – tentait d'étouffer les petits maux au cœur qu'avait provoqué le retour en carriole et s'était sitôt empressé de balancer ses chaussures dans les ombres de l'oubli du débarras. Il avait également aidé son camarade à retirer ses artifices, non sans que ses gênes d'elfe des bois ne se mettent à le faire penser que le naturel était décidément bien plus agréable que n'importe quel petit sac de farine en cuir, et avait ensuite admiré la métamorphose s'inverser.

La nuit était déjà bien avancée et les souvenirs de la soirée déjà un peu flous avaient laissé leur place à une envie irrésistible, dictée par un consensus étrange entre le corps et l'esprit, qui voilait tout des minutes antécédentes, des heures de frustrations et des jours de promesses.
Il ne restait qu'une envie prenante d'achever quelque chose entreprit plus tôt et de, quitte à tomber dans des histoires sordides jusqu'au cou, y prendre un réel plaisir.

Alors qu'il luttait encore un peu avec ses pensées tenaces, Leevo, qui s'était glissé derrière lui, laissa tomber sa tête dans la nuque d'Aoi et s'y frotta délicatement, à sa grande surprise, peut-être. Il souffla un soupir chaud sur sa peau, parut prendre une décision et entoura sa cavalière redevenue homme d'un tour de bras affectueux pour le ramener tout contre lui. Il fit voyager son zéphyr sans réelle destination exacte entre les omoplates offertes à lui, saccagea un peu sans trop le vouloir la coiffure travaillée de son ami, lui effleura des lèvres l'oreille et lui susurra qu'il lui appartenait, d'une voix basse, emprunte de magie.

Tout son corps était devenu bouillant, volcanique et crépitait silencieusement de lumière sous ses habits. Les sillons sur ses mains avaient été les premiers à s'allumer et faisaient glisser une chaleur humide sur le torse d'Aoi avant d'entreprendre de lui retirer lentement le haut qu'il venait tout juste de mettre. Les stries du menton de Leevo, quant à elles, tantôt effleuraient, tantôt écumaient les creux du cou à leur portée et soulignaient l'ossature dessous elles d'une couleur qui la rendait encore plus désirable.

L'elfe devenu entreprenant resserra encore son étreinte, la faisant de nouveau possessive, asservissante voire tyrannique lorsque l'une de ses mains remonta dans le cou du Séraphin pour y presser ses griffes âpres tandis que son autre main, lascive, dévalait doucement des pistes interdites...

***

Leevo laissa son compagnon peu après l'avoir regardé s'endormir et, silencieusement, était allé décrocher le tableau de son maître pour se rendre dans son bureau et discuter avec lui longuement de la marche à suivre quant à la suite des événements. Il lui semblait inévitable de devoir se purger maintenant. La question était de savoir quelle quantité exacte de sang serait nécessaire pour rétablir l'ordre des choses. Il jugea finalement d'un commun accord avec la mine sombre de la tapisserie que ça serait au Dieu des Songes d'en décider lui-même et disparut dans les sous-sols qui menaient à la cave de l'Inquisition.
Il n'en revint pas même après les premiers rayons du soleil.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyMer 25 Avr 2012 - 11:53

J'ouvris péniblement les yeux, le soleil ayant déjà montré le bout de son nez. Je grommelais avant de me redresser un peu... et de me recoucher de suite, en grimaçant. Et ben... l'alcool ça aide peut-être à lui faire traverser les interdits mais il n'y va pas de main morte... A que bobo... Me décidant tout de même à me lever, j'enfilais un peignoir et partis à petits pas vers la salle de bain. L'expression "avoir un bâton dans le cul" illustrait bien ma démarche pour le moment et se trouvait drôlement révélatrice. Je fis remplissais la baignoire en vitesse et plongeait au milieu des bulles et de l'eau délicieusement chaude.

Alors que mes muscles commençaient à se détendre, je réfléchissais à ce qu'il s'était passé hier soir... pendant le bal, s'entend. Cette dame Sillae n'arrêtait pas de zieuter sur Leevo. Yerk. Je comprenais pourquoi il n'avait pas envie d'aller la voir, au moment de partir. Quant à Günar, il n'a pas changé. Mais je trouvais une certaine forme de vengeance dans le fait qu'il ait eu le fameux et très recherché Aoi sous les yeux sans comprendre que c'était lui. Et l'avoir dragué, qui plus est. C'était amusant, et je suis certain qu'un sourire sadique pouvait se voir sur mon visage en ce moment même.

Je sortis de l'eau quand je commençais à sentir qu'elle se rafraichissait. La douleur dans le bas de mon dos n'était pas passée, et je m'étais résigné à aller prendre quelques concoctions anti-douleur pour calmer ça. Et surtout, avoir une démarche normale devant Leevo. Sinon il va culpabiliser et ça sera fini à jamais de ce côté là. D'ailleurs, une remarque s'afficha d'elle-même dans mon esprit: il était vachement possessif et dominant dans ces moments là! Faut croire qu'il rattrape pour compenser avec ses années de servitudes...

Je m'habillais en vitesse de quelques simples habits et allais me préparer une tartine de jambon? Je m'interrogeais un moment sur "mais où a bien pu disparaitre Leevo?" quand on sonna à la porte d'entrée, j'entendais la cloche sonner. Je fronçais les sourcils. Qui pouvait bien venir ici? Personne ne s'aventurait jamais ici! Je réfléchis quelques instants... avant de me rappeler de Günar et de Sillae. Merde! Ils savent où Leevo habite! ... Je suis censé être une fille! Au secours, c'est foutu! Quoi que... Y'avait des robes dans une des chambres... Suffit que j'en trouve et que je file dans ma chambre me rhabiller!

Je filais aller chercher deux ou trois robes qui trainaient dans une armoire, couverte de papiers, et je filais dans ma chambre avant de voir, au passage, Leevo aller ouvrir la porte. Non! Non, non, non, noooon! Dire que c'est moi qui lui ai appris à ouvrir quand ça sonne (j'étais généralement trop occupé pour ouvrir quand on recevait des commandes de l'épicier)... Je filais dans ma chambre et la course du combattant commença. J'enfilais mes sous-vêtements de la veille, serrant le corsage le plus fort possible, le fixant au mieux. Vive les grands miroirs, vraiment...

Il me fallut un bon moment avant d'en finir avec le corset et l'attacher plusieurs fois pour être certain de ne pas être démasqué. Je m'arnachais dans mon faux soutien gorge et en mis un deuxième par dessus. J'enfilais ensuite les porte-jarretelles, bloomers, bas et compagnie. La robe suivi bien vite. Elle n'était faite que dans un tissu normal mais la coupe était jeune et inspirait la fraicheur. Bien que le blanc ait un peu terni, ce n'était pas grave.

Alors que je brossais vite mes cheveux et terminais mon maquillage (très simple, cette fois), la porte s'ouvrit à la volée pour dévoiler... Sir Günar.

- Et bien ma chère, il faut croire que vous n'êtes pas du matin.


Je lui jetais un regard courroucé.

- SORTEZ IMMÉDIATEMENT DE MA CHAMBRE!


Il parut étonné, s'excusa en s'inclinant bien bas et sortis. Je manquais de m'effondrer en larmes. Vraiment, timing parfait... Après m'être calmé, je sortis de la pièce et m'assis dans un fauteuil, mimant la bouderie féminine. Leevo me regardait avec de grands yeux. Quoi? Fallait bien que je fasse quelque chose! Dame Sillae était là, elle aussi. Je grommelais en voyant comment elle lorgnait sur le torse à moitié découvert de mon cher elfe. Il est à moi, dégage grosse pintade!

- Et bien, et bien, vous êtes donc plus proche que je ne le croyais vous deux! Ha ha! Mon cher ami, vous vous êtes donc trouvé une fiancée?

- Fiancée? Peut-être mademoiselle était-elle un peu fatiguée hier soir et s'est permise de rester loger chez notre cher elfe? Il fit le tour de la pièce. Remarquez, au niveau de la tenue de la maison, on peut trouver mieux.


Je lui lançais un regard en coin.

- Peut-être. Mais au moins, lui, il n'entre pas dans les chambres des dames à l'improviste.

- Vous m'en voulez toujours pour ça?

- Bien évidemment!


T'as failli me voir en homme, certainement que je suis énervé! Dame Sillae s'éventa.

- Et bien, et bien... Pourquoi ne sortirions nous pas tous ensemble? Nous pourrions aller manger quelques petites choses dans des restaurants, non?
Elle lança un regard enjôleur à Leevo. Et puis, je connais un endroit où il y a une excellente cave, vous qui aimez tant le vin!


Leevo lançait des regards peu rassurés à la Dame alors qu'il fusillait du regard Günar, qui tentait encore et toujours de me tripoter. J'attrapais mon éventail et m'éventais un peu. Signe chez une dame, quand elle se tient aussi droite que moi, qu'elle était quelque peu énervée par la situation. Quoi que, moi, c'était pas vraiment ça la raison...
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyMer 25 Avr 2012 - 21:05

Leevo était resté un long moment allongé sur l'autel central, qui faisait aussi office de table, de la salle de réunion de l'Inquisition. Il s'était déshabillé pour faire corps avec les aspérités de la pierre, comme son Maître lui avait toujours appris à faire, et avait longuement regardé le plafond vouté, sans fixer de point en particulier, cependant.
La grande Roue de la Libération, qui n'était pas si grande que ça, reposait paisiblement sur son torse et avait semblé, si elle avait été pourvu d'yeux, compatir à sa détresse.
Elle était, la Roue de la Libération, un assemblage rudimentaire de tronçon de bois creux d'une vingtaine de centimètre de diamètre, empilé dans un manche qui permettait de faire tourner le tout afin, soi-disant, d'indiquer les pensées les plus profondes du Dieu des Songes quant à la manière qu'Il avait choisi de soulager les maux physiques de celui qui actionnait le mécanisme. C'est pour cela qu'il y avait plusieurs cases gravées dans le bois et une flèche sur le côté immobile qui était censée désigner ladite manière.
Censée. La flèche n'avait rien désigné. Les cinq fois.
Elle s'était obstinée à toujours s'arrêter entre deux cases, au grand désarrois du joueur de roulette. On aurait pu croire que c'était une chance, que quelqu'un veillait au-dessus de lui et avait abusé de tout son réservoir de miracle pour lui sauver la mise quand on savait ce qu'il y avait d'écrit dans les cases.

Il n'en était rien. Au contraire, même, l'entre-deux était pire que tout le reste. C'était un mauvais augure; ça voulait dire que le lanceur était en faute grave, tellement grave qu'il n'existait aucune punition pour nettoyer l'affront.
Il n'y en avait pas eu. Pour les cinq fois.

Bien que Leevo s'était attendu à ce genre de privation de pensum, qu'il méritait donc, qu'il acceptait de fait, il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet. Lui n'aurait rien. Mais qu'est-ce qu'il arriverait à Aoi à cause de lui, maintenant ? Est-ce qu'on allait venir le capturer, le traîner de force dans un coin, le frapper, l'enchaîner, l'enfermer, le suspendre en l'air dans une cage, comme la dernière fois ? Qui allait venir leur causer des problèmes ? Dans quel genre d'histoire le Destin allait-il les plonger maintenant ?

Voilà ce qu'il avait passé la nuit à se demander, caressant ses stries du bout des doigts, frissonnant sous les serpents de lumière qui suivaient sa main, hésitant à se punir malgré tout, sans savoir qu'au petit matin, tandis qu'il revenait dans le manoir et retrouvait ses habits de cuir, les réponses à ses questions sonnaient déjà à la porte.

Il était allé ouvrir, sur le qui-vive, une main sur le manche de son coutelas, armé de son air de conspirateur.
Lequel se changea en un air ahuri quand il découvrit Dame Sillae sur le pallier, d'abord, et qui se transforma en quelque-chose d'indéfini, qui ressemblait, en somme, à un conspirateur-qui-rencontre-un-évènement-auquel-il-n'avait-pas-pensé-dans-sa-conspiration-et-qui-est-alors-encore-plus-étonné-qu'ahuri, lorsqu'il se rendit compte, donc, qu'elle était accompagnée de Sir Günar.

Il resta idiot un long moment en tenant la porte, hésitant à leur proposer d'entrer. Immédiatement, il les soupçonna d'être envoyé par le Destin. Il chercha un indice, une broche étiquetée, des menottes, une massue, quelque-chose sur eux qui aurait pu lui indiquer qu'ils préparaient bien un mauvais coup. Leur seule présence aurait pu suffire à en attester.

Faisant comme si elle était chez elle, parce qu'elle admettait qu'elle était partout chez elle, Dame Sillae entra et dévora l'elfe à peine habillé des yeux. Un bon parti, se dit-elle, et elle entama une conversation enveloppée de son parfum de cyprès, lilas et genévrier. « Sentor du premier jour », il s'appelait.

Comme si ça avait été volontaire, donc, la conversation qui s'engagea entre l'hôte et l'invitée surprise empêcha l'elfe de surveiller Sir Günar et de le retenir cloué contre un mur. Avec de vrais clous et un vrai mur. Il resta interdit en le voyant revenir peu après de la chambre d'Aoi et tenta, en vain, de garder le contrôle de sa maison.

C'est alors que le Séraphin arriva, retransformé en femme, comme si une magie imprenable opérait. Leevo loucha sur Günar qui louchait sur Aoi en ne put contenir les nouveaux serpents de lumière éphémères qui remontèrent les sillons de sa peau. N'importe comment, à chaque fois qu'il faisait « ces choses de la vie » avec son ami, ses émotions se mettaient à s'agiter toutes seules dès que quelqu'un osait avoir des regards ou des gestes pas très normaux envers lui. Il faudrait qu'il lui demande un jour ce que c'était ; mais pas maintenant, ce n'était pas le moment. Ça n'était pas non plus le moment de demander ce qu'était qu'une fiancée : Dame Sillae était en train de leur proposer de sortir et, bien qu'elle avait très bien saisi quels arguments mettre en avant pour attirer la sympathie de l'elfe, celui-là ne desserra pas les dents et lança un regard à Aoi.

Les mauvais augures remontèrent du fond de sa tête pour lui parfumer la bouche d'un goût de fer blanc. Il ne voulait pas sortir. Il ne voulait pas risquer qu'il arrive quelque chose à Aoi. Il ne voulait pas que Günar s'approche de lui et il n'avait pas voulu que Dame Sillae rentre. Elle était pourtant rentrée. Et Günar s'approchait toujours.
Voici ce qu'il ne put donc pas s'empêcher de dire, alors :


- Arrêtez-ça de suite, esclavagiste. Sinon je me verrai dans l'obligation d'arranger vôtre tenue à l'image de celle de cette maison. Ça ne vous plaira pas, garantit-il avant de se faire empoigner l'épaule doucement par une main gantée de cuir.

- Calmez-vous mon cher, c'était juste pour la taquiner un peu, fit Dame Sillae. N'est-ce pas Sir Günar ? Rien de bien méchant. J'aimerai vraiment que nous sortions faire un tour, tous les quatre. S'il-vous-plait ! Ça me ferait vraiment plaisir de vous offrir le repas. Vous nous raconteriez comment vous vous êtes rencontrés, elle jugea le regard que lui jeta Aoi, ou n'importe quoi. C'est juste pour sortir et passer un bon moment ensemble.
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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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[CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} _
MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyJeu 26 Avr 2012 - 11:20

Je ne pus m'empêcher de penser à une caricature de cette dinde dans ma petite tête. "C'est juste pour sortir et avoir un bon moment ensemble!" Tu parles! Ça voulait surtout dire "On va en profiter pour te déloger des bras de ta chère princesse!" ... Mais bref, je soupirais. On n'y couperait pas. Je préférais encore qu'elle nous embête de sortie plutôt qu'ici. Non mais c'est vrai quoi ! Qui aurait l'idée de s'incruster de cette manière chez les gens?

Je m'éventais et, soupirant, j'indiquais que j'allais changer de robe pour sortir. Leevo me suivit et joua les gardes du corps en surveillant ma porte. J'enfilais une robe de couleur kaki qui avait une coupe dynamique. Ca irait très bien, et si ça plait pas, tant pis! Je me remaquillais et sortis, sous le regard un peu mal à l'aise de l'elfe.

La Dinde et le Bouffon semblèrent ravis de nous savoir de sortie. Leevo mitraillait toujours autant Günar du regard. Ils nous indiquèrent qu'ils étaient venus en voiture, jusque chez nous, avec quatre chevaux, pour aller plus vite. Nous montâmes donc tous à l'intérieur. Dame Sillae n'arrêta pas de faire des remarques sur "les maisons pittoresques de ce quartier qui ne valaient pas la sienne" qui voulait bien sur dire qu'il valait mieux à Leevo qu'il emménage chez elle.

Après une demi heure de trajet, retardés par la foule, nous arrivâmes enfin dans les quartiers plus-que-riches où s'étalaient nombre de boutiques de luxe et de restaurants fabuleux. Si on m'avait dit un jour que j'y mangerais, je n'y aurais jamais cru. Après avoir été placé, nous commandâmes chacun un petit quelque chose comme entrée et je grommelais intérieurement à l'idée de devoir diner avec cette folle... Elle n'arrêtait pas d'insinuer des choses sur Leevo et moi, quant à Günar il aimait à descendre d'avantage son rival.

- Et bien donc, nous attendons toujours! Comment vous êtes-vous rencontrés?


Leevo baragouina quelques mots et, de mon plus grand sourire j'expliquais que nous nous étions rencontrés dans une boutique de vins, alors que je cherchais un cadeau pour mon frère. Il m'avait aidé à faire un choix, parce que je buvais pas tellement d'alcool, je n'aimais pas ça. Puis nous avons continuer à faire un tour ensemble et nous nous sommes revus régulièrement après ça. Simple comme histoire, pas trop recherchée.. En gros: efficace. Je souris intérieurement. Je mens comme je respire... Leevo affirma mon récit d'un hochement de tête.

L'homme insinua tout un tas de choses pour le penchant de Leevo sur l'alcool. Quant à la dame, elle s'étonna qu'une dame de la société ne puisse pas connaitre les vins. Je me décidais donc à me donner une bonne raison de me détester: j'expliquais que j'étais une parvenue, une bourgeoise. Que mon père avait gagné beaucoup d'argent grâce aux rentes qu'il recevait des locataires de ses nombreuses propriétés et que nous vivions bien, malgré le fait que nous n'aurions jamais autant d'argent que les nobles. Sa machoire se contracta quand j'eus finis mon explication. Elle a été évincée par une parvenue, vous imaginez l’humiliation?

- Et bien, ma chère, il faudrait peut-être remédier à vos quelques lacunes envers l'étiquette et la bienséance, n'est-ce pas? Ça ne se fait pas de partir si tôt d'une fête...


Je souris. Je l'avais piquée au vif.

- Excusez moi, je prendrais bien des cours. Rappelez moi, une dame doit toujours se permettre de s'inviter dans une demeure où elle n'a pas été conviée, c'est bien cela?


Sa mâchoire se contracta un peu mais elle s'adoucit avec un sourire faux. Faux et mauvais. Une dame ne doit jamais s'inviter chez les gens, elle doit toujours s'être faite annoncée au moins plusieurs jours plus tôt, sinon ce serait vraiment impoli. C'est décidé; la guerre est déclarée!



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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyJeu 26 Avr 2012 - 14:02

L'elfe triturait sa fourchette, pensif, et lançait quelquefois des regards au tour de table. Les piques fusaient dans les discours, le taux de fer et d'acide dans les mots flirtait avec les limites autorisées d'extraction et aurait pu, Leevo n'en douta pas, se matérialiser dans l'air pour tantôt clouer Aoi sur sa chaise, tantôt crucifier Dame Sillae. Quant à Günar, il espérait simplement qu'il s'étouffe avec ses propres mots et en meure, tôt ou tard.

Tandis, donc, que les figures de rhétoriques s'envoyaient et se renvoyaient, il avait pris le temps de faire attention au moustique des souvenirs qui bourdonnait dans sa tête depuis qu'Aoi avait enfilé sa robe. C'était celle de la fille adoptive de son maître, une gamine à peine plus jeune que lui qui, en somme, avait été un bourreau bien plus cruel et imaginatif dès l'age de six ans que n'importe quel tranche-tête tout juste sorti de sa formation.


- Vous avez tout à fait raison à ce propos, faisait Dame Sillae de son côté, mielleuse. Mais je crois qu'on peut légèrement passer outre les règles de bienséances quant un camarade et ami rencontre quelques difficultés récalcitrantes. Nul doute que dans ses yeux ces deux derniers mots pointaient Aoi.

C'est sur cette phrase que l'entrée arriva, commandée d'avance. Un mélange de légumes colorés et de morceaux de choses sous-marines qui dégageaient des odeurs d'iode. Dame Sillae posa une main chaude sur le bras de Leevo, le remercia gentiment d'être venu et espéra qu'il soit aujourd'hui dans un jour de non-jeun. Elle montra ainsi à sa rivale, d'une façon subtile et fourbe à la fois, qu'elle connaissait réellement les mœurs de l'elfe.

Celui-là loucha sur son assiette sans aucune envie, à la différence de Günar qui avait, à en juger par son sourire, pleins d'idées dans la tête. Des idées dans lesquelles l'image d'Aoi apparaissait non-stop, certainement. L'elfe lui lança un regard mauvais et entreprit de commencer une conversation au sujet des esclaves.

On aurait pu croire qu'il faisait une fixation, ce qui était bien vrai, au fond. Il voulait essayer de comprendre ce qu'il y avait dans la tête des maitres – bien qu'il le savait déjà : des conneries et des histoires d'égo-surdimensionnés – et de ceux qui vendaient des vies – il le savait aussi : des conneries et des histoires d'égo tout autant surdimensionnés.

Quelques insultent volèrent par-dessus les assiettes quand Günar sous-entendit qu'il pouvait exister des pré-dispositions à être esclave et que les gens venaient, contrairement à tout ce qu'on pouvait croire, les trois quart du temps d'eux-mêmes demander du travail. Ils n'étaient pas tous sauvages, désœuvrés, enfermés de force (quoiqu'ils étaient tout de même enfermés) et ne rechignaient pas à la tâche. Leevo lui répondit qu'il n'était qu'un idiot qui s'imaginait être en bon droit pour juger du destin des gens et qu'il ne méritait rien d'autre que finir ses jours au service d'un maniaque à l'imagination fulgurante, ce à quoi l'autre lui répondit que l'elfe n'avait rien d'un bon esclave, il n'avait même rien d'un bon elfe ; il n'était visiblement bon qu'à servir de cobaye et que s'il devait aujourd'hui se faire revendre – chose qu'il insinua comme possible –, il ne vaudrait pas grand chose. Il dit exactement que la soupe donnée aux marchandises en cours de vente couterait plus cher. Ce qui fit rire Leevo de rage qui hésita à se lever pour en finir.

Dame Sillae calma le jeu en agitant les mains d'un mouvement apaisant et lança un :


- Sir Günar, je ne crois pas que nôtre ami, dans l'hypothèse où il redeviendrait un serviteur, coûte aussi peu cher. Et ce n'est pas très aimable de vôtre part de vous lancer dans ce débat. Bien que ce puisse être amusant... Combien je coûterai, moi, si j'étais une esclave ? Demanda-t-elle en tournant des yeux amusés vers le concerné, comme s'il s'agissait d'une bonne blague entre amis.

- Oh... Sûrement très très très cher. Puisqu'il faudrait aussi livrer toute vôtre armée de servants avec.

Petit rire délicat entre les deux partis. Leevo regarda Aoi et voulut soudainement l'emmener très loin.

- Et dame... dame... dame comment, déjà ? Demanda encore Dame Sillae en direction d'Aoi. Tous les yeux étaient maintenant braqué sur lui. Enfin, sur elle.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyJeu 26 Avr 2012 - 14:45

Je les regardais débattre sur les prix que pourraient bien avoir Leevo et eu des envies de meurtre. Aucune vie ne mérite d'être évaluer par un pesant d'or. Aucune. Je me figeais d'horreur en voyant la Pintade plaisanter, en demandant quel prix elle pourrait bien avoir si elle fut un jour esclave. Comment peut-elle plaisanter d'un sujet aussi sérieux?! Comment peut-être même avoir l'idée de demander?! Je sentis mon visage se décomposer, tant la fureur, la honte et la tristesse se mélangeaient en moi. J'étais mal à l'aise... Je voulais partir. Partir loin. Sinon je vais devoir entendre des choses qui font mal...

- Et dame... dame... dame comment, déjà ?

Tout le monde me fixait. Je ne le remarquais qu'après quelques minutes évidemment, bien trop perdu dans mes pensées. Je plantais ma fourchette rageusement dans deux crevettes et les touillaient dans la sauce qui stagnait à leurs côtés. Vite, un nom! Un Nom!


- ... Vous n'avez qu'à m'appeler Hannah. Mon nom n'a pas tellement d'importance, il pourrait bien changer d'ici quelques temps...


Je lançais un magnifique sourire à ma voisine de table qui fulminait dans son coin. Je me permis de déguster mes crevettes et les avalait en vitesse, manquant de m'étouffer. Günar s'était amusé face à ma reflexion et s'apprêtait à ouvrir sa grande gueule.


- Et bien, je peux approximativement donner un prix. Ca serait dans une tranche de..

- Je ne veux pas savoir combien je pourrais être vendue. Je trouve ça d'un mauvais goût... C'est écœurant, j'en ai presque l'appétit coupé...


L'esclavagiste sembla déçu et s'excuse piteusement. Je sautais sur l'occasion.


- Je profite de cette discussion pour vous poser quelques questions: comment sont les conditions de vies pour vos esclaves? Un esclave en bonne santé est un esclave qui se vend bien, non?


Il gratta son début de barbe un moment et soupira.


- Ce n'est pas toujours très enchanteur de travailler là-dedans, vous savez. On les nourrit une fois par jour, et on les lave régulièrement aussi. Les cages sont assez grandes, donc ils peuvent avoir une certaine liberté de mouvements. Même si ils sont récalcitrants, on est plutôt... Gentils, avec eux.


Ne lui plante pas ta fourchette dans la carotide, ne lui plante pas ta fourchette dans la carotide, ne lui plante pas ta fourchette dans la carotide... Un beau tissu de mensonges! Ils veut se faire bien voir, hein? On dit pas les côtés mauvais et on embellit toute l'histoire? Nourris tous les jours? Tu parles! Je suis déjà resté plusieurs nuits sans manger! Liberté de mouvements? Fadaises! Je pouvais à peine étendre mes jambes... Gentils?! Combien de coups n'ai-je pas reçu par ses larbins? Je le hais.. JE LE HAIS! Je continuais à manger, passant ma rage sur les fruits de mer.


- .. A vous entendre vous êtes un saint homme.

La réponse parfaite. Il ne semblait pas cerner si c'était un compliment ou une moquerie. Satisfait, je terminais mon assiette, alors que Dame Sillae semblait avoir trouvé une nouvelle offensive. Comment? Je le voyais par son regard. Alors que nous commandions, le Salaud se permit de remplir mon verre à vin de ... vin. Je haussais les sourcils, avant de remarquer son large sourire. Quoi, il espérait me souler? Leevo, qui avait déjà vider le sien, s'empara du mien. Je le remerciais d'un sourire tandis qu'il dardait Günar d'un regard moqueur.

Alors que je dégustais le plat principal, la bonne Dame donna un coup dans la table "sans faire exprès" qui eut comme conséquence qu'une tâche de sauce décora la jupe de ma robe. Je lui envoyais un regard plus qu'irrité mais elle se contenta de glousser en s'excusant. Mon voisin de table, Günar, s’empressa d'appuyer une serviette de table sur ma cuisse, pour "faire disparaitre la tâche". L'excuse! Sa main sembla remonter dangereusement et je lui donnais une tape sur le dos de la main avant de continuer à éponger moi-même, rouge tomate. Ma réaction amusa la Grosse qui ricana.


- Allons, vous êtes bien prude, jeune fille! Ne vous êtes donc jamais faite courtisée?

- Si, si... Même peut-être un peu plus.. Je lançais un regard appuyé sur Leevo. Mais je n'aime pas me conduire avec légèreté en société.


La Gourde voyait rouge. Un point pour moi... Leevo continua une conversation sur les esclaves avec Günar tandis que je continuais ma joute verbale déguisée avec Dame Sillae. Ceci dura jusqu'à ce que le dessert arrive. La dame s'était permise de commander à ma place, de manière à ce que je découvre une nouveauté très "cocasse et amusante" en matière de desserts. Je blêmis en voyant ce qu'était le fameux dessert. Dans une coupe de verre, deux boules de crème glacée à la vanille recouvertes de chocolat fondu avec une banane déposée de manière... judicieuse dessus. De la crème chantilly et du chocolat entouraient le tout. Elle ricanait derrière son éventail, la Dinde! Je rougis intérieurement. Ne pas penser à la veille, ne pas penser à la veille... Puis je remarquais le regard appuyé de Günar qui attendait de voir comment j'allais attaquer ça. Et vu le regard lubrique, il imaginait tout autre chose dans sa petite caboche... Pour lui démonter un peu ses pensées libertines, j'attrapais ma cuillère et tranchais net le fruit, avant d'en prendre une bouchée. Il blêmit quelques instants. Ah oui, forcément si il pensait à autre chose, ça casse un peu tous les effets... Je souris à la dame.

- C'est plutôt amusant.. En effet.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyJeu 26 Avr 2012 - 16:22

Il avait clairement tiqué quand Günar s'était penché sur Aoi, ou plutôt Hannah, pour lui éponger la robe. Les émotions avait de nouveau fumé d'elles-même sur le corps de l'elfe et il avait serré les poings sur la nappe pour se contenir.

Leevo restait maintenant interdit depuis l'arrivée du dessert. Il n'était pas doté d'un fabuleux sens pour comprendre les sous-entendus et les métaphores, mais là, il sentait que l'atmosphère avait changé ; ça sentait l'allusion à plein nez.

Par la suite, Günar lui proposa d'aller fumer un cigare sur la terrasse du restaurant, afin de laisser les demoiselles discuter de chose de demoiselles.

Leevo refusa. Dame Sillae lui assura qu'elles ne risquaient rien, alors il refusa encore. Elle lui assura avec sympathie qu'il pourrait les surveiller de la fenêtre, s'il s'inquiétait, et il se fit embarquer par les épaules de force.

La terrasse offrait une vue surprenante sur la cité. Surprenante parce qu'on ne voyait rien de ladite cité. Tout était entouré d'une haie fleurie qui se pavanait sauvagement sur un mur de pierre et offrait un isolement parfait aux clients.

Un serveur arriva peu après et leur tendit une boite à cigare au-dessus de laquelle Sir Günar fit papillonner ses doigts un long moment. Leevo refusa platement la chose, ne sachant pas exactement ce que c'était entre de la nourriture et du parfum. Ni l'un ni l'autre ne lui paraissait appréciables, de toute façon.

Günar haussa les épaules en renvoyant le serveur d'où il venait après qu'il ait allumé son cigare et entreprit très volontaire de cracher toute sa fumée nauséabonde sur l'elfe. Celui-ci le transperçait des yeux même à travers la petite brume.


- C'était très surprenant de retrouver Hannah chez vous, ce matin... Hm... Vous n'auriez pas fait quelques petites choses, hein ? Par hasard ? Günar lui décocha un coup de coude dans les cotes, faussement complice. Allez, racontez-moi ! Entre homme et elfe, on peut tout se dire !
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyVen 27 Avr 2012 - 12:09

Je soupire et termine mon dessert le plus vite possible. Dame Sillae s'éventait, assurant qu'elle mourrait de chaud ici. On nous apporta deux grands verres de champagne. Elle n'avait toujours pas compris que je ne buvais pas? Je grommelais et en reniflais le contenu. Il avait une drôle d'odeur. Pas qu'il soit périmé ou quelque chose comme cela, non. Une odeur de "quelque-chose-qu'on-a-ajouté-dedans-et-que-tu-ferais-mieux-de-ne-pas-boire". Aux premières effluves, je pus en conclure qu'ils avaient broyer diverses plantes anesthésiantes basiques avec autre chose. Je reniflais plus longuement et détectait enfin l'odeur âpre d'un champignon hallucinogène qui poussait dans les montagnes. Fin. Très fin, comme réaction. Je lui pique sa cible et elle veut me droguer? Magnifique, vraiment. Je reposais le verre sur la table, prétextant que je n'en avais pas la moindre envie, mais que, si elle s'en sentait l'envoie, elle pouvait le boire à ma place. Étrangement elle refusa. Comme c'est bizarre, vraiment!

Elle commença alors à critiquer ma robe. Comme quoi elle semblait avoir déjà bien vécu. Je lui souris poliment, indiquant que comme j'avais passé ma nuit chez Leevo, je ne pouvais malheureusement pas aller chercher des affaires dans ma propre garde robe et qu'il m'avait gentiment prêté cette robe. Elle sembla encore plus furibonde qu'avant. Je me contentais de boire mon verre d'eau, lançant quelques regards à la fenêtre; que Leevo revienne vite, pitié! Je ne peux plus supporter cette pintade! Et je veux retirer ce corset! Il me serre beaucoup trop! En gros: je voulais rentrer.

La Pintade commença à critiquer mes manières: ça ne se faisait pas de se faire appeler par son prénom, de refuser une invitation ou de répondre à un homme. Balivernes. Elle voulait surtout que je me laisse marcher sur les pieds. Elle prétexta qu'une petite poulette sans expérience n'apporte rien de bon à notre cher elfe. Je lui répondis simplement qu’apparemment il préférait tout de même les Poulettes aux Dindes d'un âge avancé. Et les hommes revinrent assez tôt pour éviter qu'on ne s'entre-tue. Günar n'arrêta pas de descendre Leevo à la moindre occasion. Son sujet de conversation? Les esclaves, les esclaves, les maitres excentriques, mon popotin, les esclaves. Je n'avais qu'une seule envie: attraper sa tignasse et lui coller son nez dans le reste de ma crème glacée. Peut-être se taira-t-il enfin, après cela.

Leevo semblait de plus en plus à bout. Et enfin, après deux heures de combat acharné, nos chers amis et convives (Herm herm...) daignèrent enfin nous ramener à la maison. Ils avaient tenté de s'inviter de nouveau mais Leevo lança un regard mauvais à la Dinde et elle comprit bien vite que l'elfe avait atteint les limites de sa patience aujourd'hui. J'étais resté une bonne heure à surveiller qu'ils étaient bien partis et mis le verrou à la porte. J'étais à bout de nerfs et une seule solution s'offrit à moi: un bon bain chaud avec beaucoup de bulles.

Je plongeais une nouvelle fois dans l'eau bouillante de la bassine en cuivre et me laissais aller contre la paroi de métal. Le stress retomba, un peu. Toute la journée je n'avais eu que des pensées paranoïaques: va-t-il voir que c'est moi? Vais-je faire un geste qui va me trahir? M'a-t-il déjà reconnu? Va-t-il me faire mal à nouveau? Günar ne sortait plus de ma tête, je commençais à paniquer. Il savait où Leevo habitait, ça devenait dangereux. Mais je n'avais pas envie de partir... J'avais enfin pu avoir du repos. Ma gorge se serra. Tout ça me prenait la tête, j'avais besoin d'évacuer. J'ouvris le robinet à son maximum afin que Leevo ne m'entende pas pleurer: je n'avais pas envie qu'il s'en veuille. Après quelques minutes, je finis par me calmer, entre deux sanglots. Je lavais mon visage et attendit que mes yeux reprenne une couleur normale avant de sortir et m'habiller.

Je n'avais même plus faim. La seule envie qui me venait à l'esprit était de dormir d'un sommeil profond, sans rêves, et pouvoir décompresser. Je me dirigeais vers le salon, où le maitre de la maison fixait le feu qu'il venait tout juste d'allumer. Je m'assis à côté de lui, par terre, et regardais le feu aussi, laissant tomber ma tête contre son genoux. Je ne sais pas combien de temps j'étais resté à regarder les flammes danser, mais ça avait un effet relaxant, j'aimais bien. J'avais l'impression que tout mes soucis étaient emmenés dans ce brasier.

- ... Tu penses qu'ils vont bientôt revenir?
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptyVen 27 Avr 2012 - 22:40

Leevo s'était fait gardien du plus grand secret de tous les amants que Feleth ait jamais porté, du moins, celui des plus connus, ceux de l'Histoire et ceux des contes qui gardaient pour eux certains passages de leurs rencontres sous scellé pour des raisons ayant rapport à la sensibilité des plus jeunes.

Il avait, en somme, réussi à faire conclure à Sir Günar que les elfes et les hommes ne pouvaient pas parler de tout ensemble. Il en était même venu à lui faire entendre qu'il trouvait bizarre que les deux arrivent à tenir une conversation de plus de deux mots sans que l'un ne meure subitement et, enfin, il avait aussi de nouveau souligné, voire surligné et entouré quatre fois, le goût contestable de Dame Sillae quant au choix de sa compagnie. Clairement, il avoua qu'il n'arrivait pas comprendre comment on pouvait s'enticher d'individus aussi hypocrites que physiquement méprisables, ce à quoi Günar avait acquiescé et même ajouté les mentions « idiot » et « aux oreilles longues » à la liste.

L'elfe avait finalement tenu le coup, bien plus inquiété par Aoi que par ses propres nerfs, jusqu'à ce que chacun rentre chez-soi. Il se tenait maintenant dans son fauteuil, devant un feu de cheminée envoûtant, un chat qui s'entêtait à vouloir tantôt lui trouer les doigts avec les dents tantôt les lui découper avec les griffes sur les genoux et essayait de se convaincre que la journée n'avait pas été aussi mauvaise que ça. Chose qui l'emmenait à réfléchir aux mauvais présages qui se cachaient en-deçà.

Il n'abandonnait son introspection que pour voir où se trouvait sa bouteille de vin et la porter à la bouche, ou pour réprimander le diable à poils sur ses jambes qui se contre-fichait éperdument d'avoir des aiguilles dans la gueule et de l'effet que ça pourrait bien causer à son joujou.

Aoi était là aussi, physiquement, du moins. Son visage n'offrait plus aucune expression et il semblait perdu dans des remous sombres de l'esprit que même Leevo n'aurait pas voulu s'amuser à sonder. Le Séraphin avait passé un long moment dans la salle de bain, chose qui n'avait aucunement alerté l'elfe puisque c'était chez lui une habitude quotidienne, mais, à son retour dans le salon, il lui paraissait être passé dans la grande essoreuse de la vie en cycle court et être défait de toute envie.

Leevo n'aimait pas le spectacle que lui offrait le faciès de son ami, ce qui ne l'empêcha pas d'abattre la hache de l'insupportable réalité et de la triste vérité. Il aurait pu utiliser des phrases toute-faites pour lui remonter le moral ; il en connaissait quelques-unes qui saillaient parfaitement à la situation. Mais non. Il préféra remuer la machette dans la chyme et répondre :


- Oui.

Et comme si ça ne suffisait pas à faire son malheur, le chat balança un coup de queue-fouet dans la tête du jeune Séraphin et Leevo ajouta :

- C'est certain.

Ses yeux descendirent sur la chevelure d'Aoi et il en jugea un court instant l'éclat sous la danse des flammes.

- Laissons-les venir. Leur petit jeu ne durera pas bien longtemps avant que quelque-chose de tragique n'arrive. On sentit presque que le « quelque-chose de tragique » dormait paisiblement dans un anneau de sa ceinture. Peu importait l'augure, au final, se disait-il, l'important était de le surmonter.

Sur ces mots, il fit descendre le chat de ses jambes et en profita pour se pencher à quelques centimètres de l'oreille d'Aoi.


- Tu n'auras plus besoin de te cacher, lui murmura-t-il. Laisse-le venir et il se rendra compte qu'il a perdu plus que ce qu'il ne pourra jamais gagner. Il passa une main chaude dans la nuque de son compagnon. Ce que je t'ai dis l'autre soir est toujours vrai... Demande-moi de faire n'importe quoi et je m'exécuterai immédiatement.

Il referma sa prise dans le cou d'Aoi et lui déposa un baiser sur l'os de la pommette.
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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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Aoi Haandar
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Race : Séraphin aux ailes coupées
Classe : Guérisseur
Métier : Esclave fugitif, chanteur de rue
Croyances : Divinités de la Pluie et de l'Air
Groupe : Solitaire

Âge : 17 ans physiquement (une cinquantaine d'année en vérité)

Messages : 306

Fiche de Personnage : Ils le paieront tous...


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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptySam 28 Avr 2012 - 10:58

Je frissonnais. Non pas que j'avais froid réellement. Plutôt dans un sens figuré. J'avais froid dans le dos. Ou plutôt, ce que proposais Leevo me faisait froid dans le dos. Et d'avantage si il proposait ça alors qu'il m'embrassait de lui-même sur la joue, chose qui arrivait rarement depuis un moment. Chassé des genoux de l'elfe, le petit chat était venu se réfugier sur les miens. Je passais une main distraite dans ses poils, alors que Leevo maintenait ma nuque, déposant doucement quelques baisers au creux de mon cou. Essayait-il de me rassuré? Je reposais l'animal au sol, et il ronchonna avant de trottiner vers la cuisine, pour manger certainement. J’enlaçais la jambe à laquelle je m'appuyais depuis tout à l'heure et continuais à regarder le feu.

- ... Je ne veux pas que tu aies d'ennuis par ma faute.


Grommellement de la part de l'elfe. Il aurait bien planter son arme dans son corps, faut croire. Mais ça lui attirerait des ennuis. Des ennuis bien pire que les miens. Je ne voulais pas que ça arrive, tout simplement. C'était déjà arrivé quelques fois, ça suffit ainsi. Les flammes commencèrent à baisser en intensité. J'étais bien.. Je n'avais plus envie de bouger. Ce sentiment s'accentua quand il commença à passer une main dans mes cheveux. J'étais bien... Je restais à apprécier ce moment quelques minutes avant d'avoir l'étrange sentiment que cette position démontrait d'avantage ce que j'étais: un esclave. J'avais beau faire tout ce que je pouvais, j'en gardais l’attitude. Mais j'étais si bien installé.. à ses pieds? Je grommelais intérieurement. Comment aimer et détester un moment, par Aoi Haandar. Vraiment... Je suis horrible.

Pour me défaire de ce malaise, je grimpais sur les genoux de Leevo, et me blottit contre son torse, enfouissant mon visage dans son cou. Je n'avais ni envie de parler, ni envie de bouger, ni envie de réfléchir à un quelconque problème. J'étais juste... las, et je voulais me reposer. Au bout d'un moment, Leevo referma quelque peu son étreinte sur moi. Le moment viendrait où Günar découvrirait quelque chose. Le moment où il me récupèrera et où je serais vendu à un vieil excentrique pervers. Le moment aussi où je ne redeviendrais qu'une simple chose, même pas un objet. Un moins que rien.

Puis, alors que je broyais du noir, je sentis un petit geste doux et plus que réconfortant: Leevo avait déposer un léger baiser sur mon front. C'était ... rassurant. Je lui fis un petit sourire, peut-être pas aussi éclatant que d'habitude mais un sourire quand même. C'était décidé: je resterais jusqu'à ce que le Destin choisisse oui ou non de me laisser souffler, de me laisser en paix.

Je partis me coucher, enfilant en vitesse ma robe de nuit et fouillais après quelque chose, dans mon sac. Quelque chose que je n'avais plus regarder ou même sorti depuis un moment. Et pour cause, ça me rappelait de mauvais souvenirs. Il s'agissait là de mon collier. Quelque chose que je n'étais pas censé enlever, je devais le garder sur moi, pour montrer mon statut. Deux bandes de cuir reliées par un anneau au milieu, pour y accrocher la laisse. Le tout était fermé par une boucle à l'arrière. Quelque chose qui s'enlève facilement me direz vous? En fait, on a tellement peur d'être puni qu'on ne le fait pas. La chaine y était encore accrochée, d'ailleurs. Une vraie laisse de chien, avec un petit cercle de cuir pour la main du maitre, à la fin de la chaine. Après un moment à la retourner dans tous les sens, je finis par la jeter rageusement par dessus mes affaires et me laisser tomber sur le lit. Leevo se risqua à entrer dans la chambre et ramassa la laisse, en haussant un sourcil.


- .. Remets ça à place, s'il te plait. Je veux plus la voir.

Il joua un instant avec la chaine. Je haussais un sourcil.


- Tu n'avais pas ta laisse et ton collier, toi aussi?


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi}   [CLOS] Quand la valse s'emmêle... {Aoi} EmptySam 28 Avr 2012 - 14:00

Une laisse et un collier ? Pour ce qu'il en savait, l'un était réservé aux animaux et l'autre était un bijou plus ou moins à l'image de l'excentricité de son propriétaire. Mais ce n'était certainement pas de ça qu'Aoi voulait parler, il le sentit bien, et en voyant la lourde chaîne qui pendouillait de la lanière en cuir, il conclut bien vite que ça avait un rapport avec l'esclavage.

Il lui offrit un haussement de sourcil perplexe, alors, l'air de dire « tu me demandes ça, à moi ? ». Il aurait cru que ses tatouages, plus qu'une calligraphie impressionnante de non-sens, auraient pu répondre d'eux-mêmes à toutes les questions sur la servitude. Mais visiblement, non.

Leevo n'avait jamais eu de laisse ou de collier, expliqua-t-il, et il ne voyait pas très bien qu'elle utilité aurait pu en faire son maître. Depuis sa naissance, imaginait-il, il n'avait eu qu'Ervin Shellhorn, il n'existait que lui et, en gros, le reste du monde n'était plus ou moins que du décors mobile et vivant. Ervin Shellhorn avait bien fait son coup. L'éducation qu'il avait donné à son elfe lui avait plus ou moins servi de laisse et le collier... Eh bien, simplement, c'était son incapacité à pouvoir prendre des décisions, réfléchir, penser, émettre des souhaits, son absence totale de curiosité quant à ce qui pouvait bien se trouver derrière les fenêtres et les portes ouvertes. Sans parler du fait qu'il avait été considéré – et s'était considéré – comme spirituellement malade depuis toujours.
Est-ce qu'un chien à qui on a coupé les pattes et qu'on caresse avec un bâton a besoin d'une laisse et d'un collier ? Il en doutait vraiment.

Il éprouva les anneaux de la chaîne un petit moment avant de peser le malaise d'Aoi et de reposer l'objet.


- Pourquoi tu gardes ça dans tes affaires ? Demanda-t-il après un petit moment. Un souvenir ? Tu n'as pas peur que la chaîne appelle le maître ?

Il se surprit lui-même dans sa tournure de phrase. Son ton laissait entendre que, sur ce point là, il ne comprendrait pas Aoi et ne s'entendrait pas avec lui. Comment pouvait-il réellement garder ce genre de chose avec lui après tout ce qu'on lui avait fait  ? A quoi ça lui servait, réellement ?
Il sentit la colère monter. Sans raison particulière, pourtant. Il n'acceptait simplement pas l'idée d'apprendre qu'Aoi restait attaché à son ancien statut alors qu'il, plus ou moins, pouvait tout oublier sans avoir à s'éviscérer des pieds à la tête.
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