''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 [PV] Le temps des retrouvailles {Leevo}

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[PV] Le temps des retrouvailles {Leevo}  - Page 2 _
MessageSujet: Re: [PV] Le temps des retrouvailles {Leevo}    [PV] Le temps des retrouvailles {Leevo}  - Page 2 EmptyVen 15 Juin 2012 - 15:39

Toutes les vraies communautés religieuses ont une inquisition. C'est grâce à elle qu'on reconnait un clergé bien organisé et non pas grâce à la hiérarchie pyramidale qui écrase les fidèles, comme le laissent entendre les cérémonies et les hauts diacres bourrés d'égocentrismes dissimulés.

C'est avant tout l'inquisition qui fait la religion. Ou plutôt, qui fait le religieux, car la fonction principale de cet ordre est de remettre dans le droit chemin les brebis égarées, voire d'en faire un méchoui si jamais ladite brebis se mettait en tête de devenir le berger.

La fonction principale de l'Inquisition de l'Ordre du Dieu des Songes n'était pas vraiment de reconvertir les mauvais croyants en déjeuner, ni non plus de les questionner ardemment dans une cave sombre à propos de rumeurs qui laisseraient entendre que Dieu n'existe pas. Cette inquisition là ne se pâmait pas d'être la Justice de Dieu armée du Tisonnier de l'Escarre et habillée des Manchettes de la Véracité.

Elle ne cherchait pas tellement, non plus, à laisser une image immaculée de leur Ordre, ceci parce que leurs croyances les attiraient plutôt vers la nécrose et que, de toute façon, l'immaculée conception était out de nos jours.

La véritable fonction de l'Inquisition de l'Ordre du Dieu des Songes était de s'assurer que les croyants croyaient suffisamment.
Le Dieu des Songes avait la fâcheuse manie de s'immiscer dans la tête de ses fidèles et de leur demander de faire quelques bricoles en son nom, généralement sur le premier innocent venu. L'Inquisition ne s'en prenait pas à ceux qui disaient entendre Dieu, parce que l'entendre prouvait qu'on était dans un état mental suffisamment lamentable pour être qualifié de pieu fidèle.
L'Inquisition s'en prenait à tous ceux qui utilisaient le Dieu des Songes pour justifier leurs basses besognes – entre autres : meurtres, mutilations, viols... – et qui n'y croyaient pas vraiment. Ou qui y croyaient trop pour se contenter de garder les joies de la mutilation pour eux tout seuls.

Cependant, comme il était impossible de savoir qui croyait vraiment en Dieu et qui faisait semblant, l'Inquisition s'en prenait à tout le monde et le simple fait de suspecter quelqu'un prouvait sa culpabilité.

Leevo savait tout ça. C'était écrit dans le livre d'ordre qu'on lui avait fait avaler durant son enfance, et, bien qu'il n'ait jamais eu jusque là l'autorisation de suspecter quiconque d'hérésie, il savait d'avance ce qu'il lui restait à faire. Ça s'imposait naturellement dans sa tête. Il ne pouvait pas faire autrement ; il devrait couper le mal à la racine. Voire au bras ou à la jambe.

C'est donc en se remémorant tout ça et en se convainquant qu'attaquer un inquisiteur était un acte profondément hérétique, voire profondément inconscient, qu'il essaya de se redresser et de se sortir de la porte au travers de laquelle il était encastré.

Il s'en démit avec grand mal et resta assis dans l'entrée des escaliers quelques secondes, le temps de retrouver ses esprits, si compte tenu qu'il en avait, et puis se décida à faire son travail.

Il dévala les marches sur ses deux pieds, moins en marchant qu'en glissant, en loupa quelques-unes et manqua d'avaler les dernières en se mélangeant les jambes dans un patatras assourdissant. Il se rattrapa comme il put à la rampe et réprima le soupir de douleur qui lui venait tout droit de l'épaule.

Et alors il vit Aoi, pétrifié sur place, qui fixait la pénombre devant lui. Il se servit de la rampe pour se donner de l'élan et se dirigea vers lui clopinclopant. Il eut la drôle d'envie de le rassurer avant de se dire que ce n'était pas en rassurant les gens qu'on arrivait à leur sortir les sales idées de la tête.
De fait, pour ne pas briser la bien trop mauvaise image de ce qu'il appelait la magie des convictions religieuses, Leevo s'empêcha de lui poser une patte sur l'épaule et se contenta de lui demander où était passé l'habitant de ce taudis.

C'est ce dernier qui lui répondit de derrière la table retournée en face d'eux en balbutiant quelques mots au non-sens mystique.

Pour la première fois confronté à une telle situation, Leevo se retrouva pantois et ne trouva rien de mieux à faire que sortir son coutelas et de s'approcher doucement, ce qui eut pour effet de faire crier le pauvre hérétique.


- Ne venez pas ! Ne venez pas ! Il veut vous libérer ! Il veut vous libérer – tout cru !

- Non ? Continuez, fit Leevo d'un automatisme froid, en s'approchant toujours.

- Il veut vous tuer ! Il veut vous tuer ! Il veut le tuer ! Il veut partir ! Il est pas content. Il est triste – enfermé !

Leevo s'arrêta à quelques mètres de la table et sembla réaliser quelque-chose. Il jeta un œil à Aoi par dessus son épaule avant de demander enfin :

- Qui c'est il ?

L'être en face de lui disparut sous la table. On l'entendit murmurer tout seul, déglutir à l'envers dans le vide et puis sa tête sombre réapparut, ainsi que les billes qui lui servaient d'yeux.

- C'est moi. Vous êtes qui ? Bonjour.

Leevo se redressa et abandonna la position de fureteur qu'il avait adopté.

- Bonjour ? Il ne vous parle plus ?

- Qui ça, il ?

- Pas il, Il. Lui. Dieu. Il vous parlait à l'instant, n'est-ce pas ? Il vous disait de libérer les pauvres êtres enfermés dans la chair de la damnation, de la vie à l'état de monstre et de... hm... la lourdeur implacable des chaînes inflexibles du corps ?

- Non.

Leevo le fixa et se sentit bête. Les inquisiteurs ne se trompaient jamais lorsqu'ils suspectaient quelqu'un parce qu'ils ne laissaient généralement pas le temps à la personne de se défendre. Mais il ne se sentait pas l'envie de châtier un innocent.

- Il m'a dit de vous défoncer la tête avec mes poings, de vous arracher les os et de balancer vôtre dépouille hors de la ville. Il veut que je fasse ça, encore aujourd'hui. Je dois le faire. Il dit que je me sens mieux après.

L'être disparut de nouveau sous la table. Leevo en profita pour retourner auprès d'Aoi et fourragea dans la poche secrète de sa cape de laquelle il ressortit une collection de clous de tailles variées. Il joua avec un court instant, sembla psalmodier quelques versets religieux et puis leva les yeux sur Aoi.

- C'est un hérétique, lui dit-il. Un assassin. Une vermine schismatique qui blasphème et injure la parole de Dieu, récita-t-il. Surveille-le le temps que j'aille chercher ce dont j'ai besoin pour châtier ce profanateur. Il commença à partir et puis s'arrêta pour lâcher : Fait en sorte qu'il ne sorte pas d'ici.

Et puis il repartit. Pour s'arrêter de nouveau. On le vit hésiter un long moment. Il se demandait s'il devait lui laisser une arme, au cas où. Il en avait envie, mais le problème c'était que l'idée que, décidément, on ne pouvait pas faire sortir de sales idées de la tête des gens en leur donnant de quoi se défendre contre elles s'immisçait en lui comme un couteau dans du beurre fondu. Il avait emmené Aoi pour qu'il voit ce que les gens en venaient à se faire à cause de la magie des convictions. Il était à peu près sûr qu'il l'avait bien vu maintenant. Il l'était moins face à l'idée de le laisser seul avec un assassin hérétique multi récidiviste.

Du coup, il revint sur ses pas, sortit son coutelas, se dirigea vers la table retournée où l'infidèle se balançait nerveusement roulé en boule, l'attrapa après quelques coups de pattes et parvint après une courte rixe à le fixer par l'épaule, son couteau planté jusqu'au manche dans le mur.

Il revint vers Aoi en s'essuyant le coin de la lèvre et lui dit cette fois :


- Fait en sorte qu'il ne meure pas avant que je revienne.

Et puis il partit finalement.
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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

________________

Aoi Haandar
________________


Race : Séraphin aux ailes coupées
Classe : Guérisseur
Métier : Esclave fugitif, chanteur de rue
Croyances : Divinités de la Pluie et de l'Air
Groupe : Solitaire

Âge : 17 ans physiquement (une cinquantaine d'année en vérité)

Messages : 306

Fiche de Personnage : Ils le paieront tous...


[PV] Le temps des retrouvailles {Leevo}  - Page 2 _
MessageSujet: Re: [PV] Le temps des retrouvailles {Leevo}    [PV] Le temps des retrouvailles {Leevo}  - Page 2 EmptyMar 26 Juin 2012 - 18:20


- C'est un hérétique. Un assassin. Une vermine schismatique qui blasphème et injure la parole de Dieu. Surveille-le le temps que j'aille chercher ce dont j'ai besoin pour châtier ce profanateur. Fait en sorte qu'il ne sorte pas d'ici.



Euh... Il est sérieux? Je suis censé rester ici avec ce ... détraqué? Je veux bien être gentil, je veux bien supporter ses punitions à longueur de temps mais ça... ça! C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase! Est-ce que j'ai l'air d'avoir la carrure d'un garde? Non! Alors comment veut-il que je ... "surveille" cet énergumène? Il avait parlé de tuer et de dépecer en plus! Mais bien évidemment, il partit avant que j’aie pu formuler la moindre réplique cinglante pour lui faire bien comprendre dans sa tête d'elfe asocial que c'était hors de question.

Le type en face de moi me faisait un grand sourire. Enfin, je suppose que c'était un sourire. Avec ses dents pourries, il n'était pas possible d'identifier clairement cette expression. Je lui rendis un sourire figé, vraiment mal à l'aise. Il est marrant, l'autre. Si cette chose m'attaque, jamais je n'arriverais à riposter! Enfin, j'avais toujours ma dague dans ma botte mais bon... Elle est dans un fourreau enduit de graisse empoisonnée. M'étonnerais que Leevo apprécie que j'ai empoisonné son ... heu, disciple? Oh et puis zut! Si il est malade, ça sera de sa faute à lui, il avait qu'à pas m'attaquer!

Puis, miracle des miracles, Leevo revint! Enfin! Il avait été rapide. Beaucoup trop. Au moment où il rentra, le fou furieux planqué derrière sa table se remit à se balancer nerveusement d'avant en arrière. Complètement frappé.. Il tenta de l'attraper et, au bout d'un moment, parvint à lui... l'accrocher au mur avec ... son coutelas. Planté jusqu'à la garde dans l'épaule du malheureux.

- Fait en sorte qu'il ne meure pas avant que je revienne.

J'hallucinais. Il repartait?! Il se foutait de moi, hein? Il n'allait pas me laisser en plan?! Et ben si... Quel...! Quel idiot! Il me laisse en plan avec ce type fou qui, maintenant qu'il est blessé, sera sûrement beaucoup plus agressif qu'avant. Et ça puait ici! Il faisait froid! C'était lugubre! Je veux rentrer au manoir, dans ce petit confort que j'ai mis tant d'années à atteindre!
Et en plus je ne devais pas le tuer? Et si il m'attaque? Hein? Il y a pensé à ça? Ou alors il s'était dit que j'étais beaucoup trop faible que pour y parvenir? Le fourbe..!

Enfin, le pauvre... homme? après avoir passer une bonne vingtaine de minutes à tenter de se dégager et à geindre reporta son regard vers moi.

- C'est moi. Vous êtes qui ? Bonjour.

J'hésitais à répondre. Vraiment.

- ... Je suis le valet de monsieur Shellhorn.

Il ne sembla même pas faire attention à ce que je disais et commença à déblatérer un tas d'inepties sans queue ni tête; comme quoi avant il avait un énorme jardin mais qu'il a disparut quand il a voulut enterrer un cadavre dedans, qu'il avait eut trois épouses mais qu'elles sont parties donc il a dû les enfermer... Enfin, sur le coup, j'ai eu un doute pour le deuxième.

Puis, au bout d'un moment, il comprit qu'il fallait tirer sur le manche pour enlever sa lame de son épaule. Oh-oh. Je sortis doucement ma dague de ma botte, histoire de pouvoir riposter en cas de problème. Au bout d'un moment, il arriva à enlever le coutelas de son épaule et jeta l'arme à travers la pièce. Il tourna bien vite son regard vers moi et commença à avancer. Doucement au début. Puis beaucoup plus vite.

Je le menaçais de ma lame, ce qui le surpris un moment. Puis il tenta de m'attraper. Il y arriva d’ailleurs, empoignant ma chemise alors que je tentais de m’évader par le côté. Je lui plantais la dague dans le ventre, jusqu'à la garde, avant de filer aussi vite que possible! Dans sa douleur, il m’avait griffer au bras et je me retrouvais avec un énorme trou tout le long de ma manche… Et du sang qui la tâchait, aussi. L’allait falloir que je désinfecte ça… Tanpis pour l'arme, je m'en racheter une. Une vie par contre, ça ne se rachète pas. Il en a de bonne ce satané elfe! Comment voulait-il que je lutte contre... cette chose? Qu’il se débrouille tout seul !

C'est décidé, je rends mon tablier! Fini de servir d’esclave à cet elfe qui, de toute manière n’en a rien à faire de moi ! Dire que j’étais revenu pour rester à ses côtés. Quoi, je n’avais pas été précis ? Je ne déclare pas ma flamme à n’importe qui, moi ! Même Kaai’to n’a jamais vraiment eu droit au « je t’aime » alors il ne pensait tout de même pas que j’allais débarquer chez lui après quatre longues années, m’étendre sur le lit en petite tenue et lui déclarer mon amour avec une voix suave et sensuelle ? NON !

Bon peut-être me présenter comme chercheur d’emploi n’était pas la plus claire des façons d’annoncer qu’on serait bien venu se blottir dans les bras de l’autre… Surtout avec Leevo qui n’avait pas souvent l’air de comprendre ce que je voulais lui dire. Je soupirais ; cette relation était beaucoup trop compliquée pour que ça marche. Il valait mieux que je cherche un autre travail et que je quitte le manoir…

Enfin, je retrouvais mon chemin jusqu’aux carrioles. Je trouvais Kaai’ assis sur un petit tabouret en train de lire un livre. Il me sourit en me voyant arriver mais sembla aussi étonné de me voir à cette heure de la journée… Je lui rendis son sourire et l’invitais à aller dans la carriole. J’avais besoin de … réconfort.

… Quoi ? Un massage amical d’épaules, le réconfort. Vous imaginiez quoi ?

Je souris un peu plus à mon bleuté d’amant qui semblait vouloir s’assoupir. Dure journée ? Il me questionna sur la raison qui m'avait poussée à rentré si tôt. Je soupirais et lui racontais ma journée avant d’aller me rhabiller et de grignoter quelques bâtons de viande séchée. Il soupira et me raconta sa journée à son tour. Comme quoi il avait été viré de son travail de vendeur à l’épicerie. Bon, et bien…

- Faut croire que c’était pas fait pour nous, hein ? … On trouvera d’autres travails, y’en a sûrement pas mal en ville… Non ?

Il acquiça et m’aida à désinfecter et à bander les griffes sur mon bras. Cette journée… avait été épuisante. J’avais bien envie de piquer un petit somme. Et Kaai’ semblait du même avis. C’est d’un commun accord que nous nous accordâmes une petite sieste.

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[PV] Le temps des retrouvailles {Leevo}  - Page 2 _
MessageSujet: Re: [PV] Le temps des retrouvailles {Leevo}    [PV] Le temps des retrouvailles {Leevo}  - Page 2 EmptyDim 5 Aoû 2012 - 6:02

Leevo marcha à grandes enjambées dans la ville ; il traversa les quartiers et remonta les rues jusqu'au manoir.
La situation le contrariait à un tel point qu'il s'insultait mentalement en chemin.

Il avait oublié l'outil essentiel à tout bon inquisiteur en droit de châtier l'hérétique : le Marteau de la Libation. Il n'arrivait même pas à comprendre qu'il ait pu partir sans, ni même seulement à se pardonner de ne pas s'en être rendu compte avant.
Évidemment, le fait de devoir laisser Aoi en compagnie de l'infidèle pesait lourd dans la balance, bien que sur ce point là, il restait convaincu qu'il n'y aurait aucun problème ; après tout, il avait conjuré tous les dangers en épinglant l'apostat au mur et rien sur Feleth ne lui laissa penser qu'il puisse être capable de s'en démettre.

Ça se produisit pourtant alors qu'il n'était pas même encore arrivé à destination et, tandis qu'Aoi se débattait contre un fanatique fou furieux, lui se sentait curieusement nu sans son coutelas.
Il ne l'avait jamais quitté jusque-là et ce depuis qu'on le lui avait offert et, bien qu'il s'agisse d'un cadeau empoisonné par tous les saints hommes de l'Ordre du Dieu des Songes, il ne pouvait concevoir sa vie sans.
Il se sentait plus nu dans cette cape intégrale doublée sur tous les bords qu'avec son coutelas accroché à la ceinture de sa tunique en cuir échancrée de tous les côtés.

***


Il mit un bon quart d'heure avant de revenir sur les lieux du litige où il fit face à une porte d'entrée grande ouverte.
L'idée que les événements aient pu prendre une tournure différente de celle escomptée ne vint même pas lui effleurer l'esprit, réticent qu'il était à toute sorte d'imagination.

Il entra donc sans se méfier de rien, satisfait de pouvoir reprendre le Grand Rite de la Résurgence là où il l'avait laissé.

Quelle ne fut pas sa surprise de retrouver son initié en faute étalé par terre en train de rire aux éclats, un couteau planté dans le ventre et visiblement seul.

Leevo s'avança vers lui, un air dubitatif planté sur le visage et lui demanda où était passé l'homme qui était avec lui.


- Il est mort. Ils sont tous morts – dans le lavabo. Ha ! Ha !

L'elfe haussa un sourcil en dessous de sa capuche, le temps d'avaler l'information et d'en capter toute la profondeur erronée. Il avait beau ne pas être capable de comprendre les sous-entendus et l'humour, il savait pourtant reconnaître un fou lorsqu'il en entendait un.
Du moins, ce qu'il entendait-là ressemblait assez bien à ce que disait le livre d'ordre à leur sujet.


- D'accord. Merci. Je reviens, dit-il après avoir jeté un regard circulaire aux alentours.

Faute de trouver le lavabo en question, il prit l'initiative de fouiller l'étage à la recherche d'Aoi, ou de son corps, ou de n'importe quoi d'autre qui aurait pu lui donner un indice sur sa position et sur ce qu'il s'était passé durant son absence.
Mais il revint bredouille de sa quête et descendit les escaliers lourdement, comme si soudain le poids de l'inflexible réalité venait de s'abattre sur lui.
Aoi n'était vraiment plus là.
Il n'était nulle part.
C'était comme s'il était parti.

Ramassant son coutelas au passage, Leevo fut incapable d'émettre la moindre hypothèse au sujet de l'absence d'Aoi. Il était impossible pour lui d'imaginer, ou de seulement penser, ou plutôt même seulement de réaliser que le séraphin ait pu désobéir à ses ordres et s'enfuir et ce même s'il l'avait laissé seul aux-devants d'une situation plus que périlleuse.
Pour Leevo, les ordres étaient donnés pour être écoutés et réalisés. Il en avait toujours été ainsi avec eux et il ne se figurait pas une seule seconde qu'il puisse en être autrement.

C'est donc hébété qu'il rangea son coutelas à la place qui lui était due et qu'il se décida enfin à faire son travail, remettant à plus tard les choses qu'il n'était pas à même de comprendre pour le moment.

Il vint s'accroupir aux côtés du blasphémateur dont la crise de rire s'était changée en hoquet baveux. S'il avait déjà eu l'air mal en point auparavant, maintenant il ne ressemblait plus qu'à une virgule entre le monde des vivants et celui des morts.


- Il faut agrandir les trous... Je veux être un gros trou – et pourquoi pas du sésame ?

Leevo plongea une main dans la doublure de sa cape et en sortit une bourse de soie sombre qu'il ouvrit avec soin.
C'était la première fois qu'il allait châtier un profanateur et pourtant il avait l'impression d'avoir fait ces gestes toute sa vie. En cet instant, il se sentit affreusement puissant et se perdit même à penser que, finalement, toutes les tortures qu'il avait subites pour connaître les liturgies de l'Ordre par cœur servaient finalement à quelque-chose : au moins cet homme aurait la chance d'être fouailler dans les plus grandes règles de l'art. Et à la perfection.

Il sortit de la petite bourse une fiole aux teintes lugubres qu'il déboucha délicatement. Il se mit à imprégner le bouchon de son contenu avant de le tendre au-dessus de la tête du pauvre dissident.
Son geste resta en suspend le temps de psalmodier les paroles saintes du magnificat :

- Nombreux sont les barreaux de la prison dans laquelle on se tient ; nombreuses sont les occasions d'en faire céder le maintient ; mais Dieu ne parle à la fenêtre que d'une seule geôle ; et s'il nous prend l'envie d'y répondre sans honorer son symbole...

Il poursuivit son cantique en appliquant le bouchon imbibé d'acide sur le front, les paupières et les lèvres du blasphémateur sans que celui-ci n'oppose aucune résistance, suite à quoi il fourragea de nouveau dans la poche secrète de sa cape et ramena à la lumière de ses yeux une collection de clous, d'aiguilles et du fil de fer rouillés et sanctifiés qu'il déposa à ses côtés.

Il garda cependant le fil de fer dans ses pattes griffues et entreprit de lier les pieds et les poings de son initié en faute, respectant au nombre de tour près les règles strictes de l'Attachement Conjurateur.
Et puis, toujours dans un violent calme, il attrapa le manche du couteau planté dans son ventre.
Il entendit alors gémir de désapprobation.


- La vermine profanatrice n'a pas le droit d'emmener d'objet personnel dans sa repentance.

Et il l'arracha de ses entrailles.

***


Si dans toutes les autres religions l'apostat hérétique qui passait entre les mains de l'Inquisition finissait généralement mort, il n'en était pas le cas de ceux qui subissaient le jugement des Inquisiteurs de l'Ordre du Dieu des Songes.
Ceux-là avaient droit à un châtiment bien plus cruel et bien plus efficace que n'importe quelle damnation éternelle dans un autre monde d'horreur et de souffrance ; ils subissaient leur existence jusqu'à la fin, entière jusqu'à la dernière seconde.

C'est en prenant soin de faire respecter cette terrible sentence que Leevo ramena son initié vivant et en un seul morceau dans la Maison Vide, sanctuaire et prison des infidèles.
Il avait toutefois pris soin de lui crucifier mains et poignets à l'aide du Marteau de la Libation ainsi que de lui recoudre la bouche.
L'homme n'avait même pas pu crier de plaisir puisqu'il l'avait endormi.

Et après l'avoir abandonné dans une chambre sans fenêtre et avoir condamné la porte pour la fin de la soirée, l'elfe finit sa tournée sans encombre et sans rencontrer de nouveaux renégats.
Et puis il rentra chez lui.

Et alors l'inflexible réalité s'en revint alourdir ses épaules.
Aoi n'était pas là non plus.
Il alla même vérifier dans sa chambre où il n'avait jamais mis les pieds et y découvrit toutes ses affaires en train de l'attendre gentiment.

Une drôle d'impression de déjà vu le prit lorsqu'il s'installa dans son fauteuil et qu'il déboucha sa bouteille de vin devant la cheminée éteinte.
Il se mit alors à réfléchir à la question et se décida enfin à se poser la bonne.
En fait, non.
Il se contenta de se demander où il était passé et commença déjà à compter le nombre de pièces qu'il retirerait de son salaire, tout en tournant et retournant le couteau qu'il avait sorti du corps de son initié entre ses griffes.
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