''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi}

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[CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} _
MessageSujet: [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi}   [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} EmptyVen 24 Aoû 2012 - 6:30

« Bon. Deuxième chance – REUSSITE. Et cette fois-ci, je ne commettrai pas les mêmes erreurs – PLAISIRS ! – que sur tes pieds. Promis – CRACHÉ.  »


Ervin Shellhorn à propos des compromis.


***

- Si vous le voyez, vous pourrez lui dire que Leevo le cherche.

Ça n'était pas une question, ni non plus une demande de service.
C'était un ordre et le ton seul dont il le dit au pauvre bougre avant de retirer son pied de l'encadrement de la porte suffit à le lui faire comprendre.

Voilà déjà une demi-journée que Leevo cherchait Aoi dans les rues de Madorass ou dans son pourtour, faisant le tour de tous les campements d'étrangers qu'avait pu recenser pour lui le soldat Ryan.

Cela faisait au moins une bonne moitié de semaine que le jeune séraphin avait disparu, ou du moins qu'il n'était pas rentré au manoir pour accomplir son travail, et l'elfe, bien loin de se douter qu'il ait pu le fuir et démissionner, avait décidé de se mettre à sa recherche ne serait-ce que pour lui remonter les bretelles et lui dire qu'il n'allait pas être payé pour son manque complet de professionnalisme.
Et comme Aoi lui avait parlé de ces roulottes dans lesquelles il logeait – du moins, avant que Leevo ne lui offre (ou ne l'oblige à prendre ?) une vieille chambre chez lui – il avait suivi cette piste et avait mis ses contacts sur le coup.
Le problème était qu'il y avait énormément d'étrangers et de roulottes en ville et que son contact principal était énormément saoul et à côté de ses pompes les cinq tiers du temps.

Alors Leevo parcourait la ville de long en large, de travers en extérieur et questionnait les gens afin de savoir s'ils ne l'avaient pas vu.
L'autre problème était qu'il ne se révélait pas forcément doué pour donner des descriptions précises de l’individu qu'il cherchait et que les gens lui refermaient très – trop, à son goût – facilement la porte au nez.
Heureusement, il avait très vite su développer une technique qui lui permettait d'avoir le dernier mot.
Et qui le faisait, en outre, passer pour un être encore plus fou en acte qu'en parole.
Et visiblement insensible des pieds.

Il se dirigeait maintenant vers un autre campement indiqué par le soldat Ryan et qui se révéla être, bien malgré les explications et les descriptions que lui donna son ami, un hangar devant lequel il passa sans même s'en rendre compte.
N'importe comment, les hangars ne ressemblaient pas à des roulottes – ou des « petites maisons sur roues » – et encore moins à des « feux de joies autour desquels les saltimbanques jouent de la guitare et dansent en chantant dans une langue de saltimbanque et en poussant des cris d'animaux », comme lui avait dit le soldat Ryan.
Il n'entendit aucun cris d'animaux dans le coin de rue, ne vit aucun nuage de fumée révélateur d'un quelconque feu, qu'il soit joyeux ou mécontent, et fit plusieurs allé-retours avant de décider d'aller voir ailleurs.

Cependant, il revint plus tard, à la tombée de la nuit, une fois quelques-unes de ses autres investigations terminées, bredouille.

Il trouva les portes du hangar ouvertes et s'étonna, en passant devant sans plus dévisager les bâtiments ni essayer par-là de les faire se transformer en maison sur roues ou en camp de gitans, et s'étonna, donc, d'y voir briller de la lumière à l'intérieur et d'y trouver consciencieusement garées deux magnifiques roulottes qu'il ne cherchait plus.
Il y vit-là son aubaine, quoiqu'il hésita à entrer puisque l'endroit n'avait rien à voir avec l'image de référence qu'on lui avait faite des étrangers susceptibles de répondre à son signalement, et s'avança vers l'habitation qui semblait donner le plus de signes de vie.

Il réajusta l'échancrure de sa tenue habituelle après y avoir glissé le bout de chiffon qui lui servait de plan et fit l'effort de frapper à ce qui devait être la porte d'entrée.
Les planches de la roulotte bringuebalèrent légèrement sous le poids des pas qui vinrent lui ouvrir et lui offrir en vis-à-vis le faciès d'un homme a priori dérangé par son irruption soudaine dans sa vie.
Et qui ne se gêna pas pour le dévisager des pieds à la tête.
Mais Leevo lui rendit bien son regard, bien que ce dernier se concentra uniquement sur la couleur peu commune – voire certainement magique – de ses cheveux.
Ils étaient bleus.

Sans s'attarder en présentations et en courtoisies qu'il prenait un malin plaisir à assassiner en de multiples occasions depuis le début de ses recherches, il toisa l'individu bien plus grand que lui et récita d'une voix monocorde, absolument sérieux :


- Je cherche un jeune homme, blond ou brun, peau claire ou foncée, assez petit, propre et soigné, qui sait faire le ménage, qui sait faire la cuisine, qui aime acheter des choses inutiles, qui est revenu en ville pour se faire de l'argent, qui sait lire, qui sait compter, qui serait susceptible d'user de la magie et qui est également un ménestrel, un chanteur des rues, un esclave, une catin, quelqu'un de spécial, un guérisseur et un serviteur. Il fit une pause, laissant le temps à son interlocuteur d'avaler l'information et puis reprit, tout aussi sérieux : Vous le connaissez ? Vous l'avez vu ?

Son interlocuteur lui fit ce que tous ses autres interlocuteurs lui avaient fait avant lui : il le dévisagea encore plus et donna l'impression de vouloir lui lâcher un « Nous ne sommes pas intéressés, désolé, au revoir », refrain maintenant devenu typique aux oreilles de l'elfe.
Alors, avant qu'il ne le fasse, Leevo reprit :


- Je suis à sa recherche. Et ce n'est pas pour un trafic. Ni pour une nouvelle religion.

L'homme aux cheveux bleus frappa encore plus fort dans l'expression de la stupéfaction et lui répondit finalement un « Non » qui eut le mérite d'être audible seulement parce que Leevo eût le réflexe de mettre son pied entre la porte et son encadrement avant qu'il ne la lui ferme au nez.

- Si vous le voyez, vous pourrez lui dire que Leevo le cherche, lui dit-il avant de s'assurer que le type l'ait bien entendu, après quoi il retira son pied et le laissa fermer sa porte et retourner à ses affaires.

Il descendit la marche de la roulotte et ressortit son papier gribouillé pour voir les camps qu'il lui restait à faire, tout en se dirigeant déjà dans la rue. Il y en avait encore au bas mot une bonne dizaine, ce qui promettait de lui prendre toute la nuit.
Mais Leevo ne désespérait pas pour autant : il ne s'était pas embêté à compter et à calculer les chiffres du salaire d'Aoi en négatif pour ne pas les lui montrer après.


Dernière édition par Leevo Shellhorn le Mer 29 Aoû 2012 - 2:55, édité 1 fois
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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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Aoi Haandar
________________


Race : Séraphin aux ailes coupées
Classe : Guérisseur
Métier : Esclave fugitif, chanteur de rue
Croyances : Divinités de la Pluie et de l'Air
Groupe : Solitaire

Âge : 17 ans physiquement (une cinquantaine d'année en vérité)

Messages : 306

Fiche de Personnage : Ils le paieront tous...


[CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} _
MessageSujet: Re: [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi}   [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} EmptyVen 24 Aoû 2012 - 18:21

Cela faisait quelques jours déjà que je n’avais donné aucun signe de vie à Leevo. Qu’est-ce que ça aurait pu lui faire de toute manière vu qu’il m’a laissé avec un psychopathe, hein ? Bref, voilà quelques jours que Kaai’to recherchait un nouveau travail, ce qui n’était pas gagné d’avance et il pensait à se remettre dans la vente de babioles. Quant à moi et bien je faisais des petits boulots à la journée par-ci par-là. Ca ne rapportait pas énormément mais au moins, c’était un travail digne.

J’avais tout d’abord commencé par une journée chez un apothicaire qui devait faire le tri dans ses articles. Et comme je m’y connaissais bien, il a accepté de me prendre. J’ai donc passé ma journée à trier les plantes sous ses indications et à renseigner quelques clients. J’avais si bien travaillé qu’il m’a repris le lendemain, car tout n’était pas fini ; ce type avait plein de plantes exotiques assez rares, qui ne se trouvent que dans le désert. Kaai’to y allait souvent et m’en rapportait pour que je n’ai pas à les acheter, mais il n’empêche que si quelqu’un voulait s’en offrir, il avait intérêt à y aller de sa poche. Bref, il m’avait offert quelques plantes pour les rhumes, les crampes et quelques petites nouveautés apaisantes.

Le jour suivant j’étais de corvée de plonge dans une petite auberge pour voyageurs. Je devais aussi nettoyer les chambres et nettoyer la salle mais les personnes qui y travaillaient étaient plus ou moins agréables, ce fut donc agréable.

J’avais ensuite passé quelques journées à jouer du luth dans la rue, chantonnant quelques chansons entraînantes sur lesquelles dansaient des voisines de notre entrepôt. Nous avions sympathisé à notre arrivée, alors que nous étions un peu perdus dans ces nouveaux quartiers et depuis on ne manquait pas de se détendre à chanter et danser. Je les aurais volontiers rejointes si Kaai’to avait été là pour me remplacer au luth… Bah ça sera pour une autre fois…

Bref, à la fin de cette journée j’étais fatiguée et je m’étais dis que finalement, la danse, ça ne serait pas pour ce soir et je rentrais de suite à la roulotte. Kaai’to semblait m’attendre en entonnant quelques mélodies sur son vieux luth décoré, installé sur les marches de la roulotte. Il l’avait volé à un noble et, bien qu’il fut vieux, il produisait un son magnifique. Je m’assis alors sur les escaliers de ma propre roulotte et l’écoutais simplement jouer de ce magnifique instrument. Au bout d’un bon quart d’heure nous nous mîmes d’accord pour aller manger un morceau. J’allais chercher un poisson pas trop cher chez le poissonnier et les autres ingrédients chez l’épicier pour revenir aux roulottes et préparer un ragoût de poisson dans la sienne.

Nous mangions dans un silence presque religieux, chacun savourant son plat. Nous mangions peut-être à notre faim mais la location de ce hangar nous coûtait cher et il ne fallait pas laisser la plus petite économie nous filer entre les doigts. Bref, pas de gaspillage, il fallait savourer. Finalement, Kaai’to me fit savoir qu’il avait vendu des babioles de son vieux stock et s’était fait un peu d’argent, à mettre de côté pour des petites folies… Et vu le regard ardent qu’il me jetait, c’était des folies… particulières…

Après quelques plaisanteries et autres divertissements, nous arrivâmes à la conclusion qu’un petit « câlin » ne serait pas de refus et nous remettrait d’aplomb. Mais un importun avait l’air d’en vouloir autrement puisqu’il toqua à la porte de la roulotte à ce moment là.

Et l’importun en question, je ne le connaissais que trop bien.
C’était Leevo.
…Comment a-t-il fait pour me retrouver d’abord ? Il sait lire des cartes lui ?!

Enfin bref, la conversation qu’il eut avec Leevo fut plus qu’étrange… Ca disait qu’il me recherchait. Mais la manière dont il me décrivait ne me plut guère. Catin ? Esclave ? Non mais pour qui il se prend celui là ! Je suis plus une catin ! Puis d’abord lui aussi il avait été esclave, pour qui se prenait-il pour se permettre ça ?! Je ne suis plus à son service et pourtant il a encore l’air de me prendre de haut.
Ca n’allait pas se passer comme ça… ooooh que non.
Kaai’to revint dans la chambre et en ferma la porte avant de reprendre sa place dans le lit et de continuer ses petits bisoux le long de mes épaules.

- Non mais t’as entendu, il m’a traité de catin ! Il dit ça à tout le monde !

- Mouais, bah, il avait pas l’air bien malin de toute manière… allez calme toi un peu, non ?

- Non ! Demain, j’irais rechercher mes affaires chez lui, hors de question que je me laisse marché sur les pieds !

- Oui, oui, … bon j’ai compris pas de calin ce soir alors ?

- Non mais tu rigoles ? J’ai plus la tête à ça !

- … même pas drôle…

- Dors, pervers.

- Moi aussi je t’aime !


Bref, le lendemain je m’étais décidé à aller voir au manoir. Tout cela en espérant que je ne croiserais pas Leevo, évidemment. Je tentais par la porte d’entrée mais visiblement, elle était coincée par quelque chose de l’intérieur. Ouais, bon, m’est d’avis qu’il est de sortie. J’empruntais donc la fenêtre par laquelle Kaai’to passait pour dormir avec moi. Ce ne fut pas une mince affaire parce qu’elle était un peu grinçante, cette fenêtre, mais je parvins tout de même à entrer dans la maison. Je regroupais ensuite les quelques affaires qu’il y avait dans la pièce pour les fourrer dans un sac et laisser une petite lettre expliquant que je démissionnais et que, si il voulait me parler, il me trouverait là où il a parler avec un type aux cheveux bleus. C’est assez clair pour lui ça non ?

Bref, j’étais rentré à ma roulotte. J’étais heureux… mais il a fallu qu’il vienne me rendre visite dans la soirée, évidemment !
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[CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} _
MessageSujet: Re: [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi}   [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} EmptyDim 26 Aoû 2012 - 7:38

Leevo avait passé le reste de la nuit à chercher Aoi et, contre toute attente, les avertissements donnés par le soldat Ryan au sujet des mœurs peu communes des saltimbanques voyageurs et autres gitans s'étaient révélés exacts.
Il s'était retrouvé au milieu de ce qui ressemblait à une fête païenne, où on avait allumé un « feu de joie » qui avait tout l'air, à ses yeux, d'être en réalité un feu de charrette, voire de paille, et avait été embarqué dans une danse endiablée où cris et fausses notes de luth s'entremêlaient mal.
Il avait cru ses recherches abouties quand on lui avait présenté quelqu'un qui répondait à son signalement mais qui se révéla, finalement, en tout et pour tout, ne pas être Aoi, et avait alors eu bien du mal à expliquer au père de la fille qu'il ne cherchait pas à se marier.
Il avait aussi été victime d'une lapidation et avait appris que les camps de gitans n'étaient pas des camps de ce qu'ils qualifièrent de « baise » et de « bar à gay ».
L'elfe n'avait rien compris, ni rien trouvé et s'était finalement rendu dans la geôle de son seul et unique hérétique en phase de Résurgence Enchaînée, lequel se trouvait aussi être le dernier de son entourage à avoir vu le séraphin.

Il passa la journée à observer le renégat, tout enchaîné qu'il était et incapable de s'exprimer d'aucune façon et lui jeta de temps en temps quelques bouts de pain ou des bols d'eau, comme l'incitait le livre d'Ordre, afin de le soumettre à la tentation horrible de la faim et de la soif.
Évidemment, si le bougre se mettait à essayer de les attraper ou à laper les gouttes qui perlaient sur son nez, il s'en prenait une bonne dans la tête.
Et ça arriva à mainte reprises, jusqu'à ce que Leevo se décide à lui parler de ce qu'il s'était passé lors de sa faute, non sans savoir qu'il allait d'avance contourner quelques règles pour satisfaire les besoins de son enquête ; il était interdit de rendre la parole aux hérétiques avant bons nombres de jours, mais Leevo devait être sûr.
Il allait encore une fois enfreindre des règles pour le séraphin.

Il lui avait donc arraché les fils des lèvres et s'était tenu devant lui, le Penseys en Lysbertey Escryste dans une main, et s'exprima d'une voix toute en froideur naturelle, digne du Grand Maître Suprême qu'il était devant ses initiés, et respectant les formulations appropriées à ce genre de situation.


« Combien en avons-nous tué, hérétique ?
Il vit le captif hésiter à répondre.
On hésitait toujours à répondre face à un Inquisiteur qui tenait un livre qui aurait pu être écrit en quatre volumes différents et qui avait des clous en guise de pieds.

- Une quinzaine, horrible Grand Maître Suprême. Rien de plus... Rien de plus – dans les ruisseaux.
- Combien en avons-nous tué ce jour-là, hérétique ? Le jour de nôtre capture. »
L'hérétique hésita une nouvelle fois à répondre.
Après tout, ça faisait il-ne-savait-plus-combien de temps qu'il n'avait plus bu ni mangé et Dieu, dans Sa grand clémence, lui avait donné la maladie.
Le pauvre homme souffrait de maux de toute part ; migraine et fièvre étaient ses seules camarades dans sa quête de rédemption.

« Aucun, horrible Grand Maître Suprême. » Leevo pencha la tête, masquant sa surprise. Bien qu'il ne se soit jamais permis de penser que l'hérétique ait pu tuer Aoi, il fut ravi de l'entendre dire.
Ses recherches n'étaient pas vaines.

Il s'en retourna près de la table dans le coin et jeta un bout de pain dans la face de l'autre.
Il posa le livre et resta ensuite penché au-dessus du meuble, assaillit par quelques sentiments bizarres qui le rendaient coupable d'il-ne-savait-quel abus de pouvoir.

«  Nous étions accompagné de quelqu'un, ce jour-là. Nous nous en souvenons ? Nous avons vu où il est parti lorsque nous nous sommes absentés ?
L'autre hésita encore à répondre.
Non plus pour un quelconque soucis psychologique ou physique cette fois, mais parce qu'il lui fallut prendre le temps de comprendre de quoi on lui parlait.
Il était toujours dur, au début, de percevoir la profondeur des paroles des inquisiteurs qui mélangeaient tous les sujets pour n'en faire qu'un seul et unique « nous », lequel poussait à remettre en question son identité.
La voie de la rédemption était semée de malheurs et de souffrances ; cette épreuve-là était bien moins parlante que celles du fer chaud.

- Il s'est enfui, horrible Grand Maître Suprême – des cacahuètes. J'ai essayé de le retenir – demain.
Leevo laissa échapper un soupir avant d'appuyer ses deux mains griffues sur la table, en proie à d'intenses réflexions.
- Bien, dit-il après un temps. Nous savons lire, hérétique ? Nous allons nous laisser le livre. Nous allons le lire consciencieusement et en étudier toutes ses pages. Nous allons l'apprendre par cœur. Et demain, peut-être que nous déjeunerons, si la liberté nous en dit. Et nous allons peut-être absoudre quelques cotes de leurs injures faites sur nôtre pensée. Nous avons compris ? »

Sans laisser le temps à l'hérétique de répondre, il était revenu vers lui et lui avait recousu la bouche, non sans lui laisser le plaisir d'apprécier la torture.
Puis il était rentré chez lui et avait trouvé une lettre.

***

La lettre en question était signée de la main d'Aoi et son contenu, en sommes, fut bien vite oublié à la seconde même où il l'informa de l'endroit où il pouvait le trouver.
De toute façon, ça n'était pas bien grave puisqu'il n'avait rien compris au chapitre sur ce qu'il appelait sa « démission » : encore un mot inconnu auquel il n'avait jamais été confronté.
Quant à savoir comment cette lettre était arrivée sur la table de sa cuisine sans que l'armoire qui bloquait la porte d'entrée ne soit déplacée, il émit quelques réserves et conclut rapidement à un sort de magie ; après tout, Aoi était chez ce type aux cheveux bleus et il ne douta pas que celui-là puisse être capable de telles bassesses méphitiques.
Après tout, il lui avait assuré que le séraphin n'était pas chez lui.
Les mages étaient décidément ce qu'il y avait de plus mauvais sur Feleth.

Alors il s'était aussitôt rendu là où il s'était par deux fois rendu la veille, non sans avoir pris le temps de vider une, voire deux bouteilles de vin avant, histoire de se donner une humeur qu'il, de toute façon et même avec ça, n'avait pas.

Il assassina une nouvelle fois les politesses de convenance, fâché qu'il était avec les portes et les présentations, et entra sans frapper ni s'annoncer dans la roulotte.
Il découvrit alors un modèle réduit de salon tout en bois et tapis et eut la surprise d'y voir Aoi assis à une table avec le mage aux cheveux bleus ; au fond, tout au fond de lui, il savait que le séraphin se faisait honteusement manipuler par les mages de son entourage. Il n'avait pas eu besoin de preuve pour le savoir et maintenant il en avait une.

Aoi était donc assis à cette table, en face de ce mage répugnant aux cheveux magiques, et était visiblement en train de jouer aux cartes.
Tranquillement.
Avec lui.
Et avec ses ailes, en plus.

Une impulsion dans l’œil de Leevo marqua sa surprise outrée et, après avoir pris le temps de s'adapter à l'étroitesse du lieu et à la présence de tant de foutoir, d'individus et des choses magiques, il se redressa – sans toucher le plafond – et s'adressa à Aoi, uniquement, lequel ne prit même pas la peine de le regarder.


« C'est ici que t'es depuis tout ce temps ! T'es en retard ! Sans attendre de réponse qui ne ferait que confirmer l'évidence, il enchaîna d'une voix qui se voulut sévère : Maintenant, tu rentres ! 
Il n'eut pas conscience du regard que lui jeta le mage, seulement de celui que ne lui accorda pas Aoi.
- Non. »

L'elfe resta bête devant ce refus froid et catégorique, un peu à l'image de ses « non » à lui.
Mais il ne prit pas le temps de se laisser oublier et fit appel à son esprit de contradiction légendaire, ce qui lança les deux êtres dans une rixe répétitive de « si » et de « non », de « non » et de « si » interminable.
Jusqu'à ce qu'Aoi impose la variante, du moins, d'une voix un peu plus haute, laquelle Leevo n'avait jamais entendu jusque-là.

« J'ai dit NON ! »
Ce qui eut pour effet de renvoyer la discussion à son début :
« Rentre, t'as du travail à faire.
- … Non. Je ne viendrai plus travailler cher toi.
- Si. Tu dois venir travailler. J'ai compté ton salaire à l'envers et tu as perdu plus d'argent que tu n'en as gagné ! » Dit-il, malgré le paradoxe incompréhensible que ça représentait pour lui. Il avait compté sur un Inquisiteur pour se faire expliquer la notion de chiffre négatif.
Mais l'heure n'était pas à ce genre de détail et Aoi lui offrit enfin un regard, certes, choqué et avec des grands yeux, mais au moins il le regardait.


« … Tu plaisantes ? … J'ai dit que je ne reviendrai pas. Je trouverai du travail ailleurs et je te rembourserai, mais je ne reviendrai pas chez toi !
L'elfe cligna des yeux plusieurs fois avant d'écarter les griffes, signe d’incompréhension totale.
- Je ne fais pas d'humour, et tu dois revenir. C'est sale, il faut passer le balais.
- ... T'as qu'à engager quelqu'un d'autre.
- Mais c'est toi que j'ai engagé !
- Et alors ? Je suis pas ton esclave, à ce que je sache. Je pars si j'en ai envie. »
Sans doute que, sur cette dernière phrase, Aoi prit grand soin d'accentuer les derniers mots, voire même les dernières syllabes et, comme s'il s'agissait d'un boomerang, ce soir-là, Leevo se reprit ses propres mots en pleine face.
Ce qui eut pour effet de lui faire baisser les oreilles, en proie à de gros calculs mentaux qui firent, sans aucun doute, surchauffer sa capacité limitée de réflexion.

Il ne trouva rien d'autre à dire que ce qu'il avait déjà dit ; incapable de croire qu'Aoi puisse réellement le quitter et face à une évidence qui, après tout, pour lui, l'était bien plus que n'importe quelle autre vérité :

« Mais... c'est sale ? Il faut passer le balais ?
Aoi le fustigeait toujours des yeux.
- En quoi ça me regarde, désormais ?
- … Je t'ai engagé, tu es mon serviteur ! »

Cette fois-ci, le séraphin en eut marre et se leva pour se diriger vers lui ; malgré le peu de pas qu'il eut à faire pour le rejoindre, Leevo eut le temps de croire qu'il tenait-là sa victoire.
Il n'eut rien d'autre que le droit de se faire pousser dehors.

« Je ne suis plus ton serviteur ! Je pars ! Tu comprends, oui ?! »
L'elfe s'accrocha à l'encadrement de la porte d'une main forte qui lui permit, sûrement, de ne pas se la prendre dans le nez.

A moitié dehors à présent, et toujours sans prêter attention au reste du monde, il fronça les sourcils et commença à s'énerver pour de bon.

« Tu pars ! Comme la dernière fois, c'est ça !?
Aoi resta devant lui et gagna visiblement, lui aussi, quelques niveaux de colère.
- … Je t'avais dit que je reviendrai ! C'est toi qui n'as pas eu confiance en moi !
Leevo resta interdit un instant, juste le temps de goûter le sens du mot « confiance » à la sortie des lèvres d'Aoi ; sans doute que ça ne voulait pas dire grand chose, tout comme les « quelqu'un de spécial » et autres idioties de la vie normale qu'il avait pu lui sortir avant de partir cette fameuse fois.

Et puis il empoigna plus fort le morceau de bois qu'il avait entre les griffes.

- Confiance ? Confiance en toi ? Comme quand je t'ai demandé de surveiller mon initié et je l'ai retrouvé avec un couteau planté dans le ventre, presque mort, et toi nulle part ?!
- 'fallait l'accrocher mieux que ça, ton fou furieux. Il s'est détaché et m'a attaqué. Il m'a même griffé au bras ! »
L'elfe ouvrit de grands yeux et puis les plissa d'énervement avant de lever un doigt de mise en garde à l'attention de son vis-à-vis.
Il ne fallait pas insulter les membres de son ordre et encore moins sa religion ; il vivait pour ça, il ne lui avait resté que ça une fois le séraphin partis et à présent il ne répondait plus de rien lorsqu'on s'en prenait à eux et à elle.
Surtout lorsqu'on racontait des conneries à leur sujet.

« Ne parle pas de mon initié comme ça ! Il t'a rien fais ! Tu risquais rien du tout !
Aoi sembla comprendre le message.
- … Quoi qu'il en soit, il était dangereux. Si je ne l'avais pas poignardé, il m'aurait certainement tué. »

Le cœur de Leevo, si tant est qu'il en ait un, s'arrêta de battre une micro-seconde à cette nouvelle.
Il ne savait pas que c'était lui l'auteur de ce crime !
Car oui, aussi bizarre que cela puisse paraître, poignarder un membre de l'Ordre des dévots du Dieu des Songes était un crime, tout comme son inverse.
Et, même pour l'inverse, les Inquisiteurs étaient là pour faire justice.
Leevo le savait : c'était écrit dans le livre d'Ordre.
Et c'est parce qu'il savait quelle sanction était encourue qu'il trouva l'acte d'Aoi fou et irraisonné.

« C'est toi qui l'as poignardé ?! Il était malade !!
- … Dans ce monde-ci, c'est chacun pour soi. Et si j'ai à poignarder des personnes dangereuses pour sauver ma peau, je le fais !
- Dans ce monde-ci ? Chacun pour soi ? Sauver ta peau ? L'elfe était ahuri ; voilà que maintenant Aoi se mettait à laisser entendre qu'il y avait plusieurs monde ! Tu racontes n'importe quoi ! Tu passes trop de temps avec ces... il jeta un regard mauvais, haineux et dégoûté au possible au mage et à ses cheveux magiques, qui avait finalement entreprit de battre les cartes de toutes les façons possibles, non sans s'empêcher d'écouter la conversation... inconscients.
- Inconscient ? Oh ! Tu parles de mes amis ou des tiens qui s'ouvrent les veines ? »

Leevo ne quittait plus le mage des yeux et, plus il le regardait, plus son visage se fissurait sur place.
Depuis tout ce temps, Aoi était sous le joug de ce type... C'était lui qui lui avait mis ces histoires d'ailes dans la tête... C'était lui qui les lui avait mise dans le dos... Et il était là, il mélangeait les cartes comme si de rien n'était !

« Je parle des tiens, dit-il d'un ton moins colérique qu'acerbe, ceux qui te poussent à utiliser la magie. »

Sur ces mots, le mage en question profita de l'occasion pour s'insinuer auprès d'eux, et surtout aux côtés d'Aoi sur la hanche de qui il posa une main douce, et lancer un horrible :
« Hey, je sais pas ce que vous lui voulez, mais il ne veut plus travaillez chez vous. Alors lâchez-le un peu. »

La réaction de Leevo fut instantanée : ses stries magiques se mirent à briller vivement ; quelques serpents grenats jaillirent de nulle part et remontèrent le long de ses cicatrices comme un bouchon de mesure au-dessus du niveau d'eau.
Ils mesuraient son niveau de fureur.
Ses yeux étaient fixés sur la main du type aux cheveux bleus de qui il ne prit aucune considération et se contenta de répondre à Aoi, conscient qu'il avait atteint des cimes de colère placées au-dessus de sa limite de maîtrise et de compréhension.

« On peut aller discuter ailleurs ? » dit-il d'une voix grave, sans réel timbre précis si ce n'est un qui paraissait sortir de tréfonds obscurs jamais visités par les vivants.


Dernière édition par Leevo Shellhorn le Lun 27 Aoû 2012 - 4:34, édité 2 fois
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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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Aoi Haandar
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Race : Séraphin aux ailes coupées
Classe : Guérisseur
Métier : Esclave fugitif, chanteur de rue
Croyances : Divinités de la Pluie et de l'Air
Groupe : Solitaire

Âge : 17 ans physiquement (une cinquantaine d'année en vérité)

Messages : 306

Fiche de Personnage : Ils le paieront tous...


[CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} _
MessageSujet: Re: [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi}   [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} EmptyDim 26 Aoû 2012 - 17:01

Je croisais les bras, bien décidé à ne plus me faire marcher sur les pieds. Que pouvait-il me faire, de toute manière ? Il ne me frapperais pas avec Kaai’to à mes côtés, il n’était pas assez fou pour ça. Et de plus, je soupçonnais ce dernier d’avoir déjà préparé une arme à portée de main, si jamais la situation dégénérait.
Je me faisais fureur pour ne pas trembler. Il était vrai qu’il était impressionnant, comme ça, et la dernière fois, il n’avait pas été des plus chaleureux avec moi. Je lui offris donc ma voix la plus autoritaire possible et le regard le plus froid qu’il m’était offert de donner à cet instant.

- ... Je ne bougerais pas d'ici. Si tu as quelque chose à me dire, dis le maintenant.


Sa réaction ne se fit pas attendre et il dégagea d’avantage de lumière encore. Il s’énervait de plus en plus et je commençais sérieusement à craindre qu’il n’atteigne le point de non retour, qu’il s’attaque à nous. Ses yeux ne quittaient toujours pas la main posée sur ma hanche, comme s’ils étaient hypnotisés. Sa voix se fit plus sourde, et d’avantage sombre.

- Je peux te pardonner d'avoir poignardé un membre de l'Ordre et d'avoir quitté ton poste... mais..

Ma gorge s’asséchait au fur et à mesure qu’il parlait. Je perdais mes moyens. La main de mon cher amant, elle, s’était resserrée sur ma hanche, et son autre bras bougea. Il venait certainement de dégainer une arme. Une dague ou un coutelas. Quelque chose de tranchant, en tout les cas. Il n’était pourtant pas dans mes intentions de me faire marcher sur les pieds. Je pris donc un air désinvolte, haussant un sourcil d’un air sceptique.

- Mais… ?


Sa voix semblait maintenant être un grondement sourd, et l’écho qu’elle produisait se faisait plus fort encore. Et il semblait énoncer ses paroles comme si il les lisait sur une feuille, comme si il les connaissait par cœur. Il était toujours énervé.

- Il faut que tu reviennes. Sinon j’aurais à te châtier de la manière qu’il convient…

Je n’osais même pas imaginer quel était le châtiment que cette bande de fous qui se disaient Inquisiteurs avait mis en place pour avoir poignardé un de leurs malades mentaux. Je me dégageais alors de l’emprise de Kaai’to et me posta devant l’elfe. J’allais accepter ses conditions, il n’était pas dans un état assez favorable pour que je les refuse. Mais j’allais pourtant poser les miennes, de conditions.

- C’est d’accord, je reviendrais si c’est ce que tu souhaites. Mais je ne reviendrais que si mes pauses sont rallongées à vingt minutes et je veux une augmentation. Sinon, je ne viens pas.


Il sembla se calmer. Il semblait même beaucoup plus serein.

- C’est tout ?
- Oui.
- De l'argent et des pauses et tu reviens. A tout à l'heure, alors.

J’hallucinais, vraiment ! Il venait de me traiter de vermine cupide et facile à avoir là, ou je me trompe ? Enfin, bref, je sortis tout de même pour vérifier qu’il partait bel et bien. J’eus droit à un drôle de regard de la part des fêtards un peu plus loin. Un regard hostile d’ailleurs… qu’est-ce qu’il avait encore fait comme bêtises celui-là, hein ?!
Enfin bref, je les saluais en vitesse et partis dans la roulotte pour préparer mon petit baluchon, sous le regard dépité de Kaai’to qui trouvait que j’avais cédé beaucoup trop vite.

- Je vais être augmenté. On pourra payer le loyer sans problèmes. Alors je prendrais mon mal en patience. D’accord ?


Je déposais un léger baiser sur sa joue et pris donc le chemin du manoir, toujours sous le regard hostile de quelques voyageurs ; non, vraiment, qu’est-ce qu’il avait encore fait ?!



Enfin soit, je m’étais rendu à son manoir, armé de mon petit baluchon et je m’étais directement mis au travail, sans même lui adresser un mot ou un regard. Cela sembla même l’étonné, que je ne riposte pas alors qu’il se contredisait dans ses ordres. Quand il fut bien tard dans la nuit, je m’inclinais respectueusement en face de lui et lui souhaitais bonne nuit avant d’aller me coucher dans cette petite chambre qui était redevenue la mienne.

Le lendemain matin, je me mis à travailler dès les premières lueurs du jour. Je fis les poussières et passai le balai dans tout le rez-de-chaussée avant de me mettre à nettoyer tous les bibelots qui avaient survécus à ce capharnaüm entassé depuis quatre longues années. Les astiquer afin qu’ils brillent un minimum me prit la matinée… Et je dus ensuite m’attaquer aux innombrables cadavres de bouteilles qui s’étaient éparpillés au rythme de la soif du maître des lieux : à comprendre qu’il y en avait beaucoup et surtout partout.

Bref, j’y passais la journée. Leevo s’amusa à me donner d’autres ordres en dehors de ça mais suivit sa promesse au niveau des pauses. Le soir venu, je le saluai et partis me coucher, comme d’habitude.

Cela dura cinq jours. Jusqu’à ce qu’il sembla chercher le moindre prétexte pour me parler, alors que je me contentais d’une relation professionnelle, en somme.
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[CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} _
MessageSujet: Re: [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi}   [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} EmptyLun 27 Aoû 2012 - 7:41

Aoi était bel et bien rentré au manoir.
Il faut dire qu'il n'avait pas vraiment eu le choix : c'était soit ça, soit rentrer quand même et se faire condamner.
N'importe comment, Aoi aurait dû se faire condamner pour son acte, mais l'avantage quand on détient le pouvoir de faire respecter les lois, c'est de pouvoir aussi les contourner et Leevo le fit une fois de plus pour le séraphin.
Il n'arrivait pas à s'expliquer pourquoi il ressentait toujours le besoin de contourner les règles qui avaient bercé sa vie pour celui qui l'avait abandonné du jour au lendemain, le fait est qu'il le faisait sans hésitation.
Et sans modération, non plus.
Et il était ravi du résultat ; il avait réussi à lui faire entendre raison grâce à ça, bien qu'il ne s'avouerait jamais qu'en réalité, ce fut surtout la magie qui facilita grandement son gain de cause dans cette histoire.

Aoi était donc rentré mais, cependant, les choses n'allaient pas.
Il était certes revenu, Leevo l'avait certes de nouveau sous son contrôle et pouvait certes le surveiller et le protéger de l'emprise de son odieux entourage magique – croyait-il, du moins –, les choses n'allaient pas.
Le séraphin ne lui accordait aucune importance autre que celle que doit accorder un serviteur à son employeur et refusait de ce fait de lui répondre autrement que par des « oui » brefs et concis.
Autant dire que ça ne plaisait pas du tout à l'elfe, non seulement parce qu'il avait l'impression d'avoir avec lui la même relation qu'il avait eu avec son maître, mais aussi et surtout parce qu'il avait l'impression d'être ce maître.
Alors aujourd'hui, après l'échec de ses autres tentatives, il se mit en tête d'essayer de briser cette glace métaphorique qui s'était figée entre-eux, celle-là même qu'il avait cherché à instaurer au tout début de leurs retrouvailles et qui aujourd'hui l'énervait plus qu'elle ne lui avait profité avant.

Il était ce jour-là appuyé à son bureau et tapait du bout de ses gantelets le bois du meuble.
Il se sentait curieusement nerveux, chose qui ne lui était jamais arrivée et qui trouvait son explication dans le fait qu'il n'avait aucune idée de la façon dont aborder le jeune homme sans passer pour le maître qu'il se refusait d'être – et qu'il était pourtant.
Il voulait aborder la question du mage avec le séraphin, savoir depuis quand celui-là avait une emprise sur lui, de quelle ampleur était-elle, s'il était conscient d'être manipulé et surtout... Surtout... Surtout, il avait envie de savoir quelle était sa place à lui par rapport à cette vermine-là.
Et comprendre alors pourquoi il ne lui parlait pas.
Mais ça, il n'arrivait pas clairement à s'expliquer pourquoi il tenait tant à le savoir ; ça touchait des notions et des sentiments qu'il n'avait jamais connu jusque-là, à savoir, la possessivité et la jalousie.

Aoi était juste devant lui, en train de s'adonner à l'une de ces tâches ingrates et inutiles pour lesquelles il le payait sans plus compter et Leevo le regardait faire sans le dé-fixer, cherchant au plus profond de sa mémoire quelques formulations de base utiles pour débuter un échange de base et qui ne laissaient surtout pas entendre qu'il était son maître, ou son employeur, ou n'importe quoi d'autre de moins bien que l'autre type aux cheveux bleus.

Il se jeta finalement à l'eau en s'approchant de lui, aucune expression sur le visage, et lui dit :


- Quel beau temps aujourd'hui, n'est-ce pas ? Comment ça va ? 

Ce qui lui valut d'être regardé comme le cerf enchanté : jamais Leevo n'avait souligné les détails météorologiques de la journée et encore moins demandé à quelqu'un comment il allait.
Il y avait bien mieux comme entrée en matière subtile : aucune entrée en matière.
Mais il attendit quand même une réponse de la part d'Aoi, comme s'il n'avait pas conscience de l'incrédibilité totale de ce qu'il venait de dire, laquelle ne vint jamais, alors il se gratta l'os de la mâchoire pour cacher son malaise et enchaîna :


- Ça fait longtemps que tu... hm... es avec ce mage ?

- … Oui, je le connais depuis longtemps, lui dit-il tellement froidement qu'il en était brûlant.

Mais Leevo fut surpris de l'entendre enchaîner plus de deux mots à la suite.
Il se gratta plus fortement, appréhendant sa prochaine réponse.


- Il a l'air d'être ton ami.

Le mot « ami », pour Leevo, sous-entendait bien plus de choses que pour le commun des mortels ; un ami, de ce qu'Aoi lui avait appris, était non seulement quelqu'un en qui on pouvait avoir confiance, sur qui on pouvait compter, mais aussi quelqu'un avec qui on échangeait quelques rapports physiques censurables.

- Peut-être même un peu plus qu'un ami.

L'elfe s'enfonça carrément une griffe dans la peau. Il n'aimait pas du tout ce qu'il allait demander.

- C'est... quelqu'un de spécial ?

- On peut dire ça comme ça.

Il laissa carrément tomber sa main avant de s'ouvrir la joue et fronça les sourcils pour manifester son insatisfaction vis-à-vis de sa réponse : « on peut dire ça comme ça » ne voulait absolument rien dire du tout.
Et lui, il voulait des réponses.
Des réponses claires.
Et, si possible, des réponses qui ne mettaient pas en avant ce stupide mage.


- Comme ça comment ?

- … Oui, c'est quelqu'un de spécial pour moi.

Les mots étaient lâchés.
Alors, comme ça, ce mage perfide avait réussi à devenir quelqu'un de spécial pour Aoi ?! Comme lui ?! Est-ce que ça voulait dire qu'ils avaient fais les mêmes choses ensembles... ?


- Et ça fait longtemps que c'est quelqu'un de spécial ?

- Une quinzaine d'année, pourquoi ?

Leevo se faisait clairement violence intérieurement ; heureusement pour lui, son visage n'exprimait plus rien de ses émotions.
Il n'y avait que ses cicatrices qui le faisaient et sa magie ne semblait pas vouloir faire part à Aoi de ce qu'il ressentait en cet instant.
Tant mieux.
Il poursuivit son inquisition, non sans une petite boule de ce sentiment étrange devenue alors tellement grosse qu'elle lui serrait à présent le ventre.


- Ah. Ça fait beaucoup ça, alors, dit-il après un temps, essayant de tourner ses pensées vers l'idée unique que, depuis quinze ans déjà, ce mage lui retournait la tête à propos de ses ailes.

- En effet, et, bien que je sois souvent en voyage, il a toujours été là pour moi.

Si sous-entendu il y eut dans cette phrase, Leevo ne le remarqua pas.

- Même quand... hm... tu étais ave-... ici ?

- A cette époque, il habitait à Venill, je ne pouvais pas aller le voir.

Une lueur rassurée aurait pu perler dans l'oeil de Leevo si seulement ses yeux avaient été capable de telle chose lorsqu'il osa demander :

- Donc c'était plus quelqu'un de spécial ? Mais il l'est redevenu ?

- Ce n'est pas parce que je ne pouvais pas le voir que ce n'était pas quelqu'un de spécial. Il a toujours été quelqu'un de spécial. 

Si ladite lueur d'espoir avait perlé dans l’œil de Leevo, elle se serait suicidée immédiatement.
L'elfe n'y comprenait plus rien.


- Mais... pourquoi ?

- Ça ne s'explique pas vraiment ce genre de chose. C'est comme ça et c'est tout.

Aoi commençait peut-être à en avoir marre mais Leevo ne s'en préoccupa pas. « C'est comme ça et c'est tout » n'était pas non plus une réponse convenable.
Alors, il lâcha enfin les mots qui lui démangeaient la bouche :


- C'est sa magie, c'est ça ?

- Bien sûr que non ! Il n'y connaît rien, lui, en magie !

L'elfe eut un mouvement de recul à l'écoute de cette dernière réponse et se mit ensuite à dévisager le séraphin, expression parfaite à la fois de sa surprise et de sa réticence à accepter un tel état de fait.
Il détourna les yeux dès lors qu'il se rendit compte du changement soudain de sa tête et tenta de faire contre mauvais coeur bonne fortune : il piocha quelques pièces d'or dans sa bourse et les donna à Aoi.


- Hm. D'accord. Il a fait vraiment beau aujourd'hui, pas vrai ? Tiens, prend-ça. Et passe une bonne journée.

Et puis il tourna les talons pour partir s'enfermer dans sa chambre.
Où il se mit à réfléchir.
Où il se mit à penser, sans pouvoir s'empêcher de se dire qu'en plus de manipuler Aoi depuis quinze ans, ce mage perfide avait également pris sa place dans son cœur.
Il n'aimait pas du tout cette idée-là, d'autant plus qu'il n'en comprenait ni la raison ni l'ampleur véritable.
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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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[CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} _
MessageSujet: Re: [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi}   [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} EmptyLun 27 Aoû 2012 - 20:39

- Quel beau temps aujourd'hui, n'est-ce pas ? Comment ça va ?

Je n’avais pas de suit percuter. Enfin, je n’avais pas de suite compris ce qu’il me voulait surtout. Ni ce qu’il avait dit. Le fait est qu’il m’avait parlé sur un ton qui se voulait amical. Un ton de discussion anodine, commençant même pas un thème anodin : le temps qu’il faisait. Qu’est ce qu’il en avait à faire du temps qu’il faisait ?! Il n’était même pas conscient de la différence entre du beau temps ou du mauvais temps, j’en suis certain !
Bref je continuais à astiquer la vaisselle, essayant de récupérer ces magnifiques ouvrages rendus ternes par les années de poussières qui les recouvraient jusque là.
Et juste pour l’embêter, je ne répondis pas à cette question. Je n’étais qu’un valet, après tout.

- Ça fait longtemps que tu... hm... es avec ce mage ?

Un petit rictus victorieux aurait pu se dessiner au coin de mes lèvres si je ne m’étais pas efforcé de le cacher. Alors comme ça monsieur Leevo serait jaloux de Kaai’to ? Mmmh ? Intéressant… voyons simplement jusqu’où cette jalousie pourrait aller. De ma voix la plus froide, je lui répondis alors que je me concentrais à lustrer l’argenterie :

- … Oui, je le connais depuis longtemps


Une réponse qui laissait entendre que je le connaissais depuis beaucoup plus longtemps que lui. Une réponse parfaite, créée uniquement pour faire mal.
Ca avait l’air de marcher, en tout cas, parce qu’il ne se contenta pas de cette réponse.

- Il a l'air d'être ton ami.

Ami… Oui. Lui aussi se considérait-il encore comme mon ami ? Si oui, alors ça pourrait vraiment être une aubaine pour lui faire comprendre qu’il n’est pas la seule personne qui tienne à moi. Ou qui tenait. J’en savais plus rien, en réalité… Bref, une nouvelle fois, je choisis bien mes mots. Je les voulais tranchants et flous.

- Peut-être même un peu plus qu'un ami.


Je le sentais nerveux, alors que, posé, que nettoyais consciencieusement les derniers éléments de l’argenterie

- C'est... quelqu'un de spécial ?

Je souris face à cette question naïve mais lui répondit tout de même :

- On peut dire ça comme ça.


- Comme ça comment ?

Je souris. La jalousie, hein… ?

- … Oui, c'est quelqu'un de spécial pour moi.


Peut-être cela ne lui plaira guère. Peut-être cela l’énervera ou le blessera. Je m’en fichais. Je voulais qu’il comprenne ce que c’est d’être ignoré ! Ce que c’est d’être rejeté, quoi qu’on fasse !

- Et ça fait longtemps que c'est quelqu'un de spécial ?

- Une quinzaine d'année, pourquoi ?


Ma réponse sembla le déranger. Et ça me combla de joie. C’était atroce mais je voulais qu’il comprenne à quel point ma désillusion avait été grande quand il m’avait rejeté, à mon retour ; j’aurais pu ne pas revenir du tout, après la scène qu’il m’avait faite. J’en avais même gardé quelques très fines cicatrices.

- Ah. Ça fait beaucoup ça, alors,

Cet état de fait semblait lui faire du mal, il l’avait dit avec une certaine peine… c’en était presque amusant. Je me faisais horreur de penser ce genre de choses…

- En effet, et, bien que je sois souvent en voyage, il a toujours été là pour moi.


Méchant sous-entendu qui laissait entendre que je lui en voulais énormément de m’avoir rejeté de la sorte. Sous-entendu qu’il ne sembla pas saisir.

- Même quand... hm... tu étais ave-... ici ?

- A cette époque, il habitait à Venill, je ne pouvais pas aller le voir.


- Donc c'était plus quelqu'un de spécial ? Mais il l'est redevenu ?

- Ce n'est pas parce que je ne pouvais pas le voir que ce n'était pas quelqu'un de spécial. Il a toujours été quelqu'un de spécial.


- Mais... pourquoi ?

- Ça ne s'explique pas vraiment ce genre de chose. C'est comme ça et c'est tout.


Oui, j’avais enchaîné des réponses claires. Parce que oui, cette soudaine envie de poser des questions me pesaient. Puis il posa une question tout à fait tarabiscottée :

- C'est sa magie, c'est ça ?

- Bien sûr que non ! Il n'y connaît rien, lui, en magie !

Magie ? Kaai’to n’y connaît absolument rien ! Il n’a aucun potentiel magique cet homme là ! J’avais tenté de lui apprendre un sort pour faire apparaître une boule d’eau dans la main, il n’a obtenu qu’une goutte ! Et quand j’ai essayé de lui apprendre le sort de soin le plus basique, il n’est parvenu qu’à se bruler la peau… pitoyable je vous dis ! Bref, je ne voyais vraiment pas en quoi il pouvait en avoir après Kaai’to… Oui bon, ses cheveux sont bizarres mais c’est naturel apparemment ! … Ne me demandez pas comment je le sais, vous devez bien avoir une petite idée.

- Hm. D'accord. Il a fait vraiment beau aujourd'hui, pas vrai ? Tiens, prend-ça. Et passe une bonne journée.

Je le regardais, incrédule. Cinq pièces d’or. CINQ ! C’était plus que ce que je gagnais en une semaine avant ! Avec ça, je pourrais acheter plein de bonnes choses pour préparer un festin, à la fin de la semaine ! Puis me racheter des bottes, les miennes étaient vieilles… Mais étrangement, être payé pour faire la conversation me rappelait mon rôle d’hôte à la maison de passe… Bref, on avait besoin d’argent, il fallait que j’accepte ça. Oui je sais, c’est pas très bien, mais je profite ! Ca se trouve après il me donnera plus rien !

Soit… Une semaine passa durant laquelle il tenta de trouver n’importe quelle excuse pour me faire la conversation, à propos de mon entourage, de mes ailes, de ma sœur, de Kaai’to, de mon emplacement prêt des autres voyageurs…

Bref, un véritable interrogatoire qui se terminait systématiquement par une récompense sonnante et trébuchante : des pièces en or ou en argent. J’en venais même à me demander où était le piège. Leevo devait sortir de temps à autres pour ses affaires de l’inquisition et je me retrouvais alors seul à nettoyer ce grand manoir. Une fois, alors que la pluie tombait averse, une jeune chatte pleine et en mauvais état était venue quémander. Et je la reconnaissais bien, cette petite chatte. C’était celle que Leevo m’avait offerte. Celle qu’il avait menacé de jeter au feu, d’ailleurs. Celle que j’avais confié à une famille que je pensais aimante… mais vu sa maigreur, la pauvre bête était à la rue depuis un moment.

Elle était venue se coller tout naturellement à moi, et alla même à la cuisine, timidement et boitant un peu pour voir si il ne restait pas un peu de lait.
Fuyez les souvenirs, ils vous rattraperont toujours… surtout si ils sont poilus et ont quatre pattes.


Bref je l’avais cachée dans ma chambre, de peur que Leevo ne la jette dehors. On ne sait jamais, il était bizarre après tout. Un coup il est pas content, un coup il tente un rapprochement… habituellement je décèle bien les idées, mensonges et intentions des gens. Mais pas chez lui, et ça, ça ne me rassurait pas vraiment.

Bref, en cette fin de semaine, je découvris la chatte passablement énervée, et du sang coulait un peu le long de ses pattes antérieures. Cool, une naissance pas vraiment prévue tout de suite… Heureusement, Leevo n’était pas là. Je l’installais donc au salon, avec plusieurs couvertures pour éponger le sang. Le premier chaton sortit sans aucun problème. Pareil pour le deuxième. Le troisième eut un peu plus de mal à sortir… et le quatrième – en espérant que ça soit le dernier – était quelque peu coinçé, vu les gémissements de la mère. Je grommelais. Zut alors hein, un chat c’est pareil qu’un humain, ou pas ? Zut, zut, zut !

La chatte sembla donner des signes de faiblesses. Elle poussait et se contractait beaucoup moins qu’avant, certainement fatiguée. Je lui administrais quelques sorts l’aidant normalement à se sentir mieux, à lui redonner de l’énergie tout en caressant doucement le bas de son ventre, afin de l’aider à sortir le dernier petit.

C’est évidemment cet instant que Leevo choisit pour rentrer. Il afficha un air totalement ahuri, et son visage se contracta quelques peu sur des traits qu’on aurait certainement catalogués de « colère ». Bah quoi ? … Ah oui, voir un chat à moitié K.O avec du sang partout… ?

Enfin, avant qu’il ne puisse dire quelque chose, le dernier des bébés sortit enfin, émettant un petit couinement adorable… et ils étaient tous en bonne santé. Je dirigeais à nouveau mon regard vers Leevo.

- … Quoi ?
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MessageSujet: Re: [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi}   [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} EmptyMar 28 Aoû 2012 - 11:36

Leevo pétait un câble.
En fait, il pétait aussi les meubles à coup de griffes, comme le ferait n'importe quel chat en crise.

Enfermé dans sa chambre, il essayait de se convaincre que, s'il cherchait avant tout à se rapprocher à nouveau d'Aoi, c'était uniquement pour le protéger de la magie.
Mais il ne pouvait s'empêcher d'être envieux.
Il ne pouvait s'empêcher de revoir l'image de la main du mage sur sa hanche et de croire que ça aurait dû être la sienne.
Mais la vérité était-là : la distance qu'il avait voulu créer avec le séraphin s'était retournée contre lui et il avait fallu qu'elle existe vraiment pour qu'il ne la veuille plus ; il avait fallu qu'Aoi parte pour qu'il veuille qu'il revienne.
Il avait fallu qu'il trouve quelqu'un d'autre à mettre à ses côtés pour qu'il veuille que ça soit lui.
Mais c'était ce stupide mage !
Et il le manipulait !

Alors Leevo pétait un câble.
Il pétait les meubles aussi, en silence, à coup de griffes, du moins c'est ce que la magie instable, clignotante sous les assauts irréguliers et incertains de sa colère et d'une frustration qu'il n'était pas capable de comprendre, lui faisait croire.
En réalité, il n'avait pas bougé du coin dans lequel il s'était roulé en boule, voyant tantôt la réalité de ce monde se décrocher et exploser les meubles, tantôt la voyant pour ce qu'elle était : froide, silencieuse et surtout inerte.

Il ne faisait part d'aucun de ses sentiments au séraphin : il avait déjà assez de mal à tenir une conversation normale – si tant est qu'une conversation avec Leevo puisse l'être – et essayait de se contenter de faire tomber le statut de maître qu'il avait l'impression d'avoir à ses yeux.
Après tout, toute cette distance, il l'avait cherché.
Il l'avait demandé.
Il l'avait ordonné.

S'il faisait bonne figure devant le séraphin, il profitait aisément de son statut d'inquisiteur pour faire passer sa frustration.
Bien qu'il ait toujours fait son travail sans émotion, sans engagement personnel, sans le moindre jugement altéré par de quelconques variables subjectives – il avait été conditionné en ce sens, tout dans son rôle d'inquisiteur n'était qu'automatisme –, il infligeait les tortures et les calamités à son initié infidèle en se perdant à penser, quelques-fois, que ça aurait pu être le mage à sa place.
Il s’attelait à la tâche de bon cœur, donc, et fustigeait avec bien plus de hargne l'esprit perfide qu'il ne l'aurait fait en un autre contexte.
Il se retrouvait même parfois à le prévenir du mal profond que la magie provoquait aux êtres et puis retirait ses propos : les fidèles de Sill n'attendaient que ça, le mal profond.

Et puis il rentrait au manoir et n'ôtait ni sa robe inquisitrice ni sa capuche ; ses stries brillaient par intermittence, à cause de la colère que provoquait l'incompréhension de ses propres sentiments, chaque fois qu'il pensait à ce mage.
Et il y pensait chaque fois qu'il voyait Aoi.
Mais il se refusait à ce que celui-ci le sache.
Après tout, ça ne le regardait plus ; il ne s'y intéressait plus.

Mais ce soir-là, lorsqu'il rentra au manoir, encore une fois trop préoccupé par sa magie brasillante pour s'intéresser au monde qui l'entourait, il trouva le séraphin dans le salon, accroupi par terre devant des tonnes de couvertures.

Lorsqu'il s'approcha de lui, il eut la surprise de voir un chat – et pas n'importe lequel – au milieu de quelques morceaux organiques faits de sangs... qui se révélèrent être en réalité d'autres chats.
Il y en avait trois étalés dans ce qu'il crut être leur propos liquide pourpre, à moins qu'il n'ait s'agit de celui du plus gros chat à moitié mort au milieu de tout ça.

Leevo était abruti devant cette scène et le fut d'autant plus lorsqu'il vit le séraphin arracher un quatrième chat des entrailles du plus gros.
Qu'est-ce qu'il fabriquait ?
Il était en train de torturer cette pauvre bête !
Il était en train de la découper en morceau pour en recréer quatre autres avec son sang !
Il était en train de la tuer !
Il était en train de le regarder, le dernier petit quart de chat dans les mains, et l'elfe eut la drôle d'impression de l'avoir surpris alors qu'il réalisait un rituel – certainement magique – auquel il n'aurait jamais dû assister.

Il glissa alors une de ses mains sous sa robe, du côté où était son coutelas et ne le quittait pas des yeux.


- ... Quoi ?

- Massacrer un chat, maintenant, dit-il, c'est ça tes projets. Qu'est-ce que tu crois faire ? Depuis quand tu fais ça ? C'est comme ça que tu t'occupes de nôtre ami ?

« Nôtre amitié ne veut donc vraiment plus rien dire pour toi ? C'est ce mage qui t'a dit de faire ça, pas vrai ? » s'interdit-il d'ajouter.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi}   [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} EmptyMar 28 Aoû 2012 - 14:09


- Massacrer un chat, maintenant, dit-il, c'est ça tes projets. Qu'est-ce que tu crois faire ? Depuis quand tu fais ça ? C'est comme ça que tu t'occupes de nôtre ami ?

Je le regardais, incrédule. Quoi.. quoi ? Massacrer un chat ? Projets ? Il retournait dans sa paranoïa des rituels magiques et autres joyeusetés macabres ? …. Il ne savait pas comment les êtres vivants venaient au monde ? Ca expliquait beaucoup de choses, en effet… Je soupirais et présentais les chatons à leur mère, ignorant l’elfe qui me servait d’employeur.

Elle les renifla un long moment, avant de leur laper le visage pour les nettoyer. Elle les avait accepté, heureusement pour moi…. Et pour eux. Pour la rendre un peu plus dynamique, j’incantais un nouveau sort de soin, ce qui ne sembla pas enchanter Leevo vu qu’il recula de plusieurs pas. Pourtant, cela fit son effet vu qu’elle nettoya avec minutie ses chatons.

- … Elle a mit bas.


Leevo ne sembla pas vraiment comprendre.

- Elle a accouché…. Elle a mis au monde des petits chatons ! C’est comme ça qu’on est tous nés, on vient tous du ventre de notre maman ! Une maman elfe pour toi et une maman séraphin pour moi…. Tu ne savais pas ?
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MessageSujet: Re: [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi}   [CLOS] Les compromis font les bons amis {Aoi} EmptyMer 29 Aoû 2012 - 1:53

« Une maman elfe pour toi et une maman séraphin pour moi... »
Ces mots trouvèrent écho dans la tête de Leevo, qui ne put s'empêcher de se figer totalement sur place.
S'il avait été capable de se changer en pierre, il l'aurait fait.

Il était tellement choqué par ce qu'Aoi venait de dire qu'il en oublia de lui faire regretter l'usage de magie au sein de sa maison.
Il en oublia même tout ce qu'il s'était passé avant.
Il se rappela seulement qu'il n'avait jamais – jamais – seulement réfléchi à la possibilité d'avoir une maman elfe : il s'était cru être un chat pendant toute son enfance et, jusqu'à ce qu'on arrive à lui mettre en tête qu'il était un elfe, avait donc pensé que la mère de ses frères chats était aussi la sienne.
Puis lorsqu'il avait accepté le fait d'être un elfe, il n'y avait plus pensé.
En réalité, il n'y avait tout simplement jamais pensé ; il ne s'était jamais demandé comment les êtres vivants arrivaient à l'être, le fait est qu'ils l'étaient d'une façon ou d'une autre.
Il l'était d'une façon ou d'une autre.

Il cligna des yeux histoire de reprendre pied dans la réalité des choses et observa le chat qu'il avait offert à Aoi lécher l'un de ses petits.
Il regarda tous les petits un par un.
Il n'en trouva aucun qui ait pu lui ressembler de près ou de loin ; aucun qui n'ait eu quelques modèles de pattes différents des autres ; aucun qui n'ait manqué de moustaches ou d'une queue, ou même seulement d'un pelage...
C'était tous des chats normaux.
Et lui avait cru être comme eux, à quelques grosses différences près, avant de se mettre à marcher sur deux pattes.
Enfin, sur deux « jambes ».
Mais tous les chatons-ici présents étaient normaux.

Il réalisa alors qu'il n'en avait jamais été un.
Ça n'était pas possible qu'il puisse en avoir été un et qu'on l'ait transformé en elfe au moyen de quelques éducations tordues.
Il réalisa qu'il avait une maman chat, quelque-part, comme lui, et qui avait fait exactement la même chose que cette maman chat, ici, comme eux.
Enfin. C'était une maman « elfe ».

Il retira sa main des tréfonds de sa robe et regarda Aoi.
Finalement, il avait encore beaucoup de choses à apprendre de lui ; il avait beau être partis, s'être livré corps et âme à l'accomplissement de ses rêves fous, avoir de grandes ailes immondes dans le dos, être sous l'emprise d'un mage... le séraphin n'en restait pas moins le même : il était toujours celui qui lui ouvrait les yeux sur la vie normale.
Il était toujours celui qui lui apprenait la normalité du monde.
Il était toujours celui du premier jour.

Et c'est près de cet Aoi-là qu'il vint s'accroupir pour voir les nouveaux nés.
Bien que le séraphin lui ait posé une question – laquelle n'avait-il pas entendu –, il posa sa main de métal sur la tête de la jeune maman et se mit à lui caresser doucement le pelage, non sans la désagréable sensation de ressentir la magie utilisée sur elle.
Mais il n'y prêta pas attention.
Il avait l'air calme.
Non pas ce calme froid qui l'entourait d'ordinaire, mais plutôt un calme presque serein qui aurait pu s'habiller d'un sourire sur le visage de n'importe qui d'autre.
Sur son visage à lui, ses stries magiques avaient arrêté de clignoter.


- Une maman chat pour les chats, dit-il à la limite de l'audible avant de lever la tête pour se regarder dans le reflet d'une fenêtre : et une maman elfe pour les elfes...
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