''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 [PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad}

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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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Aoi Haandar
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Race : Séraphin aux ailes coupées
Classe : Guérisseur
Métier : Esclave fugitif, chanteur de rue
Croyances : Divinités de la Pluie et de l'Air
Groupe : Solitaire

Âge : 17 ans physiquement (une cinquantaine d'année en vérité)

Messages : 306

Fiche de Personnage : Ils le paieront tous...


[PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad} _
MessageSujet: [PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad}   [PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad} EmptyLun 17 Fév 2014 - 17:14





Sept longues années ont passé depuis l’incendie de ma demeure et de mon cabinet à Madorass.
Sept longues années depuis que mon rêve m’a été arraché.
Ça fait long.

Après cet échec cuisant, Sabot et moi reprîmes la route. Par chance, la caravane et la remorque étaient au fond de la cour et ont donc échappé à l’appétit dévorant des flammes. Les responsables de cet attentat ne mirent pas beaucoup de temps à se rameuter chez moi. Mes concurrents guérisseurs avaient déclaré être « vraiment désolé pour ce qu’il m’était arrivé » et « voulaient me faire une petite offre pour m’aider à remonter la pente ». Ils me proposèrent deux cent pièces d’or pour mon terrain. D’après eux, vu la quantité de décombres à déblayer, c’est largement ce qu’il valait. Conscient que ce n’était qu’une énième occasion pour eux de se venger, j’avais tout de même pris l’argent. J’en avais besoin, et je ne pouvais pas refuser. Ils le savaient.
Après la transaction « moi et ma bestiole » fûmes priés de dégager de leur propriété avant le soir.

Nous sommes donc partis faire quelques provisions peu onéreuses pour le voyage et empaquetèrent quelques vêtements et accessoires de confort. Une chance pour nous, si l’on peut dire ça ainsi, nous étions dans la période chaude de l’année. Si nous arrivions à gagner une ville proche tout en récoltant des ingrédients tout le long de notre périple avant l’hiver, peut—être pourrais-je jouer les guérisseurs de fortune pendant quelque temps ?
Ca c’était ce que je m’étais dit. Pauvre naïf.

Nous gagnâmes Venill sans peine. Une ville commerçante, plus petite que Madorass mais tout de même bien grande. Nous nous étions installés sur une place où se trouvaient plusieurs autres voyageurs avec leurs carrioles. Ils furent d’abord hostiles envers Sabot, mais s’apercevant bien vite qu’il était très utile pour quelques travaux divers, leur avis changea, et ils l’accueillaient volontiers. Pourtant, ils n’avaient pas vraiment l’air de le considérer comme un « homme » à part entière.
Les premiers mois passés là-bas, j’avais entrepris de soigner les personnes dans le besoin. Malheureusement, l’affaire coula bien vite. Si vite qu’au final, nous n’avions plus d’or pour nous nourrir, Sabot et moi. Lui avait trouvé deux travails : l’un dans une forge où il aidait à décharger les matériaux et à transporter diverses choses, l’autre dans un moulin où il jouait les mules. Mais comme il n’était pas humain, ses employeurs refusaient de le payer dignement.
Je n’eus pas le choix : j’empruntais de l’argent auprès d’un créancier pour pouvoir nous nourrir correctement au moins une fois par jouer et payer diverses choses comme de nouveaux vêtements, des bûches pour se chauffer et des fers pour Sabot.
J’ignorais encore dans quoi je m’embarquais.

La petite somme que j’avais empruntée enfla bien vite, alors que le créancier augmentait sans cesse les taux d’intérêt ; la somme à rembourser double, tripla, quadrupla… pour atteindre des sommes vertigineuses. Je savais évidement que le type à qui j’avais emprunté cet or était louche. Mais je découvris plus tard, à mon grand regret, qu’il faisait partie d’une organisation des plus organisée, maitresse dans le domaine du crime.
On me fit savoir que comme je ne pouvais pas rembourser ma dette, j’allais travailler pour eux. Ma dette serait alors figée à son montant actuel, et je travaillerais dans l’un de leurs établissements pour les rembourser. Ils se laissaient évidement le droit de dégeler le montant si ils n’étaient pas satisfaits.
Ce n’est qu’à partir de cet instant que l’Enfer commença réellement.

Sans grande surprise, au vu des regards lubriques et des remarques déplacées qui avait été dites à mon égard lors de ma convocation, il fut évident que j’allais tomber dans un bouge pour pervers. Mais je ne m’étais tout de même pas attendu à tomber si bas ; « La rose en fleur » une maison close douteuse, à la façade défraichie qui dût être un jour peinte en rose… il y a longtemps. Le nom peint avec dextérité s’écaillait, ce qui démontrait que l’endroit devait avoir du succès… encore une fois, il y a longtemps. Et au vue des nombreux gamins androgynes en robes sales et lourdement maquillés qui attendaient devant, c’était un lupanar à « mignons ».
Oui, j’avais déjà été une catin un il y a… quelques années. J’aurais préféré ne pas avoir à y repenser, ni même à le redevenir. Mais je n’avais pas été ce genre de catin. J’étais un oiseau rare qui coutait bonbon pour qui voulait s’en approcher. Ici, je n’étais plus qu’un mignon freluquet qui accostait tout le monde dans l’espoir de pouvoir lui soutirer trois sous. Le genre à emmener ses clients dans la ruelle ou l’impasse d’à côté pour ne pas avoir à louer une chambre quand ce n’était pas à mon tour d’en avoir une. Et les clients étaient du genre à s’en foutre, d’être trainés dans un cul de sac mal odorant, tant qu’ils pouvaient faire leur affaire tranquillement.
Ils m’écœuraient mais pire encore : JE m’écœurais.

Si j’ai pensé à arrêter ? Je veux dire, arrêter définitivement ce cauchemar ? Boire le vin du dernier salut ?
Oui. Plusieurs fois même. Mais Sabot comptait sur moi. J’étais la seule personne sur qui il pouvait compter, et inversement. Je ne pouvais pas l’abandonner comme ça. Et, au fond de moi, j’avais l’espoir infime que tout pourrait peut-être redevenir comme avant.

Je pensais à tout cela en me regardant dans le miroir en me maquillant ce soir là.  
C’était à mon tour d’occuper une des chambres du bordel, pour accueillir dignement des clients un peu plus friqués. C’était pas plus mal, au moins j’étais au chaud pour la soirée. Parce que passer sa nuit à remonter sa jupe dans le froid mordant de l’hiver, sur le trottoir ne m’enchantait guère.
Je fardais lourdement mes paupières d’une poudre noirâtre aux reflets légèrement bleutés, avant d’appliquer un trait de khôl au pinceau au dessus de mes cils. Avec une petite brosse, j’étirais mes cils avec une mélasse noire, pour leur donner plus de profondeur. Les clients aimaient bien quand on était fort maquillés…. Maquillés comme des putains, en somme.
Je terminais mon maquillage avec un peau de fard à joue sur les pommettes, léger. Ca dissimulait mon teint maladif et épuisé. Pour finaliser le tout, je badigeonnais mes lèvres d’un rouge à lèvre très sombre de ma fabrication, conçu pour résister à n’importe quoi. Il ne se retire qu’avec une lotion spéciale, ou après trois jours. Pratique quand on est… enfin vous avez compris. Mes connaissances de guérisseurs que j’avais mis tant de temps à assimiler ne me servaient plus qu’à concocter des baumes à lèvres pour putes à l’épreuve de leurs services.
Charmant.

Nu devant mon miroir, j’arrangeais un minimum mes cheveux, les démêlants. Je n’avais pas besoin de vêtements, ils seraient enlevés de suite. Aucun client n’était encore venu, ce n’était pas encore l’heure. La chambre était plongée dans une semi-obscurité, simplement éclairée par une lanterne à la flamme vacillante, sur ma coiffeuse, derrière un paravent. Non, ce n’était pas pour l’ambiance. Juste pour une ambiance quelconque. Juste que les clients n’aimaient pas toujours être reconnus.

La porte grinça, et des bruits de pas timides se firent entendre, résonnant dans la pièce. Le premier client de la soirée montrait le bout de son nez. Voulant retarder encore un peu le moment fatidique, je prétextais ne pas être prêt, que je terminais et que j’étais ensuite tout  à lui. J’avais dit ça avec une voix rassurante, joviale, mais j’avais envie de m’enfuir en courant, écœuré.

Terminant mes cheveux, je me relevais et attrapais une paire de guêtres de laine poisseuses dans un coin. Je n’en avais que deux, et l’autre avait été tâchée du sang d’un client la semaine dernière, il fallait que j’aille en racheter. Celles-ci, malgré les nombreux lavages, avaient pris une couleur ternie, un blanc cassé immonde. Elles étaient de base blanches lignées de larges bandes rouges, à l’horizontale. Maintenant elles étaient ternes et jaunie, avec de ci de là quelques tâches dont on ne préférait pas connaitre l’origine.

Alors que je les enfilais, les pas se remirent en route, et se rapprochèrent, allant derrière le paravent. Une certaine inquiétude monta à ma gorge mais je feignais à nouveau une voix qui se voulait aguichante et joviale. Je fis mine de devoir arranger mes guêtres, lui tournant le dos.

- On est impatient… Ca se comprend. Qu’est-ce qui t’intéresserais, ce soir, mon beau ?




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Lyrad Rostbilde

Warm Shadow

________________


________________


Race : Humain draconique (PAS un démon)
Classe : Rôdeur
Métier : Mercenaire et chasseur de primes (allant au plus offrant dans les deux cas)
Croyances : Le hasard
Groupe : Solitaires

Âge : 152

Messages : 54


[PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad} _
MessageSujet: Re: [PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad}   [PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad} EmptyDim 23 Fév 2014 - 20:25

Lyrad avait toujours adoré les couchers de soleil. D’une certaine manière, en tout cas. Ils représentaient pour lui une symbolique particulière. L’avènement d’un jour nouveau à venir, qui contiendrait son lot de surprises, bonnes ou mauvaises, un pas de plus dans la vie. Un sentiment de vivre et d’être réel, en somme.

Ceux du port de Venill, en particulier, étaient très appréciables. Le vieux débarcadère offrait un spectacle solennel depuis le quai, la mer creusée de sillons crépusculaires d’un orange chaud, les mouettes virevoltant à l’horizon et le son du bois craquant sous les pieds. Le mercenaire restait assis au bord de la proue d’un navire marchand à bord duquel il avait embarqué pour se rendre à la cité côtière, profitant de la décharge du bâtiment pour se poser un instant et attendre la tombée de la nuit. Le léger tangage lui donnait l’impression de se trouver sur un nuage.

Un goéland vint se poser sur la figure de proue, juste devant lui. Lyrad porta son attention sur l’oiseau brièvement ; il était aussi blanc qu’une colombe, bien qu’évidemment moins élégant. Il jeta à Lyrad un coup d’œil curieux, railla ses compagnons qui passaient près de lui, et déploya ses ailes blanches l’espace d’un instant. Il les battit plusieurs fois rapidement mais sembla décider de ne pas s’envoler, au final. Soudainement, Lyrad se sentit légèrement perturbé.


Une heure plus tard, il quitta le port pour se rendre dans un quartier tout proche et très peu famé. Même pas famé du tout, en fait. Le mercenaire se demandait bien ce qu’il pouvait bien s’y trouver d’intéressant pour que son commanditaire l’y envoie ; cela dit, ce dernier paraissait tellement malsain qu’il ne voulait pas vraiment avoir la réponse. Lyrad avait rarement vu un individu aussi prompt à lui faire rendre son petit-déjeuner, et Dieu seul savait qu’il en avait vu, des choses répugnantes.

Passant par les toits, comme à son habitude, il ne mit pas longtemps à remarquer le bâtiment où la cible habitait. L’enseigne délabrée trônait pitoyablement au-dessus de l’entrée, affaissée comme un animal mourant. Il repéra également plusieurs individus stationnant devant l’entrée ; de ce qu’il pouvait distinguer, certains semblaient assez jeunes, malgré leur parure et leur visage beurré de maquillage. Lyrad esquissa un rictus de déconvenue : il avait toujours abhorré ce marché du sexe. Pour un peu, il aurait égorgé tous les clients et les propriétaires et libérer ces garçons, mais la plupart d’entre eux ne savaient très certainement rien faire d’autre de leurs dix doigts, et ils finiraient à la rue sans un sou, à crever de faim plus rapidement qu’ils ne crèveraient sous les coups d’un client violent ou d’une maladie vicelarde. Il baissa la tête, souffla du nez et s’excusa silencieusement de son impuissance.

Il passa de toit en toit et s’infiltra comme un courant d’air par une fenêtre cassée. Devant lui, un long couloir sombre et lugubre s’étendait, dont le plancher de bois était recouvert d’un long tapis délavé et rapiécé. Comme indiqué, la cible se trouvait au troisième étage, donc l’étage en-dessous. Il traversa le corridor pavé de portes numérotées, entendant à plusieurs reprises des gémissements et des grincements derrière plusieurs d’entre elles qu’il se contenta d’ignorer. Il descendit rapidement l’escalier grinçant et s’engouffra dans le second couloir, vérifiant que personne ne se trouvait aux alentours. Il avait beau être un mercenaire qui comptait des centaines de meurtres à son actif, cet endroit lui donnait la chair de poule comme jamais il ne l’avait eue. Il se dit que si l’enfer existait, c’était à ça qu’il devait ressembler. Il chassa cette pensée de sa tête et redoubla d’attention, atteignant enfin la porte qu’on lui avait désignée. Ni une ni deux, il l’ouvrit lentement et pénétra à l’intérieur.

La pièce était très mal éclairée. Une seule bougie dont la flamme vacillait était posée dans un coin. Lyrad ne savait pas si cela était censé procurer une ambiance tamisée voire sensuelle, mais ce dont il était sûr, c’était que ça rendait le tout encore plus lugubre et malsain. Il s’avança lentement, discernant immédiatement la petite mais gracieuse silhouette de sa supposée cible. Ses pas craquaient sur le plancher moisi et terne, et il ne faisait aucun doute que l’autre l’avait remarqué puisqu’il lui déclara ne pas avoir fini de se préparer. Lyrad fut surpris l’espace d’un instant, puis comprit qu’il le prenait pour un client. Bien. Voilà qui était une occasion parfaite pour frapper par derrière.

Il passa derrière le paravent et, continuant d’avancer, vit nettement que sa cible était de dos. Le garçon draconique, tout garçon qu’il était, ne put malgré tout pas s’empêcher de remarquer le fessier fort sympathique du jeunot en face de lui… il secoua la tête et finit de s’approcher de lui.

- Qu’est-ce qui t’intéresserais, ce soir, mon beau ?

Lyrad leva les mains et arrêta son geste. L’accablement commençait à le submerger. Il s’apprêtait à tuer un garçon qui devait avoir vécu une vie de misère et de souffrance, réduit à devoir aguicher des vieux porcs pour gagner sa vie alors qu’il aurait très bien pu s’éduquer et devenir quelqu’un. Il percevait très bien la douleur derrière ce ton jovial. Il le savait, et il allait le condamner au lieu de le sauver. Mais peut-être était-ce mieux ainsi ? Après tout, il était certain que plus d’un de ces misérables y avait pensé, et que certains avaient suivi cette voie. Peut-être que finalement, il le soulagerait.

« Que tu ne m’en veuilles pas », pensa Lyrad en guise de réponse.

Il attrapa la gorge du garçon et couvrit sa bouche avec l’autre main, commençant à serrer aussi fort que possible. Comme prévu, il sursauta et tenta immédiatement de se débarrasser de l’emprise du mercenaire, mais peine perdu. Il n’était pas assez fort pour pouvoir se dégager, même s’il se débattait tout de même comme un beau diable. Il se débattait tellement que Lyrad dut resserrer sa prise, et il changea légèrement de position. La flamme vacilla une fois de plus alors qu’elle révéla au miroir devant eux le visage que Lyrad était en train d’étouffer. Il mit plusieurs secondes à remarquer les yeux d’un bleu profond et les cheveux blonds. Ses yeux s’agrandirent sous le choc et il le lâcha, pétrifié de stupeur.

- Non…

C’était une blague. Ce n’était pas possible, c’était une mauvaise blague. Il recula, frappé de terreur. Le hasard venait encore se moquer de lui.

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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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Aoi Haandar
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Race : Séraphin aux ailes coupées
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[PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad} _
MessageSujet: Re: [PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad}   [PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad} EmptyDim 23 Fév 2014 - 21:21




Je l’avais senti venir derrière moi.
Et je savais que quelque chose n’allait pas bien se passer.

Quand on vit comme un paria pendant un certain temps, on apprend à survivre seul. Pourtant, il était resté étonnamment calme. Rien de très alarmant en réalité. D’habitude, les clients se jetaient sur moi quand ils avançaient aussi loin sur mon « territoire » et n’attendaient même pas d’être sur le lit pour faire leur affaire. Lui était resté un instant immobile derrière moi. Un court instant. Mais ça avait suffit à m’alerter. Pourtant pas assez rapidement que pour pouvoir réagir.

Sa main s’était plaquée contre mon nez et ma bouche en une fraction de seconde, son autre main attrapant ma gorge. Il me maintenait contre son torse pour m’empêcher de me dégager. Dans mon dos, je pus sentir son cœur s’accélérer un peu, mais certainement pas autant que le mien. L’air commençait à se raréfier dans mes poumons. J’avais l’impression de m’être à la fois pris la gorge dans un cordage et un oreiller sur le visage. J’étouffais. Je mourrais.
Mais mon instinct de survie, en bien ou en mal, décida qu’il était temps de réagir. Je me débattis comme une furie, incapable de me laisser aller à une mort aussi grotesque, même si elle aurait peut-être été bienvenue. Je tentais de mordre la peau de mon assaillant, mais il était bien trop fort. Je donnais des coups de jambes, des coups de bassins, je griffais mais je n’arrivais qu’à le faire bouger un peu. Un poids lourd commençait à peser sur ma poitrine et ma vision se troubla quelque peu.

C’est alors qu’il me lâcha.
Sans raison, il me libéra.
Pourquoi... ?

Tombant à genoux sur le sol poussiéreux, je toussais à m’en arracher la gorge. L’air s’insinua a nouveau dans mes poumons, insufflant un minimum d’énergie à mon cerveau embrumé. Je restais là, à quatre pattes pendant un moment à tousser et cracher ma salive sans pouvoir réellement m’en remettre.
Puis ma vue revint peu à peu à la normale. Je me trainais aussi rapidement que possible à ma coiffeuse pour m’emparer d’une dague sous le meuble. C’était déjà un minimum de défense.

Mais quelque chose me fit encore plus mal que l’étouffement.
Je reconnus de suite qui était mon assassin.
C’était LUI.

Ses yeux rouges globuleux étincelants à la lumière des flammes comme deux rubis. Ils avaient l’air bien plus penaud aujourd’hui. Ils reflétaient une certaine incompréhension. Et une certaine stupeur. Ses cheveux avaient poussés un peu. Mais ses vêtements restaient les mêmes.

Comment l’oublier ?
Celui qui a tout détruit ?
Celui qui m’a tout pris ?

Essoufflé, je pointais vers lui mon poignard, les larmes aux yeux. Des larmes de rage, de haine. Mais aussi de tristesse et de désespoir. Pourquoi avoir tout gâché ? Pourquoi m’avoir tout pris pour me laisser seul dans ce monde ingrat ? Venait-il pour terminer le travail ? Ou voulait-il m’enfoncer encore plus loin dans la misère humaine ? Mais mes yeux trahissaient mes réels sentiments. Je le sentais, je le savais. Je devais avoir l’air pitoyable, avec le khol qui dégoulinait sur mes jours, emporté par mes pleurs. J’avais pour sûr l’air d’un chiot abandonné au dehors un soir de pluie.

Il tendit une main vers moi, je relevais un peu plus mon poignard. Je ne voulais pas qu’il m’approche.
Il ne mit pourtant que cinq petites secondes pour se jeter sur moi.
Comme une bête sur sa proie.

Je paniquais et levais mon couteau, me repliant sur moi-même contre un mur, la dague brandie devant moi. Mais il me l’arracha bien vite des mains, m’attrapant par le bras ; je paniquais d’avantage. Pourtant, cela n’avait rien à voir avec la manière dont il m’avait eu il y a encore quelques minutes. C’était doux, c’était presque même affectueux. Mon regard apeuré croisa le sien un instant. Ses yeux rouges étaient remplis de remord, j’aurais pu les apprécier pendant encore un long moment…
Si mon instinct de survie n’avait pas repris le dessus.
Et que le sien ne fasse de même.

J’ouvris la bouche pour hurler à l’aide, mais sa main se plaqua à nouveau sur ma mâchoire. Je voulus me débattre, et m’agitais furieusement contre lui alors qu’il me maintenait fermement. Notre lutte dura quelques bonnes minutes, pour se terminer sur le lit. Il était à bout de souffle, mais maintint tout de même sa main contre mes lèvres.

J’en profitais pour lui mordre furieusement la main.
Il grimaça et la retira un instant ; j’en profitais pour inspirer profondément.
Mais le ciel devait m’avoir entendu.

On frappait à la porte.


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MessageSujet: Re: [PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad}   [PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad} EmptyJeu 6 Mar 2014 - 22:21

Lyrad croyait au hasard. Il y croyait dur comme fer, il croyait que c’était la seule justice qui tenait la route en ce bas monde. Cependant, il arrivait que Lyrad, comme tout être plus ou moins humain de Feleth, ait ses convictions ébranlées lorsque celles-ci venaient à se retourner contre lui. Comme c’était le cas ce soir, alors qu’il se tenait en face du garçon qui l’avait sauvé et à qui il avait tout enlevé, il y a déjà plusieurs années maintenant, et qu’il était à présent censé tuer. Le hasard, ce soir, avait un goût d’acharnement sadique et moqueur.

Aoi se tenait devant lui, tel un pantin désarticulé, à moitié nu, le visage inondé de larmes à présent qu’il l’avait reconnu. Jamais Lyrad n’avait vu des yeux aussi intenses ; à vrai dire, il n’aurait su choisir la raison pour laquelle ces larmes coulaient, et pourtant, cela lui semblait tellement évident. Mais il devait tellement y en avoir qu’il s’y perdait, et il saisit alors l’ampleur de la désolation qu’il avait semé dans le cœur de cet individu et dont il récoltait les fruits à présent.

Malgré tout, Lyrad était également certain que si le hasard pouvait indubitablement le mettre dans des situations aussi cruelles, cela ne voulait pas dire qu’il ne pouvait pas y faire quelque chose. Peut-être qu’après tout, la vicissitude de ce sinistre spectacle devait être vue comme de la chance. Une chance de se racheter, de pouvoir tout réparer, même si…

Même si ça n’était vraiment pas gagné d’avance.

Le mercenaire leva les mains pour signaler qu’il ne voulait pas lui faire du mal. Pas de réaction. Aoi gardait toujours son arme pointée sur lui et, même si Lyrad était sans aucun doute bien meilleur lutteur que lui, le garçon aux écailles sombres ne sous-estimait jamais un adversaire. Aoi voulait le tuer, et il n’aurait clairement pas besoin d’attendre d’être en légitime défense pour ça. Rapide comme un cobra frappant sa proie, Lyrad bondit sur l’éphèbe qui, comme attendu, tenta de le planter, mais le mercenaire se saisit de sa dague ; il n’eut même pas à l’arracher, Aoi étant sans doute trop surpris et trop apeuré pour penser à raffermir sa prise. Etrangement, Lyrad en ressentit une encore plus grande tristesse. Ce pauvre garçon avait été jeté dans la fosse aux lions sans aucune défense préalable.

- Du… calme…

Lyrad tentait de lui parler mais c’était peine perdu. Il se débattait comme un beau diable. Le mercenaire passa un bras autour des siens au niveau des coudes, les bloquant le long de son corps, et plaqua son autre main sur sa bouche alors que celui-ci s’apprêtait à hurler. Ça n’était vraiment, vraiment pas gagné.

- Aoi…

Il ne voulait rien entendre, cherchant juste à se dégager de son emprise. Malgré sa frêle stature, Lyrad dut reconnaître qu’il savait résister, tant et si bien qu’il s’en retrouva époumoné au bout de quelques minutes. Il plaqua Aoi sur le lit, cherchant un moyen de le maintenir avec autre chose que ses mains. Il regarda dans tous les sens en quête d’une quelconque ficelle ou des liens pour l’attacher solidement, mais, sans surprise, il n’y avait rien dans la chambre. Il sentit la bouche d’Aoi glisser contre sa paume et une vive douleur le força à retirer sa main : le blondinet venait de le mordre.

« Espèce de… »

Réglé comme une horloge, Aoi s’apprêtait à une nouvelle tentative d’appel à l’aide. Au moment où Lyrad plaquait de nouveau sa main contre ses lèvres, cette fois encore plus fermement, quelqu’un frappa à la porte. Le cœur de Lyrad rata quelques battements.

- Z’avez bientôt fini ? Grogna une voix étouffée. C’est mon tour…

- Ouais, encore cinq minutes, mon vieux, lança Lyrad par-dessus son épaule.

Il entendit l’homme bougonner pour finalement s’éloigner. Il reporta son attention sur Aoi, qui commençait salement à s’agiter. Il s’assit sur lui, lui maintenant les deux poignets joints dans une seule main et l’empêchant de crier de l’autre :

- Aoi, Aoi, écoute-moi…

Son ton n’avait rien d’impérieux, il avait même quelque chose de suppliant.

- … s’il-te-plaît, Aoi, calme-toi ! Je ne veux pas te faire de mal, d’accord ? Je ne l’ai jamais voulu…

Cela lui faisait étrange de se dire que la dernière fois qu’ils s’étaient parlé, c’était il y a maintenant près d’une décennie. Pas franchement terrible, comme retrouvailles.

- … il y avait ce type, qui m’a embauché pour tuer un dénommé Alouette… si j’avais su que c’était toi, jamais je ne l’aurais fait ! Il faut que tu comprennes, c’est un énorme malentendu…

Il rapprocha son visage du sien. Pour un peu, il aurait pu se perdre dans le bleu de ses yeux.

- Je peux te faire sortir de là, Aoi, continua-t-il d’une voix plus basse. Je peux t’aider à tout réparer. Je sais que c’est de ma faute, et je suis prêt à t’aider, mais il faut que tu me fasses confiance, d’accord ? Tu m’as sauvé la vie, j’ai une dette envers toi.

Il regarda par-dessus son épaule. Ils n’avaient pas beaucoup de temps.

- Je vais t’aider à t’enfuir. Il faut que tu me fasses confiance. Je sais que c’est difficile, voire insurmontable avec ce que je t’ai fait… mais il le faut, sinon tu ne t’en sortiras pas.

Il le fixa l’espace d’un instant.

- Maintenant, je vais enlever ma main, et tu ne vas pas crier, d’accord ?

Lentement, il enleva sa main. Elle était humide des larmes du blondinet et du maquillage qui avait coulé en conséquence. Il l’essuya dans son poncho, s’écarta du lit et alla jeter un coup d’œil par la porte en l’entrouvrant dans un grincement. Pas un chat, pas même le client impatient qui était venu réclamer son tour.

- Prépare-toi, c’est maintenant ou jamais.
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Aoi Haandar

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MessageSujet: Re: [PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad}   [PV] Que veux-tu, mon beau? {Lyrad} EmptyJeu 13 Mar 2014 - 9:42




Lorsqu’il me relâcha enfin, je ne pus vraiment penser à quoi que ce soit. Mes poignets me faisaient mal, ma gorge aussi. Et je sentais mon visage si sale, tâché de maquillage… J’étais partagé entre un tas d’émotions différentes, et je ne savais comment les gérer convenablement. J’étais heureux d’entendre qu’il avait une dette envers moi, qu’il allait m’aider. Mais j’étais furieux de le voir revenir dans ma vie, attentant encore une fois à celle-ci. J’étais triste de me rendre compte à quel point ma vie était misérable, et las de la vivre. Je ne savais pas si je devais lui hurler dessus ou pleurer dans ses bras. Je ne savais plus.

Je me relevais doucement pour masser mes poignets, le regard dans le vide. Je grelotais, me rappelant alors que j’étais toujours à moitié nu. J’attrapais une des couvertures au bas du lit et m’emmitouflais dedans, comme pour me protéger. Que devais-je faire ? L’attaquer ? … ou le suivre ?
Par-dessus tout, j’avais honte. Honte de ce qu’il avait vu de moi, de ce que j’étais devenu. Un prostitué au rabais qui se tartine le visage de maquillage et qui propose son corps à des hommes peu fréquentables. Je savais qu’un jour, peut-être, l’un d’eux me trancherait la gorge. Cette pensée me hante dès qu’un client s’approche de moi. J’avais peur. Peur de mourir, alors que ma vie était gâchée à jamais. C’en était presque ironique.
Mais voilà que l’assassin dont j’avais si peur depuis si longtemps m’épargnait après avoir vu mon visage ? Si ça avait été un autre que moi, il serait mort depuis un moment, Lyrad prenant la fuite alors que le corps était encore chaud. Un fin filet de vent glacial filtra au travers de la fenêtre et je frissonnais à nouveau. Je l’entendis me proposer de m’enfuir avec lui, et je ricanais tristement.

- … Je n’ai pas le droit de fuir.
Murmurais-je. J’ai des dettes moi aussi, et je les rembourse ici. Si je pars, ils me trouveront, ce ne sont pas de petits joueurs. Ils me tueront.

Je relevais les yeux vers lui, animé d’un nouvel espoir de liberté. Et d’une furieuse envie de vivre.

- Si tu veux me sauver… alors rembourse cette dette pour moi. Je serai libre à nouveau… Je n’y arriverai pas seul. Tu as une dette envers moi, alors rembourse la mienne et nous serons quittes.


Je me relevais, toujours habillé de ma couverture en laine de mauvaise qualité et horriblement grattant. Je me mis face à lui, prêt enfin à vider mon sac. Un sac qui s’est rempli d’insultes depuis quelques années et qui avait besoin de faire le calme.

- Tu as détruit ma vie entière… tu as pris ce que j’avais mis tant d’années à construire ! T’imagines-tu le temps que ça m’a pris pour réunir l’or nécessaire à monter une telle entreprise ? T’imagines-tu tout ce que j’avais pu accumuler comme trésors jusque là ? Tu as tout détruit en quelques minutes à peine. TOUT. Il ne me reste rien, je suis endetté à vie et je n’arrive même plus à me nourrir tous les jours… Et tu n’imagines pas à quel point je t’ai haï pour ça.


J’écartais lentement les bords de la couverture, lui dévoilant, un peu honteux, mon corps et l’état dans lequel il se trouvait aujourd’hui. Oh dans la mi-pénombre, je faisais illusion c’est vrai. Mais mes flans avaient été quelques peu creusés par la faim, de nombreuses cicatrices, traces du passage de client peu soucieux des autres, sillonnaient maintenant la peau que je prenais tant de temps à entretenir quand j’en avais les moyens. Et quelques bleus se laissaient entrapercevoir de ci, de là. Je voulais qu’il voie ce qu’il a fait de moi.

- … Tu vas travailler pour moi et rembourser ta dette. Je t’ai sauvé la vie, tu as pris la mienne. Alors maintenant, tu vas me la rendre. Et pour commencer, tu vas aller tuer pour moi cet homme qui t’a engagé. Tu n’as pas le choix.


Je soupirais et allait laver mon visage à l’aide d’une lotion à l’huile et aux herbes et fleurs. Je me réinstallais alors devant le miroir et recommençait cette « œuvre » qui désignait si bien les putains. Une fois lourdement fardé, j’attrapais dans un coin de la chambre, sur une chaise, ma robe de service. Une vieille robe autrefois splendide mais aujourd’hui déteinte et sale. Elle était composée d’un chemiser à manches bouffante autrefois crème et aujourd’hui grisâtre surmonté d’un corsage gris et rouge. Une jupe relevée à l’avant et composée de plusieurs jupons faisait office de bas. Je n’avais rien d’autre pour m’habiller ici, alors elle ferait l’affaire.

- Ton remboursement commence. Je vais descendre dire que tu m’as réservé toute la nuit. Que tu paierais quand tu te seras rhabillé et que tu m’emmènes en ville pour qu’on s’amuse. Toi, tu restes ici.

Je sortis alors de la chambre et descendis en vitesse les escaliers grinçants. J’entendis un de mes collègues hurler dans l’une des chambres, mais je ne fis pas un geste pour l’aider. Nous ne le faisons jamais. Chacun pour soi. La gorge serrée, je me rendis jusqu’au guichet où Roberta, la gérante, attendait pour les payes. C’était une grosse vache aigrie qui nous faisait travailler comme des esclaves. Une vraie folle. Alors quand je lui annonçais que j’avais attrapé un gros client et qu’il me réservait pour la nuit, elle s’adoucit soudain. Elle me félicita et me demanda de l’attendre ici.

C’est alors que mon pire cauchemar se pointa fièrement : Edelweiss.
C’était un autre des prostitués du bordel mais il avait la réputation d’être un dévergondé de première, le genre à apprécier son « travail » ; il avait le don de trouver des clients de plus en plus excentriques et de plus en plus tordus. Mais l’avantage quand on accepte de perdre sa dignité comme lui, c’est qu’on gagne beaucoup d’argent. Il avait d’ailleurs aujourd’hui une robe splendide. Ce qui m’énervait tout autant.
Mais le pire était peut-être le fait qu’il me ressemble beaucoup : un petit blond au visage angélique, aux yeux verts perçants et aux cheveux légèrement ondulés. Il essayait souvent de m’attirer dans ses coups tordus, parce que les clients auraient apprécié nous avoir tout les deux. J’ai toujours refusé.

- Alouette, mon cher ami… ! Susurra-t-il. Tu t’es enfin trouvé des clients potables cette fois ? Moi j’ai déjà gagné une vingtaine de pièces d’or aujourd’hui. Et toi ? Où en es-tu ? Finiras-tu pas tout rembourser un jour ? Ahah ! Je plaisante… tu n’y arriveras pas.

Je grognais, furieux. Il avait ce don d’énerver les gens…

- Oui, j’ai trouvé un bon client. Il a beaucoup d’or et va me payer cher. Peut-être même pourrais-je m’acheter une aussi jolie robe que la tienne après ça. Et sans avoir à rejeter ma dignité pour autant. Tiens regarde, le voilà.


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