''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Longtemps après [pv Maël/Erwan]

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Enora Roszprach



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Enora Roszprach
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Longtemps après [pv Maël/Erwan] _
MessageSujet: Longtemps après [pv Maël/Erwan]   Longtemps après [pv Maël/Erwan] EmptyJeu 27 Oct 2011 - 14:05


    J’ouvris à nouveau les yeux et parcourais inlassablement mon regard sur tous les visages présents dans la pièce, m’accrochant aux moindres détails afin de d’apercevoir celui que je cherchais. Mais rien ne m’apporta la quelconque information sur la présence de mon frère. Je grimaçais en reposant ma chope de bière sur la table sans la lâcher, non pas qu’elle soit mauvaise, mais je ne trouvais goût à rien. Je soupirais, à la fois triste et agacée. Mes informateurs n’étaient certes pas des hommes de grande intelligence, néanmoins, ils avaient de la clarté dans leurs propos et m’avaient clairement informé d’une éventuelle piste à Venill. Mes efforts jusqu’ici avaient été vains et je n’avais plus vraiment de pistes valables qui s’offraient à moi. Je marmonnais pour moi-même et entrepris de finir ma bière. Un groupe d’hommes attira cependant mon regard, et je posais mes yeux sur leur visage. D’où j’étais, il m’était impossible de percevoir la moindre bribe de conversation, d’autant qu’à leur attitude, je pouvais voir qu’ils chuchotaient. Penchés en avant sur la table, ils ouvraient à peine leur bouche et semblaient murmurer. Je fronçais les sourcils, accrochant mon regard sur une chevelure blonde que je pensais connaître. Mon cœur s’arrêta un instant tandis que je retenais mon souffle, serrant de toutes mes forces la chope de bière entre mes mains. Je perdis totalement la notion de ce qui se passait autour de moi, fixant sans ciller l’homme qui me tournait le dos. Lentement, sa tête pivota sur sa gauche, et je ne reconnaissais pas ces traits. Ce n’était pas la même forme du nez, de la bouche et encore moins du front. Je baissais la tête, laissant l’air s’échapper de mes poumons. Un sourire amer passa sur mes lèvres tandis que je finissais d’une traite le reste de bière. Mes illusions me rendaient lamentablement stupide et il était grand temps que je me ressaisisse. J’avalais de travers et toussotais discrètement. Seulement, ma chute de cheval plus tôt dans la journée m’avait causée une forte douleur aux côtes à gauche. Le fait de tousser provoqua une nouvelle fois cette douleur et je comprimais mon bras contre mon flanc tout en grimaçant de souffrance. « C’est rien, ça va passer » pensais-je, m’enfermant une fois de plus dans une illusion. Il fallait que je prenne un peu l’air. Doucement, je remontais ma capuche sur ma tête et me levais pour me diriger vers la sortie. Je croisais un groupe de personnes heureux qu’une table se libère. Me faufilant entre les habitués de l’auberge, je réussis à sortir du bâtiment, et sentis pleinement l’air frais entrer dans mes poumons. La douleur vacillante persistait et je commençais à me douter que je ne pourrais pas rester ainsi. Je décidais de marcher un peu pour me dégourdir les jambes avant de regagner l’auberge pour y passer la nuit.

    Je traversais quelques rues en prenant soin de ne pas me perdre ; je ne comptais pas m’éterniser dans cette ville et préférais de loin l’à quitter au plus vite. Il y avait quelque chose ici, que je n’arrivais pas à définir et qui m’était tout simplement insupportable. J’avais constamment la sensation désagréable d’être suivie, observée comme si on attendait le moindre faux pas de ma part. Je resserrais mon mantel autour de moi, pour me protéger de la fraicheur de la nuit et des yeux trop curieux que je croisais. J’arrivais à hauteur du cimetière, auquel je n’adressais qu’un regard furtif n’ayant absolument pas envie de traîner dans ce coin. Cependant, le bruit d’un tintement irrégulier parvint à mes oreilles. Il n’avait rien à voir avec celui des cloches de l’église et je pouvais percevoir quelque chose d’anormal là-dedans. Je m’arrêtais et regardais autour de moi ; la rue était déserte. Bien sûr, je me doutais que ça serait trop facile autrement. J’hésitais entre l’envie curieuse d’aller voir d’où provenait ce bruit et celle de rejoindre la chambre que je payais pour dormir. Ma curiosité prit le dessus et je m’engageais dans le cimetière, passant lentement entre les tombes en pierre. Par moment, mes yeux scrutaient les inscriptions gravées, comme si je m’attendais à lire un nom en particulier. Ça en devenait une obsession dont il fallait que je sorte ; l’idée que mon frère soit mort quelque part dans ce royaume me traversa l’esprit et il était évident que si c’était le cas, je n’y pouvais rien et que je devais me faire à cette idée. « Et s’il est vivant ? » murmurais-je. Je soupirais, las de me perdre dans mes pensées.

    La lune éclairait mes pas, mais je manquais de trébucher deux fois, l’obscurité du lieu étant plus importante. Je m’approchais de ce bruit insistant, que je trouvais au pied d’une tombe ; une petite figurine en bronze était mal posée sur la pierre et frappait par moment, selon le vent, une plaque sur laquelle était gravés deux prénoms, certainement des défunts. Je me penchais pour ramasser cette petite figurine à l’effigie d’un ange. « Là ! » Une vois inconnue brisa le silence de la nuit. Tandis que je tournais la tête pour voir d’où venait cet ordre, une masse sombre me percuta violemment, me propulsant à terre. La douleur des mes côtes se réveilla de plus belle et m’arrache un cri. Je levais la tête et pu constater avec mépris que deux hommes se tenaient devant moi, le visage éclairé par les rayons de la lune. « Qu’est-ce que tu avais à nous regarder comme ça à l’auberge ? Pour qui tu travaille ? » Je reconnu les mèches blondes de celui que j’avais pris pour mon frère. J’arquais un sourcil, me demandant s’ils étaient tous aussi parano dans cette ville pour croire que je les espionnais. « Je… » Le reste de ma phrase ne quitta pas le bord de mes lèvres, car je reçus un coup de pied dans le ventre, coupant mon souffle et attisa la douleur déjà présente dans mon corps. Par chance, ils me laissèrent reprendre mon souffle et mes esprits avant de poursuivre cet interrogatoire absurde. Il fallait que j’agisse rapidement pour ne pas me retrouver sans vie au milieu de ces tombes. J’attendis que l’homme aux mèches blondes s’approche suffisamment. Il ne pouvait voir mon visage dans l’ombre sur lequel s’affichait un sourire calculateur. Je pris appui sur mes jambes et me relevais d’un bond, faisant tout pour faire abstraction de la douleur qui parcourait mon corps. Une de mes dagues sortit de l’ombre sous ma tunique et je me propulsais vers mes agresseurs. Mon but n’était pas de les tuer, mais de leur faire peur. Je me plaquais contre lui avec toute la force que je pouvais et le poussais dos à une pierre tombale tandis que son compagnon fuyait. Je plaçais la lame de la dague contre sa gorge et lui offrait mon plus beau sourire. « La prochaine fois, choisis mieux tes acolytes ! A mon tour de poser les questions. Je cherche un homme qui te ressemble et qui répond au nom de Rodrick. » L’homme me regarda en biais. Mais sa réponse ne tarda pas : « Je connais peut-être celui que vous cherchez, mais il n’est pas dans cette cité. » Mon cœur s’emballa. « Où ? » Un sourire niais éclaira son visage. Il ne savait rien et tentait le tout pour le tout de gagner du temps. « Loin d’ici, à plusieurs jours de marche. » Je relâchais ma pression et reculais d’un pas. Une lueur traversa mes yeux, celle que j’avais lorsque j’exécutais les ordres du roi. En un geste rapide et calculé, je fis passer la dague dans ma main gauche et profita que ma main droite soit libre pour asséner un coup dans la mâchoire de l’homme. Il fit un pas sur le coté, portant sa main à son visage. Courtiser les demoiselles serait plus difficile sans ce beau minois. Je rangeais rapidement ma dague, certaine de ne pas en avoir besoin. Cet homme n’avait rien d’un mercenaire, il cherchait peut-être le moyen d’y accéder, mais il lui manquait énormément. J’empoignais le col de sa tunique fermement, et le redressais contre la tombe. « Où est-il ? » Il ne répondit pas, le regard traversé par la peur. « Pitoyable. » Pensais-je. « Tu n’as aucune idée de qui je te parle. » Je soupirais en le relâchant. « Vas-t’en ! » La froideur de ma voix ne le fit pas attendre, il détala tel un lapin débusqué par des chasseurs.

    Je restais seule, passant ma main sur mon visage. Mon esprit était dénué de toutes pensées et à vrai dire, je préférais qu’il en soit ainsi. L’idée que ma venue dans cette ville n’ait servie à rien émergea. Il n’y avait rien ici. J’écoutais ma respiration lente, et portais ma main sur mes côtes : le repos était la meilleure chose à faire. Et lorsque le soleil se lèverait, je quitterai la ville sans me retourner. Je voulus prendre une inspiration, mais la souffrance m’en indiqua le contraire. Je grimaçais, en me résignant qu’il était temps de retourner à l’auberge.


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Longtemps après [pv Maël/Erwan] _
MessageSujet: Re: Longtemps après [pv Maël/Erwan]   Longtemps après [pv Maël/Erwan] EmptyJeu 3 Nov 2011 - 12:07

" Neni ser, ça fait des mois qu'il n'a plus remis les pieds par ici. "

Encore une fois je me heurtais à la même réponse, comme si les gens de Venill s'étaient donné le mot pour me mettre en rogne. Je ne lui offrit même pas un remerciement, me détournant de son étale. Je portais mon outre de vin à mes lèvres en buvant goulument le reste du breuvage épicé, originaire de cette belle ville à la population inhospitalière. Il fallait au moins reconnaitre qu'ils savaient faire du bon vin et voilà que je venais d'en engloutir une de plus. Je la jetais à terre où elle ne se brisa pas, le sable amortissant la chute. Ou pouvait bien être ce marchand dont la Confrérie avait accepté de prendre la tête ? Les villageois cherchaient-ils à le protéger ? Ou alors avait-il fuit, comme les autres le racontaient ? Je m'engageais dans l'une des venelles courbes de la citadelle, titubant sous le soleil de plomb, à la recherche d'un peu d'ombre. Si je ne m'arrêtais pas pour décuver dans un coin, il était possible que ce soit ma fin très prochainement. Je trouvais finalement un endroit qui me convenait, en levant la tête vers le ciel sans nuage. D'un geste souple, j'envoyais les cheveux magique qui se trouvaient sous ma manche gauche, s'accrocher à l'une des poutres du toit. Depuis que j'avais trouvé une fonction de grappin à ceux ci, il me plaisait de l'utiliser pour tout et rien.


J'étais maintenant à l'ombre sur le toit, et j'avais même la place de m'adosser contre un petit muret. Combien de temps resterais-je la dans un semi-coma ? Je n'en avais cure. J'étais fatigué de toutes ses petites missions qui portait ma carcasse dans les quatre coins du royaume. Surtout celle ou il fallait repartir avec la tête de quelqu'un. J'avais même perdu goût au meurtre... La chose qui m'apportait avant le plus de plaisir s'était envolé. Qui était-je devenu ? Qui avais-je été pour en arriver la devait même être une meilleure question. Toutes ces années de bon et loyaux service en temps que Cape, pour assurer la sérénité d'un royaume déjà voué à l'échec. Il n'y aurait pas de paix, et il n'y en aura jamais, pas temps que les hommes se mangeraient entre eux à cause de différence d'interprétation et de divergences d'opinions. Se battre pour la paix est illusoire, et j'avais mis du temps à le comprendre. Me rendre compte que je courais après des chimères, et qu'il était temps que je vois de moi même la bonté du monde, plutôt que d'écouter les racontars qui certifiaient que le royaume deviendrait un jour aussi propre que les latrines royal.

Mes yeux se perdirent au loin, vagabondant entre les tombes du cimetière juste en face. Ces gens là avaient-ils trouvés la paix avant de passer l'épée à l'autre main ? J'étais trop haut pour lire leurs noms, et cela m'importait de toute façon que très peu. Et c'est face à ce spectacle, que le sommeil me prit sans même me prévenir.

Il n'y avait pas plus bizarre qu'un rêve éthylique. L'alcool vous imbibes, sans jamais vous laissez le moindre repos. Éveillé, vous titubiez jusqu'à ce que vous en ayez le mal de mer de vous porter, les pensées vagabondantes, et bien souvent, vous disiez à voix haute ce que vous pensiez tout bas. Une fois que vous êtes endormis, c'est tout autre. Mais les pensées sont tout aussi désagréable, et c'est ainsi que je me surpris à rêver d'elle... Ou plutôt, me souvenir d'elle.


-***-


“Est-ce là vraiment ce que tu souhaites Enora ? Réfléchit quelques instants et ne joue pas à la sotte, ce n'est pas la place d'une femme que de porter le blanc.” j'espérais de tout cœur qu'elle comprendrait mes inquiétudes, mes mains tremblaient, ce qui devait être significatif. Jusqu'à maintenant, tout ceci n'avait été qu'un jeu entre elle et moi, je me souvenais des passes au bâtons que nous pratiquions tout deux dans la cours du manoir de son père. Un bâton était une chose, la symphonie du métal et l'odeur du sang en était une autre, et je ne voulais pas qu'elle y soit mêlé d'une quelconque manière. Sa condition de femme en faisait à mes yeux quelque chose de fragile, encore plus vue qu'il s'agissait de celle qui avait toujours partagés ma vie. Je savais d'avance qu'il ne serait pas facile de lui faire entendre raison. Je m'étais toujours considéré comme quelqu'un de têtu mais j'avais du changer d'opinion lorsque Enora était devenue une femme.

Elle tremblait elle aussi, mais de rage. « Jouer à la sotte ?! » le doigt qu'elle pointait maintenant sur moi était lourd d'accusation. « Je jouerai bien plus la sotte en restant ici, à devenir l’épouse modèle d’un noble qui n’aura absolument aucun intérêt pour moi. Je ne veux pas porter du blanc uniquement à mon mariage !». Voila que son père devait être satisfait s'il entendait notre discorde, lui aussi s'était catégoriquement opposé à ce que sa fille rejoigne nos rangs. Je repris d'une voix plus douce. “ C'est la place d'une femme que de porter le blanc à une seule et unique occasion, de sorte qu'elle ne risque pas de voir sa tenue s'imbibant du sang d'un inconnu. Les seules tâches que tu auras seront celle que tes enfants feront sur tes robes. Comment peut tu vouloir prendre des risques inutiles ? Tu n'aspires pas à un bon mariage loin des lignes rebelles ? Regarde Lady Lockwood dont nous nous moquons depuis des lustres, qui se marie à un richissime seigneur. Je commence à croire qu'elle avait finalement plus de jugeote que toi.”

Évidemment, la simple idée qu'elle soit destinée à un autre me pinçait le cœur. Mes sentiments pour elle était confus. J'avais grandis en la considérant comme une petite sœur. Je ne savais pas ce qui avait changé, mais toujours était-il que je la voyais différemment désormais. Mais j'étais prêt à accepter l'idée du mariage et même la soumettre à son père si cela pouvait la maintenir en vie, même si pour cela elle devrait me maudire jusqu'à la fin.

«Lady Lockwood ?! Non mais laisse-moi rire. Elle n’avait rien d’autre à faire que se marier à ce crétin de Lockwood, en effet. Si c’était le destin qu’elle rêvait, eh bien tant mieux pour elle, mais voilà l’exemple parfait du manque de jugeote de cette imbécile ! » ses cris devaient maintenant retentir dans tout le château et ses alentours, et mes tympans sifflèrent un court instant. Pourquoi ne voulait-elle pas comprendre ? « Je n’aspire pas à ce genre de mariage, et si tu ne vois que cela en moi, tu me déçois Maël. » cette dernière phrase presque chuchotée me fit mal au coeur. “Lady Lockwood n'est peut être qu'une imbécile, mais elle sera une imbécile vivante à la fin de l'année contrairement à toi si tu ne te résignes pas à comprendre. Pourquoi veut tu te battre ? Pour la grandeur que cela inspire ? Ne me fait pas rire, tu n'apportes jamais d'attention à ce qu'il pourrait bien se dire sur toi, que ce soit honorable ou parfaitement dégradant. Sert toi donc de cette carapace pour servir une autre cause qui ne nécessite pas le maniement d'une épée.”


La gifle retentit. Je n'avais même pas venu venir sa main, mais j'en ressentais maintenant la chaleur contre ma joue. Chacun de ses doigts étaient imprimés sur ma peau, je pouvais les sentir. « La grandeur ? Mais quelle grandeur Maël ? Celle que tu recherche avidement ? Est-ce-là ta propre raison pour avoir rejoins les rangs des Capes Blanches en me laissant seule ici ? ». Je ne pouvais pas lui en vouloir, elle ne savait pas ce qu'il m'avait couté de la laisser. Mais le simple fait qu'elle le pense rajouta encore à ma peine. « Finalement, tu es comme lui. “

Je me massais la joue avant de répondre. “ Je prendrais ta dernière phrase pour un compliment... Mais, j'ai besoin de savoir. Est.. Est-ce vraiment là ce que tu veux Enora ? Est-il impossible de te faire revenir sur ton choix ?” - « C’est l’avenir que j’ai choisis, et tu ne m’en empêchera pas. »

Les dés étaient jetés. Elle ne reviendrait jamais à la raison, et je n'avais plus d'autre choix que de dire ce qu'elle voulait entendre si je ne voulais pas la perdre à jamais.

“ Qu'il en soit ainsi alors... Je dirais à ton père qu'il vaut mieux te laisser agir à ta guise, mais j'émets cependant une condition.” Je pris une longue respiration, ce qui raviva la chaleur de la gifle. “ Je souhaite que tu sois dans mon bataillon” Elle affichait maintenant une expression indéchiffrable. “ Pas pour te mettre des bâtons dans les roues, soit en rassurer. Mais considère dès à présent que tu es un joyaux dont je serais désormais l'écrin. Tu m'es trop importante pour que je te laisse en compagnie des chiens de foires qui m'accompagnent sans que j'ai un oeil sur toi...”

Sa réponse ressemblait à un coup de poignard, meurtrissant ma chair. “« J’irai là où on m’assignera, et crois-moi, j’espère que je serai à la fois loin de toi, et à la fois assez près pour que tu comprennes enfin que je n’ai besoin de personne pour m’en sortir. » sa voix avait tremblé cependant, j'en étais sur. Ou peut être me disais-je ça pour me rassurer. Elle s'avança vers la porte. « Plutôt mourir que d’épouser un noble de ce monde, si ce n’est celui que je choisirai et non pas seulement à cause de son titre. » et s'en fut finit de cette conversation. “ Soit... “ murmurais-je. Je venais de la perdre, et j'en étais conscient. Je le méritais surement, je lui avais toujours fais confiance jusqu'à ce jour, pourquoi vouloir remettre en doute ses convictions ?

Mes yeux s'humidifièrent. Qui avait dit que les capes blanches n'avaient pas de sentiments ?


-***-


"Là !"

Il faisait nuit, quand j'ouvris les yeux. J'avais dormis toute la journée. Une journée de perdu à dormir. Au moins cela m'évitait les frais d'auberges. Heureusement qu'un gueulard venait de me tirer de mes songes, le vent était froid, et l'idée de mourir comme un vieil ivrogne me déplaisait. Je resserrais mon manteau autours de moi, m'enlaçant, tout en étant encore allongé. « Qu’est-ce que tu avais à nous regarder comme ça à l’auberge ? Pour qui tu travaille ? » . Qui était-ce ? J'entendais sa voix proche de moi, résonnant pourtant comme un échos. Mes jambes étaient engourdis, et j'eus la plus grand peine à me redresser. Un homme, non... deux hommes se tenaient non loin, en contrebas. La clarté de la lune me permis de voir suffisamment. Il faisait face à une femme que je ne distinguais pas. Aucun doute quand à son sexe, sa physionomie ne permettait pas qu'on s'y trompe.

« Immonde bâtard... » murmurais-je.

La botte du premier homme percuta de plein fouet la jeune femme. Un règlement de taverne ne justifiait en aucun cas qu'on s'en prenne à une femme, encore moi lorsque celle ci se recueillait dans un lieu sacré. Je glissais dans l'ombre, quittant ainsi mon refuge. Les cheveux magique s'enroulèrent sur la même poutre que j'avais utilisé en début d'après midi, et je retrouvais rapidement le plancher des vaches. Lentement, je pris position derrière l'une des plus hautes pierre tombale du lieu, toujours invisible. Le spectacle était pitoyable, et je devais être encore en train de me demander comment lui venir en aide lorsqu'elle réagit. La dague émit un chuintement, à peine audible alors qu'elle se précipitait vers les deux hommes. Ils frappèrent violemment une pierre non loin de moi. Le deuxième fuyait. « Bien ce qu'il me semblait, il suffit qu'on leurs opposent un peu de résistance, et plus personne n'est là. » pensais-je. J'étais tout de même curieux de voir comment cette femme s'en sortirait, si elle céderait à la tentation de lui ouvrir la gorge en deux. S'il s'était avéré qu'elle soit une jeune femme sans défense, aucun des deux n'auraient hésité à la violer. Pensait-elle à ça en ce moment même ?

« La prochaine fois, choisis mieux tes acolytes ! A mon tour de poser les questions. Je cherche un homme qui te ressemble et qui répond au nom de Rodrick. »

La terre entière arrêta subitement sa danse avec le soleil au moment ou la voix de la jeune femme retentit. Plus rien n'existait, si bien que je n'entendais même plus la suite de leur conversation. Rodrick... Il y avait bien longtemps que je n'avais plus entendu son nom, et encore moins cette voix qui le prononce. Comment était-ce possible ? Là, ici, maintenant. Par quel curieux hasard était-je amené à rêver d'elle, pour que nous soyons ensuite réunis à quelques centimètres dans un cimetière noir. Des gouttes de sueurs perlèrent sur mon visage. Elle n'avait surement pas oublié ma trahison et comment l'en blâmerais je. D'un timide coup d'oeil, je pouvais maintenant apercevoir sa chevelure flamboyante et son teint blanchâtre, si particulier. Enora...

Il ne fallait pas qu'elle sache que j'étais là. Mais comment expliquer alors ce que je ressentais en ce moment même, était-ce cela, du bonheur ? Elle était en vie, en vie et en bonne santé même. Jamais elle ne me pardonnerait l'abandon en plein champ de bataille dont elle avait été sujette. Il y avait d'ailleurs beaucoup de chose impardonnable dont j'étais l'auteur, et je ne voulais pas passer au fil de sa dague, surtout dans mon état.

Quelle horrible sensation c'était. Retrouver un proche sans même pouvoir l'approcher. C'est donc en rampant que je décidais de prendre la fuite. Après tout, s'il y avait une femme capable de s'en sortir seule, c'était bien elle. Le sol était froid et humide, et une fois sous les arbres, la lune n'était plus d'aucune utilité. Je ne vis même pas venir la fosse fraichement creusé qui accueillerait bientôt un nouvel arrivant. Plus tôt que prévu d'ailleurs... Et dans un cri de surprise, je disparus six pied sous terre.

Ma fuite était un fiasco.
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Enora Roszprach



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Enora Roszprach
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Longtemps après [pv Maël/Erwan] _
MessageSujet: Re: Longtemps après [pv Maël/Erwan]   Longtemps après [pv Maël/Erwan] EmptyVen 4 Nov 2011 - 23:37


    Je fis un pas en avant, afin de me rendre à l’auberge m’enfermer dans la chambre pour ne pas subir une nouvelle attaque surprise. Un bruit sourd suivit d’un cri attira mon attention dans mon dos, m’arrêtant brusquement dans ma démarche. Je me retournais, posant furtivement la main sur le pommeau de mon épée, prête à essuyer une quelconque agression. Cependant, seules des pierres tombales se dessinaient sous mon regard, par moment interrompues par les quelques arbres qui dominaient le cimetière. Pourtant, je sentais qu’il y avait quelqu’un d’autre, mais je ne voyais aucune silhouette. J’hésitais une nouvelle fois, le souffle coupé, de chercher ce qui se cachait derrière ces tombes. J’attendis en silence, quelques instants, mais aucun son ne parvint à mes oreilles, seul le vent qui se levait faisait danser les feuilles des arbres.

    « Ais-je rêvé ? » Pensais-je au plus profond de moi, certainement pour me convaincre de ne pas m’attarder dans cet endroit. Sans quitter le pommeau de mon épée, je repris une respiration normale tout en tournant les talons, décidée à rejoindre l’auberge une bonne fois pour toutes. Cependant, dans le silence angoissant de ce lieu, une partie de moi semblait se détacher de mon corps voulant me forcer à faire demi-tour afin de m’assurer de la provenance de ce bruit. Il avait été produit par quelqu’un, j’en étais persuadée, mais pourquoi j’hésitais tant à aller voir de mes propres yeux ? Le tiraillement des questions gagna du terrain au fur et à mesure, j’esquissais l’envie de m’assurer que j’étais bien seule dans le cimetière. Je lâchais un soupir, agacée par mon propre comportement. Je glissais ma main droite sur la poignée de mon épée, prête à esquiver la moindre surprise, et me dirigeais lentement vers la provenance de ce cri. Sans expliquer le pourquoi du comment, mon instinct me glissa aux pieds d’un arbre dont les branches ne tenaient pas en place sous les volutes du vent. Je risquais de lever la tête pour voir que le ciel, si dégagé auparavant, s’imbibait par moment de quelques nuages inoffensifs. Un mauvais présage ? Je ne saurai le définir, mais je sentis mon cœur frapper à mes tempes tandis que mes pas me guidaient vers une pierre tombale. Je m’arrêtais au pied d’un arbre majestueux, comme si quelque chose m’avait soufflé de stopper ma marche à cet endroit précis. Ma main se resserra instinctivement autour de la poignée de l’épée tandis que mes yeux se baissaient pour se promener sur un trou béant, une fosse prête à accueillir un nouveau défunt. Cependant, il y avait quelqu’un dans cette cavité que je ne parvenais pas à distinguer. J’ouvris la bouche pour lui ordonner de se relever lorsque les rayons de la lune réussirent à percer l’épais branchage au-dessus de nos têtes.

    Mon cœur arrêta sa course pour la vie, coupant ainsi mon souffle et il me semblait que mon corps tout entier ne répondait plus. Mes yeux plongèrent dans les siens, ceux que je pouvais reconnaître entre tous. Le bleu de ses yeux me transperça, et toutes ces choses que j’avais enfouis au plus profond de mon être remontaient en moi sans que je puisse faire quoi que cela soit. Il me semblait que le temps s’était arrêté, que seuls nous deux étions présents à plusieurs lieux à la ronde, que le vent avait naturellement décidé de laisser la lune et les branches au repos. L’émotion indéchiffrable que je ressentais pesait lourd sur mon cœur, et tandis que mes yeux s’humidifiaient, des images apparaissaient dans mon esprit, alors que j’avais pensé les avoir oubliées.


    ***


    La neige nouvellement tombée rendait le terrain impraticable. Les chevaux avaient les plus grandes peines à avancer et je compris rapidement que la situation devenait trop dangereuse. Je levais les yeux au ciel ; bien que le temps fût couvert, il ne neigerait plus avant le lendemain, ce qui nous laisserait du répit. Mon regard se promena ensuite sur les versants des montagnes qui étaient trop calme à mon goût. J’étais persuadée que les rebelles nous attendaient derrière le moindre rocher et qu’on filait directement dans un piège. La masse blanche couvrait n’importe quel bruit, et seule notre troupe propageait dans la vallée tout le vacarme que nous faisions. Je me retournais sur ma selle, pourtant nos hommes étaient silencieux, à l’affût d’un quelconque signe des lignes ennemies. Nos capes blanches se fondaient dans le paysage et alors que je posais mes yeux sur chaque visage, je pouvais lire la fierté de ce bataillon. Pourtant, je restais d’humeur maussade, trop soucieuse de voir les trappes d’un piège se refermer sur nous. Je n’avais aucuns doutes sur nos compétences, mais mon instinct me prédisait tout autre chose. Je me tournais vers mon partenaire de mission : « Est-ce que c’est encore loin ? » Sans poser son regard sur moi, Maël m’indiqua d’une main un bosquet d’arbres avec un point d’eau gelé par le froid de l’hiver. « Une fois derrière ces arbres, nous serons en sécurité. » Je ne le lâchais pas des yeux, esquissant un sourire, qu’il dû remarquer pour finalement tourner la tête vers moi. Son regard interrogateur voulait tout dire. « Tu te souviens quand le lac était gelé en hiver, nous allions jouer sur la glace. » « Jusqu’à ce que tu la traverse. » Glissa-t-il naturellement. « Jusqu’à ce que je l’a traverse. Je me souviens de la morsure de l’eau froide qui emprisonnait chacun de mes mouvements. Rodrick avait été punis durant des jours pour m’avoir laissé jouer là-bas. » Les yeux dans le vide, je me remémorais ce jour qui me semblait pourtant remonter à des siècles auparavant. Cependant, chaque hiver, nous nous retrouvions sur le lac, même lorsque mon frère était parti. Je levais les yeux sur Maël, me demandant s’il à cet instant, lui aussi se remémorait ces souvenirs. Il resta muet, et à la vue de l’expression de son visage, j’en déduisis qu’il en était ainsi. Mon attention fut rapidement reportée sur notre situation lorsque son visage devait nettement plus grave. Est-ce qu’il se doutait de mes angoisses ? Je faisais tout pour ne pas me trahir, mais je les sentais augmenter au fur et à mesure que nous approchions de notre repère. Jamais je n’avais ressenti un tel poids sur l’estomac, car j’exécutais chacune de mes missions avec efficacité et j’avais depuis longtemps oublié mes émotions. Les Capes Blanches avaient ce don pour perdre toute once d’humanité afin d’accomplir avec violence leurs missions. Nous devenions des ombres dans de belles armures ornées d’une cape blanche.

    Un bruit sourd attira mon attention sur ma droite, tel un arc qu’on bandait. La neige devint notre propre piège, car il nous était impossible de rejoindre rapidement le bosquet. Une silhouette se dessina sur le versant de la montagne, et je compris immédiatement qu’il faudrait nous battre. « Maël ! » Lui aussi avait comprit. J’entendis quelques flèches siffler à mes oreilles. Inutile de demander aux chevaux d’accélérer, ils étaient déjà épuisés d’être parvenus jusqu’ici. Rapidement, nous descendions tous à terre, tandis que des hommes courant à nous sur le versant. Ils n’étaient pas nombreux, mais leur détermination était notre principale ennemie. Le bruit fracassant des épées brisa le silence de la montagne. Je sortais la mienne de son fourreau, heureuse que le gel ne l’ait pas emprisonné, et entamais un combat avec le premier rebelle qui se présenta à moi. Je me heurtais avec surprise à des hommes et des femmes expérimentés qui maniaient les armes avec précision. L’horreur se dessina dans mon esprit lorsque je compris que la victoire nous serait difficile à atteindre. Combien de temps s’écoula alors que je changeais d’adversaire ? Le ciel couvert ne nous indiqua rien de plus et seul le sang tâchant la neige montrait à quel point le combat était féroce. Nous étions proches de la victoire lorsqu’une flèche se ficha sous mon épaule droite. Je sentis la chair se déchirer tandis que la pointe froide provoquait une douleur qui m’arracha un cri. Un de mes hommes vint m’aider à vaincre mes deux derniers adversaires. De fatigue, je me laissais tomber dans la neige qui ne m’apporta aucun soulagement tant la douleur se propageait dans mon corps tout entier. Le fracas des armes cessa tandis que je sombrais dans l’inconscience. Ce jour-là, nous avions perdu plus de la moitié de nos hommes.

    Lorsque je revins à moi, j’étais confortablement installée dans ma chambre au quartier des Capes Blanches. Une légère douleur se réveilla dans mon épaule droite, confirmant mon idée de la drogue qu’on m’avait attribuée pour contrer la douleur. Le guérisseur se tenait à mes côtés, me contant mes aventures dans les montagnes et ma blessure. Je le laissais parler sans vraiment l’écouter et à sa question, je répondis moi-même par une autre question : « Où est Maël ? » Son visage devint grave et la peur s’insinua en moi tel un poison ; l’idée qu’il soit resté là-bas m’angoissait. « Il est parti. » J’affichais une mine inquiète et surprise, attendant une explication à ces paroles. Le guérisseur comprit rapidement et m’apporta ce que je souhaitais : « Il n’est pas rentré avec le reste du bataillon, il a disparut dans les montagnes, laissant derrière lui sa cape blanche. Il est désormais considéré comme déserteur. » L’incompréhension fit place à la colère et à la tristesse. Le deuxième abandon que je vivais me déchira le cœur avec violence. Je retins mes larmes face à mon interlocuteur, certaine que cet évènement m’arrachait définitivement l’humanité qu’il m’avait permit de conserver.


    ***


    Que devais-je ressentir à cet instant ? Joie, tristesse, douleur, colère… Tout se mélangeait dans mon esprit à une vitesse que je ne pouvais contrôler. Le temps me rattrapait violemment et semblait se jouer de moi. Mes yeux ne clignèrent pas alors qu’ils restaient inlassablement accrochés aux siens. Ni lui, ni moi n’osions parler ou bouger. Cependant, je sentis à nouveau mon cœur battre dans ma poitrine tandis que le vent balayait les branchages, alternant l’ombre et la lumière sur ce visage si familier. Je déglutissais avec peine, retirant ma main de la poignée de mon épée. J’inspirais calmement, évitant d’infliger une nouvelle douleur dans mon corps. « Maël… » Ma voix limpide brisa le silence de la nuit.

    Je m’accroupissais au bord de la fosse, et sans vraiment savoir ce que je faisais, je tendis la main droite en avant. Je lui offrais mon aide pour sortir de là. « Pourquoi ? » Me demandais-je calmement sans avoir de réponse logique. Ses doigts saisirent ceux que je lui présentais au prix d’un long frisson me parcourant le dos. Je pris appui sur mes jambes et tentais de le hisser de toutes mes forces alors qu’une vive douleur aux côtes me tira de ma léthargie. Je relâchais l’étreinte dans un cri et Maël retomba dans la fosse sous l’effet de la surprise. Je posais les genoux à terre, enserrant mon corps meurtris. La douleur, plus violent s’insinua dans tout mon être et réveilla en moi la colère. Je hurlais alors que je me relevais, bouillonnant de rage.

    « Maël ! Mais… » Je cherchais mes mots alors que mon esprit était totalement confus. « Je… Tu… Tu étais…. » Aucune phrase complète sortit de ma bouche, la colère me submergeant totalement. Pendant ce temps, il était parvenu à sortir de cette fosse qui n’était pas la sienne, pour se tenir face à moi. D’un geste, je le giflais comme quelques années auparavant. Le claquement de mes doigts sur sa joue résonna dans le cimetière. Je pointais un index accusateur sur lui : « Ça c’est pour m’avoir abandonné ! Et encore, tu as de la chance que je ne sois pas en forme. » Je tentais de retrouver mon calme mais mon corps tremblait de fureur, il me semblait que mes yeux laissaient échapper des larmes. « Mais où étais-tu pendant tout ce temps ? Pourquoi ? Pourquoi es-tu parti comme un voleur ? Tu avais peur que je ne comprenne pas, c’est ça ? Tu nous a laissé mourir Maël ! S’ils avaient été plus nombreux, nous serions tous morts. » Je levais une nouvelle fois la main, exprimant à ma façon la rage qui m’habitait, et l’incompréhension qui ne m’avait pas laissée de repos durant ces cinq dernières années.

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Longtemps après [pv Maël/Erwan] _
MessageSujet: Re: Longtemps après [pv Maël/Erwan]   Longtemps après [pv Maël/Erwan] EmptySam 5 Nov 2011 - 2:30





De la terre, partout. Et ce même dans la bouche. Je déglutis, difficilement. Tentant tout de même de faire le moins de bruit possible. Les mains enfoncés dans ce qui semblait de la glaise bien fraiche et humide. C'était dégradant. J'avais l'impression d'être aussi fin qu'un lapereaux de six semaines pris dans le piège mal confectionné d'un chasseur. Et c'est, pestant encore contre moi même que je ne l'entendis pas même venir. Elle se tenait là, face à moi. Mon corps s'enfonça de lui même dans le sol boueux. Je souhaitais disparaître. J'étais dans le noir le plus total, elle ne pouvait pas me reconnaître. Ma rapière était bloqué sous ma jambe, impossible donc d'en voir le fourreau éclatant de blanc qui trahissait les membres des Capes. Si je restais suffisamment immobile, peut être croirait-elle à un soulard souhaitant dormir à l'abri du vent. Glissant ma main sur le sol et saisissant un bout de ma cape, il me faudrait peu de temps pour la rabattre sur ma tête. Sa main se posa sur la garde de son épée. Que faire ?

J'étais tétanisé. Pourquoi plus aucun de mes muscles ne répondaient ? Soudain, je su d'office que j'étais trahis. Le vent, à peine audible, balaya le champ entre les tombes et les ramures de l'arbre qui me protégeait jusqu'à maintenant de son ombre s'ôtèrent. Ses yeux bleus, similaire au miens. Combien de fois avais-je voulu revoir son regard ? M'y noyer, même. Les secondes s'égrenèrent, au risque de ressembler à des heures... et aucun de nous deux n'osaient un geste. Ce qui me convenait très bien. Après toutes ces années, j'avais bien besoin d'un moment pour pouvoir la contempler. Mais déjà le vent se fit moins puissant. Et les branches reprirent leurs places, me rendant à l'ombre.

« Maël… »

Mon cœur rata un battement. L'entendre prononcer le nom de Rodrick était une chose, mais entendre le mien franchissant ses lèvres en était une autre. Un frisson me parcouru l'échine. Elle venait donc de me reconnaître, moi, avec quelques années en plus, juste en regardant mes yeux. Devais-je en être flatté ? Ou me sentir en danger ? Elle était une cape blanche du royaume, et j'étais un déserteur. Pire encore, c'est lorsqu'elle était à mes côtés, en danger, que je l'avais abandonnée. Voilà deux bonnes raisons qui pouvait lui donner envie de prendre ma vie, là, maintenant. Et je n'étais pas en position de force. Ses jambes ployèrent, et très vite elle se retrouva encore plus près de moi, à genou sur les bords de la fosse. La main tendu vers moi. Sans même savoir ce qu'il fallait en déduire, mon cerveau réagit pour moi. Tendant la main à mon tour. Le contact de sa peau contre la mienne fit dérailler mon cœur une seconde fois. Si ça continuait ainsi, il se pourrait que l'homme pour qui était creusé cette tombe ne doive trouver une nouvelle place avant l'arrivée du matin. Enfonçant mes bottes contre les parois, je me hissais jusqu'à elle. Sans avoir le temps de prendre un appui correct, je me retrouvais de nouveau au plus bas fond. Cette fois ci ce fut mon dos qui frappa le premier. Un léger râle s'échappa, bon sang, que ça faisait mal. Pourquoi venait-elle de me lâcher en hurlant ? S'était-elle rendue compte qu'elle était incapable de me faire face ? Elle ne se tenait plus la haut, du moins, pas dans mon champ de vision. Avec un effort considérable, les cheveux obéirent à ma volonté et attrapèrent la première branche solide que je voyais. Je ne fit même pas l'effort de me mettre debout, et ils me trainèrent dans la boue jusqu'à ce que je sois en mesure de mettre mon premier pied au sol en dehors de la tombe.

Enora était toujours là, tordue de douleur. Le réflexe le plus humain anima mes mouvements. Je n'avais qu'une envie, tenir son corps près de moi, que sa peine s'évacue doucement, calmement, et que la mienne s'atténue de part ce geste simple... Simplement l'avoir contre moi, après tout ce temps. Elle n'était visiblement pas du même avis.

« Maël ! Mais… » hurla-elle « Je… Tu… Tu étais…. » . Je m'approchais, il était encore temps d'oublier, de revenir en arrière ou tout était plus facile. Il suffisait juste que je la prenne dans mes bras. Je courais après cette envie avec l'impatience d'un soiffard en manque de son liquide. Il le fallait, pour elle, pour moi, pour nous. J'étais sur que tout rentrerais alors dans l'ordre.

La gifle qui me cueillit alors que j'avançais me surpris. Je devais pourtant m'attendre à ce genre de chose. Bizarrement, celle dont j'avais rêver quelques heures plus tôt était toujours présente dans mon esprit comme la seule et unique gifle qu'elle m'avait infligée. Ce souvenir était maintenant erroné. La similitude me troubla lorsque le même doigt accusateur vint à ma rencontre « Ça c’est pour m’avoir abandonné ! Et encore, tu as de la chance que je ne sois pas en forme. ». Ne rien dire... voilà ce qu'il fallait faire, pour le moment. Elle ne savait rien des raisons qui m'avaient poussé à agir de la sorte. Et d'ailleurs, voulait-elle vraiment le savoir ? Comment lui expliquerais-je que j'étais un couard ? Un homme faible. Et que j'avais vu la l'opportunité de disparaître à jamais. Selon mon plan, ils auraient du en déduire que j'avais succombé face aux épées ennemis, et que mon corps s'était ensevelis sous la neige à cause du piétinement constant lors de la bataille, et du glissement de terrain. Mais rien n'avait fonctionné. Je souris, bêtement. Comment un plan comme ça avait une quelconque chance de réussite ? Est-ce que Enora avait doutée de la version officielle ? M'avait-elle pleurée comme elle le faisait en ce moment même, là, face à moi. « Mais où étais-tu pendant tout ce temps ? Pourquoi ? Pourquoi es-tu parti comme un voleur ? Tu avais peur que je ne comprenne pas, c’est ça ? Tu nous a laissé mourir Maël ! S’ils avaient été plus nombreux, nous serions tous morts. »

Le vent se fit de nouveau entendre, sifflant dans les branches, poursuivant sa course entre le repos des morts. Mon regard se perdit à travers les tombes qui nous entouraient. J'imaginais son nom à la place de celle qui me faisait face. Savait-elle que pour moi elle était déjà morte ? Que je vivais depuis toutes ces années avec sa mort sur la conscience ? Et qu'à aucun moment je ne m'étais inquiété de savoir si elle en avait réchappée ? Des années d'horreurs qui prenaient fin ici même. Je sentis tout à coup les larmes, les miennes. Inutile de les refoulés. J'avais bien besoin d'exorciser ce passé. Sa main se leva à nouveau, à quoi bon bouger ? Comme le dit le vieil adage, deux va de paire avec trois. Et celle ci fut plus puissante que la précédente. Envoyant valser mes larmes, elle ne valait rien à ses yeux. Le goût du sang emplissant ma bouche ne pèserait pas plus lourd dans la balance. Je reniflais, passant ma main valide sous mon nez. Du sang, la aussi. Elle conservait la force que je lui connaissais. Était-elle toujours celle que j'avais connu ?
Deux gifles ne suffirait pas à lui faire évacuer sa rage, elle avait besoin de mot. De mot comme ceux que je lui avait toujours donné. Et c'est, la voix enroué par l'émotion que je pris la parole.


« Je... Je... » j'eus un rire gêné. Je crachais au sol, ma lèvre était fendu, et le sang m'empêchait d'articuler correctement. Ce qui me permit aussi d'avoir un peu de temps pour organiser une réponse. « Je... » ce n'était pas aussi facile que je le pensais. Ses yeux, tout aussi cernés de larme que les miens ne m'aidait pas. *Tiens toi bien droit Maël, ne la déçoit pas à nouveau* pensais-je. « Tu es un joyaux Enora, un joyaux dont je suis l'écrin... » ma main serrait à présent la garde de ma rapière, geste trahissant mon anxiété. « Tu te souviens de ce jour... N'est-ce pas ? Des paroles bien creuses et vide de sens » Je marquais un temps d'arrêt. Son visage était un masque de fureur, surement ne voyait-elle pas ou je voulais en venir... Moi non plus d'ailleurs. « Vide de sens, oui... Comme moi en ce moment. ». Nouveau silence. « Je sais parfaitement que je ne pourrais jamais me racheter, ces actes dont je suis coupable ne s'efface pas. Un pardon est insuffisant. Et... »

La panique. Chaque parcelle de mon corps semblait réagir à mes mots. Je savais moi même que j'étais perdu, à quoi bon argumenter ? « Et... Force est de reconnaître que tu es devenue un joyaux magnifique, Enora... » Voilà bien longtemps, je m'étais dit que je ne me pardonnerais jamais de l'avoir perdue, qu'elle soit morte par ma faute. Que faire pour ne plus jamais qu'elle s'éloigne ? Strictement aucune idée. De plus l'alcool que j'avais ingurgité toute la journée me cognait la panse. Finalement, les seules mots qui me traversèrent l'esprit furent.

«J'ai manqué à ma promesse. Sauras-tu me pardonner ?"
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Enora Roszprach



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Enora Roszprach
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Longtemps après [pv Maël/Erwan] _
MessageSujet: Re: Longtemps après [pv Maël/Erwan]   Longtemps après [pv Maël/Erwan] EmptyVen 18 Nov 2011 - 21:39


    « Tu es un joyaux Enora, un joyau dont je suis l'écrin... » Mes larmes cessèrent leur course sur mes joues tandis que je levais les yeux vers Maël. Le son de sa voix me glaça le sang, me surprenant moi-même d’une telle réaction. Depuis tout ce temps, j’avais oublié, enfouissant méticuleusement mes souvenirs au fin fond de mon esprit. Mais cette phrase sonnait en moi comme un écho vieux de plus de dix années. « Un joyau que tu as perdu il y a longtemps. » Pensais-je. Il fallait que je reprenne mon sang-froid. N’étant pas habitué à le perdre ainsi, je me sentais déstabilisée et vulnérable. Trop vulnérable. Je me redressais de toute ma stature, même si Maël me dominait d’une tête. Je devais reprendre mes esprit, lui faire face comme je l’avais toujours fait, sans me laisser submerger par les émotions qui m’entouraient. Je passais mes mains sur mon visage afin de retirer toutes traces de larmes.


    « J'ai manqué à ma promesse. Sauras-tu me pardonner ? » J’arquais un sourcil en accrochant mon regard dans le sien. Je fis plusieurs pas en arrière, m’éloignant de son emprise que je sentais devenir trop forte. Un rire nerveux sortit de ma gorge. L’anxiété prenait le dessus, mais je combattais avidement pour ne pas me laisser embarquer par mes sentiments. Je repassais mes mains sur mon visage et me calmais. Un silence pesant s’installa entre nous, alors que mes yeux fixaient les courbes des pierres tombales. Il était évident désormais, que Maël me pensait morte, sûrement enterrée dans la propriété de mes parents. Non, mon ancien confident ne s’attendait absolument pas à me voir vivante, et qui plus est dans cette cité. Je tournais la tête vers lui, soutenant son regard interrogatif. « Te pardonner ?! » Ma voix était plus calme, mais le ton glacial que j’employais venait de lui-même. Je m’approchais de lui, maintenant une certaine distance qui me permettait de fuir ses iris. « Te pardonner quoi Maël ? Des rancunes vieilles de dix ans ? Ta lâcheté ? Il y a bien longtemps que je n’accorde plus mon pardon, et encore moins pour ta cause. » Les mots se déversaient sans que je puisse vraiment les contrôler. Une part de mon âme laissait faire, consciente que je devais régler ces histoires avec le principal concerné. L’incompréhension de ses actes reprenait constamment le dessus tandis qu’une autre partie de moi se battait pour laisser la joie de le revoir guider mes pas vers lui. L’idée de laisser ces mauvais souvenirs derrière moi effleura mon esprit, mais mon orgueil était plus fort et ne semblait pas d’avis à me laisser un répit.

    « Notre désaccord vieux de dix ans est resté dans le manoir de mes parents, je l’ai oublié parce que je pensais que ce qui nous attendait serait bien plus important, mais tu… » Je déglutissais, ravalant silencieusement ma colère et mes larmes. « Tu es parti, une nouvelle fois sans même te retourner. Je me suis relevé, difficilement, mais je l’ai fais et j’ai continué ma mission, celle pour laquelle je pensais être destinée. » Je n’en rajoutais pas, du moins pour le moment. Il n’y avait plus rien sur moi qui trahissait mon ancienne appartenance aux Capes Blanches. J’avais minutieusement troqué mes affaires militaires contre un équipement plus léger et plus discret. Je voulais effacer ces quelques années de ma vie, et j’avais tout fait pour ne rien garder. Seulement, l’homme en face de moi ravivait chaque parcelle de mon être, celui que je pensais ne plus connaître. Les questions brûlaient mes lèvres, je voulais savoir, comprendre les raisons de son départ, qu’est-ce qu’il était devenu, qu’est-ce qu’il faisait à cet endroit. Au lieu de cela, je ne faisais que remuer le couteau dans la plaie, en dessinant un passé qui de toute façon, ne changerait pas. « Que faire ? »

    Le vent se fit plus fort, balayant les branches autour de nous. Je levais les yeux vers un ciel couvert ; plus aucune étoile veillaient sur nous, tandis que la lune avait complètement disparut. Au loin, le bruit du tonnerre déchira la campagne si paisible à cette heure si tardive. Une odeur de pluie vint jusqu’au cimetière, refroidissant l’air de la nuit. L’orage qui arrivait avait cependant réussi à calmer ma colère, du moins pour le moment. Je ressentais constamment pour Maël une amertume, celle qui régnait dans mon cœur depuis cinq années. Je reposais mes yeux sur lui, qui n’avait pas bougé. Est-ce que je devais fuir à cet instant ? Le laisser derrière moi, et poursuivre ma route comme si de rien n’était ? Non, il était clair que je n’arriverais pas à faire une telle chose, il était déjà trop tard. Je soupirais doucement, fouillant au fond de mon esprit pour trouver une solution temporaire, au moins pour cette nuit. Des gouttes de pluie tombèrent doucement, nous rappelant qu’il était temps de faire quelque chose si on ne voulait pas finir tremper. Mes yeux bleus plongèrent dans les siens, tandis que je refoulais inlassablement mon mal être. Je m’approchais de lui et tentais de me radoucir « Maël, je… » « Là, elle est là ! » La voix s’éleva avant un coup de tonnerre. Je sursautais en tournant la tête vers le bâtiment religieux d’où provenait les bruits. Un nouvel éclair me permit d’identifier les deux hommes qui avaient tenté de se montrer agressifs face à moi quelques instants plus tôt, mais cette fois-ci, ils étaient accompagnés de trois acolytes. L’orage se fit de plus belle, alors que la pluie martelait le sol de grosses goutes. J’esquissais un simple sourire, mon visage se voilant d’un masque qui couvrait toutes mes émotions, ne laissant apparaître un regard sadique. C’était le revers de travailler pour les Capes Blanches, un reste qui me collait à la peau : savoir que j’allais entrer dans une nouvelle confrontation. Un gout certainement trop prononcé pour le combat et le sang.

    Ils approchèrent, épée à la main ou simple couteau. Il n’y avait rien dans leur attitude qui montrait leur appartenance à une quelconque guilde. Ils étaient simplement des badauds en quête de la moindre aventure qui leur apporterait enfin la reconnaissance. Je me tournais face à eux, tandis qu’ils couraient dans notre direction. Je sortais mon épée de son fourreau, reflétant à merveille l’éclat de l’éclair qui venait de déchirer le ciel. L’orage était à son comble, au-dessus de nos têtes. Mes cheveux collaient à mon visage, faisant ruisseler l’eau sur mes vêtements. J’empoignais fermement la poignée de mon épée, serrant les dents face à la douleur de mon corps. L’homme blond entra le premier au contact de ma lame, répondant à ma défense de la sienne. Le choc fut brutal et me surprit la première. Peut-être avais-je sous estimé la capacité de ces hommes. Je retournais l’épée à revers afin d’apprécier ses reflexes et je remarquais avec surprise qu’il en avait plus que je ne pensais. Je marmonnais pour moi-même et entamais une nouvelle attaque. Derrière moi, j’entendis Maël répondre également à une attaque, tandis qu’un deuxième badaud tentait de percer ma défense. Je me tournais rapidement vers lui, et esquivais ses gestes plutôt maladroits avec un couteau mal aiguisé. Je le désarmais rapidement, sans toutefois le faire fuir. Avaient-ils reçu une leçon de courage ? J’arquais un sourcil et esquiva une nouvelle attaque de mon premier assaillant. Je bloquais sa lame avec la mienne à chaque coup, mais remarquais qu’il en faisait de même. Mon regard se fit plus dur et je levais tant bien que mal mon épée plus haut pour contrer. Mais son acolyte en profita pour m’asséner un coup de pied dans les côtes. Un cri de douleur s’arracha de ma gorge. Du coin de l’œil, je perçus un mouvement brusque dans ma direction, et je réussis à esquiver rapidement. Pas assez, car la pointe d’une lame créa une entaille dans mon bras, sous l’épaule gauche. Je serrais les dents à nouveau, sentant la rage me submerger alors qu’un léger filet de sang chaud coulait le long de mon avant bras. Un éclair éclaira le cimetière, et j’en profitais pour attaquer. Je concentrais mes efforts sur le plus faible des deux, le deuxième, et plongeais en lui une grande part de violence. Sans qu’il ne puisse réellement réagir, je plantais la pointe de mon épée au milieu de sa poitrine et appuyais une nouvelle fois pour être certaine que le coup lui serait fatal. Une gerbe de sang vint m’éclabousser, rapidement effacée par la pluie torrentielle qui s’abattait sur nous. Il enserra la lame de ses mains tandis que je lui offrais un coup de pied pour que son corps tombe en arrière. Une fois que celui-ci toucha le sol, j’esquivais l’homme aux mèches blondes qui profitait de mon attention sur son acolyte. Je jetais un rapide regard vers Maël, que je parvenais à mal distinguer avec la pluie, mais il me semblait voir d’étranges fils l’entourer. Je n’en fis pas plus attention et concentrais mon énergie sur mon assaillant. Il força sa force sur moi, et à première vue il me semblait difficile de repousser son attaque, et pourtant, je réussis tant bien que mal. Par je ne sais quelle chance, je parvins à le désarmer. Je lâchais moi-même mon épée qui tomba sur le sol trempé et me jetais sur lui. La colère m’habitait tel un démon et je la laissais totalement prendre son emprise sur mon âme et mon corps. Nous tombions au sol et échangeais quelques coups. Il réussit à me repousser et se releva, pour m’apporter la sentence finale. Je me relevais à temps pour éviter que son pied ne s’écrase contre mon corps. Je me jetais à nouveau contre lui, le propulsant contre une pierre tombale. J’entendis, malgré l’écho de l’orage, son dos se fracasser contre le roc. Ivre de rage, j’empoignais le col de sa tunique et hurlais : « Mais qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce que tu veux de plus ? » Il n’arrivait pas à répondre, à moitié étouffé par mes mains. Pourtant, je ne vis pas l’éclat d’une fine lame entre les siennes, prête à transpercer ma chair.
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Maël T.

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Longtemps après [pv Maël/Erwan] _
MessageSujet: Re: Longtemps après [pv Maël/Erwan]   Longtemps après [pv Maël/Erwan] EmptyJeu 8 Déc 2011 - 21:50

Le discours qu'elle tenait était juste. Comment lui en tenir rigueur ? J'étais bien partit sans même un regard en arrière, l'abandonnant dans une embuscade. Elle ne comprendrait pas, jamais. Le fait de m'en rendre compte me serra le cœur, déjà blessé par les mots qu'elle m'adressait. Le temps s'accordait parfaitement à mes humeurs, ce qu'il se passait dans ma tête était semblable au vent qui me refroidissait de plus en plus. Le silence dura, et ne fut brisé qu'au moment ou le son des gouttes se fit entendre. Voilà qui cacherait le résultat de mes glandes lacrymales. Depuis combien de temps ne m'étais-je pas laissé aller comme ça ? Et pourquoi pleurais-je ? Certainement pas à cause de ces reproches, non, c'était bien la des larmes de soulagement. Elle était en vie, m'en voulait atrocement, mais en vie.

« Maël, je... »

Sa voix était hésitante, presque insondable. * Oui... Dit le. Je t'écoute, je suis la, plus proche de toi que je ne l'ai jamais été ces dernières années. * pensais-je. J'avais des millions de chose qui se rajoutait, il me suffisait de les dires pendant que sa phrase était en suspens, un petit effort, juste un petit effort pour organiser mes pensées.

« Là, elle est là ! »

Le ciel gronda. Parfaite synchronisation avec les problèmes, le temps voulait me faire passer un message, j'en étais sur. D'où venait ces voix ? L'éclair qui zébra instantanément le ciel m'offrit la possibilité de voir ce que je cherchais. Encore un coup de pouce divin, un jour, je reconsidèrerais mes croyances me promis-je. Voilà donc qu'ils revenaient, n'avaient-ils pas compris la leçon que mon amie leurs avaient inculqués ? Je reportais mon attention sur cette dernière. Le sourire qui se dessinait sur son visage était inquiétant... pour eux. Ce n'était que des soulards frustrés de la raclée qu'ils venaient de prendre. Ils étaient bien loin de se douter qu'ils avaient face à eux deux anciennes capes blanches qui avaient fait trembler le royaume. Voilà bien une des choses qui avaient le don de m'énerver. Les benêts du peuple pensaient que plus ils accumulaient de masse musculaire, mieux ils s'en sortiraient lorsqu'il faudrait protéger leurs honneurs, parlons plutôt de leurs égos dans un cas comme celui ci. Le temps qu'avait durée mes pensées, Enora avait déjà son épée mise au clair, et le contact de celle du jeune homme blond fut si brutal que j'en grinçait des dents. Il était celui qui avait couru le plus vite. M'avait-il vu ? J'en doutais, il n'avait d'yeux que pour mon amie. Ce qui n'était pas le cas des autres. Mon esprit était encore ralentis par l'alcool, et j'eus tout juste le temps de mettre à mon tour ma lame en opposition à une autre. Les étincelles jaillirent en même temps qu'un nouvel éclair. Trois assaillants se jetaient sur moi. Un moulinet de la main, sûre et maîtrisé, et ma rapière glissa le long de l'épée de celui qui était au prise avec moi. Je frappais sa garde, faisant trembler son pommeau entre ses mains, lui intimant de reculer. Impossible de regarder ou en était Enora, mais je ne faisais pas de soucis, ou presque pas. Le deuxième homme, un rouquin au visage juvénile jouait du couteau à quelques pas de moi. Mes jambes s'arquèrent, glissant quelque peu sur le gazon trempé, ce qui m'avantagea sans le vouloir, et d'une flexion, ma lame vint le cueillir sous le bras, laissant une ouverture béante. Je parvenais à voir ses yeux, surpris, surement aurait-il voulu vivre plus longtemps, mais il avait fallu qu'il se frotte à moi. Son corps bascula lentement et son sang jusqu'alors sous pression gicla hors de son corps, se mêlant à la pluie. Je ne le vis pas heurter le sol, mon attention se replaçait déjà sur les deux derniers hommes me faisant face. Que dis-je, les trois. D'où venait cet autre homme ? Sans aucune arme de plus. Surement venait-il d'être mis à mal par ma compagne, et qu'il estimait qu'il avait plus de chance contre moi, après tous, l'union faisait la force. Ils restaient tout de même à bonne distance, piquant et virevoltant, mais je bloquais toutes les possibilités. Ma manche gauche tremblait, peut être était-il temps d'en faire bon usage ?
La pluie tombait encore plus drue, il fallait que tout ça se finisse, et au plus vite. L'un des hommes, un jeunot au regard belliqueux s'avançait. Je n'en attendais pas plus, un geste du bras gauche et ma manche s'enroula autours de sa gorge. Il était désormais facile de le déséquilibrer, et je le ramenais à moi, face contre terre, tout en tenant les deux derniers à bonne distance. La couture de ma veste craqua, libérant le jeune subitement et par la même occasion, les millions de cheveux que la magie avait scellé sur mon bras quelques années plutôt. D'un geste fluide, la gorge de l'homme au sol fut transpercer.

« Mais qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce que tu veux de plus ? »

Sa voix... Si proche. La rage du combat venait de me faire oublier pour quoi je me battais, pour qui je me battais. Sans le vouloir j'abandonnais ma rapière en travers de la gorge du pauvre homme qui n'avait pas eu la présence d'esprit de fuir. Elle gisait, plantée, pendant que je cherchais Enora des yeux. Là, non loin de moi, ses poings serrant la tunique du jeune homme blond. L'éclair et le coup de tonnerre qui suivirent furent les plus violents entendus jusqu'à maintenant. Quel était cet éclat se dirigeant vers la poitrine d'Enora ? Mon sang ne fit qu'un tour, se glaçant jusqu'au os. Je ne l'avais pas retrouvé aujourd'hui pour la perdre aussi vite, il en était hors de question. Ma main droite cherchait ma flûte, tâtonnant à travers mes couches de vêtements. Bon sang, ou était-elle ? Dans la panique, je m'embrouillais. C'est alors qu'une chose improbable se produisit. Les cheveux, qui normalement réagissait au son d'une mélodie magique grâce à la flûte n'attendirent même pas que je joue les notes de leurs requiem. Ma main gauche se banda, droit vers l'homme, et le torrent se déversa. D'où j'étais, je pouvais voir la pointe, se rapprochant lentement de son point d'impact. « Non, non, non, non, non, non, non, non... » me répétais-je, comme si le simple fait de le dire ralentissait le temps. L'ex cape blanche ne dut pas comprendre ce qu'il se passait. Une partie des cheveux percutèrent de plein fouet l'homme blond et l'enlevèrent à sa prise, pendant que les autres se lièrent autours d'elle, la protégeant dans une sorte de halo furieux. Je priais intérieurement pour qu'elle ne bouge pas. Ils venaient d'être activé sans magie, ce que je n'avais encore jamais réalisé, et je savais pertinemment que même s'ils réagissaient à mon esprit, ils étaient totalement hors de contrôle et risqueraient de la blesser si elle commettait l'erreur de vouloir le traverser. Je ne me faisais plus aucun soucis pour l'homme, il avait du mourir sur le coup vu la puissance de percussion, des centaines de cheveux pénétrant chaque pore de sa peau. Le plus inquiétant désormais était : Comment arrêterais-je tout ça ? J'avais l'habitude que la fin de mon requiem suffise à ce qu'ils retombent le long de mon bras, mais que fallait-il faire lorsque que plus rien ne les stimulaient ? J'étais bien loin d'imaginer que la réponse viendrait si vite. C'est moi qui reçu un coup de couteau, stoppant instantanément le méli-mélo de cheveux, qui revinrent s'intégrer au plus vite dans mon bras, que la manche arraché ne cachait plus. Je sentais la lame, tournant et retournant entre mes muscles.

Atroce douleur que celle ci. Il ne restait plus qu'un homme, celui qui avait encore son arme. L'autre avait du fuir en voyant apparaître les cheveux. Il salivait, trop content d'avoir enfin eu une ouverture dans ma défense. Je me demandais ce qu'il pouvait bien se dire « Lui en moins, il ne reste plus que la femme. ». C'était surement cela, et il avait fait le bon choix. Sa main, cramponné au manche de son poignard planté dans mon épaule gauche tremblait. Il pressait, fort, m'arrachant un cri. Mes genoux ployèrent et son coutelas arrêta un moment de meurtrir ma chaire, laissant une plaie inquiétante. Un spasme me parcouru, et le sang sortit, abondamment. Je ne voyais plus Enora depuis que je venais de la protéger. Je cherchais compulsivement ma rapière de ma main valide, et c'est du côté lame que je trouvais une accroche, m'entaillant la paume. Rapidement, avant une nouvelle attaque, j'arrachais l'épée du corps ou elle se trouvait, répriment un hurlement. Je passais toujours le plus clair de mon temps à prendre soin de mon épée, il fallait bien que je comprennes à un moment le sentiment que l'on ressentait lorsque celle ci vous entaillé. Il me tournait le dos, me laissait-il pour mort ? Avec une simple blessure dans ce genre ? Finalement, couard et bête il était, et ce jusqu'au bout. Dans un dernier effort, mes jambes me portèrent, glissant et dérapant sur le sol boueux, mais je finis par réussir, et le métal de ma rapière le transperça de part en part.

Et c'est dans un état d'essoufflement complet, que mon corps cessa de réagir. Qu'on était bien, allongé face contre la boue. Respirant lentement, ne pensant plus à rien... Le trou noir.
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Longtemps après [pv Maël/Erwan] _
MessageSujet: Re: Longtemps après [pv Maël/Erwan]   Longtemps après [pv Maël/Erwan] EmptyJeu 8 Déc 2011 - 22:56

[désolé d'avance pour les fautes]


Pourquoi avançais-je ? Aucun but précis si ce n’est une nouvelle mission ridicule de Kaull, retrouver une cape blanche déserteur. Mon esprit torturé me disait de reculer, mon corps fatigué de m’écrouler et pourtant, je continuais. Qu’est-ce qui me poussait à avancer finalement, la hargne ? Je l’avais déjà perdu… Le courage peut-être, lui aussi avait disparu. C’était quelque chose d’inconscient, d’immatériel qui me donnait la force de continuer tout droit devant moi, de poser chaque pied devant l’autre. Ce n’était pas la magie, voilà des semaines qu’elle ne résonnait plus en mon âme, elle m’avait abandonné en même temps que le démon qui vivait en moi. Pourquoi ? Lui qui avait toujours cherché à me posséder finissait par abandonner et se retirer, un simple passage dans le Vein avait réussi à réaliser ce que j’avais espéré depuis des années, mais pourtant... Je me sentais… Vide.

La gifle glaciale du vent m’arracha un frisson, je m’emmitouflai dans ma cape en tremblotant quelle idée de partir, en pleine tempête avec juste un kimono pour tunique. Voilà longtemps que je n’avais pas senti le froid, auparavant le pouvoir qui coulait dans mes veines m’en avait protégé. Je fixais mon reflet miroitant dans une flaque d’eau, mes cheveux avaient perdu leurs vivace couleur orangée pour adopter un sombre noir de jais, mon teint gris reflétait le manque de sommeil dont je souffrais, mais le pire était mes yeux… ternes, sans vie. Je repris ma route, titubant, manquant de m’écrouler à chaque pas et pourtant je continuai, mon regard se portait au loin, sur les lumières de Venil. C’était là que l’on avait entendu parler du déserteur pour la dernière fois, on ne savait pourquoi il avait abandonné l’ordre, mais finalement, je le comprenais. Les ordres stupides d’un roi pompeux et arrogant ne pouvaient qu’exaspérer à la longue. Je lâchais un soupir exaspéré et fouillais dans mes poches pendant quelques secondes avant de retrouver le parchemin que l’on m’avait donné en même temps que cette mission. Une brève lecture en diagonale, j’en apprenais plus sur le physique de la cible. Cheveux roux, svelte, tenue de cuir, épée longue… Je butais sur son prénom… Roszprach, Enora Roszprach.
***

« Tu te bats plutôt bien pour une femme. »murmurais-je à l’intention de ma partenaire entre deux respirations saccadées avant de me relancer à l’assaut. Ma lame épousant la sienne un bref instant. Voilà des heures que nous combattions, juste pour le plaisir, une adversaire coriace même si j’aurais facilement pu la défaire en utilisant un peu de magie. Je mettais un point d’honneur à ne pas me servir de mon don, ici, seules les capacités physiques comptaient. Nouvel assaut, sa crinière rousse fouetta mon visage, une douce odeur de fleur d’oranger vint caresser mes narines. La fluidité de ses mouvements s’accordait parfaitement avec la mienne et le bruit de nos armes s’entrechoquant résonnait à mes oreilles comme une douce musique. Nouvelle pause, nous échangeâmes un regard complice. Je resserrai ma prise sur mon arme et me préparai à lancer une nouvelle série de coups, je bondis et tentai un coup d’estoc, elle esquiva et esquissa une taille que je parai aisément avec mon katana. Mes réflexes firent réagir mon corps avant mon esprit et la magie coula en moi pour dédoubler mon arme. Le bras droit toujours occupé à retenir sa lame, je lançai une attaque avec le gauche visant sa poitrine. Vive comme l’éclair, ses doigts plongèrent vers sa cuisse pour récupérer une dague qui vint s’opposer à mon assaut. Je lui jetai un sourire amusé avant de bondir en arrière. Replaçant une mèche de cheveu derrière son oreille, elle me dit « Toi aussi, pour un jeunot ». Je me grattai l’arrière du crâne en lâchant un rire gêné, son regard changea, comme un aigle qui aurait trouvé sa proie. Elle se rua vers moi et d’un seul coup d’épée me dessina une longue estafilade du haut du torse jusqu’au bas ventre. Surpris, je laissai passer encore quelques secondes décisives qui lui permirent de me désarmer avec une facilité déconcertante et de pointer sa lame dans le creux de ma gorge, juste sur la pomme d’Adam. « Ne perds jamais ta concentration. » me conseilla-t-elle avant de rengainer son arme.

Son regard changea du tout au tout quand une autre cape blanche traversa le terrain d’entraînement, elle s’apprêtait à aller le rejoindre lorsque je lui demandai « Ton nom ? ». Un sourire franc se dessina sur son visage et elle me répondit d’une voix clair et mélodieuse « Roszprach, Enora Roszprach. »

***


Je jetai un bref coup d’œil à mon katana, sa lame s’était émoussée et je n’avais pas l’habitude d’aiguiser une arme, auparavant la magie servait à le garder en bon état, mais maintenant qu’elle avait disparu… J’allais devoir apprendre à vivre sans et si cette Roszprach était bien celle de mes souvenirs, alors le combat risquait d’être rude et je risquais sûrement d’en mourir. Mon âme brisée hurlait en moi, chacune de ses plaintes faisait résonner la douleur dans mon corps, des plaies apparaissaient, rapidement cicatrisées par mon auto-régénération, parfois béantes, parfois minimes, mais la souffrance étant la même, Voilà des jours que je n'avais rien avalé et mon corps en avait subi les conséquences, mes doigts squelettiques peinaient à saisir la plus infime chose.

Mes sens encore aiguisés me permirent d'entendre les mouvements dans les broussailles, par précaution je dégainai difficilement mon arme aussi rouillée que moi, sûrement des bandits ou un animal errant. Une lame refléta l'éclat de la lune et de ma voix fatiguée je tentai une menace « Montrez-vous, vous avez affaire à une cape blanche du roi ! ». Je compris que même la chance m'avait abandonné lorsque trois hommes de haute stature dissimulés par moult bandes de tissus jaillirent du buisson à ma droite, depuis combien de temps me suivaient-ils ? Un faible sourire se dessina sur mon visage, malgré mes capacités diminuées, je me pensais encore capable d'affronter des brigands. Je me jetai à l'assaut, ils dégainèrent et m'attaquèrent en même temps, puisant dans mes dernières ressources je réalisai un coup d'estoc entre les deux yeux du premier, le tuant sur le coup. Une roulade en arrière me permit d'esquiver l'attaque d'un autre, je parai la frappe du dernier et le forçai à baisser la pointe de sa lame vers le sol, je passai vivement ma jambe gauche derrière la droite de mon adversaire, saisi son bras gauche et le tendis à auteur de son cou avant de le projeter au sol. J'enfonçai alors la pointe de mon arme dans son orbite, forçant jusqu'à la sentir pénétrer la terre de l'autre côté de son crâne, une douleur sourde me fit lâcher mon sabre. Le sang coula le long de mon bras blessé, je me dégageai de la prise du dernier survivant attrapai vivement son poignet pour le tordre et le faire lâcher sa dague. Je ne pris même pas la peine de la ramasser et donnai un puissant coup de pied dans ses genoux, visant à le forcer à tomber à genoux, mais résultant à les lui briser. Je serrai le poing et frappai de toutes mes forces dans son visage, lui déboîtant la tête sur le coup. Essoufflé, je lâchai le corps sans vie avant de m'écrouler de fatigue à mon tour, j'avais trop forcé sur les limites de mon corps et maintenant j'en payai le prix.

***

Une pièce noire, était-ce une pièce d'ailleurs ? Je ne voyais rien, mais une voix criarde semblait hanter mon esprit « C'est que tu as toujours voulu !! » « Pourquoi te plaindre ? » . Au départ ce ne furent que de simples paroles, puis elles se muèrent une douleur sourde, une souffrance qui semblait déchirer chaque parcelle de mon être. Le premier coup vint de droite, ou de gauche peut-être, même mes repères étaient détruits. Sur le choc, je ne vis pas tout de suite la lueur pourpre qui se dessina devant moi, ce ne fut qu'après que je ne pus reconnaître ce qui lévitait devant moi. Mon masque, c'était lui qui me parlait depuis le début, lui qui me harcelait, ce simple objet qui hantait mon esprit. Les deux lignes noirâtres qui marquaient la bouche de l'accessoire se déchirèrent pour laisser sortir une langue brumeuse qui vint effleurer ma joue « Tu as espéré toute ta vie que ce pouvoir te quitte... Et maintenant tu désires les retrouver ? ». J'essayai de l'attraper, de me saisir de ce que je considérais à présent comme une partie de mon âme, mais mes doigt passèrent à travers. N'était-ce qu'une illusion ? La silhouette virevolta quelques secondes, comme pour me narguer avant de s'enfuir « Attends !! » Criais-je « Explique-moi au moins pourquoi, j'ai besoin de toi ! ». La douleur revint, soudaine et m'arracha un râle, je m'écroulai...

***

Je me réveillai au chaud, dans un lit et un doux fumet remontant jusqu'à mon nez, je regardai lentement autour de moi. Ou étais-je donc ? Je me levai doucement et m'étirai, aucune douleur ne m'assaillit contrairement à d'habitude. Emporté par cela, je me concentrai et essayai de faire naître une flamme sur ma main, toujours rien par contre. Des pas retentirent dans le couloir et je finis immédiatement ce que j'étais entrain de faire pour m’asseoir sur le matelas. Une magnifique jeune femme à la crinière blonde ouvrit la porte et me lâcha un sourire à faire pâlir un ange « Ah vous êtes réveillé sir ? J'ai eu si peur en vous trouvant presque mort dans la plaine ». Je me redressai et m'approchai d'elle « Où est mon équipement ? J'ai une mission à accomplir et je ne puis me permettre de rester ici, mais je vous remercie de votre hospitalité, soyez sur que le roi vous remerciera. » Une moue de déception se dessina sur son visage, « Vos affaires sont dans l'armoire... ». Je la remerciai du regard et saisis mon katana et regardai mon hôte, « Pourriez-vous sortir ? Il me faut m'habiller. ». Une couleur écrevisse teinta son visage et il fit mine de sortir, ses mains tremblaient. La rage ou le désarroi ? Doucement, je pris ses doigt entre les miens et les apportai à mes lèvres, la couleur de sa peau passa un niveau écarlate que j'aurais cru impossible à atteindre, puis soudainement elle se jeta dans mes bras « Mon père... C'était lui aussi une cape blanche... Il est mort voilà des années et pourtant ce n'est que quelques mois plutôt que je l'ai appris. Vous avez beau être ses soldats d'élites, le roi se moque pas mal de vous. Je vous en supplie Sir, quittez tout de suite le royaume, même si je ne vous connais que très peu... Quelqu'un comme vous ne devrait pas faire cela... ». Quand elle releva les yeux, je pus voir qu'ils étaient inondés par les larmes. Sans un mot, je la repoussais doucement vers la sortie avant de commencer à me changer.



Voilà quelques heures que je l'avais quitté, mais pourtant les paroles de la jeune femme résonnaient encore dans mon esprit, les choses qu'elle m'avait dites, j'y avais déjà réfléchis de nombreuses fois sans jamais me décider à déserter le royaume. La claque que le vent m’asséna fut aussi violente que la première, je me dirigeai lentement vers le cimetière, un rituel que j'avais adopté, m’excuser auprès de toute les personnes que j'avais tuées.

Un éclair déchira le ciel, dévoilant l’atroce boucherie qui se tenait devant moi, un torrent de sang. Je discernais avec peine les silhouettes, mais le peux que je pouvais voir raviva le feu en moi, le démon se s'arracha à sa torpeur, doucement, attiré par l'odeur de la mort. Une nouvelle lance transperça les nuages et me permis de l'apercevoir. L'horreur remplaça la fureur dans mes yeux, de nombreux cadavres et elle allongée parmi eux. Avait-elle, elle aussi goutté au baisé glacé de la faucheuse ? Mon cœur s'emballa, stupidement, je ne l'avais pas connu, juste une sœur de combat, mais c'était une des dernières choses qui me rattachait à une vie heureuse. Le tonnerre gronda à nouveau, encore un vestige de mon passé qui remontait, ce ne fut que le dégoût qui agita ma mémoire alors que son nom me revenait, une profonde pitié aussi se mêla à cela. L'épée du matin... Maël Theirmall


***
La bataille faisait rage, chaque rebelle tué était remplacé par un autre et cela depuis des heures. Nous étions dos à dos depuis quelques minutes, je ne lui avais pas reparlé, je ne l'avais même pas approché depuis notre combat des semaines auparavant mais pourtant nos mouvements semblaient s'être accordés en à peine une dizaine de secondes. Ses frappes souples et gracieuses concordaient parfaitement avec les coups violents et barbares que j’assénais, l'épée broyeuse à la main. Elle saisit mon poignet au même moment que je pensai à prendre le sien et nous échangeâmes de position, fauchant au passage tous les ennemis situés autour de nous, le sang gicla sur nos capes blanches et s'infiltra dans la neige pour dessiner des flocons écarlate. La sueur mêlée à cela, mes doigts glissèrent et je la lâchai, nous coupant dans notre balais sanglant. Je la cherchais des yeux, rien. Un cri de rage retentit et je ne pus qu'observer la lame qui se dirigeait vers ma pomme d’Adam, comme si j'offrais ma vie à cette personne au rictus haineux. Le tranchant s'arrêta à quelques centimètres de ma gorge, une tête roula et une main tendue vers moi, encore sous le choc je l'attrapai et me relevai. C'était un homme, ce qui me frappa sur le coup furent ses yeux, d'un bleu éclatant et contrastant sa peau d'une pâleur cadavérique, une courte tignasse noire ornait son crâne. « Merci frère d'arme ! Peux-tu me dire ton nom, que je te remercie comme il se doit une fois cette guerre terminée ? » un sourire amusé se dessina sur son visage alors que je posai cette question « Theirmall, Maël Theirmall » figé de stupeur, je bredouillais un pitoyable « Co... Commandant en chef ! » et exécutai un bref hochement de tête à son attention. « Réservons ces formalités pour plus tard compagnon, ils arrivent et je ne crois pas que le Corbeau arrivera à tous les empêcher de passer.». Je me mis en garde et nous nous plaçâmes côte à côte, la première vague arrive et nous dansâmes avec la mort. Son style de combat était gracieux et agile, comme elle, à croire qu'ils avaient été entraînés ensemble et très vite nous concordâmes nos mouvements. Nous n'étions que deux et fûmes bientôt submergés, blessés et épuisés je concentrai toutes mes forces dans une dernière poussée magique, je fermai les yeux et attendis . Le pouvoir monta en moi et avec un cri de rage je lançai une gigantesque langue de flammes sur nos assaillants avant de m'évanouir .

***

Après mon réveil, on m'avait annoncé la disparition du commandant-chef, lui qui avait tout pour réussir, rien ne lui manquait, un vulgaire déserteur il était devenu. Mon corps bougea indépendamment de ma volonté et quelque secondes plus tard j'étais devant lui. Je remarquai alors sa blessure à l'épaule, le sang ruisselait, l'idée de l'achever effleura un instant mon esprit ? N'était-ce pas mon but de tuer les déserteurs ? Puis l'honneur pris le dessus sur la colère et je m’agenouillai à coté de lui. Son esprit s'était retiré dans les bras de Morphé. Lui qui avait tué des dizaines d'être humain semblait si innocent à présent, une idée retorse m’effleura l'esprit. Je repensais à ce qu'il avait fait... Fuir lâchement le champs de bataille et abandonner derrière lui une femme qui le considérait comme un frère si ce n'est plus. Je me rappelais des jours qui avaient suivi son départ, celle qu'il avait laissé derrière lui n'était devenu alors qu'une loque humaine.

***

Les larmes inondaient son visage et ses sanglots retentissaient dans toute la pièce, qu'elle croyait vide, des « pourquoi » s'échappaient parfois de ses lèvres. L'envie de la prendre dans mes bras, de la réconforter était trop forte. Je sortis de l'ombre et m'approchai d'elle, aussitôt ses plaintes cessèrent et elle me regarda, méfiante alors que je continuais d'avancer. Malgré ses mèches rousses cachant une partie de son visage, je pouvais lire la douleur sur celui-ci, un mélange de désespoir et de haine dansait dans ses yeux. « Je... Je suis désolé... J'étais là quand le commandant Chef est partie, peut-être aurais-je pu l'arrêter, mais je n'ai rien vu... Tout est de ma faute... » Le son de la gifle qu'elle m'asséna se répercuta sur tous les murs de la salle, à présent c'était une colère sans fond qui marquait son regard. « T'excuser ne servira à rien ! Tu n'as rien fais ! On t'as retrouvé écroulé sur le champs de bataille, comme un soldat de classe moyenne ! Tu oses te présenter devant moi ? Alors que c'est en partie ta faute si Maël est partie. Tu aurais pu... tu aurais pu... » La fin de sa phrase fut noyée dans de nouveaux pleurs, ses nerfs avait craquer et elle s'appuya sur mon torse, donnant de faible coup de poing dedans, je tentai difficilement de la calmer. Je n'étais pas doué pour ce genre de choses et ça se sentait bien, elle se dégagea vivement en se rendant compte de se qu'elle faisait. Gênée, elle murmura « Désolé... mes nerfs ont lâchés. » Je me grattais l'arrière du crâne, un tic servant à exprimer la gêne je bredouillai « Ce n'est rien ! » avant de m'éclipser vers la sortie.

***
La colère monta en moi, non pas celle qui vous vole la raison et qui tourmente vos esprit. Une colère pure et miséricordieuse, qui n'aspirait qu'à châtier cet homme allongé devant moi. J'approchai doucement mes lèvres de son oreille et lui murmurait « Une torture physique serait trop douce, ton esprit, lui, est faible à présent », je sentis pour la première fois depuis des semaines le pouvoir s'agiter en moi. Avec douceur, j'apposai mes index sur ses tempes et laissai couler le flux magique. Je le guidais, visant des points précis de son cerveau et de son âme, c'était une torture bien spécifique que je comptais réaliser. Celle des cauchemars, celle qui allait le tourmenter lui faire ressentir ce qu'il avait fait ressentir aux autres. Je m'arrêtais alors avant d'avoir détruit la dernière parcelle de la lumière qui berçait ses rêves. Toujours laisser un espoir... toujours, mais impossible à atteindre.

Je passai une main sur mon visage et me relevai, fièrement, et me dirigeai vers elle. Je lui offris d'abord un sourire chaleureux avant de murmurer « Heureux de voir que vous vous portez toujours aussi bien Rozsprach ! ». Je saisis sa main et l'aidais à se relever avant de reculer de quelques pas et d'annoncer le plus dignement possible malgré ma tenue miteuse.

« Enora Rozsprach, ancienne cape blanche du roi. Pour acte de désertion, l'illustre roi Kaull Hendenmark vous condamne à mort. De ma main je me dois de rendre la justice et... d'appliquer... votre... peine. »

Je dégainai alors et plantai mon arme dans le sol.

« Mais aujourd'hui je ne suis pas une cape blanche ni un sous-fifre de ce bon vieux Kaull. J'ai prévu de me prendre un bon repas à l'auberge et j'ai malheureusement trop d'argent, assez pour 3 chambres. Qu'en dis-tu ? Au vu de l'état de Theirmall, nous ne serons pas trop de deux pour l'amener sur un lit.»

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Enora Roszprach



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Enora Roszprach
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Longtemps après [pv Maël/Erwan] _
MessageSujet: Re: Longtemps après [pv Maël/Erwan]   Longtemps après [pv Maël/Erwan] EmptyVen 30 Déc 2011 - 19:59


    Tout se passa tellement vite que j’en perdais la notion du temps. Il faisait trop sombre pour que je comprenne exactement ce qu’il se passait, enfermée dans ce halo étrange d’où émanait une agressivité sans nom. J’osais à peine respirer, de peur que cette fureur se retourne contre moi. Je restais donc immobile, tentant d’apercevoir ce qu’il se passait dans le cimetière. Le ciel déversait toujours sa pluie, mélangeant le sang avec la boue. Pourtant, je n’avais pas le temps d’avoir froid, mon corps entier plongé dans la rage du combat. Je voulais crier, appeler Maël, mais aucun son ne traversa mes lèvres tandis que je restais transis par l’étrange phénomène qui se produisait autour de moi. Mon regard se promenait sur ce halo, cherchant la moindre faille pouvant me libérer. Un éclair déchira la nuit et me permit de voir ce qui m’effrayait : une masse surgit derrière mon ami qui s’effondra au même instant. « Non ! » Mon hurlement accompagna le tonnerre qui grondait. Je voulus traverser l’aura qui m’entourait et fonçais en avant. Le choc fut brutal et me propulsa en arrière de quelques mètres ; je tombais au sol, sonnée et perdant toute notion de ce qui se passait autour de moi. Des filaments sombres semblaient s’éloigner, mais je n’étais pas certaine de ce que je voyais, l’esprit embué par le choc. Mon corps entier ressenti une grande douleur, contractant mes muscles qui ne voulaient plus répondre à mon cerveau. Cela ne dura que quelques instants, mais assez pour me déconcerter. Une fois terminé, je passais doucement ma main sur mon visage. Je me redressais sur me coudes et vis une silhouette s’approcher de moi. Je n’eus que le temps de prendre mon épée, tombée à côté de moi. Je serrais la poignée dans ma main, prête à me relever. Mais la voix qui s’éleva dans la nuit me glaça le sang.

    « Heureux de voir que vous vous portez toujours aussi bien Rozsprach ! ». Erwan Daermon Do'Layde. Je pouvais le reconnaître même dans l’obscurité, sa voix, sa présence était unique. Je me mordais la lèvre pour ne pas répondre alors qu’il me tendait une main que je saisissais pour me relever. Qu’aurais-je pu répondre de toute façon ? La dernière fois que je l’avais vu devait remonter à l’année précédente, et nous ne nous étions pas quitté sur de bons termes.

    ***

    « Ce n’est pas la peine de discuter plus longtemps, Erwan, ma décision est prise. » Mes gestes brusques trahissaient mon énervement alors que le soldat s’était planté devant la porte, voulant m’empêcher par tous les moyens de quitter cet endroit. Je ne lui accordais aucun regard, certaine que ses yeux vifs avaient le pouvoir de me faire changer d’avis. Lui, qui avait observé mes moindres faits et gestes, veillant à ce que je ne m’effondre pas pendant les cérémonies officielles, chassant par tous les divertissements possibles, l’absence de Maël. Ce jeune soldat, que j’avais finalement considéré comme ami m’avait tout simplement accordé son attention pour que je ne sombre pas dans mes larmes. Larmes que j’avais pourtant renfermées au fond de mon cœur vide, convaincue qu’une Cape Blanche ne devait jamais faillir devant ses sentiments. « C’est irrévocable ? » Je fermais la boucle de ma ceinture et passais la bandoulière de mon sac sur mon épaule. Je plantais ensuite mes yeux dans les siens et répondais calmement : « Ça l’est. ». Il soupira avec un sourire en coin, ne comprenant rien à mes motivations : « Tu vas trop loin, c’est absurde ! Quitter cet ordre signe ton arrêt de mort, tu le sais ça ? Rien que pour cet… » Il me regarda, exprimant sa colère légitime tout en cherchant l’adjectif qui qualifierait au mieux le départ de Maël. « Traître ! Et ton père ? Tu as pensé à lui, à son statut de général ? Du déshonneur que tu vas causer à ta famille ? » Je retenais ma main pour ne pas le gifler. Pourtant, je portais encore la cape lumineuse qui faisait appartenance à cet ordre, tout comme mon fourreau. Je serrais les dents, posant mon regard froid sur Erwan ; « Attention à ton langage, tu parles à un officier ! » Une lueur d’espoir traversa ses yeux, mais je préférais ne pas m’y attarder. « Mes intentions sont plus nobles et il n’est pas question que je rejoigne Maël. Je ne sais même pas où il se trouve. Maintenant, écartes toi de mon chemin. » Je sentais son regard lourd mais il resta muet. Il ne bougea pas, continuant à m’observer, sûrement espérait-il jusqu’au bout que je change de décision. Je fuyais lâchement aux yeux de certains et il ne faudrait pas longtemps pour que je sois considérée comme déserteur et condamnée à mort. Quant à mon père, il restait dans mon cœur qu’un vaste souvenir militaire et non familial. « Alors pourquoi tu pars ? » J’inspirais profondément. « Parce qu’il n’y a rien d’autre à espérer ici. Quitte à mourir, alors que ça soit libre. » Erwan ricana, exprimant son incompréhension. Pour lui, je n’étais qu’une traître qui courait rejoindre celui qui avait ouvert la marche. Et cela, il ne le comprenait pas, car la cicatrice que je portais avait noircie mon âme et il détestait le seul responsable. Je passais à côté de lui, consciente que cet échange ne menait nulle part et qu’il était temps de partir. « Est-ce que tu l’aime ? » Sa question était dénuée de chaleur et au contraire, portait son dégout au bord des lèvres. Je m’arrêtais, tournant légèrement la tête en arrière. « Adieu Erwan. » Je quittais mes appartements, sans me retourner.

    ***

    « Enora Rozsprach, ancienne cape blanche du roi. Pour acte de désertion, l'illustre roi Kaull Hendenmark vous condamne à mort. De ma main je me dois de rendre la justice et... d'appliquer... votre... peine. » Je le regardais, sûrement aussi froidement que notre dernière discussion, serrant les dents pour ne pas cracher mon dégout à l’écoute du nom du roi. Il était certain que ce jour devait arriver, et je pensais même qu’il viendrait bien plus tôt. La pluie cessa enfin de tomber alors que l’orage s’éloignait dans la campagne. J’étais trempée, et le froid s’empara de mon corps tandis que mes cheveux me collaient au visage. Je n’écoutais plus Erwan, cherchant du regard celui qui avait combattu à mes côtés quelques instants auparavant. Les nuages dansaient à nouveau avec la lune et permettait par moment de mieux distinguer ce qui se passait dans ce cimetière. Ce fut à un de ces moments que j’aperçu un corps supplémentaire au sol, un peu plus loin. « Non ! » Mon murmure, à peine perceptible trancha l’air comme un supplice. Je courais jusqu’à lui, posant mes genoux à terre. Je remarquais avec frayeur la plaie béante qui déchirait son épaule gauche. Je tressaillis en voyant les filaments qui me retenaient prisonnière auparavant et qui étaient en réalité rattachés à Maël. Les questions vinrent rapidement à mon esprit et je fis de mon mieux pour les chasser, certaine que ce n’était pas le moment de s’attarder sur une quelconque magie. Surtout une magie qui m’effrayait. Je fis basculer son corps inconscient sur le dos. « Maël ? » Je repoussais une de ses grandes mèches et prit son visage entre mes mains, déglutissant avec peine, voulant éviter les sentiments qui tentaient inlassablement d’envahir mon corps. Il respirait, mais faiblement et l’idée de le perdre me terrifiait, et je n’arrivais tout simplement pas à concevoir que les choses se passent ainsi. Je levais les yeux vers Erwan qui se tenait devant moi. « Est-ce que c’est toi qui les a envoyé ? » Ma voix froide s’accommodait parfaitement avec le lieu dans lequel nous nous trouvions.

    Je tentais d’organiser mes pensées, rapidement, mais clairement afin que Maël soit soigné et que personne nous trouve ici, au milieu des autres corps. Je suivais l’idée d’Erwan d’aller à l’auberge, de plus j’y avais mes affaires et une chambre. Oui, mais débarquer avec un homme inconscient aiguiserait les soupçons et nous ne pouvions le permettre. Je tenais Maël contre moi, comme si je ne voulais pas qu’il m’échappe, que ça soit physiquement ou par son esprit. Il nous fallait une solution et avant que le jour se lève. Le bruit d’un craquement de branche résonna dans la nuit devenue calme. D’une main, je me préparais à une nouvelle attaque en empoignant une de mes dagues. Erwan avait entendu et se tenait également prêt. Une silhouette sortit de l’ombre : un homme de petite taille s’approcha de nous, une lanterne à la main. Je serrais davantage ma dague. « Enora ? » J’arquais un sourcil, surprise qu’il connaisse mon prénom et gardais toute méfiance à son égard. Il s’approcha doucement, et au fur et à mesure, je découvris son visage. « Jamie ?! » « Enora ! » Le soulagement envahit mon cœur et je fis signe à Erwan de ne rien faire, qu’il n’y avait absolument rien à craindre. Jamie McMayford, un de nos compagnons de jeu lorsque nous étions enfants. Il devait avoir l’âge de mon frère, ou plus encore, mais les années semblaient l’avoir marqué plus que coutume. Il vint à mes côtés et posa ses yeux sur Maël : « Cela fait des heures que je le cherche. Je l’héberge pour quelques temps et ce soir, contrairement à d’habitude, je ‘inquiétais de ne pas le voir revenir. » Il posa sa main sur mon épaule et me tendis la lanterne : « Venez, allons chez moi, c’est juste à côté, nous y serons en sécurité. » Je regardais Erwan, certaine qu’il ne devait pas avoir confiance, mais maintenant qu’il était là, je devais le garder à l’œil par sécurité.

    Lorsque nous arrivâmes chez Jamie, celui-ci nous conduisit à l’étage de sa petite maison de pierre pour y trouver la chambre qu’il prêtait gentiment à son ami d’enfance. Nous le posâmes sur le lit et notre hôte s’activa pour trouver de quoi le soigner. Tout en s’affairant, il m’expliqua qu’il avait quitté notre village il y avait de cela quelques années pour s’installer à Venill. Il possédait un commerce d’épices et de plantes qui tournait bien ; il n’avait pas à se plaindre. A travers ses mots, j’étais persuadée qu’il collaborait avec la Confrérie des Ombres, mais la présence d’Erwan m’empêchait de lui poser la question librement.

    Pendant qu’il allait chercher les plantes nécessaires, j’ôtais le surcot et la chainse de Maël pour pouvoir le soigner. Je sentais le regard pesant d’Erwan sur moi mais ne relevais pas la tête : « Ne me juge pas Erwan. C’est plus compliqué que tu le pense. » Il n’eut pas le temps de répondre que Jamie revenait, les bras chargés de linges propres et de fioles contenant des herbes. Je l’aidais, répondant à silencieusement à ses consignes : il mélangea plusieurs herbes qu’il posa dans la plaie avant de recoudre avec un fil de soie. J’écoutais attentivement ses instructions, qu’il faudrait changer les pansements plusieurs fois par jour pour éviter toute infection. J’écoutais, attentive tandis qu’il maintenait le pansement de coton comme il pouvait en faisant passer les bandages sur son épaule et à travers son torse. Une femme entra et nous salua de la tête sans le moindre mot. Jamie nous présenta rapidement sa servante, une jeune femme répondant au doux nom d’Elaine. Sous les consignes de son patron, elle retira les bottes de Maël et reposa sur son corps plusieurs couvertures de laine. « Il ne faut surtout pas qu’il prenne froid. » J’acquiesçais d’un hochement de tête. « Vous devriez vous rafraichir. » Erwan et moi échangions un regard : nous étions trempés, plein de boue et mes mains étaient recouvertes de sang. Je posais mes yeux sur Maël. « Il est en sécurité ici, ne t’inquiète pas. Je peux vous faire apporter des vêtements propres, pendant ce temps, prenez un bain. J’ai une autre chambre vide, prends-là Enora, quand à ton ami, il peut prendre la mienne. » « Mes affaires sont restées à l’auberge. » « Elaine va s’en occuper. » Je jetais un coup d’œil à Erwan qui semblait toujours aussi tendu qu’auparavant. Sans un mot à son égard, je suivais mon ami d’enfance, qui m’offrait l’opportunité de reporter mon jugement. J’étais partagé entre la joie de retrouver Erwan et la tristesse du message qu’il portait, tant par la tâche qui l'incombait.

    Jamie me présenta une petite chambre qui comportait tout de même une grande bassine. L’idée d’un bain me réchauffa le cœur, rien que pour retirer toute la crasse que je supportais et pour ne plus avoir froid. Rapidement, deux jeunes garçons apportèrent des sceaux d’eau chaude. Je m’étonnais de les voir déjà à l’œuvre mais ils me répondirent que l’aube allait se lever. La fatigue s’empara de moi alors que je me déshabillais. Le bain m’offrit le plus grand des réconforts, et le temps d’un instant, je laissais mes émotions loin de cette pièce tandis que je fermais les yeux doucement.

    Un bain et des vêtements propres plus tard, je regagnais la chambre où se reposait Maël. Pendant quelques instants, j’avais chassé de mon esprit les récents évènements, mais ils me revenaient de plein fouet et il était temps que je les contrôle à nouveau. Je poussais doucement la porte et m’approchais du lit. Erwan n’était pas dans la pièce, avait-il prit le temps de se reposer comme nous l’avait conseillé Jamie ? Je n’avais pas la moindre envie d’aller voir et au lieu de cela, je déplaçais un fauteuil près du lit. Je m’y installais, comme si je savais que j’allais rester ainsi pour un long moment. Mes angoisses avaient machinalement prit le dessus et j’avais peur de ne plus voir ses yeux clairs. J’avais jusque là vécu loin de lui, habitué à ne plus percevoir sa présence, mais alors que je venais de le retrouver, il m’était tout simplement impossible de songer à le perdre. Je pris sa main droite dans la mienne et posais ma joue contre. La fatigue s’empara une nouvelle fois de moi, alors que les premières lueurs de l’aube marquaient l’horizon. Dans un silence intouchable, je fermais les yeux et m’endormais.
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