''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 Quand la gloire a la couleur du sang. [solo]

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Alvin Lodrok

Le Marche-Vent

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Race : Humain des contrées de l'Ouest
Classe : Chevalier
Métier : Banneret de Gareth Valmort
Croyances : Seulement quelques superstitions
Groupe : Les Lames Errantes

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Messages : 38


MessageSujet: Quand la gloire a la couleur du sang. [solo]   Sam 4 Fév 2017 - 1:42

- Arg...

Plaçant sa main contre son ventre, le soldat en face de moi tentait si bien que mal de réunir de nouveau les tripes qui sortaient de son corps. Déglutissant péniblement et tremblotant, on pouvait facilement lire dans ses yeux une peur profonde et cette certitude atroce d'une mort prochaine. Relevant péniblement la tête, il me fixa quelques instants puis ma lame rougie de son propre sang. Réunissant ce qui semblait être ses dernières forces, le bougre tenta d'aligner quelques derniers mots que je comprenais être une demande de pitié. Sans attendre la fin de sa phrase, je tranchais sa tête d'un coup sec, laissant cette dernière rouler sur le sol tandis que le corps mou de mon adversaire tressaillait une dernière fois avant de glisser à son tour dans la neige de ces montagnes. Tournant la tête, j'observais Oleg et Bjorn achever à leur tour leurs adversaires respectifs. Oleg grogna quelques secondes en balayant la lourde hache qui lui servait d'arme tandis que Bjorn murmurait une prière au néant. Arrachant les restes d'un étendard, j'essuyais le plat de ma lame puis la rengainais dans la foulée, avant de me diriger vers mes compagnons pour leur indiquer le chemin vers la citadelle où nous étions attendus.

On nous avait mandaté il y a de ça deux ou trois semaines. Un corbeau avait apporté la demande jusqu'à Béolan où je me trouvais avec quelques uns de nos compagnons après notre précédente mission avec Gareth. J'avais décidé avec Oleg et Bjorn d'y aller, la demande stipulant un engagement de seulement trois lames. Je ne connaissais que vaguement les montagnes de Feleth, contrairement à Bjorn qui était né au creux de ces dernières, et je dois avouer que ce climat aurait parfaitement plu à Laune', ce bâtard aurait sûrement moqué les plus frileux d'entre nous pendant la route d'ailleurs. Cette simple idée étira un sourire fatigué sur mon visage alors que je reprenais ma route vers ma monture. Cela faisait trop longtemps que nous n'avions pas été réunis tous les trois. Mes amis me manquaient. Sort de fortune, un petit groupe de bandits nous avait attaqué alors que nous campions. Dix contre trois, ce n'était largement pas assez. Cette distraction avait au moins eu le mérite de réchauffer mon corps face à ce blizzard glacial.

Nous arrivâmes à la citadelle, nommée Nébuleuse-de-givre, à la tombée de la nuit. Je fus assez étonné de la rapidité avec laquelle nous pûmes entrer dans cette dernière pour être parfaitement franc. Le seigneur qui nous avait mandaté avait sans aucun doute eu la visite de plusieurs usurpateurs depuis l'envoi de sa lettre et la rumeur de notre engagement, et pourtant nous entrions dans ce refuge montagnard sans aucun soupçon, si ce n'est quelques remarques de la garde. Déposant ma monture à l'étable, et ordonnant à mes deux camarades de me rejoindre à la taverne la plus proche, je les quittais pour rejoindre le fort de Nébuleuse. En chemin, plusieurs villageois me scrutèrent de cet œil niais et admiratif de la plèbe lorsqu'elle rencontrait la noblesse et la chevalerie. Plusieurs jeunes femmes devaient sans doute s'imaginer partir sur un cheval blanc avec ma personne alors que les jeunes hommes quand à eux s'imaginaient à n'en point douter diverses légendes qu'ils pourraient vivre à mes côtés. J'étais habitué à ce genre de regards, que je croisais depuis le premier jour de mon port d'armure, mais aujourd'hui, ces regards n'observaient qu'une surface polie, cachant au plus profond d'elle une âme blasée et fatiguée, laissant l'or et les vices guider sa lame au travers de divers champs de batailles. Plus aucune gloire ne semblait combler mon appétit d'antan. Pas tant que je combattais seul. Les lames me permettaient au moins de me sentir vivant, au sein d'une famille et de quelque chose de solide, et non pas comme une simple marionnette n'existant que pour répandre la mort pour le plus offrant. Ne vous méprenez pas, je ne détestais pas ce que je faisais, loin de là, mais je n'en tirais pas le moindre plaisir. Je tuais lorsqu'on me le demandait, je protégeais lorsqu'on me l'ordonnait. C'était là les dogmes du parfait mercenaire, et c'était ce que j'étais.

Mon arrivée dans le fort fût plus que bienvenue. La garde semblait avoir été informée de mon arrivée et on me laissa me rendre vers la salle du seigneur sans aucune opposition. On me laissa même mon arme, ce qui je dois dire m'étonna légèrement sur le moment. Pénétrant finalement dans la chambre de conseil du seigneur local, un dénommé Harsk, je constatais avec amusement la petitesse de ce dernier. Trapu, l'homme possédait une longue barbe rousse qui cachait un visage endurci et tombait sur un torse autrefois musclé mais aujourd'hui engraissé. La salle quand à elle était plus petite que ce que j'avais l'habitude d'observer, mais recelait cependant de bien des richesses. De nombreuses fourrures tapissaient le sol, des tableaux magnifiques couvraient les murs tandis qu'au dessus de la grande cheminée siégeaient les armoiries de la noblesse locale. Les mobiliers étaient quand à eux tailler dans un bois rouge et vernis d'une façon remarquable. Si la citadelle m'avait parut rustique aux premiers abords, il était plus qu'évident que sa richesse était belle et bien présente dans l'intérieur de ces bâtiments. Ce qui, dans le fond, ne m'étonnait pas réellement aux vues du climat régnant aux alentours. M'arrêtant sur le pas de la porte, je toquais de ma main gantée les gonds en fer de cette dernière, attirant l'attention d'Harsk.


- Ah! j'imagine que c'est vous, sire Lodrok? Mes gardes m'ont averti de l'arrivée des lames en notre charmante citadelle, j'espère que Nébuleuse-de-givre vous offrira les plaisirs que vous recherchez, et la richesse, naturellement si vous remplissez votre contrat. Je suis le seigneur Harsk, maître en ces lieux. Et bien ne restez pas planté sur le pas de cette salle comme un simple plébéien! Entrez entrez!

Sans attendre, je pénétrais donc dans la pièce, prenant garde à ne pas renverser quoi que ce soit en me dirigeant vers la table où venait de s'asseoir mon hôte. Ce dernier me proposa un siège, que je refusa poliment, préférant rester debout pour le moment. Aussi curieux que cela pouvait paraître, je n'étais plus aussi à l'aise qu'avant en présence de membres de la noblesse, et même si cela s'était avéré être un fait établi à la mort de ma dulcinée, mon malaise s'était incroyablement accentué depuis que je fréquentais les lames. Leur franc-parler me plaisait bien plus que la langue-de-bois dont faisait trop souvent preuve la noblesse ou les membres d'un quelconque clergé. Reportant finalement mon attention vers mon hôte, j'observais la personne qui me faisait face.

- Dîtes moi mon seigneur, pourquoi solliciter les Lames Errantes? En quoi nos services peuvent-ils vous être utiles?

Un rire gras s'échappa de sa gorge tandis qu'il achevait d'essuyer sa barbe.

- Outre le fait qu'un seul d'entre vous vaut sûrement plus que mes meilleurs hommes réunis? Bien des raisons pourraient me pousser à solliciter vos services mon garçon, mais c'est une affaire relativement personnelle qui me force à faire appel à des forces étrangères à mes terres.

Se raclant la gorge, Harsk appela alors les gardes qui se tenaient devant sa chambre.

- Messieurs, allez me chercher le chambellan Kelvar et ma très chère fille! J'ai à leur parler. Et par l'enfer fermez moi cette porte, si sire Lodrok avait voulu attenter à ma vie vous n'auriez rien eu le temps de faire avant que ma gorge ne soit tranchée de toutes façons!

Satisfait alors que les gardes fermaient la lourde porte qui nous séparait du couloir, le seigneur reprit.

- Voyez-vous, ma bien aimée Nélia est morte il y a six ans, lorsqu'elle donna vie à mon jeune fils, et seul héritier. Auparavant, j'eus le bonheur d'avoir une fille charmante, Astrid. Seulement, ma maison s'est depuis longtemps attirée la convoitise de mes différents voisins. Contrairement à eux, nous sommes riches et prospères Contrairement à eux, nous possédons les différentes mines de fer et d'argent de la région. Si les tensions entre nos différentes cités ont toujours été présentes, elles ont depuis peu pris un nouvel essor et nous amène aujourd'hui à la veille d'un conflit majeur. J'ai pourtant tenté d'envoyer à mes voisins des émissaires de paix, de tenter d'ouvrir diverses négociations afin de créer des partenariats commerciaux et éviter le pire. Seulement, je n'ai trouvé qu'oreille sourde. Un conflit a aujourd'hui éclaté entre ma maison et les Endar de la cité de Castelsang. C'est là que vous entrez en scène messire.
- Si vous vouliez une armée à louer, il ne fallait pas mandater que...
- Ne dîtes pas de bêtises, je n'ai pas besoin d'une armée, j'en ai déjà une. Comme je vous le disais plus tôt, c'est une requête personnelle qui vous mène à moi. il y a trois semaines, alors que je vous faisais parvenir le corbeau et que les premiers affrontements avec mon ennemi avaient lieux, mon fils a été enlevé. Au cours d'une guerre aussi importante, je ne peux me permettre de laisser mon héritier unique croupir dans une des geôles de mon principal ennemi. Ce dernier s'attend surement à me voir lancer mon armée contre son fort, et observer cette dernière se briser telle l'écume contre la roche. Il en profiterait alors pour achever mes forces et prendre ma citadelle. En revanche, il ne s'attendra probablement pas à une infiltration et une exfiltration, menée par un petit comité.
- Sans vouloir paraître désagréable mon seigneur, nous ne pouvons prendre d'assaut une cité à trois. Aussi qualifiés que nous sommes, nous restons des hommes mortels.
- Je le sais très bien, c'est pourquoi un assaut sur le fort détenant mon fils fera diversion pendant votre attaque. Deux cents hommes d'armes se lanceront à l'assaut de ce fort secondaire tandis que le reste de mon armée s'attaquera à des positions plus stratégiques.

Il soupira longuement, avant de fixer l'un des tableaux muraux, où se trouvaient sans aucun doute sa fille, sa femme et son fils.

- Si la vie de mon fils m'est précieuse, celle de mon peuple l'est d'autant plus, et je ne peux me permettre de dépenser plus de ressources de guerres que cela pour le récupérer. Vous êtes mon unique espoir mon garçon.

On toqua alors à la porte, terminant la phrase d'Harsk qui intima aux nouveaux arrivants d'entrer. Je reconnus facilement le chambellan, Kelvar. Il s'agissait d'un homme assez grand et maigre, aux cheveux blonds et à la moustache finement taillée. Son air droit lui donnait une allure de coq. Quand à la seconde personne arrivant, je devinais la fille d'Harsk. Une jeune femme aux cheveux roux attachés dans une longue tresse nouée et à la carrure forte mais avec des formes féminines assez marquées, inspirant l'une de ces princesses guerrières qu'on trouvait dans les contes pour enfants. Si elle ne portait pas une robe de haute facture, j'avoue que j'aurais facilement pu la prendre pour une des femmes travaillant avec les Lames Errantes. Son regard était d'un azur cristallin mais strict, et des tâches de rousseurs parsemaient son petit nez retroussé. Elle était ravissante à n'en point douter, mais son air féroce étirait sur mon visage un sourire amusé, m'imaginant perdant au bras de fer contre la fille d'un seigneur. S'annonçant respectivement, les deux arrivants me saluèrent de manière plus ou moins formelle, Astrid ne me quittant pas du regard, scrutant mon armure des grèves au casque.

- Bien, Astrid, Kelvar, voici messire Alvin Lodrok, membre des Lames Errantes. Il est maintenant à notre service avec deux de ses hommes, aussi vous demanderais-je le plus grand respect à leurs égards. Ils commenceront leur mission dès que possible. Kelvar, préparez trois chambres pour ces messieurs, je ne voudrais pas qu'ils...
- Sans vouloir vous manquer de respect messire, ce ne sera pas nécessaire, mes compagnons et moi même dormirons à l'auberge de votre citadelle. Nous préférons rester entre nous lorsque nous sommes mandatés.
- En ce cas c'est réglé. J'allais demandé à Astrid de vous faire visiter le fort, mais j'imagine que vous souhaitez vous reposer à présent et retrouver les votres?
- Parfaitement, la journée fut longue et le voyage harassant. Maintenant que je vous ai rencontré, j'aimerais pouvoir me reposer.

Un air soulagé fit son apparition sur le visage de la jeune femme, visiblement heureuse de ne pas avoir à faire la potiche dans le fort de son paternel.

- Bien, je vous souhaite bon repos alors messire. Kelvar, restait un peu, j'ai à discuté de quelques décrets avec vous. Ma fille, reste avec nous, j'ai également à te parler. Sire Lodrok, je vous ferais quérir si j'ai besoin de vous demain.

Les saluant tous les trois, je quittais la chambre, puis le fort sans plus attendre, me dirigeant vers la taverne où m'attendaient Bjorn et Oleg. Entrant dans cette dernière, je trouvais un lieu étonnement propre pour ce genre d'établissement, et mes deux compagnons contre une des tables du fond, savourant quelques cervoises en ricanant de temps à autres et en pariant sur qui des deux couchera en premier avec la fille de l'éleveur de chevaux local. Lorsqu'ils m’aperçurent finalement, ils m'invitèrent à les rejoindre. Posant mon casque sur la table, je commandais un peu d'hydromel et, après avoir bu quelques gorgées, leur parlais finalement de notre future mission.


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MessageSujet: Re: Quand la gloire a la couleur du sang. [solo]   Mar 7 Fév 2017 - 1:39

Divers flocons tombaient sur la place centrale de la citadelle. Adossé contre un mur, j'observais ce délicat balai se laisser porter par le vent pour finalement atterrir sur le sol, inerte. Tendant la main, je me perdais pendant quelques longues minutes dans la contemplation de cet assemblage cristallin qui ruisselait sur le cuir de mon gantelet. Ce fut Bjorn qui me tira de mes pensées, s'approchant vers moi l'air sombre. Levant la tête, je lâchais un long soupir qui se transforma dans un nuage de vapeur se dégageant vers le ciel. Au milieu de la grande place, se tenaient, fiers, des centaines de soldats en armure. La plupart n'étaient probablement que de vulgaires paysans enrôlés de force dans un conflit qui les dépassaient largement, mais tous possédaient néanmoins un équipement plus que correct, preuve en était de la richesse de Nébuleuse.

- C'est amusant, comme c'est toujours les mêmes discours sur la gloire et l'honneur, pas vrai?

D'un ricanement las, je répondais à mon camarade tout en portant mon attention vers le trio qui dominait la place de leur monture. On y retrouvait le seigneur Harsk, dans une armure d'argent et de bordures d'or, ainsi que le chambellan Kelvar dans une tenue de cuir de haute qualité. A gauche du seigneur siégeait Astrid, vêtue d'une armure splendide. Des couleurs nuancées parcouraient cette dernière, de l'obsidienne tranchant avec un argent des plus cinglants. L'armure semblait assez légère cependant et n'était pas du même acabit que les armures de plaques habituelles. Il s'agissait sans doute d'un alliage plus fin qui m'était inconnu, ou bien le forgeron ayant fabriqué ce chef d'oeuvre était un véritable dieu dans son domaine. Dans son habit de métal, la jeune rousse arborait une allure fière et strict, ne laissant transparaître qu'une légère timidité à l’œil le plus avisé, ce qui tranchait énormément avec le comportement de son père qui semblait se complaire dans la parade et le discours qu'il réservait à ses troupes. Il me fût curieux de constater qu'Astrid possédait une épée qui pendait le long de son flanc ainsi qu'une dague dans le bas de son dos. Harsk quand à lui brandissait fièrement une lame dorée qui représentait sans doute je ne sais quel trésor familial. Kelvar, cependant, adoptait un comportement plus lointain, et semblait analyser les réactions de la plèbe qui lui faisait face, tandis qu'un arc le cernait. Bjorn me tira de nouveau de mes pensées d'un léger coup de coude, pointant du menton l'autre bout de la place et une silhouette encapuchonnée qui observait le discours du seigneur.

Si bon nombre de paysans écoutaient Harsk parler, bien peu adoptaient, comme la cible de l'inquiétude de Bjorn, un regard aussi froid et des tics nerveux aussi révélateurs d'un assaut prochain. Me dégageant du mur contre lequel je m'étais appuyé, j'ordonnais à Bjorn de me suivre et entamait une marche rapide mais discrète vers notre suspect. S'il y avait une chose que l'ennemi de Nébuleuse pouvait espérer, c'était un assassinat en plein discours du chef de faction. Si cela ne m'aurait en temps normal pas alarmer, il se trouvait que le seigneur local représentait notre principale source de revenus. Et on ne nous prive pas, de notre source de revenus.

Tournant quelques instants la tête vers le centre de la place, je remarquais avec étonnement le regard d'Astrid sur moi, elle était la seule à avoir remarqué nos mouvements, ou alors elle était la moins discrète du trio. Quoiqu'il en fut, nous parvînmes rapidement à la position de l'encapuchonné et d'un mouvement, Bjorn attrapa notre cible par l'épaule avant de bondir en arrière, évitant un coup de poignard vicieux.

- Oh l'enfoiré!

Décochant la masse d'armes qui pendait le long de sa ceinture, Bjorn s'élança à la poursuite de son agresseur, suivi de peu par ma propre personne. Zigzaguant parmi la foule qui avançait dans la ruelle que nous venions d'emprunter, il m'était difficile de discerner correctement les mouvements de Bjorn ou du fugitif, bien qu'il me semblait que ces deux derniers n'avaient quand à eux aucun mal à savoir où se trouvait l'autre. Aussi je me décidais à bondir sur les hauteur afin de retomber de temps à autres devant l'agresseur pour le forcer à emprunter telle ou telle ruelle. La course dura facilement cinq bonnes minutes, avant que l'individu ne se fasse finalement projeter en arrière par un grand coup de hache en plein ventre qui le fit atterrir presque au niveau de Bjorn, dans une gerbe de sang disproportionné. Dans divers gargouillis sanglant, le fugitif tentait de comprendre ce qui venait de lui arriver alors qu'Oleg sortait du coin de la ruelle, tenant son arme fièrement. Bjorn quand à lui, reprenant peu à peu son souffle m'observa d'un regard blasé alors que je sautais d'un petit balcon pour me retrouver à leur niveau. Entouré par nos trois personnes, l'inconnu murmura quelques inepties avant de ricaner bêtement, tandis que Bjorn retirait la capuche qui masquait encore partiellement son faciès. Il s'agissait d'un homme au visage tuméfié, comme déformé depuis la naissance, dont les yeux ne semblaient pas à leurs places et dont le nez prenait une place bien trop importante sur le visage. Je n'eus à vrai dire pas le temps de lui poser la moindre question que ce pseudo-agresseur rendit l'âme dans une ultime gerbe de sang, gisant sur le sol dans une posture plus que pittoresque. Ne perdant pas de temps, j'entamais la fouille du cadavre tandis que Bjorn et Oleg se retrouvaient, pour s'échanger diverses moqueries. Je trouvais sur la dépouille une arbalète de facture moyenne dont le carreau avait été au préalable empoisonné. Si l'acte, ou la tentative d'acte, semblait être un cas isolé, le matériel quand à lui avait bien été fourni par une personne ou, à défaut, une faction ennemie. Malheureusement, et je m'y attendais, je ne trouvais aucune missive, aucun contrat pouvant me permettre de retracer cette parodie d'attaque. La garde arriva finalement alors que nous quittions le cadavre. Je leur laissais le soin de s'en occuper alors que nous repartions vers la place centrale, Oleg déclarant une fois de plus son désamour pour notre mission actuelle.

- Un temps de chien, des fugitifs difformes qui ne se défendent pas, et pour finir un assaut à préparer avec seulement trois clampins, je vous parle pas de la qualité de cette mission...

Un sourire amusé s'étira sur mon visage alors que je répondais de manière comique à ses propos. Parvenant finalement à notre destination, je remarquais que les troupes commençaient à bouger et quitter la zone, sous le regard satisfait de Harsk. Une fois les troupes hors de la place, le trio dirigeant vint enfin à notre rencontre, précédé par le rire gras du seigneur local.

- Ces hommes sauront jouer leur rôle lors de votre assaut prochain sire Lodrok, j'en suis certain. Il est assez rare de voir des guerriers aussi réactifs à mes discours, je sens en eux le cran et la volonté de vouloir sauver la vie de mon fils! Ils pourraient arracher les murs du fort Rovendt avec leurs dents s'ils n'avaient que ça pour se battre hahaha!
- Et vous seigneur? Où irez-vous pendant l'assaut?
- Et bien, quelqu'un doit bien mener les troupes ailleurs pas vrai? Je serais avec le reste de mon armée près de lac hurlant dans la cuvette qui fait la jonction vers le pic des ronces, et le territoire Endar. Quand à Astrid, elle assurera la direction de ma maison ici pendant que nous partons à nos occupations. Kelvar quand à lui vous assistera et dirigera les troupes que vous avez vu précédemment.
- Je ferais mon maximum pour occuper l'ennemi le temps qu'il faudra messire.
- Bien, cela étant, nous partirons demain à l'aube. Les troupes chargées de faire diversion, partiront quand à elles avec Kelvar dans l'heure. Naturellement, vous pourrez partir demain matin si vous le souhaitez, vous les rattraperez aisément.

Sur ces mots, Harks tira sur la bride de sa monture et fit volte-face, s'éloignant avec Kelvar qui nous fit un signe de tête léger avant de partir à son tour. Quand à Astrid, cette dernière me fixa de nouveau pendant quelques longues secondes.

- Dame Astrid?
- Je... Dîtes-moi Alvin, qui était cet homme que vous êtes parti poursuivre?

Je sentis derrière moi Oleg et Bjorn se raidir en entendant la princesse m'appeler par mon prénom. Même s'il était vrai que cela n'était pas très protocolaire, ces deux crétins devaient déjà s'imaginer des choses absurdes.

- Un fou qui en voulait à la vie de votre père, probablement employé par votre ennemi. Il ne menacera plus personne maintenant. Nous devons vous laissez à présent, nous avons une bataille à préparer.

D'un salut de la tête, je reculais légèrement avant de pivoter et m'éloigner d'elle en direction de l'auberge, ne me souciant même pas de voir si elle voulait continuer de me parler ou non. Cette femme me troublait, et je n'aimais pas vraiment cela. Oleg et Bjorn, quand à eux, s'amusèrent à se moquer de moi jusqu'à ce que nous rentrions à l'auberge. Une fois rentrés, je leur ordonnais de préparer leurs affaires.

- Quoi, le seigneur nous dit qu'on peut pioncer une nuit de plus au chaud et on doit déjà partir?
- Je n'aime pas réellement l'idée de laisser les troupes chargées de notre survie avancer toutes seules pendant une journée sans nous.
- Tu as peur qu'elles se perdent Alvin? Allons, tu n'aurais pas peur de la fille du seigneur hein?
- Ca n'a absolument rien à voir avec elle Oleg. Il y a seulement quelque chose qui me trotte dans la tête à propos de tout ça, et j'aimerais pouvoir confectionner un meilleur plan d'action.
- Tu n'y arriverais pas même en partant de suite et tu le sais très bien. Cette mission restera une mission suicide quoiqu'il arrive. Alors autant pouvoir nous reposer un peu avant de partir non? Et puis Oleg et moi, on a pas encore achevé notre pari.

Un long soupir s'échappa de ma gorge suivi d'un haussement d'épaules.

- Soit, nous restons pour la nuit. Demain à l'aube, nous rejoindrons les troupes de Nébuleuse. L'un de vous a intérêt de conclure avec cette fille.

Ils avaient raison après tout, autant profiter peut-être pour la dernière fois du confort d'un vrai lit, ou de la chaleur d'une femme. La fin de journée fut assez banale, Oleg et Bjorn faisant chacun la cour à leur cible à tour de rôle, et préparant leur matériel lorsqu'ils ne roucoulaient pas. Quand à moi, je fis de même. Mon armure fut polie une nouvelle fois, mon épée ré-affûtée et renforcée. Mon bouclier, nettoyé. Lorsque la lune remplaça finalement les derniers rayons, c'est dans le brouhaha typique des auberges que je commençais ma soirée, avant de la terminer en allant me coucher après seulement quelques verres. Il valait mieux se reposer convenablement. Le sommeil me gagna relativement rapidement, et alors que je sombrais peu à peu dans ce tumulte d'images et de sons, me projetant dans un monde paradoxal où je revoyais pour la énième fois divers champ de batailles, femmes aux courbes majestueuses et la tombe d'Elyse, un craquement de bois me tira de mon sommeil de manière abrupte. Tirant ma dague à vive allure, je me jetais d'un bon sur l'intrus ayant pénétré ma chambre, le plaquant au sol. Ce n'est qu'alors que j'observais la personne qui se trouvait en dessous de moi, un couteau sous la gorge. Sentant son souffle chaud contre mon visage, je restais ainsi pendant quelques secondes avant de finalement m'éloigner légèrement pour me redresser tout en rengainant ma lame.

- Ce n'est pas les manières d'une personne de la cour de rendre visite à un homme en pleine nuit. Dame Astrid.
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MessageSujet: Re: Quand la gloire a la couleur du sang. [solo]   Ven 24 Fév 2017 - 0:35

Un sourire. Voila comment dame Astrid m'avait répondu tout en se relevant. Frottant les plis de sa tunique de cuir, la rousse me lança un regard amusé.

- Et est-ce dans les mœurs de la chevalerie de se jeter avec sa dague sur la première personne qui passe la porte de sa chambre?
- Je ne suis pas chevalier.

Rengainant mon arme, je gardais un ton froid et un air méfiant. Si la présence de la jeune femme ne me dérangeait nullement, le fait est que le destin m'avait trop habitué aux subterfuges et à la fourberie pour que je puisse me sentir à l'aise avec une personne que je connaissais à peine. Ma remarque semblait avoir quelque peu frustrée la princesse qui afficha une moue étrange avant de s'avancer vers la table qui se trouvait au centre de ma chambre. Jaugeant la chaise en bois qui se trouvait à côté, la rousse épousseta cette dernière avant de finalement s'asseoir dessus et fixer mon armure.

- En tout cas, vous en avez tous les apparats. Elle est sublime, votre armure.
- Que faites-vous ici ma dame? Pardonnez mon ton direct, mais je ne saisis pas réellement la raison de votre visite.

Soupirant doucement, la princesse détourna son regard de mon équipement pour finalement plonger son regard d'azur dans le mien.

- Vous partez à l'aube dans une mission suicide pour sauver mon frère captif. Je... Je voulais simplement venir vous souhaiter bonne chance, et parler un peu avec vous.
- Je suis désolé dame Astrid, mais je crains ne pas être un grand maître dans l'art de la conversation.
- Je le sais, c'est pour cela que je voulais vous parler. Vous n'êtes pas comme les autres mercenaires que j'ai pu voir, vous n'êtes pas comme tous les nobles et chevaliers non plus. Vous êtes.... Quelque chose de différent, bien plus froid et distant, mais avec ce port altier et cette allure si... parfaite. Même là, alors que vous vous tenez sur la défensive, vous dégagez cette aura particulière. Vous êtes un noble, ça j'en suis certaine, mais pourtant, malgré votre connaissance des codes sociaux, vous semblez toujours si... Détaché. Est-ce là le comportement habituel de tous les hommes de l'ouest? Non. C'est différent. Vous êtes différent. Comme si vous étiez un héro ne cherchant pas la gloire.

Je buvais ses mots en silence, fixant au départ ses yeux mon regard vagabonda vers ses fines mains afin de vérifier qu'elle ne jouait pas sur ses yeux félins pour me poignarder. Après cela, mes yeux allèrent naturellement, et sans aucun contrôle, analyser les formes de la demoiselle. Malgré son discours sur ma propre allure, je retins une réplique à son égard qui m'aurait semblé particulièrement déplacée, compte tenu de ce que je pensais de son allure si... Séduisante. Quoiqu'il en fut, je repris rapidement mes esprits en la voyant sourire puis se lever pour venir vers moi. Elle était tout d'abord près de la fenêtre, puis, près du lit, finalement, à quelques pas de ma personne. Elle venait m'embrasser. Détournant le visage au dernier moment, je sentis ses lèvres humides s'apposer contre ma joue. L'instant d'après la dame reculait de quelques pas, un sourire timide barrant son visage, même si je pouvais deviner une once de déception dans son regard. Ou bien me faisais-je des idées? Maudits soient les dieux et ma faiblesse pour les femmes comme elle. Tout en elle me rappelait Elyse, tout en elle m'attirait. Mais je ne devais pas y penser. Pas maintenant. Dans mes pensées, j'avais à peine pu remarquer que la demoiselle se dirigeait vers la sortie, d'un pas léger.

- Au revoir Alvin, bonne chance pour le sauvetage. Je prierais Solstice pour qu'aucun mal ne lui soit fait ou bien à vous.
- Merci.. Ma dame. J'espère qu'aucune attaque n'aura lieu contre le château pendant l'absence des troupes de votre père.

Elle murmura alors quelques mots tandis qu'elle ouvrait la porte, me lançant un dernier regard en coin alors qu'elle quittait finalement la pièce, me laissant de nouveau seul avec mes pensées et les ombres. Soufflant longuement en décrispant mes muscles, j'avais l'esprit embrumé et devais me ressaisir. Rester avec ces pensées stupides pourraient me coûter la vie dans les jours à venir. Aussi, je me décidais à faire de l’exercice, faisant quelques moulinets avec mon arme avant de méditer quelques longues minutes la fenêtre ouverte, laissant les vents entrer et parcourir ma peau. En peu de temps qu'il n'en parut, le soleil vint à l'horizon, signe que ma véritable mission débutait.

Je terminais de mettre mon armure quand Oleg vint frapper à ma porte, ce dernier affichait une mine sérieuse, son équipement déjà mis. Sur la route vers l'étable, ce dernier me raconta le résultat de son concours de séduction avec Bjorn. Au final, aucun des deux n'avait eu le dernier mot, étant donné que la fameuse dame n'était pas amatrice d'hommes. Une fois au niveau de notre ami, je ne retenais point mes remarques sarcastiques à leur égard. Nous quittâmes peu après Nébuleuse sous divers jeux de mots de ma part. L'esprit était bon enfant, et pour cause, nous nous lancions dans une mission suicide, alors autant détendre l'atmosphère.
Nous ne mirent qu'un jour à atteindre les campements des troupes de Kelvar, ces dernières étaient parvenus aux abords de la forteresse cible. A mon arrivée, je fut désappointé par le laxisme des troupes en place et des fortifications. J'étais certain qu'une seule des lames errantes auraient pu saboter tout ce campement, et probablement assassiner les principaux officiers de commandement. Enfin, nous étions là à présent, et l'assaut allait se lancer dans la nuit. Mettant pied à terre à l'approche de la tante du chambellan, ce dernier fit son apparition, tandis qu'une multitude de bannières et d'étendards flottaient un peu partout autour de nous.


- Ah! Sire Lodrok! Enfin! Mes troupes commençaient à s'impatienter de ne pouvoir se lancer dans la reconquête de ce fort et du sauvetage de leur prince!
- Sont-elles prêtes pour l'assaut?
- Absolument! Nous allons faire selon le plan établi, l'assaut sera donné dans quelques heures, le chaos de la bataille devrait vous permettre d'arriver par le sud et d'escalader les remparts. Le donjon et les cellules se trouvent non loin.
- Entendu, nous allons nous mettre en route alors, nous observerons depuis la crête, en hauteur. Une fois l'assaut lancé, nous nous exécuterons.

Le fort était impressionnant. Ses défenses semblaient solides, et nichés ainsi dans la cuvette où il se trouvait, je devais avouer qu'une prise s'avérait incroyablement ardue. Du haut de la crête, je pouvais observer aisément nos troupes s'approcher avec leurs engins de siège. Cette bataille allait être une véritable boucherie. Si le contingent de Kelvar parvenait à éviter les pluies de flèches et les divers pièges posés sur la plaine devant le pont levis, les hommes de notre employeur devraient alors se risquer à gravir des remparts humides jonchés de piques d'acier, sans parler de l'eau bouillante ou autres projectiles que les troupes ennemies pouvaient lancer. De plus, même si le bélier parvenait jusqu'à la herse qui se trouvait derrière le pont, les deux cents hommes qui se lanceraient à l'assaut devraient faire face à des troupes s'attendant à leur venue et préparée en conséquence. Il nous fallait donc agir vite, et pour délivrer le prince, et pour tenter de faire pencher la balance en faveur des troupes alliées. Un cor de brume résonna alors dans la vallée, suivi d'une centaine de cris galvanisés. L'assaut était lancé.

Chevauchant vers le sud avec mes deux camarades, nous quittions nos montures dans une forêt qui bordait la rivière qui se jetait derrière le fort. Ce plan était stupide, et l'entièreté de notre survie dépendait uniquement de la focalisation envers nos hommes par nos ennemis. Je détestais les plans qui ne dépendaient pas des Lames. A ma grande surprise, notre arrivée vers les murs fut sans encombre. J'avais repéré deux trois sentinelles qui scrutaient l'horizon afin de voir si des troupes ennemies s'approchaient, mais aucun d'eux ne soupçonnait une charge de trois hommes. C'était logique en quelques sortes, que valait trois hommes contre une armée? Trois hommes, rien, mais trois Lames Errantes? C'était une autre histoire.
Parvenus aux douves, je laissais Oleg placer le mécanisme de grappin qu'il avait confectionné. Enclenché entre deux crochets d'acier, une grande flèche était projeté sur plusieurs mètres de hauteur afin de venir percer les remparts, permettant aux propriétaires de l'objet de grimper d'une manière un peu plus sécurisé qu'une échelle. Cependant, la fine tige d'acier qui servait de corde avait beau être plus résistante qu'une corde tressée, elle n'en demeurait pas moins fragile face à des coups répétés de haches ou d'épées. C'est pourquoi j'allais passer en premier, me servant de mon don particulier pour m'élever sur les remparts et éliminer les deux gêneurs potentiels.

Sans surprise, je parvenais donc finalement au niveau des remparts, et tranchais la tête du soldat le plus proche, avant de faire passer son corps par dessus les murs, accompagné par son camarade de surveillance. L'instant d'après, je passais la tête au dessus de la roche pour observer mes amis. Ces derniers grimpaient avec une facilité remarquable, tandis qu'un bruit sourd attira mon attention vers le front nord. Une véritable pluie de flèches était en train de s'abattre sur nos alliés, et les cris confus de ces derniers résonnaient en échos avec ceux de nos ennemis qui tombaient sous les impacts des balistes et catapultes L'enfer de la guerre se refermait doucement sur Rovendt. Une fois rejoint par Oleg et Bjorn, je pointais du doigt la tour de jonction la plus proche, puis l'entrée du donjon et des cellules.


- Dépêchons-nous, j'aimerais sortir de cet endroit avant que l'issu de cet assaut ne soit décidé.
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MessageSujet: Re: Quand la gloire a la couleur du sang. [solo]   Dim 2 Avr 2017 - 0:50

- C'est bon.

Couvert de sang, Oleg nous fit signe de le suivre dans la tour de jonction. Pénétrant en dernier dans le bâtiment, une odeur âcre vint rapidement me saisir, un mélange de sang et d'humidité. Devant les escaliers en colimaçon qui descendaient, se trouvaient deux cadavres de gardes, l'un avait la nuque qui formait un angle étrange tandis que du sang coulait de la bouche de la victime tandis que l'autre était tout simplement éviscéré et effondré contre l'un des murs, baignant dans une flaque écarlate. Un peu en dessous, sur les premières marches, un troisième garde gisait sur le sol, décapité. Oleg avait été, comme à son habitude, rapide et brutal. Je me souvenais de notre première rencontre, l'homme avait manié sa hache avec une telle dextérité que j'aurais crut voir un jongleur. Au combat, peu de choses osaient s'opposer à lui, car s'il ressemblait à la première brute venue, il s'agissait en vérité d'un véritable virtuose, maniant son arme avec technicité, rapidité et efficacité. Revenant à moi après qu'un cliquetis ait attiré mon attention, je remarquais avec soulagement qu'il ne s'agissait que du corps de notre second ennemi qui venait de s'écrouler sur lui même. Nous descendions donc les marches prudemment, essayant de faire le moins de bruit possible tout en nous pressant. La tour en elle même était assez grande pour nous permettre d'avancer sans encombre, mais très clairement, il aurait été impossible à quelqu'un d'autre de monter et d'opposer la moindre résistance. Comme la plupart des tours de fortifications, les escaliers tournaient en ascendance droite, permettant ainsi une défense plus aisée pour ceux ayant la place haute. Une logique évidente en cas d'attaque classique, mais qui pénalisait pour une fois les défenseurs, vu que nous avions pris une approche moins.. habituelle.

Nous parvînmes finalement à la cour centrale après avoir ouvert la lourde porte de la tour. Le chaos régnait dans cette dernière, la plupart des fantassins courant et hurlant sur les autres soldats, leur ordonnant de se rendre vers les remparts nord, d'où je pouvais voir poindre deux ou trois engins de siège. Malgré leur sous nombre, j'avoue avoir été impressionné par la ténacité de nos alliés, et leur efficacité dans cet assaut suicide. L'espace de quelques secondes, je me surpris même à penser qu'une potentielle victoire aurait été envisageable. Bjorn siffla alors doucement, puis me montra l'entrée du donjon et des prisons. Longeant les murs puis rampant en dessous de différents couverts, il fut assez compliqué de progresser rapidement, surtout lorsque plusieurs groupes de fantassins patrouillaient et nous forçaient à adopter différentes cachettes. Un combat aurait été envisageable, mais mieux valait pour nous d'éviter d'attirer l'attention.
Après quelques longues minutes, les portes du donjon s'offraient à nous. Comme je m'y attendais, ces dernières étaient verrouillées et barrées.


- Super, et maintenant, on fait comment?
- Maintenant j'utilise ce que les dieux m'ont donné.

Empoignant mon épée à deux mains après avoir donné mon bouclier à Oleg, je laissais mon pouvoir se concentrer sur l'extrémité de ma lame, la faisant vibrer à une vitesse folle. Lorsque j'estimais que cela était suffisant, j'enfonçais cette dernière dans les jointures des portes qui cédèrent comme si j'avais coupé du beurre. La lourde barre qui bloquait l'entrée ne mit guère plus de temps à être coupée. Retirant par la suite mon arme de la porte, je reprenais mon bouclier et poussait la porte légèrement du pied, l'ouvrant délicatement malgré l'entaille qui la parcourait. Un sourire amusé parcourut le visage de Bjorn qui tapota l'épaule de notre camarade avant de m’emboîter le pas et d'entrer dans le donjon. L'intérieur du couloir que nous empruntions était poisseux, humide et malodorant. Plusieurs rats couinèrent et croisèrent notre route, fuyant nos pas lourds. Cependant, il était plutôt facile d'avancer, plusieurs torches encastrés aux murs nous permettant de distinguer ce qui pouvait se cacher dans les ombres. Les murs tremblèrent alors, signe qu'un tir de catapulte venait de percuter le donjon. Comme un seul homme, mes camarades et moi même décidions d'augmenter notre allure. Nous arrivâmes près d'une salle relativement grande, où plusieurs gardes semblaient discuter entre eux. Caché dans l'obscurité, je les comptais autant que faire se peut. Ils étaient, selon mes estimations, une dizaine ici. Trois menaient à proprement parler la garde, tandis que le reste était occupé soit à jouer, soit à lire ou pour l'un d'entre eux, uriner. Désignant deux cibles à mes amis, je bondissais rapidement, aidé par mon propre pouvoir, et enfonçais ma lame dans le cœur de l'ennemi le plus proche, avant de trancher la tête du pauvre type qui urinait sans lui laisser le temps de réaliser ce qu'il se passait. Deux cris étouffés résonnèrent par la suite dans la salle, alors que les gardes comprenaient trop tard qu'ils étaient attaqués. Les minutes qui suivirent furent un véritable massacre, les hommes en face de nous n'étant de base que très peu entraînes, et saisis sur l'instant par un effet de surprise qui leur fut fatal. Ne daignant même pas essuyer ma lame après l'avoir retirer de la gorge d'une de mes victimes, je pointais avec cette dernière les marches qui s'enfonçaient plus profondément puis les cadavres autour de nous.

- Fouillons les. Les cellules sont par là, l'un d'eux doit surement avoir des clés ou quelque chose qui s'en approche.
- Je sais pas pour les clés, mais j'ai trouvé ça sur le gus qui pissait.

Me jetant une bourse, Bjorn soupira avant de continuer son pillage sur un autre défunt. Pour ma part, j'ouvrais la bourse pour y trouver un grand amas de pièces d'or. Observant mon camarade, j’accrochais la bourse à ma ceinture.

- Des mercenaires?
- C'est certain. Ça explique pourquoi ils semblaient en avoir autant rien à foutre avant notre arrivée. Je suppose que s'ils avaient vu débarquer l'armée du seigneur Harsk, ils se seraient de suite rendus. Ou alors ils pensaient que c'était un job tranquille où ils seraient payés à rien faire dans ce donjon pendant que d'autres crevaient sur les remparts.
- C'est pas la première fois qu'on tombe sur des lames à louer depuis qu'on est arrivés cependant, j'ai l'impression.
- Haha, on aurait pu être embauchés pour ce camp s'il avait eu l'intelligence de demander nos services avant Harsk.
- T'imagines? On aurait été contre ses troupes et sa fille. Ça t'aurait fait chier, pas vrai Alvin?

Un soupire las quitta ma gorge alors que je me dirigeais vers les marches.

- Tant pis pour les clés, on avance.

Quelques longues minutes passèrent alors, le dédale dans lequel nous étions s'avérant plus dur à arpenter que les différents couloirs que nous avions parcourus jusqu'à lors. La luminosité avait également beaucoup baissée, forçant Bjorn à s'emparer d'une des torches murales afin de nous éviter de finir plongés dans le noir complet. Finalement, nous arrivâmes à ce qui ressemblait aux cellules. Plusieurs gémissements résonnaient en divers échos aux travers de la pièce tandis qu'un prisonnier, plus proche de nous, grognait face à la lumière soudaine que la torche lui imposait. Alors que je m'apprêtais à lui intimer le silence, un grognement sourd et plus fort que les autres résonna au centre de la pièce. Il faisait trop sombre pour que nous puissions voir de quoi il s'agissait, mais tous mes sens se mirent en alerte, me faisant instinctivement me baisser tout en tirant mes deux amis vers le bas avec moi. Un raclement strident crissa au dessus de nos têtes, suivis par un fracas rocailleux qui nous gratifia de la chute de quelques morceaux de mur. Ce qui venait de frapper était un objet lourd, et incroyablement dangereux. A vrai dire, ce n'était même pas ça qui me dérangeait véritablement, mais plus le fait que notre ennemi nous était invisible, et que malgré le fait que nous lui étions tout aussi invisible, il était parvenu à presque nous tuer tous les trois. L'instant d'après, mes sens se remirent en alerte, me faisant lever mon bouclier devant moi et devant mes compagnons, interceptant une déflagration qui nous visait. Je sentis la chaleur rougir mon bouclier et mon armure, mais fort heureusement ma protection fut assez résistante pour cette attaque en traître. Quelques secondes plus tard, la salle était parfaitement éclairée, toutes les torches accrochées aux murs s'allumant d'une seule traite. Mes yeux mirent quelques secondes à s'habituer au changement de luminosité, et aux vues des cris que poussèrent les captifs, eux aussi eurent du mal à accepter ce changement radical. Lorsque ma vue fut stable, j'observais le centre de la pièce et y aperçus deux individus. L'un était vêtu d'une robe de mage, et maniait ce qui ressemblait à un catalyseur tandis que le second était encastré dans une armure lourd et tenait dans ses deux mains un énorme fléau d'arme en forme de crâne hérissé de pics. Il était plus qu'évident qu'il s'agissait là encore de mercenaires. Ricanant, le mage fit apparaître de nouveau une boule de feu dans ses mains.

- Et bien et bien... D'autres mercenaires... Je savais bien que Luc et les autres ne serviraient pas à grand chose en cas d'attaque... Léopold, je pense que nous allons pouvoir justifier notre paie. Dîtes moi messieurs, quels sont vos noms?

Ne prêtant pas la moindre attention aux paroles de nos adversaires, je pointais le gros en armure du doigt puis le mage.

- Oleg, Bjorn, chargez-vous d'occuper ce type, je m'occupe de l'autre efféminé en robe.

Ma remarque ne plut visiblement pas à mon ennemi qui lança la boule de feu qu'il avait préparé... Contre le mur. En effet, je courais déjà vers lui le plus rapidement possible, bondissant plus que je ne sprintais à l'aide de mon pouvoir. Cela sembla le déstabiliser quelques instants avant qu'il ne dresse un véritable mur de flammes pour se protéger d'un coup d'estoc, me forçant à annuler ma frappe puis à bondir en arrière pour éviter un coup du gros en armure, qui décida finalement de reporter son attention sur mes deux compagnons qui le chargeaient. Le pyromancien en face de moi manipula par la suite ses flammes pour tenter de me prendre dans un souffle ressemblant à la tête d'un serpent. Absorbant la majeure partie de l'attaque à l'aide de mon bouclier, les flammes vinrent cependant lécher mes jambières, me brûlant légèrement. Grognant tout en bondissant sur le côté, je m'élançais de nouveau contre mon adversaire, ne le visant cette fois pas directement mais cherchant à atteindre la table derrière lui. Persuadé que je venais de louper mon coup, ce dernier ricana en faisant un pas de côté et en préparant ce qui ressemblait à un fouet de flammes. Le coup me frappa directement. Tout du moins, c'est ce qu'il crut. Poussant un hurlement rauque comme si je brûlais vif, je m'étais en réalité abrité derrière la dite table et mon bouclier, m'appuyant sur le sol pour préparer une frappe rapide. Lorsque les flammes se dissipèrent, le mage n'eut pas le temps de voir où je me trouvais que je m'étais déjà élancé, me servant de la perturbation de l'air générée par les flammes pour localiser la source de la combustion, et donc de mon ennemi. En une fraction de seconde, ma lame venait de pénétrer le cœur de mon adversaire qui se figea dans une expression de terreur tandis que je déplaçais mon arme pour me dégager de son corps, tranchant ce dernier du cœur à l'épaule avant de finalement tournoyer sur moi même pour le décapiter. Lorsque sa tête roula sur le sol, je n'eus que le temps de tourner le regard après avoir senti le vent souffler sur mon flanc qu'un choc violent me percuta au bras gauche, me projetant sur tout le long de la salle avant de me fracasser contre le mur, me faisant cracher du sang dans mon casque alors que mon épaulière gauche volait en éclat, et qu'une douleur vivre me tiraillait, mon bras avait été broyé par la force du coup, et était à présent inutilisable. Je m'écroulais par la suite contre le sol alors que ma vue se brouillait devant l'énorme type en armure qui soulevait Oleg d'une seule main. Un orc, je reconnaissais la couleur de sa peau qu'à présent. Tentant de rassembler mes forces, je toussotais amèrement une nouvelle gerbe de sang, avant de m'appuyer sur ma lame pour me relever, et observer un peu plus loin mon bouclier, en plusieurs morceaux. C'était l'héritage de mon père qui venait de voler en éclat.

Oleg quand à lui était parvenu à s'extirper de la prise de ce géant non sans mal. Un long filet de sang perlait le long de son flanc et de ses lèvres. Bjorn de son côté occupait l'orc en frappant à plusieurs reprises de sa masse sur divers points sensibles de l'armure de son adversaire, le forçant à soit esquiver, soit encaisser le coup en grognant. Une douleur me tirailla la poitrine alors que je me tenais debout, j'avais probablement une côte cassée, mais aucun poumon perforé, tant mieux. Je sentis alors la magie de mon collier faire effet, atténuant la douleur de mon bras gauche tout en commençant à me soigner, même si contrairement à Gareth, je ne pouvais pas guérir aussi rapidement et continuer le combat comme si de rien était. J'appuyais donc ma lame contre mon épaule, et réunissais les forces présentent en moi pour bondir vers notre adversaire commun. Ma vitesse eut au moins de le surprendre lorsque ma lame s'enfonça dans les jointures de ses jambières. Sectionnant sa jambe droite dans un grognement rauque, je m'éloignais assez par la suite pour ne pas me prendre son poids pendant sa chute, avant qu'Oleg ne l'achève d'un grand coup de hache dans la gorge, puis dans la tête, puis de nouveau dans la gorge, afin d'être certain de sa mort. Pour être honnête je ne sais plus si mon ami avait continuer de s'acharner sur son adversaire ou non, je me souviens juste de l'aspect gélatineux qu'adoptait le crâne de sa victime après notre combat.
Toussotant de nouveau du sang, je sentais de nouveau mon bras me tirailler, c'était bon signe, le collier faisait effet. Titubant vers les cellules, j’ordonnais à mes camarades de faire de même, ouvrant chacune d'elles en faisant sauter les cadenas, tout en intimant aux différents prisonniers de me décliner leur identité avant de les laisser partir en direction de la sortie. Finalement, je parvins à trouver la cellule qui m'intéressais. Le prince, tout du moins la personne ressemblant exactement à la description que l'on m'avait fait, se trouvait assis et attaché contre le mur opposé, me fixant d'un air à la fois empli de joie et de terreur. Après tout, je pouvais tout aussi bien être venu pour le sauver ou l'abattre, avec la noblesse, on ne savait jamais à quoi s'attendre, d'autant que je ne portais aucune armoirie de sa maison. D'un geste vif, j'ouvrais la cellule puis libérait le prince de ses liens.

- C'est votre père qui m'envoie, je suis ici pour vous sortir de là.
- ...
- Allons-y, nous devons partir avant que la bataille pour votre libération ne soit achevée.

Tirant le prince pour l'aider à se relever puis le "donnant" à Bjorn qui l'épaula, notre quatuor suivit à son tour le chemin de la sortie, précédé par une bonne vingtaine de prisonniers qui riaient et s'acharnaient pour certains sur les corps mutilés des premiers gardes. Nos pas se firent alors plus rapides à mesure que nous approchions de l'entrée du donjon, tandis que le prince, visiblement hébété par la situation, gémissait péniblement face au rythme que nous imposions à ses muscles atrophiés. Finalement, nous quittions le donjon... Pour tomber sur un véritable chaos.
Les troupes ennemies se battaient férocement sur les remparts, mais une brèche visible dans la muraille avait permis à nos alliés de pénétrer dans l'enceinte du fort, et des prisonniers particulièrement agacés s'étaient maintenant ajoutés à l'équation et prenaient les quelques fantassins qu'ils croisaient en tenaille avant d'être pour la plupart abattus par les archers ennemis. Pointant du doigt la tour de jonction que nous avions emprunté à l'aller, nous reprîmes notre course dans une allure cette fois bien moins discrète que lors de notre premier passage, avant de finalement pénétrer dans la tour. Une fois à l'intérieur, Oleg laissa la lourde barre tomber sur les emplacements prévus de la porte en bois, nous faisant ainsi gagner quelques précieuses secondes pour la suite des événements. Je remarquais alors qu'une flèche était plantée dans son flanc droit. Avant d'avoir pu faire la moindre remarque, ce dernier brisa l'encoche pour lui permettre des mouvements plus aisés.


- Je vais bien, t'en fais pas pour moi.

D'un hochement de tête, je repris ma marche tout en passant le premier afin de neutraliser toute menace éventuelle. Mon bras gauche me faisait encore un mal de chien mais je pouvais à présent le manier de nouveau s'il le fallait, mais fort heureusement, nous ne trouvâmes sur notre route aucun ennemi pour tester ma capacité de combat. Arrivés finalement sur les remparts, Oleg attrapa le grappin qu'il avait récupéré au début de notre assaut et le fixa contre la muraille avant de laisser choir la corde sur le sol. Tirant dessus pour finalement descendre via cette dernière, Bjorn le rejoint par la suite rapidement tandis que j'attrapais pour ma part le prince, bondissant et "marchant" jusqu'au sol. Cette petite expérience sembla impressionner le prince d'une manière fascinante. A vrai dire, la plupart des gens étaient plutôt craintifs en me voyant user de ce don, mais le prince quand à lui adoptait un air malicieux face à cela. Je ne laissais cependant pas le temps à mon esprit d'imaginer une quelconque explication à sa majestés. En effet, je montrais la caisse d'explosif à Bjorn et lui ordonnais de l'utiliser. Mettant le feu à la grande mèche qui traînait le long de cette dernière, les flammes se propagèrent rapidement puis embrasèrent la caisse, laissant plusieurs explosifs colorés s'envoler vers le ciel, éclatant à quelques mètres au dessus du fort dans diverses couleurs bleutés et écarlates. Quelques instants plus tard, la corne de repli de nos troupes résonna dans la vallée, suivi des cris de victoire de nos ennemis, qui n'avaient pas encore compris qu'il avait subit une défaite bien plus grave que cette opération de défense militaire... Longeant le lit de la rivière dans le sens opposé, nous nous reposions finalement quelques instants dans un petit bois, à plusieurs kilomètres du fort, exténués par cette opération. Après quelques minutes de repos, et m'être assuré que mes compagnons et le prince pouvaient continuer à marcher, je pointais du doigt le chemin qui coupait la forêt.

- Cette route mène à une petite étable où nous récupérerons nos montures. Ne laissons pas le temps à l'ennemi d'organiser une battue et au soleil de se lever, allons-y maintenant, et rejoignons Nébuleuse.
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Alvin Lodrok

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MessageSujet: Re: Quand la gloire a la couleur du sang. [solo]   Mer 19 Avr 2017 - 21:41

Assis sur ma monture, je toussotais de manière irrégulière alors que nous avancions aux travers de la vallée. Nous avions passé le col de la brisure, un petit col faisant la jonction entre les routes de Nébuleuse et du fort il y avait quelques heures, mais nous n'avions pas ralenti pour autant. Le danger était toujours présent. Tournant la tête doucement, j'observais mes compagnons. Bjorn tenait les rênes de son cheval fermement tandis que le prince s'accrochait à lui. Oleg m'inquiétait un peu plus, du sang coulant à la commissure de ses lèvres entre deux grognements. Pourtant, je savais très bien qu'il était inutile de s'arrêter pour lui, ni de ralentir. Cet homme était une véritable montagne, et la seule chose qui pourrait l'apaiser en ce moment précis, n'était qu'à quelques kilomètres de notre position actuelle. Soupirant longuement derrière mon casque, je refixais mes yeux sur le chemin boueux que nous arpentions, conscient que nos corps fatigués ne pourraient pas encaisser encore de nombreux combats. C'était ironique, dans un sens, car nous avions l'habitude de combattre, et j'avais pour ma part affronté des situations bien plus périlleuses, qu'il ne s'agisse de mon passé avec les lames ou non. Pourtant, notre récent affrontement avec le pyromancien et ce diable d'orc nous avait incroyablement affaibli. Il n'aurait pas été stupide de penser que ces derniers possédaient quelques artefacts d'épuisement ou d'autres objets magiques, ce qui expliquerait pour ma part la raison de mon manque de vigilance lorsque la montagne me frappa. Instinctivement, je portais ma main au tissu recouvrant ma peau. J'avais volontairement jeté les restes de ce qui était autrefois mon gantelet gauche et mon épaulière, qui étaient de toutes façons inutilisables, et surtout qui rentraient dans ma chaire à cause de la déformation du coup reçu, gênant le soin qu'offrait mon collier.

Notre route continua encore pendant un moment, mais finalement, nous parvînmes à Nébuleuse à l'aube. Le soleil reflétait dans mon armure, détruisant toute approche furtive. Fort heureusement, je souhaitais être vu par nos alliés, qui, s'ils avaient un tant soit peu d'intellect, enverraient des troupes nous escorter sur la fin du trajet. Et avec un soupir de soulagement, je constatais qu'ils avaient, effectivement, cet intellect.
Lorsque nous fumes enfin dans la cité, je remarquais directement Astrid qui se tenait droite, les mains jointes tout en fixant notre trio. Lorsqu'elle remarqua son frère, un air de soulagement parcourut son visage, mais laissa rapidement place à une profonde inquiétude en voyant l'état de ce dernier, et celui de mon compagnon.


- Des soigneurs! Vite! Occupez-vous du prince et de ces hommes!

D'un geste de la main, je renvoyais la pauvre soigneuse qui s'approchait de moi, mettant par la même occasion pied à terre dans un grognement sourd. Oleg quand à lui, ricana quelques instants avant de s'effondrer comme une masse sur les trois hommes venus pour le récupérer, il allait s'en sortir, j'en étais plus que certain. Bjorn descendit également de sa monture, venant récupérer la mienne par la même occasion et se dirigeant vers les étables en boitant, lui aussi avait rejeté l'offre des soigneurs. Il n'était pas trop blessé alors, il pouvait attendre. J'imagine que c'était ce qu'il s'était dit. Croisant le regard d'Astrid, je crut lire en elle une tristesse et une profonde inquiétude à mon égard. Ou alors, je laissais la fatigue truquer mes ressentis. Quoiqu'il en fut en réalité, j'avoue que le plaisir que cela m'accorda fut assez agréable pour ne pas trop me poser la question. Elle s'avança finalement, me jetant un regard timide avant de rejoindre son frère, et d'écouter ce que les soigneurs lui disaient. Prêtant une oreille relative à leurs dire, j'entendis ce qui me suffisait: le gamin allait s'en sortir, donc nous serions payés. Titubant jusqu'au banc le plus proche, je m'asseyais dessus lourdement, retirant et jetant mon casque dans la neige par la même occasion avant d'essuyer mon front ensanglanté à l'aide d'un vieux tissu qui traînait là. Je crois qu'il s'agissait d'une robe de paysanne séchant à l'air libre, qu'importe. Fixant le sol pendant quelques secondes, mes yeux se relevèrent doucement lorsque je reconnus les bottes de la princesse, ne m'arrêtant que lorsque je croisais finalement son visage sublime et ses yeux d'azur.

- Votre bras...

Tournant la tête et me détachant de son regard, je ricanais de manière las avant de lever les épaules douloureusement.

- Les aléas du métier. Comment va votre frère?
- Il s'en remettra dans une semaine, d'après ce que disent les soigneurs. Je ne remercierais jamais assez les dieux pour me l'avoir ramené.

Un autre soupir s'échappa de ma gorge à sa remarque, ce qui, visiblement, ne lui échappa pas.

- Non, je vous remercierais vous.

Je ne pus même pas répondre qu'elle souleva mon menton et m'embrassa. J'étais trop fatigué pour me dégager, ou alors trop hypocrite pour penser à le faire. Je savourais juste dans ma grande fatigue le gout exquis de ses lèvres sur les miennes, avant de finalement me dégager doucement de son emprise en silence.

- Je ferais le nécessaire pour que votre ami reçoive les meilleurs soins. Et cela s'applique également pour Bjorn et vous même.

Je haussais un sourcil. Elle savait le nom de mes compagnons? Il était rare qu'un employeur se souvienne d'autre chose que du nom de leur contact. Non, il fallait que j'arrête de penser ainsi. Elle n'était pas mon employeur direct, mais sa fille. Et de toutes manières, un contractant n'embrasse pas son mercenaire. Soupirant doucement, je me décidais finalement à me relever, plongeant de nouveau mon regard dans celui de la rousse.

- Merci princesse... Excusez-moi mais... J'ai besoin de repos. Je vous reverrai dans une semaine,
lorsque votre frère sera remis.


N'attendant aucune réponse, je m'éloignais le regard sombre, mes pensées obscures refaisant surface en moi, le visage d'Elyse brouillant ma vue. La princesse me tira de mon imaginaire de sa voix si douce.

- Appelez-moi juste Astrid, Alvin, j'y tiens.

Levant mon gantelet doucement, je ricanais doucement.

- Je n'y manquerais pas... Princesse.

Toussotant alors que je continuais de marcher, je tournais à la première ruelle venue, afin de quitter définitivement la place et la présence d'Astrid. Il fallait que je me vide l'esprit, et rapidement. Rejoignant la première auberge que je trouvais, je pénétrais d'un pas lourd dans le bâtiment, analysant rapidement l'endroit afin d'être certain de ne pas non plus être tombé dans un repaire de brigand. Très vite, je me rendais compte qu'il ne s'agissait là que d'un simple taudis où la population la moins aisée de Nébuleuse venait dormir ou passer du bon temps. Pendant quelques longues secondes, les clients de l'endroit posèrent leur regard curieux sur moi, mon armure d'argent tranchant grandement avec les "standards" de la maison. Cependant, aucun d'entre eux ne déclara quoi que ce soit ou ne s'opposa à mon passage en direction du comptoir. Arrivé à ce dernier, je tirais de ma ceinture ma bourse et jetait une poignée de pièces d'or sur l'armature en bois, provoquant chez le tenancier une expression d'étonnement remarquable, transformant son visage porcin en quelque chose d'un peu plus laid, sa moustache tranchant avec son sourire gêné.

- Cela devrait largement suffire pour une semaine dans votre établissement. Je ne cherche rien de plus que votre chambre la plus éloignée des escaliers. Je veux également n'être dérangé sous aucun prétexte.
- Mais... Messire je...
- Devrais-je me rendre dans un autre établissement? Ou est-ce le surplus d'or qui vous dérange?
- Bienvenue à l'Auberge du serment cendreux monsieur.

Tournant la tête vers la personne qui s'adressait à moi, je remarquais une vieille femme bossue emmitouflée dans une manteau rouge, une capuche masquant partiellement son visage emplit de tâches de vieillesse, ses cheveux blancs tombant le long de ce dernier. Marchant tranquillement vers moi avec sa canne, elle s'arrêta au niveau du comptoir pour jeter un regard sanguin au tenancier.

- Abruti de Léopold... Nous n'avons pas les moyens de refuser un client, surtout quand ce dernier nous offre assez d'or pour payer les taxes de l'auberge pour plus de trois mois... Veuillez excuser mon fils messire. Je me présente, Finiola, propriétaire de cette modeste auberge. Vous pouvez loger chez nous aussi longtemps que votre or vous le permettra. Pour votre requête, la chambre du troisième étage sera parfaite. Personne ne monte là haut. Comme personne n'occupe le troisième, vous pourrez user de la salle de bain commune comme bon vous semblera. Oh et, devons nous attendre de la visite pour vous ?
- Personne.

Quittant le comptoir, je me dirigeais donc vers l'escalier en grognant alors qu'une nouvelle douleur se faisait sentir dans mon abdomen. Un bruit de canne frappant le bois attira mon attention, m'arrêtant net sur le pas des marches.

- Devons-nous signaler à la garde que personne n'occupe la chambre du troisième étage?

Me retournant doucement, je fixais la vieille d'un air profondément blasé alors qu'elle me tendait sa main décharnée, affichant sur son visage vieillit un sourire vicieux et une dentition incomplète. Ses yeux incroyablement verts tranchaient étonnement avec sa structure affaiblie et le rire gras qui s'échappait de sa gorge avait le chic pour m'agacer au plus haut point. Attrapant une autre pièce de ma bourse, je la jetais dans sa direction sans me préoccuper de sa réception ou non par l'intéressée. Cette pièce supplémentaire était en réalité bien plus un moyen de ne pas prévenir les bandits du coin qu'une personne aisée se trouvait là qu'autre chose. Rien d'étonnant dans les établissements aussi pitoyables.
Montant par la suite les marches grinçantes de l'auberge, je gagnais finalement le troisième étage, puis ma chambre.

La pièce, comme je m'y attendais, n'avait rien d'un palace. Un lit en bois recouvert de pailles et peaux de bêtes représentait le lieu de repos, tandis que le mobilier présent n'était composé que d'une table ronde, d'une petite chaise en bois et d'un poêle à bois rouillé. Il y avait également un seau à l'opposé du lit, qui servait sans aucun doute de latrines pour les occupant de la chambre. Aucune baignoire n'était en vue cependant. Enlevant pièces par pièces mon armure et la laissant choir sur le sol sans plus de préoccupation, je roulais finalement des épaules une fois libéré totalement avant de m'effondrer sur les amas de pailles qui représentaient mon matelas pour les jours à venir. Attrapant mon collier tout en fixant le plafond rongé par l'humidité, je soupirais de nouveau, fermant les yeux peu à peu...


*
*   *


Assis sur un banc de marbre au beau milieu d'un jardin sublime, je regardais avec admiration les différents bosquets se trouvant tout autour de moi, remarquant une multitudes d'espèce de fleurs. Devant moi se trouvait un bassin assez grand, dans lequel se jetait une cascade qui marquait la fin d'une grande installation ingénieuse permettant au bassin de ne jamais manquer d'eau. Mon regard dériva alors doucement vers la forme féminine qui se trouvait aux abords de l'eau, et dont la chevelure rousse soigneusement coiffée rappela à mon esprit de qui il s'agissait. Je me rappelais à présent où je me trouvais, j'étais chez moi, avec Elyse. Se tournant vers moi, cette dernière ricana quelques instants devant mon air abasourdi.

- On dirait que tu as vu un fantôme. Tout va bien?
- Oui...

Je me levais instinctivement, m'approchant d'elle et la prenant dans mes bras.

- Seulement un air de déjà vu, désolé de t'avoir effrayée.

Elle posa sa main sur ma joue et me fixa quelques instants de ses yeux purs avant de poser ses lèvres contre les miennes. Elle m'embrassa pendant de longues secondes avant de finalement poser son front contre mon torse, resserrant son emprise sur moi.

- Ne pars pas... Mon père est fou. Je ne veux plus te voir combattre pour lui.
- ...
- Au diable la chevalerie et ta loyauté! Je refuse de te voir mourir pour la folie de mon paternel! Je refuse de te perdre Alvin, tu m'entends? Au diable leurs castes et leurs maisons. Je ne veux être mariée à personne d'autres que toi. Je ne veux m'offrir à personne d'autres qu'à toi.
- Elyse...

Je redressais son menton doucement, plongeant mes yeux dans son regard larmoyant.

- Je n'aime que toi Elyse, et je partirais sur le moment avec toi à mes côtés si je le pouvais. Mais je refuse de vivre traqué par ton père, je refuse de t'infliger une fuite constante et un avenir incertain. Cette bataille, sera ma dernière, lorsque j'aurais vaincu l'ennemi de ton père et ces mercenaires, nous pourrons fuir vers l'est, vers le royaume de Feleth, et y fonder une famille. Notre famille.
- Alvin... Ton rêve de devenir le meilleur bretteur est-il si important pour toi? Je me moque de vivre dans la fuite, si je vis à tes côtés.
- Fuir à ce jour ne nous vaudrait que la mort. Si je l'emporte dans cette bataille, je serais reconnu dans le monde entier, et personne n'osera me poursuivre depuis ces terres-ci. Je ne me bats pas pour ma gloire, mais pour notre avenir. Et Gareth est le seul qui s'y oppose pour le moment.
- Alors bas-toi mon amour. Bas-toi pour ce futur qui t'importe tant et bas-toi pour ce qui te semble juste. Je serais à tes côtés Alvin, toujours.

Je la serrais un peu plus contre moi, un nœud douloureux à l'estomac. Cette bataille, représentait le dernier échelon pour me permettre de quitter le sang et la boue, et de vivre avec celle que j'aimais en toute impunité.

- Je t'aime, Alvin.

Mon souffle se fit plus lourd, un poids tombant sur mon cœur alors que je plongeais mon visage dans la chevelure de ma compagne.

- Je t'aime....

Mon torse s'humidifia, me laissant deviner qu'elle pleurait. Je ne voulais pas la voir triste.

- Je... T'aime....

Je fermais les yeux, priant pour la première fois de mon existence les dieux si cruels que nous avions.

- J... e... T'... a... i... m... e...

Le poids contre mon cœur s'accentua alors que les bras de mon aimée se resserraient un peu plus contre moi, commençant à m'étouffer. Cherchant à me dégager doucement, je redressais la tête.

- Elyse, lâche... moi...
- Je t'aime... Et toi... Tu ne m'aimes plus?

L'air se fit plus lourd, ma respiration se saccada partiellement tandis qu'autour de moi, les multiples fleurs fanaient peu à peu. Le bassin quand à lui se tarifiait également rapidement, avant de finalement n'être plus qu'une sorte de baignoire vide.

- Elyse!
- Tu... ne m'aimes... plus? ... Pourquoi?

Un nouveau liquide coula le long de la cascade. Un liquide écarlate et épais, du sang. Je me débattais maintenant de toutes mes forces, tentant d'échapper à cette emprise, quelque chose n'allait pas. Une fois le bassin emplit se sang, ce dernier se mit à bouillir, faisant surgir à sa surface une multitudes d'ossements et de viscères. Puis, ce fut des visages qui sortirent, visages qui me rappelaient mes dernières victimes.

- L..A...Che... M...Moi...
- Pourquoi Alvin? ... Je t'aimerais toujours...

Le sol se craquela alors, laissant divers cadavres surgirent et nous entourer, répétant, en unisson avec ma bien aimée, le mot "pourquoi". Grognant sous l'emprise de cette dernière qui devenait maintenant douloureuse, je fléchissais les jambes, prêt à user de mon pouvoir pour repousser Elyse. Une fois ma force accumulée, je laissais les vents jouer leur rôle et repousser la rousse à quelques pas de ma personne, c'est alors que je remarquais... Elle n'avait plus de peau. Ce n'était qu'une silhouette décharnée à la chevelure rousse et aux yeux sublimes qui me faisait face. Les cadavres autour de moi tentèrent de me saisir, me forçant à lutter de nouveau pour échapper à diverses prises. A chaque fois, mon regard restait posé sur elle. Levant les bras, cette dernière avança d'un pas boiteux jusqu'à moi, répétant toujours les mêmes mots avant de finalement se jeter sur moi, m'arrachant la gorge avec des dents aussi acérées que des lames.

Revenant à moi, je me retrouvais quelques minutes plus tôt, serrant ma dulcinée dans mes bras. Soupirant longuement devant cette vision cauchemardesque, je rassurais mon esprit en me disant que c'était l'angoisse des combats futurs qui avaient générés ce bref cauchemar.


- Alvin?
- Ce n'est rien, un autre moment de déjà vu...
- Oh...

J'embrassais le front de ma bien aimée en fermant les yeux, avant de sentir la chaleur de sa peau disparaître peu à peu. Rouvrant les yeux avec horreur, je tenais à présent dans mes bras une poupée en porcelaine à la taille d'Elyse et qui possédait son apparence. Me fixant de ses yeux inanimés, la poupée caressa mon visage de sa main glacial avant de sangloter doucement.

- Pour.... Quoi...?

Elle se brisa alors dans mes bras, se fragmentant en une myriade de morceaux qui jonchèrent le sol. Tombant à genoux, des larmes coulèrent sur mes joues alors qu'une haine incroyable s'emparait de mon être, une haine envers le monde, mon passé, mon manque de puissance, et moi même. Un rire enfantin attira alors mon attention, me faisant redresser la tête doucement. En face de moi, assis sur le bord d'une cascade de nouveau sanguine, se tenait un jeune garçon, aux yeux vitreux et à la peau pâle, qui me fixait en riant.

*
*  *


Je revenais à moi dans un sursaut, serrant avec frénésie la peau de bête me recouvrant. Je transpirais abondamment, et mon regard balaya la pièce dans laquelle je me trouvais au moins une bonne dizaine de fois. Mon cœur battait dans mes tempes et alors que je recouvrais peu à peu mes esprits, quelqu'un frappa à la porte, et la voix de la vieille femme se fit entendre derrière cette dernière.

- Messire? Cela fait deux jours que nous n'avions plus de nouvelles, mon fils observait à travers la serrure pour voir si vous étiez toujours là mais, deux jours de sommeil intensif, c'est beaucoup et peu normal. Je pensais que vous étiez mort... Votre or a donc toujours un propriétaire... La salle de bain est à votre disposition, et je vous conseille de l'utiliser, votre odeur empeste le couloir...
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MessageSujet: Re: Quand la gloire a la couleur du sang. [solo]   Dim 30 Avr 2017 - 15:35

Me levant péniblement, je me concentrais énormément pour revenir à moi. Après quelques longues secondes, j'observais la salle dans laquelle je me trouvais, remarquant mon armure dispersée un peu partout dans la pièce. Attrapant la clé se trouvant sur la table proche de mon lit, j'ouvrais la porte de ma chambre et me dirigeais finalement vers la salle de bain, observant le bain emplit d'eau chaude. La tenancière avait préparé la salle bien avant mon réveil, et je supposais que durant mon "sommeil" elle l'avait fait chaque jours. Enlevant mes vêtements, qui était par ailleurs en piteux état, j'entrais finalement dans l'eau savonneuse dans un soupir de relaxation. Quel terrible cauchemar.
Frottant ma peau encrassée, j'observais la surface de l'eau se troubler peu à peu. Entre les combats, et mon temps passé à dormir, je faisais peine à voir. Une petite glace posée contre le mur me permettait d'observer mon visage fatigué. Ce dernier était maintenant pourvue d'une barbe de quelques jours, ce qui me donnait un air de voyou. Soupirant longuement, je laissais par la suite un sourire las parcourir mon visage. Pourquoi diable ais-je pensé à cet instant si la princesse aimerait cette barbe?

Quelques longues minutes plus tard, je sortais finalement de mon bain enfin propre, et attrapais la serviette suspendue qui se trouvait près de moi, la passant autour de ma taille après m'être séché. Observant mes vêtements sales, je remarquais alors un petit panier où était stocké le linge sale et y jetais mes affaires. regardant une dernière fois mon reflet dans le miroir, je passais doucement ma main sur mon pendentif du regain avant d'ouvrir finalement la porte pour tomber nez à nez avec la propriétaire de l'auberge. La vieille me gratifia d'un large sourire édenté tandis qu'elle m'analysait de la tête aux pieds.


- Vous êtes un bel homme messire, vous me rappelez mon défunt mari. Cet homme avait le don d'animer un feu dantesque en moi. Enfin... Il n'est plus. Si vous désirez, j'ai fait déposer du linge propre dans votre chambre pendant votre bain. Ce n'est pas des affaires aussi nobles que les vôtres mais cela vous évitera de vous balader nu comme un ver. Je m'occuperais de votre linge sale sans problèmes, une fois ce dernier lavé, je le déposerais de nouveau dans votre chambre.
- ... Merci.
- Oh et j'allais oublier. Mon fils vous a préparé un repas chaud qui n'attend plus que vous. Vous devez être affamé après autant de sommeil.

Marquant la fin de sa phrase par un rire saccadé, la tenancière continua sa route sans plus de cérémonie, me permettant d'entrer de nouveau dans ma chambre. Effectivement, le linge qu'elle m'avait laissé n'était pas de première qualité, mais je n'étais pas en état de m'en plaindre, et mes affaires se trouver de toutes façons avec celles de Bjorn et Oleg, donc je n'avais pas matière à me plaindre. Enfilant ces vêtements donc, je me dirigeais par la suite vers le rez-de-chaussée pour me sustenter. Je fus d'ailleurs étonné de la qualité du repas qu'on me proposa, étant donné l'aspect pitoyable de l'auberge. Je répondis pendant mon soupé de manière évasée aux questions que me posa le fils de la vieille, avant de finalement le remercier pour me lever et me diriger vers l'extérieur de l'auberge, mon épée à la ceinture.
Dehors, il faisait un froid des plus mordant. Resserrant la cape qui m'entourait, je commençais à déambuler dans les rues enneigées de Nébuleuse, me dirigeant vers la rue où nous avions abattu l'homme qui avait tenté d'assassiner notre mandataire. C'était le point de rendez-vous que j'avais fixé à Oleg et Bjorn avant notre mission, sauf que j'avais pour ma part deux jours de retard. En chemin, je passais par les "quartiers pauvres" de la ville, et ce dans la plus grande discrétion. Sans mon armure d'argent finement forgée, il fallait admettre que j'attirais bien moins l'attention. Une petite fille s'approcha néanmoins de moi pour me tendre un bol en bois vide dans un sourire particulièrement innocent, de ses yeux émeraudes, elle me suppliait silencieusement de lui venir en aide. Attrapant les quelques provisions que j'avais emporté de l'auberge, je lui tendais un sac de viande séchée afin qu'elle me laisse tranquille. En aucun cas, je ne lui aurais donné le moindre sou. Dans ce genre de places, les enfants étaient utilisés soit comme appât pour les brigands afin de dépouiller les "plus riches" ou bien d'esclaves en tout genre pour telle ou telle organisation criminelle. La pauvreté était un véritable fléau qui développa en moi un sentiment de culpabilité au cours de mes premières années dans les terres du royaume de Feleth. A ce jour, je ne ressentais plus du tout ce fardeau, partageant mon quotidien avec des gens n'étant pas issus de maisons nobles. Et puis, je m'étais sans doute aussi fait aux injustices de ce monde et au fait que je ne pourrais rien y changer. Je n'étais pas un héro, et encore moins un dieu avec une solution miracle pour éviter la pauvreté au bas peuple... Alors autant accepter la société telle qu'elle était et tenter d'améliorer le quotidien de ceux que j'appréciais, c'est à dire mes camarades des Lames.
Arrivant finalement au point de rendez-vous, je fus heureux de retrouver Bjorn qui m'attendait. Le bougre ricana doucement en apercevant ma carcasse et s'approcha de moi avant de me gratifier d'une accolade un peu brutale.

- Bordel, je pensais que tu ne viendrais jamais! T'as deux jours de retard mon mignon, tu foutais quoi?
- Je dormais, aussi étrange que ça puisse paraître.
- Vraiment? Tu sais que la princesse te cherche? Elle est venue me voir chaque matin pour que je lui dises où tu te trouvais, et ce que ma chambre soit occupée ou non. Tu lui a vraiment fait de l'effet haha.
- Pourquoi est-ce qu'elle me cherche?
- J'en sais foutre rien l'ami, elle m'a seulement informé que son frère s'était remis bien plus vite que ce que les guérisseurs avaient dit. Il est en pleine forme à ce qu'il parait.
- Et Oleg?
- Ce bougre est intenable et tu le sais. Il a repris connaissance hier, et passe depuis son temps à draguer les pauvres soigneuses à son chevet. A peine l’œil ouvert qu'il pense déjà avec sa queue haha. Au fait, où est ton armure?
- En piteux état dans la chambre de l'auberge où j'ai dormi. Il faut que je la répare un peu avant de pouvoir l'enfiler de nouveau, le plastron est cabossé et je te parle même pas de mon épaulière droite. Quand à mon heaume, il est introuvable, j'ai dut oublié de le récupérer quand je l'avais jeté à notre retour. Tant pis. Des nouvelles du seigneur?
- D'après une lettre reçue ce matin par la princesse, ses troupes ont été victorieuses. Après, j'en sais pas plus que toi.
- Très bien. Je vais aller au château pour voir ce qu'il en est du prince et de notre récompense. Je passerais demain matin à l'auberge récupérer les matériaux pour mon armure, prend garde à toi.
- Comme d'habitude l'ami. Enfin, je restes sur l'idée qu'on est quand même vachement paranoïaque quand on fait ce genre de contrat... Quoique, pour ma part je m'en moque, je dors toujours dans notre belle auberge, et pas dans un trou à rat hahaha. A demain Alvin.

Le saluant amicalement, je quittais la place pour me diriger vers ma destination, laissant mon ami repartir dans la direction opposée. Arrivant sur place, je me présentais aux gardes qui hésitèrent un temps à me laisser passer, me voir sans mon armure semblant les perturber légèrement. Heureusement, mon épée et ma manière de parler leur laissa vite comprendre qu'il s'agissait bel et bien de moi. Demandant à voir le prince et la princesse, on me mena rapidement jusqu'à la chambre du prince où se trouvaient les enfants de mon contractant. Assis contre le dossier de son lit, la mine décharnée du prince était maintenant un peu plus éveillée et plaisante à voir, tandis qu'assise sur le bord du lit se trouvait Astrid, bienveillante à l'égard de son frère encore un peu faible. Cette dernière tourna rapidement la tête après que le garde m'accompagnant ne m'ait annoncé et étira un large sourire. Baissant légèrement la tête en guise de salut, je m'avançais de quelques pas afin d'entrer pleinement dans la pièce.

- Alvin! Vous êtes enfin là!
- Princesse...
- Jared, voici l'homme qui t'a tiré des griffes des Endar!
- Je n'étais pas inconscient Astrid, je sais encore reconnaître celui qui m'a porté de ma cellule jusqu'à notre demeure... Ravi de vous voir dans de meilleurs conditions messire. Vous excuserez le fait que je ne puisse me lever pour vous saluer, mes jambes ne sont pas encore remises et ne peuvent pas encore me porter.
- Vous n'avez pas d'excuses à me présenter mon seigneur. Je venais afin de m'assurer que vous étiez bien remis, je suis satisfait de voir que tel est le cas.
- *cough cough* Navré de paraître aussi brutal chevalier mais... Je crois que je vais me reposer encore un peu. Je suis confus de devoir vous congédiez de la sorte mais, les soigneurs ont été très clair quand à mon besoin de sommeil. Pareillement Astrid, il va falloir me laisser dormir à présent, surtout que tu es là depuis deux heures, je pense que tu sais que je vais mieux à présent.
- Oui... Repose toi bien mon frère.

Embrassant le front du prince, Astrid se leva doucement et vint me rejoindre au niveau de la porte, souriant gracieusement à son frère avant de quitter la pièce. Saluant le prince une nouvelle fois, je quittais à mon tour la pièce pour rejoindre la princesse dans le grand couloir du château. Une fois la porte fermée, cette dernière commença à marcher doucement devant moi, me faisant signe de la suivre. Silencieux, je m’exécutais tout en revenant à son niveau.

- Je vous ai cherché ces deux derniers jours Alvin, où étiez-vous?
- Dans une auberge en ville. Nous faisons toujours ça avec mes compagnons. Nous ne dormons jamais dans la même auberge les premières nuits suivant la réussite de notre contrat, histoire d'éviter toute tentative d'assassinat de la part de nos contractants.
- Mais, jamais nous n'aurions fait cela!
- Ce n'est pas contre vous Astrid. C'est comme ça que nous fonctionnons, avec tout le monde. Et si vous n'avez aucune intention néfaste à notre égard, je ne peux pas en être certain pour votre frère, ou des membres de votre cour. Nous préférons être prudents plutôt que mort. Néanmoins, je suis heureux de vous revoir.
- ... Moi aussi. Au fait, j'ai récupéré votre heaume, vous l'aviez laissé à votre retour.
- Oh, merci. Il faudra que je le récupère, il faut croire que votre baiser m'avait trop désarçonner...

Un rire cristallin s'échappa de sa gorge, avant que cette dernière ne saisisse mon bras, manquant de peu de provoquer chez moi un mouvement de retrait instinctif. Néanmoins, je la laissais me saisir et me tirer doucement vers la suite du couloir.

- Venez Alvin, votre heaume est dans ma chambre.
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MessageSujet: Re: Quand la gloire a la couleur du sang. [solo]   Jeu 11 Mai 2017 - 23:41

Notre route jusqu'à la chambre de la princesse fut relativement calme. En chemin, la princesse me narrait les paroles de son cher père, qu'elle avait pu lire au travers d'une lettre reçue il y a peu. Au moins, les troupes du seigneur et ce dernier étaient sortis victorieux de leur combat contre notre ennemi. Cependant, le seigneur avait été légèrement blessé au cours de la bataille, ce qui inquiétait la princesse. C'était assez amusant de voir la chose sous cet angle, quand Nébuleuse possédait à elle seule une quantité incroyable de soigneurs très expérimenté dans l'école de la magie de soin. J'avoue avoir oublié le reste de ce qu'elle me disait alors, plongé dans mes propres pensées, et dans une appréhension que je ne pensais plus jamais ressentir alors que nous approchions de la chambre de la princesse. Nous arrivâmes finalement au niveau de la chambre de la princesse. Tournant la poignée de la porte de cette dernière, Astrid me lança un petit sourire avant de pousser la porte, me dévoilant l'intérieur de la pièce. J'attendais qu'elle n'entre la première, puis je pénétrais à mon tour à l'intérieur, refermant la porte derrière moi.


*
*  *


- Allez! Debout! Les dieux ne t'offriront pas d'autres....

Je ne pus même pas achever ma phrase qu'une flèche venait de se loger dans l’œil du fantassin que je relevais. L'enfer faisait rage sur le champ de bataille, où se mélangeaient les fracas des armes et les cris des blessés. Haletant, j'observais les alentours en laissant retomber le corps de mon ami. Il fallait que je trouve Gareth. Sprintant aux travers de mes compagnons, je repérais rapidement Hector qui terminait d'achever un adversaire de sa longue lance ornée.

- Où est notre capitaine?

Ce dernier me pointa une zone plus à l'est de notre position, dont émanait une sorte de fumée noirâtre. M'élançant rapidement vers cette dernière, je tombais sur ma route sur plusieurs soldats ennemis qui semblaient vouloir ma peau. Je tranchais rapidement les bras du plus proche, me servant de l'effet de surprise pour bondir derrière le second ennemi en face de moi et enfoncer ma lame dans son dos. Roulant sur le côté pour éviter un coup de masse lourde, je lançais le couteau de ma botte dans la gorge de mon agresseur, mettant fin à ses jours. Son corps lourd tomba alors sur moi, me faisant grogner alors que je le repoussais sur le côté. Sans plus de cérémonie, je récupérais mon épée et me protégeais à l'aide d'un des cadavres d'une salve de flèches lancées dans ma direction pour bondir vers la position de Gareth. Nous combattions les forces de l'Ordre du Crépuscule dans une bataille rangée. C'était l'une des premières fois que l'entièreté de la compagnie se battait contre cet ennemi redoutable. Une forme étrange me fit alors face, dansante dans les flammes qu'elle venait de générer. Focalisant mon pouvoir autour de ma lame, je tranchais la chose en face de moi et continuait ma route, alors que ce qui s’apparentait à une succube riait aux éclats.
Arrivant finalement au niveau de la fumée noire, je ne parvenais pas à distinguer ce qui se passait au delà de cette dernière. Si j'étais habitué à voir mon ami combattre, c'était la première fois que son arme générait autant de vapeur. M'avançant d'un pas assuré mais difficile, je pénétrais à l'intérieur du mur de fumée pour trouver un véritable charnier. Les corps mélangés des troupes de l'Ordre et des Lames se trouvaient là, par terre, dans un union sanglant. Les corps étaient en charpie pour la plupart et une expression d'horreur saisissaient mes compagnons, tandis qu'un sourire niais barrait le visage de nos ennemis. J'étais en plein dans la fumée, et ne pouvais pas remarquer ce qu'il y avait à plus de deux mètres. Continuant d'avancer, je remarquais l'un des sbires de l'Ordre au sol, se tenant le ventre et crachant du sang, adossé contre un tas de cadavres découpés.


- L'Ombre protège et le Squelette rit. L'Ombre protège et le Squelette rit... L'Ombre prot...

Je l'achevais d'un geste rapide de ma lame, continuant ma route tout en tentant de ne pas prêter attention au fanatisme dont ces soldats faisaient preuve. Après quelques minutes à naviguer dans l'obscurité la plus complète, je me retrouvais finalement dans une zone dégagée, où seul la lumière d'un soleil crépusculaire éclairait la zone. Mes doigts se resserrèrent autour du pommeau de ma lame alors que j'observais ce qui me faisait face. Gareth... Gareth retirait doucement sa lame de Laune, allongé sur le sol et figé dans une expression de douleur et de tristesse. Le Marche-Abysse se redressa alors doucement, essuyant le sang sur sa lame à l'aide de l'étendard de nos troupes, puis fixa le ciel en silence, laissant seulement échapper le bruit régulier de sa respiration. Son arme quand à elle, vomissait un flot de fumée noire, formant le nuage qui nous entourait. En face de mon ami, se trouvait un homme qui m'était inconnu et aux dents taillées en pointe. Son sourire me terrorisait de par sa nature si inhumaine. Un rire niais enfantin me paralysa alors que je me retournais doucement vers l'origine du bruit. L'enfant de mon rêve se trouvait là et me souriait, alors qu'un orage grondait à présent dans les cieux. Pointant du doigt ce qui se trouvait derrière moi, il me força à me tourner de nouveau vers Gareth, qui bondissait dans les airs et s'apprêtait à tomber sur moi, son arme sortie et prête à me dévorer...


*
* *


- Alvin?

Secouant la tête, je revenais à moi alors que je me trouvais face à la princesse. Cette dernière me tendait mon heaume et attendait que je ne le récupère. Fermant les yeux quelques instants alors que je sentais la sueur perler dans mon dos, je reprenais mon souffle, comme si je venais de courir plusieurs kilomètres. Posant le casque sur la table la plus proche, la princesse s'empressa de s'approcher de moi pour me saisir par les épaules.

- Vous allez bien?
- Je... Navré Astrid, j'ai eu un moment d'égarement...
- Ce n'était pas juste de l'égarement Alvin, vous avez semblé perdre connaissance pendant quelques secondes quand je vous ai tendu votre heaume...
- Astrid... Je vais bien. Je suis juste fatigué. Gardez mon heaume cependant... Il sera mieux dans vos quartiers que dans l'auberge où je dors. De plus, mon armure n'est plus utilisable dans son état actuel... Donc autant que ce qui me reste de chevalerie vous soit confié. Je sais que vous respecterez les codes de la chevalerie et en prendre quand soin.

Ma dernière remarque sembla la mettre mal à l'aise quelques instants, tant mieux, il valait mieux prendre un peu plus de distance depuis ce qu'il s'était passé à mon retour. Je n'étais pas aussi doué que ce que je pensais pour cacher ce que je ressentais, et il était évident qu'en sa présence, mes idées étaient loin d'être claires. Tout en elle m'inspirer le désir. Qu'il s'agisse de sa voix, de son corps, ou de sa manière de penser. Mais je devais rester moi même, et ne pas laisser mes pulsions prendre le pas. Mes pensées chevaleresques et professionnelles volèrent cependant en éclat à mesure qu'elle s'approchait de moi pour m'embrasser. Plus son odeur s’imprégnait en moi, plus je me sentais perdre le contrôle. Le glas de la délivrance fut apporté par un garde qui frappa à la porte avec assistance. Me retournant brusquement en ignorant presque totalement la princesse, j'ouvrais la porte après qu'Astrid ne lui ai dit de dire pourquoi il était venu, visiblement frustrée.

- Madame! Votre père! Votre père est rentré!
- Venez Astrid, allons accueillir votre père!

Courant avec cette dernière derrière le garde, la tension qui pesait dans la chambre retombait un peu, bien que je ne pouvais m'empêcher de penser à ce qu'il se serait passer si le garde ne nous avait pas interrompu. Visiblement, Astrid savait parfaitement vers quoi cela aurait mené et semblait assez énervée par cette intervention, malgré la joie que le retour de son père semblait lui inspirer.

Nous nous retrouvâmes rapidement sur la grand place proche de l'entrée principale de Nébuleuse. Dans une grande fanfare, les troupes du seigneur firent leur apparition, menée par Harsk lui même. L'homme fixait la foule d'un air fier, malgré un bandage couvrant son bras droit. Nous remarquant finalement, ce dernier s'esclaffa et mit pied à terre, se dirigeant vers nous.


- Hahaha, Ma chère fille comme il est bon de te revoir! Alvin, allons, quel est donc ce look de chasseur de primes? Où est donc passée votre armure?
- Inutilisable, je le crains seigneur.
- Père, je suis si heureuse de vous revoir!
- Et moi donc. Au fait Alvin, comment va votre bras?
- Je... Bien. Merci.

Quelque chose n'allait pas. Je ne sais pas trop si c'est les vents qui m'orientèrent sur cette piste ou mon propre instinct, mais le fait qu'aucune brise ne soufflait dans toute la ville, et que le seigneur sache pour mon bras me rendait perplexe au plus haut point. Observant la blessure du seigneur de manière discrète, je remarquais finalement la lueur verte se trouvant dans ses yeux. Les vents soufflèrent alors brusquement de nouveau, l'air se troublant entre le seigneur et sa fille. Plongeant vers elle, je la couchais dans la neige et lui évitait ainsi un violent coup d'estoc. Le seigneur venait de tenter de tuer sa fille. Choquée, cette dernière mis quelques secondes avant de rouler et se relever pour se placer derrière moi. Les actions qui suivirent furent alors très rapide. Le seigneur tenta de nouveau un violent coup dans notre direction, que je parais sans grande difficulté avant de tenté de m'emparer du bras de ce dernier pour lui faire lâcher prise. C'est alors que je remarquais la force surprenante dont il faisait preuve, me projetant par la même occasion sur le côté. Ayant à peine le temps de me relever, je le voyais préparer un coup vers sa fille qui restait tétanisée face à la tentative d'assassinat de son propre paternel. Lorsqu'il tenta d'abattre sa lame, je m'élançais à l'aide de mon pouvoir, et enfonçait ma lame dans son cœur, lui faisant cracher une gerbe de sang sur le sol immaculé de la cité. Les cris simultanés de plusieurs civiles, d'Astrid, et du Prince qui venait d'arriver résonnèrent dans la grand place, alors que je retirais ma lame pour rattraper le seigneur qui sombrait dans mes bras. Ce dernier avait perdu la lueur dans ses yeux et tentaient d'attraper quelque chose dans sa sacoche. Il réussit à me donner le parchemin qui se trouvait à l'intérieur avant de seulement me souffler quelques mots.

- M... Merci Alvin... Merci de m'avoir ramené mon fils, et libérer de ce qui était en moi. Je vais enfin pouvoir rejoindre Nélia...

Quelques instants plus tard, le seigneur Harsk rendait l'âme devant la majeure partie de son peuple dans mes bras alors que la garde s'approchait pour m'arrêter.
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MessageSujet: Re: Quand la gloire a la couleur du sang. [solo]   Sam 17 Juin 2017 - 20:04

Le souffle lent j'observais les plaines gelées qui s'étendaient au delà des murs de Nébuleuse. La nuit était tombée depuis quelques heures sur la ville, mais un bruit certain s'échappait des remparts. Suite à mon intervention passée, je n'avais cessé de fuir. Malgré les tentatives d'Astrid, le prince était entré dans une rage folle et m'en voulait personnellement, persuadé que j'avais voulu attenté à la vie de son paternel par pure intention malsaine. La garde avait alors fait tout son possible pour m'avoir. J'était parvenu à m'échapper dans des ruelles après quelques passes d'armes, ayant probablement laissé quelques gardes à l'article de la mort. En temps normal, j'aurais pu me laisser "capturer" et défendre mon cas devant un jury ou le prince. Mais quelque chose n'allait pas. Le parchemin que m'avait confié le seigneur juste avant sa mort, la réaction si brutale de son fils, le fait qu'on m'ait notifié le départ de mes deux amis bien avant que je ne me décide à quitter la ville. Quelque chose n'allait pas.

Je m'inquiétais un peu pour Oleg et Bjorn, même si je savais au fond de moi que ces deux imbéciles avaient dut trouver un moyen de quitter la ville ou de se réfugier quelque part, probablement aidés par Astrid elle même. D'ailleurs, elle avait pris de gros risques en contestant l'autorité de son frère à notre sujet. Cependant, si sa rage était exacerbée, elle ne semblait être pour l'instant dirigée que contre ma personne. C'est pourquoi je me devais de partir, malgré le fait de ne pas avoir été payé. Il me restait à présent plusieurs solutions: quitter la région et aller chercher les lames, pour finalement revenir et demander paiement, contre force si nécessaire, me rendre chez les "ennemis" de mon ancien contractant et trouver un emploi ou bien continuer d'errer dans la ville, au risque de me faire capturer par la garde à un moment ou un autre. J'avais un avantage cependant, mon apparence. Dans ma fuite, j'avais fait un crochet dans l'auberge où j'avais laissé mon armure, et avait négocié avec les propriétaires pour revêtir des vêtements plus... Discrets. Un grand chapeau de cuir, un manteau de même facture, des vêtements modestes mais chauds, et un col remontant assez pour me permettre de masquer mon visage dans ce dernier.

Me faufilant entre deux rochers, je jetais une dernière fois mon regard sur les remparts de la citadelle avant de souffler longuement et de reprendre ma route, à dos de cheval. De là où j'étais, les torches des gardes ressemblaient à des étoiles s'étant fichées dans les ouvertures de la cité. Enfin, le temps n'était pas à la contemplation. Frappant doucement les flancs de ma monture, je reprenais donc ma route vers l'inconnu. Il existait une option dont je n'avais pas parlé, le parchemin. Je l'avais ouvert quelques heures après ma "fuite" et y avait lu les derniers mots du seigneur local. Ils avaient effectivement remporté la bataille qu'ils avaient livré, mais suite à l'intervention de l'Ordre du crépuscule, qui avait pris leur parti pour on ne sait quelle raison. Cependant, comme chacun le sait, l'Ordre demande toujours un prix, tôt ou tard, et c'est ce que craignait Harsk. D'autant que son chambellan n'était toujours pas revenu suite à la retraite des troupes du fort où se trouvait autrefois le prince. Pire encore, son ennemi savait exactement où ses troupes se trouvaient et où elles allaient attaquer, rendant une victoire "loyale" impossible. D'après les mots du seigneur, l'Ordre n'avait envoyé qu'un seul homme, un être distordu et informe, marchant dans les ombres et la fumée. Plusieurs fois dans le parchemin, le nom de cet individu semblait revenir: Cauchemar. Depuis la fin de la bataille d'ailleurs, le seigneur semblait évoquer le fait que le membre de la secte lui apparaissait en songe, lui murmurant le nom d'un lieu: la larme d'Yshandir. D'après Harsk, il s'agissait d'un réseau de grottes qui menait à un lac souterrain qui était alimenté continuellement par une fine cascade. Il était plus qu'évident que ce lieu servait de repère à l'Ordre, bien que les montagnes abritaient leur principal QG, l'idée qu'ils possédaient plusieurs avant-postes ne me semblaient pas idiote. Quoiqu'il en était, je devais me rendre là bas, ne serait-ce que pour être certain que l'Ordre ne comptait pas attaquer Nébuleuse....
Un long soupir s'échappa de ma gorge à cette pensée. Pourquoi me préoccupais-je encore du sort de cette ville? Une conscience professionnelle? Cette dernière était inexistante depuis que j'avais empalé mon contractant. Non, c'était autre chose, peut-être Astrid? Elle jouait un rôle important dans ma décision, c'était évident, mais il y avait également une autre raison. peut-être était-ce là simplement les murmures lointains de mon passé chevaleresque? L'idée qu'Astrid avait encore un peu raison me concernant me fit rire doucement. Enfin, il fallait être honnête avec moi même, cette destination était plus un jet de dés hasardeux sur mon destin qu'autre chose. Après tout, les troupes ennemies à Nébuleuse tenteraient de m'abattre à vue et les forces de la dite cité feraient de même. Or, je ne savais ni où se trouvaient mes compagnons ni comment quitter les montagnes rapidement pour retrouver les lames. Et il y avait cette curiosité... Si grande.

La nuit était tombée depuis quelques temps déjà lorsque je me décidais finalement à dresser un campement pour le reste de la soirée. Attachant ma monture, j'attrapais ma tente et la dressais en silence, cherchant des yeux de quoi faire du feu. Par chance, du petits bois était à disposition non loin et quelques minutes plus tard, je pouvais enfin me réchauffer au bord des flammes. C'était dans des moments comme cela que je regrettais de ne pas maîtriser la magie du feu. Déployant ma carte, j'analysais la région et prévoyais mon futur itinéraire. il me fallait agir vite si je ne voulais pas mourir. D'autant que si le Prince était toujours aussi énervé à mon égard, il lancerait probablement des troupes pour me chercher, auquel cas il me fallait me trouver à quelques lieux de là pour ne rien risquer. Attrapant un peu de viande séchée, je dévorais mon repas de fortune avant de finalement m'endormir, mon couteau de combat sous l'oreiller...


- As-tu peur, chevalier?

Le son glacé qui frappa mes tympans me tira de mon sommeil dans une torpeur certaine. Dégainant ma lame je regardais les flammes qui dansaient devant ma tente, comme si elles allaient à se jeter sur moi. Malgré le froid régnant dans la région, je transpirais comme si je me trouvais en plein désert.

- As-tu peur, de ce que tu deviens? Crains-tu la mort? Ou bien simplement de décevoir les tiens?

Me levant péniblement, je ressentais de nouveau la fatigue qui m'avait gagné à mon retour à Nébuleuse.

- QUI EST LA?
- Hahahahaha.... N'aie crainte, je ne te veux aucun mal. Mon maître serait trop... Agacé s'il t'arrivait malheur, enfin, tout du moins, si je t'infligeais la moindre blessure.

Mes yeux se fixèrent de nouveau sur les flammes se trouvant devant moi, observant leur danse ardente avant de finalement remarquer que l'une d'entre elles ne bougeait pas. Cette dernière vibra ensuite légèrement, changeant de couleur avant de se dégager du feu pour former une sorte de masse de fumée. Elle semblait vaciller avec la réalité elle même mais prit finalement un aspect plus 'humanoïde", me fixant de deux yeux d'un rouge écarlate flamboyant.

- Demain matin, lorsque tu reprendras ta route, ne suis pas les chemins habituels, les troupes de la maison Endar s'apprêtent à lancer un futur assaut sur Nébuleuse et ont ainsi le contrôle de tous les différents croisements. Il semblerait qu'ils recherchent les troupes du chambellan de feu le seigneur Harsk avant de se décider à attaquer. Tu prendras la route du sud, tu rencontreras surement quelques bandits que tu terrasseras aisément puis, tu remonteras le long du fleuve des vierges écarlates. Une fois là bas, tu te reposeras puis tu reprendras ta route vers le lac.

Ma main se resserra instinctivement sur la poignée de ma lame.

- Nous savons où tu cherches à te rendre chevalier, comme nous savons pour la mort du seigneur, tué de ta main. Mon maître a d'ailleurs vécu ce moment de ses propres yeux, si je puis parler ainsi. Enfin... Sache simplement que dans ton oeuvre, l'Ordre ne t'ai en aucun cas opposé. Mieux, nous sommes sûrement ce qui s'approche le plus d'alliés pour ta propre personne.
- Vous foutez pas de moi.
- Hahaha. Tu peux ne pas nous croire, mais à ton avis, qui t'a permis de survivre au coup que l'orc t'avait porté? Ton petit médaillon? La réalité est bien différente que ce que ton esprit accepte de comprendre, mais là n'est pas la question.

La fumée se déplaça quelques peu, comme si elle s'apprêtait à retourner dans les flammes.

- Oh et j'oubliais... Tes amis sont déjà à la larme d'Yshandir, si tu souhaites les revoir. Ils sont arrivés il y a deux jours. Le parchemin laissé à ton campement semble les avoir guidé là bas.
- "Laissé à mon campement"? Mais que voulez-vous di....

Un flash lumineux coupa ma parole alors que le rire éthéré de la créature me vrillait les tympans. Lorsque le calme revint finalement, je me trouvais près de ma monture, dans une zone qui m'était complètement inconnue. Dégainant mon épée instinctivement, je remarquais que cette dernière était marqué de quelques traces de sang mal essuyé et d'impactes, preuve que je l'avais utilisé. Regardant le ciel en silence, je soupirais en imaginant ce qui avait bien pu se passer et en espérant que l'Ordre ne m'ait pas "utiliser" pendant que la fumée me parlait. C'est amusant, quelque part cette simple pensée, de me voir en train de parler avec un amas de fumée, provoquait en moi une hilarité certaine. Rangeant par la suite mon arme, je m'emparais de ma boussole et de la carte de la région. Je remarquais alors que mon trajet avait été tracé au crayon et que la prochaine destination était également notifiée. Montant finalement sur ma monture après avoir mangé un lapin peu attentif, je sentais quelque chose me gêner dans l'une des poches de la selle. Fouillant quelques peu, je trouvais un parchemin plié de manière grossière. Le déployant, je découvrais avec effroi ma propre écriture, et une encre visiblement d'un rouge sanguin.

- L'Ombre protège et le Squelette rit.
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Alvin Lodrok

Le Marche-Vent

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Race : Humain des contrées de l'Ouest
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MessageSujet: Re: Quand la gloire a la couleur du sang. [solo]   Jeu 3 Aoû 2017 - 19:18

Cela faisait facilement dix bonnes minutes que ma monture avançait dans la pénombre de différents arbres nichés dans le creux d'une des nombreuses montagnes de la région. Malgré l'effroi que m'avait laissé la note trouvée plus tôt, j'avais choisi d'explorer ma future destination, et de suivre le chemin tracé. Je n'étais pas encore tout à fait sûr de ce qu'il s'était passé la nuit dernière, et plus encore, je doutais de ma propre santé mentale.
Quoiqu'il en était réellement, il était maintenant trop tard pour se poser ce genre de questions. Je devais avancer. Ma route continua encore quelques heures dans le froid et la neige, avant de finalement apercevoir un bourg miteux aux fortifications visiblement fragiles. Chose surprenante, je ne croisais aucun villageois sur ma route, seuls les chiens errants semblaient vagabonder ici et là. Plusieurs formes se dessinèrent alors devant moi, révélant une cavalerie qui avançait vers ma position. Enfin, une cavalerie... Il s'agissait en réalité de quatre ou cinq chevaux. Sur leur dos se trouvaient des hommes en armure d'ébène, marqué d'un sceau que je ne connaissais que trop bien. L'Ordre du Crépuscule. Les cavaliers ralentirent à mon approche, tirant leurs épées pour ceux ne portant pas de lances. Je m'étais arrêté et les attendais patiemment, sans montrer un quelconque signe d'hostilités. Cependant, ma lame restait posé sur le fourreau de mon arme. Ils m'encerclèrent en quelques instants, et l'un d'eux, visiblement le chef de la bande, souleva son heaume pour révéler un visage couvert de cicatrices au regard émeraude.


- Halte voyageur. Les routes de Pierre-épine sont fermées à cause de la guerre faisant rage entre les seigneurs de Nébuleuse-De-Givre et Castelsang. L'Ordre souhaitant rester neutre dans ce conflit, nous interdisons l'accès à la ville.

Silencieusement, je passais ma main dans ma poche pour en extirper le message que j'avais probablement moi même écrit et le lançait instinctivement vers le chef de ce qui semblait être la garde.

- Je me nomme Alvin, je dois passer.

Le garde ouvrit le parchemin et ses yeux brillèrent d'une lueur plus verte encore. Il replia alors le parchemin et tendit son bras vers les portes de la ville.

- Et bien, nous ferons une exception pour vous. Nous vous observerons cependant, un faux pas et nous vous ferons sortir d'ici de votre plein gré ou les pieds devant.

Son ton était particulièrement glacial, mais après tout, l'Ordre n'était pas réputé pour sa gentillesse ou sa bienséance. Suivant la garde, je pénétrais donc dans le bourg, observant les portes se refermant derrière moi. Je me jetais dans la gueule du loup.
Ma surprise fut grande cependant lorsque je fus enfin à Pierre-épine, les villageois étaient tous plus ou moins occupés à arranger de la nourriture, forger des armes et armures pour les quelques forgerons, ou bien prier aux pieds d'une statue représentant un dragon surplombant un squelette riant aux éclats. Ce n'était pas leurs activités cependant qui me surprenait pourtant, mais plus l'ambiance se dégageant d'ici. Tout le monde semblait vivre dans un calme et une paix remarquable. Je ne constatais à mesure que j'avançais aucun signe de pauvreté notoire, ou tout du moins de disparité au sein des habitants. Je remarquais même des enfants jouant au chevalier et au bandit. Le type de la garde pointa alors une auberge du doigt tout en me fixant.


- Voici la principale auberge de Pierre-épine, vous pourrez y louer une chambre pour la nuit. Dans les ruelles adjacentes vous trouverez la forge du vieux Robert, si vous souhaitez affûter votre lame. Profitez de votre séjour ici et observez les richesses de nos seigneurs. Dans les provinces au sud d'ici vous ne trouverez aucun village aussi amical. Sans parler des attaques de bandits.

Sans dire un mot de plus, le garde s'en alla et tourna au détour d'une ruelle, me laissant seul. Je mettais alors pied à terre et remettais ma monture à l'écurie proche de l'auberge. Le villageois qui la réceptionna me remercia d'un sourire distordu lorsque je lui remis son or. Pénétrant par la suite dans l'auberge, je soufflais longuement en enlevant mon couvre-chef avant de le déposer sur la première table vide que je trouvais. M'asseyant par la suite, j'attendais en silence qu'une serveuse ne vienne me trouver. La jeune dame était particulièrement belle pour une roturière, et je fus agréablement surpris par la finesse de son langage. Versant dans ma choppe de la cervoise et me souriant doucement avant de se diriger vers le comptoir. J'hésitais un peu devant mon breuvage. Et si ce n'était qu'un moyen pour l'Ordre de me faire rejoindre leur rang? Si tout ça n'avait dans le but que de me faire tomber? Non, l'Ordre était trop puissant pour monter une telle machination juste pour moi, aussi important "que je puisse être", la secte crépusculaire récupère toujours ce qu'elle désire de manière directe, et ne se fatigue pas avec de tells fioritures.


- Vous vous demandez si la cervoise va vous changer en monstre n'est-ce pas? En servant de l'Ombre et du Squelette?

Levant la tête et plaçant ma main instinctivement sur mon fourreau, je remarquais un vieil homme aux traits fatigués et au regard azur. Une barbe taillée ornait son visage tandis que ses cheveux mi-longs attachés lui donnait un air de nobliau. S'asseyant en face de moi, le vieillard ricana doucement avant de faire signe à la serveuse de lui donner un verre également. Une fois chose faite, ce dernier reposa son regard sur moi.

- Allons, si les seigneurs de cette ville auraient voulu vous avoir, ils auraient fait en sorte que la garde s'occupe de vous, ou seraient venus en personne si vous étiez aussi important à leurs yeux.
- Je.. Qui êtes-vous? Pourquoi venir me parler, j'étais clairement seul et souhaitais le rester.
- Ah! Pardonnez-moi. Je me nomme Robert, je tiens la plus grande forge de Pierre-épine. Et je suis le seul à ne pas avoir reçu "le don" ici.
- Le don?
- "L'amour de l'Ombre et la vision parfaite". C'est ce que les gens à l'extérieur nomme "les assombris". Tout le monde y voit un geste de grâce et de protection ici. Mais en dehors de nos terres, les gens y voient une affliction.
- L'Ordre n'a pas de très bons rapports avec la plupart des régions de Feleth.
- Et pourtant... je vais vous dire mon garçon, je n'ai beau pas avoir reçu ce don, j'en ai vu ses bienfaits.
- Pourquoi n'avez-vous pas reçu le don?

Il ricana doucement en fixant le vide derrière moi avant de boire une gorgée de cervoise, je l'imitais finalement.

- Savez-vous combien de seigneurs j'ai connu depuis mon jeune âge? Sept. Sept seigneurs différents, et tous avaient leur propre manière de fonctionner. J'ai connu des régimes durs, d'autres plus cléments. J'ai connu bien trop d'hivers pour accepter sans condition un autre seigneur. J'étais même près à mourir s'il le fallait. Je n'ai plus d'enfants, et plus d'épouses, je n'avais rien à perdre. Pourtant, quand l'Ombre est venue ici... Elle m'a fait une offre. Elle donnait une partie de son pouvoir aux gens de Pierre-épine, et il me laissait le choix.

Sortant un petit flacon remplit d'un liquide noir, le vieil homme fixa le contenant avant de finalement le ranger dans l'une de ses poches.

- "Quand je serais prêt". C'est ce que cet homme m'a dit. Je ne sais quelles horreurs nos seigneurs font subir aux autres féléthiens en dehors des montagnes. Je ne sais pas tout ça. Mais j'ai vu les bienfaits de son oeuvre sur ma ville, et c'est ce qui me permet de vivre paisiblement mes vieux jours.

Je le fixais en silence, remarquant à peine la jeune serveuse qui ne me lâchait pas des yeux, souriant timidement chaque fois que j'écartais le regard et croisais le sien.

- Nous ne connaissons plus de disettes, plus de famines. Les maladies ne peuvent plus frapper ce village, si je tombe malade et risque de mourir de cela, je peux finir mes jours ou bien boire l'élixir.
- L'Ordre du Crépuscule est responsable du massacre de plusieurs villages comme le votre. Ils sont les auteurs d'un nombre incalculables de génocides et...
- Et combien pensez-vous que le Royaume de Madorath en a effectué? Les inquisitions du Solstice? Les rebelles du Pays? Les expériences de Béolan? Les capes blanches? Les massacres auront toujours lieu, et au moins, avec ce seigneur ci, j'ai pu voir le positif de son action. Avant l'ordre, c'était le royaume qui régnait sur nos terres, nous n'étions pas indépendants et devions verser des impôts monumentaux. Lorsque nous avons refuser l'un d'entre eux, car cela aurait causé notre perte, savez-vous ce qu'ils ont fait? Ils ont envoyé leurs foutus capes blanches... Et ils ont tués et violés nos filles...
- ...
- Bonne soirée, messire?
- Appelez-moi Alvin, je ne suis plus sire.
- Et bien bonne soirée Alvin... Passez me voir à la forge demain si je peux vous être utile. Et détendez-vous, personne dans ce village ne souhaite attenter à votre vie.

Je ne le retins pas lorsqu'il se leva et quitta la pièce en silence. Les larmes qui coulaient sur ses joues étaient suffisantes pour me prouver sa bonne foi et la véracité de son histoire. Finissant d'une gorgée la choppe et attrapant une miche de pain que la serveuse avait glissé furtivement pendant ma discussion avec le vieil homme, je me dirigeais vers le comptoir pour récupérer une clé de chambre. Il fallait que je me repose, j'avais encore des choses à faire avant de quitter Pierre-épine, mon arme était en piteux état.
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MessageSujet: Re: Quand la gloire a la couleur du sang. [solo]   

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Quand la gloire a la couleur du sang. [solo]

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