''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
AccueilDernières imagesS'enregistrerConnexion
Le Deal du moment : -45%
WHIRLPOOL OWFC3C26X – Lave-vaisselle pose libre ...
Voir le deal
339 €

Partagez | 
 

 Journal de Guerre de Dumbark Sang-Noir.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Dumbark Sang-Noir

Le Briseur

________________

Dumbark Sang-Noir
________________


Race : Orque
Classe : Berserker
Métier : Gladiateur
Croyances : Le Fléau/Dieu de la guerre
Groupe : Le Pays

Âge : 29 ans

Messages : 28

Fiche de Personnage : Qui est le Briseur ?


Journal de Guerre de Dumbark Sang-Noir. _
MessageSujet: Journal de Guerre de Dumbark Sang-Noir.   Journal de Guerre de Dumbark Sang-Noir. EmptyMar 25 Oct 2016 - 10:14

Journal de guerre de Dumbark Sang-Noir.

Première partie.


Du Journal, du clan et du premier nom.




Carahart Llewyn, lieutenant dans la Grande Compagnie, écrivait tout les soirs dans un livre, un large ouvrage de belle facture, avec une couverture en cuir. Ses souvenirs, ses pensées, ses exploits et ses échecs. C'était son Journal de guerre, et nul ne pouvait le lire ou y toucher. Ce journal, c'était sa vie, figée dans l'encre noire sur du papier de qualité. "Un jour, Dumbark, on oubliera tout, et on aura du mal à trouver notre bite pour pisser. Mais moi j'aurais mon journal de guerre, pour me souvenir, et pour montrer à mes enfants" disait-il. Mais il n'a jamais eu d'enfant. Un soir, un soldat trop ivre de fêter une victoire a déchiré une page et s'en est servi pour se torcher. Le lieutenant l'a frappé d'un tel coup de poing que l'ivrogne s'est brisé le cou en tombant. Carahart a été pendu pour ça, c'était la loi à la Grande Compagnie, et son livre a été perdu. Sur quel rayonnage encombré il a dû finir, j'en ai foutre idée, mais un jour quelqu'un lira le Journal de guerre de Carahart Llewyn et il vivra à nouveau, pour un instant au moins. Et je suis sûr que celui qui ouvrira ce livre apprendra les mêmes choses que j'ai apprises du lieutenant : Que l'auberge la moins chère est la pire pour boire et la meilleure pour trouver du travail ; qu'il suffit parfois d'un seul archer et d'une seule flèche pour changer le cours d'une bataille ; que les pendus ont la langue bleue et bandent comme des ânes ; et qu'écrire son histoire dans un livre, c'est un peu devenir immortel.



Il y a six jours, Venill a été libérée. C'est là le moment le plus important de ma vie, je pense. Et peut-être le plus important de l'histoire de la terre des hommes, même si je n'en serais jamais vraiment sûr. En tout cas j'étais là, et je me suis battu pour la liberté, et le Fléau soit remercié, nous voila tous lancés sur les chemins du désordre, et jamais l'horizon n'a été aussi beau, même pour ceux qui ne l'ont connu que sombre. Hier, dans le joyeux chaos de la victoire, j'ai rencontré Maël Dorneil, un membre de la Rébellion qui se dit "scribe pour les autres", et veut commencer un nouveau compte des années, une nouvelle Histoire, pas celle des rois et des seigneurs, celle des petits, celle de ceux qui meurent dans les guerres et de ceux qui font la fête au village, sans ces corrections qui ne sont que baillons. Et de cette rencontre entre celui qui savait écrire et celui qui voulait raconter, ont surgis les mots que vous lisez : Le Journal de guerre de Dumbark Sang-Noir. Alors pardonnez au scribe la grossièreté et le style, car il ne fait que transcrire ce que je dicte, et que c'est là la voix d'un orque, sans mensonge et sans dissimulation, et qu'elle dit ma vérité.





Mes noms sont Dumbark Sang-Noir. Je suis né il y a deux fois dix ans et huit encore, vingt-huit, à ce que je crois, de nombreuses lieues au sud de Madorass, dans une plaine d'herbes rouges, entre des collines de roches de feu, et une forêt qu'on m'a toujours dite habitée par des elfes, bien que je n'en ai pas vu un seul avant de nombreuses années. C'est là le territoire de chasse d'hiver du Clan de la Porte Sud, où j'ai vu le jour. Pourquoi foutre le clan s'appelle - ou s’appelait - comme ça, j'en suis pas vraiment sûr. Il y avait deux légendes plus ou moins concurrentes. La première c'est que quand le clan s'était formé, une grande tente avait été tendue sur une colline, pour accueillir tout ceux qui n'avaient nulle part où aller, que l'ouverture de la tente donnait vers le sud, où une immense plaine s'étendait à perte de vue, fertile et giboyeuse, et que cette vision était plus que nécessaire pour rendre espoir à ceux qui n'en avaient plus. Ce n'était pas vraiment ma version préféré, car le clan étant nomade quand j'y vivais, j'ai connu plusieurs horizons sud différents, et aucun ne m'a jamais vraiment rempli d'espoir. La deuxième légende avait ma préférence : elle disait que ce nom venait simplement du fait que nous étions l'aboutissement des routes et des chemins qui quittent la porte sud de Madorass. Et j'y crois toujours. Si vous quittez la ville du roi, que vous soyez mercenaire, criminel en fuite, artisan ruiné, orque persécuté, enfant battu, ou fille des rues, si vous fuyez Madorass, prenez la porte sud, et au bout de tout les chemins, si le Fléau vous prend en pitié, après quelques semaines ou plusieurs mois, vous trouverez le Clan. Et le Clan vous accueillera, car c'est une communauté d'exclus, de parias, de déserteurs et d'amants en fuite.
Mes parents étaient de ceux-là. Deux orques, Kahara Sans-doigt et Torig Double-Feu, qui vivaient dans un clan bien plus au sud, installé aux abords d'un des déserts de sang. Ils y sont nés et y ont vécus jusqu'à ce que mon père affronte le fils du chef de clan dans ce qui était soit un duel, soit une bagarre d'ivrognes, selon les versions. En tout cas, il a gagné. Au matin, les hommes du chef sont venus le chercher pour demander le prix du sang et l'ont surpris avec ma mère. Mes parents sont parvenus à en massacrer assez pour permettre leur fuite, et ont réussi à rejoindre le Clan de la Porte Sud avant l'hiver suivant. Après quatre ans sur place, ils ont eu leur seul et unique enfant : moi.



Chez les Orques, recevoir un nom est très différent de chez les humains, du moins de là où je viens. Les Orques ont trois noms : Le premier nom, le grand nom, et le nom de légende. Le premier est donné à trois ans, le deuxième quand l'âge adulte approche, et le troisième ne se fixe qu'à la mort. On ne donne le premier nom des enfants qu'à leur trois ans car jusque là, il y a assez peu de chances qu'ils survivent à l'épreuve que sont les premières années orques, et ne pas les nommer permet de ne pas trop s'attacher à eux. Durant ces trois ans, le froid et la faim, la soif et le caractère violent des communautés orques risquent de mettre un point final brutal à la vie du nouveau-né, après quoi l'orque a déjà bien grandi et survivra probablement. Du coup, ce n'est pas un nom de nourrisson qui est donné, comme chez les humains, mais un nom d'adulte en devenir déjà. Ce n'est pas le désir des parents qui est nommé – leur image de ce que devrait être leur enfant – c'est le caractère de l'Orque lui-même, déjà dessiné avec une certaine précision à cet âge là. Comme tout les premiers noms orques, c'est aussi un mot dans la langue clanique d'origine des parents. Ainsi, "Kahara", le premier nom de ma mère, c'est aussi comme ça qu'on appelle l'arbre aux feuilles rouges et à la résine sucrée qui pousse sur les collines du Sud et qu'elle aimait à escalader pour se délecter de la sève coulant des branches brisées quand elle était enfant. Quand à "Torig", le premier nom de mon père, il veut aussi dire "Hiver", car la légende familiale voulait que le premier gel de l'hiver soit arrivé le jour de sa naissance, et qu'il n'y ait pas eu de printemps jusqu'à ce qu'on lui donne son premier nom trois ans plus tard. C'est resté un témoignage de sa résistance, car survivre à un hiver de trois ans, ce n'est pas le genre de merde que peut supporter le crétin moyen.
Dans le langage clanique de mes parents, il existe seize noms distincts pour désigner à la fois les différentes formes du dieu de la guerre et les domaines qu'elles gouvernent. Par exemple, Gruush est le nom du dieu du duel – celui du face à face et de l'honneur dans le combat – mais le mot "gruush" est aussi utilisé pour designer l'acte de défier, ou les affrontements dans l'arène ; au même titre, Ilneval est le dieu de la tactique, des généraux et des ordres, Raghen celui de la masse et des armées, Baaghtru renvoie aux poisons et assassinats... Seize en tout, pour chaque aspect de la guerre. Et il y a de même un nom dédié au dieu de la rage, de la violence aveugle, de l'abandon dans le chaos de la bataille, un mot qui peut dire à la fois "colère", "brutalité", et "berserker". Ce nom, c'est "Dumbark".

Je n'ai pas de souvenirs très clairs de cette période, j'étais trop jeune, mais j'en sais ce qu'en racontait encore les autres membres du clan quelques années plus tard, et ce qu'en dit mon premier nom. Je n'étais pas le seul enfant orque du Clan de la Porte Sud. Je me souviens de trois autres plus vieux et d'une plus jeune. Nous n'étions pas autorisés auprès des fils des hommes ou des elfes, mais nous pouvions jouer avec les ogres pendant quelques années, jusqu'à ce qu'ils deviennent trop grands même pour nous. La seule raison pour cette restriction, c'est que les nourrissons des autres races ne supportent pas le degré de violence naturel entre orques, et que les ogres sont les seuls à pouvoir l'encaisser. Très vite, les orques essaient de se trouver une place dans le clan – même quand celui-ci n'est pas constitué exclusivement d'orques, comme c'était le cas là-bas – et pour cela, il faut se tailler son territoire, car personne ne se laissera faire. Ce que les fils des hommes et des elfes font de leur enfance, jeux insouciants et babillage stupides, ce n'est pas pour nous. Très vite, il nous faut nous défendre, car aucun orque adulte ne s'imposera entre deux enfants qui se battent et ne fera obstacle à la sélection du plus fort, dusse un des combattants tuer l'autre. Quand je suis né, il y avait déjà un orque et une orque légèrement plus vieux qui se battait pour la place de dominant dans notre groupe et ils n'ont guère prêté attention à moi pendant les premiers temps, ce qui m'a peut-être sauvé la vie le temps que je grandisse un minimum. Quelques mois plus tard, il allait devenir Ryg – Charbon – et elle, Jotunn – Ogre, pour son affection pour les autres enfants de cette race. Toujours est-il que Ryg ne voyait pas d'un bon œil mon arrivée dans le groupe, surtout après qu'il ait fini par asseoir son autorité sur Jotunn et finalement obtenu son premier nom. Il a dû sentir qu'à peine arrivé au sommet de la petite hiérarchie interne des enfants orques du clan, un nouveau prétendant apparaissait. Apparemment, Ryg s'en serait pris à moi un jour, cherchant à assurer sa place dans l'ordre du clan, et, même si j'avais presque deux ans de moins que lui, il a fallu que Jotunn et un des enfants ogres s'interposent pour m'empêcher de le tuer. C'est ce jour-là que j'ai entendu pour la première fois la voix du berserker, qui allait finir par diriger ma vie, et c'est presque le seul souvenir clair que j'ai de mon enfance. C'est aussi à partir de ce jour-là qu'il est devenu évident pour mes parents que je m'appellerais Dumbark.

Si mon premier nom semblait déjà choisi, c'est ironiquement ce même jour que Ryg reçut son grand nom, lui aussi beaucoup plus tôt que prévu. Comme les premiers noms, les grands noms ne sont pas donnés à la naissance, et ils ne viennent pas des parents comme les fils des hommes. Ce sont des noms de corps, qui renvoient à des particularités physiques ou des comportements remarquables qui devraient aider à reconnaître l'orque durant sa vie, notamment dans ses errances chez les autres peuples. C'est pour ça que les grands noms sont souvent en langue commune, et que les orques sont généralement connus sous cette appellation là chez les peuples qui ont du mal à prononcer les mots de nos langues. Ma mère s’appelait "Sans-doigt" pour des raisons évidentes, elle avait perdu ceux de la main droite dans la gueule d'un tigre du désert, pour mon père c'était "Double-Feu" car il avait les yeux rouges, comme moi, mais si incandescents qu'on disait qu'ils le brûlaient en permanence.
Et ce jour-là, Ryg est devenu "Sans-Visage", car il a perdu son nez, un de ses yeux et une grande partie de sa joue droite et de ses lèvres dans son face à face avec la rage du berserker. Pendant quelques jours, il a fallu me séparer du reste du clan, le temps que la voix se calme, d'ici là, seuls mes parents s'approchaient encore. Pas qu'ils aient peur – je n'étais pas assez grand pour effrayer qui que ce soit d'autre que des enfants – mais la rage risquait de rester permanente si elle n'était pas calmé en m'isolant. Pendant ce temps, il y eut discussion entre les familles orques du clan pour déterminer le sort de Ryg. Il n'a jamais été question de réclamer le prix du sang à mes parents pour ce que je lui avais fait, guerre d'enfants n'est pas à juger, mais bien de décider si celui-ci devait vivre ou mourir. J'avais arraché la moitié de son visage, son œil droit était perdu, il semblait alors improbable que le gauche puisse être sauvé, et ses deux bras avaient été brisés. Et les orques n'ont pas l'habitude d'être très ouverts aux infirmes, en particulier quand ils ne sont que des enfants. Mais Ryg n'avait été nommé que quelques semaines plus tôt, et ses parents jugeaient injustes de le déclarer bon à tuer avant même que les guérisseurs du clan n'aient fini leur office. La discussion n'aurait même pas eu lieu dans un clan exclusivement orque, et Ryg aurait été fini par ses propres parents dans la minute où on l'aurait retrouvé blessé à ce point. Mais il devait y avoir quelque chose au Clan de la Porte Sud. Une solidarité entre les membres, une compassion pour les faibles, un attachement entre les familles qui n'existaient pas chez les orques normalement.
Toujours est-il que quand je fus réintroduit auprès des autres enfants, Ryg était toujours là, son œil gauche avait été sauvé, ainsi que ses deux bras – même si le coude gauche resta douloureux des années. Il avait tiré son premier nom de son intérêt pour la forge et le travail des métaux, et ce qui lui a valu son grand nom l'a définitivement éloigné des champs de bataille, alors Ryg Sans-Visage est devenu forgeron pour le clan, et un sacrément bon avec ça, et c'est un peu grâce à moi.
Revenir en haut Aller en bas
 

Journal de Guerre de Dumbark Sang-Noir.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Feleth :: Prologue :: Registre des personnages :: Histoire des personnages-