''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 L'inconnu [PV. Liam]

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Vaënadiel Eira



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Race : Humaine
Classe : Druidesse
Métier : Botaniste
Croyances : Dieu de l'Équinoxe
Groupe : Clan [Indigène]

Âge : 20 ans

Messages : 180

Histoire de Personnage :
L'inconnu
Une nouvelle vie

MessageSujet: L'inconnu [PV. Liam]   Mer 14 Nov 2012 - 18:13

Cours petite... cours!

‘‘ VAËNADIEL ! REVIENS ICI ! ‘‘

La voix de Dryell résonnait tel un écho sur les faces des crans de pierre qui encerclaient le village cette nuit-là. Le vent se levait, apportant avec lui de violentes bourrasques de neige qui lui foutaient le visage. Ses pas s’enfonçaient peu à peu dans le manteau blanc et froid des montagnes alors que la lumière du village se faisait de plus en plus lointaine. Elle crut même entendre la voix de son père qui hurlait son nom avec rage; si elle ne fuyait pas, elle aurait droit à une sacrée raclée de sa part, voire pire. Vite ... il fallait qu’elle coure. Son souffle se faisait de plus en plus court, alors qu’elle empruntait le sentier de chasse de leur tribu et aussi le seul qu’elle connaissait, car de là, il serait plus aisé de se camouflé. Présentement, elle était à découvert sur cette vaste colline qui donnait une vue splendide sur l’horizon, une vue qui donnait un aperçu du monde d’en bas. La jeune femme continuait sa course qui fut ralentie par la tempête. D’une main, elle agrippa son capuchon de fourrure et referma son manteau de l’autre pour ensuite avancer avec un peu plus de prudence. Son corps frissonnait sous ce froid qui ne cesserait de s’amplifier au fil des heures. Cependant, sa rage faisait bouillir son sang, tout comme la tristesse qui l’habitait à ce moment. La seule question qui lui venait été : Pourquoi ?

Les arbres se firent près, tellement que Vaënadiel faillit en embrasser un tant la visibilité était réduite. Le seul point positif était que ses traces seraient rapidement effacées. Alors, il fallait qu’elle parcoure la plus grande distance possible afin de ... rejoindre le col des montagnes qui la mènerait vers cet endroit inconnu. Il ne fallait pas penser qu’elle n’avait pas peur, c’était tout le contraire. Ses membres tremblaient autant à cause du froid que par sa peur grandissante. Si elle tombait sur un malheur, elle serait beaucoup trop faible pour se défendre et elle se battait comme un pied ...

Derrière elle, les voix furent ensevelies sous ce vent qui sifflait entre chaque poil de la fourrure qui tenait sa tête au chaud, l’avertissant que pour le moment, elle était hors de danger. Ses pas se firent donc un peu plus lent, mais ses jambes elles, commençaient à vouloir lâcher.

~ Je ... dois continuer. ~ Se dit-elle pour se motiver, sentant que la force l’abandonnait.

Elle était faible et le savait. Sa constitution n’avait rien à voir avec celle des femmes de sa tribu qui étaient plus costaudes qu’elle. Maintenant, Vaë comprenait pourquoi on lui disait qu’elle devait s’endurcir, mais sa force ... sa vraie force, lui venait de la nature. Et une fois en bas, se retrouverait-elle sans ressource ? À quoi cela ressemblait-il ? Il y avait tellement de questions qui lui tournaient dans la tête.

La nuit fit enfin place au jour et la jeune femme n’avait toujours pas stoppé son avancée pour faire une pause. Sa respiration était profonde, sa gorge sèche et son ventre criait famine. Mais le plus grand problème était qu’elle ne sentait plus ses jambes. Entre-temps, la tempête s’était arrêtée et Vaë s’arrêta pour souffler. Adossée contre un cran de pierre, elle n’eut le temps que de voir une flèche siffler à ses côtés.

‘‘ VAËNADIEL SORT DE TA CACHETTE ! ‘‘

C’était ... Dorguan ?! Pourquoi lui tirait-il une flèche ? Oh ... du tranquillisant? La druidesse se leva en hâte et reprit ses jambes à son cou pour détaler comme un lapin dans la neige. Les deux hommes se trouvaient à plus de vingt mètres d’eux, mais elle savait que son père était le meilleur archer de la tribu; il ne manquait jamais ses cibles. Cela expliqua le pourquoi de la course en zigzag de Vaë. Celui-ci jura et serra les dents, ne voulant pas blesser sa fille et courut, Dryell Kawa sur les talons. La jeune femme arrivait à peine à garder son rythme, ayant l’impression que rien ne la portait, mais son instinct lui dictait de fuir. Ainsi arriva-t-elle devant une pente abrupte où elle ne put s’arrêter, la faisant débouler sur une distance de dix mètres. Son corps atterrit lourdement sur le dos dans une neige plus ou moins dure, mais elle n’avait rien de cassé. Enfin ..., c’est ce qu’elle pensait, car aucune douleur ne lui vint à cet instant. Avec difficulté, elle se releva, trébuchant une première fois avant de se fondre dans une épaisse forêt de conifères.

Ici, la neige était moins épaisse et l’atmosphère un peu plus chaud. Était-elle, hors des limites des montagnes ? La réponse lui fut évidente lorsqu’elle sortit de sa cachette pour découvrir un petit village où se trouvait d’étranges maisons. Son coeur s’emballa sur le champ et elle se recula vivement, se cachant derrière un grand pin. Elle observait ce nouvel environnement avec la peur dans le sang et elle ferma les yeux. Les mains sur cet arbre qui lui faisait office de protection lui disaient que les deux hommes n’étaient pas bien loin et qu’elle devait partir, ce qu’elle fit après avoir pris une profonde respiration.

Malgré la sensation absente de ses jambes, la druidesse s’élança à l’aveuglette vers une demeure où elle toqua frénétiquement. Aucune réponse, mais elle entendait la voix de Kawa par le souffle du vent. Elle tourna la poignée et la referma hâtivement. Sa respiration ne se calmait pas, elle s’emballait. Il fallait qu’elle trouve quelque chose ... et vite ! Des ... vêtements d’homme ? Il y avait des vêtements étendus sur une corde de fortune à même la cuisine et ce fut sans gêne qu’elle les prit pour ensuite les enfiler. Il ne restait plus qu’à mettre ses cheveux en chignon et voler ce chapeau de fourrure qu’elle se mit sur la tête. Prête à sortir, Vaë prit soin d’inspecter les lieux et mit le pied dehors en faisant comme si de rien n’était. Au loin, elle voyait les deux indigènes qui s’approchaient dangereusement, ne l’ayant pas reconnu. Ils la dépassèrent même pour ensuite s’arrêter, essoufflés.

‘‘ Va de ce côté, je vais de l’autre. Elle n’a pas pu aller bien loin ‘‘

‘‘ Parfait ‘‘ Cracha Dryell entre deux respirations.

Les hommes ne l’avaient même pas reconnu ! Il fallait dire qu’avec toute cette couche de vêtements, elle semblait assez rondelette, bien qu’elle était encore aussi petite.

~ Maintenant, on file avant que quelqu’un ne se doute de quelque chose ... ~

‘‘ Hey toi ! ‘‘

Vaënadiel se raidit alors qu’elle entendait une voix inconnue derrière elle. N’osant pas se retourner, elle accéléra son pas pour se diriger vers l’avant et retrouver la forêt.

‘‘ RENDS-MOI MES VÊTEMENTS ! SALE VOLEUR ! ‘‘

Oh non ! Mais pourquoi criait-il comme ça ?!

‘‘ LÀ-BAS! ‘‘

Aussitôt que la voix de son père parvint à ses oreilles, la druidesse prit la poudre d’escampette et sortit de ce petit village. À bout de force, elle ne parvenait pas à accélérer et elle trébucha. Son vol plané la fit atterrir sur le ventre dans la neige, mais elle ne fut pas en mesure de se relever et allait abandonner ...

~ Non ! ~ Pensa t-elle en se retournant sur le ventre.

Sauf que son père l’agrippa par le collet et la releva brusquement. Ses mains serraient ses bras tellement forts qu’elle en eut mal et grimaça. Celui-ci était en furie et Dryell ne tarda pas à arriver derrière lui, se pliant en deux pour reprendre son souffle.

‘‘ Espèce de petite ingrate ! Tu mérites de te faire corrigé ! ''

‘‘ Vas-y ! Je préfère me faire battre à mort que d’épouser ce salaud pour ton bien-être ! ‘‘

‘‘ Espèce de ... Égoïste ! C’est pour le bien de la tribu ! ‘‘

‘‘ Et mon bien à moi ?! ‘‘

Cria-t-elle finalement, la gorge serrée et les larmes qui perlaient sur ses joues. Dorguan fut secoué et lâcha quelques secondes son regard en colère pour être surpris. Cela ne dura qu’un temps, car il lui asséna une gifle si violente qu’elle tomba assise sur le sol. Une main sur la joue, les yeux ronds et humides, Vaënadiel fixait le vide en tentant de comprendre ce qui venait de se passer. Elle se fit soulever une seconde fois, ses pieds ne touchant même plus le sol et une pression douloureuse entourant de nouveau ses bras. La jeune femme parvint à reprendre son sang froid et hurla aussi fort qu’elle le pouvait :

‘‘ À L’AIDE ! ‘‘

Eira fut si surpris de la réaction de sa fille qu’il le perçut comme une trahison de sa part et la poussa brusquement au sol. Mais ce qui arriva ne fut pas ce qu’il escomptait ... la tête de sa fille avait heurté un rocher de petite taille, camouflé par la neige et le sang commençait à teindre la neige d’un liquide pourpre.

‘‘ Vaë ... ? ‘‘

Il n’eut même pas le temps de s’approcher qu’une lame siffla à côté de sa tête. Mais qu’est-ce que ... ?!


Dernière édition par Vaënadiel Eira le Sam 17 Nov 2012 - 22:56, édité 4 fois
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Liam Kreiss



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Fiche de Personnage : Ma vie...

Histoire de Personnage :
L'inconnu
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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 20:35


Assis sur son lit, Liam aiguisait sa lame d'un geste nonchalant et machinal. La lame brillait, étincelait à la lumière des flammes qui dansaient dans la cheminée.
Cela faisait deux jours qu'il était arrivé dans ce petit village au pied des montagnes. Il s'était installé dans l'auberge, louant une petite chambre, la moins chère pour ne pas gaspiller. Son cheval était dans l'écurie, bien au chaud, dorloté comme il se devait. Liam repensait souvent à sa famille. A sa mère, son père, sa sœur…cela allait faire deux ans qu'il les avait quitté.

Deux longues années où il leur avait envoyé régulièrement des lettres auxquelles il avait de temps en temps reçu une réponse, quand le coursier arrivait à le trouver. Il leur manquait, comme il s'en était douté. Eux aussi lui manquaient atrocement. Mais il avait vécu tant de choses qu'il ne regrettait pas d'être parti. Il avait visité les plus grandes villes en-dehors de Beolan, avait rencontré toutes sortes de gens, du plus vil au plus loyal. Il avait pu admirer toutes sortes de merveilles de la nature, des paysages sur lesquels il s'était arrêté une dizaine de minutes avant de parvenir à détacher son regard de l'astre diurne se reflétant sur la cime des arbres, les oiseaux volant avec grâce et légèreté au milieu de toute cette agitation humaine.

Il soupira en reposant son outil pour contempler son épée. Elle était sa fierté depuis qu'il l'avait reçue de son père, pour ses dix-huit ans. Sa lame avait déjà fait couler énormément de sang. Bien trop à son goût, mais Liam n'était pas le genre d'homme à ce laisser attaquer impunément ni même a regarder des gens innocents périr sans rien faire pour les aider et les sauver.

Au cours de son périple, il avait appris de nouvelles techniques de combat, s'était encore amélioré et avait gagné une certaine confiance en lui. Confiance réduite parce qu'en dehors des affrontements, il redevenait le petit garçon timide, réservé et solitaire de toujours. Son Arc quant à lui était posé contre l'armoire, avec son carquois. Il ne s'en servait que pour chasser. Rares avaient été les fois ou il s'en était servi pour se défendre. Pour lui, sa lame faisait partie intégrante de son bras. L'Arc, même s'il ressentait les vibrations de la corde, comme disait sa mère, n'était pas aussi "obéissant" à sa volonté.

Il avait hâte de rentrer et de montrer à ses parents qu'il avait réussis. Qu'il avait grandi. Et il voulait savoir ce que devenait sa sœur. Dans les lettres, ses parents lui avaient juste dit qu'Elayne étudiait énormément. Il n'était plus aussi porté sur les études. Défendre les gens, leur redonner le sourire, aider, voilà ce qu'il savait faire le mieux. Et, inconsciemment, il espérait séduire une femme. Il n'avait jamais réussis à en approcher une, il détalait toujours avant. Il n'osait pas, avait trop peur de paraître idiot. Même si son père lui avait dit qu'il fallait rester naturel, que lui aussi s'était embrouillé lors de ses débuts avec sa mère, Liam ne parvenait pas à rester "naturel" devant une femme. Et pourtant, en sillonnant les auberges, il en avait vu, des hommes qui venaient naturellement aux tables des belles demoiselles, qui leur parlaient avec un sourire aguicheur et qui remontaient dans leur chambre avec elle pour une belle nuit à deux. Liam était sidéré aussi par ce genre d'attitude. Pour lui, une femme avait droit au respect de l'homme. A sa protection. Et non à être considérée comme un objet de jouissance pour une nuit et ensuite plus rien. Alors il avait arrêté de jouer les idiots.

Cela viendrait avec le temps. Son père le lui avait dit aussi : "l'amour ne se commande pas et on ne choisit pas la personne dont on tombe amoureux". Et, ce conseil en tête, il avait décidé que, si une femme devait tomber amoureux de lui, et lui d'elle bien sûr, il ferait tout pour la défendre et la protéger, quitte à mourir et il ferait en sorte de la rendre heureuse à tous les niveaux. Comme son père l'avait fait avec sa mère. Et oui, il connaissait leur histoire ! Son père, devant le flot de questions de son fils, n'avait pas eu d'autre choix que de raconter leur rencontre et toutes les péripéties qui allaient avec pour lui faire comprendre ce qu'il voulait dire.

Se relevant, il mit son arme dans son fourreau qui pendait entre ses épaules, s'étira et décida d'aller se promener un peu. Il faisait jour et il ne neigeait plus, ou alors très peu. S'emmitouflant dans son manteau de fourrure, Liam sortit de la chambre, laissant son sac et son Arc dedans. Il ferma à clé et descendit dans la salle commune, passant entre les tables en silence pour sortir.

Dehors, il inspira un grand coup l'air frais et humide des montagnes. Le village était petit, et servait principalement d'escale pour les téméraires qui comptaient visiter les pics neigeux. Liam avait hésité, mais finalement, son envie de rentrer en un seul morceau à Beolan l'avait emporté. Et puis, il valait mieux être accompagné pour ce genre d'aventure, hors il n'avait pas lié beaucoup de relation durant son voyage. Pas de relation durable en tout cas.

Quoiqu'il en soit, notre jeune homme commença à marcher dans les petites rues, profitant de la journée calme. La morsure de l'hiver ne l'atteignait qu'au visage, seule partie de son corps à découvert. Les quelques flocons qui tombaient encore s'étalaient sur ses cheveux noirs en bataille. Il aimait bien les laisser libres et ne pas les coiffer, au grand comble de sa mère qui s'était insurgée : "voyons ! Tes cheveux sont relativement simples à coiffer !"

Il sourit, s'attirant les yeux ronds des quelques passants. Il marcha jusqu'à être proche de cette pente qui marquait le début des montagnes et la fin du village lorsqu'il entendit :

-A L'AIDE !

Il fronça les sourcils, stoppant net sa marche et, aussi rapide qu'il pouvait avec la couche de neige et les passants, il se fraya un chemin jusqu'à l'endroit du cri. Un endroit assez isolé, aux abords du village. Il s'arrêta, un nuage blanc se formant à chaque respiration et observa la scène. Un homme tenait une jeune femme par les bras, la secouant comme pour lui remettre les idées en place. En retrait, un second homme reprenait son souffle. Ils étaient vêtus de peaux, de la tête aux pieds. Il n'avait jamais vu ce genre de personne, mais son sang ne fît qu'un tour lorsque le premier individu poussa la jeune femme qui s'écroula, inconsciente. Liam s'approcha en silence, sortant son épée, tandis que l'homme se penchait vers la femme. Liam vit nettement le sang qui s'écoulait sur la neige. Elle avait dût heurter une caillasse camouflée par la neige. Mais l'homme ne put s'approcher d'avantage. Liam avait fait virevolter sa lame, passant à quelques millimètres de son oreille. Sursautant, l'homme se redressa et recula d'un pas en voyant l'épée. Le second homme était tout aussi pétrifié et n'osait pas bouger. Liam les avait tous deux à l'œil.

Il se plaça entre le corps de l'inconsciente et les deux agresseurs, le visage marqué par la colère et la détermination. Il n'acceptait pas ce genre de comportement.

-Ne la touchez pas !

Le premier homme le regarda, surpris, et finit par dire :

-Qui es-tu pour nous donner des ordres ?

-Tu n'as pas à connaître mon nom. File avec ton copain avant que je ne vous tranche la tête !

Liam avança un peu plus, jouant du poignet pour montrer qu'il savait ce servir d'une lame et qu'il n'hésiterait pas le moins du monde.

-Tu le regretteras. Crois-moi.

Liam resta silencieux et les regarda s'éloigner, prenant leurs jambes à leur cou. Le regretter ? Il faudra d'abord qu'ils retrouvent sa trace. Et Liam ne se laissait pas pister aisément. Sûr qu'il n'y avait plus de danger, il rengaina sa lame et s'approcha de la jeune femme. Elle était toujours inconsciente. Ses cheveux étaient aussi blancs que la neige étalée sur le sol. Elle était vêtue de vêtements masculins et en écartant la chemise, il vit les mêmes vêtements fait de peaux que les hommes. Il ne comprenait rien, mais pour l'heure il devait la soigner. Elle s'était méchamment cognée à la tête et le froid n'arrangerait rien.

Passant une main autour de sa nuque et l'autre dans le creux de ses genoux, il la souleva de terre facilement. Elle était tellement légère aussi…Il se fraya un chemin de retour jusqu'à son auberge, suscitant la curiosité des passants. Mais il s'en fichait. Il s'engouffra dans la salle commune, les poivrots sifflant sur son passage, croyant à une nouvelle conquête. Les ignorant, il grimpa les marches quatre à quatre et ouvrit sa chambre lentement avec sa clé, faisant attention à ne pas faire tomber la blessée.

A l'intérieur, il la coucha délicatement sur le lit, tournant sa tête sur le côté pour voir la blessure. Heureusement, ça n'avait pas l'air trop grave, la neige avait tout de même amorti quelques peu. Cherchant son sac, il agrippa un produit qui désinfecterait et des bouts de tissus pour arrêter le sang. Il écarta quelques mèches de cheveux échappées du chignon et étala le produit sur la blessure. Délicatement, comme sa mère lui avait appris, il tamponna pour stopper l'écoulement sanguin avant de mettre une sorte de pansement léger. Elle ne le sentirait même pas. En fait, c'était juste pour qu'elle ne salisse pas sa peau ou ses vêtements.

Replaçant sa tête droite avec douceur, espérant que ses mains n'étaient pas trop froides malgré les gants et gantelets qu'il avait à l'extérieur et retirés à l'intérieur, il entreprit de lui retirer une couche de vêtement. Sinon elle allait avoir bien trop chaud. Il enleva principalement les vêtements d'hommes qu'elle avait, lui laissant les peaux de bêtes. Sans la couche d'habits, elle était bien plus fine.

Il espérait qu'elle se réveillerait rapidement. Il était curieux de nature et voulait savoir ce qu'il se passait, qui étaient ses deux hommes, lui proposer son aide si possible. En plus, les deux hommes lui avaient dit qu'ils le retrouveraient et qu'il allait le regretter. Et Liam les attendaient de pied ferme.

On ne s'en prenait pas à une jeune femme devant lui sans en payer les conséquences, même s'il ignorait dans quoi il s'embarquait présentement…
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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 20:40

L’inconnu

Dorguan s’était reculé vivement après que la lame se fut éloignée de lui pour laisser place à une silhouette aussi noire que la nuit. Un inconnu s’était interposé entre eux et sa fille qui gisait inconsciente de l’autre côté. Elle semblait aussi inerte que le manteau blanc sur lequel elle reposait. L’inquiétude s’emparait de lui, se changeant bien rapidement en colère lorsque les mots du guerrier vinrent à ses oreilles.

‘‘ Ne la touchez pas ! ‘‘

Qu-quoi ?! Mais pour qui se prenait-il celui-là ? Il était apparu d’il ne savait où et l’avait empêcher de voir l’état dans lequel il avait mis la plus jeune de ses enfants. Ses poings se serrèrent et sa mâchoire se crispa d’un coup.

‘‘ Qui es-tu pour nous donner des ordres ? ‘‘ Lança Dorguan en colère.

‘‘ Tu n’as pas à connaître mon nom. File avec ton copain avant que je ne vous tranche la tête ! ‘‘

Eh bien, ce jeune avait du culot ! Il osait garder la tête haute devant deux hommes dont il ignorait tout, mais le chef de tribu ne pouvait se cacher que leur épuisement était très perceptible. Dryell venait à peine de reprendre son souffle alors que lui respirait profondément. Dorguan fronça les sourcils, jetant un dernier coup d’oeil en direction de Vaënadiel qui n’avait toujours pas bougé et fit quelques pas derrière.

‘‘ Tu le regretteras. Crois-moi. ‘‘

Eira posa une main sur l’épaule de Kawa qui allait prendre sa hachette et foncé vers leur assaillant, mais celui-ci dut se contenter d’obéir et les deux grands hommes fuirent dans la forêt pour disparaître entre les troncs. Ils resteraient près et surveilleraient... au bon moment, ce jeunot le paierait de sa vie ...

Non loin de deux bonnes heures s’écoulèrent avant que la druidesse ne commence à gigoter dans le lit de cette pièce chaude. Ses sourcils se froncèrent légèrement, mimant une grimace puis son visage prit alors un air triste alors qu’il commençait tout juste à s’adoucir. Une main se leva vers son visage pour le cacher et elle murmura d’un ton faible et à peine perceptible:

‘‘ ...P...apa .. ‘‘

Des larmes s’échappèrent de ses yeux, coulant doucement sur ses joues pâles et réchauffées par la chaleur de la chambre. Ses paupières commencèrent à s’ouvrirent, permettant à sa vue de s’ajuster lentement. Se tournant sur le côté, Vaë commençait à reprendre connaissance et elle put enfin voir convenablement. Son regard s’arrêta sur la partie des couvertures qui se tenaient entre ses doigts puis baissèrent pour tomber sur un homme... un ... un ... un homme ?! La jeune femme se redressa à une telle vitesse qu’elle tomba en bas du lit, à l’opposé de l’emplacement de l’inconnu qu’elle n’avait pas pris le temps de regarder. Ses mains et ses pieds touchaient le plancher et elle s’accula contre le mur les yeux ronds, regardant partout pour trouver la sortie de cette étrange pièce. Là, là bas ... derrière l’homme. Il y avait une porte ! Il fallait qu’elle l’approche sans se faire prendre ... peut-être avait-il l’intention de la faire rôtir ?!

‘‘ Arki a meinn skiuuth ! (Je ... ne suis pas comestible!) ‘‘

Paniquée à cette pensée, sa poitrine se soulevait rapidement et son souffle se faisait court. À quatre pattes, elle contourna l’étranger qui tentait de l’approcher et de lui parler, mais son coeur battait tellement fort qu’elle n’entendait rien d’autre. Celui-ci avait vu vers où elle se dirigeait et lui bloqua le passage, tentant de nouveau de lui parler. Jamais Vaë n’avait levé les yeux pour voir son visage, ni même avait elle essayé de comprendre ce qu’il lui disait. La seule issue bloquée, la jeune femme se faufila sous le lit, ramassa ses bras et ses jambes qu’elle colla contre elle. Ses bras entouraient sa tête, comme si elle tentait de se protéger d’un quelconque agresseur. L’étranger posa alors les genoux au sol et se pencha afin de la voir, mais elle s’entêtait à ne pas lever les yeux. Elle cria alors :

‘‘ Menaah Irdiel ahk ieth ! (Éloigne-toi de moi !)’’

Sa respiration se faisait de plus en plus rapide, mais il fallait qu’elle se ressaisisse. S’il lui avait voulu du mal, il lui aurait déjà tiré les pieds pour la sortir d’en dessous du lit ou aurait renversé le grand meuble pour la démunir de sa cachette, or, il n’avait rien fait.

~ Vaë ... calme-toi ... respire... respire... ~

La jeune femme dut prendre de grandes respirations pour enfin reprendre son sang-froid. Elle tremblait ... et venait tout juste de s’en rendre compte. Sa gorge était serrée et ses yeux pleuraient sans qu’elle en ait le contrôle. Elle mit de longues minutes avant de se calmer et la voix de l’inconnu qui l’avait amené ici se rendit enfin jusqu’à ses oreilles. Il ... ne lui voulait pas de mal ? Pas de mal ... elle n’avait donc pas à ...avoir peur de lui, un homme vivant en bas ?

Vaënadiel leva son regard bleu-vert pour la première fois vers celui-ci, mais resta silencieuse et détourna le regard. Tout ce qu’elle avait vu était une masse noire dont l’ombre cachait les traits du visage de celui-ci. D’ailleurs, il s’était relevé et s’était éloigné. Une autre dizaine de minutes s’écoula avant qu’elle ne rampe au sol pour sortir de sa cachette, prenant appuis sur le bord du lit pour se redresser sur ses jambes faibles et tremblantes. Elle fit face à la porte, la regarda longuement puis impulsivement, elle enjamba le matelas avec désespoir, ouvrit la porte et s’étala de tout son long dans le couloir. Quelle idiote ! Elle n’arrivait même plus à tenir sur ses jambes ! Découragée, elle colla son front contre le plancher de bois froid, sous les yeux d’un voyageur étonné qui l’enjamba pour descendre à l’étage. On l’aida alors à se redresser, doucement, en le soulevant de terre et puis elle fut ramenée dans la chambre où on l’asseya sur le lit. Jusque-là, elle n’avait pas vu celui qui l’avait aidé après la dispute avec son père ... d’ailleurs, où était-il maintenant ?

Ce que sa tête pouvait lui faire mal ! Elle avait l’impression qu’elle allait exploser tellement la pression était haute. Grimaçant, Vaë porta une main et se heurta à un léger pansement ... ses cheveux... quelques mèches étaient rouges et sèchent. Du sang ?

‘‘ ... J’ai ... mal au fond de cheveux ... ‘‘

Oui, son cuir chevelu élançait, car rares étaient les fois où elle attachait ses cheveux. Du coup, elle comprenait pourquoi son mal de crâne était amplifié ! Elle entreprit donc de dénouer ses cheveux et les ramena vers l’avant, les caressant nerveusement. L’étranger s’agenouilla par terre, devant elle et c’est là qu’elle leva les yeux vers lui pour la deuxième fois sauf que maintenant, aucune ombre ne cachait l’homme. La peau de celui-ci était plus basanée que la sienne et son visage était encadré par des cheveux noirs comme le plumage des corbeaux et des yeux ressemblant au soleil. Ses traits étaient fins, mais masculins ... il ...était ...

‘‘ Beau... ‘‘

Mais qu’est-ce qu’elle venait de dire là !? Ses joues se gonflèrent, devenaient rouge puis elle voulu se reprendre aussitôt :

‘‘ Vous êtes beau-coup plus grand que moi ! ‘‘

~ Espèce d’idiote ! ~

Vaënadiel soupira et cacha son visage dans sa fourrure capillaire pour cacher sa gêne, malgré les tremblements qui la secouaient toujours autant. De plus, son ventre criait famine comme jamais, n’améliorant pas sa situation.

‘‘ Qui êtes-vous ... ? Qu’est-ce que je fais ici ... ? ‘‘

Sous le coup de la panique, elle avait parlé dans son langage natal au tout début et avait repris la langue des hommes communs afin de savoir s’il la comprendrait. La druidesse avait sorti son regard de cette vague de cheveux blancs, attendant une réponse à ses questions.



Dernière édition par Vaënadiel Eira le Dim 18 Nov 2012 - 5:51, édité 1 fois
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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 20:46


Liam avait tout rangé et avait vérifié que les inconnus ne rôdaient pas en contre bas avant de retourner s'asseoir sur le bord du lit, attendant patiemment que la jeune femme se réveille. Il la regarda légèrement plus, admirant ses traits fins qui lui donnaient un visage particulièrement beau à regarder. Il se sentit rougir rien qu'en pensant à cela et se morigéna. Elle était blessée et dans le besoin, et lui devait l'aider et la protéger. Il attendit donc et deux heures s'écoulèrent durant lesquelles il commanda deux repas bien chauds.

Alors qu'il réfléchissait à la situation, il sentit les couvertures bouger légèrement et il tourna la tête pour voir le visage de l'inconnue se plisser en grimaces avant de devenir triste. Il fronça les sourcils, n'osant pas s'approcher pour voir s'il pouvait la réconforter. Il ne savait pas comment elle réagirait. Elle se cacha le visage entre ses mains, ses lèvres se mirent à bouger mais Liam ne comprit pas ce qu'elle dit. Et soudain des larmes se créèrent pour couler lentement sur ses joues pâles, sans que le jeune homme n'esquisse le moindre geste, trop timide pour oser faire quoique ce soit qui aurait pu traumatiser encore plus la jeune femme.

Il resta donc immobile et parfaitement calme alors qu'elle clignait des yeux pour se réveiller complètement et qu'elle analysait la pièce. Elle commença par voir les draps qu'elle tenait dans sa main puis son regard tomba sur lui. Un beau regard couleur vert d'eau, qui allait magnifiquement bien avec son teint et ses cheveux…

Elle le regarda donc brièvement avant de se redresser brusquement, réussissant à tomber de l'autre côté du lit. Liam se leva rapidement pour aller l'aider à se relever et vérifier qu'elle n'avait rien, lorsqu'il la vit s'acculer dos au mur en analysant la pièce, comme un animal en cage qui cherchait une sortie. Elle ouvrit la bouche et parla à toute vitesse, mais Liam ne comprit rien. C'était une langue inconnue de lui et il ne sut pas comment réagir.

Il avança lentement, pour ne pas la brusquer, cherchant quelque chose d'un peu intelligent à dire, lorsqu'elle commença à le contourner. Et il vit très bien ou elle voulait aller. La porte. Mais si elle sortait elle se perdrait. Il enjamba donc la distance en quelques pas et lui bloqua la sortie. Il ne voulait pas qu'elle croie qu'il était méchant ou qu'il lui voulait du mal. Mais elle ne semblait pas connaître le lieu ni rien de l'endroit ou elle se trouvait, et dehors elle serait sans défense. Surtout sur ses poursuivants traînaient dans les parages.

Il était devant la porte et elle tremblait, recroquevillée au sol, ne levant pas le visage vers lui. Pourtant si elle le faisait, elle verrait qu'il n'avait rien de cruel ou de méchant…Alors elle se faufila sous le lit rapidement, se masquant à sa vue. Il se rapprocha et s'agenouilla, penchant le buste en avant pour avoir une vision du dessous de lui, même de biais. Elle était complètement paniquée, les bras autour de la tête comme pour se défendre. Il ouvrit la bouche pour la rassurer mais elle hurla à nouveau dans cette langue incompréhensible pour lui. Il resta agenouillé, cherchant un quelconque moyen de l'aider, de la calmer, mais rien ne venait. Alors, maladroitement, il dit :

-N'ayez pas peur…je ne vous veux aucun mal…

Il ne bougea pas et d'un coup il la vit relever le visage et vit ses yeux briller alors qu'elle regardait pour la première fois dans sa direction. Il lui sourit, se voulant rassurant mais peut-être ne le voyait-elle pas avec l'obscurité régnante. Alors, ne voulant pas être un poids et commençant à avoir mal aux genoux il se redressa en silence, s'asseyant sur l'unique chaise de la chambre, près de la fenêtre.

Liam soupira longuement, perdu dans ses pensées. Qui était-elle ? D'où venait-elle ? Qui étaient les deux hommes qui l'avaient pourchassée ? Comment allait-il l'aider ? Et, devait-il prendre au sérieux les menaces desdits hommes ?

Il perçut lointainement la soudaine activité de son invitée. Elle sortit de son terrier, enjamba le lit d'un bond et ouvrit la porte à la volée alors qu'il s'était à peine levé de sa chaise. Elle s'écroula au sol dans un bruit lourd et il se précipita jusqu'à elle. Un client de l'auberge l'enjamba en la regardant étrangement. Elle était allongée au sol sans manifester la moindre envie de se relever alors Liam s'accroupi et l'agrippa aux bras, l'aidant à se redresser puis la soulevant et l'assit sur le lit tendrement pour ne pas l'effrayer.

Il se recula et referma la porte avant de se retourner vers elle. Elle avait levé une main sur sa tête, fronçant les sourcils lorsqu'elle tomba sur le pansement et le sang séché.

-…J'ai…mal au fond des cheveux…

Il fronça les sourcils devant cette tournure maladroite. Ce devait être une sorte de traduction de sa propre langue vers la sienne. Elle dénoua ses cheveux et les laissa cascader le long de ses épaules, jouant nerveusement avec une de ses mèches. Il était subjugué par son geste nerveux, par ses cheveux neigeux qui ondulaient, par son regard aqua, malgré la panique qui s'y lisait. Il s'avança et s'agenouilla pour se mettre à sa hauteur. Elle était petite naturellement comparée à lui et en plus elle était assise sur le lit. Il s'agenouilla donc, gardant une distance respectable pour qu'elle ne se sente pas menacée.

-Beau…

Il écarquilla les yeux, n'en croyant pas ses oreilles. Il crut même avoir mal entendu. Elle rougit automatiquement en déclarant :

-Vous êtes beaucoup plus grand que moi !

Il sourit. Oui il était bien plus grand. Une bonne trentaine de centimètre en plus, à vue de nez. Toujours rouge, elle se cacha le visage avec ses cheveux en soupirant. Il entendit le ventre de son invitée grogner atrocement. Mais le repas n'arriverait que quelques minutes plus tard…

-Qui êtes-vous…? Qu'est-ce que je fais ici…?

Elle avait traduit et il était content de pouvoir comprendre et surtout de savoir qu'elle connaissait sa langue. Elle releva le regard vers lui et il lui sourit mais n'eut pas le temps de répondre que l'on toquait à la porte.

La rassurant d'une main en voyant qu'elle recommençait à paniquer, il se leva et alla ouvrir. C'était le tavernier, avec un plateau-repas. Il le prit et le remercia avant de refermer la porte et de revenir près du lit. Il posa délicatement le plateau à côté d'elle, retirant le tissu qui le couvrait pour maintenir les plats au chaud. Il y avait un bol de soupe, une assiette de viande de bœuf avec des légumes et une tarte faite maison. Le tout en double, pour lui et elle. Il lui montra les couverts et le plat et lui dit :

-Mange, cela va te réchauffer et te redonner des forces.

Il n'oubliait pas les questions qu'elle avait posées auparavant, mais il voulait d'abord qu'elle se sustente. Il mangea, pour lui montrer comment faire, mais elle semblait attendre les réponses avant toute chose, à moins qu'elle se méfiait de la nourriture.

-Je m'appelle Liam. J'ai…j'ai éloigné les deux hommes qui vous avait agressée. Je…vous aie ramenée ici…

Il la regarda, le cœur battant la chamade et le rouge lui montant aux joues. Il se sentait horriblement maladroit.

-Je ne vous veux aucun mal. Soyez-en sûre.

Il lui sourit en coin, pour la rassurer. Il mangea une bouchée supplémentaire, l'incitant du geste à faire de même. Il espérait avoir bien répondu…et surtout qu'elle ait compris…
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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 21:33

Quel étrange monde ...

Comprenait-il ce qu’elle disait ? La seule qu’il fit était de lui offrir un sourire. Oh, il allait ouvrir la bouche, mais il y eut un son sur la porte qui fit sursauter Vaënadiel. Son coeur se remit à battre fortement dans sa poitrine alors que le jeune homme avait posé une main sur son épaule pour la rassurer et s’était levé pour aller répondre. Un homme de forte carrure se tenait devant l’embrasure de la porte; sans cheveux, mais arborant une longue barbe poivre et sel, tressée à son menton. Celui-ci lui tendait quelque chose qui était recouvert d’un tissu. La porte fut refermée et ce qui semblait être un guerrier revint vers elle, déposant ce truc rectangulaire à côté d’elle.

Ce que ça pouvait sentir bon! Son ventre se tordait dans tous les sens tellement elle avait faim, mais son enthousiasme fut vit dissipé en voyant les choses étranges qui se trouvaient dans les couverts. Le liquide ressemblait à un ragoût, mais beaucoup plus claire. Le reste était de la viande en toute logique sauf que ce truc rond et beige la porta à se questionner. Elle arqua un sourcil, lâchant sa longue chevelure pour admirer le contenu du plateau.

‘‘ Mange, cela va te réchauffer et te redonner des forces. ‘‘

Il ne s’en priverait pas. Ça non, mais ... elle ne savait pas ce que c’était. D’abord, elle désirait avoir des réponses à ses questions alors ses yeux aqua se posèrent de nouveau sur celui qui l’avait recueillit depuis l’intercation entre elle et son père. Son interlocuteur avait déjà commencé à manger, avec d’étranges outils d’ailleurs. Qu’est-ce que cela pouvait être bien être ?

‘‘ Je m’appelle Liam. J’ai…j’ai éloigné les deux hommes qui vous avaient agressée. Je…vous ai ramenée ici… ‘‘

Il la regarda, le coeur battant la chamade et le rouge lui montant aux joues. Il se sentait horriblement maladroit.

Liam ... quel nom étrange, mais charmant. Alors, c’était lui qui les avait fait fuir ? Seulement fuir ? Voilà qui la rassurait malgré les gestes qu’avait posés son paternel envers elle. Vaënadiel avait légèrement baissé les yeux, pensive alors que le jeune homme voulu la rassurer. Son regard croisa de nouveau le sien qui était assez étrange de par cette couleur vive et brillante.

‘‘ Je ne vous veux aucun mal. Soyez-en sûre. ‘‘

Sur un sourire en coin, la laissant quelque peu surprise, il continua à manger. Voilà qui était une bonne idée si elle voulait faire taire son ventre une bonne fois pour toutes. Baissant la tête sur ce qui semblait être son repas pour ensuite apercevoir d’étranges petits objets taillés sur la longueur. L’un avait un bout ovale, légèrement courbé vers l’intérieur alors que l’autre avait cinq dents allongées et droites. Les prenant délicatement de ses deux mains pour les mettre dans les airs devant son visage, Vaënadiel les analysant en les tournant dans tous les sens pour ensuite observer Liam qui mangeait en silence. Celui-ci ne tarda pas à se sentir regardé. Gênée, la druidesse redressa son dos et cessa sa séance de dévisagement pour tenter de l’imiter. Le problème c’est qu’elle ne savait pas comment prendre les objets alors elle prit le bol de ses mains et entreprit de gouter la soupe chaude d’une seule petite gorgée. Elle l’éloigna de ses lèvres pour prendre le temps d’y goûter et avala le reste comme une affamée avant même que Liam n’eût terminé la sienne. Déjà, la jeune femme picorait la viande avec la cuillère en fronçant les sourcils. Le jeune homme dut lui désigner la fourchette et lui montrer comment piquer la viande. Trop impatiente, elle mangea avec ses mains sous le regard ébahi de son voisin.

‘‘ Je fais ... quelque chose de mal ? ‘‘ Demanda t-elle, soudainement mal à l’aise.

Pourtant, chez elle, on mangeait tout avec les mains. Il ne leur restait plus qu’à se laver les mains avec l’eau de montagne qu’ils recueillaient les jours de soleil après chaque repas. Ce n’était pas la même chose ici apparemment, mais Liam lui fit comprendre par le regard que ce n’était pas grave, que ça allait. Rassurée, elle lui fit un sourire et partit à l’exploration du gros truc appelé tarte. Tout d’abord, Vaë avait approché son visage de ce bidule qui sentait affreusement bon et le toucha du bout du doigt avant d’y faire un trou. Il y avait un liquide foncé qui s’en écoulait et qui avait taché son doigt. Reniflant, elle trouva l’odeur sucrée et goûtant du bout de la langue, incertaine.

‘‘ Hmmmm ! C’est quoi ce machin ? Ça ... se mange comment ? ‘‘

La jeune femme avait l’impression de poser des questions complètement stupides ou de paraître pour une inculte de première classe, ce qu’elle était ... elle ne pouvait se le cacher, mais le jeune voulut bien lui montrer comment on s’y prenait avec la fameuse tarte. D’abord, il lui montra la cuillère et lui montra comment la tenir en plaçant l’ustensile dans sa main qu’il avait prise avec délicatesse. Ses mains étaient chaudes et ... la fit rougir tellement elle était embarrassée par ce contact. Sans plus attendre, après cette leçon, la jeune femme se lança à l’attaque de son dessert qu’elle engloutit avant même que Liam n’eût terminé. Pendant qu’il terminait, elle inspecta la pièce des yeux. Celle-ci était plutôt sombre et très peu éclairée. Il y avait un lit, une petite armoire assez étrange et un tabouret à quatre pattes qui se trouvait près d’un trou carré protégé par un truc translucide et dur. Dans un coin, se trouvait un énorme objet, creusé et blanc qui se tenait sur quatre pattes elle aussi (la baignoire). À côté se trouvait un rideau solide à trois volets (un paravent). Servait-il à cacher cette grosse chose blanche ?

Reportant son attention sur Liam, elle l’observait avec curiosité alors qu’il mangeait. Ses vêtements aussi étaient étranges. Cela lui faisait penser ...

‘‘ Mon père, va-t-il bien ? ‘‘

Elle ne manqua pas le regard interrogateur que le jeune homme lui porta, les sourcils froncés. Ainsi, il avait l’air sévère, mais l’incompréhension se lisait dans ses yeux. Vaë soupira et s’asseya en tailleur sur le lit à une certaine distance du jeune homme. Elle baissa les yeux et commença à glisser ses doigts entre ses longs cheveux, pensive.

‘‘ Les deux hommes que tu as repoussés ... le plus grand, celui qui avait la chevelure blanche et les yeux aqua, c’est mon père ... ‘‘

Avait-il réagi? Elle ne savait pas, car elle ne le regardait pas, mais il devait trouver étrange qu’un père malmène ainsi sa progéniture. La druidesse ne releva pas la tête et ferma les yeux un moment avant de continuer à parler d’un timbre de voix plus bas. Son visage était triste et chamboulé ... à vrai dire, elle ne savait plus quoi faire maintenant sans envenimer encore plus la situation. Sans le savoir, Liam s’était attiré la fureur de Dorguan, elle le sentait au plus profond de son âme, et ce, par sa faute.

‘‘ J’ai ... fui mon village la nuit dernière, car je n’ai pas voulu m’unir à l’autre individu que tu as vu. Tout ça pour une alliance entre deux tribus... pour sa prospérité. Sauf qu’en agissant ainsi sans réfléchir, je me retrouve devant une falaise ... Je ... ne sais pas quoi faire, ni même où aller. Je ne connais rien mis à part mon village, ma tribu et les montagnes. ''

Vaënadiel leva son regard azur vers Liam, voyant tant de questionnement dans son regard. Elle lui fit un faible sourire en coin. Elle se sentait devenir très nerveuse soudainement ... c’était plus fort qu’elle, mais elle devait parler, dire quelque chose.

‘‘ Comment appelle-t-on une chauve-souris qui a des cheveux ? ‘‘

Demanda t’elle alors qu’elle eut droit à un froncement de sourcil.

‘‘ ... Une souris. ‘‘

Aussitôt après, elle se donna un cou de paume de main dans le front et prit un oreiller pour se cacher le visage tellement elle était rouge de honte. À tous les coups, sentant la nervosité à son summum, la druidesse racontait ses blagues idiotes et nulles à chier. Oui, elle était comme ça. En plus d’être empotée comme la vue des pattes d’un canard en dessous de l’eau, et avait un sens de l’humour complètement mauvais. Un soupir s’échappa donc de ses poumons alors que son visage restait enfoncé dans le moelleux de l’appui-tête.

‘‘ Vous auriez dû les laisser me ramener ... ‘‘ Finit-elle par dire, la mine dépitée.



Dernière édition par Vaënadiel Eira le Dim 18 Nov 2012 - 5:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 21:39


Liam avala une cuillérée de soupe alors que son invitée observait les couverts. Elle les avait pris en main, les tenant entre ses doigts devant son visage pour les analyser. Il remplit à nouveau sa cuillère et la mit en bouche, se sentant d'un coup…regardé. Non. Observé plutôt. Il leva juste les yeux pour voir l'inconnue détourner rapidement le regard, s'empourprant automatiquement. Elle redressa le buste et prit le bol chaud entre ses mains, y trempant les lèvres d'un coup. Il voulut lui dire de ralentir, qu'elle allait se brûler, mais n'en eut pas le temps. Elle sembla aimer le breuvage et but le reste d'une traite, alors que lui n'en était qu'à la moitié. Ses épaules s'affaissèrent d'incompréhension devant ce spectacle pour le moins inhabituel. Il sourit en coin lorsqu'il la vit tenter de piquer un bout de viande avec la cuillère et lui désigna la fourchette d'une main.

Mais elle ne s'en préoccupa pas. Elle prit les bouts de viande en main, les mangeant d'un trait, comme ça. Il haussa les sourcils, surpris par cette façon de manger. Et elle dut le ressentir, car elle dit, mal à l'aise :

-Je fais ... quelque chose de mal ?

Il la regarda et lui fît signe que tout allait bien. Elle ne faisait rien de mal à proprement parlé, elle agissait juste différemment de tout ce qu'il avait appris. Elle sembla d'un coup rassurée et alors qu'il mangeait sa viande, elle observa la tarte qui était la seule chose encore présente sur son plateau. Elle la renifla à la manière d'un chien, ses narines se dilatant sous l'odeur qui s'en dégageait. Elle l'effleura du doigt puis y fît un trou, son doigt se recouvrant de chocolat. Elle sentit le liquide et goûta prudemment avant de s'exclamer :

-Hmmmm ! C’est quoi ce machin ? Ça ... se mange comment ?

Il sourit en disant :

-C'est du chocolat. On en trouve sous toutes les formes. Je vous ferais goûter si vous voulez.

Enfin…si elle restait. Il la voyait mal livrée à elle-même dans la rue en fait, et c'était promis de l'aider du mieux qu'il pouvait. Et Liam était un homme de parole. Son père y avait veillé au grain.
Elle était impatiente de manger la tarte et il lui montra la cuillère avant de la prendre dans sa main. De l'autre, il agrippa celle de la jeune femme, y plaçant l'outil convenablement. Sa peau était fraîche et douce par rapport à la sienne, chaude et rugueuse à cause du cuir des rênes ou de l'épée. Il déglutit, rougissant encore mais tentant de le masquer alors qu'elle mangeait avec avidité son dessert.

Elle avait déjà finit qu'il le commençait à peine. Il mangea rapidement, la laissant se détendre et observer le lieu ou elle se trouvait. Elle semblait ne jamais avoir vu un tel endroit. Tout lui paraissait inconnu. C'était étrange…mais Liam ne cherchait pas. Si elle voulait lui dire, elle parlerait, sinon, il l'aiderait sans chercher à en savoir plus. Il savait que la confiance se donnait difficilement dans le Royaume alors il pouvait comprendre qu'elle ne veuille pas se livrer ainsi à un pur inconnu, surtout qu'il l'effrayait.

Il termina son repas alors qu'elle disait :

-Mon père, va-t-il bien ?

Il la regarda, fronçant les sourcils. Son…père ? Avait-il bien entendu ? Comment pouvait-il savoir comment allait son père ? Il ne la connaissait pas ! Ne savait même pas comment elle se prénommait.

Il ne comprenait pas, la faisant soupirer. D'un geste, elle s'assit en tailleur sur le lit, mettant une certaine distance entre eux. Discrètement, il se rapprocha du bord. Il ne voulait surtout pas qu'elle ait peur. Baissant les yeux et jouant à nouveau avec une de ses mèches, elle déclara :

-Les deux hommes que tu as repoussés ... le plus grand, celui qui avait la chevelure blanche et les yeux aqua, c’est mon père ...

Il manqua s'étouffer en comprenant. L'homme qu'il avait menacé de son épée était son père ?? Oui, il se souvenait parfaitement de lui…Mais…pourquoi avoir agit ainsi envers sa fille ? Liam ne comprenait décidément plus rien. Son père lui avait toujours dit de ne jamais lever la main sur une femme, quelle qu'elle soit. A moins bien sur qu'elle tente de vous tuer. En combat, homme et femme n'existaient plus. Il n'y avait que le combattant.

Elle avait la tête baissée et les yeux clos, arborant une mine tourmentée. Qu'avait-il fait ? Avait-il commis une erreur ?

-J’ai ... fui mon village la nuit dernière, car je n’ai pas voulu m’unir à l’autre individu que tu as vu. Tout ça pour une alliance entre deux tribus... pour sa prospérité. Sauf qu’en agissant ainsi sans réfléchir, je me retrouve devant une falaise ... Je ... ne sais pas quoi faire, ni même où aller. Je ne connais rien mis à part mon village, ma tribu et les montagnes.

Il tenta d'assimiler cette flopée d'informations soudaines. Elle avait fui son village car…elle a refusé de s'unir à un homme, le second resté à l'arrière et qu'il avait mal vu quelques heures auparavant. Oui…s'unir…dans quel sens ? Sans doute le mariage vu la suite. Un mariage arrangé en quelques sortes…et maintenant elle se retrouvait perdue dans un monde inconnu de A à Z pour elle. Il comprenait tout de même mieux son comportement avec les couverts ou à son réveil.

Il avait entendu parler de ses clans et tribus qui vivaient dans les pics neigeux. L'on disait qu'ils étaient barbares, ne connaissaient pas la langue commune, vivaient comme des animaux, se reproduisant entre frères et sœurs, mangeant leurs morts…bien sûr la moitié était exagérée et surtout fausse. Il s'en était douté dès le départ et il en avait la preuve avec son invitée. Elle était tout sauf barbare. Quoique…son père et son "fiancé", avaient démontré leur côté primitif.

Il la regardait toujours, s'interrogeant sur certains points, alors qu'elle rougissait, stressant atrocement. Il fût surpris lorsqu'elle lança :

-Comment appelle-t-on une chauve-souris qui a des cheveux ?

Il fronça les sourcils, comprenant une nouvelle fois rien à ce qui se passait.

-... Une souris

Ahh…oui en effet. Il sourit légèrement lorsqu'elle se frappa le front de la main, agrippant ensuite un oreiller, y enfouissant son visage. Elle soupira dans le creux du tissu en disant, le ton assourdi :

-Vous auriez dû les laisser me ramener ...

Elle le tutoyait puis le vouvoyait. Elle était nerveuse, encore plus que lui. Heureusement il savait masquer ce genre d'émotions…Son esprit tournait à plein régime, analysant et réfléchissant. Non il ne les aurait pas laissé la ramener. Pas en ayant été témoin de ce qu'ils avaient fait.

-Non…je…je n'aurais pas pu les laisser vous ramener…

Et elle ne savait ni ou aller, ni ce qu'elle allait faire. Alors il devait agir et trouver une solution. Déjà, il devait l'aider, la protéger et veiller sur elle. Lui apprendre à connaître ce monde, comment l'on vivait ici. Il se leva lentement, agrippant les plateaux qu'il alla déposer à l'entrée de la porte. Un serveur les ramasserait en montant. Refermant la porte, il vit qu'elle avait retiré l'oreiller, curieuse. Il lui désigna la baignoire en disant :

-Si…si vous voulez vous laver, je peux…je peux vous faire couler de l'eau…

Elle sursauta et parut tout de suite paniquée. Peut-être était-ce l'idée de se déshabiller devant lui, malgré le paravent. Peut-être pensait-elle qu'il allait…
Il ne s'approcha pas, pour ne pas l'effrayer davantage et lui dit, les paumes tendues vers elle en signe d'apaisement :

-Laissez tomber…je…c'est pas une bonne idée.

Il soupira en silence et regarda dehors. La nuit était tombée. Reportant son regard vers elle, il vit qu'elle avait l'air plus que fatiguée. Alors il lui dit :

-Excusez-moi, c'était idiot de vous proposer de vous baigner…mais en revanche vous pouvez vous reposer. Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles je veillerais sur vous. Et demain nous verrons comment nous allons faire, d'accord ?

Sur le coup, elle regarda le lit puis lui avant d'acquiescer et de se coucher. Il s'approcha, tirant les draps, la faisant encore sursauter. Elle pensait à nouveau qu'il allait la rejoindre, à tous les coups. Il la rassura d'un sourire et la couvrit jusqu'aux épaules avec les couvertures, lui souhaitant la bonne nuit et s'éloignant, s'asseyant sur la chaise. Il regarda vite dehors, pour voir si les deux hommes ne traînaient pas, mais il ne voyait pas grand chose de là ou il était. Pas de choses suspectes c'était l'essentiel.
S'adossant à la chaise, il observa un instant la jeune femme qui s'était tournée sur le côté. Il ne savait pas si elle dormait ou non, mais était soulagé de voir qu'elle était calme. Quel idiot aussi ! Proposer à une femme de se laver alors qu'il était là ! Il n'aurait pas pu la laisser seule dans la pièce, elle ne connaissait rien et aurait eu besoin d'aide. Elle aurait été embarrassée, tout comme lui, de se retrouver nue en sa présence. Quel idiot Liam franchement !

Il soupira en silence, se concentrant plutôt sur le gros problème qui n'était pas une histoire de bain. Il fallait qu'il l'emmène avec lui. Qu'il l'éloigne des frontières des montagnes et donc de son clan. Son père ne pourrait pas lui suivre partout non plus. Il fallait surtout qu'il la maquille, qu'il la déguise. Dans son sac il avait un chemisier qu'il avait acheté en cadeau pour sa sœur. Elle avait la même taille que lui a quelques centimètres près, donc ça irait à la jeune femme qui dormait. Il suffirait d'ajuster la taille en…en mettant quelque chose…quoi il trouverait. Ses cheveux aussi elle n'aurait qu'à les attacher et rabattre une capuche sur sa tête.

Mais tout ça, il verrait avec elle. Il ne prendrait pas ce genre de décisions tout seul. Il ne lui imposerait rien. Et si…si elle voulait partir de son côté, il respecterait son choix aussi. Elle était libre.

Assis, Liam la regarda dormir, le feu mourant lentement dans l'âtre. Elle était libre d'agir comme bon lui semblait. Mais il serait là si elle avait besoin de lui.



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 21:43

Un objet diabolique

‘‘ Non…je…je n’aurais pas pu les laisser vous ramener… ‘‘

Vaë le regardait en fronçant les sourcils. Pourquoi n’aurait-il pas pu le faire ? Dans le pire des cas, on lui aurait donné une bonne correction et elle aurait eu à subir le courroux de son père sans compter celui de toute sa tribu. Quand elle y repensait, si elle revenait, on la regarderait comme une traitresse ... le clan Kawa était très respecté chez les Eira et beaucoup de femmes de sa tribu tueraient pour être à sa place afin de devenir la promise du fameux Dryell. Juste à cette pensée, elle frissonnait de dégoût. Perdue dans ses pensées, la jeune druidesse n’avait jamais remarqué que celui qui l’avait acceuillit dans sa chambre s’était levé et éloigné avec le plateau rempli de vaisselle vide. Ce fut sa voix qui la ramena sur terre alors qu’elle tournait les yeux en direction de ce gros machin blanc.

‘‘ Si…si vous voulez vous laver, je peux…je peux vous faire couler de l’eau… ‘‘

C-c coulé de l’eau ?! Dans ce gros truc ?! Mais elle allait se faire aspirer en quelques secondes ! Et ... si elle se noyait ?! Bien sûr qu’elle avait sursauté! Ça ressemblait à la gueule d’un dragon ce gugusse. Jamais elle n’en sortirait vivante ...

‘‘ Laissez tomber…je…c’est pas une bonne idée. ‘‘

Les yeux aqua de Vaënadiel se posèrent sur le jeune homme qui parut embarrassé, levant les mains pour la rassurer et soupira. Son regard doré se tourna vers l’extérieur qui s’était déjà assombri. La nuit était déjà tombée ... Cela expliquait pourquoi elle se sentait si épuisée à l’heure actuelle et le coup qu’elle avait reçu sur la tête ne l’avait en rien aidé. De plus, ses jambes étaient littéralement en compote, car elle avait puisé dans ses dernières réserves d’énergie un peu plus tôt pour fuir son père une deuxième fois.

‘‘ Excusez-moi, c’était idiot de vous proposer de vous baigner…mais en revanche vous pouvez vous reposer. Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles je veillerais sur vous. Et demain nous verrons comment nous allons faire, d’accord ?’’

Se baigner... ? Cette chose servait à ça ? Ah ! Elle comprenait ... c’était comme leur cuve ou source chaude souterraine, mais versent en bas. Voilà, maintenant tout s’était éclairé dans sa tête. Elle aurait bien voulu se nettoyer au moins les cheveux, mais elle bailla à s’en décrocher la mâchoire tout en regardant le lit, puis le jeune homme qui lui assurait qu’il veillerait sur elle. Pouvait-elle ....vraiment lui faire confiance ? Et puis tant pis.

‘‘ C’est d’accord ‘‘

De toute manière, sa tête n’arrivait plus à réfléchir et Liam ne semblait pas être quelqu’un de mauvais, à moins qu’il soit fou à lier et lui saute dessus pendant la nuit. C’est là qu’elle sentit les draps bouger, la faisant sursauter une seconde fois. Est-ce qu’il allait ... ? Non ... Il souriait et ne faisait que la mettre au chaud pour la nuit.

‘‘ Kanë cha takeï ... (Bonne nuit) ‘‘ Lui dit-elle en retour avant de fermer les yeux.

Les pas de l’homme s’éloignaient du lit pour ensuite être avalés par le silence de la nuit. Après cinq longues minutes, Vaë se tourna sur le côté, les yeux bien ouverts. Elle était exténuée, mais pas moyen de trouver le sommeil. Pour une deuxième fois, elle se tourna, alors que le feu s’estompait petit à petit pour rendre l’obscurité de plus en plus présente. Après une heure, elle finit par s’assoir sur le lit en soupirant et darda la baignoire des yeux. C’était de sa faute si elle ne parvenait pas à trouver le sommeil. Brusquement, elle se leva, passa à côté de Liam qu’elle n’avait évidemment pas vu et tira le paravent pour cacher ce gros machin blanc. Ensuite, elle retourna se coucher et s’endormit en à peine deux minutes.

Cependant, son sommeil ne fut pas très réparateur, car il était envahi par les évènements de la journée et en sursaut elle se réveilla. Ses mains tremblaient légèrement et elle mit quelques secondes à se souvenir de l’endroit où elle se trouvait. Son regard se posa sur Liam qui s’était assoupi sur la chaise, à côté de la fenêtre et elle se surprit à sourire en le voyant dormir.

Sauf qu’elle avait une affreuse envie de se nettoyer malgré la présence de cet homme dans la chambre ... La veille, il avait dit que ce truc crachait de l’eau et la jeune femme avait bien l’intention de trouver comment cela fonctionnait. En silence, maintenant solide sur ses jambes, Vaënadiel se faufila jusqu’à la baignoire et l’inspecta au peigne fin. La fin de son enquête s’arrêta sur deux étranges manivelles et une espèce de trompe qui courbait vers le bas.

‘‘ Qu’est-ce que ... c’est que ... ? ‘‘ Murmura t-elle pour elle-même en fronçant les sourcils.

Elle toucha la trompe, mais rien ne se produisit. Le visage en dessous de celle-ci, ses longs cheveux touchant le fond de la baignoire, elle commença à jouer avec les manivelles lorsqu’elle se fit éclabousser par un jet d’eau. Tombant à la renverse, sa bouche resta ouverte et ses yeux complètement ronds. Liam s’était réveillé en sursaut lorsque le paravent tomba lourdement sur le sol, voyant ensuite ce qui se passait. Vaë se redressa et alla se cacher derrière lui aussitôt, ses doigts tenant fermement sa chemise.

‘‘ Il ... il ... ce ... ce machin ! Il ... il ... m’a craché dessus ! ‘‘

Sortant à peine sa tête, elle regardait la baignoire d’un mauvais oeil alors que lui, semblait trouver la situation bien drôle.

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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 21:54




Liam était toujours assis sur sa chaise, mais avait de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts. Il parvenait à rester éveillé grâce aux mouvements de son invitée qui gigotait dans le lit. Mauvais rêve ? Il ne savait pas et n'osait pas aller la réconforter ni quoique ce soit d'autre. C'était déjà un grand pas en avant qu'elle lui fasse confiance au point de dormir alors il n'allait pas pousser trop loin…elle était également d'accord pour aviser le lendemain de la marche à suivre ensemble…

Et d'un coup il vit sa silhouette se redresser dans le lit avant de se lever et marcher en silence jusqu'à la baignoire. Elle ne semblait pas l'avoir vu, avait même oublié sa présence. Il eut peur qu'elle ne veuille se laver et commença à rougir impulsivement. Il se surprit donc à soupirer de soulagement lorsqu'elle tira le paravent et retourna se coucher. La baignoire l'avait-elle à ce point traumatisée ?

Il sourit en coin, se disant qu'il faudrait tout de même qu'il lui montre comment cela marchait avant de s'en aller le lendemain. Surtout si elle devait malencontreusement se retrouver seule…

Sans le vouloir, il s'endormit, les braises mourantes du feu agissant en véritable berceuse sur lui.

Ce fût un bruit d'eau qui coule et un bruit plus sourd qui le réveilla en sursaut. Il se releva en vitesse, ayant peur que les hommes soient venus et veuillent du mal à son invitée. Sa protégée. Il s'avança vers la baignoire lorsque le paravent tomba au sol, lui révélant la scène. La jeune femme était à moitié à terre, la tête dans la baignoire, le visage et les cheveux dégoulinants d'eau. Et il comprit. Elle avait voulu se laver, avait cherché à comprendre et s'était faite avoir. Il se retint de sourire et haussa les sourcils de surprise lorsqu'elle se redressa et courut se cacher derrière lui, agrippant sa chemise.

-Il…il…ce…ce machin ! Il…il…m'a craché dessus !

Il souriait franchement maintenant, certain qu'elle ne le voyait pas de derrière, malgré la nervosité qu'il ressentait de part la proximité de la jeune femme. Ses mains sur sa chemise qui serraient si forts…Cela le chamboulait, mais il ne démontra rien. Il s'approcha, sa protégée toujours agrippée à lui. Il lui montra les manivelles et dit :

-Là, c'est pour faire venir de l'eau chaude et ici l'eau froide. Le robinet là au milieu, permet l'écoulement de l'eau vous voyez ? La baignoire ne va pas vous manger vous pouvez en être sûre ! Je vais vous faire couler l'eau d'accord ?

Elle ne semblait pas plus rassurée mais il tourna les deux manivelles d'un coup pour faire venir de l'eau tiède. Pendant que la baignoire se remplissait, il ajouta un petit peu de savon, créant des bulles et de la mousse. Elle se décala pour voir, curieuse, approchant la main de la mousse qui se formait.

Souriant, il en attrapa une poignée qu'il souffla sur le bas du visage de sa protégée. Il ne voulait pas qu'elle en ait dans les yeux. Elle sursauta, paniquant, enlevant cette chose blanche et inconnue d'elle de sa peau.
Mais au final elle sourit et il respira à nouveau, ayant eu peur d'avoir été trop téméraire et d'avoir fait une bêtise de plus. Lui et les femmes alors ! Même s'il n'y avait pas de jeu de séduction comme il en avait vu, il n'était vraiment pas doué avec la gente féminine.

Il désigna l'eau, bien tiède, et déclara :

-Voilà, vous n'avez plus qu'à vous déshabiller et vous glisser dedans. Le savon est à côté, et…tenez une serviette.

Il avait attrapé une serviette et posée près de la baignoire sous les yeux ronds de son invitée. Il était tout aussi gêné qu'elle et le masquait du mieux qu'il pouvait.

-Encore une fois, n'ayez pas peur, le paravent vous cache et je ne regarderais pas. Je préparerais notre sortie. Le jour est là.

Il l'encouragea d'un petit sourire et se recula, relevant le paravent et le mettant bien en plus pour la masquer à sa vue. Il prit son sac et l'ouvrit sur le lit alors qu'il l'entendait bouger derrière le voile.

Il sortit la chemise prévue pour sa sœur et l'étala sur le lit. En effet elle était très grande par rapport à sa protégée. Mais s'il mettait une ceinture au niveau de sa taille, cela ferait l'affaire. Elle devrait par contre retirer son manteau en peaux de bêtes et enfiler l'un des siens pour être plus crédible. Il entendait les bruits d'eau de l'autre côté du paravent mais les ignorait, lui laissant son intimité.

Lorsqu'il eut tout finit, il se réinstalla sur le bord du lit, un croissant en main. Peut-être voudrait-elle manger ?

Il mangea le sien alors qu'elle semblait se rhabiller. Lorsqu'elle apparut devant lui, oui il ne s'est pas retourné en entendant le paravent, il releva le visage et vit un sourire sur celui de sa protégée. Ses yeux aqua brillaient, tout comme sa chevelure qui n'était pas entièrement sèche. Elle était…resplendissante…

Il cligna des yeux pour se ramener à la réalité et lui tendit le croissant en disant :

-Mangez, pour que vous teniez la route ce matin.

Elle le prit et le regarda. Alors il ajouta :

-Vous pouvez le manger avec les mains !

Elle sourit et attaqua aussitôt son petit-déjeuner alors qu'il se relevait du lit. Il désigna la chemise et expliqua :

-Pour sortir du village il faut se fondre dans la masse. Alors ce serait bien si vous enfiliez ce haut. Vous pourrez attacher une ceinture pour lui donner une forme puisqu'il est plus grand que vous. Et…vous pouvez mettre l'un de mes manteaux par-dessus pour vous camoufler encore plus.

Elle regarda le tout et il sourit, gêné. Il n'avait guère trouvé mieux à vrai dire…Il s'éloigna regardant par la fenêtre le temps qu'elle se change.

Il attendit et ce ne fût que lorsqu'il la sentit près de lui qu'il se retourna. Il la regarda, ajusta les défauts de la chemise délicatement, sans la brusquer, ses mains tremblantes à chaque fois qu'il la touchait par mégarde. Lorsqu'il jugea sa protégée fin prête, il prit son sac, mit son Arc en bandoulière et ouvrit la porte. Il l'entraîna dans la salle commune, lui conseillant de rabattre la capuche de son manteau, paya la nuit et le repas et sortit de l'auberge, guidant son invitée vers les écuries. Là, il récupéra son cheval noir, baptisé Nocturne, effrayant de plus belle sa protégée. Elle ne semblait pas connaître non plus les chevaux…

-Il ne vous fera rien ! Il va nous permettre d'aller plus vite sur la route !

Il lui montra ses dires en caressant l'encolure de Nocturne. Le cheval renâcla, heureux de sortir enfin. Sur la route, Liam tenait l'étalon par la bride, son invitée camouflée par son poitrail. Avec un peu de chance, personne ne les verrait ni ne les reconnaitrait si les hommes étaient toujours là.

Malheureusement, il se trompait car le père de sa protégée l'avait reconnu, lui. Il n'avait pas vu sa fille, mais avait reconnu l'homme qui l'avait menacé de son épée. Et si lui était là, sa progéniture n'était pas loin…



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 21:57

Vers l’infini et plus loin encore !

Le gros machin continuait à cracher sans cesse de l’eau sans qu’elle comprenne d’où elle venait. Alors que Liam s’approchait tranquillement de la baignoire, la poigne de Vaënadiel se fit encore plus solide sur les vêtements du jeune homme. Celle-ci retourna se cacher, se collant davantage à son dos alors qu’elle entendait ce bruit sourd et continu lui titiller les tympans. Il lui montra alors les manivelles et commença ses explications. Pour lui, tout semblait si normal, tellement que la druidesse commençait à sentir réellement nulle.

‘‘ Là, c’est pour faire venir de l’eau chaude et ici l’eau froide. Le robinet là au milieu, permet l’écoulement de l’eau vous voyez ? La baignoire ne va pas vous manger vous pouvez en être sûre ! Je vais vous faire couler l’eau d’accord ? ‘‘

Vaë se décolla et étira le cou, d’un air très peu rassuré. Les mains de Liam tournaient les deux bidules en forme de croix. Pendant que l’eau s’écoulait dans la cuve, il enfonça un large bouchon de liège menu d’une chainette dans le trou de celle-ci afin que le liquide tempéré n’y reste. Ensuite, l’homme prit un flacon de taille moyenne, déversant un liquide un peu plus épais, mais qui sentait la nature. Ce liquide, mélangé au remous de la trompe du machin blanc produisait une étrange mousse blanche qui la rendit extrêmement curieuse. Avec prudence, Vaënadiel lâcha prise sur la chemise de Liam et s’approcha de la masse en question, sourcils froncés. Elle leva une main d’un geste hésitant avant de l’approcher, mais Liam fut plus rapide qu’elle et souffla doucement sur le contenu qu’il tenait dans sa main. Prise de panique en voyant cette chose se coller et fondre sur sa peau, la jeune femme tenta de s’en débarrasser jusqu’à ce qu’elle voit quelques bulles flotter juste devant ses yeux. Reprenant alors son calme, un sourire se dessina sur ses lèvres.

Liam se redressa et désigna l’eau cachée par cette mousse et elle en fit de même, se rendant compte à quel point elle était petite à côté de lui. Son visage arrivait au niveau de son torse et pour le regarder, son cou devait se casser. Les gens ne vivant pas dans les montagnes étaient-ils tous comme lui ? Dire qu’elle était une des plus grandes femmes de sa tribu et que les hommes du clan Eira étaient un peu plus petits que Liam ...

‘‘ Voilà, vous n’avez plus qu’à vous déshabiller et vous glissez dedans. Le savon est à côté, et…tenez une serviette. ‘‘

Se glisser ... dans ça ? Mais elle finirait par se perdre ! Et s’y jamais elle n’en ressortait pas vivante, que ce minuscule trou l’aspirait au fin fond de la terre ? Mais ses réflexions insensées furent coupées par ce long tissu épais qu’il appelait serviette. Elle l’observa sous tous les angles; quel nom étrange pour un objet pareil. Redressant la tête, elle plongea son regard dans celui de son interlocuteur, aussi doré que le soleil.

‘‘ Encore une fois, n’ayez pas peur, le paravent vous cache et je ne regarderais pas. Je préparerais notre sortie. Le jour est là. ’’

Celui-ci lui offrit un petit sourire alors qu’elle acquiesçait d’un signe de tête pour lui faire comprendre que ça allait. Pour se défendre, elle avait toujours cette mousse démoniaque qui pourrait lui faire fondre les yeux ... bien qu’elle n’en était pas certaine du tout. Si c’était dangereux, pourquoi l’invitait-il à s’y glisser ? Liam plaça alors le paravent, dépliant les volets afin de recouvrir le large complet de la cuve. Vaë regarda un moment la frontière qui la cachait du reste de la pièce, puis la mousse qui faisait un petit bruit à peine perceptible croyant même voir des petites bulles pétées d’elles seules. Après hésitation, elle commença à se dévêtir, prenant toujours garde pour qu’on ne la voie pas. Les vêtements nordiques restèrent en pile au sol alors qu’elle portait ses bras à l’horizontale de chaque côté de son corps afin de se tenir en équilibre. Levant une jambe, elle pointa du pied et l’enfonça dans la mousse pour ensuite l’enlever en vitesse; rien. Vaë recommença une deuxième fois, son pied parvenant dans l’eau qui lui procura un sentiment de bien-être. Ses pieds se retrouvèrent et elle put enfin tremper son corps, fessier le premier, dans l’eau chaude. Elle admira les bulles, en prenant dans sa main et soufflant comme Liam avait fait un peu plus tôt, commença à fredonner une petite chanson sans ouvrir la bouche. Ses cheveux furent nettoyés l’aide du savon et il ne restait plus de trace de sang de la veille.

Quelques minutes s’écoulaient et elle ne voulait plus sortir de la baignoire, bien qu’il le fallait. La jeune femme entreprit donc de se lever et prit la serviette qu’on lui avait donnée pour essuyer sa peau et ses longs cheveux qui collaient contre son dos et son ventre. Une fois que ce fut fait, elle enfila de nouveau ses vêtements et s’approcha de Liam qui mangeait en silence, assis sur le bord du lit. Celui-ci semblait perdu dans ses pensées, ce qui la fit sourire. S’approchant davantage pour voir ce qu’il mangeait, Liam leva les yeux. Il mit un moment avant de parler, la regardant alors qu’elle arquait un sourcil, se demandant si elle avait une tache dans le front.

‘‘ Mangez, pour que vous teniez la route ce matin. ‘‘

‘‘ Merci, Liam. ‘‘

Mais incertaine, Vaënadiel regarda cette nourriture étrange puis tourna de nouveau les yeux vers le jeune homme qui répondit à sa question muette.

‘‘ Vous pouvez le manger avec les mains ! ‘‘

Ah oui ? Voilà qui la rassurait grandement vu qu’elle l’avait quelque peu traumatisé la veille lors du repas qu’ils avaient pris quelques minutes après son retour parmi les conscients. Tout sourire, elle commença à manger d’une manière un peu moins gloutonne. Il fallait dire qu’elle avait courut sur une longue distance, dans la neige et dans une bonne grosse tempête. Le guerrier se leva alors du lit et lui désigna un vêtement qui se trouvait sur celui-ci. Vaë le regarda alors qu’il ouvrait la bouche.

‘‘ Pour sortir du village, il faut se fondre dans la masse. Alors, ce serait bien si vous enfiliez ce haut. Vous pourrez attacher une ceinture pour lui donner une forme puisqu’il est plus grand que vous. Et…vous pouvez mettre l’un de mes manteaux par-dessus pour vous camoufler encore plus. ‘‘

Se fondre dans la masse ? Il ... n’avait pas tort. La druidesse s’inspecta elle-même, regardant toute cette fourrure qu’elle avait sur le dos. La seule chose qu’elle pourrait garder était ses bottes en peau de loup blanc, car elle ne comptait pas marcher pieds nus dans cette neige.

Acquiesçant à sa demande, Vaënadiel attendit que Liam ne s’éloigne et qu’il ne regarde pas avant de se départir pour une seconde fois en une heure de ses vêtements. Elle prit le chemisier qui était d’un violet foncé et l’enfila. Par l’équinoxe ... ce tissu était si léger comparé à ses fourrures ! Elle garda son pantalon, mais enleva la ceinture qu’elle monta à sa taille et la serra. Le vêtement lui arrivait à mi-cuisse et ressemblait plutôt à une tunique longue qu’à une chemise. Oui ... elle était petite et ça n’aidait pas. Ne sachant pas si elle avait bien fait, Vaë s’approcha de Liam qui ne se retourna qu’en sentant sa présence près de lui. Sans dire quoi que ce soit, elle leva légèrement les bras et il l’aida à se rendre plus présentable. Maintenant, elle ressemblait davantage à une femme du peuple d’en bas qu’à une Eira. Le jeune homme lui prêta un manteau, évidemment beaucoup trop grand pour elle et avant de sortir de la pièce, elle se fit une natte qu’elle laissa pendre vers l’avant la pointe s’arrêtant au niveau du nombril. Ils sortirent de la pièce et sous la recommandation de Liam, elle tira le capuchon sur sa tête, cachant ainsi son visage dans l’ombre. Les yeux ne tardèrent pas à se tourner vers eux, forçant Vaë à se cacher derrière celui qui l’avait aidé.

Une fois dehors, il la guida vers un lieu encore plus étrange que la chambre et où se trouvaient d’étranges créatures à quatre pattes. Il ressemblait un peu aux chèvres des montagnes avec leurs sabots, mais jamais elle n’en avait vu de cette sorte.

L’une de ses mains tenait fermement la cape du jeune homme alors qu’il s’arrêtait devant l’une des bêtes qui arboraient un pelage aussi noir que ses cheveux, mais dont les cheveux était aussi pâles, voire plus, que les yeux de Liam. La créature se mit à hennir, lui faisant échapper un petit cri de frayeur et aussitôt, elle se cachait derrière le dos large de Liam.

‘‘ Il ne vous fera rien ! Il va nous permettre d’aller plus vite sur la route ! ‘‘

La main de l’homme caressait doucement la bête qui semblait si docile. Curieuse, elle s’approcha et posa une main sur le museau du cheval qui se lassa faire aussitôt étrangement, elle se sentait mieux aux côtés de la créature noire que dans l’auberge. Normal, s’était un animal, né de la nature elle-même.

Ils se mirent alors en selle, Vaënadiel montée avec l’aide de Liam qui s’asseya juste derrière elle, prenant les rênes de Nocturne. Déjà, le village commençait à s’éloigner et la forêt se rapprochait, laissant place aux conifères. Curieuse, la druidesse se mit à regarder un peu partout, humant l’air à plein poumon. Une fumée blanche et peu épaisse s’échappait après chacune de ses expirations et s’en était de même pour le cheval et son cavalier. Mais, tapis entre les troncs, des yeux discrets les observaient et se mirent à les suivre.

Dorguan et Dryell avaient passé la nuit dehors et attendaient de voir cet homme qui avait enlevé la fille. Il était là, à quelques mètres d’eux. Pas de traces de Vaënadiel. Tout ce qu’il y avait était cet étrange petit bonhomme. À moins que ce ne soit elle ... ? Dryell dégaina son arc, prêt à encocher une flèche, mais Eira posa une main sur son avant-bras, le forçant à baisser les armes.

‘‘ Patience ... ne devons d’abord nous assurer qu’elle est avec lui avant d’agir. D’ici là, restons discrets et hors de vue. Il ne doit pas savoir que nous le traquons. ‘‘

‘‘ Parfait ... ‘‘

Les deux hommes se mirent alors à les suivre de loin, à leur insu.

Sur le cheval, Vaë commença à fredonner une mélodie, laissant le vent caresser la peau de son visage. Elle l’écouta, puis étira le cou pour regarder dans les alentours. Elle avait entendu des murmures ... mais ne voyait rien qui pouvait les mettre en danger pour l’heure. Est-ce que son père les suivait ... peut-être. C’est alors qu’elle se retourna vivement pour voir Liam, trop car elle faillit tomber et ce fut lui qui la rattrapa en lui serrant la taille.

‘‘ P-p-pardon ... ! ‘‘

Ce qu’elle avait eu la frousse! La druidesse soupira de découragement ... pourquoi était-elle toujours aussi maladroite ? Restant muette un moment raide comme une lame d’épée, elle attendit de s’être calmée avant de se présenter. Chose qu’elle n’avait pas faite jusque-là, alors que lui oui.

‘‘ Je ne me suis pas nommé hier ... Vaënadiel. Mais vous pouvez m’appeler Vaë. ‘‘

Elle tourna la tête de côté afin d’apercevoir le visage du cavalier du coin de l’oeil et esquissa un sourire en coin.

‘‘ Où ... allons-nous ? Est-ce qu’il y a de la neige partout comme dans les montagnes ici ? Est-ce que le royaume d’en bas ressemble à ce petit village ? ‘‘

Des tonnes de questions lui vinrent à la bouche, mais elle dut se stopper, car elle se rendait compte qu’elle bombardait ce pauvre homme de questions et qu’il ne savait pas par où commencer. Gêné, Vaë se sentit rougir et tourna aussitôt la tête vers l’avant pour regarder la route ... et les oreilles du cheval qui étaient étrangement petites comparer à son corps.

La nervosité lui était revenue comme une gifle, bien qu’elle était toujours là. Le village n’était plus en vue, les montagnes commençaient à se faire loin, sa famille aussi par le fait même et elle était en compagnie d’un inconnu dont elle ne connaissait absolument rien mis à part le prénom.

‘‘ Vous ... allez me vendre comme esclave ? ‘‘

Non, mais quelle question imbécile. Question imbécile qui lui faisait peur à l’heure actuelle. Cherchant ses cheveux, Vaënadiel se mit à jouer nerveusement avec le bout de sa natte, la tête basse.

‘‘ À moins que vous ayez l’intention de me faire rôtir en brochette une fois éloignée pour nourrir votre ... bête ? ‘‘

Alors là, les scénarios se mirent à défiler dans sa tête et elle commençait à divaguer avec le rythme de son coeur qui s’accélérait. Soupirant, elle tourna de nouveau la tête vers lui, le regardant dans les yeux bien qu’il lui fallut se casser le dos pour le faire.

‘‘ Pourquoi m’avez-vous aidé ? Vous risquez votre peau en ce moment ... si mon père vous retrouve, il vous dépècera vivant. ‘‘

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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:01



Liam arrêta Nocturne à côté de l'écurie et, d'un geste souple, il aida sa compagne à s'installer sur la selle avant de grimper lui-même derrière elle, passant ses bras de chaque côté d'elle pour agripper les rênes de l'étalon. Le dos de son invitée était presque collé à son torse et il respirait son parfum sauvage et naturel. Délicieux. Le premier mot qui lui vint à l'esprit en le sentant…
Il talonna le cheval qui s'élança au pas, avançant dans la neige tranquillement. Le village s'éloigna donc petit à petit, emportant avec lui les montagnes et la neige qui diminuait déjà de volume. Mais l'air était tout de même frais et leur souffle était blanc une fois expiré.

Les arbres se succédaient, blancs, et la route se voyait à peine. Mais le soleil pointait le bout de son nez et Liam était bien. Même s'il se sentait comme…épié. Guetté. Il ne savait pas si c'était son imagination ou réel, mais malgré les apparences, il se tenait sur ses gardes, souriant en coin en voyant sa compagne regarder partout en fredonnant doucement une belle mélodie.

Et, d'un coup, elle se retourna vers lui et commença à glisser de la selle. D'un geste vif, il resserra son emprise sur sa taille, la ramenant à la posture initiale.

-P-p-pardon ... !

Il lui sourit, la rassurant en la calant bien entre ses bras. Elle avait eu peur de tomber, c'était normal. Même si elle semblait plus à l'aise sur le cheval que dans la baignoire…pour une chose inconnue, le cheval lui faisait moins peur il le sentait.
Il serra à nouveau les rênes d'une meilleure poigne lorsqu'elle dit :

-Je ne me suis pas nommé hier ... Vaënadiel. Mais vous pouvez m’appeler Vaë.

Vaënadiel…ça lui allait bien, même s'il n'était pas sur de réussir à le prononcer. Vaë était plus simple, heureusement ! Elle tourna légèrement la tête de côté, lui offrant un sourire en coin et continua :

-Où ... allons-nous ? Est-ce qu’il y a de la neige partout comme dans les montagnes ici ? Est-ce que le royaume d’en bas ressemble à ce petit village ?

Il écarquilla les yeux devant cette flopée de questions ininterrompues. Elle avait accentué le "en bas", comme si c'était une chose extraordinaire. Ou non, inconnue. Pour elle s'était inconnu. Il cherchait des réponses, pour ne pas s'emmêler et expliquer du mieux qu'il le pouvait sans tout faire rater lorsqu'elle ajouta :

-Vous ... allez me vendre comme esclave ?

La…la vendre ? Il fît une grimace qu'elle ne vit pas, commençant à jouer avec le bout de sa natte. La vendre comme esclave…n'importe quoi…mais bon, elle ne pouvait pas savoir et elle venait sans doute de réaliser qu'elle se trouvait en compagnie d'un parfait inconnu…

-À moins que vous ayez l’intention de me faire rôtir en brochette une fois éloignée pour nourrir votre ... bête ?

Là il sourit plus franchement. Mais ou allait-elle chercher tout sa ??? Il n'eut pas le temps de répondre encore une fois qu'elle se tourna vers lui, se tordant étrangement pour le regarder dans les yeux en finissant :

-Pourquoi m’avez-vous aidé ? Vous risquez votre peau en ce moment ... si mon père vous retrouve, il vous dépècera vivant.

Liam ne la quitta pas du regard. Son regard d'eau était brillant de curiosité mais aussi de peur. Peur pour elle, mais…aussi pour lui. Faisant le rembobinage dans sa tête, il décida de répondre à ses questions dans l'ordre.

-Nous allons…chez moi je pense. Je ne vois pas d'autre endroit ou vous serez à l'abri. Non il n'y a pas de neige partout, cela dépend des saisons. Chez moi en ce moment il n'y en a pas, et vous verrez que plus nous avancerons, moins il y aura de neige. Le Royaume…non il ne ressemble pas à se village. Il est vaste, grand, étalé. Il y a de grandes villes, comme là ou nous allons, et il y a des petits villages. Mais surtout il y a des terres vierges, peuplées de peuples qui n'aiment pas la civilisation ou de créatures peu recommandées. C'est diversifié et les humains sont parfois tout aussi dangereux. Vous avez eu de la chance que ce soit moi qui vous ait entendue hier. D'autres personnes auraient peut-être fait fuir votre père mais vous auraient ensuite violée et tuée.

Il se tut et se morigéna, rougissant. Il avait parlé d'un ton si cru ! Les mots si secs ! Elle devait être traumatisée maintenant !
Il tenta de se rattraper :

-Je…je voulais dire…ne vous inquiétez pas, cela…cela ne se produira pas…je…vous le promets…Vaë.

Il soupira en silence, faisant prendre une courbe à Nocturne pour suivre le chemin. Et cette sensation d'être suivi…c'était horripilant. Il continua, espérant qu'elle parvienne à rester calme :

-Non je ne vais pas vous vendre comme esclave et non je ne vais pas vous donner à manger à Nocturne. Il est herbivore il ne mange que du foin, de l'herbe, du fourrage…

Pour la dernière question, il bloquait. Pourquoi ? Était-ce simplement à cause de son sens de l'honneur et du devoir ? Était-ce simplement une question d'aider une personne en détresse ? Il fronça légèrement les sourcils. Si ce n'était que ça, il l'aurait déposée quelque part en partant de l'auberge et lui aurait souhaité bonne chance. Or il l'emmenait avec lui. Et aurait une guerre avec sa conscience s'il la laissait livrée à elle-même dans ce monde nouveau à ses yeux.

-Je…mon père m'a toujours appris à être droit. Et…lorsque j'ai vu…l'attitude de votre père, je n'ai pu m'empêcher de vous défendre. Et…vous êtes seule dans un endroit que vous ne connaissez pas. Et je refuse de vous abandonner. Et pour les foudres de votre père…qu'il vienne. Je sais me défendre.

Il voulait plus la rassurer qu'autre chose avec la dernière phrase. Parce que oui il savait se défendre, mais ne connaissait pas son "ennemi". Il ne savait pas ce qu'il pouvait faire, de quoi il était capable…

Il continua à avancer et, à midi, il arrêta Nocturne près d'un petit ruisseau pour qu'il se désaltère. Liam sortit de la viande séchée, ne souhaitant pas faire de feu. Il ne voulait pas être repéré et se sentait toujours observé. Ils mangèrent en silence et reprirent leur route par la suite.

Se penchant en avant, Liam murmura à Vaë :

-J'ai l'impression d'être suivi, pas vous ? Restons silencieux et ne parlez pas trop fort. Et masquez votre voix. Il faut que l'on vous confonde avec un homme pour le moment.

Si son père entendait la voix de sa fille, il serait mal barré. Et le prochain village ne se trouvait qu'à une journée de marche…ils ne l'atteindraient que le lendemain…


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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:05

Une mauvaise posture ...

En avait-elle trop dit ou dit quelque chose qui lui semblait étrange ? Son regard semblait interrogateur et confus lorsqu’il l’avait plongé dans le sien. D’ailleurs, Vaë en profitait pour observer ces iris si particulièrement colorés. Ce doré lui faisait penser au regard des fauves des montagnes ou bien à celui des loups blancs que les chasseurs ramenaient de temps à autre en temps de chasse. Cependant, ceux-ci n’étaient pas aussi dangereux que ces prédateurs tout au contraire.

Liam mit un court moment avant de répondre. C’était tout normal avec le nombre de questions qu’elle venait de lui défiler en l’espace de cinq minutes, voire moins. Le pauvre ... il devait se demander s’il allait survivre avec elle sur le dos, mais celui-ci semblait s’être remis de l’interrogatoire, car ses lèvres se mirent à bouger.

‘‘ Nous allons…chez moi, je pense. Je ne vois pas d’autre endroit ou vous serez à l’abri. Non il n’y a pas de neige partout, cela dépend des saisons. Chez moi en ce moment il n’y en a pas, et vous verrez que plus nous avancerons, moins il y aura de neige. Le Royaume…non il ne ressemble pas à se village. Il est vaste, grand, étalé. Il y a de grandes villes, comme là où nous allons, et il y a des petits villages. Mais surtout il y a des terres vierges, peuplées de peuples qui n’aiment pas la civilisation ou de créatures peu recommandées. C’est diversifié et les humains sont parfois tout aussi dangereux. Vous avez eu de la chance que ce soit moi qui vous aie entendue hier. D’autres personnes auraient peut-être fait fuir votre père, mais vous auraient ensuite violée et tuer. ‘‘

Les réponses à ses questions se dévoilèrent les unes après les autres et Vaënadiel écoutait attentivement la voix du cavalier, n’ayant nullement détourné le regard. Son sourire s’agrandissait alors qu’elle n’arrivait pas à imaginer les grandes villes dont Liam parlait. On aurait dit que dans sa tête, il n’y avaient que de centaines des maisons comme celles dans le petit village qui se trouvait au pied des pics neigeux. Mais ... elle se trompait du tout au tout et le verrait bien assez tôt. Plus il avançait dans ses explications, plus elles prenaient une drôle de tournure. Son sourire s’estompait graduellement, faisant place à la surprise lorsqu’il entama les derniers mots : violée ... et tuée ? Les hommes de ce royaume étaient-ils tous des sauvages ? Y avait-il seulement Liam qui était aussi doux ? À moins qu’il ne s’agît là d’une façade, mais bref. Pour le moment, elle ne voulait pas le croire, car si c’était le cas, son corps serait déjà meurtri quelque part dans la neige, inerte.

Les joues du jeune homme prenaient des teintes de rouge, qui paraissaient peu vu le froid qui caressait leur peau. D’ailleurs, ses mains commençaient à être gelées. Aussi les ramena-t-elle dans les manches du manteau qu’on lui avait prêté pour se réchauffer.

‘‘ Je…je voulais dire…ne vous inquiétez pas, cela…cela ne se produira pas…je…vous le promets…Vaë. ‘‘

La seule réponse qu’elle lui donna fut son sourire en coin alors que l’homme cherchait ses mots. Ramenant ensuite son regard vers le chemin, la druidesse se tut alors qu’ils entamaient une faible courbe. Sa nervosité avait diminué, mais était toujours aussi présente.

‘‘ Non je ne vais pas vous vendre comme esclave et non je ne vais pas vous donner à manger à Nocturne. Il est herbivore il ne mange que du foin, de l’herbe, du fourrage… ‘‘

‘‘ Ah ... ah bon ? Ça mange de l’herbe ce truc ? ‘‘ Dit-elle pour elle-même alors qu’elle étirait le bras pour caresser la crinière du cheval qui secoua doucement la tête.

‘‘ Je…mon père m’a toujours appris à être droit. Et…lorsque j’ai vu…l’attitude de votre père, je n’ai pu m’empêcher de vous défendre. Et…vous êtes seule dans un endroit que vous ne connaissez pas. Et je refuse de vous abandonner. Et pour les foudres de votre père…qu’il vienne. Je sais me défendre. ‘‘

Vaënadiel baissa légèrement la tête vers l’avant, se perdant dans ses pensées et le mouvement répétitif des muscles de Nocturne sous la selle. Ses mains lâchèrent sa natte qui retomba sur sa poitrine camouflée par ce vêtement d’homme qui cachait toute morphologie féminine. Silencieuse, elle pensait aux agissements de son paternel et de cette violente gifle qu’il lui avait assénée après qu’il l’eut attrapé la veille. Jamais elle ne l’avait pensé comme ça ... aussi ... violent. Avait-elle si peu de valeur à ses yeux maintenant que son peuple diminuait d’année en année ? Était-ce la présence de Kawa qui le rendait aussi agressif ? Peut-être qu’elle était une honte pour sa famille, un fardeau, puisqu’elle était la femme la plus faible de toute leur tribu. Et son attitude ? Chez les siens, les femmes et les hommes étaient traités de la même manière, bien que les hommes aimaient montrer leur dominance. Vaë ne comprit pas très bien ce que Liam voulait donc entendre. Pour elle, son père l’avait seulement corrigé pour avoir pris la fuite et refusé les avances de Dryell. Secouant la tête pour chasser ces pensées, la jeune femme reporta son regard vers Liam en le regarda du coin de l’oeil.

‘‘ Je n’en doute pas, mais ... il est dangereux et vicieux ... Il ne faudrait pas le sous-estimer.‘‘

Oui, et plus qu’il ne pouvait le penser. Dorguan était un redoutable guerrier ainsi qu’un chasseur émérite. Ce n’était donc pas étonnant qu’il soit le chef de la tribu Eira. Peu de jeunes hommes osaient encore le défier et lorsqu’ils le faisaient, ils retournaient dans leur hutte avec un membre cassé.

‘‘ M-merci ... ‘‘

Étrangement, les paroles de Liam la réconfortaient et surtout le fait de savoir qu’il ne l’abandonnerait pas à son sort. Un sourire timide se dessina ensuite sur ses lèvres d’un rosé pâle alors qu’elle retournait vivement la tête pour ne pas qu’il remarque le rouge qui lui montait aux joues. Pour se calmer et faire le vide de tout ce stress, la jeune femme se mit à fredonner doucement et d’un timbre de voix assez bas. L’effet escompté arriva bien assez tôt, apaisant Nocturne par la même occasion qui semblait beaucoup moins tendu et plus reposé.

Le soleil à son zénith, les jeunes gens s’arrêtèrent pour offrir une pause au cheval qui se désaltéra dans le ruisseau près duquel ils s’étaient arrêtés. Une fois que Liam eut touché le sol, il l’aida à descendre puis la posa délicatement au sol. Elle marcha un moment afin de se dégourdir les jambes, ressentant maintenant l’inconfort d’être assis sur une selle et surtout sur le dos d’une créature aussi imposante. Inspirant et respirant profondément, Vaënadiel alla caresser l’encolure du cheval avant d’aller rejoindre son maître qui fouillait dans son sac pour en sortir de la viande séchée. Celui-ci s’asseya sur une vieille souche et prit le temps de manger alors qu’elle, elle restait debout et marchait en mangeant. Celui-ci l’avait invité à prendre place à ses côtés, mais la druidesse avait refusé poliment, l’assurant qu’elle avait besoin de rester debout un moment et il lui avait souri tout simplement. Leur repas et leur pause terminés, ils se remirent en route. Une ombre se forma alors au-dessus de son épaule, attirant son attention sans qu’elle ne tourne la tête et écoutât.

‘‘ J’ai l’impression d’être suivi, pas vous ? Restons silencieux et ne parlez pas trop fort. Et masquez votre voix. Il faut que l’on vous confonde avec un homme pour le moment. ‘‘

Liam lui avait chuchoté ces paroles, se questionnant; il avait entièrement raison. Depuis leur départ, on les suivait et Vaë savait très bien de qui il s’agissait maintenant, car le vent lui avait soufflé leur voix. Elle acquiesça donc d’un signe de tête et se tourna comme elle pouvait dans sa direction.

‘‘ Ils sont cachés dans les bois et nous suivent depuis notre départ au-delà des collines, derrière les grands pins. ‘‘ Dit-elle à voix basse, voyant que Liam tentait de les repérer sans succès.‘‘ C’est le vent qui me l’a dit. ‘‘

Là, l’homme la regarda d’une étrange façon, alors que Vaë lui offrit un sourire mal à l’aise. Il la prenait pour une dingue, et ce, certainement depuis le début. Eh oui ... elle racontait des blagues mauvaises, avait peur des baignoires en plus d’entendre le vent lui parler. Mais pourtant, c’était la pure vérité.

‘‘ Je ... suis très proche de la nature ... c’est ... un don en quelque sorte. Oh ... hum ... ‘‘

Elle devait masquer sa voix et comme une idiote, elle parlait toujours avec sa voix bien qu’elle tentait de s’en tenir aux murmures. Se raclant alors la gorge, elle fronça les sourcils et dit d’une voix plus grave avec une touche un peu trop féminine à son goût.

‘‘ Comme ça, ça va ? ‘‘

Bien entendu, elle se mangea un ricanement amusé de la part de son protecteur qui ne pouvait s’empêcher de rire sous son air ahuri. Ben quoi ! Elle n’avait pas de voix bien virile, elle ! La druidesse fit donc la moue, la laissant bien rapidement tomber pour esquisser un sourire amusé.

La route se révélait être longue et deux heures seulement s’étaient écoulées depuis la pause près du ruisseau. Le soleil commençait à peine sa descente et le froid était toujours aussi présent, tout comme la neige. D’ailleurs, elle se demandait à quoi pouvaient ressembler un royaume et ses contrées sans ce froid manteau blanc. Peut-être le verrait-elle bientôt puisque Liam avait dit qu’il l’amenait chez lui ... chez lui ? Voilà qu’elle venait de s’en rendre compte ! Cela voulait dire que ... par l’Équinoxe ! Elle serait affreusement loin de chez elle. Et s’il en avait marre et la jetait dehors ? Vaënadiel soupira, car elle divaguait à cause de la fatigue ... ou plutôt de l’ennui, car elle n’arrivait pas à trouver une manière confortable pour s’assoir. Son dos était droit depuis un bon moment, mais il lui faisait mal, tout comme son fessier. Celui-ci se courba, mais elle n’était pas plus confortable et elle décida de s’adosser contre le torse de l’homme qui parut surpris.

‘‘ Pardon je ... j’ai mal au dos. ‘‘ Dit-elle à voix basse alors qu’elle levait la tête pour voir son visage à l’envers.

Celui-ci lui souria alors et elle fit de même, reportant son regard vers le chemin qui la menait tranquillement vers la somnolence. Ses paupières devenaient de plus en plus lourdes pour finalement se fermer alors que son corps devenait un peu plus mou. Redressant vivement la tête qui s’était penchée vers l’avant, Vaë se ‘‘réveilla’’, mais Liam lui assura qu’elle pouvait se reposer si elle le souhaitait. Au moins, elle savait qu’elle ne se réveillerait pas couché dans la neige, seule en plein milieu de nulle part! Au soir, le jeune homme arrêta le cheval, la druidesse n’ayant que sommeillé pendant une heure ou deux. Le cheval fut solidement attaché à une branche plus ou moins grosse alors que les voyageurs installaient le campement. Vaë recueillait des branches de sapin au sol et les étalaient de manière à faire une couche assez solide et épaisse pour pouvoir s’y assoir et s’y coucher. Ses vêtements de fourrures, cachés dans les sacoches du cheval de Liam, servaient de couverture de base. D’ailleurs, le cavalier semblait se demander ce qu’elle était en train de faire.

‘‘ Chez moi, on dort là dessus. Ce sont nos lits. ‘‘

Elle s’y asseya alors, tapotant la place à côté d’elle pour qu’il en face de même. Liam semblait hésitant sur le coup, mais prit place, Vaë ramenant ses jambes contre elle pour se garder au chaud. Oui elle grelottait depuis un moment déjà, mais ne se plaignait pas et regardait le feu qui crépitait doucement par-delà le capuchon qu’elle gardait constamment sur sa tête. Le silence qui régnait était pesant pour elle, la faisait angoisser. Son coeur se remettait à battre la chamade pour une raison qu’elle ignorait et encore une fois et lança une de ses blagues complètement nulles ...

‘‘ Qu’est-ce qui tombe sans se faire mal? ‘‘

Trop honteuse, le visage rouge, Vaënadiel ne daigna même pas tourner la tête vers Liam dont elle sentait le regard. Ce qu’elle pouvait être idiote ...

‘‘ La nuit ‘‘ Murmura-t-elle en guise de réponse.

Vaë déglutit et laissa tomber son front sur ses genoux alors qu’elle secouait la tête de gauche à droite. Elle était pénible et un jour, son protecteur partirait certainement aux pas de course en la laissant là, en guise de nourriture pour les loups des environs, ou biens des ours ... peut-être même des corbeaux. Enfin bref, elle était tout simplement découragée et décourageante. Du fond de sa cachette, parce que oui, cette posture lui conférait ce sentiment d’invisibilité facial, elle soupira.

‘‘ P-pardon ... je ... raconte n’importe quoi quand je suis nerveuse et ... je ... ‘‘

Sa phrase fut arrêtée là pour laisser place à un second soupir, plus long et encore plus profond. Sa tête se leva tranquillement alors qu’elle tourna enfin la tête vers lui, son regard aqua plongeant dans le sien qui ne la jugeait aucunement.



Dernière édition par Vaënadiel Eira le Dim 18 Nov 2012 - 6:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:07



Liam tentait de savoir ou ils se trouvaient. Enfin, leurs poursuivants. S'il pouvait avoir une idée de leur position, il pourrait agir plus rapidement en cas de nécessité. Vaë sembla lire dans ses pensées en disant :

-Ils sont cachés dans les bois et nous suivent depuis notre départ au-delà des collines, derrière les grands pins.

Il fronça les sourcils, interrogateurs, mais déjà elle répondait à sa question muette :

-C’est le vent qui me l’a dit.

Le…vent ? Mais le vent ne parlait pas ! Si ? Liam aimait l'entendre mugir contre les volets ou les fenêtres lorsqu'il était dans une auberge, ou encore s'engouffrer entre les branches des arbres quand il dormait à la belle étoile, mais jamais il ne l'avait entendu parler…

-Je ... suis très proche de la nature ... c’est ... un don en quelque sorte. Oh ... hum ...

Il sourit en acquiesçant. Oui, cela expliquait alors. Il avait appris en cours, bien longtemps auparavant, que certains peuples étaient dotés de dons que personne ne comprenaient et encore moins eux. Le silence s'installa, mais de courte durée ; Vaë venait de comprendre que, bien qu'elle parlait à voix basse, elle n'avait pas changé son timbre.

-Comme ça, ça va ?

Il ricana, franchement amusé par sa tentative. Elle avait réussi à rendre sa voix plus grave, mais les consonances féminines étaient bien présentes. Il sourit encore plus lorsqu'elle fît la moue, accentuant ses fossettes. Son visage était angélique, même avec cette grimace qui se transforma en sourire rapidement. Il était content qu'elle lui fasse un minimum confiance, ou du moins qu'elle n'aie plus peur. C'était bien l'une des premières femmes à rester aussi longtemps à ses côtés.

Nocturne avançait correctement, la route se dégageant de l'emprise de la neige au fur et à mesure. Il y en avait encore, mais nettement moins. Le prochain village ne serait qu'à peine saupoudré du manteau blanc et celui encore après en serait dépourvu, ce qui choquera peut-être Vaë, peu habituée à ce qu'il n'y ait pas de neige. Tout était calme autour d'eux et pourtant, leurs poursuivants étaient là. Liam se demandait ce qu'ils préparaient. Ils auraient très bien pu les attaquer là maintenant. Il suffisait d'un arc, d'un seul tir pour que l'étalon s'effondre. Imaginant la scène, Liam se vit en train de jeter Vaë de côté et de lui dire de courir alors que Nocturne tombait, l'entraînant avec lui. S'il ne parvenait pas à sortir son pied de l'étrier, il se retrouverait coincé sous son cheval agonisant ou mort et serait incapable de se défendre correctement. Le père de sa compagne n'aurait plus qu'à lui trancher la gorge et repartir avec sa fille.

Alors il ne comprenait pas pourquoi ils ne faisaient rien. Et avait peur de cette inaction. Bon, d'accord si Nocturne venait à mourir, Liam en serait fortement chamboulé et peiné. Il l'avait dressé pendant de longs mois et avait tissé un lien avec lui qu'il n'avait jamais connu auparavant, même pas pour son défunt chien, Akira.

Il fût sortit de ses pensées par le dos de Vaë qui s'était collé à son torse. Il écarquilla les yeux, son cœur accélérant lentement sans qu'il n'en comprenne la cause et la jeune femme leva la tête, le voyant à l'envers, disant :

-Pardon je ... j’ai mal au dos.

Il lui sourit, pour lui dire qu'il n'y avait pas de problème. Elle pouvait prendre appui sur lui. En effet, rester ainsi en selle lorsque l'on n'a pas l'habitude est douloureux. Il n'avait pas réagi à midi lorsqu'elle avait refusé de s'asseoir, préférant se dégourdir les jambes, mais il n'avait pas pensé qu'elle aurait encore plus mal que lui au niveau des cuisses. Et le lendemain, elle le sentirait dans tout son fessier…

Il n'entendait que la respiration de Nocturne, le crissement de ses sabots sous la neige, et les quelques cris d'oiseaux dans le ciel. Pas de murmures d'hommes, pas de pas. Leurs poursuivants étaient doués. Et vicieux apparemment…Devant lui, le corps de Vaë était devenu mou et s'était un peu affaissé, signe qu'elle devait s'être endormie.
Sa bouche s'étira en léger sourire, satisfait de voir qu'elle osait dormir, lui faisant assez confiance pour cela. C'était tout de même étrange…Son père avait rencontré sa mère lorsqu'elle l'avait aidé. Elle aussi avait aidé un parfait inconnu, ne sachant pas réellement pourquoi elle le faisait. Et là…lui avait aidé Vaë, certes à cause du devoir, mais il se doutait que ce n'était qu'une excuse. Il ne savait pas pourquoi il l'avait fait. Ni pourquoi il l'aidait encore. Il est vrai qu'il aurait pu la confier au poste de garde du village ou aux gardes ou il ne savait quoi, et repartir. Au lieu de cela il l'aidait. Et pour être sincère, cela ne lui déplaisait pas. Il aimait bien sa compagnie, lui apprendre la vie du Royaume, et même réfléchir aux devinettes qu'elle lançait sans prévenir.
D'ailleurs, Vaë se redressa en sursaut, paniquant à l'idée de dormir en selle. Il la rassura :

-Vous pouvez dormir, vous ne tomberez pas.

Elle hocha la tête et se reposa contre son torse, Liam ayant serré un peu plus son étreinte autour d'elle pour la maintenir bien droite.
Il passa le reste de l'après-midi à réfléchir, à écouter l'environnement, étant sur ses gardes, et à chercher le bon lieu pour camper. Il le trouva juste à temps, le soleil étant pratiquement couché. Descendant de cheval, il aida Vaë qui s'était réveillée à descendre également et attacha Nocturne à une branche. S'il y avait un quelconque danger, le cheval n'aurait qu'à tirer pour défaire le lien. Il fît du feu alors que sa compagne étalait des branches de sapin au sol, les recouvrant ensuite avec ses vêtements de fourrure, que Liam avait glissés dans son sac. Pourquoi faisait-elle tout ceci ? Il ne comprenait pas et elle lui fourni une explication :

-Chez moi, on dort là dessus. Ce sont nos lits.

Il hocha de la tête alors qu'elle s'asseyait, tapotant la place à ses côtés pour qu'il la rejoigne. S'asseoir, là, avec elle ? Mais…enfin, c'était son lit…il hésita, mais capitula bien vite, prenant place à son tour. Il fût surpris de constater que son postérieur ne sentait pas la fraîcheur du sol, bien au contraire. Elle avait ramené ses jambes contre elle, tremblant légèrement. Elle avait froid, mais il ne pouvait rien faire…si elle revêtait ses vêtements, leurs poursuivants auraient une confirmation que Vaë était là et non pas le bonhomme pour qui elle se faisait passer. Et le feu prenait lentement, bientôt il s'élèverait assez pour chauffer un tant soit peu les deux voyageurs.
La lune éclairait le ciel et les arbres, et Liam ne voyait que la silhouette de Nocturne qui broutait non loin d'eux. Même Vaë était éclairée de biais par le feu, la lumière entrant dans sa capuche et créant des jeux d'ombres sur son visage.

-Qu’est-ce qui tombe sans se faire mal?

Il l'observa, réfléchissant à la réponse une fois la surprise passée. Comme il l'avait songé plus tôt, elle ne prévenait pas ! Il ne trouvait pas la réponse et elle ne le regardait pas, murmurant :

-La nuit.

Ah ben oui…logique ! Il voulu dire quelque chose mais elle posa sa tête sur ses genoux, tournant la tête de gauche à droite, comme si elle était découragée. Il entendit même un gros soupir s'échapper de ses poumons. Qu'avait-il fait ? Ou que croyait-elle avait fait, elle ?

-P-pardon ... je ... raconte n’importe quoi quand je suis nerveuse et ... je ...

Ahh ce n'était que ça…Liam se surprit à être soulagé. Il avait eu peur que ce soit bien plus grave. Elle s'était arrêtée, soupirant une seconde fois et relevant la tête pour l'observer. Il fût littéralement englouti par son regard aqua, ne cillant plus. Il y voyait tant d'innocence, de joie de vivre, de curiosité ! Il exprimait tout ce que la nervosité de Vaë l'empêchait de dire. Il montrait comme elle était candide, touchante et…naturelle. Surtout ça. Naturelle. Et non pas comme ses femmes qui jouaient la comédie pour séduire.

Et…lui aussi était nerveux de nature. Il arrivait juste à le masquer.

-Ce n'est rien…j'aime beaucoup vos devinettes et…moi aussi je suis très nerveux…et quand je stress beaucoup je parle encore moins enfin…je n'arrive plus à parler et je reste silencieux…ne vous en faites pas. Sauf qu'il faudra que je parvienne à trouver la réponse tout seul un jour !

Il sourit, pour la détendre elle autant que lui. Il rajouta du bois dans le feu et lui fît signe de se coucher. Il souhaitait partir le plus tôt possible pour arriver dans la matinée. Il monta la garde, sentant son épée dans son dos. Couchée à côté, Vaë dormait comme un loir. Il s'autorisa des pauses "sommeil" un quart d'heure par heure, pour ne pas être trop rétamé le lendemain. Même si Nocturne l'avertirait en cas de danger, il préférait être prêt.

L e lendemain, il se réveilla en sursaut, ne sachant plus pourquoi il était là et lorsqu'il en retrouva la raison, effrayé que quelque chose soit arrivé à Vaë. Mais non, elle dormait toujours. Alors il calma son cœur, rassuré. Se levant, il s'étira et écouta la nature. Oiseaux…vent…toujours rien. Et pourtant ils les suivaient toujours. Ils étaient là, tapis dans l'ombre, il en était sûr. Doucement, à contre cœur, il se pencha et posa une main sur l'épaule de sa compagne, la secouant gentiment pour la réveiller. Elle sursauta elle aussi et eut peur, mais sourit en voyant que c'était lui. Il lui sourit à son tour et lui tendit un croissant, lui faisant signe de faire le moins de bruits possible. S'ils étaient là et qu'ils dormaient, peut-être ne les entendraient-ils pas partir et perdraient leurs traces.

Il la fît grimper en selle une fois les fourrures rangées et grimpa à son tour, agrippant les rênes et lançant Nocturne au pas. Une fois éloigné, il lui murmura :

-Nous devrions atteindre le village dans la matinée, nous sommes partis tôt.

Il réfléchissait toujours à la suite, à ce qu'il pouvait arriver. Et là, il songea à autre chose de bien plus important. Il se pencha encore et murmura à nouveau :

-Vaë…je voudrais que vous me promettiez que…si jamais quelque chose devait arriver et que je sois forcé de me battre, ou même que je sois blessé, promettez-moi de grimper sur Nocturne et de fuir le plus vite et le plus loin possible. Nocturne courre sur de longues distances sans s'essouffler. Il vous mènera en sécurité.

Il déglutit en se redressant, lui laissant le temps d'assimiler. Il n'attendait pas de promesse orale, mais juste qu'elle le fasse. Qu'elle sauve sa peau s'il devait lui arriver malheur, si son père venait à les attaquer. C'était tout ce qu'il lui demandait.

Le silence s'installa, Liam devenant nerveux au fur et à mesure. Il ne comprenait pas pourquoi, mais il avait un mauvais pressentiment. Mais il ne dit rien. Il ne voulait pas inquiéter la jeune femme.

Le village se dessina à l'horizon en milieu de matinée et ils y pénétrèrent une demi-heure plus tard. Sautant à bas de la selle, aidant Vaë, il prit les rênes en mains et guida son cheval à travers la foule. Vaë marchait de l'autre côté et était donc camouflée par l'encolure de l'étalon. Le village était deux fois plus grand que celui qu'ils avaient quitté, et donc plus peuplé. Les gens allaient et venaient, des enfants couraient…la vie se faisait bien sentir. D'autant plus que la neige était très fine et avec le soleil, le fond de l'air n'était pas trop froid. Ils marchaient donc à la recherche d'une auberge et, au moment ou Liam la trouva enfin, tout bascula.

Dans la foule, il entendit un cri. Fronçant les sourcils, il regarda partout et vit les gens courir. Et, au milieu, il vit un Archer. Le père de Vaë. Liam déglutit et tendit les rênes à la jeune femme en disant :

-Partez ! Vite !

Il ne vérifia pas qu'elle ait entendue ni même qu'elle écoutait. Son père ne l'avait peut-être pas vue, étant cachée par le cheval. Du moins il l'espérait. La foule s'était dispersée, et seuls lui et les deux hommes étaient là. Liam dégaina son épée, marchant en zigzag. Mais la flèche le suivait. Il visait, ou qu'il aille. Et, au moment ou le jeune homme voulait courir vers eux pour les prendre par surprise, le jet fusa. La corde se relâcha, propulsant la flèche droit sur sa cible. Sa vitesse fût telle que Liam n'eut pas le temps d'esquiver ou de mettre son épée en travers.

La flèche se planta profondément dans son flanc gauche, transperçant le cuir, passant là ou il n'y avait pas de plastron. Il hoqueta sous l'impact, reculant de deux pas, une main se portant machinalement sur la blessure. Il la retira couverte de sang sur le gantelet. Il serra les dents et regarda l'homme. Il avait rangé son arc tranquillement, souriant. Levant son épée, Liam commença à marcher vers lui. Il comptait bien l'emmener avec lui, ou au moins le blesser suffisamment pour le rendre inoffensif. Le second homme apparut, une épée en main lui aussi.

Sauf qu'il y avait un problème. En plus de la douleur de la flèche, une autre douleur se propageait dans son corps. Chaque battement de cil, chaque geste, chaque pas, chaque battement de cœur lui faisait l'effet de brûlure, comme s'il se retrouvait au milieu d'un immense brasier. Son pouls s'accélérait et s'arrêtait d'un coup, son cœur faisait des bonds dans sa poitrine, mais il avançait toujours. Sa vue se troublait, il s'en fichait. Il voulait donner du temps à Vaë pour s'éloigner le plus possible d'eux. D'un coup, il s'effondra sur un genou. Non !

Il tenta de se relever, grimaçant, mais en vain. Le second genou rejoignit le premier. Son épée lui parut lourde, trop lourde. La douleur due à la flèche et à cette brûlure était insoutenable. Serait-ce du poison ? Sans doute. Alors il allait mourir…
Il voulait se redresser, les tuer, sauver Vaë…il ne pouvait pas. Ses doigts se décrispèrent, libérant l'épée qui s'affala au sol. Il voulut ouvrir la bouche, ce fût pire encore. Il tentait de calmer sa respiration, en vain. Chaque spasme était horrible. Qu'avait-il utilisé comme poison pour agir de la sorte ? Si vite, si foudroyant, si douloureux ?

Liam s'effondra sur le côté droit, la douleur et les sensations le quittant petit à petit. Était-ce cela mourir ? Probablement. Mais il avait échoué. Il n'avait pas su l'emmener en sécurité. Il n'avait pas su la protéger comme il le lui avait promis…maintenant, son père n'avait qu'à la pourchasser et la ramener…si elle n'avait pas pris assez d'avance ou avait rencontré des soucis…

Il ferma les yeux, une larme roulant sur sa joue, comme une brûlure supplémentaire.

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Vaënadiel Eira



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:10

La première tentative

Qu’est-ce qu’elle pouvait bien dire maintenant ... même lui était complètement muet malgré le sourire qu’il avait esquissé une seconde avant qu’elle ne le regarde. Liam ne bronchait même pas, se transformant quasiment en une statue vivante. Arquant un sourcil, Vaë se mise à douter; où est-ce qu’il regardait fixement comme ça ? La jeune femme en vint même à tourner légèrement son dos afin de voir derrière elle, jusqu’à ce qu’il ouvre la bouche, l’obligeant à prendre sa position initiale.

‘‘ Ce n’est rien…j’aime beaucoup vos devinettes et…moi aussi je suis très nerveux…et quand je stresse beaucoup je parle encore moins enfin…je n’arrive plus à parler et je reste silencieux…ne vous en faites pas. Sauf qu’il faudra que je parvienne à trouver la réponse tout seul un jour ! ‘‘

Ah oui! Le pauvre ... elle ne lui laissait jamais le temps de répondre à ses blagues idiotes, car la réponse venait d’elle-même quelques secondes après. La jeune femme lui souria alors bêtement puis détourna son regard vers le feu qui prenait de l’ampleur avec les bouts de bois que le jeune homme ajoutait. La chaleur commençait à se faire plus grande, permettant à Vaënadiel d’étirer les bras pour se réchauffer les mains et fit de même avec ses jambes pour ses pieds. Bien entendu, elle bâilla et le cavalier l’invita à se coucher, ce qu’elle fit sans rouspéter. Ils avaient encore de la route à faire le lendemain et ils ne devaient pas non plus partir trop tard. La druidesse se coucha donc par-dessus ses fourrures, en boule, et ferma les yeux. Le temps que le sommeil la gagne fut court et déjà elle avait quitté le monde des vivants pour celui du rêve.

À l’aube, la forêt était encore bien sombre, ne laissant que très peu de rayons de soleil percés à travers les branches des pins et des sapins qui les camouflaient. Le feu s’était étouffé pendant la nuit et Nocturne tentait de trouver des broussailles cachées sous la neige du pied d’un arbre sans feuilles. Vaë se réveilla en sursautant lorsqu’on la secoua, s’asseyant et regardant à droite puis à gauche, prête à prendre ses jambes à son cou. Ce fut en levant la tête qu’elle remarqua Liam qui lui souriait. Elle soupira de soulagement et prit la pâtisserie qu’il lui tendait et la mangea en silence. Le vent soufflait que très peu et la druidesse ne parvenait pas à entendre la voix des deux hommes des montagnes, ce qui ne la rassurait pas le moins du monde. Avant de partir, elle recueillit quelques champignons gelés et les porta à la petite sacoche qu’elle avait toujours sur elle, contenant des herbes médicinales en cas d’urgence. Étrangement, elle savait qu’elle en aurait bientôt besoin ... son père était un homme vicieux lorsqu’il s’agissait de la sécurité d’autrui ou tout simplement pour abattre un ennemi.

Leur déjeuner pris à la va-vite, Liam l’aida à grimper sur le dos de la bête et monta à son tour après avoir passé un pied dans l’étrier. Il prit les rennes en les tenant fermement puis ils se remirent en route, direction le village le plus près.

‘‘ Nous devrions atteindre le village dans la matinée, nous sommes partis tôt. ’’

Vaënadiel ne fit qu’acquiescer d’un simple signe de tête, jouant à deux mains avec le bout de sa natte éméchée de la veille. Sa chevelure ainsi camouflée, elle ne pouvait s’en occuper au risque de voir débarquer Dorguan et Dryell, puis mettre son protecteur en danger. Elle sentit alors celui-ci se pencher légèrement vers l’avant, approchant son visage de son oreiller et lui murmura:

‘‘ Vaë…je voudrais que vous me promettiez que…si jamais quelque chose devait arriver et que je sois forcé de me battre, ou même que je sois blessé, promettez-moi de grimper sur Nocturne et de fuir le plus vite et le plus loin possible. Nocturne court sur de longues distances sans s’essouffler. Il vous mènera en sécurité. ‘‘

Comment ? La druidesse eut les yeux ronds puis fronça les sourcils sans pour autant tourner la tête. Fuir s’il y avait du danger ? Mais c’était contre ses principes et ceux de sa tribu ça. Jamais une Eira ne fuyait devant le danger, ni ne laissait l’un des siens derrière et encore moins quand sa vie était en danger. Fuir était pour les lâches et était preuve de déshonneur sauf que ... Vaë était petite et frêle comparé à l’homme qui l’escortait. Comment pouvait-elle aider Liam si quelque chose de grave arrivait ? Si elle se trouvait dans la forêt elle aurait amplement de force pour faire appel au vent, mais en ville ... c’était une tout autre histoire. Elle se retrouverait inoffensive comme un bambin.

À contrecœur, la jeune femme le lui promit bien qu’elle ne souhaitait pas que ça n’arrive... surtout pas. Liam était tendu et elle le sentait même si elle ne le connaissait pas ou très peu. Qu’avait-il ? Mais sa question n’eut que pour réponse le silence ...

Quelques heures plus tard, le village se montra à l’horizon, la neige se faisant de moins en moins présente au fur et à mesure de leur avancée et aussi au plus grand étonnement de Vaënadiel. Une petite trentaine de minutes s’écoula avant qu’ils n’y entrent et Liam stoppa le cheval pour descendre. Nerveuse, la druidesse sentait les regards se poser sur eux alors que le cavalier la faisait descendre. Celui-ci prit les rênes de son cheval afin de le guider alors qu’elle se plaça de l’autre côté, marchant d’un pas lent et hésitant. Ses mains tremblaient devant tous ces trucs inconnus et tous ces yeux qui la dévisageaient dans l’ombre de son capuchon. Elle se forma une bulle afin de retrouver son calme, car elle n’avait qu’une seule envie en ce moment : prendre la fuite pour rejoindre la forêt. Son coeur battait la chamade et elle sursauta en entendant un cri puis la foule qui partait dans tous les sens. Le hennissement de Nocturne qui cacha à moitié les paroles de Liam l’empêcha de bien entendre ce qu’il lui avait dit. Celui-ci lui avait donné les rênes, sans qu’elle ne comprenne ce qui se passait. Son pouls était si fort qu’elle n’entendait plus que ça.

La jeune femme posa alors une main sur l’encolure du cheval puis le caressait afin de le calmer puis tentait de voir ce qui se passait. Liam avait disparu, la faisant paniqué et elle se figea sur place. C’était comme si le temps s’était arrêté alors qu’elle tentait de trouver une solution, cherchait comment réagir à cette situation. Nocturne se poussa enfin et tout ce que son regard aqua eut le temps de percevoir était son père se trouvant à une dizaine de mètres devant eux, l’arc bandé et une flèche encochée. La foule fuyait dans tous les sens en hurlant. Il y avait son protecteur qui essayait de s’en approcher. C’était comme si tout tournait au ralenti soudainement. Le vent siffla, la pointe de la flèche se planta dans la chair de l’homme qui chuta à genoux après quelques secondes, tentant de se relever et continuer son avancée, mais en vain. Son père rengaina son arme, la plaçant dans son dos, un sourire de satisfaction aux lèvres; il avait atteint sa cible. Analysant la situation rapidement, elle vit Liam qui porta une main vers son corps. La flèche avait donc atteint le flanc et non le coeur ... pourquoi était-il tombé aussi rapidement si les organes vitaux n’avaient pas été touchés ?

~ Du ... poison ... ! ~

Quand elle disait que son père était prêt à tout et qu’il était vicieux ! Il voulait que Liam crève en se tordant de douleur et seul le poison pouvait le permettre lorsque la torture était absente. Horrifiée, Vaë regardait la scène sans bouger, toujours pétrifiée. Il ... il fallait qu’elle bouge, qu’elle fasse quelque chose, mais Dorguan tourna la tête vers elle, perdant ce sourire mesquin qu’il avait. Dryell arrivait par-derrière et allait la tirer dans la ruelle lorsque Nocturne l’envoya valser dans les airs d’un bon coup de sabot sur le thorax. Celui-ci tomba lourdement au sol, cherchant son air. La chance de son côté, des soldats sortaient de la taverne pour trouver la cause de ce grabuge.

‘‘ Vous ! Arrêtez-vous ! ‘‘

Les hommes nordiques prirent aussitôt la poudre d’escampette, laissant Vaë là. Un homme de loi s’approcha pour lui demander si elle allait bien, mais elle le poussa et courut vers Liam. Une main sur le front du cavalier, la druidesse constata que le poison agissait déjà et qu’il fallait le soigner rapidement.

‘‘ A-aidez moi ! Il est blessé ... je dois le soigner ! ‘‘

‘‘ Attendez ... ‘‘

‘‘ NON ! ‘‘ Cracha t-elle d’un ton brusque. ‘‘ Si le poison atteint le coeur, il va mourir ! Je n’ai que très peu de temps ! ‘‘

‘‘ B-Bien. Apportez-le à l’auberge, vite ! ‘‘

Quatre hommes soulevèrent Liam et on l’apporta aussitôt à l’auberge, Vaë les chassant sur-le-champ en leur claquant la porte au nez. Sa sacoche en main, elle étendit sur la table de chevet ses petits sacs faits en peau de lièvre dans lesquels se trouvaient des plantes médicinales en poudre. Elle cherchant le bon, et versa la poudre dans la bassine d’eau qui servait à se laver le visage. De sa main droite, elle brassa le tout et la porta en cuillère, venant s’assoir en vitesse aux côtés de Liam qui était plus que fiévreux, sa respiration affreusement profonde. Sa poitrine se soulevait rapidement et avec difficulté au fil des secondes. Vaë porta donc sa main vers la bouche de l’homme et y versa l’eau à plusieurs reprises, prenant garde à ne pas l’étouffer. Chose faite, ce fut ensuite l’heure de l’onguent. L’équipement du jeune homme se retrouva bien rapidement au sol, éparpillé un peu partout dans la pièce. Ses mains tremblantes ouvrirent la chemise de Liam pour enfin dévoiler l’endroit de la plaie. Le sang était bien présent, mais les veines à cet endroit étaient quelque peu noircies à cause du poison, celles-ci s’arrêtant aux environs de l’abdomen. Prenant son flacon, la druidesse en prit une quantité généreuse qu’elle appliqua directement sur la plaie et soupira. Se levant, elle alla changer l’eau de la bassine et la remplit grâce au pichet qui se trouvait sur la commode, à côté de là où le récipient se trouvait à l’origine. Délicatement, elle le posa sur la table de chevet, mouilla une petite serviette et épongea le visage, le cou, le poitrail et les environs de la blessure de Liam avec douceur.

Maintenant, il lui fallait attendre et surveiller les battements de son coeur. De ce fait, Vaënadiel se coucha à ses côtés et appuya son oreille contre son torse afin d’écouter attentivement ce rythme irrégulier. Sa respiration était difficile, faisant grimacer la jeune femme qui maudissait son père ... qui se maudissait elle.

Une heure s’écoula et Liam semblait reprendre du mieux. La fièvre était toujours présente, mais bien moins forte alors que sa respiration et son pouls reprenait un rythme régulier. Les yeux ouverts, Vaënadiel attendait en fixant un point invisible, un bras entourant la taille du jeune homme. Elle était en colère, mais triste et inquiète ... c’était à cause d’elle s’il était dans cet état. S’il l’avait laissé là bas, rien de cela ne serait arrivé ...

~ Je ... vais me livrer à eux ... dès qu’il ira mieux ... ~

Elle ferma les yeux, sa main gauche serrant tellement fort le bas de la chemise du jeune homme qu’elle commençait à y sentir un picotement. Sa gorge se serra et elle se redressa sur un coude afin d’observer celui qui la protégeait. Au moins, son visage semblait un peu plus serein et son corps plus ou moins absent des spasmes provoqué par le poison. Encore une fois, elle porta une main au front de Liam qui était toujours inconscient, puis dans son cou. Il était toujours aussi bouillant, mais son médicament combattait le poison de l’intérieur. C’était l’avantage de connaître les plantes et leurs caractéristiques.

Sa joue se reposa alors sur le torse du cavalier, son oreille écoutant toujours son coeur qui battait. Parfois il manquait à l’appel, parfois il accélérait, mais il revenait vers la normale. Soupirant, ses paupières se refermèrent et elle attendit son réveil.



Dernière édition par Vaënadiel Eira le Dim 18 Nov 2012 - 6:12, édité 1 fois
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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:11



Partout il y avait des flammes. Il pouvait regarder dans n’importe quelle direction elles étaient là, avides de le manger. Elles se rapprochaient, formant un cercle de plus en plus étroit et à chaque fois qu’il s’avançait pour tenter de s’échapper, elles doublaient de volume, le forçant à reculer.

Pourquoi était-il là ? Pourquoi sentait-il ces pics de douleur dans son corps ? Pourquoi ne parvenait-il pas à respirer convenablement ? Il ne savait pas, ne trouvait pas la réponse et pourtant, une certitude s’était ancrée en lui.

Il allait mourir.

Mourir sans avoir revu sa famille, sans même leur envoyer une lettre. Ils continueraient de l’attendre, à jamais. Mourir sans avoir pu protéger Vaënadiel, sans l’avoir conduite en lieu sûr, loin de son père. Mourir sans avoir connu l’amour et le bonheur qui allait avec, le bonheur que respiraient ses parents. Mourir à un âge ou la vie ne faisait que commencer.

Il se souvint alors de la flèche, du poison. C’était la cause de tout ceci, il en était sûr. Depuis combien de temps ? Le poison ne mettait pas des heures à agir, si ? Parce qu’il n’en pouvait plus de la douleur et des brûlures qui le rongeaient. Il fronça les sourcils lorsque les flammes diminuèrent petit à petit, emmenant avec elles le plus gros de la chaleur. Que… ?

Prudemment, il s’avança et se sentit sourire lorsqu’il constata que les flammes ne grandissaient plus à son approche. Mais son cœur ne reprenait pas sa course normale et accélérait dangereusement pour s’arrêter brutalement ensuite.
Quelque chose agissait et contrait les attaques du poison. Il commença à marcher lorsqu’une autre chaleur l’enveloppa.

Mais ce n’était pas la chaleur des flammes. Cette chaleur lui permettait de croire qu’il allait survivre. Qu’il ne mourrait pas aujourd’hui. Cette chaleur était accompagnée d’un effluve de parfum, d’une fragrance douce qu’il connaissait depuis trois jours.

La chaleur humaine. L’odeur de Vaë. Il marcha dans sa direction, certain qu’elle le mènerait à la vie, au monde de la conscience. Son cœur reprenait lentement son rythme lent et régulier à présent, la sensation de fièvre s’éloignait mais était toujours bien en lui.

Plus il approchait de la sortie, plus son corps devenait lourd. Ses membres lui faisaient mal comme si un buffle lui était passé dessus.

Une porte apparut devant lui et s’ouvrit, dévoilant une paire d’yeux de couleur aqua. Alors, sans hésitation, il plongea dedans.

La chute fût brève, mais son corps se rappela immédiatement à lui. Il sentit nettement l’endroit ou la flèche s’était fichée, sentit ses cheveux coller à son front et à sa nuque. Il était en sueur, sans doute encore fiévreux. Il n’arrivait pas à ouvrir les yeux, ses paupières étaient trop lourdes. Mais il voulait. Il déduisit par les sensations qu’il était dans un lit, à moitié nu. Il faisait chaud, même trop pour lui. Et, le plus important, sur sa taille, cette main. Cette main fraîche et douce. Sur son torse, cette joue. Cette joue ?

Il entrouvrit les paupières pour apercevoir la chevelure de neige de sa compagne. Elle était couchée à côté de lui, sa tête contre son torse, sa main entourant sa taille. Il ressentit des picotements le parcourir de part en part, et ce n’était pas dû à la fièvre ou à la douleur. Elle semblait dormir, ne bougeant pas d’un poil.

Il ouvrit les yeux plus grands, forçant son cerveau à réfléchir malgré la douleur. Que s’était-il passé par la suite ? Comment l’avait-elle mené ici ? Et…ou étaient passés son père et l’autre homme ?

Sachant pertinemment qu’il n’aurait des réponses qu’une fois Vaë éveillée, il commença à bouger lentement, réhabituant son corps aux mouvements.

Cela sembla éveiller sa protégée qui redressa la tête vers lui. Il réussit à lui sourire légèrement, ce petit geste étant un effort pour lui. Elle se releva et épongea encore son visage, doucement, descendant dans son cou. Il déglutit et la regardait sans ciller, la remerciant du regard. Il avait la gorge affreusement sèche et n’arrivait pas à ouvrir la bouche, donc encore moins prononcer un mot.

Elle l’avait soigné, lui avait évité la mort. Il lui était reconnaissant à un point inimaginable. Cela renforça encore plus son envie de l’aider et de rester avec elle. De lui apprendre son mode de vie et d’apprendre le sien. D’enrichir sa culture en fait.

Elle remit aussi de la pommade sur la plaie, lentement. Elle était délicate sur sa peau et dans son regard se lisait de l’inquiétude mais aussi…de la culpabilité ?

Il fronça les sourcils et, au moment ou elle voulait s’éloigner, il lui agrippa le poignet. C’était un gros effort et il ne parvenait même pas à le serrer. Elle le regarda, surprise et, encore avec effort, il ouvrit la bouche :

-Merci…


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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:12

En route vers la guérison

Ses pensées ne faisaient qu’un tour dans sa tête, cherchant une solution pour éviter que quelqu’un n’en souffre. Si elle se livrait à son paternel, qu’est-ce qui lui garantissait qu’il laisserait Liam partir ? Absolument rien. Elle le connaissait trop bien pour savoir que Dorguan le considérait comme une menace maintenant. De plus, l’envie de retourner chez elle était bien loin d’être présente. Ce que la druidesse vivait présentement dépassait toutes ses attentes, ses craintes et ses peurs. Jamais son besoin de satisfaire sa curiosité n’avait été aussi haut. Pourquoi, ? Ça, elle n’en savait rien et bien que l’inconnu se trouvait devant ses pieds, elle voulait y plonger pour découvrir ce qu’était le vrai monde. C’était fini... l’ignorance n’avait plus sa place, mais le danger roderait tant qu’elle n’aurait pas semé les deux hommes des montagnes.

Le corps du jeune homme se mit alors à bouger légèrement, signe que le cavalier reprenait conscience. Vaënadiel ouvrit donc les paupières et leva les yeux vers lui tandis qu’il se battait afin d’y voir quelque chose. Malgré le peu de forces qui l’habitait, Liam réussit à lui faire un faible sourire qu’elle ne trouva pas le courage de renvoyer. D’une main, elle toucha son front et son cou perlant de sueur du à la fièvre et se releva pour prendre la bassine d’eau et la serviette humide afin d’éponger et rafraîchir sa peau. Elle commença par nettoyer son visage, repoussant les mèches noires qui collaient contre ses tempes puis descendirent délicatement dans son cou. Déjà, il reprenait des couleurs, car une heure plus tôt, il était blême comme un mort.

La pommade fut ré appliquée, mais en moins grande quantité, faisant toujours attention à ne pas faire un faux mouvement, car cette zone était très sensible. Il fallait aussi que la plaie respire, le temps que l’onguent agisse. Aussi agissait-elle en silence, pensive. Elle se sentait coupable pour l’état de Liam, car les Nordiques s’en étaient pris à lui directement au lieu d’elle. Ils avaient vu au travers de son déguisement ... Ce n’avait été qu’une question de temps. La plaie recouverte de cette matière visqueuse, la druidesse mit la serviette dans la bassine et allait se tirer hors du lit pour laisser Liam se reposer lorsqu’elle sentit une main chaude autour de son poignet. Son regard aqua se baissa sur celui-ci, puis vers son protecteur, ne cachant pas sa surprise.

‘‘ Merci… ‘‘

Vaënadiel eut la gorge serrée et baissa la tête afin de détourner son regard du sien. Il était dans un si piteux état ! Pourquoi avait-il fallu que tout tourne ainsi ?!

‘‘ Ce ... ce n’est rien. Je ... ne pouvais pas ... le laisser te faire ça. ‘‘ Murmura t-elle, le tutoyant.

En ce moment, elle détestait son père au plus haut point. Elle était sa fille unique et il osait la traquer comme un animal, détruisant tout sur son passage comme un humain sans cervelle. Tout ce qu’elle espérait, était qu’il lâche prise une bonne fois pour toute, bien que c’était peu probable ... Elle devait lui parler, seul à seul, mais c’était beaucoup trop risqué vu sa situation. Jamais Liam ne la laisserait partir de son propre chef, elle en était persuadée, le vit dans ses yeux lorsqu’elle releva la tête pour croiser de nouveau son regard doré.

Un faible sourire en coin illumina enfin son regard alors qu’elle se détacha pour vider la bassine d’eau. On toqua alors à la porte, la faisant sursauter. Une voix s’éleva de l’autre côté, l’avertissant qu’il s’agissait de l’aubergiste et qu’elle leur apportait de quoi boire et manger. Lorsqu’ils étaient entrés, Vaë, les soldats et le blessé, l’aubergiste ne fut que surprise. La druidesse ouvrit enfin la porte, petit à petit et méfiante, la dame lui offrant un sourire rassurant.

‘‘ Tenez ... il y a de quoi vous nourrir convenablement, ainsi que de l’eau. Prenez bien soin de lui. ‘‘

‘‘ M-merci, madame. ‘‘

L’aubergiste la salua d’un signe de tête et descendit au rez-de-chaussée, laissant la femme des montagnes fermer la porte derrière elle à l’aide d’un pied puis elle apporta le plateau-repas maladroitement jusqu’à la table de chevet où elle le déposa. Elle prit d’abord le verre remplit d’un liquide clair et translucide et s’asseya à côté de Liam, glissant une main sur sa nuque pour lui redresser doucement la tête afin de lui permettre de boire sans qu’il ne fournisse d’efforts. Contrairement à ce qu’elle croyait, il but rapidement à cause de la déshydratation et le récipient se retrouva bien rapidement vide. Étirant le bras, Vaënadiel le déposa à côté du plateau-repas et vérifia de nouveau sa température; il était maintenant hors de danger.

‘‘ Je suis désolée. ‘‘ Dit-elle, l’air débité et triste.

Sa poitrine se souleva à peine alors qu’elle laissa échapper un long et profond soupir. Replaçant des mèches de ses cheveux pâles derrière ses oreilles.

‘‘ C’est par ma faute si tu es dans cet état ... quelques minutes de plus et je n’aurais pas pu te soigner. Les plantes auraient agi trop lentement et le poison aurait envahi ton corps en entier. C’était de justesse. ‘‘

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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:15




-Ce ... ce n’est rien. Je ... ne pouvais pas ... le laisser te faire ça.

Elle l'avait tutoyé, à sa plus grande surprise. Mais il ne dit rien. Il était content d'être de nouveau avec elle. Dans le monde des vivants. Il ressentait encore la douleur, avait encore chaud, mais tout diminuait. Elle avait fait un miracle.
Elle le regarda encore longuement, lui ayant toujours son poignet entre ses doigts faibles. Elle semblait…triste. En tout cas, il était sur d'une chose : il ne la laisserait jamais seule tant qu'elle ne serait pas en sécurité.

Elle lui sourit enfin et se détacha de lui pour vider la bassine. Il bougea légèrement, remuant les pieds, les chevilles, les jambes, pour se réhabituer. Il ne comptait pas moisir ici et encore moins rester couché à ne rien faire, surtout en sachant que les deux hommes rôdaient.

C'est alors que l'on toqua à la porte, faisant sursauter Vaë, mais aussi accélérer le cœur de Liam. Il eut peur que ce soit leurs "ennemis" mais lorsque la voix féminine de l'aubergiste s'éleva, rassurant la jeune femme, Liam soupira en silence. Vaë ouvrit la porte lentement, méfiante et la femme apparut, un plateau-repas en main. Elle le tendit à sa compagne en disant :

- Tenez ... il y a de quoi vous nourrir convenablement, ainsi que de l’eau. Prenez bien soin de lui.

Vaë hésita avant de répondre :

-M-merci, madame.

Après que l'aubergiste l'eut saluée et soit redescendue, Vaë ferma la porte avec son pied et s'approcha de lui. La chaleur avait nettement diminuée, la douleur était encore là, mais il supportait déjà mieux. Ses membres étaient toujours lourds et il savait qu'il mettrait un peu de temps. Sauf qu'ils n'avaient pas le temps. Et il n'allait pas être un poids. Elle posa le plateau sur la table de chevet et remplit le verre d'eau avant de s'asseoir à ses côtés. Doucement, elle glissa une main derrière sa nuque pour l'aider à redresser la tête sans efforts et lui approcha le verre de la bouche. Il but goulûment, d'une traite. Le liquide coula dans sa gorge plus que sèche et lui fît un bien monstre. La main de Vaë lui envoyait des décharges électriques le long de sa colonne vertébrale, décharges qui se stoppèrent lorsqu'elle la retira pour prendre sa température après avoir déposé le verre.

Il vit son petit sourire en coin, rassuré. Apparemment, il était tiré d'affaires. Mais ce sourire s'évanouit très vite :

-Je suis désolée.

Désolée ? Il fronça les sourcils alors qu'elle soupirait profondément en replaçant une mèche de cheveux derrière ses oreilles. Que se passait-il ? Il voulait qu'elle parle, pour qu'il puisse la rassurer.

-C’est par ma faute si tu es dans cet état ... quelques minutes de plus et je n’aurais pas pu te soigner. Les plantes auraient agi trop lentement et le poison aurait envahi ton corps en entier. C’était de justesse.

Il baissa les yeux pour tout de suite les relever vers elle. Il inspira un grand coup et, avec moult effort se redressa légèrement, pour s'asseoir dans le lit. Il tira sur la blessure, retint sa grimace, retrouva son souffle avant de parler. Il n'était pas d'accord. Ce n'était pas sa faute. C'était lui qui avait choisis de l'aider et de la protéger. D'ailleurs il ne regrettait pas le moins du monde son choix. Et…sans elle il ne serait pas dans cet état non…il serait mort.

Lentement, d'un geste téméraire, si téméraire qu'il avait peur qu'elle le repousse, il leva sa main et agrippa le menton de Vaë pour l'obliger à le regarder droit dans les yeux. Son bras manquait de forces et il arrivait à peine à le tenir en l'air mais il se força et déclara :

-Ce n'est en rien ta faute et tu n'as pas à être désolée. Je t'aie promis que je te défendrais et t'emmènerais en sécurité. Et je tiens toujours mes promesses. Et puis…sans toi…je serais mort Vaënadiel. Je ne serais plus là du tout. Tu n'as pas à t'en vouloir, crois-moi. Ce n'est pas ça qui va me faire baisser les bras. Dès ce soir nous repartirons. Nous marcherons de nuit et mettrons de la distance entre toi et ton père. Chasse ses pensées de ta tête d'accord ?

Il la relâcha, son bras hurlant de douleur, et il attendit qu'elle acquiesce au moins pour sourire. Sa plaie le tiraillait et il se recoucha lentement, fermant les yeux une demi-seconde. Jamais il n'avait connu sa, mais ne se plaindrait pas et il ferait comme il avait dit : il repartirait le soir.

-Tu…tu peux manger si tu veux. Je…n'ai pas faim.

Rien que l'odeur lui donnait envie de vomir. Il inspira et expira profondément, réfléchissant à la suite de leur périple. La route était encore longue et tout pouvait arriver jusqu'à Beolan. Mais il le ferait. Et en route il lui apprendrait la vie du Royaume et elle lui parlerait de la sienne…

Il la laissa manger en silence, vérifier une nouvelle fois sa blessure et sa température puis elle s'assit à ses côtés. Elle semblait vouloir dire quelque chose, mais il lui dit :

-Chut…je vais bien, je suis en vie. Ne te mine plus pour cela.

Il l'encouragea du regard et se força à bouger toute l'après-midi. Au début, les mouvements furent lourds, douloureux, demandant des efforts considérables qui le laissaient essoufflé. Mais au fur et à mesure, il parvenait à bouger mieux, levant la jambe en angle droit sous les couvertures, serrant les draps entre ses doigts le plus fortement possible.

Puis vint le soir. Il lisait dans son regard qu'elle n'était pas pour. Peut-être avait-ce été cela qu'elle voulait lui dire lorsqu'il lui avait chuchoté de ne justement rien dire…

Alors qu'elle regardait par la fenêtre, se cachant pour voir sans être vue, il se débarrassa de ses couvertures et commença le processus pour se relever. Il plia les jambes, redressa le dos, se mit assis. La plaie était tirée à bloc et envoyait des signes de douleurs qu'il ignora. Posant les pieds à terre, il ferma les yeux pour que sa tête cesse de tourner. Il était déjà plus qu'essoufflé et se demanda brièvement si c'était une bonne idée, au final. Mais parfois il était têtu, comme sa sœur et son père, et il ne voulait pas lâcher l'affaire !

Il inspira, se mettant en appui sur ses paumes pour se relever complètement. Lentement, il se leva, mais c'était dur. Et même trop dur. Il se sentit chanceler et se rassit en vitesse avant de tomber comme un sac sur le lit.

Et c'est là que Vaë se retourna…


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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:17

Je te l’avais dit !

Après ses paroles, Vaënadiel avait baissé la tête et ramené ses jambes vers elle alors que ses yeux fixaient maintenant la pointe de ses orteils mise à nue. Le soupira que poussa Liam l’alerta et comme elle le redoutait, il se redressa de peine et misère alors qu’il arrivait à peine à trouver les forces pour parler. Malgré ces mouvements de sa part, elle ne daigna pas croiser son regard, mais elle en fut bien obligée. Le jeune homme avait pris son menton de son index et son pouce afin qu’elle relève la tête et le regarde dans les yeux. Dans ce seul mouvement, elle sentait ses tremblements et tous les efforts qu’il y mettait.

‘‘ Ce n’est en rien ta faute et tu n’as pas à être désolée. Je t’ai promis que je te défendrais et t’emmènerais en sécurité. Et je tiens toujours mes promesses. Et puis…sans toi…je serais mort Vaënadiel. Je ne serais plus là du tout. Tu n’as pas à t’en vouloir, crois-moi. Ce n’est pas ça qui va me faire baisser les bras. Dès ce soir nous repartirons. Nous marcherons de nuit et mettrons de la distance entre toi et ton père. Chasse ses pensées de ta tête d’accord ? ‘‘

Non ! C’était de SA faute. Le seul fait qu’il se trouvait avec elle, qu’il la défendait et la gardait sous son aile le mettait en danger. En fuyant de la montagne, Vaë avait mis son père en rogne comme jamais et Liam avait osé le défier en s’interposant entre eux. Si elle n’avait pas été là, aujourd’hui, Dorguan n’y aurait pas été et cette flèche n’aurait jamais atteint le flanc gauche du jeune homme. Or, elle dut se résoudre à accepter de chasser ses pensées négatives comme le lui demandait son protecteur, alors qu’il éloignait sa main chaude de son visage pour lui offrir un faible sourire. Elle le lui renvoya et hocha la tête puis la druidesse fut soulagée de le voir se recoucher,car il devait reprendre des forces bien qu’elle n’était pas d’accord avec l’idée de partir le soir même. La blessure, le poison ... il n’avait pas encore eu le temps de s’en remettre et ne tiendrait pas plus sur pied l’heure venue qu’il ne l’était capable en ce moment.

‘‘ Tu…tu peux manger si tu veux. Je…n’ai pas faim. ‘‘

Lui aussi devrait manger un peu, même s’il devait avoir l’estomac en compote présentement. Le sien par contre c’était tout le contraire et il criait famine, l’angoisse lui ayant donné faim. Alors, Vaënadiel se poussa sur le bord du lit, prit son bol de potage aux légumes et l’ingurgita comme une affamée. Ce que leur nourriture pouvait être bonne ! À cause de ça, elle finirait par devenir toute ronde ... enfin ... c’était une manière de parler. Du coin de l’oeil, elle observait Liam qui semblait pensif. Celui-ci reprenait tranquillement des couleurs et sa respiration se faisait de moins en moins profonde. Après son repas, qu’elle déposa dans le plateau-repas se trouvant sur la table de chevet, Vaê vint s’assoir sur le lit, à ses côtés et croisa les jambes. D’une main, elle vérifia sa température puis étira le cou afin de voir l’état de sa plaie. La pommade agissait bien et entrait dans les pores de la peau, favorisant ainsi la guérison. Le regardant en hésitant, Vaë voulut parler, mais Liam fut plus rapide et la devança comme s’il avait prédit ce qu’elle allait dire.

‘‘ Chut…je vais bien, je suis en vie. Ne te mine plus pour cela. ‘‘

Sauf qu’elle voulait qu’il se reposer au lieu de reprendre la route en pleine nuit. Les yeux dorés du jeune homme se posèrent sur elle pour lui faire comprendre que ça irait, mais la druidesse n’en était pas aussi certaine que lui.

Le restant de l’après-midi, il fit quelques exercices alors qu’elle brossait ses cheveux avec une fourchette. Non, elle ne savait pas encore son utilité et venait de lui en trouver une toute nouvelle, bien que ça faisait mal lorsqu’elle se heurtait à un noeud. Ensuite, pour passer le temps, elle s’allongea à côté du lit, par terre en chantonnait en regardant le plafond. La journée parut bien longue et lorsque le soir tomba, la druidesse s’était assise sur la chaise près de la fenêtre et regardait à l’extérieur avec prudence. Il y avait encore quelques silhouettes ici et là qui se promenaient dans les rues, parfois des soldats, parfois des familles avec leurs enfants. Le peuple de Liam vivait si différemment du sien, tellement qu’elle avait encore de la difficulté à croire qu’il y avait bien plus à découvrir encore. Leur culture était si étrange, mais si intéressante. Tout comme leurs inventions, leurs maisons et leur nourriture.

Vaënadiel était perdue dans ses rêveries, tellement qu’elle n’eut jamais connaissance de la tentative de Liam. Elle avait entendu un bruit et s’était aussitôt retournée pour se lever et s’approcher en vitesse du jeune homme qui était sur le bord du lit. La jeune femme grimpa à quatre pattes sur le lit et stoppa une fois son visage au dessus de celui de son protecteur, à une bonne distance. Ses cheveux de nouveaux tressés ne lui tombèrent donc pas sur le visage.

‘‘ Je ne crois pas du tout que ce soit une bonne idée de partir ce soir ... tu devrais prendre la nuit pour te reposer. Voyager de jour serait aussi plus prudent, non ? Il y a moins de prédateurs sur les routes à cause de la présence des Hommes. ‘‘

Elle pencha la tête de côté, lui faisant une grimace alors qu’un sourire se formait sur ses lèvres. Puis du bout du doigt, elle toucha la pointe de son nez à quelques reprises et dit, en le réprimandant doucement:

‘‘ On-ne-se-relève-pas-d’une-telle-blessure-en-une-journée ! Voilà ! ‘‘

Puis elle termina ses paroles d’un large sourire qui l’obligea à fermer les yeux alors que son fessier tomba sur le matelas du lit et que ses mains allèrent chercher ses pieds pour que ses jambes se croisent.

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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:19


A peine l'eut-elle vu qu'elle se jeta sur le lit à quatre pattes, l'obligeant à se recoucher et se stoppa à quelques centimètres au-dessus de son visage. Ses cheveux en arrière, elle avait pris soin à ce que sa tresse ne tombe pas sur lui. Il se noya dans son regard, si proche d'un coup !

Il tenta de lui sourire, mais la douleur l'en empêcha. Il avait cru y arriver, même en forçant, mais non.

-Je ne crois pas du tout que ce soit une bonne idée de partir ce soir ... tu devrais prendre la nuit pour te reposer. Voyager de jour serait aussi plus prudent, non ? Il y a moins de prédateurs sur les routes à cause de la présence des Hommes.

De jour…ils seraient encore plus visibles par leurs poursuivants…mais il ne dit rien, amusé par la grimace qu'elle lui fît, tête penchée de côté, laissant la place à un sourire. Le doigt de la jeune femme fusa vers son nez, tapant frénétiquement le bout en disant :

-On-ne-se-relève-pas-d’une-telle-blessure-en-une-journée ! Voilà !

Elle sourit encore plus, se laissant tomber sur le postérieur pour ensuite croiser les jambes. Il était assez amusé par ses paroles. Il reprenait son souffle lentement, avalant sa salive pour lui répondre. Il ferma et rouvrit les yeux et, la regardant, lui dit :

-Désolé mais…je ne veux que ta sécurité et…ici on ne l'est pas. Et en plein jour on sera encore plus exposés. Mais…je dois admettre que tu as raison…je ne ferais pas trois pas sans m'effondrer pour l'heure…

Il lui sourit en inspirant un peu plus. La nuit tombait et elle semblait aussi fatiguée.

-Viens…couche-toi…

Il se poussa comme il put vers la gauche, lui laissant la place à droite, là ou il n'était pas blessé. Elle sembla hésitante et il rajouta :

-Viens…tu ne vas pas dormir assise ou debout non ?

Il avait étendu son bras sur le côté, pour qu'elle ait aussi un oreiller. Toujours hésitante, elle se coucha lentement, et il replia son bras, comme pour qu'elle sache qu'il était là et qu'elle ne risquait rien. Et puis…le contact l'apaisait. Le détendait. Il ferma les yeux, emporté par l'odeur de Vaë, par sa proximité, par la fatigue due aux efforts fournis aussi.

Le lendemain, il se réveilla lentement, la douleur se rappelant à lui. Heureusement, elle était bien plus faible et il ne se sentait plus fiévreux. Les soins de Vaë portaient leurs fruits. D'ailleurs, il sentit son corps contre le sien et en fût surpris, jusqu'à ce qu'il se souvienne. Il tourna la tête vers elle et sourit en voyant son visage paisible. Dans le monde des rêves au moins, son père ne la cherchait pas et elle était en sûreté…

Il soupira en silence. Aujourd'hui, ils devraient partir. Ils n'avaient pas le choix. Il ne voulait pas que leurs poursuivants aient le temps de trouver le moyen de les attraper dans l'auberge. Ils seraient assez fous pour le faire malgré les gardes. Il sortit son bras gauche des couvertures et l'étira au-dessus de sa tête. Cela lui coûta nettement moins d'efforts et il sourit. Ses pieds bougèrent à leur tour, demandant un peu plus mais moins que la veille. Et d'un coup, son ventre grogna. Si fort qu'il dût réveiller Vaë car celle-ci se redressa lentement, les yeux bouffis par le sommeil, cherchant à comprendre ou elle se trouvait.

-Bonjour…euh…Excuse-moi si je t'ai réveillée…mon ventre réclame…

Il lui sourit, gêné, nerveux d'un coup et elle le lui renvoya en se relevant. Elle s'étira aussi et vérifia d'abord la plaie avant de lui donner à boire et à manger, fraîchement apporté de l'aubergiste. Il mangea lentement, chaque bouchée étant un défi car sa gorge ne l'acceptait pas encore totalement, mais il s'en fichait. Il avait faim. Elle souriait, contente qu'il se sustente, et il lui tendit sa part. Pas question qu'il mange tout !
Ensuite, il se redressa en position assise sur le lit, appuyant son dos contre le mur derrière lui. Cela lui avait demandé aussi des efforts, mais sa plaie le tirait moins déjà et il était posé de telle sorte qu'elle ne soit pas trop repliée.

Il écarquilla les yeux lorsqu'il vit Vaë se coiffer avec la fourchette et se retint de rire. Il l'observa et dit :

-Cela ne sert pas à ça tu sais. C'est un ustensile pour manger. Pour les cheveux, on utilise un peigne. Il y en a un dans le tiroir de la commode normalement, comme dans toutes les auberges.

Elle le regarda, rougissante, et se leva pour le chercher. Bien sûr, il n'y avait pas que le peigne dans le tiroir, aussi lui montra-t-elle plusieurs autres objets avant qu'il n'acquiesce. Elle revint vers lui, analysant le peigne. Il était long, doté de dents non pointues. Il était de couleur bleue pâle, irisé de petits motifs courant tout le long.

Il le lui prit et lui fît signe de s'approcher et de lui tourner le dos. Délicatement, il commença à coiffer sa longue chevelure, faisant attention aux nœuds, les rendant aussi lisses que possible. Cela le détendait. Il lui montra aussi comment faire et elle fît une partie de sa coiffure toute seule, pour qu'elle apprenne et sache s'en servir dorénavant. Ses cheveux étaient aussi soyeux que la neige sur la cime des arbres…

Lorsqu'elle se retourna vers lui, les cheveux bien coiffés, il lui sourit en réponse à son regard de remerciements. Il était toujours torse nu et remarqua enfin que ses vêtements et son équipement étaient éparpillés dans toute la pièce, pêle-mêle. Il paniqua un instant, ne voyant pas son épée. Il regarda partout, jusqu'à ce qu'il voie sa poignée dépasser. Là il fût entièrement rassuré. Il tenait beaucoup à son épée. Elle avait de la valeur et pas seulement financière.

-Il faut que nous partions aujourd'hui Vaë…plus on reste, et plus ils ont le temps de préparer leur prochain coup…

Il savait très bien qu'ils ne lâcheraient pas l'affaire tant qu'il ne serait pas mort et que la jeune femme soit avec eux. Il le savait et se demandait ce qui les attendait encore. Torture ? Piège ? Chantage ? Embuscade ? Il ne savait pas et cela l'angoissait et le faisait stresser.
Mais il ne montra rien à Vaë. Maintenant qu'elle était calme, à peu près détendue, et ayant réussis à surmonter sa peur de ce monde inconnu, il ne voulait pas tout gâcher. Ils devaient partir…mais y arriverait-il ?


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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:21

Promenade nocturne


Oui, elle savait, elle avait l’air d’une gamine à l’heure actuelle, mais c’était seulement pour le taquiner vu qu’elle était maintenant un peu plus à l’aise en sa présence. Il fallait dire que la jeune femme n’avait jamais été vraiment en relation d’amitié avec une personne auparavant, hormis sa famille. Leur tribu était peu nombreuse et à cause de son horrible tache de naissance, on la repoussait comme si elle était une horreur (oui horreur et non erreur) de la nature. Jamais elle n’avait voulu tenter après, se morfondant sur elle-même lorsque ses frères partaient à la chasse avec les hommes du clan Eira. Peut-être n’était-il pas porté à juger aussi rapidement que les siens ... enfin, peut-être qu’elle se trompait sur son compte.

Et la voilà qui divaguait encore, tentant de se dire que l’homme qui faisait office de protecteur était un démon caché sous l’apparence d’un ange !

‘‘ Désolé, mais…je ne veux que ta sécurité et…ici on ne l’est pas. Et en plein jour on sera encore plus exposés. Mais…je dois admettre que tu as raison…je ne ferais pas trois pas sans m’effondrer pour l’heure… ‘‘

Ah oui, de ce point de vue Vaë comprenait mieux pourquoi Liam préférait voyager de nuit. En fait, c’était tout l’inverse de ce qu’on lui avait apprit, mais elle adorait ça. Et puis de toute façon, s’ils se retrouvaient en danger, elle pourrait le prévenir par l’intermédiaire de ses dons de druide. Ensuite, elle lui souria de manière timide, émue qu’il tienne autant à la mettre en sécurité.

‘‘ Très bien alors. Donc, tu auras la nuit et la journée de demain pour te reposer, Liam ‘‘

Toujours assise, Vaë regarda par la fenêtre pour voir que la pénombre était déjà tombée. Déjà ... plutôt enfin! À force de ne rien faire, elle était épuisée, car oui, elle trouvait épuisant de ne rien faire. Malgré qu’elle avait veillé sur le jeune homme du matin au soir, mais bref.

‘‘ Viens…couche-toi… ‘‘

‘‘ Hm? ‘‘

Aussitôt, après avoir entendu cette invitation, la druidesse tourna vivement les yeux vers Liam qui était déjà en train de se pousser vers la gauche dans ce lit simple qui pouvait contenir qu’une seule personne si celle-ci s’étalait. Il se retrouva donc près du mur, mais elle hésitait, portant son regard aqua vers la place libre et ensuite sur l’homme.

‘‘ Viens…tu ne vas pas dormir assise ou debout non ? ‘‘

‘‘ Mais je peux ... dormir par terre. ‘‘

Sauf qu’il lui avait fait amplement de place et elle n’en prenait que très peu. Même le pied du lit seulement aurait fait l’affaire puisque Vaënadiel savait se faire toute petite. Dans son enfance, elle s’était souvent retrouvée avec très peu d’espace pour dormir puisqu’elle occupait la même chambre que ses sept frères aînés. Toujours hésitante, elle se sentit quasiment mal de refuser et puis il lui faisait savoir qu’elle ne risquait rien. Lentement, elle s’approcha après s’être remise à quatre pattes et se coucha à ses côtés. Vaë se tourna sur le côté, en position foetale et ferma les yeux après avoir baillé longuement. Ne perdant pas de temps, elle s’endormit en écoutant la respiration de son compagnon.

Au petit matin, la druidesse eut droit à un réveil des plus étrange. Elle avait quelque peu bougé en sentant du mouvement, mais le grondement qui trouva le chemin de ses tympans la força à s’ouvrir les yeux. Ceux-ci eurent de la difficulté, car ses paupières étaient lourdes. Sa tête se redressa avec des yeux mi-clos et une chevelure en bataille. Elle chercha un moment où elle était et qui était à côté d’elle lorsque sa vue s’ajusta enfin.

‘‘ Bonjour…euh…Excuse-moi si je t’ai réveillée…mon ventre réclame…’’

Vaënadiel ne put retenir son sourire endormi et enfonça son visage dans l’oreiller pour ensuite s’étirer. Chose faite, elle s’asseya sur ses talons et vérifia la blessure de Liam qui était beaucoup plus belle que la veille. Ne voulant pas prendre de chance, elle se tira hors du lit, alla fouiller dans sa sacoche et prit son flacon d’onguent qu’elle avait rangé. Revenant vers lui, elle en appliqua une fine couche pour prévenir, bien que ce n’était pas nécessaire. Par la suite, on toqua à la porte et lorsque la jeune femme ouvrit, un plateau-repas attendait au pied de la pièce. Tout chaud, tout frais. À deux mains, Vaë le prit et referma la porte avec son pied et manqua bien s’enfarger en revenant vers le lit. Le plateau à bout de bras, dans les airs, Vaë avait fermé les yeux et grimaçait alors qu’elle avait réussi à garder son équilibre. Fière, elle se redressa et termina les trois pas qu’il lui manquait pour s’assoir sur le bord du matelas. Le déjeuner fut posé entre eux deux et Liam avalait son repas, à son plus grand soulagement, et avec appétit. Elle préférait attendre qu’il ait terminé, mais il lui laissa une part qu’elle accepta avec joie cherchant comment se mangeaient certaines choses telles que les oeufs !

Pendant que Liam s’asseyait, adossé contre le mur, Vaë s’était assise les jambes croisées devant lui, tenant une fourchette. Encore une fois, elle avait tenté de se brosser les cheveux avec et grimaçait à tous les coups. Soudainement, elle se sentit ... observée. Levant les yeux vers son compagnon, elle vit bien qu’il retenait un sourire.

‘‘ Cela ne sert pas à ça, tu sais. C’est un ustensile pour manger. Pour les cheveux, on utilise un peigne. Il y en a un dans le tiroir de la commode normalement, comme dans toutes les auberges. ‘‘

‘‘ Un ... peigne ? ‘‘

Le rouge lui montait aux joues sans qu’elle ne s’en rende réellement compte. Elle était tellement gênée qu’elle lui tourna vivement le dos pour se diriger vers la commode en tirant tous les tiroirs, commençant bien évidemment par le dernier ... et non le premier.

‘‘ Vide ... vide ... vide ... Ah ! C’est ce machin ou ce bidule ? ‘‘ Demanda t-elle en se retournant vers lui en tenant un mirroir et un savon.

Liam secoua la tête négativement et Vaë replongea dans ses recherches, levant enfin dans les airs le peigne et la brosse qu’elle analysait tout en s’approchant de son protecteur. D’abord, elle s’était agenouillée sur le bord du lit, mais celui-ci lui fit signe de s’approcher d’avantage, et du doigt, de pivoter sur elle-même. De ce fait, elle tomba sur le fessier, dos à lui, se demandant ce qu’il avait l’intention de faire après qu’il lui eut pris le peigne. Les dents de l’objet commençaient à démêler ses cheveux doucement et Vaë se calma aussitôt, devenant plus que calme. Sa mère la coiffait ainsi chaque soir, lui disant à quel point sa chevelure était magnifique. Ensuite, son instructeur lui montra comment faire, car non elle ne savait pas ! Étrange oui ... car c’était sa mère qui le faisait. Se retournant enfin vers lui, la druidesse le remercia et il lui sourit en guise de réponse. Sauf que son regard doré se posa alors partout autour de lui, une légère lueur de panique s’y glissant. Courbant le dos, la jeune femme regarda un peu partout pour voir la pagaille qu’elle avait faite: un gantelet au centre de la pièce, l’autre près de la porte, le plastron près de la chaise , etc. Mais il s’apaisa lorsqu’il vit son arme. Elle avait pris soin de la ramasser pendant que les soldats l’aidaient à le transporter à l’auberge.

‘‘ Il faut que nous partions aujourd’hui Vaë…plus on reste, et plus ils ont le temps de préparer leur prochain coup… ‘‘

La jeune femme acquiesça d’un signe de tête, mais elle fronça bien rapidement les sourcils. Ce faux air sévère ne la rendait pas du tout crédible. Oh ça non ... mais bon. Elle essayait au moins.

‘‘ Oui, sauf que tu as dit que nous voyagerions de nuit alors, ce sera ce soir et pas avant. Donc pendant ce temps, tu te reposes et tu bois beaucoup d’eau. Sinon je connais un remède à base de plante qui saura te faire dormir rapidement. ‘‘

Bien entendu, elle retrouva le sourire bien assez tôt et son compagnon de rouspéta pas. Le reste de la journée fut bien calme et Liam avait fait une petite sieste, tout comme elle qui avait repris sa place dans le lit. Son dos se retrouva collé à son flanc droit alors qu’elle s’était endormie comme un loir pour ne se réveiller que lorsque l’aubergiste toqua à la porte pour leur livrer le souper. Vaënadiel s’en chargea, avançant vers la porte en se frottant les yeux à deux mains et l’entra. Ils mangèrent en silence puis ce fut bientôt l’heure du départ. La jeune femme aida Liam à se vêtir et à enfiler son équipement puis elle se sauta dans ses mocassins en fourrure avant d’enfiler son manteau. Ouvrant la porte, son protecteur tira le capuchon sur sa tête, car elle l’avait oublié et ils descendirent à l’étage pour payer la note avant de partir. En silence et dans la plus grande des discrétions, le duo se faufila dans l’écurie pour retrouver Nocturne qui était heureux de les retrouver. Vaë caressa son museau alors que Liam prenait les rênes afin de l’amener à l’extérieur. Chose faite, il la fit monter et fit de même avant de mettre les voiles pour quitter le village.

De nuit, la forêt avait des allures sinistres. La seule lumière qui leur parvenait était celle de la lune qui se retrouvait camouflée de temps à autre par les nuages qui flottaient dans le ciel. De la fumée se formait à chaque fois que les jeunes gens expiraient, Nocturne compris. Vaënadiel était tendue, non pas à cause de leurs poursuivants, mais à cause de ce décor à faire hérisser les cheveux. Cherchant un peu de réconfort, elle colla son dos contre son compagnon et colla ses bras contre elle, car elle commençait à grelotter. Le soleil n’était pas là pour la réchauffer et la nuit, la température était beaucoup plus basse.

Liam pencha donc un peu sa tête afin de lui demander, dans un murmure, s’ils étaient suivis. La druidesse ferma donc les yeux et se concentra afin de n’entendre que le souffle de ce vent glacial. Elle mit deux longues minutes avant de tourner la tête de côté et pouvoir lui répondre.

‘‘ Ils peinent à avancer dans cette noirceur, car ils doivent rester dans la forêt, au travers des arbres. Pour le moment, nous avons une bonne longueur d’avance sur eux. ‘‘ Dit-elle à voix basse.

Le cavalier semblait soulagé, tout comme elle. Au moins, ils n’auraient pas de surprise avant un petit moment.


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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:23



-Oui, sauf que tu as dit que nous voyagerions de nuit alors, ce sera ce soir et pas avant. Donc pendant ce temps, tu te reposes et tu bois beaucoup d’eau. Sinon je connais un remède à base de plante qui saura te faire dormir rapidement.

Elle retrouva le sourire et il ne râla plus. Parce qu’elle était capable de le lui faire ingurgiter, même de force. Ils ne dirent plus rien, laissant la journée s’écouler lentement. Elle vérifiait sa plaie de temps en temps et il buvait beaucoup, comme elle le lui avait dit.

Durant l’après-midi, ils firent une sieste, Vaë couchée dos contre son flanc droit, pelotonnée confortablement. Il dormit paisiblement, d’un sommeil sans rêve et pour le moins réparateur, mêlé à l’odeur de sa compagne.

Ce fût l’aubergiste qui les tira de leur sommeil en toquant pour apporter un nouveau plateau, le dernier d’ailleurs. Vaë alla le récupérer, encore à moitié endormie, manquant tomber et recouvrant in extremis son équilibre.
Tranquillement, ils mangèrent, puis elle contrôla une dernière fois sa plaie avant de l’aider à se vêtir. Il se leva lentement, faisant bien attention à ses mouvements. Elle eut du mal avec les parties de son armure, mais avec ses indications elle y parvint. Il grimaça juste lorsqu’il dut revêtir le plastron, devant pivoter le buste. Ils enfilèrent leurs manteaux, prêts à affronter la fraîcheur nocturne. Son épée dans le dos, il se sentait de nouveau plus fort que deux jours avant. Vaë ouvrit la marche, et juste avant de sortir de la pièce il rabattit son capuchon pour qu’elle devienne invisible.

Arrivé à la salle commune, il paya la note et ils sortirent, contournant la taverne pour récupérer Nocturne. L’étalon piaffa en les voyant, heureux de les voir. Vaë lui caressa le museau et il l’harnacha, prenant les rênes pour le guider hors de son box. Une fois dehors, il aida Vaënadiel à monter en selle et grimpa à sa suite, tirant la plaie et agrippant les rênes tranquillement. Tout était calme dans le village, seul le vent se faisait entendre.

Ils quittèrent le village pour pénétrer dans la forêt. Elle était sombre et avait un air inquiétant. Les seuls bruits étaient ceux des pas de Nocturne et les cris des animaux mélangés au vent. De la fumée blanche s’échappait de leurs narines à chaque expiration. Nocturne était également le seul à ne pas trop ressentir le froid vif et mordant qui les enveloppait. Vaë s’était collée dos à lui, et ensemble ils se réchauffaient grâce à la chaleur corporelle qu’ils dégageaient. Liam ne voyait pas grand-chose et faisait confiance à son étalon pour rester sur le bon chemin. La lune se dissimulait bien trop souvent dans les frondaisons des arbres pour qu’il s’y fie convenablement.

Au bout de quelques minutes il se pencha en avant, lui demandant si leurs poursuivants avaient repris la chasse. Elle resta silencieuse, écoutant, immobile, puis tourna la tête vers lui pour répondre à voix basse :

-Ils peinent à avancer dans cette noirceur, car ils doivent rester dans la forêt, au travers des arbres. Pour le moment, nous avons une bonne longueur d’avance sur eux.

Il soupira de soulagement et fût rassuré. Ils n’avaient « rien » à craindre pour l’heure. Ils avaient de l’avance, et la nuit jouait en leur faveur, comme escompté. Il ne pouvait pas mettre son étalon au trot au risque d’être trop bruyant et de les guider malgré eux. Parce que s’ils pouvaient les semer, ce serait bien. Une fois arrivés dans les plus grandes bourgades, ils se perdraient dans la foule et les montagnards n’oseraient plus agir comme ils l’avaient fait à cause des gardes présents partout. Il sentait le corps de la jeune femme trembler contre son torse et il serra ses avant-bras sur sa taille pour qu’elle ait un peu plus chaud.

La nuit défila en silence dans ce paysage sombre et menaçant. Ce n’est qu’au petit matin qu’ils s’arrêtèrent rapidement, pour que Nocturne puisse boire un coup et eux se dégourdir les jambes. Le soleil n’était pas encore levé qu’ils reprirent la route, suivant la route qui s’élargissait, signe qu’ils approchaient des grandes voies de circulation et donc des premières villes à proprement parler. Les arbres s’étalaient plus, et la neige avait disparue.

A midi, il leur accorda une pause bien plus longue, pour qu’ils puissent véritablement reprendre des forces. Il avait trouvé une sorte de caverne à l’intérieur de laquelle ils s’étaient enfoncés avec l’étalon. Il fît un petit feu et fît cuire un peu de viande piquée sur des bouts de bois.

-On va se reposer ici cet après-midi comme ça nous pourrons reprendre la route ce soir. Dit-il en mangeant sa bouchée.

Vaë mangeait aussi, contente de pouvoir manger sans couverts. Ils eurent rapidement les mains couvertes de gras dû à la viande et rirent ensemble en se les léchant pour tenter de le retirer. Ce moment de détente était plus que bienfaiteur, leur permettant d’oublier leurs poursuivants. C’était bien la première fois qu’il était tellement à l’aise avec une femme, ce qui le surprenait. En général, il se mélangeait les pinceaux, n’arrivait plus à parler et tournait les talons en quatrième vitesse, rouge et les mains tremblantes.
Alors qu’avec Vaënadiel, le contact passait naturellement, il coulait de source en fait.

Elle restait naturelle et c’est ce qu’il aimait bien chez elle. Il était sûr que ses parents ne diraient rien lorsqu’il arriverait avec elle. Il voyait déjà le regard de son père, pleins de sous-entendus, et le sourire de sa mère, complice.

Lorsqu’ils eurent terminé, il s’adossa contre le mur de la caverne, le ventre plein. Les douleurs étaient très très faibles et il se doutait que le lendemain il ne sentirait plus rien. Les plantes de Vaë avaient agit deux fois plus vite qu’un soin normal. Si elle n’avait pas été là, bon d’accord il serait mort, mais il aurait mis des semaines à ce rétablir alors que là, trois jours avaient suffis, même si ces mouvements étaient encore lourds par instant.

-Vaë…c’est comment la vie chez toi ? Je veux dire…sans être indiscret mais tu ne connais aucun outil comme les couverts et la baignoire alors qu’avez-vous pour les remplacer ?

Il était curieux et voulait connaître son mode de vie. Connaître…en théorie, il doutait habiter là-bas un jour…et il se disait aussi qu’ils pouvaient passer l’après-midi à apprendre à se connaître un peu plus l’un l’autre…


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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:26

C’est raté ...


Liam poussa un soupir de soulagement qui se fondait au souffle du vent et qui la fit sourire par la même occasion. Il était vraiment que c’était plutôt soulageant, pour le moment, car cela leur permettait d’avancer sans trop d’encombres et de mettre une certaine distance entre eux et leurs poursuivants. Bien que nerveuse, Vaënadiel gardait son sang-froid et tentait de paraître calme extérieurement. Des scénarios morbides prenaient forme dans sa conscience, imageant des scènes où les montagnards les rattrapaient et tuaient l’homme qui prenait soin d’elle depuis sa fuite. L’idée de les voir le torturer la fit frissonner d’horreur, mais l’étreinte des avant-bras de Liam la ramena bien rapidement à la réalité. Vaë était gênée ... elle qui était habituée au froid, la voilà qui grelottait sans cesse. Disons que l’absence de ses fourrures sur son corps y était aussi pour quelque chose. Se retrouver avec des vêtements aussi peu épais ne l’aidait pas à se tenir au chaud et elle se demandait comment les gens d’ici faisaient pour rester en bonne santé par les temps froids. Mais pour le moment, elle profita de cette vague de chaleur qui l’envahit afin de se réchauffer.

Les heures s’écoulaient et la druidesse avait fermé les yeux un long moment afin de se reposer. Voyager ainsi l’épuisait puisqu’elle n’en avait pas l’habitude, bien qu’elle avait les muscles du fessier et des cuisses endoloris à cause de sa posture bien peu confortable. Sa tête se pencha d’elle-même sur le côté alors qu’elle sommeillait, accotée contre l’épaule de Liam qui tenait les rênes. De ce fait, la jeune femme ne vit pas le levé du jour et le changement graduel de la flore qui les entourait. Ses paupières s’étaient ouvertes au moment où elle sentit que Nocturne s’était immobilisé et Vaë se redressa en se frottant les yeux, n’ayant pas encore conscience de l’endroit où ils se trouvaient. Le soleil commençait son ascension dans le ciel et le changement de clarté l’aveuglait. Comme une poupée de chiffon, elle se laissa prendre par Liam qui la posa avec délicatesse au sol, lui permettant ainsi de s’étirer de toute sa petitesse. Leur pause fut de courte durée, le temps que le sang recommence à circuler convenablement dans leur jambe puis ils se remirent en route une fois le cheval abreuvé.

Là, ses yeux aqua ne faisaient qu’un beau rond en regardant à droite, puis à gauche. Tout était si coloré par ici qu’elle en était plus qu’émerveillée. Il y avait des petites bêtes qu’elle n’avait encore jamais vues jusque-là et tant de végétation ! Les fleurs, les arbustes, les arbres; tout était si différent de chez elle et de ce qu’elle avait pu voir en cours de route. À tout bout de champ, Vaënadiel pointait quelque chose, Liam se faisait un plaisir de lui ou riant à ses remarques et comparaisons. Lorsque le soleil avait atteint son zénith, le cavalier fit arrêter sa monture devant une fosse creusée dans un cran de pierre plus ou moins haut. Ici, ils seraient hors de vue et pourraient reprendre quelque force ... ainsi que manger. Liam fit donc un petit feu de camp et entreprit de faire cuire de la viande. À l’odeur alléchante qu’elle dégageait, le ventre de Vaënadiel se mit à grogner fortement.

‘‘ Oulà ... on dirait qu’il y a un ours dans les parages. ‘‘ Dit-elle, gênée et se frottant le ventre.

Le jeune homme ne manqua pas de tourner ses yeux dorés vers elle, un sourire amusé aux lèvres alors qu’il surveillait la cuisson de leur repas. Vaë l’observait avec curiosité, ce genre de scène lui rappelant vaguement son mode de vie parmi son clan dans les pics neigeux.

‘‘ On va se reposer ici cet après-midi comme ça nous pourrons reprendre la route ce soir. ‘‘

Vaënadiel acquiesça aussitôt, engloutissant son repas comme une affamée. Oui, elle mangeait affreusement mal et rapidement, mais elle s’en fichait tout de même pas mal. Les mains gluantes, les jeunes gens ricanèrent et ils purent enfin se détendre. Après que leur ventre eut été satisfait, Liam s’était adossé contre le mur de la caverne alors que Vaë s’approchait du feu, croisant les jambes et gardant toujours son dos bien droit. De ses deux mains, elle jouait avec une longue mèche de cheveux; une habitude qu’elle avait prise avec le temps.

‘‘ Vaë…c’est comment la vie chez toi ? Je veux dire…sans être indiscret, mais tu ne connais aucun outil comme les couverts et la baignoire alors qu’avez-vous pour les remplacer ? ‘‘

Les questions de Liam la prirent au dépourvu, car elle ne savait pas trop par quoi commencer. Son regard aqua se posa donc sur lui et elle haussa les épaules. Son mode de vie d’avait rien de bien intéressant contrairement au sien, mais elle lisait dans ses yeux cette curiosité, cette envie de savoir. Ainsi vint-elle s’assoir devant lui en recroisant ses jambes alors que ses mains se posaient sur ses chevilles.

‘‘ Nous mangeons sur des plaques de pierre ou de bois, assez mince et de formes rectangulaires alors que pour le bain, nous avons des sources chaudes naturelles. Une pour les femmes et une pour les hommes. Les plus importants d’entre nous habitent dans le flanc de la montagne dans les petites cavernes taillées dans la pierre par nos anciens alors que d’autres habitent des huttes à l’extérieur, faites de pierres. Nos outils sont soient taillés dans la pierre ou avec des os d’animaux que nous chassons pendant la journée, puisque la nuit, c’est trop dangereux. ‘‘

La jeune femme s’arrêta là, le temps que l’information soit assimilée. Liam l’avait écouté attentivement et un de ses sourcils s’était même arqué lors de certains passages.

‘‘ C’est assez ... primitif comme style de vie, je te l’accorde ... mon grand-père nous racontait des légendes sur votre monde, qui semblait et est beaucoup plus évolué que nos clans. Car oui, nous vivons en clan. Le nôtre est d’ailleurs sur le point de disparaître ... ‘‘

Elle était inquiète, tout comme son père, en ce qui concernait la disparition du clan Eira, car c’était son passé ainsi que son sang, son appartenance. Mais qu’y pouvait-elle s’il disparaissait ? Son peuple ne voulait pas tenter de descendre la montagne, même après soixante années afin de s’ouvrir sur le monde et cela la désolait affreusement. Vaë baissa la tête, cachant ainsi son visage par une montagne de cheveux blancs comme la neige alors qu’elle gardait le silence. Ses mains serrèrent ses chevilles alors qu’elle redressa brusquement la tête vers l’arrière, vers l’entrée de la caverne. Il y avait des bruits de craquements ainsi que des chuchotements. Un frisson d’effroi parcourut son échine alors que la jeune femme se redressait brusquement.

‘‘ Ils sont là ... ‘‘ Murmura t-elle, mêlée au son de vent qui entrait dans leur cachette.

La druidesse recula alors que Liam se levait et prenait son épaule. Dans une telle impasse, il lui était difficile de fuir alors tout ce qu’elle pouvait faire était attendre, mais les deux silhouettes d’hommes qui étaient apparus devant l’entrée la pétrifia sur place alors que ses mains serraient fortement la manche droite de Liam, cachée derrière son dos.

‘‘ Rends-nous la fille et nous te laisserons tranquille, étranger ... ‘‘

Vaë sentait la voix de son père tendu et ... inhabituel. Il était enragé comme jamais elle ne l’avait vu et cela laissait mauvais présage. Rapidement, il dégaina son arc et décocha une flèche avant même que sa fille n’eût le temps de faire quoi que ce soit. La pointe se planta dans sa cuisse gauche, lui arrachant un cri de douleur avant qu’elle ne s’effondre à genoux au sol. Dorguan savait pertinemment que le protecteur de Vaënadiel ferait diversion afin de lui faire gagner du temps pour fuir alors le problème était maintenant réglé. Blessée, elle n’irait pas bien loin et de plus, le tranquillisant faisait déjà effet, car la jeune femme s’effondra sur le ventre au sol.


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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:29



Vaë haussa les sourcils, visiblement surprise par ses questions. Elle haussa même les épaules, comme pour dire que cela n'avait rien d'intéressant. Mais finalement elle s'installa devant lui, croisant les jambes et commença à parler :

-Nous mangeons sur des plaques de pierre ou de bois, assez mince et de formes rectangulaires alors que pour le bain, nous avons des sources chaudes naturelles. Une pour les femmes et une pour les hommes. Les plus importants d’entre nous habitent dans le flanc de la montagne dans les petites cavernes taillées dans la pierre par nos anciens alors que d’autres habitent des huttes à l’extérieur, faites de pierres. Nos outils sont soient taillés dans la pierre ou avec des os d’animaux que nous chassons pendant la journée, puisque la nuit, c’est trop dangereux.

Il avait tout écouté, buvant ses paroles et assimilant tant d'informations d'un coup. Il avait entendu ce genre de vie en cours, mais n'avait jamais cru que cela pouvait encore exister. Il était curieux de les voir en fait, et avait même haussé les sourcils aux passages des outils et de leur façon de manger.

-C’est assez ... primitif comme style de vie, je te l’accorde ... mon grand-père nous racontait des légendes sur votre monde, qui semblait et est beaucoup plus évolué que nos clans. Car oui, nous vivons en clan. Le nôtre est d’ailleurs sur le point de disparaître ...

Disparaître ? Liam fît tourner ses méninges…alors c'était pour cela que son père l'avait fiancée…sans doute pour perpétuer le clan…Elle garda le silence, baissant la tête et se camouflant grâce à ses cheveux de neige. Liam se tordit les mains, nerveux, ne sachant pas quoi dire ni quoi faire pour lui remonter le moral ou pour chasser ses peurs…

C'est alors qu'il fronça les sourcils. Il avait entendu du bruit, mais n'était pas sûr de son origine. Ce pouvait être le craquement des flammes ou Nocturne qui avait fait rouler une pierre sous son sabot. Mais Vaë releva aussi la tête en regardant vers la sortie de la caverne en disant :

- Ils sont là ...

D'un geste, il se releva, Vaë l'imitant. Il mit sa main sur son épaule pour la rassurer. Bien sûr sa plaie était encore douloureuse, faiblement, mais il s'en fichait. Cette fois, il ne se ferait pas avoir. Il dégaina son épée en silence alors que les silhouettes des hommes apparaissaient à l'entrée de la caverne.

-Rends-nous la fille et nous te laisserons tranquille, étranger ...

Liam ne fît que ricaner doucement. Bien sûr…comme s'il allait les croire…
Il voulut répliquer, mais, aussi vite que la lumière, le père de sa protégée avait dégainé son arc, encoché une flèche et tiré. Vaë s'effondra en un cri de douleur, la flèche dépassant de sa cuisse gauche. Liam restait médusé. Comment un père pouvait-il faire cela ? Raison de plus pour les tuer tous les deux. Il ne pouvait pas se pencher sur sa compagne pour vérifier son état, au risque de se faire tuer sur le champ. Aussi se mit-il devant elle pour faire barrage, son épée étincelante à la lumière des flammes.

Il était énervé. Comment ? Elle ne méritait pas ça ! Pas de la part de son propre père ! Jamais le sien n'avait ne serait-ce que levé la main sur lui ou sa sœur ! Le second homme s'approcha, une épée en main également. Il était moins grand que Liam, mais musclé, à l'air vif et rapide. Il était beau, Liam l'avouait, mais pour l'heure c'était son ennemi et adversaire.

-Tu crois que tu me fais peur avec ton joujou le gus ? Tu sais au moins que ça coupe ? Fais attention tu pourrais te faire mal…

Liam serra les dents, ne répondant pas aux piques que l'autre prétentieux lui lançait.

-Pourquoi ne la laisses-tu pas rentrer chez elle ? Tu la kidnappe c'est tout…et les kidnappeurs moi je leur tranche la tête !

Et sans prévenir il se jeta sur lui. Liam para, pivota, tourna, feinta et refrappa, sans relâche. La blessure de son flanc le dérangeait dans certains mouvements mais il l'ignorait. Ils n'avaient pas beaucoup d'espace dans la caverne et se tournaient autour, Liam faisant en sorte de rester entre les hommes et Vaë, inconsciente au sol. Les épées résonnaient à chaque coup, le métal claquant, les lames s'entrechoquant. Il se battait bien Liam l'avouait.

Feintant à droite, il attaqua par le bas, mais son adversaire l'évita souplement et lui renvoya un coup que Liam évita d'extrême justesse. Les coups recommencèrent, sans relâche. Le jeune homme tentait de garder le père à l'œil, vérifiant qu'il ne s'approche pas de sa fille.

Puis, d'un coup, alors que Liam commençait à s'essouffler, la lame de son adversaire lui mordit le bras. Rien de méchant, mais Liam le sentit tout de même. Il jura en silence et, plus en colère que jamais il repassa à l'attaque.

L'autre commençait aussi à faiblir. Il fallait dire aussi qu'il avait marché toute la nuit et la moitié de la journée pour les retrouver. Liam avait repris des forces toute l'après-midi.

Alors, lorsqu'une brèche se fît dans la garde de l'autre, Liam n'hésita pas une seconde. Son épée fouetta l'air et, d'un coup, il transperça le bras de l'homme, le sectionnant de moitié au niveau du coude. Ressortant son épée rougie de sang, le hurlement de sa victime monta dans l'air, fracassant les tympans. Il lâcha son arme, regardant son bras mutilé, le sang qui s'en échappait. Il regarda Liam en disant :

-T'es un démon…personne ne m'a jamais battu…

Liam ne fît que sourire en répondant :

-L'on ne dit jamais jamais l'ami.

Il fît tournoyer son épée, s'avançant d'un pas, menaçant. L'autre pâlit encore si possible et courut vers la sortie, forçant le père à suivre la cadence. Il mettrait du temps à se rétablir, ce qui leur laisserait de l'avance.
S'assurant qu'ils étaient loin, Liam reposa son épée et s'agenouilla en vitesse à côté de Vaë, les mains tremblantes.

Elle dormait "paisiblement". Liam fronça les sourcils. Qu'avait mis le père dans la flèche ? Enfin, il s'en occuperait plus tard. Pour l'heure il devait retirer ladite flèche de la cuisse de sa compagne. Il se maudissait. Il aurait dû voir le coup venir et s'interposer. Il aurait dû empêcher le sang pur de sa compagne de s'écouler de la sorte. Il craqua l'empennage et tourna le corps de côté pour avoir accès à la pointe, qui était ressortie de l'autre côté. Il craqua celle-ci aussi et, lentement, faisant attention, il tira le bout de bois hors de la peau, laissant le sang sortir en quantité. Il appliqua ses mains dessus pour tenter de le contenir, mais peine perdue. Il commençait à paniquer, ne savait pas quoi faire.

Puis il aperçu le sac de Vaë. D'une main, il s'en saisit et l'ouvrit. Il avait vu à quoi ressemblait la crème qu'elle lui avait mise. Il la chercha, chercha, et lorsqu'il la trouva, il constata qu'il n'y en avait plus des masses. Il se maudit encore plus parce que c'était lui qui avait tout utilisé, remit un bout de bois dans le feu pour y voir clair et entreprit de déchirer le pantalon de Vaë pour libérer la zone.

Sa peau blanche et rouge apparue. Du doigt, il la caressa de haut en bas, hypnotisé par la fraîcheur qui s'en dégageait, par cette douceur aussi. Mais il revint vite à la réalité et étala la crème partout sur la plaie, arrachant ensuite un bout de sa cape pour lui en faire un pansement digne de ce nom. Une fois fait, les mains pleines de sang, il se redressa, prit Vaë dans ses bras et l'allongea correctement, ni trop près, ni trop loin du feu. Il mit sa main tremblante sur son front, vérifiant qu'elle n'avait pas de fièvre. Rassuré à se sujet, il lui prit le pouls. Son cœur battait vite, mais rien d'alarmant. Il espérait qu'elle se réveillerait bientôt. Que ce n'était qu'un somnifère et non du poison. Il en doutait, son père ne voulait tout de même pas la tuer contrairement à lui, mais s'il l'avait tout de même fait, Liam ne saurait pas quoi faire, ne comprendrait même pas avant qu'il ne soit trop tard.

Debout, en colère, il frappa des deux poings sur les parois, se faisant mal aux phalanges. Idiot !

Si elle mourrait il…il…il ne se le pardonnerait pas. Alors il espérait. Le plus fort possible.



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:30

Dure réalité


Dorguan était resté en retrait et avait abaissé son arc même s’il tenait une flèche de son autre main tandis que Dryell s’était avancé. Celui-ci tenait une lame courte, mais tranchante et toisait du regard son adversaire avec vivacité et prétention. Il gonfla son torse, regardant Liam de haut avant de lui cracher :

‘‘ Tu crois que tu me fais peur avec ton joujou le gus ? Tu sais au moins que ça coupe ? Fais attention tu pourrais te faire mal… ‘‘

Il était hautain et il était loin d’avoir peur de la grosse lame de son opposant, de celui qui l’empêchait de conclure l’alliance entre le clan Kawa et Eira. Cependant, Dryell savait qu’il jouait avec les nerfs du guerrier à la chevelure sombre et il adorait. Cela promettait d’être un beau combat comme il n’avait pas eu depuis longtemps. Mais d’abord, il ajouta :

‘‘ Pourquoi ne la laisses-tu pas rentrer chez elle ? Tu la kidnappes c’est tout…et les kidnappeurs moi je leur tranche la tête ! ‘‘

Et aussitôt il se lança sur lui pour débuter le combat bien décidé à ramener sa promise au village qui lui appartiendrait bientôt grâce à elle. Contrairement à ce que Dryell pensait, son adversaire était fort agile et esquivait très bien malgré la blessure qu’il avait eue au flanc deux jours auparavant. À croire qu’on l’avait bien soigné ... cette pensée le révolta, car la seule qui avait pu l’aider était bien évidemment Vaënadiel. Celle-ci semblait s’être liée d’amitié avec lui, car jamais elle ne l’avait quitté depuis leur rencontre au village. Cet excès de fureur fut assez pour le sortir hors de ses gonds, ne supportant pas que cette femme côtoie un autre homme, surtout que Dorguan la lui avait promise. Les deux hommes se livraient donc un combat acharné dans lequel ni l’un ni l’autre ne voulut abandonner. À bout de souffle, Dryell ne parvenait pas à éloigner Liam de Vaë qui gisait au sol, inconsciente. Il jura intérieurement, ce qui lui fit oublier sa garde. Aussi laissa-t-il une brèche que l’assaillant saisit sur-le-champ. La lame de l’épée de son ennemi lui transperça le bras alors qu’il laissa échapper un horrible cri de douleur. Son arme tomba lourdement au sol, dans un tintement métallique alors porta sa main droite vers son bras gauche, mutilé et le sang s’y écoulant à flot. D’un regard noir, rempli de rage et de douleur, Dryell regarda Liam.

‘‘ T’es un démon…personne ne m’a jamais battu… ‘‘

Mais son opposant lui fit un sourire qui l’offusqua comme jamais. Son visage tournait au pourpre et sa mâchoire se crispa.

‘‘ L’on ne dit jamais jamais l’ami. ‘‘

Dryell voulut reprendre son arme pour en finir et lui sauter à la gorge, mais Liam s’avançait d’un air menaçant qui le fit changer d’avis. Il laissa donc son arme là et recula de quelques pas avant de tourner dos à l’ennemi et fuir au pas de course. Dorguan posa son regard aqua vers le jeune homme, puis vers sa fille et d’un visage de marbre, il partit à la suite de son allié qui disparut dans la forêt.

~~~

La neige entourait ce lieu froid et sans vie. Elle se trouvait là, toute seule et tentait de rejoindre son village ... sans succès. Il n’y avait que de la neige à perte de vue sur une surface plane et sans défaut. Le vent caressait son visage et un murmure se lova dans son oreille, la prévenant d’un danger.

‘‘ Cours, sinon il te tuera ... ‘‘

Puis la voix s’évapora dans le néant, la laissant dans une panique totale. Elle ne savait pas se battre et n’avait que son contrôle sur le vent pour l’aider et encore, Vaë ne le contrôlait pas parfaitement. Lorsqu’elle se retourna, la jeune femme tomba face à face avec son père qui lui prit brusquement le bras, serrant tellement fort qu’une affreusement douleur la parcourut. Une grimace difforma son visage alors qu’elle tentait de se libérer, mais plus elle essayait et plus il lui faisait mal. Son bras finit même pas craqué, lui arrachant un cri de douleur.

‘‘ Lâche-moi! Tu me fais mal ! ‘‘ Criait-elle.

Mais son père ne bronchait même pas. Il restait devant elle, la regardant avec une lueur de désespoir dans les yeux et ses sourcils s’affaissèrent. Ses lèvres se mirent alors à bouger et il déclara, dans un murmure :

‘‘ Tu es la honte du clan Eira ... Vaënadiel ... Je dois te tuer ... pardonne-moi. ‘‘

Un poignard se logea dans son abdomen et Dorguan s’éloigna, pour la laisser seule au milieu de ce néant blanc. Autour d’elle, la neige était maculée de ce liquide pourpre et chaud qu’était le sien. Elle ferma les yeux, des larmes perlant sur ses joues et soudain, elle se sentit aspirer.

~~~

Vaënadiel se réveilla en sursaut, s’asseyant bien droite et ses yeux fixant un point invisible alors qu’ils étaient noyés de larmes. Celles-ci ne cessaient de couler le long de ses joues et lorsqu’elle prit conscience de ce qui s’était produit, elle éclata en sanglot. Sa jambe l’élançait, mais ce qui la bouleversait était les agissements de son père. Pourquoi avait-il fait ça ?! POURQUOI ?! La jeune femme ramena ses jambes vers elle et colla son front contre ses genoux, ignorant la douleur. Ses cheveux cascadaient de chaque côté de ses épaules, formant une barrière derrière laquelle elle se sentait en sécurité. Liam s’était approché et elle avait senti sa main sur son épaule, sauf qu’elle le repoussa. Ce ne fut qu’une vingtaine de minutes plus tard qu’elle cessa ses hoquetements et laissa le jeune homme l’approcher, n’ayant toujours pas relevé la tête ...

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Liam Kreiss



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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:31



Liam était toujours assis près du feu, contre la paroi. Il avait nettoyé son arme et l'avait rangée, prêt à la dégainer si le besoin s'en faisait ressentir. Il avait vérifié la température de sa compagne, avait regardé doucement si la blessure ne s'infectait pas, si elle respirait encore, inquiet. Mais son cœur battait. Il battait comme tout bon cœur se doit de le faire.

Il ne comprenait toujours pas comment son père avait pu faire pour en arriver là. Pour être capable de tirer une flèche sur sa propre fille. Sur le fruit de sa chaire…Il voulait tellement qu'elle le rejoigne ? Qu'elle se marie avec…avec l'homme prétentieux qu'il avait affronté ? Il ne correspondait pas à Vaë. Même sans la connaître parfaitement, il le savait, le sentait. Ce n'était pas l'homme qui lui fallait. Elle avait besoin d'un homme qui lui apportait de la sécurité, de la chaleur, le sourire, la joie…et non pas un homme qui ne voulait que le gain qu'elle lui apportait, le matériel.

Peut-être trouverait-elle son âme sœur en parcourant le Royaume ? Il voulait qu'elle connaisse le bonheur. Elle le méritait. Il se tordait les doigts, nerveux comme jamais. Cela allait faire près d'une heure qu'elle était inconsciente. Une heure où il paniquait intérieurement tout en tentant de réfléchir calmement.

Son père saurait l'aider lui. Mais il fallait le rejoindre. Et il se trouvait à bonne distance encore. Si le père de Vaë avait les mêmes connaissances médicinales, l'autre serait trop rapidement apte à reprendre la chasse. Et tout recommencerait. Ils inventeraient à chaque fois d'autres ruses et d'autres tactiques. Et…il avait peur de ne pas réussir à chaque fois à la protéger. A la sauver. Il se rendit compte qu'il ne voulait pas qu'elle s'éloigne. Il était tellement bien à ses côtés…avec elle, il stressait moins. Avec elle, il voyait la beauté de la vie simple. Avec elle…il était lui.

Soudain, le corps de Vaë se mit à bouger, gigoter, signe qu'elle se réveillait. Il déglutit, se préparant à la rejoindre. Il la vit se pelotonner, repliant les jambes contre elle. Il avait voulu lui dire de se rallonger, à cause de la douleur et de sa blessure, mais son cœur se fendit lorsqu'il l'entendit pleurer. Il se releva et s'approcha d'elle, ne voyant pas ses yeux, camouflés par ses cheveux. Doucement, ne voulant pas lui faire peur, il posa sa main sur son épaule, mais d'un geste brusque elle le repoussa.

Il retira sa main, se mordant la lèvre. Avait-il fait quelque chose de mal ? Avait-il mal agit en la protégeant ? Ou regrettait-elle et souhaitait qu'il la laisse rejoindre les siens ? Il ne savait pas et s'éloigna de quelques pas, le cœur lourd et douloureux à chaque hoquet et chaque sanglot qui s'échappait de la poitrine de Vaë.

Les yeux baissés, il attendit, cherchant un moyen quelconque de réparer sa faute. Peut-être avait-il voulu trop en faire…et maintenant il avait envenimé le tout…

Bien vingt minutes après, elle lui fît signe, discrètement, et il s'avança, sachant qu'elle ne le repousserait plus. Elle sanglotait encore légèrement et il s'assit derrière elle, la prenant délicatement par les bras et la relevant pour la caler contre lui. Cela la força à déplier ses jambes et donc à libérer sa blessure. Il la colla à lui, une main sur sa taille en un geste qu'elle, il l'espérait, ne trouvait pas indiscret et l'autre venant les caresser les cheveux tendrement. Il lui dit :

-Chut…calme-toi. Ils sont partis…

Il la berça contre lui jusqu'à ce qu'elle ne hoquette plus et que son corps tremble moins.

-J'ai envenimé ta situation et j'en suis désolé Vaë. Je ne pensais pas…qu'il…qu'il oserait te faire ça. Dis-moi si tu souhaites que je te ramène aux montagnes. Dis-moi si tu veux retourner chez les tiens. N'hésite pas.

"Mais tu me manqueras" pensa-t-il. C'était vrai. Si elle décidait de repartir, elle lui manquerait, même si cela faisait que cinq jours qu'ils se connaissaient. Il baissait toujours les yeux et ne savait pas si elle avait tourné la tête vers lui ou autre.

-En te protégeant je t'ai créé encore plus d'ennuis…

Il soupira en silence, réconfortant encore la jeune femme. Son odeur lui emplissait les poumons, son contact lui réchauffait le cœur. Elle était en vie. Chamboulée, triste, mais en vie.

Désignant sa blessure d'un doigt tremblant, il déclara :

-J'ai mis dessus la crème que tu as utilisé pour moi. Mais il n'y en a plus beaucoup…

Il montra l'enveloppe de la crème avant de remettre sa main dans ses cheveux. Ils étaient si lisses, si doux…comme sa peau. Comme elle. Jamais il ne s'était senti ainsi avec quelqu'un. Et encore moins une femme.

Pour l'heure, tout ce qu'il pouvait faire pour elle était la serrer contre lui et la consoler. Ensuite…il ne savait pas. Ce serait à elle de décider…


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MessageSujet: Re: L'inconnu [PV. Liam]   Sam 17 Nov 2012 - 22:33

Réconfort ...


Vaënadiel ne s’attendait pas à un tel geste de la part de Liam, mais se laissa faire. De toute façon, elle se sentait molle et chacun de ses membres était affreusement lourd alors que sa jambe gauche l’élançait à chaque contraction des muscles de sa cuisse. Son compagnon l’avait légèrement redressé afin qu’elle soit en quelque sorte obligée d’allonger les jambes, lui arrachant une grimace de douleur et cette fichue sensation de brûlure. Elle sentit son corps contre son dos, sa main sur sa taille et une autre qui caressait doucement ses cheveux. Habituellement, la druidesse ne se serait pas laissé ainsi toucher, ses joues auraient tourné au rouge et elle se serait éloignée, mais là, son esprit était complètement ailleurs ... ses pensées s’entrechoquaient et créaient un raz de marré en son for intérieur, tentant de comprendre ce qui s’était passé.

‘‘ Chut…calme-toi. Ils sont partis… ‘‘

Sa voix semblait si lointaine. Ses caresses dans sa longue chevelure étaient à peine perceptibles, mais ses larmes elles, étaient aussi froide que la glace, frayant leur chemin dans les sillons de celles qui les avaient précédées. Son corps tremblait, ne parvenait pas encore à réagir correctement, l’effet du tranquillisant n’ayant pas encore terminé son oeuvre. Au moins, elle fut en mesure de se calmer petit à petit. Ses paupières se fermèrent et elle se laissa bercer par son protecteur alors que sa poitrine terminait ses hoquets brusques.

‘‘ J’ai envenimé ta situation et j’en suis désolé Vaë. Je ne pensais pas…qu’il…qu’il oserait te faire ça. Dis-moi si tu souhaites que je te ramène aux montagnes. Dis-moi si tu veux retourner chez les tiens. N’hésite pas. ‘‘

Non ... elle ne voulait pas y retourner, du moins, pas avec ce qui l’attendait au bout du compte. Son désir actuel était de découvrir le monde dans lequel vivait Liam, voir ce que ces richesses culturelles pouvaient lui apporter de plus dans son apprentissage. Elle en savait trop peu et sa soif de savoir n’avait jamais été aussi forte. Au départ, elle ne pouvait se mentir quant au fait qu’une peur bleue la hantait à la seule pensée de mettre les pieds hors de son village. Or, aujourd’hui, elle voyait autre chose; un chemin qui se dessinait devant elle. Il serait ardu, mais bien là. Vaë voulait lui dire qu’il avait tort de se jeter le blâme dessus. Dorguan avait toujours été imprévisible et aujourd’hui, elle l’avait vu, car il l’avait blessé pour l’éviter de fuir ...

‘‘ En te protégeant, je t’ai créé encore plus d’ennuis… ‘‘

Au contraire, elle était plus heureuse ici, blessée, qu’avec eux puisqu’elle savait que sa vie ne se réduirait qu’à l’obéissance envers un homme qu’elle détestait et qui ne la considérait que comme un objet. Mais ça, son père ne l’avait pas compris, si oui, il était volontairement aveugle. Tout ça pour la survie de son clan et qui la conduirait inévitablement au malheur. Était-il si désespéré ? N’y avait-il pas un autre moyen pour satisfaire tout le monde sans en venir à ses enfantillages et ces tueries ? Un jour, Liam finirait par en subir les contrecoups, et ce, par sa faute, parce qu’elle avait fait preuve d’égoïsme, car elle priorisait son bonheur avant la survie de leur tribu.

Ses paupières se rouvrirent à moitié, ses yeux brouillés par ce liquide amer alors qu’elle voyait une main, un doigt désigné sa blessure. La jeune femme regarda et écouta tout simplement, mais elle s’en fichait. Dans sa sacoche, il y avait tous les ingrédients nécessaires pour en refaire; elle pensait à tout.

‘‘ J’ai mis dessus la crème que tu as utilisée pour moi. Mais il n’y en a plus beaucoup… ‘‘

Il tentait de combler le silence, de lui remonter le moral en lui parlant, mais ça ne donnerait rien pour l’heure, car elle était bouleversée comme jamais. Son coeur était lourd, souffrant de ce mal d’un père ayant meurtri la chair de sa chair. Comment avait-il pu faire ça ? Poussant un long et profond soupir, Vaë referma les yeux et dut mettre des efforts dans ses mouvements, afin de pivoter son corps pour se retrouver de côté. Cherchant une manière confortable pour sa jambe blessée, la jeune femme arriva à se positionner légèrement face au torse de son compagnon et se blottit contre lui serrant contre elle le bras de celui-ci qui entourait sa taille. Son front se colla sur celui-ci, ne daignant pas levé le regard pour croisé le sien et avec beaucoup d’effort elle parvint à dire :

‘‘ ... j’en ferai. Tout à l’heure ... ‘‘

Sa voix était monotone, cassée et ressemblait plus à un murmure discret qu’à des paroles dites à haute voix. Ce furent les seuls mots qu’elle prononça pour les heures à venir. Elle restait tout simplement là, contre lui, profitant de cette source de réconfort et de chaleur humaine en ce monde qui lui était complètement inconnu. Mis à part Liam, elle ne savait pas à qui faire confiance, naïve comme elle était. N’importe qui aurait pu la duper et probablement qu’elle n’aurait pas survécu bien longtemps dans une ville toute seule. Il fallait que Vaë apprenne à se défendre autre part que dans la forêt grâce au vent et à ses habitants, sauf qu’elle n’avait pas la tête à ça pour le moment et ni l’un ni l’autre n’était dans un très bon état.

En fin d’après-midi, le soleil amorçait sa descente et Liam dut se détacher de sa protégée à contre-coeur pour leur préparer de quoi se nourrir, sauf que Vaënadiel refusa d’engloutir quoi que ce soit, hochant négativement la tête lorsqu’il lui tendait quelque chose. Son estomac était à l’envers et rien n’entrerait avant le lendemain alors s’était cause perdue. Pendant qu’il mangeait, la druidesse se contentait de fixer les flammes, sa jambe droite pliée en angle droit et l’autre étendue . C’est là qu’elle se décida à mixer quatre types d’herbe moulue dans son flacon presque vide, mélangé à une infime quantité d’eau et à une gélatine plutôt étrange. L’onguent était prêt et elle entreprit de défaire son bandage seule pour y appliquer la pommade avec délicatesse, grimaçant au contact de ses doigts sur sa peau. La flèche avait traversé le membre de bord en bord, ce qui l’empêcherait de porter son poids sur cette jambe et ainsi donc, de fuir.

‘‘ Comment va ta blessure ? ‘‘ Demanda t-elle, sans se soucier de son propre état.

Il semblait bien aller, mais Vaë préférait demander au cas où il aurait besoin qu’elle vérifie l’éta de son flanc gauche avant qu’ils ne reprennent la route. Sauf que Liam ne répondit pas et la regardait en fronçant les sourcils. La druidesse croisa son regard un bref instant avant de le détourner. Un silence pesant s’installa à ce moment, la rendant affreusement inconfortable, la forçant donc à jouer nerveusement avec une mèche de cheveux.

‘‘ Liam ... ‘‘

Aussitôt qu’elle eut prononcé son nom, elle s’était tu pour fermer la bouche et se mordant la langue par la même occasion. Elle grimaça et baissa les yeux honteuse de se morfondre de la sorte. Ses agissements étaient comme ceux des enfants gâtés, même si elle n’y pouvait rien ... n’étant pas capable de cacher un quelconque sentiment.

‘‘ Je ... ne veux pas retourner chez les mieux, mais ... je ne veux pas que tu te mettes en danger ou que tu en souffres par ma faute. Je vais le dire une dernière fois: laisse-moi ici et retourne chez toi, retourne voir ta famille ... sain et sauf. ‘‘

Puis, pour la première fois en plusieurs heures, elle plongea son regard aqua dans celui de son compagnon pour lui offrir un sourire triste, mais sincère.

‘‘ Je suis prête à accepter ce qui pourrait m’arriver, tu sais. Tu arriveras à continuer ta route sans moi, j’en suis certaine. Sinon tu risques de rentrer chez toi avec un membre en moins et tu dois bien avoir quelqu’un qui t’attend non ? ‘‘

Et par là, elle sous-entendait bien entendu une femme, car elle avait de la difficulté à croire qu’il n’y avait pas quelqu’un au bout de son voyage qui l’attendait avec impatience.

Pendant ce temps, le ciel s’obscurcissait, cachant le soleil qui descendait par d’épais nuages grisonnants.


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