''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous]

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Haocia Nerini

Le Corbeau

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Haocia Nerini
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Race : Humaine
Classe : Sorcière
Métier : Tortionnaire au service du Roi
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De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] _
MessageSujet: De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous]   De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] EmptyMer 7 Mar 2012 - 17:32

Arrivée au palais avec un prisonnier, la tortionnaire avait été acclamée. Les royalistes étaient rassurés de voir que les rebelles n'étaient pas si rusés et organisés qu'ils le faisaient croire. Au moins, il étaient admiratifs, ou bien encore plus craintifs, de cette silhouette imposante et sombre qui déambulait lentement. Le surnom de « corbeau » était devenu banal pour la sorcière. C'était même un surnom plutôt flatteur. C'était tout le temps qu'elle avait consacré pour se construire cette réputation et cette image, qui aujourd'hui payait ses fruits.
On enferma le rebelle dans les prisons, mais il n'eut pas le même traitement que les autres. On le soigna pour qu'il arrête de perdre du sang, et qu'il soit moins faible. On le nourrit normalement aussi pour qu'il se remette de ses blessures rapidement. Rapidement, oui, car il n'était pas là pour avoir un moment de détente ou de remise en forme. Loin de là. Car justement, on ne l'avait pas nettoyé, il restait crasseux. On l'avait désarmé, déshabillé, et on lui avait mis les habits d'un prisonnier mort la veille. Mais, bizarrement, Haocia interdit à quiconque d'enlever le masque du rebelle. Tout le monde se demandait pourquoi, mais personne n'osa le demander haut et fort. Ils se contentèrent d'obéir. Tous s'agitaient dans les geôles pour préparer le prisonnier, comme s'il allait être sacrifié pour avoir la clémence des Dieux. Mais la sorcière ne croyait pas à ces superstitions, non, elle avait un plan bien précis en tête.
Tandis que tout le monde s'affairait à préparer le rebelle, Haocia était dans son appartement dans le palais royal, et elle regardait, sans but précis, par la fenêtre. Elle joignit les mains, et se remémora son plan. Il ne fallait pas lui enlever son masque, pour que les autres rebelles le reconnaissent.
Peut-être était-ce aussi pour une autre raison, dont elle voulait se convaincre du contraire.
Bref, le jour était enfin arrivé. La sorcière descendit dans son lieu habituel de travail : les cellules. Elle demanda à tout le monde de sortir, et s'approcha de la cellule où le prisonnier était. Elle ouvrit la porte après l'avoir ouverte sans clé, simplement avec ses incantations magiques. Puis enfin elle entra, et s'avança vers le rebelle qui était enchaîné au mur, poignets et chevilles. Elle se rapprocha de lui, et tout près de lui, avec seulement le bec qui les séparait, elle commença son petit discours :

Tu as toujours ton masque. Bien que tu sois un rat faible, je t'ai laissé la chance de garder ton deuxième visage. C'est notre seul point commun. Néanmoins, ne crois pas que je sois bonne à ce point là.

Elle retroussa sa manche, et ses yeux bleus se plissèrent dans les trous de son masque, comme pour signaler un sourire machiavélique. Elle leva la main, et posa sa main sur le masque en bois. Elle tourna les yeux derrière elle pour bien vérifier qu'il n'y avait personne, puis elle l'arracha d'un geste. Elle eut comme un arrêt. Un instant furtif où son regard se transforma en surprise et effroi. Effroi de ce visage si juvénile. Puis elle se contrôla, et leva légèrement le menton, comme pour montrer son mépris, puis elle fit :


Voilà. J'ai vu ton visage. A présent, je sais qui tu es vraiment.

Elle leva sa main, et effleura sa joue avec ses doigts. Ils tremblaient presque, contre sa peau douce d'enfant. C'était la première fois qu'elle eut un geste ainsi à l'égard d'un prisonnier. Pourquoi ? Elle même ne savait pas ce qui était en train de se passer. Elle replaça son masque, et baissa la tête un instant. Elle soupira, et sortit de sa poche une seringue. Elle donna une chiquenaude pour faire évacuer une quelconque bulle d'air, et passa sa main froide dans le cou du jeune homme, et planta sèchement l'aiguille pour lui injecter le somnifère. Elle ne voulait pas d'effusion ou d'escapade pendant le trajet jusqu'à la place publique. Elle le fixa, et fit avant que le produit ne fasse effet :

Dis-toi que c'est un mauvais rêve. Dis-toi qu'il n'y a que moi qui sache qui tu es.

Puis elle fit volte face sans attendre de réponse, et ouvrit la cellule en grand. Le menton haut et fier, pour ne pas perdre la face, elle s'avança d'un pas déterminé vers la lourde porte des geôles, et la tira avec force. Elle appela les Capes Blanches, ses fidèles alliés, qui vinrent prendre le prisonnier inconscient après que les gardes l'eurent détaché. Ils le traînèrent dans les couloirs des sous-sols, et arrivèrent enfin par une porte qui débouchait directement sur les douves du palais. Ils empruntèrent alors une barque pour traverser en quelques minutes la douve, puis prirent un carrosse, à l'abri des regards trop curieux, voire même trop dangereux.

Le cortège passa par plusieurs ruelles, avant d'arriver sur la place publique. Le soleil venait de se lever depuis quelques heures, et la place était déjà animée. Ils s'arrêtèrent en plein milieu de la place publique, tandis que tout le monde s'était arrêté pour observer ce qui se tramait. Le corbeau descendit en premier, sous les regards effrayés ou curieux des autres. Puis elle fut suivie de près par deux Capes Blanches, qui traînaient un homme sale et vêtu d'une tunique en toile de jute, toute aussi sale. Ils s'approchèrent alors de la zone gardée où étaient disposés les piloris de la place.
Elle ouvrit alors un pilori, et souleva le bois supérieure, pour que les Capes Blanches puissent installer la tête et les bras du prisonnier, toujours endormi, dans les encoches. Ils le mirent dans une position agenouillée. Puis elle reposa le bois violemment, et s'assura que le bois était bien accroché et solide. Elle se pencha, et enchaîna les pieds avec les chaînes qui avaient été incrustées dans le pavé même de la place.

Une fois le rebelle mis en place, et vint voir le crieur de la place qui les regardait depuis toute à l'heure depuis sa petite estrade. Elle lui tendit un parchemin en lui ordonnant de le lire. Chaque habitant, ou passager, était alors à l'écoute :


Oyez, oyez, chers sujets du Roi !

Aujourd'hui est un glorieux jour pour le Royaume ! La tortionnaire du Roi a réussi à capturer le rebelle que voici, qui est donc condamné au pilori pour cinq jours entiers, sans manger ni boire. Il devra pendant cinq jours, supporter les regards, les insultes et les coups de n'importe quel habitant voulant se venger. Cet homme est un grand pas vers la destruction massive des rebelles, qui n'est bientôt plus une menace. N'ayant que lui pour représenter la Rébellion, considérez qu'il est la Rébellion, et qu'il endosse toutes les fautes de cette dernière ! Ceci est un acte d'héroïsme, mais aussi un avertissement pour tous les rats qui arpentent le Royaume : ce sera bientôt votre tour si vous continuez à vous opposer à la Couronne ! Nous vous avertissons aussi que n'importe quelle personne aidant ce criminel, d'une quelconque façon : en ouvrant le pilori, en lui donnant à manger ou à boire, ou en le lavant, sera condamné à mort. Et cette peine sera sans appel, pour n'importe quel âge ou n'importe quel statut. Enfin, quiconque retirera le masque du condamné, sera à son tour condamné. Cet homme ayant la lèpre, nous avons décidé de lui laisser son masque.


Une fois que le message fut passé, Haocia acquiesça et lança une petite bourse au crieur pour le remercier. Les alliés de la sorcière disposèrent des caisses de tomates et d'oeufs, comme le voulait la tradition du pilori. Une trace avait été dessiné à la craie sur le sol, pour délimiter l'espace qu'il ne fallait pas franchir si on ne voulait pas être puni. Puis elle s'éloigna dans son carrosse, pour rejoindre son palais. Sur le trajet, accoudé contre la fenêtre sombre, elle regarda les Capes Blanches et fit :

Voyons si les Rats sont aussi soudés et rusés qu'on le pense.

Ils ricanèrent pour lui répondre, et arrivèrent enfin au Palais, où ils s'y engouffrèrent pour disparaître. Mais la place publique n'était pas calme, loin de là. Une tempête était en train de se lever. Parmi la foule, parmi les marchands, les paysans, les nobles, les paysans ou bien même les mendiants, se cachaient des Capes Blanches et des gardes qui s'étaient habillés en civil pour surveiller le pilori. Ou plus précisément, pour surveiller l'appât...la tapette à souris.
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Chïra Ovenstey

L'éclaireuse

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De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] _
MessageSujet: Re: De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous]   De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] EmptyMar 20 Mar 2012 - 20:54

Elle avait eu chaud cette fois ci, il fallait qu’elle soit plus prudente sinon on ne tarderait pas à lui faire la peau. Heureusement pour elle, elle était sortie avant que la taverne ne s’enflamme comme une brindille. Certes on disait d’elle qu’elle venait des entrailles de la terre, mais le bucher n’était pas son fort. Sans plus attendre la tieffeline s’en alla sans laisser aucune trace, du moins elle espérait que personne ne pourrait rattacher son nom avec l’incendie de la taverne.

Ne se sentant pas très à l’aise elle décida de rejoindre la foule afin de s’y mêler et de s’y dissimuler jusqu’à ce que l’affaire passe. Marchant d’un bon pas, elle jeta quelques regards au dessus de son épaule pour vérifier que personne ne la suivait. A force de se retrouver mêler à de sombres histoires elle devenait paranoïaque. Elle passait du statut de traqueuse à celui de traqué en un rien de temps.

Arrivant enfin devant la cité royale, La diablotine pris la peine de recouvrir son cuir chevelu de sa capuche. Enfermée dans cette habitude, elle n’osait même plus envisager de déambuler à visage découvert face à ces humains. La citée dégageait quelque chose, peut être était ce à cette opulence de richesse qui ravissait son cœur ? En tout cas la démone appréciait de pouvoir se faufiler à travers la ville dans l’anonymat le plus total.

Perdue dans ses pensées, une annonce l’intrigua, en effet le crieur public scandait la mise au pilori d’un condamné. Cette petite attraction tombait à pic. Qui disait spectacle…disait foule…et donc du vol à la tir. Se léchant les babines par avance, elle se fraya un chemin vers la place centrale ou allait se dérouler l’événement. Beaucoup de monde avait fait le déplacement. Elle ne comprendrait donc jamais les humains. Un peu à l’arrière, elle ne voulu pas trop s’avancer afin de se ménager une issue de secours en cas de pépins. De là ou elle était elle pouvait à peine distinguer la scène. Sur la pointe des pieds, elle tendit le coup pour apercevoir un humain au visage masqué. Cette image la renvoya à son propre destin, se dissimuler pour survivre, mais le bougre avait eu moins de chance qu’elle. Chïra n’avait jamais assistée à un tel spectacle, ce qui décupla sa curiosité, oubliant même de faire les poches de ces fichus humains. En équilibre, elle contemplait là scène attendant la suite, attendant l’ivresse de la foule…




(hrp : dsl j'ai des soucis avec la police d'écriture...je n'arrive pas à la manier ><)
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Nathan Haffe

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Fiche de Personnage : Ze survivor of ze dead


De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] _
MessageSujet: Re: De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous]   De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] EmptyMer 21 Mar 2012 - 0:25

La mort, est-ce douloureux? Est-ce un état continu de la pensée et de la souffrance physique que l'on ressentait avant de mourir? Mon esprit se posait ces questions alors que je restais droit, immobile. Je me savais couché, je me savais blessé à la jambe, la douleur m'en informait par saccade. Je sentais mes paupières qui voulaient s'ouvrir, mais moi je ne voulais pas. Je n'osais pas, peu importe ce que m'offrirait la vision qui se dévolerait à mes yeux au moment fatidique. J'entendais mon coeur battre, mes poumons se vider et se remplir au rythme régulier de ma respiration lente et longue. J'ouvris - en priant pour ne pas découvrir le paradis ou autre lieu mythique annonçant ma mort- les yeux, il faisait noir, je cherchai les étoiles dans le plafond de pierres au dessus de moi, pensant me trouver à l'extérieur. Rien, je tournai la tête à gauche, un mur. A droite, un mur. J'étais enfermé! Je me trouvais dans un cachot, on avait refermé mes plaies et désarmé. Seul mon masque restait de mon équipement. Pourquoi l'avoir laissé? Pour me faire croire que le royaume ne connaissait pas mon visage? Sûrement. Je devais penser, si je sortais vivant d'ici, à changer de masque. Bien que cela m'afflige au plus haut point. Je cherchai dans ma mémoire un indince qui pourrait me dire dans quelles prison je me trouvais. Un masque blanc et allongé, son porteur m'ettoufant, j'étais dans des geôles royalistes.

La vie dans cette cellule fut longue et monotone. Je n'y restai que peu de temps, mais à part l'impression de me faire engraisser pour un sacrifice et ce rêve incessant, rien ne venait pimenter mon séjour. Chaque nuit je revais d'un masque blanc au visage de corbeau, d'une main qui s'allonge pour enlever le masque, puis le noir. Jusqu'à mon réveil. Un jour, on décida de m'enchaîner au mur, pour une raison que j'ignorai jusqu'au lendemain. Le lendemain, le corbeau débarqua dans ma cellule, je ne me souvins pas de ce qui ce passa, si ce n'est de cette phrase: "Dis-toi que c'est un mauvais rêve. Dis-toi qu'il n'y a que moi qui sache qui tu es. "
Le corbeau connaissait mon identité.
Un cri, un cri de haine s'engouffra dans mes oreilles et un projectile frappa ma nuque. J'ouvris les yeux, la tête pendante, le regard posé sur plusieurs planches de bois. Un liquide pâteux coulait de mon cou une coquille était coincée entre ma peau et mon col: un oeuf. Je levai les yeux, une foule de gens me regardait, certains semblaient effrayés de me voir lever si soudainement la tête. J'étais accroché au pilori... La peine habituelle d'un condamné au pilori était de trois jours, sinon le condamné mourrait dans presque 100%  des cas. Combien de temps avais-je à moisir ici? Pourquoi mon masque était-il en place? Pourquoi et pour combien de temps étais-je encore en vie?
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Nessa Grenayde

L'insupportable

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Nessa Grenayde
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Race : Humain
Classe : Archer
Métier : Cape Blanche
Croyances : Les Divinités Majeures
Groupe : Royaume

Âge : 27

Messages : 49

Fiche de Personnage : Par ici les amiiiiis


De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] _
MessageSujet: Re: De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous]   De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] EmptyDim 25 Mar 2012 - 0:26

Après une longue journée de chasse, voici que la jeune femme rentrait enfin dans sa cité préférée, ne connaissant aucune autre d’aussi grande, bruyante, croyante et surtout sale. Et comme pour entretenir le noir des pavés, elle laissait derrière elle toute une ligne de gouttelettes de sang qui provenaient de son grand sac. La chasse était bonne et elle se précipitait vers sa ‘maison’. Ou plutôt la place ou elle ne faisait que prier et dormir des jours entiers, le temps de repartir dans la forêt.
Il y avait un monde fou dans la ville aujourd’hui, mais ça ne l’intéressait guère, ou en tout cas pour le moment. C’était un peu une plaie de devoir passer dans toutes ces ruelles bondées avec un énorme sac sur le dos. Dès qu’elle était rentrée dans la ville on l’avait accueilli avec des ‘Eh’ et des ‘Oh’, suivit d’insultes en tout genre. Des nobles qui se plaignaient parce qu’elle salissait leurs vêtements, des moins nobles parce qu’elle les bousculait en passant et les pas nobles du tout parce qu’ils auraient bien aimé mettre leurs dents dans ce qu’elle portait avec elle. Même si elle y était bien habituée, ça l’énervait plus que d’habitude. Ou bien était-ce parce qu’il y avait réellement beaucoup de monde, trop de monde, une véritable troupe de gens qui se poussaient, se marchaient presque dessus. Et au lieu de continuer son chemin, la jeune femme les suivit. Pas parce qu’elle était entrainée par la masse, mais parce que sa curiosité grandissait.
La place publique où elle venait d’arrivée était bondée. Tout le monde regardait/fixait le même point. Une ombre se tenait là, grande à l’allure fière, avec à ses pieds un petit tas de chiffons qui recouvraient un… corps humain. Des œufs, tomates, et autres objets qui se jetaient facilement et qui salissaient bien, passaient d’une main à l’autre. Tout le monde voulait un projectile pour s’acharner sur l’homme qui se trouvait devant eux. Comme pour extraire tout leur stress sur quelqu’un. Le temps qu’ils l’attendaient celui-là, ils n’allaient pas lui laisser une seconde de répit. Ce n’est pas tous les jours qu’on pouvait jeter des tomates à volonté sur quelqu’un sans que ce dernier nous cours après pour se venger.
Entre toute cette foule en délire, un gros paquet toujours aussi dégueulasse que la tantôt, commençait à se frayer un chemin vers la cible de tous. Elle voulait le voir de plus près, elle voulait se foutre de sa gueule et surtout, elle voulait qu’il l’entende. L’idée de cette punition lui plaisait de plus en plus. C’était à son avis hilarant et bien mérité. Arrivée le plus prêt qu’elle pouvait de cette personne, elle déposa son gros sac sur la ligne tracée – à ne surtout pas dépassée au risque de se faire punir – et commença à chantonner en souriant.

« Voilà ce qui arrive à ceux qui ne sont pas d’accord avec le Grand Dieu du Solstice. Il faut écouter son roi… Et ça ne t’arrivera pas. Mais voilà que c’est trop taaard. »

Elle jonglait avec deux tomates, se demandant ou elle devrait viser pour faire le plus de dégâts. Pas que ça allait faire la différence, comme cet homme dégoulinait déjà de partout.

« Voila ce qui arrive à ceux qui ne sont pas d’accord avec le Grand Dieu…. Hahaha. »



[Je me permets de m'incruster ! Puisque je cherchais justement un petit rp a faire :)]
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Gwennaall Elfias

Le Carreau D’Argent

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Gwennaall Elfias
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Race : Elfe
Classe : Archer
Métier : Tueur à gages / Chasseur de primes
Croyances : Aucune
Groupe : Rebelle

Âge : 221 printemps

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Fiche de Personnage : Un assassin silencieux.


De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] _
MessageSujet: Re: De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous]   De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] EmptyDim 25 Mar 2012 - 23:47

La capitale. La majestueuse capitale, aux couleurs si variées. Noir, bleu, gris, un peu de beige. Très variées, les couleurs. Des odeurs. Très variés les odeurs aussi. Du parfum lourd et difficile à supporter des nobles, jusqu'au purin des charrettes paysannes devant les portes. Très variées, les odeurs.

Une ruelle sombre, malodorante, emplie de pécores bruyants et crasseux. Quand on vient de la campagne vendre des légumes, on ne vient pas dans une des artères de la ville. Enfin, une des artères pour le marché noir, les vols et autres assassinats en plein jour. Non mais, quoi, c'est vrai à la fin.

Bousculer, pousser, crier, houspiller. Voilà les occupations d'un Elfe au visage caché par une capuche, au corps masqué par une houppelande, aux pieds fourrés dans des bottes de cuir. Un regard perçant et sombre, invisible à qui ne le regarde pas en face, se balade sur les étals.

Faim? Très faim. Mais aussi beaucoup de fatigue s'accumulait. Trois jours de marche intense sous, parfois un soleil de plomb, parfois des cordes à n'en plus finir. Sans croyances, toutefois, Gwennaall se doutait que quelqu'un devait tirer les ficelles d'une quelconque manière. Eh bien, quoi ! Il ne pouvait pas être aussi malchanceux sans que quelqu'un ne guide sa destinée. Oui, quelqu'un tirait les ficelles. Non, ce n'était pas une religion qui allait s'en attirer les faveurs.

Alors qu'il bousculait une horrible petite bonne femme rondelette et vieille comme un coyote galeux, il arrivait sur une place. Passant presque inaperçu à travers les rangs de civils plus ou moins nobles, mais qui s'anoblissaient un peu en sortant de la ruelle, l'Elfe s'avança à pas furibonds vers ce qui semblait être un pilori. Puis il s'arrêta net.

Aux dires d'une horrible femme au masque de corbeau, blanc qui plus est, l'homme sur le pilori était un rebelle. Un rebelle qu'il devrait pourtant connaître, pour s'être fait prendre. En tout cas, un rebelle méritait sûrement son aide, s'il était attaché là. Et alors qu'on traçait un cercle autour du prisonnier, pour éviter tout désagrément quant à un bon samaritain, la main de l'Elfe se crispa sur la poignée de son arbalète. Il serra les dents, supportant peu la torture qu'on infligeait à cet homme, si méchant soit-il vis-à-vis du Royaume.

Car la torture ne mériterait pas d'exister. La mort était, pour certains, une délivrance, pour d'autres, une sentence. Malgré cela, elle était souvent rapide et brutale, et l'épanchement des sentiments n'entrait pas en ligne de compte. Vrai : la torture infligeait sur le temps des blessures irréparables. Et cela, l'Elfe voulait l'éviter, fût-ce au prix de son sang.


*Cette nuit, c'est évident que je passe à l'action. En attendant, je patrouillerai ici...*


Silencieux, discret, alors que les tomates pleuvaient, Gwennaall baissa le menton, et tourna lentement autour du pilori. Au premier geste d'un garde, passer à l'action serait rude. Il fallait vraiment attendre la nuit. Y avait-il des échoppes dans les environs, pour tromper l'ennemi ? Pouvait-on se fournir en carreaux ? Son carquois était à mi-plein, mais seuls deux traits mortels partiraient d'un coup. Pas un de plus. Il s'agissait de bien viser. Le Carreau d'Argent murmura :

"Je tourne, je tourne, ma ronde est loin d'être terminée. Je tourne, je tourne... et je suis sûr que l'un de vous sera tué..."

Son regard alla à un garde, particulièrement odieux, qui passait son temps à invectiver les jeunes femmes passant devant lui, leur trouvant trop peu d'attributs à son goût.
L'Elfe lâcha un "espèce de porc" entre ses dents, pour la forme, et passa son chemin.

*J'attendrai l'aurore... Tes souffrances, mon ami, tes souffrances ne seront pas vaines. Si tu résistes... Tu seras sûrement auréolé de gloire. Et connu à travers le pays entier. Résiste et nous partirons pendant la nuit. Je suis sûr qu'un poison mortel sur ces carreaux ferait l'affaire... Mais faisons confiance à mes talents. Je ne rate personne, maintenant. J'espère qu'ils ne me verront pas, c'est tout...*

A présent l'Elfe patrouillait face au prisonnier rebelle, afin de pouvoir capter son regard, et essayer de lui faire comprendre qu'il n'était pas seul. Plus seul.
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Haocia Nerini

Le Corbeau

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Haocia Nerini
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Race : Humaine
Classe : Sorcière
Métier : Tortionnaire au service du Roi
Messages : 73


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MessageSujet: Re: De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous]   De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] EmptyLun 26 Mar 2012 - 20:13

Haocia était revenue au Palais Royal depuis maintenant quelques heures. Il y avaient encore quelques retardataires qui la félicitaient de sa prise. Humblement, elle acquiesçait simplement la tête, avec un remerciement du bout des lèvres. Elle rejoignit rapidement son appartement, et demanda à ne pas être dérangée. Elle s'assit sur son lit, et posa délicatement ses mains sur ses cuisses, comme une sorte de machine humanoïde. Et la machine, aussi infernale soit-elle, resta sans bouger, dans la même posture, pendant vingt minutes. En fait, elle savourait simplement le silence, car il y avait eu trop de bruit aujourd'hui. Trop de gens lui avaient parlé, et elle n'y était pas habituée. En général, on l'ignorait, soit parce-qu'on n'osait pas l'aborder, soit parce-que sa silhouette noire se faisait très discrète dans les couloirs du palais. Puis elle se leva, et retira son chapeau. Ensuite, elle se dévêtit de sa longue cape ample et noire, pour laisser découvrir une robe de mage noire, avec des ornements en argent. Puis elle enleva ses bottes. Elle finit par être totalement nue, restant seulement avec son masque. Enfin, avec un air solennel, elle retira délicatement son masque de porcelaine. Elle arracha son visage.

Au miroir, elle se révéla à fleur de peau. Elle n'était plus effrayante, elle semblait frêle, innocente, avec sa peau pâle et ses longs cheveux noirs. Cette image la dégoûta. Elle fixait son essence, ou bien était-ce son essence qui la fixait dans cette glace ? Confrontée à son humanité, elle fut brusquement en proie à une colère sourde. Elle se jeta sur son miroir dans un cri, et le renversa sur le sol. Il se brisa dans un bruit assourdissant, les morceaux de miroir se répandant sur la soigneuse moquette royale. Elle prenait les morceaux, et les jetait contre le mur, pour les diviser en de milliers petits morceaux. Elle ne voulait plus de miroir. Jamais plus. Ses mains devenaient ensanglantées, car les morceaux de ce qu'elle était l'avait blessée. Mais au moins, elle ne voyait plus la plaie béante , car tout était brisé.

Agenouillée dans les débris, elle se releva subitement. Elle ouvrit la fenêtre. Elle se dressa debout sur le rebord, et se jeta dans les airs. Tout son corps s'élança vers le haut, et alors soudainement, tout son corps se transforma, dans un amas virevoltant de plumes noires, en un corbeau sombre dont les croassements étaient graves et sinistres. L'animal plana quelques minutes dans les airs, sachant très bien où il allait. Puis il arriva enfin à son but. Il volait juste au dessus de la foule qui n'avait fait que s’agrandir après de la départ de la sorcière. Elle battit des ailes et fit un long planer pour aller se poser sur la sculpture d'une échoppe. Un lieu en hauteur, car personne ne prenait le temps de lever les yeux. Ils étaient tous occupés à déverser leurs maux sur ce bouc émissaire. Les ailes repliées, en silence, Le Corbeau ne faisait alors plus qu'un avec l'ombre. Il était dans son éléments. Ses yeux noirs, se mêlant à son plumage, scrutait la place et les différentes personnes. Parfois, il se dégourdissait les ailes en redressant fièrement le torse, et secouant ses belles ailes noires. Et il tournait la tête pour observer.

Le Corbeau parfois bougeait de sa sculpture pour reprendre son envol, survolant toute la foule, et faisant plusieurs rondes au dessus. Il n'était pas seul. D'autres corbeaux guettaient le pilori, sans doute pas dans le même but. En effet, les autres corbeaux guettaient le rebelle, ils sentaient la pression et la haine de toute cette foule. Leur instinct leur prédisait que l'homme au pilori ne tiendrait pas longtemps, et qu'il ferait de la bonne charogne pour nourrir les oisillons. Croisant avec les autres corbeaux, Le Corbeau guettait le moindre suspect. Mais évidemment, il ne s'inquiétait pas, car il était sûr que, avec tout ce monde engorgeant la place, le moindre rat n'oserait pas ramper sur le sol. Il n'aimerait pas être piétiné. Néanmoins, l'oiseau majestueux mais rapace repéra quelques personnes encapuchonnées. Mais il ne pouvait qu'observer.

Si les rats sortaient la nuit, il serait plus facile au Corbeau de les attraper avec son bec et ses griffes acérées. Il semblait avoir tous les avantages. Il vint se poser sur le toit d'une échoppe, parmi un petit groupe de corbeaux. Mais ceux-ci pressentaient que quelque chose n'était pas normal. Mais cloitrés dans leurs émotions, plus personne ne faisait attention à l'état brut des choses. La Nature ici était oubliée. Ni les habitants, ni les rebelles cachés, ni les Capes Blanches déguisées en civil, ne pouvaient se douter que dans l'Essence même des choses, Haocia les scrutait et ne ratait aucun de leurs faits et gestes.

La foule commençait à se disperser pour revenir à leurs occupations, rejoindre leurs foyers, parlant de cette journée et de toutes les rumeurs possibles et imaginables sur le criminel en place publique. Quelques personnes restaient encore, peut-être étaient-ce des rats. L'après-midi infernale se finissait, et le crépuscule commençait à s'installer. Mais sûrement que la nuit serait toute aussi infernale. Pour qui, pour quoi ? Seul les évènements à venir le diraient...
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Naladrial Delindel



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Naladrial Delindel
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Race : Demi-Elfe
Classe : Archère
Métier : Éclaireure (Soldat)
Messages : 35


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MessageSujet: Re: De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous]   De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] EmptyLun 26 Mar 2012 - 23:19

Les rumeurs circulaient vite, dans la Capitale. L’horrible, l’immonde, la royaliste capitale … Naladrial n’avait jamais aimé Madorass. Trop grande, trop sale, trop miséreuse … Trop inégale. Depuis le temps que l’elfe parcourait les Terres de Feleth de long en large afin de mettre la main sur des informations pour le compte des rebelles ou pour le sien, elle avait eu à venir se balader dans l’antre infernal plus d’une fois. Cette fois-ci, pourtant, il lui semblait que la cité royale était pire encore que dans son souvenir. La puanteur des ruelles lui montait à la tête, lui donnait le tournis … Les mendiants et les chiens galeux qui déambulaient sans but en quêtant le moindre sous pour acheter de quoi oublier lui faisaient pitié. Elle aurait voulu les secouer, leur arracher une infime parcelle d’espoir ou d’ambition … S’ils n’aimaient pas leur destin, alors pourquoi ne le changeaient-il pas ? La rébellion était là pour ça : faire tomber le régime despotique que le roi avait instauré à Madorass, et partout ailleurs, et tenter de rendre le monde plus équitable.


Passant devant un homme crasseux, pas rasé depuis des mois sans doute, pas lavé depuis peut-être plus longtemps et qui semblait n’avoir dans la bouche que quelques chicots jaunis, elle s’arrêta. Sa capuche lui tombant devant le visage, et le pauvre bougre ne devant pas très bien voir à travers la saleté qui lui empâtait les yeux, il n’y avait aucune chance qu’il se souvienne de ses traits. Elle murmura simplement, douce mais amère :


Naladrial - «Comment as-tu pu tomber aussi bas …»


Un mépris évident lui tordait le cœur quand elle voyait de telles atrocités, se mélangeant à la pitié et à la compassion. Reprenant son chemin, elle songea qu’elle aurait pu finir comme ça elle aussi. Et la pensée la dégouta tellement qu’elle fut secouée d’un haut-le-cœur. Elle ? Finir comme une gueuse dans la rue ? Mendier ? Jamais. Elle cala un peu plus la capuche de sa cape vert foncé sur sa tête blonde et déboucha au bout de la ruelle sur la place publique. La foule éparse et murmurante qui se déplacait sur la place sembla épaissir tout l’air disponible et Nala’ se sentit suffoquer. Elle avait beau n’être qu’une demi-elfe, du sang elfique coulait dans ses veines, diluant ainsi la puissance de ses instincts humains,
la jeune femme avait du mal avec les foules d'humains commères. Elle avança doucement sur la place, captant des bribes de conversation entre les retardataires.


Une femme replète et minuscule - «Vous l’avez vu ? J’ai eu la nausée en le voyant. Non mais vous l’avez vu ? Il est horrifiant !»


Un homme à l’air sinistre - «Il va manquer d’œufs et de tomates. Ce salopard peut encore en recevoir …»


Un enfant dans les bras de sa mère - «Maman ! Maman ! Regarde ! Le rebelle, il bouge ! Maman ! Il est rigolo, le rebelle plein de tomate !»


Quand l’enfant commença à rigoler, Naladrial sentit une boule se former dans sa gorge. Un rebelle … Ils avaient pris un rebelle. Serrant les poings discrètement, elle continua d'avancer, plus intriquée que jamais à se rendre au bout de la place. Découragée de voir que même les enfants étaient devenus des monstres, elle continuait de glaner des informations en écoutant subtilement les quelques personnes qui se pressaient pour aller violenter le rebelle.


Une cape blanche qui croyait être bien dissimulée sous ses habits civils - «Ce connard ne dit rien, ne fait rien, ne réagit pas. Je te paris 10 pièces d’or qu’il flanche avant la nuit !»


Une commère à sa voisine - «C’est Le Corbeau qui l’a ramené … Pauvre homme. Il n’aurait jamais dû se trouver sur son chemin. En fait, il n’aurait jamais dû joindre la rébellion ! C’est le karma Odile, je te dis que c’est le karma ! Quand on tire un démon par la queue, il nous mord le nez!»


Bouillante de rage, Naladrial continuait d'avancer. Elle jouait des coudes avec de plus en plus de force, se fichant bien des «Oh!» et des «Ah!» outrés qu’elle déclenchait. En arrivant finalement devant le rebelle, elle se retint pour ne pas hurler. Elle ne le connaissait pas personnellement, mais savait qui il était : Il était célèbre pour son masque. Nathan quelque chose. Ou Tristan ? Elle ne se souvenait plus … Mais résolut de le sortir de là avant que les citoyens corrompus de la ville ne lui fasse trop de mal. Elle allait l’arracher au pilori coute que coute … Parce que les rebelles, qu’ils se connaissent ou non, étaient et resteraient un groupe soudé. Une famille de gens qui ne désiraient qu’une chose : Mettre à mort la monarchie.


Dernière édition par Naladrial Delindel le Mer 28 Mar 2012 - 21:07, édité 1 fois
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Gwennaall Elfias

Le Carreau D’Argent

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Gwennaall Elfias
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Race : Elfe
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Fiche de Personnage : Un assassin silencieux.


De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] _
MessageSujet: Re: De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous]   De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] EmptyMer 28 Mar 2012 - 0:44

Il y avait une église, là. Exprès pour lui. Elle l'attendait. Avec ses hautes et majestueuses tours, elle attendait que quelqu'un, ou quelqu'Elfe ne monte dessus. Et cet Elfe, c'était le Carreau d'Argent. Pas n'importe qui ! Une cible lointaine mouvante ? Un carreau entre les deux yeux et le tour était joué. Restait à trouver la bonne cible.

L'Elfe s'arrêta de tourner. L'otage du pilori était cloué là, sans mot dire ni rien pouvoir faire. Pas de concertation à part un regard qu'il tentait de capter. Sans appel : le bougre baissait les yeux et regardait le sol. Et Gwennaall de grommeler.


"C'est vrai, quoi, on a beau essayer d'être discret, il devrait voir que je ne suis pas aussi idiot que les autres, je ne vais pas lui lancer de tomate... En plus j'adore la tomate. Quel gâchis, tiens..."

L'Elfe pensa à croquer dans une tomate bien ferme, avec un peu de sel. Le goût acidulé d'un fruit se mélangeant à la chair juteuse de la tomate se forma sur sa langue. Sa salive fut avalée.


*Bon, de la hauteur. Il me faut de la hauteur. Ainsi je verrai quand il sera temps de le délivrer. Faire attention à tout...*


La masse sombre changea de direction si brusquement que des regards se posèrent sur son dos, puis retournèrent à leurs occupations. Les décolletés des dames étaient nettement plus agréables à regarder, aussi une houppelande noire tirée par un Elfe, qui la portait sur son dos, avec un comportement si étrange soit-il, ne garantissait pas une attention optimale. Rien n'est moins intéressant qu'un manteau. N'est-ce pas ?

Toujours est-il que l'Elfe se préparait à prendre de la hauteur. Il scruta le ciel à la recherche de gardes sur les toits, qu'il ne trouva pas. Discrètement alors, il se faufila derrière l'église et s'attaqua à la face d'une maison. Une fenêtre pouvait l'aider, quelques pierres déchaussées formeraient une bonne prise. L'ascension commença. Montant le pied, il parvint à agripper une grosse pierre, sur laquelle il se cala. C'est à ce moment décisif qu'il fallait être discret. D'un bond, ses deux mains agrippèrent le rebord du toit, et d'une traction, ses deux pieds se retrouvèrent là où ses mains étaient juste avant. Le toit de la maison était atteint. La moitié, ou un peu moins, du travail était faite.

L'église serait plus difficile, avec une façade plus lisse. Et puis, c'était un peu plus haut. Le chasseur de primes prit de l'élan plusieurs mètres, puis s'élança dans le vide, à plus de quatre mètres du sol, risquant sa vie sur une envie de hauteur. Il s'écrasa contre la pierre froide, et glissa sur plus de cinquante centimètres sans s'accrocher, avant que ses mains ne parviennent à agripper un rebord si petit que, même juste en face, il n'aurait pu le déceler. Il étouffa un cri alors que la douleur s'insinuait dans le bout de ses doigts. Néanmoins, il trouva une pierre déchaussée pour ses pieds, ce qui le rassura vraiment.

Monter s'avérerait plus difficile qu'il ne l'avait pensé. Les contreforts étaient trop loin pour lui permettre d'y sauter. Sauf qu'une rosace était plantée juste au-dessus, une rosace miniature, un vitrail sans grande importance. Ce vitrail lui permit d'y glisser les mains, et de forcer sur ses bras, alors que ses bottes, épousant parfaitement la forme des pierres, lui permettaient de marcher sur le mur à la verticale. Ceci fut vite fait, car la lenteur aurait été fatale pour lui, et il serait tombé, risquant à coup sûr la paralysie ou la mort. Restait à savoir ce qui était le pire.

L'Elfe arriva sur la partie clé de voûte du contrefort, et il s'y appuya pour sautiller légèrement sur le toit, exécutant une roulade pour amortir le choc. Une fois en haut, il soupira d'extase, trouvant que l'air était déjà nettement plus frais qu'en bas. Il s'avança sur cette hauteur, puis découvrit la place entière, avec des gens plus petits, en bas, et un groupement anormalement élevé de corbeaux. Il ne prêta pas attention aux volatiles. En revanche, ce qu'il se passait en bas était susceptible de l'intéresser. Une silhouette encapuchonnée s'était avancée vers le prisonnier, et semblait résolue à le détacher. Quelques cheveux blonds sortant de cette capuche indiquaient que c'était très certainement une représentante du sexe féminin, en plus de sa démarche agile.


*C'est sûrement une rebelle. Il faut que je la prévienne... Mais comment ? Je ne vais pas lui envoyer un carreau, je risquerais de la tuer, ou de la blesser. Et si je ne la touche pas, je risque fort de ne pas attirer son attention. Hmmm... dilemme.*


Puis une idée germa dans son esprit. Il avait un petit bout de parchemin, sur lequel il écrivit un mot, en le griffonnant. Mal, certes, mais c'était lisible. Enfin presque. De toute façon, elle n'aurait pas le loisir de critiquer son écriture, tout-de-même ! Mince alors. Non mais, sauvez la vie des gens, tiens...

Bref. Il enroula ce petit morceau de parchemin autour d'un carreau. Il déchira ensuite le bas de son pantalon de toile de lin, qui n'avait quasiment aucune valeur. Il se servit de ce morceau de tissu pour couvrir la partie pointue du carreau, pour qu'elle ne soit pas plus blessante qu'un doigt. Gwennaall empoigna alors son arbalète, sur laquelle il tendit une des deux cordes, grâce à son carreau ainsi préparé. Il visa la jambe, le genou.

Chtoing.

*Advienne que pourra...*


Le carreau partit comme une flèche, c'est le cas de le dire. Même si une flèche ne va jamais aussi vite qu'un carreau. C'est une histoire de mécanisme, tout ça. Le trait ordinairement mortel cogna en effet la jeune femme, un peu au dessus de l'aine, bien loin du genou, donc.

*Eh, mais qu'est-ce que j'ai aujourd'hui ? Je n'ai jamais été aussi loin de ma cible... Bon allez, regarde-le donc ce mot, et surtout ne lève pas les yeux vers moi. Si on me voit... je suis fichu, mort ! Et toi aussi... Ah je savais que j'aurais dû écrire ça en plus ! Je le savais !*

Sur le mot, elle pourrait voir marqué, si jamais elle savait déchiffrer :


"Qui que vous soyez, ne commettez pas l'erreur de le détacher.
Vous n'êtes pas seule. Attendez, et nous aviserons à la nuit tombée.
Le Carreau d'Argent."

Sa réputation ferait peut-être l'affaire : l'Elfe n'avait qu'à attendre. Cela dit, l'avertissement était peut-être assez clair... Ne pouvant dire qu'il était rebelle, au risque de se faire découvrir par le Royaume, il avait décidé de s'attacher à son simple surnom. Il était peut-être connu, chez les rebelles... Il ne le savait pas. Tout ce dont il était sûr, c'est que l'homme en bas avait besoin d'être secouru, et c'était urgent. La fille qui voulait le détacher avait besoin d'être raisonnée. Lui, il avait besoin d'une garde rapprochée si jamais une bataille rangée venait à se déclarer.

Sa position était stratégique, pour le moment, il ne s'agissait pas de la perdre. En plus, Gwennaall repéra un homme qui ramassait quelques immondices et les entassait. Voila qui lui permettrait de sauter s'il était acculé ou que ceux d'en bas nécessitaient une aide à pied. Parfait, tout allait bien pour lui, a priori rien de grave ne pouvait lui arriver.

*Tiens, j'y pense, c'est bien la première fois que je dois sauver et non tuer quelqu'un...*


Dernière édition par Gwennaall Elfias le Mer 28 Mar 2012 - 16:01, édité 2 fois (Raison : Que de répétitions ! Voila ce qui arrive quand on écrit en pleine nuit...)
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Nathan Haffe

L'assassin masqué

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Nathan Haffe
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Fiche de Personnage : Ze survivor of ze dead


De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] _
MessageSujet: Re: De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous]   De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] EmptyMer 28 Mar 2012 - 23:27

La journée passait, les projectiles volaient, je me savais humilié, je me savais défouloir pour ces pauvres gens qui vivaient dans la misère et la servitude. Je n'avais qu'une chose à faire, fixer chaque passant me jetant une tomate. Garder la tête haute, montrer aux habitants du royaume que les rebelles ne baissaient pas les bras. Des insultes, des cris et des provocations fusaient. Il ne fallait par réagir, juste défier du regard. Le soleil frappait fort, asséchant ma gorge. Le manque d'eau ce faisait cruellement sentir. Pourquoi m'avait-on condamné au pilori? On pendait pour vol au marché. J'étais un rebelle, j'aurais pensé à l'écartellement, la décapitation. Et si je survivais? Qu'adviendrait-il de moi? Serais-je relâché? Tuer? La seconde réponse était plus réaliste. Mais pourquoi me garder? Entre deux tomates mon regard embrassa la foule, la place se vidait. Y avait-il des rebelles dans la masse? J'espérais simplement que personne ne tenterait de me sauver, trop risqué. Un projectile venu de derrière moi, fort mal lancé passa au-dessus du pilori et alla s'écraser sur un homme qui s'apprettait à me tirer dessus. Celui-ci s'énerva et commença à faire le tour pilori pour contourner la ligne blanche et se venger. Un rire nerveux agita mon visage masqué, voir mes tortionnaires "s'entretuer" était une source de distraction fort plaisante. La fraîcheur du soir ce faisait sentir alors que le soleil commençait à décliner, je me mis à espérer à une nuit sans tomates, dont l'humidité m'hydraterait un minimum. Il ne restait qu'une vingtaine de personnes sur la place, dont une jeune dont les tresses brunes tombaient sur sa nuque, elle devait avoir quinze ans et portait un petit panier fait d'osier, elle regarda à gauche et à droite, puis fit deux pas timides vers le pilori, passant la ligne blanche. Comprenant soudain ce qu'elle voulait faire et ce qu'elle risquait je lui fis signe comme je pû de mes mains attachées pour l'inciter à partir. Mais elle continua, je la regardai horrifié, voyant deux robustes civiles, sûrement des soldats, la saisir avec violence et la jeter sans ménagement hors du cercle, répandant une ribambelle de victuailles contenues dans le panier sur le sol. Je la regardai s'enfuir en larmes, remerciant la chance de l'avoir gardé en vie. La nuit était tombé les passants se comptaient désormais quasiment sur les doigts de mains.
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Lëef Haa'Dgrëf



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Lëef Haa'Dgrëf
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De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] _
MessageSujet: rri   De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] EmptyVen 27 Avr 2012 - 14:10

Se déplacant lentement dans les rues bondées de Madorass, Lëef Haa'Dgrëf n'avait pour seule occupation que de sentir les odeurs immondes dégagées par la foule. L'odeur putrifiante des pauvres et mandiants mélangée à l'odeur presque écoeurante du parfum des nobles. Lëef gardait le silence et marchait droit devant lui. Soudain, il capta une conversation entre deux passants :

"- ... Pauvre homme tout de même, aucun être humain ne mérite cela. Bien que ce soit un rebelle..."

"- Méfiez-vous d'eux ! Ils pourraient vous égorger sans aucuns scrupules !"

"- Ce ne sont que des rumeurs... Et puis ils combattent l'empire, ils n'ont aucune raison de nous attaquer. Pourquoi ne comprennent-ils pas que notre roi est bon ?..."

Il était à présent trop loin pour entendre la fin de la conversation. Sa curiosité fut éveillée par cette histoire de rebelle, il écouta donc attetivment se qui se passait autour de lui, oubliant même l'odeur qui le répugnait tant. Il appris alors que la foule y était grande. Il se mis donc en route vers la place publique, dans le but de voir ce rebelle, il se disait aussi que s'il pouvait faucher quelques bourses au passage, cela ne sera vraiment pas de refus. En effet, Lëef errait depuis un long moment sur les routes de campagnes, il n'avait pas eu l'occasion de remplir de nouveau sa bourse.


En arrivant sur la place publique, il écarquilla les yeux en observant la foule, hurlant et pestant sa haine envers l'homme, déjà ruisselant de jus de tomate et autres projectils. Il se mit d'abord en tête d'aller voir le rebelle au plus près qu'il le lui était permis. Il se fraya donc un chemin à travers la foule, jouant des coudes pour écarter les personnes devant lui. Il arriva derrière une femme encapuchonée, un grand sac poser à ses pieds, elle fixait le rebelle. En levant les yeux Lëef inspecta du regard le rebelle. Il avait un bien étrange masque sur le visage et était couvers de jus de tomate.


Les tomates volèrent encore vers lui, les plus maladroits les lancaient soit trop fort, soit pas assez. En penchant la tête sur le côté pour pouvoir regarder le rebelle en entier, il évita de justesse une tomate pourie qui vint frôler son oreille. Lëef se déplaca de côté et vint se placer à côté de la femme encapuchonée. Il pû appercevoir le regard emplie de haine de la jeune femme. Son regard revint se poser sur le rebelle, se demandant si quelque chose allait arriver.

Oubliant même de faucher les bourses des nobles, il restait là. Planté devant la ligne blanche tracée au sol alors que la foule était partie et qu'un simple troupeau de personnage restait là. Moins d'une vingtaine. Observant et attendant une quelconque onse d'action.
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Naladrial Delindel



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Naladrial Delindel
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MessageSujet: Re: De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous]   De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] EmptyVen 27 Avr 2012 - 22:33

Elle était restée debout, un peu en retrait, à la gauche du pilori, à observer le rebelle. Le rebelle, mais aussi les autres, les monstres qui venaient lui lancer des horreurs, mais également les âmes pures et charitables qui tentaient d'alléger sa peine. La petite fille aux tresses brunes qui risqua carrément sa vie pour donner quelques victuailles au condamné impressionna la demi-elfe, qui songea que tout n'était peut-être pas perdu ... Mais les gardes vêtus en civils qui la tirèrent violemment de l'autre côté de la ligne blanche firent serrer les poings de la jeune femme aux oreilles pointues. Comment osaient-ils brutaliser une enfant ... Elle faillit prendre un pas vers les hommes pour leur donner une bonne correction, mais un projectile attira son attention, sifflant derrière elle. Elle se retourna, et avisa le carreau emballer d'un morceau de tissu. Consciente qu'aucun mal ne lui serait fait avec cette arme là, elle se laissa percuter, pour ne pas éveiller les soupçons ... Si elle avait fait étalage de ses réflexes supérieurs comme une étourdie, il y aurait eu de bonnes chances que les capes blanches l'aperçoivent et se posent des questions. Le projectile l'atteignit à la hanche et tomba sur le sol dur de la place publique. Elle fit mine d'être un peu étonnée, regarda un peu partout autour, sauf dans la direction d'où venait réellement le carreau, puis se pencha pour le ramasser. Tout son petit manège avait été discret, juste assez naturel pour ne pas attirer l'attention, et pour la disculper de toute suspicion au cas où quelqu'un l'aurait observée. Elle fronça les sourcils et ses oreilles se mirent à s'agiter légèrement lorsqu'elle remarqua le morceau de papier enroulé autour du carreau. Elle le déroula, puis le survola rapidement.

"Qui que vous soyez, ne commettez pas l'erreur de le détacher.
Vous n'êtes pas seule. Attendez, et nous aviserons à la nuit tombée.
Le Carreau d'Argent."


Le Carreau d'Argent ... ce nom lui disait vaguement quelque chose. Elle avait entendu parler de cet homme là, mais rapidement, dans une taverne. Elle ne savait pas vraiment s'il était un rebelle ou pas, puisqu'elle avait toujours travaillé plutôt en solo, mais l'inconnu ne semblait pas lui vouloir de mal. Néanmoins, Naladrial n'était pas du genre à se laisser approcher comme ça. Elle plia soigneusement le papier et le glissa dans la poche de son pantalon moulant noir. Elle ne comptait pas détacher le rebelle du pilori tout de suite. Il fallait d'abord un plan ... Elle se doutait bien que monsieur Carreau d'Argent viendrait lui faire un petit coucou à la nuit tombée, comme indiqué dans son message, alors elle décida d'attendre. Après tout, s'il représentait un quelconque danger, elle saurait se défendre. Et sinon, elle aurait gagné un précieux allié. Peut-être. Bref. Indécise, elle resta plantée devant son confrère, les poings serrés et le feu au coeur. Il fallait le sortir de là.

[ Arf ... super mini, mais j'savais pas quoi faire Sad ]
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Lëef Haa'Dgrëf



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Lëef Haa'Dgrëf
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De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] _
MessageSujet: Re: De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous]   De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] EmptyVen 27 Avr 2012 - 23:01

Le regard posé sur le rebelle attaché au pilori, Lëef trouvait de plus en plus suspect le comportement de la jeune femme à sa gauche. Il gardait un oeil sur elle. La voyant serrer les poings lorsque la fillette fut trainée par les gardes, son regard emplie de la même haine.


*Encore une femme qui croit que la vie est rose...*

Il continua de la regarder de temps à autres, attendant patiement qu'elle fasse quelque chose d'aussi stupide qu'inutile. Le regard en coin fixé sur cette femme dont la beauté semblait être de naissance, il décida de s'intéresser à ce qui se passerait dans les prochaines heures. Un projectile frôla la tempe de Lëef et vint ensuite percuter la hanche de la femme qu'il scrutait discrètement depuis un moment. Alors que le projectile retombait sur le sol en dégageant un petit tas de poussière, il la vît se baisser pour ramasser le projectile puis le dérouler.


Son regard semblait parcourir le morceau de papier qu'elle tenait entre ses mains alors que ses yeux s'écarquillait au fur et à mesure. Elle plia ensuite le papier et le fourra dans sa poche avant de rester là, figée sur place, à regarder le rebelle, les poings fermés. C'est alors que Lëef eut réellement envie de voir ce qui se passerait ensuite. Alors il patientat. Le regard en coin se dirigeant vers la femme. Il semblait avoir oublier les personnes derrière lui qui continuait d'envoyer une ou deux tomates de temps à autres. Il se doutait bien que la foule avait conssidèrablement réduit mais ne s'en souciait guère. La seule chose qui l'intéressait était cette femme et son comportement.


La nuit était levée, le vent souflait et glacait la peau immobile depuis trop longtemps de Lëef, il se demanda alors si ce n'était pas mieux de se trouver un abris. En effet, la nuit allait sans doutes être froide. Il tourna la tête d'un geste las et regarda les personnes restantes. Quelques gardes, une ou deux personnes enroulées dans une cape, le reste restait là. Tel des statues, à regarder, à attendre. Peut-être attendaient-ils de l'action tout comme lui. Cette idée le fit sourire, si tout le monde était là pour voir de l'action, il se doutait qu'il n'y en aurait pas. Cependant, il capta une onse de colère et de mécontentement dans la posture de ces hommes. Ils semblaient en rage, à attendre que justice soit faite. Lëef semblait passif, aucune expression ne s'affichait sur son visage. Personne ne comptait sur lui pour être le justicier et il n ecomptait pas l'être non plus. Il n'était là que pour observer et cela semblait se savoir. Même s'il regardait ouvertement les quelques dernières personnes bravant la brise nocturne, personne ne dégnait porter son regard sur lui. Et il valait mieux que ce soit comme ça. Que ferait un détrousseur de poches si l'attention était constament portée sur lui ? Il tourna de nouveau son regard sur le rebelle accroché au pilori, celui-ci le regardait. Lëef se demanda pourquoi, peut-être lui demandait-il de venir le sauver ? Il n'en savait rien et n'en avait rien à faire. Il souhaitait ne rester qu'un spectateur.
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Gwennaall Elfias

Le Carreau D’Argent

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Gwennaall Elfias
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MessageSujet: Re: De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous]   De l'immondice ou de l'héroïsme sur la place publique [Libre à tous] EmptyJeu 17 Mai 2012 - 15:47

L'observation de la place pendant le reste de la soirée avait été... plutôt informative. Cependant assez calme. Personne n'avait vraiment tenté d'acte héroïque, si ce n'était une jeune fille tentant de nourrir le rebelle au pilori. Une vision d'horreur : une innocente personne condamnée à suivre les Capes Blanches pour avoir été d'une affabilité des plus risquées.

Le Carreau d'Argent n'allait plus attendre. Il fallait qu'il agisse. la nuit était tombée, désormais. Il fallait qu'il agisse, il fallait qu'il aille vers cette personne à qui il avait envoyé un carreau. Elle était au courant de sa présence, et avait eu l'intelligence de ne pas se retourner vers lui lors de la réception du trait d'argent. Cela lui avait mis la puce à l'oreille, de façon immédiate : elle savait y faire avec la discrétion. C'était quelqu'un qui savait réagir, même si montrant un peu trop ses poings fermés quand elle jetait un regard haineux sur les forces du Royaume.

Descendre. Il lui fallait descendre. C'est ce qu'il commença à faire. Lentement, il se leva de sa position couchée, et empoigna un bout de la charpente qui dépassait un peu à l'extérieur. Décidément, l'insalubrité des lieux allait lui servir. Il prit appui sur cette poutre qui dépassait, et s'agenouilla. Un petit saut vers l'arrière lui permit d'agripper la pierre du bord avec sa main droite, pendant que sa main gauche cherchait une prise. Trouvée. Un interstice entre deux pierres. Parfait, excellent endroit pour se casser une phalange, mais aussi excellente prise pour se sauver la vie.

Lui faudrait-il s'assurer ? Il ne le savait pas lui-même. Il n'avait pas encore eu l'occasion de tomber de si haut, et même rarement l'occasion de tomber, tout simplement. Il était agile, et de cela il pouvait être fier. Mais il était encore tout en haut. Un dilemme s'imposa à lui, comme une évidence : lui faudrait-il sauter pour poser ses pieds sur le rebord de la rosace ? Ou alors allait-il descendre pierre par pierre cet édifice dont il ne connaissait finalement pas la façade ?

Sa main répondit pour lui. Soudainement, elle décida, comme si la décision que la main avait prise venait d'elle-même, comme si la main avait décidé de lâcher. Et elle avait lâché prise. Cela laissait un poids extraordinaire sur son autre main, la droite, qui ne tenait plus beaucoup, car l'Elfe s'était appuyé sur sa main gauche. Celle qui avait glissé, justement. Et donc là, sans animosité aucune, sa main droite décida de suivre sa consœur. Elle lâcha prise, aussi, grâce à un déséquilibre causé par une perte d'appui soudaine. Vous vous souvenez, l'histoire de la main gauche ?

Le fameux assassin se retrouva donc les mains dans le vide, et le pieds dans le vide aussi. Ce qui était pour le moins inquiétant et troublant, pour quelqu'un qui avait plutôt les pieds sur terre. Le vide était une sensation qu'il avait rarement expérimentée. Mais la chance avait décidé de lui sourire un peu, quand même. Car quand on tue des gens, on est soit expérimenté, soit chanceux. Et Gwennaall était les deux. Sa houppelande claqua une fois, dans un relatif silence. Cependant, avec les drapeaux suspendus çà et là, représentant certaines armoiries, le claquement n'attira pas l'attention des gardes. En cela, il était chanceux. De plus, une plateforme se présenta sous ses pieds, alors qu'un vent soudain, convoqué par l'assassin lui-même, l'avait fait pivoter autour du pignon. Une espèce d'échafaudage atterrit sous ses pieds, et il put retrouver un semblant d'équilibre. Et c'est dans ce genre de moment qu'on hésite à croire à une divinité quelconque. Quelqu'un ou quelque chose avait forcément envie que Gwennaall vive, en ce moment précis. Et oui, il ferait mieux de croire à une divinité, et elle s'appelle "le narrateur".

Soupirant d'aise et retrouvant avec joie la sensation d'avoir les deux pieds sur une surface stable, il empoigna quelque chose sur sa gauche. C'était quelque chose sur la cathédrale. Il ne savait pas quoi, mais au moins, ça tenait. C'était solide, et procurait un certain sentiment de sûreté. L'Elfe fit rapidement volte-face pour se rendre compte que la place n'avait pas vraiment beaucoup bougé. Son contact avait l'air d'être toujours sur la place. En voila une chose rassurante ! Son regard balaya une fois de plus l'horizon haut du aux hauts bâtiments de la place, personne sur les toits. Personne non plus de très intéressé par ce qu'il faisait. Il était discret. Ou tout du moins, le croyait-il. Car on peut se sentir discret et être repéré par quelqu'un de plus furtif encore que soi. Ne surtout pas sous-estimer le peuple. Certains de ces vagabonds avaient l’œil vif et avisé.

Gwennaall ne prêta donc plus attention à ce qui se passait en bas, et continua sa descente. Lentement, il s'agrippa une fois de plus aux pierres constituant l'édifice religieux. Ses pieds battaient toujours dans le vide, et Oreilles Pointues avait mal aux bras. Ses muscles endoloris ne lui permettraient pas immédiatement un combat, ou alors il serait de courte durée, et l'issue serait sûrement fatale pour lui. En tous les cas, il préférait descendre plutôt que de laisser les rebelles seuls pour sauver ce pauvre homme, qui n'avait fait pour crime que d'appartenir à un groupe cherchant à submerger le pouvoir en place. Un bien piètre crime face à toutes les atrocités que ledit pouvoir avait fait subir à la population du Royaume. Ceci était parfaitement intolérable ! Et tout cela le révoltait au plus haut point.

Sa descente fut plus rapide que la montée, car une seconde chute de moins de trois mètres le fit arriver au sol, accompagnée d'un minuscule craquement. Et ça faisait mal, très mal. La cheville droite, semblait-il. L'Elfe réprouva un cri de douleur en se mordant la main avec violence. Une larme coula le long de sa joue droite, ses dents s'enfonçant de plus d'un centimètre dans sa chair, atteignant parfois l'os, et faisant couler une rivière de liquide vermeil sur les pavés bien droits. Il lâcha prise avec sa mâchoire, mais la serra aussitôt, en fermant les paupières. Plusieurs secondes s'écoulèrent sans qu'il ne puisse bouger, mais petit à petit, il eut de moins en moins mal. La douleur s'estompa, pas de façon totale, mais lui permettant de marcher, à une allure plutôt lente, mais de marcher quand même.

De ce pas claudiquant, et de ce fait peu assuré, l'assassin se dirigea vers la femme à qui il avait lancé son carreau. Déjà, il fallait qu'il le récupère, car des carreaux d'argent, cela ne se trouve pas partout, malheureusement. Et ça se ne trouve pas à Madorass, ceci est une certitude. Et puis, des carreaux comme ça, empennés à la perfection, ça coûte le prix que ça vaut. Et si vous ne vous doutez pas de ce que ça vaut, alors peu importe, mais il faut bien savoir que c'est cher. Voila.

En bref, il avança vers elle. Il ne connaissait pas son nom. Il allait peut-être en découvrir un peu sur elle, sur ses motivations, sur le fait qu'elle soit acoquinée avec le rebelle du pilori. Accélérant le pas aussi vite que lui permettait sa cheville, il percuta cette silhouette. Au moins, cela lui donnerait le temps et une excuse pour lui parler. S'exprimant avec une voix plus forte qu'à l'accoutumée, il lâcha :

"Oh, excusez-moi, je ne vous avais pas vue."


Puis rapidement, ses yeux en face du visage de son interlocutrice, il les écarquilla, se ressaisit aussitôt. Il lui laissa à peine le temps de découvrir que l'Elfe était troublé par son visage. Il ne lui laissa le temps que de lire sur ses lèvres : "Suivez-moi. Vite." Son expression des plus engageantes - c'est-à-dire un visage fermé et des sourcils froncés - forcerait quiconque à écouter.

C'est ainsi que Gwennaall prit contact, et repartit aussitôt vers une ruelle adjacente, pour l'attendre et discuter. Car ils avaient à parler. Beaucoup, certainement...
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